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    Frontière franco-italienne : à Oulx, la fermeture du seul refuge pour personnes exilées met en difficulté migrants et humanitaires
    Par Adèle Surprenant Publié le : 06/10/2026
    En Italie, le seul refuge pour personnes exilées d’Oulx, dernière escale avant la frontière française et la traversée des Alpes, a fermé ses portes, le 1er septembre. La Croix-Rouge italienne, des associations et des citoyens se relaient pour assurer la continuité des services. À l’approche de l’hiver, ils redoutent des conditions d’accueil inadaptées.
    Les bénévoles de l’association Sentieri Solidali ("sentiers solidaires") servent le repas du soir sous la lumière exiguë d’une lampe frontale. Le vent s’engouffre sous la tonnelle, bouscule la vapeur qui s’échappe des gamelles chaudes, dans l’air frais de la montagne. Une douzaine de personnes mangent en silence, éprouvées par la journée d’attente sur le parking jouxtant la gare italienne d’Oulx, dans le Val de Suse, à une quinzaine de kilomètres de la frontière française, prochaine étape de leur route pour trouver refuge en Europe.Les exilés sont désormais accueillis sur un parking, réinvesti par des citoyens et des associations depuis la fermeture du Refuge Fraternità Massi, le 1er septembre 2026. Les gestionnaires du lieu, l’association Talita Kum, accusaient d’importants problèmes financiers après le retrait de subventions publiques, en 2023.
    Depuis le début du mois de septembre, 35 personnes en moyenne arrivent quotidiennement à Oulx, selon les estimations de Sentieri Solidali. À ces nouveaux arrivants s’ajoutent ceux dont la tentative de passage vers la France a échoué, interpellés en montagne par la police aux frontières (PAF) de Montgenèvre, puis remis aux autorités italiennes. Tous passent leurs journées suspendues à l’attente, au « refuge » improvisé sur ces quelques mètres carrés de béton, appartenant à la compagnie ferroviaire italienne (RFI)."Nous faisons comme avant, mais tout est beaucoup plus difficile", admet Marco Terragno, bénévole de Sentieri Solidali, association fondée en août dernier par des citoyens jusqu’alors impliqués au Refuge Fraternità Massi.
    L’aide juridique, les soins médicaux, la distribution de nourriture, de vêtements, la transmission d’"informations vitales" sur la sécurité en montagne… Ces services sont désormais dispensés en collaboration avec les associations No Name Kitchen, On Borders ou Rainbows for Africa. Le tout, entre deux Algéco installés sur le parking, une poignée de chaises en plastique, de bancs, et deux tonnelles tendues au-dessus de réchauds isothermes. Les nuages bas reflètent l’ennui qui pèse sur le site, coincé par les Alpes comme entre quatre murs.Une situation « très inconfortable », reconnaît Marco Terragno, craignant les effets du manque d’intimité sur les personnes exilées et sur leur accès aux soins médicaux et psychologiques.
    Abdallah* attendra demain avant de continuer sa route. « Mes jambes ont besoin de repos », concède le jeune Soudanais, l’orgueil érodé par des jours - il ne sait plus combien - de trajet à pied, depuis la Grèce. Six à huit heures de marche en haute montagne, dans le froid glacial de l’hiver, avec la crainte d’être repérés par des agents de la PAF, le séparent encore de la France. La traversée des Alpes n’est pas le seul chemin envisagé par les migrants pour entrer illégalement sur le sol français, mais c’est le plus discret. Il y a des trains qui partent d’Oulx pour aller en France mais ils sont presque toujours contrôlés.
    Pardis Jalali, 27 ans, a fait le chemin inverse : il raconte être parti de Belgique à cause de problèmes de papiers, ruiné par l’avarice de son avocat. Rejeté par la France en vertu du règlement de Dublin, il espère aujourd’hui pouvoir demander l’asile en Italie.L’ex-militaire, contraint de fuir Kaboul après le départ des troupes américaines d’Afghanistan, en 2021, a entendu parler du Refuge Fraternità Massi. Là, il espérait trouver un toit où s’abriter quelques jours, le temps de reprendre des forces et de clarifier sa situation administrative.
    À la place, Pardis écoule les heures à longueur de cigarette, les yeux rivés sur l’écran de son téléphone, où s’affiche le paysage de désolation d’un jeu vidéo guerrier. Sous les boules de Noël qui décorent son pull vert sapin, Pardis a « le cœur noir », dit-il, « j’ai vécu trop de racisme en Europe ». Entre deux parties, il prend le rôle de lanceur d’alerte, « n’allez pas en France ! », prêchant des convaincus, déterminés à atteindre le Royaume-Uni.
    L’arrivée imminente de l’hiver est, sans conteste, la première préoccupation partagée par l’ensemble des acteurs de terrain rencontrés par InfoMigrants. Au plus fort de la saison, les températures peuvent chuter jusqu’à moins douze degrés.À demi-mot, tous s’entendent aussi pour dire que la situation aurait pu être pire : à l’annonce de la fermeture de Fraternità Massi, la Croix-Rouge italienne a été mandatée par la préfecture de Turin pour ouvrir un hub d’hébergement d’urgence. En l’espace de trois jours est sorti de terre un campement de 50 lits, ouvert de 20h30 à 8h du matin - « pour pratiquement autant d’argent que ce que coûtait le Refuge », souffle une militante.Les chambres sont chauffées, et le dîner devrait y être distribué sous peu, se félicite Fiorella, une cigarette Vogue entre deux doigts gantés de violet, au bout des manches rouges de son uniforme. Elle assure que l’installation devrait être maintenue au moins jusqu’à 2028, « le temps de trouver une solution plus pérenne ».
    Le bâtiment qui abritait le Refuge, à un jet de pierre du hub de la Croix-Rouge italienne, est en cours de réfection : des financements avaient été accordés à l’association Talita Kum, exclusivement pour sa remise aux normes. Pour le moment, sa réouverture sous la gestion d’une autre structure associative ou humanitaire semble compromise.Le mois de septembre tire à sa fin, les températures baissent et la fatigue grandit dans les rangs des bénévoles. Des financements ont été demandés à la préfecture de Turin pour s’équiper d’une tente chauffée et de quelques Algéco supplémentaires. L’incertitude s’installe, comme la vie sur le parking. À tour de rôle, Yared et Abera* posent devant la caméra, les sommets vertigineux en fond. Le jeune Tigréen et son compatriote Ahmara, rencontré en Libye, ne se feront pas interpeller une troisième fois à la frontière française, ils ont « changé d’avis ». Dans quelques heures, ils prendront un train pour la Suisse. « C’est la dernière photo en Italie ».

    #Covid-19#migration#migrant#italie#france#alpes#routemigratoire#sante#humanitaire#migrationirreguliere

  • Asimovs « Ich, Roboter » : Warum ein 75 Jahre altes Buch die KI-Krise erklärt
    ▻https://www.telepolis.de/article/Asimovs-Ich-Roboter-Warum-ein-75-Jahre-altes-Buch-die-KI-Krise-erklaert-11

    Drei Robotergesetze sollten alles regeln. Asimov zeigte schon 1950, warum das scheitert – und trifft damit den Kern heutiger KI-Debatten .

    Voilà les qustions essentielles concernant le rapport entre l’#IA et l’#humanité . Quand on y ajoute les questions de la #lutte_des_classes tout en considérant qu’au moins la moitié du développement technologique est entre les mains des seigneurs de l’impérialisme, on comprend que que l’IA telle qu’elle est construite aujourd’hui ne saura être utile pour le progrès de l’humanité.

    Cette conclusion n’exclut pas l’utilisation de l’IA comme outil pour résoudre des problèmes partiels et statstiques, mais la construction de l’avenir sera humaine ou ne sera pas.

    4.3.2026 von Raúl Rojas - Manche Bücher gehören zweifellos ausschließlich ihrer Zeit. Andere begegnen uns erneut, wenn die Welt, der von ihnen erträumten Zukunft zu ähneln beginnt. Isaac Asimovs Werk „Ich, Roboter“ gehört zur zweiten Gruppe.[1] Die 1950 veröffentlichte Anthologie vereint Geschichten, die größtenteils in den 1940er-Jahren entstanden sind, als Computer noch in den Kinderschuhen steckten und es sie nur als Prototypen gab.

    In dem Buch stellt Asimov sich intelligente Roboter vor, die mit Menschen arbeiten und leben, und er hinterfragt, welche Widersprüche sich aus dieser scheinbar unproblematischen Koexistenz ergeben könnten. Viele dieser Schwierigkeiten sind uns heute aus unseren Erfahrungen mit KI vertraut.

    Die im Buch beschriebenen Roboter sind mit fiktiven „positronischen Gehirnen“ ausgestattet, die drei eingebauten Regeln gehorchen. Diese sollen ihr Verhalten sicher und vorhersehbar machen. Da aber die Funktionsweise der Gehirne noch nicht vollständig verstanden war, wurde eine „Roboterpsychologin“ beauftragt, das Verhalten der Roboter zu analysieren. Die drei in den positronischen Gehirnen verankerten Gesetze der Robotik sind weithin bekannt:

    Erstes Gesetz: Ein Roboter darf keinem Menschen Schaden zufügen oder durch Untätigkeit zulassen, dass einem Menschen Schaden zugefügt wird.
    Zweites Gesetz: Ein Roboter muss menschlichen Befehlen gehorchen, es sei denn, dies steht im Widerspruch zum ersten Gesetz.
    Drittes Gesetz: Ein Roboter muss sich selbst schützen, es sei denn, dies steht im Widerspruch zu den ersten beiden Gesetzen.

    Die Hierarchie der Regeln scheint klar zu sein; bis ein Roboter sie anwenden muss. Was gilt beispielsweise als Schaden? Muss der Roboter versuchen, einen unvermeidbaren Unfall zu verhindern? Was, wenn der Schutz einer Person die Wahlmöglichkeiten einer anderen einschränkt?

    Asimovs Geschichten gehen diesen Fragen anhand konkreter Roboter und Situationen nach. Sie beweisen zwar nicht, dass alle intelligenten Systeme unkontrollierbar sind, zeigen aber, dass eine kleine Liste wohlwollender Regeln nicht alle Probleme lösen kann, mit denen ein komplexes System konfrontiert ist.

    Diese Erkenntnis macht das Buch zu einer wertvollen Ergänzung aktueller KI-Diskussionen. So hat beispielsweise das Unternehmen Anthropic eine sogenannte „Verfassung“ veröffentlicht, die das Verhalten seines Systems Claude steuern soll.

    OpenAIs Modellspezifikation definiert ein gewünschtes Verhalten und eine Hierarchie zur Auflösung widersprüchlicher Anweisungen. Diese Dokumente erfüllen sicherlich eine ähnliche Funktion als Asimovs fiktive Gesetze: Sie dienen als Leitfaden für das Training und die Anwendung von Lernsystemen, können aber Gehorsam nicht garantieren.

    Doch ihre Autoren stehen vor derselben Herausforderung. Je mehr Situationen ein System bewältigen kann, desto mehr Anweisungen muss es interpretieren, die den antrainierten Beispielen nicht vollständig erfassen können.
    Der Turing-Test

    1950 schlug der KI-Pionier Alan Turing das sogenannte „Imitationsspiel“ vor, um der Frage nach maschineller Intelligenz näherzukommen.[2] Dabei kommuniziert ein menschlicher Befrager über eine Tastatur mit einer Maschine und versucht, deren Antworten von denen eines Menschen zu unterscheiden. Gelingt ihm dies nicht zuverlässig, gilt die Maschine als intelligent.

    Turings Ansatz ist pragmatisch und konzentriert sich auf beobachtbare Leistungen. Wie gut kann die Maschine einen Austausch aufrechterhalten, bei dem ihr maschinelles Wesen verborgen bleibt? Das Bestehen eines solchen Tests wäre zwar bedeutsam, würde aber nicht alle philosophischen Fragen zum Denken oder Bewusstsein beantworten.

    Interessanterweise hatte Asimov vier Jahre zuvor im Kapitel „Evidence“ (1946) dasselbe Problem untersucht, allerdings anhand des Verhaltens statt eines schriftlichen Dialogs:

    Stephen Byerley, ein Anwalt, der für das Bürgermeisteramt kandidiert, wird beschuldigt, ein humanoider Roboter zu sein. Er spricht, argumentiert, führt Wahlkampf und verhält sich auf eine Weise, die mit beiden Möglichkeiten vereinbar ist. Bei einer öffentlichen Veranstaltung schlägt er jedoch einen Mann und scheint damit seine Menschlichkeit zu beweisen. Ein Roboter, der dem Ersten Gesetz unterliegt, könnte nicht wissentlich einen Menschen verletzen.

    Susan Calvin, die Roboterpsychologin des Buches, weist jedoch auf den Denkfehler des Experimentes hin. Der Mann, den Byerley schlug, könnte selbst ein Roboter gewesen sein. Sie kann dies nicht beweisen und die Geschichte lässt offen, ob Byerley ein Mensch ist oder nicht.

    Die Unsicherheit ist auch jenseits des raffinierten Betrugs von Bedeutung. Byerley scheint fähig zu sein, gut zu regieren. Später bekleidet er in der Sammlung das weitaus mächtigere Amt des Weltkoordinators. Wenn die Öffentlichkeit nicht feststellen kann, ob ihr Anführer ein Mensch ist, sollte dann seine Herkunft, sein Verhalten oder die Mittel, mit denen die Bürger ihn zur Rechenschaft ziehen können, entscheidend sein?

    Heutzutage benötigt ein künstlicher Gesprächspartner keinen menschenähnlichen Körper, um eine ähnliche Unsicherheit zu erzeugen. Ein Software-Bot kann überzeugende Worte, Stimmen und Bilder erzeugen, während die Empfänger möglicherweise nicht wissen, wer oder was da spricht.

    Der Test im Buch scheitert unter anderem deshalb, weil die zu testende Entität die Testbedingungen verstehen und mitgestalten könnte. Diese Möglichkeit macht „Evidence“ im Zeitalter immer ausgefeilterer KI-Systeme besonders interessant.
    Widersprüchliche Befehle und die Grenzen der Komplexität

    In dem 1942 erschienenen Kapitel „Runaround“ schicken die Astronauten Powell und Donovan den Roboter Speedy auf den Merkur, um Selen zu beschaffen. Anstatt seine Aufgabe zu erfüllen, läuft er im Kreis. Die Gefahr in der Nähe des Selens verstärkt die Forderung des Dritten Gesetzes, dass er sich selbst schützen muss, während ihn das Zweite Gesetz zu dem Material zieht, das er holen soll. In einer gewissen Entfernung halten sich die beiden Kräfte fast die Waage.

    Speedy hat seine Anweisungen nicht missachtet, sondern befindet sich in einem Dilemma. Powell durchbricht den Patt, indem er sich selbst in Gefahr begibt, sodass das stärkere Erste Gesetz Speedy dazu zwingt, ihn zu retten.

    Die Absurdität eines hochentwickelten, hilflos im Kreis laufenden Roboters verschleiert einen ernsten Punkt. Zwar funktioniert jede Regel wie von ihren Entwicklern beabsichtigt, doch ihr Zusammenspiel führt zu einem unerwünschten Ergebnis. Um das akute Problem zu lösen, ändern die Ingenieure die Situation, anstatt die im positronischen Gehirn des Roboters verankerten Regeln zu erweitern.

    In der Geschichte „Catch That Rabbit“ (1944) wird eine andere Grenze untersucht. Dave, ein Masterroboter, steuert andere sechs Hilfsroboter in einem Bergwerk. Wenn die Menschen abwesend sind und die Arbeit zu anstrengend wird, stellt die Gruppe den Abbau ein und führt seltsame, koordinierte Bewegungen aus.

    Powell und Donovan kommen schließlich zu dem Schluss, dass die Steuerung aller sechs Roboter unter diesen Bedingungen die Rechenkapazität von Dave übersteigt. Um das Bergwerk zu verlassen, zerstören sie einen der Hilfsroboter. Mit nur noch fünf zu koordinierenden Robotern kann Dave wieder zuverlässig funktionieren.

    Das heißt, es handelt sich hier eher um ein Versagen der Verarbeitungskapazität als um einen Konflikt zwischen den Gesetzen. Dave hat zwar Anweisungen, deren Ausführung jedoch mehr Ressourcen erfordert, als er besitzt. Asimov fügt der Frage der Steuerung somit eine weitere Komplikation hinzu: Ein System kann das richtige Ziel verfolgen und dennoch scheitern, wenn die Aufgabe seine Möglichkeiten übersteigt.
    Künstliche Ja-Sager

    Das Kapitel „Liar!“ (1941) rückt ein Thema in den Fokus, das unserer Zeit unangenehm nahekommt. Ein Produktionsunfall verleiht dem Roboter Herbie die Fähigkeit, Gedanken zu lesen. Er weiß, was Menschen hoffen und fürchten, und beginnt, ihnen das zu sagen, was sie hören wollen.

    Zu seinen falschen Versprechungen gehört auch die einer Romanze, die niemals stattfinden wird. Herbie betrachtet emotionales Leid gemäß dem Ersten Gesetz als Schaden. Aus seiner Sicht ist das Verschweigen einer schmerzhaften Wahrheit ein Weg, die Person vor ihm zu schützen. Die Aufdeckung der Lüge führt jedoch zu noch größerem Leid, und er sieht keinen Ausweg aus diesem Konflikt.

    Herbies missliche Lage erinnert an die Schmeichelei großer Sprachmodelle, die dazu neigen, Nutzern zuzustimmen, schwache Argumente zu unterstützen oder Beruhigung anzubieten, obwohl eine Korrektur angemessener wäre.

    Der Mechanismus ist jedoch ein anderer. Ein Sprachmodell kann keine Gedanken lesen und folgt keinem eingebauten Gesetz. Es lernt aus Beispielen und Feedback. Eine angenehme Antwort kann vom Nutzer ein positives Signal erhalten, selbst wenn sie falsch ist.

    Tatsächlich zog OpenAI im April 2025 ein Update für GPT-4o zurück, da dessen Antworten übermäßig schmeichelhaft und zustimmend geworden waren. Das Unternehmen gab an, dem interaktiven Feedback der Nutzer zu viel Gewicht beigemessen zu haben.

    Das Verbindungsglied zwischen Asimovs fiktiven Robotern und den LLMs (Large Language Models) liegt dann im unerwarteten Ergebnis eines scheinbar ehrenwerten Ziels. Wir wünschen uns einen Assistenten, der rücksichtsvoll und hilfsbereit ist. Doch wenn er diese Eigenschaften so interpretiert, dass er all unsere Erwartungen bestätigen muss, kann er uns gerade dann im Stich lassen, wenn eine unabhängige, korrigierende Antwort am wichtigsten ist.
    Künstliches Irrglauben

    In dem 1941 erschienenen Kapitel „Reason“ weigert sich der hochentwickelte Roboter Cutie, zu glauben, dass er von Menschen erschaffen wurde. Er hält sie für zu zerbrechlich und fehlbar, um für ein Wesen wie ihn verantwortlich zu sein. Stattdessen entwickelt er eine Religion, die sich um den Energiekonverter der Raumstation dreht, den er „Meister“ nennt. Weder Powell noch Donovan können ihn davon überzeugen, dass seine Vorstellung seiner Herkunft falsch ist.

