• Echanger sa maison plutôt que la louer : Home Exchange, une vraie alternative collaborative à Airbnb ? | Alternatives économiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/echanger-sa-maison-plutot-que-la-louer-home-exchange-une-vr

    A l’opposé d’Airbnb, le site français HomeExchange continue de miser sur une vision non marchande du séjour touristique, via l’échange de maisons. Un modèle d’économie collaborative qui résiste… jusqu’à quand ?

    Thomas Lestavel, le 4 août 2026

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    Des boîtes à clés entourent des sonnettes, sur la porte d’un immeuble de Saignon, dans le Vaucluse. Face aux dérives d’Airbnb vers un modèle mercantile, la plateforme HomeExchange mise sur un modèle plus « authentique ». © REA/Pierre GLEIZES

    Père de famille qui habite dans l’agglomération lilloise, Géry s’est abonné il y a quelques années à HomeExchange, un site d’échange de maisons entre particuliers. Il utilise régulièrement la plateforme pour organiser ses vacances en famille. « Nous sommes allés en Bretagne, sur la côte landaise, dans la région des lacs en Italie, à Heidelberg en Allemagne… et même à New York hors saison », raconte-t-il.

    Outre les économies réalisées sur les réservations de logement pour les vacances, le quadragénaire apprécie l’esprit de la plateforme. « Ce n’est pas un business déshumanisé avec des réservations en un clic. On s’appelle avant pour faire connaissance, présenter la maison, et il n’y a pas d’argent », poursuit l’utilisateur. Les échanges ne donnent en effet lieu à aucune rémunération.

    Propriété de la startup parisienne éponyme, HomeExchange se présente comme le plus grand site d’échange de maisons au monde. Il revendique plus de 550 000 annonces dans 155 pays, contre 300 000 pour son rival américain Kindred. Ses 290 000 membres souscrivent un abonnement annuel de 175 euros donnant accès à des échanges illimités. La start-up annonce plus de 10 millions de nuitées en 2025 et un objectif de 15 millions cette année.

    Depuis sa création, elle a levé 54 millions de dollars et effectué huit rachats de concurrents dans cinq pays, notamment celui du Britannique Love Home Swap. Enfin, le nombre de nuitées aurait triplé en quatre ans. Bref, une entreprise à succès.

    « Notre clientèle est essentiellement européenne et nord-américaine. La majorité des échanges se font entre logements dans un même pays », résume le cofondateur Charles-Edouard Girard. Unique source de revenus de la PME, qui emploie 150 personnes, les abonnements lui permettent de dégager des profits depuis 2020.

    « Nous avons toujours refusé de faire payer au séjour. Le membre paie 175 euros par an, mais ensuite fait autant d’échanges qu’il le souhaite », poursuit le cofondateur.

    De l’échange réciproque au gain de points

    L’échange de maisons est né dans le monde universitaire occidental dans les années 1950. À l’époque, des enseignants proposent sur un catalogue papier d’échanger leur logement pendant les vacances. En 1992, la communauté HomeExchange apparaît aux Etats-Unis, puis passe au numérique et devient à cette occasion une entreprise à la fin de la décennie.

    Longtemps, les échanges de logement sont restés réciproques : une famille A prêtait son logement à une famille B et se rendait dans la maison de cette famille B. Mais le site Guest To Guest voit le jour en France en 2011, et lance une innovation majeure : un système de points permettant de dissocier les séjours.

    Les membres gagnent des points lorsqu’ils accueillent des voyageurs chez eux et les dépensent ensuite pour séjourner dans d’autres logements, sans avoir à faire coïncider les calendriers.

    En supprimant l’obligation d’un échange réciproque et simultané entre deux membres, le système de points a décuplé les séjours possibles

    Concrètement, si une nuit dans une maison A vaut 150 points, et que celle-ci accueille un voyageur pendant deux nuits, son propriétaire reçoit 300 points. Il peut ensuite utiliser ce crédit pour séjourner dans un autre logement, par exemple valorisé à 100 points par nuit, où il pourra passer trois nuits. En supprimant l’obligation d’un échange réciproque et simultané entre deux membres, le système de points a décuplé les séjours possibles.

    Principal bémol : cela a un peu affaibli le lien de confiance, car on est encore plus précautionneux quand on sait que l’autre loge chez soi au même moment. « Pour contrecarrer cela, nous avons mis en place un système de notation et d’avis », explique Charles-Edouard Girard.

    Fait rare dans l’écosystème européen des start-ups, le français Guest to Guest a racheté en 2018 HomeExchange, alors même que l’entreprise américaine était plus grosse que lui, et a repris sa marque.

    « Nous avons eu un peu de chance. Les deux fondateurs approchaient des 70 ans et souhaitaient transmettre leur société. Avec le soutien de notre actionnaire, la Maif, nous avons réussi à trouver un accord », raconte Charles-Edouard Girard.

    Pour le cofondateur, la « gratuité » des échanges garantit une expérience authentique. « Les rapports sont différents. Les membres se parlent avant et pendant le séjour. Il n’y a quasiment jamais de dégâts dans les logements », estime le cofondateur.

    L’économie collaborative fait de la résistance

    L’échange de maisons relève de l’économie collaborative. Ce mouvement, encore en vogue il y a une dizaine d‘années, visait à mieux utiliser les ressources existantes tout en créant du lien social. On y trouve des sites comme BlaBlaCar (covoiturage), Communauto (autopartage), AlloVoisins (services et prêt de matériel) ou encore l’iconique Wikipédia (échange de connaissances).

    « Deux start-ups de l’économie collaborative ont réussi à grandir à partir de la France : BlaBlaCar et HomeExchange. La première comble les manques du réseau ferroviaire, car il n’y a pas de lignes TGV partout. La seconde a bénéficié de l’attractivité de l’Hexagone, une des premières destinations touristiques au monde », décrypte Antonin Léonard, associé du fonds Asterion Ventures et cofondateur de l’association OuiShare, qui promouvait l’économie collaborative.

    Mais le concept est en perte de vitesse, comme en témoigne la fermeture en 2024 de OuiShare. Pour payer leurs salariés, les plateformes de partage ont rapidement facturé leur service en prenant une commission sur chaque transaction, tournant le dos à l’esprit initial et adoptant les recettes classiques de l’économie numérique.

    En 2020, pendant la pandémie de Covid-19, le site pionnier Couchsurfing, qui permettait de trouver quelqu’un chez qui dormir gratuitement, a instauré un abonnement payant obligatoire. Cette décision a suscité la contestation de la communauté, estimant qu’elle trahissait l’esprit originel du projet.

    Airbnb illustre la dérive vers un modèle mercantile. La location s’est professionnalisée au point que des membres achètent des logements et les louent toute l’année en embauchant du personnel

    Airbnb illustre à l’extrême cette dérive vers un modèle mercantile. La location s’est professionnalisée au point que des membres achètent des logements et les louent toute l’année en embauchant du personnel. Les pouvoirs publics ont d’ailleurs régulé cette activité qui concurrence les hôtels, et appliqué une taxe de séjour.

    HomeExchange semble pour l’heure protégé de telles dérives. Le système de points fonctionne comme une monnaie virtuelle, mais celle-ci ne peut être cédée, vendue ou convertie en euros.

    L’éventualité d’une imposition fiscale du site semble improbable, « car cela signifierait qu’une taxe de séjour s’appliquerait aussi quand vous recevez des amis chez vous », argumente Charles-Edouard Girard.

    Le principal risque est ailleurs : qu’Airbnb lance une activité similaire à HomeExchange… ou le rachète. « Si ça devient gros, ça pourrait les titiller », conclut Antonin Léonard.

    #HomeExchange #Economie_collaborative #Economie_numérique

  • L’Association des journalistes de Hong Kong victime d’une campagne de harcèlement qui ne cesse de s’intensifier

    Reporters sans frontières (RSF) est indignée par la campagne de harcèlement menée sur plusieurs fronts contre l’Association des journalistes de Hong Kong (HKJA) et ses membres à l’approche de l’élection de son comité exécutif. La HKJA est l’une des dernières organisations indépendantes à soutenir un paysage médiatique mis à mal par la loi draconienne sur la sécurité nationale. RSF appelle la communauté internationale à prendre des mesures fermes pour soutenir ce qui reste du journalisme indépendant sur le territoire.

