• Rage contre le règne de l’argent

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Rage-contre-le-regne-de-l-argent

    John Holloway
    La Rage contre le règne de l’argent

    « Nous sommes au cœur d’une bataille dans laquelle la rage s’intensifie. Le futur de l’humanité dépend de cette bataille. C’est une bataille des rages. » John Holloway, avec ce texte bref et juste, donne une cible à notre colère : l’argent, en tant que lien social destructeur et cause de tant de souffrances. Il nous encourage à veiller à ce qu’elle demeure digne et créatrice, qu’elle ne se transforme surtout pas en défense du système, en haine raciste.

    S’appuyant sur ses observations des printemps arabes, des mouvements des places en Europe et en Amérique du Nord, il met en évidence une rage, partie d’une critique des dictatures, rapidement étendue aux « démocraties-telles-que-nous-les-connaissons », un élan vers de nouvelles formes d’organisation et de prises de décision, ainsi qu’une nouvelle « antigrammaire de la révolte » : assemblées, refus de formuler des revendications, rejet des partis politiques et des politiciens de droite comme de gauche. « Ce sont des brèches dans la domination du capital, des espaces et des moments de négation-création, où nous pouvons dire “non” et créer quelque chose de différent, explorer de nouveaux chemins, de nouvelles logiques, essayer d’ouvrir de nouveaux mondes. » (...)

    #John_Holloway #Libertalia #capitalisme #argent #marché #crise #humanité #révolte #dignité #démocratie #brèche #travail

  • #Quebec : Un système de santé qui rend malades ses soignants Texte collectif - 11 avril 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/551885/un-systeme-de-sante-qui-rend-malades-ses-soignants

    La chaîne de montage de l’usine de santé qu’ont mise en place nos gouvernements successifs menace très sérieusement de défaillir, car les ouvriers sont de plus en plus souffrants, abandonnant chaque jour l’usine pour partir en congé de maladie. Depuis la réforme de 2015, les heures liées aux congés de maladie des employés du réseau de la santé ont en effet augmenté de 24 %.


    Photo : Fred Dufour Agence France-Presse « Les valeurs et principes de la logique industrielle sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels », rappellent les auteurs.

    Le taux historique des congés de maladie met en lumière un aspect qui, selon nous, va bien au-delà d’une simple crise circonstancielle. La crise actuelle révèle plutôt un fossé abyssal entre les valeurs humanistes que portent et défendent les soignants et les valeurs de type industriel que le ministère et ses gestionnaires imposent avec une autorité machinale depuis plusieurs années.

    Pour le ministère et ses gestionnaires, le « bon » soignant, c’est celui maintenant qui voit le plus de personnes dans le moins de temps possible. Celui qui jadis prenait son temps auprès d’une mère, d’une famille ou d’une personne âgée est aujourd’hui devenu le « bouc émissaire » de la nouvelle gestion publique. C’est ainsi que la logique comptable vient à la fois dévaluer et amputer le temps nécessaire à la réalisation de plusieurs pratiques comme l’écoute, l’accueil et l’accompagnement.

    On voit bien comment cette situation ne peut qu’être préjudiciable pour la population. Quant aux soignants, cette nouvelle norme du « bon » soignant occasionne chez eux de la colère et un sentiment d’impuissance.

    Le délire de la technocratie
    Le temps qu’exige l’administratif est en voie de d’égaliser le temps consacré à la population. À titre d’exemple, actuellement, une demande d’hébergement en santé mentale dans le réseau public exige de remplir un questionnaire de 60 pages et plus, alors que moins de 8 pages suffisaient dans les années 2000.

    Paradoxalement, alors que ces outils sont censés mieux desservir la population, jamais tels outils n’ont autant éloigné les soignants de la population. En fait, l’intensification des exigences technico-administratives est rendue à un point tel, en matière de quantité et de complexité, que l’ensemble du personnel de soutien aux soignants est maintenant mobilisé à la gestion des procédures technico-administratives. Conséquemment, non seulement les soignants ont de moins en moins de temps pour être auprès de la population, mais ils sont aussi de moins en moins aidés pour gérer les impasses cliniques qu’ils rencontrent dans leur travail.

    Crise des valeurs et perte de sens
    La rentabilité, la performance, l’optimisation, la concurrence et la compétition représentent autant de valeurs que de principes issus de la logique industrielle où la performance et les résultats sont évalués strictement en termes comptables. Or, ces valeurs et ces principes sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels. Chemin faisant, l’évaluation comptable de la performance comme nouvelle norme institutionnelle engendre chez les soignants un sentiment de culpabilité, d’incompétence et une de perte de sens dans ce qu’ils font.

    Prendre un congé de maladie
    Enfin, pour faire face à la détresse des soignants, l’institution propose de revoir leur gestion du temps et du stress, et on les réfère vers les programmes d’aide aux employés (PAE). Aussi nécessaires et aidantes soient-elles, ces solutions individuelles révèlent le déni institutionnel des causes structurelles qui sont, croyons-nous, à la source de la souffrance qui assaille actuellement des milliers de soignants.

    Étant incapables de surmonter le conflit entre leurs valeurs humanistes et celles imposées par le monde industriel d’un côté, et incapables, de l’autre côté, de se résigner à quitter le réseau de la santé, les soignants finissent en effet par tomber malades du fait de leur souffrance inédite et n’ont d’autre choix que de partir en congé de maladie.

    L’espoir d’un rétablissement ?
    L’étiquette psychologique de « résistance au changement » comme explication causale de la hausse des congés de maladie des soignants ne tient pas la route. Il y a beaucoup trop de recoupage dans les témoignages des soignants pour réduire cette souffrance aux dimensions individuelles. Mettre en valeur les solutions organisationnelles ne peut qu’ouvrir la voie, selon nous, au rétablissement des milliers de soignants « partis » en congé de maladie.

    La société québécoise doit donc exiger que le ministère s’engage à désintoxiquer les pratiques soignantes de la logique comptable et du délire chronique de la technocratie institutionnelle afin que les soignants puissent être libérés de leur fardeau et retourner ainsi faire dignement leur travail auprès de la population.

    Sont cosignataires du texte :
    Marjolaine Goudreau, présidente du RECIFS (Association des travailleuses sociales et techniciennes en travail social) ; Natalie Stake-Doucet, présidente de l’Association québécoise des infirmières et infirmiers ; Isabelle Leblanc, présidente des médecins québécois pour le régime public ; Charles Roy, président de l’Association des psychologues du Québec ; Angelo Soares, professeur au Département d’organisation et ressources humaines de l’École des sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal.

    #travail #santé #capitalisme fausse #rentabilité #médecine #santé_publique #humanité #rendement #technico-administratif #procédures #performance #évaluation_comptable #normes #soignantes #soignants #solutions_organisationnelles #délire #Services_publics #technologie #bureaucratie #néolibéralisme #administration

    • Dans les commentaires
      Comme on ferme des établissements, on en fusionne d’autres jusqu’à devenir ces monstres régionaux CISSS et CIUSSS, il faut de plus en plus de mécanismes de reddition de comptes : la gestion de proximité étant rendue très difficile, il faut introduire toujours plus de processus écrits, informatisés pour tout justifier, monitorer, calculer pour que les gestionnaires de haut niveau aient des tableaux de bord qui orienteront leurs décisions.

      Les intervenants de toute catégorie doivent passer un temps considérable à consigner ce qu’ils font pour que soient comptabilisées leurs actions et qu’on puisse en établir la productivité, les coûts-bénéfices. On a beau démoniser de temps à autres les cadres (trop nombreux, trop cher payés disent-ils) de fait, c’est la pensée gestionnaire qu’on a fait triompher depuis des années. Les professionnels, techniciens et employés de tous corps de métier sont à la merci depuis des décennies des vagues de ré-organisations à petite oun grande échelle que la nouvelle école de pensée en gestion fait mettre en chantier. Même si un certain nombre de gestionnaires ont d’abord été des professionnels de la santé ou des services sociaux, ils sont vite invités à se distancer de leur métier de base pour devenir de « vrais » gestionnaires. Hélas, la relation soignante n’entre pas dans leurs paramètres... Désolant état, ce réseau muselé.

    • C’est la « nouvelle gestion publique » qui fait des ravages. De fausses prémisses pour encourager la concurrence entre individus d’une même organisation.

      Ça commence par de la #pseudo-science : l’« autonomisation » (« #empowerment »). C’est le nirvana pour un #gestionnaire (qui trouve ça « très le fun » de ne plus se sentir « responsable », car, c’est les autres, maintenant). Autre pseudo-science, celle du « #savoir-être », autre #canular dérivé de l’intelligence émotionnelle (fabuleuse découverte ! Il faut entendre les cris d’indignation : ce n’est pas vrai, ça existe le « savoir-être » !), alors, les gens médiocres ont du « savoir-être ».

      Il y a, aussi la « #gouvernance » ! Il faut faire confiance à l’imagination pour que ce terme se retrouve dans la bouche du « gestionnaire » qui se gargarise avec.

      En résumé, la gestion, dans les dernières décennies on envahit de très vastes aspects du fonctionnement d’une organisation (avec l’aide des « #RH ») avec de la speudo-science. À l’aide de principe de la « nouvelle gestion publique », qui relève plus de la religion : « un scrum, ça se fait debout » (si vous dites que non, vous êtes « excomunié »). La gestion glane des informations avec lesquels elle « découvre » des « correlations » et appel cela des « #indicateurs » et « gouverne » dernière un écran (en sachant que les employés s’« autogérent » !?!?).

      Des solutions ? Retrouver le sens du « savoir-faire » (celui-ci est plus facilement « mesurable » que le « savoir-être », en cela, qu’un défi vous est lancé de trouver comment mesurer le « savoir-être »), retirer le regroupement professionnel RH. Instruire au lieu de former. Enseigner l’esprit critique au lieu de donnée des cours de finance.

