• Les États africains doivent refuser de se rendre complices de l’#ICE
    https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/07/tribune-politique-americaine

    La République centrafricaine fait partie des 13 pays d’Afrique subsaharienne connus pour avoir signé un accord d’expulsion de force vers un pays tiers avec les États-Unis – rejoignant ainsi le Burundi, le Cameroun, le Cap-Vert, la République Démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, l’Eswatini, le Ghana, le Libéria, le Rwanda, la Sierra Leone, le Soudan du Sud et l’Ouganda. Ces accords avec des pays tiers permettent au gouvernement américain d’expulser de force de son territoire les personnes qu’il souhaite voir partir – y compris celles dont la procédure d’immigration est en cours et qui bénéficient d’une protection juridique empêchant de les renvoyer dans leur pays car elles risquent d’y être torturées.

  • #detenzione_amministrativa negli Stati Uniti? Tra chi ci lucra e come si resiste
    https://radioblackout.org/podcast/detenzione-amministrativa-negli-stati-uniti-tra-chi-ci-lucra-e-come-s

    Nella puntata di oggi di Harraga (in onda ogni venerdì dalle 15 alle 16 su Radio Blackout) parliamo della detenzione amministrativa negli Stati Uniti, un tema centrale per capire come la macchina del #razzismo istituzionalizzato dell’amministrazione Trump – dalle retate #ice nelle strade alla detenzione – si muova nel cuore del capitalismo. Dopo aver raccontato […]

    #cpr #USA
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/07/harraga26.6SITI-1.mp3

  • Le Mexique dépose plainte aux Etats-Unis après la mort de migrants aux mains de l’ICE, la police de l’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/22/le-mexique-depose-plainte-aux-etats-unis-apres-la-mort-de-migrants-aux-mains

    Le Mexique dépose plainte aux Etats-Unis après la mort de migrants aux mains de l’ICE, la police de l’immigration
    Dix-sept Mexicains sont morts dans des centres de détention du service de l’immigration et des douanes ou lors de descentes effectuées par ses agents, depuis le retour de Donald Trump à la présidence, en janvier 2025.
    LeMonde avec AFP
    Le Mexique a déposé des plaintes pénales aux Etats-Unis pour la mort de Mexicains placés en détention ou tués lors d’opérations menées par les autorités de ce pays, a annoncé le gouvernement, mercredi 22 juillet. La présidente, Claudia Sheinbaum, avait annoncé ces plaintes le 9 juillet.Dix-sept Mexicains sont morts dans des centres de détention du service de l’immigration et des douanes (ICE) ou lors de descentes effectuées par ses agents, depuis le retour de Donald Trump à la présidence, en janvier 2025. Il avait promis lors de sa campagne d’expulser des millions de ressortissants étrangers en situation irrégulière.
    La diplomatie mexicaine a détaillé dans un communiqué avoir déposé 20 plaintes – huit auprès de procureurs d’Etat et 12 auprès de procureurs de comté – dans les juridictions où les décès sont survenus, dans les Etats de l’Arizona, de la Californie, de la Floride, de la Géorgie, de l’Illinois, de la Louisiane, du Missouri et du Texas.
    L’ambassadeur du Mexique aux Etats-Unis, Roberto Lazzeri, a « demandé que chaque affaire soit élucidée » lors de réunions avec le département de la sécurité intérieure (DHS) et l’ICE, est-il précisé dans le communiqué. Lors de ces rencontres, M. Lazzeri a également « transmis les préoccupations » du Mexique concernant les conditions dans les centres de détention pour migrants, a fait savoir le ministère des affaires étrangères.Le chef de la diplomatie mexicaine, Roberto Velasco, a également demandé au haut-commissaire de l’Organisation des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, de solliciter des informations aux Etats-Unis sur ce sujet et de formuler des « recommandations techniques pour prévenir des faits de cette nature ». Le gouvernement de Claudia Sheinbaum a toutefois écarté l’idée que ces plaintes puissent affecter la relation vitale du Mexique avec les Etats-Unis, au moment où se déroule la négociation pour la révision du traité de libre-échange nord-américain, l’Aceum (USMCA en anglais), qui a remplacé l’Alena en 2020.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#mexique#politiquemigratoire#expulsion#ICE#sante#mortalite#droit#detention

  • Donald Trump demande à l’ICE de maintenir ses contrôles routiers, suspendus après la mort de deux personnes tuées par des agents
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/15/donald-trump-demande-a-l-ice-de-maintenir-ses-controles-routiers-suspendus-a

    Donald Trump demande à l’ICE de maintenir ses contrôles routiers, suspendus après la mort de deux personnes tuées par des agents
    Chargés de mettre en œuvre la campagne d’expulsion massive voulue par le président américain, les agents de la police de l’immigration font l’objet d’une vive opposition à travers le pays en raison de leurs méthodes agressives.
    Le Monde avec AFP
    Les Etats-Unis font de nouveau volte-face quant au sort de la police de l’immigration américaine (ICE). Donald Trump s’en est pris, mercredi 15 juillet, à la décision de cette dernière de suspendre ses contrôles routiers, après la mort de deux personnes tuées par des agents en moins d’une semaine. La veille, le ministère de la sécurité intérieure américain (DHS) avait en effet interrompu les contrôles routiers de cette agence fédérale, au lendemain de la mort d’un Colombien, abattu dans le Maine au volant de sa voiture. La semaine dernière, un Mexicain avait également été tué par un agent de l’ICE au Texas alors qu’il conduisait sa camionnette. « Nous ne pouvons PAS renoncer à l’un des outils les plus importants et les plus efficaces de l’ICE dans la lutte contre la criminalité : LES CONTRÔLES ROUTIERS ! », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, mercredi matin.
    « Dès que nous le ferons, nous ferons exactement le jeu des criminels. Les “Dumocrats” [un jeu de mots péjoratif visant les démocrates] de la gauche radicale aimeraient que cela arrive, mais cela ne se produira pas sous ma présidence, a-t-il poursuivi. ICE, agissez avec discernement, équité et intelligence, et reprenez votre travail si important. » S’exprimant devant la presse, mardi, à la Maison Blanche, le conseiller de Donald Trump sur l’immigration, Tom Homan, avait confirmé qu’une « pause » était en cours concernant les contrôles routiers, tout en affirmant que cette méthode était efficace et serait rétablie.
    Chargés de mettre en œuvre la campagne d’expulsion massive voulue par le président américain, les agents de l’ICE, lourdement armés et le plus souvent masqués, font l’objet d’une vive opposition à travers le pays en raison de leurs méthodes agressives, ayant notamment provoqué la mort par balle de deux citoyens américains en janvier à Minneapolis. Des organisations de défense des droits ont identifié la victime de la fusillade de lundi à Biddeford, dans le Maine, comme étant Joan Sebastian Guerrero, un livreur colombien âgé de 26 ans et autorisé à travailler aux Etats-Unis. Il y vivait avec son épouse et leur fille de 3 ans. Le président colombien Gustavo Petro, critique virulent de la politique migratoire de Donald Trump, a qualifié cette mort de « meurtre ». Dans la fusillade survenue la semaine dernière au Texas, les autorités de l’immigration ont affirmé que Lorenzo Salgado, 52 ans, avait tenté de renverser un agent de l’ICE avec son véhicule, une version contestée par plusieurs témoins

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#ICE#politiquemigratoire#expulsion#droit#sante

  • ICE, la police fédérale américaine de l’immigration, fait une nouvelle victime et provoque la colère dans le Maine
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/14/etats-unis-ice-la-police-federale-de-l-immigration-fait-une-nouvelle-victime

