• Trưng Sisters - Wikipedia
    https://en.wikipedia.org/wiki/Tr%C6%B0ng_Sisters

    The Trưng sisters (Vietnamese: Hai Bà Trưng, literally “Two Ladies [named] Trưng”, c. AD 12 – c. AD 43) were Vietnamese military leaders who ruled for three years after rebelling in AD 40 against the first Chinese domination of Vietnam. They are regarded as national heroines of Vietnam. Their names were Trưng Trắc (徵側) and Trưng Nhị (徵貳).

    One reason for the defeat is desertion by rebels because they did not believe they could win under a woman’s leadership.[17] The fact that women were in charge was blamed as a reason for the defeat by historical Vietnamese texts in which the historians ridiculed and mocked men because they did nothing while “mere girls”, whom they viewed with revulsion, took up the banner of revolt.[18] The historical poem containing the phrase “mere girls”, which related the revolt of the Trung Sisters while the men did nothing, was not intended to praise women nor view war as women’s work, as it has been wrongly interpreted.[19][20] And though the popular saying “When the enemy is at the gate, the woman goes out fighting” has been cited as evidence of women’s stature,[21] the actual phrase in Vietnamese is “Giặc đến nhà, đàn bà cũng đánh” (When the enemy troops came to the house, the woman also went to fight the enemy), which means that fighting in war is inappropriate for women and that it is only when the situation is so desperate that war has spread to their home that women should enter the war.[22][23]

    #historicisation #guerrières

  • Exposition : Nadia Léger, l’oubliée - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/exposition-nadia-leger-l-oubliee-07-09-2019-8147439.php

    Elle était russe, peintre, communiste convaincue et pour finir milliardaire puisque qu’héritière d’un illustre mari : le peintre Fernand Léger. Elle, c’est Nadia Léger (1904-1982), encore quasi inconnue aujourd’hui, écrasée par l’ombre de son mari. Une exposition sur les Champs-Élysées, gratuite et éphémère, met en lumière pour la première fois son œuvre et ce destin hors du commun.

    Une trentaine de toiles ornent les murs d’Artcurial, la maison de vente aux enchères qui accueille l’événement. Des œuvres cubistes de ses débuts à un portrait du cosmonaute Iouri Gagarine en passant par un saisissant autoportrait en résistante, on découvre tout le talent d’une vraie peintre, marquée par les grands courants artistiques de l’époque et ses engagements politiques.

    Pourtant, ces tableaux n’ont pratiquement jamais été vus. Cet « oubli », c’est bien ce qui a passionné Aymar du Chatenet, ancien journaliste et aujourd’hui éditeur, à l’origine de l’exposition et auteur d’un conséquent ouvrage sur Nadia Léger. « J’ai eu un coup de foudre en voyant un de ces tableaux. Je ne savais pas vraiment qui elle était ni surtout qu’elle avait ce talent. J’ai commencé à chercher à en savoir plus et j’ai découvert son destin extraordinaire. »
    « J’aimerais pouvoir réparer une injustice »

    Car oui, l’histoire de Nadia Léger est un roman. Élève du peintre Malevitch en URSS, elle débarque à Paris en 1925 et se lie d’amitié avec Picasso, Chagall et de toute la bande d’Aragon. À partir des années 1930, elle devient la maîtresse de Fernand Léger puis son assistante toute sa vie, avant de l’épouser 3 ans avant sa mort. Communiste engagée, elle sera aussi une proche de Maurice Thorez. Figure du monde artistique en URSS, elle finance le journal L’Humanité et sera même soupçonnée par les services français de travailler pour le KGB…
    Amie de Picasso, Chagall et Aragon, Nadia Léger a été l’assistante du peintre toute sa vie. /Succession Nadia Léger
    Amie de Picasso, Chagall et Aragon, Nadia Léger a été l’assistante du peintre toute sa vie. /Succession Nadia Léger

    « Je pense qu’elle aurait surtout voulu être reconnue comme un peintre à part entière et pas comme la femme de Fernand Léger, estime Aymar du Chatenet. J’aimerais pouvoir réparer une injustice et j’espère qu’un jour elle aura une grande exposition à Beaubourg ».


    Ce dimanche, de 13 heures à 19 heures, chez Artcurial, 7 rond-point des Champs-Elysées (Paris, 8e). Gratuit.

    #femmes #femme_de #art #invisibilisation #historicisation

  • Archive ouverte HAL - A la recherche des femmes… philosophes. La femme philosophe, une espèce disparue ?
    https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01217769


    (montage préparatoire de ma série « L’Athénée des Femmes » #mad_meg )

    Dans le catalogue très original des éditions Arléa se trouve un ouvrage du grammairien Gilles Ménage Histoire des femmes philosophes, traduit du latin par Manuella Varey et présenté par Claude Tarrène avec comme sous-titre « Réparation d’une injustice ». Cet ouvrage, paru en latin en 1690 sous le titre Mulierum philosopharum historia, est dédié à Mme Dacier. Il énumère 65 femmes philosophes de l’Antiquité jusqu’au haut Moyen-Age classées par écoles et par ordre alphabétique. Ces notices contiennent de longues citations des mentions concernant la vie et l’œuvre de ces femmes, citations d’autant plus précieuses qu’il s’agit pour beaucoup de textes païens ou chrétiens difficilement accessibles.

