• geoimage | #Thaïlande - #Bangkok : la mégalopole qui ne dort jamais

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/thailande-bangkok-la-megalopole-qui-ne-dort-jamais

    Située au fond du Golfe de Thaïlande, Bangkok est une mégapole de 19 millions d’habitants marquée par une expansion accélérée, diffuse et sans limite qui génère des recompositions spatiales génératrice d’une violence sociale et politique indéniable. Alors que les gratte-ciels se multiplient formant une skyline de plus en plus imposante, des milliers d’habitations très vulnérables subsistent, en particulier le long des khlongs, ces canaux typiques de la capitale thaïlandaise. Territoire largement mondialisé et ville d’adrénaline et de tous les excès, où les malls côtoient les temples, les marchands de street-food et d’innombrables salons de massage, Bangkok est une ville de contrastes, dont la « liberté de faire et d’être » fait la fierté des habitants.

    #image_satellite

  • #Propaganda (9/10). Korean Pop

    Vous faîtes partie des milliards de personnes ayant dansé sur #Gangnam_Style ? Dans le neuvième épisode de #Propaganda, on verra pourquoi produire de la musique pop et raconter des #histoires_d'amour permet de donner une image positive à un pays. C’est la technique du #NATION_BRANDING.


    https://www.arte.tv/fr/videos/075937-009-A/propaganda-9-10
    #pop #musique #nationalisme #géographie_culturelle #musique_et_politique #imaginaire_national #Corée_du_sud #vidéo #soft_power #image #ressources_pédagogiques

    ping @sinehebdo

  • Le fichage. Note d’analyse ANAFE
    Un outil sans limites au service du contrôle des frontières ?

    La traversée des frontières par des personnes étrangères est un « outil » politique et médiatique, utilisé pour faire accepter à la population toutes les mesures toujours plus attentatoires aux libertés individuelles, au nom par exemple de la lutte contre le terrorisme. Le prétexte sécuritaire est érigé en étendard et il est systématiquement brandi dans les discours politiques, assimilant ainsi migration et criminalité, non seulement pour des effets d’annonce mais de plus en plus dans les législations.
    Les personnes étrangères font depuis longtemps l’objet de mesures de contrôle et de surveillance. Pourtant, un changement de perspective s’est opéré pour s’adapter aux grands changements des politiques européennes vers une criminalisation croissante de ces personnes, en lien avec le développement constant des nouvelles technologies. L’utilisation exponentielle des fichiers est destinée à identifier, catégoriser, contrôler, éloigner et exclure. Et si le fichage est utilisé pour bloquer les personnes sur leurs parcours migratoires, il est aussi de plus en plus utilisé pour entraver les déplacements à l’intérieur de l’Union et l’action de militants européens qui entendent apporter leur soutien aux personnes exilées.
    Quelles sont les limites à ce développement ? Les possibilités techniques et numériques semblent illimitées et favorisent alors un véritable « business » du fichage.

    Concrètement, il existe pléthore de fichiers. Leur complexité tient au fait qu’ils sont nombreux, mais également à leur superposition. De ce maillage opaque naît une certaine insécurité juridique pour les personnes visées.
    Parallèlement à la multiplication des fichiers de tout type et de toute nature, ce sont désormais des questions liées à leur interconnexion[1], à leurs failles qui sont soulevées et aux abus dans leur utilisation, notamment aux risques d’atteintes aux droits fondamentaux et aux libertés publiques.

    Le 5 février 2019, un accord provisoire a été signé entre la présidence du Conseil européen et le Parlement européen sur l’interopérabilité[2] des systèmes d’information au niveau du continent pour renforcer les contrôles aux frontières de l’Union.

    http://www.anafe.org/IMG/pdf/note_-_le_fichage_un_outil_sans_limites_au_service_du_controle_des_frontieres

    #frontières #contrôle #surveillance #migration #réfugiés #fichage #interconnexion #interopérabilité

  • Nouveau cap répressif franchi, cette fois sur la liberté d’informer : 5 mois de prison avec sursis pour une video de manif
    Article de Dijoncter et commentaires du conseil juridique de @lundimatin

    https://dijoncter.info/5-mois-de-prison-avec-sursis-pour-une-video-de-manif-1324

    Un gilet jaune dijonnais a été condamné à 5 mois de prison avec sursis pour avoir filmé et diffusé sur le web une vidéo des affrontements qui avaient eu lieux devant la caserne Deflandre pendant l’acte 8 des gilets jaunes, le samedi 5 janvier 2019.

    Commentaires de « Juriste lundimatin » sur twitter :
    https://twitter.com/Juristematin/status/1175874777745170434

    Voici encore une nouveauté dans la répression, qu’il va falloir prendre au sérieux (signalé par @DijonDTR, merci à elle/lui).
    Voici le texte sur la base duquel la personne a été condamnée.
    https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIART
    Est considéré comme complice de violences et encourt donc la même peine celui oo celle qui les filme.
    Encourt 5 ans celui où celle qui diffuse.
    Une immunité pénale est néanmoins prévue :
    – lorsque cela rentre dans l’exercice de la profession de journaliste
    – lorsqu’il s’agit de recueillir un élément de preuve en justice.
    Compte tenu de la difficulté pour certain.e.s journalistes de se voir reconnaître cette qualité, l’immunité journalistique ne paraît pas les mettre complètement à l’abri de poursuites.
    Quant aux simples manifestant.e.s ou passant.e.s qui filment : sur quelle base determine-t-on le motif pour lequel ça a été filmé, exactement ?
    Rappelons que cette infraction a été créée par la loi du 5 mars 2007 prévention de la délinquance (grande époque), en réaction au phénomène du « happy slapping », qui consiste dans le fait de filmer une agression ciblée par un groupe.
    Ce texte est donc évidemment dévoyé, et n’a absolument aucun sens appliqué aux cas de personnes filmant des évènements en manif’, si ce n’est vouloir dissuader les gens de filmer.
    Nous avons vu légion de scènes d’intimidation physique par des policiers pour faire cesser les actions de vidéo de manifestant.e.s. Voici désormais l’utilisation du droit pénal.

    #information #droit #image #video #justice #liberté_de_la_presse #journalisme #repression

  • Pas d’icône pour les Gilets jaunes – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/7816

    Pas d’icône pour les Gilets jaunes
    André Gunthert 19 septembre 2019 - 6 h 20 min

    (Chronique Fisheye #38) Par sa durée, son extension territoriale, comme par le niveau élevé des violences, la révolte des Gilets jaunes est l’une des plus graves crises sociales françaises depuis Mai 1968. Parmi ses conséquences immédiates, on peut observer une altération profonde du climat politique et une dégradation de l’image d’un gouvernement dont les débuts, à peine un an et demi plus tôt, paraissaient prometteurs.

    Au regard de la signification historique du conflit, et en attendant l’examen rétrospectif qui permettra d’en approfondir la compréhension, on peut se demander comment la photographie a contribué à sa perception contemporaine. Il va sans dire qu’il n’est pas question de procéder ici à l’étude, même sommaire, des centaines de milliers de clichés produits au cours des affrontements. En revanche, on peut dresser un premier bilan de la représentation de la crise dans l’espace public, à travers le filtre proposé par le dialogue des grands médias et des réseaux sociaux.

    Constamment abreuvé par des milliers de sources, ce filtre a été d’une extrême efficacité pour sélectionner les images les plus représentatives d’un conflit, dans lequel elles ont joué un rôle de premier plan. Car la crise des Gilets jaunes n’a pas seulement été illustrée par des documents visuels : elle a été en permanence remodelée par l’affrontement des images, photos ou vidéos, brandies comme les preuves de visions contradictoires par les télévisions, les journaux ou les réseaux sociaux.

    Dans le cas des Gilets jaunes, deux facteurs vont considérablement modifier la donne. L’extension sur plusieurs mois de la crise fait apparaître les défauts de la couverture médiatique, et la carence d’une expression organisée du mouvement encourage une implication plus large du public dans la discussion et l’interprétation des événements.

    Nouveaux outils du dialogue social, les réseaux sociaux fournissent à cette extension de l’échange un terrain apparemment chaotique, mais en réalité fortement structuré par les mécaniques d’amplification de l’attention. Dans un contexte d’affrontement aux racines profondes, qui n’oppose pas seulement les Gilets jaunes au gouvernement, mais plus largement les classes sociales et les sensibilités politiques entre elles, les vidéos et les photos apportent à l’argumentation leur précieuse valeur documentaire, et deviennent rapidement les éléments autour desquels se structure la controverse. Ces échanges sont également suivis de près par les grands médias, en particulier les télévisions d’information continue, qui recyclent volontiers les images sélectionnées par la conversation.

    Si l’on est conduit à se pencher longuement sur les images des réseaux sociaux, c’est qu’aucune photo n’aura entretemps émergé comme une image emblématique du conflit, selon la tradition désormais bien connue des « icônes » photographiques multidiffusées en couverture des principaux organes de presse, comme l’image de la petite haïtienne en 2010 (Daniel Morel), du petit Aylan en 2015 (Nilüfer Demir), ou encore celle de la petite immigrée hondurienne en 2018 (John Moore), qui témoignent d’un large consensus.

    Cette courte liste livre immédiatement la clé de l’énigme. Si ces figures mettant en scène des victimes innocentes n’ont jamais trouvé d’équivalent pendant la crise française, s’il n’y a pas eu d’icône des Gilets jaunes, c’est parce que la majeure partie de la presse, malgré le nombre jamais vu des blessés et des mutilés, ne les a jamais perçus et encore moins montrés comme des victimes. Deux photos ayant rencontré un certain succès, celle de Geneviève Legay à Nice le 23 mars, et celle du manifestant étranglé à Nantes le 3 août, en dehors des Actes des Gilets jaunes, confirment a posteriori ce constat.

    #Image #Icone #Médias #Gilets_jaunes

  • Automatically #compress #images on Pull Requests
    https://calibreapp.com/blog/compress-images-in-prs

    Calibre’s new #GitHub Action allows you to compress raster images with minimal setup automatically. Never ship unoptimised graphics again.The action uses the most efficient, lossless compression libraries—mozjpeg and libvips that work with PNGs and JPGs.

    https://github.com/marketplace/actions/image-actions

  • Tout ce que le néogrenelle ne veut pas entendre
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2019/09/05/tout-ce-que-le-neogrenelle-ne-veut-pas-entendre

    Ce graphique est librement traduit de matériels produits par la campagne états-unienne contre le viol « 11thprincipleconsent ». Une version française, produite par le collectif « Féministes contre le cyberharcèlement », précise cette notion de culture du viol. Au moment où se tient en #France le « Grenelle contre les #Violences conjugales », il m’est apparu impératif de me servir de … Lire la suite →

    #Humeurs #Domination #Masculinisme #Militarisation #Pensée


    https://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa

  • Je viens de signaler à @sombre cette vidéo, très pédagogique à mon avis, de la prof #Tanya_Golash_Boza sur l’#intersectionnalité :
    https://seenthis.net/messages/796554#message799547

    La prof. Boza a produit d’autres #vidéos sur la question du racisme. Vous pouvez voir la collection sur son canal vimeo :
    https://vimeo.com/tanyaboza

    Je vais ici en mettre quelques-uns qui me paraissent particulièrement intéressants :
    Racism and Capitalism : What’s the relationship ?
    https://vimeo.com/320992010


    #racisme #capitalisme

    Racial Segregation and Health Disparities
    https://vimeo.com/320987233


    #ségrégation_raciale #santé #inégalités

    Controlling #Images
    https://vimeo.com/295025400


    #image #médias #préjugés

    What is race ? What is Ethnicity ? What is the difference ?
    https://vimeo.com/286520524

    #White_Privilege
    https://vimeo.com/296299925

    #ressources_pédagogiques

    ping @karine4 @isskein

  • Les tatoueurs ont-ils des droits d’auteur ? Stéphane Baillargeon - 30 Aout 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/561641/a-qui-appartient-un-tatouage-au-tatoue-ou-au-tatoueur

    Comme bien des athlètes professionnels, comme beaucoup de ses contemporains, le joueur vedette de basket LeBron James est tatoué. Le nom de sa maman (Gloria) apparaît sur son épaule droite, et des portraits de son fils (LeBron junior) sur ses avant-bras. Il porte même le numéro 330, indicatif régional de sa ville d’origine en Ohio.

    À qui appartiennent ces tatouages, même les plus chargés de très intimes significations ? Autrement dit, qui possède les droits de reproduire ces images https://www.robic.ca/wp-content/uploads/2017/05/383F-LC2008.pdf ? Le tatoueur qui les a réalisées ? M. James ? Ou une compagnie, publicitaire ou autre, qui miserait sur l’image de la mégavedette des paniers ?

    Le cas se présente. Le jeu électronique NBA 2K reprend quelques-uns de ces dessins sur l’avatar de LeBron James senior. Le réalisme est capital dans ce genre de divertissement.

    Le tatoueur Jimmy Hayden du studio Focused Tattoo de Cleveland prétend qu’il détient les droits sur certains de ces tatouages et ceux d’autres avatars, dont celui de Danny Green, joueur des Raptors de Toronto. M. Hayden veut faire reconnaître ses créations et se faire payer en conséquence. Il a donc déposé, en 2017, une poursuite contre 2K Games et la firme Take-Two Interactive Software. Un juge a autorisé la démarche il y a quelques mois, en mars. La cause se poursuit.

    Elle n’est pas la seule. Des histoires légales plus ou moins semblables apparaissent un peu partout aux États-Unis, mais, sauf erreur, pas encore au Canada ou au Québec.

    La semaine dernière, un juge de Californie a décidé d’entendre la plainte du tatoueur Kevin Brophy Jr. parce qu’une photo d’une de ses oeuvres montrant un tigre et un serpent réalisée sur le dos d’un homme apparaît en couverture de l’album Gangsta Bitch Music, Vol 1 de l’artiste Cardi B. Il réclame 5 millions $US pour « violation de son image publique ».

    Le cas le plus médiatisé demeure celui de l’artiste S. Victor Whitmill, qui a poursuivi en 2011 la maison de production Warner Bros. pour la reproduction sur un personnage du film Hangover d’un symbole tribal réalisé sur le visage du boxeur Mike Tyson. Là encore, une entente hors cour a mis fin au litige.

    Penser avant d’encrer
    Tout cela est loin d’être frivole. Le mot d’ordre du secteur dit « think before you ink », alors pensons-y bien. Des questions de base émergent autour de ces revendications légales. La plus fondamentale demande si le tatouage peut-être considéré comme une oeuvre protégée par un droit.

    « C’est certain que le droit d’auteur peut s’appliquer aux tatouages, répond sans ambiguïté Gabriel St-Laurent, avocat au cabinet Robic, spécialisé en droit de la propriété intellectuelle (droit d’auteur, marque de commerce et brevet). Pour y arriver, il faut que le tatouage soit une oeuvre originale fixée sur un support tangible. Si on ne se fait pas tatouer un truc banal, du genre Me & You 4 ever, dès que le tatouage fait preuve d’originalité et qu’il est fixé sur la peau, il devient une oeuvre protégée par le droit d’auteur. Ce faisant, l’auteur de l’oeuvre est tributaire de droits. »

    Me St-Laurent ajoute qu’il faut bien distinguer le droit d’auteur et l’oeuvre. Le propriétaire d’un tableau n’est pas propriétaire des droits d’auteur sur ce tableau, qui demeurent la propriété du peintre, y compris pour accorder ou non la possibilité de reproduction.

    L’artiste Gotti Flores a donné l’autorisation pour la reproduction dans le jeu NFL de ses oeuvres sur les bras du joueur Mike Evans. Il y en a une vingtaine au total. De même, le jeu inspiré des combats extrêmes reproduit fidèlement et légalement le gorille dessiné sur la poitrine du combattant Conor McGregor.

    L’Association des joueurs de la Ligue nationale de football et les agents de joueurs recommandent à leurs membres et clients d’obtenir les droits de reproduction des encrages avant de les faire réaliser. Les studios ont d’autant plus tendance à accepter cette cession que les vedettes sportives se transforment aussi en très profitables panneaux publicitaires pour leur art et leur compagnie artistique.

