• Olympe de Gouges, une femme dérangeante - entretien avec l’éditrice de ses oeuvres complètes - Féministes en tous genres
    http://feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com/archive/2018/11/11/olympe-de-gouges-une-femme-derangeante-entretien-avec-l-edit-608197.html

    Beaumarchais n’a pas apprécié qu’Olympe prétende donner une suite au Mariage de Figaro et écrive Le Mariage inattendu de Chérubin. Il a prétendu qu’elle faisait écrire ses textes par ses amants.

    #olympe_de_gouges #femmes #historicisation #misogynie #histoire #invisibilisation #grand_homme


  • Centenaire de l’armistice : au lendemain de la guerre, la cause féministe recule - LCI
    https://www.lci.fr/france/centenaire-de-l-armistice-contre-toute-attente-au-lendemain-de-la-guerre-la-caus

    Entre 1914 et 1918, les femmes participent à l’effort de guerre prenant la place de leur mari ou de leurs fils partis au front. Si la mémoire collective retient l’idée d’une période particulièrement émancipatrice, le bilan de ces quatre années s’avère nettement moins positif. Bien au contraire.
    10 nov. 18:14 - Audrey LE GUELLEC

    Une femme aux cheveux courts abandonnant le corset et affirmant son indépendance. Si l’image de « la Garçonne » comme symbole d’une Grande Guerre émancipatrice pour les femmes est dans les esprits, la réalité est plus nuancée. A la veille de la Grande Guerre, la lutte pour l’obtention des droits politiques est prioritaire pour les organisations féministes. « Déjà à l’époque, on assistait à de nombreux congrès internationaux », explique Françoise Thébaud, spécialiste de l’histoire des femmes, soulignant que contrairement aux idées reçues, il existait bel et bien un féminisme organisé avant 1914. « Des militantes françaises, allemandes, britanniques, américaines ou hollandaises se réunissaient dans ces fameux congrès au cours desquels, elles ont affirmé leur pacifisme tout d’abord mais aussi qu’elles avaient des droits. » C’est le fameux mouvement de la première vague féministe qui court des années 1850 à 1945 en Europe et aux États-Unis.
    Mais à compter du 2 août 1914, la plupart des hommes en âge de travailler est mobilisée, laissant le pays aux mains des femmes. Alors qu’une société nouvelle s’organise, le féminisme perd de son élan. « La guerre est une rupture puisque dans chaque pays on arrête de revendiquer et de considérer les sœurs des pays alliés comme des sœurs de combat », explique l’historienne.

    Que se passe-t-il pendant la guerre ?

    En véritables combattantes de l’arrière, les femmes remplacent peu à peu les hommes partout, des champs aux usines en passant par le foyer. « Ce serait faux de dire que la guerre a mis les femmes au travail parce qu’elles représentaient déjà plus d’un tiers de la population active avant 1914. Néanmoins, dans le secteur industriel et commercial, il y a une forte croissance du travail féminin et il y a surtout un transfert du secteur à main d’œuvre féminine vers des secteurs plus mixtes comme la métallurgie, la mécanique, la chimie », souligne la spécialiste s’appuyant sur l’exemple des usines de guerre où la main d’œuvre est formée d’environ un quart de femmes surnommées les munitionnettes. Tandis que des secrétaires de mairie remplacent les maires mobilisés, des enseignantes remplacent leurs homologues masculins dans les classes de garçons.

    Dans les foyers, les femmes incarnent désormais les « chefs de famille » puisqu’elles sont chargées de pourvoir aux besoins et à l’éducation des enfants, grâce à une mesure temporaire permettant au juge de leur donner procuration. Parallèlement, la séparation massive des couples pendant la Grande Guerre suscite une importante correspondance, incitant maris et femmes à une sorte d’introspection. « Parler de soi, de ses sentiments et même de ses désirs sexuels », détaille l’historienne, évoquant une « écriture proche du journalisme ».

    Une seule revendication concrétisée après-guerre

    « Regardez ce que les femmes ont été capables de faire, elles méritent des droits », diront les militantes à la fin de la guerre dont on commémore le 100e anniversaire. La question du droit de vote des femmes revient dès la fin 1917.

    Pourtant, la seule avancée demeure un décret de 1924 qui invite les lycées de jeunes filles à ouvrir des classes de baccalauréat. Objectif ? Permettre la poursuite d’études, en entrant à l’université. « Ne pas devenir ce qu’était leur mère en somme », résume Françoise Thébaud. Et de détailler : « Qu’attend-on d’une jeune bourgeoise avant 14 ? Qu’elle se marie et qu’elle devienne une maîtresse de maison, une mère de famille et s’occupe éventuellement avec des œuvres charitables. » L’accès aux études peut, éventuellement, lui ouvrir d’autres horizons. Mais peu seront concernées.

    Le vœu pieux du droit de vote
    La guerre a plutôt été un frein, dans l’obtention de droits qui semblaient presque acquis parce qu’une société qui sort d’une guerre est une société en deuil, traumatisée.Françoise Thébaud, historienne

    Au lendemain de la première guerre mondiale, le droit à la contraception, déjà évoqué au début du siècle, fait son retour. Mais au plus mauvais moment. Cette revendication « va être stoppée net par la loi de 1920 qui interdit la contraception », souligne Sylvie Chaperon, spécialisée dans l’histoire du féminisme. Il faut repeupler la France. « Ce texte va permettre de persécuter le mouvement, d’arrêter les leaders et de censurer leur presse », détaille l’historienne.

