Les Européens en train d’essayer de se convaincre que le blocage du Détroit d’Ormuz, c’est un crime de guerre. Alors que la destruction définitive des pipelines Nord Stream, non.
Les Européens en train d’essayer de se convaincre que le blocage du Détroit d’Ormuz, c’est un crime de guerre. Alors que la destruction définitive des pipelines Nord Stream, non.
Pas encore compris la différence ? - Tu en es un !
Recommendé par ’La Vie des Idées’ pour apprendre l’art de la partialité, diffamation et méfiance
▻https://seenthis.net/messages/1165419
#sarcasme #démocratie #idéologie_du_centre
#Ormuz #Nordstream
@arno a googlé Lionel Jospin.
Drôle de coïncidence juste à la suite des municipales.
Ca l’a fini.
Lionel Jospin appelle à vérifier que Retailleau applique bien sa politique raciste
▻https://seenthis.net/messages/1096708
Je viens de passer sur gougueule-actu et sans hésiter je partage cet article dithyrambique :
En ce 17 juillet 2019, le Parti socialiste, encore assommé par ses déroutes électorales, réunit au Sénat ses « grandes figures ». De Martine Aubry à François Hollande, en passant par Bernard Cazeneuve, Jean-Marc Ayrault et Jean-Christophe Cambadélis, ils sont (presque) tous là. Discrètement, Lionel Jospin, pour la première fois depuis qu’il a quitté le Conseil constitutionnel, en mars, se glisse parmi les « éléphants ». « Il va falloir réfléchir longuement » à la suite à gauche, lâche-t-il en souriant. L’ancien premier ministre, qui avait connu tous les hauts et les bas de cette gauche lors du demi-siècle passé, et en particulier sa propre défaite fracassante au premier tour de la présidentielle de 2002, est mort à 88 ans, a annoncé sa famille à l’Agence France-Presse, lundi 23 mars.
@arno peut continuer à googler tranquillou : il y a encore des places dans le cimetière des #éléphants.
pour moi, Jospin a été le fossoyeur de la gauche
• en inversant le calendrier des présidentielles et des législatives
• en ignorant les signaux indiquant une probable absence au second tour
• surtout, en abandonnant piteusement le combat en pleine bataille
J’assume la responsabilité de cet échec [et mènerai le combat pour les législatives avant de] me retir[er] de la vie politique
Oui, cette gauche était déjà de droite. Et Jospin a marqué un point d’acmé qui décidera de la suite, non seulement au PS, mais pour la droite comme pour l’extrême droite.
Son gouvernement a davantage privatisé de boites d’importance que les deux précédents gouvernement officiellement de droite ; leur loi sur les 35H a permis l’annualisation du temps de travail et s’est accompagnée de dégrèvements de cotisations pour les employeurs (c’était avant les millards du CICE, lui aussi socialiste) ; encouragé l’individualisation des salaires, restaurant une hiérarchie mise à mal depuis les années 60 ; il a appliqué les ordonnances Juppé contre la Sécu ; lancé la tarification à l’acte dans les hostos et augmenté le forfait journalier ; instauré le PACS pour endiguer le mariage pour tous auquel il était hostile ; n’a pas (comme promis ah ah ah) abrogé les lois Pasqua-Debré ; a augmenté la durée de rétention administrative dans les CRA crées par le PS ; fait adopter une Loi se sécurité quotidienne qui prévoyait l’incarcération des fraudeurs "récidivistes" dans les transports en communs ; censuré une campagne de prévention sida d’Act Up ; crée des "emplois jeunes" alimentés par l’aiguillon de la faim (maintien de l’interdiction du RMI aux moins de 25 ans), et j’en oublie.
Ce que je n’oublie pas, c’est que ce réactionnaire a déclaré en 1998, à l’Assemblée Nationale, en réponse aux mobilisations massives des chômeurs et précaires de cet hiver là « Je préfère une société de travail à l’assistance ». Sur fond de chômage de masse et de précarisaton de l’emploi, c’était faire litière de 1789 (« l’assistance est une dette sacrée de la société ») comme de toute notion de solidarité.
Cette fin de non-recevoir a preludé au fascisant « Le travail rend libre » d’un Sarkozy en campagne. Nous en sommes encore là. La tentative d’imposer 15 heures d’activité aux RSAstes le montre. Tout comme la frilosité d’un mouvement des Gilets jaunes qui a mis des mois à dire quelque chose de ce que vivaient ses propres participants qui étaient nombreux à dépendre de l’AAH, sans jamais évoquer les allocs chômage ou le RSA parce que vous comprenez on est fâchés car on a tout bien fait comme il faut coté travail, sauf ceux qui peuvent pas hein ?
Cette réponse socialiste à la mobilisation de l’époque, assortie de nombreuses interventions policières, s’est prévalue des smicards et autres travailleurs à bas salaires. Les pauvres dignes travaillent. Les autres ont à s’y efforcer. Et on les y aidera (Plan d’aide au retour à l’emploi : contrôle accru des chômeurs).
Là aussi, la responsabilité du PS CAC 40 est patente dans la progression d’une extrême droite qui, mieux que ses concurrents, fait fond sur cette « conscience sociale triangulaire » que le PS a, en pionnier, contribué à forger.
L’accusation d’être assisté, condition infamante, est vouée à peser au premier chef sur l’étranger et tout ce qui peut lui ressembler (cassos, comme le dit si bien une langue populaire elle aussi pétrie d’idéologie dominante, c’est une déchéance de citoyenneté ; on est citoyen -parait-il- par son travail, et pas par son implication dans la vie sociale et politique, gens de peu, abstenons-nous, et pas seulement électoralement, ça suffit pas).
Ni merci, ni pardon.
Qui ne vomit pas sur cette commémoration aux airs d’unanimité n’est pas un partageux.
#gauche_de_droite #idéologie_du_travail #mentalités #conscience_sociale_triangulaire
Je propose aussi #ps_delenda_est :-)
Le PS c’est le mec toxique que tu n’arrives pas à quitter à qui tu laisses toujours une chance ! Et que c’est ta faute si il te cogne. Le lendemain il ne te demande même pas pardon. Il a tes cojones blindés. #PlusJamaisPS
Un hommage national sera rendu à Lionel Jospin jeudi
▻https://www.lemonde.fr/politique/live/2026/03/23/en-direct-mort-de-lionel-jospin-un-hommage-national-sera-rendu-a-lionel-josp
edit encore une minute de silence à l’A.N, hommage national aux Invalides
Jamais étudié la question mais à l’époque il se disait que le tournant suprême de la trahison sociale de Jospin remontait aux accords de Barcelone de 1995 (partenariat libéral euroméditerranéen).
Une analyse de 2005 à lire en regard de la guerre mondiale actuelle
▻https://www.palestine-studies.org/sites/default/files/jq-articles/barcelone-dix-ans-apres.pdf
D’un autre côté, les accords de Barcelone
sont également minés par leurs non-dits.
– Premier non-dit : les accords de Barcelone
sont d’abord un mécanisme permettant de
contrebalancer les effets déstabilisants de
l’émergence de l’ALENA. La Méditerranée est
en effet, avec le Rio Grande, l’un des lieux
territorialisés de la fracture Nord-Sud.
– Le deuxième non-dit, qui ne sera pas sans
influence sur les évolutions ultérieures et sera
influencé à son tour par elles, est la tentative
d’outrepasser les questions de fond touchant à
la Palestine en imposant de manière subreptice
une « centralité » structurelle présumée de
l’Etat d’Israël comme socle d’un « nouveau
système régional » sous le prétexte d’une
normalisation des relations d’Etat à Etat. Il
s’agissait de tisser des liens économiques en
contrepartie de promesses politiques sans
mécanismes d’application garanti sous contrôle
international réel.
– Le troisième non-dit tenait à la construction
européenne elle-même. Alors que celle-ci
requérait un approfondissement des structures
de l’Union, la dynamique de l’élargissement se
mettait en branle dans la confusion et la
précipitation. L’Union aurait pu proposer aux
pays d’Europe centrale récemment libérés de
l’emprise soviétique des modèles d’association
prenant exemple sur sa propre dynamique en
les aidant à reconstruire et à associer leurs
sociétés et leurs économies, à leur propre
rythme. Elle aurait pu prendre modèle sur sa
propre expérience communautaire lorsqu’il
s’est agi d’intégrer l’Espagne, le Portugal et la
Grèce. Elle ne l’a pas fait
L’allocution de Jospin de 1999 : ▻https://www.vie-publique.fr/discours/196677-declaration-de-m-lionel-jospin-premier-ministre-sur-linsertion-d
Décès d’André Pichot... en février 2025
Je découvre avec un an de retard le décès d’#André_Pichot :
André Pichot, né le 15 septembre 1950 à Gevrey-Chambertin et mort le 2 février 2025 à Strasbourg, est chercheur au CNRS en épistémologie et histoire des sciences.
▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Pichot
C’était surtout un historien de la #biologie très critique à l’égard des #idéologie_scientifique s encore très courantes dans le milieu de la recherche, et notamment l’idée de l’être vivant comme machine.
▻http://sniadecky.wordpress.com/tag/andre-pichot
Lors de la rédaction et après la publication de Les êtres vivants ne sont pas des machines (La Lenteur, 2018) je l’avait sollicité pour un entretien, mais il avait à chaque fois refusé (problèmes de santé). J’aurais bien aimé en savoir plus sur les origines de ses travaux théoriques...
C’est peut dire que dans le milieu des biologistes et des historiens des sciences, il était peu apprécié du fait de ses prises de positions assez radicales.
Et c’est un des rares scientifiques à s’être publiquement opposé aux #OGM et à soutenir ceux qui les ont sabotés...
Il s’est présenté comme témoin en faveur de René Riesel à Montpellier en 2001 lors du procès intenté par le CIRAD contre les personnes ayant saccagé un laboratoire de recherche public travaillant sur un riz transgénique.
Requiem in pace...
Quand l’extrême droite désoriente les professionnels de la culture | Mediapart
▻https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/011225/quand-l-extreme-droite-desoriente-les-professionnels-de-la-culture
Qu’y a-t-il de mal à vouloir rénover un calvaire, comme le font les bénévoles de l’association SOS Calvaires ? Ou à participer à des chantiers de restauration du patrimoine, comme le propose l’association Arcade ? Ces deux associations – dont le travail est par ailleurs régulièrement décrié par les conservateurs-restaurateurs professionnels – sont financées par le Fonds du bien commun. La communication bien rodée de SOS Calvaires se défend de toute visée évangélisatrice, mais son directeur, Alexandre Caillé, affirme : « En restaurant un calvaire, on touche aux racines chrétiennes de la France. »
Mais c’est exactement le même raisonnement qui fait que Joe Lonsdale (un des milliardaires de la Paypal Mafia) finance à l’université d’Austin une une filière consacrée à l’étude des grands classiques de la littérature occidentale... entendez les racines chrétiennes.
Un exemple tiré de L’idéologie Texane, un article publié dans « Politique des machines » de Fred Turner
Fred Turner : « Le Texas devient une techno-théocratie » | Mediapart
▻https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/121125/fred-turner-le-texas-devient-une-techno-theocratie
Fred Turner, professeur à Stanford, continue de décrypter les idéologies et imaginaires à l’œuvre dans les industries du numérique avec un livre intitulé « Politique des machines ». Pourquoi la tech américaine migre-t-elle de San Francisco à Austin ? Entretien.
Joseph Confavreux
12 novembre 2025 à 18h48
« Au sens le plus strict, le cyberlibertarianisme est la conviction que les technologies numériques sont, ou devraient être, soustraites au contrôle des gouvernements démocratiques »
David Golumbia
Cyber et libertaire : l’alliance des contraires ?
▻https://www.terrestres.org/2025/09/16/cyber-libertaire-alliance-contraires
L’alliance entre Donald Trump et la Silicon Valley a suscité depuis le début de l’année 2025 une abondante production intellectuelle, qui cherche à expliquer ce qui est d’abord apparu à de nombreux commentateurs comme un retournement improbable. Comment une industrie longtemps réputée libérale et progressiste a-t-elle pu se ranger aussi rapidement et massivement derrière un dirigeant autoritaire et xénophobe ? Passé l’étonnement initial, plusieurs auteurs ont montré que, par-delà ses apparences libertaires, le monde de la Tech était traversé de longue date par des tendances explicitement réactionnaires. Plus rares sont ceux qui se sont demandé si, dans son rapport aux technologies numériques, une partie de la gauche américaine n’avait pas, elle aussi, légitimé l’approche de la Tech aujourd’hui privilégiée par le pouvoir trumpiste, autour de la déréglementation du secteur et du développement à tout crin de l’intelligence artificielle. C’est une hypothèse de ce genre, quelque peu provocatrice, que le dernier livre de David Golumbia, Cyberlibertarianism. The Right-Wing Politics of Digital Technology, nous invite à examiner1.
#silicon_valley #cyberlibertarianisme #technolâtrie #fascisme_techno
#technofascisme #technogauchisme
Mais #controverse puisque :
Convergences et (manque de) nuances
La thèse la plus forte du livre de D. Golumbia est donc celle d’une convergence idéologique et politique, autour des préceptes cyberlibertariens, d’une constellation d’acteurs que l’on tendrait spontanément à situer en différents endroits du champ politique. Les cyberlibertariens de toute obédience partageraient une même hostilité à la réglementation démocratique des technologies numériques dans le cadre de l’État-nation. La thèse est stimulante, à la fois scientifiquement et politiquement, mais l’argumentation qui la soutient n’est pas dénuée de faiblesses.
Dénier le droit à la liberté d’expression même si ce sont des "affreux fachos", c’est mal. Oui mais les "affreux fachos", y font rien qu’à vouloir limiter notre liberté d’expression à nous les "gauchistes" ... Je dois dire que ce genre de tergiversations en forme d’impasse argumentative, ça m’fume grave ...
Voir aussi :
►https://seenthis.net/messages/1135372
▻https://seenthis.net/messages/1135297 (à propos de l’#idéologie_californienne)
Et aussi :
▻https://seenthis.net/messages/1134634 (à propos des #citoyens_souverains)
▻https://en.wikipedia.org/wiki/David_Golumbia
David Alan Golumbia (1963, Detroit – 14 September 2023, Richmond) was an American academic and author. From 2010 to his death he was a professor at Virginia Commonwealth University. His research focused on “cyberlibertarianism, bitcoin, blockchain, and the logic of computing”.
He had been selected to be a co-editor of Boundary 2 to succeed Paul Bové but died before he could take up that role.
Mais what ? Qu’obtient-on lorsqu’on essaie de se connecter à cette page linkée dans l’article de Wikipedia ? ...
▻https://www.thejewishnews.com/news/obituaries/professor-david-alan-golumbia/article_9c57626e-5e1a-11ee-b5fe-6b48ebda0168.html
L’idéologie californienne par Richard Barbrook et Andy Cameron (Traduction Pierre Blouin) | Réflexions
▻https://charro1010.wordpress.com/2009/11/29/lideologie-californienne-par-richard-barbrook-et-andy-cameron-
Publié le 29 novembre 2009 par charro1010
» Not to lie about the future is impossible and one can lie about it at will » – Naum Gabo (1)
L’Idéologie californienne
de Richard BARBROOK et Andy CAMERON
(Traduit de l’anglais par Pierre Blouin)
Partie 1 : L’éclatement du barrage
Partie 2 : Ronald Reagan contre les hippies
Partie 3 : la montée de la « classe virtuelle »
Partie 4 : Agora ou marché ?
Partie 5 : Le mythe du « libre marché »
Partie 6 : La liberté est l’esclavage
Partie 7 : En avant, dans le passé
Partie 8 : Les maîtres cyborg et les esclaves robots
Partie 9 : Il existe des alternatives
Partie 10 : La renaissance des modernes
NOTES
Les 10 parties du texte sont inaccessibles
Il suffit de descendre, le texte est en dessous
Présentation
Le texte de Richard Barbrook et de Andy Cameron est important à plus d’un égard. Premièrement, il place le débat sur l’objet du discours de l’Internet au centre de l’évolution des idéologies néo-libérales et le rapprochement de plus en plus évident d’une intelligentsia « virtual class » aux idées conservatrices. Un mouvement qui semble à première vue contradictoire, mais qui, lorsque l’on s’y attarde un peu, prend la forme d’une idéologie à saveur nouvelle. Mais est-elle si nouvelle que cela ?
Pas vraiment. Elle relève du nihilisme, elle est la suite du désir de globalisation des cultures soumis à une version unilatérale uniquement orientée vers la technique. Elle est aussi le résultat des mythes fondateurs de la nation américaine. Un désir de liberté et une vision relative de la solidarité, une peur effroyable de l’autre et une mixité raciale où pousse le racisme et l’exploitation les plus éhontés, mais aussi la richesse la plus grande. Quoi qu’en disent les critiques de Barbrook et de Cameron (voir les hyperliens à la fin du texte), on est loin de l’Amérique idyllique tel que l’on tente de nous la présenter dans le discours du cyberespace.
Dans les renvois situés à la fin du texte, nous avons donné les principales sources critiques du texte de Barbrook et de Cameron. Ces textes, loin de minimiser l’apport de nos auteurs, les renforcent par leurs incapacités à répondre de manière satisfaisante à celui que nous traduisons ici. De la défense du mythe fondateur de l’Internet, au renforcement du discours sur la liberté acquise grâce au libre-échange « économique », l’utopie planétaire ressemble, encore ici, à la mise en place de plus en plus grande de l’hégémonie économique et politique américaine.
