• Un train pour la Suisse

    Un parcours mythique à travers la Suisse, deux voyages et entre eux, 150 années et des différences par milliers.

    En juin 1863, une jeune femme anglaise nommée Jemima entreprend le voyage d’une vie pour découvrir la Suisse. Le guide n’est autre que Thomas Cook, inventeur du voyage organisé à cette occasion.

    Plus d’un siècle et demi plus tard, l’écrivain voyageur Diccon Bewes décide de s’aventurer sur leurs traces et de redécouvrir ce qu’ils ont vu. S’aidant du carnet de voyage retrouvé de la jeune femme, il parle de la Suisse d’hier et d’aujourd’hui, des différentes manières de voyager et de ce que le voyage a changé en Jemima et en lui.

    https://mobile.payot.ch/Detail/un_train_pour_la_suisse-diccon_bewes-9782940481101

    Quelques citations :

    « Voici l’un des premiers facteurs de succès des tours organisés par Thomas Cook : les femmes célibataires pouvaient voyager avec un groupe sans craindre pour leur sécurité ou leur réputation »

    (p.24)

    Thomas Cook « apprécie la facilité avec laquelle on voyage dans le ’pays des libertés’ » :

    « Il n’y a pas de passeports, pas de bureaux de douane, pas de péages, pas de gendarmes ; aucune de ces ridicules restrictions visant à protéger les gens de tous les dangers qu’ils peuvent encourir, et qui sont si ennuyeuses en France et en Allemagne »

    (p.63)

    « L’ouvrage The smell of the Continent , au titre tout à fait pertinent, évoque de manière distrayante les voyages et déplacements des Anglais en Europe après la chute de Napoléon, et consacre toute une partie au thème des #toilettes. Il révèle par exemple que de nombreux hôtels avaient une chambre portant le numéro 00 ou 000 : des toilettes communes et, par conséquent, assez dégoûtantes. Certains gérants d’hôtel commencèrent à installer des water closet (ou WC, un terme toujours utilisé dans toute l’Europe et particulièrement en Suisse, où il dépasse la barrière des langues), après y avoir été ’poussés par les plaintes constantes de la clientèle anglaise’, bien que ces toilettes n’aient pas l’air engageantes, en témoigne une critique cinglante datant de 1863 : ’Dans un #hôtel de, disons 60 chambres, il n’était pas inhabituel de ne trouver que quatre WC qui, dans certains cas, était dégoûtants ou ne fonctionnaient pas, tout simplement.’ »

    (p.98)

    « Le gouvernement suisse prit une décision capitale : il commissionna un rapport indépendant sur l’avenir du système de transports suisse, non seulement dans le but d’apporter une solution pratique à un problème politique, mais aussi pour trouver le moyen de faire évoluer l’#économie par le biais de l’unification nationale »

    (p.150)

    Sur le « #lieu_d'origine » (#Heimatort en allemand) en Suisse, et qui est noté sur chaque carte d’identité/passeport suisse :

    « Jusqu’en 2012, la commune était responsable de votre bien-être, même si vous n’y aviez jamais habité, elle devait vous venir en aide si besoin ; aujourd’hui, cette responsabilité revient à la commune de résidence »

    (p.203)

    Sur le #drapeau suisse :

    « Seuls les Suisses pouvaient délibérer pendant des années [de 1847 à 1889] sur un aussi petit détail que les dimensions d’une croix. Pourtant, il aura fallu une décision du Parlement pour régler le différend, spécifiant qu’une croix suisse devait avoir des bras d’égale longueur, mais un sixième plus long que large »

    (p.215)

    Sur Interlaken :

    « En 1870, 244 attelages de chevaux (dont 35 omnibus) effectuaient le court trajet [du port sur le lac de Thoune] jusqu’à Interlaken. La seule alternative à ce mode de transport consistait à longer à pied la même route, c’est-à-dire affronter la tempête de sable générée par les calèches et ’patauger jusqu’aux chevilles dans les excréments de chevaux’. »

    (p.223)

    Ce que apparemment John Ruskin pensait des Suisses :

