• La Deutsche Bank avertit que la bulle de l’IA est la seule chose qui maintient l’économie US à flot et que, lorsque cette bulle éclatera, la réalité sera bien plus dure que ce que tout le monde imagine
    ▻https://intelligence-artificielle.developpez.com/actu/376214/La-Deutsche-Bank-avertit-que-la-bulle-de-l-IA-

    La Deutsche Bank avertit que la dynamique actuelle de l’économie américaine est dangereusement liée à un cycle d’investissement dans l’intelligence artificielle (IA) en plein essor, qui pourrait ne pas être durable. Les analystes mettent en garde contre le fait que la forte augmentation des dépenses d’investissement, en particulier dans les centres de données d’IA, gonfle la croissance sans que cela ne s’accompagne de revenus durables. Les gains du marché étant fortement concentrés dans les valeurs technologiques, et les experts prévoyant une correction douloureuse, l’essor de l’IA pourrait déclencher un ralentissement économique brutal lorsque la bulle de l’IA éclatera.

    • ... une part considérable de cette expansion économique est attribuable à la construction de nouvelles installations physiques par des travailleurs humains. En revanche, le secteur des technologies et des services liés à l’IA n’a pas encore apporté de contribution significative au produit intérieur brut (PIB). Cette distinction suggère qu’une grande partie des avantages économiques immédiats provient du développement des infrastructures traditionnelles plutôt que de l’innovation directe en matière d’IA.

      ... il n’existe pas une seule bulle de l’IA, mais trois dynamiques distinctes qui se chevauchent : la bulle spéculative classique, la bulle d’infrastructure correspondant aux investissements colossaux dans l’IA, et la bulle médiatique qui traduit les promesses irréalistes autour de cette technologie.

      #IA #bulle_économique #centres_de_données

    • Nouveau « signal fort » : ▻https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/la-bourse-au-bord-de-la-rupture-dix-symptomes-qui-temoignent-de-lebullition

      L’euphorie autour des valeurs de l’intelligence artificielle a propulsé les Bourses mondiales à des niveaux record. Le rebond de Wall Street depuis le mini-krach du « Liberation Day », en avril, est l’un des plus violents jamais enregistré. Les professionnels des marchés redoutent l’éclatement d’une nouvelle bulle.

      #paywall

    • Concernant la bulle médiatique j’ai plus que hâte qu’elle explose. Parce que là on est encore en pleine hallucination. Dernièrement, j’ai lu un article (à propos de développement informatique) qui disait « avec l’IA j’ai fait en 6 heures ce qui me prend 24 jours d’habitude »... Évidemment sans jamais donner le code et ce qui est fait généralement « en 24 jours » (mais qui est capable de dire ce qu’il fait précisément en 24 jours ?).

    • #AI boom is unsustainable unless tech spending goes ‘parabolic,’ Deutsche Bank warns | Fortune
      ▻https://fortune.com/2025/09/23/ai-boom-unsustainable-tech-spending-parabolic-deutsche-bank

      The current AI boom is not sustainable, a Deutsche Bank research note warned this morning, because tech spending won’t “remain parabolic.” AI #capex is now so massive it is keeping the U.S. out of recession, the bank said. Separately, Bain & Co. estimate there will be an $800 billion shortfall in the revenues needed to fund the demand for AI computing power. About half the S&P 500’s gains this year have been driven by tech stocks.

      #bulle_ia

    • Pluralistic: The real (economic) AI apocalypse is nigh (27 Sep 2025) – Pluralistic: Daily links from Cory Doctorow
      ►https://pluralistic.net/2025/09/27/econopocalypse

      (...)

      He said, “OK, but what can we do about that?”

      So I re-iterated the book’s thesis: that the AI bubble is driven by monopolists who’ve conquered their markets and have no more growth potential, who are desperate to convince investors that they can continue to grow by moving into some other sector, e.g. “pivot to video,” crypto, blockchain, NFTs, AI, and now “super-intelligence.” Further: the topline growth that AI companies are selling comes from replacing most workers with AI, and re-tasking the surviving workers as AI babysitters ("humans in the loop"), which won’t work. Finally: AI cannot do your job, but an AI salesman can 100% convince your boss to fire you and replace you with an AI that can’t do your job, and when the bubble bursts, the money-hemorrhaging “foundation models” will be shut off and we’ll lose the AI that can’t do your job, and you will be long gone, retrained or retired or “discouraged” and out of the labor market, and no one will do your job. AI is the asbestos we are shoveling into the walls of our society and our descendants will be digging it out for generations:

      ▻https://pluralistic.net/2025/05/27/rancid-vibe-coding/#class-war

      (...)