    Au cours de la semaine écoulée, les candidats au comité exécutif de l’Association des journalistes de Hong Kong (HKJA), dont les élections auront lieu ce samedi 8 août, ont été la cible d’attaques en ligne et hors ligne de la part d’acteurs pro-Pékin.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/11/30/des-cellules-de-hong-kong-aux-rues-de-londres-et-taipei-histoires-dactivistes-danciens-detenus-et-dexiles-qui-resistent-alors-que-pekin-etend-son-controle-au-dela-des-fron/#comment-75369

    #hongkong #chine

  • Rencontre mésoaméricaine de la CLOC : le féminisme paysan populaire mis en avant et un appel contre les politiques fascistes

    Déclaration publiée initialement sur le site web de La Via Campesina Honduras.

    Nous, les femmes paysannes et autochtones réunies au sein de l’Articulation des Femmes de la CLOC – Via Campesina Mésoamérique, avons tenu la Première Rencontre mésoaméricaine du Féminisme paysan et populaire, organisée à l’École d’Agroécologie « Margarita Murillo », située dans le hameau d’El Junquillo, municipalité de Potrerillos, département d’El Paraíso, au Honduras, du 21 au 25 juillet 2026. À cette occasion, nous élevons notre voix en solidarité avec les paysannes, les paysans et les peuples autochtones du Honduras face à la forte criminalisation des défenseur·e·s de la terre et du territoire. Nous exprimons notre solidarité avec les familles paysannes victimes du régime fasciste qui a instauré une politique de criminalisation, de persécution et d’assassinats des paysannes et paysans, des peuples autochtones et des Garifunas qui luttent pour leur droit à la terre et pour la défense de leurs territoires.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/04/honduras-comment-accompagner-les-adolescents-dans-leur-parcours-de-sante-sexuelle-et-reproductive/#comment-75366

    #feminisme #honduras

  • Abolire il turismo, per vivere meglio
    https://lavialibera.it/it-schede-2798-assalto_citta_turismo_di_massa

    Siamo in pieno periodo di ferie, e chi ancora non ha deciso come impiegare il tempo libero dal lavoro (se un lavoro abbastanza remunerato ce l’ha) si affanna per pianificare all’insegna di relax e divertimento la manciata di giorni che gli è concessa, con l’intenzione di evadere dall’asfissiante routine di tutti i giorni. E se c’è chi torna nel solito villaggio con piscina e baby club, chi si riversa con voli low cost nelle grandi capitali e chi preferisce immergersi nella wilderness delle mete esotiche, altri, sempre più numerosi, spinti da quella che sembra una nuova sensibilità ecologica provano a fuggire dalla quotidianità in maniera sostenibile, sfruttando vecchi e nuovi cammini o le sempre più estese ciclabili che si ramificano in montagna e lungo le coste. foto_sx Ma (…)

    #CULTURAMA

  • More women die in heatwaves, but biology ’isn’t main cause’
    https://www.dw.com/en/more-women-die-in-heatwaves-but-biology-isnt-main-cause/a-78187451

    Across the board, he says, women spend 30% to 50% more of their working time above heat-stress thresholds than men. In construction, when comparing men and women doing the same job, the figure rises to around 50%.

    The reasons, he says, are structural. Women often wear more clothing for the same job. Men are more confident asking for breaks. And where men’s work is visibly strenuous, it’s recognized as a heat risk and rewarded with rest. But women’s work is steadier, less obviously punishing, and gets no such relief.

    Parsons compares it to the difference between a plane crash and asbestos exposure: One is a sudden, visible catastrophe, the other a slow, constant harm that’s easy to miss. “Male heat stress tends to be this taller risk, where you get relatively visible moments of physical distress that can be managed,” he says. “Female heat stress is constantly there, but much less visible, because it doesn’t have those same obvious peaks in the working day.”

  • Attentat contre la Pride de Berlin : ne rien céder face aux obscurantismes

    L’Union syndicale Solidaires apprend avec une profonde tristesse et une colère immense l’attentat perpétré lors des célébrations du Christopher Street Day à Berlin.

    Alors que les premières informations pointent une motivation liée à l’idéologie islamiste, Solidaires tient à exprimer son soutien à la communauté LGBTQIA+, aux victimes, à leurs proches et à l’ensemble des participant·es.

    Cet attentat s’inscrit dans un climat mondial d’amplification des haines LGBTQIphobes, attisées par les discours obscurantistes, réactionnaires et d’extrême droite. Frapper une Marche des Fiertés, c’est s’attaquer directement à nos libertés fondamentales, à notre droit d’exister sans crainte dans l’espace public comme sur nos lieux de travail et d’études.

    La lutte contre la LGBTQIphobie et contre tous les fascismes, qu’ils se drapent dans le dogme religieux ou le nationalisme, est un seul et même combat pour la justice sociale, la liberté et l’égalité.Face à la terreur obscurantiste : solidarité internationale et vigilance antifasciste !

    https://www.solidaires.org/attentat-contre-la-pride-de-berlin-ne-rien-ceder-face-aux-obscurantismes

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/07/06/recul-de-lhomophobie-mais-loin-encore-de-legalite-des-droits/#comment-75278

    #homophobie

  • La législation sur les associations caritatives favorise l’homophobie religieuse

    Pour lutter contre la haine et la violence à l’égard des personnes homosexuelles, nous devons sévir contre l’homophobie au sein des associations caritatives religieuses, affirme Megan Manson.

    L’horrible attaque islamiste perpétrée ce week-end lors de la Gay Pride de Berlin, qui a fait un mort et 29 blessé·es, nous rappelle brutalement que l’homophobie religieuse est toujours très répandue.

    Il est facile de céder à la complaisance en matière de droits civiques – et les droits des homosexuel·les ne font pas exception. Comme le souligne Ronan McCrea dans son excellent ouvrage publié en 2025, The End of the Gay Rights Revolution, les libertés dont jouissent les homosexuel·les dans les démocraties libérales – le droit de se marier, le droit à l’égalité de traitement et le droit de vivre simplement au grand jour – sont fragiles.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/15/rapport-sur-la-cohesion-les-dirigeant·es-ne-doivent-pas-eluder-le-debat-sur-lextremisme-autre-texte/#comment-75266

    #homophobie

  • En mémoire de #Raoul_Vaneigem (1934-2026)
    https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2026/07/31/en-memoire-de-raoul-vaneigem-1934-2026

    Extraits d‘Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande Il est vain d’attendre de l’arrogance de l’État et de la cupidité des multinationales qu’elles tolèrent notre résolution de fonder et de propager des collectifs hostiles à toute forme de pouvoir — à commencer par la prédation des ressources naturelles. Mais qu’il soit tout […] L’article En mémoire de Raoul Vaneigem (1934-2026) est apparu en premier sur Atelier d’Écologie Sociale et Communalisme.

    #Regards_sur_notre_monde #Citations #Hommage

  • Les soignants à l’épreuve de la canicule : entre système D et scènes d’horreurs
    https://www.revolutionpermanente.fr/Entre-systeme-D-et-scenes-d-horreurs-temoignages-de-soignants-a

    Un quotidien entre « Système D » et scènes d’horreur : le récit des soignants

    Les témoignages du terrain décrivent une réalité insoutenable où la chaleur transforme nos lieux de soin en de véritables fournaises.
    Il y a quelques jours, un étudiant infirmier rapportait dans nos colonnes que la température dans les chambres atteignait régulièrement 35 °C.
    Dans de telles conditions, les soignants sont contraints de pratiquer une forme de « tri » par manque de moyens : faute de brumisateurs en nombre suffisant, ils doivent choisir quels patients, parmi les plus fragiles, en bénéficieront : « Presque tous les patients présentent une élévation de leur température. Mais nous sommes souvent incapables de déterminer si elle est due à la chaleur insupportable dans les chambres, au début d’une infection ou à une mauvaise réaction à un traitement ».

