• L’animisme revisité par le philosophe Olivier Remaud. Conclusion : la #matière, objet d’étude des sciences dites « dures », n’est pas inerte. Et les populations en symbiose avec ces éléments dits « naturels » subissent une véritable #spoliation provoquée par les #dérèglements_climatiques.

    Récits à propos d’icebergs et autres glaciers :

    Trouble contre trouble : le glacier et l’être humain | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2021/08/18/trouble-contre-trouble-le-glacier-et-letre-humain-2

    Vivre avec le trouble : celui de l’anxiété qui nous ronge et qui nous pétrifie, devant la souffrance d’un continent auquel notre avenir, humains et non-humains réunis, est suspendu, mais aussi celui qui nous exalte et nous tonifie. Et si, pour nous tirer de l’alternative narcissique du spectaculaire et du tragique, nous pensions comme un iceberg ? En percevant l’empathie qui nous lie à ces êtres, des « choses » qui n’ont jamais été des « choses », c’est la Terre entière qui est invitée sur la scène du vivant. Rediffusion du 11 mars 2021

    Tout commence par une fissure mince et invisible. Puis un trait sombre apparaît. Un beau jour, c’est une ligne droite interminable qui entaille la glace. Lorsque les scientifiques la repèrent sur leurs images-satellites, elle s’est déjà mise à galoper vers la mer. Ils devinent que le sillon est une crevasse profonde masquant peut-être un réseau de rivières et que la plate-forme glaciaire Larsen C est en train de se disloquer. Ils scrutent les évolutions de cette grande coupure ainsi que toute la partie nord de la péninsule Antarctique. Au fil des semaines, le scénario d’une fracturation se précise. Jusqu’au mois de juillet 2017 où une masse se détache brusquement de son socle flottant. En entamant son voyage dans l’océan Atlantique sud, l’iceberg ne se doute pas qu’il devient le protagoniste d’une histoire à suspense.

    Il faut dire que ses proportions sont gigantesques et presque inégalées. La surface du bloc tabulaire côtoie les 5800 km2 tandis que son volume frise les 1500 km3. Très tôt, il se segmente en deux morceaux. Puis les morceaux se brisent en plusieurs autres. Les glaciologues de l’US National Ice Center attribuent à l’iceberg initial le nom de A68A et font de même avec chacun de ses fragments : A68B, A68C, A68D et ainsi de suite. Le classement alphanumérique leur rappelle que l’iceberg en question est le 68e (« d’une taille dépassant les 10 miles marins de longueur ») à quitter le secteur de l’Antarctique qui s’étend de la mer de Bellingshausen à la mer de Weddell, et qu’il est à l’origine d’une progéniture dispersée sur les flots.

    La communauté scientifique surveille de près les trajectoires erratiques de la petite famille. Lorsqu’elle s’aperçoit que A68A se rapproche d’une terre, elle retient son souffle. La nouvelle se diffuse, les médias s’agitent, l’inquiétude grandit. Tout le monde est persuadé que le « Béhémoth » dérivant s’apprête à finir sa course en percutant l’île de Géorgie du Sud. L’iceberg va s’ancrer sur les fonds côtiers et bloquer l’accès à la nourriture pour les manchots, les éléphants de mer, les otaries et les phoques. Sa quille aura labouré et détruit des écosystèmes marins. La collision est prévue pour la fin décembre 2020.

    Mais le sort en décide autrement et la catastrophe annoncée n’a pas lieu. Des eaux plus chaudes, des vents insistants et plusieurs frottements avec le plateau continental ont affaibli la structure de A68A. Non loin de l’île, l’iceberg se brise à nouveau. Aux nouvelles les plus récentes, il a perdu près de 70% de son volume initial. Désormais trop fin pour s’échouer, il remonte vers le nord, porté par les courants. Il ne heurtera jamais l’île de Géorgie du Sud, ni aucune autre terre.

    La menace n’aura été qu’une hypothèse démentie par les faits. Nul doute qu’un danger existait pour une partie de la faune insulaire et des fonds marins. Mais il ne s’agissait pas non plus de le prévenir. D’ailleurs, comment aurait-on pu y parvenir ? Il ne restait donc qu’à frissonner en suivant le flux des images venues du ciel. L’effet de mise en scène fut peut-être involontaire. Un monstre prédateur n’en devenait pas moins capable de tout massacrer sur son passage, à la manière d’une instance de mort archaïque. L’imaginaire des icebergs serait-il marqué à jamais par le syndrome du Titanic ? Considérons plutôt les causes de cet événement.

    La présence d’icebergs dans les océans n’a rien d’anormal. Mais aujourd’hui, le réchauffement climatique accélère le rythme des cassures. Plus les températures globales s’élèvent, moins les calottes résistent et plus les icebergs se multiplient. Nombre d’études montrent que la péninsule antarctique est devenue fragile. Des vents trop chauds naissent dans ses montagnes et dévalent les pentes. Le foehn altère la densité et la stabilité des plates-formes. Tandis que les grands froids sont censés revenir avec l’automne, les surfaces glaciaires se réduisent encore à cette période de l’année sous l’effet de la chaleur et leur neige perd de sa porosité. Les glaces se fracturent plus rapidement.

    Les scientifiques qui n’ignorent pas ces enjeux craignent que la séquence de A68A n’annonce la désintégration des plates-formes de l’Antarctique les unes après les autres. Le phénomène ne serait pas sans conséquences à l’échelle de la planète. Ces plates-formes sont alimentées par des glaciers dont elles retiennent les écoulements vers la mer. Si elles venaient à disparaître, le « bouchon » sauterait, les glaciers d’autres secteurs fonderaient à toute allure et le niveau des mers se relèverait mécaniquement. L’histoire de A68A raconte la souffrance d’un continent auquel notre avenir, humains et non-humains réunis, est suspendu.

    Comment répondre au « trouble » dans lequel nous plongent de tels événements ? Pouvons-nous réussir à « vivre avec » lui sans que l’anxiété nous ronge et nous empêche de réagir ? Est-il possible d’échapper au registre du spectaculaire sans s’abandonner à la conscience tragique ? Depuis des années, la philosophe Donna Haraway se pose ces questions. Elle nous invite à remiser nos émotions hollywoodiennes en même temps que nos désespoirs afin d’inventer les récits, les pratiques, les concepts et même d’autres troubles qui nous aideraient à mieux habiter ce monde cabossé. Dans un livre récent, j’ai, au fond, répondu à l’invitation en me demandant quelles histoires différentes nous racontent les mondes de glace.

    À y regarder de plus près, les glaciologues nous en offrent quelques-unes. Il suffit d’examiner leur vocabulaire. N’utilisent-ils pas le terme de « vêlage » (calving en anglais) pour désigner la rupture d’un glacier lâchant des icebergs ? Ce mot assimile le glacier à une vache, ou une baleine, et l’iceberg à un veau, ou un baleineau. Littéralement, les icebergs naissent. Les glaciologues parlent aussi de l’iceberg « mère » qui se brise à son tour en icebergs « filles » ou « sœurs », parfois « fils » ou « frères ». Ils tissent des liens de parenté et de filiation. Ne disent-ils pas enfin d’un glacier qu’il est « mort » lorsqu’il ne reste plus de lui qu’une fine couche de neige, supposant de cette manière qu’il a vécu ?

    Ce ne sont pas là de simples exercices poétiques. Les mots comptent. Ils expriment des sentiments que je qualifierais, avec le géographe Yi-Fu-Tuan, de « topophiliques ». Ils traduisent des expériences affectives, parfois même fusionnelles, avec des milieux et leurs personnages principaux : un glacier, un iceberg, telle portion de banquise, tel versant montagneux.

    Des mots aux réalités des écosystèmes, le pas est vite franchi. La biodiversité des milieux glaciaires n’a pas attendu que des humains frémissent devant des icebergs pour se développer et s’adapter. Confrontée à un A68A amaigri et crevassé, la faune de l’île de Géorgie du Sud aurait peut-être inventé des solutions pour trouver d’autres voies d’accès et s’alimenter. Si des blocs s’échouent, il arrive également qu’ils se dégagent un peu plus tard pour reprendre leur voyage. Par ailleurs, les icebergs perturbent les habitats sous-marins lorsqu’ils les raclent. Les spécialistes en écologie benthique nous apprennent qu’ils en emportent chaque fois quelques-uns pour les déposer dans d’autres zones. Ils reconfigurent les fonds aquatiques en les labourant.

    Continuellement, ils ensemencent les eaux profondes. Ils véhiculent des nutriments et des sels minéraux qui nourrissent le phytoplancton et constituent les premiers éléments de la chaîne trophique des milieux polaires – sous la banquise elle-même se nichent toutes sortes d’espèces, des vers nématodes, des anémones, des coraux de type alcyonaire, des isopodes, des étoiles et des concombres de mer, des oursons d’eau, des crevettes.
    Sans la multitude d’organismes micro-cellulaires qui s’accrochent aux parois immergées des icebergs, les êtres sur la planète respireraient moins bien, dont les manchots de l’île de Géorgie du Sud. Les blocs jouent un rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes marins. Ils confirment que les glaces sont les garantes du cycle de l’eau dont dépend le réseau global du vivant.