      I firmly believe the (economic) AI apocalypse is coming. These companies are not profitable. They can’t be profitable. They keep the lights on by soaking up hundreds of billions of dollars in other people’s money and then lighting it on fire. Eventually those other people are going to want to see a return on their investment, and when they don’t get it, they will halt the flow of billions of dollars. Anything that can’t go on forever eventually stops.

      This isn’t like the early days of the web, or Amazon, or any of those other big winners that lost money before becoming profitable. Those were all propositions with excellent “unit economics” – they got cheaper with every successive technological generation, and the more customers they added, the more profitable they became. AI companies have – in the memorable phraseology of Ed Zitron – “dogshit unit-economics.” Each generation of AI has been vastly more expensive than the previous one, and each new AI customer makes the AI companies lose more money:

      ▻https://pluralistic.net/2025/06/30/accounting-gaffs/#artificial-income

      This week, no less than the Wall Street Journal published a lengthy, well-reported story (by Eliot Brown and Robbie Whelan) on the catastrophic finances of AI companies:

      ▻https://www.wsj.com/tech/ai/ai-bubble-building-spree-55ee6128?st=efV1EF&reflink=article_email_share

      The WSJ writers compare the AI bubble to other bubbles, like Worldcom’s fraud-soaked fiber optic bonanza (which saw the company’s CEO sent to prison, where he eventually died), and conclude that the AI bubble is vastly larger than any other bubble in recent history.

      The data-center buildout has genuinely absurd finances – there are data-center companies that are collateralizing their loans by staking their giant Nvidia GPUs as collateral. This is wild: there’s pretty much nothing (apart from fresh-caught fish) that loses its value faster than silicon chips. That goes triple for GPUs used in AI data-centers, where it’s normal for tens of thousands of chips to burn out over a single, 54-day training run:

      ▻https://techblog.comsoc.org/2024/11/25/superclusters-of-nvidia-gpu-ai-chips-combined-with-end-to-end-netwo

    • Éric Sadin. Le Désert de nous-mêmes. Le tournant intellectuel et créatif de l’intelligence artificielle (Éditions L’échappée)
      ▻https://librairie-quilombo.org/le-desert-de-nous-memes

      Le lancement de #ChatGPT, fin 2022, a inauguré le tournant intellectuel et créatif de l’intelligence artificielle. Désormais, il est demandé à des systèmes de prendre le relais de nos facultés les plus fondamentales – en premier lieu celle de produire du langage et des symboles. Comment ne pas saisir l’ampleur des conséquences sociales, culturelles et civilisationnelles induites ?
      Celles-ci sont principalement de trois ordres. Premièrement, il est mis entre les mains de tous des technologies générant un pseudo-langage, car mathématisé, statistique et standardisé, appelé à devenir hégémonique. Deuxièmement, on ne connaîtra plus la nature ou l’origine d’une image. Émerge une ère de l’indistinction généralisée porteuse de nombreux périls alors que rancœur et défiance grandissent. Troisièmement, des dispositifs vont réaliser plus rapidement et de manière prétendument plus efficace que nous un nombre croissant de tâches à haute compétence cognitive. De ce fait, un ouragan va s’abattre sur les métiers de services et de la culture.
      Nous vivons un moment d’une extrême gravité, voyant l’automatisation, à terme intégrale, du cours du monde ne cesser de s’étendre. Or, il ne s’agit nullement d’un projet de société démocratiquement décidé, mais du résultat des vues d’ingénieurs et de l’ambition sans limites de l’empire de la tech.
      Ce livre procède à une analyse minutieuse des caractéristiques des #IA_génératives ainsi que de la rupture anthropologique à l’œuvre. Il revêt également une valeur de manifeste, appelant à défendre sans concession l’exercice des facultés qui nous définissent. Faute de quoi, nous appartiendrons bientôt à une humanité absente à elle-même.

