• #En_découdre - paroles ouvrières en roannais

    Après la deuxième guerre mondiale, l’industrie textile emploie des milliers d’ouvrières sur le territoire Roannais. Elles produisent des vêtements de luxe dont la qualité est reconnue dans la France entière. A travers une série d’entretiens, ce film retrace l’histoire de ces femmes rentrant souvent jeunes à l’usine. Elles y découvrent des conditions de travail difficiles, le paternalisme patronal, mais également la solidarité ouvrière. Relatant les inégalités qui se jouent entre ouvriers et ouvrières, elles décrivent surtout la rencontre avec la culture syndicale et leur volonté d’en découdre avec l’exploitation. Des promesses d’émancipation de « mai 1968 » jusqu’aux combats contre la fermeture des usines et les destructions de leurs emplois à partir des années 1980, ces paroles ouvrières livrent une mémoire à la fois personnelle et politique des grandes mutations du monde contemporain.

    https://vimeo.com/330751537


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  • Piètres conditions de travail, rémunérations faibles... l’aide aux personnes âgées ne parvient plus à recruter, Francine Aizicovici
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/03/06/l-aide-aux-personnes-agees-en-souffrance_5432155_3234.html


    Une aide soignante et la résidente d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, à Paris, le 20 septembre 2017. Céline Gaille / HansLucas

    Embaucher un aide-soignant ou une auxiliaire de vie sociale est une gageure. Cette situation sociale tendue génère de la « souffrance au quotidien ».

    « Chez une personne âgée valide, le matin, je devais en une demi-heure l’aider à sa toilette, préparer son petit-déjeuner, mettre ses médicaments dans le pilulier, faire son lit et, si j’avais le temps, passer un coup de balai », raconte Annie (le prénom a été modifié), qui explique à quoi ressemblaient ses journées. Et si l’ex-auxiliaire de vie sociale pour une association des Vosges dépassait la demi-heure, elle n’était « pas payée plus, bien sûr. En revanche, la personne payait le dépassement à l’association » .

    L’aide aux personnes âgées et/ou dépendantes se concentre au moment du lever, des repas et du coucher de la personne. Il faut tout faire vite. Faute de personnel suffisant, les salariés s’épuisent. Annie a fini par quitter cet emploi où l’amplitude de sa journée s’étendait de 8 heures à 20 heures, coupée en quatre tranches de deux heures de travail. « Je faisais au moins 100 kilomètres par jour pour aller dans huit petits villages, se souvient-elle. C’était très fatigant. » Depuis le 1er janvier, elle travaille dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), au sein d’« une bonne équipe ».

    Le secteur des services aux personnes âgées manque cruellement de personnel, et offre de piètres conditions de travail et des rémunérations faibles. A la suite d’une #grève très suivie, le 30 janvier 2018, dans les #Ehpad, le gouvernement avait annoncé le déblocage progressif de 360 millions d’euros pour ces établissements, une enveloppe de 100 millions pour les services d’aide à domicile ainsi qu’une loi autonomie avant la fin de 2019. Mais ces mesures n’ont pas suffi à apaiser les tensions.

    « Pression budgétaire »

    La loi autonomie arrivera « bien trop tard », estime Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) : « Nous parlons de ces problèmes depuis au moins quinze ans. Nous attendons des mesures très urgentes et concrètes. » Le financement public de l’aide à l’autonomie des personnes âgées représentait, en 2016, 22,8 milliards d’euros. Il faudrait « 10 milliards d’euros supplémentaires », selon lui, pour faire face aux besoins. « La pénurie grandissante de personnel résulte d’une pression budgétaire due aux choix des conseils départementaux et aux lois de financement de la sécurité sociale qui, depuis trois décennies, visent à raréfier les ressources du secteur », accuse Evelyne Rescanieres, secrétaire générale de la fédération CFDT Santé-sociaux.

    Or, il faut préparer l’avenir car avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes en perte d’autonomie devrait passer de 1,255 million actuellement à 1,6 million en 2030 et 2,45 millions en 2060. Selon le site Emploipublic.fr, 300 000 emplois nouveaux seraient à pourvoir dans les onze ans qui viennent.

    Cela n’ira pas de soi. L’enquête de Pôle emploi sur les besoins en main-d’œuvre 2018 révèle, en effet, que les Ehpad s’attendaient à rencontrer des difficultés dans 47 % de leurs projets de recrutement. Cette proportion montait à 58 % pour les aides-soignants et à 83 % pour les médecins coordinateurs. Dans l’aide à domicile et l’aide ménagère, associations, entreprises, organismes publics et plates-formes numériques anticipaient 76,8 % de recrutements difficiles (contre 70 % en 2017 et 60,6 % en 2016) alors que pour l’ensemble des projets d’embauche, la moyenne était de 44,4 %.

    Peu de candidats recrutés

    Aides à domicile, aides ménagères et aides soignants figurent en outre dans le Top 10 des métiers les plus recherchés. Un sondage réalisé en 2018 par le principal réseau d’aide à domicile, l’UNA, auprès de 256 de ses structures, indique, selon l’agence AEF, que 47 % d’entre elles n’ont pu pourvoir leurs postes vacants.

    Pôle emploi incite pourtant les chômeurs à se tourner vers ces professions « en tension », qui ne demandent pas toutes des qualifications. Mais « l’aide à domicile est un métier difficile, compliqué, où un certain comportement est attendu de la part des intervenants », tels la disponibilité, le sens des responsabilités, etc., prévient Quentin Duvivier, responsable du développement des relations avec les entreprises à Pôle emploi. Or, « certains demandeurs d’emploi imaginent qu’il suffit de s’être occupé de sa grand-mère pour savoir s’occuper d’une autre personne âgée… »

    « Beaucoup de candidats sont reçus par nos associations mais peu sont recrutés, observe Hugues Vidor, directeur général d’Adessadomicile, qui réunit 350 structures employant 30 000 salariés. Nos postes à pourvoir sont en concurrence avec ceux de secteurs comme l’industrie où les salariés sont à temps plein et n’ont pas de déplacements à faire. » « C’est difficile de valoriser un travail fragmenté, mal rémunéré, où les conseils départementaux nous imposent des temps d’intervention de plus en plus courts , ajoute-t-il. Passer d’une heure à quinze minutes pour faire la même chose, cela veut dire aller directement aux gestes utiles sans accompagnement social de la personne. »

    « Du travail à la chaîne »

    Dans les Ehpad, « quand il n’y a qu’une infirmière pour 40 personnes, le minimum est fait, mais la qualité du #soin relationnel n’y est pas, regrette une ancienne infirmière. Ça fait perdre le sens de notre métier. On n’a plus le temps de faire de l’individualisation. Cela devient du travail à la chaîne ».
    Pour une grande partie des salariés, les rémunérations avoisinent le smic ou lui sont « inférieures à domicile, où les emplois sont à #temps_partiel », précise M. Champvert. Julien Jourdan, directeur général de la Fédération des services à la personne (Fédésap), qui représente des entreprises du secteur, estime que le système actuel des aides « ne permet pas de rémunérer [les salariés] à un juste niveau ».

