#hygiénisme

  • Espace urbain et distanciation sociale
    https://acta.zone/espace-urbain-et-distanciation-sociale

    Cet entretien avec Stefan Kipfer a été réalisé au beau milieu du confinement. Un an après la publication de son livre « Le temps et l’espace de la décolonisation. Dialogue entre Frantz Fanon et Henri Lefebvre », édité par Eterotopia France, on a voulu revenir sur certaines de ses idées et hypothèses pour interroger le présent et développer des pistes d’analyse concernant la manière dont la crise actuelle investit la production de l’espace urbain. Source : ACTA

    • [...] On pourrait dire, pour retourner très vite au passé, que l’influence hygiéniste dans la période haussmannienne du XIXème siècle et dans la période fonctionnaliste à partir des années 1930, a renforcé l’aspect contre-révolutionnaire de ces deux moments de l’urbanisme moderne. Cet urbanisme a répondu à la fois aux mouvements révolutionnaires des classes populaires en métropole et aux mouvements qui essayaient de résister au colonialisme dans les colonies pour après se transformer en mouvements pour l’indépendance au XXème siècle.

      L’hygiénisme transforme une analyse médicale et sociale des conditions de santé des habitants en idéologie sanitaire qui considère que les classes subalternes et les peuples colonisés sont des éléments pathogènes, notamment quand ils se concentrent dans leur habitats géographiques « naturels » (la foule, les taudis, les faubourgs, les bidonvilles, les banlieues etc.). L’hygiénisme comme idéologie sanitaire comporte donc un déterminisme spatial qui propose que la forme urbaine serait la cause des problèmes sociaux, ce qui amène à des solutions spatiales qui essaient avant tout de séparer les classes dominantes (ou bien les administrateurs coloniaux) des classes populaires ou bien des peuples colonisés. Souvent ces stratégies essaient aussi de dissoudre l’habitat populaire. Si on regarde l’histoire de certains instruments d’intervention d’aménagement – le zonage, l’aménagement des parcs métropolitains, la méthode de la coulée verte – on voit bien comment l’urbanisme moderne est influencé par l’idéologie sanitaire hygiéniste.

      À plusieurs moments de l’histoire moderne de l’urbanisme on voit que ces interventions comprennent une volonté de disperser ou de déconcentrer les classes populaires. Ceci a amené à la production de la banlieue standardisée au milieu du XXème siècle et à l’ urban sprawl (l’étalement urbain), accentué depuis deux générations. L’étalement urbain prend des formes très différentes selon les régions, mais il est devenu une tendance à l’échelle mondiale depuis les années 1980. Il est une force qui a contribué à la destruction des habitats écologiques et à la création d’une situation structurelle favorable à la circulation des virus, des pathogènes et des pandémies16. La première conclusion à tirer est que n’importe quelle stratégie visant à dédoubler la déconcentration de la population aura certainement pour effet de renouveler les conditions qui ont contribué à la production accélérée de pandémies depuis la deuxième moitié du vingtième siècle.

      Espace urbain et distanciation sociale

      Il est vrai qu’aux États-Unis, au Canada, en France et ailleurs, il y a eu une remontée de la critique de la densité, de la vie urbaine dense et intense17. Certaines de ces critiques reprennent le même déterminisme spatial que l’idéologie sanitaire hygiéniste classique, affirmant en gros que ce n’est pas le virus qui tue, mais la morphologie urbaine. Il y a là un déplacement du regard de l’analyse biomédicale du virus à une manière de stigmatiser la forme urbaine. Ceci est une manœuvre classique dans l’idéologie sanitaire. Et pourtant on sait déjà très bien que la densité démographique, la densité de population n’est pas une explication suffisante pour l’avancée de la pandémie. Les premières études portant sur la Chine et New York City ont bien montré que le taux d’infection est déterminé par les conditions sociales et sanitaires et non par la densité elle-même18.

      En fait, il y a toute une série de pays et de villes qui sont soit aussi denses soit plus denses que Milan, Madrid, Paris, et New York, et qui ont réussi beaucoup mieux que ces villes à maîtriser la pandémie : Taiwan, la Corée du Sud, et, avant tout, Hong Kong19. Ils ont réussi ce coup justement à cause de la qualité de leurs infrastructures sanitaires et grâce à leur capacité de poursuivre des démarches proactives de prévention. Je crois que le cas plus impressionnant, le cas le plus frappant qui nous aide à contrer les critiques vulgaires de la densité est le Kerala20. Le Kerala est un État indien qui est trois fois plus dense que la moyenne indienne. C’est un État qui est très lié au niveau international, avec un pourcentage de travailleurs migrants assez important qui partent et qui retournent au pays. Mais le Kerala a un taux d’infection de coronavirus qui est beaucoup plus bas que la moyenne indienne. Pourquoi ? Le Kerala est géré depuis longtemps par un gouvernement de gauche, qui se voulait communiste à un certain moment mais qui est plus ou moins social-démocrate, qui a construit un réseau décentralisé d’infrastructures sanitaires et qui a donc développé une capacité d’action proactive assez impressionnante. Ceci a permis aux autorités et aux citoyens du Kerala de répondre très rapidement lorsque le premier cas de Covid 19 est arrivé dans cet État fin de janvier. Le Kerala nous montre que la densité n’est pas forcément un problème dans une pandémie. Elle peut même être un atout dans le combat contre la propagation du virus.
      Je crois qu’il y une conclusion importante et générale à tirer de cette discussion de l’idéologie sanitaire. Il ne faut jamais faire l’amalgame entre (1) les conditions sanitaires et médicales concrètes, (2) la morphologie urbaine (la forme physique de l’urbain), et (3) les rapports sociaux et politiques qui influencent à la fois la forme urbaine et les conditions sanitaires. Pour éviter une idéologie hygiéniste sanitaire, il faut toujours faire une distinction analytique entre ces trois aspects de la vie urbaine.

