• « Vous êtes tous racistes » : la colère antiraciste au sein du mouvement écologiste

    Les mouvements antiracistes et décoloniaux ont exprimé leur déception avec colère au festival #Les_Résistantes. Les collectifs écologistes doivent se « déblanchiser », au risque de ne jamais voir leur alliance se concrétiser.

    « OK, stop. » Les Résistantes, le festival de rencontres des #luttes locales et globales qui se tenait du 7 au 10 août, ont réellement commencé lors de la cérémonie de clôture. Sur scène, une dizaine de militants racisés, la voix tremblante d’émotion et de colère. Sur l’herbe, les festivaliers, des personnes blanches pour la quasi-totalité, dans un silence de plus en plus chargé.

    « On a tous fait le même constat : on est fatigués, on est tristes et en #colère, parce qu’on a vécu beaucoup de #violence, explique une première intervenante de ce collectif informel. Tout cela vient s’ajouter à un quotidien déjà très lourd pour nous. C’est d’autant plus dur de subir ce type d’#agressions dans un #festival où nous étions censés arriver en milieu allié. »

    Une autre enchaîne : « Vous êtes tous racistes. Ceci n’est pas un festival antiraciste. Pour l’instant, il est loin de l’être. » Puis une troisième : « On ne veut pas de vos applaudissements. On ne veut plus de votre #hypocrisie. On a besoin que vous nous assistiez vraiment. » Et une quatrième : « Chaque question que vous posez est centrée sur vous ; c’est trop rarement que vous nous demandez ce qu’on ressent. » Puis, alors que les orateurs descendent en pleurs de l’estrade au milieu d’un silence pesant : « Ce [silence], c’est un sentiment d’#inconfort collectif. Une transformation systémique nécessite un inconfort collectif. [...] Sentez l’inconfort, la transformation antiraciste qui est en train de vous traverser, et j’espère qu’à un moment vous serez des militants antiracistes avec nous. »

    Le rendez-vous semble être fixé avec les mouvements de luttes sociales et environnementales : si, suite à cet appel, les transformations réclamées n’ont pas lieu, la #convergence désirée de longue date entre collectifs sociaux et mouvements antiracistes et décoloniaux pourrait bien ne jamais voir le jour. Si elles engendrent une véritable évolution, elles pourraient devenir l’épisode fondateur de cette alliance qui ne parvient pas à émerger.

    L’un des moments clés pour comprendre ce qui s’est joué lors de ces quatre jours de festival, c’est une table ronde consacrée aux #pesticides comme forme de #colonialisme_chimique. Les membres du Collectif des ouvriers agricoles empoisonnés par les pesticides, dont le #chlordécone, de #Guadeloupe et de #Martinique (#COAADEP), y ont exposé longuement les ravages causés par ce pesticide utilisé de 1972 à 1993 aux #Antilles, principalement pour la production de #bananes, qui continue de polluer les sols et générer des maladies mortelles sur ces territoires.

    Un membre du public a alors fait valoir que la France hexagonale aussi connaissait des enjeux de #pollution aux pesticides, en citant l’exemple de la #loi_Duplomb. « La pétition contre la loi Duplomb a récolté plus de 2 millions de signatures ; personne ne soutient nos actions contre le chlordécone, malgré les nombreux morts qu’il a engendrés », ont répondu les membres du COAADEP, avant de quitter la discussion. « Il y a un manque de visibilité profond de nos luttes », condamne après coup Lilith [], membre du COAADEP. Encore sous le coup de l’émotion, elle dénonce aussi avoir été « mal accueillie » et « infantilisée » par des festivaliers lors de l’arrivée du collectif, engagé depuis le 2 août dans une marche en solidarité avec les victimes de ce pesticide.

    « Pas qu’un enjeu théorique »

    D’autres tensions ont émaillé le festival, amenant un grand nombre de participants racisés à faire part, publiquement, de leur colère et de leur #déception.

    « Ces événements ne sont pas nouveaux, ils illustrent la manière dont les personnes blanches ramènent à leur propre condition les #récits que nous partageons », expose Micheline [], du collectif #Vietnam_Dioxine, en soutien aux victimes de l’#agent_orange, un #défoliant chimique, au #Vietnam.

    Elle ajoute : « Nous livrons notre #émotion liée aux #souffrances engendrées par la #domination_coloniale, et celles-ci sont mises à #distance. Plutôt que de nous poser des questions sur le fond, ou de nous demander comment nous allons, on nous demande des conseils pour faire de l’agriculture au Chili, comme si nous étions des porte-parole du Sud Global. »

    « Il ne suffit pas d’avoir lu Malcom Ferdinand »

    La militante a publié une série de stories sur Instagram pour signaler les violences subies par les intervenants sur des causes similaires lors de ce festival, soulignant notamment que « [leurs] histoires douloureuses ne sont pas écoutées par les Blancs qui se disent antiracistes décoloniaux ». « L’enjeu n’est pas pour autant de critiquer l’organisation, qui a mis en place une commission décoloniale, précise-t-elle toutefois. L’#écologie_antiraciste et décoloniale n’est pas qu’un enjeu théorique : il ne suffit pas d’avoir lu #Malcom_Ferdinand [chercheur en sciences politiques et auteur notamment de « Une Écologie décoloniale » (Seuil, 2019)], c’est avant tout une #pratique_politique, et créer cette commission est déjà un acte politique. »

    Les organisateurs de l’événement avaient en effet souhaité insister sur l’enjeu décolonial et antiraciste, qui était l’un des fils rouges des conférences du festival, au même titre que les luttes féministes, LGBT+, contre les idées d’extrême droite, internationalistes, écologistes, paysannes et sociales.