    #femmes #historicisation #philosophie

  • Archive ouverte HAL - Compte rendu de lecture : Femmes de sciences de l’Antiquité au XIXe siècle. Réalités et représentations. Textes réunis et introduits par Adeline Gargam avec la collaboration de Patrice Bret,
    https://hal.archives-ouvertes.fr/halshs-02182813


    (Hypatie par Masolino da Panicale (1383 - 1447) )

    Cet ouvrage collectif, proposé par Adeline Gargam est un recueil des travaux de recherche menés par une communauté interdisciplinaire, réunie à l’occasion d’un colloque international en juin 2012. Cette communauté constituée d’historien.ne.s, de philosophes, de sociologues, de littéraires, d’historien.ne.s des sciences a produit à la fois des études de cas très détaillées sur la vie et les oeuvres scientifiques de femmes, ainsi que des analyses plus générales de la représentation des femmes « savantes » à différentes époques, en différents lieux. L’historicité de la « science » est prise en compte afin d’intégrer dans l’étude les champs disciplinaires considérés comme telle à une époque donnée. Ainsi la rhétorique du trivium ou la musique du quadrivium de l’Antiquité sont vus comme des sciences, au même titre que les mathématiques, la chimie, l’astronomie, ou encore la sociologie ou l’écologie. C’est cette multiplicité des savoirs que sous tend l’expression « femmes de sciences » choisie par Adeline Gargam, en écho à l’expression couramment employée « femmes de lettres ». Adeline Gargam propose d’ « appréhender le phénomène [des « femmes de sciences »] sur la longue durée et [de] prendre en compte les aspects diachroniques significatifs, les seuls qui puissent faire observer les immobilités, les syncopes et les évolutions de cette conquête des sciences par les femmes » (p. 13). Pour cela, l’ouvrage s’arrête sur trois périodes historiques : l’Antiquité gréco-romaine, les XVII e-XVIII e siècles, et l’époque contemporaine ; dans un espace géographique « européen » élargi à l’Amérique. Dans une première partie, le cas des femmes antiques gréco-romaines met en évidence la difficulté de toute recherche de l’histoire des « femmes de sciences » : l’absence de sources. Cette dernière peut être révélatrice à la fois des pratiques sociales et épigraphiques de l’époque, mais également des choix historiographiques postérieurs. Malgré cela, les sources attestent bien l’existence de ces femmes, certes en nombre réduit, aux côtés des hommes savants, eux mêmes constituant une minorité de la population. Même si seul le nom d’Hypatie est largement connu aujourd’hui, les sources témoignent de l’activité savante féminine au quotidien. Cette première partie éclaire également l’évolution de la représentation de la femme de sciences au cours de l’histoire et la mythification de celle-ci, au travers du cas d’Hypatie. La seconde partie de l’ouvrage questionne les représentations des « femmes de sciences » aux XVII e et XVIII e siècles. De la « femmes savante » de Molière à celle des Lumières, le lecteur découvre les débats métaphysiques et philosophiques qui traversent ces siècles et influencent l’intégration sociale

    #histoire #sciences #femmes #historicisation #Hypatie

  • Archive ouverte HAL - Femmes en armes au XVIe siècle
    https://hal.archives-ouvertes.fr/halshs-00687858

    Résumé : La question de la violence des femmes sous l’Ancien Régime a été particulièrement étudiée pour le XVIIIe siècle, bien représenté grâce aux travaux d’Arlette Farge et Cécile Dauphin, Dominique Godineau et Jean-Clément Martin. Les XVIe et XVIIe siècles n’y sont traités qu’au travers des guerres de Religion et de la Fronde : trop souvent les femmes y sont soit représentées comme victimes soit comme des sujets d’amusement ou de curiosité. Les sources ne sont pas aussi catégoriques : les femmes se battent, sont violentes et sont armées en temps de guerre comme en temps de paix. Formées, elles participent activement à la guerre : entre victimes ou combattantes, certaines choisissent l’action pour préserver leurs biens, leurs intérêts et leur vie. Se pose alors la question des rapports entre les hommes et les femmes dans une société hiérarchisée où le rang est plus important que le sexe.

    #violences #femmes #guerre #armes #histoire #historicisation

  • Archive ouverte HAL - Les enjeux de la mémoire chez les historiennes des femmes, 1970-2001
    https://hal.archives-ouvertes.fr/halshs-02079902


    (portait de Madeleine Pelletier 1910)

    Résumé : En France, au début des années 1970, au moment où les mobilisations féministes connaissent un regain d’activité et stimulent la demande sociale en connaissances sur le passé des femmes, l’université et la recherche historique s’ouvrent à l’histoire des femmes. À partir de 1972, des enseignements et des groupes de recherche spécialisés se créent. Ces premiers temps de l’institutionnalisation se caractérisent par une grande proximité entre l’histoire des femmes et le champ militant féministe. Mais à partir du début des années 1980, ces historiennes, qui cherchent une légitimité institutionnelle, prennent progressivement leurs distances par rapport au politique. Cette stratégie d’intégration aux institutions se traduit, dans les recherches, par un évitement de l’objet mémoire. Les années 1990 marquent cependant les limites du processus d’externalisation de la cause des femmes : face aux résistances des institutions de recherche et d’enseignement supérieur et sous l’effet du développement de l’histoire des féminismes, les historiennes des femmes renouent avec des normes et des pratiques militantes et s’investissent plus directement dans les usages politiques du passé, en collaboration avec les autres pôles de l’espace de la cause des femmes. En analysant à la fois comment les historiennes des femmes se saisissent de la mémoire comme objet d’étude et comment elles s’engagent dans des pratiques de construction du passé à des fins politiques, cet article met au jour l’évolution du rapport de l’histoire des femmes à la cause des femmes.

    #histoire #historicisation #femmes #féminisme

  • Archive ouverte HAL - LES FEMMES DANS L’HISTOIRE ENSEIGNÉE AU COLLÈGE

    Abstract : Cet article traite de l’égalité filles-garçons/femmes-hommes ainsi que de la présence des femmes dans la discipline scolaire : histoire. Il compare les programmes d’Histoire de 2015 (de la sixième à la troisième) publiés au B.O.E.N. et seize manuels scolaires qui en sont issus. Ce suivi montre que les rédactrices et les rédacteurs sont fidèles aux directives données par le Conseil supérieur des programmes, d’où son rôle décisif. Lorsque les instructions sont formelles, un effort de représentation des femmes est poursuivi. Lorsqu’elles sont inexistantes ou réduites à des voeux, les équipes des manuels ne prennent aucune initiative pour remédier à cette carence des programmes. Des pans des programmes – de l’Antiquité au début du XXIe siècle – ne tiennent pas compte des résultats de la recherche nationale et internationale qui s’évertue avec succès à dévoiler la présence les femmes dans l’histoire. De plus, depuis les années 1980, quantité de textes officiels, émanant des gouvernements successifs et de leurs ministères, accompagnent l’égalité filles-garçons et les développements de la recherche. Hélas, ils ne sont pas respectés. L’article s’achève sur plusieurs pistes et propositions afin de remédier, dans le cadre des programmes actuels, à l’invisibilité des femmes. Nos propositions, à ce stade assez générales, pourront s’exemplifier, se singulariser et se concrétiser, au point de fournir aux enseignantes et aux enseignants, ainsi qu’aux élèves des modèles identificatoires, grâce à l’usage qu’elles et ils pourront faire des excellents dictionnaires biographiques et de diverses monographies consacrés aux femmes signalés dans notre bibliographie.