    Deux autres revendications d’avant-guerre vont rester vaines. La première concerne la modification du code civil napoléonien qui fait de la femme mariée une mineure juridique soumise à son mari. Il faudra attendre 1938 pour que l’incapacité civile de la femme mariée soit supprimée. S’agissant du droit de suffrage des femmes, il faudra attendre 1944 pour que ce droit soit obtenu malgré une première loi française pour le droit de vote des femmes proposée en 1919, puis rejetée par le Sénat en 1922. « La France apparaît extrêmement réactionnaire ou en retard malgré les nombreux débats sur le sujet dans l’entre-deux guerres », souligne Françoise Thébaud. Selon elle, la guerre a « plutôt été un frein, dans l’obtention de droits qui leur semblaient presque acquis à la veille de la guerre parce qu’une société qui sort d’une guerre est une société en deuil, traumatisée. »

    A la fin de la guerre, les discours sont contradictoires. « On dit aux femmes ‘il faut rendre la place aux hommes qui reviennent du front, votre devoir c’est de repeupler le pays’. Mais en même temps il y a un réel besoin de main d’œuvre, » explique Françoise Thébaud. S’enclenche alors une féminisation du secteur tertiaire, de nombreuses femmes quittant des métiers traditionnellement féminins pour devenir factrices, conductrices de tramways ou encore employées de banque. « D’ailleurs, la figure de la femme au travail devient la femme du tertiaire, l’employée. C’est la première guerre mondiale qui permet ça », souligne l’historienne, avant d’ajouter. « Pour le milieu ‘petit Bourgeois’, c’est important aussi que le tertiaire se féminise parce qu’il est accepté socialement que ces filles deviennent des employés. Travailler comme employée de banque c’est plus respectable que comme ouvrière. »

    Des modifications s’opèrent également en dehors du monde du travail, dans la sphère privée. Une récente thèse qui s’intéresse au retour des soldats dans les foyers souligne notamment une augmentation des divorces. « Cela peut être considéré comme un rattrapage car il était difficile de divorcer pendant la guerre, mais ce qui est vraiment nouveau après-guerre c’est que les demandes émanent des hommes, qu’ils accusent leur femme d’adultère. » Ainsi, en 1918, 59% des divorces sont prononcés aux torts de la femme.

    #backlash #femmes #historicisation



  • Gertrude Abercrombie - Wikipedia
    https://en.wikipedia.org/wiki/Gertrude_Abercrombie

    In 1932 she began to focus strictly on her art. The following summer she made her first sale at an outdoor art fair in Chicago and received an honorable mention in the newspaper for the event.[3] In the mid-1930s she moved out of her family’s home and became active in the regional art scene.[3] From 1934 to 1940 she served as a painter for the Works Progress Administration and in 1934 the Chicago Society of Artists held a solo show of her work.[3] During the 1930s and 1940s she also began creating woodcuts.

    In 1940 she married lawyer Robert Livingston, and in 1942 gave birth to their daughter Dinah. In 1948 the couple divorced. That same year she married music critic Frank Sandiford, with Dizzy Gillespie performing at the wedding. The couple were active in the bohemian lifestyle and jazz scene of Chicago hence their connection with Gillespie. They met musicians through Sandiford and through Abercrombie’s own skills as an improvisational pianist. The couple would divorce in 1964.[3]
    Dizzy Gillespie with Abercrombie on his birthday, 1964

    Within Abercrombie’s avant-garde social circle she was the inspiration for the song “Gertrude’s Bounce” by Richie Powell, who claimed that she walked “just like the way the rhythm sounds in the Introduction”,[5] and she appeared as herself in James Purdy’s Gertrude of Stony Island Avenue and as a fictional character in Purdy’s Malcolm, Eustace Chisholm.[3]

    She painted many variations of her favored subjects: sparsely furnished interiors, barren landscapes, self-portraits, and still-lifes. Many compositions feature a lone woman in a flowing gown, often depicted with attributes of sorcery: an owl, a black cat, a crystal ball, or a broomstick.[3] These works were often self-portraits, as she stated in an interview with Studs Terkel shortly before her death: “it is always myself that I paint”.[7] Tall and sharp-featured, she considered herself ugly;[8] in life she sometimes wore a pointed velvet hat to accentuate her witch-like appearance, “enjoy[ing] the power this artifice gave her over others who would fear or recoil from her”.[9] The 1940s and ’50s are described as her most prolific and productive period; a time when she no longer painted many portraits, but retained the themes mentioned above.[3]

    Abercrombie’s mature works are painted in a precise, controlled style. She took little interest in other artists’ work, although she admired Magritte.[10] Largely self-taught, she did not regard her lack of extensive formal training as a hindrance.[11] She said of her work:

    I am not interested in complicated things nor in the commonplace. I like and like to paint simple things that are a little strange. My work comes directly from my inner consciousness and it must come easily. It is a process of selection and reduction.[4]

    Her work evolved into incorporating her love for jazz music, inspired by parties and jam sessions she hosted in her Hyde Park home. Musicians such as Sonny Rollins, Max Roach, Jackie Cain and the Modern Jazz Quartet were considered friends. Dizzy Gillespie described her “the first bop artist. Bop in the sense that she has taken the essence of our music and transported it to another art form”.[12]

    #femmes #art #historicisation #surréalisme #peinture


  • Maps Have the Power to Shape History - Atlas Obscura
    https://www.atlasobscura.com/articles/first-atlas-of-the-united-states

    Willard is one of the first, perhaps the very first, female mapmaker in America. A teacher, pioneer of education for women, and founder of her own school, Willard was fascinated with the power of geography and the potential for maps to tell stories. In 1828, she published a series of maps as part of her History of the United States, or Republic of America, which showed graphically how the country, as she understood it, had come to be. It was the first book of its kind—the first atlas to present the evolution of America.

    The book began with map (below) that was unusual and innovative for its time. It attempted to document the history and movement of Native American tribes in the precolonial past. Willard’s atlas also told a story about the triumph of Anglo settlers in this part of the world. She helped solidify, for both her peers and her students, a narrative of American destiny and inevitability.

    #cartographie #peuples_premiers #Amérique


  • The First Native American to Receive a Medical Degree | JSTOR Daily
    https://daily.jstor.org/the-first-native-american-to-receive-a-medical-degree

    The three-story, Craftsman-style building on the Omaha Indian Reservation in Nebraska might seem unremarkable. It’s fallen into disrepair over years of vacancy and neglect. Yet the 1913 structure is the Dr. Susan LaFlesche Picotte Memorial Hospital, named for the first Native American to be licensed to practice medicine in the United States. It was built without federal funds, the capstone to Picotte’s career dedicated to indigenous health.

