• Spazio in #Rai, alle donne il 3%, agli uomini il 97%. Boldrini: “Donne al governo in percentuali da Kabul, ma par condicio va garantita anche tra sessi”

    59 secondi alle donne contro 1 ora e 41 minuti agli uomini: è il tempo di parola che il primo telegiornale italiano, il Tg1, ha dedicato agli esponenti di governo, di entrambi i sessi, nel mese di gennaio. Lo segue, a stretto giro, il Tg2 di Gennaro Sangiuliano: qui le donne dell’esecutivo hanno preso parola, in 30 giorni, per appena 44 secondi, contro un’ora e quasi due minuti dei loro colleghi uomini. Differenze che diventano ancora più macroscopiche su un canale all news come RaiNews24, 8 ore e 48 minuti a politici in cravatta (e non) contro i 18 minuti dedicati alle rispettive omologhe.

    Ça va sans dire, si potrebbe obiettare, nel governo Conte le donne al ministero sono solo 5 su 18. Non è proprio così. Perché, stando sempre ai dati dell’Autorità di garanzia per le comunicazioni (Agcom), la voragine che separa maschi e femmine in tv non si riduce neppure allargando la platea a tutti i soggetti politici e istituzionali, esclusi quelli di governo: anche in questo caso le reti del servizio pubblico riservano agli uomini l’81, 40% del tempo di parola, relegando le donne a un misero 18, 60%. Gender gap mediatico: in totale, i telegiornali del servizio pubblico dedicano, in un mese, 2 ore e 24 minuti ai politici donne, contro le 21 ore e 25 riservate agli uomini.

    “Dati scandalosi, la par condicio dovrebbe essere garantita anche tra i generi. Un grido di protesta dovrebbe levarsi dal sottosegretario alle pari opportunità Vincenzo Spadafora, che invece non fa nulla e non se ne preoccupa”, commenta alle telecamere di Servizio Pubblico l’ex presidente della Camera Laura Boldrini, da sempre in prima linea nelle battaglie per le pari opportunità. “Si continua a riprodurre un immaginario per cui la politica è fatta solo dagli uomini. E invece non è così, per la prima volta nella storia italiana in Parlamento le donne sono oltre il 30%, ma continuano a essere oscurate”.

    Ma ad allarmare non sono solo i numeri, con la presenza femminile al governo del 17%, “percentuale che ci avvicina a Kabul, più che all’Europa, dove Parigi conta il 58% di donne nell’esecutivo e Madrid il 65%”, ma anche le minacce ai diritti. “Questo governo ha messo in fila una serie di provvedimenti veramente raccapriccianti: il disegno di legge Pillon che vorrebbe riscrivere la materia dell’affido dei figli e spinge le donne, soprattutto quelle che non lavorano, a non chiedere il divorzio, e introduce la mediazione in caso di violenza domestica, vietata dalla convenzione di Istanbul”, spiega Laura Boldrini. “E poi ci sono le minacce alla legge 194 sull’interruzione di gravidanza. Vorrebbero addirittura reintrodurre le case chiuse, superando la legge Merlin, invece che pensare ad offrire opportunità di lavoro alle donne, che sono le prime a scuola e nei concorsi. E alle ragazze cosa diciamo, rimanete a casa e sperate solo di sposarvi bene?”

    https://www.michelesantoro.it/2019/03/donne-diritti-intervista-boldrini
    #temps_de_parole #femmes #hommes #inégalités #télévision #médias #journalisme #Italie #statistiques #chiffres #genre


  • Mexico
    Au-dessus et en dessous de la terre

    Métie Navajo

    https://lavoiedujaguar.net/Mexico-Au-dessus-et-en-dessous-de-la-terre

    Retrouver Mexico
    de couleurs vives
    de hautes tours
    de restaurants japonais partout ont fleuri, c’est la mode
    de petits vélos rouges sur des pistes cyclables
    pour pédaler dans la pollution épaisse
    de trottinettes vertes abandonnées
    de ubers starbucks et concurrents

    Mexico, comme les autres, se met à ressembler aux autres, à toutes ces villes qui ne cessent de se ressembler.

    Après dix ans je cherche la ville ancienne et moi dedans, je me revois dans ce moment merveilleux et effrayant de l’arrivée, ce moment où voyageant seule je suis obligée de m’offrir et d’apprivoiser. De faire confiance. Cette confiance au centuple on me l’a rendue. On me l’a rendue sans compter, et, d’une certaine manière, on me la rend encore.

    Après dix ans je cherche la trace de mes pas dans des lieux où j’ai à peine laissé une empreinte car j’ai fréquenté un Mexico dame moins bien mise. Pourtant au fur et à mesure les images jaillissent, perturbent la vision d’aujourd’hui.

    #Mexique #chronique #retour #président #gauche #charniers #homme-femme #Indiens #Mur #frontière #tremblement #alerte #narcos #train #voix


    • La #répartition_des_tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la #conversation (Première partie)

      Contrairement à l’impression première que l’on a, la conversation n’est pas une activité à laquelle on se livre spontanément ou inconsciemment. Il s’agit d’une activité structurée, ne serait-ce que par son ouverture, ses séquences et sa fermeture, et elle a besoin d’être gérée par les participant-e-s. Nous parlerons indifféremment de conversations, de dialogues ou de discussions pour faire référence à tout échange oral. Nous les caractériserons par le fait qu’aucun scénario n’en a été fixé à l’avance et que ces conversations sont en principe égalitaires, à la différence des entretiens dirigés, des cérémonies ou des débats. Nous allons donc nous intéresser à la gestion du dialogue mixte au regard du genre des personnes impliquées. Ainsi, nous verrons que les pratiques conversationnelles sont dépendantes du genre et nous en chercherons les conséquences sur le déroulement de la conversation.

      La conversation est une forme fondamentale de communication et d’interaction sociale et, à ce titre, elle a une fonction des plus importantes. Elle établit et maintient des liens entre les personnes, mais c’est aussi une activité « politique », c’est-à-dire dans laquelle il existe des relations de pouvoir. Dans une société où la division et la hiérarchie des genres est si importante, il serait naïf de penser que la conversation en serait exempte. Comme pratique sur laquelle nous fondons notre vie quotidienne, elle ne peut que refléter la nature genrée de la société. Nous nous demanderons si, au-delà du fait d’être un miroir de la société, elle ne réactive et ne réaffirme pas à chaque fois les différences et les inégalités de genre.

