• De quoi faut-il être riche pour être parent ?

    Un papa, une maman et du pognon, ce serait la #norme_parentale, la #famille_idéale. Les discussions autour de l’ouverture de la #procréation_médicalement_assistée (#PMA) à toutes les #femmes, réaffirme le #couple – en général, hétérosexuel, en particulier – comme le #modèle à suivre.

    Pourquoi les conditions d’#accès_à_la_parentalité seraient-elles différentes selon la sexualité des parents ? Pourquoi attend-on des couples homo ou des #femmes_seules qu’iels soient des parents plus que parfait·e·s ?

    Pour aborder ce sujet d’actualité, Camille Regache et Thomas Rozec, de Programme B, ont rencontré #Martine_Gross, sociologue et membre du CNRS, qui a consacré une grande partie de ses travaux aux #familles_homoparentales.

    https://www.binge.audio/podcast/camille/de-quoi-faut-il-etre-riche-pour-etre-parent/?uri=de-quoi-faut-il-etre-riche-pour-etre-parent%2F

    #parentalité #audio #podcast #homosexualité #LGBT

  • Attentat contre la Pride de Berlin : ne rien céder face aux obscurantismes

    L’Union syndicale Solidaires apprend avec une profonde tristesse et une colère immense l’attentat perpétré lors des célébrations du Christopher Street Day à Berlin.

    Alors que les premières informations pointent une motivation liée à l’idéologie islamiste, Solidaires tient à exprimer son soutien à la communauté LGBTQIA+, aux victimes, à leurs proches et à l’ensemble des participant·es.

    Cet attentat s’inscrit dans un climat mondial d’amplification des haines LGBTQIphobes, attisées par les discours obscurantistes, réactionnaires et d’extrême droite. Frapper une Marche des Fiertés, c’est s’attaquer directement à nos libertés fondamentales, à notre droit d’exister sans crainte dans l’espace public comme sur nos lieux de travail et d’études.

    La lutte contre la LGBTQIphobie et contre tous les fascismes, qu’ils se drapent dans le dogme religieux ou le nationalisme, est un seul et même combat pour la justice sociale, la liberté et l’égalité.Face à la terreur obscurantiste : solidarité internationale et vigilance antifasciste !

    https://www.solidaires.org/attentat-contre-la-pride-de-berlin-ne-rien-ceder-face-aux-obscurantismes

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/07/06/recul-de-lhomophobie-mais-loin-encore-de-legalite-des-droits/#comment-75278

    #homophobie

  • La législation sur les associations caritatives favorise l’homophobie religieuse

    Pour lutter contre la haine et la violence à l’égard des personnes homosexuelles, nous devons sévir contre l’homophobie au sein des associations caritatives religieuses, affirme Megan Manson.

    L’horrible attaque islamiste perpétrée ce week-end lors de la Gay Pride de Berlin, qui a fait un mort et 29 blessé·es, nous rappelle brutalement que l’homophobie religieuse est toujours très répandue.

    Il est facile de céder à la complaisance en matière de droits civiques – et les droits des homosexuel·les ne font pas exception. Comme le souligne Ronan McCrea dans son excellent ouvrage publié en 2025, The End of the Gay Rights Revolution, les libertés dont jouissent les homosexuel·les dans les démocraties libérales – le droit de se marier, le droit à l’égalité de traitement et le droit de vivre simplement au grand jour – sont fragiles.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/15/rapport-sur-la-cohesion-les-dirigeant·es-ne-doivent-pas-eluder-le-debat-sur-lextremisme-autre-texte/#comment-75266

    #homophobie

  • Le Sénégal entre crise politique et crise financière
    https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4747

    En 2024, une nouvelle majorité s’est installée à la tête de l’Etat sénégalais. Porté par une vague populaire de grande ampleur, le nouveau régime qui n’a guère répondu aux attentes des populations se retrouve désormais dans une situation de crise politique ouverte tandis que l’Etat est au bord de la faillite financière. 362 été 2026

    / International , Politique , Luttes Sociales , Afrique , Homosexualité

    #362_été_2026
    #International
    #Politique
    #Luttes_Sociales
    #Afrique
    #Homosexualité

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie#massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • Brutalités policières à la marche trans de San Francisco
    https://trounoir.org/Brutalites-policieres-a-la-marche-trans-de-San-Francisco

    En juin 2026, à San Francisco, la police a chargé la Marche Trans — là même où, soixante ans plus tôt, l’émeute de Compton’s avait allumé les premières braises de la libération queer. Récit, par l’artiste et activiste Keith Hennessy, d’une violence d’État qui se rejoue, et de la solidarité trans qui lui tient tête.

    #LGBTQ #trou_noir

    • Aux États-Unis, des prides en climat hostile
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/aux-etats-unis-des-prides-en-climat-hostile-3418576

      Festives et revendicatives, les prides étatsuniennes rassemblent des millions de personnes chaque année. 2025 a toutefois été marqué par une baisse de fréquentation et le retrait de certains sponsors, alors que les attaques contre les droits LGBT+ se multiplient depuis le retour de Trump au pouvoir.

      Le FHAR, origines et illustrations
      https://trounoir.org/?Le-FHAR-origines-et-illustrations

      En cette année 2021, nous célébrons les 50 ans du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire. Aussi, cette année, chaque numéro de TROUNOIR.ORG comportera une entrée en rapport avec cette assemblée mythique, impure, source d’inspiration politique et référence théorique qui continue aujourd’hui de se tenir à distance de toute récupération, de toute assimilation.
      Ce mois-ci nous vous proposons un récit de Françoise d’Eaubonne (1920-2005), une des fondatrices du FHAR, écrivaine et défenseuse de l’écoféminisme en France. Il a été publié originellement dans la Revue h, créée entre autre par Jean le Bitoux, qui ne connut que quatre numéros à la fin des années 1990. L’aventure fut courte mais intense dans ce Mai 68 prolongé par les lesbiennes et les pédés. #Françoise_d’Eaubonne y raconte les moments les plus porteurs comme les plus conflictuels, assumant les contradictions internes au mouvement comme des leçons historiques à transmettre.

