• Gilets jaunes, une colère mille fois légitime
    https://la-bas.org/5375

    Là-Bas inaugure une nouvelle émission en partenariat avec un mensuel qu’on trouve très utile dans la grande guerre des #Idées : Alternatives économiques. Vous connaissez sans doute ce journal, qui est (à peu près) la seule publication grand public spécialisée en économie. Un titre qui a choisi de ne pas laisser la technique aux technocrates, et qui depuis 30 ans (comme Là-bas !) se donne pour mission d’expliquer les grandes tendances de l’économie et de décortiquer les budgets et les projets de loi de finance pour nous autres profanes.Continuer la lecture…

    #Radio #Economie #France #Autour_d'Alter_éco
    https://la-bas.org/IMG/mp3/extrait_mole_nat-002.mp3


  • La fin de la #Première_guerre_mondiale et l’origine de la poudrière orientale
    https://lemediapresse.fr/idees/la-fin-de-la-premiere-guerre-mondiale-et-lorigine-de-la-poudriere-orie

    Moins connus que leurs semblables européens, mais tout aussi déterminants sur le cours de l’histoire, les bouleversements issus de la fin de la Première Guerre mondiale survenus au Moyen-Orient se trouvent à l’origine de biens des maux contemporains, au premier rang desquels la puissance de l’Arabie saoudite et l’essor de l’islamisme politique. Comme il fallait […]

    #Idées



  • « Larbins, porte-flingue, rafistoleurs, cocheurs de case, petits chefs… » Et vous, quel job à la con faites-vous ?
    https://la-bas.org/5331

    Dénoncer les boulots à la con alors que des millions de chômeurs rêvent d’un boulot, ça ressemble à une de ces leçons péremptoires dont la petite bourgeoisie culturelle est coutumière. Mais en réalité, la terreur de la précarité pousse au désir d’avoir un job, peu importe lequel, mais un job. Ainsi, beaucoup sont amenés à passer leur vie dans des boulots inutiles, dépourvus de sens, voire vraiment néfastes. C’est ce que démontre l’anthropologue David GRAEBER.Continuer la lecture…

    #Vidéo #Idées #Travail


  • Quand le pouvoir a eu peur que nous n’ayons plus peur
    https://la-bas.org/5326

    Tout le monde conteste tout, la société est ingouvernable. L’État providence protège, le plein emploi fait refluer l’angoisse du licenciement, et les syndicats sont puissants. En somme, « ils n’ont plus peur ». Ainsi fut vécu le début des années 1970 par le pouvoir et le monde des affaires, gagnés par la panique. C’est contre cette insoumission générale qu’une puissante contre-offensive néolibérale s’est développée. Il s’agissait de réinstaller la peur. Comment ? Quelles #Idées ? Quelles stratégies ? Quelle guerre ? C’est ce que raconte le livre de Grégoire CHAMAYOU qui a mené une longue recherche du côté du (...) Continuer la (...)

    #Vidéo #La_Guerre_des_Idées


  • Gérard Noiriel : une histoire populaire de la France
    https://la-bas.org/5245

    Rares, très rares sont les intellectuels qui mettent le savoir non pas au service du pouvoir, mais au service du contre-pouvoir. L’historien Gérard Noiriel fait partie de ce courant-là, de ceux qui partagent les armes et les clés pour l’émancipation de tous. Depuis des années, avec notre film sur Howard ZINN, Une Histoire populaire américaine, on nous demande si un tel livre d’histoire existe sur la France. Et bien le voilà !Continuer la lecture…

    #Vidéo #L'Huma_si_j'y_suis_#2018 #Histoire_coloniale #Idées #Mémoire


  • Khashoggi ou les excès d’un totalitarisme mondialisé
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2018/11/08/khashoggi-ou-les-exces-dun-totalitarisme-mondialise

    L’assassinat de Jamel Khashoggi à Istanbul début octobre 2018 révèle, par sa pure violence, un déclin du pouvoir saoudien. Le totalitarisme choisi par MBS se veut « modernisé ». Il témoigne de la coexistence entre violence et pouvoir voulue par une élite masculine mondialisée et occidentalisée. Son futur en devient incertain. Il y a 4 500 ans. Osiris, symbole … Lire la suite →

    #Idées #domination #fascisme #guerre #militarisation #mondialisation #occident #violences


    https://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa


  • « Le scénario de l’effondrement l’emporte » (Dennis Meadows, Libération)
    https://www.liberation.fr/futurs/2012/06/15/le-scenario-de-l-effondrement-l-emporte_826664

    Chaque pays est d’accord pour signer en faveur de la paix, de la fraternité entre les peuples, du développement durable, mais ça ne veut rien dire. Les pays riches promettent toujours beaucoup d’argent et n’en versent jamais.
    […]
    Tant qu’on ne cherche pas à résoudre l’inéquation entre la recherche perpétuelle de #croissance_économique et la limitation des #ressources_naturelles, je ne vois pas à quoi ça sert.
    […]
    Tout comme les termes #soutenabilité et #développement_durable, le terme d’#économie_verte n’a pas vraiment de sens. Je suis sûr que la plupart de ceux qui utilisent cette expression sont très peu concernés par les problèmes globaux.
    […]
    Dans à peine trente ans, la plupart de nos actes quotidiens feront partie de la mémoire collective […]. Du coup, les gens se demandent si nous allons appuyer sur la pédale de frein à temps. Pour moi, nous sommes à bord d’une voiture qui s’est déjà jetée de la falaise et je pense que, dans une telle situation, les freins sont inutiles. Le #déclin est inévitable.
    […]
    La première chose à dire, c’est que les #problèmes_écologiques ne proviennent pas des humains en tant que tels, mais de leurs #modes_de_vie.
    […]
    Chaque fois, on ne résout pas le problème, on fait redescendre la pression, momentanément, on retarde seulement l’#effondrement.
    […]
    Or, le cerveau humain n’est pas programmé pour appréhender les problèmes de long terme. C’est normal : Homo Sapiens a appris à fuir devant le #danger, pas à imaginer les dangers à venir. Notre vision à court terme est en train de se fracasser contre la réalité physique des #limites de la planète.
    […]
    C’est fini, la #croissance économique va fatalement s’arrêter, elle s’est déjà arrêtée d’ailleurs. Tant que nous poursuivons un objectif de croissance économique « perpétuelle », nous pouvons être aussi optimistes que nous le voulons sur le stock initial de #ressources et la vitesse du #progrès_technique, le système finira par s’effondrer sur lui-même au cours du XXIe siècle. Par effondrement, il faut entendre une #chute combinée et rapide de la population, des ressources, et de la production alimentaire et industrielle par tête.
    […]
    Le système reste un #outil, il n’est pas un #objectif en soi. Nous avons bâti un #système_économique qui correspond à des #idées. La vraie question est de savoir comment nous allons changer d’idées. Pour des pans entiers de notre vie sociale, on s’en remet au système économique. Vous voulez être heureuse ? Achetez quelque chose ! Vous êtes trop grosse ? Achetez quelque chose pour mincir ! Vos parents sont trop vieux pour s’occuper d’eux ? Achetez-leur les services de quelqu’un qui se chargera d’eux ! Nous devons comprendre que beaucoup de choses importantes de la vie ne s’achètent pas. De même, l’#environnement a de la #valeur en tant que tel, pas seulement pour ce qu’il a à nous offrir.



