• Comment policer la police : les exemples à l’étranger
    https://theconversation.com/comment-policer-la-police-les-exemples-a-letranger-140808

    La France, qui était un État précurseur en matière de contrôle de sa police avec la création en 1986 du Code de déontologie de la Police nationale, puis avec la création de la CNDS en 2000, est devenue une nation frileuse depuis trop longtemps en ce qui concerne le traitement des comportements inadaptés des policiers qui entachent toute l’institution.

    Par la mise en place de pratiques réflexives basées sur le modèle anglais, par la redéfinition des missions de l’IGPN et par la création d’une Commission nationale de déontologie de sa sécurité dotée de moyens suffisants, la police et les policiers pourraient retrouver une certaine légitimité et la population, une police sur laquelle elle pourrait compter.

    L’occasion de découvrir l’IPCAN :
    https://ipcan.org/fr

    #igpn #défenseur_des_droits

  • Les exilé·es chassé·es de la #République. #Violence d’un soir, continuité d’une politique

    Lundi soir, place de la République, les forces de police ont brutalement appliqué le principe "#zéro_tolérance" qui résume à lui seul la politique de #harcèlement méthodiquement menée contre les exilé·es qui tentent, faute de solutions d’hébergement, de survivre en s’installant dans les #interstices de l’#espace_public.

    Au cœur de #Paris, sur cette place symbole et sous le regard de témoins qui peuvent et savent se faire entendre, la violence de cette politique est devenue visible : les coups, les tentes arrachées et confisquées, leurs occupant·es pourchassé·es à coups de grenades lacrymogènes ou de désencerclement ont répliqué à la "constitution d’un campement" qui n’était tout simplement "pas acceptable" selon le communiqué par lequel la préfecture de police et celle de la région Île-de-France (Prif) ont tenté de justifier "la dispersion de cette occupation illicite ».

    Cette opération de police n’a fait que mettre en évidence le traitement que les exilé·es subissent, en réalité, depuis des mois sinon des années. En tout cas depuis que la doctrine du gouvernement repose sur un même credo : parce que leur seule présence n’est "pas acceptable", empêcher qu’ils se rassemblent, disperser tout regroupement, interdire la (re)constitution de tout ce qui peut ressembler, de près ou de loin, à un lieu de vie. Et pour ce faire, entraver et discréditer l’action de toutes celles et ceux qui tentent de substituer l’entraide à l’isolement, la solidarité au dénuement.

    Que personne ne s’y trompe, ces #violences sont depuis longtemps le lot quotidien des habitants des #campements. À Paris et dans les environs de Paris où, par exemple, celles et ceux que la dispersion de celui de Saint Denis, le mardi précédent, avait laissé·es sans solution d’hébergement étaient, ces derniers soirs, systématiquement traqués jusque dans les fourrés où ils étaient contraints de se cacher.

    Si la brutalité policière de la place de la République justifie pleinement les condamnations indignées qu’elle suscite, elle n’a pour autant rien à envier à celle que subissent pareillement, à Calais et dans sa région, les centaines d’exilé·es qui tentent, depuis plusieurs années, de survivre dans le même dénuement et où sévit, sous l’autorité du ministre de l’intérieur, la même politique d’éradication des "points de fixation". Dispersion systématique des campements, harcèlement policier permanent, confiscation des tentes et des effets personnels, coups, invectives, gazages, sont régulièrement constatés et documentés par les associations et bénévoles qui, dans une indifférence fataliste, s’épuisent à tenter d’inverser la logique du rejet.

    En confiant une enquête à l’IGPN sur les événements de la place de la République, le ministre feint d’ignorer que le mauvais scénario qui s’y est joué n’est que la réplique de l’action constante de ses forces de police et le produit d’une politique délibérée qui prétend faire du harcèlement une méthode de dissuasion. Aurait-il soudainement pris conscience des excès, voire même des impasses, de la guerre d’usure ainsi menée contre les exilé·es ?

    Ce serait un revirement spectaculaire de celui qui, après avoir reçu la maire de Calais le 10 septembre dernier, annonçait le renforcement des effectifs de CRS et avoir demandé au préfet du Pas de Calais de prendre un arrêté interdisant aux associations de distribuer de la nourriture aux exilé·es dans le centre de la ville [1].

    « Choquantes », c’est le qualificatif que Gérald Darmanin a choisi à propos des images et vidéos non floutées que les réseaux sociaux ont permis de diffuser et qui lui auraient ouvert les yeux sur les violences exercées par ses propres services.

    Si d’aventure il entendait convaincre de sa volonté de tourner le dos à la politique sur laquelle les événements de la place de la République ont jeté une lumière crue, le retrait du projet de loi sur la sécurité globale serait un premier test de sa sincérité.

    https://www.gisti.org/spip.php?article6508
    #violences_policières #asile #migrations #réfugiés #destruction #démantèlement #France #23_novembre_2020
    #place_de_la_République

    • Evacuation de la place de la République : le #rapport vite fait mal fait de l’#IGPN

      Dans son rapport de synthèse sur la soirée de lundi, rendu public sur décision de Gérald Darmanin, la « police des polices » n’évoque que trois scènes. Et concède d’éventuels #manquements dont deux sont déjà aux mains de la justice.

      C’est la copie médiocre d’un élève pris par le temps, mais obligé de rendre son devoir. Saisie d’une #enquête_administrative sur l’évacuation de la place de la République, lundi soir, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) explique qu’elle a fait de son mieux compte tenu du délai imparti et du cadre posé : « la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos et de messages évoquant des comportements inappropriés de policiers ».

      Dans un « rapport de synthèse » de deux pages adressé au préfet de police de Paris Didier Lallement et rendu public jeudi soir (à télécharger ici) – Gérald Darmanin s’y était engagé –, la directrice de l’IGPN s’excuse presque. « Dans le temps imparti (48 heures), je ne peux vous rendre compte que des conclusions provisoires qui sont contenues dans les trois rapports d’enquête joints. » Lesdits rapports restent confidentiels, les citoyens ayant seulement accès à leur substantifique moelle.

      Il faut souligner, d’abord, ce que le rapport de synthèse n’évoque pas. Rien sur le dispositif policier en lui-même, sa pertinence, sa proportionnalité, les ordres donnés, le recours à des BAC de nuit plutôt qu’à des unités spécialisées dans le maintien de l’ordre. Rien sur les nasses dans lesquelles se sont retrouvés piégés des manifestants et des élus, des avocats, des journalistes. Rien, surtout, sur les migrants vidés de leurs tentes comme des jambons, les affaires confisquées, les chaussures manquantes, la poursuite dans les rues puis la reconduite aux frontières de Paris.

      Invité sur France 2 pour une interview de sept minutes, jeudi soir, le ministre de l’intérieur n’a développé aucun discours critique sur le déroulement de l’opération, renouvelant son soutien au préfet de police. Gérald Darmanin a rappelé que la manifestation place de la République était « illégale » puisque sans « aucune autorisation ». « J’ai demandé qu’on évacue, bien sûr, cette place », a ajouté le ministre, appelant ses concitoyens à ne pas « toujours juger dans l’émotion » provoquée, selon lui, par les images.

      Le rapport de l’IGPN ne porte pas sur la soirée entière mais sur trois scènes, filmées et largement relayées sur les réseaux sociaux comme dans les médias traditionnels. Deux d’entre elles ont déclenché, mardi, l’ouverture d’enquêtes préliminaires menées par le parquet de Paris pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ». C’est sur celles-là que le rapport s’attarde.

      La première scène montre le croche-pied d’un policier sur un migrant qui tombe au sol, interrompu dans sa fuite. L’auteur de ce croche-pied, un commissaire divisionnaire de la BAC nuit en Seine-Saint-Denis, a reconnu son geste, qu’il explique par la fatigue, la lassitude et un dispositif de maintien de l’ordre mal construit.

      Selon le rapport de synthèse, ce commissaire « avait reçu la mission d’empêcher les usagers d’emprunter la rue dont il tentait d’interdire l’accès ». « S’il est possible de comprendre qu’au regard de ces instructions, il ait envisagé un moyen pour ralentir ou stopper la progression des manifestants, […] le barrage qu’il constituait quasiment seul n’était ni efficace ni inviolé. »

      Compte tenu du risque de blessure grave, et puisque l’homme qui court ne représente aucune menace, l’IGPN conclut que ce geste, choisi « sans doute en une fraction de seconde », constitue « un manquement par un usage disproportionné de la force ». Le ministre a complété au 20 heures : pour cet acte « totalement injustifié », il réclame un conseil de discipline, l’organe interne à la police qui propose des sanctions.