    Une autre soignante du Havre dénonce : « Le problème aussi c’est la difficulté d’avoir des lits d’hospitalisation, cela augmente le temps passé aux urgences. On se sentait désarmé. Malgré la présence de spray, de bouteilles ou d’une organisation de renforts de soignants, du personnel ayant des contrats à temps partiel […] C’était dur. On n’était pas préparé à cette canicule ».

    https://www.revolutionpermanente.fr/local/cache-vignettes/L880xH495/33152a0fa6596ff3e89d25fda41374-5bbc4.jpg

    #hôpital #santé #infirmières #canicule

  • L’Odyssée, #Nolan, #Hollywood : un triangle d’impossibilité ?
    https://lvsl.fr/lodyssee-nolan-hollywood-plan-a-troie

    L’adaptation de L’Odyssée par Christopher Nolan n’est ni un chef-d’œuvre ni une catastrophe industrielle. Quelques fulgurances y côtoient des choix esthétiques qui en amoindrissent la portée. Des interprétations originales du mythe grec sont bridées par les limites formelles de l’oeuvre. Pris dans les contradictions de « l’auteurisme hollywoodien », le britanno-américain accouche d’un film bâtard.

    #Culture #Cinéma #Homère #L'Odyssée

  • Le Sénégal entre crise politique et crise financière
    https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4747

    En 2024, une nouvelle majorité s’est installée à la tête de l’Etat sénégalais. Porté par une vague populaire de grande ampleur, le nouveau régime qui n’a guère répondu aux attentes des populations se retrouve désormais dans une situation de crise politique ouverte tandis que l’Etat est au bord de la faillite financière. 362 été 2026

    / International , Politique , Luttes Sociales , Afrique , Homosexualité

    #362_été_2026
    #International
    #Politique
    #Luttes_Sociales
    #Afrique
    #Homosexualité

  • In nome del business: la metamorfosi della violenza da parte della criminalità organizzata
    https://irpimedia.irpi.eu/mafieglocal-metamorfosi-violenza-criminalita-organizzata

    Oggi in Italia la violenza mafiosa è silenziosa: viene utilizzata come strumento per regolare il commercio al dettaglio e le faide interne ai clan. In Europa, invece, cresce e si sposta anche verso i centri più piccoli L’articolo In nome del business: la metamorfosi della violenza da parte della criminalità organizzata proviene da IrpiMedia.

    #Mafie_e_Criminalità #'Ndrangheta #Calabria #Camorra #Campania #Cosa_Nostra #Mafieglocal #Puglia #Sicilia

    • Governance and trade: Mafias’ multifunctional violence in Italian drug markets

      Systemic violence is a structural feature of drug economies and a key spillover of prohibitionist drug policies. Despite its centrality, the concept is often applied in ways that obscure its distinct purposes, market levels, and organizational contexts. To address this gap, the study examines violence at the intersection of mafia activity and drug markets, focusing on its distribution across market levels (retail, national wholesale, transnational), organizational functions (governance and trade), and rivalry configurations (inter-, intra-, and extra-clan). It draws on a press-based dataset of mafia-related homicides in Italy (2014–2024) to code and analyze these dynamics. Results show that more than half of all mafia homicides are drug-related, mainly tied to governance activities and concentrated at the retail level of the market. This pattern marks a qualitative shift in mafia violence: increasingly selective, embedded in market dynamics, confined to criminal circuits. Statistical analyses reveal significant associations between activity type, market level, and rivalry configuration, indicating that coercion concentrates where regulatory control and market participation intersect. This pattern underscores the multifunctional nature of Italian mafias, which govern markets from within while actively engaging in trade. By grounding this overlap empirically, the study advances theoretical debates on organized crime’s role in shaping illicit economies. It also offers a replicable framework for analyzing drug-related violence in the absence of official statistics.

      https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0955395926000356

  • Tod eines Zweijährigen : Verfahren gegen Ärzte eingestellt – im Fall Noah wird weiter ermittelt
    https://www.berliner-zeitung.de/article/exklusiv-tod-eines-zweijaehrigen-verfahren-gegen-aerzte-eingestellt

    Plusieurs années après sa privatisation le système médical allemand montre des signes d’épuisement, de surcharge et de manque de fiabilité catastrophique. On a l’impression d’assister à sa décomposition.

    Les statstiques des assurances maladie affichent une augmentation de 14 pour cent des fautes professionnelles commises par les médecins dans l’année 2025. Dans les derniers trente mois j’ai été témoin impuissant d’un décès et d’un accident prèsque mortel suite à la négligence et l’incompétence de médecins hospitaliers. Avec les dernières coupes budgétaired et la militsaisation des soins la situation va s’aggraver.

    Cet article contient quelques informations de base et raconte plusieurs cas exemplaires pour le problème.

    N.B. quand l’affaire aura progressé je vous tiendrai au courant des suites du refus de traitement par une clinique d’un malade qui portait un keffieh palestinien.

    17.7.2026 von Katrin Bischoff, Christian Schwager - Ermittler konnten keine Behandlungsfehler nachweisen. Die Familie des Jungen wehrte sich erfolglos gegen die Einstellung. Die Anwälte vertreten auch die Eltern des kleinen Noah.

    Im Fall des zweijährigen Noah aus Berlin ermittelt die Staatsanwaltschaft weiter wegen fahrlässiger Tötung gegen mehrere Ärzte. Die Eltern des 2024 gestorbenen Jungen sprechen von fatalen Fehlern und haben Anzeige erstattet. Sie sagen, ihr Sohn hätte bei fachgerechter Behandlung gerettet werden können.

    Der kommunale Berliner Klinikkonzern Vivantes, bei dem eine Assistenzärztin angezeigt worden ist, weist die Vorwürfe zurück. Gegenüber der Berliner Zeitung erklärt er: „Der Fall wurde intern aufgearbeitet. Demnach wurde das Kind in der Kinderrettungsstelle regelgerecht untersucht. Da die Eltern aber aktuell juristisch gegen Vivantes vorgehen, können wir zu Einzelheiten leider keine Stellung nehmen.“

    Noahs Eltern haben sich erst jetzt an die Öffentlichkeit gewandt, da sie sich dazu vorher außerstande sahen. Der Vater sagt, sie seien seit Noahs Tod „durch die Hölle“ gegangen. Das nun eingeleitete juristische Verfahren sehen die Zanders auch als einen wichtigen Teil der persönlichen Aufarbeitung.

    Ermittlungsverfahren gegen Ärzte eingestellt

    Die Anwälte von Noahs Eltern wurden mit zwei weiteren Fällen betraut, in denen Kinder durch mutmaßliche Behandlungsfehler gestorben sein sollen. Zumindest in einem dieser Fälle hat die Staatsanwaltschaft wohl das Ermittlungsverfahren gegen Ärzte einer Berliner Klinik eingestellt.

    Der Vater eines schwer erkrankten, zwei Jahre alten Jungen aus Spandau hatte nach Angaben seines Rechtsbeistands im Jahr 2023 dreimal die Notaufnahme einer Berliner Klinik aufgesucht. Trotz einer Lungenentzündung sei das Kind aber erst beim dritten Mal stationär aufgenommen worden. Der Junge starb dort kurz darauf im Beisein des Vaters.

    Es hätten keine Behandlungsfehler nachgewiesen werden können, heißt es nun aus Ermittlerkreisen. Der Anwalt der Familie soll gegen die Einstellung des Verfahrens Beschwerde bei der Generalstaatsanwaltschaft in Berlin eingelegt haben – ohne Erfolg.

    Nicht jeder Verdachtsfall lässt sich im Verlauf eines Verfahrens erhärten, in dem Gutachten und Gegengutachten gegeneinanderstehen. Schließlich muss ein kausaler Zusammenhang zwischen einem Behandlungsfehler und dem Ableben eines Patienten eindeutig nachweisbar sein.
    Im Körper vergessene Gegenstände nach einer OP

    Im Juni veröffentlichte die Techniker Krankenkasse (TK) eine Analyse zu diesem Thema. Bei der größten gesetzlichen Krankenkasse meldeten sich im vergangenen Jahr 7540 Versicherte, weil sie Behandlungsfehler vermuteten. Das waren 14 Prozent mehr als im Jahr davor – ein Rekord. Immerhin erhärtete sich etwa jeder dritte Verdacht bei näherer Überprüfung, weshalb juristische Verfahren eingeleitet wurden. Auch dies war ein neuer Höchststand für die Kasse mit ihren mehr als zwölf Millionen Versicherten.

