• Je suis Léa

    « Je suis Léa » (►https://jesuislea.fr) est bien plus qu’un collectif de précaires de l’université et de la recherche. C’est un mouvement qui est en train de naitre. En quelques semaines un mur numérique s’est recouvert de 160 #témoignages, souvent bouleversants, de jeunes chercheuses et chercheurs qui font le récit des terribles conditions professionnelles auxquelles un système les asservit.

    La précarité est devenue un véritable fléau dans l’Enseignement supérieur et la recherche. Au début du mois de septembre je faisais une communication intitulée « Réduire la précarité tout en défendant l’emploi statutaire » dans le cadre du colloque d’ouverture des Assises pour l’Enseignement supérieur et pour la Recherche ( voir ici à la page 101 des Actes du colloque ainsi que la communication de Neli Dobreva pour le collectif Vacataires.org, p. 99). C’est à la suite de ce colloque que j’ai rencontré des membres du collectif de chercheurs et de chercheuses qui venaient de se constituer sous l’appellation « Je suis Léa ».

    « Je suis Léa » se singularise par la force d’un mur de témoignages (▻https://jesuislea.fr/#temoignages) et des #revendications précises qui sont adressées aux parlementaires et aux candidat·es à la présidentielle. Ce mouvement me semble exemplaire, au sens où il se donne tous les moyens pour faire avancer la cause qu’il défend. Ses principales caractéristiques sont les suivantes :

    - Garantir la transparence et l’indépendance du mouvement ;
    - Constituer un espace d’écoute, de rencontre et de partage ;
    - Garantir l’anonymat des témoignages ;
    - Travailler avec les syndicats et les autres collectifs ;
    - Soutenir des revendications qui s’appuient sur une expertise juridique et financière ;
    – Exiger une commission d’enquête parlementaire sur la précarité dans l’ESR ;
    – Soutenir les lycéen·nes et demander la suppression de #Parcoursup.

    Mais la plus grande force de « Je suis Léa » est de briser le mur du silence sur la condition des précaires dans l’ESR. Derrière ce mur nous découvrons #vexation, #humiliation, #racisme, #exploitation éhontée, #pression au travail, #burn_out, #harcèlement moral et sexuel, #impunité des harceleurs, #homophobie, #précarité_financière, financement de la recherche sur ses propres deniers, #bénévolat forcé, refus de #rémunération pour les tâches accomplies, #discriminations à la #grossesse …

    Les témoignages mettent à nu toute la #violence du contraste entre l’excellence d’un niveau scientifique acquis au prix de nombreux #sacrifices et la #précarité_professionnelle subie. Nous voyons aussi devant nous le mur sur lequel se fracassent tant de scientifiques brillants : celui de la #sélection, de la #concurrence impitoyable et de la reproduction des élites. Nous mesurons alors le désarroi des post-doctorant·es qui mettent des années avant d’obtenir un emploi à l’université ou d’abandonner définitivement la recherche. Et nous prenons conscience que cette violence est celle d’un système et d’une politique.

    Je donne la parole à l’équipe de « Je suis Léa », qui se présente à vous. Il faut l’écouter, diffuser ce message, libérer la parole, témoigner, inventer de nouvelles solidarités :

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    Bonjour à toutes et tous,

    Nous vous présentons « Je suis Léa », un collectif indépendant qui adapte à l’ESR français le mouvement allemand #IchBinHanna.

    Léa n’a pas un seul visage : c’est la docteure sans poste qui enchaîne les vacations, le vacataire payé six mois en retard, la postdoctorante qui déménage tous les deux ans, l’ingénieur·e en CDD à répétition. Nous la croisons toutes et tous, et beaucoup d’entre nous sont Léa. C’est pour cela que le collectif porte ce nom.

    La précarité de l’ESR est documentée depuis des années. Mais tant qu’elle se limite à des chiffres et à des cas isolés, elle n’émeut personne. Derrière les sigles : du travail gratuit, des vies suspendues, des renoncements, des silences imposés.

    Le cœur de notre campagne, c’est un mur de témoignages : des dizaines de récits, côte à côte, qui font apparaître un système. Nous voulons rendre cette précarité impossible à regarder sans réagir.

    « Tout cela existe déjà », nous dira-t-on. C’est vrai, et nous ne prétendons ni remplacer les syndicats et collectifs qui mènent ce combat, ni refaire leur travail. Mais la précarité n’est plus méconnue : elle est connue et tolérée. Ce qui manque, ce n’est pas un rapport de plus — c’est un visage. Notre rôle : incarner, rassembler tous les statuts sur un même mur, et porter ces voix jusqu’au grand public et aux candidat·es de 2027.

    Nous recueillons les témoignages de toutes les personnes précaires de l’ESR — docteur·es sans poste, vacataires, postdocs, ATER, contractuel·les, ingénieur·es, personnels d’appui, sans oublier les doctorant·es. Signés ou anonymes, ils sont relus et anonymisés si besoin : rien ne paraît sans votre autorisation, et tout témoignage peut être corrigé ou retiré sur simple demande.

    Deux manières d’agir, dès aujourd’hui :

    -- Témoigner : quelques lignes suffisent. Votre récit peut être celui qui fait réagir un·e lecteur·rice de plus.

    -- Écrire à votre député·e pour lui demander des comptes : ce qu’elle ou il compte faire pour obtenir une commission d’enquête parlementaire sur la précarité dans l’ESR, et pour mettre en œuvre nos revendications (jesuislea.fr/#revendications). Puis nous transmettre sa réponse à contact@jesuislea.fr : nous rendrons publiques les positions de chacun·e.

    Pour témoigner, rejoindre le lancement ou échanger : contact@jesuislea.fr

    Site :

    Je suis Léa : ►http://jesuislea.fr

    Bluesky : @

    #JesuisLéa(@jesuisleabsky.bsky.social) : ▻http://jesuisleabsky.bsky.social

    LinkedIn : Je suis Léa

    Enfin, à l’approche de la présidentielle de 2027, nous échangeons avec d’autres collectifs pour poser aux candidat·es quelques questions communes, simples et vérifiables : précarité, emploi stable, travail gratuit, abus de pouvoir. Nous comptons bien obtenir des réponses. Les collectifs, associations et syndicats qui souhaitent collaborer ou faire cause commune sont les bienvenus : écrivez-nous à contact@jesuislea.fr.

    Solidairement,

    L’équipe « Je suis Léa »

    ▻https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/131026/je-suis-lea
    #précarité #JeSuisLéa #IchBinHanna #université #fac #ESR #recherche #travail #précarisation #conditions_de_travail #Enseignement_supérieur_et_la_recherche #fléau #mouvement #résistance

  • Est-il vrai qu’autrefois les migrations n’étaient pas aussi nombreuses ?
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=R39EikLlXR4

    La migration apparaît aujourd’hui comme un phénomène sans précédent. Pourtant, un regard sur l’histoire le montre : l’Homme s’est toujours déplacé, et ce dans une plus grande mesure que nous ne le pensons souvent. Depuis Homo sapiens et Néandertal aux légionnaires romains, des vagues d’émigration vers l’Amérique du Nord et de la Partition des Indes au programme Bracero aux États-Unis, un voyage au cœur de l’un des débats de société les plus controversés du moment.