      La deuxième scène, faisant également l’objet d’une enquête judiciaire, montre le journaliste de Brut, Rémy Buisine – même si le rapport prend soin de flouter son nom – recroquevillé au sol, contre un mur, un policier s’agitant au-dessus de lui. Le journaliste a fait savoir, par la suite, que le même agent s’en était pris trois fois à lui dans la soirée. Mais les vidéos de ce moment précis ne permettent pas de discerner, il est vrai, s’il reçoit des coups.

      À ce sujet, le rapport de l’IGPN souligne dans un langage administratif alambiqué que « les constatations réalisées sur la vidéo, malgré l’impression donnée par les images, ne font état d’aucun coup porté par le policier avec les poings ou avec la matraque ». Il résume l’audition du gardien de la paix, qui « nie tout acte de violence, ayant simplement cherché à se dégager d’une situation de corps à corps ».

      Les déclarations de ce policier n’étant « ni corroborées ni infirmées » par d’autres témoignages ou d’autres vidéos, l’IGPN promet de continuer ses investigations « pour compléter et déterminer s’il y a eu usage de la force, pour quelles raisons éventuelles et dans quelles conditions M. Buisine s’est retrouvé allongé au sol ».

      Au détour d’une phrase, le rapport souligne que « l’usager victime n’a pas répondu aux sollicitations de l’IGPN », ce qu’a répété le ministre de l’intérieur sur France 2. « C’est bien évidemment faux, je reste à disposition des enquêteurs dans les plus brefs délais », a répondu Rémy Buisine quelques minutes plus tard.

      Le gardien de la paix mis en cause par Rémy Buisine, appartenant lui aussi à la BAC de nuit du 93, est visible sur d’autres images au cours de la soirée. L’IGPN écarte tout manquement professionnel dans la troisième scène, tendue, où ce fonctionnaire écarte un manifestant d’un coup de pied à l’entrejambe. Car pour l’IGPN, il ne s’agit pas d’un simple coup de pied, mais d’un « chassé frontal », geste technique d’intervention enseigné dans les écoles de police.

      « La technique a été mise en œuvre avec un objectif à ce moment précis de maintien à distance. Le danger (attitude offensive et agressive des manifestants) était réel et de plus en plus imminent. » Ce policier sans casque ni bouclier, qui selon l’IGPN ne disposait pas non plus de gazeuse lacrymogène, « semble avoir utilisé la seule possibilité qu’il avait de repousser ses agresseurs. […] Il a atteint son objectif et n’a pas blessé d’usager ».

      Anticipant, peut-être, les critiques, voire les moqueries, l’IGPN prend soin de rappeler que « tout usage de la force, quelle que soit l’analyse technique et juridique que l’on puisse en faire, est par nature choquant pour des observateurs ». Mais qu’elle se doit de « décortiquer les images » pour en proposer une analyse légale et déontologique. Ce geste, le seul examiné dans son rapport à ne pas faire l’objet d’une enquête pénale, lui semble donc conforme aux canons de la profession.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/261120/evacuation-de-la-place-de-la-republique-le-rapport-vite-fait-mal-fait-de-l

  • À #Argenteuil, les habitants écopent d’#amendes par vengeance ou pour les faire taire | #StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1593693805-argenteuil-habitants-ecopent-amendes-par-vengeance-faire-tai

    Le silence par les amendes
    Ces amendes sont surtout un moyen pour les policiers de se #venger. Dans les dossiers de Stanis, une histoire est symbolique et date de 2013. Après un énième contrôle violent à la cité Champagne, dix jeunes dont Tarek, Geoffrey ou Omar (qui ont déjà été victimes de dérives policières dont nous vous parlons ici) vont porter plainte au commissariat d’Argenteuil. On les fait attendre puis on leur demande de repasser. Quelques jours plus tard, ils reçoivent une quarantaine d’amendes. De trois à huit selon les personnes, d’après les #PV que StreetPress a pu consulter. Six sont pour un « dépôt d’ordures » le 4 février à 19h pétantes. À croire qu’ils sortent leurs poubelles tous ensemble. Sur ces six, cinq autres ont également des #prunes pour « déversement de liquide insalubre » et « émission de bruit de nature à troubler le voisinage » à 19h. Pas de chance, Tarek, Geoffrey et Omar reprennent des contraventions pour « dépôt d’ordures », « émissions de bruit » et « interdiction de fumer » du 5 au 7 février. Toutes constatées à 23h30 pour les deux premiers et à minuit pour le troisième. Pour Stanis, qui a porté leurs plaintes à l’#IGPN et devant le #défenseur_des_droits, c’est plus que #louche :

    « Ils les ont fait payer pour avoir voulu porter plainte. Ce sont des #faux_en_écriture_publique, un crime passible des #Assises ».

  • La police des polices au secours de Taha Bouhafs
    Par Denis Courtine | Le 3 juillet 2020 à 16h29, modifié le 3 juillet 2020 à 18h31 - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/faits-divers/le-proces-pour-outrage-du-journaliste-taha-bouhafs-renvoye-en-janvier-03-

    L’un des pourfendeurs des violences policières disculpé par… la police. Drôle de victoire ce vendredi après-midi pour Taha Bouhafs. Le « journaliste militant » ou « engagé », comme il se définit, devait comparaître pour outrage et rébellion un an après son interpellation lors d’une manifestation de travailleurs sans-papiers qu’il couvrait à Alfortville (Val-de-Marne).

    Si le procès a une nouvelle fois été renvoyé, le prévenu est tout de même ressorti du palais de justice de Créteil avec le sourire. Et pour cause, à la demande de l’avocat de la défense, la présidente a lu le mail envoyé au tribunal par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), saisie après une plainte de Taha Bouhafs accusant lui-même de violences le fonctionnaire de la brigade anti-criminalité d’Alfortville. Ce courrier daté du 11 février fragilise considérablement l’accusation.

    Une accusation « incertaine » et « douteuse »

    Selon la police des polices, la procédure montée par leur collègue est « incertaine » et « douteuse ». Les vidéos récupérées « ne confirment pas d’outrage ». Elles montrent d’autre part que le fonctionnaire impliqué dans cette affaire ne porte « aucun signe distinctif » indiquant sa qualité.

    Bref, un mail qui « sonne le glas de la procédure », triomphe à la sortie de l’audience Arié Alimi, l’avocat de Taha Bouhafs. Et « pour une fois », de « remercier » la police des polices sous les applaudissements des supporters du prévenu. Drapeau de la CGT et du NPA à la main, ils étaient une soixantaine devant le palais de justice à réclamer la relaxe pour le « journaliste militant ».

    « Je ne céderai pas aux intimidations »

    Outre les députés de la France insoumise Eric Coquerel et Mathilde Panot, toujours en première ligne quand on évoque les violences policières, l’ancien footballeur Vikash Dhorasoo, proche lui aussi de la France insoumise, a dénoncé une « presse plutôt du côté du pouvoir ».

    « Je ne céderai pas aux intimidations », a clamé, de son côté, Taha Bouhafs qui a rappelé qu’il avait eu dans cette affaire « une épaule déboîtée » et s’était « fait frapper à plusieurs reprises au visage ».

    Le journaliste David Dufresne, qui compile depuis 2018 des tweets commençant invariablement par « Allo @Place_Beauvau - c’est pour un signalement » a, lui, estimé que Taha Bouhafs était « la relève de la profession ».
    La police se refuse à tout commentaire

    Côté police, on se refuse à commenter « une procédure toujours en cours ». Le procès est renvoyé au 8 janvier. Malgré ce fameux mail « apportant un éclairage différent sur l’affaire », selon ses termes, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) n’a pas encore terminé son enquête.

    Le 11 juin 2019, Taha Bouhafs avait été interpellé alors qu’il filmait une manifestation de travailleurs sans papiers devant la société Chronopost à Alfortville pour le média en ligne « Là-bas si j’y suis ».

    #violences_policières

  • #Hautes-Alpes : des migrants ont-ils été rackettés par deux policiers de la #PAF à la frontière franco-italienne ?

    Les deux policiers sont jugés en correctionnel à Gap pour des faits présumés de #violence et de #détournement_de_fonds.

    Soupçonné de violence contre un jeune migrant en août 2018, un gardien de la paix de la #police_aux_frontières (PAF) de #Montgenèvre (#Hautes-Alpes) et un adjoint de sécurité (ADS) du même service, jugé pour détournement de fonds, en janvier 2019, comparaissent cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Gap.

    Comme depuis le déconfinement du 11 mai et la reprise des audiences correctionnelles, le procès se déroule sans public en raison des mesures sanitaires liées au coronavirus.

