• On a volé les toilettes en or de Maurizio Cattelan en Angleterre 15 Septembre 2019 - RTS

    Les toilettes en or massif de l’artiste italien Maurizio Cattelan ont été volées samedi au palais de Blenheim, occasionnant d’importants dégâts dans cet imposant château baroque du sud de l’Angleterre classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

    Un homme de 66 ans a été arrêté mais le précieux lieu d’aisance n’a pas été retrouvé « pour le moment », selon la police locale.

    Baptisée « America », l’oeuvre en or 18 carats comprend siège, cuvette et chasse d’eau opérationnels. Sa valeur est estimée à environ un million de livres (1,23 million de francs).

    C’était une pièce phare de l’exposition consacrée depuis jeudi à l’iconoclaste Maurizio Cattelan dans le palais du 18e siècle, dans l’Oxfordshire.

    D’ici à la clôture de l’exposition le 27 octobre, des milliers de visiteurs auraient pu se soulager dans ces toilettes après avoir réservé un créneau de trois minutes. Une oeuvre présentée comme égalitariste par l’artiste de 58 ans : « de l’art du 1% (comprenant les personnes les plus riches de la planète) pour les 99 autres pour cents ».

    Reliées à la plomberie
    Les voleurs "se sont introduits par effraction dans le palais durant la nuit et quitté les lieux vers 04H50 , a indiqué la police dans un communiqué.

    « Comme le WC était relié à la plomberie du bâtiment, cela a causé d’importants dommages et une inondation », a précisé l’inspectrice Jesse Milne.

    La police pense que les voleurs ont utilisé « au moins deux véhicules » pour commettre leur méfait. Disant n’avoir pas connaissance d’autres oeuvres qui auraient été volées, elle a indiqué lors d’une conférence de presse qu’elle allait analyser les images des caméras de surveillance.

    Proposées en prêt à Donald Trump
    Les toilettes « America » avaient été exposées pour la première fois au musée Guggenheim de New York, où elles avaient été utilisées par quelque 100’000 personnes entre septembre 2016 et l’été 2017. 

    Le WC avait fait parler de lui quand le président américain Donald Trump se l’était vu proposer en prêt par le musée new-yorkais, après que la conservatrice eut refusé de mettre à sa disposition un tableau du Vincent Van Gogh, comme l’avait demandé la Maison Blanche.

    Pas de surveillance particulière
    En août, le frère du duc et fondateur de la Blenheim Art Foundation, Edward Spencer-Churchill, avait dit ne pas prévoir de surveillance particulière pour ces toilettes.

    « Ce ne sera pas la chose la plus facile à dérober », avait-il estimé dans le quotidien The Times. « Tout d’abord, c’est relié à la plomberie. Ensuite, un voleur potentiel n’aura aucune idée de qui a utilisé les toilettes en dernier ou ce qu’il a mangé. Donc non, je ne prévois pas de la faire garder ».

    Le château doit rouvrir dimanche après avoir été fermé au public samedi.

    Source : https://www.rts.ch/info/culture/arts-visuels/10709464-on-a-vole-les-toilettes-en-or-de-maurizio-cattelan-en-angleterre.html

    #musée #économie #art_comtemporien #idéologie #art_contemporien #art_contemporain #toilettes #valeurs #or

  • New Zealand history will be compulsory in all schools by 2022

    Within the next three years, New Zealand history will be taught in all schools and kura, Prime Minister Jacinda Ardern announced this morning while unveiling a plaque commemorating the New Zealand Wars.

    The reset is expected to include:

    The arrival of Māori to #Aotearoa New Zealand
    First encounters and early colonial history of Aotearoa New Zealand
    Te Tiriti o Waitangi / Treaty of Waitangi and its history
    Colonisation of, and immigration to, Aotearoa New Zealand, including the New Zealand Wars.
    Evolving national identity of Aotearoa New Zealand in the late 19th and early 20th Centuries
    Aotearoa New Zealand’s role in the Pacific
    Aotearoa New Zealand in the late 20th century and evolution of a national identity with cultural plurality.

    https://www.rnz.co.nz/news/national/398599/new-zealand-history-will-be-compulsory-in-all-schools-by-2022
    #histoire #manuels_d'histoire #colonisation #peuples_autochtones #Maori #Nouvelle_Zélande #éducation #écoles #traité_de_Waitangi #identité #identité_nationale #pluralité_culturelle

  • AMI EUR> AAP SFRI - Structures de formation par la recherche dans les initiatives d’excellence

    L’ANR lancera bientôt un appel à projets (réservé aux IDEX et I-site) concernant des structures de formation par la recherche dans les initiatives d’excellence (SFRI).
    Une SFRI est un ensemble d’écoles universitaires de recherche (EUR) proposant une offre de formation aux niveaux master et doctorat.

    Pardon ? C’est quoi au juste ?
    Message reçu dans ma boîte mail professionnelle (10.09.2019)... mail reçu du président de l’#université Grenoble Alpes...

    Une #novlangue incompréhensible... et évidemment, la belle rhétorique de l’#excellence partout !
    #néolibéralisme #université_néolibérale #IDEX #SFRI #EUR #formation #mots #rhétorique #excellence #vocabulaire

  • #Apartheid scolaire à #New_York
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201909/08/01-5240378-apartheid-scolaire-a-new-york.php

    Lors d’une assemblée publique, une femme blanche de l’Upper West Side (UWS) s’insurge à voix haute contre un plan destiné à mettre fin à un véritable apartheid dans les 16 écoles intermédiaires publiques de son district. Celui-ci inclut une partie de Harlem, quartier beaucoup moins favorisé que l’UWS – et peuplé majoritairement de Noirs. Le plan prévoit d’offrir 25 % des places dans les écoles les plus sélectives (et blanches) du district à des élèves qui ont des résultats inférieurs à leur niveau d’études en anglais et en mathématiques dans les examens de l’État.

    [...]

    Le maire de New York et candidat démocrate à la présidence refuse pour le moment de prendre position sur ces recommandations. Il sait bien que toute remise en question du statu quo fera bondir de nombreux New-Yorkais, dont plusieurs se considèrent comme #progressistes.

    Sophie Mode, militante au sein d’un groupe d’élèves new-yorkais appelé Teens Take Charge, en a long à dire sur ces #progressistes.

    « [...] Cela démontre bien le nœud du problème, à savoir que les #idées progressistes sont différentes des #actions progressistes », a confié l’élève de 11e année à La Presse.

    #en_théorie #etats-unis

  • Schwächeanfälle bei Achter-Ruderern : « Das größte Drama »
    https://www.kn-online.de/Sport/Sportmix/Schwaecheanfaelle-bei-Achter-Ruderern-Das-groesste-Drama

    Ils sont allés bien au-delà de leurs limites. La victoire du huit allemand à la SH Netz Cup sur le canal de Kiel s’est soldée par deux rameurs complètement épuisés. Christopher Reinhardt de Deutschland-Achter et le Néerlandais Jacob van de Kerkhof ont dû recevoir des soins médicaux.

    Cette course sur 12,5 km a la réputation d’être la compétition la plus dure dans ce sport. Les concours des huits sont une sorte de formule 1 de l’aviron où il n’y a pas de limites de poids ou de technologie. À la fin du dix neuvième siècle déjà la droite nationaliste s’empare du huit et le transforme en exemple pour l’esprit d’équipe qu’il faut enseigner aux jeunes .

    C’est toujours un sport pratiqué par les jeunes hommes de bonne famille qui en profitent pour créer leur mythe individuel marqué par le dévouement et la discipline. L’accident a failli côuter la vie à un jeune allemand et à un membre de l’équipe des Pays-Bas. C’est un résultat typique quand abuse du sport pour créer des mythes qui justifient la domination des uns sur les autres.

    Es ging weit über das Limit hinaus. Beim Sieg des Deutschland-Achters beim SH Netz Cup auf dem Nord-Ostsee-Kanal sorgten zwei völlig entkräftete Ruderer für bange Minuten. Christopher Reinhardt vom Deutschland-Achter und der Niederländer Jacob van de Kerkhof mussten medizinisch versorgt werden.

    Rendsburg

    Der sportliche Erfolg des Deutschland-Achters wurde zur Nebensache. Mit sorgenvoller Miene verfolgte Trainer Uwe Bender nach dem Sieg seines Teams beim internationalen Rennen auf dem Nord-Ostsee-Kanal das hektische Geschehen. Noch auf dem Wasser mussten Crewmitglied Christopher Reinhardt (Dorsten) und der niederländische Ruderer Jacob van de Kerkhof medizinisch versorgt werden.

    Kaum an Land ging es für die dem Kollaps nahen Sportler auf direktem Weg in die Imland-Klinik Rendsburg. „Das war das größte Drama, das wir bei diesem Rennen jemals erlebt haben. Das macht mich sprachlos“, kommentierte der sichtlich mitgenommene Bender.

    Teams setzen Rennen fort

    Schon weit vor dem Ziel kämpfte Reinhardt mit Kreislaufproblemen, setzte zwischenzeitlich mit dem RTrotz der dramatischen Vorfälle setzten beide Teams das Rennen fort. Dass seine Crew im Ziel zwei Bootslängen vorn lag, konnte Bender nicht wirklich erfreuen. «Das Ergebnis war für mich völlig nebensächlich. Beide Boote sind weit über das Limit hinausgegangen. Es war schlimm, so hilflos im Ziel zu stehen und das mitansehen zu müssen», klagte der Coach.
    „Es besteht keine Gefahr“

    Erst Minuten später gab es Entwarnung. „Es besteht keine Gefahr. Beide sind stabil“, hieß es in einer Erklärung des Veranstalters, der seit Jahren mit dem Slogan „das härteste Ruderrennen der Welt“ für den Wettstreit der Achter am Ende der Ruder-Saison wirbt. Schon kurz nach der Siegerehrung telefonierte Christopher Reinhardt aus dem Krankenhaus mit Bender und stellte seine Rückkehr zur Mannschaft noch am Abend in Aussicht.

    Anders als seine Mitstreiter aus dem deutschen Boot, das noch vor einer Woche die WM ebenfalls vor den Niederländern gewonnen hatte, war Reinhardt bei der 19. Auflage zum ersten Mal auf der 12,7 Kilometer langen Strecke zwischen Breiholz und Rendsburg dabei. Die beiden anderen Konkurrenten aus Großbritannien und den USA belegten weit abgeschlagen die Ränge drei und vier.udern aus und lag phasenweise auf seinem Rollsitz. Das nutzten die Niederländer zu einem Führungswechsel, mussten aber wenig später ebenfalls dem hohen Tempo Tribut zollen.

    Trotz der dramatischen Vorfälle setzten beide Teams das Rennen fort. Dass seine Crew im Ziel zwei Bootslängen vorn lag, konnte Bender nicht wirklich erfreuen. «Das Ergebnis war für mich völlig nebensächlich. Beide Boote sind weit über das Limit hinausgegangen. Es war schlimm, so hilflos im Ziel zu stehen und das mitansehen zu müssen», klagte der Coach.
    „Es besteht keine Gefahr“

    Erst Minuten später gab es Entwarnung. „Es besteht keine Gefahr. Beide sind stabil“, hieß es in einer Erklärung des Veranstalters, der seit Jahren mit dem Slogan „das härteste Ruderrennen der Welt“ für den Wettstreit der Achter am Ende der Ruder-Saison wirbt. Schon kurz nach der Siegerehrung telefonierte Christopher Reinhardt aus dem Krankenhaus mit Bender und stellte seine Rückkehr zur Mannschaft noch am Abend in Aussicht.

    Anders als seine Mitstreiter aus dem deutschen Boot, das noch vor einer Woche die WM ebenfalls vor den Niederländern gewonnen hatte, war Reinhardt bei der 19. Auflage zum ersten Mal auf der 12,7 Kilometer langen Strecke zwischen Breiholz und Rendsburg dabei. Die beiden anderen Konkurrenten aus Großbritannien und den USA belegten weit abgeschlagen die Ränge drei und vier.

    Achter (Rudern) – Wikipedia
    https://de.wikipedia.org/wiki/Achter_(Rudern)

    Die Ruderer im olympischen, unbeschränkten Achter müssen kein Gewichtslimit einhalten. In der nicht-olympischen Leichtgewichts-Variante gilt das nicht: männliche Ruderer dürfen im Mannschaftsschnitt maximal 70,0 kg und gleichzeitig individuell maximal 72,5 kg wiegen, für Frauen liegen die Gewichtsgrenzen bei 57,0 kg im Schnitt und 59,0 kg individuell.[2]

    Material und Konstruktion des Bootes gleichen denen typischer Rennruderboote. Das Boot ist etwa 17,5 Meter lang,[3] etwa 55 cm an der Wasserlinie breit und wiegt nach Spezifikationen des Weltruderverbandes FISA mindestens 96 kg.[4] Im Gegensatz zu allen kleineren Ruderbooten müssen Achter seit den 1990er-Jahren für den Transport teilbar sein, wobei kein Teilstück länger als 11,90 m sein darf.[5] Der Transport eines ungeteilten Achters auf einem Bootstrailer ist in vielen europäischen Ländern nur mit Ausnahmegenehmigungen erlaubt, da die zulässige Gespannlänge überschritten wird. Auch der Transport zu Überseeregatten im Standardcontainer ist nur mit teilbaren Achtern möglich.

    Auf jeder Seite des Bootes werden vier Ausleger montiert. Traditionell rudert der Schlagmann auf der Backbordseite und die Sportler dahinter rudern alternierend auf den beiden Seiten. Mittlerweile werden die Ausleger nach den individuellen Fertigkeiten der Ruderer angeordnet (geriggert), das heißt, der Schlagmann kann auch auf der Steuerbordseite rudern. Gelegentlich wird heute auch eine italienische Riggerung (auch Zwilling) geriggert, hierbei rudern zwei direkt hintereinandersitzende Mannschaftsmitglieder auf der gleichen Seite. Im Achter führt jeder Ruderer einen Riemen mit beiden Händen, welcher durch eine Dolle am Ausleger befestigt ist. Am Bug des Achters befindet sich der Bugball, der bei einer leichten Kollision dafür verantwortlich ist, dass keine Personenschäden auftreten. Auch befindet sich dort der Startnummernhalter, in diesen wird bei einer Regatta die Startnummer hineingesteckt.[6]

    Der Steuermann sitzt im Achter immer ganz hinten im Boot, da eine liegende Platzierung vorn wie etwa im Vierer mit Steuermann oder Zweier mit Steuermann aus Sicherheitsgründen nicht mehr zulässig ist. Aufgrund der Länge des Achters wäre der vom vorn liegenden Steuermann ausgehende Vorteil durch eine bessere Gewichtsverteilung sowieso nur sehr gering. Der Steuermann im Achter muss ein Mindestgewicht von 55 kg (Männer) bzw. 50 kg (Frauen) aufweisen. Neben der Steuerung des Bootes über die nahe am Schwert verbauten Steuerflosse[6] obliegt ihm die taktische Koordination der Rudermannschaft. In modernen Achtern wird dazu ein Lautsprechersystem eingebaut, das auch als „Cox Box“ bezeichnet wird (von engl. „cox“ für „Steuermann“).

