• Politiques publiques : passer de l’#IA… à la #dénumérisation

    L’intelligence artificielle et son monde est en train de prendre la main sur les #politiques_publiques, au risque de nous laisser sans échappatoire, alerte Dan McQuillan.

    L’IA prédictive comme générative semble offrir une multitude d’avantages à l’élaboration des politiques publiques : de l’analyse de données complexes à l’optimisation des ressources. Elle semble à la fois être capable d’apporter une vision globale et d’identifier les leviers permettant de la modifier. Recourir à l’IA signifie mettre en place des politiques conduites par les données, ce qui permet d’assurer une forme d’#objectivité, notamment quant il s’agit de rationner le #service_public

    Mais, cette production de solutions politiques semble oublier que l’IA est incapable de résoudre les #problèmes_structurels. Elle propose des #solutions_performatives qui obscurcissent et amplifient les problèmes, explique l’iconoclaste #Dan_MacQuillan dans un article pour la Joseph Rowntree Foundation, une association britannique de lutte contre la pauvreté, qui a initié une réflexion sur l’usage de l’IA pour le #bien_public. Dan McQuillan est maître de conférence au département d’informatique de l’université Goldsmiths de Londres. Il est l’auteur de Resisting AI, an anti-fascist approach to artificial intelligence (Résister à l’IA, une approche anti-fasciste de l’intelligence artificielle, Bristol University Press, 2022, non traduit) dont nous avions déjà parlé.

    McQuillan rappelle que l’IA, par principe, consiste à produire des #corrélations réductrices plutôt que des analyses causales. « La complexité de l’IA introduit une #opacité fondamentale dans le lien entre les #données_d’entrée et les #résultats, rendant impossible de déterminer précisément pourquoi elle a généré un résultat particulier, empêchant ainsi toute voie de recours. Ce phénomène est aggravé dans les applications concrètes, où les résultats apparemment fiables de l’IA peuvent devenir auto-réalisateurs. Un #algorithme d’apprentissage automatique qualifiant une famille de « difficile » peut ainsi créer une #boucle_de_rétroaction entre les membres de la famille et les #services_sociaux. De cette manière, l’IA imite des phénomènes sociologiques bien connus, tels que les #stéréotypes et la #stigmatisation, mais à grande échelle ». Ses inférences au final renforcent les #stratifications_sociales de la société comme pour les rendre acceptables.

    Or, rappelle le chercheur, « une bonne politique doit impérativement être ancrée dans la réalité ». C’est pourtant bien ce lien que rompent les calculs de l’IA, à l’image des #hallucinations. Celles-ci proviennent du fait que l’IA repose sur l’#imitation_du_langage plutôt que sa #compréhension. Le même principe s’applique à toutes les #prédictions ou #classifications que produit l’IA. « Que l’IA soit appliquée directement pour prédire la #fraude aux #aides_sociales ou simplement utilisée par un décideur politique pour « dialoguer » avec une multitude de documents politiques, elle dégrade la #fiabilité des résultats ».

    Des données probantes suggèrent déjà que l’imbrication des #algorithmes dans les solutions politiques conduit à une appréciation arbitraire de l’#injustice et de la #cruauté. Les #scandales abondent, de #Robodebt en Australie à l’affaire des allocations familiales aux Pays-Bas, qui auraient tous pu être évités en écoutant la voix des personnes concernées. Mais l’IA introduit une #injustice_épistémique, où la capacité des individus à connaître leur propre situation est dévaluée par rapport aux abstractions algorithmiques. Si l’IA, comme la #bureaucratie, est présentée comme une forme généralisée et orientée vers un objectif de processus rationnel, elle engendre en réalité de l’#inconscience : l’incapacité à critiquer les instructions, le manque de #réflexion sur les conséquences et l’adhésion à la croyance que l’ordre est correctement appliqué. Pire encore, l’IA dite générative offre la capacité supplémentaire de simuler une large consultation, que ce soit par « l’interprétation » hallucinatoire d’un grand nombre de soumissions publiques ou par la simulation littérale d’un public virtuel et prétendument plus diversifié en remplaçant des personnes réelles par des avatars d’#IA_générative. Une technique, qui, si elle a l’avantage de réduire les coûts, est dénoncée par des chercheurs comme contraire aux valeurs mêmes de l’enquête et de la recherche, rappelait Scientific American. « L’approche technocratique mise en œuvre par l’IA est à l’opposé d’un mécanisme réactif aux aléas de l’#expérience_vécue », explique McQuillan. « L’IA n’est jamais responsable, car elle n’est pas responsable ». Si l’on considère les attributs de l’IA dans leur ensemble, son application à l’élaboration des politiques publiques ou comme outil politique aggravera l’#injustice_sociale, prédit le chercheur. L’apport de l’IA à l’ordre social ne consiste pas à générer des arrangements de pouvoir alternatifs, mais à mettre en place des mécanismes de classification, de #hiérarchisation et d’#exclusion.