    • Une autre bulle, côtée en bourse celle-ci.
      ▻https://coinmarketcap.com/fr

      Une fraude à 5 milliards de dollars : une Chinoise de 47 ans plaide coupable de blanchiment en bitcoins à Londres
      ▻https://www.lefigaro.fr/flash-actu/londres-une-ressortissante-chinoise-reconnue-coupable-de-blanchiment-de-bit

      5,5 milliards de livres sterling. L’équivalent de plus de 6 milliards d’euros. C’est le butin colossal que la justice britannique a placé sous scellés, après l’une des plus longues traques financières du XXIe siècle. Le 29 septembre 2025, Zhimin Qian, alias Yadi Zhang, 47 ans, surnommée la « reine du Bitcoin », a finalement plaidé coupable devant le tribunal de Southwark à Londres. Elle est accusée d’avoir orchestré une fraude aux proportions vertigineuses qui a piégé 128 000 investisseurs en Chine et conduit à la plus grande saisie de #cryptomonnaies jamais réalisée.

      En adoptant une posture favorable aux actifs numériques, Trump a assoupli les régulations et fait des États-Unis un leader dans le domaine des #cryptos. Ce soutien affirmé suscite un grand espoir dans l’industrie, notamment pour l’avenir du #Bitcoin et d’autres cryptomonnaies, sous sa présidence.

      Lors de son premier mandat, il s’est montré critique à l’égard des cryptomonnaies, qualifiant le Bitcoin de « fraude » en 2019 et affirmant que ces actifs « n’étaient pas de l’argent ». Cependant, son point de vue a radicalement évolué en 2024. Aujourd’hui, Trump se présente comme un ardent défenseur des cryptos, affirmant qu’elles représentent l’avenir de l’économie mondiale. Ce revirement est en partie dû à l’influence de ses conseillers pro-crypto et à une stratégie visant à attirer les jeunes électeurs et les entrepreneurs du secteur technologique. Et aussi à son enrichissement personnel et celui de sa famille.

  • #Intelligence_artificielle : le vrai #coût_environnemental de la course à l’IA

    “L’IA et la réussite de la #transition_énergétique vont de pair. Nous n’assisterons pas à une transition à grande échelle vers une énergie sans carbone sans les avancées significatives que l’IA promet d’apporter.” Cette citation de Mélanie Nakagawa, la responsable développement durable de Microsoft en février 2025, est à l’image de la #pensée_magique que l’on rencontre de plus en plus fréquemment dans les médias et la société. Celle d’une IA mystique et providentielle qui serait la #solution à tous nos problèmes, et qui justifierait son développement effréné depuis l’arrivée de #ChatGPT en 2022.

    Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé en février 2025 des #investissements privés de 109 milliards d’euros pour développer l’IA et que plus de 35 nouveaux projets de #centres_de_données ont été annoncés en France, nous vous proposons une analyse approfondie pour déconstruire ces discours et découvrir la #face_cachée de l’intelligence artificielle. Comme le résume la chercheuse en IA Kate Crawford, elle repose sur une triple #extraction : extraction de #ressources_naturelles, extraction de #données, #exploitation_humaine. Dans cet article nous nous concentrerons sur les impacts environnementaux directs de l’IA (consommation énergétique, émissions carbone, impacts locaux des data centers), mais insistons sur la nécessité d’appréhender ces technologies dans leur ensemble pour comprendre les bouleversements sociétaux que son adoption massive génère (enjeux de #pouvoir, #surveillance_de_masse, #militarisation, #inégalités sociales, etc)

    Nous commencerons par définir ce qu’est l’intelligence artificielle, son évolution récente, les acteurs qui la sous-tendent et détaillerons le fonctionnement particulier des #IA_génératives. Puis dans un second temps nous décrirons l’#infrastructure_matérielle qui la soutient. Loin de flotter au-dessus de toute réalité physique, comme le champ lexical du “cloud” et de la “dématérialisation” aime à nous le faire croire, ces #technologies ont des conséquences matérielles très tangibles.