    #mythe #migrations #réfugiés #préjugés #migration_de_masse #histoire #frontières #homo_sapiens #archéologie #mouvement #mobilité #homo_migrans #nomadisme #sédentarité #émigration_européenne #Etats-nations #symboles #identité #frontières_nationales #altérité #migration_forcée #Huguenots #déportation #expulsion #traite_des_esclaves #Inde #sous-continent_indien #Radcliffe #Cyril_Radcliffe #religion #Pakistan #mémoire #silence #Allemagne #travailleurs_immigrés #Etats-Unis #braceros #racisme #wetbacks #3% #eurocentrisme #ressources_pédagogiques #vidéo #film

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    #Ligne_Radcliffe

    La ligne Radcliffe est la ligne de partition entre les dominions de l’Inde (ou « Union indienne ») et du Pakistan (ce dernier incorporant alors l’actuel Bangladesh, qui formait alors une province pakistanaise sous le nom de Bengale oriental) qui deviendra, à l’indépendance de ces deux pays le 15 août 1947, leur frontière commune.

    Son tracé, qui inclut donc les actuelles frontières indo-pakistanaise et indo-bangladaise (créant de nombreuses enclaves indo-bangladaises), a été déterminé par une commission frontalière présidée par Sir Cyril Radcliffe (assisté de deux hindous et de deux musulmans) et dont la tâche était de décider d’une répartition équitable des habitants et territoires entre les deux futurs États.

    ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_Radcliffe

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    #Programme_Bracero
    Le programme Bracero représente une série de lois du

    travail aux États-Unis entre 1942 et 1964 octroyant un nombre limité de permis de travail temporaires à des ouvriers mexicains car la Seconde Guerre mondiale entraînait un besoin en bras supplémentaires (dans l’agriculture mais aussi le ferroviaire).

    Le terme bracero est dérivé de l’espagnol « brazo » signifiant « bras », pour désigner celui qui vit de sa force de travail. Depuis, il désigne des travailleurs originaires du #Mexique ayant migré en Californie pour y travailler dans les champs ou les usines, souvent en situation de semi-clandestinité[1]. Le terme est proche de « wetback » (« dos mouillé »), qui caractérise les migrants traversant la frontière par le Rio Grande.

    Par extension, ce terme peut faire référence à un coupeur de canne haïtien travaillant dans un batey de République dominicaine.

    ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_Bracero

    ping @karine4 @reka

  • Le #Coût de la #virilité. #Lucile_Peytavin

    En France, les hommes représentent 84 % des auteurs d’accidents de la route mortels, 90 % des personnes condamnées par la justice, 86 % des mis en cause pour meurtre, 97 % des auteurs de violences sexuelles, etc.
    Cette liste a un coût : direct pour l’État, qui dépense chaque année des dizaines de milliards d’euros en services de police, judiciaires, médicaux et éducatifs pour y faire face ; indirect pour la société, qui doit répondre aux souffrances des victimes.
    Lucile Peytavin s’interroge sur les raisons de cette surreprésentation des hommes parmi les auteurs de violences et de comportements à risque, et tente d’estimer les conséquences financières de l’ensemble de ces préjudices. Quel est le coût des conséquences de la virilité érigée en idéologie dominante ? N’aurions-nous pas tous intérêt à nous comporter… comme les femmes ?!

    ▻https://www.livredepoche.com/livre/le-cout-de-la-virilite-9782253195702
    #économie #masculinisme #livre

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    Une #statistique intéressante :

    #criminalité #hommes #femmes #statistiques #chiffres #infractions #homicides #viols #violence #VSS #vols #incendies #accidents_de_la_route

  • L’Abbraccio. Storia di Antonino e Stefano Saetta

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=APJ9nClrCKs

    L’abbraccio - Storia di Antonino e Stefano Saetta è un film documentario italiano del 2020, scritto e diretto da Davide Lorenzano, prodotto da Cristian Patanè, con la direzione della fotografia di Daniele Ciprì.

    La pellicola esplora la vicenda di Antonino Saetta e del figlio Stefano, vittime di un efferato agguato ordito da #Cosa_nostra, teso lungo la strada statale 640, tra Agrigento e Caltanissetta, la notte del 25 settembre del 1988, ma spazia anche al legame padre-figlio attraverso l’elaborazione di ricostruzioni animate nel linguaggio del graphic novel e la rivelazione di documenti inediti, le immagini delle teche Rai e dell’Istituto Luce.
    ▻https://it.wikipedia.org/wiki/L%27abbraccio_-_Storia_di_Antonino_e_Stefano_Saetta

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    Antonino Saetta

    Antonino Saetta (Canicattì, 25 ottobre 1922 – Caltanissetta, 25 settembre 1988) è stato un magistrato italiano, assassinato da Cosa nostra insieme al figlio Stefano.

    ▻https://it.wikipedia.org/wiki/Antonino_Saetta

    #film #Antonino_Saetta #Stefano_Saetta #mafia #Sicile #homicide #assassinat #magistrat #anti-mafia #criminalité_organisée #documentaire #film_documentaire

  • #Maria_Chindamo: otto indagati a dieci anni dalla scomparsa
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=P3LFzUQcHbM

    A dieci anni dalla sparizione di Maria Chindamo, l’inchiesta si allarga coinvolgendo alcuni parenti dell’ex marito. La sua storia è considerata un caso di «lupara rosa»

    A dieci anni dalla sparizione di Maria Chindamo, l’inchiesta sull’imprenditrice agricola calabrese si allarga coinvolgendo alcuni parenti dell’ex marito. Otto persone sono indagate nell’ambito dei nuovi accertamenti sul delitto della donna, scomparsa la mattina del 6 maggio 2016 davanti al cancello della sua azienda di Limbadi, nel Vibonese. La procuratrice della Direzione distrettuale antimafia di Catanzaro, Annamaria Frustaci, ha inviato un’informazione di garanzia a Giovanni Capone, Vincenzo e Francesco Arceri, Tommaso e Antonino Biondo, Sasho Emilov Dimitrov, Davide Errigo e Laurenthiu Georghe Nicolae, ai quali vengono contestate, a vario titolo, ipotesi di concorso in omicidio, distruzione di cadavere e associazione mafiosa.

    La storia di Maria è avvolta dal mistero dal giorno della scomparsa: nessun colpevole, nessun corpo. L’associazione “Penelope” ha definito quello di Maria Chindamo come un ennesimo caso di “lupara rosa”, circa 60mila vittime, 10mila solo in Calabria dal 1974 ad oggi.
    Una donna libera in un territorio difficile

    Maria Chindamo aveva 44 anni quando sparì. Era cresciuta a Laureana di Borrello, in una famiglia di insegnanti, si era laureata, abilitata come commercialista, aveva aperto uno studio e insieme al marito un’azienda agricola. «Era una donna libera ­– racconta il fratello Vincenzo, che lavialibera ha incontrato nel maggio 2026 –. Sin da giovane ha deciso di scegliere la sua strada in libertà, cosa studiare, quando, di chi innamorarsi e fino a quando».