      #homosexualité #FHAR

  • Retour à Reims [Fragments] - Film documentaire - Tënk
    https://www.on-tenk.com/fr/documentaires/intime/retour-a-reims-fragments-

    À travers le texte de Didier Eribon interprété par Adèle Haenel, Retour à Reims [Fragments] raconte en archives une histoire intime et politique du monde ouvrier français du début des années 50 à aujourd’hui.

    Retour à Reims (Fragments) : Rencontre avec Adèle Haenel et Jean-Gabriel Périot
    https://www.youtube.com/watch?v=uopTncHu0AE

    Didier Eribon, retour à l’histoire
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/didier-eribon-retour-a-l-histoire-2738635

    À travers la philosophie et la sociologie, #Didier_Eribon questionne l’inscription des choix individuels dans les normes et les structures sociales. Retour sur un itinéraire de Reims à Paris, de l’histoire ouvrière à celle de l’homosexualité, entre la #sociologie, l’histoire et la littérature.

    #histoire #homosexualité #cinéma

  • “Surveillance City”

    Directed by Harjant Gill and Pearl Sandhu and featuring Professor Inderpal Grewal, Surveillance City takes viewers on a journey through contemporary #Delhi, narrating a city marked by the extreme inequality resultant of decades of neoliberalism, and highlighting the insidious work of an authoritarian state deploying surveillance and securitisation measures to govern diverse populations and temper unrest. It’s a powerful meditation on masculinism and militarism, populism and patriarchy, the aesthetics and affects of security, nationalism and religion, policing and the law, discourses of terror, fear of the other, the role of the media, but also dissent, protest, and the prospects of democracy in a postcolonial state.

    https://vimeo.com/1149568432?fl=pl&fe=vl


    https://antipodeonline.org/2026/05/13/surveillance-city

    #film #film_documentaire #surveillance #Inde #inégalités #autoritarisme #néolibéralisme #New_Delhi #géographie_urbaine #ville #nationalisme_hindou #nationalisme #minorités #pauvreté #gentrification #enclaves #caméras_de_vidéosurveillance #sécurité #sentiment_de_sécurité #patriarcat #sécuritisation #espace_domestique #masculinité #religion #esthétique #Narendra_Modi #normalisation #émotions #peur #insécurité #lois #lois_coloniales #armée #militaires #policing #réseaux_sociaux #terrorisme #terreur #hindous #homogénéité #géographie #géographie_sociale #classes_sociales #castes #démocratie #Etats_post-coloniaux #colonialisme #répression #droits

    ping @cede

    via @reka

  • « Paris doit montrer l’exemple » : associations et politiques français se mobilisent pour aider les homosexuels sénégalais
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/15/paris-doit-montrer-l-exemple-associations-et-politiques-francais-se-mobilise

