• Des lesbiennes en devenir - Coming-out, loyauté filiale et hétéronormativité chez des descendantes d’immigrant·e·s maghrébin·e·s | Salima Amari dans les Cahiers du Genre 2012/2
    https://shs.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2012-2-page-55

    [...] cette rupture [par rapport au groupe d’origine] due à la migration détermine les particularités de ces #familles en matière de relations filiales. C’est dans ce sens qu’Abdelmalek Sayad (ré)invente la généalogie familiale sociale en soulignant le rôle des enfants dans l’existence des parents #immigrés en France dans une filiation renversée pour « les ‘faire naître’ à la vie plus largement publique, […] les confirmer dans leur qualité de résidents au sens plein du terme, […] les réhabiliter dans leur identité totale, sociale et politique » (Sayad 1994). En effet, pendant longtemps les parents n’ont eu aucune existence sociale. Le regard porté sur l’#immigration était limité aux pères immigrés-travailleurs appelés à quitter un jour le paysage français puis aux mères enfermées dans l’espace privé. C’est la présence des enfants en situation postmigratoire qui amène enfin la prise de conscience de « la réalité de l’immigration en tant que présence appelée à devenir définitive (et pas seulement durable) » (id.). Pour Sayad, c’est cette génération qu’on convient d’appeler « deuxième génération » qui fait exister la « première ». Même s’il rappelle que pour qu’on puisse parler d’une génération nouvelle, il faut qu’il y ait rupture et qu’on puisse faire comme si cette « génération nouvelle n’avait pas grandi immergée dans les comportements, dans les sentiments, dans les attitudes hérités » (id., p. 174). Il s’agit donc bien d’héritiers et héritières, de descendant·e·s faisant exister leurs ascendant·e·s. En continuité avec cette filiation renversée, les lesbiennes interrogées ne comptent, par exemple, pas prendre part aux revendications du mouvement lgbt en France. En devenant des #lesbiennes visibles, elles prendraient le risque d’une rupture avec leurs parents.

    [...] La #réputation est une des raisons invoquées par les enquêtées pour expliquer leur refus de la visibilité de leur lesbianisme. La bonne réputation familiale se joue au lycée, dans le quartier et même dans la ville d’origine des parents.

    [...] Ce choix [de taire leur lesbianisme à leurs parents] est souvent motivé par la peur d’une rupture familiale. Certaines des interviewées ont déjà vécu une expérience de rupture momentanée avec la famille pour d’autres raisons. Peu après leur majorité, certaines filles ont décohabité. Cette expérience s’est révélée souvent très douloureuse pour elles qui ont fait l’expérience de leur vulnérabilité au sexisme, au mépris de classe et au racisme.

    [...] Pour pouvoir vivre leurs vies affectives et de couple tout en maintenant des relations avec leurs familles, les lesbiennes descendantes de parents maghrébins en France semblent réclamer « le droit de ne pas dire » (Decena 2008, p. 350). Elles deviennent ainsi des sujets tacites.

    [...] La prise de risque qui passe par une prise de parole ne s’applique à aucune des #femmes que j’ai interrogées. Parmi toutes les enquêtées, Amina apparaît comme celle qui a reçu l’éducation la plus stricte. Ses parents ont veillé à donner à leurs enfants une éducation traditionnelle fondée sur le partage strict entre les espaces féminins et masculins et perpétuent ce modèle familial. Interrogée sur la possibilité d’un #coming-out, elle est catégorique quant à son refus d’une action qui pourrait déstabiliser la cohésion familiale.

    [...] La plupart des lesbiennes que j’ai rencontrées adoptent des stratégies visant à ne pas rendre leur #homosexualité trop visible. Elles ont le souci permanent de protéger leurs parents, et particulièrement leur mère qui risque de se voir reprocher un échec éducatif et de provoquer un conflit au sein du couple parental. Là encore c’est Amina qui le relate clairement :
    Bah, mon père parce que c’est un homme et tout et c’est plus ma mère que je vais toucher. Parce que si je dis ça, moi je ne vais rien prendre de mon père, c’est sûr et certain. Mais tous les jours, il va dire à ma mère quelle mauvaise éducation elle a donnée à ses enfants.

    [...] Les enquêtées disent clairement que, par rapport aux autres frères mariés ou célibataires et sœurs mariées, elles sont les plus sollicitées, souvent par la mère, pour régler des conflits de famille ou pour donner des conseils au quotidien. Elles sont ‘célibataires’ et sans enfants et, par conséquent, apparaissent comme les plus disponibles.

    [...] Cette disponibilité permanente des lesbiennes pour leurs familles apparaît comme une stratégie pour desserrer l’étau du mariage et de la maternité.

    [...] Malgré le doute et parfois la certitude sur l’homosexualité de leurs filles, les parents, et surtout les mères, ne relâchent pas la pression pour qu’elles se marient et aient des enfants. Elles espèrent sans doute que ce n’est qu’un moment ‘d’égarement’. L’injonction au mariage et à la maternité est souvent rappelée aux filles lorsqu’elles atteignent la trentaine. Un tel ‘célibat’ prolongé doit être justifié. Les réponses aux mères insistantes sont souvent des réponses stratégiques pour ‘gagner du temps’ et continuer à vivre sa vie de manière autonome comme lesbienne.

  • « Les politiques publiques qui se dessinent confortent le mouvement de financiarisation du logement amorcé il y a deux décennies »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/13/crise-du-logement-le-detricotage-de-la-loi-sru-permet-aux-maires-d-exclure-d

    Déjà affaibli par la baisse des aides publiques en 2017, le #logement_social est à nouveau menacé. Les attaques ne sont pas frontales, ce qui les rend plus dangereuses. La première est sémantique. Elle tente de généraliser la notion de logement « abordable », terme flou sans définition juridique qui s’adresse à un autre ensemble flou, les « classes moyennes ». Certains élus se servent du mot « abordable » pour confondre à dessein le logement social, très réglementé notamment dans ses attributions, avec le logement intermédiaire aux loyers plafonnés, mais dont le fonctionnement se rapproche de la location privée. L’idée en vogue dans la dernière série de gouvernements consiste à défendre la comptabilisation des logements intermédiaires dans les quotas de logements sociaux obligatoires, faisant mécaniquement baisser le taux de logements aux #loyers les plus bas.

    Cette idée, déjà présente dans un texte de juin 2024 effacé par la dissolution, a refait surface dans la proposition de loi dite « CHOC », adoptée au sénat le 20 janvier. Le texte est porté par la sénatrice (Les Républicains) des Alpes-Maritimes Dominique Estrosi Sassone, fine connaisseuse du logement, qui n’agit pas au hasard. Il contient un article offrant au maire un droit de veto sur le choix des candidats au logement social. S’il fallait un signe de plus que l’offensive est lancée : un décret en date du 29 janvier vient d’autoriser une liste de villes à viser 20 % au lieu de 25 % de logements sociaux, en fonction d’une tension du marché dont rien ne démontre qu’elle soit apaisée.
    Lecture plus politique
    Urbanistes et scientifiques, comme nombre d’associations, alertent sans relâche sur la profondeur de la crise et la menace que constitue le mal-logement pour la cohésion sociale. Tous et toutes recommandent de soutenir et d’accélérer la production de logements sociaux, en répartissant les efforts sur le parc ancien, à rénover ou à transformer, et sur la construction neuve qui demeure nécessaire. Comment comprendre alors ces attaques contre le logement social, qu’elles proviennent des élus ou des habitants et habitantes eux-mêmes ?

    [...]

    (...) au-delà, le mouvement de dilution du logement social dans le logement abordable se prête à une lecture plus politique. Il offre aux #maires une possibilité légale de maîtrise du peuplement, ou plutôt de dépeuplement, par l’exclusion ou l’interdiction d’accès à des ménages considérés comme non rentables ou indésirables, pour le dire clairement les plus #pauvres et les #immigrés.

    https://archive.ph/jtVtk

    #financiarisation_du_logement

  • Au pays des enfants interdits

    Dans l’ombre de l’histoire suisse : le chapitre méconnu des enfants cachés des saisonniers. Plongez dans la part méconnue de la politique migratoire suisse. Entre 15’000 et 50’000 enfants de saisonniers ont vécu dans la clandestinité en Suisse jusqu’en 2002, une période sombre et oubliée.

    https://www.playsuisse.ch/fr/show/2271040
    #film #documentaire #film_documentaire
    #peur #enfants_du_placard #saisonniers #clandestinité #permis_de_séjour #Suisse #ennui #monotonie #immigrés_italiens #police_des_étrangers #délation #travailleurs_étrangers #expulsions #internat #Domodossola #racisme #solitude #contrôle_médical #logement #baraquement #mal_du_pays #tristesse #regroupement_familial #surpopulation_étrangère #James_Schwarzenbach #Fremdüberfremdung #initiatives_Schwarzenbach #reconnaissance

    • #Bambini_proibiti

      Nel 1924 la Società delle Nazioni Unite redige la Dichiarazione dei diritti del fanciullo in cui sono sanciti i diritti di cui ogni bambino, senza alcuna distinzione o discriminazione, deve godere. Il documento fu stilato in Svizzera , a Ginevra. Proprio in Svizzera, soprattutto a partire dal secondo dopoguerra fino agli anni ’80, esisteva una categoria di bambini sistematicamente esclusa da questi diritti.

      E non solo. Per le autorità, semplicemente questi bambini non esistevano, o non avrebbero dovuto esistere. Erano i figli degli stagionali, dei lavoratori stranieri che, avendo un permesso di soggiorno limitato alla stagione lavorativa (nove mesi), non avevano diritto al ricongiungimento familiare. I genitori li portavano in Svizzera, clandestinamente oppure con un permesso turistico di tre mesi, ma spesso questi mesi si prolungavano fino a diventare lunghi anni, infanzie e adolescenze passate in poveri appartamenti senza fiatare per interi giorni, in silenzio, senza giochi e senza i compagni, ma con l’angoscia di una fanciullezza strappata via. Nel suo libro Bambini proibiti, Marina Frigerio Martina ne racconta le storie attraverso i racconti dirette di chi le ha vissute.

      Le testimonianze raccolte fanno riferimento a situazioni tra loro diverse, ma tutte segnate dal trauma di un’infanzia resa difficile dalla separazione, dalla solitudine, dalla clandestinità. Con il passare del tempo, la percentuale di stagionali tra i lavoratori immigrati è diminuita e le restrizioni per l’ottenimento di un permesso si sono allentate. D’altra parte, all’applicazione delle norme è sempre stata sottoposta ad una certa arbitrarietà: alcuni cantoni erano meno rigidi di altri, c’erano funzionari più severi e altri più comprensivi, un vicino poteva determinare la disgrazia di una famiglia con una denuncia, oppure offrire sostegno e collaborazione preziosi.

      Non di rado il destino di una famiglia e dei suoi membri dipendeva in larga parte dal caso e dalla fortuna, cosicché le esperienze di vita susseguitesi nel corso dei decenni risultano assai diversificate; a storie di dolore e lontananza si affiancano esempi di integrazione riuscita e di affermazione esistenziale e professionale negli ambiti più vari.

      In genere coloro che offrono la propria testimonianza mostrano di aver superato il trauma o, quanto meno, di essere riusciti a metterlo da parte per dar spazio a nuove vite, fatte di lavoro, figli, nipoti…insomma, vite normali. Eppure, in un modo o nell’altro, nel profondo di sé, continuano a portare il segno di lunghi anni trascorsi nel desiderio e nella speranza di raggiungere un giorno quelle vite normali che a loro, figli di stagionali, erano negate.

      Ancora in anni recenti affrontare questi discorsi in certi ambienti poteva essere difficile per motivi di ordine diverso: la tendenza, da parte delle autorità, a minimizzare la questione (talvolta persino il negazionismo), il dolore ancora troppo forte di esperienze vissute in prima persona, il timore di mettere in pericolo i casi residuali di clandestinità tuttavia ancora presenti, ma, soprattutto, una diffusa volontà di rimozione. Tutto questo ha come effetto una coscienza collettiva ancora poco informata.

      Il grave rischio che può seguirne è quello di ricadere in errori del passato, sebbene in diverse circostanze storiche. Anche perché il principio secondo cui la politica migratoria elvetica va adeguata ai bisogni dell’economia, cui era ispirato lo “statuto dello stagionale”, è tuttora presente nella legge.

      Il libro della Frigerio dovrebbe bastare, da solo, a far riflettere sulle conseguenze di un assetto giuridico che anteponga i bisogni del sistema economico a quelli dell’uomo e alla sua dignità. Le storie raccontate sono storie difficili, esistenze di famiglie unite nella durezza di una vita in terra straniera, o sofferenti per la lontananza e la separazione.

      In ogni caso, sono storie intessute della più autentica umanità che, in considerazione dei continui mutamenti sociologici, oggi più che mai hanno molto da insegnare.

      https://www.italoeuropeo.com/2014/03/17/bambini-proibiti-un-libro-di-marina-frigerio-martina
      #livre #Marina_Frigerio_Martina

  • « Si la gauche veut regagner les classes populaires, elle ne peut plus faire l’impasse sur l’immigration », Philippe Bernard, Editorialiste au « Monde »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/23/si-la-gauche-veut-regagner-les-classes-populaires-elle-ne-peut-plus-faire-l-


    Recueillement en souvenir des attentats, place de la République, à Paris, dans la nuit du 12 au 13 novembre 2025. CAMILLE GHARBI POUR « LE MONDE »

    Nombre de (...) responsables politiques [de gauche] tendent à considérer comme négligeable le fait que la part des #immigrés dans la population française, restée stable dans les années 1970 à 1990, est passée de 7,3 % en 1999 à 11,3 % en 2024, https://www.insee.fr/fr/statistiques/3633212#:~:text=1.,ont%20acquis%20la%20nationalité%20française. que le nombre de premiers titres de séjour délivrés a doublé entre 2007 et 2024, et refusent d’admettre que cette évolution moyenne, bien plus marquée à certains endroits du pays, n’est pas sans conséquence sociale.