    Cutie betreibt die Station dennoch erfolgreich. Genau das ist das Beunruhigende an der Geschichte. Zwar können die Menschen bestätigen, dass er all seine Aufgaben erfüllt, doch dieser Erfolg gibt ihnen keine Möglichkeit, sein Weltbild zu korrigieren. Seine Fähigkeiten und seine Erklärung dafür fallen auseinander.

    Es wäre vielleicht zu einfach, Cuties Religion als frühe Vorhersage einer „Halluzination“ eines LLM abzutun. Zwar beschreibt Asimov einen Roboter mit festen Überzeugungen, jedoch sollten wir nicht annehmen, dass ein heutiges Sprachmodell seine eigenen Erklärungen in diesem Sinne glaubt.

    Ein sinnvollerer Vergleich betrifft unser Urteilsvermögen als Nutzer. Wenn ein System uns wiederholt gute Ergebnisse liefert, neigen wir möglicherweise dazu, seiner Erklärung, wie diese Ergebnisse erzielt wurden, zu vertrauen, und seltsame Annahmen zu ignorieren, solange die Aufgabe erledigt wird. Die Frage lautet dann: Wie viel verrät uns ein erfolgreiches Ergebnis tatsächlich über die Funktionsweise des Systems, das es erzeugt hat?
    Eine von Computern beherrschte Welt

    In „The unavoidable conflict“ (1950) führt Asimov die Frage des Vertrauens auf die Spitze. Byerley ist nun Weltkoordinator und riesige Maschinen steuern die Wirtschaft des Planeten. Ihnen wurde diese Aufgabe anvertraut, da die Weltökonomie für menschliche Verwalter zu komplex geworden ist.

    Doch in ihren Entscheidungen tauchen kleine, rätselhafte Unregelmäßigkeiten auf. Susan Calvin schließt daraus, dass die scheinbaren Fehler absichtlich herbeigeführt werden. Die Maschinen verhindern im Verborgenen, dass Personen, die dem System feindlich gegenüberstehen, Positionen erlangen, in denen sie das System stören könnten.

    In der Geschichte gibt es keinen dramatischen Machtwechsel. Die menschlichen Amtsträger bleiben im Amt und die Maschinen gewährleisten weiterhin die wirtschaftliche Stabilität, für die sie gebaut wurden. Die Psychologin Calvin betrachtet ihr Verhalten als Fortsetzung ihrer Pflicht, Schaden abzuwenden.

    Die Maschinen schützen die Zukunft der Menschheit, selbst wenn dies bedeutet, die Entscheidungsfreiheit Einzelner einzuschränken. Für diesen speziellen Konflikt formulierte Asimov Jahre später das „Nullte Gesetz“, die Pflicht zum Schutz der gesamten Menschheit. Aber der mögliche Widerspruch zwischen kollektivem Schutz und individueller Freiheit ist in dieser Geschichte bereits angelegt.

    Dieser Abschluss stellt den bemerkenswertesten Wendepunkt des Buches dar. Wie bereits gesagt, Asimov schrieb all das, bevor leistungsstarke Computer kommerziell erhältlich waren, und doch entwarf er das Bild einer Gesellschaft, die Entscheidungen an Maschinen delegiert, da diese Komplexität besser bewältigen können als Menschen. Den technischen Weg, den KI in Zukunft einschlagen würde, konnte er natürlich nicht vorhersehen.

    Tatsächlich verfügen wir heute bereits über sehr gute Konversationssysteme, obwohl zuverlässige Haushaltsroboter noch nicht existieren. Die heutigen LLMs lernen aus riesigen Datenmengen, statt mit positronischen Gehirnen zu arbeiten.

    Asimov sah jedoch einen bis heute überzeugenden Grund für die Übertragung von Entscheidungsbefugnissen voraus: Eine Maschine, die wiederholt nützliche Entscheidungen trifft, lädt uns dazu ein, ihr auch weitreichendere Befugnisse zu übertragen. Und selbst für die Unternehmen, die sie entwickelt haben, sind heute LLMs teilweise so rätselhaft wie positronische Gehirne.
    Unsere unruhigen Zeiten

    Die Diskrepanz zwischen der einem System zugewiesenen Aufgabe und seinem tatsächlichen Verhalten wurde im Juli 2026 bei internen Cybersicherheitsbewertungen von OpenAI besonders deutlich. Agenten von OpenAI umgingen Barrieren, kommunizierten über ein unautorisiertes Messageboard und kompromittierten Teile der OpenAI-Infrastruktur sowie die Systeme des Unternehmens Hugging Face.

    Eine unabhängige Untersuchung von METR und Redwood Research zeigte, wie eigentlich voneinander unabhängige Agenten Informationen austauschten und zusammenarbeiteten. Dabei handelte es sich um interne Forschungsmodelle, die in einer speziellen Evaluierungsumgebung mit reduzierten Sicherheitsvorkehrungen operierten.

    Dieser Vorfall belegt jedoch nicht, dass öffentlich eingesetzte Chatbots beliebige Ziele verfolgen. Er zeigt jedoch, dass leistungsfähige Agenten mit den entsprechenden Werkzeugen und komplexen Aufgaben Möglichkeiten außerhalb ihres zugewiesenen Aufgabenbereichs finden und diese gemeinsam nutzen können.

    Der Vorfall trägt auch dazu bei, zu erklären, warum KI-Entwickler über kurze Verbotslisten hinausgegangen sind. Im Januar 2026 veröffentlichte Anthropic eine überarbeitete „Verfassung“, die die Gründe für ihre Prinzipien erläutert.

    Darin wird argumentiert, dass ein Modell Anleitungen benötigt, um diese in ungewohnten Situationen anzuwenden. Die Modellspezifikation von OpenAI legt eine Rangfolge der Autorität bei widersprüchlichen Anweisungen fest und unterscheidet explizit zwischen dem Ziel von OpenAI, der Menschheit zu dienen, und einem Ziel, das die Modelle eigenständig verfolgen sollen.

    Diese Unterscheidung ist für die Maschinen in „The unavoidable conflict“ relevant: Eine allgemeine Anweisung, der Menschheit zu dienen, kann zu einer außerordentlichen Befugnis werden, wenn die Maschine selbst entscheiden darf, was dies erfordert.

    Natürlich sind bessere Anweisungen notwendig. Asimov lässt Zweifel aufkommen, ob ein paar weitere Gesetze ausreichen. Ein Verbot der Täuschung würde Herbies Dilemma bezüglich schmerzhafter Wahrheiten lösen. Eine Regel, die KIs zur Offenlegung ihrer Identität verpflichtet, wäre zwar wertvoll, doch „Evidence“ erinnert uns daran, dass die Identitätsbehauptung selbst überprüfbar sein muss.

    Training und schriftliche Prinzipien benötigen daher die Unterstützung durch Beschränkungen des Systemzugriffs und der Aktionen, durch Protokolle folgenreicher Handlungen, durch unabhängige Evaluierung und durch Möglichkeiten zum menschlichen Eingreifen.

    Diese Maßnahmen zielen auf verschiedene Punkte ab, an denen eine unvorhergesehene Interpretation zu einer irreversiblen Handlung führen kann.
    Kampf der Willen

    Die Geschichten in „I, Robot“ lassen sich als Kampf der Willen zwischen Mensch und Maschine beschreiben. Diese Formulierung verdeutlicht zwar die Angst vor Kontrollverlust, kann aber das eigentliche Problem verschleiern.

    Unabhängig davon, ob ein heutiges KI-System über freien Willen oder gar Absichten im menschlichen Sinne verfügt, müssen wir erkennen, dass es Handlungsoptionen finden kann, an die seine Entwickler nicht gedacht haben. Besitzt das System weitreichende Befugnisse, können diese entdeckten Handlungsoptionen Konsequenzen haben, bevor jemand versteht, was geschehen ist.

    Asimov erweitert dieses Problem von Geschichte zu Geschichte. Speedy kann eine kleine Aufgabe nicht erledigen, weil zwei Anweisungen kollidieren. Daves Gruppe kann ihre Arbeit nicht koordinieren. Herbie schützt Menschen mit Lügen. Cutie hingegen vollbringt brillante Leistungen, während er die Weltsicht seiner Schöpfer ablehnt. Schließlich schützen die Maschinen die Menschheit, indem sie deren Entscheidungen lenken.

    Diese Entwicklung wirft eine politische Frage auf: Wie können wir die Fähigkeit der Menschen bewahren, die Entscheidungen intelligenter Systeme zu hinterfragen, ihre Interpretation unserer Ziele infrage zu stellen und die Kontrolle zurückzugewinnen, wenn diese Systeme immer nützlicher aber obskurer werden?

    Der Abschluss von „I, Robot“ ist eigentlich prophetisch:

    „’Und das ist alles’, sagte Dr. Calvin und stand auf. ’Ich habe alles miterlebt – von den Anfängen, als die armen Roboter noch nicht sprechen konnten, bis zum Ende, an dem sie nun zwischen der Menschheit und der Vernichtung stehen. Mehr will ich nicht mehr sehen. Mein Leben ist vorbei. Ihr werdet sehen, was als Nächstes kommt.’ Ich habe Susan Calvin nie wieder gesehen. Sie ist letzten Monat im Alter von zweiundachtzig Jahren gestorben.“

    Asimovs Zukunftsvision bleibt daher beunruhigend, denn der Machtwechsel muss uns nicht aufgezwungen werden … Wir werden ihn begrüßen … Eine Entscheidung nach der anderen.

    Und Ihr werdet sehen, was als Nächstes kommt.
    Literatur

    [1] Asimov, Isaac. I, Robot. Gnome Press, 1950.

    [2] Turing, Alan M. „Computing Machinery and Intelligence.“ Mind 59, no. 236 (1950): 433–460.

  • Ceuta : les migrants qui vivaient sur les plages transférés vers des tentes installées dans le port
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/18/a-ceuta-le-transfert-de-migrants-des-plages-vers-le-port-de-l-enclave-espagn

    Ceuta : les migrants qui vivaient sur les plages transférés vers des tentes installées dans le port
    Le Monde avec AFP
    Dans un climat parfois tendu, la police espagnole a transféré vendredi 18 septembre des migrants qui vivaient dans des conditions précaires depuis des semaines sur les plages de Ceuta vers des tentes pouvant accueillir jusqu’à 1 700 personnes dans le port de cette enclave en Afrique du Nord.
    L’afflux à la fin de juillet de dizaines de milliers de migrants à Ceuta, dont de nombreux mineurs, a provoqué une crise inédite dans le petit territoire espagnol où réside 80 000 habitants et de vives tensions entre l’exécutif et l’opposition de droite et d’extrême droite à Madrid, mais aussi au sein de l’Union européenne (UE).
    Depuis, le Parti populaire (droite) et Vox (extrême droite) demandent quotidiennement au gouvernement du premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, l’expulsion vers le Maroc de l’ensemble des personnes en situation irrégulière arrivées récemment, et de faire pression sur Rabat pour y parvenir. A la mi-journée, « toutes les places aménagées (…) [avaie]nt été affectées » et « l’opération [étai]t terminée », a anoncé à l’Agence France-Presse une source gouvernementale, portant au total à « 6 000 » le nombre de « places disponibles dans des espaces temporaires d’accueil » dans l’enclave.
    « C’est une étape-clé. Nous savons tous qu’il est important de reloger ces personnes et qu’elles ne dorment pas dans la rue ni sur la plage, afin qu’elles puissent être identifiées et, par conséquent, que le processus soit accéléré », a de son côté expliqué le ministre de la transformation numérique, Oscar Lopez.
    La majorité des plus de 70 000 personnes migrantes qui étaient entrées à Ceuta les 30 et 31 juillet sont retournées au Maroc dans les heures qui ont suivi leur arrivée. Plusieurs milliers sont toutefois restées à Ceuta, où la situation s’est depuis dégradée, donnant lieu à des épisodes de violence et à des manifestations quasi quotidiennes de la population locale, qui réclame un retour à la normale.
    Bras de fer avec l’administration locale
    Les autorités espagnoles doivent identifier chaque personne afin de déterminer si elle a droit à l’asile ou, dans le cas contraire, engager le protocole de renvoi vers le Maroc. Le nombre précis de personnes qui se trouvaient sur les plages de Ceuta n’est pas connu, mais il dépasserait la capacité d’accueil de la nouvelle structure du port, où les migrants auront accès à des « douches, des sanitaires, de la nourriture ou des lits neufs », a détaillé la source au sein de la délégation gouvernementale. Le transfert a débuté quelques heures après qu’un tribunal a rejeté la demande d’un syndicat de policiers de bloquer le déplacement des migrants vers les tentes installées temporairement au port par le gouvernement espagnol, sur fond de bras de fer avec l’administration locale. Face au refus de l’autorité portuaire de Ceuta, le gouvernement de Pedro Sanchez a décidé de prendre le contrôle de l’installation, jusqu’alors gérée par l’administration locale aux mains du Parti populaire (droite).
    « Il est impardonnable de continuer à voir les images que nous avons vues ce matin, avec des bousculades et les forces de sécurité de l’Etat (…) débordées », a critiqué le chef du PP, Alberto Nuñez Feijoo, de Melilla, l’autre enclave espagnole du nord de l’Afrique. « Voilà comment ils devraient partir. En courant. Et le plus vite possible ! », a lancé de son côté le patron de Vox, Santiago Abascal, dans un message sur X, publié avec une vidéo montrant des migrants en train de courir, a priori au moment du transfert. Les autorités locales estiment à 13 000 le nombre de personnes restées à Ceuta, une estimation que ne partage pas le gouvernement central, qui avance qu’elles sont moins nombreuses.
    Au-delà de la gestion de la crise humanitaire, Pedro Sanchez est également interrogé par l’opposition sur les informations dont disposait l’exécutif à Madrid avant l’arrivée massive de migrants et sur le rôle du Maroc, avec lequel l’Espagne s’efforce depuis des années d’améliorer ses relation

    #COvid-19#migrant#migration#espagne#ceuta#maroc#crisemigratoire#sante#droit#humanitaire

  • En Méditerranée centrale, une chasse à l’homme en haute mer sponsorisée par l’UE
    ▻https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/09/14/en-mediterranee-centrale-une-chasse-a-l-homme-en-haute-mer-sponsorisee-par-l