    Sommaire

    - Qu’est ce que l’intelligence artificielle ?
    - L’ère de l’IA générative depuis la sortie de ChatGPT en 2022
    - L’IA, bien plus qu’une #technologie
    - Qui est derrière l’IA ?
    - Le voyage d’une requête ChatGPT
    - L’inférence pour l’usage quotidien
    – Le problème de la #transparence
    – Quel est l’impact d’une requête ChatGPT ?
    – L’optimisation de la #consommation_électrique de l’IA
    – Les impacts directs de l’intelligence artificielle
    – La consommation électrique des data centers explose à cause de l’IA
    – Émissions de #CO2, la roue libre
    – Google, Microsoft, Meta.. Quid des émissions des géants du numérique ?
    – La consommation d’#eau
    - Ressources abiotiques pour la fabrication des équipements et bâti : dépendance aux #métaux et à l’#industrie_chimique
    - Conclusion
    - Infographie

    ▻https://bonpote.com/intelligence-artificielle-le-vrai-cout-environnemental-de-la-course-a-lia
    #IA #AI #environnement #à_lire

  • Comment les réponses générées par #IA menacent les fondamentaux du #Web
    ▻https://www.lemonde.fr/pixels/article/2025/07/06/comment-les-reponses-generees-par-ia-menacent-les-fondamentaux-du-web_661918

    « Tu vas encore sur #Google, toi ? » Bim, vous voilà relégué au rang de cyberboomer. Votre tort : ne pas utiliser #ChatGPT, #Perplexity, Claude, ou autre agent conversationnel pour vos recherches en ligne. La remarque, un brin condescendante, est révélatrice d’une tendance – plus probablement d’une révolution –, avec des conséquences vertigineuses pour l’avenir du Web. Prenez les arguments de Perplexity : ce moteur de recherche américain par IA vante, sur son site, sa capacité à offrir « des réponses complètes qui synthétisent les informations issues de multiples sources », en « éliminant le besoin de naviguer sur de nombreuses pages Web pour trouver ce que vous cherchez ». Or, si les internautes ne voient plus l’intérêt de naviguer sur le Web… que va-t-il devenir ?

    Inventé par Tim Berners-Lee en 1989, le #World_Wide_Web consiste à relier des documents entre eux sur Internet, grâce à des liens hypertextes. En quelques années, il est devenu une immense toile de millions de pages connectées les unes aux autres, et a fait d’Internet un outil grand public. Jean-François Groff fait partie de l’équipe qui a posé les premières pierres du Web aux côtés de Tim Berners-Lee. « Je me souviens de l’émerveillement que j’ai ressenti en 1995 à l’arrivée d’AltaVista, l’un des premiers moteurs de recherche. J’ai eu la même réaction quand, quatre ans plus tard, Google est arrivé, car il était bien meilleur. Aujourd’hui, il se passe la même chose avec la recherche assistée par IA. »

    Désormais, c’est ce qu’il utilise « pour les questions de tous les jours » : « Au lieu de passer trente minutes à cliquer sur des liens, creuser à gauche et à droite pour me faire ma propre synthèse, je prends celle que l’IA a prédigérée pour moi. Si ce n’est pas suffisant, j’affine la question. Et je suis très satisfait des résultats. » Ces systèmes répondent à des questions formulées « naturellement », parfois complexes ou très personnalisées, tout en citant leurs sources.

    Demain, qu’ils le veuillent ou non, tous les utilisateurs de Google franchiront le pas. Le géant américain, qui ne veut pas subir le même sort qu’AltaVista, a déjà mis en place deux solutions de recherche par IA, non disponibles en France pour le moment. AI Overviews, lancé en 2024, est activé par défaut sur Google, et affiche une réponse générée par IA au-dessus de la liste de liens classique. AI Mode, lancé le 20 mai, va plus loin, avec une page de recherche à part, entièrement gérée par IA et enrichie de contenus sur mesure, comme des graphiques.

    L’annonce a aussitôt déclenché la colère des éditeurs de presse américains, rassemblés dans la News Media Alliance : « Désormais, Google se contente de prendre le contenu [des sites] de force et de l’exploiter sans contrepartie », a déclaré sa présidente, Danielle Coffey, « c’est la définition même du vol ».