    Selon les départements, les aides varient entre 17 et 25 euros de l’heure. Les niveaux les plus bas ne couvrent pas le coût de revient des services aux personnes âgées et les hausses des tarifs sont maigres. « Pour 2019, le ministère de l’économie a fixé cette augmentation à 1,42 % quand le smic a été réévalué de 1,5 %, déplore Olivier Péraldi, directeur général de la Fédération du service aux particuliers (FESP). Cela fait cinq ans que l’augmentation est inférieure à celle du smic. »
    « On ne peut pas dire, comme le fait le gouvernement et comme le désire une très grande partie des gens, que la priorité est le maintien à domicile des personnes âgées et ne pas mettre en face les financements qui vont avec », résume Aline Mougenot, secrétaire générale adjointe à la CFTC Santé-sociaux.

    « Souffrance au quotidien »

    En établissement, les conditions de travail sont parfois difficiles, y compris psychologiquement. « Dans mon Ehpad, qui accueille 200 résidents dépendants, dont 20 souffrent de la maladie d’Alzheimer, un poste d’#aide-soignante et un d’infirmière ont été supprimés en un an et demi, calcule Isabelle (prénom modifié), infirmière dans un établissement de l’Aude. Mais on n’a pas moins de résidents ! Nous gérons beaucoup de fins de vie, avec des soins palliatifs, sans avoir le temps nécessaire pour le relationnel. On va accorder peut-être cinq minutes à une personne qui sait qu’elle va mourir. C’est de la maltraitance ! » « Heureusement, la bonne cohésion de l’équipe nous sauve, ajoute-t-elle. Mais si les conditions ne changent pas, je partirai. Je n’ai pas envie d’être dégoûtée de mon métier. »

    Dans ce climat pas vraiment porteur, une délégation des dix syndicats du secteur et de représentants de l’AD-PA a tenté, jeudi 21 février, de se rendre à l’Elysée pour remettre à Emmanuel Macron 30 000 « cartes-pétitions » revendiquant en urgence l’augmentation des salaires et des effectifs. Face au refus de les recevoir, l’intersyndicale et l’AD-PA ont dénoncé un « mépris vis-à-vis des salariés » et promis de revenir.

    Cette situation sociale tendue, aggravée par la suppression des contrats aidés, génère de la « souffrance au quotidien » pour les personnes âgées et leur famille comme pour les salariés. Conséquence : une mauvaise image continue de coller aux services d’aide aux personnes âgées qui, par ricochet, voient leur pénurie de candidats à l’embauche s’aggraver. Et ce, alors que les premières générations de papy-boomers atteindront, en 2030, 85 ans, âge moyen d’entrée en Ehpad aujourd’hui.

    Le président du Haut conseil du financement de la protection sociale, Dominique Libault, doit remettre d’ici à la fin mars au premier ministre, Edouard Philippe, ses propositions sur l’amélioration de la prise en charge des personnes dépendantes, issues de la concertation conduite depuis le mois de septembre 2018. L’amélioration de leurs conditions d’accompagnement devrait en faire partie. En attendant, l’union Aide à domicile en milieu rural (ADMR, 2 700 associations locales d’aide à domicile employant 94 000 salariés), a lancé le 4 février sa première campagne de publicité radio-télé, sur le thème : « Les gestes qui vous aident sont les liens qui nous unissent. » Des liens, à l’évidence, de plus en plus fragiles.

    #femmes #travail #vieilles #vieux #horaires_en_coupures #care

  • Les « travailleuses pauvres » sont de plus en plus nombreuses - La Croix
    https://www.la-croix.com/Economie/Social/travailleuses-pauvres-sont-nombreuses-2018-12-17-1200990100
    https://img.aws.la-

    [...]« La France compte plus de deux millions de #travailleurs_pauvres et traverse une crise sans précédent de son modèle social. La situation est préoccupante pour les #femmes », souligne Pauline Leclère, responsable de campagne « justice fiscale et inégalités » chez Oxfam France, à l’initiative du rapport Travailler et être pauvre : les femmes en première ligne, publié lundi 17 décembre, et qui présente notamment le cas de Daphné.

    La limite de l’exercice est que le rapport s’appuie sur des données issues de sources multiples, voire contradictoires… « Sur un sujet aussi important, il faudrait pouvoir disposer d’indicateurs #statistiques permettant d’évaluer avec précision l’ampleur des #inégalités », reconnaît Pauline Leclère.

    78 % des #emplois_à_temps_partiel occupés par des femmes

    Selon Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, la part de femmes en activité professionnelle et pauvres dans l’hexagone est passée de 5,6 % à 7,3 % entre 2006 et 2017 (1). Les femmes se retrouvent principalement dans des secteurs qui proposent de nombreux emplois à temps partiel, correspondant aux métiers les moins valorisés et rémunérés. Par exemple les métiers du #nettoyage, du #commerce et du #service_à_la_personne. Parmi les employés non qualifiés, 49 % des femmes sont à temps partiel, contre 21 % des hommes.

    En 2017, les femmes occupaient 70 % des #CDD et des emplois intérimaires et 78 % des emplois à temps partiel. Ce type d’emplois « provoque une insertion discontinue sur le marché du travail et une dégradation des #conditions_de_vie des femmes (#horaires_atypiques, #emplois_pénibles …). Cela entrave la consolidation de l’expérience professionnelle ou conduit même à une dépréciation des compétences », souligne le rapport.

    Difficulté à combiner vie professionnelle et vie de famille

    Les emplois précaires affectent l’articulation entre vie professionnelle et vie familiale. Dans les métiers peu qualifiés comme l’aide à la personne ou la #garde_d’enfants, les #travailleuses ont souvent des horaires courts et combinent plusieurs employeurs. Ainsi, 85 % des salariés ayant plus d’un employeur sont des femmes.

    « Pourtant, parmi les actifs souhaitant travailler plus, 75 % sont des travailleuses, souligne Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde France. Il y a beaucoup d’idées reçues sur ces mères de famille vivant des #aides_sociales. La réalité est toute autre, puisqu’elles préfèrent exercer un #emploi même s’il ne leur permet pas de subvenir à leurs besoins. »

    Un million de travailleuses à la tête d’une famille monoparentale vit sous le seuil de pauvreté

    « À la faiblesse du #revenu du travail peut s’ajouter un facteur démographique, car pour mesurer les niveaux de vie, on tient compte des revenus de l’ensemble du ménage. Ainsi, une femme qui doit faire vivre une famille avec un seul smic se situe largement en dessous du seuil de pauvreté », constate l’Observatoire des inégalités.

    En France, les femmes à la tête d’une famille monoparentale sont particulièrement touchées par ce phénomène : parmi celles qui travaillent, près d’un quart vit sous le seuil de pauvreté, soit un million de femmes.