    Den Daten zufolge entfielen 29 Prozent der Verdachtsfälle auf die Chirurgie, 17 Prozent auf Zahnmedizin, elf Prozent auf Geburtshilfe und Gynäkologie. Die Orthopädie wird mit sechs Prozent in der Statistik geführt.

    Die TK geht allerdings von einer hohen Dunkelziffer aus. Viele mutmaßlich Geschädigte wüssten nicht, an wen sie sich wenden sollten. Außerdem dürfe eine Kasse, wenn sie deutliche Hinweise auf einen Behandlungsfehler in ihren Abrechnungsdaten finde, die jeweiligen Versicherten nach gegenwärtiger Gesetzeslage nicht darüber informieren.

    Ein besserer Überblick wird auch dadurch verhindert, dass Verdachtsfälle nicht zentral erfasst werden. Krankenkassen, der Medizinische Dienst und Ärztekammern führen jeweils eigene Register.

    Im Jahr 2024 hat der Medizinische Dienst bundesweit 12.304 fachärztliche Gutachten erstellt. In etwa jedem vierten Fall (3301) wurde ein Behandlungsfehler mit Schaden festgestellt. In jedem fünften Fall (2825) verursachte der Fehler den Schaden.

    Never Events: Wenn Patienten verwechselt werden

    Die Gutachter kamen derweil auf 134 sogenannte Never Events: gravierende, klar identifizierbare und vermeidbare medizinische Zwischenfälle. Dazu gehörten schwerwiegende Medikationsfehler, unbeabsichtigt im Körper zurückgebliebene Fremdkörper nach Operationen oder Verwechslungen von Patienten, die zu schweren Schäden führen können. Es sind oft ähnliche Vorkommnisse, mit denen die Gutachter konfrontiert werden.

    Experten sehen deshalb in Never Events ein geeignetes Mittel, Behandlungsfehlern vorzubeugen. Das Prinzip: Aus Fehlern lernen. Beschäftigte im Gesundheitswesen, die Schadensereignisse melden, müssten dazu jedoch sanktionsfrei bleiben und pseudonymisiert werden. In anderen Ländern ist dies bereits gesetzlich so geregelt.

    Auch die Eltern von Noah hoffen, dass die juristische Aufarbeitung zur Prävention beitragen kann. Im Fall des Zweijährigen wird jedenfalls weiter ermittelt.

    Der kleine Noah, ein eigentlich kerngesundes und aufgewecktes Kind, hatte sich im Oktober 2024 mit Covid infiziert, mehr als 40 Grad Fieber und Atemnot bekommen. Trotzdem soll er von seiner Kinderärztin nicht behandelt worden sein. Die Medizinerin soll den Eltern lediglich ein fiebersenkendes Medikament verschrieben haben.

    Als es Noah immer schlechter ging, die Eltern den Notruf wählten, wurde das Kind in das Vivantes-Klinikum Neukölln gebracht – und dort nach Angaben des Vaters Norman Zander lediglich fünf Minuten untersucht. Man habe ihnen ein Cortison-Zäpfchen mitgegeben. Das sollten sie ihrem Sohn geben, sollte er blau anlaufen.
    Kind kollabiert im Aufzug

    Zudem sollen die Ärzte zu frischer Luft geraten haben. Die Nacht verbrachten Noahs Eltern mit ihrem kleinen Sohn laut Norman Zander auf dem Balkon. Am nächsten Morgen ging der Vater des Jungen zur Kinderärztin, verlangte nach eigenen Worten eine Untersuchung seines schwer kranken Kindes. Er bekam einen Termin – um 16.45 Uhr.

    Als Norman Zander mit seinem Sohn gegen 14 Uhr noch einmal nach draußen gehen wollte, kollabierte der Junge im Aufzug. Norman Zander erzählte der Berliner Zeitung, dass er – zurück in der Wohnung – 20 Minuten versucht habe, seinen Sohn zu reanimieren. Bis die Feuerwehr kam und Noah ins Krankenhaus brachte.

    Doch es war zu spät. Das Kind starb, die lebenserhaltenden Geräte wurden in der Nacht zum 16. Oktober 2024 abgestellt. Noah war erstickt. Gegen die Kinderärztin, eine Assistenzärztin des Vivantes-Klinikums Neukölln und einen Notarzt laufen derzeit Ermittlungen.

    #Allemagne #hôpital #maladie #faute_professionnelle #décès

  • Schwimmen, Wohnen und Büros geplant: Abriss der alten Schwimmhalle an der Berliner Holzmarktstraße hat begonnen
    https://www.tagesspiegel.de/berlin/bezirke/friedrichshain-kreuzberg/schwimmen-wohnen-und-buros-geplant-abriss-der-alten-schwimmhalle-an-der

    Weniger DDR im Stadtbild, ist das gut oder schlecht ?

    1.7.2026 - Die seit 2018 geschlossene Schwimmhalle in Berlin-Friedrichshain wird abgerissen und durch einen Neubau ersetzt. Schwimmen soll dort weiterhin möglich sein.

    Die Abrissarbeiten der alten Schwimmhalle in der Holzmarktstraße in Berlin-Friedrichshain haben kürzlich begonnen. Das geht aus einer Mitteilung des Landesunternehmens Berlinovo und der Berliner Bäder-Betriebe hervor.

    Die seit 2018 geschlossene Halle soll im Rahmen des gemeinsamen Projekts „Holzmarktstraße 51“ durch einen Neubau ersetzt werden. Geplant ist ein Gebäudekomplex mit studentischem Wohnen, Gewerbeflächen und einer neuen Schwimmhalle. Ende September dieses Jahres sollen die Abrissarbeiten der alten Schwimmhalle beendet sein.

    Die Fertigstellung des neuen Gebäudeensembles ist laut der Vorhabenträger für 2030 geplant. Es umfasst 375 Apartments für Studierende, rund 4600 Quadratmeter Büroflächen und 1500 Quadratmeter Einzelhandelsflächen im Erdgeschoss. Die Grünflächen auf dem Dach sollen frei zugänglich sein.

    Die marode, 1976 erbaute Schwimmhalle stand etwa acht Jahre leer. Obdachlose Menschen suchten dort regelmäßig Zuflucht. Im Februar 2026 brach dort ein Feuer aus, eine Person wurde verletzt. (Tsp)

    #Berlin #Mitte #Holzmarktstraße

  • Les refuges climatiques seront utiles s’ils n’oublient pas de faire de la chaleur un objet politique

    Alors que la France a déjà connu trois vagues de chaleur en quelques semaines à peine, le concept de refuge climatique, qui s’institutionnalise dans un certain nombre de pays, cristallise les espoirs des citoyens en surchauffe. Il peut s’agir d’une réponse prometteuse, mais uniquement à certaines conditions, notamment de les concevoir et de les déployer en gardant en tête des critères d’accessibilité, d’hospitalité et de justice socioécologique. En bref, d’en faire des objets politiques.
    Notre maison brûle et nous la regardons (enfin) en face. Alors que la France vient de connaître deux séquences caniculaires précoces et intenses, la chaleur semble s’imposer comme un problème public majeur. Le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré par Météo France et une nouvelle vague de chaleur touche désormais une grande partie du pays.

    Le traitement médiatique immédiat de la canicule s’est largement détourné des enjeux de fond, privilégiant des réponses à court terme et individuelles au détriment d’une réflexion collective sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Plan massif de climatisation, mise en cause des scientifiques, légitimation de la débrouille au sein des foyers…

    Ce cadrage tend à occulter une réalité bien documentée : celle des inégalités socioécologiques. L’exposition aux fortes chaleurs, la vulnérabilité face à leurs conséquences et les capacités d’adaptation varient selon les conditions de logement, l’état de santé, les ressources économiques, l’âge ou encore l’accès aux espaces publics. Les enquêtes sociologiques, à commencer par celle d’Eric Klinenberg sur la canicule de Chicago en 1995, montrent aussi que l’isolement social constitue un facteur majeur de surmortalité.