    « Paris doit montrer l’exemple » : associations et politiques français se mobilisent pour aider les homosexuels sénégalais
    Par Mustapha Kessous
    Au cours de sa longue carrière, Jean-Luc Romero-Michel, 66 ans, infatigable défenseur des droits LGBT+, dit n’avoir « jamais vu un tel climat de peur ». « J’ai connu les situations dramatiques des homosexuels en Afghanistan et en Iran, mais ce qui se passe au Sénégal, ce niveau d’hystérie et d’angoisse, c’est démentiel », assure-t-il.
    Lorsque les députés de ce pays d’Afrique de l’Ouest ont adopté, le 11 mars, une loi réprimant plus durement les relations entre personnes de même sexe – désormais passibles de cinq à dix ans de prison, contre un à cinq auparavant –, l’ancien adjoint à la mairie de Paris (2020-2026) a dénoncé ce texte « infamant » sur ses réseaux sociaux. Depuis, M. Romero-Michel a reçu « des dizaines et des dizaines » de messages de Sénégalais « terrorisés » lui demandant son aide pour fuir et obtenir l’asile en Gambie, au Maroc ou en France. Face à ce désarroi, il a écrit à deux reprises – le 10 mars et le 30 avril – au président de la République, Emmanuel Macron, et au ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, pour les pousser à condamner cette loi et à « accorder sans délai des visas humanitaires » aux personnes dont « la vie [est] directement menacée ». « Pour l’instant, je n’ai obtenu aucune réponse », déplore Jean-Luc Romero-Michel.
    Une autre personnalité politique, le sénateur communiste de Paris, Ian Brossat, s’est saisi, lui aussi, du sujet en relayant les mêmes demandes dans une question écrite adressée, le 23 avril, au ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. Il n’a reçu aucun retour. M. Brossat, par ailleurs élu à la mairie de Paris, indique qu’il va déposer au prochain conseil municipal, prévu à partir du 19 mai, un vœu dans lequel il proposera « à la ville de mettre des logements à disposition des réfugiés sénégalais qui ont fui la répression ». « Paris doit montrer l’exemple », ajoute-t-il, avant de conclure : « Le silence de la France est regrettable. »
    « Etre silencieux ne veut pas dire ne rien faire », répond au Monde, le diplomate Jean-Marc Berthon, nommé en octobre 2022 ambassadeur pour les droits LGBT+, une fonction créée afin d’intégrer la défense des personnes non hétérosexuelles à la politique étrangère française. Depuis l’adoption du texte répressif au Sénégal, M. Berthon a été très sollicité par des élus et des associations pour connaître la position de la France. « Nous avons fait part de notre désaccord aux autorités sénégalaises, c’est une mauvaise loi, contraire à leurs engagements internationaux en matière de droits de l’homme », déclare-t-il. Sur la question des « visas humanitaires », ajoute le diplomate, « nous recevons des demandes que nous traitons avec célérité ».
    Combien de demandes reçues ? Et combien de visas seront octroyés ? L’ambassadeur ne souhaite pas rentrer dans les détails pour éviter toute crispation entre Paris et Dakar. Cet embarras s’explique : la France ne veut pas être accusée d’ingérence ni de promouvoir l’homosexualité dans un pays où beaucoup croient encore qu’elle a été importée d’Occident. Elle redoute aussi que ses représentations au Sénégal soient ciblées si ses prises de position déplaisent. « Un petit nombre de compatriotes concernés par cette situation a demandé à être rapatrié », informe le diplomate.
    Des associations françaises sont ouvertement plus actives. Stop Homophobie, par exemple, a envoyé au ministère des affaires étrangères à Paris et à l’ambassade de France à Dakar plus d’une cinquantaine de dossiers « solides », constitués de récits détaillés par courriel, de photos d’identité, de certificats médicaux…Selon nos informations, ces dossiers, jugés sensibles, ne sont pas examinés au Sénégal par VFS Global – le prestataire chargé d’enregistrer les demandes de visa et qui emploie du personnel local – mais directement par des agents français, afin d’éviter toute fuite.
    En outre, Stop Homophobie et d’autres organisations espèrent – et réclament – que les pouvoirs publics débloquent des fonds pour accueillir en France, ou relocaliser ailleurs en Europe, des réfugiés sénégalais. « Il serait bien que des associations non communautaires s’impliquent aussi », fait savoir M. Berthon. L’Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l’immigration et au séjour (Ardhis) appelle à une meilleure formation des agents de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et des juges de la Cour nationale du droit d’asile afin de mieux saisir la réalité sénégalaise.
    « Demander l’asile en raison de son orientation sexuelle suppose de pouvoir verbaliser un vécu traumatisant où l’on a été persécuté et poussé à protéger le secret, explique Philippe Neyer, coprésident de l’Ardhis. Pour les Sénégalais, cette injonction au récit se heurte à la rigidité des procédures. L’obtention du statut de réfugié reste très indécise, conduisant au rejet de certains dossiers. » Ces difficultés se reflètent dans les chiffres de l’Ofpra. L’orientation sexuelle est « le principal motif de crainte de persécution » invoqué par les Sénégalais, essentiellement par des hommes. Pourtant, peu obtiennent une protection : en 2024, sur les 1 589 demandes, seules 472 ont abouti. « Il peut être très difficile pour un Sénégalais d’accéder au statut de réfugié tant il reste compliqué de prouver son orientation sexuelle, pointe Tania Racho, chercheuse en droit européen spécialisée dans les questions d’asile. Leurs récits ne correspondent pas toujours aux représentations occidentales de l’homosexualité. » Reste une autre difficulté : déceler les faux demandeurs d’asile. « Nombreux sont ceux qui arguent d’une discrimination de genre et présentent des récits formatés, en particulier les hommes, ce qui met en doute leur crédibilité », souligne Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration. En 2024, 3 951 Sénégalais vivaient en France avec le statut de réfugié. « 61 % étaient des femmes, précise M. Leschi. Les chiffres attestent que les demandeurs sont principalement des hommes, mais les protégés sont principalement des femmes. » Quoi qu’il en soit, l’Ofpra assure au Monde que le durcissement de la législation au Sénégal – retiré de sa liste en 2021 des pays dits « sûrs », en raison des discriminations visant les personnes LGBT+ – sera bien « pris en compte » dans l’étude des prochaines demandes.

    #covid-19#migrant#migration#senegal#france#homosexualité#asile#droit#sante#OFPRA#LGBT+

  • Not your negroes
    https://lundi.am/NOT-YOUR-NEGROES

    Le 11 mars dernier le Sénégal adoptait une nouvelle loi criminalisant l’homosexualité et son “apologie”. L’auteur de ce texte interroge le silence du "camp décolonial" et en examine les ressorts théoriques et analytiques ; les postures qui surplombent le réel comme les bavardages qui le nient.

    Des silences qui se proclament experts dans l’art de nommer toutes les dominations et qui, depuis plus d’un mois, laissent prospérer l’une d’elles sous leurs yeux, parce qu’elle dérange leur paresseuse cartographie binaire du monde, incapable de penser dominations croisées et violences endogènes.

    #Sénégal #homophobie #LGBT #décolonial

    • Lorsqu’une pensée se contente d’inverser les signes du pouvoir qu’elle combat, elle demeure dépendante de lui. Elle continue d’en suivre le rythme, le joug.
      Si l’Occident condamne, il faudrait relativiser. S’il applaudit, il faudrait siffler. S’il récupère une cause juste, il faudrait abandonner celles et ceux qui en vivent la nécessité concrète. On croit rompre avec l’adversaire ; on continue d’habiter son calendrier mental.

      Cette pensée réactive forme une captivité retournée.
      En me lisant, je vous imagine déjà cherchant à savoir si je suis homme ou femme, noir ou blanc, diasporique ou continental, cis queer ou trans, gay bi lesbienne ou hétéro, mormon, musulman ou athée.
      Contrôler les #identités plutôt que les pouvoirs de contrainte est devenu l’un des réflexes de notre temps, réflexe né de siècles d’universalisme raciste, où le prétendu neutre parlait toujours depuis un lieu situé sans jamais se nommer.
      Cette méfiance possède son histoire. Elle fut nécessaire ; elle ne saurait suffire. Lorsqu’elle se fige en contrôle généralisé des paroles, elle fabrique un nouvel aveuglement. L’argument cède au casting. La pensée cède au contrôle douanier. La discussion cède à la vérification d’origine.
      Pendant ce temps, les prisons se remplissent, la peur travaille, des associations VIH se replient pour survivre, des médiateur.ice.s disparaissent, des personnes renoncent au dépistage, aux soins, au suivi. Des artistes s’exilent, des étudiant.e.s apprennent à mieux mentir, des familles redoublent de surveillance, des amours s’enfoncent dans une clandestinité plus dure encore.
      Le voici, le réel. Les silences font déjà des morts.

