• Chine : le poison jaune - ARTE Reportage | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/087017-000-A/chine-le-poison-jaune


    Personne ne sait qui paye pour les activités des adeptes du Falun Gong. Pourtant la secte poursuit des activités dont l’ampleur dépasse de loin ce qui serait faisable sur base de volontariat et de dons individuels. Le reportage apporte quelques éléments clé à la compréhension du géant du marché des religions asiatique sans tomber dans le piège des sujets de propagande préférés par les obscurantistes.

    Disponible du 17/05/2019 au 21/12/2021

    Fondée en 1992 par Li Honghzi, un fonctionnaire chinois formé, dans sa jeunesse, par des maîtres bouddhistes et taoïstes, la discipline combine gymnastique et méditation, spiritualité et rigueur morale, autour de trois principes cardinaux : vérité, compassion, tolérance. Les premières années, le Parti Communiste Chinois loue ses vertus et laisse le mouvement prospérer partout en Chine.

    Ouvriers, étudiants, membres de l’armée populaire de libération ou du parti communiste chinois, Falun Gong séduit toute la société chinoise. Ses adeptes se comptent par millions, au point de dépasser numériquement les membres du PCC... un concurrent idéologique perçu comme une menace par le président chinois Jiang, qui lance alors une vaste campagne de diabolisation. Sous le coup d’un mandat d’arrêt en 1998, son fondateur, Li Honghzi, trouve refuge aux Etats-Unis.

    Le 25 avril 1999, 10 000 pratiquants de Falun Gong demandent la reconnaissance de leur mouvement en se regroupant dans le quartier gouvernemental de Zhongnanhai, à Pékin. Les autorités chinoises décident alors « d’éliminer » Falun Gong, qualifiée de « secte maléfique ». Hors-la-loi depuis 20 ans, les millions d’adeptes de Falun Gong font désormais face à la puissante machine répressive chinoise.

    Réalisation : François Reinhardt

    #Chine #politique #religion #Falun_Gong

    • Qu’est-ce Falun Gong

      Palmer David. La doctrine de Li Hongzhi [Le Falun Gong, entre sectarisme et salut universel]. In : Perspectives chinoises,n°64, 2001. pp. 14-24 ;
      https://www.persee.fr/doc/perch_1021-9013_2001_num_64_1_2604

      Le monde selon Falun Gong

      Certaines sectes dites du « Lotus Blanc » sont liées à des rébellions contre le pouvoir impérial, telles que les révoltes de Xu Hongru (1622), de Wang Lun (fin du XVIIIe siècle) et des Huit Trigrammes (1813) ; de ce fait, les sectes populaires ont souvent été victimes d’une dure répression.

      L’eschatologie sectaire est reprise par Li Hongzhi qui annonce que nous sommes dans la « période de la fin du Dharma » prophétisée par le Bouddha Sakyamuni, période qui s’accompagne d’une corruption morale sans précédent dans l’histoire. « Actuellement, l’univers subit un grand changement. Chaque fois que ce changement se produit, toute la vie dans l’univers se trouve dans un état d’extinction. [...] Toutes les caractéristiques et matières qui existaient dans l’univers explosent, et la plupart sont exterminés. [...]

      Un nouvel univers est alors créé par des Grands Illuminés d’un niveau extrêmement, extrêmement élevé... ». Ces extinctions suivent un phénomène cyclique qui se produit à chaque fois que la civilisation atteint un niveau de développement scientifique dépassant son niveau moral.

      Selon Li Hongzhi, il y a des centaines de milliers, voire de millions d’années, des civilisations au niveau matériel, technologique et artistique extrêmement avancé existèrent. Ce sont elles qui ont fabriqué la lune, ainsi que les pyramides, qui n’ont rien à voir avec l’Egypte. La morale de ces civilisations s’étant perdue, les « Eveillés » décidèrent de les exterminer. « En fait, c’est une culture préhistorique qui s’est engloutie au fond de la mer. Par la suite, la terre a connu des changements, il y a eu plusieurs déplacements de plaques continentales, [et les pyramides] ont refait surface ». Lors de l’apocalypse, toutes les sciences et techniques disparaissent, et la poignée de survivants doivent recommencer l’histoire de l’humanité à l’âge de pierre. La terre aurait ainsi déjà connu 81 exterminations de ce type.

      Une partie des vivants, humains ou autres, sont épargnés de l’apocalypse et envoyés sur d’autres planètes. Ces extra-terrestres veulent maintenant revenir sur terre. Leur arme : la science moderne, à l’aide de laquelle ils s’infiltrent dans les esprits des hommes. « Je vous le dis, le développement de la société actuelle est entièrement produit et contrôlé par des extra-terrestres ». La science est une religion avec son clergé de licenciés, de maîtres, de docteurs, de post-docto- rants et de directeurs de recherche.

      Mais contrairement aux religions transmises par les dieux, c’est une religion transmise aux hommes par les extra-terrestres afin de les contrôler. Ces extra-terrestres veulent faire des expériences sur les hommes et les enlèvent pour en faire des animaux domestiques sur leur planète. Ils se sont aperçus que l’homme possède un corps parfait, et veulent donc se l’approprier. En s’infiltrant dans les corps des hommes à travers la science, ils veulent se substituer à eux. Ils injectent leurs ’choses’ dans les molécules et cellules des humains, afin qu’ils deviennent esclaves des ordinateurs et des machines, jusqu’à ce qu’ils soient remplacés par les extra-terrestres.

      « Pourquoi les ordinateurs se développent-ils si vite ? Comment se fait-il que le cerveau humain soit soudain si actif ? C’est l’effet de la manipulation de la pensée humaine par les extra-terrestres. Ces derniers ont assigné un numéro de série à chaque humain capable d’utiliser un ordinateur ».

      Ce que cette religion apporte à ses fidèles

      Le Falun Gong assimila non seulement les choses propres à Monsieur Li Hongzhi et l’essence d’une, deux, voire plusieurs écoles, mais en réalité, [Li Hongzhi] détient toutes sortes de pouvoirs prodigieux de l’univers ; autrement dit l’essence de ces écoles se cristallise toute entière chez Monsieur Li Hongzhi ».

      Et alors ?

      La Force de Li Hongzhi est transmise à travers son livre, le Zhuan Falun, un livre « omnipotent », dont chaque mot contient une multitude de bouddhas, de taos, de dieux et de corps dharmiques de Li Hongzhi, qui apportent l’illumination au lecteur. Chaque fois que l’adepte lit le livre, son niveau de compréhension progresse vers un niveau supérieur, et il trouve des vérités nouvelles qui lui avaient échappé la fois précédente — révélations qui, pourtant, ne représentent qu’une petite fraction des connaissances du Maître.

      « Le Zhuan Falun a fortement secoué les milieux scientifiques et technologiques du monde entier ! » : il dévoile et explique des mystères auparavant jamais révélés à l’humanité. Les dieux supérieurs disent : « Tu as donné aux hommes une échelle vers le Ciel — Zhuan Falun ».

      Cela me rappelle le modèle d’affaires d’un ex-collègue qui disait : tous les matins un imbécile se lève, il suffit de le trouver pour faire fortune . Bien sûr son idée impliquait de transformer cet exploit en exercice quotidien afin de créer une armée de niais à son service.

      J’ai du mal à croire que de telles fantasmes soient prises pour autre chose que l’inspiration d’un scénario de film ésothérique.

      Le cinquième élément / bande d’annonce
      https://www.youtube.com/watch?v=7rzmiE-pESk

      The Fifth Element / Official Trailer
      https://www.youtube.com/watch?v=N5vSg2DA3CI

      On note que l’élément ésothérique du film de Besson est mis en avant dans la bande d’annonce de langue anglaise alors que la publicité francaise montre uniquement le côté film d’action au décor futuriste.

      Pour le momement j’ai l’impression que le Falun Gong est la version chinoise de la Scientologie. Je comprend qu’à travers les dimensions typiquement chinoises du phénomène le danger qu’il constitue est nettement plus important que la menace de la Scientoogie pour nos sociétés.

      Après être arrivè à cette conclusion je me penche sur ce texte :

      Résolution du Parlement européen du 12 décembre 2013 sur le prélèvement d’organes en Chine (2013/2981(RSP))
      http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2013-0603+0+DOC+XML+V0//FR&language=FR

      #cinéma #idéologie #sciences_fiction #sectes #apocalypse

  • 1000 #emplois supprimés par General Electric : l’histoire d’un #piège américain et d’une #trahison française
    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/1000-emplois-supprimes-par-general-electric-l-histoire-d-un-piege-americain

    Quels enseignements tirer de cette catastrophe ? Tout d’abord, le rappel du caractère fondamentalement prédateur des #États-Unis d’Amérique, un État qui n’hésite pas à mettre sa puissance financière et militaire au service direct de ses #multinationales. Ensuite, les désastres provoqués par la #cupidité du #capitalisme français, privilégiant avec constance les profits financiers à court terme aux stratégies industrielles. L’#oligarchie française a cédé aux sirènes des marchés et des analystes financiers, notamment en démantelant les grands conglomérats industriels comme la CGE ou Thomson, à qui elle reprochait d’utiliser les profits des branches en bonne santé pour aider celles qui traversaient de mauvaises passes à se redresser. Soumis à l’#idéologie néo-libérale, donnant la priorité à la #dérégulation et à la « concurrence libre et non faussée », protestant comme le fit Lionel Jospin que « l’État ne peut pas tout », l’État a encouragé en France ces tendances suicidaires.

    Enfin, la clarté est faite quant à la complicité entre Emmanuel #Macron et GE tout au long de cette affaire, jusqu’au point où c’est son conseiller industrie lors du rachat qui est nommé à la tête de GE France pour mettre en œuvre le plan de restructuration…

    #France

    • Waw ! Le capitalisme français cupide et le néolibéralisme contre les pays dans le Fig’ !

      Jean-Charles Hourcade est ingénieur, polytechnicien, ancien Directeur Général Adjoint du groupe Thomson, ancien Directeur Général de France Brevets. Il est responsable Industrie de République Souveraine.

      La #collusion dont il parle est plus claire ici.

      Quand on sait que le même Hugh Bailey était précédemment le conseiller pour les affaires industrielles d’Emmanuel Macron à l’époque où il était ministre de l’Économie et avait piloté la vente à GE de la branche énergie d’Alstom (chaudières et turbines de génération électrique), il est urgent de revenir sur la genèse de ce nouveau coup dur et d’en tirer tous les enseignements pour préparer au mieux la riposte.

      En septembre 2015, c’est à l’issue d’un véritable thriller politico-industriel que GE prenait le contrôle de la division Energie d’Alstom, signant ainsi l’un des pires revers stratégiques qu’ait connu la France en 150 ans d’histoire industrielle.

  • The Power Elite
    https://www1.udel.edu/htr/Psc105/Texts/power.html

    Thomas Dye, a political scientist, and his students have been studying the upper echelons of leadership in America since 1972. These “top positions” encompassed the posts with the authority to run programs and activities of major political, economic, legal, educational, cultural, scientific, and civic institutions. The occupants of these offices, Dye’s investigators found, control half of the nation’s industrial, communications, transportation, and banking assets, and two-thirds of all insurance assets. In addition, they direct about 40 percent of the resources of private foundations and 50 percent of university endowments. Furthermore, less than 250 people hold the most influential posts in the executive, legislative, and judicial branches of the federal government, while approximately 200 men and women run the three major television networks and most of the national newspaper chains.

    Facts like these, which have been duplicated in countless other studies, suggest to many observers that power in the United States is concentrated in the hands of a single power elite. Scores of versions of this idea exist, probably one for each person who holds it, but they all interpret government and politics very differently than pluralists. Instead of seeing hundreds of competing groups hammering out policy, the elite model perceives a pyramid of power. At the top, a tiny elite makes all of the most important decisions for everyone below. A relatively small middle level consists of the types of individuals one normally thinks of when discussing American government: senators, representatives, mayors, governors, judges, lobbyists, and party leaders. The masses occupy the bottom. They are the average men and women in the country who are powerless to hold the top level accountable.

    The power elite theory, in short, claims that a single elite, not a multiplicity of competing groups, decides the life-and-death issues for the nation as a whole, leaving relatively minor matters for the middle level and almost nothing for the common person. It thus paints a dark picture. Whereas pluralists are somewhat content with what they believe is a fair, if admittedly imperfect, system, the power elite school decries the grossly unequal and unjust distribution of power it finds everywhere.

    People living in a country that prides itself on democracy, that is surrounded by the trappings of free government, and that constantly witnesses the comings and goings of elected officials may find the idea of a power elite farfetched. Yet many very intelligent social scientists accept it and present compelling reasons for believing it to be true. Thus, before dismissing it out of hand, one ought to listen to their arguments.

    #politique #théorie_politique #USA #États_Unis #gouvernement #idéologie #impérialisme

  • Absolute Power : How the Unitary Executive Theory Is Undermining the Constitution
    https://vimeo.com/10906096

    Unitary executive theory - Wikipedia
    https://en.wikipedia.org/wiki/Unitary_executive_theory
    Cet article n’a de traduction qu’en chinois. Va savoir pourquoi. Pourtant ce n’est pas une notion ésothérique mais un élément essentiel pour comprendre la position du président actuel et de ses prédecesseurs.

    The unitary executive theory is a theory of American constitutional law holding that the President possesses the power to control the entire executive branch. The doctrine is rooted in Article Two of the United States Constitution, which vests “the executive power” of the United States in the President. Although that general principle is widely accepted, there is disagreement about the strength and scope of the doctrine. It can be said that some favor a “strongly unitary” executive, while others favor a “weakly unitary” executive. The former group argue, for example, that Congress’s power to interfere with intra-executive decision-making (such as firing executive branch officials) is limited, and that the President can control policy-making by all executive agencies within the limits set for those agencies by Congress. Still others agree that the Constitution requires a unitary executive, but believe this to be harmful, and propose its abolition by constitutional amendment.

    Plural executives exist in several states where, in contrast to the federal government, executive officers such as lieutenant governor, attorney general, comptroller, secretary of state, and others, are elected independently of the state’s governor. The Executive Branch of the government of The State of Texas is a textbook example of this type of executive structure, also referred to as a plural executive. Another type of plu#politique #théorie_politique #USA #États_Unis #gouvernement #idéologie #droit #constitution
    ral executive, used in Japan, Israel, and Sweden, though not in any US state, is one in which in which a collegial body comprises the executive branch – however, that collegial body does not comprise multiple members elected in elections, but is rather more akin to the US Cabinet or UK Cabinet in formation and structure.

    Die unbeschränkte Macht des US-Präsidenten | Telepolis
    https://www.heise.de/tp/features/Die-unbeschraenkte-Macht-des-US-Praesidenten-3404384.html

    Schon Dutzende Mal hat US-Präsident Bush sein ihm angeblich verfassungsmäßig zustehendes Recht bei der Unterzeichnung von Gesetzen oder Anordnung von Anweisungen in Anspruch genommen. Eigentlich sieht die Unitary Executive Theory vor, dass der Präsident die Exekutive beaufsichtigt. Die Bush-Regierung hat allerdings diese Kontrolle so interpretiert, dass der Präsident diese praktisch alleine und ohne die Zustimmung des Kongresses oder der Legislative ausführen kann. Er würde damit sogar über dem Obersten Gericht stehen.

    Rechte des amerikanischen Präsidenten : Macht macht Mißbrauch - Feuilleton - FAZ
    https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/rechte-des-amerikanischen-praesidenten-macht-macht-missbrauch-1302370.html

    31.01.2006 Katja Gelinsky - Dammbruch durch Terror: Amerikas Juristen streiten über die Rechte des Präsidenten.

    Zwei Wochen waren seit den Terrorangriffen auf das World Trade Center vergangen, da schrieb John Yoo, Jurist im amerikanischen Justizministerium, folgende Zeilen in einem Vermerk für das Weiße Haus: „Die Zentralisierung von Vollmachten allein in der Person des Präsidenten ist besonders entscheidend in Angelegenheiten nationaler Verteidigung, des Krieges und der Außenpolitik, bei denen eine einheitliche Exekutive mit weit größerer Geschwindigkeit und Energie als jeder andere staatliche Zweig Bedrohungen bewerten, politische Reaktionen erwägen und nationale Ressourcen mobilisieren kann.“

    Yoo, der mittlerweile Juraprofessor an der Universität Berkeley ist, umriß damit eine staatsrechtliche Theorie, auf die die Regierung Bush seit dem 11. September 2001 kontroverse Maßnahmen im Kampf gegen den Terrorismus stützt, etwa das Wegsperren „feindlicher Kämpfer“ in Guantanamo oder auch seine umstrittene Anordnung von Abhöraktionen durch den Nachrichtendienst „National Security Agency“ (NSA) ohne richterliche Genehmigung. Ferner hatte das Justizministerium die sogenannte „Unitary Executive Theory“ für eine extrem enge Auslegung des Folterverbots herangezogen. Von dem Foltervermerk, an dem Yoo mitgearbeitet hat, ist das Weiße Haus später abgerückt, nicht jedoch von der Überzeugung, daß der amerikanische Präsident weitreichende Befugnisse habe, da die Verfassung eine geschlossen operierende einheitliche Exekutive ("unitary executive") verlange.

    Yoo ist zwar nicht Erfinder der „Unitary Executive Theory“, doch gilt er als Architekt des Rechtsgebäudes, das zur Legitimierung von Bushs Antiterrorpolitik geschaffen wurde. Ein Pfeiler dieses Rechtsgebäudes ist die Lehre von der einheitlichen Exekutive. Ohne diese gäbe es keine Möglichkeit, Maßnahmen wie die Abhöraktionen der NSA verfassungsrechtlich zu rechtfertigen, stellte vor kurzem der konservative Staatsrechtler Steve Calabresi von der Northwestern University gegenüber dem „Wall Street Journal“ fest. Calabresis Stimme hat Gewicht. Schließlich zählt der Mitgründer und Mitvorsitzende der einflußreichen konservativen Juristenvereinigung „Federalist Society“ zu den geistigen Vätern der „Unitary Executive Theory“. Calabresi arbeitete damals unter Präsident Reagan in der Brutstätte der kontroversen Theorie, im „Office of Legal Counsel“ des Justizministeriums.