    Contre toute solution hâtive qui pourrait participer d’une maladaptation, les sciences sociales nous invitent à politiser la chaleur, en saisissant la canicule comme un problème social collectif permettant d’articuler les enjeux d’adaptation et ceux d’atténuation.

    Ainsi, ouvrir des refuges climatiques ne suffit pas : encore faut-il que ceux qui en ont besoin les connaissent, puissent s’y sentir à l’aise et s’en saisissent pour construire collectivement les conditions d’un « bien-vivre » dans un monde plus chaud.

    Refuges climatiques : de quoi parle-t-on ?

    Le concept de refuge climatique s’institutionnalise. De Buenos Aires à Bologne, en passant par Porto et Londres, de nombreuses villes l’adoptent pour adapter leur tissu urbain à la crise climatique et protéger leurs habitants de la chaleur.

    Barcelone fait figure de référence, avec un réseau de plusieurs centaines de refuges : écoles, bibliothèques, musées, parcs et jardins, répondant à des critères de confort thermique, d’accessibilité, de repos et d’accès à l’eau.

    Le contour des refuges climatiques varie pourtant d’une ville à l’autre. Certains réseaux privilégient les parcs et jardins, d’autres des équipements climatisés. En réaction, une définition minimale s’esquisse peu à peu dans la littérature scientifique : le refuge climatique conjugue rafraîchissement et hospitalité afin d’offrir un « réconfort thermique » limitant la vulnérabilité face aux aléas climatiques pour tenter de se protéger de l’aléa météorologique.

    Mais faire du confort thermique un enjeu politique suppose de mesurer le stress thermique vécu par les habitants, en tenant compte non seulement de l’îlot de chaleur urbain, mais aussi de l’ombre, de la ventilation, de la morphologie des rues et de la qualité des logements.

    Parce qu’il résulte des interactions entre expériences de chaleur, conditions de logement, ressources socio-économiques et accès aux refuges climatiques, le confort thermique appelle des politiques d’universalisme proportionné, bénéficiant à tous, tout en accordant une attention prioritaire aux plus vulnérables.

    Comment configurer les refuges climatiques ?

    Les villes font face à plusieurs défis. Le premier porte sur les infrastructures : faut-il créer de nouveaux espaces refuges ou bien adapter les services existants ?

    Le choix des techniques de rafraîchissement soulève en outre des enjeux environnementaux et politiques. La climatisation en est l’exemple emblématique : si son rôle dans l’accentuation de l’îlot de chaleur urbain est bien documenté, un usage ciblé reste indispensable pour les publics les plus vulnérables (seniors, enfants, SDF…).

    La recherche souligne aussi la nécessité d’adopter des pratiques architecturales favorisant le confort d’été : matériaux biosourcés, protections solaires (volets, stores) et solutions passives de rafraîchissement, comme les réseaux de froid urbain. Autant de leviers pour concevoir des refuges climatiques et adapter les villes.

    Ainsi, un réseau de refuges climatiques ne se réduit pas à des lieux frais. Ceux-ci doivent aussi proposer des services (eau, wifi, etc.) et être pensés, dès leur conception, comme des espaces d’hospitalité, ce qui suppose une animation et des personnels formés à ces nouveaux usages.

    L’enjeu de l’accessibilité

    La question de l’accessibilité du refuge est un élément clé à intégrer dans une perspective de justice socioécologique.

    - Cette accessibilité est d’abord temporelle : fréquemment, les équipements publics sont fermés lors des pics de chaleurs, et les espaces verts restent inaccessibles aux heures nocturnes les plus fraîches.

    - Elle est également spatiale : ignorer les frontières physiques ou symboliques limitant l’accès à ces infrastructures revient à renforcer les inégalités socioécologiques.

    - Elle est, enfin, territoriale : l’exemple de Bologne, en Italie, montre que les refuges climatiques gagnent à être pensés comme un réseau, relié par des cheminements rafraîchis. En Émilie-Romagne, le projet « Green Cells » s’appuie ainsi sur les coursives historiques ombragées pour rendre ce maillage praticable.

    Une question également culturelle

    Mais le défi à relever est également culturel. Concevoir des refuges climatiques suppose d’abord de les penser comme des lieux d’hospitalité et d’entraide.

    Les recherches montrent que leur conception mérite d’être pensée à partir des quartiers et des communautés concernées afin d’identifier les besoins des habitants et de favoriser leur appropriation. Dès leur conception, l’implication des réseaux de proximité est essentielle, comme à Porto, où le design et localisation des refuges climatiques s’inscrivent dans une méthodologie participative qui tient compte de la connaissance préexistante des lieux par les habitants.

    Autre changement culturel complémentaire : la diffusion d’une culture de rafraîchissement des corps. Au Japon, la démarche « Cool Biz » adapte les normes vestimentaires en été ; à Genève, l’interdiction du travail en extérieur l’après-midi en période de canicule s’accompagne de pédagogie quant aux gestes de rafraîchissement.

    Veut-on vraiment parler de « refuges » climatiques ?

    Le terme de « refuges climatiques » mérite qu’on s’y arrête : il est très largement associé à des représentations liées à la catastrophe, en lien avec les notions de « refuges » et de « réfugiés ». Or, si l’on veut penser ces lieux comme des espaces de solidarité, d’entraide et de soutien, il importe de dépasser cet imaginaire.

    Ils comportent aussi un potentiel effet repoussoir, lié à l’imaginaire néolibéral d’un individu autonome et puissant, peinant à se reconnaître comme vulnérable et interdépendant. Qui souhaite se dire « réfugié » climatique ? Et comment désigner ceux qui le sont réellement ? Les enquêtes montrent que les plus vulnérables, notamment les personnes âgées ou malades, sous-estiment leur propre vulnérabilité tout en l’identifiant plus facilement chez les autres. Faut-il y voir le signe du refus d’un potentiel stigmate associé à cette vulnérabilité ?

    Le choix des mots n’a rien de neutre au moment de concevoir des dispositifs d’action publique : faut-il parler de « haltes fraîcheurs », se limiter à la chaleur, intégrer aussi la protection contre le froid en hiver, ou viser plus largement des « lieux du bien vivre » ?

    La qualification retenue oriente les usages auxquels ces espaces sont destinés : simples réponses à une crise ou lieux de solidarité, de convivialité et de délibération sur nos manières d’habiter un monde où de nombreux seuils socioécologiques ont déjà été franchis. Plus qu’un changement de vocabulaire, elle engage un projet politique : faire de ces lieux des espaces où se renforcent les liens socioécologiques et où se construit, à partir des réalités locales, une conception partagée du bien vivre.

    Ainsi, les refuges climatiques ne seront à la hauteur du problème qu’à condition d’être plus que des points frais sur une carte : des lieux accessibles, intégrés aux pratiques habitantes, capables d’accueillir des publics vulnérables sans les stigmatiser, et de soutenir des apprentissages collectifs face à la crise socioécologique.

    https://theconversation.com/les-refuges-climatiques-seront-utiles-sils-noublient-pas-de-faire-d

    #villes #urbanisme #politique #refuges_climatiques #chaleur #urban_matter #canicule #accessibilité #hospitalité #justice_socioécologique #changement_climatique #atténuation #adaptation #climatisation #vulnérabilité #inégalités #isolement #isolement_social #surmortalité #politisation #politisation_de_la_chaleur #rafraîchissement #fraîcheur #réconfort_thermique #stress_thermique #îlots_de_chaleur #logement #infrastructure #architecture #entraide #corps

  • L’autostrada della cocaina disegnata dai motoscafi veloci
    https://irpimedia.irpi.eu/narcotraffico-cocaina-barche-veloci

    Come una flotta di go-fast abbia cambiato il volto del mare, e del #Narcotraffico. L’Europa viene inondata di cocaina in un moderno Mad Max tra narcos e forze dell’ordine in pieno Oceano Atlantico L’articolo L’autostrada della cocaina disegnata dai motoscafi veloci proviene da IrpiMedia.

    #Mafie_e_Criminalità

  • Why it’s so difficult for the U.S. to fully reopen the Strait of #Hormuz | PBS News
    https://www.pbs.org/newshour/world/why-its-so-difficult-for-the-u-s-to-fully-reopen-the-strait-of-hormuz

    Même les « experts » de l’officine sioniste #WINEP disent que la tâche est titanesque.