    Neben der hier beschriebenen Bootsklasse werden sehr selten auch Doppelachter im Training genutzt, also ein mit Skulls angetriebener Achter. Dazu kann die Bootsschale eines Riemenachters genutzt werden, die allerdings mit anderen Auslegern ausgerüstet werden muss. Im Rennrudersport hat der Doppelachter keine Relevanz. Daneben werden Achter auch als Gigruderboot vom C-Typ gebaut und für den Breitensport und die Ruderausbildung in Rudervereinen genutzt. Der Gigachter kann mit Skulls oder Riemen gerudern werden. Für das Wanderrudern sind Gigachter allerdings typischerweise zu groß und unflexibel, so dass hier kleinere Ruderboote (Vierer und Zweier) eingesetzt werden.

    #Allemagne #sport #aviron #luttre_des_classes #idéologie

  • #données biométriques : des risques de sécurité
    https://framablog.org/2019/09/08/donnees-biometriques-des-risques-de-securite

    Rien de ce qui constitue notre vie numérique n’est totalement dépourvu de #failles, pas une semaine ne se passe sans qu’un #piratage massif ne soit révélé. C’est par millions que nos données d’internautes sont exposées, y compris et peut-être surtout … Lire la suite­­

    #Droits_numériques #Internet_et_société #biométrie #biostar2 #fuite #Reconnaissance_faciale #Securite #suprema

  • #Tonje_Gjevjon : La Fierté gaie n’est plus une lutte contre la discrimination ; il n’est pas étonnant que des gens choisissent de ne pas hisser leur drapeau.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/09/04/la-fierte-gaie-nest-plus-une-lutte-contre-la-discrimination%e2%80

    Comme la Fierté gaie est célébrée partout dans le monde, on s’attend maintenant à ce que les politiciens et les organismes publics hissent le drapeau symbolisant cette Fierté tout le mois d’août. Tout refus de le faire donne généralement lieu à de sévères critiques et à des accusations d’homophobie. Trop souvent, on suppose et on en déduit que ceux et celles qui refusent de hisser ce symbole (et, en général, d’appuyer tout ce que représente ce mouvement) sont des opposants de la diversité et de l’inclusion.

    Lorsqu’un maire de Pennsylvanie a empêché le conseil municipal local de hisser ce drapeau en juillet, des groupes LGBT ont promis de protester et certains résidents ont menacé de porter plainte auprès de la commission des relations humaines de la ville.

    En Norvège, le Présidium du Parlement a refusé d’arborer le drapeau arc-en-ciel devant le bâtiment du Parlement pendant le mois de la Fierté gaie en juin, ce qui a amené Une Aina Bastholm, députée du Parti vert norvégien, à dire aux médias qu’elle avait dû « prendre une grande respiration ». Dans un article publié dans Dagbladet, un tabloïd national, Mari Holm Lønseth, une députée conservatrice, a soutenu que « tous les conseils doivent se montrer inclusifs et hisser le drapeau de la Fierté ». Après que Kjell Ingolf Ropstad, ministre de l’Enfance, de la Famille et des Affaires religieuses, ait déclaré qu’il n’assisterait pas au défilé de la Fierté gaie cette année, vu son désaccord avec la politique de la FRI (Organisation norvégienne pour la diversité sexuelle et de genre) sur « la polygamie, un troisième sexe, l’abolition de la loi contre l’achat de sexe, et la maternité par substitution », il a été accusé, avec d’autres députés du Parti chrétien-démocrate, de non-inclusivité. Le chef du parti travailliste norvégien, Jonas Gahr Støre, a déclaré :

    « Je pense que le ministre de l’Enfance, de la Famille et des Affaires religieuses devrait assister au défilé. Il n’a pas besoin d’être d’accord avec tous les slogans figurant sur les bannières, mais c’est le jour où les politiciens devraient dire aux gens que tout le monde devrait vivre en sécurité. »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2019/08/03/pride-is-no-longer-about-fighting-discrimination-its-no-wonder-peop
    #LGBTQ+ #Pride #identité_de_genre #fierté_lesbienne #droits

  • « L’#inégalité est #idéologique et #politique » : les extraits exclusifs du nouveau livre de Thomas Piketty
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/04/l-inegalite-est-ideologique-et-politique-les-extraits-exclusifs-du-nouveau-l

    « L’inégalité est idéologique et politique » : les extraits exclusifs du nouveau livre de Thomas Piketty
    L’économiste français publie, jeudi 12 septembre, « Capital et Idéologie » aux éditions du Seuil, un livre qui enquête sur la formation et la justification des inégalités. En exclusivité, « Le Monde » en publie les bonnes feuilles.

    Par Thomas Piketty Publié aujourd’hui à 14h00, mis à jour à 14h03

    Thomas #Piketty dans son bureau, à Paris, le 11 octobre 2016. ERIC PIERMONT / AFP
    Bonnes feuilles. [Après Le Capital au XXIe siècle, publié en 2013 et vendu à 2,5 millions d’exemplaires dans le monde, Thomas Piketty, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et professeur à l’Ecole d’économie de Paris, par ailleurs chroniqueur au Monde, publie, jeudi 12 septembre, Capital et Idéologie (Seuil), un livre d’enquête sur la formation et la justification des inégalités. En exclusivité, Le Monde publie des extraits de cet ouvrage de plus de 1 200 pages.]

    Prendre l’idéologie au sérieux
    L’inégalité n’est pas économique ou technologique : elle est idéologique et politique. Telle est sans doute la conclusion la plus évidente de l’enquête historique présentée dans ce livre. Autrement dit, le marché et la concurrence, le profit et le salaire, le capital et la dette, les travailleurs qualifiés et non qualifiés, les nationaux et les étrangers, les paradis fiscaux et la compétitivité, n’existent pas en tant que tels. Ce sont des constructions sociales et historiques qui dépendent entièrement du système légal, fiscal, éducatif et politique que l’on choisit de mettre en place et des catégories que l’on se donne. Ces choix renvoient avant tout aux représentations que chaque société se fait de la justice sociale et de l’économie juste, et des rapports de force politico-idéologiques entre les différents groupes et discours en présence. Le point important est que ces rapports de force ne sont pas seulement matériels : ils sont aussi et surtout intellectuels et idéologiques. Autrement dit, les idées et les idéologies comptent dans l’histoire. Elles permettent en permanence d’imaginer et de structurer des mondes nouveaux et des sociétés différentes. De multiples trajectoires sont toujours possibles.

    Les élites des différentes sociétés, à toutes les époques et sous toutes les latitudes, ont souvent tendance à « naturaliser » les inégalités

    Cette approche se distingue des nombreux discours conservateurs visant à expliquer qu’il existe des fondements « naturels » aux inégalités. De façon peu surprenante, les élites des différentes sociétés, à toutes les époques et sous toutes les latitudes, ont souvent tendance à « naturaliser » les inégalités, c’est-à-dire à tenter de leur donner des fondements naturels et objectifs, à expliquer que les disparités sociales en place sont (comme il se doit) dans l’intérêt des plus pauvres et de la société dans son ensemble, et qu’en tout état de cause leur structure présente est la seule envisageable, et ne saurait être substantiellement modifiée sans causer d’immenses malheurs.

    L’expérience historique démontre le contraire : les inégalités varient fortement dans le temps et dans l’espace, dans leur ampleur comme dans leur structure, et dans des conditions et avec une rapidité que les contemporains auraient souvent peiné à anticiper quelques décennies plus tôt. Il en a parfois résulté des malheurs. Mais dans leur ensemble, les diverses ruptures et processus révolutionnaires et politiques qui ont permis de réduire et de transformer les inégalités du passé ont été un immense succès, et sont à l’origine de nos institutions les plus précieuses, celles précisément qui ont permis que l’idée de progrès humain devienne une réalité (le suffrage universel, l’école gratuite et obligatoire, l’assurance-maladie universelle, l’impôt progressif). Il est très probable qu’il en aille de même à l’avenir. Les inégalités actuelles et les institutions présentes ne sont pas les seules possibles, quoique puissent en penser les conservateurs, et elles seront appelées elles aussi à se transformer et à se réinventer en permanence.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Capital et Idéologie », le nouveau livre de Thomas Piketty, ouvre l’éventail des possibles
    Mais cette approche centrée sur les idéologies, les institutions et la diversité des trajectoires possibles se différencie également de certaines doctrines parfois qualifiées de « marxistes », selon lesquelles l’état des forces économiques et des rapports de production déterminerait presque mécaniquement la « superstructure » idéologique d’une société. J’insiste au contraire sur le fait qu’il existe une véritable autonomie de la sphère des idées, c’est-à-dire de la sphère idéologico-politique. Pour un même état de développement de l’économie et des forces productives (dans la mesure où ces mots ont un sens, ce qui n’est pas certain), il existe toujours une multiplicité de régimes idéologiques, politiques et inégalitaires possibles.

    Par exemple, la théorie du passage mécanique du « féodalisme » au « capitalisme » à la suite de la révolution industrielle ne permet pas de rendre compte de la complexité et de la diversité des trajectoires historiques et politico-idéologiques observées dans les différents pays et régions du monde, en particulier entre régions colonisatrices et colonisées, comme d’ailleurs au sein de chaque ensemble, et surtout ne permet pas de tirer les leçons les plus utiles pour les étapes suivantes.

    En reprenant le fil de cette histoire, on constate qu’il a toujours existé et qu’il existera toujours des alternatives. A tous les niveaux de développement, il existe de multiples façons de structurer un système économique, social et politique, de définir les relations de propriété, d’organiser un régime fiscal ou éducatif, de traiter un problème de dette publique ou privée, de réguler les relations entre les différentes communautés humaines, et ainsi de suite. Il existe toujours plusieurs voies possibles permettant d’organiser une société et les rapports de pouvoir et de propriété en son sein, et ces différences ne portent pas que sur des détails, tant s’en faut. En particulier, il existe plusieurs façons d’organiser les rapports de propriété au XXIe siècle, et certaines peuvent constituer un dépassement du capitalisme bien plus réel que la voie consistant à promettre sa destruction sans se soucier de ce qui suivra.

    L’étude des différentes trajectoires historiques et des multiples bifurcations inachevées du passé est le meilleur antidote tout à la fois au conservatisme élitiste et à l’attentisme révolutionnaire du grand soir

    L’étude des différentes trajectoires historiques et des multiples bifurcations inachevées du passé est le meilleur antidote tout à la fois au conservatisme élitiste et à l’attentisme révolutionnaire du grand soir. Un tel attentisme dispense souvent de réfléchir au régime institutionnel et politique réellement émancipateur à appliquer au lendemain du grand soir, et conduit généralement à s’en remettre à un pouvoir étatique tout à la fois hypertrophié et indéfini, ce qui peut s’avérer tout aussi dangereux que la sacralisation propriétariste à laquelle on prétend s’opposer. Cette attitude a causé au XXe siècle des dégâts humains et politiques considérables, dont nous n’avons pas fini de payer le prix. Le fait que le postcommunisme (dans sa variante russe comme dans sa version chinoise, ainsi, dans une certaine mesure, que dans sa variante est-européenne, en dépit de tout ce qui différencie ces trois trajectoires) est devenu en ce début de XXIe siècle le meilleur allié de l’hyper-capitalisme est la conséquence directe des désastres communistes staliniens et maoïstes, et de l’abandon de toute ambition égalitaire et internationaliste qui en a découlé. Le désastre communiste a même réussi à faire passer au second plan les dégâts causés par les idéologies esclavagistes, colonialistes et racialistes, ainsi que les liens profonds qui les rattachent à l’idéologie propriétariste et hypercapitaliste, ce qui n’est pas un mince exploit.

    (…)

    Le progrès humain, le retour des inégalités, la diversité du monde
    Entrons maintenant dans le vif du sujet. Le progrès humain existe, mais il est fragile, et il peut à tout moment se fracasser sur les dérives inégalitaires et identitaires du monde. Le progrès humain existe : il suffit pour s’en convaincre d’observer l’évolution de la santé et de l’éducation dans le monde au cours des deux derniers siècles (...). L’espérance de vie à la naissance est passée d’environ 26 ans dans le monde en moyenne en 1820 à 72 ans en 2020. Au début du XIXe siècle, la mortalité infantile frappait autour de 20 % des nouveau-nés de la planète au cours de leur première année, contre moins de 1 % aujourd’hui. Si l’on se concentre sur les personnes atteignant l’âge de 1 an, l’espérance de vie à la naissance est passée d’environ 32 ans en 1820 à 73 ans en 2020.

    On pourrait multiplier les indicateurs : la probabilité pour un nouveau-né d’atteindre l’âge de 10 ans, celle pour un adulte d’atteindre l’âge de 60 ans, celle pour une personne âgée de passer cinq ou dix ans de retraite en bonne santé. Sur tous ces indicateurs, l’amélioration de long terme est impressionnante. On peut certes trouver des pays et des époques où l’espérance de vie décline, y compris en temps de paix, comme l’Union soviétique dans les années 1970 ou les Etats-Unis dans les années 2010, ce qui en général n’est pas bon signe pour les régimes concernés. Mais sur la longue durée la tendance à l’amélioration est incontestable, dans toutes les parties du monde, quelles que soient par ailleurs les limites des sources démographiques disponibles.

    Les réels progrès réalisés en termes de santé, d’éducation et de pouvoir d’achat masquent d’immenses inégalités et fragilités

    L’humanité vit aujourd’hui en meilleure santé qu’elle n’a jamais vécu ; elle a également davantage accès à l’éducation et à la culture qu’elle ne l’a jamais eu. L’Unesco n’existait pas au début du XIXe siècle pour définir l’alphabétisation comme elle le fait depuis 1958, c’est-à-dire la capacité d’une personne « à lire et écrire, en le comprenant, un énoncé simple et bref se rapportant à sa vie quotidienne ». Les informations recueillies dans de multiples enquêtes et recensements permettent toutefois d’estimer qu’à peine 10 % de la population mondiale âgée de plus de 15 ans était alphabétisée au début du XIXe siècle, contre plus de 85 % aujourd’hui. Là encore, des indicateurs plus fins, comme le nombre moyen d’années de scolarisation qui serait passé d’à peine une année il y a deux siècles à plus de huit années dans le monde aujourd’hui, et plus de douze années dans les pays les plus avancés, confirmeraient le diagnostic. A l’époque d’Austen et de Balzac, moins de 10 % de la population mondiale accédait à l’école primaire ; à celle d’Adichie et de Fuentes, plus de la moitié des jeunes générations des pays riches accèdent à l’université : ce qui était depuis toujours un privilège de classe devient ouvert à la majorité.

    Pour prendre conscience de l’ampleur des transformations en jeu, il convient également de rappeler que la population humaine tout comme le revenu moyen ont été multipliés par plus de 10 depuis le XVIIIe siècle. La première est passée d’environ 600 millions en 1700 à plus de 7 milliards en 2020, alors que le second, autant que l’on puisse le mesurer, est passé d’un pouvoir d’achat moyen (exprimé en euros de 2020) d’à peine 80 euros par mois et par habitant de la planète autour de 1700 à environ 1 000 euros par mois en 2020. Il n’est pas certain toutefois que ces progressions quantitatives considérables, dont il est utile de rappeler qu’elles correspondent toutes deux à des rythmes de croissance annuelle moyenne d’à peine 0,8 %, cumulés il est vrai sur plus de trois siècles (preuve s’il en est qu’il n’est peut-être pas indispensable de viser une croissance de 5 % par an pour atteindre le bonheur terrestre), représentent des « progrès » en un sens aussi incontestables que ceux réalisés en termes de santé et d’éducation.