    « On leur prêtait les traits de héros romantiques ou d’ignobles mercenaires ; en réalité, ils n’étaient ni héroïques ni vils, mais sincères, obstinés, un entêtement que l’on a d’ailleurs pu observer à plusieurs occasions ; fiers, sans qu’ils laissent pour autant leur fierté les entraîner dans des querelles légères ou inutiles ; vous ne trouverez chez eux ni passion ni humour fin, juste une capacité de discernement infaillible et une droiture constante. On ne peut les persuader d’accomplir leurs obligations, mais ils les connaissent ; ils n’expriment pas verbalement leur amitié, mais ne vous font jamais défaut quand vous êtes dans le besoin. »

    (pp. 257-258)

    « Quand on pense que les hommes découpaient 100 tonnes de #glace par jour sur la langue de ce #glacier [mer de glace sous le mont Blanc] et les transportaient jusqu’à Interlaken pour les vendre à des clients situés à Paris ou à Vienne ; un marché qui n’a pas survécu à la Première Guerre mondiale et à l’invention de la glace artificielle »

    (p.275)

    « Depuis le #col_de_Brünig, la route descend tout le temps jusqu’à #Lucerne, passant devant une enfilade de petits lacs. Le premier, le #lac_de_Lungern, était autrefois beaucoup plus grand, mais une solution bien inspirée pour pallier au manque de terres arables et aux vagues d’émigrations rurales, fit baisser le niveau d’eau de 18 mètres. Après cinquante ans de travaux et de discussion (qui divisa les habitants de #Lungern en deux camps : ’les Mouillés’ et ’les Secs’), un tunnel de 420 m vit le jour pour déplacer des milliers de litres d’eau et libérer ainsi des acres de terrains. Il y eut quelques effets secondaires imprévus, comme des glissements de terrain, mais le village gagna ainsi des terres agricoles dans une région demeurée sinon inhospitalière. »

    (p.302)

    Sur le monument du Lion de Lucerne :

    « Selon le consensus général, il s’agit d’un hommage à la lutte des Suisses pour leur indépendance. Si seulement... Tout poignant et majestueux qu’il soit, le monument du Lion est dédié à des hommes qui se sont vendus pour de l’argent et à des républicains morts pour un monarque autocrate. Il rappelle le courage et l’honneur sacrifiés au nom d’une cause perdue et de l’appât du gain, et c’en est d’autant plus triste »

    (p.311).

    « En 1977, le gouvernement helvétique a proposé une nouvelle loi sur l’#heure_d'été, qui prévoyait que la Suisse ferait comme les autres pays européens, en particulier ses voisins comme la France et l’Italie, et passerait à l’heure d’été entre mars et octobre. Les fermiers n’ont pas apprécié (ou du moins leurs vaches) et ils exigèrent un référendum sur la question. Ce furent les vaches qui eurent le dernier mot : en mai 1978, les Suisses votèrent contre l’instauration de l’heure d’été. »

    (pp.336-337)

    « Genève avait été la capitale de l’#horlogerie suisse jusqu’au milieu des années 1600, grâce à Calvin qui avait banni la #bijouterie, obligeant ainsi les artisans de la ville à se tourner vers une nouvelle profession. »

    (p.344)

    « A l’époque où Cook est venu, #Neuchâtel n’était pas suisse depuis longtemps. Célèbre, d’après ce qu’on dit, pour abriter des gens qui y parlaient le plus beau français de Suisse, Neuchâtel était autrefois une anomalie politique, parce qu’elle faisait partie de la Prusse. Pendant des années, elle fut à la fois un canton au sein de la Confédération suisse et une principauté appartenant à la Prusse, une configuration bizarre née de l’enchevêtrement qu’était l’Europe des siècles passés. A la mort de Marie d’Orléans, la princesse de Neuchâtel, en 1707, le peuple dut élire un nouveau souverain parmi les nombreux prétendants au trône. Il choisit Frédéric Ier de Prusse, parce que, pour lui, il était plus important d’être protestant que de parler français. Napoléon prit brièvement le contrôle du canton, avant que celui-ci redevienne une principauté prusienne en 1815, même si Neuchâtel était alors devenu le 21ème canton de Suisse.
    Cette situation helvético-prusienne perdura jusqu’en 1848, à la suite d’une révolte sans effusion de sang, survenue à Neuchâtel, qui donna lieu à une nouvelle république. »