    Romane Ganneval


    (1) Eurostat fixe le seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian, soit 1 026 € en 2016. En France, le seuil de pauvreté est fixé par l’Insee à la moitié du revenu médian, soit 855 € par mois pour une personne seule.

    #travail #intérim #précarité #droit_au_chômage #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit #prime_d'activité

  • Loin de la terre promise

    Venus d’#Amérique_latine, des milliers de travailleurs et travailleuses récoltent les #fruits et #légumes de #Provence. Parfois confrontés à des employeurs malhonnêtes, certains ouvriers s’organisent.

    « En France, plus personne veut bosser dans l’#agriculture ! » Appuyé contre son tracteur sous le soleil écrasant de la fin d’été, L., maraîcher bio entre #Arles et #Avignon, se désole de la #pénurie de #main-d’œuvre française. Dans cette plaine fertile des #Bouches_du_Rhône, c’est le constat amer que font la plupart des agriculteurs. « Les Français, ils ne tiennent pas le coup ! » renchérit un de ses collègues. La solution : des #ouvriers_étrangers, bosseurs et pas exigeants.

    Après les Espagnols, les Portugais et les Marocains, ce sont des milliers de #travailleurs_sud-américains qui viennent dans le Sud de la France via des entreprises d’#intérim espagnoles comme #Terra_Fecundis, #Laboral_Terra ou #Eurofirm. Créées par des notables de la région de Murcia, Alicante ou Valence, dans le sillage de la crise du BTP de 2008 en Espagne qui a mis des milliers d’ouvriers sur le carreau, elles envoient dans toute l’Europe des travailleurs « en provenance de pays à faible coût », comme elles le mettent en avant auprès des agriculteurs.

    Des nouveaux travailleurs pas chers

    Côté agriculteurs, tout est facilité : même si le salaire horaire doit être désormais le même que celui des Français (lire ci-dessous), les boîtes d’intérim payent les cotisations sociales espagnoles, moins chères d’environ 10%. Entre l’exploitant et les travailleurs, aucun contrat individuel, mais une « commande » collective est passée auprès des entreprises espagnoles qui leur « livrent » les travailleurs en bus. L’agriculteur n’a plus qu’à régler la facture. Leur période d’embauche est calquée sur les besoins et les aléas de la production : ils sont donc révocables à tout moment.

    « Ce système arrange tout le monde ! constate Béatrice Mesini, sociologue. A la fois les agriculteurs qui ont tout à y gagner mais aussi les travailleurs eux-mêmes, qui sont très contents de pouvoir toucher 7,50 euros de l’heure pour vivre et rembourser leurs dettes au lieu de 3,50 à 5,50 euros en Espagne et encore moins chez eux en Amérique du Sud. »

    Des #abus et de la #surexploitation

    « Ils ne nous déclaraient que huit jours par mois alors qu’on travaillait tous les jours. » Sifrid

    Mais à quel prix ? Sous-déclaration des heures de travail, conditions de #logement déplorables, retenues démesurées sur le #salaire (la nourriture, les frais de santé, etc.)… Les accusations sont nombreuses. Rencontré à Beaucaire, Sifrid, Equatorien, raconte son arrivée en France en 2006, via Terra Fecundis (TF) : « Ils ne nous déclaraient que huit jours par mois alors qu’on travaillait tous les jours et parfois on n’était payés que plusieurs mois plus tard, dénonce le quadragénaire, le visage tanné par le soleil. En plus, ils prélèvent une somme pour les transports, pour le logement, pour tout ! Ils ne payent pas ­légalement ! »

    André Fadda, du syndicat CGT intérim 13, le confirme : « Dans le #travail_détaché, la première infraction qu’on note, tous secteurs confondus, c’est les amplitudes #horaires qui ne sont jamais respectées, dénonce-t-il. Ils peuvent parfois travailler jusqu’à 200, voire 250 heures par mois. »

    Des pratiques épinglées par la #justice

    La justice française s’est penchée sur le cas de ces entreprises espagnoles. En 2011, une information judiciaire pour #homicide involontaire est ouverte au Tribunal de Tarascon, à la suite de la #mort par #déshydratation d’#Iban_Elio_Granda_Maldonado, un travailleur TF. Aucune mesure n’a été prise à ce jour et la procédure s’éternise.

    A l’été 2017, la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille ouvre une #enquête pour « #dissimulation_d’activité » et « #fraude_au_détachement ». Rien n’en est encore ressorti. D’ailleurs, sur les 3000 contrôles effectués en 2016 dans des #exploitations_agricoles, seules 329 entreprises ont été déclarées en #infraction. TF brouille les pistes : elle reste injoignable à son siège espagnol de Murcia et son adresse française à Châteaurenard nous mène vers l’appartement d’un de ses salariés, qui confirme qu’il n’y a plus de bureaux ici depuis trois ans.

    Les pratiques douteuses de ces entreprises ont attiré l’œil de la Mutuelle sociale agricole (MSA) et de l’Inspection du travail dont les contrôles sont de plus en plus fréquents. Sont ciblés ceux faisant appel aux prestations de TF, Laboral Terra, etc. Ennuyés par ces contrôles, les agriculteurs commencent à se montrer réticents aux services de ces sociétés. Un exploitant ayant souhaité rester anonyme témoigne : « Parfois, j’embauche quelques Equatoriens. Avant, je le faisais via Terra Fecundis mais maintenant, je passe par un groupement d’employeurs de droit français : au moins, on ne risque plus une descente de gendarmes. »

    Lassés d’être considérés comme des « négriers » et des « esclavagistes », des exploitants visités en viennent à mettre dehors les journalistes de manière musclée : « Vous voyez la porte là ? Eh ben, vous la prenez. Basta, on en a marre de lire des conneries sur notre dos. » D’autres, un peu plus enclins à la discussion, finissent par confier leur désarroi : « On sait qu’il y a des pratiques anormales, mais nous on est réglo et ça se passe très bien. Et puis ils sont là pour bosser ! » Ceux-ci ont cessé de « se faire livrer » par Terra Fecundis et recrutent désormais leurs #saisonniers en direct.

    S’organiser pour se faire respecter

    Petit à petit, les Sud-Américains qui ont acquis la nationalité espagnole contournent le détachement et passent par #Réagir, un groupement d’employeurs agricoles départemental. Sous la serre, Manuel, Johana, Maula, Rolando et Gloria, en pleine plantation du fenouil, ne regrettent pas d’avoir quitté TF : « Ici au moins, nos heures supplémentaires sont payées et les jours fériés et les dimanches majorés. » Un cadre qui plaît aussi à leur employeur qui souligne que « le paiement des charges en France ouvre le droit à une couverture sociale et à une #mutuelle ».