    ICE, la police fédérale américaine de l’immigration, fait une nouvelle victime et provoque la colère dans le Maine
    Joan Sebastian Guerrero, un Colombien de 26 ans, a été tué lundi 13 juillet à Biddeford. Il aurait été confondu avec un autre objectif des agents fédéraux, tout comme Lorenzo Salgado Araujo, mort dans des conditions similaires à Houston, le 7 juillet.
    Par Nicolas Chapuis (New York, correspondant)
    Pour la deuxième fois en six jours, l’ICE, la police de l’immigration américaine, a tué un homme au volant de sa voiture, au cours d’une intervention dont il n’était pas la cible initiale. Joan Sebastian Guerrero, un Colombien de 26 ans, a été abattu lundi 13 juillet au matin par des agents fédéraux à Biddeford (Maine), dans le nord-est des Etats-Unis. Sa mort intervient après celle de Lorenzo Salgado Araujo, dans des circonstances similaires, à Houston (Texas), le 7 juillet. Les faits se sont déroulés au petit matin, dans cette ville côtière, non loin de la capitale du Maine, Portland. « L’ICE effectuait une surveillance ciblée à la dernière adresse connue d’un étranger en situation irrégulière visé par une ordonnance définitive d’expulsion. Un étranger en situation irrégulière a quitté la résidence à bord d’un véhicule. Les agents de l’ICE ont tenté de procéder à l’interception du véhicule. Le véhicule a essayé de prendre la fuite et, craignant pour la sécurité publique, un agent a fait usage de son arme à feu », a expliqué le département de la sécurité intérieure (DHS), dans un communiqué de presse publié sur les réseaux, lundi soir, plus de douze heures après les faits.
    La communication autour de cette affaire a été pour le moins erratique. Le sénateur indépendant du Maine, Angus King, a informé les médias que Markwayne Mullin, le secrétaire à la sécurité intérieure, l’avait contacté pour lui annoncer que l’homme abattu faisait l’objet d’un mandat d’arrêt et d’une obligation de quitter le territoire. Avant de le rappeler pour se rétracter : la victime ne faisait l’objet d’aucune poursuite. Il a ensuite été identifié par la presse locale. Selon le Portland Press Herald, qui a interrogé des défenseurs des droits des migrants en contact avec la famille, Joan Sebastian Guerrero, marié et père d’une petite fille, disposait d’un permis de travail et d’un numéro de Sécurité sociale. Aucune vidéo montrant l’intégralité des faits à Biddeford n’a pour l’instant émergé. Sur des extraits récupérés lundi par le Bangor Daily News, un journal local, on peut voir des agents sortir d’un véhicule le corps inerte d’un homme, le plaquer au sol et lui passer les menottes dans le dos. Un témoin cité par Associated Press assure que Joan Sebastian Guerrero, couvert de sang mais encore conscient, aurait dit : « J’ai essayé de m’arrêter. »
    Dans son communiqué, le DHS assure que les secours ont été immédiatement appelés et que l’homme est mort des suites de ses blessures. Aucun des agents ne portait de caméra-piéton, alors que l’administration s’était engagée à généraliser cette pratique. L’enquête a été confiée à l’inspecteur général du DHS, en lien avec le FBI. Le scénario ressemble à celui de Houston, où les autorités poursuivaient d’autres suspects mais ont confondu les véhicules et ont pris en chasse Lorenzo Salgado Araujo. Ils assurent que l’homme, un Mexicain de 52 ans, a pris la fuite puis a tenté de se servir de son van pour les cibler, ce qui a justifié les coups de feu mortels de la part de l’ICE. Des membres de sa famille présents dans la voiture avec lui démentent formellement cette version, mais aucune caméra n’était en service.
    Les déclarations aléatoires de Markwayne Mullin ont provoqué la colère des élus locaux, notamment démocrates, outrés que la victime ait été mise en cause faussement dans un premier temps. « Ce nouveau développement rend cette tragédie encore plus troublante et révoltante, et il met en lumière la manière irresponsable et désordonnée dont sont menées les opérations de contrôle de l’immigration dans le Maine et à travers tout le pays. Cela doit cesser », a publié sur ses réseaux la gouverneure de l’Etat, Janet Mills. Markwayne Mullin a été nommé à la tête du DHS au mois de mai, après l’éviction de Kristi Noem, mise en cause pour sa gestion de la situation dans le Minnesota, où les agents fédéraux ont abattu deux Américains, Renee Good et Alex Pretti, dans le cadre d’une grande opération anti-immigration. Leur mort, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, avait provoqué un mouvement de révolte à Minneapolis-Saint Paul et avait contribué à rendre impopulaire la politique antimigrants de Donald Trump. Le Maine, où réside une grande communauté somalienne, à l’instar du Minnesota, fait partie des zones dans le viseur de Donald Trump, qui voue une détestation à cette diaspora. Des centaines de manifestants ont afflué à Biddeford pour protester, notamment devant les bureaux de Susan Collins, la sénatrice républicaine. Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, 11 personnes sont tombées sous les balles des agents fédéraux anti-immigration, et 52 sont mortes en détention.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#ICE#politiquemigratoire#sante#mortalite#droit

  • I deportati dell’#ICE in Guatemala
    https://www.youtube.com/watch?v=dT7s-3cwK1A

    Migliaia di persone nate in Guatemala e fermate in condizione «irregolare» dalle autorità statunitensi sono state rimpatriate senza alcun ritegno, separando famiglie e calpestando diritti fondamentali. Alcune di loro vivevano negli Usa da oltre 25 anni. La loro colpa? Lavorare e tentare di costruire per sé e i propri cari una vita migliore.

    Ecco come funziona il dispositivo razzista e inumano della polizia anti-migranti dell’ICE (United States Immigration and Customs Enforcement).

    #migrations #déportation #USA #Guatemala #renvois #expulsions #Etats-Unis #vidéo #sans-papiers #rétention #détention_administrative #criminalisation_de_la_migration #Alcatraz #animalisation #séparation_de_familles

  • Donald Trump nomme un ancien policier et ancien marine à la tête de l’ICE, la police de l’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/28/donand-trump-nomme-un-ancien-policier-et-ancien-marine-a-la-tete-de-l-ice-la

    Donald Trump nomme un ancien policier et ancien marine à la tête de l’ICE, la police de l’immigration
    La nomination de Lance Schroyer doit être théoriquement validée par le Sénat, mais l’agence fédérale, vivement critiquée pour ses méthodes brutales, enchaîne les directeurs par intérim depuis plus d’une décennie.
    Le Monde avec AFP
    Donald Trump a annoncé, samedi 27 juin, la nomination de Lance Schroyer, un ancien policier de l’Oklahoma, à la tête de la police fédérale de l’immigration (ICE), vivement critiquée aux Etats-Unis pour ses arrestations et expulsions de migrants. C’est un « ancien policier de l’Oklahoma et un ancien marine (…) fort de plusieurs décennies d’expérience dans l’incarcération des pires criminels », a déclaré le président américain sur son réseau, Truth Social.
    Lance Schroyer, actuellement conseiller auprès du secrétaire à la sécurité intérieure, doit succéder à Todd Lyons, qui avait été nommé par intérim à la tête de l’ICE par Donald Trump en mars 2025. Todd Lyons a quitté ses fonctions en mai 2026, quelques semaines après le renvoi de l’ancienne ministre de l’intérieur Kristi Noem.
    Lance Schroyer « jouera un rôle essentiel pour aider le président : cibler, arrêter et expulser les immigrés en situation irrégulière », s’est félicité sur X le secrétaire à la sécurité intérieure, Markwayne Mullin. Théoriquement, la nomination de M. Schroyer à la tête de la police fédérale de l’immigration doit être approuvée par le Sénat. Mais tous les directeurs de l’ICE ont été nommés par intérim depuis 2017.« Cela fait onze ans que le secrétariat à la sécurité intérieure n’a pas eu de directeur de l’ICE approuvé par le Sénat. Le Sénat doit vite approuver la nomination de Lance Schroyer », a exhorté Markwayne Mullin, sur X.
    La police fédérale de l’immigration est chargée de mener l’offensive anti-immigration voulue par Donald Trump. Ses méthodes, jugées brutales, ainsi que la mort en janvier de Renee Good et d’Alex Pretti, deux Américains tués par balle par des agents fédéraux à Minneapolis alors qu’ils s’opposaient à leur présence dans cette ville, ont provoqué une vive émotion dans le pays.

    ##Covid-19#migrant#migration#etatsunis#sante#ICE#politiquemigratoire#droit

  • Aux Etats-Unis, la mortalité des personnes détenues par ICE au plus haut, selon deux ONG ; l’administration Trump dément
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/25/aux-etats-unis-la-mortalite-des-personnes-detenues-par-ice-au-plus-haut-selo

    Aux Etats-Unis, la mortalité des personnes détenues par ICE au plus haut, selon deux ONG ; l’administration Trump dément
    Entre janvier 2025 et janvier 2026, le taux de mortalité a augmenté de 140 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre est quasiment quatre fois supérieur à celui enregistré sous le précédent président, Joe Biden, et plus de deux fois plus élevé que durant le premier mandat de Donald Trump.
    Le Monde avec AFP
    Au moins 52 morts ont été comptabilisés dans des centres de détention de la police américaine de l’immigration (ICE) depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, en janvier 2025, marqué par des arrestations massives de migrants clandestins, selon un rapport de Human Rights Watch (HRW) et Physicians for Human Rights, publié jeudi 25 juin.« Au lieu de prendre des mesures pour faire face à cette crise et protéger la vie et la santé des personnes détenues, nous avons vu l’administration (…) soumettre un nombre toujours plus grand de personnes à une détention prolongée », dénonce Reagan Williams, co-autrice du rapport pour HRW, auprès de l’Agence France-Presse (AFP).
    Le taux de mortalité entre janvier 2025 et janvier 2026 a augmenté de 140 % par rapport à l’année précédente – une hausse disproportionnée comparée à l’augmentation du nombre de détenus – selon le texte. Ce chiffre est quasiment quatre fois supérieur à celui enregistré sous le précédent président, Joe Biden, et plus de deux fois plus élevé que durant le premier mandat de M. Trump, de 2017 à 2021.« Il n’y a eu AUCUNE flambée des décès », a répondu un porte-parole du département américain de la sécurité intérieure (DHS), dont dépend ICE, à l’Agence France-Presse (AFP). « Dans la droite ligne des données de la dernière décennie, le taux de mortalité en détention sous l’administration Trump est de 0,009 % de la population détenue. »
    L’étude des ONG relève notamment des défauts d’accès aux soins médicaux, s’expliquant en partie par la surpopulation des centres et l’allongement de la détention. Parmi les cas mis en avant figure celui d’un homme de 44 ans originaire d’Ukraine, victime d’un AVC, qui n’a pas reçu les soins appropriés malgré des mouvements semblables à des convulsions.Un Mexicain de 39 ans est, lui, mort d’un arrêt cardiaque probablement provoqué par un choc septique, alors que ses demandes de soins pour un abcès infecté n’avaient pas été traitées correctement. Le rapport souligne aussi le nombre élevé de morts par suicide (sept entre janvier 2025 et janvier 2026, contre un seul en 2024).« Dans les cas où nous avons accès aux dossiers d’ICE et des hôpitaux extérieurs, nous observons une abdication sidérante de l’obligation de soin », commente dans un communiqué Katherine Peeler, professeure à l’école de médecine de l’université Harvard, conseillère auprès de Physicians for Human Rights et co-autrice du rapport. Le DHS dit, au contraire, « maintenir un niveau de prise en charge supérieur à la plupart des prisons qui accueillent des citoyens américains ». « Pour de nombreux étrangers en situation irrégulière, c’est le meilleur système de santé qu’ils aient eu de toute leur vie », argue l’administration. Critiquée pour ses méthodes, ICE a connu cette année un changement de direction après notamment la mort par balles de deux citoyens américains qui protestaient contre une opération à Minneapolis. HRW a mesuré les taux de mortalité entre octobre 2015 et juin 2026 et les a comparés aux chiffres remontant jusqu’à 2004, l’année suivant la création d’ICE. L’organisation a également interrogé les familles, les avocats et les anciens codétenus de personnes décédées. Physicians for Human Rights a évalué le contexte clinique de 39 morts entre janvier 2025 et janvier 2026, ainsi que l’adéquation des soins.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#politiquemigratoire#ICE#sante#mortalite#droit#detention