  • http://www.multitudes.net/category/l-edition-papier-en-ligne/70-multitudes-70-printemps-2018

    Derrière ce #bloody_paywall se cache un excellent article de Yann Moulier Boutang que je copie-colle ici sans vergogne excessive, grâcieusement offert par quelque dysfonctionnement inopiné d’un agrégateur de flux rss.

    C’est assez clinique comme analyse et au delà de s’élever contre les futurs lois contre l’immigration, ça a le mérite supérieur de démontrer que cette politique est juste stupide, démonstration qui n’est finalement pas inutile.

    Je ne mets pas en citation pour éviter le rapetissement d’un texte inaccessible autrement

    Misère du monde ou misère des politiques migratoires  ?

    Pour repousser une régularisation massive (de quelques dizaines de milliers de sans-papiers), Michel Rocard, loin d’être le plus bête ou le plus pusillanime des hommes politiques de la gauche française, avait lâché la célèbre bourde  : «  Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde.  » Pourquoi une bourde  ? Parce que la misère du monde n’a pas la force physique et mentale de quitter son pays d’origine. Seuls ceux qui en veulent affrontent l’exil. Gérard Collomb, avec son projet de loi sur l’asile et l’immigration, vient de cumuler à peu près toutes les erreurs qu’on peut commettre en matière de migrations internationales  : les termes dans lesquels il a posé les débats, les catégories (donc les différenciations qu’il entend introduire), les solutions prônées, les résultats, le ton, la méthode, les propositions, tout est bon à jeter au cabinet, comme on dit chez Molière. La Présidence Hollande s’était enlisée dans le grotesque projet de déchéance de nationalité. Visiblement la leçon n’a pas été tirée.

    Gérard Collomb peut se consoler sur un point  : il est aussi nul que ses prédécesseurs de gauche et de droite passés, que les Insoumis, centristes, marinistes et autres philippotistes futurs . Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Les associations qui connaissent le terrain depuis plus d’un demi-siècle, quelques intellectuels pourtant conseillers ou soutiens d’Emmanuel Macron, comme Jean Pisan-Ferry, ont émis un timide «  Non possumus  ». Le Défenseur des droits, Jacques Toubon ; a mis les pieds dans le plat courageusement. Yann Moix a remis l’ancien maire de Lyon à sa place. Pour le reste, les critiques ou propositions de l’opposition interne ou externe au gouvernement ont été d’une rare insanité, y compris celles qui se réclament d’un «  peu plus de tendresse dans un monde de brutes  », confondant migrations et chocolat (Lindt)  !

    Demandez à n’importe quel expert réel en matière de migrations internationales en France et ailleurs1 (pas ces jeunes conseillers de l’administration aux dents acérées mais aux idées courtes). Tous ont souligné le niveau lamentable du débat. Il y a de quoi enrager  : répétez dix fois, vingt fois que s’abriter derrière la distinction entre réfugiés politiques, qu’on pourrait admettre, et migrants économiques, qu’il faudrait châtier et renvoyer séance tenante «  chez eux  », est une ânerie  ; quand le problème à traiter est celui des réfugiés économiques, vous verrez réapparaître ce distinguo éculé, qui est réaffirmé avec un mélange insupportable de naïveté et de morgue.

    Tuez-vous à rabâcher méthodiquement depuis cinquante ans, que le durcissement des conditions d’accès au permis de séjour est à la fois injuste et parfaitement inefficace. Mieux, démontrez que le système lui-même de permis de travail est une forme de travail forcé et d’esclavage temporaire moderne (y compris par une thèse de 500 pages De l’esclavage au salariat, 1998, PUF), vous aurez toujours l’inertie des gratte-papier et des officiers de police administrative qui opposent aux droits fondamentaux de la personne, l’application de la énième circulaire ou pire, la haïssable pratique de l’état de fait  : couper l’eau aux migrants puis la rétablir quand on a été désavoué par le Conseil d’État, à hauteur d’auges à cochons, gazer les couvertures de sans-abri, laisser mourir de froid des adolescents qui se lancent dans la traversée des cols des Alpes. On peut comprendre la rage qui saisit toute personne qui a vaguement une âme. Mais la rage contre des abrutis ou des canailles de petite volée n’est rien à côté de celle, métaphysique et purement intellectuelle, qui saisit le chercheur quand il voit un gouvernement s’asseoir sur tout élément de savoir rationnel.

    Prenons le grand argument de l’équilibre (à la française sans doute  ?) de la loi en gestation

    Le couple humanisme-générosité pour l’asile versus réalisme-fermeté à l’égard des migrants économiques a été invoqué pour donner un fondement et un peu de hauteur à cette suite de bassesses indignes. Nous avons dit plus haut que cette dichotomie passait tout à fait à côté de la réalité. L’immense majorité des réfugiés politiques ne sont pas seulement des belles âmes à haute conscience politique et sans motivation économique. Croit-on que des familles d’Alep ou de la plaine de la Ghouta syrienne, qui croulent sous les bombes et prennent le chemin de l’exil vers la Turquie ou Lesbos, ne sont pas des réfugiés économiques  ; c’est parce qu’elles n’ont plus de toit, plus d’argent, plus de quoi manger, et également plus d’hommes armés pour les protéger qu’elles partent. Et quand bien même elles ne seraient pas politisées, juchées sur des barricades ou inscrites dans un parti d’opposition officielle, ne supportant plus une situation intenable sur tous les plans, à commencer par celui de savoir si elles vont manger le soir, ou si leurs enfants vivront demain, en seraient-elles pour autant des bandes de délinquants pour ne pas entrer dans la catégorie de sacro-saintes circulaires qui ajoutent à l’outrage de ne pas leur offrir l’asile, l’insulte de les culpabiliser  ?

    Les Tartuffes français de l’asile après avoir temporisé tout ce qu’ils pouvaient pendant 6 ans annoncent, avec un sérieux passablement comique, être prêts post festum à accueillir 150 000 réfugiés estampillés «  pur jus  », alors que l’Allemagne en a déjà reçu plus d’un million. Certes, la France peut trouver encore plus pingre qu’elle, du côté des Magyars, des Polonais et des pauvres Tchèques, dont on aurait pu penser que leur histoire ne les conduirait pas à une telle déchéance morale. Mais alors, que le coq gaulois étatique ne se dresse par sur ses ergots ni ne bombe le torse de la leçon. Seuls les humanitaires des associations nous sauvent de la honte nationale et européenne.