      #gauche #Sud #virilisme

  • La droite et son extrême se font chasseurs d’arc-en-ciel (les cons !) #LGBT #Homophobie

    On aurait pu penser que l’homophobie avait quasiment disparu de notre pays, hormis peut-être encore dans quelques milieux très fermés de masculinistes misogynes et ridicules, pétris de haine indistincte envers la femme comme envers les hommes suspects de sensibilité féminine (dont je n’ai aucune honte à dire que j’en suis, bien qu’hétéro). Mais non.

    https://forgedelopinion.blogspot.com/2026/04/la-droite-et-son-extreme-se-font.html #elne #canohes #fachesthumesnil #fachosphere

  • Des lesbiennes en devenir - Coming-out, loyauté filiale et hétéronormativité chez des descendantes d’immigrant·e·s maghrébin·e·s | Salima Amari dans les Cahiers du Genre 2012/2
    https://shs.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2012-2-page-55

    [...] cette rupture [par rapport au groupe d’origine] due à la migration détermine les particularités de ces #familles en matière de relations filiales. C’est dans ce sens qu’Abdelmalek Sayad (ré)invente la généalogie familiale sociale en soulignant le rôle des enfants dans l’existence des parents #immigrés en France dans une filiation renversée pour « les ‘faire naître’ à la vie plus largement publique, […] les confirmer dans leur qualité de résidents au sens plein du terme, […] les réhabiliter dans leur identité totale, sociale et politique » (Sayad 1994). En effet, pendant longtemps les parents n’ont eu aucune existence sociale. Le regard porté sur l’#immigration était limité aux pères immigrés-travailleurs appelés à quitter un jour le paysage français puis aux mères enfermées dans l’espace privé. C’est la présence des enfants en situation postmigratoire qui amène enfin la prise de conscience de « la réalité de l’immigration en tant que présence appelée à devenir définitive (et pas seulement durable) » (id.). Pour Sayad, c’est cette génération qu’on convient d’appeler « deuxième génération » qui fait exister la « première ». Même s’il rappelle que pour qu’on puisse parler d’une génération nouvelle, il faut qu’il y ait rupture et qu’on puisse faire comme si cette « génération nouvelle n’avait pas grandi immergée dans les comportements, dans les sentiments, dans les attitudes hérités » (id., p. 174). Il s’agit donc bien d’héritiers et héritières, de descendant·e·s faisant exister leurs ascendant·e·s. En continuité avec cette filiation renversée, les lesbiennes interrogées ne comptent, par exemple, pas prendre part aux revendications du mouvement lgbt en France. En devenant des #lesbiennes visibles, elles prendraient le risque d’une rupture avec leurs parents.

    [...] La #réputation est une des raisons invoquées par les enquêtées pour expliquer leur refus de la visibilité de leur lesbianisme. La bonne réputation familiale se joue au lycée, dans le quartier et même dans la ville d’origine des parents.

    [...] Ce choix [de taire leur lesbianisme à leurs parents] est souvent motivé par la peur d’une rupture familiale. Certaines des interviewées ont déjà vécu une expérience de rupture momentanée avec la famille pour d’autres raisons. Peu après leur majorité, certaines filles ont décohabité. Cette expérience s’est révélée souvent très douloureuse pour elles qui ont fait l’expérience de leur vulnérabilité au sexisme, au mépris de classe et au racisme.

    [...] Pour pouvoir vivre leurs vies affectives et de couple tout en maintenant des relations avec leurs familles, les lesbiennes descendantes de parents maghrébins en France semblent réclamer « le droit de ne pas dire » (Decena 2008, p. 350). Elles deviennent ainsi des sujets tacites.

    [...] La prise de risque qui passe par une prise de parole ne s’applique à aucune des #femmes que j’ai interrogées. Parmi toutes les enquêtées, Amina apparaît comme celle qui a reçu l’éducation la plus stricte. Ses parents ont veillé à donner à leurs enfants une éducation traditionnelle fondée sur le partage strict entre les espaces féminins et masculins et perpétuent ce modèle familial. Interrogée sur la possibilité d’un #coming-out, elle est catégorique quant à son refus d’une action qui pourrait déstabiliser la cohésion familiale.

    [...] La plupart des lesbiennes que j’ai rencontrées adoptent des stratégies visant à ne pas rendre leur #homosexualité trop visible. Elles ont le souci permanent de protéger leurs parents, et particulièrement leur mère qui risque de se voir reprocher un échec éducatif et de provoquer un conflit au sein du couple parental. Là encore c’est Amina qui le relate clairement :
    Bah, mon père parce que c’est un homme et tout et c’est plus ma mère que je vais toucher. Parce que si je dis ça, moi je ne vais rien prendre de mon père, c’est sûr et certain. Mais tous les jours, il va dire à ma mère quelle mauvaise éducation elle a donnée à ses enfants.

    [...] Les enquêtées disent clairement que, par rapport aux autres frères mariés ou célibataires et sœurs mariées, elles sont les plus sollicitées, souvent par la mère, pour régler des conflits de famille ou pour donner des conseils au quotidien. Elles sont ‘célibataires’ et sans enfants et, par conséquent, apparaissent comme les plus disponibles.

    [...] Cette disponibilité permanente des lesbiennes pour leurs familles apparaît comme une stratégie pour desserrer l’étau du mariage et de la maternité.

    [...] Malgré le doute et parfois la certitude sur l’homosexualité de leurs filles, les parents, et surtout les mères, ne relâchent pas la pression pour qu’elles se marient et aient des enfants. Elles espèrent sans doute que ce n’est qu’un moment ‘d’égarement’. L’injonction au mariage et à la maternité est souvent rappelée aux filles lorsqu’elles atteignent la trentaine. Un tel ‘célibat’ prolongé doit être justifié. Les réponses aux mères insistantes sont souvent des réponses stratégiques pour ‘gagner du temps’ et continuer à vivre sa vie de manière autonome comme lesbienne.