  • Aux Etats-Unis, la Cour suprême lève les obstacles à la politique anti-immigration de l’administration Trump
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/26/aux-etats-unis-la-cour-supreme-leve-les-obstacles-a-la-politique-anti-immigr

    Aux Etats-Unis, la Cour suprême lève les obstacles à la politique anti-immigration de l’administration Trump
    Dans un renversement historique de la politique d’accueil du pays, les juges ont autorisé, jeudi, la révocation du statut protégeant de l’expulsion 350 000 Haïtiens et 6 000 Syriens.
    Par Nicolas Chapuis (New York, correspondant)
    Donald Trump a trouvé un allié de poids dans sa croisade contre l’immigration : la Cour suprême des Etats-Unis a donné son feu vert à la Maison Blanche, jeudi 25 juin, pour poursuivre ses politiques les plus radicales à l’encontre des réfugiés présents sur le sol américain ou cherchant à rejoindre le pays. A travers deux décisions rendues coup sur coup, les six juges conservateurs de l’institution (les trois progressistes se sont désolidarisés) ont donné raison à l’administration face à des associations de défense des droits des migrants.
    La première affaire est un renversement historique de la politique d’accueil humanitaire des Etats-Unis pour les personnes fuyant un pays dans lequel ils sont en danger. La Cour suprême a confirmé que l’exécutif avait toute latitude pour annuler le « statut temporaire protégé » (TPS) dont bénéficient 350 000 Haïtiens et 6 000 Syriens. Ces personnes pourraient se retrouver du jour au lendemain sous la menace d’une expulsion et elles ne sont pas les seules : depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a tenté de priver de leur TPS les ressortissants de 13 pays, des mesures contestées devant la justice, qui pourraient par ricochet être concernées par cette décision.
    Le statut temporaire protégé existe depuis une loi votée au Congrès en 1990, avec un soutien bipartisan, une autre époque. Selon les dernières statistiques, qui datent de 2025, 1,3 million de personnes vivaient aux Etats-Unis sous ce statut, en provenance de 17 pays.
    Le débat juridique ne portait pas sur le droit du département de la sécurité intérieure à ajouter ou retrancher un pays de la liste, même si l’explication avancée, à savoir que la situation s’est améliorée dans les pays concernés, peut susciter des questions : il s’agit d’Haïti et de la Syrie donc, mais aussi du Soudan du Sud, de l’Ethiopie, de l’Afghanistan ou encore du Venezuela.
    La question était de savoir si un motif raciste a justifié ce retrait. Avec pour pièce à conviction les déclarations xénophobes et dégradantes de Donald Trump lui-même, qui considèrent que les immigrants « empoisonnent le sang » des Américains. Le milliardaire n’a jamais caché sa détestation envers Haïti, qualifié de « pays de merde », et ses ressortissants qui, selon lui, « ont probablement le sida ». Il les avait accusés, pendant sa campagne présidentielle de 2024, de manger les chiens et les chats du voisinage à Springfield (Ohio), où réside une grande communauté haïtienne.
    Le juge conservateur Samuel Alito, qui a rédigé la décision majoritaire, n’y a pas trouvé matière à intervenir : « Aucune des déclarations citées du président ou du secrétaire [à la sécurité intérieure] n’était ouvertement raciale, et, en substance, toutes exprimaient des opinions politiques qui pourraient reposer sur des justifications neutres sur la race. »
    La deuxième décision aura également une portée majeure pour des dizaines de milliers de personnes : les juges ont considéré que les autorités étaient parfaitement fondées à refuser aux migrants qui ne sont pas présents sur le territoire américain de déposer des demandes d’asile (les requêtes effectuées depuis le territoire sont automatiquement étudiées). Ce dossier concerne plus particulièrement la frontière mexicaine, où l’administration a mis en place une telle mesure.La Cour n’a pas encore tranché sur une troisième affaire, concernant la volonté de Donald Trump de mettre fin au droit à la citoyenneté pour les enfants nés aux Etats-Unis de parents en situation irrégulière. Si elle venait à donner raison au président américain, il s’agirait là aussi d’un changement d’ère aux Etats-Unis, une nation fondée sur l’immigration et le droit du sol.
    « Les portes de l’Amérique sont fermées pour les demandeurs d’asile », s’est réjoui Stephen Miller, le chef adjoint du cabinet de la Maison Blanche. Dans l’entourage de Donald Trump, les tenants d’une politique anti-immigration sans concession ont été obligés de faire profil bas, après le fiasco du déploiement de la police fédérale de l’immigration (ICE) à Minneapolis (Minnesota) qui a conduit à la mort, en janvier, de deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux. Les sondages réalisés dans la foulée montraient qu’une majorité d’Américains désapprouvait la façon dont l’administration menait ces opérations. Kristi Noem, la secrétaire à la sécurité intérieure, a été débarquée, en mars, au profit de Markwayne Mullin. Mais à quelques mois des élections de mi-mandat, les décisions de jeudi redonnent de l’oxygène au courant le plus virulent, dont Stephen Miller est le fer de lance.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#asile#protection#immigration#ICE#droit#sante

  • Aux Etats-Unis, un budget de 70 milliards de dollars pour la lutte contre l’immigration approuvé par la Chambre
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/10/aux-etats-unis-un-budget-de-70-milliards-de-dollars-pour-la-lutte-contre-l-i

    Aux Etats-Unis, un budget de 70 milliards de dollars pour la lutte contre l’immigration approuvé par la Chambre
    Le Monde avec AFP
    La Chambre des représentants des Etats-Unis a approuvé, mardi 9 juin, un texte budgétaire de près de 70 milliards de dollars (environ 60,6 milliards d’euros) pour la lutte contre l’immigration, l’une des priorités de Donald Trump.Le projet de loi, déjà adopté par le Sénat la semaine dernière, prévoit − sur les trois prochaines années − environ 38 milliards de dollars pour la police de l’immigration (ICE), environ 26 milliards pour la police aux frontières (CBP) et quelque 5 milliards supplémentaires pour des coûts imprévus.
    De quoi assurer le financement du programme massif d’expulsions décidé par l’administration du président républicain. D’autant plus que ces fonds s’ajoutent aux près de 140 milliards de dollars déjà approuvés l’an dernier par le Congrès, à majorité républicaine, à destination de la lutte contre l’immigration.
    L’administration Trump fait face à la pression des partisans d’une ligne plus dure contre l’immigration, qui regrettent que les autorités ne soient pas parvenues à remplir l’objectif d’un million d’expulsions annuelles. Tom Homan, l’un des architectes de ce programme d’expulsions au sein du gouvernement, a promis, mardi, une accélération des opérations, notamment à New York, ville votant en grande majorité pour les démocrates.Le texte budgétaire doit être à présent transmis à la Maison Blanche pour une promulgation par le président. Son adoption survient après plusieurs mois de polémiques autour des pratiques de l’ICE et de la CBP.
    Après le vote, le président de la Chambre des représentants, le républicain Mike Johnson, a salué dans un communiqué le fait que « les démocrates seront dans l’impossibilité de retirer le financement » de l’ICE et de la CBP pour les prochaines années.Les démocrates demandaient d’importantes réformes pour ces deux agences, depuis la mort à Minneapolis en janvier de Renee Good et d’Alex Pretti, deux Américains tués par des agents fédéraux en marge de manifestations contre les opérations de l’ICE dans cette ville du nord des Etats-Unis. « Nous estimons que les dollars des contribuables doivent servir à rendre la vie plus abordable pour les Américains, pas à donner un nouveau chèque en blanc de 70 milliards de dollars à l’ICE », a affirmé, lundi, le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries.
    En février, en raison de l’opposition déjà des élus démocrates, le ministère de la sécurité intérieure avait subi une paralysie budgétaire record de plus de soixante-dix jours. Ils demandaient plus de restrictions sur la manière d’opérer de l’ICE, notamment le port systématique d’une caméra piéton pour ses agents. Le texte approuvé mardi ne comprend finalement pas ces réformes demandées par l’opposition.
    Plusieurs mesures voulues par Donald Trump ne figurent pas non plus dans le projet de loi – notamment un milliard de dollars exigés pour la construction d’une salle de bal à la Maison Blanche. La demande de fonds publics avait mis de nombreux élus républicains dans l’embarras, réticents à financer un projet aussi luxueux avec des deniers publics.Exit également un fonds « anti-instrumentalisation » de près d’1,8 milliard de dollars censé dédommager ceux que l’administration Trump présente comme des victimes du système judiciaire. L’opposition démocrate l’avait dénoncé comme une « caisse noire » susceptible notamment de bénéficier aux partisans de Donald Trump qui ont pris d’assaut le Capitole à Washington le 6 janvier 2021.
    Plusieurs élus républicains avaient aussi exprimé leur rejet de cette initiative. Face à cette résistance interne, le ministre de la justice par intérim, Todd Blanche, avait annoncé, mardi, renoncer à inclure ce projet dans le texte devant le Congrès

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#politiquemigratoire#ICE#droit#sante