    Au passage puisque quelques esprits paraît-il littéraires (les Renaud Camus, les Houellbecq) parlent d’invasion, de soumission, il faudrait redresser leur sens des proportions, sens aviné autant perverti et avili  : 550 millions d’Européens dans l’UE (je compte les Britanniques encore dans l’Union, car ils sont touchés eux aussi par le même syndrome) recevant 5 millions de réfugiés en un an, cela ne ferait que 0,9 % ou 9 pour 1 000. Pas grand-chose. L’UE pourrait recevoir sans problème 0,5 % de nouveaux arrivants soit 3 millions de personnes par an. Au terme de 10 ans d’entrées (en supposant qu’il n’y ait aucun retour ce qui est très irréaliste), ces trente millions d’entrants ne constitueraient que 5,4 % de la population totale actuelle. Dont au reste la natalité européenne a déjà bien besoin dans la plupart de ses États membres. La Hongrie est particulièrement touchée par ce syndrome paranoïaque, car la rançon de son refus depuis 1990 de toute immigration est que sa population diminue de 15 000 personnes par an. Son refus d’accueillir un sang neuf la condamne au suicide démographique. Avis à l’Autriche, à la République Tchèque  ? Quant à la Pologne, la dégringolade de son taux de fertilité conduit ses hiérarques, obsédés par un nationalisme du XVIIIe siècle, à vouloir revenir sur le peu d’espace concédé à l’avortement.

    Mais il faut ajouter au manque risible de pertinence, la parfaite idiotie de ramer à contre-courant et à contretemps. La croissance économique repart dans toute l’Union Européenne. Chacun sait que pour le marché du travail banal et peu payé, ces centaines de milliers de migrants prêts à travailler n’importe où constituent une aubaine prodigieuse, ce que l’Allemagne a compris trois bonnes années avant la France. En revanche, les réfugiés politiques plus qualifiés, mieux dotés en argent, sont susceptibles d’entrer en concurrence avec les couches plus élevées de la main-d’œuvre. L’extrême droite, comme dans les années 1930, rejointe par ce qui reste des Républicains, pourrait ne pas tarder à réclamer des quotas pour protéger l’emploi «  qualifié-de-souche  ».

    Le réalisme censé équilibrer «  en même temps  » la générosité de l’asile n’est pas plus réaliste que l’asile concédé à dose homéopathique n’est humaniste et généreux.

    Demeure une question  : ce n’est pas faute d’avoir été avertis que les gouvernements répètent à satiété les mêmes erreurs. Sont-ils purement et simplement bêtes et incompétents  ? Ce serait trop simple. Nous avons suffisamment approché des hauts fonctionnaires de l’administration de la «  chose migratoire  » pour pouvoir avancer une autre explication. Les migrations internationales constituent pour eux un double défi culturel, à la fois pour le concept de souveraineté dont ils sont les produits défraîchis et pour la notion même de politique.

    Quiconque se frotte à la réalité des migrations internes ou transnationales s’aperçoit qu’elles ont une autonomie forte par rapport à leur inscription dans un espace institutionnel, aussi bien dans le pays de départ que dans celui d’arrivée. Adam Smith disait que de toutes les marchandises, la plus difficile à transporter, c’était l’homme  ; à la fois parce qu’il refuse de bouger où l’on voudrait qu’il aille, mais aussi et surtout, parce qu’il bouge quand on veut le fixer. On ne règle pas le volume des entrées et des sorties comme on le ferait d’un débit d’eau au robinet. Quant au migrant, il n’est pas un pur produit de la réglementation, alors que la réglementation en revanche réagit aux mouvements des migrants et cherche à l’assujettir à des impératifs économiques ou bien à s’en servir symboliquement pour des motifs purement électoraux. Casser du migrant (clandestin, sans papiers, terroristes), ça paie toujours.

    L’administration d’État se trouve donc confrontée au fait migratoire et au système migratoire, produit de l’interaction des mouvements humains, des réglementations mais aussi de toutes les variables instables qui rentrent dans l’équation (les catastrophes politiques, climatiques, le regroupement familial, les pressions économiques, les organisations communautaires). La mondialisation troue la souveraineté  : l’économique en est l’exemple toujours cité, mais les migrations humaines minent encore plus l’espace dévolu à la politique et à l’administration car, contrairement au marché, elles mettent en jeu des valeurs inconditionnelles que n’aime pas la loi «  nationale  » et encore moins la circulaire administrative.

    Pourtant, il est rigoureusement impossible de mélanger les ordres. La vie, le respect des personnes, la priorité des enfants et des femmes, sont des valeurs inconditionnelles. Aucune raison d’État ne peut avoir raison contre ces valeurs. Elles sont d’un autre ordre, dirait Pascal et approuverait Ricœur. La désobéissance civique est un impératif catégorique. Le respect de cette loi-là pose des problèmes mais pas ceux qu’on croit  : pas celui de l’assujettissement provisoire, dans une «  morale de provision  », de ces valeurs à la raison d’État, encore moins à la raison raisonnable appuyée sur les sophismes comme le passage à la limite  : mais si tout le monde désobéit... En fait, c’est à la politique de s’ajuster au corset de cette inconditionnalité. Le politique ne devrait s’aventurer sur ce terrain miné qu’avec une grande prudence et une humilité extrême. Et c’est ce bât-là qui blesse la haute fonction publique.

    Comme le «  gros animal  » de l’État n’a pas l’habitude de cet état de prudence, d’humilité, de modestie vis-à-vis de quelque chose qui le dépasse (quoi de plus étranger à l’État souverain qui régit un territoire que cette prétention des hommes sur la planète de traverser les pays, de changer de «  souverain  »  ?), il faut que d’autres organes se chargent de le lui rappeler (Cour Constitutionnelle, le Conseil d’État) et à défaut les associations.

    Ce serait évidemment à l’Union Européenne de rappeler à l’ordre les États membres, mais on voit que cela supposerait qu’elle en finisse avec le concept de souveraineté illimitée.

    Alors souhaitons à Emmanuel Macron de l’audace, encore de l’audace, fédéraliste pour l’Union  ; ce n’est pas avec la loi Collomb que le groupe de Visegrad va être mis au pas.

    Le projet de loi Collomb

    – Pénalisation croissante  : les migrants obligés de laisser leurs empreintes dans les «  hotspots  » des pays d’entrée (Grèce, Italie, Espagne) seront mis en centre de rétention dès leur arrivée en France  ; la durée de rétention administrative passera de 45 jours à 135 jours  ; le franchissement non autorisé des frontières extérieures de l’espace Schengen sera puni d’un an de prison  ; les déboutés de l’asile ne pourront plus demander d’autre titre de séjour.