      Si vous n’êtes pas d’accord avec la gestion, vous êtes déloyale, vous faites preuve d’insubordination. Vous êtes des hérétiques

  • Les chasses à l’homme

    Chasse aux esclaves fugitifs, aux Peaux-Rouges, aux peaux noires ; chasse aux pauvres, aux exilés, aux apatrides, aux Juifs, aux sans-papiers : l’histoire des chasses à l’homme est une grille de lecture de la longue histoire de la violence des dominants. Ces chasses ne se résument pas à des techniques de #traque et de #capture : elles nécessitent de tracer des lignes de #démarcation parmi les êtres humains pour savoir qui est chassable et qui ne l’est pas. Aux #proies, on ne refuse pas l’appartenance à l’espèce humaine : simplement, ce n’est pas la même forme d’#humanité. Mais la relation de chasse n’est jamais à l’abri d’un retournement de situation, où les proies se rassemblent et se font chasseurs à leur tour.
    Si la chasse à l’homme remonte à la nuit des temps, c’est avec l’expansion du #capitalisme qu’elle s’étend et se rationalise. En Occident, « de vastes chasses aux pauvres concourent à la formation du #salariat et à la montée en puissance d’un pouvoir de #police dont les opérations de traque se trouvent liées à des dispositifs d’#enfermement… Le grand #pouvoir_chasseur, qui déploie ses filets à une échelle jusque-là inconnue dans l’histoire de l’humanité, c’est celui du #capital. »


    https://lafabrique.fr/les-chasses-a-lhomme
    #exploitation #chasse #chasses #chasse_à_l'homme #livre

    En lien avec la question des #migrations, voici le petit extrait du mémoire de master de Sarah Bachellerie (pas encore soutenu), où elle cite le livre de #Grégoire_Chamayou :

    #asile #réfugiés

  • Notes anthropologiques (XXXIX)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXXIX

    Et si nous parlions encore une fois d’argent ? (III)
    Le grand commerce

    À mon arrivée au Mexique, il y a maintenant deux jours, ce qui m’a frappé d’emblée en discutant avec les gens est bien l’importance que peut prendre l’argent dans leur vie. En Europe aussi l’argent a bouleversé de fond en comble la vie des gens ; au Mexique, il la bouleverse. C’est l’odeur de l’argent semblable à celle du sang qui a engendré dans tout le pays les cartels du capitalisme sauvage et la longue liste des meurtres impunis. C’est lui qui dicte la politique du président de la République mexicaine face aux puissances du Nord. C’est bien enfin cette actualité d’un chambardement qui distingue les pays qui seront toujours « en voie de développement » des pays du premier monde. C’est bien cette nécessité impérieuse de l’argent qui jette les habitants du Salvador, du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua, de Colombie et du Venezuela sur les routes de l’exil, c’est elle aussi qui condamne les Mexicains à quitter leur famille, leur village ou leur quartier pour les États-Unis. Il s’agit d’un véritable exode et tous ces êtres humains qui se dirigent désespérément et au péril de leur vie en direction des pays du premier monde sont les victimes de la guerre qui fait rage actuellement. Cette guerre n’est pas à venir, elle est le malheur quotidien des hommes et des femmes. C’est une guerre contre l’humain. Encore faut-il, dans la confusion que cette guerre fait régner dans les esprits, tenter de préciser ce qu’est l’humain et chercher à définir ce qui s’oppose à lui. (...)

    #anthropologie #monnaie #Mexique #Grèce_antique #Nouvelle-Guinée #don #humanité #société #Odyssée #esclave

  • #DHIHA8 Nous sommes à la croisée des chemins ! | Devenir historien-ne
    https://devhist.hypotheses.org/3692

    Cela fait maintenant plus d’une décennie que l’on parle de “révolution numérique” ou, de façon plus appropriée de “tournant numérique”, des sciences humaines et sociales. Le label “Humanités numériques”, s’il est d’une redoutable efficacité académique, avec ses quelques créations de postes universitaires, ses injonctions à “faire du numérique” dans les financements par projets, etc., ne semble pas vraiment avoir permis à l’ensemble de la profession de négocier le tournant.

    La légitimité des enseignements dits “numériques” doit encore trop souvent être défendue.

    Il est vrai que les formations “au numérique” se sont pourtant multipliées dans les cursus en histoire. On pense bien sûr à celles que deux des intervenants à #DHIHA8 avaient mises sur pied, en Licence à Reims pour Caroline Muller et en Master à Toulouse pour Sébastien Poublanc, mais aussi aux initiatives pionnières, qu’il s’agisse du Pireh ou des ateliers de Claire Lemercier et Claire Zalc.

    Si je pense malgré tout pouvoir parler de demi-échec, c’est que toutes ces formations, autant que celles que j’ai pu être amené à dispenser, d’abord à l’EHESS avec Franziska, puis à l’Université de Lille, apparaissent très largement attachées à des individualités. Elle sont souvent considérées par nos pairs comme des formations à confier aux “geeks-de-service”, idéalement de façon optionnelle et, si c’est obligatoire, sans que cela n’occupe trop d’heures dans la maquette. C’est que, voyez-vous, les étudiantes et étudiants doivent plutôt faire “des-choses-vraiment-importantes” ; certains n’hésitant pas à affirmer leur inanité la plus totale, s’interrogeant régulièrement sur l’intérêt même du maintien de telles options et s’élevant systématiquement contre toute proposition de rendre ces enseignements en partie obligatoires.

    Le propos de ce billet est de faire quelques hypothèses sur les raisons de cet échec et de tenter d’imaginer des solutions qui nous permettront de “négocier le tournant” numérique de nos disciplines.

    #humanité_numérique #pédagogie #pompe_a_fric

  • Notes anthropologiques (XXXVI)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXXVI

    L’idée et son devenir (II)

    Nous devons garder à l’esprit cette évocation d’un monde originel au sein duquel l’humain peut s’exprimer et se révéler. Ce monde des origines est tenace et accrocheur et il est arrivé à survivre jusqu’à notre époque, à résister tant bien que mal à l’envahissement d’un monde qui lui est contraire. Pourtant le monde marchand, négateur de l’humain, est en train de prendre une importance considérable jusqu’à repousser dans des zones de plus en plus marginales l’expression non aliénée de l’humain.

    Le marchand se défie de l’humain, il fixe le retour et le rend obligatoire. Cette défiance de l’humain, cette absence fâcheuse mais obstinée de reconnaissance d’autrui, s’impose peu à peu comme une norme de comportement dans le premier monde : chat échaudé craint l’eau froide. Une flèche empoisonnée a pénétré le cœur de la femme et de l’homme, lui causant une énorme et implacable souffrance. Cette souffrance est tue, elle est devenue indicible. Comment en sommes-nous arrivés là ? L’activité marchande bouleverse les mœurs et nous bouleverse insidieusement. (...)

    #anthropologie #humanité #État #commerce #aliénation

    • La richesse, ce qui était directement vécu par la personne, passe de l’humain à la chose, elle se fait apparente. Le capital est bien toujours l’effectivité de l’idée de richesse qui se fait visible mais l’idée elle-même s’est éloignée des hommes et des femmes pour continuer à agir pour son propre compte par le moyen des femmes et des hommes. L’argent mesure la puissance de l’idée : concentré, il représente le capital, l’idée dans son effectivité et cette idée dans son effectivité est devenue l’apanage de ceux que l’on nomme capitalistes ; diffus, il représente la monnaie, la mise en pratique de l’idée, l’échange de tous avec tous.

      #richesse #échange #pouvoir

  • comment y disait l’autre déjà ? ah oui, #à_l'insu_de_son_plein_gré
    Facebook pompe « malencontreusement » les contacts mails de ses utilisateurs
    https://www.linformaticien.com/actualites/id/51865/facebook-pompe-malencontreusement-les-contacts-mails-de-ses-utilisat

    Pour s’inscrire sur le réseau social, il arrive depuis trois ans que Facebook demande l’adresse mail, mais aussi le mot de passe du compte mail de l’utilisateur. Et qu’il en profite pour collecter les adresses des contacts. Mais cela était purement « involontaire » plaide l’entreprise.

    Tout a commencé le 31 mars, lorsque e-sushi, un développeur, a découvert que Facebook demandait lors de l’inscription d’un nouvel utilisateur le mot de passe de son adresse email. Une procédure déjà particulièrement douteuse, revenant à laisser à l’entreprise de Mark Zuckerberg les clés de sa boîte aux lettres. Mais le géant fait mieux encore…

    Business Insider a mené son enquête et a remarqué que l’étape suivante de l’inscription au réseau social ouvrait une fenêtre pop-up indiquant « importing contacts ». Sans possibilité d’annuler cette importation, sans même demander l’accord de l’utilisateur. Selon notre confrère, cette « modalité » d’inscription a cours depuis 2016.

    Facebook a rapidement réagi, annonçant avoir « cessé d’offrir la vérification de mot de passe de messagerie comme une option lors de la première inscription à Facebook ». Mais le communiqué envoyé à Business Insider ne s’arrête pas là, l’entreprise ajoutant avoir constaté que « dans certains cas, leurs contacts de messagerie ont également été téléchargés involontairement sur Facebook lors de la création de leur compte ».

    Le mot important ici est sans doute « involontairement » : on voit mal comment la collecte des données de contacts contenues dans les comptes mails des utilisateurs qui en ont donné le mot de passe peut être fortuite. « Nous estimons que près de 1,5 million de contacts de messagerie ont été téléchargés. Ces contacts n’ont été partagés avec personne. Nous les supprimons. Nous avons corrigé le problème sous-jacent et avertissons les personnes dont les contacts ont été importés ».

    • Oui, exactement @biggrizzly Sauf que tu n’es pas obligé d’accepter tout. C’était Turk, alors président de la CNIL qui disait à propos des données bancaires réclamées par les services sociaux « Oui, ce sont effectivement des données confidentielles … tant que vous ne les révélez pas vous même » Même si on vous le demande vous n’êtes pas obligé d’accepter. #consentement #viol_de_données

      e-sushi ce serait pas le pseudo de christophe colomb ?

      Tout a commencé le 31 mars, lorsque e-sushi, un développeur, a découvert que Facebook demandait lors de l’inscription d’un nouvel utilisateur le mot de passe de son adresse email.

      Ca fait 20 ans qu’on sait que Zuckerberg a des rêves nourris de théories infectes, voire ses potes philosophes millionnaires du capitalisme numérique mais bon …

      #boycott_facebook #humanité_désespérante

      Au passage, on a la même chose avec Doctolib qui siphonne les données des patients sans leur accord depuis les hopitaux avec l’agrément de l’#ordre_des_médecins et de la #CNIL mais ça n’a pas l’air de faire tilt non plus.

  • L’#Homo_sapiens est bien sûr africain, mais il n’est pas celui que vous croyez…
    https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/culture-africaine/lhomo-sapiens-est-bien-sur-africain-mais-il-nest-pas-celui-que-vous-cro

    L’Homo sapiens, l’#être_humain actuel, est apparu en Afrique. Mais des découvertes faites à Djebel Ihroud (ouest du Maroc) par le paléoanthropologue français Jean-Jacques Hublin et son collègue marocain Abdelouahed Ben-Ncer montrent que notre ancêtre direct n’est pas né dans l’est de l’Afrique. Et qu’il a 100.000 ans de plus que prévu… Entretien avec le professeur Hublin.

    #humanité #paléontologie

    • Je trouve ça bien d’apporter des conclusions disruptives. Mais abusé de parler d’une origine unique sachant le nombre de croisement d’espèces de pré-humains qui nous composent. C’est sur que la vieille théorie du TGV arbre-iphone ne tient pas la route.

  • Seshat et la naissance des « divinités morales »
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/seshat-et-la-naissance-des-divinites-morales

    Il y a quelque temps nous avions présenté Seshat, une gigantesque banque de données de faits historiques qui devait permettre aux chercheurs de s’appuyer sur des bases solides pour émettre des hypothèses en sciences humaines. Selon l’expression des concepteurs, Seshat devait amener à un « massacre des théories historiques », autrement dit, (...)