    The hospital is on the National Trust’s 2018 list of “America’s 11 Most Endangered Historic Places.” This follows a recently launched effort, supported by the Omaha tribe, to fundraise and restore the hospital as a museum. This momentum and visibility may finally give the building, and Picotte’s legacy, the historic attention they deserve.

    #médecine #femmes #nations_premières #historicisation


  • BBC - Culture - Anni Albers and the forgotten women of the Bauhaus
    http://www.bbc.com/culture/story/20180919-anni-albers-and-the-forgotten-women-of-the-bauhaus

    Many brilliant female designers were part of the famously forward-thinking German movement. But how progressive was it really? By Dominic Lutyens

    The Bauhaus, the interwar German design school that profoundly influenced later developments in art, architecture, product design and typography, was a complex, contradictory crucible of ideas.

    Founded by architect Walter Gropius in 1919 on the principle of the Gesamtkunstwerk – a total work of art that fused art, architecture and design – the school theoretically treated these disciplines in a non-hierarchical way. In practice, however, the Bauhaus viewed architecture as the apogee of these fields, even though its architecture department didn’t open until 1927.

    #femmes #invisibilisation #bauhaus


  • BD : bandits d’Inde, de Shanghai et de Macao - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2018/09/21/bd-bandits-inde-shanghai-macao

    Avec #Phoolan_Devi, reine des bandits*, c’est un portrait terrible de l’Inde que nous livre la scénariste et dessinatrice Claire Fauvel. Car il ne s’agit pas là de « Shining India », l’Inde qui brille, celle des gratte-ciels de Bombay et des services informatiques de pointe, qui se rêve en grande puissance du troisième millénaire. Bien au contraire, l’Inde décrite tout au long de ce gros volume en représente la face cachée : celle des mariages d’enfants, des femmes opprimées tout au long de leur vie, des guerres de castes, de la corruption, de l’absence d’État de droit dans des régions entières du pays, de la grande criminalité…
    Cette impressionnante BD met en images l’autobiographie d’un personnage bien réel : Phoolan Devi, née dans les années 1960 et morte assassinée en 2001. Une destinée hors normes. Issue d’une famille misérable de basse caste de l’Uttar Pradesh, l’un des États les plus pauvres de l’Inde, au nord du pays, la petite fille est très tôt confrontée aux mauvais traitements subis de la part des hautes castes (mais aussi au sein de sa famille puisqu’un cousin a entrepris de dépouiller son père). A l’âge de onze ans, elle est mariée à un homme beaucoup plus âgée qui la viole. Elle parvient à s’enfuir et rentrer chez ses parents. Considérée dès lors comme une paria, elle est rejetée par tous, violée par la police… Jusqu’à ce qu’elle soit enlevée par un gang de dacoits, les brigands de grand chemin qui infestent certaines régions d’#Inde du Nord. Le chef de la bande tombe amoureux d’elle, et la voilà qui intègre le groupe.

    #historicisation et #bande_dessinée #BD


  • Hello, #Kitty_Kielland

    Un très joli (et long) article su la vie d’une artiste novégienne très intéressante et peu connue

    https://www.nrk.no/kultur/xl/hello_-kitty-kielland-1.13781007

    Av Nina Nordbø @ninanord Journalist

    En kvinne med hatt og staselig, fotsid kjole stod ute på Jæren og malte på et to meter bredt maleri sommeren 1897. Uhørt og uvanlig.

    Kitty Kielland var blant de aller første som ga seg i kast med friluftsmaleriet, og definitivt den første norske kvinnen som malte utendørs.

    #peinture #norvège


  • La marquise du Châtelet, femme de sciences invisibilisée
    http://theconversation.com/la-marquise-du-chatelet-femme-de-sciences-invisibilisee-102676

    Le XVIIIe siècle est parfois présenté comme une période faste où la femme, quand elle appartenait à l’élite sociale, pouvait s’instruire, gagner en autonomie, jusqu’à rivaliser avec les hommes sur leur propre terrain. Entre la fin du règne de Louis XIV et le début de la Révolution, il y aurait eu soixante-dix ans d’une possible émancipation féminine, pour celles du moins qui auraient osé braver les interdits moraux, les préjugés de leur classe et de leur sexe. Émilie du Châtelet serait le produit de ce miracle. Pourtant rien ne lui fut épargné : ni les accusations de plagiat, ni les soupçons d’imposture, ni les propos calomnieux, venant d’hommes soucieux de préserver leur autorité, mais aussi de femmes choquées de tant d’audace et de liberté. Mme du Deffand, Mme de Graffigny, poursuivies par le démon de la jalousie, firent courir des rumeurs dans tout Paris. Les favorites, la Pompadour à Versailles, la Boufflers à Lunéville, s’en amusèrent. Les Institutions de physique (1740), son chef-d’œuvre, furent ainsi largement décriées. Même Voltaire, l’ami par excellence, prit ses distances. Seul Maupertuis dans une recension de trente-six pages rendit un hommage appuyé à cette œuvre majeure.

    #Émilie_du Châtelet #invisibilité_des_femmes #sexisme #sciences #historicisation


  • Plus opprimée que le prolétaire, la femme du prolétaire !

    Une ouvrière méconnue peut-elle être une héroïne ? La grande Michelle Perrot, pionnière de l’histoire des femmes en France, avait répondu oui en publiant « Mélancolie ouvrière » en 2012. Six ans plus tard, Gérard Mordillat s’empare du texte et réalise un très beau film avec Virginie Ledoyen et Philippe Torreton.

    #Lucie_Baud, née en 1870 dans la région de Grenoble, entrée dans une usine de soierie à l’âge de douze ans, fondera en 1902 le premier #syndicat des ouvrières du textile de la région. Après avoir mené deux #grèves très dures à Vizille puis à Voiron qui se solderont par des échecs, elle tentera de mettre fin à ses jours en se tirant trois balles de revolver dans la bouche.


    https://www.franceinter.fr/emissions/l-humeur-vagabonde/l-humeur-vagabonde-08-septembre-2018
    #femmes #syndicalisme #histoire #France #classe_ouvrière




  • Gala, la muse de Salvador Dali, « à l’heure de #metoo »
    https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/08/24/gala-la-muse-de-salvador-dali-a-l-heure-de-metoo_5345571_3214.html

    Le Musée national d’art de Catalogne (MNAC), à Barcelone, dédie ces jours-ci une exposition à Gala, l’épouse et la muse de Salvador Dali. En jetant une lumière nouvelle sur son parcours personnel et artistique, il se pose la question de savoir si cette femme mystérieuse et ambitieuse qui déchaîna tant de passions a été injustement traitée par l’histoire.