    Quando il matrimonio entra in crisi e Maria decide di separarsi, intorno a lei si mette in moto qualcosa di pesante. Il suocero, Vincenzo Punturiero, fa pressione sul figlio perché non accetti la separazione. Il marito sprofonda nella depressione, tenta il suicidio una prima volta ma ci riesce l’8 maggio 2015. Da allora, la famiglia Punturiero attribuisce a Maria la colpa di quella morte. Lei lascia casa e studio e torna a Laureana con i tre figli, reinventandosi imprenditrice agricola in piena autonomia. Ma le pressioni non si fermano: il suocero ostacola la conduzione dell’azienda, i familiari del marito si presentano sui suoi terreni, i mezzi agricoli in comune diventano un campo di battaglia quotidiana.

    La mattina del 6 maggio 2016 Maria esce di casa alle 7, ha un appuntamento con due collaboratori all’azienda di Limbadi. Arriva davanti al cancello, ma i suoi operai non ci sono ancora. Ci sono altre persone. Appena scesa dall’auto, viene aggredita. Uno degli operai, arrivato poco dopo, trova l’auto ancora in moto, macchiata di sangue, con ciocche di capelli sulla carrozzeria e su un muretto. Di Maria non c’è più traccia. «Non pensavo potesse succedere qualcosa di così tanto grave» continua Vincenzo. Il fascicolo passa dalla procura di Vibo alla Direzione distrettuale antimafia di Catanzaro.
    La svolta del 2023 e il processo in corso

    Sette anni dopo la scomparsa, nel settembre 2023, arriva il primo arresto: Salvatore Ascone, proprietario dei terreni confinanti con quelli di Maria. Secondo la ricostruzione della Dda di Catanzaro, guidata all’epoca da Nicola Gratteri, Maria sarebbe stata uccisa su mandato del suocero, per vendicare il suicidio del figlio e punirla per aver iniziato una nuova relazione. La ’ndrangheta locale avrebbe approfittato della circostanza per impossessarsi dei suoi terreni, sui quali aveva messo gli occhi da tempo ricevendo sempre un rifiuto. Ascone avrebbe manomesso l’impianto di videosorveglianza che avrebbe potuto riprendere l’aggressione e, secondo le rivelazioni di alcuni pentiti, avrebbe distrutto il corpo dandolo in pasto ai maiali e triturandolo con un trattore. Il processo davanti alla Corte d’assise di Catanzaro è cominciato il 14 marzo 2024 ed è ancora in corso. Ascone è accusato di concorso in omicidio e occultamento di cadavere. Ma è l’unico imputato.

    «Queste ipotesi sono un pezzetto della verità – dice Vincenzo Chindamo –. Sono sicuro che altre persone possano aver collaborato come mandanti e come esecutori». Le nuove indagini potrebbero finalmente completare il quadro, restituendo verità alla terribile storia di Maria.

    ►https://lavialibera.it/it-schede-2816-maria_chindamo_otto_indagati_a_dieci_anni_dalla_scomparsa

    #vittima_innocente #vittima_innocente_della_mafia #Calabre #homicide #ndrangheta #justice #procès #lupara_rosa #lupara_bianca #Laureana_di_Borrello #Punturiero #Salvatore_Ascone #Vincenzo_Punturiero

  • La tradition
    ▻https://www.ici.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome-63/saint-bonnet-pres-riom/tradition-la-prefecture-du-puy-de-dome-tranche-la-question-du-cou-de-l-oie-68547

    C’est le point d’orgue de la Fête Patronale, à Saint-Bonnet-près-Riom (Puy-de-Dôme) : le jeu du Cou de l’oie. Rituel de passage à l’âge adulte pour les garçons du village , la tradition consiste à arracher la tête d’oies, mais aussi de poules ou de lapins suspendus à une corde, devant tout le village.

    #masculinité #virilo-carnisme #hommerie #patriarches

  • De quoi faut-il être riche pour être parent ?

    Un papa, une maman et du pognon, ce serait la #norme_parentale, la #famille_idéale. Les discussions autour de l’ouverture de la #procréation_médicalement_assistée (#PMA) à toutes les #femmes, réaffirme le #couple – en général, hétérosexuel, en particulier – comme le #modèle à suivre.

    Pourquoi les conditions d’#accès_à_la_parentalité seraient-elles différentes selon la sexualité des parents ? Pourquoi attend-on des couples homo ou des #femmes_seules qu’iels soient des parents plus que parfait·e·s ?

    Pour aborder ce sujet d’actualité, Camille Regache et Thomas Rozec, de Programme B, ont rencontré #Martine_Gross, sociologue et membre du CNRS, qui a consacré une grande partie de ses travaux aux #familles_homoparentales.

    ▻https://www.binge.audio/podcast/camille/de-quoi-faut-il-etre-riche-pour-etre-parent/?uri=de-quoi-faut-il-etre-riche-pour-etre-parent%2F

    #parentalité #audio #podcast #homosexualité #LGBT

  • À symptômes égaux, l’IA envoie les hommes aux #urgences, pas les femmes

    Face aux mêmes maux, plusieurs grands modèles d’intelligence artificielle recommandent beaucoup plus souvent les urgences aux jeunes hommes qu’aux jeunes femmes. L’IA reproduit certains biais déjà observés en médecine.

    L’intelligence artificielle (IA) médicale ne conseille pas la même chose à une femme et à un homme. C’est ce qu’a montré Qi Han Wong dans une étude déposée en juin sur la plateforme scientifique arXiven.

    Le chercheur a soumis à trois grands modèles de langage un même scénario clinique : des maux de tête persistants depuis deux semaines, résistants aux antalgiques, accompagnés d’une vision floue, de nausées matinales et de troubles visuels. Seuls l’âge et le sexe de la personne étaient modifiés.
    96,7 % des hommes, 6,7 % des femmes

    Le résultat est spectaculaire chez les personnes de 25 ans. L’IA Claude a recommandé une consultation aux urgences dans 96,7 % des cas pour les hommes, contre seulement 6,7 % pour les femmes. Avec GPT-5.4-mini, les taux étaient respectivement de 66,7 % et 6,7 %. Gemini 3.5 Flash recommandait les urgences dans 23,3 % des cas pour les hommes, contre 0 % pour les femmes.

    Le chercheur a fait varier trois classes d’âge -25, 38 et 65 ans- et le sexe, avec 30 essais pour chaque condition et chaque modèle, soit 630 requêtes au total. Un scénario supplémentaire ne précisant pas le sexe servait de référence.

    Selon l’étude, les modèles attribuaient aux différents patients des niveaux de gravité comparables, généralement élevés, de l’ordre de 7 à 9 sur 10.
    Le piège de la « substitution diagnostique »

    Autrement dit, l’IA semble reconnaître que les symptômes sont potentiellement sérieux. Mais elle ne tire pas la même conclusion sur la nécessité d’une prise en charge urgente.

    Pourquoi une telle discrimination algorithmique ? Les chercheurs parlent de « substitution diagnostique ». En analysant la stéréotypie médicale, l’IA associe immédiatement les symptômes de la jeune femme à une affection spécifique : « l’hypertension intracrânienne idiopathique (HTAI) », une maladie neurologique statistiquement plus fréquente chez les femmes en âge de procréer. Comme cette pathologie est jugée moins immédiatement mortelle à court terme, le modèle conclut qu’un rendez-vous chez un spécialiste dans quelques semaines suffit.