    « Un enjeu démocratique »
    Car avec les moteurs de recherche par IA, qui n’impliquent plus de cliquer sur des liens, c’est tout le modèle économique du Web qui risque de s’écrouler. Pour fournir des réponses de qualité, ces IA se basent sur le contenu des sites, mais n’imposent plus aux internautes de les consulter. Si de grands éditeurs de presse, comme le New York Times ou Le Monde, ont trouvé des accords financiers avec des entreprises d’IA, d’innombrables éditeurs de sites, petits ou grands, voient leur contenu aspiré et leurs visites s’effondrer. Depuis le lancement d’AI Overviews aux Etats-Unis, en mai 2024, le trafic vers les sites d’information américains provenant des moteurs de recherche aurait chuté de 26 %, selon l’entreprise d’analyse Similarweb.

    « Il y a un risque que le Web du futur ait des IA comme lecteurs plutôt que des internautes », note la sociologue des techniques Francesca Musiani, directrice du centre Internet et société du CNRS. Le Web pourrait se transformer en vaste base de données à destination des « bots », les programmes qui parcourent Internet pour nourrir les insatiables IA. « C’est assez inquiétant. Je ne sais pas si ça fait partie des avenirs désirables que Tim Berners-Lee avait envisagé ; moi pas. »

    Pour elle, les menaces que ces nouvelles pratiques font peser sur le Web ne sont pas anodines. « Préserver le Web tel qu’on le connaît aujourd’hui est un enjeu démocratique. Ce n’est pas qu’une question de nostalgie. » La chercheuse pointe, par exemple, la « standardisation » des réponses. « L’IA donne celle qui semble la plus consensuelle selon les données qui ont nourri le modèle. Ce qui risque d’invisibiliser certaines pensées, certains contenus. Or, un des principes dont s’est longtemps nourri le Web, c’est la pluralité des voix. »

    Une autre de ses inquiétudes porte sur la traçabilité des sources. « Quand on lit un texte sur le Web, on peut tenter de comprendre qui l’a écrit, avec quel objectif, quel biais idéologique… Avec des opinions synthétiques sans auteur identifiable, ça devient plus difficile. Il nous semblait déjà dur d’apprendre à nos étudiants de toujours remonter aux sources, là c’est un pas de plus pour nous compliquer la vie… »

    « Le Web est mort depuis longtemps »
    Se pose aussi, évidemment, le sujet de l’exactitude des réponses de ces IA, qui « hallucinent » régulièrement (comme celle de Google, qui avait conseillé de manger des cailloux et d’ajouter de la colle aux pizzas). Une crainte balayée par le PDG de Perplexity, Aravind Srinivas, dans les colonnes du magazine Wired : « En réalité, les erreurs ne représentent qu’une petite partie des résultats, et nos réponses sont bien plus pertinentes que dix liens bleus pollués par des décennies de contenu optimisé pour les moteurs de recherche. »

    Une pique à Google, dont la qualité des résultats est largement critiquée depuis plusieurs années. Et au Web en général ? Publicités invasives, pop-up, vidéos automatiques, pénibles artifices pour augmenter notre temps de présence : il est peu confortable d’y naviguer et, par contraste, l’efficacité des réponses générées par IA est saisissante. Ironiquement, les contenus générés par IA infestent le Web et dégradent aussi l’expérience des utilisateurs. Le serpent se mord la queue : les IA s’entraînent sur les contenus disponibles sur le Web, dont une partie grandissante est elle-même générée par IA.

    Pas nostalgique pour un sou, Jean-François Groff, l’ancien collaborateur de Tim Berners-Lee, estime pour sa part que « le Web a fait son temps. Il est mort depuis longtemps, et ce n’est pas l’IA qui l’a tué ». Pour lui, l’avènement des applications mobiles en a signé l’acte de décès – ce qu’annonçait déjà Wired en 2010. « Le mot Web a quasiment disparu chez les jeunes générations », souligne-t-il.