Nous nous permettons de faire un lien de pensée entre le texte de Barbrook et de Cameron avec le récent livre de Luc Boltanski et de Ève Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Éditions Gallimad, nrf essais, 1999, 843 p. Dans ce livre, on assiste à un dépouillement de l’idéologie du management présentée comme un symptôme du nouvel esprit du capitalisme… cette supposée économie de l’immatériel. Comme l’écrit l’auteure québécoise Suzanne Jacob :
« La fiction la plus répandue dans une même société, celle qui est la plus en usage, c’est la fiction dominante.
[…]la fiction dominante d’une société qui forme son propre bétail à même les individus qui la composent cherche par tous les moyens à nous faire croire que les actes de barbarie qu’elle commet contre ce même bétail sont des « oeuvres de fiction ». Lorsqu’elle aménage tel ou tel génocide en spectacle, la confusion qu’elle réussit à entretenir sert au plus haut point sa ferme intention de continuer à appliquer la barbarie là où elle le juge inévitable.
Cette fiction dominante se présente sous des appellations diverses – société médiatique, médiatisation, ère des médias de masse, ère de la communication, rentabilisation, mondialisation, internettisation. […] Si nous restions quelques naïfs à ne pas avoir compris qu’à l’ère de la communication, « ce qui est communiqué, ce sont les ordres », selon la formule de Guy Debord, ce mur d’agressive impassibilité de jeunes adultes en attente des ordres et des formulaires, ou d’agressivité impassible obéissant aux ordres, ce mur aura bientôt raison d’un optimisme sur lequel comptait et compte toujours la stratégie globale. »
Suzanne Jacob, La bulle d’encre, 1997, pp. 35-39
Thirty Years On, the Californian Ideology is Alive and Well | TechPolicy.Press
▻https://www.techpolicy.press/thirty-years-on-the-californian-ideology-is-alive-and-well
Nathan Schneider / Aug 29, 2025
Frontier Models 3 by Hanna Barakat & Archival Images of AI + AIxDESIGN / Better Images of AI / CC by 4.0
In August 1995, Newt Gingrich appeared on the cover of Wired. It would have seemed, for some, inexplicable that the Speaker of the House and standard-bearer of movement conservatism had his face on the vanguard organ of the forward-looking, West Coast, T-shirts-and-flip-flops personal personal computer industry. The surprise must have rhymed—again, for some—with the scene earlier this year of tech CEOs dutifully standing behind Donald Trump at his inauguration.
Any such surprise can be put to rest by revisiting an essay by a pair of British media scholars, Richard Barbrook and Andy Cameron: “The Californian Ideology.” Thirty years ago this week, it came out in Mute magazine and circulated on the early-adopter email list nettime. The essay described (and rhetorically, at least, demolished) the unspoken consensus that seemed ascendent in the US tech industry at the time. They said the quiet part out loud: the industry had combined countercultural chic with a sort of authoritarian capitalism determined to root out collective power wherever it appeared, all while talking the talk of democracy.
When you put all your faith in technological progress and the Ouija board of market forces, as Barbrook and Cameron put it, “social and political debates about the future have now become meaningless.” Democracy has no air left to breathe. Individuals can choose products, and companies can choose to produce them. But collectively, as a society, we are at the mercy of whatever innovations the market sees fit to deliver; that is the future, full stop.
The part of the essay that really rankled the Californians on nettime, Barbrook told me in an interview a few years ago, had to do with the early Internet advocates’ promise of a “Jeffersonian democracy.” In the 1990s, apparently, it was still impolite to remember that Thomas Jefferson was a slaveholder, and his vision of democracy was one for an enlightened, aristocratic elite living on the backs of a vast underclass. Two centuries later, a computer-savvy “virtual class” was positioning itself to become a new aristocracy—not through enslaved labor but free-flowing information. If information could be free, perhaps the humans locked in corporate jobs wouldn’t have to be.
It seemed for a while like the Californian ideology was in retreat. During the last Trump administration, Silicon Valley tech workers were in open revolt, staging walkouts and forming unions. They forced their employers to abandon lucrative contracts to build tools for surveillance, militaries, and immigration enforcement. The “trust and safety” teams were influential at social media companies. When COVID hit, Big Tech went remote and provided the tools for other workers to join them. The Valley seemed synonymous with the Resistance. If you didn’t like the new Californian consensus, you’d have to follow Elon Musk to Texas.
In 2025, the Californian Ideology returned, if it ever really left. (Part of its charm, after all, is the ability to wear countercultural disguises.) AI companies declared a new era of disrupting everything, which could result in paradise or cataclysm—we’ll have to see which. CEOs laid off their trust and safety teams en masse, first at Twitter and then most everywhere else. Competition with China justified a hearty embrace of military contracts, and labor unrest cowered as AI began threatening jobs by writing code.
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Nobody represents this turn better than the venture capitalist Marc Andreessen. Before Trump’s return, in his “Techno-Optimist Manifesto,” Andreessen reveled in “the techno-capital machine of markets and innovation” that “spirals continuously upward.” He was dismayed as employees in his portfolio companies raised questions about the effects of their products on society and the environment, and even called into question the for-profit corporation itself.
Andreessen told the New York Times’s Ross Douthat, with not a hint of irony, “The Californian ideology was real and correct, and the Valley had always incarnated a specific version of that.”
He wanted it back. He wanted capitalism to be capitalist again. And so, despite being a longtime supporter of the Democratic party, he went all in for Trump. (All In, incidentally, is also the name of a tech-investor podcast that provides Californian takes in real time.)
In many areas of life now, technology has become a replacement for political debate and policymaking. It is enabled by what I call “innovation amnesia”—the tendency to forget past social arrangements when new tech comes along to undermine them. Instead of building decent public transit, we revel in ridesharing apps that break labor laws and clog city streets. Instead of regulating banks and taxing the rich, we turn to cryptocurrencies that make both things even harder. Instead of modernizing antitrust law, we admire Amazon for making its monopoly powers so efficient and convenient.
Barbrook and Cameron insisted that there are other ways to build technology, and to do it democratically. They pointed to the example of Minitel, the computer network developed and managed by the French government starting in the 1980s. It provided free terminals and hosted what would now be called an app store—all under the auspices of a democratic institution, not a for-profit one. A territorial government might not be the correct eternal steward of a global network, of course. But that example points to what it might have been like if the reigning ideology of the Internet had been democratic governance, not the corporate marketplace.
It might be worth revisiting, also, the Jeffersonian legacy in this age of AI. A decade ago, I reported on a growing attraction in Silicon Valley to the idea of universal basic income; since job-snatching machines were coming, the logic went, a radical rethinking of the social order would be needed for people to meet their needs—and maybe even enjoy their lives more.
Now the AI craze is here, though, and the tech-backed Trump administration is eviscerating the US safety net. Sam Altman’s eyeball-scanning UBI startup may be the closest thing we have to a new order. The mood in Washington is positively Californian: Let’s just see where the tech and the market lead us.
When I spoke with Barbrook a few years ago, he was happy to celebrate the fame his essay had achieved but was under no illusions that an essay is enough. “We can mock this hypocrisy and publish detailed exposés of its cynical reasoning,” he said, “but our clever words are not subversive deeds.”
Diviser par deux la durée d’indemnisation : les chômeurs, nouvelle cible de Gérald Darmanin
▻https://www.humanite.fr/politique/assurance-chomage-2/diviser-par-deux-la-duree-dindemnisation-les-chomeurs-nouvelle-cible-de-ger
Les privés d’emploi comme boucs émissaires. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin déroule ses idées en vue de l’élection présidentielle de 2027. En bon macroniste, elles sont violentes d’un point de vue social. Sur l’antenne de BFM-TV ce jeudi matin, il a proposé de réduire la durée d’indemnisation de l’assurance-chômage, aujourd’hui de dix-huit mois, à « entre six et neuf mois ». Soit une division au minimum par deux. « Si on veut financer ce budget de la justice, ce budget de l’Éducation nationale, de la Défense, il faut que nous fassions des efforts sur le budget social », a-t-il justifié.
Chômage : sur TF1, Maud Bregeon soutient la proposition de Darmanin de diminuer par 2 la durée d’indemnisation
▻https://www.tf1info.fr/politique/chomage-sur-tf1-maud-bregeon-soutient-la-proposition-de-darmanin-de-diminuer
"Chacun comprend qu’aujourd’hui le système, pour un certain nombre de personnes, n’est pas suffisamment incitatif", a-t-elle déclaré.
.... "Il faut forcer les gens à aller travailler", avait ajouté l’ex-maire de Tourcoing.
La majorité des chômeurs indemnisés est aujourd’hui employé, tout comme un tiers des allocataires du RSA. Mais CGT, PCF et Huma tiennent mordicus à dire "privés d’emploi". Ce fétichisme du travail nie ses conditions réelles et contribue à réduire les précaires à des victimes. La droite a beau jeu.
#société_punitive #idéologie_du_travail #gauche_poubelle #chômeurs #précaires
À l’Assemblée, une atmosphère de « #chasse_aux_sorcières » contre les collaborateurs insoumis
La #commission_d’enquête de #Laurent_Wauquiez sur les « liens » entre La France insoumise et les « réseaux propageant l’idéologie islamiste » a été jugée irrecevable après un vote très serré. Mais les collaborateurs parlementaires ciblés, tous racisés, dénoncent le fantasme d’un « #complot_musulman » dont ils font les frais.
La commission d’enquête parlementaire contre #La_France_insoumise (#LFI) voulue par Laurent Wauquiez n’aura pas lieu. Le président du groupe Droite républicaine (DR) à l’Assemblée nationale l’avait annoncée en grande pompe à la mi-mai sur Europe 1, radio du groupe Bolloré, suscitant la joie de la fachosphère. Elle ciblait explicitement le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et était censée mettre au jour ses « liens » avec « des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’#idéologie_islamiste », selon son intitulé.
Mais elle a été jugée irrecevable lors d’un vote très serré en commission des lois mardi 3 juin (lire encadré). « C’était le va-tout de Laurent Wauquiez avant le congrès du parti Les Républicains », rappelle la députée communiste Elsa Faucillon, membre de la commission des lois. « Au-delà même du contenu crasse de son exposé des motifs, la forme n’était pas recevable : non seulement les éléments sont très opaques, mais cela revenait à utiliser les moyens de l’Assemblée pour un agenda politique personnel », explique-t-elle.
La nouvelle a provoqué un « ouf » de soulagement dans les rangs de LFI, où le vote était guetté avec inquiétude. Depuis plusieurs mois, des tentatives de proscription de plus en plus officielles se multiplient et marquent de simples militant·es au fer rouge. « Je suis abasourdie, je me demande si un jour un ministre de l’intérieur ne va pas appeler à notre dissolution, alors que jusqu’à présent cela relevait de la fiction », témoigne Manon Monmirel, collaboratrice parlementaire du député insoumis Éric Coquerel.
Le texte de Laurent Wauquiez ciblait sans les nommer – mais explicitement – certains collaborateurs et collaboratrices parlementaires du groupe présidé par Mathilde Panot. Sans aller aussi loin que le dossier du magazine d’extrême droite Frontières, qui avait jeté en pâture une dizaine de noms au mois d’avril en leur imputant le plus souvent des informations partielles – voire fausses – ou de simples messages politiques, il reprenait à son compte le même soupçon « d’#entrisme par des organisations ou militants islamistes dans la perspective des futures échéances électorales », notamment les municipales de 2026.
La difficulté à se défendre
Celles et ceux dont les noms avaient été diffusés dans le magazine s’attendaient donc à être auditionné·es, avec tout ce que cela comporte de risques en matière d’exposition à la vindicte sur les réseaux sociaux. « C’était à nouveau le risque de subir du cyberharcèlement, d’avoir des problèmes d’employabilité, sans moyen de se défendre juridiquement », commente Louise Brody, membre du bureau de la CGT collaborateurs et collaboratrices parlementaires, invoquant le coût financier des poursuites pour diffamation.
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La #commission_Wauquiez échoue de peu
Le coup est passé tout près. À l’issue d’une heure de réunion, la commission des lois a finalement jugé irrecevable la proposition de résolution de Laurent Wauquiez visant à créer une commission d’enquête sur « les représentants de mouvements politiques […] soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste ».
Vingt-trois députés se sont prononcés contre, autant pour, l’égalité étant insuffisante à valider le processus. L’ensemble de la gauche, qui a tout fait pour enterrer cette commission « indigne », a aussi pu compter in extremis sur l’abstention de quelques députés macronistes, à commencer par le président de la commission des lois Florent Boudié.
Ils ont pourtant été nombreux à défendre l’initiative. Le député Droite républicaine Vincent Jeanbrun, qui prenait la parole pour son chef de groupe – lequel a brillé par son absence –, a ainsi dénoncé, à l’instar de l’extrême droite, les acteurs politiques qui seraient les « relais » de « l’idéologie islamiste qui s’infiltre dans nos institutions ».
Loin de s’opposer à la criminalisation manifeste d’un adversaire politique, le camp présidentiel – qui a laissé liberté de vote à ses commissaires – est même allé encore un cran au-dessus, Sébastien Huygue s’indignant d’une prétendue « complaisance entre élus et réseaux islamistes, voire terroristes ». Feignant d’imaginer que cette commission d’enquête pourrait être autre chose qu’un « règlement de comptes politiques », le MoDem ne s’est pas opposé non plus. De même que les députés Horizons, le parti d’Édouard Philippe, qui ont voté en faveur de la #recevabilité.
La gauche s’est finalement retrouvée bien seule à dénoncer un « procès politique », une entaille grave dans la séparation des pouvoirs, et l’« agenda islamophobe » de Laurent Wauquiez. Ancien macroniste, le député Paul Molac, aujourd’hui membre du petit groupe centriste Liberté, indépendants, outre-mer et territoires (Liot), a résumé cette « cabale politicienne » d’une saillie : « Ça me rappelle le maccarthysme ou la révolution culturelle. Je proposerais bien [à Laurent Wauquiez] de se mettre au vert à Saint-Pierre-et-Miquelon. »
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Après la parution du numéro Frontières sur le « parti de l’étranger » – expression maurrassienne utilisée pour qualifier LFI –, certain·es ont fermé leurs comptes sur les réseaux sociaux et ont pris pour habitude de créer des boucles Telegram pour signaler la présence de ces journalistes qui militent activement pour l’« union des droites ».
« Certains d’entre nous étaient tétanisés, et on avait tous remarqué que 90 % des collabs cités étaient racisés », se souvient Manon Monmirel. « Dans leur matrice, parce qu’on est arabe ou noir, on a une proximité avec le terrorisme islamiste », résume Aziza Nouioua, collaboratrice parlementaire de Thomas Portes, ciblée par Frontières pour avoir relayé des posts d’Urgence Palestine – que le ministère de l’intérieur veut dissoudre –, de l’Association France Palestine solidarité (AFPS) ou encore de la campagne BDS.
Ismaël El Hajri, collaborateur parlementaire de Louis Boyard, a fait l’expérience de cet amalgame raciste avant même la parution de Frontières. Après un portrait dans Le Journal du dimanche (Le JDD) en septembre 2024 signé Alexis Bergeron – un pseudonyme selon toute vraisemblance –, s’appuyant sur un thread du compte X « Les Corsaires » – un collectif « pro-liberté d’expression » marqué à l’extrême droite –, son nom a été mentionné par Le Figaro Magazine dans un article qui posait cette question : « Si LFI profite de la communauté musulmane pour obtenir des votes, ce parti est-il devenu un cheval de Troie pour les islamistes afin d’exercer une influence politique et sociale ? »
Sans avoir été contacté, il y était décrit comme « proche » de l’imam Iquioussen et « ancien militant engagé pour la défense de Baraka City et du CCIF [Collectif contre l’islamophobie en France – ndlr] ». « Sous mes yeux, un mensonge devient vérité journalistique », écrivait-il alors sur X, ajoutant : « Si l’on m’attaque aujourd’hui, c’est pour ce que je suis : un enfant de l’immigration maghrébine, militant antiraciste qui travaille à l’Assemblée nationale. »
Le Figaro Magazine n’avait pas publié son droit de réponse mais avait supprimé le passage contesté en ligne, « dans un souci d’apaisement », selon un courrier du directeur général du groupe Marc Feuillée, consulté par Mediapart. « C’est la preuve absolue que c’était répréhensible du point de vue du droit de la presse », affirme Simon Peteytas, avocat d’Ismaël El Hajri. Celui-ci en était resté là, faute de moyens. « La diffamation est une procédure coûteuse, et ce sont des infractions difficiles à caractériser », convient l’avocat.
Un cas emblématique
Le mal est en tout cas fait pour le militant de Villeneuve-Saint-George (Val-de-Marne). « Si on tape mon nom sur Google, on tombe sur des dizaines d’articles qui me disent “islamiste” sans aucune preuve factuelle, dit-il. On a essayé d’alerter sur cette dérive : comment un mensonge a pu devenir une vérité dans un magazine mainstream ? Nous sommes victimes des jeux d’influence et de surenchère entre les macronistes, LR et le Rassemblement national. Et cela n’avait jamais pris une forme aussi sérieuse que la possibilité d’une commission d’enquête. »
Pour le député insoumis Antoine Léaument, membre de la commission des lois, il y a en effet « un franchissement de seuil ». Le cas le plus emblématique de cette dérive est celui de Mohamed Awad, collaborateur parlementaire de Paul Vannier. Quand il a lu l’exposé des motifs de la commission d’enquête, celui-ci s’est immédiatement reconnu – il était lui aussi parmi les personnalités ciblées par Frontières pour avoir été responsable de la section locale des Jeunes musulmans de France à La Courneuve (Seine-Saint-Denis).