    De gros sous
    Le sociologue Olivier Bernard se demande si les poursuites elles-mêmes ne font pas partie d’une stratégie publicitaire de la part des tatoueurs. « Les tatouages distinguent les individus, et ça va de soi que les jeux vidéo doivent reproduire ceux des joueurs », dit le spécialiste des sports qui a dirigé cette année le livre Arts martiaux et jeux vidéo. Quel rapport à la culture (PUL). « Mais les poursuites doivent aussi être comprises comme une manne lucrative pour les avocats. Les tatoueurs, eux, ont vu l’occasion de se faire voir de cette manière publicitaire. »

    Il comprend bien qu’un tatouage est une oeuvre, et la peau un support. Comme l’avocat Gabril St-Laurent, il souligne que la reproduction en jeu vidéo pose un problème particulier.

    « Si l’ancien lutteur Dwayne Johnson expose ses tatouages maoris dans un film, ça vient de lui, ça fait partie de sa personne, il ne peut pas s’arracher le bras. Le jeu vidéo est une création qui remobilise à 100 % le réel. C’est cette recréation numérique qui permet les poursuites. Quelqu’un a découvert l’occasion de réclamer des droits, et ça fait boule de neige. »

    Les clients « ordinaires » posent parfois d’autres défis, dont celui du plagiat, une autre forme d’entorse aux droits d’auteur. Le milieu demeure assez anarchique ; les centaines de studios, les milliers de tatoueurs et tatoueuses du Québec respectent-ils tous les règles informelles de base qui interdisent la copie ?

    « Je réponds toujours à une commande du client », explique la tatoueuse Marie-Lyne De Sève, fondatrice du studio DeSève DeSign de Sherbrooke. « Je fais beaucoup de créations originales, et mon éthique personnelle m’interdit de copier une image que me fournirait un client ou même de reprendre une de mes images pour un nouveau client. Je propose aux clients qui arrivent avec des images de les modifier sur mesure. »

    Elle résume autrement sa démarche : « Je réalise des oeuvres d’art sur des gens. Ils me demandent parfois de signer mes créations. » Elle est d’autant plus consciente de la fragilité de ces oeuvres qu’elle a vu des métiers (comme soudeur), la maladie (un cancer de la peau) et des accidents gâcher à jamais des tatouages. Elle a aussi des clients qui vont carrément faire tanner leur peau après leur mort pour assurer la survie de leurs oeuvres originales.

    « Je leur dis que, si ça se fait, tant mieux pour eux. Après tout, on a retrouvé des momies tatouées. Mais je ne sais pas dans quel état sera leur peau dans plusieurs années… »

     #tatouage #corps #tatouages #art #plagiat #société #photographie #droit_d'auteur #copyright #images #oeuvre #reproduction #créations
     

  • #Incendies en #Amazonie : les #cartes et les #images auraient-elle le pouvoir d’attiser la polémique ?

    Les feux de forêt en Amazonie ont suscité un début de crise diplomatique entre la France et le Brésil dans le cadre du G7 à Biarritz et sont devenus un sujet de discussion au niveau international. Les Nations unies et le chef de l’Etat français ont interpellé vivement le président brésilien, Jair Bolsonaro, jeudi 22 août 2019 au sujet des incendies qui ravagent la forêt amazonienne. L’Amazonie est devenue depuis plusieurs années un symbole. Nombreux sont les chefs d’Etat (dont Emmanuel Macron) à avoir repris la phrase de Jacques Chirac : « Notre maison brûle ».

    Si les incendies de forêt constituent un sujet préoccupant (voir cette carte montrant la perte accélérée du couvert forestier brésilien), qu’en est-il des menaces directes sur un milieu que l’on qualifie souvent de « poumon vert » de la Terre ? D’après l’Institut National de Recherche Spatiale du Brésil (INPE), 75 336 feux de forêt ont été enregistrés au Brésil du 1er janvier au 21 août 2019, soit 84 % de plus que sur l’année précédente. Plus de 52 % d’entre eux concernent l’Amazonie (voir le suivi de la déforestation sur le site Terra Brasilis). Si l’importance du phénomène n’est pas à remettre en doute, en revanche la manière dont les #médias et les #réseaux_sociaux ont relayé l’information interroge sur la façon d’interpréter l’#information_géographique, qu’il s’agisse des cartes ou des images.

    https://cartonumerique.blogspot.com/2019/08/incendies-en-amazonie.html
    #interprétation

    ping @reka

  • Ed anche Briatore ha condiviso questa immagine emblema degli analfabeti funzionali che si son bevuti la storia dell’invasione

    Gli ha risposto magistralmente Emilio Mola:

    《Allora, gentile Flavio Briatore:

    in Italia ci sono 60 milioni di persone.
    Gli stranieri sono 5 milioni, cioè l’8,5% (in Spagna sono il 10%, in Germania il 9%, nel Regno Unito l’8%).
    Non sono il 30%. Sono l’8,5%.
    Quindi il 91,5% della popolazione che risiede in Italia, è italiana.

    Uno dice: «Ah, pensavo di più. Mi avevano parlato di invasione, di emergenza. Comunque dai non sono nemmeno pochi 5 milioni di negr..» no aspé.

    Aspé perché di questi 5 milioni di stranieri la metà, il 50%, viene dal continente europeo: Germania, Francia, Inghilterra, Spagna, Svizzera, Romania, Ucraina, Albania, Bulgaria, Polonia, Russia, Austria, Belgio, ecc.

    Uno allora dice: «Ah. Col fatto che sono bianchi non me ne ero proprio accorto. Quindi gli africani sono 2 milioni e mezzo? Beh sono molti di meno di quanto mi avevano fatto capire Salvini e Rete4. Però dai è sempre fastidios...» no aspé.

    Aspè perché da questi 2,5 milioni di stranieri che restano dobbiamo toglierne altri 600mila, tra americani e cinesi.

    Restano quindi 2 milioni di stranieri che arrivano da Africa, Medio Oriente, India, Pakistan, Filippine, ecc. Quelli che insomma, nell’immaginario collettivo (e in gran parte nella realtà), sono arrivati o arrivano tutti coi barconi. E hanno quelle antiestetiche sfumature di nero.

    Ecco loro sono il 4% della popolazione che attualmente si trova in Italia. E gli africani del suo disegnino?
    Loro sono 1 milione e 96mila. Cioè la metà. Cioè il 2% della popolazione residente in Italia.

    E i richiedenti asilo? Quelli sono 126mila. In Francia 90mila. In Germania 196mila. In Turchia 2,5 milioni. In Pakistan 1,6 milioni. In Libano 1 milione. Ecc.

    Ora: assodato che la popolazione africana è in realtà appena un quinto di tutta la popolazione straniera presente in Italia. Ed è appena un cazzo di 2% di tutta la popolazione presente in Italia. Assodato che 2% non sembra in fondo tutta questa enormità.

    Ci spiegherebbe il significato di quel disegnino? Sarà che vuole lasciar intendere che tutto il Continente Africano in Italia non ci sta, anche se qualcuno (magari i buonisti) lo vorrebbe tanto?

    Se sì, ci spiega da dove le risulta che tutto il continente africano è in partenza per l’Italia? Deserti, giungle e savane inclusi, con i coccodrilli ed un orango tanto, due piccoli serpenti e l’aquila reale, visto che ci sono - a titolo di esempio - 20 Stati africani che hanno in Italia meno di 600 persone ciascuno (dai 600 del Sud Africa agli 11 del Botswana), e che quindi non sembrano proprio così tanto intenzionati a invaderci, anche se lei li ha inclusi nel suo disegnino?

    Ora, assodato tutto questo: l’idea che forse, ma forse, co sta storia dell’invasione, poco poco, si sta esagerando, vi passa per la mente o niente proprio?
    Potremmo iniziare a occuparci anche dei 150 miliardi che fattura la mafia? O dei 120 miliardi di evasione fiscale? O della corruzione? O di tutti quegli altri cazzi tutti nostri che rimarranno anche quando l’ultimo africano sarà andato via?
    No eh?

    https://www.facebook.com/2118579288263751/photos/a.2119599404828406/2294603547327990/?type=3&theater
    #préjugés #Italie #invasion #afflux #fact-checking #asile #migrations #réfugiés #image #visualisation #statistiques #chiffres

  • #Médias et #quartiers : #Grenoble, la réplique

    Ce vendredi, quatrième épisode de la série documentaire « Médias : les quartiers vous regardent ». Des habitants de la #Villeneuve à Grenoble reviennent sur un reportage d’#Envoyé_spécial de 2013 qu’ils ont jugé stigmatisant. Procédure judiciaire, création d’un média local, comment ont-ils répliqué ?

    À la rentrée 2013, France 2 diffuse un reportage dans son émission Envoyé spécial intitulé « Villeneuve, le rêve brisé ». La Villeneuve, quartier populaire de Grenoble, y est décrit comme une « #cité » et un « #ghetto » où règnent essentiellement « #chômage, #pauvreté, #délinquance et #violence ». Le #reportage, très critiqué, provoque une #mobilisation sans précédent. Dans cet épisode de notre série « Médias : les quartiers vous regardent », retour à la Villeneuve, pour raconter comment les habitants ont perçu ce reportage et comment ils se sont emparés de leur droit de réponse et ont intenté une action en #justice contre #France_Télévisions.

    
S’ils ont échoué à faire condamner le groupe audiovisuel public, les habitant·e·s de la Villeneuve ont gagné leur revanche médiatique : le #CSA a reconnu que France Télévisions avait bien « manqué aux #obligations_déontologiques » avec un reportage qui n’était « pas suffisamment équilibré ». Que dit la riposte des habitant·e·s de la Villeneuve des rapports entre médias et quartiers ? Des habitant·e·s mobilisé·e·s pendant la procédure judiciaire racontent ce qu’ils ont découvert et comment ils ont réagi.

    https://www.mediapart.fr/studio/documentaires/france/medias-et-quartiers-grenoble-la-replique

    #stigmatisation #quartiers_populaires #déontologie #colère #plainte #image #stéréotypes

    signalé par @albertocampiphoto

  • Brazil space institute director sacked in Amazon deforestation row | World news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/world/2019/aug/02/brazil-space-institute-director-sacked-in-amazon-deforestation-row
    https://i.guim.co.uk/img/media/e9deda97cf0953a32d4576b77bc73fc9c92e6367/0_233_3500_2100/master/3500.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    The director of Brazil’s National Space Research Institute (INPE) has been sacked in the midst of a controversy over its satellite data showing a rise in Amazon deforestation, which the far-right president, Jair Bolsonaro, has called “lies”.

    Ricardo Galvão, who had defended the institute and criticised Bolsonaro’s attack, was dismissed on Friday after a meeting with the science and technology minister, Marcos Pontes.

    #brésil #déforestation #censure #statistiques #cartographie #images_satellites #manipulation

    • Brésil : Jair Bolsonaro licencie le directeur de l’institut divulguant les données sur la déforestation
      https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/02/bresil-jair-bolsonaro-licencie-le-directeur-de-l-institut-divulguant-les-don

      Ricardo Galvão était accusé par le président brésilien d’exagérer l’ampleur de la destruction de la forêt amazonienne pour faire le jeu des ONG.

      Il avait promis de tenir bon, mais, face à la fureur de Jair Bolsonaro, a fini par plier, quitte à aggraver la tragédie environnementale en cours au Brésil. Vendredi 2 août, à l’issue d’un entretien à Brasilia avec Marcos Pontes, son ministre de tutelle, à la tête des sciences et de la technologie, le directeur de l’Institut national de recherches spatiales (INPE), Ricardo Galvão, a annoncé son départ. « Mon propos sur le président a suscité de l’embarras, je serai donc exonéré de mes fonctions », a-t-il annoncé, évoquant une situation de « perte de confiance ».

      Le directeur de l’INPE, institut chargé, notamment, de divulguer les chiffres sur la déforestation amazonienne, était dans le viseur du chef de l’Etat depuis plusieurs semaines. Jair Bolsonaro a peu apprécié que l’organisme fasse état au grand jour de l’ampleur de la destruction de la forêt native brésilienne, divulguant mois après mois des données chaque fois plus effrayantes : 739 km2 de forêt détruits en mai, soit une hausse de 34 % par rapport au même mois l’année passée ou l’équivalent de deux terrains de football rasés chaque minute, puis 920 km2 en juin (+88 %) et encore 1 864 km2 en juillet (+212 %). « Un cauchemar », souffle une source au sein de l’Observatoire du climat, ONG environnementale brésilienne.

  • C’est #Qwant qu’on va où ?
    https://framablog.org/2019/07/19/cest-qwant-quon-va-ou

    L’actualité récente de Qwant était mouvementée, mais il nous a semblé qu’au-delà des polémiques c’était le bon moment pour faire le point avec Qwant, ses projets et ses valeurs. Si comme moi vous étiez un peu distrait⋅e et en étiez … Lire la suite­­

    #Dégooglisons_Internet #Framasoft #G.A.F.A.M. #Internet_et_société #Interview #Libres_Logiciels #Libres_Services #Non_classé #Cartes #Causes #Dépôt #GitHub #Google #IA #Images #junior #Libre #Maps #Masq #musique #OpenSource #OpenStreetMaps #osm #POI #recherche

  • Italy receives more asylum seekers from Germany than from Libya

    Italy has a migration problem, just not the one it thinks it does.

    To illustrate the challenges facing the country, Interior Minister Matteo Salvini continues to point south, at people coming by boat across the Mediterranean.

    But in reality, in part because of the government’s hard-line approach, the number of people arriving by sea has plummeted, from over 180,000 at its peak in 2016 to a little over 3,000 so far this year.

    Instead, the greatest influx of people seeking asylum is now coming from the north — from other European countries, who are sending migrants back to Italy in accordance with the EU’s so-called Dublin regulation.

    The regulation states that a migrant’s country of arrival is responsible for fingerprinting and registering them, handling their asylum claims, hosting them if they are granted some form of protection and sending them back to their countries of origin if they are not.

    Salvini is right to call for binding commitments instead of ad hoc promises, but refusing to cooperate in the search for them might not be the wisest approach.

    If migrants travel onward — to Germany, for example — the new country has the right to send them back to where they first arrived in the European Union. In 2018, Italy accepted more than 6,300 Dublin transfers — the highest figure ever. That’s almost twice as many people as arrived by boat so far this year.

    Last year, Germany alone sent 2,292 asylum seekers back to Italy, a number that can be expected to rise this year. By comparison, less than 1,200 migrants have arrived by boat from Libya in the first seven months of 2019; the total for the year is expected to be about 1,900.

    And yet, despite the growing number of asylum seekers arriving from other EU countries, Italy is receiving far fewer than it would if the Dublin rules were working as planned.

    Over the past few years, as migration roiled Italian politics, Rome accepted only a fraction of the people it was requested to take back. Since 2013, Italy has received more than 220,000 transfer requests from European countries and accepted just 25,000. In 2018 alone, France and Germany asked Italy to take back more than 50,000 people.

    Rome has fought the Dublin system for years, arguing it’s “unfair” and pushing for the rules to be revised — without much success. Successive Italian governments have called for new mechanisms that would distribute migrants across European countries more equitably, lifting the burden for registering and managing migrants off border countries. The most recent attempt, in 2015, fell apart almost as soon as it launched, when some EU countries refused to take part and others took in only a small share of what they promised.

    The truth is that, under Dublin, Italy is doing just fine.

    The system is highly dysfunctional. Once migrants move to another EU country from their original point of arrival — often Italy, Greece, Spain, or Malta — it is very hard to send them back.

    Between 2013 and 2018, just 15 percent of those found in a different country from the one responsible for processing their asylum request were in fact returned.

    Why don’t these transfers happen? Officials will usually blame the migrants themselves, who sometimes disappear before a transfer can be carried out. In reality, political reasons play a large part. The country responsible for taking charge of a migrant can put up a myriad of tiny technical obstacles to block the transfer. And if the transfer does not happen within six months’ time, responsibility shifts to the country where the migrant is currently located.

    This is why EU countries where migrants actually want to live — like Germany, Sweden, Austria and the Benelux countries — end up receiving the most migrants, processing their asylum requests and dealing with failed asylum seekers, in spite of the Dublin rules.

    A cynic might suspect that this is also why successive Italian governments, and now Salvini, have shown so little interest in actually reforming the system despite continuously requesting “solidarity” from other EU countries.

    At a meeting in Paris earlier this week, several EU interior ministers agreed to form a “coalition of the willing” to redistribute migrants that disembark in Italy and Malta.

    Italy didn’t attend, arguing that such promises would be as empty as they proved to be in 2015 when governments failed to come to an agreement on reforming Dublin. It also objected to the fact that the deal would require Italy and Malta to allow all migrants rescued in the Central Mediterranean to be disembarked and registered in their countries.