      La longueur des contributions

      Nous nous référerons constamment au modèle de conversation décrit par Sacks H., Schegloff E. et Jefferson G. en 1974. Selon ce modèle, les systèmes d’échange de parole sont en général organisés afin d’assurer deux choses : premièrement, qu’une seule personne parle à un moment donné et deuxièmement que les locutrices/teurs se relaient. La/le locutrice/teur peut désigner la/le prochain-e mais en général, ce sont les conversant-e-s qui décident de l’ordre des prises de parole. Le dialogue idéal suppose donc que l’un-e parle pendant que l’autre écoute, puis vice-versa et ainsi de suite, sans qu’il y ait de chevauchements de parole, d’interruptions ou de silence entre les tours. L’hypothèse est que ce modèle doit être valable pour tou-te-s les locuteurs/trices et toutes les conversations. Il devrait donc tendre dans son application à une symétrie ou à une égalité. Ce modèle est décrit comme indépendant du contexte, c’est-à-dire des facteurs tels que le nombre de personnes, leur identité sociale ou les sujets de discussion. Une fois mis en application, il devient toutefois sensible au contexte et s’adapte aux changements de circonstances dus aux facteurs évoqués plus haut.

      La première question sur laquelle nous nous interrogerons à propos du dialogue mixte concerne le temps de parole que chacun-e s’octroie. On présuppose généralement que les deux personnes aient un temps de parole assez similaire pour qu’elles puissent toutes deux exprimer leur point de vue, leurs sentiments, intentions ou projets de façon égalitaire. Le dialogue est perçu couramment par une majorité de personnes comme un lieu de partage et d’échange permettant de promouvoir une compréhension mutuelle où un-e interlocuteur/trice n’est pas censé-e prendre une plus grande partie de ce temps que l’autre.

      Selon l’opinion communément admise, ce sont les femmes qui parleraient plus que les hommes. Le stéréotype de la femme bavarde est certainement, en ce qui concerne la différence des sexes et la conversation, l’un des plus forts et des plus répandus. Paradoxalement, c’est aussi celui qui n’a jamais pu être confirmé par une seule étude. Bien au contraire, de nombreuses recherches ont montré qu’en réalité, ce sont les hommes qui parlent le plus. Déjà en 1951, Strodtbeck a mis en évidence que dans des couples hétérosexuels mariés, les hommes parlaient plus que les femmes.

      Mais comment expliquer un tel décalage entre le stéréotype et la réalité ? Comment se fait-il que, bien que tou-te-s nous nous soyons retrouvé-e-s dans des situations où il était clair que les hommes monopolisaient la parole, si peu d’entre nous en aient profité pour questionner le bien fondé de cette croyance ?

      Dale Spender s’est penchée sur ce mythe de la femme bavarde afin d’en analyser le fonctionnement. Ce stéréotype est souvent interprété comme affirmant que les femmes sont jugées bavardes en comparaison des hommes qui le seraient moins. Mais il n’en va pas ainsi. Ce n’est pas en comparaison du temps de parole des hommes que les femmes sont jugées bavardes mais en comparaison des femmes silencieuses (Spender, 1980). La norme ici n’est pas le masculin mais le silence, puisque nous devrions toutes être des femmes silencieuses. Si la place des femmes dans une société patriarcale est d’abord dans le silence, il n’est pas étonnant qu’en conséquence, toute parole de femme soit toujours considérée de trop. On demande d’ailleurs avant tout aux femmes d’être vues plutôt qu’entendues, et elles sont en général plus observées que les hommes (Henley, 1975).

      On voit bien déjà ici que ce n’est pas la parole en soi qui est signifiante mais le genre. Une femme parlant autant qu’un homme sera perçue comme faisant des contributions plus longues. Nos impressions sur la quantité de paroles émises par des femmes ou des hommes sont systématiquement déformées. Je recourrai ici au concept toujours aussi pertinent du double standard utilisé par les féministes pour expliquer nombre de situations en rapport avec le genre. Un même comportement sera perçu et interprété différemment selon le sexe de la personne et les assignations qu’on y rapporte. Quel que soit le comportement en question, le double standard tendra à donner une interprétation à valeur positive pour un homme et négative pour une femme. Nous verrons que si les hommes peuvent donc parler autant qu’ils le désirent, les femmes, elles, pour la même attitude, seront sévèrement sanctionnées. De nombreux travaux se servent de l’évaluation différentielle des modes de converser des femmes et des hommes, nécessaire à l’étude de la communication genrée. Une étude faite lors de réunions mixtes dans une faculté montre la différence énorme de temps de parole entre les femmes et les hommes (Eakins & Eakins, 1976). Alors que le temps moyen de discours d’une femme se situe entre 3 et 10 secondes, celui d’un homme se situe entre 10 et 17 secondes. Autrement dit, la femme la plus bavarde a parlé moins longtemps que l’homme le plus succinct ! Beaucoup d’études à ce propos portent sur des contextes éducationnels, comme des classes. Bien que ceci dépasse le cadre du dialogue, il me semble intéressant d’en dire quelques mots. Sans faire une liste des différences de socialisation selon le sexe, qui sont déterminantes pour l’accès à la parole, je vais juste m’arrêter sur celles qui concernent plus spécifiquement l’espace de parole laissé à l’école aux filles et aux garçons.

      Les enfants n’ont pas un accès égal à la parole (Graddol & Swann, 1989). Dans les interactions de classe, les garçons parlent plus que les filles. Les enseignant-e-s donnent beaucoup plus d’attention aux garçons. Elles et ils réagissent plus vivement aux comportements perturbateurs des garçons, les renforçant de ce fait. Elles/ils les encouragent aussi beaucoup plus. Les échanges verbaux plus longs se passent majoritairement avec les garçons ainsi que les explications données. Et l’on sait combien il est difficile d’agir égalitairement, même en faisant des efforts. Une étude de Sadker & Sadker (Graddol & Swann, 1989) portant sur cent classes montre que les garçons parlent en moyenne trois fois plus que les filles. Qu’il est aussi huit fois plus probable que ce soient des garçons qui donnent des réponses sans demander la parole alors que les filles, pour le même comportement, sont souvent réprimandées.

      S’il me semblait important de commencer par la remise en question de ce premier mythe, c’est parce que parler plus longtemps que les autres est un bon moyen de gagner du pouvoir et de l’influence dans un dialogue. Ceci est d’ailleurs bien perçu par tout le monde. Chez Strodtbeck citée plus haut par exemple, les couples interrogés, et autant les femmes que les hommes, associaient à une plus grande quantité de parole une plus grande influence. Il s’agit maintenant de voir concrètement comment s’exerce cette influence et de montrer en quoi la quantité de paroles émises est un indicateur de dominance conversationnelle. En effet, le temps de parole est fonction de nombreux facteurs interactionnels, parmi lesquels le fait de pouvoir terminer son tour de parole sans interruption de la part de son interlocuteur semble être un des plus importants.

      http://lmsi.net/La-repartition-des-taches-entre

      Deuxième partie : Les pratiques conversationnelles des hommes
      http://lmsi.net/La-repartition-des-taches-entre,702


  • Georgia: matriarcato per necessità

    In alcuni villaggi del sud della Georgia l’80% degli uomini emigra ogni anno per lavori stagionali. E una società patriarcale, per sei mesi all’anno, si trasforma in matriarcato


    https://www.balcanicaucaso.org/aree/Georgia/Georgia-matriarcato-per-necessita-192010
    #Géorgie #matriarcat #patriarcat #migrations #émigrations #femmes #hommes #celles_qui_restent


  • Les #femmes dangereusement oubliées dans la conception des objets du quotidien - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2019/02/28/les-femmes-dangereusement-oubliees-dans-la-conception-des-objets-du-quoti


    Et ne parlons pas des #médicaments, eux aussi pratiquement exclusivement conçus et testé par et pour des hommes !