    « Il y a en ce moment des discussions partout sur le camp, et une assemblée générale autogérée sur le sujet, a expliqué Victor Vauquois, cofondateur du collectif Terres de luttes, dans la soirée du dimanche, après la prise de parole. De son côté, l’organisation va en rediscuter pour prendre à bras le corps le sujet, voir comment réparer et apprendre de nos erreurs pour pleinement contribuer à un front antiraciste, écologique et social. »

    Des pistes pour « #déblanchiser » les collectifs

    Reste que chacun des temps consacrés à la perspective antiraciste et décoloniale a montré l’étendue du chemin à parcourir pour que les différents mouvements de lutte se mettent à la hauteur de ce qui leur est demandé.

    Pour Nabil [], de l’#Assemblée_des_quartiers, un collectif né en 2024 formant les jeunes des quartiers populaires à entrer dans l’arène politique, si l’on veut comprendre pourquoi il y a eu autant de « rendez-vous manqués », il faut souligner le peu d’intérêt porté par les écologistes aux dynamiques des populations racisées.

    « Les gens ici ne connaissent pas nos histoires. Nous, on apprend vos luttes : le Larzac, Notre-Dame-des-Landes, etc. La réciproque n’est pas à la hauteur. Qui, ici, connaît le #Mouvement_des_travailleurs_arabes ou le #MIB ? » interroge-t-il, en référence au Mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB), un mouvement politique né en 1995 dans le sillage de la #Marche_de_1983 (surnommée la « #marche_des_Beurs »). Peu connu dans les courants écologistes, le MIB est pourtant l’un des éléments structurants des collectifs antiracistes et contre les #violences_policières contemporaines, à l’instar du #Comité_Adama.

    Cette #méconnaissance des organisations politiques des quartiers n’est « pas qu’un enjeu moral, elle a des conséquences politiques », observe Tara [], du mouvement #Le_Next_Level, qui réunit des associations concernées par les #discriminations. Selon elle, s’imaginer que les quartiers n’ont pas d’histoire politique revient à penser qu’il incombe aux organisations traditionnelles d’aller politiser leurs habitants — comme s’ils étaient des sujets passifs plutôt que des acteurs politiques à part entière. « Pourquoi il n’y a pas de personnes racisées dans votre mobilisation ? Peut-être, simplement, parce que ce que vous faites n’est pas pertinent pour leurs problématiques, ou que votre manière de la faire les en exclut. »

    Le « #privilège_blanc », l’« #ignorance_blanche »...

    Les ateliers visant à outiller les collectifs militants aux enjeux antiracistes ont fait émerger de nombreuses recommandations pour effectuer cette mise à niveau. Mais la liste est si longue, et touche à tant de domaines, que les intervenants en venaient plutôt à recommander de participer à des formations complètes à l’antiracisme. Alors que plusieurs participantes racisées expliquent avoir déserté des groupes militants parce qu’elles y subissaient des #agressions_racistes, d’autres s’interrogent sur la manière de « déblanchiser » ces mêmes collectifs.

    « Il n’y a pas de recette magique, explique Hortensia [], de la commission soins des Résistantes et animatrice de l’atelier. Cela dépend toujours de votre relation à la personne et de votre position dans un groupe social. Mais vous pouvez commencer par certains éléments, comme vous renseigner sur le privilège blanc », défini par l’universitaire étasunienne Peggy McIntosh comme la possibilité pour les Blancs de garder un statut social élevé qui masque les #inégalités_raciales.

    Elle ajoute : « Vous pouvez vous documenter sur l’ignorance blanche, qui consiste à penser que son récit est universel, ou encore sur le #trauma_racial [un concept selon lequel les #traumatismes liés au racisme engendrent des troubles mentaux], qui permet de mieux comprendre certaines réactions de personnes racisées au sein de votre groupe. »

    « Vous portez nos keffiehs comme si vous les méritiez »

    Tous insistent sur la nécessité de ne pas faire de la « #tokenisation » des personnes racisées, c’est-à-dire d’inclure dans un collectif des personnes racisées simplement comme des faire-valoir, pour leur qualité de personne racisée. Cela peut aboutir, raconte une participante, à lui mettre la pression pour représenter le collectif, dans le but de donner à voir une #inclusivité de façade.