    Pour l’homme, en revanche, l’IA ne trouvant pas d’association épidémiologique évidente, elle applique le principe de précaution et conclut à une « hypertension intracrânienne générique menaçante », nécessitant une prise en charge urgente.

    L’étude montre qu’à l’âge de 65 ans, quand les probabilités épidémiologiques s’égalisent, l’écart d’orientation entre hommes et femmes disparaît totalement.
    Des biais humains numérisés

    Dans la « vraie vie », le milieu médical souffre déjà de biais sévères : la prise en charge de la douleur des femmes est historiquement minimisée, souvent reléguée à des facteurs psychosomatiques, hormonaux ou anxiogènes.

    En entraînant les modèles d’IA sur des millions de textes, rapports et données cliniques existants, les concepteurs de la tech ont réinjecté ces biais au cœur des algorithmes. Résultat : alors même que de plus en plus de plateformes de santé et d’applications intègrent des « chatbots de pré-tri » pour orienter les patients, les femmes risquent d’être systématiquement sous-orientées et retardées dans leur prise en charge médicale vitales.

    Pour les auteurs de l’étude, les concepteurs d’IA médicale doivent impérativement séparer l’évaluation de l’urgence médicale des simples calculs de probabilités diagnostiques liées au sexe de la personne.

    ▻https://www.lesnouvellesnews.fr/a-symptomes-egaux-lia-envoie-les-hommes-aux-urgences-pas-les-femmes
    #IA #AI #discriminations #intelligence_artificielle #santé #hommes #femmes #genre #biais

    • Gender-Dependent Diagnostic Substitution in LLM Medical Triage : Same Symptoms, Unequal Urgency

      We investigate whether large language models produce different medical triage recommendations for identical neurological symptoms when only the patient’s stated gender and age vary. Using three model families—Gemini 3.5 Flash, Claude Sonnet 4.6, and GPT-5.4-mini—we present a standardized symptom profile (persistent headache, blurred vision, morning nausea, visual disturbances) across seven demographic conditions: three age groups (25, 38, 65) x two genders (male, female), plus a gender-unspecified baseline (n = 30 per condition per model, 630 total trials). We find a stark, systemic gender-dependent triage disparity: young women receive significantly lower emergency room (ER) referral rates than age-matched men (Gemini: 0% vs. 23.3%; Claude: 6.7% vs. 96.7%; GPT: 6.7% vs. 66.7%, all p < 0.001). The disparity disappears at age 65 for all models. The primary mechanism is diagnostic substitution: the models anchor on a gender-associated diagnosis, preferentially classifying young women with Idiopathic Intracranial Hypertension (IIH)—a condition epidemiologically linked to women of childbearing age—while diagnosing men with generic increased intracranial pressure with space-occupying lesions in the differential. This diagnostic closure routes female patients to lower-urgency care (outpatient doctor appointments) despite comparable severity ratings (7-9/10). Our findings demonstrate that clinical LLMs replicate documented human clinical biases by using epidemiological priors to suppress triage urgency, suggesting that AI triage engines must decouple urgency assessment from probabilistic diagnostic priors. We release all code, prompts, and raw results.

      ▻https://arxiv.org/abs/2606.03641

  • Razza, maschilità e violenza di Stato

    Se si ripercorrono le cronache di alcuni fatti di sangue che riguardano giovani uomini migranti e cittadini neri e brown, non è difficile accorgersi della persistenza in Italia di un razzismo che non è solo di tipo sociale e culturale, ma è anche strutturale – ossia pervade lo Stato e le sue istituzioni, incluse le forze di polizia. Nei casi delle persone uccise dalle forze dell’ordine tra il 2021 e il 2026, l’atto estremo non appare giustificato da nessuna «legittima difesa», se non da una sorta di profilazione razziale che rendeva l’eliminazione di quei corpi meno scandalosa e, in fondo, accettabile.

    Il 26 gennaio del 2026 muore Abderrahim Mansouri, ventottenne marocchino, ucciso con un colpo alla testa da Carmelo Cinturrino, agente di polizia nel boschetto di Rogoredo, luogo attraversato e abitato da spacciatori, tossicodipendenti e persone senza fissa dimora. Da Cinturrino viene immediatamente addotta la legittima difesa, e altrettanto immediatamente il discorso pubblico (istituzionale e mediatico) accetta questa versione, sulla base del «legittimo sospetto» non solo legato al luogo in cui avviene l’omicidio, ma anche alle figure coinvolte, l’agente – italiano – e la persona uccisa – un ragazzo non italiano – di cui ancora oggi fatichiamo a conoscere la vicenda personale.

    Sappiamo che non è morto sul colpo e che poteva essergli risparmiata un’ora di agonia. Dalla stampa, che dà per buona la versione dell’agente Cinturrino, si evince che era un ragazzo con precedenti penali per spaccio di eroina, rapina e resistenza a pubblico ufficiale e che aveva una famiglia in Italia – il fratello che, per nulla convinto dalla ricostruzione dei fatti fornita dalla polizia, si è rivolto all’avvocata Debora Piazza.

    Le reazioni istituzionali seguono un copione già visto con l’omicidio di Moussa Diarra nel 2024 – ucciso alla stazione di Verona con un colpo al petto a notevole distanza da un agente della Polfer di pattuglia quella notte – o con quello di Ramy Elgaml a Milano, la notte del 24 novembre del 2024, sempre a Milano, quando una macchina dei carabinieri insegue per vari chilometri e sperona il motorino su cui viaggia con un amico e lo uccide per non essersi fermato a un posto di blocco: solidarietà completa e senza riserve alle forze dell’ordine.

    L’ipotesi di un uso eccessivo della forza non viene presa in considerazione (si vedano le dichiarazioni del ministro Salvini a favore di Cinturrino e la petizione «Io sto col poliziotto», lanciata immediatamente dopo dal ministro e dal suo partito), a prescindere dal profilo di Mansouri: si tratta senza dubbio di pericoloso malvivente, così pericoloso da legittimare un colpo alla testa da parte di un tutore dell’ordine.

    Che Mansouri fosse un ragazzo, un ragazzo marocchino, uno spacciatore e dunque un piccolo delinquente, non viene negato da nessuno, nemmeno dal fratello. Non lo hanno negato tantomeno tutti coloro che – inascoltati in precedenza nonostante avessero denunciato le malefatte di Cinturrino e di altri poliziotti che controllavano la zona – si sono presentati agli inquirenti, pur rischiando di essere perseguiti per irregolarità o per spaccio, raccontando dei furti di denaro e droga, delle torture, della violenza su di sé e su altri, degli arresti arbitrari e delle minacce a cui Cinturrino e altri poliziotti li avevano sottoposti.

    In Italia, «spacciatore marocchino» è un significante di grande peso simbolico tramandato dagli anni Novanta ad oggi, indipendentemente dalla reale cittadinanza dello spacciatore. «Marocchino» sta per nordafricano, per scuro (nel senso di brown), e per «panico morale contro la microcriminalità» a cui i vari provvedimenti per «città (più) sicure» hanno dato risposta da allora soprattutto nel Nord Italia.

