• 1700 rivières sous pression : la carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France

    Alors que la France va à nouveau rater en 2027 l’objectif européen de bon état de ses cours d’eau, une enquête de Mediacités et Reporterre permet de visualiser pour la première fois l’ampleur de la pression exercée par les #micropolluants sur le territoire.

    Elles courent tantôt à travers champs, tantôt à travers bois. Sur 16 kilomètres, les eaux tranquilles de la Launette longent un château du XVIIIe siècle, une abbaye royale et même le tombeau de Jean‐Jacques Rousseau. Mais la carte postale ne montre pas tout. Elle masque les nombreuses substances invisibles que charrie la petite rivière de l’Oise. #PFOS, #diflufénicanil et autres #pesticides, et même un médicament : entre 2022 et 2024, la station de surveillance installée sur ce cours d’eau a relevé 16 molécules au‐dessus des seuils de risque européens et français en vigueur. La Launette est un cas d’école, elle arrive en tête de notre classement des rivières subissant la plus forte pression des micropolluants.

    Ce triste palmarès est le fruit de plusieurs mois d’enquête et d’une plongée dans les millions de données des agences de l’eau. Mediacités et le média de l’écologie Reporterre se sont associés aux collectifs We Report et Mémoire Vive pour produire une carte inédite de la pollution chimique des cours d’eau en France. Établie à partir des données publiques des stations de surveillance [consulter notre méthodologie], notre carte montre les dépassements annuels des seuils de risque par famille de substance et par micropolluant entre 2022 et 2024.

    Le constat est inquiétant. Pesticides, métaux et autres #produits_chimiques toxiques voyagent allègrement dans nos rivières : 1 691 cours d’eau en France ont enregistré au moins un dépassement pour un polluant sur la période étudiée. Soit les trois quarts des rivières pour lesquelles une mesure est disponible.

    Cette pollution est nationale : près de huit stations sur dix mesurant ces substances sur les cours d’eau en France présentent au moins un dépassement. Elle est aussi multiple : sur les 189 substances retenues dans notre enquête, 79 dépassent la valeur seuil au moins une fois. Notre analyse, qui porte sur les moyennes annuelles, permet de mettre en évidences les pollutions chroniques et le cumul des pressions toxiques exercés sur les cours d’eau. Avec le risque d’un« effet cocktail  » [lire plus bas], qui pèse de plus en plus sur l’avenir de nos rivières.

    Rendez‐vous manqué

    Un bilan «  très mauvais  », lâche la députée écologiste Julie Ozenne, co‐rapporteure d’une mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’état des cours d’eau en France. «  On n’atteindra jamais les objectifs qu’on s’était fixés avec l’Europe  », constate‐t‐elle. Depuis la mise en place de la #directive_cadre_sur_l’eau (#DCE) en 2000, le cadre de référence pour tous les pays de l’Union européenne, Bruxelles a fixé un calendrier à ses États membres pour restaurer le «  bon état  » de leurs cours d’eau. L’objectif, ambitieux, était initialement fixé pour 2015 avant d’être maintes fois repoussé. En 2027, date de la prochaine échéance, le rendez‐vous sera encore raté pour la plupart des pays européens. Contacté, le ministère de la Transition écologique n’a pas répondu à nos questions.

    En France, l’état des cours d’eau a même régressé dans plusieurs bassins depuis 2019. Pour le seul bassin Loire‐Bretagne, 21 % des cours d’eau présentent un bon état écologique, trois fois moins que l’objectif initialement fixé pour 2027. Un tiers de ses rivières ne sont pas en bon état chimique. Certes, l’urbanisation, qui altère fortement la morphologie des cours d’eau, est l’une des principales causes du mauvais état écologique des cours d’eau. Les nitrates, issus principalement des engrais agricoles, contribuent aussi fortement à cette dégradation.

    Mais l’impact de la #pollution_chimique reste très important sur l’état de nos rivières. Surtout pour les petits cours d’eau, dont le faible débit ne permet pas de diluer les polluants. À l’image de la Launette. «  Le problème, c’est que dès sa source, là où ce n’est encore qu’un tout petit petit cours d’eau, il y a déjà le gros de la pollution qui arrive  », explique Clara Morvan, directrice technique du syndicat de rivières local. «  Tout le pluvial va dans la rivière  », et avec ce ruissellement, «  beaucoup de choses arrivent, comme les #hydrocarbures_aromatiques_polycycliques (#HAP) ou les pesticides  ».

    HAP, métaux, #métalloïdes et #minéraux, pesticides, substances industrielles et #médicaments : notre carte de France offre un aperçu des molécules dépassant le plus souvent les seuils applicables, que nous avons classées par grandes familles.

    #Métaux_lourds : des #mines aux #engrais

    #Arsenic, #cuivre, #zinc… Les métaux et métalloïdes arrivent largement en tête de notre classement par substance. Tout sauf une surprise : en 2021, une vaste étude menée par Santé publique France montrait que la quasi‐totalité de la population française est exposée à ces métaux, essentiellement via l’#alimentation. Naturellement présentes dans la nature – on parle alors de fond géochimique – ces substances proviennent aussi largement des activités humaines : activité minière [lire par ailleurs notre enquête sur le retour des mines de cuivre dans le Beaujolais] ou encore utilisation agricole. Elles peuvent avoir des effets néfastes sur la #santé, notamment sur les reins, les os, le système cardiovasculaire ou favoriser certains types de cancer. A l’image de l’arsenic, de loin celle qui affiche le plus de dépassements dans notre jeu de données (3082 dépassements, plus de 60 % des mesures pour ce polluant).

    Très médiatisé ces derniers mois, après la parution en mars 2026 d’une étude de l’Anses mettant en évidence une «  imprégnation forte et croissante  » de la population française, le #cadmium apparaît également dans nos données, avec un taux de dépassement proche de 1 %. Ce métal lourd est cancérogène et augmente les risques d’#ostéoporose. Il est notamment présent dans les #engrais_phosphatés utilisés par les agriculteurs. Début juin, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi abaissant les teneurs en cadmium dans ces engrais.

    #Hydrocarbures : des cheminées aux rivières

    Notre carte met aussi en évidence l’omniprésence des substances de la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces composés organiques sont des polluants persistants, toxiques pour les humains et s’accumulant dans les tissus vivants. Ils sont issus principalement des opérations de combustion, d’usines ou de particuliers, comme le chauffage au bois.

    Selon Marina Coquery, directrice de recherche en chimie environnementale à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), les HAP ont comme particularité d’être émis parfois à une grande distance des cours d’eau. «  Ce sont des apports atmosphériques diffus, souvent urbains, qui vont être redéposés par temps de pluie sur des surfaces imperméabilisées et ruisseler jusqu’aux cours d’eau  », explique la scientifique.

    Parmi la centaine de molécules de cette famille, le benzo(a)pyrène apparaît le plus fréquemment sur notre carte, avec 1181 dépassements (30 % des mesures pour ce polluant). Le #benzo(a)pyrène a été classé comme cancérogène certain pour l’homme par le Centre international de recherche sur le #cancer.

    Pesticides : champ libre pour le #diflufénicanil

    Avec son «  sentier ludique  » parcourant la forêt dans le site naturel sensible des Deux Vallons, à quelques kilomètres au nord de Lyon, le ruisseau des Échets a de quoi séduire les familles en quête de fraîcheur. Ce petit cours d’eau, qui se jette dans la Saône, est pourtant l’un des plus pollués de la région. Métazachlore, nicosulfuron, cyprodinil… Son contenu offre un petit catalogue des #fongicides et #herbicides utilisés par les agriculteurs locaux. Au total, neuf substances ont dépassé les seuils sur au moins une année dans la station de Fleurieu‐sur‐Saône.

    Ces dépassements ne sont que la face visible d’une pollution plus large : entre 2022 et 2024, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée a identifié plus d’une centaine de pesticides dans le ruisseau. «  C’est un petit cours d’eau situé dans une zone agricole où les cultures dominantes sont les céréales et le maraîchage. Pour le #maraîchage en particulier, de nombreux traitements phytosanitaires sont appliqués  », explique Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service données techniques de l’agence. Sollicitée, la métropole de Lyon précise que ce ruisseau peut être asséché les deux tiers du temps certaines années, entraînant une faible dilution et une concentration des polluants.

    Sur les dix molécules les plus souvent au‐dessus des seuils sur notre carte, 4 sont des pesticides. Parmi les produits phytosanitaires à surnager, le #diflufénicanil, aussi connu sous le nom de #Diflufenican, se démarque avec plus de 765 dépassements, soit 16 % des mesures au‐dessus des seuils. Cet herbicide, considéré comme «  très toxique pour les organismes aquatiques  », est utilisé pour le désherbage dans les grandes cultures céréalières, notamment de #colza.

    Le diflufénicanil a la particularité de faire partie également de la famille des #PFAS [lire plus bas], comme une trentaine d’autres produits autorisés en France. Déjà interdit depuis 2018 en République tchèque, le diflufénicanil a été intégré à une liste de substances actives présentes dans 23 pesticides interdits en juillet 2025 par l’Agence de protection de l’environnement du Danemark. La même année, lors de l’examen de la loi Duplomb, des députés écologistes avaient défendu un amendement pour interdire le diflufénicanil à la vente. Sans succès.

    «  Dans notre bassin, le diflufénicanil est la principale cause de déclassement de masses d’eau par des pesticides  », indique Luc Pereira‐Ramos, à l’agence de l’eau Seine‐Normandie. «  On observe une hausse des ventes de diflufénicanil à partir de 2022. Au fur et à mesure des interdictions ou limitations de certains pesticides, les agriculteurs se reportent sur des molécules encore autorisées  », analyse‐t‐il.

    Même en cas de durcissement de la réglementation, l’herbicide se maintiendrait dans les cours d’eau pendant de nombreuses années, rappelle le scientifique. «  Ce n’est pas parce qu’on interdit une molécule qu’elle disparaît rapidement des milieux. L’#atrazine est interdit depuis près de vingt‐cinq ans et on commence seulement à observer une décrue  », souligne‐t‐il.

    Et d’autres molécules prennent la place des anciennes. Après l’interdiction de l’atrazine, les agriculteurs se sont notamment tournés vers le #S‑Métolachlore. Utilisé pour le #désherbage du #maïs, il est devenu en quinze ans l’un des plus prisés en France. Cette substance figure également en bonne place dans notre classement, avec 115 dépassements des seuils (6 % des mesures). Cet herbicide est interdit à la vente depuis 2023, mais son utilisation a été autorisée jusqu’en 2024, le temps d’écouler les stocks.

    Un autre pesticide tient une place importante dans nos données : le #chlordécone. Nous comptons 36 dépassements de cet #insecticide particulièrement utilisé dans les bananeraies jusqu’au début des années 1990, tous situés dans le département de La Martinique. Face à une absence de mesures exploitables, nous n’avons pas pu visualiser les données de la Guadeloupe, de la Guyane et de Mayotte.

    Substances chimiques industrielles : l’invasion du #PFOS

    C’est tout le paradoxe des PFAS : alors que cette famille de milliers de polluants dits «  éternels  » est devenue l’un des sujets d’inquiétude majeur de ces dernières années, seulement 6 de ces composés font l’objet d’une surveillance dans les eaux de surfaces. Un chiffre qui passera à 25 à partir de fin 2027, en application de la révision de la directive cadre sur l’eau décidée par l’Union européenne.

    Parmi les substances chimiques industrielles suivies sur le terrain, le PFOS arrive largement en tête. Dans notre base de données, il dépasse le plafond retenu presque une fois toutes les trois mesures (1 128 dépassements de seuil sur 3 580 mesures, soit 31,5 %). Pour le seul bassin Rhône‐Méditerranée‐Corse, le PFOS est responsable du déclassement de 143 stations, soit 62 % des stations en mauvais état chimique.

    «  Cela ne m’étonne vraiment pas. Le PFOS est un composé emblématique de la famille des PFAS, parce qu’il a été très largement utilisé, plus que d’autres et pendant longtemps. C’est aussi le produit de transformation de plein d’autres PFAS  », détaille Pierre Labadie, chercheur en chimie de l’environnement au CNRS.

    Selon le spécialiste, la présence de cette molécule, «  l’un des PFAS avec le potentiel de bioaccumulation le plus élevé  », est plus marqué à proximité de sources de pollutions industrielles, mais aussi domestiques, par exemple des stations d’assainissement. «  Cela veut dire que dans les produits du quotidien qu’on a utilisés pendant des décennies, il y avait du PFOS  », explique‐t‐il. Depuis 2023, le PFOS est classé comme cancérogène probable pour l’humain.

    Médicaments : une épidémie encore mal mesurée

    Dernière famille de polluants recensée sur notre carte, les résidus de médicaments proviennent très majoritairement des rejets des stations de traitement des eaux usées urbaines qui ne sont pas conçues pour les traiter. Antidiabétiques, anti‐inflammatoires, analgésiques, anxiolytiques… les médicaments consommés par les Français font partie des substances «  d’intérêt émergent  » mesurés depuis quelques années seulement par les organismes de surveillance.

    Mais bon nombre de ces molécules ne disposent pas de seuil de quantification exploitables. Parmi celles qui en possède un, le Diclofénac, un anti‐inflammatoire, affiche un taux de dépassement de 2,7 % sur notre carte. La toxicité du Diclofénac a été démontrée, notamment sur les reins des truites, mais les effets des résidus médicamenteux sur l’environnement restent mal mesurés.

    «  Les médicaments, on arrive tout doucement dessus, explique Luc Pereira‐Ramos, pour l’agence Seine‐Normandie. On en cherche depuis une dizaine d’années seulement. Il est clair que nous allons augmenter le nombre de substances recherchées au fur et à mesure.  »
    Effet cocktail

    D’autant que les seuils de risque ne concernent aujourd’hui que quelques centaines de molécules, alors que plus de 110 000 substances sont enregistrées au titre de la réglementation chimique européenne. «  C’est la face immergée de l’iceberg  », explique Pierre‐François Staub, chargé de mission Pollution des écosystèmes et métrologie à l’Office français de la biodiversité (OFB).

    L’autre écueil du cadre de surveillance actuel, c’est de ne pas considérer l’impact toxique du cumul de molécules. «  On minimise l’évaluation du risque à travers l’approche substance par substance  », précise Pierre‐François Staub. On parle d’effet de mélange lorsque l’effet de deux molécules s’additionne, et «  d’#effet_cocktail  » lorsqu’elles interagissent entre elles et que leur #toxicité est amplifiée. «  Il y a de gros débats actuellement pour faire entrer cette notion dans la définition des #seuils, explique Arnaud Chaumot, directeur de recherche au laboratoire d’écotoxicologie de l’Inrae. Mais c’est très difficile à modéliser. On a parfois des mélanges très diversifiés et on ne peut pas regarder toutes les interactions entre toutes les molécules, la possibilité de combinaison est folle.  »

    Cette pression toxique cumulée pèse sur tous les écosystèmes, mais aussi sur l’#eau_potable. En France, environ un tiers des volumes d’eau prélevée pour la potabilisation vient des eaux de surface. Et même lorsque le captage se trouve en nappe souterraine, la qualité de l’eau peut être impactée par la pollution des rivières. «  Cela implique des traitements de plus en plus coûteux pour l’eau potable, pointe Marina Coquery. Et cela crée des inégalités, car les grandes villes ont la chance de pouvoir se les payer, mais pour les petites agglomérations, c’est plus difficile.  » En France, des captages d’eau potable ferment chaque année à cause d’une pollution diffuse. «  L’#eau est un bien commun, il faut la gérer comme tel  », estime la chercheuse.