    Ces lacunes vont bien au-delà de l’inconfort. Exemple parlant : le matériel de chantier est lui aussi conçu autour du corps de l’homme. Les vêtements professionnels – harnais, lunettes de protection, masques anti-poussière, etc. – ne sont pas adaptés à la morphologie des femmes. Ces dernières ne profitent donc pas des mêmes conditions de sécurité. Taille des briques, des outils à mains ou des sacs de ciment sont eux aussi identiques, ne facilitant par la tâche des femmes devant les utiliser. Caroline Criado-Perez rapporte aussi un cas tragique où ce matériel inadapté a été fatal à une policière britannique. En 1997, elle a été poignardée et assassinée alors qu’elle pénétrait dans un appartement à l’aide d’un bélier hydraulique. Gênée par son gilet pare-balles, elle l’avait enlevé pour utiliser le bélier. Autre cas : une policière a dû en 1999 subir une réduction mammaire à cause des effets du port de son gilet. Malgré les plaintes déposées depuis vingt ans, les choses ont peu évolué. Beaucoup se plaignent du manque de place pour les seins, qui en plus de l’inconfort, fait remonter le gilet, laissant les femmes sans protection au niveau du ventre.


  • En 40 ans, la #mobilité_sociale des #femmes a progressé, celle des #hommes est restée quasi stable - Insee Première - 1739
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/3733096?pk_campaign=avis-parution

    En 2015, 65 % des hommes âgés de 35 à 59 ans relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père, une proportion quasi stable depuis quarante ans. 28 % des hommes occupent une position sociale plus élevée que celle de leur père et 15 % une position inférieure. Les trajectoires ascendantes comme descendantes sont plus fréquentes qu’en 1977 (respectivement 24 % et 7 %).

    En 2015, 71 % des femmes âgées de 35 à 59 ans relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur mère, soit 12 points de plus qu’en 1977. 40 % des femmes occupent une position sociale plus élevée que celle de leur mère et 12 % une position plus basse. Leurs trajectoires sont donc globalement plus favorables que celles des hommes comparés à leur père. Cependant, si les femmes occupent fréquemment une position sociale plus élevée que leur mère, cela n’est toujours pas le cas par rapport à leur père : 25 % des femmes ont connu une trajectoire descendante par rapport à leur père et 22 % un parcours ascendant.


  • De l’art du titrage
    Illes sont en forme ce matin sur l’e-monde.fr

    Le meurtre d’un videur à Mayfair marque-t-il le retour des orgies chics ?

    Ce que le monde appel orgies chics cette fois sans guillemets, c’est en fait un réseau de proxenetisme et un homicide entre proxénètes.

    « Eddie était l’organisateur de la soirée. Il était à l’entrée avec un lecteur de Carte bleue, facturant 2 000 livres (2 300 euros) pour cinq entrées masculines », a assuré un témoin anonyme du drame de Mayfair.

    « orgies chics » c’est donc un euphémisme pour désigné un bordel tenu par des mafieux roumains. Du coup la suite est encore plus surprenante, pourquoi parler d’un « retour » dans le titre alors que des ordures masculines bourgeoises qui se vide les couilles dans des roumaines trafiquées c’est pas une nouveauté.

    « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » (Albert Camus)

    source sous #paywall
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/02/27/le-meurtre-d-un-videur-a-mayfair-marque-t-il-le-retour-des-orgies-chics_5428


  • The deadly truth about a world built for men – from stab vests to car crashes | Life and style | The Guardian
    https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2019/feb/23/truth-world-built-for-men-car-crashes

    Going back to the theory of Man the Hunter, the lives of men have been taken to represent those of humans overall. When it comes to the other half of humanity, there is often nothing but silence. And these silences are everywhere. Films, news, literature, science, city planning, economics, the stories we tell ourselves about our past, present and future, are all marked – disfigured – by a female-shaped “absent presence”. This is the gender data gap.

    These silences, these gaps, have consequences. They impact on women’s lives, every day. The impact can be relatively minor – struggling to reach a top shelf set at a male height norm, for example. Irritating, certainly. But not life-threatening. Not like crashing in a car whose safety tests don’t account for women’s measurements. Not like dying from a stab wound because your police body armour doesn’t fit you properly. For these women, the consequences of living in a world built around male data can be deadly.

    • When Apple launched their AI, Siri, users in the US found that she (ironically) could find prostitutes and Viagra suppliers, but not abortion providers. Siri could help you if you’d had a heart attack, but if you told her you’d been raped, she replied “I don’t know what you mean by ‘I was raped.’”

      In 2018, Astrid Linder, research director of traffic safety at the Swedish National Road and Transport Research Institute, presented a paper at the Road Safety on Five Continents Conference in South Korea, in which she ran through EU regulatory crash-test requirements. In no test is an anthropometrically correct female crash-test dummy required. The seatbelt test, one of the frontal-collision tests, and both lateral-collision tests all specify that a 50th-percentile male dummy should be used. There is one EU regulatory test that requires what is called a 5th-percentile female dummy, which is meant to represent the female population. Only 5% of women will be shorter than this dummy. But there are a number of data gaps. For a start, this dummy is only tested in the passenger seat, so we have no data at all for how a female driver would be affected – something of an issue you would think, given women’s “out of position” driving style. And secondly, this female dummy is not really female. It is just a scaled-down male dummy.

    • @mad_meg cet extrait de l’article m’a fait pensé à l’armée américaine qui à force d’accidents s’est finalement rendu compte qu’il fallait peut-être arrêter de concevoir des cockpits d’une seule taille :

      (...) in 1926, when the Army designed its first airplane cockpit, they measured the physical dimensions of male pilots and calculated the average measurement of their height, weight, arm-length and other dimensions.

      The results determined the size and shape of the seat, the distance to the pedals and the stick, and even the shape of the flight helmets. This mean that, in part, pilots were selected based on their ability to fit into the cockpit designed for the average 1920s man.

      This worked more or less up until World War II, when the Army began recruiting hundreds of new pilots to expand its air forces (...) Even with no war, pilots continued to die during training, as they were unable to control their planes.
      The high death rate in the Air Force was a mystery for many years, but after blaming the pilots and their training programs, the military finally realized that the cockpit itself was to blame, that it didn’t actually fit most pilots.(...)