    #éducation #histoire #historicisation #femmes #collège

  • La peintre Kay Sage, une surréaliste solitaire et singulière
    https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/08/16/la-peintre-kay-sage-une-surrealiste-solitaire-et-singuliere_5500093_4415198.

    Femmes artistes oubliées (5/6). Formant avec Yves Tanguy l’un des couples de l’avant-garde culturelle en France et aux Etats-Unis dans les années 1940-1950, elle a suivi une voie très personnelle avant de finir par abandonner toute activité picturale pour se consacrer uniquement à la promotion de son époux défunt.

    Elle était la surréaliste d’Albany, l’Américaine à Paris, la femme d’Yves Tanguy. Elle était, surtout, une peintre singulière. Les manuels d’histoire de l’art ? Ils ne gardent guère de souvenirs de Kay Sage, même si ses toiles sont entrées dans les prestigieuses collections new-yorkaises du MoMA et du Whitney Museum. Une « sous-Tanguy », condamnée à rester dans l’ombre du peintre de Locronan (Finistère) ? Katherine Linn Sage commence à sortir de l’oubli, grâce à la réécriture salvatrice de l’histoire orchestrée par les théoriciennes féministes. Elle n’était pas de ces muses muettes que vénérait la clique surréaliste. Mais bel et bien une femme puissante, et une grande artiste.

    #femmes #femme_de #historicisation

  • La bière : un cas d’école du #sexisme
    https://information.tv5monde.com/terriennes/la-biere-un-cas-d-ecole-du-sexisme-314846

    Une belle ironie quand on sait que la #bière est d’abord une #histoire de brasseuses, comme le rappelle la spécialiste Elisabeth Pierre : « Initialement, la fabrication de la bière, liée au pain, était réservée aux femmes. A partir du XIIIe siècle, des moines se sont mis à brasser, mais l’on trouve une majorité de femmes parmi les grandes figures historiques, telle la religieuse Hildegarde de Bingen, botaniste et première brasseuse à avoir consigné l’importance du houblon dans l’élaboration de la bière, au XIIe siècle. En Angleterre, le savoir-faire était également féminin avec les alewives, à l’origine des premiers pubs. Mais la révolution industrielle a sorti la bière de son univers rural et domestique, avant que le #marketing n’en fasse une boisson d’hommes quand les femmes n’ont pourtant jamais cessé de brasser. »

  • Karim Emile Bitar sur Twitter : "“Grâce à elle, les noirs ont enfin pu entrer par la grande porte dans la #littérature#WTF ? À se demander si cette brave Muriel a jamais entendu parler d’Aimé Césaire, de James Baldwin, de Maya Angelou, de WEB Du Bois, de Richard Wright, de Senghor... C’est la Morano de #Macron !" / Twitter
    https://twitter.com/karimbitar/status/1160182848592187392

  • Le sexisme ambiant et la culture du silence persistent à Radio France
    https://www.liberation.fr/planete/2019/08/01/payetonburnoutmilitant-jouets-non-sexistes-propos-du-dalai-lama-juillet-d

    Dans une longue enquête de Télérama mise en ligne le 2 juillet, sous couvert d’anonymat, sept journalistes de Radio France dépeignent le climat sexiste qui règne dans les rédactions du groupe, notamment au sein du réseau France Bleu. Sous couvert d’humour, « une ambiance machiste, un climat de prédation anxiogène qui polluent leur travail et le rendent douloureux au quotidien » : les récits des témoins concordent et des freins entravent la libération de la parole chez les victimes, le plus souvent précaires. L’enquête met aussi en évidence le système de « sanctions promotions » accordées aux harceleurs « nourrissant un sentiment d’impunité ». Des pratiques qui ont pu exister, selon Sibyle Veil, la PDG de Radio France, mais désormais « d’un autre âge ». La direction a annoncé le renforcement du dispositif de lutte contre les discriminations, le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. Une attention particulière devrait être portée sur le recueil et l’écoute de témoignages. Des investigations sur les cas signalés ont été promises ainsi que des actions de prévention et de sensibilisation. Une mission va également être lancée pour « proposer des améliorations de manière à créer les conditions d’une parole libre au sein de l’entreprise ».

    • Dans le même article il est question « d’excuses » du Dalaï lama. Qui est toujours un #grand_homme car en fait il ne s’excuse pas et incrimine la traduction.

      A la suite de propos sexistes, le dalaï-lama s’excuse

      « Des sincères excuses ». C’est ainsi que le dalaï-lama est finalement revenu sur ses propos tenus lors d’une interview accordée à la BBC. Le 27 juin, il déclarait : « S’il y a une femme dalaï-lama, elle doit être plus attirante [que moi]. » Ce jour-là, l’intervieweuse lui rétorque que la personnalité prévaut sur le physique. Ce à quoi il répond : « Les deux [comptent], je pense. » Deux jours plus tard, le 2 juillet, son bureau publiait un communiqué de presse en précisant qu’« il arrive parfois que des remarques spontanées, qui peuvent être amusantes dans un contexte culturel donné, perdent leur caractère humoristique dans la traduction ».

    • Toujours le même lien - #historicisation #prison #poésie #vagin #féminisme #femmes #facebook

      Une militante ougandaise en prison pour un poème contestataire évoquant un vagin

      En Ouganda, la militante et intellectuelle féministe Stella Nyanzi est enfermée depuis déjà huit mois en prison. Son tort ? Avoir eu l’audace d’écrire et de poster sur Facebook un poème critiquant le président ougandais, Yoweri Museveni, et sa politique de répression. Des écrits contestataires et parlant de vagin, rapporte Terra Femina. Elle écrivait notamment : « Je voudrais que la décharge infecte brun sale inondant la chatte de ta mère t’ait étouffé à mort/ Qu’elle t’ait étouffé tout comme tu nous étouffes avec l’oppression, l’interdiction et la répression. » Ce sont ces « propos offensants » qui lui valent d’être sous les verrous. Si les paroles sont chocs, elles s’inscrivent dans une stratégie rhétorique employée par les activistes ougandais sous le régime colonial : « l’impolitesse radicale ». L’objectif : déstabiliser les puissants en utilisant tactiquement l’injure publique. Par l’évocation du vagin de la mère du président, Stella Nyanzi « exprime sa rage à l’égard du pouvoir abusif d’un "leader" qui reste sourd aux droits des femmes », note le média.