    Salvini is right to call for binding commitments instead of ad hoc promises, but refusing to cooperate in the search for them might not be the wisest approach.

    The solution a handful of EU ministers came up with on Monday is a step in the right direction — and it’s along the lines of what Italy has been calling for.

    If Rome continues to play a blocking role in the reform of the Dublin system, its neighbors might decide they’re better off focusing their efforts on making sure the regulation is properly applied.

    https://www.politico.eu/article/italy-migration-refugees-receives-more-asylum-seekers-from-germany-than-fro
    #renvois #renvois_Dublin #Dublin #règlement_dublin #asile #migrations #réfugiés #fact-checking #afflux #préjugés #Méditerranée #Libye #invasion #Allemagne #statistiques #chiffres #arrivées #mer #terre #France
    (et la #Suisse, par contre, perd la palme de championne des renvois Dublin vers l’Italie :
    https://asile.ch/2014/11/16/jean-francois-mabut-la-suisse-championne-du-refoulement)

    ping @isskein
    @karine4 : tu as vu les statistisques pour les renvois France-Italie ?

  • Où Est #Steve ?
    https://archive.org/details/OuEstSteve

    Quelques ressources & affichettes, pour poser, partout, la question : Où Est Steve ? Depuis samedi 22 juin à 4h40 du matin, Steve Maia Caniço est porté disparu suite à une violente attaque policière lors de la fin de la fête de la musique en bord de Loire, quai Wilson à Nantes....This item has files of the following types : Archive BitTorrent, Item Tile, JPEG, JPEG Thumb, Metadata, PNG

    #image/opensource_media

  • Si tu t’imagines #Grenoble

    L’énergie renouvelable la plus formidable du monde est ici à Grenoble. Elle est celle des plus démunis. Elle est l’#intelligence_populaire, ouvrière, l’appétit de vie des gens de #Saint_Bruno, #Villeneuve, #Mistral et des autres #quartiers de la ville. Elle est celle des #alternatifs, ceux qui pensent qu’égalité, solidarité, joie de vivre, imagination sont les moteurs les plus puissants de la vie.

    1/ PREMIERES APPROCHES DE LA VILLE

    … Une ville plutôt debout que couchée !

    On pourrait dire que cette ville située au fond d’une cuvette, cernée par les montagnes et la pollution n’est pour le moins pas très chanceuse…

    … qu’ici les dynasties bourgeoises ont disparu corps et biens…qu’une ville qui abrite autant d’étrangers a forcément une morale douteuse. N’oublions pas qu’à Grenoble la mafia a droit de cité. On pourrait dire beaucoup de bêtises, de contre-vérités et passer à côté d’une ville qui a un coeur aussi énorme que la tête. Une cité où le conflit est considéré comme un moteur, la volonté comme le plus puissant des acteurs. Une ville qui a l’audace d’expérimenter, donc de se tromper pour mieux rebondir. On pourrait aussi dire comme le géographe Raoul Blanchard (1) que si Grenoble aujourd’hui existe très fort, c’est parce qu’au départ son seul atout était la prise de conscience de ce dénuement et surtout la volonté farouche d’y faire face. Ainsi, au- delà d’une pseudo fatalité, l ‘histoire humaine pourrait bien être faite par des femmes et des hommes dégagés de toute fatalité.

    Plutôt ensemble que chacun dans son coin

    Une commémoration du 11 novembre héroïque

    Entre le 8 et le 9 Septembre 1943 les troupes allemandes se substituent aux militaires Italiens. L’occupation et la répression deviennent beaucoup plus violentes. Le 11 novembre malgré les interdictions du gouvernement de Vichy près de 2000 personnes se rassemblent pour commémorer l’armistice de 1918. 600 seront arrêtées, 369 envoyées en camp de concentration.

    (source Musée de la Résistance)

    Neyrpic : Qui ne soutient pas la classe ouvrière à Grenoble ?

    Au début du xx siècle deux entreprises émergent du tissu industriel grenoblois : Merlin-Gérin, spécialiste de la distribution électrique et Neyrpic qui deviendra un leader des grands équipements hydrauliques. L’entreprise est dirigée depuis plus de 40 ans par deux catholiques fervents qui entendent mettre en accord leurs actes avec leurs convictions. Ils sont fermes, mais à l’écoute, respectueux des options syndicales de leurs ouvriers et vont même jusqu’à engager des agitateurs, refoulés partout ailleurs. Sur cette lancée ils acceptent la mise en place fin 1962 de la section syndicale d’entreprise, qui ne deviendra légale sur tout le territoire qu’en 1968. Scandale. Le ministre des finances de l’époque Willy Baumgartner convoque le patron du CNPF. Il lui demande de faire entendre raison à ce patron non conforme. L’entreprise est absorbée par le groupe Alsthom, Georges Glazer son PDG devint le N°1 de Neyrpic. Il revient sur les avantages acquis, procède à de nombreux licenciements et… déclenche une grève historique de 9 mois. Geo Boulloud (1) militant CGT, issu de la Joc qui devint en 1965 la cheville ouvrière de l’équipe Dubedout(2) était chargé des relations extérieures au sein de l’intersyndicale. Ses liens avec les professeurs chrétiens progressistes et leur soutien au prêtre sanctionné par sa hiérarchie pour son engagement auprès des ouvriers furent décisifs face à un milieu universitaire qui s’était mobilisé contre la guerre d’Algérie et les conditions de travail précaires des nouveaux assistants.

    Le 29 Mars 1963 les grenoblois étaient invités à un meeting de soutien aux travailleurs de Neyrpic présidé par le doyen Goré de la faculté de droit.

    « Toute la population est conviée à venir s’informer et prouver par sa présence sa solidarité avec les travailleurs de la grande firme grenobloise »

    En 1968 Les ouvriers représentaient 36,2% de la population de la ville et 43,1% de l’agglomération.

    Il est à noter qu’ici la porosité entre le milieu industriel, l’université et les chercheurs s’affiche clairement en faveur des classes populaires.

    Rénovation des quartiers ne veut pas forcément dire exclusion.

    Partout en France ont lieu des opérations de rénovation des quartiers connaissant un habitat dégradé, voire insalubre. Ces opérations voient les populations d’origine modeste ou en difficulté, rejetées à la périphérie de la ville, dans des banlieues ou dans des zones dites péri-urbaines. Ainsi on peut sans exagérer dire que rénovation est devenue synonyme d’exclusion. La politique de l’équipe Dubedout a été en sens inverse. Saint Laurent, Brocherie- Chenoise, Très -Cloître ont été des quartiers d’accueil voire de transit pour les populations issues de l’immigration italienne. La mairie a recruté tous les experts nécessaires lui permettant d’atteindre la maitrise complète des différentes opérations.

    Quand une municipalité offre 3 heures de musique par semaine aux enfants du quartier Mistral.

    En 1977 René Rizzardo(3) adjoint à la culture d’Hubert Dubedout propose de mettre en place dans le quartier Mistral une expérimentation portant d’une à trois heures par semaine l’initiation à la pratique musicale. Les enfants pouvaient sans contrainte choisir la musique qu’ils voulaient écouter, comme l’instrument de leur choix. L’expérience s’arrête en 1983 avec l’arrivée d’Alain Carignon à la mairie. Ceux qui ont eu le bonheur de participer à cette initiation l’ont vécue comme une possibilité de devenir des acteurs culturels à part entière, sans forcément disposer d’un savoir académique.

    Grace à l’action déterminée du Prunier Sauvage (4), centre culturel du quartier Mistral. Cette pratique a pu revoir le jour en 2017.

    Plutôt devant que derrière…

    La journée des tuiles, première journée de la révolution française

    « Le 7 juin 1788, le lieutenant général de la province confie à des patrouilles de soldats des lettres de cachet à remettre aux parlementaires pour leur signifier un exil sur leurs terres. Mais le tocsin sonne. La population est rameutée par les auxiliaires de justice, particulièrement fâchés de perdre le Parlement, qui est leur gagne-pain. Des Grenoblois s’emparent des portes de la ville. D’autres, montés sur les toits, jettent des tuiles et divers objets sur les soldats. Vers la fin de l’après-midi, les émeutiers, maîtres de la ville, réinstallent les parlementaires dans le palais de justice. Les représentants du Dauphiné, au nombre d’environ 540, se réunissent finalement le 21 juillet au château de Vizille. Ils appellent à refuser le paiement de l’impôt et demandent aux autres assemblées provinciales d’en faire autant. C’est la première manifestation de révolte contre l’autorité royale. Louis XVI se résout donc le 8 août 1788 à convoquer les Etats Généraux. Leur ouverture est fixée au 5 mai 1789. Depuis 2015, La mairie de Grenoble célèbre l’évènement en organisant la fête de Tuiles.

    Le 1er Planning Familial

    le 10 juin 1961, le premier centre de planning familial ouvre ses portes à Grenoble. « Dans cet établissement et dans ceux qui s’ouvrent les années suivantes, on aide les femmes à contrôler les naissances et éviter un avortement clandestin dangereux » En 1967 la loi Neuwirth autorisera la contraception et la loi Weil dépénalisera l’avortement en France .

    Le 1er Observatoire des Politiques Culturelles (5)

    René Rizzardo(3), ancien adjoint à la culture d’Hubert Dubedout n’a cessé de mener une réflexion approfondie sur la culture outil d’émancipation sociale. Au ministère de la culture les préoccupations d’Augustin Girard chef du département études et prospective vont dans le même sens. Comment s’articule la création artistique et culturelle avec les évolutions de société. Comment les politiques publiques s’inscrivent sur le territoire à l’heure de la décentralisation et également du constat des fortes disparités inter-territoriales. C’est en réponse à ces questions qu’est créé à Grenoble en 1989 l’Observatoire National des Politiques Culturelles (5), aujourd’hui dirigé par Jean Pierre Saez. Cet outil n’existe qu’en France. Aussi l’observatoire mène-t-il également des missions à l’étranger.

    La première mutuelle

    La Mutuelle d’Entraide et d’Assistance aux ouvriers gantiers, ou société de secours mutuel, créée en 1803 à Grenoble par André Chevallier, est la première mutuelle de France.

    Les premières allocations familiales

     En 1916 Emile Romanet, ingénieur, décide d’accorder au personnel de l’usine JOYA de Grenoble) les premières allocations familiales.

    ….

    Comment expliquer cette position de premier plan de la cité dans le domaine sociétal et culturel ?

    A travers l’immigration massive et la nécessité où se trouvent les différentes populations, la ville est obligée de s’inventer, de faire face à tous les problèmes. Le défi est d’autant plus stimulant qu’il n’existe pas dans les années 50 de bourgeoise locale luttant pour préserver ses acquis.

    2/ LES PLUS BEAUX PAYSAGES SONT LES ETRES HUMAINS

    Transportons-nous

    Les uns disent que Grenoble est une petite ville, d’autres une ville de moyenne importance 160. 000 habitants et 450 000 pour la métropole regroupant 49 communes Personne ne dit que Grenoble est une grande ville… Pourtant il y a quelque chose qui interroge le fraichement débarqué que je suis. Cette ville est magique parce qu’à géométrie variable, petite quant au territoire, soit 18, 3 km2… mais grande ou plutôt très en pointe dans les domaines essentiels de la politique, de la culture, de la science et par voie de conséquence dans des activités pionnières d’industrie et de service. Elle est la 5ème ville la plus innovante du monde, avec 25000 chercheurs et 65000 étudiants. Le premier éco-quartier » Bonne » existe depuis 2010. Voilà une cité leader dans bien des domaines qui concentre dans un territoire restreint un nombre de talents, d’innovateurs, ahurissant. Dans une petite ville quoi de plus banal de tomber sur X, Y ou Z. On taille une bavette, on voit un verre, on déjeune, on prend rendez-vous et… on élabore ensemble. D’accord pas d’accord peu importe, on a échangé. » Rien n’était loin tout était possible… » dit Pascale Henry, dramaturge. Les idées comme les gens se rencontrent, font du ping-pong, évoluent. La fréquence des rencontres fait que l’on peut prendre le risque d’aller plus loin … Les trams quadrillent la ville, le schéma permettant d’aller d’une ligne à l’autre est clair. Les horaires prévus sont respectés. Ici on peut bouger, avancer, se croiser et plus si affinité.

    En passant par Saint Bruno

    19 Novembre 13h, J’arrive de Paris en train et J’ai rendez -vous à la gare avec Claire lapin des anges, Clarinha Coehlo en langue portugaise. Signe de reconnaissance un bonnet (pas un gilet) jaune. Claire habite un studio sur la place Saint Bruno. Elle a accepté de m’héberger pour une nuit. A l’intérieur cette jeune femme est immense, en parfaite symbiose avec un quartier qui est encore fier d’avoir hébergé les ouvriers de cette ville et les usines où ils travaillaient. Avant même de poser mes affaires je fais connaissance avec plusieurs cafés de la place. Le quartier qui a longtemps été séparé du centre- ville par une barrière, ô combien symbolique, n’a pas vraiment bonne réputation. Hier comme aujourd’hui les gens respectables du centre -ville ne souhaitent pas se mêler à la populace, d’autant que dans certains cafés, la clientèle masculine est exclusivement arabe. Dans le premier bistrot où m’emmène Claire, une chose me frappe d’emblée. Les gens qui sont là, artistes, artisans, chômeurs, travailleurs divers ne ressemblent pas à ceux que je vois à Paris. Ce n’est pas leur physique qui est différent, c’est leur façon d’occuper l’espace… Ils ne posent pas. Zut alors, il a fallu que je vienne à Grenoble pour comprendre que les parisiens, tête de chien, pouvaient être des poseurs. Claire me présente à toutes ses connaissances et amis. En chemin, nous faisons une pause au café le Saint- Bruno. C’est un peu le QG des alternatifs du quartier. Beaucoup ont quitté leur pays pour tenter de vivre décemment. Ici, moins on a d’argent plus on partage. Pas seulement les biens matériels, mais aussi les soucis, les drames, les joies, les plaisirs. On accueille tous ceux qui arrivent, on essaie d’adoucir ce qui peut l’être. Trouver un petit travail à une vieille dame sans le sou, se préoccuper de la santé de quelqu’un que l’on n’a pas vu depuis deux jours. On fait attention aux gens. Dans ce quartier, on vit avec eux. A écouter Claire, je comprends que cette conscience aiguë de la dignité de chacun n’a rien de surfait, bien au contraire cette solidarité des pauvres est une intelligence de la vie. Dans ce quartier les prêtres n’ont pas hésité à se battre pour plus de justice aux côtés de la population. Ici, les filles et les fils de pauvres n’ont pas oublié que leurs parents étaient fiers d’appartenir à la classe ouvrière. Pour gagner sa vie Clarinha est modèle vivant dans des académies. Elle est très demandée. Elle s’arrange pour gagner le strict nécessaire et consacrer le reste de son temps à la troupe des Barbarins Fourchus (6), des rockers, punk dont la priorité artistique est de donner du bonheur à tous ceux qui se donnent le mal de les visiter.J’irais donc passer une soirée avec les Barbarins Fourchus. Ma nouvelle amie ne pratique pas le « Piolle bashing » ou art de dauber sur le maire. Il est clair dit-elle qu’ils ont fait des bêtises » Mais moi je vois ces quartiers s’embellir, des endroits qui n’ont pas été pris en compte pendant des années et des années. Piolle est le seul maire qui ait pris le problème de l’écologie à bras le corps. Il fait ce qu’il pense qui doit être fait, même si son éventuelle réélection doit en souffrir. Grenoble est une cuvette polluée, il refait tous les quartiers, pas que le centre-ville et il replante des arbres. Sur la place Saint Bruno qui souffrait de la mauvaise réputation du quartier, il a fait construire une immense dragonne en bois. Dès l’inauguration les enfants se sont précipité, pour chevaucher l’animal. Le pari était gagné »

    De la place Saint -Bruno, j’emprunte à pied le cours Berriat pour me rendre rue Revol où habite Gisèle Bastrenta qui a accepté de m’héberger pour deux semaines.