  • L’Américain Gregory Bovino, chantre de la « remigration »
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/10/l-americain-gregory-bovino-chantre-de-la-remigration_6700415_4500055.html

    L’Américain Gregory Bovino, chantre de la « remigration »
    Ancien patron musclé de la police aux frontières des Etats-Unis, le trumpiste Gregory Bovino a défendu le principe de « remigration » lors d’un meeting des extrêmes droites au Portugal.
    Par Lucas Minisini
    Le 30 mai, l’Américain Gregory Bovino, ex-patron de la Border Patrol, la police aux frontières, et l’un des artisans de la politique anti-immigration de Donald Trump, est venu défendre la « remigration », soit le déplacement massif et forcé de populations immigrées hors d’Europe, lors d’un rassemblement d’extrême droite au sud de Porto, au Portugal. Organisé par la figure autrichienne d’ultradroite Martin Sellner, le sommet réactionnaire réunissait à la fois des élus de l’AfD et de Vox, les partis d’extrême droite allemand et espagnol, l’ancien député européen Front national (devenu Rassemblement National) Jean-Yves Le Gallou et, donc, l’Américain trumpiste de 56 ans, devenu le symbole de la détention aux États-Unis de plus de 70 000 personnes accusées d’être des sans-papiers.
    Entre octobre 2025 et la fin janvier 2026, Gregory Bovino a dirigé la police aux frontières des États-Unis à coups d’opérations médiatiques où il apparaissait, en plein raid, entouré de nombreux agents masqués. Sous son commandement, à Minneapolis, dans le Minnesota, un officier a tué à bout portant Alex Pretti, un infirmier de 37 ans qui filmait l’arrestation violente d’une femme, le 24 janvier 2026. Les images de sa mort, diffusées en ligne, ont vite contredit la ligne de défense de Gregory Bovino, qui accusait le trentenaire d’avoir menacé les forces de l’ordre. Face à l’indignation générale, le fidèle du président américain a été contraint de démissionner de son poste quelques jours plus tard.
    Pour expliquer son zèle, l’officier aux trois décennies passées au sein de la Border Patrol en Louisiane et en Californie se réfère à Jack Nicholson dans Police frontière, un thriller sorti en 1982. C’est le célèbre acteur incarnant un agent devenu complice d’un vaste trafic d’êtres humains qui aurait donné envie à Gregory Bovino de s’engager au sein de cette force de police dès la fin de ses études universitaires. Dans une interview donnée en 2021 sur la chaîne YouTube de la police aux frontières, Gregory Bovino explique également que le film a été produit par Neil Hartley, son grand-oncle.
    Peu de temps avant sa démission forcée, fin janvier 2026, Gregory Bovino est apparu au milieu d’agents de la police aux frontières vêtu d’un long manteau en laine couleur olive, avec épaulettes et manchettes. Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie, a qualifié cette tenue, inédite dans les rangs de la force de police, de « code nazi ». Face aux médias américains, le fonctionnaire anti-immigration a nié toute référence au IIIe Reich. Mais, plus récemment, lors d’une interview donnée au site identitaire Breizh Info en marge du sommet de la « remigration » organisé au Portugal, Gregory Bovino a évoqué le général nazi Erwin Rommel, qu’il a décrit comme une inspiration.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#remigration#frontiere#ICE#politiquemigratoire

  • Aux Etats-Unis, le Sénat approuve 70 milliards de dollars pour la police de l’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/05/aux-etats-unis-le-senat-approuve-70-milliards-de-dollars-pour-la-police-de-l

    Aux Etats-Unis, le Sénat approuve 70 milliards de dollars pour la police de l’immigration
    Ce texte budgétaire, auquel s’opposaient en bloc les démocrates, doit désormais être approuvé par la Chambre des représentants.
    Le Monde avec AFP
    Le Sénat américain a approuvé, vendredi 5 juin, un texte budgétaire de près de 70 milliards de dollars (environ 60,1 millions d’euros) pour la lutte contre l’immigration, après un marathon législatif qui a mis en exergue le malaise croissant de plusieurs sénateurs républicains face à certains projets de Donald Trump.Le projet de loi, adopté avec 52 voix pour et 47 contre et auquel s’opposaient en bloc les démocrates, arrive au bout de plusieurs mois de polémiques autour des pratiques de la police de l’immigration (ICE) et de la police aux frontières (CBP).
    Les démocrates demandaient d’importantes réformes pour ces deux agences, depuis la mort à Minneapolis en janvier de Renee Good et d’Alex Pretti, deux Américains tués par des agents fédéraux en marge de manifestations contre les opérations de l’ICE dans cette ville du nord des Etats-Unis. L’opposition émocrate avait même mené le ministère de la sécurité intérieure à une paralysie budgétaire record de plus de 70 jours, entre février et mars.
    Le texte approuvé par les sénateurs prévoit près de 70 milliards de dollars sur trois ans pour financer l’ICE et la CBP, sans ces réformes demandées par l’opposition. Il doit désormais être adopté par la Chambre des représentants, probablement la semaine prochaine.
    Si le financement de la lutte contre l’immigration fait globalement consensus à droite, l’adoption du texte au Sénat ne s’est pas fait sans remous. Une série d’amendements, proposés à tour de rôle par les démocrates et par certains républicains, ont vu plusieurs sénateurs de la majorité aller à rebours des exigences de Donald Trump.
    Six sénateurs républicains ont ainsi voté pour un amendement destiné à interdire d’utiliser des fonds publics pour construire une salle de bal à la Maison Blanche, ardemment souhaitée par le président américain. L’amendement a échoué à récolter les 60 voix nécessaires mais a mis en exergue le malaise de certains élus à droite devant ce projet luxueux.Autre sujet de discorde, le fonds « anti-instrumentalisation » de près d’1,8 milliard de dollars, provisoirement gelé par une juge fédérale, censé dédommager des individus que le gouvernement présente comme des victimes du système judiciaire. L’opposition démocrate l’a dénoncé comme une « caisse noire » pouvant notamment bénéficier aux partisans de Donald Trump qui ont pris d’assaut le Capitole à Washington le 6 janvier 2021.
    Plusieurs élus républicains ont aussi exprimé leur rejet de cette initiative. Face à cette résistance interne, le ministre de la justice par intérim, Todd Blanche, avait annoncé mardi renoncer à ce projet. Mais les opposants voulaient que cet abandon soit gravé dans le marbre. Plusieurs amendements en ce sens ont été soumis au vote lors du marathon législatif de jeudi, dont plusieurs par des républicains

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#ICE#politiquemigratoire#sante#droit#frontiere#immigration

  • A Minneapolis, un policier de l’ICE inculpé pour avoir blessé par balle un immigré
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/19/a-minneapolis-un-policier-de-l-ice-inculpe-pour-avoir-blesse-par-balle-un-im

    A Minneapolis, un policier de l’ICE inculpé pour avoir blessé par balle un immigré
    Le Monde avec AFP
    Un agent de la police américaine de l’immigration (ICE) a été inculpé, lundi 18 mai, pour avoir blessé par balle un immigré vénézuélien à une jambe au cours d’une intervention à la mi-janvier menée près de son domicile à Minneapolis. La ville du Minnesota était alors l’épicentre de la contestation contre les méthodes brutales de ces agents fédéraux. Deux citoyens américains y ont été tués par des policiers fédéraux ce même mois de janvier, en marge de manifestations contre l’ICE.
    Le policier quinquagénaire est poursuivi pour quatre chefs d’accusation pour agression et pour un chef de faux témoignage, a détaillé la procureure locale Mary Moriarty, au cours d’une conférence de presse. Un mandat d’arrêt national a été émis.
    Cet agent et l’un de ses collègues avaient été suspendus de leurs fonctions à la mi-février pour avoir menti sous serment au sujet d’un coup de feu tiré pendant une opération qui s’était transformée en course-poursuite le 14 janvier. La justice fédérale avait abandonné peu avant les poursuites qu’elle avait lancées contre deux immigrés vénézuéliens, après avoir constaté que des images de vidéosurveillance contredisaient la version des policiers.
    Au moment des faits, le ministère de la sécurité intérieure avait affirmé qu’un « immigré vénézuélien en situation irrégulière » avait résisté à son arrestation lors d’un contrôle routier et qu’à ce moment-là, « deux individus [étaient] sortis d’un appartement voisin et [avaient] attaqué l’agent avec une pelle à neige et un manche de balai ». Ce dernier avait alors « tiré un coup de feu défensif pour protéger sa vie », blessant un homme à la jambe.Mais, selon le récit de la procureure lundi, le policier n’a « pas été frappé par une pelle ou un balai ». « Il n’a pas été frappé du tout », a-t-elle déclaré. Cet agent « a tiré à travers la porte d’une maison avec de nombreuses personnes – dont des enfants – à l’intérieur, heureusement en ne touchant pas les autres ». « Il n’existe pas d’immunité absolue pour les agents fédéraux qui commettent des actes criminels dans cet Etat » du Minnesota, a-t-elle affirmé.
    A la même période, deux Américains – Renee Good et Alex Pretti – ont été tués par des agents fédéraux en pleine rue à Minneapolis, lors des vastes opérations contre l’immigration voulues par Donald Trump. Leur mort a indigné l’Amérique, tout comme les méthodes brutales adoptées par l’ICE et ses agents, qui agissent le plus souvent masqués.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#ICE#migrationirreguliere#politiquemigratoire#sante#droit

  • Dans un centre de détention pour migrants au Texas : « Ils nous traitent comme si nous étions des animaux »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/15/dans-un-centre-de-detention-pour-migrants-au-texas-ils-nous-traitent-comme-s