      #Stefan_Kipfer #urbanisme #classes_populaires #hygiénisme #Smart_City #capitalisme_High_Tech #surveillance #capitalisme_de_surveillance #atomisation #individualisation #racialisation #État #luttes #travail_essentiel #reproduction_sociale

  • Entretien avec Françoise Vergès | Radio Informal
    http://www.rybn.org/radioinformal/antivirus

    À propos d’inégalités invisibilisées, de normalité du confinement, de vulnérabilités et de racisme, de solidarité et d’auto-organisation comme contre-pouvoir, d’intersectionalité des luttes, de la métaphore du bateau négrier. Durée : 57 min. Source : Pi-node

    www.rybn.org/radioinformal/antivirus/audio/ANTIVIRUS18-FrancoiseVerges.mp3

  • Tu pourras pas dire que je t’avais pas prévenu·e : Douche, changement de sous-vêtements... Les Français confinés se lavent moins souvent
    https://www.bfmtv.com/societe/douche-changement-de-sous-vetements-les-francais-confines-se-lavent-moins-sou

    « Mains propres, slips sales. » Oui, les gestes barrière et le lavage de mains répété ont été adoptés par une large majorité. Mais l’hygiène corporelle d’une petite partie des Français est moins soutenue qu’avant le début du confinement, selon un sondage de l’Ifop publié ce mercredi par le site 24 matins.

    En effet, seulement 67% des Français interrogés déclarent pratiquer une « toilette complète » au quotidien en période de confinement, contre 76% auparavant, constate l’Ifop. L’institut compare ce sondage réalisé les 3 et 4 avril avec une autre enquête effectuée début février.

    […]

    61% des hommes déclarent ainsi procéder à une toilette complète au mois une fois par jour en moyenne, contre 74% des femmes. Et moins de la moitié (49%) des hommes de 65 ans et plus déclarent se laver entièrement tous les jours, contre 67% des jeunes de moins de 25 ans.

    L’hygiène dépend aussi de la personne avec laquelle on est confiné : c’est chez les hommes vivant seuls que la fréquence de lavage quotidienne est la plus faible (49%, contre 70% des hommes vivant à quatre ou plus dans leur foyer).

    • enquête par sondage !

      Mains propres, slips sales ? Etat des lieux de l’hygiène des Français confinés - IFOP
      https://www.ifop.com/publication/mains-propres-slips-sales-etat-des-lieux-de-lhygiene-des-francais-confines

      Une telle évolution est sans doute à lier au fait que le confinement a réduit les interactions sociales et les contacts physiques. En cela, il a desserré la contrainte que le regard des autres fait peser habituellement sur l’image de soi au point d’atténuer la crainte d’être stigmatisé par ses pairs en cas de négligence dans son apparence. D’ailleurs, c’est chez les hommes confinés seuls que la fréquence de lavage quotidienne est la plus faible (49%, contre 70% des hommes vivant à quatre ou plus dans leur foyer), signe que l’hygiène tient beaucoup au degré de sociabilité d’un individu et à sa prise en compte du regard d’autrui dans la gestion de son apparence corporelle.

    • ne pas oublier la suite…

      “No bra”, “free pussies” “no slip”… Un contexte propice à l’émergence de nouvelles habitudes vestimentaires

      Symptomatique d’un certain « laisser-aller » vestimentaire des Français en milieu confiné, l’absence du port de sous-vêtements apparaît comme la grande tendance de cette période de confinement.
       
      Chez les femmes, le confinement est en effet allé de pair avec une explosion du nombre d’adeptes du “no bra” : la proportion de femmes ne portant jamais ou presque jamais de soutien-gorge étant passée de 3% avant le confinement (3 février) à 8% trois semaines après sa mise en place (4 avril).
       
      Alliant souvent des motivations à la fois esthétiques, sanitaires et féministes, le mouvement “no bra” trouve ainsi dans les conditions de vie imposées par le confinement un terreau propice à une pratique qui, si elle est assez simple à effectuer chez soi, a toujours été plus compliquée à assumer en-dehors tant la poitrine des femmes reste sexualisée. Dans le détail, c’est d’ailleurs dans les rangs des femmes ne souffrant pas du regard des autres que cette pratique est la plus élevée : 12% des femmes vivant seules n’en portant plus, contre 5% des femmes confinées en couple avec deux enfants. Mais c’est aussi l’âge qui semble jouer en la matière : 20% des jeunes femmes confinées de moins de 25 ans ne portent pas de soutien-gorge, contre 8% des seniors de 65 ans et plus.
       
      Chez les hommes, cette tendance à la « libération » totale du sous-vêtement est plus limitée. Mais il n’en reste pas moins que le confinement s’est aussi traduit par une augmentation significative du nombre d’hommes ne portant plus de slip/caleçon : 5% en avril, soit une proportion cinq fois supérieure à celle observée par l’Ifop avant la mise en place du confinement (1% en février). Et dans le détail, cette pratique atteint des niveaux non négligeables dans les rangs des hommes seuls (9%), résidant en Provence-Alpes-Côte d’Azur (11%) ou en cours d’études (13%).
       
      Chez les femmes, le mouvement des “free pussies” (sans culotte) progresse lui aussi mais reste très marginal (2%) en dehors des rangs des femmes de moins de 25 ans (7%), sans doute moins exposées que les autres aux risques que cette pratique peut avoir pour leur hygiène intime (ex : fuites urinaires…).

    • Ce genre de pseudo études sont avant tout des dictat moraux. Parce qu’elles partent d’une base d’hygiène normée sur « une douche par jour sinon t’es sale ». Les illustrations sont d’ailleurs... assez dégueulasses ! N’importe quel-le dermato dira que c’est complètement crétin. Il n’y a pas de norme aussi figée mais des besoins et nécessités et l’état de la peau, ses intolérances, comme la quantité d’efforts et sa transpiration doivent absolument nuancer tout ça... Du coup la corrélation : « je fais moins d’efforts physiques, je me lave moins » ça me semble plutôt sain en fait !
      #hygiénisme

    • Pareil que @val_k ! Je me lave encore tous les jours et avec grand plaisir mais question changement de linge ou lavage de cheveux, clairement je vois bien qu’avec une sortie par jour max, même en marche un peu sportive, je transpire beaucoup moins qu’à vélo... Je n’éprouve pas le besoin de changer aussi souvent des fringues qui se salissent beaucoup moins vite ! Les illustrations sont hallucinantes, ah les gens sont plus sales. Ben non, ils s’adaptent et c’est bien !