    Dans les deux cas, l’interprétation de ces évolutions est ambiguë, et ouvre des débats complexes pour l’avenir. La croissance démographique reflète certes pour partie la chute de la mortalité infantile et le fait qu’un nombre croissant de parents a pu grandir avec des enfants en vie, ce qui n’est pas rien. Il reste qu’une telle hausse de la population, si elle se poursuivait au même rythme, nous conduirait à plus de 70 milliards d’humains dans trois siècles, ce qui ne semble ni souhaitable ni supportable par la planète. La croissance du revenu moyen reflète pour partie une amélioration bien réelle des conditions de vie (les trois quarts des habitants de la planète vivaient proches du seuil de subsistance au XVIIIe siècle, contre moins d’un cinquième aujourd’hui), ainsi que des possibilités nouvelles de voyages, de loisirs, de rencontres et d’émancipation.

    Il reste que les comptes nationaux mobilisés ici pour décrire l’évolution de long terme du revenu moyen, et qui depuis leur invention à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle au Royaume-Uni et en France tentent de mesurer le revenu national, le produit intérieur brut et parfois le capital national des pays, posent de multiples problèmes. Outre leur focalisation sur les moyennes et les agrégats et leur absence totale de prise en compte des inégalités, ils ne commencent que trop lentement à intégrer la question de la soutenabilité et du capital humain et naturel. Par ailleurs, leur capacité à résumer en un indicateur unique les transformations multidimensionnelles des conditions de vie et du pouvoir d’achat sur des périodes aussi longues ne doit pas être surestimée.

    S’il y a bien une leçon à retenir de l’histoire mondiale des trois derniers siècles, c’est que le progrès humain n’est pas linéaire

    De façon générale, les réels progrès réalisés en termes de santé, d’éducation et de pouvoir d’achat masquent d’immenses inégalités et fragilités. En 2018, le taux de mortalité infantile avant 1 an était inférieur à 0,1 % dans les pays européens, nord-américains et asiatiques les plus riches, mais ils atteignaient quasiment 10 % dans les pays africains les plus pauvres. Le revenu moyen mondial atteignait certes 1 000 euros par mois et par habitant, mais il était d’à peine 100-200 euros par mois dans les pays les plus pauvres, et dépassait les 3 000-4 000 euros par mois dans les pays les plus riches, voire davantage dans quelques micro-paradis fiscaux que d’aucuns soupçonnent (non sans raison) de voler le reste de la planète, quand il ne s’agit pas de pays dont la prospérité s’appuie sur les émissions carbone et le réchauffement à venir. Certains progrès ont bien eu lieu, mais cela ne change rien au fait qu’il est toujours possible de mieux faire, ou en tout état de cause de s’interroger sérieusement à ce sujet, plutôt que de se complaire dans un sentiment de béatitude face aux succès du monde.

    Surtout, ce progrès humain moyen incontestable, si l’on compare les conditions de vie en vigueur au XVIIIe siècle et au début du XXIe, ne doit pas faire oublier que cette évolution de très long terme s’est accompagnée de phases terribles de régression inégalitaire et civilisationnelle. Les « Lumières » euro-américaines et la révolution industrielle se sont appuyées sur des systèmes extrêmement violents de dominations propriétaristes, esclavagistes et coloniales, qui ont pris une ampleur historique sans précédent au cours des XVIIIe, XIXe et XXe siècles, avant que les puissances européennes sombrent elles-mêmes dans une phase d’autodestruction génocidaire entre 1914 et 1945. Ces mêmes puissances se sont ensuite vu imposer les décolonisations dans les années 1950-1960, au moment où les autorités étatsuniennes finissaient par étendre les droits civiques aux descendants d’esclaves.

    Les craintes d’apocalypse atomique liées au conflit communisme-capitalisme étaient à peine oubliées, après l’effondrement soviétique de 1989-1991, et l’apartheid sud-africain était à peine aboli en 1991-1994, que le monde entrait à partir des années 2000-2010 dans une nouvelle torpeur, celle du réchauffement climatique et d’une tendance générale au repli identitaire et xénophobe, tout cela dans un contexte de remontée inédite des inégalités socio-économiques à l’intérieur des pays depuis les années 1980-1990, dopée par une idéologie néopropriétariste particulièrement radicale. Prétendre que tous ces épisodes observés depuis le XVIIIe siècle jusqu’au XXIe siècle étaient nécessaires et indispensables pour que le progrès humain se réalise n’aurait guère de sens. D’autres trajectoires et régimes inégalitaires étaient possibles, d’autres trajectoires et d’autres régimes plus égalitaires et plus justes sont toujours possibles.

    S’il y a bien une leçon à retenir de l’histoire mondiale des trois derniers siècles, c’est que le progrès humain n’est pas linéaire, et que l’on aurait bien tort de faire l’hypothèse que tout ira toujours pour le mieux, et que la libre compétition des puissances étatiques et des acteurs économiques suffirait à nous conduire comme par miracle à l’harmonie sociale et universelle. Le progrès humain existe, mais il est un combat, et il doit avant tout s’appuyer sur une analyse raisonnée des évolutions historiques passées, avec ce qu’elles comportent de positif et de négatif.

    (…)

    De la justification de l’inégalité dans les sociétés de propriétaires
    Au fond, l’argument formulé par l’idéologie propriétariste, de façon implicite dans les déclarations de droits et les Constitutions, et de façon beaucoup plus explicite dans les débats politiques autour de la propriété qui eurent lieu au cours de la Révolution française et tout au long du XIXe siècle, peut se résumer de la façon suivante. Si l’on commence à remettre en cause les droits de propriété acquis dans le passé et leur inégalité, au nom d’une conception de la justice sociale certes respectable, mais qui inévitablement sera toujours imparfaitement définie et acceptée, et ne pourra jamais faire totalement consensus, ne risque-t-on pas de ne pas savoir où arrêter ce dangereux processus ? Ne risque-t-on pas d’aller tout droit vers l’instabilité politique et le chaos permanent, ce qui finira par se retourner contre les plus modestes ? La réponse propriétariste intransigeante est qu’il ne faut pas courir un tel risque, et que cette boîte de Pandore de la redistribution des propriétés ne doit jamais être ouverte.

    Ce type d’argumentation est présent en permanence lors de la Révolution française, et il explique nombre des ambiguïtés et des hésitations observées, en particulier entre les approches « historiques » et « linguistiques » des droits anciens et de leur retranscription en droits de propriétés nouveaux. Si l’on remet en cause les corvées et les lods, ne risque-t-on pas de remettre aussi en cause les loyers et l’ensemble des droits de propriété ? Nous retrouverons ces arguments dans les sociétés de propriétaires du XIXe siècle et du début du XXIe siècle, et nous verrons qu’ils jouent toujours un rôle fondamental dans le débat politique contemporain, en particulier avec le retour en force d’un discours néopropriétariste depuis la fin du XXe siècle.

    La sacralisation de la propriété privée est au fond une réponse naturelle à la peur du vide

    La sacralisation de la propriété privée est au fond une réponse naturelle à la peur du vide. A partir du moment où l’on abandonne le schéma trifonctionnel, qui proposait des solutions permettant d’équilibrer le pouvoir des guerriers et celui des clercs, et qui reposait dans une large mesure sur une transcendance religieuse (indispensable pour assurer la légitimité des clercs et de leurs sages conseils), il faut trouver des réponses nouvelles permettant de garantir la stabilité de la société. Le respect absolu des droits de propriété acquis dans le passé fournit une transcendance nouvelle permettant d’éviter le chaos généralisé et de remplir le vide laissé par la fin de l’idéologie trifonctionnelle. La sacralisation de la propriété est d’une certaine façon une réponse à la fin de la religion comme idéologie politique explicite.

    Sur la base de l’expérience historique, et de la construction d’un savoir rationnel fondé sur ces expériences, il me semble qu’il est possible de dépasser cette réponse certes naturelle et compréhensible, et en même temps quelque peu nihiliste et paresseuse, et peu optimiste sur la nature humaine. Je vais essayer dans ce livre de convaincre le lecteur que l’on peut s’appuyer sur les leçons de l’histoire pour définir une norme de justice et d’égalité plus exigeante en matière de régulation et de répartition de la propriété que la simple sacralisation des droits issus du passé, une norme qui certes ne peut qu’être évolutive et ouverte à la délibération permanente, mais qui n’en est pas moins plus satisfaisante que l’option commode consistant à prendre comme données les positions acquises et à naturaliser les inégalités ensuite produites par le « marché ». C’est d’ailleurs sur cette base pragmatique, empirique et historique que se sont développées les sociétés sociales-démocrates au XXe siècle (qui, malgré toutes leurs insuffisances, ont démontré que l’inégalité patrimoniale extrême du XIXe siècle n’était aucunement indispensable pour assurer la stabilité et la prospérité, bien au contraire), et que peuvent se construire des idéologies et des mouvements politiques novateurs en ce début de XXIe siècle.

    La grande faiblesse de l’idéologie propriétariste est que les droits de propriété issus du passé posent souvent de sérieux problèmes de légitimité. Nous venons de le voir avec la Révolution française, qui transforma sans coup férir des corvées en loyers, et nous retrouverons cette difficulté à de nombreuses reprises, en particulier avec la question de l’esclavage et de son abolition dans les colonies françaises et britanniques (où l’on décida qu’il était indispensable de dédommager les propriétaires, et non pas les esclaves), ou bien encore avec celle des privatisations postcommunistes et des pillages privés de ressources naturelles. Plus généralement, le problème est qu’indépendamment de la question des origines violentes ou illégitimes des appropriations initiales, des inégalités patrimoniales considérables, durables et largement arbitraires tendent à se reconstituer en permanence, dans les sociétés hypercapitalistes modernes comme d’ailleurs dans les sociétés anciennes.

    L’idéologie propriétariste dure doit être analysée pour ce qu’elle est : un discours sophistiqué et potentiellement convaincant sur certains points

    Il n’en reste pas moins que la construction d’une norme de justice acceptable par le plus grand nombre pose des problèmes considérables, et nous ne pourrons véritablement traiter de cette question complexe qu’à l’issue de notre enquête, après l’examen des différentes expériences historiques disponibles, et en particulier des expériences cruciales du XXe siècle en matière de progressivité fiscale, et plus généralement de redistribution des propriétés, qui ont apporté la démonstration historique matérielle que l’inégalité extrême n’avait rien d’indispensable, ainsi que des connaissances concrètes et opérationnelles sur les niveaux d’égalité et d’inégalité qui pouvaient être envisagés a minima. En tout état de cause, l’argument propriétariste fondé sur le besoin de stabilité institutionnelle doit être pris au sérieux et être évalué précisément, au moins autant que l’argument méritocratique insistant davantage sur le mérite individuel, argument qui joue un rôle sans doute moins central dans l’idéologie propriétariste du XIXe siècle que dans la reformulation néopropriétariste en vigueur depuis la fin du XXe siècle. Nous aurons largement l’occasion de revenir sur ces différents développements politico-idéologiques.

    De façon générale, l’idéologie propriétariste dure doit être analysée pour ce qu’elle est : un discours sophistiqué et potentiellement convaincant sur certains points (car la propriété privée, correctement redéfinie dans ses limites et dans ses droits, fait effectivement partie des dispositifs institutionnels permettant aux différentes aspirations et subjectivités individuelles de s’exprimer et d’interagir de façon constructive), et en même temps une idéologie inégalitaire qui, dans sa forme la plus extrême et la plus dure, vise simplement à justifier une forme particulière de domination sociale, souvent de façon excessive et caricaturale.

    De fait, il s’agit d’une idéologie bien pratique pour ceux qui se trouvent tout en haut de l’échelle, aussi bien en ce qui concerne l’inégalité entre individus que l’inégalité entre nations. Les individus les plus riches y trouvent des arguments pour justifier leur position vis-à-vis des plus pauvres, au nom de leur effort et de leur mérite, mais aussi au nom du besoin de stabilité dont bénéficiera la société tout entière. Les pays les plus riches peuvent également y trouver des raisons pour justifier leur domination sur les plus pauvres, au nom de la supériorité supposée de leurs règles et institutions. Le problème est que ces arguments et les éléments factuels présentés par les uns et les autres pour les étayer ne sont pas toujours très convaincants. Mais avant d’analyser ces développements et ces crises, il importe de commencer par étudier l’évolution des sociétés de propriétaires au XIXe siècle, en France et dans les autres pays européens, à l’issue de ce moment fondateur et ambigu que fut la Révolution française.

    Capital et idéologie, de Thomas Piketty (Seuil, 1 232 pages, 25 euros).

    et une vidéo (fr2)
    https://www.facebook.com/IZap4u/videos/1807866602590350

  • Boycottez AnyVision : société israélienne de surveillance par une reconnaissance visuelle « testée sur le terrain »
    Palestinian BDS National Committee (BNC), le 30 août 2019
    https://www.aurdip.org/boycottez-anyvision-societe.html

    AnyVision tire profit des violations, par Israël, des droits humains des Palestiniens et elle exporte sa technologie de surveillance répressive dans le monde entier.

    (...)

    Telefónica, société transnationale espagnole de télécommunications, et G4S, utilisent également la technologie d’AnyVision. La ville de #Nice, en #France, surveille les citoyens avec AnyVision et l’été dernier, l’entrée du stade de Londres était surveillée par AnyVision.

    Réaction à :
    https://seenthis.net/messages/687604
    https://seenthis.net/messages/745558
    https://seenthis.net/messages/761518
    https://seenthis.net/messages/792939
    https://seenthis.net/messages/793050
    https://seenthis.net/messages/793759
    https://seenthis.net/messages/796013
    https://seenthis.net/messages/798296
    https://seenthis.net/messages/798560

    #Anyvision #Anyvision_Interactive_Technologies #Microsoft #Qualcomm #Identité #Biométrie #Face-recognition #facial #vidéo-surveillance #sécuritaire #surveillance #Palestine #israel #Mossad #Armée #Cisjordanie #Occupation #BDS #Boycott

  • #DHS to store tens of thousands of refugee biometric records from #UNHCR

    The United Nations High Commission for Refugees (UNHCR) began sharing records including fingerprints, iris scans, and facial biometrics of refugees it is recommending for resettlement consideration in the U.S. with the country’s Citizenship and Immigration Service (#USCIS), Nextgov reports.

    The UNHCR sends tens of thousands of profiles to federal agencies each year, according to the report, and the #Department_of_Homeland_Services (DHS) is retaining the data for all of them, including those who do not actually come to the U.S. The biometric data will be stored in the #IDENT_system, and #HART once it goes live.

    “Biometric verification guards against substitution of individuals or identity fraud in the resettlement process,” the USCIS privacy impact assessment for the program states. “Many refugees live for long periods in asylum countries, and the use of biometrics ensures that there is [an] unbroken continuity of identity over time and between different locations.”

    Nextgov notes that UNHCR stats show the USCIS reviewed close to 85,000 cases in 2018, and approved less than a quarter for admission to the U.S.

    “A centralized database of biometric data belonging to refugees, without appropriate controls, could really lead to surveillance of those refugees as well as potentially coercive forms of scrutiny,” Human Rights Watch Artificial Intelligence Researcher Amos Toh told Nextgov. “I think there needs to be a lot more clarity on … how this data is being shared and is being used.”