    – Accélération des procédures  : 90 jours pour déposer une demande au lieu de 120 jours aujourd’hui  ; 15 jours pour déposer un recours au lieu de 30 jours aujourd’hui  ; la décision pourra être prise par ordonnance, sans entretien avec le migrant  ; le recours ne sera plus suspensif dans les cas de «  procédure accélérée  »  ; les personnes pourront alors être expulsées du territoire sans délai.

    Cf. www.lacimade.org/decryptage-projet-de-loi-asile-immigration

    1 Pensons à Catherine Withold de Wenden, Patrick Weil, Jean-Pierre Garson, Roxane Silberman, Patrick Simon ou François Héran par exemple.

    • #misère #asile #migrations #réfugiés #loi_asile #France #valeurs #souveraineté #Etat-nation

      Je mets en relief ici un passage sur la #catégorisation #catégories :

      Le couple humanisme-générosité pour l’asile versus réalisme-fermeté à l’égard des migrants économiques a été invoqué pour donner un fondement et un peu de hauteur à cette suite de bassesses indignes. Nous avons dit plus haut que cette dichotomie passait tout à fait à côté de la réalité. L’immense majorité des réfugiés politiques ne sont pas seulement des belles âmes à haute conscience politique et sans motivation économique. Croit-on que des familles d’Alep ou de la plaine de la Ghouta syrienne, qui croulent sous les bombes et prennent le chemin de l’exil vers la Turquie ou Lesbos, ne sont pas des réfugiés économiques  ; c’est parce qu’elles n’ont plus de toit, plus d’argent, plus de quoi manger, et également plus d’hommes armés pour les protéger qu’elles partent. Et quand bien même elles ne seraient pas politisées, juchées sur des barricades ou inscrites dans un parti d’opposition officielle, ne supportant plus une situation intenable sur tous les plans, à commencer par celui de savoir si elles vont manger le soir, ou si leurs enfants vivront demain, en seraient-elles pour autant des bandes de délinquants pour ne pas entrer dans la catégorie de sacro-saintes circulaires qui ajoutent à l’outrage de ne pas leur offrir l’asile, l’insulte de les culpabiliser  ?

      Et la question liée aux #préjugés sur l’ #afflux et l’#invasion :

      Au passage puisque quelques esprits paraît-il littéraires (les Renaud Camus, les Houellbecq) parlent d’invasion, de soumission, il faudrait redresser leur sens des proportions, sens aviné autant perverti et avili  : 550 millions d’Européens dans l’UE (je compte les Britanniques encore dans l’Union, car ils sont touchés eux aussi par le même syndrome) recevant 5 millions de réfugiés en un an, cela ne ferait que 0,9 % ou 9 pour 1 000. Pas grand-chose. L’UE pourrait recevoir sans problème 0,5 % de nouveaux arrivants soit 3 millions de personnes par an. Au terme de 10 ans d’entrées (en supposant qu’il n’y ait aucun retour ce qui est très irréaliste), ces trente millions d’entrants ne constitueraient que 5,4 % de la population totale actuelle. Dont au reste la natalité européenne a déjà bien besoin dans la plupart de ses États membres. La Hongrie est particulièrement touchée par ce syndrome paranoïaque, car la rançon de son refus depuis 1990 de toute immigration est que sa population diminue de 15 000 personnes par an.

      #idées-reçues

      Et pourquoi, même les #murs et #barrières_frontalières ne marchent pas ?

      Quiconque se frotte à la réalité des migrations internes ou transnationales s’aperçoit qu’elles ont une autonomie forte par rapport à leur inscription dans un espace institutionnel, aussi bien dans le pays de départ que dans celui d’arrivée. Adam Smith disait que de toutes les marchandises, la plus difficile à transporter, c’était l’homme  ; à la fois parce qu’il refuse de bouger où l’on voudrait qu’il aille, mais aussi et surtout, parce qu’il bouge quand on veut le fixer. On ne règle pas le volume des entrées et des sorties comme on le ferait d’un débit d’eau au robinet.

      et #merci à @philippe_de_jonckheere


  • Le petit lexique du cyberféminisme
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2018/04/27/le-petit-lexique-du-cyberfeminisme

    AntiAtlas des frontières L’antiAtlas des frontières est un collectif de chercheur.e.s, d’artistes et d’expert.e.s, articulant recherche et création artistique. Son objet est d’aborder de manière inédite les mutations des frontières et des espaces des sociétés contemporaines. Cloud Le « cloud » désigne un ensemble de ressources informatiques (réseaux, serveurs, stockage, applications, services, données personnelles), en accès … Lire la suite →

    #Idées #féminisme #société_numérique
    http://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa


  • Au-delà des idées préconçues

    https://indicators.nccr-onthemove.ch/au-dela-des-idees-preconcues/?lang=fr
    #Suisse

    3 vidéos...

    Idée préconçue #1
    « Les migrants, ils viennent pour profiter de la Suisse. »
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=46&v=cFZywZz03FQ


    #préjugés #idées_reçues #migrations #Suisse #réfugiés #asile #migrants_économiques #économie #travail #éducation

    Idée préconçue #2 :
    « Les migrants, ils viennent de pays pauvres. »
    https://www.youtube.com/watch?v=UQfMN9fmx6M


    #migration_internationale #solde_migratoire #immigration #émigration

    Idée préconçue #3 :
    « Avec autant d’arrivées, il y aura bientôt plus de migrants que de Suisses. »
    https://www.youtube.com/watch?v=ennoIcsthAE


    #démographie #statistiques #chiffres #mobilité #migrations_circulaire


    • Je le regarde présentement. Je met mes commentaires au fur et à mesure.

      La partie sur le DRH Dark Vador :
      La sous notation forcée ca donne une idée de ce qui attend l’éducation nationale.
      Ca me fait pensé aux « joies » des « partenariats » public-privé :
      http://www.leparisien.fr/paris-75/apres-les-faux-controles-les-pv-illegaux-la-mairie-de-paris-promet-de-rem

      Accusée mercredi d’avoir effectué des faux contrôles de stationnement afin de remplir les quotas de la mairie de Paris, la société Streeteo est encore prise la main dans le sac.

      La notation est désignée comme principal facteur d’anxiété des employé·es. Selon l’audit de 2012 du CHSCP dont parle l’émission

      Le processus de classement est le principal vecteur d’inquiétude, d’instabilité et de mal être au travail. Il est source de danger pour la santé des salarié·es.

      L’émission dit que 46% des DRH disent qu’illes aggissent de manière contraire à leur éthique et morale mais j’ai pas entendu comment cette stat est obtenue.