    (pp.346-347)

    « Le #chemin_de_fer a réuni la Suisse en un #marché_unique, psychologiquement et économiquement. Les produits pouvaient à présent parvenir à leurs consommateurs rapidement et à moindre coût, qu’il s’agisse de montres pour l’étranger ou de carottes pour les citadins. Or, c’est le tourisme qui a permis de financer les #voies_ferrées. En dehors des plaines densément peuplées, seules quelques lignes auraient été viables sans les revenus issus du tourisme »

    (p.356)

    « Dès le début, le tourisme a mis de l’huile dans les rouages des trains, et ceux-ci ont assuré l’unité de la Suisse. Ainsi s’amorçait un cercle vertueux : les touristes assuraient la rentabilité des voies ferrées et finançaient de nouvelles lignes, ce qui amenait de nouveaux touristes, ce qui permettait à son tour de lever de nouveaux fonds pour construire de nouvelles lignes, tout en faisant bénéficier l’économie tout entière de l’amélioration des transports et de l’extension des marchés »

    (p.357)

    #livre #Suisse #train #Thomas_Cook #tourisme_de_masse #tourisme #Junior_United_Alpine_Club #guides_de_voyage #John_Murray #Genève #Calvin #Jean_Calvin #Henri_Dunant #Croix-Rouge #Chamonix #mont_Blanc #Henri_Gaze #Louis_Favre #Gothard #iode #Röstigraben #Porrentruy #Interlaken #Trümmelbach #vallée_de_Lauterbrunner #Wengeralp #Kleine_Scheidegg #Jungfraujoch #John_Ruskin #neutralité #mercenaires #Lion_de_Lucerne #Guillaume_Tell #Kulm #histoire #économie

    • A fond ! Sur ma watch list dès que possible.

      Première impression de la bande annonce... c’est bien joué, mais les textes sont dits sans le niveau requis pour les langues utilisées.
      Je trouvais que dans Le Jeune Karl Marx , cette erreur n’était pas commise.

    • Vu hier soir... film très lent. Je ne sais pas trop quoi en penser.
      Intéressant, comment Kropotkin explique sa mission de proposer une nouvelle #cartographie_anarchiste de la région... et l’absurdité de la présence de 4 heures différentes dans la petite ville de Saint-Imier : l’heure de l’usine, celle de la municipalité, celle de la poste et celle de la gare (si je ne me trompe pas).

    • Vu.
      La collection de photos d’anarchistes en vantant leurs mérites et actes militants, j’aimerais trop voir ça dans la cour de récré.
      Ca serait vachement plus censé que tout ce que j’ai pu connaître, qui existe actuellement ou existera dans l’avenir.
      Ravachol = 100 points

  • #Horlogerie, ordre et #anarchisme

    Il y a plus d’un siècle et demi, les travailleurs de l’#industrie_horlogère suisse contribuèrent à l’essor de l’anarchisme en tant que courant politique révolutionnaire. Organisés, rompus aux combats sociaux, conscients de la réalité économique mondiale et pionniers en matière d’#entraide_ouvrière, ils influencèrent des #mouvements_antiautoritaires à travers toute l’Europe.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2023/06/EITEL/65821
    #Suisse #antiautoritarisme

  • Si vous cherchez où ça ruisselle, une piste :

    LVMH, le géant du luxe enregistre des ventes en hausse de +23 % en 2022, à 79 milliards d’euros. Le résultat opérationnel connaît une augmentation similaire, à 21 milliards d’euros. Les deux locomotives du groupe restent Louis Vuitton et Dior, à la croissance remarquable l’an dernier.

    LVMH, valeur au sommet du #CAC40, avec une #valorisation qui a récemment dépassé les 400 milliards d’euros a encoregagné du terrain dans toutes ses activités l’an passé et cumule des fortes croissances aux Etats-Unis (+15 %) premier marché du #luxe, en Europe (+35 %) et au Japon (+31 %). Malgré les crises, LVMH s’affiche comme un sprinteur et un marathonien du luxe, car entre 1988 et 2022, son chiffre d’affaires a été multiplié plus de trente fois. En dépit d’une fin d’année perturbée en Asie par la Chine, le géant du luxe dégage, en 2022, un résultat net de plus de 14 milliards d’euros, en croissance de 17 %. Le rebond d’après-pandémie s’inscrit dans la durée.