      One of these researches was a young Harvard graduate named Gilbert S. Daniels. In his research measuring thousands of airmen on a set of ten critical physical dimensions, Daniels realized that none of the pilots he measured was average on all ten dimensions. Not a single one. When he looked at just three dimensions, less than five percent were average. Daniels realized that by designing something for an average pilot, it was literally designed to fit nobody.

      https://99percentinvisible.org/episode/on-average

    • Intéressant @koantig on imagine pas l’effet de ses cockpit sur les pilotes moyennes. Ca doit être la même chose dans l’aviation civile.
      Pour la forme des sacs de ciments, ca me rappel les ouvriers typographes qui au XIX avaient exigé des standards de taille difficilement manipulables par les femmes pour ne pas avoir leur concurrence.
      https://sniadecki.wordpress.com/2016/03/10/jarrige-genre
      Pour le ciment, je ne sais pas si c’est aussi intentionnel et conscient, mais ca ne change pas le résultat.

    • Il est question ici d’un monde fait par et pour les hommes,

      de #santé_au_travail et de sécurité moindre pour les femmes (équipement de protection qui ne protège pas les femmes, moindre intérêt pour les risques professionnels dans les métiers féminisés, pour leur confort thermique, etc.), le tout aboutissant à des risques professionnels qui ne baissent pas pour elles comme ils baissent pour les hommes depuis des décennies,

      d’#ergonomie moindre des outils comme des marchandises (exemple du #smartphone fait pour une main d’homme, de #reconnaissance_vocale qui marche mieux pour les basses fréquences, de sièges de #voiture pas à leur taille ni à leur morphologie),

      de #toilettes_publiques de taille égale pour eux et elles et de l’iniquité du procédé (en chiffres !)

      et au final de #risques de la vie accrus pour elles quand les #crash_tests ne sont jamais faits sur le modèle des corps féminins et que les femmes meurent plus sur la route pour un nombre moindre d’accidents. Ce problème de #sécurité_routière est maintenant connu mais peu est fait pour l’améliorer.

      #le_sexisme_tue, on vous dit !

    • @rastapopoulos et @sandburg, j’ai dû vous parler de mon contrat de travail dans une entreprise de services informatiques dont les bureaux étaient orientés nord, simple vitrage dans une région septentrionale. Je suis tombée malade dès le premier jour, je n’osais pas demander un arrêt de travail mais je n’étais pas en état, j’avais donc choisi de ne pas mettre de réveil et de me soigner par le sommeil, donc #absentéisme. Ensuite, pendant un pic de froid, j’avais le bras droit engourdi (celui près de la fenêtre) dès 11h du matin et j’ai posé la question en réunion, histoire de voir ce qu’on pouvait faire : bouger mon bureau, mettre une deuxième couche à la vitre en plastique pour la saison, etc. Rien n’a été fait, on a en vaguement parlé sans refuser ni le faire. Les collègues ont demandé à M. qui bossait comme moi à côté de la fenêtre si ça allait et M. était le mec content de tout, ça allait. Case dismissed, aucune #crédibilité_féminine. C’est une copine féministe qui m’a raconté que c’était un cas classique d’#androcentrisme et de violence contre le corps des femmes : nier leurs besoins de confort thermique parce qu’on n’a pas les mêmes. Et histoire de vous déprimer, je précise que parmi les associé·es il y avait une seule femme mais très féministe, et que tous les autres avaient des idées proféministes... C’est une des raisons pour lesquelles ce texte m’a fait tripper.


  • Le féminisme US par-delà le rien et le mâle
    http://www.dedefensa.org/article/le-feminisme-us-par-dela-le-rien-et-le-male

    Le féminisme US par-delà le rien et le mâle

    Les médias expliquent qu’on demande, qu’on exige une présidente féministe en Amérique… Ah, ces élues du congrès en blanc, comme elles les auront émus, ces médias…

    Je n’étonnerai personne en écrivant que 90% des antisystèmes sont des hommes, et que lorsqu’on trouve des femmes dans les rangs antisystèmes, c’est essentiellement par islamophobie. Ceci concédé, notre monde aux affaires repose sur les valeurs féminines : « pleurnicherie humanitaire » (Muray), hystérie belliciste, autoritarisme tortueux (Merkel, Clinton…). Sans oublier la haine du sexe et de la reproduction, qui sont devenues des valeurs féministes. Dans l’Espagne féministe-socialiste de Sanchez, le sexe doit se faire avec notaire.

    Le Deep State et l’empire nous préparent un après-Trump (je laisse de côté le (...)

    • Je n’étonnerai personne en écrivant que 90% des antisystèmes sont des hommes, et que lorsqu’on trouve des femmes dans les rangs antisystèmes, c’est essentiellement par islamophobie.

      Ici antisystème = antiégalité
      et je ne suis alors plus étonné de lire que 90% des antiégalitariste sont des hommes et que lorsqu’on trouve des femmes dans les rangs antiégalitaristes c’est essentiellement par islamophobie.

      Ceci concédé, notre monde aux affaires repose sur les valeurs féminines : « pleurnicherie humanitaire » (Muray), hystérie belliciste, autoritarisme tortueux (Merkel, Clinton…). Sans oublier la haine du sexe et de la reproduction, qui sont devenues des valeurs féministes. Dans l’Espagne féministe-socialiste de Sanchez, le sexe doit se faire avec notaire.

      Ceci concédé, le monde de Nicolas Bonnal repose sur des valeurs misogynes et une enfilade de clichés virilistes. Il n’oublie pas de précisé que les femmes sont avant toute chose un sexe et surtout une matrice et qu’elles ont l’obligation absolue d’aimer le sexe hétéro et la reproduction. Il enchaine sur une défense du non consentement, avec la veille blague du notaire, comme si les agresseurs sexuels n’étaient que de maladroits incompris.

      #masculinisme #haine #domination_masculine #culture_du_viol #hommerie #hommanisme


  • Workshop de photo par #Fausto_Podavini organisé par #Witness_Journal —> « association de #promotion_sociale » (sic).

    Voici la photo mise en avant sur twitter pour faire la promotion du workshop :

    Et la photo mise en avant sur le site de WJ :


    https://twitter.com/witnessjournal/status/1096096908328747010

    #photographie #exotisme #femmes #hommes #nudité #orientalisme #seins #soutien-gorge #sexe #zizi

    ping @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere


  • UN PODCAST A SOI

    Féminismes, #genre, #égalité : tous les premiers mercredis du mois, Un podcast à soi mêle documentaires et entretiens, récits intimes et paroles d’expert.e.s, textes inspirants et réflexions personnelles, pour évoquer les questions de société liées à l’égalité entre les #femmes et les #hommes. Travail, éducation, santé, écologie, sport, parentalités, sexualités, violences, discriminations...Charlotte Bienaimé invite à la réflexion sur un enjeu de société majeur.


    https://www.arteradio.com/emission/un_podcast_soi
    #podcast #audio #féminisme #arte_radio


  • «C’est juste une blague»

    Insultes. Dénigrement. #Sexisme déguisé sous forme de mauvaises blagues. #Racisme. #Homophobie. Autour des années 2010, quelques dizaines de journalistes (masculins) issus du landerneau parisien ont sévi sur le web. Ils ont harcelé des internautes, en majorité des femmes, jusqu’à ce qu’elles craquent, qu’elles abandonnent les réseaux sociaux, tombent parfois en dépression. Non contents de leur faire du mal pour leur petit plaisir, ils leur barraient ensuite l’accès aux rédactions où ils monopolisaient les postes, les condamnant ainsi au silence.