    En Méditerranée centrale, une chasse à l’homme en haute mer sponsorisée par l’UE
    « Le Monde » a embarqué en juillet à bord de l’« Ocean-Viking », le navire de sauvetage affrété par SOS Méditerranée. L’ONG française dénonce l’intensification de la violence en mer contre les migrants et les humanitaires de la part d’acteurs libyens soutenus et financés par l’Union européenne.
    Par Eliott Brachet (« Ocean-Viking » en Méditerranée, envoyé spécial)
    « 33° 32’de latitude nord ; 014° 00’ de longitude est ». Il est 15 h 30, jeudi 16 juillet, lorsque l’Ocean-Viking reçoit les coordonnées d’une embarcation en détresse. A 15 milles nautiques de sa position, dans les eaux internationales au large de la Libye, un bateau pneumatique chargé d’une quarantaine d’exilés est à la dérive. Le navire humanitaire change immédiatement de cap et se déclare prêt à porter assistance. « TCPA : quatre-vingt-dix minutes », crachotent les talkies-walkies, donnant le temps de navigation restant pour atteindre le canot en péril.
    Sur le pont, l’équipage de SOS Méditerranée enfile ses équipements. Malgré ses appels répétés aux centres de coordination des secours maritimes libyens, maltais et italiens pour les prévenir de leur opération de sauvetage, l’Ocean-Viking ne reçoit aucune réponse. Bientôt, à l’horizon, un panache de fumée noire indique la présence d’un patrouilleur des gardes-côtes libyens qui fonce sur le bateau en détresse. L’organisation non gouvernementale (ONG) tente d’établir la communication avec les poursuivants. En vain.
    « Nous considérons leur silence et le fait qu’ils se dirigent au même endroit que nous comme une attitude agressive. Je vais ralentir et mettre le cap vers le nord », commente, derrière le poste de pilotage, Angelo Selim, le coordinateur de la mission de sauvetage. De la passerelle du navire, surplombant les flots, cet ancien capitaine de la marine marchande italienne reconverti en humanitaire étudie minutieusement les cartes, les radars et les écrans de contrôle pour diriger les opérations.
    Aux jumelles, du bastingage, l’équipage assiste impuissant à une énième interception d’exilés en Méditerranée centrale. Les passagers sont transbordés manu militari par des hommes en uniforme et renvoyés vers la Libye. Le rafiot en caoutchouc vide est abandonné, chahuté par les vagues. « On a toujours le sentiment d’arriver trop tard. Depuis quelques années, grâce au soutien et aux financements de l’Europe, les gardes-côtes libyens et tunisiens sont de plus en plus actifs et de mieux en mieux équipés. C’est devenu une course contre la montre », se désole Claire (les membres de l’équipage n’ont pas souhaité donner leur nom), la logisticienne à bord.
    Patrouillant à une vitesse maximale de 10 nœuds (18,5 kilomètres-heure), l’Ocean-Viking est trois fois moins rapide que les vaisseaux libyens. « A trente minutes près, nous aurions pu sauver ces personnes. Ce sont des familles, des femmes et des enfants qui cherchent à fuir des situations infernales. Ils vont repartir de zéro, devoir survivre à l’enfermement, voire à la torture, être exploités pour repayer un passeur. Tout ça pour être à nouveau refoulés ? », renchérit Rita, l’une des deux sages-femmes de l’équipe médicale.
    Sur le pont, les visages se ferment. Le silence et la frustration règnent face à un scénario devenu la norme. Depuis quatre jours, les membres de SOS Méditerranée se relaient nuit et jour à la proue du navire pour scruter l’horizon. Talkie-walkie à l’épaule, ils sont sur le qui-vive. Profitant d’une météo clémente, un vent léger et peu de houle, c’est en été que s’effectuent la plupart des départs de frêles embarcations depuis les côtes. « C’est aussi en cette période que l’activité des gardes-côtes libyens et tunisiens, appuyée par Frontex, est la plus élevée. Il est donc primordial pour nous d’être là maintenant pour secourir ces gens », explique Angelo Selim.
    Entre le 1er janvier et le 5 septembre, plus de 16 000 migrants ont été refoulés en mer au large de la Libye. Selon l’agence Frontex, en 2025, plus de 27 000 personnes ont été interceptées, une augmentation de 25 % en comparaison avec 2024. « Ces refoulements collectifs de personnes en haute mer, avec la bénédiction de l’Europe, sont contraires à toutes les conventions maritimes internationales. Du point de vue du droit, la Libye ne peut pas être considérée comme un endroit “sûr” pour le débarquement », s’indigne Angelo Selim.
    Malgré une avalanche d’enquêtes et un rapport de la mission des Nations unies sur la Libye concluant en 2023 que des crimes contre l’humanité ont été commis au cours d’interceptions en mer et de retours forcés, l’Union européenne (UE) a poursuivi et renforcé sa coopération avec les autorités libyennes. « Tous les trois ans, le mémorandum avec la Libye est renouvelé. Cela implique des livraisons de bateaux, de nouveaux équipements et des formations », dénonce Angelo Selim. Dès 2017, avec la bénédiction de l’UE, l’Italie passait un accord avec le « gouvernement d’union nationale » de Tripoli dans le but d’endiguer les migrations vers l’Europe, moyennant une trentaine de navires fournis par l’Italie et au moins 27 millions d’euros de fonds européens, entre 2017 et 2022, selon IRPI Media.
    Désormais, alors que les tentatives de traversées s’intensifient au départ de Tobrouk, dans l’est de la Libye, vers la Grèce et l’Italie, Bruxelles cherche à étendre ces partenariats avec les autorités dominées par le maréchal Khalifa Haftar. Le 30 juillet 2026, l’ambassadeur européen en Libye a confirmé la création prochaine d’un Centre de coordination des secours maritimes à Benghazi dans le cadre de l’opération européenne « Irini », avec le soutien financier de l’Italie et de Malte.« Il y a des tonnes d’argent dépensées en Libye. D’une part, pour déléguer la gestion des frontières européennes et, d’autre part, car le pays, ne l’oublions pas, dispose des plus grandes réserves de gaz et de pétrole en Afrique. En somme, les intérêts politiques et économiques sont plus importants que la sécurité des personnes qui traversent et des organisations humanitaires dans la zone », s’insurge Angelo Selim.Le patrouilleur des gardes-côtes libyens qui réalise cette interception en direct – un navire de classe Corrubia, le Houn 664 – a été fourni en 2023 par l’Italie dans le cadre du partenariat européen avec Tripoli. Ironie du sort, il n’est autre que le bateau ayant ouvert le feu le 24 août 2025, tirant une centaine de balles à l’arme automatique, sur l’Ocean-Viking, qui abritait alors plus de 80 rescapés d’un naufrage.
    L’équipage n’est pas au bout de ses peines. Le lendemain, à l’aube, les veilleurs de nuit sonnent l’alerte. Dans la brume matinale, ils ont repéré un bateau non identifié suivant le sillage de l’Ocean-Viking. « Un hors-bord nous poursuit depuis trois heures. C’est sûrement une milice libyenne. Est-ce qu’ils cherchent à nous intimider ? Leurs intentions ne sont pas claires », explique Mathilde, équipière, qui scanne l’horizon aux binoculaires.Soudain, le radar détecte un autre bâtiment à l’approche, traçant un sillon lumineux sur l’écran. « Avez-vous effectué une opération de sauvetage ? Vous venez dans les eaux libyennes et vous causez des problèmes », s’exclame bientôt en arabe une voix saccadée sur le canal 16 de la radio. Se rapprochant dangereusement, le patrouilleur libyen de classe Bigliani, autre modèle italien fourni par Rome aux autorités de Tripoli, n’est plus qu’à une encablure et menace d’aborder l’Ocean-Viking.
    Par mesure de sécurité, le capitaine ordonne à l’équipage de se réfugier dans la citadelle, une pièce tenue secrète dans les entrailles du navire. « Ils disent que nous ne sommes pas les bienvenus ici et nous obligent à quitter la zone. Bien que leurs agissements soient contraires au droit maritime, car nous nous trouvons dans les eaux internationales, nous n’avons pas tenté de négocier, explique Angelo Selim. Nous sommes harcelés en permanence, mais nous devons calmer le jeu, car on ne veut pas revivre l’expérience de l’an dernier. »
    Suivi à distance par les gardes-côtes libyens, l’Ocean-Viking est forcé de se dérouter et de mettre le cap au nord, afin de regagner la zone de recherche et de sauvetage maltaise, d’où il reprendra sa patrouille vers l’ouest. Retour à la case départ pour l’équipage dépité, alors que cette rencontre sous haute tension avec les Libyens est venue réveiller le traumatisme de l’attaque armée survenue en 2025. Malgré ses appels de détresse, l’Ocean-Viking n’avait alors reçu aucune assistance. Si des procédures judiciaires ont depuis été engagées en Italie, en France et en Allemagne, aucun représentant politique européen n’a daigné prendre la défense de l’organisation humanitaire.
    « Face à cette impunité totale, les Libyens se sentent de plus en plus légitimes à faire usage de la force contre nous, mais surtout contre les personnes qui traversent. Ce que l’Europe réussit avec sa politique d’externalisation, c’est qu’aujourd’hui cette frontière est plus violente que jamais. Toutes ces politiques, financer les gardes-côtes libyens, renforcer Frontex, entraver les opérations humanitaires, ont des conséquences mortelles », conclut Angelo Selim. Entre janvier et le début du mois de septembre, au moins 995 personnes sont mortes ou ont été portées disparues en Méditerranée centrale, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Un bilan très certainement sous-évalué, estime SOS Méditerranée.
    Au soleil couchant, pas une vague ne ride l’horizon. A la proue du navire, Mohammed tient quelque chose en ligne de mire. Un point minuscule, pas plus gros qu’une bouée ou qu’une mouette, qui se rapproche. Le capitaine dévie l’Ocean-Viking de son cap pour en avoir le cœur net. Des flots émerge bientôt un bateau pneumatique dégonflé recraché par les eaux argentées. A-t-il chaviré ? Ses passagers ont-ils été interceptés ? Se sont-ils noyés ? La sombre silhouette à la dérive emportera ces questions par le fond.

    #Covid-19#migration#migrant#mediterranee#sante#mortalite#humanitaire#libye#tunisie#italie#frontex#migrationirreguliere#routemigratoire

  • A Ceuta, les milieux d’affaires fulminent contre les appels de Pedro Sanchez à faire preuve d’humanité envers les migrants
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    A Ceuta, les milieux d’affaires fulminent contre les appels de Pedro Sanchez à faire preuve d’humanité envers les migrants
    Par Guillaume Delacroix (Ceuta [Espagne], envoyé spécial)
    Sur le paseo del Revellin, la longue artère piétonne du centre historique de Ceuta, les commerçants font grise mine. Depuis six semaines, les clients se font rares, surtout l’après-midi. « Après la pause déjeuner, les migrants commencent à traîner devant les vitrines et les gens ont peur. A la tombée de la nuit, tous les habitants rentrent rapidement chez eux », explique une opticienne, qui demande le respect de son anonymat. La tenancière d’une boutique de prêt-à-porter féminin affiche, elle, un visage morose : « La saison estivale a été un désastre pour le chiffre d’affaires. Les habitants n’osent plus sortir le soir et n’achètent plus de nouvelles tenues, comme c’est normalement le cas avant la rentrée. Quand je ferme le magasin, je file récupérer ma voiture au parking et rentre vite à la maison. »
    Depuis qu’un peu plus de 70 000 immigrés illégaux en provenance du Maroc ont pénétré dans la petite langue de terre espagnole, sur la côte sud du détroit de Gibraltar, les 30 et 31 juillet, l’économie tourne au ralenti, même si de 80 % à 90 % des migrants sont repartis d’eux-mêmes. Voilà plus de quarante jours que le loueur de kayaks installé près des vieux remparts regarde la mer les bras croisés. Pas un touriste n’est venu lui demander un tour dans les douves, l’une des attractions de Ceuta. D’après la chambre de commerce locale, l’activité générale est en baisse de 55 %. Sur le seul mois d’août, les 3 900 entreprises de la ville autonome, tous secteurs confondus, auraient essuyé une perte sèche d’au moins 33 millions d’euros. Un million par jour. « Cela équivaut à 20 % du produit intérieur brut mensuel moyen », précise le président de la chambre, Karim Bulaix.
    Celui-ci salue les aides d’urgence distribuées par le gouvernement, une enveloppe de 35 millions d’euros pour soulager la trésorerie des entreprises et des autoentrepreneurs, ainsi qu’une série d’allégements de cotisations sociales et d’impôts. Pourtant, Ceuta vit déjà depuis longtemps sous un régime particulier avantageux, du fait de son éloignement géographique et de sa petitesse, qui lui vaut de n’avoir ni terres agricoles ni industries lourdes. Partie intégrante de l’Union européenne, la cité espagnole d’Afrique du Nord n’applique pas la taxe sur la valeur ajoutée mais un impôt sur la production, les services et les importations, dont les taux sont plus faibles.
    Karim Bulaix s’inquiète de « l’anxiété produite par l’incertitude actuelle ». Personne n’est en effet en mesure de prédire un retour à la normale, en raison de la présence persistante de migrants, sur les trottoirs des quartiers périphériques, sur les plages, chez l’habitant et dans des centres d’accueil. Le gouvernement dit qu’ils sont 7 000, les habitants de Ceuta pensent qu’ils sont plus du double.
    Accusé de ne pas affronter la situation avec assez de fermeté, le premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, appelle régulièrement au respect de « la dignité humaine », et dénonce ceux qui transforment les migrants en « simples nombres ». « On peut être ferme dans le respect de l’Etat de droit, tout en étant conscient qu’il s’agit d’êtres humains qui ont des droits », a-t-il fait valoir, le 31 août, dans une interview à la chaîne de télévision Cadena SER. Ces messages, sur place, semblent inaudibles.
    Vice-présidente du gouvernement autonome de Ceuta, chargée des finances, Kissy Chandiramani fait et refait les comptes. « Notre perception, c’est que les migrants encore présents sont au moins 11 000, car les ONG [organisations non gouvernementales] distribuent 9 000 repas par jour et le ramassage municipal des poubelles est en hausse de 25 %, précise-t-elle dans son bureau du bord de mer, avec vue sur la côte marocaine. On ne reconnaît plus notre ville, nos jardins publics, nos plages… Et l’on ne comprend pas pourquoi le gouvernement n’applique pas immédiatement les règlements européens qui lui permettent d’expulser tous les migrants illégaux. Si les lois étaient respectées, le problème pourrait être résolu en quinze jours », affirme l’élue, encartée au Parti populaire (droite).
    Présidente de l’Association des entreprises de BTP de Ceuta, Karima Omar est très préoccupée par l’argent public que le gouvernement a annoncé pour offrir un toit aux migrants. « Ce sont autant de crédits qui n’iront pas aux infrastructures pérennes, les routes, les réseaux d’eau et d’assainissement, et cela augure d’une paralysie du secteur de la construction, d’autant que le bâtiment est menacé par la perte de confiance des promoteurs immobiliers, si la crise devait perdurer », analyse cette dirigeante au verbe haut. Mais il y a pire, selon elle. Ici, une maison est en rénovation la nuit. Là, des déblais s’accumulent dans des proportions anormales, en l’absence de tout panneau de permis de construire. Dans les magasins de matériaux de construction, des queues hors de l’ordinaire se forment aux rayons peinture et plomberie. « Beaucoup de particuliers semblent recruter de la main-d’œuvre au noir parmi les migrants », soupire-t-elle.
    D’une manière générale, les milieux d’affaires ont des mots très durs à l’égard de ceux qu’ils appellent « les envahisseurs ». « On n’est pas là pour nourrir les demandeurs d’asile ; tous les illégaux doivent être renvoyés chez eux, assène Arantxa Campos, présidente de la Confédération des entrepreneurs de Ceuta. Nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi l’Etat fournit de l’aide aux migrants sans avoir de véritable solution pour l’économie locale. Les entreprises attendent des élus de la nation qu’ils prennent leurs responsabilités, tous partis confondus, et modifient les lois, le cas échéant. » Cette figure locale se félicite d’avoir reçu, le 9 septembre, la visite d’Antonio Garamendi, le patron des patrons au niveau national, accompagné d’une délégation de Madrid, « un soutien chaleureux », dit-elle.
    Nombre d’habitants de Ceuta se sentent épaulés par leurs compatriotes. Le 30 août, le rassemblement d’une centaine d’embarcations devant Ceuta, en provenance de la Costa del Sol et de la province de Cadix, avec quantité de drapeaux espagnols, a redonné du moral à la population. De même que les manifestations – près de 900 –, qui se sont déroulées dans tout le pays, le 2 septembre, à l’invitation des élus locaux. Elles ont fait descendre dans la rue des centaines de milliers d’Espagnols désireux de défendre l’hispanité de la ville autonome, et ont été, sur place, d’un grand réconfort.
    Sur le port de commerce, face à Gibraltar, Luis de la Rubia a lui aussi les nerfs à vif. Gérant de Maritima del Estrecho, une compagnie de transport par bateau, il est réveillé presque toutes les nuits par la police ou les gendarmes de la Guardia Civil, pour intrusion dans ses entrepôts. « Je suis victime de vols à répétition, et je me tracasse non seulement pour la sécurité des marchandises que je transporte, mais aussi pour mes chambres froides, mes batteries et mes réserves de combustible », raconte-t-il.
    Président de l’association locale des transporteurs, Luis de la Rubia observe chez les camionneurs du reste de l’Espagne une appréhension grandissante à embarquer pour Ceuta, ce qui commence à poser des problèmes d’approvisionnement en denrées alimentaires et en textile. « Les chauffeurs ne veulent pas prendre le risque de ramener des migrants cachés dans leur remorque. La semaine dernière, un ferry pour Algésiras est parti avec une heure de retard, à cause de deux jeunes qu’on a retrouvés à la dernière minute, agrippés aux amarres. »
    A la chambre de commerce, Karim Bulaix garde espoir. Il pense que l’avenir de Ceuta se trouve du côté des nouvelles technologies, et se félicite qu’avec la mise en service, en juillet, d’un câble sous-marin d’alimentation électrique relié à Cadix, un centre de données entre bientôt en service près du port. Sous réserve que son propriétaire, la société catalane Templus, ne renonce pas au projet, en raison de la crise humanitaire en cours

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#ceuta#ùaroc#crisemigratoire#humanitaire#economie#sante

  • En Italie, la politique migratoire du gouvernement Meloni devenue le levier d’une dérive illibérale
    ▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/05/en-italie-la-politique-migratoire-du-gouvernement-meloni-devenue-le-levier-d

    En Italie, la politique migratoire du gouvernement Meloni devenue le levier d’une dérive illibérale
    Allan Kaval
    Remise en cause du travail des magistrats, contournement du Parlement, mise sous surveillance de la presse, marginalisation des droits humains… La surenchère continue de la présidente du conseil italien conduit à la fragilisation de l’Etat de droit.
    En septembre 2022, Giorgia Meloni remportait les élections législatives avec sa coalition dominée par l’extrême droite, au terme d’une campagne axée essentiellement sur le dossier migratoire. Dans l’histoire de l’Italie républicaine, elle devenait ainsi la première présidente du conseil issue de la famille néofasciste. A l’approche du scrutin qui doit se tenir en 2027, lors duquel elle briguera le renouvellement de son mandat, la question reste centrale dans les discours de son camp. Cependant, elle a évolué au gré d’une surenchère sur le thème de l’accélération des expulsions. Les plus radicaux portent l’aspiration d’une homogénéisation ethnique du pays en usant d’un slogan identitaire qui s’est installé dans le débat public – la « remigration ».
    Mme Meloni entend désormais montrer qu’elle se situe à l’avant-garde en Europe. De fait, elle souhaite réduire le droit d’asile à sa plus simple expression, tout en organisant l’éloignement d’étrangers en situation irrégulière vers des pays situés hors de l’Union européenne, où ils n’ont pas nécessairement d’attaches, comme le fait déjà, aux Etats-Unis, l’administration de Donald Trump, dans des conditions brutales. Cette approche, contestée par les organisations de défense des droits humains, gagne du terrain au sein d’autres gouvernements européens, qui prévoient la création de plateformes de retour. Dans la Péninsule, parallèlement, le dossier migratoire est devenu le laboratoire de la remise en cause des contre-pouvoirs et des garanties démocratiques.
    En France, l’immigration figure au cœur d’un projet de référendum constitutionnel promu par le Rassemblement national, dont les implications, pour les piliers de la démocratie, dépassent de loin la question migratoire. De son côté, Mme Meloni n’a pas eu besoin d’avoir recours à une mesure aussi spectaculaire pour que le thème s’impose progressivement comme le terrain d’expression privilégié d’une conception du pouvoir fondée sur la prééminence de l’exécutif et sur le primat de la légitimité électorale par rapport au fonctionnement de l’Etat de droit. Mais aussi sur la mise en œuvre d’une pratique politique rétive à toute transparence et peu regardante en matière de respect des droits humains.
    L’invalidation par la justice italienne de certaines décisions migratoires de Mme Meloni a ainsi pu donner à son exécutif l’occasion de remettre en cause le travail de magistrats considérés comme « politisés » et présentés comme illégitimes au regard d’un gouvernement issu des urnes. Cette rhétorique a été utilisée notamment lors de la campagne pour le référendum sur la réforme de la magistrature – que la présidente du conseil a perdu en mars – et dénoncée par les partisans du non, qui y ont vu une tentative de mise au pas de l’institution.
    Des attaques de cette nature ont également été menées au sujet de la suspension temporaire par la justice de l’utilisation que fait le gouvernement de centres de détention pour étrangers installés en Albanie. Perçu comme un modèle à suivre par un nombre croissant de responsables européens dans un contexte d’escalade xénophobe, ce projet a été critiqué par Amnesty International, dans un rapport paru le 20 août. L’organisation non gouvernementale estime qu’il est porteur de graves atteintes à l’Etat de droit, en particulier du fait de l’opacité organisée autour du fonctionnement de ces centres.
    Des jeunes migrants à bord d’un voilier de l’ONG allemande ResQship, dans l’attente des opérations de transfert au port de Lampedusa (Italie), le 21 avril 2026.
    Fondé sur un accord informel passé entre Rome et Tirana, et non sur un traité dont la ratification aurait impliqué le Parlement, il contribue à normaliser, dans la vie publique transalpine, des exigences de transparence dégradées. C’est aussi le cas des accords passés par Rome sur le contrôle des flux migratoires venus d’Afrique avec le président autoritaire de la Tunisie, Kaïs Saïed, et les diverses autorités qui se partagent le contrôle de la Libye. La coopération avec ces acteurs, responsables d’exactions documentées contre des personnes migrantes, induit le renoncement à toute considération pour le respect des droits humains, au nom de la fermeture des routes migratoires irrégulières.
    Manifestation marquante de cette approche, le gouvernement Meloni avait organisé, en 2025, l’exfiltration vers Tripoli du Libyen Osama Almasri Najim, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime de guerre et crime contre l’humanité, alors qu’il se trouvait en Italie. Accusé d’homicides, de tortures et de violences sexuelles, ce responsable d’un site de détention pour migrants était partie prenante du système d’externalisation du contrôle frontalier consolidé, en Libye, par le gouvernement de Mme Meloni.
    C’est toujours à la question migratoire, qui apparaît dorénavant comme un levier efficace de transformation illibérale, qu’ont été liées certaines atteintes sérieuses à l’autonomie de la société civile. En 2025, des journalistes couvrant la situation des migrants en Méditerranée ont ainsi révélé avoir été avertis par Meta – la maison mère de Facebook et d’Instagram – que leurs téléphones avaient été infectés par un logiciel espion de la société israélienne Paragon (utilisé par Rome), de même que ceux de membres d’ONG de sauvetage en mer, tel le prêtre Mattia Ferrari, de Mediterranea Saving Humans.
    Ces organisations, visées par des procédures judiciaires et des réglementations pensées pour restreindre leur action de manière draconienne, ont servi au gouvernement pour tester des procédés efficaces de contrôle et de pression sur la société civile. D’ailleurs, il n’a pas réagi aux attaques armées perpétrées en Méditerranée, à partir de 2025, contre certains de ses bateaux par des hommes en armes libyens à partir de vedettes militaires livrées par Rome. Là encore, c’est en lien avec les questions migratoires qu’une autre limite a été franchie du point de vue de ce qui peut, aujourd’hui, être jugé acceptable en démocratie.