    Chaque signalement par l’IA d’un risque de #fraude, d’un classement d’une personne dans une catégorie, mobilise une vision du monde qui privilégie des #représentations_abstraites à la complexité des relations vécues, et ce dans l’intérêt des institutions et non des individus. « Imprégnées des injustices criantes du #statu_quo, les solutions de l’IA tendent inexorablement vers la #nécropolitique, c’est-à-dire vers des formes de prise de décision qui modifient la répartition des chances de vie par des désignations de disponibilité relative. Détourner massivement les individus des parcours éducatifs ou des prestations sociales dont ils ont besoin pour survivre, par exemple, constitue un #filtre_algorithmique pour déterminer qui est bienvenu dans la société et qui ne l’est pas ».

    Le problème, c’est que la pression sur les décideurs politiques à adopter l’IA est immense, non seulement parce que ses #biais viennent confirmer les leurs, mais plus encore du fait des engagements commerciaux et des promesses économiques que représente le développement de ce secteur. Et McQuillan de regretter que cette orientation nous éloigne de l’enjeu éthique qui devrait être au cœur des politiques publiques. La politique s’intéresse de moins en moins aux injustices structurelles de la société. « Un monde où l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques reposent sur l’IA est aussi un monde qui confère un #pouvoir considérable à la petite poignée d’entreprises capables de disposer de ces ressources ». Par essence, « l’adoption de l’IA constitue un engagement en faveur de l’#extractivisme et d’un transfert de contrôle à un niveau qui supplante toute politique réelle ».

    En fait, explique McQuillan, adopter l’IA dans l’élaboration des politiques publiques revient à soumettre les politiques à des agendas corporatifs et idéologiques plus vastes (à savoir se soumettre à ceux qui ont déjà décidé que l’avenir de la civilisation réside dans l’intelligence artificielle générale (IAG), ceux qui ont décidé que la meilleure réponse à la crise structurelle est de la masquer sous le battage médiatique de l’IA, et ceux qui ont conclu que le meilleur moyen de maintenir les revenus en période de récession mondiale est de remplacer les travailleurs réels par des émulations d’IA de mauvaise qualité). L’impact net de l’IA dans l’élaboration des politiques la rendrait plus précaire et favoriserait l’externalisation et la #privatisation sous couvert d’une #technologie surmédiatisée. Il s’agit d’une forme de « #stratégie_du_choc », où le sentiment d’urgence généré par une technologie prétendument transformatrice du monde est utilisé comme une opportunité pour l’#emprise des entreprises et pour transformer les systèmes sociaux dans des directions ouvertement autoritaires, sans réflexion ni débat démocratique.

    Pour Dan McQuillan, plutôt que de se demander comment l’IA va imprégner l’élaboration des politiques, il faudrait se concentrer sur des politiques publiques qui favorisent la dénumérisation. C’est-à-dire favoriser une stratégie sociotechnique de réduction de la #dépendance à l’échelle computationnelle, de participation maximale des communautés concernées et de reconnaissance accrue du fait que le raisonnement computationnel ne saurait se substituer aux questions politiques exigeant un jugement réfléchi et perspicace. L’IA, en tant qu’appareil de calcul, de concepts et d’investissements, est l’apothéose de la « vue d’en haut », l’abstraction désincarnée du savoir privilégié qui empoisonne déjà nombre de formes d’élaboration des politiques. Pour McQuillan, un pivot vers la « #décomputation » est une façon de réaffirmer la valeur des #connaissances_situées et du contexte sur le seul passage à l’échelle. Contrairement aux prédictions et simulations de l’IA, notre réalité commune est complexe et intriquée, et la théorie ne permet pas de prédire l’avenir. Cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas progresser vers des objectifs tels que la justice sociale et une transition juste, mais la dénumérisation suggère de les aborder de manière à la fois itérative et participative. Le véritable travail de restructuration réoriente l’attention des technologies toxiques vers le développement de techniques de #redistribution du #pouvoir_social, telles que les #conseils_populaires et les #assemblées_populaires. Bref, pour sortir de l’enfermement des politiques publiques de l’abstraction qu’impose l’IA, il faut prendre un virage contraire, suggère McQuillan. Un constat qui n’est pas si éloigné de celui que dresse le chercheur Arvind Narayanan quand il invite à limiter l’emprise du calcul sur le social, même s’il est exprimé ici d’une manière bien plus radicale.