    #A_lire_ailleurs #humanités_numériques

  • Lettre à Alain Finkielkraut, par Dominique EDDE (L’Orient-Le Jour), via @mona
    https://www.lorientlejour.com/article/1160808/lettre-a-alain-finkielkraut.html

    Cher Alain Finkielkraut, je vous demande et je demande aux responsables politiques de ne pas minorer ces petites victoires du bon sens sur la bêtise, de la banalité du bien sur la banalité du mal. Préférez les vrais adversaires qui vous parlent aux faux amis qui vous plaignent. Aidez-nous à vous aider dans le combat contre l’antisémitisme : ne le confinez pas au recours permanent à l’injonction, l’intimidation, la mise en demeure. Ceux qui se font traiter d’antisémites sans l’être ne sont pas moins insultés que vous. Ne tranchez pas à si bon compte dans le vécu de ceux qui ont une autre représentation du monde que vous. Si antisionisme n’est plus un mot adapté, donnez-nous-en un qui soit à la mesure de l’occupation, de la confiscation des terres et des maisons par Israël, et nous vous rendrons celui-ci. Il est vrai que beaucoup d’entre nous ont renoncé à parler. Mais ne faites pas confiance au silence quand il n’est qu’une absence provisoire de bruit. Un mutisme obligé peut accoucher de monstres. Je vous propose pour finir ce proverbe igbo : « Le monde est comme un masque qui danse : pour bien le voir, il ne faut pas rester au même endroit. »

    • Lettre à Alain #Finkielkraut - Dominique EDDE - L’Orient-Le Jour

      En général avec Finkielkraut ou BHL, je préfère quand on les ignore tant leur pensée est totalement oblitérée, mais la lettre de Dominique Edde est tellement belle (Merci @mona de me l’avoir fait connaître sur twitter) que ça méritait d’être dûment référencé ici, voire discuté. Je vous encourage chaudement à la lire avec attention.

      Morceaux choisis :

      « Vous êtes parti sans faire de place à ma colère. »

      « votre intelligence est décidément mieux disposée à se faire entendre qu’à entendre l’autre. »

      « nous sommes défaits. Oui, le monde arabe est mort. Oui, tous les pays de la région, où je vis, sont morcelés, en miettes. Oui, la résistance palestinienne a échoué. Oui, la plupart desdites révolutions arabes ont été confisquées. Mais le souvenir n’appartient pas que je sache au seul camp du pouvoir, du vainqueur. Il n’est pas encore interdit de penser quand on est à genoux. »

      « Ne faites pas confiance au silence quand il n’est qu’une absence provisoire de bruit. Un mutisme obligé peut accoucher de monstres. Je vous propose pour finir ce proverbe igbo : « Le monde est comme un masque qui danse : pour bien le voir, il ne faut pas rester au même endroit. »

      l’islam salafiste, notre ennemi commun et, pour des raisons d’expérience, le mien avant d’être le vôtre, vous a-t-il fait plus d’une fois confondre deux milliards de musulmans et une culture millénaire avec un livre, un verset, un slogan. Pour vous, le temps s’est arrêté au moment où le nazisme a décapité l’humanité.

      #antisémitisme #anisionisme #israël #palstine #occupation #démolition #colonisation #liban #humanité #extrémisme

    • Oui, le monde arabe est mort. Oui, tous les pays de la région, où je vis, sont morcelés, en miettes. Oui, la résistance palestinienne a échoué. Oui, la plupart desdites révolutions arabes ont été confisquées. Mais le souvenir n’appartient pas que je sache au seul camp du pouvoir, du vainqueur. Il n’est pas encore interdit de penser quand on est à genoux.

    • @val_k

      Cher Alain Finkielkraut,

      Permettez-moi de commencer par vous dire « salamtak », le mot qui s’emploie en arabe pour souhaiter le meilleur à qui échappe à un accident ou, dans votre cas, une agression. La violence et la haine qui vous ont été infligées ne m’ont pas seulement indignée, elles m’ont fait mal. Parviendrais-je, dans cette situation, à trouver les mots qui vous diront simultanément ma solidarité et le fond de ma pensée ? Je vais essayer. Car, en m’adressant à vous, je m’adresse aussi, à travers vous, à ceux qui ont envie de paix.

      Peut-être vous souvenez-vous. Nous nous sommes connus au début des années 1980 à Paris, aux éditions du Seuil, et soigneusement évités depuis. Lors de l’invasion du Liban par Israël, vous n’aviez pas supporté de m’entendre dire qu’un immeuble s’était effondré comme un château de cartes sous le coup d’une bombe à fragmentation israélienne. Cette vérité-là blessait trop la vôtre pour se frayer un chemin. C’est l’arrivée impromptue dans le bureau où nous nous trouvions, de l’historien israélien Saul Friedländer, qui permit de rétablir la vérité. Il connaissait les faits. J’ai respiré. Vous êtes parti sans faire de place à ma colère. Il n’y avait de place, en vous, que pour la vôtre. Durant les décennies qui ont suivi, le syndrome s’est accentué. Vous aviez beau aimer Levinas, penseur par excellence de l’altérité, il vous devenait de plus en plus difficile, voire impossible, de céder le moindre pouce de territoire à celle ou celui que vous ressentiez comme une menace. Cette mesure d’étanchéité, parfaitement compréhensible compte tenu de l’histoire qui est la vôtre, n’eût posé aucun problème si elle ne s’était transformée en croisade intellectuelle. Cette façon que vous avez de vous mettre dans tous vos états pour peu que survienne un désaccord n’a cessé de m’inspirer, chaque fois que je vous écoute, l’empathie et l’exaspération. L’empathie, car je vous sais sincère, l’exaspération, car votre intelligence est décidément mieux disposée à se faire entendre qu’à entendre l’autre.

      Le plus clair de vos raisonnements est de manière récurrente rattrapé en chemin par votre allergie à ce qui est de nature à le ralentir, à lui faire de l’ombre. Ainsi, l’islam salafiste, notre ennemi commun et, pour des raisons d’expérience, le mien avant d’être le vôtre, vous a-t-il fait plus d’une fois confondre deux milliards de musulmans et une culture millénaire avec un livre, un verset, un slogan. Pour vous, le temps s’est arrêté au moment où le nazisme a décapité l’humanité. Il n’y avait plus d’avenir et de chemin possible que dans l’antériorité. Dans le retour à une civilisation telle qu’un Européen pouvait la rêver avant la catastrophe. Cela, j’ai d’autant moins de mal à le comprendre que j’ai la même nostalgie que vous des chantiers intellectuels du début du siècle dernier. Mais vous vous êtes autorisé cette fusion de la nostalgie et de la pensée qui, au prix de la lucidité, met la seconde au service de la première. Plus inquiétant, vous avez renoncé dans ce « monde d’hier » à ce qu’il avait de plus réjouissant : son cosmopolitisme, son mélange. Les couleurs, les langues, les visages, les mémoires qui, venues d’ailleurs, polluent le monde que vous regrettez, sont assignées par vous à disparaître ou à se faire oublier. Vous dites que deux menaces pèsent sur la France : la judéophobie et la francophobie. Pourquoi refusez-vous obstinément d’inscrire l’islamophobie dans la liste de vos inquiétudes ? Ce n’est pas faire de la place à l’islamisme que d’en faire aux musulmans. C’est même le contraire. À ne vouloir, à ne pouvoir partager votre malaise avec celui d’un nombre considérable de musulmans français, vous faites ce que le sionisme a fait à ses débuts, lorsqu’il a prétendu que la terre d’Israël était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Vous niez une partie de la réalité pour en faire exister une autre. Sans prendre la peine de vous représenter, au passage, la frustration, la rage muette de ceux qui, dans vos propos, passent à la trappe.

      Vous avez cédé à ce contre quoi Canetti nous avait brillamment mis en garde avec Masse et puissance. Vous avez développé la « phobie du contact » à partir de laquelle une communauté, repliée comme un poing fermé, se met en position de défense aveugle, n’a plus d’yeux pour voir hors d’elle-même. Cette posture typique d’une certaine politique israélienne, et non de la pensée juive, constitue, entre autre et au-delà de votre cas, la crispation qui rend impossible l’invention de la paix. C’est d’autant plus dommage qu’il y a fort à parier que le monde dont vous portez le deuil est très proche de celui d’un nombre considérable de gens qui vivent en pays arabes sous la coupe de régimes mafieux et/ou islamistes. Pourquoi ceux-là comptent-ils si peu pour vous ? Pourquoi préférez-vous mettre le paquet sur vos ennemis déclarés que donner leur chance à de potentiels amis ? Le renoncement à l’idéal, dont j’évoque longuement la nécessité dans mon dernier livre sur Edward Said, est un pas que vous ne voulez pas franchir. J’entends par idéal la projection de soi promue au rang de projet collectif. Or, le seul rêve politique qui vaille, on peut aussi l’appeler utopie, c’est celui qui prend acte de la réalité et se propose d’en tirer le meilleur et non de la mettre au pas d’un fantasme. C’est précisément le contraire de l’idéal en circuit fermé qui fonctionne sur le mode d’une fixation infantile et nous fait brusquement découvrir, à la faveur d’une mauvaise rencontre, qu’il nourrit la haine de ceux qui n’ont pas les moyens de ne pas haïr. Cet homme qui vous a injurié a tout injurié d’un coup : votre personne, les Juifs et ceux que cette ignominie écœure. Il ne suffit toutefois pas de le dire pour le combattre et moins encore pour épuiser le sujet. À cet égard, je vous remercie d’avoir précisé à la radio que l’antisémitisme et l’antisionisme ne pouvaient être confondus d’un trait.

      Peut-être aurez-vous l’oreille du pouvoir en leur faisant savoir qu’ils ne cloueront pas le bec des opposants au régime israélien en clouant le bec des enragés. On a trop l’habitude en France de prendre les mots et les esprits en otage, de privilégier l’affect au mépris de la raison chaque fois qu’est évoquée la question d’Israël et de la Palestine. On nous demande à présent de reconnaître, sans broncher, que l’antisémitisme et l’antisionisme sont des synonymes. Que l’on commence par nous dire ce que l’on entend par sionisme et donc par antisionisme. Si antisioniste signifie être contre l’existence d’Israël, je ne suis pas antisioniste. Si cela signifie, en revanche, être contre un État d’Israël, strictement juif, tel que le veulent Netanyahu et bien d’autres, alors oui, je le suis. Tout comme je suis contre toute purification ethnique. Mandela était-il antisémite au prétexte qu’il défendait des droits égaux pour les Palestiniens et les Israéliens ? L’antisémitisme et le négationnisme sont des plaies contre lesquelles je n’ai cessé de me battre comme bien d’autres intellectuels arabes. Que l’on ne nous demande pas à présent d’entériner un autre négationnisme – celui qui liquide notre mémoire – du seul fait que nous sommes défaits. Oui, le monde arabe est mort. Oui, tous les pays de la région, où je vis, sont morcelés, en miettes. Oui, la résistance palestinienne a échoué. Oui, la plupart desdites révolutions arabes ont été confisquées. Mais le souvenir n’appartient pas que je sache au seul camp du pouvoir, du vainqueur. Il n’est pas encore interdit de penser quand on est à genoux.