    Sur la Launette, c’est bien la philosophie qui motive tous les travaux lancés par le syndicat mixte qui gère la rivière. «  Il y a encore une trentaine d’années, elle était dans un état encore pire qu’aujourd’hui parce que toutes les stations d’épuration des eaux usées n’étaient pas aux normes et rejetaient directement dans la rivière, mais de gros efforts ont été faits  », positive Clara Morvan.

    Pourtant, une autre épée de Damoclès menace tous les efforts pour la protection des rivières : le réchauffement climatique. La succession des années sèches affaiblit les débits des cours d’eau, et donc leur capacité de dilution, comme l’explique Marina Coquery. «  A l’autre extrême, on va avoir des crues beaucoup plus intenses, irrégulières et fréquentes  » et donc une hausse des polluants amenés par la pluie.

    «  Chaque progrès obtenu sert d’abord à compenser les effets climatiques, démographiques et économiques à l’œuvre  », analyse Cécile Dubois‐Coli, cheffe du service des données techniques pour l’agence de l’eau Rhône‐Méditerranée‐Corse : «  Nous avançons sur un tapis roulant qui recule  ».

    https://www.mediacites.fr/enquete/national/2026/06/29/1700-rivieres-sous-pression-la-carte-inedite-de-la-pollution-chimique-des
    #rivières #France #pollution #pollution_chimique #cours_d'eau #visualisation #cartographie #changement_climatique

  • Allié de #Trump, le nouveau #président #colombien promet une ruée vers les énergies fossiles
    https://reporterre.net/Allie-de-Trump-le-nouveau-president-colombien-promet-une-ruee-vers-les-e

    Le candidat d’#extrême_droite #Abelardo_de_la_Espriella a remporté l’élection présidentielle colombienne. Relance des #hydrocarbures, #démantèlement des acquis environnementaux : une régression significative est redoutée.

    #écologie #backlash #colombie

    https://seenthis.net/messages/1178530#message1178578

  • Les Houthis entrent dans la guerre : le second verrou énergétique du monde sous menace
    https://diaspora.psyco.fr/p/12366264

    https://www.fpop.media/les-houthis-entrent-dans-la-guerre-le-second-verrou-energetique-du-monde-sou

    Les #Houthis entrent en guerre et menacent le détroit de Bab el-Mandeb. L’ #Iran active un de ses principaux levier d’escalade du conflit. Après #Ormuz, un second verrou énergétique mondial pourrait vaciller. Jusqu’à 30 % des flux d’ #hydrocarbures pourraient être paralysés : un choc global à venir.

    Par Georges Renard-Kuzmanovic

    Nous l’annoncions sur Fréquence Populaire, c’est désormais une réalité stratégique majeure. Les Houthis entrent dans la guerre. Le mouvement chiite yéménite, allié de l’ #Iran, a revendiqué ce 28 mars sa première attaque directe contre Israël depuis le début du conflit déclenché le 28 février par l’offensive israélo-américaine contre Téhéran. (…)

    le text intégrale á Diaspora

    #Israel #États_Unis

  • Guerre au Moyen-Orient : l’Espagne résiste à la hausse des prix de l’énergie

    https://www.rfi.fr/fr/environnement/20260314-guerre-au-moyen-orient-l-espagne-r%C3%A9siste-%C3%A0-la-hausse-des-prix

    Alors que la #guerre en Iran et dans les pays du Golfe et la fermeture du détroit d’Ormuz où transitent 20 % du #pétrole et du #gaz liquéfié du monde font flamber le prix des #hydrocarbures, la facture explose en Europe, largement dépendante des #énergies #fossiles. Pourtant certains pays résistent mieux que d’autres, comme l’Espagne, où les prix devraient rester plus stables et abordables. Depuis le dernier choc sur l’énergie au début de la guerre en Ukraine, le pays a développé massivement sa production d’énergies #renouvelables.

  • « On manipulait des #produits_toxiques comme si c’était de l’eau » : sur un site de #TotalEnergies, des #fuites à gogo

    Au sud de l’Italie, TotalEnergies exploite le champ pétrolier #Tempa_Rossa. Les fuites d’#hydrocarbures s’y multiplient depuis son ouverture en 2020. Des salariés s’estiment mis en danger par le fleuron français. Une enquête exclusive.

    Arrivé au bout d’un chemin rocailleux, perdu au milieu des champs et des bois, Luciano coupe le moteur de sa voiture. Ici, il est sûr de ne pas être vu. Chaîne autour du cou et cigarette à la bouche, il fait défiler sur son téléphone des photos prises un an plus tôt dans le centre pétrolier Tempa Rossa, qu’on aperçoit au loin.

    Ces images montrent de grands réservoirs en acier maculés de traînées de pétrole. Par endroits, c’est comme si une bombe de peinture noire avait explosé sur les pompes et les tuyaux. Au sol, des couches de granulés blancs ont été dispersées sur de vastes flaques d’hydrocarbures. Reporterre a obtenu une vingtaine de photos et vidéos comme celles-ci, témoignant de fuites récurrentes en 2024 dans ce champ pétrolier exploité depuis 2020 par TotalEnergies, dans le sud de l’Italie.

    Étendu sur 290 km², dans la région de Basilicate, ce gisement d’hydrocarbures est aux mains du fleuron français, qui détient 50 % de la concession aux côtés de l’Américain Shell (25 %) et du Japonais Mitsui (25 %). Dans ce site industriel à haut risque, certains travailleurs craignent pour leur sécurité.
    Témoignages sous couvert d’anonymat

    Reporterre a recueilli les récits de cinq salariés de TotalEnergies et d’entreprises sous-traitantes, qui ont exercé ou exercent encore à Tempa Rossa. Tous témoignent sous couvert d’anonymat, dans des lieux cachés, redoutant des conséquences sur leur emploi.

    Sollicitée sur chaque aspect de cette enquête, TotalEnergies a choisi de ne répondre qu’à 2 de nos 11 questions. Le pétrolier français affirme cependant : « La sécurité est une valeur fondamentale et non négociable pour notre compagnie. TotalEnergies est pleinement engagée à protéger la santé des travailleurs dans toutes ses activités. »

    Le 29 septembre, le centre de stockage de GPL de Tempa Rossa a néanmoins été inspecté par la brigade des carabiniers (les gendarmes) de Potenza pour la protection de l’environnement. Le substitut du procureur de cette ville en charge de ces sujets a refusé de confirmer ou de récuser l’existence d’une instruction judiciaire. Dans un e-mail envoyé à Reporterre, son secrétariat écrit : « Le sujet qui vous intéresse est couvert par le secret de l’instruction. »
    Les travailleurs exposés à des fuites récurrentes

    Exploité depuis 2020, le champ de Tempa Rossa, qui produit près de 30 000 barils de pétrole et 1 700 barils de GPL (gaz de pétrole liquéfié) par jour, est classé Seveso seuil haut. Cela signifie qu’il présente un risque élevé d’incident et est soumis à une réglementation stricte visant à protéger l’environnement et les travailleuses et travailleurs.

    Malgré cela, sur le site dédié au traitement des hydrocarbures sortis des puits — où des centaines de tuyaux enchevêtrés transportent du pétrole brut, des eaux usées, des boues et des produits chimiques —, les fuites s’accumulent. « Sur la plateforme 3 [où confluent toutes les canalisations qui transportent les hydrocarbures depuis les puits, et celles qui distribuent les produits finis], il y en avait tout le temps ! » résume amèrement Luciano, qui a pris des photos en cachette pour garder des preuves.

    Il n’est pas le seul. L’appréhension a gagné les opérateurs, qui ont fait le lien avec leurs conditions de travail. « On voyait qu’on nous faisait manipuler des produits toxiques comme si c’était de l’eau », se souvient Antonio.

    Les photos recueillies par Reporterre, authentifiées par un ancien salarié de TotalEnergies qui connaît le site, montrent des tuyaux et des pompes entièrement noircis par le pétrole. Sur l’une d’elles, une flaque noire coule sous les pieds d’un ouvrier. « Parfois, ça jaillissait vers le haut et on en avait plein sur nos vêtements », raconte Antonio, en affichant sur son téléphone la photo d’un opérateur de production dans une combinaison tachée de pétrole.

    Des clichés montrent également des appareils prévus pour les échantillonnages couverts de noir, laissant imaginer que le liquide a giclé au moment d’ouvrir les vannes. Un autre illustre un prélèvement d’hydrocarbures dans des conditions de sécurité précaires : un robinet posé sur des morceaux de bois, au-dessus d’un seau à terre, et une couche d’huile noire au sol.

    Des produits toxiques manipulés sans le matériel de protection adéquat

    En cas de fuite, le risque pour les travailleurs est d’être exposés à « un cocktail de produits toxiques, soit par contact cutané, soit par inhalation », explique Giuliano Pesel, médecin du travail spécialisé dans le secteur pétrochimique, interrogé par Reporterre. Une exposition chronique aux hydrocarbures — c’est-à-dire en quantité moindre mais de manière répétée — augmente le risque de cancer, précise-t-il. Certains hydrocarbures, dont le benzène, sont notamment « associés à des tumeurs du sang, de la vessie ou encore de la peau », reprend le médecin.

    Le danger se réduit si l’exposition se produit en extérieur. Néanmoins, « plus le travailleur est proche des substances, plus il a de contacts, plus c’est probable qu’il développe des problèmes de santé dans le temps », continue-t-il. Giuliano Pesel l’affirme : « Les sites neufs ne devraient pas avoir de perte pendant l’activité productive. »

    Toutefois, si une entreprise ne peut pas les empêcher, elle doit fournir du matériel de protection individuel (masque, gants, combinaison) à ses travailleurs, insiste-t-il. Or, à Tempa Rossa, deux témoins assurent que les opérateurs ont parfois dû nettoyer les fuites sans masque.

    https://www.youtube.com/watch?v=hbfKXRK10Hg&t=3s

    Des travailleurs s’inquiètent aussi de devoir procéder manuellement aux mélanges de produits chimiques, à l’aide de pompe, sans avoir toujours les masques et les gants adéquats. « Sachant qu’à chaque fois qu’on sortait les pompes des cuves, le liquide coulait partout », raconte Antonio. Ainsi, l’une des photos montre un réservoir sur lequel est indiquée la formule de l’acide chlorhydrique et, par-dessus, la main d’un opérateur qui tient un tube avec un gant en cuir.

    Un matériel inadapté à cette substance corrosive car il « se détériore facilement », assurent Marco Caldiroli, technicien de la prévention des risques au sein de l’agence publique de santé de Milan, et Gino Carpentiero, ancien médecin du travail à Florence. Ils sont tous deux membres de l’association pour la santé au travail Medicina Democratica.

    Aussi, plusieurs cuves contenant des produits chimiques sont déposées à même le sol, sans bac de rétention, comme l’illustrent plusieurs images. Une pratique « dangereuse », car une perte de liquide peut entrainer des risques pour l’environnement et la sécurité du personnel, tel un incendie, expliquent-ils.
    TotalEnergies sécurise ses installations après une visite des autorités

    À une dizaine de kilomètres de là, dans le centre de stockage GPL, le scénario se répète. Dès l’ouverture du site en 2020, les opérateurs de production constatent des fuites lors du chargement du gaz dans les camions-citernes.

    Certains ont filmé ces scènes. Des vidéos que Reporterre a visionnées. Selon la branche locale du syndicat CGIL et les travailleurs interrogés, le problème vient des tuyaux flexibles raccordés aux véhicules, qui se fissurent régulièrement. À chaque fois, le chargement est interrompu et des ouvriers doivent remplacer le conduit endommagé par un autre neuf, jusqu’à la prochaine fuite. « Cela pouvait arriver n’importe quand », se souvient Davide.

    Selon un relevé effectué par les travailleurs eux-mêmes, que Reporterre a consulté, cette situation s’est produite en moyenne deux fois par mois entre 2022 et 2023.

    « L’exposition des travailleurs au GPL en extérieur n’est pas vraiment dangereuse pour la santé. Toutefois, il s’agit d’un gaz inflammable et explosif. Une simple étincelle peut provoquer une explosion », explique Giuliano Pesel.

    En janvier 2024, les autorités de contrôle, dont l’Institut italien de protection et recherche pour l’environnement (Ispra), ont inspecté le site. Le rapport final évoque de « possibles pertes de GPL » et émet des recommandations, mais ne stipule aucune situation d’urgence. De son côté, TotalEnergies assure que la sécurité des travailleurs est garantie.

    Pourtant, l’été suivant, l’entreprise a décidé de ne plus utiliser les tuyaux incriminés et de les remplacer par des tronçons rigides. La multinationale française affirme que « les modifications techniques font partie d’un processus d’amélioration continue » et « peuvent être mises en œuvre sans qu’un risque pour la sécurité du personnel ou des installations ne les déclenche ».

    Un « Texas italien » riche en pétrole mais en proie à la pauvreté

    TotalEnergies l’assure : étant un site classé Seveso haut seuil, Tempa Rossa fait l’objet d’inspections régulières par des autorités publiques de contrôle. Alors, comment expliquer tant de négligence ? Impossible de le savoir. L’entreprise ne commente pas les cas de fuite d’hydrocarbures. En revanche, elle affirme que « des équipements de protection individuelle conformes aux activités sont toujours disponibles pour tout le personnel et toutes les opérations » et que les opérateurs sont formés et sensibilisés pour pouvoir les utiliser correctement.

    Derrière ce discours rassurant, il y a pourtant des travailleurs inquiets pour leur sécurité. Ces derniers sont peu nombreux à parler, par peur de perdre leur emploi. Un risque d’autant plus pesant que, dans cette région, le pétrole règne en maître. Abritant deux des plus gros gisements terrestres d’or noir d’Europe, la Basilicate, rebaptisée « le Texas d’Italie », a fourni 84,8 % du pétrole italien en 2024.

    Malgré cela, cette petite région de 530 000 âmes est l’une des plus pauvres du pays : 24,5 % des habitants sont à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Elle est aussi la plus en proie au dépeuplement.