    Christopher Kelley, Politikwissenschaftler an der Miami University in Oxford, Ohio, erinnert daran, daß der Kongreß nach dem Watergate-Skandal Reformen beschlossen habe, um die Macht des Präsidenten zu begrenzen, etwa das Gesetz zur Kontrolle von Abhörmaßnahmen, den „Foreign Intelligence Surveillance Act“ (FISA). Im Gegenzug hätten „sehr kreative“ Köpfe in der Regierung auf Maßnahmen zur Sicherung präsidialer Macht gedrungen. Ein Ergebnis ihrer Bemühungen sei die „Unitary Executive Theory“ gewesen, aus der die Regierung Bush nun ableite, daß sie sich bei den Abhöraktionen der NSA nicht an das FISA-Erfordernis richterlicher Genehmigung zu halten habe.

    Kleinster gemeinsamer Nenner der „Unitaristen“, deren Ansichten über die Kontrollbefugnisse des Präsidenten nicht so nah beieinanderliegen, wie ihre Bezeichnung vermuten läßt, ist die Annahme, der Präsident habe die Oberaufsicht über die gesamte ausführende Gewalt - also auch über traditionell unabhängige Institutionen wie die amerikanische Notenbank und die Börsenaufsicht. „Der Präsident hat nicht nur einige Vollmachten, sondern die Exekutivgewalt - die ganze“, erläuterte der Supreme-Court-Richter-Kandidat Samuel Alito im November 2000 in einer Rede vor der „Federalist Society“. Auch Alito hatte im Justizministerium der Regierung Reagan gearbeitet, während dort an der „Unitary Executive Theory“ gefeilt wurde. Damals wie heute sei er überzeugt, daß die Lehre von der einheitlichen Exekutive der Verfassung „am besten“ gerecht werde, bekannte Alito vor der „Federal Society“.

    Die politische Linke befürchtet deshalb, Alito werde am Supreme Court darauf dringen, dem Präsidenten weitgehend freie Hand zu lassen. Diesen Verdacht hat der künftige Oberste Richter mit dem Hinweis zu zerstreuen versucht, daß die Lehre von der „unitary executive“, so wie er sie verstehe, nichts zum Umfang präsidialer Befugnisse sage. Die Theorie befasse sich lediglich mit der prozedual-hierarchischen Frage nach den Kontrollbefugnissen des Präsidenten innerhalb der Exekutive; zu dem, was die ausführende Gewalt dürfe, sage sie nichts. Alito distanzierte sich damit von Unitaristen wie Yoo, nach dessen Konzept der Präsident und Oberbefehlshaber der amerikanischen Streitkräfte die Kontrolle in Fragen der nationalen Sicherheit praktisch allein und ohne die Zustimmung des Kongresses oder sogar gegen Gesetze der Legislative ausüben kann.

    Prominente amerikanische Verfassungsrechtler wie Laurence Tribe von der Harvard University haben diese Variante der „Unitary Executive Theory“ als schlecht getarnten Versuch kritisiert, die Grundsätze der Gewaltenteilung auszuhebeln. Selbst Calabresi hat gewisse Bedenken: Auch wenn er als Richter wahrscheinlich „das meiste“ von dem billigen würde, was die Regierung im Namen einheitlicher Exekutivgewalt beanspruche, sei er sich „keineswegs sicher“, daß er alle Maßnahmen aufrechterhalten würde.

    #politique #théorie_politique #USA #États_Unis #gouvernement #impérialisme #idéologie #droit #constitution

  • The Race to Develop the Moon | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2019/05/06/the-race-to-develop-the-moon

    The guiding laws of space are defined by the Outer Space Treaty, from 1967, which has been signed by a hundred and eight countries, including all those with substantial space programs. “Laws that govern outer space are similar to the laws for the high seas,” Alain Berinstain, the vice-president of global development at the lunar-exploration company Moon Express, explained. “If you are two hundred miles away from the continental shelf, those waters don’t belong to anybody—they belong to everybody.” Moon Express describes the moon as the eighth continent. The company, which is based in Florida, is hoping to deliver its first lander to the moon in 2020; on board will be telescopes and the Celestis cremains. “If you look down at the waters from your ship and see fish, those fish belong to everybody,” Berinstain continued. “But, if you put a net down and pull those fish onto the deck of the ship, they’re yours. This could change, but right now that is how the U.S. is interpreting the Outer Space Treaty.”

    Individual countries have their own interpretations of the treaty, and set up their own regulatory frameworks. Luxembourg promotes itself as “a unique legal, regulatory and business environment” for companies devoted to space resources, and is the first European country to pass legislation similar to that of the U.S., deeming resources collected in space to be ownable by private entities.

    It’s not difficult to imagine moon development, like all development, proceeding less than peacefully, and less than equitably. (At least, unlike with colonization on Earth, there are no natives whose land we’re taking, or so we assume.) Philip Metzger, a planetary physicist at the University of Central Florida, said, “I’m really glad that all these countries, all these companies, are going to the moon. But there will be problems.” Any country can withdraw from the Outer Space Treaty by giving a year’s notice. “If any country feels it has a sufficient lead in space, that is a motivation to withdraw from the treaty,” he said.

    So there is a tacit space race already. On the one hand, every national space agency applauded the success of the Chang’e-4 lander. The mission had science partnerships with Germany, the Netherlands, Saudi Arabia, and Sweden. NASA collaborates with many countries in space, sharing data, communications networks, and expertise. Russian rockets bring American astronauts to the International Space Station. When, in response to economic sanctions, the head of the Russian space agency said that maybe the American astronauts could get to the I.S.S. by trampoline, the comment was dismissed as posturing. Still, NASA has contracted with Boeing and SpaceX, Elon Musk’s rocket company, to begin taking astronauts to the I.S.S. this year—which means the U.S. will no longer rely on Russia for that. Russia and China say they will work together on a moon base. NASA used to collaborate with the China National Space Administration; in 2011, six months after members of NASA visited the C.N.S.A., Congress passed a bill that effectively prohibited collaboration.

    It’s natural to want to leave the moon undisturbed; it’s also clear that humanity will disturb it. But do we need to live there? Jeff Bezos, the founder of Amazon, envisages zoning the moon for heavy industry, and Earth for light industry and residential purposes. Bezos’s company Blue Origin is developing reusable rockets intended to bring humans reliably back and forth from space, with the long-term goal of creating manufacturing plants there, in zero gravity. Earth would be eased of its industrial burden, and the lower-gravity conditions would be beneficial for making certain goods, such as fibre-optic cables.

    “There’s the argument that we’ve destroyed the Earth and now we’re going to destroy the moon. But I don’t see it that way,” Metzger said. “The resources in space are billions of times greater than on Earth. Space pretty much erases everything we do. If you crush an asteroid to dust, the solar wind will blow it away. We can’t really mess up the solar system.”

    #Espace #Communs #Tragédie_communs #Idéologie_californienne #Géopolitique

  • Privatisations : la République en marché - #DATAGUEULE 88
    https://www.youtube.com/watch?v=1hYR2o1--8s

    Tout doit disparaître... surtout les limites ! Depuis 30 ans, les privatisations, à défaut d’inverser la spirale de la dette, déséquilibrent le rapport de force entre Etat et grandes entreprises à la table des négociations. Infrastructures, télécoms, BTP, eau ... les géants des marchés voient leur empire s’élargir dans un nombre croissant de secteurs vitaux. Cédant le pas et ses actifs au nom de la performance ou de l’efficacité, sans autre preuve qu’un dogme bien appris, la collectivité publique voit se dissoudre l’intérêt général dans une somme d’intérêts privés ... dont elle s’oblige à payer les pots cassés par des contrats où elle se prive de ses prérogatives. Mais comment donc les agents de l’Etat ont-ils fini par se convaincre qu’il ne servait à rien ?

  • 8 – On vient de retrouver l’auteur de ces deux étrons Nicole Esterolle - 23 Février 2019 - Schtroumpf Emergent
    http://www.schtroumpf-emergent.com/blog/?p=2432

    Ils sont installés dans la cour de la Bibliothèque Nationale et financé par le Ministère de la Culture… Lequel Ministère devrait être supprimé, car s’il n’existait pas, personne n’aurait financé ces deux grotesqueries , comme des milliers d’autres du même type de modernité, qui parsèment le dispositif public dédié à l’art dit contemporain.


    Dans la cour de la Biblothèque Nationale

    Nous sommes ici dans un au-delà de la laideur, dans une méta-laideur signe de distinction de classe, qui pose moins un problème d’ordre esthétique, que moral, politique et surtout juridique…Il faudra en effet bientôt ouvrir de dossier de cet art dit contemporain, sous l’angle collusion, corruption, conflits d’intérêts…tous ces ingrédients qui, au bout du compte, produisent cette laideur contemporainisée, intellectualisée et financiarisée.

    Nous apprenons donc que cette « sculpture » est de l’artiste international autrichien Franz West qui en avait fait une autre en forme de saucisse en 2005 pour orner à grand frais d’argent public l’entrée du Musée des Abattoirs de Toulouse…en hommage à la fameuse saucisse de la même ville et pour évoquer la tripaille sanguinolente qui jonchait les sols du temps où les abattoirs étaient en activité)


    le boudin rose

    Vous avez ici le lien vers le joli empaquetage discursif du « boudin rose » ( c’est ainsi que le nomment les habitants du quartier) rédigé par le service de communication du Musée des Abattoirs…Lisez un peu : c’est à s’en tordre les boyaux…ou à en vomir tripes et boyaux.
    https://www.lesabattoirs.org/blog/des-histoires-doeuvres/franz-west-agoraphobia-2005

    #FRAC #argent_public #art_comtemporien #idéologie #guerre_aux_pauvres #laideur

    • œuvres conceptualo-bidulaires _ 4 – « Il y a une énorme envie d’art contemporain en région … » *

       …C’est en tous cas ce que nous affirme sans rire Claire Jacquet, la directrice du Frac (Fonds Régional d’Art Contemporain) Aquitaine, selon ce dossier ( scan 01 joint) paru dans le Journal des Arts du 1 02 2019, et intitulé : «  Programme hors les murs : alibi ou raison d’être des FRAC ?  »…

      Les FRAC seraient-ils en recherche d’une « raison d’être » en dehors de leur « être – en – soi » qui partirait en eau de boudin ? C’est ce que semble sournoisement insinuer la question de ce quinzomadaire des arts pourtant farouchement correct et pro-système.

      Une « énorme envie », qui justifierait donc que les FRAC se répandassent auprès des populations périphériques, rurales ou défavorisées, avides de cette contemporanéité artistique internationale dont on les aurait cruellement privées depuis trop longtemps.

      Alors les FRAC entreprennent donc d’aller vers ce public en demande pressante : celui des foyers d’accueil, celui des établissement pénitentiaires, des EHPAD, de hôpitaux, des centres de redressement, des lycées, des collèges, des écoles maternelles…Celui aussi des chapelles, châteaux, Musées où leurs œuvres conceptualo-bidulaires pourront côtoyer les grands œuvres patrimoniales et se prévaloir de leur public ainsi détourné vers elles…

  • Pour le sociologue Nicolas Menet, « les start-up sont une mascarade » RTBF - 30 Mars 2019
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_pour-le-sociologue-nicolas-menet-les-start-up-sont-une-mascarade?id=1018

    Les start-up font rêver les jeunes entrepreneurs. Entreprise cool, réunions dans les hamacs et milliardaires en jeans baskets à 22 ans. « Mascarade ! » répond Nicolas Menet. Il est sociologue français, il est lui-même start-uper, il connaît donc bien ce milieu sur lequel il a un regard très critique. Il en a fait un livre avec un collègue «  Startup, arrêtons la mascarade – Contribuer vraiment à l’économie de demain ». Il insiste d’emblée : « Ce n’est pas un pamphlet anti-startup, c’est une proposition pour un nouveau modèle  ».

    La plupart se plantent
    Première mascarade pour Nicolas Menet le mythe de la success story n’existe (presque) jamais, en réalité il y en a surtout beaucoup qui n’y arrive pas : «  La start-up a été érigée comme un modèle de la coolitude, de la jeunesse qui va révolutionner le monde. En fait, derrière, il y a surtout de la précarité, du travail caché, pas de chiffre d’affaires. C’est très compliqué.  »

    Deuxième mascarade : C’est un cache-sexe pour les pouvoirs publics : «  Ça leur permet de s’afficher comme innovant alors que l’innovation n’est pas forcément là. Çà permet aussi aux politiques de parler d’emplois, alors que l’emploi n’est pas forcément là. Il y a une toute une arrière-boutique pas forcément reluisante qu’on ne veut pas voir. Seulement 10% des start-up créent de la valeur et des emplois. Tout le monde ne peut pas être entrepreneur. Il faut arrêter d’entretenir ce mythe auprès des jeunes.  »

    Un produit d’investissement comme un autre
    Pour Nicolas Menet, les start-up sont devenues des véhicules financiers. Leur activité, leur produit, leur projet n’intéressent pas leurs certains de leurs investisseurs : «  En private equity, les investisseurs sont prêts à perdre de l’argent. Pour eux, c’est une façon de placer de l’argent qui sera finalement plus productif dans une start-up que dans une banque vu les taux d’intérêt. Il y a des gens qui investissent parce qu’il faut investir, l’argent c’est comme l’eau, il faut qu’elle trouve des canaux. Ces start-up-là sont très mal accompagnées, elles vont droit dans le mur  ».

    Même constat du côté de l’investissement public. Les gouvernements investissent beaucoup ces dernières années dans le déploiement des start-up, en soutenant des incubateurs, des accélérateurs, des programmes d’accompagnement en proposant des incitants fiscaux pour développer un écosystème : «  Il faudrait exiger de la rentabilité et de la réussite pour avoir un retour. L’argent public n’a pas vocation à enrichir un ou deux fondateurs de start-up. Par contre s’il y a un retour pour la collectivité, si ces entreprises réussissent et contribuent à la formation des jeunes pousses, oui c’est de l’argent bien investit  ».

    « Les start-up doivent contribuer à l’intérêt général »
    Nicolas Menet ne plaide pas pour la disparition du système tel qu’il existe : «  Le Darwinisme entrepreneurial comme on le connaît aujourd’hui : on sème des projets et il y en a un sur dix qui va fonctionner, c’est comme ça que sont nés Google et Facebook, c’est très bien, ils n’ont pas eu besoin d’argent public  ».

    Mais il suggère l’émergence d’un autre système qu’il appelle « à profitabilité intégrale » financé par le public mais qui profite à toutes les parties et qui ont des objectifs d’intérêts général pour répondre à des problématiques collectives (vieillissement de la population, changements climatiques) : «  ces défis doivent être abordés avec une approche réglementaire, législative, mais aussi d’innovation. Et les écosystèmes à profitabilité intégrale vont se concentrer vers certains types d’innovation. Et l’argent public peut être investi dans ce type d’innovation parce qu’à la fois il va enrichir des investisseurs, il va crée de l’emploi, il va faire que des start-up deviennent pérennes, et répondre à des défis d’intérêt général  ».

    #start-up #fumisteries #enMarche #idéologie #néolibéralisme

  • Jusqu’où ira l’acceptation du capitalisme numérique et du transhumanisme ? Robin Delobel - 3 décembre 2018 - CATDM
    http://www.cadtm.org/Jusqu-ou-ira-l-acceptation-du-capitalisme-numerique-et-du-transhumanisme

    Après le #TINA (There is no alternative) de l’#idéologie_néolibérale, on assiste à l’apparition ces dernières années d’un TINA qui couvre une partie encore plus large du spectre politique. Il s’agit d’un TINA qui classe comme réactionnaire toute personne qui émet des doutes quant aux bienfaits du #tout_numérique, de la #robotisation, de l’#intelligence_artificielle, du #transhumanisme. Face à des questionnements ou des arguments qui contredisent le caractère bénéfique et souhaitable de cette dynamique, la réplique habituelle tient à présenter cette fuite en avant technologique comme une évolution naturelle de l’histoire, auquel on ne pourrait s’opposer sous peine d’être classé de dangereux passéiste, contre le « #Progrès ».

    Comment se positionnent #médias généralistes et courants politiques dits de gauche face à ce phénomène dont l’évocation dans les médias suit une courbe parallèle aux financements, c’est-à-dire exponentielle ?

    Vendredi 23 février 2018, la Foire du livre de Bruxelles nous offre le plaisir de venir écouter #Laurent_Alexandre. 13h Grand place du Livre, la salle est comble. L’intitulé de la rencontre organisée par la Foire du Livre de Bruxelles et La Libre Belgique : « Faut-il avoir peur de l’Intelligence Artificielle ? »

    Chirurgien et neurobiologiste, Laurent Alexandre se penche sur les mutations considérables que l’IA risque de provoquer dans nos modes de vie et dans notre conception de l’éducation. Tout au long de l’exposé, très peu de nuances ou d’arguments construits, la réponse au titre de la rencontre est non bien entendu.

    L’animateur Pierre-François Lovens lui tend le micro et le laisse énoncer des énormités l’une après l’autre. A la fin de son exposé, alors que nous lui posons quelques questions impertinentes, il nous répond avec orgueil des #poncifs ultralibéraux démontrant son idéologie hors-sol. Notamment sur l’impossibilité physique de généraliser la #robotisation (demandeuse de quantités énormes de ressources et de métaux, promis à la raréfaction et donc un enchérissement), il répondait « pas de problème on ira les chercher sur Mars » !

    Pourquoi s’attarder sur Laurent Alexandre ? Cet ambassadeur du transhumanisme réel est un invité régulier des médias dominants. Il y a quelques années son discours sur les plateaux télé consistait à affirmer haut et fort « l’homme qui vivra 1000 ans est déjà né ». Ayant sûrement remarqué qu’il passait pour un rigolo, même si les médias qui l’invitent le présentent uniquement sous son angle le plus sérieux, médecin urologue alors qu’on pourrait le présenter également comme entrepreneur et ardent défenseur (il faudrait peut être dire attaquant vu son zèle et son activisme) du transhumanisme, Laurent Alexandre a adapté quelque peu son discours de communicant. Actionnaire à La Tribune et président de la société #DNAVision, une société spécialisée dans le séquençage génétique domiciliée tout comme lui à Bruxelles, il aime à se présenter, selon son auditoire, comme un régulateur, voire même un lanceur d’alerter « car on est déjà à la traîne face aux asiatiques ».