    Plutôt que de tirer parti de ces augmentations, qui reflètent les tensions du monde, le respect – imparfait – des droits humains et le besoin de main-d’œuvre dans certains métiers, pour appuyer la revendication de puissantes #politiques_d’intégration aujourd’hui au point mort, ils cherchent à les relativiser.

    [...]

    La gauche paraît globalement davantage préoccupée par les sondages et par la question des primaires que par la nécessité de répondre aux questions qui, outre le pouvoir d’achat, tout premier souci des Français, taraudent ces derniers : la #délinquance et l’immigration, deux sujets qui arrivent en deuxième place au classement des préoccupations de l’enquête du Monde « Fractures françaises », devançant cette année l’environnement.

    [...]

    Certes, la #gauche a raison de dénoncer les obsessions xénophobes et anti-musulmans de l’#extrême droite. Mais si elle veut regagner les #classes_populaires, elle ne peut plus faire l’impasse sur l’#immigration, une question sur laquelle elle a toujours oscillé entre internationalisme et défense des travailleurs nationaux et dont elle s’est longtemps emparée. Jean Jaurès n’écrivait-il pas, à la une de L’Humanité du 28 juin 1914, « il n’y a pas de plus grave problème que celui de la main-d’œuvre étrangère » ?

    La question ne saurait se limiter à du « racisme », elle mérite d’être prise au sérieux comme une question sociale et non identitaire. Encore faudrait-il opposer aux rugissements de l’extrême droite autre chose que des silences et des explications gênées qui ne font que la conforter. Aux Etats-Unis, l’étouffoir mis par l’administration Biden sur la question de l’immigration n’a-t-il pas contribué à nourrir l’obsession de l’opinion et à préparer le retour de flamme ultra-répressif de Donald Trump, qui vise à la fois les étrangers et la gauche ?

    https://justpaste.it/kyi1w

    Pas de revenu minimum sans un sas de plusieurs années de séjour régulier attesté, pas d’arabe à l’école, pas de logement social construit, des banlieues traitées à la dynamite, par la police et par la prison, de très rares régularisations, c’est sûr que ça pose un problème social, auquel la gauche est loin d’être... étrangère. Et qui supposerait effectivement "des politiques d’intégration"....

    edit cocasse de voir qu’y compris ce journal centriste cherche la gauche, sans admettre que les politiques menées par celle-ci ont été xénophobes, répressives, discriminatoires. Ça revient à proposer au PS de changer de politique comme si de rien n’était (LFI étant voué à la défaite, pauvre "voix des vaincus" moulinée au vocodeur par DJ Meluche).

    • Travaux pratiques  : analyse d’une énième polémique, que dis-je, d’un tollé autour de tous ces immigrés qui violent nos filles et mangent notre pain  :

      Le JDD  : Les viols commis par des étrangers, « de l’ordre de l’anecdotique » ? Les propos d’Ersilia Soudais suscitent un tollé
      https://www.lejdd.fr/politique/les-viols-commis-par-des-etrangers-de-lordre-de-lanecdotique-les-propos-dersil

      CNews  : « Quand Némésis impute la faute de ces viols aux étrangers, c’est de l’ordre de l’anecdotique en réalité » : la députée LFI Ersilia Soudais suscite la polémique
      https://www.cnews.fr/france/2025-11-23/quand-nemesis-impute-la-faute-de-ces-viols-aux-etrangers-cest-de-lordre-de

      VA : La députée LFI Ersilia Soudais qualifie les viols commis par des étrangers en France « d’anecdotiques »
      https://www.valeursactuelles.com/societe/la-deputee-lfi-ersilia-soudais-qualifie-les-viols-commis-par-des-e

      I24  : Les viols commis par des étrangers sont "de l’ordre de l’anecdotique", selon Ersilia Soudais
      https://www.i24news.tv/fr/actu/france/artc-les-viols-commis-par-des-etrangers-sont-de-l-ordre-de-l-anecdotique-sel

      Le Figaro  : Pour Ersilia Soudais, députée LFI, les viols commis par des étrangers seraient « de l’ordre de l’anecdotique »
      https://www.lefigaro.fr/actualite-france/pour-ersilia-soudais-deputee-lfi-les-viols-commis-par-des-etrangers-seraien

      Ou comment, après d’une déclaration sans grand intérêt, on va prétendre pointer du doigt une polémique qui n’existe que dans la tête des éditorialistes d’extrême droite... qui eux même reconnaissent pourtant à moitié le bien fondé de la déclaration ! («  Et de fait, les chiffres au global auraient plutôt tendance à lui donner raison. »). Le tout monté en épingle simultanément par toute la presse réac.

      Un bon gros matraquage de cerveaux auquel le Monde préfère donner raison plutôt que le dénoncer clairement. Mais dans la respectable bourgeoisie journalistique parisienne, ce genre de croc en jambe entre confrères serait du plus mauvais goût.

    • Cet article du Monde n’a pas pour objet la énième scandalisation raciste orchestrée par l’extrême droite mais les carences d’une gauche incapable de proposer une politique qui démarginalise (intègre, est-il dit) les étrangers vivant ici (cf. le dernier paragraphe cité ci-dessus, par lequel conclue Philippe Bernard).

    • Je lui reproche effectivement de ne pas dénoncer ces polémiques bidon, mais là où on ne semble pas d’accord, c’est qu’il n’est pas là pour réclamer plus d’humanité dans l’accueil des étrangers, il est là pour reprocher à la gauche de ne pas faire comme la droite alors que ça serait une stratégie gagnante.

      Il y a qq remarques généralistes et accusatrice sur la droite raciste pour faire bon genre, mais qui n’apporte aucun détail. Par contre, lorsque l’article aborde « l’islam, l’insécurité et l’immigration, » il vient très précisément citer les arguments de la droite avec le taux exact d’immigration ou les résultats précis du dernier sondage très polémique (avec des plaintes dans les deux directions autour de ce sondage que l’édito préfère passer sous silence).

      Il accuse par exemple Mélenchon de déni, alors que ce dernier est très clair dans une interview publiée il y a qq jours dans Politis :
      https://archive.is/20251118171631/https://www.politis.fr/articles/2025/11/entretien-jean-luc-melenchon-nous-sommes-les-plus-forts-a-gauche

      Avant d’expulser, nous devons nous préoccuper du reste. D’où viennent tous ces gens ? Notre premier but, c’est qu’ils n’aient pas besoin de partir de chez eux. Deuxièmement, nous ne pouvons pas considérer l’expulsion comme une politique d’immigration. Cette idée est un fantasme. La Grande-Bretagne a serré tous les écrous. Résultat : 660 000 personnes de plus. Il faut être raisonnable.
      D’abord, il faut rendre la vie moins inhumaine pour les gens qui sont arrivés sur notre territoire : nous devons faciliter les régularisations. Car l’État produit de l’illégalité en refusant de mettre à jour les papiers dans les délais, en infligeant des conditions d’obtention des renouvellements qui sont une honte et qui, en plus, n’aboutissent pas. Il faut que ce système cesse. Mais il faut surtout un renversement complet de notre compréhension du monde. Cette nouvelle lecture est délicate car le système politico-médiatique a chauffé à blanc l’opinion publique en martelant que l’immigration est un danger, qu’elle est la cause des homicides, des viols et de toutes ces choses abominables. Pour nous, l’immigration reste un atout.

      Mais non, ça ne compte pas parce que ça n’est pas la réponse attendue. Il fallait qu’il reconnaisse que, quand même, les viols et le pain des français, c’est ça le vrai débat.

      Et quant à la remarque de Jaurès, c’est pathétique  : alors que le sujet que l’édito rabâche, c’est les musulmans et la délinquance, il prétend nous faire un rapprochement avec Jaurès... qui en fait plaide pour améliorer la condition des travailleurs étrangers (à l’époque des européens).

    • L’article cite deux sondages sur lesquels il a déjà publié.

      « Fractures françaises » : la crise gouvernementale accroît la défiance des Français envers le personnel politique, 20 octobre 2025

      L’instabilité coûte cher, entre défiance renforcée et sentiment de dysfonctionnement de la démocratie, montre la treizième vague de l’enquête annuelle « Fractures françaises », réalisée par Ipsos pour « Le Monde », la Fondation Jean Jaurès, le Cevipof et l’Institut Montaigne.

      [...]

      La perception négative de l’immigration suit des lignes partisanes claires : elle est minoritaire chez les sympathisants de gauche, majoritaire à droite. Ainsi, 95 % des sympathisants RN, 86 % des sympathisants LR et 57 % des sympathisants Renaissance acquiescent à l’idée qu’« il y a trop d’étrangers en France ». Le centre oscille, puisque en parallèle, 60 % des sympathisants Renaissance jugent que l’immigration est une nécessité pour l’économie française. Sur ce sujet comme sur d’autres, les trois blocs issus des législatives de 2024 sont à la fois clairement délimités mais pas toujours aussi homogènes que prévu. De quoi augurer, peut-être, de recompositions. A condition que les responsables politiques s’appliquent à réparer les fractures, plutôt qu’à les aggraver.

      https://justpaste.it/lxer6

      c’est la came du Monde : la république est menacée, les politiques devraient se montrer responsables.

      Un sondage de l’IFOP sur l’islam en France, qui met en lumière un rigorisme croissant, fait débat, 19 novembre 2025

      L’étude publiée mardi 18 novembre dresse un état des lieux inquiétant de la deuxième religion de France, en particulier chez les jeunes musulmans. Des critiques émergent toutefois sur cette enquête.

      [...]

      Au final, l’auteur de La question musulmane en France : un état des lieux sans concessions (Fayard, 2015), qui enseigne aujourd’hui la laïcité à la Grande Mosquée de Paris, se montre peu optimiste : « Entre, d’un côté, un islam conservateur traversé par ce regain de religiosité, et, de l’autre, les soupçons permanents d’islamisme, nous ne sommes pas sur la bonne voie. » Dans un contexte de surenchère généralisée, le « retournement du stigmate » – ce processus par lequel un groupe s’approprie une stigmatisation subie, en la revendiquant ouvertement dans une logique d’affirmation identitaire ou de contestation – semble déjà à l’œuvre.

      https://justpaste.it/kzvmp

      Les critiques (méthode, rédaction des question et du rapport/rendu, pédigrée des auteurs) sont citées en détail, des réponses à ce sondage qui desservent les attentes de ses commanditaires sont dument soulignées, c’est en guise d’équilibrage assaisonné d’une pincée de vallsisme (Leschi), et ça chute sur la came du Monde : soyons raisonnables.

      Quant au "Notre premier but, c’est qu’ils n’aient pas besoin de partir de chez eux", c’est le coup du vaste monde ("nous sommes présents sur les 5 continents", JLM). Mitterrand et les autres l’ont déjà joué, y compris en créant les CRA et en revenant en pratique sur l’attribution de la carte de 10 ans.. Parler de ce à quoi on ne peut pas grand chose (à moins d’externaliser la rétention, comme avait commencé à le faire la gauche ?), c’est une bonne manière de ne rien faire ici.
      Quand JLM dira explicitement qu’il faut ouvrir le droit au revenu minimum aux étrangers, y compris pour qu’ils ne soient pas contraints à diverses formes d’illégalité pas toujours délictuelles (travail), à l’inverse de ce que sa gauche a fait avec le RMI, en le conditionnant à une durée préalable de séjour légal, ce sera peut être moins par obligation et calcul défensif qu’il faudra renoncer un instant politiquement en votant pour lui.

      edit : les luttes pour la scolarisation des mineurs isolés, pour l’hébergement d’urgence, pour l’accès au logement social, pour la régularisation, contre les discriminations à l’embauche réclament de diverses manières qu’une place soit socialement faite aux étrangers. Quand Le Monde éduque les bourgeois qui le lisent de façon à l’admettre un tant soit peu ne me parait pas négatif.

    • j’insiste, le journal n’omet pas de citer et caractériser expressement les propriétaires du sondage effecttué par l’IFOP
      https://justpaste.it/kzvmp

      ... les intentions du sondage de l’IFOP sont (...) questionnées par ces spécialistes, d’autant que l’institut a réalisé ce travail pour Ecran de veille. Cette revue est l’émanation d’un site nébuleux, le Global Watch Analysis, fondé en 2019 par le journaliste français d’origine algérienne Atmane Tazaghart, qui a longtemps travaillé pour Marianne et pour Al Majalla, revue très proche du régime saoudien. Il est l’auteur de plusieurs livres sur l’islamisme, coécrits avec des spécialistes controversés tels que l’essayiste Roland Jacquard ou Christian Malard, journaliste sur la chaîne israélienne i24News.

      et, je le soulignais, ils citent expressément - juste après l’entame de l’article qui soulignait d’autres limites de ce sondage - des résultats de ce sondage qui vont à l’encontre de ce qu’en attendait son acheteur (il utilisent sa corde pour le pendre, aurait dit Oulianov)

      https://justpaste.it/kzvmp

      Pour autant, l’enquête dissipe un certain nombre d’idées reçues, au premier rang desquelles la théorie du « grand remplacement » : seuls 7 % du panel global, mélangeant toutes les religions, se déclarent musulmans ; le port du voile reste une pratique minoritaire (31 % des musulmanes le portent, pas forcément de manière systématique).
      Loin du cliché d’une communauté fermée, 73 % des musulmans français sont en couple avec une personne de leur religion, contre 80 % en moyenne chez l’ensemble des Français. Surtout, 73 % (contre 44 % en 1989) pensent qu’un musulman est en droit de rompre avec l’islam – alors même que l’apostasie est considérée comme un crime particulièrement grave dans l’#islam traditionnel. En outre, la jeunesse musulmane n’est pas la seule à aller vers un regain de religiosité : la même tendance s’observe dans les autres religions – christianisme et judaïsme, notamment.