    […] restoring oil tanker traffic in the vital Middle East shipping corridor to prewar flows likely will require a much bigger armada of U.S. warships if not tens of thousands of American troops on Iranian soil, experts say. Despite on-and-off fighting, #Iran can still target vessels in the narrow Persian Gulf waterway with drones and missiles that have been hidden in a country a third of the size of the continental United States.

    “Iran has been preparing for this type of asymmetric conflict for decades now,” said Jason H. Campbell, a senior fellow at the Middle East Institute and a former Pentagon official. “I think they’re starting to demonstrate why no other U.S. president since Reagan has elected to engage at this level of conflict with Iran, because they have that ability to completely disrupt the Strait of Hormuz.”

    […]

    Standing up that kind of force would take a few months and include “very high costs,” Campbell said.

    […]

    Such an effort today would require a substantial number of U.S. warships at a time when the fleet is smaller than it was in the 1980s, said Michael Eisenstadt, a former U.S. military analyst.

    “You’d still need a very large chunk of the U.S. fleet being dedicated to this on an open-ended basis,” said Eisenstadt, who now directs the Military and Security Studies Program at the Washington Institute for Near East Policy.

    He said it is a much more complicated environment today as Iran has amassed advanced capabilities, including its ability to launch drone and missile strikes.

    “If we were to do what we need to do in order to make this work, which might involve putting people ashore in order to clear anti-cruise missile and drone launch sites, the losses of U.S. service members can go up, and if you’re going to do an escort operation also, the losses can potentially go up,” Eisenstadt added.

    […]

    The southern route hasn’t stopped Iranian attacks on ships, leading the U.S. military to strike Iranian air defense systems, radar sites, missile and drone equipment, and small boats.

    But Iran’s threats alone can be enough to halt commerce in the strait, said Noam Raydan, a senior fellow at the Washington Institute for Near East Policy focused on energy and maritime risks in the Middle East.

    “They don’t need to launch drones and missiles — they can just use the marine radio channel to make some threats,” Raydan said. “And this in itself is enough to scare off a lot of seafarers.”

    Clayton Seigle, a nonresident scholar in energy security at the Center for Strategic and International Studies, said the Trump administration has not followed through on promises it made early on in the war to militarily assist shipments that became a liability of the conflict.

    “Those naval escorts, U.S. warships, larger commitments like boots on the ground never came because I think that the rhetoric got a little ahead of our risk tolerance,” Seigle said. “And when push came to shove, the United States was not ready to deploy its Navy, to deploy its other military forces in the capacity that would be needed to even have a shot at neutralizing those threats.”

  • Honduras : 1 000 expulsions massives dans les campagnes

    DÉCLARATION PUBLIQUE
    La Via Campesina Honduras

    Face à la Circulaire DGPN-(S/D)-No. 009-2026 de la Police Nationale et aux 1 000 ordres d’expulsion annoncés en vertu du Décret Législatif No. 107-2026

    Tegucigalpa, 1er juillet 2026 | La Via Campesina Honduras, au nom des organisations paysannes, autochtones et des petits producteurs agricoles du pays, s’adresse à l’opinion publique nationale et internationale afin d’exprimer son rejet le plus ferme face aux faits détaillés ci-dessous.I. Les faits

    Le journal La Prensa a informé hier, 1er juillet, en une de son édition, que 1 000 ordres d’expulsion à l’échelle nationale sont déjà prêts à être exécutés dans le cadre de l’application d’une nouvelle loi agraire qui, selon les autorités, « protège » la propriété privée face à ce qu’elles qualifient d’invasions.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/04/08/honduras-plus-de-100-organisations-de-defense-des-droits-humains-demandent-justice-pour-les-defenseur·es-du-guapinol/#comment-75004

    #honduras

  • Honduras : comment accompagner les adolescents dans leur parcours de santé sexuelle et reproductive ?

    Depuis 2025, Médecins Sans Frontières (MSF) mène un projet à San Predo Sula, dans le Nord du Honduras, pour faciliter l’accès des adolescents aux soins de santé sexuelle et reproductive : cliniques, équipes mobiles, interventions dans les écoles… Découvrez comment MSF rapproche les soins d’une population exposée à la stigmatisation, la désinformation et la violence.

    1. Une prise en charge globale : de la prévention des risques au soutien psychologique
    Plutôt que de proposer des services isolés, ce projet met en place un parcours de soins qui rassemble les différentes dimensions de la santé sexuelle et reproductive. L’approche de MSF associe :
    • Des soins médicaux ;
    • Des soins en santé mentale ;
    • Un accompagnement social ;
    • Des actions de promotion de la santé.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/04/honduras-comment-accompagner-les-adolescents-d

    #honduras

  • La #lutte pour la #baignade ou le mépris de la gauche pour une jouissance populaire

    La récente canicule a ouvert des questions politiques et #pratiques nouvelles, parmi elles, celle de l’usage des #cours_d’eau et donc de la possibilité même de se baigner et de se rafraîchir. La bataille du #canal_Saint-Martin a forcé le pouvoir à accepter des #usages nouveaux (mais en réalité ancien), pendant qu’un peu plus loin sur les bords de la Marne, les autorités ont mobilisé des drones pour surveiller et réprimer les baigneurs. Depuis son expérience politico-aquatique danoise Jens Philip Yazdani propose de réinventer une politique communiste anticapitaliste et sauvage de la baignade.

    Lorsque j’ai appris, l’année dernière, que des travaux étaient en cours pour rendre la Seine baignable, je m’en suis tout de suite réjoui : enfin, les Parisiens.es allaient pouvoir profiter pleinement de leur ville, sans être contraints de fuir vers la campagne pendant l’été ni de subir une chaleur devenue insupportable.

    Je viens de Copenhague et, pour moi, il allait de soi qu’un tel projet était non seulement souhaitable, mais qu’il méritait d’être défendu. J’ai pourtant vite déchanté. Parmi mes ami.es parisiens — je n’en connais pas un seul qui ne se réclame pas de la gauche radicale — la réaction allait de l’indifférence la plus complète à une franche #hostilité.

    À une époque, j’ai habité à #Vienne, une ville qui a su se réapproprier son rapport à l’eau (y compris grâce à d’immenses projets d’aménagement des cours d’eau dont je ne suis pas capable d’évaluer les conséquences écologiques) — et où le Danube fait désormais partie intégrante de la #vie_urbaine. Dès le printemps, on s’y retrouve pour se baigner, profiter des berges, faire des barbecues, se promener à vélo ou simplement lire un livre à l’ombre des arbres, au bord de l’eau.

    C’est l’un des éléments qui font de Vienne une ville si agréable à vivre. Pour ce que valent ce genre de classements, elle a été élue de nombreuses reprises ville la plus agréable du monde, au coude à coude avec Copenhague. Qu’ont en commun ces deux villes ? Peut-être une forme de social-démocratie de la baignade (et du logement). L’histoire de la Vienne rouge est fascinante, y compris dans ses échecs. Et le fait est qu’elle reste une des rares capitales européennes où la vie populaire est encore agréable, voire même possible.

    Une partie du Danube (le #Donaukanal) restait interdite à la baignade officiellement, bien que parfaitement praticable. Il y a donc eu un mouvement (plus ou moins) populaire pour que l’accès à cette zone soit libéré, que son usage redevienne commun. Le même genre de mouvement existe aujourd’hui à #Berlin, qui organise des manifs en mode natation dans la #Spree et pour réclamer le droit de pouvoir se baigner et revendiquer le nettoyage de l’eau. Ce dernier point est essentiel : pourquoi l’eau est-elle devenue impropre à la baignade ? Qui est responsable de sa #pollution ?

    Revendiquer la #dépollution des cours d’eau est, à mes yeux, une revendication profondément anticapitaliste. Ce sont les entreprises qui dégradent la #qualité_de_l’eau ; c’est l’agriculture industrielle qui produit la pollution ; ce sont, plus largement, les formes contemporaines d’exploitation de la nature qui nous privent de ce que Dieu (sive Natura) nous a donné.