    Perché dans la montagne en face de Tempa Rossa, le village reculé de Corleto Perticara ne fait pas exception. « Ici on produit du pétrole, de l’énergie éolienne, mais ce n’est pas pour autant que les habitants sont devenus plus riches », déplore Giorgio Santoriello, dont l’association Cova Contro (https://covacontro.org) surveille les conséquences environnementales de l’extraction de pétrole dans la région. À Corleto, on vit d’agriculture et d’industrie. Pas un hôtel à l’horizon, mais quelques chambres d’hôtes qui accueillent les employés de la multinationale de passage.

    Parmi les 2 300 villageois, nombreux sont ceux à compter sur « la » Total, comme ils l’appellent. « Si je ne travaille pas là, je travaille où ? Il n’y a pas d’alternative... Et avec des enfants, c’est compliqué », dit Fabio. Pour Giorgio Santoriello, « les gens d’ici se sont fait berner par l’argent facile, sans penser au coût social, environnemental, sanitaire et même politique. Cela bouleverse la réalité locale, et nous ne sommes plus maîtres de notre territoire ».

    https://reporterre.net/Revelations-sur-TotalEnergies-On-manipulait-des-produits-toxiques-comme-

    #Apennins #pétrole #Italie #montagne #industrie_pétrochimique #champ_pétrolier #Basilicate #Mitsui #Shell #industrie_pétrolière #santé #travail #conditions_de_travail #benzène #cancer #santé_publique #GPL #gisements #Cova_Contro

  • Vagues de chaleur : la responsabilité des géants pétroliers établie par une étude

    Les grandes entreprises pétrolières ont une responsabilité dans les vagues de chaleur. Publié le 10 septembre dans la revue Nature et relayé par Libération, un travail scientifique inédit démontre que les émissions de gaz à effet de serre des 180 plus grands producteurs mondiaux d’hydrocarbures et de ciment ont contribué directement à l’occurrence et à l’intensité des vagues de chaleur entre 2000 et 2023. L’étude a été menée par une équipe internationale de chercheurs dirigée par Yann Quilcaille, climatologue à l’École polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse.

    https://reporterre.net/Vagues-de-chaleur-la-responsabilite-des-geants-petroliers-etablie-par-un

    #pétrole
    #hydrocarbures
    #réchauffement_climatique

  • Une immense #mine pollue la #Bretagne, l’État ferme les yeux

    Des analyses réalisées par le média breton Splann ! révèlent comment la mine à ciel ouvert de #Glomel, en Bretagne, contamine son environnement aux métaux toxiques. Cette année, l’État a prolongé son exploitation de vingt ans.

    Des ruisseaux, des tourbières, des prairies humides... La commune de #Glomel, dans le centre de la Bretagne, étendue sur près de 80 km2, abrite la #réserv_ naturelle régionale des #landes et #marais de Glomel, ainsi que deux sites #Natura_2000 et plusieurs zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique.

    Le paradoxe est qu’elle abrite aussi la plus grande mine à ciel ouvert en activité de l’Hexagone : sur place, la multinationale #Imerys peut extraire chaque année jusqu’à 1,5 million de tonnes de roches et raffine dans ses deux usines un quart de la production mondiale d’#andalousite.

    La « #Damrec » comme on dit ici en référence à l’ancien nom d’Imerys, est longtemps passée inaperçue. Déjà, qui connaît l’andalousite, ce minéral résistant aux très hautes températures ? On le retrouve sous forme d’additif dans les bétons ou les peintures, dans les blocs moteurs de camions ou dans les fours de toute l’industrie, de la métallurgie au nucléaire. Mais si l’andalousite est couramment utilisée par la grande industrie pour ses propriétés réfractaires, nous n’avons jamais directement affaire à elle.

    D’autre part, le site de Glomel est resté d’autant plus discret qu’il n’est, aux yeux de l’administration, qu’une carrière : on imagine un modeste carreau au bord d’une route déserte, quelques camions. Sauf que…

    Sauf qu’il s’agit bel et bien d’une mine avec ses immenses cratères, ses usines, ses bassins de décantation remplis d’eau acide et ses montagnes de #déchets qui avancent dans le paysage, avalant les champs, les fermes et les chemins. Tout ceci inquiète nombre de riverains, qui voient se multiplier les cas de #cancer et se demandent ce qu’il restera des zones humides, des sources et des captages dans cet avenir où rien ne sera plus précieux que l’eau.

    Un trou grand comme quinze terrains de football

    Mais Imerys compte bien aller au bout de ce #gisement. Après une enquête publique houleuse et d’âpres débats, l’État vient de l’autoriser à poursuivre l’exploitation jusqu’en 2044 en creusant une quatrième #fosse_d’extraction : un trou grand comme quinze terrains de football et aussi profond que cinq immeubles parisiens empilés.

    Sur le site internet d’Imerys Glomel, on lit qu’« une des priorités du site concerne la gestion des rejets aqueux […] dans les rivières, zones humides et nappes souterraines alentour ». L’enjeu est de taille, puisqu’en aval de la mine se trouve la réserve naturelle régionale de #Magoar_Penvern. Puis, à 6 km du site industriel, un premier captage d’eau potable dans l’#Ellé alimente les 6 000 habitants des communes voisines.

    Dans le #Kergroaz, un minuscule #ruisseau qui serpente dans le sous-bois, Imerys rejette chaque année environ 1,5 million de mètres cubes d’#eaux_usées. Ces eaux sont traitées, et les exigences de la préfecture ont conduit l’entreprise à investir récemment dans une unité destinée à limiter la quantité de #manganèse et de #fer dans ses rejets. Mais même après traitement, ils contiennent des quantités très importantes de contaminants : la préfecture des Côtes-d’Armor autorise le site à rejeter chaque jour dans ses eaux usées jusqu’à 9 kg d’#hydrocarbures et, entre autres, jusqu’à 11 kg par jour au total de #cobalt et de #nickel, des métaux cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

    Pourtant, Imerys assure n’avoir « aucun impact sur les eaux » et a financé une étude sur cinq ans de l’état écologique du #Crazius, où se jette le Kergroaz. Cette étude payée par l’industriel conclut à un « bon état » du cours d’eau pour certains paramètres, mais ce qui frappe, c’est que les métaux les plus toxiques émis par le site ne semblent pas avoir été recherchés dans le cours d’eau.

    Pourquoi s’intéresser à la présence de fer et d’#aluminium, et non à des contaminants bien plus redoutables comme l’#arsenic, le #cadmium, le cobalt ou le nickel, qui sont par ailleurs présents dans les déchets de cette mine ? Interrogé, Imerys n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pour y voir plus clair, Splann ! a décidé de faire analyser les sédiments du Crazius.

    En juillet puis en septembre, Splann ! a prélevé plusieurs jeux d’échantillons de sédiments dans le lit du ruisseau d’abord en amont du point de rejet de la mine, pour disposer d’un échantillon « témoin » ; puis dans un deuxième temps au niveau où Imerys rejette ses eaux usées ; et finalement à 2 km de là en aval dans le même cours d’eau, dans la réserve naturelle régionale.

    Des concentrations en nickel jusqu’à 60 fois supérieures à la valeur guide

    Ces sédiments ont été analysés par un laboratoire accrédité Cofrac. Les résultats de ces analyses ont été interprétés avec l’aide de Frédéric Gimbert, spécialiste des pollutions minières et chercheur en écotoxicologie au Centre nationale de la recherche scientifique (CNRS) de Besançon.

    Alors que les sédiments du prélèvement témoin, en amont, ne présentent aucune contamination, au niveau du point de rejet d’Imerys, les concentrations en nickel sont jusqu’à 60 fois supérieures à la valeur guide pour un bon état écologique des sédiments d’eau douce. Les concentrations en cobalt sont jusqu’à 20 fois supérieures à cette valeur. Les analyses révèlent aussi la présence de métaux toxiques qu’Imerys n’est pas censé déverser : les sédiments contiennent quatre fois la valeur guide pour l’arsenic et une teneur anormale en cadmium, tous deux également cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

    « De telles quantités de contaminants présentent manifestement un #danger et un #risque pour l’#environnement, dit Frédéric Gimbert. Il faudrait également rechercher ces mêmes contaminants dans les #sols où se déposent les #poussières issues de l’activité minière et conduire plus largement une étude d’évaluation des risques, pour l’environnement, mais aussi pour la #santé_publique. »

    Nos analyses révèlent également que la contamination s’étend au-delà du périmètre immédiat de la mine. À 2 kilomètres en aval du site, au cœur de la réserve naturelle régionale de Magoar Penvern, les concentrations en cobalt et en nickel sont plus de dix fois supérieures aux valeurs guides pour un cours d’eau en bon état écologique.

    Un #captage d’#eau_potable en aval de la mine

    Qu’en est-il à 6 km en aval, dans la rivière Ellé, où #Eau_du_Morbihan prélève une partie de l’eau qui sera ensuite traitée pour être distribuée aux communes voisines ? Pour le savoir, notre équipe s’est rendue à #Toultreincq, qui signifie « trou saumâtre » en breton, dont l’usine de potabilisation est justement en pleins travaux. Une toute nouvelle unité de traitement est en construction pour un coût de 6 millions d’euros d’argent public.

    « La pollution de l’eau par la mine ? C’est simple : ce n’est pas un sujet. Il n’y a aucun problème », déclare, dès le début de notre visite, #Dominique_Riguidel, le directeur d’Eau du Morbihan qui s’est déplacé en personne pour nous le dire. L’ouverture de nouveaux captages d’eau souterraine permettront de « diversifier les ressources et de limiter les prélèvements dans l’Ellé », explique-t-il. C’est-à-dire précisément à limiter la dépendance au captage de Pont Saint-Yves, sur l’Ellé, en aval de la mine.

    Mais le directeur d’Eau du Morbihan est formel : tout ceci n’a aucun rapport avec le fait qu’Imerys rejette chaque année 1,5 million de mètres cubes d’eaux usées contenant des sulfates, des hydrocarbures et des métaux lourds en amont de ce captage. « La nouvelle unité permettra de mieux traiter les pesticides et les médicaments », justifie-t-il.

    Un ingénieur chimiste, expert en contaminations pour des organismes de santé publique, s’interroge : « J’ai du mal à croire que tous ces travaux n’aient aucun rapport avec l’agrandissement de la mine. Vu l’argent que ça coûte de changer une installation, ça ne se fait pas sans raison objective. Et il n’est pas courant d’avoir de tels traitements de l’eau en tête de bassin versant, où elle est normalement moins polluée. »

    Pour connaître la qualité de l’eau sur l’Ellé, en aval de la mine, le plus simple est de s’adresser à l’agence régionale de santé (ARS), qui surveille les captages. Nous lui avons demandé de nous communiquer les analyses de l’eau captée en aval de Glomel.

    « Il n’existe pas de contrôle sanitaire sur la ressource “Pont Saint-Yves” exclusivement », a répondu l’ARS. Le captage d’eau le plus exposé aux pollutions de la mine ne serait donc pas surveillé : l’agence publique ne contrôle pas la qualité des eaux brutes qu’après qu’elles ont été mélangées à la station de traitement. Une fois dilués dans les eaux prélevées ailleurs, les contaminants d’Imerys passent inaperçus. Ce qui pousse certains riverains désabusés à résumer ainsi la situation : « La mine de Glomel utilise la réserve naturelle régionale comme station d’épuration » pour traiter ses effluents chargés en métaux toxiques. « Mais si la contamination continue d’augmenter, explique l’ingénieur chimiste, l’eau de ce captage risque de ne plus être utilisable pour produire de l’eau potable. »

    Les déchets miniers ont contaminé les #eaux_souterraines

    « Quand j’étais ado, par une chaude journée d’été, je m’amusais à repérer les plans d’eau des environs sur les photos satellites. J’ai découvert un lagon bleu à Glomel. J’ai demandé à ma mère : “pourquoi on n’est jamais allées s’y baigner ?” » Voilà comment Camille a découvert la mine de Glomel : un espoir de baignade. Espoir déçu : le lac de 12 hectares dont elle parle, une ancienne fosse d’extraction, recueille en continu des #eaux_acides et les boues de traitement des usines du site.

    Une autre riveraine se rappelle : « Pendant une réunion en 2022, j’ai demandé ce que contenait cette fosse qu’on appelle “la fosse 2”. Imerys m’a répondu “du mica et des oxydes de fer”. » Pas de quoi s’inquiéter, donc, Camille aurait pu s’y baigner. Mais dans un tableau perdu dans les 3 000 pages du dossier d’enquête publique, on apprend que ces boues contiennent de fortes concentrations de cadmium, de #chrome, de cobalt, de nickel et de plomb : des métaux dits « lourds », cancérigènes, neurotoxiques et reprotoxiques.

    Les boues de cette fosse contiennent aussi les produits chimiques utilisés dans l’usine. Lors d’une réunion publique, les porte-parole de l’entreprise ont assuré que « le procédé d’extraction ne fait pas intervenir de composés chimiques ». Pourtant, les documents de l’enquête publique indiquent que les usines de Glomel utilisent 75 tonnes par an de substances nocives pour l’environnement et la santé.

    Par exemple, le #méthyl-isobutyl_carbinol, un #solvant dangereux pour les #nappes_souterraines, l’#acrylamide, cancérigène, mutagène et reprotoxique, le #sulfonate_de_sodium et l’#amylxanthate, toxiques pour la vie aquatique.

    Chaque année, une trentaine de tonnes de ces produits sont déversées dans le « joli lac ». Imerys affirme que la fosse est « étanche », mais aucune membrane n’empêche ces boues acides de s’infiltrer dans les eaux souterraines. Et il en va de même dans tous les autres espaces du site où sont entreposées ces boues : la « fosse no 1 » (2 millions de m3) et « l’ancienne digue » (900 000 m3).

    Les contaminants de ces déchets toxiques ont commencé à migrer vers les eaux souterraines : c’est ce qu’indiquent certains éléments qu’Imerys a communiqués à l’administration. L’un des appareils de mesure de l’industriel relève que les taux de contaminants ont explosé entre 2012 et 2021.

    Ainisi, les déchets de la mine contiennent des concentrations importantes de nickel, un métal qui provoque des cancers du poumon et des sinus et des maladies cardiovasculaires. Or, sous le site minier, les eaux souterraines contiennent quarante fois la teneur en nickel maximale autorisée pour les eaux brutes destinées à la consommation. Les autres contaminants (cobalt, cadmium, arsenic, produits chimiques…) susceptibles d’avoir migré vers la nappe ne semblent pas surveillés.

    En juin 2024, en prolongeant l’exploitation de vingt ans, les services de l’État ont autorisé l’entreprise à générer au total environ 12 millions de m3 de déchets supplémentaires, autant de déchets qui seront entreposés sur place et qui sont censés ne pas entrer en contact avec les eaux souterraines pour les décennies et les siècles à venir. Alors que jusqu’ici, Imerys n’a pas réussi à empêcher la contamination des eaux souterraines.

    Qui traitera les eaux acides en l’an 2150 ?

