• #Alicem : la #reconnaissance_faciale imposée à tous dès novembre ? - Les Numériques
    https://www.lesnumeriques.com/vie-du-net/alicem-la-reconnaissance-faciale-imposee-a-tous-des-novembre-n141651.

    Question technique, l’application ne se contentera pas d’une bête photo. Il faudra fournir une rapide vidéo permettant au service d’analyser les expressions du visage sous plusieurs angles — il faudra également cligner des yeux. Cette vidéo sera bien évidemment “effacée immédiatement après la vérification” et aucune donnée ne sera transmise à des tiers, précise le site du ministère de l’Intérieur. Pour le moment, seule une app Android est prévue.

    Cette accélération du gouvernement sur le sujet de la reconnaissance faciale arrive au moment où l’#UE cherche à imposer des règles pour encadrer cette #technologie polémique. Comme le rapportait le Financial Times fin août, le nouveau collège qui siégera sous la présidence d’Ursula Von Der Leyen veut se saisir du sujet, et plus précisément de l’usage qui en est fait dans la #surveillance. Et si les deux sujets ne sont pas directement liés, comme dit La Quadrature du Net, Alicem cherche à “normaliser la reconnaissance faciale comme outil d’#identification”. Puis comme outil de surveillance ?

    #France

  • Le fichage. Note d’analyse ANAFE
    Un outil sans limites au service du contrôle des frontières ?

    La traversée des frontières par des personnes étrangères est un « outil » politique et médiatique, utilisé pour faire accepter à la population toutes les mesures toujours plus attentatoires aux libertés individuelles, au nom par exemple de la lutte contre le terrorisme. Le prétexte sécuritaire est érigé en étendard et il est systématiquement brandi dans les discours politiques, assimilant ainsi migration et criminalité, non seulement pour des effets d’annonce mais de plus en plus dans les législations.
    Les personnes étrangères font depuis longtemps l’objet de mesures de contrôle et de surveillance. Pourtant, un changement de perspective s’est opéré pour s’adapter aux grands changements des politiques européennes vers une criminalisation croissante de ces personnes, en lien avec le développement constant des nouvelles technologies. L’utilisation exponentielle des fichiers est destinée à identifier, catégoriser, contrôler, éloigner et exclure. Et si le fichage est utilisé pour bloquer les personnes sur leurs parcours migratoires, il est aussi de plus en plus utilisé pour entraver les déplacements à l’intérieur de l’Union et l’action de militants européens qui entendent apporter leur soutien aux personnes exilées.
    Quelles sont les limites à ce développement ? Les possibilités techniques et numériques semblent illimitées et favorisent alors un véritable « business » du fichage.

    Concrètement, il existe pléthore de fichiers. Leur complexité tient au fait qu’ils sont nombreux, mais également à leur superposition. De ce maillage opaque naît une certaine insécurité juridique pour les personnes visées.
    Parallèlement à la multiplication des fichiers de tout type et de toute nature, ce sont désormais des questions liées à leur interconnexion[1], à leurs failles qui sont soulevées et aux abus dans leur utilisation, notamment aux risques d’atteintes aux droits fondamentaux et aux libertés publiques.

    Le 5 février 2019, un accord provisoire a été signé entre la présidence du Conseil européen et le Parlement européen sur l’interopérabilité[2] des systèmes d’information au niveau du continent pour renforcer les contrôles aux frontières de l’Union.

    http://www.anafe.org/IMG/pdf/note_-_le_fichage_un_outil_sans_limites_au_service_du_controle_des_frontieres

    #frontières #contrôle #surveillance #migration #réfugiés #fichage #interconnexion #interopérabilité

  • EU supports Bosnia and Herzegovina in managing migration with additional €10 million

    On 19 August 2019, the European Commission adopted a decision to allocate €10 million of additional funds to support Bosnia and Herzegovina addressing the increased presence of migrants and refugees. This additional allocation brings the total EU funding for migration to Bosnia and Herzegovina to €34 million since the beginning of 2018.

    The EU funds will be mainly used to set up additional temporary reception centres and provide basic services and protection, including food and accommodation, access to water sanitation and hygiene.

    The EU will also continue improving the capacity of Bosnia and Herzegovina’s authorities for identification, registration and referral of third-country nationals crossing the border and for border control and surveillance, thereby also contributing to the fight against and prevention of migrant smuggling, trafficking in human beings and other types of cross-border crimes. It will also help the authorities of Bosnia and Herzegovina with the voluntary return of migrants to their countries of origin.

    Background

    Nearly 36,000 refugees and migrants entered Bosnia and Herzegovina since January 2018, according to official estimates. Approximately 7,400 refugees and migrants in need of assistance are currently present in the country, mostly in the Una-Sana Canton. Approximately 4,100 are accommodated in EU-funded temporary reception centres.

    Since 2007, the European Union has been providing assistance to Bosnia and Herzegovina worth € 58.6 million in the area of migration and border management through the Instrument for pre-accession assistance. The country is also benefiting from the IPA regional programme ‘Support to Protection-Sensitive Migration Management’ worth up to €14.5 million.

    EU overall assistance already being implemented to Bosnia and Herzegovina since 2018 to cope with the increased migratory presence amounts to €24 million (€20.2 million from the Instrument for Pre-accession Assistance and €3.8 million of humanitarian aid). This supplementary allocation brings the total to €34 million. This is in addition to €24.6 million assistance the European Union has provided to Bosnia and Herzegovina in the area of asylum, migration and border management since 2007.

    http://europa.ba/?p=65185
    #EU #UE #Bosnie-Herzégovine #migrations #réfugiés #asile #aide_financière

    Aide à l’#accueil (dont #hébergement), mais évidemment aussi :

    The EU will also continue improving the capacity of Bosnia and Herzegovina’s authorities for identification, registration and referral of third-country nationals crossing the border and for border control and surveillance, thereby also contributing to the fight against and prevention of migrant smuggling, trafficking in human beings and other types of cross-border crimes.

    #contrôles_frontaliers #frontières #surveillance...
    Et aussi #identification #enregistrement...
    Encore une fois, donc, voici un bel exemple où sous couvert d’#aide_humanitaire, ce qu’on fait en réalité c’est... externaliser les contrôles frontaliers à un pays tiers... dans ce cas la Bosnie...
    Et #externalisation des procédures d’asile...

    J’ajoute à cette métaliste :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765335

    ping @isskein

  • #Espagne : les migrants inconnus des cimetières du détroit de #Gibraltar

    Selon le décompte de plusieurs ONG andalouses, entre 6 700 et 8 000 personnes sont mortes en tentant la traversée de la mer Méditerranée entre le Maroc et l’Espagne, ces trois dernières décennies. Des tombes mais aussi des plaques à la mémoire de ces migrants morts en mer parsèment les cimetières qui bordent le détroit de Gibraltar.

    De Tarifa, on aperçoit facilement les côtes marocaines. En ce mois de juin, le vent souffle avec sa force et sa régularité habituelle. Les voiles aux couleurs vives des kitesurf flottent dans un ciel d’un bleu intense.

    La petite ville située tout au bout de la péninsule ibérique a des allures de station balnéaire. Mais ses habitués savent-ils que le vieux fort à l’entrée du port est un centre de détention pour les migrants entrés de façon irrégulière sur le territoire espagnol ? Qui sait que c’est sur la plage de Los Lances, à la pointe de la péninsule, qu’en novembre 1988 le premier corps d’un migrant marocain a été rejeté par la mer ?

    Une visite au petit cimetière sur les hauteurs de la ville offre un autre regard sur Tarifa. Les sépultures sont simples, blanches, fleuries et se logent dans des niches, comme bien souvent en Andalousie. Un seau d’eau à la main, des habitants viennent enlever le sable et la poussière qui s’accumulent sur les tombes de leurs proches.

    En regardant vers les niches en hauteur, on découvre les tombes d’hommes et de femmes qui ont perdu la vie en traversant le détroit dans la clandestinité. « Immigrant du Maroc, 7 mars 2001 » : quatre plaques funéraires portent cette inscription. Un peu plus loin, deux autres portent la même mention mais sont datées de 2009. Enfin, une simple plaque déposée dans une niche porte une inscription encore plus administrative : « cadavre non identifié. 3ème chambre du tribunal d’Algésiras. Décision provisoire 47/2017 ».

    En 2018, selon l’APDHA, 1064 personnes ont perdu la vie en tentant la courte mais périlleuse traversée vers l’Europe. La plupart de ces victimes sont rapidement identifiées, car, lorsque se produit un naufrage, les survivants connaissent souvent l’identité de ceux qui n’ont pas réussi à gagner le rivage. Mais il y a aussi les anonymes, ceux dont les corps sont alors enterrés sans noms, en Espagne.

    En continuant la visite du cimetière de Tarifa, d’autres stèles attirent l’attention. Celles-ci portent des noms aux consonances peu espagnoles : Esther Adawale, Nigéria, 24 février 2003. Hope Ibrahim, Nigéria, 19 avril 2005. Yacouba Koné, Côte d’Ivoire, 17 avril 2013. Dans ces tombes reposent des migrants qui ont été identifiés par la police judiciaire espagnole mais qui, pour diverses raisons, n’ont pas été rapatriés vers leurs pays d’origine.

    José Maria Perez, un membre actif de la paroisse locale, raconte que ces tombes reçoivent les visites périodiques de « chrétiens et de musulmans » et que « de l’autre côté du détroit, on connaît l’existence de ces sépultures ».

    Miguel Delgado, en charge de l’aide aux migrants à l’archevêché de Cadix (dont dépend la commune de Tarifa), organise, lui, chaque 1er Novembre une cérémonie œcuménique à la mémoire des immigrants morts dans les eaux du détroit.

    Fidèle au message de l’église catholique sur le sujet des migrations, il réclame « un passage sûr pour ceux qui veulent émigrer en Europe et dont l’Europe a besoin ». Pour sensibiliser ses paroissiens et l’opinion publique, chaque deuxième mercredi du mois, dans plusieurs villes de part et d’autres du détroit (Cadix, Barbate, Tarifa, Algésiras, Ceuta, Tanger, Tétouan, Melila etc…) son association organise des « rondes du silence » qui réunissent des personnes de tous horizons derrière un seul mot d’ordre « solidarité avec les immigrants ».

    Chaque année, pour la journée internationale des migrants, il se rend sur la plage de Tarifa pour une prière publique qui réunit militants, habitants et parfois quelques surfeurs.

    A 25 kilomètres de Tarifa, dans le port de Barbate, l’apparition de corps de migrants sans vie sur les rivages n’est pas non plus inédite. Dans le cimetière, les mêmes tombes blanches nichées sur les murs révèlent les histoires des disparus du détroit.

    Là aussi, des emplacements sont marqués par un simple numéro ou une mention « inconnu », ainsi qu’une date. Les plus anciennes de ces tombes de migrants anonymes datent de 2002, les plus récentes de 2019. Là encore, des corps non identifiés. Et une plaque à la mémoire « des victimes du détroit ».

    Mais dans une des allées, une tombe se distingue des autres. Celle de Samuel Kabamba, un enfant originaire de la RD Congo âgé de 5 ans. Son histoire a provoqué une grande émotion dans cette région du sud de l’Espagne et bien au delà.

    Fin janvier 2017, son corps a été retrouvé sans vie sur une plage proche du petit port de pêche andalou. Celui de sa mère, Véronique, est rejeté par la mer 15 jours plus tard sur les côtes algériennes.

    La découverte du corps du petit garçon a provoqué l’indignation des associations de défense des migrants et de Gabriel Delgado qui a organisé une veillée funèbre le 1er février sur la plage où il s’était échoué. Une centaine de personne sont venues prier et lancer des fleurs à la mer. L’affaire s’est médiatisée faisant écho à celle du petit Alan Kurdi, cet enfant syrien retrouvé noyé sur une plage de Turquie en septembre 2015.

    Début mars, les autorités espagnoles ont autorisé le père du petit garçon à se rendre en Espagne. Un test d’ADN a confirmé que le petit Samuel était bien son fils. Le père de famille a organisé l’enterrement de son fils à Barbate, le 10 mars.

    Ce jour-là, l’église était pleine à craquer. Les habitants de Barbate sont venus en nombre, le petit Samuel repose désormais parmi eux. Chaque jour, des femmes fleurissent sa tombe « car ses proches sont loin, il faut bien que quelqu’un s’occupe de lui » confie une vieille dame.


    https://www.infomigrants.net/fr/post/18435/espagne-les-migrants-inconnus-des-cimetieres-du-detroit-de-gibraltar
    #cimetière #morts #décès #migrations #réfugiés #asile #cadavres #identification #mourir_en_mer

  • Espagne-Maroc : « Les migrants morts en mer ne parlent pas, moi je suis leur voix »

    « Croque-mort » de son état, l’Espagnol #Martin_Zamorra se démène depuis des années pour identifier les corps de migrants morts en traversant le détroit de Gibraltar en mer Méditerranée. Il souhaite rapatrier leurs dépouilles vers leur pays d’origine. Portrait.

    On devine que sa vie n’a pas été tout a fait rectiligne. Martin #Zamorra est un homme à la fois affable et singulier. Du bord de l’autoroute A7 qui relie Algésiras à Malaga, dans le sud de l’Espagne, il dirige une petite entreprise de #pompes_funèbres - qui a connu des jours meilleurs.

    Fumeur compulsif (mais il vient d’arrêter), Martin Zamora n’est ni un anonyme ni un discret dans ce coin d’Andalousie puisque ses aventures ont inspiré un film de fiction, « Retour à Hansala » sorti en 2008. Le scénario : un croque mort espagnol peu scrupuleux rapatrie au pays le corps d’un migrant en compagnie de sa sœur, une jeune femme marocaine. Un voyage qui transforme pour toujours les deux personnages…

    L’affaire qui l’occupe principalement en cette matinée de juin, c’est celle des victimes d’un naufrage qui s’est produit en novembre 2018, à Barbate, non loin du détroit de Gibraltar. Vingt-six personnes s’étaient alors noyées à proximité du port andalou. La plupart des victimes étaient marocaines.

    Dans les semaines qui ont suivi, la police judiciaire espagnole est parvenue à identifier 21 victimes qui furent rapatriées. Mais cinq autres n’ont pas quitté l’Espagne, la médecine légale n’étant pas parvenue à mettre un nom sur ces corps sans vie. Ces dépouilles sans identité sont devenues l’affaire de Martin Zamorra.

    Face à des autorités espagnoles impuissantes, il actionne ses contacts au Maroc. Grâce à une méthode bien rôdée, il parvient à identifier les victimes en quelques heures.

    « Tout d’abord, j’ai besoin d’une photo. Puis j’ai besoin de déterminer de quel pays vient la victime. Ensuite, je diffuse l’information, principalement parmi les contacts que j’ai accumulés pendant des années. Ensuite, généralement, on m’appelle. Parfois, cela prend du temps et la justice ordonne l’inhumation d’un corps anonyme. Et c’est à moi que revient la procédure d’exhumation du corps, quand une famille s’est manifesté et que l’on a pu identifier formellement le corps ».

    Mais la plupart du temps, l’identification d’un corps ne prend que quelques heures : les survivants d’un naufrage communiquent à leurs proches les noms des disparus. La nouvelle se répand à la vitesse des échanges sur Whatsapp.
    Parfois encore, Martin Zamorra envoie des photos à ses contacts, et des familles qui reconnaissent les visages sans vie de leurs enfants.

    Les lourdeurs bureaucratiques empêchent un rapatriement rapide des corps

    Reste que pour la justice espagnole, reconnaître un corps n’autorise pas son transfert au Maroc. La justice réclame qu’un lien de parenté soit établi et donc qu’un prélèvement d’ADN soit effectué sur les personnes qui réclament les corps des défunts.

    Sept mois après le drame, les policiers espagnols ne se sont toujours pas rendus au Maroc pour récolter un peu de salive ou quelques cheveux d’une mère, d’un père ou d’un frère.

    Malgré la forte coopération policière entre les deux pays, la bureaucratie des deux côtés du détroit ralentit le processus, peste Martin Zamorra. « Je voudrais que l’on m’explique qui va réclamer le corps d’un noyé et payer pour son rapatriement si il ne s’agit pas d’un membre de sa famille ou l’un de ses proches ! »

    Pour lui, l’impasse bureaucratique s’explique aussi par des conflits politiques. Il doit y avoir des querelles internes entre juges, ce qui rend l’affaire « encore plus lamentable » estime-t-il. « Moi, je ne suis personne, mais c’est à moi que l’on envoie des photos, déplore-t-il. J’en reçois toute la journée sur mon téléphone. Tout le monde a mon numéro : les policiers ou des membres des ONG... » Martin Zamorra voudrait que les choses aillent plus vite.

    Pour se faire comprendre, le croque-mort fait défiler sous nos yeux des dizaines de conversations Whatsapp. On aperçoit alors sur l’écran du smartphone (qui ne semble jamais s’arrêter de sonner) des visages de morts et de vivants, des photocopies de papiers d’identité.

    Effectue-t-il un travail de détective ? À cette question qu’il entend souvent, Martin Zamorra soupire. Il hausse les épaules et répond que son seul domaine, « c’est la thanatologie, je ne suis un expert que dans le domaine funéraire ».

    Quand on lui demande comment il fait payer ses précieux services, il reste flou. Il n’évoque pas de compassion particulière. Mais derrière des airs de misanthrope, ses yeux et sa voix trahissent une grande émotion quand il explique son travail.

    Albert Bitoden Yaka, un travailleur social d’Algésiras venu du Cameroun il y a une vingtaine d’année connaît Martin Zamorra et sa drôle de quête. « Il veut aider les migrants, il fait beaucoup pour eux. Pourquoi et comment… ? Il y a certainement une part de mystère mais c’est comme si il avait une dette morale. Il a une grande sensibilité, il vit avec la douleur des gens ».

    Une ONG s’est créée il y a peu : le Centre International Pour l’Identification des Migrants Disparus (CIPIMD). L’organisation estime que 769 personnes sont mortes - ou portées disparues - pour la seule année 2018, en tentant d’atteindre les côtes espagnoles. Elle réclame des autorités espagnoles un peu plus de coopération mais elle sait qu’il y aura toujours Martin Zamorra pour tenter de résoudre les affaires les plus compliquées.

    #identification #corps #cadavres #asile #migrations #réfugiés #mourir_en_mer #Méditerranée #Maroc #Espagne

  • Le numéro 1, un très beau numéro de la revue
    #Nunatak , Revue d’histoires, cultures et #luttes des #montagnes...

    Sommaire :

    Une sensation d’étouffement/Aux frontières de l’Iran et de l’Irak/Pâturages et Uniformes/La Banda Baudissard/
    À ceux qui ne sont responsables de rien/Des plantes dans l’illégalité/Conga no va !/Mundatur culpa labore

    La revue est disponible en pdf en ligne (https://revuenunatak.noblogs.org/numeros), voici l’adresse URL pour télécharger le numéro 1 :
    https://revuenunatak.noblogs.org/files/2017/03/Nunatak1HiverPrintemps2017.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

  • L’Argentine retrouve “la petite-fille nº 129”, enlevée à sa famille pendant la dictature | Romina Navarro
    https://fr.globalvoices.org/2019/04/13/235350

    Le 9 avril en fin d’après-midi, les Grands-mères de la place de Mai [fr] (une ONG argentine de défense des droits humains) ont annoncé lors d’une conférence de presse avoir retrouvé la petite-fille nº 129, disparue en Argentine pendant la dernière dictature [fr]. La petite-fille en question est une femme de 42 ans qui vit en Espagne et son identification marque une nouvelle victoire pour l’organisation qui se bat depuis plus de 40 ans pour localiser ces enfants [disparus] et les rendre à leurs familles légitimes. Source : Global Voices

  • Island.eu

    Island.eu was the first event in the #Vertical_Atlas research project. It explores ways of mapping new techno-political geographies, based on the tension between Europe’s data protection against the borderless reality of cyberspace and the simultaneous datafication of the Mediterranean sea as an extended border of European sovereignty.

    https://verticalatlas.hetnieuweinstituut.nl/en/islandeu
    #données #surveillance #cyberspace #internet #cartographie #technologie #cartographie #souveraineté #identité #identification #iris #IrisGuard #Attribute_Based_Credentials #ABC
    ping @fil

  • Au pays des disparus

    #Taina_Tervonen remonte le fil de l’histoire d’un #migrant_anonyme, décédé à bord du chalutier clandestin qui a fait naufrage dans les eaux internationales, au large de la #Libye. Sa piste l’emmène de Milan à Catane, en passant par le #Niger et le #Sénégal. Sur sa route, elle croise des centaines de destins brisés aux portes de l’Europe, et entend le désarroi de leurs proches face à l’impossible #deuil. Une enquête, aussi bouleversante que vertigineuse, sur un des plus gros enjeux de notre temps.
    18 avril 2015. Un chalutier clandestin transportant
    800 personnes en direction de l’Italie sombre
    dans les eaux internationales, au large de la Libye.
    Au lendemain du naufrage, Matteo Renzi s’engage
    devant la presse à remonter l’épave et à donner à
    chaque victime une sépulture digne et un nom.
    Lorsque la journaliste Taina Tervonen se rend
    à la #morgue de Milan seize mois plus tard, pour
    rencontrer l’équipe en charge des identifications, elle
    découvre parmi les objets personnels des naufragés
    un téléphone Nokia jaune citron en trois morceaux
    et un bout de plastique, destiné à le protéger de l’eau.
    C’est tout ce qui reste de #PM390047, dont le #corps
    resté anonyme est enterré dans le carré des migrants
    du #cimetière de #Catane, en Sicile.
    Qui était-il ? Taina Tervonen décide de remonter
    le fil de son histoire, de Milan à Catane, en passant
    par le Niger et le Sénégal. Sur sa route, elle croise
    des dizaines de destins brisés aux portes de l’Europe,
    et entend le désarroi de leurs proches face à
    l’impossible deuil. Une enquête, aussi bouleversante
    que vertigineuse, sur un des plus gros enjeux de notre
    temps.
    Taina Tervonen est journaliste et réalisatrice.
    Elle a travaillé sur les disparus en Bosnie et en
    Méditerranée.


    https://www.fayard.fr/documents-temoignages/au-pays-des-disparus-9782213712390
    #parcours_migratoire #route_migratoire #mort #décès #livre #mourir_en_mer #migrations #réfugiés #frontières #ceux_qui_restent #anonymat #identification

    ping @reka @karine4 @isskein @pascaline

  • A défaut d’un système d’#identification centralisé concernant les migrants irréguliers décédés en mer. Des #morts_sous_X par centaines

    Comment des milliers de migrants morts échoués sur les côtés marocains sont-ils identifiés ? Comment les autorités marocaines parviennent-elles à connaître leurs noms et leur identité et permettent-elles à leurs familles de faire leur deuil ? « Le taux d’identification demeure faible voire limité et ce sujet ne semble pas se poser avec acuité pour les autorités locales », a indiqué Younous Arbaoui, responsable plaidoyer & coordination au sein de la Plateforme nationale protection migrants (PNPM) lors d’une conférence de presse organisée mercredi dernier pour présenter le rapport de la PNPM intitulé « Identification des personnes migrantes décédées aux frontières maritimes marocaines ». D’après lui, les autorités marocaines ne disposent d’aucun système centralisé ni de démarches procédurales permettant d’identifier les corps des migrants qui voyagent le plus souvent sans documents d’identité.
    L’intervenant a également précisé que l’identification des corps se fait grâce à des témoignages (déclarations des migrants qui ont vécu avec le défunt, des représentants communautaires ou associations) ou à des témoins (reconnaissance faciale par un membre de la famille ou un ami). Pourtant, il a précisé que le taux d’identification demeure très faible comme en atteste le cas de la ville de Tanger où ce taux ne dépasse pas, en moyenne, 2% selon des chiffres émanant des responsables de la morgue de la ville, ce qui veut dire que 98% des personnes repêchées par les autorités de Tanger sont non-identifiées et restent anonymes. A Nador, le taux est également très faible. En fait, sur les 81 corps repêchés au cours de l’été 2017, seulement 15 personnes ont été identifiées soit uniquement 18,5 %. Idem à Tétouan où la majorité des morts n’a pas été identifiée formellement.
    Concernant l’identification par témoin, l’intervenant a révélé que, souvent, les personnes qui ont survécu au naufrage sont rapidement séparées des morts par les autorités qui les considèrent comme des « migrants irréguliers » qui n’intéressent que les seules autorités nationales chargées du contrôle des frontières et ces personnes sont même souvent soit déplacées de force vers les villes du Sud du Maroc ou bien détenues/expulsées sans les impliquer ou leur donner l’occasion de contribuer à l’identification de leurs compagnons de voyage.
    En ce qui concerne l’usage des indices matériels trouvés sur les corps des victimes, la manière dont ils sont analysés et archivés n’est pas claire. Idem pour l’autopsie où l’expertise, les ressources ou encore le savoir-faire qui font défaut.
    Pour les méthodes basées sur l’analyse des empreintes et l’ADN (méthodes formelles), le défi est souvent de trouver des échantillons de référence. Ceci d’autant plus que les migrants ne sont pas tous enregistrés auprès des autorités marocaines avant leur mort. En fait, un nombre important de migrants n’est pas connu par les autorités car ils entrent clandestinement au Maroc et se dirigent vers Tanger ou Nador.
    Cependant, l’intervenant a affirmé que les migrants sénégalais font exception puisque la majorité des morts est identifiée grâce à l’implication du consulat sénégalais à travers ses agents installés dans différentes provinces du Maroc.
    L’autre problème, et non le moindre, réside dans la décomposition des corps des migrants décédés. C’est souvent le cas lorsque les dépouilles restent longtemps en mer et/ou conservées dans les réfrigérateurs de la morgue. A ce propos, Elouafa Jamal, de clinque El Hijra- Rabat, a indiqué que les autorités marocaines peinent à trouver des espaces et des facilités pour conserver les corps. Les témoignages collectés montrent que la capacité des morgues dans les trois villes concernées (Tanger, Tétouan et Nador) est limitée. Dans ce sens, il a noté qu’à Nador, la morgue est souvent obligée de conserver plus de dépouilles dans des espaces destinés initialement à en accueillir moins et qu’il arrive même que des corps soient conservés dans des chambres dont la température est inadéquate. Pire, quand un corps n’est pas identifié dans les deux mois, le procureur du Roi à Nador donne l’ordre de l’enterrer, ce qui permet de décharger la morgue. A Tétouan, la morgue est parfois obligée de mettre deux corps dans un espace destiné à un seul dans l’attente de la mise en fonction de la nouvelle morgue qui souffre d’un manque de personnel. A Tanger, la capacité de la morgue est limitée car l’identification prend du temps et si la dépouille n’est pas identifiée à l’issue de deux mois, elle doit être enterrée.
    Comment le PNPM envisage-t-il de résoudre ce problème ? Quelle réponse institutionnelle, réglementaire et juridique faut-il y apporter ? Qui sera chargé de gérer ce dossier face à la multiplication des intervenants (ministères de la Santé, de l’Intérieur et de la Justice, communes, Gendarmerie Royale,…) ? Qui doit payer les frais générés par l’opération d’identification (L’ UE, le Maroc, les pays d’origine des migrants, les familles, …) ? « L’enjeux est de taille et sincèrement, nous n’avons pas de réponse claire. D’ailleurs, notre ambition, via ce rapport, est d’ouvrir le débat sur ce sujet et d’impliquer l’opinion publique nationale et les autorités », nous a expliqué Younous Arbaoui. Mais en attendant que ce débat national soit initié, la Plateforme nationale protection migrants recommande l’implication des survivants des naufrages dans la procédure d’identification et le renforcement de la collaboration avec les consulats étrangers.
    Il est également question d’élargir la recherche des empreintes digitales en consultant tous les systèmes d’enregistrement d’empreintes disponibles au niveau national et en impliquant le système d’enregistrement du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sans oublier de collaborer avec les autorités des pays d’origine.
    La PNPM demande de cesser d’arrêter les membres de la famille des défunts qui se présenteraient aux autorités dans l’objectif de leur permettre de prélever des échantillons de référence ADN, et ce même s’ils sont en situation irrégulière ; ou bien de mandater une autre institution (qui n’a pas le mandat d’arrêter les migrants irréguliers) pour opérer les prélèvements d’ADN.
    Le ministère de la Santé a été aussi sollicité afin de pouvoir utiliser les échantillons prélevés dans les établissements de soins dans le cadre d’examens médicaux ou du sang stocké dans les banques dédiées. Le département de la Santé est également appelé à adapter la capacité d’accueil des morgues des villes frontalières au phénomène des morts en mer. Enfin, le PNPM estime qu’il est nécessaire de mener une enquête interne sur le manque d’intérêt des agents chargés de l’identification, sur l’usage des indices matériels trouvés sur les corps des victimes et sur la façon dont ces indices sont analysés et archivés.


    https://www.libe.ma/A-defaut-d-un-systeme-d-identification-centralise-concernant-les-migrants-irreg
    #mer #Mer_Méditerranée #cadavres #décès #mourir_en_mer #morts #asile #migrations #réfugiés #Maroc #Tétouan #taux_d'identification #Tanger #Nador #ADN

    • Les autorités marocaines appelées à identifier les migrants décédés aux frontières maritimes

      Aucune donnée ne permet, aujourd’hui, de connaître le nombre exact de migrants décédés ni la manière avec laquelle ils sont traités en tant que “morts”.

      Ils ne sont pas des anonymes. Ils ont un nom, une famille, une histoire, des droits. Le réseau de plaidoyer “Plateforme nationale de protection des migrants” (PNPM) veut attirer l’attention sur l’identification de migrants décédés aux frontières maritimes marocaines. Aucune donnée ne permet, aujourd’hui, de connaître avec exactitude le nombre de ces décès ni la manière avec laquelle ils sont traités en tant que “morts”. C’est le constat que dresse cette plateforme en ouvrant, ce mercredi à Rabat, le débat sur ce sujet qu’elle estime absent de la scène marocaine. “Il s’agit d’un engagement pris par les Etats dans le cadre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et le droit international qui les contraint à respecter les morts”, déclare le responsable du plaidoyer et coordinateur de la PNPM, Younous Arbaoui, en présentant ce rapport.