    Que l’eau soit devenue impropre à la baignade est un phénomène historiquement très récent. Pendant des millénaires, les êtres humains se sont baignés dans les rivières, les lacs et les fleuves dont l’eau était également potable. L’eau était une source de vie, pas une menace permanente pour la santé.

    J’ai parfois l’impression que les parisiens d’aujourd’hui ont un peu perdu le fil de l’histoire. Est-ce qu’à tout hasard on aurait pas fondé cette ville ici du fait même qu’y passait un très gros cours d’eau ? Ou c’était juste pour le joli paysage ? Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de remonter si loin dans le temps. Il suffit de suivre le canal de l’Ourcq au-delà de la proche banlieue pour retrouver les traces d’un passé beaucoup plus récent et qui raconte une toute autre histoire.

    À Sevran, plusieurs panneaux présentent d’anciennes photographies en noir et blanc montrant les habitants qui se baignaient dans le canal pendant l’été : on y voit des cyclistes, des enfants, ils ont l’air heureux, soulagés, profitant pleinement de la vie commune et des possibilités plus ou moins naturelles de l’endroit (c’est Napoléon 1er qui fit creuser, à d’autres, le canal).

    En remontant le cours d’eau jusqu’à l’écluse de Vignely, on tombe sur un autre panneau installé par la Ville de Paris (qui reste la propriétaire de tout le canal). Son titre : « La vie autour du canal au XIXᵉ siècle » et a pour légende : « Le dimanche, la pêche et la baignade font oublier le dur labeur de la semaine. »

    Je tombe sur ce panneau un dimanche en pleine canicule : les berges sont vides, il n’y a plus personne si ce n’est quelques rares individus de-ci de-là. Les baigneurs ont été remplacés par des des panneaux omniprésents : BAIGNADE INTERDITE. Eux, par contre, suivent tout le trajet de canal, de Bastille jusqu’à Meaux. La Marne aussi, sur de longues portions, demeure interdite à celles et ceux qui souhaiteraient simplement s’y rafraîchir.

    Le Maire a d’ailleurs trouvé judicieux d’installer une plage artificielle sans le moindre arbre et donc sans la moindre ombre, uniquement accessible au début du mois de juillet et à la condition d’être muni d’un bracelet fourni par ses services municipaux (en échange d’un justificatif de domicile). Pour celles et ceux qui ne résident pas sur la commune, ce sera payant. Il existe une règle au Danemark : aucune plage ne peut être privatisée, l’accès y est libre et gratuit pour toutes et tous (ce que recouvre le concept de plage est néanmoins questionnable). Lorsqu’on écoute M. le Maire de Meaux, on s’aperçoit qu’il parle comme ses panneaux : BAIGNADE INTERDITE – DANGER DE MORT – COURANTS FORTS. Et c’est un peu comme l’enfant qui crie au loup. S’il fallait croire aux panneaux, n’importe quelle baignoire représenterait un danger de mort ; et ce serait factuellement vrai mais intenable au quotidien.

    Mais d’où vient cette hyper-biopolitisation du paysage français ? Et comment expliquer qu’elle soit si largement acceptée ? La mairie de #Meaux, encore, est allée jusqu’à réaliser une vidéo dans laquelle est mise en scène la (fausse) noyade d’un jeune homme. Il s’agit d’effrayer. Mais pourquoi personne n’a pensé à faire une vidéo pédagogique pour expliquer comment se baigner en sécurité et prévenir les noyades ? C’est en tous cas ce qui se fait au Danemark, royaume de la social-démocratie parfaitement en phase avec toutes les nécessités biopolitiques. Et c’est aussi ce que font les militants de la baignade viennois eux-mêmes : la mise en partage de connaissance et de savoir-faire d’en-bas. Each one teach one. Les autorités françaises ont-elles trop lu Foucault ? Ou est-ce la gauche qu’il l’a trop peu lu pour ne pas se rendre compte que la vie était déjà bien assez régulée, surveillées, construite, défaite, contrôlée et colonisée par les autorités ?

    À mesure que l’on remonte vers le nord de l’Europe, certaines évidences françaises deviennent plus difficiles à comprendre. Les parcs y sont par exemple rarement fermés la nuit. Il est exceptionnel qu’il soit interdit d’y fumer. Et il est plus rare encore que l’accès à un lac, à une rivière ou à un rivage soit interdit. Pendant ces derniers jours de canicule à Paris les parcs sont d’ailleurs restés exceptionnellement ouverts, mais qui a pris cette décision ? Qui décrète quand il y a une crise et quelles sont les mesures à prendre ? Dans la tradition marxiste, les situations de crises ont toujours été interprétés comme des possibilités d’une autre politique. Ce que cette canicule a démontré se rapproche pourtant plus de la pensée de Carl Schmitt : le souverain est celui qui peut décréter l’état d’exception (et la gauche reste à la ramasse).

    Que dire des drones de police qui surveillent certaines zones pourtant parfaitement praticables afin de repérer, verbaliser et réprimer ceux qui osent mettre la tête dans l’eau. Dans quel monde est-il devenu subversif de plonger dans une rivière lorsqu’il fait quarante degrés ? Peut-être faut-il voir ici un rapprochement possible entre Foucault et Adorno : Die Verwaltete Welt, le monde administré, mais avec un accent sur Walt, peut-être, de Gewalt, la #violence : on peut même parler de vergewaltigte Welt, le monde violé, le #droit_au_monde usurpé, dérobé, aliéné, dont on nous a dépossédé.

    Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

    La gauche française s’accommode-t-elle réellement de cet état de fait ? Je n’ai en tous cas jamais entendu parler de la moindre #manifestation ou même pétition qui conteste cette mise sous tutelle autoritaire et cette fermeture généralisée des espaces communs (et aquatiques). Ce que j’ai vu par contre, c’est la spontanéité littéralement anarchiste, avec laquelle les jeunes et les immigrés (donc le prolétariat) emmerdent ce quadrillage de l’espace de public.

    À chaque fois que je me suis baigné à Paris (et il y a des endroits vraiment super !), je me suis toujours retrouvé en compagnie d’arabes, de bengalis, de jeunes mais presque jamais ou beaucoup plus rarement avec des français. Y compris celles et ceux que l’on croise en manifestation ou à la fac, voire à des présentations des livres très radicaux dans des librairies très radicales elles-aussi.

    La blanchité empêche-t-elle la baignade ? Est-ce la peur des coups de soleil ? Ou est-ce que la gauche blanche parisienne a les moyens d’échapper à la ville en se réfugiant dans une petite maison familiale à la campagne, en bord de mer ou à proximité d’un cours d’eau plus propre qu’à Paris ? Je pose la question.

    Mais peut-être que la baignade ne fait juste plus partie de la #culture parisienne (un « juste plus » très récent j’en suis sûr). Et c’est un drôle de paradoxe : l’oubli de l’histoire est devenu une évidence culturelle. Ce que les enfants et les immigrés viennent mettre au jour c’est à la fois l’#oubli (d’une culture passée. Comme disait Nietzsche, il faut savoir oublier pour savoir vivre) et le #souvenir (de cette dimension normale de la vie humaine qui consiste à profiter de l’eau quand il fait chaud). J’ai plusieurs fois invité des parisiens à venir se baigner avec moi et ils ont toujours été ravis de m’avoir accompagné. Mais c’est tout de même étrange qu’il revienne à un danois de leur enseigner une façon si simple et évidente de profiter de leur propre ville.

    Quand bien même la baignade ne ferait plus partie de la culture parisienne, comment s’expliquer cette #résistance diffuse aux projets d’aménagements des cours d’eau ? On se souvient de l’appel à déféquer dans la Seine avant l’inauguration des baignades parisiennes par Anne Hidalgo, l’initiative était drôle. Mais est-ce la meilleure manière de se rapporter à un projet qui pourrait contenir une telle possibilité populaire ?

    Bien sûr, il faudrait commencer par le canal de l’Ourcq qui est probablement déjà assez propre, sauf que nous n’en savons rien. À Vienne ou à Copenhague, la qualité de l’eau est analysée quotidiennement et ces informations sont facilement accessible à tous. Ici, personne ne sait de quoi il en retourne, on préfère se fier aux panneaux de la mairie : INTERDICTION DE SE BAIGNER – RISQUE DE NOYADE - DANGER DE MORT. Même si à quelques brasses de là, tel Maire fait cadeau d’une petite plage payant de merde qui ne s’avère pas si dangereuse et dont l’eau n’est a priori pas trop impropre.