    Si les glaces sont bien des milieux de vie, pourquoi ne pas aller plus loin et reconnaître qu’elles sont « animées » ? Bien des populations autochtones en Arctique ont été déplacées, éliminées et oubliées au cours de l’Histoire. Elles n’en sont pas moins là et revendiquent aujourd’hui le droit d’habiter leurs terres. Mais les conséquences du réchauffement climatique se font dramatiquement sentir à ces latitudes. La raison en est simple : plus les températures augmentent et plus la capacité du manteau blanc de la Terre à réfracter vers l’espace les rayons du soleil diminue. L’affaiblissement de l’albédo enfonce ces régions dans la spirale négative de l’effet de serre qui s’auto-entretient. Cette dynamique infernale provoque ailleurs des épisodes de sécheresse sévère ou de débâcle furieuse – ainsi en va-t-il dans les vallées peuplées de la chaîne himalayenne.

    Les communautés n’ont pas le sentiment d’être responsables de cette situation mondiale. Mais les glaces sont une partie d’eux-mêmes et elles vivent leur fonte comme si on amputait leur propre corps. La militante écologiste Sheila Watt-Cloutier évoque un « droit au froid » pour rappeler combien la glace est nécessaire aux Inuit qui arpentent ces régions depuis des siècles. Ils en ont besoin pour exercer leurs droits fondamentaux.

    La banquise, les glaciers, les icebergs, ces « entités » font toujours partie de la vie quotidienne dans les zones arctiques. La division épistémique entre les « choses » et les « êtres » n’existe pas dans les cosmologies traditionnelles. Les glaciers réagissent aux actions humaines. Ils détiennent une autorité spéciale sur les communautés. Des normes organisent les relations. On s’y prendra à plusieurs reprises pour approcher un glacier sans jamais le regarder « dans les yeux » les premières fois ; on ne s’aventurera pas à cuisiner à proximité de ses parois froides et l’on s’abstiendra de disperser par inadvertance des gouttes de graisse sur le sol ; on ne construira surtout pas à son amont des barrages contredisant les équilibres de ses sols, sous peine de réveiller sa colère.

    Un glacier qui s’agace commence toujours par grommeler. Puis il vocifère et bondit hors de son lit comme un dragon enragé. Il se déverse sur les villages, les inonde, détruit leurs maisons et fait des victimes. En sanctionnant les erreurs commises par tel membre d’un clan, il oblige une communauté à reformuler ses règles de conduite à plus ou moins long terme. Face à un glacier, la prudence est requise. Si l’on ne respecte pas la norme d’une juste distance, il est impossible de cohabiter pacifiquement.

    Ces usages du monde font bouger les lignes de partage entre ce qui vivant et ce qui est mort. Ils nous réinscrivent dans une longue mémoire peuplée de figures insoupçonnées. Nous ne sommes plus les uniques acteurs. Ce sont des histoires de solidarité, tantôt heureuses et tantôt cruelles, des archives collectives sensibles. Il importe de les écouter. On entend les voix de « choses » qui n’ont jamais été des « choses ».

    Les tribus maories qui ont obtenu le 14 mars 2017 auprès du Parlement néo-zélandais le statut de « personnalité juridique » pour le fleuve Whanganui ont pu renouer des liens avec l’entité vivante et indivisible que le droit colonial avait découpé en rives et berges vendues à des propriétaires. Elles n’ont cessé de clamer qu’« elles sont la rivière » et que « la rivière est eux ».

    Toute personne qui habite à proximité d’un glacier, ou qui entretient une relation régulière avec lui, le perçoit pareillement comme un être vivant. Elle éprouve des émotions particulières. Tous les jours, elle l’écoute, l’observe, note ses variations chromatiques, se demande au réveil s’il a bien dormi. Elle s’insère dans son monde. Lui prend place dans sa vie, comme un membre lointain de sa famille. Les biographies s’entremêlent. Elle devient le glacier et le glacier devient elle. Au plus profond d’elle-même, elle désire qu’il ne fonde jamais.
    Lorsqu’elle constate que son volume diminue tandis qu’il fait partie d’un espace classé (c’est le cas du glacier de Saint-Sorlin dans le massif de l’Étendard des Grandes Rousses), elle pleure et refuse une telle absurdité. Elle veut que le glacier soit considéré pour lui-même et qu’il soit sauvé. De plus en plus, ces relations de familiarité intense entre humains et non-humains forment le terreau des demandes de justice climatique.

    Ne pas maintenir les mondes de glace et leurs histoires au loin, dans une altérité radicale, permet de mieux saisir leur importance. Après tout, les glaciers sont un peu comme des arbres et la banquise est un peu comme une forêt. Nous les aimons autant. Ils semblent immobiles. Pourtant ils se meuvent, les uns en suivant le mouvement de leur masse vers l’aval, les autres en faisant courir leurs racines sous la terre. Ils sont à la fois nos ancêtres et nos contemporains. Nous dépendons au même titre de l’oxygène qu’ils contribuent à fabriquer.

    C’est là notre autre trouble commun. Celui-ci ne nous attriste pas, il nous exalte. Il ne nous paralyse pas, il nous tonifie. Nous sommes ici troublés parce que nous percevons des affinités multiples avec des êtres non-humains si différents en apparence. Ces liens nous attirent irrésistiblement. Ils réveillent notre empathie et agissent comme un antidote joyeux. Ils ouvrent des horizons de vie nouvelle et nous extirpent de l’alternative narcissique du spectaculaire et du tragique.
    La Terre est un milieu de milieux où tout dépend de tout. Notre signature y est trop visible, nos empreintes y sont trop profondes. Nous le savons. Nous n’avons pourtant pas encore répondu collectivement à cette question : que gagnerions-nous à penser que la matière n’est pas inerte ?

    Nous y gagnerions une imagination incroyablement riche. Notre conscience du vivant s’élargirait vraiment. Nombre de nos préjugés se dissiperaient et nous pourrions reformuler quelques-uns de nos concepts classiques (pensons seulement à la notion de société). En substituant aux vieux outils des expériences partagées avec tous les êtres qui composent les écosystèmes et en racontant la vie sans limites, nous augmenterions les chances de fabriquer des outils neufs.

    Ce changement de perspectives nous aiderait à mutualiser les imaginations pour réorienter nos conduites. Nous obtiendrions un sens inédit de la connivence.
    S’intéresser aux êtres non-humains, y compris à ceux qui ne sont ni faune ni flore, c’est inviter la Terre entière sur la scène du vivant.

    https://aoc.media/auteur/olivier-remaud

    #philosophie #glaciers #icebergs #justice_climatique

  • LexisNexis to Provide Giant Database of Personal Data to ICE
    https://theintercept.com/2021/04/02/ice-database-surveillance-lexisnexis

    The company signed a contract with an ICE division that plays a key role in deportations. The popular legal research and data brokerage firm LexisNexis signed a $16.8 million contract to sell information to U.S. Immigration and Customs Enforcement, according to documents shared with The Intercept. The deal is already drawing fire from critics and comes less than two years after the company downplayed its ties to ICE, claiming it was “not working with them to build data infrastructure to (...)

    #ICE #algorithme #migration #données #surveillance

  • La « troisième voie » du gouvernement français, un pari risqué pour contrôler l’épidémie de Covid-19
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/24/la-troisieme-voie-du-gouvernement-francais-un-pari-risque-pour-controler-l-e

    Pour les épidémiologistes, la campagne vaccinale ne va pas assez vite dans un contexte épidémique inquiétant.

    « Freiner sans enfermer », « Dedans avec les miens, dehors en citoyen »… Les éléments de langage du gouvernement pour décrire les nouvelles mesures appliquées depuis le 20 mars pour maîtriser l’épidémie de Covid-19 en France sont à l’image du manque de lisibilité de la stratégie actuelle. A trop vouloir ménager l’ensemble des acteurs de la crise, le risque est de n’obtenir aucun résultat satisfaisant sur le plan sanitaire, craignent les épidémiologistes. « Il est difficile de prendre des décisions qui soient comprises de tous, et on obtient des solutions qui ne satisfont personne », résume Yves Buisson, président de la cellule Covid-19 de l’Académie nationale de médecine.

    La stratégie actuelle de la « troisième voie », pour reprendre la formule du chef du gouvernement, Jean Castex, ne répond à aucune des trois options recommandées par les épidémiologistes – le « vivre avec », la circulation minimale ou le « zéro Covid ». « Le gouvernement français n’a pas de stratégie explicite : on ne sait pas où il veut aller », analyse Antoine Flahault, professeur de santé publique et directeur de l’Institut de santé globale (université de Genève). A la fin octobre 2020, le président Macron affichait pourtant un objectif clair : atteindre une circulation minimale du virus en atteignant la barre des cinq mille nouveaux cas de contamination quotidiens. « Sauf qu’on n’y est jamais arrivé, et cet objectif est depuis passé à la trappe », rappelle l’épidémiologiste.