      Ce respect dû aux morts commence par leur “donner vie”. Le processus n’a rien de facile, car le taux d’identification formelle des ces migrants décédés, pour le moment, “est très faible”. A Tanger, il est de 2%, selon la morgue, relève ce rapport, constatant, ainsi que 98% des personnes repêchées par les autorités de la ville sont restées des anonymes. Dans la ville de Nador, cette fois-ci, sur 81 morts, au cours de l’été 2017, 15 seulement ont pu être identifiés, soit 18,5%, ajoute la même source. Quant à Tétouan, la plateforme n’a pas réussi à établir une estimation, précisant que la morgue de la ville l’avait informée que la majorité des morts n’est pas identifiée formellement. Toutefois, la PNPM relève une exception auprès des services consulaires sénégalais qui lui ont affirmé, de leur côté, qu’à travers leurs agents installés dans différentes provinces du Maroc, la majorité des personnes décédées d’origine sénégalaise est identifiée.

      Le fait que la plupart de ces migrants décédés ne soit pas identifiée n’est pas sans conséquences. La PNPM explique que leurs familles ne peuvent en faire le deuil, ni prendre les mesures légales que le décès d’un membre implique notamment au niveau de l’héritage, des assurances, du remariage ou encore du pouvoir parental. Une situation qui montre à quel point l’identification formelle doit se faire en tant qu’urgence sociale.

      “Une identification faciale peut se faire par témoins, mais ce n’est pas suffisant pour reconnaître formellement une personne”, signale Younes Arbaoui. Et pour cause, l’identification par témoin n’apporte pas toujours les indices nécessaires mais peut, néanmoins, servir de “valeur ajoutée”, pour augmenter les chances d’identification formelle. Sur ce point, la PNPM regrette que les survivants des naufrages ne soient pas impliqués dans l’identification. Considérés comme des “clandestins”, ces derniers sont séparés des morts et remis aux autorités nationales chargées des frontières, pour être, ensuite, expulsés ou détenus. Tandis que les morts relèvent de la responsabilité des autorités locales, souligne ce rapport.
      Des recommandations

      “Le ministère de l’Intérieur devrait essayer d’impliquer les survivants dans ce processus. C’est notre première recommandation !”, souligne Arbaoui, ajoutant que plusieurs indices matériels peuvent également servir dans ce processus. Ces indices concernent le passeport ou les papiers d’identité retrouvés sur le corps de la victime. “Il faut archiver ces indices pour mener de nouvelles tentatives d’identification. Tout ce que porte la victime doit être conservé. Pour cela, nous recommandons au Maroc de collaborer avec le comité de la Croix rouge en cas de manque d’expertise”, propose le président de la Clinique juridique Hijra, Jamal El Ouafa.

      À ces indices matériels s’ajoutent d’autres, scientifiques, servant à l’identification, notamment les empreintes. “C’est un grand défi ! Souvent, les empreintes sont putréfiées par l’eau. Alors, il faut retrouver les empreintes de la victime enregistrées avant sa mort, sauf que ces migrants ne se font pas enregistrer par les autorités”, constate le coordinateur de la plateforme. Pour relever ce “grand défi”, la PNPM recommande aux autorités marocaines d’élargir leurs recherches à toutes les bases de données disponibles au-delà de la gendarmerie et de la police et d’impliquer également le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ce dernier procède, en effet, à l’enregistrement des demandeurs d’asile et peut aider, selon la PNPM, à identifier certaines victimes. Et à ces efforts, la plateforme recommande de joindre les autorités des pays d’origine pour faciliter l’identification.

      Tout aussi formelle que les empreintes, l’analyse ADN est également recommandée par la plateforme estimant, toutefois, que la difficulté de trouver l’échantillon référence pose là aussi une sérieuse difficulté. “D’après les témoignages recueillis, la seule possibilité est de faire appel à la famille de la victime. Mais, parfois, cette dernière ne réside pas au Maroc, sinon, elle est réticente à se présenter aux autorités”, fait remarquer Arbaoui. Et de préciser qu’”à Tanger, la PNPM a appris que certains membres de familles se sont faits arrêter alors qu’ils se présentaient pour un prélèvement ADN”.

      La plateforme appelle ainsi les autorités à ne pas interpeller les familles concernées “même si ses membres sont clandestins” et recommande aux ministères de l’Intérieur et de la Santé de travailler en collaboration pour établir une base de données commune. “Il est préférable de faire appel à des institutions qui n’ont pas pour mandat d’arrêter le migrant irrégulier, comme les morgues, afin d’effectuer ces prélèvements”, propose-t-elle.

      Autre problème que le Maroc est appelé à résoudre concerne les morgues. A Tanger, indique Jamal El Ouafa, “au bout de 2 mois, le corps d’un migrant anonyme est enterré et si l’identification est accomplie, l’enterrement doit se faire dans les plus brefs délais”. Le ministère de la Santé devrait adapter la capacité de ses morgues se trouvant dans les zones frontalières à ce phénomène, estime-t-il.

      Par ailleurs, la PNPM nourrit un doute quant à la volonté des fonctionnaires locaux de procéder à l’identification de ces morts. Dans son rapport, elle suppose que les agents de l’autorité ne font pas assez, par conviction, peut-être, que cette mission relève de “l’impossible”. “La victime est considérée comme ‘juste’ un migrant”, souligne le coordinateur de la plateforme, appelant le ministère de l’Intérieur à mener des enquêtes internes pour s’en assurer. “Il faut s’assurer si ce n’est pas l’attitude des fonctionnaires locaux envers les migrants, liée à leur origine ou à la manière dont ils sont décrits par les politiciens et parfois les médias comme ‘un groupe’ qui est à l’origine du faible taux d’identification”.

      https://www.huffpostmaghreb.com/entry/les-autorites-marocaines-appelees-a-identifier-les-migrants-decedes

  • Un projet de #fichage géant des citoyens non membres de l’#UE prend forme en #Europe

    Un accord provisoire a été signé le 5 février entre la présidence du Conseil européen et le Parlement européen pour renforcer les contrôles aux frontières de l’Union. Il va consolider la mise en commun de fichiers de données personnelles. Les défenseurs des libertés individuelles s’alarment.

    Des appareils portables équipés de lecteurs d’#empreintes_digitales et d’#images_faciales, pour permettre aux policiers de traquer des terroristes : ce n’est plus de la science-fiction, mais un projet européen en train de devenir réalité. Le 5 février 2019, un accord préliminaire sur l’#interopérabilité des #systèmes_d'information au niveau du continent a ainsi été signé.

    Il doit permettre l’unification de six #registres avec des données d’#identification_alphanumériques et biométriques (empreintes digitales et images faciales) de citoyens non membres de l’UE. En dépit des nombreuses réserves émises par les Cnil européennes.

    Giovanni Buttarelli, contrôleur européen de la protection des données, a qualifié cette proposition de « point de non-retour » dans le système de base de données européen. En substance, les registres des demandeurs d’asile (#Eurodac), des demandeurs de visa pour l’Union européenne (#Visa) et des demandeurs (système d’information #Schengen) seront joints à trois nouvelles bases de données mises en place ces derniers mois, toutes concernant des citoyens non membres de l’UE.

    Pourront ainsi accéder à la nouvelle base de données les forces de police des États membres, mais aussi les responsables d’#Interpol, d’#Europol et, dans de nombreux cas, même les #gardes-frontières de l’agence européenne #Frontex. Ils pourront rechercher des personnes par nom, mais également par empreinte digitale ou faciale, et croiser les informations de plusieurs bases de données sur une personne.

    « L’interopérabilité peut consister en un seul registre avec des données isolées les unes des autres ou dans une base de données centralisée. Cette dernière hypothèse peut comporter des risques graves de perte d’informations sensibles, explique Buttarelli. Le choix entre les deux options est un détail fondamental qui sera clarifié au moment de la mise en œuvre. »

    Le Parlement européen et le Conseil doivent encore approuver officiellement l’accord, avant qu’il ne devienne législation.

    Les #risques de la méga base de données

    « J’ai voté contre l’interopérabilité parce que c’est une usine à gaz qui n’est pas conforme aux principes de proportionnalité, de nécessité et de finalité que l’on met en avant dès lors qu’il peut être question d’atteintes aux droits fondamentaux et aux libertés publiques, assure Marie-Christine Vergiat, députée européenne, membre de la commission des libertés civiles. On mélange tout : les autorités de contrôle aux #frontières et les autorités répressives par exemple, alors que ce ne sont pas les mêmes finalités. »

    La proposition de règlement, élaborée par un groupe d’experts de haut niveau d’institutions européennes et d’États membres, dont les noms n’ont pas été révélés, avait été présentée par la Commission en décembre 2017, dans le but de prévenir les attaques terroristes et de promouvoir le contrôle aux frontières.

    Les institutions de l’UE sont pourtant divisées quant à son impact sur la sécurité des citoyens : d’un côté, Krum Garkov, directeur de #Eu-Lisa – l’agence européenne chargée de la gestion de l’immense registre de données –, estime qu’elle va aider à prévenir les attaques et les terroristes en identifiant des criminels sous de fausses identités. De l’autre côté, Giovanni Buttarelli met en garde contre une base de données centralisée, qui risque davantage d’être visée par des cyberattaques. « Nous ne devons pas penser aux simples pirates, a-t-il déclaré. Il y a des puissances étrangères très intéressées par la vulnérabilité de ces systèmes. »

    L’utilité pour l’antiterrorisme : les doutes des experts

    L’idée de l’interopérabilité des systèmes d’information est née après le 11-Septembre. Elle s’est développée en Europe dans le contexte de la crise migratoire et des attentats de 2015, et a été élaborée dans le cadre d’une relation de collaboration étroite entre les institutions européennes chargées du contrôle des frontières et l’industrie qui développe les technologies pour le mettre en œuvre.

    « L’objectif de lutte contre le terrorisme a disparu : on parle maintenant de “#fraude_à_l'identité”, et l’on mélange de plus en plus lutte contre la #criminalité et lutte contre l’immigration dite irrégulière, ajoute Vergiat. J’ai participé à la commission spéciale du Parlement européen sur la #lutte_contre_le_terrorisme ; je sais donc que le lien entre #terrorisme et #immigration dite irrégulière est infinitésimal. On compte les cas de ressortissants de pays tiers arrêtés pour faits de terrorisme sur les doigts d’une main. »

    Dans la future base de données, « un référentiel d’identité unique collectera les données personnelles des systèmes d’information des différents pays, tandis qu’un détecteur d’identités multiples reliera les différentes identités d’un même individu », a déclaré le directeur d’Eu-Lisa, lors de la conférence annuelle de l’#Association_européenne_de_biométrie (#European_Association_for_Biometrics#EAB) qui réunit des représentants des fabricants des technologies de #reconnaissance_numérique nécessaires à la mise en œuvre du système.

    « Lors de l’attaque de Berlin, perpétrée par le terroriste Anis Amri, nous avons constaté que cet individu avait 14 identités dans l’Union européenne, a-t-il expliqué. Il est possible que, s’il y avait eu une base de données interopérable, il aurait été arrêté auparavant. »

    Cependant, Reinhard Kreissl, directeur du Vienna Centre for Societal Security (Vicesse) et expert en matière de lutte contre le terrorisme, souligne que, dans les attentats terroristes perpétrés en Europe ces dix dernières années, « les auteurs étaient souvent des citoyens européens, et ne figuraient donc pas dans des bases de données qui devaient être unifiées. Et tous étaient déjà dans les radars des forces de police ».

    « Tout agent des services de renseignement sérieux admettra qu’il dispose d’une liste de 1 000 à 1 500 individus dangereux, mais qu’il ne peut pas les suivre tous, ajoute Kreissl. Un trop-plein de données n’aide pas la police. »

    « L’interopérabilité coûte des milliards de dollars et l’intégration de différents systèmes n’est pas aussi facile qu’il y paraît », déclare Sandro Gaycken, directeur du Digital Society Institute à l’Esmt de Berlin. « Il est préférable d’investir dans l’intelligence des gens, dit l’expert en cyberintelligence, afin d’assurer plus de #sécurité de manière moins intrusive pour la vie privée. »

    Le #budget frontière de l’UE augmente de 197 %

    La course aux marchés publics pour la mise en place de la nouvelle base de données est sur le point de commencer : dans le chapitre consacré aux dépenses « Migration et contrôle des frontières » du budget proposé par la Commission pour la période 2021-2027, le fonds de gestion des frontières a connu une augmentation de 197 %, tandis que la part consacrée aux politiques de migration et d’asile n’a augmenté, en comparaison, que de 36 %.

    En 2020, le système #Entry_Exit (#Ees, ou #SEE, l’une des trois nouvelles bases de données centralisées avec interopérabilité) entrera en vigueur. Il oblige chaque État membre à collecter les empreintes digitales et les images de visages de tous les citoyens non européens entrant et sortant de l’Union, et d’alerter lorsque les permis de résidence expirent.

    Cela signifie que chaque frontière, aéroportuaire, portuaire ou terrestre, doit être équipée de lecteurs d’empreintes digitales et d’images faciales. La Commission a estimé que ce SEE coûterait 480 millions d’euros pour les quatre premières années. Malgré l’énorme investissement de l’Union, de nombreuses dépenses resteront à la charge des États membres.

    Ce sera ensuite au tour d’#Etias (#Système_européen_d’information_de_voyage_et_d’autorisation), le nouveau registre qui établit un examen préventif des demandes d’entrée, même pour les citoyens de pays étrangers qui n’ont pas besoin de visa pour entrer dans l’UE. Cette dernière a estimé son coût à 212,1 millions d’euros, mais le règlement, en plus de prévoir des coûts supplémentaires pour les États, mentionne des « ressources supplémentaires » à garantir aux agences de l’UE responsables de son fonctionnement, en particulier pour les gardes-côtes et les gardes-frontières de Frontex.

    C’est probablement la raison pour laquelle le #budget proposé pour Frontex a plus que triplé pour les sept prochaines années, pour atteindre 12 milliards d’euros. Le tout dans une ambiance de conflits d’intérêts entre l’agence européenne et l’industrie de la biométrie.

    Un membre de l’unité recherche et innovation de Frontex siège ainsi au conseil d’administration de l’#Association_européenne_de_biométrie (#EAB), qui regroupe les principales organisations de recherche et industrielles du secteur de l’identification numérique, et fait aussi du lobbying. La conférence annuelle de l’association a été parrainée par le géant biométrique français #Idemia et la #Security_Identity_Alliance.

    L’agente de recherche de Frontex et membre du conseil d’EAB Rasa Karbauskaite a ainsi suggéré à l’auditoire de représentants de l’industrie de participer à la conférence organisée par Frontex avec les États membres : « L’occasion de montrer les dernières technologies développées. » Un représentant de l’industrie a également demandé à Karbauskaite d’utiliser son rôle institutionnel pour faire pression sur l’Icao, l’agence des Nations unies chargée de la législation des passeports, afin de rendre les technologies de sécurité des données biométriques obligatoires pour le monde entier.

    La justification est toujours de « protéger les citoyens européens du terrorisme international », mais il n’existe toujours aucune donnée ou étude sur la manière dont les nouveaux registres de données biométriques et leur interconnexion peuvent contribuer à cet objectif.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/250219/un-projet-de-fichage-geant-de-citoyens-prend-forme-en-europe
    #surveillance_de_masse #surveillance #étrangers #EU #anti-terrorisme #big-data #biométrie #complexe_militaro-industriel #business

    • Règlement (UE) 2019/817 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2019 portant établissement d’un cadre pour l’interopérabilité des systèmes d’information de l’UE dans le domaine des frontières et des visas

      Point 9 du préambule du règlement UE 2019/817

      "Dans le but d’améliorer l’efficacité et l’efficience des vérifications aux frontières extérieures, de contribuer à prévenir et combattre l’immigration illégale et de favoriser un niveau élevé de sécurité au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice de l’Union, y compris la préservation de la sécurité publique et de l’ordre public et la sauvegarde de la sécurité sur les territoires des États membres, d’améliorer la mise en œuvre de la politique commune des visas, d’aider dans l’examen des demandes de protection internationale, de contribuer à la prévention et à la détection des infractions terroristes et d’autres infractions pénales graves et aux enquêtes en la matière, de faciliter l’identification de personnes inconnues qui ne sont pas en mesure de s’identifier elles-mêmes ou des restes humains non identifiés en cas de catastrophe naturelle, d’accident ou d’attaque terroriste, afin de préserver la confiance des citoyens à l’égard du régime d’asile et de migration de l’Union, des mesures de sécurité de l’Union et de la capacité de l’Union à gérer les frontières extérieures, il convient d’établir l’interopérabilité des systèmes d’information de l’UE, à savoir le système d’entrée/de sortie (EES), le système d’information sur les visas (VIS), le système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS), Eurodac, le système d’information Schengen (SIS) et le système européen d’information sur les casiers judiciaires pour les ressortissants de pays tiers (ECRIS-TCN), afin que lesdits systèmes d’information de l’UE et leurs données se complètent mutuellement, tout en respectant les droits fondamentaux des personnes, en particulier le droit à la protection des données à caractère personnel. À cet effet, il convient de créer un portail de recherche européen (ESP), un service partagé d’établissement de correspondances biométriques (#BMS partagé), un répertoire commun de données d’identité (#CIR) et un détecteur d’identités multiples (#MID) en tant qu’éléments d’interopérabilité.

      http://www.europeanmigrationlaw.eu/fr/articles/actualites/bases-de-donnees-interoperabilite-reglement-ue-2019817-frontier

  • Au #Mali, #Niger et #Sénégal, le marché de l’identité en plein essor

    De plus en plus d’États africains font appel à des entreprises étrangères, notamment françaises, pour fabriquer des #cartes_d’identité biométriques, qui servent aussi de #cartes_électorales sécurisées. Un projet soutenu par l’Europe qui y voit une occasion de mieux contrôler les flux migratoires.

    De plus en plus d’États africains font appel à des entreprises étrangères, notamment françaises, pour fabriquer des cartes d’identité biométriques, qui servent aussi de cartes électorales sécurisées. Un projet soutenu par l’Europe qui y voit une occasion de mieux contrôler les flux migratoires.

    Niger, Sénégal, Mali, de nos envoyés spéciaux.- Sur le continent africain, les États font de plus en plus souvent appel aux services d’entreprises étrangères spécialisées dans le domaine de l’état civil et leur confient la fabrication de cartes d’identité biométriques, qui sont aussi souvent utilisées comme cartes électorales.
    C’est par exemple le cas, au Mali, du groupe français #Idemia [nouveau nom, depuis 2017, de #OT-Morpho, né de la fusion des sociétés #Oberthur_Technologies (OT) et Morpho], du franco-néerlandais #Gemalto au Niger, et de la société malaisienne #Iris au Sénégal.
    Ce processus est appuyé par la Commission européenne, par le biais de son #Fonds_fiduciaire_d’urgence_pour_l’Afrique. Un partenariat dans lequel chacun trouve son intérêt : les chefs d’État ouest-africains entrevoient la tenue d’élections indiscutables, tandis que la diplomatie européenne touche du doigt le Graal du contrôle de l’immigration irrégulière en permettant l’accès direct à une base de données centralisée des citoyens subsahariens. Celle-ci permettrait aux États membres de l’Union européenne (UE) d’identifier et de renvoyer plus facilement les migrants irréguliers dans leur pays d’origine.
    Un projet « gagnant-gagnant » donc, pour lequel la Commission européenne pourra recevoir un retour sur investissement des 25 millions d’euros dépensés au Mali, et des 28 millions d’euros au Sénégal. Le projet devrait permettre de disposer d’un système d’information de l’état civil informatisé relié à une #base_de_données biométriques à même de sécuriser l’identité de la population et d’être exploitable par d’autres administrations utilisatrices.
    « Il y a une demande d’appui des autorités maliennes auprès de l’UE, qui considère qu’il y a un besoin. C’est une sorte d’interactivité : un état civil qui fonctionne bien va permettre à la population de bénéficier des services auxquels elle a droit. L’aspect contrôle des populations n’est que secondaire », assure Omar Merabet, conseiller du PDG de Civipol, agence française qui travaille, au Mali et au Sénégal, sur deux importants programmes d’état civil qui servent de base de données pour la biométrie électorale.
    Il résume : « La relation entre identité et sécurité est là : si on a un fichier sécurisé, on a une possibilité de traçabiliser la population – un idéal de politique. »
    Des militants de la société civile ouest-africaine s’interrogent néanmoins sur l’utilisation réelle des données personnelles collectées et sur le risque d’utilisation abusive par l’État ou des tiers. Cette préoccupation est également partagée par Omar Merabet : « On sait l’usage qu’en fait un pays donné aujourd’hui, mais qu’en sera-t-il demain ? C’est un problème essentiel car on va consacrer énormément de financements à centraliser ces données, pour la question de l’immigration par exemple, avoir des fichiers ultra précis, partagés avec les services… Il va y avoir de plus en plus de communication et donc de possibilités d’utiliser frauduleusement ces données. »

    « Nous pensons que nous n’avons pas assez de détails sur la question et que nous ne sommes pas bien informés par nos gouvernements, estime le juriste Djabel Magassa, porte-parole de Kouloubametre, site internet « d’initiative citoyenne d’évaluation et suivi des actions des gouvernants ». Quelles sont les garanties de la part de l’Union européenne que ces données ne seront pas utilisées à d’autres fins – par exemple, d’identifier des migrants en vue de leur expulsion par Frontex ? »

    L’hypothèse est balayée par l’État malien. « Au Mali existe une loi qui protège les données personnelles, ainsi que l’Autorité de protection des données à caractère individuel qui surveille l’utilisation des telles informations. Il n’est donc pas possible de donner ces données à un pays européen ou à une structure pour surveiller les migrants », affirme Fousseyni Diarra, directeur du Centre pour le traitement des données de l’état civil et président de la commission technique du Comité de pilotage des élections présidentielles qui ont eu lieu l’été dernier.

    En dépit des risques et des limites, la solution biométrique s’étend dans l’Afrique subsaharienne. Un nouveau front s’est ouvert au Niger, voisin du Mali.

    Au Niger, la France et l’Allemagne à la manœuvre

    « On est entourés de pays plongés dans la tourmente, comme le Mali, le Nigeria, la Libye et le Burkina Faso, explique Issaka Souna. Le Niger ne peut pas se permettre un processus électoral tendu. » Avocat et haut fonctionnaire des Nations unies, Souna a été nommé en octobre 2017 à la tête de la Commission électorale indépendante du Niger (CENI). Au cœur de son travail, la mise en place d’un fichier électoral biométrique.

    Après des années de pourparlers, le fichier biométrique a été intégré dans le nouveau code électoral. Pour Issaka Souna, la difficulté principale est l’absence d’un système d’état civil fiable : « Moins de 30 % de nos concitoyens possèdent une pièce d’identité. On a un territoire immense et une partie de la population est nomade : fournir presque dix millions de cartes électorales biométriques en moins d’un an sera une épreuve colossale. »

    Le premier test, ce seront les élections locales, reportées quatre fois depuis 2016 et prévues pour début 2020. Présidentielle et législatives sont prévues pour 2021. Mahamadou Issoufou sera alors arrivé au terme de son deuxième mandat et ne sera plus éligible.

    Ici, tout en étant le principal bailleur de fonds du Niger, l’Union européenne n’a pas financé la #biométrisation des élections. « Sans un état civil performant, cela n’a pas de sens, confie un fonctionnaire de Bruxelles, sous le couvert de l’anonymat. C’est comme acheter une Porsche là où on n’a même pas un chemin pour se promener. »

    Selon le fonctionnaire, « l’inscription d’un #fichier_biométrique dans la loi permet aux gouvernements de faire du #chantage à l’UE. Ils disent : “Si vous voulez des élections démocratiques, il faut financer la biométrie.” » Soit une dépense, pour créer le fichier, qui tournerait autour des 60 millions d’euros.

    Le fonctionnaire ajoute qu’au sein de la délégation européenne au Niger, « on a dû résister aux pressions des diplomates français et allemands qui voulaient qu’on finance cette biométrie ».
    Les pressions des groupes français

    Un document interne, obtenu par Mediapart, détaille le parcours de sélection de l’opérateur privé au Niger. En concurrence, quatre sociétés : #Gemalto, dont l’actionnaire majoritaire est la Banque publique d’investissement français, #Idemia, propriété de l’État français à 14 %, la société privée allemande #Dermalog, et #Lithotech, compagnie du géant sud-africain #Bidvest, liée à un fonds public de Johannesburg.

    Seuls les deux premiers, français, ont survécu au long processus de sélection – 17 jours de travail d’un comité technique, en octobre 2018 –, dont les résultats, pas encore proclamés après des mois, ont déjà provoqué quelques bouleversements : Dermalog, exclue de la sélection finale en raison de son mauvais score (32,5 points sur 100), aurait fait appel. Contactée, la société a refusé de commenter.

    Gemalto (déjà fortement sollicité sur le marché biométrique africain, notamment en #Algérie, #Bénin, #Burkina_Faso, #Comores, #Gabon et #Guinée-Conakry) a fini par l’emporter, avec 92 points sur 100 face aux 77 de Idemia, d’après l’évaluation technique. Le marché s’élève à 20 milliards de francs CFA (30,5 millions d’euros) sur 16 mois, d’après le président de la CENI Issaka Souna.

    Avant l’officialisation du contrat, le groupe français était à l’affût de la moindre mise en cause de ses activités : il a ainsi exigé la publication d’un droit de réponse dans le bi-hebdomadaire nigérien L’Événement. En cause : des informations « de nature à nuire à la bonne réputation du groupe », selon Gemalto. L’entreprise y conteste notamment l’existence d’une plainte pour corruption passive ou active d’agent étranger au Gabon. Plainte qui a pourtant bien été enregistrée à Paris.

    Le Sénégal, pionnier des cartes biométriques dans la région

    Contrairement au Mali et au Niger, le marché de la biométrie au Sénégal n’est pas dominé par une société française mais par le groupe malaisien #Iris_Corporation_Berhad. Premier pays de la région à avoir, en 2007, engagé le processus de biométrisation prévu par l’accord de la #CEDEAO – visant officiellement à faciliter la circulation des personnes dans l’espace régional –, le Sénégal a élu son président, le 24 février dernier, en utilisant des documents électoraux produits par le géant asiatique pour un montant de 50 milliards de francs CFA (environ 76 millions d’euros).

    Si, à quelques jours des élections du 24 février, le gouvernement a annoncé un taux de distribution des cartes biométriques de 97 %, la société traîne encore quelques casseroles.

    Lors des élections législatives de juillet 2017, de graves dysfonctionnements dans le processus de distribution des cartes ont empêché environ 800 000 personnes de voter. En 2007, le contrat de production de passeports biométriques, attribué déjà à Iris, a été suspendu et jugé, dans un rapport public de la Cour des comptes sénégalaise de 2009, « contraire à l’intérêt général » et « irrégulier » parce que trop coûteux et lent (118 milliards de francs CFA pour 10 millions de documents en vingt ans).

    L’expert informaticien et cyberactiviste sénégalais Cheick Fall, cofondateur de la Ligue africaine des web activistes pour la démocratie Africtivistes, parle d’#indépendance_numérique violée. « Le Sénégal a péché en allant confier le traitement de ces données à une entreprise étrangère. » Selon lui, il y aurait dans le pays toutes les compétences techniques et humaines pour confectionner la carte biométrique directement au Sénégal, « à un dixième du coût ».

    Pour lui, pas mal de questions se cachent dans cette petite carte. « Comment cette entreprise va-t-elle traiter nos informations ? Qui gère, qui collabore et qui a des intérêts avec elle ? Quels sont les contrats qui lient l’État avec cette société sur la confection mais aussi sur le traitement et la conservation des donnés sensibles ? » Une interrogation plus profonde sous-tend sa réflexion : « Aujourd’hui, on parle beaucoup des barrières, mais dans une société de plus en plus dématérialisée et fondée sur la citoyenneté digitale, qu’est-ce qu’une frontière ? »

    https://www.mediapart.fr/journal/international/050319/au-mali-niger-et-senegal-le-marche-de-l-identite-en-plein-essor?onglet=ful
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #biométrie #privatisation
    #contrôles_frontaliers #identification #business #complexe_militaro-industriel #UE #EU #big-data #surveillance_de_masse #traçabilité

    signalé par @pascaline via la mailing-list de Migreurop
    ping @karine4

    Ajouté à la métaliste externalisation :
    https://seenthis.net/messages/731749

  • Au #Niger, l’UE mise sur la #police_locale pour traquer les migrants

    Au Niger, l’Union européenne finance le contrôle biométrique des frontières. Avec pour objectif la lutte contre l’immigration, et dans une opacité parfois très grande sur les méthodes utilisées.

    Niger, envoyé spécial.– Deux semaines après une attaque meurtrière attribuée aux groupes armés djihadistes, un silence épais règne autour du poste de la gendarmerie de Makalondi, à la frontière entre le Niger et le Burkina Faso. Ce jour de novembre 2018, un militaire nettoie son fusil avec un torchon, des cartouches scintillantes éparpillées à ses pieds. Des traces de balles sur le mur blanc du petit bâtiment signalent la direction de l’attaque. Sur le pas de la porte, un jeune gendarme montre son bras bandé, pendant que ses collègues creusent une tranchée et empilent des sacs de sable.
    L’assaut, à 100 kilomètres au sud de la capitale Niamey, a convaincu le gouvernement du Niger d’étendre les mesures d’état d’urgence, déjà adoptées dans sept départements frontaliers avec le Mali, à toute la frontière avec le Burkina Faso. La sécurité a également été renforcée sur le poste de police, à moins d’un kilomètre de distance de celui de la gendarmerie, où les agents s’affairent à une autre mission : gérer les flux migratoires.
    « On est les pionniers, au Niger », explique le commissaire Ismaël Soumana, montrant les équipements installés dans un bâtiment en préfabriqué. Des capteurs d’empreintes sont alignés sur un comptoir, accompagnés d’un scanneur de documents, d’une microcaméra et d’un ordinateur. « Ici, on enregistre les données biométriques de tous les passagers qui entrent et sortent du pays, on ajoute des informations personnelles et puis on envoie tout à Niamey, où les données sont centralisées. »
    Makalondi est le premier poste au Niger à avoir installé le Midas, système d’information et d’analyse de données sur la migration, en septembre 2018. C’est la première étape d’un projet de biométrisation des frontières terrestres du pays, financé par l’UE et le #Japon, et réalisé conjointement par l’#OIM, l’Organisation internationale pour les migrations – créatrice et propriétaire du système #Midas –, et #Eucap_Sahel_Niger, la mission de sécurité civile de Bruxelles.