    Désormais, #MeToo oblige, l’indignation générale répond au scandale qui émerge sous la bannière de la « #Ligue_du_LOL », nom du groupe à partir duquel des raids haineux étaient lancés. Et le déferlement médiatique est à la hauteur de la gravité des actes commis.

    Cette affaire est une nouvelle occasion de déconstruire les comportements sexistes omniprésents dans le quotidien des femmes en 2019. Loin de ne toucher que le milieu des journalistes parisiens, cet entre-soi masculin qui valorise des logiques de #domination se retrouve dans d’innombrables domaines. Au travail, dans l’espace public, dans la vie quotidienne : les femmes y sont confrontées et c’est encore pire pour les personnes racisées ou LGBTIQ. Des études ont démontré que les hommes coupent trois fois plus la parole aux femmes qu’inversement. Elles savent qu’elles n’ont pas le droit à l’erreur. Non pas par un effet naturel de leur féminité, mais par #construction_sociale. Parce qu’elles reçoivent quotidiennement et dès leur plus jeune âge l’injonction à rester à leur place, à se faire discrètes, à prendre soin des autres et non à s’exprimer librement. Parce que tant de femmes ont subi d’infinies petites #humiliations, se sont égosillées sur des #injustices subies sans que rien ne change ou en s’entendant répondre « #c’est_juste_une_blague ».

    Le scandale de « la ligue du LOL » montre qu’il n’est plus socialement acceptable de traiter une consœur de « #pupute », ni de rabaisser ses collègues par des remarques déplacées ou en envoyant des photomontages humiliants. A voir si, en présence d’une #blague sexiste, ceux qui s’indignent aujourd’hui sauront élever la voix pour y mettre un terme, sans se laisser aller à l’effet de meute. Reste un pas à franchir : celui où, même rassemblés en groupuscules, les #hommes ne tenteront plus d’asseoir ainsi leur #pouvoir parce qu’il ne leur viendra même plus en tête de traiter une collègue ou une inconnue sur le web de cette façon. La #prise_de_conscience est positive. Décoloniser les esprits de leurs réflexes chargés de sexisme, reste à faire.

    https://lecourrier.ch/2019/02/12/cest-juste-une-blague
    #femmes


  • Cnam - Le blog - Les armes non létales sont-elles létales… et vice versa ?
    http://blog.cnam.fr/sante/les-armes-non-letales-sont-elles-letales-et-vice-versa--1051225.kjsp

    Mais on peut parfois être surpris de la proximité de certaines armes létales avec des armes dites non létales. Ainsi, la grenade lacrymogène à effet de souffle GLI F4 (grenade lacrymogène instantanée), actuellement utilisée pour le maintien de l’ordre en France, contient 24 grammes d’explosif là où une mine antipersonnel n’en contient que 30.

    Si l’armée américaine continue à utiliser le terme de non létalité, la plupart des auteurs parlent désormais d’#armes_à_létalité_réduite (Less Letal Weapons), reconnaissant implicitement leur capacité à provoquer des blessures graves.

    […] D’abord réticentes à l’utilisation de ce type d’armes en France, les forces de l’ordre se convertissent, lentement mais sûrement, à leur usage sous l’impulsion des #hommes politiques. En 1995, #Claud_ Guéant les introduit au sein de la #police_nationale. Deux ans plus tard les Cahiers de la sécurité intérieure font part de l’opposition des officiels de police et de #gendarmerie quant à leur utilisation. Cela n’a pas empêché #Nicolas_Sarkozy de prôner leur usage en 2002 pour « impressionner les voyous ». A partir des émeutes de 2005, leur utilisation se répand.

    En augmentant leur diamètre, en les arrondissant, en réduisant leur poids et leur vitesse initiale, les fabricants ont certes réduit la létalité de l’arme, mais en augmentant leur résistance à l’air, donc leur imprécision. C’est ainsi que le Flash Ball Superpro, avec une munition de 29 grammes pour un calibre de 44 mm a été progressivement relégué depuis 2010.

    Son remplaçant le LBD 40x46 dispose d’une munition plus lourde (41,8 grammes), d’un diamètre réduit à 40 mm et d’une vitesse initiale doublée qui atteint près de 331 km/heure. Il est donc plus précis mais – évidemment – plus dangereux.

    Ainsi, et jusqu’en 2014, les diverses réglementations françaises imposaient de respecter une distance minimale de 10 mètres pour le #LBD 40 x 46 là où elle n’était que de 7 mètres pour le Flash Ball Superpro. Ces restrictions ont été supprimées depuis.

    #maintien_de_l'ordre


  • Capitalisme et écocide : une sixième extinction des espèces ?

    « Aujourd’hui les révolutionnaires se doivent de prendre en compte dans leurs analyses et leurs actions les constatations scientifiques sur l’état alarmant de notre biosphère (la biosphère est un concept qui désigne l’ensemble des organisme vivants et leurs milieux de vies, l’ensemble des écosystèmes interconnectés). Ces constatations convergent vers un point : notre planète est en train de vivre un écocide. »

    « Un écocide est un acte de destruction touchant un écosystème qui est lié a une activité anthropique (c’est-à-dire une activité humaine). »

    #capitalisme #écocide #écologie #nature #homme #humain #biosphère #RéchauffementClimatique

    https://paris-luttes.info/capitalisme-et-ecocide-une-sixieme-11614


  • #Masculins, est-ce ainsi que les #hommes se vivent

    Interroger le genre : « C’est quoi un garçon ? »

    C’est quoi, être un homme ? Ici, nous nous interrogeons sur ce qu’est un #garçon, « l’Autre », dont on perçoit la différence biologique et l’étrange ressemblance.

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/masculins-est-ce-ainsi-que-les-hommes-se-vivent-14-interroger-le-genre
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    Combattre les #héros, construction-déconstruction de la #virilité

    Du vir latin à l’andrea grec, comment les #valeurs_masculines demandées (la #force_physique, le #courage guerrier, la #puissance sexuelle) ont-elles traversé l’#histoire viriliste, de l’Antiquité à nos jours ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/masculins-est-ce-ainsi-que-les-hommes-se-vivent-24-combattre-les-heros

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    Eduquer les fils, l’#apprentissage du masculin

    Dans la famille, à l’école, dans la société, comment s’opère la transmission autour de la masculinité ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/masculins-est-ce-ainsi-que-les-hommes-se-vivent-34-lenigme-du-masculin
    #éducation

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    Etre un homme, masculinités plurielles

    Après la révolution féministe, des hommes « ordinaires » dévoilent avec générosité une parole intime sur leur #condition_masculine.