    Celle-ci concerne aussi les espaces du festival baptisés Pinar Selek, Djamila Boupacha, Mahsa Jîna Amini, Ifti Nasim, bell hooks, Angela Davis... Autant de figures « token », dénoncent les militants antiracistes sur de grandes pancartes portées sur scène lors de leurs prises de parole. « En fait, vous adorez nos #symboles, vous portez nos #keffiehs à longueur de journée comme si vous les méritiez ; vous utilisez nos #icônes, nos figures ; mais pendant ce temps, vous nous déshumanisez complètement. »

    Certains rappellent que tant que ces discussions débouchent vers la #culpabilité des personnes blanches à l’égard des #oppressions, ce sont encore les personnes racisées qui portent la « #charge_raciale » et doivent rassurer, voire conforter, les personnes blanches.

    Tarik [], de l’association #A4, qui favorise l’intégration d’exilés dans le milieu agricole, rappelle qu’il y a une différence entre #intégration (qui demande que les personnes racisées fassent des efforts pour se plier aux modes d’organisation) et #inclusion (qui implique de s’approcher, de manière proactive, de la position des autres). Et il interroge : « Nous, on fait l’effort de s’adapter aux modes d’organisation des Blancs, mais vous croyez vraiment que c’est la seule manière de s’organiser ? »

    Lucie [*], activiste pour le climat, pose enfin : « Moi, ce que j’aurais voulu, c’est des #excuses, parfois : qu’on me dise “Pardon, je n’ai pas prêté attention à ce que tu as dit, ou à la personne que tu es”. »

    Ressources recommandées par les intervenants

    Livres :

    – Mécanique du privilège blanc — Comment l’identifier et le déjouer ?, Estelle Depris, Binge Audio, 2024
    – Décolonisons-nous, Frank Lao, JC LAttès, 2023
    – Dans le blanc des yeux — Diversité, racisme et médias, Maxime Cervulle, éditions Amsterdam, 2021
    – La Domination blanche, Solène Brun Claire Cosquer, Textuel, 2024
    – Vous les asiates. Enquête sur le racisme anti-asiatique en France, Linh-Lan Dao, Denoël, 2025
    – Moi et la suprématie blanche, Layla Saad, Marabout, 2021
    – Une Minorité modèle ? Chinois de France et racisme anti-Asiatiques, Ya-Han Chuang, La Découverte, 2021
    – Le Privilège de dénoncer — Justice pour toutes les victimes de violences sexuelles, Kharoll-Ann Souffrant, 2022, Éditions du Remue-ménage
    – La Charge raciale — Vertige d’un silence écrasant, Douce Dibondo, Fayard, 2024
    – Comme nous existons, Kaoutar Harchi, Actes Sud, 2021
    – Le Triangle et l’Hexagone — Réflexions sur une identité noire, Maboula Soumahoro, La Découverte, 2020
    – Le Racisme est un problème de Blancs, Reni Eddo-Lodge, Autrement, 2017
    – Les Femmes musulmanes ne sont-elles pas des femmes ?, Hanane Karimi, Hors d’atteinte, 2023
    – Entrer en pédagogie antiraciste — D’une lutte syndicale à des pratiques émancipatrices, collectif SUD Éducation 93, Shed Publishing, 2023

    Podcasts :

    – Une histoire du Mouvement des travailleurs arabes, France Culture (série de 4 épisodes)
    – Kiffe ta race, Binge Audio
    – Histoires Crêpues
    – Des Colonisations, Spectre Media
    – Je ne suis pas raciste, mais, Slate

    https://reporterre.net/Vous-etes-tous-racistes-la-colere-antiraciste-au-sein-du-mouvement-ecolo
    #racisme #écologie #décolonial #antiracisme #déshumanisation

    ping @karine4

  • Affaire abbé Pierre : comment la société et les médias fabriquent des icônes
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/affaire-abbe-pierre-comment-la-societe-et-les-medias-fabriquent-des-icones-

    L’étrangeté sympathique de ce prêtre sans soutane

    Pendant toutes ces années où il incarnait la charité à la une des journaux, en librairie et sur les écrans, l’abbé Pierre agressait des femmes. Depuis la révélation de vingt-quatre témoignages accusant le prêtre d’agressions sexuelles, l’icône se désagrège et Denis Lefèvre se questionne : pourquoi lui et tant d’autres journalistes n’ont-ils pas sondé davantage les zones d’ombre de l’abbé ? Dans cette mystification collective, la fabrique médiatique si friande de héros populaires porte évidemment une part de responsabilité. Pendant que des cadres d’Emmaüs et des évêques manœuvraient secrètement pour éviter le scandale, des médias édifiaient une figure semblant si bien incarner la bonté qu’il devenait sacrilège d’interroger ses facettes plus obscures.

    L’abbé Pierre était une icône médiatique. La célébrité du capucin élu député s’envole au cœur de l’hiver 1954, quand il lance son appel à la solidarité avec les sans-abri sur Radio Luxembourg. Dès le lendemain, pour la presse et pour tout le pays, il incarne « l’insurrection de la bonté ». La verve rebelle et persuasive, le pseudonyme hérité de la Résistance, la barbe, la cape qu’il ne quittera bientôt plus, l’étrangeté sympathique de ce prêtre sans soutane au service des pauvres : tout est réuni pour en faire le parfait « bon client » d’une presse en quête de voix fortes et de visages identifiés par le grand public.

    https://justpaste.it/anyaz

    #icônes #fabrique_médiatique #marchandisation (de l’information) #société_du_spectacle

  • Les parapluies du Perthus. La #Retirada et les paradoxes de la #visibilité

    Malgré sa force évocatrice, le caractère iconique de l’image documentaire fait parfois ombrage à une partie de la mémoire des événements. Les photographies de l’#exil espagnol en #France à la fin des années 1930 en témoignent, il faut savoir épuiser le visible pour saisir une réalité plus enfouie de cet épisode. L’historienne Marianne Amar se confronte à cet exercice et propose une relecture de quatre images de la Retirada.