    Pourtant, même là, la situation est loin d’être idéale et ne garantit pas toujours de meilleurs traitements au quotidien… Blanca (le prénom a été changé à la demande de la personne ndlr ) travaille dans une entreprise française de conditionnement de fruits et légumes dans la région d’Avignon : « Je travaille trois jours et demi par semaine mais entre 5h du matin et 19h, avec des pauses. Dans l’entreprise, on nous a dit qu’on ne pouvait pas travailler plus de 48h par semaine ! lance cette mère de famille en riant un peu jaune. Mais bon, moi ça m’arrange pour les enfants. »

    Même si très peu d’entre eux parlent le français, ces travailleurs commencent à connaître leurs droits et des formes d’organisation collective émergent. La #solidarité est forte : des #cagnottes sont montées pour aider certains à payer des frais médicaux, des tournois de volley sont organisés pour souffler, se retrouver… Et en profiter pour s’échanger des contacts de boulot. Lassé de se « faire voler par les entreprises espagnoles », Peters, ancien saisonnier de TF, a monté sa propre entreprise pour mettre directement les travailleurs et les agriculteurs en lien : « Comme je parle bien français, à force je connaissais les employeurs et ils faisaient directement appel à moi. Je me suis lancé. »

    De leur côté, Santiago et Nelly sont cofondateurs d’une toute récente association, #Latinos_Sin_Fronteras, à Beaucaire : « On ne veut pas être vus que comme des machines à travailler. On est aussi des musiciens, des peintres, et on veut promouvoir notre culture, explique Santiago. « On voudrait aussi proposer des cours de français », rajoute Nelly. Julien Sanchez, le maire (FN) de #Beaucaire, n’a pas l’air très disposé à les aider dans leurs démarches. Mais la dynamique est lancée et entre deux matches de volley, certains soufflent que malgré les pressions, ils aimeraient monter un syndicat…

    Le #détachement : une politique européenne

    Pensé à l’origine pour favoriser la circulation des travailleurs au sein de l’Union européenne, le détachement est mis en place en 1996 à travers une directive qui précise qu’un travailleur détaché est « tout travailleur qui, pendant une période limitée, exécute son travail sur le territoire d’un Etat membre autre que l’Etat sur le territoire duquel il travaille habituellement ». Accusé de favoriser le « #dumping_social », le texte est amendé en 2017 en proposant d’établir l’égalité de rémunération et de règles salariales entre travailleurs détachés et locaux, tout en maintenant le règlement des #cotisations_sociales dans le pays d’origine. Il limite aussi la durée du détachement à douze mois et compte « protéger les travailleurs de la fraude et de l’exploitation ».

    Ces règles ont été entérinées en juillet 2018 par une nouvelle directive. « Pour l’Europe, c’est un système de win win win ! explique la sociologue Béatrice Mesini. A la fois pour le pays d’origine, pour le pays récepteur et pour le pays de mise à disposition. Tout le monde est gagnant et c’est pour ça que ça marche. »

    En Europe, le nombre de #travailleurs_détachés a augmenté de 45% entre 2010 et 2014, passant de 1,3 à 1,9 million, contre 600 000 en 2007. Le Ministère du travail français en recensait 516 101 en 2017, soit deux fois plus qu’en 2016, alors qu’en PACA, dans le secteur agricole, ils étaient 67 357 à venir ramasser des fruits et légumes, soit 7,4% de l’emploi salarié régional


    https://lecourrier.ch/2018/10/07/loindelaterrepromise-france
    #travailleurs_étrangers #travail #exploitation #maraîchage
    cc @isskein

  • Le Tour du monde en quatre-vingts jours
    http://www.lesia.obspm.fr/perso/jacques-crovisier/JV/verne_TM.html

    En 1936, Jean Cocteau (1889–1963) entreprend avec son ami Marcel Khill (alias Passepartout) un tour du monde en 80 jours qu’il relate dans les colonnes de Paris-Soir, puis dans son livre Mon premier Voyage (1936, Gallimard). Même plus de 60 ans après le Tour du monde de Jules Verne, il n’était pas si facile de rester dans les temps (les voyageurs s’étant interdit toute étape en avion). Voici ce que Cocteau raconte sur le jour fantôme :
    « 21 mai – La semaine des deux mardis.

    C’est demain que se produit un phénomène que la science explique fort bien mais qui reste une énigme poétique comme la longueur d’onde et le pigeon voyageur. Demain mardi 28 au soir, les passagers s’endorment et... se réveillent mardi matin. Le 28 se prolonge jusqu’à devenir un jour anonyme. La semaine des deux mardis. La semaine des trois dimanches permet à un personnage d’Edgar Poe, capitaine de corvette, d’épouser une jeune fille. Le père refusait ce mariage. « Vous l’épouserez », criait-il, « la semaine des trois dimanches. » Grâce à ses calculs le capitaine parvint à rendre cette imposibilité possible. Il est à noter que Poe et Verne se ressemblent souvent. (Arthur Gordon Pym.)

    Donc, demain, notre marche à la rencontre du soleil nous fera vivre un jour fantôme. Phénomène qui trompa Philéas Fogg et lui fit croire son pari perdu. On touche du doigt la notion conventionnelle du temps humain. »
    (Jean Cocteau, Mon premier Voyage.)

    On pourrait conclure en portant le problème dans le cadre relativiste avec le paradoxe des jumeaux de Langevin (L’Évolution de l’espace et du temps, 1911, Scientia, 10, 31–54) et le boulet de Jules Verne.

    Chronologie du jour fantôme
    http://www.lesia.obspm.fr/perso/jacques-crovisier/JV/chrono_jour_fantome.html

    1321 – Le sultan kurde Ismail Abu’l-Fida (1273–1331) et le Taquin al-Buldan. (Considérations théoriques sur le jour fantôme. Selon R. R. de Freitas Mourão.)

    ca 1377 – Nicolas Oresme (ca 1325–1382) et le Traité de la sphère. (Considérations théoriques sur le jour fantôme. Selon R. R. de Freitas Mourão.)

    1522 – Les compagnons de Magellan (ca 1480–1521) achèvent leur tout du monde et constatent avec surprise un écart d’un jour par rapport à leur journal de bord.

    1524 – Antonio Pigafetta publie le récit de ce voyage Premier voyage autour du monde sur l’escadre de Magellan (traduction de C. Amoretti, Jansen imprimeur-libraire, Paris, 1801.) [Voir pp. 228–229.]

    1580 – Le corsaire anglais Francis Drake (ca 1545–1596) achève son tour du monde (historiquement le deuxième après celui de Magellan), clôturant plus de deux ans de rapines et de dévastation des possessions espagnoles. Il constate un écart d’un jour en arrivant à Plymouth le 26 septembre 1580. (F. Drake, 1652, The World encompassed, edt. F. Fletcher. [Voir p. 108.])

    1629 – Publication posthume de l’ouvrage de Nicolas Bergier (1567–1623) Le Point du jour, ou Traité du commencement des jours, et de l’endroit où il est établi sur la Terre (Reims, 1629).

