• [Info « Splann ! »] Le projet de nouvel #hôpital de Saint-Malo remis en question par un important #déficit et 12 millions d’euros de dettes
    https://splann.org/hopital-saint-malo-dettes

    Le projet de #nouvel_hôpital du Groupement hospitalier Rance Émeraude, regroupant Saint-Malo et #dinan, bat de l’aile. Selon des documents obtenus par « Splann ! », l’établissement se trouve face à un important déficit et à 12 millions d’euros de dettes envers ses fournisseurs. Une situation financière catastrophique qui rend tout emprunt, visant à financer les travaux, impossible. L’article [Info « Splann ! »] Le projet de nouvel hôpital de Saint-Malo remis en question par un important déficit et 12 millions d’euros de dettes est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Santé_publique #GHRE #saint_malo

  • À l’hôpital, la chasse aux couvre-chefs des femmes perçues comme musulmanes s’intensifie
    https://www.mediapart.fr/journal/france/081225/l-hopital-la-chasse-aux-couvre-chefs-des-femmes-percues-comme-musulmanes-s

    Majdouline va déposer dans les prochains jours un recours devant le tribunal administratif. Et c’est sur cette jurisprudence du Conseil d’État que son avocat, Lionel Crusoé, va s’appuyer.

    Quelle perte de temps et d’énergie ! Perdre du personnel là-dessus, c’est complètement délirant.

    Georges, médecin à la Pitié-Salpêtrière

    « Cette chasse aux couvre-chefs des femmes ressemble à une chasse aux sorcières : parce qu’elles ont tel trait physique, on veut donner un sens à cet accessoire, dénonce-t-il. La logique de neutralité du service public interdit à l’agent de faire du prosélytisme ou d’accorder un traitement différent en se fondant sur ses convictions religieuses. Le fait qu’un soignant porte un couvre-chef discret ne renvoie pas forcément, aux yeux des patients, à des convictions religieuses. »

    #racisme #hopital_public #discrimination #fachos_partout

  • À l’hôpital, la chasse aux couvre-chefs des femmes perçues comme musulmanes s’intensifie
    https://www.mediapart.fr/journal/france/081225/l-hopital-la-chasse-aux-couvre-chefs-des-femmes-percues-comme-musulmanes-s

    Une infirmière vient d’être licenciée des Hôpitaux de Paris après un an de réprimandes sur son refus de retirer le bonnet qu’elle porte sur la tête. Une injonction qui se généralise, au nom de la laïcité ou de l’hygiène, provoquant la détresse de nombreuses soignantes musulmanes ou perçues comme telles.

    Sept années après avoir débuté son métier d’infirmière à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, Majdouline B. a été renvoyée et radiée de la fonction publique. Celle qui, à plusieurs reprises, a été décrite par sa hiérarchie comme « très appréciée de ses collègues, des médecins, mais aussi de l’encadrement », « à l’écoute » et « soucieuse de la prise en charge des patients » n’est donc plus fonctionnaire depuis le 10 novembre 2025.

    L’arrêté a été signé de la main de la directrice du groupe hospitalier Sorbonne-Université de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui regroupe trente-huit établissements publics de santé.

    La raison du renvoi tient à un bout de tissu : le calot, ce petit bonnet d’ordinaire porté au bloc chirurgical ou en réanimation, qui s’achète sur des sites spécialisés dans les tenues hospitalières, dans une multitude de couleurs et de motifs. Majdouline le porte au quotidien depuis son embauche en 2018 sans avoir reçu ni remarque ni critique. Jusqu’à ce que tout bascule en décembre 2024.

    [...]

    Toujours dans un hôpital de l’AP-HP, une jeune chirurgienne, Myriam*, est elle aussi rappelée à l’ordre par sa hiérarchie. [...] Ce strict respect des règles, tout à coup, lui paraît à géométrie variable. « J’ai toujours travaillé beaucoup plus que le temps réglementaire. Ça n’a jamais posé de problèmes à personne. » Elle raconte aussi que certaines fêtes religieuses chrétiennes font partie de la vie des services : « À Noël, il y a des sapins, on mange une bûche, des chocolats. La galette des rois est systématique. »

    « En réalité, poursuit-elle, on me soupçonne en raison de mon nom, de ma tête. C’est de la discrimination. » Une de ses collègues médecins témoigne en soutien de Myriam : « Cela fait des années que j’exerce à l’hôpital, et jamais personne ne m’a reprise sur mon port de la charlotte en dehors du bloc, ce qui m’arrive souvent. On ne me dit rien parce que je ne suis pas perçue comme une femme musulmane. » Comme Majdouline, Myriam ira jusqu’au bout : « S’ils m’excluent, ils auront perdu une chirurgienne. Je trouverai du travail ailleurs. Avant, je voulais travailler pour l’hôpital public. »

    [...]

    « Les conseils de discipline, c’est quand on fait de vraies erreurs, c’est très grave !, se désole Majdouline. Je leur ai dit que j’avais l’impression d’être devant un tribunal, qu’ils me mettaient au même niveau que des gens qui tuent des patients. Alors que je suis une très bonne infirmière, je le sais. » Contactée, l’AP-HP confirme que le conseil de discipline, « qui ne se prononce que sur les manquements les plus graves », n’a, à part pour Majdouline, « été saisi qu’une seule fois depuis juin 2023 » sur le sujet de la laïcité.

