• Le Niger, #nouvelle frontière de l’Europe et #laboratoire de l’asile

    Les politiques migratoires européennes, toujours plus restrictives, se tournent vers le Sahel, et notamment vers le Niger – espace de transit entre le nord et le sud du Sahara. Devenu « frontière » de l’Europe, environné par des pays en conflit, le Niger accueille un nombre important de réfugiés sur son sol et renvoie ceux qui n’ont pas le droit à cette protection. Il ne le fait pas seul. La présence de l’Union européenne et des organisations internationales est visible dans le pays ; des opérations militaires y sont menées par des armées étrangères, notamment pour lutter contre la pression terroriste à ses frontières... au risque de brouiller les cartes entre enjeux sécuritaires et enjeux humanitaires.

    On confond souvent son nom avec celui de son voisin anglophone, le Nigéria, et peu de gens savent le placer sur une carte. Pourtant, le Niger est un des grands pays du Sahel, cette bande désertique qui court de l’Atlantique à la mer Rouge, et l’un des rares pays stables d’Afrique de l’Ouest qui offrent encore une possibilité de transit vers la Libye et la Méditerranée. Environné par des pays en conflit ou touchés par le terrorisme de Boko Haram et d’autres groupes, le Niger accueille les populations qui fuient le Mali et la région du lac Tchad et celles évacuées de Libye.

    « Dans ce contexte d’instabilité régionale et de contrôle accru des déplacements, la distinction entre l’approche sécuritaire et l’approche humanitaire s’est brouillée », explique la chercheuse Florence Boyer, fellow de l’Institut Convergences Migrations, actuellement accueillie au Niger à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Géographe et anthropologue (affiliée à l’Urmis au sein de l’IRD, l’Institut de recherche pour le Développement), elle connaît bien le Niger, où elle se rend régulièrement depuis vingt ans pour étudier les migrations internes et externes des Nigériens vers l’Algérie ou la Libye voisines, au nord, et les pays du Golfe de Guinée, au sud et à l’ouest. Sa recherche porte actuellement sur le rôle que le Niger a accepté d’endosser dans la gestion des migrations depuis 2014, à la demande de plusieurs membres de l’Union européenne (UE) pris dans la crise de l’accueil des migrants.
    De la libre circulation au contrôle des frontières

    « Jusqu’à 2015, le Niger est resté cet espace traversé par des milliers d’Africains de l’Ouest et de Nigériens remontant vers la Libye sans qu’il y ait aucune entrave à la circulation ou presque », raconte la chercheuse. La plupart venaient y travailler. Peu tentaient la traversée vers l’Europe, mais dès le début des années 2000, l’UE, Italie en tête, cherche à freiner ce mouvement en négociant avec Kadhafi, déplaçant ainsi la frontière de l’Europe de l’autre côté de la Méditerranée. La chute du dictateur libyen, dans le contexte des révolutions arabes de 2011, bouleverse la donne. Déchirée par une guerre civile, la Libye peine à retenir les migrants qui cherchent une issue vers l’Europe. Par sa position géographique et sa relative stabilité, le Niger s’impose progressivement comme un partenaire de la politique migratoire de l’UE.

    « Le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. »

    Marco Prencipe, ambassadeur d’Italie à Niamey

    Le rôle croissant du Niger dans la gestion des flux migratoires de l’Afrique vers l’Europe a modifié les parcours des migrants, notamment pour ceux qui passent par Agadez, dernière ville du nord avant la traversée du Sahara. Membre du Groupe d’études et de recherches Migrations internationales, Espaces, Sociétés (Germes) à Niamey, Florence Boyer observe ces mouvements et constate la présence grandissante dans la capitale nigérienne du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale des migrations (OIM) chargée, entre autres missions, d’assister les retours de migrants dans leur pays.

    https://www.youtube.com/watch?v=dlIwqYKrw7c

    « L’île de Lampedusa se trouve aussi loin du Nord de l’Italie que de la frontière nigérienne, note Marco Prencipe, l’ambassadeur d’Italie à Niamey, le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. » Une affirmation reprise par plusieurs fonctionnaires de la délégation de l’UE au Niger rencontrés par Florence Boyer et Pascaline Chappart. La chercheuse, sur le terrain à Niamey, effectue une étude comparée sur des mécanismes d’externalisation de la frontière au Niger et au Mexique. « Depuis plusieurs années, la politique extérieure des migrations de l’UE vise à délocaliser les contrôles et à les placer de plus en plus au sud du territoire européen, explique la postdoctorante à l’IRD, le mécanisme est complexe : les enjeux pour l’Europe sont à la fois communautaires et nationaux, chaque État membre ayant sa propre politique ».

    En novembre 2015, lors du sommet euro-africain de La Valette sur la migration, les autorités européennes lancent le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique « en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique ». Doté à ce jour de 4,2 milliards d’euros, le FFUA finance plusieurs types de projets, associant le développement à la sécurité, la gestion des migrations à la protection humanitaire.

    Le président nigérien considère que son pays, un des plus pauvres de la planète, occupe une position privilégiée pour contrôler les migrations dans la région. Le Niger est désormais le premier bénéficiaire du Fonds fiduciaire, devant des pays de départ comme la Somalie, le Nigéria et surtout l’Érythrée d’où vient le plus grand nombre de demandeurs d’asile en Europe.

    « Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre lutte contre le terrorisme et lutte contre l’immigration “irrégulière”. »

    Florence Boyer, géographe et anthropologue

    Pour l’anthropologue Julien Brachet, « le Niger est peu à peu devenu un pays cobaye des politiques anti-migrations de l’Union européenne, (...) les moyens financiers et matériels pour lutter contre l’immigration irrégulière étant décuplés ». Ainsi, la mission européenne EUCAP Sahel Niger a ouvert une antenne permanente à Agadez en 2016 dans le but d’« assister les autorités nigériennes locales et nationales, ainsi que les forces de sécurité, dans le développement de politiques, de techniques et de procédures permettant d’améliorer le contrôle et la lutte contre les migrations irrégulières ».

    « Tout cela ne serait pas possible sans l’aval du Niger, qui est aussi à la table des négociations, rappelle Florence Boyer. Il ne faut pas oublier qu’il doit faire face à la pression de Boko Haram et d’autres groupes terroristes à ses frontières. Il a donc intérêt à se doter d’instruments et de personnels mieux formés. Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre la lutte contre le terrorisme et la lutte contre l’immigration "irrégulière". »

    Peu avant le sommet de La Valette en 2015, le Niger promulgue la loi n°2015-36 sur « le trafic illicite de migrants ». Elle pénalise l’hébergement et le transport des migrants ayant l’intention de franchir illégalement la frontière. Ceux que l’on qualifiait jusque-là de « chauffeurs » ou de « transporteurs » au volant de « voitures taliban » (des 4x4 pick-up transportant entre 20 et 30 personnes) deviennent des « passeurs ». Une centaine d’arrestations et de saisies de véhicules mettent fin à ce qui était de longue date une source légale de revenus au nord du Niger. « Le but reste de bloquer la route qui mène vers la Libye, explique Pascaline Chappart. L’appui qu’apportent l’UE et certains pays européens en coopérant avec la police, les douanes et la justice nigérienne, particulièrement en les formant et les équipant, a pour but de rendre l’État présent sur l’ensemble de son territoire. »

    Des voix s’élèvent contre ces contrôles installés aux frontières du Niger sous la pression de l’Europe. Pour Hamidou Nabara de l’ONG nigérienne JMED (Jeunesse-Enfance-Migration-Développement), qui lutte contre la pauvreté pour retenir les jeunes désireux de quitter le pays, ces dispositifs violent le principe de la liberté de circulation adopté par les pays d’Afrique de l’Ouest dans le cadre de la Cedeao. « La situation des migrants s’est détériorée, dénonce-t-il, car si la migration s’est tarie, elle continue sous des voies différentes et plus dangereuses ». La traversée du Sahara est plus périlleuse que jamais, confirme Florence Boyer : « Le nombre de routes s’est multiplié loin des contrôles, mais aussi des points d’eau et des secours. À ce jour, nous ne disposons pas d’estimations solides sur le nombre de morts dans le désert, contrairement à ce qui se passe en Méditerranée ».

    Partenaire de la politique migratoire de l’Union européenne, le Niger a également développé une politique de l’asile. Il accepte de recevoir des populations en fuite, expulsées ou évacuées des pays voisins : les expulsés d’Algérie recueillis à la frontière, les rapatriés nigériens dont l’État prend en charge le retour de Libye, les réfugiés en lien avec les conflits de la zone, notamment au Mali et dans la région du lac Tchad, et enfin les personnes évacuées de Libye par le HCR. Le Niger octroie le statut de réfugié à ceux installés sur son sol qui y ont droit. Certains, particulièrement vulnérables selon le HCR, pourront être réinstallés en Europe ou en Amérique du Nord dans des pays volontaires.
    Une plateforme pour la « réinstallation »
    en Europe et en Amérique

    Cette procédure de réinstallation à partir du Niger n’a rien d’exceptionnel. Les Syriens réfugiés au Liban, par exemple, bénéficient aussi de l’action du HCR qui les sélectionne pour déposer une demande d’asile dans un pays dit « sûr ». La particularité du Niger est de servir de plateforme pour la réinstallation de personnes évacuées de Libye. « Le Niger est devenu une sorte de laboratoire de l’asile, raconte Florence Boyer, notamment par la mise en place de l’Emergency Transit Mechanism (ETM). »

    L’ETM, proposé par le HCR, est lancé en août 2017 à Paris par l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie — côté UE — et le Niger, le Tchad et la Libye — côté africain. Ils publient une déclaration conjointe sur les « missions de protection en vue de la réinstallation de réfugiés en Europe ». Ce dispositif se présente comme le pendant humanitaire de la politique de lutte contre « les réseaux d’immigration économique irrégulière » et les « retours volontaires » des migrants irréguliers dans leur pays effectués par l’OIM. Le processus s’accélère en novembre de la même année, suite à un reportage de CNN sur des cas d’esclavagisme de migrants en Libye. Fin 2017, 3 800 places sont promises par les pays occidentaux qui participent, à des degrés divers, à ce programme d’urgence. Le HCR annonce 6 606 places aujourd’hui, proposées par 14 pays européens et américains1.

    Trois catégories de personnes peuvent bénéficier de la réinstallation grâce à ce programme : évacués d’urgence depuis la Libye, demandeurs d’asile au sein d’un flux dit « mixte » mêlant migrants et réfugiés et personnes fuyant les conflits du Mali ou du Nigéria. Seule une minorité aura la possibilité d’être réinstallée depuis le Niger vers un pays occidental. Le profiling (selon le vocabulaire du HCR) de ceux qui pourront bénéficier de cette protection s’effectue dès les camps de détention libyens. Il consiste à repérer les plus vulnérables qui pourront prétendre au statut de réfugié et à la réinstallation.

    Une fois évacuées de Libye, ces personnes bénéficient d’une procédure accélérée pour l’obtention du statut de réfugié au Niger. Elles ne posent pas de problème au HCR, qui juge leur récit limpide. La Commission nationale d’éligibilité au statut des réfugiés (CNE), qui est l’administration de l’asile au Niger, accepte de valider la sélection de l’organisation onusienne. Les réfugiés sont pris en charge dans le camp du HCR à Hamdallaye, construit récemment à une vingtaine de kilomètres de la capitale nigérienne, le temps que le HCR prépare la demande de réinstallation dans un pays occidental, multipliant les entretiens avec les réfugiés concernés. Certains pays, comme le Canada ou la Suède, ne mandatent pas leurs services sur place, déléguant au HCR la sélection. D’autres, comme la France, envoient leurs agents pour un nouvel entretien (voir ce reportage sur la visite de l’Ofpra à Niamey fin 2018).

    Parmi les évacués de Libye, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays dit « sûr ».

    Depuis deux ans, près de 4 000 personnes ont été évacuées de Libye dans le but d’être réinstallées, selon le HCR (5 300 autres ont été prises en charge par l’OIM et « retournées » dans leur pays). Un millier ont été évacuées directement vers l’Europe et le Canada et près de 3 000 vers le Niger. C’est peu par rapport aux 50 800 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés auprès de l’organisation onusienne en Libye au 12 août 2019. Et très peu sur l’ensemble des 663 400 migrants qui s’y trouvent selon l’OIM. La guerre civile qui déchire le pays rend la situation encore plus urgente.

    Parmi les personnes évacuées de Libye vers le Niger, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays volontaire, selon le HCR. À ce jour, moins de la moitié ont été effectivement réinstallés, notamment en France (voir notre article sur l’accueil de réfugiés dans les communes rurales françaises).

    Malgré la publicité faite autour du programme de réinstallation, le HCR déplore la lenteur du processus pour répondre à cette situation d’urgence. « Le problème est que les pays de réinstallation n’offrent pas de places assez vite, regrette Fatou Ndiaye, en charge du programme ETM au Niger, alors que notre pays hôte a négocié un maximum de 1 500 évacués sur son sol au même moment. » Le programme coordonné du Niger ne fait pas exception : le HCR rappelait en février 2019 que, sur les 19,9 millions de réfugiés relevant de sa compétence à travers le monde, moins d’1 % sont réinstallés dans un pays sûr.

    Le dispositif ETM, que le HCR du Niger qualifie de « couloir de l’espoir », concerne seulement ceux qui se trouvent dans un camp accessible par l’organisation en Libye (l’un d’eux a été bombardé en juillet dernier) et uniquement sept nationalités considérées par les autorités libyennes (qui n’ont pas signé la convention de Genève) comme pouvant relever du droit d’asile (Éthiopiens Oromo, Érythréens, Iraquiens, Somaliens, Syriens, Palestiniens et Soudanais du Darfour).

    « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses. »

    Pascaline Chappart, socio-anthropologue

    En décembre 2018, des Soudanais manifestaient devant les bureaux d’ETM à Niamey pour dénoncer « un traitement discriminatoire (...) par rapport aux Éthiopiens et Somaliens » favorisés, selon eux, par le programme. La représentante du HCR au Niger a répondu à une radio locale que « la plupart de ces Soudanais [venaient] du Tchad où ils ont déjà été reconnus comme réfugiés et que, techniquement, c’est le Tchad qui les protège et fait la réinstallation ». C’est effectivement la règle en matière de droit humanitaire mais, remarque Florence Boyer, « comment demander à des réfugiés qui ont quitté les camps tchadiens, pour beaucoup en raison de l’insécurité, d’y retourner sans avoir aucune garantie ? ».

    La position de la France

    La question du respect des règles en matière de droit d’asile se pose pour les personnes qui bénéficient du programme d’urgence. En France, par exemple, pas de recours possible auprès de l’Ofpra en cas de refus du statut de réfugié. Pour Pascaline Chappart, qui achève deux ans d’enquêtes au Niger et au Mexique, il y a là une part d’hypocrisie : « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses par la mer ou le désert ». « Il est quasiment impossible dans le pays de départ de se présenter aux consulats des pays “sûrs” pour une demande d’asile », renchérit Florence Boyer. Elle donne l’exemple de Centre-Africains qui ont échappé aux combats dans leur pays, puis à la traite et aux violences au Nigéria, en Algérie puis en Libye, avant de redescendre au Niger : « Ils auraient dû avoir la possibilité de déposer une demande d’asile dès Bangui ! Le cadre législatif les y autorise. »

    En ce matin brûlant d’avril, dans le camp du HCR à Hamdallaye, Mebratu2, un jeune Érythréen de 26 ans, affiche un large sourire. À l’ombre de la tente qu’il partage et a décorée avec d’autres jeunes de son pays, il annonce qu’il s’envolera le 9 mai pour Paris. Comme tant d’autres, il a fui le service militaire à vie imposé par la dictature du président Issayas Afeworki. Mebratu était convaincu que l’Europe lui offrirait la liberté, mais il a dû croupir deux ans dans les prisons libyennes. S’il ne connaît pas sa destination finale en France, il sait d’où il vient : « Je ne pensais pas que je serais vivant aujourd’hui. En Libye, on pouvait mourir pour une plaisanterie. Merci la France. »

    Mebratu a pris un vol pour Paris en mai dernier, financé par l’Union européenne et opéré par l’#OIM. En France, la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) confie la prise en charge de ces réinstallés à 24 opérateurs, associations nationales ou locales, pendant un an. Plusieurs départements et localités françaises ont accepté d’accueillir ces réfugiés particulièrement vulnérables après des années d’errance et de violences.

    Pour le deuxième article de notre numéro spécial de rentrée, nous nous rendons en Dordogne dans des communes rurales qui accueillent ces « réinstallés » arrivés via le Niger.

    http://icmigrations.fr/2019/08/30/defacto-10
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #frontières #Europe #UE #EU #sécuritaire #humanitaire #approche_sécuritaire #approche_humanitaire #libre_circulation #fermeture_des_frontières #printemps_arabe #Kadhafi #Libye #Agadez #parcours_migratoires #routes_migratoires #HCR #OIM #IOM #retour_au_pays #renvois #expulsions #Fonds_fiduciaire #Fonds_fiduciaire_d'urgence_pour_l'Afrique #FFUA #développement #sécurité #EUCAP_Sahel_Niger #La_Valette #passeurs #politique_d'asile #réinstallation #hub #Emergency_Transit_Mechanism (#ETM) #retours_volontaires #profiling #tri #sélection #vulnérabilité #évacuation #procédure_accélérée #Hamdallaye #camps_de_réfugiés #ofpra #couloir_de_l’espoir

    co-écrit par @pascaline

    ping @karine4 @_kg_ @isskein

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765325

  • Evaluation of #Emergency_Transit_Centres in Romania and the Slovak Republic

    Executive summary

    The Emergency Transit Centres were established to provide emergency protection and the possibility to evacuate refugees who could not be protected in their countries of asylum. Temporary relocation of refugees who required resettlement on an urgent or emergency basis to an Evacuation Transit Facility (ETF) was expected to serve five objectives, namely:

    Provide timely and effective protection to an individual or group of individuals of concern to UNHCR;

    Demonstrate a tangible form of burden‐ and responsibility‐sharing, enabling States not otherwise involved in emergency resettlement to accept cases from an ETF;

    Enable officials from UNHCR and resettlement countries to undertake interviews in a stable, safe and secure environment;

    Promote the subsequent realization of the durable solution of permanent resettlement; and - Encourage States hosting ETFs to become involved in resettlement.

    To date, three ETFs have become operational, namely the Emergency Transit Centres (ETCs) in Romania in 2008 and the Slovak Republic in 2011(although the Tri-Partite Agreement was signed in 2010), and the Emergency Transit Mechanism (ETM) in the Philippines in 2009. The ETCs are managed on the basis of Tri-Partite Agreements signed by their hosting governments, UNHCR and IOM. The ETC in Timisoara, Romania, can accommodate a maximum of 200 refugees, whereas the one in Humenné, Slovak Republic, a total of 150 refugees (from mid-2012 onwards). As of 30 September 2015, 1,717 refugees had departed from the ETC in Timisoara, and 797 refugees from Humenné to resettlement countries. Since 2012, the main resettlement countries using the two centres are the USA, the UK, the Netherlands, Canada and Finland, with the USA the sole resettlement country using Humenné since 2013.

    At the request of UNHCRs Resettlement Service in the Division of International Protection UNHCR’s Policy Development and Evaluation Service commissioned an evaluation of the ETCs in Romania and the Slovak Republic. As the ETCs have been in place for seven (Timisoara) and four years (Humenné) respectively, the evaluation presented UNHCR with an opportunity to assess whether the objectives set out at their establishment have been met. A comparative approach was used to assess the functioning of the two ETCs. The evaluation’s main findings should inform the development of strategies to meet emergency resettlement needs. Additionally, the results of the evaluation contribute to reflections on minimum standards and on whether the ETCs should continue with the same or similar objectives, or if there are other objectives that could lead to enhanced protection dividends for refugees.

    The evaluation team was composed of one PDES staff member and one external evaluation consultant.

    The ETCs in Timisoara, Romania, and in Humenné, Slovak Republic, have been relevant and appropriate for UNHCR, IOM, the ETC-hosting governments, resettlement countries and refugees. The ETCs offer a mechanism to UNHCR to provide a safe environment for refugees pending resettlement processing, including those classified under emergency or urgent priority, and to realize the durable solution of resettlement. While the number of refugees with emergency prioritization is small relative to the total number of refugees transferred to the centres, interlocutors described the ETCs as “life-saving” and “indispensable” for those few high-profile or high-risk refugees. This function for the most compelling protection cases is seen as core to UNHCR’s protection mandate.

    The centres also have an advocacy function. This is of pivotal importance to UNHCR and the hosting countries, as the agency must be seen to be able to respond immediately to lifethreatening situations to provide immediate protection. Although the overall contribution to global resettlement figures is small, the positive change brought about by the immediate safety and security (and access to basic services) and the overall realization of resettlement for hundreds of refugees has considerable value. In the evaluation period from the beginning of 2012 until 30 September, 2015 a total of 1,568 refugees were resettled through the two ETCs. The life-saving dimension in compelling protection cases is seen as vital even if there are very few emergency cases.

    Moreover, ETCs provided resettlement countries (and the IOM as part of its Resettlement Service Centre function for the US-government) access to refugees to undertake activities necessary to complete the resettlement process, including the selection of municipalities in resettlement countries. Some countries, in particular the US, are unable to process emergency cases due to long and complicated state procedures. The existence of the ETCs allows the US to process resettlement cases of persons who have been evacuated, and thereby increase accessibility of resettlement to some refugees, even if not on an emergency basis. The centre in Humenné has gradually expanded into one which solely caters to US-government processing, while only Timisoara has received emergency cases due to the shorter Romanian government clearance, and the absence of visa requirements. For the ETC-hosting governments, Romania and the Slovak Republic, the centres provided an opportunity to show their solidarity with countries hosting large refugee case-loads, while neither providing a permanent home to larger groups of refugees nor carrying all the operational costs of these centres.

    While the coverage of the ETCs is in principle global, only refugees of some nationalities and countries of first asylum have been accommodated in the centres. Ad hoc planning and the obstacles experienced by some resettlement countries in the process of adjudication or completion of resettlement procedures, including selecting municipalities, has generally driven the use of ETCs. Most of the refugees transferred to the ETCs were resettled to the USA or the UK.

    Male and female refugees of all age groups have been transferred to the ETCs, although some restrictions have been imposed with respect to refugees with high medical needs, including serious mental health needs due to limitations of the ETCs with respect to providing services to persons with high medical needs. There have also been challenges in providing accommodation to Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender and Intersex (LGBTI) refugees. Since 2014, Iraqi refugees from Syria for resettlement to the USA are no longer transferred due to the refusal of already pre-vetted cases during the period 2012 - 2014. This has resulted in traumatic experiences for the concerned refugees, as three of them have remained in Timisoara since 2012 without a durable solution. Although alternative resettlement countries have been found for most of the rejected cases, this created an extra burden for UNHCR as well as delays for the concerned refugees.

    The efficiency of the ETC operations in Timisoara and Humenné was assessed from different angles, namely UNHCR and IP staffing, budgets, and utilization of capacity including the “pipeline”.

    The efficiency of the ETC operations in Timisoara and Humenné was assessed from different angles, namely UNHCR and IP staffing, budgets, and utilization of capacity including the “pipeline”.

    The centres are respectively under the supervision of the UNHCR Country Representative in Bucharest, and the UNHCR Deputy Regional Representative of the Regional Representative Office for Central Europe (RRCE) in Budapest. The resulting reporting lines and management of the budgets has led to limited coordination to ensure commonalities in approach in terms of staffing and assistance provided. Thus, in Timisoara, three UNHCR staff (with UNHCR or UNOPS contracts) work in the centre. In the Slovak Republic, the only UNHCR staff member manages the centre on a UNOPS contract. The difference in ETC-level staffing cannot be fully justified on the basis of their capacity. The above has also led to different budgets and variations in IP capacity, responsibilities and assistance, with the division of responsibilities between the different actors in Timisoara resulting in an overstretched IP with reduced capacity for counseling and other refugee-oriented activities.

    As the host countries’ contributions are different in each of the ETCs, the contribution of UNHCR also differs, the biggest difference being that UNHCR pays the food costs in Timisoara, which amounted to between 40-49% of total expenditures in the period 2012-2014. The overall expenditures for Timisoara, excluding food costs ranged from USD 621,700 in 2012, USD 654,900 in 2013 to USD 657,000 in 2014. If food costs are included, the annual costs are USD 1,031,000 in 2012, USD 1,278,100 in 2013, USD 1,195,800 in 2014 and USD 1,157,000 in 2015. The ETC requires 51% (2015) to 60% (2012, 2013) of the total budget for the Romania operation. The overall expenditure for Humenné was USD 406,700 in 2012, USD 747,800 in 2013, USD 979,900 in 2014, and USD 666,700 in 2015 (first 11 months).

    The underutilization of the ETCs was regularly raised as a concern by interlocutors. Their occupancy rate has historically been relatively low. The average daily occupancy rate for Timisoara is between one third to one half, and for Humenné approximately half of its capacity. Considering the nature of emergency case handling, and the flexibility this requires, the ETCs must always have space available to receive cases with serious protection needs. However, the planning documents for the ETCs do not allocate a specific number of spaces for emergency evacuations. In addition, the turnover of refugees has been slower than envisaged, with some refugees submitted to the US overstaying the maximum period of six months. The overwhelming majority of refugees stay an average of four to five months. Capacity has generally been viewed in terms of the available number of beds instead of in relation to site and shelter space available.

    Minimum standards for ETCs have not been developed. The application of minimum humanitarian standards in the areas of shelter confirms that the centres would not fully comply with these criteria if used to capacity. As the ETCs have become a semi-permanent response mechanism in the resettlement process, it is necessary to consider developing minimum standards for ETCs to guarantee the well-being of refugees. These standards should be based for example on the Sphere minimum humanitarian standards for shelter and non-food items.1 The standards should also take into account the objectives of preparing refugees for life in a resettlement country.

    The Romanian government has received funds from the EU to upgrade an existing facility to house the ETC. Work is expected to begin in 2016 so that refugees could be accommodated in 2017. It is imperative that UNHCR seize the opportunity to be involved at the planning stage of this process in order to ensure that the physical set-up is conducive to providing adequate assistance and protection, and to preparing refugees for resettlement. Some input into planning would also allow cost-savings if, for example, kitchens were included so that refugees could cook for themselves.

    The utilization of the ETCs has also been viewed in connection with the selection of refugees, and the process of obtaining clearances and organizing the transfer to one of the centres. The ETCs are directly linked to UNHCR’s global resettlement operation through the ETC focal point in the Resettlement Service, UNHCR headquarters. UNHCR Field Offices and Regional Resettlement Hubs are vital in identifying refugees for whom transfer to the ETC is an appropriate solution. Yet not all resettlement staff are aware of the existence of these facilities or know how to use these centres. This can be partially attributed to outdated guidance notes and a gap between vision and practice, which has led to different views on the usage of these centres.

