• La #lutte pour la #baignade ou le mépris de la gauche pour une jouissance populaire

    La récente canicule a ouvert des questions politiques et #pratiques nouvelles, parmi elles, celle de l’usage des #cours_d’eau et donc de la possibilité même de se baigner et de se rafraîchir. La bataille du #canal_Saint-Martin a forcé le pouvoir à accepter des #usages nouveaux (mais en réalité ancien), pendant qu’un peu plus loin sur les bords de la Marne, les autorités ont mobilisé des drones pour surveiller et réprimer les baigneurs. Depuis son expérience politico-aquatique danoise Jens Philip Yazdani propose de réinventer une politique communiste anticapitaliste et sauvage de la baignade.

    Lorsque j’ai appris, l’année dernière, que des travaux étaient en cours pour rendre la Seine baignable, je m’en suis tout de suite réjoui : enfin, les Parisiens.es allaient pouvoir profiter pleinement de leur ville, sans être contraints de fuir vers la campagne pendant l’été ni de subir une chaleur devenue insupportable.

    Je viens de Copenhague et, pour moi, il allait de soi qu’un tel projet était non seulement souhaitable, mais qu’il méritait d’être défendu. J’ai pourtant vite déchanté. Parmi mes ami.es parisiens — je n’en connais pas un seul qui ne se réclame pas de la gauche radicale — la réaction allait de l’indifférence la plus complète à une franche #hostilité.

    À une époque, j’ai habité à #Vienne, une ville qui a su se réapproprier son rapport à l’eau (y compris grâce à d’immenses projets d’aménagement des cours d’eau dont je ne suis pas capable d’évaluer les conséquences écologiques) — et où le Danube fait désormais partie intégrante de la #vie_urbaine. Dès le printemps, on s’y retrouve pour se baigner, profiter des berges, faire des barbecues, se promener à vélo ou simplement lire un livre à l’ombre des arbres, au bord de l’eau.

    C’est l’un des éléments qui font de Vienne une ville si agréable à vivre. Pour ce que valent ce genre de classements, elle a été élue de nombreuses reprises ville la plus agréable du monde, au coude à coude avec Copenhague. Qu’ont en commun ces deux villes ? Peut-être une forme de social-démocratie de la baignade (et du logement). L’histoire de la Vienne rouge est fascinante, y compris dans ses échecs. Et le fait est qu’elle reste une des rares capitales européennes où la vie populaire est encore agréable, voire même possible.

    Une partie du Danube (le #Donaukanal) restait interdite à la baignade officiellement, bien que parfaitement praticable. Il y a donc eu un mouvement (plus ou moins) populaire pour que l’accès à cette zone soit libéré, que son usage redevienne commun. Le même genre de mouvement existe aujourd’hui à #Berlin, qui organise des manifs en mode natation dans la #Spree et pour réclamer le droit de pouvoir se baigner et revendiquer le nettoyage de l’eau. Ce dernier point est essentiel : pourquoi l’eau est-elle devenue impropre à la baignade ? Qui est responsable de sa #pollution ?

    Revendiquer la #dépollution des cours d’eau est, à mes yeux, une revendication profondément anticapitaliste. Ce sont les entreprises qui dégradent la #qualité_de_l’eau ; c’est l’agriculture industrielle qui produit la pollution ; ce sont, plus largement, les formes contemporaines d’exploitation de la nature qui nous privent de ce que Dieu (sive Natura) nous a donné.

    Que l’eau soit devenue impropre à la baignade est un phénomène historiquement très récent. Pendant des millénaires, les êtres humains se sont baignés dans les rivières, les lacs et les fleuves dont l’eau était également potable. L’eau était une source de vie, pas une menace permanente pour la santé.

    J’ai parfois l’impression que les parisiens d’aujourd’hui ont un peu perdu le fil de l’histoire. Est-ce qu’à tout hasard on aurait pas fondé cette ville ici du fait même qu’y passait un très gros cours d’eau ? Ou c’était juste pour le joli paysage ? Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de remonter si loin dans le temps. Il suffit de suivre le canal de l’Ourcq au-delà de la proche banlieue pour retrouver les traces d’un passé beaucoup plus récent et qui raconte une toute autre histoire.

    À Sevran, plusieurs panneaux présentent d’anciennes photographies en noir et blanc montrant les habitants qui se baignaient dans le canal pendant l’été : on y voit des cyclistes, des enfants, ils ont l’air heureux, soulagés, profitant pleinement de la vie commune et des possibilités plus ou moins naturelles de l’endroit (c’est Napoléon 1er qui fit creuser, à d’autres, le canal).

    En remontant le cours d’eau jusqu’à l’écluse de Vignely, on tombe sur un autre panneau installé par la Ville de Paris (qui reste la propriétaire de tout le canal). Son titre : « La vie autour du canal au XIXᵉ siècle » et a pour légende : « Le dimanche, la pêche et la baignade font oublier le dur labeur de la semaine. »

    Je tombe sur ce panneau un dimanche en pleine canicule : les berges sont vides, il n’y a plus personne si ce n’est quelques rares individus de-ci de-là. Les baigneurs ont été remplacés par des des panneaux omniprésents : BAIGNADE INTERDITE. Eux, par contre, suivent tout le trajet de canal, de Bastille jusqu’à Meaux. La Marne aussi, sur de longues portions, demeure interdite à celles et ceux qui souhaiteraient simplement s’y rafraîchir.

    Le Maire a d’ailleurs trouvé judicieux d’installer une plage artificielle sans le moindre arbre et donc sans la moindre ombre, uniquement accessible au début du mois de juillet et à la condition d’être muni d’un bracelet fourni par ses services municipaux (en échange d’un justificatif de domicile). Pour celles et ceux qui ne résident pas sur la commune, ce sera payant. Il existe une règle au Danemark : aucune plage ne peut être privatisée, l’accès y est libre et gratuit pour toutes et tous (ce que recouvre le concept de plage est néanmoins questionnable). Lorsqu’on écoute M. le Maire de Meaux, on s’aperçoit qu’il parle comme ses panneaux : BAIGNADE INTERDITE – DANGER DE MORT – COURANTS FORTS. Et c’est un peu comme l’enfant qui crie au loup. S’il fallait croire aux panneaux, n’importe quelle baignoire représenterait un danger de mort ; et ce serait factuellement vrai mais intenable au quotidien.

    Mais d’où vient cette hyper-biopolitisation du paysage français ? Et comment expliquer qu’elle soit si largement acceptée ? La mairie de #Meaux, encore, est allée jusqu’à réaliser une vidéo dans laquelle est mise en scène la (fausse) noyade d’un jeune homme. Il s’agit d’effrayer. Mais pourquoi personne n’a pensé à faire une vidéo pédagogique pour expliquer comment se baigner en sécurité et prévenir les noyades ? C’est en tous cas ce qui se fait au Danemark, royaume de la social-démocratie parfaitement en phase avec toutes les nécessités biopolitiques. Et c’est aussi ce que font les militants de la baignade viennois eux-mêmes : la mise en partage de connaissance et de savoir-faire d’en-bas. Each one teach one. Les autorités françaises ont-elles trop lu Foucault ? Ou est-ce la gauche qu’il l’a trop peu lu pour ne pas se rendre compte que la vie était déjà bien assez régulée, surveillées, construite, défaite, contrôlée et colonisée par les autorités ?

    À mesure que l’on remonte vers le nord de l’Europe, certaines évidences françaises deviennent plus difficiles à comprendre. Les parcs y sont par exemple rarement fermés la nuit. Il est exceptionnel qu’il soit interdit d’y fumer. Et il est plus rare encore que l’accès à un lac, à une rivière ou à un rivage soit interdit. Pendant ces derniers jours de canicule à Paris les parcs sont d’ailleurs restés exceptionnellement ouverts, mais qui a pris cette décision ? Qui décrète quand il y a une crise et quelles sont les mesures à prendre ? Dans la tradition marxiste, les situations de crises ont toujours été interprétés comme des possibilités d’une autre politique. Ce que cette canicule a démontré se rapproche pourtant plus de la pensée de Carl Schmitt : le souverain est celui qui peut décréter l’état d’exception (et la gauche reste à la ramasse).

    Que dire des drones de police qui surveillent certaines zones pourtant parfaitement praticables afin de repérer, verbaliser et réprimer ceux qui osent mettre la tête dans l’eau. Dans quel monde est-il devenu subversif de plonger dans une rivière lorsqu’il fait quarante degrés ? Peut-être faut-il voir ici un rapprochement possible entre Foucault et Adorno : Die Verwaltete Welt, le monde administré, mais avec un accent sur Walt, peut-être, de Gewalt, la #violence : on peut même parler de vergewaltigte Welt, le monde violé, le #droit_au_monde usurpé, dérobé, aliéné, dont on nous a dépossédé.

    Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

    La gauche française s’accommode-t-elle réellement de cet état de fait ? Je n’ai en tous cas jamais entendu parler de la moindre #manifestation ou même pétition qui conteste cette mise sous tutelle autoritaire et cette fermeture généralisée des espaces communs (et aquatiques). Ce que j’ai vu par contre, c’est la spontanéité littéralement anarchiste, avec laquelle les jeunes et les immigrés (donc le prolétariat) emmerdent ce quadrillage de l’espace de public.

    À chaque fois que je me suis baigné à Paris (et il y a des endroits vraiment super !), je me suis toujours retrouvé en compagnie d’arabes, de bengalis, de jeunes mais presque jamais ou beaucoup plus rarement avec des français. Y compris celles et ceux que l’on croise en manifestation ou à la fac, voire à des présentations des livres très radicaux dans des librairies très radicales elles-aussi.