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/masculins-est-ce-ainsi-que-les-hommes-se-vivent-44-etre-un-homme-mascu
    #pluralité

    #masculinité #masculin


  • Un article qui démontre la possibilité de déterminer le sexe de restes humains très anciens, même très endommagés :

    Biological Sexing of a 4000-Year-Old Egyptian Mummy Head to Assess the Potential of Nuclear DNA Recovery from the Most Damaged and Limited Forensic Specimens.
    Loreille O, Ratnayake S, Bazinet AL, Stockwell TB, Sommer DD, Rohland N, Mallick S, Johnson PLF, Skoglund P, Onorato AJ, Bergman NH, Reich D, Irwin JA.
    Genes 9:E135 (2018)
    https://www.mdpi.com/2073-4425/9/3/135

    Over the past year, molecular techniques developed and routinely used by the ancient DNA community have finally permitted the recovery of endogenous DNA from ancient Egyptian remains. Here, those techniques were employed to recover the complete mtGenome of the 4000-year-old mummy, Djehutynakht, and to determine that the biological sex was male.

    #femmes #hommes #préhistoire #corps #ADN

    Ajoutés à la compilation #archéologie et #sexisme :
    https://seenthis.net/messages/633249


  • Francis Dupuis-Déri : « Les hommes sont en crise dès que les femmes avancent vers plus d’égalité et de liberté » - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/02/01/francis-dupuis-deri-les-hommes-sont-en-crise-des-que-les-femmes-avancent-

    Quelle que soit l’époque, quel que soit le lieu, la règle semble immuable : dès que les femmes s’affranchissent un tant soit peu des rôles qui leur sont assignés, les hommes se déclarent perdus, déstabilisés, en danger… Le chercheur québécois déconstruit ce mythe qui est avant tout une manipulation rhétorique pour préserver la domination masculine.

    • Francis Dupuis-Déri : « Les hommes sont en crise dès que les femmes avancent vers plus d’égalité et de liberté »
      Erwan Cario, Libération, le 1 février 2019
      https://www.liberation.fr/debats/2019/02/01/francis-dupuis-deri-les-hommes-sont-en-crise-des-que-les-femmes-avancent-

      Quelle que soit l’époque, quel que soit le lieu, la règle semble immuable : dès que les femmes s’affranchissent un tant soit peu des rôles qui leur sont assignés, les hommes se déclarent perdus, déstabilisés, en danger… Le chercheur québécois déconstruit ce mythe qui est avant tout une manipulation rhétorique pour préserver la domination masculine.

      Qui a écrit : « Les femmes sont devenues si puissantes que notre indépendance est compromise à l’intérieur même de nos foyers, qu’elle est ridiculisée et foulée aux pieds en public » ? Non, pas Eric Zemmour, mais Caton l’Ancien, en 195 avant J.-C., alors que les Romaines se mobilisaient contre une loi leur interdisant de conduire des chars et de porter des vêtements colorés. Le polémiste réac, lui, constatait en 2006, dans son ouvrage le Premier Sexe, que « face à cette pression féminisante, indifférenciée et égalitariste, l’homme a perdu ses repères ». Vingt-deux siècles n’ont donc pas suffi pour que l’homme, le pauvre, trouve sa place dans une société par trop féminisée. Dans son dernier essaila Crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace, qui sortira jeudi en France (Editions du remue-ménage), Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l’Université du Quebec à Montréal, est remonté aux origines de ce discours pour mettre en lumière ses rouages antiféministes.

      Comment cette crise de la masculinité se définit-elle à travers les âges ?

      C’est tout à fait cyclique, avec une intensification en période de crise politique ou économique. Mais elle a toujours à peu près le même canevas et elle est portée par des hommes qui occupent des positions privilégiées. Il y a cinq siècles, par exemple, au sein des cours royales, en Angleterre et en France, le roi, des évêques et des intellectuels considèrent que les hommes de la cour commencent à avoir des comportements efféminés. En parallèle - et c’est toujours comme ça avec ce discours de crise -, les femmes ne restent pas à leur place. Elles empiètent sur des domaines qui sont considérés comme masculins. C’est très élastique, cela va des modes vestimentaires et des coiffures aux métiers réservés aux hommes, en passant par la vie intime, et comment se comportent les conjointes. Cette crise concerne donc, à une époque donnée, la perception des hommes et la perception des transgressions des femmes. A partir de là, on déclare que les hommes sont déstabilisés, en danger, désespérés, perturbés, perdus, parce qu’ils n’auraient plus de modèle. C’est une rhétorique qui porte fondamentalement sur la différence entre les sexes, elle réaffirme une opposition sociale, une opposition économique, une opposition politique. On veut surtout réaffirmer une suprématie masculine dans ces domaines.

      La crise de la masculinité, c’est donc avant tout une mécanique d’autodéfense pour la domination masculine ?

      Tout à fait. On pourrait faire l’exercice avec d’autres discours de crise. D’une manière générale, quand on dit qu’il y a une crise, on appelle à l’aide et on identifie la source du problème qui doit être neutralisée. Quand c’est un incendie ou une inondation, il n’y a pas de débat politique quant à la nature de la menace, mais quand il s’agit d’un sujet social, culturel, économique ou politique, ça oppose des groupes, des catégories ou des classes entre elles. Dans ce cas-là, donc, les hommes appellent les autorités à agir en leur faveur.

      Le problème n’est donc pas la masculinité en crise, mais les femmes qui cherchent à s’émanciper…

      C’est un des multiples registres des discours antiféministes. Certains vont parler de l’ordre divin qui impose telle répartition des rôles, d’autres auront un discours plus nationaliste, axé sur la natalité, comme à la fin du XIXe et au début du XXe où, en France, il fallait des enfants pour la prochaine guerre. On peut aussi avoir de l’antiféminisme à l’extrême gauche, quand on établit que l’ennemi principal, c’est le capitalisme et que le féminisme divise les forces syndicales ou ouvrières. Ma thèse, c’est donc que la crise de la masculinité est une forme rhétorique spécifique qui s’exprime quand les femmes avancent collectivement vers plus d’égalité et de liberté.

      Ce discours de crise connaît-il une grande variation dans le temps et selon les pays ?

      Je suis politologue et, au quotidien, je travaille surtout sur des pays comme la France, le Québec, un peu les Etats-Unis. Quand j’ai projeté d’approfondir le sujet, je suis allé voir les collègues en histoire et j’ai voulu sortir de l’Occident pour voir ce qui se passe ailleurs. Et, des deux côtés, cela a été pour moi une découverte, basée sur le travail d’autres chercheuses et chercheurs. J’ai été complètement éberlué par ce que je trouvais : ça se répète presque toujours à l’identique, dans l’histoire et sur toute la planète. Sur cinq cents ans, en Occident, à des époques où l’égalité n’était pas d’actualité, et aujourd’hui dans des pays où on ne peut soupçonner une prise de contrôle par les féministes, comme la Russie, le Qatar, ou certains pays d’Amérique latine ou d’Asie, le masculin est toujours en crise. Cela peut presque suffire pour établir qu’il y a quelque chose de fallacieux là-dedans.

      Comment est définie cette masculinité en crise ?