      L’argument central des articles, pédago, ne fait pas assez de place aux dimensions subjectives, de désir, ce qui aide ces articles à soutenir que l’hégémonie fasciste ne repose pas sur un sol ferme, qu’un travail de sape serait le bienvenu [pour le travail des âmes, management et industrie culturelle, ça fait très court]. Bernard ne compte pas attirer la mouche de gauche avec du vinaigre, il lui propose généreusement d’être autre que ce qu’elle a été, sans revenir sur le passé : d’être un tant soit peu sociale dans son abord de la question, plutôt que de rejouer un antiracisme moral (sos race, et depuis, le « sociétal » à toutes les sauces, sans Zidane, mais avec barbecue) qu’elle a par ailleurs laissé loin derrière elle (et dont nous sommes tous accusés à bon compte puisque wokisme c’est aussi tout dans la tête, sans guère d’effet sur le réel : où sont les réguls, les logements ?).

      MMS raisonnable, ce journal de milliardaire est... pluraliste. Ainsi, Foucart, Bernard, Roff ou Aubenas (aucun.e n’est exempt de critiques) ne sont pas des Michel Guerrin. Et fournissent plus de billes que les quelques journalistes à la bio estampillée gauchiste dont ce journal s’est démographiquement doté (Zappi, Barroux, Mestre, ...).

      #antiracisme_moral

    • Un journal n’est pas fait d’articles isolés. Et ce n’est pas par hasard qu’à propos de l’IFOP, ou de toute autre ven dure de sondages, ils n’omettent pas de publier (hier) une suite (faible ?) de Bourdieu Champagne, (La fabrique de l’opinion, etc.) par un type qui a fait de l’observation participante sur le travail des sondeurs (la fabrique des sondages)

      Hugo Touzet, sociologue : « Les sondages reflètent ce qui intéresse le média qui les commande » 24/11/2024
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/24/hugo-touzet-sociologue-les-sondages-refletent-ce-qui-interesse-le-media-qui-

      L’auteur de « Produire l’opinion », une enquête en immersion dans un institut de sondage, analyse, dans un entretien au « Monde », la façon dont les pressions économiques affectent la qualité des études d’opinion et leurs usages dans les médias.

      ... ils peuvent devenir des outils au service d’une ligne éditoriale. Et le problème, c’est que les propriétaires de certains médias, comme Vincent Bolloré, défendent ouvertement un projet idéologique. Si bien qu’on entend davantage parler des sondages sur l’immigration que de ceux sur la précarité.

      https://justpaste.it/k1u7c

      Le Monde défend sa peau (de supposé journal de référence), de plus, c’est l’organe d’une fraction de la bourgeoisie qui redoute l’avènement du RN (innombrables papiers contre, comme sur le basculement de divers patrons en sa faveur).

    • Je suis désolé, mais je ne trouve pas cela vraiment convaincant. Oui, on peut sans doute trouver des avis progressifs au sein du Monde et qui vont jouer dans la rédaction ou la sélection de certains articles... mais de là à dire que le journal, ou en particulier cet édito, a une position avancée dans la lutte contre le racisme et pour l’inclusion, c’est... audacieux  ! Le Monde a toujours été un soutien acharné de Macron, et indirectement de ministres comme Darmanin et Retailleau, et il ne me semble pas faire parti des têtes de turcs habituelles des réacs de service (cf le traitement réservé à Plenel et Médiaprt dans une certaine presse).

      Et je répète mes arguments cités plus haut  : sur tous ses arguments anti raciste il reste très vague, mais devient très précis quand il va dans le sens de la droite.

      Il nous met en avant leur poulain Glucksmann, comme si un nouveau clone de Hollande (voire Macron) allait prendre la moindre mesure courageuse. Et alors que les discours de Mélenchon comme de Ruffin d’ailleurs sont quand même très clairs et bien plus inclusifs que le discours ambiant, il les dénonce et les accusent d’être dans le déni. Parce que notre éditorialiste serait en fait un gros anarchiste qui milite pour des mesures bien plus à gauche comme la suppression des frontières ? Pas très crédible...

    • Ce n’est pas la Russie.

      Qui a commandé le sondage controversé sur les musulmans en France ?
      https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2025/12/03/qui-a-commande-les-sondages-controverses-sur-les-musulmans-en-france_6655880

      Une revue confidentielle est à l’origine du sondage controversé de l’IFOP sur les musulmans de France, dont le second volet, centré sur les Frères musulmans, devait paraître prochainement. Les liens de son fondateur avec les Emirats arabes unis soulèvent des interrogations.


      Des fidèles musulmans se rassemblent pour célébrer l’Aïd, dans une mosquée de Béthune (Pas-de-Calais), le 6 juin 2025. SAMEER AL-DOUMY/AFP

      En publiant, le 18 novembre, une longue étude sur le rapport des #musulmans de France à leur religion, qui met en lumière la « tentation islamiste » de certains d’entre eux, l’IFOP a créé une vive polémique. Si la méthodologie de ce sondage a fait l’objet de critiques, l’identité de son commanditaire, elle, a moins attiré l’attention.

      L’étude a été commandée par Ecran de veille, une revue confidentielle appartenant au groupe Global Watch Analysis (GWA), qui se décline aussi en site Internet, en maison d’édition (GWA Editions) et en WebTV (Elmaniya). Dans la pratique, le groupe GWA, qui revendique « des publications consacrées à la résistance aux extrémismes et aux fanatismes, sous toutes leurs formes », se focalise très nettement sur l’islamisme, et en particulier sur les réseaux des Frères musulmans. De surcroît, il nourrit une hostilité manifeste envers le Qatar, principal partisan de la confrérie au niveau international.

      Selon les informations du Monde, le groupe GWA a d’ailleurs mandaté l’IFOP pour le second volet de son enquête, axé principalement, cette fois, sur le frérisme. L’étude élabore un « indice de l’implantation secrète » des Frères musulmans, sous la forme de sept questions censées débusquer, parmi les sondés, les « membres actifs des organisations fréristes [ayant] pour injonction de mentir s’ils sont interrogés sur leur appartenance à la confrérie ». Une méthode qui prétend évaluer à plus de 80 000 le nombre de « “membres opérationnels” des Frères musulmans » en France.


      Extrait du sommaire du dernier hors-série de la revue « Ecran de veille », intitulé « La France à l’épreuve de l’entrisme islamiste ».

      François Kraus, le directeur du pôle politique et actualités de l’IFOP, souligne que, contrairement au premier volet, « la rédaction et l’analyse » des questions ont été prises en charge par le commanditaire. « Dire que nous en avons conçu les questions sans l’IFOP est tout à fait faux », réplique le journaliste Atmane Tazaghart, rédacteur en chef et fondateur d’Ecran de veille.

      Un mystérieux « partenaire » britannique

      Depuis 2022, le groupe GWA a commandé sept sondages à l’IFOP, tous ayant trait à des questions de religion ou de laïcité. Pour financer ces études – facturées généralement « entre 6 000 et 18 000 euros », et même « le triple » pour la dernière – ainsi qu’une rédaction d’une dizaine de collaborateurs, M. Tazaghart dit s’appuyer sur un chiffre d’affaires d’« en moyenne 700 000 euros par an ».

      Cependant, des zones d’ombre planent sur le financement du groupe. Après avoir évoqué auprès du Monde des aides à la presse, M. Tazaghart s’est rétracté, affirmant n’avoir « jamais sollicité ou touché d’aides publiques de quelque nature qu’elles soient » et être le « seul bailleur de fonds » de GWA, dont il est coactionnaire avec son épouse.
      Le groupe a pourtant bénéficié, entre 2019 et 2023, d’un « partenariat » avec une mystérieuse structure britannique, qui lui versait autour de 46 000 euros par an, selon le média spécialisé La Lettre. Sans activité connue, Countries Reports Publishing Ltd a pour unique actionnaire Thomas Edmund Ashman, un Britannique à la tête d’une soixantaine de sociétés, comme c’est généralement le cas des prête-noms professionnels.

      En conséquence, il est plus difficile d’identifier l’origine réelle de ces flux financiers. GWA ne possède « aucun compte bancaire hors de France » et « aucun financement étranger » n’entre dans son capital, assure toutefois M. Tazaghart, dont le parcours a alimenté de nombreuses spéculations sur ses liens avec les Emirats arabes unis, qui, depuis plusieurs années, mènent une guerre systématique contre les Frères musulmans.

      « Matar », l’agent émirati

      Atmane Tazaghart, Français d’origine algérienne qui a dirigé jusqu’en 2016 la rédaction arabophone de la chaîne France 24, a écrit plusieurs ouvrages sur le terrorisme et supervisé la traduction de cinq autres sur les Frères musulmans ou le Qatar. En 2023, le site Mediapart avait mentionné ses contacts – ainsi que ceux d’un autre collaborateur de GWA – avec un agent émirati, par le truchement d’Alp Services, un cabinet d’influence suisse travaillant pour les Emirats arabes unis. Une accusation « sans fondement », affirme l’intéressé.

      Toutefois, un courriel qu’a pu consulter Le Monde confirme qu’Atmane Tazaghart a été en contact avec une boîte e-mail anonyme liée, selon les enquêtes de plusieurs médias internationaux, à « Matar », un ancien agent émirati. Le New Yorker l’a identifié comme Matar Humaid Al-Neyadi, un personnage ayant été l’un des principaux rouages des opérations d’influence orchestrées par Alp Services au profit des Emirats, avant de devenir ambassadeur du pays au Koweït.

      Dans ce message, daté de décembre 2019, quelques mois à peine après le lancement de GWA, M. Tazaghart fournit à l’espion émirati une note de travail en arabe sur les « liens financiers entre [l’ancien premier ministre François] Fillon et le Qatar », comprenant un long aparté sur l’ancien ambassadeur de France au Qatar (de 1998 à 2002), Bertrand Besancenot.

      Six mois plus tard, le journaliste est toujours en contact avec l’agent traitant et lui promet un « rapport plus détaillé ». Sollicité à propos de cette correspondance électronique, M. Tazaghart conteste l’identité du destinataire et assure que cet échange était destiné à un « centre de recherche (…) dans le but de juger de l’opportunité ou pas d’inviter M. Fillon à un forum » organisé aux Emirats.

      Des investissements à Dubaï

      Par ailleurs, les éléments mis au jour par Le Monde montrent que M. Tazaghart a développé des intérêts économiques aux Emirats arabes unis, en investissant sur place dans au moins trois sociétés. La première, Global Plus General Trading LLC, est spécialisée dans le recyclage et le négoce de « métaux de toutes sortes en Europe, en Afrique du Nord et en Asie », selon son site Internet. Cette société a été implantée à Dubaï « pour des raisons de flexibilité et [de] fluidité des échanges bancaires », explique M. Tazaghart.

      La seconde, Global Plus for Media Studies & Consultancies LLC, est tournée vers le conseil et l’influence, et fournit des « services d’audit et de conseil », notamment aux « acteurs gouvernementaux » dans le cadre de « campagnes de sensibilisation ». Au nom du « secret des affaires », M. Tazaghart refuse de révéler le nom des clients de ses sociétés, mais précise qu’elles génèrent conjointement l’équivalent de plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires par an.
      M. Tazaghart est également actionnaire à 40 % d’une société immobilière émiratie, Latar Real Estate LLC, qui possède notamment trois appartements dubaïotes qu’il a achetés sur plan pour l’équivalent de 1,1 million d’euros entre octobre 2022 et février 2023, selon des registres immobiliers consultés par Le Monde.

      Le journaliste-entrepreneur dit, en outre, percevoir des revenus salariaux « issus de [s]es activités de recherche, d’une moyenne de 10 000 euros par mois », versés sur un compte bancaire dubaïote, sans préciser l’identité de son employeur. Il y a deux ans, il expliquait à Mediapart se rendre plusieurs fois par an, contre rémunération, chez Trends Research and Advisory. Ce centre de recherche émirati est cité dans un rapport du ministère de l’intérieur sur les Frères musulmans paru en mai comme l’un des instruments de la « stratégie de contre-influence » des Emirats contre le frérisme.
      Confronté au profil atypique de son commanditaire, l’IFOP, par la voix de François Kraus, considère ne pas avoir à « [s]e prononcer sur le contenu ou l’origine [dudit] commanditaire ». L’institut n’a toujours pas publié le second volet consacré aux Frères musulmans, dont les résultats figurent pourtant dans un hors-série d’Ecran de veille publié en version numérique il y a plus de dix jours.

      #Emirats_arabes_unis

  • #Olivier_De_Schutter, rapporteur de l’ONU sur l’extrême #pauvreté : « La #stigmatisation des #pauvres accroît le sentiment d’anxiété et d’insécurité économique »

    Dans une tribune au « Monde », le juriste décrit les mécanismes d’une véritable « guerre contre les pauvres plutôt que contre la pauvreté », menée par un Etat-providence qui contrôle plus qu’il ne protège.