    La blanchité empêche-t-elle la baignade ? Est-ce la peur des coups de soleil ? Ou est-ce que la gauche blanche parisienne a les moyens d’échapper à la ville en se réfugiant dans une petite maison familiale à la campagne, en bord de mer ou à proximité d’un cours d’eau plus propre qu’à Paris ? Je pose la question.

    Mais peut-être que la baignade ne fait juste plus partie de la #culture parisienne (un « juste plus » très récent j’en suis sûr). Et c’est un drôle de paradoxe : l’oubli de l’histoire est devenu une évidence culturelle. Ce que les enfants et les immigrés viennent mettre au jour c’est à la fois l’#oubli (d’une culture passée. Comme disait Nietzsche, il faut savoir oublier pour savoir vivre) et le #souvenir (de cette dimension normale de la vie humaine qui consiste à profiter de l’eau quand il fait chaud). J’ai plusieurs fois invité des parisiens à venir se baigner avec moi et ils ont toujours été ravis de m’avoir accompagné. Mais c’est tout de même étrange qu’il revienne à un danois de leur enseigner une façon si simple et évidente de profiter de leur propre ville.

    Quand bien même la baignade ne ferait plus partie de la culture parisienne, comment s’expliquer cette #résistance diffuse aux projets d’aménagements des cours d’eau ? On se souvient de l’appel à déféquer dans la Seine avant l’inauguration des baignades parisiennes par Anne Hidalgo, l’initiative était drôle. Mais est-ce la meilleure manière de se rapporter à un projet qui pourrait contenir une telle possibilité populaire ?

    Bien sûr, il faudrait commencer par le canal de l’Ourcq qui est probablement déjà assez propre, sauf que nous n’en savons rien. À Vienne ou à Copenhague, la qualité de l’eau est analysée quotidiennement et ces informations sont facilement accessible à tous. Ici, personne ne sait de quoi il en retourne, on préfère se fier aux panneaux de la mairie : INTERDICTION DE SE BAIGNER – RISQUE DE NOYADE - DANGER DE MORT. Même si à quelques brasses de là, tel Maire fait cadeau d’une petite plage payant de merde qui ne s’avère pas si dangereuse et dont l’eau n’est a priori pas trop impropre.

    Avec un peu d’ambition, on pourrait aussi envisager de transformer le quai Bercy en un gigantesque parc urbain de baignade plutôt que cette autoroute moche, polluante et bruyante dédiée à l’industrie du ciment. Une sorte de Donauinsel ou de Central Park traversé par la Seine. Pourquoi pas ?

    J’ai le sentiment qu’il s’agit ici moins d’un manque d’#imagination_politique (bien réel évidemment) que d’une #résistance. Par-delà ou en-deçà des petits privilèges de certains (ceux qui peuvent aller se mettre au frais avec leur famille ou leurs amis), j’ai parfois l’impression que les parisiens veulent souffrir. Normalement, quand on est danois, plus on va vers le sud, plus on prend la mesure de son protestantisme et d’une vie clivée entre temps de travail et temps de loisir.

    En France, comme plus généralement dans le sud de l’Europe (désolé pour cette géo-analyse globale un peu rapide), cette division et compartimentation de la vie est généralement moins stricte. Ici on prend le temps de déjeuner ensemble plutôt que chacun dans son coin replié sur son ordinateur et son tupperware, on répond à ses messages sur Whatsapp pendant son temps de travail et c’est une bénédiction si l’on peut rentrer un peu plus tôt chez soi ou sortir voir des amis. La vie n’est pas strictement séparée entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. pas chacune individuellement avec son petit truc ramené depuis chez eux replié sur leur ordinateur : ou on s’en fout du fait qu’on est censé être au travail et on regarde son smartphone quand même, on ferme le magasin un peu plus tôt, on invite des amies à venir, on ne partage pas la vie strictement entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. Mais : il y a au moins un endroit où ce partage se fait, c’est entre la campagne et la ville.

    Il y a deux semaines, je proposais à une amie de passer chez un glacier. Elle m’a répondu que non, ça n’existe pas à Paris. Quand je lui ai la demandé, si les Français ne mangeaient pas de glace quand il fait chaud, elle m’a répondu « Si si ! – à la campagne ». Selon elle, il existe belle et bien des glaciers mais juste pas à Paris. La séparation de la vie est entretenue : pas dans le quotidien, mais par les saisons (Est-ce que cela pose des problèmes ? Oui : pour ceux qui ne sont pas capables de mener leur vie de saisonniers bien à l’aise à la Proust).

    Il faut quand même que je le dise : il est quand même assez cocasse que l’on puisse trouver des glaces pas chères partout à Vienne (un peu plus cher au Danemark, mais quand même accessibles aux ouvriers en sueur), alors qu’il y fait beaucoup moins chaud. Faut-il encore y voir l’un des mirages de la social-démocratie ? Oui, peut-être. Copenhague et Vienne sont devenues des villes agréables l’été, ce qu’elles n’ont toujours pas été.

    Il y a une dizaine d’année, Copenhague a été élue meilleure ville où se baigner du monde (par un autre sondage à la con mais le résultat n’est pas faux). Pourtant, le détroit qui sépare la Suède de Copenhague, Øresund, a longtemps été appelé Pløresund (littéralement, le détroit au liquide dégueulasse). Pendant des années, les déchets et pollutions industriels et agricoles s’y déversaient, jusqu’à ce que cela soit pris au sérieux, s’arrête : et là, une nouvelle ville est apparue.

    Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose à Paris ? M’est avis que c’est plutôt que l’on ne veut pas faire pareil et que cette absence totale de projets d’aménagement radical de la ville laisse le champ libre aux politiques social-démocrates autant qu’aux propriétaires industriels.

    Cet abandon de la ville vient peut-être de l’idée selon laquelle il faudrait déserter la métropole, lutter contre elle. On peut paraphraser Adorno : pendant que les gauchistes font la révolution dans leur commune près d’un lac quelque part au milieu de la campagne, le PS et les capitalistes ont géré la plus grande ville l’Union européenne. Pourtant, qu’on le veuille ou non, la ville est un fait, bien réel, des millions de gens y vivent, y sont coincés, y souffrent. Et ce sont eux qui, faute d’un projet politique plus large, prennent l’initiative spontané d’en altérer la géographie imposée. Je ne dis pas qu’il nous faudrait embrasser le destin métropolitain mais que nous ne pouvons pas y laisser le champ libre aux forces réactionnaires.

    Reprenons les coordonnées du problème : s’il existe bien une logique capitaliste et industrielle de destruction des communs (de l’eau, de la possibilité de se baigner, de l’enclosure), une social-démocratie de la baignade (Vienne, Copenhague et très partiellement Paris), et une anarchie populaire et spontanée, non-blanche, de la baignade sauvage en ville ; alors à quoi pourrait ressembler une politique communiste de la baignade urbaine ?

    Une anecdote pour finir. L’été dernier à Copenhague, au bord d’un ponton depuis lequel tout le monde plonge comme il est possible de le faire partout en ville, je discutais avec deux vieilles femmes prolétaires. Je leur ai demandé de me raconter comment, selon elles, la ville avait changé. Elles m’ont répondu que ce n’était pas possible de comparer tant la ville d’aujourd’hui n’était en fait plus la même. Et vraiment pour le mieux.

    Une dernière anecdote pour vraiment conclure cette fois. À #Berne en Suisse, l’#Aar qui traverse la ville est utilisé au quotidien comme un transport commun. Grâce au courant, les habitants se jettent à l’eau avec un sac imperméable et vont au cinéma, au boulot ou n’importe où ailleurs. Une sorte de RER aquatique jamais bondé et toujours frais.

    Paris peut donc mieux faire, à commencer par sa gauche radicale. C’est désormais un fait accompli, la canicule comme le rapport de force populaire ont permis de faire rouvrir le canal Saint-Martin. Cette #réappropriation de l’#espace_public a fait de la place pour de nouvelles manières de vivre, il n’est donc pas trop tard pour en faire un projet politique commun (et ne pas le laisser aux forces réactionnaires et ennemies). Il nous faut nourrir et déployer une vraie politique communiste de la baignade et de l’usage des biens communs et naturels pour tous.

    En attendant la prochaine canicule, puis la suivante et encore celle d’après…

    https://lundi.am/La-lutte-pour-la-baignade
    #urbanisme #villes #chaleur #canicule #France #répression #surveillance #interdiction #géographie_culturelle

    voir aussi (@rastapopoulos) :
    https://seenthis.net/messages/1179924

    • J’aime « allemandsret » le droit de monsieur tout le monde.

      Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

      #nature #baignade #liberté #communs

  • Derrière l’IA, les sacrifiés du smartphone

    Celia Izoard est journaliste et philosophe, spécialiste des nouvelles technologies au travers de leurs impacts sociaux et écologiques. Autrice de La Ruée minière au XXIème siècle. Enquête sur les métaux à l’ère de la transition (Seuil, 2024), elle a participé à l’élaboration du programme de «  désescalade numérique  » en amont des municipales 2026. Pour Socialter elle a choisi d’analyser le #film Les Sacrifiés du smartphone projeté lors de Numérique en lumière, le festival de films documentaires consacré aux droits humains bafoués dans l’industrie du numérique.