    The underutilization of the ETCs is also a consequence of the use of emergency priority quota and/or a direct transfer to the resettlement country, which is the preferred option for all parties. Other obstacles include lengthy exit procedures of some countries of asylum, and a bureaucratic and lengthy process to organize the transfer of cases. Additionally, the part-time nature of the ETC focal point at headquarters does not encourage a more pro-active advocacy role.

    There are some differences in the provision of protection and assistance in the two ETCs. The major protection deficit noted by the evaluation team was the application of “limited freedom of movement” in Romania. Article 2 (2) of the Tri-Partite Agreement states that refugees “shall be required to reside in the ETC facility designated by the Romanian government.” This provision has been implemented in a manner that restricts freedom of movement of refugees as they are not permitted to leave the centre unless escorted by the implementing partner. This limitation is extremely frustrating for refugees and leads to a degree of institutionalization.

    While most of the refugees interviewed during the mission were satisfied with the standards of assistance offered, they felt that their lives in the ETC were on hold and many expressed a desire to have a “normal” life and to move on quickly from the ETC. Especially in Timisoara, concerns were expressed regarding the difficulties arising from living with many other refugees in a relatively small area, including sharing rooms with other families and/or individuals, the limited to no freedom of movement, few opportunities for leisure and language training for adults, and a general sense of boredom. This has produced a living environment in which stress and tensions between individuals can more easily build up. Overall, the services provided in Humenné were more comprehensive than in Timisoara. This was reflected in the level of satisfaction expressed by refugees during the focus group discussions.

    Resettlement is by definition a partnership activity. Cooperation with external stakeholders was generally viewed as efficient and effective by all respondents. Cooperation between UNHCR and the Government of Romania was regarded in a positive light, especially with respect to the limited time needed to process clearance requests, and the provision of identification documentation and security in the premises. However, the “limited freedom of movement” for refugees in the town, the lack of maintenance of the premises, and the regular provision of basic household items has led to some concern.

    Cooperation between UNHCR and the Government of the Slovak Republic was generally considered efficient and effective by all interlocutors, despite some challenges in obtaining visas from embassies in countries of asylum or neighboring countries. The third partner to the agreements, IOM, has taken effective care of travel logistics, medical assessments and cultural orientation training. Possible challenges were ironed out in the beginning of these local partnerships. Some communication challenges were however noted at the field level in countries of asylum between UNHCR and IOM (and some ICRC delegations) due to staff turnover.

    A similar positive note can be recorded with regard to the cooperation between UNHCR and the nine resettlement countries that used the ETCs in the 2012-2015 period. However, concern was expressed about referring an adequate number of refugees for the US “pipeline” on the one hand, and the US speed of processing, both during the pre-vetting stage and the stay of refugees in the ETCs, on the other hand. The first issue was resolved in 2015 with stronger coordination taking place between the three partners: UNHCR, the US and IOM.

    The two ETCs have been effective to some degree considering the initial objectives established especially considering that a transfer can only be approved if a resettlement country is already identified. Only the centre in Timisoara was used for emergency priority cases in 2013 and 2014. An overall reduction of this function is visible during the period 2012-2015. However, for refugees classified under normal priority, the transfer to an ETC was still viewed as life-saving if evacuated from an unsafe situation.

    The majority of refugees were transferred to the ETCs to support either the processing of resettlement cases by means of interviews, biometrics or to find municipalities in the resettlement country. Providing opportunities for recovery and preparing for the integration process has only been achieved to some degree, depending on the situation in countries of asylum and the protection and assistance provided in the two centres. The centres have however supported the objective “potential for resettlement realized”. The overwhelming majority of refugees arriving in the ETCs actually departed for resettlement. The ETCs have therefore contributed to facilitating the resettlement process of some refugees that otherwise could not have been resettled.

    The main impact of the ETCs has been the provision of immediate and effective protection to refugees. Moreover, as a tangible form of responsibility-sharing, the centres have given Romania and the Slovak Republic the opportunity to present their contribution to the international protection regime in international fora. Romania established a resettlement programme with a quota of 40 refugees per year, with the first group of 38 refugees arriving in 2010, and the second group in 2014. The Slovak Republic also pledged, on a voluntary basis, 100 resettlement places in the period 2015-2017 towards the Council of the European Conclusions on Resettlement of 20 July 2015. However, arrivals under this programme are still pending.

    Given the current situation in Europe it could be argued that more responsibility-sharing could be expected, and the existence of the ETCs should not absolve these governments of the obligation to provide durable solutions to a greater number of refugees. The host governments might also be persuaded to contribute more resources to the running of the ETCs.

    The ETCs have contributed modestly to global resettlement figures and to reducing protracted refugee case-loads in countries of first asylum. But they have provided a safe alternative for cases that could not be transferred directly to resettlement countries, thereby offering the only available durable solution to these refugees. For some refugees, without the ETCs, there would simply be no possibility of resettlement.

    In conclusion, the evolution in the operation of the ETCs shows a move away from their original vision. In the words of one interlocutor “there is nothing emergency about this process.” This has resulted in a situation whereby the policies and practices of resettlement countries to a large extent actually determine the use of the ETCs. Internal factors further impact upon the efficiency and effectiveness of the centres. Thus, replacing the first word of the acronym “ETC” with resettlement (“Resettlement Transit Centres”) would actually give a clearer indication of the main purpose of these centres, namely to support the realization of this durable solution. This could then also cover possible shifts or changes in their functions as RTCs continue to respond to the needs of different stakeholders. The sustainability of these centres must also be viewed in relation to UNHCR’s responsibility to manage the “pipeline” in cooperation with resettlement states.

    The key recommendations of this evaluation are directed to DIP’s Resettlement Service, the RRCE and CO Romania.

    https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/575935d17_0.pdf
    #Roumanie #République_Tchèque #ETC #asile #migrations #réfugiés #rapport #réinstallation #évacuation #protection_d'urgence #Evacuation_Transit_Facility (#ETF) #hub
    –-> document de 2016, mis ici pour archivage

    via @pascaline

  • La Lune abrite une bibliothèque universelle et... des tardigrades
    https://www.actualitte.com/article/zone-51/la-lune-abrite-une-bibliotheque-universelle-et-des-tardigrades/96260

    Il y a quand même plusieurs éléments choquants dans cette « expérience » :
    – envoyer volontairement du matériau vivant sur la Lune n’est-il pas peu éthique et contradictoire avec le maintien de l’espace comme espace commun ?

    – Pourquoi une « bibliothèque humaine » est-elle uniquement en anglais ?

    On retrouve bien là, non seulement l’hubris scientifique, mais aussi une conception bien datée de « l’humanité », réduite à ses dominants.

    En avril dernier, une sonde israélienne a fini sa course sur la Lune. Et à son bord, une espèce microbienne qui aujourd’hui attire l’attention : les tardigrades. Des créatures microscopiques, qui étaient installées dans l’appareil, stockées dans de la colle époxy. Et selon les scientifiques, les bestioles auraient survécu au crash de la sonde, du fait de leur résistance quasi absolue.

    Moon
    Roberto Pasini, CC BY SA 2.0

    Les tardigrades, également surnommés oursons d’eau, focalisent l’attention des scientifiques, car, pour la première fois, une espèce vivante serait retrouvée sur la Lune. Certes, elle ne doit rien aux meilleurs scénarios de romans de science-fiction, puisqu’il s’agit d’une espace terrestre, expédiée sur le satellite. Cependant, après le crash de la sonde Bereshit — premier mot de la Genèse en hébreu — la survie de ces bébêtes intrigue.

    Expédier sur la Lune des créature d’un millimètre

    Selon Nova Spivack, de la Fondation Arch Mission, à l’origine de ce voyage, la sonde était en effet accompagnée d’une forme d’encyclopédia universalis. Cette dernière contenait une série de disques de la taille d’un DVD, contenant les archives de notre planète, soit 30 millions de pages. Une forme d’Arche de Noé, expédiée sur la Lune pour préserver les informations, ou les fournir à qui passerait par là.

    L’ADN, un système anti-vol... pour les manuscrits

    Le propre du tardigrade est de pouvoir basculer dans un état de cryptobiose, une forme de mort clinique, où cet arthropode se plonge en attendant de pouvoir bénéficier de conditions de survie meilleures. Pourquoi les faire voyager ? D’abord, parce qu’il y avait de la place. Ensuite, parce qu’il était simple d’intégrer entre les couches de nickel de la bibliothèque ainsi constituée ces petites créatures.

    Les contenus expédiés seraient intacts

    La bibliothèque lunaire, telle qu’elle a été surnommée, permettait en effet d’ajouter des ADN humains, ainsi que des tardigrades déshydratés. Et comme, selon la NASA, tout porte à croire qu’en dépit de l’alunissage manqué, la bibliothèque a survécu, les tardigrades seraient certes toujours inactifs, mais auraient survécu par également.

    La bibliothèque, qui compte l’ensemble, ou presque, de la version anglaise de l’encyclopédie Wikipedia, ainsi que des milliers de livres classiques, des manuels scolaires n’a pas besoin d’eau pour se réhydrater. En revanche, il suffirait aux tardigrades de quelques microns d’eau pour retrouver une activité normale.

    A Tardigrade
    domaine public - Peter von Bagh

    « Nous les avons choisis parce qu’ils sont spéciaux. Ils représentent la forme de vie la plus acharnée que nous connaissons. Ils pourraient survivre pratiquement à tout cataclysme nucléaire. Ils peuvent survivre au vide de l’espace, mais également aux radiations », poursuit Nova Spivack.

    Ressusciter l’espèce humaine ?

    Et d’ajouter : « Dans le meilleur des cas, la bibliothèque est entièrement préservée, installée sur une belle colline sablonneuse, sur la Lune, pour un milliard d’années. Dans un avenir lointain, il sera possible pour nos descendants de les récupérer, ou pour une nouvelle forme de vie intelligente, longtemps après notre disparition. »

    Stocker toute la connaissance dans de l’ADN

    Avec l’ADN présent, il sera même possible de reconstituer l’espèce humaine, des plantes ou des animaux. Ou pas.

    En attendant ce jour, les tardigrades, s’ils trouvent l’eau nécessaire pour se remettre en piste, disposeront d’une quantité de lecture pour passer le temps.

    #Communs #Hubris #Espace #Lune

  • Geoengineering is very controversial. How can you do experiments? Harvard has some ideas. - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/614025/geoengineering-experiment-harvard-creates-governance-committee-cli

    A prestigious university forging ahead with an outdoor experiment is a major milestone for the field, known as geoengineering. But it’s fraught with controversy. Critics fear such a step will lend scientific legitimacy to the idea that we could turn the dial on Earth’s climate. And they fret that even doing experiments is starting down a slippery slope toward creating a tool of incredible power.

    Despite the critics, Harvard will take a significant step forward on Monday, as the university announces the formation of a committee to ensure that researchers take appropriate steps to limit health and environmental risks, seek and incorporate outside input, and operate in a transparent manner.

    It’s a move that could create a template for how geoengineering research is conducted going forward, and perhaps pave the way for more experiments to follow.

    Mach said the committee may ultimately recommend that the proposal be altered, delayed, or canceled, and her understanding is that the research team will treat such guidance with the “utmost seriousness” and “respond in a public way.”

    But some think that by creating the committee, the university is rushing ahead of the public and political debate on this issue.

    “It’s an extremely high-profile institution that’s decided they don’t want to wait for the regulatory regimes to greenlight this,” says Wil Burns, co-director of the Institute for Carbon Removal Law and Policy at American University.

    From an engineering standpoint, the team could be ready for an initial test flight within about six months. The current plan is to launch from a site somewhere in New Mexico. The scientists, however, have said they won’t pursue the experiment until the committee completes its review and will heed a determination that they should stop.

    The basic idea behind what’s known as solar geoengineering is that we could use planes, balloons, or even very long hoses to disperse certain particles into the atmosphere, where they could reflect enough sunlight back into space to moderately cool the planet.

    Most of the research to date has been conducted using software climate simulations or experiments in the lab. While the models show that the technique will lower temperatures, some have found it might unleash unintended environmental impacts, such as altering monsoon patterns and food production, depending on how it’s done.

    Only two known experiments that could be seen as related to solar geoengineering have been carried out in the open air to date. Researchers at the University of California, San Diego, sprayed smoke and salt particles off the coast of California in 2011, and scientists in Russia dispersed aerosols from a helicopter and car in 2009.

    Plans for a proposed outdoor experiment in the United Kingdom, known as the SPICE project, were dropped in 2012, amid public criticism and conflict-of-interest accusations.

    The Harvard experiment, first proposed in a 2014 paper, will launch a scientific balloon equipped with propellers and sensors around 20 kilometers (12 miles) above Earth. The aircraft would release between 100 grams and 2 kilograms of sub-micrometer-size particles of calcium carbonate, a substance naturally found in shells and limestone, in a roughly kilometer-long plume.

    The balloon would then fly through the plume, enabling the sensors to measure things such as how broadly the particles disperse, how they interact with other compounds in the atmosphere, and how reflective they are.

    The researchers hope these observations could help assess and refine climate simulations and otherwise inform the ongoing debate over the feasibility and risks of various approaches to geoengineering.

    “If anything, I’m concerned that the current climate models make solar geoengineering look too good,” Frank Keutsch, a professor of chemistry and the project’s principal investigator, said in a statement. “If we want to be able to predict how large-scale geoengineering would disrupt the ozone layer, or the exchange of air between the troposphere and stratosphere, we need more real-world observations.”