    Le gardien de la paix, un fonctionnaire âgé de 51 ans, et l’ADS âgé de 30 ans, dont le contrat n’a pas été renouvelé par l’administration sont respectivement poursuivis pour « #violences_volontaires_sans_ITT » commises par #personne_dépositaire_de_l’autorité_publique (#PDAP) dans l’exercice ou à l’occasion de ses fonctions, et pour « #faux_administratif » et « #soustraction_frauduleuse_de_fonds_publics » par PDAP.

    Une révélation en interne

    L’enquête menée par l’antenne marseillaise de l’inspection générale de la police nationale (#IGPN) a débuté en janvier 2019 après un rapport remis au parquet de Gap par la direction départementale de la police aux frontières (DDPAF) des Hautes-Alpes, « signalant plusieurs dysfonctionnements administratifs et en interne mais également des faits de violence contre un migrant et de détournement de fonds », a indiqué une source judiciaire. « Une révélation en interne qui fait suite à des soupçons de rackets réguliers à l’encontre de migrants qui traversaient la frontière franco-italienne à Montgenèvre », souligne cette même source.

    Concernant ces vols présumés, « l’enquête n’a pas permis d’établir, ni la réalité des dénonciations, ni l’identification des éventuels auteurs, au contraire des faits qui justifient la comparution des deux prévenus aujourd’hui », a souligné avant le début du procès, le procureur de la République de Gap, Florent Crouhy.

    « Dès la fin de l’année 2018, le parquet a reçu de nombreux courriers de migrants ou d’associations dénonçant des faits de vols sur des migrants. Les vérifications n’ont jamais permis d’étayer ces dénonciations, les migrants étant le plus souvent impossible à retrouver », a indiqué le magistrat qui représentera le ministère public à l’audience.

    Un enregistrement audio à charge contre le policier

    Selon le rapport de l’IGPN, le gardien de la paix - actuellement en arrêt maladie - est soupçonné d’avoir donné un #coup_de_poing à un migrant Malien, aujourd’hui âgé de 17 ans. L’#altercation a été discrètement enregistrée par la victime présumée qui accuse des policiers de lui avoir volé son argent quelques jours plus tôt lors d’un contrôle sur la voie publique à Montgenèvre.

    L’adjoint de sécurité est soupçonné d’avoir gardé pour lui 90 euros en espèce, c’est-à-dire le montant d’une amende dressée lors d’un contrôle à l’encontre d’un conducteur italien qui n’avait pas sa ceinture de sécurité. L’auteur présumé qui conteste les faits a jusqu’ici soutenu qu’il s’agissait d’une erreur de remplissage du procès-verbal.

    « La commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a rendu en 2018 un rapport sur lequel la frontière italienne ne doit pas être une zone de non-droit. Notre affaire s’inscrit pleinement dans cette problématique de comportements qui ne sont pas acceptables », a expliqué avant le début de l’audience Me Vincent Brengarth, du barreau de Paris, avocat de la victime présumé ainsi que de l’association « Tous Migrants » qui doit se constituer partie civile au procès. Créée en 2016 à partir d’un mouvement citoyen de 2015, l’association « sensibilise la population aux enjeux migratoires et plaide pour le respect des droits des étrangers et notamment des personnes exilées auprès des pouvoirs publics », rappelle son coprésident Michel Rousseau.
    Les prévenus encourent 3 et 10 ans d’emprisonnement

    « Nous disposons d’un enregistrement audio ce qui permet la tenue de ce procès. Nous attendons que les responsabilités des policiers qui sont mis en cause pour des faits de vols et de violence soient déterminées par le tribunal, avance Me Brengarth. C’est un procès rare pour des pratiques dont on sait qu’elles sont régulières. Le dossier révèle qu’il ne s’agit pas de faits isolés. Il est indispensable que la justice puisse rétablir le droit de ceux que nous devons protéger ». Alors que l’ancien Adjoint de sécurité (ADS) encourt jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, le gardien de la paix risque jusqu’à 3 ans de prison. Le jugement devrait être mis en délibéré.

    https://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/6035565/hautes-alpes-des-migrants-ont-ils-ete-rackettes-par-deux-policiers-de-la
    #police #racket #frontières #asile #migrations #réfugiés #France #Italie #frontière_sud-alpine #justice

    ping @davduf

    • Une compagnie de policiers de Seine-Saint-Denis au cœur d’un scandale, Nicolas Chapuis
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/30/une-compagnie-de-policiers-de-seine-saint-denis-au-c-ur-d-un-scandale_604474

      Des enquêtes de l’IGPN, qui portent sur du racket de trafiquants de drogue, menacent l’existence de l’unité, dont six membres sont en garde à vue.

      En jargon policier, on appelle cela un « chantier », un coup monté à base de preuves maquillées. Mais aujourd’hui, les quelques fonctionnaires de Seine-Saint-Denis impliqués dans cette affaire qui aurait pu sembler anodine menacent d’engloutir une unité entière, dans un scandale fracassant.
      Six agents de la compagnie de sécurité et d’intervention de Seine-Saint-Denis (CSI 93) ont été placés en garde à vue, lundi 29 juin, notamment pour détention et transport de stupéfiants, vol, faux et usage de faux, extorsion de fonds, violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique… Une ribambelle de charges, qui ne serait que la partie émergée de l’iceberg. Car en réalité, une vingtaine d’enquêtes préliminaires ont été menées de front par l’inspection générale de la police nationale (IGPN), sur décision du parquet de Bobigny. Elles pourraient viser des dizaines de policiers de cette même unité.

      Tout commence en juin 2019. L’IGPN reçoit deux plaintes visant des policiers. Deux jeunes hommes de la cité Cordon, connue comme l’un des principaux points de « deal » à Saint-Ouen, se plaignent d’avoir été interpellés de manière illégale, le 30 mai 2019. Ils accusent les agents d’avoir fait croire que l’un d’entre eux détenait un sachet de cannabis. En réalité, ce serait les policiers qui auraient jeté un sac contenant de l’herbe aux pieds du jeune homme. La scène a été filmée, mais le téléphone aurait été détruit par les agents. Les deux jeunes hommes se plaignent également de mauvais traitements, de coups portés pendant l’interpellation. Ils dénoncent enfin des procès-verbaux maquillés.

      Racket et fausses procédures

      Ce n’est pas la première fois que des signaux d’alerte sont envoyés au sujet de cette compagnie. Sur instruction de la procureure de Bobigny, Fabienne Klein-Donati, la police des polices décide de procéder dans le plus grand des secrets à un « balayage » des procédures montées par cet équipage en particulier, et par tous leurs collègues de la CSI 93.

      Au fur et à mesure qu’avancent les investigations, les faits se précisent. Les agents sont soupçonnés d’avoir racketté des trafiquants de drogue, notamment avec des fausses procédures entamées contre eux. Ils auraient extorqué d’importantes sommes d’argent. Leurs appartements ont été perquisitionnés lundi. Les locaux de la CSI, notamment les vestiaires, ont également reçu la visite des enquêteurs.

      Pendant un an, l’IGPN a déployé les grands moyens pour permettre aux investigations d’aboutir, mettant au jour un système organisé. D’après une source policière, des véhicules et des locaux de la CSI 93 ont été sonorisés, plusieurs agents ont fait l’objet d’écoutes. En tout, une vingtaine d’enquêtes préliminaires sur des faits potentiellement délictueux ont été ouvertes depuis juin 2019. Certaines ont été classées sans suite, faute de preuves suffisantes. Mais d’autres pourraient aboutir dans les jours à venir, après les interrogatoires menés pendant les gardes à vue.

      A l’été 2019, la CSI 93 avait déjà fait parler d’elle pour des faits de violence. Un homme interpellé pour trafic de drogue avait reçu un coup de pied de la part d’un agent. Une scène filmée. Il avait ensuite assuré que les policiers avaient tiré dans ses parties génitales avec un pistolet à impulsion électrique dans le fourgon. Il avait porté plainte pour actes de torture. Six fonctionnaires avaient été placés en garde à vue. Une partie d’entre eux seront jugés en novembre.

      Très mauvais moment

      Pour la #CSI 93, cette enquête de grande envergure sonne le glas. L’unité, composée de quelque 150 fonctionnaires et créée en 2008 sous Nicolas Sarkozy, ne survivra pas au scandale. Le préfet de police Didier Lallement a d’ores et déjà annoncé qu’une refonte allait avoir lieu.

      La compagnie de sécurité et d’intervention joue pourtant un rôle majeur dans ce département, où la délinquance est très importante. Cette unité composite, qui intervient notamment pendant les épisodes de violences urbaines, réunit des effectifs en tenue, d’autres en civil, qui agissent comme des brigades anticriminalité (#BAC), ainsi qu’un groupe de motards.