    Le #capitalisme a inventé les #pollutions_invisibles. Des perturbations imperceptibles par nos sens et qui pourtant sont des menaces existentielles  : la #radioactivité, la #pollution_chimique, le #réchauffement_climatique. Cette #invisibilité est la clé de son #impunité  : pas vu pas pris, comme on dit. Capitalisant sur ces pollutions invisibles, l’#économie_numérique, elle, a fait un pas de plus en inventant les #pollutions_inimaginables.

    J’appelle pollutions inimaginables ces impacts qui sont non seulement imperceptibles aux sens, mais aussi à l’#imagination. Prenez par exemple ces petites étoiles féériques qui dansent devant mes yeux quand j’ouvre mon navigateur  : l’intelligence artificielle générative (IAG). Si je clique, mon courrier va s’écrire, mon texte va se traduire, mon image va s’animer. Qui peut se représenter le concentré de #ressources_naturelles, de #souffrances et d’#exploitation humaines, de #produits_chimiques, d’#énergie qu’il y a derrière ces petites étoiles  ?

    Pour le saisir, il faudrait pouvoir faire apparaître, dans une seule pensée, ce qui rend possible l’IA. Il faudrait faire surgir dans l’imagination les #mines gagnées sur la forêt tropicale birmane, indienne ou congolaise, les usines métallurgiques crachant le feu, les étendues grises de #résidus_toxiques, les galettes de #silicium issues du #travail_forcé du #Xinjiang, les entrepôts de #data_centers carburant au charbon, à l’#eau de nappes presque épuisées, etc. C’est long d’expliquer tout ça, de le rendre présent à l’esprit – à l’esprit qui justement est tenté d’économiser sa pensée, là, d’un clic, pour gagner du temps.

    D’où vient la #puissance_de_calcul instantanée d’une appli d’IA  ? D’entrepôts de données où s’empilent des millions de #serveurs où sont concentrés des milliards de #circuits_électroniques, contenant eux-mêmes des centaines de milliers de #cartes_graphiques qui concentrent à leur tour des dizaines de milliards de #transistors.

    Le principal fabricant de serveurs informatiques destinés aux data centers est l’entreprise taïwanaise #Foxconn, alias #Hon_Hai_Precision_Industry, qui emploie plus d’un million de personnes en #Chine. C’est le sous-traitant historique d’#Apple, de #Microsoft, de #HP, de #Sony – le fabricant d’à peu près tous les #objets_électroniques que nous avons tenus entre nos mains depuis les années 2000. Aujourd’hui, Foxconn fournit toute la galaxie de l’IA en serveurs, de #Nvidia à #OpenAI, en passant par les data centers d’#Amazon.

    En 2010, Foxconn s’est fait connaître au monde par une épidémie de #suicides  : 17 ouvriers de sa méga-usine d’iPhone de Shenzhen se sont jetés par les fenêtres, 14 sont morts. Depuis ce temps, les balcons des dortoirs ont été condamnés. Mais les jeunes continuent d’arriver de leurs campagnes pour se retrouver coincés dans ses chaînes de production. Le désespoir de ces vies gâchées est le sujet du film Les Sacrifiés du smartphone [titre original Complicit] (2017), qui a été projeté récemment à Paris à l’occasion du festival de cinéma «  Numérique en lumière  : une autre réalité  ».

    Les réalisatrices Heather White et Lynn Zang ont filmé pendant trois ans la vie d’#ouvrières de Foxconn. Arrivées à 18 ans, Xiao, Ya et Fan ont travaillé plusieurs années pendant douze à seize heures par jour. Puis tout s’est arrêté – littéralement. Elles ont contracté des troubles neurologiques, des paralysies, à force d’astiquer les cartes graphiques, les led, les écrans, avec des solvants et des détergents  : benzène, méthanol, xylènes, trichloroéthylène...

    Selon la Global Electronics Association, un objet électronique peut nécessiter 1 000 produits chimiques différents. Foxconn nie toute #responsabilité. Comme les milliers d’ouvrières et d’ouvriers malades des toxiques utilisés dans l’électronique, Xiao, Ya et Fan n’osent pas rentrer chez elles, pour ne pas faire de peine à leurs parents, qui avaient tout misé sur elles.

    Sur mon écran, les petites étoiles de fée se remettent à clignoter.

    https://www.socialter.fr/article/les-sacrifies-du-smartphone-documentaire-intelligence-artificielle-ouvrier
    #IA #AI #intelligence_artificielle #travail #conditions_de_travail

  • Lessons from U.S. Army Special Ops on Becoming a Leader
    https://hbr.org/2025/08/lessons-from-u-s-army-special-ops-on-becoming-a-leader

    To adapt a Special Ops adage: Managers can exploit the peace, but only if leaders have first won the war.

    — Permalink

    #leadership #military #integrity #agility #judgment #innovation #example #growth #results #failure #submission #hesitation #anxiety #imagination #strategy #vision #training #management #bestof

  • The role of the University is to resist AI

    I would like to thank the Centre for Philosophy and Critical Thought for inviting me to give this seminar. This talk is titled ’The role of the University is to resist AI’, and takes as its text Ivan Illich’s ’Tools for Conviviality’.

    AI’s impact on higher education come primarily from historical forces, not from its claim to be sci-fi tech from the future. Society can’t throw up its hands in shock as students outsource their thinking to simulation machines when fifty years of neoliberalism has masticated education into something homogenised, metricised and machinic. Meanwhile, so-called Ed Tech has claimed for decades that learning is informational rather than relational and ripe for technical disruption.

    When Illich refers to tools, he’s taking this broader view. As he writes:

    “I use the term ’tool’ broadly enough to include not only simple hardware such as drills, pots, syringes, brooms, building elements, or motors, and not just large machines like cars or power stations; I also include among tools productive institutions such as factories that produce tangible commodities like corn flakes or electric current, and productive systems for intangible commodities such as those which produce ’education,’ ’health,’ ’knowledge,’ or ’decisions’.”

    I want to ask the question “What kind of tool is AI?”, to help determine whether Illich’s ideas can assist us in responding to it.
    ai

    Contemporary AI is a specific mode of connectionist computation based on neural networks and transformer models. AI is also a tool in Illich’s sense; at the same time, an arrangement of institutions, investments and claims. One benefit of listening to industry podcasts, as I do, is the openness of the engineers when they admit that no-one really knows what’s going on inside these models.

    Let that sink in for a moment: we’re in the midst of a giant social experiment that pivots around a technology whose inner workings are unpredictable and opaque.

    But there are some things we can be sure of, which is that the whole show depends on scale. None of the party tricks of latent space representations or next token predictions will work without tons of data or wall-to-ceiling computers, and if you want to beat the other lot you need more of all of it.

    This means that AI is actually a giant material infrastructure with huge demands for energy, water and concrete, while the supply chain for specialised computer chips is entangled with geopolitical conflict. It also means that the AI industry will beg, borrow and steal, or basically just steal, all the text, images and audio that it can get its spidery hands on.

    A marginal point of note for both AI and UK higher education was a recent outburst by former politician and Facebook exec Nick Clegg, who was complaining that copyright is killing the AI industry. Clegg being, of course, the man who betrayed his promise to scrap student fees in 2011, and is now betraying writers, artists and musicians.

    In any case, scale is a core concern for Illich, and in Tools for Conviviality he writes:

    “It is possible to identify a natural scale. When an enterprise grows beyond a certain point on this scale, it first frustrates the end for which it was originally designed, and then rapidly becomes a threat to society itself. These scales must be identified and the parameters of human endeavours within which human life remains viable must be explored.”
    higher education

    Generative AI’s main impact on higher education has been to cause panic about students cheating, a panic that diverts attention from the already immiserated experience of marketised studenthood. It’s also caused increasing alarm about staff cheating, via AI marking and feedback, which again diverts attention from their experience of relentless and ongoing precaritisation.

    The hegemonic narrative calls for universities to embrace these tools as a way to revitalise pedagogy, and because students will need AI skills in the world of work. A major flaw with this story is that the tools don’t actually work, or at least not as claimed.

    AI summarisation doesn’t summarise; it simulates a summary based on the learned parameters of its model. AI research tools don’t research; they shove a lot of searched-up docs into the chatbot context in the hope that will trigger relevancy. For their part, so-called reasoning models ramp up inference costs while confabulating a chain of thought to cover up their glaring limitations.

    The way this technology works means that generative AI applied to anything is a form of slopification, of turning things into slop. However, where AI is undoubtedly successful is as a shock doctrine, as a way to further precaritise workers and privatise services.

    This casts a different light on the way OpenAI, Anthropic and Google are circling higher education, dangling offers of educational LLM programmes that have already signed up the LSE, California State University and the whole of Estonia’s high school system. It brings to mind Illich’s warning about radical monopolies:

    “I speak about radical monopoly when one industrial production process exercises an exclusive control over the satisfaction of a pressing need, and excludes nonindustrial activities from competition. The establishment of radical monopoly happens when people give up their native ability to do what they can for themselves and for each other, in exchange for something ’better’ that can be done for them only by a major tool.”
    critical thought

    More specifically, in light of today’s seminar what does this mean for critical thought?

    The University of London is already promoting a tool that provides “personalised AI generated feedback in under 2 minutes ...including advice on critical thinking”. But thinking for yourself is a frictional activity not a statistical correlation. An AI-mediated essay plan has already missed the point by bypassing the student’s own capacity to develop and substantiate propositions about the world.

    When similar AI was adopted by the LA Times to add journalistic balance to opinion pieces, it rebalanced an article about the KKK by clarifying the Klan as a product of white Protestant culture that was simply responding to societal changes.