    The project is being funded through Harvard grants to the professors involved and the university’s Solar Geoengineering Research Program, a multidisciplinary effort to study feasibility, risks, ethics, and governance issues. The organization has raised more than $16 million from Microsoft cofounder Bill Gates, the Hewlett Foundation, the Alfred P. Sloan Foundation, and other philanthropic groups and individuals.

    But there are concerns with the way the Harvard team is moving ahead.

    “It doesn’t pose a physical risk, but it does pose a considerable social and political risk in being the first step towards development of actual technology for deployment,” Raymond Pierrehumbert, a physics professor at the University of Oxford, has said of the experiment. “There would be some limited scientific payback from such a small-scale experiment, but it is mostly a stunt to break the ice and get people used to the idea of field trials.”

    Another question is whether the new committee is adequately independent, given Harvard’s involvement in the first step of the selection process. The university’s dean of engineering and vice provost for research created an external search committee, made up of three individuals from outside the university, to select the chair of the advisory panel. Bedsworth, in turn, chose the rest of the members.

    The counterargument is that the US political system is effectively broken on the topic of global warming. The inability to raise public funds for research—or pass strict legislation, for that matter—has little to do with the merits of the science, or the importance of the issue, and everything to do with the poisoned politics of climate change, says Jane Long, a former associate director at Lawrence Livermore National Laboratory, who served on the search committee.

    “We’re so dysfunctional from a political perspective,” says Long, who pushed early on for the researchers to create a governance board. “I don’t know how you can draw the conclusion that we’ve gotten a democratic signal that we shouldn’t do this research.”

    The committee is made up of a mix of social scientists and legal and technical experts, including Michael Gerrard, a law professor at Columbia; Shuchi Talati, a fellow at the Union of Concerned Scientists; Robert Lempert, a principal researcher at RAND; and Raj Pandya, director of Thriving Earth Exchange.

    But it doesn’t include any representatives of the public—say, from New Mexico, where the experiment is likely to occur—or, Burns notes, any outspoken geoengineering critics.

    It’s also notable that everyone is based in the US. Flegal has previously criticized proponents of geoengineering research for failing to call on enough voices from developing nations, even as they argue that the tools could be especially important in helping to address the disproportionate impact of climate change on the global poor.

    Harvard professor David Keith, one of the main figures behind the experiment, acknowledged that there are reasonable concerns about independence. But he said Harvard made a good-faith effort to create a committee several layers removed from the researchers. He adds that it’s not the only form of oversight, noting that the project will also have to pass muster with Harvard’s safety committee, Federal Aviation Administration regulations, and provisions of the National Environmental Policy Act.

    #Climat #Géoengineering #Hubris

  • FARBTEST. DIE ROTE FAHNE | DFFB von Gerd Conrad, 18.01.1968
    https://dffb-archiv.de/dffb/farbtest-die-rote-fahne

    https://dffb-archiv.de/editorial/dies-jenseits-bilder-film-politik-dffb-1966-1995


    Standort der Kamera im Moment der Aufnahme: Rheinstraße 67, 12161 Berlin Friedenau. Blickrichtung SW
    https://www.openstreetmap.org/node/3178164738

    Ab Juni 1967 füllte das politische Engagement eines Teils der Studierenden zunehmend den Freiraum, den ihnen der Unterricht infolge des noch nicht vollständig ausgearbeiteten Lehrkonzepts ließ. Dass die dffb nach den Versuchen am Deutschen Institut für Film und Fernsehen (DIFF) in München und der Hochschule für Gestaltung Ulm (HfG Ulm) die erste Institution zur Professionalisierung der Ausbildung in einer Filmakademie in der Bundesrepublik war, bedeutete, dass auch die Dozenten zum Ausprobieren gezwungen waren. Der zweite Jahrgang der dffb, der im Herbst 1967 sein Studium aufnahm, geriet mitten hinein in eine filmpolitische Kampfzone.

    Der Film beginnt (00:15) etwa Höhe #Schloßstraße 90, (00:30) rechts in HG Einmündung #Muthesiusstraße, (00:41) Haltestelle #Kieler_Straße, (00:48) links Einmündung Kieler Straße noch befahrbar, (00:52) Fahnenübergabe vor Supermarkt Reichelt, (01:00) rechts Einmündung #Zimmermannstraße noch befahrbar, (01:20) links Einmündung #Deitmerstraße noch befahrbar mit Geschäft Rauch Porzellann, (01:34) Schnitt kaschiert durch vor Ampel wartenden Bus, Sprung vorwärts von Höhe No. 104 zu Höhe No. 106, (1:38) Fahnenübergabe Ecke #Hubertusstraße vor No. 107 rechts Salamander Einmündung #Ahornstraße, (01:50) rechts Woolworth, (01:58) No. 108 links „Ton und Welle“ Fahnneübergabe vor No. 111, (02:04) rechts Brenninkmeyer C&A, (02:05) links Eckhaus No. 110 Cafe Huthmacher, (02:10) rechts Einmündung #Schildhornstraße, (02:14) Eckhaus No.111 für Abriß vorbereitet Baustelle Straßenmitte, (02:15) Häuser rechts vor Kaufhaus Wertheim für Abriß vorbereitet, (02:21) FahnenStandort der Kamera im Moment der Aufnahme: Rheinstraße 67, 12161 Berlin Friedenau. Blickrichtung SW
    https://www.openstreetmap.org/node/3178164738übergabe vor No. 113, ff.

    Ton und Welle, in: Vergessene HIFI Läden - Lost in space, Hifi-Klassiker - HIFI-FORUM
    http://www.hifi-forum.de/viewthread-84-17072.html

    Brenninkmeijer (Familie) - Wikipedia
    https://de.wikipedia.org/wiki/Brenninkmeijer_(Familie)
    07.04.1969 - UNTERNEHMEN / C & A BRENNINKMEYER
    Stummer Gigant
    https://www.spiegel.de/spiegel/print/d-45861223.html
    03. Januar 2004 - Brenninkmeyer-Clan, Die verschwiegenen Milliardäre
    https://www.stern.de/wirtschaft/job/brenninkmeyer-clan-die-verschwiegenen-milliardaere-3516264.html
    15.01.2018 - Wer sich scheiden lässt, wird geächtet: Hinter dem C&A-Imperium steckt die traditionsliebende, milliardenschwere Familie Brenninkmeijer. Jetzt will sie wohl verkaufen.
    https://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/c-a-verkauf-wie-tickt-die-familie-brenninkmeijer-a-1187993.html

    Ton und Welle Elwin Petersen in Berlin | Firma
    https://firma-online.org/db/ton_und_welle_elwin_petersen

    Die Firma Ton und Welle Elwin Petersen mit der Lage Ahornstraße 17, 12163 Berlin ist eingetragen im Handelsregister Charlottenburg (Berlin) unter der Nummer HRA 7376 B. Das Datum der Gründung ist der 16. Dezember 2015

    Ton und Welle Elwin Petersen, Kommanditgesellschaft, Berlin - Versicherungswesen
    https://www.companyhouse.de/Ton-und-Welle-Elwin-Petersen-KG-Berlin

    Handelsregisterbekanntmachung von 22.02.2016
    Sitz / Zweigniederlassung:
    Geschäftsanschrift: Ahornstraße 17, 12163 Berlin
    Handelsregisterbekanntmachung von 16.12.2015
    Nicht mehr Persönlich haftender Gesellschafter: 1. Anneliese Petersen;
    Persönlich haftender Gesellschafter: 2. Petersen, Wolf Dieter, Berlin
    Handelsregisterbekanntmachung von 20.03.2001
    Persönlich haftende Gesellschafter: Anneliese Petersen, Berlin. Der persönlich haftende Gesellschafter Elwin Petersen ist aus der Gesellschaft ausgeschieden. Anneliese Petersen geb. Sobania ist jetzt persönlich haftende Gesellschafterin.

    #Hedwigstraße, #Dickhardstraße, #Rheinstraße und #Schmargendorfer_Straße

  • Macron sans surprise, chaque jour plus minable que le précédent.

    Génocide au Rwanda : des historiens écartés de la future commission d’enquête

    https://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Genocide-Rwanda-historiens-ecartes-future-commission-denquete-2019-03-29-1

    Deux spécialistes français du #génocide contre les #Tutsis au #Rwanda en 1994 auraient été récusés par le pouvoir politique français, quelques jours avant la probable annonce, vendredi 5 avril, par Emmanuel Macron de la création d’une commission d’enquête sur les archives françaises sur le rôle de la France au Rwanda.

  • La Fée diverse déploie ses ailes
    https://framablog.org/2019/03/07/la-fee-diverse-deploie-ses-ailes

    Il n’est pas si fréquent que l’équipe Framalang traduise un article depuis la langue italienne, mais la récapitulation bien documentée de Cagizero était une bonne occasion de faire le point sur l’expansion de la #Fediverse, un phénomène dont nous nous … Lire la suite­­

    #Non_classé #Aardwolf #ActivityPub #decentralisation #Diaspora #Fédération #Friendica #Funkwhale #getTogether #GNUsocial #Hubzilla #mastodon #Médias #Misskey #Mobilizon #Nextcloud #Osada #Ostatus #PeerTube #Pixelfed #Pleroma #Plume #Prismo #Réseau #SocialHome #Twitter

  • #Hippocampe, une nouvelle lune pour #Neptune
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/02/20/hippocampe-une-nouvelle-lune-pour-neptune_5425978_1650684.html

    Avec l’aide de trois collègues, Mark Showalter vient d’enrichir son tableau de chasse en décrivant, mercredi 20 février dans Nature, un nouveau #satellite de Neptune baptisé Hippocampe.

    A dire vrai, cet objet n’est pas un parfait inconnu. Mark Showalter en avait signalé l’existence dès 2013 dans un télégramme de l’Union astronomique internationale. Mais l’étude parue dans Nature en précise les caractéristiques et raconte comment cette petite lune attendait sagement qu’on la découvre sur des images prises par le #télescope_spatial #Hubble en… 2004-2005 puis en 2009.

    #astronomie

  • CRISPR might soon create spicy tomatoes by switching on their chili genes - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/the-download/612721/the-next-feat-for-crispr-might-be-spicy-tomatoes-made-with-chili-g

    Looking for perfect heat and lots of it? Gene engineers in Brazil think they might be able to create eye-watering tomatoes.

    Hot stuff: Even though chili peppers and tomato plants diverged from a common ancestor millions of years ago, tomatoes still possess the genetic pathway needed to make capsaicinoids, the molecules that make chilis hot.

    Now, Agustin Zsögön from the Federal University of Viçosa in Brazil writes in the journal Trends in Plant Science that gene-editing tools like CRISPR could turn it back on.

    Spicy biofactories: Tomatoes are much easier to grow than peppers, so making them hot could turn them into spice factories. “Capsaicinoids are very valuable compounds; they are used in [the] weapons industry for pepper spray, they are also used for anaesthetics [and] there is some research showing that they promote weight loss,” he told the Guardian.

    Strange fruit: Tomatoes are not the first food that scientists have suggested could be given an unusual new twist using CRISPR. Sweeter strawberries, non-browning mushrooms, and tastier ground-cherries have all been either attempted or mooted in the past.

    #Biotechnology #Hubris #CRISPR

  • Macron, Hitler, Marx, Staline, Trump, Lincoln, Jean-Baptiste et Le Monde... (quand l’Absente tue le game !)

    Branle bas de combat ! #Le_Monde aurait osé « la #caricature de trop » ! Comme l’explique brillamment #André_Gunthert sur son « carnet de recherches d’image sociale », cette #Une, grandiloquente et #en_même_temps irrévérencieuse, « vient clore l’impressionnante dégringolade du président Macron »
    http://imagesociale.fr/6975
    seenthissé par @colporteur : https://seenthis.net/messages/747820

    Le récit, commencé en fanfare et qui se clôt sur un champ de bataille, est illustré en couverture du magazine par un photomontage du graphiste Jean-Baptiste Talbourdet

    Mais bien qu’elle contienne toutes les références nécessaires, je ne partage pas les conclusions de cette note, qui prête à l’auteur #Jean-Baptiste_Talbourdet une intension volontairement malveillante sans l’avoir questionné.

    Suite, donc, à cette couverture pour le moins « audacieuse », une shitstorm s’est installée, sur les limites de la représentation du #Chef de l’#État, on croirait presque à un blasphème tant la bronca est générale. #Luc_Bronner, directeur de la rédaction du Monde, oppose un petit justificatif, et c’est là, selon moi, que se joue une couardise dommageable pour tou-te-s :
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2018/12/29/a-nos-lecteurs-a-propos-de-la-une-de-m-le-magazine-du-monde_5403549_4500055.
    Il avait tous les éléments pour faire une démonstration historique avec un filage magistral et ... non, il se réfugie derrière une rapide référence de l’Histoire de l’Art, en bon #sachant, et prend pour exemple... d’autres couvertures du Monde ! En bref, il lâche le choix politique pour une excuse graphique, esthétisante... alors qu’elle-même est issue d’une tradition politique !