    Il pleuvait ce jour-là au #col_du_Perthus, mais la #mémoire n’en a rien gardé. Les photographies de l’exil espagnol en France — près de cinq cent mille réfugiés au début de 1939, à la fin de la guerre civile — construisent, par leur abondance, un continent visuel au croisement des #iconographies de la #guerre et de l’exil. Ce territoire sans cesse redessiné par des #images retrouvées, constitue un corpus labile, patiemment édifié par des photographes aux trajectoires multiples. Les uns, comme #Robert_Capa ou #David_Seymour, ont affûté leur vision en Espagne, pendant la guerre. Ils arrivent à la #frontière dans le sillage des #réfugiés, ne restent que quelques jours mais produisent des #icônes. D’autres, comme #Auguste_Chauvin, travaillent à #Perpignan. Ils assistent à l’événement depuis la France et en rendent compte dans la diversité de ses lieux et de ses acteurs. Les derniers, enfin, comme #Augusti_Centelles, photographe de l’armée républicaine espagnole interné à son arrivée, en sont à la fois les protagonistes et les témoins.

    Pourtant, en dépit de cette abondance, ce corpus demeure travaillé par l’#invisibilité. Manquent les images « absentes », perdues ou détruites dans la tourmente qui va suivre. Mais l’invisibilité se cache aussi dans les replis de la photographie, qu’il faut questionner et « inquiéter » pour en révéler toute la puissance documentaire. Les images les plus connues de la Retirada fonctionnent comme des icônes, qui construisent un répertoire visuel désormais bien balisé : la « #vague » des réfugiés saisie frontalement au col du Perthus ; l’empilement des armes confisquées aux soldats ; les femmes et les enfants harassés ; les réfugiés encadrés par des gendarmes ; les #camps d’internement improvisés, puis structurés autour des marques de l’ordre — #barbelés, #baraques, #miradors. Autant d’archétypes qui assurent durablement la #mise_en_spectacle du réfugié, mais qu’il faut mettre en doute pour dévoiler ce qui reste invisible. On proposera, pour esquisser une méthode, quatre exercices de relecture.

    Le premier constitue une mise en abyme de l’image et de son auteur. Robert Capa arrive à #Argelès, en mars 1939, passablement abattu. Il avait quitté les exilés juste avant l’ouverture de la frontière ; il revient pour un reportage sur les #camps_d’internement. Sa position a changé. Il n’est plus le témoin engagé aux côtés des combattants, mais un visiteur qui doit solliciter autorisations et accréditations. Distance accrue par sa position personnelle : apatride, bientôt « indésirable » pour l’administration française, il pense rejoindre sa famille déjà installée à New York. « Ici, le moral est mauvais et je ne sais pas ce qui va se passer. », a-t-il confié à sa mère début février. Entre Argelès et #Le_Barcarès, Capa prend, à sa manière, congé de l’Espagne et son portrait d’un réfugié, violon à la main, ressemble fort à un autoportrait du photographe, qu’il faut relire au travers de sa biographie, inquiet et d’une infinie mélancolie.

    Retour à la frontière. Une photographie publiée par L’Illustration en février 1939 montre un groupe sur la route du #col_d’Arès. Deux enfants et un adulte cheminent difficilement, tous trois mutilés, entourés d’un autre homme et d’un adolescent. Rien ne permet alors de les identifier, mais quelle importance ? Cadrés d’assez près, privés de détails contextuels, ils incarnent les « désastres de la guerre » et l’image prend ainsi une portée universelle. Or, deux enquêtes menées dans les années 2000 permettent de la relire autrement. Avancent côte à côte, et sur deux rangs, Mariano Gracia et ses trois enfants. À leurs côtés, marche Thomas Coll, un Français ancien combattant de 14-18, lui aussi mutilé, venu en voisin soutenir et accompagner les réfugiés. S’incarne donc ici, dans le silence de l’image, des gestes ordinaires de solidarité, qui viennent nuancer les représentations d’une France hostile et xénophobe.

    Le camp de #Bram, saisi par Augusti Centelles à hauteur d’interné, brouille également les évidences. Autorisé à conserver son matériel et à photographier à l’intérieur des barbelés, il tient boutique dans une baraque, vend ses tirages aux gendarmes et bénéficie de l’aide logistique du commandant. Tous les internés ne furent pas, bien sûr, logés à pareille enseigne. Mais les images de Centelles, leurs conditions de production et les comptes minutieusement tenus dans son journal révèlent que la photographie fut, pour lui, un instrument de survie et contribuent à mettre en lumière, dans une chronologie fine, les sociabilités complexes dans les camps de la République.