      Pour la police nationale, la potentielle mise en cause de dizaines d’agents tombe à un très mauvais moment. L’institution traverse une période de remise en cause de ses pratiques, sur fond d’accusations de violences policières et de racisme. Le mouvement parti des Etats-Unis après la mort de George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc à Minneapolis (Minnesota), a connu un vif écho en France, notamment dans les quartiers populaires d’Ile-de-France, en Seine-Saint-Denis en particulier.

      D’un autre côté, plusieurs sources policières soulignent le gros travail effectué par l’#IGPN depuis un an. Un service dont l’indépendance et la qualité du travail sont régulièrement critiquées. Alors que le ministère de l’intérieur a fait part de sa volonté de réorganisation, ce coup de filet spectaculaire devrait peser, à l’heure de faire le bilan de son activité.

      #police #racket

    • Il est assez marrant, l’article du Monde, parce qu’il est bourré de jargon professionnel (copspeak), et rapidement je me dis que ça ressemble à une ode à l’IGPN, avec force descriptions des méthodes et de l’ampleur des moyens qu’elle a déployés.
      Et tu m’étonnes, ça se termine par cette conclusion épatante :

      D’un autre côté, plusieurs sources policières soulignent le gros travail effectué par l’#IGPN depuis un an. Un service dont l’indépendance et la qualité du travail sont régulièrement critiquées. Alors que le ministère de l’intérieur a fait part de sa volonté de réorganisation, ce coup de filet spectaculaire devrait peser, à l’heure de faire le bilan de son activité.

  • IGPN : plongée dans la fabrique de l’impunité | David Dufresne et Pascale Pascariello
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120620/igpn-plongee-dans-la-fabrique-de-l-impunite?onglet=full

    Dans son dernier rapport annuel, l’inspection générale de la police nationale se défend fermement d’être « la police des polices », mission qui « reste dans l’imaginaire populaire ». Sa directrice fait même assaut de transparence : son « ambition première » n’est pas de contrôler mais de « valoriser l’institution et ses agents ». Cet aveu, en bonne place (dans l’éditorial dudit rapport), est certainement le meilleur effort de sincérité auquel s’est livré l’IGPN depuis des années. Une institution qui n’hésite pas à légitimer, de la part des forces de l’ordre, « des ripostes plus nombreuses et plus fermes et donc des blessés » du fait « des violences exercées contre [elles] lors des manifestations ». Attendre de cette instance un devoir d’impartialité serait donc vain. Et depuis plusieurs mois, au regard de (...)

  • Allô IGPN ? Que fait (vraiment) la police des polices ? - davduf.net
    http://www.davduf.net/allo-igpn-que-fait-vraiment-la-police-des-polices

    Comment l’IGPN travaille-t-elle concrètement ? Quelles sont ses conclusions d’enquête ? Ses motifs, ou non, de classer une plainte ? Auditionne-t-elle toujours les victimes et les policiers mis en cause ? Cette compilation d’études de cas, régulièrement mise à jour et fondée sur nos signalements Allô Place Beauvau, constitue la première plongée jamais effectuée en profondeur dans les arcanes de l’institution. Allô #IGPN met au jour ce que certains appellent une « énigme » : sa capacité de (sous-)traiter les affaires liées aux accusations de violences policières.

    Plus de 65 plaintes suivies.

    Six mois d’enquête.

    Une collection proposée par @davduf, Etamin Studio, WeDoData, @fil et l’équipe de Mediapart.

  • Dix questions à l’IGPN - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120620/dix-questions-l-igpn?onglet=full

    À l’image de Christophe Castaner, qui nous a toujours opposé le silence depuis la création d’Allô Place Beauvau, Brigitte Jullien, cheffe de l’Inspection générale de la police nationale #IGPN, a refusé de répondre à nos questions. Les voici : il n’est jamais trop tard.

    Brigitte Jullien, cheffe de l’Inspection générale de la police nationale, a refusé de répondre à nos questions. Les voici. Puisqu’il n’est jamais trop tard.

    1. Dans la collection de rapports que nous avons analysés en profondeur, il apparaît clairement que tout est fait pour éviter d’avoir une vision juste sur le long terme de votre activité. Des indicateurs disparaissent d’une année sur l’autre, des modes de comptage diffèrent, de nouvelles catégories surgissent. Doit-on y voir un manque de transparence certain ?

    2. Pourquoi avoir supprimé les données concernant les discriminations dans l’édition 2019 ?

    3. Pourquoi depuis 2015 les données sur les « Violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » ne sont plus indiquées en chiffres bruts mais en pourcentages, rendant opaque leur lisibilité ?

    4. Savez-vous pourquoi votre rapport 2019 a été mis sous le boisseau pendant deux mois ?

    5. Dans votre éditorial, qui ouvre le rapport 2019, vous écrivez que « l’IGPN a désormais une triple ambition » et la première d’entre elles serait : « valoriser l’institution et ses agents ». N’est-ce pas un aveu complet de votre dépendance ?

    6. Page 21 du même rapport, pour expliquer une utilisation moindre du LBD en 2019 qu’en 2018, notamment en novembre-décembre 2018, au début du mouvement des gilets jaunes, il est dit : « La médiatisation de certaines blessures et les réactions suscitées par l’utilisation de cette arme ont vraisemblablement joué un rôle inhibiteur pour les forces de l’ordre. » Cela rejoint vos déclarations, l’année dernière, selon lesquelles la police ne ferait pas l’économie d’un débat sur l’usage des LBD. Où en est ce débat ? Où sont vos analyses ?

    7. Lundi 8 juin, Christophe Castaner a appelé à « une réforme en profondeur des inspections du ministère de l’intérieur », pour plus de « transparence » et « plus de cohérence et plus d’indépendance dans leur action vis-à-vis des services ». Le ministre a expliqué souhaiter que l’Inspection générale de l’administration (IGA) dirige désormais « les enquêtes administratives les plus difficiles et les plus complexes concernant les forces de police et de gendarmerie ». Un désaveu pour votre institution ?

    8. Faut-il déconnecter la police des polices du ministère de l’intérieur, pour la placer sous l’égide de celui de la justice ?

    9. Que pensez-vous des modèles danois ou anglais (Independent Office for Police Conduct) qui intègrent des personnalités hors du champ policier dans les enquêtes sur la police ?

    10. Quel est votre motif de classement préféré choisi par les parquets à partir de vos propres enquêtes ? Infraction insuffisamment caractérisée ? Auteur non identifié ? Exploitation vidéosurveillance insuffisante ?

  • Sept ans de #rapports #IGPN analysés : « Une absence de sincérité dans la recherche de la #transparence » - Page 2 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120620/sept-ans-de-rapports-igpn-analyses-une-absence-de-sincerite-dans-la-recher ?
    #violences_policieres

    À partir de 2015, les données concernant les #violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique sont publiées en pourcentage et non plus en chiffres bruts. Que nous dit ce changement de #méthode ?

    Sebastian Roché : Ce n’est pas un changement de méthode mais de présentation. Le manque de transparence du ministère de l’intérieur est une autre faiblesse manifeste et qui, si elle ne s’aggrave pas, progresse de manière très faible et lente. Lorsqu’on peut lire des rapports réguliers, on peut noter les insuffisances. Lorsqu’il n’y en avait pas, on ne pouvait même pas le faire. C’est le côté positif. Le côté sombre, c’est l’absence de sincérité dans la recherche de la transparence vis-à-vis du public, qui se traduit par la pauvreté et la partialité des informations communiquées au public. Cela s’explique par le fait que ni le ministre de l’intérieur, ni le premier ministre, ni le président, ni l’Assemblée nationale n’exigent de l’IGPN et de sa sœur l’IGGN [Inspection générale de la gendarmerie nationale] de progresser.

    [...]

    Sebastian Roché : Le nombre de sanctions diminue pour une activité de police inchangée. Il faudrait le rapporter aux effectifs, mais ils n’ont pas baissé depuis 2012, donc on peut abandonner cette piste. Une bonne partie de la baisse, ce sont les blâmes : « c’est pas bien » et on n’en parle plus. Le reste est stable, donc je dirais : business as usual. Il faut savoir que depuis 2009-2010, le contrôleur anglais de l’Independent Office for Police Conduct (IOPC) enregistre plus de 30 000 plaintes par an, soit au moins trois fois plus de signalements qu’en France (en tenant compte du fait qu’une partie des plaintes passent pas l’Inspection générale de la gendarmerie nationale). On voit bien, par comparaison, l’insensibilité aux doléances des citoyens de la part de l’IGPN. Le système français décourage de diverses manières (qui ne sont pas étudiées) le dépôt de plainte : déclaration de la directrice qui montre l’absence d’indépendance, déclarations du ministre, et anticipation corrélative de l’inefficacité de la plainte, sanctions rares et très lointaines des policiers, etc. Et l’État n’a pas de vision d’ensemble des plaintes par un système consolidé de toutes les polices.