    « Oui, sans aucun doute » assure, catégorique, Estrella de Diego, commissaire de l’exposition et professeur d’histoire de l’art à l’Académie des Beaux-Arts de San Fernando, à Madrid. « Nous en avons gardé l’image de ses contemporains, pas toujours flatteuse, alors qu’elle était un personnage beaucoup plus complexe et beaucoup plus intéressant », explique Mme de Diego.

    L’historienne, qui s’est donné pour mission « de sauver les femmes artistes victimes des préjugés du passé » étudie le personnage de Gala depuis presque vingt ans. La date de l’exposition, fixée depuis longtemps, est plutôt bien tombée : « C’est un peu Gala à l’heure de #metoo » dit-elle en souriant.
    Haine tenace

    Pas facile pourtant de lutter contre les images laissées par le temps. Luis Buñuel et André Breton ne supportaient pas Gala. Ils l’accusaient de leur avoir volé leur ami. La sœur de Dali, Anna María, lui vouait une haine tenace. La collectionneuse Peggy Guggenheim la considérait « jolie mais trop artificielle pour être agréable ». Quand à Coco Chanel, dont Gala était une fidèle cliente, elle disait du couple qu’il ressemblait « à des petits oiseaux qui se racontaient des histoires obscènes ».

    Je comprend pas le rapport avec #metoo je présume que c’est utilisé ici pour ne pas dire le mot féminisme. Ca fait 20 ans que cette historienne bosse sur ce sujet, que viens faire #metoo dans cette histoire ?
    #historicisation #femmes #légende_noir #paywall (si une personne peut le franchir et me faire profiter du txt ca serait super)


  • Ascension et chute des réalisatrices à Hollywood - le genre et l’écran
    http://www.genre-ecran.net/?Ascension-et-chute-des-realisatrices-a-Hollywood

    Un récent rapport de l’Université de Southern California montre que les femmes restent globalement sous-représentées derrière la caméra de cinéma et de télévision. Cela n’a pas toujours été le cas. Comme le révèle l’historienne et critique Carrie Rickey, les premières décennies de l’industrie du film ont mis en vedette des réalisatrices aussi talentueuses qu’audacieuses, comme Lois Weber qui a fait une série de films sur l’avortement, l’infidélité et le harcèlement sexuel au travail, dès 1915.

    Suivent des décennies d’exclusion systématique des femmes scénaristes et réalisatrices.
    Avec le développement du mouvement féministe moderne, arrive un grand nombre de nouvelles opportunités, mais elles disparaissent aussi vite dans une industrie qui reste massivement dominée par les hommes. « En 1980, l’année où je suis devenue critique de cinéma », raconte Carrie Rickey à Robert Scheer, « les réalisatrices de cinéma et de télévision représentaient 0,5% de la profession. Et en 2000, le chiffre est monté à 11%, donc j’ai pensé : « OK, nous allons dans la bonne direction. » Mais vous savez quoi ? 18 ans plus tard, on est toujours à 11%. Nous sommes en panne. »

    Dans l’entretien qu’elle donne à Robert Scheer, Carrie Rickey met à mal quelques-unes des rationalisations les plus courantes pour expliquer le manque de femmes à Hollywood, et déclare que la seule façon de rendre l’industrie plus inclusive est de cesser d’en parler pour le faire. « Que les hommes soient majoritaires derrière la caméra est contraire à une politique d’égalité dans l’emploi, dans les salaires, dans la représentation », soutient-elle. « Si vous regardez le monde tel qu’il est aujourd’hui, 89% des images se font à travers les yeux des hommes réalisateurs, il y a donc beaucoup de choses que vous ne voyez pas. »
    La série de cinq entretiens de Carrie Rickey pour le site Truthdig, intitulé « Qu’est-il arrivé aux réalisatrices à Hollywood ? » a gagné le prix du Club de la presse de Los Angeles, dont le jury a déclaré que « elle se penche sur les inégalités entre les sexes dans l’industrie cinématographique, pour expliquer comment cela a commencé, et pourquoi cela a duré si longtemps. Son enquête est exhaustive et son écriture vigoureuse. »

    #sexisme #cinema #invisibilisation #femmes #historicisation


  • Beat Generation, le chœur des femmes
    http://next.liberation.fr/livres/2018/08/15/beat-generation-le-choeur-des-femmes_1672793

    Ainsi donc elles étaient quand même là. Et la Beat Generation n’était pas le cénacle masculin - et macho - que la légende a fabriqué autour des seules figures de Kerouac, Ginsberg et Burroughs. Dans une nécessaire et passionnante anthologie, Annalisa Marí Pegrum et Sébastien Gavignet ont réuni et traduit des dizaines de poèmes d’auteures inconnues qui faisaient - de très près ou d’un peu plus loin - partie du mouvement qui a révolutionné les lettres américaines dans les années 60.

    Qui connaît Elise Cowen, homosexuelle rebelle suicidée à 28 ans ? Mary Norbert Körte, qui quitte son couvent après avoir assisté à une conférence de Ginsberg ? Joanne Kyger, dont l’écriture est marquée par les expériences de prises de stupéfiants et le bouddhisme ? Diane di Prima, arrêtée par le FBI pour obscénité en raison de ses écrits ? Hettie Jones, juive qui se marie en 1958 - premier scandale - dans un temple bouddhiste avec - deuxième scandale - un artiste afro-américain, LeRoi Jones ?

    Dans les années 50 et 60, ces femmes ont partagé les expériences ou la vie de ceux que l’histoire littéraire a seulement retenus. Comme eux, leurs textes sont marqués par toutes les caractéristiques de la Beat Generation : une langue hachée influencée autant par les rythmes du jazz que par la prise de drogues diverses, une crudité dans la description de la sexualité, un goût pour le voyage et une quête spirituelle.