      Ce sont toujours un peu les mêmes clichés et les mêmes raisonnements circulaires. Ce sont d’immenses généralités qui cherchent des références hors contexte, que ce soit Dieu qui nous a faits comme ça, ou la nature, avec la chasse au mammouth et la préhistoire, ou la biologie, avec la taille des crânes. Selon qui parle et où on se trouve, il y aura toujours une bonne explication. Et les femmes sont toujours comme on veut qu’elles soient : douces, passives, attentives, attentionnées, surtout pas combattantes, car la compétition est évidemment une caractéristique masculine. Ce qui est inquiétant dans cette conception, c’est que s’il y a un conflit entre les deux sexes, on annonce déjà qui va gagner, puisque le combat et la force ne sont que d’un seul côté. Le comble de l’absurde, c’est qu’on va finir par associer le principe même de l’égalité à la féminité et celui de la hiérarchie et de la structuration organisationnelle à la masculinité. Donc l’égalité provoque mécaniquement une crise de la masculinité, ce qui est incroyable au niveau politique, et ce qui ne laisse pas beaucoup d’espoir.

      Vous expliquez que le discours actuel de la crise de la masculinité prend naissance dans les années 60 avec l’apparition de groupes d’hommes proféministes…

      C’est surtout en termes de réseaux et d’organisation que ça se passe, ce ne sont pas nécessairement les mêmes individus. A cette époque, les féministes radicales s’organisent en groupes de conscience où elles se retrouvent, en non-mixité, à déconstruire leur propre socialisation. Elles commencent d’ailleurs à critiquer sérieusement les réseaux d’extrême gauche comme étant machistes et sexistes. Mais dans ces réseaux, il y a des hommes solidaires qui se disent « qu’est-ce qu’on peut faire pour soutenir ce mouvement ? ». Par effet de mimétisme, ils vont créer des groupes, non mixtes, d’hommes très progressistes en solidarité avec le mouvement féministe. Le problème c’est que, rapidement, ils commencent à développer des discours de moins en moins solidaires avec les femmes et de plus en plus préoccupés par leur nombril. Ils commencent par retourner la réflexion sur eux-mêmes, dans une perspective antisexiste, en parlant du système d’oppression des normes patriarcales sur les hommes. Rapidement, ils vont parler de leurs ex, de leurs conjointes, de leurs mères, etc. Les hommes proféministes vont finalement se retrouver minoritaires. A partir de ce moment, certaines organisations vont commencer à parler uniquement de la question de la paternité. On finit, dans certains congrès, par avoir des ateliers pour trouver un bon avocat ou un bon détective privé destinés aux pères divorcés en conflit au sujet de la garde de leur enfant.

      Sur quoi se base le discours de crise aujourd’hui ?

      Les époques induisent des problématiques particulières. Dans ma recherche, j’ai isolé quatre axes. Le premier, c’est que les hommes ne peuvent plus séduire car les femmes ont pris le contrôle de la sexualité. Le deuxième, c’est la question du suicide des hommes qui est, par exemple, très présente au Québec depuis dix ou quinze ans. Le troisième concerne les difficultés scolaires des garçons, et on termine avec la question de la pension alimentaire et de la garde des enfants qui est directement liée à la question des violences conjugales. En effet, certains prétendent que les femmes « instrumentalisent » ces violences pour obtenir la garde et affirment qu’il y a une symétrie dans la violence entre les sexes, même si celle des femmes serait avant tout « psychologique et verbale ».

      Comment expliquer la facilité avec laquelle ce type de discours se propage ?

      On a l’impression, en surface, que tout ça relève du sens commun. Les gens sont convaincus qu’il y a une crise de la masculinité. On le voit sur les blogs, sur les commentaires d’articles en ligne, ce sont toujours les mêmes arguments qui reviennent. Il est possible très facilement de les déconstruire. Sur l’éducation, par exemple, les inégalités économiques jouent un rôle beaucoup plus important sur la réussite que le sexe des élèves. J’ai découvert, par ailleurs, une citation de John Locke au XVIIe siècle qui se plaint que les garçons réussissent moins bien en apprentissage des langues que les filles…

      Concernant le suicide, on peut remonter à la fin du XIXe siècle et l’étude de Durkheim, où il trouvait, déjà à l’époque, un taux de suicide environ trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

      Vous écrivez que ce mythe est « ridicule et risible, absurde et faux, scandaleux et dangereux »…

      Je voudrais appuyer le terme « dangereux », car c’est un mot que j’ai pesé quand je l’ai écrit. Ce discours de la crise de la masculinité peut aller dans certains cas jusqu’à la glorification de l’assassinat et des meurtres de masse de femmes pour se venger de cette crise qu’elles feraient subir aux hommes, comme avec les attentats en Amérique du Nord des involontary celibats, les incels (1), qui vont jusqu’à tuer car ils n’auraient pas eu une sexualité qui leur reviendrait de droit. Il faut aussi toujours déconstruire ces discours sur la symétrie des violences, car on voit même, aux Etats-Unis, des plaintes déposées contre les refuges pour les femmes victimes de violences, en expliquant que c’est discriminatoire car il n’existe pas d’équivalents pour les hommes, et demandant la fin des subventions.

      Finalement, vous dénoncez le mythe et le discours, mais vous l’attendez, cette crise…

      Si on est dans une société injuste, inégalitaire, dominatrice, si on veut mettre en acte des principes de solidarité, d’égalité et de liberté, on ne peut qu’espérer une crise. Et une vraie, cette fois !

      (1) Le dernier en date remonte au 23 avril 2018, à Toronto. Il a fait 10 morts et 14 blessés. Son auteur, Alek Minassian, a publié sur Facebook un message évoquant « la rébellion des incels ».

      #Francis_Dupuis-Déri #Hommes #Femmes #domination_masculine #masculinité #paywall


  • « Éthique : l’animal est-il un homme comme les autres ?
    Révolution dans les relations Homme-Nature et dans le Code Civil français : depuis 2015, les animaux ne sont plus considérés comme des “bien meubles”, mais comme des “êtres vivants doués de sensibilité”. Mais quelles en sont les conséquences ? Le philosophe et astrophysicien Aurélien Barrau et Louis Schweitzer, Président de la fondation “Droit animal, éthique et science”, échangent à ce propos et signent “L’animal est-il un homme comme les autres ? Les droits des animaux en question”, (éd.Dunod). Pourquoi accorder des droits aux animaux ? Faut-il être végétarien pour défendre les droits animaux ? Pourquoi accorder des droits aux animaux plutôt qu’aux espèces ou aux écosystèmes ? Comment améliorer la condition animale ? Autant de questions qui seront abordées sur le plateau du 64Minutes de TV5Monde. »

    https://www.youtube.com/watch?v=4TACq8oyFGY

    #éthique #animal #homme #AurélienBarrau #LouisSchweitzer



  • The push to name more European streets after women

    Nearly all roads are named after men. Campaigners want to change that.

    SOME CITIES are symbolised by their monuments, such as the Eiffel Tower, the Colosseum and the Brandenburg Gate. But streets can do the job, too. Many are named after national heroes—nearly all of them male.