    Au cœur de ce projet, il y a la Direction pour la surveillance du territoire (DST), la police aux frontières nigérienne, dont le rôle s’est accru au même rythme que l’intérêt européen à réduire la migration via le Niger. Dans un quartier central de Niamey, le bureau du directeur Abdourahamane Alpha est un oasis de tranquillité au milieu de la tempête. Tout autour, les agents tourbillonnent, en se mêlant aux travailleurs chinois qui renouvellent leur visa et aux migrants ouest-africains sans papiers, en attente d’expulsion.
    Dessinant une carte sur un morceau de papier, le commissaire Alpha trace la stratégie du Niger « pour contrôler 5 000 kilomètres de frontière avec sept pays ». Il évoque ainsi les opérations antiterrorisme de la force G5 Sahel et le soutien de l’UE à une nouvelle compagnie mobile de gardes-frontières, à lancer au printemps 2019.
    Concernant le Midas, adopté depuis 2009 par 23 pays du monde, « le premier défi est d’équiper tous les postes de frontière terrestre », souligne Alpha. Selon l’OIM, six nouveaux postes devraient être équipés d’ici à mi-2020.

    Un rapport interne réalisé à l’été 2018 et financé par l’UE, obtenu par Mediapart, estime que seulement un poste sur les douze visités, celui de Sabon Birni sur la frontière avec le Nigeria, est apte à une installation rapide du système Midas. Des raisons de sécurité, un flux trop bas et composé surtout de travailleurs frontaliers, ou encore la nécessité de rénover les structures (pour la plupart bâties par la GIZ, la coopération allemande, entre 2015 et 2016), expliquent l’évaluation prudente sur l’adoption du Midas.
    Bien que l’installation de ce système soit balbutiante, Abdourahamane Alpha entrevoit déjà le jour où leurs « bases de données seront connectées avec celles de l’UE ». Pour l’instant, du siège de Niamey, les agents de police peuvent consulter en temps quasi réel les empreintes d’un Ghanéen entrant par le Burkina Faso, sur un bus de ligne.
    À partir de mars 2019, ils pourront aussi les confronter avec les fichiers du Pisces, le système biométrique du département d’État des États-Unis, installé à l’aéroport international de Niamey. Puis aux bases de données d’Interpol et du Wapis, le système d’information pour la police de l’Afrique de l’Ouest, un fichier biométrique financé par le Fonds européen de développement dans seize pays de la région.
    Mais si le raccordement avec des bases de données de Bruxelles, envisagé par le commissaire Alpha, semble une hypothèse encore lointaine, l’UE exerce déjà un droit de regard indirect sur les écrans de la police nigérienne, à travers Frontex, l’agence pour le contrôle des frontières externes.

    Frontex a en effet choisi le Niger comme partenaire privilégié pour le contrôle migratoire sur la route dite de la Méditerranée centrale. En août 2017, l’agence y a déployé son unique officier de liaison en Afrique et a lancé, en novembre 2018, la première cellule d’analyse de risques dans le continent. Un projet financé par la coopération au développement de l’UE : 4 millions d’euros destinés à ouvrir des cellules similaires dans huit pays subsahariens.
    L’agence n’a dévoilé à Mediapart que six documents sur onze relatifs à ses liens avec le Niger, en rappelant la nécessité de « protéger l’intérêt public concernant les relations internationales ». Un des documents envoyés concerne les cellules d’analyse de risques, présentées comme des bureaux équipés et financés par Frontex à l’intérieur des autorités de contrôle des frontières du pays, où des analystes formés par l’agence – mais dépendants de l’administration nationale – auront accès aux bases de données.
    Dans la version intégrale du document, que Mediapart a finalement pu se procurer, et qui avait été expurgée par Frontex, on apprend que « les bases de données du MIDAS, PISCES et Securiport [compagnie privée de Washington qui opère dans le Mali voisin, mais pas au Niger – ndlr] seront prises en considération comme sources dans le plan de collecte de données ».
    En dépit de l’indépendance officielle des cellules par rapport à Frontex, revendiquée par l’agence, on peut y lire aussi que chaque cellule aura une adresse mail sur le serveur de Frontex et que les informations seront échangées sur une plateforme digitale de l’UE. Un graphique, également invisible dans la version expurgée, montre que les données collectées sont destinées à Frontex et aux autres cellules, plutôt qu’aux autorités nationales.
    Selon un fonctionnaire local, la France aurait par ailleurs fait pression pour obtenir les fichiers biométriques des demandeurs d’asile en attente d’être réinstallés à Paris, dans le cadre d’un programme de réinstallation géré par le UNHCR.
    La nouvelle Haute Autorité pour la protection des données personnelles, opérationnelle depuis octobre 2018, ne devrait pas manquer de travail. Outre le Midas, le Pisces et le Wapis, le Haut Commissariat pour les réfugiés a enregistré dans son système Bims les données de presque 250 000 réfugiés et déplacés internes, tandis que la plus grande base biométrique du pays – le fichier électoral – sera bientôt réalisée.
    Pendant ce temps, au poste de frontière de Makalondi, un dimanche de décembre 2018, les préoccupations communes de Niamey et Bruxelles se matérialisent quand les minibus Toyota laissent la place aux bus longue distance, reliant les capitales d’Afrique occidentale à Agadez, au centre du pays, avec escale à Niamey. Des agents fouillent les bagages, tandis que les passagers attendent de se faire enregistrer.
    « Depuis l’intensification des contrôles, en 2016, le passage a chuté brusquement, explique le commissaire Ismaël Soumana. En parallèle, les voies de contournement se sont multipliées : si on ferme ici, les passeurs changent de route, et cela peut continuer à l’infini. »
    Les contrôles terminés, les policiers se préparent à monter la garde. « Car les terroristes, eux, frappent à la nuit, et nous ne sommes pas encore bien équipés », conclut le commissaire, inquiet.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/280219/au-niger-l-ue-mise-sur-la-police-locale-pour-traquer-les-migrants
    #migrations #réfugiés #asile #traque #externalisation #contrôles_frontaliers #EU #UE #Eucap #biométrie #organisation_internationale_contre_les_migrations #IOM

    J’ajoute à la métaliste :
    https://seenthis.net/messages/731749

    • Biometrics: The new frontier of EU migration policy in Niger

      The EU’s strategy for controlling irregular West African migration is not just about asking partner countries to help stop the flow of people crossing the Mediterranean – it also includes sharing data on who is trying to make the trip and identifying to which countries they can be returned.

      Take Niger, a key transit country for migrants arriving in Europe via Libya.

      European money and technical assistance have flowed into Niger for several years, funding beefed-up border security and supporting controversial legislation that criminalises “migrant trafficking” and has led to a sharp fall in the registered number of people travelling through the country to reach Libya – down from 298,000 in 2016 to 50,000 in 2018.

      Such cooperation is justified by the “moral duty to tackle the loss of lives in the desert and in the Mediterranean”, according to the EU’s head of foreign policy, Federica Mogherini. It was also a response to the surge in arrivals of asylum seekers and migrants to European shores in 2015-16, encouraging the outsourcing of control to African governments in return for development aid.

      In April, as a further deterrent to fresh arrivals, the European Parliament passed a tougher “Regulation” for #Frontex – the EU border guard agency – authorising stepped-up returns of migrants without proper documentation to their countries of origin.

      The regulation is expected to come into force by early December after its formal adoption by the European Council.

      The proposed tougher mandate will rely in part on biometric information stored on linked databases in Africa and Europe. It is a step rights campaigners say not only jeopardises the civil liberties of asylum seekers and others in need of protection, but one that may also fall foul of EU data privacy legislation.

      In reply to a request for comment, Frontex told The New Humanitarian it was “not in the position to discuss details of the draft regulation as it is an ongoing process.”

      Niger on the frontline

      Niger is a key country for Europe’s twin strategic goals of migration control and counter-terrorism – with better data increasingly playing a part in both objectives.

      The #Makalondi police station-cum-immigration post on Niger’s southern border with Burkina Faso is on the front line of this approach – one link in the ever-expanding chain that is the EU’s information-driven response to border management and security.

      When TNH visited in December 2018, the hot Sunday afternoon torpor evaporated when three international buses pulled up and disgorged dozens of travellers into the parking area.

      “In Niger, we are the pioneers.”

      They were mostly Burkinabès and Nigeriens who travelled abroad for work and, as thousands of their fellow citizens do every week, took the 12-hour drive from the Burkina Faso capital, Ouagadougou, to the Niger capital, Niamey.

      As policemen searched their bags, the passengers waited to be registered with the new biometric #Migration_Information_and_Data_Analysis_System, or #MIDAS, which captures fingerprints and facial images for transmission to a central #database in Niamey.

      MIDAS has been developed by the International Organisation for Migration (#IOM) as a rugged, low-cost solution to monitor migration flows.

      “In Niger, we are the pioneers,” said Ismael Soumana, the police commissioner of Makalondi. A thin, smiling man, Soumana proudly showed off the eight new machines installed since September at the entry and exit desks of a one-storey prefabricated building. Each workstation was equipped with fingerprint and documents scanners, a small camera, and a PC.
      Data sharing

      The data from Makalondi is stored on the servers of the Directorate for Territorial Surveillance (DTS), Niger’s border police. After Makalondi and #Gaya, on the Benin-Niger border, IOM has ambitious plans to instal MIDAS in at least eight more border posts by mid-2020 – although deteriorating security conditions due to jihadist-linked attacks could interrupt the rollout.

      IOM provides MIDAS free of charge to at least 20 countries, most of them in sub-Saharan Africa. Its introduction in Niger was funded by Japan, while the EU paid for an initial assessment study and the electrical units that support the system. In addition to the border posts, two mobile MIDAS-equipped trucks, financed by #Canada, will be deployed along the desert trails to Libya or Algeria in the remote north.

      MIDAS is owned by the Nigerien government, which will be “the only one able to access the data,” IOM told TNH. But it is up to Niamey with whom they share that information.

      MIDAS is already linked to #PISCES (#Personal_Identification_Secure_Comparison_and_Evaluation_System), a biometric registration arm of the US Department of State installed at Niamey international airport and connected to #INTERPOL’s alert lists.

      Niger hosts the first of eight planned “#Risk_Analysis_Cells” in Africa set up by Frontex and based inside its border police directorate. The unit collects data on cross-border crime and security threats and, as such, will rely on systems such as #PISCES and MIDAS – although Frontex insists no “personal data” is collected and used in generating its crime statistics.

      A new office is being built for the Niger border police directorate by the United States to house both systems.

      The #West_African_Police_Information_System, a huge criminal database covering 16 West African countries, funded by the EU and implemented by INTERPOL, could be another digital library of fingerprints linking to MIDAS.

      Frontex programmes intersect with other data initiatives, such as the #Free_Movement_of_Persons_and_Migration_in_West_Africa, an EU-funded project run by the IOM in all 15-member Economic Community of West African States. One of the aims of the scheme is to introduce biometric identity cards for West African citizens.

      Frontex’s potential interest is clear. “If a European country has a migrant suspected to be Ivorian, they can ask the local government to match in their system the biometric data they have. In this way, they should be able to identify people,” IOM programme coordinator Frantz Celestine told TNH.

      The push for returns

      Only 37 percent of non-EU citizens ordered to leave the bloc in 2017 actually did so. In his 2018 State of the Union address, European Commission President Jean-Claude Juncker urged a “stronger and more effective European return policy” – although some migration analysts argue what is needed are more channels for legal migration.

      Part of the problem has been that implementing a returns policy is notoriously hard – due in part to the costs of deportation and the lack of cooperation by countries of origin to identify their citizens. Europe has had difficulty in finalising formal accords with so-called third countries unwilling to lose remittances from those abroad.

      The Commission is shifting to “informal arrangements [that] keep readmission deals largely out of sight” – serving to ease the domestic pressure on governments who cooperate on returns, according to European law researcher, Jonathan Slagter.

      The new Frontex regulation provides a much broader mandate for border surveillance, returns, and cooperation with third countries.

      It contains provisions to “significantly step up the effective and sustainable return of irregular migrants”. Among the mechanisms is the “operation and maintenance of a platform for the exchange of data”, as a tool to reinforce the return system “in cooperation with the authorities of the relevant third countries”. That includes access to MIDAS and PISCES.

      Under the new Frontex policy, in order to better identify those to be deported, the agency will be able “to restrict certain rights of data subjects”, specifically related to the protection and access to personal data granted by EU legislation.

      That, for example, will allow the “transfer of personal data of returnees to third countries” - even in cases where readmission agreements for deportees do not exist.

      Not enough data protection

      The concern is that the expanded mandate on returns is not accompanied by appropriate safeguards on data protection. The #European_Data_Protection_Supervisor – the EU’s independent data protection authority – has faulted the new regulation for not conducting an initial impact study, and has called for its provisions to be reassessed “to ensure consistency with the currently applicable EU legislation”.

      “Given the extent of data sharing, the regulation does not put in place the necessary human rights safeguards."

      Mariana Gkliati, a researcher at the University of Leiden working on Frontex human rights accountability, argues that data on the proposed centralised return management platform – shared with third countries – could prove detrimental for the safety of people seeking protection.

      “Given the extent of data sharing, the regulation does not put in place the necessary human rights safeguards and could be perceived as giving a green light for a blanket sharing with the third country of all information that may be considered relevant for returns,” she told TNH.

      “Frontex is turning into an #information_hub,” Gkliati added. “Its new powers on data processing and sharing can have a major impact on the rights of persons, beyond the protection of personal data.”

      For prospective migrants at the Makalondi border post, their data is likely to travel a lot more freely than they can.

      https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2019/06/06/biometrics-new-frontier-eu-migration-policy-niger
      #empreintes_digitales #OIM #identification #renvois #expulsions #échange_de_données

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  • Dai dati biometrici alle motovedette : ecco il #business della frontiera

    La gestione delle frontiere europee è sempre di più un affare per le aziende private. Dai Fondi per la difesa a quelli per la cooperazione e la ricerca: l’Ue implementa le risorse per fermare i flussi.

    Sono 33 i miliardi che l’Europa ha intenzione di destinare dal 2021 al 2027 alla gestione del fenomeno migratorio e, in particolare, al controllo dei confini. La cifra, inserita nel #Mff, il #Multiannual_Financial_Framework (https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=COM%3A2018%3A321%3AFIN), (ed ora in discussione tra Commissione, Parlamento e Consiglio) rappresenta il budget complessivo Ue per la gestione delle frontiere esterne, dei flussi migratori e dei flussi di rifugiati. E viene notevolmente rafforzata rispetto al periodo precedente (2016-2020) quando i miliardi stanziati erano 12,4. Meno della metà.

    A questo capitolo di spesa contribuiscono strumenti finanziari diversi: dal fondo sulla sicurezza interna (che passa da 3,4 a 4,8 miliardi) a tutto il settore della cooperazione militare, che coincide sempre più con quello dell’esternalizzazione, come accade già per le due missioni italiane in Libia e in Niger. Anche una parte dei 23 miliardi del Fondo Europeo alla Difesa e di quello per la Pace saranno devoluti allo sviluppo di nuove tecnologie militari per fermare i flussi in mare e nel deserto. Stessa logica per il più conosciuto Fondo Fiduciario per l’Africa che, con fondi proveniente dal budget allo sviluppo, finanzia il progetto di blocco marittimo e terrestre nella rotta del Mediterraneo Centrale.

    Un grande business in cui rientrano anche i Fondi alla ricerca. La connessione tra gestione della migrazione, #lobby della sicurezza e il business delle imprese private è al centro di un’indagine di Arci nell’ambito del progetto #Externalisation_Policies_Watch, curato da Sara Prestianni. “Lo sforzo politico nella chiusura delle frontiere si traduce in un incremento del budget al capitolo della sicurezza, nella messa in produzione di sistemi biometrici di identificazione, nella moltiplicazione di forze di polizia europea ai nostri confini e nell’elaborazione di sistemi di sorveglianza - sottolinea Prestianni -. La dimensione europea della migrazione si allontana sempre più dal concetto di protezione in favore di un sistema volto esclusivamente alla sicurezza, che ha una logica repressiva. Chi ne fa le spese sono i migranti, obbligati a rotte sempre più pericolose e lunghe, a beneficio di imprese nazionali che del mercato della sicurezza hanno fatto un vero e propri o business”. Tra gli aspetti più interessanti c’è l’utilizzo del Fondo alla ricerca Orizon 20-20 per ideare strumenti di controllo. “Qui si entra nel campo della biometria: l’obiettivo è dotare i paesi africani di tutto un sistema di raccolta di dati biometrici per fermare i flussi ma anche per creare un’enorme banca dati che faciliti le politiche di espulsione - continua Prestianni -. Questo ha creato un mercato, ci sono diverse imprese che hanno iniziato ad occuparsi del tema. Tra le aziende europee leader in questi appalti c’è la francese #Civipol, che ha il monopolio in vari paesi di questo processo. Ma l’interconnessione tra politici e lobby della sicurezza è risultata ancor più evidente al #Sre, #Research_on_Security_event, un incontro che si è svolto a Bruxelles a dicembre, su proposta della presidenza austriaca: seduti negli stessi panel c’erano rappresentanti della commissione europea, dell’Agenzia #Frontex, dell’industria e della ricerca del biometrico e della sicurezza. Tutti annuivano sulla necessità di aprire un mercato europeo della frontiera, dove lotta alla sicurezza e controllo della migrazione si intrecciano pericolosamente”.

    In questo contesto, non è marginale il ruolo dell’Italia. “L’idea di combattere i traffici e tutelare i diritti nasce con #Tony_Blair, ma già allora l’obiettivo era impedire alle persone di arrivare in Europa - sottolinea Filippo Miraglia, vicepresidente di Arci -. Ed è quello a cui stiamo assistendo oggi in maniera sempre più sistematica. Un esempio è la vicenda delle #motovedette libiche, finanziate dall’Italia e su cui guadagnano aziende italianissime”. Il tema è anche al centro dell’inchiesta di Altreconomia di Gennaio (https://altreconomia.it/frontiera-buon-affare-inchiesta), curata da Duccio Facchini. “L’idea era dare un nome, un volto, una ragione sociale, al modo in cui il ministero degli Interni traduce le strategie di contrasto e di lotta ai flussi di persone” spiega il giornalista. E così si scopre che della rimessa in efficienza di sei pattugliatori, dati dall’Italia alla Tunisia, per il controllo della frontiera, si occupa in maniera esclusiva un’azienda di Rovigo, i #Cantieri_Navali_Vittoria: “Un soggetto senza concorrenti sul mercato, che riesce a vincere l’appalto anche per la rimessa in sicurezza delle motovedette fornite dal nostro paese alla Libia”, sottolinea Facchini.

    Motovedette fornite dall’Italia attraverso l’utilizzo del Fondo Africa: la questione è al centro di un ricorso al Tar presentato da Asgi (Associazione studi giuridici dell’immigrazione). “Il Fondo Africa di 200 milioni di euro viene istituito nel 2018 e il suo obiettivo è implementare le strategie di cooperazione con i maggiori paesi interessati dal fenomeno migratorio: dal #Niger alla LIbia, dalla Tunisia alla Costa d’Avorio - spiega l’avvocata Giulia Crescini -. Tra le attività finanziate con questo fondo c’è la dotazioni di strumentazioni per il controllo delle frontiere. Come Asgi abbiamo chiesto l’accesso agli atti del ministero degli Esteri per analizzare i provvedimenti e vedere come sono stati spesi questi soldi. In particolare, abbiamo notato l’utilizzo di due milioni di euro per la rimessa in efficienza delle motovedette fornite dall’Italia alla Libia - aggiunge -. Abbiamo quindi strutturato un ricorso, giuridicamente complicato, cercando di interloquire col giudice amministrativo, che deve verificare la legittimità dell’azione della Pubblica amministrazione. Qualche settimana fa abbiamo ricevuto la sentenza di rigetto in primo grado, e ora presenteremo l’appello. Ma studiando la sentenza ci siamo accorti che il giudice amministrativo è andato a verificare esattamente se fossero stati spesi bene o meno quei soldi - aggiunge Crescini -. Ed è andato così in profondità che ha scritto di fatto che non c’erano prove sufficienti che il soggetto destinatario stia facendo tortura e atti degradanti nei confronti dei migranti. Su questo punto lavoreremo per il ricorso. Per noi è chiaro che l’Italia oggi sta dando strumentazioni necessarie alla Libia per non sporcarsi le mani direttamente, ma c’è una responsabilità italiana anche se materialmente non è L’Italia a riportare indietro i migranti. Su questo punto stiamo agendo anche attraverso la Corte europea dei diritti dell’uomo”.

    http://www.redattoresociale.it/Notiziario/Articolo/620038/Dai-dati-biometrici-alle-motovedette-ecco-il-business-della-frontie

    #externalisation #frontières #UE #EU #Europe #Libye #Forteresse_européenne #asile #migrations #réfugiés #privatisation #argent #recherche #frontières_extérieures #coopération_militaire #sécurité_intérieure #fonds_fiduciaire_pour_l'Afrique #technologie #militarisation_des_frontières #fonds_fiduciaire #développement #Horizon_2020 #biométrie #données #données_biométriques #base_de_données #database #expulsions #renvois #marché #marché_européen_de_la_frontière #complexe_militaro-industriel #Tunisie #Côte_d'Ivoire #Italie
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    • Gli affari lungo le frontiere. Inchiesta sugli appalti pubblici per il contrasto all’immigrazione “clandestina”

      In Tunisia, Libia, Niger, Egitto e non solo. Così lo Stato italiano tramite il ministero dell’Interno finanzia imbarcazioni, veicoli, idranti per “ordine pubblico”, formazione delle polizie e sistemi automatizzati di identificazione. Ecco per chi la frontiera rappresenta un buon affare.

      Uno dei luoghi chiave del “contrasto all’immigrazione clandestina” che l’Italia conduce lungo le rotte africane non si trova a Tunisi, Niamey o Tripoli, ma è in un piccolo comune del Veneto, in provincia di Rovigo, affacciato sul Canal Bianco. È ad Adria, poco distante dal Po, che ha sede “Cantiere Navale Vittoria”, un’azienda nata nel 1927 per iniziativa della famiglia Duò -ancora oggi proprietaria- specializzata in cantieristica navale militare e paramilitare. Si tratta di uno dei partner strategici della Direzione centrale dell’immigrazione e della Polizia delle frontiere, insediata presso il ministero dell’Interno, per una serie di commesse in Libia e Tunisia.

      La Direzione è il braccio del Viminale in tema di “gestione” dei flussi provenienti da quei Paesi ritenuti di “eccezionale rilevanza nella gestione della rotta del Mediterraneo centrale” (parole della Farnesina). Quella “rotta” conduce alle coste italiane: Libia e Tunisia, appunto, ma anche Niger e non solo. E quel “pezzo” del Viminale si occupa di tradurre in pratica le strategie governative. Come? Appaltando a imprese italiane attività diversissime tra loro per valore, fonti di finanziamento, tipologia e territori coinvolti. Un principio è comune: quello di dar forma al “contrasto”, sul nostro territorio o di frontiera. E per questi affidamenti ricorre più volte una formula: “Il fine che si intende perseguire è quello di collaborare con i Paesi terzi ai fini di contrastare il fenomeno dell’immigrazione clandestina”. Tra gli ultimi appalti aggiudicati a “Cantiere Navale Vittoria” (ottobre 2018) spicca la rimessa in efficienza di sei pattugliatori “P350” da 34 metri, di proprietà della Guardia nazionale della Tunisia. Tramite gli atti della procedura di affidamento si possono ricostruire filiera e calendario.

      Facciamo un salto indietro al giugno 2017, quando i ministeri degli Esteri e dell’Interno italiani sottoscrivono un’“intesa tecnica” per prevedere azioni di “supporto tecnico” del Viminale stesso alle “competenti autorità tunisine”. Obiettivo: “Migliorare la gestione delle frontiere e dell’immigrazione”, inclusi la “lotta al traffico di migranti e le attività di ricerca e soccorso”. La spesa prevista -12 milioni di euro- dovrebbe essere coperta tramite il cosiddetto “Fondo Africa”, istituito sei mesi prima con legge di Stabilità e provvisto di una “dotazione finanziaria” di 200 milioni di euro. L’obiettivo dichiarato del Fondo è quello di “rilanciare il dialogo e la cooperazione con i Paesi africani d’importanza prioritaria per le rotte migratorie”. Le autorità di Tunisi hanno fretta, tanto che un mese dopo l’intesa tra i dicasteri chiedono all’Italia di provvedere subito alla “rimessa in efficienza” dei sei pattugliatori. Chi li ha costruiti, anni prima, è proprio l’azienda di Adria, e da Tunisi giunge la proposta di avvalersi proprio del suo “know how”. La richiesta è accolta. Trascorre poco più di un anno e nell’ottobre 2018 l’appalto viene aggiudicato al Cantiere per 6,3 milioni di euro. L’“attività di contrasto all’immigrazione clandestina”, scrive la Direzione immigrazione e frontiere, è di “primaria importanza per la sicurezza nazionale, anche alla luce dei recenti sbarchi sulle coste italiane di migranti provenienti dalle acque territoriali tunisine”. I pattugliatori da “consegnare” risistemati alla Tunisia servono quindi a impedire o limitare gli arrivi via mare nel nostro Paese, che da gennaio a metà dicembre di 2018 sono stati 23.122 (di cui 12.976 dalla Libia), in netto calo rispetto ai 118.019 (105.986 dalla Libia) dello stesso periodo del 2017.


      A quel Paese di frontiera l’Italia non fornisce (o rimette in sesto) solamente navi. Nel luglio 2018, infatti, la Direzione del Viminale ha stipulato un contratto con la #Totani Company Srl (sede a Roma) per la fornitura di 50 veicoli #Mitsubishi 4×4 Pajero da “consegnare presso il porto di Tunisi”. Il percorso è simile a quello dei sei pattugliatori: “Considerata” l’intesa del giugno 2017 tra i ministeri italiani, “visto” il Fondo Africa, “considerata” la richiesta dei 50 mezzi da parte delle autorità nordafricane formulata nel corso di una riunione del “Comitato Italo-Tunisino”, “vista” la necessità di “definire nel più breve tempo possibile le procedure di acquisizione” per “garantire un dispiegamento efficace dei servizi di prevenzione e di contrasto all’immigrazione clandestina”, eccetera. E così l’offerta economica di 1,6 milioni di euro della Totani è ritenuta congrua.

      Capita però che alcune gare vadano deserte. È successo per la fornitura di due “autoveicoli allestiti ‘idrante per ordine pubblico’” e per la relativa attività di formazione per 12 operatori della polizia tunisina (352mila euro la base d’asta). “Al fine di poter supportare il governo tunisino nell’ambito delle attività di contrasto all’immigrazione clandestina” è il passe-partout utilizzato anche per gli idranti, anche se sfugge l’impiego concreto. Seppur deserta, gli atti di questa gara sono interessanti per i passaggi elencati. Il tutto è partito da un incontro a Roma del febbraio 2018 tra l’allora ministro dell’Interno Marco Minniti e l’omologo tunisino. “Sulla base” di questa riunione, la Direzione del Viminale “richiede” di provvedere alla commessa attraverso un “appunto” datato 27 aprile dello stesso anno che viene “decretato favorevolmente” dal “Sig. Capo della Polizia”, Franco Gabrielli. Alla gara (poi non aggiudicata) si presenta un solo concorrente, la “Brescia Antincendi International Srl”, che all’appuntamento con il ministero delega come “collaboratore” un ex militare in pensione, il tenente colonnello Virgilio D’Amata, cavaliere al merito della Repubblica Italiana. Ma è un nulla di fatto.

      A Tunisi vengono quindi consegnati navi, pick-up, (mancati) idranti ma anche motori fuoribordo per quasi 600mila euro. È del settembre 2018, infatti, un nuovo “avviso esplorativo” sottoscritto dal direttore centrale dell’Immigrazione -Massimo Bontempi- per la fornitura di “10 coppie di motori Yamaha 4 tempi da 300 CV di potenza” e altri 25 da 150 CV. Il tutto al dichiarato fine di “garantire un dispiegamento efficace dei servizi di prevenzione e di contrasto all’immigrazione clandestina”.

      Come per la Tunisia, anche in Libia il ritmo è scandito da “intese tecniche” tra ministeri “per l’uso dei finanziamenti” previsti nel Fondo Africa. Parlamento non pervenuto

      Poi c’è la Libia, l’altro fronte strategico del “contrasto”. Come per la Tunisia, anche in questo contesto il ritmo è scandito da “intese tecniche” tra ministeri di Esteri e Interno -Parlamento non pervenuto- “per l’uso dei finanziamenti” previsti nel citato Fondo Africa. Una di queste, datata 4 agosto 2017, riguarda il “supporto tecnico del ministero dell’Interno italiano alle competenti autorità libiche per migliorare la gestione delle frontiere e dell’immigrazione, inclusi la lotta al traffico di migranti e le attività di ricerca e soccorso”. L’“eventuale spesa prevista” è di 2,5 milioni di euro. Nel novembre 2017 se n’è aggiunta un’altra, rivolta a “programmi di formazione” dei libici del valore di 615mila euro circa (sempre tratti dal Fondo Africa). Quindi si parte dalle intese e poi si passa ai contratti.