    There’s already research indicating students’ problem-solving and creativity can decline when they off-load cognition to chatbots. Google’s recently launched Gemini 2.5 Flash model even has a “thinking budget” feature that allows control over AI’s so-called reasoning levels, and boasts of reducing output costs by up to 600%.

    Moreover, the more these models claim to be safe for education, the more they become machines for metapolitical control. Whatever ketamine-fuelled 3am tweak of the system prompt made Grok insist on discussing white genocide will be more powerfully nuanced when done by nice people who are applying ministry-approved fine tuning.

    Critical thought is not something you can stochastically optimise, and I agree with Hannah Arendt that thoughtlessness is a precondition for fascism.
    students

    But what about the students? Aren’t we doing them a disservice if we don’t prepare them for a world of AI?

    As soon as they leave university, they’re going to be faced with AI-powered recruitment apps that mashup deep learning and psychometrics to predict their future value to the company. In their white collar job they’ll use AI to write reports for management who’ll use AI to summarise them, while every chatbot interaction feeds analytics that assess their alignment with corporate goals.

    They’ll constantly be faced by AI that fails to actually complete the task at hand, despite the CEO’s beliefs to the contrary, and will have to work overtime to backfill its failures. If they’re stressed or depressed they’ll be passed to AI-powered therapy bots optimised for workforce adaptation rather than for getting to the bottom of their distress.

    According to a survey of 16-21 year olds by the British Standards Institution, 46% said they would rather be young in a world without the internet altogether. That’s the result of two decades of algorithmic toxicity; how long do you think it will take for them to feel the same about AI? And yet universities are falling over themselves to convince faculty and students alike that AI is the only possible future for higher education, and research funders only want to fund things that add AI instead of researching alternatives.

    Any university with a focus on graduate employability should question the hype about workplace AI which, in the words of Microsoft’s own researchers, can result in the deterioration of cognitive faculties and leave workers atrophied and unprepared. Students already have a sackful of reasons to be disaffected from the world we’re bequeathing them; do we really want to find out what happens when we gaslight their doubts about the value of a synthetic education?

    As Illich put it in Tools for Conviviality: “When ends become subservient to the tools chosen for their sake, the user first feels frustration and finally either abstains from their use or goes mad”

    Or, as the 17 and 18 year olds from state schools rated less well by Ofsted’s crappy Covid spreadsheet put it more succinctly; “Fuck the algorithm”.
    labour government

    Whatever we or the students might feel about the role of the university, our political masters are quite clear that the only direction of travel is more AI.

    This Labour government is possibly the most AI-pilled in the world, so at least they got their wish to be world leading at something. The AI Action Plan issued in January is a heady mix of nationalist vibes and startup pitch that’s going to 10x AI, while handing over land and the electricity grid to a rash of data centres in so-called AI Growth Zones.

    Labour’s single political vision is growth through AI, where scaling tech will somehow stop people voting Reform or burning down immigrant hostels. This is a vision articulated by the Tony Blair Institute in reports titled ‘Governing in the Age of AI: A New Model to Transform the State’ and ’The Future of Learning: Delivering Tech-Enabled Quality Education for Britain’.

    As an aside, as we all need a laugh in the face of this nonsense, their research into how many jobs would be replaced by AI included asking ChatGPT.

    It does indeed seem that the chef’s kiss in the managerial dismantling of higher education is going to be from the lips of a chatbot. What’s just as bad is the way AI is being shoved into other vital services like there’s no tomorrow. The combination of the Data (Use and Access) Bill and the Fraud, Error and Recovery Bill are a literal recipe for repeating Australia’s ’robodebt’ disaster at scale. It’s like we’ve learned nothing from the Post Office Horizon IT scandal.

    The Department of Work and Pensions is leading the charge in seeking algorithmic ways to optimise the disposability of the disabled, in line with government rhetoric about social burden. Deep learning has historical and epistemological connections to eugenics through its mathematics, its metrics and through concepts like AGI, and we shouldn’t be surprised if and when it gets applied in education to weed out ’useless learners’.

    It looks increasingly like the twinning of the Labour government’s fear of Reform UK and its absolute commitment to AI are going to bring about the same fusion of high tech and reactionary politics as we’ve seen with MAGA and Silicon Valley.
    resistance

    I’m proposing that the role of the university is to resist AI, that is, to apply rigorous questioning to the idea that AI is inevitable.

    This resistance can be based on environmental sustainability when looking at AI’s carbon-emitting data centres and their seizure of energy, water and land. It can be based on the defence of creativity when looking at the theft of creative work to train tools that then undermine those professions. It can be based on decolonial commitments when looking at AI’s outsourcing of exploitative labour to the global south, and its dumping of data centres in the midst of deprivation.

    Resistance is necessary to preserve the role of higher education in developing a tolerant society. For the alternative, we only have to look at the resonances between right wing narratives and the ambitions of the tech broligarchy, resonances that are antiworker, antidemocratic, committed to epochal transformation, resentful and supremacist. Resonances which, channelled through a UK version of DOGE, will finish off university autonomy in the name of national growth and ideological alignment.

    DOGE has provided a template for complete political and cultural rollback, exploiting AI’s brittle affordances to trash any pretence at social contract. What the so-called educational offers from AI companies are actually doing is a form of cyberattack, building in the pathways for the hacker tactic of ’privilege escalation’ to be used by future threat actors, especially those from a hostile administration.

    This is why our resistance needs to be technopolitical. I’m proposing that higher education look towards thinkers like Ivan Illich for an alternative approach to assessing what kinds of tools are both pedagogical and convivial.
    illich

    Illich proposed what he called counterfoil research to reverse the kind of obsessive focus on the refinement of thoughtless mechanism so visible in the AI industry. He said that “Counterfoil research has two major tasks: to provide guidelines for detecting the incipient stages of murderous logic in a tool; and to devise tools and tool-systems that optimize the balance of life, thereby maximizing liberty for all.”

    Illich’s purpose in Tools for Conviviality was “to lay down criteria by which the manipulation of people for the sake of their tools can be immediately recognized”. We can take advantage of subsequent efforts to define specific starting points, such as the Matrix of Convivial Technologies, which lays out a structured way for any group developing or adopting a technology to ask questions about key aspects such as relatedness (how does it affect relations between people?) and bio-interaction (how does the tech interact with living organisms and ecologies?).

    What we need right now, instead of more soft soap about responsible AI or consultancy hype about future jobs, are institutes that assemble the emerging evidence of AI’s actual consequences across different material, social & political dimensions.

    To stay relevant as spaces for higher education, universities will need to model the kind of social determination of technology which has been buried since the 1970s; the preemptive examination of tech’s value to society. As Illich says: “Counterfoil research must clarify and dramatize the relationship of people to their tools. It ought to hold constantly before the public the resources that are available and the consequences of their use in various ways”.
    people’s councils

    While Tools for Conviviality is a general argument that technology should be subject to social determination, and the Matrix of Convivial Technology gives us a set of specific starting points, it’s pretty clear that the drive to AI has already advanced from regulatory capture towards institutional and state capture.

    In the UK we already have Palantir placed at the heart of the NHS, a military-intelligence company founded by Peter Thiel that openly espouses cultural supremacy. The UK exec is the grandson of Oswald Mosley and, after meeting Keir Starmer, he said of the Prime Minister “You could see in his eyes that he gets it”.

    Instead of waiting for a liberal rules-based order to magically appear, we need to find other ways to organise to put convivial constraints into practice. I suggest that a workers’ or people’s council on AI can be constituted in any context to carry out the kinds of technosocial inquiry advocated for by Illich, that the act of doing so prefigures the very forms of independent thought which are undermined by AI’s apparatus, and manifests the kind of careful, contextual and relational approach that is erased by AI’s normative scaling.

    When people’s councils on AI are constituted as staff-student formations they can mitigate the mutual suspicion engendered by AI. The councils are means by which to ask rigorous questions about the conviviality of AI and, as per Illich’s broad definition of tools, to ask about the conviviality of universities by applying the same set of criteria to both infrastructures.

    They’re also be an opportunity to form coalitions with allies outside higher education whose work or lived experience relates to programmes of study, and is also being undermined by degenerative AI, from the software engineers in DeepMind and Microsoft concerned about the entanglement of AI with genocide to the health professionals who see funds diverted into shiny AI projects instead of fixing the basics.

    It’s also clear that AI is flooding into primary and secondary education, both organically thanks to big tech, and systemically through government initiatives. We need practical collaboration between educators at all levels to challenge the way AI is flooding the zone, or the students of the future will be fully AI-cooked even before they make it to university.

    More optimistically, it’s not so hard to imagine a near future where a course or programme that’s vocal about the way it’s limited or even eliminated AI will have additional appeal as an alternative to the current pathway where universities conclude that, thanks to AI, they don’t really need most lecturers, and then students come to the conclusion that, for similar reasons, they don’t really need the universities.

    The function of people’s councils on AI is also to imagine a future for universities in societies heading for collapse, where the bridgeheads to a desirable future for all aren’t correlational computations but campuses and communities.
    imagination

    I want to conclude by emphasising that the proposition that the role of the university is to resist AI is not simply a defence of pedagogy, but an affirmation of the social importance of imagination.

    The technopolitical transformation of which AI is a part isn’t simply a matter of market capture, but of a wider nihilism that seizes material and energy resources, driven by an unrelenting will to power and the reformulation of racial supremacy via algorithmically-mediated eugenics.