    1692 – Pierre Bayle (1647–1706) publie la première version de ce qui deviendra sa Dissertation sur le jour dans son Projet et fragments d’un dictionnaire critique (pp. 322–353, Rotterdam, 1692). « Ceux qui font le tour du monde gagnent ou perdent un jour. Il n’est pas nécessaire d’expliquer ceci ; car personne n’ignore que ceux qui ont fait le tour du monde par l’Orient, se sont trouvés à leur retour plus avancés d’une journée, que ceux qui avaient demeuré dans le pays, & que le contraire est arrivé à ceux qui ont fait le tour du monde par l’Occident. » [Voir p. 330 ff.]

    1825 – L. Ciccolini, dans une lettre au baron de Zach, présente une étude bibliographique du problème du jour fantôme. (1825, Correspondance astronomique, géographique, hydrographique et statisitique du baron de Zach, 13, pp. 363–362.)

    1833 – L’astronome John F. W. Herschel (1792–1871) publie A Treatise on Astronomy (Longman et al. & John Taylor, Londres ; première édition américaine : 1836, Carey, Lea & Blanchard, Philadelphie). [Voir paragraphe 211.]

    1834 – Parution du Traité d’astronomie de John F. W. Herschel en traduction française par Augustin Cournot (Paulin, libraire-éditeur, Paris). [Voir également paragraphe 211.]

    1841 – Edgar A. Poe (1809–1849) publie A Succession of Sundays dans le Saturday Evening Post du 27 novembre. La nouvelle deviendra Three Sundays in a Week dans les éditions ultérieures (1845–).

    1852 – Hervé Faye (1814–1902) publie ses Leçons de cosmographie (librairie Hachette, Paris). [Voir Chap. VII, pp. 119–121 (2ème édition, 1854).]

    1856 – Publication de La Semaine des trois dimanches, traduction de Léon de Wailly, dans L’Ami de la Maison (1(14), pp. 217–219).

    1862 – Publication de La Semaine des trois dimanches, traduction de William L. Hugues, dans les Contes inédits d’Edgar Poe (Hetzel, pp. 141–153).

    1864 – Jules Verne publie son essai Edgard Poë et ses œuvres dans Le Musée des Familles (31(7), pp. 193–208) où il commente La Semaine des trois dimanches.

    1866–1867 – Armand Audoy (1825–1891) publie sous le pseudonyme X. Nagrien Prodigieuse Découverte (qui évoque le jour fantôme ; voir Chap. 7) dans la Revue Moderne (Vol. 39 (1 dec. 1866), pp. 511–540 et Vol. 40 (1 jan. 1867), pp. 129–162), puis chez Hetzel.

    1872 – Une série de lettres dans le courrier des lecteurs de la revue britanique Nature discutent le problème des méridiens et changements de date. Question posée par James Pearson le 12 décembre (Vol. 7, p. 68) suivie le 28 novembre des réponses de George Greenwood, J. K. Laughton et Edward Roberts (Vol. 7, p. 105).

    1872–1873 – Jules Verne publie Le Tour du monde en quatre-vingts jours dans Le Temps (6 nov. au 22 dec. 1872), puis chez Hetzel.

    1873 – Le 4 avril, Jules Verne lit à la Société de géographie de Paris son rapport sur Les Méridiens et le Calendrier (1873, Bull. Soc. Géog., 6, pp. 423–428). Son article, avec variantes, sera repris dans le Journal Officiel (12 avril 1873, No 101, pp. 2559–2570), le Journal d’Amiens (14–15 avril 1873, No 4968), La Presse (29 avril 1874), L’Explorateur (1er avril 1875, 1(9), pp. 207–209). (Voir également V. Dehs, À propos d’une communication, Bull. Soc. Jules Verne 182, 31–32, avril 2013.)

    1874 – La communication de Jules Verne est en partie reproduite dans l’article Méridien du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse (tome 11, pp. 75–76).

    1878 – Jules Verne publie Découverte de la Terre – Les premiers explorateurs (Hetzel), incluant le voyage de Magellan. [Voir p. 325.]

    1883 – A. Lepaute publie sur le même sujet, mais sans référence à Jules Verne, l’article Où commence lundi ? — Où finit dimanche ? (L’Astronomie, 2, pp. 97–102). Selon P. Scheinhardt, c’est Camille Flammarion lui-même qui a écrit cet article pour la revue qu’il éditait, prenant comme pseudonyme le nom de l’horloger Lepaute.

    1901 – Alphonse Allais (1854–1905) évoque le jour fantôme dans l’une de ses chroniques, Un curieux cas de conscience (Le Sourire, 17 août 1901, republié dans Œuvres posthumes, coll. Bouquins, Laffont, 1984, pp. 664–666.) [Alphonse Allais a également publié Le Tour du monde en pas tout à fait quinze jours (Le Journal, 13 août 1901, republié dans Œuvres posthumes pp. 663–664). Il y propose de construire des autoroutes sur viaducs tout autour de la Terre. Des auomobliles roulant à 120 km/h (pas mal pour l’époque) feraient ainsi le tour du monde en environ 14 jours. Il conclut « Sur la route, dame, il ne faudra pas perdre de temps à embrasser l’excellent papa Jules Verne, en passant... », évoquant ainsi le détour de Nellie Bly à Amiens lors de son tour du monde en 1889.]

    1936 – Jean Cocteau (1889–1963) relate son tour du monde dans Paris-Soir (août-septembre 1936), puis dans Mon premier Voyage (1936, Gallimard). Le jour fantôme y tient une bonne place (La semaine des deux mardis).

    1994 – Umberto Eco (1932–2016) publie son roman L’Île du jour d’avant (L’isola del giorno prima).

    Jour perdu ou jour gagné ? Fin d’une controverse.

    On lit, au fil des différents textes, que le voyageur partant vers l’est (ou vers l’ouest) gagne (ou perd) un jour – ou l’inverse. Ces incohérences qui ont fait couler beaucoup d’encre ont été mises sur le compte d’erreurs de traduction ou de recopie. À notre avis il n’en est rien. Ce n’est qu’une question de point de vue et d’imprécision du language. Au jeu, ce qui est gain pour une partie est perte pour l’autre. Un jour de moins peut être considéré comme une perte (par rapport au nombre de jours) ou un gain (de temps). Et comme rien n’est clairement explicité, que la règle du jeu n’est pas donnée, tout le monde a raison !

    Jacques Crovisier

    #littérature #géographie #horaire #date

  • #Espagne : vers la fin de l’exception horaire ?
    http://fr.myeurop.info/2017/01/06/espagne-vers-la-fin-de-l-exception-horaire-14957

    P margin-bottom : 0.21cm ; Le gouvernement espagnol a annoncé une réforme horaire afin de rapprocher les citoyens du rythme de vie des pays européens.