      Un dernier mot avant de vous quitter. Je travaille au Liban avec des femmes exilées par la guerre, de Syrie, de Palestine, d’Irak. Elles sont brodeuses. Quelques-unes sont chrétiennes, la plupart musulmanes. Parmi ces dernières, trois ont perdu un fils. Toutes sont pratiquantes. Dieu est pour ainsi dire leur seul recours, leur seule raison de vivre. Réunies autour d’une grande table, sur laquelle était posée une toile de chanvre, nous étions une douzaine à dessiner un cargo transportant un pays. Chacune y mettait un morceau du sien. L’une un tapis, l’autre une porte, une colonne romaine, un champ d’olivier, une roue à eau, un coin de mer, un village du bord de l’Euphrate. Le moment venu d’introduire ou pas un lieu de culte, la personne qui dirigeait l’atelier a souhaité qu’il n’y en ait pas. Face à la perplexité générale, il a été proposé que ces lieux, s’il devait y en avoir, soient discrets. À la suggestion d’ajouter une synagogue, l’une des femmes a aussitôt réagi par ces mots : « S’il y a une église et une mosquée, il faut mettre une synagogue pour que chacun puisse aller prier là où il veut. Et elle a ajouté avec le vocabulaire dont elle disposait : « Nous ne sommes pas antisémites, nous sommes antisionistes. » Toutes ont approuvé, faisant valoir que « dans le temps », tout ce monde-là vivait ensemble.

      Cher Alain Finkielkraut, je vous demande et je demande aux responsables politiques de ne pas minorer ces petites victoires du bon sens sur la bêtise, de la banalité du bien sur la banalité du mal. Préférez les vrais adversaires qui vous parlent aux faux amis qui vous plaignent. Aidez-nous à vous aider dans le combat contre l’antisémitisme : ne le confinez pas au recours permanent à l’injonction, l’intimidation, la mise en demeure. Ceux qui se font traiter d’antisémites sans l’être ne sont pas moins insultés que vous. Ne tranchez pas à si bon compte dans le vécu de ceux qui ont une autre représentation du monde que vous. Si antisionisme n’est plus un mot adapté, donnez-nous-en un qui soit à la mesure de l’occupation, de la confiscation des terres et des maisons par Israël, et nous vous rendrons celui-ci. Il est vrai que beaucoup d’entre nous ont renoncé à parler. Mais ne faites pas confiance au silence quand il n’est qu’une absence provisoire de bruit. Un mutisme obligé peut accoucher de monstres. Je vous propose pour finir ce proverbe igbo : « Le monde est comme un masque qui danse : pour bien le voir, il ne faut pas rester au même endroit. »

      Dominique EDDÉ est romancière et essayiste. Dernier ouvrage : « Edward Said. Le roman de sa pensée » (La Fabrique, 2017).

      –—
      Note de l’auteure

      Rédigée le 23 février dernier, cette lettre à Alain Finkielkraut a été acceptée par le journal Le Monde qui demandait qu’elle lui soit « réservée », puis elle a été recalée, sans préavis, 9 jours plus tard alors qu’elle était en route pour l’impression.

      L’article qui, en revanche, sera publié sans contrepoids ce même jour, le 5 mars, était signé par le sociologue Pierre-André Taguieff. Survol historique de la question du sionisme, de l’antisionisme et de « la diabolisation de l’État juif », il accomplit le tour de force de vider le passé et le présent de toute référence à la Palestine et aux Palestiniens. N’existe à ses yeux qu’un État juif innocent mis en péril par le Hamas. Quelques mois plus tôt, un article du sociologue Dany Trom (publié dans la revue en ligne AOC) dressait, lui aussi, un long bilan des 70 ans d’Israël, sans qu’y soient cités une seule fois, pas même par erreur, les Palestiniens.

      Cette nouvelle vague de négationnisme par omission ressemble étrangement à celle qui en 1948 installait le sionisme sur le principe d’une terre inhabitée. Derrière ce manque d’altérité ou cette manière de disposer, à sens unique, du passé et de la mémoire, se joue une partie très dangereuse. Elle est à l’origine de ma décision d’écrire cette lettre. Si j’ai choisi, après le curieux revirement du Monde, de solliciter L’Orient-Le Jour plutôt qu’un autre média français, c’est que le moment est sans doute venu pour moi de prendre la parole sur ces questions à partir du lieu qui est le mien et qui me permet de rappeler au passage que s’y trouvent par centaines de milliers les réfugiés palestiniens, victimes de 1948 et de 1967.

      Alors que j’écris ces lignes, j’apprends qu’a eu lieu, cette semaine, un défilé antisémite en Belgique, dans le cadre d’un carnaval à Alost. On peine à croire que la haine et la bêtise puissent franchir de telles bornes. On peine aussi à trouver les mots qui tiennent tous les bouts. Je ne cesserai, pour ma part, d’essayer de me battre avec le peu de moyens dont je dispose contre la haine des Juifs et le négationnisme, contre le fanatisme islamiste et les dictatures, contre la politique coloniale israélienne. De tels efforts s’avèrent de plus en plus dérisoires tant la brutalité ou la surdité ont partout des longueurs d’avance.

      Que les choses soient claires : l’antisémitisme n’est pas, de mon point de vue, un racisme comme un autre. Il est le mal qui signe la limite irrationnelle de l’humain dans notre humanité. Le combattre de toutes nos forces n’est pas affaiblir la Palestine, c’est la renforcer. Alerter un certain milieu intellectuel et politique sur les dangers d’une mémoire sioniste exclusive, c’est l’alerter sur la grave injustice qu’elle signifie, mais aussi sur le désastreux effet d’huile sur le feu antisémite que peut produire cette occultation de l’autre.

      D.E.

    • Et aussi

      Note de l’auteure

      Rédigée le 23 février dernier, cette lettre à Alain Finkielkraut a été acceptée par le journal Le Monde qui demandait qu’elle lui soit « réservée », puis elle a été recalée, sans préavis, 9 jours plus tard alors qu’elle était en route pour l’impression.

      L’article qui, en revanche, sera publié sans contrepoids ce même jour, le 5 mars, était signé par le sociologue Pierre-André Taguieff. Survol historique de la question du sionisme, de l’antisionisme et de « la diabolisation de l’État juif », il accomplit le tour de force de vider le passé et le présent de toute référence à la Palestine et aux Palestiniens. N’existe à ses yeux qu’un État juif innocent mis en péril par le Hamas. Quelques mois plus tôt, un article du sociologue Dany Trom (publié dans la revue en ligne AOC) dressait, lui aussi, un long bilan des 70 ans d’Israël, sans qu’y soient cités une seule fois, pas même par erreur, les Palestiniens.


      #le_monde

    • @touti : quand tu préconises Tor, c’est « Tor Browser » ou le réseau Tor ? J’ai pas encore osé me lancer dans ce truc car ça m’a l’air complexe.
      Sinon, j’utilise un service qui fournit des accès à des VPN, ce qui me permet de « délocaliser » mon IP, d’anonymiser mes connections et d’en crypter le contenu. Ça s’appelle « Cyberghost » et c’est payant aussi, mais bon ...

    • Oui TOR browser, et ça utilise le réseau TOR, faut arrêter d’avoir peur (les médias dominants ont bien travaillé avec le dark web, raaaa bouououuoouh TOR c’est le mal) , c’est aussi simple que n’importe quel navigateur.

    • Euh ... En fait, c’est pas le darquouèbe qui me fout les jetons, c’est la complexité technique du bouzin. Faudra que je teste sur une vieille machine sous Linux.
      Sinon, à propos de Cyberghost, un peu de doc ici même :
      https://www.tomsguide.com/us/cyberghost-vpn,review-4458.html

      Mais si j’arrive à maîtriser Tor (et son « brouteur »), j’abandonne derechef mon service payant. (Désolé @monolecte d’avoir squatté ton post avec mes angoisses techniques.)

    • Non mais ya rien à faire, tu ouvres TorBrowser et c’est fini. C’est juste un Firefox pré-configuré pour passer par Tor. Dès que tu l’allumes il fait un chemin au hasard dans les nœuds Tor, et du coup c’est comme si tu faisais ta requête depuis ailleurs (mais le nœud sortant est aussi en France). À tout moment t’as une entrée de menu « rouvrir avec un autre chemin » si tu veux le changer.

  • Zerstörung der Erde : Ein größenwahnsinniger Plan soll das Überleben der Menschheit sichern
    https://www.msn.com/de-at/nachrichten/wissenundtechnik/zerst%C3%B6rung-der-erde-ein-gr%C3%B6%C3%9Fenwahnsinniger-plan-soll-das-%C3%BCberleben-der-menschheit-sichern/ar-BBP3cbl
    https://img-s-msn-com.akamaized.net/tenant/amp/entityid/BBP3cbj.img
    Voilà encore une proposition farfelue pour « sauver la terre » ou plutôt les élites du monde. Bienvenu à l’élysée.

    Asteroiden, die auf der Erde einschlagen, die kontinuierliche Erderwärmung und viele weitere gefährliche Faktoren bedrohen die Zukunft der Erde. Das hat sich nun das niederländische Biotech-Startup Spacelife Origin zum Anlass genommen, um eine Idee zu entwickeln, wie das menschliche Leben gesichert werden kann. Samen-Eizellen-Satelliten und künstliche Befruchtung im Weltraum sollen diesen Plan umsetzen. Laut der „Welt“ soll die erste Geburt im Weltall schon 2024 stattfinden.

    Der Transport von Samen oder Eizellen ins All, die verwendet werden sollen, um die Erde nach einer Katastrophe wiederzubevölkern, soll zwischen 30.000 und 125.000 US-Dollar kosten, heißt es in der „Welt“ weiter. Der Preis für die künstliche Befruchtung im „Space Embryo Incubator“, der jedoch noch konzipiert werden muss, soll allerdings zwischen 250.000 und fünf Millionen Dollar liegen.
    Plan beinhaltet dreistufiges Konzept

    Die Biotechnikfirma, die vom Unternehmer Kees Mulder gegründet wurde, sieht für ihren Plan ein dreistufiges Konzept vor. Die erste Stufe „Missions Ark“ sieht vor, dass in Satellitenkugeln die Samen und Eizellen ab 2020 ins Weltall befördert werden. „Missions Lotus“ ist die nächste Stufe und die beinhaltet die künstliche Befruchtung im All. Die dritte Stufe „Missions Cradle“ sieht im Jahr 2024 schon die erste Geburt im Weltraum vor.