    En 2044, en théorie, l’extraction d’andalousite sera terminée et viendra le temps de la « remise en état », comme on dit. Mais la roche exploitée à Glomel a une particularité : elle contient de la #pyrite, c’est-à-dire du #soufre. Quand la roche mise à nu par l’extraction ou les déchets miniers du site rencontrent de l’eau (la pluie par exemple), cette eau se transforme naturellement en #acide_sulfurique et entraîne vers l’aval les contaminants présents dans la roche. C’est ce qu’on appelle le drainage minier acide, l’une des pollutions les plus redoutables liées à l’activité minière.

    Actuellement, toutes les eaux qui ruissellent sur le site sont collectées et traitées par lmerys pour perdre leur acidité. Qui va traiter ces #eaux_de_ruissellement dans un siècle pour empêcher cette marée acide de contaminer le bassin de l’Ellé ? Dans les documents de l’enquête publique, Imerys assure qu’après la #remise_en_état, « les eaux pluviales ne seront plus susceptibles de s’acidifier ». Les montagnes de déchets seront « étanchéifiées » avec une couche de résidus miniers très fins puis quelques centimètres de terre. L’entreprise assurera un suivi du site pendant dix ans après la fin de l’activité.

    On sait pourtant que le drainage minier acide est sans limite de temps, comme le rappelle l’association de géologues miniers SystExt. À #Chessy-les-Mines, dans le Rhône, un gisement riche en pyrite a été exploité depuis le Moyen Âge. La mine a fermé après un effondrement dans la galerie principale, survenu en 1877. Un rapport confidentiel du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) publié en 2019, que Splann ! s’est procuré, décrit le traitement des eaux acides mis en place à #Chessy.

    L’État a constaté que ces #eaux_minières, quoique traitées « depuis 130 ans », étaient trop polluantes, si bien qu’il a dû y construire une toute nouvelle station de traitement en 2005. Le drainage minier acide de Chessy dure donc depuis 150 ans sans que, d’après le rapport, l’#acidité ou les concentrations de métaux dans les eaux n’aient baissé au cours du temps.

    Des eaux acides dont devront s’occuper les générations suivantes

    À Chessy, le problème se pose sur 20 hectares ; à Glomel, il se poserait sur 265 hectares. La création d’une nouvelle fosse et de nouveaux stockages de déchets augmentent d’autant la quantité d’eaux acides dont auront à s’occuper les six ou sept générations à venir.

    « Les pollutions minières du passé posent des problèmes insurmontables, et l’État, qui doit les gérer tant bien que mal, le sait très bien, dit Dominique Williams, membre d’Eau et rivières de Bretagne. Pourtant, il reproduit les mêmes erreurs à une échelle dix fois supérieure. Les services de la préfecture ont délivré cette autorisation sans prendre la mesure de l’ampleur de cette pollution ».

    La préfecture des #Côtes-d’Armor et la direction régionale de l’environnement ont été alertées de la contamination aux #métaux_lourds que révèle notre enquête, et des problèmes soulevés par l’étendue considérable du #drainage_minier_acide après la fermeture du site. La Région Bretagne a elle aussi « soumis ces informations à l’État afin qu’il puisse répondre aux inquiétudes exprimées » tout en indiquant à Splann ! qu’elle prenait « au sérieux l’alerte émise » sur la pollution de la réserve naturelle régionale.

    Or, malgré nos sollicitations, l’État ne s’est pas exprimé. Quant au groupe Imerys, notre rédaction lui a donné la possibilité de revenir sur ses déclarations concernant l’absence de métaux lourds et d’impact sur les eaux : il n’a pas souhaité nous répondre. L’extension de la mine est d’ores et déjà contestée devant la #justice. Fin octobre, l’association Eau et rivières de Bretagne a déposé un recours contre l’ouverture de la nouvelle fosse au tribunal administratif de Rennes.

    IMERYS PARLE EMPOUSSIÈREMENT

    « Vous voyez cette poussière ? Nos animaux la boivent dans leurs abreuvoirs, nos enfants la respirent », s’inquiète une habitante de Glomel, femme d’agriculteur. Sur l’avant-toit de sa maison, la gouttière que montre Émilie (le prénom a été modifié) est tapissée d’un dépôt noir épais de plusieurs centimètres. « Je l’ai nettoyé, mais il n’a mis que quelques mois à revenir », explique-t-elle.

    En plus des trois usines du site, le principal responsable de cette poussière s’appelle le « Sabès » : une montagne de résidus de trente mètres de haut occupant l’équivalent d’une cinquantaine de terrains de football. Quand le vent souffle, ces poussières forment un panache qui saupoudre la campagne.

    À force de plaintes, l’État a demandé à Imerys de poser des jauges « Owen » dans les hameaux voisins, des récipients en plastique juchés sur des poteaux. Selon l’entreprise, la « mesure des retombées de poussière à proximité du site » n’indique « aucun dépassement des seuils réglementaires ». Elle omet simplement de dire que seule la quantité de poussière est mesurée, et pas sa qualité. Sur ce point, Imerys a affirmé aux habitants que « les poussières de la mine se composent principalement d’aluminium ».

    Dans un document du groupe, on peut même lire que « les résidus sableux stockés sur le Sabès sont constitués de sables fins propres. Ils ne contiennent aucun produit chimique ». La véritable composition de ces résidus miniers qui forment ces poussières, bien plus inquiétante, est renseignée quelque part dans les 3 000 pages du dossier d’enquête publique. On y trouve le même cortège de métaux cancérigènes que dans les sédiments analysés par Splann ! : chrome, nickel, arsenic, plomb…

    Certains habitants relient l’activité de la mine, et en particulier ces poussières, à ce qu’ils considèrent comme une épidémie de cancers dans le voisinage du site. Jean-Yves Jego, éleveur dans un hameau voisin et conseiller municipal d’opposition à Glomel, se souvient d’une remarque de l’agent de la Mutualité sociale agricole, quand il a créé son élevage de chèvres en 2011 : « À moitié pour plaisanter, il m’a demandé : “Vous êtes sûr que vous voulez vous installer ici ? Il y a eu trois jeunes hommes morts du cancer à proximité !” »

    https://reporterre.net/Une-immense-mine-pollue-la-Bretagne-l-Etat-ferme-les-yeux
    #pollution #contamination #métaux_lourds #eau #extractivisme #France

  • Pour 2 millions, le Collège de France perd le droit de critiquer Total
    https://revue21.fr/article/college-de-france-total

    Le 13 juin 2025, le #Collège_de_France nous a communiqué ce contrat de 26 pages qui interroge la #liberté_académique dont doit se prévaloir un lieu de savoir. Le texte prévoit que #Total octroie la somme de 2 millions d’euros pour l’animation, de 2021 à 2026, de cette chaire. Chaque année y siège un scientifique qui s’est illustré dans sa discipline, comme l’économiste Christian Gollier ou le professeur d’histoire environnementale Kyle Harper. Une initiative visant à « s’engager et prendre part [au] combat » de la « transition écologique et énergétique » à l’heure de l’« urgence climatique », comme l’indique le site web Avenir Commun Durable.

    En échange de cette donation, le Collège de France a consenti à une clause dite de non-dénigrement, c’est-à-dire qu’il s’engage à s’abstenir de « toute communication directe ou indirecte, écrite ou orale, susceptible de porter atteinte à l’image et à la notoriété » de la multinationale. Laquelle ne voit pas de contradiction à reconnaître, dans le même souffle, que « la réussite, la richesse intellectuelle, l’impact et le rayonnement de l’initiative Avenir Commun Durable reposent sur la réputation d’indépendance […] du Collège de France ».

    https://archive.ph/WMNzR
    #climat #convention #universités

  • #Migrations, #énergie : la méthode italienne qui séduit l’Afrique du Nord

    La France perd de l’influence en Algérie, et cela profite à l’Italie. Le gouvernement de #Giorgia_Meloni a un plan pour l’#Afrique_du_Nord, axé sur les #hydrocarbures et la migration. Le courant passe bien d’Alger à Tunis ou Tripoli. Prochaine étape pour Rome : la #Mauritanie. Entretien avec Anne Marijnen, maîtresse de conférences en Science politique, Université Paris 8, laboratoire Cresppa.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/63683/migrations-energie--la-methode-italienne-qui-seduit-lafrique-du-nord
    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/carrefour-du-maghreb/20250329-migrations-%C3%A9nergie-la-m%C3%A9thode-italienne-qui-s%C3%A9duit-l-afr
    #Italie #France #néo-colonialisme #externalisation #migrations #Tunisie #Libye #podcast #audio

    ping @karine4

  • « Le #carburant des avions est mieux remboursé que nos médicaments »

    L’#Union_européenne va subventionner les #compagnies_aériennes qui utilisent des « #carburants_d’aviation_durables ». 1,6 milliard d’euros de cadeaux supplémentaires pour le secteur, dénonce l’UFCNA dans cette tribune.

    Le lobby aérien s’active et presse les élus pour obtenir aides, subventions et #exonérations, pour adoucir l’impact financier d’une nouvelle réglementation qui s’imposera à partir de 2026 : l’obligation d’acheter des #quotas d’émission de gaz à effet de serre.

    Pour lui répondre, la Commission européenne a adopté le 6 février un généreux programme de soutien à l’achat de « carburants d’aviation durables » (#Sustainable_Aviation_Fuels, #SAF, en anglais), des #hydrocarbures liquides qui peuvent être utilisés par les avions à la place du #kérosène dérivé du #pétrole. L’appellation regroupe les #biocarburants produits à partir de #biomasse et les #carburants_synthétiques (#e-carburants) produits à partir de sources non biologiques (principalement l’#hydrogène). Si les premiers empiètent sur les ressources naturelles (terres agricoles et déforestations), et menacent l’environnement et la biodiversité, la production des seconds nécessite des quantités considérables d’#énergie.

    La Commission européenne impose pour l’aviation un taux d’utilisation progressif de 2 % de SAF en 2025, et jusqu’à 70 % en 2050. Mais depuis vingt ans, l’#industrie_aéronautique n’a cessé de décaler ou modifier à la hausse ses engagements [1]. Résultat, en 2024, les #carburants_durables n’ont représenté que 0,53 % de la consommation mondiale. Et les émissions liées au #transport_aérien explosent de 33 % depuis 2013. Dès lors, de nombreuses voix s’élèvent pour alerter que la croissance du #trafic_aérien est incompatible avec ces objectifs, et fera peser un poids insupportable sur les #ressources_naturelles d’intérêt général.

    « Il faut maintenant subventionner le carburant des avions ! »

    Dans son projet présenté en février, la Commission européenne propose de financer elle-même la croissance des carburants synthétiques, en offrant aux compagnies aériennes une #compensation_financière qui amortira la différence de prix avec le kérosène classique. Cette aide leur sera versée sous la forme de nouveaux #droits_à_polluer : 20 millions de tonnes de quotas carbone seront offertes. Au prix de 80 euros la tonne de carbone, cela représente 1,6 milliard d’euros de cadeaux supplémentaires pour les compagnies aériennes, et 2 à 3 fois plus en coûts collatéraux pour la société.

    Alors que l’absence de #taxe sur le kérosène représente un manque à gagner de presque 27 milliards d’euros pour les pays de l’UE et 4,7 milliards par an pour la France, il faut maintenant subventionner le carburant des avions !

    Et ensuite ? Les contribuables devront-ils aussi compenser les surcoûts des 20 % de SAF en 2035 et faire monter la facture à plusieurs dizaines de milliards d’euros, alors que la majorité ne prend jamais l’avion ou rarement ?

    Le contribuable paie deux fois

    Ce n’est pas tout, car ce cadeau ne porte « que » sur les vols intra-européens. Une poignée de députés et sénateurs de droite n’ont donc pas trouvé d’autre priorité que d’étendre cette niche fiscale aux vols internationaux au départ de #France.

    #Vincent_Capo-Canellas et sept parlementaires [2] ont fait adopter un amendement au projet de loi de finances 2025, prévoyant que l’État rembourse 50 % de la différence entre le prix d’achat des carburants d’aviation « durables » et celui du kérosène, pour les vols hors UE. Nos élus ont ainsi, selon leur propre estimation, alourdi les dépenses de l’État de 150 à 200 millions d’euros en 2025.

    Les économies liées à l’enterrement du #plan_vélo vont donc servir à payer une année de carburant pour les #avions. Les coupes sur le #Fonds_vert, adoptées juste avant la censure du gouvernement, entérinent une baisse de 400 millions d’euros de dotations. La baisse de 5 % des remboursements de la Sécu sur les consultations médicales et les médicaments en 2025 devait permettre d’économiser 900 millions d’euros… Toutes économies qui seront vite balayées par ces nouvelles subventions offertes aux carburants des avions !

    « Ne plus céder aux intérêts corporatistes et aux lobbies »

    Car nul n’ignore qu’une fois une niche installée, il devient impossible de revenir en arrière puisque l’effet d’aubaine fait se développer une activité économique dépendante. Et c’est bien déjà le problème pour l’aviation qui ne peut proposer des billets low cost à des tarifs ridicules que grâce aux multiples subventions, exonérations et aides publiques.

    L’Association du transport aérien international (#Iata) se vante dans son dernier rapport que les compagnies aériennes devraient réaliser 36,6 milliards de dollars de bénéfices à l’échelle mondiale. Plus de 10 milliards d’euros de dividendes ont été versés entre 2010 et 2020 par les groupes aéronautiques français à leurs actionnaires.

    Quelle aubaine de bénéficier d’un carburant mieux remboursé par l’État que de nombreux médicaments, pour maintenir des prix artificiellement hauts et engranger de somptueux bénéfices. Ce sont des milliards d’euros d’argent public perdus au seul service d’une corporation championne du #greenwashing, et qui continuent d’en demander encore et toujours plus.

    Ainsi le contribuable paie deux fois : la première pour subventionner des intérêts industriels corporatistes, puis pour réparer les dégâts environnementaux qu’ils ont générés. L’explosion du coût pour la société des catastrophes climatiques, des coûts sociaux et de santé causés par les pollutions aériennes va dépasser de très loin les bénéfices privés.