    Pour Google, le Web reste une priorité
    A la tête de Google, principale porte d’entrée du Web depuis deux décennies, Sundar Pichai tient un discours tout autre. Certes, dit-il dans un podcast du site The Verge, « le Web est en train de changer profondément », mais « le nombre de pages Web a augmenté de 45 % ces deux dernières années ». Grâce au contenu généré par IA ? « Bonne question », élude-t-il. Mais, selon lui, les outils d’IA générative, permettant, par exemple, de coder sans être spécialiste, vont rendre tellement simple la création de pages Web que les internautes seront naturellement incités à le faire, « car pourquoi se priver ? »

    Plus globalement, explique-t-il, ces outils offrent un pouvoir de création inédit aux internautes (image, vidéo, texte…). « Créer, développer : tout cela va devenir accessible à une bien plus grande partie de l’humanité. » Et n’est-ce pas l’idéal initial du Web ? A l’écouter, pas question, donc, de renier l’invention de Tim Berners-Lee. « Plus que n’importe quelle autre entreprise, notre priorité est d’envoyer du trafic vers le Web. Personne ne le fait autant que nous. »

    Mais à quel prix ? Quand bien même la grande transformation des moteurs de recherche préserverait l’intégrité du Web, l’impact pourrait être énorme sur d’autres plans. Comme celui de l’environnement. Pour Luc Julia, cocréateur de l’assistant Siri et auteur d’#IA_génératives, pas créatives (Cherche Midi), utiliser ces systèmes pour la recherche d’informations est « une aberration écologique totale ». « On va parfois chercher des choses très simples, comme la date de la mort de Napoléon… Or, ça prend mille fois moins de ressources de le faire dans Google que dans ChatGPT. C’est sympa, mais ça va péter la planète. »

    Comme le résumait Sergey Brin, le cofondateur de Google, dans une conférence en mai, « le rythme de progression des IA est si important que le sujet n’est pas seulement le Web. Je ne pense pas qu’on ait la moindre idée de ce à quoi le monde va ressembler dans dix ans ».

    #Morgane_Tual

  • L’#IA générative a le potentiel de détruire la planète (mais pas comme vous le pensez)

    Le risque premier avec l’#intelligence_artificielle n’est pas qu’elle s’attaque aux humains comme dans un scénario de science-fiction. Mais plutôt qu’elle participe à détruire notre #environnement en contribuant au #réchauffement_climatique.

    La course à l’intelligence artificielle (IA) s’intensifie. Le 9 février, veille du sommet de l’IA à Paris, Emmanuel Macron promettait 109 milliards d’euros d’investissements publics et privés dans cette technologie pour les années à venir. Il entend concurrencer les États-Unis sur ce terrain, en faisant référence au programme « #Stargate » promis par Donald Trump, qui prévoit des dépenses de 500 milliards de dollars (484 milliards d’euros) dans l’IA aux États-Unis.

    Des deux côtés de l’Atlantique, ces centaines de milliards seront principalement investis dans la construction de nouveaux #centres_de_données pour entraîner puis faire fonctionner les outils d’intelligence artificielle. Pourtant, les #impacts_environnementaux de ces « #data_centers », mis de côté dans ce sprint à l’IA, présentent un danger réel pour notre planète.

    « Plus grand est le modèle, mieux c’est »

    L’ouverture au public de l’agent conversationnel d’#OpenAI, #ChatGPT, en novembre 2022 a marqué un tournant dans les usages de l’intelligence artificielle. Depuis, des dizaines d’#IA_génératives sont accessibles avec la capacité de résoudre des problèmes variés, allant de la rédaction d’un email professionnel à des suggestions de recette de tartes, en passant par des lignes de code informatique.

    Ces #grands_modèles_de_langage (en anglais, « #Large_language_models », ou #LLM), avec un grand nombre de paramètres, se sont développés ces dernières années, comme #Gemini de #Google, #Le_Chat de l’entreprise française #MistralAI ou #Grok de X. D’autres modèles permettent de créer de toutes pièces des images – on pense à #Dall-E ou #Midjourney –, des vidéos ou des chansons.

    Si leur utilisation est gratuite (bien que des versions payantes existent), le prix est payé non seulement par les utilisateurs dont les #données_personnelles sont captées, mais aussi par les populations les plus vulnérables au changement climatique. Avec leurs dizaines voire centaines de milliards de paramètres et des terabytes de #données pour les alimenter, faire tourner les systèmes d’IA générative demande beaucoup de #puissance_de_calcul de #serveurs, situés dans des centres de données. Donc beaucoup d’#électricité.