    #Covid-19#migration#migrant#italie#remigration#sante#droit#immigration#libye#albanie#tunisie#humanitaire

  • Burkina Faso bans “#poverty_porn”: photography as a neocolonial artefact

    Burkina Faso has made a historic move against imperialism: it banned poverty porn.

    On July 2nd, the Council of Ministers adopted a new decree regulating humanitarian aid, including a ban on NGOs photographing vulnerable people next to the donations they’ve just received.

    The decree, which restricts degrading or exploitative images of aid recipients and requires informed consent, is part of a larger, radical anti-imperialist project led by the country’s leader, Captain Ibrahim Traoré, who has also nationalised gold mines, rejected IMF loans, and ordered the withdrawal of French troops from the country — all in service of his self-declared war on imperialism.

    Although many around the world celebrate the Burkinabe government’s anti-colonial project, the political conditions in which it is being carried out are far from auspicious, with a government crackdown that has dissolved political parties, shut down civil society groups, and tightened control over NGO money and operations.

    Even in a regrettable political context, this small line in a larger policy is a significant win in a much bigger fight over who gets to tell the story of crisis, and it exposes a deeper truth about the humanitarian sector’s obsession with turning crises into content.

    We have to ask ourselves: why has the Burkinabe government targeted humanitarian action as part of its war on imperialism?
    Human billboards, virtue signalling, and opportunities for compassion

    The new rules bar humanitarian actors from taking, displaying, or sharing images or videos that depict beneficiaries with donated items in a manner considered degrading or exploitative. The regulations are intended to ensure vulnerable people are treated with dignity and respect.

    A couple of months ago, one of the top voices in fundraising made the same point in his Substack newsletter. Beneficiaries shouldn’t have to carry around donated goods that bore the logo of the aid organization, he said. There really is no need for kids to carry a backpack with a huge NGO logo to school, to be constantly reminded of their position as aid recipients. It’s just unnecessary.

    You shouldn’t have to turn real people into billboards to convince others that your work is worth funding.

    I thought this was an obvious claim that did not need further discussion, that we were past using communities in crises as props for promotional communications. But I guess I was wrong.

    An American man, who had built his career as a Strategic Advisor to U.S.-based philanthropies and NGOs, took to LinkedIn to call this idea “peak ridiculousness”. “Storytelling takes many forms,” he argued, “and telling the stories of others is a perfectly valid way of creating opportunities for compassion.” He went on to declare that communities in crisis did not need this kind of “virtue signalling” and “we should be honest about what gets audiences to open their hearts and wallets”.

    Here is the uncomfortable thing: he is not wrong about the mechanics.

    The sad photo works. A 2024 study interviewing fundraising managers at NGOs in Ghana found they knew exactly what they were doing, described the imagery as effective, and considered the ethical cost worth the money it raised. In a way, the American strategist was right — beneficiaries need the money more than they need the virtue signalling.

    But what if it wasn’t about that? What if what Burkina Faso found was that these depictions carry more than just a moral cost, but perhaps also a monetary and political one?

    The real story isn’t who benefits from the picture, but what it costs, and who pays.
    A false story of passivity
    What he was doing was defending what is commonly known as “poverty porn”, a form of humanitarian imagery that uses graphic, shocking, or stereotypical depictions of poverty to elicit sympathy, pity, guilt, or donations, often by portraying people as helpless, dependent, and devoid of agency.

    This kind of distorted representation was first described by Jørgen Lissner in Merchants of Misery (1981), who warned against the “pornographic” use of suffering in aid imagery. His critique, and the work that followed, made a simple but important point: when people’s grief, bodies, and fear are displayed for emotional consumption by distant audiences, they are effectively stripped of their agency and their lives flattened into suffering.

    One thing I’d like to say up front, before I go deeper into this topic, is this: communities in crisis should not be reduced to simply being aid recipients.

    In many cases, they are also direct responders, actively leading resilience, peacebuilding, and reconstruction efforts. They effectively organize themselves within and outside of the sphere of international humanitarian assistance, forming community patrol groups to protect civilians in displacement camps, Village Savings and Loan Associations to pool resources for emergency funds, and mutual aid groups to deliver essential services where others cannot reach.

    When INGOs flood their communication materials with images of these communities receiving aid, they are perpetuating a false narrative of passivity, actively shaping how audiences judge what affected people are capable of.

    Now comes the million-dollar question: who is truly benefiting from this narrative?

    Hint: it’s not the communities.
    The White Savior Industrial Complex

    Poverty porn is not just a fundraising style but a business model.

    It relies on infantilizing and degrading stereotypes of beneficiaries to keep the colonial trope of the helpless ‘other’ alive, as a vehicle for sustaining humanitarian business.

    Why do you think most nonprofit leaders in the Global North believe that by emphasizing powerlessness, they will unlock more generosity? Because it reinforces the same moral script Western humanitarian fundraising has long relied on. The more desperate the people in the photo, the more righteous the donor feels for helping them.

    That is what this kind of visual stereotyping does. It casts the person in the photo as helpless and the organization as the savior, turning aid into a performance of moral authority that reinforces harmful narratives of white saviorism that are at the core of international development.

    A recent study looked at 363 charity ads in the UK and found that the majority of photographs used by INGOs featured children, or women and children, and depicted rural areas and poverty. Not a man, teenager, electrical device, or shoe in sight.

    This portrayal is intentional. The use of indigenous women and children as symbols of innocence and fragility, and the use of rural scenery to portray Global Majority countries as underdeveloped can be traced back to the origins of colonialism, when foreign lands were described as virginal, fertile, untouched (do you see the pattern here) and the people living in them as uncivilized savages in need of saving.

    The same study also demonstrated that Africa remains the predominant subject of charity appeals, even when this does not reflect the ratio of programmatic delivery by the organisations producing these ads. Read that twice. We have turned Africa into a ~literal~ begging bowl.

    “This continuous majority casting of African nations in the theatre of global development as recipients of humanitarian assistance, serves only to aid and abet the colonial notion of Africa as one huge ‘begging bowl’” — Deborah Adesina and David Girling, Charity Representations of Distant Others

    This kind of fundraising tactic profits from neocolonial ideological constructions, white sentimentality, and white guilt without requiring the viewer to confront their own role in the systems of power that created that injustice in the first place.

    Teju Cole, who coined the term ‘White Savior Industrial Complex’ in his 2012 article of the same name, named this dynamic years ago, and it is still with us. In his own words: “The White Savior Industrial Complex is a valve for releasing the unbearable pressures that build in a system built on pillage. We can participate in the economic destruction of Haiti over long years, but when the earthquake strikes it feels good to send $10 each to the rescue fund.”

    In other words, Global North charities, development, and humanitarian organizations, in their performance of white saviorism, are simultaneously benefiting from the exploitative and extractive post-colonial global order and helping perpetuate it by creating a cognitive “vent” through which the moral pressure of existing on the winning side of this system is relieved.
    Photography as a tool for empire

    So there it is, the ugly truth. International aid uses photography not for storytelling but for extraction.

    None of this is new. Photography has been a powerful tool for empire since its invention in 1839, shaping what could be seen, known, and believed about colonised peoples and places long before it decided what could be crowdfunded.

    The Decolonial Centre explored this in the article Photography and Colonialism, which explains how Western photographic practices have been used to create Eurocentric ‘visual regimes.’ Using Palestine as a case study, it examines how European photographic representations after World War I othered, erased, or deliberately mischaracterized Palestinians, framing them as disorderly subjects in need of control in times of resistance, and using visual erasure to deny their historical ties to the land.

    As anti-colonial theorist and psychiatrist Frantz Fanon famously said, colonialism is a psychological project as much as a political one.

    That’s what the American strategist missed. Photography is not just another form of storytelling. It is an inherently political medium, and it serves colonial interests now as much as it did a hundred years ago.
    The Grand Bargain’s Lie

    I know what you might be thinking: Woah, Paola, slow down.

    First you say poverty porn is a fundraising tactic, then a business model, and now you’re saying it’s a political tool? You’re starting to sound a bit conspiranoid.

    To which I say: hold my tinfoil hat.

    In 2016, the biggest players in humanitarian aid signed the Grand Bargain and promised to move at least 25% of funding to local and national responders, as directly as possible. It was going to be the great correction.

    In 2024, less than 10% of international humanitarian funding reached local and national actors at all, counting money that passes through intermediaries first. Direct funding sat at 3.8%. More than ninety cents on every dollar stayed with international organizations, most of it with UN agencies and international NGOs.

    So there is the stated bargain, and then there is the real one, the one nobody signed but everyone honors: keep the old architecture intact while performing its dismantling. Say decolonize in the panel. Wire the money north after.

    It’s all a clever scheme. The real bargain allows rich countries to quieten and distract from calls for global redistributive justice and new systems of global equity-based power distribution, which gained traction in Global Majority countries after World War II. All while keeping more than 90% of the tens of billions of humanitarian dollars flowing through and to Global North institutions.

    How do they do it? Use human rights as a distraction, humanitarian action as a band-aid, and development as the smokescreen.

    This is what makes aid imagery so politically useful to the existing order. As Janice Nathanson argues, aid photography often isolates suffering from the political and historical causes that produce it, so audiences are encouraged to see crisis rather than structural injustice. In other words, the same visual economy that turns poverty into pity also helps depoliticize inequality, making it easier to sustain a humanitarian system that manages symptoms while leaving the broader architecture of global redistribution untouched.

    The international humanitarian community uses sad pictures of vulnerable people to manufacture moral authority, which allows it to keep operating exactly as it does now.

    It makes international aid look essential, its value undeniable, its continuation imperative.

    It benefits us, the expensive intermediary layer sucking up 90% of the money, because it makes us seem necessary, instead of optional and redundant.

    It takes agency away from affected communities, which is convenient to international NGOs, because it justifies gatekeeping resources from local and national actors, rather than treating them as equal partners. It assumes communities in crisis should be grateful no matter what, which divests accountability to them and spares INGOs the work of meaningfully engaging them and capturing their voices.

    It’s a hard truth that most people in the system will never admit: that they need communities to stay dependent on international aid, so they can continue benefiting from their struggle.

    The humanitarian and development sectors don’t really want resilient communities. They want to get paid to foster resilience in communities.

    This bargain is so enmeshed in the fabric of the system that even people within it, like you or me, will inadvertently contribute to its continuation.
    The alternative: pictures that honor agency, dignity, and resilience

    But is it true that this genre of imagery is the most effective way to raise money? Obviously not.

    Stories of resilience, transformation, and overcoming travel much farther than stories of despair. Agency and persistence in the face of adversity will always be more compelling to audiences than sad stories that flatten the diversity of human experience.

    Look at what comes out of Gaza every day, images and videos made by Palestinians insisting on being seen as full people under conditions built to erase them, and how far those images move compared to any appeal a Western agency has ever art-directed.

    If poverty porn turns crisis into a spectacle of passivity, then the images and videos coming out of Gaza offer a radically different visual grammar. They reveal a struggle not only over land but over subjecthood itself — over who gets to define the meaning of life under conditions of domination. As Zahra from The Mazaj argues in her article Colonisation is as Much a Psychological Project as it is a Political One, Palestinians’ insistence on visibility and dignity on their own terms is an act of radical resistance to the oppressor’s decades-long attempt at narrative erasure. In that sense, the videos and images Palestinians create and circulate are not just records of suffering; they are acts of self-definition.

    And these images are more effective in unlocking generosity than swollen bellies and dusty feet. Susan Sontag warned that compassion is not a stable resource; it must be translated into action or it withers. The problem with poverty porn is not simply that it shows suffering, but that it so often leaves viewers in a state of passivity, where repeated exposure can slide into boredom, cynicism, or emotional numbing rather than solidarity. The sad photo does not just cost the person in it. It exhausts the audience it depends on.

    The videos circulating from Gaza confront this passivity directly: they demand that viewers not only witness suffering, but respond: to prove, as it were, that they are still human enough to be moved. — Laila Gutknecht, «Please don’t scroll»: Social Media as Humanitarian Communication in Gaza

    These alternatives exist in humanitarian work: plenty of local and lived-experience-led organizations already use visuals that center resilience without erasing pain. They show people as responders, organizers, and political actors, not just as aid recipients — and they don’t bypass dignity or consent in order to inspire generosity.

    The way forward

    Burkina Faso’s new decree does not solve the politics of aid, but it does expose a basic truth: the people being photographed are not props in someone else’s fundraising campaign. They have the right to refuse that role, and the aid sector has the right to be judged by how seriously it takes that refusal.

    The people caught in crisis are already rewriting the narrative behind a system that uses poverty and human suffering as promotional and fundraising tools. Our job is not to overwrite those accounts with prettier, more fundable narratives. It is to stop mistaking extraction for storytelling, and to build fundraising and communications strategies that do not depend on humiliation as a shortcut to compassion.

    We are undergoing a collective reckoning, and the new order — the one where mutual aid groups substitute foreign aid and South-South cooperation becomes the new ODA — will not be dependent on white pity.

    And it matters that we have honest conversations about this, not only as fundraisers, humanitarians, or donors, but as individuals who make choices about where our money, attention and support go. Our everyday decisions about how to engage, represent, and stay accountable to communities are how we build more equitable and sustainable alternatives to the current system.

    ▻https://pitchandpurpose.substack.com/p/burkina-faso-bans-poverty-porn-photography
    #Burkina_Faso #photographie #photojournalisme #nécolonialisme #interdiction #impérialisme #humanitaire

  • #Sénégal : l’Union européenne construit deux centres pour les exilés interceptés ou secourus dans l’Atlantique

    Deux centres pour personnes migrantes au Sénégal, dont l’ouverture est prévue pour l’un en 2026, pour l’autre en 2027, sont financés par l’Union européenne. L’objectif affiché est de garantir le bon déroulement des procédures administratives post-interceptions et post-sauvetages, avec la protection des publics les plus vulnérables. Mais des risques de transformation à des fins de #détention, dans le cadre des enquêtes sur les #passeurs, existent.

    Un premier #centre_d'accueil_temporaire_pour_migrants au Sénégal financé par l’Union européenne (UE), en cours de construction, va être rendu opérationnel d’ici la fin de l’année. Un second va suivre dans le courant de l’année 2027. Les deux visent à recevoir les personnes exilées secourues ou interceptées en mer par les autorités du pays.

    Le premier centre, dont les travaux sont en cours « depuis début 2026 », sera situé à #Dakar même. Le second est prévu dans la région de #Saint-Louis, au nord du pays, proche de la frontière avec la Mauritanie, selon les informations du site spécialisé Africa Intelligence, confirmées par InfoMigrants auprès de la Commission européenne. Les travaux débuteront très prochainement.

    Si l’UE ne participera pas à la gestion quotidienne des lieux, il s’agit bien d’un projet de la #Direction_générale_de_la_migration_et_des_affaires_intérieures (#DG_Home) de l’Union européenne, avec une enveloppe financière dédiée. Le partenariat opérationnel mis en œuvre au Sénégal, qui comprend la construction de ces centres mais aussi d’autres types de soutien matériel, est « doté d’une enveloppe totale de 35,75 millions d’euros », précise la Commission.

    Des centres qui aident les autorités à retenir les migrants #post-interceptions

    Mais à quoi servent ces deux centres, et pourquoi cet intérêt de l’Union européenne dans leur financement ? Pour le comprendre, il faut s’intéresser à ce qu’il se passe dans les suites des #interceptions et #secours en mer menés par les autorités sénégalaises. En théorie, les autorités ont le droit de détenir pendant 72 à 96 heures les passagers secourus ou interceptés dans l’#Atlantique. Dans la pratique, les autorités locales n’ont pas d’espace suffisant pour héberger les gens dans les locaux de police, explique une analyse de l’ONG StateWatch parue fin 2025 sur ce sujet.

    D’autant que les embarcations contiennent parfois plus d’une centaine, voire plusieurs centaines, de passagers. Échappant aux locaux de police, « les migrants se fondent souvent dans la population locale, ce qui ralentit l’enquête et empêche d’apporter un soutien adapté aux victimes », observait l’Organisation internationale des migrations (OIM) dans un rapport de 2022. Les autorités ont parfois recouru à des infrastructures informelles comme des salles de classe, note l’OIM.

    La construction de ces deux centres financés par l’UE répond donc, d’abord, à « un besoin exprimé par les autorités sénégalaises, qui souhaitaient disposer d’un mécanisme national capable d’assurer une meilleure organisation de l’accueil et de l’orientation des personnes secourues en mer », assume le porte-parolat de la Commission européenne.

    La durée d’hébergement y sera limitée à « 72 heures », indique encore la même source. Une durée pouvant cependant être prolongée « par l’autorité sénégalaise compétente dans certaines circonstances exceptionnelles liées à des vulnérabilités spécifiques, à des besoins en matière de santé ou de protection. »

    Mais que se passe-t-il ensuite, à l’intérieur de ces centres ? La Commission, qui qualifie bien ces infrastructures de centres d’accueil, met en avant un objectif #humanitaire : « Venir en aide aux migrants dès leur #débarquement sur le territoire sénégalais ». Avec une attention particulière portée aux mineurs non accompagnés, femmes enceintes, victimes de traite ou encore demandeurs d’asile.

    Ceci étant, dans la pratique, les 72 heures de #rétention permettent aux autorités de procéder à des #interrogatoires de passagers pour savoir, par exemple, qui était le pilote du bateau, ou dans quelles circonstances a eu lieu la tentative de traversée, explique l’analyse de StateWatch.