    #discrimination #islamophobie

  • [Émission en direct] #hôpital : destruction programmée, retour sur l’enquête avec Caroline Trouillet et Raphaël da Silva, ce mardi 28 octobre, à 20 h
    https://splann.org/emission-direct-enquete-hopital

    Caroline Trouillet et Raphaël da Silva seront en direct, ce mardi 28 octobre, à 20 h, pour présenter l’enquête au long cours qu’ils cosignent avec Isabelle Jarjaille au sujet de la destruction de l’hôpital public en Bretagne. Une émission à suivre via notre chaîne YouTube. L’article [Émission en direct] Hôpital : destruction programmée, retour sur l’enquête avec Caroline Trouillet et Raphaël da Silva, ce mardi 28 octobre, à 20 h est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #santé #service_public

  • Au #Maroc, deux personnes abattues près d’Agadir au cours des #manifestations de la Gen Z
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/10/02/maroc-manifestations-autorisees-pour-la-premiere-fois-dans-plusieurs-villes-

    Le royaume fait face à une vague inédite de mobilisation d’une partie de la jeunesse, depuis le 27 septembre, à l’appel du collectif Gen Z 212. D’après les autorités, les deux personnes tuées tentaient de « prendre d’assaut » une brigade de gendarmerie.

    Il s’agit de l’incident le plus grave depuis le début des protestations impulsées, samedi 27 septembre, par un collectif de jeunes baptisé Gen Z 212, pour réclamer de meilleurs systèmes éducatif et de santé. Pour la première fois, les manifestations avaient été autorisées . Elles ont rassemblé des centaines de personnes à Casablanca, Tanger ou Tétouan, avec les slogans : « Le peuple veut la chute de la corruption » et « Liberté, dignité et justice sociale ». Les protestataires à Casablanca ont également demandé le « départ » du chef du gouvernement Aziz Akhannouch.

    Mardi soir, des manifestations non autorisées avaient déjà donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre dans des villes comme Oujda et Inezgane, en banlieue d’Agadir. A la suite de ces violences, qui ont fait près de 300 blessés, en majorité dans les rangs des forces de l’ordre, plus de 400 personnes ont été interpellées, a indiqué Rachid El Khalfi, porte-parole du ministère de l’intérieur.
    Il a précisé que plus de 140 véhicules de la police et 20 voitures de particuliers avaient été incendiés et que les manifestants ont également pris d’assaut des administrations, des agences bancaires et des commerces, notamment à Inezgane et Oujda.

    (interdire systématiquement les manifs ne permet pas de s’entrainer au MDO, le résultat est cuisant)
    https://seenthis.net/messages/1137921#message1137940

    • Au Maroc, les manifestants appellent à la démission du premier ministre
      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/10/02/au-maroc-les-manifestants-appellent-a-la-demission-du-premier-ministre_66440

      Cette version [selon laquelle ces deux morts résulteraient de tirs policiers en état de légitime défense] est en partie démentie par un représentant local du collectif Gen Z 212, à l’origine de la mobilisation. Il affirme que des manifestants, échaudés par la répression des forces de l’ordre, se seraient effectivement rendus devant la brigade, cible de nombreux jets de projectiles, mais sans chercher à y pénétrer par la force.

      Jeudi, peu après minuit, le collectif #Gen_Z_212 s’est exprimé, sur le réseau social Discord, parlant d’une « génération entière, épuisée par des années d’attente et rongée par la frustration ». « Nous avons presque [wtf] totalement perdu confiance dans les gouvernements successifs. Cette perte n’est pas passagère, mais plutôt le résultat d’une longue accumulation de promesses non tenues, qui ont affaibli dangereusement la confiance dans les institutions officielles », ajoutait le mouvement, qui dit maintenir ses revendications : « Le droit à la liberté d’expression et une réforme radicale des secteurs de la santé et de l’éducation. »

      La pression s’accentue sur le gouvernement, qui se dit ouvert au dialogue avec les manifestants, mais qui n’a pas apporté de réponses urgentes à leurs doléances. A Casablanca, principale ville du Maroc, des centaines de protestataires marchaient, mercredi, dans le quartier de Sidi Bernoussi, aux cris de « Akhannouch dégage ! . Aziz Akhannouch, le chef de l’exécutif [un milliardaire qui a fait fortune dans les hydrocarbures], concentre toutes les critiques en raison de son bilan jugé « insuffisant » par les protestataires et les partis d’opposition, au terme de quatre ans de mandature.

      Le ras-le-bol culmine face au #chômage, en baisse mais qui frôle toujours les 13 %, et à la corruption persistante, alors que le gouvernement, composé de nombreux hommes d’affaires, dont Aziz Akhannouch lui-même, est associé par une large part de la population à la rente et à la prédation. Une source sécuritaire, citée par Jeune Afrique, affirmait mercredi que « ce gouvernement ne prend pas ses responsabilités et nous laisse seuls en première ligne face à la rue. Le strict minimum serait que les ministres de la santé et de l’éducation soient limogés »_
      .
      Un limogeage, « le seul levier »

      Parmi les ministres en poste, une seule voix a fait acte de contrition, un exercice avec lequel le gouvernement n’est pas familier. « Nous n’avons pas réussi. Si nous avions réussi, nous n’entendrions pas ces voix aujourd’hui dans la rue et sur les réseaux sociaux, et cette colère ne perdurerait pas », a déclaré la ministre de l’habitat, Fatima Zahra Mansouri, également maire de Marrakech, lors d’une réunion de sa formation, le Parti authenticité et modernité, mardi.

      L’hypothèse d’une démission du patron de l’exécutif est à présent sur toutes les lèvres. « Réformer la santé et l’éducation prendra des années, un limogeage d’[Aziz] Akhannouch est le seul levier dont dispose le Palais pour répondre dans l’immédiat aux demandes des manifestants », assure, sous couvert d’anonymat, un homme d’affaires de Casablanca. Le collectif Gen Z 212 se voulant apolitique, partis et syndicats n’ont guère de prise sur lui, ce qui rend plus étroite la marge de manœuvre pour parvenir à apaiser un mouvement dont la mobilisation ne faiblit pas.
      Un signe du plus haut sommet de l’Etat se fait donc attendre, alors que les activités officielles de la famille royale se poursuivaient ces derniers jours. (...)