    Nous appelons les élus de la République à ne plus céder aux intérêts corporatistes et aux lobbies, à mettre fin aux niches fiscales et exonérations qui grèvent les finances publiques et à œuvrer pour une meilleure protection des populations face aux pollutions aériennes.

    https://reporterre.net/Le-carburant-des-avions-est-mieux-rembourse-que-nos-medicaments
    #France #subventions #aviation #green-washing

  • Malgré la loi hydrocarbures, l’État a autorisé près de 50 forages de pétrole depuis 2017
    https://disclose.ngo/fr/article/malgre-la-loi-hydrocarbures-letat-a-autorise-pres-de-50-forages-de-petrole

    La promesse d’Emmanuel Macron de « mettre fin à l’exploitation des hydrocarbures » sur le territoire français est figée dans la loi depuis 2017. Pourtant, au moins 47 nouveaux puits de pétrole ont été autorisés par l’État depuis l’adoption du texte, révèlent des données inédites obtenues par Disclose. Lire l’article

  • #Extractivisme

    Une enquête exceptionnelle sur l’intensification constante de l’exploitation massive de la nature ! Une mine d’information sur l’extractivisme et son cortège de bouleversements environnementaux et sociaux, pour comprendre les multiples facettes de l’entreprise de #prédation et de #destruction menée à travers la planète. Ce livre référence, unanimement salué par la presse à sa parution, a contribué à faire connaître le phénomène en France. Les « #frontières_extractives », les limites géographiques et technologiques de cette activité sur la planète, sont sans cesse repoussées par le #capitalisme_industriel. L’extractivisme ne renvoie pas qu’à l’extraction à outrance des ressources naturelles non renouvelables – #minerais et #hydrocarbures -, il concerne aussi les grands projets hydroélectriques, l’agriculture industrielle, les monocultures forestières, la pêche intensive… Une activité indifférente à ses effets destructeurs pour les peuples, la biodiversité et la sauvegarde de la Terre.

    https://www.lepassagerclandestin.fr/catalogue/essais/extractivisme
    #livre

  • Révélations sur les #contaminations de la plus grande mine à ciel ouvert de l’Hexagone

    « La #pollution de l’#eau par la mine ? Il n’y a pas de problème. » Face au discours sur les « #mines_propres », Splann ! révèle les pollutions générées par la mine d’#andalousite de #Glomel, au cœur de la #Bretagne, exploitée par la multinationale #Imerys.

    En Centre Bretagne, la commune de #Glomel, étendue sur près de 80 km2, est un véritable château d’eau. Ses sources, ses ruisseaux et ses marais dominent les bassins versants de l’#Ellé et du #Blavet. On y trouve encore certains habitats naturels emblématiques de la région, landes, tourbières et autres prairies humides. C’est pour protéger cette richesse qu’ont été créés la réserve naturelle régionale des landes et marais de Glomel, ainsi que deux sites Natura 2000 et plusieurs zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique.

    Le paradoxe est que Glomel abrite aussi la plus grande mine à ciel ouvert en activité de l’hexagone : sur place, la #multinationale Imerys peut extraire chaque année jusqu’à 1,5 million de tonnes de roches et raffine dans ses deux usines un quart de la production mondiale d’andalousite.

    La « #Damrec » comme on dit ici en référence à l’ancien nom d’Imerys, est longtemps passée inaperçue. Déjà, qui connaît l’andalousite, ce minéral résistant aux très hautes températures ? On le retrouve sous forme d’additif dans les #bétons ou les #peintures, dans les blocs moteurs de camions ou dans les fours de toute l’#industrie, de la #métallurgie au #nucléaire. Mais si l’andalousite est couramment utilisée par la grande industrie pour ses propriétés réfractaires, nous n’avons jamais directement affaire à elle.

    D’immenses cratères au cœur de la Bretagne

    Le site de Glomel est resté d’autant plus discret qu’il n’est, aux yeux de l’administration, qu’une carrière : on imagine un modeste carreau au bord d’une route déserte, quelques camions. Sauf que…

    Sauf qu’il s’agit bel et bien d’une mine avec ses immenses #cratères, ses usines, ses #bassins_de_décantation remplis d’#eau_acide et ses montagnes de #déchets qui avancent dans le paysage, avalant les champs, les fermes et les chemins. Tout ceci inquiète nombre de riverains, qui voient se multiplier les cas de #cancer et se demandent ce qu’il restera des zones humides, des sources et des captages dans cet avenir où rien ne sera plus précieux que l’eau.

    Mais Imerys compte bien aller au bout de ce #gisement. Après une enquête publique houleuse et d’âpres débats, l’État vient de l’autoriser à poursuivre l’#exploitation jusqu’en 2044 en creusant une quatrième #fosse_d’extraction : un #trou grand comme quinze terrains de football et aussi profond que cinq immeubles parisiens empilés.

    Une étude partiale payée par l’industriel

    Sur le site internet d’Imerys Glomel, on lit qu’« une des priorités du site concerne la gestion des rejets aqueux […] dans les rivières, zones humides et nappes souterraines alentour ». L’enjeu est de taille, puisqu’en aval de la mine se trouve la réserve naturelle régionale de #Magoar_Penvern. Puis, à 6 km du site industriel, un premier captage d’#eau_potable dans l’Ellé alimente les 6000 habitants des communes voisines.

    Dans le #Kergroaz, un minuscule ruisseau qui serpente dans le sous-bois, Imerys rejette chaque année environ 1,5 million de mètres cubes d’#eaux_usées. Ces eaux sont traitées, et les exigences de la préfecture ont conduit l’entreprise à investir récemment dans une unité destinée à limiter la quantité de #manganèse et de #fer dans ses rejets. Mais même après traitement, ils contiennent des quantités très importantes de #contaminants : la préfecture des Côtes-d’Armor autorise le site à rejeter chaque jour dans ses eaux usées jusqu’à 9 kg d’#hydrocarbures et, entre autres, jusqu’à 11 kg par jour au total de #cobalt et de #nickel, des #métaux cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

    Pourtant, Imerys assure n’avoir « aucun impact sur les eaux » et a financé une étude sur cinq ans de l’état écologique du #Crazius, où se jette le Kergroaz. Cette étude payée par l’industriel conclut à un « bon état » du cours d’eau pour certains paramètres, mais ce qui frappe, c’est que les métaux les plus toxiques émis par le site ne semblent pas avoir été recherchés dans le cours d’eau.

    Pourquoi s’intéresser à la présence de fer et d’aluminium, et non à des contaminants bien plus redoutables comme l’#arsenic, le #cadmium, le #cobalt ou le #nickel, qui sont par ailleurs présents dans les déchets de cette mine ? Interrogé, Imerys n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pour y voir plus clair, Splann ! a décidé de faire analyser les sédiments du Crazius.

    « Les quantités de #contaminants présentent manifestement un danger »

    En juillet puis en septembre, Splann ! a prélevé plusieurs jeux d’échantillons de sédiments dans le lit du ruisseau d’abord en amont du point de rejet de la mine, pour disposer d’un échantillon « témoin » ; puis dans un deuxième temps au niveau où Imerys rejette ses eaux usées ; et finalement à 2 km de là en aval dans le même cours d’eau, dans la réserve naturelle régionale.

    Ces sédiments ont été analysés par un laboratoire accrédité Cofrac. Les résultats de ces analyses ont été interprétés avec l’aide de Frédéric Gimbert, spécialiste des pollutions minières et chercheur en écotoxicologie au CNRS de Besançon.

    Alors que les sédiments du prélèvement témoin, en amont, ne présentent aucune contamination, au niveau du point de rejet d’Imerys, les concentrations en nickel sont jusqu’à 60 fois supérieures à la valeur guide pour un bon état écologique des sédiments d’eau douce. Les concentrations en cobalt sont jusqu’à 20 fois supérieures à cette valeur. Les analyses révèlent aussi la présence de métaux toxiques qu’Imerys n’est pas censé déverser : les sédiments contiennent quatre fois la valeur guide pour l’arsenic et une teneur anormale en cadmium, tous deux également cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

    « De telles quantités de contaminants présentent manifestement un danger et un #risque potentiel pour l’environnement, estime Frédéric Gimbert. Il faudrait également rechercher ces mêmes contaminants dans les #sols où se déposent les #poussières issues de l’#activité_minière et conduire plus largement une étude d’évaluation des #risques, pour l’environnement, mais aussi pour la santé publique. »

    Les analyses de Splann ! révèlent également que la contamination s’étend au-delà du périmètre immédiat de la mine. À deux kilomètres en aval du site, au cœur de la réserve naturelle régionale de Magoar Penvern, les concentrations en cobalt et en nickel sont plus de dix fois supérieures aux valeurs guides pour un cours d’eau en bon état écologique.

    Un captage d’eau potable en aval de la mine

    Qu’en est-il à six kilomètres en aval, dans la rivière Ellé où #Eau_du_Morbihan prélève une partie de l’eau qui sera ensuite traitée pour être distribuée aux communes voisines ? Pour le savoir, notre équipe s’est rendue à #Toultreincq [qui signifie trou saumâtre en breton, NDLR], dont l’usine de potabilisation est justement en plein travaux. Une toute nouvelle unité de traitement est en construction pour un coût de six millions d’euros d’argent public.

    « La pollution de l’eau par la mine ? C’est simple : ce n’est pas un sujet. Il n’y a aucun problème », déclare, dès le début de notre visite, Dominique Riguidel, le directeur d’Eau du Morbihan qui s’est déplacé en personne pour nous le dire. L’ouverture de nouveaux captages d’#eau_souterraine permettront de « diversifier les ressources et de limiter les prélèvements dans l’Ellé », explique-t-il. C’est-à-dire précisément à limiter la dépendance au captage de #Pont Saint-Yves, sur l’Ellé, en aval de la mine.

    Mais le directeur d’Eau du Morbihan est formel : tout ceci n’a aucun rapport avec le fait qu’Imerys rejette chaque année 1,5 million de mètres cubes d’eaux usées contenant des #sulfates, des hydrocarbures et des #métaux_lourds en amont de ce captage. « La nouvelle unité permettra de mieux traiter les #pesticides et les #médicaments », justifie-t-il.

    Un ingénieur chimiste, expert en contaminations pour des organismes de #santé_publique, s’interroge : « J’ai du mal à croire que tous ces travaux n’aient aucun rapport avec l’agrandissement de la mine. Vu l’argent que ça coûte de changer une installation, ça ne se fait pas sans raison objective. Et il n’est pas courant d’avoir de tels traitements de l’eau en tête de bassin versant, où elle est normalement moins polluée. »

    Pour connaître la qualité de l’eau sur l’Ellé, en aval de la mine, le plus simple est de s’adresser à l’agence régionale de santé (ARS), qui surveille les captages. Nous lui avons demandé de nous communiquer les analyses de l’eau captée en aval de Glomel.

    « Il n’existe pas de contrôle sanitaire sur la ressource ‘Pont Saint-Yves’ exclusivement », a répondu l’ARS. Le captage d’eau le plus exposé aux pollutions de la mine ne serait donc pas surveillé : l’agence publique ne contrôle la qualité des eaux brutes qu’après qu’elles aient été mélangées à la station de traitement. Une fois dilués dans les eaux prélevées ailleurs, les contaminants d’Imerys passent inaperçus. Ce qui pousse certains riverains désabusés à résumer ainsi la situation : « La mine de Glomel utilise la réserve naturelle régionale comme station d’épuration » pour traiter ses effluents chargés en métaux toxiques. « Mais si la contamination continue d’augmenter, explique l’ingénieur chimiste, l’eau de ce captage risque de ne plus être utilisable pour produire de l’eau potable. »

    Un lac rempli de métaux lourds

    « Quand j’étais ado, par une chaude journée d’été, je m’amusais à repérer les plans d’eau des environs sur les photos satellites. J’ai découvert un lagon bleu à Glomel. J’ai demandé à ma mère : ‘pourquoi on n’est jamais allées s’y baigner ?’ ». Voilà comment Camille a découvert la mine de Glomel : un espoir de baignade. Espoir déçu : le lac de douze hectares dont elle parle, une ancienne fosse d’extraction, recueille en continu des eaux acides et les boues de traitement des usines du site.

    Une autre riveraine se rappelle : « Pendant une réunion en 2022, j’ai demandé ce que contenait cette fosse qu’on appelle ‘la #fosse_2’. Imerys m’a répondu ‘Du #mica et des #oxydes_de_fer’. » Pas de quoi s’inquiéter, donc, Camille aurait pu s’y baigner. Mais dans un tableau perdu dans les 3000 pages du dossier d’enquête publique, on apprend que ces #boues contiennent de fortes concentrations de cadmium, de #chrome, de cobalt, de nickel et de #plomb : des métaux dits « lourds », cancérigènes, neurotoxiques et reprotoxiques.

    Les boues de cette #fosse contiennent aussi les produits chimiques utilisés dans l’usine. Lors d’une réunion publique, les porte-parole de l’entreprise ont assuré que « le procédé d’extraction ne fait pas intervenir de composés chimiques ». Pourtant, les documents de l’enquête publique indiquent que les usines de Glomel utilisent 75 tonnes par an de substances nocives pour l’#environnement et la santé.

    Par exemple, le #méthyl-isobutyl carbinol, un #solvant dangereux pour les #nappes_souterraines, l’#acrylamide, cancérigène, mutagène et reprotoxique, le #sulfonate_de_sodium et l’#amylxanthate, toxiques pour la #vie_aquatique.

    Les #déchets_miniers ont contaminé les #eaux_souterraines

    Chaque année, une trentaine de tonnes de ces produits sont déversées dans le « joli lac ». Imerys affirme que la fosse est « étanche », mais aucune membrane n’empêche ces boues acides de s’infiltrer dans les eaux souterraines. Et il en va de même dans tous les autres espaces du site où sont entreposées ces boues : la « fosse n°1 » (2 millions de m³) et « l’ancienne digue » (900 000 m³).

    Les contaminants de ces déchets toxiques ont commencé à migrer vers les eaux souterraines : c’est ce qu’indiquent certains éléments qu’Imerys a communiqués à l’administration. L’un des appareils de mesure de l’industriel relève que les taux de contaminants ont explosé entre 2012 et 2021.

    Par exemple, les déchets de la mine contiennent des concentrations importantes de nickel, un métal qui provoque des #cancers du poumon et des sinus et des #maladies_cardiovasculaires. Or, sous le site minier, les eaux souterraines contiennent 40 fois la teneur en nickel maximale autorisée pour les eaux brutes destinées à la consommation. Les autres contaminants (cobalt, cadmium, arsenic, produits chimiques…) susceptibles d’avoir migré vers la nappe ne semblent pas surveillés.

    En juin 2024, en prolongeant l’exploitation de vingt ans, les services de l’État ont autorisé l’entreprise à générer au total environ 12 millions de m3 de déchets supplémentaires, autant de déchets qui seront entreposés sur place et qui sont censés ne pas entrer en contact avec les eaux souterraines pour les décennies et les siècles à venir. Alors que jusqu’ici, Imerys n’a pas réussi à empêcher la contamination des eaux souterraines.

    Qui traitera les eaux acides ?

    En 2044, en théorie, l’extraction d’andalousite sera terminée et viendra le temps de la « #remise_en_état », comme on dit. Mais la roche exploitée à Glomel a une particularité : elle contient de la #pyrite, c’est-à-dire du #soufre. Quand la roche mise à nu par l’extraction ou les déchets miniers du site rencontrent de l’eau (la pluie par exemple), cette eau se transforme naturellement en #acide_sulfurique et entraîne vers l’aval les contaminants présents dans la roche. C’est ce qu’on appelle le #drainage_minier_acide, l’une des pollutions les plus redoutables liées à l’activité minière.