      Scorrendo quelli firmati dalla Direzione immigrazione e polizia delle frontiere del Viminale tra 2017 e 2018, e che riguardano specificamente commesse a beneficio di Tripoli, il “fornitore” è sempre lo stesso: Cantiere Navale Vittoria. È l’azienda di Adria -che non ha risposto alle nostre domande- a occuparsi della rimessa in efficienza di svariate imbarcazioni (tre da 14 metri, due da 35 e una da 22) custodite a Biserta (in Tunisia) e “da restituire allo Stato della Libia”. Ma anche della formazione di 21 “operatori della polizia libica” per la loro “conduzione” o del trasporto di un’altra nave di 18 metri da Tripoli a Biserta. La somma degli appalti sfiora complessivamente i 3 milioni di euro. In alcuni casi, il Viminale dichiara di non avere alternative al cantiere veneto. Lo ha riconosciuto la Direzione in un decreto di affidamento urgente per la formazione di 22 “operatori di polizia libica” e la riconsegna di tre motovedette a fine 2017. Poiché Cantiere Navale Vittoria avrebbe un “patrimonio informativo peculiare”, qualunque ricerca di “soluzioni alternative” sarebbe “irragionevole”. Ecco perché in diverse “riunioni bilaterali di esperti” per la cooperazione tra Italia e Libia “in materia migratoria”, oltre alla delegazione libica (i vertici dell’Amministrazione generale per la sicurezza costiera del ministero dell’Interno) e quella italiana (tra cui l’allora direttore del Servizio immigrazione del Viminale, Vittorio Pisani), c’erano anche i rappresentanti di Cantiere Navale Vittoria.
      Se i concorrenti sono pochi, la fretta è tanta. In più di un appalto verso la Libia, infatti, la Direzione ha argomentato le procedure di “estrema urgenza” segnalando come “ulteriori indugi”, ad esempio “nella riconsegna delle imbarcazioni”, non solo “verrebbero a gravare ingiustificatamente sugli oneri di custodia […] ma potrebbero determinare difficoltà anche di tipo diplomatico con l’interlocutore libico”. È successo nell’estate 2018 anche per l’ultimo “avviso esplorativo” da quasi 1 milione di euro collegato a quattro training (di quattro settimane) destinati a cinque equipaggi “a bordo di due unità navali da 35 metri, un’unità navale da 22 metri e un’unità navale da 28 metri di proprietà libica”, “al fine di aumentare l’efficienza di quel Paese per il contrasto dell’immigrazione illegale”. Lo scopo è fornire una “preparazione adeguata su ogni aspetto delle unità navali”. Della materia “diritti umani” non c’è traccia.

      Questa specifica iniziativa italiana deriva dal Memorandum d’Intesa con la Libia sottoscritto a Roma dal governo Gentiloni (Marco Minniti ministro dell’Interno), il 2 febbraio 2017. Il nostro Paese si era impegnato a “fornire supporto tecnico e tecnologico agli organismi libici incaricati della lotta contro l’immigrazione clandestina”. È da lì che i governi di Italia e Libia decidono di includere tra le attività di cooperazione anche l’erogazione dei corsi di addestramento sulle motovedette ancorate a Biserta.

      Ai primi di maggio del 2018, il Viminale decide di accelerare. C’è l’“urgenza di potenziare, attraverso la rimessa in efficienza delle imbarcazioni e l’erogazione di corsi di conduzione operativa, il capacity building della Guardia Costiera libica, al fine di aumentare l’efficienza di quel Paese per il contrasto dell’immigrazione illegale”. Anche perché, aggiunge il ministero, “alla luce degli ultimi eventi di partenze di migranti dalle coste libiche”, “appare strettamente necessario ed urgente favorire il pieno ripristino dell’efficienza delle competenti Autorità dello Stato della Libia nell’erogazione dei servizi istituzionali”. E così a fine giugno 2018 viene pubblicato il bando: i destinatari sono “operatori della polizia libica” e non invece le guardie costiere. Il ministero ha dovuto però “rimodulare” in corsa l’imposto a base d’asta della gara (da 763mila a 993mila euro). Perché? Il capitolato degli oneri e il verbale di stima relativi al valore complessivo dell’intera procedura sarebbero risultati “non remunerativi” per l’unico operatore interessato: Cantiere Navale Vittoria Spa, che avrebbe comunicato “di non poter sottoscrivere un’offerta adeguata”.

      Le risorse per quest’ultimo appalto non arrivano dal Fondo Africa ma da uno dei sei progetti finanziati in Libia dall’Unione europea tramite il “Fondo Fiduciario per l’Africa” (EU Trust Fund), istituito a fine 2015 con una dotazione di oltre 4 miliardi di euro. Quello che ci riguarda in particolare s’intitola “Support to integrated Border and Migration Management in Libya – First Phase”, del valore di oltre 46 milioni di euro. Mentre l’Ue è il principale finanziatore, chi deve implementarlo in loco, dal luglio 2017, è proprio il nostro ministero dell’Interno. Che è attivo in due aree della Libia: a Nord-Ovest, a Tripoli, a beneficio delle guardie costiere libiche (tramite la costituzione di un centro di coordinamento per le operazioni di ricerca e soccorso in mare e per la dichiarazione di un’area di ricerca e soccorso in mare autonoma), e una a Sud-Ovest, nella regione del Fezzan, nel distretto di Ghat, per incrementare la capacità di sorveglianza, “in particolare nelle aree di frontiera terrestre con il Niger, maggiormente colpita dall’attraversamento illegale”. È previsto inoltre un “progetto pilota” per istituire una sede operativa per circa 300 persone, ripristinando ed equipaggiando le esistenti strutture nella città di Talwawet, non lontano da Ghat, con tre avamposti da 20 persone l’uno.

      A un passo da lì c’è il Niger, l’altra tessera del mosaico. Alla metà di dicembre 2018, non risultano appalti in capo alla Direzione frontiere del Viminale, ma ciò non significa che il nostro Paese non sia attivo per supportare (anche) la gestione dei suoi confini. A metà 2017, infatti, l’Italia ha destinato 50 milioni di euro all’EU Trust Fund per “far fronte alle cause profonde della migrazione in Africa/Finestra Sahel e Lago Ciad”, con un’attenzione particolare al Niger. Si punta alla “creazione di nuove unità specializzate necessarie al controllo delle frontiere, di nuovi posti di frontiera fissa, o all’ammodernamento di quelli esistenti, di un nuovo centro di accoglienza per i migranti a Dirkou, nonché per la riattivazione della locale pista di atterraggio”. In più, dal 2018 è scesa sul campo la “Missione bilaterale di supporto nella Repubblica del Niger” (MISIN) che fa capo al ministero della Difesa e ha tra i suoi obiettivi quello di “concorrere alle attività di sorveglianza delle frontiere”. Il primo corso “per istruttori di ordine pubblico a favore della gendarmeria nigerina” si è concluso a metà ottobre 2018. Pochi mesi prima, a luglio, era stata sottoscritta un’altra “intesa tecnica” tra Esteri e Difesa per rimettere in efficienza e cedere dieci ambulanze e tre autobotti. Finalità? “Il controllo del territorio volto alla prevenzione e al contrasto ai traffici di esseri umani e al traffico di migranti, e per l’assistenza ai migranti nell’ambito delle attività di ricerca e soccorso”: 880mila euro circa. Il Niger è centrale: stando all’ultima programmazione dei Paesi e dei settori in cui sono previsti finanziamenti tramite il “Fondo Africa” (agosto 2018, fonte ministero degli Esteri), il Paese è davanti alla Libia (6 milioni contro 5 di importo massimo preventivato).

      Inabissatosi in Niger, il ministero dell’Interno riemerge in Egitto. Anche lì vigono “accordi internazionali diretti al contrasto dell’immigrazione clandestina” sostenuti dall’Italia. La loro traduzione interessa da vicino la succursale italiana della Hewlett-Packard (HP). Risale infatti a fine 2006 un contratto stipulato tra la multinazionale e la Direzione del Viminale “per la realizzazione di un Sistema automatizzato di identificazione delle impronte (AFIS) per lo Stato dell’Egitto”, finalizzato alle “esigenze di identificazione personale correlate alla immigrazione illegale”: oltre 5,2 milioni di euro per il periodo 2007-2012, cui se ne sono aggiunti ulteriori 1,8 milioni per la manutenzione ininterrotta fino al 2017 e quasi 500mila per l’ultima tranche, 2018-2019. HP non ha avversari -come riporta il Viminale- in forza di un “accordo in esclusiva” tra la Hewlett Packard Enterprise e la multinazionale della sicurezza informatica Gemalto “in relazione ai prodotti AFIS per lo Stato dell’Egitto”. Affari che non si possono discutere: “L’interruzione del citato servizio -sostiene la Direzione- è suscettibile di creare gravi problemi nell’attività di identificazione dei migranti e nel contrasto all’immigrazione clandestina, in un momento in cui tale attività è di primaria importanza per la sicurezza nazionale”. Oltre alla partnership con HP, il ministero dell’Interno si spende direttamente in Egitto. Di fronte alle “esigenze scaturenti dalle gravissimi crisi internazionali in vaste aree dell’Africa e dell’Asia” che avrebbero provocato “massicci esodi di persone e crescenti pressioni migratorie verso l’Europa”, la Direzione centrale immigrazione (i virgolettati sono suoi) si è fatta promotrice di una “proposta progettuale” chiamata “International Training at Egyptian Police Academy” (ITEPA). Questa prevede l’istituzione di un “centro di formazione internazionale” sui temi migratori per 360 funzionari di polizia e ufficiali di frontiera di ben 22 Paesi africani presso l’Accademia della polizia egiziana de Il Cairo. Il “protocollo tecnico” è stato siglato nel settembre 2017 tra il direttore dell’Accademia di polizia egiziana ed il direttore centrale dell’Immigrazione e della polizia delle frontiere. Nel marzo 2018, il capo della Polizia Gabrielli è volato a Il Cairo per il lancio del progetto. “Il rispetto dei diritti umani -ha dichiarato in quella sede- è uno degli asset fondamentali”.

      “La legittimità, la finalità e la consistenza di una parte dei finanziamenti citati con le norme di diritto nazionale e internazionale sono stati studiati e in alcuni casi anche portati davanti alle autorità giudiziarie dai legali dell’Associazione studi giuridici sull’immigrazione (Asgi, asgi.it)”, spiega l’avvocato Giulia Crescini, parte del collegio dell’associazione che si è occupato della vicenda. “Quando abbiamo chiesto lo stato di implementazione dell’accordo internazionale Italia-Libia del febbraio 2017, il ministero dell’Interno ha opposto generiche motivazioni di pericolo alla sicurezza interna e alle relazioni internazionali, pertanto il ricorso dopo essere stato rigettato dal Tar Lazio è ora pendente davanti al Consiglio di Stato”. La trasparenza insegue la frontiera.

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      “LEONARDO” (FINMECCANICA) E GLI INTERESSI SULLE FRONTIERE

      In Tunisia, Libia, Egitto e Niger, l’azienda Leonardo (Finmeccanica) avrebbe in corso “attività promozionali per tecnologie di sicurezza e controllo del territorio”. Alla richiesta di dettagli, la società ha risposto di voler “rivitalizzare i progetti in sospeso e proporne altri, fornendo ai Governi sistemi e tecnologie all’avanguardia per la sicurezza dei Paesi”. Leonardo è già autorizzata a esportare materiale d’armamento in quei contesti, ma non a Tripoli. Il Consiglio di Sicurezza delle Nazioni Unite, infatti, ha approvato la Risoluzione 2420 che estende l’embargo sulle armi nel Paese per un altro anno. “Nel prossimo futuro -fa sapere l’azienda di cui il ministero dell’Economia è principale azionista- il governo di accordo nazionale potrà richiedere delle esenzioni all’embargo ONU sulle armi, per combattere il terrorismo”. Alla domanda se Leonardo sia coinvolta o operativa nell’ambito di iniziative collegate al fondo fiduciario per l’Africa dell’Unione europea e in particolare al programma da 46 milioni di euro coordinato dal Viminale, in tema di frontiere libiche, l’azienda ha fatto sapere che “in passato” avrebbe “collaborato con le autorità libiche per lo sviluppo e implementazione di sistemi per il monitoraggio dei confini meridionali, nonché sistemi di sicurezza costiera per il controllo, la ricerca e il salvataggio in mare”. Attualmente la società starebbe “esplorando opportunità in ambito europeo volte allo sviluppo di un progetto per il controllo dei flussi migratori dall’Africa all’Europa, consistente in un sistema di sicurezza e sorveglianza costiero con centri di comando e controllo”.

      Export in Libia. Il “caso” Prodit

      Nei primi sei mesi del 2018, attraverso l’Autorità nazionale UAMA (Unità per le autorizzazioni dei materiali d’armamento), l’Italia ha autorizzato l’esportazione di “materiale d’armamento” verso la Libia per un valore di circa 4,8 milioni di euro. Nel 2017 questa cifra era zero. Si tratta, come impone la normativa in tema di embargo, di materiali “non letali”. L’ammontare è minimo se paragonato al totale delle licenze autorizzate a livello mondiale dall’Italia tra gennaio e giugno 2018 (3,2 miliardi di euro). Chi esporta è una singola azienda, l’unica iscritta al Registro Nazionale delle Imprese presso il Segretariato Generale del ministero della Difesa: Prodit Engineering Srl. In Libia non ha esportato armi ma un veicolo terrestre modificato come fuoristrada e materiali utilizzabili per sminamento.

      https://altreconomia.it/frontiera-buon-affare-inchiesta

      #Leonardo #Finmeccanica #Egypte #Tunisie #identification #P350 #Brescia_Antincendi_International #Virgilio_D’Amata #Massimo_Bontempi #Yamaha #Minniti #Marco_Minniti #EU_Trust_Fund #Trust_Fund #Missione_bilaterale_di_supporto_nella_Repubblica_del_Niger #MISIN #Hewlett-Packard #AFIS #International_Training_at_Egyptian_Police_Academy #ITEPA

    • "La frontiera è un buon affare": l’inchiesta sul contrasto del Viminale all’immigrazione «clandestina» a suon di appalti pubblici

      Dalla Tunisia alla Libia, dal Niger all’Egitto: così lo Stato italiano finanzia imbarcazioni, veicoli, formazione a suon di appalti pubblici. I documenti presentati a Roma dall’Arci.

      «Quando si parla di esternalizzazione della frontiera e di diritto di asilo bisogna innanzitutto individuare i Paesi maggiormente interessati da queste esternalizzazioni, capire quali sono i meccanismi che si vuole andare ad attaccare, creare un caso e prenderlo tempestivamente. Ma spesso per impugnare un atto ci vogliono 60 giorni, le tempistiche sono precise, e intraprendere azioni giudiziarie per tutelare i migranti diventa spesso molto difficile. Per questo ci appoggiamo all’Arci». A parlare è Giulia Crescini, avvocato dell’Associazione per gli studi giuridici sull’immigrazione, che insieme a Filippo Miraglia, responsabile immigrazione di ARCI, Sara Prestianni, coordinatrice del progetto #externalisationpolicieswatch, e Duccio Facchini, giornalista di Altreconomia, ha fatto il punto sugli appalti della Direzione centrale dell’immigrazione e della Polizia delle frontiere, insediata presso il ministero dell’Interno e più in generale dei fondi europei ed italiani stanzianti per implementare le politiche di esternalizzazione del controllo delle frontiere in Africa.

      L’inchiesta. Duccio Facchini, presentando i dati dell’inchiesta di Altreconomia «La frontiera è un buon affare», ha illustrato i meccanismi di una vera e propria strategia che ha uno dei suoi punti d’origine in un piccolo comune del Veneto, in provincia di Rovigo, affacciato sul Canal Bianco - dove ha sede una delle principale aziende specializzate in cantieristica navale militare e paramilitare - e arriva a toccare Tripoli, Niamey o Il Cairo. Il filo rosso che lega gli affidamenti milionari è uno solo: fermare il flusso di persone dirette in Italia e in Europa. Anche utilizzando fondi destinati alla cooperazione e senza alcun vaglio parlamentare.

      Il Fondo Africa, istituito con la legge di bilancio 2017, art. 1 comma 621 per l’anno 2018, è pari a 200 milioni di euro, cifra che serve per attivare forme di collaborazione e cooperazione con i Paesi maggiormente interessati dal fenomeno della migrazione, anche se l’espressione in sé significa tutto e niente. «Questo fondo - ha spiegato Facchini in conferenza nella sede Arci lo scorso 6 febbraio - viene dato al ministero degli Affari esteri internazionali che individua quali sono questi Paesi: nello specifico il ministero ha indicato una sfilza di Paesi africani, dal Niger alla Libia alla Tunisia, passando per l’Egitto la Costa d’Avorio, indicando anche una serie di attività che possono essere finanziate con questi soldi. Tra queste c’è la dotazione di strumentazioni utili per il controllo della frontiera». Gli autori dell’inchiesta hanno chiesto al ministero l’elenco dei provvedimenti che sono stati messi in campo e per attivare questa protezione alla frontiera. «Siamo alla fine del 2017 e notiamo che tra questi ce n’è uno che stanzia 2 milioni e mezzo per la messa in opera di quattro motovedette. Da lì cominciamo a domandarci se in base alla normativa italiana è legittimo dare una strumentazione così specifica a delle autorità così notoriamente coinvolte nella tortura e nella violenza dei migranti. Quindi abbiamo strutturato un ricorso giuridicamente molto complicato per cercare di interloquire con il giudice amministrativo». Notoriamente il giudice amministrativo non è mai coinvolto in questioni relative al diritto di asilo - per capire: è il giudice degli appalti - ed è insomma colui che va a verificare se la pubblica amministrazione ha adempiuto bene al suo compito.

      l punto di partenza. «Il giudice amministrativo e la pubblica amministrazione – ha spiegato Giulia Crescini dell’Asgi - stanno sempre in un rapporto molto delicato fra loro perché la pubblica amministrazione ha un ambito di discrezionalità all’interno del quale il giudice non può mai entrare, quindi la PA ha dei limiti che vengono messi dalla legge e all’interno di quei limiti il ministero può decidere come spendere quei soldi. Secondo noi quei limiti sono superati, perché la legge non autorizza a rafforzare delle autorità che poi commettono crimini contro i migranti, riportando queste persone sulla terra ferma in una condizione di tortura, soprattutto nei centri di detenzione». I legati hanno dunque avviato questo ricorso, ricevendo, qualche settimana fa, la sentenza di rigetto di primo grado. La sentenza è stata pubblicata il 7 gennaio e da quel giorno a oggi i quattro avvocati hanno studiato le parole del giudice, chiedendo alle altre organizzazioni che avevano presentato insieme a loro il ricorso se avessero intenzione o meno di fare appello. «Studiando la sentenza - continua Crescini - ci siamo accorti di come. pur essendo un rigetto, non avesse poi un contenuto così negativo: il giudice amministrativo in realtà è andato a verificare effettivamente se la pubblica amministrazione avesse speso bene o meno questo soldi, cioè se avesse esercitato in modo corretto o scorretto la discrezionalità di cui sopra. Un fatto che non è affatto scontato. Il giudice amministrativo è andato in profondità, segnalando il fatto che non ci sono sufficienti prove di tortura nei confronti dei migranti da parte delle autorità. Dal punto di vista giuridico questo rappresenta una vittoria. Perché il giudice ha ristretto un ambito molto specifico su cui potremo lavorare davanti al Consiglio di Stato».

      La frontiera è un buon affare. L’inchiesta «La frontiera è un buon affare» rivela che lo sforzo politico che vede impegnate Italia e istituzioni europee nella chiusura delle frontiere si traduce direttamente in un incremento del budget al capitolo della sicurezza, nella messa in produzione di sistemi biometrici di identificazione, nella moltiplicazione di forze di polizia europea ai nostri confini e nell’elaborazione di sistemi di sorveglianza.

      La dimensione europea della migrazione - si legge in un comunicato diffuso da Arci - si allontana sempre più dal concetto di protezione a favore di un sistema volto esclusivamente alla sicurezza e alla repressione del fenomeno migratorio. La logica dell’esternalizzazione, diventata pilastro della strategia tanto europea quanto italiana di gestione delle frontiere, assume in questo modo, sempre più, una dimensione tecnologica e militare, assecondando le pressioni della lobby dell’industria della sicurezza per l’implementazione di questo mercato. L’uso dei fondi è guidato da una tendenza alla flessibilità con un conseguente e evidente rischio di opacità, conveniente per il rafforzamento di una politica securitaria della migrazione.

      Nel MFF - Multiannual Financial Framework - che definisce il budget europeo per un periodo di 7 anni e ora in discussione tripartita tra Commissione, Parlamento e Consiglio - si evidenzia l’intento strategico al netto dei proclami e dei comizi della politica: la migrazione è affrontata principalmente dal punto di vista della gestione del fenomeno e del controllo delle frontiere con un incremento di fondi fino a 34 miliardi di euro per questo settore.

      A questo capitolo di spesa - si legge ancora nel comunicato - contribuiscono strumenti finanziari diversi, dal fondo sulla sicurezza interna - che passa dai 3,4 del 2014/20120 ai 4,8 miliardi del 2021/2027 e che può essere speso anche per la gestione esterna delle frontiere - a tutto il settore della cooperazione militare che coincide sempre più con quello dell’esternalizzazione, una tendenza che si palesa con evidenza nelle due missioni militari nostrane in Libia e Niger.

      Dei 23 miliardi del Fondo Europeo alla Difesa e quello per la Pace, una buona parte saranno devoluti allo sviluppo di nuova tecnologia militare, utilizzabili anche per la creazione di muri nel mare e nel deserto. Stessa logica anche per il più conosciuto Fondo Fiduciario per l’Africa che, con fondi provenienti dal budget allo sviluppo, finanzia il progetto di blocco marittimo e terrestre nella rotta del Mediterraneo centrale.

      Sulla pelle dei migranti. Chi ne fa le spese, spiegano gli autori dell’inchiesta, sono i migranti, obbligati a rotte sempre più pericolose e lunghe, a beneficio di imprese nazionali che del mercato della sicurezza hanno fatto un vero e proprio business. Questa connessione e interdipendenza tra politici e lobby della sicurezza, che sfiora a tutto gli effetti il conflitto di interessi, è risultata evidente nel corso del SRE «Research on security event» tenutosi a Bruxelles a fine dicembre su proposta della presidenza austriaca. Seduti negli stessi panel rappresentanti della commissione dell’Agenzia Frontex, dell’industria e della ricerca del biometrico e della sicurezza, manifestavano interesse per un obbiettivo comune: la creazione di un mercato europeo della sicurezza dove lotta al terrorismo e controllo della migrazione si intrecciano pericolosamente

      «Il Governo Italiano si iscrive perfettamente nella logica europea, dalle missioni militari con una chiara missione di controllo delle frontiere in Niger e Libia al rinnovo del Fondo Africa, rifinanziato con 80 milioni per il 2018/2019, che condiziona le politiche di sviluppo a quelle d’immigrazione», dichiara ancora Arci. «Molti i dubbi che solleva questa deriva politica direttamente tradotta nell’uso dei fondi europei e nazionali: dalle tragiche conseguenze sulla sistematica violazione delle convenzione internazionali a una riflessione più ampia sull’opacità dell’uso dei fondi e del ruolo sempre più centrale dell’industria della sicurezza per cui la politica repressiva di chiusura sistematica delle frontiere non è altro che l’ennesimo mercato su cui investire, dimenticandosi del costo in termine di vite umane di questa logica».

      https://www.repubblica.it/solidarieta/immigrazione/2019/02/07/news/la_frontiera_e_un_buon_affare-218538251

    • Appalti sulle frontiere: 30 mezzi di terra alla Libia dall’Italia per fermare i migranti

      Il ministero dell’Interno italiano si appresta a fornire alle autorità di Tripoli nuovi veicoli fuoristrada per il “contrasto del fenomeno dell’immigrazione irregolare”. Un appalto da 2,1 milioni di euro finanziato tramite il “Fondo Fiduciario per l’Africa”, nell’ambito del quale l’Italia accresce il proprio ruolo. Il tutto mentre l’immagine ostentata di una “Libia sicura” è offuscata dagli stessi atti di gara del Viminale

      Il ministero dell’Interno italiano si appresta a fornire alle autorità della Libia trenta nuovi veicoli fuoristrada per le “esigenze istituzionali legate al contrasto del fenomeno dell’immigrazione irregolare”. L’avviso esplorativo pubblicato dalla Direzione centrale dell’immigrazione e della Polizia delle frontiere, insediata presso il Viminale, risale al 5 marzo 2019 (scadenza per la presentazione della manifestazione d’interesse all’8 aprile di quest’anno).

      La fornitura riguarda 30 mezzi “Toyota Land Cruiser” (15 del modello GRJ76 Petrol e 15 del GRJ79 DC Petrol), in “versione tropicalizzata”, relativamente ai quali le autorità libiche, il 24 dicembre 2018, avrebbero esplicitato alla Direzione di Roma precise “specifiche tecniche”. Il Viminale la definisce una “richiesta di assistenza tecnica” proveniente da Tripoli per le “esigenze istituzionali legate al contrasto del fenomeno dell’immigrazione irregolare”. In forza di questa “strategia”, dunque, il governo italiano -in linea con i precedenti, come abbiamo raccontato a gennaio nell’inchiesta sugli “affari lungo le frontiere”– continua a equipaggiare le autorità del Paese Nord-africano per contrastare i flussi migratori. L’ammontare “massimo” degli ultimi due lotti (da 15 mezzi l’uno) è stimato in 2,1 milioni di euro.

      E così come è stato per la gara d’appalto da oltre 9,3 milioni di euro per la fornitura di 20 imbarcazioni destinate alla polizia libica, indetta dal Viminale a fine dicembre 2018, anche nel caso dei 30 mezzi Toyota le risorse arriveranno dal “Fondo Fiduciario per l’Africa” (EU Trust Fund), istituito dalla Commissione europea a fine 2015 con una dotazione di oltre 4 miliardi di euro. In particolare, dal progetto implementato dal Viminale e intitolato “Support to integrated Border and Migration Management in Libya – First Phase”, dal valore di oltre 46 milioni di euro e il cui “delegation agreement” risale a metà dicembre 2017 (governo Gentiloni, ministro competente Marco Minniti).

      Questo non è l’unico progetto finanziato tramite l’EU Trust Fund che vede il ministero dell’Interno italiano attivo nel continente africano. Alla citata “First Phase”, infatti, se ne sono affiancati nel tempo altri due. Uno è di stanza in Tunisia e Marocco (“Border Management Programme for the Maghreb region”), datato luglio 2018 e dal valore di 55 milioni di euro. L’altro progetto, di nuovo, ricade in Libia. Si tratta del “Support to Integrated border and migration management in Libya – Second Phase”, risalente al 13 dicembre 2018, per un ammontare di altri 45 milioni di euro. Le finalità dichiarate nell’”Action Document” della seconda fase in Libia sono -tra le altre- quelle di “intensificare gli sforzi fatti”, “sviluppare nuove aree d’intervento”, “rafforzare le capacità delle autorità competenti che sorvegliano i confini marittimi e terrestri”, “l’acquisto di altre navi”, “l’implementazione della rete di comunicazione del Maritime Rescue Coordination Centre” di Tripoli, “la progettazione specifica di programmi per la neocostituita polizia del deserto”.

      La strategia di contrasto paga, sostiene la Commissione europea. “Gli sforzi dell’Ue e dell’Italia nel sostenere la Guardia costiera libica per migliorare la sua capacità operativa hanno raggiunto risultati significativi e tangibili nel 2018”, afferma nel lancio della “seconda fase”. Di “significativo e tangibile” c’è il crollo degli sbarchi sulle coste italiane, in particolare dalla Libia. Dati del Viminale alla mano, infatti, nel periodo compreso tra l’1 gennaio e il 7 marzo 2017 giunsero 15.843 persone, scese a 5.457 lo scorso anno e arrivate a 335 quest’anno. La frontiera è praticamente sigillata. Un “successo” che nasconde la tragedia dei campi di detenzione e sequestro libici dove migliaia di persone sono costrette a rimanere.

      È in questa cornice che giunge il nuovo “avviso” del Viminale dei 30 veicoli, pubblicato come detto il 5 marzo. Quello stesso giorno il vice-presidente del Consiglio e ministro dell’Interno, Matteo Salvini, ha incontrato a Roma il vicepremier libico Ahmed Maiteeq. Un “cordiale colloquio”, come recita il comunicato ministeriale, che avrebbe visto sul tavolo “i rapporti tra i due Paesi, in particolare su sicurezza, lotta al terrorismo, immigrazione e stabilizzazione politica della Libia”.

      Ma l’immagine ostentata dal governo Conte di una “Libia sicura” è offuscata dagli stessi atti di gara del ministero dell’Interno. Tra i quesiti presentati al Viminale da parte dei potenziali concorrenti al bando dei 20 battelli da destinare alla polizia libica, infatti, si trovano richieste esplicite di “misure atte a garantire la sicurezza dei propri operatori”. “Laddove si rendesse strettamente necessario effettuare interventi di garanzia richiesti in loco (Libia)”, gli operatori di mercato hanno chiesto alla Direzione centrale dell’immigrazione e della Polizia delle frontiere “che tali prestazioni potranno essere organizzate a patto che le imbarcazioni si trovino in città (Tripoli, ndr) per garantire la sicurezza degli operatori inviati per tali prestazioni”. Il ministero dell’Interno conferma il quadro di instabilità del Paese: “Le condizioni di sicurezza in Libia devono essere attentamente valutate in ragione della contingenza al momento dell’esecuzione del contratto”, è la replica al quesito. “Appare di tutto evidenza che la sicurezza degli operatori non dovrà essere compromessa in relazione ai rischi antropici presenti all’interno dello Stato beneficiario della commessa”. Per gli operatori, non per i migranti in fuga.

      https://altreconomia.it/appalti-libia-frontiere-terra
      #Libye

  • Antigone au pays du Cèdre

    #Wadad_Halwani

    Présidente du Comité des familles de personnes disparues ou kidnappées

    Porte-parole des familles des disparus de la #guerre_civile, cette femme libanaise est parvenue au vote d’une loi décisive grâce à son acharnement, trente six ans après le début de son combat. Aujourd’hui, son fils Ghassan numérise les #archives de cet engagement.