      Ces injonctions me font penser à celles du gouvernement malaisien pour que les femmes continuent à s’habiller pour sortir alors qu’elles sont confinées !
      http://blog.ecologie-politique.eu/post/Etat-d-urgence-ridicule

      (Et je n’ai aucune sympathie pour l’hydrophobie occidentale qui consiste à s’essuyer l’anus avec du papier ou à ne pas se laver les mains avant de cuisiner/manger ou en rentrant chez soi/sortant du métro. Ce que cette crise va m’apporter, c’est d’avoir une bonne raison de ne plus jamais partager les miasmes sur les mains des gens.)

    • Ce sondage sur le français crasseux pose que des questions sur une norme préconçue, et bien peu sur les usages réels (pas porter de slip, est-ce que cela change quelque chose du lavage des vêtements, si pas de douche tous les jours, c’est quand ? c’est quoi ?)
      Il arrive que je me douche trois fois par jour (activités physiques, salissantes, été) et l’agrément de la douche voire du bain ne m’est pas étranger mais, avouons-le, le standard d’hygiene en vigueur dans le monde capitaliste développé est absurdes et énergétivores. C’est des petits rites de réassurance et une manière de préparation psychologique à des contacts sociaux anxiogènes. C’est ce qui reste du rapport à un corps dédié au travail ou nié par lui. En ville, c’est une forme de réparation de soi (se laver les mains à chaque fois que l’on revient chez soi, comme premier geste, il a pas fallut le corona virus pour le faire). C’est la norme métro boulot, récuré everyday et after-shave ou parfum et déodorant.
      Pénurie d’eau mise à part, comme nombre de nos anciens de naguère, l’habitude de ne pratiquer au quotidien qu’une toilette partielle (pieds, dessous de bras, sexe, fesses, visage, oreilles, cou, de manière à pouvoir mettre des sous-vêtements propres et élimer les bactéries là où elles tendent à pulluler, de nettoyer les parties découvertes et exposées) assortie de lavages de mains à différents moments, et de ne se doucher/baigner que tous les deux jours voire moins souvent, de laver les cheveux avec du savon ou un autre machin non pas tous les jours mais une fois la semaine, ça suffit amplement.
      C’est à ça que servaient les gants de toilettes ( on peut s’en passer). Il me semble qu’actuellement les soins habituellement apportés aux enfants en la matière sont fréquemment bien moins répétés que pour les adultes normalisés que nous sommes, sans pour autant négliger une nécessaire hygiène (et même si apprendre à se laver les mains correctement, et à se brosser les dents suppose un maximum de répétition...).
      Le no slip pose un seul problème, ça fait laver plus de volume de tissu puisque c’est les futs qui y passent plus souvent, chaque jour ou tous les deux jours, sauf si on peut pas (...), ou veux pas.

      #hygiène #marchands_de_pureté

  • Super texte ! Le #CNCA continue son analyse décapante des processus d’encrassement mental de #Nantes #Necropole et balaye devant la porte de la fausse "bonne-conscience".

    Grande journée citoyenne de la propreté ou quand le « citoyen mobilisé » chasse la politique

    Ici, c’est donc une problématique hygiéniste qui vient recouvrir la question environnementale(1).
    Et ce glissement est tout sauf anecdotique car c’est lui qui nous fait basculer d’une dimension sociétale, politique, environnementale (comment gère-ton collectivement les déchets ? Pourquoi y en a-t-il tant ?) à une dimension de morale hygiéniste (une ville propre c’est bien). On se demanderait presque pourquoi « le réseau des associations environnementales » ont été convoqué (sous la menace de baisse des subventions ?) s’il s’agit seulement de rendre propre la ville.

    https://nantesnecropole.noblogs.org/post/2018/10/06/grande-journee-citoyenne-de-la-proprete-ou-quand-le-citoyen #NDDL #necropolisation #hygienisme

  • L’homme au goulot entre les dents
    le fil twitter de la conférence de Mathilde Larrere sur une #histoire #politique et #sociale de la #consommation de l’#alcool 19e-20e siècle
    https://twitter.com/LarrereMathilde/status/1023623674711207936

    Sachez-le : 19e siècle est le siècle de démocratisation de la boisson alcoolisée ! Sacrée descente nos ancêtres : en 1900 les Français boivent en moyenne 162 litres de vin par an, et presque 5 litres d’alcool fort ; champion du monde qu’on était !

    Dans les pays de bière, ça y va aussi, 337 litres de bière en moyenne par Lillois/an.

    Et à chaque fois on compte tous les Français ! même les enfants (lesquels buvaient aussi, mais moins que leurs parents), même les femmes (qui elles aussi buvaient moins). Donc la consommation d’un homme adulte… comment dire…

    À titre de comparaison, aujourd’hui c’est 44 litres de vin /an/habitants. (en 1830 ça tournait autour de 70 litres de vin)

    Ce qui change au cours du 19e c’est que la consommation d’alcool qui au début était surtout le fait des classes les plus riches devient une pratique quotidienne des classes populaires, urbaines comme rurales. Une raison à cela, l’alcool avant, était cher !

    Or justement, ce qui change dans la deuxième moitié du 19e sc, c’est que le prix de l’alcool chute, et ce pour plusieurs raisons

    Déjà parce qu’on en produit plus ! c’est d’abord le fait de la spécialisation agricole. Pour faire vite, jusqu’au milieu du 19e, on pratiquait dans toutes les régions la polyculture vivrière. Mais avec le développement des transports (train, eau), on peut spécialiser.