    #science-fiction #humanité #crise #it_has_begun

  • "Lanceurs d’alerte ou survivalistes sectaires : qui sont vraiment les collapsologues ?"

    « En fait, presque tout se jouera sur le terrain de l’imagination. [...] Nous avons grandement besoin de nouveaux récits transformatifs pour entrer dans une grande période d’incertitude, des histoires qui raconteraient la réussite d’une génération à s’affranchir des énergies fossiles grâce à l’entraide et à la coopération. » L’entraide, la coopération, la constitution de communautés résilientes : des solutions qui s’apparentent bien souvent à une réactivation de celles promues en son temps par le courant décroissant.
    #collapsologie #collapsologue #entraide #coopération #FinDuMonde #climat #effondrement #EffondrementClimatique #ZAD #humanité #alternatives

    https://usbeketrica.com/article/lanceurs-d-alerte-ou-survivalistes-sectaires-qui-sont-vraiment-les-coll

  • The Woman With Lapis Lazuli in Her Teeth - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/science/archive/2019/01/the-woman-with-lapis-lazuli-in-her-teeth/579760

    Who was that person? A woman, first of all. According to radiocarbon dating, she lived around 997 to 1162, and she was buried at a women’s monastery in Dalheim, Germany. And so these embedded blue particles in her teeth illuminate a forgotten history of medieval manuscripts: Not just monks made them. In the medieval ages, nuns also produced the famously laborious and beautiful books. And some of these women must have been very good, if they were using pigment as precious and rare as ultramarine.

    (...) art experts were still skeptical. Some dismissed the idea that a woman could have been a painter skilled enough to work with ultramarine. One suggested to Warinner that this woman came into contact with ultramarine because she was simply the cleaning lady.

    #archéologie #femmes #nonnes_copistes #historicisation via @arnicas

  • Départ subit du président de la Banque mondiale
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/01/07/20002-20190107ARTFIG00297-depart-subit-du-president-de-la-banque-mondiale.p

    Jim Yong Kim dirigeait la Banque mondiale depuis six ans, et son mandat n’expirait qu’en 2022. Son départ sera effectif le 1er février.

    Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a créé la surprise, lundi, en annonçant sa démission. Son départ sera effectif le 1er février, alors que son second mandat expirait en 2022. L’Américain d’origine coréenne, né à Séoul, dirigeait depuis six ans l’organisation internationale dédiée au développement, à la lutte contre la pauvreté et qui se focalise aussi sur le réchauffement climatique. Sans préciser la raison de son départ, le communiqué indique seulement qu’il va rejoindre « une société » et se concentrer « sur les investissements dans les infrastructures dans les pays en développement ».


    . . . . . .
    Âgé de 59 ans, médecin de formation, il est passé par l’Organisation mondiale de la santé de 2003 à 2006 où il a dirigé le département sur le sida. En plus de travailler sur les infrastructures, il va rejoindre le conseil d’administration de Partners in Health (PIH), institution dédiée à la santé des populations défavorisées qu’il a créée il y a plus de trente ans. En attendant la nomination du prochain président, l’intérim sera assuré par Kristalina Georgieva, l’actuelle directrice générale de la Banque mondiale. Selon la procédure, c’est le comité exécutif qui décide sur une liste restreinte de trois candidats.

    #banque #finance #MDR #courage_fuyons #crise un #bienfaiteur de l’#humanité s’en va.

  • A Database of Fugitive Slave Ads Reveals Thousands of Untold Resistance Stories
    https://hyperallergic.com/435183/freedom-on-the-move

    Readers of the May 24, 1796 Pennsylvania Gazette found an advertisement offering ten dollars to any person who would apprehend Oney Judge, an enslaved woman who had fled from President George Washington’s Virginia plantation, Mount Vernon. The notice described her in detail as a “light mulatto girl, much freckled, with very black eyes and bushy black hair,” as well as her skills at mending clothes, and that she “may attempt to escape by water … it is probable she will attempt to pass as a free woman, and has, it is said, wherewithal to pay her passage.” She did indeed board a ship called the Nancy and made it to New Hampshire, where she later married a free black sailor, although she was herself never freed by the Washingtons and remained a fugitive.

    The advertisement is one of thousands that were printed in newspapers during colonial and pre-Civil War slavery in the United States. The Freedom on the Move (FOTM) public database project, now being developed at Cornell University, is the first major digital database to organize together North American fugitive slave ads from regional, state, and other collections. FOTM recently received its second of its two National Endowment for the Humanities (NEH) digital humanities grants.

    Runaway Slaves in Britain :: Home
    https://www.runaways.gla.ac.uk

  • A Saint-Nazaire : « Je ne suis pas en lutte, je suis une lutte » 15 DÉCEMBRE 2018
    PAR PIERRE-YVES BULTEAU

    L’ancienne sous-préfecture de la ville de Loire-Atlantique a fait place à une réquisition citoyenne. Le lieu a été baptisé « Maison du peuple ». De façon autogérée, on y discute du sens de la démocratie, comme de l’impact de la lutte sur ceux qui la mènent.

    Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), de notre envoyé spécial.- « Je ne suis pas en lutte, je suis une lutte. » Jonathan, que tout le monde ici appelle affectueusement Yoyo, est un gaillard aux cheveux gominés, à la voix voilée par les gaz lacrymos respirés et les centaines de roulées grillées. Alors qu’il était en train de monter un restaurant avec son frère, il a tout arrêté. « Tellement j’ai trouvé en ce lieu du cœur et de l’humanité. »

    La Maison du peuple de Saint-Nazaire représente le symbole de ce qui se joue depuis cinq semaines, partout en France. Un relais populaire et autogéré créé en réponse à « un monde soudain devenu injustifiable aux yeux de tous », selon la formule de l’écrivaine Leslie Kaplan.

    Ancienne agence Assedic, devenue un temps sous-préfecture, le bâtiment de centre-ville a récemment été vendu par l’État à un promoteur immobilier. « Il avait prévu d’en faire sortir 72 logements, explique Ludovic, en taxant une clope à Yoyo. Le permis de démolition était signé. Les pelleteuses devaient tout raser. Au lieu de ça, on l’occupe depuis le 24 novembre dernier. »

    La démolition architecturale a laissé place à la construction des consciences. Une réquisition citoyenne pour une insurrection des intelligences. Passée la frêle grille d’un vert oxydé, ce ne sont que sourires et attentions aux traits tirés qui vous accueillent. Comme si la quinzaine d’habitants à temps complet avait décidé de prolonger le mouvement, au-delà des ronds-points de la zone portuaire, malgré les annonces faites à la télévision par Emmanuel Macron, contre les récents appels à la désunion.

    Il faut dire que le peuple en gilets jaunes nazairien connaît bien l’endroit. « La plupart en étaient soit usagers, soit salariés », glisse, entre deux taffes, Ludovic, qui raconte la genèse de l’occupation : « Cela part d’une impro générale qui finit en impro géniale ! Au départ du mouvement, nous demandons à rencontrer le sous-préfet. Devant son refus, une prise de paroles démarre. Et là, le déclic. On se dit que l’on va symboliquement occuper l’ancienne sous-préfecture de la ville. » La Maison du peuple est née.

    Reste à l’organiser. De la déclaration officielle d’habitation à l’élaboration d’un contrat électricité avec justificatifs et tout le tralala administratif, la vie commune s’imagine autour de règles débattues en assemblée, toutes centrées sur ce principe fondateur : « On a emprunté un lieu en bon état et, quoi qu’il advienne, on le rendra en bon état », lance Jonathan avant de partir prendre son quart au niveau du rond-point des Six-Croix.

    Par cette autodiscipline, qui a notamment vu l’alcool des premiers jours prohibé, les occupants de la Maison du peuple devancent aussi leur possible expulsion par la force publique. « Même si les flics ne nous gênent pas, précise Ludovic, et ce malgré un dépôt de plainte du promoteur. » Pas vraiment de quoi inquiéter ce militant, passé par Attac et les collectifs pour le climat. « Il y a tellement de choses profondes qui se jouent ici, un tel apprentissage de la démocratie, qu’on a du mal à s’imaginer que tout puisse s’arrêter. »

    Après trois semaines d’occupation, l’arrêt de ce bouillonnement, peu en parlent, tous y pensent. Et, alors que le coup de mou des AG quotidiennes, de la planification de l’occupation du port, de la gestion des envies diverses et variées se fait ressentir, le coup de boost arrive parfois par le bus.

    Comme en ce lendemain d’allocution présidentielle, qui voit cette retraitée pousser la grille de la Maison du peuple. Ludovic l’accueille de son doux sourire. Nous l’appellerons Annette. « Ce n’est pas que je n’aie pas envie de vous donner mon nom mais mon mari ne sait pas que je suis ici et, en plus, glisse-t-elle rieuse, il a voté pour Macron. » C’est sa petite-nièce qui lui a soufflé l’existence du lieu. « Moi, je n’ai pas à me plaindre, j’ai une bonne retraite, ça va. Si je suis là, c’est parce que j’ai un fils qui n’a plus de boulot, une fille en plein burn-out et un futur gendre, futur licencié. Je n’ai jamais fait de politique avant mais là, après avoir écouté Macron, je l’ai trouvé tellement lamentable qu’aujourd’hui, j’ai envie de m’engager. »

    Comme Annette, ils sont une cinquantaine à avoir franchi le pas. Pas un raz-de-marée. Une révolution intérieure pour une prise de conscience collective. Felipe est de ceux-là. La boule rasée de près, le teint buriné, ce salarié en levage-manutention « n’a jamais été militant ». Rencontré sur la petite terrasse qui borde l’entrée du bâtiment, il dit être venu et surtout resté « parce qu’ici, on se sent écouté, on peut décider. Étranglé par le quotidien, à la Maison du peuple, on apprend à se dépouiller du superflu pour gagner tellement plus ».

    Ce n’est pas Morgane qui dira le contraire. Son intervention lors de la première AG concernant le blocage de la zone portuaire va rester, pour longtemps encore, gravée dans les mémoires. « Je me souviens, c’était lors de la préparation de la première occupation du port. La tension était en train de monter. Personne n’était d’accord sur la stratégie à adopter et puis je me suis levée, j’ai dit qu’on était là pour apprendre, qu’on ferait sûrement des erreurs, qu’on en tirerait des leçons et que, de toute façon et quoi qu’il se passe, nous continuerons d’avancer. »

    « C’était tellement émouvant, rebondit Ludovic, un de ces moments magiques que seule la lutte peut vous apporter. » Un apprentissage en vitesse accélérée. Une transformation qui a également foudroyé Erwan. Depuis qu’il a poussé la grille de la Maison du peuple, il a troqué ses heures quotidiennes de jeux vidéo au profit du débat politique. « Avant, jamais tu ne m’aurais fait lire un bouquin, discuter autour d’un thème d’actualité. Aujourd’hui, je ne peux plus m’en passer », jubile-t-il.