      –----
      La partie 2 avec « le coupat » comme dit la voix off est assez vide. La voix off dit que Coupat est plus prolix sur la ZAD ou l’anarchisme mais ne diffuse pas ses parties de l’entretiens.

      –----
      Partie 3 sur Nara une ville de la région de Fukushima ou les habitant·es sont revenus (surtout des retraité·es - belle économie pour les caisses de retraite). Les familles qui retournent à Nara avec des enfants le font pour échappé aux suicides des enfants causé par le harcelement dont illes sont l’objet au japon.
      A coté de ca les idées noires de Franquin étaient plutot optimistes.


  • Ces économistes bornés pour qui rien n’a changé Par Olivier Passet - Directeur des synthèses, Xerfi
    https://www.youtube.com/watch?v=bsHAc07SYWc

    L’économie contemporaine chahute nos certitudes. Elle met au défi en permanence nos instruments de mesure, nos logiciels interprétatifs. Mais nous, les économistes, préférons faire le plus souvent comme si de rien n’était. Après dix années durant lesquelles nous avons vécu les affres d’une crise historique aux lourdes retombées économiques et sociales, le brin de croissance qui anime nos économies nous permet soudain de reprendre le fil de l’Histoire, comme si de rien n’était. Le passé devient un accident, une parenthèse sur laquelle s’installe déjà l’amnésie. [...]

    #Economie, #Economie_mondiale, #Europe #Zone_euro, #Idées #débats, #Productivité, #Croissance, #Inflation, #Potentiel, #liquidité #crise

    http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-Ces-economistes-bornes-pour-qui-rien-n-a-change_



  • 5 #idées_fausses sur les #réfugiés — La Voix des Jeunes
    http://www.voicesofyouth.org/fr/posts/5-idees-fausses-sur-les-refugies

    De nos jours, le phénomène des réfugiés est plus que jamais une réalité. On compte en effet 65,6 millions d’êtres humains cette année en déplacement forcé, dont 22.5 millions réfugiés [1], contre 65.3millions en 2015. Ainsi, ils occupent une place importante dans les conversations quotidiennes et sont victimes de nombreux #clichés. Je vais nommer les 5 #préjugés qui ressortent le plus souvent selon moi.


  • Il ne faut pas que ça se voit | PrototypeKblog
    https://prototypekblog.wordpress.com/2017/09/26/il-ne-faut-pas-que-ca-se-voit

    On ne croit pas les dépressifs. La #dépression n’est pas acceptée comme une vraie #maladie. C’est pire qu’une maladie. C’est une chose qui est à la fois niée et exploitée. Niée comme si ce n’était pas une maladie, comme si c’était juste un choix, une préférence, une volonté : « Tout ça c’est dans ta tête… Secoue-toi… Souris… Arrête ta comédie… ». Exploitée comme outil d’exclusion, de stigmatisation, de discrimination : « Arrête de nous emmerder… Tu nous tires vers le bas… Casse-toi… Va te faire soigner… ». Ce monde pue. Ce monde est sans pitié. Ce monde est sans répit. Ça ne s’arrête jamais. Je suis fatigué.

    On ne respecte pas les dépressifs. Il n’y a pas de « Depression Pride ». Il n’y a pas de héros dépressifs. Il n’y a pas de quotas pour les dépressifs. Il n’y a pas de place pour les dépressifs. On ne supporte pas les dépressifs. Ce monde se veut beau. Ce monde se croit parfait. Ses gens se croient jeunes et jolis. La tristesse est interdite. Tout va bien. On ne veut pas voir. « Faites un effort, bordel de merde ! »

    On ne prend pas les dépressifs au sérieux. Et, voyez-vous, c’est peut-être idiot, mais être pris au sérieux, c’est très important pour moi. Comprendre. Être compris. Écouter. Être écouté. Et la dépression est le plus court chemin vers le discrédit. Une fois que vous êtes étiqueté « dépressif », tout ce que vous direz par la suite, sur quelque sujet que ce soit, sera ignoré. Tout sera mis sur le compte de la dépression, réelle ou supposée, permanente ou temporaire. « Faut pas l’écouter, il est comme ça, c’est pas important… »

    Se reconnaître dépressif, être connu comme dépressif, être juste considéré comme dépressif, suspecté d’être dépressif, c’est le début de la mort sociale.

    • C’est marrant, l’autrice du blog (je pense que c’est une femme, j’me trompe ?) appelle sa dépression « la petite bête ». Moi perso, j’appelle ça « la broyeuse ». « Ça » te broie la volonté, l’enthousiasme, la joie de vivre, la libido, comme l’impression que toute ta matière grise est passée dans une essoreuse. T’as qu’un seule refuge pour rester en vie : le sommeil ... quand t’arrives à le trouver sinon, tu as l’impression de devenir fou-folle. Quand tu te réveilles, tu te dis que tu as réussi à voler quelques heures à la camarde.
      Une autre image que j’avais chopée dans une revue d’un cabinet médical qui était sensée illustrer le fait que les connexions entre neurotransmetteurs étaient en panne : sur un fond de ciel tempêtueux, une ligne téléphonique (ou électrique) aux fils rompus et sur les poteaux, des corbeaux proférant à grands cris leurs #idées_noires.
      La #dépression n’est pas une maladie imaginaire même si dans l’imaginaire de bon nombre de nos congénères, il suffirait de « se secouer » pour aller mieux.

    • J’aurais pu le deviner en faisant attention et en sélectionnant un critère objectif : l’orthographe ...

      On ne prend pas les dépressifs au sérieux. Et, voyez-vous, c’est peut-être idiot, mais être pris au sérieux, c’est très important pour moi. Comprendre. Être compris . Écouter. Être écouté .

    • Oui, de toute façon, tout ce que dit une personne dépressive est considéré comme non-recevable. Si on daigne vous écouter, ce n’est qu’avec condescendance et il faut pas nous la faire : on s’en aperçoit tout de suite. Encore plus de la part de celles ou ceux qui sont payé-e-s pour ça (médecins, assistantes sociales ... )
      Maintenant, comment accompagner une personne dépressive ? Une écoute bienveillante suffit-elle ? Je ne sais pas, même si ça peut apporter du réconfort dans le sens où le sentiment d’avoir une base arrière solide peut fournir un sentiment de sécurité. Mais il faudra de toute façon se colleter avec la vie professionnelle, le regard des « autres »,et la grosse question bêtement prosaïque de « comment j’vais faire pour mettre à la gamelle si je bosse plus ? ».