    L’économiste juif hongrois #Karl_Polanyi, alors exilé aux Etats-Unis, détaillait en 1944 dans La Grande Transformation, les raisons de la montée de l’#extrême_droite en Europe. Il soulignait que la foi sans limites des élites dans l’#autorégulation_du_marché et l’absence de mécanismes de #sécurité_sociale au moment de la crise économique de 1929 ont plongé une grande partie de la population dans une extrême pauvreté, favorisant la désignation de #boucs_émissaires et la montée des #fascismes. Tirerons-nous les leçons de son enseignement ?

    Les parallèles avec la situation actuelle sont trop nombreux pour pouvoir être ignorés. Depuis les années 1980, l’affaiblissement progressif du #système_social hérité de la période d’après-guerre plonge de plus en plus de personnes dans un état d’#insécurité_économique. Dans un contexte de crise de la croissance keynésienne et de hausse du #chômage, les fondements mêmes de notre système social ont été graduellement remis en cause par les thèses néolibérales.

    L’approche d’une #protection_sociale_universelle, fondée sur l’existence de #droits_sociaux garantis par la Constitution, a été remplacée par une approche conditionnelle. Les dépenses de sécurité sociale sont désormais considérées comme un #coût à réduire plutôt que comme un #investissement nécessaire au maintien de la #cohésion_sociale et à la #lutte_contre_la_pauvreté.

    Dérive dystopique

    En réalité, on a assisté à un grand retournement de la #politique_sociale : du rôle protecteur qui était le sien, l’#Etat-providence est passé à un rôle de #contrôle. Les dispositifs qui le constituent expriment une #méfiance envers des pauvres jugés coûteux, peu méritants, voire #fainéants. Les politiques dites « d’#activation » conditionnent désormais l’obtention d’une #prestation_sociale à une période d’activité, dans le but affiché « d’inciter » les personnes en situation de pauvreté à travailler, suggérant qu’elles sont tentées par l’#oisiveté.

    C’est ce que traduit la récente #réforme du #revenu_de_solidarité_active (#RSA), dont le versement est désormais conditionné à quinze heures d’activité gratuites par semaine. Dans une récente communication au gouvernement français, j’ai mis en garde contre les impacts de cette mesure qui, comme le soulignent la Défenseure des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’homme et le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, pourrait mener à une augmentation du taux de #non-recours aux #prestations ainsi qu’à des cas relevant de la qualification de #travail_forcé. A ce jour, le gouvernement français n’a pas répondu à nos inquiétudes à ce sujet.

    La #dématérialisation de l’accès à l’#aide_sociale est une autre illustration de cette dérive aux accents dystopiques. Le « #tout-numérique » peut aggraver le phénomène de non-recours aux #aides_sociales et fragiliser les conditions de vie de nombreuses personnes en situation de pauvreté. En outre, les outils algorithmiques permettent d’automatiser #contrôles et #sanctions.

    La #Caisse_d’allocations_familiales (#CAF) a, par exemple, ciblé de manière discriminatoire des #familles_monoparentales ainsi que des personnes en situation de handicap. Cela mène à des retraits rétroactifs de prestations, aggravant ainsi la situation des bénéficiaires. Non seulement ces formes de contrôle constituent un frein au recours aux aides sociales et à la sortie de la pauvreté, mais elles sont souvent vécues par celles et ceux qui les subissent comme une #humiliation.

    Territoires abandonnés

    L’extrême droite prospère sur l’essor des inégalités et la #peur du #déclassement au sein des classes moyennes et populaires. Dans un contexte économique morose marqué par la stagnation des salaires et de nombreuses #délocalisations, la #stigmatisation des pauvres accroît encore davantage le sentiment d’anxiété et d’insécurité économique des classes moyennes paupérisées. Elle risque ainsi de renforcer les #divisions_sociales en opposant les « pauvres » aux « encore plus pauvres », d’une part, et « nos pauvres », jugés dignes d’être aidés, aux « migrants » qui viendraient leur faire concurrence, d’autre part. Ces dynamiques alimentent le discours décliniste des populistes d’extrême droite, qui attribuent l’insécurité économique à des #boucs_émissaires désignés par leurs origines ethniques.

    Pour inverser la tendance, les politiques sociales doivent être refondées sur le principe d’#universalité de la #protection_sociale, qui constitue un droit humain. Ces efforts doivent se doubler d’un plan de #cohésion_territoriale, permettant de garantir une véritable égalité d’opportunités entre populations des zones rurales et habitants des villes, alors qu’aujourd’hui beaucoup de ruraux ont le sentiment de vivre dans des territoires abandonnés, méprisés par les élites urbaines.

    La montée des populismes d’extrême droite est le résultat direct de la refonte néolibérale du modèle social d’après-guerre. Pour enrayer leur progression, la guerre contre les pauvres doit être remplacée par une guerre contre la pauvreté.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/22/olivier-de-schutter-rapporteur-de-l-onu-sur-l-extreme-pauvrete-la-stigmatisa
    #néolibéralisme #conditionnement #conditionnalité #inconditionnalité #immigrés #populisme

    aussi signalé par @colporteur
    https://seenthis.net/messages/1142934

    –-

    ajouté à la métaliste sur la #guerre_entre_pauvres :
    https://seenthis.net/messages/567127

  • Au Texas, deux suspects poursuivis pour l’attaque d’un centre de rétention inculpés en tant qu’« antifas »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/16/au-texas-deux-suspects-poursuivis-pour-l-attaque-d-un-centre-de-retention-in

    Deux personnes inculpées en juillet pour l’attaque d’un centre de rétention d’immigrés du Texas sont désormais également poursuivies pour « soutien au terrorisme », à la suite de la désignation par Donald Trump de la mouvance « antifa » comme « organisation terroriste », ont annoncé les autorités, , jeudi 16 octobre.
    Initialement, 10 personnes avaient été inculpées pour l’attaque, le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, d’un centre de rétention de la police de l’immigration (ICE) à proximité de Dallas pendant laquelle un policier a été blessé au cou. Elles faisaient l’objet de 6 chefs d’accusation, dont celui de tentative de meurtre d’un agent fédéral pour 3 d’entre elles.

    « Pour la toute première fois : le FBI a arrêté des extrémistes anarchistes violents affiliés à Antifa, et des poursuites pour terrorisme ont été engagées pour l’attaque contre ICE le 4 juillet à Prairieland, au Texas », a commenté sur X le directeur de la police fédérale (FBI), Kash Patel. « Comme le président des Etats-Unis l’a annoncé, Antifa est une organisation terroriste de gauche. Ils seront poursuivis en tant que tels », a renchéri la ministre de la justice, Pam Bondi, sur le même réseau.

    Selon les autorités judiciaires, un des assaillants du centre de l’ICE a tiré 20 à 30 coups de feu en direction des agents pénitentiaires non armés, et plusieurs fusils, gilets pare-balles et talkies-walkies ont été retrouvés sur place.

    Bon, je me trumpe pas sur tout, terrorisme et soutien au terrorisme, c’est pareil.

  • Downey, la « Beverly Hills mexicaine » à l’heure de la chasse aux sans-papiers
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/14/downey-la-beverly-hills-mexicaine-a-l-heure-de-la-chasse-aux-sans-papiers_66


    Image de vidéosurveillance montrant deux agents de la police de l’immigration s’apprêtant à arrêter un #travailleur_sans-papiers (au centre), à Downey (Californie), le 11 juin. 2025. « LE MONDE »

    Ce même 11 juin, un grand-père qui amenait un enfant à l’école a été saisi sur le parking de l’église catholique Our Lady of Perpetual Help. Le diocèse n’a pas voulu commenter. Un autre homme a été pris devant l’église Downey Memorial. Là, la pasteure Tanya Lopez et son mari Al, également pasteur, ont organisé une protestation avec une demi-douzaine de dignitaires religieux. Choqués : non seulement les hommes en treillis se sont permis d’interpeller un homme qui se trouvait sur leur parking mais ils ont pointé leur fusil en direction de Tanya Lopez, qui s’approchait pour les filmer. Et quand Al leur a signifié que l’église s’opposait à ce genre de pratique sur sa propriété, l’un des agents a objecté : « Le pays tout entier est notre propriété. »

    L’histoire se répète

    A l’appel des pasteurs, le voisinage est venu partager son indignation devant l’église. Les questions se transforment en suspicion. Pourquoi ces voitures banalisées, immatriculées au Texas, au Nouveau-Mexique ? Pourquoi les agents refusent-ils de s’identifier ? L’examen au ralenti des vidéos montre que les agents portaient l’inscription « BORTAC » au dos de leur uniforme. Le sigle renvoie à « Border Patrol Tactical Unit », la force d’intervention la plus militarisée du Department of Homeland Security. Mais les habitants ne sont pas convaincus. « Tout cela peut s’acheter sur Amazon », assure Desiree Gaytan, du collectif anti-colonialiste Union del Barrio. Ils craignent une intervention des milices d’extrême droite.

    A leurs yeux, l’histoire se répète. Les Latinos ont en mémoire la repatriation (« rapatriement ») des années 1930, une politique de #rafles à grande échelle qui a vu des centaines de milliers d’#immigrés_mexicains – dont nombre de citoyens américains – forcés de quitter le pays. « On connaît bien le scénario, dit Martha Camacho Rodriguez, mexicaine de la troisième génération. Ce qui est nouveau, c’est qu’on apprend ces arrestations en temps réel. » A Fresno, où elle a grandi, dans la vallée agricole de la Californie, il arrivait à ses parents d’être ramassés sans raison par la « migra », la police de l’#immigration, et conduits à la #frontière, bien qu’ils aient des papiers en règle. Si les patrons étaient généreux, ils envoyaient une camionnette pour rechercher les ouvriers.

    Depuis le début des opérations, Martha patrouille à Downey avec un groupe de tias (« tantes », par extension « amies »). « Je déteste parler en termes de couleur, assure-t-elle. Mais si tu es blanc, en treillis, tu es qui ? » La même perspective fait frissonner la paroissienne Monse Villareal. Elle ne veut « pas prononcer le nom », mais il vient quand même : « Guerre civile. » A sa consternation, ses deux fils de 27 et 30 ans, sont – et restent – partisans de Donald Trump. « Ils sont dans leur bulle. Ils pensent que tout cela va bien se terminer. »

    Le groupe est persuadé que le fast-food qui donne sur la laverie auto Galaxy est infiltré d’espions, des « bounty hunters » (« chasseurs de primes »). « On photographie les gens qui photographient les gens », résume Martha. Les associations de soutien aux migrants se sont rassemblées début juin en un collectif pour l’autodéfense (Community Self Defense Coalition). Union del Barrio a commencé à former des « communautés patriotes », des groupes de citoyens en alerte qui surveillent les faits et gestes de l’#ICE, la #police_de_l’immigration. « On s’organise bloc par bloc, explique Desiree Gaytan. Nous ne sommes pas découragés. Nous sommes en colère. »

    Avec son amie Paula, Martha a manifesté le 7 juin à Paramount, la commune voisine, à 80 % latino, où ont eu lieu les violents incidents du 7 juin lorsque la population a tenté de s’opposer aux interpellations de migrants devant le magasin de bricolage Home Depot. Arrivée à l’âge de 18 ans aux Etats-Unis, Paula Mejia, elle, a bénéficié de l’amnistie accordée par Ronald Reagan à 2,7 millions de clandestins en 1986. Agente immobilière, elle avait toujours été républicaine, jusqu’à l’arrivée de Donald Trump. Elle ne décolère pas contre ses voisins. Ceux que Martha appelle des « Judas », autrement dit, les Cubains, qui forment une importante minorité à Downey et se sont emparés du conseil municipal. « Pour eux c’est facile. Dès qu’ils mettent le pied sur le sol américain, ils bénéficient de la nationalité américaine », critique-t-elle. « C’est pour cela que nous sommes furieux. Cette ville a voté Trump », abonde Mario Trujillo.

    https://archive.ph/vP9Nh

    (où l’on constate qu’après un 1er article foireux, l’envoyée spéciale a atterri)

    #repatriation

    • En Californie, la mobilisation contre les raids visant les ouvriers agricoles sans papiers

      La police américaine de l’immigration accentue la pression contre les « farmworkers », dont 60 % sont en situation irrégulière, à la consternation des employeurs.

      [...]

      Partie de Los Angeles, la révolte gronde en Californie contre l’ICE et ses agents en tenue de combat, lourdement armés, en véhicules banalisés. Leur visage est systématiquement dissimulé, au point que le sénateur démocrate Scott Wiener a déposé un projet de loi interdisant aux forces de l’ordre le port du masque. A Oxnard, le conseil municipal a été envahi le 17 juin, au lendemain de l’interpellation musclée d’un Américain de 33 ans, Juan Ramirez-Diaz, qui filmait l’arrestation de son père, devant un garage de la zone industrielle. « Ma grand-mère est dans une maison de retraite, j’ai peur qu’ils embarquent tous les pensionnaires », explique Tony Sanchez, venu protester à la mairie.

      [...]

      Dès 5 heures, les volontaires patrouillent en voiture, à l’affût des 4 x 4 banalisés qui transportent les policiers affublés « comme dans le jeu vidéo Call of Duty », déclare Leo Martinez, moqueur. Ils les suivent dès la sortie de la base navale du comté de Ventura où la police aux frontières (la Border Patrol) s’est installée. « On les harcèle », décrit Lexi, une mère de famille qui circule tous les matins après avoir déposé son fils à l’école, et qui a réussi à stopper plusieurs arrestations. Tactique : s’approcher, filmer, alerter. Faire du bruit pour attirer l’attention des passants. « Ça n’est pas illégal, souligne Leo Martinez, à condition de ne pas menacer les policiers. Si on leur fait perdre ne serait-ce qu’une heure, c’est une heure qu’ils n’emploient pas à capturer des gens. »

      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/24/en-californie-la-mobilisation-contre-les-raids-visant-les-ouvriers-agricoles
      https://archive.ph/KOMWb

      malgré des âneries incroyables (le ramassage des fruits et légumes serait un"travail hautement qualifié" ...), de nombreux éléments de description de la situation

      #ICE #police_des_frontières #police_de_l’immigration #lutte #politisation

    • Il me semble que ce n’est pas complétement faux de dire que la cueillette de fruits est un travail qualifié (le hautement bien sur de trop...). J’ai souvent entendu des agriculteurs dire qu’il faut du soin et surtout une bonne expérience avec le fruit en question pour ne pas l’abimer (sans doute aussi parce qu’il faut les récolter vite...). Par contre la paie ne va clairement pas avec le niveau de qualification, mais si c’était le cas en général dans la société on serait sans doute un peu moins dans la merde... :) juste pour chippoter...