    Toh also referred to issues around consent for personal data-sharing in humanitarian contexts.

    https://www.biometricupdate.com/201908/dhs-to-store-tens-of-thousands-of-refugee-biometric-records-from-un
    #surveillance #données_biométriques #base_de_données #database #HCR #réfugiés #asile #migrations #biométrie #empreintes_digitales #biométrie_faciale #USA #Etats-Unis #réinstallation #humanitaire

    ping @etraces

    • Inside the HART of the DHS Office of Biometric Identity Management

      #OBIM says its efforts to protect biometric data privacy and security are robust and open.

      The Automated Biometric Identification System (IDENT) operated by the Department of Homeland Security’s Office of Biometric Identity Management (OBIM) was designed in 1994 and implemented in 1995. It was originally meant to perform a South-West border recidivist study, but has grown into the second largest biometric system in the world, next to Aadhaar, with 230 million unique identity records, plus access to millions more held by the FBI and Department of Defense, and 350,000 transactions on an average weekday.

      As the number of programs using IDENT has grown, the system’s roll and size have increased. As the importance of IDENT has grown, so have the warnings and criticism of the program. It is still not widely understood how it works, however, Patrick Nemeth, Director of OBIM’s Identity Operations Division told Biometric Update in an exclusive interview.

      “We don’t own the data, we’re the data stewards, and it was collected by somebody else who ultimately has the authority to change it or delete it,” Nemeth explains. While many government biometric databases around the world are not operated in this way, the arrangement is only the beginning of the complexity the system has evolved to accommodate.

      OBIM performs three basic functions, Nemeth says, with pretty much everything else done in service of them. It operates the automated matching system, which is IDENT, but will soon be the Homeland Advanced Recognition Technology (HART), performs manual examination and verification, and coordinates sharing with the owners of the data, which means setting rules for sharing data with agencies. Most government biometric data is centralized with OBIM to minimize duplication under the department’s privacy rule, and also to apply the maximum security and protection to sensitive information.

      As operators of the centralized biometric repository, OBIM takes on the responsibility of dealing with the security, privacy, and civil liberties implications of storing sensitive personally identifiable information (PII). It does so, in part, by applying Fair Information Practice principles to govern procedures for elements including transparency, accounting and auditing, and purpose specification.

      Other than specific databases run by law enforcement and the DoD, which it also coordinates sharing for, OBIM holds all of the U.S. government’s biometric data. It primarily serves DHS agencies, including Customs and Border Protection (CBP), Border Patrol, the Federal Emergency Management Agency (FEMA), Immigration and Customs Enforcement (ICE), Transportation Security Administration (TSA), and Citizenship and Immigration Services, as well as agencies like the Coast Guard for border entries. It performs a range of functions, including both verification and identification, and during periods when the system is less busy, such as overnight, it performs deduplication and checks latent prints found on improvised explosive devices (IEDs) or in investigations of serious crimes by the FBI, according to Nemeth.

      This enormous expansion of both the system’s scale and mandate is why OBIM is now moving forward with the development of the new HART system. IDENT is becoming obsolete.

      “It’s been stretched and band-aided and added-to in every way that people can think of, but it just can’t go any further,” Nemeth says.

      HART will add a range of capabilities, including to use a fusion of fingerprint, iris, and facial recognition modalities to improve its matching accuracy. It will also expand the scale of the system, which is desperately needed.

      “At one point about five years ago they did a couple external studies and they told me that if we ever reached 300,000 transactions a day that we would see system slowness and if we ever reached 400,000 per day, we would see the blue screen of death,” Nemeth admits.

      IDENT currently process more than 400,000 transactions in a day on occasion, after remedial action was taken by OBIM to increase its capacity. It typically serves about 350,000 requests per weekday, and a little less on the weekend, returning yes or no answers for about 99.5 percent. Nemeth says he uses more than one thousand servers and other pieces of hardware to keep the system running with brute force. That is not an efficient way to operate, however, and the demand keeps increasing with each new biometric border trial, and any other program involving a use of government biometrics.

      Increasing capacity to meet the rapid growth in demand is the main motivation for the move to HART, which will be able to serve 720,000 daily fingerprint transactions when it goes live, and can be quickly scaled. It is being launched on AWS’ Government Cloud, but is designed to be cloud-agnostic. OBIM’s database is growing by about 20 million people per year, which is also accelerating, and as additional modalities become more valuable with the addition of fusion verification, its 3 million pairs of irises may also increase. The current database is twice as large as it was seven years ago, and Nemeth says the current projections are that it will double again in the next seven.

      Some future uses of HART are likely yet to be determined, but an example of the scale that may be needed can be understood by considering the possibility that all 3 million travelers per day who pass through U.S. airports may one day need to be biometrically verified.

      Tech systems from the nineties are also inherently not able to keep up with modern technology. The programming languages and architecture of IDENT are antiquated, and require an inefficient and frustrating process not just to add capabilities, but every time a statistic is requested for analytical purposes.

      “We have to figure out what our question is, send it to our contractors, they write the script, they run it, they send it back to us, and sometimes when we look at it, that wasn’t really the question, and you have to repeat the process,” Nemeth says.

      As the number of agencies and use cases for IDENT has grown, the number of questions from system users, like everything else, has increased. Switching to HART will increase the analytical capabilities and overall flexibility of the system, which is particularly important when considering some of the privacy and security issues related to operating the world’s second largest biometric matching system. IDENT currently uses a multi-layered filtering system to return only the specific information the requesting customer is entitled to.

      “What’s unique about IDENT is because of the wide breadth of Homeland Security missions — law enforcement, information, credentialing, national security – it has kind of a complicated filtering process that we call Data Access and Security Controls,” Nemeth says. “You only get to see what your agency is permitted by law to see, and what the owner of the data has said that you can see. It’s a rather complex dance we do to make sure that we respect the privacy, the reason the information was collected, the legal protections for certain protected classes, all of those things. When we provide you the information, if you’re not allowed to see it, you don’t even know that information exists.”

      Three layers of filters screen what accounts can see data for a subject, what information they are allowed to see and what should be redacted (such as criminal history, in some cases), and an activity filter, which is attached to information by the agency that submitted it. OBIM also addresses the rights of data subjects with an extensive process of consultations and privacy impact assessments for new operations.

      “Every time somebody comes up with a new mission area, or a new application of biometrics, before we can implement that, our own privacy people need to go through it and write a privacy threat assessment,” Nemeth says. “Then, potentially, if its significant enough, they have to amend the privacy impact. Then it goes to our higher headquarters at the National Protection and Programs Directorate where they have to agree, and then finally it goes to the Department’s Privacy Office, where they have to agree that its within the scope of what we’re allowed to do.”

      Some alternately goes through inter-agency Data Access Request Committee for approval, but every new capability desired by a client agency is put in place only after it has gone through many steps and assessments, providing answers about why it is needed and how it should be delivered.

      “There are a lot of constraints on us, which is good, because lots of energetic people come up with lots of ideas and sometimes we just need to slow down a little bit and make sure that we’re properly using that information and protecting it.”

      Not only are OBIM’s efforts to protect biometric data privacy and security robust, according to Nemeth, they are also open. HART will increase the privacy protection the department can provide, he says, for instance by increasing the number and functionality of filtering layers OBIM can apply to data. The combination of privacy protections which are concerted and improving along with willingness to talk about those protections makes Nemeth frustrated with allegations among some media and public advocacy groups that HART represents a surveillance overreach on the part of the government.

      “We’re not going to tell you how to break into our system, but we’ll tell you quite a bit about it,” Nemeth says. “The privacy impact assessments and the privacy threshold analysis are available on the DHS privacy web page, along with our system of record.”

      The Electronic Frontier Foundation (EFF) warns that HART will include data collected from innocent people and questionable sources, and argues that it will provide the means for suppression of American’s rights and freedoms. Nemeth says he sympathizes with concerns over the possible erosion of privacy in digital society, and the desire to protect it. He contends that the EFF is not considering the years and painstaking processes that OBIM puts into balancing the rights of individuals to not have their data shared unnecessarily with the mandates of client agencies. He points to the Data Privacy and Integrity Advisory Council as an example of the intensive oversight and review that checks the potential for misuse of biometric data.

      “The arguments that the EFF is making they’ve made several times during the fifteen-year history of IDENT, whenever there’s a new issue of the authorizing SORN and PIA, so it’s not new,” Nemeth counters. “They’ve added the facial piece to it. Essentially, they are arguing that we will violate the law.”

      The scrutiny will likely intensify, with public awareness of biometric entry/exit growing as the program rolls out. In the meantime, the number of transactions served by HART will be increasing, and OBIM will be evaluating new procedures using its new biometric capabilities. The privacy impact assessments and other checks will continue, and OBIM will continue the work of helping U.S. government agencies identify people. Nemeth stresses that that work is critically important, even as it requires the kind of extensive evaluation and scrutiny it invites.

      “We don’t retain our highly talented staff because we pay them well,” he confesses. “We retain them because they love what they’re doing and they’re making a difference for the security of the country.”

      https://www.biometricupdate.com/201809/inside-the-hart-of-the-dhs-office-of-biometric-identity-management
      #identité_biométrique

  • How to speak Silicon Valley: 53 essential tech-bro terms explained | US news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/2019/jun/26/how-to-speak-silicon-valley-decoding-tech-bros-from-microdosing-to-priv

    Your guide to understanding an industry where capitalism is euphemized

    What is Silicon Valley?

    For Californians of a certain tenure, Silicon Valley is a location – an actual, geological valley nestled between two mountain ranges and the marshy southern dregs of the San Francisco bay. The titans of technology – Adobe, Alphabet, Apple, eBay, Facebook, HP, Intel and Oracle – are all headquartered in the valley itself.

    But as the tech industry’s dominance has expanded, so, too, have Silicon Valley’s boundaries. The phrase has come to represent something that is both more and less than the tech industry as a whole.

    If the name represents anything at all, it is a way of thinking and talking, a mindset expressed through a shared vocabulary: the vocabulary of bullshit. Where Wall Street is capitalism unvarnished, Silicon Valley is capitalism euphemized.

    Here is a lexicon of Silicon Valley: a map for travelers to find their way through the wilds of billion-dollar lies.

    Airbnb (n) – A hotel company that figured out how to avoid the expense of owning hotels or employing hotel workers. See unicorn. (v) – To illegally convert an apartment into a vacation rental in a city with an affordable housing crisis.

    Amazon (n) – A website that went from selling books to selling virtually all items on Earth; it’s also a movie studio, book publisher, major grocery chain owner, hardware manufacturer, and host for most of the internet, to name just a few endeavors. Competitors in nearly every industry fear its might. Formerly known as “the everything store”; soon to be known as “the only store”.

    angel investor (phrase) – A wealthy individual who invests a small amount of startup capital at the earliest stages of a company or idea. Often, the angel is part of the entrepreneur’s extended network, whether because they went to the same college, worked together at a previous company, or are family friends. Frequently a vocal opponent of affirmative action. See also meritocracy.

    apology (n) – A public relations exercise designed to change headlines. In practice, a promise to keep doing the same thing but conceal it better. “People need to be able to explicitly choose what they share,” said Mark Zuckerberg in a 2007 apology, before promising better privacy controls in a 2010 mea culpa, vowing more transparency in 2011, and acknowledging “mistakes” in the Cambridge Analytica scandal. See Facebook, privacy.

    Apple (n) – America’s first trillion-dollar company, which achieved inordinate success through groundbreaking products such as the Macintosh, iPod and iPhone. After it ran out of ideas for new products, Apple maintained its dominance by coming up with new ways to force its customers to purchase expensive accessories. See dongle.

    artificial intelligence (ph) – Computers so smart that their behavior is indistinguishable from that of humans. Often achieved by secretly paying real humans to pretend they’re robots.

    Autopilot (n) – The name Tesla gives to its advanced driver assistance system, ie souped-up cruise control. Named after the advanced technology that allows pilots to take their hands off the controls of a plane, but very much not an invitation for Tesla drivers to take their hands off the wheel, right, Elon?

    bad actors (ph) – People who use a social media platform in a way that results in bad press. Bad actors usually take advantage of features of the platform that were clearly vulnerable for abuse but necessary to achieve scale. “The Russian intelligence operatives who used Facebook’s self-serve advertising system to target US voters with divisive and false messages were ‘bad actors’.”

    biohacking (n) – Applying the DIY hacker ethos to one’s own body to achieve higher performance. Often involves bizarre eating habits, fasting, inserting microchips into one’s body, and taking nootropics (AKA expensive nutritional supplements). When done by women, dieting. In extreme forms, an eating disorder.

    bootstrap (v) – To start a company without venture capital. The only option for the vast majority of people who start companies, but a point of pride for the tiny subset of entrepreneurs who have access to venture capital and eschew it. “My dad is friends with Tim Draper but I wanted to do something on my own so I’m bootstrapping” – a tech bro.

    cloud, the (n) – Servers. A way to keep more of your data off your computer and in the hands of big tech, where it can be monetized in ways you don’t understand but may have agreed to when you clicked on the Terms of Service. Usually located in a city or town whose elected officials exchanged tens of millions of dollars in tax breaks for seven full-time security guard jobs.

    data (n) – A record of everything you do involving the internet – which is increasingly synonymous with everything you do, period. Corporations use the digital trails you and millions of others leave to sell you things – in other words, your actions, relationships, and desires have become currency. See privacy.

    deprecated (adj) – A description for a software feature that is no longer being updated and will probably be phased out soon.

    disrupt (v) – To create a new market, either by inventing something completely new (ie the personal computer, the smartphone) or by ignoring the rules of an old market. If the latter, often illegal, but rarely prosecuted. Uber disrupted the taxi industry by flooding the market with illegal cabs, while Airbnb disrupted the hotel market by flooding the market with illegal sublets. See sharing economy.

    diversity and inclusion (ph) – Initiatives designed to sugarcoat Silicon Valley’s systematic failure to hire, promote and retain African American and Latinx employees. The phrase is usually invoked when a company is expounding on its “values” in response to incontrovertible evidence of widespread racial or gender discrimination.

    dongle (n) A small, expensive and easily misplaced piece of computer gear. Usually required when a company revolutionizes its products by getting rid of all the ports that are compatible with the accessories you already own. See Apple.

    Don’t Be Evil (ph) Google’s original corporate motto. Deprecated.

    employee (n) People who work for a tech company and are eligible for health insurance and retirement benefits. Importantly, this does not necessarily include the vast majority of people who perform work for the company and create its value, such as the people who drive for transportation companies, the people who deliver for delivery companies, and the cooks, cleaners, security guards and parking attendants on tech campuses. Less than 50% of Google’s global workforce. See Uber, sharing economy, disruption, scale.

    evangelist (n) A job title for salespeople who are slightly creepy in their cultish devotion to the product they are selling. “I used to work in sales but now I evangelize Microsoft’s products.”

    FAANG (ph) An acronym for Facebook, Apple, Amazon, Netflix and Google. Originally coined to refer to the company’s high-performing tech stocks, but also used to denote a certain amount of status. “His boyfriend is a software engineer, but not at a FAANG so he’s not really marriage material.”

    Facebook (n) Your mom’s favorite social media platform.

    5G (n) – The next generation of mobile internet, which promises to enable digital surveillance at blindingly fast speeds.

    free speech (ph) A constitutionally protected right in the US that is primarily invoked by tech bros and internet trolls when they are asked to stop being assholes. Syn: hate speech. See ideological diversity.