    Avec un peu d’ambition, on pourrait aussi envisager de transformer le quai Bercy en un gigantesque parc urbain de baignade plutôt que cette autoroute moche, polluante et bruyante dédiée à l’industrie du ciment. Une sorte de Donauinsel ou de Central Park traversé par la Seine. Pourquoi pas ?

    J’ai le sentiment qu’il s’agit ici moins d’un manque d’#imagination_politique (bien réel évidemment) que d’une #résistance. Par-delà ou en-deçà des petits privilèges de certains (ceux qui peuvent aller se mettre au frais avec leur famille ou leurs amis), j’ai parfois l’impression que les parisiens veulent souffrir. Normalement, quand on est danois, plus on va vers le sud, plus on prend la mesure de son protestantisme et d’une vie clivée entre temps de travail et temps de loisir.

    En France, comme plus généralement dans le sud de l’Europe (désolé pour cette géo-analyse globale un peu rapide), cette division et compartimentation de la vie est généralement moins stricte. Ici on prend le temps de déjeuner ensemble plutôt que chacun dans son coin replié sur son ordinateur et son tupperware, on répond à ses messages sur Whatsapp pendant son temps de travail et c’est une bénédiction si l’on peut rentrer un peu plus tôt chez soi ou sortir voir des amis. La vie n’est pas strictement séparée entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. pas chacune individuellement avec son petit truc ramené depuis chez eux replié sur leur ordinateur : ou on s’en fout du fait qu’on est censé être au travail et on regarde son smartphone quand même, on ferme le magasin un peu plus tôt, on invite des amies à venir, on ne partage pas la vie strictement entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. Mais : il y a au moins un endroit où ce partage se fait, c’est entre la campagne et la ville.

    Il y a deux semaines, je proposais à une amie de passer chez un glacier. Elle m’a répondu que non, ça n’existe pas à Paris. Quand je lui ai la demandé, si les Français ne mangeaient pas de glace quand il fait chaud, elle m’a répondu « Si si ! – à la campagne ». Selon elle, il existe belle et bien des glaciers mais juste pas à Paris. La séparation de la vie est entretenue : pas dans le quotidien, mais par les saisons (Est-ce que cela pose des problèmes ? Oui : pour ceux qui ne sont pas capables de mener leur vie de saisonniers bien à l’aise à la Proust).

    Il faut quand même que je le dise : il est quand même assez cocasse que l’on puisse trouver des glaces pas chères partout à Vienne (un peu plus cher au Danemark, mais quand même accessibles aux ouvriers en sueur), alors qu’il y fait beaucoup moins chaud. Faut-il encore y voir l’un des mirages de la social-démocratie ? Oui, peut-être. Copenhague et Vienne sont devenues des villes agréables l’été, ce qu’elles n’ont toujours pas été.

    Il y a une dizaine d’année, Copenhague a été élue meilleure ville où se baigner du monde (par un autre sondage à la con mais le résultat n’est pas faux). Pourtant, le détroit qui sépare la Suède de Copenhague, Øresund, a longtemps été appelé Pløresund (littéralement, le détroit au liquide dégueulasse). Pendant des années, les déchets et pollutions industriels et agricoles s’y déversaient, jusqu’à ce que cela soit pris au sérieux, s’arrête : et là, une nouvelle ville est apparue.

    Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose à Paris ? M’est avis que c’est plutôt que l’on ne veut pas faire pareil et que cette absence totale de projets d’aménagement radical de la ville laisse le champ libre aux politiques social-démocrates autant qu’aux propriétaires industriels.

    Cet abandon de la ville vient peut-être de l’idée selon laquelle il faudrait déserter la métropole, lutter contre elle. On peut paraphraser Adorno : pendant que les gauchistes font la révolution dans leur commune près d’un lac quelque part au milieu de la campagne, le PS et les capitalistes ont géré la plus grande ville l’Union européenne. Pourtant, qu’on le veuille ou non, la ville est un fait, bien réel, des millions de gens y vivent, y sont coincés, y souffrent. Et ce sont eux qui, faute d’un projet politique plus large, prennent l’initiative spontané d’en altérer la géographie imposée. Je ne dis pas qu’il nous faudrait embrasser le destin métropolitain mais que nous ne pouvons pas y laisser le champ libre aux forces réactionnaires.

    Reprenons les coordonnées du problème : s’il existe bien une logique capitaliste et industrielle de destruction des communs (de l’eau, de la possibilité de se baigner, de l’enclosure), une social-démocratie de la baignade (Vienne, Copenhague et très partiellement Paris), et une anarchie populaire et spontanée, non-blanche, de la baignade sauvage en ville ; alors à quoi pourrait ressembler une politique communiste de la baignade urbaine ?

    Une anecdote pour finir. L’été dernier à Copenhague, au bord d’un ponton depuis lequel tout le monde plonge comme il est possible de le faire partout en ville, je discutais avec deux vieilles femmes prolétaires. Je leur ai demandé de me raconter comment, selon elles, la ville avait changé. Elles m’ont répondu que ce n’était pas possible de comparer tant la ville d’aujourd’hui n’était en fait plus la même. Et vraiment pour le mieux.

    Une dernière anecdote pour vraiment conclure cette fois. À #Berne en Suisse, l’#Aar qui traverse la ville est utilisé au quotidien comme un transport commun. Grâce au courant, les habitants se jettent à l’eau avec un sac imperméable et vont au cinéma, au boulot ou n’importe où ailleurs. Une sorte de RER aquatique jamais bondé et toujours frais.

    Paris peut donc mieux faire, à commencer par sa gauche radicale. C’est désormais un fait accompli, la canicule comme le rapport de force populaire ont permis de faire rouvrir le canal Saint-Martin. Cette #réappropriation de l’#espace_public a fait de la place pour de nouvelles manières de vivre, il n’est donc pas trop tard pour en faire un projet politique commun (et ne pas le laisser aux forces réactionnaires et ennemies). Il nous faut nourrir et déployer une vraie politique communiste de la baignade et de l’usage des biens communs et naturels pour tous.

    En attendant la prochaine canicule, puis la suivante et encore celle d’après…

    https://lundi.am/La-lutte-pour-la-baignade
    #urbanisme #villes #chaleur #canicule #France #répression #surveillance #interdiction #géographie_culturelle

    voir aussi (@rastapopoulos) :
    https://seenthis.net/messages/1179924

    • J’aime « allemandsret » le droit de monsieur tout le monde.

      Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

      #nature #baignade #liberté #communs

  • Jean-Pierre Dupuy, Un ordre sans designer, 2023 [lecture critique de]
    https://sniadecky.wordpress.com/2026/06/30/dupuy-designer

    Lorsque les cybernéticiens parlent d’« ordre » à propos de ce qu’ils nomment les « systèmes vivants », ils désignent en fait l’organisation des êtres vivants, mais ils ne la reconnaissent pas comme telle, puisqu’ils veulent à toute force en faire une machine. Faire la différence entre l’ordonnancement d’un appareil et l’organisation d’un organisme ne les intéresse pas : pour eux, en toutes circonstances « ordre (ou organisation) = machine ». C’est une confusion malheureusement très classique, mais ce n’est pas parce que l’on peut identifier des mécanismes à l’œuvre (c’est-à-dire une suite de causes et conséquences) que l’on a affaire nécessairement à une machine.

    Cette différence est pourtant fort simple à appréhender. Dans une machine les différentes pièces ont des rapports fixes et déterminés une fois pour toutes par son concepteur ; elles ont un ordre d’agencement bien précis et immuable. Chez un être vivant – et particulièrement dans l’unité de base de tous les êtres vivants, la cellule vivante – les différents éléments ont des rapports fluides et dynamiques, les processus physico-chimiques sont capables de se recomposer en fonction des circonstances internes ou externes à la cellule.

    #Jean-Pierre_Dupuy #cybernétique #biologie #philosophie #vie #machine #homme-machine #recension #critique