    Dans un centre de détention pour migrants au Texas : « Ils nous traitent comme si nous étions des animaux »
    A la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, la police fédérale de l’immigration a ouvert, dans la zone militaire de Fort Bliss, un gigantesque site de détention de 5 000 places. Une ancienne détenue raconte l’enfer vécu derrière ces murs.
    Propos recueillis par Anne Vigna (El Paso [Texas], envoyée spéciale)
    Esther (le prénom a été changé) parle vite pour raconter les sept mois éprouvants qu’elle a passés au centre de détention Camp East Montana, à El Paso, au Texas. Implanté dans la zone militaire de Fort Bliss, il est l’un des 220 centres de détention dont dispose l’agence fédérale de contrôle de l’immigration (ICE). Ouvert en août 2025, il est doté de 5 000 places. Ni les journalistes ni les membres du Congrès américain ne peuvent visiter cette suite de hangars sans fenêtre.
    Esther, mère mexicaine de quatre enfants, est la seule de sa famille à ne pas être citoyenne américaine. Son mari, arrivé comme elle en 2008 aux Etats-Unis, a obtenu la nationalité grâce à son métier de dentiste et leurs enfants sont tous nés à El Paso. Esther tentait depuis 2017 d’obtenir une résidence légale. Cette procédure, en attente de résolution, l’obligeait à se présenter tous les trois mois auprès de l’ICE, à El Paso. En septembre 2025, elle n’est, cette fois, pas ressortie de ses locaux. Menottée, elle a été transférée à quelques rues de chez elle, derrière les murs de Camp East Montana. Elle s’en souvient aujourd’hui comme d’un enfer sur terre.
    « Ils nous traitent comme si nous étions des animaux, je n’ai pas d’autre mot. La nourriture est toujours insuffisante et servie encore congelée, les installations sanitaires sont déplorables », raconte cette femme de 40 ans, en triturant son mouchoir.
    Son mari a versé près de 1 000 dollars (850 euros) chaque mois sur le site Internet de l’ICE pour améliorer son quotidien en détention, sans compter les frais d’avocat engagés pour tenter de la faire sortir. « J’ai refusé de signer mon ordre d’expulsion, malgré la pression. J’ai aussi refusé de prendre les calmants qu’ils nous proposent », témoigne cette femme au foyer. Pour passer le temps, Esther a accepté de faire des tâches de nettoyage huit heures d’affilée, pour un salaire de 1 dollar par jour.
    Libérée après avoir versé une caution de 7 500 dollars, Esther sait qu’elle a eu de la chance : « Toutes celles qui étaient avec moi ont été expulsées. J’ai eu pour ma part des visites constantes de ma famille et je pouvais l’appeler chaque semaine. J’étais vraiment une privilégiée. » Aujourd’hui, elle porte un bracelet électronique et doit se présenter régulièrement dans les locaux de la police de l’immigration. Elle y retourne chaque fois avec la peur d’être de nouveau placée en détention. « Le pire est d’essayer de rassurer mes enfants quand ils me voient partir, ajoute-t-elle, en fondant en larmes. On s’embrasse comme si ce moment pouvait être un adieu. »

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#ICE#immigration#expulsion#politiquemigratoire#droit#sante

  • Pauvre France !
    Elle est loin, très loin « Ma France » de Jean Ferrat.

    https://www.aubedigitale.com/france-une-nouvelle-extension-de-navigateur-dediee-a-limmobilier-fourn

    Un site web français et une extension Chrome dédiée à l’immobilier proposent une offre de données inhabituelle, comprenant des informations sur les niveaux d’immigration, l’insécurité et les taux d’islamisation — autant de facteurs que les acheteurs immobiliers pourraient souhaiter prendre en considération avant de réaliser un investissement.

    https://mafrance.app

  • Palantir posted a manifesto that reads like the ramblings of a comic book villain
    https://www.engadget.com/big-tech/palantir-posted-a-manifesto-that-reads-like-the-ramblings-of-a-comic-book-

    In case you haven’t gotten around to reading #Palantir CEO #Alex_Karp and Nicholas W. Zamiska’s 2025 book, The Technological Republic, (because why would you do that to yourself?), the company best known for supplying AI-driven defense and surveillance software to the likes of the #US_Army, #ICE and #NYPD shared a 1,000-word X post this weekend covering its main points. The entire thing is both bizarre and deeply concerning. "The ability of free and democratic societies to prevail requires something more than moral appeal,” one of the 22 points states. “It requires hard power, and hard power in this century will be built on software.”

    • Les 22 points résumés à partir de plusieurs sources (Merci Perplexity ; )
      1. L’Occident est en danger. Le monde entre dans une période de confrontation intense, et les démocraties occidentales risquent de perdre leur avance technologique et militaire si elles ne réagissent pas.
      2. L’ère de la bombe atomique touche à sa fin. La dissuasion par l’arme nucléaire ne suffit plus  : la puissance et l’équilibre militaire vont désormais reposer sur l’IA et les systèmes logiciels.
      3. La prochaine dissuasion sera logicielle. La capacité à développer des systèmes d’IA avancés déterminera quels États pourront empêcher la guerre ou au contraire la subir.
      4. Les ingénieurs ont une responsabilité politique. Les élites techniques de la Silicon Valley ne peuvent plus se contenter de faire des apps  : elles auraient le « devoir » de travailler à la défense de leur pays.
      5. La technologie civile ne suffit plus. Construire des réseaux sociaux, des services de livraison ou des jeux n’est plus à la hauteur des enjeux  ; il faut orienter les talents vers la défense, la sécurité et l’infrastructure critique.
      6. La paix relative depuis 1945 tient à la puissance américaine. Si le monde n’a pas replongé dans une guerre mondiale, c’est grâce à la suprématie militaire et technologique des États‑Unis, qu’il faudrait maintenir par une nouvelle vague technologique.
      7. Certaines cultures sont « vitales », d’autres « régressives »
      Les auteurs opposent des sociétés créatrices de « merveilles » technologiques et culturelles à d’autres présentées comme dysfonctionnelles, violentes ou hostiles à la modernité.
      8. Le relativisme culturel est dangereux. L’idée que « toutes les cultures se valent » serait naïve et nuisible, car elle empêcherait l’Occident d’affirmer ses valeurs et de se défendre.
      9. La démocratie a besoin de force pour survivre. Les institutions démocratiques ne tiendraient que si elles sont soutenues par une capacité de coercition technologique et militaire crédible.
      10. L’inclusivité peut affaiblir la culture organisationnelle. Les discours internes sur l’inclusion, la diversité ou la sécurité psychologique seraient accusés de détourner les entreprises de leur mission de performance et de défense.
      11. Les entreprises « vitales » doivent assumer des cultures exigeantes. Les organisations qui protègent l’Occident devraient privilégier excellence, loyauté et esprit de corps, même si cela heurte les normes RH dominantes.
      12. Les institutions publiques sont trop lentes. Les armées, les administrations et une partie de l’industrie de défense seraient engluées dans la bureaucratie et incapables d’innover à la vitesse requise.
      13. Le secteur privé technologique doit combler le vide. Des entreprises comme Palantir ou d’autres acteurs de la tech seraient appelées à prendre le relais de l’État pour construire les outils de défense essentiels.
      14. Les dirigeants qui « osent construire » doivent être soutenus. Les auteurs valorisent explicitement des figures entrepreneuriales qui se lancent dans les infrastructures lourdes, l’espace, l’IA de défense et acceptent le risque politique.
      15. La frontière entre civil et militaire s’estompe. Les mêmes outils de données et d’IA servent à la fois aux entreprises civiles et aux armées  ; il faut accepter cette porosité plutôt que la nier.
      16. Refuser les applications militaires de l’IA est irresponsable. Les ingénieurs qui boycottent l’armement ou la sécurité seraient accusés d’abandonner le terrain à des puissances adverses moins scrupuleuses.
      17. Les technologies de surveillance sont présentées comme protectrices. L’usage massif des données et des systèmes d’analyse pour surveiller, détecter et neutraliser les menaces est justifié au nom de la prévention des catastrophes.
      18. La neutralité politique des plateformes est jugée illusoire. Les grandes entreprises technologiques sont de facto des acteurs géopolitiques  ; elles devraient assumer ce rôle plutôt que prétendre à une neutralité bienveillante.
      19. L’Occident doit accepter une posture plus combative. Les démocraties sont invitées à renoncer à une vision irénique des relations internationales et à se préparer à des confrontations prolongées, y compris hybrides et numériques.
      20. L’IA de défense doit rester entre « bonnes mains ». Les auteurs affirment que les régimes autoritaires utiliseront l’IA pour opprimer  ; dès lors, il serait crucial de garantir que les outils les plus puissants restent contrôlés par des démocraties.
      21. Les compromis moraux se paient par la défaite. Renoncer à certaines capacités technologiques par scrupule éthique serait décrit comme un luxe que l’Occident ne peut plus se permettre s’il veut survivre.
      22. Le choix est entre déclin ou refondation technologique.
      Le texte se clôt sur l’idée que les sociétés occidentales doivent choisir  : soit se laisser aller au déclin, soit accepter un projet de refondation centré sur l’IA, la puissance logicielle et la militarisation de la technologie.