  • Le Comité invisible et les Communs : pourrons-nous encore être « amis » ?
    https://scinfolex.com/2017/08/31/le-comite-invisible-et-les-communs-pourrons-nous-encore-etre-amis

    Sur tous ces points – et bien d’autres – le livre est indéniablement précieux. Mais c’est pourtant une profonde sensation de malaise qui m’a étreint lorsque je l’ai refermé. Car si en apparence l’ouvrage – comme A nos amis le faisait déjà – met constamment en avant le concept « d’amitié » (en affichant l’objectif de « frayer des chemins » ou « d’organiser des rencontres » entre des « mondes amis fragmentés »), il constitue avant tout une expression particulièrement acerbe d’inimitiés, frappant à peu près toutes les composantes du mouvement social. Communistes, syndicalistes, négristes, écologistes, féministes, municipalistes, acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire, militants de la Transition : tout le monde y passe successivement, dans un esprit d’excommunication – j’emploie le mot à dessein – traquant la moindre compromission avec le système économique et politique comme motif de disqualification définitive. Ironiquement, les auteurs critiquent la tendance (hélas bien réelle…) des cercles militants à s’entre-déchirer (« Chaque groupuscule s’imagine gratter quelques parts du marché de la radicalité à ses rivaux les plus proches en les calomniant autant qu’il est possible.« ), mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le Comité Invisible tombe aussi complètement dans ce travers avec ce livre. Or le mouvement des Communs n’échappe pas à ce petit jeu de massacre et c’est ce qui me pousse à écrire sur Maintenant, parce qu’il me semble que de telles attaques appellent une réponse que je n’ai pour l’instant lue nulle part.

    #idées #commun #comité_invisible #livres

    • Excellent je ne sais pas, mais très intéressante argumentation détaillée. Je n’ai pas trop le temps d’aller très loin, comme souvent, surtout là avec la rentrée, mais je crois que je suis assez d’accord avec la première partie, sur la destitution PLUS l’institution, et non pas que la première.

      En revanche ensuite sur la sortie de l’économie (et contre l’ESS) et sur l’auto-organisation et Lordon, je pense qu’il y a pas mal de choses à redire, notamment parce que ce sont des mots d’ordre et des sujets abordés aussi par d’autres et que Calimaq ne se fixe que sur ce qu’en dit le Comité invisible, sans le mettre en perspective avec ces autres sources.

      Sur la sortie de l’économie, on se rapportera notamment à la lecture marxienne et le renouveau de la critique de la valeur, et sur le fait que le mot d’ordre « sortir de l’économie » signifie généralement sortir de l’économie capitaliste, tout comme Marx critiquait l’économie politique, et non pas « sortir de l’échange » ce qui ne voudrait pas dire grand chose. L’économie au sens moderne, c’est l’économie capitaliste intégrée. @ktche

      Et sur l’auto-organisation et Lordon, il parle de la ZAD, qui est idéologiquement proche des zapatistes sur de nombreux sujets (je ne dirais jamais que c’est pareil évidemment, chaque lieu et chaque temps a ses façons, comme dirait l’autre cagoulé), tout en rapprochant Lordon, alors que c’est exactement l’inverse, et que le livre de Lordon a été extrêmement bien critiqué par Jérôme Baschet dans une perspective zapatiste :
      https://seenthis.net/messages/487414

    • Bonjour. Merci @Rastapopoulos pour ce lien vers cette critique de Lordon, au vu des pratiques politiques au Chiapas. C’est particulièrement éclairant concernant la notion « d’Etat général » dont Lordon tire des conclusions extrêmement générales et fatalistes dans son bouquin concernant les possibilités d’émancipation des groupes. Néanmoins, je ne pense pas que cela invalide la manière dont j’utilise Lordon dans mon billet contre le Comité invisible. Ce qui m’intéresse chez Lordon, c’est sa description de la dynamique des groupes et la manière dont la « puissance de la multitude » est à l’origine d’institutions. Et c’est cela que j’utile contre le mot d’ordre du comité invisible « Destituons le Monde », qui condamne radicalement la notion d’institution. Je ne me réfère à aucun moment au concept d’Etat général dans le billet, qui me met à vrai dire mal à l’aise, et si je m’intéresse aux communs, c’est justement parce que je pense que la pratique instituante peut être porteuse d’émancipation, ce que décrit très bien ce texte sur le Chiapas. Et c’est aussi ce que l’on constate à la ZAD de Notre Dame des Landes. Mais ce n’est pas le point de vue du Comité invisible qui refuse complètement d’entrer dans le jeu institutionnel (sur la base d’un fatalisme très lordonien finalement, même s’ils en tirent des conclusions radicalement opposées). Merci en tout cas pour votre commentaire, car cela m’a permis de comprendre cela.

    • J’ai fait une lecture audio de cette critique qui m’a moi aussi éclairée pour certains passages.
      https://archive.org/details/ComiteInvisibleEtCommuns


      Cependant, pour d’autres passages, et particulièrement ceux concernant la zad, j’avoue être en désaccord pour la façon dont c’est présenté et n’ai pas pu m’empêcher d’intervenir en fin de lecture.
      Là dessus, je trouve le Comité invisible plutôt pertinent dans une partie de ses critiques contre l’institutionnalisation, pour ce que j’en comprends et surtout pour ce je peux observer et entendre à la zad particulièrement ces derniers mois (je reconnais n’avoir lu aucun livre du CI, mais beaucoup d’extraits et beaucoup, beaucoup, de critiques....)

      Présenter les « zadistes » comme une entité qui décide est tout aussi faux qu’affirmer que la zad est gérée aussi par des composantes comme l’acipa et le cedpa. Le texte « Label zad et autres sornettes » paru en novembre 2015, est selon moi le plus représentatif de l’esprit « zad »... qui n’existe pas ;)
      https://nantes.indymedia.org/articles/32327 (aller directement aux point 4, 5 et 6)

      Certes tout le monde a, en principe, la possibilité de s’exprimer, voire, de peser dans les décisions qui seront appliquées comme « collectives », cependant comme n’importe où ailleurs, tout le monde n’est pas d’accord et les principes ont parfois des relents normalisants qui braquent plus souvent qu’à leurs tours.