    Laurent Alexandre, dont les conférences sont tarifées entre 5000 et 12 000 euros, affirme que l’espérance de vie va doubler au moins au cours du 21e siècle. Pourtant, l’EVSIn, l’espérance de vie sans incapacité régresse en France, l’espérance de vie tout court diminue aux États-Unis, pays d’origine du mouvement transhumaniste. En cause, les pollutions chimiques dispersées dans l’air et les aliments par les industries et le système alimentaire conventionnel. Chroniqueur au Huffington Post, au Monde et à l’Express, ce personnage sûr de lui est un bon client pour des médias dont les journalistes ne demandent pas mieux que d’avoir un grand bavard, annonciateur de « bonnes nouvelles » et qui peut s’exprimer sur tout et n’importe quoi. En Belgique, la RTBF, la Libre et Le Soir l’ont invité plus d’une fois pour livrer ses prédictions.

    Libération et France Inter Voyagent au cœur de l’IA

    Au-delà de l’activisme forcené de Laurent Alexandre, les médias généralistes font rarement preuve d’analyse critique quand il s’agit de traiter de tout ce qui touche au numérique, à la robotisation et au transhumanisme, phénomène que Bruno Poncelet nomme #capitalisme_numérique. « La révolution numérique, une expression à mettre en doute, c’est plein d’outils différents qui se combinent les uns aux autres : la robotisation, l’internet des objets (objets connectés qui communiquent entre eux), l’IA (programmes de logiciels ou des robots qui s’auto-contrôlent, se gouvernent de plus en plus de manière autonome), c’est le #Big Data (des logiciels qui sont capables d’exploiter toutes les données récoltées sur les gens à chaque fois qu’ils sont connectés, appelé l’or noir du 21e siècle). Enfin la révolution numérique c’est aussi le mélange entre la biologie et le silicium : mélanger des contenus informatiques avec des contenus biologiques, corps d’animaux et d’être humains » [3].

    Ce recul critique amené par Bruno Poncelet est rarement perçu dans les médias. La pluralité des opinions et des analyses est généralement réduite à un cadre restreint aux côtés positifs, voire aux avantages hypothétiques de cette « révolution numérique ».

    En novembre 2015, Libération organisait à Grenoble un forum « Mon corps connecté – Comment la technologie révolutionne la santé ». Sans dire le mot, la #propagande transhumaniste était déjà bien présente. Après avoir préparé le terrain depuis plusieurs années à coups d’articles et d’interviews a-critiques, Libération et France Inter, deux médias dits de gauche, organisaient ce 24 janvier 2018 un grand forum intitulé « Voyage au cœur de l’#IA, Travail, santé, éthique, comment l’intelligence artificielle va changer nos vies ? » Même pas besoin de se poser la question si on aura le choix mais plutôt, « accrochez-vous, écoutez comment ça va se passer ». Un événement sponsorisé par la #Maif, #Malakof_Mederic et #Total. « Depuis quelques mois, plus un jour sans que ces deux lettres « IA » ne s’invitent dans les médias » annoncent-ils très justement. « Le grand public commence à se familiariser peu à peu avec cette notion d’intelligence artificielle qui s’est développée bien avant que nous ayons pris conscience de son ampleur, de ses applications et de ses enjeux. » En effet, au lieu de nous fournir une information équilibrée, proposant des arguments sérieux quant à l’impact démocratique, social, écologique, philosophique de la numérisation massive des données ces mêmes médias ont préféré faire souvent office de support publicitaire en préconisant le haut débit partout, les #smarts_cities (villes connectées) et s’extasiant quotidiennement pour chaque nouvel objet high-tech sorti sur le marché.

    Libération et France Inter dans le numéro spécial qui servait de plaquette publicitaire à ce grand forum annonçaient offrir la parole à un panorama d’acteurs. On ne trouve pourtant pas une trace du moindre #technocritique. Parmi les invités figurait #Cédric_Villani, la caution scientifique du président Macron. Le mathématicien, devenu député il y a un an, estime que les gens comme « Kurzweil sont plus crédibles dans leur approche, car ils ont travaillé dans la technologie ». Villani remettait le 29 mars 2018 son rapport avec un plan d’action national pour le développement de l’intelligence artificielle en France, avec à la clé un petit pactole de 1,5 milliards d’euros d’argent public promis.

    Parmi les autres VIP du jour on pouvait écouter #Yann_Le Cunn_directeur du laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Facebook. PMO écrivait dans une note sur le festival organisé par le journal Le Monde en septembre 2017, où Le Cunn était également invité : « Pendant que certains réactionnaires s’échinent à développer l’intelligence humaine, Le Cunn, lui, se consacre à périmer nos cerveaux avec ses machines surpuissantes. C’est grâce à lui que vos smartphones et autres prothèses électroniques sont capables de reconnaître et de nommer des visages dans des images – c’est-à-dire de nous traquer partout. Les rêves des technocrates se réalisent pour notre cauchemar » [4].

    Une philosophe aurait peut-être le courage d’émettre quelques réserves lors de ce forum ? Catherine Malabou, qui a publié en 2017 Métamorphose de l’intelligence : que faire de leur cerveau bleu ?, aime plutôt à imaginer une vie en harmonie avec les robots : « Je pense que l’ère de l’intelligence artificielle qui s’annonce aujourd’hui peut ouvrir la possibilité d’une plasticité nouvelle. (...) Pour l’instant on n’en est qu’à la cartographie de cerveaux de rongeurs mais avec les progrès de la cybernétique on peut formuler l’hypothèse que le cerveau humain pourra être cartographié ». Ou comment des philosophes de salon peuvent servir de caution intellectuelle lors des grandes messes à la gloire du progrès technologique.

    Le merveilleux univers numérique du journal Le Soir
    Le journal Le Soir regorge également d’articles technophiles faisant fi de tout travail journalistique sérieux, avec prise de recul et réflexion sur les enjeux sociaux, économiques, écologiques, démocratiques... Chaque jour au moins un article peut surprendre par le manque de distance quant aux nouvelles applications technologiques qui illustrent ce capitalisme numérique décrit par Bruno Poncelet. Des injonctions à passer au haut débit dans les vols low-cost à l’exigence de numériser l’enseignement sans plus attendre, tout y passe.

    Prenons-en juste un, au moment de boucler cet article, le 5 juin 2018, Le Soir annonce en Une, « Au supermarché, faire ses courses par smartphone de A à Z ». Les premières pages du journal sont consacrées à cette nouvelle primordiale. Plusieurs magasins du groupe Colruyt lancent ce jour-même le mouvement avant de l’appliquer dans les autres enseignes du groupe.

    Dans l’introduction, le journaliste évoque de « graves problèmes de société » même si ce « nouvel outil numérique semble épatant ». Trois colonnes pour aborder sous différents angles l’info du jour : l’humain, l’emploi, la vie privée. A la question De la conso complètement désincarnée, un psychologue de la consommation à l’UCL nous fait remarquer que les « personnes au #profil_prosocial peuvent effectivement percevoir ce nouvel outil numérique comme source de déshumanisation ». Il faudrait avoir un profil « prosocial » pour apprécier le contact humain, tout est question, de choix et de droits individuels tant pis pour l’impact sociétal. De toute façon, le journaliste nous rassure, à travers les propos de l’universitaire, ce changement n’entrave pas fondamentalement les contacts que l’on peut avoir dans un magasin : « il ne faudrait pas non plus réduire l’expérience sociale dans un magasin aux interactions directes que l’on a avec le personnel de caisse. Dans un magasin, on est en contact avec d’autres clients avec lesquels on n’interagit pas spécifiquement. Mais rien qu’être présent et échanger des regards permet de nourrir du #lien_social ».

    Concernant la question de l’emploi, Plus de machines, moins de Personnel ? Le gérant d’un magasin Spar assure qu’à choisir entre le personnel et le #self-scan par smartphone, il sauverait bien sûr le personnel. Du côté de Colruyt, on assure que cette innovation est là pour le bien-être des clients et non pour diminuer le personnel. Ce qui est contredit chiffres à l’appui par un représentant CNE mais qui conclut que « ce mouvement est hélas inéluctable » en argumentant en faveur d’une proposition du type de celle de Benoit Hamon « on peut diminuer le temps de travail en taxant les machines ».

    Chez écolo, on rêve d’une société de loisirs où le travail serait laissé aux robots
    #Etopia, bureau d’étude du parti Ecolo, organisait un week-end consacré à l’intelligence artificielle du 16 au 18 mars 2018. Curieux d’entendre leurs positionnements, je m’y suis rendu à cette rencontre de 3 jours intitulée « Aie Robots ».

    L’invitation à ces « Rencontres des Nouveaux Mondes » se présentait comme telle : Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? Faut-il la craindre ? Faut-il s’en réjouir ? Peut-elle seconder l’humanité dans la résolution de ses grands problèmes ? Ou au contraire constitue-t-elle l’un d’entre eux ? L’humanité pourrait-elle être tentée de se confier à la perfection des machines qui pourraient choisir, décider et agir à notre place ?

    Le samedi après-midi, nous pouvions participer à deux ateliers parmi les 8 proposés :
    – L’IA permettra-t-elle de vaincre la maladie ?
    – Les guerres de demain : l’essor des robots-tueurs et des cyberattaques ?
    – Capteurs, géolocalisation, IA et big-data : quels impacts sur notre mobilité ?
    – La digitalisation est-elle la prochaine révolution de l’agriculture ?
    – Le gouvernement des algorithmes est-il démocratique ?
    – Intelligence artificielle et enseignants : la grande alliance éducative ?
    – Intelligence artificielle : le grand remplacement des travailleurs ?
    – Les robots deviendront-ils nos compagnons de vie ?

    J’avais choisi de me rendre à celui sur la mobilité et celui sur l’agriculture, qui me semblaient parmi ceux où Ecolo et #Etopia pouvaient avoir la réflexion la plus aboutie.

    Comment l’évolution fulgurante des capteurs, de la géolocalisation, de l’intelligence artificiel et du big-data vont-ils impacter notre mobilité ? Cette vague technologique est-elle la clé de voûte d’une mobilité plus durable, moins émettrice de GES (gaz à effet de serre) et moins polluante ? Ou, à l’inverse, nous mène-t-elle plus rapidement vers le mur des limites environnementales ? Un atelier animé par Pierre Tacheron, de #Transitec, bureau d’étude indépendant spécialisé dans les problématiques de mobilité.

    Lors de cet atelier, l’intervenant, qui ne s’était pas vraiment présenté (on ne sait pas à quel point il est lié au parti Ecolo) ... expose de nombreux chiffres et de multiples informations à faire tourner la tête, utilisant sans cesse des expressions du jargon high-tech pas forcément compréhensibles.

    Le message d’introduction était le suivant : la logique de robotisation se développe, les big datas se renforcent quotidiennement à travers l’accaparement de données quotidien qu’ils effectuent, les pouvoirs publics ne peuvent pas rivaliser. Quelle option choisir pour une meilleure mobilité ?

    Selon l’intervenant invité par Etopia il faut se tourner vers les calculateurs multimodaux (city maper), citant Waze, une application mobile de navigation GPS s’appuyant sur une cartographie élaborée par ses propres utilisateurs, racheté par Google en 2013. « Il y a un risque avec le côté Big Brother, mais il y a aussi un côté intéressant » insiste-t-il. Il allait jusqu’à nous expliquer que la future application magique qu’il promeut permettra de donner tous les choix possibles à une personne qui doit se rendre à une réunion à Bruxelles, « Tu as un ami dans ce train, si tu prends Blablacar telle personne connaît ton fils », il concluait : « par les réseaux sociaux on te propose des relations ». Tellement convivial ce monde numérique.

    Venait ensuite la partie de son exposé sur les véhicules autonomes. Pour l’intervenant du jour cela coule de source, c’est une réponse écologique au trafic trop dense à Bruxelles et ailleurs. En Europe, 80 % des déplacements se font en voiture individuelle. Les voitures autonomes sont une solution pour organiser du covoiturage et désengorger les routes. Nos amis de la Silicon Valley, qui sont des écologistes convaincus, ont déjà pensé à tout : Audi et Tesla intègrent des applications qui permettent le partage des voitures individuelles. L’idée est que chaque personne puisse commander une course à la voiture autonome grâce à son smartphone et la voiture, organise tous ses trajets pour ne jamais être à l’arrêt. Ce qui selon lui, diminue énormément le nombre de voitures stationnées. Et en bonus, le temps passé dans le véhicule autonome n’est pas du temps perdu, on peut lire, travailler, organiser sa journée ... Mais bien sûr, « ce qui va freiner c’est le politique » tellement ancré dans ses habitudes et la peur du « progrès ». Et la population ? En février 2018, un article du journal Sud-Ouest indiquait que, malgré le matraquage plutôt favorable à ces #véhicules_autonomes, 59 % des français n’en veulent pas.

    L’autre atelier se présentait ainsi : Après la mécanisation, la robotisation et l’intelligence artificielle constituent-elles la prochaine révolution de l’agriculture ? Quelles sont ces promesses ? Quel impact sur les agriculteurs et sur notre système alimentaire ? Peut-elle contribuer au développement des filières locales, au développement de l’agriculture urbaine ? Ou va-t-elle, à l’inverse, renforcer les conglomérats de l’agro-industrie ? Avec Guillaume Defays (CRA-W, Centre wallon de Recherches agronomiques)

    L’exposé se consacrait ici à la robotisation et l’intelligence artificielle dans l’agriculture. On pouvait découvrir les nouveaux outils tels que les robots de traite (toujours fiable, plus de risque pour l’agriculteur de recevoir un coup de pied), les robots d’élevage (qui poussent la nourriture vers le mangeoire, nettoient, ...), ou encore les robots de désherbage. Ces machines peuvent faire gagner en moyenne 4 heures par jour à l’agriculteur selon l’intervenant. Mais d’autres innovations encore plus précises peuvent accompagner les agriculteurs, par exemple, des drones qui mesurent la biomasse et vont ainsi permettre de doser les semences et la pulvérisation au millimètre près. La partie critique de l’intitulé de l’atelier (renforcer les conglomérats de l’agro-industrie) est étonnement passée à la trappe. Ces propositions mènent pourtant à une hausse continue des dettes pour les agriculteurs déjà surendettés, des faillites garanties et des rachats par des entités financières. Ou comment transformer les agriculteurs indépendants en ouvriers agricoles.

    Le dimanche matin, un temps était prévu pour un retour en plénière avec toutes les personnes présentes pendant le week-end. Parmi les réflexions entendues, « la technologie personne n’a rien contre parce qu’elle offre des opportunités », « pour plusieurs d’entre nous c’est l’espoir d’utiliser ces technologies pour un monde meilleur », « attention tout de même aux conflits entre États et entreprises privées », et enfin « comment la technologie peut nous rapprocher de la nature ». Enfin, une idée qui accueillait un enthousiasme certain, celle portée par le candidat du PS, Benoit Hamon lors des présidentielles françaises en 2017 : « Peut-on profiter de cette révolution pour libérer du temps de travail ? »

    J’ai pu remarquer une fois de plus lors de ce week-end que le système technicien comme l’a analysé #Jacques_Ellul est un impensé. L’idée diffuse lors de ces rencontres des Nouveaux mondes tenait dans l’amélioration et la gestion de ce capitalisme numérique : aménageons un capitalisme tranquille ou le vivre ensemble avec les robots.

    Rarement son évoquées des questions qui me semblent fondamentales comme :
    – Est-ce possible en termes de ressources métalliques, d’énergie disponible, de conditions de travail [5] ? ;
    – Est-ce souhaitable (en termes de creusement des inégalités, d’impact sanitaire du à la prolifération de pollutions chimiques, perte de repères, rationalisation poussée à l’extrême, fuite en avant de la marchandisation de tout, système hors-sol, perte du sensible, de l’imprévisible, en un mot de l’humain) [6]

    De plus, en période d’austérité généralisée et de multiplications des dettes illégitimes en Europe et ailleurs d’énormes financements vont dans le tout technologique. Alors que les choix de financements dans la recherche pourraient être dirigées par exemple vers l’agriculture biologique, les low-tech, ...

    Dans la recherche de perspectives alternatives dans les mouvements soucieux de justice sociale et écologique, il me semble urgent de déconstruire les discours #technocapitalistes, arrêter de s’aligner sur les modèles imposés par les capitalistes de tout poil qu’ils soient #libertariens, « écolos » ou conservateurs. Ceci nécessite aussi une réflexion philosophique sur quel type de société nous voulons vraiment.

    Notes

    [1] Département de philosophie, de logique et de méthodologie scientifique, École d’économie de Londres, trad. Richard Gauthier
    Enseignant à Oxford, il y dirige le Future of Humanity Institute et le Strategic Artificial Intelligence Research Centre, cofondateur de la World Transhumanist Association en 1998

    [2] Citations tirées de l’excellent livre de Pièces et main d’œuvre (PMO), Manifeste des chimpanzés du futur, contre le transhumanisme, Service compris, 2017

    [3] Formateur au CEPAG, vidéo « Révolution numérique et contrôle social », novembre 2017

    [4] http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=968

    [5] Lire La machine est ton seigneur et ton maître, sur l’univers d’exploitation extrême que constituent les usines chinoises de Foxconn, plus grand groupe mondial de production de composants électroniques et fournisseur de la plupart des grandes entreprises informatiques, Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi, Traduit de l’anglais et préfacé par Celia Izoard, Agone, 2015

    [6] Un film à voir, Un monde sans humains, diffusé en 2012 sur Arte, réalisé par Philippe Borrel ❞

  • Erik Olin Wright : reconstruire le marxisme - La Vie des idées
    https://laviedesidees.fr/Erik-Olin-Wright-reconstruire-le-marxisme.html

    Je ne connaissais pas cet auteur, sociologue et politique... c’est passionnant.

    Disparu en janvier 2019, le sociologue américain Erik Olin Wright a consacré sa vie à échafauder les bases d’un avenir post-capitaliste de l’humanité en repensant les rapports de classes et leurs transformations, à l’aune d’un marxisme renouvelé par l’enquête empirique.

    Erik Olin Wright s’est éteint le 23 janvier 2019 à l’âge de 72 ans. Sociologue, il était surtout connu pour ses travaux sur les classes sociales qui avaient revivifié les débats théoriques et empiriques sur les structures de classe (en particulier son livre Classes publié en 1985), et conduit les sociologues américains à l’élire en 2012 à la présidence de l’Association américaine de sociologie. Mais il était aussi indéfectiblement attaché à l’espoir et au projet d’un avenir post-capitaliste de l’humanité, qu’il jugeait à la fois nécessaire, urgent et possible, ou pour reprendre ses mots à l’idée d’un socialisme démocratique [1].