    Autour d’une table d’un blanc immaculé, des mères, des épouses et des sœurs de disparus de la guerre civile libanaise brandissent le portrait jauni de leur bien-aimé, des dizaines de journalistes ajustent leur caméra et jouent des coudes, des députés et des dirigeants d’ONG s’installent sur les rares chaises encore inoccupées, leurs discussions recouvertes par un chant sur les 17 000 disparus estimés du conflit ayant duré de 1975 à 1990, émis par une enceinte crachotante. Soudain, le silence tombe sous les cerisiers du jardin Khalil Gibran, au cœur de Beyrouth : une femme menue aux yeux pétillants, coiffée d’un foulard jaune marqué du slogan « Notre #droit_de_savoir », pose la feuille de son discours devant les micros placés sur la table.

    En cette journée d’automne, pour la première fois en trente-six ans d’une lutte acharnée pour obtenir la vérité sur le sort des disparus, la voix de Wadad Halwani n’est pas rendue inaudible par le tumulte de l’impunité : elle fait écho à l’adoption, le 13 novembre 2018, de la #loi sur les #victimes de #disparition_forcée. Le texte prévoit la mise en place d’une commission indépendante chargée d’enquêter sur le sort des disparus, d’exhumer les corps des fosses communes et d’identifier les dépouilles grâce à une banque de données #ADN.

    Son timbre n’a pas la couleur du triomphalisme mais la mesure sobre des efforts réalisés pour parvenir à ce moment historique. « Aujourd’hui, je suis parmi vous, et cela me ramène à notre première rencontre le 17 novembre 1982 sur la corniche Mazraa. Vous aviez répondu à mon appel lancé à la radio après l’enlèvement de mon mari. Nous étions des centaines de femmes. Nous ne nous connaissions pas : c’est notre tragédie commune qui nous réunissait », dit-elle à l’adresse des membres du comité des familles de disparus et de kidnappés qu’elle a fondé en 1982.

    Le 24 septembre 1982, son mari Adnan était enlevé devant ses yeux et ceux de leurs fils Ziad et Ghassan, âgés de 6 et 3 ans. Deux hommes l’avaient emmené, soi-disant pour l’interroger sur un accident de la route : « Il y en a pour cinq minutes », assurèrent-ils. Adnan n’est jamais revenu. « Tu n’es ni resté ni parti », scande le chant en l’honneur des disparus qui s’élève du jardin Khalil Gibran, lieu symbolique où ces familles au deuil gelé protestent depuis le 11 avril 2005.

    À l’écart de la foule rassemblée, #Ghassan_Halwani, aujourd’hui âgé de 39 ans et père d’une fillette, tend l’oreille. Personne ne sait mieux que lui déceler les émotions voilées derrière le discours solennel de sa mère. « Nous n’avons pas laissé la porte d’un responsable entraver notre route, nous nous sommes confrontés aux dirigeants de la guerre qui misaient sur le renouveau par leurs destructions », clame-t-elle.

    Et son fils de se remémorer : « Un soir, j’étais dans la cuisine et j’ai entendu ma mère partir d’un grand rire. Je l’ai vue plongée dans la lecture d’un vieil article évoquant l’une de leurs manifestations. Ce jour-là, elles s’étaient rendues devant la demeure du premier ministre de l’époque, mais il s’était éclipsé par la porte de derrière ! »

    Coupures de journaux, communiqués de presse, reportages vidéo et photographies, Wadad archive depuis 1982 tous les documents liés au combat qui l’anime. « Des visages de disparus habitaient notre maison. Cela suscitait ma curiosité d’enfant, les âges, les coupes de cheveux ; je savais que c’était mêlé à un drame, sans en connaître toutes les dimensions », poursuit le fils cadet. Pendant les bombardements israéliens de juillet 2006, ils doivent déménager en urgence, sans pouvoir tout emporter. Pour Ghassan, c’est la prise de conscience : « Impossible de jeter ces visages ! Je comprends soudain qu’un canapé peut brûler, mais que perdre les archives de Wadad, c’est une perte absolue. »

    En 2015, il commence un travail minutieux de restauration et de numérisation des milliers de documents conservés par sa mère afin de les publier sur un site Internet en juin 2019, avec l’aide de bénévoles. Rania, la plus assidue, souligne : « Nous n’avons pas d’histoire officielle sur la guerre au Liban. Dans notre pays, les manuels d’histoire cessent en 1943. Wadad et Ghassan ont décidé de transformer ces archives familiales en trésor national », dit-elle. Plus de trois décennies après le début de sa quête de vérité et malgré les innombrables entraves rencontrées, Wadad Hal­wa­ni garde espoir : « Nous pardonnons le passé en échange d’un sursaut moral que nous devons réaliser ensemble », dit-elle, appelant quiconque détient des informations sur les disparus à les divulguer à la future commission d’enquête.

    https://www.la-croix.com/JournalV2/Antigone-pays-Cedre-2019-01-21-1100996760
    #Liban #fosses_communes #disparus #disparitions #cadavres #identification

  • Desaparecidos: ecco “dove vanno le persone scomparse” in Messico

    «#A_dónde_van_los_desaparecidos» è uno dei progetti di ricerca giornalistica più coraggiosi del 2018 in America Latina. Che ha permesso di scoprire nuove fosse comuni e di rivelare la «logica» che sta dietro a tante sparizioni in Messico. Un lavoro fatto di verifica, studio e ricerca sul campo nei luoghi della morte


    https://www.osservatoriodiritti.it/2019/01/07/desaparecidos-messico-chi-sono-significato-sparizioni
    #disparitions #Mexique #corps #identification #fosses_communes #décès #journalisme #presse #médias #mort

  • Réfugiés morts sur la route des Balkans

    En 2015, en Macédoine, un train a renversé plus de quatorze réfugiés. Parmi eux, #Mahdi_Mohebi, un jeune afghan âgé de 19 ans, qui a survécu à la catastrophe. Depuis l’accident, Mahdi n’a plus aucune nouvelle de son jeune frère Alireza. À Brême, il poursuit tant bien que mal son existence, dans une incertitude angoissante...

    D’autres familles qui ont perdu des proches dans ce drame sont en quête de réponses. Mais elles se heurtent au silence des autorités macédoniennes, peu enclines à collaborer. Leur dernier espoir : retourner sur la route des Balkans, afin de mener leur propre enquête.

    https://www.arte.tv/fr/videos/078229-004-A/arte-regards
    #migrations #asile #réfugiés #route_des_balkans #Balkans #Macédoine #accident #morts #mourir_dans_la_forteresse_européenne #cadavres #identification #attente #Croix-Rouge #mourir_sur_la_route_des_balkans

    –-> Dans le documentaire on dit que la tragédie du #23_avril_2015 a fait 14 morts.

    • Izbjeglice umiru na balkanskoj ruti

      Balkanska ruta se od 2016. godine smatra zatvorenom. Ali izbjeglice i dalje umiru pokušavajući da pređu granice - kao što je slučaj sa Ihsanudinom Gull Muhammadom.

      hsanudin Gull Muhammad stradao je u maju 2018. Njegovo tijelo su našli u rijeci Korani. Ta rijeka predstavlja granicu između Bosne i Hercegovine i članice EU - Hrvatske. Rasim Ruždić živi u blizini Korane. On ima terensko vozilo sa prikolicom, tako da ga policija uvijek pita za pomoć kada treba da se transportuje nešto sa teško pristupačnog terena. Tako je bilo i ovaj put. “Okrenuo sam auto i stavio beživotno tijelo u prikolicu. Držao sam ga za ruke. Koža mu se već počela guliti, što znači da je već nekoliko dana bio u vodi”, kaže Rasim.

      Ihsanudin Gull Mohammad imao je na sebi sivu majicu, traperice, tene, jednu bosansku marku i 30 centi gotovine, gumu za kosu i perle za molitvu safirne boje. Kada je Rasim Ruždić položio njegovo tijelo u prikolicu, vidio je da je u Ihsanudinovoj lijevoj šaci ostao tespih - čvrsto stegnut.

      Udavio se u bijegu od hrvatske granične policije?

      Okolnosti pod kojima je Ihsanudin umro nemoguće je razjasniti. Zna se da je bio u grupi i da je pokušao da pređe bosansko-hrvatsku granicu. Ruždić pretpostavlja da je grupu zaustavila hrvatska granična policija:

      “Onda su pobjegli natrag u Bosnu, ali jadni mladić se najvjerovatnije izgubio i nije znao kako da se vrati. Ušao je u duboku vodu, vjerojatno nije znao plivati i utopio se.”

      Bosna i Hercegovina godinama nije bila na takozvanoj „Balkanskoj ruti". Putevi ka zapadnoj Evropi vodili su kroz druge, susjedne zemlje. Tokom 2017. godine u BiH je došlo manje od 800 ljudi, dok je 2018. godine registrovano čak 25.000 takozvanih ilegalnih migranata. Ljudi se pokušavaju domoći neke od članica EU. Neki uspijevaju, druge hvata i vraća hrvatska granična policija.

      Migranti i izbjeglice uvijek iznova izvještavaju da im hrvatska policija ne daje šansu da podnesu zahtjev za azil, da ih ilegalno šalje nazad preko “zelene granice” i da koristi silu. Hrvatska konsekventno odbacuje ove navode. Rasim Ruždić ne vjeruje hrvatskim vlastima i ima o tome jasno mišljenje:

      “Ako želite da spriječite ljude da pređu granicu, trebali biste da ih zaustavite, ali ne morate ih ubiti.”

      Ihsanudin Gull Mohammad sahranjen je na muslimanskom groblju u Bihaću, na sjeverozapadu Bosne. Prije toga je njegovo tijelo držano mjesec dana u mrtvačnici. Bosanske vlasti nisu bile sigurne šta da rade sa lešom. Na kraju je sahranu organizovala Zemira Godinjac, koja se dobrovoljno brine o izbjeglicama u Bihaću. “Svako ljudsko biće zaslužuje minimum dostojanstva na kraju ovozemaljskog života, i ja sam, kao čovjek, u to duboko uvjerena”, kaže ova Bosanka.

      Zemira Godinjac je najprije pokušala dobiti informacije o nastradalom mladiću. Od jednog Ihsanudinovog pratioca saznaje da je mladić bio oženjen i da je imao dvoje djece. Nakon toga pokreće akciju da njegovo tijelo bude prebačeno u rodni Afganistan.

      Zemira Godinjac traži Ihsanudinove članove porodice

      To je teško, jer nema kontakta sa njegovom porodicom i jer joj nedostaju informacije o njegovom mjestu porijekla. Ali Zemira Godinjac ne odustaje i nada se da će neko već početi da traži Ihsanudina. Dodaje i da je imao jednu osobenost: šest prstiju na lijevoj ruci. Zato će, kaže, na sigurno pohraniti Ihsanudinov plavi tespih I njegovu gumu za kosu. “Sigurno je želio više od ovoga ostaviti svojoj porodici, ali tako vam je to. Njegova sudbina je bila da pronađe smiraj u Bosni. Ovo je njegov tespih a sa ovim je vjerovatno vezao kosu. Ostaviću te stvari kod sebe da ih jednoga dana mogu dati njegovoj porodici.”

      https://www.dw.com/bs/izbjeglice-umiru-na-balkanskoj-ruti/a-48052681

    • Die Story im Ersten: Tote auf der Balkanroute

      2015 überrollt ein Zug in Mazedonien 14 Flüchtlinge. In Europa ist dieses Unglück nicht einmal eine Randnotiz. Recherchen vor Ort zeigen: Die Ermittlungen wurden schnell eingestellt, nicht alle Augenzeugen befragt. Wie der 19-jährige Afghane Mahdi Mohebi aus Bremen. Er hat das Unglück überlebt. Von seinem Bruder jedoch fehlt jede Spur: Hat der Zug seinen 14-jährigen Bruder verletzt, getötet? Wenn ja, was ist mit seinen sterblichen Überresten geschehen?

      Statt aufzuklären und zu helfen, schob die mazedonische Polizei Mahdi Mahebi sofort zurück nach Griechenland: ein klarer Verstoß gegen die Europäische Menschenrechtskonvention, wie die Kritiker sagen. Informationen und Hinweise zur Identifizierung der unbekannten Toten werden von den mazedonischen Behörden bis heute zurückgehalten. Kein Einzelfall, doch kaum jemand traut sich, die Verantwortlichen anzuklagen.
      Entlang der Balkanroute sind Tote Alltag

      Anders die Eltern des sechsjährigen Mädchens Madina Hussiny. Sie starb an der kroatisch-serbischen Grenze in Folge eines „Pushbacks“, einer polizeilichen Sofort-Abschiebung. Ihre Eltern klagen an, ihre Tochter hätte nicht sterben müssen, wenn es Rechtsstaatlichkeit an der kroatischen EU-Außengrenze gegeben hätte. Die Eltern erleben dann einen weiteren Schock. Denn statt den Fall aufzuklären, versucht die Regierung in Zagreb, genau das Gegenteil zu erreichen.

      Fast überall entlang der Balkanroute sind Tote Alltag: Menschen, die erfrieren, die vor Erschöpfung zusammenbrechen, die Opfer von Gewaltverbrechen werden. Genaue Zahlen gibt es nicht, nirgendwo in Europa eine Stelle, die Zahlen fortlaufend zusammenträgt und jeden Fall prüft.
      Behörden und Politik fühlen sich nicht zuständig

      In Deutschland leben mehrere Flüchtlingsfamilien, die ihre Angehörigen vermissen und annehmen müssen, dass sie auf der Balkanroute ums Leben gekommen sind. Es sind Familien, die 2015 über diesen beschwerlichen Weg nach Deutschland gekommen sind. Nach ihrer Ankunft wenden sie sich an die deutsche Polizei, berichten dem BAMF, dass es von ihren Verwandten auf der Balkanroute kein Lebenszeichen mehr gibt. Hilfe jedoch bekommen sie nicht.

      Weder Behörden noch Politik in Deutschland fühlen sich zuständig. Der Suchdienst des Deutschen Roten Kreuzes ist zwar bereit zu helfen, ist jedoch auf eine Kooperation der Behörden im In- und Ausland angewiesen. Die aber gibt es nur selten. Ist die Notlage von in Deutschland lebenden Flüchtlingsfamilien also einfach egal?
      Leidvolles Bangen um das Schicksal von Angehörigen

      Der Film belegt: Es wird so gut wie gar nicht hingeschaut, wenn Flüchtlinge in Deutschland sich seit Jahren mit der Ungewissheit um den Verbleib ihrer Familienmitglieder quälen. Einige halten das leidvolle Warten nicht mehr aus: Sie wollen zurück auf die Balkanroute, um ihre Kinder und Geschwister zu finden.

      „Die Story im Ersten“ hat sie auf ihrer Spurensuche begleitet und die Behörden vor Ort konfrontiert. Werden die Angehörigen Antworten auf ihre drängendste Frage finden: Was geschah mit ihren Familienmitgliedern?

      Der Film zeigt auf, welchen Stellenwert Rechtsstaatlichkeit und Menschenwürde einnehmen, wenn es um den Umgang mit toten Geflüchteten und ihren Angehörigen geht.


      https://www.daserste.de/information/reportage-dokumentation/dokus/sendung/tote-auf-der-balkanroute-100.html

  • 08/07: 19 travellers at Turkish-Greek landborder, pushed-back to Turkey

    Watch The Med Alarm Phone Investigations – 8th of July 2018

    Case name: 2018_07_08-AEG406
    Situation: 19 travellers at Turkish-Greek landborder, pushed-back to Turkey
    Status of WTM Investigation: Concluded

    Place of Incident: Aegean Sea

    Summary of the Case:

    On Sunday, 8th of July, at 11:14pm CEST, we were alerted to a group of travellers stuck near #Tichero, Greece, close to the Turkish landborder. The group consisted of 19 people, among them a 1-year-old child, a pregnant lady and a man that had a broken leg. At 12:11pm we managed to establish contact to the travellers. They were afraid of being pushed-back to Turkey by the police and asked for medical aid and the possibility to seek asylum in Greece. We asked them for a list of their names and birth dates in order to alert UNHCR. At 1:02am we received the list. We couldn’t get back in contact until 1:47am. The group decided not to move further and to wait until the morning for the UNHCR office to open so they could call there.
    At 8:30am we called UNHCR and asked for assistance. At 8:45am we also called the local police station but the operator refused to speak to us in English. We told the group to call 112 themselves for assistance. Until 9:30am we couldn’t reach any local police station. At 9:50am we sent an email to the local authorities and UNHCR to inform them about the people. Afterwards we continuously tried again to get in touch with the authorities and the group, but couldn’t establish a connection any more. At 2pm we reached the police in Alexandropolis. They informed us that they were searching since one hour but hadn’t found the travellers. During the afternoon, we couldn’t get any news and didn’t reach the travellers anymore. At 6:53pm the police informed us that they had not found the group yet. The next day at 11:02am we were informed by a contact person that the group had been found and that they had been allegedly violently pushed-back to Turkey. At 12:45am we managed to reach the group itself. They told us that the police had found them at 5:00pm the day before and put them in „a prison“. At 10:00pm the police had told the group that they were being moved to a camp to apply for international protection. However, the police instead brought them back to the river and handed them to officers discribed as „military“, who forced them onto a boat and across Evros border river back to Turkey. The police officers before had confiscated personal belongings of the refugees, including mobile phones, money, passports and the food for the baby.

    http://watchthemed.net/reports/view/943

    #Evros #Grèce #frontières #Turquie #push-back #refoulement #asile #migrations #réfugiés

    • WSJ: Turks fleeing Erdogan fuel new influx of refugees to Greece

      Thousands of Turks flee Turkey due to a massive witch-hunt launched by the Justice and Development Party (AK Party) government against the Kurds and the Gülen Group in the wake of a failed coup attempt on July 15, 2016.
      Around 14,000 people crossed the Evros frontier from January through September of this year, more than double the number for the whole of last year, according to the Greek police. Around half of them were Turkish citizens, according to estimates from Frontex, the European Union’s border agency. Many are judges, military personnel, civil servants or business people who have fallen under Turkish authorities’ suspicion, had their passports canceled and chosen an illegal route out.
      Nearly 4,000 Turks have applied for asylum in Greece so far this year. But most Turkish arrivals don’t register their presence in Greece, planning instead to head deeper into Europe and further from Turkey.

      About 30 Turks have been arriving on a daily basis since the failed coup, according to Kathimerini, there were zero arrivals from Turkey in 2015. However, thousands of Turkish citizens have started claiming asylum in Greece since “Erdogan stepped up his crackdown against his opponents since the failed coup attempt.”

      The Wall Street Journal interviewed some of the purge-victim families in Greece:

      “In the dead of night, Yunuz Cagar and his wife Cansu gave their baby some herbal tea to help her sleep, donned backpacks and followed smugglers on a muddy path along the Evros river, evading fences and border guards until they reached Greece.

      Mr. Cagar, a 29-year-old court clerk, was living a quiet life with his family in a provincial town near Istanbul until Turkey’s crackdown after a failed military coup in 2016 turned their world upside down. Judges, colleagues and friends were arrested. He lost his job and had to move the family into his parents’ attic. Mr. Cagar was arrested and spent four months in prison. His crime, he says, was downloading a messaging app, an act he says the state treated as evidence of supporting terrorism.
      The flow of asylum seekers crossing the Greek-Turkish border along the Evros river is rising for the first time since the peak of Europe’s migration crisis in 2015. This time, though, the increase is mainly due to Turks fleeing President Recep Tayyip Erdogan and his dragnet against real or imagined followers of the U.S.-based cleric Fethullah Gulen. Turkey accuses Mr. Gulen, an ex-ally turned enemy of Mr. Erdogan, of orchestrating the coup attempt.

      “We didn’t say goodbye to anyone before leaving,” said Mr. Cagar, who is now in Athens trying to find some way to get to Germany. His wife and child already made it there with the help of smugglers who have demanded a hefty price. “We began our journey with €13,000 ($14,700) and I have €1,500 left,” he said.

      Ahmed, a 30-year-old former F-16 pilot in the Turkish air force, spends his days talking to smugglers and trying to find a way out. “My dream is Canada, but the reality is Omonoia,” he said, referring to the gritty square in downtown Athens where migrants and smugglers mingle.

      A few months after the coup attempt, Ahmed said, he was dismissed, accused of Gulenist links, arrested and beaten, after another officer denounced him. He said he has no connections with Mr. Gulen’s network. He was released pending trial, but decided to flee when a prison term appeared unavoidable.

      Yilmaz Bilir, his wife Ozlem and their four children were on vacation when the coup attempt happened. Mr. Bilir, who worked at the information-technology department of Turkey’s foreign ministry, found out months later that he was suspected of Gulenist links, which he denies. The family went into hiding, staying with relatives and friends. Mr. Bilir was arrested when he briefly visited his own home and neighbors called the police. When he was released pending trial, the family decided to leave Turkey.

      Mr. Bilir made it to Germany using a forged passport and has applied for asylum there. His wife and children have applied to join him.

      Mrs. Bilir, stuck for now in Athens, remembers how happy the family was when they crossed the river Evros one summer night. “It was an endless walk, but we were happy, because we were away together,” she said. “I was so stressed in Turkey that I couldn’t sleep well for months, but that first night in detention in Greece, I finally slept.”

      After the coup, Meral Budak was suspended from her job as a teacher. Her husband was a journalist at Zaman, a major Turkish newspaper linked to Mr. Gulen’s movement. He had a valid U.S. visa and was able to travel to Canada, where he now works as an Uber driver. His 18-year-old son joined him a few months later.

      Mrs. Budak and the couple’s 15-year-old son Ali remained in Turkey and soon had their passports revoked. They went into hiding for a year. “The most traumatic memory was when I burned hundreds of books,” she said. “Even my children’s school books could be considered evidence, since the publishing companies were funded by Gulen.”
      On Jan. 1 of this year, Mrs. Budak and Ali undertook the long walk across the Evros and into Greece, where they now wait to join the rest of the family in Canada.

      “When I was walking through Greek villages, I realized my life was never going to be the same,” Mrs. Budak said. “I was walking into the unknown.”
      Read the full report on: https://www.wsj.com/articles/turks-fleeing-erdogan-fuel-new-influx-of-refugees-to-greece-1543672801

      https://turkeypurge.com/wsj-turks-fleeing-erdogan-fuel-new-influx-of-refugees-to-greece
      #réfugiés_turcs

    • Fourth migrant found dead near border, Greek ’pushback’ suspected

      Bodies of migrants keep piling up on Turkey’s border with Greece, while Greece denies it is involved in illegal “pushback” practices. Villagers in Adasarhanlı, where the body of another migrant was found earlier this week, alerted authorities after they discovered a body in a rice field, a short distance from the Turkish-Greek border, late Wednesday. The man is believed to be an illegal migrant forced to walk back to Turkey in freezing temperatures by Greek police as part of their controversial pushback practice.

      An initial investigation shows the man froze to death three days ago, and there were lesions on his body stemming from prolonged exposure to water.

      İbrahim Dalkıran, the leader of the village, said they have seen a large number of migrants recently in the area, and many took shelter, in wet clothes or half naked, in Adasarhanlı. “This is a humanitarian situation. Greece sends back migrants almost every three or four days. Some arrive injured, and we call a doctor. It is sad to see them in such a state,” Dalkıran told reporters.

      Olga Gerovasili, Greece’s minister for citizen protection whose ministry oversees border security, has denied previous allegations of pushback and told Anadolu Agency (AA) that Greece is not involved in such incidents. Yet, figures provided to AA by Turkish security sources show many illegal migrants were forced to go back to Turkey by Greek officials, with some 2,490 migrants being pushed back in November alone. The agency reports that some 300 of them were subjected to mistreatment by Greek security forces, ranging from beatings to being forced to go back half naked to the Turkish side of the border.

      Three bodies, believed to be Afghan or Pakistani migrants, were found in three villages in Edirne, the Turkish province that borders Greece. More than 70,000 illegal migrants were intercepted in Edirne between January and November, a high number compared to the 47,731 stopped last year as they tried to cross into Greece despite an increase in pushback reports.

      Under international laws and conventions, Greece is obliged to register any illegal migrants entering its territory; yet, this is not the case for some migrants. Security sources say that accounts of migrants interviewed by Turkish migration authority staff and social workers show that they are forced to return to Turkey, where they arrived from their homelands with the hope of reaching Europe.

      Pırıl Erçoban, a coordinator for the Association for Solidarity with Refugees (Mülteci-Der), says pushback constitutes a serious crime. She said it was “sad and unacceptable” that three migrants died, the number of deaths illustrates a serious problem. “It sheds light on the fact that pushback is being applied. It is still a crime to send those people back, even if they can make it back to Turkey alive,” Erçoban told AA. She says pushback was also taking place on migrant sea journeys, but has stopped, although the practice has continued on land. “Both Greece and Bulgaria are involved in this practice. Our figures show some 11,000 [illegal migrants] entered Turkey from Greece and Bulgaria, though not all of them were forced; we believe a substantial portion of returns are the result of pushback,” she said, adding returns were mostly via Greece. Erçoban said taking legal action to help migrants forced to return was difficult, as they could not reach the victims. “There should be administrative and criminal sanctions, and the culprits should be found. Turkey should take steps against pushback if [Greece] adopted it as a state policy. We hear that they are being beaten with iron bars and sent back without their clothes. This is a crime,” she added.

      Every year, hundreds of thousands of migrants flee civil conflict or economic hardship in their home countries in hope of reaching Europe. Edirne is a primary migration route. Turkish Directorate General of Migration Management data reveals that most of the migrants come from Pakistan, Syria, Iraq and Afghanistan. The numbers increase in late summer and autumn before dropping in the winter months.

      Temperatures hover near minus zero degrees Celsius in Edirne and other provinces at the border, which also saw heavy rainfall last week. Migrants usually take boats on the Meriç River, while some try to swim across to the other side. Early yesterday, police stopped 17 Pakistani migrants who were walking on train tracks near the border.

      https://www.dailysabah.com/investigations/2018/12/07/fourth-migrant-found-dead-near-border-greek-pushback-suspected/amp?__twitter_impression=true
      #mourir_aux_frontières #décès #morts

    • Greece accused of migrant ’pushbacks’ at Turkey border

      Hundreds of migrants including children and families have been illegally returned from Greece to Turkey despite Greek authorities being repeatedly warned about the practice, three non-governmental organizations said Wednesday.

      Migrants being forced back over the border, in violation of international law, has become the “new normality” at the border crossing with Turkey in Greece’s northeast Evros region, the three Greek organizations said.

      The testimonies of 39 people who attempted to cross the border to Europe, collected in detention centers near the border since the spring, were published in a report by the Greek Council for Refugees, ARSIS and HumanRights360.

      In their testimonies, the migrants describe being intercepted and detained by people wearing police or military uniforms, sometimes with a hood covering their face, who then forced them onto a boat to cross the Evros River back to Turkey.

      Some migrants described being physically abused or robbed by the individuals, who mostly spoke Greek.

      The report “constitutes evidence of the practice of pushbacks being used extensively and not decreasing, regardless of the silence and denial by the responsible public bodies and authorities,” the NGOs said.

      The “particularly wide-spread practice” leaves the “state exposed and posing a threat for the rule of law in the country,” they added.

      The Greek office of the U.N. refugee agency also said it had recorded a “significant number of testimonies on informal forced returns” through the Evros border.

      “On many occasions, we have addressed those concerns to the Greek authorities requesting the investigation of incidents,” the UNHCR office said.

      “The state’s response so far to these practices has not produced the results required for an effective access to asylum.”

      Greek authorities have denied involvement in the migrant returns and have announced investigations into potential militia action, without result so far.

      The flow of migrants across the Greek-Turkish land border has almost tripled this year, according to Greece’s migration ministry, with 14,000 people intercepted so far compared to 5,400 in 2017.


      http://www.dailystar.com.lb/News/Middle-East/2018/Dec-12/471620-greece-accused-of-migrant-pushbacks-at-turkey-border.ashx

    • Greece: Violent Pushbacks at Turkey Border

      Greek law enforcement officers at the land border with Turkey in the northeastern Evros region routinely summarily return asylum seekers and migrants, Human Rights Watch said today. The officers in some cases use violence and often confiscate and destroy the migrants’ belongings.

      “People who have not committed a crime are detained, beaten, and thrown out of Greece without any consideration for their rights or safety,” said Todor Gardos, Europe researcher at Human Rights Watch. “The Greek authorities should immediately investigate the repeated allegations of illegal pushbacks.”

      Human Rights Watch interviewed 26 asylum seekers and other migrants in Greece in May, and in October and November in Turkey. They are from Afghanistan, Iraq, Morocco, Pakistan, Syria, Tunisia, and Yemen, and include families traveling with children. They described 24 incidents of pushbacks across the Evros River from Greece to Turkey.

      Most incidents took place between April and November. All of those interviewed reported hostile or violent behavior by Greek police and unidentified forces wearing uniforms and masks without recognizable insignia. Twelve said police or these unidentified forces accompanying the police stripped them of their possessions, including their money and personal identification, which were often destroyed. Seven said police or unidentified forces took their clothes or shoes and forced them back to Turkey in their underwear, sometimes at night in freezing temperatures.

      Abuse included beatings with hands and batons, kicking, and, in one case, the use of what appeared to be a stun gun. In another case, a Moroccan man said a masked man dragged him by his hair, forced him to kneel on the ground, held a knife to his throat, and subjected him to a mock execution. Others pushed back include a pregnant 19-year-old woman from Afrin, Syria, and a woman from Afghanistan who said Greek authorities took away her two young children’s shoes.