  • Le Mexique durcit le ton contre l’administration Trump pour ses ressortissants morts dans les prisons de l’ICE
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/03/le-mexique-durcit-le-ton-contre-l-administration-trump-pour-ses-ressortissan

    Le Mexique durcit le ton contre l’administration Trump pour ses ressortissants morts dans les prisons de l’ICE
    Par Mathieu Tourliere (Mexico, correspondance)
    Pour le gouvernement du Mexique, la mort de José Ramos, survenue le 25 mars dans sa cellule du centre de détention de la police américaine de l’immigration (ICE) d’Adelanto, en Californie, est celle de trop. Originaire de la ville de Silao, dans l’Etat du Guanajuato, José Ramos résidait depuis vingt-huit ans à Los Angeles, où il travaillait dans une blanchisserie industrielle et était père de deux enfants, citoyens des Etats-Unis.
    Cet homme, « très travailleur et très responsable », selon son épouse, Antonia Tova, est devenu le quatorzième ressortissant mexicain décédé dans un centre de détention migratoire depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, en janvier 2025. Neuf jours plus tôt, le Mexique apprenait avec effarement la mort de Royer Perez, 18 ans, originaire de l’Etat du Chiapas, dans le centre de détention de l’ICE à Glades, en Floride. Cinq jours après le décès de José Ramos, l’ICE s’est fendu d’un communiqué insistant sur le fait que l’homme de 52 ans, arrêté puis transféré dans le centre d’Adelanto en février, était un « étranger illégal » qui avait été « condamné pour possession d’une substance interdite et vol » en août 2025. Selon les autorités migratoires, il souffrait de diabète, hyperlipidémie et hypertension, et « recevait une attention médicale constante durant son incarcération ». L’explication n’a pas convaincu de l’autre côté de la frontière : le 30 mars, Vanessa Calva, la directrice de la protection consulaire du Mexique aux Etats-Unis, a reproché à l’ICE de n’avoir toujours pas informé le gouvernement du Mexique sur les causes de la mort de José Ramos, assurant que son cas « n’est pas un fait isolé mais le reflet d’une tendance alarmante et inacceptable ».
    La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a durci le ton lors de sa conférence de presse du 30 mars, annonçant « plusieurs actions pour protester contre la nouvelle mort d’un Mexicain », la quatrième survenue depuis janvier 2025 à Adelanto, l’une des plus grandes prisons pour migrants des Etats-Unis. D’une capacité de 1 940 places, elle se trouve dans le désert de Mojave, et l’ICE la sous-traite à l’entreprise Geo Group. Le gouvernement du Mexique a fait savoir qu’il présenterait une plainte à la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) – une branche de l’Organisation des Etats américains – pour dénoncer les mauvais traitements réservés aux immigrants détenus. Il apportera aussi son soutien, via un amicus curiae (« ami de la cour », un système qui permet à des personnes morales, Etats ou entreprises, de déposer des argumentaires pour éclairer les juges américains), à un procès collectif intenté par des organisations de Los Angeles contre l’ICE et les conditions « inhumaines et illégales » à Adelanto.
    La politique anti-immigration menée par l’administration Trump affecte en premier lieu les quelque 39 millions de Mexicains qui résident aux Etats-Unis, dont environ 4 millions sans papiers, selon des estimations du Pew Research Center. Selon le gouvernement mexicain, depuis le début du second mandat de Donald Trump, les autorités migratoires ont arrêté 177 192 citoyens mexicains, et, au 26 mars, 13 722 ressortissants étaient détenus dans des centres de l’ICE. Jusqu’au décès de José Ramos, Mexico s’était contenté de déplorer les morts, d’exiger des enquêtes approfondies et d’envoyer des notes diplomatiques à Washington, alors que le réseau des 50 consulats mexicains aux Etats-Unis assurait le suivi des décès au cas par cas.
    « Il y avait une forte réticence à les condamner publiquement, que j’attribue à une crainte de provoquer une réaction furibonde de Donald Trump, ainsi qu’à l’intention de ne pas faire de vagues avant la fin de la renégociation du traité de libre-échange avec les Etats-Unis et le Canada », analyse Martha Barcena, ambassadrice du Mexique aux Etats-Unis de 2018 à 2021. Selon la diplomate, la réaction du gouvernement mexicain, bien que tardive, est bienvenue ; elle considère cependant que le recours à la CIDH a surtout une portée « médiatique et dirigée vers l’opinion publique du Mexique », car Washington n’est pas signataire de la Convention interaméricaine des droits humains et ne reconnaît donc pas l’autorité de la commission. Celle-ci ne pourra émettre qu’une opinion consultative « que le gouvernement de Trump ignorera », anticipe-t-elle.
    Le soutien du gouvernement du Mexique au recours collectif contre l’ICE est une bonne nouvelle pour les organisations qui prétendent, par la voie légale, obliger l’administration Trump à améliorer les conditions de détention à Adelanto. « Nous espérons que cela aidera à visibiliser ce qui se passe derrière les murs », commente Alvaro Huerta, avocat au Centre légal de défense des migrants. Le document du recours collectif, présenté en janvier, dénonce l’insalubrité des installations d’Adelanto, qui fait pulluler les maladies – il signale une épidémie de varicelle –, alors que les détenus souffrants sont livrés à leur sort pendant plusieurs jours. Au fil des 65 pages, on découvre que les prisonniers sont entassés à huit dans des cellules froides, étroites et sales, dont les murs sont couverts de moisissure, sous la vigilance continue d’agents armés. Ils sont également soumis à des mesures punitives ou à l’isolement s’ils protestent.
    Alvaro Huerta explique que l’ICE a envoyé en urgence des centaines de personnes à Adelanto après les raids contre les migrants lancés par l’administration Trump en Californie, en juin 2025. Assez rapidement, l’organisation pour laquelle il travaille a reçu des appels de parents de personnes incarcérées, qui s’alarmaient du manque d’attention médicale ou que leurs proches dormaient à même le sol, sans vêtements de rechange. « Nous avons recueilli des témoignages qui décrivaient des conditions horribles au niveau de la nourriture ou de l’accès à l’eau potable, déplore-t-il. La surveillance médicale est défectueuse, surtout dans des cas d’urgence, et les détenus y sont traités encore plus mal qu’en prison. »

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#mexique#migrationirreguliere#ICE#expulsion#politiquemigratoire#droit#sante

  • ICE : Claudia Sheinbaum, la présidente mexicaine, menace de « mesures de protestation » après la mort d’un ressortissant détenu aux Etats-Unis
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/31/ice-claudia-sheinbaum-la-presidente-mexicaine-menace-de-mesures-de-protestat

    ICE : Claudia Sheinbaum, la présidente mexicaine, menace de « mesures de protestation » après la mort d’un ressortissant détenu aux Etats-Unis
    Le Monde avec AFP
    Le Mexique a annoncé lundi prendre des « mesures de protestations » envers les Etats-Unis après un nouveau décès « inacceptable » d’un ressortissant mexicain au cours de sa détention par la police américaine de l’immigration (ICE) en Californie. Le décès de José Ramos porte à 14, selon le ministère des affaires étrangères mexicain, le nombre de Mexicains morts sous la responsabilité de l’ICE ou lors de descentes anti-immigration au cours du second mandat de Donald Trump. Bras armé de l’offensive antimigrants du président américain, l’ICE est l’objet de fortes critiques, notamment après que deux Américains ont été tués en janvier par des agents fédéraux à Minneapolis (Nord) en marge de manifestations contre sa présence dans la ville. « Nous allons prendre plusieurs mesures de protestation contre le décès d’un nouveau Mexicain, un de nos compatriotes, aux Etats-Unis », a déclaré Claudia Sheinbaum, la présidente mexicaine de gauche, lors de sa conférence de presse quotidienne.
    Le Mexique « épuisera toutes les voies légales, diplomatiques et multilatérales pour demander justice », a ensuite affirmé lors d’une conférence de presse à Los Angeles, lundi, la directrice de la protection consulaire du Mexique, Vanessa Calva Ruiz.
    Le pays se joindra en tant qu’amicus curiae (position juridique permettant d’apporter des informations lors d’un procès sans en être partie) à une plainte déposée par des ONG le 26 janvier aux Etats-Unis concernant les conditions de détention.
    « Nous estimons que ces décès », dont « la répétition et la fréquence sont absolument inacceptables », « reflètent des défaillances systémiques, des insuffisances opérationnelles et une possible négligence, contraires aux propres protocoles et réglementations des Etats-Unis, ainsi qu’aux normes internationales en matière de droits humains », a ajouté la responsable de la protection des Mexicains à l’étranger. José Ramos, Mexicain de 52 ans, était détenu au centre californien d’Adelanto, où il a été retrouvé « inconscient et sans réaction », a précisé l’ICE lundi dans un avis de décès publié en ligne. Des « opérations de réanimation » ont été prodiguées, avant qu’il soit transféré dans un hôpital à Victorville, « où son décès a été constaté » le 25 mars.
    Le rapport de l’ICE désigne José Ramos comme un « étranger illégal criminel venant du Mexique », une qualification que l’avocat Jesus Arias a jugée « prématurée » et « offensante ». Il a annoncé des actions en justice au nom de la famille de M. Ramos et a précisé qu’une enquête privée avait été ouverte pour déterminer la cause de sa mort. Selon l’ICE, José Ramos avait été condamné en août pour « possession de stupéfiants et vol ». « Il ne méritait pas de mourir ainsi », a déclaré son épouse, Antonia Tovar, qui a participé à la conférence de presse avec ses enfants.
    Le ministère des affaires étrangères mexicain, qui avait rendu public ce décès dans la nuit de vendredi à samedi, avait exhorté les Etats-Unis à faire en sorte que « ces cas lamentables ne se reproduisent pas » et avait demandé « une inspection immédiate du centre d’Adelanto, en raison des graves omissions et de déficiences évidentes dans la prestation de soins médicaux aux personnes placées sous sa garde ».
    Mme Sheinbaum a assuré que « plus de réclamations » seraient adressées aux autorités américaines et « pas seulement comme que nous avons fait jusqu’à présent », en référence aux mesures telles que l’envoi de notes diplomatiques. Selon les données officielles américaines, 14 migrants de diverses nationalités sont morts depuis le début de l’année 2026 tandis qu’ils se trouvaient aux mains de l’ICE, en comptant José Ramos. Au moins 30 personnes sont mortes ainsi en 2025, le chiffre le plus élevé depuis 2004, l’année ayant suivi la création de cette police.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#mexique#ICE#mortalite#politiquemigratoire#sante#droit#mortalite