    Le cas de la France n’est pas une exception en Europe. Si les Britanniques, les Irlandais et les Portugais connaissent une forte décrue épidémique après des mesures de confinement strict et prolongé, en Allemagne, en Italie, en Suisse, en Belgique ou encore au Danemark, « on a un peu partout des dirigeants dans un entre-deux, qui n’est plus le “vivre avec”, mais pas encore la circulation minimale », observe le professeur Flahault.

    La situation épidémique a pourtant de quoi inquiéter. Au niveau national, le taux d’incidence est de 308 nouvelles contaminations pour 100 000 habitants par semaine, avec une forte hétérogénéité territoriale. La plupart des départements d’Ile-de-France et des Hauts-de-France dépassent les 400 et la Seine-Saint-Denis, particulièrement, connaît un pic à 693. Donnée inquiétante, le taux d’incidence des plus de 80 ans repart légèrement à la hausse après des semaines de baisse dues en partie à l’impact de la vaccination chez cette population prioritaire.

    • Avec le variant britannique, « une nouvelle épidémie est née »

      « Aujourd’hui, la situation sanitaire en Ile-de-France est comparable à celle de la deuxième vague, mais en pire : le taux d’hospitalisation depuis les urgences sur les pathologies habituelles hors Covid est élevé, l’épuisement des équipes est également plus important, et il n’y a pas de renforts en provenance de la province, explique Renaud Piarroux, épidémiologiste à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Par ailleurs, avec le variant britannique, les transferts sont souvent impossibles, car les malades sont très instables. »

      Lire aussi Confinement : Emmanuel Macron accusé d’avoir « perdu son pari »

      Cette tension à l’hôpital risque de durer, car les gens qui se contaminent aujourd’hui pourraient se retrouver en réanimation dans les trois à quatre prochaines semaines. « On s’attend à ce que la situation hospitalière soit plus compliquée à gérer que lors des deux premiers confinements », anticipe le docteur Piarroux, regrettant que le gouvernement n’ait pas pris de décision plus tôt : « Il aurait fallu freiner fort en janvier avec un confinement, allonger les vacances d’hiver et imposer le #télétravail chaque fois que possible. »

      Le tableau actuel est également très noir pour Arnaud Fontanet. Membre du conseil scientifique, il a plaidé, mardi, sur BFM-TV, pour une extension à de nouvelles régions des mesures de restriction prises dans les seize départements reconfinés. « Ces mesures seraient très pertinentes dans des régions qui, aujourd’hui, sont encore dans un état à peu près maîtrisé, mais qui, d’ici trois à quatre semaines (…), vont se retrouver dans une situation critique », estime l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur.

      « Le variant anglais a complètement changé la donne, avec sa transmissibilité et sa létalité accrues (…), une nouvelle épidémie est née », estime M. Fontanet. Selon lui, ce variant représentera « 90 % [des nouveaux cas] fin mars, 100 % en avril »_ [c’est déjà 100% dans le 93, ndc]. Pour le moment, il en représente plus des trois quarts (75,9 %, selon les chiffres de l’agence de sécurité sanitaire Santé publique France, portant sur la période du 13 au 19 mars).

      Le pari de la vaccination

      Désormais, au-delà des mesures de restriction, l’exécutif parie avant tout sur la vaccination pour espérer parvenir à une situation d’équilibre au cours du printemps. Le ministère de la santé espère passer le cap des 400 000 injections par jour à la fin de la semaine, afin d’atteindre l’objectif des dix millions d’adultes ayant reçu au moins une dose de vaccin d’ici à la mi-avril. Et ce, malgré les retards de livraison d’ores et déjà annoncés par AstraZeneca, qui n’aura, au mois de mars, honoré qu’un quart des volumes de doses prévus dans son contrat avec les Etats membres de l’Union européenne.
      Pour le moment, la couverture vaccinale n’est pas encore suffisante pour espérer réduire massivement les hospitalisations. Au 22 mars, 9,5 % de la population totale a reçu au moins une injection et 3,7 % les deux, selon le ministère de la santé.

      Lire aussi Covid-19 et restrictions en Europe : les nouvelles comparaisons approximatives de Jean Castex

      « On réclame depuis longtemps d’accélérer la #campagne_vaccinale, car c’est grâce à la vaccination qu’on pourra sortir de l’épidémie. Mais cette stratégie seule ne suffit pas, il faut aussi contenir les contaminations », plaide Mylène Ogliastro, vice-présidente de la Société française de virologie. « Si on lâche la pression sur la maîtrise des contaminations, on crée des circonstances favorables à l’émergence de nouveaux #variants_résistant aux vaccins », explique la virologue. Les virus suivent en effet les lois de l’évolution des espèces : ils mutent en permanence, et certaines de ces variations peuvent se révéler avantageuses, favorisant leur résistance ou leur reproduction.

      « Si un confinement strict se met en œuvre en France, on a la possibilité de revenir à un été serein, mais, pour ça, il faudrait avoir une stratégie autre que celle de contenir l’épidémie bon an mal an, et des objectifs clairs », acquiesce le professeur Flahault.

      « D’abord une responsabilité individuelle »

      « Ce qui est compliqué, c’est le timing », complète Rodolphe Thiébaut [l’idiot utile de l’article, ndc], professeur de santé publique à Bordeaux. Sous-entendu, plus on attend, plus cela nécessitera que les restrictions soient fortes. La stratégie actuelle est donc « risquée » si on se place au seul plan du contrôle de l’épidémie, mais imposer un confinement strict à une population lasse et épuisée psychologiquement au bout d’un an, « est plus difficile et plus complexe » [L’habituelle légitimation du "pari" par l’opinion]
      .
      « On revient à cette nécessité de compréhension et de pédagogie où c’est d’abord une responsabilité individuelle et de bon sens de chaque citoyen. Et il n’y a sans doute rien de plus difficile… », souligne l’épidémiologiste. D’où le choix du gouvernement de recourir à ce que le professeur Thiébaut et ses confrères nomment une « santé publique de précision », en confinant certains territoires, mais pas d’autres.

      Lire aussi Confinement : le gouvernement renonce aux attestations pour les petits déplacements en journée

      Il faudra encore attendre quelques semaines avant de savoir si le pari du gouvernement sera payant, selon Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistique à l’Ecole des hautes études en santé publique, à Rennes. _« On ne mise pas que sur le confinement. L’arrivée des beaux jours et l’avancée de la vaccination vont peut-être compenser la moindre efficacité de ce confinement. Il faut attendre deux à trois semaines pour voir si l’incidence continue d’augmenter », conclut-il.

      Ce soir ça claironne que, oui, il faut être dehors mais les rassemblement de plus de 6 personnes sont interdits. On va pouvoir montrer que c’est pas le bordel, non mais ! et distribuer des amendes.

      Pour ce qui est de la « pédagogie » et de la « compréhension », on a toujours pas entendu ou lu le mot aérosol ailleurs qu’à la marge (experte ou non).

      #covid-19 #crise-sanitaire #pari

    • L’épidémie de Covid-19 ne fait qu’empirer, mettant en péril la « troisième voie » d’Emmanuel Macron
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/03/24/la-troisieme-voie-d-emmanuel-macron-menacee-par-la-saturation-des-reanimatio

      Jean Castex a reconnu que la possibilité existe de « durcir » les mesures « en fonction de l’évolution de la pandémie » et de la saturation des hôpitaux. Une évolution devrait être décidée jeudi : l’élargissement des restrictions à l’Aube, le Rhône et la Nièvre.

      Jean-François Delfraissy fuit les médias depuis qu’il a recommandé en vain, fin janvier, de recourir à un nouveau confinement national. Après coup, le président du conseil scientifique soupirait devant un proche : « Chaque mot que je prononce, en ce moment, c’est une tuerie… » « Si nous continuons sans rien faire de plus, nous allons nous retrouver dans une situation extrêmement difficile, comme les autres pays[Le Vietnam ?], dès la mi-mars » , alertait alors l’immunologiste, qui se montrait inquiet de la diffusion du variant britannique du Covid-19, plus contagieux que la souche originelle du virus. Une sortie publique qui avait suscité la polémique, Emmanuel Macron souhaitant à tout prix éviter de remettre la France sous cloche.

      Les graphiques : comment les contaminations évoluent-elles dans votre département ?

      Près de deux mois plus tard, pourtant, « les faits lui donnent totalement raison », estime le sénateur écologiste de Paris Bernard Jomier, président de la mission d’information du Palais du Luxembourg sur la gestion de la crise sanitaire. « L’exécutif l’a dénigré et a écarté ses préconisations », a regretté l’élu dans un tweet, le 18 mars. C’était au soir de l’annonce du premier ministre, Jean Castex, d’un confinement allégé dans 16 départements pour répondre à ce qu’il qualifie de « troisième vague ». Depuis, la situation ne fait qu’empirer, mettant en péril la « troisième voie » du gouvernement, dont l’objectif est de « freiner sans enfermer ».