    Or autant les petites vignes disséminées un peu partout ne produisaient pas beaucoup, autant quand on commence à faire des mers de vigne comme dans l’Hérault ou le Beaujolais, ça fait beaucoup plus de litres !

    Évidemment ça pose aussi des problèmes de maladies de la vigne (oïdum (1845), Mildiou (1878) et la grosse catastrophe le phylloxéra 80ies) et de surproduction. Sans compter que c’est longtemps resté de la piquette.

    Autre effet induit de la spécialisation agricole, la production de cidre. On en faisait pas trop avant… on préférait des champs de blé à des vergers de pommiers. Mais une fois que l’ouest devient une terre d’élevage, hop, on plante des arbres.

    S’imposent alors les paysages que l’on connait, herbe-pommiers-vaches (en plus ça marche bien ensemble, les pommiers assurent l’humidité des sols pour que l’herbe pousse et la vache bouffe l’herbe et s’abrite du soleil)

    En conséquence, le cidre qui était avant une boisson assez rare, une boisson de roi (François 1er, Louis XV connus comme consommateurs c’est peut-être pour ça qu’on en boit avec la galette des Rois ? ), se démocratise (du moins dans les régions productrices, on peine à le conserver)

    On produit plus d’alcool aussi parce qu’on se met à en produire de façon industrielle, ce que diverses avancées techniques sur la fermentation et la distillation permettent

    Si l’on sait brasser la bière depuis 4000 ans av. J.-C., la production industrielle date du 19e grâce à des progrès scientifiques (à nouveau, maitrise de la fermentation)

    C’est net aussi pour les alcools forts. La distillation vient du IIIe siècle, d’Égypte, des Coptes, puis est passée aux Arabes vers 8e-9e sc. d’ailleurs le terme alcool vient de l’hispano-arabe.

    L’alambic est ensuite introduit en Europe, suivant les voies des retours de croisades. le procédé est perfectionné de siècle en siècle et devient courant dans les campagnes :

    les paysans distillaient les fruits invendus de leurs récoltes pour une auto consommation ou une petite commercialisation locale, des distillateurs ambulants parcourant les campagnes (on les appelle les bouilleurs de cru)

    Déjà cette petite production paysanne augmente. Les bouilleurs de cru sont 500 000 au début IIIe répu, 1 M° à la veille de la guerre. mais // se développent des productions industrielles qui là encore bénéficient d’innovations techniques importantes

    Je vous passe les détails, mais nait donc une industrie des alcools distillés à forte concentration de capitaux et de technologie la production explose ! et les grosses boites prennent le pas sur les petits bouilleurs de cru. D’autant que la publicité est mobilisée !

    L’une des industries les plus connues est celle de l’absinthe ! Alcool prisé des peintres et des poètes (on pensera à Rimbaud), particulièrement fort et hallucinogène (en raison d’une substance particulière qu’elle contient)

    On l’appelait la fée verte.

    2e raison à la baisse du prix de l’alcool, la politique fiscale !

    l’alcool échappe de plus en plus à l’impôt.

    Déjà les bouilleurs de cru dont je vous parlais plus haut sont exonérés de taxe.

    C’est leur fameux « privilège »

    ensuite, les taxes indirectes sur les boissons alcoolisées sont progressivement allégées, notamment le fameux octroi qui grevait les produits à l’entrée des villes (et explique qu’il y avait tant de troquets en banlieue)

    en 1897, une loi supprime l’octroi sur les boissons alcoolisées.

    Ajoutez à cela que le discours général sur l’alcool n’était pas négatif. On disait que le vin c’était stimulant, nourrissant, ça fluidifiait le sang.

    La bière, encore mieux, nourrissant, diurétique, limite détox ça fait monter le lait des femmes, cependant que la pub vantait les mille mérites du pastis, du ricard ou autre apéro ou digestifs (d’ailleurs, ça aide à digérer !)

    Et quand en 1897 on a levé les taxes sur les boissons alcoolisées, c’est au motif qu’elles étaient """""hygiéniques"""""". Oui oui oui

    Résultat, les patrons donnaient du vin à leurs salariés, les gamins avaient un coup de gnole dans le biberon et de la bière ou un petit coup de pinard à la cantine !

    Donc, les classes populaires se mettent à boire quotidiennement de l’alcool, du vin ou de la bière en ville (et dans les terres vigneronnes à la campagne), de l’alcool fort à la campagne

    Alors qu’en 1840 Villermé constatait que les ouvriers ne boivent du vin que 2 fois par mois, le lendemain de la paye, fin 19e, la consommation est quotidienne

    On boit d’autant plus que c’est hyper facile de trouver de l’alcool. Y’a des cafés partout ! Car en 1880 une loi très libérale permet la x° des débits de boissons (il suffisait de déclarer !) seuls les condamnés ou les mineurs n’avaient pas le droit d’en ouvrir.

    Ça s’explique entre autres, car les cafés étaient aussi des lieux de sociabilité populaire, de politisation. D’ailleurs, tout bon candidat se devait de payer la tournée x fois pendant la campagne (sinon on parle d’élection sèche, et souvent, le mec, il perd !!)
    Bon, comme la bourgeoisie aime bien marquer sa différence, elle se rabat sur les productions de qualité, d’autant que les AOC ont été inventées Médoc classé en 1855, Côte d’Or en 60 par exemple

    Les inventaires après décès témoignent du fait que la bourgeoisie aime à se constituer de jolies caves de grand cru, ce que ne peuvent s’offrir les classes populaires

    En ville, les bourgeois laissent les estaminets ou les cabarets aux classes populaires et se réfugient dans des cafés chicos, tables de marbre, dorures, miroir, comptoirs en étain et boissons à des prix prohibitifs

    Bon, mais au final, ça faisait que les gens buvaient beaucoup, beaucoup, beaucoup et ça a fini par donner naissance à un mouvement antialcoolique, mais je vous en parlerai plus tard genre un matin pas à l’heure de l’apéro quoi !

    juste une rectification je me suis gourée, désolée, les AOC ne datent pas du 19e, mais du 20 les dates que j’ai données sont celles où les vins ont été classés sorry et merci à @ATERdeLuxe de me le signaler

    • La suite, après l’apéro, bien frappée !