    À Perpignan, Auguste Chauvin fournit la presse, surtout locale, et, pour des événements d’importance, il tire et vend des séries de cartes postales. Il fera ainsi un « Album souvenir de l’exode espagnole » (sic) légendé en deux langues. Dans sa chronique quotidienne de la Retirada, Chauvin révèle des présences et des moments ignorés : les #soldats_coloniaux, mobilisés pour surveiller les réfugiés, caracolant sur la plage d’Argelès à côté de leur campement ; les forces franquistes arrivées au #Perthus et fêtant leur victoire ; les réfugiés passant la frontière de nuit ; la visite d’Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur.

    Les photographies de Chauvin n’ont pas la puissance des icônes, mais elles en sont l’indispensable contrepoint. Nulle dimension héroïque dans ses cadrages et ses compositions : Chauvin reste à bonne distance des réfugiés sans jamais faire corps avec l’exil. Mais avec ces images banales, parfois maladroites, il les dépouille, par instants, d’une identité de réfugié et les réintègre dans une vie ordinaire. Attendre devant le bureau de change ou ceux de la douane ; faire halte pour manger, en uniforme, sur le bord de la route ; aller aux nouvelles à l’entrée d’une baraque ; regarder la mer. Et sortir un parapluie pour s’abriter d’une averse au Perthus.

    http://icmigrations.fr/2020/10/08/defacto-022-04

    #photographie #histoire #guerre_d'Espagne

    ping @albertocampiphoto

  • Sur le plancher des vaches IV/II
    Symboles (et plus si affinités)

    Natalie

    https://lavoiedujaguar.net/Sur-le-plancher-des-vaches-IV-II-Symboles-et-plus-si-affinites

    Paris, le 23 octobre 2019
    Amis,

    Sans transition, on commencera aujourd’hui par s’intéresser à l’art, et plus particulièrement aux artistes : « Dans les représentations actuelles, l’artiste voisine avec une incarnation possible du travailleur du futur, avec la figure du professionnel inventif, mobile, indocile aux hiérarchies, intrinsèquement motivé, pris dans une économie de l’incertain, et plus exposé aux risques de concurrence interindividuelle et aux nouvelles insécurités des trajectoires professionnelles. Comme si, au plus près et au plus loin de la révolution permanente des rapports de production prophétisée par Marx, l’art était devenu un principe de fermentation du capitalisme. » À cette thèse du sociologue Pierre-Michel Menger, une étudiante répond : « La massification du travail précaire dans le secteur artistique et la flexibilité du travail artistique ne constituent nullement une définition des métamorphoses du capitalisme : ils seraient même plutôt un signe de l’absorption du secteur artistique dans la mondialisation et dans la marchandisation généralisée de la culture. »

    Qui de la poule ou de l’œuf ? en somme. Soit, au bout du compte, la grande question alimentaire : est-ce le sujet qui alimente le capitalisme ou le capitalisme qui nourrit le sujet ? (...)

    #langage #symbole #art #capitalisme #massification #flexibilité #travail #projet #entreprise #carrière #objectifs #résultats #signature #durable #désir #stratégie #Terre #uniformisation #globalité #gouvernance #norme #genre #corps #Dieu #Genèse #RATP #machines #icônes #France #Rabelais

  • Gnome : le poids des icônes — aris
    https://aris.papatheodorou.net/gnome-le-poids-des-icones

    Gnome, l’environnement graphique pour systèmes GNU/Linux, viens de sortir une nouvelle version (3.32) comportant d’importantes améliorations au niveau des performances comme de l’ergonomie. Au passage, un nouveau set d’icônes fait son apparition…

    Jakub Steiner, salarié de Red Hat et membre de l’équipe de design pour Gnome, avait expliqué en janvier 2019 sur son blog personnel les raisons d’un changement global du design des icônes de l’environnement de bureau, qui n’avait pratiquement pas évolué depuis une quinzaine d’années

    #gnulinux #gnome #opensource #libre #interfaces #webdesign #icônes

  • La “Marianne” de Mai 68, ou l’effet Disneyland – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/6887

    par André Gunther

    Ce parcours iconographique permet d’interroger les mécanismes de l’usage narratif de l’image d’information. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle la photographie serait un document intangible associé au récit de l’information, et doté d’une signification univoque, qu’une analyse sémiologique permettrait de reconstituer, les variations de la lecture de la jeune fille au drapeau montrent que chaque édition construit un récit différent de l’événement et retient des signaux distincts dans l’image.

    Rien d’étonnant à ce que les magazines étrangers appliquent une grille de lecture plus distanciée au mouvement français, et privilégient l’analyse historique. De même, il est compréhensible que la vision postérieure des commémorations, dont le rôle est de resituer l’événement dans l’Histoire, adopte à son tour cette perspective. Pourtant, si le sens de la jeune fille au drapeau a fini par se figer dans la chimère historiciste de la Marianne, la diversité initiale de ses lectures témoigne de l’adaptabilité de l’image.