Le trentenaire, petites lunettes sur le nez et crâne déjà dégarni, a été investi par LFI en 2024 dans la quatrième circonscription du département francilien, fief de Marie-George Buffet, pour croiser le fer avec la sortante communiste, Soumya Bourouaha, qui a été élue. Depuis son joli score de 40 % à La Courneuve, son nom circule pour les municipales de 2026. Et cette percée coïncide aussi avec le début d’un harcèlement médiatique intense.
Deux jours avant le second tour, Le JDD avait lancé les hostilités : « LFI a-t-elle investi un ancien responsable d’une organisation islamique cofondée par Hassan Iquioussen ? » Le magazine de Vincent Bolloré se basait sur les propos du militant d’extrême droite Damien Rieu, qui en voulait pour preuve un journal municipal daté de 2016. Page 11, on aperçoit Mohamed Awad, présenté comme un « président de l’association JMF de La Courneuve ».
« Jeune Musulman de France » : cette association de quartier, de loi 1901, avait alors pignon sur rue, bénéficiant de plus de 50 000 euros de subventions publiques émanant de l’État, de la région, du département et de la ville. Mohamed Awad, originaire de la commune, l’a rejointe après avoir suivi sa scolarité à Paris, à l’école des enfants du spectacle, où il a été envoyé pour ses talents de pianiste.
Au programme : soutien scolaire, actions culturelles ou organisation de forums de l’orientation… « C’était un peu l’esprit de la JOC [Jeunesse ouvrière chrétienne – ndlr] par où sont passées Sophie Binet ou Marie-George Buffet. Je m’y suis investi pleinement », raconte celui qui est devenu trésorier de l’association.
Monde parallèle
Mais avec les attentats de janvier 2015, les choses changent. Toutes les subventions de l’État sont coupées brutalement, au motif que l’association serait un « terreau de radicalisation ». Le jeune homme de 22 ans obtient alors un rendez-vous avec le préfet de l’égalité des chances de l’époque, Didier Leschi. « Autour de la table, il y avait une personne chargée de la radicalisation : j’ai compris que c’était fini », se rappelle Mohamed Awad, qui dit avoir découvert ce jour-là ce qu’est « l’islamophobie d’État ».
Diplômé de droit, il s’engage ensuite au sein de LFI dans le XVIIIe arrondissement de Paris, où il milite avec Paul Vannier, qui lui fait rapidement gravir les échelons. En 2020, il est propulsé sur la liste des municipales, puis devient secrétaire général du groupe insoumis à la région Île-de-France. Il est ensuite recruté en janvier 2023 comme assistant parlementaire du député du Val-d’Oise.
Il déplore aujourd’hui qu’on le ramène « à une appartenance religieuse supposée ». « Je suis tout le contraire : ma vie militante repose sur l’idée de dire que les musulmans sont des citoyens français à part entière. Je sais que je cristallise un truc d’intégration que l’extrême droite déteste. On me refuse le droit d’avoir des aspirations politiques et de les mettre en œuvre », dit-il à Mediapart.
« Ils veulent qu’on ait peur, qu’on ne puisse plus s’engager. Ils ne supportent pas qu’au cœur d’une institution qui représente le pouvoir, des gens défendent des positions antiracistes et anticolonialistes », abonde Aziza Nouioua.
Cette ambiance de « chasse aux sorcières » n’étonne guère les Insoumis·es : l’enchaînement du rapport sur l’influence des Frères musulmans en France et de la commission d’enquête demandée par Laurent Wauquiez, ou encore la sortie de Bruno Retailleau sur les « barbares », voilà qui indique, à leurs yeux, le cap bien sombre du moment.
« Tout cela participe à accréditer l’idée qu’il existe un complot musulman. Une réalité alternative est en train de passer pour une réalité tout court. Et dans ce cadre, LFI, conseillée dans l’ombre par des Noirs et des Arabes, ne peut être que le parti de l’étranger », décrypte Ismaël El Hajri, qui espère, comme ses collègues, sortir bientôt de ce monde parallèle.
►https://www.mediapart.fr/journal/politique/030625/l-assemblee-une-atmosphere-de-chasse-aux-sorcieres-contre-les-collaborateu
#FI #France_insoumise #islamophobie #racisme #irrecevabilité
L’attachement au #travail
▻https://laviedesidees.fr/L-attachement-au-travail
En s’appuyant sur #Marx et #Spinoza, J. Read montre comment l’idéologie capitaliste contemporaine restructure notre vie affective autour d’une mythologie du travail, où la souffrance au travail devient paradoxalement une vertu, opposant les « vrais travailleurs » aux prétendus « assistés ».
L’examen attentif de notre rapport affectif au travail doit révéler que l’idéologie et la base matérielle ne peuvent être distingués qu’abstraitement, les deux dimensions étant toujours profondément imbriquées.
(au voisinage du producerism, la solidarité négative)
#idéologie_du_travail #mythocratie #solidarité_négative #affects #subjectivité
« Pourquoi cette colère adolescente d’une génération à l’autre, des émeutes de 2005 à celles de 2023 ? » : découvrez les extraits du « Miroir. Retour dans les banlieues françaises »
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/04/01/pourquoi-cette-colere-adolescente-d-une-generation-a-l-autre-des-emeutes-de-
Dans son livre à paraître vendredi 4 avril au Seuil, Luc Bronner, grand reporter au « Monde », constate que les émeutes sont d’abord une éruption de jeunesse, et se demande « comment s’effacent les liens qui tissent une société ».
Disons-le : depuis plusieurs décennies, les banlieues pauvres sont un laboratoire de l’#idéologie_sécuritaire, cette grille de lecture qui domine le débat public, portée par une alliance hétéroclite d’entreprises de sondages, de médias militants, d’intellectuels et de partis politiques. Vingt ans de discours de fermeté, et un échec presque total. Ouvrons les yeux sur ce bilan. Car la France se prépare, lentement, sûrement, à intégrer le camp des nations illibérales, ces sociétés où les citoyens choisissent démocratiquement de réduire les #libertés et les droits en débutant par les plus fragiles, les derniers #immigrés, les plus #pauvres, les moins intégrés, puis en élargissant le profil des victimes et leur nombre. Au nom de la sécurité. (…). Les #quartiers sont un de ces miroirs dans lesquels la France peut se regarder pour se demander ce qu’elle devient lorsque le logiciel sécuritaire l’emporte. (…)
« Rétablir l’ordre, rétablir l’ordre, rétablir l’ordre », a déclaré Bruno Retailleau, pour ses premiers mots de ministre de l’intérieur, en septembre 2024, au moment où se mettait en place le gouvernement Barnier après la dissolution de l’Assemblée nationale. « L’ordre, l’ordre, l’ordre », avait dit, avant lui, Emmanuel Macron en août 2023 pour donner sa grille de lecture et d’action après les #émeutes. Les mots et les promesses étaient les mêmes en 2005, en 2007, en 2010, en 2015. Comme si le logiciel des politiques s’était enrayé autour de la seule approche sécuritaire, comme si les faits divers l’avaient définitivement emporté sur les faits sociaux. (…)
(c’est un pro des faits divers, du judiciaire et du journalisme para-policier qui le dit)
trouvé là ▻https://archive.ph/1I2C7
États-Unis : #Trump signe un décret pour retirer de certains musées toute « #idéologie_inappropriée »
Donald Trump a signé jeudi 27 mars 2025 un décret exécutif visant à reprendre le #contrôle du contenu des musées #Smithsonian de Washington. Le président américain accuse ces institutions fréquentées de la capitale de mener un « #endoctrinement_idéologique » racial.
Donald Trump a signé jeudi 27 mars un décret exécutif visant à reprendre le contrôle du contenu des musées Smithsonian de Washington, des institutions de la capitale accusées par le président américain de mener un « endoctrinement idéologique » racial.
« Au cours de la dernière décennie, les Américains ont été témoins d’un vaste effort coordonné pour réécrire l’histoire de notre pays, remplaçant des faits objectifs par un récit déformé, inspiré par une #idéologie plus que la #vérité », écrit Donald Trump dans son décret.
« Sous ce #révisionnisme_historique, l’héritage sans égal de notre pays dans la promotion de la liberté, des droits individuels, et du bonheur humain est reconstruit comme étant de manière inhérente raciste, sexiste, tyrannique, ou avec des défauts irrémédiables », ajoute-t-il, en ciblant particulièrement l’institution Smithsonian.
Les musées et le zoo Smithsonian à Washington sont parmi les principales attractions touristiques de la capitale américaine, en raison notamment de leur caractère gratuit. Parmi les plus prisés, figurent notamment le musée d’histoire naturelle, la galerie nationale d’art, ou encore le musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine, inauguré en 2016 par Barack Obama.
« Retirer toute idéologie inappropriée »
Le vice-président J. D. Vance sera ainsi chargé, grâce à son siège au conseil d’administration du Smithsonian, de « chercher à retirer toute idéologie inappropriée » de ces établissements. Il devra aussi travailler avec le Congrès pour empêcher que des #fonds_publics fédéraux financent des « #expositions ou programmes qui déshonorent les #valeurs américaines partagées, et divisent les Américains sur la base de la #race ».
« Les musées dans la capitale de notre pays devraient être des endroits où les individus viennent pour apprendre, pas pour subir un endoctrinement idéologique », ajoute Donald Trump dans son décret.
Pendant la campagne électorale, Donald Trump s’était engagé à supprimer tout #financement fédéral des écoles ayant adopté la « #théorie_critique_de_la_race ». Un concept qui désigne au départ un courant de recherche et est utilisé de manière péjorative par les conservateurs pour dénoncer les enseignements de sensibilisation au #racisme.
Le président américain ordonne en outre à son gouvernement de déterminer si depuis 2020, des #monuments ou #statues sous juridiction fédérale ont été « retirés ou changés pour perpétuer une reconstruction erronée de l’histoire américaine », et si c’est le cas, de réinstaurer ceux-ci.
En 2020, la mort de l’Afro-Américain George Floyd sous le genou d’un policier blanc avait déclenché des manifestations à travers les États-Unis sous la bannière « Black Lives Matter » (les vies noires comptent) et provoqué des débats véhéments sur le racisme et la présence dans l’espace public de symboles du passé esclavagiste du pays.
Plusieurs monuments confédérés ont dans la foulée été démontés et de nombreux établissements (écoles et même bases militaires) ont changé de nom.
▻https://www.la-croix.com/international/etats-unis-trump-signe-un-decret-pour-retirer-de-certains-musees-toute-ide
#décret #musées #trumpisme
« Tout semble en place pour une réinvention du fascisme autour de la question environnementale »
►https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/11/17/tout-semble-en-place-pour-une-reinvention-du-fascisme-autour-de-la-question-
A la fin des années 1990, Umberto Eco identifiait quatorze caractéristiques fondamentales du #fascisme : nationalisme et xénophobie, virilisme, irrationalisme et anti-intellectualisme, destruction de la complexité de la langue, instrumentalisation de la frustration des classes moyennes, etc. Un quinzième marqueur pourrait y être ajouté aujourd’hui : la guerre à outrance à l’environnement et aux défenseurs de l’environnement.
Contrairement aux fascismes européens du début du XXe siècle, qui prospéraient sur un Etat fort et valorisaient le terroir, le paysage et la nature comme des éléments précieux de l’identité nationale, les fascismes émergents sont devenus les compagnons d’une #idéologie_libertarienne qui prône le démantèlement de l’Etat, la dérégulation totale de l’activité industrielle, et la poursuite sans entraves de la destruction de la nature et du climat.
C’est, aujourd’hui, ce qui rassemble le plus sûrement toutes les droites extrêmes, de Donald Trump à Javier Milei en passant par Jair Bolsonaro et leurs alliés en Europe.
Tout semble en place pour une réinvention du vieux fascisme européen autour de la question environnementale. Ce n’est plus tant la complexité de la langue qui est attaquée, comme le dit Umberto Eco, que les sciences qui documentent la dérive climatique et l’effondrement du vivant. De part et d’autre de l’Atlantique, le climatoscepticisme et, de manière générale, tous les « écoscepticismes » sont là encore les postures les mieux partagées par Donald Trump et ses alliés.
Consentir aux catastrophes
A quelques détails près, car, comme le dit Umberto Eco, le fascisme n’étant après tout qu’une série d’archétypes, il « doit tolérer les contradictions » internes. Celles-ci ne sont pas un problème puisque le chef a accès à une forme de vérité supérieure qui surplombe la logique même. On peut tout à fait nier la réalité du réchauffement et, en même temps, promouvoir les voitures électriques d’Elon Musk pour lutter contre ce même réchauffement. De la même manière que l’on peut « restaurer la domination énergétique des Etats-Unis » (Lee Zeldin, futur ministre américain de l’environnement) – c’est-à-dire pomper tous les hydrocarbures possibles – tout en garantissant « l’air et l’eau les plus propres sur la planète », comme l’a promis Donald Trump.
Dans une perspective fasciste, dit Umberto Eco, « il n’y a pas de lutte pour la vie, mais plutôt une vie pour la lutte », et c’est là une autre voie possible de réinvention du fascisme. Ce ne sont plus seulement les étrangers ou les gauchistes qu’il faut combattre, mais aussi la nature qui devient l’ennemi. Et si la vie de chacun est envisagée comme un combat au service d’une cause supérieure, alors il devient possible de réclamer des populations qu’elles consentent à s’affronter à toujours plus de catastrophes, à toujours plus d’adversité. Voire de faire bientôt de celles-ci un élément de cohésion et de mobilisation nationales.
En 2017, au début de son premier mandat, les déclarations de Donald Trump sur le climat, la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris, ou encore les entraves à l’activité de l’Agence de protection de l’environnement avaient particulièrement retenu l’attention des commentateurs. Tous n’en avaient pas perçu toute la prémonitoire gravité. Ce n’est que quatre ans plus tard, après l’assaut du Capitole, que l’historien Robert Paxton, spécialiste du régime de Vichy, dit avoir accepté l’idée d’accoler l’adjectif « fasciste » au 45e (et désormais 47e) président américain.
A bien des égards, on peut se demander si l’#écologie n’est pas aujourd’hui au fascisme ce que le canari dans la mine est au coup de grisou – et s’inquiéter de voir la trajectoire prise par bon nombre d’Etats européens. Comme le rappelait Umberto Eco, le fascisme pourrait revenir sous des habits neufs, et sans annoncer sa venue.
edit le début de l’article
▻https://seenthis.net/messages/1082800
Comme le rappelait Umberto Eco, le fascisme pourrait revenir sous des habits neufs, et sans annoncer sa venue.
Et il y a bien longtemps qu’il est évident qu’il ne faudra pas compter sur la clairvoyance du monde pour nous l’annoncer. Parler au conditionnel quand tout est déjà en place, c’est de l’aveuglement ou de l’accompagnement ?
Cet article n’annonce rien. Il aborde la
réinvention du vieux fascisme européen autour de la question environnementale
Les #marchés_financiers : une #illusion de pouvoir
Alors que la #France débat de son #budget, le discours reste centré sur la #dette et le #déficit publics, et sur l’#influence supposée des marchés financiers. Cette approche conforte un cadre budgétaire contraint qui pénalise la population, tout en entretenant le #mythe d’un pouvoir des marchés sur l’#économie. Cet article vise à montrer que cette domination des marchés n’est en réalité qu’une illusion.
Introduction
Alors que la France traverse une période cruciale de discussions budgétaires, le débat se concentre encore une fois autour du déficit et de la dette publics. En arrière-plan, les marchés financiers apparaissent comme des arbitres incontournables, qu’il faudrait apaiser pour éviter une hausse des taux d’intérêt. Cette vision, qui exagère le pouvoir des marchés sur notre économie, repose en grande partie sur des #choix_politiques issus de l’#idéologie_néolibérale et imposés par les #règles strictes de l’Eurozone, celles du #traité_de_Lisbonne. Ce carcan budgétaire auto-imposé enferme les États membres dans une #logique_financière qui empêche une gestion budgétaire pleinement orientée vers le #bien-être des populations.
Les milliards d’euros versés chaque année en #intérêts ne font qu’alimenter des investisseurs privilégiés, et cette situation découle de décisions politiques, non de nécessités économiques. Cet article vise à déconstruire les mythes entourant la #dette_publique et le rôle prétendu des marchés financiers en montrant que leur pouvoir n’est qu’une illusion bien entretenue et que les contraintes financières de l’Eurozone sont d’abord politiques.
Les limites à la dépense publique ne sont pas financières
Il est tout d’abord utile de rappeler que, selon l’analyse de la #Théorie_Monétaire_Moderne (#MMT), un État qui dispose du monopole de création de sa devise, en régime de #taux_de_change_flottant, ne peut faire #faillite dans sa propre devise, à moins de le vouloir. Les limites à sa #dépense_publique ne sont donc pas financières, mais liées à la disponibilité des #ressources_réelles, qu’il s’agisse des ressources technologiques, des ressources naturelles, ainsi que de la force de travail.
Les États membres de l’Eurozone sont toutefois un cas particulier, puisqu’ils fonctionnent dans un cadre contenant des limites financières, en réalité auto-imposées, que sont les ratios de 3 % sur le PIB du déficit public et de 60 % de la dette publique. Ces limites représentent donc des contraintes concernant la #politique_budgétaire des États, les empêchant de réaliser le déficit nécessaire pour atteindre le #plein_emploi.