    It’s important to talk about resistance as a way to find resonant struggles that can amplify each other. The capacity for resistance draws on the resources of independent thought and critical reflection which are the qualities I’ve argued are diluted or dissolved by a dependence on AI.

    These qualities aren’t developed solely or mainly through time at university, and yet it is also true that students have often formed a catalytic part of many social movements. In some sense, and possibly despite itself, the university has been a space for developing collective forms of hope and imagination which are not only in short supply but are actively foreclosed by technogenic patterns of social and psychic ordering.

    The role of the university isn’t to roll over in the face of tall tales about technological inevitability, but to model the forms of critical pedagogy that underpin the social defence against authoritarianism and which makes space to reimagine the other worlds that are still possible.

    https://danmcquillan.org/cpct_seminar.html

    #AI #IA #université #intelligence_artificielle #résistance #esprit_critique #imagination #pensée_critique #Ivan_Illich #convivialité #enseignement_supérieur #ESR #enseignement #à_lire #facultés_cognitives #capacités_cognitives #capacité_cognitive

  • Un livre pour ma vie - Yuval Noah #harari - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/118865-008-A/un-livre-pour-ma-vie-yuval-noah-harari

    Yuval Noah Harari, historien, philosophe et auteur à succès, expose dans cet entretien sa perspective sur la dynamique entre la #science, la narration et le comportement humain. Il soutient que, bien que la science offre une compréhension du monde infiniment plus complexe et imaginative que la mythologie, son principal défi réside dans son incapacité à raconter des histoires captivantes. Or, les humains sont motivés à l’action par les récits, non par les faits seuls. Harari explique que les mythes qui façonnent les sociétés (sur l’immigration, les conflits, l’identité nationale ou religieuse) puisent souvent leur force dans des "drames biologiques" fondamentaux (rivalité tribale, peur de la perte parentale, dynamique familiale), compréhensibles même au niveau mammifère. Ces récits, bien (...)

    #biology #mythology #anthropology #storytelling #books #narrative #language #stories #imagination #evolution #bureaucracy #conspiracy #cognition #bias #management #organizations #complexity #reality #bestof

  • #algorithms are breaking how we think
    https://www.youtube.com/watch?v=QEJpZjg8GuA

    Ce podcast explore le concept de la "complaisance algorithmique", défini par l’orateur comme une tendance croissante à laisser les algorithmes des plateformes numériques, en particulier les réseaux sociaux et les moteurs de recherche, déterminer ce que les utilisateurs voient et consomment en ligne, au détriment de leur propre curiosité, de leur pensée critique et de leur capacité à rechercher activement l’information. L’orateur introduit le sujet en démontrant la facilité avec laquelle on peut trouver des informations détaillées sur un objet ancien (une radio vintage) en utilisant des techniques de recherche en ligne basiques et l’observation attentive. Il utilise cet exemple pour contraster avec ce qu’il perçoit comme une perte de cette capacité et de cette volonté chez de nombreux (...)

    #decisionmaking #choice #attention #focus #intention #cognition #algorithmiccomplacency #automation #agency #delegation #rant #control #recommendation #curation #curiosity #imagination #relationship #socialmedia #contextcollapse #context #conversation #respect #polarization #introspection #thinking #criticalthinking #ACS #influence #artificialintelligence #bestof

  • Pour lutter contre les #déserts_médicaux, élus locaux et soignants font preuve d’imagination

    « Hôpital de campagne », centres de santé sans but lucratif, médecins « solidaires »… Elus, associations et soignants engagés ne manquent pas de #solutions pour lutter contre les déserts médicaux, et montrer que ce n’est pas une fatalité.

    Y aura-t-il des services d’urgences ouverts à Noël ? C’est la question que se posent des milliers d’habitants dans des villes où les hôpitaux sont en tension permanente. Pendant l’été et les fêtes de fin d’année, la situation peut empirer.

    En médecine de ville aussi, se faire soigner est de plus en plus difficile dans un nombre croissant de communes. Près d’un tiers de la population française vit dans un #désert_médical. Et pourtant, à travers la #France, des citoyens, des médecins et des élu·es développent des #initiatives pour un accès aux soins pour tout le monde, partout.

    Des centres de santé lancés par des collectivités

    Des professionnels de santé et des élus locaux de différents bords politique s’engagent par exemple pour créer des centres de santé de #médecine_générale où les praticiens sont salariés.

    Près d’un millier de centres de ce type sont recensés en France (2023), un chiffre en progression constante ces dernières années. 40 % de ces centres sont gérés par des acteurs publics : collectivités territoriales, services de santé universitaires, centres hospitaliers. Les autres sont principalement conduits par des associations (donc à but non lucratif) ou des organismes comme des mutuelles.

    Des #médecins_solidaires

    Depuis 2022, un collectif de généralistes réunis dans l’association Médecins solidaires s’organise pour apporter des soins dans les zones sans praticiens. Plus de 500 médecins généralistes volontaires sont engagés dans cette association. « Un chiffre en constante augmentation », précise Médecins solidaires.

    Ils et elles se relaient pour exercer plusieurs semaines par an dans des centres de santé créés par l’association, assurent plus de 30 000 consultations annuelles, et ont permis à plus de 5000 patients d’avoir, enfin, un médecin traitant. En seulement deux ans, l’association a ouvert sept centres de santé dans des zones de désert médical, dans la Creuse, le Cher, la Nièvre, la Haute-Vienne, les Deux-Sèvres et l’Indre. Le dernier né a ouvert ses portes début décembre, à Reuilly, en Centre Val-de Loire.

    Le nouveau centre de santé de Médecins solidaires y accueillera chaque semaine un·e généraliste du collectif. Ouvert 50 semaines par an, il pourra être choisi par 1250 patients comme « médecin traitant ». Deux nouveaux centres de santé de l’association doivent ouvrir en 2025 et deux autres en 2026. Avec Basta !, nous étions allés à la rencontre de ces médecins engagés et de patients reconnaissants dans le centre de Charenton-du-Cher.

    Une maire veut monter un hôpital de campagne

    À Decize, dans la Nièvre, une maire a mis sur pied un « hôpital de campagne » en novembre pour interpeller l’État et l’agence régionale de santé sur la pénurie de médecins dans la zone. « En 2024, la commune de 5000 habitants compte deux praticiens, contre neuf il y a quinze ans. Les urgences de la ville sont quant à elles régulièrement fermées », soulignait France3 dans un article début novembre. `

    En octobre, constant que ses concitoyens ne peuvent tout simplement plus se faire soigner, la maire (PS) Justine Guyot avait pris un arrêté symbolique interdisant à ses administrés de tomber malade. Une soixantaine de communes de la Nièvre ont rejoint le mouvement, ce qui a permis d’attirer l’attention des médias.

    Justine Guyot est alors contactée par l’association des médecins étrangers diplômés hors Union européenne (l’association Ipadecc, pour “Intégration praticiens à diplôme étranger engagés contre la crise”). Celle-ci milite pour la régularisation des praticiens diplômés en dehors de l’UE. Ils et elles sont environ 4000 à travailler dans les hôpitaux français, souvent de manière précaire, et sous- payée pour leur qualification.

    Ensemble, l’élue et l’association voulaient organiser une journée de consultations gratuites de spécialistes à Dezice. Finalement, « l’hôpital de campagne » n’a pas pu proposer de consultations, mais a été l’occasion de parler publiquement de cette mesure possible pour lutter contre les déserts médicaux : faciliter l’exercice de ces praticiens étrangers qui travaillent déjà en France, mais n’ont pas le droit de s’installer comme médecins dans les déserts médicaux.
    Des parlementaires proposent de réguler, en vain

    Au Parlement, des élu·es de divers partis essaient depuis plusieurs années de faire adopter une régulation de l’installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux. Mi-novembre encore, le député socialiste Guillaume Garrot a présenté une proposition de loi transpartisane qui vise notamment à réguler l’installation des médecins.

    L’élu PS de Mayenne est engagé avec 95 autres député·es au sein d’un d’un groupe de travail sur la désertification médicale. Le texte présenté le mois dernier a été signé par 237 députés issus du Nouveau front populaire, mais aussi des partis qui soutenaient l’ancien gouvernement, et du groupe Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires). Ce groupe de travail souhaite que la proposition de loi puisse être débattue au cours du premier trimestre 2025.

    Une première version de la proposition de régulation médicale avait déjà été déposée en 2023, elle-même précédée par une proposition similaire en 2019, déjà par Guillaume Garrot. En 2021, c’était un sénateur LR qui demandait lui aussi à réguler l’installation des médecins. À chaque fois, ces propositions ont été refusées. À chaque fois, les syndicats de médecins s’y sont fermement opposés.
    Les dentistes acceptent la régulation

    Pourtant, d’autres professions médicales sont déjà régulées : kinésithérapeutes, pharmaciens, sage-femmes, infirmières et infirmiers en libéral. Elles et ils ne peuvent s’installer dans une zone que si celle-ci n’est pas déjà sur-dotée.

    À partir de janvier, l’installation des dentistes va à son tour être encadrée : les nouvelles installations ne pourront se faire, que ce soit en libéral ou salarié en centres, que dans les zones qui ne sont pas déjà relativement bien dotées.

    Il était temps. Car plus de la moitié de la population française vit dans un territoire très sous-doté ou sous-dotées en chirurgiens-dentistes. Eux aussi avaient longtemps refusé toute régulation.

    https://basta.media/Pour-lutter-contre-les-deserts-medicaux-elus-locaux-soignants-font-preuve-i
    #imagination #résistance #solutions #solutions_locales #lutte #soins #accès_aux_soins #médecine #solidarité

  • Les cartes sont-elles « objectives » ?