      Lire notre récit : « C’est kafkaïen » : dans les coulisses du cafouillage au sommet de l’Etat sur le « vrai-faux » confinement

      Mercredi 24 mars, le directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, a envoyé un courriel au ton alarmiste à ses équipes. « Nous n’avions pas connu un nombre d’entrées [dans les services de l’AP-HP] aussi haut en vingt-quatre heures depuis la première vague », a-t-il souligné dans ce message, rendu public sur le compte Twitter de l’institution [673 admissions hier : https://seenthis.net/messages/907670#message907861].

      Avec plus de 4 600 patients placés en réanimation au total, la France se rapproche du pic de la deuxième vague, qui était de 4 903 malades, le 16 novembre 2020. « Nous ne tiendrons pas longtemps à ce rythme ou pire s’il continue de s’accélérer. Je ne vois pas d’autres options qu’un vrai confinement », a prévenu, mercredi, Rémi Salomon, président de la commission médicale de l’AP-HP. « On est dans le mur. Il fallait freiner avant. C’est plein comme un œuf. Le prochain mois va être infernal », a déploré, pour sa part, sur France Inter, Jean-François Timsit, chef du service de réanimation de l’hôpital Bichat, à Paris.

      Après avoir indiqué pendant des mois qu’il voulait à tout prix préserver de l’engorgement les services de réanimation, l’exécutif compte aujourd’hui se laisser un peu de temps avant de recourir à un éventuel tour de vis supplémentaire. « On a besoin de quinze jours pour vérifier si les mesures prises sont efficaces sur les territoires concernés », a soutenu Emmanuel Macron, mardi, lors d’un déplacement à Valenciennes (Nord). Recours au télétravail [Ou ça ? ndc], limitation des rassemblements privés à son domicile… « Si ces mesures sont pleinement appliquées, elles auront un effet », a voulu croire le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, qui s’est exprimé, mercredi midi, à l’issue du conseil des ministres.


      YOAN VALAT / EPA VIA AFP

      « Pas de totem » [quand au nombre de malades et de morts, juste quelques tabous dont l’aérosolisation]

      Au cours de l’après-midi, Jean Castex a néanmoins évoqué la possibilité de « durcir » [contre qui cette fois ?] les mesures « en fonction de l’évolution de la pandémie ». « Nous avons un devoir de nous adapter, comme nous l’avons toujours fait », [sic] a assuré le premier ministre lors des questions au gouvernement au Sénat, évoquant « une troisième vague particulièrement violente ». (...) Le ministère de l’intérieur a par ailleurs rappelé que les rassemblements de plus de six personnes en extérieur sont interdits sur tout le territoire sauf dans certaines situations comme les manifestations déclarées par exemple, mais l’interdiction est stricte dans les 16 départements en très forte tension virale.

      Reste une question cruciale en suspens, celle des écoles. Depuis plusieurs jours, le nombre de contaminations explose dans les établissements scolaires, posant l’éventualité de nouvelles restrictions, voire d’une fermeture pure et simple. « Nous n’excluons pas que les écoles doivent refermer », a affirmé Gabriel Attal, mercredi, dans un entretien au quotidien régional L’Union. « Tout est possible, pas de totem », confirme un conseiller de l’exécutif. Une telle décision représenterait un véritable camouflet pour le chef de l’Etat, qui a fait du maintien de l’ouverture des écoles un marqueur politique dans sa gestion de la crise sanitaire. « Tout est toujours possible mais ce n’est pas le choix que l’on fait là », élude un proche de M. Macron.

      Pendant ce temps-là, Jean-François Delfraissy est sorti de sa réserve : il était interrogé, mercredi matin, par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale en vue de son renouvellement comme président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Ce qui ne l’a pas empêché de prendre un détour par la case Covid-19, ce « virus qui nous domine », selon lui. « Cette crise n’est pas finie. Les vaccins vont nous sortir en partie de cela, pas complètement. On a une vision d’atterrissage qui pourrait être l’été » [létale ?], a-t-il estimé, avant de se montrer pessimiste sur l’état moral d’une société secouée par un an de pandémie : « Fondamentalement, ce qui nous manque en ce moment, c’est le climat de confiance. La confiance vis-à-vis de la science, vis-à-vis du politique. » Et peut-être, aussi, entre la science et le politique.

      Entre l’accélération de la circulation du virus et l’arrivée des test dans les écoles, voilà qu’ils finissent par trébucher grave sur le "cas mouflets" :

      Delphine_V*, TZR un jour, TZR toujours. Prof d’HG lancée dans la coopération, académie de Versailles. Passionnée et curieuse de tout. #ICEM #HG2DPF, touiteur

      Hier c’était journée dépistage au collège. Aujourd’hui c’est fermeture.

    • Oui, c’est ce qui se dit par ailleurs, notamment suite à la « fuite » de Guérini qui se serait indigné que Blanquer ait menti sur les chiffres des tests. D’aucuns en concluent que Blanquer va prochainement servir de fusible.

    • « L’équivalent d’un crash d’avion chaque soir » : les morts du Covid-19 s’accumulent, l’indifférence s’installe
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/25/covid-19-les-morts-s-accumulent-l-indifference-s-installe_6074385_3232.html

      Le coronavirus aura bientôt tué 100 000 personnes en France. Pourtant, le gouvernement ne veut pas prendre de mesures trop strictes, et n’agit que dos au mur. Un consensus inavoué s’est instauré pour tolérer des centaines de décès quotidiens.

      Analyse. C’est une sorte de mystère. Depuis le début du mois de décembre 2020, l’épidémie de Covid-19, qui s’était un peu calmée, est repartie de plus belle, en particulier en région parisienne. En trois mois et demi, le nombre de nouveaux cas recensés sur sept jours y est passé de 100 à 560 pour 100 000 habitants. Au fil des semaines, tous les seuils d’alerte ont été franchis. L’Ile-de-France est devenue la région où le virus circule le plus activement. Les hôpitaux sont saturés. Les services de réanimation débordent. Les morts s’accumulent. Bientôt près de 100 000 dans l’ensemble du pays depuis l’apparition du virus, selon les chiffres officiels.

      Et pourtant, rien ne se passe, ou si peu. Le dos au mur, Jean Castex a fini par annoncer, jeudi 18 mars, de nouvelles mesures de freinage dans les 16 départements les plus touchés, dont toute l’Ile-de-France et les Hauts-de-France. Trois départements ont été ajoutés mercredi 24 mars. Mais à peine le premier ministre avait-il achevé sa déclaration au ton grave que les Français réalisaient à quel point le tour de vis était en réalité modeste. Cette fois-ci, pas de « confinement », mot récusé par le gouvernement. Pas de télétravail obligatoire, pas de fermeture des écoles ni des lycées, pas d’obligation de rester chez soi, pas d’attestation nécessaire pour sortir dans la plupart des cas, ni de limitation de durée. Le couvre-feu est au contraire retardé d’une heure.

      Freinage limité

      Au bout du compte, ce « confinement aéré » aboutit essentiellement à réduire les déplacements entre régions et à fermer des magasins supplémentaires. Relativement peu, en réalité, puisque les coiffeurs, les fleuristes, les chocolatiers, les libraires et les vendeurs de voitures ont été considérés comme de « première nécessité » et autorisés à rester ouverts. Résultat : le trafic automobile dans Paris, bon indicateur de l’activité, n’a reculé que d’environ 5 % par rapport à la période précédente. Freinage limité, donc.

      Le gouvernement revendique lui-même cette « approche pragmatique » , qui entend lutter contre le Covid-19 tout en évitant de trop peser sur l’économie et le moral des Français. Plutôt que de vouloir éradiquer l’épidémie, comme le premier confinement y était pratiquement parvenu, et comme de nombreux scientifiques le réclamaient, l’exécutif accepte depuis des mois de laisser circuler le virus. Misant sur une future vaccination de masse, il refuse les mesures trop dures, ne suit pas les recommandations du conseil scientifique, et ne muscle – mollement – son dispositif qu’en dernier recours, lorsque l’épidémie commence à échapper à tout contrôle.
      Entre 250 et 350 par jour en moyenne depuis le début de 2021, c’est l’équivalent d’un crash d’avion chaque soir. Un crash discret, qui ne fait plus la « une »

      Clairement, Emmanuel Macron estime que la France doit pour le moment « vivre avec » le virus, selon sa propre formule. Cela signifie aussi vivre avec les malades. Et les morts. Entre 250 et 350 par jour en moyenne depuis le début de 2021. L’équivalent d’un crash d’avion chaque soir. Un crash discret, qui attire de moins en moins l’attention et ne fait plus la « une ». Non seulement il n’amène pas le gouvernement à agir drastiquement, mais cette approche modérée, qui ne donne pas la priorité absolue à l’urgence sanitaire, n’est guère contestée, si ce n’est par des médecins comme le généticien Axel Kahn. Le conseil scientifique le constate dans sa dernière note, datée du 11 mars : « La lassitude a gagné nos concitoyens et nos soignants. Une certaine indifférence face aux chiffres des décès s’installe ».