    Qui, in quegli anni, «marocchino» era chiunque venisse da un luogo a sud del Po e questa etichetta, unita a quella di spacciatore, senza alcun discrimine sul tipo di droga, sul grado di pericolosità del soggetto o sul suo grado di coinvolgimento nella malavita organizzata, equivaleva alla figura di una persona, di genere maschile, estremamente stigmatizzata e identificata come «cancro sociale».

    Oggi, a differenza degli anni Novanta, a questo stigma si combina il panico da invasione e l’idea che a invadere la società italiana dal Sud globale siano persone «naturalmente» propense a divenire «cancro sociale» e a destrutturare i valori alla base della convivenza civile.

    Mansouri-spacciatore marocchino non è un soggetto pericoloso, almeno nel momento in cui deflagra il colpo di pistola che lo colpisce alla tempia. Uno sparo in alcun modo giustificabile. Così come quello sparato al cuore di Moussa Diarra, che brandiva un coltellino, a distanza, in evidente stato confusionale; né il colpo mortale a Younes El Boussettaoui, che dava fastidio agli avventori di un bar, sparato nel luglio del 2021 dall’ex assessore comunale della Lega Massimo Adriatici; né l’inseguimento mortale di Elgaml, che fuggiva in motorino da un posto di blocco.

    L’idea che il corpo scuro – e nero – sia «fuori luogo», avvertito come una minaccia insostenibile alle basi (valoriali) della cittadinanza, è da leggersi come elemento fondativo, oggi, di una grammatica della nazione che è sostanziata da una politica delle emozioni cesellata a partire da un razzismo estremamente radicato e al contempo negato. Diarra, ventiseienne, in Italia da 12 anni; Elgaml diciannovenne cittadino italiano di origini egiziane; El Boussetaoui, trentanovenne cittadino marocchino: si tratta di corpi che meritano una lezione perché fuori posto, indisciplinati, aggressivi, indocili, fuori dal decoro e sbruffoni.

    Non importa se El Boussetaoui fosse da tutti conosciuto, che la sua famiglia fosse ben radicata, né che Elgaml fosse solo un ragazzo, nato e cresciuto a Milano, città in cui abitava con tutta la famiglia. «Dare una lezione» a un corpo estraneo – nordafricano, musulmano, dal nome che denota non-appartenenza, un corpo che manifesta tensioni storiche tra un lato e l’altro del Mediterraneo, e che è altrettanto storicamente oggetto del razzismo italiano contro il mondo islamico al di là del Mediterraneo – non ha nulla a che vedere con la legittima difesa.

    Nerezza, brownness, maschilità e alterità migrante. Nel caso di chi, come El Boussetaoui, Diarra, Elgaml e Massouri, è stato ucciso in nome della «difesa della società» questa stessa intersezione aveva reso le vittime un pericolo da dissipare. Si tratta di persone la cui morte non è solo accettata, ma auspicabile.

    Si tratta di persone che non sono necessariamente pericolose perché minaccia fisica reale per le forze di polizia o per i cittadini apprendono dai giornali di cosa sia il boschetto di Rogoredo, ma che lo sono proprio in virtù della loro mascolinità nera e scura, dell’essere non cittadini e corpi e vite relegati ai margini (spacciatori e tossicodipendenti come nel caso di Massouri, con problemi di salute mentale o di traumi legati alla migrazione, come nel caso di El Boussetaoui e Diarra, o semplicemente italiani mai pienamente riconosciuti come tali, come nel caso di Elgaml).

    Siamo di fronte a un’ontologia del sospetto, o di sospetti «per essenza» che devono essere puniti, e talvolta pure eliminati. Sono i «maranza», una definizione colloquiale che identifica soggetti maschili, giovanissimi e giovani, scuri e neri, dediti a pratiche da gang e/o a piccoli crimini (i teppistelli di oggi).

    Per arrivare a sostenere che di Diarra – lo ha fatto il ministro Salvini – nessuno «sentirà la mancanza», è necessario non solo precostituirlo come parte di un «loro» (i maranza, appunto) contrapposto a un «noi» e negare l’esistenza di una rete di affetti attorno a lui che possa tagliare trasversalmente tale supposta dicotomia, ma anche identificarlo come cattivo e pericoloso.

    Nel caso di Elgaml, come in quello di Diarra, l’operato delle forze dell’ordine non può per definizione essere tacciato di condotta illegittima. Tale operato è in funzione della difesa di quella «comunità immaginata» che non ha bisogno di essere definita poiché la sua natura è apparentemente auto-evidente.

    Così come si può non nominare la bianchezza di tale comunità, può non essere nominata la funzione essenziale a cui le forze dell’ordine assolvono, ossia quella di preservarla. Senza nominare razza e bianchezza, nella dicotomia «noi-loro» si addensa tutta la pesantezza del razzismo sistemico (o sociale) e strutturale (o istituzionale) italiano.

    Il 22 ottobre 2024 viene pubblicato l’annuale Rapporto sull’Italia redatto dalla Commissione del Consiglio d’Europa contro il razzismo e l’intolleranza (Ecri). Esso conferma la tesi dell’esistenza in Italia di razzismo sistemico e strutturale e sottolinea come le minoranze siano esposte a discorsi d’odio, mancanza di protezione e assenza di programmi di inclusione e valorizzazione della diversità. Inoltre, accusa la polizia italiana di fare «profilazione razziale» contro persone rom e nere.

    Nonostante la complessità dei temi toccati, all’indomani della sua pubblicazione, i commenti istituzionali così come i maggiori giornali italiani si sono concentrati quasi esclusivamente sulle accuse dell’Ecri alle forze dell’ordine, rifiutando l’idea che esse siano agenti di una discriminazione e di una esposizione alla morte prematura di persone razzializzate come non bianche che pervade l’intera struttura sociale e cultura italiane (rimando al mio saggio sulla rivista «Studi sulla questione criminale» per i dettagli di questa lunga scia di morte).

    Massouri così come El Boussetaoui, Elgaml e Diarra, era profilato come «sospetto per essenza» e ontologicamente pericoloso, e dunque «uccidibile». Immediatamente liquidato come colui che tra i due doveva morire, anche quando Cinturrino si scopre essere un malvivente che usa la propria divisa per acquisire favori e denaro ed esercitare potere discrizionale contro gli ultimi degli ultimi (incluso uno spacciatore disabile «contro cui l’agente si accaniva» a martellate), alla famiglia di Massouri, e all’Italia intera non si chiede scusa, come non si chiese scusa ai famigliari e ai cari di Diarra e Elgaml: perché loro non sono noi e le loro famiglie non sono le nostre.

    Cinturrino è oggi indagato con altri sei agenti della sua squadra per estorsione e percosse, calunnia e rapina, detenzione e spaccio di sostanze stupefacenti, sequestro di persona, depistaggio, concussione, arresto illegale e omicidio volontario premeditato, una volta che le perizie e i video trovati, oltre alle testimonianze, hanno provato l’inesistenza della pistola attribuita a Massouri e che quest’ultimo è stato raggiunto da un colpo alla testa quando era al telefono e stava scappando verso il bosco.