      Lors de sa comparution au tribunal le 9 juillet, l’activiste a expliqué sa démarche : « Sauf si vous agrippez fort et que vous serrez fort, ils n’écoutent pas. » Le sujet principal de cette comparution : « vagin » est-il un terme « obscène » voire « pornographique » ? Une thèse défendue par l’avocat Charles Dalton Opwonya, membre du comité ougandais de lutte contre la pornographie. « Un vagin peut être sale si vous ne le lavez pas », a-t-il notamment argumenté. La militante a commencé à présenter sa défense la semaine du 8 juillet. Et Stella Nyanzi n’en est pas à son premier coup d’éclat. En 2017, elle a comparé le président Museveni à une « paire de fesses », et qualifié la première dame, ministre de l’Education, de « truie paresseuse ». Elle reprochait à la ministre de ne pas avoir tenu sa promesse de campagne visant à rendre gratuites les protections hygiéniques pour les jeunes filles scolarisées. L’affaire avait été classée sans suite.

  • #Milena_Jesenska, le feu vivant (Prague 1896-Ravensbrück 1944)

    https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/milena-jesenska-le-feu-vivant-prague-1896-ravensbruck-1944

    Il disait d’elle qu’elle était un « feu vivant ». Milena Jesenska est connue pour avoir été la destinataire des plus belles lettres de Franz Kafka, les Lettres à Milena. Elle fut aussi traductrice, journaliste et résistante.
    Milena Jesenská
    Milena Jesenská

    Leur histoire d’amour, passion dévorante qui échoua au bout de quelques mois, est sans doute l’une des liaisons les plus fascinantes de la littérature. Son itinéraire à elle, si singulier, et si symptomatique de la Mitteleuropa du XXè siècle, l’est autant - si ce n’est plus. Mais c’est une histoire qu’on ne raconte jamais. Milena est restée un prénom.

    Elle fut pourtant dès les années 1920 l’une des journalistes tchèques les plus en vue, signant les chroniques cruellement justes d’un monde en train de disparaître. Féministe, communiste, résistante, elle fut arrêtée dès 1939 et déportée à Ravensbrück. Elle y rencontra la résistante allemande Margarete Buber-Neumann, avec qui elle vécut ce qui fut probablement sa dernière histoire d’amour, avant de mourir dans le camp en 1944. Margarete deviendra sa première biographe.

    L’engagement systématique de Milena, son insoumission, mais aussi la force de son œuvre ont été jusqu’ici méconnus ou méprisés - peut-être parce qu’elle demeure dans les esprits la femme aimée par Franz Kafka, une femme invisible et dont on n’entend pas la voix. Car les réponses de Milena ont toutes été perdues, ou détruites. Tentons aujourd’hui, malgré tout, d’entendre Milena Jesenska.

    #résistance

    • L’engagement systématique de Milena, son insoumission, mais aussi la force de son œuvre ont été jusqu’ici méconnus ou méprisés - peut-être parce qu’elle demeure dans les esprits la femme aimée par Franz Kafka, une femme invisible et dont on n’entend pas la voix. Car les réponses de Milena ont toutes été perdues, ou détruites.

      Tu peu être une journaliste brillante et il suffit qu’un homme t’aime pour que tu sois dissoute dans l’acide, toi et tout ce que tu as accompli.
      #invisibilisation #femmes #historicisation #hétérosexualité #amour

  • Les victimes, des oubliées de l’histoire ? - Les victimes de violences conjugales en Bretagne au xixe siècle - Presses universitaires de Rennes
    https://books.openedition.org/pur/18610?lang=fr

    Si les archives judiciaires sont depuis un certain temps reconnues comme une source capitale de l’étude des sociétés d’autrefois, dans la mesure où nous sommes souvent obligés par ailleurs de nous contenter de documents officiels qui ne laissent guère qu’entrevoir la vie quotidienne du « petit peuple », il reste que l’étude de la violence familiale à partir de ce type d’archives pose des problèmes spécifiques. Nous manquons d’études concernant la petite et la moyenne délinquance familiale : les quelques éléments qu’ont pu me fournir des études entreprises sur les justices de paix d’Ille-et-Vilaine semblent montrer que le tribunal de paix n’était pratiquement jamais saisi de telles affaires. Les sources policières que j’ai pu étudier n’en disent pas davantage. Il faudrait collecter un nombre suffisant de cas de coups et blessures « simples » portés devant le tribunal correctionnel pour avoir une idée de ce qu’il en est à ce niveau. Nous allons donc fonder notre travail sur les dossiers de la cour d’assises, qui ne prennent par définition en compte que les affaires les plus graves. D’où la question lancinante : sont-elles représentatives ? Question moins simple qu’il n’y paraît, triple question en fait. Premièrement, sont-elles représentatives de la criminalité réelle, et quelle part de cette dernière nous demeure cachée ? Deuxièmement, sont-elles représentatives de l’ensemble des déviances familiales, y compris les moins graves. Troisièmement, ceci étant le point le plus important : sont-elles représentatives, sont-elles l’image exacerbée, le double monstrueux de comportements habituels et normatifs que nous ne pourrions saisir vraiment qu’à travers elles ? La première question ne nous retiendra guère ici, la seconde davantage et la troisième de manière plus centrale encore. Pour ne pas nous égarer sur des pistes trop hétérogènes et envisager le mieux possible un champ très précis, nous nous intéresserons plus particulièrement aux violences conjugales, c’est-à-dire commises entre mari et femme, entre concubins, mais aussi entre, par exemple, mari et amant de la femme, ou femme et maîtresse du mari, au détriment donc des parricides, des homicides commis sur oncles et tantes, entre frères et sœurs, qui ne nous arrêteront qu’incidemment, et bien sûr des infanticides et avortements qui posent des problèmes entièrement différents, et ne nous retiendront pas du tout ici.