  • Du placard au parlement
    https://laviedesidees.fr/Bouvard-Gay-et-lesbiennes-en-politique

    Pour réussir leur carrière, les élu·es gays et lesbiennes sont confronté·es à un choix difficile : comment révéler publiquement leur homosexualité. Hugo Bouvard étudie ces trajectoires sociales et politiques en #France et aux États-Unis, ainsi que les mouvements qui les ont rendues possibles.

    #Politique #élections #homosexualité #coming_out #Double_Une
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260320_gaypolitk.pdf

  • Why can’t the U.S. just take over the Strait of Hormuz? | About That - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=z6QlFpPMPKQ

    The Strait of Hormuz has been shut down for 10 days as the U.S.-Israel war with Iran continues to escalate, causing global unease about an oil crisis. Andrew Chang explains why for the U.S. — despite having the world’s most powerful navy — getting oil tanker traffic moving through the vital shipping route again is much harder than it may seem.

    Intro: 00:00
    The Hormuz kill box: 01:30
    What is the world willing to risk?: 06:35

  • Sénégal : face à la « traque », l’association STOP Homophobi... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/senegal-face-a-la-traque-lassociation-stop-homophobie-enregistre-une-vague-

    Sénégal : face à la « traque », l’association STOP Homophobie enregistre une vague de demandes d’asile
    Auteur : Avec AFP
    L’association STOP Homophobie, basée à Paris, a tiré la sonnette d’alarme en annonçant avoir reçu 18 demandes d’aide pour quitter le Sénégal en l’espace de seulement quelques jours. Face à un climat qu’ils jugent « dramatique », de plus en plus de membres de la communauté LGBT+ sénégalaise envisagent l’exil, principalement vers la Gambie voisine, pour échapper aux violences, aux menaces et aux expulsions familiales. Terrence Khatchadourian, secrétaire général de l’association, souligne que tous craignent désormais l’arrestation et les atteintes graves à leur vie privée.
    Cette fuite désespérée est la conséquence directe d’une intensification sans précédent de la répression envers l’homosexualité au Sénégal. Le pays est secoué par des arrestations en série — au moins une trentaine selon les médias locaux — déclenchées par des dénonciations et des fouilles systématiques de téléphones. Les noms des personnes interpellées sont divulgués publiquement, provoquant ce que des défenseurs des droits humains qualifient de véritable « lynchage public ».
    Le gouvernement a récemment adopté un projet de loi visant à doubler les peines pour les relations homosexuelles, qui passeraient de cinq à dix ans d’emprisonnement. Le texte prévoit également trois à sept ans de prison pour toute personne faisant « l’apologie » de l’homosexualité. Cette fermeté législative répond aux demandes pressantes d’associations religieuses influentes dans un pays majoritairement musulman où l’homosexualité est largement perçue comme une déviance. Le débat est d’autant plus virulent que certaines personnes arrêtées sont accusées de transmission volontaire du VIH. Selon STOP Homophobie, l’utilisation du statut sérologique comme preuve à charge crée une crise de santé publique majeure en décourageant le dépistage et l’accès aux soins.
    Alors que les réseaux sociaux pullulent de vidéos d’agressions et de commentaires incendiaires, les voix discordantes se font rares au Sénégal. Denis Ndour, président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme, a lui-même soutenu le durcissement des peines, qualifiant les homosexuels de « malades ». À l’inverse, des expertes comme Marame Kane rappellent que la protection contre l’humiliation est un « principe universel », indépendamment du contexte culturel. Depuis 2021, le Sénégal n’est plus considéré comme un pays sûr par l’Ofpra en France. Pour ceux qui n’ont pas les moyens de fuir, le témoignage de Boubacar*, un exilé, est glaçant : « la seule chose qu’ils peuvent faire, c’est de voir la mort qui vient et attendre ».

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#payssur#ofpra#homosexualite#droit#sante#LGTB+#gambie#exil

  • nopasaran.ch : le registre suisse des #dérapages de l’#extrême_droite institutionnelle
    https://www.infolibertaire.net/wp-content/uploads/2026/02/nopasaranch-le-registre-suisse-des-derapages-de-lextreme-droite-inst

    nopasaran.ch (https://www.nopasaran.ch), c’est quoi ?

    Plusieurs journalistes et militant·es suisses tiennent des listes personnelles, parfois partagées, des condamnations des membres de l’#UDC, des discours racistes ou homophobes de politicien·nes ou d’autres méfaits plus ou moins graves de la scène d’extrême droite en Suisse.

    Ces listes sont souvent incomplètes, ne concernent qu’une région du pays ou ne sont tout simplement plus mises à jour. De plus, ces informations ne sont pas stockées dans une base de données, ce qui rend difficile une recherche quand la liste devient très grande.

    C’est pour toutes ces raisons que nopasaran.ch a été créé : un registre le plus exhaustif possible, couvrant toute la Suisse et dont les informations sont organisées dans une base de données.

    Le but est de démontrer, par le nombre très élevé des entrées dans la base, que l’extrême droite est bel et bien présente dans le monde politique suisse.

    Il ne s’agit pas de dénoncer les actes de petits groupuscules néo-nazis, mais d’élargir l’action antifasciste au niveau institutionnel. J’en reparle plus loin dans le manifeste.
    Les fonctionnalités du site

    La page d’accueil du site comporte un carrousel des dix derniers signalements, afin de vous tenir au courant des dernières “dingueries”. Vous y trouverez aussi un bouton pour naviguer au hasard dans les enregistrements de la base de données. Un autre bouton permet de signaler un dérapage dont vous êtes témoin.