      Increasing numbers of migrants, including asylum seekers, have attempted to cross the Evros River, which forms a natural border between Greece and Turkey, since April. By the end of September, the International Organization for Migration (IOM) had registered 13,784 arrivals by land, a nearly fourfold increase over the same period last year.

      In early June, Turkey unilaterally suspended all returns under a bilateral readmission agreement, stopping coordinated returns over the land border. In a July letter to Human Rights Watch, Hellenic Police Director Georgios Kossioris acknowledged an “acute problem” related to new arrivals and migrants arrested in the region, causing the overcrowding in some facilities, and inhumane conditions in police stations and registration and identification centers Human Rights Watch had documented.

      Accounts gathered by Human Rights Watch are consistent with the findings of other nongovernmental groups, intergovernmental agencies, and media reports. UNHCR, the United Nations Refugee Agency, has raised similar concerns. In a June report, the Council of Europe’s (CoE) Committee for the Prevention of Torture said it has received “several consistent and credible allegations of pushbacks by boat from Greece to Turkey at the Evros River border by masked Greek police and border guards or (para-)military commandos.” In November, the CoE human rights commissioner called on Greece to investigate allegations, in light of information pointing to “an established practice.”

      Human Rights Watch wrote to the head of border protection of the Hellenic Police on December 6, 2018, informing them of its findings. In his reply, Police Director Kossioris categorically denied that Hellenic Police carry out forced summary returns. He said all procedures for the detention and identification of migrants entering Greece were carried out in line with relevant legislation, and that they “thoroughly investigate” any incidents of misconduct or violation of migrants’ and asylum seekers’ rights. Greek authorities have consistently denied pushback practices, including a high-ranking Greek police official in a June meeting with Human Rights Watch. For a decade, Human Rights Watch has documented systematic pushbacks by Greek law enforcement officials at its land border with Turkey.

      Greek authorities should promptly investigate in a transparent, thorough, and impartial manner repeated allegations that Greek police and border guards are involved in collective and extrajudicial expulsions at the Evros region. Authorities should investigate allegations of violence and excessive use of force. Any officer engaged in such illegal acts, as well as their commanding officers, should be subject to disciplinary sanction and, as appropriate, criminal prosecution. Anyone seeking international protection should have the opportunity to apply for asylum, and returns should follow a procedure that provides access to effective remedies and safeguards against refoulement – return to a country where they are likely to face persecution, and ill-treatment.

      The European Commission, which provides financial support to the Greek government for migration control, including in the Evros region, should urge Greece to end all summary returns of asylum seekers to Turkey, press the authorities to investigate allegations of violence, and open legal proceedings against Greece for violating European Union laws.

      “Despite government denials, it appears that Greece is intentionally, and with complete impunity, closing the door on many people who seek to reach the European Union through the Evros border,” Gardos said. “Greece should cease forced summary returns immediately and treat everyone with dignity and respect for their basic rights.”

      For detailed accounts from asylum seekers and migrants, please see below. Please note that all names have been changed.

      Human Rights Watch interviewed 26 people from Afghanistan, Iraq, Morocco, Pakistan, Syria, Tunisia, and Yemen, including seven women, two of whom were pregnant at the time they were summarily returned to Turkey across the Evros River. In seven cases, families were pushed back, including children.

      In Greece, Human Rights Watch interviewed people who managed to re-enter Greek territory following a pushback, in the Fylakio pre-removal detention center and in the Fylakio reception and identification center, as well as in the Diavata camp for asylum seekers in Thessaloniki. In Turkey, those interviewed were in the Edirne removal center and in urban locations in Istanbul.

      All names of interviewees have been changed to protect their privacy and security. Interviews were carried out privately and confidentially, in the interviewees’ first language, or a language they spoke fluently, through interpreters. Interviewees shared their accounts voluntarily, and without remuneration, and have consented to Human Rights Watch collecting and publishing their accounts.

      Pushbacks in Evros

      The 24 incidents described demonstrate a pattern that points to an established and well-coordinated practice of pushbacks. Most of the incidents share three key features: initial capture by local police patrols, detention in police stations or informal locations close to the border with Turkey, and handover from identifiable law enforcement bodies to unidentifiable paramilitaries who would carry out the pushback to Turkey across the Evros River, at times violently. In nine cases, migrants said uniformed police physically mistreated them before or during the pushback.

      The accounts suggest close and consistent coordination between police with unidentified, often masked, men who may or may not be law enforcement officers. In a May interview with Human Rights Watch, Second Lieutenant Sofia Lazopoulou at the border police station of Neo Cheimonio said that police officers wearing dark blue uniforms were in charge of services at the police station and that those who wear military camouflage uniforms were patrolling officers, in charge of prevention and deterrence of irregular migrants crossing into Greece.

      Interviewees said that people who looked like police officers or soldiers, as well as some of the unidentified masked men, carried equipment such as handguns, handcuffs, radios, spray cans, and batons, while others carried tactical gear such as armored gloves, binoculars, and knives and military grade weapons, such as rifles.

      The repeated nature of the pushbacks and the fact that those officers who conduct them were clearly on official duty, indicates that commanding officers knew, or ought to have known, what was happening.

      Ferhat G., a Syrian Kurdish man in his forties, said two police officers detained him, his wife, and three children, ages 12, 15, and 19, at an abandoned train station on September 19. They were held in a large caged area in the backyard of a police station with dozens of other people for five hours. Ferhat could not say where the train station or police station were:

      We were all put in a van, 60 to 70 people. Commandos all in black, wearing face masks, drove us back to the river. We were very afraid… I saw other people there, mainly youths with just shorts, no other clothes. Our blood froze out of fear. When they opened the van, we started going out. “Stand in one line, one-by-one,” they said and hit someone. Ten by 10, they put us in a small boat, driven by a Greek soldier. I cried because of the humiliation.

      The modus operandi was largely replicated, with some variations, in the other cases Human Rights Watch documented.

      Capture

      Twenty-one of those interviewed said local police patrols detained them in towns and villages near the border or in open farmland. Two said that the police took them off a bus or a train shortly after its departure. Three said they could not identify the men who detained them and took them directly back to the border. People said they were then transported in police cars, pick-up trucks, white vans without windows or signs, or larger trucks painted in green or camouflage that appeared to be military trucks.

      Karim L., 25, from Morocco, said that police officers removed him from a train to Alexandropouli on November 8. Shortly after its scheduled departure from Orestiada, at 12:37 p.m., police officers began asking passengers who looked foreign to show their passports and took Karim and five or six others off the train. The police took him to a nearby police station and kept him there for two nights. Then four men wearing police uniforms and black masks took him to the border in a van. He said they subjected him to physical violence and a mock execution, then pushed him back to Turkey. He was not photographed, fingerprinted, or given any paper to read or sign, or otherwise informed of the reasons for his arrest. He said that other people, including families with children, were also detained in the station’s three cells.

      Mahsa N., an Afghan woman, said uniformed police officers removed her, her husband, their three children, ages 5, 9, and 11, and two unrelated Afghan men from a bus 15 minutes after it left Alexandropouli in mid-September, during their third attempt to enter Greece. They were pushed back to Turkey the same day, with the police who had detained them taking them all the way to the Evros River, where others were already being held so they could be returned on a boat.

      Dila E., a 25-year-old Syrian woman, described her experience shortly after crossing the Evros River in late April. She said she was with seven other people, including four children, when masked men she could not identify pushed them back to Turkey as they were walking in a small town near the border:

      They came with a car and took us. They put us in a white van. You couldn’t see anything from the inside. They took us directly to the river and made us cross the river with a rubber boat. They took everyone’s mobile phones, set of clothes, and even the money from some.

      Malik N., a 26-year-old Moroccan man, said uniformed police stopped him along with three other men on November 13 near a gas station in Didymoteicho, a town two kilometers from the border. He said that one of the policemen made a phone call, and a white van arrived 15 minutes later. Two men he could not identify took him and two of his group to a location that he described as barracks: “They put us in the car, which was very well made, dark inside, and without seats. There were no signs on it. … There was a terrible smell [in the barracks], and officials had their masks on… There were 30 people there.”

      Masked men took him to the border the next evening:

      After the masked people came, they started to shout at us, and hit us one by one with batons at the door. There were around eight people outside the barracks, each with a thick plastic baton. They would hit you as you walked to the car. They would shout “Fuck Islam.” They put 30 of us in the van. [There were] no chairs. I felt like I was suffocating, there was no air. When we arrived at the river, they ordered people to strip to shorts only. They took my phones, my money, €1,500, and my glasses, and broke them.

      Sardar T., 18, from Afghanistan, said that uniformed police caught him and the group of people he was traveling with at the Didymoteicho bus station on April 23. He said the police came with a white van but later brought a big car, similar to a military truck with green camouflage. Human Rights Watch researchers saw a vehicle matching Sardar’s description parked in the yard of the border police station of Neo Cheimonio, as well as numerous white vans, without police signs. Sardar said that the officers who pushed them back to Turkey were wearing police uniforms and that masks concealed their faces except for their eyes.

      Detention

      Thirteen of those interviewed reported that they were detained in formal and informal locations close to the border, for periods ranging from a few hours to five days. Five said they were taken to a police station, while eight described buildings on the outskirts of nearby villages and towns, or on farmland that they said were used as drop-off points for detained migrants. None of the interviewees, even those held at police stations, were duly identified and registered, and their detention appears to have been arbitrary and incommunicado.

      A few dozen to one hundred people were detained at a time, without food, water, and sanitation, and then taken to the Evros River and returned to Turkey. Interviewees described the rooms in the unidentified buildings as “prison-like” and “like a storage room,” with a few mattresses and a single, filthy toilet. They said women and families with children were either held together with unrelated men, or sometimes in adjacent rooms.

      Mahsa, the Afghan woman who was summarily returned to Turkey three times, said she and her family were kept for five days, along with unrelated men who were also detained, in a dark room with no beds or heat before the second pushback, in late August. They were not given any food. Their belongings, including winter coats for her young children, and a cherished backpack and doll, were never returned. Up to 10 guards, wearing belts with what appeared to be handguns, batons, and pepper spray, would check on people and lock the door but not provide any information. She saw guards beating men staying in the same room: “They had a blue uniform with writing on it in Greek on the back, with big letters. They called us dirt.”

      Azadeh B., a 22-year-old Afghan woman traveling with her husband and two children, ages 2 and 4, said they were pushed back twice from Greece – and had spent five days in detention before being returned the second time, in early October. She said they were taken to a room in a structure located in the middle of farmland:

      We could not see or hear anything. We were not asked to sign anything or told anything. The guards closed the door and locked it. When families asked for water, they filled dirty bottles and threw them inside the room through the door. They took everything from us, even the Quran. We asked them to give back our kids’ shoes, but they didn’t. They do this because they don’t want us to come back. If it’s something of value, they keep it, something they don’t like, they put it in the bin.

      She said only the children were given some biscuits while detained in a room that was about 40 square meters and shared by about 80 people whom she believed were also all migrants.

      Hassan I., a Tunisian man in his thirties, said that before being violently pushed back along with four friends in early August, they spent a day in detention. He said the location resembled a military base because they saw military vehicles, including trucks and tanks, parked near the room in which they were held. It was a 15-minute drive from the town of Orestiada, where they had been stopped and picked up in the morning by two police officers in blue uniforms in a civilian car.

      The policemen drove them to the location, where guards violently pushed them against a wall, searched them, and hit them. “First, they asked for phones, then for money,” Hassan said. They were shouting ‘malaka’ [a Greek insult meaning ‘asshole’]. I was shocked. I felt humiliated. When we tried to ask for anything, like our sim cards, memory cards, they hit us immediately.” Hassan and his friends were put in a room that looked like a storage room. In an adjacent room, they could hear the voices of families with children. Hassan estimated that by 9 p.m., when they were taken to the border in trucks, about 80 men were in his room of about 24 square meters, in which there were only a few chairs, a toilet, and a water tap.

      Zara Z., 19 and four-months pregnant, from Afrin, Syria, said that in mid-May, men wearing camouflage uniforms stopped her and her husband and detained them overnight in a room without bedding or furniture, together with other migrant families, and without any food or water. The next day they were transferred in a van to the Evros River, put on a boat, and pushed back to Turkey.

      Pushbacks across the Evros River

      All those interviewed said they were transported to the border with Turkey in groups of 60 to 80, in military trucks or unmarked vans. In all but three cases, the agents wore face masks, black pants, or camouflage, making it impossible to recognize or identify them. In the three other cases, interviewees said police in regular blue and camouflage uniforms transported them to the river. Ten out of 26 interviewees said they were physically abused or witnessed others being ill-treated during the pushback operation.

      Karim, a 25-year-old Moroccan man, said Greek police handed him over to masked men wearing police uniforms after they caught him in Greece on November 10 and that he was violently pushed back to Turkey. After ordering him to take off his clothes and shoes, two of the masked officers kicked him to the ground and hit him with a baton, then one of them subjected him to a mock execution. They dragged him by his hair and forced him to kneel on the ground, while the masked officer held a knife to his throat and said in broken English, “Whoever returns to Greece, they will die.” Karim said he could not sleep at night and was experiencing recurrent nightmares.

      Hassan, the Tunisian who was pushed back with his four friends on August 10 or 11, said that masked men wearing black clothes ill-treated them after taking them to the border in a truck. One of the men used a stun gun on Hassan’s lower back, causing burns that were still visible over two months later. He provided video footage of the group’s injuries, which he said was recorded the day after the incident and was first posted on social media on August 12, showing several bruises he said resulted from blows to their upper and lower backs and limbs. “Next time I will see you,” one of the masked men told him in English, “I will kill you.” At the time of the interview, Hassan had been sleeping in parks in Istanbul, after all his belongings were confiscated in Greece.

      Amir B., a Tunisian man in his twenties, was pushed back to Turkey at the end of September after entering Greece and hiding for six days. He said he was returned from near Alexandropouli to the border in one of two military trucks, which together took around 80 people to the border, including about 30 women and a few children. Amir said masked men pushed people around as they got off the trucks, and then pushed them toward the river, ordering them to remain silent. The agents then split the group into smaller groups of 10 and ordered them to take off their shoes. Women had to give up their coats, while some men had to strip to underwear. Amir’s jeans, where he also kept his money, were set on fire. When a black pick-up truck arrived with a small boat, the guards checked the other side of the river with binoculars, and then used the small boat to take the groups of 10 in turn across the water.

      https://www.hrw.org/news/2018/12/18/greece-violent-pushbacks-turkey-border

      #vidéo:
      Greek Authorities Beat, Push Back Migrants into Turkey
      https://www.youtube.com/watch?v=X2olpuc_tqA

    • El oscuro secreto de la frontera oriental de Europa

      Grecia deporta ilegalmente a los refugiados que llegan a su territorio, en algunos casos incluso secuestrándolos lejos de la frontera, según denuncian ONG y Acnur.

      Firas debería estar en Grecia. Es más, oficialmente, según los registros del Gobierno heleno y del Alto Comisionado de Naciones Unidas para los Refugiados (ACNUR), reside en Grecia. Pero no. Este sirio, de 17 años, malvive amedrentado, sin dinero y sin papeles en un pequeño apartamento de Estambul que comparte con otros refugiados, después de haber sido deportado ilegalmente por la policía griega a Turquía en tres ocasiones. Una práctica prohibida por las leyes internacionales, pero que, según las organizaciones de derechos humanos, se está convirtiendo en “sistemática” a medida que la ruta migratoria de entrada a la Unión Europea se desvía hacia la frontera del río Evros. Acnur ha recabado unos 300 casos de devoluciones en caliente de personas que intentan llegar a la UE desde Turquía solo en 2018.

      “En los últimos años hemos recabado un número significante de casos de pushback [término en inglés para referirse a esta práctica ilegal]”, explica Margaritis Petritzikis, representante de Acnur en el campo de detención de Fylakio, en Grecia, junto al Evros. “Los testimonios describen a quienes practican las detenciones vistiendo uniformes de diferentes colores, muchas veces sin distintivos, y con la cara cubierta, por lo que no sabemos a qué cuerpo pertenecen. La jurisdicción del control fronterizo es de la policía griega, pero el área que rodea el río es zona militarizada”, añade Petritzikis.

      Los detenidos aseguran que, una vez detenidos y antes de ser devueltos en barcas al otro lado de la frontera, son llevados a almacenes, instalaciones militares o comisarías de policía, transportados con furgonetas sin identificar, supuestamente de las fuerzas de seguridad, según los testimonios recogidos en informes de diversas ONG, entre ellas Human Rights Watch y el Greek Council for Refugees (GCR).

      El Evros, también llamado Maritsa, hace de barrera natural a lo largo de 194 de los 206 kilómetros de frontera terrestre entre Turquía y Grecia; el resto lo cubre una valla levantada en 2012. Para aquellos migrantes y refugiados que, desde suelo turco, sueñan con alcanzar territorio europeo, son apenas 100 o 200 metros que cubrir en un bote hinchable, un trayecto mucho más corto que el que separa la costa turca de las islas griegas del mar Egeo. Además, aquí no está vigente el acuerdo firmado entre la UE y Turquía en 2016, que permite la devolución de aquellos migrantes llegados de manera irregular por vía marítima. En la zona del Evros regía otro acuerdo bilateral de devolución firmado entre Turquía y Grecia, aunque Ankara lo canceló el pasado año. Por ello, en los últimos años, se ha incrementado el número de llegadas a través de esta ruta (en 2018 fueron 18.014, un 35% del total de refugiados y migrantes que arribaron a Grecia, según los datos de Acnur). La mayor parte de los que llegan son sirios, afganos y turcos.

      Sus aguas aparentemente tranquilas son un espejismo engañoso. Es un río caudaloso, de habituales inundaciones y fuertes corrientes: durante el pasado año, medio centenar de personas murieron en esta ruta, la mayoría ahogadas o por hipotermia. “El río es pequeño, pero peligroso. Sobre todo porque los botes son para cinco personas y cruzamos 30 a la vez”, explica un joven bangladesí detenido en el campo de Fylakio.

      Un residente de Edirne, en la orilla turca del río, explica que las tarifas que exigen los traficantes por pasar al otro lado van de 1.000 a 5.000 euros. Aquellos que pagan más “reciben un servicio vip”, y en la orilla griega les esperan otros traficantes que los llevan en coche hasta Salónica o Atenas: “A estos no los suele detener nunca la policía”. A los que no disponen de ese dinero, después de superar el peligro de las aguas les aguarda una nueva barrera.
      Práctica ilegal

      Dos y media de la madrugada. Se escuchan pasos entre la maleza, en la zona boscosa que rodea el Evros. Hay cuchicheos. Los pasos se detienen al escuchar el vehículo en el que viaja este periodista. Poco después, se alejan.

      Anteriormente, en cuanto veían a cualquier persona en la orilla griega, los refugiados se identificaban como tales y pedían que se avisase a la policía. Sabían que habían llegado a territorio seguro. Ya no. Entre los refugiados es sabido que, si son apresados en esta zona, corren el riesgo de ser devueltos al otro lado. Las devoluciones en caliente están prohibidas por la ley: la normativa exige que sean primero identificados y, si es el caso, se les permita presentar una petición de asilo. Firas (que no es su nombre real) cuenta que pasó por ello dos veces durante el año pasado. En la primera ocasión, durante el verano, explica que fue detenido nada más cruzar el río, llevado a una comisaría y devuelto a Turquía al cabo de unas seis horas. “En la comisaría nos pegaron a todos los hombres, nos quitaron nuestras pertenencias y destrozaron los móviles”, asegura.

      La segunda fue aún peor: una vez capturados, Firas explica que los agentes de policía llamaron a otros agentes con uniforme militar y la cara cubierta y les propinaron una paliza. Esta vez les quitaron hasta la ropa y los devolvieron a Turquía en calzoncillos. Su historia es similar a las decenas de testimonios recabados por diferentes ONG, que consideran que puede haber un patrón de actuación de las fuerzas de seguridad helenas.

      En algunos casos no se trata ni siquiera de devoluciones «en caliente», es decir, al ser detenidos en el borde mismo de la frontera, sino desde bastante más adentro en el territorio griego y pasado bastante tiempo desde que los refugiados entraron al país. A. A., un sirio que residía en Alemania de manera legal, llegó en agosto de 2017 a la ciudad griega de Alejandrópolis para encontrarse con su mujer, que había cruzado recientemente la frontera. Pero, según manifestó al GCR, fue detenido por agentes de la policía que, haciendo caso omiso a sus documentos, lo encapucharon y lo enviaron a Turquía en un bote junto a otros refugiados.

      Similar es el caso de Firas. La tercera vez que intentó cruzar a Grecia, a mediados de noviembre, explica que lo logró. Y fue enviado al centro de detención de Fylakio. A inicios de enero, salió de él con los documentos que lo acreditaban como solicitante de asilo. Tomó un autobús hacia Salónica, pero cuenta que, cuando llevaba 15 minutos de viaje, la policía le ordenó bajar junto a otros cinco sirios. “Tenía los papeles de la policía griega y de Acnur, pero los destrozaron delante de mí”, relata. “Nos llevaron a un calabozo y agentes con pasamontañas nos desnudaron y nos pegaron. No nos dieron agua ni comida. El segundo día, vinieron otros agentes y nos pegaron con tubos de cañería. Luego nos llevaron al río junto a varias familias con niños y nos devolvieron a Turquía”.

      La respuesta del Gobierno griego es siempre la misma: “No existen estas prácticas”. Así lo han dicho públicamente los ministerios de Orden Público y Migraciones ante las quejas formales de ACNUR y el Consejo de Europa. La comandancia regional en Tracia de la policía griega, preguntada por la situación, redirigió a este periodista al comisario de Orestíada, Pascalis Siritudis, quien respondió al teléfono —un día después de haberse negado a recibirlo— con gran enfado: "La policía griega respeta siempre la ley y las normas internacionales. No olvide que esta es la frontera de la Unión Europea, no solo de Grecia”. Desde el Ministerio de Orden Público, la contestación fue similar: «La policía griega cumple con los derechos humanos».

      Hay varias investigaciones en marcha. Una, sobre la devolución de varios turcos en mayo de 2017, ha alcanzado el Tribunal Supremo de Grecia. También el Defensor del Pueblo y la Fiscalía de Orestíada han iniciado un proceso judicial tras la denuncia de un ciudadano sudanés deportado ilegalmente a Turquía. Pero, hasta ahora, nadie ha sido condenado. Dimitris Koros, abogado del GCR, admite que es difícil armar estos casos: “La mayoría de los refugiados devueltos no tienen tiempo ni medios para iniciar un proceso judicial y, además, es casi imposible identificar a quienes participan en las devoluciones ya que van con la cara cubierta y sin identificaciones, y se suelen producir de noche”.

      Entretanto Firas continúa en Estambul, temeroso de que un día lo detengan las autoridades turcas y lo deporten a la misma Siria de la que escapó huyendo de la guerra. Y se sigue preguntando por qué lo echaron de Grecia si tenía derecho a quedarse. “Me sorprendió mucho el nivel de brutalidad que emplearon conmigo. Siempre habíamos escuchado que la Unión Europea era un lugar donde no había violencia y se respetaban los derechos humanos”, se queja.

      https://elpais.com/internacional/2019/03/03/actualidad/1551607634_105978.html

    • Turkish computer science student missing in Evros following failed attempt to escape to Greece

      21-year-old university student #Mahir_Mete_Kul has been missing since the boat he used to cross Evros river between Greece and Turkey capsized on March 24.

      A computer science student at Istanbul’s Beykent University, Kul spent 10 months in prison on charges of membership to the leftist group, Liseli Dev-Genc, and was released 5 months ago with judicial control, media reported. As the court in charge put an overseas travel ban on his passport, Kul embarked on the risky journey to escape Turkey the same way thousands of others have tried over the past two years: crossing the Evros river along Turkey-Greece border in a bid to seek asylum abroad.

      “My son was a pretty young university student. They sent him up to prison. Following his release, they prevented him from going back to the school. As he had a travel ban on his passport, he chose this way [to escape],” Mahir’s mother Araz Kul spoke to Gazete Karinca. Five months ago, the mother left Turkey to Greece due to political reasons too, media said.

      Thousands of people have fled Turkey due to a massive witch-hunt launched by the Justice and Development Party (AK Party) government against all kinds of opposition.

      More than 510,000 people have been detained and some 100,000 including academics, judges, doctors, teachers, lawyers, students, policemen and many from different backgrounds have been put in pre-trial detention since last summer.

      Many tried to escape Turkey via illegal ways as the government cancelled their passports like thousands of others.


      https://turkeypurge.com/turkish-computer-science-student-missing-in-evros-following-failed-atte
      #mourir_aux_frontières #morts #décès #mourir_dans_l'Evros

      L’appel de la mère :
      https://twitter.com/TurkeyPurge/status/1110989355445678080
      https://twitter.com/TurkeyPurge/status/1110990512381530113

      #réfugiés_turcs

    • À la frontière gréco-turque. Empêcher les migrants d’entrer en Europe, sauver ceux qui y parviennent

      Je copie-colle ici la partie dédiée à la région de l’Evros :

      L’Evros, région délaissée par les garde-frontières

      La gare de Marasia semble aussi abandonnée que le village éponyme. Derrière un panneau jaune et rouge signalant le passage de trains à vapeurs, un cours d’eau ruisselle dans le calme. L’Evros, large d’une dizaine de mètres à peine à cet endroit, est la plus longue rivière des Balkans, prenant sa source en Bulgarie pour se jeter dans la mer Égée, près d’Alexandroupoli. Depuis l’accord entre l’Union européenne et la Turquie et la fermeture de la route des Balkans, la pression migratoire sur la Grèce, qui se concentrait ces dernières années sur les îles en mer Égée, se déporte vers l’Evros, frontière naturelle entre la Grèce et la Turquie. “Aujourd’hui, le problème n’est plus à la barrière mais dans la rivière”, atteste Paschalis Siritoudis, le directeur de la police du département d’Orestiada.

      Un effet de vases communicants

      Cette affluence ne l’inquiète pas plus que ça. “De plus en plus de migrants arrivent ces dernières années mais c’est un vieux problème auquel la région est confrontée depuis une vingtaine d’années. Avant la construction de la barrière avec la Turquie (celle-ci longe la frontière sur 12 kilomètres dans une zone militarisée, NdlR), 30 000 migrants passaient chaque année. En 2012, nous avons lancé une opération de surveillance à la frontière, du personnel a été recruté. Les années suivantes, ce nombre est tombé entre 1 000 et 3 000 personnes. En 2018, environ 7 000 ont franchi la frontière. Ces chiffres, même s’ils sont moindres, montrent qu’il y a toujours un problème migratoire ici. Mais le flux est sous contrôle, il n’y a aucune comparaison possible avec la situation avant 2012”, martèle le colonel, d’une voix tonitruante.

      Les chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies (UNHCR) vont bien au-delà de ceux du directorat de police : en 2018, 18 014 personnes sont entrées en Grèce via l’Evros. Presque trois fois plus de personnes (dont une majorité de ressortissants turcs) que l’année précédente.

      Dès qu’une porte se ferme dans la région d’Evros, une fenêtre s’ouvre ailleurs. Et vice-versa. Quand, en juillet 2012, l’opération Aspida (“bouclier” en grec) est lancée, le nombre d’entrées à la frontière gréco-turque chute de manière vertigineuse. La première semaine du mois d’août, 2 000 migrants y sont appréhendés. Quelques mois plus tard, en octobre, moins de 10 personnes sont arrêtées par semaine.

      Les autorités compétentes et Frontex se félicitent du succès de cette opération. Les réjouissances sont cependant de courte durée : face au renforcement des contrôles à la frontière terrestre, les départs en mer se multiplient. “Immédiatement après le déploiement de l’opération Aspida, le nombre de détections de traversées illégales a augmenté, à la fois à la frontière maritime entre la Grèce et la Turquie et à la frontière terrestre avec la Bulgarie”, reconnaît Frontex dans son rapport annuel 2012, d’où sont issus les chiffres précités.

      Sur les 206 km de frontière fluviale entre la Grèce et la Turquie, seuls 12,5 kms sont terrestres et forment ce qu’on appelle le triangle de Karaağaç. C’est sur ce territoire qu’est érigée la barrière. (en rouge sur la carte)

      “Les barrières et les murs sont des solutions court-termistes à des mesures qui ne règlent pas le problème. L’Union européenne ne finane et ne financera pas cette barrière. Ça ne sert à rien.”
      Cecilia Malmström, ex-Commissaire européenne aux Affaires intérieures, février 2011.

      “Le problème n’est plus à la barrière mais dans la rivière” Paschalis Siritoudis, directeur de la police du département d’Orestiada

      Sept ans plus tard, l’opération Aspida est toujours en cours et semble faire la fierté de Paschalis Siritoudis. “Elle est connue dans toute la Grèce, dans toute l’Europe même ! Elle est effectuée avec le support de Frontex”, se félicite-t-il.

      Les officiers de Frontex déployés près d’Orestiada en 2010 (surtout pour identifier les migrants) pour prêter main forte aux Grecs sont partis. Aujourd’hui, l’agence européenne n’est que peu impliquée dans la région : quelques agents travaillent aux check-points et patrouillent avec des policiers et des militaires le long de la barrière de barbelés. “Nous avons parlé avec les autorités grecques pour augmenter notre présence mais la décision leur revient. Nous sommes prêts à intervenir s’ils en ressentent le besoin”, explique Eva Moncure, porte-parole de l’agence.

      À entendre Paschalis Siritoudis, ce n’est pas le cas. “Les officiers grecs qui effectuent l’enregistrement des migrants irréguliers, prennent leurs empreintes digitales et font le débriefing sont plus expérimentés que quiconque en Europe. Ils ont eu affaire à des dizaines de milliers de migrants et leur expertise est reconnue par tous”, s’exclame-t-il, assis derrière son bureau dans le commissariat d’Orestiada.