Dans ces conditions, et dans la mesure où le compte des Trésors nationaux ouvert à la #BCE doit disposer d’un solde en permanence positif, les États-membres doivent obtenir des #recettes_fiscales et émettre des #titres_d’État, ce qui, en raison de l’absence de garantie par la BCE, les rend dépendants des marchés financiers et exposés au risque du défaut. Cette situation souligne la nécessité d’une réévaluation des règles budgétaires au sein de l’Eurozone, afin de permettre à ces États de disposer de leur plein potentiel économique.
La dette publique n’est pas un fardeau, mais une richesse
Comme le montre l’identité comptable vérifiable dans tous les pays, la dette publique équivaut à la devise nationale créée par la dépense publique et non encore utilisée par le secteur privé pour payer les impôts. Elle représente, au centime près, la richesse financière nette des agents du secteur privé1. Il en découle que la dette publique n’est pas composée des seuls titres d’État. Elle englobe l’ensemble des passifs de l’État, à savoir le cash, les réserves bancaires et les titres d’État. Cette définition est partagée par les banques centrales, y compris la BCE selon le #traité_de_Maastricht. Il est important de souligner que l’émission de #titres_d’État ne crée pas de nouvelle devise, mais change simplement la forme de la devise, passant de « #réserves » à « #titres », tout comme on transfère un montant d’un compte courant non rémunéré vers un compte de dépôt rémunéré2.
La dette publique (stock) est la somme des déficits annuels (flux). Dette et déficit sont donc étroitement liés, et ainsi, lorsque l’État cherche à réduire son déficit en augmentant les #taxes ou en réduisant ses #dépenses, cela diminue l’épargne du secteur privé. Dit autrement, lorsque l’État retire plus de devise nationale par les taxes qu’il n’en crée par la dépense, cela provoque de l’#austérité.
Les titres d’État ne servent pas à financer les dépenses publiques
L’émission des titres d’État est une pratique héritée des anciens régimes de taux de change fixes, qui est aujourd’hui dépassée. Ces titres ne sont aujourd’hui plus émis pour financer directement les dépenses publiques, mais plutôt pour réguler les taux d’intérêt, une fonction devenue moins nécessaire depuis que la BCE rémunère les réserves excédentaires. Mais également, leur émission permet d’offrir un actif financier sans risque.
Il est donc nécessaire de questionner l’obligation d’émettre des titres d’État.
Cependant, en Eurozone, une précision s’impose : l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne interdit à la BCE d’octroyer des découverts aux Trésors nationaux, obligeant ces derniers à émettre des titres. Pourtant, les #euros sont créés par la BCE, lorsque les États membres dépensent, ce qui fait de l’Eurozone le créateur monopolistique de la monnaie. Exiger un solde positif permanent sur le compte du Trésor auprès de la BCE repose donc sur une #fiction, fondée sur l’idée que l’État doit gérer sa trésorerie comme une entreprise. Cette contrainte n’a aucun fondement économique. Elle est purement politique et elle s’inscrit dans l’idéologie néolibérale, laquelle perçoit l’État comme un mauvais gestionnaire et souhaite ainsi limiter son action.
Comme le suggère #Warren_Mosler, le père de la MMT, il serait tout à fait possible de cesser d’émettre des titres d’État. Et, quoi qu’il en soit, si cette émission devait être maintenue pour offrir un actif sans risque, une politique de taux d’intérêt à zéro constituerait une solution efficace dans le but de limiter l’influence des marchés financiers3.
Le #taux_d’intérêt est fixé par la banque centrale
Il est essentiel de comprendre que les mouvements des taux d’intérêt appliqués aux titres d’État dépendent étroitement des décisions prises par la BCE. Les taux d’intérêt sont entièrement sous son contrôle, constituant ainsi des choix politiques. L’observation des politiques de taux d’intérêt dans différents pays le confirme : les taux appliqués aux titres d’État suivent de très près les taux directeurs de la banque centrale, comme en témoignent les deux graphiques suivants4.
Dans l’Eurozone, le "#Whatever_it_takes" de #Mario_Draghi en 2012 a marqué un tournant en ramenant les taux d’intérêt sur les titres d’État à des niveaux raisonnables, en particulier pour la Grèce. Cet événement a montré de manière éclatante que, dès lors que la BCE garantit les titres émis par les États, ceux-ci ne peuvent pas faire défaut.
La crise de la COVID-19 a également confirmé ce pouvoir d’intervention : la BCE et les autres banques centrales ont démontré qu’elles pouvaient contrer les pressions des marchés financiers par des opérations comme l’#assouplissement_quantitatif (#quantitative_easing). Ainsi, bien que les marchés puissent influencer les taux pour ajuster la prime de risque, leur impact reste marginal en comparaison du pouvoir des banques centrales.
Il s’ensuit que la soutenabilité de la dette publique dépend de décisions politiques, du bon vouloir de la BCE. Ni le niveau de la dette publique ni celui des intérêts ne restreignent réellement l’espace budgétaire des États, car la BCE peut, à tout moment, décider si un pays peut continuer à dépenser ou doit faire défaut, indépendamment de son niveau d’endettement. L’exemple de la #Grèce est révélateur : en 2010, alors que son ratio dette/PIB atteignait 130 %, le pays faisait face à une crise. En revanche, fin 2021, avec un ratio supérieur à 200 %, la question de la dette publique n’était plus problématique. Cela démontre que la soutenabilité de la dette publique est avant tout une question politique, et non économique.
Il n’y a pas de lien entre niveau de dette publique et #croissance
Un argument récurrent dans les discussions sur la dette publique affirme qu’il existerait un #seuil_d’endettement au-delà duquel la #croissance_économique se verrait compromise. Cependant, aucune recherche rigoureuse n’a jamais confirmé l’existence d’un tel seuil. Ainsi que le montrent Yeva S. Nersisyan et L. Randall Wray5 « Il n’existe pas de seuils [du niveau de la dette publique] qui, une fois franchis, seront insoutenables ou réduiront la croissance du pays. ». En réalité, l’histoire économique regorge d’exemples où des niveaux élevés de dette publique ont coexisté avec une croissance soutenue, dès lors que l’État maintient un soutien économique actif.
La démission de Liz Trusss, un bon exemple de l’absence de fondement de l’influence des marchés financiers
Ce qu’il s’est passé en Angleterre en 2022, entraînant la démission de la Première ministre Liz Truss, illustre parfaitement l’absence de fondement de l’influence des marchés financiers. En réalité, cette démission résulte de la pression des marchés financiers, une décision politique dictée davantage par la crainte de leur réaction que par une contrainte économique réelle. En effet, le Royaume-Uni, en tant que créateur de sa propre monnaie, aurait pu continuer à financer ses politiques sans risque de défaut, notamment en contrôlant les taux d’intérêt via la Banque d’Angleterre6.
Les #agences_de_notation : quelle légitimité ?
L’intervention des agences de notation consolide l’idée dominante selon laquelle il est impératif d’apaiser les marchés financiers, quel qu’en soit le coût. Ces agences, des entreprises privées opérant sans réel contrôle démocratique, se voient attribuer un rôle démesuré dans l’évaluation des finances publiques. Leur influence, souvent considérée comme infaillible, façonne les politiques budgétaires des États, et leurs décisions impactent directement les choix économiques. Pourtant, ni leur compétence, ni leur intégrité ne sont systématiquement vérifiées. Confier à ces entités privées, efficaces promoteurs de la pensée néolibérale dominante, la capacité de décider de l’avenir budgétaire d’un pays constitue un grave manquement au principe de #souveraineté_nationale, et un véritable déni de démocratie.
Conclusion : déconstruire l’emprise idéologique des marchés financiers
Au terme de cette analyse, il est évident que l’importance excessive accordée aux marchés financiers dans les choix budgétaires des États membres de l’Eurozone découle de contraintes financières auto-imposées, et que cette situation confère un pouvoir illusoire aux marchés, la décision finale appartenant toujours à la BCE. Les États-membres, en s’enfermant dans une logique où ils se voient forcés de "plaire" aux marchés pour financer leurs dépenses, se privent d’un levier essentiel pour stimuler leur économie et répondre aux besoins de leur population.
Cette dépendance aux marchés financiers masque la réalité politique qui se cache derrière la soutenabilité de la dette publique : à tout moment, la BCE peut garantir ou non les titres publics émis, ce qui souligne le caractère fondamentalement politique de cette question. Ainsi, ce n’est pas le niveau de la dette publique ou des taux d’intérêt qui limite la marge de manœuvre des États, mais bien les choix de #gouvernance qui priorisent la satisfaction des marchés plutôt que celle des citoyens.
L’exemple de la crise de la COVID-19 a montré la capacité d’intervention des banques centrales pour stabiliser l’économie, indépendamment des pressions des marchés financiers. Il est donc aujourd’hui essentiel de reconsidérer les #règles_budgétaires de l’#Eurozone, afin de restaurer la souveraineté des États et recentrer la politique budgétaire sur le #bien-être_collectif, au lieu de céder aux impératifs des marchés. En prenant cette direction, les États pourront pleinement utiliser leurs ressources pour servir leurs citoyens, laissant derrière eux l’illusion d’un pouvoir des marchés qui n’est en réalité qu’une contrainte politique imposée.
▻https://blogs.mediapart.fr/robert-cauneau/blog/251024/les-marches-financiers-une-illusion-de-pouvoir
#finance #néolibéralisme
An introduction to the parasite economy (Research in Progress Short Paper / Student Paper)
►http://www.gorling.se/files/texts/04_AV_Goerling.pdf
Il y 20 ans déjà il a fallu constater que l’internet était tombé entre les mains de criminels de tous genres ciblant des groupes de victimes aussi larges et divers que leur imagination. Aujourd’hui nous nous sommes habitués à considérer quelques uns de ces criminels comme utiles ou « bons » parce qu’ils arrivent à se faire passer comme des bienfaiteurs alors qu’on nous en présente d’autres comme diaboliques surtout quand ils de situent de l’autre côté de l’ancien rideau de fer.
Lire ce papier vient ans plus tard met en évidence des choses qu’on risque de négliger dans son train-train quotidien.
Le terme économie parasitaire est d’autant plus intéressant qu’il rappelle la dénonciation nazie des juifs comme race parasitaire. Après l’holocauste il faut toujours faire attention à ne pas tomber dans le piège de reproduction des clichés imprécis potentiellement racistes ou antisémites. A travers cette précision par contre on peut obtenir de résultats intéressants et productifs.
Abstract
This paper gives an introduction to a number of immoral business-models that have been established as a part of the Internet-economy. It discusses how breaking into computers has become a viable business model for corporations and how the Internet-underground is challenging our view of what a company is. The paper tries to group a number of similar business models such as spyware, adware, viruses, spam etc. under a common term, parasites, and discuss how they are a part of viable business-models rather than merely an annoyance to the computer users.
...
Source : Stefan Görling, The Royal Institute of Technology (KTH), Sweden , EICAR 2004 Conference CD-rom: Best Paper Proceedings, EICAR 2004 Conference CD-rom, Editor: Urs E. Gattiker
ISBN: 87-987271-6-8
cf. aussi The Californian Ideology
▻https://en.wikipedia.org/wiki/The_Californian_Ideology
#Internet #capitalisme #idéologie_californienne #néolobéralisme #economie #parasites
RSA sous condition : la ministre du Travail annonce un élargissement de l’expérimentation « à 47 départements d’ici la fin du mois » - Public Sénat
▻https://www.publicsenat.fr/actualites/emploi/rsa-sous-condition-la-ministre-du-travail-annonce-un-elargissement-de-le
« La meilleure émancipation, c’est le travail », résume Catherine Vautrin au micro de Public Sénat pour expliquer la position du gouvernement en matière de lutte contre le chômage. À ce titre, la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, a annoncé un élargissement de l’expérimentation du conditionnement du #RSA à 15 heures d’activité : « Aujourd’hui, il y a 18 expérimentations, nous allons passer à 47 d’ici la fin du mois. »
Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre avait déjà annoncé que ce dispositif – voté dans le cadre de la loi « pour le plein emploi » – serait généralisé à toute la France d’ici à 2025.
Une réforme de l’allocation spécifique de solidarité
Dans son discours devant l’Assemblée nationale, Gabriel Attal avait également annoncé son souhait de supprimer l’allocation spécifique de solidarité pour les #chômeurs en fin de droit, pour la remplacer par le versement du RSA.
La disparition de cette allocation, destinée aux demandeurs d’emploi qui ont épuisé leurs droits à l’assurance chômage, suscite des inquiétudes. Les associations craignent une précarisation des chômeurs de longue durée, les départements – qui sont responsables du versement du RSA – alertent sur la création d’une nouvelle charge financière.
« Un demandeur d’emploi, ce qu’il cherche c’est à retourner dans l’emploi. Notre objectif, c’est de l’accompagner à aller dans l’emploi, c’est la meilleure émancipation possible pour lui », assume de son côté Catherine Vautrin.
Vain dieu, cette fois-ci je ne vais pas y couper alors que je ne cherche pas vraiment à retrouver du travail, le salaire me suffirai !
« La meilleure émancipation, c’est le travail »
Ça s’installe pépouze dans le vide laissé par la crise des gauches (lorsqu’elles ne sont pas purement et simplement ralliées ou réconciliées avec la « nature inégalitaire » de l’espèce), la faillite de tout projet de transformation, l’absence d’horizon des perspectives révolutionnaires pour jouer des partitions pétainistes.
C’est tout de même un plagiat du célèbre « Arbeit macht frei ».
« La liberté, c’est l’esclavage » nous dit notre ministre du « France, travail ; c’est la santé ».
Et une redite de la formule du Vichyssois de Neuilly en 2007, lors de sa campagne électorale : « Le travail, c’est la liberté, le plein emploi est possible »
►https://www.cip-idf.org/spip.php?article4193
Une de leurs affiches publiée ensuite utilisait comme repoussoir en n&b de l’icono chômeuse et précaire. Occasion de se souvenir aussi que se revendiquer "révolutionnaire" ne date pas de Micron.
Rétrospective
▻https://www.toupie.org/Textes/Vrai_travail.htm
Le 24 avril 2012, en appelant à un rassemblement le 1er mai pour défendre le « vrai travail », Nicolas Sarkozy a soulevé autant la polémique que les sarcasmes vis-à-vis d’un président-candidat qui ne sait plus quoi faire pour redresser la barre à quelques jours du second tour de l’élection présidentielle.
Après le « vrai Travail », il ne reste plus qu’à inventer la « vraie Famille » (dont on n’est pas très loin avec le rejet du mariage homosexuel) et la « vraie Patrie ». On retournerait dès lors à l’époque du maréchal Pétain où il fallait être un « vrai Français ». A force de vouloir reprendre à son compte les thèses du Front national, le président-candidat nous en rapproche dangereusement chaque jour un peu plus.
Par contre, « tourner la page », comme le mentionne l’article cité ne suffira pas. Il vaudrait mieux jeter le livre dans les flammes et ériger des bûchers pour les bibliothécaires qui font la promotion du capitalisme crypto-fasciste
Avec la suppression de l’ASS, les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans dans le viseur
▻https://basta.media/avec-suppression-ass-demandeurs-emploi-plus-50-ans-dans-viseur
Gabriel Attal a annoncé la suppression prochaine de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) pour les chômeurs en fin de droits. Les anciens bénéficiaires – une majorité de séniors, devraient basculer vers le RSA, donc la pauvreté.
La prochaine étape, la suppression du minimum vieillesse ?
Le Maire : la révision à la baisse des prévisions de croissance implique un plan d’économie de 10 milliards d’euros supplémentaires.
▻https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/18/budget-2024-bruno-le-maire-annonce-une-revision-a-la-baisse-des-previsions-d
Pas cette fois-ci ?
Faire commencer la vieillesse à 67 ans permet à la retraite d’offrir à tous un moment du meilleur des temps : la jeunesse.
#Austérité ++
« Règles plus sévères » pour les chômeurs : Macron accusé de « stigmatisation »
Lors de sa conférence de presse, mardi, le chef de l’Etat a annoncé, pour « le printemps prochain », une réforme du marché du travail.
Par Bertrand Bissuel, 18 janvier 2024.
Pour la quatrième fois depuis son arrivée à l’Elysée, en 2017, Emmanuel Macron veut modifier les droits et #devoirs des #chômeurs. Lors de la conférence de presse qu’il a donnée, mardi 16 janvier, le président de la République a annoncé, pour « le printemps prochain », une réforme du #marché_du_travail. Elle s’inscrira dans deux axes : d’un côté, « des règles plus sévères quand des offres d’emploi sont refusées » ; de l’autre, « un meilleur accompagnement » [au fouet ?] des personnes privées d’activité. Les syndicats redoutent que cette initiative se traduise, une fois de plus, par un tour de vis au détriment des femmes et des hommes en quête d’un poste.
Le plus souvent, les conditions d’indemnisation applicables aux #demandeurs_d’emploi sont fixées dans des « conventions » issues d’accords entre les partenaires sociaux, ceux-ci étant les gestionnaires de l’assurance-chômage. Mais si les organisations de salariés et d’employeurs n’arrivent pas à s’entendre, le gouvernement reprend la main : c’est ce qui s’est produit en 2019, avec une série de #décrets, étalés sur deux ans, ayant pour effet de durcir les règles (allongement de la durée de cotisation pour être éligible à une allocation, etc.). Un gouvernement peut également, de sa propre initiative, remodeler les normes imposées aux chômeurs. Ce fut le cas, avec la loi de septembre 2018 (refonte du barème de #sanctions infligées aux demandeurs d’emploi manquant à leurs obligations) et avec la loi de décembre 2022 (fermeture de l’assurance-chômage pour les salariés en CDD repoussant, à deux reprises, une offre en CDI).