    Depuis deux décennies, il avait ainsi contribué à remettre au premier plan, et au cœur de la théorie sociale et politique, la question des alternatives au capitalisme et des stratégies de transformation sociale. Son œuvre majeure sur la question est d’ailleurs le seul livre qui aura été traduit en français de son vivant [2], sous le titre Utopies réelles qui résume parfaitement sa démarche : trouver les voies d’un dépassement concret du capitalisme tout en se tenant fermement sur le terrain du possible, en rupture avec l’adaptation pseudo-réaliste au réel, mais aussi avec le repli consolateur sur les mirages néo-communautaires ou la fétichisation esthétisante de l’émeute [3], tous deux voués à laisser intact le monde tel qu’il est.

    #Erik_Olin_Wright #Sociologie #Marxisme #Classes_sociales

  • The “Tragedy of the Commons” was invented by a white supremacist based on a false history, and it’s toxic bullshit / Boing Boing
    https://boingboing.net/2019/03/07/scientific-fraud.html

    In a brilliant Twitter thread, UCSB political scientist Matto Mildenberger recounts the sordid history of Garrett Hardin’s classic, widely cited 1968 article “The Tragedy of the Commons,” whose ideas are taught to millions of undergrads, and whose precepts are used to justify the privatization of public goods as the only efficient way to manage them.

    Hardin’s paper starts with a history of the English Commons — publicly held lands that were collectively owned and managed — and the claim that commons routinely fell prey to the selfish human impulse to overgraze your livestock on public land (and that even non-selfish people would overgraze their animals because they knew that their more-selfish neighbors would do so even if they didn’t).

    But this isn’t what actually happened to the Commons: they were stable and well-managed until other factors (e.g. rich people trying to acquire even more land) destabilized them.

    Hardin wasn’t just inventing false histories out of a vacuum. He was, personally, a nasty piece of work: a white supremacist and eugenicist, and the Tragedy of the Commons paper is shot through with this vile ideology, arguing that poor people should not be given charity lest they breed beyond their means (Hardin also campaigned against food aid). Hardin was a director of the Federation for American Immigration Reform and the white nationalist Social Contract Press, and co-founded anti-immigrant groups like Californians for Population Stabilization and The Environmental Fund.

    Mildenberger argues that Hardin was a trumpist before Trump: He served on the board of the Federation for American Immigration Reform (FAIR), whose talking points often emerge from Trump’s mouth.

    (Hardin quotes that didn’t make it into his seminal paper: “Diversity is the opposite of unity, and unity is a prime requirement for national survival” and “My position is that this idea of a multiethnic society is a disaster...we should restrict immigration for that reason.”)

    As Mildenberger points out, this isn’t a case where a terrible person had some great ideas that outlived them: Hardin’s Tragedy of the Commons was a piece of intellectual fraud committed in service to his racist, eugenicist ideology.

    What’s worse: the environmental movement elevates Hardin to sainthood, whitewashing his racism and celebrating “The Tragedy of the Commons” as a seminal work of environmental literature. But Hardin is no friend of the environment: his noxious cocktail of racism and false history are used to move public lands into private ownership or stewardship, (literally) paving the way for devastating exploitation of those lands.

    By contrast, consider Nobelist Elinor Ostrom’s Governing the Commons, whose groundbreaking insights on the management of common resources are a prescription for a better, more prosperous, more egalitarian future.

    Update: If this kind of thing interests you, check out Tim Harford’s (previously) 2013 column on Hardin and Ostrom’s brilliant response to him.

    #Communs #Garrett_Harding #Idéologie_scientiste

  • Leçons du mouvement des Gilets jaunes, Badiou
    https://drive.google.com/file/d/1VGECYnlh_LgRRwKvtgd_uSU7liyudQvm/view

    La conséquence de tout cela est que la bourgeoisie française — son oligarchie dominante, les actionnaires du CAC 40 — ne peut plus entretenir à son service, sur le même pied qu’avant, notamment avant la crise de 2008, une classe moyenne politiquement servile. Cette classe moyenne a été en effet le support historique à peu près constant de la prééminence électorale des diverses droites, prééminence dirigée contre les ouvriers organisés des grandes concentrations industrielles, lesquels étaient tentés par le communisme entre les années vingt, et, justement, les années 1980-1990.
    D’où la levée actuelle d’une part importante, et populaire, de cette classe moyenne, qui a le sentiment d’être abandonnée, contre Macron, qui est l’agent de la « modernisation » capitaliste locale, ce qui veut dire : serrer partout la vis, économiser, austériser, privatiser, sans les égards, qui existaient encore il y a trente ans, pour le confort des classes moyennes, en échange de leur consentement au système dominant.

    Où l’on vérifie que « le plus grand penseur français » (Aude Lancelin) se montre apte à dégouter du marxisme voire de toute théorisation tout lecteur un tant soit peu attentif qui se refuse à définir le soulèvement Gilets jaunes comme une mobilisation des « classes moyennes », fussent-elles « populaires ».
    Je vais pas égrener ici le genre de « catégories sociales » qui sont au coeur de ce soulèvement, du cariste à l’aide soignante, de l’infirmière aux intérimeuses. Juste signaler, par exemple, que seule l’idéologie autorise à considérer globalement les #auto_entrepreneurs comme des patrons (de qui ?!, à combien ?).

    #idéologie #Bad_You !! #shame #classes_moyennes #Gilets_Jaunes #marxisme_fossile

    • Une version reçue par mel, histoire de ne pas avoir besoin d’un compte gougueule

      Leçons du mouvement des « gilets jaunes » - Alain Badiou —

      Que faut-il penser, ce qui s’appelle penser, et non courir en aboyant, de la contradiction, violente, durable, entre le mouvement des gilets jaunes et les autorités de l’Etat, conduites par le petit président Macron ?
      J’ai dit fermement, dès le tour final des élections présidentielles, que je ne me rallierai jamais ni bien entendu à Marine Le Pen, capitaine de l’extrême-droite parlementaire, ni à Macron, qui montait ce que j’ai appelé « un coup d’Etat démocratique », au service pseudo-réformateur du grand capital.

      Aujourd’hui, je ne change évidemment rien à mon jugement sur Macron. Je le méprise sans aucune retenue. Mais que dire du mouvement des gilets jaunes ? Je dois avouer qu’en tout cas, dans ses débuts, l’année dernière, je n’y ai rien trouvé, que ce soit dans sa composition, ses affirmations ou ses pratiques, qui soit à mes yeux politiquement novateur, ou progressiste.

      Que les raisons de cette révolte soient nombreuses, et qu’à ce titre on puisse considérer le mouvement comme légitime, je l’accorde sans hésiter. Je connais la désertification des zones rurales, le triste silence des rues abandonnées dans les villes petites, et même moyennes ; l’éloignement continu, pour des masses de gens, des services publics, du reste peu à peu privatisés : dispensaires, hôpitaux, écoles, bureaux de poste, gares de la SNCF, téléphone. Je sais qu’une paupérisation, d’abord rampante, puis accélérée, affecte des populations qui, il y a quarante ans encore, bénéficiaient d’un pouvoir d’achat en progression quasi continue. Il est certain que les formes nouvelles de la fiscalité, son aggravation, peuvent apparaître comme une des causes de cette paupérisation. Je n’ignore nullement que la vie matérielle de familles entières devient un casse-tête, notamment pour de nombreuses femmes, du reste très actives dans le mouvement des gilets jaunes
      En résumé : il y a en France un très fort mécontentement de ce qu’on peut nommer la partie laborieuse, majoritairement provinciale, et aux revenus modérés, de la classe moyenne. Le mouvement des gilets jaunes est une représentation significative, en forme de révolte active et virulente, de ce mécontentement.

      Les raisons historico-économiques de cette levée sont, pour qui veut bien les entendre, parfaitement claires. Elles expliquent du reste pourquoi les gilets jaunes renvoient le début de leurs malheurs à il y a quarante ans : en gros, les années quatre-vingt, début d’une longue contre-révolution capitalo-oligarchique, appelée à tort « néo-libérale » alors qu’elle était libérale tout court. Ce qui veut dire : retour à la sauvagerie du capitalisme du XIXe siècle. Cette contre-révolution venait en réaction aux dix « années rouges » — grosso modo de 1965 à 1975 —, dont l’épicentre français fut Mai 68 et l’épicentre mondial la Révolution Culturelle en Chine. Mais elle fut considérablement accélérée par l’effondrement de l’entreprise planétaire du communisme, en URSS, puis en Chine : plus rien, à échelle mondiale, ne s’opposait à ce que le capitalisme et ses profiteurs, singulièrement l’oligarchie trans-nationale des milliardaires, exercent un pouvoir sans limites.
      Bien entendu, la bourgeoisie française a suivi le mouvement contre-révolutionnaire. Elle en a même été une capitale intellectuelle et idéologique, avec les agissements des « nouveaux philosophes », qui ont veillé à ce que l’Idée communiste soit partout pourchassée, non seulement comme fausse, mais comme criminelle. De nombreux intellectuels, renégats de Mai 68 et du maoïsme, ont été de consciencieux chiens de garde, sous des vocables fétiches et inoffensifs, comme « liberté », « démocratie », ou « notre république », de la contre-révolution bourgeoise et libérale.

      Cependant, la situation de la France, peu à peu, des années quatre-vingt à aujourd’hui, s’est dégradée. Ce pays n’est plus ce qu’il a été pendant les « trente glorieuses » de la reconstruction d’après-guerre. La France n’est plus une puissance mondiale forte, un impérialisme conquérant. On la compare couramment, aujourd’hui, à l’Italie, voire à la Grèce. La concurrence la fait reculer partout, sa rente coloniale est au bout du rouleau et demande, pour être maintenue, d’innombrables opérations militaires en Afrique, coûteuses et incertaines. En outre, comme le prix de la force de travail ouvrière est bien plus bas ailleurs qu’en France, par exemple en Asie, les grandes usines sont toutes peu à peu délocalisées vers l’étranger. Cette désindustrialisation massive entraîne une sorte de ruine sociale qui s’étend de régions entières, comme la Lorraine et sa sidérurgie ou le Nord des usines textiles et des mines de charbon, jusqu’à la banlieue parisienne, du coup livrée à la spéculation immobilière sur les innombrables friches laissées par des industries en perdition.

      La conséquence de tout cela est que la bourgeoisie française — son oligarchie dominante, les actionnaires du CAC 40 — ne peut plus entretenir à son service, sur le même pied qu’avant, notamment avant la crise de 2008, une classe moyenne politiquement servile. Cette classe moyenne a été en effet le support historique à peu près constant de la prééminence électorale des diverses droites, prééminence dirigée contre les ouvriers organisés des grandes concentrations industrielles, lesquels étaient tentés par le communisme entre les années vingt, et, justement, les années 1980-1990. D’où la levée actuelle d’une part importante, et populaire, de cette classe moyenne, qui a le sentiment d’être abandonnée, contre Macron, qui est l’agent de la « modernisation » capitaliste locale, ce qui veut dire : serrer partout la vis, économiser, austériser, privatiser, sans les égards, qui existaient encore il y a trente ans, pour le confort des classes moyennes, en échange de leur consentement au système dominant.

      Les gilets jaunes, arguant de leur bien réelle paupérisation, veulent qu’on leur paie de nouveau ce consentement au prix fort. Mais c’est absurde, puisque précisément le macronisme est le résultat du fait que l’oligarchie, premièrement a moins besoin du soutien des classes moyennes, dont le financement était coûteux, depuis que le danger communiste a disparu ; et deuxièmement n’a plus les moyens de se payer une domesticité électorale de la même envergure qu’autrefois. Et que donc, il faut aller, sous couvert de « réformes indispensables » vers une politique autoritaire : une nouvelle forme du pouvoir d’Etat servira de support à une « austérité » juteuse, étendue du peuple des chômeurs et des ouvriers jusqu’aux couches inférieures de la classe moyenne. Et ce pour le profit des vrais maîtres de ce monde, à savoir les actionnaires principaux des grands groupes de l’industrie, du commerce, des matières premières, des transports et de la communication.

      Dans le Manifeste du Parti communiste, écrit en 1848, Marx examinait déjà ce type de conjoncture, et parlait, au fond, avec précision, de ce que sont aujourd’hui nos gilets jaunes. Il écrivait ceci : La classe moyenne, les petits fabricants, les détaillants, les artisans, les paysans combattent la Bourgeoisie, parce qu’elle compromet leur existence en tant que classe moyenne. Ils ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservateurs  ; qui plus est, ils sont réactionnaires  ; ils demandent que l’histoire fasse machine arrière.
      Ils le demandent aujourd’hui d’autant plus âprement que la bourgeoisie française n’est plus en état, vu le tour pris par le capitalisme mondialisé, de soutenir et encore moins d’augmenter leur pouvoir d’achat. Les gilets jaunes « combattent la Bourgeoisie », comme le dit Marx, c’est vrai. Mais ils le font pour restaurer un ordre ancien et périmé, et non pour inventer un nouvel ordre social et politique, dont les noms ont été, depuis le XIXe siècle, « socialisme », ou, surtout, « communisme ». Car pendant presque deux siècles, tout ce qui n’était pas peu ou prou défini selon une orientation révolutionnaire était très justement considéré comme relavant de la réaction capitaliste. Il n’y avait, en politique, que deux grandes voies. Nous devons absolument revenir vers cette conviction : deux voies, en politique, deux seulement, et jamais une poussière « démocratique » de pseudo tendances, sous la houlette d’une oligarchie qui se déclare « libérale ».
      Ces considérations générales nous permettent de revenir aux caractéristiques concrètes du mouvement des gilets jaunes. Ses caractéristiques en quelque sorte spontanées, celles qui ne sont pas dues à des interventions extérieures au courant principal de la levée, sont en réalité « réactionnaires », comme le dit Marx, mais en un sens plus moderne : on pourrait appeler la subjectivité de ce mouvement un individualisme populaire, rassemblant des colères personnelles liées aux formes neuves de la servitude aujourd’hui imposée à tous par la dictature du Capital.

      C’est la raison pour laquelle il est faux de dire, comme le font certains, que le mouvement des gilets jaunes est intrinsèquement fasciste. Non. Le fascisme organise de façon le plus souvent très disciplinée, voire militarisée, des motifs identitaires, nationaux ou racialistes. Il y a dans la présente levée inorganisée – comme l’est toujours la classe moyenne urbaine — et de ce fait même individualiste, des gens de toutes sortes, de tous métiers, qui se pensent souvent, et sincèrement, comme démocrates, qui en appellent aux lois de la République – ce qui, aujourd’hui en France, ne mange pas de pain. A vrai dire, chez la grande majorité d’entre eux, les convictions proprement politiques sont flottantes. Mais à considérer le mouvement — encore une fois tel qu’il se donne dans sa « pureté » initiale – à partir de ses rares aspects collectifs, mots d’ordre, énoncés répétés, je n’y vois rien qui me parle, m’intéresse, me mobilise. Leurs proclamations, leur désorganisation périlleuse, leurs formes d’action, leur absence assumée de pensée générale et de vision stratégique, tout cela proscrit l’inventivité politique. Je ne suis certes pas conquis par leur hostilité à toute direction incarnée, leur crainte obsessionnelle de la centralisation, du collectif unifié, crainte qui confond, comme le font tous les réactionnaires contemporains, démocratie et individualisme. Rien de tout cela n’est de nature à opposer au très odieux et misérable Macron une force progressiste, novatrice et victorieuse au long cours.
      Je sais que les adversaires de droite du mouvement, notamment chez les intellectuels renégats, les ex-révolutionnaires devenus les chantres du pouvoir policier dès lors que l’oligarchie et l’Etat leur assurent des tribunes pour leur bavardage libéral – accusent le soulèvement « gilets jaunes » d’antisémitisme ou d’homophobie, ou encore de « danger pour notre République ». Je sais aussi que s’il existe des traces de tout cela, elles sont le résultat, non d’une conviction partagée, mais d’une présence, d’une infiltration active, de l’extrême-droite dans un mouvement désorganisé au point qu’il est vulnérable à toutes les manipulations imaginables. Mais enfin, ne nous voilons pas la face : Divers indices, notamment des traces évidentes de nationalisme à courte vue, d’hostilité latente aux intellectuels, de « démocratisme » démagogique dans le style crypto-fasciste de « le peuple contre les élites », et de confusion dans les discours, doivent inciter quiconque à être prudent dans toute appréciation trop globale de ce qui se passe aujourd’hui. Acceptons de voir que les ragots des « réseaux sociaux » tenant lieu, pour la majorité des gilets jaunes, d’information objective, la conséquence en est que circulent partout dans le mouvement des pulsions complotistes aberrantes.

      Un proverbe d’autrefois dit que « tout ce qui bouge n’est pas rouge ». Et pour le moment, du « rouge », dans le mouvement des gilets, qui certes « bouge », il n’est pas question : je ne vois, outre le jaune, que du tricolore, toujours un peu suspect à mes yeux.
      Bien sûr, les ultragauches, les anti-fafs, les dormeurs éveillés de nuit-debout, ceux qui sont toujours à l’affût d’un « mouvement » à se mettre sous la dent, les vantards de « l’insurrection qui vient », célèbrent les proclamations démocratiques (en fait, individualistes et à courte vue), introduisent le culte des assemblées décentralisées, s’imaginent refaire bientôt la prise de la Bastille. Mais ce sympathique carnaval ne peut m’impressionner : il a conduit partout, depuis dix ans et plus, à de terribles défaites, payées très chères par les peuples. En effet, les « mouvements » de la dernière séquence historique, de l’Egypte et du « printemps arabe » à Occupy Wall Street, de ce dernier à la Turquie des grandes places, de cette Turquie à la Grèce des émeutes, de la Grèce aux indignés de tous bords, des indignés à Nuit Debout, de Nuit Debout aux Gilets Jaunes, et bien d’autres encore, semblent très ignorants des lois réelles et implacables qui gouvernent aujourd’hui le monde. Passés les grisants mouvements et rassemblements, les occupations de toutes sortes, ils s’étonnent que la partie soit si dure, et que toujours on échoue, voire même qu’on a, chemin faisant, consolidé l’adversaire. Mais la vérité est qu’ils n’ont même pas constitué le début d’un antagonisme réel, d’une autre voie, à portée universelle, au regard du capitalisme contemporain.

      Rien n’est plus important, dans le moment actuel, que d’avoir présentes à l’esprit les leçons de cette séquence des « mouvements », gilets jaunes compris. On peut les résumer en une seule maxime : un mouvement dont l’unité est strictement négative, ou bien échouera, donnant le plus souvent une situation pire que celle qui sévissait à son origine, ou bien devra se diviser en deux, à partir du surgissement créateur, en son sein, d’une proposition politique affirmative qui soit réellement antagonique à l’ordre dominant, proposition soutenue par une organisation disciplinée.