      La plupart d’entre nous connaissons la zad « de présentation », celle qu’il a fallu nettoyer aussi, et dont certain-e-s voudraient encore plus de « bonne présentation », comme si de ça dépendait le fait de se faire accepter... Je vous passe beaucoup de choses dont je ne me sens pas de parler ici, en particulier sur « l’assemblée du mouvement », bien que l’acipa, elle, ne se gène pas pour le faire et en claquer la porte, mais essayer de trouver un terrain d’entente entre des éleveurs et des anti-spécistes, entre des tendances « viriles » et des féministes aguerries... c’est juste pas possible ! Le seul est unique texte dit collectif est celui que l’on surnomme les 6 points :
      http://zad.nadir.org/spip.php?article4629
      Pour le reste ce sont des émanations de groupes plus ou moins grands, plus ou moins représentatifs et du coup, plus ou moins acceptées. Mais les critiques qui en ressortent ne sont pas sur une modalité de désaccords politiques binaires, évidents pour quiconque habite là bas, mais bien sur la FORME et le FOND employées pour les prises de décision. Et l’institutionnalisation est clairement dénoncée dans des textes qui apparaissent, hélas, ailleurs, n’étant pas toujours acceptés sur le site web de la zad. En voici deux récents que j’ai trouvé (im)pertinents et très significatifs :
      https://nantes.indymedia.org/articles/38183
      https://nantes.indymedia.org/articles/38201

      Tout ça pour dire que les tentatives de calquer des recettes « démocratiques » telles qu’on les connait ne marchent vraiment pas toujours, et que oui, Lordon est déconnecté des néo-zapatistes comme beaucoup le sont des « zadistes »... Et qu’à Nantes où je vis, le #greenwashing a complétement récupéré les entreprises sincères de gens s’étant lancés dans l’EEs ou autres aménagements politiques. Alors oui, vraiment, régulièrement, je comprends les coups de gueules.


  • Pratique de l’espace et idénetité.

    Beaucoup idées pour de futurs projets cartographiques

    « Spatiality and Temporality » International Conference – Interdisciplinary Research Foundation
    http://spatiality.temporality.irf-network.org

    We are pleased to announce the Call for Papers for the upcoming “Spatiality and Temporality” International Conference. The conference is addressed to academics, researchers and professionals with a particular interest related to the conference topic. We invite proposals from various disciplines including philosophy, history, sociology, anthropology, culture studies, literature and architecture.

    The conference will explore spatiality and temporality as fundamental categories of human experience and cognition and it will discuss various interpretations of these categories and complex relations between them. The conference will also examine conceptions and perceptions of time and space in relation to memory, historical and social change, technological innovations, interactivity and cultural differentiation.

    Papers are invited on topics related, but not limited, to:

    time and space boundaries
    monuments and historical sites
    globalization and urban spaces
    places made by nature
    ruins and forgotten places
    heterotopias and heterochronies
    toponymy and topoanalysis
    cartography and mapmaking

    #cartographie #cartoexperiment #idées_nouvelles #espace #territoire


  • Le général de Gaulle trône au panthéon de Macron
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130417/le-general-de-gaulle-trone-au-pantheon-de-macron

    Candidat « progressiste » qui veut tout incarner, la gauche et la droite, la modernité comme l’« esprit français », #Emmanuel_Macron mobilise dans ses discours et entretiens un panthéon hétéroclite de figures politiques et intellectuelles. À commencer par… le général de Gaulle, sa référence favorite.

    #France #Charles_de_Gaulle #Culture #idées #Paul_Ricœur


  • Le général de Gaulle trône en haut du panthéon de Macron
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130417/le-general-de-gaulle-trone-en-haut-du-pantheon-de-macron

    Candidat « progressiste » qui veut tout incarner, la gauche et la droite, la modernité comme l’« esprit français », #Emmanuel_Macron mobilise dans ses discours et entretiens un panthéon hétéroclite de figures politiques et intellectuelles. À commencer par… le général de Gaulle, sa référence favorite.

    #France #Charles_de_Gaulle #Culture #idées #Paul_Ricœur



  • Synesthésie : un très étrange #calendrier dans le cerveau | Réalités Biomédicales
    http://realitesbiomedicales.blog.lemonde.fr/2017/03/13/synesthesie-un-tres-etrange-calendrier-dans-le-cer

    Calendrier de ML, jeune femme synesthète. Ramachandran VS, et al. Neurocase. 2016 Oct ;22(5):461-465.

    la #synesthésie comme source d’#idées de #visualisation ? — les forums sont, pour une fois, très intéressants

    • On estime qu’au moins une personne sur 2 000 serait synesthète. Les estimations sont extrêmement larges. Elles varient entre un individu sur 23 et un individu sur 25 000, selon la méthodologie utilisée pour le repérage et le recensement de telles personnes. De fait, la plupart ignorent leurs capacités synesthésiques du fait que ce phénomène n’a pas de retentissement pathologique.

    • Et comment ne pas penser à l’un de mes auteurs favoris, Victor Segalen !

      Les Synesthésies et l’école symboliste, 1902

      Les Synesthésies et l’école symboliste - Wikisource
      https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Synesthésies_et_l'École_symboliste

      Longtemps, il resta décent, dans le monde scientifique, d’afficher, à l’égard de la correspondance possible des données sensorielles entre elles, un vertueux dédain. Les indulgents s’arrêtaient à l’ignorance bénévole du phénomène. D’aucuns furent plus rigoureux. La doctrine de l’Analogie des sens eut ses apôtres, ses martyrs, et tout récemment son temple.
      […]
      Actuellement pourtant, devant l’agrégat d’exemples laborieusement entassés, l’authenticité des faits de synesthésie n’est plus douteuse. Leur état civil est officiellement constitué. Ils ont, ces bâtards de jadis, existence légale auprès des savants : ils sont reconnus.

      C’est l’introduction de son texte, accessible sur Wikisource.

    • Effectivement, les forums sont fascinants.
      Le plus extraordinaire c’est tous ces gens qui n’en ont parlé à personne, de peur de passer pour fous je suppose.
      Quelle kyrielle de calendriers !
      Si chacun publiait ce qu’il y a dans son cerveau, quelle richesse !

    • Je fais l’hypothèse qu’un test sur des enfants s’approcherait plus de la représentation actuelle du système solaire et de ses planètes qu’une représentation du calendrier en rectangle ! Soit une sorte de colimaçon, avec le soleil en point central mouvant sur lequel s’enroulent les révolutions planètaires. Quand cette nouvelle découverte a été révélée, j’ai été rassurée de ma représentation du calendrier, car suivant le mois où je me place, les solstices s’éloignent sur l’ellipse hélicoïdale que je vois. #mind_map

    • Je n’ose pas répondre. J’ai peur de voir arriver des hommes en noir avec des lunettes noires.

      Mais si on était entre nous, je te dirais que la vision en cercle du calendrier est en effet une de mes visualisations, avec mes yeux qui esquissent un mouvement quand je tente de me déplacer dans le temps...

    • Je commence à faire le test autour de moi, certain·e·s perçoivent une ligne droite, avec dans leur dos, le passé, pff, fastoche avec devant l’avenir radieux … y’en a qui trichent je suis sure.

    • Les dyslexiques ont l’air spécialement largués en synesthésie. Pour le calandrier j’ai une image mentale mais assez inutilisable : un cylindre éclairé au stroboscope qui tourne dans n’importe quel sens, qui n’a même pas 12 mois et dont les mois sautent et changent tout le temps aléatoirement. Je voie sur gogol que l’incompréhension du temps est une des caractéristique des dyslexiques.