En faisant part de sa volonté d’engager une nouvelle #réforme, M. Macron a suscité des réactions de diverse nature chez les partenaires sociaux. La perplexité, tout d’abord : « Nous aimerions avoir davantage d’explications car les propos du chef de l’Etat peuvent signifier plusieurs choses », souligne Eric Chevée, vice-président de la Confédération des petites et moyennes entreprises. Le but est-il de renforcer les sanctions à l’encontre des chômeurs qui s’affranchissent de leurs devoirs ? S’agit-il de changer les paramètres de l’indemnisation ?
Si c’est la deuxième option qui tient la corde, elle est susceptible de créer des difficultés car les organisations d’employeurs et de #salariés (à l’exception de la CGT et de la CFE-CGC) ont récemment signé un accord qui révise les critères d’attribution d’une allocation. Ficelé en novembre 2023, ce compromis a débouché sur une « convention » qui n’attend plus que le feu vert du gouvernement pour entrer en vigueur. Mais l’intention affichée, mardi soir, par M. Macron risque de tout remettre en cause, selon Michel Beaugas, secrétaire confédéral de FO : « L’accord que les acteurs sociaux ont conclu à l’automne 2023 vient d’être enterré par le président de la République, puisqu’il a annoncé à peu près tout le contraire de ce qui avait été décidé par les syndicats et le patronat », déplore-t-il.
« Toujours les mêmes rengaines »
Le locataire de l’Elysée déclenche aussi des critiques, parmi les représentants des travailleurs, quand il évoque l’idée de « règles plus sévères ». Sa position est teintée d’« idéologie », estime Olivier Guivarch, secrétaire national de la CFDT : « Le #chômage n’est pas lié à l’attitude d’une armée de demandeurs d’emploi qui se détourneraient des postes qu’on leur propose. » Pour Jean-François Foucard, secrétaire confédéral de la CFE-CGC, les déclarations de M. Macron montrent qu’« il ne connaît pas le marché du travail ». « On n’est plus au temps du servage », lance, provocateur, le syndicaliste. « Le chef de l’Etat sort toujours les mêmes rengaines, enchaîne Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT. On se demande s’il ne fait pas une fixation. En tout cas, c’est inadmissible. » Eric Courpotin, secrétaire confédéral de la CFTC, est sur la même longueur d’onde : « Le président reste encore dans la #stigmatisation. Pour lui, le demandeur d’emploi est un fainéant qui ne veut pas travailler. »
Sans surprise, le ton est plus bienveillant du côté du patronat. Le discours de M. Macron « va dans notre sens », confie M. Chevée [il peut utiliser un pronom possessif : pas besoin d’arguer d’un semblant d’intérêt général en disant "dans le bon sens"] « Sur le principe, nous pouvons difficilement contester cette annonce », complète Michel Picon, vice-président de l’Union des entreprises de proximité. Cependant, il juge nécessaire d’« apprécier les raisons » pour lesquelles des chômeurs refusent des postes, en mentionnant les « freins périphériques »_ auxquels ces derniers peuvent être confrontés (logement, garde d’enfants…).
▻https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/01/18/regles-plus-severes-pour-les-chomeurs-macron-accuse-de-stigmatisation_621156
Nouvelles menaces contre les chômeurs : Emmanuel Macron en remet une couche
▻https://www.liberation.fr/economie/social/nouvelles-menaces-contre-les-chomeurs-emmanuel-macron-en-remet-une-couche
.... il ne passe quasiment plus une année sans que les règles de l’#assurance_chômage changent, en général au détriment des travailleurs. Récapitulons rapidement : en 2019, la durée de travail nécessaire pour ouvrir des droits passe de quatre à six mois. Cette mesure, qui contribuera fortement à réduire de 20 % les ouvertures de droits entre juin 2019 et juin 2022, est suspendue au plus fort de la crise sanitaire du Covid-19, mais revient en avril 2021. Puis, quelques mois plus tard, un nouveau mode de calcul de l’allocation entre en vigueur, qui réduira de 16 % l’indemnisation versée à près d’un nouvel allocataire sur deux. Enfin, en février 2023, la durée d’indemnisation est raccourcie de 25 %, au nom de la conjoncture positive (le taux de chômage apparaît alors en baisse continue et s’approche des 7 %) : elle passe de 24 à 18 mois pour la plupart des inscrits, et de 36 à 27 mois pour les « seniors » de plus de 55 ans. Le tout au nom de la marche macroniste vers le « #plein-emploi »… qui pourtant semble désormais s’éloigner, puisque le chômage est reparti à la hausse sur les deux derniers trimestres.
Faut-il donc en remettre une couche ? C’est ce que suggère Emmanuel Macron, sans rien dire de ce qu’il a dans la tête. Ni s’agissant des éventuelles mesures qui seraient prises ni s’agissant de la méthode, qui n’est pourtant pas un enjeu secondaire. Car pour l’heure, les règles de l’assurance chômage sont revenues aux mains des acteurs sociaux, qui ont conclu (à l’exception de la CGT et la CFE-CGC) en novembre un accord prévoyant des ajustements – modestes – des dernières réformes, plutôt en faveur des indemnisés. Difficile pour eux de faire davantage, puisque le gouvernement leur avait imposé, dans sa #lettre_de_cadrage, de préserver les mesures qu’il avait précédemment imposées. La convention qui en a résulté a été soumise pour agrément à Matignon, qui était encore occupé par Elisabeth Borne. Cette dernière a souhaité attendre les résultats d’une négociation interprofessionnelle sur l’#emploi_des_seniors qui a débuté fin décembre et doit aboutir d’ici à la fin mars, au sein d’une discussion plus globale autour d’un « nouveau pacte de la vie au travail ». Mais elle a aussi promis de transposer fidèlement le contenu d’un éventuel accord, dès lors qu’il n’alourdit pas la dépense publique.
La schlague de Macron et « l’écoute » d’Attal
Or, pendant qu’Emmanuel Macron promet de nouveau la schlague, son nouveau Premier ministre, Gabriel Attal, fait défiler les syndicats à Matignon. Et sa ligne de conduite consiste avant tout, pour l’heure, à les écouter. L’objet de ces rencontres ? « Dire à un nouveau Premier ministre tout ce qu’on avait dit à son prédécesseur, pour qu’il sache bien que certes le Premier ministre a changé, mais que nous n’avons pas changé », résume Olivier Guivarch, secrétaire national de la CFDT. Mardi, la numéro 1 de son syndicat, Marylise Léon, a ainsi voulu pointer l’importance du « pacte de la vie au travail » évoqué plus haut, du « pouvoir d’achat » et de « l’index égalité femmes-hommes », a-t-elle expliqué à l’AFP. Reçue mercredi soir, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a déroulé pendant une heure trente la liste des sujets qui comptent pour son syndicat : augmentation du smic, échelle mobile des salaires, conditionnalité des aides publiques aux entreprises, médecins étrangers en demande de régularisation, répression syndicale, loi immigration… En face, très peu de réponses, mais un Premier ministre qui « a souhaité montrer qu’il était à l’écoute, disponible, ouvert, direct », constatait-elle à la sortie. Bref, un « contact agréable », même si elle « jugera sur pièces ».
Il faudra aussi compter avec la nouvelle ministre du Travail, la conservatrice Catherine Vautrin, issue de l’UMP période Chirac-Sarkozy, qui a également hérité de la Santé et des Solidarités. L’ampleur du portefeuille laisse les syndicats dubitatifs, à l’image de Cyril Chabanier, le président de la CFTC, qui estime que « si ça reste comme ça, on pourrait se poser des questions sur l’efficacité » [elle va être vite répondue la question]. Pour l’heure, Catherine Vautrin, qui s’apprête à recevoir l’ensemble des organisations syndicales et patronales dans le courant de la semaine prochaine, s’est gardée de toute sortie remarquable. [le compte sur X de cette dame, qui est aussi ministre de la santé, a pour icono une pub pour le champagne, ou sévit la surexploitation de saisonniers agricoles souvent sans papiers]_
« Recul des droits pour les salariés »
Dans ce contexte, les déclarations d’Emmanuel Macron posent question. Que faut-il comprendre quand, évoquant mardi soir une future loi de simplification, il assure vouloir relever « tous les seuils de déclenchement des obligations » s’imposant aux entreprises ? Et quand, à Davos, il dit vouloir « favoriser tout ce qu’on peut transférer au niveau de l’#entreprise dans les négociations », suggérant d’aller plus loin dans le bouleversement de la #hiérarchie_des_normes qui était au cœur de la loi Travail de 2016 ? A défaut de précisions, Sophie Binet « comprend [ces propos] comme un recul des droits pour les salariés ».
Or, si les syndicats demandent unanimement une révision des ordonnances de 2017, qui ont réformé le dialogue social dans les entreprises, c’est parce qu’elles compliquent bien davantage la vie des représentants du personnel que celle des employeurs. Pour François Hommeril, le président de la CFE-CGC, ce devrait être un chantier prioritaire de Gabriel Attal : « Est-il décidé à reconstruire un peu de ce qu’Emmanuel Macron a détruit dans l’équilibre de la sphère sociale ? » s’interroge le syndicaliste, qui juge que « la fusion des instances est une catastrophe totale. Or ça, personne ne le conteste, mais pour Emmanuel Macron, c’est le Saint-Graal, il ne faut pas y toucher. » Sans attendre que son secrétaire général, Frédéric Souillot, ait été reçu vendredi à Matignon, la commission exécutive de FO a quant à elle « condamné » ce jeudi « les annonces faites par le président de la République », en annonçant « un grand meeting national dans les prochaines semaines ». Un an exactement après le début de la crise des retraites, le fil fragile du « dialogue social » tant vanté par l’exécutif se tend de nouveau.
.... pendant que l’on annonce que faute de hausse des salaires, les agents de la fonction publique seront payés au mérite.
Aurore Bergé annonce des « travaux d’intérêt général pour les parents défaillants »
▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/12/10/aurore-berge-annonce-la-creation-d-une-commission-sur-la-parentalite_6204883
Dans un entretien à « La Tribune Dimanche », la ministre des solidarités détaille également la mise en place d’une commission sur la parentalité, coprésidée par le pédopsychiatre Serge Hefez.
Parmi les [...] mesures confirmées samedi, « des travaux d’intérêt général pour les parents défaillants, le paiement d’une contribution financière pour les parents d’enfants coupables de dégradations auprès d’une association de victimes et une amende pour les parents ne se présentant pas aux audiences qui concernent leurs enfants »
« J’ai une certitude : nous ne pouvons pas nous passer des parents, ni faire sans eux, ni contre eux », a encore dit la ministre (...).
Faut arrêter de tortiller du cul comme ça et rétablir le servage pour dette et les travaux forcés pour les gueux, merdalafin.
Si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives.
▻https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006422754
«mum is gonna love you just as much as she can, and she can»
… et une bonne guerre, aussi.
La peine vise deux cibles. On est pas "contre les parents" à condition qu’ils démontrent leur adéquation au rôle, c’est à dire leur aptitude à surveiller leurs enfants (propriétés de la famille avant d’être celle de l’État). Sans quoi, l’insouciance ayant des limites, ils seront punis de manière à ce que leurs enfants soient enfin responsables de quelque chose : la peine infligé à leurs parents.
Le travail d’intérêt général est une peine qui rend digne.
#enfants #adolescents #culpabilité #travail #idéologie_du_travail
Autant, c’est une simple continuité de la répression judiciaire [des gueux] ; « car il est important que tu comprennes bien ». Méthode mafieuse typique : en attraper un, le faire payer, et après lui sa famille. Ça fait passer aux autres l’envie de recommencer.
Libé, cette bande de sournois, colle cette interview juste en dessous de son papier sur l’annonce de Sainte Aurore B. (qu’il faudrait canoniser) :
►https://www.liberation.fr/societe/logement/defenseur-des-enfants-lenfance-qui-vit-une-situation-de-grande-precarite-
Eric Delemar, défenseur des enfants auprès de la défenseure des droits, revient sur les conséquences de ces conditions de vie [être à la rue] sur le développement des enfants et l’importance de considérer l’enfance comme un sujet majeur dans les politiques publiques.
On voit le type de considération envisagé par les politiques publiques :-)
Et comment ces enfants ont-ils accès à la santé et à l’éducation ? Nous sommes régulièrement saisis sur des refus de scolarisation parce que les familles vivent la précarité de l’habitat. Depuis 2020, une simple déclaration sur l’honneur suffit [pour justifier du domicile], sauf que des mairies refusent encore de scolariser des enfants au prétexte que les parents n’auraient pas un domicile conventionnel. C’est le droit à l’éducation, un droit constitutionnel, qui est mis à mal.
[...]
Au-delà de cette crise de l’accueil, les enfants sont rendus invisibles dans le débat. On considère que leur parole n’est pas importante, que ce n’est pas à eux de décider. Mais ce n’est pas parce que les enfants n’ont pas le droit de vote qu’ils ne sont pas détenteurs de l’ensemble des droits de l’homme dès leur naissance.
une série de démissions des convoqués
▻https://seenthis.net/messages/1031335
Thomas Piketty : « L’idéologie antipauvres finit par conduire à une dégradation générale de la qualité du service public »
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/12/09/thomas-piketty-l-ideologie-antipauvres-finit-par-conduire-a-une-degradation-
Ce n’est pas en se défoulant sur les plus précaires que l’on va résoudre les problèmes sociaux, plaide l’économiste dans sa chronique.
Disons-le d’emblée : l’enquête édifiante publiée par Le Monde sur les procédures intrusives et ubuesques subies par des milliers d’allocataires des caisses d’allocations familiales (CAF) pose des problèmes fondamentaux pour l’avenir de la Sécurité sociale et des services publics, en France, en Europe et dans le monde. En épluchant des milliers de lignes de code indûment dissimulées, en rencontrant des personnes fragilisées et des parents isolés injustement pourchassés pour des trop-perçus imaginaires, les journalistes ont montré les conséquences dramatiques de ces pratiques algorithmiques aveugles sur les existences quotidiennes.
Encore faut-il préciser que les agents des CAF sont souvent (? ndc) les premiers à dénoncer ces pratiques imposées par leur direction et par les responsables politiques à l’institution sociale à laquelle ils sont attachés. Rappelons que les CAF gèrent avec des moyens limités non seulement les allocations familiales, mais aussi le revenu de solidarité active (revenu de base et complément de revenu pour les bas salaires), les allocations logement, celles destinées aux parents isolés ou aux personnes handicapées, les prestations liées aux gardes d’enfants, etc., soit au total près de 14 millions d’allocataires (environ la moitié des ménages).
Les coûts de fonctionnement des CAF comme des caisses de l’Assurance-maladie et de l’ensemble des caisses de la Sécurité sociale ont toujours été extrêmement modestes : entre 2 % et 3 % des prestations versées suivant les cas, contre 15 % à 20 % pour les compagnies d’assurances privées. Cette efficacité publique est une bonne chose en soi, à condition toutefois de ne pas pousser trop loin dans cette direction.
Le problème est que le pouvoir politique n’a cessé de faire pression sur les caisses pour réduire toujours davantage ces coûts. La situation s’est notamment dégradée à la suite de l’arrivée au pouvoir en 2007 de Nicolas Sarkozy, qui a mis en avant la nécessité d’une chasse sans merci à la fraude sociale et les allocataires soupçonnés de ruiner le système.
Glorification des « premiers de cordée »
Et qu’importe si toutes les études montrent que la fraude fiscale et l’évasion en col blanc portent sur des montants autrement importants. Puisqu’il est compliqué de s’en prendre aux plus riches, vengeons-nous sur les plus pauvres ! Cette glorification des « premiers de cordée » et cette stigmatisation des plus #pauvres (réputés incapables de « traverser la rue » pour trouver un emploi, et régulièrement accusés de coûter un « pognon de dingue ») se sont encore accentuées avec Emmanuel Macron depuis 2017. Sommées de débusquer les #fraudeurs et de faire du chiffre avec des moyens humains réduits, les CAF se sont alors lancées dans la dérive algorithmique mise au jour par les journalistes. [dès 2010, en fait,c-à-d sous Hollande ndc]
Le pire dans cette évolution est que l’#idéologie_antipauvres finit par conduire à une dégradation générale de la qualité du service public. Si vous n’en avez pas fait l’expérience vous-même, demandez autour de vous. Depuis plusieurs années, si vous envoyez un message aux CAF sur l’interface prévue à cet effet, la machine vous répond que les messages traités actuellement sont ceux réceptionnés il y a trois mois, et que le vôtre devra attendre (six mois plus tard, il attend toujours).
En revanche, si l’on vous reproche un trop-perçu, parfois fantaisiste, il faut payer tout de suite, sans recours possible. Pour ceux qui en ont les moyens, ces situations ubuesques sont pénibles mais gérables. Pour tous ceux dont les finances sont tendues, c’est insupportable. De toute évidence, les #CAF ne disposent pas des moyens humains permettant de rendre un service de qualité et de traiter correctement les usagers, ce qui est extrêmement douloureux pour toutes les personnes impliquées.
Cette dégradation du service public se retrouve dans de multiples domaines, par exemple avec des délais de plus de six mois pour obtenir des papiers d’identité, des procédures de remboursement toujours trop lourdes auprès de l’Assurance-maladie et des mutuelles, ou encore l’opacité extrême des #algorithmes d’affectation dans l’enseignement supérieur, dans un contexte de pénurie de places et de moyens dans les filières les plus recherchées.