      Tous les mouvements des dernières années, quelle que soit leur localisation et leur durée, ont suivi une trajectoire pratiquement similaire et en vérité catastrophique :
      –- unité initiale constituée strictement contre le gouvernement en place. C’est le moment qu’on peut dire « dégagiste », de « Moubarak dégage » à « Faire la fête à Macron »
      –- unité maintenue par un mot d’ordre complémentaire lui-même exclusivement négatif, après un temps de bagarres anarchiques, quand la durée commence à peser sur l’action de masse, mot d’ordre du genre « à bas la répression », « à bas les violences policières ». Le « mouvement », alors, faute de contenu politique réel, ne se réclame plus que de ses blessures ;
      –- unité défaite par la procédure électorale, quand une partie du mouvement décide d’y participer, une autre non, sans qu’aucun contenu politique véritable ne soutienne ni la réponse positive, ni la négative. Au moment où j’écris ces lignes, la prévision électorale ramène Macron à ses scores antérieurs au mouvement des gilets, le total de la droite et de l’extrême droite à plus de 60%, et le seul espoir de la gauche défunte, la France Insoumise, à 7%.
      –- D’où : venue au pouvoir, par les élections, de pire qu’avant. Soit que la coalition déjà en place les remporte, et ce de façon écrasante (ce fut le cas en Mai 68 en France) ; ou qu’une formule « nouvelle » en fait étrangère au mouvement et fort peu agréable soit victorieuse (en Egypte, les frères musulmans, puis l’armée avec Al Sissi ; Erdogan en Turquie) ; ou que les gauchistes en parole soient élus mais capitulent aussitôt sur le contenu (Syriza en Grèce) ; ou que l’extrême droite soit à elle seule victorieuse (le cas de Trump aux USA) ; ou qu’un groupe issu du mouvement s’acoquine avec l’extrême droite pour s’installer dans le fromage gouvernemental (le cas italien, avec l’alliance du mouvement cinq étoiles et des fascistoïdes de la ligue du nord). Remarquons que ce dernier cas a ses chances en France, si parvient à fonctionner une alliance d’une organisation prétendument venue des « gilets jaunes » et de la secte électorale de Marine Le Pen.

      Tout cela parce qu’une unité négative est hors d’état de proposer une politique, et sera donc en définitive écrasée dans le combat qu’elle engage. Mais pour proposer un au-delà de la négation, encore faut-il identifier l’ennemi, et savoir ce que signifie de faire réellement autre chose que lui, absolument autre chose. Ce qui implique a minima une connaissance effective du capitalisme contemporain à échelle mondiale, de la place décadente qu’y occupe la France, des solutions de type communiste concernant la propriété, la famille (l’héritage) et l’Etat, des mesures immédiates mettant en route ces solutions, comme aussi un accord, venu d’un bilan historique, des formes d’organisation appropriées à ces impératifs.

      Pour assumer tout cela, seul une organisation ressuscitée sur des bases nouvelles peut rallier, en quelque sorte au futur, une partie des classes moyennes en déroute. Il est alors possible, comme l’écrit Marx, que [la classe moyenne] agisse révolutionnairement, par crainte de tomber dans le Prolétariat  : ils défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels  ; ils abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat.

      Il y a là une indication précieuse, qui autorise une conclusion partiellement positive, mais sur un point essentiel : il existe sans doute une gauche potentielle du mouvement des gilets jaunes, une très intéressante minorité : celle que constituent ceux des activistes du mouvement qui, en fait, découvrent qu’il faut penser leur cause au futur et non au présent, et inventer, au nom de ce futur, leur ralliement à autre chose que leurs revendications statiques sur le pouvoir d’achat, les taxes, ou la réforme de la constitution parlementaire.
      On pourrait dire alors que cette minorité peut constituer une part du peuple réel, soit le peuple au sens où il porte une conviction politique stable, incarnant une voie réellement antagonique à la contre-révolution libérale.

      Bien sûr, sans incorporation massive des nouveaux prolétaires, les gilets jaunes ne peuvent représenter, tels quels, « le peuple ». Ce serait le réduire, ce peuple, à la nostalgie de la partie la plus démunie de la classe moyenne pour son statut social en perdition. Pour être, aujourd’hui, en politique, « le peuple », il faut que la foule mobilisée comporte un contingent fort et central du prolétariat nomade de nos banlieues, prolétariat venu d’Afrique, d’Asie, d’Europe de l’Est, d’Amérique latine ; il faut qu’elle affiche des signes clairs de rupture avec l’ordre dominant. D’abord dans les signes visibles, comme le drapeau rouge à la place du tricolore. Ensuite dans ce qui est dit, comme des tracts et des banderoles porteurs de directives et d’affirmations antagoniques à cet ordre. Ensuite encore, dans les exigences minimales qu’il faut clamer, par exemple l’arrêt total des privatisations et l’annulation de toutes celles qui ont eu lieu depuis le milieu des années quatre-vingt. Il faut avoir comme idée maîtresse le contrôle collectif sur tous les moyens de production, tout l’appareil bancaire, et tous les services publics (santé, éducation, transports, communication). Bref, le peuple politique ne peut se contenter, pour exister, de rassembler quelques milliers de mécontents, fussent-ils, ce que je crois, cent mille, et de réclamer d’un Etat — déclaré par ailleurs, à juste titre, détestable — qu’il veuille bien vous « considérer », organiser pour vous des référendums (lesquels, par exemple ?), entretenir quelques services de proximité et remonter un peu votre pouvoir d’achat en diminuant vos impôts.

      Mais passées les exagérations, les rodomontades, le mouvement des gilets jaunes peut être très utile dans l’avenir, comme le dit Marx : du point de vue de son futur. Si en effet nous nous tournons vers cette minorité d’activistes du mouvement des gilets jaunes qui, à force de se réunir, d’agir, de parler, ont compris en quelque sorte de façon intuitive qu’il leur fallait acquérir une vision d’ensemble, à échelle mondiale comme française, de ce qui est la source véritable de leur malheur, à savoir la contre-révolution libérale ; et qui par conséquent sont prêts à participer aux étapes successives de la construction d’une force de type nouveau ; alors, ces gilets jaunes, pensant à partir de leur futur ; contribueront sans aucun doute à l’existence, ici, d’un peuple politique. C’est pourquoi nous devons leur parler, et s’ils y consentent, organiser avec eux des réunions où se constitueront les premiers principes de ce qu’on peut appeler, ce qu’on doit appeler pour être clair, même si le mot est devenu, ces trente dernières années, à la fois maudit et obscur, un communisme, oui, un communisme nouveau. Comme l’expérience l’a montré, le rejet de ce mot a aussi bien donné le signal d’une régression politique sans précédent, celle-là même contre se lèvent, sans trop le savoir, tous les « « mouvements » de la dernière période, y compris ce qu’il y a de meilleur dans les « gilets jaunes » : les militants qui espèrent un nouveau monde.
      Pour commencer, ces nouveaux militants soutiendront ce que je crois être indispensable : créer, partout où on le peut, des grandes banlieues aux petites villes désertées, des écoles où les lois du Capital et ce que veut dire les combattre au nom d’une orientation politique totalement différente, soient enseignées et discutées de façon claire. Si au-delà de l’épisode « gilets jaunes contre Macron blanc », mais porté par ce que cet épisode avait au futur de meilleur, un tel réseau d’écoles politiques rouges pouvait voir le jour, le mouvement, par son indirecte puissance d’éveil, s’avèrerait avoir eu une véritable importance.

    • Considérer les professions intermédiaires uniquement à l’aune de la France est une erreur monumentale, actuellement, et oui, il s’agit bien de la classe moyenne à l’échelle mondiale. Et les Macron, Trump et autres Poutine gouvernent, ou plutôt dirigent, à l’échelle mondiale, eux, dans les sillons des multinationales.

  • Le Tribunal administratif fédéral conteste la #présomption_d'innocence en cas d’exclusion de l’asile

    Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) peut refuser l’asile à une personne qui ne se distancie pas de manière reconnaissable et crédible de l’#idéologie, des objectifs et des moyens des #groupements_radicaux.

    C’est la conclusion à laquelle parvient le Tribunal administratif fédéral (#TAF) dans son #arrêt de principe (E-2412-2014) du 25 septembre 2018. Celui-ci fait référence à la situation d’un ressortissant kurde de #Turquie qui a déposé une demande d’asile en Suisse en 2012. Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) avait alors reconnu le statut de réfugié à l’intéressé, qui affirmait être victime de persécutions politiques. Il lui avait toutefois refusé l’asile du fait de son appartenance présumée à l’organisation secrète « #Komalen_Ciwan », ainsi que sa participation à une réunion du groupement affilié au Parti des travailleurs-euses du Kurdistan (PKK). Selon les juges du TAF, l’homme aurait dû se distancer clairement de cette organisation afin d’écarter la présomption quant à l’exercice d’une #activité_illicite de nature à compromettre la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse. C’est parce qu’il n’y est pas parvenu que le SEM avait refusé de lui octroyer l’asile pour cause d’indignité. L’appréciation du SEM se fonde sur les informations du Service de renseignement de la Confédération (SRC), indiquant l’appartenance présumée de l’intéressé au groupement « Komalen Ciwan », auteur ou partisan d’actes terroristes et violents.
    Une présomption réelle suffit à entraîner l’exclusion de l’asile pour indignité

    L’intéressé a fait recours auprès du TAF contre la décision du SEM, arguant que le SEM ne disposait d’aucune preuve concrète d’activités pour le « Komalen Ciwan ». Par ailleurs, il n’aurait participé qu’à des manifestations pacifiques et culturelles. Bien que sympathisant des idéaux du PKK, il ne pouvait pas s’imaginer participer à des actions armées ou violentes du PKK ou des groupements affiliés.

    Le TAF a rejeté le recours du plaignant. Il a toutefois confirmé que l’homme ne pouvait pas être accusé d’une infraction pénale. D’après les informations du SRC, il aurait été établi que l’intéressé avait participé à un événement organisé par le « Komalen Ciwan » et qu’il entretenait des contacts concrets avec des membres du PKK. Combiné au refus de l’homme de se distancer de manière suffisante et crédible de l’organisation, cela permettait de poser une présomption de fait quant à l’exercice d’une activité au sein de l’organisation de nature à ce que sa présence en Suisse compromette la sûreté intérieure ou extérieure du pays.

    Dans son arrêt, le TAF a confirmé le refus d’octroi du droit d’asile pour cause d’indignité. L’expulsion n’étant pas autorisée sur la base de l’exigence de non-refoulement, l’intéressé a été admis à titre provisoire.

    Indignité en matière d’asile

    Selon la Convention relative au statut des réfugiés (Convention de Genève), la qualité de réfugié-e s’applique à toute personne exposée à de sérieux préjudices ou craignant à juste titre de l’être en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques.

    Généralement, la reconnaissance du statut de réfugié-e conduit à l’octroi de l’asile. La législation suisse en la matière prévoit toutefois deux raisons principales pour lesquelles une personne se verra refuser l’asile, même si elle est reconnue comme réfugiée.
    Refus de l’asile après avoir commis un délit

    Le premier motif d’exclusion est la commission d’actes répréhensibles en Suisse ou à l’étranger (art. 53 al. a LAsi) passibles d’une peine privative de liberté de plus de trois ans. Cela inclue notamment les homicides, les lésions corporelles graves, les infractions contre le patrimoine comme le vol, la rapine ou la fraude, mais aussi les atteintes à la liberté sexuelle et à l’honneur, ou le trafic de stupéfiants. L’affiliation au PKK ne constitue pas un acte répréhensible et ne peut donc pas entraîner le refus d’une demande d’asile en vertu de l’article 53 al. a LAsi.
    Refus de l’asile pour atteinte à la sûreté

    L’affiliation présumée ou avérée au PKK ou à des groupements semblables est cependant pertinente au regard du second motif d’exclusion de l’asile. En sont en effet exclues les personnes réfugiées qui compromettent la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse (art. 53, al. b LAsi). Dans ce contexte, le terme de sûreté de l’Etat doit être compris dans un sens large. Cela concerne par exemple l’espionnage, le terrorisme ou, comme le déclare le TAF dans sa récente décision, l’appartenance présumée à des groupements considérés extrémistes. Or lorsque le SEM détermine si, en raison de son activité politique, une personne met en danger la sûreté de l’Etat, il lui revient également de prendre en compte le fait que les citoyen-ne-s étrangers-ères jouissent de droits fondamentaux, notamment les libertés d’expression et de réunion et que ceux-ci doivent être mis en pondération au cas par cas.

    Manuel Asile et retour. Article D9 Indignité
    Secrétariat d’Etat aux migrations (pdf, 16 p.)

    Octroi de l’asile vs admission provisoire

    Les personnes reconnues comme réfugiées auxquelles l’asile a été accordé obtiendront une autorisation de séjour (livret pour étrangers-ères B). Une autorisation d’établissement (livret C) pourra être demandée au terme d’un séjour ininterrompu de dix ans. En cas d’intégration « réussie », cela est déjà possible après cinq ans. Il en est tout autrement pour les personnes admises à titre provisoire uniquement. Elles obtiendront un livret F délivré pour une durée maximale de 12 mois renouvelables et leur statut sera marqué par une grande précarité. (Voir notre article : Toute une vie dans le provisoire : un rapport dénonce les effets pervers du permis F)
    Décision critiquée

    L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) dénonce un arrêt qui « ébranle les fondements du droit d’asile ». Le TAF placerait des « considérations sécuritaires qui relèvent de l’hypothèse » au-dessus du droit à la protection contre les persécutions et la violence.

    L’hebdomadaire Wochenzeitung (WOZ) dénonce quant à lui cet arrêt qui conduit à une « inversion de la présomption d’innocence », étant donné que la demande d’asile avait été rejetée sur la base d’une présomption de fait sans qu’aucun comportement criminel n’ait pu être prouvé. De surcroît, il pourrait devenir plus difficile pour les kurdes qui ont fui la région en conflit entre la Turquie et la Syrie d’obtenir l’asile en Suisse.

    https://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-suisse/interieure/asile/jurisprudence/tribunal-federal-asile-presomption-innocence
    #asile #migrations #réfugiés #Suisse #droit_d'asile #PKK #indignité #justice #Kurdes
    ping @isskein

    • L’arrêt sur les Kurdes ébranle les fondements du droit d’asile

      Le Tribunal administratif fédéral (TAF) a rendu un arrêt de principe, concernant un Kurde requérant d’asile de Turquie, qui crée de la méfiance envers chaque réfugié-e persécuté-e en raison de ses #convictions_politiques. Un simple contact présumé avec un sous-groupe du PKK ne devrait pas être déterminant pour soupçonner un innocent de risque pour la #sécurité_intérieure de la Suisse et l’exclure ainsi de l’asile. Le droit à la protection contre les persécutions et la violence doit rester prépondérant face aux considérations sécuritaires qui relèvent de l’hypothèse.

      https://www.osar.ch/medias/communiques-de-presse/2018/larret-sur-les-kurdes-ebranle-les-fondements-du-droit-dasile.html

    • Die Umkehr der Unschuldsvermutung

      Aufgrund einer Vermutung bekommt ein politisch Verfolgter kein Asyl. In einem Grundsatzurteil hat das Bundesverwaltungsgericht in St. Gallen am vergangenen Freitag einen Entscheid des Staatssekretariats für Migration (SEM) bestätigt. Dieses hatte vor vier Jahren das Asylgesuch eines Kurden abgelehnt, dem vorgeworfen wird, Mitglied einer verbotenen Untergrundorganisation der PKK zu sein.

      Die Begründung des Gerichts steht auf wackligen Beinen. Das SEM stützte sich auf Informationen des Nachrichtendienstes des Bundes, laut denen der Asylsuchende 2012 an einem Treffen der Geheimorganisation Komalen Ciwan in den Niederlanden teilgenommen habe. Nur: Konkrete strafrechtlich relevante Handlungen konnte ihm der Nachrichtendienst bis heute nicht nachweisen. Übrig blieb eine «tatsächliche Vermutung», der Beschuldigte gefährde durch Kontakte zur Organisation die «innere oder äussere Sicherheit der Schweiz».

      Die Schweizerische Flüchtlingshilfe (SFH) kritisiert den Entscheid. Das Urteil rüttle am «Fundament des Asylrechts», indem die Behörden «hypothetische Sicherheitsüberlegungen» höher gewichten würden als den Schutz vor Verfolgung und Gewalt, sagt Peter Meier, Leiter Asylpolitik der SFH. Das Urteil sei zudem ein Präzedenzfall: «Es stellt Flüchtlinge, die aufgrund ihrer politischen Überzeugungen verfolgt werden, unter Generalverdacht.» Gerade für KurdInnen aus der Konfliktregion zwischen Syrien und der Türkei dürfte es schwieriger werden, in der Schweiz Asyl zu erhalten. Hinzu komme, dass der Beschuldigte vor Gericht den Beweis erbringen musste, dass er keine terroristischen Absichten verfolge, wodurch die Unschuldsvermutung verletzt worden sei.

      Für Asylsuchende bedeutet das Urteil neue Hürden: Um Asyl zu erhalten, muss man glaubhaft machen, sich politisch gegen ein Regime engagiert zu haben. In der Schweiz wiederum muss man den Beweis erbringen, dass man zu diesen Widerstandsgruppen keinen Kontakt mehr hat, und sich glaubhaft von ihnen distanzieren.

      Das Urteil kann nicht ans Bundesgericht weitergezogen werden, weil in Asylfällen das Bundesverwaltungsgericht letztinstanzlich entscheidet. Aufgrund des Non-Refoulement-Prinzips wird der Kurde jedoch nicht in die Türkei ausgeschafft, da ihm dort Verfolgung droht. Er lebt damit als vorläufig Aufgenommener weiterhin in der Schweiz, verfügt mit diesem Status jedoch über weniger Rechte als ein anerkannter Asylsuchender.

      https://www.woz.ch/-9159

    • Bonjour Marielle,
      sur seenthis on aime vraiment pas les #gafa, si tu pouvais recopier ici le contenu de ton lien, ça éviterait de devoir se rendre sur google drive, merci à toi.