    • IGPN : plongée dans la fabrique de l’impunité - Page 1 | Mediapart
      https://www.mediapart.fr/journal/france/120620/igpn-plongee-dans-la-fabrique-de-l-impunite

      Chloé Chalot revient sur l’affaire de Sébastien M., blessé à la tête lors d’une manifestation de gilets jaunes, le 12 janvier 2019 à Paris par un tir de lanceur de balles de défense (LBD), lui occasionnant 30 jours d’interruption totale de travail. 

      À partir de vidéos de témoins, une brigade d’une vingtaine de policiers en civil est identifiée. Il s’agit des Détachements d’action rapide (les DAR renommés depuis les BRAV-M), des binômes à moto, résurgence des « voltigeurs » interdits depuis la mort de Malik Oussekine en 1986. Trois détenteurs de LBD sont identifiés. Auditionné par l’IGPN, le lieutenant commandant la brigade confirme les tirs, mais explique ne pas être en mesure « de donner le nombre de cartouches ». 

      Et pour cause, les fiches dites TSUA, qui permettent de suivre l’usage des armes avec l’heure, le lieu et l’auteur n’ont pas été rédigées « sur instruction de la hiérarchie », selon le lieutenant , car « il y avait trop de tirs et il était inutile de faire un écrit ».

      On apprend que « les consignes initiales au début des manifestations des gilets jaunes étaient de ne pas rédiger » de fiches. « Les détenteurs de LBD donnaient le nombre de munitions tirées et l’officier faisait une synthèse. »

      C’est ainsi que la non-traçabilité des tirs des policiers était organisée par la hiérarchie, ordres contraires au règlement. Les trois policiers porteurs de LBD ont, au cours de leur audition, nié être les auteurs de tirs. L’un d’entre eux affirme « ne pas se souvenir avoir fait usage du LBD ».

  • Le rapport annuel de l’IGPN vient d’être rendu public. (reçu par mel)
    https://www.interieur.gouv.fr/Publications/Rapports-de-l-IGPN/Rapport-annuel-d-activite-de-l-IGPN-2019

    En le parcourant rapidement, un paragraphe m’a sauté aux yeux :

    Page 20 du rapport :

    « .../..
    Vient ensuite le manque de respect et de courtoisie dû à la
    population : 20% des signalements évoquent cette thématique, qui
    comprend les comportements agressifs, moqueurs, familiers
    (tutoiement) ou injurieux, émis principalement dans des contextes
    d’accueil physique ou téléphonique du public (25%) et à l’occasion
    de contrôles d’identité ou routiers (22%). »

    C’est très étonnant que parmi ces comportements n’apparaissent pas
    les injures racistes, d’autant plus que, contrairement à la moquerie et
    au tutoiement cités dans le paragraphe, elles sont un délit
    explicitement réprimées par le code pénal.

    En fait, en faisant une recherche textuelle sur le rapport, on
    s’aperçoit qu’à aucun moment les mots « ethnie », « race » et leurs dérivés
    n’y apparaissent au moins une seule fois...

    Comme si cette problématique n’existait pas dans la police...

    #IGPN #Police #Racisme

    • Violences policières : quand l’IGPN enlève la case « injure raciste » de son rapport
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/violences-policieres-quand-l-igpn-enleve-la-case-injure-raciste-de-son-ra

      En 2017 et 2018, la police des polices avait accordé une case aux enquêtes pour soupçons d’insultes « racistes ou discriminatoires ». Elle ne l’a pas fait en 2019, alors que le débat est brûlant depuis quelques jours.

      Le rapport 2019 de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) rend notamment public le nombre de morts (19) et blessés graves (117) lors d’interventions policières.
      Le rapport 2019 de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) rend notamment public le nombre de morts (19) et blessés graves (117) lors d’interventions policières. LP/Yann Foreix

      Le 8 juin 2020 à 13h48, modifié le 8 juin 2020 à 15h32
      Le pouvoir des mots. Au moment où elle se voit accusée de cacher ou de minimiser des problèmes de racisme au sein de ses troupes, l’Inspection générale de la police nationale a publié ce lundi son rapport d’activités annuel dans lequel l’expression « injures à caractère raciste ou discriminatoire » a disparu.

      Dans ce document, sorte de bilan des « infractions alléguées » visant les forces de l’ordre et des « enquêtes administratives », l’IGPN ne fait plus mention à ce type d’atteintes. Les deux premiers rapports du genre jouaient pourtant la carte de la transparence. En 2017, on répertoriait ainsi 62 allégations (4 % du total) et 42 enquêtes pour ces faits. En 2018, l’IGPN indiquait que 46 enquêtes et 2,97 % des accusations étaient liées à ce sujet.

      « Trente cas » mais pas de case attitrée

      Alors, où sont passés ces chiffres ? En réalité, ils n’ont pas disparu des statistiques. Le directeur général de la police nationale (DGPN) Frédéric Veaux avait même dévoilé un nombre lors de l’entretien qu’il nous avait accordé récemment.

      « Il n’y a qu’une trentaine de faits concernant du racisme sur les 1500 enquêtes judiciaires traitées par l’IGPN en 2019 », nous avait-il indiqué alors qu’il était interrogé sur les manifestations contre les violences policières et le racisme qui se multiplient en France et aux Etats-Unis. Ce chiffre a ensuite été confirmé par le Journal du Dimanche. Mais alors qu’il s’agit de chiffres plus faibles que les années précédentes, pourquoi ne plus le donner clairement ?

  • #Actu_Coronavirus – 06 juin
    https://www.les-crises.fr/actu-coronavirus-6-juin

    Ce fil d’actualités comprend des informations provenant de deux sources : le live #Covid-19 de 20 minutes et le compte Twitter @Conflits_FR. 06 juin 20h Justice : un #policier sera jugé le 26 juin pour « violences involontaires » après un tir de #LBD sur une femme de 19 ans le 18/12/2018 à #Biarritz lors d’une manifestation dans le cadre de la préparation du #G7. Le policier a été identifié après enquête de l’#IGPN. (Le Figaro) #Politique : une moyenne des sondages étasuniens attribue actuellement à Joe #Biden une avance de 7,1 points sur Donald #Trump pour l’élection présidentielle de novembre prochain. L’ex vice-président arriverait premier dans plusieurs États clés. (RealClearPolitics) #USALire la (...)

    #Revue_de_Presse #SRAS-2 #Revue_de_Presse,_Actu_Coronavirus,_Covid-19,_SRAS-2

  • Racisme dans la police : « C’est très loin d’être un phénomène isolé », dénonce un délégué du syndicat Vigi
    franceinfo - Mis à jour le 06/06/2020
    https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/violences-policieres/racisme-dans-la-police-c-est-tres-loin-d-etre-un-phenomene-isole-denonc

    (...) Comment se manifeste cette « complicité passive » que vous évoquez ?

    J’en ai fait l’expérience. J’ai moi-même porté une affaire de racisme avec des éléments matérialisés devant l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Les individus dont il a été établi qu’ils étaient les auteurs de mails et d’échanges à caractère raciste ont été promus au grade supérieur et moi, j’ai été suspendu 24 mois, dont 18 avec sursis. Donc, en fait, l’IGPN et les autorités m’ont envoyé un signal très clair : on ne dénonce pas le racisme dans la police. (...)

    https://seenthis.net/messages/802511
    #violences_policières #Noam_Anouar

    • Dans son jugement, le tribunal de Paris estime que cette femme de 43 ans s’est défendue après avoir subi un étranglement.

      Un soir d’août 2019, Leïla N., témoin d’une agression alors qu’elle rentrait chez elle, dans le 17e arrondissement de Paris, a appelé la police pour que les forces de l’ordre interviennent. Sans se douter qu’un peu plus tard, elle se retrouverait elle-même au commissariat après une empoignade avec l’un des policiers.

      Cette cadre commerciale de 43 ans a été placée en garde à vue et poursuivie en justice par Florian G., agent de la brigade anticriminalité, pour violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) supérieure à huit jours. Leïla N. était accusée d’avoir tordu le pouce de la main gauche du fonctionnaire. Celui-ci était en train de l’étrangler.