  • USA – #Texas : “Antifa” in tribunale come cellula terrorista
    https://radioblackout.org/2026/03/usa-texas-antifa-in-tribunale-come-cellula-terrorista

    L’ordine esecutivo firmato da Donald Trump che definisce “antifa” una organizzazione terroristica domestica riaccende un nodo giuridico e politico già emerso durante il suo primo mandato: negli Stati Uniti non esiste infatti un quadro legale che consenta di designare gruppi interni come terroristi, a differenza di quanto avviene per organizzazioni straniere. Esperti di politica interna […]

    #L'informazione_di_Blackout #antifa #ice #terrorismo_domestico
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/03/Texas-ANTIFA.mp3

  • Che cosa c’entra l’Ice con il fiorente business della carcerazione privata negli Stati Uniti

    In un Paese con quasi due milioni di detenuti e il più alto tasso di incarcerazione al mondo, la gestione delle carceri e dei centri di reclusione è sempre più intrecciata alla violenta e mortale politica anti-immigrazione. Quali sono le aziende coinvolte e quali legami hanno con il potere politico? Continua “L’età dell’oro”, la finestra aperta sugli Usa a cura di Francesca Berardi

    (#paywall)

    https://altreconomia.it/che-cosa-centra-lice-con-il-fiorente-business-della-carcerazione-privat
    #Etats-Unis #ICE #business #migrations #détention_administrative #privatisation

  • Aux Etats-Unis, Social Circle, la petite ville de Géorgie contre le futur « méga centre » de détention de l’ICE
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/02/24/aux-etats-unis-social-circle-la-petite-ville-de-georgie-contre-le-futur-mega

    Aux Etats-Unis, Social Circle, la petite ville de Géorgie contre le futur « méga centre » de détention de l’ICE
    Par Lucas Minisini (Social Circle [Géorgie, Etats-Unis], envoyé spécial)
    Dans la commune géorgienne, l’Etat fédéral américain a acquis au prix fort un hangar de 500 mètres de long pour y emprisonner, à partir d’avril, une dizaine de milliers de personnes arrêtées par les agences anti-immigration. Le projet est contesté par de nombreux habitants, pourtant électeurs de Donald Trump.
    Cube blanc et noir sous une masse compacte de nuages gris, le hangar semble infini. Cette masse démesurée, aux dizaines de zones de chargement pour poids lourds implantées sur la façade de 500 mètres de long, surgit au détour d’une route à 3 kilomètres de Social Circle, une paisible petite commune rurale de moins de 5 000 habitants, dans l’est de la Géorgie, aux Etats-Unis. L’une des rares fenêtres laisse entrevoir un peu plus de 93 000 mètres carrés d’espace vide, sans murs, ni meubles. Mercredi 18 février, aucune voiture ne s’aventure sur la route qui encercle la vaste construction. A l’une de ses extrémités, derrière un parking désert, un panneau posé sur l’asphalte, entre deux plots, précise : « Défense d’entrer, sauf personnel autorisé ». Interdite au public, cette propriété pourrait bientôt devenir le plus grand centre de détention des Etats-Unis.
    Le département de la sécurité nationale prévoit d’y emprisonner entre 7 500 et 10 000 personnes arrêtées par la police de l’immigration (ICE) et la police aux frontières (Custom and Border Patrol). Aujourd’hui, plus de 75 000 personnes supposément sans-papiers sont détenues à travers les Etats-Unis. Construit en 2025 par PNK, l’entreprise de BTP en zone industrielle détenue par l’ex-citoyen russe Andrey Sharkov, cet espace aurait dû servir de plateforme de distribution pour une entreprise de livraison ou un géant de la grande distribution. Sans prévenir les élus locaux, à la fin de l’année 2025, le gouvernement a décidé de le transformer en prison. Le 8 février, le bâtiment de Social Circle a été vendu à l’Etat fédéral pour 129 millions de dollars (110 millions d’euros), malgré une estimation qui ne dépassait pas les 30 millions de dollars. Dans un message posté sur la page Facebook de la ville dans la foulée de la transaction, Mike Collins, représentant républicain de la Géorgie au Congrès, a précisé que l’ouverture du nouveau pénitencier était prévue dès le mois d’avril.
    Selon les documents de l’ICE rendus publics le 20 février, ce lieu s’inscrit dans la stratégie d’expansion des infrastructures de la police anti-immigration. Riches des 38 milliards de dollars d’investissements injectés par l’administration Trump, les agences fédérales concernées ont déjà acheté sept hangars à travers le pays pour les transformer en « hubs » de détention pouvant emprisonner une dizaine de milliers de personnes chacun, pendant soixante jours d’affilée. Environ 27 autres « centres de traitement », de plus petite taille, garderont les personnes supposément sans-papiers entre trois et sept jours avant de les envoyer dans l’un des « méga centres » de détention, comme celui de Social Circle.
    L’arrivée imminente de l’ICE y révolte la plupart des habitants. Dans sa boutique d’archerie, Big John Chandler, 51 ans, un arc vert à la main, assure qu’il ne connaît « personne » en faveur de ce nouveau centre de détention. Pour ce père de famille, la petite ville, où quelques boutiques aux façades usées jouxtent un « parc de l’Amitié », ne possède pas les infrastructures nécessaires pour le traitement des déchets ou pour la gestion de l’eau d’un projet d’une telle ampleur. Lors de l’élection présidentielle de novembre 2024, dans le comté de Walton, où se trouve la commune, 72,5 % de la population avait pourtant voté pour Donald Trump et son obsession anti-immigration. « Mais personne n’imaginait que ça arriverait jusque dans notre jardin », soupire le coach de tir à l’arc, lui-même électeur républicain en 2020 et 2024.
    A Social Circle, par crainte de heurter un proche, un voisin, ou simplement d’attirer un peu trop l’attention sur soi, les critiques contre l’ICE se font toujours à voix basse. Depuis la mort de Renée Good et d’Alex Pretti, tous les deux tués par des agents fédéraux de l’immigration, en janvier, à Minneapolis (Minnesota), Katy (à sa demande, son prénom a été modifié), 26 ans, doute du bien-fondé de ces raids qui « visent aussi des Américains », confie-t-elle. Dans la seule rue de la commune, cette électrice de Donald Trump regarde autour d’elle avant de raconter l’histoire de l’oncle d’une amie, « citoyen des Etats-Unis », arrêté par des agents masqués de la police aux frontières, trois mois plus tôt, dans le Tennessee. « Il est toujours en détention… »
    Aux côtés des habitants, la municipalité se démène pour tenter de freiner les plans de l’Etat fédéral. « Nous considérons toutes les options possibles, même celle de poursuivre le gouvernement fédéral en justice », détaille Eric Taylor, l’adjoint au maire de Social Circle, David Keener, la voix hachée par l’inquiétude. Le 16 février, pour la première fois depuis le début de cette affaire, le quinquagénaire a pu s’entretenir avec un représentant du département de la sécurité nationale, par téléphone seulement.
    Au bout du fil, Timothy Kaiser, employé à la direction de l’agence fédérale, a insisté sur l’importance du projet pour la politique anti-immigration de l’administration Trump et sa logistique « similaire à celle de l’entreprise Amazon », le mastodonte de la livraison de colis. « Je ne crois pas que des individus devraient être emprisonnés dans un hangar », répond l’élu local. Derrière son bureau recouvert d’épais dossiers, des photos de famille le montrent avec sa femme et son fils de 19 ans, adopté, enfant, au Guatemala. Peu convaincu par l’exposé du haut fonctionnaire, Eric Taylor lui a demandé plusieurs compléments d’information, sans réponse pour l’instant. Contactée par Le Monde, la direction du département de la sécurité nationale n’a pas souhaité donner de détails supplémentaires sur ses plans. Devenue un sujet d’importance nationale, l’opposition au hangar prison a reçu le soutien public de Jon Ossoff, le sénateur démocrate de l’Etat.
    Chaque semaine depuis janvier, une dizaine de manifestants se rassemblent dans la ville voisine de Monroe, devant les locaux de Mike Collins, allié de Donald Trump, pour tenter d’obtenir son appui dans ce bras de fer avec l’Etat fédéral. Sur des banderoles, des tracts et quelques autocollants, Gareth Fenley, 64 ans, a imprimé des messages comme « le centre de détention n’est pas le bienvenu ici » ou « pas de hangars pour l’ICE ».
    Rare démocrate de la région, la formatrice d’assistants sociaux a organisé un premier rassemblement le 13 janvier, devant le hangar, après avoir été prévenue par un « lanceur d’alerte anonyme » que des responsables de l’ICE allaient venir visiter le bâtiment, le lendemain matin. Grâce à une campagne sur les réseaux sociaux, la sexagénaire a aussi réussi à attirer plusieurs militants originaires d’Atlanta, à 80 kilomètres de Social Circle, pour dénoncer l’« inhumanité » des méthodes des agents anti-immigration. Peu optimiste sur ses chances de succès, Gareth Fenley a prévu de poursuivre la mobilisation, même après l’ouverture du centre de détention. « Nous ne regarderons pas ailleurs », insiste-t-elle.
    Gareth Fenley, coordinatrice de plusieurs manifestations contre l’implantation du centre de détention de l’ICE dans la ville de Social Circle (Géorgie), le 18 février 2026.
    Au bout d’une journée passée à Social Circle, l’unité de la petite ville américaine contre l’Etat fédéral se craquelle. Au magasin de pneus à l’entrée de la commune, Brittney Doster, 35 ans et soutien des « milliers d’expulsions » d’étrangers décidées par l’administration actuelle, commence par se définir comme « ni pour, ni contre » le futur centre de détention, avant de se raviser. « Tout le monde finira par s’y habituer », assure cette agricultrice, dont les prises de position lui auraient déjà occasionné quelques disputes. En souriant, cette mère de deux enfants insiste sur la perspective d’un développement rapide de la commune et sur les emplois qui pourraient être créés. Avec Carter, le berger hollandais en laisse qu’elle tente de calmer, sans succès, la jeune femme se verrait bien assurer la sécurité du futur complexe de l’ICE.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#ICE#expulsion#politiquemigratoire#sante#droit#detention