Stratégie de droite
La stratégie de la droite visant à stigmatiser les pauvres et les « assistés » comme responsables des maux du pays est doublement perdante : elle fragilise les plus modestes et conduit à la dégradation du service public pour tous et au règne du chacun-pour-soi, au moment même où nous aurions besoin de socialiser davantage de ressources pour pourvoir aux besoins criants dans la santé, l’éducation et l’environnement. La vérité est que c’est dans le secteur privé que se trouvent les gaspillages et les rémunérations indues, et non dans les caisses sociales et les services publics.
Cette nouvelle idéologie antipauvres est d’autant plus inquiétante qu’elle est au cœur des recompositions politiques actuelles. La loi antisquatteurs adoptée fin 2022 par une coalition RN-LR-Renaissance en est l’incarnation. Elle montre aussi les impasses de cette approche : ce n’est pas en se défoulant sur les plus #précaires et en fragilisant l’ensemble des #locataires à grands coups de bail raccourci de location meublée et d’expulsion accélérée que l’on va résoudre les problèmes de logement des dizaines de millions de ménages mal logés et mal isolés.
Cette question est aussi l’occasion de combattre le RN sur le seul terrain qui vaille : celui des faiblesses et des incohérences de son programme. La conversion sociale du RN est un leurre. Le parti reste profondément imprégné de libéralisme économique, comme le montre sa volonté de supprimer l’impôt sur la fortune immobilière, de la même façon que Jean-Marie Le Pen voulait supprimer l’impôt sur le revenu dans les années 1980. Il est plus que temps de sortir des obsessions identitaires actuelles et de remettre les questions socio-économiques au centre du débat public.
Caricatural, ultra-politisé : le grand n’importe quoi du nouveau #musée_d'Histoire de #Lyon
Nous avons visité la nouvelle #exposition_permanente du #musée niché dans le vieux Lyon : un parcours déroutant, regorgeant de lacunes, défendant une vision de l’#histoire_engagée et surtout trompeuse.
Le jour de notre visite, un dossier de presse le martèle, en #écriture_inclusive : le nouveau parcours du musée d’Histoire de Lyon, qui achevait samedi 2 décembre une réorganisation commencée en 2019, a été « co-construit », aussi bien avec des « expert.es » que des témoins et… « témouines », citoyens anonymes de Lyon. Une des conceptrices du musée le détaille : « On est allé en ville, on a posé des questions aux passants, à des jeunes qui faisaient du skate pour leur demander leur récit de la ville ». Un postulat de départ qui fait sourire autant qu’il inquiète et augure du sentiment qu’on éprouvera pendant toute la visite.
Celle-ci tient par-dessus tout à s’éloigner de la si décriée approche chronologique. Une première salle « questionne » donc la ville, exposant pêle-mêle des objets touristiques ou sportifs récents (maillot de foot), sans enseignement apparent. Il faudra s’y faire : l’histoire n’est pas vraiment au centre du musée d’histoire. La fondation de la ville est évoquée au détour d’un panneau sur lequel un Lyonnais de l’Antiquité exhibe sa… Rolex. Une farce assumée par le musée, dont les guides nous préviennent que les anachronismes fleuriront tout au long des salles. On se mettrait à rire si le musée n’était pas destiné aux enfants aussi bien qu’aux adultes, avec la confusion que ces erreurs assumées entraîneront chez les premiers.
L’homme blanc quasi absent de... l’industrie lyonnaise
Les salles, justement, sont magnifiques dans cet hôtel de Gadagne, bâti au XVIe siècle. Mais l’architecture des lieux ne semble pas devoir nous intéresser : un tout petit cartel pour présenter une cheminée monumentale, puis plus rien. Les objets historiques sont rares et s’effacent au profit de montages photographiques et de récits (tous en écriture inclusive bien sûr) de quatre personnages fictifs censés raconter la ville : trois femmes nées à différents siècles, et Saïd, ouvrier devenu bénévole associatif. À l’étage suivant, une pirogue-vivier datée de 1540 trône quand même, dans une ambiance bleutée : c’est la partie consacrée au Rhône et à la Saône. Quelques (beaux) tableaux figurant des scènes de vie des deux fleuves sont exposés... à quelques centimètres du sol : cette seconde partie est dédiée aux enfants de cinq ans et l’on apprend que deux groupes de maternelle ont été consultés pour la concevoir. Des jeux ont été élaborés avec eux, « sans mauvaise réponse pour ne pas être moralisateurs » et parce que le musée est un avant tout un lieu d’amusement. Nous commençons à le croire.
La suite de l’exposition permanente, qui aborde le sujet de l’industrie lyonnaise, prend toutefois un tour nettement plus désagréable, voire odieux. Voyons bien ce que nous voyons : une absence quasi totale de référence aux ouvriers masculins et blancs. Un métier à tisser inanimé constitue la seule preuve tangible de l’existence des canuts et une salopette vide accrochée au mur figure le prolétariat du XXe siècle. Une véritable provocation car les ouvrières sont elles bien mises en avant, et surtout les travailleurs immigrés. Le directeur, Xavier de La Selle, avait prévenu : « Le concept de Lyonnais de souche n’a aucun sens. » Un visiteur manquant de recul sortira de cette pièce convaincu que la ville n’a été construite que par le travail de femmes et de maghrébins. Le prisme social de l’histoire aurait pu présenter ici un réel intérêt : il est manipulé pour servir une vision politique qu’on ne peut qualifier autrement que de délirante.
Et nous ne sommes pas au bout de ce délire : la dernière partie, celle qui vient d’être révélée au public, porte sur les « engagements » des Lyonnais. On entre ici dans un bric-à-brac stupéfiant, synthèse gauchiste assumée faisant de l’histoire politique de Lyon une sorte de grande convergence des luttes. Sur les murs et dans les vitrines, des nuages de mots à peu près tous synonymes de rébellion, des pancartes féministes, un haut-parleur, et même un objet sordide : un fait-tout utilisé par une avorteuse locale, célèbre semble-t-il, qui y stérilisait ses ustensiles médicaux mais y cuisait aussi ses pâtes. Le père Delorme, prêtre connu pour avoir organisé en 1983 une grande marche contre le racisme, est abondamment glorifié. Rappelons qu’en matière de religion, le musée ne nous a toujours pas expliqué pourquoi et quand fut construite la basilique de Fourvière ! L’autre référence au catholicisme dans la ville est celle du Sac de Lyon par les calvinistes, une œuvre de bois peint de 1565 décrivant des scènes de pillage, un bûcher d’objets liturgiques, des moines chassés. Son intérêt historique est toutefois anéanti par le commentaire de notre guide, qui n’y voit « pas du tout une scène violente ».
Désacralisation du savoir
À ce stade, le musée d’Histoire de Lyon réussit son pari : il n’est plus qu’un divertissement. On aborde une salle qui couvre à rebours la crise algérienne, la Seconde Guerre mondiale et enfin la Révolution. Cette dernière ne fait l’objet que d’un panneau succinct. Le musée est-il ennuyé de devoir évoquer plus en détail les tendances contre-révolutionnaires de Lyon ? À propos de Joseph Chalier, qui avait mis en place une dictature sanguinaire dans la ville avant d’être renversé par le peuple en 1793, un commentaire : « Certains l’ont considéré comme un martyr de la liberté. » L’homme avait commandé la première guillotine à Lyon et préconisait de l’installer sur le pont Morand afin que « les têtes tombent directement dans le Rhône »... Le principal historien consulté sur cette époque, Paul Chopelin, est entre autres fonctions président de la Société des études robespierristes. Enfin, une galerie des grandes figures de l’histoire lyonnaise conclut ce drôle de parcours. Miracle : il s’y trouve presque autant de femmes que d’hommes. Quitte à ce que la première conseillère municipale féminine y tienne la même place qu’Édouard Herriot, maire pendant près d’un demi-siècle. Pas de portrait de Raymond Barre en revanche, mais une lettre anonyme fièrement disposée, le qualifiant de « peu regretté [maire], qui de toute sa carrière s’est bien peu occupé du sort de ceux que son système économique met de côté ».
Tirons un bilan positif : il n’est pas donné à tout amateur d’histoire d’expérimenter une telle distorsion, une telle désacralisation du savoir. Aux inventions « pédagogiques » en vogue, pour certaines réussies mais souvent inutiles, le musée d’histoire de Lyon ajoute un militantisme qui laisse pantois, et ignore des pans entiers de l’histoire lyonnaise, ne faisant qu’effleurer le reste. L’équipe du musée est certes enthousiaste, convaincue de bien faire, mais s’est méprise sur la notion d’engagement. Plus qu’une déception, pour une structure qui emploie 50 personnes (et exploite aussi un musée de la marionnette et de guignol, peut-être moins amusant) avec un budget annuel d’environ 3 millions d’euros. Son projet scientifique et culturel, validé par l’État, bénéficie du plein soutien de l’actuelle mairie : le maire Grégory Doucet (EELV) se dit ainsi « admiratif du travail colossal » des équipes du musée d’une ville « profondément humaine, tissée par les lumières du monde ». Un tissu, oui, mais pas vraiment de lumière.
▻https://www.lefigaro.fr/histoire/mensonger-ultra-politise-le-grand-n-importe-quoi-du-nouveau-musee-d-histoir
Mots-clé tirés de l’article et de la vidéo :
#wokisme #woke #révolution_culturelle_woke #intersectionnalité #affaire_de_Grenoble #militantisme #militants_extrémistes #ségrégationnisme #séparatisme #pride_radicale #non-mixité #genre #panique_morale #anti-wokisme #universalisme #universités #culture #films #imaginaire #civilisation_occidentale #industrie_lyonnaise #woke-washing #engagement #père_Delorme #1983 #Marche_pour_l'égalité_et_contre_le_racisme #planning_familial #catholicisme #racisme_systémique #Sac_de_Lyon #divertissement #Joseph_Chalier #histoire #Paul_Chopelin #militantisme
Les invité·es :
1. #Nora_Bussigny, autrice de ce #livre :
Les Nouveaux Inquisiteurs
2. #Pierre_Valentin, auteur de ce livre :
L’#idéologie_woke. Anatomie du wokisme
3. #Samuel_Fitoussi :
▻https://www.wikiberal.org/wiki/Samuel_Fitoussi
(et je découvre au même temps « wikilibéral »)
–-> qui parle notamment du film #Barbie (min 18’30)
►https://www.fondapol.org/etude/lideologie-woke-1-anatomie-du-wokisme
Le 2 décembre tou⋅tes CONTRE LE CHÔMAGE ET LA PRÉCARITÉ : NON À FRANCE TRAVAIL ! - Union syndicale Solidaires Seine-Saint-Denis
▻https://solidaires93.org/index.php/2023/11/29/contre-le-chomage-et-la-precarite-non-a-france-travail
Le 2 décembre tou⋅tes CONTRE LE CHÔMAGE ET LA PRÉCARITÉ : NON À FRANCE TRAVAIL !
29 novembre 2023
À Paris rassemblement à 14 h le 2 décembre devant Pôle Emploi, [boulevard] Diderot et déambulation jusqu’à l’UNEDIC
Appel unitaire AC APEIS MNCP CGT chômeurs à se mobiliser contre France Travail, le réforme de l’assurance chômage, le RSA conditionnel le 2 décembre 2023.
De réforme en réforme, Macron, Borne et Dussopt n’ont eu de cesse de s’attaquer aux chômeurs/chômeuses plutôt que de s’attaquer au chômage. Leur projet de “France Travail” est la suite logique de leur “loi travail”, toujours moins de droits pour les salariés.
Auparavant, ils s’étaient déjà attaqués à la formation professionnelle, à la médecine du travail, à l’inspection du travail, aux droits des prud’hommes… Le code du travail est donc plus épais mais avec plus d’exclusions, de particularités, d’exceptions, de contrats atypiques.
L’objectif reste le même, nous forcer à accepter n’importe quel emploi, à n’importe quel salaire et dans n’importe quelles conditions. La réforme du RSA avec ses 15h d’activité obligatoire est un pas de plus vers le travail forcé.
Ce changement, c’est aussi le retour du fameux « contrat d’engagement » : plus de devoirs et moins de droits. C’est encore et toujours plus d’individualisation du traitement du chômage, cela dédouane la collectivité et son système, et culpabilise celui ou celle qui en est la victime.
Et pourtant, aucune donnée -et certainement pas celles de Pôle emploi- ne montre que les personnes au chômage ne cherchent pas d’emploi.
La volonté du gouvernement : faire des économies
Faire diminuer artificiellement les chiffres du chômage, c’est s’assurer d’avoir un bon bilan à présenter, même bidon. Ainsi, tout est fait pour que certains allocataires se désinscrivent, quand d’autres sont poussés vers l’auto-entreprenariat. Quelqu’en soit les conséquences sur leurs revenus et droits sociaux.
Aussi, c’est aujourd’hui incontestable : à l’échelle mondiale, la réduction de la main d’œuvre ouvrière est observable dans tous les secteurs. La production tendanciellement croissante se fait davantage avec des machines, une robotique dopée à l’intelligence artificielle.
CE N’EST PAS D’UN GRAND OUTIL TECHNOCRATIQUE DE FLICAGE DONT NOUS AVONS BESOIN, MAIS D’UN GRAND, ET RÉEL SERVICE PUBLIC DE L’EMPLOI.
Concernant la réforme du R.S.A. : Son versement sera conditionné à des « recherches d’emploi effectives » et à des efforts « vérifiables ». On ne sait pas trop ce que ça veut dire tant cela reste subjectif, à l’appréciation d’agents qui ont des directives et qui ne sont pas toujours suffisamment formés.
Concernant la réforme de l’Assurance Chômage : Nous dénonçons le nouvel accord qui prévoit une baisse des cotisations patronales de près de 2M d’€, mettant ainsi en danger l’avenir même de l’Unédic, et imposant une nouvelle baisse généralisée des salaires. La mensualisation passera à 30 jours chaque mois (et non plus 30 ou 31 en fonction des mois) faisant ainsi perdre 5 à 6 jours d’allocations à l’année aux personnes indemnisées. Aucune contrepartie valable n’est proposée en échange.
Notre système aujourd’hui, c’est punir les victimes. C’est une forme de travail forcé pour avoir droit à des miettes et ne pas complètement crever, après des décennies de casse industrielle, délocalisations, restructurations, licenciements massifs, fermetures d’entreprises…
La suite ? la casse de toutes formes de service public. La fin de l’accompagnement, le sentiment d’abandon qui en découle, l’absence de solution, le manque de perspectives, le désespoir et la fatalité qui peuvent accompagner le tout. Mais ils s’en foutent des femmes et des hommes que leur système à broyé et sacrifié.
ET DE L’ARGENT, IL Y EN A :
Taxons les profits, bénéfices, dividendes, produits financiers, de tous ceux qui profitent des crises sociales, climatiques, énergétiques, sanitaires.
Cessons de faire des dizaines de milliards de cadeaux aux entreprises, pour qu’elles les transforment immédiatement en profits et en dividendes, sans aucune autre contrepartie.
Luttons contre les exonérations de cotisations sociales, contre l’optimisation et la fraude fiscale, afin de financer les retraites, le chômage et les services publics qui sont complètement à l’abandon.
Cette 21ème journée de mobilisation contre le chômage et la précarité ce samedi 2 décembre doit nous permettre d’agir pour une vie décente débarrassée du chômage, de la précarité, des sales boulots et de la misère !
Organisons nous et imposons nos revendications :
• Refus de la mise en place de france travail, annulation des dernières réformes de l’assurance chômage et retour au paritarisme
• L’indemnisation de 100 % des salariés privés d’emploi et précaires par l’assurance chômage, avec un minimum de 41 euros par jours un emploi stable, librement choisi et correctement rémunéré pour toutes et tous
• L’arrêt des contrôles et des sanctions
• La gratuité des transports pour les chômeurs et les précaires, puis pour tous
• La retraite à 60 ans et une réduction du temps de travail
• La création des emplois nécessaires pour que les services publics fonctionnent pour toutes et tous
• Le gel des loyers et l’annulation de toutes les dettes locatives
• Une allocation exceptionnelle dite « prime de noël » étendue à tous les chômeurs
Si nous laissons faire, à n’en pas douter avec eux, ce sera FRANCE TRAVAIL famine pâtes riz…
Avec le soutien de : Collectif UNEDIC, SUD Emploi IDF, CGT Pôle Emploi IDF, Stop Précarité, Solidaires, SUD Culture, Ensemble !..
À Paris rassemblement à 14 h le 2 décembre devant Pole Emploi Bd Diderot et déambulation jusqu’à l’UNEDIC
C’est quand même incroyable qu’une manif organisée officiellement par la CGT ne soit même pas relayée sur le site de la confédération.
ils ont toujours marginalisé leur organisation de chômeurs (faible, et d’autant plus faible), sauf par force, lorsque celles-ci faisaient l’actualité dans des moments de lutte intense et massive (hiver 97/98). Staline et Stakhanov savent pourtant que, si ce n’est une touche « chômeurs rebelles » quasi tombée dans les oubliettes, la CGT chômeurs s’obstine à sacrifier au fétiche du plein emploi en parlant de "privés d’emplois" depuis des décennies, alors même que plus de 40% de la minorité de chômeurs qui sont indemnisés sont des chômeurs en activité à temps réduit, c’est à dire dune manière plus évidente encore que pour tous les autres concernés, des travailleurs précaires.