    https://danslesalgorithmes.net/2025/10/07/politiques-publiques-passer-de-lia-a-la-denumerisation
    #intelligence_artificielle #AI

  • Dans les algorithmes | Politiques publiques : passer de l’IA... à la dénumérisation
    https://danslesalgorithmes.net/2025/10/07/politiques-publiques-passer-de-lia-a-la-denumerisation

    « La complexité de l’IA introduit une opacité fondamentale dans le lien entre les données d’entrée et les résultats, rendant impossible de déterminer précisément pourquoi elle a généré un résultat particulier, empêchant ainsi toute voie de recours. Ce phénomène est aggravé dans les applications concrètes, où les résultats apparemment fiables de l’IA peuvent devenir auto-réalisateurs. Un algorithme d’apprentissage automatique qualifiant une famille de « difficile » peut ainsi créer une boucle de rétroaction entre les membres de la famille et les services sociaux. De cette manière, l’IA imite des phénomènes sociologiques bien connus, tels que les stéréotypes et la #stigmatisation, mais à grande échelle »

    -- (...)

    #intelligenceartificielle #automatisation #imitation #fiabilité #simplification #prédiction #corrélation #causalité #politique #justice #droit #éthique #rationalité #solutionnisme #gouvernementalité #algorithmique #gouvernancealgorithmique #bestof

  • Public #policymaking: from AI to decomputing | Joseph Rowntree Foundation
    https://www.jrf.org.uk/ai-for-public-good/public-policymaking-from-ai-to-decomputing

    AI, whether in the form of plain old neural networks or Large Language Models like ChatGPT, learns its patterns from the world as it is. While these #algorithms can find a path between messy input data and desired outcomes, the underlying mechanism is one of reductive #correlation not causal analysis; there’s nothing based on how things happen, just that certain patterns seem to reoccur. AI’s complexity introduces a fundamental opacity to the link between input and output, making it impossible to be sure exactly why it generated a particular result, removing any route to due process. This is compounded in real-world applications, where AI’s apparently authoritative outputs can become self-fulfilling, a machine learning algorithm labelling a family as ‘troubled’ can set up a feedback loop of (...)

    #imitation #reliability #simplification #prediction #stigmatization #causality #politics #justice #law #ethics #rationality #solutionism #technosolutionism #bestof

  • « L’intelligence artificielle fait bouger la frontière entre humain et non humain » (Alexei Grinbaum, 2022)
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2022/08/23/l-intelligence-artificielle-fait-bouger-la-frontiere-entre-humain-et-non-hum

    Il y a dix ans, on aurait considéré la génération de texte par LaMDA ou autres comme des résultats incroyables. Turing, lui, aurait appelé cela « intelligence », mais pas nous. Tout dépend des critères de temps et de vocabulaire, notamment. Sur un temps court, beaucoup de systèmes passent le test avec succès. Mais sur une heure, aucune IA ne trompe parfaitement un être humain. Pareil sur les thèmes de conversation : avec un nombre de sujets limité, on y arrive. La question n’est pas celle d’une compétition, mais d’imitation mutuelle. Même si l’utilisateur sait qu’il parle avec une machine, il va l’imiter. Et il va faire siens certains de ses tics, de ses manières de s’exprimer, qui à l’origine n’étaient pas humaines.

    (...) Il n’est plus besoin d’aller consulter l’oracle de Delphes, ou d’appeler un magicien. Générer du langage non humain est devenu simple et accessible à tous. Or le langage est constitutif de l’identité de l’être humain et de sa vie en société. On est en train de modifier et la condition humaine et la société.

    https://archive.ph/2pee1

    edit déjà abordé
    https://seenthis.net/messages/985140
    https://seenthis.net/messages/965762
    https://seenthis.net/messages/963932

    Mais c’était avant la diffusion de ChatGPT aux âges scolaires... Et les fausses questions sur l’intelligence voire la sensibilité des IA nous reviennent en boomerang.