    Mais elles ont quelque chose en plus : rebelles, elles le sont aussi en tant que femmes dans une société américaine encore alors très globalement sexiste. Certes, les écrivains connus de la Beat Generation cassent les codes littéraires et donnent à lire leurs errements et leurs fantasmes, mais il était autrement plus révolutionnaire d’écrire au début des années 60 un poème comme « J’ai mes règles » (Diane di Prima) ou « Poème Dieu/Amour » (qui fut d’ailleurs censuré pour obscénité) dans lequel Leonore Kandel écrit en 1966 : « Ta bite s’élève et palpite dans mes mains / une révélation / comme en vécut Aphrodite. » Quelle femme écrivain décrit aussi crûment le désir féminin à la même période ?

    Voilà qui explique l’absence totale de postérité de ces femmes, relativement peu éditées à l’époque et encore moins rééditées. « L’art restait l’apanage des hommes », écrivent Annalisa Marí Pegrum et Sébastien Gavignet, qui prennent le soin d’accompagner leur recueil d’une biographie succincte de chacune des dix poètes. « Les femmes, elles, étaient avant tout les gardiennes du foyer, les concubines, ou bien les petites mains qui restaient à l’œuvre derrière les "grands" hommes. De façon consciente ou inconsciente, sous les poids des attentes de la société, elles ont laissé leur place. » Parfois elles ont été simplement censurées. Après la mort d’Elise Cowen en 1962, ses proches choqués brûlent ses poèmes. Il n’en subsiste plus aujourd’hui qu’un carnet, publié seulement en 2014. Extrait : « Je voulais une chatte de plaisir doré / plus pure que l’héroïne / A l’intérieur de laquelle t’honorer / Un cœur assez grand pour t’enlever / tes chaussures & étendre / L’anatomie de l’Amour. »
    Guillaume Lecaplain

    Sébastien Gavignet et Annalisa Marí Pegrum (dir.) Beat Attitude, femmes poètes de la Beat Generation Editions Bruno Doucey, 208 pp., 20 €.

    #historicisation #femmes #sexisme #beat_generation


  • Ces femmes impressionnistes oubliées de l’histoire | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/165752/ces-femmes-impressionnistes-oubliees-de-lhistoire

    Manet, Degas, Renoir, Monet, vous connaissez très probablement. Morisot et Cassatt, sûrement moins. Pourtant ces deux femmes étaient elles aussi des figures de proues du mouvement artistique impressionniste. Respectées par leurs homologues et par le public, elles ont ensuite été oubliées par l’histoire de l’art.

    Berthe Morisot, peintre française audacieuse, était une des fondatrices du groupe impressionniste au côté de Manet, Degas, Renoir et Monet dans les années 1860. Mary Cassatt, elle, était la seule américaine à exposer au côté des impressionnistes.

    Mais les critiques les ont progressivement ignorées, ne pouvant voir au delà de leur condition de femme, puis l’histoire de l’art en a fait des figures secondaires du mouvement impressionniste. Le Musée national des Beaux-Arts du Québec et le Musée Jaquemart André de Paris ont exposé cette année les deux artistes, une manière de les sortir de l’oubli et de rétablir leur histoire.

    #historicisation #femmes #impressionnisme


  • Vendredi, c’est clitoris
    Marion Montaigne, Tu mourras moins bête, le 20 juillet 2018
    http://tumourrasmoinsbete.blogspot.com/2018/07/vendredi-cest-clitoris.html

    J’aime bien les BDs de Marion Montaigne, et elle s’en tire pas mal aussi sur ce coup là...

    Il manque quand même le rôle néfaste joué par Pierre Garnier, auquel il est fait allusion ici par Sylvie Chaperon, et dont Sigmund Freud ne fait que populariser les idées de merde :
    https://seenthis.net/messages/389255
    https://seenthis.net/messages/600007

    #historicisation #histoire #femmes #clitoris #science #humour #BD #Marion_Montaigne #Sylvie_Chaperon #Sigmund_Freud #Pierre_Garnier #plaisir #vaginal #clitoridien

    Compilation d’article sur la #sexualité animale et humaine :
    https://seenthis.net/messages/686795


    • Ca entre en contradiction avec ce que dit le #PIR il me semble qu’illes soutennaient que l’homosexualité était une invention occidentale du XIXeme.

      L’affirmation « dans l’Islam le sexe n’était pas 1 péché » me semble un peu bizzare. L’Islam c’est quand meme assez vaste et varié, même au moyenn-age. Il y a peut etre des cultures musulmanes moins répressives que d’autres mais là on fait comme si l’Islam était un truc homogène plus progressif que les pratiques en Europe ( en Europe les rois, nobles et curés pouvaient très bien etre homo aussi et il y avait aussi des femmes travestis en soldats) et c’est quoi « le sexe n’est pas un péché » ? Pas de pécher d’adultère en Islam ? Pas de repression de la sexualité hors mariage ?

      Sinon il me semble que l’Europe utilisait aussi le système galien à la même époque, une théorie que je qualifierait pas de « lumineuse » mais plutot de profondément misogyne. La pathologisation de la sexualité féminine remonte à Hippocrate. Penser que le lesbiannisme est une démangeaison des petites et grandes lèvres ca conduit à l’excision, infibulation, viols « thérapeuthiques » et pas à une acceptation du lesbiannisme contrairement à ce que laisse entendre ce texte.

      Le texte précise que ces lesbiennes ont toutes finies mariées, donc violées car je pense pas que le texte parle de mariages homo. L’occultation de ces viols en série est quant même pas top top.

      #historicisation

    • J’apprécie ici la volonté de ne pas rester dans cette interprétation historiquement fausse et politiquement correcte des pratiques homosexuelles qui ont un seul visage, celui des LGBT occidentaux/ales.

      J’en profite pour poster ce truc, à défaut de retrouver les textes en question.