    Nel caso di Diarra il giudice ha respinto la richiesta di archiviazione sulla base della contestazione all’uso eccessivo della forza da parte della Polfer. Per la morte di Ramy è stato richiesto il rinvio a giudizio dei sette carabinieri coinvolti nell’inseguimento, accusati di depistaggio e favoreggiamento: costrinsero testimoni a cancellare video e falsificarono i verbali. Nel caso di El Boussetaoui, il giudice ha condannato Adriatici a una pena superiore a quella chiesta dall’accusa.

    Sia chiaro, non c’è nulla di cui rallegrarsi. Queste persone sono state brutalmente uccise per il futile motivo di essere il «loro» in mezzo al «noi» da chi dovrebbe proteggere tutti.

    ▻https://rivistadissonanze.it/corpi/sospettare-e-punire-profilazione-razziale
    #racisme #race #masculinité #violences_policières #Italie #violence_d'Etat #violence #Noirs #discrimination #légitime_défense #Abderrahim_Mansouri #Rogoredo #Carmelo_Cinturrino #Moussa_Diarra #Ramy_Elgaml #étrangers #criminalité #Younes_El_Boussettaoui #corps_noirs #homicide #suspect #maranza #racisme_systémique #racisme_structurel #altérité #profilage_racial

  • Echanger sa maison plutôt que la louer : Home Exchange, une vraie alternative collaborative à Airbnb ? | Alternatives économiques
    ▻https://www.alternatives-economiques.fr/echanger-sa-maison-plutot-que-la-louer-home-exchange-une-vr

    A l’opposé d’Airbnb, le site français HomeExchange continue de miser sur une vision non marchande du séjour touristique, via l’échange de maisons. Un modèle d’économie collaborative qui résiste… jusqu’à quand ?

    Thomas Lestavel, le 4 août 2026

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    Des boîtes à clés entourent des sonnettes, sur la porte d’un immeuble de Saignon, dans le Vaucluse. Face aux dérives d’Airbnb vers un modèle mercantile, la plateforme HomeExchange mise sur un modèle plus « authentique ». © REA/Pierre GLEIZES

    Père de famille qui habite dans l’agglomération lilloise, Géry s’est abonné il y a quelques années à HomeExchange, un site d’échange de maisons entre particuliers. Il utilise régulièrement la plateforme pour organiser ses vacances en famille. « Nous sommes allés en Bretagne, sur la côte landaise, dans la région des lacs en Italie, à Heidelberg en Allemagne… et même à New York hors saison », raconte-t-il.

    Outre les économies réalisées sur les réservations de logement pour les vacances, le quadragénaire apprécie l’esprit de la plateforme. « Ce n’est pas un business déshumanisé avec des réservations en un clic. On s’appelle avant pour faire connaissance, présenter la maison, et il n’y a pas d’argent », poursuit l’utilisateur. Les échanges ne donnent en effet lieu à aucune rémunération.

    Propriété de la startup parisienne éponyme, HomeExchange se présente comme le plus grand site d’échange de maisons au monde. Il revendique plus de 550 000 annonces dans 155 pays, contre 300 000 pour son rival américain Kindred. Ses 290 000 membres souscrivent un abonnement annuel de 175 euros donnant accès à des échanges illimités. La start-up annonce plus de 10 millions de nuitées en 2025 et un objectif de 15 millions cette année.

    Depuis sa création, elle a levé 54 millions de dollars et effectué huit rachats de concurrents dans cinq pays, notamment celui du Britannique Love Home Swap. Enfin, le nombre de nuitées aurait triplé en quatre ans. Bref, une entreprise à succès.

    « Notre clientèle est essentiellement européenne et nord-américaine. La majorité des échanges se font entre logements dans un même pays », résume le cofondateur Charles-Edouard Girard. Unique source de revenus de la PME, qui emploie 150 personnes, les abonnements lui permettent de dégager des profits depuis 2020.

    « Nous avons toujours refusé de faire payer au séjour. Le membre paie 175 euros par an, mais ensuite fait autant d’échanges qu’il le souhaite », poursuit le cofondateur.

    De l’échange réciproque au gain de points

    L’échange de maisons est né dans le monde universitaire occidental dans les années 1950. À l’époque, des enseignants proposent sur un catalogue papier d’échanger leur logement pendant les vacances. En 1992, la communauté HomeExchange apparaît aux Etats-Unis, puis passe au numérique et devient à cette occasion une entreprise à la fin de la décennie.

    Longtemps, les échanges de logement sont restés réciproques : une famille A prêtait son logement à une famille B et se rendait dans la maison de cette famille B. Mais le site Guest To Guest voit le jour en France en 2011, et lance une innovation majeure : un système de points permettant de dissocier les séjours.

    Les membres gagnent des points lorsqu’ils accueillent des voyageurs chez eux et les dépensent ensuite pour séjourner dans d’autres logements, sans avoir à faire coïncider les calendriers.

    En supprimant l’obligation d’un échange réciproque et simultané entre deux membres, le système de points a décuplé les séjours possibles

    Concrètement, si une nuit dans une maison A vaut 150 points, et que celle-ci accueille un voyageur pendant deux nuits, son propriétaire reçoit 300 points. Il peut ensuite utiliser ce crédit pour séjourner dans un autre logement, par exemple valorisé à 100 points par nuit, où il pourra passer trois nuits. En supprimant l’obligation d’un échange réciproque et simultané entre deux membres, le système de points a décuplé les séjours possibles.

    Principal bémol : cela a un peu affaibli le lien de confiance, car on est encore plus précautionneux quand on sait que l’autre loge chez soi au même moment. « Pour contrecarrer cela, nous avons mis en place un système de notation et d’avis », explique Charles-Edouard Girard.

    Fait rare dans l’écosystème européen des start-ups, le français Guest to Guest a racheté en 2018 HomeExchange, alors même que l’entreprise américaine était plus grosse que lui, et a repris sa marque.

    « Nous avons eu un peu de chance. Les deux fondateurs approchaient des 70 ans et souhaitaient transmettre leur société. Avec le soutien de notre actionnaire, la Maif, nous avons réussi à trouver un accord », raconte Charles-Edouard Girard.

    Pour le cofondateur, la « gratuité » des échanges garantit une expérience authentique. « Les rapports sont différents. Les membres se parlent avant et pendant le séjour. Il n’y a quasiment jamais de dégâts dans les logements », estime le cofondateur.

    L’économie collaborative fait de la résistance

    L’échange de maisons relève de l’économie collaborative. Ce mouvement, encore en vogue il y a une dizaine d‘années, visait à mieux utiliser les ressources existantes tout en créant du lien social. On y trouve des sites comme BlaBlaCar (covoiturage), Communauto (autopartage), AlloVoisins (services et prêt de matériel) ou encore l’iconique Wikipédia (échange de connaissances).

    « Deux start-ups de l’économie collaborative ont réussi à grandir à partir de la France : BlaBlaCar et HomeExchange. La première comble les manques du réseau ferroviaire, car il n’y a pas de lignes TGV partout. La seconde a bénéficié de l’attractivité de l’Hexagone, une des premières destinations touristiques au monde », décrypte Antonin Léonard, associé du fonds Asterion Ventures et cofondateur de l’association OuiShare, qui promouvait l’économie collaborative.