    GDPR (ph) A comprehensive data protection law that applies to companies operating in Europe, including American ones. Though the safeguards don’t apply directly to people outside Europe, the measure may push companies to step up their privacy efforts everywhere – handy for Americans, whose own government has done a pretty poor job of protecting them.

    gentrifier (n) – A relatively affluent newcomer to a historically poor or working-class neighborhood whose arrival portends increased policing, pricier restaurants and the eviction or displacement of longtime residents. Often used by gentrifiers as a general epithet for anyone who arrived in their neighborhood after they did.

    Google (n) – The privacy-devouring tech company that does everything that Facebook does, but manages to get away with it, largely because its products are useful instead of just depressing. (v) – To make the bare minimum effort to inform oneself about something. What a tech bro did before he insisted on explaining your area of expertise to you.

    ideological diversity (ph) – The rallying cry for opponents of diversity and inclusion programs. Advocates for ideological diversity argue that corporate efforts to increase the representation of historically marginalized groups – women, African Americans and Latinos, among others – should also be required to increase the representation of people who believe that women, African Americans and Latinos are inherently unsuited to work in tech.

    incubator (n) A parent company that takes baby companies under its wing until they can fly on their own; a playgroup for tech bros. See meritocracy.

    IPO (n) Initial public offering – when a company begins allowing regular people to buy shares. A way for everyone, not just venture capital firms, to lose money, as in Uber’s recent disappointing IPO.

    meritocracy (n) A system that rewards those who most deserve it, as long as they went to the right school. The tech industry is a meritocracy in much the same way that America is a meritocracy. See diversity and inclusion.

    microdosing (n) – Taking small amounts of illegal drugs while white. It may be possible to microdose without writing a book or personal essay about it, but the evidence suggests otherwise.

    mission (n) – What separates a tech bro and a finance bro: the tech bro works for a company that has a “mission”. Usually something grandiose, utopian, and entirely inconsistent with the company’s business model. Facebook’s mission is to make the world more open and connected; Facebook’s business model is to sell ads by dividing people into incredibly narrow marketing profiles.

    monetize (v) – To charge money for a product, or, to figure out how to extract money from people without their understanding or explicit consent. Though having a plan to monetize is usually the first step for a small business or startup (“You mean I shouldn’t just give the lemonade away for free?”), angel investors and venture capitalists have created an environment in which companies can attempt to scale first and monetize later. “My app is free because I’m monetizing my users’ data.”

    Move fast and break things (ph) – Facebook’s original corporate motto. In hindsight, a red flag. Deprecated, allegedly.

    off-site (n) – A work event at a non-work location. Often includes alcohol and socializing. Primarily used when describing a sexual harassment complaint.

    pivot (v) – What tech startups do when they realize scaling is not a business model without a monetization strategy.

    platform (n) – A website that hosts user-generated content. Platforms are distinct from publishers, which more directly commission and control the content they publish. In the US, platforms enjoy special legal status protecting them from liability for the content they host and allowing them to exercise broad discretion over which content they want to ban or delete. Facebook, YouTube, Reddit and Craigslist are examples of platforms. The reason Facebook says it does not “have a policy that stipulates that the information you post on Facebook must be true”.

    privacy (n) – Archaic. The concept of maintaining control over one’s personal information.

    revolutionize (v) – To change something that does not need to be changed in order to charge money for its replacement. “Apple revolutionized the experience of using headphones when it killed the headphone jack on iPhones.”

    runway (n) – The amount of venture capital a startup has left before it has to either monetize its product, pivot or start selling the office furniture. “I can’t believe Topher spent half our runway on a Tesla Roadster.”

    scale (v) – The holy grail. To create a business that can accommodate exponential increases in users with minimal increases in costs. Also applicable if the costs can be externalized to taxpayers or countries in the global south. In the negative, a surprisingly effective excuse not to do something that any non-tech company would do. “We would prefer not to foment genocide in Myanmar, but content moderation simply does not scale.”

    shadowban (v) – The conspiracy theory that no one is responding to a social media post because the platform is secretly preventing the user’s content from being seen and/or going viral. “Brandon was convinced that Twitter had shadowbanned him when no one responded to his demand that an SJW feminazi debate him.”

    sharing economy (ph) A system in which working does not mean being employed. See employees.

    smart (adj) – A product that is capable of being hooked up to the internet – thus rendering it capable of being hacked or abusing your data.

    Snapchat (n) – Facebook’s research and development department.

    tech bro (n) – A US-born, college-educated, Patagonia-clad male whose entry level salary at one of the FAANG companies was at least $125,000 and who frequently insists that his female co-workers give him high-fives. Typically works in product management or marketing. Had he been born 10 years earlier, he would have been a finance bro instead.

    the FTC (n) The US Federal Trade Commission. Capable of levying enormous fines against companies like Facebook, potentially whittling down its revenues to just a handful of billions of dollars. Not really in that much of a hurry to do anything, however.

    thought leader (n) – An unemployed rich person.

    Twitter (n) – A mid-sized business with outsized importance due to its three primary users: Donald Trump, Elon Musk and journalists. A useful tool for journalists to gauge public opinion by talking to other journalists, and for Elon Musk to provoke lawsuits and federal investigations into security fraud.

    Uber (n) – A unicorn startup that disrupted the taxi industry by revolutionizing the sharing economy at incredible scale thanks to unprecedented amounts of venture capital. In the first earnings report after a lackluster IPO, revealed that it lost $1bn in three months.

    unicorn (n) – A startup valued at at least $1bn. At one point, rare. Increasingly, not even that exciting.

    UX designer (n) The person responsible for a website or app user’s experience (UX). They make the buttons they want you to click on – Share! Buy! Sign Up! – large and noticeable, and the buttons that turn off location tracking very small.

    venture capital (ph) A system by which wealthy individuals can invest in startups before they go public. A legal and surprisingly respectable form of gambling. An alternate retirement plan for fortysomething multimillionaires who never developed hobbies.

    #technologie #langue_de_bois #capitalisme #idéologie

    • Celui là est parfait !

      cloud, the (n) – Servers. A way to keep more of your data off your computer and in the hands of big tech, where it can be monetized in ways you don’t understand but may have agreed to when you clicked on the Terms of Service. Usually located in a city or town whose elected officials exchanged tens of millions of dollars in tax breaks for seven full-time security guard jobs.

      #bullshit

  • UNHCR shocked at death of Afghan boy on #Lesvos; urges transfer of unaccompanied children to safe shelters

    UNHCR, the UN Refugee Agency, is deeply saddened by news that a 15-year-old Afghan boy was killed and two other teenage boys injured after a fight broke out last night at the Moria reception centre on the Greek island of Lesvos. Despite the prompt actions by authorities and medical personnel, the boy was pronounced dead at Vostaneio Hospital in Mytilene, the main port town on Lesvos. The two other boys were admitted at the hospital where one required life-saving surgery. A fourth teenager, also from Afghanistan, was arrested by police in connection with the violence.

    The safe area at the Moria Reception and Identification Centre, RIC, hosts nearly 70 unaccompanied children, but more than 500 other boys and girls are staying in various parts of the overcrowded facility without a guardian and exposed to exploitation and abuse. Some of them are accommodated with unknown adults.

    “I was shocked to hear about the boy’s death”, said UNHCR Representative in Greece, Philippe Leclerc. “Moria is not the place for children who are alone and have faced profound trauma from events at home and the hardship of their flight. They need special care in dedicated shelters. The Greek government must take urgent measures to ensure that these children are transferred to a safe place and to end the overcrowding we see on Lesvos and other islands,” he said, adding that UNHCR stands ready to support by all means necessary.

    Frustration and tensions can easily boil over in Moria RIC which now hosts over 8,500 refugees and migrants – four times its capacity. Access to services such as health and psychological support are limited while security is woefully insufficient for the number of people. Unaccompanied children especially can face unsafe conditions for months while waiting for an authorized transfer to appropriate shelter. Their prolonged stay in such difficult conditions further affects their psychology and well-being.

    Nearly 2,000 refugees and migrants arrived by sea to Greece between 12 and 18 August, bringing the number of entries this year to 21,947. Some 22,700 people, including nearly 1,000 unaccompanied and separated children, are now staying on the Greek Aegean islands, the highest number in three years.

    https://www.unhcr.org/gr/en/12705-unhcr-shocked-at-death-of-afghan-boy-on-lesvos-urges-transfer-of-unacco

    #MNA #mineurs #enfants #enfance #Moria #décès #mort #asile #migrations #réfugiés #Grèce #camps_de_réfugiés #Lesbos #bagarre #dispute #surpopulation

    • Cet article du HCR, m’a fait pensé à la #forme_camps telle qu’elle est illustrée dans l’article... j’ai partagé cette réflexion avec mes collègues du comité scientifique du Centre du patrimoine arménien de Valence.

      Je la reproduis ici :

      Je vous avais parlé du film documentaire « #Refugistan » (https://seenthis.net/messages/502311), que beaucoup d’entre vous ont vu.

      Je vous disais, lors de la dernière réunion, qu’une des choses qui m’avait le plus frappé dans ce film, c’est ce rapprochement géographique du « camp de réfugié tel que l’on se l’imagine avec des #tentes blanches avec estampillons HCR »... cet #idéal-type de #camp on le voit dans le film avant tout en Afrique centrale, puis dans les pays d’Afrique du Nord et puis, à la fin... en Macédoine. Chez nous, donc.

      J’ai repensé à cela, ce matin, en voyant cette triste nouvelle annoncée par le HCR du décès d’un jeune dans le camps de Moria à Lesbos suite à une bagarre entre jeunes qui a lieu dans le camp.

      Regardez l’image qui accompagne l’article :

      Des tentes blanches avec l’estampillons « UNHCR »... en Grèce, encore plus proche, en Grèce, pays de l’Union européenne...

      Des pensées... que je voulais partager avec vous.

      #altérité #cpa_camps #altérisation

      ping @reka @isskein @karine4

  • EU supports Bosnia and Herzegovina in managing migration with additional €10 million

    On 19 August 2019, the European Commission adopted a decision to allocate €10 million of additional funds to support Bosnia and Herzegovina addressing the increased presence of migrants and refugees. This additional allocation brings the total EU funding for migration to Bosnia and Herzegovina to €34 million since the beginning of 2018.

    The EU funds will be mainly used to set up additional temporary reception centres and provide basic services and protection, including food and accommodation, access to water sanitation and hygiene.

    The EU will also continue improving the capacity of Bosnia and Herzegovina’s authorities for identification, registration and referral of third-country nationals crossing the border and for border control and surveillance, thereby also contributing to the fight against and prevention of migrant smuggling, trafficking in human beings and other types of cross-border crimes. It will also help the authorities of Bosnia and Herzegovina with the voluntary return of migrants to their countries of origin.

    Background

    Nearly 36,000 refugees and migrants entered Bosnia and Herzegovina since January 2018, according to official estimates. Approximately 7,400 refugees and migrants in need of assistance are currently present in the country, mostly in the Una-Sana Canton. Approximately 4,100 are accommodated in EU-funded temporary reception centres.

    Since 2007, the European Union has been providing assistance to Bosnia and Herzegovina worth € 58.6 million in the area of migration and border management through the Instrument for pre-accession assistance. The country is also benefiting from the IPA regional programme ‘Support to Protection-Sensitive Migration Management’ worth up to €14.5 million.

    EU overall assistance already being implemented to Bosnia and Herzegovina since 2018 to cope with the increased migratory presence amounts to €24 million (€20.2 million from the Instrument for Pre-accession Assistance and €3.8 million of humanitarian aid). This supplementary allocation brings the total to €34 million. This is in addition to €24.6 million assistance the European Union has provided to Bosnia and Herzegovina in the area of asylum, migration and border management since 2007.

    http://europa.ba/?p=65185
    #EU #UE #Bosnie-Herzégovine #migrations #réfugiés #asile #aide_financière

    Aide à l’#accueil (dont #hébergement), mais évidemment aussi :

    The EU will also continue improving the capacity of Bosnia and Herzegovina’s authorities for identification, registration and referral of third-country nationals crossing the border and for border control and surveillance, thereby also contributing to the fight against and prevention of migrant smuggling, trafficking in human beings and other types of cross-border crimes.

    #contrôles_frontaliers #frontières #surveillance...
    Et aussi #identification #enregistrement...
    Encore une fois, donc, voici un bel exemple où sous couvert d’#aide_humanitaire, ce qu’on fait en réalité c’est... externaliser les contrôles frontaliers à un pays tiers... dans ce cas la Bosnie...
    Et #externalisation des procédures d’asile...

    J’ajoute à cette métaliste :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765335

    ping @isskein

  • #Cian_Ó_Catháin : Misogynie et homophobie « tendance » (un gay prend à partie l’idéologie transgenriste)
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/27/misogynie-et-homophobie-%e2%80%89tendance%e2%80%89-un-gay-prend-a

    Les enfants non conformes au genre, dont beaucoup sont susceptibles de devenir plus tard attirés par les gens de leur sexe, se font enseigner le mensonge qu’aimer des choses « féminines » signifie qu’ils sont peut-être une fille, même s’ils sont de sexe masculin, et qu’aimer des choses « masculines » signifie qu’ils sont peut-être un garçon, même si elles sont de sexe féminin. De plus en plus, beaucoup de ces jeunes — en majorité des filles — se rendent dans des « cliniques du genre » et se font prescrire des hormones qui enraient la puberté naturelle, des hormones de l’autre sexe, des mastectomies complètes et des chirurgies dites de « réassignation sexuelle ».
    C’est terriblement régressif, nuisible et homophobe. Ça enseigne aux enfants que ce qui fait d’eux un homme ou une femme est ce que la plupart d’entre nous appelleraient simplement des « stéréotypes sexuels », et qu’on doit imposer une filière médicale aux enfants qui trouvent difficile de composer avec notre société de stéréotypes sexuels. C’est odieux et je suis d’accord avec ceux et celles qui qualifient cette pratique d’eugénisme gay.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://rdln.wordpress.com/2019/08/13/woke-misogyny-and-homophobia-a-gay-critique-of-trans-ideology
    #misogynie #identité_de_genre #non-mixité #LGBT #eugénisme_gay #antiféminisme

  • #Fatou_Diome : « La rengaine sur la #colonisation et l’#esclavage est devenue un fonds de commerce »

    L’écrivaine franco-sénégalaise s’exprime sans filtre sur son enfance, l’immigration, le féminisme, ou la pensée « décoloniale » qui a le don de l’irriter…

    Fatou Diome écrit comme elle parle, avec fougue et sensibilité. Que ce soit dans ses romans ou dans ses prises de paroles publiques, l’auteure franco-sénégalaise use avec habileté de cette langue piquante qui frôle parfois la satire. Dans son premier roman à succès, Le Ventre de l’Atlantique (éd. Anne Carrière, 2003), elle donnait la parole à cette jeunesse sénégalaise piégée dans le désir d’Europe et ses mirages tragiques. Les œuvres de Fatou Diome offrent aussi une voix aux femmes, héroïnes du quotidien quand les maris migrent (Celles qui attendent, éd. Flammarion, 2010) ou disparaissent tragiquement, comme dans son nouveau roman, Les Veilleurs de Sangomar (éd. Albin Michel), en librairie le 22 août.