      Au Maroc, la pression s’accentue sur le gouvernement alors que les manifestations ont connu leurs premières violences
      https://www.jeuneafrique.com/1726525/politique/au-maroc-la-pression-saccentue-sur-le-gouvernement-alors-que-les-manif

      La police marocaine indique que beaucoup des jeunes interpelés ont entre 15 et 20 ans et n’appartiennent pas à la fameuse « Génération Z » qui donne son nom au mouvement mais à la suivante, baptisée Génération Alpha.

      [...]
      Le mouvement gagne aussi en popularité auprès des Marocains de la diaspora, qui s’expriment de plus en plus massivement sur le sujet. Plusieurs footballeurs évoluant ou ayant évolué en équipe nationale – Sofyan Amrabat, Bilal El Khannouss, Nayef Aguerd, Yassine Bounou, Mohamed Chib, Azeddine Ounahi, Abdelhamid Sabir, Hakim Ziyech – ont affiché publiquement, ces dernières heures, leur solidarité avec le mouvement.

      https://justpaste.it/c52pg

      Un gouvernement d’hommes d’affaires, c’est rétro, ils ont pas appris les allers-et-retours du pantouflage et les renvois d’ascenseur. Une authentique modernisation se répare (un gouvernement de technocrates ?).

      [Publié le 23 septembre] Au Maroc, des morts suspectes à l’hôpital public d’Agadir symbolisent un pays à deux vitesses
      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/23/au-maroc-des-morts-suspectes-a-l-hopital-public-d-agadir-symbolisent-un-pays

      Des #manifestations ont secoué la ville d’un demi-million d’habitants pour dénoncer la situation catastrophique du système de santé public, tandis que des milliards sont dépensés pour le développement économique.


      Une capture d’écran d’une vidéo sur le réseau social TikTok montre des manifestants devant l’hôpital Hassan-II, à Agadir (Maroc), en septembre 2025. ABDE.RA7M/TIKTOK

      Jeudi 18 septembre, le roi Mohammed VI inaugurait de nouvelles installations dans le port de Casablanca. Les images télévisées ce jour-là montrent le souverain traversant la ville en Mercedes sous escorte policière, puis foulant un tapis rouge au son d’une fanfare militaire. Réunis pour l’occasion, des employés du complexe portuaire l’applaudissent, tandis que des ministres et de hauts responsables se courbent l’un après l’autre à son passage pour lui embrasser la main, l’épaule ou le bras, avant que le monarque n’entame l’objet de sa visite : inspecter pour 5 milliards de dirhams (environ 470 millions d’euros) de chantiers « visant à conforter le rayonnement économique et touristique de la métropole », selon la première chaîne, Al-Aoula.

      Le contraste est saisissant entre cette séquence, officiellement un symbole de « la dynamique de développement du Maroc », et l’ambiance qui dominait la veille à Agadir [dont maire n’est autre, depuis 2021, que le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch], à cinq heures de route au sud. Dépêché à l’#hôpital public Hassan-II après la mort suspecte de huit femmes, le ministre de la santé, Amine Tahraoui, y annonçait le limogeage de son directeur et de plusieurs cadres régionaux. Ce qui s’apparente à un scandale sanitaire – les patientes sont mortes en l’espace d’une semaine après avoir accouché par césarienne – a provoqué un tollé au niveau local, où des manifestations se sont tenues devant l’hôpital, l’onde de choc s’étant propagée dans tout le royaume.

      [...]

      Cette réalité – un pays émergent engagé dans une course à la modernité, mais dont le système hospitalier est digne d’une nation « sous-développée », aux dires d’une médecin de Casablanca – est connue de tous les Marocains. C’est la principale raison avancée par nombre de ceux résidant à l’étranger pour justifier leur refus de (re)venir s’installer au Maroc. L’hôpital en question, pourtant la principale structure de soins d’Agadir, est décrit de longue date comme une « morgue » et les témoignages à son sujet font froid dans le dos. Des patients se plaignent d’avoir été traités « comme du bétail », d’autres affirment avoir été contraints de fournir draps et oreillers, parfois même les flacons destinés aux prises de sang. Le sous-effectif et le sous-équipement y sont patents, l’insalubrité chronique. Durant les six premiers mois de l’année, son seul service des urgences a reçu 63 000 personnes, à peine deux fois moins que le CHU Ibn Sina de Rabat, le plus grand du Maroc, qui dispose de quatre fois plus de lits. Pour l’établissement d’Agadir, à la capacité d’accueil presque inchangée depuis son ouverture dans les années 1960, la pression est insoutenable.

      L’inquiétude des Marocains n’est pas nouvelle – l’accès aux soins était une revendication des manifestants du Rif lors du mouvement de protestation qui traversa la région entre 2016 et 2017 (...)

      https://justpaste.it/8xodk

  • « Splann ! » confronté au manque de #transparence et à la rétention d’information de certains hôpitaux
    https://splann.org/enquete-hopital-transparence-documents-administratifs

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    #La_vie_de_« Splann !_ » #Libertés_et_droits_humains #Santé_publique #droit_d'informer #hôpital

  • Splann ! confronté au manque de #transparence et à la rétention d’information de certains hôpitaux
    https://splann.org/splann-confronte-au-manque-de-transparence-et-a-la-retention-dinformation-de

    Alors que les derniers volets de notre enquête sur le système de santé breton n’étaient pas encore publiés, trois centres hospitaliers nous réclamaient 5.500 euros. La raison invoquée : avoir demandé l’accès à des documents d’intérêt général, concernant la gouvernance des hôpitaux public. Une entrave au droit d’informer qui mérite quelques explications. C’est une bataille […] L’article Splann ! confronté au manque de transparence et à la rétention d’information de certains hôpitaux est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #Libertés_et_droits_humains #Santé_publique #droit_d'informer #hôpital

  • L’hôpital s’effondre et les pouvoirs publics regardent ailleurs, suite de notre grande enquête en Bretagne
    https://splann.org/enquete-hopital-bretagne-effondrement

    En Bretagne aussi, le « droit à la santé pour tous » est en soins palliatifs. C’est le constat amer des trois nouveaux volets de notre grande enquête sur la lente agonie hospitalière. Où les tableurs Excel, les consultants privés, la tarification à l’acte et les médecins « intérimaires » ont pris le pas sur une démarche de soins, à la fois respectueuse des patients et des personnels de santé. L’article L’hôpital s’effondre et les pouvoirs publics regardent ailleurs, suite de notre grande enquête en Bretagne est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Santé_publique #hôpital #santé #service_public

  • Visualised : Europe’s population crisis

    Anti-immigration politics is on the rise across Europe. France’s National Rally and Germany’s Alternative für Deutschland (AfD) each have significant representation in their country’s legislatures, meanwhile the UK’s Reform party is topping the polls.