    Alors que des milliards de milliards de données sont créées sans cesse sur tout, l’ensemble du territoire n’est aujourd’hui pas entièrement cartographié. Que signifient la présence de blancs dans les cartes ? Quels en sont les enjeux de #pouvoir ?

    Tout part de l’observation de cartes anciennes qui représentent des contrées mal connues par les cartographes européens. L’Afrique, L’Amérique latine, dont a vient juste de découvrir les côtes. Dans les espaces encore inconnus, on laisse de larges #espaces_blancs, agrémentés d’animaux exotiques qu’on imagine se trouver là : des tigres, des éléphants, de petites montagnes stylisés ou des humains représentés sous une forme exotique. Il y a comme une part de rêve dans ce qui n’est pas représenté par la carte : le #vide semble nous raconter plus d’histoire que le plein et nous dire : « il était une fois, dans une contrée très éloignée... ». D’ailleurs les informations dessinées dans le blanc des cartes étaient imaginaires, c’était une époque où la géographie avait à voir avec la fiction. Ce #blanc_des_cartes avait un effet puissant sur l’imagination des explorateurs…

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/geographie-a-la-carte/les-cartes-sont-elles-objectives-6785331
    #audio #podcast #cartographie #objectivité #Matthieu_Noucher #géographie_du_vide #imaginaire #imagination #blanc

    ping @visionscarto

    –—

    Voir aussi :
    Blancs des cartes et boîtes noires algorithmiques


    https://seenthis.net/messages/1004355
    #livre

  • La peste noire, Patrick Boucheron
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-la-peste-noire

    #Patrick_Boucheron propose une grande enquête interdisciplinaire autour de la pandémie de peste au milieu du XIVe siècle.

    « Nous sommes confrontés à un #événement de #longue_durée, et il serait bien naïf de prétendre confiner notre conception de la peste noire à une chronique des années 1347 à 1352 en Europe occidentale » (...) « Les progrès conjoints de l’archéologie funéraire et de l’anthropologie, poursuit l’historien, mais aussi de la microbiologie et des sciences de l’environnement, ont révolutionné l’approche de cette pandémie ».

    j’écoute tardivement cette série de 2020-2021, extraordinaire d’érudition (et pas trouvée ici, à ma grande surprise ; pour ma part, lambin, elle était dans une pile « à écouter » depuis longtemps)

    « L’hypothèse, indique Patrick Boucheron, ne consiste pas seulement à réévaluer le rôle des réseaux vénitiens de Tana dans la propagation de la peste, il est de renverser le catastrophisme apocalyptique de la vision du siège de Caffa pour comprendre que l’épidémie n’est pas fille de la guerre mais de la paix, et qu’elle peut remonter les circuits des échanges et des alliances. »

    [...]

    « C’est donc bien à l’histoire décloisonnée d’un monde interconnecté qu’elle nous convie, nous dit Patrick Boucheron, un monde dont le cœur battant n’est pas en Europe, où se situent seulement les terminaux périphériques des réseaux marchands, mais plus à l’est, en ce centre de gravité de l’Eurasie alors dominée par la Horde d’or. »

    Carte de Julien Loiseau, intitulée, « Les routes de la peste noire », dans « l’Atlas Global » de Gilles Fumey, Christian Grataloup et Patrick Boucheron, en 2014. - Julien Loiseau / Les arènes

    #peste #Marseille #histoire #histoire_des_sensibilités #imagination #historiographie #mort #mort_de_masse #déni #travail_des_femmes #médecine #épidémie #histoire_environnementale #santé_globale #démographie #catastrophe_démographique #littérature #théâtre #peinture #archives #théorie #pensée #narration #rats et #marmottes_alpines #paléogénomique #Horde_d'or #Inde #Mandchourie #l'impossible_sépulture démentie par l’#archéologie_funéraire ... #exotisme_épidémiologique

    • cette série là, tu n’hésiteras pas, @arno, à ne pas la faire écouter aux enfants, sauf dispositions spéciales. c’est une version lettrée, avec une forte dimension historiographique, de Periclès « qui n’est pas un collègue » (Loraux) à la critique du matriciel Ariès (histoire des sensibilités), le tout truffé de références effectivement pluridisciplinaires. non sans légèreté. dans le premier épisode, par exemple, il reprend la lecture de Freud pour mettre en cause les gargarismes contemporains sur le « travail du deuil ». ailleurs il a la coquetterie de citer l’avènement de Trump comme un évènement sans doute lui aussi de longue durée quant au devenir de la véridicité.

      (qu’il ait fait le macronard illustre la force du légitimisme centriste ?)

      Ça tombait bien, trop bien : ça tombait mal. Face au curieux hasard qui plaçait l’épidémie de Covid-19 sur sa route au moment où il devait entamer, au Collège de France, son cours sur la peste noire, l’historien Patrick Boucheron a failli renoncer. Rien de plus trompeur, explique-t-il en effet, que la fausse évidence de la « concordance des temps », rien de plus hasardeux que la recherche d’écho et de similitudes qui rendraient le passé moins lointain, le présent moins opaque. Puisque les rapports existent néanmoins, puisque ça a à voir malgré tout, que peut dire l’historien du coronavirus, et de quoi l’histoire de la peste est-elle faite ? Que nous apprend la #science, et que transporte l’#imaginaire ? C’est à un regard neuf et à une histoire globale que Patrick Boucheron nous invite.

      https://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/patrick-boucheron-la-peste-c-est-un-mal-qu-on-ne-peut-pas-dire-31-01-2021-24
      #paywall

    • il est possible d’éviter la rebutante intro de Radio F/ Collège de France en utilisant la version de fr Q disponible parmi les podcasts L’été du Collège de France dont la mise en onde est digne de l’objet et de son traitement je pige pas pourquoi il faut donner sur RF une version dégradée

  • 60 ans de “Max et les Maximonstres” : toujours le livre de jeunesse le plus subversif ?
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/sans-oser-le-demander/max-et-les-maximonstres-de-maurice-sendak-a-60-ans-pourquoi-la-punition-

    Le chef-d’œuvre de Maurice Sendak fête ses 60 ans. Max, puni pour avoir fait des bêtises, se retrouve sur l’île des Maximonstres. Comment interpréter ce voyage ? Comment recevoir ce livre pour enfants pas comme les autres, fait de monstres effrayants et dépourvus de paroles ?

    lol qui est le⋅a stagiaire qui a titré ça débilement au départ (url) alors que c’est pas du tout ce qui est dit dans le contenu ?

    #audio #radio #France_Culture #Maurice_Sendak #littérature_jeunesse #imagination #enfants #monstres

    • Oui ça doit être leur façon de prendre position dans le débat sur le time-out...
      Sur le livre :

      Soon after, he began work on another solo effort. The story was supposed to be that of a child who, after a tantrum, is punished in his room and decides to escape to the place that gives the book its title, the “land of wild horses”. Shortly before starting the illustrations, Sendak realized he did not know how to draw horses and, at the suggestion of his editor, changed the wild horses to the more ambiguous “Wild Things”, a term inspired by the Yiddish expression “vilde chaya” ("wild animals"), used to indicate boisterous children.

      He replaced the horses with caricatures of his aunts and uncles, caricatures that he had originally drawn in his youth as an escape from their chaotic weekly visits, on Sunday afternoons, to his family’s Brooklyn home. Sendak, as a child, had observed his relatives as being “all crazy – crazy faces and wild eyes”, with blood-stained eyes and “big and yellow” teeth, who pinched his cheeks until they were red. These relatives, like Sendak’s parents, were poor Jewish immigrants from Poland, whose remaining family in Nazi-occupied Europe were killed during the Holocaust while Sendak was in his early teens. As a child, however, he saw them only as “grotesques”.

      When working on the 1983 opera adaptation of the book with Oliver Knussen, Sendak gave the monsters the names of his relatives: Tzippy, Moishe, Aaron, Emile, and Bernard.

      https://en.m.wikipedia.org/wiki/Where_the_Wild_Things_Are

  • #Simon_Springer : « A un moment donné, il faut juste dire "#fuck !" au #néolibéralisme dont la fonction première est de créer des #inégalités »

    Pour cet activiste du quotidien, lire #Kropotkine et #Reclus, c’est revenir aux sources de la géographie comme de l’#anarchisme. La #géographie_radicale propose de penser toutes les histoires, en s’éloignant du seul point de vue anthropocentrique. Cela inclut l’histoire des animaux, des plantes… Et surtout la prise en compte des #interactions et des #coopérations.

    L’affiche ressemble à s’y méprendre à celle de la tournée d’un groupe de hard rock. Si Simon Springer est bien fan de ce genre musical, les 28 dates du tour d’Europe qu’il a honorées avant l’été ont invité le public non pas à des concerts, mais à des conférences autour de son dernier ouvrage, Pour une géographie anarchiste (Lux éditeur, 2018). Professeur depuis 2012 à l’université de Victoria, au Canada, il rejoindra en septembre l’université de Newcastle, en Australie. Géographe radical, spécialiste de la pensée anarchiste et du Cambodge, Simon Springer se présente comme athée, végan, pacifiste, « straight edge » (sous-culture punk qui bannit la consommation de psychotropes) et « super-papa ». Cet activiste du quotidien revient pour Libération sur la nécessité d’une lutte à petits pas afin d’enrayer toute forme de domination.

    Qu’est-ce qu’est une géographie anarchiste ?