    Installée à Strasbourg depuis vingt-cinq ans, Fatou Diome observe et critique sa société d’origine et son pays d’accueil. En vingt ans de carrière, elle a publié une dizaine de romans, de nouvelles et un essai remarqué en 2017, Marianne porte plainte ! (éd. Flammarion), véritable pamphlet contre les discours identitaires, racistes, sexistes et islamophobes. Dans cet entretien, Fatou Diome s’exprime sans filtre sur son enfance aux marges, l’immigration, le féminisme, ou la pensée « décoloniale » qui a le don de l’irriter…
    D’où vient votre nom, Diome ?

    Fatou Diome Au Saloum, région située sur la côte sud du Sénégal, les Diome sont des Sérères-Niominkas, des Guelwaar. Il est dit que ce peuple était viscéralement attaché à sa liberté.
    Pourtant, écrivez-vous dans Le Ventre de l’Atlantique, votre nom suscitait la gêne à Niodior, votre village natal…

    Oui, car je suis née hors mariage d’un amour d’adolescents. A cette époque, j’étais la seule de l’île à porter ce nom car mon père est d’un autre village. Enfant, je ne comprenais pas pourquoi la simple prononciation de mon nom suscitait le mépris. J’ai compris plus tard que ce sentiment de gêne diffuse que je ressentais autour de moi venait du fait que j’étais supposée être « l’enfant du péché ».

    Cette ostracisation était d’autant plus injuste que l’idée « d’enfant illégitime » n’existait pas chez les Sérères animistes jusqu’au milieu du XIXe siècle et la domination des religions monothéistes. Jusque-là, au contraire, avoir un enfant des fiancés avant le mariage était le meilleur moyen de s’assurer que le prétendant était fertile. C’était même une tradition dans l’aristocratie sérère notamment, où la lignée était matrilinéaire. « Domou Djitlé », qui signifie « enfant illégitime », est une expression wolof, qui n’existe pas en sérère.
    Comment enfant affrontiez-vous cette marginalisation ?

    En renonçant à ceux qui me calomniaient. Cette indépendance m’est venue des conseils de mon grand-père maternel, un marin qui, dans l’Atlantique, devait sans cesse trouver des solutions. Je l’accompagnais souvent en mer. Quand le vent soufflait trop fort et que je pleurais, il me lançait : « Tu crois que tes pleurs vont nous ramener plus vite au village ? Allez, rame ! » C’est une leçon que j’ai retenue : les jérémiades ne sauvent de rien.
    A quel moment vous êtes-vous réappropriée votre nom ?

    A l’école. L’instituteur, qui était lui-même marginalisé car étranger, m’a expliqué le sens du diome : la dignité. C’était énorme ! La « bâtarde du village » était donc la seule à s’appeler dignité ! (Rires)

    Et puis un jour, j’ai rencontré mon père. C’était un homme adorable, un sculptural champion de lutte ! Ma mère avait eu de la chance d’aimer cet athlète magnifique ! Porter son nom est une fierté. Je suis le fruit d’un amour absolu, un amour souverain qui n’a demandé nulle permission aux faux dévots.
    Etre une enfant illégitime, c’était aussi risquer de ne pas survivre à la naissance…

    Oui et je dois la vie sauve à ma grand-mère maternelle, qui m’a accueillie au monde, dans tous les sens du terme. C’est elle qui a fait la sage-femme. Elle aurait pu m’étouffer à la naissance comme le voulait la tradition, mais elle a décidé de me laisser vivre et de m’élever. Elle me disait souvent que je n’étais pas illégitime mais légitimement vivante, comme tout enfant.
    Cette jeune grand-mère vous a allaitée. Quelle fut votre relation avec elle ?

    Très forte. Elle était et restera ma mamie-maman. Jusqu’à sa mort, je l’appelais Maman. Enfant, je dormais avec elle. Plus tard, j’insistais pour faire la sieste avec elle lors de mes visites. Comme un bébé, je gardais une main sur sa poitrine. Ma grand-mère, j’en suis convaincue, était la meilleure mère possible pour moi. Pardon pour l’autre dame…
    Votre mère…

    Oui. Avec elle, j’avais étrangement une relation de grande sœur. Et plus tard, je l’ai prise sous mon aile car j’étais plus combative et plus indépendante qu’elle. J’ai choisi ma vie, elle non. Et c’est pour cette raison que j’ai dit dans Le Ventre de l’Atlantique que « j’écris, pour dire et faire tout ce que ma mère n’a pas osé dire et faire ». Elle a par exemple subi la polygamie, une maladie que je n’attraperai jamais.
    Qu’aviez-vous à dire quand vous avez commencé à écrire à 13 ans ?

    Ecrire était une nécessité. Il me fallait comprendre pourquoi, par exemple, telle tante me câline devant mes grands-parents puis me traite de « bâtarde » en leur absence. L’écriture s’est imposée à l’âge de 13 ans, lorsque j’ai quitté le village pour poursuivre mes études en ville. Pour combler ma solitude, je noircissais des cahiers. Une fois, j’ai même réécrit Une si longue lettre de Mariama Bâ. Dans ma version vitaminée, les femmes n’étaient plus victimes de leur sort, mais bien plus combatives. J’aime celles qui dansent avec leur destin, sans renoncer à lui imposer leur tempo.

    Vous épousez ensuite un Alsacien et vous vous installez à Strasbourg. En France, vous découvrez une autre forme de violence, le racisme. Comment y avez-vous survécu ?

    En m’appropriant ce que je suis. J’ai appris à aimer ma peau telle qu’elle est : la couleur de l’épiderme n’est ni une tare ni une compétence. Je sais qui je suis. Donc les attaques des idiots racistes ne me blessent plus.
    Etre une auteure reconnue, cela protège-t-il du racisme ?

    Reconnue ? Non, car la réussite aussi peut déchaîner la haine. On tente parfois de m’humilier. C’est par exemple ce policier des frontières suspicieux qui me fait rater mon vol car il trouve douteux les nombreux tampons sur mon passeport, pourtant parfaitement en règle. Ou ce journaliste parisien qui me demande si j’écris seule mes livres vus leur structure qu’il trouve trop complexe pour une personne qui n’a pas le français comme langue maternelle. Ou encore cette femme qui, dans un hôtel, me demande de lui apporter une plus grande serviette et un Perrier… Le délit de faciès reste la croix des personnes non caucasiennes.
    La France que vous découvrez à votre arrivée est alors bien éloignée de celle de vos auteurs préférés, Yourcenar, Montesquieu, Voltaire…

    Cette France brillante, je l’ai bien trouvée mais on n’arrête pas de la trahir ! Il faut toujours s’y référer, la rappeler aux mémoires courtes. Cette France, elle est bien là. Seulement, les sectaires font plus de bruit. Il est temps que les beaux esprits reprennent la main !
    Qui la trahit, cette France ?

    Ceux qui lui font raconter le contraire de ce qu’elle a voulu défendre. Pour bien aimer la France, il faut se rappeler qu’elle a fait l’esclavage et la colonisation, mais qu’elle a aussi été capable de faire la révolution française, de mettre les droits de l’homme à l’honneur et de les disperser à travers le monde. Aimer la France, c’est lui rappeler son idéal humaniste. Quand elle n’agit pas pour les migrants et les exploite éhontément, je le dis. Quand des Africains se dédouanent sur elle et que des dirigeants pillent leur propre peuple, je le dis aussi. Mon cœur restera toujours attaché à la France, et ce même si cela m’est reproché par certains Africains revanchards.

    Vous vivez en France depuis 1994. Les statistiques officielles démontrent la persistance de discriminations en matière de logement ou de travail contre notamment des Français d’origine africaine dans les quartiers populaires. Que dites-vous à ces jeunes Noirs ?

    Qu’ils prennent leur place ! Vous savez, au Sénégal, un jeune né en province aura moins de chance de réussir que celui issu d’une famille aisée de la capitale. La différence, c’est qu’en France, cette inégalité se trouve aggravée par la couleur. Ici, être noir est une épreuve et cela vous condamne à l’excellence. Alors, courage et persévérance, même en réclamant plus de justice.
    Cette course à l’excellence peut être épuisante quand il faut en faire toujours plus…

    Si c’est la seule solution pour s’en sortir, il faut le faire. Partout, la dignité a son prix. On se reposera plus tard, des millénaires de sommeil nous attendent.

    Vous avez suivi une formation en lettres et philosophie à l’université de Strasbourg avec un intérêt particulier pour le XVIIIe siècle. Que pensez-vous des critiques portées par le courant de pensée « décoloniale » à l’égard de certains philosophes des Lumières ?

    Peut-on éradiquer l’apport des philosophes des Lumières dans l’histoire humaine ? Qui veut renoncer aujourd’hui à L’Esprit des lois de Montesquieu ? Personne. Les Lumières ont puisé dans la Renaissance, qui s’est elle-même nourrie des textes d’Averroès, un Arabe, un Africain. C’est donc un faux débat ! Au XVIIIe siècle, la norme était plutôt raciste. Or Kant, Montesquieu ou Voltaire étaient ouverts sur le monde. Ils poussaient déjà l’utopie des droits de l’homme. On me cite souvent Le Nègre du Surinam pour démontrer un supposé racisme de Voltaire. Quel contresens ! Ce texte est une ironie caustique. Voltaire dit à ses concitoyens : « C’est au prix de l’exploitation du nègre que vous mangez du sucre ! »

    Par ailleurs, chez tous les grands penseurs, il y a souvent des choses à jeter. Prenez l’exemple de Senghor. Sa plus grande erreur d’emphase et de poésie fut cette phrase : « L’émotion est nègre, la raison hellène. » Cheikh Anta Diop, bien qu’Africain, était un grand scientifique quand Einstein était doté d’une grande sensibilité. Cette citation est donc bête à mourir, mais devons-nous jeter Senghor aux orties ?

    On constate tout de même une domination des penseurs occidentaux dans le champ de la philosophie par exemple…

    Certaines choses sont universelles. Avec Le Vieil Homme et la mer, Hemingway m’a fait découvrir la condition humaine de mon grand-père pêcheur. Nous Africains, ne perdons pas de temps à définir quel savoir vient de chez nous ou non. Pendant ce temps, les autres n’hésitent pas à prendre chez nous ce qui les intéresse pour le transformer. Regardez les toiles de Picasso, vous y remarquerez l’influence des masques africains…
    Vous estimez donc que le mouvement de la décolonisation de la pensée et des savoirs, porté par un certain nombre d’intellectuels africains et de la diaspora, n’est pas une urgence ?

    C’est une urgence pour ceux qui ne savent pas encore qu’ils sont libres. Je ne me considère pas colonisée, donc ce baratin ne m’intéresse pas. La rengaine sur la colonisation et l’esclavage est devenue un fonds de commerce. Par ailleurs, la décolonisation de la pensée a déjà été faite par des penseurs tels que Cheikh Anta Diop, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor ou encore Frantz Fanon. Avançons, en traitant les urgences problématiques de notre époque.
    A l’échelle de la longue histoire entre l’Afrique et l’Occident, ce travail de décolonisation de la pensée, débuté il y a quelques décennies, n’est peut-être pas achevé ?

    Je pense, comme Senghor, que nous sommes à l’ère de la troisième voie. Nous, Africains, ne marchons pas seulement vers les Européens ; eux ne marchent pas que vers nous. Nous convergeons vers la même voie, la possible conciliation de nos mondes. La peur de vaciller au contact des autres ne peut vous atteindre quand vous êtes sûr de votre identité. Me concernant, ce troisième millénaire favorise la rencontre. Je sais qui je suis, je ne peux pas me perdre en Europe car, non seulement je récite mon arbre généalogique, mais je séjourne régulièrement dans mon village.

    Après tous les efforts de Senghor, Césaire, Fanon, en sommes-nous encore à nous demander comment nous libérer de l’esclavage et de la colonisation ? Pendant ce temps, où nous stagnons, les Européens envoient Philae dans l’espace… L’esclavage et la colonisation sont indéniablement des crimes contre l’humanité. Aujourd’hui, il faut pacifier les mémoires, faire la paix avec nous-mêmes et les autres, en finir avec la littérature de la réactivité comme le dit si bien l’historienne Sophie Bessis.
    Cette histoire dramatique, loin d’être un chapitre clos, continue pourtant de marquer le présent des Africains et les relations avec d’anciennes puissances coloniales…

    Pour moi, il y a plus urgent. La priorité, c’est l’économie. Faisons en sorte que la libre circulation s’applique dans les deux sens. Aujourd’hui, depuis l’Europe, on peut aller dîner à Dakar, sans visa. Le contraire est impossible ou alors le visa vous coûtera le salaire local d’un ouvrier. Pourquoi attendre une forme de réparation de l’Europe, comme un câlin de sa mère ? Pourquoi se positionner toujours en fonction de l’Occident ? Il nous faut valoriser, consommer et, surtout, transformer nos produits sur place. C’est cela l’anticolonisation qui changera la vie des Africains et non pas la complainte rance autour de propos tenus par un de Gaulle ou un Sarkozy.
    On sent que ce mouvement vous irrite…

    Je trouve qu’il y a une forme d’arrogance dans cette injonction et cette façon de s’autoproclamer décolonisateur de la pensée des autres. C’est se proclamer gourou du « nègre » qui ne saurait pas où il va. Je choisis mes combats, l’époque de la thématique unique de la négritude est bien révolue.
    Votre roman Le Ventre de l’Atlantique (2003) a été l’un des premiers à aborder le thème de la migration vers l’Europe. Que dites-vous à cette jeunesse qui continue de risquer sa vie pour rejoindre d’autres continents ?

    Je leur dirai de rester et d’étudier car, en Europe aussi, des jeunes de leur âge vivotent avec des petits boulots. Quand je suis arrivée en France, j’ai fait des ménages pour m’en sortir, après mon divorce. J’ai persévéré malgré les humiliations quotidiennes et les moqueries au pays.

    Si je suis écrivain, c’est parce que j’ai usé mes yeux et mes fesses à la bibliothèque. J’ai toujours écrit avec la même rigueur que je nettoyais les vitres. Aux jeunes, je dirai que l’école a changé ma vie, elle m’a rendue libre.
    La tentation est grande de partir vu le manque d’infrastructures dans de nombreux pays africains. Comment rester quand le système éducatif est si défaillant ?

    La responsabilité revient aux dirigeants. Ils doivent miser sur l’éducation et la formation pour garder les jeunes, leur donner un avenir. Il faudrait que les chefs d’Etat respectent plus leur peuple. Il n’y a qu’à voir le silence de l’Union africaine face au drame des migrants. Quand les dirigeants baissent la tête, le peuple rampe.
    Quel regard portez-vous sur le durcissement de la politique migratoire européenne ? Dernier acte en date, le décret antimigrants adopté par l’Italie qui criminalise les sauvetages en mer…

    L’Europe renforce sa forteresse. Mais qui ne surveillerait pas sa maison ? Les pays africains doivent sortir de leur inaction. Pourquoi n’y a-t-il pas, par exemple, de ministères de l’immigration dans nos pays ? C’est pourtant un problème majeur qui touche à l’économie, la diplomatie, la santé, la culture. Si l’Afrique ne gère pas la situation, d’autres la géreront contre elle. Elle ne peut plus se contenter de déplorer ce que l’Europe fait à ses enfants migrants.

    Vous avez écrit sur la condition féminine, le rapport au corps de la femme au Sénégal et la fétichisation dont vous avez été victime en France en tant que femme noire. Vous sentez-vous concernée par le mouvement #metoo ?