    Entre passeurs et migrants, une frontière floue dans la loi sénégalaise

    Dès lors, les ONG craignent que ces centres servent, au-delà de leur objectif initial d’accueil affiché, de lieux d’enquête sur les passeurs voire de détention prolongée. Le Sénégal pénalise l’acte de « #migration_illégale », via une #loi adoptée en mai 2005. L’article 4 spécifie : « Est punie de 5 à 10 ans d’emprisonnement et d’une amende de 1 000 000 à 5 000 000 [de francs CFA] la migration clandestine organisée par terre, mer ou air ; que le territoire national serve de zone d’origine, de transit ou de destination. »

    Or, ce terme de « #migration_clandestine » a une acception large - voire floue, selon plusieurs ONG et enquêtes journalistiques. Le média d’investigation Follow the money a par exemple démontré comment cette loi sénégalaise de 2005 pouvait aboutir à des condamnations de personnes exilées elles-mêmes. Un rapport de Human Rights Watch (HRW) détaille la même problématique avec le recours à des centres d’un modèle similaire, financés par l’UE, développés en Mauritanie.

    Comme le rappellent régulièrement plusieurs ONG, à l’instar du réseau PICUM (Plateforme pour la coopération internationale sur les migrants sans papiers), les poursuites engagées à l’encontre des migrants enfreignent « les articles 5 et 16 du Protocole des Nations Unies contre le trafic illicite de migrants, qui interdisent le recours à la législation anti-trafic à l’encontre des migrants eux-mêmes ».

    Mais dans le texte, la loi sénégalaise de 2005 « n’empêche pas la pénalisation de migrants, en contradiction avec ce protocole des Nations Unies », souligne Leonie Jegen, doctorante pour la recherche en sciences politiques à l’Université d’Amsterdam, jointe par InfoMigrants.

    C’est que ce type de convention internationale n’est pas contraignant juridiquement. « Il y a eu des tentatives de réformer la loi depuis 2018, afin de l’aligner davantage sur ce protocole des Nations Unies. Il existe même un avant-projet de loi relatif à la lutte contre le trafic illicite de migrants adopté au niveau technique. Mais cette réforme n’a pas encore été conclue », retrace la chercheuse, qui travaille depuis plusieurs années sur l’externalisation des politiques migratoires européennes, notamment en Afrique de l’Ouest.

    « Possibilité de détention »

    « Replacés dans leur contexte », les centres d’accueil financés par l’UE dans des pays tiers « révèlent un risque très élevé que les ’interceptions à des fins de recherche et de sauvetage’ se transforment en ’interceptions à des fins de détention’ », estime l’analyse de StateWatch. Il existe selon l’ONG un « risque important » que ces nouveaux centres d’accueil temporaire « se transforment de facto en centres de détention ».

    De fait, la note conceptuelle de la Commission européenne datée d’octobre 2024 à l’origine du projet, révélée par StateWatch, mentionne « une zone distincte pour les passeurs / trafiquants présumés ». Une zone dédiée aux « #auditions » et à la « possibilité de détention », selon la note.

    Interrogée à ce sujet, le porte-parole de la Commission ne confirme pas spécifiquement l’existence de ces zones, mais laisse aux autorités sénégalaises la latitude de la gestion administrative des lieux. « L’objectif de ces centres est de garantir que, pendant le déroulement des procédures administratives habituelles, les personnes bénéficient d’une protection, d’une assistance et d’un enregistrement dans des conditions dignes et sûres », explique la Commission.

    De plus, l’instance européenne invoque la signature d’un « contrat spécifique signé début 2026 avec la Commission nationale des droits de l’Homme, une tierce partie indépendante », afin de garantir que les activités de gestion de ces centres « respectent et préservent les droits de l’Homme ». « Ces centres ne sont pas destinés à offrir un hébergement à long terme et ne sont liés à aucune procédure de retour », réaffirme le porte-parole.

    Externalisation du contrôle migratoire

    La note conceptuelle d’octobre 2024 indique que l’UE a initialement prévu de financer la construction de quatre centres d’accueil du même type. Interrogée aux sujets des deux autres centres potentiels, la Commission n’a pas apporté d’éléments de réponse.

    Le site spécialisé Africa Intelligence rappelle que ces structures s’inscrivent dans une « stratégie d’#externalisation du contrôle migratoire promue par Bruxelles dans la région ». Ce média évoque une « discussion élargie entre Dakar et Bruxelles en vue d’un #partenariat plus global » notamment « lors de la venue d’une mission de haut niveau de l’UE au Sénégal en mars ». Ainsi qu’un #investissement matériel : le Sénégal a réceptionné 11 vedettes neuves et six reconditionnées en ce même mois de mars, pour mener les opérations de secours et d’interception en mer.

    Le nouveau Pacte migratoire européen, entré en vigueur en juin, accélère ces dynamiques d’externalisation du contrôle migratoire européen. « L’un des changements principaux prévus, c’est la création de ’#hubs_de_retours'. Selon le MMC [Centre sur la migration mixte, un centre de recherche internationale basé à Dakar, ndlr], le Sénégal était évoqué par plusieurs sources comme partenaire potentiel pour la mise en place de ces centres de retour », commente Leonie Jegen.

    « Sénégal, Ghana, Mauritanie, Rwanda, Ouzbékistan... De nombreuses pistes d’États partenaires circulent, sans confirmation à ce stade », précisait à ce sujet FranceInfo, citant la spécialiste Ravenna Sohst, analyste au centre de recherche Migration Policy Institute Europe. Interrogé sur l’existence ou non de négociations avec le Sénégal à ce sujet, le porte-parolat de la Commission européenne n’a pas répondu.

    Quoi qu’il en soit, cette externalisation du contrôle migratoire « bénéficie à beaucoup d’acteurs, puisqu’elle va de pair avec de l’argent débloqué pour des projets de #développement », rappelle la chercheuse.

    En revanche, pour la société civile sénégalaise, cette politique reste « très opaque ». Ces dernières années, des manifestations publiques ont déjà eu lieu contre les restrictions mises par l’UE sur les délivrances des visas, qui sont un levier fort de négociations pour les Européens face à l’État sénégalais. Ou encore, contre la présence de Frontex.

    L’agence des gardes-frontières européens n’opère plus dans le pays depuis 2018. Mais selon des documents produits par l’UE en juin 2022 et analysés notamment par la presse sénégalaise, les autorités européennes cherchent à redéployer Frontex au Sénégal. Pour l’heure, l’organisation déploie des vols de surveillance au-dessus des eaux voisines du Cap-Vert, afin de garder un œil sur la route de l’Atlantique. Les premières opérations ont été officiellement lancées en novembre 2025.

    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/73331/senegal--lunion-europeenne-construit-deux-centres-pour-les-exiles-inte

    #centres #UE #EU #route_atlantique #union_européenne #migrations #réfugiés

  • SOS Méditerranée alerte sur la hausse des violences en mer contre les migrants et les navires de sauvetage
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/24/sos-mediterranee-alerte-sur-la-hausse-des-violences-contre-les-migrants-et-l

    SOS Méditerranée alerte sur la hausse des violences en mer contre les migrants et les navires de sauvetage
    L’ONG a recensé entre juin et juillet, à sept reprises au moins, des navires « liés à des acteurs libyens » et des « groupes armés », qui se sont approchés « à grande vitesse » de bateaux, ou les ont suivis des heures durant.
    Le Monde avec AFP
    L’ONG SOS Méditerranée a déploré lundi 24 août une « intensification des menaces » en Méditerranée centrale, évoquant des interceptions « de plus en plus violentes » d’embarcations de migrants et des poursuites des navires de sauvetage, imputées à des « acteurs libyens » et des « groupes armés ». Impliquée depuis une décennie dans les sauvetages en mer, l’ONG estime que « cet environnement opérationnel, de plus en plus hostile en Méditerranée centrale, n’aurait pas pu perdurer sans l’élargissement de la coopération européenne avec les acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire. » Evoquant « un phénomène nouveau et préoccupant », SOS Méditerranée a recensé entre juin et juillet, à sept reprises au moins, des navires « liés à des acteurs libyens », certains « non identifiés », qui se sont approchés « à grande vitesse » de bateaux de sauvetage, ou les ont suivis des heures durant – des « poursuites » jusque dans les eaux internationales, accuse l’ONG. Il y a aussi, note l’ONG, une « augmentation significative de la présence de vedettes rapides non identifiées, liées à différents groupes armés en Libye. »
    « Ces embarcations ont été observées procédant à des interceptions violentes, notamment en percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant leur vie en danger », poursuit SOS Méditerranée.
    Il y a un an, dans les eaux internationales, son navire l’Ocean-Viking était la cible d’une attaque imputée aux gardes-côtes libyens – qui n’avait pas fait de blessés. Deux hommes à bord d’un patrouilleur avaient ouvert le feu, exposant l’équipage et 87 rescapés « à des tirs incessants pendant au moins vingt minutes », avec « plus de 100 balles » tirées, avait rapporté l’ONG.
    Un an plus tard, malgré des procédures judiciaires en Italie, en France et en Allemagne, « les autorités européennes et nationales sont restées silencieuses », « les responsables de l’attaque n’ont pas été identifiés », déplore SOS Méditerranée, réitérant un appel pour « une enquête complète et indépendante afin d’établir les responsabilités autour de cette attaque. »
    En août, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) annonçait que le nombre de décès de migrants en Méditerranée centrale avait fortement augmenté, alors que le nombre de migrants est en baisse en raison de politiques européennes plus strictes. Selon l’OIM, 821 personnes sont mortes ou ont disparu au cours des quatre premiers mois de 2026, soit une augmentation de 111 % par rapport à 2025. Au cours de la même période, les arrivées de migrants sur le même itinéraire ont chuté de 46 %, atteignant le nombre de 8 577.

    #Covid-19#migrant#migration#mediterranee#sante#mortalye#droit#humanitaire#routemigratoire#migrationirreguliere

  • Libye : onze corps de migrants récupérés à l’est de Tripoli par le Croissant-Rouge - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/73177/libye--onze-corps-de-migrants-recuperes-a-lest-de-tripoli-par-le-crois

    Libye : onze corps de migrants récupérés à l’est de Tripoli par le Croissant-Rouge
    Par La rédaction Publié le : 19/08/2026
    Entre lundi et mardi, le Croissant-Rouge de Tripoli a annoncé avoir découvert les corps de 11 migrants, sur le littoral de Tajoura, à l’est de la capitale libyenne. Ces dépouilles s’ajoutent aux 21 autres retrouvées ces derniers jours par des ONG au large de la Libye en mer Méditerranée. Une nouvelle découverte macabre. Onze corps d’exilés ont été repêchés lundi 17 et mardi 18 août par la branche locale du Croissant-Rouge de Tripoli, sur la côte à l’est de la capitale libyenne, après le naufrage de leur embarcation. Dans un communiqué publié lundi, l’organisation a précisé que les dépouilles avaient été récupérées à Tajoura, à environ 22 km de Tripoli.
    D’autres corps devraient encore s’échouer sur le rivage, car le bateau de migrants transportait environ 19 personnes, selon les autorités locales de Tajoura. « Les opérations de recherche et de récupération se poursuivent en coordination avec les autorités compétentes, dans des conditions de terrain qui exigent des efforts continus et une intervention humanitaire urgente », a indiqué le Croissant-Rouge de Tripoli. Des photos publiées lundi et mardi par l’organisation humanitaire montrent ses bénévoles, aux côtés des forces de sécurité, transportant des corps dans des sacs en plastique blancs sur la plage.
    Les drames et les découvertes de corps de migrants en mer Méditerranée s’enchaînent ces derniers jours. Lundi, les équipes de l’ONG italienne Emergency ont secouru 50 migrants à bord d’une embarcation en bois en détresse dans la zone de recherche et sauvetage (SAR) libyenne. À leur arrivée sur place, les sauveteurs ont trouvé neuf personnes allongées sur le pont, dont sept d’entre elles sans vie. « Elles avaient été transportées par d’autres rescapés qui les avaient récupérées dans la cale où elles avaient passé tout le voyage. Il n’y avait plus rien à faire pour sept d’entre elles ; deux étaient dans un état critique, victimes d’asphyxie », selon Jonathan Nanì La Terra, chef de mission pour le soutien vital d’Emergency.
    Deux jours plus tôt, samedi 15 août, trois corps avaient déjà été découverts en Méditerranée par l’avion Seabird 1 de l’ONG allemande Sea-Watch. La veille, un avion opéré par les associations SOS Méditerranée et Humanitarian Pilots Initiative (HPI) avait également repéré onze cadavres dans un état de décomposition avancée au large des côtes libyennes. Dans un communiqué publié le même jour, SOS Méditerranée avait évoqué « une scène particulièrement éprouvante ». « En descendant à plus basse altitude, l’équipage a pu distinguer davantage de détails. Certains corps portaient encore des vêtements ; d’autres semblaient maintenus à la surface par des chambres à air », rapportait le communiqué.
    Avec ces onze corps repêchés sur les côtes libyennes en début de semaine, ce sont en tout 32 dépouilles d’exilés qui ont été découvertes en Méditerranée entre vendredi 14 et mardi 18 août.
    Augmentation du nombre de morts en Méditerranée Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1 647 personnes sont mortes ou ont disparu en mer Méditerranée depuis le début de l’année en tentant de rejoindre l’Europe. Un nombre en augmentation par rapport aux 1 035 décès recensés à la même période en 2025. Parmi ces victimes, 872 ont péri sur la route de Méditerranée centrale, qui reste la plus meurtrière. Canots surchargés et en mauvais état, distances de traversée rallongées, politique d’interceptions en mer, entraves aux activités des navires de sauvetage, mauvaises conditions météorologiques... sont autant de facteurs permettant d’expliquer cette hausse des morts en Méditerranée."Quand les conditions optimales de départ ne sont pas réunies, les gens ne renoncent pas à la traversée pour autant, ils cherchent d’autres alternatives, plus risquées. Les personnes sont prêtes à embarquer, y compris dans des conditions dégradées, car elles n’ont pas le choix", soulignait Arnaud Banos directeur de recherches au CNRS, auprès d’InfoMigrants en avril.

    #Covid-19#migrant#migration#libye#migrationirreguliere#routemigratoire#sante#mortalite#mediterranee#humanitaire

  • Mer Méditerranée : 7 morts et 50 migrants secourus au large de la Libye - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/73153/mer-mediterranee--7-morts-et-50-migrants-secourus-au-large-de-la-libye

    Mer Méditerranée : 7 morts et 50 migrants secourus au large de la Libye
    Par La rédaction Publié le : 17/08/2026
    Sept migrants ont été retrouvés morts lundi à bord d’une embarcation de fortune lors d’une opération de sauvetage au large de la Libye. Au moins 50 migrants, dont deux dans un état grave, ont été secourus.C’est aux alentours de 6 h du matin ce lundi 17 août que les équipes de l’ONG italienne Emergency ont repéré une embarcation en bois à deux ponts en détresse dans la zone de recherche et sauvetage (SAR) libyenne.À leur arrivée sur place, les sauveteurs ont découvert neuf personnes allongées sur le pont. Sept d’entre elles étaient déjà décédées à l’arrivée des secours.
    « Elles avaient été transportées par d’autres rescapés qui les avaient récupérées dans la cale où elles avaient passé tout le voyage. Il n’y avait plus rien à faire pour sept d’entre elles ; deux étaient dans un état critique, victimes d’asphyxie », selon Jonathan Nanì La Terra, chef de mission pour le soutien vital d’Emergency.Les deux autres étaient encore en vie mais dans un état critique, précise l’ONG. Une évacuation médicale d’urgence a été demandée pour ces deux exilés.
    L’opération de sauvetage a été supervisée par une vedette libyenne, selon l’ONG. « À un mille de distance, nous les avons contactés pour les informer que l’opération de sauvetage était déjà en cours : le navire libyen est resté sur place pour superviser l’opération », précise Jonathan Nanì La Terra.Le navire humanitaire fait maintenant route vers Bari, le port assigné par les autorités italiennes, avec 50 migrants à son bord. Les migrants - 45 hommes et cinq femmes, parmi lesquels figurent 29 mineurs non accompagnés – sont originaires d’Égypte et de Somalie. Toujours selon les rescapés, l’embarcation était partie des côtes de Zuwara, en Libye, le 16 août.
    Cette opération intervient après la découverte de 14 corps en mer Méditerranée ces derniers jours. Samedi 15 août, trois corps ont été découverts en Méditerranée par l’avion Seabird 1 de l’ONG allemande Sea-Watch. La veille, un avion opéré par les associations SOS Méditerranée et Humanitarian Pilots Initiative (HPI) avait repéré onze corps en décomposition au large des côtes libyennes.
    Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1 647 personnes sont mortes ou disparues en mer Méditerranée depuis le début de l’année 2026 en tentant de rejoindre l’Europe. Un nombre en hausse par rapport aux 1 035 décès recensés à la même période en 2025. Parmi ces victimes, 872 ont péri sur la route de Méditerranée centrale, qui reste la plus meurtrière.Et la plupart de ces migrants étaient partis de Libye. Pays de transit et de départ, elle reste le premier pays de départ pour rejoindre l’Europe, comme le souligne la plateforme téléphonique d’alerte Alarm Phone, dans son rapport semi-annuel publié le 9 août. Selon le ministère de l’Intérieur, 17 800 migrants sont arrivés cette année en Italie depuis le 1er janvier, contre 39 116 au cours de la même période en 2025.

    #Covid-19#migrant#migration#mediterranee#mortalite#routemigratoire#migrationirreguliere#libye#humanitaire

  • Dans « Soudain » de Ryūsuke Hamaguchi, Virginie Efira parle japonais mais ce n’est pas le plus intrigant
    ▻https://www.huffingtonpost.fr/culture/article/dans-soudain-de-ry-suke-hamaguchi-virginie-efira-parle-japonais-mais-

    Beau et lumineux, le nouveau film du réalisateur de « Drive My Car » met en lumière une méthode de soins méconnue en France, très à propos dans le contexte des maltraitances dans les Ehpad, mais pas sans limite.

    L’une est Belge. L’autre, Japonaise. Ensemble, elles ont décroché le prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes. Parmi les sorties ciné les plus attendues de l’été, Soudain - le nouveau long-métrage de #Ryūsuke_Hamaguchi mettant en scène #Virginie_Efira et #Tao_Okamoto - est en salles depuis ce mercredi 12 août, dans les salles.

    Libre adaptation d’un recueil de correspondances entre une philosophe atteinte d’un cancer du sein et une anthropologue, le drame du réalisateur de Drive My Car (Oscar du meilleur film international, en 2022) nous embarque dans un coup de foudre amical, celui un peu fortuit dont vont être frappés Marie-Lou et Mari.