  • « On n’est pas nos parents »,
    sur les grèves de #PSA #Aulnay

    C’est l’histoire de deux grèves à l’usine automobile de PSA-Aulnay-sous-Bois, en région parisienne. Deux #grèves mises en miroir, celle de 1982 qui est la première de l’usine et aussi la première grande grève des #OS (ouvriers spécialisés) #immigrés qui travaillent à la chaîne de montage ; et celle de 2013 qui est la dernière grève de l’usine puisque celle-ci ferme et supprime 3 000 emplois directs et plusieurs autres milliers « indirects » chez les sous-traitants. Pour les habitant-es du département de #Seine-Saint-Denis (93), c’est la disparition du premier employeur privé dans un territoire déjà marqué par la précarité. Mais loin d’être misérabiliste, ce #documentaire parle de lutte et de dignité ouvrière. Le réalisateur Matteo Severi et les co-autrices Madeleine Guediguian et Sarah Cousin ont été parties prenantes de cette lutte, les ouvriers leur ont ouvert les portes de l’usine et de leur #histoire qu’ils se sont chargés de nous transmettre par ce film. Voici une interview de Matteo et Madeleine, merci à eux d’avoir répondu à nos questions.

    https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4450

    https://vimeo.com/1048632804

    #mouvement_ouvrier
    #industrie_automobile
    #immigration

    Seen lié :

    https://seenthis.net/messages/1108423

    @colporteur

  • "The Anti-Chinese Wall" Cartoon

    This 1882 cartoon shows stereotypical imagery of laborers, among whom are Irishmen, an African American, a Civil War veteran, Italian, Frenchman, and a Jew, building a wall against the Chinese.

    A cartoon showing laborers, among whom are Irishmen, an African American, a Civil War veteran, Italian, Frenchman, and a Jew, building a wall against the Chinese. Congressional mortar is used to mount blocks of prejudice, non-reciprocity, law against race, fear, etc. Across the sea, a ship flying the American flag enters China, as the Chinese knock down their own wall and permit trade of such goods as rice, tea, and silk.

    https://www.facinghistory.org/resource-library/anti-chinese-wall-cartoon
    #dessin #caricature #dessin_de_presse #anti-chinois #USA #Etats-Unis #migrations #immigrés #racisme #stéréotypes

  • “The American River Ganges” – 30 September, 1871

    Many scholars regard Nast’s most famous and well-executed anti-Catholic image as brilliantly rendering the concern of Roman Catholic interference in public education. Steeped in fear-mongering invasion imagery, Harper’s Weekly published the image twice. The first, on September 30, 1871, implicated Nast’s nemesis, William M. Tweed, and was reprised by popular demand on May 8, 1875; the cartoon shows Tweed absent from the cliff.

    The American River Ganges, Harper’s Weekly, September 1871 by Thomas Nast. The original image of Nast’s most famous anti-Catholic image, Tweed, was safely out of the picture, literally and figuratively, when the image was republished on 8 May 1875, along with other minor modifications. Library of Congress

    The image is a tour de force of imagination and caricature technique. Nast dehumanized the Catholic bishops by turning them into reptiles. They emerge from the water toward the New York shoreline. Two clergies in the foreground have stereotypic Irish faces.

    As if to emphasize the double meaning of “feast,” slithering out of the water on all fours, are bishops wearing their pretiosas, the ornate, jewel-encrusted miters worn on Sundays or feast days, the priests are drawn as salivating crocodiles with jaws ready to devour, or feast if you will, on school children. A Protestant minister or teacher, with his Bible tucked in his waistcoat and his saucer hat tossed to the ground, stands defiant, guarding several fearful children who are shivering, praying, and cowering as certain death approaches. In the middle of the scene, several bishops arrive on the shore ready to clamp down on defenseless and dispensable non-Catholic students.

    A Chinese boy on his hands and knees attempts to flee. Native American and African American children press up against the cliff with nowhere to escape.

    Nast shared a Radical Republican, utopian vision which held that public schools should be open to all children, regardless of race, creed or ethnicity, and he drew many images of an idealized public school system that included a diverse student body learning in harmony. With the Catholic initiative to create their own schools, and with the support of public funds to do so underway – funded through Tweed’s influence, Nast feared that separate sectarian schools for each ethnic and racial groups would result. “Nast believed that bringing children together into the public sphere, under democratic control, muted their religious and racial differences and molded a unified, multiethnic [sic]American society” (Justice 174). Tweed and the Roman Catholic Church interfered with that vision.

    Boss Tweed and his “ring” lower Protestant children from a cliff to be devoured by Catholic bishops

    Perched atop the cliff, Tweed, and members of his political machine lower Protestant children to the feeding grounds below. Columbia, Nast’s ever-faithful symbol of American compassion and justice, is bound and led away to a hangman’s gallows.

    Nast drew Tammany Hall as an extension of the Vatican in New York City. The flag of an Irish harp and the Roman Catholic papal standard fly in authority over the land. Nast echoed the Republican and Protestant fears that Catholicism was taking over municipal governance.

    At the center top of the image, a U.S. Public School crumbles. An inverted American flag, a sign of distress, flies prominently. On the other side of the river stands a Vatican-shaped structure named “Tammany Hall.” The cartoon was reissued in 1875, and the sign over the buildings was changed to “Political Roman Catholic Church.” Flags of the Papal Coat of Arms, and the Irish harp fly atop the side domes. Attached to the right of the Roman Catholic Church is the “Political Roman Catholic School.”

    In Harper’s Weekly, an essay written by Eugene Lawrence accompanied Nast’s full-page cartoon. Lawrence, a nativist and frequent contributor to the periodical, blamed the Catholics for the end of the public school system and its aim “to destroy our free schools, and perhaps our free institutions has been for many years the constant aim of the extreme section of the Romish Church.”

    The essay continues its attack on Jesuits and the daring, aggressive spirit of the ultramontane Irish Catholics who Lawrence claims govern New York. The author also touts brave European governments who have dared to challenge the Roman Catholic influence in their schools and other institutions.

    The institutions that managed New York Public Schools claimed their schools provided non-sectarian education. Catholics disagreed, noting Protestant-based libraries, textbooks and “the daily reading of the Protestant version of the Bible” in classrooms as an unsatisfactory environment for learning (Heuston 54).

    “The establishment of a new state school system in the United States seemed to substantiate Catholic fears that the attitudes of European secularists were taking root in America” (Heuston 169). Prior to the Civil War, Catholics wanted to participate in the public school system without endangering their faith. Catholics were encouraged to pursue the issue after New York Whig Governor William Seward suggested in 1840 that state aid might be given to Catholic schools (53). Henceforth, New York’s Catholic Church, led by Archbishop John Hughes, began strategies to thwart the new school system by working through their political contacts, but these attempts were unsuccessful. A preoccupation with the Civil War and its aftermath diverted attention from the issue of public education – the issue would not surface again until the close of the 1860s, when Catholics once again picked on the issue and “Republican Party and Catholic Church leaders the late 1860s and early 1870s joined a bitter battle of words over the future of public education” (Justice 171).

    Justice suggests the American Public School served as a metaphor for the northern lifestyle; “the public school evoked the small-town Protestant backbone of the Republican Party” (180). In 1869, Tweed, as head of Tammany Hall and acting State Senator, “snuck a provision in the annual tax levy bill for the city through the state legislature,” which provided 20 percent of the city’s excise tax be earmarked to Catholic schools (Justice 182). Tweed’s crafty maneuver set Republicans to outrage in motion and solidified scrutiny by the Republican-based press, such as The New York Times and Harper’s Weekly. Nast’s crusade against Catholic interference in the public school system coincided with his attacks on Tweed’s other political malfeasance. His attacks on Tweed tripled Harper’s Weekly circulation (Hess 100).

    Nast’s principal opposition to the Catholic Church rested on what he feared was the Church’s aim to subvert the nation’s public school system by diverting public funds to sectarian schools (St. Hill, 70). Benjamin Justice’s research on Nast’s feelings about Catholic interference in the public school system provides valuable insights. Justice feels that American antagonism toward Catholics resulted from the church’s rapid rise due to immigration and the American Catholic church’s adoption of conservative ultramontane Romanish leadership, which “increasingly insisted on separate, publicly-funded schools, making it incompatible with republican government and unfit to offer mass education at public expense” (175). Justice surmises that Nast’s vicious blasts at the public school issue came to life as part of a broader attack on the relationship between Tammany Hall and the Catholic Church. Nast visual attacks were pointed objections to “Catholic political ascendency over the state” rather than an attack on Catholic culture or Catholics as individuals (183).

    The image is often used as evidence by Catholics to prove Nast hated Catholics. Nast produced many anti-Catholic images, but all of these Catholic cartoons hover over two issues—The New York Catholic Church’s demand for public funds to create their own sectarian schools (appeals which succeeded due to their alliance with Tweed) and the conservative Catholic (ultramontane) concept or doctrine of papal infallibility, wholly adopted by the New York Catholics.

    Blind allegiance to an infallible monarch figure perplexed Protestant Republicans. They viewed American Catholics’ allegiance to the religious figurehead across the ocean as antithetical to American origins which rejected governance through monarchs. As Heuston and others have made clear, the Irish-American’s devotion to a pope was clear evidence to Protestants that American Catholics had no desire to assimilate into American culture and behave as independently-thinking individuals.

    Most Protestants misunderstood papal infallibility to mean that Catholics believed that the pope could not err in decision making or judgments. [See Catholic definition] Nast’s family and religious background were likely rooted in a more progressive, reformed Catholicism. Along with most Protestants, Nast could not fathom the blind allegiance that Irish Catholics awarded the Roman pontiff. For Nast American Catholic policies represented a flawed doctrine and philosophy with the potential for extreme abuse.

    Nast’s campaign against Catholic interference in public schools equaled, if not rivaled, his obsession with Tweed. He saw Tweed and the American Catholic Church in New York as symbiotic and co-dependent. This reality particularly rankled Nast, and as a theme for caricature and commentary, one Nast would not relinquish.

    https://thomasnastcartoons.com/irish-catholic-cartoons/the-american-river-ganges-1871
    #caricature #dessin #dessin_de_presse #racisme #histoire #USA #Etats-Unis #indésirables #irlandais #migrations #immigrés #indésirabilité #anti-catholiques #crocodiles #animaux #animalisation #déshumanisation

    ping @reka

  • « Pourquoi cette colère adolescente d’une génération à l’autre, des émeutes de 2005 à celles de 2023 ? » : découvrez les extraits du « Miroir. Retour dans les banlieues françaises »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/04/01/pourquoi-cette-colere-adolescente-d-une-generation-a-l-autre-des-emeutes-de-

    Dans son livre à paraître vendredi 4 avril au Seuil, Luc Bronner, grand reporter au « Monde », constate que les émeutes sont d’abord une éruption de jeunesse, et se demande « comment s’effacent les liens qui tissent une société ».

    Disons-le : depuis plusieurs décennies, les banlieues pauvres sont un laboratoire de l’#idéologie_sécuritaire, cette grille de lecture qui domine le débat public, portée par une alliance hétéroclite d’entreprises de sondages, de médias militants, d’intellectuels et de partis politiques. Vingt ans de discours de fermeté, et un échec presque total. Ouvrons les yeux sur ce bilan. Car la France se prépare, lentement, sûrement, à intégrer le camp des nations illibérales, ces sociétés où les citoyens choisissent démocratiquement de réduire les #libertés et les droits en débutant par les plus fragiles, les derniers #immigrés, les plus #pauvres, les moins intégrés, puis en élargissant le profil des victimes et leur nombre. Au nom de la sécurité. (…). Les #quartiers sont un de ces miroirs dans lesquels la France peut se regarder pour se demander ce qu’elle devient lorsque le logiciel sécuritaire l’emporte. (…)

    « Rétablir l’ordre, rétablir l’ordre, rétablir l’ordre », a déclaré Bruno Retailleau, pour ses premiers mots de ministre de l’intérieur, en septembre 2024, au moment où se mettait en place le gouvernement Barnier après la dissolution de l’Assemblée nationale. « L’ordre, l’ordre, l’ordre », avait dit, avant lui, Emmanuel Macron en août 2023 pour donner sa grille de lecture et d’action après les #émeutes. Les mots et les promesses étaient les mêmes en 2005, en 2007, en 2010, en 2015. Comme si le logiciel des politiques s’était enrayé autour de la seule approche sécuritaire, comme si les faits divers l’avaient définitivement emporté sur les faits sociaux. (…)

    (c’est un pro des faits divers, du judiciaire et du journalisme para-policier qui le dit)

    trouvé là https://archive.ph/1I2C7

  • Texas Teen Deported After #ICE Linked Tattoos to Gang Activity Only Got Ink Because It ’Looked Cool’: Report

    Immigration authorities began detaining Latino men with tattoos under the assumption that they were tied to organized crime.