    But the rise of the far-right could speed up the population decline of Europe, projections show, creating economic shocks including slower growth and soaring costs from pensions and elderly care.

    Those wanting to shut Europe’s borders must contend with a stark demographic reality: the continent’s native population is expected to fall sharply over the next century in an era of low birth rates.

    Experts warn that European societies will age more quickly without immigration, bringing forward a host of economic challenges as workforces shrink and care burdens grow.

    “Most politicians on the centre-left and centre-right recognise that immigration is needed to ease demographic pressures,” said John Springford, an associate fellow at the Centre for European Reform thinktank. “They have sought to focus on tougher – and often inhumane – asylum rules in the hope that stricter border enforcement will provide political cover for higher regular immigration.

    “But radical right parties are increasingly challenging the mainstream consensus. Those countries that manage to hold the line against demands to cut working-age immigration will be in a stronger position economically in the long run.”

    The latest projections produced by Eurostat, the EU’s official statistics agency, suggest that the bloc’s population will be 6% smaller by 2100 based on current trends – falling to 419 million, from 447 million today.

    But that decline pales in comparison with Eurostat’s scenario without immigration. The agency projects a population decline of more than a third, to 295 million by 2100, when it excludes immigration from its modelling.

    Eurostat’s baseline projections assume countries will maintain their average net migration levels from the past 20 years, but the Guardian has examined figures also published by the agency with this assumption left out.

    Likewise, the UK’s Office for National Statistics publishes population projections that include a zero net migration scenario.

    Italy, France and Germany, where anti-immigration politicians have recently made inroads, would face big population declines in a zero-immigration scenario.

    Italy’s prime minister, Giorgia Meloni, has made cracking down on migration a priority in her first term, but her country has one of the lowest fertility rates in Europe and its population would more than halve by the end of the century under zero immigration.

    In Germany, where the anti-immigration AfD came second in this year’s federal election, the population could shrink from 83 million to 53 million over the next 80 years if its borders were completely closed.

    And in France, where the National Rally won the first round of legislative elections last summer after campaigning for restrictions on incoming people, a zero-immigration scenario would mean a population fall from 68 million to 59 million.

    Only a handful of EU states would notice little difference from closed borders: Romania, Latvia and Lithuania, all countries that have experienced a net outflow of people.

    Instead, in most of Europe, populations would not only shrink in the absence of current immigration levels, but also become older as the number of working-age people fall relative to elderly people.

    Today, 21% of the EU population is aged 65 or over. In Eurostat’s baseline scenario, this proportion will rise to 32% by 2100, but in the agency’s zero-immigration scenario, it will increase further, to 36%.

    Those studying Europe’s changing age pyramid say this will put countries under increasing economic pressure.

    “The main consequences will be slower growth because the labour force will shrink, and higher tax burdens, because pension spending and the demand for health and elderly care will rise,” said Springford.

    Indeed, much of the EU is already seeing this, with tax burdens – as expressed through tax revenue as a percentage of GDP – climbing in counties such as France, Italy, Germany and Spain in recent decades.

    The health and social care industries will become increasingly important for managing an ageing Europe, and many health systems in the EU are already dependent on immigrant doctors or nurses.

    “More people are going to require care, though that does depend on how healthy people are in old age, and how much care they need,” said Alan Manning, a professor of economics at the London School of Economics.

    “You also have the other side of the equation that because of fewer children, because of low fertility rates, you need fewer people in education and childcare. So what we need to be doing, in some sense, is redistributing people who were caring for children to caring for old people.”

    At the same time, experts stress that immigration is not a silver bullet for Europe’s demographic challenges, instead suggesting it is one of many solutions, or at least a way to ease the transition to an older society.

    “Increasing immigration levels will not solve these demographic problems on their own – the levels required to do so would be very large, and there are only so many migrants who are willing to move,” said Springford.

    “But they would help, as would raising employment rates of working-age people, pushing back the age of retirement, reforming pensions and shifting the burden of taxation from labour income to wealth, especially property.”

    Manning added: “For immigration to help, it’s got to be that immigrants are actually in work, and many European countries have quite low employment rates among a lot of immigrants. So you can’t take that as a given. If you had an immigrant who came in and didn’t work and then needed support, for welfare, that wouldn’t make things better, that would make things worse. So it’s really important that they’re going to be in work, and that has been problematic in some cases.”

    Within national borders, rural areas will bear the brunt of the EU’s coming population decline. Over the next 80 years, more villages could suffer the same fate as Camini in southern Italy.

    The village is one of many in the Calabria region where the population declined sharply later in the 20th century as younger residents moved elsewhere for opportunities.

    Camini has recently become the site of a project that is resettling refugees, in an attempt to bring the community back from extinction. It was cited in a recent Council of Europe report written by the Labour MP Kate Osamor that examined the potential of immigration to alleviate the challenges of an ageing population.

    “I was watching the place slowly dying. The houses were just falling down because no one was living in them,” said Rosario Zurzolo, who was born in Camini and is now the president of the cooperative running the resettlement project, Eurocoop Servizi.