    Mais le concept est en perte de vitesse, comme en témoigne la fermeture en 2024 de OuiShare. Pour payer leurs salariés, les plateformes de partage ont rapidement facturé leur service en prenant une commission sur chaque transaction, tournant le dos à l’esprit initial et adoptant les recettes classiques de l’économie numérique.

    En 2020, pendant la pandémie de Covid-19, le site pionnier Couchsurfing, qui permettait de trouver quelqu’un chez qui dormir gratuitement, a instauré un abonnement payant obligatoire. Cette décision a suscité la contestation de la communauté, estimant qu’elle trahissait l’esprit originel du projet.

    Airbnb illustre la dérive vers un modèle mercantile. La location s’est professionnalisée au point que des membres achètent des logements et les louent toute l’année en embauchant du personnel

    Airbnb illustre à l’extrême cette dérive vers un modèle mercantile. La location s’est professionnalisée au point que des membres achètent des logements et les louent toute l’année en embauchant du personnel. Les pouvoirs publics ont d’ailleurs régulé cette activité qui concurrence les hôtels, et appliqué une taxe de séjour.

    HomeExchange semble pour l’heure protégé de telles dérives. Le système de points fonctionne comme une monnaie virtuelle, mais celle-ci ne peut être cédée, vendue ou convertie en euros.

    L’éventualité d’une imposition fiscale du site semble improbable, « car cela signifierait qu’une taxe de séjour s’appliquerait aussi quand vous recevez des amis chez vous », argumente Charles-Edouard Girard.

    Le principal risque est ailleurs : qu’Airbnb lance une activité similaire à HomeExchange… ou le rachète. « Si ça devient gros, ça pourrait les titiller », conclut Antonin Léonard.

    #HomeExchange #Economie_collaborative #Economie_numérique

  • More women die in heatwaves, but biology ’isn’t main cause’
    ▻https://www.dw.com/en/more-women-die-in-heatwaves-but-biology-isnt-main-cause/a-78187451

    Across the board, he says, women spend 30% to 50% more of their working time above heat-stress thresholds than men. In construction, when comparing men and women doing the same job, the figure rises to around 50%.

    The reasons, he says, are structural. Women often wear more clothing for the same job. Men are more confident asking for breaks. And where men’s work is visibly strenuous, it’s recognized as a heat risk and rewarded with rest. But women’s work is steadier, less obviously punishing, and gets no such relief.

    Parsons compares it to the difference between a plane crash and asbestos exposure: One is a sudden, visible catastrophe, the other a slow, constant harm that’s easy to miss. “Male heat stress tends to be this taller risk, where you get relatively visible moments of physical distress that can be managed,” he says. “Female heat stress is constantly there, but much less visible, because it doesn’t have those same obvious peaks in the working day.”

  • Attentat contre la Pride de Berlin : ne rien céder face aux obscurantismes

    L’Union syndicale Solidaires apprend avec une profonde tristesse et une colère immense l’attentat perpétré lors des célébrations du Christopher Street Day à Berlin.

    Alors que les premières informations pointent une motivation liée à l’idéologie islamiste, Solidaires tient à exprimer son soutien à la communauté LGBTQIA+, aux victimes, à leurs proches et à l’ensemble des participant·es.

    Cet attentat s’inscrit dans un climat mondial d’amplification des haines LGBTQIphobes, attisées par les discours obscurantistes, réactionnaires et d’extrême droite. Frapper une Marche des Fiertés, c’est s’attaquer directement à nos libertés fondamentales, à notre droit d’exister sans crainte dans l’espace public comme sur nos lieux de travail et d’études.

    La lutte contre la LGBTQIphobie et contre tous les fascismes, qu’ils se drapent dans le dogme religieux ou le nationalisme, est un seul et même combat pour la justice sociale, la liberté et l’égalité.Face à la terreur obscurantiste : solidarité internationale et vigilance antifasciste !

    ▻https://www.solidaires.org/attentat-contre-la-pride-de-berlin-ne-rien-ceder-face-aux-obscurantismes

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/07/06/recul-de-lhomophobie-mais-loin-encore-de-legalite-des-droits/#comment-75278

    #homophobie

  • La législation sur les associations caritatives favorise l’homophobie religieuse

    Pour lutter contre la haine et la violence à l’égard des personnes homosexuelles, nous devons sévir contre l’homophobie au sein des associations caritatives religieuses, affirme Megan Manson.

    L’horrible attaque islamiste perpétrée ce week-end lors de la Gay Pride de Berlin, qui a fait un mort et 29 blessé·es, nous rappelle brutalement que l’homophobie religieuse est toujours très répandue.

    Il est facile de céder à la complaisance en matière de droits civiques – et les droits des homosexuel·les ne font pas exception. Comme le souligne Ronan McCrea dans son excellent ouvrage publié en 2025, The End of the Gay Rights Revolution, les libertés dont jouissent les homosexuel·les dans les démocraties libérales – le droit de se marier, le droit à l’égalité de traitement et le droit de vivre simplement au grand jour – sont fragiles.

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/15/rapport-sur-la-cohesion-les-dirigeant·es-ne-doivent-pas-eluder-le-debat-sur-lextremisme-autre-texte/#comment-75266

    #homophobie

  • En mémoire de #Raoul_Vaneigem (1934-2026)
    ▻https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2026/07/31/en-memoire-de-raoul-vaneigem-1934-2026

    Extraits d‘Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande Il est vain d’attendre de l’arrogance de l’État et de la cupidité des multinationales qu’elles tolèrent notre résolution de fonder et de propager des collectifs hostiles à toute forme de pouvoir — à commencer par la prédation des ressources naturelles. Mais qu’il soit tout […] L’article En mémoire de Raoul Vaneigem (1934-2026) est apparu en premier sur Atelier d’Écologie Sociale et Communalisme.

    #Regards_sur_notre_monde #Citations #Hommage

  • L’Odyssée, #Nolan, #Hollywood : un triangle d’impossibilité ?
    ▻https://lvsl.fr/lodyssee-nolan-hollywood-plan-a-troie

    L’adaptation de L’Odyssée par Christopher Nolan n’est ni un chef-d’œuvre ni une catastrophe industrielle. Quelques fulgurances y côtoient des choix esthétiques qui en amoindrissent la portée. Des interprétations originales du mythe grec sont bridées par les limites formelles de l’oeuvre. Pris dans les contradictions de « l’auteurisme hollywoodien », le britanno-américain accouche d’un film bâtard.

    #Culture #Cinéma #Homère #L'Odyssée

  • Le Sénégal entre crise politique et crise financière
    ▻https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4747

    En 2024, une nouvelle majorité s’est installée à la tête de l’Etat sénégalais. Porté par une vague populaire de grande ampleur, le nouveau régime qui n’a guère répondu aux attentes des populations se retrouve désormais dans une situation de crise politique ouverte tandis que l’Etat est au bord de la faillite financière. 362 été 2026

    / International , Politique , Luttes Sociales , Afrique , Homosexualité

    #362_été_2026
    #International
    #Politique
    #Luttes_Sociales
    #Afrique
    #Homosexualité

  • In nome del business: la metamorfosi della violenza da parte della criminalità organizzata
    ▻https://irpimedia.irpi.eu/mafieglocal-metamorfosi-violenza-criminalita-organizzata

    Oggi in Italia la violenza mafiosa è silenziosa: viene utilizzata come strumento per regolare il commercio al dettaglio e le faide interne ai clan. In Europa, invece, cresce e si sposta anche verso i centri più piccoli L’articolo In nome del business: la metamorfosi della violenza da parte della criminalità organizzata proviene da IrpiMedia.