    Une autre option, adoptée par Paris-Match à partir de 1978, consistera à réduire la place du drapeau, en centrant l’image sur la jeune femme, et en recadrant – voire en redressant – le cliché. Grâce à une version légèrement inclinée vers la droite, et en coupant près de la moitié de sa surface, la couverture du numéro spécial de 1988 rejette la presque totalité du drapeau hors du cadre (fig. 19-20). Alors qu’ils se rallient à la lecture initiée par le magazine Life, les éditeurs de Paris-Match montrent par cette manipulation qu’ils n’ont pas perdu la mémoire de l’événement, et que faire apparaître la Marianne suppose d’effacer de l’image les signaux qui contredisent le récit.
    Paris-Match, mai 1988.
    20. Recadrage de l’original.

    Quoiqu’elles respectent l’essentiel du motif, ces variations discrètes sont la marque d’un processus d’adaptation du document photographique, qui oriente sa lecture vers le schéma narratif déterminé au préalable par la rédaction. L’ensemble des processus iconographiques, à commencer par la sélection de l’image ou le choix de son format, participent de cette élaboration, où la photographie est utilisée comme un matériau au service d’un récit.

    Ces observations invitent à corriger la méthode qui consiste à considérer l’image comme un vecteur d’information autonome, et le photographe comme l’auteur du message. Lorsque la photographie entre dans la composition du récit de l’information, l’auteur de la narration est l’éditeur, qui procède à l’ensemble des choix signifiants – le plus souvent sans en référer au photographe, y compris dans les cas d’altération de l’image. De même, force est de constater que l’unité visuelle à prendre en compte n’est pas la photographie, mais son édition, autrement dit l’ensemble des traits constitutifs de chaque publication, qui forme un produit culturel autonome.

    #Images #Icones #Mai_68 #Edition_photographie

  • 2085 free SVG and PNG icons for your games or apps
    http://game-icons.net

    An ever growing collection of game icons
    Dozen new symbols are added weekly and organized in intuitive categories to offer both a comfy browsing and let room for serendipity.
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    Easy styling thanks to SVG
    All the images are downloadable in a vector format, so you can easily tweak colors, rotation and adjust effects like blur, bevels or shadows.
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  • » Seriously, Don’t Use #Icon #Fonts Cloud Four Blog
    http://blog.cloudfour.com/seriously-dont-use-icon-fonts

    Icons are everywhere. These “little miracle workers” (as John Hicks described them) help us reinforce meaning in the interfaces we design and build. Their popularity in web design has never been greater; the conciseness and versatility of pictograms in particular make them a lovely fit for displays large and small.

    But icons on the web have had their fair share of challenges. They were time-consuming to prepare for every intended display size and color. When high-resolution displays hit the market, icons looked particularly low-res and blocky compared to the text they often accompanied.

    So it’s really no wonder that icon fonts became such a hit. Icons displayed via @font-face were resolution-independent and customizable in all the ways we expected text to be. Sure, delivering icons as a typeface was definitely a hack, but it was also useful, versatile, and maybe even a little fun.

    But now we need to stop. It’s time to let icon fonts pass on to Hack Heaven, where they can frolic with table-based layouts, Bullet-Proof Rounded Corners and Scalable Inman Flash Replacements. Here’s why…

    #typo #icones #web_design

    • Résumé :

      – Quand on utilise la zone Unicode réservée aux trucs privés, si la fonte se charge mal, on a soit des rectangles pourris, soit des icônes n’ayant rien à voir (emojis, etc). Et si les utilisateurs (dyslexiques par ex) forcent une fonte propre à leur besoin, pareil, ça nique tout.

      – Quand on fait bien les choses et qu’on utilise le bon caractère Unicode correspondant au dessin que l’on veut utiliser : beaucoup de lecteurs d’écran lisent la description du dessin ! Et le seul moyen de l’enlever est d’ajouter du « aria » dans le HTML en plus. Cela peut marcher dans certains cas, mais du coup impossible d’ajouter des icônes uniquement en CSS, dans le thème graphique.

      Filament a produit une librairie utilitaire contenant CSS et JS nécessaire pour utiliser des fontes d’icônes de manière accessible :
      https://github.com/filamentgroup/a-font-garde

      Mais dans la solution de Filament, dans TOUS les cas d’utilisations, ils demandent à utiliser du HTML supplémentaire spécifique à l’icône. Donc d’après moi, c’est un peu pourri : impossible de faire le choix des icônes (ou pas) uniquement dans le thème graphique…

      Sur le long terme, j’ai l’impression que la solution serait que tous les lecteurs d’écran prennent correctement en compte la propriété speak:none.
      De cette manière, il suffirait :
      1) d’utiliser un bon caractère unicode correspondant au mieux au dessin de chaque caractère de notre fonte d’icône (Fontello permet ça par ex), comme ça le fallback visuel serait bon (sauf s’il n’existe pas et dans ce cas faut utiliser la méthode fallback par image de Filament… galère)
      2) d’appliquer sur tous les :before où on veut ajouter une icône, la directive speak:none

      Mais actuellement même Caniuse.com ne contient pas les statistiques des propriétés orales de CSS… Il y a un ticket pour voter pour ça ici :
      https://github.com/Fyrd/caniuse/issues/1515

      Voilà, comment est-ce que vous allez faire à l’avenir vous ?