    Actuellement, toutes les eaux qui ruissellent sur le site sont collectées et traitées par lmerys pour perdre leur acidité. Mais qui va traiter ces eaux de ruissellement dans un siècle pour empêcher cette marée acide de contaminer le bassin de l’Ellé ? Dans les documents de l’enquête publique, Imerys assure qu’après la remise en état, « les #eaux_pluviales ne seront plus susceptibles de s’acidifier ». Les montagnes de déchets seront « étanchéifiées » avec une couche de résidus miniers très fins puis quelques centimètres de terre. L’entreprise assurera un suivi du site pendant dix ans après la fin de l’activité.

    On sait pourtant que le #drainage_minier_acide est sans limite de temps, comme le rappelle l’association de géologues miniers SystExt. À #Chessy-les-Mines, dans le Rhône, un gisement riche en pyrite a été exploité depuis le Moyen Âge. La mine a fermé après un effondrement dans la galerie principale, survenu en 1877. Un rapport confidentiel du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) publié en 2019, que Splann ! s’est procuré, décrit le traitement des eaux acides mis en place à #Chessy.

    L’État a constaté que ces eaux minières, quoique traitées « depuis 130 ans », étaient trop polluantes, si bien qu’il a dû y construire une toute nouvelle station de traitement en 2005. Le drainage minier acide de Chessy dure donc depuis 150 ans sans que, d’après le rapport, l’acidité ou les concentrations de métaux dans les eaux n’aient baissé au cours du temps.

    À Chessy, le problème se pose sur 20 hectares ; à Glomel, il se poserait sur 265 hectares. La création d’une nouvelle fosse et de nouveaux #stockages de déchets augmentent d’autant la quantité d’eaux acides dont auront à s’occuper les six ou sept générations à venir.

    Une extension contestée en #justice

    « Les pollutions minières du passé posent des problèmes insurmontables, et l’État, qui doit les gérer tant bien que mal, le sait très bien, estime Dominique Williams, membre d’Eau et rivières de Bretagne. Pourtant, il reproduit les mêmes erreurs à une échelle dix fois supérieure. Les services de la préfecture ont délivré cette autorisation sans prendre la mesure de l’ampleur de cette pollution. »

    La préfecture des Côtes-d’Armor et la direction régionale de l’environnement ont été alertées de la contamination aux métaux lourds que révèle l’enquête de Splann !, et des problèmes soulevés par l’étendue considérable du drainage minier acide après la fermeture du site. La Région Bretagne a elle aussi « soumis ces informations à l’État afin qu’il puisse répondre aux inquiétudes exprimées » tout en indiquant à Splann ! qu’elle prenait « au sérieux l’alerte émise » sur la pollution de la réserve naturelle régionale.

    Or, malgré nos sollicitations, l’État ne s’est pas exprimé. Quant au groupe Imerys, notre rédaction lui a donné la possibilité de revenir sur ses déclarations concernant l’absence de métaux lourds et d’impact sur les eaux : il n’a pas souhaité nous répondre. Mais l’extension de la mine est d’ores et déjà contestée devant la justice. Fin octobre, l’association Eau et rivières de Bretagne a déposé un recours contre l’ouverture de la nouvelle fosse au tribunal administratif de Rennes.

    https://basta.media/Revelations-contaminations-plus-grande-mine-ciel-ouvert-Glomel-Bretagne-Ime
    #France #extractivisme #mines

  • Des #mines pour sauver la planète ?

    Pour réaliser la #transition_énergétique, il faudrait extraire en vingt ans autant de métaux qu’au cours de toute l’histoire de l’humanité. C’est « l’un des grands #paradoxes de notre temps », constate #Celia_Izoard.

    Journaliste, traductrice et philosophe, Celia Izoard examine depuis plusieurs années les impacts sociaux et écologiques du développement des nouvelles technologies. Ce nouvel ouvrage s’intègre dans cette veine en explorant les effets délétères de la transition énergétique et numérique.

    La #transition verte nécessite d’extraire du #sous-sol des quantités colossales de #métaux. Ils seront ensuite destinés à la production des énergies bas carbone qui sauveront la planète. Cette course aux métaux supposée sauver la planète du dérèglement climatique n’aggrave-t-elle pas le chaos écologique, les dégâts environnementaux et les inégalités sociales ?

    Celia Izoard mène une vaste enquête sur ce phénomène mondial, inédit et invisible. Si d’autres ouvrages ont également mis en avant l’insoutenabilité physique d’une telle transition, la force de ce livre est d’élaborer un panorama de cette question grâce à des enquêtes de terrain et une analyse fournie sur les aspects culturels, politiques, économiques et sociaux des mines et des métaux.

    Le #mythe de la #mine_verte

    Au début du livre, Celia Izoard part à la recherche des mines du XXIe siècle, « responsables », « relocalisées », « 4.0 », ou encore « décarbonées, digitales et automatisées ». Par un argumentaire détaillé et une plongée dans des mines en #Espagne ou au #Maroc, l’autrice démontre que derrière ce discours promu par les institutions internationales, les dirigeants politiques et les milieux d’affaires se cache un autre visage. Celui de la mine prédatrice, énergivore et destructrice. Celui qui dévore l’habitat terrestre et le vivant.

    De façon locale, le processus de « radicalisation » de la mine industrielle est détaillé par le prisme de ses ravages sociaux. La mine est avant tout « une gigantesque machine de #déracinement » (p. 54), qui vide des espaces en expropriant les derniers peuples de la planète. En outre, la mine contemporaine expose les populations à diverses maladies et à l’intoxication. Dans la mine de #Bou-Azzer au Maroc, on extrait du « #cobalt_responsable » pour les #voitures_électriques ; mineurs et riverains souffrent de cancers et de maladies neurologiques et cardiovasculaires.

    L’ampleur globale de la #prédation du #secteur_minier au XXIe siècle est aussi esquissée à travers la production grandissante de #déchets et de #pollutions. Le secteur minier est l’industrie la plus polluante au monde. Par exemple, une mine industrielle de #cuivre produit 99,6% de déchets. Stockés à proximité des #fosses_minières, les stériles, de gigantesques volumes de roches extraits, génèrent des dégagements sulfurés qui drainent les #métaux_lourds contenus dans les roches et les font migrer vers les cours d’#eau. Les tuyaux des usines crachent en permanence les #résidus_toxiques qui peuvent, en fonction du #minerai traité, se composer de #cyanure, #acides, #hydrocarbures, #soude, ou des #poisons connus comme le #plomb, l’#arsenic, le #mercure, etc. Enfin, les #mines_zéro_carbone sont des #chimères car elles sont toutes très énergivores. La quantité nécessaire pour extraire, broyer, traiter et raffiner les métaux représentent environ 8 à 10% de l’#énergie totale consommée dans le monde, faisant de l’#industrie_minière un principal responsable du dérèglement climatique.

    La face sombre de la transition énergétique

    Dans la seconde partie, Celia Izoard montre que les élites sont « en train d’enfouir la crise climatique et énergétique au fond des mines » (p. 62). Cet impératif d’extraire des métaux pour la transition coïncide avec le retour de la question des #matières_premières sur la scène publique, dans un contexte où les puissances occidentales ont perdu leur hégémonie face à la Chine et la Russie.

    Depuis quand la transition implique-t-elle une relance minière et donc le passage des #énergies_fossiles aux métaux ? Cet argument se diffuse clairement à la suite de la publication d’un rapport de la Banque mondiale en 2017. En collaboration avec le plus gros lobby minier du monde (l’ICMM, International Council on Mining and Metals), le rapport stipule que l’industrie minière est appelée à jouer un rôle majeur dans la lutte contre le changement climatique – en fournissant des technologies bas carbones. #Batteries électriques, rotors d’éoliennes, électrolyseurs, cellules photovoltaïques, câbles pour la vague d’électrification mondiale, toutes ces infrastructures et technologies requièrent néanmoins des quantités faramineuses de métaux. La transition énergétique des sociétés nécessiterait d’avoir recours à de nombreux métaux de base (cuivre, #nickel, #chrome ou #zinc) mais aussi de #métaux_rares (#lithium, #cobalt, #lanthanide). L’#électrification du parc automobile français exige toute la production annuelle de cobalt dans le monde et deux fois plus que la production annuelle de lithium.

    Au XXIe siècle, la matière se rappelle donc brusquement aux puissances occidentales alors qu’elles s’en rêvaient affranchies dans les années 1980. Pourtant, les sociétés occidentales n’avaient évidemment jamais cessé de se fournir en matières premières en s’approvisionnant dans les mines et les industries délocalisées des pays du Sud. Ce processus de déplacement avait d’ailleurs contribué à rendre invisible la mine et ses pollutions du paysage et de l’imaginaire collectif.

    Sous l’étendard de la transition qui permet d’anticiper les contestations environnementales et de faire adhérer les populations à cette inédite course mondiale aux métaux se cache le projet d’une poursuite de la croissance et des modes de vie aux besoins énergétiques et métalliques démesurés. Cette nouvelle légende de l’Occident capitaliste justifie une extraction de métaux qui seront également destinés aux entreprises européennes du numérique, de l’automobile, l’aérospatial, l’armement, la chimie, le nucléaire et toutes les technologies de pointe.

    « Déminer le #capitalisme »

    Ce #livre explore ensuite dans une troisième partie l’histoire du capitalisme à travers celle de la mine et des métaux. Elle montre comment s’est fondé un modèle extractiviste reposant sur des idéologies : le Salut, le Progrès, le Développement – et désormais la Transition ? L’extractivisme est permis par l’élaboration et le développement d’un ensemble de croyances et d’imaginaires qui lui donnent une toute puissance. C’est ce que Celia Izoard nomme : la « #cosmologie_extractiviste » (p. 211). Accompagnée par une législation favorable et des politiques coloniales menées par l’État et la bourgeoisie, puis par l’industrialisation au XIXe siècle, cette matrice a favorisé notre dépendance à un régime minier. Aux yeux du peuple amazonien des Yanomamis, les Blancs sont des « mangeurs de terre » (p. 215).

    Comment sortir de cette vision du monde occidental structuré autour de la mine dont l’objectif est l’accumulation de capital et de puissance. La solution minière, comme technologique, à la crise climatique est un piège, affirme Celia Izoard. Le mouvement climat doit passer par la #décroissance_minérale, par un « sevrage métallique autant qu’un sevrage énergétique » (p. 291). La réduction des consommations énergétiques et matérielles est une solution réaliste. Le quotidien des occidentaux est surminéralisé à l’instar de l’objet emblématique de notre surconsommation quotidienne de métaux : le smartphone. Il contient à lui seul, sous la forme d’alliage complexe, plus de 50 métaux. Les métaux ne devraient-ils pas être réservés aux usages déterminés comme essentiels à la vie humaine ?

    Pour sortir du #régime_minier, il est d’abord urgent de rendre visible la surconsommation de métaux dans le débat public. D’une part, cela doit passer par des mesures politiques. Instaurer un bilan métaux au même titre que le bilan carbone car l’idéologie de la transition a créé une séparation illusoire entre les ressources fossiles toxiques (charbon, pétrole et gaz) et l’extraction métallique, considérée comme salutaire et indispensable. Ou encore cibler la surconsommation minérale des plus riches en distinguant émissions de luxe et émissions de subsistance, comme le propose déjà Andreas Malm. D’autre part, pour « déminer le capitalisme » (p. 281), cela devra passer par un processus de réflexions et de débats collectifs et démocratiques, de mouvements sociaux et de prises de consciences individuelles, en particulier dans les pays hyperindustrialisés dont la surconsommation de métaux est aberrante.

    Non content de contourner l’obstacle de la « transition énergétique », l’extractivisme pousse les frontières toujours plus loin, justifiant la conquête de nouveaux eldorados : le Groenland, les fonds océaniques, voire les minerais extraterrestres. Face au processus de contamination et de dégradation de la planète mené par le secteur minier et industriel, les luttes contre les projets s’intensifient. Récemment, ce sont les Collas, peuple indigène du Chili, qui s’opposent aux géants miniers. Ces derniers ont pour projet d’extraire du lithium dans le salar de Maricunga ; cela entraînera le pompage de millions de mètres cubes d’eau dans les profondeurs des déserts de sel, ces emblèmes de la cordillère des Andes. La communauté colla en sera d’autant plus affaiblie d’autant plus qu’elle souffre déjà de l’exode urbain et de l’assèchement de la région. Les éleveurs devront aussi abandonner leurs élevages et s’engager vers les immenses cités minières de la région. En outre, la transhumance, la biodiversité, une quarantaine d’espèces sauvages locales (le flamant rose chilien, les vigognes ou les guanacos, etc.), sont menacées. Appuyés par leur porte-parole Elena Rivera, ils ne comptent pas se laisser faire et ont fait un recours au Tribunal environnemental de Santiago, qui traite des nombreuses controverses écologiques dans le pays. Au XXIe siècle, les débats et luttes organisés autour de l’extraction au Chili, deuxième pays concentrant le plus de lithium sur la planète, prouvent que les pauvres et les derniers peuples de la planète sont en première ligne face aux effets délétères sous-jacents à la « transition verte ».

    https://laviedesidees.fr/Des-mines-pour-sauver-la-planete
    #changement_climatique #climat #extractivisme

  • France : #Tricastin : 4 fois trop d’#hydrocarbures dans l’eau

    Publié le 22 février 2024, un très discret et très succin communiqué d’#EDF annonce sans le dire une #pollution du #Rhône. Un dépassement des concentrations en hydrocarbures dans les rejets de la #centrale_nucléaire du Tricastin (#Drôme) a été mesuré il y a 2 mois. L’industriel ne précise pas l’origine de cette pollution qui est pourtant révélatrice de dysfonctionnements sur le site.

    "Défaut ponctuel d’exploitation", c’est l’explication "la plus probable" selon EDF. L’industriel semble accorder bien peu d’importance au fait d’avoir très largement dépassé ses autorisations de #rejets dans l’environnement. En effet, un taux de 46.6 mg/l a été mesuré fin décembre 2023 dans les rejets de l’installation, alors que la limite est fixée à 10 mg/l. Plus de 4 fois la concentration maximale autorisée.

    Les eaux provenant des zones industrielles du site (comme la salle des machines par exemple) sont susceptibles d’être polluées par des hydrocarbures (#huiles, #pétrole et #dérivés). Elles passent par un système appelé #déshuileur : par un procédé de décantation dans des bassins, les hydrocarbures - qui restent en surface - sont séparés de l’eau avant qu’elle ne soit rejetée dans le milieu naturel (en l’occurrence le Rhône pour la centrale du Tricastin). Quand EDF parle de mesure en sortie de déshuileur, c’est donc bien après le procédé de (soi-disant) dépollution et avant le rejet dans l’environnement. Mais pour qui ne connaît pas le fonctionnement des installations, il n’est pas évident de saisir qu’il s’agit bien d’une pollution.