    Tout en haut à droite, vous pouvez changer de langue : sont disponibles le français, l’allemand, l’italien et l’anglais.

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    Tout en haut encore, vous pouvez cliquer sur la loupe pour accéder à la page qui est certainement la plus utile, celle qui permet de rechercher des incidents selon plusieurs critères.

    Car c’est évidemment là que réside tout l’intérêt d’une base de données : toutes les informations sont stockées avec une date, une catégorie, la personne responsable du dérapage, des sources… En cliquant sur un résultat, vous accédez ensuite au détail de l’incident. De là, vous pouvez partager le lien vers l’article.
    Comment s’en servir ?

    Vous en avez marre d’entendre que l’UDC n’est pas un parti d’extrême droite ? Ou vous n’en pouvez plus d’entendre l’excuse “c’est un cas isolé” ? Eh bien, montrez-le site nopasaran.ch à votre interlocuteurice, iel sera peut-être surpris·e de voir les centaines de dérapages racistes, homophobes, les dizaines de condamnations et même parfois la violence physique dont font preuve les membres de l’UDC. Et ce ne sont pas que des commentaires sur Facebook ou des petites piques ici et là !
    Quelques exemples pour illustrer le degré de fascisation présent en Suisse

    Il y a d’abord cet amour inconsidéré pour le salut hitlérien, comme chez Benjamin Kalbermatter, Thierry Cerutti, Benjamin Fischer ou encore Liliane Jessica Tami.

    Il y a aussi les très nombreux discours homophobes et transphobes, comme avec Toni Bortoluzzi qui pense que les homosexuels ont un lobe du cerveau qui tourne à l’envers, ou avec Jérémy Gardiol pour qui être homo est une maladie, ou encore Marc Falquet qui dit que si on change de sexe, ça sera des malades à vie.

    L’UDC n’hésite pas non plus à faire les pires récupérations politiques, comme dernièrement avec le drame de Crans-Montana où l’on a entendu Christoph Mörgeli et Roger Köppel faire un lien entre l’incendie du Constellation et la libre circulation des personnes dans l’UE.

    Mais que serait l’extrême droite sans la déshumanisation des étranger·es ? Ces dernier·es sont régulièrement assimilé·es à des parasites, que ce soit sur le site de l’UDC, dans les médias ou même au Parlement. Et quand iels sont noir·es, Oskar Freysinger parle de macaques, Henry Rappaz trouve amusant de comparer Christiane Taubira à un singe et on va jusqu’à souhaiter la mort aux singes et aux porcs musulmans ! La xénophobie est tellement présente à l’extrême droite qu’iels demandent des bus séparés pour les demandeurs d’asile. Et pourquoi pas un retour du Ku Klux Klan ?

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    Un autre marqueur du fascisme, c’est l’autoritarisme. Les réactions suite aux manifestations de soutien à la Palestine n’ont pas tardé, la droite demande des mesures sécuritaires complètement disproportionnées. C’est le cas de l’Alliance Sécurité Suisse et de Jacqueline de Quattro. Les Jeunes UDC estiment même que la police aurait pu tirer à balles réelles sur les manifestants. Andreas Glarner souhaite interdire le mouvement antifa. Et Jean-Luc Addor veut rétablir la peine de mort.

    La violence peut atteindre des niveaux intolérables. Lionel Dugerdil en a fait la démonstration plusieurs fois, comme ci-dessous à l’aide d’une fourche :

    Et que dire d’Alexander Müller qui voudrait vraiment mettre certaines personnes contre le mur et les fusiller ?
    Manifeste

    La rhétorique des partis d’extrême droite, dont l’UDC est la figure de proue en Suisse, n’est pas sans conséquence. Elle contribue directement à la montée du fascisme, légitime les agressions et empoisonne le débat public.

    Les membres de l’UDC confondent délibérément liberté d’opinion et liberté d’expression pour justifier l’inacceptable.

    Rappelons un principe fondamental : la liberté d’opinion, qui est et doit rester un pilier de notre démocratie, protège le droit de penser.

    Mais la liberté d’expression s’arrête là où commencent l’incitation à la haine, les insultes, les mensonges et la violence :

    - Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit.
    - La négation du nettoyage ethnique des Palestiniens, ce n’est pas une opinion, c’est du déni.
    - Douter du réchauffement climatique n’est pas une opinion, c’est renier la science.
    - Dire que toutes les personnes bénéficiant d’aides financières étatiques sont des profiteurs ce n’est pas une opinion, c’est un mensonge.
    - La discrimination des personnes LGBT+ n’est pas une opinion, c’est un délit.
    - Considérer les femmes comme inférieures aux hommes cis ou justifier les inégalités n’est pas une opinion, c’est du sexisme.

    "C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des forces politiques, des organisations de la société civile, des médias et des citoyen·nes à former un cordon sanitaire autour de l’UDC et de tous les mouvements d’extrême droite."

    Cela signifie refuser toute alliance politique, ne plus considérer leurs propositions comme une base de discussion acceptable, refuser les campagnes d’affichage ouvertement racistes et dénoncer systématiquement leurs discours haineux. C’est le strict minimum pour protéger notre démocratie de la montée du fascisme.

    Chaque micro tendu sans contradiction, chaque plateau de télévision offert sans esprit critique, est une tribune offerte à la haine et une participation active à la propagation du fascisme. Nous appelons les journalistes et les médias à prendre leurs responsabilités.

    Informer sur l’extrême droite ne doit plus jamais signifier lui offrir une plateforme de propagande.
    Contribuez !

    Pour que la base de données soit la plus exhaustive possible, nous avons besoin d’yeux et d’oreilles dans toute la Suisse. Alors n’hésite pas à signaler tout commentaire haineux, tout discours raciste, tout dérapage homophobe ! Nous avons vraiment besoin de toi pour alimenter nopasaran.ch, alors merci de faire connaître le site autour de toi.
    Open source

    Le code source du site web est librement accessible sur GitHub.