      D’où vient cette « indifférence » face à la mort ? D’une forme d’accoutumance, sans doute. D’autant que, depuis le début de la deuxième vague, le nombre de décès attribués au Covid-19 a rarement dépassé 500 par jour, alors qu’il avait culminé au-delà de 1 000 au printemps 2020. Dans la durée, la vague actuelle se révèle néanmoins beaucoup plus meurtrière que la première, qui n’avait tué « que » 30 000 personnes. En outre, le Covid tue avant tout des personnes âgées, fragiles, dont l’espérance de vie était limitée. Certaines d’entre elles « seraient de toute façon décédées » d’une autre cause, relève une étude publiée par l’Institut national d’études démographiques (Ined) le 17 mars.

      Pas de lobby des endeuillés

      Au-delà, un parallèle peut sans doute être établi avec le chômage. En 1994, Denis Olivennes avait publié dans Le Débat un article resté fameux sur « La préférence française pour le chômage ». L’ex-conseiller de Pierre Bérégovoy (1925-1993) y avançait l’hypothèse que le chômage de masse constaté en France ne relevait pas d’une fatalité, mais « d’une préférence collective, d’un consensus inavoué ». « Les syndicats, par construction, représentent les intérêts des actifs occupés ; le patronat gère la paix sociale dans ses entreprises en négligeant les intérêts des chômeurs ; le gouvernement dialogue avec les partenaires sociaux et soigne un électorat composé d’actifs occupés et d’assurés sociaux », expliquait-il. Personne ne représentant les chômeurs, le pays avait opté, selon lui, pour le pouvoir d’achat des actifs, au détriment du nombre d’emplois.

      Il est tentant, aujourd’hui, d’esquisser une analyse du même type pour le Covid. Là aussi, le gouvernement, les syndicats et le patronat discutent en permanence des choix à effectuer pour piloter la crise économique et sanitaire. Les fleuristes, par exemple, ont souligné qu’« ils font la moitié de leur chiffre d’affaires pendant cette période de printemps », un argument repris par le ministre de l’économie Bruno Le Maire. Et là encore, les principales victimes ne sont pas dans la boucle. Pas de syndicats des malades, pas de fédération des morts, pas de lobby des endeuillés. Leurs voix ne sont guère portées que par les médecins et les scientifiques, dont les messages, parfois discordants, peinent à être entendus. Cette absence de relais contribue sans doute au « consensus inavoué » actuel, selon lequel la France, comme d’autres pays, tolère un « plateau haut » de malades, et un nombre de morts qui aurait paru inacceptable il y a peu.

      Ce journal a beau être ce qu’il est (...), ça fait longtemps qu’il publie des éléments critiques (par exemple sur les discordances entre conseil scientifique et gouvernement, ou même en documentant ce qui s’est passé dans les hôpitaux) sur un ton "neutre" et poli.

      Ici, il reprend l’image du crash d’avion qui a court depuis des mois, par ailleurs, il laisse de plus en plus à d’autres le soin de dire les choses de façon très étayée avec une netteté :

      C’est comme rouler en voiture vers un mur et affirmer qu’en freinant le plus tard possible on gagnera du temps.

      https://seenthis.net/messages/908051

      #acceptabilité

  • #Biden and the Border Security-Industrial Complex

    Successive administrations have poured money into the business of militarizing immigration control—and lobbyists have returned the favors. Will this president stop the juggernaut?

    There are many ways I wish I’d spent my last days of freedom before the coronavirus’s inexorable and deadly advance through the US began last year, but attending the 2020 Border Security Expo was not one of them. On March 9, 2020, President Trump told us the flu was more deadly than coronavirus and that nothing would be shut down. “Think about that!” he tweeted. On March 13, he declared the pandemic a national emergency. In the days between, I flew to San Antonio, Texas, to attend the Expo in an attempt to better understand the border security industry and its links to government. I soon found myself squeezing through dozens of suited men with buzz cuts clapping each other on the back and scarfing bagels at the catering table, with scant mention of the coming catastrophe.

    Instead, the focus was on how best to spend the ever-increasing budgets of the Customs and Border Protection agency (CBP) and Immigration and Customs Enforcement (ICE), which had discretionary spending allocations that totaled $27 billion. Together, that was up 20 percent on the previous year’s budgets; and for decades now, under Democrats and Republicans alike, the border security industry has generally received more and more money each year. For the first time in years, the agencies’ latest combined budget records a modest reduction, of $1.5 billion (though the expenditure on ICE continues to grow unchecked).

    President Biden is working to undo some of the most violent anti-immigrant policies of his predecessor, including lifting the travel ban on thirteen nations, almost all in the Middle East or Africa, and working to end the Migrant Protection Protocols, which forced some 25,000 asylum seekers to stay in Mexico as they awaited their day in court. He has also created a task force to reunite families separated at the US–Mexico border and has already sent a comprehensive immigration reform bill to lawmakers. And he has halted construction of Donald Trump’s notorious border wall.

    Does this all signify that he is ready to consider taming the vast militarized machine that is the border security industry? Or will he, like Democratic presidents before him, quietly continue to expand it?

    (#paywall)

    https://www.nybooks.com/daily/2021/03/02/biden-and-the-border-security-industrial-complex

    #USA #complexe_militaro-industriel #Etats-Unis #migrations #frontières #contrôles_frontaliers #business #réfugiés #migrations #militarisation_des_frontières #Joe_Biden #Customs_and_Border_Protection_agency (#CBP) #Immigration_and_Customs_Enforcement (#ICE)

    • Biden’s Border. The industry, the Democrats and the 2020 elections

      This briefing profiles the leading US border security contractors, their related financial campaign contributions during the 2020 elections, and how they have shaped a bipartisan approach in favor of border militarization for more than three decades. It suggests that a real change in border and immigration policies will require the Democrats to break with the industry that helps finance them.

      Key findings:

      – Early into his presidency, Joe Biden has already indicated through 10 executive orders that he wants to end the brutality associated with Trump’s border and immigration policies. However undoing all the harmful dimensions of the US border regime will require substantial structural change and an end to the close ties between the Democrats and the border industry.

      - The border security and immigration detention industry has boomed in the last decades thanks to constant increases in government spending by both parties—Democrats and Republicans. Between 2008 and 2020, CBP and ICE issued 105,997 contracts worth $55.1 billion to private corporations.The industry is now deeply embedded in US government bodies and decision-making, with close financial ties to strategic politicians.

      – 13 companies play a pivotal role in the US border industry: #CoreCivic, #Deloitte, #Elbit_Systems, #GEO_Group, #General_Atomics, #General_Dynamics, #G4S, #IBM, #Leidos, #Lockheed_Martin, #L3Harris, #Northrop_Grumman, and #Palantir. Some of the firms also provide other services and products to the US government, but border and detention contracts have been a consistently growing part of all of their portfolios.

      - These top border contractors through individual donations and their #Political_Action_Committees (PACs) gave more than $40 million during the 2020 electoral cycle to the two parties ($40,333,427). Democrats overall received more contributions from the big border contractors than the Republicans (55 percent versus 45 percent). This is a swing back to the Democrats, as over the last 10 years contributions from 11 of the 13 companies have favored Republicans. It suggests an intention by the border industry to hedge their political bets and ensure that border security policies are not rolled back to the detriment of future profits.

      – The 13 border security companies’ executives and top employees contributed three times more to Joe Biden ($5,364,994) than to Donald Trump ($1,730,435).

      - A few border security companies show preferences towards one political party. Detention-related companies, in particular CoreCivic, G4S and GEO Group, strongly favor Republicans along with military contractors Elbit Systems and General Atomics, while auditing and IT companies Deloitte, IBM and Palantir overwhelmingly favor the Democrats.

      – The 13 companies have contributed $10 million ($9,674,911) in the 2020 electoral cycle to members of strategic legislative committees that design and fund border security policies: the House and Senate Appropriations Committees and the House Homeland Security Committee. The biggest contributors are Deloitte, General Dynamics, L3Harris, Leidos, Lockheed Martin and Northrop Grumman, and nearly all donate substantially to both parties, with a preference for Republican candidates. Democrat Senator Jack Reed ($426,413), Republican Congresswoman Kay Granger ($442,406) and Republican Senator Richard Shelby ($430,150) all received more than $400,000 in 2020.

      – Biden is opposed to the wall-building of Trump, but has along with many Democrats voiced public support for a more hidden ‘virtual wall’ and ‘smart borders’, deploying surveillance technologies that will be both more lucrative for the industry and more hidden in terms of the abuses they perpetrate.

      - Department of Homeland Security Secretary, Alejandro Mayorkas developed and implemented DACA under Obama’s administration, but also as a lawyer with the firm WilmerHale between 2018 and 2020 earned $3.3 million representing companies including border contractors Northrop Grumman and Leidos.

      - Over the last 40 years, Biden has a mixed voting record on border policy, showing some support for immigrant rights on several occasions but also approving legislation (the 1996 Illegal Immigration and Immigration Reform Act) that enabled the mass deportations under Obama, and the 2006 Secure Fence Act, which extended the wall long before Trump’s election.