    Malgré le peu de lignes accordées à la description des faits, EDF prend soin de préciser dans son communiqué qu’il n’y a aucun impact pour l’environnement. Pourtant, ponctuel ou pas, tout déversement de produit chimique dans la nature est une pollution, une altération du milieu naturel qui vient s’ajouter à tous les précédents. Peut-être pour appuyer un peu plus sur le caractère "sans gravité", EDF annonce que les faits sont classés au plus bas niveau de l’échelle INES [1], l’échelle des incidents nucléaires. Sans préciser qu’elle est utilisée uniquement pour les faits qui impliquent de la radioactivité. Ce qui n’est pas le cas de cette pollution chimique. Il est donc normal que l’incident en question ne soit pas classé sur l’échelle INES : il n’a rien à y faire. Ce qui ne veut pas dire qu’il est sans gravité ou sans conséquences.

    Outre le communiqué laconique de l’industriel et son annonce plus que tardive (2 mois après les faits), outre l’art du discourt qui élude toute mention de pollution et ne favorise pas - loin de là - une compréhension des faits, la fréquence des mesures et la surveillance des installations posent questions.

    Que des mesures ne soient faites qu’une fois par mois, est-ce suffisant quand il s’agit de surveiller ce qui est déversé dans l’environnement ? Comment l’exploitant peut-il détecter - et encore mieux, stopper - des rejets qui ne respectent pas les limites fixées pour leurs teneurs en substances chimiques ? Comment, avec un prélèvement tous les 30 jours, détecter des dysfonctionnements du système de dépollution des eaux et réagir à temps pour épargner l’environnement ?
    Surveiller de près le fonctionnement du dispositif anti-pollution, l’entretenir et le nettoyer régulièrement pourrait éventuellement venir contre-carrer des prélèvements et des analyses trop peu fréquents. De même, débusquer les fuites d’huiles et agir dès que l’une d’elle est détectée pourrait aussi renforcer la prévention et la lutte contre les pollutions générées par le site industriel. En d’autres termes, surveiller plus et mieux les équipements pour éviter et résoudre au plus tôt les "défauts d’exploitation". Mais manifestement, ce n’est pas comme ça marche à la centrale EDF du Tricastin.

    Cet incident, déclaré aux autorités car significatif pour l’environnement [2], montre très clairement que le fonctionnement de l’installation et l’organisation d’EDF ne permettent pas de prévenir les pollutions ni de préserver le milieu naturel. Et malheureusement, le cas du Tricastin n’est pas isolé, pour preuve les nombreuses déclarations de dépassement des limites autorisées dans les rejets liquides des centrales nucléaires (voir notre cartEau). EDF est loin, très loin de se donner les moyens de limiter la casse environnementale produite par son activité industrielle.
    Ce que dit EDF :

    Evénements significatifs de décembre 2023

    Publié le 22/02/2024

    Les évènements significatifs suivants ont été déclarés au niveau 0 en dessous de l’échelle INES à l’Autorité de sûreté nucléaire. Ils n’ont eu aucune conséquence sur la sûreté des installations ou sur l’environnement.

    29 décembre 2023, événement significatif environnement

    Conformément à la réglementation, les équipes réalisent un prélèvement mensuel afin d’analyser la quantité d’hydrocarbures en sortie du déshuileur. Le résultat est de 46,6 mg/l pour une limite autorisée de 10 mg/l. Les analyses effectuées en janvier 2024 ne montrent pas de dépassement. Un défaut ponctuel d’exploitation est la cause la plus probable.

    https://www.edf.fr/la-centrale-nucleaire-du-tricastin/les-actualites-de-la-centrale-nucleaire-du-tricastin/evenements-significatifs-de-decembre-2023

    [1] INES : International nuclear and radiological event scale (Échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques) - Description et niveaux ici - https://www.asn.fr/Lexique/I/INES

    [2] Événements significatifs : incidents ou accidents présentant une importance particulière en matière, notamment, de conséquences réelles ou potentielles sur les travailleurs, le public, les patients ou l’environnement. https://www.asn.fr/Lexique/E/Evenement-significatif En dessous des évènements significatifs, il y a les évènements dits « intéressants », et encore en dessous les « signaux faibles ». Un évènement catégorisé « significatif » est donc déjà « en haut de l’échelle » d’importance des évènements

    https://www.sortirdunucleaire.org/France-Tricastin-4-fois-trop-d-hydrocarbures-dans-l-eau

    #rivière #nucléaire #pollution_de_l'eau

  • Vivre et lutter dans un monde toxique. #Violence_environnementale et #santé à l’âge du #pétrole

    Pour en finir avec les success stories pétrolières, voici une histoire des territoires sacrifiés à la transformation des #hydrocarbures. Elle éclaire, à partir de sources nouvelles, les #dégâts et les #luttes pour la santé au XXe siècle, du #Japon au #Canada, parmi les travailleurs et travailleuses des enclaves industrielles italiennes (#Tarento, #Sardaigne, #Sicile), auprès des pêcheurs et des paysans des « #Trente_Ravageuses » (la zone de #Fos / l’étang de# Berre, le bassin gazier de #Lacq), ou encore au sein des Premières Nations américaines et des minorités frappées par les #inégalités_environnementales en #Louisiane.
    Ces différents espaces nous racontent une histoire commune : celle de populations délégitimées, dont les plaintes sont systématiquement disqualifiées, car perçues comme non scientifiques. Cependant, elles sont parvenues à mobiliser et à produire des savoirs pour contester les stratégies entrepreneuriales menaçant leurs #lieux_de_vie. Ce livre expose ainsi la #tension_sociale qui règne entre défense des #milieux_de_vie et #profits économiques, entre santé et #emploi, entre logiques de subsistance et logiques de #pétrolisation.
    Un ouvrage d’une saisissante actualité à l’heure de la désindustrialisation des #territoires_pétroliers, des #conflits sur la #décarbonation des sociétés contemporaines, et alors que le désastre de #Lubrizol a réactivé les interrogations sur les effets sanitaires des dérivés pétroliers.

    https://www.seuil.com/ouvrage/vivre-et-lutter-dans-un-monde-toxique-collectif/9782021516081

    #peuples_autochtones #pollution #toxicité #livre

    • Ces territoires sacrifiés au pétrole

      La société du pétrole sur laquelle s’est bâtie notre prospérité ne s’est pas faite sans sacrifices. Gwenola Le Naour et Renaud Bécot, co-directeurs d’un ouvrage sur ce sujet, lèvent le voile sur les dégâts causés par cette « pétrolisation » du monde, en France et à l’étranger.

      Si le pétrole et ses produits ont permis l’émergence de notre mode de vie actuel, l’activité des raffineries et autres usines de la pétrochimie a abîmé les écosystèmes et les paysages et a des effets de long terme sur la santé humaine. Dans le livre qu’ils ont coordonné, Vivre et lutter dans un monde toxique (Seuil, septembre 2023), Gwénola Le Naour et Renaud Bécot lèvent le voile sur les dégâts causés par cette « pétrolisation » du monde, selon leurs propres mots. Ils ont réuni plusieurs études de cas dans des territoires en France et à l’étranger pour le démontrer. Un constat d’autant plus actuel que la société des hydrocarbures est loin d’être révolue : la consommation de pétrole a atteint un record absolu en 2023, avec plus de 100 millions de barils par jour en moyenne.

      À la base de votre ouvrage, il y a ce que vous appelez « la pétrolisation du monde ». Que recouvre ce terme ?
      Gwenola Le Naour1. Dans les années 1960, s’est développée l’idée que le pétrole était une énergie formidable, rendant possible la fabrication de produits tels que le plastique, les textiles synthétiques, les peintures, les cosmétiques, les pesticides, qui ont révolutionné nos modes de vie et décuplé les rendements agricoles. La pétrolisation désigne cette mutation de nos systèmes énergétiques pendant laquelle les hydrocarbures se sont imposés partout sur la planète et ont littéralement métamorphosé nos territoires physiques et mentaux.

      L’arrivée du pétrole et de ses dérivés nous est le plus souvent présentée comme une épopée, une success story. On a mis de côté la face sombre de cette pétrolisation, avec ses territoires sacrifiés comme Fos-sur-Mer, qui abrite depuis 1965 une immense raffinerie représentant aujourd’hui 10 % de la capacité de raffinage de l’Hexagone, ou Tarente, dans le sud de l’Italie, où se côtoient une raffinerie, une usine pétrochimique, un port commercial, une décharge industrielle et la plus grande aciérie d’Europe.

      Comment des territoires entiers ont-ils pu être ainsi abandonnés au pétrole ?
      Renaud Bécot2. L’industrie du pétrole et des hydrocarbures n’est pas une industrie comme les autres. Les sociétés pétrolières ont été largement accompagnées par les États. Comme pour le nucléaire, l’histoire de l’industrie pétrolière est étroitement liée à l’histoire des stratégies énergétiques des États et à la manière dont ils se représentent leur indépendance énergétique. L’État a soutenu activement ces installations destinées à produire de la croissance et des richesses. Pour autant, ces industries ne se sont pas implantées sans résistance, malgré les discours de « progrès » qui les accompagnaient.

      Des luttes ont donc eu lieu dès l’installation de ces complexes ?
      G. L. N. Dès le début, les populations locales, mais aussi certains élus, ont compris l’impact que ces complexes gigantesques allaient avoir sur leur environnement. Ces mobilisations ont échoué à Fos-sur-Mer ou au sud de Lyon, où l’installation de la raffinerie de Feyzin et de tout le complexe pétrochimique (le fameux « couloir de la chimie ») a fait disparaître les bras morts du Rhône et des terres agricoles... Quelques-unes ont cependant abouti : un autre projet de raffinerie, envisagé un temps dans le Beaujolais, a dû être abandonné. Il est en revanche plus difficile de lutter une fois que ces complexes sont installés, car l’implantation de ce type d’infrastructures est presque irréversible : le coût d’une dépollution en cas de fermeture est gigantesque et sans garantie de résultat

      Les habitants qui vivent à côté de ces installations finissent ainsi par s’en accommoder… En partie parce qu’ils n’ont pas d’autre choix, et aussi parce que les industriels se sont efforcés dès les années 1960-1970 et jusqu’à aujourd’hui de se conduire en « bons voisins ». Ils négocient leur présence en finançant par exemple des infrastructures culturelles et/ou sportives. Sans oublier l’éternel dilemme entre les emplois apportés par ces industries et les nuisances qu’elles génèrent. Dans le livre, nous avons qualifié ces arrangements à l’échelle des districts pétrochimiques de « compromis fordistes territorialisés ».

      Que recouvre ce terme de compromis ?
      R. B. En échange de l’accaparement de terres par l’industrie et du cortège de nuisances qui l’accompagne, les collectivités locales obtiennent des contreparties qui correspondent à une redistribution partielle des bénéfices de l’industrie. Cette redistribution peut être régulière (via la taxe professionnelle versée aux communes jusqu’en 2010, notamment), ou exceptionnelle, après un accident par exemple. Ainsi, en 1989, après une pollution spectaculaire qui marque les habitants vivant près de Lubrizol en Normandie, l’entreprise a versé 100 000 francs à la municipalité du Petit-Quevilly pour qu’elle plante quatre-vingts arbres dans la ville...

      Mais ce type de compromis a également été très favorable aux industries en leur offrant par exemple des allégements fiscaux de long terme, comme en Sicile près de Syracuse où se situe l’un des plus grands sites chimiques et pétrochimiques qui emploie plus de 7 000 personnes, voire une totale exonération fiscale comme en Louisiane, sur les rives du Mississippi. Des années 1950 aux années 1980, pas moins de 5 000 entreprises sur le sol américain – majoritairement pétrochimiques, pétrolières, métallurgiques ainsi que des sociétés gazières – ont demandé à bénéficier de ces exonérations, parmi lesquelles les sociétés les plus rentables du pays telles que DuPont, Shell Oil ou Exxon...

      Ces pratiques, qui se sont développées surtout lors des phases d’expansion de la pétrochimie, rendent plus difficile le retrait de ces industries polluantes. Les territoires continuent de penser qu’ils en tirent un bénéfice, même si cela est de moins en moins vrai.

      On entend souvent dire, concernant l’industrie pétrolière comme le nucléaire d’ailleurs, que les accidents sont rares et qu’on ne peut les utiliser pour remettre en cause toute une industrie… Est-ce vraiment le cas ?
      G. L. N. On se souvient des accidents de type explosions comme celle de la raffinerie de Feyzin, qui fit 18 morts en 1966, ou celle d’un stock de nitrates d’ammonium de l’usine d’engrais AZF à Toulouse en 2001, qui provoqua la mort de 31 personnes – car ils sont rares. Mais si l’on globalise sur toute la chaîne des hydrocarbures, les incidents et les accidents – y compris graves ou mortels pour les salariés – sont en réalité fréquents, même si on en entend rarement parler au-delà de la presse locale (fuites, explosions, incendies…). Sans oublier le cortège des nuisances liées au fonctionnement quotidien de ces industries, telles que la pollution de l’air ou de l’eau, et leurs conséquences sur la santé.

      Pour qualifier les méfaits des industries pétrochimiques, sur la santé notamment, vous parlez de « violence lente ». Pouvez-vous expliquer le choix de cette expression ?
      G. L. N. Cette expression, créée par l’auteur nord-américain Rob Nixon, caractérise une violence graduelle, disséminée dans le temps, caractéristique de l’économie fossile. Cette violence est également inégalitaire car elle touche prioritairement des populations déjà vulnérables : je pense notamment aux populations noires américaines de Louisiane dont les générations précédentes étaient esclaves dans les plantations…

      Au-delà de cet exemple particulièrement frappant, il est fréquent que ces industries s’installent près de zones populaires ou touchées par la précarité. On a tendance à dire que nous respirons tous le même air pollué, or ce n’est pas vrai. Certains respirent un air plus pollué que d’autres. Et ceux qui habitent sur les territoires dévolus aux hydrocarbures ont une qualité de vie bien inférieure à ceux qui sont épargnés par la présence de ces industries.

      Depuis quand la nocivité de ces industries est-elle documentée ?
      G. L. N. Longtemps, les seules mesures de toxicité dont on a disposé étaient produites par les industriels eux-mêmes, sur la base des seuils fixés par la réglementation. Pourtant, de l’aveu même de ceux qui la pratiquent, la toxicologie est une science très imparfaite : les effets cocktails ne sont pas recherchés par la toxicologie réglementaire, pas plus que ceux des expositions répétées à faibles doses sur le temps long. De plus, fixer des seuils est à double tranchant : on peut invoquer les analyses toxicologiques pour protéger les populations, l’environnement, ou les utiliser pour continuer à produire et à exposer les gens, les animaux, la nature à ces matières dangereuses. Ainsi, ces seuils peuvent être alternativement présentés comme des seuils de toxicité, ou comme des seuils de tolérance… Ce faisant, la toxicologie produit de l’imperceptibilité.