ça n’aide évidement pas à ce que ces manifs rituelles du 1er samedi de décembre ne se bornent pas une commémoration le plus souvent clairsemée de la mobilisation massive de l’hiver 1997/98 dont on n’entretiendra d’ailleurs paradoxalement pas la mémoire, puisqu’il y était question - ô scandale ! - d’exiger pour tous un revenu garanti au SMIC.
quant au texte, rien à en dire si ce n’est qu’il y a un souci de ponctuation autour du « minimum à 41 euros par jour » pour tous (?)
La CGT chômeurs est marginalisée, c’est l’évidence même, car fondamentalement, on porte un regard condescendant sur la personne qui n’est plus ou pas socialement raccordée au travail, mais il n’en reste pas moins que la CGT chômeurs c’est quand même la CGT et que cette absence de visibilité est insupportable et inacceptable.
Oui, « privé d’emploi », ça fait parti des euphémismes surplombants assez pénibles. Je n’ai jamais rencontré de chômeur ou de chômeuse qui présentait sa situation en reprenant ce terme (à commencer par moi même quand cela m’est arrivé).
L’obsession des emplois pour les emplois est une plaie redondante du monde syndical, alors qu’on devrait parler de revenus ou de vrais salaires garantis. Elle peut conduire à justifier la création de n’importe quel modèle économique, y compris les plus toxiques pour la « sauvegarde » du travail lui-même et des emplois (deux catégories distinctes qui sont couramment amalgamées, y compris dans le monde syndical ). On a vu, par exemple, comment les blaireaux du PS ont vendu comme une grande victoire pour l’emploi, l’implantation de centres Amazon.
c’est une manif testimoniale qui sans aucune perspective présente ou d’avenir commémore, 25 ans plus tard ! et d’année en année des luttes de l’hiver 97/98 dont elle doit ignorer le contenu politique (et chez nombres d’acteurs fossilisés cela va jusqu’à le travestir ou le nier) car elles n’en portent pour leur part aucun.
c’est le rituel dépeuplé des restes d’AC !, de l’Apeis, de la CGT chômeurs, quasi rien dans chaque cas. cette manif n’a jamais été une manif confédérale, tout au plus une manif « sectorielle ». le chômage n’est pas une question confédérale, le chômage n’est pas l’emploi ! le chômage est supposé être l’envers du travail, notre noblesse !
comme dans le cas des retraités, on lui concèdera tout au plus un caractèrere interpro, une modalité faible de ce qui caractérise la mythique grève générale, ce « tous ensemble », non pas « ça va pèter », vaste blague, menace sans suite, mais ce tous ensemble où l’on interrompt quelque chose plutôt que rien, pour un instant, un moment, quelque semaines au mieux.
« privés d’emploi » c’est dire que le chômeur est celui qui est dans le manque, celui, celle, à qui il manque quelque chose pour compter dans le Mouvement ouvrier (dont on sait à quel point il existe si fort comme poids du mort, « mélancolie ouvrière » sans plus aucun génie de la transformation). c’est nier le fait, je le répète, qu’une part importante des chômeurs- chômeuses, sont des « chômeurs en activité à temps réduit », c’est à dire des personnes qui sont aussi dans rapport de sujétion salarial, mais pas suffisamment au yeux du syndicat pour avoir droit au chapitre, et surtout pas autrement que comme mendiants de l’emploi, afin d’enfin redevenir des travailleurs « complets » (c’est-à-dire ô combien amputés de leur vie et, le plus souvent, de tout pouvoir). après 50 ans de préconisation de l’emploi, ce n’est plus un angle mort, c’est une négation du travail réel, aujourd’hui, ici. on lui préférer une image, celle du travail d’autan (Nordine ou artisanal, peu importe), un autre travail abstrait.
voilà le syndicat, voilà la gauche (et bien des « révolutionnaires » ou anarchistes avec eux)
quand la CGT chômeurs était battante, elle avait inventé « chômeurs rebelles ». une désignation positive, depuis un excès, un refus, contenant un peu guévariste, souvent très stal, qui ne définissait par le chômeur par le manque.
Testimoniale, je sais pas ce que ça veut dire mais en tous cas nous n’étions qu’à peine une centaine sur ce qui n’a été qu’un rassemblement (avec prises de paroles). Du coup je suis remonté par la Bastille pour retrouver quelques camarades sur la manif Palestine, nettement plus consistante.
qui sert à témoigner (c’est faible)
une réunion de demandeurs de salaire dans une agence Policemploi : menacer pour être obéi, via Yann Gaudin
▻https://twitter.com/yanngaudin/status/1728029593922044217
Voici un témoignage au sujet d’une réunion d’usagers dans une agence Pôle emploi, c’est édifiant. Si un·e journaliste veut enquêter sur cette réunion, me contacter en DM.
« Le mardi 21 novembre 2023, à 9h, je dois assister à la réunion collective intitulée Présentation du suivi intensif, réunion animée par deux conseillères Pôle emploi. Dès l’entrée de l’agence le ton est donné : on dispatche les demandeurs d’emploi, en vociférant Vous à gauche, vous à droite ! Mon groupe rentre dans une salle trop petite pour le nombre de personnes présentes. Conséquence : des gens restent debout pendant environ 2h.
D’emblée l’une des deux conseillères prend la parole, elle la gardera pendant tout la session, c’est à peine si nous entendrons la seconde conseillère. La conseillère en chef prend alors un ton autoritaire et vexatoire, voici un florilège de ses propos :
Si vous êtes dans cette salle, c’est que vous êtes à PE depuis trop longtemps et qu’on veut plus vous voir.
Y’a du boulot, si vous ne trouvez pas c’est de votre faute.
La restauration, le bâtiment, la sécurité pour les JO recrutent, on va vous faire travailler pour les #JO.
Si vous avez des problèmes de santé, ce n’est pas notre problème, mettez-vous en arrêt maladie.
Personne ne sortira de cette salle sans avoir une prestation.
Si vous sortez de la salle, je vous déclare absent.
Tant que vous n’avez pas d’emploi, Pôle emploi est votre employeur et vous devez obéir.
Vous avez 12 mois pour trouver un emploi, sinon c’est dehors.
Ceux qui ne savent pas parler français on va leur apprendre.
Un chômeur à réagi, en demandant à la conseillère de ne pas humilier l’assemblée. Elle a répondu qu’elle faisait son boulot, point barre. La conseillère a refusé aux gens de s’entraider pour remplir le questionnaire en fin de réunion. Certaines personnes avaient des difficultés à écrire. Elle a estimé que ces personnes doivent apprendre à devenir autonomes. »
dans la logique du suivi, « être autonome » c’est réussir seul à faire ce qu’il faut pour s’adapter aux contraintes, obéir
#schlague #suivi_intensif #Pôle_emploi #France_travail_nous_voilà
Non. C’est juste une parfaite illustration de ceci :
dans la logique du suivi, « être autonome » c’est réussir seul à faire ce qu’il faut pour s’adapter au contraintes, obéir
dans les camps d’extermination il était juste question d’obéissance et de mort, pas d’"être autonome". les chômeurs ont pu ressortir de chez Policemploi, c’était pas sous forme de fumée.
Chapoutot s’était risqué à la même analogie il y a quelques années mais ca passait mieux sans réduir le propos à la seul image du portail d’Auschwitz
►https://www.youtube.com/watch?v=CjmH2fCVUyM
Trois historiens ont réagi .▻https://frblogs.timesofisrael.com/trois-historiens-reagissent-a-larticle-de-johann-chapoutot-le
Nous sommes trois historiens, Tal Bruttmann, Frédéric Sallée et Christophe Tarricone, spécialistes du nazisme et de la Shoah. La tribune est une réaction à l’entrevue accordée le 11 décembre 2017 par un historien du nazisme, Johann Chapoutot, à un média en ligne de la France Insoumise, Le vent se lève.
Merci @mfmb j’avais raté ca à l’époque. J’ai pas les connaissances pour tranché et l’émission que j’ai mise n’est pas celle dont ces 3 historiens discutent. Chapoutot met plutot en parallèle la philosophie du managment avec la manière des nazis de voire les ressources humaines et s’oppose à la philosophie des lumières. C’est vrai que Chapoutot surf sur le point godwin mais est-ce que toute comparaison avec le nazisme doit etre interdite ? Si on a pas le droit de reflechir sur cette periode ni de la nommé ni de la comparer à rien, est-ce qu’on se fabrique pas une autoroute pour que ca recommance et sans qu’on puisse le dire vu que c’est un crime de mauvaise pensée à la orwell de le faire ? Les nazis ont commencé par affamé les personnes internées en psychiatrie, si ca se reproduit en macronny est-ce qu’on peu dire que ca ressemble à du nazisme ou bien c’est antisémite/nazitophile d’y pensé ?
@mad_meg Merci. J’ai pas non plus toutes les billes mais je fais confiance à Bruttmann en tant que spécialiste de la Shoah et j’ai trouvé important d’apporter cette info . On peut et doit réfléchir sur cette période qu’est le nazisme. Ce que fait la macronny c’est de la macronny ! C’est dangereux, nocif, capitaliste, anti pauvre, violent, policier , sexiste, fasciste mais pas nazi. Ca ressemble à nombre tyrans cyniques...C’est pas du Poutine ou du Hitler . C’est du Macron et c’est violent c’est de l’Extrême Droite . Le nazisme c’est pas un étalon de mesure. On affame déjà en France il n’y a qu’à voir les chiffres de la pauvreté...Comparer au nazisme ça empêche de penser. C’est pas antisémite/nazitophile de comparer, ça embrouille.
@colporteur : j’avais pensé qu’illustrer la conclusion que tu donnais suite au « tweet » (on dit toujours comme ça ?) cité dans ton post, c’était certes un peu « impertinent » mais à peine exagéré. Non, parce que dire à des chômeurs : « Vous avez 12 mois pour trouver un emploi, sinon c’est dehors », si ce n’est pas exercer un droit de vie et de mort sur des individus qu’elle a l’air au demeurant de tenir en un profond mépris, c’est quoi d’autre ? Parce que « s’adapter à la contrainte, obéir », ce ne serait pas la seule issue proposée à toutes ces personnes si elles veulent envisager pour elles-mêmes une toute petite chance de ... survivre ?
En outre, la dame en question m’a l’air d’appartenir à une certaine aristocratie managériale que n’auraient pas reniée les Waffen-SS de l’époque.
A propos de la loi de Godwin :
En réalité, la loi de Godwin est une conjecture — non mathématique — relevant de la sociologie. Dans cette perspective, la popularité de la loi de Godwin peut être considérée comme « un révélateur parmi d’autres de la fragilité de notre société, de son incapacité à se doter de référents universels clairs, et de notre propension à refouler une tendance humaine lourde et enfouie à aimer malgré nous la force, la consistance et le pouvoir dont les régimes totalitaires axés sur la volonté de puissance constituent les effrayants paroxysmes. »
►https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin
Désolé @colporteur et @mfmb si je vous ai choqué·es. Ce n’était pas une attaque « ad Hitlerum » dirigée contre vous. Mais c’est vrai que le contexte actuel est terriblement clivant.
on ne dit plus « le travail rend libre », surtout en allemand, mais on peut dire, en français, « Le travail, c’est la liberté » (Sarkozy, 2007 ►https://www.cip-idf.org/spip.php?article4193 ) après avoir revendiqué « préférer une société de travail à une société d’assistance » (Jospin,1998 ▻https://www.cip-idf.org/spip.php?article5633). je crois pas que Jospin soit plus nazi que Saint-Paul (« qui ne travaille pas ne mange pas », mot d’ordre repris par Staline), et pas non plus que Macron soit nazi (bien que Sarkozy le conseille). il semble que l’idéologie du travail ait plusieurs visages et s’accompagne de modalités diverses qu’il est nécessaire de distinguer plutôt que de les amalgamer.
Cet impératif d’autonomie individuelle que le travail et l’emploi viennent démontrer ne promet pas l’éradication du mal mais l’accès au bien. L’impératif se formule ainsi depuis la moitié des années 70, on a mis en oeuvre des "politiques d’insertion". C’est tout autre chose que l’animalisation et l’extermination du juif (ou du tzigane). C’est une gestion politique des précaires qui oscille entre incitation et contrainte. Depuis la défaite des mouvements de chômeurs et précaires en 1998, stigmatisation et coupes budgétaires (revenus en baisse, au chômage comme au RSA et à la retraite) et, puisque la honte -aussi intériorisée puisse-t-elle être- et l’opprobre - aussi répandue soit-elle- ne sauraient suffire, discipline renforcée.
Sans point d’arrêt ça ne peut que s’aggraver.
@sombre, rien de si grave, tkt. comme dit, ça me semble préférable de distinguer. tout ça reste inexplicable (comment tombe-t-on si bas ?) c’est effectivement à des phénomènes troublants que l’on a affaire. cette manière de surjouer le rôle de chiourme attendu (chez les contrôleurs, les agents pôle, tant d’autre), fait s’inquiéter sur notre espèce (et oui, les nazis étaient pas autre chose que des humains). pour Pôle on peut sans souci parler de management toxique ! oui, la jouissance du pouvoir (même au plus bas niveau) est une énorme souci. fragilité de la société, je crois pas. fragilités des contre pouvoirs effectifs, tacites (effondrement éthique) ou affirmés (effondrement politique). mais j’en sais rien. ça reste incompréhensible pour moi. raison de plus de trouver forte cette société, disons autoritaire : ce qui la constitue reste en bonne partie opaque.
les SS l’auraient bien sur « renié », elle s’est même pas enquis des juifs dans ce groupe, on sait pas si elle peut dessouder quelqu’un de sang froid, ou mieux une série de gens, séparer des enfants de leurs parents à la main, que dalle !
la question se poserait plutôt depuis le présent, jusqu’où irait cette dame pour kiffer d’incarner un pouvoir ?
par ailleurs, que les chômeurs soient souvent dans la survie n’est pas une nouvelle. et la survie n’est pas l’extermination. au pire, on se suicide (ce qui n’est pas la même chose que d’être tué en nombre, industriellement et sciemment), on dort dehors, on va en prison, on prend un taf pourri et mal payé, et mille autre choses pas toujours ragoûtantes.
[toujours prêts ?] à propos de survie, et du degré d’abjection auquel elle peut conduire, non pas cette fois parmi les bourreaux mais chez les enfermés, Hilsenrath raconte de l’intérieur un ghetto ukrainien entre 1941 et 1945 dans Nuit.
mettons de côté les torts et dégâts matériels et physiques, c’est davantage d’une mort symbolique du (supposé) « non-travailleur » qu’il est question. tomber au chômage, ça arrive, mais faut vectoriser ça vers la norme sociale. empresse toi de déjouer ton devenir déchet (là ça consonne sévère avec le fascisme)
toute l’exigence théâtrale imposée au chômeur (le rôle de candidat, de demandeur d’emploi, de chercheur de dignité, d’aspirant à la réalisation de soi dans le canon capitaliste) vient de là. vénère nos fétiches ou cette fois tu tomberas pour de bon hors de la société.
Merci pour vos explications et développement. @mfmb J’avais pas l’impression que Chapoutot empêchait de pensé.
@mad_meg @mfmb sur ce point Jacques Ellul disait des choses proches longtemps avant, dès le mois suivant la signature de fin du Reich : les nazis ne sont pas une exception mais un des aboutissements possibles de la logique industrielle, ils ont utilisé et mis en œuvre la plupart des techniques du management industriel, et surtout : après leur défaite, tout ça a continué d’être utilisé et diffusé en masse dans tous les autres pays, ce qui est une victoire du mode de gestion nazi.
▻http://1libertaire.free.fr/EllulContreHitler.html
@mad_meg oui Chapoutot n’empêche pas de penser. C’est de ramener tout et rien au nazisme qui m’empêche de penser ! C’est un raccourci comme un mot magique repoussoir. ( pour moi).
tout ça reste inexplicable (comment tombe-t-on si bas ?) c’est effectivement à des phénomènes troublants que l’on a affaire. cette manière de surjouer le rôle de chiourme attendu (chez les contrôleurs, les agents pôle, tant d’autre), fait s’inquiéter sur notre espèce (et oui, les nazis étaient pas autre chose que des humains).
Alors justement, on peut se référer à Hannah Arendt qui, à l’issue du procès de Adolf Eichmann à Jérusalem avait élaboré la thèse de la « banalité du mal », non pas qu’elle pensât que le « Mal » était, après les atrocités commises par les nazis, devenu banal mais plutôt que ceux qui l’avaient perpétré avait une personnalité effroyablement banale. Voici le passage que j’ai retenu de cette lecture :
C’est donc dans le rapport consacré au procès Eichmann qu’Arendt a utilisé pour la première fois cette expression afin de désigner le « manque de profondeur évident » qui caractérisait le coupable, en sorte que le mal absolu, extrême, indéniable qui organisait ses actes ne pouvait être imputé ni à des convictions idéologiques fortes ni à des motivations spécifiquement malignes : « Les actes étaient monstrueux mais le responsable – tout au moins le responsable hautement efficace qu’on jugeait alors – était tout à fait ordinaire, comme tout le monde, ni démoniaque, ni monstrueux. » La seule caractéristique notable qu’on pouvait déceler dans sa conduite (passée et au cours du procès) était entièrement négative : ce n’était pas exactement de la stupidité mais un manque de pensée. L’homme était médiocre, dépourvu de motivations, caractérisé par l’absence de pensée et l’usage constant d’un langage stéréotypé, de clichés standardisés, destinés à le préserver des atteintes de la réalité. Son incapacité à penser était avant tout une incapacité à penser du point de vue d’autrui. « Il était impossible de communiquer avec lui, non parce qu’il mentait mais parce qu’il s’entourait du plus efficace mécanisme de défense contre les mots et la présence des autres et, partant, contre la réalité en tant que telle. »
On peut, à ce propos, faire deux remarques.