    Je comprends ce combat, mais je considère qu’Internet n’est pas un tribunal. Les femmes doivent habiter leur corps et leur vie de manière plus souveraine dans l’espace social et public. Il faut apprendre aux jeunes filles à s’armer psychologiquement face aux violences, par exemple le harcèlement de rue. Il faut cesser de se penser fragiles et porter plainte immédiatement en cas d’agression.
    La lutte contre les violences faites aux femmes revient aussi aux hommes…

    En apprenant aux femmes à habiter leur corps, à mettre des limites, on leur apprend aussi à éduquer des fils et des hommes au respect. Le féminisme, c’est aussi apprendre aux garçons qu’ils peuvent être fragiles, l’agressivité n’étant pas une preuve de virilité, bien au contraire. Me concernant, malgré la marginalisation à laquelle j’ai été confrontée, je ne me suis jamais vécue comme une femme fragile, ni otage de mon sexe, mes grands-parents m’ayant toujours traitée à égalité avec les garçons.
    Vous sentez-vous plus proche du féminisme dit universaliste ou intersectionnel ?

    Je me bats pour un humanisme intégral dont fait partie le féminisme. Mon féminisme défend les femmes où qu’elles soient. Ce qui me révolte, c’est le relativisme culturel. Il est dangereux d’accepter l’intolérable quand cela se passe ailleurs. Le cas d’une Japonaise victime de violences conjugales n’est pas différent de celui d’une habitante de Niodior ou des beaux quartiers parisiens brutalisée. Lutter pour les droits humains est plus sensé que d’essayer de trouver la nuance qui dissocie. Mais gare à la tentation d’imposer sa propre vision à toutes les femmes. L’essentiel, c’est de défendre la liberté de chacune.

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/08/25/fatou-diome-la-rengaine-sur-la-colonisation-et-l-esclavage-est-devenue-un-fo

    #interview #féminisme #racisme #approche_décoloniale #post-colonialisme #décolonialisme #pensée_décoloniale #xénophobie #migrations #émigration #discrimination #décolonisation_de_la_pensée #Afrique #Senghor #Césaire #Fanon #libre_circulation #anticolonisation #féminisme #humanisme_#intégral #relativisme_culturel #droits_humains #liberté

    • Quelques perles quand même:

      L’Europe renforce sa forteresse. Mais qui ne surveillerait pas sa maison ?

      Il faut apprendre aux jeunes filles à s’armer psychologiquement face aux violences, par exemple le harcèlement de rue. Il faut cesser de se penser fragiles et porter plainte immédiatement en cas d’agression.

      déçu...

    • @sinehebdo, j’ajouterais :

      C’est une urgence pour ceux qui ne savent pas encore qu’ils sont libres. Je ne me considère pas colonisée, donc ce baratin ne m’intéresse pas. La rengaine sur la colonisation et l’esclavage est devenue un fonds de commerce. Par ailleurs, la décolonisation de la pensée a déjà été faite par des penseurs tels que Cheikh Anta Diop, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor ou encore Frantz Fanon. Avançons, en traitant les urgences problématiques de notre époque.

      Mais celle-ci par contre est selon moi au coeur des politiques xénophobes que l’Europe et les pays qui la composent mettent en oeuvre :

      La #peur de vaciller au contact des autres ne peut vous atteindre quand vous êtes sûr de votre #identité.

  • #Espagne : les migrants inconnus des cimetières du détroit de #Gibraltar

    Selon le décompte de plusieurs ONG andalouses, entre 6 700 et 8 000 personnes sont mortes en tentant la traversée de la mer Méditerranée entre le Maroc et l’Espagne, ces trois dernières décennies. Des tombes mais aussi des plaques à la mémoire de ces migrants morts en mer parsèment les cimetières qui bordent le détroit de Gibraltar.

    De Tarifa, on aperçoit facilement les côtes marocaines. En ce mois de juin, le vent souffle avec sa force et sa régularité habituelle. Les voiles aux couleurs vives des kitesurf flottent dans un ciel d’un bleu intense.

    La petite ville située tout au bout de la péninsule ibérique a des allures de station balnéaire. Mais ses habitués savent-ils que le vieux fort à l’entrée du port est un centre de détention pour les migrants entrés de façon irrégulière sur le territoire espagnol ? Qui sait que c’est sur la plage de Los Lances, à la pointe de la péninsule, qu’en novembre 1988 le premier corps d’un migrant marocain a été rejeté par la mer ?

    Une visite au petit cimetière sur les hauteurs de la ville offre un autre regard sur Tarifa. Les sépultures sont simples, blanches, fleuries et se logent dans des niches, comme bien souvent en Andalousie. Un seau d’eau à la main, des habitants viennent enlever le sable et la poussière qui s’accumulent sur les tombes de leurs proches.

    En regardant vers les niches en hauteur, on découvre les tombes d’hommes et de femmes qui ont perdu la vie en traversant le détroit dans la clandestinité. « Immigrant du Maroc, 7 mars 2001 » : quatre plaques funéraires portent cette inscription. Un peu plus loin, deux autres portent la même mention mais sont datées de 2009. Enfin, une simple plaque déposée dans une niche porte une inscription encore plus administrative : « cadavre non identifié. 3ème chambre du tribunal d’Algésiras. Décision provisoire 47/2017 ».

    En 2018, selon l’APDHA, 1064 personnes ont perdu la vie en tentant la courte mais périlleuse traversée vers l’Europe. La plupart de ces victimes sont rapidement identifiées, car, lorsque se produit un naufrage, les survivants connaissent souvent l’identité de ceux qui n’ont pas réussi à gagner le rivage. Mais il y a aussi les anonymes, ceux dont les corps sont alors enterrés sans noms, en Espagne.

    En continuant la visite du cimetière de Tarifa, d’autres stèles attirent l’attention. Celles-ci portent des noms aux consonances peu espagnoles : Esther Adawale, Nigéria, 24 février 2003. Hope Ibrahim, Nigéria, 19 avril 2005. Yacouba Koné, Côte d’Ivoire, 17 avril 2013. Dans ces tombes reposent des migrants qui ont été identifiés par la police judiciaire espagnole mais qui, pour diverses raisons, n’ont pas été rapatriés vers leurs pays d’origine.

    José Maria Perez, un membre actif de la paroisse locale, raconte que ces tombes reçoivent les visites périodiques de « chrétiens et de musulmans » et que « de l’autre côté du détroit, on connaît l’existence de ces sépultures ».

    Miguel Delgado, en charge de l’aide aux migrants à l’archevêché de Cadix (dont dépend la commune de Tarifa), organise, lui, chaque 1er Novembre une cérémonie œcuménique à la mémoire des immigrants morts dans les eaux du détroit.

    Fidèle au message de l’église catholique sur le sujet des migrations, il réclame « un passage sûr pour ceux qui veulent émigrer en Europe et dont l’Europe a besoin ». Pour sensibiliser ses paroissiens et l’opinion publique, chaque deuxième mercredi du mois, dans plusieurs villes de part et d’autres du détroit (Cadix, Barbate, Tarifa, Algésiras, Ceuta, Tanger, Tétouan, Melila etc…) son association organise des « rondes du silence » qui réunissent des personnes de tous horizons derrière un seul mot d’ordre « solidarité avec les immigrants ».

    Chaque année, pour la journée internationale des migrants, il se rend sur la plage de Tarifa pour une prière publique qui réunit militants, habitants et parfois quelques surfeurs.

    A 25 kilomètres de Tarifa, dans le port de Barbate, l’apparition de corps de migrants sans vie sur les rivages n’est pas non plus inédite. Dans le cimetière, les mêmes tombes blanches nichées sur les murs révèlent les histoires des disparus du détroit.

    Là aussi, des emplacements sont marqués par un simple numéro ou une mention « inconnu », ainsi qu’une date. Les plus anciennes de ces tombes de migrants anonymes datent de 2002, les plus récentes de 2019. Là encore, des corps non identifiés. Et une plaque à la mémoire « des victimes du détroit ».

    Mais dans une des allées, une tombe se distingue des autres. Celle de Samuel Kabamba, un enfant originaire de la RD Congo âgé de 5 ans. Son histoire a provoqué une grande émotion dans cette région du sud de l’Espagne et bien au delà.

    Fin janvier 2017, son corps a été retrouvé sans vie sur une plage proche du petit port de pêche andalou. Celui de sa mère, Véronique, est rejeté par la mer 15 jours plus tard sur les côtes algériennes.

    La découverte du corps du petit garçon a provoqué l’indignation des associations de défense des migrants et de Gabriel Delgado qui a organisé une veillée funèbre le 1er février sur la plage où il s’était échoué. Une centaine de personne sont venues prier et lancer des fleurs à la mer. L’affaire s’est médiatisée faisant écho à celle du petit Alan Kurdi, cet enfant syrien retrouvé noyé sur une plage de Turquie en septembre 2015.

    Début mars, les autorités espagnoles ont autorisé le père du petit garçon à se rendre en Espagne. Un test d’ADN a confirmé que le petit Samuel était bien son fils. Le père de famille a organisé l’enterrement de son fils à Barbate, le 10 mars.

    Ce jour-là, l’église était pleine à craquer. Les habitants de Barbate sont venus en nombre, le petit Samuel repose désormais parmi eux. Chaque jour, des femmes fleurissent sa tombe « car ses proches sont loin, il faut bien que quelqu’un s’occupe de lui » confie une vieille dame.


    https://www.infomigrants.net/fr/post/18435/espagne-les-migrants-inconnus-des-cimetieres-du-detroit-de-gibraltar
    #cimetière #morts #décès #migrations #réfugiés #asile #cadavres #identification #mourir_en_mer

  • Iñigo Errejón : « Il est nécessaire que les forces de transformation et d’émancipation ne laissent pas l’idée de nation à la droite » (2/2)
    https://lemediapresse.fr/international/inigo-errejon-il-est-necessaire-que-les-forces-de-transformation-et-de

    Une rencontre avec Íñigo Errejón, cofondateur de #Podemos, aujourd’hui éloigné du parti-mouvement de la #Gauche espagnole sur la base de solides divergences théoriques. Dans cette seconde partie de notre entretien, mené le 29 juin 2019 : stratégies et division des gauches à #Madrid ; retour de l’extrême-droite avec Vox, « infanterie du bloc réactionnaire » ; possibilités d’un autre patriotisme.

    #Idées #International #Carmena #communisme #Errejon #Espagne #Etat #Gilets_Jaunes #Iglesias #Macron #Marxisme #peuple #populisme

  • « Le #classement_de_Shanghaï n’est pas fait pour mesurer la qualité des universités françaises »

    Pour le chercheur #Hugo_Harari-Kermadec, ce classement a surtout poussé la #France à faire des choix qui vont à l’encontre de « l’esprit de #service_public ».

    Le classement de Shanghaï des universités, dont la dernière édition est rendue publique jeudi 15 août, et les #politiques_d’excellence qui soutiennent cette #compétition entre établissements ont accentué la #polarisation de l’#enseignement_supérieur français, c’est-à-dire la logique de #distinction de quelques établissements au détriment des autres.

    Ces « champions » sont aussi ceux qui accueillent la population étudiante la plus favorisée socialement. C’est ce qu’explique Hugo Harari-Kermadec, maître de conférences en économie à l’Ecole normale supérieure (ENS) Paris-Saclay et spécialiste de l’enseignement supérieur. Il est l’auteur du livre Ce que Shanghaï a fait à l’université française, qui paraîtra en octobre aux éditions Le Bord de l’eau.

    Dans toutes les éditions du classement de Shanghaï, les établissements français sont plutôt mal classés. Est-ce le symptôme d’une mauvaise santé chronique des universités françaises ?

    C’est surtout le signe que ce classement n’est pas fait pour mesurer la qualité des universités françaises. Il a une importance considérable dans le débat public français, alors que ce n’est pas le cas aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, où les établissements universitaires sont pourtant très bien classés. Ni en Allemagne, où ils sont mal placés, pour des raisons similaires à la France. Des présidents de facultés allemandes refusent même de transmettre leurs informations au cabinet de conseil qui établit le classement.

    En France, le classement de Shanghaï a entraîné des #choix_politiques, comme des #regroupements_universitaires, parfois artificiels, mais pourtant sans grands effets sur la place des établissements dans ce palmarès.

    Les faibles #performances des facultés françaises dans le classement de Shanghaï ne sont pas, en soi, un signe de mauvaise santé. Ce qui ne veut pas dire qu’elles aillent bien. Elles manquent très sérieusement de moyens, surtout pour l’enseignement. Elles doivent en permanence s’adapter à un contexte réglementaire bouleversé depuis vingt ans, à une mise en concurrence pour obtenir des financements – pour la rénovation des campus ou pour les projets de recherche.
    L’excellence de la #recherche compte énormément dans ce classement. Comment peut-elle s’articuler, dans un contexte budgétaire contraint, avec la nécessité d’accueillir en licence un nombre croissant d’étudiants ?

    La politique du gouvernement est, sans l’assumer, de créer d’un côté des « #universités-licence » sans réelle recherche, et de l’autre, quelques très grandes universités de recherche, fusionnées avec des grandes écoles.

    Cette logique est manifeste au travers des projets #IDEX (#initiative_d’excellence), ces programmes de financement de pôles universitaires qui revendiquent une excellence visible depuis Shanghaï. Mettre en avant le classement de Shanghaï dans la communication gouvernementale permet de justifier les importants #financements attribués à certains établissements – près de 1 milliard d’euros pour l’université Paris-Saclay. En outre, cette politique dite d’excellence a relégué au second plan l’accueil des nouveaux étudiants nés avec le boom démographique du début des années 2000.

    Faire de la recherche et former le plus grand nombre, est-ce contradictoire ?

    Dans la mise en œuvre des politiques publiques « d’excellence » à laquelle nous assistons, oui. Cela ne devrait pas l’être, puisque le lien entre #enseignement et recherche est la caractéristique du système universitaire.

    Le #projet_Saclay a ainsi changé un nombre incalculable de fois pour arriver à un ensemble qui pourrait être classé par Shanghaï ; c’est-à-dire ressembler institutionnellement à une université anglo-saxonne. La nouvelle #université_Paris-Saclay, qui naîtra au 1er janvier 2020, sera un établissement avec des étudiants presque tous sélectionnés, focalisé sur le niveau master et le doctorat, et avec beaucoup plus de recherche et beaucoup moins d’enseignement que dans une université française traditionnelle.

    Quels sont les effets de cette course à l’excellence, et de cette compétition entre universités françaises ?

    Au sein du collectif de recherche Acides, avec Romain Avouac, nous avons montré que les universités françaises sont très polarisées suivant l’origine sociale des étudiants.

    A #Paris-Dauphine, on ne trouve pratiquement pas d’enfants des classes populaires. A l’inverse, certaines universités d’outre-mer ou des Hauts-de-France ont très peu d’enfants de cadres, alors qu’ils constituent 40 % de la population étudiante à l’université. Et, surprise, les universités à la population étudiante la plus aisée sont celles qui sont les mieux classées par Shanghaï, et qui reçoivent les financements IDEX.

    Les #financements des politiques publiques de « l’excellence » renforcent donc indirectement la #polarisation_sociale du #système_universitaire, en donnant plus de moyens pour l’éducation des étudiants favorisés. Finalement, adapter le système universitaire français au classement de Shanghaï, c’est lui faire adopter une logique de concurrence et de #rationalisation_économique, au détriment de l’esprit de service public et des missions académiques.

    Ces classements sont-ils regardés par les étudiants ?