      Longtemps l’homme ivre a suscité l’hilarité indulgente, les poivrots de la littérature étaient plutôt attachants. Trop boire était accepté dans les mœurs quand c’était festif et occasionnel… Et quand cela concernait un homme.

      Mais ce regard tolérant change au cours du 19e. Les imaginaires de l’ivresse joyeuse font place à ceux de l’abrutissement, du danger pour sa santé et pour les autres.

      Les médecins ont joué pour beaucoup. Si longtemps ils ont pu défendre les vertus médicinales des alcools, ils découvrent au 19e les effets physiques négatifs de sa consommation abusive et font entrer l’alcoolisme dans les peurs sanitaires et sociales.

      (j’insiste sur sociales, j’y reviendrai)

      Ce sont les aliénistes (ancêtre des psys pour le dire rapidement) qui les premiers scrutent les effets de l’alcool (on leur envoyait les déliriums trémens) et tirent la sonnette d’alarme

      C’est en 1852 qu’un médecin suédois utilise pour la 1re fois le mot alcoolisme (dans une région ravagée par l’eau-de-vie de patate souvent frelatée qui plus est) Le mot fait son entrée dans les dicos de médecine dans les années 60, au Larousse en 1880

      Les médecins se lancent alors dans des études sur l’alcoolisme, nombreuses thèses, études L’État prend le relai, commence à faire des stats. Les discours inquiets se multiplient, entrent dans la presse

      Particulièrement dans le viseur, les alcools forts et en particulier, « l’alcool qui rend fou » comme on disait, l’absinthe. la fée verte devient le péril vert L’alcool est à la fin du 19 étiqueté comme fléau social majeur

      Mais ce discours vise surtout l’alcoolisme des classes populaires et se teinte d’un profond moralisme. On appelle ça l’#hygiénisme.

      L’alcool est en effet présenté comme un vice des seules classes laborieuses. Comme si les bourgeois ne buvaient pas ! On dit que ça rend l’ouvrier paresseux, turbulent (en gros ils ne bossent pas assez et ils revendiquent, c’est dingue ces ouvriers !!)

      La dénonciation de l’alcoolisme participe donc de la construction de l’image des « classes laborieuses - classes dangereuses » qui sert avant tout à justifier la répression contre les salariés et ouais....

      Fin 19e, vient se greffer une peur nouvelle, celle de la « dégénération de la race » (sic) L’ivrogne ne fait plus seulement peur quand il boit, mais voilà qu’on pense qu’il amoindrit le patrimoine génétique de la Fr

      Et les médecins, hygiénistes, romanciers d’expliquer à l’envie que l’alcoolisme est héréditaire, que l’#alcoolisme des parents prédispose celui des enfants, avec toujours les classes populaires dans le collimateur, ainsi que quelques régions (désolée ami-es breton-nes)

      La grande fresque des Rougon-Macquart de Zola en est la traduction littéraire. L’arbre généalogique de la famille est là pour démontrer le caractère dégénératif L’Assommoir est en cela central, car c’est Le roman de l’hérédité alcoolique.

      La Commune est par ailleurs interprétée par ses opposants comme le déchainement d’ivrognes dégénérés (oui parce que c’est bien connu, les révolutionnaires sont des ivrognes, ben voyons, ça permet de nier le contenu politique et social). Y’a qu’à lire Maxime Du Camp

      À la fin du siècle, dans un contexte de peur de la dépopulation française face à la chute de la natalité, l’hygiénisme social prend une ampleur énorme sous la IIIe République

      d’autant plus que ça permet de ne se préoccuper guère de régler les problèmes de la condition ouvrière (faiblesse des salaires, logements insalubres, temps de travail, absence de droits) en préférant charger l’alcoolisme de tous les torts

      Dans le même état d’esprit, on s’en prend aux cafés ouvriers au motif qu’ils favorisent l’alcoolisme, ce alors que pour le patron, le principal tord du café était d’être le lieu où on préparait les grèves !

      donc on assiste à la naissance d’un anti alcoolisme qui vient de l’élite, avec un regard mi-paternaliste et moralisateur, mi-dégouté et toujours dénonciateur sur la seule classe ouv

      Des associations anti alcooliques voient le jour à partir de 1871, par ex la Société française de Tempérance puis en 1897 l’Union française antialcoolique (UFA) qui devient un mouvement important. 351 membres à sa fondation, 41 000 membres 8 ans plus tard

      Qui plus est, les Églises s’engagent à fond dans la lutte anti alcoolique : catholiques, mais aussi protestante et les juives

      Ce sont d’ailleurs les protestants qui créent la 1re association d’ancien buveurs, ancêtre des AA, en Suisse en 77, puis dans le Doubs en 83, puis partout en F : La Croix bleue

      Les cathos au début ne sont pas très présents, même si certains curés voient bien que l’un des moyens de ramener les gens à la messe est d’attaquer le cabaret !

      Mais sous l’influence du pape Léon XIII, les évêques de France s’engagent au tournant des deux siècles et fondent… ce qui devient la ligue de la Croix blanche en 1901

      Les adhésions augmentent, car le pape a concédé des indulgences (rémissions partielles de la peine temporelle) aux adhérents (indulgence plénière pour chaque adhésion, partielle pour bonne action (300 jour si on a arraché qq un à l’alcool, 60 jours si on a fait adhérer quelqu’un)

      La croix blanche compte 25 000 membres en 1914. surtout des femmes et des enfants ! et des curés bien sur (le vin de messe étant le seul autorisé faut pas déconner !)