    So far, 50 refugees have settled permanently in Camini under the scheme, bringing the village population to 350, while a further 118 refugees are being temporarily hosted. A symbolic achievement for the scheme was the recent re-opening of the local school.

    Zurzolo says Camini can act as a model to help revitalise other European regions experiencing population decline.

    Serena Franco, who is also part of the Camini project and presented evidence to the Council of Europe for its report, added: “They’re bringing knowledge, and now we are starting to grow with them and to make new things, new processes, new jobs as well that would be impossible without them.”

    https://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2025/feb/18/europes-population-crisis-see-how-your-country-compares-visualised

    #cartographie #démographie #visualisation #Europe #crise_démographique #migrations #déclin_démographique #ressources_pédagogiques #hôpitaux #santé #travail #main-d'oeuvre #retraites

    ping @reka @karine4

  • #Eyal_Weizman : Israël déploie à #Gaza une « #architecture_de_la_mort »

    Comment établir la #matérialité du #génocide ? Depuis le 7 octobre 2023, Forensic Architecture travaille à dévoiler par la #cartographie la #destruction_systématique, par #Israël, des #infrastructures de la société palestinienne, qui s’en trouve « déracinée ». Entretien avec son fondateur.

    Regroupant des architectes, des journalistes, des universitaires comme des artistes, le laboratoire pluridisciplinaire #Forensic_Architecture s’est illustré ces dernières années en enquêtant sur différents crimes de guerre, en Syrie ou en Ukraine, ou encore sur des violences policières. En septembre 2022, Forensic Architecture avait notamment montré comment l’armée israélienne a sciemment exécuté la journaliste Shireen Abu Akleh (Al Jazeera) au cours d’un reportage à Jénine (Cisjordanie).

    Au lendemain du 7-Octobre, l’équipe a commencé à travailler sur l’offensive israélienne contre Gaza, convaincue que s’y déroulait une entreprise de #destruction d’une ampleur inédite.

    Ce travail a abouti à la publication de plusieurs rapports visant à mener une « #cartographie_du_génocide ». L’un de ces rapports a montré en juillet l’organisation de la #famine par Israël, notamment à travers les attaques contre l’#agriculture.

    Le fondateur de Forensic Architecture, l’architecte israélien Eyal Weizman, explique à Mediapart pourquoi son organisation, basée à l’université Goldsmiths à Londres (Royaume-Uni), et qui compte désormais une douzaine de bureaux dans le monde, a choisi d’accompagner la plainte pour génocide déposée contre Israël devant la Cour internationale de justice à La Haye (Pays-Bas). Il revient sur la notion de « #génocide_colonial » au cœur de son prochain livre. Entretien.

    Mediapart : Forensic Architecture a commencé à documenter le génocide perpétré à Gaza juste après le 7-Octobre. De quelle manière travaillez-vous sur ce terrain ? Est-ce un travail de même nature que les enquêtes que vous avez menées jusque-là ?

    Eyal Weizman : Non, c’est complètement différent. Normalement, Forensic Architecture peut passer un an à travailler sur une séquence d’une seconde. Dans un cas de violence policière, par exemple, comme on l’a fait en France avec notre partenaire #Index, c’est dans cette temporalité que nous travaillons.

    Concernant le génocide en cours à Gaza, on ne peut évidemment pas fonctionner comme ça. Nous avons donc commencé par collecter des informations sur des dizaines de milliers d’événements, puis nous avons essayé de comprendre quels liens existaient entre toutes ces situations.

    Face à des #crimes_de_guerre, nous essayons d’établir si ce sont des civils ou des combattants qui ont été tués, si c’était proportionné, etc. Dans le cas d’un génocide, c’est la relation entre une énorme multiplicité de cas qui est déterminante. Est-ce qu’il y a un #système, un #dessein, un #plan ?

    L’#intentionnalité est au cœur de la notion de génocide, selon la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Elle peut être établie par des #schémas_d’action qui donnent un sens à des cas a priori isolés. Au-delà de toutes les déclarations génocidaires du gouvernement israélien depuis le 7-Octobre, notre travail a consisté à faire apparaître ces schémas sur nos cartes.

    De quelle manière ? Quels sont vos outils ?

    Concrètement, dans chaque cas que nous investiguons, le bombardement de tel centre alimentaire, la destruction de tel terrain agricole, nous sauvegardons les vidéos, les images que nous recevons, nous les authentifions et nous analysons « l’#incident » : cela s’est passé là à telle heure, tel jour, etc.

    Ensuite, nous avons différents #modèles_mathématiques pour regarder les relations entre ces différents événements. Quel est le système derrière ? Pouvons-nous établir qu’il y a un plan visant à détruire le peuple palestinien en tout ou en partie, ce qui est la définition du génocide ?

    Si nous voyons qu’Israël détruit systématiquement les #terres_agricoles, qu’ensuite il empêche l’#aide_alimentaire d’entrer dans Gaza et cible les centres de #distribution_alimentaire, le #dessein qui apparaît alors est celui d’affamer la population. La famine à Gaza est créée par cette multiplicité d’actions.

    L’article II, c) de la convention des Nations unies mentionne la « #soumission_intentionnelle » de la population à « à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ». Vous ne tuez pas les gens directement, mais vous les tuez en détruisant l’#infrastructure qui rend leur vie possible.

    Si vous détruisez l’accès à la #nourriture, si vous détruisez les #hôpitaux, si vous détruisez les #écoles, si vous détruisez les #maisons, ce que j’appelle une « #violence_architecturale », alors les conditions de vie sont anéanties et la mort arrive lentement, parfois indirectement.

    La famine ravage aujourd’hui Gaza. Or vous montrez, notamment dans le dernier rapport de Forensic Architecture, qui couvre la période du 18 mars au 1er août, comment cela correspond à un objectif d’#anéantissement méthodiquement poursuivi.