    A Texas teenager was deported after U.S. immigration authorities mistakenly linked his tattoos to gang activity, despite him claiming he only got them because they “looked cool,” according to reports.

    On March 15, President Donald Trump invoked the #Alien_Enemies_Act of 1798 to deport over 200 Venezuelan migrants, claiming they were members of the Tren de Aragua gang, according to the New Republic.

    This move bypassed due process and resulted in individuals being detained and sent to a Salvadoran prison without a proper legal review. Among those deported were individuals with no criminal record, including a young man who had gotten a tattoo in Dallas purely for aesthetic reasons.

    “The men sent to do hard labor in a Salvadoran prison with no due process include: A tattoo artist seeking asylum who entered legally, a teen who got a tattoo in Dallas because he thought it looked cool, a 26-year-old whose tattoos his wife says are unrelated to a gang,” Aaron Reichlin-Melnick of the American Immigration Council wrote on X.

    Immigration authorities reportedly began detaining Latino men with tattoos under the assumption that they were tied to organized crime.

    Many of these individuals, including asylum seekers, were allegedly targeted based solely on body art, regardless of whether they had any gang affiliation.

    One detainee, Aguilera Agüero, had a tattoo featuring lyrics from Puerto Rican reggaeton star Anuel AA, which was reportedly wrongly cited as gang-related evidence.

    Trump’s invocation of the act has since been blocked by a federal judge, as reported by NPR. Families and legal experts are continuing to work on getting the detained migrants released.

    https://www.latintimes.com/texas-teen-deported-after-ice-linked-tattoos-gang-activity-only-got-ink-
    #déportation #expulsion #tattoo #tatouage #détention_administrative #rétention #USA #Etats-Unis #Trump #trumpisme #latinos #immigrés_vénézuéliens #El_Salvador #emprisonnement

    • “You’re Here Because of Your Tattoos”

      The Trump administration sent Venezuelans to El Salvador’s most infamous prison. Their families are looking for answers.

      On Friday, March 14, Arturo Suárez Trejo called his wife, Nathali Sánchez, from an immigration detention center in Texas. Suárez, a 33-year-old native of Caracas, Venezuela, explained that his deportation flight had been delayed. He told his wife he would be home soon. Suárez did not want to go back to Venezuela. Still, there was at least a silver lining: In December, Sánchez had given birth to their daughter, Nahiara. Suárez would finally have a chance to meet the three-month-old baby girl he had only ever seen on screens.

      But, Sánchez told Mother Jones, she has not heard from Suárez since. Instead, last weekend, she found herself zooming in on a photo the government of El Salvador published of Venezuelan men the Trump administration had sent to President Nayib Bukele’s infamous Terrorism Confinement Center, or CECOT. “I realized that one of them was my husband,” she said. “I recognized him by the tattoo [on his neck], by his ear, and by his chin. Even though I couldn’t see his face, I knew it was him.” The photo Sánchez examined—and a highly produced propaganda video promoted by Secretary of State Marco Rubio and the White House—showed Venezuelans shackled in prison uniforms as they were pushed around by guards and had their heads shaved.

      The tattoo on Suárez’s neck is of a colibrí, a hummingbird. His wife said it is meant to symbolize “harmony and good energy.” She said his other tattoos, like a palm tree on his hand—an homage to Suárez’s late mother’s use of a Venezuelan expression about God being greater than a coconut tree—were similarly innocuous. Nevertheless, they may be why Suárez has been effectively disappeared by the US government into a Salvadoran mega-prison.

      Mother Jones has spoken with friends, family members, and lawyers of ten men sent to El Salvador by the Trump administration based on allegations that they are members of the Venezuelan organized crime group Tren de Aragua. All of them say their relatives have tattoos and believe that is why their loved ones were targeted. But they vigorously reject the idea that their sons, brothers, and husbands have anything to do with Tren de Aragua, which the Trump administration recently labeled a foreign terrorist organization. The families have substantiated those assertions to Mother Jones, including—in many cases—by providing official documents attesting to their relatives’ lack of criminal histories in Venezuela. Such evidence might have persuaded US judges that the men were not part of any criminal organization had the Trump administration not deliberately deprived them of due process.

      On March 14, President Donald Trump quietly signed a proclamation invoking the Alien Enemies Act—a 1798 law last used during World War II. The order declared that the United States is under invasion by Tren de Aragua. It is the first time in US history that the 18th-century statute, which gives the president extraordinary powers to detain and deport noncitizens, has been used absent a Congressional declaration of war. The administration then employed the wartime authority unlocked by the Alien Enemies Act to quickly load Venezuelans onto deportation flights from Texas to El Salvador.

      In response to a class action lawsuit brought by the ACLU and Democracy Forward, federal judge James Boasberg almost immediately blocked the Trump White House from using the Alien Enemies Act to summarily deport Venezuelans, and directed any planes already in the air to turn around. But in defiance of that order, the administration kept jets flying to El Salvador. Now Suárez and others like him are trapped in the Central American nation with no clear way to contact their relatives or lawyers.

      Suárez, whose story has also been reported on by the Venezuelan outlet El Estímulo, is an aspiring pop musician who records under the name SuarezVzla. His older brother, Nelson Suárez, said his sibling’s tattoos were intended to help him “stand out” from the crowd. “As Venezuelans, we can’t be in our own country so we came to a country where there is supposedly freedom of expression, where there are human rights, where there’s the strongest and most robust democracy,” Nelson said. “Yet the government is treating us like criminals based only on our tattoos, or because we’re Venezuelan, without a proper investigation or a prosecutor offering any evidence.” (All interviews with family members for this story were conducted in Spanish.)

      The Justice Department’s website states that Suárez’s immigration case is still pending and that he is due to appear before a judge next Wednesday. Records provided by Nelson Suárez show that Arturo has no criminal record in Venezuela. Nor, according to his family, does Suárez have one in Colombia and Chile, where he lived after leaving Venezuela in 2016. They say he is one of millions of Venezuelans who sought a better life elsewhere after fleeing one of the worst economic collapses in modern history. (Just a few years ago, Secretary Rubio, then a senator from Florida, stressed that failure to protect Venezuelans from deportation “would result in a very real death sentence for countless” people who had “fled their country.”)

      The stories shared with Mother Jones suggest that Trump’s immigration officials actively sought out Venezuelan men with tattoos before the Alien Enemies Act was invoked and then removed them to El Salvador within hours of the presidential proclamation taking effect.

      “This doesn’t just happen overnight,” said immigration lawyer Joseph Giardina, who represents one of the men now in El Salvador, Frizgeralth de Jesus Cornejo Pulgar. “They don’t get a staged reception in El Salvador and a whole wing for them in a maximum-security prison…It was a planned operation, that was carried out quickly and in violation of the judge’s order. They knew what they were doing.”

      The White House has yet to provide evidence that the hundreds of Venezuelans flown to El Salvador—without an opportunity to challenge their labeling as Tren de Aragua members and “terrorists”—had actual ties to the gang. When pressed on the criteria used for their identification, Press Secretary Karoline Leavitt pointed to unspecified “intelligence” deployed to arrest the Venezuelans she has referred to as “heinous monsters.” Trump’s border czar Tom Homan has insisted—without providing specific details—that the public should trust ICE to have correctly targeted the Venezuelans based on “criminal investigations,” social media posts, and surveillance.

      Robert Cerna, an acting field office director for ICE’s removal operations branch, said the agency “did not simply rely on social media posts, photographs of the alien displaying gang-related hand gestures, or tattoos alone.” But Cerna also acknowledged that many of the Venezuelans deported under the Alien Enemies Act had no criminal history in the United States, a fact he twisted into an argument to seemingly justify the summary deportations without due process. “The lack of a criminal record does not indicate they pose a limited threat,” Cerna wrote. “In fact, based upon their association with TdA, the lack of specific information about each individual actually highlights the risk they pose. It demonstrates that they are terrorists with regard to whom we lack a complete profile.”

      The relatives who talked to Mother Jones painted a vastly different picture from the US government’s description of the men as terrorists or hardened criminals. Many said their loved ones were tricked into thinking they were being sent back to Venezuela, not to a third country. (The Department of Homeland Security and ICE did not respond to a detailed request for comment asking for any evidence that the Venezuelans named in this article have ties to Tren de Aragua.)

      Before leaving for the United States in late 2023, Neri Alvarado Borges lived in Yaritagua, a small city in north central Venezuela. His father is a farmer and his mother supports his 15-year-old brother, Neryelson, who has autism.

      Alvarado’s older sister, María, stressed in a call from Venezuela that her brother has no connection to Tren de Aragua. She said her brother was deeply devoted to helping Neryelson—explaining that one of his three tattoos is an autism awareness ribbon with his brother’s name on it and that he used to teach swimming classes for children with developmental disabilities. “Anyone who’s talked to Neri for even an hour can tell you what a great person he is. Truly, as a family, we are completely devastated to see him going through something so unjust—especially knowing that he’s never done anything wrong,” María said. “He’s someone who, as they say, wouldn’t even hurt a fly.”

      Still, Alvarado was detained by ICE outside his apartment in early February and brought in for questioning, Juan Enrique Hernández, the owner of two Venezuelan bakeries in the Dallas area and Alvarado’s boss, told Mother Jones. One day later, Hernández went to see him in detention and asked him to explain what had happened. Alvarado told Hernández that an ICE agent had asked him if he knew why he had been picked up; Alvarado said that he did not. “Well, you’re here because of your tattoos,” the ICE agent replied, according to Hernández. “We’re finding and questioning everyone who has tattoos.”

      The agent then asked Alvarado to explain his tattoos and for permission to review his phone for any evidence of gang activity. “You’re clean,” the ICE officer told Alvarado after he complied, according to both Hernández and María Alvarado. “I’m going to put down here that you have nothing to do with Tren de Aragua.”

      For reasons that remain unclear, Hernández said that another official in ICE’s Dallas field office decided to keep Alvarado detained. María Alvarado said her brother told her the same story at the time.

      Hernández spoke to Alvarado shortly before he was sent to El Salvador. “There are 90 of us here. We all have tattoos. We were all detained for the same reasons,” he recalled Alvarado telling him. “From what they told me, we are going to be deported.” Both assumed that meant being sent back to Venezuela.

      Hernández, a US citizen who moved to the United States from Venezuela nearly three decades ago, searched desperately for Alvarado when he didn’t show up in his home country that weekend. He was nearly certain that Alvarado was in El Salvador when he first spoke to Mother Jones on Thursday. “I have very few friends,” he said. “Very few friends and I have been in this country for 27 years. I let Neri into my house because he is a stand-up guy…Because you can tell when someone is good or bad.” Later that day, on Alvarado’s 25th birthday, Hernández got confirmation that his friend was in El Salvador when CBS News published a list of the 238 people now at CECOT.

      A centerpiece of Bukele’s brutal anti-gang crackdown, CECOT is known for due process violations and extreme confinement conditions. Last year, CNN obtained rare access to the remote prison, which can hold up to 40,000 people. The network found prisoners living in crowded cells with metal beds that had no mattresses or sheets, an open toilet, and a cement basin. Visitation and time outdoors are not allowed. A photographer who was allowed into the prison as the Venezuelans arrived earlier this month wrote for Time magazine that he witnessed them being beaten, humiliated, and stripped naked.

      The Trump administration has indicated in court records that the El Salvador operation was weeks, if not months, in the making. In a declaration, a State Department official said arrangements with the Salvadoran and Venezuelan governments for the countries to take back US deportees allegedly associated with Tren de Aragua had been made after weeks of talks “at the highest levels”—including ones involving Secretary of State Rubio—and “were the result of intensive and delicate negotiations.”

      As part of the deal, the US government will pay El Salvador $6 million to hold the Venezuelan men for at least one year. Calling the agreements a “foreign policy matter,” Rubio has claimed the outsourcing of deportees’ detention to Bukele’s “excellent prison system” is saving money for US taxpayers.

      It is unclear if, or when, anyone sent to CECOT will be able to return to Venezuela. A Human Rights Watch program director noted in a declaration that the organization “is not aware of any detainees who have been released from that prison.” During an appeals court hearing on March 24, the ACLU’s lead counsel Lee Gelernt said, “We’re looking at people now who may be in a Salvadoran prison the rest of their lives.”

      Joseph Giardina’s client Frizgeralth de Jesus Cornejo Pulgar thought he was set to return to Venezuela on a deportation flight. Carlos, Frizgeralth’s older sibling, said his 26-year-old brother called their sister, who lives in Tennessee, from the El Valle detention center in Texas. He said Frizgeralth told her he was going to be deported to Venezuela later that day. “He was happy that he was going to be here with us,” Carlos said from Caracas in a video call with Mother Jones.

      But Frizgeralth never arrived. Eventually, the family heard from the girlfriend of another Venezuelan set to be deported on the same flight as Carlos. She had identified him in videos shared on social media of the men who had been sent to the prison in El Salvador. On March 19, Carlos started scouring the internet and spotted his brother in a TikTok video. In it, Frizgeralth has his freshly shaved head pressed down, a rose tattoo on his neck peeking out from under a white t-shirt.

      “We felt very powerless and in a lot of pain,” Carlos said. “To see how they mistreat a person who doesn’t deserve any of that. It’s not fair.”

      Frizgeralth arrived in the United States in June 2024 after crossing the Darién Gap and waiting several months in Mexico for a CBP One appointment. The Biden-era program, which the Trump administration has since terminated, allowed migrants to schedule a date to present lawfully at a US port of entry. Carlos said Border patrol agents let Frizgeralth’s girlfriend and their other brother, as well as two friends, through but they held Frizgeralth back. He ended up detained at Winn Correctional Center, an ICE facility in Louisiana.