      Les associations se divisent entre celles qui prônent la tempérance et celles qui prônent l’abstinence ; modération ou prohibition la tendance mondiale est plutôt à l’augmentation des abstinents, mais pas en France qui préfère la tempérance

      Ça s’explique en partie, car ce sont surtout les cathos et protestants qui sont pour l’abstinence. Or dans un pays alors anticlérical et avec un poids important des viticulteurs comme le nôtre, ça ne passe pas !

      les anti alcooliques n’ont pas bonne presse en général en Fr… on les appelle les « buveurs d’eau », on les brosse sous les traits de coincés, sans chaleur, limite anormaux

      Notons aussi la naissance aussi d’un antialcoolisme ouvrier. Discours qui dit que l’ouvrier doit s’affranchir de l’alcool pour préparer la révolution, et qui dénonce même l’alcoolisme comme une stratégie de la bourgeoisie pour avilir et dominer la classe ouv

      En 1899 la lutte anti alcoolique est ainsi intégrée au programme socialiste, Jaurès défendait les lois anti alcool à l’Assemblée. Les anarchistes font aussi entrer l’anti alcoolisme dans leurs pratiques militantes.

      La lutte anti alcoolique a d’abord utilisé la propagande : pièce de théâtre tirée de l’Assommoir, cartes postales ou affiches On diffuse aussi des photos d’organes atrophiés par l’alcool. Une pédagogie de la peur

      L’accent est mis sur l’éducation ! les assos font pression pour que l’État s’investisse Et de fait, l’école est bientôt mobilisée. En 77 le ministre de l’instruction publique autorise les affiches anti alcooliques dans les classes

      Dans le programme officiel de la primaire en 1882 on trouve « enseignement de morale et d’hygiène, Sobriété, tempérance et danger de l’alcool »

      On fait par exemple des dictées de l’Assommoir, des rédactions anti alcooliques (sujet : les méfaits de l’alcool), même des exo de maths !

      Nombreux instit se prennent les parents sur la gueule à cause de ça !

      Pb d’un matraquage anti alcoolique sans finesse, manichéen, qui vise la peur ou la culpabilisation plus que la réflexion et qui énerve plus qu’il ne fonctionne D’ailleurs… la consommation ne baisse pas !

      Autre solution La répression. Dans les cités ouvrières paternalistes, le patron ferme le café (faut dire, on y fomentait les grèves aussi comme je vous le disais plut haut !!!)

      Évidemment les anti alcooliques voudraient que l’État s’engage plus, légifère, qu’il ferme les débits de boissons, revienne sur le privilège des bouilleurs de cru, augmente les taxes, interdise l’absinthe

      Pb : ce sont des politiques impopulaires, et on les paye dans les urnes. Ça fait réfléchir à deux fois un député ! Dans certaines régions, 1 électeur sur 5 est bouilleur de cru !

      Donc la tendance est à l’inverse on l’a vu, à lever les taxes sur la consommation ou la commercialisation de l’alcool, à libéraliser l’ouverture des débits de boisson

      Tout au plus, une loi interdit d’ouvrir un café près d’une école, d’une caserne ou d’un hosto. Mais bon, localement, les maires ferment l’œil, car il n’est jamais très malin de s’affronter au bistrotier du coin.

      Pour s’organiser, les anti alcooliques parviennent à se faire élire par endroit, ou à convaincre des députés Ils arrivent à former un groupe anti alcool à la chambre, trans-partisan (on a Jaurès, ou Vailland, socialistes, Siegfried ou Rouvier (droite)

      Mais les projets se succèdent sans jamais aboutir la presse titre « l’urne s’incline devant le broc ». un journal, moqueur, propose que l’on remplace Marianne par des alambics dans les mairies

      Finalement, c’est la guerre qui fait coupure. Les anti alcooliques font de leur cause une cause patriotique et profitent de la désorganisation des lobbys alcooliers pour faire passer la législation qu’ils défendaient

      l’alcool devient un ennemi de l’intérieur. Les mesures anti alcoolique se succèdent Interdiction de l’absinthe en 1915 janvier 16 : fin du privilège des bouilleurs de cru. 1917 : loi sur le délit d’ivresse

      En attendant, comme quoi on n’était pas à un paradoxe prêt, on abreuve les soldats de pinard ! même en eau de vie ! pour lutter contre peur, froid, pour qu’ils montent au front…

      y’a un bon article du @mdiplo la dessus
      https://www.monde-diplomatique.fr/2016/08/LUCAND/56091

      Au final, en 1918, la consommation d’alcool fin GG = celle de la monarchie de juillet (du moins officiellement) et le nombre de débits a été divisé par 2. Mais les soldats ont pris encore plus l’habitude de picoler au front…

      Globalement, ce sont surtout les alcools forts qui en ont fait les frais à la différence du vin, jugé père de la victoire,

      Le privilège des bouilleurs de cru est d’ailleurs rétabli en 23 pour les distillations à domicile et pour 10 litres depuis 1959, ce privilège n’est plus transmissible par héritage, et s’éteindra donc au décès des derniers détenteurs.

      Je passe vite sur le 20e siècle… mais la lutte anti alcoolique continue. En 1941, on crée les licences, dont la licence IV sans laquelle un établissement ne peut pas vendre de l’alcool

      cela permet à l’État de contrôler le nombre de débits d’alcool (car le nombre de licences est limité) à 1/450 hab)

      (rappel sous la IIIe république il y avait en Fr un débit de boissons alcoolisées pour 80 habitants)

      En 1956, le vin est supprimé des cantines scolaires (pour les moins de 14 ans. En 1961, l’alcool au travail est interdit. En 1970 on fixe le délit de conduite en état d’ivresse (1,2 g !!! à l’époque).

      En 1983 le taux du délit de conduite en état d’ivresse est abaissé à 0,8g 1984 publicité « un verre, ça va, trois verres bonjour les dégâts »

      La loi Evin de 1990 limite la publicité.

      plusieurs lois dans les années 90 viennent encore lutter contre l’alcool au volant

      les campagnes préventives s’enchainent

      (heu, de fait les zami-es, faut pas conduire quand on est soul)

      Mais en 2011, l’absinthe est à nouveau autorisée, d’autant qu’on avait montré que ce n’était pas l’ "alcool qui rendait fou", mais sa consommation abusive

      L’année dernière j’avais fait à mes étudiants ce cours sur l’alcool et l’alcoolisme, et à la fin, pour marquer le coup vu que ça leur avait plu, ils avaient loué une fontaine à absinthe et on avait fait toute la cérémonie avec modération bien sûr !