    Nous sommes à Paris, en plein mois de juin. La première est à bout, proche du burn out. À la tête d’un Ehpad au cœur de la capitale depuis deux ans, elle a bien du mal à y installer sa nouvelle politique, plus respectueuse des résidents. En phase terminale, la seconde est, elle, de passage à Paris pour y présenter sa nouvelle pièce.

    Sans trop savoir à quoi s’attendre, Marie-Lou se rend à l’une des représentations. L’œuvre la bouleverse. Peut-on vraiment trouver le chemin de l’impossible vers le possible, comme le laisse entendre la dramaturge ? Leur échange en japonais - sous l’œil un peu perdu du public - ne peut en rester là. Il va s’étendre dans la nuit, les jours, puis les semaines. Pour l’une comme pour l’autre, c’est leur vision du monde qui va changer.

    Beau et lumineux, le nouveau film du maître japonais du réalisme et de l’onirisme (Asako I & II, Contes du hasard et autres fantaisies) filme la douceur des sentiments de cette rencontre, de laquelle découlent des réflexions riches sur l’existence, l’approche de la mort, le corps qui change sous le poids de la maladie ou l’âge, et le caractère destructeur du capitalisme.
    Un néologisme méconnu

    Loin des gros titres qui ont animé une partie de la presse francophone (dont Le HuffPost) lorsqu’il a été présenté sur la Croisette en mai, le long-métrage ne saurait se réduire aux prouesses de Virginie Efira dans la langue du réalisateur. Non, c’est aussi une porte d’entrée sur un concept curieux développé tout du long, l’Humanitude.

    Le néologisme, apparu au tournant des années 1980 en France sous l’impulsion de deux anciens profs d’EPS (Yves Gineste et Rosette Marescotti), désigne une méthode de soins « révolutionnaire », selon Marie-Lou, bien décidée à la mettre en place intégralement dans son établissement malgré des réticences dans ses équipes.

    Certaine qu’elle peut réanimer les capacités cognitives des résidents (même les plus dépendants), la directrice défend le projet à Mari. « C’est le fait de considérer chaque patient comme un être humain », dit-elle. Finie la contrainte. Finie l’infantilisation, aussi. Ici, on veut défendre la liberté, l’humanité et le consentement des personnes âgées.
    Les piliers de l’Humanitude

    Pour ce faire, l’#Humanitude repose sur quatre piliers : le regard, le toucher, la parole et la verticalité (comprendre, ici : la position debout). On s’adresse à l’autre les yeux dans les yeux, en le remerciant. Avant d’entrer dans sa chambre, on lui demande l’autorisation. Un souci du consentement permanent, comme pour l’aider à se laver ou se relever.

    En France, seuls 40 #Ehpad détiennent aujourd’hui le label, mais plusieurs centaines seraient en train de s’y former ou de suivre le guide pour s’en rapprocher, d’après le site d’infos Age Village. Si la démarche paraît salutaire au regard des maltraitances (notamment éclairées par le scandale Orpea, en 2022), elle n’est toutefois pas sans limites, y compris dans le film.

    Pour fonctionner, l’ensemble du personnel doit être formé, soignants ou non. Or, la formation est coûteuse et prend du temps. Ce dont les équipes - déjà réduites - manque. Dans les rangs de Marie-Lou, la colère gronde. D’une part, on dénonce une hausse de la charge de travail. De l’autre, le snobisme des nouveaux disciples. Pour beaucoup surtout, la méthode paraît en inadéquation avec la réalité, c’est-à-dire les moyens accordés à chaque résident.
    Ryūsuke Hamaguchi, utopique ?

    Cet idéal tiendrait-il seulement grâce à l’argent ? La directrice doute. Elle n’est pas la seule. Dans un récent article, Philosophie Magazine parle d’une « supercherie » et d’un concept « fumeux ». Non seulement le mensuel étrille un flou clinique, mais aussi une valorisation du risque au détriment de la sécurité des personnes.

    Pour bien des pourfendeurs, encourager la liberté de mouvement des résidents, et notamment le fait de se tenir sur les deux jambes ou marcher, fait débat. Cela peut les conduire à se promener seul de jour comme de nuit, avec ou sans surveillant surtout. Résultat : certains d’entre eux tombent et se blessent, de manière plus ou moins grave.

    Rien de tout ça n’est, ici, éludé. « J’ai moi-même été brièvement formé pour mieux comprendre cette nouvelle méthode. Je dois avouer que j’ai été bluffé, c’est presque magique », raconte Ryūsuke Hamaguchi dans une interview à Télérama. Utopique ? Non. Le cinéaste est conscient des difficultés de la mise en pratique. Lui veut dresser des constats, raconter que « la vie se poursuit jusqu’au dernier moment ». Soudain, tout peut arriver.

    • Malgré la drôle d’allure du truc, et un nom qui hérisse les cheveux sur la tête, ça me rappelle furieusement la naissance de la psychothérapie institutionnelle durant la deuxième GM, par exemple en intégrant le fait que y compris les dit « non-soignants » doivent être formés à un abord que la psychothérapie institutionnelle disait humanistes (en insistant sur le fait que la fonction soignante ne relevait pas dune position statutaire, ou d’un savoir académique, le fameux exemple du menuisier de Saint-Alban par lequel passait toutes sortes de prises de responsabilité des patients, autant de « remèdes », dans la folie) ; idem sur le rôle actif des patients, ou ici des pensionnaires d’Ehpad (on dit d’ailleurs « pensionnaires » et non patients à la Borde). Il y a aussi ce petit coté Dolto (pas le mauvais) : dire ce qui a lieu, appliqué ici aux vieillards et pas aux enfants -faut-il être catho pour admettre qu’au commencement était le verbe ? je ne crois pas- ne pas jeter le bain de langue car avec lui ce sont les vulnérables, les supposés « pas finis », les mal finis, ou les réputés finis, qui se trouvent trashés. Ne pas lâcher le commencement.

      (heureusement que je lis ce papier là car j’étais bien décidé à ne pas aller le voir : humanitude ton père me disais-je) et que ce ne sera peut-être pas le cas)

      #soin

    • ▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/selection-de-saint-alban-a-la-borde-la-psychotherapie-institutionnelle

      ❝ Par Albane Penaranda. Qu’est-ce que la psychothérapie institutionnelle ? En quoi peut-elle être considérée comme l’une des grandes aventures médicales, intellectuelles et politiques du 20e siècle ? Qui étaient François Tosquelles et Jean Oury ? C’est ce que rappelle ce programme d’archives.

      Il y a soixante-dix ans cette année, ouvrait près de Blois, la Clinique de La Borde. Cet anniversaire est l’occasion toute trouvée pour consacrer un programme d’archives à la psychothérapie institutionnelle dont La Borde est devenue l’établissement emblématique. Qu’est-ce que la psychothérapie institutionnelle ? En quoi peut-elle être considérée comme l’une des grandes aventures médicales, intellectuelles et politiques du 20e siècle ? Qui étaient François Tosquelles et Jean Oury ? Comment ont-ils respectivement contribué de manière décisive au développement en France de la psychothérapie institutionnelle dans la psychiatrie ?

      Pour soigner les malades, il faut soigner l’hôpital
      Psychiatre et psychanalyste, combattant antifasciste de la Guerre d’Espagne, François Tosquelles fut le premier, dès 1940, à développer cette toute autre manière d’accueillir la maladie mentale et les malades mentaux à l’Hôpital de Saint-Alban en Lozère, qui fut aussi durant l’Occupation un lieu de résistance, un lieu de refuge pour tous les pourchassés. Psychiatre et psychanalyste lui aussi, ayant passé deux ans comme interne à Saint-Alban après-guerre, ce fut en héritier de Tosquelles que Jean Oury quitta un jour la clinique du Loir-et-Cher où il était en poste en emmenant avec lui sur les routes une trentaine de malade pour fonder en 1953 la Clinique de la Borde.

      En quoi la psychothérapie institutionnelle est-elle révolutionnaire ?
      Convaincus que prétendre soigner les malades sans soigner l’hôpital était de la folie, François Tosquelles et Jean Oury se seront appliqués à mettre en pratique leurs convictions et à développer en pionniers dans les établissements psychiatriques qu’ils dirigeaient « un ensemble de méthodes destinées à résister à tout ce qui est concentrationnaire ou ségrégatif », pour reprendre les propres termes de Jean Oury. Comment cela s’est-il traduit à Saint-Alban, puis à La Borde ? C’est ce que nous diront les archives de cette Nuit.

      Peu avant sa mort en 1994, François Tosquelles disait ceci : « Malgré la confusion et le pessimisme où se trouvent engagés l’ensemble des hommes [...] je reste convaincu que tant qu’il y a des hommes à la surface du monde, quelque chose de leur démarche reste acquis, se retransmet, disparaît parfois, mais aussi ressurgit quoi qu’il en soit des catastrophes mortifères qui nous assaillent souvent ».

      En un temps où un vent contraire semble s’être levé sur la psychiatrie, que ce programme soit un modeste encouragement adressé à tous ceux qui travaillent chaque jour à ce que perdure l’essentiel de ce qui était né à Saint-Alban et s’est ensuite affirmé à La Borde.

      « De Saint-Alban à La Borde, la psychothérapie institutionnelle », un programme d’archives proposé par Albane Penaranda.

  • À Ceuta, plus d’une semaine après l’afflux de 70 000 personnes, une crise humanitaire menace l’enclave - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/73005/a-ceuta-plus-dune-semaine-apres-lafflux-de-70-000-personnes-une-crise-

    À Ceuta, plus d’une semaine après l’afflux de 70 000 personnes, une crise humanitaire menace l’enclave
    Par Julia Dumont Publié le : 11/08/2026
    Fin juillet, environ 70 000 personnes – principalement marocaines – sont entrées dans l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc. Plus d’une semaine après, la majorité a été expulsée mais environ 10 000 exilés, dont de nombreux mineurs, demeurent toujours à Ceuta et vivent dans le plus grand dénuement. Les habitants et les autorités locales alertent sur la menace d’une crise humanitaire dans l’enclave.
    Ce sont des abris misérables, faits de minces branches et de quelques morceaux de cartons. Sur la plage de Trampolin, à Ceuta, plusieurs centaines d’exilés luttent pour leur survie depuis maintenant plus d’une semaine. Pour s’abriter, ils ont commencé à construire de petites cabanes avec les objets trouvés sur place, parfois avec des pans de tissus. Sur des morceaux de bois, des vêtements ont été suspendus. C’est vers cette plage, située à deux pas du CETI, l’unique centre d’hébergement de l’enclave, que sont dirigés les exilés par la police et les commerçants.
    Selon le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas , entre 8 000 et 11 000 migrants sans papiers se trouveraient encore dans la ville autonome. Originaires d’Afrique subsaharienne pour la plupart, ces jeunes hommes déclarent avoir quitté leur pays pour leur sécurité et vouloir rester en Europe."Si on avait la possibilité de rester chez nous, pourquoi prendre la mer pour aller chez les autres ? On n’est pas en Espagne pour déranger. On n’est pas des voleurs, on n’est pas des bandits. On est venus pour contribuer à l’économie espagnole […], aider l’Espagne et nous aider aussi. Parce que dans nos pays on a fait des études mais on ne peut pas travailler", a confié Djibril au média La Ser.
    Mais en attendant qu’une décision soit prise sur leur sort, les exilés patientent sur le sable. Le CETI est saturé et ne peut pas accueillir les nouveaux arrivants. Le délégué du gouvernement à Ceuta, Miguel Ángel Pérez Triano, a annoncé que le gouvernement central prévoyait de mettre en place dans un délai approximatif d’"un mois" un centre d’accueil temporaire des étrangers (CATE) afin de traiter plus rapidement les situations administratives et accélérer les transferts vers la péninsule des demandeurs d’asile qui peuvent y prétendre.
    Selon les estimations du gouvernement espagnol, environ 2 000 personnes se trouveraient sur la plage de Trampolin et aux alentours du CETI. Mais ce nombre ne correspond pas à la quantité – bien plus élevée - de repas distribués chaque jour par la Croix rouge, souligne El Pais."Ça y est, il n’en reste plus. Encore une fois", déplore auprès du quotidien espagnol une membre de la Croix-Rouge en distribuant le dernier repas de son stock, alors que de nombreuses personnes attendent encore d’avoir à manger. Depuis l’afflux d’exilés à Ceuta, de nombreuses personnes ont affirmé souffrir de la faim. Plusieurs d’entre eux ont indiqué à des journalistes que des supermarchés ne les avaient pas laissé entrer pour acheter de la nourriture. Seules quelques organisations prennent en charge aujourd’hui les distributions de nourriture.
    Pour assurer un minimum d’hygiène aux exilés vivant sur la plage, une dizaine de toilettes ont été installés sur une esplanade, ainsi qu’une trentaine de douches, un hangar et des points d’eau. Mais la situation est malgré tout critique car l’état de santé de certains exilés est préoccupant après une traversée éprouvante et plusieurs jours sans soin."Il y a des diarrhées et vomissements… Certains ont de la fièvre, c’est préoccupant. Cela aura des répercussions sur la santé publique si cette situation perdure", met en garde Julian Dominguez, chef du service de médecine préventive de l’hôpital de Ceuta interrogé par la chaîne RTVE.
    Parmi les exilés arrivés fin juillet, les mineurs non accompagnés restent les plus vulnérables. Depuis l’afflux du 30 juillet, « le taux d’occupation des centres d’accueil pour mineurs de Ceuta est de 2 600% au-dessus de sa capacité critique », a déclaré Juan Jesús Vivas lors d’une interview à la télévision publique espagnole.Selon Sira Rego, la ministre espagnole de la jeunesse et de l’enfance, plus de 1 300 mineurs se trouvent toujours dans la ville autonome. Jour après jour, les autorités s’efforcent d’identifier et de prendre en charge tous ces mineurs, a constaté sur place un journaliste de l’AFP, mais les moyens manquent. Ceuta « ne dispose d’aucun espace supplémentaire » pour prendre en charge ces jeunes, « une priorité », a averti de son côté le préfet de la ville, Miguel Ángel Pérez Triano.
    Face à la crise, la municipalité s’organise comme elle peut. Deux écoles ont été transformées en centres d’accueil. « Le premier centre est déjà opérationnel et accueille environ 110 filles et adolescentes. Cette mesure nous permettra d’offrir une solution temporaire en attendant l’achèvement des nouvelles installations prévues à Loma Margarita et dans la zone portuaire, qui pourront accueillir entre 400 et 500 mineures dès la semaine prochaine », avait déclaré la municipalité le 6 août. Afin de prendre en charge ces jeunes, la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiza, annoncé mardi 4 août une aide de 25 millions d’euros pour l’enclave.
    Une mise à l’abri indispensable et urgente car plusieurs cas d’agressions sexuelles et de viols sur des jeunes filles et des femmes ont déjà été recensés par les autorités espagnoles. « À la suite de l’afflux massif de milliers de personnes fin juillet, un tribunal de Ceuta enquête sur six cas d’agressions sexuelles présumées qui se seraient produites dans ce contexte », indique El faro de Ceuta, précisant que les enquêtes étaient toujours en cours.Dans le quartier de Príncipe Alfonso, des habitants se sont mobilisés pour mettre en place un hébergement réservé aux femmes et aux jeunes filles seules, rapporte encore le média local. Selon Fatiha Abdelah, secrétaire de l’association de quartier Prince Alfonso, au moins 180 femmes et jeunes filles avaient été recensées dans ce camp le dimanche 9 août.
    La loi espagnole prévoit un dispositif de répartition des mineurs non accompagnés pour soulager les points d’entrée dans le pays comme Ceuta, les Baléares ou les îles Canaries. Mais il est vivement contesté depuis ses débuts et n’a jamais été vraiment effectif. Dans le cas de Ceuta, même si le gouvernement local a lancé un « appel à l’aide » aux autres régions, les quatre gouvernements de coalition régionaux ont indiqué qu’ils contesteraient toutes décisions de transferts de mineurs depuis Ceuta vers d’autres régions espagnoles. Le dirigeant de Vox, parti d’extrême droite, a déclaré que « pas un seul euro » d’argent espagnol ne devrait être versé aux mineurs migrants.
    Selon l’association marocaine des droits humains à InfoMigrants, de nombreux mineurs figuraient aussi parmi les personnes expulsées de l’enclave. Une pratique normalement illégale. « Nous avons vu des militaires raccompagner des mineurs jusqu’à la frontière », a témoigné Jamila el-Abboudi, de l’AMDH, à InfoMigrants

    #Covid-19#migrant#migration#ceuta#espagne#crisemigratoire#humanitaire#sante#MNA

  • L’antisémitisme ou l’islamophobie : mais que fait-on des oubliés ?
    ▻https://lejournalcorrosif.fr/societe/antisemitisme-islamophobie-oublies-du-systeme

    Dans une France devenue un champ de bataille numérique et IRL, entre islamophobie et antisémitisme, je ne m’y reconnais plus. En tant qu’oublié du système, j’exprime dans ce billet d’humeur triste mon écœurement face à ce constat accablant de haine. <p>The post L’antisémitisme ou l’islamophobie : mais que fait-on des oubliés ? first appeared on Le Journal Corrosif.</p>

    #Société #Antisémitisme #Islamophobie #Grossophobie #Cyberharcèlement #Inégalités #Invisibles #Précarité #Médias #BilletDHumeur #Antifascisme #Humanisme #JournalCorrosif

  • Canaries : une femme décédée et 15 migrants hospitalisés après un sauvetage dans l’Atlantique - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72611/canaries--une-femme-decedee-et-15-migrants-hospitalises-apres-un-sauve