    2Il ne s’agit pas là d’une synthèse finale, mais d’un travail reposant sur plusieurs échantillons nettement différents par les dates considérées et les origines géographiques, mais dont la mise en perspective peut faire surgir d’utiles hypothèses. Les trois principaux sont représentés par une étude sur les violences familiales dans l’arrondissement de Rennes entre 1811 et 1914 (non exhaustive : une série de sondages m’a permis d’évaluer le nombre des faits pris en compte à environ la moitié du total jugé ; mais la sélection paraît avoir été à peu près aléatoire, ce qui rend l’échantillon pertinent)1 - une étude sur le crime « passionnel » dans l’ensemble du département d’Ille-et-Vilaine entre 1870 et 1914, crime dans lequel les violences conjugales ou quasi conjugales sont fortement majoritaires2 - et enfin, une dernière concernant les crimes familiaux (avortements et infanticides strictement exclus, ce qui laisse subsister uniquement le même type d’affaires que dans le cas précédent) dans les Côtes-du-Nord entre 1850 et 19003. Outre que les dates sont différentes, les localisations géographiques déterminent un environnement social différent : un arrondissement sinon fortement urbanisé, du moins comportant une ville relativement importante (Rennes) ; un département plus ouvert sur le monde et plus urbanisé (l’Ille-et-Vilaine), enfin un département très rural (profond...), les Côtes-du-Nord4.

    pas encore lu
    #féminicide #couple #femmes #violence_par_conjoint #histoire #historicisation

  • Les #Découvreuses

    Derrière la personnalité forte et emblématique de Marie Curie, Les découvreuses présente l’aventure exceptionnelle de 20 femmes qui ont permis à l’humanité de réaliser des bonds en avant dans les disciplines scientifiques les plus variées : Physique, Chimie, Télécommunications, Biologie, Exploration de l’espace…
    L’album regroupe :
    – 5 histoires courtes de 8 à 21 pages consacrées à :
    . Marie Curie (Physique et Chimie)
    . Ada Lovelace (Informatique)
    . Mae Jamison (Espace)
    . Rosalind Franklin (Biologie)
    . Hedy Lamarr (Communications)
    et 15 fiches illustrées pour 15 autres scientifiques souvent injustement mises de côté.


    http://21g.fr/catalogue/decouvreuses

    #femmes #science #BD #livre #histoire #histoire_des_sciences #invisibilité #invisibilisation #historicisation

  • Article plus intéressant que ce que le titre laisse croire :

    Pourquoi ta meuf ne parle jamais de musique avec toi
    Le Parterre, le 5 juin 2019
    https://leparterre.fr/2019/06/05/pourquoi-ta-meuf-ne-parle-jamais-de-musique-avec-toi

    Si l’on se penche sur les chiffres, non seulement les femmes sont rares au sein des artistes musicaux, mais elles le sont encore plus dans la critique musicale. La critique musicale a derrière elle une longue histoire sexiste, et s’est construite autour de la parole des hommes et en la constituant comme un lieu d’attributs virils. En août 2018, la journaliste Jessica Hooper publiait une enquête sur la place des femmes dans le magazine Rolling Stone : « It was us against those guys », dont le titre parle de lui-même. Elle y interviewe les six premières femmes ayant réussi à se faire embaucher par le magazine dans les années 70, et les difficultés qu’elles y ont rencontrés. Elles y relatent les refus catégoriques de la part de leurs confrères d’accorder de la valeur à leur parole et le discrédit rapide dont elles ont été l’objet en étant comparées à des groupies ou des « fangirls ». L’obsession musicale d’un homme pour un groupe ou un musicien est conçue comme une forme d’expertise, alors que celle d’une femme est perçue comme superficielle et vénale.

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’écart n’est pas prêt de se résorber. Un récent article d’André Doehring (Male Journalists as « artists » : The Ideological production of recent popular music journalism), montre même que la part des femmes journalistes musicales décroit depuis les années 80. A la fin des années 80 aux Etats Unis, elles étaient 23% à contribuer à la rédaction de critiques dans les magazines de musiques actuelles, elles représentent au début des années 2010 seulement 15% des contributeurs.trices. En 2015 en Allemagne, parmi les rédacteurs des magazines de musiques actuelles, seulement 1 sur 10 est une rédactrice et il n’existe aucune rédactrice en chef. Doehring souligne par ailleurs que c’est là une dynamique toute propre au journalisme musical, alors que les autres secteurs journalistiques voient la proportion de femmes au sein de leur rédaction se développer.

    #Musique #Femmes #Sexisme

    • Si l’on se penche sur les chiffres, non seulement les femmes sont rares au sein des artistes musicaux, mais elles le sont encore plus dans la critique musicale. La critique musicale a derrière elle une longue histoire sexiste, et s’est construite autour de la parole des hommes et en la constituant comme un lieu d’attributs virils.

      Ca marche avec la critique ciné, la critique littéraire, la critique artistique, la critique média, la critique tout court probablement.
      #historicisation #invisibilité_des_femmes #male_gaze

    • Ce qui me déprime le plus dans cet article c’est que la seul référence sur la théorie féministe soit Bourdieu, un mec qui s’est approprié les théories féministes sans cité ses sources. Comme si il n’y avait que les hommes encore une fois pour servir de référence dans un article qui dénonce le fait que les hommes sont pris comme références... et ici après deux siècles de femmes qui ont réfléchit et se sont exprimés sur le sujet, encore un homme !
      #androcentrisme

    • @mad_meg c’est pas la « théorie féministe » de Bourdieu qui est évoquée mais son bouquin « la distinction » qui est un regard sociologique critique sur les goûts et les couleurs (et je doute qu’en 1977 quand ce bouquin est sorti d’autres aient été aussi loin dans l’analyse).

    • C’est un article de blog qui date de 1977 ? J’ai cru que c’etait écrit en 2019... C’est pas « la domination masculine » mais ca reste Bourdieu pour un sujet sur l’invisibilisation des femmes.
      J’avais raté la ref à « André Doehring » comme point de départ, après vérification c’est un André au masculin, de quoi me faire ralé encore plus...