    #IA #imitation #apprentissage #langage

  • Le robot, copier-coller imparfait ? : épisode 3/4 du podcast L’imitation sans contrefaçon
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avec-philosophie/le-robot-copier-coller-imparfait-7636246

    L’imitation est une première étape, mais elle ne suffit pas. L’intelligence implique la création puis l’ajustement d’un modèle mental sous-jacent, lequel est circonstancié à notre expérience subjective et notamment à notre corporéité que, par ailleurs, elle mobilise.

    -- Permalink

    #intelligenceartificielle #robots #imitation #mimétisme #connaissance #apprentissage #modèlemental #mentalmodels #conscience #incarnation #deepfakes #cognition #ACS #naccache #bestof

  • Voix sans issue ? Amazon officialise une narration audio par l’IA
    https://actualitte.com/article/119155/audiolivres/voix-sans-issue-amazon-officialise-une-narration-audio-par-l-ia

    La proposition d’Amazon aux narrateurs et narratrices sent tellement l’arnaque, comme toutes les propositions d’Amazon (ce que Cory Doctorow appelle « emmerdification »).

    L’amélioration des outils de synthèse vocale, grâce aux possibilités de l’intelligence artificielle, suscite l’intérêt de plusieurs acteurs du livre audio. Amazon et sa filiale Audible en tête : après le développement d’une solution à destination des auteurs autopubliés, la multinationale inaugure une offre dirigée vers les narrateurs eux-mêmes. Elle propose aux professionnels de « cloner » leurs voix, pour en faire des outils de l’IA, moyennant rémunération.

    Publié le :

    11/09/2024 à 11:08

    Antoine Oury

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    Amazon et Audible exploitent plus franchement les possibilités des technologies basées sur l’intelligence artificielle, avec l’ouverture d’un nouveau programme adressée aux narrateurs et narratrices professionnels. Sur le territoire américain uniquement, la firme leur propose de « cloner » leurs voix, pour que ces dernières soient ensuite utilisées à des fins de génération de livres audio.

    Autrement dit, les professionnels de la voix intéressés participeront à l’entrainement de l’intelligence artificielle d’Audible, qui prendra alors le relais, en reproduisant timbre, intonations et rythmes de lecture sur toute une variété de textes.

    En guise de compensation, lorsque la voix reproduite par l’IA sera utilisée pour lire un texte, le propriétaire de celle-ci sera rémunéré en recevant une part des revenus générés — Amazon n’a pas encore détaillé le pourcentage reversé.
    Une phase de test

    Dévoilée sur le blog d’ACX - pour Audiobook Creation Exchange, la place de marché d’Amazon pour la création de livres audio -, l’opération reste pour l’instant très fermée, et réservée à un petit nombre de narrateurs professionnels.

    Grâce à ce programme, « les participants peuvent développer leurs capacités de production de livres audio de haute qualité, générer de nouvelles activités en acceptant plus de projets simultanément et augmenter leurs revenus », promet la multinationale. D’après la publication, les narrateurs participants, même une fois leur voix « clonée » par l’IA, conserveront un contrôle sur les textes qu’ils « liront » de manière artificielle.

    À LIRE - En région PACA, l’IA observée sous toutes les coutures

    Par ailleurs, les narrateurs seront amenés, en utilisant les outils à disposition fournis par ACX, à contrôler la qualité de la lecture par l’IA, voire à corriger les erreurs éventuellement commises par cette dernière. La reproduction de leur voix par l’intelligence artificielle sera totalement gratuite pour les narrateurs intéressés, souligne Amazon.
    Diversifier le catalogue

    ACX travaille de longue date avec des narrateurs et narratrices professionnels, qu’il met en lien avec des auteurs, des éditeurs et des producteurs désireux de créer et commercialiser des livres audio. Cette accélération de la production, avec l’aide de l’intelligence artificielle, présente l’opportunité pour la firme d’étendre un peu plus son catalogue de titres disponibles.

    À LIRE - Amazon révèle une synthèse vocale “de pointe” avec BASE TTS

    Face à la concurrence de Spotify et d’autres acteurs du marché, Amazon entend accomplir pour le livre audio ce qu’elle a réalisé pour l’autopublication : devenir une plateforme incontournable, en proposant le plus grand nombre de références.