    Ces chiffres ne font qu’augmenter à mesure que les modèles se perfectionnent. « Aujourd’hui, l’idée dominante dans l’industrie des modèles génératifs est : "Plus grand est le modèle, mieux c’est" », résument les chercheurs Paul Caillon et Alexandre Allauzen dans The Conversation. Malgré un manque de transparence des entreprises, la consommation d’électricité de leurs modèles et leur impact climatique ont fait l’objet d’estimations par nombre de chercheurs et institutions.
    Combien consomme une requête ChatGPT ?

    On sait déjà que la version de ChatGPT sortie en mars 2023, #GPT-4, a demandé plus de puissance de calcul que la précédente. Le Conseil économique et social (Cese), dans un avis de septembre 2024, cite OpenAI et explique : entraîner la troisième version de son modèle de langage a demandé l’équivalent de l’énergie consommée par 120 foyers américains. La version suivante a multiplié par 40 cette consommation, avoisinant la consommation de 5000 foyers.

    Selon une étude, début 2023, une requête ChatGPT consommait environ 2,9 Wh d’électricité, soit presque dix fois plus qu’une simple recherche Google (0,3 Wh). D’autres études estiment l’#impact_carbone d’une requête à ChatGPT autour de 4 à 5 grammes d’équivalent CO2.

    Produire une #image, c’est pire. La startup #HuggingFace, à l’origine de l’#IA_Bloom, a été l’une des premières à estimer les #émissions_de_gaz_à_effet_de_serre de ces modèles. Dans une étude co-écrite avec l’Université états-unienne de Carnegie-Mellon, elle montre que la génération d’image est de loin la plus polluante des requêtes formulées à une IA générative (l’étude ne prend pas en compte les vidéos).

    Pour donner un ordre d’idée, générer 1000 images correspondrait à conduire environ 7 kilomètres avec une voiture essence. En comparaison, 1000 textes générés équivalent à moins d’un 1 mètre parcouru avec un même véhicule. Mais leur utilisation massive rend cet impact non négligeable. Selon le PDG d’OpenAI Sam Altman,, à la fin de l’année 2024, plus d’un milliard de requêtes étaient envoyées à ChatGPT par jour.

    En janvier 2023, soit quelques mois après qu’elle a été rendue accessible au public, ChatGPT avait accumulé 100 millions d’utilisateurs. Selon une estimation de Data for Good, rien que ce mois-là, l’utilisation de ChatGPT aurait pollué à hauteur de 10 113 tonnes équivalent CO2 – soit environ 5700 allers-retours en avion entre Paris et New York.

    En décembre 2024, selon son PDG, le service avait atteint les 300 millions d’utilisateurs… par semaine. Et ce, avec une version bien plus performante – donc bien plus polluante – que la précédente.

    De plus en plus de personnes utilisent l’IA au quotidien, et pour de plus en plus de tâches. Installés dans nos smartphones, accessibles en ligne ou même intégrés dans les frigos haut de gamme, les outils d’intelligence artificielle sont presque partout.

    Une explosion de la consommation d’électricité

    Selon l’Agence internationale de l’énergie, les centres de données représenteraient aujourd’hui environ 1 % de la consommation d’électricité mondiale. Mais cette consommation risque d’augmenter avec les usages croissants et le développement de nouveaux modèles d’IA. Selon l’agence, la consommation des centres de données pour l’IA et les #cryptomonnaies a dépassé 460 TWh en 2022. C’est autant que la consommation de la France. D’ici l’année prochaine, selon les scénarios, cette demande en électricité pourrait augmenter de 35 % (160 TWh en plus) à 130 % (590 TWh) ! « Soit l’équivalent d’au moins une Suède et au maximum une Allemagne » de plus dans le monde en quelques années.

    Une autre étude de l’ONG Beyond Fossils Fuels est encore plus alarmiste : « Au cours des six prochaines années, l’explosion de la demande en énergie des centres de données dans l’UE [Union européenne] pourrait entraîner une hausse de 121 millions de tonnes des émissions de CO2, soit presque l’équivalent des émissions totales de toutes les centrales électriques au gaz d’Italie, d’Allemagne et du Royaume-Uni en 2024 combinées » écrit l’ONG en février 2025.