    • This is the end, my friends…

      voila c’est fini donc je vous mets un peu de #bibliographie The spécialiste c’est Didier Nourrisson et c’est vachement bien (ce fil est entièrement tiré de son travail)

      après j’ai lu aussi des articles/bouquins plus pointus sur le vin, notamment les grands vins de Serge Wolikoff @serge_wolikow mais je m’en étais plus servi dans le cours que pour ce fil

      J’espère que ça vous a plu et Santé ! Cheers Salude Topa Saha yérêd mât ! skol salut sherefé prost

  • Un nouveau procédé permet de tripler la durée de conservation des viandes Le Devoir - 22 janvier 2018 - Isabelle Paré

    http://www.ledevoir.com/societe/consommation/518157/un-nouveau-mode-de-conservation-permet-de-tripler-la-conservation-des-vian

    Et si les saucisses fraîches pouvaient se garder jusqu’à 100 jours, les délicats fromages cottage ou ricotta tenir le coup jusqu’à un an, et la viande hachée se préserver jusqu’à 30 jours sans perdre un iota de sa fraîcheur ? La gestion de bien des réfrigérateurs abonnés aux aliments flétris et condamnés à la poubelle s’en trouverait sûrement bouleversée.

    C’est le pari que font les promoteurs d’une nouvelle technologie récemment testée au Québec qui permet de prolonger, voire tripler la durée de vie de plusieurs aliments frais, cuits ou transformés. Mis au point au Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ) de La Pocatière, et soutenu par RECYC-QUÉBEC dans le cadre du Projet 9 destiné à contrer le gaspillage alimentaire, ce processus de conservation par très haute pression hydrostatique fait lentement son entrée sur les tablettes de plusieurs épiceries.

    Une redécouverte
    Le procédé approuvé par Santé Canada en 2016 consiste à éliminer les bactéries présentes dans les aliments grâce à la mise sous forte pression de produits scellés dans des emballages souples, plongés sous l’eau pendant quelques minutes. L’effet de la pression hydrostatique sur les bactéries a été découvert au Japon à la fin du XIXe siècle, mais ce n’est qu’au tournant des années 1990 que cette technologie a fait son entrée dans l’industrie alimentaire. Les procédés actuels reproduisent en usine une pression équivalant à six fois celle rencontrée dans les abysses les plus profonds des océans.

    « Le but ultime, c’est de fragiliser les cellules des bactéries qui finissent par se développer au fil du temps et corrompre les aliments », soutient Stéphane Carrier, directeur général de l’entreprise Natur-l-XTD, la seule au Québec à détenir ces équipements onéreux pour traiter ainsi les aliments.

    Des tests réalisés au Centre de développement bioalimentaire du Québec ont permis de constater qu’une fois soumis à ce procédé, les viandes cuites, tout comme les jambons tranchés, la pancetta et le salami, pouvaient se conserver jusqu’à 120 jours sans perdre de leur qualité nutritive, de leur goût ou de leur texture.

    Des fromages frais, comme la ricotta ou le fromage cottage, une fois bien scellés, pourraient quant à eux demeurer comestibles jusqu’à près d’un an. « Les jus frais non pasteurisés, qui ont normalement des durées de vie de trois ou quatre jours, peuvent maintenant se conserver jusqu’à 45 à 60 jours », affirme le directeur de l’usine située à Saint-Hyacinthe, qui a déjà conclu des ententes avec plusieurs joueurs importants de l’industrie alimentaire. Un important producteur de jus frais basé à Toronto a même récemment déménagé ses pénates dans la ville maskoutaine pour profiter pleinement de cette nouvelle technologie qui permettra de faciliter la distribution de ses produits au Canada.
    . . . . .

    Obstacle psychologique
    Reste que ces durées de vie interminables affichées sur certains produits pourraient être drôlement accueillies par les consommateurs. Ceux-ci feront-ils confiance à des saucisses restées sur les tablettes pendant 100 jours ou à du boeuf haché jugé propre à la consommation après un mois ? Psychologiquement, la longévité n’est pas toujours synonyme de fraîcheur pour le commun des mortels. Pour cette raison, plusieurs fabricants préfèrent pour l’instant ne pas indiquer que leurs produits sont promis à une longue conservation, même si c’est le cas. Pour des motifs purement commerciaux, on préfère attendre que l’idée de ces aliments à longue conservation fasse son chemin dans l’esprit des clients.

    #beurk #viande #conservation #alimentation

  • Affaire Lactalis : « L’alimentation industrielle est tout sauf saine »
    https://reporterre.net/Affaire-Lactalis-L-alimentation-industrielle-est-tout-sauf-saine

    Marie-Claire Frédéric — J’ai repensé à une histoire : #Lactalis avait accusé un producteur artisanal de #camemberts au #lait_cru d’avoir des #fromages contaminés. Ce producteur avait dû retirer tout un stock de la vente. Ensuite, on a fait des analyses, et il s’est avéré que c’était faux. Mais le mal était fait. Le gars avait perdu plein de camemberts, et sa réputation était atteinte. C’est interpellant.

    Vous travaillez sur la #fermentation, due à de « bonnes » #bactéries. Mais comment expliquez-vous les contaminations aux mauvaises bactéries, ici dans le cas de Lactalis, aux #salmonelles ?

    D’une certaine manière, c’est le résultat de 150 ans d’#hygiénisme à outrance. Pour vivre, on a absolument besoin des bactéries. Il y en a beaucoup de bonnes, qui nous sont utiles, et il y en a quelques-unes qui sont #pathogènes, comme la listeria, les salmonelles, etc. Dans l’ensemble du vivant, ces bactéries s’équilibrent les unes les autres.