    Les auteurs autoédités ont déjà la possibilité de générer un livre audio à l’aide de l’intelligence artificielle, en s’appuyant sur la synthèse vocale — une voix totalement générée, qui ne s’inspire pas forcément d’une voix existante, donc. En mai dernier, Amazon avançait le chiffre de 40.000 livres audio générés automatiquement via ce programme. Des titres qui, produits avec les outils d’Amazon, resteront commercialisés par la firme avant tout...

    Photographie : illustration, murdelta, CC BY 2.0

    #Amazon #Livre_audio #Emmerdification #Voix_clonée

  • Malices musicologiques
    https://laviedesidees.fr/Malices-musicologiques

    David Christoffel, musicologue, poète et compositeur, s’intéresse aux musiques situées à la marge, ignorées, négligées ou méprisées, et leur offre une chance de réhabilitation, d’où une remise en question de l’idéologie du chef-d’œuvre, indissociable du culte de la #musique classique.

    #Arts #imitation

  • Company that used AI to revive voice of deceased Cyberpunk 2077 actor says it took “ethical” approach
    https://www.axios.com/2023/10/19/cyberpunk-2077-ai-voice-acting

    Driving the news: Respeecher’s work for Cyberpunk 2077 re-creates the voice of actor Miłogost “Miłek” Reczek, who performed the Polish voiceover for supporting character Viktor Vektor in the 2020 video game. Reczek died in 2021 prior to the recording of voice work for 2077’s expansion, released last month.

    #jeux_vidéo #jeu_vidéo #jeu_vidéo_cyberpunk_2077 #ia #intelligence_artificielle #synthèse #audio #voix #doublage #imitation #décès

  • Prendre modèle
    https://laviedesidees.fr/Prendre-modele.html

    À propos de : Nassim El Kabli, Soi-même comme un autre, Figures d’exemplarité, figures d’exemple, Éditions Mimésis. Nous nous construisons par les modèles que nous nous choisissons ou par ceux que la société ne cesse de produire. Le livre de Nassim El Kabli déplie toutes les dimensions de ce rapport à l’autre par lequel le soi, si singulier, advient.

    #Philosophie #Aristote #imitation #philosophie_morale

    • propre lien:

      https://www.heise.de/tp/features/Querschlaeger-Querdenker-Querfront-6342176.html

      [...]

      Norbert Wohlfahrt: In der Tat sprechen die Neurechten davon, Marx, Lenin, Gramsci und Luxemburg für ihre Überlegungen nutzen zu wollen und sie für das, was sie Metapolitik nennen, einzuspannen.

      In meinem Buch zeige ich an verschiedenen Beispielen, dass die Neurechten sich bei den linken Theoretikern Versatzstücke herausgreifen, von denen sie meinen, dass sie damit ihre Sehnsucht nach einer wirklichen, nicht durch wirtschaftliche Einflüsse verschmutzten Volksgemeinschaft unterfüttern können.

      Aus der Kritik von Marx an einer Nutzung der Arbeitskraft im Kapitalismus, die diese ausschließlich am Maßstab der Rentabilität misst, wird bei den Neurechten ein die Gemeinschaftlichkeit des Zusammenwirkens von Kapital und Arbeit störender Prozess sinnloser Arbeitsverausgabung.

      Wenn Rosa Luxemburg den Parlamentarismus der Sozialdemokratie kritisiert, weil sie die Arbeiterbewegung nicht auf ihre repräsentative Vertretung festgelegt wissen will, dann machen die Neurechten daraus – kurioserweise – ein Plädoyer für die Ergänzung der AfD durch Querdenker und Pegida.

      Der Bezug auf linke Theoretiker ist an deren theoretischen Resultaten vollkommen desinteressiert, sie interessieren nur als Bezugspunkte für einen antikapitalistischen Gestus, mit dem die Neurechten ihre Kritik an einer liberalen Entartung und individualistischen Verseuchung der Volksgemeinschaft unterfüttern wollen.

      [...]

      #droite #socialisme #théorie #imitation #décalque

  • Watching the greatest – Forthright Magazine
    http://forthright.net/2019/03/19/watching-the-greatest
    https://i1.wp.com/forthright.net/wp-content/uploads/2019/03/basketball-greatest.jpg?fit=1067%2C696

    Who is the greatest you have ever seen? There is something special, something almost poetic in watching the greatest perform. Seen in person, a Michael Jordan fadeaway, a Messi shot on goal, a Jack Nicklaus approach shot, a Federer down-the-line running forehand, or a Willie Mayes moonshot would leave an indelible memory.