    Gaza est une bande de terre longue et fine qui a deux types de sols. Des #sols sablonneux, du côté ouest, et des sols argileux à l’est. Quasiment toute l’agriculture à Gaza se situe à l’est de la route Salah al-Din, artère principale de la bande de Gaza. Et c’est cette partie qui a justement été la plus ciblée pour pousser la population vers les terres les plus difficiles à cultiver.

    Ce que nous avons vu depuis le début du génocide, c’est une campagne systématique pour détruire la #souveraineté_alimentaire palestinienne, par la destruction des #champs, des #vergers, la destruction des moyens de pêcher – tous les bateaux ont été détruits…

    Les Palestiniens n’ont plus les moyens de se nourrir. Ils dépendent entièrement de l’#aide_humanitaire qui passe par les checkpoints contrôlés par Israël. Israël a un contrôle total, peut ouvrir ou fermer le robinet. Parfois, il a dû l’ouvrir un peu sous la pression internationale, mais jamais assez.

    Toute la matrice de la société palestinienne, tous les lieux de distribution de la nourriture, les familles, les associations caritatives, les mosquées, les boulangeries, tout ce qui permet la #résilience de la population, a été systématiquement ciblé. C’est une tentative de détruire la société palestinienne, en attaquant les #liens_invisibles qui la constitue.

    À la place, Israël a construit des espaces nouveaux pour la distribution de nourriture qui sont en réalité des trappes de la mort.

    C’est-à-dire ?

    Vous devez penser Gaza à la fois comme une zone de #démolition et comme une zone de #construction. Parce que les #bulldozers israéliens détruisent les bâtiments palestiniens, mais avec les décombres, ils construisent une #architecture complètement nouvelle.

    Par exemple, ils ont construit des centres de distribution alimentaire à partir des gravats des maisons détruites, selon ce que j’appelle une architecture de la mort. Ils le font dans une petite enceinte qui devient un genre de « #trappe_de_mort » où les gens peuvent se faire facilement tirer dessus par les forces israéliennes. Tout est fait pour qu’il soit très compliqué et très dangereux d’essayer d’y obtenir de la nourriture.

    Les #gravats des maisons servent aussi à construire des jetées dans la mer, des petites #collines qui permettent à l’armée de surveiller Gaza, un territoire globalement plat.

    L’architecture, en tant qu’#organisation_de_l’espace, est un très bon cadre pour analyser le génocide car elle est basée, elle aussi, sur une intention.

    C’est ce qui forme la base de votre contribution à la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël, devant la Cour internationale de justice, pour génocide.

    Oui, c’est tout ce travail qui a permis de produire un rapport de 825 pages pour l’équipe juridique de l’Afrique du Sud, qui sert de base factuelle dans cette procédure.

    Nous amenons des éléments de #preuve concernant la destruction des hôpitaux, de l’agriculture, de l’#éducation, l’organisation de la famine, et nous montrons comment tout cela marche ensemble.

    Nous considérons le procès intenté par l’Afrique du Sud contre Israël comme une chance pour les droits humains et le droit international. Ce qui s’y joue est, selon nous, très important. Qu’un pays qui a souffert de l’apartheid, qui a expérimenté le colonialisme de peuplement, un pays du Sud, attaque Israël, défendu par les pays occidentaux dans leur ensemble…, c’est un événement historique. C’est pourquoi nous sommes très engagés dans cette plainte.

    Nous n’avons pas l’illusion que la Cour puisse avoir un impact sur les événements en cours, mais il existe une puissance historique, symbolique dans cette affaire.

    Dans l’enquête que vous avez menée sur l’assassinat de la photojournaliste #Fatma_Hassona, vous dites que les forces israéliennes ont pixelisé l’image satellitaire de la toiture de sa maison pour brouiller les preuves. Est-ce de plus en plus compliqué pour vous de travailler avec les #images ? Les témoins qui vous envoient des photos, des vidéos, prennent aussi des risques énormes.

    Oui, c’est un enjeu. C’est très difficile de télécharger des vidéos à Gaza. Les connexions sont systématiquement coupées, trouver du réseau est difficile. Mais malgré les difficultés, malgré le fait que les personnes risquent leur vie pour tourner des images, les gens continuent à nous envoyer des #vidéos de Gaza comme des bouteilles à la mer.

    Vous ouvrez la bouteille, vous lisez ce message avec un soin infini pour honorer le risque qu’ils ont pris. Nous avons donc des protocoles très précis pour ne pas exposer nos sources sur le terrain. Nous faisons très attention à retirer toutes les indications qui pourraient permettre d’identifier ou de localiser nos sources.

    Nous ne sollicitons jamais de vidéos, de photos. Les gens nous les envoient parce qu’ils nous connaissent et qu’ils nous font confiance. Mais nous préférons encore les prendre lorsqu’elles sont déjà en ligne, parce que cela assure mieux la sécurité des personnes.

    Le climat dans lequel vous travaillez sur Gaza est particulièrement difficile. Votre bureau allemand a dû récemment fermer.

    L’État allemand a retiré les financements et, effectivement, cela a conduit à fermer ce bureau en janvier. De façon générale, après le 7-Octobre, j’ai été accusé d’être antisémite dans plusieurs pays où nous travaillons, en Israël bien sûr mais particulièrement en Allemagne. Pour moi qui viens d’une famille juive rescapée d’Auschwitz, entendre cela dans ce pays est particulièrement douloureux.

    Cela dit, nous avons encore une très petite équipe dans ce pays, qui vient juste de dévoiler un très important cas de violence policière lié aux manifestations de soutien à Gaza. La police avait accusé des manifestants d’avoir violemment molesté un policier à Berlin. Le gouvernement en avait profité pour interdire les manifestations de soutien à la Palestine. Nous avons pu établir que les faits étaient à l’opposé de la version officielle. En réalité, le policier a frappé un manifestant tellement fort qu’il s’est cassé la main. Donc, ils pensaient se débarrasser de nous mais ils n’ont pas complètement réussi…

    Concernant le climat, mon université à Londres est actuellement sous enquête pour antisémitisme et je sais que c’est en partie à cause de l’activité de Forensic Architecture.