    P margin-bottom : 0.21cm ; lire la suite

    #Société #horaires

  • « Au premier abord, rien ne distingue le pavillon des autres habitations alignées à intervalles réguliers le long d’une petite rue calme et fleurie de Fresnes, en banlieue sud de Paris (Val-de-Marne). « Vous cherchez les geeks [informaticiens] ? Si vous trouvez des poules, c’est que vous êtes arrivé ! », s’enquiert un voisin, visiblement amusé par la présence régulière de six gallinacés sur le trottoir. Il n’y a plus qu’à suivre le conseil et le bruit des caquètements pour trouver la hacker house des neuf passionnés d’informatique. »

    http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/05/22/a-fresnes-de-jeunes-passionnes-d-informatique-hackent-les-codes-de-l-entrepr

    #42 #pipeautage #Macron #esclavage #servage #entreprise #horaires_de_travail #pseudo-geeks #SSII

  • Les horaires de travail sont de plus en plus atypiques
    http://www.lemonde.fr/emploi/article/2016/03/01/un-francais-sur-quatre-travaille-de-20-heures-a-minuit_4874642_1698637.html

    La #journée_de_travail aux horaires classiques, du lundi au vendredi, de 9 heures à 18 heures, est dépassée dans un nombre grandissant de cas. Selon l’Insee, qui publie mardi 1er mars l’édition 2016 des Tableaux de l’économie française, un salarié sur quatre a travaillé de 20 heures à minuit au moins une fois au cours du mois précédent l’enquête menée en 2014.

    Toutes les catégories socioprofessionnelles ne sont pas touchées de la même façon. Le travail du soir touche majoritairement les agriculteurs exploitants (40 %), les artisans, commerçants et chefs d’entreprise (38 %) et les cadres et professions intellectuelles supérieures (35 %).

    LES NON-SALARIÉS TRAVAILLENT EN MOYENNE 51,3 HEURES PAR SEMAINE, CE QUI PLACE LA FRANCE DANS LE TRIO DE TÊTE EN EUROPE
    De la même façon, le travail le samedi ou/et le dimanche est de plus en plus fréquent. Près de 40 % des Français en emploi ont déjà travaillé au moins un samedi dans le mois et 20 % un dimanche. Le travail le samedi touche aussi un cadre sur trois et près d’un employé sur deux (44 %).

    Quant au #travail_à_domicile, occasionnel ou régulier, il est aussi très répandu chez les cadres (36 %), les artisans, commerçants (39 %) et les agriculteurs exploitants (32 %).

    Les ouvriers sont, quant à eux, plus concernés que la moyenne par le #travail_de_nuit (14 %) et les #horaires_alternés (15 %). Le travail de nuit demeure majoritairement masculin malgré la présence croissante de femmes (notamment dans les entreprises privées de service et le secteur médical).

    De plus en plus d’horaires atypiques

    Que ce soit le #travail à domicile, le soir, la nuit ou le week-end, la proportion de personnes concernées par des #horaires_atypiques a légèrement progressé en un an. Les frontières claires entre travail au bureau et repos à domicile se brouillent de plus en plus (le phénomène est surnommé « blurring » en anglais).

  • Commencer l’école trop tôt le matin nuit à la santé des élèves
    http://www.lemonde.fr/campus/article/2015/08/12/commencer-l-ecole-trop-tot-le-matin-nuit-a-la-sante-des-eleves_4722088_44014

    Débuter les cours trop tôt le matin est mauvais pour la santé et la concentration des élèves.
    […]
    Outre la fatigue et le manque de concentration rapportés par les chercheurs, une carence chronique de sommeil présente d’autres risques pour la santé, comme le surpoids, la consommation d’alcool, le tabagisme et l’usage de drogues, ainsi que de mauvaises performances scolaires, rappelle l’étude.

    #éducation #horaires #sommeil #santé

  • Emplois précaires recherchent retraités actifs - Libération
    http://www.liberation.fr/economie/2015/02/17/emplois-precaires-recherchent-retraites-actifs_1204532

    « Mamie nounou », vendeur à domicile ou artisan confirmé, plusieurs centaines de milliers de #retraités continuent de travailler pour arrondir leurs fins de mois. Ils occupent pour la plupart des #emplois #précaires, avec petits #salaires et #horaires_discontinus.
    « Une petite rémunération et des horaires très discontinus » sont les premières caractéristiques des postes proposés aux retraités, explique Annie Jolivet, économiste spécialiste de l’emploi des seniors et des pratiques des entreprises au Centre d’Etudes de l’Emploi.

    Garde d’enfants, distribution de publicités, chauffeur de car scolaire ou vendeur rémunéré à la commission : ces types d’emploi « peuvent intéresser des retraités libres de leur temps, qui ont besoin de travailler et pourront y consacrer plus de temps » que nécessaire, d’après l’économiste.

    Comme Sylviane, 64 ans, pour qui « l’avenir, c’est la vente indépendante à domicile ». Un métier qu’elle exerce depuis quatre ans avec pour seul revenu les commissions de ses ventes, aux alentours de 500 euros par mois.

    « Beaucoup de retraités travaillent dans ce métier-là », affirme la sexagénaire, qui prendra sa retraite dans quelques mois espérant avoir surcoté sa pension, dont le montant sera de 190 euros par mois à l’âge légal.

    Les retraités actifs étaient estimés à 500.000 en 2012 par l’Inspection générale des affaires sociales. Entre 2008 et 2013, le nombre de retraités du régime général ayant repris une activité salariée a augmenté de près de 70% passant de 208.000 à 351.000 , selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav). Chez les indépendants, près de 60.000 anciens commerçants et artisans cumulaient en 2013 emploi et retraite, selon le Régime social des indépendants (RSI).(...)

    Mais Gérard Sauvat, ancien chef de chantier de 64 ans qui a commencé à travailler à 14 ans, n’exerce « pas par plaisir » mais pour compléter une retraite de 785 euros par mois, décotée par un grave accident du travail qui lui a « coûté 10 ans de (sa) vie » et des séquelles vivaces.

    « Je trouve ça miséreux d’en arriver là après une vie de travail », lance l’Isérois qui atteint « difficilement le Smic » en réalisant des travaux de rénovation selon des horaires « élastiques ».

    De son côté, Sylviane, au parcours professionnel haché entre arrêts pour les enfants et gérance de crêperie, n’envisage pas d’arrêter la vente même après sa retraite : « Vivre avec 500 ou 600 euros, ce n’est pas viable ».

    Ce chiffrage semble exclure qui n’a pas de pension de retraite, dont les « bénéficiaires » de l’#ASPA (ex minimum vieillesse, dont les effectifs sont en hausse), ceux du RSA, et d’autres catégories encore.

  • Les routiers refusent « la smicardisation »
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/01/19/les-routiers-refusent-la-smicardisation_4558774_3234.html

    « Le but est de bloquer les marchandises, pas du tout les automobilistes » que les barrages laisseront donc passer, précise Jérôme Vérité, secrétaire général de la CGT transport.(...)