    – Tu ne sais pas où dormir ? Je vais voir autour de moi s’il y a une opportunité…

    – Écoutes, j’ai une amie argentine qui occupe le 2ème étage de ma maison et qui retourne dans son pays pour deux semaines, elle est d’accord pour te prêter son lit. Je ne connaissais pas Gisèle, elle est l’amie d’une amie. J’ai les clefs de sa maison, son frigidaire m’est ouvert, comme sa machine à café. Gisèle est psy clinicienne. Elle a longtemps travaillé sur la toxicomanie des adolescents. La gestion économiciste de la santé la révolte, face au désarroi d’une jeunesse condamnée à la relégation, si ce n’est pire. Gisèle vient d’une famille italienne de 7 enfants. Son père est originaire de la vallée d’Aoste, sa mère savoyarde. Dans la montagne l’agriculture ne pouvait être que morcelée. La pauvreté était extrême. Son père voulait venir en France d’abord par amour de ce pays et aussi pour vivre mieux. Il a été salarié d’une entreprise de travaux publics. Les enfants ont été scolarisés à l’école privée. Le père de Gisèle s’est montré très exigeant avec eux, il fallait que l’ascenseur social fonctionne, que les enfants aient accès à une classe supérieure. Ils sont aujourd’hui technicien, éducateur, médecin, psychanalyste, infirmier. Nathalie la plus jeune née en 1968 est cuisinière, elle a épousé Riad Kassa d’origine algérienne. Ensemble ils ont monté un restaurant délicieux au centre-ville. Riad dit » Grenoble est une ville de révoltés, pas de défaitistes. Ici on a accueilli l’énergie plutôt que l’origine » Tous ont bien été accueillis à Grenoble, ils savent ce qu’ils doivent à la ville et à l’école.

    Combien de fois me suis-je rendu Place Saint- Bruno ? Chaque fois que je pouvais y fixer un rendez-vous. Combien de fois ai-je emprunté le cours Berriat et les rues adjacentes…Je ne sais pas. Un jour j’ai levé le nez, je croisais la rue du commandant Debelle(7). Sur la plaque émaillée, un coup de craie l’avait transformée en rue du commandant Rebelle. Le quartier regorge de lieux, alternatifs, squats, maison d’accueil, centres sociaux, associations, sièges de mouvements libertaires. La rue d’Alembert en contient déjà deux dont la réputation n’est plus à faire le 102 et le 38. L’union de quartier Berriat, Saint-Bruno et Europole dispose d’un journal mensuel, animé par Bruno de Lescure. Il suit de très près les dossiers municipaux et se montre très virulent à l’égard de l’équipe en place. Elle n’aurait pas tenu une des plus importantes promesses de campagne à savoir consulter les habitants sur les projets les plus importants de la mandature. Par ailleurs elle aurait en matière d’urbanisme reconduit deux projets majeurs de l’équipe précédente qui devaient être remis en cause. Ainsi le quartier Flaubert et la presqu’île. Le tracé de l’autoroute à vélo qui passe par le centre -ville n’a pas non plus fait l’objet d’une concertation. Les transports en commun qui devaient être gratuits… ne le sont pas.

    L’utopie Villeneuve

    Le quartier de Villeneuve, pour des raisons contradictoires, fera parler de lui dans tout l’hexagone est bien au-delà. En 1960 Grenoble a posé sa candidature aux Jeux Olympiques de 1968. Elle est acceptée en 1963. En 1964 à la veille des élections municipales de 1965 rien n’a bougé, aucun des travaux nécessaires n’a été entrepris, Hubert Dudebout (2), ingénieur, responsable des relations extérieures au CEA, n’est pas une personnalité connue. Il le deviendra en résolvant un problème essentiel pour de nombreux habitants. Par manque de pression, l’eau arrive dans leurs appartements de façon plus qu’aléatoire. Hubert Dubedout crée un syndicat des usagers de l’eau. Par ailleurs, il constate le peu d’écoute qu’ont les partis politiques en place des besoins et problèmes des habitants. Il crée alors les Gam, groupes d’action municipaux, dont la raison d’être sera d’apporter des réponses concrètes aux besoins exprimés. En 1965 L’alliance inédite des Gam, du PSU, parti de la deuxième gauche et du PS social- démocrate, gagne les élections haut la main. A tous les niveaux il est impératif de transformer la ville. La municipalité prend la mesure du défi. Elle va respecter les engagements pris et surtout profiter des JO pour donner à la cité les équipements qui lui manquent. Avec les services de l’état, elle fournit un travail acharné. Le résultat est spectaculaire. Grenoble manque également de logement. L’équipe en place ne veut pas seulement faire face mais aussi innover. Les objectifs de Villeneuve quartier, expérimental sont les suivants :

    –Lutter contre la ségrégation sociale

    –Favoriser un autre mode de vie urbain en offrant le maximum de liens sociaux

    –Inciter les habitants à être des « acteurs de la vie » du nouveau quartier

    Le quartier de la Villeneuve, à cheval sur Grenoble et Echirolles, qui sortira de terre pour partie en 1972, après des études et réflexions poussées, sera avant-gardiste dans beaucoup de domaines, ainsi la mixité sociale, l’éducation, l’architecture et l’innovation technique. Intellectuels, artistes, enseignants, ouvriers, militants divers, immigrés partagent un lieu abordable financièrement et ouvert sur le monde.

    Les écoles publiques qui jalonnent les trois sous -quartiers sont à la pointe des pédagogies alternatives. Désormais l’école sera un lieu intégré croisant plusieurs vocations …bibliothèques, salles de conférences, lieux de réunion, de loisir, cantines adultes, etc Les militants du dehors sont également les bienvenus. Les immeubles avec coursive intérieure facilitant la circulation d’un appartement à l’autre, sont plantés dans un parc immense, agrémenté d’un lac. Face à tout projet novateur, il est coutume de dire que tout commencement est forcément idyllique et qu’ensuite, la vraie vie reprend ses droits. De fait, les problèmes vont s’accumuler : drogue, délinquance, règlements de compte, etc

    Le 15 Juillet 2010 Karim après avoir braqué le casino d’Uriage est froidement abattu d’une balle dans la tête par la police sous les yeux de sa mère. Les jeunes réagissent, brûlent des voitures. Alors que la police de proximité avait disparu du quartier depuis 10 ans, le voilà mis en état de siège, Raid, GIGN, hélicoptères, barrages. C’est la guerre, relayée comme il se doit par les médias. Jo Briant( 8) témoigne « … tous sont comme submergés par un sentiment d’écrasement, d’impuissance et de désespoir face à ces évènements qui vont encore d’avantage enfoncer les habitants dans la stigmatisation et la souffrance sociale » Nicolas Sarkozy est venu à Grenoble et il a fait un discours(9) que la famille Le Pen ne renierait pas. Si certains des habitants quittent le navire, d’autres ne renoncent pas, un collectif d’habitants se forme. Il deviendra « Villeneuve debout »(10) sous l’impulsion d’Alain Manac’h, militant exemplaire formé à l’éducation populaire par « Culture et liberté ». Les habitants prennent en main les problèmes, une pièce sur la délinquance est jouée, des colloques organisés, ainsi qu’une université populaire. En 2012 deux éducateurs sont assassinés par une bande de voyous. Le verdict de la justice scandalise les avocats. Celui qui a donné des coups de couteaux et « balancé » tous ses camarades présente bien. Il écopera de 8 ans de prison. Les autres qui n’ont pas fière allure et parlent mal, prendront entre 12 et 15 ans pour avoir participé à la bagarre.

    En 2013, après 3 mois d’incubation (ce qui inspirait respect et confiance) une journaliste « d’Envoyé spécial » produit une émission « Villeneuve le rêve brisé » qui révolte tous les habitants du quartier, comme tous ceux qui ne craignent pas de dénoncer le mensonge médiatique (11). Villeneuve est un enfer, délits, meurtres et drogue ne cessent de rendre la vie impossible aux braves gens, s’il en restait. Les habitants indignés, c’est une première, sont allés en justice. Ils ont été déboutés, mais l’occasion les a mobilisés. Quoiqu’on en dise, tous les primo habitants n’ont pas quitté le navire. Mais le plus important est ailleurs : L’utopie Villeneuve a été délibérément sabotée. En 1983 Alain Carignon candidat du RPR bat Dubedout. Faisant fi des listes d’attente il exige que des logements en nombre soient attribués à des familles en situation difficile, principalement des émigrés. Ainsi Villeneuve a connu tous les problèmes des cités de banlieue. Non seulement les médias ont été dans le sens du vent, mais ils en ont énormément rajouté. J’ai eu le bonheur de rencontrer plusieurs habitants de ce quartier.

    Témoignage de Jo Briant repris dans son livre » ABéCéDaire pour le temps présent »(12)

    « Nous avons été aussitôt enthousiastes, car ce projet urbain répondait tout à fait à notre rêve d’un quartier sans ségrégation, pluriculturel, facilitant rencontres et échanges entre les habitants… Nous étions encore bercés par l’utopie de Mai 68, par l’espérance d’un autre mode de vie sociale… Nous voulions vraiment vivre à la Villeneuve….A l’image de l’ensemble du quartier notre montée et notre coursive étaient cosmopolites, des immigrés de toutes origines, surtout maghrébins, des chiliens à partir de 1974, après le coup d’état du 11 Septembre 1973. Dans les locaux sociaux qui n’étaient pas encore vandalisés ou squattés, il n’était pas rare que nous organisions des rencontres à caractère festif, voire des apéros ou des repas collectifs »

    Jouda Bardi

    travaille à la Régie de Quartier de Villeneuve, elle est militante de l’association « Pas sans nous » Elle est également l’un des moteurs de l’université populaire(13) et membre du collectif « Nous citoyennes » insurgé contre les projets de loi islamophobes.

     » On agit dans les quartiers, pas seulement pour la communauté musulmane, mais pour tous. On veut faire grandir nos enfants dans un quartier populaire dans des conditions décentes. On a beaucoup travaillé, sans moyens mais en toute indépendance. Pour avoir une salle de réunion consacrée à la culture, sur les discriminations, les préjugés, la place des femmes dans la société, comprendre pourquoi il y a un mur entre les gens. Aujourd’hui on n’a pas d’espace pour discuter. On prend plaisir à en créer. On fait connaissance, on n’est pas d’accord, ce n’est pas grave. Les politiques créent des espaces de non discussion. Je m’élève contre la ségrégation, l’assignation systématique, les étiquettes, les raisons que l’on a de nous mettre de côté. Je mets en place des jeux qui ouvrent les portes, permettent de s’impliquer et favorisent le débat. On peut tout se dire en respectant les règles de la communication non violente. On essaie de faire une bibliothèque humaine. Les jeux sont de super outils à la disposition de gens qui ont envie de créer des ponts. On est là pour colmater les brèches que certains politiques creusent, ça devient de plus en plus difficile. La société est atteinte. Ils ont beaucoup joué sur le clivage entre les uns et les autres. C’est un jeu dangereux à visée électoraliste. La société en paye le prix fort. L’université populaire est un lieu où l’on peut parler de tout cela, chacun peut s’exprimer, s’occuper de la fête du quartier. On travaille sur le vieillissement, le féminisme. C’est le regard des autres qui nous discrimine, ça pourrait être utile d’aller travailler là où ces représentations se construisent, car ce qui est au départ leur problème, finit par devenir le nôtre. Nos enfants, on ne veut pas qu’ils réfléchissent. Si on n’est pas derrière eux, ils n’apprendront rien à l’école.

    Les journalistes qui viennent ici sortent nos propos de leur contexte, pour nous faire dire autre chose que ce que l’on a dit »

    David Bodinier urbaniste, militant associatif

    Dans les maquis de la résistance, ce sont nouées de vraies relations, dont il reste quelque chose à Saint -Bruno et à Villeneuve. Sinon dans la ville, les différents publics et les classes sociales sont séparées. Villeneuve est un collectif ouvert qui veut éviter cette ségrégation. C’est à Villeneuve qu’a été créée la première télévision de quartier, une centrale d’aspiration des déchets tout à fait innovante. L’eau du lac est issue de la nappe phréatique. Il y a ici une volonté de transformer les rapports sociaux, ce que ne permettent pas les révolutions par le haut. Prendre le pouvoir ne suffit pas. Modestement, il s’agira d’évaluer, réévaluer ce qui est transformé en le confrontant au vécu des gens. On n’a, ici à Grenoble, pas pris conscience, assez tôt qu’il fallait panser les plaies de la désindustrialisation, Grenoble, avec sa classe ouvrière était une ville d’industrie. La nouvelle gauche se tourne vers l’avenir, en faisant l’impasse sur la période précédente et la lutte des classes. Les problèmes actuels de violence et de drogue en sont la conséquence directe. Comment la nouvelle équipe municipale fera-t-elle face à cette histoire ? Ce n’est pas évident.

    Willy Lavastre et la Batukavi (14)

    « Il y a eu une première période de 72 à la fin des années 80, où des expérimentations pédagogiques alternatives, comme celles de Steiner, Montessori ont été injectées ici dans l’école publique financées par l’état. On peut faire l’hypothèse que le renouvellement des populations a empêché une domination appuyée de la classe dominante, il n’y a pas eu de sédimentation idéologique dissimulant les finalités réelles. Alain Carignon (RPR) comme Michel Destot le maire (PS) qui lui a succédé ont utilisé Villeneuve pour y placer des populations en difficulté. Ensuite, on a beau jeu de constater qu’il y a repli communautaire. Les moyens alloués aux quartiers diminuent et le clientélisme lui se porte de mieux en mieux. Les écoles alternatives, non sécurisées, n’étaient pas faites pour accueillir des gosses venant de pays en crise. Les premiers publics qui ont choisi de venir habiter ici étaient issus des classes moyennes et populaires, mais pas les plus démunis.

    En 2010 Karim a été tué à bout portant par la police. Le corps abattu est resté exposé pendant presque deux heures. Pendant un mois et demi, ça été l’enfer. Un jeune, mis en avant dans le reportage de 2013 d’Envoyé spécial, a avoué avoir reçu 250€ pour pointer un flingue. Les jeunes n’ont pas leur place dans notre quartier. En créant l’association Afric-impact on a monté en 1989, le premier programme d’éducation à la citoyenneté locale et internationale, pour lutter contre les représentations discriminantes touchant le continent africain et la diaspora. On a créé plus de 50 clubs avec des animateurs reliés à des écoles dans plusieurs villes, et organisé des rencontres interculturelles en imaginant des jeux, mettant en avant 8 personnages illustrant toute la gamme des relations Noir/blanc. Maintenant ces outils existent et sont librement partagés. On a aussi créé des jeux sur les sans- papiers. On voulait faire prendre conscience aux jeunes que les africains n’avaient ni besoin d’eux, ni de transfert de compétence. Ils ont besoin de notre argent. Le clivage n’est pas blanc/noir mais riche/ pauvre.

    On leur a dit, mais vous les africains vous êtes souriants. Ils répondaient, il ne manquerait plus que cela que l’on fasse la gueule avec la galère que l’on a !

    On leur a répondu, mais vous vous vous occupez de vos vieux !

    – bien obligés, on n’a pas de sécurité sociale. Pour la remplacer … on fait beaucoup d’enfants !

    Accueillons ceux qui peuvent venir ici.

    J’avais un père qui a monté des festivals de Jazz, j’ai fait des percussions et le conservatoire.

    On a créé des groupes de Batucada, comme on conçoit un outil intégrant musique, danse, marionnettes géantes. On y a réfléchi pendant l’année 2009. En faisant l’hypothèse que le Brésil pouvait obtenir la coupe du monde de 2014 comme les JO.et que l’on serait capable d’accompagner des projets internationaux. Fixer 2014 comme objectif était motivant pour les enfants. Un rêve possible à accomplir, après des tournées au festival d’Aurillac et au Maroc. On se moquait de nous quand on évoquait l’idée d’aller au Brésil. Aujourd’hui on est en capacité de faire 1200 prestations et les médias parlent de nous. On est partenaires des JO de Tokio 2024. Nos moyens, on les obtient par du financement participatif, des prestations payantes, des subventions publiques, des participations privées. On a rencontré les palestiniens dans leur camp au Liban, et visité de nombreux pays d’Europe, on a été au Maroc et là on revient de New-york. Point Important le conseil d’administration de notre association est en majorité composé de mineurs. Nous sommes dirigés par des enfants. S’ils peuvent rêver, être fiers d’eux même et reconnus bien au- delà du quartier, c’est aussi qu’ils ont travaillé en fonction d’un objectif à remplir » Il y a quelque chose qui me frappe dans la démarche de Willy. Ici en France, il y a des gens qui agissent dans le secteur culturel, d’autres dans le socio -culturel, d’autres dans l’économique…comme si ces domaines étaient séparés par des cloisons étanches. La Batukavi elle, décloisonne …Willy me regarde, il est visiblement ému : « écoutes c’est extraordinaire c’est la première fois que je prends conscience de cela. En France on est sans cesse confrontés au cloisonnement. Comment est-ce possible que nos jeux super-performants, éducatifs n’arrivent pas à pénétrer l’éducation nationale ? On n’a pas le droit de parler de psychologie, ce n’est pas notre domaine. Les entreprises ne peuvent pas entrer dans le domaine de l’éducation nationale. Au rectorat on nous a dit : « l’éducation nationale c’est nous. Vous ne pouvez être dans le secteur de l’éducation populaire qui a une histoire très lourde (ou connotée politiquement) Vous êtes dans l’animation populaire ! » La Batucavi est un bel ambassadeur de la Villeneuve et des quartiers, sans compter que cette démarche, aussi joyeuse que compétente, est à même d’inspirer d’autres explorateurs.