      De son côté, Frontex fait grand cas de ses compétences. “L’agence mutualise les ressources et fait appel aux États membres pour lui fournir du personnel. Il y a donc un turn-over important dans toutes les missions. Au fil des ans, nous avons toutefois développé une expertise, notamment au niveau de l’examen des documents. Avec quel genre de papiers voyagent les migrants ? Sont-ils faux ? Sont-ils vrais ? Où ont-ils été fabriqués ?”, explique Eva Moncure.

      Soumise à la bonne volonté des États membres, Frontex insiste pour pouvoir déployer ses guest officers. Ne serait-ce que pour partager les informations recueillies aux frontières avec une floppée d’institutions. Du point de vue de l’agence, plus celles-ci circulent, mieux les frontières sont protégées. Ainsi, depuis 2016, date du dernier élargissement du mandat de l’agence, Frontex est habilitée à mener des interviews sur le trafic d’êtres humains et à partager les informations récoltées avec Europol. “Nous n’enquêtons pas. Nous ne faisons que récolter des informations et les transmettons à qui de droit. Comme nous sommes en première ligne, nous pouvons obtenir ces informations plus aisément”, indique Eva Moncure. “Quand on parle de Frontex, tout le monde parle toujours des migrants mais personne ne parle des trafiquants d’êtres humains. Pour résumer, notre boulot est de surveiller les frontières, de venir en aide aux migrants s’ils sont en danger et de les renvoyer dans leur pays s’ils n’ont pas le droit d’asile en Europe. Un autre volet important, c’est de recueillir des informations sur les passeurs, les routes qu’ils utilisent, les connexions qu’ils ont, etc. Il ne faut pas oublier que les personnes qui font monter les migrants dans des bateaux ou qui leur font traverser une rivière ne sont pas des enfants de chœur. Le trafic d’êtres humains rapporte énormément d’argent, bien plus que le trafic de drogues. Le problème, c’est que pour l’instant, la justice arrête les petites mains pendant que les chefs des réseaux se la coulent douce à Dubaï en comptant leurs billets”, poursuit-elle.

      Pour rappel, les officiers ont un pouvoir exécutif lorsqu’ils sont impliqués dans l’enregistrement des migrants : prise d’empreintes digitales, screening (pour établir nationalité des migrants) et vérification des documents d’identité. En outre, ils ne peuvent délivrer de décisions relatives à l’asile puisqu’il s’agit d’un pouvoir régalien.

      Renvoyés en Turquie sur des bateaux

      Dans la région d’Evros, contrairement aux îles grecques, les agents de Frontex ne sont pas en contact avec les migrants et donc pas habilités à collecter des informations sur le trafic d’êtres humains. Laissé entre les mains des autorités grecques, l’enregistrement (et partant, le screening et l’interview) des migrants qui parviennent à entrer dans l’espace Schengen n’y semble pas garanti.

      À ce sujet, deux rapports, publiés en décembre 2018 - l’un par Humans Rights Watch et l’autre par le Greek Council for Refugees (GCR), Human Rights 360 et l’Association for the Social Support of Youth - sont glaçants. Confiscation de biens (“ils jettent nos téléphones dans la rivière”, “ils ont confisqué le lait artificiel pour notre bébé”, “il a déchiré mon certificat de naissance devant moi”) et de vêtements, privation de nourriture et parfois d’eau, fouilles corporelles, violences physiques et verbales… Comble du comble : les migrants seraient reconduits de l’autre côté de la rivière Evros dans des embarcations pneumatiques.

      Ces documents font état d’une pratique courante près de la rivière : le push-back, c’est-à-dire le refoulement des personnes qui franchissent la frontière. Ces expulsions collectives (et illégales) obéissent à un modus operandi bien rôdé, à lire les nombreux témoignages récoltés par ces ONG. “La plupart des incidents partagent trois caractéristiques principales : arrestation par une patrouille de police locale, détention dans des commissariats ou des emplacements informels (entrepôts, gares abandonnées, etc.) proches de la frontière avec la Turquie et remise des migrants par les forces de l’ordre à du personnel non-identifié (dont le visage serait le plus souvent caché par une cagoule, NdlR) qui procède au push-back via la rivière Evros, parfois de manière violente”, décrit Human Rights Watch. Certaines personnes interrogées ont subi plusieurs push-backs avant d’être finalement enregistrées selon la procédure légale.

      Les migrants ne sont pas photographiés, leurs empreintes digitales ne sont pas prises et les raisons de leur arrestation ne leur sont pas expliquées. Sans enregistrement, leur présence dans l’espace Schengen n’est pas attestée et il est donc impossible d’introduire une demande d’asile. Il est en revanche possible d’assurer qu’ils n’ont jamais un pied sur le sol européen.

      Ces allégations sont remontées jusqu’au Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe et au Comité européen pour la prévention de la torture qui les ont jugées crédibles. Après une visite en Grèce en avril 2018, le Commissaire a par ailleurs souligné l’absence d’enquêtes sur ce genre de pratiques de la part des autorités grecques.

      Des bateaux et des chaussures d’enfants

      À Marasia, derrière le panneau jaune et rouge signalant le passage de trains à vapeur, un chemin de terre longe une forêt, qui borde l’Evros. Avec l’arrivée du printemps, des fleurs jaunes tapissent ses berges.

      Il ne faut pas marcher bien loin pour découvrir les traces d’un spectacle qui suscite malaise et interrogations. À cent mètres de la gare, une paire de rames a été abandonnée.

      Un peu plus loin, au bord de l’eau, un bateau gris et bleu est recouvert de feuilles mortes. L’inscription “Excursion 5” est écrite dessus en lettres capitales. Cinquante mètres après, un autre bateau jaune et vert se confond avec la couleur des fleurs.

      De retour sur le chemin de terre, des taches de couleur attirent le regard. Ce sont des chaussures. En daim, celles d’un adulte, à côté d’un soutien-gorge et d’un jeans délavé. À côté, deux paires de basket appartiennent à des enfants. Les plus petites, bleues, sont une pointure 26. Leur ancien propriétaire doit avoir entre trois et cinq ans. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été reconduit en Turquie ? Ses compagnons de route ont-ils été interrogés sur le trafic d’êtres humains dont ils ont été victimes ?

      Confronté aux accusations de push-backs menés dans la région, le chef de la police élude d’abord la question et jure que les migrants interceptés sont pris en charge. Avant de finir par admettre que “nous avons reçu des informations sur les push-backs de la part des ONG”.

      Pas suffisamment pour enquêter, comme recommandé par le Commissaire européen aux droits de l’homme et le Comité européen pour la prévention de la torture.

      https://dossiers.lalibre.be/greco-turque/login.php

    • Οργανωμένο σχέδιο ανομίας στον Έβρο καταγγέλλει η « Καμπάνια για το Άσυλο »

      Την κατεπείγουσα διερεύνηση των συνεχιζόμενων καταγγελιών για τις άτυπες επιχειρήσεις επαναπροώθησης προσφύγων στον Έβρο και τον έλεγχο των εμπλεκομένων ζητούν από τους υπουργούς Προστασίας του Πολίτη, Όλγα Γεροβασίλη, Μεταναστευτικής Πολιτικής, Δημήτρη Βίτσα, και Δικαιοσύνης, Μιχάλη Καλογήρου, δέκα οργανώσεις που συμμετέχουν στην « Καμπάνια για το Άσυλο ».

      Σημειώνουν ότι οι υπουργοί είναι υπόλογοι για κάθε καθυστέρηση, η οποία εντείνει την πεποίθηση ότι τα σύνορα στον Έβρο αποτελούν ένα πεδίο εκτός δικαίου και εκτός νόμου και έναν τόπο μαρτυρίου για τους πρόσφυγες.

      Υπογραμμίζουν ότι ο συστηματικός τρόπος και οι ομοιότητες της κακομεταχείρισης παραπέμπουν σε οργανωμένο σχέδιο αποτροπής, στο πλαίσιο του οποίου αναπτύσσονται γενικευμένες πρακτικές, οι οποίες έγιναν πιο εκτεταμένες, συστηματικές και σκληρές μετά την υπογραφή της ευρωτουρκικής συμφωνίας το Μάρτιο του 2016. Και αναφέρουν ότι οι πρακτικές αυτές εμπίπτουν στην αρμοδιότητα της ποινικής δικαιοσύνης και στοιχειοθετούν κατά περίπτωση κακουργήματα (βασανισμός, ληστεία, έκθεση ζωής σε κίνδυνο...).

      Οι οργανώσεις (ΑΡΣΙΣ, Δίκτυο Κοινωνικής Υποστήριξης Προσφύγων και Μεταναστών, ΕΠΣΕ, Ελληνικό Φόρουμ Προσφύγων, Κίνηση για τα Ανθρώπινα Δικαιώματα – Αλληλεγγύη στους Πρόσφυγες Σάμος, Κόσμος χωρίς Πολέμους και Βία, ΛΑΘΡΑ, PRAKSIS, Πρωτοβουλία για τα Δικαιώματα των Κρατουμένων, Υποστήριξη Προσφύγων στο Αιγαίο) κάνουν λόγο για επιδεικτική βαρβαρότητα ένστολων ή μη στην περιοχή και παράνομες ενέργειες οι οποίες αποτελούν αντικείμενο συγκεκριμένων οδηγιών και εντολών. Σημειώνουν ότι το οργανωμένο σχέδιο περιλαμβάνει επίσης τη συγκάλυψη και νομιμοποίηση των εγκληματικών μεθόδων που χρησιμοποιούνται.

      Ολόκληρη η ανακοίνωση της « Καμπάνιας για το Άσυλο » έχει ως εξής :

      Απαξίωση της ανθρώπινης ζωής και της νομιμότητας οι επαναπροωθήσεις στον Έβρο

      Αθήνα, 2 Μαΐου 2019

      Τα σύνορα της χώρας στον Έβρο τείνουν να καταστούν ένας εκτός δικαίου και εκτός νόμου τόπος μαρτυρίου για τους πρόσφυγες που επιχειρούν απελπισμένα να περάσουν στο ευρωπαϊκό έδαφος, στιγματίζοντας τη χώρα μας και τους υπευθύνους για τη διαχείρισή τους.

      Ενώ παρακολουθούμε τους αυξανόμενους πνιγμούς στα σύνορα, οι καταγγελίες προσφύγων για βάρβαρες πρακτικές επαναπροώθησης συνεχίζονται. Εκτός από τον αποτροπιασμό που προκαλούν, δείχνουν επίσης ότι η άσκηση βίας και οι συστηματικές παραβιάσεις δεν αποτελούν μεμονωμένες ατομικές επιλογές, αλλά γενικευμένες πρακτικές που αναπτύσσονται στα πλαίσια ενός σχεδίου αποτροπής και προσπάθειας ενίσχυσης του « μηνύματος » αποθάρρυνσης, που « πρέπει να σταλεί » για την ανάσχεση των προσφυγικών ρευμάτων.

      Όσα εκτενώς καταγράφονται στην κοινή έκθεση του Ελληνικού Συμβούλιου για τους Πρόσφυγες, της ΑΡΣΙΣ και της HumanRights360, που δημοσιεύτηκε πρόσφατα (1), δεν αφήνουν αμφιβολία για την αλήθεια των καταγγελλόμενων. Ο συστηματικός τρόπος και οι ομοιότητες της κακομεταχείρισης παραπέμπουν σε ένα οργανωμένο σχέδιο, η εφαρμογή του οποίου επιτρέπει -αν δεν προτρέπει- παράνομες συμπεριφορές. Οι περίπολοι ενόπλων με ή χωρίς αστυνομικές και στρατιωτικές στολές, μάσκες ή κουκούλες, που μιλούν εκτός από τα ελληνικά και άλλη ευρωπαϊκή γλώσσα (συχνά αναφερόμενη η γερμανική), που δρουν με επιδεικτική βαρβαρότητα ακόμα και μπροστά σε μικρά παιδιά και οικογένειες, βία και κακοποιήσεις, αφαίρεση προσωπικών ειδών και χρημάτων, ρούχων κατά περίπτωση και συχνά υποδημάτων, αφαίρεση ή καταστροφή κινητών τηλεφώνων (για να μην καταγράφεται η παράνομη δράση), μεταφορά σε εγκαταλειμμένες αποθήκες που χρησιμεύουν ως άτυπα κρατητήρια χωρίς τροφή και νερό και χρήση φουσκωτών για την επαναπροώθηση στην Τουρκία, παραπέμπουν σε εκτέλεση συγκεκριμένων οδηγιών και εντολών, που εφαρμόζονται επιλεκτικά σε εφαρμογή προαποφασισμένου σχεδίου, που περιλαμβάνει και τη συγκάλυψη -και κατά συνέπεια νομιμοποίηση- των εγκληματικών μεθόδων που χρησιμοποιούνται κατ’ αυτές.

      Η Καμπάνια για την Πρόσβαση στο Άσυλο καταγγέλλει για ακόμα μια φορά την εφαρμογή των πρακτικών άτυπης επαναπροώθησης που έχουν επεκταθεί και καταστεί σκληρότερες και συστηματικότερες μετά την Κοινή Δήλωση αρχηγών κρατών και κυβερνήσεων ΕΕ-Τουρκίας της 18ης Μαρτίου 2016 και επισημαίνει ότι δεν αποτελούν μόνο σοβαρή παραβίαση των διεθνών υποχρεώσεων της χώρας, αλλά εμπίπτουν στην αρμοδιότητα της ποινικής δικαιοσύνης και στοιχειοθετούν κατά περίπτωση κακουργήματα (βασανισμοί, ληστείες, έκθεση σε κίνδυνο ζωής κ.ά.)

      Ζητάμε να δοθούν απαντήσεις από τις αρχές :

      Ποια σώματα ενεργούν στα σύνορα για την αποτροπή παράτυπων εισόδων.
      Υπάρχει πλαίσιο συγκεκριμένων εντολών για την περίπτωση εντοπισμού, σύλληψης και μεταχείρισης των παράτυπα εισερχόμενων και έλεγχος για τον τρόπο εφαρμογής του από τις περιπόλους ;
      Υπάρχει υποχρέωση καταγραφής των περιπόλων που ενεργούν κατά μήκος του Έβρου και υποχρεωτική αναφορά σχετικά με την πορεία που ακολουθούν καθώς και τις ενέργειες τους ;
      Ελέγχεται από την εκάστοτε προϊσταμένη αρχή η νομιμότητα των ενεργειών αυτών των περιπόλων και η τήρηση των υποχρεώσεων που επιβάλει το διεθνές δίκαιο για την προστασία των προσφύγων ;

      Η Καμπάνια για την Πρόσβαση στο Άσυλο επισημαίνει ότι τα αρμόδια και εμπλεκόμενα Υπουργεία (Προστασίας του Πολίτη, Άμυνας και Μεταναστευτικής Πολιτικής) αλλά και ο Υπουργός Δικαιοσύνης οφείλουν να προβούν με διαδικασίες κατεπείγοντος στη διερεύνηση των καταγγελιών και τον έλεγχο των εμπλεκόμενων σε επιχειρήσεις αποτροπής και είναι υπόλογοι για κάθε καθυστέρηση, καθώς οι συνεχιζόμενες παραβιάσεις, όσο εκφεύγουν από κάθε μορφής έλεγχο, λογοδοσία και τιμωρία, επιβεβαιώνουν την πεποίθηση ότι ο Έβρος είναι ένα εκτεταμένο πεδίο εκτός δικαίου και εκτός νόμου όπου οι πρόσφυγες είτε σπρώχνονται στο θάνατο είτε στα χέρια εγκληματικών οργανώσεων, όπου μπορεί να αναπτύσσεται ανεμπόδιστα το οργανωμένο έγκλημα και όπου η ανθρώπινη ζωή είναι εξαιρετικά φτηνή ακόμη και γι’ αυτούς που είναι υπεύθυνοι να την προστατεύουν.

      https://www.efsyn.gr/node/193572

      Reçu via la mailing-list Migreurop avec ce commentaire :

      10 ONG et associations solidaires somment les Ministres de l’ordre public, de la Politique Migratoire et de la Justice d’ouvrir en toute urgence une enquête concernant les dénonciations répétées d’opérations illégales de refoulement de réfugiés à Evros (frontière fluviale gréco-turque au Nord de la Grèce) ; elles réclament aussi que tous les agents de l’état impliqués dans des telles actions fassent l’objet d’un contrôle.

      Les dix ONG qui font partie de celles ayant lancé la Campagne pour l’accès à l’asile (http://asylum-campaign.blogspot.com) font remarquer que les ministres seront tenus pour responsable de tout empêchement ou retard dans l’enquête, qui renforcerait la conviction que la frontière d’Evros est une zone de non-droit et un haut-lieu de torture pour les réfugiés (tortures, mauvais traitements, vols avec violence, mise en danger de la vie d’autrui).

      Elles soulignent que le mode opératoire quasi-identique de plusieurs opérations de refoulement et les ressemblances dans les mauvais traitements subis par les réfugiés renvoient à un plan organisé et concerté de dissuasion, dans le cadre duquel se déploient de pratiques généralisées qui sont devenus plus fréquentes, plus systématiques et encore plus dures après l’accord UE-Turquie en mars 2016.

      Les organisations Arsis , Réseau de soutien social de réfugiés et de migrants (Diktyo) Observatoire grec pour les accords d’Helsinki (Greek Helsinki Monitor ), Forum grec des réfugiés (Greek Forum of Refugees), Mouvement pour les Droits de l’Homme-Solidarité avec les Réfugiés Samos, Monde sans guerres et violence , « LATHRA » -Comité de Solidarité avec les Réfugiés de Chios, PRAKSIS , Initiative pour les droits de détenus ,

      Soutien aux Réfugiés en Egée (Refugees Support Aegean) parlent de brutalité ostentatoire de la part des policiers et de groupes paramilitaires et d’actions illégales qui ne pourraient être que le fruit de consignes précises et d’ ordres venant d’en haut. Pour les ONG, le recouvrement et la légalisation implicite de méthodes criminelles employées est partie intégrante du plan organisé de push-back.

    • “We were beaten and pushed back by masked men at Turkish-Greek border” – Turkish journalist and asylum seeker

      A group of Turkish political asylum seekers claims that, following their attempt to cross the Turkish border via Evros River in the northeast of Greece on Friday evening, they were pushed back after being beaten by masked men with batons.

      Tugba Ozkan, a journalist in the group, told IPA News on the phone that the group of 15 people fleeing persecution in Turkey crossed the Turkish-Greek border on Friday at 9 pm near Soufli, a town at Evros Regional Unit.

      When they stepped on Greek soil, however, she said a group of masked men beat them and pushed them back across the river to Turkish land, where a post-coup crackdown has persecuted tens of thousands of Turkish nationals since the abortive coup in 2016.

      A family of four from the group, including two children, disappeared after the alleged push-back. Turkish soldiers reportedly arrested the four Turkish nationals, Alpay Akinci (42), Meral Akinci (40), Okan Selim Akinci (11), and Ayse Hilal Akinci (8).

      Trying to hide from Turkish security officers, 11 people, including Ozkan, were attempting to cross the border for the second time.

      “Masked men beat us with batons. We are in a very dire situation. We are afraid to be pushed back again. We need help,” a desperate Ozkan said in dismay.

      The group of asylum seekers managed to cross the Evros safely in their second attempt, she said, and the group was attempting to hide when two Greek police cars found them.

      Greek Police detained the group at around 2 pm on Saturday near the border and took them into custody, according to the Greek Council for Refugees (GCR), a non-governmental organization defending human rights and fighting against illegal push-backs in the region.

      The group applied for asylum in Greece and are expected to be released in a few days after the official registration is done, according to GCR lawyers.
      Push-back: Infamous buzzword of immigration debate glossary

      The practice that notoriously became known as “push-back,” can be defined as ‘the use of force to stop asylum seekers at borders and to return them to the country from which they came.’

      According to official numbers of the United Nations, thousands of asylum seekers and refugees from various nations cross the Turkish-Greek border illegally every year in an attempt to reach Europe to take refuge.

      Many reported push-back incidents have occurred in recent years, but no accurate figures have been revealed yet.

      One of those incidents was the case of Murat Capan, a Turkish journalist who worked for the critical Nokta magazine. According to the narrative of Hellenic League for Human Rights, Capan and a Turkish family with three children crossed the Evros river in May 2017, escaping persecution.

      The Greek police took them into custody where they asked to apply for asylum. Subsequently, they were taken to a UN facility in a van.

      According to the information put forth by Hellenic League, the van met with a car along the road and five masked men dressed in camouflage bound the hands of the Turkish nationals. Two of the masked men then escorted them back to the Turkish side of the border where they were handed over to Turkish soldiers.

      Turkish authorities had already sentenced Capan in absentia to twenty-two and a half years in prison. Following the push-back incident, the security forces sent Capan to prison to serve his term.

      Another incident included 6 Turkish asylum seekers and took place in September 2018. Two Turkish families entered Greece via Evros and as reported by a Turkish journalist in exile, Cevheri Guven, their presence in Greece can be backed by solid evidence.

      One family had their two kids with them and took their photo on a roadside cafe in Alexandroupolis.

      Guven shares the location and picture of the coffee where the photo above had been taken to display that the families were indeed in Greece.

      The families were escorted back to Turkey after appealing for asylum by the Greek police and thrown into the water by the Turkish side, according to Guven. Turkish gendarmerie caught them after hours of walking along the road and 3 adults out of 4 in the group faced arrest.

      The cases of Capan and the Yildiz family crystalize the consequences of the push-back practice, which is a widespread method apparently enforced by Greek security forces working alongside Greece’s border with Turkey, according to the work of several NGOs.

      Greek NGOs, including GCR, HumanRights360, and ARSIS, released a report on the push-back practice in December 2018.

      The report, dubbed “The new normality: Continuous push-backs of third-country nationals on the Evros river,” includes testimonies of 39 people who tried to cross the Evros river to enter Greece, but who were pushed back to Turkey, often violently.

      The report of the NGOs concludes that “the practice of push-backs constitutes a particularly wide-spread practice, often employing violence in the process.”

      GCR, HumanRights360, and ARSIS have urged authorities to take action against the practice, which they label as “a threat to the rule of law” in Greece.

      According to a 2012 ruling of the European Court of Human Rights, push-back policy breaches international law, including the Geneva Convention and the Universal Declaration of Human Rights.

      International laws are clear on peoples’ rights to seek protection from persecution in other countries, and the latter is obliged to process these requests in order to avoid the risk of endangering people who have a legitimate claim to protection.

      https://ipa.news/2019/04/28/we-were-beaten-and-pushed-back-by-masked-men-at-turkish-greek-border-turkish-j

    • Three Kurdish children drown as more refugees try to make their way into Greece

      THREE KURDISH have perished while trying to cross from Turkey into Greece when the boat they were in capsized.

      The children were from the Iraqi Kurdistan capital of Erbil and drowned in Maritsa River.

      “In the early hours of today, around 3 am, a boat carrying thirteen immigrants who wanted to cross from Turkey to Greece through the Evros River overturned and two children drowned. One child died due to the cold weather,” said Ari Jalal, a representative of Federation of Iraqi Refugees in Kurdistan, in an interview with Kurdish Rudaw.

      Jalal further said the body of one child is yet to be found. “The search continues. We are in contact with the consulates of Iraq, Turkey and Greece after the tragic boat incident. The other immigrants were rescued by Greek police,” Jalal said.

      Turkey is used as a key and main route by thousands of refugees who want to cross into Europe through Greece, especially since 2011, when the Syrian civil war began.

      According to Greece police, the number of migrants registered and arrested after crossing the border was 3,543 by last October, an 82% increase over the same month in the preceding year.


      https://ipa.news/2019/02/04/three-kurdish-children-drown-as-more-refugees-try-to-make-their-way-into-greec
      #décès #morts

    • The new normality: Continuous push-backs of third country nationals on the Evros river

      The Greek Council for Refugees, ARSIS-Association for the Social Support of Youth and HumanRights360 publish this report containing 39 testimonies of people who attempted to enter Greece from the Evros border with Turkey, in order to draw the attention of the responsible authorities and public bodies to the frequent practice of push-backs that take place in violation of national, EU law and international law.

      The frequency and repeated nature of the testimonies that come to our attention by people in detention centres, under protective custody, and in reception and identification centres, constitutes evidence of the practice of pushbacks being used extensively and not decreasing, regardless of the silence and denial by the responsible public bodies and authorities, and despite reports and complaints denouncements that have come to light in the recent past.
      The testimonies that follow substantiate a continuous and uninterrupted use of the illegal practice of push-backs. They also reveal an even more alarming array of practices and patterns calling for further investigation; it is particularly alarming that the persons involved in implementing the practice of push-backs speak Greek, as well as other languages, while reportedly wearing either police or military clothing. In short, we observe that the practice of push-backs constitutes a particularly wide-spread practice, often employing violence in the process, leaving the State exposed and posing a threat for the rule of law in the country.
      Τhe organizations signing this report urge the competent authorities to investigate the incidents described, and to refrain from engaging in any similar action that violates Greek, EU law, and International law.

      https://www.gcr.gr/en/news/press-releases-announcements/item/1028-the-new-normality-continuous-push-backs-of-third-country-nationals-on-the-e

      Pour télécharger le #rapport:


      https://www.gcr.gr/en/news/press-releases-announcements/item/download/492_22e904e22458d13aa76e3dce82d4dd23

    • Απάντηση Γεροβασίλη για τις επαναπροωθήσεις

      Επιστολή στον επικεφαλής της Υπατης Αρμοστείας στην Ελλάδα, Φιλίπ Λεκλέρκ, έστειλε η Όλγα Γεροβασίλη απαντώντας στη δική του στην όποια, όπως αναφέρει υπουργός Προστασίας του Πολίτη, « παρατίθενται περιγραφές και μαρτυρίες μεταναστών για περιστατικά και πρακτικές προσώπων, που φέρονται να ανήκουν σε Σώματα Ασφαλείας, στην περιοχή του Έβρου.

       »Συγκεκριμένα, οι αναφορές αφορούν σε άτυπες αναγκαστικές επιστροφές στην Τουρκία, χωρίς την τήρηση των νόμιμων διαδικασιών, σε περιστατικά βίας και σοβαρών παραβιάσεων των ανθρωπίνων δικαιωμάτων, καθώς και σε περιστατικά σύμφωνα με τα οποία δεν επετράπη η πρόσβαση προσφύγων και μεταναστών στο μηχανισμό του ασύλου.

      Η κ. Γεροβασίλη υποστηρίζει πως « οι καταγγελλόμενες συμπεριφορές και πρακτικές ουδόλως υφίστανται ως επιχειρησιακή δραστηριότητα και πρακτική του προσωπικού των Υπηρεσιών Συνοριακής Φύλαξης, το οποίο κυρίως εμπλέκεται σε δράσεις για την αντιμετώπιση του φαινομένου της παράνομης μετανάστευσης στα ελληνοτουρκικά σύνορα. Από την διερεύνηση των μέχρι σήμερα καταγγελλομένων περιστατικών και από τις εσωτερικές έρευνες που έχουν πραγματοποιηθεί από τις αρμόδιες Υπηρεσίες, προκύπτει το συμπέρασμα ότι αυτά δεν δύνανται να επιβεβαιωθούν ».

      Ισχυρίζεται δε ότι « η εμπειρία, ο επαγγελματισμός και το ήθος του αστυνομικού προσωπικού των Υπηρεσιών Συνοριακής Φύλαξης, δεν αφήνουν ουδεμία αμφιβολία ότι το έργο της διαχείρισης συνόρων επιτελείται με υψηλό αίσθημα ευθύνης και ανθρωπισμού. Προς επίρρωση αυτού, σημειώνεται ότι, στον ποταμό Έβρο έχουν λάβει χώρα, πολλές φορές υπό άκρως αντίξοες συνθήκες, επιχειρήσεις διάσωσης μεταναστών που κινδύνευαν από πνιγμό, από το αστυνομικό προσωπικό, το οποίο και με κίνδυνο της ζωής του επιδιώκει την προστασία της ζωής των μεταναστών όταν εγκλωβίζονται σε επικίνδυνα σημεία του ποταμού Έβρου, αποσπώντας θετικά σχόλια από την κοινή γνώμη.

      Επίσης, η υπουργός σημειώνει πως « οι Έλληνες αστυνομικοί που πραγματοποιούν εθνικές επιχειρησιακές δράσεις επιτήρησης συνόρων στην περιοχή του Έβρου, τα τελευταία έτη, υποστηρίζονται από Φιλοξενούμενους Αξιωματούχους διαφόρων ειδικοτήτων, στο πλαίσιο Κοινών Επιχειρήσεων του Frontex που υλοποιούνται στην περιοχή. Ο εν λόγω Ευρωπαϊκός Οργανισμός ενισχύει την επίγνωση της κατάστασης και την επιχειρησιακή ανταπόκριση στα ελληνοτουρκικά χερσαία σύνορα. Σε αυτό το πλαίσιο, ουδέποτε έγινε αναφορά από ξένους Φιλοξενούμενους Αξιωματούχους του Frontex, περιστατικού παράτυπης επαναπροώθησης ή παραβίασης δικαιώματος μεταναστών, με εμπλοκή ελλήνων αστυνομικών ».

      Στην επιστολή επισημαίνεται πως « τόσο σε κεντρικό όσο και σε περιφερειακό επίπεδο, το αστυνομικό προσωπικό λαμβάνει ειδικότερες οδηγίες και διαταγές, ενώ παρακολουθεί και εκπαιδευτικά προγράμματα, σχετικά με την προστασία των θεμελιωδών δικαιωμάτων των μεταναστών, με ιδιαίτερη έμφαση στις ευάλωτες ομάδες. Οι οδηγίες εστιάζουν στην προστασία της ανθρώπινης ζωής και αξιοπρέπειας, την αποφυγή των διακρίσεων, την νόμιμη χρήση βίας και την αρχή της μη-επαναπροώθησης. Σε αυτό το πλαίσιο, το αστυνομικό προσωπικό εποπτεύεται και αξιολογείται σε μόνιμη βάση, από την ιεραρχία του σώματος.