    Mais, quand on éradique les bactéries, quand on utilise des produits, comme on dit dans les publicités, qui tuent 99 % des bactéries, cela éradique toutes les bonnes et celles qui restent, généralement, ce sont les pathogènes, justement. Plus on va faire la guerre aux bactéries, plus c’est dangereux, parce qu’on va sélectionner des souches #résistantes aux #bactéricides ou aux #antibiotiques.

    #alimentation #santé #diffamation

  • Ceux qui ne se rasent pas sont des animaux
    http://www.tetue.net/ceux-qui-ne-se-rasent-pas-sont-des-animaux

    Ceux qui ne comprennent pas l’importance de se raser le crâne ne sont ni des gens du siècle, ni des moines ; ce sont tout simplement des animaux. Au XIIIe siècle, après un voyage en Chine, Eihei Dōgen renouvelle le #Zen, fondant le zen Sōtō. Pour Dôgen, notre vie quotidienne est le terrain même de la pratique zen. Se lever, se laver, éplucher des légumes, manger… Laver est l’activité principale du moine.

  • Syndrome du bien-être : « L’objectif du néolibéralisme est d’individualiser les problèmes collectifs » – Le Comptoir
    https://comptoir.org/2016/05/18/syndrome-du-bien-etre-lobjectif-du-neoliberalisme-est-dindividualiser-les-

    L’objectif du néolibéralisme est d’individualiser les problèmes collectifs. La conséquence est que des questions telles que la santé ne sont plus considérées comme causées par notre appartenance de classe. Au contraire, elles sont maintenant considérées comme faisant partie d’un choix de mode de vie des individus. Pourtant, regardez : à Chelsea à Londres, l’espérance de vie moyenne des hommes est d’environ 95 ans. Dans la banlieue de Glasgow, elle est de 54 ans. Chelsea est la banlieue la plus riche du pays. La banlieue de Glasgow est l’une des plus pauvres. Il est clair que la santé et la richesse sont liées. Si vous êtes pauvre, vous mourrez des décennies plus tôt. Le néolibéralisme essaie de faire blâmer les choix du mode de vie individuels plutôt que les facteurs collectifs. En conséquence, il prétend que quelques modifications de style de vie modifieront tout.

    #hygiénisme

  • Irène Grosjean : reportage | Le chou brave
    http://lechoubrave.fr/irene-grosjean-reportage

    « Le Chou Brave », journal sur l’alimentation vivante a fait un interview filmé d’Iréne Grosjean, naturopathe. Ce qui marque relativement est la vitalité de cette femme de 82 ans, que l’on voyait déjà dans le petit documentaire nommé « Iréne » et mis en lien là http://seenthis.net/messages/148737

    Elle parle ici de sa vision des médecines, de l’hygiénisme et frugivorisme entre autres, et on apprend un peu de son histoire. Voici l’interview :

    http://www.youtube.com/watch?v=3pupDVbec2s

    #médecine #alimentation #frugivorisme #crudivorisme #santé #hygiénisme #naturopathie

  • Utopies libertaires : La propreté selon Hundertwasser
    http://utoplib.blogspot.fr/2010/01/la-proprete-par-hundertwasser.html

    La #psychose du #nettoyage est un symptôme typique de notre civilisation. Tout d’abord, ce sont la saleté et le manque d’hygiène qui ont amené les maladies et la mort. Maintenant, c’est la stérilité abusive qui provoque la maladie et la mort.

    Toutes les choses organiques qui font un effet chaotique, la diversité, la création individuelle incontrôlée de l’homme et la végétation spontanée de la nature sont considérées comme sales, chaotiques et dangereuses. La stérilité abusive amène la mort. L’industrie des détergents et le lobby des sprays toxiques font impunément de la réclame à la télévision et dans les médias avec des mensonges et un lavage de cerveau qui rappellent la propagande politique la plus dépourvue de scrupules. Il est fait appel aux instincts les plus bas des gens simples et des enfants : ta chemise doit être plus blanche que celle de la voisine jalouse.

    #lessiviers

  • J’ai proposé au groupe de travail d’écouter les usagers et les distributeurs. On m’a répondu non. C’était un vrai parti pris ! A croire que l’on revendique son ignorance…

    Il ne faut pas se tromper d’ennemi. Le problème n’est pas la dépendance à la nicotine, mais l’inhalation des 4 000 substances identifiées dans le tabac qui rend malade et tue une personne sur deux parmi les fumeurs

    http://www.parismatch.com/Actu/Sante/Cigarette-electronique-Les-experts-sont-des-dangers-pour-la-sante-publiq

    #tabac #cigarette #hygiénisme

  • Nouvelles mesures anti-tabagisme : Marisol Touraine veut nous mettre la pression.

    Pour ou contre interdire la cigarette dans les parcs et sur les plages ? | Rue89
    http://www.rue89.com/2013/07/21/contre-interdire-cigarette-les-parcs-les-plages-244420

    « Il faut une mobilisation générale contre le tabac. Un logo rappelant la dangerosité du tabac pour les femmes enceintes va être apposé sur chaque paquet de cigarettes. Une aide au sevrage sera proposée, notamment aux jeunes.

    Il faut aussi instaurer davantage de lieux sans tabac. Je souhaite que des villes s’engagent dans cette voie par le dialogue et créent des espaces sans tabac, qui pourrait être des parcs, des cités universitaires, des plages, devant les écoles. »

    Heu ... Dites-moi, le tabac, c’est combien de recette fiscale par an ?
    #hypocrisie. #hygiénisme

  • Les salariés fumeurs coûtent cher à leur employeur - Capital.fr
    http://www.capital.fr/carriere-management/actualites/les-salaries-fumeurs-coutent-cher-a-leur-employeur-848710

    Fumer nuit gravement à la productivité. Du moins si l’on en croit les résultats d’une étude, chapeautée par Micah Berman, un chercheur de l’université de l’Ohio.

    Mais combien rapportent-ils à l’industrie du tabac et aux gouvernements grâce aux taxes ?

    #prohibition