      Massad Joseph, Desiring Arabs
      https://journals.openedition.org/gss/2986

      Plus récemment, en France, une interview de Joseph Massad (Massad, 2013a) a été l’occasion d’un vif débat entre Philippe Colomb, Stephane Lavignotte (Colomb, Lavignotte, 2013) et l’auteur de Desiring Arabs (Massad, 2013b). Presque toutes les critiques se concentrent sur les attaques politiques contre ce que l’auteur appelle l’International gay, terme désignant l’ensemble des associations de défense des droits LGBT, des ONGs de défense des droits de l’Homme, et des scientifiques occidentaux engagés dans le soutien à ces causes (pour une critique plus nuancée à ce sujet voir : Lagrange, 2008, pp. 179-183).

      Les deux polémistes sont des « camarades » du temps que j’étais une imbécile et s’en sont bien pris dans leur gueule de libéraux occidentalo-centrés.


  • BALLAST | Svetlana Alexievitch, quand l’histoire des femmes reste un champ de bataille
    https://www.revue-ballast.fr/svetlana-alexievitch

    Un bataillon de soldats russes s’avance. Un bataillon composé majoritairement de femmes, et beaucoup d’entre elles ont du sang qui dégouline entre les jambes. Elles marchent depuis des heures ; elles ont leurs règles et rien pour dissimuler ce sang. Si bien que lorsqu’elles arrivent à un point d’eau, elles s’y précipitent et n’en sortent pas, même lorsque les Allemands mitraillent. « Nous avions besoin de nous laver, car nous avions trop honte devant les hommes… Nous ne voulions pas sortir de l’eau, et une fille a été tuée¹… » La honte d’avoir leurs règles plus forte que la peur de la mort. Cette scène de La Guerre n’a pas un visage de femme a fait partie des passages supprimés par la censure lors de la première édition du livre, en 1985 — passages qui n’ont pu être rétablis qu’en 2003. Il s’agissait de « détails physiologiques » qui n’avaient rien à voir avec la réalité de la femme soviétique, encore moins de la femme soviétique dans la guerre, avaient asséné les censeurs — malgré les protestations de l’auteure. Un dialogue emmuré : Alexievitch en était alors à son premier ouvrage et, déjà loyale à la vérité des laissés-pour-compte, affirmait en vain vouloir peindre une autre guerre et une autre réalité, une expérience que les hommes n’avaient pas vécue, qu’un auteur masculin ne pouvait raconter : les femmes dans la guerre. Rappelons déjà quelques chiffres, en ouverture du livre, afin de prendre la mesure de ce dont on parle : 225 000 femmes dans les différents corps de l’armée britannique ; entre 450 et 500 000 dans l’armée américaine ; 500 000 en Allemagne ; 800 000 dans l’armée soviétique.

    La démarche d’Alexievitch — parler spécifiquement de la guerre des femmes en tant que femme — va à contre-courant d’une doxa littéraire à l’épreuve des décennies : afin d’écrire un grand livre qui ne sera pas immédiatement catalogué comme de la littérature de filles, la femme doit oublier son sexe. Tout bon étudiant de littérature ou critique littéraire lambda qui s’interroge sur l’écriture féminine, qu’il s’agisse de la question de l’existence possible d’un style féminin ou du statut de la femme auteure, terminera sa dissertation ou son article par une envolée lyrique sur la fameuse nécessité de dépasser l’individualité, qu’elle soit celle d’un homme ou d’une femme, pour accéder à une neutralité supposément universaliste.

    « Alexievitch, déja loyale à la vérité des laissés-pour-compte, affirmait vouloir peindre une autre guerre que les hommes n’avaient pas vécue, qu’un auteur homme ne pouvait raconter. »

    Ainsi, l’historienne et traductrice Galia Ackerman et le sociologue Frédérick Lemarchand parlent-ils, non sans un certain mépris (et sans réelle justification) de la « verve féministe un peu obsolète² » d’Alexievitch. Mais si nous nous posons honnêtement la question des enjeux spécifiques des rapports entre genre et littérature, il est facile de voir que cette apparente neutralité est en fait parfaitement marquée : elle est masculine. L’auteure anglaise Virginia Woolf le montrait déjà dans son essai Une chambre à soi : tout écrivaine se trouvera confrontée à la littérature passée et risquera toujours de se définir par rapport à la figure de l’auteur masculin, que ce soit en se dévalorisant ou en s’affirmant par rapport à lui. Écrire de manière neutre impliquerait de parvenir à ne pas écrire par rapport à ces normes fondées sur quelques siècles d’écriture masculine. D’évidence, c’est impossible : tout écrivain s’inscrit dans un champ littéraire déjà investi. Mais rappelons, s’il en est besoin, que ce champ est non seulement dominé historiquement (les hommes font et sont l’Histoire) mais également hiérarchisé en termes de valeurs déterminées par celles du monde social le plus influent. La spécificité du champ littéraire est son extrême individualisation. Cette dernière invisibilise d’autant plus les rapports structurels de domination : réfléchir sur le sexe de l’auteur.e paraît alors facilement hors de propos.

    • #historicisation #femmes #guerre #menstruations #règles #armée #soldats #soldates

      voire aussi : L’ombre d’un doute - Stalingrad, les héroïnes cachées de l’Armée rouge
      https://www.youtube.com/watch?v=e2qJ5frQKnA

      Enquête sur les héroïnes cachées de l’Armée Rouge. Près de 520 000 femmes se sont engagées sur le front pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce phénomène a longtemps été caché. C’est à Podolsk que ces régiments féminins ont été formés dans une école de snipeuses, au sein de la maison des officiers d’Engels. Ces groupes ont été très présents pendant la bataille de Stalingrad. Mais ces femmes combattantes se sont illustrées plus particulièrement dans l’aviation. Après les importantes pertes humaines dans l’armée de l’air soviétique en 1941, plusieurs formations féminines ont été constituées. Redoutables, les aviatrices du 588e régiment ont été surnommées les Sorcières de la nuit. Pour retracer cet épisode de l’histoire méconnu, des survivantes dévoilent leurs souvenirs de combats.