      Τέλος, η κ. Γεροβασίλη υπενθυμίζει ότι « η Ελλάδα έχει διαχειρισθεί αποτελεσματικά, από το 2015 μέχρι και σήμερα, περισσότερους από 1.350.000 πρόσφυγες/μετανάστες, έχοντας ως γνώμονα την προστασία της ανθρώπινης ζωής και αξιοπρέπειας. Ειδικότερα, επισημαίνεται πώς, κατά το πρώτο 4μηνο του 2019 στην περιοχή δικαιοδοσίας των Δ.Α. Ορεστιάδας και Αλεξανδρούπολης έχουν πραγματοποιηθεί 3.130 συλλήψεις υπηκόων τρίτων χωρών, γεγονός που έρχεται σε αντίθεση με τις καταγγελίες περί επαναπροωθήσεων. Επιπλέον και κατά το συγκεκριμένο χρονικό διάστημα που αναφέρεται στις καταγγελίες (25-29.04.2019), πραγματοποιήθηκαν στην συγκεκριμένη περιοχή 101 συλλήψεις υπηκόων τρίτων χωρών ».

      https://www.efsyn.gr/node/193868

      Traduction de Vicky Skoumbi via la mailing-list Migreurop :

      La ministre grecque de Protection du Citoyen (euphémisme pour l’Ordre Public) Olga Gerovassili a démenti les accusations de refoulements illégaux à Evros –frontière nord-est de la Grèce avec la Turquie. En réponse à la lettre que lui avait adressée Philippe Leclerc, représentant de l’UNHCR en Grèce, où celui-ci évoque des témoignages des migrants concernant des mauvais traitements et des refoulements effectués par des forces de sécurité de la région d’Evros, la ministre a tout nié en bloc.

      Philippe Leclerc faisait état des témoignages qui dénoncent d’une part des renvois forcés vers la Turquie, sans que les procédures légales soient respectées, et d’autre part des violences et des violations graves des droits humains, ainsi que des cas où on a interdit aux réfugiés et aux migrants l’accès au mécanisme de l’asile.

      Mme Gerovassili soutient que « les comportements et les pratiques dénoncées ne font nullement partie des modes opératoires et des pratiques du personnel de la Garde-Frontière, qui est surtout impliqué à des actions de contrôle du phénomène d’immigration illégale aux frontières gréco-turques. L’investigation des incidents dénoncés jusqu’à aujourd’hui et les enquêtes internes réalisées par les services compétents ont conduit à la conclusion que ces incidents ne peuvent pas être confirmés ».

      La ministre prétend que « l’expérience, le professionnalisme et l’éthos du personnel policier de la Garde-Frontière, ne laissent aucun doute sur le fait qu’ils opèrent avec un très haut sens de responsabilité et d’humanisme. Pour corroborer ce fait, elle souligne le fait qu’à Evros des opérations de sauvetage ont eu lieu plusieurs fois sous de conditions extrêmement dangereuses : les policiers opèrent au péril de leur propre vie pour la protection de la vie des migrants, lorsque ceux-ci sont bloqués à des endroits dangereux du fleuve Evros.

      La ministre ajoute que les officiers de Frontex qui sont impliqués dans des opérations conjointes avec les policiers grecs n’ont jamais dénoncé des cas de refoulement illégal ou de violation de droit de migrants de la part des agents grecs.

      Dans la lettre que la ministre a adressée à Philippe Leclerc, il est dit que le personnel policier agit sous des consignes et ordres spécifiques, tandis qu’il est souvent amené à suivre des programmes de formation spécifiques à la protection des droits fondamentaux de migrants. D’après la ministre, les consignes données mettent en avant la nécessité de protéger la vie et la dignité humaine, d’éviter toute discrimination, de s’en tenir à l’usage légal de la violence et au principe du non-refoulement. « Dans ce cadre, les agents de police sont contrôlés et évalués en continu, par leurs supérieurs hiérarchiques », dit la ministre.

      Enfin Mme Gerovassili met en avant le fait que 3.130 arrestations de ressortissants de pays tiers ont été effectuées pendant les quatre premiers mois de 2019 dans les régions d’Orestiada et d’Alexandroupolis- proches d’Evros- ce qui, d’après la ministre, contredit les accusations de refoulements illégaux. « Qui plus est, pendant la période précise où les faits dénoncés auraient pu avoir lieu (25-29.04.2019), 101 arrestations de ressortissants de pays tiers ont eu lieu dans cette région ».

      Avec ce commentaire :

      N’en déplaise à la ministre, les faits sont têtus et aucun démenti ne saurait entamer la crédibilité de rapports des ONG et des témoignages comme ceux par ex. rapportés par le Conseil Grec pour les Réfugiés

      https://www.gcr.gr/en/news/press-releases-announcements/item/1067-gcr-and-cear-publish-a-joint-video-documenting-the-harsh-reality-of-pushbac

    • Εvros Pushbacks

      The Greek Council for Refugees and CEAR (C​omisión Española de Ayuda al Refugiado), with the support of the Municipality of Madrid, publish together a video on pushbacks in Evros, today, March 20, three years since the implementation of the EU-Turkey Joint Statement, of which the consequences are obvious in Greece’s northern border, as well as on the Eastern Aegean islands. The shattering testimonies of people who attempted to enter Greece from the Turkish border and were violently pushed back to Turkey, without ever being given the opportunity to apply for asylum, reveal the systematic nature of the pushbacks practice, in direct violation of Greek, EU and international law.

      https://www.youtube.com/watch?v=LAyuOlohOss


      #routes_migratoires #accord_UE-Turquie #parcours_migratoires #Pavlos_Pavlidis #identification #corps

      Le #cimetière :


      ... qui ne semble plus être le même que celui qu’on avait visité en 2012 :

    • Ces migrants mystérieusement refoulés de Grèce en Turquie

      C’est un sujet qui, régulièrement, vient mettre en porte-à-faux les autorités grecques : l’accueil des migrants qui traversent le fleuve Evros. Frontière entre la Turquie et la Grèce, ce fleuve sert de point d’entrée en Europe pour les migrants venus d’Asie, d’Afrique ou tout simplement de Turquie.

      Et si la traversée du fleuve n’est pas insurmontable, en revanche, les conditions d’accueil sont sujettes à critique par les ONG et même par les migrants.

      L’équipe d’euronews à Athènes en a rencontrés. Ils racontent comment les policiers grecs ont pour habitude de les refouler, sans ménagement.

      Mikail est turc, demandeur d’asile en Grèce. Il explique qu’il a traversé le fleuve avec un groupe de 11 personnes. Lorsqu’ils sont arrivés sur le sol grec, des policiers les ont arrêtés. « Les types portaient des tenues militaires, raconte-t-il. Et ils avaient des matraques. On aurait dit qu’ils partaient en guerre. Nous, on a essayé de comprendre pourquoi ils se comportaient ainsi. Ils nous ont simplement dit : "On va vous renvoyer chez vous". »

      « Mes enfants étaient à côté de moi, ajoute Gulay, réfugiée turque_. Ils m’ont dit : "Maman, y vont nous tuer ?" Je leur ai dit : "Non, ils ne vont pas nous tuer. Ils veulent juste nous renvoyer en Turquie"._ »

      Le groupe de ces 11 migrants parviendra malgré tout à rester en Grèce. D’autres n’ont pas eu cette chance.

      Le 4 mai, trois personnes, deux hommes et une jeune femme, ont traversé le fleuve. Craignant d’être refoulés, ils ont prévenu un proche vivant déjà en Grèce ainsi qu’un avocat. Ils ont envoyé une photo prise dans la ville de #Nea_Vyssa.


      https://twitter.com/zubeyirkoculu/status/1124764045024821249?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed&ref_url=https

      Ils ont ensuite été emmenés dans un commissariat de police à Neo Xeimonio. Et là, on a perdu leur trace. On a appris plus tard qu’ils avaient été renvoyés en Turquie, et qu’ils étaient désormais emprisonnés dans la ville turque d’Edirne.

      Ishan, le frère de la jeune femme raconte qu’il est allé au commissariat de police pour savoir ce qui était advenue de sa sœur. « Je leur ai dit : "je sais que ma sœur a été arrêtée et qu’elle était ici". Ils m’ont juste dit : "On n’est au courant de rien". »

      « Nous avons sollicité les autorités grecques pour en savoir davantage sur cette affaire, ajoute Michalis Arampatzoglou, journaliste d’euronews . Le ministère de la Protection civile a dit n’avoir aucune information sur cet incident. Pour autant, des cas comme celui-là, il y en a de plus en plus. Les avocats des victimes comptent engager des poursuites judiciaires, pour que enquêtes soient menées et que la lumière soit faite. »

      https://fr.euronews.com/2019/05/16/ces-migrants-mysterieusement-refoules-de-grece-en-turquie


    • https://twitter.com/zubeyirkoculu/status/1124764045024821249?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed&ref_url=https

      Je copie-colle ici le thread twitter:

      Breaking: 3 Turkish nationals, Kamil Y, Ayse E, Talip N, have crossed the Turkish-Greek border through Evros on May 4 at 5 am, they were taken into custody at #Xeimonio police station. A family member and a lawyer in the region, however, were told by the Police they are absent.
      Ms. Ayse E. sent her location at Xeimonio before they were detained, she also shared a video urging Greek authorities to stop any possible push-back.
      We are Turkish political asylum seekers. We fled persecution back in Turkey and crossed Evros on May 4 at 5 am. We are hiding near Nea Vyssa in fear of push-back. We urge the United Nations and Greek authorities to protect us from being pushed back."

      The latest live location Ms. Ayse shared with me was from #Xeimonia Police station which proves 3 Turkish asylum seekers taken into custody. The Greek police currently inform their lawyer that there are no such persons in the custody which might mean another push-back on the way.

    • ’Masked men beat us with batons’: Greece accused of violent asylum seeker pushbacks

      Scores of Turkish asylum seekers have been pushed back — sometimes violently — from Greece in the last three weeks, lawyers and family members told Euronews.

      Witnesses claim various groups of masked men in military uniform, as well as those in plain clothes collaborating with the police, used physical force against those who resisted.

      There have been 82 people from Turkey, including children, that have sought political asylum in neighbouring Greece and been sent back since April 23.

      Around half have been detained or arrested by Turkish authorities upon their return to their home country on terrorism charges.

      They have been linked to the Gulen Movement, which Ankara blames for the failed 2016 coup, or the Kurdistan Workers’ Party (PKK), who have been involved in an armed struggle with the Turkish state over independence.

      The European Commission has urged Greece to follow up on the allegations that Euronews has detailed in this article.

      ’Violently pushed back’

      “We are Turkish political asylum seekers,” began Ayse Erdogan in a video she sent to a family member.

      “We fled persecution in Turkey and crossed [at] Evros on May 4, at 5 am. We are hiding near Nea Vyssa [on the Greek-Turkey land border] in fear of a push back. We urge the United Nations and Greek authorities to protect us from being pushed back.”

      Ayse, who had crossed the border with friends Kamil and Talip, was picked up by Greek police and taken into custody at a police station in the village of Nea Cheimonio. Hours later, Ayse would be part of a group of migrants that were allegedly violently pushed back to Turkey by Greek police.

      Nea Cheimonio was the last place that Ayse’s family was able to pick up a location signal from her phone.

      The same day, accompanied by a lawyer, Ayse’s twin brother, Ihsan Erdogan, who is a registered asylum seeker in Greece, went to the police station in Nea Cheimonio, based on her last location information. He was told his sister and her friends had never been held there.

      On May 5, Ihsan received a phone call from a family member saying his sister had been imprisoned by a court in the northwestern province of Edirne, over the border in Turkey.

      The relative had spoken to Ayse, who said her Turkish group, along with a number of Syrians, had been handed over to a group of masked men soon after they left the police station in Nea Cheimonio. Greek police, she claimed, seized their belongings including her phone.

      Ihsan rues that his sister was seemingly sent back just before he arrived in Nea Cheimonio. “I urge Greek authorities not to send others like my sister back to prison,” he told Euronews.
      ’Masked men beat us with batons’

      Freshly-graduated as a mathematics teacher, Ayse had spent 28 months in prison over alleged affiliation with the Gulen Movement, an organisation Turkish authorities have outlawed.

      Hundreds of people were arrested in the aftermath of the failed putsch in 2016 and accused of links to US-based Muslim cleric Fethullah Gulen.

      Ayse was not the only political asylum seeker allegedly sent back to Turkey in what appears to be a violation of international asylum law.

      On April 26 this year, at Soufli, a border town near Evros River, a group of 11 people — including three children, a pregnant woman and another one that was disabled — was sent back by masked men after being beaten violently, according to a journalist in the group.

      “Masked men beat us with batons,” said Tugba Ozkan, who is 28 and pregnant. "We are in a very dire situation. We are afraid to be pushed back again. We need help.

      “I had forgotten about my pregnancy,” she added. “I tried to stop Greek police by moving ahead but they pushed me, too. It was unbelievable and unforgettable to see my husband beaten in front of my eyes.”
      No acknowledgement from Athens

      According to the account of the group, the police cooperated with a group of masked men who forced them to return to Turkey. The group managed to cross the border again the next day, only to be detained officially and come face-to-face with a police officer who had pushed them back at Soufli. They were released under the protection of a UNHCR officer on April 30.

      Greek NGOs published reports last year with testimonies from people from various nationalities who were allegedly sent back to Turkey via Evros after being beaten by masked men.

      The UN’s refugee agency (UNHCR) and the Commissioner for Human Rights of the Council of Europe urged Greek authorities to investigate those reports.

      The claims of violent push back operations at Evros river, however, have never ended. None have been officially acknowledged by Athens.

      Greece police declined to comment after requests by Euronews regarding the latest push back allegations.

      A European Commission spokesman, speaking to Euronews, said that they were aware of the recent push back claims.

      “The Commission expects that the Greek authorities will follow up on the specific allegations and will continue to closely monitor the situation,” he said.

      https://www.euronews.com/2019/05/11/masked-men-beat-us-with-batons-greece-accused-of-violent-asylum-seeker-pus

    • Migrants tortured by Greek police, illegally pushed back to Turkey

      Three migrants allegedly tortured by Greek security forces and illegally pushed back to neighboring Turkey were found by Turkish border units and are being provided medical treatment in northwestern Edirne province.

      Iraqi national Ibrahim Khidir (35) and Egyptian nationals Hassan Mahmoud (18) and Ahmed Samir (26) were found in a rural area, half-naked and exhausted with deep marks from plastic bullets and battering on their bodies. They were taken under protection by soldiers, who gave first aid to the migrants before handing them over to the provincial migration management directorate.

      The migrants told reporters that they crossed into Greece with a group of seven other illegal migrants after making arrangements with human smugglers in Istanbul’s Esenyurt district. They were held by the Greek police at the coach station in the border district of Didymoteicho while trying to travel to Thessaloniki. They were then taken to a local police station, where they spent two days along with 35 other illegal migrants and were denied any food.

      The migrants said they were divided into groups of 10 and boarded boats with two Greek police officers accompanying each and six officers watching guard. They were pushed back to Turkey through the Maritsa River (Meriç in Turkish, or Evros in Greek) forming the border with Greece.

      The violence that began at the police station, which included battering with truncheons, shooting with plastic bullets and electroshocks, continued at the riverside and on the boats.

      Khidir told reporters that Greek security forces captured him in Didymoteicho and tortured him with electroshocks, rear-handcuffing and plastic bullets fired at his body. His clothes and money were taken when he was detained.

      Turkish soldiers treated them very well and took care that they received treatment, according Khidir.

      Mahmoud and Samir also said that they were pushed back to Turkey after being stripped of their clothes and beaten up.

      Under international laws and conventions, Greece is obliged to register any illegal migrants entering its territory; yet, this is not the case for thousands of migrants were forcibly returned to Turkey especially since the beginning of refugee influx into Europe in 2015. Security sources say that accounts of migrants interviewed by Turkish migration authority staff and social workers show that they were subjected to torture, theft and other human rights abuses. Several migrants were also found frozen to death after being left in desolate areas.

      Similar incidents have also taken place on the Aegean, in which migrants and Turkish locals accused the Greek coast guard of deflating their boats or re-routing them back to Turkish territorial waters.

      Turkey and the European Union signed a deal in 2016 to curb illegal immigration through the dangerous Aegean Sea route from Turkey to Greece. Under the deal, Greece sends back migrants held in the Aegean islands they crossed to from nearby Turkish shores and in return, EU countries receive a number of Syrian migrants legally. The deal, reinforced with an escalated crackdown on human smugglers and more patrols in the Aegean, significantly decreased the number of illegal crossings.

      Bulgarian border authorities were also accused of abuses targeting migrants and pushing them back to Turkey in several incidents.

      However, some desperate migrants still take the route across the better-policed land border between Turkey, Greece and Bulgaria, especially in winter months when a safe journey through the Aegean is nearly impossible aboard dinghies.

      https://www.dailysabah.com/turkey/2019/05/30/migrants-tortured-by-greek-police-illegally-pushed-back-to-turkey/amp
      #torture

    • Greece continues to push asylum seekers back to Turkey

      Greek border forces along the Evros River pushed 59 migrants back into Turkey on Friday morning, signaling the continuation of a policy that started before the arrival of the new government.

      The pushback was reported by Zübeyir Koçulu, an Athens-based Turkish journalist who tweeted, “It seems nothing has changed on the Evros regarding pushbacks following a recent government change in Greece.”

      A total of 59 asylum seekers, nine of them Turkish and the remainder Afghans, Syrians and Somalis, were illegally sent back to Turkey, according to Koçulu.

      “The Greek police collected the group soon after their arrival and held them in custody at the Tychero police station for four hours,” he said. “After seizing their phones, security officers pushed the 59 people through the river near Soufli by force, perpetrating violence, according to witnesses.”

      He further claimed that Turkish political asylum seekers in the group were detained by Turkish security forces soon after the pushback. Three children in the group were delivered to their relatives.

      The Evros River, which forms most of the land border between the two countries, was one of the main routes used by Turkish asylum seekers fleeing government persecution as well as migrants of other nationalities until a series of violent pushback operations a few months ago stopped the flow.

      “Ironically, Kyriakos Mitsotakis, the new PM of Greece, fled with his parents into exile in Turkey when he was a year old in 1968 during the Greek junta,” Koçulu said. “He knows what it is to be a migrant from his own experience.”

      https://www.turkishminute.com/2019/07/21/greece-continues-to-push-asylum-seekers-back-to-turkey

  • Je vais mettre ici quelques informations et documents que j’ai trouvé concernant la question de la prise d’ #empreintes_digitales de demandeurs d’asile, notamment de la part de l’#Italie et de la #Grèce, en vue de leur #enregistrement et #identification dans la base de données #Eurodac.
    C’est pour la préparation d’un chapitre de livre que je suis en train d’écrire, mais je me dis qu’il s’agit d’informations qu’il est bien garder quelque part, sachant que pas tout va in fine rentrer dans le chapitre...

    NB : Il y a déjà des informations sur ce sujet sur seenthis :
    https://seenthis.net/recherche?recherche=%23r%C3%A9fugi%C3%A9s+%23empreintes_digitales

    Les informations compilées ici n’ont pas un vrai ordre chronologique ou logique. L’ordre est dicté par l’avancée de mes recherches... chaotiques...

    cc @isskein

    • Hotspots and Relocation Schemes: the right therapy for the Common European Asylum System?

      The arrivals observed throughout 2015 have been concentrated in both Greece – accounting for more than 800,000 in 2015 alone – and Italy. These two “frontline” states, have been faced with the formidable logistical challenge of organising the first reception and identification of migrants. A full implementation of Dublin and EURODAC would have made the challenges even more difficult. Frontline states would have been responsible for fingerprinting all arriving persons, receiving their claims, and in most cases – given that Dublin assigns responsibility primarily to the state of first entry – processing them as well as organizing long-term reception or return.

      Many of these responsibilities have remained virtual. A large number of those who arrived on Greek shores in particular have moved on to other Member States via the “Balkan route” without filing a claim or even being identified there. Failed identification in the first state of entry raised security concerns and rendered the Dublin system practically inapplicable vis-à-vis the frontline states – nothing new in respect of Greece, already “excised” from the Dublin system by the European Court of Human Rights in 2011. Destination and transit states reacted with a flurry of unilateral responses ranging from the temporary reintroduction of checks at internal borders, to the erection of barbed wire fences, to the announcement of national ‘caps’ on the number of persons who would be admitted to claim asylum.

      http://eumigrationlawblog.eu/hotspots-and-relocation-schemes-the-right-therapy-for-the-common-
      #hotspots #relocalisation

    • The Reform of Dublin III regulation

      Another salient criterion is irregular entry (Art . 13 DRIII). Its effective operation would shift responsibility to States located at the Southern and Eastern borders of the Union – to an unmanageable extent in Greece in 2015 . This has not happened owing to the extreme i nefficiency of the Dublin system ( see below). Also, as acknowledged by the Commission , the fear of incurring overwhelming responsibilit ies has motivated border States not to register arriving persons – before, and more visibly during the “crisis” of 2015 – undermining the effective operation of the criterion.

      A ce paragraphe est ajoutée une note :

      See in particular April 2016 Communication (footnote 2 ), p. 4. See also European Commission (2007). Dublin II Evaluation (footnote 11 ), p. 9. The Commission has launched infringement proceedings against i.a. Italy and Greece for their alleged failure to systematically fingerprint irregular arrivals: see European Commission (2015). Managing the refugee crisis: State of play of the im plementation of the priority actions under the European Agenda on Migration, COM (2015) 510, 14 October 2015, p. 11 and Annex 6. Available from: http://www.refworld.org/docid/563201fc4.html .

      http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2016/571360/IPOL_STU(2016)571360_EN.pdf

    • Managing the Refugee Crisis: State of Play of the Implementation of the Priority Actions under the European Agenda on Migration (14.10.2015)

      Effectively managing the pressure of migratory flows on some parts of the shared external Schengen border accompanied by steps to prevent secondary movements and the immediate return to the country of relocation of relocated persons found in another Member State. The other essential component is action to secure swift return, voluntary or forced, of people not in need of international protection and who do not therefore qualify for relocation. The p riority actions set out by the Commission focused heavily on the operational working of the se measures .requires both responsibility and solidarity on the part of all Member States. The rapid roll - out of the ’hotspot’ approach is providing support to the most affected Member States to ensure the proper reception, identification and processing of arrivals. In parallel, the measures proposed by the Commission and adopted by the Council to relocate 160,000 people in clear need of international protection . This will allow for a significant, if partial, reduction of the pressure on the most affected Member States. It is of crucial importance that the se parallel measures will now be fully implemented, with the fingerprinting of all migrants, the prompt selection and relocation of asylum applicants and adequate reception capacities,

      http://www.refworld.org/docid/563201fc4.html

    • Et voilà le résultat avec la mise sur pied des hotspots :

      COMMUNICATION FROM THE COMMISSION TO THE EUROPEAN PARLIAMENT AND THE COUNCIL on the State of Play of Implementation of the Priority Actions under the European Agenda on Migration (10.02.1016)

      With strong, dedicated EU support, Greece and Italy started to set up – and in some cases completed – hotspots 3 to ensure screening, identifi cation and fingerprinting of third country nationals arriving irregularly at the external EU border. Registration is a crucial first step in the control and management of the flows. The hotspots are designed to ensure integrated teams of border agents operate in dedicated facilities, 24 hours a day and seven days a week. Everyone arriving in the external borders should be registered, fingerprinted and have their documents checked against national and international security databases. Third country nationa ls arriving irregularly should then be channelled into one of three processes: the national asylum syst em, the European relocation system or the return system. The proportion of migrants whose fingerpri nts are included in th e Eurodac database has risen in Greece from 8% in September 2015 to 78 % in January 2016, and in Italy from 36% to 87% over the same period 4 . These figures are expected to improve further as the hotspots become more fully operational.

      The rules on registration, identification, fi ngerprinting and security screening of arrivals need to be applied effectively and systematically.

      Par rapport à la Grèce :

      Reception capacities should be increased, supporting both humanita rian needs and better management of inflows – with EU funding already in place to help to achie ve swiftly the 50,000 target agreed at the Western Balkans Leaders’ Meeting. Standardised procedures for all stages of the process should be applied and full deployment of Eurodac fingerprinting machines completed. There must also be no gaps in EU support: the agencies should be present on all islands.

      Et par rapport à l’Italie :

      The Commission is ready to organise an innovative mobile hotspot team (with agents from Frontex and EASO) in Eastern Sicily to support the identification, fingerprinting and provision of information to migrants who cannot be disembarked in the designated hotspot ports, to help plug gaps in the fingerprinting and registration of migrants beyond the hotspots.

      Both Greece and Italy have faced the problem of a refusal by migrants to be fingerprinted. National legislation will have to be amended as a matter of priority an d all operational steps taken to ensure that all migrants are finge rprinted – including as a last resort through a proportionate use of coercion – and all secondary movements of unidentif ied and unregistered migrants are avoided. Progress has been made, but this should be accelerated to ensure full 100% coverage of identification and registration of all entries by the March Eur opean Council.

      To help manage the refugee crisis effectively, leaders at the February European Council should commit to: • The urgent completion of the set-up of hotspots in Greece and Italy to ensure the registration of and support to migrants and refugees in line with the principle that no one should arrive in the EU without having been properly registered and fingerprinted, with dedicated EU support to secure increased reception capacity and fully functioning asylum and return procedures;

      https://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/1/2016/EN/1-2016-85-EN-F1-1.PDF

    • Connais-tu les travaux du projet de recherche « Processing Citizenship », et notamment les contributions de Annalisa Pelliza ?

      https://processingcitizenship.eu/team/annalisa-pelizza

      https://easst.net/article/processing-citizenship-digital-registration-of-migrants-as-co-production-of-i

      In this first stage of investigation, we are also interested in the chain of artefacts deployed at Hotspots that translate previous identities into new European-readable ones. This line of investigation is key in light of recent developments in the European migration landscape. The goal of the so called “Hotspot approach”, introduced in 2015, is to operationally support frontline Member States (i.e., Greece and Italy) in “swiftly identify[ing], register[ing] and fingerprint[ing] incoming migrants” (Commission, 2015a: 1). Hotspots are thus the first step in the procedure of sorting migrants into three alternative paths: “relocation” or “resettlement” to another Member State (for those identified as in clear need of international protection), or “return” to the country of legal residence (for those who are not deemed in need of protection). They can be conceived as “routers” that create “early entrenchments” (Star and Lampland, 2009) in sorting individuals, liminal situations in which past identities are assessed and translated into proto-decisions.

      http://www.4sonline.org/blog/post/how_government_databases_create_european_readable_identities_for_migrants

      On July 20 2015 – one month before the growing number of migrants crossing the Balkans pushed some countries to declare a state of emergency – the European database containing fingerprints of asylum seekers, called Eurodac, was rendered interoperable with national police authorities’ databases Europe-wide. From that moment, Member States’ police forces could query European data sources not only to grant citizenship rights, but also to preserve order in their national territory. An almost unnoticed technical switch in the Eurodac system marked a major shift in personal data exchange policy Europe-wide.

    • Question posée le 9 avril 2018 via la mailing-list Migreurop :

      Dans le cadre de nos séances d’informations juridique pour les migrants en transit au hub Humanitaire de Bruxelles, nous entendons régulièrement que l’Italie ne mettrais pas systématiquement les empreintes prises dans le système commun mais nous ne trouvons rien de fiable sur ce sujet. Quelqu’un du réseau peut nous éclaircir sur cette pratique, svp ?

      Voici la réponse reçue via la même mailing-list (auteure de la réponse "Tata) :

      Il n’existe pas de réponse claire à cette question cruciale. Mais j’ai quelques éléments d’infos qui peuvent un peu éclairer. En l’espace de 6 mois, entre avant et après la mise en place des hotspots, le taux officiel d’identification est passé de 8 à 100%. Donc officiellement la réponse est non. Cette rumeur est donc devenue beaucoup moins vraie après la mise en place des hotspots.

      Ceci dit :

      – il y a des gens qui arrivent en petit bateau, ailleurs, ne se font pas intercepter et ne donnent pas leurs empreintes
      – il y a des gens qui réussissent d’une maniere ou d’une autre à ne pas les donner, ou elles ne sont pas lisibles
      – il y a des erreurs de la part de la police et des empreintes pas très nettes
      – Les personnes sont enregistrées en cat. 2 et s’ils acceptent de rester en italie, une deuxieme fois en cat. 1. S’ils ne sont qu’en catégorie 2 (une seule prise d’empreintes), alors il arrive que les prefectures du moins en france n’en tiennent pas compte. Il arrive aussi qu’il y ait eu un laps de temps de plus d’un an entre ce pré-enregistrement et la demande d’asile dans un autre pays. Dans ce cas là, un article du reg dublin dit que si preuve de présence de 5 mois, alors plus de procédure dublin. Mais il n’est pas très clair s’il arrive que les personnes passent en cat normale de demandeur d’asile grâce à ça. Bcp d’amis dont c’est le cas se sont retrouvés sans soucis en ce qui concerne dublin.

      Conclusion (toujours la même) : c’est une question de chance ! (mais celle-ci s’est drastiquement réduite avec les hotspots).

    • Implementing the Common European Asylum System: Commission escalates 8 infringement proceedings

      The Commission is today urging Greece, Croatia and Italy to correctly implement the Eurodac Regulation (Regulation (EU) No 603/2013), which provides for effective fingerprinting of asylum seekers and transmission of data to the Eurodac central system within 72 hours. Effective implementation of the Eurodac Regulation is essential for the functioning of the Dublin system and EU relocation schemes. The European Commission sent administrative letters to Greece, Croatia and Italy in October. Two months later, concerns have not been effectively addressed. The European Commission has therefore decided today to send Letters of Formal Notice to Greece, Croatia and Italy (the first step of an infringement procedure).

      http://europa.eu/rapid/press-release_IP-15-6276_EN.htm