    #example #imitation

  • En matière de privatisation du transport ferroviaire, l’Allemagne a une bonne longueur d’avance sur la France.

    https://www.lunapark21.net/in-frankreich-wird-um-die-bahn-fuer-alle-gekaempft/#more-3487
    En France, on se bat pour « le train pour tout le monde »
    23 mai 2018, Sabine Leidig

    Ce qui a été mené à bout en Allemagne se heurte en France à une vague massive de grèves et de protestations : l’offensive contre le chemin de fer public écologique.

    Traduction résumée :
    An Allemagne, le statut de fonctionnaire a été supprimé pour les nouvelles embauches en 1994. Conséquence : les nouveaux salaires et retraites sont sensiblement plus bas. Comme en France, on a alors jeté l’opprobre sur les anciens cheminots « privilégiés ». Mais, les chiffres qui circulent sur l’âge du départ à la retraite et les salaires sont généralement faux.
    Aujourd’hui presque la moitié du chiffre d’affaire de la Deutsche Bahn est généré par des activités hors d’Allemagne. La France suit la même direction, avec des filiales dans deux douzaines de pays. Les milliards de subventions publiques se voient ainsi fourvoyés dans des opérations étrangères à risque.
    Depuis la réforme, l’étendu du réseau allemand a été réduit de 19%. En France, il le sera de 26%.
    Dans les deux pays, la libéralisation du transport en autocar fait que les bus à grande distance captent les clients des chemins de fer (d’ailleurs par la SNCF elle-même).
    La volonté politique affichée d’une protection du climat se voit contredite dans les faits : le réseau routier et les aéroports se développent. Les prix du train flambent : voyager en auto, en bus, en avion est, en comparaison, de moins en moins cher.
    Mais, en Allemagne, il n’y a eu que trois mouvements de protestation : entre 2005 et 2008 contre la cotation en bourse de la DB, contre la suppression des trains de nuit, contre le projet Stuttgart 21 [projet très controversé de restructuration de la gare de Stuttgart qui devrait coûter près de 10 milliards d’euros, contre les 2,5 prévus initialement en 1995…].
    En France, par contre, la grève s’est organisée, même si le cheminots grévistes y perdent leur salaire [voir la cagnotte de solidarité : https://www.lemonde.fr/entreprises/article/2018/04/04/sncf-une-cagnotte-de-soutien-aux-grevistes-depasse-190-000-euros_5280597_165.

    [Faut-il se contenter d’obtenir des ménagements, comme le chantait Boris Vian ? https://www.youtube.com/watch?v=vpW_eBJKw74

    (avec un clin d’œil féministe)].

    #SNCF #casse_services_publics #Deutsche_Bahn

  • [1802.06006] Neural Voice Cloning with a Few Samples
    https://arxiv.org/abs/1802.06006

    Voice cloning is a highly desired feature for personalized speech interfaces. Neural network based speech synthesis has been shown to generate high quality speech for a large number of speakers. In this paper, we introduce a neural voice cloning system that takes a few audio samples as input. We study two approaches: speaker adaptation and speaker encoding. Speaker adaptation is based on fine-tuning a multi-speaker generative model with a few cloning samples. Speaker encoding is based on training a separate model to directly infer a new speaker embedding from cloning audios and to be used with a multi-speaker generative model. In terms of naturalness of the speech and its similarity to original speaker, both approaches can achieve good performance, even with very few cloning audios. While speaker adaptation can achieve better naturalness and similarity, the cloning time or required memory for the speaker encoding approach is significantly less, making it favorable for low-resource deployment.

    #Intelligence_artificielle #Voix #Imitation #Post_truth

  • Emmanuel Macron annonce une loi anti « fake news »… avec Vladimir Poutine en ligne de mire
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/14369-emmanuel-macron-annonce-une-loi-anti-fake-news-avec-vladimir-poutin

    Le vernis de notre démocratie ploutocratie est en train de se fissurer....

    Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi 3 janvier le dépôt prochain d’un projet de loi visant à lutter contre la diffusion de "fausses nouvelles" malveillantes. En pensant très fort à Poutine et aux médias en version française du gouvernement russe, Sputnik et Russia Today.