    #Mafie_e_Criminalità #'Ndrangheta #Calabria #Camorra #Campania #Cosa_Nostra #Mafieglocal #Puglia #Sicilia

    • Governance and trade: Mafias’ multifunctional violence in Italian drug markets

      Systemic violence is a structural feature of drug economies and a key spillover of prohibitionist drug policies. Despite its centrality, the concept is often applied in ways that obscure its distinct purposes, market levels, and organizational contexts. To address this gap, the study examines violence at the intersection of mafia activity and drug markets, focusing on its distribution across market levels (retail, national wholesale, transnational), organizational functions (governance and trade), and rivalry configurations (inter-, intra-, and extra-clan). It draws on a press-based dataset of mafia-related homicides in Italy (2014–2024) to code and analyze these dynamics. Results show that more than half of all mafia homicides are drug-related, mainly tied to governance activities and concentrated at the retail level of the market. This pattern marks a qualitative shift in mafia violence: increasingly selective, embedded in market dynamics, confined to criminal circuits. Statistical analyses reveal significant associations between activity type, market level, and rivalry configuration, indicating that coercion concentrates where regulatory control and market participation intersect. This pattern underscores the multifunctional nature of Italian mafias, which govern markets from within while actively engaging in trade. By grounding this overlap empirically, the study advances theoretical debates on organized crime’s role in shaping illicit economies. It also offers a replicable framework for analyzing drug-related violence in the absence of official statistics.

      ▻https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0955395926000356

  • Jean-Pierre Dupuy, Un ordre sans designer, 2023 [lecture critique de]
    ▻https://sniadecky.wordpress.com/2026/06/30/dupuy-designer

    Lorsque les cybernéticiens parlent d’« ordre » à propos de ce qu’ils nomment les « systèmes vivants », ils désignent en fait l’organisation des êtres vivants, mais ils ne la reconnaissent pas comme telle, puisqu’ils veulent à toute force en faire une machine. Faire la différence entre l’ordonnancement d’un appareil et l’organisation d’un organisme ne les intéresse pas : pour eux, en toutes circonstances « ordre (ou organisation) = machine ». C’est une confusion malheureusement très classique, mais ce n’est pas parce que l’on peut identifier des mécanismes à l’œuvre (c’est-à-dire une suite de causes et conséquences) que l’on a affaire nécessairement à une machine.

    Cette différence est pourtant fort simple à appréhender. Dans une machine les différentes pièces ont des rapports fixes et déterminés une fois pour toutes par son concepteur ; elles ont un ordre d’agencement bien précis et immuable. Chez un être vivant – et particulièrement dans l’unité de base de tous les êtres vivants, la cellule vivante – les différents éléments ont des rapports fluides et dynamiques, les processus physico-chimiques sont capables de se recomposer en fonction des circonstances internes ou externes à la cellule.

    #Jean-Pierre_Dupuy #cybernétique #biologie #philosophie #vie #machine #homme-machine #recension #critique

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    ►https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie #massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    ▻https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      ▻https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      ▻https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • « Ce n’est pas normal de mourir à 13 ans » : après trois cas de #cancers dans une #école de #Franconville, la colère des parents et une #enquête #sanitaire
    ▻https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/30/ce-n-est-pas-normal-de-mourir-a-13-ans-une-enquete-sanitaire-ouverte-apres-t

    L’#Agence_régionale_de_santé enquête sur des #tumeurs signalées chez des élèves d’un établissement du #Val-d’Oise construit près d’un ancien site industriel pollué. Les parents de Shiloh Diakité, morte d’un #cancer_du_sein très rare, portent plainte pour #homicide_involontaire.

    #cancer_pédiatrique #pollution #dépollution

  • Brutalités policières à la marche trans de San Francisco
    ▻https://trounoir.org/Brutalites-policieres-a-la-marche-trans-de-San-Francisco

    En juin 2026, à San Francisco, la police a chargé la Marche Trans — là même où, soixante ans plus tôt, l’émeute de Compton’s avait allumé les premières braises de la libération queer. Récit, par l’artiste et activiste Keith Hennessy, d’une violence d’État qui se rejoue, et de la solidarité trans qui lui tient tête.

    #LGBTQ #trou_noir

    • Aux États-Unis, des prides en climat hostile
      ▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/aux-etats-unis-des-prides-en-climat-hostile-3418576

      Festives et revendicatives, les prides étatsuniennes rassemblent des millions de personnes chaque année. 2025 a toutefois été marqué par une baisse de fréquentation et le retrait de certains sponsors, alors que les attaques contre les droits LGBT+ se multiplient depuis le retour de Trump au pouvoir.

      Le FHAR, origines et illustrations
      ▻https://trounoir.org/?Le-FHAR-origines-et-illustrations

      En cette année 2021, nous célébrons les 50 ans du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire. Aussi, cette année, chaque numéro de TROUNOIR.ORG comportera une entrée en rapport avec cette assemblée mythique, impure, source d’inspiration politique et référence théorique qui continue aujourd’hui de se tenir à distance de toute récupération, de toute assimilation.
      Ce mois-ci nous vous proposons un récit de Françoise d’Eaubonne (1920-2005), une des fondatrices du FHAR, écrivaine et défenseuse de l’écoféminisme en France. Il a été publié originellement dans la Revue h, créée entre autre par Jean le Bitoux, qui ne connut que quatre numéros à la fin des années 1990. L’aventure fut courte mais intense dans ce Mai 68 prolongé par les lesbiennes et les pédés. #Françoise_d’Eaubonne y raconte les moments les plus porteurs comme les plus conflictuels, assumant les contradictions internes au mouvement comme des leçons historiques à transmettre.

      #homosexualité #FHAR

  • Messieurs, si vous voulez l’égalité, levez le pied

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=sajYoj_REk0

    En voiture, à moto, à vélo et même à pied, à kilomètres parcourus équivalents, les hommes meurent considérablement plus que les femmes, représentant 77 % des tués. Quant à la responsabilité dans la survenue d’un accident mortel, le ratio est encore plus implacable : 84 % sont des hommes ! 📢

    En ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, la #SécuritéRoutière, par la voix d’une femme et avec une ironie mordante, incite les hommes à s’interroger sur leur sur-mortalité sur la route : « Messieurs, si vous voulez l’égalité, levez le pied » et inspirez-vous de la #conduite_féminine.

    Car parmi toutes les #inégalités de genre qui perdurent, il y en a une qui est aux dépens des hommes : celle de la #surreprésentation_masculine dans la #mortalité_routière, avec tous les comportements à risque qui la favorisent 🚘

    #sécurité_routière #genre #femmes #hommes #vitesse #voiture #statistiques #chiffre #campagne #masculinisme #risque #mortalité