      Par un jugement du mercredi 3 juin, le tribunal correctionnel de Paris a prononcé la relaxe de Leïla N., ne suivant pas les réquisitions du procureur de la République. Le jugement estime que l’infraction de violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique n’est pas caractérisée. Pour se prononcer, le tribunal s’est basé sur des témoignages et des vidéos tournées par des riverains et des passants, qui permettent d’avoir une vision claire du déroulé des faits.

      Coups de casque de moto

      Rue Legendre, ce 19 août, une femme est à terre, entourée par trois personnes, et reçoit des coups de casque de moto. Leïla N. a « appelé la police pour y mettre un terme et tenté courageusement d’enjoindre à l’agresseur de cesser de porter des coups à la victime au sol » , expose le jugement.

      Alors que les agents de la brigade anticriminalité arrivent sur place, Leïla N. s’inquiète des menaces formulées à son encontre par l’un des agresseurs et craint des représailles. La cadre commerciale s’en émeut auprès de l’un des agents, Florian G., qui la prend à partie. Les vidéos montrent le fonctionnaire de police la saisissant au niveau du cou, avec sa main gauche, pour la faire reculer. Leïla N., qui a des difficultés à respirer, essaye de s’en dégager, attrape la main du policier et tord son pouce avant de recevoir un coup de pied dans les jambes.

      La prévenue était « indéniablement sous l’emprise d’un geste d’étouffement par un serrement du cou dont les lésions [ont été] objectivées par un certificat médical et corroborées par les images vidéo et les attestations de témoins » , expose le jugement. Leïla N., qui s’en tire avec deux larges ecchymoses, s’est d’abord vu prescrire un jour d’incapacité temporaire de travail (ITT), puis quarante.

      Lors de l’audience, Florian G., qui s’est vu prescrire dix jours d’ITT, a contesté avoir été violent, indiquant que Leïla N. mettait en danger ses collègues en s’adressant directement à l’auteur des violences et qu’il voulait donc la faire reculer.

      Défaillances de l’enquête

      « Si la prévenue a effectivement tordu le pouce de M. G., elle n’a pas agi volontairement dans le but de porter atteinte à son intégrité physique ni même pour s’opposer à lui, mais par réflexe d’autodéfense pour faire cesser la douleur ressentie au niveau du cou et mettre fin à sa sensation d’étouffement » , tranche sans ambiguïté le jugement. Précisant qu’il ne ressort pas de la procédure que Leïla N. « ait tenté de s’opposer à l’ordre qui lui était intimé de s’éloigner de la scène violente ni même qu’elle ait adopté un comportement injurieux ou irrévérencieux à l’égard du fonctionnaire de police dans l’exercice de ses fonctions » .

      Le jugement pointe également les défaillances de l’enquête. Il indique qu’il « n’a été procédé à aucune audition dans le cadre de cette procédure, des nombreux témoins présents sur les lieux ou ayant assisté à la scène depuis leur balcon, les autres policiers de la brigade anticriminalité n’ayant pas non plus été entendus » .

      « Dans le contexte actuel d’une forme de systématisation des violences policières, cette relaxe est salutaire », se réjouit l’avocat de la prévenue, Me David Curiel. Pour autant, « cette affaire n’est pas terminée » , précise-t-il. Juste après les faits, estimant être victime de violences policières, Leïla N. avait déposé plainte contre le policier auprès de l’Inspection générale de la police nationale. Cette plainte a été classée sans suite par le parquet de Paris et ce, « malgré les preuves accablantes », estime son avocat.

      A la suite de la relaxe de sa cliente, il indique se « réserver le droit de citer directement le policier auteur des violences » . Débouté de ses demandes, le policier a dix jours pour faire appel du jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris.

      #police #BAC #baqueux #justice #violences_policières #IGPN

    • La voie est étroite. Les conditions réunies pour être relaxé face à des poursuites judiciaires lancée par la police. Dans ce cas : être cadre, intégrée ; avoir sans conteste démontré que l’on met en pratique l’"assistance à personne en danger" (comme dans les cas de ces sans papiers régularisés après avoir sauvé une vie et que cela se soit su) ; disposer de quasi preuves (vidéos) à l’appui.

  • Mort d’Adama Traoré : une nouvelle contre-expertise met en cause les gendarmes
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/02/nouvelle-contre-expertise-independante-dans-l-affaire-adama-traore-le-plaqua

    Dans ce document daté du 2 juin, que Le Monde a pu consulter, l’expert, professeur spécialiste des maladies systémiques, dont la sarcoïdose (une maladie inflammatoire avancée par certaines expertises comme étant l’une des causes possibles d’une défaillance cardiaque de la victime), conclut que le « décès fait suite à un syndrome asphyxique. Le syndrome asphyxique fait suite à un œdème cardiogénique. L’œdème cardiogénique fait suite à une asphyxie positionnelle induite par le plaquage ventral. Le plaquage ventral a entraîné “la mise en position corporelle entravant l’échange normal de gaz et avec l’impossibilité de se libérer de cette position”. Aucune autre cause de décès n’est identifiée. » « L’œdème cardiogénique n’est que la conséquence de l’asphyxie et non la cause », est-il précisé. « Ce rapport démonte point par point l’expertise de la semaine dernière et désigne le plaquage ventral comme ayant causé la mort d’Adama Traoré », se félicite Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille.

    – Le type est vivant
    – un flic s’assied sur lui (technique qui a donné naissance au slogan « i can’t breathe » depuis… 2014)
    – quand les flics le livrent aux pompiers, il est mort.

    Et ça fait depuis 2016 qu’on a besoin de multiplier les expertises et les contre-expertises pour vérifier que, de fois, il ne serait pas décédé de mort naturelle.

  • Émeutes après la blessure de Villeneuve la Garenne : Les gouttes policières font déborder le vase populaire
    https://desarmons.net/2020/04/21/emeutes-apres-la-blessure-de-villeneuve-la-garenne-les-gouttes-policieres

    #Villeneuve-la-Garenne s’est enflammée depuis ce dimanche soir. La révolte a éclaté après qu’un habitant de la ville, Mouldi, a percuté la portière d’une voiture Passat banalisée de #police, arrêtée au niveau d’un feu, samedi soir vers 22 heures sur l’avenue de Verdun.

    Dans la voiture de police se trouvaient quatre agents de la #BAC des Hauts-de-Seine, qui avaient remarqué Mouldi alors qu’il circulait sans casque sur une moto-cross. Lorsque Mouldi est arrivé à hauteur du véhicule pour la dépasser par la droite en emprunter la piste cyclable, l’un des passagers, qui l’observaient pourtant dans leur rétroviseur et ne pouvaient avoir manqué son arrivée à pleine vitesse, a ouvert la portière, projetant Mouldi sur un poteau du trottoir. Précisons que la voiture n’était pas sérigraphiée, Mouldi ne pouvant pas savoir qu’il s’agissait d’un véhicule de police.

    Des témoins directs présents sur les lieux ont filmé les minutes suivantes et publié les vidéos (deux angles différents) sur Snapchat. On y voit Mouldi crier de douleur, tandis qu’un policier lui fait un bandage à un mètre du poteau sur lequel il a atterri. Sa moto est quelques mètres plus loin sur le trottoir, tandis que trois autres policiers font des allers-retours entre Mouldi et leur véhicule. L’un des témoins affirmera que l’un des policiers était alcoolisé, affirmant que la portière a été ouverte volontairement à l’arrivée de la moto. Les témoins pensent dans un premier temps que Mouldi a perdu sa jambe. Pris en charge à l’hôpital, il souffre d’une fracture ouverte de la jambe gauche, mais n’a heureusement pas été amputé.

    Le lendemain matin, une autre vidéo prise depuis la station essence qui jouxte le lieu de l’accident, montre des policiers emporter le poteau sur lequel Mouldi a été projeté la veille. Le parquet affirme qu’aucune enquête #IGPN n’a été pour l’heure diligentée, mais la presse prétend qu’une enquête a été ouverte contre Mouldi pour « rodéo urbain » et « mise en danger d’autrui ». L’enquête est menée par le SAIP local, c’est à dire les collègues directs des policiers de la BAC impliqués dans l’accident.

    On s’en fout bien de savoir si Mouldi avait un casier judiciaire. Avec cet Etat répressif, nous sommes des dizaines de milliers à avoir un casier judiciaire, pour des raisons diverses. Cela ne justifiera jamais que des policiers frappent, mutilent et tuent un-e seul-e d’entre nous.