    Les syndicats de routiers réclament une « hausse du pouvoir d’achat de 100 euros » par mois, passant par une hausse du #taux_horaire « à 10 euros #minimum pour les coefficients les plus bas à l’embauche, soit 5 % de revalorisation ».

    Ils demandent aussi l’institution d’un #treizième_mois, qui n’existe pour l’heure que dans le secteur des messageries.

    « Cela fait près de trois ans qu’il n’y a pas d’augmentation des #salaires conventionnels », souligne M. Fatiga.

    Selon M. Thierry Douine, président de la fédération CFTC du transport, « 4 coefficients sur 5 de la grille salariale sont en dessous du SMIC ». Le plus bas taux est à 9,43 euros de l’heure, alors que le SMIC est à 9,61 euros.

    #Hausse_égalitaire_des_salaires #circulation_des_marchandises #transports #blocage_filtrant

  • Travailler en #horaires-décalés accélère le vieillissement cognitif
    http://www.lemonde.fr/sante/article/2014/11/04/travailler-en-horaires-decales-accelere-le-vieillissement-cognitif_4517438_1

    Travailler de nuit ou en horaire décalés pendant une longue période nuit à la santé. C’est ce que révèle une étude franco-britannique publiée dans la revue médicale Occupational and Environmental Medicine, mardi 4 novembre. Selon ce document, le vieillissement cognitif est accéléré par ce type de rythme de travail.

    Pendant dix ans, ces chercheurs ont ainsi suivi 3 000 salariés du sud de la France, âgés de 32 à 62 ans au début de l’étude, travaillant dans tous les secteurs de production et dont la moitié avaient travaillé en horaires décalés pendant au moins 50 jours au cours de l’année.

    Leurs capacités cognitives (mémoire, attention, vitesse de réaction) ont été mesurées à trois reprises (1996, 2001 et 2006) lors de tests neuropsychologiques.

    L’étude a permis de montrer que ceux qui avaient eu un travail posté pendant dix ans ou plus, présentaient un déclin cognitif – processus naturel chez toute personne vieillissante – nettement plus rapide que les autres.

    #on_s'en_doutait #c'est_dit #travail #santé

  • États-Unis : une femme cumulant quatre emplois décède dans sa voiture - Le Point
    http://www.lepoint.fr/monde/etats-unis-une-femme-cumulant-quatre-emplois-decede-dans-sa-voiture-31-08-20

    N’ayant pu trouver d’emploi à temps plein, Maria Fernandes, 32 ans menait une existence misérable et précaire en jonglant avec les horaires de quatre emplois et en menant un véritable marathon entre leurs quatre emplacements, pour subvenir à ses besoins. À tel point qu’on l’a retrouvée morte dans sa voiture.

    La jeune femme n’est pas morte d’épuisement, mais d’avoir inhalé le monoxyde de carbone émanant de sa voiture, dont le moteur tournait encore lorsqu’elle s’est endormie. Les vapeurs de monoxyde se sont mélangées à des émanations de gasoil, provenant d’un jerrican qu’elle gardait à l’arrière de sa voiture, pour éviter de tomber en panne les jours où elle n’avait pas le temps de s’arrêter à une station-service au cours des trajets entre ses lieux de travail.
    « Lutte désespérée »

    >>>

    7,5 millions le nombre de personnes qui, aux États-Unis, cumulent plusieurs postes à temps partiel.

    <<<

    #travail
    #horaire
    #États-Unis
    #emplois-précaires
    #misère
    #mort
    #épuisement

  • Quand le New York Times vexe les Espagnols
    http://fr.myeurop.info/2014/02/20/quand-le-new-york-times-vexe-les-espagnols-13201

    Benjamin Leclercq

    Le très sérieux New York Times s’interroge dans un article sur le lien entre #horaires décalés, #sieste et compétitivité en #Espagne. Vexés, les Espagnols hurlent au cliché ! Spanish #bashing ou susceptibilité nationale ?

    Après le french-bashing, place au spanish-bashing… Parce qu’elle aime varier les plaisirs et ses victimes, la presse anglo-saxonne a choisi cette semaine l’Espagne pour exerce lire la (...)

    #VU_D'AILLEURS #Amérique_du_Nord #clichés #compétitivité #décalage #Espagne

  • Le plus grand #Carrefour de France assigné en #justice pour travail de nuit
    http://lemonde.fr/emploi/article/2013/12/25/le-plus-grand-carrefour-de-france-assignee-en-justice-pour-travail-de-nuit_4

    Deux syndicats du #commerce ont annoncé mardi 24 décembre avoir assigné pour la première fois un hypermarché pour non-respect de la législation sur le #travail_de_nuit. Cette #procédure vise un magasin Carrefour de Seine-et-Marne.

    Selon les deux syndicats, la CFDT et le SECI-UNSA, le magasin « ouvre ses portes au public jusqu’à 21 h 30 ». Or, la loi stipule que le recours au travail de nuit – de 21 heures à 6 heures – est en principe exceptionnel, et doit être justifié par la nécessité d’assurer la continuité de l’activité économique ou des services d’utilité sociale. Ces syndicats font valoir que le travail de nuit est « reconnu comme particulièrement nocive pour la santé des salariés » .

    • Clic-P, le collectif qui fait trembler les commerces
      LE MONDE | 05.10.2013
      Par Bertrand Bissuel

      Un magasin Leroy-Merlin ouvert le dimanche 29 septembre.
      C’est la bête noire des supérettes parisiennes et de plusieurs grandes enseignes implantées dans les quartiers chics de la capitale. Elle a fait rendre gorge aux Apple Stores, à Uniqlo et à une kyrielle de magasins qui ne respectaient pas la réglementation sur les horaires d’ouverture. Son nom claque comme un slogan publicitaire : Clic-P, pour Comité de liaison intersyndicale du commerce de Paris.

      Dans le débat sur le travail de nuit et le repos dominical, ce collectif se distingue par la #guérilla_judiciaire qu’il poursuit sans relâche depuis trois ans. Mais son action est contestée par des salariés, désireux d’être employés après 21 heures ou le dimanche.

      Le Clic-P a vu le jour en février 2010, quelques mois après l’adoption de la « loi Mallié », du nom d’un député UMP des Bouches-du-Rhône qui l’avait défendue : ce texte accordait de nouvelles possibilités aux commerces de détail pour accueillir les clients le dimanche.

      A l’époque, la mairie de Paris avait lancé une consultation sur le sujet, associant syndicats de salariés et organisations d’employeurs. "Il y avait un lobbying patronal très fort pour étendre les autorisations d’ouverture dominicale, raconte Karl Ghazi (CGT), l’un des « animateurs » de Clic-P. La seule façon d’inverser la tendance, c’était de rassembler nos forces et de nous battre ensemble. Les salariés demandaient que cesse le chauvinisme d’étiquette, dans un secteur où le syndicalisme est faible."