    « Ce sont tous ces moments qui m’ont fait devenir amoureux de ce lieu, avoue Ludovic. Depuis trois semaines dans cette maison, depuis cinq semaines sur les ronds-points, on voit les exclus de la parole légitime, les privés de l’action collective reprendre le pouvoir. C’est extraordinaire. J’en ai pleuré. » Tous parlent d’un « accouchement citoyen ». Tous savent aussi que, pour durer, il va leur falloir « maintenir le lien, aujourd’hui créé ».

    La tête dans le quotidien, « épuisés par un rythme de fou », les gilets jaunes nazairiens ont trouvé le temps d’accueillir des délégations venues de Rennes, Lorient, Cholet et projettent même de converger avec leurs homologues de Commercy. Une conjonction des appels « pour préserver cette dynamique et les émancipations qui en ont surgi ». « C’est le truc qui me préoccupe le plus, dit encore Ludovic. Ne pas perdre ça. C’est tellement fort ce que l’on vit que ça ne peut pas s’arrêter comme ça. » D’autres parlent d’établir un pont avec les syndicats.

    C’est en tout cas l’avis de ce syndicaliste retraité, croisé sur le balcon de l’ancienne agence Assedic. « Si on ne se fédère pas, on est morts », tente-t-il de lancer. « Si on entre dans ce genre de calculs, de plans stratégiques, on risque de tout perdre », contrebalance Yoyo. « La mobilisation doit continuer hors de certains codes, poursuit Ludovic. Les habitants de la Maison du peuple ne les maîtrisent pas et c’est ce qui donne le côté précieux de cette mobilisation. Si on rétablit ces codes, ils risquent tous de partir et ça, rien que d’y penser, j’en ai la boule au ventre. »

    Pour continuer de rêver à demain, les gilets jaunes nazairiens comptent « sur l’intelligence collective des gens. Sur cette confiance solidement établie qui va nous permettre de trouver le rebond ». Dans une atmosphère studieuse d’où se dégagent des effluves entremêlés de pâte à crêpes et de café, certains occupants travaillent à l’idée d’organiser des « portes ouvertes » de la Maison du peuple. « Il faut profiter du fait que Saint-Nazaire soit une ville politisée, à l’identité ouvrière encore forte, pour continuer de construire un imaginaire collectif. » Arrivée depuis à peine une heure, Annette est déjà emballée, elle qui est ici « pour aider la génération de ses enfants ».

    Un engagement tracé, en lettres capitales au pinceau noir, sur une pancarte posée au détour d’un couloir. Il y est écrit ceci : « Un avenir pour nos enfants et… » Un suspens en forme de suite à imaginer. Avec les rêves, l’action et la vie en commun en guise de piliers.

    #GILETSJAUNES #MAISON_DU_PEUPLE #SAINT_NAZAIRE #Gilets_jaunes

    https://www.mediapart.fr/journal/france/151218/saint-nazaire-je-ne-suis-pas-en-lutte-je-suis-une-lutte

  • La #transition_écologique a échoué, vivons avec l’idée d’#effondrement (Valérie Garcia et Marc Pleysier, Reporterre)
    https://reporterre.net/La-transition-ecologique-a-echoue-vivons-avec-l-idee-d-effondrement

    Combien de personnes pour le Tour Alternatiba ? Quelques milliers. Combien de personnes dans la rue pour la mort de Johnny ? Des centaines de milliers. Combien de personnes pour les récentes Marches pour le #climat ? Quelques dizaines de milliers. Combien de personnes dans la rue pour le dernier épisode footballistique ? Des millions.
    […]
    L’effondrement est inévitable et cela ne veut pas dire démobilisation générale, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à faire. Cela veut dire que nous devons être plus modestes, plus humbles.
    […]
    L’effondrement n’est plus un #avenir à éviter, il n’est pas non plus un événement à passer mais une #période qui s’ouvre, une période à vivre, une période qui sera brève à l’échelle de notre #civilisation mais probablement longue dans nos agendas d’#écologistes. Créer des espaces de #résilience, préserver de l’#humanité et de la dignité au sein de la tourmente, accueillir tous ceux qui voudront bien nous rejoindre sont des objectifs certes plus modestes que celui de la #transition de l’ensemble de la #société mais ils sont à notre mesure.

  • Tech suffers from lack of humanities, says Mozilla head | Technology | The Guardian
    https://www.theguardian.com/technology/2018/oct/12/tech-humanities-misinformation-philosophy-psychology-graduates-mozilla-

    Mitchell Baker, head of the Mozilla Foundation, has warned that hiring employees who mainly come from Stem – science, technology, engineering and maths – will produce a new generation of technologists with the same blindspots as those who are currently in charge, a move that will “come back to bite us”.

    “Stem is a necessity, and educating more people in Stem topics clearly critical,” Baker told the Guardian. “Every student of today needs some higher level of literacy across the Stem bases.

    “But one thing that’s happened in 2018 is that we’ve looked at the platforms, and the thinking behind the platforms, and the lack of focus on impact or result. It crystallised for me that if we have Stem education without the humanities, or without ethics, or without understanding human behaviour, then we are intentionally building the next generation of technologists who have not even the framework or the education or vocabulary to think about the relationship of Stem to society or humans or life.”

    “We need to be adding not social sciences of the past, but something related to humanity and how to think about the effects of technology on humanity – which is partly sociology, partly anthropology, partly psychology, partly philosophy, partly ethics … it’s some new formulation of all of those things, as part of a Stem education,” Baker told the Guardian.

    “Otherwise we’ll have ourselves to blame, for generations of technologists who don’t even have the toolsets to add these things in.”

    Kathy Pham, the computer scientist at Mozilla who is leading the challenge, said “Students of computer science go on to be the next leaders and creators in the world, and must understand how code intersects with human behaviour, privacy, safety, vulnerability, equality, and many other factors.

    “Just like how algorithms, data structures, and networking are core computer science classes, we are excited to help empower faculty to also teach ethics and responsibility as an integrated core tenet of the curriculum.”

    #Mozilla #Développeurs #Education #Université #Humanités

  • Journée d’étude : encoder numériquement une édition critique - Geekographie Maïeulesque
    https://geekographie.maieul.net/218

    J’ai le plaisir de vous annoncer une journée d’étude le 1er février 2019 à l’Université de Lausanne intitulé « Encoder numériquement une édition critique : Enjeux scientifiques et techniques ».
    Présentation

    Une édition critique cherche à reconstituer un texte ancien sur la base de ses témoins manuscrits et de sa tradition indirecte. Outre l’établissement de ce texte, l’édition critique inclut une liste de variantes de différents témoins ainsi que, généralement, un apparat des sources, des notes scientifiques et un index.

    L’outil informatique s’avère être d’une aide précieuse pour l’établissement d’une telle édition critique, que ce soit pour la comparaison des témoins et leur classement ou pour la mise en forme proprement dite de l’édition critique.

    La présente journée se propose d’étudier un aspect rarement abordé dans cette problématique : la manière dont peut être encodée l’édition critique elle-même, c’est-à-dire l’ensemble constitué par le texte établi, les variantes des manuscrits et les différents apparats.

    En effet, si tout travail informatique débute nécessairement en définissant comment structurer les données, le choix d’une structure particulière n’est pas anodin. Non seulement ce choix conditionne en tout ou partie les traitements possibles mais, plus fondamentalement, il reflète une certaine compréhension des données.

    À ce titre, la structure informatique d’une édition critique ne constitue pas un détail technique, mais témoigne d’abord d’une perspective philologique sur ce que sont un texte, des variantes, des témoins.

    #philologie #humanités_numériques et aussi #LaTeX

  • Vu sur Twitter :

    M.Potte-Bonneville @pottebonneville a retweeté Catherine Boitard

    Vous vous souvenez ? Elle avait sauvé ses compagnons en tirant l’embarcation à la nage pendant trois heures : Sarah Mardini, nageuse olympique et réfugiée syrienne, est arrêtée pour aide à l’immigration irrégulière.

    Les olympiades de la honte 2018 promettent de beaux records

    M.Potte-Bonneville @pottebonneville a retweeté Catherine Boitard @catboitard :

    Avec sa soeur Yusra, nageuse olympique et distinguée par l’ONU, elle avait sauvé 18 réfugiés de la noyade à leur arrivée en Grèce. La réfugiée syrienne Sarah Mardini, boursière à Berlin et volontaire de l’ONG ERCI, a été arrêtée à Lesbos pour aide à immigration irrégulière

    #migration #asile #syrie #grèce #solidarité #humanité

    • GRÈCE : LA POLICE ARRÊTE 30 MEMBRES D’UNE ONG D’AIDE AUX RÉFUGIÉS

      La police a arrêté, mardi 28 août, 30 membres de l’ONG grecque #ERCI, dont les soeurs syriennes Yusra et Sarah Mardini, qui avaient sauvé la vie à 18 personnes en 2015. Les militant.e.s sont accusés d’avoir aidé des migrants à entrer illégalement sur le territoire grec via l’île de Lesbos. Ils déclarent avoir agi dans le cadre de l’assistance à personnes en danger.

      Par Marina Rafenberg

      L’ONG grecque Emergency response centre international (ERCY) était présente sur l’île de Lesbos depuis 2015 pour venir en aide aux réfugiés. Depuis mardi 28 août, ses 30 membres sont poursuivis pour avoir « facilité l’entrée illégale d’étrangers sur le territoire grec » en vue de gains financiers, selon le communiqué de la police grecque.

      L’enquête a commencé en février 2018, rapporte le site d’information protagon.gr, lorsqu’une Jeep portant une fausse plaque d’immatriculation de l’armée grecque a été découverte par la police sur une plage, attendant l’arrivée d’une barque pleine de réfugiés en provenance de Turquie. Les membres de l’ONG, six Grecs et 24 ressortissants étrangers, sont accusés d’avoir été informés à l’avance par des personnes présentes du côté turc des heures et des lieux d’arrivée des barques de migrants, d’avoir organisé l’accueil de ces réfugiés sans en informer les autorités locales et d’avoir surveillé illégalement les communications radio entre les autorités grecques et étrangères, dont Frontex, l’agence européenne des gardes-cotes et gardes-frontières. Les crimes pour lesquels ils sont inculpés – participation à une organisation criminelle, violation de secrets d’État et recel – sont passibles de la réclusion à perpétuité.

      Parmi les membres de l’ONG grecque arrêtés se trouve Yusra et Sarah Mardini, deux sœurs nageuses et réfugiées syrienne qui avaient sauvé 18 personnes de la noyade lors de leur traversée de la mer Égée en août 2015. Depuis Yusra a participé aux Jeux Olympiques de Rio, est devenue ambassadrice de l’ONU et a écrit un livre, Butterfly. Sarah avait quant à elle décidé d’aider à son tour les réfugiés qui traversaient dangereusement la mer Égée sur des bateaux de fortune et s’était engagée comme bénévole dans l’ONG ERCI durant l’été 2016.