      R. B. Des études alternatives ont cependant commencé à émerger, avec des méthodologies originales. Au Canada, sur les territoires des Premières Nations en Ontario, au Saskatchewan précisément, une étude participative a été menée au cours de la décennie 2010 grâce à un partenariat inédit entre un collectif de journalistes d’investigation et un groupe de chercheurs. En distribuant très largement des kits de mesure, peu coûteux et faciles d’utilisation, elle a permis de démontrer que les populations étaient exposées aux sulfures d’hydrogène, un gaz toxique qui pénètre par les voies respiratoires. Grâce à cette démarche participative, des changements de règlementation et une meilleure surveillance des pollutions ont été obtenus. Il s’agit d’une réelle victoire qui change la vie des gens, même si l’industrie n’a pas été déplacée.

      Qu’en est-il des effets sur la santé de tous ces polluants ? Sont-ils documentés ?
      G. L. N. En France, les seuls travaux menés à ce jour l’ont été autour du gisement de gaz naturel de Lacq, exploité de 1957 à 2013 dans les Pyrénées. Une première étude, conduite en 2002 par l’université, concluait à un surrisque de cancer. Deux autres études ont été lancées plus récemment : une étude de mortalité dévoilée en 2021, qui montre une plus forte prévalence des décès par cancer, et une étude de morbidité toujours en cours. À Fos-sur-Mer, l’étude « Fos Epseal », conduite entre 2015 et 20223, s’est basée sur les problèmes de santé déclarés par les habitants. Ses résultats révèlent que près des deux-tiers des habitants souffrent d’au moins une maladie chronique – asthme, diabète –, ainsi que d’un syndrome nez-gorge irrités toute l’année qui n’avait jamais été identifié jusque-là.

      R. B. Ce que soulignent les collectifs qui évoquent des problèmes de santé liés à l’industrie pétrochimique – maladies chroniques de la sphère ORL, diabètes, cancers, notamment pédiatriques, etc. –, c’est la difficulté de prouver un lien de corrélation entre ces maladies et telle ou telle exposition toxique.

      L’épidémiologie conventionnelle ne le permet pas, en tout cas, car elle travaille à des échelles larges, sur de grands nombres, et est mal adaptée à un déploiement sur de plus petits territoires. C’est pourquoi les collectifs militants et les scientifiques qui travaillent avec eux doivent faire preuve d’inventivité, en faisant parfois appel aux sciences humaines et sociales, avec des sociologues qui vont recueillir des témoignages et trajectoires d’exposition, des historiens qui vont documenter l’histoire des lieux de production…

      Cela suppose aussi la mise au point de technologies, d’outils qui permettent de mesurer comment et quand les gens sont exposés. Cela nécessite enfin une coopération de longue haleine entre chercheurs de plusieurs disciplines, militants et populations. Car l’objectif est d’établir de nouveaux protocoles pour mieux documenter les atteintes à la santé et à l’environnement avec la participation active de celles et ceux qui vivent ces expositions dans leurs chairs.

      https://lejournal.cnrs.fr/articles/ces-territoires-sacrifies-au-petrole

  • Au #Guatemala, le pétrolier franco-britannique Perenco fait sa loi
    https://reporterre.net/Au-Guatemala-le-petrolier-Perenco-fait-sa-loi

    Le projet de loi propose aussi de permettre une suspension des paiements à l’État et une « reconnaissance de dette d’une échéance pouvant aller jusqu’à vingt-quatre mois ». Il prévoit aussi que la loi s’applique à tout contrat en vigueur lors de son entrée en application. « Cela entre en conflit avec le principe de non-rétroactivité et de sécurité juridique de la Constitution et de la loi de l’Organisme judiciaire », dit à Reporterre Ligia Hernández Gómez, députée du parti écolo Semilla. En outre, ce texte « permet une prorogation des contrats sans processus d’appel d’offres, contrairement à ce que prévoit la loi sur les #hydrocarbures ».

    Le parcours même du projet de loi a été inhabituellement court : présenté le 19 janvier 2022 en séance plénière, voté en première et deuxième lectures les 6 et 7 décembre, il sera soumis à une dernière lecture avant le terme de la législature, les élections ayant lieu le 25 juin 2023. Alors que #Perenco exploite le pétrole dans une zone protégée et que tout contrat d’exploitation exige la validation par le ministère de l’#Environnement et une étude d’impact environnemental, ce n’est pas la commission de l’environnement du Congrès qui a examiné le texte mais celle des finances publiques. Il est vrai que la première est dominée par des partis d’opposition... et la seconde par une majorité d’alliés du gouvernement. « La commission a donné un avis favorable en un temps record sans véritable étude », précise Mme Gómez.

    #extractivisme

  • Cash Investigation - Superprofits : les multinationales s’habillent en vert en streaming - Replay France 2 | France tv
    https://www.france.tv/france-2/cash-investigation/4498144-superprofits-les-multinationales-s-habillent-en-vert.html

    Ces derniers mois, certaines #multinationales ont engrangé de #superprofits. #Total, par exemple, gagne actuellement 73 millions d’euros par jour. Des bénéfices qui financeraient notamment la #transition_énergétique et la lutte contre le #réchauffement_climatique. Mais qu’en est-il de ces belles promesses vertes ? Elise Lucet et l’équipe de Cash Investigation ont enquêté sur le méga projet de la compagnie pétrolière française en #Ouganda et en #Tanzanie. Pour développer sa production d’#hydrocarbures, la multinationale peut compter sur le soutien financier d’un autre fleuron français : la #BNP-Paribas qui a réalisé en 2021 un bénéfice record de 9,5 milliards d’euros. La banque promet à ses clients d’investir dans des solutions d’épargne responsable. Les journalistes de Cash Investigation ont passé au crible les #fonds_verts de la banque.
    publié le 26/01/23 à 23h00 disponible jusqu’au 25/11/23

  • The 2022 report of the Lancet Countdown on health and climate change: health at the mercy of fossil fuels - The Lancet
    https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)01540-9/abstract

    Simultaneously, oil and gas companies are registering record profits, while their production strategies continue to undermine people’s lives and wellbeing.

    #hydrocarbures #santé versus #profits

  • #France ’preparing to secure Yemeni gas facility’ for exports
    https://english.alaraby.co.uk/news/france-preparing-secure-yemeni-gas-facility-exports
    https://english.alaraby.co.uk/sites/default/files/styles/600x338/public/1061613562.jpeg?h=314bfe01&itok=9VG4pFiq

    France is negotiating with countries in the region and factions participating in Yemen’s war, according to the information cited by Alqirbi.

    The aim is to see gas exports restart at Balhaf “in light of increased international gas prices and to reduce Russian pressure on Europe”.

    This has been a major concern since Russia invaded Ukraine in February.

    Paris could “provide protection for the facility through the French Foreign Legion” – part of the country’s military in which foreign citizens serve.

    #Yemen #hydrocarbures

  • #Pyrénées françaises : un cocktail #toxique « impressionnant » détecté dans les lacs de montagne
    https://theconversation.com/pyrenees-francaises-un-cocktail-toxique-impressionnant-detecte-dans

    Il était évident pour nous que nous allions trouver des substances chimiques dans nos lacs. Pourquoi seraient-ils épargnés alors que nous avons déjà pollué chimiquement des régions presque désertes de notre planète, comme l’Antarctique ? Cependant, nous avons été surpris par l’ampleur de cette pollution : nous avons découvert 141 molécules différentes dans nos huit lacs de montagne, dans les Pyrénées ariégeoises (deux lacs), le Néouvielle (trois lacs) et le Béarn (trois lacs).

    Parmi elles, des fongicides, des herbicides, des insecticides, des pesticides difficilement dégradables, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des biphényles polychlorés et autres. Nous avons pu détecter entre 31 et 70 molécules différentes par lac. La plus grande diversité de molécules a été trouvée dans l’étang d’Ayes en Ariège.

    Un cocktail chimique impressionnant dans les huit lacs dont découle une toxicité chronique pour les crustacés. Ces derniers sont une composante importante du zooplancton et leur abondance diminue à mesure que la toxicité augmente. Nos données montrent également une réduction de la diversité des rotifères, un deuxième groupe d’espèces constitutives du zooplancton, avec une toxicité croissante pour les algues.

  • Espace Presse - Des émissions massives de #méthane par l’industrie pétrolière et gazière détectées depuis l’espace
    http://www.cea.fr/presse/Pages/actualites-communiques/environnement/emissions-massives-methane-industrie-petroliere-et-gazi%C3%A8re.aspx

    Une étude internationale impliquant des chercheurs du CNRS et du CEA et la société Kayrros révèle des centaines de fuites majeures de méthane liées à l’exploitation mondiale du pétrole et du gaz. Les scientifiques montrent que leur atténuation entraînerait des bénéfices climatiques et économiques se chiffrant en milliards de dollars pour les principaux pays producteurs d’#hydrocarbures. Ces travaux sont publiés le 4 février 2022 dans la revue Science.

    Source : Global assessment of oil and gas methane ultra-emitters
    https://www.science.org/doi/10.1126/science.abj4351

    #climat

  • Contamination huiles minérales dans l’alimentation : résultats des tests : Foodwatch FR
    https://www.foodwatch.org/fr/actualites/2021/contamination-des-aliments-par-les-huiles-minerales-resultat-des-tests-fo

    Un produit testé sur huit contaminé. foodwatch a réalisé des tests en laboratoire pour déceler les hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales (MOAH), ces toxiques dérivés du pétrole qui n’ont rien à faire dans l’alimentation. Alors que la présence, même infime, de telles substances peut altérer notre santé, nos tests dévoilent une affolante omniprésence de cette contamination.

    https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/alimentation-l-ong-foodwatch-alerte-sur-la-presence-d-huiles-minerales-

    En France, le bouillon Knorr de légumes sans sel est le produit qui contient le plus d’hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales devant trois autres bouillons de la même marque mais aussi un bouillon cube Jardin bio, un bouillon bœuf déshydraté chez Auchan Pouce, ou encore le beurre Fruit d’or Oméga 3. En Allemagne, ces hydrocarbures ont été retrouvés notamment dans le Nutella, en Autriche, dans du chocolat de la marque Lindt Lindor et en Belgique, dans la pâte à tartiner aux noisettes bio Delhaize. Les cubes de bouillon Knorr d’Unilever ont été identifiés comme contaminés par ces huiles minérales sur plusieurs lots différents dans les cinq pays, à des niveaux de contamination très inquiétants.

    Cette huile minérale est un dérivé des hydrocarbures. Elle vient des encres de l’emballage, de la colle, mais aussi de l’entretien des machines de production, précise Foodwatch. Elle se mélange aux produits alimentaires. « Les huiles minérales peuvent pénétrer dans les denrées alimentaires à tous les stades de la chaîne de transformation, de la récolte à l’emballage », s’inquiète Foodwatch. D’après l’Autorité européenne de sécurité des aliments certains hydrocarbures aromatiques des huiles minérales sont cancérigènes et génotoxiques, c’est-à-dire qu’ils peuvent endommager l’ADN. Pour autant la règlementation n’est pas assez stricte. Elle ne fixe un seuil que pour le lait pour bébé.

  • Les catapultes à Covid et autres pathogènes Robin des bois
    https://robindesbois.org/les-catapultes-a-covid-et-autres-pathogenes

    Les souffleurs de feuilles à air pulsé, fonctionnant au pétrole ou avec des batteries au plomb ou au lithium, dispersent des agents toxiques et infectieux dont les coronavirus. Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) saisi par la Direction Générale de la Santé (DGS) a recommandé dans son avis du 4 avril 2020 pendant la première des vagues Covid, de « ne surtout pas employer d’appareils pour souffler des poussières des sols de type souffleurs de feuilles ».


    Cette recommandation du HCSP est tombée dans les caniveaux et les autres oubliettes à l’image des masques usagés. L’automne 2021 est le bon moment pour la rappeler à l’attention de tous.
    
Les innombrables et doctissimes spécialistes de la Covida, les élus, le gouvernement, les autres parties prenantes qui préconisent et mettent en oeuvre ces canons à air que sont les souffleurs de feuilles, sont passés à côté, de même que la presse prise en défaut, sauf exception, dans sa mission de décryptage et de tri de l’inutile et de l’essentiel.

    De leur côté, les souffleurs ont pour mission initiale de débusquer et de regrouper les feuilles mortes et les déchets légers – mégots, blisters, cotons tiges – qui traînent sur les parkings, aux pieds des immeubles, dans les îlots végétalisés et sur les voiries privées ou publiques. Ils remplissent leur mission avec une force cyclonique, au moins 8 mètres cubes d’air par minute avec des vitesses d’éjection comprises entre 100 et 200 km/h.

    Les souffleurs de feuilles ne respectent pas les gestes barrières, c’est tout le contraire.

    Ils dégagent sous forme de particules fines des poussières de trottoirs chargées de virus et de germes. Les flux infectieux polluent les aérosols et sont inhalables par la population générale, par les cohortes vulnérables et par les animaux domestiques.

    Dès l’an 2000, l’Etat de Californie s’inquiétait de la prolifération des souffleurs de feuilles et de la remobilisation dans l’air d’une espèce de bouillon de culture particulaire où se mêlent le plomb, les hydrocarbures, les moisissures, les pesticides, les engrais, les matières fécales et autres fatalités routières et urbaines. 21 ans après ce rapport pionnier, il convient d’ajouter au cocktail les pollens allergènes.

    Le bruit des souffleurs de feuilles est assommant et d’autant plus insupportable qu’il est associé chez la plupart des auditeurs à une activité considérée comme inutile voire nuisible.

    Leur consommation en carburant et leur production en gaz d’échappement atteignent aussi des performances exceptionnelles et inattendues. La Californie qui a de la suite dans les idées va interdire à partir de 2024 la vente de souffleurs à moteur thermique. Elle s’appuie, pour en venir à cette salubre extrémité, sur un rapport du California Air Ressources Board selon lequel un souffleur de puissance moyenne produit autant de pollution en une heure qu’une Toyota Carmy 2017, une berline de catégorie intermédiaire, parcourant 1 770 km.

    Les litières des feuilles et les couches superficielles des terres végétales sont l’habitat de milliers d’espèces d’invertébrés utiles à la fertilisation et aux chaînes alimentaires des oiseaux et des petits mammifères. Les vers de terre se nourrissent en partie de feuilles mortes. Quand les souffleurs de feuilles s’attaquent aux îlots végétalisés, aux parterres, aux squares, aux jardins publics et privés et aux pourtours des arbres, ils balayent et dévastent des écosystèmes utiles et complètement négligés.

    Nous invitons tous ceux qui sont témoins ou victimes de l’utilisation de souffleurs de feuilles à protester auprès des mairies, des syndics de copropriété et des gestionnaires d’îlots résidentiels comme l’OPAC (Office Public d’Aménagement et de Construction).
    
Pendant la période Covid et au-delà, ces engins constituent une mise en danger de la vie d’autrui et de toutes celles et ceux qui les utilisent.

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