    En 2012, face aux projets de démolition avancés par l’ANRU, les habitants se mobilisent au sein d’ateliers populaires d’urbanisme pour inventer un nouveau Villeneuve, trop conscients que » Ce qui se fait sans les habitants, pour les habitants, se fait le plus souvent contre les habitants » Ce projet urbain s’inscrit dans une approche globale de l’urbanisme, qui ne dissocie pas les questions sociales, professionnelles, politiques, culturelles, économiques, éducative. Dans les années 75/ 78 François Gillet, proche des Gam d’Hubert Dudebout est maire de Meylan, une commune de l’agglomération grenobloise qui manque singulièrement de logements. Non seulement Meylan veut apporter sa contribution, mais également innover. Le quartier des Béalières sera un des premiers éco-quartiers de la région, une cité jardin aux immeubles entièrement ouverts.Une concertation très poussée implique autant les habitants que les professionnels. L’atelier public d’urbanisme dont Robert Chartier est un pivot, impulse, organise, mais la décision revient aux politiques. Priorité est donnée aux piétons, les enfants peuvent jouer tranquillement sur la voie publique. Les architectes qui ont également travaillé sur Villeneuve font tout pour faciliter les relations de voisinage, ils multiplient les espaces de rencontre. L’union de quartier associe les habitants au devenir de leur quartier, elle développe partage, solidarité et relation avec de nouveaux habitants résidant dans des immeubles plus traditionnels, c’est à dire fermés.

    Dans le quartier Mistral

    Selon Hassen Bouzeghoub directeur du Centre d’Education Populaire, Le Plateau(15) »Mistral est une enclave urbaine à l’ouest de la ville, ici on est au bout de quelque chose. Il n’y a pas moins de 35 communautés dans ce lieu. Derrière il y a un mur et ensuite la Drac ». Mistral fait partie des quartiers dits difficiles de Grenoble. Il fut d’abord un quartier ouvrier. La population en a été trop souvent stigmatisée. Aujourd’hui les barres d’immeubles ont été détruites, le quartier est en pleine rénovation. Pour ceux qui l’ont connu dans les années 60/70, la nostalgie est grande, au-delà de ceux qui ont eu la chance d’habiter la cité jardin, aujourd’hui détruite. Ces années – là ont vu arriver les rapatriés d’Algérie, de nombreux espagnols, relativement peu de maghrébins. Les italiens, eux, étaient là depuis longtemps. Tout le monde se connaissait, on se parlait, on se rendait service. Ces années là- étaient celles de l’ouverture, on était persuadé que le monde pouvait changer et que chacun pouvait y contribuer. Brahim Rajab a fait en 2005 un film (4) sur l’histoire récente du quartier- Mistral « Décibel années » Dans ces années- là, l’équipe municipale portait une vraie attention aux populations des quartiers. Pour eux, la culture n’était pas seulement un moyen de donner du sens ou d’élever le débat, mais aussi un moyen puissant pour désenclaver le quartier, travailler à sa reconnaissance et ainsi changer son image. Point majeur, il ne s’agissait pas de faire le bien des gens mais plutôt de donner les moyens à tous de se saisir des outils proposés.

    René Rizzardo(3) : « Mistral a été pour nous comme pour beaucoup d’élus et pour Hubert Dubedout, un terreau d’expériences de ce que l’on pouvait changer au niveau d’une mairie » La musique a été le vecteur principal choisi pour se donner du mouvement. A trois niveaux différents.

    – D’abord en organisant des grands concerts rock/ pop/ punk /musiques du monde à l’occasion de la fête du quartier, ce qui n’empêchait pas l’organisation de petits bals populaires et autres animations. Bernard Lavilliers, encore peu connu a été un des premiers à venir à Mistral avec son percussionniste Mino Celenu, à l’époque pas plus connu que lui. Quelques années plus tard Lavilliers est revenu jouer gratuitement à Mistral « Si vous dites aux gens que vous les aimez et que vous ne revenez jamais, cela ne veut rien dire »

    –Forts de premiers succès prometteurs, responsables techniques, jeunes, artistes se sont réunis pour mettre sur pied une fréquence de programmation soutenue. Les jeunes du quartier n’avaient pas les moyens d’aller à des concerts au centre- ville et un des objectifs était également de faire venir régulièrement à Mistral un public extérieur. Téléphone, Starshooter, Dire Straits, Bob Marley et bien d’autres sont venus et ont remporté un énorme succès. Avec l’avènement du Hip Hop la danse a été mise à l’honneur.

    – Conscients de la difficulté d’accès au conservatoire de musique, les élus ont mis sur pied une nouvelle expérimentation dans les quartiers, celle d’écoles de musique. Mistral sera un des premiers choisis. Trois heures, au lieu d’une, seront consacrées à la musique. Le travail se fera autour de l’éveil et des techniques de base. Des musiciens présenteront aux élèves leurs différents instruments. Un an après, chaque élève pourra choisir sur une liste l’instrument qu’il souhaite pratiquer. Chaque élève aura droit à des cours particuliers, lui permettant de progresser rapidement. Les élèves étaient trop motivés pour rater un seul cours. En 1983, Hubert Dubedout(2) est battu. Ni les expérimentations, ni la culture, n’ont désormais droit de cité dans les quartiers. Le traitement social et la politique des grands frères (16) suffiront pour acheter la paix sociale. Accusé d’escroquerie et de corruption passive, le maire Alain Carignon sera condamné à cinq ans de prison (21). Michel Destot (PS) lui succédera pour trois mandats. Parmi nos interlocuteurs, certains pensent qu’il aura été un maire clientéliste. Sa politique culturelle ne sera pas radicalement différente du maire précédent. D’autres comme Marie Laure Mas ont un avis beaucoup plus nuancé » Destot n’encourageait pas la politique des grands frères (16). Il faisait avec. Le drame de ce quartier c’est que tout le monde fait avec. Pourquoi ? parce que les mecs qui tiennent le quartier sont superpuissants. C’est pour moi une zone en dehors de la démocratie. Ce ne sont pas les lois de la république qui s’y appliquent, mais la loi de ceux qui tiennent le quartier à travers le trafic de stupéfiants »

    Le Prunier Sauvage, lieu de vie artistique (4)

    Son directeur, Brahim Rajab à l’orée de 2019, le définit ainsi : » Un lieu de vie culturel et artistique tel le Prunier Sauvage est un lieu foisonnant, où des artistes professionnels croisent des amateurs. Un endroit où l’on rencontre des enfants qui, un instrument sous le bras, viennent apprendre et grandir en musique. Les habitants d’ici refont le monde avec les habitants de là-bas, où chaque pas nous mène vers l’autre et élargit notre horizon. Un espace où l’imaginaire est roi, où l’on vibre, partage, et crée ensemble. En 2019, avec la programmation concoctée par l’équipe du Prunier Sauvage et ses complices, nous aurons une irrésistible envie de courir, les enfants danseront à l’école, Ulysse s’échouera au pied des HLM. Nous voyagerons à travers le son, des Balkans à la Colombie, en passant par l’Afrique et l’Orient. Nous suivrons une petite fille afghane, frêle papillon dans les griffes de la bête. Et tous ensemble, nous chercherons l’hospitalité à l’heure où les portes se font lourdes »

    Rencontre avec Brahim Rajab

    « Depuis 1983, La culture et la république ont déserté le quartier. La pratique de la politique des grands frères( 17))très efficace à court terme pour acheter la paix sociale, se révèle à terme une catastrophe. L’emprise de la religion est de plus en plus forte ainsi que le trafic de drogue. Mais grâce au travail des associations, et à la Maison des habitants, Mistral ne connait pas un chaos total. Depuis que la nouvelle équipe municipale est en charge, on voit des techniciens de la mairie qui s’implantent dans le quartier, la république revient. La nouvelle municipalité qui ne connaissait pas ce type de territoire a su écouter, elle essaie des choses pour être plus présente. La première adjointe du maire, Elisa Martin(17) a pris en charge cette mission. A l’origine du Prunier Sauvage se trouve une association dont certains membres avaient connu et très fortement apprécié l’expérimentation des 3 heures de musique par semaine initiée par René Rizzardo( 3), dans un contexte de forte mixité sociale »

    Brahim Rajab est arrivé du Maroc en 1978. A Fontaine, petite ville de l’agglomération grenobloise, on ne se préoccupait des origines de personne. A Partir de 1983 Alain Carignon comme le maire socialiste Michel Destot, ont procédé à un regroupement ethnique des population, ce qui a fortement contribué au repli sur lui -même du quartier. « L’ UE, via un programme de développement de territoire qui n’a à priori rien à voir avec la culture, nous a permis de mettre en place le festival Mistral, Courant d’ Airs en 2002. Cela a forcé les institutions locales à accorder un peu d’attention à nos propos. Nous subissons un trafic de plus en plus structuré, la mafia, l’emprise religieuse. Nous voulons que les gamins qui grandissent ici aient accès à d’autres références. Nous voulons élargir leur capital culturel en liaison avec leur environnement de proximité. On ne doit pas laisser toute la place à ce qui les enferme. Au départ c’était très difficile, avec un petit budget et beaucoup de gens contre nous, dont les techniciens du milieu culturel qui ne voulaient pas que l’on aille sur leur terrain. Le Prunier Sauvage, c’est un peu une herbe folle qui résiste malgré tout, une petite équipe de trois personnes. Et la population qui nous soutient. Grâce au rétablissement des 3 heures de musique par semaine, on a pu monter un petit orchestre d’enfants. Il faut prendre en compte les droits culturels. Les citoyens ne sont pas seulement un public à qui l’on vend. L’important est d’avoir un impact politique dans la vie de la cité. Avec les partenaires du Prunier, on va pouvoir en quelques années changer le quartier, modifier la trajectoire de certains jeunes, en tous cas leur donner toutes leurs chances. La culture n’est pas un gadget » mais un levier. Nous voulons prendre en considération les citoyens avec leur richesse culturelle pour aller vers le partage, vers une culture commune. L’orchestre choisit les morceaux qu’il veut jouer. Nous organisons des repas partagés artistes/ habitants, pour que ces derniers s’approprient le lieu, de même pour les personnes âgées du foyer. nous accueillons aussi des conférences gesticulées et développons un projet autour des arts de la rue. La culture est une arme essentielle pour lutter contre l’assignation culturelle et sociale. Quand on se sent considéré, écouté, que l’on a accès à des espaces d’expression, on est mis en valeur, encouragé, on fait partie du jeu, on n’est pas hors- jeu. Au -delà de son quartier, on appartient alors à une communauté plus globale. On a construit un char » Machine à rêver » Son équipage part à la recherche de l’homo Oeniricus qui a perdu sa capacité à rêver. Il s’agit de l’aider à retrouver ses rêves. A chaque halte, jusqu’au centre- ville, interviennent un groupe de citoyens et d’artistes amateurs et de gamins en chant ,en musique, en poésie. Avec le Parc des Arts on est en train de monter un gros projet qui participe des arts de la rue, du cirque et autres improvisations. Il est impératif de tout faire pour que les habitants de nos quartiers, les enfants en particulier, retrouvent la confiance en eux ». Brahim en sait quelque chose lui qui a grandi ici et été exposé au mépris. Ainsi monsieur x, qui dit devant lui » Moi je vais à la montagne, parce que l’été, il y a trop d’arabes sur la plage. L’ancrage territorial est très important, Le Prunier Sauvage travaille avec beaucoup d’autres structures, « les arts du récit », Mixart le plus gros festival des arts de la rue et surtout avec les écoles du quartier, la maison des habitants, la maison de l’enfance, qui mettent sur pied des résidences. Travailler à une double échelle, ici et ailleurs est très important. Un jour lors d’un repas partagé ,on demande à nos hôtes où ils aimeraient aller. L’un répond : j’aimerais aller à l’opéra… Moi aussi… moi aussi. On a pris contact avec l’opéra de Lyon qui s’est montré enthousiaste. un groupe de 21 habitants du quartier a été reçu. Ils ont visité l’opéra, assisté à un spectacle. Très bien mais cela ne nous suffisait pas. On a demandé que des membres de l’orchestre de l’opéra viennent nous visiter. Ils ont accepté et sont venus animer un atelier de chant lyrique. la rencontre avec l’orchestre des enfants du quartier a été magique. C’est comme cela que l’on essaie de réinventer les choses. Notre lieu ne respecte pas les clivages castrateurs. Ce qui a été néfaste, c’est la création d’un Ministère de la Culture. Éducation populaire /jeunesse et culture ont été séparés. Selon le voeu de Malraux on impose une vision de la culture qui donne la primauté à l’esthétique et aux oeuvres d’en haut. Ce parti-pris nie toute forme de diversité et fait de nous des consommateurs de culture, pas des acteurs. » La Bobine (18) « se bat sur le même terrain que le Prunier. Ils prennent de vrais risques avec une programmation aussi variée que possible pour un jeune public, sans flatter l’intellect de personne.

    Nouvelles Résistances –

    Dans cette ville l’esprit d’insoumission ,la revendication égalitaire s’inscrivent dans des lieux : centres sociaux sauvages, squats, centres culturels, maisons des habitants, bibliothèques(19). Il faut également prendre en compte qu’à Grenoble, sont arrivées des populations de plusieurs continents fuyant la misère locale. La pauvreté d’ici, malgré des conditions de logement souvent indignes, a constitué un pas en avant, il semble bien qu’elle ait forgé un éventail de valeurs humaines où le partage, l’entre-aide, la primauté du lien humain, seront constitutifs d’une culture populaire digne, joyeuse, porteuse de progrès et d’exigence, une culture des laborieux, sans cesse confrontée aux contraintes du terrain et donc susceptible de développer une intelligence collective sans tabous. On a trop souvent tendance à oublier qu’avant l’atomisation des tâches un ouvrier pouvait être fier d’ouvrer…d’oeuvrer. Une ville comme Grenoble nous rappelle qu’il existait, qu’il existe encore et pourrait exister une authentique culture populaire de fierté, de luttes, de partage et d’imagination. Si on remonte un peu plus loin dans le temps on s’aperçoit qu’ici sont également nées les premières sociétés mutualistes. La première société de secours mutuels de France fut créée le 1er mai 1803 par les ouvriers gantiers grenoblois. Suivirent celle des cordonniers , des peigneurs de chanvre, des mégissiers, chamoisiers, tanneurs et corroyeurs, des tisserands, drapiers et tapissiers en juillet 1808. Un siècle plus tard se crée celle des maçons, tailleurs de pierre et charpentiers. C’est également à Grenoble que virent le jour les trois premières sociétés mutualistes féminines en 1822. Toutes ces associations mutualistes se regroupent dans une maison de la mutualité. Elles visent à protéger l’ouvrier et sa famille, en cas de maladie, par le versement d’une allocation. Certaines versent également des indemnités de chômage, voire des pensions aux vieillards. Sur un axe plus politique on ne peut passer sous silence la trajectoire de Joseph Bernard, ouvrier serrurier, militant anarchiste, puis socialiste révolutionnaire. Il est l’un des fondateurs du mouvement libertaire et du syndicalisme dans l’Isère et dans le Rhône. En 1879 il participe au congrès national ouvrier de Marseille, vote la motion féministe et à son retour organise une chambre fédérale ouvrière qui est, à Grenoble, le premier groupement professionnel et politique de la classe ouvrière. On notera que la plupart des ouvrages consacrés à la ville ont une singulière tendance à passer sous silence l’histoire du mouvement ouvrier des années 50/ 60, alors que la population ouvrière pouvait représenter jusqu’à 40% de la population active. Silence relatif également sur les prêtres militants, condamnés par leur hiérarchie. Dans ce schéma, coincé entre la répression de l’état bourgeois assimilant l’ensemble du mouvement au terrorisme d’une minorité et le communisme stalinien éliminant et disqualifiant tout mouvement révolutionnaire pouvant lui faire de l’ombre, la mouvance anarcho-libertaire travaillant à la construction d’une société égalitaire s’auto-administrant ne pouvait qu’être boycottée, maltraitée ,voire éliminée. On ne peut donc que constater un énorme déphasage entre le bouillonnement politique, culturel , scientifique et l’une de ses sources d’inspiration. Ce déphasage explique sans doute la tendance au repli sur soi d’initiatives généreuses et altruistes, voire une certaine mélancolie. Ceux que l’histoire a blessés, peuvent être en permanence en proie au doute, voire à une remise en question. Aujourd’hui leur modestie comme leurs convictions égalitaires sonnent étrangement juste à nos oreilles qui savent qu’aucune révolution, aucun encerclement ne peuvent justifier la descente aux enfers du goulag et autres camps de la mort.