      In messages to his family from detention, Frizgeralth expressed concern he was being investigated because of his tattoos. He explained that none of the 20 or so images—including one on his chest of an angel holding a gun—he has tattooed on his body have any connection to gang activity. He also described feeling discouraged from hearing stories in detention of Venezuelans who had recently been redetained and said ICE agents picked them up over suspicions about their tattoos.

      Frizgeralth even had a declaration from his tattoo artist confirming the harmless nature of the artwork. “I never imagined being imprisoned just for getting a tattoo,” Frizgeralth, who owns a streetwear clothing brand with Carlos, wrote. “I never imagined being separated from my family. I wouldn’t wish this on anyone, not even my worst enemy if I had one. It’s horrible, it’s mental torture every day.”

      Like Suárez and Alvarado, Frizgeralth had no criminal record in Venezuela, documents show. Giardina said his client also had no known criminal history in the United States. Nor did he have a final deportation order. During his preliminary court hearings, the US government never claimed or presented evidence that Frizgeralth had ties to Tren de Aragua. “He was doing everything he was supposed to do,” Giardina said. “He got vetted and checked when he came into the country. He was in detention the entire time. It’s insanity.” If anything, Giardina said, his client had a strong claim for asylum based on political persecution. He said Frizgeralth was being targeted by the colectivos, paramilitary groups linked to the Maduro regime.

      About a week prior to his deportation, they moved Frizgeralth to Texas. His next hearing, which is scheduled for April 10, still appears on the immigration court’s online system. “To detain them in this maximum security prison with no access to lawyers, no charges, just because you’re saying they’re terrorists…,” Giardina said. “I mean, what the hell?”

      Génesis Lozada Sánchez said she and her younger brother Wuilliam are from a rural Venezuelan “cattle town” called Coloncito near Colombia. Following Venezuela’s economic collapse, both she and Wuilliam lived in Bogota, where her brother saved up for the journey to the United States by making pants at a clothing factory. After he reached the border last January, Wuilliam was detained for more than a year, Génesis said.

      On Friday, March 14, he called a cousin in the United States to say that he was about to be deported to Venezuela. “But to everyone’s surprise, that’s not what happened. They were kidnapped,” Génesis said. “Why do I say kidnapped? These people have no ties to El Salvador. They haven’t committed any crimes there. And they’re not even Salvadoran. They don’t even cross into El Salvador after going through the Darién Gap on their way to the United States. So, it’s a kidnapping. They tricked these guys into signing papers by telling them they were being sent to Venezuela.”

      Like other men sent to El Salvador, Wuilliam has tattoos. But Génesis said that they have nothing to do with Tren de Aragua and that her brother has no criminal record. His goal had been to make enough money in the United States to help support their parents and to save up enough to hopefully open a clothing factory back home.

      Other reporting and court briefs further support the families’ suspicions that their loved ones were primarily targeted for deportation because of their tattoos. In one instance, a professional soccer player, whose attorney said had fled Venezuela after protesting against the Maduro regime and being tortured, was accused of gang membership based on a tattoo similar to the logo of his favorite team, Real Madrid.

      John Dutton, a Houston-based immigration attorney, said that he started noticing ICE officers detaining Venezuelans during check-ins due to their tattoos earlier this year. “If they notice they have a tattoo, they’re just taking them into custody,” he explained. “No more questions to ask.” Dutton estimated he now has about a dozen clients who have been arrested because of tattoos.

      One of his clients, Henrry Albornoz Quintero, was due in court for a bond hearing last Wednesday after being taken into detention at a routine ICE check-in. “I show up. The judge asked me where my client is,” the Houston lawyer said. “I asked the same question to the DHS attorney. She looked at her notes, shuffled papers around as if she’s gonna find the answer in there, looks up, and said, ‘Judge, I don’t know.’”

      Dutton told the judge that his client might be in El Salvador; his relatives had recognized him in one of the images of people at CECOT. The judge then decided not to hear the case on the grounds that he no longer had jurisdiction. “You could tell he wanted to help me,” Dutton added. “He just couldn’t. There’s nothing he could do.”

      The next day, Albornoz’s name appeared on the list of people imprisoned in El Salvador. So far, Albornoz is the only one of Dutton’s clients to be sent there. His wife is nine months pregnant with their first child.

      “They didn’t just deport these people and then set them free,” says Ilya Somin, a law professor at George Mason University. “They sent them to El Salvador, where that country, at the behest of the United States, is incarcerating them for at least a year in their prison system. This is not just deportation without due process. This is imprisonment without due process in a foreign prison system that has terrible conditions. That’s a pretty blatant violation of the Fifth Amendment’s due process clause, which says that you can’t take away people’s life, liberty or property without due process of law.”

      Until Thursday, March 20, Barbara Alexandra Manzo still wasn’t sure if her brother Lainerke Daniel Manzo Lovera was among those sent to El Salvador and transferred to CECOT. The family hadn’t heard from him since that Saturday, when he called from El Paso, Texas, to say they were deporting him to Venezuela or Mexico. Her confirmation also came when she saw his name on the CBS News list.

      Barbara Alexandra told Mother Jones that Lainerke didn’t even have a tattoo before he left Venezuela in December 2023. He got one—a clock on his arm—while living and working in Mexico, waiting for a CBP One appointment. It was a gift from a roommate who had been given a date before he did. Last October, Lainerke showed up at the border and was sent to ICE detention; first in San Diego, then briefly in Arizona. He had a court hearing scheduled for March 26.

      “My son went to look for a better future, the American Dream,” his mother Eglee Xiomara said in a video. “And it didn’t come true. That was the worst trip he has ever made in his life.”

      Lainerke has yet to meet his six-month-old daughter, who was born in the United States. “He’s never been in prison,” Barbara Alexandra said. “[We’re wondering] if he’s ok or if something is happening to him. And we’ll never know because we have no recourse.”

      Nelson Suárez fears that he, too, could meet the same fate as his brother Arturo, the Venezuelan musician. Even during the first Trump administration, the fact that Nelson has Temporary Protected Status and a pending asylum case would have been enough to protect him from deportation. But there are no guarantees that it will be now. If Judge Boasberg’s temporary restraining order is lifted or overturned, he could be immediately deported to Venezuela, or sent to El Salvador, without due process. He doesn’t know if he will walk out of a scheduled check-in with ICE in May free or in chains.

      “I’m really scared,” he said last week. “My three daughters are here with me. My wife is here. My kids are in school. I don’t know what could happen. Since this happened to my brother, I really haven’t been able to sleep. I have no peace, no sense of calm. I’m afraid to go out on the street. But at the same time, we have to go out to work and get things done.”

      https://www.motherjones.com/politics/2025/03/trump-el-salvador-venezulea-deportation-prison-cecot-bukele

      via @freakonometrics

  • La transformation merveilleuse de la #classe_ouvrière en étrangers


    https://www.youtube.com/watch?v=0tzyT30dQ6Q

    Samir utilise des photos de famille privées, des animations, des clips musicaux et des documents d’archives inconnues pour raconter de manière divertissante l’histoire de la migration des pays du Sud voisins vers la Suisse, de l’après-guerre à nos jours.
    Alors que jusque dans les années 1950, le PS et les syndicats ont dirigé la #culture_ouvrière suisse, ces institutions ont petit à petit perdu leur importance et une nouvelle force est apparue, qui a façonné notre société jusqu’à aujourd’hui : la #migration_du_travail. Aujourd’hui, plus personne ne parle de « classe ouvrière ». Et le terme « #ouvrier » est devenu synonyme d’ « #étranger ».

    https://www.dvfilm.ch/fr/movies/documentaries/die-wundersame-verwandlung-der-arbeiterklasse-in-auslaender
    #film #documentaire #Suisse #travailleurs_étrangers #film_documentaire #Samir #immigration #travail #économie #Gastarbeiter #logement #baraquements #saisonniers #immigrés_italiens #xénophobie #racisme #italianité

  • #Cyclone à #Mayotte : et voilà que les immigrés sont responsables des catastrophes climatiques

    Les déclarations rejetant la faute sur les personnes issues de l’immigration comorienne s’enchaînent dans le débat public. Une manière pour les personnalités politiques de se défausser de leurs responsabilités dans le drame humain que traverse l’île depuis plusieurs jours.

    À chaque fois qu’on pense avoir touché le fond, on creuse encore un peu plus. Les #déclarations indécentes de plusieurs personnalités politiques ou médiatiques après les ravages du cyclone #Chido à Mayotte démontrent, une fois de plus, combien les personnes immigrées servent de #bouc_émissaire et sont présentées comme les responsables de tous les maux de la société.

    Face à l’ampleur de la catastrophe et à l’urgence d’agir pour acheminer l’aide alimentaire, l’eau et autres produits de première nécessité, le ministre démissionnaire de l’intérieur, #Bruno_Retailleau, n’a rien trouvé d’autre que de s’attaquer à l’immigration. « Il faut déjà penser au jour d’après. On ne pourra pas reconstruire Mayotte sans traiter, avec la plus grande détermination, la #question_migratoire », a-t-il déclaré sur le réseau social X.

    Et le ministre d’ajouter : « Mayotte est le symbole de la #dérive que les gouvernements ont laissé s’installer sur cette question. Il faudra légiférer pour qu’à Mayotte, comme partout sur le territoire national, la France reprenne le contrôle de son immigration. »

    Au micro de BFMTV et RMC, mercredi 18 décembre, il a développé : « On ne pourra plus faire comme avant. Il faut trois actions : être beaucoup plus dur vis-à-vis des #Comores, envisager de nouveaux moyens de lutte en utilisant un certain nombre d’outils modernes pour prévenir les arrivées de #kwassa-kwassa, et enfin modifier notre législation. »

    Dans une comparaison qui n’a pas lieu d’être, par laquelle il surfe habilement sur la théorie d’extrême droite du « #grand_remplacement » sans toutefois la nommer, Bruno Retailleau a affirmé que « c’était comme si, en France, on avait à peu près 20 millions de clandestins ». « Est-ce qu’une société peut vivre dans la concorde civile avec un tel #déséquilibre_démographique ? eh bien, je dis non. »

    Le député de la #Marne_Charles de Courson (Liot) a emprunté la même voie de la déraison, allant jusqu’à parler d’« #invasion » : « Le plus grand problème de Mayotte, ce qui explique d’ailleurs le vote de nos compatriotes de ce département, c’est une forme d’invasion, il faut bien le dire, par des immigrants venant surtout des Comores, mais pas uniquement, et qui essaient de pénétrer en Europe via Mayotte. »

    #Hiérarchisation_des_vies

    #Barbara_Lefebvre, essayiste et chroniqueuse dans l’émission « Les Grandes Gueules » sur RMC, a quant à elle assumé de hiérarchiser les vies : « Maintenant, on vient nous expliquer “Oh on va faire une minute de silence pour les Mahorais”. C’est pas pour les Mahorais. L’essentiel des morts, ça doit être des clandestins comoriens qui de toute façon n’ont pas voulu écouter les alertes quand on leur a dit de s’en aller de leur #bidonville. »

    Ce #racisme décomplexé est d’une violence inouïe. Pendant ce temps, le premier ministre à peine nommé a préféré se rendre à Pau en jet privé, pour présider le conseil municipal de sa commune. Un premier choix révélateur de son sens des priorités face à une telle catastrophe, touchant le département le plus pauvre de France. Mais il ne s’est pas arrêté là.

    Interrogé mardi 17 décembre sur France 2 à l’occasion d’une soirée spéciale visant à récolter des dons pour Mayotte, #François_Bayrou a souligné la situation administrative d’une partie des victimes du cyclone, évoquant une « population qui, du point de vue des papiers, est illégale, mais du point de vue de la vie, sont des hommes et des femmes ». « Est-ce que c’est le sujet, aujourd’hui, de savoir si c’est légal ou pas ? », a rétorqué Nagui, le présentateur.

    C’est sans doute la seule et unique question qui compte aujourd’hui dans le drame que traversent Mayotte et ses habitant·es, peu importe la couleur de leur passeport. Car personne n’est illégal dans ce monde : il a simplement été décrété que les personnes blanches pouvaient migrer n’importe où, en étant qualifiées d’« expatriées », et que les autres n’en avaient pas le droit, au prétexte qu’elles ne seraient nées du bon côté de la planète.

    Au lieu de s’interroger sur l’efficacité de leurs politiques, nos dirigeants ont donc choisi de se défausser de leurs responsabilités. Tout serait la faute des « migrants », qui participeraient à l’« invasion » de Mayotte et créeraient un « déséquilibre » sur le territoire.

    Pas de remise en question

    Personne ou presque ne rappelle l’histoire de cette île, qui appartenait à l’archipel des Comores avant d’être colonisée par la France en 1941 et d’en être isolée lorsque la population mahoraise a voté contre l’indépendance.

    Personne n’explique pourquoi, en gardant une telle scission géographique, Mayotte continuera d’attirer toujours plus de personnes cherchant à fuir la misère et à améliorer leurs conditions de vie, en rejoignant l’île voisine, située à une soixantaine de kilomètres.

    Qui pour évoquer le rapport caché rédigé par six ministères, révélé par Mediapart en mars 2023, qui annonçait déjà la couleur d’une situation explosive, dans un territoire rongé par la pauvreté, un système de santé à la dérive et une politique migratoire contre-productive basée sur le non-accueil ?