      – The Democrat Party as a whole also has a mixed record. Under President Bill Clinton, the Democrats approved the 1994 Prevention through Deterrence national border strategy and implemented the 1996 Illegal Immigration Reform and Immigration Responsibility Act that dramatically increased the pace of border militarization as well as deportations. Later Obama became the first president to deport nearly 3 million people during his eight-year term.

      – Nearly 8,000 bodies have been recovered in the U.S.–Mexico borderlands between 1998 and 2019 as a result of policies by both parties. The organization No More Deaths has estimated that three to ten times as many people may have died or disappeared since today’s border-enforcement strategy was implemented. The border industrial complex’s profits are based on border and immmigration policies that have deadly consequences.

      https://www.tni.org/en/bidensborder

      #rapport #TNI #murs #barrières_frontalières #démocrates #républicains #industrie_frontalière #smart_borders #murs_virtuels #technologie #morts #décès #mortalité

  • ‘They track every move’ : how US parole apps created digital prisoners
    https://www.theguardian.com/global-development/2021/mar/04/they-track-every-move-how-us-parole-apps-created-digital-prisoners

    Is smartphone tracking a less intrusive reward for good behaviour or just a way to enrich the incarceration industry ? In 2018, William Frederick Keck III pleaded guilty in a court in Manassas, Virginia, to possession with intent to distribute cannabis. He served three months in prison, then began a three-year probation. He was required to wear a GPS ankle monitor before his trial and then to report for random drug tests after his release. Eventually, the state reduced his level of (...)

    #algorithme #bracelet #montre #smartphone #GPS #criminalité #prison #surveillance #reconnaissance #voix #géolocalisation #ICE (...)

    ##criminalité ##migration
    https://i.guim.co.uk/img/media/55433b7708719e9cb15d3486b15f9922ae51e157/2224_902_3921_2352/master/3921.jpg

  • Jeff Bezos says employee activists are wrong and Silicon Valley firms should feel comfortable doing business with the US military
    https://www.businessinsider.fr/us/jeff-bezos-amazon-employee-activists-military-wrong-2019-12

    Jeff Bezos says employee activists are wrong and Silicon Valley firms should feel comfortable doing business with the US military Bezos said it was the responsibility of management to push back against employee outrage toward military contracts. Amazon CEO Jeff Bezos threw his support behind the US Department of Defense on Friday, saying big tech firms had a responsibility to collaborate with the military or else “this country is in trouble.” Employee movements within big tech (...)

    #Google #Microsoft #DoD #Amazon #militaire #Maven #ICE #frontières #surveillance #JEDI

  • Data giant given ‘emergency’ Covid contract had been wooing NHS for months
    https://www.thebureauinvestigates.com/stories/2021-02-24/revealed-data-giant-given-emergency-covid-contract-had-been-w

    Controversial tech firm Palantir now holds £23m deal to oversee critical data store of patient records A trove of internal UK government documents disclosed to the Bureau has revealed that Palantir, the controversial US tech giant running the NHS’s Covid data store, had launched a charm offensive to sell its services to NHS chiefs as long ago as summer 2019. Palantir, once funded by the CIA and known in the US for its involvement with defence and immigration agencies, shot to prominence in (...)

    #Palantir #NHS #domination #données #COVID-19 #santé #CIA #In-Q-Tel #ICE

    ##santé

  • Le New York Times a identifié des envahisseurs du Capitole, mais ce n’est pas une bonne nouvelle
    https://cyberguerre.numerama.com/10215-le-new-york-times-a-identifie-des-envahisseurs-du-capito

    Le New York Times a récupéré une base de données issue d’applications, qui s’échange dans les milieux publicitaires et financiers. En quelques clics, le journal a pu identifier plus d’une centaine de supporters de Trump qui ont pénétré le Capitole. Grâce à une base de données envoyée par une ou un anonyme, le New York Times a pu identifier des centaines d’individus qui ont participé à l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021. Une bonne nouvelle ? Pas vraiment, au contraire même : l’article, publié le 5 (...)

    #ICE #Facebook #smartphone #GPS #anonymat #géolocalisation #migration #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #consentement #données #surveillance (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##DataBrokers
    //c0.lestechnophiles.com/cyberguerre.numerama.com/wp-content/uploads/sites/2/2020/05/Smartphone-1.jpg

    • Concrètement, la base agrège plusieurs jeux de données, qu’il est possible de croiser facilement, notamment grâce à une information présente de façon transversale : le « Mobile Ad ID », ou identifiant publicitaire mobile. Cet indicateur, régulièrement pointé du doigt, permet, à la manière d’un super cookie publicitaire, de tracer le comportement d’un consommateur à travers plusieurs applications. Chaque smartphone se voit attribuer un unique ID. En conséquence, si une entreprise publicitaire agrège plusieurs bases, elle pourra les relier à l’aide de cet identifiant. Imaginons que l’app A ne collecte que les coordonnées GPS et le Mobile Ad ID, et donc prétend respecter « l’anonymat » des utilisateurs, mais que l’app B collecte de son côté l’ID et les noms des utilisateurs, l’attribution des coordonnées GPS à une personne physique deviendra tout de même facile. Seule limite : il faut l’individu visé utilise l’app A et l’app B. Mais si une app C associe l’identifiant à un numéro de téléphone ou une adresse, il suffit de consulter un annuaire pour retrouver le nom de la personne. Justement, plusieurs entreprises proposent des outils pour effectuer facilement ce croisement des bases de données.

  • ICE Threatened Asylum-Seekers With Covid-19 Exposure
    https://theintercept.com/2021/02/06/ice-covid-threat-asylum-deportation

    Amid a rush of deportations, four detainees at two different ICE detention centers said that guards threatened to put them in Covid-19 wards. Three Cameroonian asylum-seekers locked up at the Pine Prairie ICE Processing Center in Louisiana say that a U.S. Immigration and Customs Enforcement guard threatened to expose them to Covid-19 if they failed to obey his orders and submit to a transfer. The guard made the threat clear, Clovis Fozao, one of the detained men, told The Intercept : If (...)

    #ICE #migration #COVID-19 #frontières #santé #surveillance

    ##santé

  • ’This is literally an industry’: drone images give rare look at for-profit #Ice detention centers

    Art project combines interviews with ex-detainees on their trauma during Covid-19, and imagery of the growth of private-run detention in the US

    “Imagine how it feels there, locked up, the whole day without catching the air, without … seeing the light, because that is a cave there, in there you go crazy; without being able to see my family, just being able to listen to them on a phone and be able to say, ‘OK, bye,’ because the calls are expensive.”

    That’s how Alejandro, an asylum seeker from Cuba, described his time in an #Immigration_and_Customs_Enforcement (Ice) detention center.

    His account is one of dozens captured in a collection of audio recordings as part of a project aiming to show how the US immigration detention system, the world’s largest, has commodified people as part of a for-profit industry.

    “We’ve commodified human displacement,” said artist David Taylor, who has used drones to take aerial photography and video of 28 privately run Ice detention centers near the US southern border, in California, #Arizona and #Texas.

    While accounts of abuse and exploitation from inside facilities appear in the news media, the detention centers are usually in isolated, underpopulated areas with access to photographers or film crews tightly controlled.

    This new image collection, taken from near the perimeters of the facilities, gives a rare look at just how many of these centers occupy the landscape. “What I want to show through the accumulation of imagery is that this is literally an industry,” Taylor said, “that it’s expansive, that it occupies a significant amount of territory in our national landscape – and I’m only showing a fraction of it.

    “That, to me, is an important realization. The scale is shocking; how it is changing the United States,” said Taylor, a professor of art at the University of Arizona.

    The imagery will ultimately be shown in an exhibition incorporating the stories of some of the people captured inside this system. These audio recordings come from a collaboration with Taylor and a group which provides free legal service to detained migrants in Arizona, the Florence Project, and writer Francisco Cantú.

    When the project is eventually presented in a gallery, it will also include data on the costs, profits and revenue of corporations involved. Late in the the Obama era, the Department of Justice (DoJ) discontinued all use of private prison corporations to house detainees, but the DoJ during the Trump administration reversed this policy.

    Between 2015 and 2018, as the administration began to ramp up its crackdown on immigrants, the targeted average daily population of detained immigrants grew 50%. Corporations won contracts from Ice worth hundreds of millions of dollars.

    Taylor said the project was fraught because he was taking artistic photos and video of sites where traumas have occurred, but hopes the final work will help people understand how those inside are being used to support an industry. The detainees’ vulnerability during the Covid-19 pandemic added to an urgency to spotlight the facilities, he said.

    Excerpts from some of the interviews follow. Each of the interviewees was given a pseudonym because their asylum cases are pending. Alejandro and Alonzo’s interviews were translated from Spanish.

    All three were held at facilities operated by CoreCivic, which disputes allegations about conditions and said it was committed to health and safety.
    ‘They are not interested in our lives’

    Alonzo – La Palma correctional center in Eloy, Arizona

    When Covid first struck the detention center, Alonzo said he helped organize strikes to protest the conditions inside which were exposing everyone, including the guards, to the illness.