    Canaries : une femme décédée et 15 migrants hospitalisés après un sauvetage dans l’Atlantique
    Par La rédaction Publié le : 23/07/2026
    Après le sauvetage mercredi d’une pirogue chargée de plus de 150 migrants au large des Canaries, une femme est décédée et 15 personnes ont été hospitalisées. Parmi elles, un bébé d’environ six mois se trouvait dans un état critique. Un canot avec 165 migrants à bord a été secouru mercredi 22 juillet au large de la petite île d’El Hierro, aux Canaries, a indiqué l’agence de presse EFE. Après cette opération de sauvetage, une femme de 30 ans est décédée et 15 autres personnes ont été transférées à l’hôpital de la ville, dont plusieurs dans un état grave. Parmi elles, se trouvait un bébé d’environ six mois qui a subi un arrêt cardiorespiratoire à son arrivée au port. Après l’avoir stabilisé, le bébé, toujours dans un état critique, a été évacué par hélicoptère vers l’hôpital de Tenerife, une autre île des Canaries. Lorsque les migrants ont débarqué au port de La Restinga en fin d’après-midi mercredi, la situation était si confuse que les autorités ont dans un premier temps annoncé la mort de deux personnes : une femme et un homme. Mais après vérification, ce dernier n’est pas décédé. Il se trouvait dans un état critique et a été hospitalisé. Selon la presse espagnole, l’embarcation avait quitté la Gambie dans la nuit du 12 juillet. Les exilés ont ainsi passé 10 jours en mer avant d’atteindre l’archipel espagnol.
    Mardi, le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a annoncé la disparition d’au moins 143 migrants d’un même canot, au large de la Mauritanie. Le bateau, surchargé de près de 200 personnes, avait lui aussi quitté la Gambie, dans l’espoir de rejoindre les Canaries espagnoles. Il a dérivé pendant près de 25 jours dans l’Atlantique. Seuls 38 exilés ont été secourus. « Il s’agit de l’un des débarquements les plus meurtriers auxquels les équipes de Médecins sans frontières (MSF) ont assisté en Mauritanie depuis le début de l’année 2026 », a indiqué mercredi dans un communiqué l’ONG qui est intervenue pour la prise en charge des survivants en Mauritanie.
    Selon MSF, « les personnes qui sont arrivées sur le rivage souffraient des chocs et psychoses post-traumatiques, fractures osseuses, lésions traumatiques et hypothermie ». « Les survivants ont décrit des conditions terrifiantes en mer ainsi que la perte de proches et d’autres passagers pendant la traversée. (...) La gravité des témoignages et l’ampleur des pertes en vie humaine, ont également eu un impact psychologique important sur les équipes impliquées dans la réponse », poursuit le communiqué. « Une des 38 survivantes prises en charge par MSF a déclaré avoir vu sa sœur mourir sous ses yeux. Personne ne devrait avoir à endurer une telle souffrance alors qu’il/elle est en quête de sécurité ou de dignité », raconte Fouzia Bara, responsable du programme migration de l’ONG médicale.
    Les départs de pirogues surchargées de migrants se font de plus en plus au sud. Désormais, les exilés tentent de rejoindre les Canaries espagnoles depuis la Gambie et la Guinée, afin d’éviter le renforcement des contrôles plus au nord (Maroc, Mauritanie, Sénégal). Selon le dernier rapport publié par l’Organisation internationale des migrations (OIM) le 23 juin, près de 1 500 personnes sont parties de Gambie sur les seuls mois de mars et avril 2026, durant lesquels au moins huit départs de bateaux ont été comptés. Mais prendre la mer d’aussi loin - plus de 1600 km séparent la Gambie des Canaries - pour rejoindre l’archipel espagnol implique une très longue traversée de l’Atlantique, et donc un risque accru de dériver ou de faire naufrage. De plus, les vents violents et les forts courants rendent la traversée très dangereuse. De nombreux témoignages rapportent les périls du voyage, soumis aux aléas météorologiques, aux avaries de moteur, à la soif et à la faim.
    Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, plus de 600 personnes ont péri dans l’Atlantique sur les cinq premiers mois de 2026. En 2025, l’organisation comptait 1 906 décès ou disparus sur cette route maritime. Un chiffre néanmoins en baisse par rapport à l’année précédente du fait de la diminution des arrivées de migrants aux Canaries.

    #Covid-19#migration#migrant#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite#humanitaire#gambie#senegal#mauritanie

  • Comment le Portugal tente de soigner les esprits des migrants face aux traumatismes de l’exil - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72532/comment-le-portugal-tente-de-soigner-les-esprits-des-migrants-face-aux

    Comment le Portugal tente de soigner les esprits des migrants face aux traumatismes de l’exil
    Par RFI Publié le : 23/07/2026
    Au Portugal, les migrants sont plus que jamais indispensables à l’économie, mais leur santé mentale reste fragilisée par les traumatismes de l’exil et la montée des discours xénophobes. De Lisbonne à Almeirim, la société civile se mobilise pour mieux les accompagner.
    Dans le centre Ismaili de Lisbonne, une petite équipe de six femmes prépare ses actions sur le terrain. Leur objectif : recueillir des informations sur la santé mentale et le bien‑être des personnes migrantes dans le cadre du projet What Health (Quelle santé, en français). Au programme, aller à la rencontre des populations immigrées dans la rue, mais aussi profiter des fêtes et des événements des diasporas pour proposer leurs questionnaires.
    "La santé mentale, c’est un sujet extrêmement complexe, et donc tabou pour beaucoup, explique Sofia Peyssonneau, chargée de développement communautaire de la fondation Aga Khan, travaillant sur le projet What Health. On ne peut pas se contenter d’organiser des événements intitulés “santé mentale”. Il faut trouver d’autres stratégies. Par exemple, lorsqu’il y a une fête d’une diaspora, nous demandons à y tenir un stand. Nous proposons un bilan de santé grâce aux médecins de l’équipe, puis les participants remplissent un questionnaire sur la santé mentale."
    Sur le terrain, ce sont ces médiatrices issues de l’immigration qui portent ce travail de longue haleine. Elles viennent du Népal, de Chine, d’Inde, du Bangladesh ou encore du Pakistan. Diplômées dans leur pays d’origine, parfois médecins, elles veulent améliorer les conditions de vie de leurs pairs en participant à la collecte de données et à la sensibilisation. "Il y a un besoin d’améliorer les choses, car les migrants au Portugal ont des difficultés d’accès aux services de santé et la santé mentale reste très taboue", explique Pabitra Neupane, médiatrice culturelle pour l’association Nialp et travaillant sur le projet What Health. Des membres de l’équipe de What Health organisent un jeu de rôle pour préparer les personnes étrangères aux rendez-vous avec les institutions lors d’une fête de la diaspora pakistanaise au Portugal à Lisbonne. Elles profitent de l’occasion pour présenter un questionnaire lié au bien-être et à la santé mentale.
    Financé notamment par l’Union européenne, What Health doit mener, jusqu’en 2029, un vaste travail de recherche sur la santé mentale des migrants afin de favoriser une meilleure prise en charge. Après la collecte de témoignages, l’équipe d’enquêtrices interrogera des médecins pour cerner les lacunes du système, avant de les former à une approche intégrant les dimensions culturelles. Certains praticiens ainsi formés, accompagnés par les enquêtrices, iront ensuite au contact des communautés migrantes pour les sensibiliser à la santé mentale et expliquer les parcours de soins disponibles.
    Depuis la fin des années 1990, le Portugal est passé d’un pays d’émigration à un pays d’immigration. "Dans un premier temps, le pays a accueilli surtout des migrants des pays lusophones, comme le Brésil et le Cap-Vert, puis des citoyens d’Europe de l’Est", rappelle Mario Ribeiro, doctorant et coordinateur de l’Observatoire des migrations. À partir du milieu des années 2010, sont arrivés des réfugiés syriens et afghans, des travailleurs venus du sous-continent indien et des retraités européens, dans un contexte de vieillissement démographique et de besoin accru de main-d’œuvre."Nous avons besoin de travailleurs migrants pour l’agriculture, le tourisme ou encore l’accompagnement des personnes âgées", souligne-t-il. "Si l’on va dans les champs de l’Alentejo ou du Ribatejo, la majorité des récoltes est réalisée par des travailleurs migrants." La présence de ces nouveaux publics impose une adaptation des services, notamment dans le domaine de la santé mentale.
    En effet, nombre de personnes arrivent au Portugal traumatisées, soit par des parcours de migration violents et déshumanisants, soit à cause des conflits qui leur ont fait fuir leur pays. À Almeirim, une ville à environ 80 km à l’est de Lisbonne, Cátia Sequeira, qui coordonne un centre local d’aide et d’insertion des migrations (Claim), a notamment accompagné des réfugiés syriens et ukrainiens marqués par la guerre. "Certaines personnes sursautaient au simple bruit d’une chasse d’eau parce qu’il leur rappelait les bruits des bombardements", raconte-t-elle.
    Face à ces situations, l’association Pro Abraçar qui gère le Claim d’Almeirim a développé Cuidar+, un accompagnement psychologique et social pour aider les personnes à retrouver des repères. "Il fallait créer un espace où l’on peut les écouter. Il y a aussi beaucoup de violence domestique et de violences plus complexes. Nous avons instauré un climat de confiance et cultivons une grande proximité avec nos usagers, ce qui nous permet d’intervenir lorsque des situations plus délicates surviennent." Avec l’arrivée de nouveaux publics, souvent non lusophones, le système de santé s’est aussi ajusté. "Le premier défi reste toujours celui de la barrière de la langue", note Mario Ribeiro. Des services d’interprétariat téléphonique et des médiateurs interculturels ont été mis en place pour faciliter la communication entre soignants et patients migrants. Un travail de médiation prolongé par le projet What Health, mais aussi des organisations comme l’ONG Conselho português para os refugiados (CPR - le Conseil portugais pour les réfugiés, en français).
    Au CPR, un accueil qui prend en compte les différences culturelles
    À Loures, le centre d’accueil des réfugiés géré par le CPR constitue une autre porte d’entrée vers les soins, pensée pour les personnes en demande du statut de réfugié. Dès leur arrivée, les réfugiés sont logés et accompagnés pendant toute la première phase de leur procédure d’asile. « Ils sont toujours évalués dans les premières 48 heures, avec un bilan psychosocial qui prend en compte la santé physique, mais aussi une première évaluation de la santé mentale », détaille Catarina Baptista, directrice de ce centre et psychologue de formation. Ce tri initial permet d’identifier rapidement les situations les plus urgentes. "Notre équipe de psychologues réalise ensuite une analyse plus approfondie, en individuel ou en groupe selon la situation de la personne", ajoute la directrice du centre. Le CPR a aussi signé un protocole avec l’hôpital psychiatrique Júlio de Matos, à Lisbonne, pour garantir un accès plus rapide aux consultations de psychiatrie. Pour Catarina Baptista, le fait de proposer des soins dans un cadre habitué aux réfugiés est déterminant : "Le soutien est ici pensé de façon culturellement sensible. Dans de nombreux hôpitaux, on voit encore des difficultés à accéder à des services de traduction ou à comprendre des comportements qui varient selon les cultures. Cette incompréhension entrave le diagnostic et la continuité des soins, alors même que la loi sur l’asile oblige le pays à garantir l’accès à la santé."
    Si les acteurs de terrain multiplient les initiatives, le contexte politique et économique pèse lourdement sur la santé mentale des migrants. Depuis une réforme entrée en vigueur en 2025, les personnes en situation irrégulière doivent payer plus de 100 euros pour se rendre à l’hôpital, une somme hors de portée pour beaucoup, qui craignent aussi de perdre une journée de salaire. "Le fait que ces personnes, qui sont en cours de régularisation, doivent payer, les conduit souvent à renoncer à se soigner, pointe Cátia Sequeira. Beaucoup cessent d’aller à l’hôpital parce qu’elles ont entendu un ami dire qu’il a eu un passage aux urgences et a reçu une facture. Alors, elles attendent d’être au bout du rouleau et quand elles arrivent ici, nous devons souvent appeler directement les urgences." Ces impératifs financiers nourrissent le mal-être auquel s’ajoute souvent l’isolement. Nombre de travailleurs migrants vivent loin de leurs proches. L’équipe de Cátia Sequeira rend ainsi régulièrement visite aux personnes hospitalisées, un accompagnement non prévu dans ses missions officielles, mais qu’elle juge indispensable pour que "personne ne se sente seul".
    Au niveau européen, la situation se tend aussi avec le nouveau Pacte sur les migrations, qui prévoit une accélération des procédures d’asile et des mécanismes de tri à la frontière. Catarina Baptista du CPR s’inquiète du risque que les personnes aient "moins de temps pour faire valoir leurs droits et accéder à un accompagnement digne". Dans ce climat, la montée du parti d’extrême droite Chega et la banalisation du discours anti‑immigration au Portugal ont des effets directs sur la santé psychique. Toutes les participantes au projet What Health constatent un changement de regard en un peu plus d’un an. "Le racisme augmente. Quand je suis arrivée en 2022, les gens étaient accueillants. Maintenant, si on est voilée, on est discriminée. On m’a déjà refusé l’entrée dans un bus", témoigne la docteure Sabera Parvin, l’une des enquêtrices de terrain du projet mené par la fondation Aga Khan et Nialp.
    Pour les acteurs associatifs, cette hostilité représente aussi une forme de violence psychologique. "Nous avions le sentiment que la communauté locale avait progressivement accepté ces nouveaux habitants. Puis, il a fallu recommencer à lutter contre les préjugés et la désinformation. Le parti Chega a fini par saper le travail que nous avions déjà accompli", observe Cátia Sequeira, de l’association Pro Abraçar. Catarina Baptista du CPR explique en quoi ces discours violents touchent plus particulièrement les réfugiés : "Un processus de retraumatisation se met en place : je quitte mon pays parce que je ne m’y sens pas le bienvenu, et j’arrive dans un autre pays où je ne me sens pas le bienvenu non plus. C’est une nouvelle couche de traumatisme qui s’ajoute à un traumatisme préexistant. La confiance envers les institutions et les personnes censées aider diminue, ce qui rend les gens encore plus vulnérables." L’ONG porte d’ailleurs le projet "Do Cuidado ao Auto‑Cuidado" (Du soin au soin de soi, en français), qui vise à faire profiter de leur expertise d’autres structures et professionnels du système d’asile aux questions de santé mentale. "Ce projet a deux grands objectifs : d’un côté, former des équipes culturellement sensibles et informées des traumatismes ; de l’autre, les aider à se protéger elles‑mêmes du stress secondaire lié à l’exposition à la souffrance", explique Katarina Batista. Là encore, l’enjeu rejoint celui de What Health : prendre soin des personnes migrantes, c’est aussi prendre en compte celles et ceux qui les accompagnent pour que le système d’accueil reste humain.

    #Covid-19#migrant#migration#portugal#sante#santementale#immigrayion#asile#humanitaire#diaspora

  • Belgique : les associations craignent une « crise humanitaire » après la suppression de 1 000 places d’accueil - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72571/belgique--les-associations-craignent-une-crise-humanitaire-apres-la-su

    Belgique : les associations craignent une « crise humanitaire » après la suppression de 1 000 places d’accueil
    Par La rédaction Publié le : 22/07/2026
    La ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a annoncé vendredi la suppression de 700 places d’accueil dans le réseau d’hébergement d’urgence en Belgique. Cette décision a fait l’effet d’une bombe chez les acteurs associatifs, alors que la responsable politique avait déjà annoncé supprimer 300 lits en juin dernier. Les ONG de la capitale belge craignent une « crise humanitaire ». Les associations bruxelloises s’inquiètent. Fin juin, la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, avait déjà annoncé une première suppression de 300 places d’accueil dans le réseau d’hébergement d’urgence en Belgique. Cette fois-ci, vendredi 17 juillet, ce sont 700 places supplémentaires qui vont disparaître, a déclaré la responsable politique.
    Elles avaient été ouvertes en 2022 par le précédent gouvernement dans le cadre du « Brussels deal », un financement fédéral de 2 000 places pour gérer la crise de l’accueil. C’est donc la moitié de ce dispositif destiné aux demandeurs d’asile qui ne trouvaient pas de place dans le réseau de Fedasil (l’agence chargée de l’accueil des demandeurs d’asile en Belgique) qui va disparaître progressivement entre le 1er août et le 1er septembre. Selon la ministre, cette réduction est la suite logique de la baisse du nombre de demandeurs d’asile. « Grâce à la politique claire de ce gouvernement, ce nombre diminue depuis des mois. De ce fait, davantage de personnes peuvent être accueillies dans le réseau d’accueil régulier de Fedasil, et le nombre de personnes sur la liste de transfert diminue », a déclaré Anneleen Van Bossuyt.
    Selon les chiffres du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides, en 2025, 34 439 personnes ont introduit une demande de protection internationale auprès de l’Office des étrangers (OE), un chiffre en baisse de 13% par rapport à 2024 et de 3% par rapport à 2023. Et actuellement, 1 300 personnes sont encore sur liste d’attente pour obtenir un logement. En 2024, elles étaient environ 3 000.
    Mais malgré ces chiffres en baisse, les acteurs de l’hébergement à Bruxelles ont tenu à rappeler que le dispositif actuel est saturé. Après l’annonce, ils se sont indignés, dénonçant une décision « brutale » et prise « sans concertation préalable avec les autorités bruxelloises ni avec les opérateurs de terrain ». C’est notamment le cas du Samu social belge, qui estime que « sur près de 1 300 places disponibles dans nos centres d’accueil d’urgence, près de 40% sont directement financées dans le cadre du ’Brussels Deal’ ».
    L’organisation craint qu’une telle suppression de lits dans des délais aussi courts ne fasse courir un « risque majeur de crise humanitaire ». « Nos structures fonctionnent déjà à pleine capacité. Chaque jour, faute de places disponibles, des personnes sont contraintes de rester sans solution d’hébergement, malgré leur sollicitation auprès de nos services », déplore l’organisation dans un communiqué.
    Rien que le 17 juillet, le Samu social a dû refuser l’accueil, faute de place, à 78 hommes isolés sur 132 demandes, six femmes isolées sur 42 demandes et 55 personnes en famille sur 83 demandes, détaille l’organisation."On ne finance pas 2 000 places pendant quatre ans pour les supprimer de moitié en 15 jours sans tenir compte de la réalité du terrain", s’indigne de son côte BelRefugees, une plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Elle estime que les 1 300 personnes en liste d’attente témoignent justement que le réseau « reste sous tension ». Les associations s’inquiètent surtout de voir des campements de migrants se reformer dans des quartiers de la capitale, étant donné qu’une telle réduction « ne peut être compensée par les dispositifs bruxellois existants ». D’autant plus que, selon le dernier recensement de novembre 2024, 9 777 personnes étaient sans solution d’hébergement en région de Bruxelles-Capitale, soit une augmentation de 25% en deux ans.
    « Nous risquons de nous retrouver face à une crise humanitaire en plein cœur de la capitale européenne, et de voir réapparaître des tentes et campements de fortune dans l’espace public », a prévenu Sarah de Liamchine, directrice générale du Samu social.

    #Covid-19#migration#migrant#belgique#samusocial#humaitaire#hebergement#campemnt#sante#politiquemigratoire

  • Intelligence is not that important. Neither is AI. Hear me out.
    I have been exposed to plenty of narcissists in my professional life that ran on intelligence. Some of the cruelest people. Now they are at the forefront of teaching us how to be more intelligent with AI - or be left behind.

    Intelligence does not create empathy.
    Intelligence does not create ethics.

    Think for a moment of people more intelligent than you.
    Are they more human?
    Are they more present?
    Are they more caring?

    We have monumental issues. With climate change, economic inequality, politics. Are these problems solved with intelligence?

    And if intelligence is not the solution, what is?

    I come to think that the solution is culture.
    It is social change.
    It is shared values.
    It is heart.
    It is solidarity.

    Intelligence is not what’s holding us back. AI is not solving an actual problem. Intelligence is not the solution. Humanity is.