    La base de données des incidents (textes, descriptions, compilations) est protégée par la licence Creative Commons BY–NC–SA 4.0. Vous êtes libres de partager et d’adapter ces données à condition de ne pas en faire d’usage commercial et de partager vos travaux dérivés sous la même licence. Merci de citer l’auteur (Rebel Suisse) et d’ajouter un lien vers le site nopasaran.ch.
    Remerciements

    L’extrême droite dérape de manière quasi-quotidienne.

    La compilation de toutes ces données représente un travail conséquent (plusieurs centaines d’heures !). Celui-ci n’est rendu possible que grâce à l’engagement de plusieurs militantes et militants qui consacrent généreusement une partie de leur temps.

    Merci à toutes les personnes ayant contribué.

    https://www.infolibertaire.net/nopasaran-ch-le-registre-suisse-des-derapages-de-lextreme-droite-ins
    #Suisse #liste #base_de_données #racisme #homophobie #registre #condamnation #fascisation #Benjamin_Kalbermatter #Thierry_Cerutti #Benjamin_Fischer #Liliane_Jessica_Tami #salut_hitlérien #Toni_Bortoluzzi #Jérémy_Gardiol #Christoph_Mörgeli #Roger_Köppel #Oskar_Freysinger #déshumanisation #Henry_Rappaz #xénophobie #autoritarisme #fascisme #Alliance_Sécurité_Suisse #Jacqueline_de_Quattro #Andreas_Glarner #Jean-Luc_Addor #violence #Lionel_Dugerdil #Alexander_Müller

  • Extension Next : des alertes sur 8 500 sites GenAI et contre les attaques par homographes - Next
    https://next.ink/208687/extension-next-des-alertes-sur-8-500-sites-genai-et-contre-les-attaques-par-ho

    L’autre gros morceau de cette version 2.5.5 est l’arrivée d’une nouvelle « liste ». Ce n’est pas une liste au sens propre du terme, mais plutôt une alerte contre de potentielles attaques par homographes, reposant sur l’utilisation d’homoglyphes, à savoir ces caractères ou glyphes qui semblent identiques ou très similaires à un ou plusieurs autres, tels que le « p » latin et le « p » cyrillique.

    #homographes #attaque_par_homographe

  • Lettre ouverte : « Messieurs les évêques, réagissez contre l’homophobie de vos pairs »

    Des évêques homophobes ont dénoncé de manière injurieuse l’existence d’un pèlerinage de catholiques LGBTQIA+ qui a eu lieu en septembre à Rome. Cela devrait révolter tous les catholiques attachés au message d’amour et d’accueil inconditionnels des Évangiles. Nous, membres du collectif catholique P.A.I.X, nous demandons aux autres évêques de réagir et de condamner l’homophobie de leurs pairs !

    https://blogs.mediapart.fr/collectif-catholique-paix/blog/211025/lettre-ouverte-messieurs-les-eveques-reagissez-contre-l-homophobie-d

    #homophobie #eglise

  • Le porte-parole de la Global Sumud Flotilla viré pour ses propos antisémites et homophobes | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1760615664-mustafa-cakici-waves-freedom-lfi-porte-parole-global-sumud-f

    Mercredi 8 octobre, au pied de la statue de la place de la République à Paris, Mustafa Cakici est tout sourire aux côtés de l’eurodéputée Rima Hassan (LFI). Keffieh vert et t-shirt où est inscrit à la main « Gaza Free Palestine », il prend le micro devant plusieurs milliers de manifestants venus accueillir les militants d’une des deux flottilles pour Gaza qui viennent de rentrer en France : « On a effacé les frontières parce que les coeurs se sont réunis, les coeurs ont tremblé… et Israël a tremblé ! »

    Celui qui est coordinateur international de la délégation française et porte-parole de la #Global_Sumud_Flotilla (GSF) revient d’un mois de périple — démarré le 31 août, quand il a embarqué à Barcelone et qui s’est achevé par cinq jours dans une prison israélienne.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/161025/antisemitisme-homophobie-complotisme-un-porte-parole-de-la-flottille-pour-
    #antisémitisme #homophobie #complotisme

    • Antisémitisme, homophobie, complotisme : un porte-parole de la flottille pour Gaza écarté (Mediapart)

      La France insoumise, elle, affirme « ne jamais avoir entendu parler de lui ».

      [...]

      Depuis l’été 2024, toutes ces informations sont connues à Besançon, car dévoilées dans plusieurs articles du média local Le Ch’ni (ici, ici, ici, et là). Le directeur de la publication et rédacteur, Toufik-de-Planoise, était également membre du « collectif Palestine élargi », mais en a été exclu. « Nos informations ont été qualifiées de mensonges, ou de relais imprudents et anciens, mais excusables, car il fallait faire convergence au nom de la Palestine », retrace-t-il.

      À Besançon, « France 3 » et « l’Est Républicain » offrent une tribune à un activiste épinglé pour ses discours antisémites et LGBT+phobes
      https://www.lechni.info/20250905/a-besancon-france-3-et-lest-republicain-offrent-une-tribune-a-un-activiste-

  • Gender, technology, and resistance : An interview with #Caroline_Bassett

    Professor Caroline Bassett MAE reflects on the promises and perils of digital technologies, and why critical feminist perspectives remain vital in shaping our technological futures.

    What motivated you and your co-authors to write Furious: Technological Feminism and Digital Futures and what core issues does the book address regarding gender and digital culture?

    “The cheap response to why we wrote Furious is that we were – separately and together – furious! What we were furious about was the way computational technology was being hailed as the future, and as a better future for all, when in fact many developments created problems for many, did little to improve lives, and often exacerbated inequalities. The claims made for technology endlessly revert to the universal; tech, we are told, is ‘for good’ – but the urgent question is always: good for whom, in what way, and where? These questions need to be continually revived in response to new waves of technological innovation, both in relation to industry hype and boosterish academic discourse.