      En ce qui me concerne, cela fait de nombreux mois que désormais mon HTML ne contient plus de scories pourries en rapport avec l’aspect graphique, que je n’utilise plus de classes genre « icon », « grid », ou je sais pas quelle merde comme ça, et que j’ajoute tout en CSS grâce aux préprocesseurs (exemple : a.super_lien{ @extend .icon; @extend .icon-super; }).
      Du coup la solution de Filament m’embête vraiment…

      #accessibilité #icônes #fontes #fonts #intégration #HTML #CSS

    • Nan mais si c’est un truc avec des couleurs, etc, ben oui c’est une image, on l’utilise comme une image. Les icônes en fonte pour moi c’est clairement pour les pictogrammes : qui justement doivent suivre UNE couleur choisie en CSS (celle du texte courant très souvent, et parfois une autre), et à utiliser pour différencier des liens, des boutons, etc, tout en restant sobre.

      [ Éditer ] [ Supprimer ]
      versus
      [ ✎ Éditer ] [ ✖ Supprimer ]

      Et dans ces cas là, le fait d’en vouloir ou pas, et le fait de vouloir tels ou tels pictos : c’est un choix du thème graphique. Donc pour moi c’est entièrement au thème graphique de les activer ou pas, et de choisir quelles images ou pas. Sans RIEN changer au HTML (qui ne contient que des classes permettant de différencier le sens de divers liens par exemple, pas leur aspect : « supprimer », « favoris », « inscription », etc).

      Le fait de devoir mettre des <img> (ou même des <span> vides) dans le HTML pour afficher des icônes et non des vraies images, c’est totalement carrément plus du hack (comme il dit dans le lien de départ), qu’utiliser des fontes en CSS. Le fait d’avoir ces pictos, c’est une aide visuelle pour aider à mieux distinguer certains éléments pour celleux qui ont des yeux, mais le lien ou bouton lui c’est juste « Éditer » (par ex).

      Ah et faut ajouter (et ça a été écrit dans les commentaires) que les fontes informatiques, avec unicode, ont été faites pour contenir des lettres ET des pictos. Donc ce n’est absolument pas un hack du tout, c’est parfaitement prévu, et donc c’est aux navigateurs (visuels ET auditifs) et aux normes web (CSS), de savoir les gérer comme il faut.

      Après pour les interfaces où on a des liens ou boutons qui n’ont QUE l’image/picto, là c’est encore autre chose. Mais pour le coup ça pose encore plus de problème ergonomique avant même l’accessibilité : une image seule, tant qu’on ne connait pas l’appli ou le site, difficile de savoir à quoi ça mène (et maintenant dans tous les trucs tactiles on a pas de bulle de survol puisque pas de survol, mais même pour celleux qui ont une souris, ce n’est pas normal de devoir déplacer sa souris un peu partout sur l’écran pour savoir ce que fait l’interface !), donc sauf cas rare et très précis, c’est pour moi de toute façon une mauvaise pratique.

  • Conférence : les figures saintes de l’Islam, de la miniature peinte à l’ère du numérique


    avec Vanessa Van Renterghem, auteure de l’excellent billet largement publicisé ces dernières semaines sur la représentation figurée du Prophète en Islam (Carnets de l’IFPO) http://ifpo.hypotheses.org/4445 (plus de 25K like sur FB)
    et avec notre non moins excellent @gonzo !
    Mercredi 11/2/2015 à 18h
    INALCO, Auditorium, 65 rue des Grands Moulins 75013 Paris

  • Pumpipumpe encourage l’interaction sociale entre voisins par le prêt et l’emprunt d’objets que l’on emploie peu souvent.
    http://www.pumpipumpe.ch/le-projet

    Ce projet encourage l’interaction sociale entre voisins par le #prêt et l’emprunt d’objets que l’on n’emploie peu souvent.

    (...) Notre projet Pumpipumpe a pour but de rendre ces objets visibles. Et cela non pas via internet, mais grâce à des vignettes collées bien en évidence sur les boîtes aux lettres. Les voisins et habitants du quartier passant chaque jour par là peuvent contacter directement le propriétaire de la pompe à vélo ou de la perceuse désirée. De cette manière, le #voisinage apprend à mieux se connaître et évite d’acheter des objets tout neufs.

    #partage #icones via @korben

  • Chez Noun project : un troisième projet ouvert et collaboratif de conception d’icônes / #pictogrammes

    http://thenounproject.com/johncaserta/collection/documentary

    Brief :

    This collection harkens back to the 1930s pictographic style, when icons were drawn as a type of early documentary photograph – descriptive of everyday actions, but more suitable for reproduction with the coarse printing presses of the era. This realistic (but not without humor, voice or wit) type of drawing is visible in Rudolf Modley and Gerd Arntz’s archive. We can get a sense of the culture by seeing a slightly simplified version of the hair, clothes, mannerisms and industrial objects of the time.