      Après re-lecture plus attentive il y a quand même deux femmes en plus de « ta meuf » qui sont mentionnées dans le texte : Sylvie Octobre (mais on sais pas trop qui elle est sans l’aide de gogol) et la journaliste Jessica Hooper de Rolling Stone (qui a fait un itw qui confirme ce que théorisent ces messieurs Bourdieu et Doerhing). Ca atténue un peu ma colère mais je reste mécontente de la ref à Bourdieu qui est vraiment malvenu dans ce contexte, ainsi que l’invisibilisation des théoriciennes féministes sur un sujet pareil. Mon conseil pour essayer d’être un peu constructive, sur les sujets féministes évitez les références masculines encore plus que vous devriez le faire d’habitude. Par exemple plutot que Bourdieu, il y avait Françoise Héritier et sa théorie de la différence de la valence des sexes qui aurais permis de dire ces chose avec plus de pertinence et moins de références masculines.

    • C’est quand même dommage de n’avoir que ça à dire sur cet article, ressortir une vieille polémique d’il y a 20 ans qui n’a rien à voir avec le sujet. On est à la limite du troll quoi...
      Mon conseil : lisez vous même les ouvrages sans vous soucier du sexe de l’auteur et voyez si c’est pertinent (c’est marrant parce que moi je trouve que « domination masculine » c’est un peu plus parlant et radical que « valence différentielle des sexes » mais chacun sa crémerie hein).

    • @aude_v mais on est d’accord, l’article fait justement ce constat que le milieu musical (et celui de la critique) est très masculin. L’auteur essaie de trouver les raisons en employant un appareil critique dont il dispose (Bourdieu en l’occurrence) et ce qui déprime le plus mad meg, si je la prends au pied de la lettre, ce n’est pas la situation des femmes dans le milieu de la critique mais le fait qu’on utilise Bourdieu pour en parler. C’est assez cocasse en fait car cela ressemblerait presque à une discussion entre critiques... J’ai d’ailleurs toujours trouvé assez ridicule presque toute la presse de critique musicale que je trouve souvent extrêmement pauvre, blindée de clichés et qui me semble être un repaire de jeunes (ou vieux) coqs qui utilisent ça principalement comme un moyen de séduction (c’est un manque de l’article ça d’ailleurs, car sur le sujet je pense que la séduction est une grosse part du problème).

    • @aude_v c’est la même chose dans le milieu universitaire où les hommes sont les plus visibles donc effectivement un Bourdieu là dedans n’y échappait pas non plus. Après, sur le bouquin en tant que tel je ne parlerais pas de pillage car on ne peut pas dire qu’il disait exactement la même chose (par exemple par rapport à Françoise Héritier, il n’a pas la même approche, et puis un tas d’autres gens ne se sont pas gênés pour critiquer le contenu de la théorie de Bourdieu sur cette question au regard d’autres études féministes) mais en revanche oui il y a clairement une invisibilisation en refusant (plus ou moins volontairement ?) même de discuter ces travaux effectués par des femmes. J’ai jeté un œil vite fait à l’index des noms propres et je ne vois que Judith Butler comme féministe qui est très rapidement citée, Virginia Woolf est longuement citée aussi mais son statut d’écrivaine la met un peu à part à mes yeux.

  • La pellicule invisible d’Alice Guy
    https://www.liberation.fr/debats/2019/06/05/la-pellicule-invisible-d-alice-guy_1731901

    Bien qu’Alice Guy-Blaché soit française et la réalisatrice d’une œuvre protéiforme, il y a peu de chances pour que Be Natural : The Untold Story of Alice Guy-Blaché, le documentaire de Pamela B. Green sorti depuis peu aux Etats-Unis, soit montré en France. Il n’a trouvé, pour l’heure, aucun distributeur dans l’Hexagone, quand l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Suède, la Norvège, le Danemark, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et l’Espagne ont acheté les droits. Doit-on s’en étonner ? Non, à en croire la réalisatrice, dont le film dénonce l’indifférence têtue de la France vis-à-vis d’une pionnière du cinéma. A ce titre, il n’est pas exagéré de dire que le véritable sujet de Be Natural, enquête cinématographique et making of de cette enquête, porte sur la façon dont l’histoire se fait, puis s’écrit - ou pas - et se réécrit.

    Née en 1873, Alice Guy commence sa carrière en 1894, à 21 ans, comme sténodactylographe d’un certain Léon Gaumont. L’année suivante, elle assiste avec son patron à la première projection organisée par les frères Lumières. Gaumont saisit tout de suite l’importance du procédé, qu’il entend développer. Alice Guy se propose aussitôt de participer à l’aventure en créant des petits films courts. Gaumont accepte, au motif que « c’est un métier pour jeunes filles (sic) ». Loin d’être un art, le cinématographe n’est pas encore une profession, tout au plus une occupation d’amateurs - idéale pour une femme, donc.

    Alice Guy a trouvé sa vocation. Dès 1896, elle réalise ce qui peut être considéré comme le premier film de fiction, la Fée aux choux, soit moins d’une minute où l’on voit une plantureuse fée sortir des nourrissons de choux en cartons, artistiquement dessinés. Suivront près de mille films, sur dix-sept ans de carrière où Alice Guy, désormais directrice de production chez Gaumont, assure souvent tous les rôles - réalisatrice, scénariste, habilleuse… Elle touche à tous les genres, le comique, le drame sentimental, le western, le « clip » musical avec des chansonniers comme Mayol ou Dranem, et même le péplum avec son « chef-d’œuvre », la Vie du Christ (1906), film en vingt-cinq tableaux, d’une longueur totale de trente-cinq minutes, très inhabituelle pour l’époque. Elle participe à toutes les innovations comme la colorisation et, surtout, le chronophone, ancêtre du parlant, qu’elle part introduire aux Etats-Unis en 1907. C’est le deuxième volet de sa carrière, qui la voit s’épanouir à New York, où elle est partie avec son mari, le réalisateur Herbert Blaché. Bien que jeune mère, elle ne renonce pas à sa passion, bien au contraire, et ce malgré la difficulté qu’elle éprouvera toujours à maîtriser l’anglais. Elle parvient même à fonder sa propre compagnie, Solax, implantée à Fort Lee (New Jersey) et considérée comme le studio le plus important aux Etats-Unis de l’ère pré-Hollywood. Mais en 1921, en instance de divorce, alors que Solax a été en partie endommagé par un incendie, elle décide de rentrer en France.