    Dans la nuit de dimanche à lundi, ce ne sont pas seulement les quartiers de Villeneuve-la-Garenne qui ont explosé de colère, mais aussi certains quartiers de #Nanterre, #Suresnes, #Aulnay-sous-Bois, #Egly, #Gennevilliers, #Epinay, #Grigny, #Fontenay, #Saint-Ouen, #Villepinte, #Neuilly-sur-Marne, #Amiens Nord, #Rueil-Malmaison, #Noisiel, #Mulhouse, #Sevran, #Evry, #Strasbourg, #La_Courneuve, #Chanteloup, #Bordeaux, #Toulouse : feux de poubelles, artifices et barricades contre gaz lacrymogènes, balles de caoutchouc et grenades. Et arrestations violentes de journalistes indépendants, pratique devenue coutume chez des policier-es qui ont très clairement quelque chose à se reprocher…

    Ces explosions de colère ne sont pas seulement le résultat de l’accident de Mouldi, mais font suite aux contrôles, humiliations et violences incessantes subies par les habitant-es des quartiers populaires, notamment depuis le début du confinement. Cette colère est politique.

    Dans la semaine précédent l’accident de #Mouldi, le 15 avril, #Malik_Zar_Mohammad, 25 ans, a été tué de trois balles dans la tête par les policiers d’une brigades cycliste dans le parc de la Courneuve. Les policiers ont été appelés en renfort par une brigade équestre durant sa ronde, après que Malik aurait refusé de quitter les lieux et se serait rué sur les chevaux avec un couteau. Repoussé à l’aide de gaz lacrymogène, les policiers affirment qu’il serait revenu à la charge avant d’être abbatu (NB : Malik était demandeur d’asile et non francophone).

    Dans la nuit du 14 au 15 avril, un homme de 60 ans est mort dans une cellule du commissariat de #Rouen, après avoir été arrêté pour conduite sous l’emprise d’alcool. Le médecin l’ayant vu au moment de son placement en cellule l’avait jugé apte à la garde-à-vue.

    Le 10 avril, la police de #Bruxelles a tué Adil, 19 ans, pour avoir enfreint le confinement, en percutant son scooter en voiture dans le quartier d’Anderlecht.

    Dans la nuit du 9 au 10 avril vers 1 heures, Boris, 28 ans, est mort noyé dans la Charente à #Angoulême, après avoir tenté d’échapper à un contrôle de la BAC. Pris en chasse par la police, il se serait trouvé bloqué à contre-sens sur le pont Saint Antoine et serait descendu de son véhicule avant d’enjamber la balustrade et de se jeter dans l’eau.

    La même nuit vers 4h30, un automobiliste de 28 ans est mort dans un accident de voiture sur la route départementale 643 à hauteur d’#Estournel, après avoir esquivé un contrôle à #Cambrai et été poursuivi par la police. Son passager, âgé de 20 ans, a été hospitalisé entre la vie et la mort et placé en coma artificiel.

    Toujours la même nuit, un homme de 49 ans est mort dans sa cellule de dégrisement à #Sorgues, après avoir été interpellé en raison d’une rixe avec son colocataire. Il est constaté mort dans sa cellule lors de la reprise de service par les gendarmes le matin.

    Le 8 avril, la police municipale de #Béziers a tué #Mohamed_Gabsi, 33 ans, lors d’une arrestation violente pour avoir enfreint le confinement (alors que Mohamed dormait à la rue).

    Le 4 avril, la police de #Chanteloup-les-Vignes a tiré au LBD dans la tête d’une fillette de 5 ans, en marge d’échauffourées faisant suite à un contrôle de scooter. 14 tirs de LBD et 9 grenades lacrymogènes ont été recensés. Elle a été plongée dans un coma artificiel à l’hôpital Necker, souffrant d’une fracture et d’un important traumatisme crânien.

    De nombreuses images de contrôles violents ont également circulé dés le début du confinement, dont l’agression de Sofiane, 21 ans, le 24 mars aux #Ullis ou celle de #Ramatoulaye, 19 ans, le 19 mars.

    Six morts entre les mains de la police française en deux semaines !!

    Nous nous associons à la colère des émeutiers, qui ne font que réagir à cette #violence systémique et raciste qui inonde notre paysage quotidien, les réseaux sociaux permettant aux témoins de diffuser instantanément les preuves en images des agissements policiers dans les quartiers populaires. Ces images ne rendront pas #justice, mais elles permettent au moins d’établir la vérité et de prendre une distance critique par rapport à la version officielle servie par les auteurs de ces actes et les procureurs qui organisent systématiquement leur impunité.

  • Castanerie : néologisme ; utiliser un mensonge par omission ou un arrangement avec la vérité en le faisant passer pour une annonce d’importance et, ce faisant, biaiser pour désamorcer une crise.
    Cela se vérifie encore une fois avec l’annonce du retrait « immédiat » de la #GLIF4, ce dimanche, dans son émission préférée pour ce type de menteries :
    https://www.france.tv/france-3/dimanche-en-politique/1151765-dimanche-en-politique.html
    Sauf que c’est une grenade
    qui n’est plus fabriquée depuis 2014 :

    Elle équipe les forces de l’ordre depuis 2011 et n’est plus produite depuis 2014, elle reste cependant encore utilisée par le gouvernement jusqu’à épuisement des stocks et est remplacée progressivement par la grenade GM2L de Alsetex.
    https://maintiendelordre.fr/grenade-instantanee-gli-f4-sae-810-alsetex

    qui a été officiellement remplacée par la #GL2M après la mutilation de Maxime sur la zad

    Sa remplaçante, la GM2L, déjà en dotation, est par exemple utilisée à Notre-Dame-des-Landes dans les opérations actuelles.
    mai 2018, journal de la gendarmerie nationale : https://lessor.org/a-la-une/la-gli-f4-une-grenade-sur-la-voie-de-garage

    (la ZAD avait d’ailleurs servi de test grandeur nature de pas mal de saloperies : https://desarmons.net/index.php/2019/01/24/sur-les-nouvelles-grenades-lacrymogenes-de-40-mm-cm3-et-mp3 )

    dont les stocks sont réduits à peau de chagrin après plus d’un an de gazage intensif des Gilets Jaunes et autres mouvements sociaux...

    Je ne sais même pas si certains les utilisaient encore.
    Du moment que l’on nous laisse les GMD et CM6, le retrait de la GLI-F4 ne me fait ni chaud ni froid.
    Mais c’est un avis très personnel 😉
    Uniform 17👮 : https://twitter.com/17Uniform/status/1221402966319673344

    et dont la remplaçante et tout aussi, si ce n’est plus, dangereuse

    Contrairement à la GLI-F4, la GM2L ne contient pas de TNT mais des éléments pyrotechniques sans effet de souffle surement 48 g d’Hexocire, un mélange de cire et d’héxogène (un explosif plus puissant que la TNT).
    https://maintiendelordre.fr/grenade-lacrymogene-gm2l-sae-820

    Beaucoup tombent dans le panneau de l’annonce, et même si le #fact_checking autonome a fort heureusement progressé (c’est surement la meilleure nouvelle de 2019) cette annonce convaincra uniquement celleux à qui elle est adressée : les personnes susceptibles de voter pour LREM mais qui doutaient un peu quand même à force d’infos sanguinolentes...
    Mettons en perspective 3 faits récents pour mieux voir ce qu’il y a à gazer sous les fumées lacrymos :
    1/ des candidats #LREM qui n’osent pas s’afficher car ils se font chahuter : carte des LREM sans étiquette https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=1jZx-vCMTIvDgvBSV_vwMtYdyUw9ee1xh&ll=46.962141096506784%2C2.43753 (à relativiser un peu mais pas tant que ça : https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/25/cette-carte-participative-des-candidats-lrem-sans-etiquette-est-elle-fiab )
    2/ la modification de la visualisation des résultats des #Municipales2020 : carte des municipales 2020 : un changement de regle qui risque de modifier la geographie electorale
    /.../ le ministère de l’Intérieur en charge de l’organisation des élections et scrutins en France fait le choix de ne plus prendre en compte la couleur politique des candidats dans les villes de moins de 9 000 habitants (1000 habitants auparavant). /.../ : http://www.chroniques-cartographiques.fr/2020/01/carte-des-municipales-2020-un-changement-de-regle-qui-ris
    (voir aussi la discussion avec @odilon ici https://seenthis.net/messages/821675 )
    3/ panique d’un certain « gratin » sur les conséquences d’une débacle : Macron sommé de réagir sur une note très embarrassante du ministère de la Justice : https://www.huffingtonpost.fr/entry/macron-somme-de-reagir-sur-une-note-tres-embarrassante-pour-le-minist

    J’avais prévu un dimanche de calme et de recueillement... Pas merci Castaner. Cet énième mensonge me touche de trop près pour que je me taise mais... j’espère vraiment qu’on va tou-te-s s’engouffrer dans la pseudo brèche de désescalade dans les #Violences_policières pour te faire tomber de ton estrade.