    #Hubert_de_Jenlis, en bon chevalier de #Macron, pense porter un coup de grâce par la preuve irréfutable d’un #plagiat de #Lincols_Agnew qui portraitise #Hitler :
    https://twitter.com/HubertdeJenlis/status/1079143667724627968

    Hors, cet portrait a servi pour illustrer un essai ô combien intéressant paru dans le Harpers en juillet 2017 : The Reichstag Fire Next Time, The coming crackdown par #Masha_Gessen :
    https://harpers.org/archive/2017/07/the-reichstag-fire-next-time
    Le portrait, donc, est signé #Lincoln_Agnew et fait partie d’un diptyque où on retrouve donc Hitler :

    Illustrations by Lincoln Agnew. Source photographs: Adolf Hitler © Hulton Archive/Getty Images; crowd saluting Hitler © Visual Studies Workshop/Getty Images

    Mais aussi #Trump, #Putin, #Obama, #Bush :

    Source photographs: Donald Trump © JB Lacroix/WireImage; Vladimir Putin © Mikhail Svetlov/Getty Images; Barack Obama © Ron Sachs-Pool/Getty Images; George W. Bush © Luke Frazza/AFP/Getty Images; protest © Creative Touch Imaging Ltd./NurPhoto/Getty Images; drone © Erik Simonsen/Getty Images

    Ce qui semblait de toute évidence être une copie se révèle, si on prend le temps de lire l’article, puis de chercher les sources d’inspiration de Lincoln Agnew, être un hommage, dans le fil d’une tradition de représentation de la #Puissance et du #Pouvoir de figures d’autorité, dans la _#Droite ligne de #Gauche_ de l’#iconographie #Russe.
    Et il se trouve que Agnew lui-même s’inspire de #Gustav_Klutsis qui portraitise #Marx, #Engels, #Lenine et #Staline de la même manière en... 1933 !

    Gustav Klutsis, Raise Higher the Banner of Marx, Engels, Lenin and Stalin ! 1933

    (L’année même de l’incendie du du Reichstag dont il est question plus haut.) Portrait qu’on peut retrouver dans la superbe exposition de nov 2017 à février 2018 au musée #Tate : Red Star Over Russia at Tate Modern
    https://www.tate.org.uk/whats-on/tate-modern/exhibition/red-star-over-russia
    Il est vraiment intéressant de regarder la vidéo faite par le Tate Modern pour l’exposition : https://youtu.be/Kd_GHlMkwpQ

    qui revient sur

    the story behind graphic designer #David_King's collection of 250,000 artworks, photographs and documents from the Soviet Union.

    Et cette histoire, derrière la collection, c’est le point de départ sur une #Disparition, une #Invisibilisation. Celle de Léon #Trotski. C’est donc l’histoire de la construction de l’image de la Puissance, du Pouvoir, et la représentation de l’Homme Fort, et comment celle-ci écrase tout sur son passage. Pas grand chose à voir donc avec un parti politique particulier, mais bien plus avec une #oppression_systémique, la plus rependue au monde...

    L’affiche de l’expo est peut-être même la première inspiration de la série, et il est troublant de la mettre à côté du portrait de Macron tant les deux visages se répondent ! Elle est datée de 1923 et signée #Strakhov (Braslavsky) Adolf Yosypovych :

    Elle est issue d’une campagne de propagande pour... l’émancipation féminine ! Et ... combien avez-vous vu de #femmes dans cette suite de portraits, jusqu’à présent ? Hein ?!

    Quel dommage ! Quel dommage que les gonades qui s’expriment contre la pseudo-insulte faite au Chef de la France soient quasiment, uniquement, masculines ou assimilées. Quel dommage aussi que pour défendre un choix, d’autres gonades masculines n’osent aller au bout de la filiation. Je n’irait pas jusqu’à dire quel dommage que si peu soient encore #Charlie, mais ceci dit, ça a quand même son sens. L’année 2018 a vu augmenter, terriblement, la pression du #patriarcat, du #masculinisme même, et la #répression, partout : cette fin d’année est maculée de sang sous les coups frénétiques d’un service régalien qui ne fait que protéger un président fantoche dont quasi plus personne ne veut. Et quand, enfin, arrive une occasion de justifier le maintien de leur chef au Pouvoir, la meute de déchaine, écrasant, une fois de plus la continuité des leçons de l’Histoire, de sa contextualisation globale nécessaire, et participe ainsi, encore plus, au #confusionnisme plutôt qu’à l’#éducation_populaire...
    Quelle misère !

    Épilogue : Toute #oppression crée un état de #guerre.
    #Simone_de_Beauvoir, in Le Deuxième #sexe, t.2, L’expérience vécue

  • United Nations considers a test ban on evolution-warping gene drives - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/612415/united-nations-considers-a-test-ban-on-evolution-warping-gene-driv

    he billionaire Bill Gates wants to end malaria, and so he’s particularly “energized” about gene drives, a technology that could wipe out the mosquitoes that spread the disease.
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    Gates calls the new approach a “breakthrough,” but some environmental groups say gene drives are too dangerous to ever use.

    Now the sides are headed for a showdown.

    In a letter circulated today, scientists funded by the Bill & Melinda Gates Foundation and others are raising the alarm over what they say is an attempt to use a United Nations biodiversity meeting this week in Sharm El-Sheikh, Egypt, to introduce a global ban on field tests of the technology.

    At issue is a draft resolution by diplomats updating the UN Convention on Biological Diversity, which—if adopted—would call on governments to “refrain from” any release of organisms containing engineered gene drives, even as part of experiments.

    The proposal for a global gene-drive moratorium has been pushed by environmental groups that are also opposed to genetically modified soybeans and corn. They have likened the gene-drive technique to the atom bomb.

    In response, the Gates Foundation, based in Seattle, has been funding a counter-campaign, hiring public relations agencies to preempt restrictive legislation and to distribute today’s letter. Many of its signatories are directly funded by the foundation.

    “This is a lobbying game on both sides, to put it bluntly,” says Todd Kuiken, who studies gene-drive policy at North Carolina State University. (He says he was asked to sign the Gates letter but declined because he is a technical advisor to the UN.)

    It’s the ability of a gene drive to spread on its own in the wild that accounts for both the technology’s promise and its peril. Scientists already take elaborate precautions against accidental release of gene-drive mosquitoes from their labs.

    Burt says for now the biggest unknown is whether the technology will work at all. “The risk we are trying to deal with is that it doesn’t work, that it falls over when we release it, or resistance develops very quickly,” he says.

    That means both opponents and supporters of gene drives may be overestimating how soon one could be ready.

    “The member states are hearing and thinking that these are sitting in the lab ready to be released, and that is not the case,” says Kuiken. “Nothing I have seen suggested these things are literally ready to go out the door tomorrow. We could have better decisions if everyone knew they could take a breath.”

    #Gene_drive #Hubris #Bill_Gates #Malaria

  • #métaliste (qui va être un grand chantier, car il y a plein d’information sur seenthis, qu’il faudrait réorganiser) sur :
    #externalisation #contrôles_frontaliers #frontières #migrations #réfugiés

    Des liens vers des articles généraux sur l’externalisation des frontières de la part de l’ #UE (#EU) :
    https://seenthis.net/messages/569305
    https://seenthis.net/messages/390549
    https://seenthis.net/messages/320101

    Ici une tentative (très mal réussie, car évidement, la divergence entre pratiques et les discours à un moment donné, ça se voit !) de l’UE de faire une brochure pour déconstruire les mythes autour de la migration...
    La question de l’externalisation y est abordée dans différentes parties de la brochure :
    https://seenthis.net/messages/765967

    Petit chapitre/encadré sur l’externalisation des frontières dans l’ouvrage « (Dé)passer la frontière » :
    https://seenthis.net/messages/769367

    Les origines de l’externalisation des contrôles frontaliers (maritimes) : accord #USA-#Haïti de #1981 :
    https://seenthis.net/messages/768694

    L’externalisation des politiques européennes en matière de migration
    https://seenthis.net/messages/787450

    "#Sous-traitance" de la #politique_migratoire en Afrique : l’Europe a-t-elle les mains propres ?
    https://seenthis.net/messages/789048

    Partners in crime ? The impacts of Europe’s outsourced migration controls on peace, stability and rights :
    https://seenthis.net/messages/794636
    #paix #stabilité #droits #Libye #Niger #Turquie

  • Linguistic red flags from Facebook posts can predict future depression diagnoses — ScienceDaily
    https://www.sciencedaily.com/releases/2018/10/181015150643.htm

    Research finds that the language people use in their Facebook posts can predict a future diagnosis of depression as accurately as the tools clinicians use in medical settings to screen for the disease.

    In any given year, depression affects more than 6 percent of the adult population in the United States — some 16 million people — but fewer than half receive the treatment they need. What if an algorithm could scan social media and point to linguistic red flags of the disease before a formal medical diagnosis had been made?

    Ah oui, ce serait fantastique pour les Big Pharma : la dépression est une maladie complexe, dont les symptômes graves sont souvent confondus avec la déprime qui est un état sychologique que nous connaissons tous. Notre Facebook, couplé avec notre assistant vocal Amazon nous gorgerait de Valium, et tout irait pour le mieux dans le Meilleur des mondes.

    Considering conditions such as depression, anxiety, and PTSD , for example, you find more signals in the way people express themselves digitally."

    For six years, the WWBP, based in Penn’s Positive Psychology Center and Stony Brook’s Human Language Analysis Lab, has been studying how the words people use reflect inner feelings and contentedness. In 2014, Johannes Eichstaedt, WWBP founding research scientist, started to wonder whether it was possible for social media to predict mental health outcomes, particularly for depression.

    “Social media data contain markers akin to the genome,” Eichstaedt explains. “With surprisingly similar methods to those used in genomics, we can comb social media data to find these markers. Depression appears to be something quite detectable in this way; it really changes people’s use of social media in a way that something like skin disease or diabetes doesn’t.”

    Il y a au moins une bonne nouvelle sur la déontologie scientifique :

    Rather than do what previous studies had done — recruit participants who self-reported depression — the researchers identified data from people consenting to share Facebook statuses and electronic medical-record information, and then analyzed the statuses using machine-learning techniques to distinguish those with a formal depression diagnosis.

    Les marqueurs considérés sont aussi des marqueurs sociaux et économiques, qu’il faudrait traiter autrement qu’avec des médicaments.

    They learned that these markers comprised emotional, cognitive, and interpersonal processes such as hostility and loneliness, sadness and rumination, and that they could predict future depression as early as three months before first documentation of the illness in a medical record.

    La conclusion est fantastique : il faut rendre le balayage obligatoire !!!

    Eichstaedt sees long-term potential in using these data as a form of unobtrusive screening. “The hope is that one day, these screening systems can be integrated into systems of care,” he says. “This tool raises yellow flags; eventually the hope is that you could directly funnel people it identifies into scalable treatment modalities.”

    Despite some limitations to the study, including its strictly urban sample, and limitations in the field itself — not every depression diagnosis in a medical record meets the gold standard that structured clinical interviews provide, for example — the findings offer a potential new way to uncover and get help for those suffering from depression.

    #Dépression #Facebook #Foutaises #Hubris_scientifique #Big_pharma #Psychologie

  • The smartphone app that can tell you’re depressed before you know it yourself - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/612266/the-smartphone-app-that-can-tell-youre-depressed-before-you-know-i

    A startup founded in Palo Alto, California, by a trio of doctors, including the former director of the US National Institute of Mental Health, is trying to prove that our obsession with the technology in our pockets can help treat some of today’s most intractable medical problems: depression, schizophrenia, bipolar disorder, post-traumatic stress disorder, and substance abuse.

    Mindstrong Health is using a smartphone app to collect measures of people’s cognition and emotional health as indicated by how they use their phones. Once a patient installs Mindstrong’s app, it monitors things like the way the person types, taps, and scrolls while using other apps. This data is encrypted and analyzed remotely using machine learning, and the results are shared with the patient and the patient’s medical provider.

    The seemingly mundane minutiae of how you interact with your phone offers surprisingly important clues to your mental health, according to Mindstrong’s research—revealing, for example, a relapse of depression.

    The seemingly mundane minutiae of how you interact with your phone offers surprisingly important clues to your mental health, according to Mindstrong’s research—revealing, for example, a relapse of depression.❞

    For now, Insel says, the company is working mainly with seriously ill people who are at risk of relapse for problems like depression, schizophrenia, and substance abuse. “This is meant for the most severely disabled people, who are really needing some innovation,” he says. “There are people who are high utilizers of health care and they’re not getting the benefits, so we’ve got to figure out some way to get them something that works better.” Actually predicting that a patient is headed toward a downward spiral is a harder task, but Dagum believes that having more people using the app over time will help cement patterns in the data.

    There are thorny issues to consider, of course. Privacy, for one: while Mindstrong says it protects users’ data, collecting such data at all could be a scary prospect for many of the people it aims to help. Companies may be interested in, say, including it as part of an employee wellness plan, but most of us wouldn’t want our employers anywhere near our mental health data, no matter how well protected it may be.

    #Données_médicales #Maladie_mentale #Surveillance #Algorithmes_prédictifs #Hubris_scientifique

  • Manifeste contre la géo-ingénierie : bas les pattes ! - Attac France
    https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/manifeste-contre-la-geo-ingenierie-bas-les-pattes

    Plus de 110 organisations du monde entier, provenant de 5 continents, dont Attac France, publient à l’occasion de la réunion du GIEC en Corée du Sud un manifeste exigeant l’arrêt immédiat des expériences de géo-ingéniérie actuelles et prévues dans les mois à venir et l’interdiction pure et simple de la géo-ingéniérie. Cet ensemble de solutions techniques à grande échelle visant à bloquer une partie des rayons du soleil, réfléchir la lumière du soleil ou capturer les émissions de gaz à effet de serre, avec des effets dévastateurs sur l’environnement, les écosystèmes et les communautés du monde entier. A l ’occasion de la publication du rapport du GIEC sur le 1.5°C, cette coalition d’organisation appelle à déployer les solutions déjà éprouvées et moins risquées, mais qui restent marginalisées dans les délibérations sur le changement climatique.