  • Portrait : Margarete Schütte-Lihotzky, architecte autrichienne
    mais aussi résistante et communiste, l’immense Margarete Schütte-Lihotzky est peu connue en France. Pourtant sa création, la « Frankfurter Küche » est tout simplement l’archétype de nos cuisines actuelles.
    http://www.fembio.org/biographie.php/frau/biographie/margarete-schuette-lihotzky

    Biografie
    Gerade 20 Jahre alt und im dritten Jahr ihres Architekturstudiums an der Wiener Kunstgewerbeschule war Grete Lihotzky, als sie den ersten Preis für ihren Entwurf einer Arbeiterwohnung gewann. Vorher hatte die Tochter aus bürgerlich-intellektuellem Haus sich auf Anraten ihres Professors das Elend in den armseligen Arbeiterunterkünften mit eigenen Augen angesehen – sieben bis acht Personen lebten dort am Ende des Ersten Weltkriegs in einem Raum und unter unglaublichen sanitären Verhältnissen. Ihre aus diesen Eindrücken gewonnene soziale Berufseinstellung behielt sie ihr Leben lang bei.
    Mit 22 schloss sie als erste Frau in Österreich ihr Architekturstudium ab und wurde sofort von Alfred Loos engagiert, dem Chefarchitekten des Städtischen Siedlungsamtes. Sie entwarf den Prototyp der »Siedlerhütte«, einen ganz aus Holz gefertigten Würfel mit 4,5 Metern Seitenlänge, in dem sie unter perfekter Ausnutzung des Raumes alle notwendigen Einrichtungsstücke unterbrachte. Diese Hütte diente als erste anständige Unterkunft für Tausende von Flüchtlingsfamilien am Ende des Krieges und die vielen obdachlosen Arbeiter, die seit Beginn des Jahrhunderts auf der Suche nach Arbeit vom Land in die Stadt gezogen waren.
    Nach dem Tod ihrer Eltern wechselte sie 1926 nach Frankfurt am Main, wo sie vom Stadtplaner Ernst May ebenfalls für Neuerungen im Massenwohnbau engagiert wurde. Besonders zeit- und platzsparende Einrichtungen zur Erleichterung der Hausarbeit für berufstätige Frauen lagen ihr am Herzen, ihre »Frankfurter Küche« ging als ideale Einbauküche in die Architekturgeschichte ein.
    Doch Ende der 1920er Jahre verschärfte sich die politische Lage in Deutschland durch die Weltwirtschaftskrise. Und als Ernst May 1930 ein Angebot aus der Sowjetunion erhielt, ging er mit einer Gruppe von 17 Planern in den Osten. Lihotzky, sie hatte inzwischen ihren deutschen Kollegen Wilhelm Schütte geheiratet, war als einzige Frau dabei. Das Land befand sich im Aufbau, ganze Städte wurden aus dem Boden gestampft mit Wohnungen, Schulen und Kindergärten, bis auch hier das politische Klima umkippte. 1937 wurden alle ausländischen Architekten von Bauplanungen ausgeschlossen.
    Nach einer kurzen Zwischenphase in Paris fand das ArchitektInnenpaar schließlich Arbeit in der Türkei, vermittelt durch den bekannten deutschen Kollegen Bruno Taut. Dort schloss sich Lihotzky, inzwischen Mitglied der Kommunistischen Partei, dem österreichischen Widerstand an.
    Im Dezember 1940 fuhr sie in geheimer Mission nach Wien, um mit den Genossen Kontakte zu knüpfen. Verraten von einem Spitzel wurde sie verhaftet, wochenlang verhört, monatelang in Einzelhaft gehalten, schließlich als »Hochverräterin« verurteilt und in ein Frauengefängnis nach Bayern verlegt, aus dem sie erst 1945 von den Amerikanern befreit wurde. Die Erlebnisse dieser schrecklichen Zeit beschrieb sie später in ihren Erinnerungen aus dem Widerstand.
    Nach dem Krieg kehrte Lihotzky in die elterliche Wohnung nach Wien zurück, doch als Kommunistin hatte sie wenig Chancen auf öffentliche Aufträge. International aber erhielt sie viel Anerkennung, arbeitete in Kuba und in der DDR und engagierte sich in der Friedensbewegung.
    Erst in den 1980er Jahren wurde sie auch wieder im eigenen Land gewürdigt, erhielt vier Ehrendoktortitel, Interviews in den Medien, schließlich eine Ausstellung über ihr Lebenswerk im Museum für angewandte Kunst in Wien.
    Auch als Hundertjährige, wie immer brennend an Tagespolitik interessiert, dachte sie noch an die Zukunft: »Man wird wieder mehr in großen Gruppen, Wohn- oder Hausgemeinschaften zusammenleben«, war ihre Überzeugung, und sie forderte das »Grundrecht auf menschenwürdiges Wohnen für alle«.

    #architecture #femmes #historicisation #ou_sont_les_femmes #Margarete_Schütte-Lihotzky



  • Stanislawa de Karlowska

    Simplement magnifique et simple

    Stanislawa De Karlowska 1876-1952 | Tate

    https://www.tate.org.uk/art/artists/stanislawa-de-karlowska-1385

    Stanislawa de Karlowska (fig.1), known to her family and friends as ‘Stasia’,1 was not a member of the Camden Town Group, a male-only exhibiting body, but was quickly elected in early 1914 to its successor, the London Group, which did not exclude women.2 Yet her work, which compares with that of her husband Robert Bevan, relates closely to what is thought of as Camden Town painting, using a modern post-impressionist style with bright colours to depict the local urban environment,3 the growing industrial landscape,4 and the countryside.5 Karlowska’s work was also inspired by her Polish heritage.6 The flat perspectives, intense colours, elongated figures and dream-like atmosphere of her paintings correspond somewhat with the stylised nature of Eastern European folk art, inviting comparison with other modern artists also drawing on folk-art traditions such as the Russian-born Marc Chagall (1887–1985)7 and the Polish Zofia Stryjenska (1891–1976).

    https://www.tate.org.uk/art/artworks/de-karlowska-swiss-cottage-n06239

    https://www.tate.org.uk/art/artworks/de-karlowska-fried-fish-shop-n06238

    https://www.tate.org.uk/art/artworks/de-karlowska-berkeley-square-n04816

    #art #Stanislawa_de_Karlowska #peinture


  • Qui est Gerda Taro, à laquelle le Doodle du jour rend hommage ?
    01.08.2018 Bruno Labarbère.
    http://mizuwari.fr/index.php/2018/08/01/qui-est-gerda-taro-a-laquelle-le-doodle-du-jour-rend-hommage


    François Maspero « Ombre d’une photographe, Greda Taro »

    Ombre parmi les ombres Gerda Taro a subi le plus cruel destin que puisse connaître les ombres : celui de ne même pas être sa propre ombre, mais celle d’un autre. Pendant plus de soixante ans, quand on cherchait son nom, on le trouvait certes cité des centaines de fois. Mais toujours associé, en quelques lignes, en quelques pages, à l’homme dont elle a un temps partagé la vie. Rien de plus. Fugace passage dans la biographie d’un personnage célèbre, et dont il ne restait que des traces brouillées, confuses, souvent contradictoires, mensongères, parfois même absurdes.