      Sarah a été arrêtée le 21 août à l’aéroport de Lesbos alors qu’elle devait rejoindre Berlin où elle vit avec sa famille. Le 3 septembre, elle devait commencer son année universitaire au collège Bard en sciences sociales. La jeune Syrienne de 23 ans a été transférée à la prison de Korydallos, à Athènes, dans l’attente de son procès. Son avocat a demandé mercredi sa remise en liberté.

      Ce n’est pas la première fois que des ONG basées à Lesbos ont des soucis avec la justice grecque. Des membres de l’ONG espagnole Proem-Aid avaient aussi été accusés d’avoir participé à l’entrée illégale de réfugiés sur l’île. Ils ont été relaxés en mai dernier. D’après le ministère de la Marine, 114 ONG ont été enregistrées sur l’île, dont les activités souvent difficilement contrôlables inquiètent le gouvernement grec et ses partenaires européens.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Une-ONG-accusee-d-aide-a-l-entree-irreguliere-de-migrants

      #grèce #asile #migrations #réfugiés #solidarité #délit_de_solidarité

    • Arrest of Syrian ’hero swimmer’ puts Lesbos refugees back in spotlight

      Sara Mardini’s case adds to fears that rescue work is being criminalised and raises questions about NGO.

      Greece’s high-security #Korydallos prison acknowledges that #Sara_Mardini is one of its rarer inmates. For a week, the Syrian refugee, a hero among human rights defenders, has been detained in its women’s wing on charges so serious they have elicited baffled dismay.

      The 23-year-old, who saved 18 refugees in 2015 by swimming their waterlogged dingy to the shores of Lesbos with her Olympian sister, is accused of people smuggling, espionage and membership of a criminal organisation – crimes allegedly committed since returning to work with an NGO on the island. Under Greek law, Mardini can be held in custody pending trial for up to 18 months.

      “She is in a state of disbelief,” said her lawyer, Haris Petsalnikos, who has petitioned for her release. “The accusations are more about criminalising humanitarian action. Sara wasn’t even here when these alleged crimes took place but as charges they are serious, perhaps the most serious any aid worker has ever faced.”

      Mardini’s arrival to Europe might have gone unnoticed had it not been for the extraordinary courage she and younger sister, Yusra, exhibited guiding their boat to safety after the engine failed during the treacherous crossing from Turkey. Both were elite swimmers, with Yusra going on to compete in the 2016 Rio Olympics.

      The sisters, whose story is the basis of a forthcoming film by the British director Stephen Daldry, were credited with saving the lives of their fellow passengers. In Germany, their adopted homeland, the pair has since been accorded star status.

      It was because of her inspiring story that Mardini was approached by Emergency Response Centre International, ERCI, on Lesbos. “After risking her own life to save 18 people … not only has she come back to ground zero, but she is here to ensure that no more lives get lost on this perilous journey,” it said after Mardini agreed to join its ranks in 2016.

      After her first stint with ERCI, she again returned to Lesbos last December to volunteer with the aid group. And until 21 August there was nothing to suggest her second spell had not gone well. But as Mardini waited at Mytilini airport to head back to Germany, and a scholarship at Bard College in Berlin, she was arrested. Soon after that, police also arrested ERCI’s field director, Nassos Karakitsos, a former Greek naval force officer, and Sean Binder, a German volunteer who lives in Ireland. All three have protested their innocence.

      The arrests come as signs of a global clampdown on solidarity networks mount. From Russia to Spain, European human rights workers have been targeted in what campaigners call an increasingly sinister attempt to silence civil society in the name of security.

      “There is the concern that this is another example of civil society being closed down by the state,” said Jonathan Cooper, an international human rights lawyer in London. “What we are really seeing is Greek authorities using Sara to send a very worrying message that if you volunteer for refugee work you do so at your peril.”

      But amid concerns about heavy-handed tactics humanitarians face, Greek police say there are others who see a murky side to the story, one ofpeople trafficking and young volunteers being duped into participating in a criminal network unwittingly. In that scenario,the Mardini sisters would make prime targets.

      Greek authorities spent six months investigating the affair. Agents were flown into Lesbos from Athens and Thessaloniki. In an unusually long and detailed statement, last week, Mytilini police said that while posing as a non-profit organisation, ERCI had acted with the sole purpose of profiteering by bringing people illegally into Greece via the north-eastern Aegean islands.

      Members had intercepted Greek and European coastguard radio transmissions to gain advance notification of the location of smugglers’ boats, police said, and that 30, mostly foreign nationals, were lined up to be questioned in connection with the alleged activities. Other “similar organisations” had also collaborated in what was described as “an informal plan to confront emergency situations”, they added.

      Suspicions were first raised, police said, when Mardini and Binder were stopped in February driving a former military 4X4 with false number plates. ERCI remained unnamed until the release of the charge sheets for the pair and that of Karakitsos.

      Lesbos has long been on the frontline of the refugee crisis, attracting idealists and charity workers. Until a dramatic decline in migration numbers via the eastern Mediterranean in March 2016, when a landmark deal was signed between the EU and Turkey, the island was the main entry point to Europe.

      An estimated 114 NGOs and 7,356 volunteers are based on Lesbos, according to Greek authorities. Local officials talk of “an industry”, and with more than 10,000 refugees there and the mood at boiling point, accusations of NGOs acting as a “pull factor” are rife.

      “Sara’s motive for going back this year was purely humanitarian,” said Oceanne Fry, a fellow student who in June worked alongside her at a day clinic in the refugee reception centre.

      “At no point was there any indication of illegal activity by the group … but I can attest to the fact that, other than our intake meeting, none of the volunteers ever met, or interacted, with its leadership.”

      The mayor of Lesbos, Spyros Galinos, said he has seen “good and bad” in the humanitarian movement since the start of the refugee crisis.

      “Everything is possible,. There is no doubt that some NGOs have exploited the situation. The police announcement was uncommonly harsh. For a long time I have been saying that we just don’t need all these NGOs. When the crisis erupted, yes, the state was woefully unprepared but now that isn’t the case.”

      Attempts to contact ERCI were unsuccessful. Neither a telephone number nor an office address – in a scruffy downtown building listed by the aid group on social media – appeared to have any relation to it.

      In a statement released more than a week after Mardini’s arrest, ERCI denied the allegations, saying it had fallen victim to “unfounded claims, accusations and charges”. But it failed to make any mention of Mardini.

      “It makes no sense at all,” said Amed Khan, a New York financier turned philanthropist who has donated boats for ERCI’s search and rescue operations. To accuse any of them of human trafficking is crazy.

      “In today’s fortress Europe you have to wonder whether Brussels isn’t behind it, whether this isn’t a concerted effort to put a chill on civil society volunteers who are just trying to help. After all, we’re talking about grassroots organisations with global values that stepped up into the space left by authorities failing to do their bit.”


      https://amp.theguardian.com/world/2018/sep/06/arrest-of-syrian-hero-swimmer-lesbos-refugees-sara-mardini?CMP=shar

      #Sarah_Mardini

    • The volunteers facing jail for rescuing migrants in the Mediterranean

      The risk of refugees and migrants drowning in the Mediterranean has increased dramatically over the past few years.

      As the European Union pursued a policy of externalisation, voluntary groups stepped in to save the thousands of people making the dangerous crossing. One by one, they are now criminalised.

      The arrest of Sarah Mardini, one of two Syrian sisters who saved a number of refugees in 2015 by pulling their sinking dinghy to Greece, has brought the issue to international attention.

      The Trial

      There aren’t chairs enough for the people gathered in Mytilíni Court. Salam Aldeen sits front row to the right. He has a nervous smile on his face, mouth half open, the tongue playing over his lips.

      Noise emanates from the queue forming in the hallway as spectators struggle for a peak through the door’s windows. The morning heat is already thick and moist – not helped by the two unplugged fans hovering motionless in dead air.

      Police officers with uneasy looks, 15 of them, lean up against the cooling walls of the court. From over the judge, a golden Jesus icon looks down on the assembly. For the sunny holiday town on Lesbos, Greece, this is not a normal court proceeding.

      Outside the court, international media has unpacked their cameras and unloaded their equipment. They’ve come from the New York Times, Deutsche Welle, Danish, Greek and Spanish media along with two separate documentary teams.

      There is no way of knowing when the trial will end. Maybe in a couple of days, some of the journalists say, others point to the unpredictability of the Greek judicial system. If the authorities decide to make a principle out of the case, this could take months.

      Salam Aldeen, in a dark blue jacket, white shirt and tie, knows this. He is charged with human smuggling and faces life in jail.

      More than 16,000 people have drowned in less than five years trying to cross the Mediterranean. That’s an average of ten people dying every day outside Europe’s southern border – more than the Russia-Ukraine conflict over the same period.

      In 2015, when more than one million refugees crossed the Mediterranean, the official death toll was around 3,700. A year later, the number of migrants dropped by two thirds – but the death toll increased to more than 5,000. With still fewer migrants crossing during 2017 and the first half of 2018, one would expect the rate of surviving to pick up.

      The numbers, however, tell a different story. For a refugee setting out to cross the Mediterranean today, the risk of drowning has significantly increased.

      The deaths of thousands of people don’t happen in a vacuum. And it would be impossible to explain the increased risks of crossing without considering recent changes in EU-policies towards migration in the Mediterranean.

      The criminalisation of a Danish NGO-worker on the tiny Greek island of Lesbos might help us understand the deeper layers of EU immigration policy.

      The deterrence effect

      On 27 March 2011, 72 migrants flee Tripoli and squeeze into a 12m long rubber dinghy with a max capacity of 25 people. They start the outboard engine and set out in the Mediterranean night, bound for the Italian island of Lampedusa. In the morning, they are registered by a French aircraft flying over. The migrants stay on course. But 18 hours into their voyage, they send out a distress-call from a satellite phone. The signal is picked up by the rescue centre in Rome who alerts other vessels in the area.

      Two hours later, a military helicopter flies over the boat. At this point, the migrants accidentally drop their satellite phone in the sea. In the hours to follow, the migrants encounter several fishing boats – but their call of distress is ignored. As day turns into night, a second helicopter appears and drops rations of water and biscuits before leaving.

      And then, the following morning on 28 March – the migrants run out of fuel. Left at the mercy of wind and oceanic currents, the migrants embark on a hopeless journey. They drift south; exactly where they came from.

      They don’t see any ships the following day. Nor the next; a whole week goes by without contact to the outside world. But then, somewhere between 3 and 5 April, a military vessel appears on the horizon. It moves in on the migrants and circle their boat.

      The migrants, exhausted and on the brink of despair, wave and signal distress. But as suddenly as it arrived, the military vessel turns around and disappears. And all hope with it.

      On April 10, almost a week later, the migrant vessel lands on a beach south of Tripoli. Of the 72 passengers who left 2 weeks ago, only 11 make it back alive. Two die shortly hereafter.