    L’an passé, le groupe aux plus de 75 maisons a encore creusé l’écart sur ses concurrents en étant porté par toutes ses activités. La division Mode & Maroquinerie, en particulier, a connu des ventes en hausse de +20 % à taux de change comparables, à 38,6 milliards d’euros et un résultat opérationnel à +22 %. Cette activité est tirée par la croissance de Louis Vuitton, première marque de luxe qui annonce pour la première fois avoir dépassé les 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

    La division, qui comprend des maisons toutes en forte croissance comme #Celine, #Loewe, comprend également Christian Dior Couture (8,7 milliards d’euros) à la profitabilité plus forte que jamais, « de l’ordre de 38 % », estime Thomas Chauvet, analyste chez Citi.​« Il y a deux locomotives dans l’activité #Mode & #Maroquinerie, LouisVuitton et #Dior, à la croissance remarquable l’an passé. #Louis_Vuitton a une rentabilité tout à fait exceptionnelle. L’intérêt de la rentabilité est de pouvoir investir dans la désirabilité des marques et ainsi favoriser leur croissance sur le long terme », précise Jean Jacques Guiony, directeur financier de LVMH.

    La force de #LVMH est de posséder dans chacune de ses catégories des perles. Dans l’activité #Vins & #Spiritueux (des ventes à +11 % et un résultat opérationnel à +16 %), on retrouve le champion de la profitabilité Dom Pérignon (plus de 50 % selon Citi) et des pépites telle Ruinart, doyenne du champagne, qui pétille davantage que le cognac en 2022. L’#Horlogerie & #Joaillerie profite du déploiement de #Tiffany, qui se poursuit. Le joaillier américain inaugurera son flagship sur la Fifth Avenue à New York au printemps. Du côté des montres, #Tag_Heuer et Hublot sont cités en exemple.
    Si les parfums sont en moindre croissance et rentabilité, Sephora se distingue comme le leader mondial de la distribution des produits de beauté et ​a surperformé l’an passé « et tiré vers le haut la distribution sélective (avec un résultat opérationnel à +48 %) », détaille Jean Jacques Guiony, une force du groupe aux Etats-Unis qui décolle aussi en Europe. […]

    (Les Échos)

    #grande_couture #parasitisme #capitalisme #décadence

  • Dix petites anarchistes

    Suisse, fin du xixe siècle. A #Saint-Imier, on vivote entre misère et exploitation, entre les étables et une #industrie_horlogère encore balbutiante. La visite de Bakounine, tout plein de l’ardeur de la Commune de Paris, éveille l’idée qu’une autre vie est possible. Dix jeunes femmes font le pari insensé de bâtir, à l’autre bout du monde, une communauté où règnerait « l’#anarchie_à_l’état_pur ». Valentine, dernière survivante des « #dix_petites_anarchistes », nous fait le récit de cette #utopie en acte qui les conduit de Suisse en #Patagonie jusqu’à #Buenos_Aires, en passant par l’île de Robinson Crusoë. L’extraordinaire #épopée de femmes soudées par un amour farouche de la #liberté, qui ont choisi de « se réjouir de l’imprévu sans perdre la force de s’insurger ».


    https://www.daniel-deroulet.ch/dix-petites-anarchistes
    #anarchisme #Suisse #livre #femmes #horlogerie #histoire #Daniel_de_Roulet

  • #Horlogerie : protocole d’entente entre la #fédération #suisse et la #Chine

    La fédération de l’ #industrie #horlogère suisse (FH) et le secrétariat à l’économie (Seco) ont signé un #protocole d’#entente avec leurs homologues chinois lors de la visite en Suisse du premier ministre Li Kequiang, annonce-t-elle lundi.

    Li Keqiang assure la promotion de la Chine tout en cherchant à changer les mentalités européennes sur celle-ci.

    http://www.liberation.fr/economie/2013/05/27/horlogerie-protocole-d-entente-entre-la-federation-suisse-et-la-chine_905

    Revue de Presse Hebdomadaire sur la Chine du 27/05/2013