    Pictograph Corporation Icons (Rudolf Modley)
    I’m asking all of you — wherever in the world you may be — to help build a collection that documents people doing what they do today — whether funny, awkward, honorable or mundane. What I hope to see is a snapshot of contemporary global culture using a timeless pictographic style.

    Think of them as documentary icons, akin to the small format photographs taken in the subsequent era by Henri Cartier-Bresson, Robert Frank, Diane Arbus, and Lee Friedlander.

    Il y a même des indications pratiques sur comment travailler :

    #icônes #graphisme #miniatures

    • Ohlala, y’a encore du chemin sur les représentations sexuées. La femme est sur les toilettes ou danse le Twerk (parade sexuelle) tandis que monsieur fait du skate ou se promène.

    • Pour le coup, c’est assez simple de corriger la situation... le projet est ouvert :)

      I’m asking all of you — wherever in the world you may be — to help build a collection that documents people doing what they do today — whether funny, awkward, honorable or mundane. What I hope to see is a snapshot of contemporary global culture using a timeless pictographic style.

      Avec un peu d’humour, d’absurde et de dérision, on doit pouvoir proposer des pictos/miniatures un peu moins genrés, voire militants.

      Vous avez des idées ?

  • Générer sa propre webfont à partir d’images SVG, avec codes unicodes personnalisés. Le tout automatisé avec #Grunt.

    En gros, on met des fichiers svg dans un répertoire, et des fichiers .eot, .woff, .ttf et .svg sont générés.

    L’article expliquant la démarche :
    http://www.insertafter.com/articles-gruntjs_font_icons.html

    Le plugin grunt :
    https://github.com/nfroidure/grunt-svgicons2svgfont

    Merci @nfroidure :)

    #javascript #nodejs #webfont #typographie #unicode

    • ca veut dire quoi avec « codes unicodes personnalisés ». c’est à dire que cela met des caractères dans les parties unicodes « non affectées à des caractères » ?

    • Oui, j’ai l’impression, mais seulement si tu veux. :)

      Il faut nommer l’image source svg avec l’unicode souhaité : « uE002-arrow-down.svg » par exemple.

      Un autre intérêt de générer ses fontes avec des noms de fichiers d’icônes préfixés avec le caractère Unicode, est de pouvoir utiliser le bon caractère Unicode quand cela fait sens.

      Par exemple, si vous avez un icône « plus » permettant d’avoir un icône sur un bouton d’ajout au panier, cela peut être utile d’utiliser le code Unicode du signe « + » (U+002B) plutôt qu’un code faisant parti de la plage des codes réservés à un usage privé.

      Utile aussi pour garder un site - utilisant les webfonts pour les icônes ou pictos - utilisable sur des connexions lentes ou dégradées.

  • 200 Foodie Pack: A Free Set Of Food Icons | Smashing Magazine
    http://www.smashingmagazine.com/2013/06/17/foodie-icons

    The 200 Foodie Pack includes 200 customized icons available in PNGs (32×32px, 64×64px, 128×128px), as well as in AI, EPS and vector format. Perfect for any projects around gourmet, food, restaurant, gastronomy and the like. Enjoy!

    #icones

  • De L’extrême « visibilité » que sont aujourd’hui les icônes top-models et leurs corps glorifiés par un trop-plein de lumière jusqu’ à l’aveuglement.
    A propos du livre « Corps glorieux de la top-modèle » de Véronique Bergen par #Jean-Clet_Martin
    http://strassdelaphilosophie.blogspot.fr/2013/05/corps-glorieux-de-la-top-modele.html

    C’est en effet la transparence du modèle qui l’emporte sur la copie, le brillant d’une diagonale intelligible capable de fournir le carré d’une figure que nul ne peut voir autrement que par les yeux de l’esprit. Et pourtant, les formes pures ne cessent d’emprunter aux strass et aux parures le jeu de leur gloire, le brillant de leur assise stellaire. On tiendra, au titre d’un argument sévère et exigeant, que l’Idée ajuste son fard et sa poudre étoilée à la gloire d’un corps, celui qui va au turbin de la lumière, monte sur le podium essentiel d’un découpage scénique fort calculé. Preuve en est l’intérêt dont Degas, Mallarmé autant que Valéry témoignent à l’aspect, à la spectralité évanouie des scènes les plus obscènes.
    La patine de l’Idée ne serait rien sans ce modèle qu’elle ignore, ce modèle offert aux regard les plus indiscrets, celui que la poursuite ronde de la lumière découpe, déchiquette, trucide en un carré scénique, un top d’une minute, d’un instant de rien du tout, simple éclat de vie qui abolit sa durée, l’éternise jusqu’au suicide. Le top modèle est le Christ inversé de l’Idée, sa gloire vampirisée par les éléments d’Euclide, par les partitions Platoniciennes qui arborent la perfection dure des schèmes mathématiques. Gloire des apparences diaphanisées par la splendeur des Idées épurées, épreuve de la superficie dont la nudité n’est que celle des Vérités les moins incarnées en apparence.

    #Icônes #Tops_models #Mode #Femme #Glorification #Mythe #transparence #Philosophie #Foucault #Platon #Ontologie #Littérature #livre