    Le 38 rue d’Alembert – Centre social Tchoukar (19)

     » Nous partons d’un constat simple : la ville a besoin d’espaces où peuvent s’inventer et se réinventer nos vies, indépendamment des pouvoirs publics. Des lieux d’entraides, de débrouille, où se tissent des liens et des solidarités dans la rencontre plutôt que derrière un guichet. Où il est possible de résister, partager nos joies et nos combats ; développer des initiatives so-ciales et culturelles pour toutes les personnes qui ne se reconnaissent pas dans les cadres habituels ou qui en sont simplement exclues. De lieux où les activités sont gratuites, où l’on peut partager des moments, des savoirs et des pratiques librement : prendre des cours de français ou de soutien scolaire, réparer un jean ou un vélo, voir une pièce de théâtre dans un lieu improbable, y entrer en curieuse et en sortir le ventre plein, l’esprit léger et le cœur réchauffé. Ces espaces existent à Grenoble et ils sont précieux. Ces six derniers mois, la politique d’austérité de la Ville a mis directement en péril des espaces communs dont nous avons pourtant cruel-lement besoin….Dans ce contexte, nous avons urgemment besoin de maintenir et densifier les liens entre les habitants et les habitantes, afin qu’ils puissent continuer à subvenir à leurs besoins, et sur-tout à s’auto-organiser. Le quartier nous appartient, nous le défendons collectivement.

     » C’est dans cette optique que le Lieu Com-mun, centre social Tchoukar du 38 rue d’Alembert, s’est installé à Saint-Bruno il y a deux ans. Il est au-jourd’hui menacé par les pouvoirs publics, proprié-taires des lieux, qui souhaitent le raser pour construire à la place des logements sociaux. ….Nous désirons poursuivre l’aventure du 38 afin que perdure ce que nous y avons déjà mis en place : un magasin gratuit, une laverie, une cantine sur la place, une salle de répét, un atelier de réparation de vélos, un atelier couture, un cinéma de quartier, une salle de sport, un lieu d’activités qui rayonne au -delà du quartier St-Bruno. Ici et maintenant, nous construisons petit à petit un quartier populaire tel que nous l’imaginons. Ne laissons pas la mairie tailler nos rêves en pièce ! »

    extraits de la lettre ouverte produite par le 38 face aux menaces d’expulsion

    Rencontre avec Alan et Clément … à moins que ce soit avec Paul et Léon !!!

    Le 38, centre social autogéré existant depuis 4 ans se situe dans la proximité idéologique des centres sociaux autonomes italiens. Dans les années 70 Le mouvement autonome, alors partisan de l’action directe, rejette l’affiliation à toute structure pyramidale et anti égalitaire de type syndical ou partisan. » On essaie de transformer le monde de l’endroit où on habite, à partir de gestes quotidiens. Dans l’atelier vélo, gratuit, on ne répare pas à la place des gens, on leur apprend à réparer( on ne fait pas pour les gens, mais avec eux) On pratique la solidarité dans un monde qui a choisi l’individualisme. Ce que l’on a évidemment en commun c’est l’endroit où l’on habite. On croise pas mal de monde, ici au café le Saint Bruno, à Cap Berriat(20), dans le quartier, des syndicats comme Solidaires, Sud, la CNT, Ici-Grenoble pour s’informer autrement sur Grenoble et ses environs(30)

    Avec nous, la mairie pratique la brosse à reluire par devant et la répression par derrière. C’est une gauche radicale qui ne supporte pas sa propre dissidence. Ainsi des conseillers municipaux ont été exclus de la majorité, parce qu’ils ont refusé de voter un budget d’austérité, « imposé » par les dettes toxiques contractées sous les mandats précédents. Ils dealent avec leurs propres contradictions …comme nous on deale avec les nôtres. La préfecture a fermé l’Engrenage, ainsi que d’autres cafés alternatifs pour de soi-disant raisons d’insécurité. On présume que ce nettoyage prélude au retour d’Alain Carignon(21) condamné à 5 ans pour corruption et qui ferait naturellement campagne sur l’insécurité » Grenoble le Chicago français » Il dispose d’une équipe experte en calomnies et en « fake news » Comme Ségolène en 2007 , l’équipe municipale réagit en lançant sa propre campagne sur la sécurité, plutôt que d’annoncer des mesures de gauche.

    Nous ne manquons pas de nous poser des questions, la dispersion n’est pas toujours un handicap, elle peut être féconde à certains moments. Nos amis ont les mêmes interrogations sur les possibilités de convergence, peut-il y avoir d’autres zads, quels enseignements peut -on tirer de l’expérience zapatiste. quel rôle peut jouer l’esthétique dans la construction d’un lieu, dans son appropriation ? »

    La bibliothèque Antigone (22)

    est une médiathèque, une librairie pour enfants autant que pour adultes , mais aussi un lieu d’événements publics, conférences, réflexions, débats, confrontations, radicalité, c’est à dire un lieu habité tant par une proximité affective que par les d’idées. Ici, comme au 38, la volonté de changer le monde n’oublie jamais que les êtres humains , adversaires ou amis, sont fragiles, ambivalents, contradictoires. Ainsi cette volonté de transformation n’a de sens que si elle refuse d’être en surplomb, elle ne peut avoir des chances d’aboutir que dans la réciprocité. Chaque être humain est à priori un expert de sa vie qui a besoin d’être nourri par l’expérience des autres, par un capital de réflexions et savoirs lui permettant de s’exprimer, se remettre en cause, construire avec les autres. Antigone existe depuis 2002, deux femmes Christel et Aurélie en sont les cofondatrices. « Pour des raisons humaines, sociales et politiques c’est essentiel qu’ Antigone ait été fondée par des filles »En Mars 2011, la Traverse, revue des Renseignements généreux, site d’auto-défense intellectuelle, leur donnait la parole.

    extraits

     » Le plus important pour qu’une opposition puisse se construire, c’est de donner aux gens des outils de réflexion….Cet esprit de résistance, je le dois en grande partie à mon père, militant socialiste proche des idées de Jaurès. Je l’ai toujours vu manifester et protester. Il m’a élevée avec un sentiment de révolte, l’idée que les classes populaires n’auront que ce qu’elles auront réussi à défendre et à conquérir, que la vie est faite de rapports de force entre dominants et dominés, entre pauvres et riches…

    ….Antigone parce que le projet est parti, à l’origine, de deux filles qui voulaient se battre, résister et opposer la raison du coeur à la raison d’Etat. On veut montrer que les petits individus peuvent être aussi forts que les institutions. Pour nous, la symbolique de cette bataille, perdue au sens strict, cette guerre entre le pot de fer et le pot de terre, le personnage d’Antigone le symbolise complètement…. C’est un personnage féminin, et nous trouvons qu’il manque cruellement de représentation féminine dans la lutte, dans le militantisme. Souvent, les présidents d’associations, ceux qui parlent, ceux qui mettent officiellement leur nom pour appeler à manifester, ce sont des hommes, ce qui nous gêne beaucoup. Nous voulons que la dimension féminine pose la base d’Antigone, tout en remettant en question le concept de genre. Nous sommes parties du postulat que nous vivons dans un monde avec une certaine construction du genre et des personnalités, et dans ce cadre, les femmes ne proposent pas le même genre d’inventions, de résistances et d’oppositions que les hommes, et il est important qu’Antigone soit pensée et mise en place par des femmes. … On n’a jamais voulu être dans l’imaginaire ou l’esthétisme »crapouillou », on veut que ce soit un lieu chaleureux, joli, coquet. On veut que, lorsque tu rentres dans Antigone, tu ressentes quelque chose de l’ordre du ventre de la Baleine dans Pinocchio, ou la caverne d’Ali Baba. Extérieurement Antigone est moche, ne ressemble à rien, et puis tu pousses la porte et paf, il y a des petits coussins, des petites loupiotes, plein de couleurs. On a envie que les gens se sentent bien à Antigone, comme chez eux, comme chez leur grand-mère. »

    Si Antigone est profondément en affinité avec l’esprit libertaire, elle n’est pas pour autant une vitrine du mouvement anarchiste. Son postulat anti- autoritaire ne peut qu’être en cohérence avec une ouverture éloignée de tout dogmatisme. Antigone est également proche du Local autogéré, de la BAF qui refuse également le sexisme d’un langage masculin dominant, de Cortecs « Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique & sciences) qui a pour objectif central la transmission des divers aspects de l’esprit critique, la pensée critique ou sceptique (critical or skeptical thinking chez les anglophones) »

    La Bobine (18)

    La Bobine est un espace de rencontre entre artistes,un lieu culturel participatif dont le fonctionnement est assuré par plus de 140 bénévoles et de 20 salarié.e.s. La Bobine est auto- financée à 95% .Avec ses 5 studios dont 4 de répétition et un d’enregistrement, sa salle de spectacle de 300 places, son bar avec une scène et un restaurant ouvert sur le parc Mistral, elle est un lieu de vie où chacun a le loisir de venir soit pour manger, boire un verre, écouter un concert , créer sa propre musique ou spectacle et découvrir des possibilités d’activités qu’il ne soupçonnait pas à priori. Le lieu fait se rencontrer amateurs et professionnels, associations et grand public. Cette ouverture sur le quartier, les autres associations, les écoles sont vécues comme d’autant plus nécessaires que la Bobine n’est que récemment implantée dans le quartier Mistral. La programmation du lieu est le fruit de décisions collectives prises après débat. La motivation , l’implication sont requises et non la spécialisation, chacun étant acteur avec un savoir qu’il faut prendre en compte. L’entrée aux concerts, spectacles est à prix libre. L’objectif est que tout le monde puisse s’approprier le lieu. Mélanie qui codirige la Bobine est attentive à nouer des partenariats sur le territoire avec d’autres associations qui cassent également les codes comme le Magasin, les chorégraphes locaux du Pacifique, Le Prunier Sauvage et son projet de Parc Artistique ouvert à tous.

    Les Barbarins Fourchus (6)

    Y-a-t-il un endroit au monde où Marcel Azzola et Alice, la petite fée au pays des merveilles auraient pu avoir plaisir à se retrouver ? Réponse problématique ? Pas le moins du monde. Dans ce même lieu, on aurait pu retrouver Boris Vian, Les Clash, Raymond Queneau, Capitain Beefheart, Edith Piaf, Arthur Cravan, Franck Zappa, Alphonse Allais, les frères Trois Gros, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin, Noureev, L’art ensemble, Oncle Paul et ses belles histoires. La compagnie des Barbarins Fourchus, « reconnue de futilité public » a l’extrême élégance de casser les codes sans le dire , de préférer l’aventure vivante à toutes les classifications mortifères. La vie étant trop sérieuse pour que l’on puisse se prendre au sérieux, les Barbarins l’aiment partout où elle circule, autant dans la rue, les bistrots que dans les théâtres où les bals de quartier. Ils sont trop goûteux des belles et bonnes choses pour proscrire à priori toute forme dite de mauvais goût. Les Barbarins ont de l’appétit, des expériences musicales, théâtrales, artistiques sans tic, des savoirs à la pelle et une exigence éthique que leur pudeur pourrait bien camoufler sous la grosse rigolade. Ce qui se voit, se boit, se mange, s’écoute, se touche est aussi ce qui se partage. Partager c’est avoir le goût des autres , c’est ouvrir grande sa porte, sans que personne puisse penser, « on fait partie de l’élite ,alors qu’il est doux de rester entre nous » Les Barbarins travaillent dans la proximité des gens, ils aiment les gens il savent les accueillir, spectateurs ou compagnies amies. Ils pratiquent le prix libre dans leurs salles du quartier Saint Bruno/ Bériat. L’humour est leur seconde nature, histoire de ne jamais dire c’est parce que l’on vous a écouté et compris que l’on fait des concerts bâtards qui deviendront « concerts pastard », et que le dimanche matin la musique classique est accueillie dans « les concerts en robe de chambre ». Bien sûr leur punkitude, leur révolte est en affinité avec les anarchistes. Comme beaucoup de ces militants de l’égalité, dans un monde profondément inégal , ils peuvent se laisser aller parfois à quelque mélancolie, mais la tendresse est toujours là , bordel, comme l’appétit qui porte en toute lucidité vers de nouvelles aventures aussi. Claire des anges qui m’a hébergé place Saint Bruno leur consacre tout son temps libre. François Laroche de Féline qui m’a accueilli dit » Delfino » est compositeur, chanteur, instrumentiste, illustrateur et co-fondateur des Barbarins forcément fourchus puisqu’ils ont plusieurs cordes à leur arc. Il vient de sortir son premier disque en solo » High down Kisses »(23) … est-ce que tu peux entendre ce que je pense, ce que je ressens » A écouter avec grand bonheur.

    Le Magasin des Horizons (24) centre national d’art et de cultures

    Vous vous posez des questions sur l’authenticité de l’art contemporain… une affaire de snobs croisant des affairistes préférant investir dans l’art contemporain plutôt que dans le Cac 40 ? Vous avez suffisamment mauvais esprit pour penser que cette avant-garde auto -proclamée à la pointe du nihilisme désenchanté n’est ni plus ni moins que réactionnaire, c’est à dire farouchement opposée à toute mise en question de ses privilèges, à tout questionnement respectueux de l’intelligence populaire et de ses imaginaires… Alors donnez- vous la peine d’entrer au Magasin des Horizons. Sous l’impulsion de Béatrice Josse, féministe déterminée et de son équipe, on y est prêt à bousculer tous les conformismes, toutes les certitudes

     » Il est temps de rallumer les étoiles »

     » Loin de l’isolement des arts trop disciplinés et catégorisés, le Magasin des Horizons entend bousculer ce qui nous restait de certitudes. Essaimer et s’ouvrir aux questions d’écologie, de féminismes, de genres et post-colonialismes…. rien de rationnel, beaucoup de magie et de spiritualité, un brin de fantaisie sont les ingrédients de cette incantation à ré-enchanter le monde. « l’art contemporain dit Béatrice Josse, c’est autre chose que des expositions, ce que l’on a démontré pendant toute la saison dernière avec des projets mêlant des artistes, des activistes, des gens du secteur social… Tout ça, c’est aussi de l’art contemporain. Il est vrai également que l’état dégradé du lieu permettait difficilement d’y tenir des expositions et qu’en attente des financements indispensables, il semblait plus gratifiant de transformer la contrainte en opportunité d’exploration trans-artistique. Elle a ainsi privilégié l’achat d’oeuvres immatérielles conçues par des femmes en lien avec la performance et le spectacle vivant » Ce n’est pas uniquement avec les yeux que l’on voit les choses » L’art visible ou invisible est protéiforme , partout où l’on veut bien se donner la peine de l’inventer, parmi d’autres utilités possibles, il est capable de relier plutôt que de s’ingénier à séparer. Ici tout désirant, toute désirante sont les bienvenus. Des artistes associés comme l’écrivaine Chloé Delaume, des chorégraphes, danseurs comme Yoann Bourgeois, Rachid Ouramdane, Marie Roche qui dirige le centre national chorégraphique » le Pacifique » des chercheurs, politologues, des formateurs animent un lieu tourné vers la multiplication, des rencontres. Ainsi des ateliers au croisement de pratiques corporelles et recherches transversales questionnant les modes de transmission de savoirs, des expérimentations ouvertes à toute personne désireuse de mener une réflexion vivante et autonome et d’améliorer par le collectif ses recherches personnelles ; des formations en atelier, en sorties ou à distance pour les autodidactes comme pour ceux qui souhaitent partager leurs recherches et leurs expériences.
    Ainsi des bivouacs de débats à thème sont créés, une Académie de la marche pour marcher, explorer, se mobiliser , débattre en mouvement, comme des manifestants revendiquant tout simplement d’inventer ensemble un art de s’interroger proche de celui de respirer, s’indigner, avancer et si possible hors de tout sexisme ! L’espoir, au bout du chemin, est de créer des passerelles susceptibles de mener à un monde commun, un monde où l’on puisse s’émerveiller, rêver ensemble, créer des aventures artistiques au coeur d’une cité où l’art sous toutes ses formes aura contribué à l’édification d’acteurs humains reliés.