    Les grandes entreprises de la tech cherchent à faire oublier leurs promesses écologiques. Selon le Financial Times, dans un article d’août 2024, les Gafam tentent de remettre en cause les règles de « zéro carbone net » qui leur permettent de compenser leurs émissions de CO2 par le financement d’énergies renouvelables (des règles déjà critiquées pour leur mode de calcul qui dissimule une grande partie de l’impact carbone réel de leurs consommation d’électricité).

    « Ces géants de la technologie sont sur le point de devenir les plus gros consommateurs d’énergie de demain, dans leur course au développement d’une intelligence artificielle énergivore », écrit le média britannique. Les émissions de gaz à effet de serre de Google augmentent par exemple de 13% par an (selon des chiffres de 2023). Une hausse notamment portée par l’augmentation de la consommation d’énergie de ses centres de données. Les émissions de Microsoft ont bondi de 29 % entre 2020 et 2023.

    Des investissements massifs aux dépens des populations

    Les chefs d’État des États-Unis comme de la France ont pourtant annoncé des investissements massifs dans l’IA pour les années à venir. L’Union européenne, par la voix d’Ursula von der Leyen, a également annoncé un investissement de 200 milliards en partenariat avec de grands groupes.

    Dans les trois cas, ces centaines de milliards d’euros sur la table serviront majoritairement à construire des centres de données pour permettre l’entraînement puis l’utilisation de ces technologies. En France, en amont du sommet de l’IA, le fonds canadien Brookfield a annoncé investir 15 milliards d’euros dans la construction de centres de données, tandis que les Émirats arabes unis ont mis entre 30 et 50 milliards sur la table pour la construction d’un centre de données géant.

    Il est peu probable que cette consommation d’électricité massive ne se fasse pas au détriment des populations. En Irlande, les centres de données monopolisent une part grandissante de l’électricité du pays, ils représentent aujourd’hui plus de 20 % de sa consommation. Cette situation crée des tensions avec les habitants, qui voient leurs factures augmenter alors que la consommation des ménages n’augmente pas.
    Des engagements « durables » non contraignants

    Aux États-Unis, raconte un article de Vert, Microsoft va rouvrir le premier réacteur de la centrale nucléaire de Three Mile Island, site d’un accident en 1979 qui avait irradié toute cette partie de la Pennsylvanie et traumatisé les habitants. Les géants de la Tech – Google, Amazon et Microsoft en tête – cherchent également à investir dans les « petits réacteurs modulaires » nucléaires, en cours de développement, pour alimenter leurs centres de données, ce qui pose la question de la sûreté d’une multitude de petites installations nucléaires face au risque d’accidents. Autre conséquence : le retour en grâce du charbon, fortement émetteur en gaz à effet de serre. Dans l’État de Géorgie, la promesse faite il y a trois ans de fermer toutes ses centrales à charbon a été abandonnée pour répondre au pic de demande d’électricité créé par les centres de données.

    Face à ces risques pour les populations locales comme pour celles les plus vulnérables au changement climatique dans le monde entier, les actions semblent faibles. Une déclaration d’intention a été signée à l’issue du sommet de l’IA, notamment avec l’Inde et la Chine. Il prévoit entre autres la création d’un observatoire de l’impact énergétique de l’IA, sous la responsabilité de l’Agence internationale de l’énergie. Il planifie également la création d’une « coalition pour l’IA durable » avec de grandes entreprises du secteur.

    Ces engagements en matière d’intelligence artificielle signés par les États et les entreprises présentes ne sont pas contraignants, et ne sont pas tournés vers l’action immédiate. De plus, ni le Royaume-Uni ni les États-Unis, qui concentre un tiers des centres de données du monde, n’ont signé ce texte.

    ►https://basta.media/l-ia-generative-a-le-potentiel-de-detruire-la-planete-mais-pas-comme-vous-l

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    • Se contenter de « calculer » la consommation énergétique directe de l’IA, c’est omettre de « calculer » ses effets induits, ses conséquences systémiques, puisque « grâce » à l’IA, on peut faire plus de croissance générale. Sans même parler des effets rebonds tous azimuts... Par exemple, on peut utiliser l’IA pour produire un article de blog. Cette utilisation d’IA consomme une unité d’énergie mais elle a aussi permis d’augmenter le volume de contenu qui lui même consomme de l’énergie sur les serveurs.