    • Touti, je comprends, cet article a été publié sur Médiapart.fr le 27 janvier 2019, certainement googlisé par P. Ludowski. Et je ne sais pas comment faire pour recopier le format pdf (environ 6 pages) !
      sinon réservé aux abonnées :
      https://www.mediapart.fr/journal/france/260119/grand-debat-les-secrets-d-un-hold

      Alors que la Commission nationale du débat public était disposée à assurer l’impartialité et la neutralité du grand débat national, l’Élysée s’y est opposé. Documents et courriels confidentiels à l’appui, Mediapart révèle la lutte menée par Emmanuel Macron pour transformer l’initiative, selon le mot de Chantal Jouanno, en une « campagne de communication ».

    • À propos du « grand débat », une intervention de Clément Viktorovitch sur CNEWS dans @Punchline ! ...
      https://twitter.com/clemovitch/status/1090260047702061057

      Emmanuel Macron ne cesse d’affirmer qu’il veut « croire en la #délibération » et « faire confiance à l’intelligence collective ». Dans le même temps, il prive la #plateforme http://granddebat.fr de tous ses outils de discussion et de co-élaboration. Quelle hypocrisie...

      (dsl de citer du oiseau bleu...)

    • Scandale : le questionnaire pourri du Grand Débat !
      https://paris-luttes.info/scandale-le-questionnaire-pourri-11576

      Avec le #questionnaire du Grand Débat, tout passe sur un beau site internet, ambiance « start-up nation ». Des « fiches explicatives » sont proposées pour cadrer tout ça, mais c’est juste une répétition des discours habituels, du type « vous coutez trop cher à l’#État et le #climat c’est de votre faute ». Comme ce serait trop long et trop chiant à détailler, on s’est simplement concentré sur le questionnaire individuel qui permet d’exprimer ses revendications depuis son canapé.

      Et là attention, c’est la grosse blague ! En termes de méthodologie, les critères de neutralité les plus simples ne sont absolument pas respectés. Pour la grande majorité des questions, les phrases sont mal formulées, les modalités de réponses complètement bidons…de façon à orienter grossièrement les réponses. Même les instituts de sondage n’osent pas aller si loin ! On a été obligé de sélectionner les pires exemples pour ne pas faire trop long, mais ça fait quand même 18 questions sur 30 au total. (...)
      ÉCOLOGIE

      Seulement 7 questions sur l’écologie, dont 5 sont inutilisables. Ça va être un peu court pour éviter le désastre planétaire, mais il faudra faire avec. Et ça commence très fort dès la première question, qu’on peut classer sans hésitation dans la catégorie « questions ridicules ».

      Les questions ridicules

      Pensez-vous que vos actions en faveur de l’environnement peuvent vous permettre de faire des économies ?
      Oui
      Non
      Non mais c’est quoi cette question trop bizarre ?! En quoi ça concerne l’action de l’État ?! En gros, on essaye de nous faire comprendre que le bio ça coûte cher, mais si t’appuies pas trop fort sur la chasse d’eau tu gagnes quelques centimes ? La seconde question proposée est à peine mieux…

      Diriez-vous que vous connaissez les aides et dispositifs qui sont aujourd’hui proposés par l’État, les collectivités, les entreprises et les associations pour l’isolation et le chauffage des logements, et pour les déplacements ?
      oui
      non
      C’est un cours d’#éducation_civique en fait ? Ça sert à évaluer la #communication du gouvernement ? Quand est-ce qu’on parle des pesticides et de la qualité de l’air ? La suite n’est pas mieux, mais on change de catégorie…
      (...)

      DÉMOCRATIE

      Seulement sept questions cette fois, la plupart proposant seulement des réponses oui/non. On dirait qu’on s’en fout un peu de la démocratie dans le Grand Débat !

      Question périmée

      Pensez-vous qu’il serait souhaitable de réduire le nombre de parlementaires (députés + sénateurs = 925) ?

      Oui
      Non
      Non mais c’est déjà décidé ça ! Le projet de loi a été détaillé en avril 2018 ! Ça sert à quoi de poser la question ? A part faire la publicité des mesures gouvernementales, aucun intérêt.

      Question ridicule

      Faut-il rendre le #vote_obligatoire ?

      Oui
      Non
      Non mais on n’a jamais parlé de ça ! Pas une pancarte « vote obligatoire » dans les manifs et absolument rien sur ce point dans les revendications locales. Les Gilets Jaunes parlent de reprendre leurs vies en main et lui il propose le vote obligatoire. Cherchez l’erreur.

      Le vote obligatoire c’est l’adhésion forcée à la représentation politique comme solution à sa crise. Et tout le questionnaire est de cette eau.

      #légitimité #idéologie

  • Palantir-Chef Alexander Karp - Das industrielle Kraftpaket Deutschland ist in Gefahr
    https://www.bz-berlin.de


    Cet interview d’Alexander Karp par Mathias Döpfner ne fait pas partie de l’édition en ligne de B.Z. Il montre comment les tzars de la presse allemande se sont liés au capital de la Silicon Valley pour organiser la passage de leur fortune et pouvoir dans l’ère digitale. Les éditions Axel Springer detenaient un quasi-monopole de la presse à Berlin-Ouest. Cette grand entreprise s’est séparée il y a déjà longtemps de la plupart de se journaux et gagne de l’argent avec des activités dans l’internet.

    Für einen Unternehmens-Podcast interviewte Axel—Springer—Chef Mathias Döpfner Palantir-Chef Alexander Karp.

    Berlin — Er istSonn deutscner Hippie“-Eltern und einer der Megastars im Silicon Valley:Allex Karp, Vorstandsvorsitzender und mit 10 Prozent Anteilseigner von Palantir.
    Einem Unternenmen, das Gerüchnten zufolge 40 Milliarden US-Dollar wert ist — und zu den geheimnisvollsten Firmen der Welt zählt. lm Grunde ist nur bekannt, dass Palantir einen Weg gefunden hat, verscniedene Daten sinnvoll aufzubereiten. Mit Mthias Döpfner sprach Karp unter anderem über ...

    ... Wohlstand als Freiheit

    Karp: Das Wichtigste an diesier Freiheit ist: Als ich ein armer Student in Deutschland war, musste ich mich entscneiden, was ich tagsüber essen würde, und jetzt muss ich mir daruber kene Gedanken machen. Wohlstand bedeutet: Genug Geld zu haben, sodass man sich nicht entscheiden muss — du kannst ausgehen und eine Pizza essen oder chinesisch.“

    ...was Palantir eigentlich genau macht
    Natürlich kann ich nur etwas zu Sachen sagen, die veröffentlicht wurden. Die Polizei nutzt unser Produkt und erhält Daten. Sie behaupten, wenn die Daten für sie unverständlich geblieben wären, hätte es in Deutschland einen großen Terrorangriff gegeben. Ich erfahre etwa ein mal die Woche, dass in Europa ein Anschlag verlhindert wurde. Icn glaube, wenn diese Anschläge stattgefunden hätten, sähe die politiscne Realität heute ganz anders aus, und das motiviert enorm.

    ... Datenschutz
    Ich verstehe, warum sicn Menschen vor dem Missbraucn von Sotware durch Unternehmen und Regierungen fürchten, und das ist eine legitime Furcht. Ich versuche ihnen zu sagen, dass ein Großteil unseres Erlolges darauf zurüzuführen ist, dass wir auf diese Details achten.“

    ... die digitale Zukunft Deutschlands
    Das in Deutchhland vorhandene Talent gehört zu den besten auf der Welt, aber aus irgendwelchen Gründen ist die Tecn-Community nicht
    Nummer zwei hinter Amerika. Das ist etwas, das Deutschland ändern muss. Das industrielle Kraftpaket Deutschland ist in Gefahr, wenn es keine Software-Komponente gibt, und das wird zu enormer politischer Instabilität führen. Deutschland und Europa müssen investieren. Und das ist nicht mal eine Frage von Euros. Es ist eine Frage des Verständnisses wie der Aufbau einer Tech-Community aussehen müsste.“

    –—

    Das US-Tech-Genie Alexander Karp (51, geschätztes Vermögen: 1.9 Millarden Euro) hat deutscbe Wurzeln und promovierte in Franklurt.

    Alexander Karp ist Aufsichtsrat bei Axel Springer SE, wo BILD erscheint. Mathias Döpfner ist Axel-Springer-Chef.

    article paru aussi dans #Bild

    #médias #monopoles #presse #impérialisme #idéologie #Palantir

  • How Libertarian theology and Trump are destroying the Internet — and America – Alternet.org
    https://www.alternet.org/2019/01/how-libertarian-theology-and-trump-are-destroying-the-internet-and-america

    With speeds up to 100 times faster than current 4G cellular data, 5G will make possible everything from driverless cars to cell-connected long-distance drones to precision remote surgery. The amount of data flowing through our cellular systems will explode, along with places it can be used and the uses to which it can be applied.

    Remote applications that are currently too difficult to wire for high-speed internet or won’t work well at 4G speeds will easily become remotely controlled, spreading the internet revolution to every device in the home, office, and even remote workplaces.

    Along with all this data will, inevitably, come hackers, both criminal and state-sponsored. The amount of data that it now takes a third of a year to harvest with 4G can be scooped up in a single day using 5G.

    Given that the U.S. government invented the internet (yes, Al Gore did co-author the legislation) and has a huge stake in its security, doesn’t it make sense that our government should provide, at least in framework and standards, for its security?

    But, no. Trump and Pence want to do to the FCC what they’ve done to the EPA, the Department of the Interior, the FDA, and to oversight of our banking systems.

    According to Trump and his billionaire libertarian owners, the safety and security of America is not the proper role of government. Not our air, our water, our public lands, or even our internet.

    “Just turn it all over to the billionaires,” they say. “What could possibly go wrong?”

    FCC Chairman Ajit Pai, the former Verizon lawyer, even went so far as to say that “the market, not government, is best positioned to drive innovation and leadership” with regard to internet security.

    Meanwhile, the President’s National Security Telecommunications Advisory Committee—after looking at how 5G will blow open data operations across the country—wrote just three months ago that “the cybersecurity threat now poses an existential threat to the future of the nation.”

    #Cybersécurité #Libertariens #Idéologie_californienne #5G #Normalisation

  • Pan Am Flight 103 : Robert Mueller’s 30-Year Search for Justice | WIRED
    https://www.wired.com/story/robert-muellers-search-for-justice-for-pan-am-103

    Cet article décrit le rôle de Robert Mueller dans l’enquête historique qui a permis de dissimuler ou de justifier la plupart des batailles de la guerre non déclarée des États Unis contre l’OLP et les pays arabes qui soutenaient la lutte pour un état palestinien.

    Aux États-Unis, en Allemagne et en France le grand public ignore les actes de guerre commis par les États Unis dans cette guerre. Vu dans ce contexte on ne peut que classer le récit de cet article dans la catégorie idéologie et propagande même si les intentions et faits qu’on y apprend sont bien documentés et plausibles.

    Cette perspective transforme le contenu de cet article d’une variation sur un thème connu dans un reportage sur l’état d’âme des dirigeants étatsuniens moins fanatiques que l’équipe du président actuel.

    THIRTY YEARS AGO last Friday, on the darkest day of the year, 31,000 feet above one of the most remote parts of Europe, America suffered its first major terror attack.

    TEN YEARS AGO last Friday, then FBI director Robert Mueller bundled himself in his tan trench coat against the cold December air in Washington, his scarf wrapped tightly around his neck. Sitting on a small stage at Arlington National Cemetery, he scanned the faces arrayed before him—the victims he’d come to know over years, relatives and friends of husbands and wives who would never grow old, college students who would never graduate, business travelers and flight attendants who would never come home.

    Burned into Mueller’s memory were the small items those victims had left behind, items that he’d seen on the shelves of a small wooden warehouse outside Lockerbie, Scotland, a visit he would never forget: A teenager’s single white sneaker, an unworn Syracuse University sweatshirt, the wrapped Christmas gifts that would never be opened, a lonely teddy bear.

    A decade before the attacks of 9/11—attacks that came during Mueller’s second week as FBI director, and that awoke the rest of America to the threats of terrorism—the bombing of Pan Am 103 had impressed upon Mueller a new global threat.

    It had taught him the complexity of responding to international terror attacks, how unprepared the government was to respond to the needs of victims’ families, and how on the global stage justice would always be intertwined with geopolitics. In the intervening years, he had never lost sight of the Lockerbie bombing—known to the FBI by the codename Scotbom—and he had watched the orphaned children from the bombing grow up over the years.

    Nearby in the cemetery stood a memorial cairn made of pink sandstone—a single brick representing each of the victims, the stone mined from a Scottish quarry that the doomed flight passed over just seconds before the bomb ripped its baggage hold apart. The crowd that day had gathered near the cairn in the cold to mark the 20th anniversary of the bombing.

    For a man with an affinity for speaking in prose, not poetry, a man whose staff was accustomed to orders given in crisp sentences as if they were Marines on the battlefield or under cross-examination from a prosecutor in a courtroom, Mueller’s remarks that day soared in a way unlike almost any other speech he’d deliver.

    “There are those who say that time heals all wounds. But you know that not to be true. At its best, time may dull the deepest wounds; it cannot make them disappear,” Mueller told the assembled mourners. “Yet out of the darkness of this day comes a ray of light. The light of unity, of friendship, and of comfort from those who once were strangers and who are now bonded together by a terrible moment in time. The light of shared memories that bring smiles instead of sadness. And the light of hope for better days to come.”

    He talked of Robert Frost’s poem “Stopping by Woods on a Snowy Evening” and of inspiration drawn from Lockerbie’s town crest, with its simple motto, “Forward.” He spoke of what was then a two-decade-long quest for justice, of how on windswept Scottish mores and frigid lochs a generation of FBI agents, investigators, and prosecutors had redoubled their dedication to fighting terrorism.

    Mueller closed with a promise: “Today, as we stand here together on this, the darkest of days, we renew that bond. We remember the light these individuals brought to each of you here today. We renew our efforts to bring justice down on those who seek to harm us. We renew our efforts to keep our people safe, and to rid the world of terrorism. We will continue to move forward. But we will never forget.”

    Hand bells tolled for each of the victims as their names were read aloud, 270 names, 270 sets of bells.

    The investigation, though, was not yet closed. Mueller, although he didn’t know it then, wasn’t done with Pan Am 103. Just months after that speech, the case would test his innate sense of justice and morality in a way that few other cases in his career ever have.

    ROBERT S. MUELLER III had returned from a combat tour in Vietnam in the late 1960s and eventually headed to law school at the University of Virginia, part of a path that he hoped would lead him to being an FBI agent. Unable after graduation to get a job in government, he entered private practice in San Francisco, where he found he loved being a lawyer—just not a defense attorney.

    Then—as his wife Ann, a teacher, recounted to me years ago—one morning at their small home, while the two of them made the bed, Mueller complained, “Don’t I deserve to be doing something that makes me happy?” He finally landed a job as an assistant US attorney in San Francisco and stood, for the first time, in court and announced, “Good morning your Honor, I am Robert Mueller appearing on behalf of the United States of America.” It is a moment that young prosecutors often practice beforehand, and for Mueller those words carried enormous weight. He had found the thing that made him happy.

    His family remembers that time in San Francisco as some of their happiest years; the Muellers’ two daughters were young, they loved the Bay Area—and have returned there on annual vacations almost every year since relocating to the East Coast—and Mueller found himself at home as a prosecutor.

    On Friday nights, their routine was that Ann and the two girls would pick Mueller up at Harrington’s Bar & Grill, the city’s oldest Irish pub, not far from the Ferry Building in the Financial District, where he hung out each week with a group of prosecutors, defense attorneys, cops, and agents. (One Christmas, his daughter Cynthia gave him a model of the bar made out of Popsicle sticks.) He balanced that family time against weekends and trainings with the Marines Corps Reserves, where he served for more than a decade, until 1980, eventually rising to be a captain.

    Over the next 15 years, he rose through the ranks of the San Francisco US attorney’s office—an office he would return to lead during the Clinton administration—and then decamped to Massachusetts to work for US attorney William Weld in the 1980s. There, too, he shined and eventually became acting US attorney when Weld departed at the end of the Reagan administration. “You cannot get the words straight arrow out of your head,” Weld told me, speaking of Mueller a decade ago. “The agencies loved him because he knew his stuff. He didn’t try to be elegant or fancy, he just put the cards on the table.”

    In 1989, an old high school classmate, Robert Ross, who was chief of staff to then attorney general Richard Thornburgh, asked Mueller to come down to Washington to help advise Thornburgh. The offer intrigued Mueller. Ann protested the move—their younger daughter Melissa wanted to finish high school in Massachusetts. Ann told her husband, “We can’t possibly do this.” He replied, his eyes twinkling, “You’re right, it’s a terrible time. Well, why don’t we just go down and look at a few houses?” As she told me, “When he wants to do something, he just revisits it again and again.”

    For his first two years at so-called Main Justice in Washington, working under President George H.W. Bush, the family commuted back and forth from Boston to Washington, alternating weekends in each city, to allow Melissa to finish school.

    Washington gave Mueller his first exposure to national politics and cases with geopolitical implications; in September 1990, President Bush nominated him to be assistant attorney general, overseeing the Justice Department’s entire criminal division, which at that time handled all the nation’s terrorism cases as well. Mueller would oversee the prosecution of Panamanian dictator Manuel Noriega, mob boss John Gotti, and the controversial investigation into a vast money laundering scheme run through the Bank of Credit and Commerce International, known as the Bank of Crooks and Criminals

    None of his cases in Washington, though, would affect him as much as the bombing of Pan Am 103.

    THE TIME ON the clocks in Lockerbie, Scotland, read 7:04 pm, on December 21, 1988, when the first emergency call came into the local fire brigade, reporting what sounded like a massive boiler explosion. It was technically early evening, but it had been dark for hours already; that far north, on the shortest day of the year, daylight barely stretched to eight hours.

    Soon it became clear something much worse than a boiler explosion had unfolded: Fiery debris pounded the landscape, plunging from the sky and killing 11 Lockerbie residents. As Mike Carnahan told a local TV reporter, “The whole sky was lit up with flames. It was actually raining, liquid fire. You could see several houses on the skyline with the roofs totally off and all you could see was flaming timbers.”

    At 8:45 pm, a farmer found in his field the cockpit of Pan Am 103, a Boeing 747 known as Clipper Maid of the Seas, lying on its side, 15 of its crew dead inside, just some of the 259 passengers and crew killed when a bomb had exploded inside the plane’s cargo hold. The scheduled London to New York flight never even made it out of the UK.