      « IL FALLAIT STOPPER LE PHÉNOMÈNE »

      Six syndicats locaux ont décidé de s’allier : la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT, Force ouvrière (FO) et SUD. Des coalitions très larges émergent généralement dans des entreprises frappées par un plan social. Il est rarissime qu’elles se constituent sur un secteur et un territoire donnés. « Je ne l’ai jamais vu jusqu’à présent », confie une avocate, engagée dans la défense des salariés depuis plus de vingt ans.

      Le Clic-P s’est d’abord attaqué à des supérettes parisiennes ouvertes tout le dimanche, dans l’illégalité la plus complète. Des magasins Franprix, Monop’, Carrefour City, G20 ont été condamnés à fermer leurs portes à 13 heures, le septième jour. « Il fallait stopper le phénomène, qui faisait tâche d’huile », explique M. Ghazi. Puis l’offensive s’est élargie au non-alimentaire et à de prestigieuses enseignes qui souhaitaient recevoir du public, tard le soir. Le BHV et les Galeries Lafayette du boulevard Haussman ont dû ainsi renoncer à leurs nocturnes, en 2012.

      « L’intersyndicale s’est montrée efficace car elle a regroupé des personnes qui sont parties de leurs points forts », commente Me Vincent Lecourt, l’un des conseils du Clic-P : certaines appartenaient à des syndicats bien implantés dans les entreprises, d’autres étaient douées pour la communication ou la rédaction de textes, quelques-unes connaissaient des avocats spécialisés, etc. « C’est cette combinaison de moyens qui a permis d’affronter sur le terrain judiciaire, à armes quasiment égales, de grands groupes », ajoute Me Lecourt.

      Au sein du comité, il y a de fortes têtes dont certaines sont en conflit ouvert avec leurs instances nationales. Entre l’union syndicale CGT du commerce de Paris et sa fédération, par exemple, les relations sont exécrables : en 2012, la seconde a coupé ses financements à la première. « Nous sommes d’accord sur les objectifs mais nos points de vue divergent sur la manière d’agir », dit, un brin embarrassée, Michèle Chay, secrétaire générale de la fédération CGT du commerce.

      UNE DÉFECTION CAUSÉE PAR LA PRESSION

      Le syndicat CFTC, qui faisait partie du Clic-P, a été exclu, fin juin, par sa confédération : « Il refusait de respecter nos règles internes de fonctionnement », justifie Patrick Ertz, président de la fédération CFTC du commerce. Depuis, le banni a rejoint l’UNSA.

      Jusqu’à présent, le collectif avait su rester soudé. Mais une première lézarde est apparue, jeudi 3 octobre, lorsque FO a annoncé qu’elle se retirait de l’intersyndicale et qu’elle suspendait les actions judiciaires qui allaient être engagées : « Nous ne sommes plus sur la même longueur d’ondes avec le Clic-P en termes de stratégie mais cela ne veut pas dire que nous sommes en opposition avec lui », argumente Christophe Le Comte, secrétaire fédéral adjoint de FO-employés et cadres.

      Une défection causée par la pression, devenue très forte ? Il est vrai que le Clic-P a été la cible de vives critiques, en particulier d’une partie du personnel du magasin Sephora sur les Champs-Elysées : ces salariés reprochent à l’intersyndicale d’être à l’origine d’une décision judiciaire qui les empêche aujourd’hui de travailler après 21 heures – et de percevoir du même coup des rémunérations majorées. Leur avocate, Me Joëlle Aknin, considère qu’"il y a un vrai clivage entre la vision passéiste du travail, défendue par le Clic-P, et la conception plus ouverte ".

      Le problème n’est pas là, objecte Laurent Degousée (SUD), mais dans le faible niveau des rémunérations et l’ampleur de l’emploi à #temps_partiel au sein du commerce de détail, qui poussent les salariés à accepter des #horaires_atypiques en contrepartie d’un coup de pouce sur le bulletin de paye.

      Les employés de Sephora, qui sont volontaires pour travailler la nuit, « ne sont pas sur une île déserte », complète M. Ghazi : l’extension du travail nocture conduit à la « dérégulation des temps sociaux » (crêches, transports en commun…). Dans cette affaire, conclut Eric Scherrer (UNSA), c’est aussi « l’ordre public social » qui est en jeu : le droit du travail est fondé sur des mécanismes de protection applicables à tous les actifs ; ils n’ont pas à être remis en cause au motif que, ici ou là, des salariés sont prêts à y déroger.

  • Combien d’heures travaille-t-on vraiment chaque semaine en classe ? (L’instit’humeurs)
    http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2013/10/19/combien-dheures-travaille-t-on-vraiment-chaque-semaine-en-classe.h

    Actuellement, on a 24 heures de classe hebdomadaires et les programmes de l’école élémentaire sont conçus pour 26 heures d’enseignement par semaine, puisque fondés sur une semaine avec samedi matin travaillé – alors qu’ils datent de 2008, l’année même où on supprimait le samedi matin, cherchez l’erreur. Mais il n’y a pas que ça. Messieurs du CNP, ça ne sert à rien de prévoir 24 heures d’enseignement. On ne les a pas, ces 24 heures. Et des fois que vous ne compreniez pas qu’une journée de classe, ce n’est pas que du temps d’enseignement, voici la preuve, chiffrée.

    #éducation #école #horaires

  • #lancement #ouigo : Le #TGV low-cost farceur
    http://www.transports-en-commun.info/lancement-ouigo-le-tgv-low-cost-farceur

    D’après la rumeur, ce serait aujourd’hui 2 avril 2013 le jour de lancement du TGV low-cost Ouigo. Deux communiqués de presse en apparence identiques ne mentionnent pas les mêmes jours de départ...Cet article Lancement Ouigo : Le TGV low-cost farceur est apparu en premier sur Point Info Transports.

    #SNCF #Tarifs #communiqué_presse #horaires #prix #sncf

  • Travaillons un peu plus (ou pas) | Carnet de notes
    http://n.survol.fr/n/travaillons-un-peu-plus-ou-pas

    Les vieilles rengaines ont la vie dure et le mythe du salarié français payé trop cher, avec des horaires de fonctionnaire à mi-temps et toujours en grève ou en vacances a la vie dure.

    Ne croyez pas ceux qui tentent de faire pression avec ce genre d’arguments. Voici quelques liens pour tordre le cou aux idées reçues.

    Il faut (il faut) lire tout cet article, vraiment rafraîchissant et civique.

  • Futurs #horaires de train

    ∑ Aller sens Vendôme-Paris ;
    o 6H40 Semaine
    o 7H40 Semaine + Samedi
    o 8H40 Semaine + WE
    o 11H40 Semaine + WE
    o 15H40 Semaine + WE
    o 16H40 Vendredi
    o 18H40 Semaine
    o 19H40 Semaine + WE
    o 20H40 Vendredi ou 21H40 Dimanche

    ∑ Retour sens Paris-Vendôme
    o 7H38
    o 13H38
    o 15H38
    o 16H38
    o 17H33
    o 18H38
    o 19H38
    o 20H38