    #Femmes photographes #Gerda Taro #Guerre d’Espagne #Photojournaliste #Robert Capa


  • « Les accessoires de Frida Kahlo étaient une extension de son art »
    https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2018/08/01/les-accessoires-de-frida-kahlo-etaient-une-extension-de-son-art_5338120_4497

    Vêtements, maquillages, accessoires… c’est la première fois que des effets personnels de Frida Kahlo quittent le Mexique et la Casa Azul, là ou la célèbre peintre a résidé toute sa vie. Ils sont exposés et mis en scène, avec certaines de ses œuvres, à Londres, au Victoria & Albert Museum jusqu’au 4 novembre.

    D’où proviennent les pièces exposées ?

    Nous exposons plus de deux cents objets personnels ayant appartenu à l’artiste, prêtés par le Musée Frida-Kahlo de Mexico, qui n’est autre que la Casa Azul (« maison bleue ») où l’artiste est née et a vécu avec son époux, le peintre muraliste Diego Rivera. Nous présentons des archives privées, des lettres, mais aussi des colliers en perles de jade, des rouges à lèvres, fards à joues, étuis à cigarettes et vêtements. On retrouve le crayon pour les yeux Revlon qu’elle utilisait pour assombrir son regard. Son mari se souvenait de leur première rencontre en ces termes : « Elle avait des sourcils sombres et épais réunis au-dessus de son nez. Ils ressemblaient aux ailes d’un oiseau, leurs arcs noirs encadrant des yeux bruns extraordinaires. » Pendant de nombreuses années, ses effets personnels ont été entreposés dans deux pièces de la maison et placés sous scellés, sur ordre de Diego, à la mort de Frida, en 1954. Les chambres n’ont été ouvertes qu’en 2004 et c’est la première fois, depuis, que ces pièces sont exposées hors du Mexique.

    Pourquoi Frida Kahlo est-elle devenue une référence internationale de la mode ?

    Elle était très en avance sur son temps et c’est ce qui la rend si pertinente et si contemporaine. Elle s’est forgé une identité très puissante à travers ses convictions politiques, son handicap (elle fut rescapée d’un terrible accident de bus en 1925) et son art, qui résonne encore aujourd’hui. Son style contribue autant à son mythe que ses peintures. Ses robes de Tehuana (robes traditionnelles mexicaines), ses coiffes, ses corsets peints à la main et ses prothèses, qu’elle fabriquait elle-même, étaient une forme d’expression personnelle, mais aussi, et surtout, une extension de son art. Elle a d’ailleurs beaucoup inspiré les designers de mode d’aujourd’hui, de Jean Paul Gaultier, avec ses explorations autour du corset, à Alessandro Michele chez Gucci, en passant par Riccardo Tisci, qui lui rendit hommage dans la collection haute couture de Givenchy automne-hiver 2010-2011, notamment avec ces vestes en forme d’ailes de colombe que l’on retrouve dans l’œuvre de Frida, surtout quand elle était en proie à la douleur et qu’elle s’accrochait à l’espoir de pouvoir s’échapper de son propre corps.

    Lire aussi : Frida Kahlo, haute en couleur

    Comment son apparence vestimentaire reflétait-elle son engagement politique ?

    Sa garde-robe est le reflet de sa fierté pour la culture de son pays : elle a utilisé son apparence comme une déclaration politique, façonnant son allure comme une forme d’allégeance à l’identité mexicaine. Nous exposons ses vêtements traditionnels mexicains, tels que des rebozos (des châles mexicains) ou son resplandor, une coiffe de dentelle portée par les femmes de la société matriarcale, de l’isthme de Tehuantepec, dans le sud du Mexique. Son vestiaire est d’ailleurs principalement composé de pièces traditionnelles d’Oaxaca, à l’ouest de Tehuantepec. Au fil du temps, le style de l’artiste a évolué, fusionnant vêtements traditionnels mexicains et pièces étrangères. On repère des vêtements ethniques du Guatemala et de la Chine, ainsi qu’une intéressante collection de blouses européennes et américaines. L’artiste illustre cette fusion des styles européens et mexicains dans l’un
    de ses autoportraits les plus célèbres, Les Deux Frida (1939).

    J’essaye d’imaginé une expo Diego Rivera durant laquelle serait exposé son rasoir, son after shave, ses calfutes et sa poire à lavement en guise de peinture. A la limite on aurais vu ses pinceaux, couleurs, outils de travail... et on aurais pu croire que Frida Kahlo était une artiste, mais non c’est juste une lafâme, cet petit être mignon qui met du rouge à lèvre.

    Ce sont les hommes, couturiers misogynes qui réduisent cette artiste à son vetement, un corcet de souffrance qui les faits bander.

    Elle a d’ailleurs beaucoup inspiré les designers de mode d’aujourd’hui, de Jean Paul Gaultier, avec ses explorations autour du corset, à Alessandro Michele chez Gucci, en passant par Riccardo Tisci, qui lui rendit hommage dans la collection haute couture de Givenchy automne-hiver 2010-2011, notamment avec ces vestes en forme d’ailes de colombe que l’on retrouve dans l’œuvre de Frida, surtout quand elle était en proie à la douleur et qu’elle s’accrochait à l’espoir de pouvoir s’échapper de son propre corps.

    Si des fois une femme voulait s’échappé de son corps, les mecs se bousculent pour l’y ramener de force et d’outre tombe.

    #sexisme #historicisation #capitalisme