    Les systèmes de hiérarchie et de domination qui structurent nos vies découlent d’un apprentissage. Devenir anarchiste, c’est les désapprendre. J’ai trois enfants, qui détiennent de manière inhérente beaucoup de valeurs anarchistes. Ce sont mes plus grands professeurs. La géographie est un champ très vaste qui va de la géographie physique à la géographie humaine. Si vous revenez à Pierre Kropotkine et Elisée Reclus, aux sources de la géographie comme de l’anarchisme, il n’y a pas de séparation claire. Doreen Massey, une géographe radicale britannique, considère que la géographie raconte l’histoire, les histoires. Il s’agit de penser toutes les histoires collectées, pas uniquement d’un point de vue anthropocentrique. Cela inclut l’histoire des animaux, des plantes, et toutes les interconnexions qui font de la Terre ce qu’elle est.

    On ne conçoit pas l’espace de manière générale, mais de manières particulières, au pluriel. Doreen Massey considère que les lieux forment des constellations, comme un squelette des interconnexions que nous expérimentons. Cet ensemble de relations sociales, politiques et économiques est en évolution permanente. Il y a la grande histoire, et il y a le canevas des petites histoires. Rien n’est figé, accompli.
    En quoi l’anarchisme et ses idées permettent-ils de repenser notre rapport à l’espace et aux histoires des uns et des autres ?

    L’anarchisme est une manière d’être au monde, une question de liberté, d’émancipation. Dès lors qu’il y a une forme de hiérarchie, il y a un positionnement critique à avoir, et pas uniquement au sujet des relations que les humains ont entre eux. La pensée des Lumières a longtemps positionné l’homme au sommet de l’évolution des espèces. Chez Kropotkine et Reclus, dès le XIXe siècle, il s’agit de lui redonner une juste place : non pas supérieur, mais simplement existant aux côtés des autres espèces vivantes. Kropotkine pensait la mutualisation, la collaboration et la réciprocité à l’échelle de l’évolution entière. Afin de s’opposer au darwinisme, interprété comme une nécessaire compétition et la suprématie d’une espèce sur une autre, il souligne qu’un autre pan de la pensée de Darwin met en avant l’interdépendance des êtres vivants. Le processus d’évolution est lié à cela : certaines espèces survivent uniquement en vertu des liens qu’elles ont avec d’autres. Cette perspective permet de réimaginer la notion de survie, en réorientant la lecture de Darwin de la seule compétition à la coopération. L’anarchisme est aussi une question d’association volontaire et d’action directe. La première relève du choix, du libre arbitre, la seconde en découle : nous n’avons pas besoin d’attendre que des leaders élus, qu’une avant-garde, que quelqu’un d’autre nous autorise à repenser nos vies si nous avons envie de le faire. Selon Doreen Massey, il s’agit d’influer sur l’histoire, sur les histoires, pour qu’elles correspondent plus à nos désirs, nos intérêts et nos besoins.
    En quoi cette pensée peut-elle être actuelle ?

    Oppression raciale, violence d’Etat, violence capitalistique : les formes de violence dues aux hiérarchies se multiplient et se perpétuent aujourd’hui. L’anarchisme est beaucoup plus large que le proudhonisme originel. Il ne s’agit pas seulement d’une remise en cause de l’Etat, de la propriété, mais de toutes les formes de domination, en terme de genres, de sexualités, de races, d’espèces. L’anarchisme doit contribuer à forger une autre forme d’imagination, plus large, à mettre en avant les connexions entre les êtres plutôt que de leur assigner des étiquettes.
    Vous avez écrit un pamphlet intitulé « Fuck neoliberalism » (1), littéralement, « emmerdons le néolibéralisme »…

    A un moment donné, il faut juste dire « fuck it ! » [« merde ! », ndlr]. Car on a beau étudier dans le détail le fait que le marché avantage certains et en désavantage d’autres, un grand nombre de gens continueront de ne pas se sentir concernés. Donc il faut dire stop et s’atteler à renverser la tendance. Le capitalisme est fondé sur la domination, sa fonction première est de produire des inégalités. Dans ce système, certains réussissent, les autres restent derrière. En tant qu’universitaires, combien d’articles devrons-nous encore écrire pour dénoncer ses méfaits à tel endroit ou sur telle population ?

    C’est une provocation pour attirer l’attention sur le problème plutôt que de continuer à tourner autour. C’est le texte le plus lu de ma carrière. Il porte un message profondément anarchiste. Or, la réponse à cet article a été massivement positive dans le monde universitaire. Peut-être car le terme d’« anarchisme » n’apparaît jamais. La plupart des gens qui ont intégré des principes anarchistes à leur vie quotidienne ne l’identifient pas nécessairement comme tel. La coopération, la réciprocité, l’aide mutuelle, tout le monde les pratique chaque jour avec ses amis, sa famille. Lancer un jardin partagé, rester critique face à ses professeurs, interroger l’individualisme qui va de pair avec le néolibéralisme, cela fait partie d’une forme d’éthique de la vie en communauté. Nous sommes tous coupables - moi compris - de perpétuer le système. L’un des piliers du néolibéralisme est cette volonté de se focaliser sur l’individu, qui entraîne une forme de darwinisme social, les « tous contre tous », « chacun pour soi ».
    Vous évoquez un activisme de la vie quotidienne. Quel est-il ?

    L’activisme ne se résume pas à être en tête de cortège, prêt à en découdre avec la police. Il passe par des gestes très quotidiens, ce peut être de proposer à vos voisins de s’occuper de leurs enfants un après-midi. A Victoria, il existe un groupe de « mamies radicales » qui tricotent des vêtements pour les sans-abri. Mieux connaître ses voisins, aider quelqu’un à traverser la route, lever les yeux de nos téléphones ou débrancher notre lecteur de musique et avoir une conversation avec les gens dans le bus ou dans la rue : ces choses très simples font peser la balance dans l’autre sens, permettent de court-circuiter l’individualisme exacerbé produit par le néolibéralisme. Si vous vous sentez de manifester contre le G20, très bien, mais il faut également agir au quotidien, de manière collective.

    Une des meilleures façons de faire changer les gens d’avis sur les migrants est de leur faire rencontrer une famille syrienne, d’engager un échange. Frôler leur situation peut être le moyen de réhumaniser les réfugiés. Cela implique d’avoir un espace pour enclencher cette conversation, un lieu inclusif, libre des discours haineux. En s’opposant au nationalisme, l’anarchisme encourage le fait de penser le « non-nationalisme », de regarder au-delà des réactions épidermiques, d’élargir le cercle de nos préoccupations et notre capacité à prendre soin de l’autre, à se préoccuper de l’humanité entière.
    Cet ethos permet-il de lutter contre la violence institutionnelle ?

    Je me considère pacifiste, mais ça ne veut pas dire que les gens ne devraient pas s’opposer, lutter, pratiquer l’autodéfense. Pour moi, l’anarchisme est fondamentalement non-violent - un certain nombre d’anarchistes ne sont pas d’accord avec cela. Un système de règles et de coercition est intrinsèquement violent. L’Etat revendique le monopole de cette violence. Quand des groupes d’activistes, d’anarchistes ou n’importe qui s’opposent à l’Etat, c’est un abus de langage d’appeler cela de la violence. C’est un moyen pour l’autorité de discréditer la dissidence. Si l’Etat revendique le monopole de la violence, acceptons-le en ces termes. La violence est répugnante, vous en voulez le monopole ? Vous pouvez l’avoir. Mais alors n’appelez pas « violence » notre réponse. Le but d’un anarchiste, d’un activiste, ce n’est pas la domination, la coercition, mais la préservation de son intégrité, la création d’une société meilleure, de plus de liberté. L’autodéfense n’est pas de la violence.
    D’une certaine façon, un Black Bloc ne serait pas violent, selon vous ?

    Chaque Black Bloc, dans un contexte donné, peut être motivé par de nombreuses raisons. Mais de manière générale, je ne crois pas que son objectif soit la violence. La première raison pour laquelle le Black Bloc dissimule son visage, c’est parce qu’il ne s’agit pas d’intérêts individuels, mais d’un mouvement collectif. La majorité des médias parle du Black Bloc uniquement en terme de « violence », or c’est d’abord une forme de résistance, d’autodéfense, non pas uniquement pour les individus qui forment à un moment le Black Bloc, mais une autodéfense de la communauté et de la planète sur laquelle nous vivons. Qu’est-ce que va changer, pour une banque, une vitrine brisée, très vite remplacée ? Condamner la violence des Black Blocs, ça permet d’occulter la violence de la police, vouée à la domination, la coercition, la suppression de la liberté de certains individus dans le seul but de préserver la propriété d’une minorité puissante.

    (1) « Fuck le néolibéralisme », revue Acme, 2016, en libre accès sous Creative Commons sur www.acme-journal.org

    https://www.liberation.fr/debats/2018/08/20/simon-springer-a-un-moment-donne-il-faut-juste-dire-fuck-au-neoliberalism

    #géographie_anarchiste #hiérarchie #domination #histoire #histoires #espace #liberté #émancipation #mutualisation #réciprocité #collaboration #darwinisme #compétition #interdépendance #survie #association_volontaire #action_directe #choix #libre_arbitre #violence #imagination #fuck #fuck_it #capitalisme #domination #aide_mutuelle #individualisme #darwinisme_social #chacun_pour_soi #tous_contre_tous #activisme #résistance #non-nationalisme #nationalisme #pacifisme #autodéfense #non-violence #dissidence #monopole_de_la_violence #coercition #Black_Bloc #violence_institutionnelle

    • Pour une géographie anarchiste

      Grâce aux ouvrages de David Harvey, Mike Davis ou même Henri Lefebvre, on connaît aujourd’hui la géographie radicale ou critique née dans le contexte des luttes politiques des années 1960 aux États-Unis et qui a, comme le disait Harvey, donné à Marx « la dimension spatiale qui lui manquait ». Dans ce livre, Simon Springer enjoint aux géographes critiques de se radicaliser davantage et appelle à la création d’une géographie insurrectionnelle qui reconnaisse l’aspect kaléidoscopique des espaces et son potentiel émancipateur, révélé à la fin du XIXe siècle par Élisée Reclus et Pierre Kropotkine, notamment.