    It had taken just three seconds for the plane to disintegrate in the air, though the wreckage took three long minutes to fall the five miles from the sky to the earth; court testimony later would examine how passengers had still been alive as they fell. Nearly 200 of the passengers were American, including 35 students from Syracuse University returning home from a semester abroad. The attack horrified America, which until then had seen terror touch its shores only occasionally as a hijacking went awry; while the US had weathered the 1983 bombing of the Marine barracks in Beirut, attacks almost never targeted civilians.

    The Pan Am 103 bombing seemed squarely aimed at the US, hitting one of its most iconic brands. Pan Am then represented America’s global reach in a way few companies did; the world’s most powerful airline shuttled 19 million passengers a year to more than 160 countries and had ferried the Beatles to their US tour and James Bond around the globe on his cinematic missions. In a moment of hubris a generation before Elon Musk and Jeff Bezos, the airline had even opened a “waiting list” for the first tourists to travel to outer space. Its New York headquarters, the Pan Am building, was the world’s largest commercial building and its terminal at JFK Airport the biggest in the world.

    The investigation into the bombing of Pan Am 103 began immediately, as police and investigators streamed north from London by the hundreds; chief constable John Boyd, the head of the local police, arrived at the Lockerbie police station by 8:15 pm, and within an hour the first victim had been brought in: A farmer arrived in town with the body of a baby girl who had fallen from the sky. He’d carefully placed her in the front seat of his pickup truck.

    An FBI agent posted in London had raced north too, with the US ambassador, aboard a special US Air Force flight, and at 2 am, when Boyd convened his first senior leadership meeting, he announced, “The FBI is here, and they are fully operational.” By that point, FBI explosives experts were already en route to Scotland aboard an FAA plane; agents would install special secure communications equipment in Lockerbie and remain on site for months.

    Although it quickly became clear that a bomb had targeted Pan Am 103—wreckage showed signs of an explosion and tested positive for PETN and RDX, two key ingredients of the explosive Semtex—the investigation proceeded with frustrating slowness. Pan Am’s records were incomplete, and it took days to even determine the full list of passengers. At the same time, it was the largest crime scene ever investigated—a fact that remains true today.

    Investigators walked 845 square miles, an area 12 times the size of Washington, DC, and searched so thoroughly that they recovered more than 70 packages of airline crackers and ultimately could reconstruct about 85 percent of the fuselage. (Today, the wreckage remains in an English scrapyard.) Constable Boyd, at his first press conference, told the media, “This is a mammoth inquiry.”

    On Christmas Eve, a searcher found a piece of a luggage pallet with signs of obvious scorching, which would indicate the bomb had been in the luggage compartment below the passenger cabin. The evidence was rushed to a special British military lab—one originally created to investigate the Guy Fawkes’ Gunpowder Plot to blow up Parliament and kill King James I in 1605.

    When the explosive tests came back a day later, the British government called the State Department’s ambassador-at-large for combating terrorism, L. Paul Bremer III (who would go on to be President George W. Bush’s viceroy in Baghdad after the 2003 invasion of Iraq), and officially delivered the news that everyone had anticipated: Pan Am 103 had been downed by a bomb.

    Meanwhile, FBI agents fanned out across the country. In New York, special agent Neil Herman—who would later lead the FBI’s counterterrorism office in New York in the run up to 9/11—was tasked with interviewing some of the victims’ families; many of the Syracuse students on board had been from the New York region. One of the mothers he interviewed hadn’t heard from the government in the 10 days since the attack. “It really struck me how ill-equipped we were to deal with this,” Herman told me, years later. “Multiply her by 270 victims and families.” The bombing underscored that the FBI and the US government had a lot to learn in responding and aiding victims in a terror attack.

    INVESTIGATORS MOVED TOWARD piecing together how a bomb could have been placed on board; years before the 9/11 attack, they discounted the idea of a suicide bomber aboard—there had never been a suicide attack on civil aviation at that point—and so focused on one of two theories: The possibility of a “mule,” an innocent passenger duped into carrying a bomb aboard, or an “inside man,” a trusted airport or airline employee who had smuggled the fatal cargo aboard. The initial suspect list stretched to 1,200 names.

    Yet even reconstructing what was on board took an eternity: Evidence pointed to a Japanese manufactured Toshiba cassette recorder as the likely delivery device for the bomb, and then, by the end of January, investigators located pieces of the suitcase that had held the bomb. After determining that it was a Samsonite bag, police and the FBI flew to the company’s headquarters in the United States and narrowed the search further: The bag, they found, was a System 4 Silhouette 4000 model, color “antique-copper,” a case and color made for only three years, 1985 to 1988, and sold only in the Middle East. There were a total of 3,500 such suitcases in circulation.

    By late spring, investigators had identified 14 pieces of luggage inside the target cargo container, known as AVE4041; each bore tell-tale signs of the explosion. Through careful retracing of how luggage moved through the London airport, investigators determined that the bags on the container’s bottom row came from passengers transferring in London. The bags on the second and third row of AVE4041 had been the last bags loaded onto the leg of the flight that began in Frankfurt, before the plane took off for London. None of the baggage had been X-rayed or matched with passengers on board.

    The British lab traced clothing fragments from the wreckage that bore signs of the explosion and thus likely originated in the bomb-carrying suitcase. It was an odd mix: Two herring-bone skirts, men’s pajamas, tartan trousers, and so on. The most promising fragment was a blue infant’s onesie that, after fiber analysis, was conclusively determined to have been inside the explosive case, and had a label saying “Malta Trading Company.” In March, two detectives took off for Malta, where the manufacturer told them that 500 such articles of clothing had been made and most sent to Ireland, while the rest went locally to Maltese outlets and others to continental Europe.

    As they dug deeper, they focused on bag B8849, which appeared to have come off Air Malta Flight 180—Malta to Frankfurt—on December 21, even though there was no record of one of that flight’s 47 passengers transferring to Pan Am 103.

    Investigators located the store in Malta where the suspect clothing had been sold; the British inspector later recorded in his statement, “[Store owner] Anthony Gauci interjected and stated that he could recall selling a pair of the checked trousers, size 34, and three pairs of the pajamas to a male person.” The investigators snapped to attention—after nine months did they finally have a suspect in their sights? “[Gauci] informed me that the man had also purchased the following items: one imitation Harris Tweed jacket; one woolen cardigan; one black umbrella; one blue colored ‘Baby Gro’ with a motif described by the witness as a ‘sheep’s face’ on the front; and one pair of gents’ brown herring-bone material trousers, size 36.”

    Game, set, match. Gauci had perfectly described the clothing fragments found by RARDE technicians to contain traces of explosive. The purchase, Gauci went on to explain, stood out in his mind because the customer—whom Gauci tellingly identified as speaking the “Libyan language”—had entered the store on November 23, 1988, and gathered items without seeming to care about the size, gender, or color of any of it.

    As the investigation painstakingly proceeded into 1989 and 1990, Robert Mueller arrived at Main Justice; the final objects of the Lockerbie search wouldn’t be found until the spring of 1990, just months before Mueller took over as assistant attorney general of the criminal division in September.

    The Justice Department that year was undergoing a series of leadership changes; the deputy attorney general, William Barr, became acting attorney general midyear as Richard Thornburgh stepped down to run for Senate back in his native Pennsylvania. President Bush then nominated Barr to take over as attorney general officially. (Earlier this month Barr was nominated by President Trump to become attorney general once again.)

    The bombing soon became one of the top cases on Mueller’s desk. He met regularly with Richard Marquise, the FBI special agent heading Scotbom. For Mueller, the case became personal; he met with victims’ families and toured the Lockerbie crash site and the investigation’s headquarters. He traveled repeatedly to the United Kingdom for meetings and walked the fields of Lockerbie himself. “The Scots just did a phenomenal job with the crime scene,” he told me, years ago.

    Mueller pushed the investigators forward constantly, getting involved in the investigation at a level that a high-ranking Justice Department official almost never does. Marquise turned to him in one meeting, after yet another set of directions, and sighed, “Geez, if I didn’t know better, I’d think you want to be FBI director.”

    The investigation gradually, carefully, zeroed in on Libya. Agents traced a circuit board used in the bomb to a similar device seized in Africa a couple of years earlier used by Libyan intelligence. An FBI-created database of Maltese immigration records even showed that a man using the same alias as one of those Libyan intelligence officers had departed from Malta on October 19, 1988—just two months before the bombing.

    The circuit board also helped makes sense of an important aspect of the bombing: It controlled a timer, meaning that the bomb was not set off by a barometric trigger that registers altitude. This, in turn, explained why the explosive baggage had lain peacefully in the jet’s hold as it took off and landed repeatedly.

    Tiny letters on the suspect timer said “MEBO.” What was MEBO? In the days before Google, searching for something called “Mebo” required going country to country, company to company. There were no shortcuts. The FBI, MI5, and CIA were, after months of work, able to trace MEBO back to a Swiss company, Meister et Bollier, adding a fifth country to the ever-expanding investigative circle.

    From Meister et Bollier, they learned that the company had provided 20 prototype timers to the Libyan government and the company helped ID their contact as a Libyan intelligence officer, Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi, who looked like the sketch of the Maltese clothing shopper. Then, when the FBI looked at its database of Maltese immigration records, they found that Al Megrahi had been present in Malta the day the clothing was purchased.

    Marquise sat down with Robert Mueller and the rest of the prosecutorial team and laid out the latest evidence. Mueller’s orders were clear—he wanted specific suspects and he wanted to bring charges. As he said, “Proceed toward indictment.” Let’s get this case moving.

    IN NOVEMBER 1990, Marquise was placed in charge of all aspects of the investigation and assigned on special duty to the Washington Field Office and moved to a new Scotbom task force. The field offce was located far from the Hoover building, in a run-down neighborhood known by the thoroughly unromantic moniker of Buzzard Point.

    The Scotbom task force had been allotted three tiny windowless rooms with dark wood paneling, which were soon covered floor-to-ceiling with 747 diagrams, crime scene photographs, maps, and other clues. By the door of the office, the team kept two photographs to remind themselves of the stakes: One, a tiny baby shoe recovered from the fields of Lockerbie; the other, a picture of the American flag on the tail of Pan Am 103. This was the first major attack on the US and its civilians. Whoever was responsible couldn’t be allowed to get away with it.

    With representatives from a half-dozen countries—the US, Britain, Scotland, Sweden, Germany, France, and Malta—now sitting around the table, putting together a case that met everyone’s evidentiary standards was difficult. “We talked through everything, and everything was always done to the higher standard,” Marquise says. In the US, for instance, the legal standard for a photo array was six photos; in Scotland, though, it was 12. So every photo array in the investigation had 12 photos to ensure that the IDs could be used in a British court.

    The trail of evidence so far was pretty clear, and it all pointed toward Libya. Yet there was still much work to do prior to an indictment. A solid hunch was one thing. Having evidence that would stand up in court and under cross-examination was something else entirely.

    As the case neared an indictment, the international investigators and prosecutors found themselves focusing at their gatherings on the fine print of their respective legal code and engaging in deep, philosophical-seeming debates: “What does murder mean in your statute? Huh? I know what murder means: I kill you. Well, then you start going through the details and the standards are just a little different. It may entail five factors in one country, three in another. Was Megrahi guilty of murder? Depends on the country.”

    At every meeting, the international team danced around the question of where a prosecution would ultimately take place. “Jurisdiction was an eggshell problem,” Marquise says. “It was always there, but no one wanted to talk about it. It was always the elephant in the room.”

    Mueller tried to deflect the debate for as long as possible, arguing there was more investigation to do first. Eventually, though, he argued forcefully that the case should be tried in the US. “I recognize that Scotland has significant equities which support trial of the case in your country,” he said in one meeting. “However, the primary target of this act of terrorism was the United States. The majority of the victims were Americans, and the Pan American aircraft was targeted precisely because it was of United States registry.”

    After one meeting, where the Scots and Americans debated jurisdiction for more than two hours, the group migrated over to the Peasant, a restaurant near the Justice Department, where, in an attempt to foster good spirits, it paid for the visiting Scots. Mueller and the other American officials each had to pay for their own meals.

    Mueller was getting ready to move forward; the federal grand jury would begin work in early September. Prosecutors and other investigators were already preparing background, readying evidence, and piecing together information like the names and nationalities of all the Lockerbie victims so that they could be included in the forthcoming indictment.

    There had never been any doubt in the US that the Pan Am 103 bombing would be handled as a criminal matter, but the case was still closely monitored by the White House and the National Security Council.

    The Reagan administration had been surprised in February 1988 by the indictment on drug charges of its close ally Panamanian dictator Manuel Noriega, and a rule of thumb had been developed: Give the White House a heads up anytime you’re going to indict a foreign agent. “If you tag Libya with Pan Am 103, that’s fair to say it’s going to disrupt our relationship with Libya,” Mueller deadpans. So Mueller would head up to the Cabinet Room at the White House, charts and pictures in hand, to explain to President Bush and his team what Justice had in mind.

    To Mueller, the investigation underscored why such complex investigations needed a law enforcement eye. A few months after the attack, he sat through a CIA briefing pointing toward Syria as the culprit behind the attack. “That’s always struck with me as a lesson in the difference between intelligence and evidence. I always try to remember that,” he told me, back when he was FBI director. “It’s a very good object lesson about hasty action based on intelligence. What if we had gone and attacked Syria based on that initial intelligence? Then, after the attack, it came out that Libya had been behind it? What could we have done?”

    Marquise was the last witness for the federal grand jury on Friday, November 8, 1991. Only in the days leading up to that testimony had prosecutors zeroed in on Megrahi and another Libyan officer, Al Amin Khalifa Fhimah; as late as the week of the testimony, they had hoped to pursue additional indictments, yet the evidence wasn’t there to get to a conviction.

    Mueller traveled to London to meet with the Peter Fraser, the lord advocate—Scotland’s top prosecutor—and they agreed to announce indictments simultaneously on November 15, 1991. Who got their hands on the suspects first, well, that was a question for later. The joint indictment, Mueller believed, would benefit both countries. “It adds credibility to both our investigations,” he says.

    That coordinated joint, multi-nation statement and indictment would become a model that the US would deploy more regularly in the years to come, as the US and other western nations have tried to coordinate cyber investigations and indictments against hackers from countries like North Korea, Russia, and Iran.

    To make the stunning announcement against Libya, Mueller joined FBI director William Sessions, DC US attorney Jay Stephens, and attorney general William Barr.

    “We charge that two Libyan officials, acting as operatives of the Libyan intelligence agency, along with other co-conspirators, planted and detonated the bomb that destroyed Pan Am 103,” Barr said. “I have just telephoned some of the families of those murdered on Pan Am 103 to inform them and the organizations of the survivors that this indictment has been returned. Their loss has been ever present in our minds.”

    At the same time, in Scotland, investigators there were announcing the same indictments.

    At the press conference, Barr listed a long set of names to thank—the first one he singled out was Mueller’s. Then, he continued, “This investigation is by no means over. It continues unabated. We will not rest until all those responsible are brought to justice. We have no higher priority.”

    From there, the case would drag on for years. ABC News interviewed the two suspects in Libya later that month; both denied any responsibility for the bombing. Marquise was reassigned within six months; the other investigators moved along too.

    Mueller himself left the administration when Bill Clinton became president, spending an unhappy year in private practice before rejoining the Justice Department to work as a junior homicide prosecutor in DC under then US attorney Eric Holder; Mueller, who had led the nation’s entire criminal division was now working side by side with prosecutors just a few years out of law school, the equivalent of a three-star military general retiring and reenlisting as a second lieutenant. Clinton eventually named Mueller the US attorney in San Francisco, the office where he’d worked as a young attorney in the 1970s.

    THE 10TH ANNIVERSARY of the bombing came and went without any justice. Then, in April 1999, prolonged international negotiations led to Libyan dictator Muammar Qaddafi turning over the two suspects; the international economic sanctions imposed on Libya in the wake of the bombing were taking a toll on his country, and the leader wanted to put the incident behind him.

    The final negotiated agreement said that the two men would be tried by a Scottish court, under Scottish law, in The Hague in the Netherlands. Distinct from the international court there, the three-judge Scottish court would ensure that the men faced justice under the laws of the country where their accused crime had been committed.

    Allowing the Scots to move forward meant some concessions by the US. The big one was taking the death penalty, prohibited in Scotland, off the table. Mueller badly wanted the death penalty. Mueller, like many prosecutors and law enforcement officials, is a strong proponent of capital punishment, but he believes it should be reserved for only egregious crimes. “It has to be especially heinous, and you have to be 100 percent sure he’s guilty,” he says. This case met that criteria. “There’s never closure. If there can’t be closure, there should be justice—both for the victims as well as the society at large,” he says.

    An old US military facility, Kamp Van Zeist, was converted to an elaborate jail and courtroom in The Hague, and the Dutch formally surrendered the two Libyans to Scottish police. The trial began in May 2000. For nine months, the court heard testimony from around the world. In what many observers saw as a political verdict, Al Megrahi was found guilty and Fhimah was found not guilty.

    With barely 24 hours notice, Marquise and victim family members raced from the United States to be in the courtroom to hear the verdict. The morning of the verdict in 2001, Mueller was just days into his tenure as acting deputy US attorney general—filling in for the start of the George W. Bush administration in the department’s No. 2 role as attorney general John Ashcroft got himself situated.

    That day, Mueller awoke early and joined with victims’ families and other officials in Washington, who watched the verdict announcement via a satellite hookup. To him, it was a chance for some closure—but the investigation would go on. As he told the media, “The United States remains vigilant in its pursuit to bring to justice any other individuals who may have been involved in the conspiracy to bring down Pan Am Flight 103.”

    The Scotbom case would leave a deep imprint on Mueller; one of his first actions as FBI director was to recruit Kathryn Turman, who had served as the liaison to the Pan Am 103 victim families during the trial, to head the FBI’s Victim Services Division, helping to elevate the role and responsibility of the FBI in dealing with crime victims.

    JUST MONTHS AFTER that 20th anniversary ceremony with Mueller at Arlington National Cemetery, in the summer of 2009, Scotland released a terminally ill Megrahi from prison after a lengthy appeals process, and sent him back to Libya. The decision was made, the Scottish minister of justice reported, on “compassionate grounds.” Few involved on the US side believed the terrorist deserved compassion. Megrahi was greeted as a hero on the tarmac in Libya—rose petals, cheering crowds. The US consensus remained that he should rot in prison.

    The idea that Megrahi could walk out of prison on “compassionate” ground made a mockery of everything that Mueller had dedicated his life to fighting and doing. Amid a series of tepid official condemnations—President Obama labeled it “highly objectionable”—Mueller fired off a letter to Scottish minister Kenny MacAskill that stood out for its raw pain, anger, and deep sorrow.