    En Mars Le magasin propose une nouvelle exposition » Entropie j’écris ton nom » Les vidéos et installations présentées ne sont pas sans rapport avec la réhabilitation du lieu confiée à des artistes. » Comment avoir un langage commun, faire alliance, faire du collectif. L’art est un moyen de discuter, de raconter des histoires, dit Béatrice Josse.

    Christiane Guichard La Dame de la Casamaures (25)

    Est-il possible d’imaginer un palais oriental, ses jardins rappelant l’Alhambra de Grenade, à Saint Martin le Vinoux, juste à la sortie de Grenoble au pied de la montagne ? Est-il possible d’imaginer qu’un homme, Joseph, Jullien dit Chocard âgé de 52 ans, aussi simple qu’ouvert à toutes les chimères, ait rêvé assez fort pour réinventer les Mille et une nuits, anticiper de quelques décennies sur la création du bleu Majorelle ? Innovation stupéfiante bénéficiant de l’invention du béton par Louis Vicat en 1817. Seul un homme aussi naïf que le facteur Cheval, aussi ouvert à l’architecture rêvée d’un autre continent, a pu concevoir un tel projet. Dans les années 60, le lieu est abandonné, il est squatté par des clochards. La Casamaures est vendue.Le propriétaire compte faire une belle opération immobilière en rasant l’immeuble et en créant une zone artisanale pour des touristes. Aucun obstacle majeur ne devrait se dresser face à ce projet. D’autant que les habitants des villages situés dans l’environnement proche de l’édifice considèrent celui -ci comme une sorte de verrue, d’un goût d’autant plus douteux, que leur vision de l’arabe n’ a rien de culturel. Alors le sort en est jeté ! Et bien non, une frêle jeune femme de 29 ans à peine sortie des beaux -arts dispose, elle, de toutes les connaissances nécessaires pour apprécier le palais à sa juste valeur . Combien de fois l’a- t-elle croisé sur sa route depuis son enfance, elle, dans les bras de sa mère assise dans le bus les yeux fixés sur cette folie architecturale sise …rue de la Résistance ? Elle a zéro franc dans les poches, mais elle dit non. Elle alerte ses amis, emprunte aux uns, aux autres et forcément au banques. Elle gagne… la première manche. L’édifice est en mauvais état les peintures, les fresques, calligraphies ont énormément souffert. Avec autant d’élégance que de détermination et non sans humour, Christiane ne renoncera jamais , malgré les effondrements successifs. Elle fondera une association , organisera des expositions, colloques, se mettra financièrement la corde au cou, soutenue dans les premières années par le poète Colas Bailleul. Elle restaure le lieu. Le responsable aux travaux de la mairie lui intime l’ordre de le faire dans la palette des couleurs référencées. Elle proteste, écrit à la préfecture. Sa lettre doit être tellement extraordinaire, qu’un bon génie la transmet au ministère de la culture. Les services de Jack Lang bondissent sur cette pépite. La Casamaures sera classée monument historique. Plus récemment un projet de rocade est à l’étude. La montagne sera transpercée et la Casamaures tenant à peine debout aura toute chance de s’effondrer. Encore une fois, Christiane va se battre. Une commission d’experts est mise sur pied, elle jugera que l’utilité publique du projet n’est pas prouvée. Depuis que la dame de la Casamaures a investi le lieu des centaines , peut être des milliers de visiteurs ont franchi la porte du palais. Ils ont pu goûter la beauté du lieu, comprendre qu’à moins d’être fortement handicapé rien, ne justifie qu’un humain renonce à son idéal et à sa volonté de le partager.

    PMO – Pièces et main-d’oeuvre (26)

    L’ennemi surpuissant est le capitalisme technologique. Pour le contrer, organiser la résistance pendant qu’il est peut -être encore temps. » Pièces et Main d’Oeuvre », atelier de bricolage pour la construction d’un esprit critique à Grenoble, agit depuis l’automne 2000 : enquêtes, manifestations, réunions, livres, tracts, affiches, brochures, interventions médiatiques , etc.
    Des individus politiques animent PMO, pas un collectif. … « Nous considérons que la technologie – non pas ses « dérives »- est le fait majeur du capitalisme contemporain, de l’économie planétaire unifiée. Elle est la continuation de la guerre, c’est-à-dire de la politique, par d’autres moyens….. La technologie, c’est le front principal de la guerre entre le pouvoir et les sans-pouvoir, celui qui commande les autres fronts. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas d’autres fronts, mais que chaque innovation sur le front de la technologie entraîne en cascade une dégradation du rapport de forces entre le pouvoir et les sans-pouvoir… Nous soutenons que les idées sont décisives. Les idées ont des ailes et des conséquences. Une idée qui vole de cervelle en cervelle devient une force d’action irrésistible et transforme le rapport des forces. C’est d’abord une bataille d’idées que nous, sans-pouvoir, livrons au pouvoir, aussi devons-nous être d’abord des producteurs d’idées. …..
    Si nous avons semé quelques doutes, par exemple sur les nanotechnologies et les technologies convergentes, sur la biométrie, les RFID et les neuro-technologies, sur le téléphone portable et nombre de sujets connexes, sur la destruction du territoire, la cannibalisation de « l’écosystème » par le système technicien, c’est à force d’enquêtes, de harcèlement textuel, d’interventions lors d’occasions officielles……
    Ne jamais dénoncer les malfaisances sans dénoncer les malfaiteurs. Ne jamais répondre à leurs manœuvres de diversion et de récupération. Ne jamais lâcher le front des nécro-technologies.
    ….. Il faut vivre contre son temps »

    –Fait sans doute significatif. Parmi les responsables politiques de la mairie, qui sont l’une des cibles de PMO personne ne se hasarde à aborder de front les critiques de PMO.

    « Ils exagèrent sans doute beaucoup mais en même temps, leurs interrogations ne manquent pas de pertinence ». PMO refuse toute technologie substituant la machine à l’humain et ne pouvant qu’aboutir à une société totalitaire où le contrôle de toute action serait systématique. Historiquement PMO s’inscrit dans la lignée du mouvement luditte du XIX siècle, incitant les ouvriers à détruire les machines. Les critiques portent sur des investissements importants consacrés entre autres à : Minatec. En 2000. Le feu vert est donné au CEA, allié à l’état et aux industries de pointe pour créer un pôle de recherche et d’applications consacrées aux micro et nano- technologies. 2016 Le polygone scientifique de Grenoble s’enrichit d’une nouvelle entité Giant, créant une sorte de MIT à la Française. Sous couvert d’applications civiles seraient développées des outils destinés à créer des armes de destruction de pointe. Par ailleurs ces recherches croisent de très près le Trans humanisme. Il s’agirait de créer une humanité « augmentée » c’est à dire intégrant les technologies de pointe à l’intérieur du corps humain. Résultats attendus une envolée des performances humaines, contrôlées à chaque instant par un cerveau central. Sans oublier l’espoir ahurissant d’ allonger la vie humaine jusqu’à supprimer la mort.

    « Il y aura des gens implantés, hybridés, et ceux-ci domineront le monde. Les autres qui ne le seront pas, ne seront pas plus utiles que nos vaches actuelles gardées au pré…..

    Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur. »

    Kevin Warwick

    Clinatec serait une « clinique expérimentale » où l’on teste des dispositifs électroniques implantés dans le cerveau. Pilotée par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Grenoble, elle travaille sur les applications des nanotechnologies dans le champ des neurosciences, en particulier sur les maladies neurodégénératives, comme Parkinson…… Cas unique en France, l’établissement est situé en dehors du milieu hospitalier, sur un terrain du CEA dont certains bâtiments sont soumis au secret défense. …. Cette alliance entre l’industrie nucléaire, celle des nanotechnologies et des chercheurs en neurosciences augure mal du nécessaire contrôle démocratique qui devrait encadrer le périlleux usage de ces sciences pour le moins futuristes. Applications possibles : des implants cérébraux contre la dépression ou l’obésité ,des possibilités d’atténuer les effets de la maladie de Parkinson, des neuro prothèses pour les tétraplégiques. Clinatec est le résultat d’un partenariat entre le CEA, le CHU de Grenoble et l’Inserm.

    Y-a-t-il opposition radicale entre un projet démocratique tendant à réinvestir les citoyens de leur pouvoirs et une démarche scientifico-technocratique voulant peut être assurer le bien-être de chacun mais dépossédant le peuple de toute velléité d’action autonome ? Il semble bien que oui. Comment la ville peut-elle vouloir la démocratie participative et investir dans une démarche dépossédant la collectivité de son pouvoir de décision ? Mystère.

    Le laboratoire du Pacte, passeur en terre iséroise (27)

    Le Pacte unité de recherche mixte créé par le CNRS, l’université et Sciences po Grenoble est un important laboratoire de sciences sociales. 120 chercheurs, 170 doctorants y exercent des travaux dans 4 grands domaines : Environnement, Justice sociale, Gouvernance/régulations, villes et territoires. Anne Laure Amilhat-Szary qui le dirige impulse une transversalité des connaissances qui la fait participer aux aventures initiées par le Magasin ( CNAC) et par d’autres artistes, notamment chorégraphes .Avec la brochure du Pacte mettant en avant les travaux des chercheurs dans les quatre axes déterminés, il est possible d’entrer en relation et d’échanger avec chacun. Cette ouverture fait que dans une ville souvent qualifiée de laboratoire, le laboratoire des sciences sociales est à la fois en amont à la pointe des recherches actuelles et également pleinement présent sur la place publique, donc vraiment au service des citoyens.

    https://blogs.mediapart.fr/francois-bernheim/blog/300419/si-tu-timagines-grenoble-12
    #géographie_urbaine #image #imaginaire #représentation #urban_matter #utopie
    ping @albertocampiphoto @karine4 @marty

    • F.BERNHEIM : E.PIOLLE OU L’ÉLOGE de la PAUVRETÉ des AUTRES

      “Une ville qui a refusé de se soumettre à l’occupant, qui a su s’ouvrir à tous les peuples du monde, peut-elle résister aujourd’hui à la modernité néo-libérale” ? questionne François Bernheim dans le second “article” de son blog sur Grenoble.

      Etonnez-vous. Il répond “oui” : “Grenoble pourrait bien relever le défi. Est-ce insensé de penser que l’intelligence collective, en prenant le risque de l’expérimentation, est capable de renouveler la démocratie ?” .

      E.PIOLLE RÉSISTE AU NÉO-LIBÉRAL COMME AU NAZISME…

      Mais qui est donc l’héritier de cette double résistance -qui place sur le même pieds la résistance au nazisme et à la modernité néo-libérale- qui est donc cette “intelligence collective” qui “prend le risque de l’expérimentation” et ne fait rien de moins que “renouveler la démocratie” (!).

      POUR LE BONHEUR D’APRÉS-DEMAIN

      Son Nom n’est même pas prononcé. Mais juste l’énoncé de la boursouflure nous Le fait reconnaitre. Cet amalgame entre l’héroïsme des résistants et les jeux de bac à sable d’aujourd’hui, cette politique imposée pour le bonheur d’après demain qualifiée “d’expérimentation” et ce “renouvellement de la démocratie” alors qu’elle n’a jamais été plus fermée, mentie, trichée, que sous le mandat Piolle, nous sommes bien en territoire connu. Le “journaliste” sans lecteur ni journal, François Bernheim, a poursuivi ses pérégrinations grenobloises. Il n’a trouvé que ce qu’il avait déjà dans sa tête avant de venir.

      LES JEUX OLYMPIQUES de 68 : UNE AFFAIRE d’ÉTAT

      Ainsi il n’a pas vécu les Jeux Olympiques ni n’a rencontré d’acteurs de la période qui se font rares. Il n’a pas lu les rapports gouvernementaux de l’époque sur les investissements colossaux de l’Etat car le Général de Gaulle faisait des JO une affaire de fierté Nationale. Il répète donc le mantra d’un Dubedout qui prend en mains des dossiers “pas prêts” : “Rien ou presque n’a été fait pour assumer ce défi. Élu en 1965, Dubedout transformera ce handicap en opportunité.”

      EN 2009 LA GAUCHE EST BATTUE PAR ANNECY….

      Rappelons que les JO de Grenoble ont été obtenus en 1964 par un Maire gaulliste de droite Albert Michallon, authentique résistant sur la base d’un dossier que l’Etat avait constitué.

      En 2009 une municipalité de coalition PS/Verts-Ades/ -les seconds actuellement au pouvoir- a lamentablement échoué à porter une nouvelle candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques : battus pas Annecy. Ils sont donc très bien placés pour donner des leçons de “défis” à relever.

      LA SEULE INITIATIVE de DUBEDOUT : VILLENEUVE

      Elu en 1965, un an après la désignation de Grenoble pour organiser les JO, Hubert Dubedout a contribué à leur réussite comme Maire aux côtés … d’Albert Michallon Président du Comité d’Organisation. Mais surtout c’est le gouvernement de l’époque qui a mis Grenoble à niveau : Maison de la culture, nouvel hôtel de ville, nouvelle gare, nouvelle poste, Village Olympique, centre de presse Malherbe… La seule initiative réellement de Dubedout qui suivit fut Villeneuve.

      L’URBANISME de “DROITE” : UNE VRAIE RÉUSSITE

      Si on observe aujourd’hui l’urbanisme “de droite” qu’ont été le Village Olympique et Malherbe, celui-ci souffre la comparaison. Il ne s’agissait pas de créer un homme nouveau mais les conditions pour vivre mieux. Moins lyrique, moins menteur, plus modeste, mais plus vrai. Depuis, seules les attributions de logements irresponsables ont rendu ces ensembles difficiles à vivre. Dans les années 80 la seule caserne libérée qui a bénéficié d’un projet de droite (municipalité Carignon) est Reyniès- Bayard. A comparer avec la densité de De Bonne….A Villeneuve le concept même rend l’échec inéluctable et il faut en démolir une partie.

      LES CHANTRES de la MIXITÉ N’ONT JAMAIS VOULU LA VIVRE

      Pierre Gascon, résistant, récemment décédé était le plus jeune conseiller municipal de la municipalité Michallon qui obtint les JO. Il était le Premier Adjoint d’Alain Carignon pendant ses deux mandats. Il nous a souvent raconté cette épopée ce qui nous permet de rafraîchir les mémoires à l’aune des réalités.

      François Bernheim cite avec une ferveur quasi religieuse Hubert Dubedout ou Jean Verlhac son adjoint à l’urbanisme de l’époque. Tous les élus de cette période rappellent que les chantres de Villeneuve et de la mixité n’ont jamais voulu les connaitre.

      Madame DUBEDOUT FAISAIT SES COURSES AVEC le CHAUFFEUR du MAIRE

      Hubert Dubedout vivait place Paul Mistral, vouvoyait sa femme, laquelle allait faire ses courses depuis la place Paul Mistral jusqu’au marché Sainte Claire avec la voiture du Maire et le chauffeur lui ouvrait la porte. Jean Verlhac habitait Meylan et n’était que directeur en titre de l’institut d’urbanisme comme il était de coutume à l’époque de laisser les élus accomplir leur mandat au double frais du contribuable.

      JUGER HIER à l’AUNE des VALEURS D’AUJOURD’HUI, UNE ESCROQUERIE

      On aimerait lire François Benheim relatant la même histoire avec des élus de droite ! Car la technique classique d’écraser les époques sur une même photographie est un vilain procédé pour tordre la réalité. Juger hier à l’aune des valeurs et des connaissances d’aujourd’hui est une escroquerie intellectuelle. C’est d’une prétention insoutenable.