    La sociologue Leïla Frouillou a montré en 2017 que les classements d’universités sont en réalité peu suivis par les étudiants. Même ceux de Dauphine, pourtant bien classée par Shanghaï, n’ont pas suivi le palmarès pour choisir leur établissement, comme l’ont montré dans leurs travaux les chercheurs Séverine Chauvel et Pierre Clément.

    Il en va autrement pour les étudiants en mobilité internationale, en particulier en provenance d’Asie. D’une part parce qu’ils ne connaissent pas les universités françaises, contrairement aux étudiants français qui suivent les conseils de leurs enseignants et de leurs parents, amis, familles. D’autre part, choisir une université bien classée est un argument de poids lorsqu’il s’agit d’obtenir un prêt étudiant pour financer le voyage, le coût de la vie et les frais d’inscription.

    https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/08/15/le-classement-de-shanghai-n-est-pas-fait-pour-mesurer-la-qualite-des-univers
    #université #qualité #science #ranking #excellence #classes_sociales

    • Tiens tiens... comme par hasard, l’#université_grenoble_alpes s’apprête à une nouvelle fusion (que nos dirigeants n’appellent pas fusion, mais quelque chose comme rapprochement, mais tant est...).

      Après avoir fusionné les 3 universités de Grenoble en 2016 :

      Fusion des trois universités grenobloises : Université Joseph Fourier (Grenoble 1), Université Pierre-Mendès-France (Grenoble 2), Université Stendhal (Grenoble 3). La nouvelle université se dénomme désormais Université Grenoble Alpes. Elle a pour ambition d’être encore plus visible à l’international et ainsi d’attirer les meilleurs étudiants, enseignants et enseignants-chercheurs.

      https://www.univ-grenoble-alpes.fr/l-universite/decouvrir-l-uga/decouvrir-l-universite-grenoble-alpes-367937.kjspl-histoire-de-l-uga/l-histoire-de-l-uga-1105.kjsp

      ... l’Université Grenoble Alpes s’apprête à créer en janvier 2020 une nouvelle entité : l’#Université_intégrée :

      Vers une université intégrée

      Initiée en 2013 avec la mise en place d’une signature unique pour les publications scientifique, renforcée en 2014 par la mise en oeuvre des pôles de recherche puis en 2016 par la création de l’Université Grenoble Alpes et l’obtention de l’IDEX, la dynamique « Univ. Grenoble Alpes » vise à créer un grand site universitaire de rang mondial. A l’horizon 2020, un nouvel établissement rassemblant l’Université Grenoble Alpes, la Communauté Université Grenoble Alpes, Grenoble INP, Sciences Po Grenoble et l’École Nationale supérieure d’architecture de Grenoble devrait ainsi voir le jour.

      L’organisation et la gouvernance de cette université au statut juridique particulier font actuellement l’objet d’une concertation. Les groupes de concertation sont constitués de représentants des élus dans les conseils et de représentants des établissements.

      https://www.univ-grenoble-alpes.fr/l-universite/notre-strategie-politique-et-nos-grands-projets/vers-une-universite-integree/vers-une-universite-integree-369926.kjsp

      Une nouvelle structure qu’en réalité personne ne veut (la fusion de 2016 a déjà coûté beaucoup d’énergie à tout le monde, et surtout au personnel technique et administratif), mais que le président de l’UGA mène au galop... l’enjeu ? Evidemment, pouvoir accéder aux financements IDEX...

  • « Je suis une femme trans et je soutiens le droit des femmes de naissance à des espaces non mixtes »
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/11/je-suis-une-femme-trans-et-je-soutiens-le-droit-des-femmes-de-nai

    Je suis très découragée d’apprendre aujourd’hui que vous avez décidé d’empêcher la conférence Radfem Rise Up de se réunir dans vos locaux. Je comprends qu’à titre d’entreprise privée, vous avez le dernier mot sur les types d’expression que vous y autorisez. Toutefois, je crains que votre décision a probablement été influencée par des activistes trans qui non seulement n’ont pas à cœur les meilleurs intérêts des femmes, mais se comportent d’ailleurs souvent de façons misogynes.

    Le sexe a de l’importance. Nier cette importance du sexe repousse de plusieurs siècles le travail du mouvement féministe, voire le rend carrément impossible. Les femmes au 19e siècle n’ont pas été privées du droit de vote parce qu’elles « performaient la féminité » : on les empêchait de voter parce qu’elles étaient de sexe féminin (female). Les filles, qui sont de loin les principales victimes des agressions sexuelles dans l’enfance, ne sont pas attaquées parce qu’elles « s’identifient » comme filles – elles sont de sexe féminin et n’ont donc pas le choix en la matière. La pratique de l’avortement sexospécifique en Inde et en Chine, qui a dans certains secteurs déséquilibré le rapport entre les sexes en le portant jusqu’à 118/100 (masculin/féminin) n’a pas lieu à cause du « genre » du foetus, un concept évidemment risible dans ce contexte ! Il s’agit bel et bien d’un enjeu de sexe.

    Les femmes trans ne sont pas de sexe féminin. Je vis comme une femme aujourd’hui, mais je suis née mâle et j’ai été élevée en garçon. J’ai effectué à la fin de mon cours secondaire la transition vers une vie en tant que fille/femme et j’ai maintenant vécu plus de la moitié de ma vie en tant que fille/femme. Composer avec le sexisme n’est pas une sinécure, mais je suis beaucoup moins malheureuse que je ne l’étais avant ma transition. (Le fait de « passer », d’être perçue comme de sexe féminin (passing as female) m’a également rendu la vie plus facile quand j’étais visiblement transgenre, et je suis chanceuse d’avoir eu cette expérience.) Toutefois, même après avoir pris toutes les hormones et avoir obtenu une SRS (chirurgie de réassignation sexuelle), je suis toujours de sexe masculin (I’m still male). Ma structure osseuse est masculine. Je suis encore quelqu’un qui a vécu en garçon jusqu’à ma transition. Je n’ai pas d’utérus et je ne serai jamais enceinte. Rien ne peut changer ces réalités ! Je vis ces jours-ci une existence « furtive », et la plupart des gens présument que j’ai eu une enfance normale de fille. Quand je suis au bord des larmes, il arrive que des copains s’inquiètent de m’avoir mise enceinte. Cependant, je me souviens encore de mon enfance, je connais mon corps, et je sais que je serai toujours différente d’autres femmes.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://snowflakeespecial.tumblr.com/post/54689372575/open-letter-to-beaver-hall-gallery-im-a-trans-woman
    #identité_de_genre #féminisme #non-mixité

  • Iñigo Errejón : « L’unité de ceux d’en bas est plus grande et plus importante que l’unité de la #Gauche » (1/2)
    https://lemediapresse.fr/international/inigo-errejon-lunite-de-ceux-den-bas-est-plus-grande-et-plus-important

    Une rencontre avec Íñigo Errejón, cofondateur de #Podemos, aujourd’hui éloigné du parti-mouvement de la gauche espagnole sur la base de solides divergences théoriques. Dans la première partie de notre entretien : perspectives du mouvement des #Gilets_Jaunes, échecs et succès de Podemos, et pertinence du clivage gauche-droite.

    #Idées #International #communisme #Errejon #Espagne #Etat #Iglesias #Macron #Madrid #Marxisme #peuple #populisme

  • Microsoft Slammed For Investment In Israeli Facial Recognition ‘Spying On Palestinians’
    Thomas Brewster, Forbes, le 1er août 2019
    https://www.forbes.com/sites/thomasbrewster/2019/08/01/microsoft-slammed-for-investing-in-israeli-facial-recognition-spying-on-palestinians/#3747d10c6cec

    It’s unclear whether investors were aware of AnyVision’s business in regions with tainted human rights records. The Israeli company is trying to grow its business in Hong Kong, where protesters this week used lasers in an attempt to stop facial recognition profiling them. In a job post for a sales position in Hong Kong, AnyVision discloses it has customers and partnerships not only in that country but also Macau, the so-called Las Vegas of Asia. In Russia, a country heavily criticized for its human rights record, the AnyVision’s tools are deployed at Moscow’s Domodedovo Airport, according to a post on the company’s website.

    Shankar Narayan, the director of the Technology and Liberty Project at the American Civil Liberties Union (ACLU), told Forbes that he’d held meetings with Microsoft in Seattle last year in which the tech giant appeared receptive to ideas on holding back the spread of facial recognition. But the company has not followed through with any action, Narayan claimed.

    Human Rights Groups Slam Microsoft for Investing in Israeli Face-recognition Company
    Amitai Ziv, Haaretz, le 4 août 2019
    https://www.haaretz.com/israel-news/business/.premium-human-rights-groups-slam-microsoft-for-investing-in-israeli-face-r

    Amos Toh, a senior researcher on artificial intelligence at Human Rights Watch, told Forbes that the use of such technology “in a very fraught political context, could be problematic,” referring to Israel’s occupation of the West Bank.

    Suite de:
    https://seenthis.net/messages/792939
    https://seenthis.net/messages/793759

    #Anyvision #Anyvision_Interactive_Technologies #Microsoft #Qualcomm #Identité #Biométrie #Face-recognition #facial #vidéo-surveillance #sécuritaire #surveillance #Palestine #israel #Mossad #Armée #Cisjordanie #Occupation #Human_Rights_Watch #ACLU #Russie #Hong-Kong #Macao

  • Inclusif et polyphonique : la nouvelle définition du musée proposée par l’ICOM Didier Rykner - 2 août 2019 - La Tribune de l’Art
    https://www.latribunedelart.com/inclusif-et-polyphonique-la-nouvelle-definition-du-musee-proposee-p

    « Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation. »
Simple, claire, et correspondant à la réalité. Voilà ce qu’est actuellement la définition d’un musée par l’ICOM, organisation non gouvernementale dont l’objectif principal est « d’établir des normes professionnelles et éthiques pour les activités des musées ». Le Conseil International des Musées (International Council of Museums) « formule des recommandations sur des questions liées au patrimoine culturel, promeut le renforcement des capacités professionnelles et fait progresser la connaissance dans le domaine » et il « est le porte-parole des professionnels des musées sur la scène internationale et sensibilise le grand public à la culture par le biais de réseaux mondiaux et de programmes de coopération ».

    Cette définition nous semble parfaite. Mais, comme le dit sans rire https://icom.museum/fr/news/the-challenge-of-revising-the-museum-definition Jette Sandahl, présidente du comité permanent de l’ICOM : « elle ne parle pas le langage du XXIe siècle » ! Celle-ci ajoute, de manière à ce qu’il n’y ait plus aucun doute sur l’origine de l’affaire, que « la définition du musée doit donc être historicisée, contextualisée, dénaturalisée et décolonialisée ».

    Voilà la nouvelle définition du musée tel que cette dame et quelques autres à l’ICOM voudraient imposer et inclure dans les statuts de l’organisation par un vote lors d’une assemblée générale extraordinaire qui aura lieu à Kyoto le 7 septembre 2019. Nous avons été nombreux à croire à une plaisanterie, mais il n’en est hélas rien : « Les musées sont des lieux de démocratisation inclusifs et polyphoniques, dédiés au dialogue critique sur les passés et les futurs. Reconnaissant et abordant les conflits et les défis du présent, ils sont les dépositaires d’artefacts et de spécimens pour la société. Ils sauvegardent des mémoires diverses pour les générations futures et garantissent l’égalité des droits et l’égalité d’accès au patrimoine pour tous les peuples.


    Les musées n’ont pas de but lucratif. Ils sont participatifs et transparents, et travaillent en collaboration active avec et pour diverses communautés afin de collecter, préserver, étudier, interpréter, exposer, et améliorer les compréhensions du monde, dans le but de contribuer à la dignité humaine et à la justice sociale, à l’égalité mondiale et au bien-être planétaire. »

    Est-il vraiment nécessaire d’analyser un tel #verbiage qui regroupe tout ce qu’une certaine #intelligentsia pseudo progressiste nous sert à longueur de temps ? Rien ne nous est épargné. Ni les mots « #inclusifs » et « #participatifs » - ou même quelques nouveaux mots qu’on voit déjà promis à un brillant avenir, comme des lieux « #polyphoniques » - ni les bons sentiments : « dignité humaine », « justice sociale », « égalité mondiale », et même « bien-être planétaire » ! On croirait presque un discours de Miss France, et on s’étonne que les musées ne soient pas dédiés aussi à la paix dans le monde… Il n’y a plus d’acquisitions, il y a une « #collecte », qui n’a pas le même sens. On collecte des spécimens (le terme est d’ailleurs employés dans la nouvelle définition) alors qu’on collectionne des œuvres. Ce dernier terme, dont « #patrimoine matériel » consistait un assez bon équivalent dans l’ancienne définition n’est évidemment pas utilisé. Il n’y a plus, avec des « #spécimens », que des « #artefacts ». Il est extraordinaire d’apprendre que les musées sont dédiés au « #dialogue critique sur les passés et les futurs ». Il va donc falloir, si l’on comprend bien, faire « dialoguer » - là encore un terme que nos nouveaux penseurs adorent, on fait « dialoguer » tout avec tout - les artefacts et les spécimens du passé avec ceux de l’avenir, ce qui va impliquer une nouvelle discipline pour le concours des conservateurs : la voyance. Les musées sont « participatifs », on l’a déjà vu mais ils doivent aussi être « transparents » sans que ce terme peu précis soit jamais défini. On s’interroge aussi sur « participatif ». Les visiteurs seront-ils amenés à compléter les tableaux ? Qui sont ces « diverses communautés » avec qui les musées doivent « travailler en collaboration active » ? On aurait aimé plus de précision.

    Il semble que cette nouvelle définition vienne de l’étranger, même si certains en France lui ont bien préparé le terrain. Qu’on se rappelle le rapport sur le Musée du XXIe siècle ( https://www.latribunedelart.com/rapport-sur-les-musees-du-xxie-siecle ) commandé par le ministère de la Culture. On est bien, avec ce texte de l’ICOM, dans la même idéologie. 


    Heureusement, le comité national d’ICOM France a réagi très rapidement à l’annonce de cette nouvelle définition ( https://www.icom-musees.fr/actualites/projet-de-nouvelle-definition-du-musee-proposee-par-icom ) en s’en étonnant, et en rappelant que le rapport préparatoire à cette décision avait des « conclusions mettant en cause de manière idéologique l’#histoire et la conception actuelle des musées européens ». Il constate que « La définition proposée (dans la version française) s’éloigne singulièrement de cette position par sa tonalité politique et elle met au second plan certains termes relatifs aux missions essentielles qui caractérisent toujours les métiers des musées. » Remarquons que la version anglaise est exactement identique.


    Le comité français va donc demander à ce que le vote de ce projet soit « reporté à une assemblée générale convoquée dans des délais compatibles avec un travail de réflexion dans les pays membres et les comités internationaux. »

    On voit donc se profiler un véritable bras de fer entre certains membres de l’#ICOM et l’#ICOM_France dont nous ne savons pas exactement aujourd’hui quel est le rapport de force. Souhaitons que ce dernier et bien au delà tous les conservateurs et professionnels de musées français fassent entendre bien haut leur voix pour refuser cette définition orwellienne. L’ICOM est, comme on le lit sur la page d’accueil de son site, « la seule organisation internationale dans le domaine des #musées ». Son importance est telle qu’on ne peut le laisser aux mains d’apprentis sorciers.

    Didier Rykner

    #idéologie #bhl #participation #transparence #Musée #Musées

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