1 / Il est clair que ce qui intéresse Hannah Arendt dans le cas Eichmann ce n’est pas la description psychosociologique d’un individu déterminé mais la mise en évidence de l’exemplarité d’un prototype : prototype issu d’un système, d’une organisation sociale et politique (le système totalitaire) dont elle avait analysé l’émergence et le déploiement dans les Origines du totalitarisme et plus particulièrement dans le Système totalitaire. Dans ce dernier ouvrage (mais déjà dans certains textes de l’immédiat après-guerre), Arendt tenait la « normalité » – d’abord sociologique – des complices, des exécutants et des chefs pour constitutive de la logique de mobilisation totale puis du meurtre de masse. L’amplification du système et l’organisation de la machine administrative n’ont pas été mises en œuvre par quelques dizaines de milliers de criminels monstrueux ou sadiques mais par des agents qui, a priori, moralement et socialement ne différaient en rien du reste de la population. Comme le remarque de son côté Raoul Hilberg, des « individus parfaitement ordinaires allaient accomplir un travail qui, lui, ne l’était pas ». Les analyses d’Arendt et celles de Hilberg convergent sur ce point : toutes les opérations nécessaires s’accomplissaient avec le personnel qu’on avait sous la main. « De quelque manière, remarque Hilberg, qu’on veuille tracer les limites de la participation active, la machine de destruction constituait un remarquable échantillon de la population allemande. Toutes les professions, toutes les spécialisations, tous les statuts sociaux y étaient représentés. »
Cette normalité sociologique et statistique renvoie en premier lieu à des échantillons représentatifs de la population globale. Et c’est à ce titre qu’Eichmann pouvait être qualifié de « banal ». Il était le prototype exemplaire d’une société qui, dans son ensemble, avait été « protégée » par les mêmes voies des atteintes de la réalité : par le mensonge généralisé, par la constitution d’un monde fictif échappant au contrôle des expériences individuelles, par la perte du jugement, c’est-à-dire de la capacité à juger.
Mais Eichmann était « banal » en un autre sens : dans la mesure où aucun fond, aucun sol, aucun enracinement ne se découvrait à travers son comportement mais plutôt, comme le souligne encore Hannah Arendt, un abîme de niaiserie, d’automatismes conditionnés, de justifications fictives et de bavardage. Il était « banal » parce qu’il n’était pas monstrueux au sens où se seraient affirmés en lui une détermination diabolique, une cruauté essentielle, une volonté ou un parti de faire le mal pour le mal : ce qui aurait témoigné d’une sorte d’altérité radicale échappant pour ainsi dire à l’humanité commune. Comme le remarquait un psychiatre au moment du procès de Jérusalem : Eichmann est « plus normal que je ne le suis moi-même ».
2 / Sur les intentions et la position d’Arendt elle-même, il ne peut donc y avoir aucune méprise : en renvoyant le (ou les) auteur(s) du mal – cette nouvelle espèce de criminels « ennemis du genre humain » – à la commune humanité, Arendt n’a nullement banalisé ou minimisé le mal. C’est exactement l’inverse : qu’à l’incommensurable monstruosité du mal extrême réponde l’apparente normalité sociologique ou clinique des criminels est de fait l’un des problèmes les plus difficiles qu’il nous soit donné d’affronter aujourd’hui. Voilà donc en quoi réside très précisément ce qu’elle appelle, dans Eichmann à Jérusalem, « la terrible, l’indicible, l’impensable banalité du mal ». Ce qui signifie, en d’autres termes, la présence de l’inhumain au cœur de l’humain : une condition humaine inhumaine. Mais une fois récusée cette idée – très rassurante, il faut bien l’avouer – que les criminels portent en eux une malfaisance innée ou une disposition diabolique dont nous serions a priori exceptés, il faut se garder de basculer dans la tentation inverse en prenant acte qu’un petit Eichmann potentiel dort en chacun de nous. Prétendre que chacun de nous, parce qu’il est un homme, recèle en lui un Eichmann potentiel, c’est s’interdire d’appréhender ce nouveau visage du mal, c’est le diluer dans une sorte de culpabilité universelle qui dissout toute responsabilité : nous sommes tous coupables, personne n’est responsable.
C’est bien à mon sens cette dernière tentation qu’induit le récent roman de Jonathan Littell, Les bienveillantes, et c’est peut-être l’une des raisons de la « fascination » qu’il a pu exercer, comme l’atteste son succès en librairie. Il est hors de propos dans ce cadre de revenir sur l’ouvrage dans sa globalité et de s’interroger sur les raisons de l’engouement qu’il a provoqué, mais on ne peut qu’être extrêmement frappé (je me contenterai de citer ce passage) par l’adresse au lecteur qui ouvre le premier chapitre : « Frères humains, laissez-moi vous raconter comment ça s’est passé. On n’est pas votre frère, rétorquerez-vous, et on ne veut pas le savoir. » Ainsi parle le narrateur, le bourreau SS qui, à la fin du chapitre, poursuit en ces termes : « Je vis, je fais ce qui est possible, il en est ainsi de tout le monde, je suis un homme comme les autres, je suis un homme comme vous. Allons, puisque je vous dis que je suis comme vous ! »
En un sens, cette phrase récapitule les ambiguïtés, les confusions, les mésinterprétations qui ont accompagné l’émergence de la notion de « banalité du mal » et qui touchent essentiellement à la question cruciale de l’identification.
En effet, face au mal extrême commis par des hommes ordinaires, nous nous trouvons dans une situation paradoxale : nous ne pouvons pas a priori nous excepter de cette humanité commune à laquelle, comme eux, nous appartenons. Mais nous ne pouvons pas non plus nous identifier à leur « normalité » au sens où elle fait corps avec la monstruosité des crimes commis. Comme le disait Primo Levi, nous ne pouvons ni ne devons les « comprendre » au sens où comprendre, c’est « se mettre à la place de », c’est mettre en soi celui qui est responsable, c’est s’identifier à lui. En récusant l’idée d’une compréhension qui serait « identification » – c’est-à-dire reconnaissance du semblable par le semblable – Primo Levi rejoint la remarque d’Hannah Arendt dans Le système totalitaire, à propos de cette nouvelle sorte de criminels qui se trouve « au-delà des limites où la solidarité humaine peut s’exercer dans le crime ». Aussi sommes-nous confrontés – par le biais de la « terrible », de l’ « impensable » banalité du mal à une crise de l’identification au semblable.
L’ouvrage auquel cet article fait référence :
Eichmann à Jérusalem, Rapport sur la banalité du mal
Et aussi, cette référence en lien avec le post de @rastapopoulos :
Arendt dégage les caractéristiques propres du totalitarisme. Pour Arendt, le totalitarisme est avant tout un mouvement, une dynamique de destruction de la réalité et des structures sociales, plus qu’un régime fixe. Un mouvement totalitaire est « international dans son organisation, universel dans sa visée idéologique, planétaire dans ses aspirations politiques ». Le régime totalitaire, selon Arendt, trouverait sa fin s’il se bornait à un territoire précis, ou adoptait une hiérarchie, comme dans un régime autoritaire classique : il recherche la domination totale, sans limites.
▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Origines_du_totalitarisme
Sauf que spécifiquement sur Eichmann et la thèse d’Arendt sur lui ensuite : ▻https://seenthis.net/messages/966465
Le propos d’Arendt n’a pas pour but d’excuser Eichmann dans le sens où celui-ci n’aurait été qu’un simple rouage de la solution finale.
la passion de bien faire n’a pas à se soucier de faire le bien. mais elle peut aussi s’y attacher (le bien étant, par exemple, de peupler les prestations du Pôle emploi, de faire que ça tourne, ou d’éliminer les juifs, objectifs rigoureusement incommensurables). le contrôleur qui me dit « c’est la règle » alors que l’amende qu’il m’inflige est manifestement ubuesque aime à se faire objet et à me chosifier (une guichetière m’a vendu sans que je m’aperçoive de l’erreur - malintentionnée ?- un a/r daté du même jour pour un trajet de 2heures et demi qui ne m’aurait laissé qu’une heure sur le lieu de ma destination, ce qui lui permet de me sanctionner deux jours après cette dépense lors de mon retour). Eichmann avait la niaque pour faire l’imbécile, les variantes de ce que Jean Oury a désigné comme #normopathie n’interdisent pas la jouissance. éviter la psychologisation n’a pas à se payer de l’évitement de déterminations libidinales et pulsionnelles. on bute là sur l’opaque de l’époque.
Internationalisme et anti-impérialisme aujourd’hui
▻http://www.palim-psao.fr/2023/10/internationalisme-et-anti-imperialisme-aujourd-hui-par-moishe-postone-ine
[...] je propose de comprendre la propagation de l’antisémitisme et des formes antisémites apparentées de l’islamisme, à l’image de celles présentes chez les Frères musulmans égyptiens et leur branche palestinienne, le Hamas, comme la diffusion d’une idéologie anticapitaliste fétichisée, qui prétend donner un sens à un monde perçu comme menaçant. Même si cette idéologie a été attisée et aggravée par Israël ou la politique israélienne, sa caisse de résonance réside dans le déclin relatif du monde arabe sur fond d’une transition structurelle profonde du fordisme au capitalisme mondial néolibéral. Le résultat est un mouvement populiste anti-hégémonique profondément réactionnaire et dangereux, notamment pour tout espoir de politique progressiste au Moyen-Orient. Cependant, au lieu d’analyser cette forme de résistance réactionnaire dans le but de soutenir des formes de résistance plus progressistes, la gauche occidentale l’a soit ignorée, soit rationalisée comme une réaction regrettable mais compréhensible à la politique israélienne et aux États-Unis. Cette manifestation d’un refus de voir s’apparente à la tendance à concevoir l’abstrait (la domination du capital) dans les termes du concret (l’hégémonie américaine). J’affirme que cette tendance constitue l’expression d’une impuissance profonde et fondamentale, tant conceptuelle que politique.
L’une des ironies de la situation actuelle est qu’en adoptant une position anti-impérialiste fétichisée, l’opposition aux États-Unis ne s’adossant plus à un soutien à un changement progressiste, les libéraux et les progressistes ont permis à la droite néoconservatrice américaine de s’approprier, voire de monopoliser, ce qui a traditionnellement été le langage de la gauche : le langage de la démocratie et de la libération.
[…]
Alors que pour la génération précédente, s’opposer à la politique américaine impliquait encore de soutenir explicitement des luttes de libération considérées comme progressistes, aujourd’hui, s’opposer à la politique américaine est en soi considéré comme anti-hégémonique. Il s’agit là paradoxalement d’un héritage malheureux de la Guerre froide et de la vision dualiste du monde qui l’accompagne. La catégorie spatiale du « camp » a remplacé les catégories temporelles des possibilités historiques et de l’émancipation en tant que négation historique déterminée du capitalisme. Cela n’a pas seulement conduit à un rejet de l’idée du socialisme comme dépassement historique du capitalisme, mais aussi à un déséquilibrage de la compréhension des évolutions internationales.
[…]
La Guerre froide semble avoir effacé de la mémoire le fait que l’opposition à une puissance impériale n’était pas nécessairement progressiste et qu’il existait aussi des anti-impérialismes fascistes. Cette distinction s’est estompée pendant la Guerre froide, notamment parce que l’Union soviétique a conclu des alliances avec des régimes autoritaires, en particulier au Moyen-Orient, comme les régimes du Baas en Syrie et en Irak, qui n’avaient pas grand-chose en commun avec les mouvements socialistes et communistes. Au contraire, l’un de leurs objectifs était de liquider la gauche dans leurs propres pays. Par la suite, l’anti-américanisme est devenu un code progressiste en soi, bien qu’il y ait toujours eu des formes profondément réactionnaires d’anti-américanisme à côté des formes progressistes.
Il est significatif qu’une telle attaque n’ait pas été menée il y a deux ou trois décennies par des groupes qui avaient toutes les raisons d’être en colère contre les États-Unis, comme les communistes vietnamiens ou la gauche chilienne. Il est important de comprendre l’absence d’une telle attaque, non pas comme un hasard, mais comme l’expression d’un principe politique. Pour ces groupes, une attaque visant en premier lieu des civils demeurait hors de leur horizon politique.
[…]
Il existe une différence fondamentale entre les mouvements qui ne choisissent pas comme cible une population civile au hasard (comme le Viêt-Minh, le Viêt-Cong et l’ANC) et ceux qui le font (comme l’IRA, Al-Qaïda ou le Hamas). Cette différence n’est pas simplement tactique, elle est hautement politique, car la forme de la violence et la forme de la politique sont en relation l’une avec l’autre. Cela signifie que la nature de la société et de la politique futures sera différente selon que les mouvements sociaux militants feront ou non une distinction entre les objectifs civils et militaires dans leur pratique politique. S’ils ne le font pas, ils ont tendance à mettre l’accent sur l’identité. Cela les rend radicalement nationalistes dans le sens le plus large du terme, car ils travaillent avec une distinction ami/ennemi qui essentialise une population civile en tant qu’ennemie et rend ainsi impossible la possibilité d’une coexistence future. C’est pourquoi les programmes de ces mouvements ne proposent guère d’analyses socio-économiques visant à transformer les structures sociales (à ne pas confondre avec les institutions sociales que ces mouvements mettent en partie à disposition). Dans ces cas, la dialectique de la guerre et de la révolution du xxe siècle se transforme en une subordination de la « révolution » à la guerre. Ce qui m’intéresse ici, cependant, a moins à voir avec de tels mouvements qu’avec les mouvements d’opposition actuels dans les métropoles et leurs difficultés évidentes à faire la distinction entre ces deux formes différentes de « résistance ».
Joseph Andras disait cela aussi dans ces dernières interviews ou textes
Ouais... L’appropriation du champ sémantique de la liberté par l’Empire est un peu plus vieux que ça non ? Face à l’Union soviétique ou pendant la seconde guerre mondiale, la notion de « monde libre » est utilisée par les USA. ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Monde_libre
Entretien avec douze vétéran·es : « L’UTCL, un ouvriérisme à visage humain ! »
►https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Entretien-avec-douze-veteran-es-L-UTCL-un-ouvrierisme-a-
Entretien avec douze vétéran·es : « L’UTCL, un ouvriérisme à visage humain ! »
26 septembre 2023 par Redac-web-01 / 83 vues
Les locaux d’AL à Paris 19e, une après-midi devant soi, un buffet campagnard, et le plaisir de retrouver quelques camarades qu’on n’a parfois plus vu depuis plusieurs années… Le 18 septembre 2005, douze anciennes et anciens prenaient part à un entretien croisé sur l’histoire de l’Union des travailleurs communistes libertaires. Dans une ambiance décontractée, sans esquiver les questions dérangeantes, les participants ont offert une image nuancée de ce qu’avait été leur organisation.
Une explication de l’histoire quelque peu auto-centrée mais le travers est inévitable dans ce genre d’évocation. Pour autant, il n’y a aucune raison d’ignorer le rôle des « minorités agissantes » - avec tout ce que ce terme peut receler d’ambiguïté et de dérives - dans le déroulement des luttes sociales. Un des écueils du militantisme étant, qu’au nom de l’action, l’objectif de « l’auto-organisation dans la lutte », parte dans les limbes, happé par la routine quotidienne militante - notamment syndicaliste - dont le rythme fondamental est imposé par les institutions capitalistes. L’organisation spécifique serait alors précisément le moyen d’échapper à ce travers ? Peut-être. On appréciera d’autant plus l’humilité et la sincérité des militant.es de l’UTCL quand iels évoquent nombre d’erreurs et de dévoiements contre lesquels l’orga n’a été d’aucun recours.
De mon point de vue, ce long témoignage mérite surtout d’être lu pour les problématiques - dont un certaines sont toujours d’actualité - ayant traversé le mouvement social et sa composante, dite révolutionnaire, et, en particulier, libertaire, depuis une cinquantaine d’année.
pour « déborder à #gauche », encore faut-il qu’il y ait quelque chose à déborder ! Les années 1980 sont profondément marquées par le suicide des catégories idéologiques historiques de la gauche. Suicide voluptueux pour la social-démocratie – ou naufrage pour le PCF. D’où l’émergence lente, et qui s’accélère après 1986, de structures nouvelles (coordinations, associations de lutte, puis syndicats #SUD, etc.) directement en prise avec la direction des luttes, et non plus à travers une contestation interne aux #appareils_syndicaux traditionnels.
À ce moment-là, le terrain semble donc se dégager pour les #révolutionnaires. Et paradoxalement, ça nous déstabilise un peu. C’est en quelque sorte le problème du « modèle-obstacle » qui disparaît. Par la force des choses, tu le critiques, tu t’y opposes : tu te positionnes par rapport à lui. Et quand il disparaît, ça te déstabilise.
#militantisme #activisme #luttes #luttes_syndicales #grèves #grève_de1986 #coordinations #organisation #stratégie_d'entreprise #minorité #gauchisme #buffet_campagnard #années_70 #trotskysme_libertaire #UTCL #alternative_libertaire #bilan_politique #extrême_gauche #syndicat #syndicalisme #ballon_gonflable #reflux_des_luttes #délégation_de_pouvoir #idéologie_dominante #ouvrièrisme (à la française...) #autonomie_ouvrière