      L’histoire de l’humanité est une longue suite d’expériences dans et avec l’espace ; or aujourd’hui, la stase qui est imposée à ces mouvements vitaux, principalement par les frontières, menace notre survie. Face au désastre climatique et humain qui nous guette, il est indispensable de revoir les relations que nous entretenons avec le monde et une géographie rebelle comme celle que défend Springer nous libérerait du carcan de l’attentisme. Il faut se défaire une bonne fois pour toutes des géographies hiérarchiques qui nous enchaînent à l’étatisme, au capitalisme, à la discrimination et à l’impérialisme. « La géographie doit devenir belle, se vouer entièrement à l’émancipation. »

      https://luxediteur.com/catalogue/pour-une-geographie-anarchiste

      #livre

  • Des paysages et des visages, le voyage intellectuel de #Felwine_Sarr

    Felwine Sarr nous invite, dans "La saveur des derniers mètres", à partager ses voyages à travers le monde, mais aussi un cheminement intellectuel, celui d’un homme qui veut repenser notre manière d’#habiter_le_monde et redéfinir la relation entre l’Afrique et les autres continents.

    L’économiste sénégalais Felwine Sarr est l’un des intellectuels importants du continent Africain. Ecrivain et professeur d’économie, il est également musicien. Deux de ses livres ont notamment fait date : Afrotopia (2016) et Habiter le monde (2017). Avec Achille Mbembé, il est le fondateur des Ateliers de la pensée de Dakar. Chaque année, des intellectuels et artistes s’y rencontrent lors d’un festival des idées transdisciplinaire pour “repenser les devenirs africains” à travers des concepts adaptés aux réalités contemporaines.

    La littérature, les arts, la production d’imaginaires et de sens demeurent de formidables boussoles pour l’humanité. Nous sommes dans une crise de l’imaginaire, nous n’arrivons pas à déboucher les horizons. (Felwine Sarr)

    L’utopie nous dit qu’on peut féconder le réel, faire en sorte qu’il y ait un surcroit de réel. (...) Le premier travail est d’imaginer qu’ "il est possible de..." (...) Il faut reprendre le chantier qui consiste à dire qu’il existe des horizons souhaitables, qu’il faut les penser, les imaginer, et travailler pour les faire advenir. (Felwine Sarr)

    Felwine Sarr a été, avec l’historienne de l’art Bénédicte Savoy, chargé de rédiger un rapport sur la restitution des œuvres d’art africaines spoliées lors de la colonisation, remis à Emmanuel Macron en novembre 2018.

    Nous devons reprendre notre élan notamment en reconstruisant un rapport à notre patrimoine, à notre histoire. (Felwine Sarr)

    Son livre La saveur des derniers mètres (éditions Philippe Rey) est une invitation au voyage intellectuel et physique, le voyage des idées et des hommes, un plaidoyer presque, pour l’importance des rencontres et du dialogue avec l’autre. La confrontation avec des ailleurs (Mexico, Mantoue, Le Caire, Istanbul, Port-au-Prince, Cassis, Kampala, Douala), mais aussi le retour chez soi, l’île de Niodior, sa terre natale, son point d’ancrage, sa matrice. Imaginaire en voyage et voyage des imaginaires.

    Goûter à la saveur du monde est un droit qui doit être équitablement réparti. Il faut considérer la mobilité comme un droit fondamental. (Felwine Sarr)

    Un récit entre le carnet de voyage, les notes de l’économiste, les réflexions anthropologiques et les évasions poétiques. Une plongée intime dans des transports de la pensée et du coeur.

    Voyager permet d’avoir un regard en biais, en relief, à la fois en dedans et en dehors. (Felwine Sarr)

    Appartenir à une île, c’est devoir la quitter. (Felwine Sarr)

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/des-paysages-et-des-visages-le-voyage-intellectuel-de-felwine-sarr

    Lecture d’un texte de #Tanella_Boni :

    « Y aurait-il, depuis toujours, des peuples et des individus qui auraient droit à l’#aventure, suivraient leurs désirs de se déplacer en bravant toute sorte d’obstacles, et d’autres qui n’en auraient pas le droit. #Nous_sommes_tous_des_migrants et tout migrant a des #rêves et des #désirs. Certes, les lois doivent être respectées et les passages aux frontières autorisés, on ne part pas comme ça à l’aventure, dit-on. Comme ça, sur un coup de tête. Ou par pur #plaisir. Mais qui donc part aujourd’hui par pur plaisir sur les routes inhospitalières de nulle part. Dans certains pays où le mal-être des individus est palpable, chacun pourrait habiter quelque part, il y aurait moins de migration illégale. Je rêve, tandis que l’on continue de mesurer le seuil de pauvreté dans le monde. De nombreux pays africains vivent en dessous de ce seuil. Tout compte fait, est-ce que je sais de quoi habiter est le nom ? »

    –-> à l’occasion du festival Banquet d’été 2020

    #faire_monde #restitution #pillage #art #Afrique #colonialisme #imagination #imaginaire #utopie #futur #téléologie_inversée #covid-19 #coronavirus #rêves_collectifs #ouvrir_les_futurs #frontières #habiter #mobilité #migrations #liberté_de_mouvement #citoyenneté #liberté_de_circulation #inégalités #décolonialité #décolonial #décolonisation

    –—

    Il parle notamment des #ateliers_de_la_pensée (#Dakar) qu’il a co-fondés avec #Achille_Membé
    https://lesateliersdelapensee.wordpress.com

    ping @karine4 @isskein

  • « #Covid_19 / Le monde de demain - Se libérer de l’imaginaire capitaliste ? » - Isabelle Stengers, entretien filmé à Bruxelles en juin 2020
    https://www.youtube.com/watch?v=WTHVqvH2Bvg

    #Isabelle_Stengers, philosophe des #sciences, nous explique comment l’imaginaire capitaliste met en danger les sciences, la démocratie et l’environnement.

    " On nous force à penser contre la réalité, ce n’est plus une démocratie (...) On a vu une indifférence à tout ce qui n’était pas maintien de l’ordre public au fond. Et l’ordre public on a su qu’il allait être dévasté si les services, si tout le système sanitaire était débordé. Donc les vulnérables c’était avant tout ceux qui menaçaient de fabriquer ce scandale qui est le système sanitaire, fierté d’un pays développé, qui craque. Le reste ce sont des conséquences. " (...)

    Quand on mobilise « la science » pour se substituer à un processus de pensée collectif, avec les gens, on perd les trois-quart de l’intelligence et on le remplace par une bonne dose de bêtise, de satisfaction et de faire semblant.(...)

    Il y a des semi-vérités qui deviennent des non vérités parce qu’elles sont affirmées comme scientifiques. (...)

    La science était soumise en fait à la non décision politique. C’est un processus profondément vicieux et on peut perdre confiance. Et, ce qu’il y a de grave, c’est qu’on peut perdre confiance en des sciences qui pourraient avoir quelque chose à nous dire, qui pourraient être intéressantes. Mais quand on traite les gens comme des idiots et qu’on leur demande d’avoir confiance dans ce qui n’est pas fiable et bien on se retrouve devant des sceptiques généraux, et ça c’est une catastrophe culturelle (...)

    Les virus sont des machines à inventer, je parle de machines et pas de vivant parce que sont des machines dont la seule raison d’être c’est de rencontrer un hôte qui l’accueille, qui lui donne l’hospitalité. Parfois au détriment de cet hôte, mais c’est pas ça le projet du virus. Le virus ne devient avant que si il rencontre un hôte et donc, il mute à toute vitesse, il innove dans tout les sens pour maximiser ses chances (...) on peut dire que c’est un exilé de la vie qui essaie de trouver une terre d’accueil, et parfois ça se passe bien, beaucoup de choses que nous sommes en tant que mammifères nous le devons à des #virus (...) "

    #philosophie #vidéo #imaginaire_capitaliste #imagination #pandémie #crise_sanitaire #panique #confinement #entraide #solidarité #scepticisme #chômeurs #climat #réchauffement_climatique #droits_sociaux

  • Free Black University
    https://www.freeblackuni.com

    The Radical Black Imagination will transform the world.
    We are Afro-futurists, Black Feminists, Black Queer folk, Black Thinkers, Black Spiritualists, Black Academics, Black Artists, Black Activists, Black Healers, Black Philosophers, Black Writers, Black Creatives, and Black Visionaries.
    We believe that education is at the heart of transforming society as we know it. We are all taught a curriculum, and institutionalised in to a knowledge system, that tacitly holds - Black Lives do not matter. We exist to transform this and to hold a space for the creation of radical knowledge that pertains to our collective freedom and healing. We envision a world in which we no longer have to fight and we aim to help produce the conditions for that world to remain.

    #éducation #transformation #racisme #Noir #faire_monde #imagination