    Avec Emmanuel Macron, les annonces arrivent parfois quand on ne les attend pas. Alors qu’il s’en était tenu à des généralités pendant ses vœux aux Français, le président de la République a profité de ses vœux à la presse, ce mercredi 3 janvier, pour présenter une future loi anti « fake news ». Tel que le chef de l’Etat a présenté ce projet « prochainement déposé », il s’apparente à un signal envoyé directement au président russe Vladimir Poutine. (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises

  • René Girard, le philosophe chrétiens auteur de la théorie du bouc émissaire est mort.

    Sa théorie était une proposition d’explication d’origine de la culture (qui tout le monde l’admet, est aussi une explication du christianisme), partant de l’idée qu’une victime innocente est « choisie » (à travers divers stratagème, mais pensez juste a ce qui se passe dans une partie du jeu de carte ’loup garou’) puis sacrifié (symboliquement ou non), et que c’est sur cette base, que se fonderai ensuite une culture.

    Le livre le plus accessible pour aborder sa pensée est probablement le recueil d’entretiens « les origines de la culture ».

    • lien avec #guerre_aux_pauvres, boucs émissaires modernes qualifiés de surnuméraires, qui viennent de se bouffer la réforme #apl dans l’indifférence générale du monde militant.
      EDIT

      partout et toujours, lorsque les hommes ne peuvent pas ou n’osent pas s’en prendre à l’objet qui motive leur colère, ils se cherchent inconsciemment des substituts, et le plus souvent ils en trouvent

      l’#invisibilisation est une forme de violence aussi, une des pires car elle se fait sans bruit, en négatif.

    • Le #désir, c’est le mal. Péché de luxure, péché d’envie, de lucre, partout, partout, et joie nulle part, sauf celle de dominer, ne serait-ce que imaginairement. Et tout continue jusqu’au jugement dernier.

      À cette omni-explicative théorie de et par la rivalité #mimétique, on pourra préférer les recherches, qui ont considéré l’#imitation comme processus créateur

      De ce fait, le collectif comme réalité structurée ne saurait être compris comme une entité subsistante, et son existence se confond avec le processus de structuration des parts de nature préindividuelle qui portent la vie affective des sujets. Mais la vie intime ne peut pas se révéler d’emblée commune sans que le collectif y gagne une dimension moléculaire. Et le transindividuel ne nomme en somme que cela : une zone impersonnelle des sujets qui est simultanément une dimension moléculaire ou intime du collectif même.

      Cette tentative pour penser la constitution du collectif à un niveau moléculaire, c’est-à-dire aussi bien infra-individuel qu’infra-social, rapproche #Simondon de #Tarde, qui désubstantialise pour sa part l’approche des phénomènes sociaux en les décrivant comme des #processus_d’imitation. Car ce que l’on imite, selon Tarde, ce ne sont jamais les individus, mais des flux qui traversent les individus, et qui sont toujours de croyance et de désir. De ce point de vue, même l’invention relève de l’imitation de flux qui se trouvent conjoints d’une manière nouvelle dans l’inventeur (et pas, à proprement parler, par lui, comme s’il en était l’auteur). On peut donc dire qu’une invention est toujours « un croisement heureux, dans un cerveau intelligent, d’un courant d’imitation, soit avec un autre courant d’imitation qui le renforce, soit avec une perception extérieure intense, qui fait paraître sous un jour imprévu une idée reçue » . D’où l’importance qu’accorde Tarde aux phénomènes de « suggestion à distance » et de « contagion » , qui définissent selon lui le mode sur lequel des esprits peuvent s’influencer à distance du seul fait d’avoir connaissance de l’existence d’autres esprits simultanément en contact avec les mêmes idées (comme c’est le cas, exemplairement, du public des lecteurs d’un même journal, et plus encore aujourd’hui du public des spectateurs de la télévision). On trouve chez Simondon un intérêt voisin pour les phénomènes de propagation affective par lesquels s’accomplissent, au sein du champ social considéré comme un champ métastable, des prises de forme imprévisibles, telle la propagation de la Grande Peur, susceptible à ses yeux d’être expliquée par une « théorie énergétique de la prise de forme dans un champ métastable » (IPC, note 18 p. 69).