    • Mais tout le monde est synesthésique ! Le seul fait de penser que le rouge est une « couleur chaude » et le bleu une « couleur froide » (alors qu’en physique, c’est l’inverse), c’est déjà de la synesthésie.
      Dans mon cas, j’associe aussi les lettres à des couleurs, mais pas les mêmes que Rimbaud. Étant bi-alphabète, j’associe aussi des couleurs au cyrillique, avec parfois des nuances (le о russe me semble moins rouge que le o français, le а plus vert-bleu en cyrillique et plus bleu en latin, les lettres ж ц ш щ я donnent des couleurs que je n’avais pas associées en français : vert, ocre, beige, cyan).
      Enfin, mon calendrier est un cercle ou une sinusoïdale, les solstices en bas et en haut, avec une perception associée de la longueur des jours et de l’état de la végétation : à une date je peux donner la longueur de la photopériode à 5-10 minutes ainsi que la date où on retrouve la même (par exemple, le 7 mai est à peu près équivalent au 7 août). Me vient aussi immédiatement la date en calendrier républicain, nous devons être le 16 floréal ; nous sommes pile à mi-distance entre l’équinoxe de printemps et le solstice d’été).
      En fait, rien d’extraordinaire, c’est la conséquence de beaucoup de travail en astronomie.


  • Comment le thème de l’identité nationale a été capturé par la droite et le FN
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030317/comment-le-theme-de-l-identite-nationale-ete-capture-par-la-droite-et-le-f

    Vincent Martigny © Radio #France/Christophe Abramowitz La gauche des années 1970 avait su s’approprier le thème de l’identité nationale. #Vincent_Martigny explique comment la droite a forgé un récit alternatif, laissant beaucoup moins de place au #pluralisme_culturel.

    #Culture #idées #Identité_nationale


  • http://issuu.com/fluideglacial/docs/franquin_idees_noires?e=1738384/42240072
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-emois/gaffes-fatales-les-idees-noires-de-franquin#

    C’était en 1977, Franquin et son directeur d’inconscience Yvan Delporte, anar vibrionnant et ex-rédacteur-en-chef de Spirou, las de la ligne assagie et plutôt ronronnante du journal, crée Le Trombonne illustré, publication ravageuse destinée à être encartée dans le célèbre hebdomadaire. L’occasion pour le génial créateur de Gaston, Spirou et Fantasio, de tester une autre technique et de s’aventurer, lui le grand anxieux, dans d’autres zones de l’humour, noir celui-là. Rotring et stylo-pinceau au poing #Franquin, en 30 numéros, se livre à un véritable jeu de massacre. Rien ne résiste : armée, clergé, ingénieur et bureaucrate, tous passés au cirage de la rage et mazoutés par le désespoir le plus tenace s’empêtrent dans un tragique noir et cocasse. Une mise en accusation de notre époque sémillante qui se poursuivra ensuite, grâce à Gotlib, dans Fluide Glacial. Franquin à l’école de Cioran ou les idées noires de Gaston.

    « Pourquoi fait-on des dessins affreux ? Je crois que c’est surtout pour le plaisir simple et bête de faire des grimaces... En cherchant un peu plus loin, on trouverait peut-être que c’est pour transformer en gag la crainte du vieillissement, de la maladie, du cercueil ! S’il n’est pas ce remède, le dessin d’ horreur est un dévergondage, ce qui n’est pas une raison pour que je m’en abstienne... »

    #Idées_noires #BD #dessin
    http://www.fluideglacial.com/auteurs/index.php?id_auteurs=84
    http://www.fluideglacial.com/lesbeauxalbums/index.php?id_album=168

    • @grommeleur
      « Pourquoi fait-on des dessins affreux ? ... est une citation de Franquin lui-même que j’ai recopié dans l’hommage de #Fluide_Glacial pour l’anniversaire des 40 années d’idées noires.

      « Les Idées Noires, c’est Gaston trempé dans la suie »
      Quand en 1977 Franquin publie ses premières Idées noires, il ne soupçonne pas que, quarante ans plus tard, elles seront toujours d’une actualité brûlante.
      Il ne serait pas incongru de définir Franquin comme un genre de « lanceur d’alerte » qu’on n’aurait pas vraiment pris au sérieux.
      Entre les témoignages de ses proches et amis (Isabelle Franquin, Marcel Gotlib, Frédéric Jannin), les hommages de ses collègues de Fluide Glacial (Goossens, Édika) et de la génération suivante (Foerster, Pixel Vengeur, Ferri, Fabrice Erre...), cet ouvrage tente d’apporter un nouvel éclairage sur la dernière période artistique de Franquin, teintée d’humour noir, d’engagements humanistes, mais finalement pas aussi désespérée qu’il n’y paraît.
      Franquin était un homme affable, jovial et drôle dont le rire tonitruant et communicatif résonne encore aux oreilles de ceux qui l’ont côtoyé. Il a pourtant été décrit depuis le milieu des années 70 comme tourmenté et meurtri par une dépression chronique, soi-disant à l’origine de ses « monstres » puis des Idées noires. La réalité est pour le moins plus nuancée, voire - si l’on en croit Franquin lui-même - plus frivole :

      « Pourquoi fait-on des dessins affreux ? Je crois que c’est surtout pour le plaisir simple et bête de faire des grimaces... En cherchant un peu plus loin, on trouverait peut-être que c’est pour transformer en gag la crainte du vieillissement, de la maladie, du cercueil ! S’il n’est pas ce remède, le dessin d’ horreur est un dévergondage, ce qui n’est pas une raison pour que je m’en abstienne... »

      Reste qu’Idées noires est une oeuvre puissante. L’aboutissement de l’art de Franquin : le moment où la pureté de sa maîtrise technique et son humour incisif rejoignent ses convictions profondément humanistes. Chef-d’œuvre de l’humour noir oscillant entre optimisme et pessimisme, les Idées noires ne sont jamais cyniques.
      On y comprend le simple besoin de montrer du doigt les horreurs du monde pour les conjurer dans un éclat de rire. En cela, cette oeuvre magistrale ne pouvait trouver meilleur écrin que Fluide Glacial, le journal de Gotlib.


      120 pages, relié.16€. Franquin+collectif. 18 janvier 2017
      Sur #France_Culture à défaut de la juger rance, comme toi @tout_va_tres , beaucoup d’émissions sont soporifiques. mais l’origine de ce post est "les émois" de #François_Angelier Producteur de l’émission « Mauvais Genres » à France Culture, spécialiste de littérature populaire.
      https://www.franceculture.fr/personne-francois-angelier#biography
      https://www.franceculture.fr/emissions/mauvais-genres
      #mauvais_genre