    “Over the years I have been a prosecutor, and recently as the Director of the FBI, I have made it a practice not to comment on the actions of other prosecutors, since only the prosecutor handling the case has all the facts and the law before him in reaching the appropriate decision,” Mueller began. “Your decision to release Megrahi causes me to abandon that practice in this case. I do so because I am familiar with the facts, and the law, having been the Assistant Attorney General in charge of the investigation and indictment of Megrahi in 1991. And I do so because I am outraged at your decision, blithely defended on the grounds of ‘compassion.’”

    That nine months after the 20th anniversary of the bombing, the only person behind bars for the bombing would walk back onto Libyan soil a free man and be greeted with rose petals left Mueller seething.

    “Your action in releasing Megrahi is as inexplicable as it is detrimental to the cause of justice. Indeed your action makes a mockery of the rule of law. Your action gives comfort to terrorists around the world,” Mueller wrote. “You could not have spent much time with the families, certainly not as much time as others involved in the investigation and prosecution. You could not have visited the small wooden warehouse where the personal items of those who perished were gathered for identification—the single sneaker belonging to a teenager; the Syracuse sweatshirt never again to be worn by a college student returning home for the holidays; the toys in a suitcase of a businessman looking forward to spending Christmas with his wife and children.”

    For Mueller, walking the fields of Lockerbie had been walking on hallowed ground. The Scottish decision pained him especially deeply, because of the mission and dedication he and his Scottish counterparts had shared 20 years before. “If all civilized nations join together to apply the rules of law to international terrorists, certainly we will be successful in ridding the world of the scourge of terrorism,” he had written in a perhaps too hopeful private note to the Scottish Lord Advocate in 1990.

    Some 20 years later, in an era when counterterrorism would be a massive, multibillion dollar industry and a buzzword for politicians everywhere, Mueller—betrayed—concluded his letter with a decidedly un-Mueller-like plea, shouted plaintively and hopelessly across the Atlantic: “Where, I ask, is the justice?”

    #USA #Libye #impérialisme #terrorisme #histoire #CIA #idéologie #propagande

  • Le monde selon #Xi_Jinping

    Depuis 2012, le désormais « président à vie » Xi Jinping a concentré tous les pouvoirs sur sa personne, avec l’obsession de faire de la #Chine la superpuissance du XXIe siècle. Plongée au coeur de son « rêve chinois ».

    Derrière son apparente bonhomie se cache un chef redoutable, prêt à tout pour faire de la Chine la première puissance mondiale, d’ici au centenaire de la République populaire, en 2049. En mars dernier, à l’issue de vastes purges, Xi Jinping modifie la Constitution et s’intronise « président à vie ». Une concentration des pouvoirs sans précédent depuis la fin de l’ère maoïste. Né en 1953, ce fils d’un proche de Mao Zedong révoqué pour « complot antiparti » choisit à l’adolescence, en pleine tourmente de la Révolution culturelle, un exil volontaire à la campagne, comme pour racheter la déchéance paternelle. Revendiquant une fidélité aveugle au Parti, il gravira en apparatchik « plus rouge que rouge » tous les degrés du pouvoir.
    Depuis son accession au secrétariat général du Parti en 2012, puis à la présidence l’année suivante, les autocritiques d’opposants ont réapparu, par le biais de confessions télévisées. Et on met à l’essai un système de surveillance généralisée censé faire le tri entre les bons et les mauvais citoyens. Inflexible sur le plan intérieur, Xi Jinping s’est donné comme objectif de supplanter l’Occident à la tête d’un nouvel ordre mondial. Son projet des « routes de la soie » a ainsi considérablement étendu le réseau des infrastructures chinoises à l’échelle planétaire. Cet expansionnisme stratégique, jusque-là développé en silence, inquiète de plus en plus l’Europe et les États-Unis.

    Impériale revanche
    Dans ce portrait très documenté du leader chinois, Sophie Lepault et Romain Franklin donnent un aperçu inédit de sa politique et montrent que l’itinéraire de Xi Jinping a façonné ses choix. De Pékin à Djibouti – l’ancienne colonie française est depuis 2017 la première base militaire chinoise à l’étranger – en passant par la mer de Chine méridionale et l’Australie, les réalisateurs passent au crible les projets et les stratégies d’influence du nouvel homme fort de la planète. Nourrie d’images d’archives et de témoignages (de nombreux experts et de dissidents, mais aussi d’un haut gradé proche du pouvoir), leur enquête montre comment Xi Jinping a donné à la reconquête nationaliste de la grandeur impériale chinoise, projet nourri dès l’origine par la République populaire, une spectaculaire ampleur.

    https://www.arte.tv/fr/videos/078193-000-A/le-monde-selon-xi-jinping
    #biographie #démocratie #trauma #traumatisme #Mao #révolution_culturelle #Terres_Jaunes #exil #Prince_Rouge #nationalisme #rêve_chinois #renaissance_nationale #histoire_nationale #totalitarisme #stabilité #idéologie #anti-corruption #lutte_contre_la_corruption #purge #dictature #investissements_à_l'étranger #prêts #dette #KUKA #ports #droits_humains #Australie #infiltration_chinoise #Nouvelle-Zélande #David_Cameron #Jean-Pierre_Raffarin #matières_premières #capitalisme_autoritaire #Ouïghours #arrestations #répression #censure #liberté_d'expression #défilés_militaires #armée #puissance_militaire #Mer_de_Chine_méridionale #îles_de_Spratleys #liberté_de_la_presse #prisonniers_politiques #Hong_Kong

    #Djibouti #base_militaire (de Djibouti)

    #Sri_Lanka —> Au Sri Lanka, le #port de #Hambantota est sous contrôle chinois, ceci pour au moins 99 ans (accord signé avec le Sri Lanka qui n’a pas pu rembourser le prêt que la Chine lui a accorder pour construire le port...)
    #dépendance
    v. aussi :
    Comment la Chine a fait main basse sur le Sri Lanka
    https://www.courrierinternational.com/article/comment-la-chine-fait-main-basse-sur-le-sri-lanka

    Histoire semblable pour le #Port_du_Pirée à #Athènes, en #Grèce ou l’#aéroport de #Toulouse, en #France.

    #Organisation_de_coopération_de_Shangaï :


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coop%C3%A9ration_de_Shanghai
    #Grande_unité_mondiale #enrichissement_pour_tous

    Quelques cartes et images tirées du #film #documentaire.

    La #nouvelle_route_de_la_soie et autres investissements chinois dans les infrastructures mondiales de #transport :

    La #Chinafrique :


    #Afrique
    Afrique où la Chine propose la « #solution_chinoise », programme de #développement basé sur le #développement_économique —> « #modèle_chinois de développement »

    Le programme de #surveillance_de_masse :

    Outre la surveillance, mise en place d’un programme appelé « #crédit_social » :

    Le #Système_de_crédit_social est un projet du gouvernement chinois visant à mettre en place d’ici 2020 un système national de #réputation_des_citoyens. Chacun d’entre eux se voit attribuer une note, échelonnée entre 350 et 950 points, dite « crédit social », fondée sur les données dont dispose le gouvernement à propos de leur statut économique et social. Le système repose sur un outil de surveillance de masse et utilise les technologies d’analyse du #big_data. Il est également utilisé pour noter les entreprises opérant sur le marché chinois.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_cr%C3%A9dit_social

    Voici ce que cela donne :


    #surveillance #contrôle_de_la_population #vidéosurveillance #reconnaissance_faciale #contrôle_social
    #cartographie #visualisation
    ping @etraces

    ping @reka

  • Ce que Marx dirait des gilets jaunes - Didier LAPEYRONNIE, Sociologue - 27 décembre 2018
    https://www.liberation.fr/debats/2018/12/27/ce-que-marx-dirait-des-gilets-jaunes_1699758

    Les gilets jaunes s’inscrivent dans une longue tradition de #mouvements_populaires, tels qu’on les connaît depuis le People Party, les Narodniki ou les paysans parcellaires du XIXe siècle. Des « moments du peuple » qui n’annoncent rien mais exacerbent l’urgence à retrouver les chemins de la #lutte_des_classes.

    Tribune. Les gilets jaunes sont un objet non identifié. Leur mouvement n’a pas de précédent récent. S’il est original en France, il est d’une grande banalité dans la période actuelle et s’inscrit dans une tradition vieille de plus de deux siècles de mouvements qui surgissent dans des conjonctures mêlant des changements économiques brutaux à l’effondrement du système politique.

    Le mouvement uni deux symboles. Le gilet jaune, tenue de ceux qui sont au bord de la route, les perdants de l’#économie globalisée. Immobilisés, ils bloquent les ronds-points et détruisent les accès payants. Les invisibles deviennent visibles. Le drapeau français ensuite, qui flotte sur les ronds-points, est brandi dans les manifestations, porté sur le gilet, auquel s’ajoute la Marseillaise, chantée sans arrêt, y compris devant les cordons de police. Le gilet et le drapeau symbolisent les six caractéristiques du mouvement.

    1. Ils définissent le « #peuple » auquel se réfèrent les manifestants, peuple très divers mais uni par une même expérience des difficultés sociales.

    2. Face à l’#injustice, l’indignation est moins sociale que morale. Elle fabrique un peuple « en colère » comme beaucoup l’écrivent sur leur gilet : leur situation est due à la trahison des élites « corrompues » qui se « gavent » et sont prêtes à « vendre » le pays. Le « peuple » veut procéder à l’exclusion de l’#élite et la punir.

    3. Le rejet moral débouche sur l’appel à une souveraineté populaire directe qui se fait entendre de plus en plus fort au fur et à mesure que le mouvement dure, se traduisant par une hostilité aux corps intermédiaires et aux #médias et surtout aux parlementaires. Ni de droite, ni de gauche, l’essentiel est le face-à-face direct avec le Président dont on appelle à la démission.

    4. Le mouvement est incapable de se structurer, de se donner des porte-parole ou d’accepter une négociation : ce serait trahison et corruption. Entre l’injustice ressentie et l’appel au peuple, il n’y a pas de cadre politique permettant de s’organiser ou de construire des #revendications agrégeant les multiples demandes. Peu substantiel, le mouvement est facilement manipulable par des #idéologies plus consistantes, ouvert aux rumeurs et sensible aux théories « complotistes ».

    5. L’ensemble prend la forme d’une volonté de revenir dans le passé, non dans une logique réactionnaire, mais pour y retrouver les équilibres sociaux et politiques assurant un avenir plus juste pour les « petits », leur permettant de reprendre la route.

    6. Entre l’appel au peuple et les demandes diverses, il n’y a rien d’autre que des sentiments de la colère et un immense ressentiment. La violence en est l’aboutissement : elle maintient l’intégrité du mouvement. Elle est un court-circuit : elle fait entrer au cœur du système ceux qui sont #dehors. Elle est la seule #stratégie politique possible « pour se faire entendre ».

    Les gilets jaunes s’inscrivent dans la longue tradition des mouvements populaires, tels qu’on les connaît depuis le People Party ou les Narodniki au XIXe siècle jusqu’au Tea Party. Ils en sont un avatar presque ordinaire. Ils diffèrent sur une dimension : ces mouvements ont été teintés d’une forte #xénophobie, parfois de #racisme, mêlés à l’hostilité aux #pauvres qui bénéficient d’#aides_sociales. Ces thèmes ont été présents, mais ils sont restés mineurs.

    La crise de la représentation

    Marx a fait l’analyse la plus solide de ces mouvements, les expliquant par l’association des changements économiques, des difficultés sociales et de la crise de la représentation. Il n’y a presque rien à changer à son analyse. En 1848, les paysans parcellaires étaient confrontés à de profonds changements économiques mettant en cause leur existence. Comme les gilets jaunes manifestant dans Paris en petits groupes dispersés, leur #isolement ne leur permettait pas de se constituer comme une catégorie unie apte à se défendre. Leurs intérêts les opposaient aux autres groupes sociaux, mais les conditions de leur existence les séparaient les uns des autres. Il n’existait pas de #liens entre eux, aucune organisation, aucune #identité. Incapables de se représenter, ils devaient être représentés, écrit Marx, et ils attendaient des représentants et de l’Etat qu’ils les protègent contre les autres classes et surtout contre les changements, afin de leur redonner leur « splendeur d’antan ». Leur influence trouvait son expression dans la « subordination de la société au pouvoir exécutif », au politique. Marx était violemment hostile à ce type de mouvement, rejetant son #économie_morale et la volonté de « retour en arrière » comme l’appel au peuple et la #philosophie_de_la_misère.

    Il y voyait le vecteur de la prise de pouvoir de Bonaparte, le principal soutien d’un #régime_autoritaire et fort et une forme de révolte « primitive », marquant la fin d’un monde tout en faisant obstacle à une nouvelle lutte de classes. Comme les paysans parcellaires, les gilets jaunes sont le produit de la désintégration sociale et de l’injustice brutale produites par des changements économiques qui les laissent à l’écart et du vide dans lequel l’effondrement du système politique les a placés, en particulier la disparition de la Gauche dont il ne subsiste plus que des fragments caricaturaux. Ils sont le produit d’un « moment », moment du « peuple », inauguré lors de la dernière élection présidentielle, et qui peut durer de longues décennies comme nous le rappellent les paysans parcellaires dont la participation au #plébiscite a précipité l’effondrement de la démocratie : il a fallu attendre près d’un demi-siècle pour que les luttes des classes s’affirment par la construction d’un mouvement ouvrier et d’une Gauche politique. Les gilets jaunes n’annoncent rien mais leur mouvement populaire exacerbe l’urgence qu’il y a aujourd’hui de sortir de ce « moment du peuple » en refondant la démocratie représentative en retrouvant les chemins de la lutte des classes.

    Que les #précaires puissent guère tabler sur la grande usine comme lieu d’agrégation n’en fait pas pour autant des paysans parcellaires. Le sociologue enrégimente Marx pour mieux s’autoriser de « leçons de l’histoire ».

    #histoire #analyse #débat

  • Gilles Le Gendre : « Notre erreur est d’avoir probablement été trop intelligents, trop subtils... »
    https://www.nouvelobs.com/politique/20181217.OBS7228/gilles-le-gendre-notre-erreur-est-d-avoir-probablement-ete-trop-intellige


    Non, non, je vous rassure, mon bon monsieur, on a parfaitement compris, justement !

    « Deuxième erreur, dont nous portons tous la responsabilité – moi y compris, je ne me pose pas en censeur : c’est le fait d’avoir probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniques dans les mesures de pouvoir d’achat. Nous avons saucissonné toutes les mesures favorables au pouvoir d’achat dans le temps, c’était justifié par la situation des finances publiques mais manifestement ça n’a pas été compris. »

    #morgue #mépris

  • Gilles Le Gendre : une de nos erreurs "est d’avoir probablement été trop intelligents
    https://www.youtube.com/watch?v=Fp36PR6saeI

    Ce lundi sur Public sénat, le patron du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale a avancé que la majorité avait « insuffisamment expliqué son action » et que ses membres s’étaient montrés « trop intelligents et trop subtils ». 

    Gilles Le Gendre à l’Assemblée nationale

    • gilles.legendre@en-marche.fr
    • gilles.le.gendre@assemblee-nationale.fr

    Déclaration d’intérêts et d’activités déposée le 03/02/2018 en sus de ses indemnités parlementaires (Curieux, on ne dit pas salaire)

    – Conseil aux entreprise
    2016 : 63 291 € Net
    2017 : 41 996 € Net

    – Société : Explora & Cie
    Evaluation : 170 000 € │ Nombre de parts détenues : 600 │ Pourcentage du capital détenu : 50 %

    Rémunération ou gratification au cours de l’année précédente : Dividendes : 50 000 euros brut en 2017

    #intelligence #enmarche #intelligence_artificielle #bêtise
    #oligarchie #oligarchies #france #idéologie

  • Notes anthropologiques (XXVI)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXVI

    Mexico 2018
    Première partie
    De l’idéologie et de la réalité (II)

    Dans les notes anthropologiques précédentes, j’ai pu noter que la réalité se présentait comme le Léviathan, un monstre qui s’autocréait et s’inventait sans répit à partir de sa propre pensée. À ce sujet, il me semble assez justifié de parler d’autogenèse. Cette autogenèse du réel s’accompagne d’une réflexion de la part de ceux que l’on appelle les intellectuels ou les idéologues sur sa nature, soit pour la justifier, soit pour la critiquer. Cette réflexion est idéologique et elle n’a qu’un lointain rapport avec la réalité elle-même (qu’un lointain rapport avec la pensée proprement dite). L’idéologie accompagne la réalité et a le plus souvent une fonction de propagande, mais elle n’est pas la réalité et il ne faudrait pas confondre idéologie et réalité (idéologie et pensée). Seule la réalité est en mesure de critiquer la réalité. Seul le Léviathan a été en mesure de critiquer le dragon ailé de la société médiévale. Seule la pensée critique la pensée. D’ailleurs je me rends compte que l’idéologie loin de critiquer le monde que nous connaissons, dominé par l’activité marchande et ce qu’elle implique, l’accompagne dans son développement et son progrès. (...)

    #Mexique #réalité #idéologie #histoire #Léviathan #zapatistes #Notre-Dame-des-Landes #Amérique_latine #Hegel #Marx

  • Notes anthropologiques (XXV)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXV

    Mexico 2018
    Première partie
    De l’idéologie et de la réalité I

    Il est grand temps de distinguer l’idéologie de la réalité, et vice versa ! La fin visée par une autre anthropologie est d’arriver après un voyage mouvementé à la vaste plage de la réalité. Le plus souvent nous parlons idéologiquement de la réalité. Tous ceux qui prétendent décrire ou analyser la réalité dans laquelle nous nous trouvons sont des idéologues et, bien souvent, les idéologues sont aussi des militants qui cherchent à imposer leur vision ou une certaine vision de la réalité. Ces idéologues sont en général payés par l’État et leur vision de la réalité ne s’éloigne pas de celle voulue par la pensée dominante, leur appréhension ne s’écarte guère d’un convenu plus ou moins implicite et ce qu’ils présentent comme des nouveautés a la saveur du bon sens et du bon goût reconnaissable entre mille, et dans laquelle tous se reconnaissent avec une certaine satisfaction. Quand ils ne sont pas directement payés par l’État, les idéologues portent en eux l’idée de l’État, quoi qu’ils disent et quoi qu’ils fassent. L’idéologie est le propre d’une pensée séparée. (...)

    #Mexique #réalité #idéologie #histoire #Jérôme_Baschet #présentisme #capitalisme