    Commence alors une période sombre, qui s’étirera jusqu’à la fin de sa vie, en 1968. Sombre car Alice Guy, avec deux enfants à charge, ne parvient pas à trouver de travail. On ne l’a pas seulement oubliée : alors que paraissent les premières histoires du cinéma, son œuvre est effacée ou attribuée à d’autres, acteurs ou assistants qu’elle a employés, comme Feuillade. Même Gaumont, qui publie l’histoire de sa maison, la passe sous silence. Il promet des corrections pour la seconde édition - et des brouillons prouvent qu’il entendait tenir sa promesse - mais il meurt en 1946, avant la parution prévue du volume, qui ne verra jamais le jour.

    Comprenant que le cinéma lui a désormais fermé ses portes, Alice Guy entreprend de se faire elle-même justice. Elle corrige les premières histoire(s) du cinéma qui paraissent, tente de récupérer ses œuvres, perdues, oubliées, éparpillées chez les premiers collectionneurs. Non signés, dépourvus de génériques, sans crédits ni copyrights, les films d’Alice Guy semblent ne plus exister que dans la mémoire de leur créatrice. En désespoir de cause, elle écrit ses souvenirs. Aucun éditeur n’en voudra. L’Autobiographie d’une pionnière du cinéma paraîtra à titre posthume chez Denoël, en 1976. Une préface de Nicole-Lise Bernheim ouvre le livre par ces mots : « Si j’étais née en 1873 […]. / Si j’avais travaillé chez Gaumont pendant onze ans / […]. Si j’avais été la seule femme metteur en scène du monde entier pendant dix-sept ans, / Qui serais-je ? / Je serais connue, / Je serais célèbre, / Je serais fêtée, / Je serais reconnue. / […]. Qui suis-je ? / Méliès, Lumière, Gaumont ? / Non. / Je suis une femme. »

    Encouragée par Léon Gaumont, qui sut lui confier d’importantes responsabilités, objet d’hommages appuyés signés - excusez du peu - Eisenstein ou Hitchcock, Alice Guy n’a pas tant été victime « des hommes » que des historiens du cinéma. Son effacement est l’exemplification même d’un déni d’histoire. Une femme peut réussir - et Alice Guy l’a prouvé avec éclat - mais à partir du moment où une pratique amateur devient une profession, un art et un enjeu commercial, elle n’a plus sa place dans la légende. Prenez Méliès. Lui aussi a été oublié, son œuvre effacée, tandis qu’il tombait dans la misère et survivait en vendant des bonbons devant la gare Montparnasse. Mais dès 1925, l’Histoire du cinématographe de ses origines à nos jours, par Georges-Michel Coissac lui redonnait sa place, qui ne fera dès lors que grandir. Le nom d’Alice Guy n’y est même pas mentionné. Georges Sadoul a attribué ses films à d’autres, Langlois l’a négligée, Toscan du Plantier, directeur de la Gaumont de 1975 à 1985, ne savait même pas qui elle était. Et la France, aujourd’hui, rechigne à diffuser Be Natural, documentaire passionnant et presque trop dense, tant le nombre d’informations, glanées pendant dix ans, peine à rentrer dans les 103 minutes du film. On se consolera avec les quelques films d’Alice Guy disponibles sur YouTube (1), dont l’hilarant les Résultats du féminisme (1906), qui inverse les rôles de genre. Edifiant.

    (1) On trouvera aussi sur YouTube le Jardin oublié : la vie et l’œuvre d’Alice Guy-Blaché (1995), documentaire de Marquise Lepage. A mentionner également, le prix Alice-Guy, qui a récompensé cette année Un amour impossible, de Catherine Corsini.

    #invisibilisation #historicisation #femmes #cinema

    Quand est-ce qu’on efface les historiens du cinéma ?

  • « Jean et Marie-José Tulard Les égéries de la Révolution » ou comment salir encore la mémoire des femmes en prétendant leur rendre leur place dans l’histoire. Les femmes intellectuelles, autrices, militantes, combattantes ne sont pas des égéries, des muses ou des inspiratrices de couillards.
    https://www.liberation.fr/debats/2019/06/04/les-droits-de-l-homme-contre-les-femmes_1731639

    Et je félicite pas ce couple de pseudo historien·nes pour leur contribution à l’humiliation des femmes mais ca m’étonne pas que ce macho de Joffrin trouve ca formidable.

    #égérie #muse #sexisme #historicisation #femmes #revolution_française

  • L’archéologie, donc la science et des universitaires, sont utilisés de manière frauduleuse pour servir des intérêts politiques et, au final, voler toujours plus de terres aux Palestinien.ne.s. Et il ne faudrait pas mêler l’université au boycott ?

    Israël utilise l’archéologie pour effacer l’histoire non juive
    Talya Ezrahi et Yonathan Mizrachi, Forward, le 29 mai 2019
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2019/06/03/israel-utilise-larcheologie-pour-effacer-lhistoire-non-juive

    en Israël, l’archéologie a toujours été liée au projet de construction de la nation. L’historien Amos Elon a un jour expliqué que les archéologues israéliens ne font pas des fouilles que pour découvrir et connaître, mais pour réassurer leurs racines.

    #Palestine #archéologie #boycott_universitaire #BDS #colonisation #histoire #roman_national #mythe_fondateur #falsification #historicisation #Cité_de_David #Silwan

  • Fresque à l’Assemblée nationale à Paris...