    #Géoengineering #Hubris_scientifique

  • The Unlikely Politics of a Digital Contraceptive | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/tech/annals-of-technology/the-unlikely-politics-of-a-digital-contraceptive

    In August, the F.D.A. announced that it had allowed a new form of contraception on the market: a mobile app called Natural Cycles. The app, which was designed by a Swedish particle physicist, asks its users to record their temperature with a Natural Cycles-branded thermometer each morning, and to log when they have their periods. Using a proprietary algorithm, the app informs its users which days they are infertile (green days—as in, go ahead, have fun) and which they are fertile (red days—proceed with caution), so that they can either abstain or use a backup method of birth control. In clearing the app as a medical device, the F.D.A. inaugurated “software application for contraception” as a new category of birth control under which similar products can now apply to be classified. The F.D.A.’s press release quotes Terri Cornelison, a doctor in its Center for Devices and Radiological Health, who said, “Consumers are increasingly using digital health technologies to inform their everyday health decisions and this new app can provide an effective method of contraception if it’s used carefully and correctly.”

    On touche vraiment au grand Ogin’importe quoi.

    In January, a single hospital in Stockholm alerted authorities that thirty-seven women who had sought abortions in a four-month period had all become pregnant while using Natural Cycles as their primary form of contraception. The Swedish Medical Products Agency agreed to investigate. Three weeks ago, that agency concluded that the number of unwanted pregnancies was consistent with the “typical use” failure rate of the app, which they found to be 6.9 per cent. During the six-month investigation, six hundred and seventy-six additional Natural Cycle users in Sweden reported unintended pregnancies, a number that only includes the unwanted pregnancies disclosed directly to the company.

    Berglund’s story—a perfect combination of technology, ease, and self-discovery, peppered with the frisson of good fortune and reliance on what’s natural—has helped convince more than nine hundred thousand people worldwide to register an account with Natural Cycles. But the idea of determining fertile days by tracking ovulation, known as a fertility-awareness-based method of birth control, is anything but new. Fertility awareness is also sometimes called natural family planning, in reference to the Catholic precept that prohibits direct interventions in procreation. The most familiar form of fertility awareness is known as the rhythm method. First designated in the nineteen-thirties, the rhythm or calendar method was based on research by two physicians, one Austrian and one Japanese. If a woman counted the number of days in her cycle, she could make a statistical estimate of when she was most likely to get pregnant. Those methods evolved over the years: in 1935, a German priest named Wilhelm Hillebrand observed that body temperature goes up during ovulation. He recommended that women take their temperature daily to determine their fertile period.

    Plenty of doctors remain unconvinced about Natural Cycles. “It’s as if we’re asking women to go back to the Middle Ages,” Aimee Eyvazzadeh, a fertility specialist in San Francisco, said. Technology, she warned, “is only as reliable as the human being behind it.” Forman, from Columbia, said that “one of the benefits of contraception was being able to dissociate intercourse from procreation.” By taking a pill or inserting a device into an arm or uterus, a woman could enjoy her sexuality without thinking constantly about what day of the month it was. With fertility awareness, Forman said, “it’s in the opposite direction. It’s tying it back together again. You’re having to change your life potentially based on your menstrual cycle. Whereas one of the nice benefits of contraception is that it liberated women from that.”

    #Médecine #Hubris_technologique #Contraception #Comportements

  • Beaucoup a déjà été publié sur seenthis sur l’#externalisation des frontières et sur la question du #tri et de la #catégorisation

    Sur ce fil, je réunis surtout les documents de la politique de #Macron à ce sujet. Il s’agit de messages que j’ai ajoutés à des messages d’autres personnes (pour éviter que si jamais l’auteur du message original quitte seenthis et efface son compte, moi je ne perds pas mes informations —> je vais faire cela assez systématiquement, quand j’ai le temps, dans les prochains mois = paranoïa de perte de données).

    Ces 2 fils restent tels quels car ils ont été initiés par moi :
    https://seenthis.net/messages/618133
    https://seenthis.net/messages/531563
    Par contre, pour celui-ci, je vais copier les messages ci-dessous :
    https://seenthis.net/messages/625374
    #France
    #frontières #contrôles_frontaliers #frontières #asile #migrations #réfugiés
    cc @isskein

    • Macron veut « identifier » les demandeurs d’asile au #Tchad et au Niger

      Lors d’un mini-sommet organisé à l’Élysée lundi 28 août, Paris, Berlin, Madrid et Rome ont proposé l’envoi de « missions de protection » au Niger et au Tchad dans le but d’identifier en amont les migrants éligibles à l’asile. Une initiative qui pose plus de questions qu’elle n’en résout.

      À l’issue d’un mini-sommet organisé à Paris le 28 août, les chefs d’État ou de gouvernement de sept pays européens et africains – la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, d’un côté de la Méditerranée, le Tchad, le Niger et la Libye, de l’autre – se sont mis d’accord autour d’une « feuille de route » visant à « contrôler les flux migratoires » entre les deux continents.
      Réunis avec les présidents du Tchad, Idriss Déby, et du Niger, Mahamadou Issoufou, ainsi qu’avec le premier ministre libyen du gouvernement d’union nationale, Fayez al-Sarraj, le président français, Emmanuel Macron, la chancelière allemande, Angela Merkel, le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, et le président du Conseil italien, Paolo Gentiloni, ont ainsi proposé l’envoi de « missions de protection » au Niger et au Tchad, dans le but d’identifier en amont les migrants éligibles à l’asile (retrouver ici et là les déclarations conjointes).

      « Nous avons acté, je m’y étais engagé à Orléans au début de l’été, d’avoir un traitement humanitaire à la hauteur de nos exigences et de pouvoir, dans des zones identifiées, pleinement sûres, au Niger et au Tchad, sous la supervision du HCR [Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés – ndlr], identifier les ressortissants qui ont le droit à l’asile, pouvoir les mettre en sécurité le plus rapidement », a expliqué le président français lors de la conférence de presse.

      Le 27 juillet, ce dernier avait créé la polémique en affirmant, en marge d’une visite dans un centre d’hébergement de réfugiés à Orléans, vouloir créer des « hot spots », ces centres chargés de trier les candidats à l’asile en France, « dès cet été », pour maîtriser l’arrivée des migrants venus de Libye et, avait-il ajouté, pour « éviter aux gens de prendre des risques fous alors qu’ils ne sont pas tous éligibles à l’asile ». Quelques heures plus tard, son entourage avait fait machine arrière en expliquant que, pour l’heure, seuls le Tchad et le Niger devraient être concernés. Après la visite, dans un discours à la préfecture du Loiret, le président avait d’ailleurs rectifié le tir en se contentant d’évoquer l’envoi de missions de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) « sur le sol africain ».

      La feuille de route du 28 août, qui substitue l’idée de « missions de protection » à celle de « hot spots », prévoit que l’identification des demandeurs d’asile se fera par le HCR, avec l’aval des autorités du pays de premier accueil et le soutien d’équipes européennes spécialistes de l’asile. Les personnes sélectionnées entreraient dans le programme dit de réinstallation du HCR « sur des listes fermées », c’est-à-dire listant les migrants d’ores et déjà identifiés par le HCR, et « selon des critères fixés en commun », non communiqués pour l’instant.

      Les migrants ne répondant pas à ces conditions devraient être reconduits « dans leur pays d’origine, dans la sécurité, l’ordre et la dignité, de préférence sur une base volontaire, en tenant compte de la législation nationale et dans le respect du droit international ».

      Sur le papier, l’idée pourrait paraître séduisante, puisqu’elle se donne comme objectif d’« ouvrir une voie légale pour les personnes ayant besoin d’une protection conformément au droit international et européen, en particulier pour les personnes les plus vulnérables selon les procédures du HCR relatives à la détermination de la qualité de réfugié, et qui sont susceptibles de migrer vers l’Europe ». Le but serait ainsi de leur éviter l’enfer libyen, où il est de notoriété publique que les migrants subissent les pires sévices, mais aussi les dangers de la traversée de la Méditerranée sur des canots pneumatiques. Depuis le début de l’année, près de 98 000 personnes sont arrivées par cette route maritime centrale, et près de 2 250 ont péri en mer, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations.

      Mais derrière cette intention louable, se cache surtout le projet de réduire au maximum l’arrivée sur le Vieux Continent de personnes perçues par les dirigeants européens comme des « migrants économiques », pour lesquels aucun accueil n’est envisagé. L’objectif est ainsi de décourager les départs le plus en amont possible. Cette politique n’est pas nouvelle : voilà une vingtaine d’années que Bruxelles multiplie les accords avec les pays d’origine et de transit, par des campagnes d’affichage et des bureaux d’information, à coups de dizaines de millions d’euros, afin de convaincre les migrants de rester chez eux.

      Avec ces nouveaux guichets de pré-examen de la demande d’asile, il s’agit d’aller plus loin, car il est fort à parier que le nombre de personnes retenues par le HCR et in fine réinstallées en Europe sera extrêmement réduit. Dans les pays de l’UE, les demandeurs d’asile originaires d’Afrique subsaharienne obtiennent rarement le statut de réfugié. Les ONG sont donc particulièrement sceptiques à l’égard de ce genre d’initiatives, qu’elles considèrent comme une manière déguisée de sous-traiter la demande d’asile à des pays tiers, aussi éloignés que possible du continent européen. « On repousse la frontière européenne dans des pays de plus en plus lointains », a ainsi affirmé à l’AFP Eva Ottavy, de la Cimade, pour qui, « sous couvert de sauver des vies, on bloque l’accès au territoire ».

      Par ailleurs, le dispositif de réinstallation mis en place dans le monde par le HCR est décrié par ces mêmes associations de défense des droits des étrangers qui estiment que les critères mis en œuvre sont trop restrictifs et les procédures trop peu transparentes.

      Quand on sait que le système de relocalisation organisé par l’Union européenne pour répartir les réfugiés arrivés en Grèce ne fonctionne pas, alors même que ces exilés sont des ressortissants de pays susceptibles d’obtenir l’asile (Syrie, Afghanistan, Irak et Iran principalement), on peut s’interroger sur le nombre d’Africains subsahariens qui pourront effectivement bénéficier de cette « voie légale » pour arriver en Europe.

      Enfin, la décision de Paris, Berlin, Madrid et Rome d’« améliorer la coopération économique avec les communautés locales se trouvant sur les routes migratoires en Libye, afin de créer des sources de revenu alternatives, d’accroître leur résilience et de les rendre indépendantes de la traite des êtres humains » a de quoi laisser dubitatif. En effet, Reuters a récemment révélé l’existence sur les côtes libyennes, à Sabratah, principale ville de départ des migrants, d’une milice armée qui empêcherait violemment les embarcations de partir et détiendrait les candidats au passage dans des conditions dégradantes (lire notre article). Or, d’après de nombreux témoignages, il semble que ce groupe mafieux soit, en partie au moins, financé par le gouvernement d’union nationale de Tripoli, lui-même soutenu par les fonds européens.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/290817/macron-veut-identifier-les-demandeurs-d-asile-au-tchad-et-au-niger

      #hotspots #externalisation #asile #migrations #réfugiés #Macron #Tchad #Niger

      v. aussi : http://seen.li/d8yd

      Et ce magnifique titre de l’opération :
      #missions_de_protection

    • Juste pour rappeler que Macron n’a rien inventé, mais qu’il surfe sur la vague...

      Voici l’extrait d’un article qui date de 2009...

      Les tendances et mesures amorcées dans les récentes prises de position politiques ne servent qu’à confirmer la direction prise depuis la fin des années quatre-vingt-dix et indiquent clairement une réalité politique qui accentue certains aspects : la présence policière, la surveillance des frontières et l’endiguement, au détriment des autres. D’abord, les orientations prises conjointement pour limiter l’accès aux demandeurs d’asile, aux réfugiés et aux familles des travailleurs, à travers une série de directives et de règlements (c’est-à-dire des populations ayant droit à l’accès) et le développement croissant d’une politique d’immigration sélective des travailleurs, ont contribué à créer une étape de plus dans l’externalisation. Cette étape a été franchie en 2003 et 2004 avec deux propositions, l’une émanant des Britanniques sur les “#Transit_Processing_Centres” (#TPCs) et l’autre des Italiens et des Allemands, pour mettre en place des bureaux d’immigration en Afrique du Nord.

      Tiré de :
      Dimension extérieure de la politique d’immigration de l’Union européenne
      https://hommesmigrations.revues.org/342

      #Italie #Allemagne #UK #Angleterre

    • Au Niger, la frontière invisible de l’Europe

      L’enquête des « Jours » sur la trace des migrants morts en mer passe par le Niger, nouveau pays de transit pour les candidats à l’exil.