      Lorenzo Pezzani, lecturer at Forensic Architecture at Goldsmiths University of London, was stunned when he read about the case. In 2011, he was still a PhD student developing new spatial and aesthetic visual tools to document human rights violations. Concerned with the rising number of migrant deaths in the Mediterranean, Lorenzo Pezzani and his colleague Charles Heller founded Forensic Oceanography, an affiliated group to Forensic Architecture. Their first project was to uncover the events and policies leading to a vessel left adrift in full knowledge by international rescue operations.

      It was the public outrage fuelled by the 2013 Lampedusa shipwreck which eventually led to the deployment of Operation Mare Nostrum. At this point, the largest migration of people since the Second World War, the Syrian exodus, could no longer be contained within Syria’s neighbouring countries. At the same time, a relative stability in Libya after the fall of Gaddafi in 2011 descended into civil war; waves of migrants started to cross the Mediterranean.

      From October 2013, Mare Nostrum broke with the reigning EU-policy of non-interference and deployed Italian naval vessels, planes and helicopters at a monthly cost of €9.5 million. The scale was unprecedented; saving lives became the political priority over policing and border control. In terms of lives saved, the operation was an undisputed success. Its own life, however, would be short.

      A critical narrative formed on the political right and was amplified by sections of the media: Mare Nostrum was accused of emboldening Libyan smugglers who – knowing rescue ships were waiting – would send out more migrants. In this understanding, Mare Nostrum constituted a so-called “pull factor” on migrants from North African countries. A year after its inception, Mare Nostrum was terminated.

      In late 2014, Mare Nostrum was replaced by Operation Triton led by Frontex, the European Border and Coast Guard Agency, with an initial budget of €2.4 million per month. Triton refocused on border control instead of sea rescues in an area much closer to Italian shores. This was a return to the pre-Mare Nostrum policy of non-assistance to deter migrants from crossing. But not only did the change of policy fail to act as a deterrence against the thousands of migrants still crossing the Mediterranean, it also left a huge gap between the amount of boats in distress and operational rescue vessels. A gap increasingly filled by merchant vessels.

      Merchant vessels, however, do not have the equipment or training to handle rescues of this volume. On 31 March 2015, the shipping community made a call to EU-politicians warning of a “terrible risk of further catastrophic loss of life as ever-more desperate people attempt this deadly sea crossing”. Between 1 January and 20 May 2015, merchant ships rescued 12.000 people – 30 per cent of the total number rescued in the Mediterranean.

      As the shipping community had already foreseen, the new policy of non-assistance as deterrence led to several horrific incidents. These culminated in two catastrophic shipwrecks on 12 and 18 April 2015 and the death of 1,200 people. In both cases, merchant vessels were right next to the overcrowded migrant boats when chaotic rescue attempts caused the migrant boats to take in water and eventually sink. The crew of the merchant vessels could only watch as hundreds of people disappeared in the ocean.

      Back in 1990, the Dublin Convention declared that the first EU-country an asylum seeker enters is responsible for accepting or rejecting the claim. No one in 1990 had expected the Syrian exodus of 2015 – nor the gigantic pressure it would put on just a handful of member states. No other EU-member felt the ineptitudes and total unpreparedness of the immigration system than a country already knee-deep in a harrowing economic crisis. That country was Greece.

      In September 2015, when the world saw the picture of a three-year old Syrian boy, Alan Kurdi, washed up on a beach in Turkey, Europe was already months into what was readily called a “refugee crisis”. Greece was overwhelmed by the hundreds of thousands of people fleeing the Syrian war. During the following month alone, a staggering 200.000 migrants crossed the Aegean Sea from Turkey to reach Europe. With a minimum of institutional support, it was volunteers like Salam Aldeen who helped reduce the overall number of casualties.

      The peak of migrants entered Greece that autumn but huge numbers kept arriving throughout the winter – in worsening sea conditions. Salam Aldeen recalls one December morning on Lesbos.

      The EU-Turkey deal

      And then, from one day to the next, the EU-Turkey deal changed everything. There was a virtual stop of people crossing from Turkey to Greece. From a perspective of deterrence, the agreement was an instant success. In all its simplicity, Turkey had agreed to contain and prevent refugees from reaching the EU – by land or by sea. For this, Turkey would be given a monetary compensation.

      But opponents of the deal included major human rights organisations. Simply paying Turkey a formidable sum of money (€6 billion to this date) to prevent migrants from reaching EU-borders was feared to be a symptom of an ‘out of sight, out of mind’ attitude pervasive among EU decision makers. Moreover, just like Libya in 2015 threatened to flood Europe with migrants, the Turkish President Erdogan would suddenly have a powerful geopolitical card on his hands. A concern that would later be confirmed by EU’s vague response to Erdogan’s crackdown on Turkish opposition.

      As immigration dwindled in Greece, the flow of migrants and refugees continued and increased in the Central Mediterranean during the summer of 2016. At the same time, disorganised Libyan militias were now running the smuggling business and exploited people more ruthlessly than ever before. Migrant boats without satellite phones or enough provision or fuel became increasingly common. Due to safety concerns, merchant vessels were more reluctant to assist in rescue operations. The death toll increased.
      A Conspiracy?

      Frustrated with the perceived apathy of EU states, Non-governmental organisations (NGOs) responded to the situation. At its peak, 12 search and rescue NGO vessels were operating in the Mediterranean and while the European Border and Coast Guard Agency (Frontex) paused many of its operations during the fall and winter of 2016, the remaining NGO vessels did the bulk of the work. Under increasingly dangerous weather conditions, 47 per cent of all November rescues were carried out by NGOs.

      Around this time, the first accusations were launched against rescue NGOs from ‘alt-right’ groups. Accusations, it should be noted, conspicuously like the ones sounded against Mare Nostrum. Just like in 2014, Frontex and EU-politicians followed up and accused NGOs of posing a “pull factor”. The now Italian vice-prime minister, Luigi Di Maio, went even further and denounced NGOs as “taxis for migrants”. Just like in 2014, no consideration was given to the conditions in Libya.

      Moreover, NGOs were falsely accused of collusion with Libyan smugglers. Meanwhile Italian agents had infiltrated the crew of a Save the Children rescue vessel to uncover alleged secret evidence of collusion. The German Jugendrettet NGO-vessel, Iuventa, was impounded and – echoing Salam Aldeen’s case in Greece – the captain accused of collusion with smugglers by Italian authorities.

      The attacks to delegitimise NGOs’ rescue efforts have had a clear effect: many of the NGOs have now effectively stopped their operations in the Mediterranean. Lorenzo Pezzani and Charles Heller, in their report, Mare Clausum, argued that the wave of delegitimisation of humanitarian work was just one part of a two-legged strategy – designed by the EU – to regain control over the Mediterranean.
      Migrants’ rights aren’t human rights

      Libya long ago descended into a precarious state of lawlessness. In the maelstrom of poverty, war and despair, migrants and refugees have become an exploitable resource for rivalling militias in a country where two separate governments compete for power.

      In November 2017, a CNN investigation exposed an entire industry involving slave auctions, rape and people being worked to death.

      Chief spokesman of the UN Migration Agency, Leonard Doyle, describes Libya as a “torture archipelago” where migrants transiting have no idea that they are turned into commodities to be bought, sold and discarded when they have no more value.

      Migrants intercepted by the Libyan Coast Guard (LCG) are routinely brought back to the hellish detention centres for indefinite captivity. Despite EU-leaders’ moral outcry following the exposure of the conditions in Libya, the EU continues to be instrumental in the capacity building of the LCG.

      Libya hadn’t had a functioning coast guard since the fall of Gaddafi in 2011. But starting in late 2016, the LCG received increasing funding from Italy and the EU in the form of patrol boats, training and financial support.

      Seeing the effect of the EU-Turkey deal in deterring refugees crossing the Aegean Sea, Italy and the EU have done all in their power to create a similar approach in Libya.
      The EU Summit

      Forty-two thousand undocumented migrants have so far arrived at Europe’s shores this year. That’s a fraction of the more than one million who arrived in 2015. But when EU leaders met at an “emergency summit” in Brussels in late June, the issue of migration was described by Chancellor Merkel as a “make or break” for the Union. How does this align with the dwindling numbers of refugees and migrants?

      Data released in June 2018 showed that Europeans are more concerned about immigration than any other social challenge. More than half want a ban on migration from Muslim countries. Europe, it seems, lives in two different, incompatible realities as summit after summit tries to untie the Gordian knot of the migration issue.

      Inside the courthouse in Mytilini, Salam Aldeen is questioned by the district prosecutor. The tropical temperature induces an echoing silence from the crowded spectators. The district prosecutor looks at him, open mouth, chin resting on her fist.

      She seems impatient with the translator and the process of going from Greek to English and back. Her eyes search the room. She questions him in detail about the night of arrest. He answers patiently. She wants Salam Aldeen and the four crew members to be found guilty of human smuggling.

      Salam Aldeen’s lawyer, Mr Fragkiskos Ragkousis, an elderly white-haired man, rises before the court for his final statement. An ancient statuette with his glasses in one hand. Salam’s parents sit with scared faces, they haven’t slept for two days; the father’s comforting arm covers the mother’s shoulder. Then, like a once dormant volcano, the lawyer erupts in a torrent of pathos and logos.

      “Political interests changed the truth and created this wicked situation, playing with the defendant’s freedom and honour.”

      He talks to the judge as well as the public. A tragedy, a drama unfolds. The prosecutor looks remorseful, like a small child in her large chair, almost apologetic. Defeated. He’s singing now, Ragkousis. Index finger hits the air much like thunder breaks the night sounding the roar of something eternal. He then sits and the room quiets.

      It was “without a doubt” that the judge acquitted Salam Aldeen and his four colleagues on all charges. The prosecutor both had to determine the defendants’ intention to commit the crime – and that the criminal action had been initialised. She failed at both. The case, as the Italian case against the Iuventa, was baseless.

      But EU’s policy of externalisation continues. On 17 March 2018, the ProActiva rescue vessel, Open Arms, was seized by Italian authorities after it had brought back 217 people to safety.

      Then again in June, the decline by Malta and Italy’s new right-wing government to let the Aquarious rescue-vessel dock with 629 rescued people on board sparked a fierce debate in international media.

      In July, Sea Watch’s Moonbird, a small aircraft used to search for migrant boats, was prevented from flying any more operations by Maltese authorities; the vessel Sea Watch III was blocked from leaving harbour and the captain of a vessel from the NGO Mission Lifeline was taken to court over “registration irregularities“.

      Regardless of Europe’s future political currents, geopolitical developments are only likely to continue to produce refugees worldwide. Will the EU alter its course as the crisis mutates and persists? Or are the deaths of thousands the only possible outcome?

      https://theferret.scot/volunteers-facing-jail-rescuing-migrants-mediterranean