      LA QUESTION MORALE NE SE POSE PAS

      Mais c’est ce que François Bernheim applique sans vergogne à Alain Carignon et les financements politiques de l’époque. Les campagnes de Dubedout, de Mendès-France étaient toutes autant financées par les entreprises. La question morale ne se pose donc pas. Et au plan judiciaire Alain Carignon est réhabilité. La bonne foi -s’il y en avait une- consisterait à reconnaître qu’il est un citoyen comme les autres et que ses adversaires ne peuvent combattre que ses positions.

      PAS BESOIN DE VIVRE LA MIXITÉ SOCIALE POUR LA VOULOIR

      Par ailleurs, peu nous importe à nous, le mode de vie privé des hommes publics. Comme pour les deux corps du Roi, Dubedout et Verlhac pouvaient penser que ce qui était bon pour le peuple, pour la collectivité dans son ensemble ne s’appliquait pas à eux. Ils n’avaient pas besoin de vivre dans la mixité sociale pour en être les porte paroles. N’évoquons pas la “populace” chère à François Bernheim.

      A.CARIGNON A RESPECTÉ LA DICHOTOMIE DE SES ADVERSAIRES

      Alain Carignon nous rappelle que dans toutes les controverses et batailles électorales il a respecté cette dichotomie entre la vie privée et vie publique et jamais il n’a mis en cause ses adversaires sur ce versant.

      BEAUCOUP DE GRANDS NOMS de la RÉSISTANCE à DROITE

      Mais la captation de l’esprit de la résistance au service d’intérêt électoraux à laquelle se livre François Bernheim relève, elle aussi, de l’escroquerie morale. Les grands noms de la résistance -la vraie- sont beaucoup à droite. Parmi eux le Dr Albert Michallon, Pierre Gascon, Daniel Huillier actuel Président de Résistance Unie… Eugène Chavant avait rompu avec le socialisme.

      H.DUBEDOUT NE S’EST JAMAIS ENGAGÉ DANS LA RÉSISTANCE

      Hubert Dubedout avait 18 ans en 40 et ne s’est pas engagé dans la résistance. « Résister comme l’écrit Jo Briant, c’est d’abord dépasser la tristesse et la résignation, c’est ensuite créer » écrit François Bernheim. Les convictions de Jo Briant sont certainement respectables et peuvent être combattues, mais il n’a pas été non plus -à notre connaissance- un résistant de la guerre 39/45. Il n’est donc pas le mieux placé pour symboliser l’esprit de résistance.

      L’IMMIGRATION INCONTRÔLÉE : LA MORT de NOTRE MODÈLE SOCIAL

      Car plaider comme il le fait pour que la France accueille toute la misère du monde est tout sauf courageux, iconoclaste et ne vous place pas au banc de la société ! Et ne fait bien entendu courir aucun risque pour sa vie. La pression à la baisse exercée sur les salaires par les immigrés n’est pas socialement un facteur de progrès. Mais surtout ouvrir les vannes de l’immigration sans limite c’est aussi assurément tuer à terme le modèle social Français. Il ne pourra jamais supporter une partie des 2, 5 Milliards d’Africains de 2050 qui voudraient s’installer chez nous en bénéficiant de nos prestations d’éducation et de santé, sans même évoquer un hypothétique “droit au logement”. C’est vouloir à coup sur son explosion.

      UNE POLITIQUE JUSTIFIÉE PAR UNE MORALE

      Mais de glissement sémantique en approximations synthétiques une fausse histoire se crée par amalgame. il s’agit de tout confondre afin qu’une politique soit justifiée par une morale qui ne lui appartient aucunement. Et dont aucun des membres qui la porte n’a qualité pour s’en prévaloir. Car les hommes sont les hommes. Heureusement.

      PAS UN MOT SUR L’ATTAQUE CONTRE LES BIBLIOTHÈQUES

      Ainsi François Bernheim contourne le dogmatisme culturel de la municipalité Piolle. Il parvient à expliquer longuement le développement de la lecture sous la municipalité Dubedout, s’y attarde avec lyrisme sans dire un mot de l’attaque sans précédent contre les bibliothèques menée sous un angle bêtement comptable -néo -libéral ?- par la municipalité Piolle. Alors qu’elle s’était solennellement engagée en se faisant élire de les “maintenir et de les développer”. (engagement N°110)

      MANDATS CARIGNON : LE MAIRE N’Y EST POUR RIEN

      Par contre les efforts poursuivis par la municipalité Carignon qui ouvrira bibliothèque (Alliance) Médiathéque (St Bruno) sont présentés ainsi : “Catherine Pouillet a mené la même politique, (que Dubedout NDLR) malgré l’élection d’Alain Carignon. Elle a développé la vie littéraire, créé le Printemps du livre, une grande manifestation populaire autour du livre et de la lecture. Le secteur des livres pour enfants a été fortement mis en valeur et les différentes bibliothèques ont créé des relations très étroites avec les écoles”. L’équipe municipale Carignon n’y est pour rien…

      LECTURE PUBLIQUE : AVEC PIOLLE, GRENOBLE LA DERNIÈRE

      A ce point on est confondu. Un endroit du cerveau d’Eric Piolle pense t il que les grenoblois vont sauter son épisode sur la lecture publique qui fait de Grenoble la dernière ville de sa catégorie pour la pratique de la lecture ? C’est ce à quoi a conduit sa gestion. On comprend que François Bernheim réécrive tout à sa main. Trop loin de la vérité pour être honnête.

      LA BIENNALE : UNE OPÉRATION de COM’

      Mais il n’a pas peur non plus de se faire agent de pub à répéter les éléments de langage du service de com’ : “la ville se veut en pointe dans la mise en place de la transition écologique, elle organise la Biennale des villes en transition, postule à être la capitale verte de l’Europe en 2022.”

      Un média indépendant , le site d’info Place Gre’Net a dit ce qu’il en était de la réalité de la Biennale des villes en Transition.

      DERNIÈRE VILLE AUSSI POUR LES ESPACES VERTS

      Piolle ayant fait de Grenoble par la poursuite de la bétonisation la lanterne rouge des espaces verts par habitant ( moins de 12 M2) , François Bernheim devrait s’interroger de savoir ce que les grenoblois pensent de la recherche du label de “ville verte” ?

      “ELLE POURRAIT OUBLIER QUE LE PEUPLE EXISTE…”

      Mais il est tout à son encensement “Cette gauche est sociétale plus que politicienne. L’évolution des moeurs l’intéresse plus que les jeux d’appareil. Cette gauche est en phase avec la montée en puissance de la classe moyenne. “Il remarque aussi un caillou dans la chaussure : “Elle est tellement tournée vers l’avenir, qu’elle pourrait bien oublier que la classe ouvrière comme le peuple existent encore.”

      SOUFFRIR MAINTENANT POUR UN BONHEUR FUTUR

      Bien entendu elle n’oublie pas le peuple par mépris. Ni à cause d’un nombrilisme immature et exacerbé qui fait de la sexualité une priorité relevant de l’urgence absolue. Mais parce qu’elle est “tellement tournée vers l’avenir”. L’antienne de toutes les cultures totalitaires impose de souffrir maintenant pour le bonheur futur. Elle est la bonne conscience de toute cette avant garde éclairée que nous avons la chance de posséder à la mairie de Grenoble.

      “MOINS ON POSSÈDE PLUS ON PARTAGE”

      D’ailleurs François Bernheim récidive : “Ici moins on possède plus on partage, il faut bien faire face.” Aimez cette richesse de la pauvreté semblent dire nos élus bien installés dans la mondialisation (cf Singapour). C’est une chance. Tout cela “témoigne à l’évidence d’un ancrage à gauche”.

      “DESTOT A ACHETÉ LA PAIX SOCIALE”

      S’agissant de Destot, François Bernheim lâche que “ses adversaires le disent clientéliste, achetant la paix sociale grâce à la politique des grands frères”. Qui sont ses “adversaires” ? Les élus actuels qui ont participé à 2 exécutifs de Destot sur 3. Ils n’avaient pas vu le clientélisme à ses côtés ?

      IL NE TROUVE PAS UN ANGLE POSITIF POUR CITER C.BERNARD

      Comme pour les bibliothèques que François Bernheim passe en pertes et profits -on rêverait de le lire si une municipalité de droite avait fermé des bibliothèques pour faire des économies de bouts de chandelles- la culture l’embarrasse aussi. La brillante Adjointe Corinne Bernard (Verts/Ades) n’est tout de même pas citée sous sa plume. Il était, avec elle, vraiment difficile de trouver un angle positif.

      PIOLLE “S’EST MIS A DOS la CLASSE MOYENNE CULTURELLE”

      Pour lui ” cette équipe, qui n’avait aucune expérience politique, a commis des erreurs et semble s’être mis à dos une partie de la classe moyenne culturelle.” (!)

      Ah cette “classe moyenne culturelle” qui surgit ainsi, comme on aimerait la connaitre. Tous ces acteurs de la vie culturelle grenobloise, ces collectifs, qui ont défendu la liberté théâtrale, la musique classique, la salle de musique actuelle le Ciel (réalisation Carignon…), St Marie d’En Bas, MC2 qui a vu ses crédits baisser pour la première fois de son histoire les voilà devenus “la classe moyenne culturelle” sous Piolle.

      UNE CLASSE CULTURELLE UN PEU BENÊT

      Ne sont ils pas un peu benêts les membres de cette “classe moyenne culturelle” de n’avoir pas compris que toutes ces mesures coercitives, prises contre eux, résultait d’une absence “d’expérience politique” ?

      METTRE LE SECTEUR CULTUREL AU PAS

      François Bernheim prend les grenoblois pour une résurgence du crétin des Alpes, qui ne sauraient pas voir que ces décisions, prises en toute opacité et dans l’absolue solitude du pouvoir avaient toutes le même objet : mettre le secteur culturel au pas, au service d’une idéologie.

      PIOLLE “A VOULU BOUSCULER UNE GAUCHE CULTURELLE NANTIE…”

      Non il n’y a pas “un phénomène de lutte des classes imaginaire” comme il le cite. “La nouvelle équipe a voulu bousculer une gauche culturelle nantie, (!) privilégier le lien social, le désenclavement à l’esthétique.” De qui se moque t il ?

      On s’étonne d’ailleurs que cette municipalité qu’il décrit par ailleurs comme si “en phase avec la montée de la classe moyenne” ne soit pas en phase d’abord avec cette “classe moyenne culturelle” ?

      MAIS PIOLLE A SOUTENU LA MONNAIE LOCALE

      A l’actif de la municipalité au plan culturel François Bernheim cite “la création d’une monnaie locale prometteuse le CAIRN”. C’est dire le niveau. Voilà que les mangeurs de quinoa sont la nouvelle élite culturelle de la ville. Rendez-nous Lavaudant.

      L’ENTERREMENT de la DÉMOCRATIE LOCALE

      Bien entendu il entérine la totalité des boniments sur la participation citoyenne qui aura été l’autre nom de l’enterrement de toute démocratie locale.

      L’unanimité est établie sur ce point depuis les deux membres qui ont quitté la majorité, Guy Tuscher et Bernadette Richard-Finot, lesquels ont très bien décrit de l’intérieur les tricheries de Piolle, jusqu’à “Vivre à Grenoble” dont les responsables ont été très proches de la municipalité . Mais aussi les Unions de Quartiers, le collectif “Grenoble à Coeur” et tant et tant d’associations qui ont témoigné.

      PIOLLE A DU “RABATTRE DE SES AMBITIONS”

      François Bernheim cite la litanie des budgets participatifs ou la “votation citoyenne” des leurres inefficaces et abandonnés par les Grenoblois.

      Mais s’il y a des ratés (!) “ll ne faut pas oublier que devant l’ampleur de la dette accumulée sous les mandats précédents, l’équipe qui a pris le pouvoir en 2014, a dû sérieusement rabattre sur ses ambitions, Grenoble risquant d’être mise sous tutelle étatique.”

      E.PIOLLE N’Y EST POUR RIEN

      Les malheureux n’y sont pour rien. Peu importe qu’Eric Piolle n’ait jamais dit lui-même qu’il allait en rabattre de ses ambitions. Au contraire, il a toujours dit que grâce à Lui , Grenoble entrait dans le XXI éme siécle.(!).

      Peu importe que la Chambre Régionale des Comptes ait jugé qu’il était aussi responsable que son prédécesseur. Que la gabegie a continué : des entourloupettes pour reporter des annuités d’emprunts après les élections. La ville a recruté aussi 13 00 salariés entre 2011 et 2016, elle en compte plus maintenant après les transferts à la Métro avec des services de plus en plus réduits. Surtout des recrutements de cadres A, au sommet de l’échelle, souvent illégalement aussi pour des directeurs de com, des conjoints d’Adjoints au Maire.

      F.BERNHEIM N’A PAS EMPRUNTE UN TROTTOIR de GRENOBLE

      Mais François Bernheim trouve des “habitants ” (mais ceux “qui défendent la politique de l’équipe en place” reconnait-il) qui “sont sensibles à son écoute, à la modestie de certaines mesures qui prouvent une attention au quotidien des habitants.”

      En citant les “idées sur les jardins, bouts de trottoir délaissés” François Bernheim démontre qu’il se fout des grenoblois. Il n’a pas emprunté un trottoir de la ville…

      https://grenoble-le-changement.fr/2019/05/12/f-bernheim-e-piolle-ou-leloge-de-la-pauvrete-des-autres

  • Le « #deep_fake » : vers la fin de la vérité dans l’#image #numérique ?
    https://www.franceinter.fr/emissions/la-fenetre-de-la-porte/la-fenetre-de-la-porte-21-mai-2019

    Depuis quelques mois, on parle de plus en plus de ce qu’on appelle les "deep fakes". "Fake", c’est le "faux", le "trucage" et "deep" pour "#deep_learning", une de modalités de l’intelligence artificielle.

    De quoi s’agit-il ?

    Grâce aux progrès de l’intelligence artificielle - et plus particulièrement des réseaux de neurones - des programmes sont aujourd’hui capables d’utiliser des images existantes pour générer d’autres images. Ça signifie que vous pouvez animer un visage, lui donner des expressions, l’insérer dans une autre image.

    [...]

    [...] si [..] vous trafiquez à la fois le visage et la voix -, ça devient plus problématique : vous arrivez à produire une vidéo à peu près crédible dans laquelle Barack Obama tient des propos qu’il n’a jamais tenus.

    [...]

    A partir du moment où les #algorithmes ont à leur disposition suffisamment d’images et de discours existants, des #logiciels des plus faciles à manier et de plus en plus efficaces permettent de faire dire n’importe quoi à n’importe qui. C’est assez abyssal. 

    Jusqu’ici, la #vidéo faisait malgré tout office de preuve. Avec des outils comme ceux-là, ça risque de ne plus être le cas. On risque de voir apparaître plein de fausses déclarations, qui paraîtront très crédibles. C’est un problème.

    Mais, autre conséquence possible, quelqu’un qui aura été filmé en train de dire ou faire quelque chose de répréhensible ou de gênant pourra toujours, en l’absence d’autre source, crier au “deepfake”. 

    Peut-être qu’on s’inquiète pour rien ?

    Peut-être que les "deep fakes" resteront à jamais un gadget à usage plus ou moins de bon goût mais sans grande conséquence. C’est tout à fait possible. Le monde des technologies nous a habitués à se tromper d’inquiétude. Mais si elles se développent et sont utilisées à grande échelle pour créer de fausses déclarations d’hommes politiques, par exemple, on entrerait dans ce qu’un expert a désigné comme un monde de la “fake news sous stéroïde”. Parce que, aux dires des chercheurs, il n’est pas facile de déterminer techniquement si une image a été trafiquée par ce type de programmes (il faut créer des logiciels qui puissent détecter des défauts dans les mouvements des cils par exemple). Ce serait une guerre de programme informatique contre programme informatique, un fact checking technique. 

    Mais il pourrait y avoir une autre conséquence, d’ordre quasi philosophique : toute image circulant dans les réseaux deviendrait par essence suspecte, l’image numérique basculerait dans le monde du faux, de la fabrication, on n’y croirait plus du tout. 

    Elle tomberait dans un autre registre, celui de la #fiction, on regarderait les images qui circulent sur Internet comme on regarde des films de fiction. Le "deep fake" aurait tué l’idée même qu’il y ait une #vérité dans l’image numérique. On y chercherait autre chose. Ce serait étrange, ça inaugurerait une nouvelle ère du journalisme. Mais pas sûr que ce soit pire qu’aujourd’hui.

    #ia