      Depuis l’été 2016 et la mise en œuvre de la loi via le « #plan_Bazoum », du nom du ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum, toute personne transportant des étrangers dans le désert, au nord de l’axe Arlit-Dirkou (consulter notre carte des Disparus), est considéré comme étant en infraction avec la loi. D’ailleurs, à proximité de la gare de Rimbo, une pancarte affichant les logos de l’Union européenne et de l’Agence nationale de lutte contre la traite des personnes (ANLTP) du Niger le rappelle : « Transporter illégalement des migrants vous expose à une peine d’amende de 1 000 000 à 3 000 000 CFA [1 525 à 4 575 euros, ndlr]. »

      v. aussi : http://seen.li/cz4o

      « Dans cette histoire de migration, rien n’est ni noir, ni blanc. C’est un sujet tellement complexe qu’on ne peut pas le résumer en quelques vérités », dit Kirsi Henriksson, au volant de son 4x4, dans les rues de Niamey. Kirsi Henriksson dirige Eucap Sahel au Niger, une opération civile de l’Union européenne créée en 2012, après la chute de Kadhafi, pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée dans la région. Quand Henriksson a pris son poste en août 2016, le mandat de l’opération venait d’être élargi à la lutte contre l’immigration irrégulière. Le moment était parfait pour l’Union européenne : le plan Bazoum venait d’être mis en application. Désormais, des policiers et des gendarmes européens conseillent et forment leurs homologues nigériens à des techniques de contrôle et renseignement visant à intercepter les trafics de drogues et d’armes, mais aussi ceux d’êtres humains. « Nous n’avons pas de mandat exécutif, nous n’arrêtons personne. Mais nous formons les autorités nigériennes à arrêter les gens. Pour beaucoup, nous sommes les méchants de cette histoire. »

      Avant le Niger, Kirsi Henriksson a travaillé pour des missions similaires de l’Union européenne au Mali, en Libye et en Irak. Universitaire de formation, elle s’est spécialisée dans les études sur la paix et les conflits avant de partir « construire la paix dans la vraie vie ». « Je dois avouer que les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur de l’ambition », elle sourit. En 2014, elle a été évacuée de la Libye avec le reste de la mission européenne. Les organisations internationales sont parties elles aussi. Aujourd’hui, elles sont toutes au Niger, de même que les armées étrangères. « Une industrie de la paix », comme le qualifie la cheffe de mission.
      « Le Niger est the new place to be. Tout le monde est ici : l’armée française avec l’#opération_Barkhane, l’armée allemande qui ravitaille ses troupes au Mali depuis le Niger, l’armée américaine qui construit une base de #drones à Agadez. » À la fin de l’année 2017, l’#Italie a annoncé à son tour l’envoi de troupes – une information que les autorités nigériennes ont démentie par la suite. « Tout le monde vient parce que dans la région du Sahel, le Niger assure une certaine stabilité. Et préserver cette stabilité est dans l’intérêt de toute l’Europe. »

      Mais la migration est-elle une menace pour la stabilité du Sahel ? Paradoxalement, avec l’augmentation des contrôles et la criminalisation du trafic, elle est peut-être en train de le devenir. Le #trafic_d’êtres_humains est passé des mains des transporteurs ordinaires à celles de #réseaux_criminels transfrontaliers qui gèrent aussi d’autres trafics : la #drogue – surtout du #Tramadol, un antalgique dérivé de l’#opium –, qui arrive depuis le Nigeria vers la Libye, et les #armes, qui descendent de la Libye vers le sud.

      #commerce_d'armes

      Seulement, pour le moment, l’aide européenne promise arrive lentement et souvent sans consultation des populations concernées. Le #Fonds_fiduciaire officiellement destiné à l’aide au #développement vise en réalité à produire du contrôle, reconnaît Kirsi Henriksson. C’est également le but de l’#opération_Eucap_Sahel. La cheffe de mission trace avec son index les nouvelles routes que le contrôle renforcé a dessinées dans le désert : directement depuis #Diffa, situé à la frontière nigériane, vers #Séguédine dans le nord, en traversant le #Ténéré, de #Gao au Mali vers #Assamaka à la frontière algérienne, qu’on longera ensuite pour arriver en Libye. Ces nouvelles routes sont plus dangereuses.

      #Eucap #routes_migratoires #parcours_migratoires

      « Davantage de personnes meurent dans le désert. Et c’est vraiment malheureux. » C’est la première fois que j’entends cette affirmation pendant mon voyage. Je ne cesserai de l’entendre par la suite. À chacun, je demanderai combien. Combien mouraient avant, combien meurent maintenant ? Personne ne sait. Personne ne semble savoir qui pourrait savoir.

      #mourir_dans_le_désert #décès

      https://lesjours.fr/obsessions/migrants/ep6-niger
      #Agadez #gardes-frontière #frontières #contrôles_frontaliers

    • At French Outpost in African Migrant Hub, Asylum for a Select Few

      In a bare suite of prefab offices, inside a compound off a dirt road, French bureaucrats are pushing France’s borders thousands of miles into Africa, hoping to head off would-be migrants.

      All day long, in a grassy courtyard, they interview asylum seekers, as the African reality they want to escape swirls outside — donkey carts and dust, joblessness and poverty, and, in special cases, political persecution.

      If the French answer is yes to asylum, they are given plane tickets to France and spared the risky journey through the desert and on the deadly boats across the Mediterranean that have brought millions of desperate migrants to Europe in recent years, transforming its politics and societies.

      “We’re here to stop people from dying in the Mediterranean,” said Sylvie Bergier-Diallo, the deputy chief of the French mission in Niger.

      But very few are actually approved, and so the French delegation is also there to send a message to other would-be migrants: Stay home, and do not risk a perilous journey for an asylum claim that would ultimately be denied in France.

      The French outpost is part of a new forward defense in Europe’s struggle to hold off migration from Africa; it is a small, relatively benign piece of a larger strategy that otherwise threatens to subvert Europe’s humanitarian ideals.

      After years of being buffeted by uncontrolled migration, Europe is striking out. Italy is suspected of quietly cutting deals with Libyan warlords who control the migration route. The European Union has sent delegations to African capitals, waving aid and incentives for leaders to keep their people at home. Now come the French.
      “There’s a much more active approach to see that the immigrant stays as far away as possible from Europe, and this is completely to the detriment of those concerned,” said Philippe Dam of Human Rights Watch.

      The French mission was “positive,” he said, “but it’s too late and too small.”

      It is also the flip side of a fast-toughening stance by France against migrants, as President Emmanuel Macron began his push this month for what critics say is a draconian new law aimed at sending many of those who have already arrived back home.

      Even if some of Europe’s new methods are questionable, the results have been evident: Last year, for the first time since the crisis began several years ago, the migration flow was reversed, according to Giuseppe Loprete, head of the United Nations migration agency office in Niger.

      About 100,000 would-be migrants returned through Niger from Libya, compared with 60,000 who traversed the vast and impoverished desert country heading toward Europe.

      As the hub for West African migration, Niger had long been under pressure from Europe to crack down on the migrant flow. And something has shifted.

      The bus stations in Niamey, once packed with West Africans trying to get to Agadez, the last city before Libya, are now empty. The police sternly check identity documents.

      When I visited Agadez three years ago, migrants packed what locals called “ghettos” at the edge of town, hanging out for weeks in the courtyards of unfinished villas waiting for a chance to cross the desert.
      Migration officials say there are many fewer now. The Nigerien government has impounded dozens of the pickups formerly used by smugglers at Agadez, they say.

      “Lot less, lot less than before,” said a bus agent, who declined to give his name, at the open-air Sonef station in Niamey, drowsing and empty in the late-afternoon heat. “It’s not like it was. Before it was full.”

      The tile floor was once crowded with migrants. No more. A sign outside bears the European Union flag and warns passengers not to travel without papers.

      In itself, the so-called French filtration effort here is so small that it is not responsible for the drop, nor is it expected to have much effect on the overall migration flow.

      It began well after the drop was underway. Only a handful of such missions to interview asylum seekers have embarked since Mr. Macron announced the policy last summer, staying for about a week at a time.

      Meager as it is, however, the French effort has already helped shift the process of sifting some asylum claims to Africa and out of Europe, where many of those who are denied asylum tend to stay illegally.

      For Mr. Macron, a chief aim is to defuse the political pressures at home from the far right that have escalated with the migrant crisis.
      The French hope that the greater visibility of a formal, front-end system will discourage those without credible claims of asylum from risking their lives with smugglers.

      The process is also intended to send a potentially important message: that those with legitimate claims of persecution do have a chance for safe passage.

      “Politically it’s huge,” said Mr. Loprete. “But in terms of numbers it is very low.”

      In a recent week, 85 people were interviewed by the four officials from the French refugee agency, known as Ofpra.

      The selective scale is in line with Mr. Macron’s determination to keep out economic migrants. “We can’t welcome everybody,” he said in his New Year’s speech.

      On the other hand, “we must welcome the men and women fleeing their country because they are under threat,” Mr. Macron said. They have a “right to asylum,” he said.

      Critics of the plan say that it amounts to only a token effort, and that the real goal is to keep potential migrants at arms’ length.

      “Macron’s policy is to divide migrants and refugees, but how can we do so? What is the ethical principle behind this choice?” said Mauro Armanino, an Italian priest at the cathedral in Niamey who has long worked with migrants in African nations. “It is a policy without heart.”

      Still, the French have been the first to undertake this kind of outreach, working closely with the United Nations, out of its refugee agency’s compound in Niamey.

      The United Nations International Office for Migration does a first vetting for the French in Libya, Niger’s northern neighbor, where human smuggling networks have thrived in the chaotic collapse of the country.

      In Libya, the smugglers herd the Africans together, beat them, sometimes rape them and extort money. Some are even sold into slavery before being loaded onto rickety boats for the Mediterranean crossing.

      Some of the Libyan camps are run by smugglers and their associated militias, and others by the government, such as it is. But regardless of who runs them, they are essentially concentration camps, officials say, and there is no distinction made between political refugees and migrants.

      United Nations officials are allowed to enter the government-run camps to look for potential asylum cases — principally Eritreans and Somalis, whose flight from political persecution and chaos might qualify them. From lists supplied by the United Nations, the French choose whom they will interview.

      “The idea is to protect people who might have a right to asylum,” said Pascal Brice, the head of Ofpra, the French refugee agency. “And to bypass the horrors of Libya and the Mediterranean.”

      “It is limited,” Mr. Brice acknowledged. “But the president has said he wants to cut back on the sea crossings,” he added, referring to Mr. Macron.
      Bénédicte Jeannerod, who heads the French office of Human Rights Watch, was less a critic of the program itself than of its scale. “I’ve told Pascal Brice that as long as it works, make it bigger,” he said.

      But the potential difficulties of making the program larger were evident in a day of interviews at the sweltering United Nations center in Niamey.

      One recent Saturday night, 136 Eritreans and Somalis were flown to Niamey by the United Nations, all potential candidates for asylum interviews with the French.

      The dozens of asylum seekers already there waited pensively, looking resigned as they sat on benches, betraying no sign of the import of what the French deputy chief of the mission had to offer.

      “If you are chosen, you will soon be in France,” Ms. Bergier-Diallo told them, pronouncing the words slowly and deliberately. “And we are delighted.”

      Indeed, if the refugees pass muster, the rewards are enormous: a free plane ticket to France, free housing, hassle-free residence papers and free French lessons.

      The French agents, stiff and formal in their questioning that could last well over an hour, inquired relentlessly about the refugees’ family ties, uninterested in establishing the narrative of their escape and suffering.
      The idea was to “establish the family context,” in an effort to confirm the authenticity of the refugees’ origins, said one French official, Lucie.

      (Sensitive to security, the French authorities asked that the last names of their agents and those of the refugees not be published.)

      Shewit, a diminutive, bespectacled 26-year-old Eritrean woman, was asked whether she ever phoned her family, and if so what they talked about.

      “Only about my health,” Shewit said. “I never tell them where I am.”

      Mariam, 27, told the French agent she had been raped and ostracized in her village and feared going back because “the people who raped me are still there.”

      “They could rape me again,” said Mariam, an illiterate animal herder from Somaliland.

      Even if she finds safety in France, integrating her into society will be a challenge. Mariam had never attended any school and looked bewildered when the French agent told her to remove her head scarf.

      Wearing the scarf “is not possible in the French administration, or in schools,” Emoline, the agent, said gently to Mariam in English, through an interpreter.

      Then there was Welella, an 18-year-old Eritrean girl who, before being rescued from neighboring Libya, had spent time in a refugee camp in Sudan, where she endured what she simply called “punishments.”
      Her father is a soldier, her siblings had all been drafted into Eritrea’s compulsory military service, and she risked the same.

      “Why is military service compulsory in Eritrea?” Lucie asked the girl, seated opposite her. “I don’t know,” Welella answered mechanically.

      She had long planned on fleeing. “One day I succeeded,” she said simply.

      “What could happen to you in Eritrea if you returned?” Lucie asked.

      “I suffered a lot leaving Eritrea,” Welella said slowly. “If I return, they will put me underground.”

      She was questioned over and over about the names of her siblings in Eritrea, and why one had traveled to a particular town.

      After nearly two hours of questioning, a hint of the French agent’s verdict finally came — in English. It was rote, but the message clear: France was one step away from welcoming Welella.

      “You will have the right to enter France legally,” Lucie told her. “You will be granted a residence permit, you will be given your own accommodations, you will have the right to work …”

      Welella smiled, barely.


      https://www.nytimes.com/2018/02/25/world/africa/france-africa-migrants-asylum-niger.html?smid=tw-share
      #Niamey

    • A French Processing Centre in Niger: The first step towards extraterritorial processing of asylum claims or (just) good old resettlement?