      La théorie de l’#invention chez Tarde, aussi bien que la description simondonienne du champ social comme champ en tension où adviennent des prises de forme, proposent de concevoir l’émergence de nouveauté dans la société sans recourir à la figure de l’homme d’exception, génie politique capable de « donner forme » à la vie sociale. En effet, d’une manière proche de celle par laquelle l’invention naît chez Tarde de la conjonction de flux d’imitation et d’une série de petites différences qui finissent par produire de la nouveauté, on voit s’esquisser chez Simondon une énergétique sociale telle que « le hasard peut produire l’équivalent du #germe_structural » qui amorce une #transformation_du_champ_social. Car toute transformation est produite « soit par le fait qu’une idée tombe d’ailleurs — et immédiatement advient une structure qui passe partout, — soit peut-être par une rencontre fortuite » (IPC, p. 63). Une telle « énergétique humaine », qui s’intéresse aux potentiels dont l’écart jette la société dans un état métastable, est selon Simondon indispensable pour compléter le point de vue d’une « morphologie » sociale qui ne s’intéresserait qu’aux structures stables des groupes sociaux. Ainsi, si l’on peut dire que le collectif est en un sens déjà dans les sujets, c’est d’un point de vue « énergétique », sur le mode de potentiels susceptibles de conduire une individuation du champ social ; c’est donc comme collectif en devenir ou comme a(d)venir du collectif, et non pas, et surtout pas, comme germe structural préformé.

      Une scolie présente dans « Simondon-Individu et collectivité. Pour une philosophie du transindividuel » (disponible en ligne),de #Muriel_Combes : Intimité du commun
      http://entre-là.net/intimite-du-commun-par-muriel-combes

    • Un retour, adjacent, sur la notion de rivalité mimétique ou toute relation devrait être façonnée et lue à l’aune de la représentation...

      La peinture sera elle-même travaillée - exemplairement dans la pensée de Malevitch- par la volonté de ne plus renvoyer à une réalité extérieure à elle-même, de ne plus représenter. Mais ce rejet de la vocation représentative ou « mimétique » de la peinture est aussi la recherche d’une forme de présentation adéquate de la vie révolutionnaire - qui n’est telle justement que de pouvoir se soucier davantage de ce qui arrive à des surfaces colorées qu’à des personnages prisonniers de leur psychologie. Selon Rancière ce renversement de la mimesis picturale est déjà en jeu dans les analyses de Hegel. On y trouve en effet une sorte d’excès réciproque de la forme et du contenu qui annonce en réalité la dissolution de leur séparabilité.

      extrait de La révolution #sensible, #Partage de la nuit - Deux études sur Jacques Rancière, par Bernard Aspe
      http://seenthis.net/messages/417897

  • I. Diu, R. Mouren, De l’autorité à la référence
    http://www.compitum.fr/publications/8632-i-diu-r-mouren-de-lautorite-a-la-reference

    L’histoire du livre, située au carrefour de plusieurs autres disciplines, est fondée à s’intéresser à un champ de recherche qui préoccupe depuis longtemps l’histoire littéraire : celui de l’autorité et de l’auctorialité. Elle est donc conduite à s’interroger sur le statut et l’identité du scripteur, de l’auteur, des cercles qui l’entourent, et invitée à aborder les textes dans leur mouvance. Dans cet ouvrage, de nouvelles perspectives sont apportées, tant par la méthode suivie – l’analyse matérielle des textes, qu’ils soient manuscrits ou, en ces temps de révolution du livre, imprimés – que par le point de vue adopté à partir de la notion, centrale pour la Renaissance, de « référence ».

    Des chercheurs spécialistes de disciplines différentes s’interrogent sur l’émergence de cette notion de « référence ». Bien que de manière implicite, celle-ci régit le statut des textes, de leur édition intellectuelle et matérielle, de leurs auteurs et de leurs transmetteurs, à un moment crucial : celui où le discours médiéval fondé sur l’auctoritas fait place au dialogue humaniste, qui s’appuie sur une intense circulation des idées et des textes à travers correspondances, échanges de manuscrits, participation à des éditions collectives ou successives des sources du savoir.
    Avec le passage du manuscrit à l’imprimé et le développement de réseaux savants dans l’Europe de la Renaissance, l’érudition s’appuie désormais sur la notion de « référence », qui tend à supplanter celle d’« autorité ». La révérence médiévale à l’égard des auctoritates légitimant le discours s’efface devant la « référence », notion emblématique de la culture humaniste.

    #auteur #référence #savoir