    The 34-year-old said he was refused access to a Covid test even though he was feeling unwell. A month later, he said he was taken to the hospital because he was having such trouble breathing and his skin was turning black. “The truth is that you need to be dying there so that they can take care of you, what they do with you there is lousy, lousy, lousy. They are not interested in our lives in the least.”

    In a hospital emergency room, a doctor told Alonzo he had blood clots and probably had cancer because they found tumors in his lungs and kidneys.

    “When they give me this news, they tell me that they have to return me to La Palma correctional center and put me in a cell. I spent a day and a half locked up without being able to get out at all. On that day they gave me half an hour to bathe, let my family know what was happening to me, and locked me up again.

    “During this time that I was there, there were many people. We stood up to be treated, there were colleagues who collapsed inside the tank, people who convulsed. We prayed because the nurses who treated us, the nurses came and told us, ‘You have nothing, it’s a simple flu,’ and nothing happens.”

    Alonzo described witnessing many suicide attempts. He said he found strength in his wish to see his daughters again and his belief in God. “I always had something in my mind and in my heart, that God did not save me from Mexico to come to die in a forgotten cell. I knew within myself that I was not going to die there.”

    He said the strikes came about as conditions worsened. “One day we all got organized and got together to talk. ‘You know what, brother? There is no Cuban here, there is no Mexican here, there is no Indian here, there is no Venezuelan here, there is no Nicaraguan here, there is nothing. Here we are all here. Because we are all infected, because we are all dying. This is fighting for our existence, it is no longer fighting for a residence, it is no longer fighting for a parole, it is no longer fighting for bail, it is all fighting to get out of here alive.’”
    ‘They told me I had Covid-19. They never gave me treatment’

    Alejandro – Central Arizona Florence correctional center

    Alejandro approached a border checkpoint to seek asylum after three months of waiting in Mexico, seeking refuge from political persecution in his native Cuba. At the border, his pregnant wife was allowed to stay with a relative in the US, while Alejandro, 19, was detained.

    During his three months in detention, he was told he tested positive for Covid-19, which he was skeptical of because he didn’t have symptoms and was asthmatic. He said he was put in solitary confinement because of the test result, then transferred to a civil jail, where he said conditions were worse.

    The most painful part of all, however, was missing the birth of his son after his wife underwent a difficult pregnancy.
    Joe Biden reverses anti-immigrant Trump policies hours after swearing-in
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    “Imagine, it broke my heart, I could hardly speak. Every time I spoke to my wife, or listened to the child, a lump would form in my throat that I could not swallow. It was a thing that does not let you swallow, that makes your chest constrict from so much suffering, from so much pain … If you are a parent, you know what I am telling you … The words did not come out from so much suffering … I spoke a few words and cried. She could hardly speak. Sometimes it was better not to call, because if I called I would feel worse than not calling.”

    Alejandro said he cried every day in detention and was treated by a psychologist in a five-minute “speed date” appointment. “She asked me, ‘Hi, I understand you have a boy, how are you feeling?’ I told her I felt bad, how else was I going to feel? She said, ‘you need to read, to relax,’ just that. Nonsense, something quick. They told me I had Covid-19 and they never gave me any treatment, just water. They told me, ‘Drink water, lots of water.’”
    Responses from #CoreCivic and Ice

    A CoreCivic company spokesman, Ryan Gustin, denied the allegations Alejandro and Alonzo made about conditions in their facilities. “We have responded to this unprecedented situation appropriately, thoroughly and with care for the safety and wellbeing of those entrusted to us and our communities,” Gustin said. “We don’t cut corners on care, staff or training, which meets, and in many cases exceeds, our government partners’ standards.”

    CoreCivic said all detainees were supplied with face masks and denied any allegations that detainees were refused Covid tests. “Initially, detainees were asked to sign an acknowledgment form related to the use of the masks.” The spokesman said detainees were not placed in solitary confinement because of a positive test; he said there were “cohorting procedures … which are intended to prevent the spread of infection” which involve no loss of privileges or activities. CoreCivic denied claims of multiple suicide attempts saying “any such incident would be reported to our government partner”.

    Ice, which oversees the facilities, said the agency was “firmly dedicated to the health and safety of all individuals in our custody”.

    “Since the outbreak of Covid-19, Ice has taken extensive steps to safeguard all detainees, staff and contractors, including: reducing the number of detainees in custody by placing individuals on alternatives to detention programs, suspending social visitation, incorporating social distancing practices with staggered meals and recreation times, and through the use of testing, cohorting and medical isolation.”
    ‘Let me go back home and face my death’

    Mary – in Central Arizona Florence correctional complex one night, then Eloy detention center

    Mary was first detained in Mexico, where she arrived after traveling from her home in Uganda. She was eventually released, sought asylum in the US at a border checkpoint and was detained for five and a half months.

    Detention conditions were similar in the two countries, she said, except Mexican guards occasionally held days where people could socialize with family or friends who were also detained.

    The isolation Mary experienced in the US was intense. She didn’t speak to her young children in Africa the whole time because she couldn’t afford the costs of the calls and relied on a volunteer to relay messages between the mother and her children.

    Also, because she doesn’t speak Spanish, it was more difficult for her to make relationships with immigrants inside from mostly Spanish-speaking countries, and the schedules in the prison made it difficult to develop relationships with others.

    “The Cameroonians were there, but again, everybody used to feel sad, everybody used not to talk. It was like that, since you were sad all the time, you could not communicate, you could not joke.”

    She, like many others, described how many people just wanted to be deported instead of waiting out their time in detention.

    “One day I thought that if the judge denies me, I’ll just tell her or him, ‘Let me go back home and face my death, because I never wanted to stay in detention more. I was thinking about that, but I could not again decide since I was afraid of getting back home.

    https://www.theguardian.com/us-news/2021/jan/29/ice-immigration-detention-centers-drone-photography-rare-look-arizona
    #privatisation #complexe-militaro-industriel #business #asile #migrations #réfugiés #centres #centres_de_détention #détention_administrative #rétention #industrie #photographie #USA #Etats-Unis #enfermement #Californie

    ping @isskein

  • Rappel : c’est la période pour mettre de l’eau tiède pour les oiseaux dont les abreuvoirs naturels sont gelés. Et y’a Marches pour les réquisitions de logements vides cet aprem à Nantes, Grenoble & Paris 👇
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/50791108031

    Flickr

    ValK. a posté une #photo :

    Plus de 300 000 sans logis, 3 millions de logements vides : Application de la loi de réquisition !
    MARCHES DES RÉQUISITIONS ce samedi 2 janvier :
    A #GRENOBLE : 14H passerelle St Laurent
    A #PARIS : 14H30 sortie métro rue du Bac
    A #NANTES : 17H maison du peuple, rue du Préaubert
    A l’appel de la fédération Droit Au Logement et de nombreux signataires : https://44.demosphere.net/rv/5166
    .
    ☆ autres photos : frama.link/valk
    ☆ infos / audios : frama.link/karacole
    ☆ oripeaux : frama.link/kolavalk
    ☆ me soutenir : liberapay.com/ValK
    .
    #gel #glace #frost #ice #hielo #froid #cold #frio #nature #naturaleza #oiseau #bird #pájaro #hiver #winter #invierno #aide #help #ayuda #balcon #balcony #balcón #abri #shelter #alojamiento #logement #accommodation (...)

  • Giant iceberg on course to collide with south Atlantic penguin colony island | Reuters
    (150 km de long, portfolio de 5 images, par avion et satellite)

    https://www.reuters.com/article/climate-change-iceberg-idUSKBN28J1UE


    °A satellite image of the A-68A iceberg (L) as it approaches South Georgia island (R) in the South Atlantic, December 4, 2020.
    Copernicus Sentinel-Pierre Markuse/Handout via REUTERS °

    An enormous iceberg is heading toward South Georgia Island in the southern Atlantic, where scientists say a collision could devastate wildlife by threatening the food chain.

    Scientists have long been watching this climate-related event unfold, as the iceberg - about the same size as the island itself – has meandered and advanced over two years since breaking off from the Antarctic peninsula in July 2017.

    The peninsula is one of the fastest-warming places on Earth, registering a record high temperature of 20.75 degrees Celsius (69.35 degrees Fahrenheit) on Feb. 9. The warming has scientists concerned about ice melt and collapse leading to higher sea levels worldwide.

    The gigantic iceberg - dubbed A68a - is on a path to collide with South Georgia Island, a remote British overseas territory off the southern tip of South America. Whether that collision is days or weeks away is unclear, as the iceberg has sped up and slowed down with the ocean currents along the way, said Geraint Tarling, a biological oceanographer with the British Antarctic Survey who has been tracking the icy mass.

    A collision, while looking increasingly likely, could still be avoided if the currents carry the iceberg past the island, Tarling said.

    The currents “still have the power to take this iceberg in one direction or another away from South Georgia,” Tarling said in an interview on Wednesday. “But it is really, really close, less than 50 kilometers away from the south shelf edge. That’s getting so close that it’s almost inevitable.

    Images captured by a British Royal Air Force aircraft and released on Tuesday show the magnitude of the monstrous, 4,200-square-km (1,620-square-mile) iceberg, its surface carved with tunnels, cracks and fissures. A number of smaller ice chunks can be seen floating nearby.