      When The New York Times made headlines in the migration world with its recent article “At French Outpost in African Migrant Hub, Asylum for a Select Few” about the French refugee agency’s role in the UNHCR humanitarian evacuation scheme, it was not long before the magical concept of “extraterritorial processing” resurfaced. Mostly defined as the processing of asylum requests outside the country of destination, this proposal, repeatedly raised by European Union member states and academics alike since the beginning of the 2000s, has regularly been turned down by EU officials as being mere politically-driven hot air. Often confused with resettlement or other legal access channels, it has been praised as the panacea of the migration and asylum challenges by some, while being criticized as outsourcing and shady responsibility shifting by others.


      http://www.aspeninstitute.it/aspenia-online/article/french-processing-centre-niger-first-step-towards-extraterritorial-pr

    • Les migrants paient le prix fort de la coopération entre l’UE et les #gardes-côtes_libyens

      Nombre de dirigeants européens appellent à une « coopération » renforcée avec les #garde-côtes_libyens. Mais une fois interceptés en mer, ces migrants sont renvoyés dans des centres de détention indignes et risquent de retomber aux mains de trafiquants.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/280618/les-migrants-paient-le-prix-fort-de-la-cooperation-entre-lue-et-les-garde-

  • 22 Mai 1968
    Hubert-Félix Thiefaine
    https://www.youtube.com/watch?v=MbL-NCkrK7s

    Trois heures de l’après-midi
    Le printemps qui refleurit
    Fait transpirer le macadam
    Sur l’autoroute de l’Ouest
    Un séminariste à moto
    J’ai bien dit à moto
    Roule à toute allure vers un point non défini

    Sur le porte-bagages
    Le Saint-Esprit qui jusque-là
    Était resté bien sagement assis
    Se coince soudain l’aile gauche
    Dans les rayons de la roue arrière
    Ah ! Ah ! Ah !
    Le séminariste perd le contrôle de sa motocyclette
    Et vient percuter de plein fouet
    Un pylône garé en stationnement illicite
    Sur le bas-côté de l’autoroute

    A ce même moment un Chinois de Hambourg
    Déguisé en touriste américain
    Au volant d’un cabriolet de vingt-deux chevaux
    Immatriculé en Espagne
    Se dit qu’il lui faut porter secours à ce séminariste

    Mais bientôt cette idée lui paraît ridicule
    Étant donné :
    Petit a : qu’il ne roule pas sur la même autoroute
    Petit b : qu’il n’est pas au courant de cet accident

    Et ce fut sans doute l’événement le plus important de ce mois de mai !

    #mai_68 #Musique #Musique_et_politique #Hubert-Félix_Thiefaine

  • Une civilisation du végétal inconnue en Asie du sud-est ?
    Homo Sapiens aurait-il développé une civilisation fondée sur le végétal plutôt que sur la pierre et l’os au cours du paléolithique final (qui se situe entre 11000 et 5000 ans à Laang Spean, Cambodge) ?

    L’hypothèse est plus qu’ intéressante. Il ne manque plus qu’à la prouver par une découverte. Suite, on l’espère, après la mission d’un mois en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

    https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/prehistoire-civilisation-vegetal-inconnue-asie-sud-71339

    Une interview du professeur Hubert Forestier (en anglais et en français) :
    https://kaltim.hypotheses.org/861

    #préhistoire #Hubert_Forestier #Muséum_national_d’Histoire_naturelle #CNRS #Asie #industrie_lithique #technique #paléolithique

  • Quand Google rêve de contrôler l’humanité - Le Temps
    https://www.letemps.ch/sciences/google-reve-controler-lhumanite
    https://assets.letemps.ch/sites/default/files/styles/share/public/media/2018/05/18/file7072dzexf1ion0z0bux.jpg.png?itok=gvoP6FU0

    Dans une vidéo interne révélée par le site américain « The Verge », Google développe une théorie prospective pour influencer le comportement humain à travers la compilation des données personnelles. Une « opération qui n’est pas liée à un produit actuel ou futur », se défend la multinationale

    Comment les expériences d’un être humain peuvent-elles modifier le code génétique interne et les caractéristiques physiologiques des générations futures ? Google part de cette interrogation pour imaginer un immense registre de données compilées utilisé pour influencer le comportement humain. Son nom : « The selfish Ledger (le registre égoïste), ouvertement inspiré de l’ouvrage de Richard Dawkins The Selfish Gene, publiée en 1976. Dans ce livre, l’auteur émet un postulat iconoclaste : les êtres humains ne sont que des vecteurs, la véritable humanité se situe dans les gènes, éléments fondateurs de sa théorie de l’évolution. Par analogie, on peut penser que Google effectue le même renversement dans sa vidéo en célébrant la suprématie des données personnelles face à des individus réduits au rôle d’enveloppes corporelles.

    #Google #Hubris #Selfish_Ledger #Big_data

  • Gibt es bei Hubzilla sowas wie Facebook-Gruppen? (https://pepecyb.h...
    https://diasp.eu/p/6981853

    Gibt es bei Hubzilla sowas wie Facebook-Gruppen?

    Das ist eine sehr häufig gestellte Frage und wäre ein Ausschluss-Grund für viele, mal einen Versuch mit Hubzilla zu wagen. Nun, bei Hubzilla heißt diese Funktion nicht „Gruppe“, aber es gibt sie… man muss dafür nur einen neuen Kanal anlegen, der… …das[...]

    #Pepecybs #welt #communitie #facebook #google #gruppe #hubzilla #kanal Quelle: https://pepecyb.hu/2018/04/07/gibt-es-bei-hubzilla-sowas-wie-facebook-gruppen

  • US nuclear tests killed American civilians on a scale comparable to Hiroshima and Nagasaki — Quartz
    https://qz.com/1163140/us-nuclear-tests-killed-american-civilians-on-a-scale-comparable-to-hiroshima-an
    https://qzprod.files.wordpress.com/2017/12/us-nuclear-test-fallout-radiation-poison-iodine-nevada-test-

    When the US entered the nuclear age, it did so recklessly. New research suggests that the hidden cost of developing nuclear weapons were far larger than previous estimates, with radioactive fallout responsible for 340,000 to 690,000 American deaths from 1951 to 1973.

    The study, performed by University of Arizona economist Keith Meyers, uses a novel method (pdf) to trace the deadly effects of this radiation, which was often consumed by Americans drinking milk far from the site of atomic tests.

    Those measurements, however, did not capture the full range of effects over time and geography. Meyers created a broader picture by way of a macabre insight: When cows consumed radioactive fallout spread by atmospheric winds, their milk became a key channel to transmit radiation sickness to humans. Most milk production during this time was local, with cows eating at pasture and their milk being delivered to nearby communities, giving Meyers a way to trace radioactivity across the country.

    The National Cancer Institute has records of the amount of Iodine 131—a dangerous isotope released in the Nevada tests—in milk, as well as broader data about radiation exposure. By comparing this data with county-level mortality records, Meyers came across a significant finding: “Exposure to fallout through milk leads to immediate and sustained increases in the crude death rate.” What’s more, these results were sustained over time. US nuclear testing likely killed seven to 14 times more people than we had thought, mostly in the midwest and northeast.

    #NUcléaire #Bombe_atomique #Hubris_scientifique

  • U.S. Government Lifts Ban on Making Viruses More Deadly and Transmissible | Alternet
    https://www.alternet.org/personal-health/us-government-lifts-ban-making-viruses-more-deadly-and-transmissible?akid=

    Or rather, it did until Tuesday, when the U.S. government announced it was lifting a three-year ban on federal funding for experiments that alter viruses to make them even deadlier.

    “Gain-of-function” research, in which scientists make pathogens more powerful or easily transmissible, is aimed at preventing disease outbreaks by better understanding how they might occur. The studies allow scientists, working in a highly controlled environment, to learn how a flu virus might mutate into a superbug capable of killing millions—a sort of game of wits played to gain insight into nature’s unpredictability. The ultimate goal is to proactively create vaccines, medications and other solutions to stop contagion in its tracks.

    The new National Institutes of Health policy reverses a 2014 Obama administration funding ban on gain-of-function research projects specifically involving all forms of the influenza virus, Middle East respiratory syndrome (MERS), and severe acute respiratory syndrome (SARS). The new rules would extend beyond those viruses, “apply[ing] to any pathogen that could potentially cause a pandemic,” according to the New York Times. “For example, they would apply to a request to create an Ebola virus transmissible through the air.”

    Possibly aware that this sounds like the prologue to a very hacky horror movie, the NIH accompanied its announcement with a list of criteria that proposals must meet before funding will be granted. According to those terms, a panel will only greenlight projects if the work promises to yield practical solutions, such as an effective antiviral treatment; the research benefits must sufficiently outweigh the risks; and researchers must prove their experiment outcomes cannot be obtained using safer methodologies. Contenders will also have to prove their researchers and facilities “have the capacity to do the work safety and securely and to respond rapidly if there are any accidents, protocol lapses, or security breaches.”

    “We have a responsibility to ensure that research with infectious agents is conducted responsibly, and that we consider the potential biosafety and biosecurity risks associated with such research,” NIH director Francis S. Collins said in a statement. “I am confident that the thoughtful review process...will help to facilitate the safe, secure, and responsible conduct of this type of research in a manner that maximizes the benefits to public health.”

    Despite those reassurances, critics continue to express concern about potential mishaps. There’s some precedent for this. In 2014, CNN reported that dozens of workers at the CDC had been accidentally exposed to anthrax, while others had mishandled samples of the bacteria. No staff were found to be infected by the disease after prolonged monitoring. A Vice Motherboard report notes that between “2003 and 2009, there were 395 events reported that could have resulted in exposure to toxic agents, although this resulted in just seven infections.”

    Harvard epidemiologist Marc Lipsitch offered tepid support, telling the Times the approval panels are "a small step forward,” but cautioning that gain-of-function experiments “have given us some modest scientific knowledge and done almost nothing to improve our preparedness for pandemics, and yet risked creating an accidental pandemic.”

    Conversely, Stony Brook University president and biomedical researcher Samuel Stanley worries that the NIH decision, after three years of funding prohibition in this area, may be too little and just a wee bit too late.

    “There has been increased scrutiny of laboratories working in this area, which can lead to an even more robust culture of safety,” Stanley told NPR. “But I also fear that the moratorium may have delayed vital research. That could have long lasting effects on the field. I believe nature is the ultimate bioterrorist and we need to do all we can to stay one step ahead.”

    Comment çà « trop tard » ? Dans la compétition d’hubris entre chercheur peut-être... pas dans la sécurité de la planète. Quand j’entends « biosécurité », je pense « bioguerre », je ne sais pas pourquoi...

    #Hubris #Virus #Biosécurité

  • UP Magazine - Ils sont fous ! Des scientifiques ont un plan pour stopper le changement climatique : diminuer le soleil
    http://up-magazine.info/index.php?option=com_content&view=article&id=7058:ils-sont-fous-des-sc

    Les scientifiques commencent à envisager sérieusement un plan radical de géoingénierie de l’environnement afin de lutter contre le changement climatique et d’atténuer certains des effets néfastes qu’il a déjà sur nous et sur l’environnement. Plusieurs groupes de scientifiques étudient l’idée de projeter un nuage d’aérosols sulfatés dans la haute atmosphère. Cela disperserait une partie des rayons du soleil dans l’espace, réduisant ainsi la vitesse à laquelle la Terre se réchauffe.

    Une telle mesure pourrait contribuer à mettre un terme aux effets néfastes du changement climatique, tels que le blanchiment des coraux et l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des ouragans. James Crabbe, de l’Université du Bedfordshire au Royaume-Uni, mène une recherche pour déterminer le type d’effets que ce type de géoingénierie peut avoir sur la région des Caraïbes où l’étude est menée. Crabbe affirme au New Scientist : « Nous montrons de façon très convaincante qu’en injectant du dioxyde de soufre dans l’atmosphère, les températures à la surface de la mer diminueraient de façon significative vers 2069 ».

    #Geoengineering #Hubris

    • Le dioxyde de soufre « un gaz toxique à l’odeur irritante et suffocante rejeté par les volcans ainsi que divers procédés industriels » et qui s’appel E220 dans nos additifs alimentaire !
      http://www.additifs-alimentaires.net/E220.php

      Ca va etre sympas cette atmosphère aromatisé aux sulfites.

      Les personnes très sensibles, allergiques, asthmatiques ou intolérantes aux sulfites sont exposées à divers symptômes cutanéo-muqueux et respiratoires comme de l’urticaire, de l’asthme, et plus rarement des anaphylaxies
      L’innocuité cancérigène du dioxyde de soufre et des sulfites n’est pas établie, ils sont classés groupe 3 au Centre International de Recherches sur le Cancer, des effets reprotoxiques ont été observés (par inhalation avec souris, rats, lapins), ainsi que des effets mutagènes, seuls ou associés aux sorbates E200, 201, 202, 203.

      Ces additifs détruisent la vitamine B1, stimulent la prolifération de bactéries responsables de troubles intestinaux chroniques et inflammatoires, ils peuvent être hasardeux en cas de régime alimentaire déséquilibré, causer des irritations gastriques, troubles digestifs. Proscrire chez les malades du foie ou des reins, malades cardio-vasculaires, …

    • Si ce genre de projet a lieu, le dioxyde de soufre sera injecté directement dans la stratosphère et se « transformera » en aérosols, qui y resteront suffisamment longtemps pour y être répartis de façon à peu près homogène. Il est aussi très probable que la quantité injectée sera une petite fraction de ce qui est actuellement émis par l’industrie et les volcans. Donc il est peu probable qu’on se retrouve dans des brumes de dioxyde de soufre (par contre concernant les pluies acides, je ne sais pas vraiment, mais je n’imagine pas un gros impact positif). Les principales préoccupations c’est la diminution de la couche d’ozone que ça peut entraîner, la perturbation des précipitations à l’échelle régionale, et des variations soudaines de températures en cas d’arrêt du projet.