    Je veux être très sérieux sur ce sujet, parce qu’il y a vraiment de l’antisémitisme, notamment en France, et il est meurtrier. La sécurité des juifs là où ils vivent doit être garantie.

    Mais Israël, à force de faire passer la défense des droits humains, le droit international pour de l’antisémitisme, crée encore plus d’#antisémitisme. Ce qui me donne de l’espoir, ce sont ces jeunes juifs dans différents pays qui rejettent l’État génocidaire. Ils sont le futur.

    Vous travaillez à un livre qui sortira dans quelques mois. Vous y parlez de ce que vous appelez « le génocide colonial ». Pouvez-vous nous en dire plus sur ce concept ?

    Quand on pense au génocide, nous avons en tête l’Holocauste. Un crime perpétré sur un temps et un espace resserré. Mais un génocide peut prendre différentes formes.

    Le génocide des Palestiniens n’a pas commencé le 7-Octobre. Pour le comprendre, il faut regarder l’#histoire_longue et la transformation de l’environnement, des lieux de vie palestiniens.

    Je voudrais, à travers un travail sur les cartes, sur les sols, revenir sur l’histoire de la création de la bande de Gaza, de l’expulsion des Palestiniens du sud de la Palestine et la façon dont les villages palestiniens ont été littéralement rayés de la carte. Il faut comprendre comment les #colonies_israéliennes ont été localisées sur ce territoire, en particulier les #kibboutz, construits sur les ruines des #villages_palestiniens.

    Ce sera, à travers l’#histoire_de_l’environnement et l’histoire des sols, une longue histoire de Gaza. Une grande partie des habitants de Gaza étaient auparavant des #bédouins. Pas des nomades, mais des #agriculteurs qui habitaient autour du fleuve #Waadi_Gaza. Ils y avaient élaboré des #techniques_agricoles très sophistiquées. Je travaille en particulier sur le village d’#Al-Ma’in, d’où viennent l’historien Salman Abu Sitta et le célèbre médecin palestinien Ghassan Abu Sitta.

    Nous essayons de reconstruire précisément la manière dont la colonisation a transformé le #paysage, l’#environnement. C’est ce qui permet d’inscrire le génocide post 7-Octobre dans un bien plus long processus de #colonialisme_de_peuplement, qui est une forme de génocide.

    Après le 7-Octobre, Israël a transformé Gaza en #désert. Mais là encore, c’est une histoire bien plus longue. On connaît le slogan revendiqué en Israël d’avoir fait « #fleurir_le_désert ». Mais Gaza n’a jamais été un désert. La région a toujours été habitée par des bédouins palestiniens qui cultivaient notamment de l’#orge à destination des Britanniques, qui s’en servaient pour la #bière. Jusqu’en 1948, c’était un territoire luxuriant.

    Vous travaillez sur l’#effacement de ces #traces. Voire, sur l’#effacement_des_traces_de_l’effacement, qui est aussi une caractéristique des entreprises génocidaires.

    Quand les Israéliens détruisaient un village palestinien, ils ne détruisaient pas seulement les bâtiments. Ils labouraient la terre, et même les #cimetières et les #routes.

    Et, s’il y avait un champ qui était labouré dans un sens, ils le labouraient dans l’autre sens. Pour effacer toute trace, effectivement, des formes de vie qui existaient jusque-là. Aujourd’hui, j’observe les mêmes phénomènes, à la différence que le labour est fait par des bulldozers.

    La destruction, c’est une chose. Par mon activité au sein de Forensic Architecture, j’ai vu beaucoup de destructions de bâtiments. Mais ce que je vois à Gaza, ce n’est pas simplement des bâtiments détruits, je vois la destruction des sols eux-mêmes, de la terre, ce que j’appelle « déraciner » Gaza.

    À l’époque de la création d’Israël, une forme de #torture vis-à-vis des Palestiniens était de les amener sur les lieux où leur village avait été rasé et dont il ne restait rien. Pas même une trace.

    C’est pour cela que vous avez voulu vous focaliser sur les sols, la #terre ?

    Oui, parce que organiser la #désertification à Gaza est politique. Construire des #barrages pour détourner l’#eau au profit d’Israël, c’est utiliser l’environnement pour expulser les Palestiniens de leurs #terres.

    #Créer_le_désert est une caractéristique continuelle du génocide. C’est la destruction des formes d’#habitabilité. D’abord Israël crée un désert, puis y envoie les Palestiniens. Si l’on pense au génocide arménien et au génocide en #Namibie par les Allemands, dans ces deux cas le désert a été un « outil » de destruction.

    Je travaille aussi sur les dommages causés en profondeur aux sols. Depuis le 7-Octobre, Israël a lancé des bombes qui explosent à 30 mètres sous terre, officiellement pour détruire les tunnels du Hamas.

    Ces bombes contiennent énormément de #produits_chimiques qui contaminent en profondeur les sols, et ce, pour des décennies. De l’eau salée a aussi été injectée dans la terre, ce qui a endommagé l’aquifère. La poussière de tous les bâtiments détruits à Gaza s’est infiltrée en profondeur et, là encore, va créer une pollution pour de très nombreuses années. C’est aussi politique. Contaminer les #sous-sols, c’est aussi détruire les capacités d’habiter des générations à venir.