    Dozens of streets in Hungary are named after Petofi Sandor, the national poet. A visitor to any Italian city is likely to tread on Via Dante, Mazzini, Garibaldi or Verdi. Women remain conspicuously absent, apart from a certain Middle Easterner famed for her virginity. Even so, tens of lesser-known gents come ahead of Jesus’s mother. In Paris, 31% of streets are named after men, just 2.6% after women.

    The invisibility of women in Europe’s street names is mainly a historical hangover. This summer, residents of Brussels had the chance to name 28 new streets. None are named after individual men—the new Place des Grands Hommes instead gives them collective recognition. Two streets will be named after women: a doctor, Isala van Diest, and a film director, Chantal Akerman. But the achievements of these ladies appears on a par with local fondness for delicacies like kriek (cherry beer) and speculoos (gingerbread biscuits), which will also give their name to new streets. The ingenious naming of Ceci n’est pas une rue (“This is not a street”) will pay homage to the Belgian surrealist artist René Magritte—a deserving choice, but some may rue the missed opportunity to highlight other worthy women.

    Meanwhile, vigilante sign-stickers from Paris to Tbilisi are taking matters into their own hands. A Parisian group has unofficially renamed the Pont au Change after the entertainer and resistance fighter Josephine Baker; and the Boulevard du Palais after the 18th-century philosopher Emilie du Châtelet. Beyoncé Boulevard appeared in place of Rokin Boulevard in Amsterdam in August. Some local governments have joined the cause. La-Ville-aux-Dames, a town in France, has aptly named most of its roads after women. Brussels and a town in Burgundy have officially paid respect to Jo Cox, a British MP who was murdered in 2016 by a pro-Brexit conspiracy theorist. More such recognition would surely improve cities’ street cred.


    https://www.economist.com/europe/2019/01/12/the-push-to-name-more-european-streets-after-women?fsrc=scn/tw/te/bl/ed/thepushtonamemoreeuropeanstreetsafterwomenmaidenlanes
    #toponymie #hommes #femmes #noms_de_rue
    #paywall
    ping @reka


  • Il manque 80 millions de femmes en Chine et en Inde, estime Human Rights Watch
    https://www.liberation.fr/planete/2019/01/19/il-manque-80-millions-de-femmes-en-chine-et-en-inde-estime-human-rights-w

    #viol #misogynie #hommerie

    A eux seuls, les deux pays les plus peuplés du monde comptent ainsi un trop-plein d’hommes, avec pour corollaire une « pénurie de femmes mariées », explique Heather Barr. Derrière ces termes un peu barbares se cache une amère réalité, celle des atroces méthodes auxquelles recourent certains hommes pour parvenir à conclure un mariage (forcé) et assurer leur descendance. Dans les Etats en conflit du Kachin et du Shan, au nord de la Birmanie, par exemple, des trafiquants attirent parfois les jeunes femmes en leur faisant miroiter une vie fantasmée en Chine, où elles seront finalement rachetées entre 3 000 et 13 000 dollars (selon l’âge et l’apparence) par des familles en quête d’une épouse pour leur fils.

    « Une fois achetées, ces femmes et filles sont généralement enfermées dans une pièce et violées de manière répétée, afin de les mettre enceinte rapidement pour qu’elles puissent donner un bébé à la famille. Après avoir accouché, certaines sont autorisées à repartir, mais contraintes de laisser leurs enfants derrière elles », dénonce Heather Barr, qui s’appuie sur les investigations d’Human Rights Watch. Si l’avortement sélectif est en principe interdit en Inde et en Chine, il est difficilement détectable et encore fréquemment pratiqué, empêchant la résorption du déséquilibre hommes-femmes. Ces deux pays, « et d’autres touchés, doivent agir de toute urgence pour atténuer les effets du déclin du nombre de femmes, et examiner attentivement les conséquences de cette pénurie, y compris en relation avec la traite et les violences à l’égard des femmes », écrit-elle.


  • Freud, Einstein : attention génies !
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/270913/freud-einstein-attention-genies


    Photo des 4 sœurs de Freud dont 3 finirent gazés dans les camps, la 4eme la plus jeune Adolphine mourra de faim.

    Einstein a bien abandonné, et par deux fois, le fragile Eduard, son fils cadet. Sigmund Freud, en dépit de leurs demandes, n’a pas ajouté les noms de ses quatre sœurs à la liste de ceux qui pouvaient fuir l’Autriche avec lui, où figuraient pourtant les employées de maison ou le chien. Toutes sont mortes en déportation.

    Au sujet d’Eisenstein le fait qu’il ai abandonné sa première fille et maltraité Minerva, ne sont pas évoqué, le destin d’un fils étant toujours plus interessant que celui d’une fille et d’une femme.

    L’article présente ces livres comme étant à charge, mais on est encore loin du compte.
    #grand_homme


  • La #nature de l’#homme : faire la guerre à la nature
    https://reporterre.net/La-nature-de-l-homme-faire-la-guerre-a-la-nature
    #collapsologie

    « Nous avons dompté l’#énergie sous forme de feu. Nous avons brûlé les couverts forestiers, détruit les grands animaux, #colonisé et altéré tous les #biotopes de la Terre (…) Nous sommes devenus les seigneurs du monde »

    « un hyper prédateur [en] état permanent de belligérance » avec l’#environnement.

    #Cataclysmes. Une histoire environnementale de l’humanité, de Laurent Testot, éditions Payot-Rivages, petite bibliothèque Payot septembre 2018, 700 p., 11 €.


  • La #mixité commence à la #récré

    La cour de l’école Clémenceau va être réaménagée avec une approche très novatrice.

    « Le projet aura une perspective transversale, précise Fabien Malbet, adjoint à l’école et au patrimoine scolaire. Il s’agira de favoriser la mixité par l’organisation de l’espace et de limiter les îlots de chaleur en amenant la nature et l’eau. »

    L’école Clémenceau a été choisie en raison de l’état de la cour mais aussi de la forte mobilisation de l’équipe éducative et des parents. « La démarche induit des changements de pratique : égalité filles-garçons, mise en place de règles pour préserver les espaces végétaux… D’où l’importance d’un travail en commun. »

    La concertation a débuté en décembre 2018 et se poursuivra « en privilégiant la parole des enfants, qui n’ont pas forcément la même vision, les mêmes souhaits que les adultes. Pour nourrir les échanges, on envisage de projeter le documentaire Espace d’Éléo- nore Gibert où une petite fille explique la répartition des espaces de jeu entre filles et garçons dans la cour de son école. »

    Les travaux devraient être réalisés en 2020. Cette démarche pilote sera ensuite évaluée pour être éventuellement appliquée à d’autres établissements.

    http://www.gre-mag.fr/dossiers/combat-egalite-femmes-hommes-parite-grenoble
    #femmes #hommes #genre #école #école_Clémenceau #Grenoble #géographie #organisation_de_l'espace #pratiques #éducation #cour_de_récré #espace