    The sheer size of the A68a iceberg means it is impossible to capture its entirety in one single shot,” British officials said in a statement.

    Still, the berg is diminished from its original size of 5,800 square km (2,240 square miles), measured when the mass broke off from Antarctica’s Larsen C ice shelf 2-1/2 years ago.

  • DHS Plans to Start Collecting Eye Scans and DNA
    https://theintercept.com/2020/11/17/dhs-biometrics-dna

    As the agency plans to collect more biometrics, including from U.S. citizens, Northrop Grumman is helping build the infrastructure. Through a little-discussed potential bureaucratic rule change, the Department of Homeland Security is planning to collect unprecedented levels of biometric information from immigration applicants and their sponsors — including U.S. citizens. While some types of applicants have long been required to submit photographs and fingerprints, a rule currently under (...)

    #NorthropGrumman #Clearview #ICE #DHS #BAE_ #FBI #CBP #biométrie #migration #données #facial #reconnaissance #iris #empreintes #génétique #surveillance (...)

    ##EFF

  • Salade de #Poulet aux cacahuètes
    https://cuisine-libre.org/salade-de-poulet-aux-cacahuetes

    Découpez le poulet en petits morceaux et saisissez-les 15 min dans une poêle avec l’huile d’arachide. Ajoutez la sauce soja et le beurre de cacahuète. Baissez le feu et laissez cuire 10 min en remuant. Émincez la salade et dressez-la dans un plat. Disposez le poulet tiède. Ajoutez des cacahuètes concassées et dégustez immédiatement. Poulet, #Arachide, #Salades, #Beurre_de cacahuète, #Iceberg, #Afrique / #Sans œuf, #Sans lactose, #Sans gluten

  • Google AI Tech Will Be Used for Virtual Border Wall, CBP Contract Shows
    https://theintercept.com/2020/10/21/google-cbp-border-contract-anduril

    Google Cloud will be used in conjunction with Anduril Industries’ surveillance tech on the U.S.-Mexico border. After years of backlash over controversial government work, Google technology will be used to aid the Trump administration’s efforts to fortify the U.S.-Mexico border, according to documents related to a federal contract. In August, Customs and Border Protection accepted a proposal to use Google Cloud technology to facilitate the use of artificial intelligence deployed by the CBP (...)

    #Anduril #Google #Palantir #DoJ #ICE #CBP #algorithme #CCTV #drone #biométrie #migration #vidéo-surveillance #CloudComputing #frontières #Maven #surveillance (...)

    ##reconnaissance

  • Trump Forced Big Tech Out of ‘Neutrality,’ and There’s No Turning Back
    https://onezero.medium.com/trump-forced-big-tech-out-of-neutrality-and-there-s-no-turning-back-

    Tech companies once tried to skate above the political fray. No longer. Whenever Donald Trump walks out of the White House, he’ll leave behind a changed tech industry, one that let go of its reluctance to act politically during his administration, and will likely never go back. Silicon Valley, for much of its existence, thrived while asserting its platforms were neutral. Companies argued they simply built technology, and people decided how to use it. The position was convenient, allowing (...)

    #Google #Microsoft #Palantir #ICE #Amazon #Facebook #Twitter #neutralité

    ##neutralité

  • Sept ans après une première tentative qui n’avait pas réunie assez de signatures, une nouvelle initiative citoyenne européenne pour la mise en place de revenus de base inconditionnels dans les pays membres de l’union européenne a été lancée récemment. Je vous invite donc à la signer : https://eci.ec.europa.eu/014/public/#/screen/home

    Comme il y a 7 ans nous devons recueillir 1 million de signatures de citoyens européens, mais ce sera plus difficile car la sortie du Royaume-Uni a réduit considérablement le nombre de personnes qui peuvent signer. Je vous invite donc à partager cette initiative très largement, et régulièrement, jusqu’à la fin de la période de collecte le 25 septembre 2021.

    #InitiativeCitoyenneEuropéenne #ICE #RevenuDeBase #DroitsFondamentaux #UnionEuropéenne #UE #Brexit

  • Google and Palantir Are Two Sides of the Same Coin
    https://onezero.medium.com/what-you-need-to-know-about-the-google-for-spies-a1a472f5d3c5

    Both companies leverage vast amounts of data for unprecedented surveillance If you know the name Palantir, you probably know that it’s associated with Peter Thiel, that it contracts with defense and law enforcement agencies, and that it works with data somehow, including data from surveillance systems. You might get that it’s named, creepily enough, after the magical “seeing-stones” in Lord of the Rings. But what exactly it is that Palantir does has not always been clear from media coverage. (...)

    #Google #In-Q-Tel #Palantir #CIA #ICE #algorithme #migration #militaire #BigData #Maven (...)

    ##surveillance

  • « Avec la cotation en Bourse de Palantir, c’est la science-fiction qui entre à Wall Street »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/30/avec-la-cotation-en-bourse-de-palantir-c-est-la-science-fiction-qui-entre-a-

    Du fait de ses performances financières, de son éthique et de sa gouvernance, le spécialiste américain de l’analyse de données ne devrait pas se retrouver sur un marché public, estime Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde ». Pertes & profits. Dans le monde magique du Seigneur des anneaux, le palantir est un cristal qui permet de communiquer et de voir tous les événements, passés et futurs. La promesse de la société Palantir est la même : échanger, analyser et prévoir. Ses logiciels (...)

    #DGSI #In-Q-Tel #Palantir #CIA #ICE #GPS #géolocalisation #migration #fiscalité #écoutes #santé #SocialNetwork #surveillance #BigData #algorithme (...)

    ##fiscalité ##santé ##bénéfices

  • Palantir Contracts Raise Human Rights Concerns before Direct Listing
    https://www.amnestyusa.org/press-releases/palantirs-contracts-with-ice-raise-human-rights-concerns-around-direct-l

    In advance of the direct listing of Palantir Technologies, Inc. on the New York Stock Exchange on September 29, Amnesty International released today a new briefing, Failing to Do Right : The Urgent Need for Palantir to Respect Human Rights, where the organization concludes that Palantir is failing to conduct human rights due diligence around its contracts with ICE, and that there is a high risk that Palantir is contributing to human rights violations of asylum-seekers and migrants through (...)

    #Palantir #DHS #ICE #famille #migration #données #bénéfices #enfants #profiling #surveillance (...)

    ##Amnesty

  • Big Data has allowed ICE to dramatically expand its deportation efforts.
    https://slate.com/technology/2020/09/palantir-ice-deportation-immigrant-surveillance-big-data.html

    A New Mexico man gets a call from federal child welfare officials. His teenage brother has arrived alone at the border after traveling 2,000 miles to escape a violent uncle in Guatemala. The officials ask him to take custody of the boy. He hesitates ; he is himself undocumented. The officials say not to worry. He agrees and gives the officials his information. Seven months later, ICE agents arrest him at his house and start deportation proceedings. A family in suburban Maryland gets a (...)

    #Palantir #CBP #ICE #algorithme #biométrie #migration #facial #reconnaissance #BigData #conducteur·trice·s #empreintes (...)

    ##surveillance

  • Whistleblower : ICE Prison Does Hysterectomies at High Rates
    https://theintercept.com/2020/09/15/hysterectomies-ice-irwin-whistleblower

    “People ask you why I got a hysterectomy. I couldn’t explain it. The only thing I have to say is that I’m sorry.” A whistleblower complaint filed this week with the Department of Homeland Security’s Office of the Inspector General alleges that high rates of hysterectomies — sometimes without what the complaint called “proper informed consent” — have been performed on women detained in a privately owned immigration jail in Georgia. The complaint, filed by the human rights group Project South, (...)

    #ICE #migration #femmes #santé #sexisme

    ##santé

  • Des stérilisations massives de femmes migrantes sont dénoncées aux États-Unis | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/e-lopez/blog/150920/des-sterilisations-massives-de-femmes-migrantes-sont-denoncees-aux-e

    Divers groupes de défense et de soutien juridique des États-Unis ont déposé une plainte ce lundi 14 septembre contre le personnel embauché par le Service de lutte contre l’Immigration (Immigration and Customs Enforcement Service, ICE), non seulement pour avoir ignoré les protocoles visant à freiner la propagation du #COVID- 19 dans ses locaux, mais aussi pour avoir procédé à des #stérilisations massives et injustifiées de #femmes #migrantes #détenues.

    #stérilisations_forcées

  • Whistleblower : There Were Mass Hysterectomies at ICE Facility
    https://lawandcrime.com/high-profile/like-an-experimental-concentration-camp-whistleblower-complaint-alleges

    The full statement : U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) does not comment on matters presented to the Office of the Inspector General, which provides independent oversight and accountability within the U.S. Department of Homeland Security. ICE takes all allegations seriously and defers to the OIG regarding any potential investigation and/or results. That said, in general, anonymous, unproven allegations, made without any fact-checkable specifics, should be treated with the (...)

    #ICE #DHS #violence #femmes #santé

    ##santé