    Je pense que le colonialisme de peuplement, comme l’a dit l’anthropologue Patrick Wolfe, a une logique d’#élimination. La plupart des gens qui meurent dans le génocide colonial ne meurent pas de façon violente. Bien sûr, il y a des #massacres. Mais les gens meurent de #causes_secondaires. C’est comme un génocide sur la durée.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/010925/eyal-weizman-israel-deploie-gaza-une-architecture-de-la-mort

    #architecture_Forensique #ressources_pédagogiques #contamination #pollution #bombes #verticalité

    voir aussi :
    DIAGRAMMES - INTENTION GÉNOCIDAIRE
    https://seenthis.net/messages/1118337
    signalé par @reka

    ping @isskein

  • « Le livre de Nicolas Demorand sur sa bipolarité est un plaidoyer pour la psychiatrie publique », Laure Westphal (Psychologue)
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/06/24/le-livre-de-nicolas-demorand-sur-sa-bipolarite-est-un-plaidoyer-pour-la-psyc

    (...) Environ 20 % des patients bipolaires non traités décéderaient par suicide. L’espérance de vie de personnes souffrant d’affections psychiques serait réduite de 15 ans par rapport aux autres. Ainsi « soigner les patients sans soigner l’hôpital [reste] de la folie », pour paraphraser [le psychiatre et psychanalyste] Jean Oury (1924-2014).

    Pour établir un diagnostic et prescrire, il faut être formé. Des internes apprennent désormais leur métier « sur le tas », dans des services en sous-effectif, accablés de charges administratives. Découragés de s’y épanouir, les médecins et les infirmiers se détournent du secteur psychiatrique.

    (...) En France, des durées d’hospitalisation écourtées et des déserts psychiatriques laissent des malades en état d’incurie seuls chez eux, dans la rue, ou dans des familles démunies.

    En 40 ans, 60 % des lits ont été fermés. Le virage ambulatoire s’est fait avec des moyens réduits. Les listes d’attente y sont au mieux de plusieurs mois, les entretiens écourtés et espacés. En libéral, les généralistes sont trop consultés pour des pathologies psychiatriques. De manière similaire, le dispositif Mon soutien psy est inapte à traiter des patients aux affections graves, nécessitant mieux que des prises en charge multiples chez des professionnels sursollicités et peu concertés.

    https://archive.ph/wZ0u5

    #psychiatrie #secteur #hôpital #ambulatoire

  • Le secteur privé, modernisateur ou fossoyeur du service public hospitalier en milieu rural ?
    https://metropolitiques.eu/Le-secteur-prive-modernisateur-ou-fossoyeur-du-service-public-hospit

    Retraçant les transformations d’un #hôpital_public en milieu rural depuis le milieu du XXe siècle, Fanny Vincent éclaire les risques que les partenariats avec le privé font courir au service public hospitalier. Depuis les années 2000, les « déserts médicaux » sont désignés dans les espaces politiques et médiatiques comme un problème public interrogeant l’égalité d’accès aux soins sur le territoire (Hassenteufeul et al. 2020). La présente étude de cas porte sur un hôpital public du sud-est de la France situé en #Terrains

    / hôpital public, santé, #privatisation, #espaces_ruraux, #mobilisation

    #santé
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_fvincent.pdf

  • #Syrie : enquête sur les #fosses_communes du régime de #Bachar_Al-Assad
    https://www.youtube.com/watch?v=3If9Tg8M_B4

    Après la chute du dictateur Bachar Al-Assad, des centaines de Syriens ont ouvert les portes des infrastructures répressives de l’État. Dans les #prisons et #hôpitaux de l’appareil militaire, ils ont découvert ce que de nombreux témoins avaient déjà décrit : une machine à emprisonner, torturer et tuer rebelles et opposants par milliers.

    Pour le régime, c’est autant de #corps qu’il a fallu enterrer. Plusieurs fosses communes ont été creusées à travers le pays. C’est ce que montrent des dizaines de vidéos authentifiées et géolocalisées par « Le Monde ». Filmées par témoins et journalistes, elles montrent des restes humains exhumés de longues tranchées ou de plus petits #charniers à travers le pays, le plus souvent à proximité de bases militaires de l’armée syrienne.

    Ces découvertes alimentent l’espoir des familles de retrouver leurs proches disparus, mais génèrent aussi des complications : les sites sont fouillés par les personnes qui les trouvent, et les ossements sont parfois manipulés, déplacés voire mélangés, ce qui compromet leur intégrité en tant que preuves.

    #vidéo

  • « C’est plus possible » : 300 médecins étrangers en grève de la faim contre la précarité
    https://www.revolutionpermanente.fr/C-est-plus-possible-300-medecins-etrangers-en-greve-de-la-faim-
    https://www.revolutionpermanente.fr/IMG/logo/mede.jpg?1741386002

    Ce mardi 5 mars, les Praticiens à diplôme Hors Union Européenne (PADHUE) ont entamé une grève de la faim contre la précarité imposée par le gouvernement qui les empêche d’accéder à leur régularisation et à de meilleures conditions de vie, en continuant à toujours plus les exploiter.

    À l’appel du collectif Ipadecc (Intégration praticiens à diplôme étranger engagés contre la crise), ce sont 300 #médecins_étrangers, qui sont entrés en grève de la faim ce mercredi pour dénoncer la précarité de leur statut. « J’ai déjà réalisé 2 000 consultations d’urologie et 267 interventions chirurgicales, je suis sur Doctolib, je porte le téléphone d’urgence, je fais des gardes et je travaille près de 70 heures par semaine…Le tout pour 1 600 euros par mois », témoigne un urologue au journal Le Dauphiné libéré.
    Ce sont près de 5 000 praticiens à diplôme Hors Union Européenne (PADHUE) qui sont soumis à la même situation : à compétences égales, ils gagnent près de 3 fois moins que les praticiens titulaires et sont contraints à multiplier les contrats précaires. Pour être régularisés, ils doivent passer un contrôle de connaissances (EVC) ayant lieu chaque année et permettant, selon le résultat, l’accès à des postes stables par spécialités. Cette année, c’est 20% des postes à pourvoir par ce biais qui ont été supprimés, laissant des milliers de praticiens sur le carreau.

    #medecine #santé #hôpital