    Cette #fresque trône dans mon lieu de travail, l’@AssembleeNat. C’est censé est un truc commémoratif. Imagine-t-on des Juifs représentés ac l’imagerie antisémite pour une commémoration ? Ces traits sont des caricatures issus d’une longue tradition européenne. C’est + qu’une honte


    https://twitter.com/MMonmirel/status/1127591340131454977?s=19
    #racisme #néo-colonialisme #art_de_rue #street_art #commémoration #mémoire #caricature #Africains #Noirs #esclavage #préjugés #mémoire

    ping @reka

  • #Baya (peintre algérienne)

    Baya, de son vrai nom #Fatma_Haddad, épouse Mahieddine, née le 12 décembre 1931, à Bordj el Kiffan (Fort-de-l’Eau, aux environs d’Alger) et morte le 9 novembre 1998 à Blida, est une peintre algérienne, qui ne signa jamais ses œuvres que de son seul prénom usuel.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Baya_(peintre_alg%C3%A9rienne)
    #femmes #femmes_peintres #historicisation #peintres #art #Algérie

    Tweet d’Elisabeth Vallet sur twitter :

    #Baya : c’est une femme qui a été la pionnière de la modernité artistique algérienne explique @ChennoufiMiloud - la première exposition majeure de cette génération a été la sienne, à Paris, en 1947 - à 16ans #MaisonCultureCdn

    https://twitter.com/Geopolitics2020/status/1124103682654703616

    ping @reka

  • Map Worlds. A History of Women in Cartography

    Map Worlds plots a journey of discovery through the world of women map-makers from the golden age of cartography in the sixteenth-century Low Countries to tactile maps in contemporary Brazil. Author Will C. van den Hoonaard examines the history of women in the profession, sets out the situation of women in technical fields and cartography-related organizations, and outlines the challenges they face in their careers. Map Worlds explores women as colourists in early times, describes the major houses of cartographic production, and delves into the economic function of intermarriages among cartographic houses and families. It relates how in later centuries, working from the margins, women produced maps to record painful tribal memories or sought to remedy social injustices. Much later, one woman so changed the way we think about continents that the shift has been likened to the Copernican revolution. Other women created order and wonder about the lunar landscape, and still others turned the art and science of making maps inside out, exposing the hidden, unconscious, and subliminal “text” of maps. Shared by all these map-makers are themes of social justice and making maps work for the betterment of humanity.


    https://www.wlupress.wlu.ca/Books/M/Map-Worlds
    #cartographie #femmes #historicisation #femmes_cartographes #livre
    ping @reka

  • ELO#370 - Rocé
    Dror, Entre Les Oreilles, le 24 avril 2019
    https://entrelesoreilles.blogspot.com/2019/04/elo370-roce.html

    A mon tour de participer à une émission de radio d’une heure sur le projet de Rocé, Par les Damnés de la Terre, sur la radio CKUT de Montréal, le 18 avril dernier, avec Stefan Christoff...

    http://www.drorlist.com/Tadamon/Dromotexte180419.mp3

    On y a passé les extraits suivants :

    1) Dansons avec les travailleurs immigrés - Versailles (France et Tunisie 1974) 03:03

    Chansons anti-brutalité policière, suite à la mort de Mohamed Diab, tué par un policier dans un commissariat de Versailles

    2) Jean Marie Tjibaou - Discours (Kanaki 1974) 00:31

    Explique l’importance de la culture dans la lutte anticoloniale, résumé du concept du disque !

    3) Groupement Culturel Renault - Cadences (France 1973) 05:21

    Chanson soul à la Isaac Hayes, écrite à l’occasion d’une grève dans les usines Renault contre les cadences infernales. Le chanteur est Jean-Pierre Graziani, que Rocé a rencontré, anarchiste et ancien métallurgiste chez Renault, qui a monté ce groupe et une maison de disque pour produire des chants de luttes !

    4) Léon Gontran Damas - Il est des nuits (Guyane) 01:10

    Léon-Gontran Damas, l’un des fondateurs de la Négritude, mais aussi ami de Guy Tirolien, grand père de la chanteuse montréalaise Malika Tirolien...

    5) Malika Tirolien, Emrical et Rawn Cana - Revolution (Guadeloupe, Haïti, Montreal 2014) 03:29

    Seule chanson de cette émission qui ne fait pas partie de l’album produit par Rocé...

    6) Manno Charlemagne - Le mal du pays (Ayiti 1984) 02:17

    Peu de gens en France connaissent ce musicien haïtien décédé en 2017, alors qu’il y a une rue à son nom à Miami où il est mort. Connu par la diaspora haïtienne du monde entier, opposant à la dictature de Duvalier, il avait du s’exiler aux États-Unis d’où il écrit cette chanson en 1984. Après la dictature, il retourne à Haïti et sera brièvement maire de Port-au-Prince.

    7) Abdoulaye Cissé - Les vautours (Haute Volta / Burkina Faso 1978) 04:56

    Avant l’arrivée au pouvoir de Thomas Sankara, Abdoulaye Cissé évoque ici les vautours, les colonisateurs et les exploiteurs. Abdoulaye Cissé était un compagnon de Thomas Sankara et il participera à son gouvernement. Le pays changera de nom et s’appellera Burkina Faso, mais les vautours, encore aujourd’hui, n’ont pas disparu.

    8) Les colombes de la révolution - Hommage à Mohamed Maïga (Burkina Faso - 1985) 04:08

    Morceau composé à la demande de Thomas Sankara, en hommage à Mohammed Maïga, journaliste et proche de Sankara, mystérieusement assassiné en 1984. Interprété par Les colombes de la révolution, l’un des groupes qui accompagnait Thomas Sankara. Rocé a trouvé ce morceau dans les archives de la radio du Burkina Faso et a eu l’autorisation de l’utiliser. Le fille de Mohammed Maïga, la comédienne Aïssa Maïga, ignorait l’existence de cette chanson.

    9) Dane Belany - Complexium - After Aimé Césaire (France & USA 1975) 04:03

    Dane Belany est une française d’origine turque et sénégalaise, exilée à New-York au début des années 1970 où elle rejoint le mouvement de la fierté noire et des musiciens de jazz expérimental, dont Ornette Coleman, Errol Parker, Dewey Redman ou Sirone. Pour ce projet, Rocé a rencontré Dane Belany qui lui a raconté son histoire et l’a autorisé à reproduire ici ce morceau...

    #Musique #Musique_et_politique #Rocé #Histoire #damnés_de_la_terre #colonisation #historicisation #Entre_les_oreilles #shameless_autopromo

    Suite du projet longuement discuté ici :
    https://seenthis.net/messages/706642