    We all recognise that computational technology is powerful, and that it brings genuinely new developments. But we don’t believe it resets the world or pushes old issues – such as centuries of gendered discrimination, intersecting with other inequalities – to the sidelines. The core issue of the book, then, concerns what we might term, following Berlant, the cruel optimism of promises made about digital developments, particularly as these promises pertain to gender and sexuality.

    We are also furious about waste – the waste of work and opportunity. We’re not anti-computing in a global sense; we are against the waste, the misdirection, and the failure to weigh the costs and possibilities of computational technology against real measures: costs to specific groups, to particular regions, to the environment. We explored this especially in relation to future forms of life, visions of the future, and developments in biotech and health.

    All of this could have produced a very dark book. But we also wanted, through writing, to suggest forms of disruption, possibility, engagement, and solidarity.”

    In Furious, you highlight concerns about the problematic nature of much of the existing discourse on digital culture. Could you elaborate on what makes this writing problematic, and how it influences our understanding of the digital world?

    “One real issue – already clear from the above perhaps – is the fake universalism that pervades much existing discourse on digital culture. Even when the dial shifts from ‘this stuff is good’ to ‘this stuff is evil,’ the assumption is still that it applies equally to everyone. Of course, that’s not the case: what is good for one group often exacerbates suffering and discrimination for another.

    A second issue is the failure on digital culture to historicise. Somebody once said that every generation believes its own technology is exceptional – that it breaks through old barriers and rules, even disrupting earlier possibilities for resistance. In short, that it changes the order of things and determines the future. If you believe this, then history, context, previous injustices and inequalities all become irrelevant in the face of the so-called new. The only thing that matters is the present moment and the possibilities it generates for the future. This kind of short-termism produces a demand to develop technologies to safeguard “future people,” while overlooking the threats, possibilities, and discriminations of contemporary computational culture as a mode of informational capitalism. And because it refuses to recognise the past, it ends up entirely trapped in the present.”

    How do digital technologies, particularly artificial intelligence, both reinforce and challenge existing gender biases? Are there examples where AI has either perpetuated stereotypes or been utilised to promote gender equity?

    “Of course, there are many – and often notorious – examples of how big data has perpetuated existing gender and racial biases; AI bots that became Nazis, or image systems that consistently made doctors male and nurses female. The rise of large language models (today’s AI, if we accept the term) has amplified some of these issues, producing new problems and at larger scales.

    It’s obvious why and how language models are gender biased: they learn from us. Moreover, they have no bodies to ground their assumptions – they are pure discourse. This is partly why they are also highly normative. Homogenisation, the tendency of LLMs to narrow discourse and reproduce the canonical, means dominant ideas are likely to become more powerful and ubiquitous, and oppositional ones less so. I don’t think this is inevitable, but the direction of funding is certainly pushing us that way.

    On the other hand, there are many ways to use AI tools, and artists, teachers, activists, and students are already doing so. Still, the environmental cost of these technologies is urgent and must be addressed.”

    Your career transitioned from technology journalism to academia. How has this journey shaped your approach to studying digital cultures and gender?

    “My time as a tech journalist had a big influence on how I understand and study digital cultures, and questions of gender and intersectional discrimination. When I first started, I worked on a tech business magazine and saw how far vapourware and industry hype – what we might call “industrial imaginaries” – often diverged from the reality of what was actually made or what tech could do. I was also acutely aware of how male this world was, and watched digital technologies being “gendered masculine,” (to quote Judy Wajcman) – from how they were designed to how they were marketed.

    So, from the beginning of my academic life, I was sceptical about promises that technology would deliver universal benefits. Later, working for magazines focusing on Apple technologies, I became very aware of Silicon Valley myth-making. Beautiful design that looked – and in some ways was – radical could also be socially as conservative as ever: designed for the West, with Western culture in mind, and with the ideal user imagined as a white, Western male.

    At the same time, I also had a blast – and met many brilliant women who were hackers, designers, digital media artists, writers, journalists, and campaigners. Some identified as cyber-feminists, and I learned a lot alongside them. Being immersed in industrial tech culture also showed me what could be done with computational technology. Another – better, more equal, freer – world is possible. The fact that technologies that could support building that world are instead so often made for profit takes me back to Furious…”

    How has the intersection of gender studies and digital humanities evolved since you began your career, and what changes do you anticipate in the coming years?

    “I didn’t begin my career in Digital Humanities, at least not in the emerging discipline that later took that name. I was in digital media studies. But I would argue that digital media studies, software studies, and feminist technoscience are all key tributaries of what now constitutes DH. One positive development in DH is that this is increasingly recognised by more people who align themselves, in whole or in part, with the field.

    DH has also begun to move beyond the highly gendered and crudely binary distinction between “hacking” and “yacking” – where one term signalled valued work and the other dismissed as “just talking,” often a cover for the accusation of “uselessly theorizing.” These days, the argument that practice without critical thinking makes no sense has more traction. Feminists – and particularly intersectional feminists – within DH have been central to this shift, and that work needs recognition.

    For me, DH is a cultural study, or it is nothing. It is easier to argue that now than it used to be, and that places DH, amidst all the chaos and violence around us, in a good position to advocate for critical, intersectional feminist perspectives on emerging computational cultures and technologies – and the worlds they don’t determine, but can be used both to secure and to disrupt. I guess in the end, I am hopeful.”

    https://aecardiffknowledgehub.wales/2025/09/30/gender-technology-and-resistance-an-interview-with-caroline
    #genre #technologie #résistance #inégalités #discriminations #environnement #universalisme #faux_universalisme #historicisation #futur #biais #IA #AI #intelligence_artificielle #big_data #LLMs #normativité #homogénéisation #intersectionnalité #gendered_masculine #digital_humanities #féminisme