  • #taser in Italia: morti e marketing – Boomerang Coloniale: Israele, #europol, #ice#operazione_city: una controlettura@0
    https://radioblackout.org/podcast/taser-in-italia-morti-e-marketing-boomerang-coloniale-israele-europol

    Estratti dalla puntata del 23 febbraio 2026 di #bello_come_una_prigione_che_brucia TASER IN ITALIA: MORTI E MARKETING “Tra agosto e ottobre 2025 quattro persone in Italia sono morte a seguito di fermi di carabinieri e polizia. Le forze dell’ordine coinvolte nelle operazioni sono state indagate: in tre occasioni per omicidio colposo, in […]

    #41_bis #alfredo_cospito #axon #israelificazione #Palantir #repressione
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/BCUPCB_laura-carrer-TaserITA.mp3

  • Anarres del 23 gennaio. #rojava. #Stati_Uniti: #ice senza freni. #olimpiadi. Sangue, sfruttamento e buoni affari…
    https://radioblackout.org/podcast/anarres-del-23-gennaio-rojava-stati-uniti-ice-senza-freni-olimpiadi-s

    Ascolta e diffondi l’audio della puntata: Dirette, approfondimenti, idee, proposte, appuntamenti: Rojava. Attacco al confederalismo democraticoNelle stesse settimane dell’insurrezione iraniana il governo islamista di Damasco ha sferrato un durissimo attacco al Rojava. L’esercito siriano ha attaccatole aree della #Siria del nord che erano sotto il controllo delle forze del Confederalismo Democratico, le stesse forze che […]

    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/2026-01-23-anarres.mp3

  • ‘Don’t go to the #US – not with #Trump in charge’: the UK #tourist with a valid #visa #detained by #ICE for six weeks | ICE (US Immigration and Customs Enforcement) | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/2026/feb/21/karen-newton-valid-visa-detained-ice

    Karen Newton was in America on the trip of a lifetime when she was shackled, transported and held for weeks on end. With tourism to the US under increasing strain, she says, ‘If it can happen to me, it can happen to anyone’

  • « A Minneapolis, l’ICE s’est heurté à une histoire politique suffisamment dense pour produire un rapport de force »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/20/a-minneapolis-l-ice-s-est-heurte-a-une-histoire-politique-suffisamment-dense

    « A Minneapolis, l’ICE s’est heurté à une histoire politique suffisamment dense pour produire un rapport de force »
    Tribune
    Darius Devos(historien)
    Le 12 février, Tom Homan, « tsar des frontières », conseiller spécial nommé par Donald Trump en 2024 pour mener sa politique anti-immigration, annonçait la fin d’une vaste opération policière visant à l’arrestation et à l’expulsion d’immigrés clandestins au Minnesota, l’opération « Metro Surge ». Mobilisant plus de 3 000 agents du Service de l’immigration et des douanes des Etats-Unis (ICE) et du Service des douanes et de la protection des frontières des Etats-Unis, l’opération s’est certes soldée par près de 4 000 arrestations, dont 2 000 expulsions, mais aussi par la mort de deux citoyens américains.
    Conçue comme une démonstration de force du gouvernement fédéral contre les politiques d’accueil locales, elle devait faire du Minnesota un laboratoire d’intimidation politique. Elle s’est muée en revers pour l’administration Trump, qui n’est pas parvenue à imposer son rapport de force et s’est heurtée à une résistance qu’elle n’avait pas anticipée. Face à cette opposition qui a eu un écho dans l’ensemble du pays, Donald Trump s’est vu contraint d’annoncer, le 4 février, qu’« une approche plus douce » pourrait désormais être nécessaire en matière d’immigration.
    Beaucoup ont vu dans cet échec un sursaut démocratique spontané ; d’autres, le signal d’un renouveau du Parti démocrate. Ces lectures saisissent une part de la réalité, mais en manquent la profondeur. La résilience des réseaux anti-ICE ne relève ni d’une indignation passagère ni d’un simple alignement partisan. Elle procède d’une configuration politique forgée sur le temps long, issue de trajectoires migratoires spécifiques, d’infrastructures d’entraide solidement instituées et d’une coopération ancienne entre organisations communautaires, syndicats et élus locaux. Ce qui s’est exprimé en janvier n’est pas une réaction improvisée, mais l’activation d’un répertoire éprouvé.
    Pris aux nations Dakota et Ojibwé, le Minnesota a été principalement peuplé par des exilés venus d’Europe du Nord, attirés par ses ressources minières et agricoles. A la fin du XIXe siècle, reliées par le rail au marché national, ces communautés rurales deviennent le socle de mouvements contestant le capitalisme financier dominé par les métropoles industrielles de la Côte est. Elles donnent naissance au Parti populiste (1891), puis à la Ligue non partisane (1916), opposée à l’entrée en guerre des Etats-Unis et hostile à la concentration des pouvoirs économiques.
    En 1917, le Congrès du Minnesota forme en réaction la Commission de sécurité publique, dotée de pouvoirs extraordinaires. Les immigrés sont surveillés, leurs langues réprimées, et certains sont expulsés. Un climat de red scare (« peur rouge ») s’installe, caractérisé par la stigmatisation de la gauche progressiste. Pourtant, les réseaux militants ne se dissolvent pas. Ils se recomposent autour de pratiques d’entraide des populations paysannes exilées, le mutual aid, qui deviennent une infrastructure durable de la vie politique locale. Cette capacité à absorber la répression sans perdre l’organisation constitue un trait distinctif de la culture politique régionale.
    Dans les années 1960, alors que la démographie de Minneapolis évolue, cette tradition regagne en intensité. Des organisations afro-américaines (Black Patrols), amérindiennes (AIM Patrol) et latino-américaines (Brown Berets) se forment pour surveiller les violences policières et mettre en place des dispositifs de protections communautaires. A l’instar des mobilisations ayant suivi le meurtre de George Floyd, en mai 2020, celles contre l’ICE, en 2026, prolongent cette généalogie : elles réinvestissent des savoir-faire élaborés face à d’autres formes de coercition étatique.
    Après la mort d’Alex Pretti, le 24 janvier, des organisations issues de la gauche progressiste ciblent les infrastructures économiques soutenant l’ICE. Elles trouvent un appui au conseil municipal de Minneapolis, mais aussi au sein d’un parti démocrate local singulier, le Parti démocrate-paysan-ouvrier du Minnesota (DFL), qui résulte de la fusion, en 1944, avec le Parti paysan-ouvrier qui gouvernait l’Etat au plus fort de la Grande Dépression.
    Porté par une culture de libéralisme social assumé, conçu comme une alternative au mouvement communiste historiquement influent dans la région, le DFL a développé une politique active d’accueil des réfugiés et défendu un agenda social étendu. Toujours situé à l’aile gauche du Parti démocrate, il a fait émerger des figures comme Ilhan Omar, réfugiée somalienne devenue figure nationale du progressisme. La résistance à l’ICE ne s’est donc pas déployée en marge des institutions locales : elle s’est articulée à une tradition partisane qui en partage les orientations.
    La grève générale du 23 janvier déclenchée contre « Metro Surge » fut la première depuis la période du maccarthysme. Deux jours plus tard, près de soixante dirigeants de grandes entreprises, dont le distributeur Target et la holding US Bancorp, appelaient à une « désescalade », contribuant au retrait des agents de l’ICE. Dans le monde syndical, le Minnesota est connu pour son « Minnesota model », qui désigne la coopération entre syndicats et communautés locales. Structuré durant la désindustrialisation, il plonge ses racines dans la Grande Dépression. En 1934, la Teamsters Strike (grève générale des routiers) paralysa la ville pendant quatre mois ; elle demeure commémorée chaque année et constitue une référence structurante. Cette mémoire n’est ni décorative ni nostalgique : elle façonne l’horizon des possibles et rend pensable, en 2026, le recours à la grève générale comme instrument de pression légitime.
    Alors que les syndicats envisagent de nouvelles mobilisations nationales, notamment pour le No Kings Day du 28 mars ou pour le 1er-Mai, une chose apparaît avec netteté : si l’ICE a reculé à Minneapolis, c’est parce qu’il s’est heurté non à une émotion passagère, mais à une histoire politique suffisamment dense pour se transformer en rapport de force.
    C’est dans cette persistance active du passé que se logent les clés de compréhension du présent. Le passé demeure inscrit dans des institutions, des coalitions, des savoir-faire éprouvés. Il se loge aussi dans les mémoires et les corps : souvenirs de répression, répertoires d’action déjà testés, seuils de tolérance à la coercition déjà éprouvés. La défaite de l’ICE n’est donc pas celle d’un dispositif sécuritaire face à une émotion civique, mais celle d’une intervention fédérale confrontée à un présent structuré par le poids de son histoire. Se pose alors une question : ce qui s’est produit à Minneapolis pourrait-il se reproduire ailleurs ?

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#politiquemigratoire#ICE#sante#droit