    Bref, rien de nouveau dans la dégueulasserie politicarde du pouvoir

    #armes #armes_non-létales #armement #maintien_de_l'ordre #guerre_aux_pauvres #enfarinage #infox_ministérielle #Castaner_le_menteur

  • « Gilet jaune » blessé à l’œil samedi à Paris : un juge d’instruction va mener l’enquête
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/11/22/gilet-jaune-blesse-a-l-il-samedi-a-paris-un-juge-d-instruction-va-mener-l-en

    Me Alimi avait annoncé, mardi, le dépôt d’une plainte pour obtenir plutôt la désignation d’un juge d’instruction. Sa plainte vise nommément le préfet Didier Lallement, l’accusant de complicité pour avoir autorisé l’usage de lanceurs de grenade 56 mm.

    Sur Twitter il rajoute :

    Effectivement, à toutes les victimes #violencespolicieres, il est désormais fortement recommandé de refuser toutes auditions de victimes par #IGPN et #IGGN, hors contrôle d’un juge d’instruction jusqu’à leur remplacement par organe impartial et indépendant

  • Comment la #police_des_polices protège les siens

    À Marseille, le 8 décembre 2018, en marge d’une manifestation des « gilets jaunes », des policiers ont fracassé le crâne de Maria∗, 19 ans, lui blessant gravement le cerveau. Notre enquête sur ces violences révèle, preuves à l’appui, la #partialité de l’#IGPN, la police des polices, et sa volonté d’enterrer les faits et nier les responsabilités.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/051119/comment-la-police-des-polices-protege-les-siens
    #violences_policières #France #maintien_de_l'ordre #responsabilité

  • [Exclu] Tir de LBD sur Lilian, 16 ans : la plainte de sa mère classée sans suite
    https://www.rue89strasbourg.com/exclu-tir-lbd-lilian-16-ans-strasbourg-plainte-mere-classee-163408

    Encore une violence policière impunie. Le parquet a classé sans suite la plainte de Flaure Diesse, concernant le tir de Lanceur de balles de défense (LBD) qui a touché son fils le 12 janvier 2019 lors d’une manifestation de Gilets jaunes à Strasbourg. Selon une source proche du dossier, ce classement sans suite trouve son origine dans l’enquête de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) sur l’affaire Lilian, du nom du jeune de 16 ans gravement blessé à la mâchoire, alors qu’il ne manifestait pas… Puisque l’auteur du tir de LBD n’a pas été identifié, il n’est pas possible pour le parquet de poursuivre au pénal.

  • A l’étranger, des « IGPN » plus indépendantes et plus transparentes - Par Justine Brabant | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/a-letranger-des-igpn-plus-independantes-et-plus-transparentes
    https://api.arretsurimages.net/api/public/media/vignette-buzzfeed/action/show?format=thumbnail&t=2019-08-02T19:03:34+02:00

    L’IGPN, sous le feu des critiques depuis plusieurs mois, est-elle une (mauvaise) exception française ? En Belgique, au Danemark, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, les organismes de contrôle des policiers sont plus transparents et/ou plus indépendants. Mais leur efficacité est fréquemment remise en cause.

    #IGPN #police

  • GJ : le Monde affirme…
    il faut dire, la séquence vidéo diffusée initialement ne laissait guère place au doute, mais là, c’est modélisé. Et, surtout, c’est signé par un grand média.

    « Gilet jaune » blessé à Bordeaux : l’enquête vidéo du « Monde » sur les circonstances d’un tir de LBD contesté
    (vidéo de 15 minutes)
    https://www.lemonde.fr/police-justice/video/2019/10/17/gilets-jaunes-comment-un-policier-a-tire-au-lbd-40-dans-la-tete-d-un-manifes

    Grâce à l’analyse de centaines d’images, la modélisation 3D des lieux et une quinzaine d’interviews, l’enquête vidéo du Monde révèle comment ce manifestant a été la cible d’un tir de LBD 40 dans la tête alors qu’il ne présentait pas de menace, mais aussi d’un jet de grenade de désencerclement non autorisé. Des images qui illustrent comment les forces de l’ordre ont fait usage d’armes dangereuses sans respecter les principes de nécessité et de proportionnalité, ni les règles en matière d’assistance et de premiers secours.

  • Nouveau cap répressif franchi, cette fois sur la liberté d’informer : 5 mois de prison avec sursis pour une video de manif
    Article de Dijoncter et commentaires du conseil juridique de @lundimatin

    https://dijoncter.info/5-mois-de-prison-avec-sursis-pour-une-video-de-manif-1324
    https://dijoncter.info/home/chroot_ml/ml-dijoncter/ml-dijoncter/public_html/local/cache-vignettes/L937xH624/arton1324-af821.jpg?1569171744

    Un gilet jaune dijonnais a été condamné à 5 mois de prison avec sursis pour avoir filmé et diffusé sur le web une vidéo des affrontements qui avaient eu lieux devant la caserne Deflandre pendant l’acte 8 des gilets jaunes, le samedi 5 janvier 2019.

    Commentaires de « Juriste lundimatin » sur twitter :
    https://twitter.com/Juristematin/status/1175874777745170434

    Voici encore une nouveauté dans la répression, qu’il va falloir prendre au sérieux (signalé par @DijonDTR, merci à elle/lui).
    Voici le texte sur la base duquel la personne a été condamnée.
    https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIART
    Est considéré comme complice de violences et encourt donc la même peine celui oo celle qui les filme.
    Encourt 5 ans celui où celle qui diffuse.
    Une immunité pénale est néanmoins prévue :
    – lorsque cela rentre dans l’exercice de la profession de journaliste
    – lorsqu’il s’agit de recueillir un élément de preuve en justice.
    Compte tenu de la difficulté pour certain.e.s journalistes de se voir reconnaître cette qualité, l’immunité journalistique ne paraît pas les mettre complètement à l’abri de poursuites.
    Quant aux simples manifestant.e.s ou passant.e.s qui filment : sur quelle base determine-t-on le motif pour lequel ça a été filmé, exactement ?
    Rappelons que cette infraction a été créée par la loi du 5 mars 2007 prévention de la délinquance (grande époque), en réaction au phénomène du « happy slapping », qui consiste dans le fait de filmer une agression ciblée par un groupe.
    Ce texte est donc évidemment dévoyé, et n’a absolument aucun sens appliqué aux cas de personnes filmant des évènements en manif’, si ce n’est vouloir dissuader les gens de filmer.
    Nous avons vu légion de scènes d’intimidation physique par des policiers pour faire cesser les actions de vidéo de manifestant.e.s. Voici désormais l’utilisation du droit pénal.

    #information #droit #image #video #justice #liberté_de_la_presse #journalisme #repression

  • Rapport relatif à l’organisation et aux événements survenus lors de la Fête de la Musique à #Nantes les 21 et 22 juin 2019 / Rapports récents / Rapports de l’IGA / Publications - Ministère de l’Intérieur
    http://www.interieur.gouv.fr/Publications/Rapports-de-l-IGA/Rapports-recents/Rapport-relatif-a-l-organisation-et-aux-evenements-survenus-lors-de-l

    A la suite des incidents violents survenus à Nantes dans la nuit du 21 au 22 juin 2019 et dans le contexte de la disparition de M. Steve Maia Caniço, dont les circonstances ne sont pas établies au moment de la rédaction du présent rapport, le ministre de l’intérieur a demandé à l’inspection générale de l’administration (#IGA) d’étudier et d’analyser les conditions générales d’organisation de la Fête d ela musique sur le quai Wilson ainsi que la gestion des événements survenus dans la nuit.

    La mission a fondé ses investigations sur les entretiens avec les responsables d’institutions ou associations ayant contribué à préparer la Fête de la musique à Nantes ou à son déroulement ainsi qu’avec les membres de sound systems (Sound system désigne ici les collectifs d’organisateurs de free parties) présents sur le quai Wilson qui ont accepté de lui répondre. Elle s’est également appuyée sur les auditions réalisées dans le cadre de l’enquête réalisée précédemment par l’#IGPN, et sur tous les documents que les acteurs lui ont transmis. Enfin, la mission a veillé à ne pas interférer avec l’ensemble des procédures judiciaires ouvertes à la suite du décès de M. Steve Maia #Caniço.

    Le rapport (66 pages) : https://www.interieur.gouv.fr/content/download/118701/951699/file/19079R_DEF%20sign%C3%A9.pdf