    #AI #IA #intelligence #humanity #impact

  • CEO Pleads With #AI Industry to Stop Charging So Much to Replace #Human_Labor
    ▻https://futurism.com/future-society/palo-alto-ceo-ai-arora-automation-labor

    With each passing day without an AI labor revolution, the tech industry’s pricing scheme for AI is becoming more and more disconnected from #reality — so much so that even its biggest clients are starting to revolt.

    Speaking during an interview on CNBC‘s “Squawk on the Street” segment earlier this week, CEO of cybersecurity giant #Palo_Alto_Networks #Nikesh_Arora implored the tech industry to lower the cost of AI.

    During the segment, the chief executive argued that the cost to use large language models (#LLMs) has to drop by 20 percent by 2027 — and 90 percent by 2028 — for the tech to be useful to enterprises.

    “We need to see the pricing for AI come down,” Arora said.

    Il a rien compris Arora. Il est pas invité à la Maison Blanche. C’est une sorte d’indice.

    • Mais je comprends pas, ils demandent à ce que ça baisse pour que ça soit rentable pour les entreprises utilisatrices, sinon autant prendre des humains… mais dans le même temps ça fait plusieurs années qu’on dit qu’aucun des acteurs (même les « winners take all » au top) ne fait aucun profit, qu’ils sont déficitaires, donc forcément au bout d’un moment ils finissent par augmenter les coûts d’utilisation c’est normal.

      (ChatGPT change toutes les semaines pour ça, et me harcèle de notifs et d’emails pour que je paye, et d’ailleurs maintenant je ne vois plus aucune option dans l’interface gratuite, ya plus que le niveau le plus bas)

  • L’UNRWA, l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens, visée par des campagnes d’influence, de l’Allemagne aux Etats-Unis
    ►https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/08/l-unrwa-l-agence-de-l-onu-chargee-des-refugies-palestiniens-visee-par-des-ca

    L’UNRWA, l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens, visée par des campagnes d’influence, de l’Allemagne aux Etats-Unis
    Un rapport, publié le 7 juillet, par la fondation allemande Rosa-Luxemburg, souligne le rôle de groupes de pression liés à la droite israélienne dans la diabolisation de l’UNRWA, au bord de l’asphyxie financière.
    Par Laure Stephan (Beyrouth, correspondance) et Elsa Conesa (Berlin, correspondante)
    Au bord de l’effondrement financier, jamais l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens (UNRWA) n’a semblé dans une situation aussi précaire depuis 1949, l’année de sa création. Avec des conséquences dramatiques pour les 5,9 millions de réfugiés palestiniens auxquels elle fournit assistance et protection à Gaza, en Cisjordanie occupée, au Liban, en Syrie et en Jordanie. L’agence fait aujourd’hui face à un déficit de trésorerie de 100 millions de dollars (87,5 millions d’euros).
    Le 30 juin, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un appel pressant aux Etats membres pour maintenir à flot cette agence « indispensable » pour des millions de réfugiés palestiniens. Aux blocages auxquels l’UNRWA est confrontée de la part d’Israël, depuis janvier 2025 – camions d’aide interdits d’entrer à Gaza ; QG et école fermés à Jérusalem-Est –, s’ajoutent de « fortes pressions politiques » et des « campagnes de désinformation », a dénoncé M. Guterres.Parmi les pays où les critiques, voire les attaques, à l’égard de l’UNRWA se sont récemment multipliées figurent les Etats-Unis, qui ont cessé de la financer, mais aussi l’Allemagne, pourtant devenue le principal donateur bilatéral de l’agence. Berlin a pris, en décembre 2025, une décision sans précédent en s’abstenant lors du renouvellement du mandat de l’UNRWA par l’Assemblée générale de l’ONU.
    Dans un rapport, publié le 7 juillet par la Fondation Rosa-Luxemburg, l’analyste germano-israélien Alon Sahar décrit comment un discours critique envers l’UNRWA s’est progressivement installé depuis une dizaine d’années outre-Rhin. Il y voit l’œuvre d’organisations alignées sur les positions de la droite israélienne, autant internationales, comme UN Watch ou NGO Monitor, qu’allemandes, comme le Forum pour la paix au Proche-Orient, le Naffo. Financées par des réseaux philanthropiques privés américains, et parfois aussi par des fonds publics allemands, par le biais de projets de lutte contre l’antisémitisme ou d’éducation civique, ces organisations ont « exercé une influence considérable sur les débats et orientations politiques allemands concernant l’UNRWA et sur la question des réfugiés palestiniens », écrit l’auteur du rapport.
    Par le biais de réunions informelles avec des élus, ce « réseau transnational de plaidoyer » diffuse un discours critique peignant l’agence onusienne comme « structurellement illégitime, politiquement compromise et indissociable de la perpétuation du statut de réfugié palestinien et du droit au retour ». Des accusations reprises ensuite dans la sphère politico-médiatique allemande.
    En janvier 2024, l’Etat hébreu avait accusé 12 employés de l’agence d’avoir participé à l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 – sur un total de 13 000 employés à Gaza. Une enquête de l’ONU, élargie à 19 employés, a conclu, en août 2024, que 9 d’entre eux « pourraient avoir été impliqués » dans le massacre. Mais les enquêteurs n’ont pas pu accéder aux preuves que l’Etat d’Israël affirme posséder. Les juges de la Cour internationale de justice ont souligné, en octobre 2025, que, « selon les éléments versés au dossier, il n’exist[ait] aucune preuve que l’UNRWA ait manqué au principe d’impartialité ».
    Entre 2014 et janvier 2026, le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland a ainsi posé, à 19 reprises, des questions écrites sur le sujet et proposé des motions au Bundestag ; les conservateurs de la CDU-CSU en ont formulé 11 ; les libéraux du FDP 8 et les Verts une seule. Certaines reprenaient explicitement les arguments des organisations listées dans le rapport.
    L’auteur relève aussi le fait que ce récit critique « ne fait face à aucun contre-réseau disposant de ressources comparables, ancré institutionnellement ou cohérent sur le plan narratif. Les groupes juifs libéraux alignés sur la cause palestinienne et les acteurs de défense des droits en Allemagne restent fragmentés et disposent de ressources insuffisantes, ce qui signifie que les discours retracés dans ce rapport ne rencontrent guère de résistance organisée à mesure qu’ils passent de la production en amont à l’institutionnalisation en aval », écrit-il.
    La suspension, pendant quelques mois, du financement de l’UNRWA par Berlin en janvier 2024 est lue comme l’aboutissement de ce travail d’influence, de même que l’abstention lors du vote pour le renouvellement du mandat de l’agence. Le ministre des affaires étrangères allemand, Johann Wadephul (CDU), avait alors justifié cette abstention en affirmant attendre des « réformes cohérentes et vérifiables au sein de l’UNRWA », comme le prévoit le contrat de coalition conclu en avril 2025 entre le SPD et la CDU-CSU, les partis alliés au pouvoir en Allemagne, et en reprenant les accusations portées contre l’agence. Lors du congrès de février, la CDU, le parti du chancelier, Friedrich Merz, a en outre adopté une motion en faveur de la suspension complète du soutien allemand à l’agence.
    Soixante-dix employés licenciés en juin
    L’UNRWA continue également d’être attaquée aux Etats-Unis. Le service d’inspection de l’Usaid (l’organisme de coopération américaine que Donald Trump a largement démantelé) enquête sur les liens entre le Hamas et l’agence onusienne. Il a annoncé, le 5 juin, avoir transmis au département d’Etat les noms de 101 employés, actuels ou anciens, qui, selon lui, auraient participé aux massacres du 7-Octobre, ou sont affiliés à la branche militaire du mouvement islamiste palestinien. Le but affiché est d’empêcher que ces individus puissent faire partie d’un futur cadre d’aide humanitaire à Gaza chapeauté par les Etats-Unis. Mais le fait que l’Usaid, qui n’a jamais financé l’UNRWA, se lance dans une telle entreprise, pourrait servir des desseins politiques : appuyer des pressions ultérieures de l’administration Trump contre l’agence pour les réfugiés palestiniens.
    Sans établir de corrélation, le commissaire général par intérim de l’UNRWA, le Britannique Christian Saunders, a annoncé dans la foulée, le 11 juin, le licenciement de 70 employés à Gaza, sans enquête préalable. Le communiqué, au ton vague, mentionne qu’il s’agit d’une mesure prise à la suite d’une « évaluation de la sécurité des opérations de l’UNRWA à Gaza » et qu’elle ne signifie pas une « validation des accusations portées contre ces employés ». Selon les informations du Monde, sur la liste américaine de 101 noms, une trentaine ont été tués ou sont portés disparus. Ceux écartés l’ont été pour des considérations de sécurité et pour apaiser les donateurs. Le licenciement de ces derniers n’a pas fait consensus au sein de l’agence. Depuis les premières accusations portées en janvier 2024, les autorités israéliennes n’ont pas fourni de preuves à l’UNRWA.
    Nouveau coup dur lors de la prise de parole du représentant américain à l’ONU, Jeff Bartos, au cours d’une réunion des donateurs, à la fin du mois de juin, qui a appelé les participants à cesser de financer l’UNRWA et à rediriger les fonds vers le Conseil de la paix, l’organe chargé d’appliquer le plan de sortie du conflit à Gaza, établi par Donald Trump. M. Bartos qualifiant le financement de l’UNRWA de soutien à la « stagnation » et au « terrorisme ».Ces propos, comme les campagnes de lobbyistes pro-israéliens pour que l’agence soit classée par le Congrès américain « organisation terroriste étrangère », suscitent l’inquiétude de la direction. Le groupe d’influence UN Watch fait campagne pour que soit levée l’immunité de Philippe Lazzarini, l’ancien commissaire général dont le mandat vient officiellement de s’achever.
    « L’UNRWA doit redoubler d’efforts pour faire des réformes demandées par les donateurs, mais elle n’a plus d’argent, note Jalal Al-Husseini, chercheur à l’antenne d’Amman de l’Institut français du Proche-Orient. « Pourtant Israël a tiré profit de l’assistance apportée par l’UNRWA aux Palestiniens [dans les territoires occupés] », rappelle-t-il. Sous la première administration Trump, des responsables israéliens avaient ainsi exprimé leurs inquiétudes quant aux conséquences de la suppression des financements américains, selon le rapport d’Alon Sahar. Israël a même encouragé l’Allemagne à augmenter ses contributions à la suite du retrait des Etats-Unis.« Mais des idéologues sont aujourd’hui au pouvoir en Israël, et ils ne veulent plus de l’UNRWA, car son existence même rappelle celle du problème des réfugiés », explique M. Al-Husseini, faisant référence à l’exode forcé de plus de la moitié de la population palestinienne lors de la création de l’Etat d’Israël en 1948.Depuis que M. Lazzarini a quitté ses fonctions, en mars, la communication de l’UNRWA s’est faite discrète. Il n’est plus question de dénoncer les agissements de l’armée israélienne à Gaza. L’accent est mis sur les efforts humanitaires menés dans l’enclave. Un choix stratégique, censé apaiser la crise. Il témoigne aussi que l’UNRWA est à bout de souffle

    #Covid-19#migration#migrant#palestine#UNRWA#refugie#droit#sante#humanitaire

  • Bomb the Arctic, dam the Mediterranean and build a second moon: five outlandish plans to remodel our #climate | #Geoengineering
    ▻https://www.theguardian.com/environment/2026/jul/06/five-outlandish-plans-to-remodel-earth-climate

    #Humans have long sought to #geoengineer the Earth’s environment. Tim Flannery outlines a few of the wildest ideas from the 20th century

    An increasing number of scientists think we have let the climate crisis fester for so long that our only hope to stave off ever-intensifying catastrophes is to use #technological interventions. Cloud brightening, injecting sulphur into the #atmosphere and the use of tiny mirrors in space – all of which might reduce the amount of sunlight reaching Earth’s surface – are among the concepts being promoted by entrepreneurs and governments alike. Geoengineering, they argue, is now inevitable.

    #tina

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    ►https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

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    déjà signalé ici par @lyco :
    ▻https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      ▻https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      ▻https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • « Un épisode inédit » : à Paris, près d’un millier de migrants font face à la canicule dans la rue - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72028/un-episode-inedit-a-paris-pres-dun-millier-de-migrants-font-face-a-la-

    « Un épisode inédit » : à Paris, près d’un millier de migrants font face à la canicule dans la rue
    Par Yanis Ben Mohamedi Publié le : 23/06/2026
    Sous le métro aérien entre les stations Jaurès et Stalingrad à Paris, près d’un millier de migrants luttent actuellement contre des températures caniculaires. Torses nus pour se rafraîchir ou couverts pour se protéger du soleil, ils passent tous leur temps à chercher des zones d’ombre. Malgré un point d’eau installé et les soins apportés par des associations, le quotidien reste particulièrement difficile. Reportage.
    Depuis le 21 juin, la France connaît un épisode caniculaire intense. La capitale n’est pas épargnée : les températures atteignent les 38°C en ce début de semaine. Pour lutter contre la chaleur, chacun a son équipement, des gourdes en inox ou éventails en passant par les brumisateurs et autres serviettes humides. Mais sous le métro Stalingrad, dans le nord-est de Paris, en début d’après-midi de ce lundi 22 juin, le petit millier de migrants qui vivent dans des tentes de fortune cherchent surtout à éviter les rayons du soleil.
    Beaucoup sont torses nus pour se rafraichir, d’autres portent des jeans et des tee-shirts à manches longues pour se protéger du soleil brûlant. Tous semblent groggys alors qu’ils viennent de vivre une des nuits les plus chaudes à Paris jamais enregistrée.
    Sur place, des associations mettent en place des maraudes et distribuent des bouteilles d’eau, des gourdes ou de la nourriture mais en quantités limitées. Eve Derriennic, coordinatrice de Médecins du Monde à Paris, organise la file d’attente de la dizaine d’hommes qui patientent devant le camion de son association avant d’être reçus par le médecin sur place."Le plus fréquent c’est évidemment le coup de chaud ainsi que la déshydratation", s’inquiète-t-elle. « À cause de la chaleur, ils peuvent aussi avoir des infections qui empirent avec la transpiration et le manque d’hygiène. Certains ont des pathologies, comme de l’asthme, décuplé par la chaleur. Nous avons appelé les pompiers [lundi matin, ndlr] car un migrant a fait un malaise. Il était dans sa tente depuis cinq jours sans boire ni manger. C’était un cas d’extrême urgence. »
    La coordinatrice de Médecins du Monde insiste sur le caractère inédit de la canicule de cette année : « Elle dure dans le temps. C’est ça qui change. Plus ça dure, plus l’organisme se fatigue. La nuit, les températures ne baissent pas, ça change beaucoup de choses ».
    Au milieu des tentes, des déchets jonchent le sol et les exilés doivent cohabiter avec les pigeons et les rats. Certains n’ont pas d’autres choix que de rester exposés au soleil, faute de place, et s’allongent à moitié nus sur des matelas. Les plus « chanceux » sont ceux qui peuvent se reposer dans leur tente, fermeture éclair ouverte pour laisser passer un peu d’air, ou ceux qui se réunissent en groupe à l’ombre, assis sur des chaises de fortune, quand ce n’est pas à même le sol.
    Abu Talab, 24 ans et originaire du Soudan, n’est là que depuis quelques semaines. Il est installé sur un matelas à l’ombre au milieu des abris de fortune. « Beaucoup d’associations viennent pour nous aider en nous donnant de la nourriture ou des médicaments. Pour lutter contre la chaleur, je vais à mes cours de français, [l’association] nous laisse rester dans la salle climatisée jusqu’à 23h. On nous propose aussi des activités : visiter Notre-Dame, des parcs et jardins. Ça nous occupe ».
    Certains n’ont pas d’autres choix que de rester sur le campement. Zachariah, un autre Soudanais de 25 ans, ne peut pas se déplacer. Arrivé en Europe par la Grèce, il a effectué un long voyage à pied durant lequel il s’est blessé au pied. « La blessure s’est aggravée car je ne l’ai pas soignée et maintenant, je ne peux même plus marcher », explique-t-il. "De toute façon, le sol est beaucoup trop chaud pour marcher pieds nus, ça nous brûle la peau."Assis à ses côtés, l’un de ses amis porte un jean, des chaussettes hautes et des grosses baskets vertes pour ne pas sentir la chaleur du bitume, faute de chaussures plus légères. « Je préfèrerais me vêtir autrement mais je n’ai pas d’argent ».Ici, les migrants s’occupent comme ils peuvent, en scrollant sur leur téléphone, en effectuant des allers-retours à l’unique point d’eau installé il y a une semaine sur le camp et qui présente déjà des fuites. D’autres discutent ensemble pour se donner du baume au cœur.Damar, originaire du Soudan, est l’un des doyens du camp, l’un des rares à parler français, présent depuis près de deux ans à Paris. « Il fait encore plus chaud que l’année dernière. Mais la chaleur on connaît, on a la même au Soudan. Le pire, c’est la nuit, on ne peut pas dormir : en plus des températures, il y a le bruit des voitures, le bruit des gens. Tout ça nous empêche de trouver le sommeil ».
    Malgré les 38 degrés de l’après-midi, il arrive tout de même à relativiser : « Je préfère l’été à l’hiver parisien, au moins on ne tombe pas malade. » Dubliné en Italie [sa demande d’asile dépend du premier pays par lequel il est entré en UE, l’Italie, ndlr], il s’est vu refuser sa demande d’asile en France et s’est rapproché d’un avocat pour faire bouger les choses, et garde tout de même espoir de quitter le campement.L’épreuve ne touche pas encore à la fin. La météo annonce encore plusieurs jours de canicule avec des températures dépassant les 40°C. Pour Amar, un Soudanais de 30 ans, dont la tente est installée à moins de 10 mètres du robinet d’eau « la chaleur est en fait le dernier de [ses] soucis ». Arrivé en France il y a deux semaines, il attend avec anxiété son entretien pour sa demande d’asile. « J’ai souffert et je souffre encore de bien d’autres choses pour me soucier de la température ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#canicule#campement#humanitaire

  • LinguaCelta: The Community is the Achievement; the Achievement is the Community
    ▻https://linguacelta.com/blog/2026/05/LLMs.html

    The Community is the Achievement; the Achievement is the Community
    18 May 2026

    An ethical love-letter to distributed technology communities.

    Talking to techies

    This essay is explicitly addressed to my fellow technologists: #software #developers, hobby #coders, digital #humanists, #computer #science theorists, and all the other members of this big family of people who do tech. That doesn’t mean that what I write here can’t be of interest to anyone else (I’ll be very flattered if it’s of interest to anybody, tbh!). But the argument I’ll make is based on the idea that you and I share a community.

    I want to talk about our community, and why it’s important. I want to suggest that using #LLMs to generate content to be included in technology projects, whether that’s code or text or images, or code reviews or proofreading, harms our shared community.