    Personne ne s’attarde, enfin, sur les retards effrayants de développement sur l’île, qui manque cruellement de logements, d’infrastructures, d’accès à l’eau ou d’accès à la santé. Il suffit pourtant de s’y rendre pour que tout cela saute aux yeux : les bidonvilles – dans lesquels vivent aussi des personnes en situation régulière ou de nationalité française –, le système éducatif, l’état des routes, l’absence de lignes de transport en commun, les coupures d’eau régulières qui contraignent les habitant·es à faire des stocks dans des bidons pour pouvoir se doucher…

    Que l’on ne s’y trompe pas, ces retards ne sont pas imputables aux personnes migrantes ; et les personnes migrantes ne sont pas responsables du dérèglement climatique. Elles sont d’ailleurs bien souvent les premières à en pâtir, et deviennent, pour certaines, des réfugié·es climatiques. Les accuser de tous ces maux se résume à une grande lâcheté.

    Le ministre de l’intérieur l’a dit lui-même, « l’île est dévastée » et « ce qui attend la France à Mayotte est colossal ». Il est temps d’accompagner enfin ce département français de manière digne – comme les autres départements et régions d’outre-mer (Drom) – et d’y investir, tout en veillant à ce que la corruption ne réduise pas à néant les chances de survie des habitant·es les plus vulnérables.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/181224/cyclone-mayotte-et-voila-que-les-immigres-sont-responsables-des-catastroph
    #immigration #migrations #immigrés #responsabilité

    ping @karine4

    • Mayotte face au cyclone Chido : quand l’obsession migratoire écrase la justice climatique

      Après le passage, ce samedi 14 décembre, d’un cyclone d’une violence inédite sur l’île de Mayotte, département français d’outre-mer, les conséquences matérielles et humaines sont colossales. Comment expliquer ce désastre climatique en brandissant la carte de la migration clandestine ? #Bruno_Retailleau, (ex)-ministre de l’Intérieur français y parvient très bien en attisant le délire fasciste du recours aux boucs émissaires pour tout justifier, de la catastrophe climatique à la #pauvreté extrême. Pour lui, ce sont les migrants en situation illégales qui expliquent les dégats causés par le passage de Chido.

      Les 14 décembre 2024, Mayotte est frappée par un violent cyclone, dévastant l’île et emportant des centaines de vies. Les destructions sont massives, tant au niveau des infrastructures où, par exemple, un hôpital a été gravement impacté, qu’au niveau d’habitations entières emportées. Au-delà de la destruction de lieux de vie, les pertes en vies humaines sont estimées à plusieurs centaines, voire milliers, selon le préfet de Mayotte. S’ajoutent au bilan humain et matériel des milliers de personnes sinistrées après le passage de ce tourbillon meurtrier. Alors que l’heure est au deuil et à l’appel à la solidarité internationale, à l’envoi de secours afin de soigner, nourrir et loger celles et ceux qui se retrouvent sans toit, l’(ex)-ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, dont la #rhétorique des trois derniers mois s’est concentrée sur un appel général au rétablissement de “l’#ordre”, explique sur X (ex-Twitter) :


      https://x.com/BrunoRetailleau/status/1868920034598306010

      Justifier le désastre du cyclone par la présence de l’immigration clandestine

      Reconnaître la #responsabilité du gouvernement français dans l’extrême pauvreté qui touche le département français de Mayotte n’a pas semblé être une priorité pour Bruno Retailleau, qui appelle à poursuivre la course contre l’immigration irrégulière plutôt que de s’attaquer aux causes du désastre dû à la catastrophe climatique. Faire appel à la “#question_migratoire” pour justifier l’écart de pauvreté entre la France métropole et Mayotte n’est pas une nouveauté pour le ministère de l’Intérieur français. En 2018, alors qu’un large mouvement social secouait l’île pour dénoncer les conditions de vie difficiles, la priorité du gouvernement était déjà donnée à la lutte contre l’immigration dite “irrégulière” des Comorien·nes cherchant refuge à Mayotte. Il est important de rappeler que Mayotte fait historiquement partie intégrante de l’archipel des Comores. Ce peuple forme une unité historique et culturelle avec les trois autres îles (Grande Comore, Mohéli et Anjouan). Lors des décolonisations, l’État français a isolé Mayotte, où une majorité s’était prononcée contre l’indépendance lors d’un référendum alors que les autres îles se prononcaient pour. Devenue département français en 1974, cette décision a été largement dénoncée par l’ONU comme une violation du droit international et une atteinte à l’intégrité territoriale des Comores.

      Le #déni_colonial de la France

      La catastrophe écologique du passage du cyclone Chido met en lumière les enjeux politiques et environnementaux des territoires d’outre-mer français. L’intensité du cyclone et les ravages qu’il a causés rappellent « les conséquences mortelles des inégalités en termes de ressources et d’infrastructures dans ces régions » [1]. En moyenne le niveau de vie à Mayotte est sept fois plus bas que la moyenne nationale, avec 77% des habitant·es vivant sous le seuil de pauvreté, soit cinq fois plus qu’en France et un tiers vivant dans des habitations trop précaires pour résister à la force du cyclone. Le désastre auquel font face les Mahorais aujourd’hui ne peut être dissocié, contrairement à ce qu’affirme Bruno Retailleau, de l’héritage colonial. La longue histoire de violences, d’accaparement des terres, de reconfiguration des paysages et de traumatismes liés à la colonisation et à l’esclavage, apparait aujourd’hui indissociable de la situation dans laquelle se trouve Mayotte.

      Aujourd’hui, appartenir à un département français tout en laissant des milliers de personnes dans une pauvreté extrême ne peut être interprété comme le résultat d’une « dérive » liée à la présence de Comorien·nes considérés comme clandestins sans-papiers. Le ministre de l’intérieur promet la chasse à celles et ceux qui demandent asile ou vivent clandestinement, sous-entendant que celle-ci pourrait solutionner les difficultés économiques de l’Outre-mer. Dans la clandestinité, nombreuses sont les personnes sans-papiers qui vivent dans des bidonvilles, souvent construits avec des matériaux largement dévastés par le cyclone. De plus, selon certaines informations, des personnes non régularisées ne se seraient pas rendues dans les centres d’hébergement indiqués pendant l’alerte rouge du cyclone, par crainte de répression et d’arrestation. Nombreux sont celles et ceux qui ont probablement perdu la vie dans le cyclone, victimes d’une nécropolitique répressive menée par la France à leur égard.

      Comme le rappellent Malcom Ferdinand et Mélissa Manglou, la vulnérabilité des territoires d’Outre-mer aux dégradations environnementales et aux perturbations climatiques n’est pas naturelle, mais résulte d’une « longue construction sociale et politique ». [2] Elle découle d’un héritage colonial qui a détruit les écosystèmes et fragilisé la souveraineté de territoires entiers. Mayotte fait partie de la France suite à un travail acharné visant des enjeux économiques et géopolitiques, notamment en raison de sa position stratégique dans l’Océan Indien, près du Mozambique, un pays riche en ressources exploitées par l’extractivisme. Le cyclone Chido illustre de manière poignante comment les habitant·es de Mayotte subissent la destruction des lieux fragilisés par des années de difficultés économiques et de chasse aux « clandestin·es » causée par la nécropolitique française. Ce processus reflète également une forme de dette écologique, où les conséquences des pratiques extractivistes et de l’exploitation des ressources naturelles se manifestent de manière disproportionnée sur les populations locales, amplifiant leur précarité face aux catastrophes climatiques. Aujourd’hui, la mort de nombreuses personnes lors de cette catastrophe climatique ne peut être comprise que comme le résultat d’un long processus d’anéantissement colonial. Bruno Retailleau, en l’associant à une « dérive » dans la gestion de l’immigration, utilise une rhétorique dangereuse et fascisante pour légitimer la position de la France en Outre-mer.

      https://www.cadtm.org/Mayotte-face-au-cyclone-Chido-quand-l-obsession-migratoire-ecrase-la-justice

  • On est les meilleurs !
    Entre 2020 et 2022, 13 pays de l’UE ont enregistré au moins 488 décès en garde à vue ou lors d’interventions policières. La France présente les chiffres les plus élevés, suivie de l’Irlande, de l’Espagne et de l’Allemagne. La plupart des pays européens ne respectent pas les critères des Nations unies en matière d’enquête sur les décès survenus en garde à vue.

    https://voxeurop.eu/fr/morts-police-operations-detention-europe

  • L’#essentiel sur... les #immigrés et les #étrangers

    Combien y a-t-il d’immigrés et d’étrangers en France ? Quelle est l’évolution des flux migratoires ? Quelle est leur situation face à l’emploi ? Quelle est la fécondité des femmes immigrées ?…

    L’essentiel sur… les immigrés et les étrangers fournit des éléments de cadrage pour aborder ces questions, à l’aide de chiffres clés représentés de manière visuelle et d’un court commentaire.

    https://www.insee.fr/fr/statistiques/3633212

    #statistiques #chiffres #fact-checking #migrations #INSEE #France #visualisation #graphiques #démographie

    cité ici :
    Le projet de loi immigration instrumentalise la #langue pour rejeter des « migrants »
    https://seenthis.net/messages/1025157

    ping @karine4 @reka

    • Quelle est la fécondité des femmes immigrées ?… quant à la fécondité des natives femmes d’immigrés pourquoi la question n’est jamais abordée ?

  • 1000 Italiens à #Tripoli, près de #Vallorbe

    Le « #village_des_cantines » était un petit #village avec tellement de débits de boisson que l’on imaginait bien qu’il s’y tramait une activité extraordinaire. En effet, un millier d’Italiens ont été installés là pour construire entre autres choses le #Tunnel_du_Mont_d'Or, une opération mal perçue par les autochtones, selon Sylvie Costa Paillet, la co-commissaire de l’exposition « Losanna, Svizzera, 150 ans d’immigration italienne à Lausanne » au Musée d’histoire de Lausanne.

    https://notrehistoire.ch/entries/gVB0g6NjYD0
    #Suisse #immigrés_italiens #migrants_italiens #toponymie #toponymie_coloniale #toponymie_politique #ghetto #hébergement #racialisation

    –-

    On en parle ici aussi, à partir de la min. 3’56 :
    https://www.rts.ch/audio-podcast/2024/audio/comme-des-italiens-en-suisse-1-5-la-liberte-en-suisse-et-ailleurs-28688945.html
    https://seenthis.net/messages/1083994
    Selon ce qui est dit dans le reportage aussi, on l’appelait aussi #village_nègre #Negerdorf

  • Les Algériens en #France. Une histoire de générations

    À l’automne 1983, la « #Marche_des_beurs » traverse la France. Les récits entrecroisés des origines et des trajectoires de trois de ses participants retracent l’histoire de l’immigration algérienne. Les Algériens, privés de #droits en situation coloniale, sont près de cent mille, dans l’entre-deux-guerres, à travailler en métropole. Dans les #baraquements du bassin minier du nord de la France, dans les usines de Vénissieux ou dans les #cafés-hôtels des #banlieues de la région parisienne ou de Marseille, une intense vie sociale, culturelle et politique se développe – sous la #surveillance étroite des autorités et le regard méfiant et souvent hostile des citoyens français. Engagés dans le combat ouvrier, ces hommes le sont aussi dans la #lutte pour l’#indépendance de leur pays, vers lequel ils projettent leur avenir.
    Quand éclate la #guerre_d'Algérie et que les #violences_policières s’abattent sur les militants, des #règlements_de_comptes sanglants entre les différents #mouvements_nationalistes déchirent la communauté, alors que débute parallèlement l’#immigration_familiale et que l’#exil, progressivement, s’enracine. Encore élevés dans l’idée du retour au pays, les enfants de l’immigration algérienne clament bientôt leur #appartenance à la France en témoignant à la fois des #souffrances de leurs parents et de l’#injustice faite à leur propre génération. En renouant les fils de l’histoire et de la #mémoire, les combats d’hier résonnent avec ceux d’aujourd’hui...

    https://www.editionsladecouverte.fr/les_algeriens_en_france-9782348079665
    #algériens #Algérie #immigrés_algériens #étrangers #immigration #histoire #communauté_algérienne
    #BD #bande-dessinée #livre

  • Arnaud Brennetot sur le financement des retraites en France par les étrangers
    https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7236607665173405696/?updateEntityUrn=urn%3Ali%3Afs_updateV2%3A%28urn%3Ali%3Aactivity%3A7236607

    En France, les immigrés représentent 25 % des cotisants supplémentaires depuis un quart de siècle

    Depuis 50 ans, le FN/RN a fait de la lutte contre l’immigration un de ses thèmes privilégiés de mobilisation politique, attisant une xénophobie utile dans sa lutte contre la droite libérale et républicaine. À l’occasion des derniers scrutins, la dénonciation de la “submersion migratoire” a été instrumentalisée avec un succès électoral considérable. Cependant, outre le fait que la xénophobie est contraire aux idéaux républicains, un tel combat politique va à l’encontre des intérêts économiques d’un pays vieillissant.

    Pour rappel, après une longue stagnation, le nombre d’immigrés a augmenté depuis un quart de siècle, passant de 4,4 millions en 1999 (7,3 % de la population) à 7 millions en 2022 (10,3 %). Dans le même temps, le nombre de retraités n’a cessé d’augmenter lui aussi, passant de 13 millions en 2004 à 17 en 2021.

    Au cours de cette période, le financement de l’augmentation du coût des pensions et des frais de santé induits par le vieillissement a été rendu possible grâce à l’augmentation, en parallèle, du nombre d’emplois (et donc de cotisants) : entre 1999 et 2021, le nombre d’emplois en France est ainsi passé de 24,9 à 29,7 millions.

    Cette augmentation a permis de stabiliser le rapport entre le nombre d’emplois et le nombre de personnes sans emploi (mineurs, étudiants non salariés, actifs sans emploi, chômeurs, retraités, etc) (voir graphique ci-après).[malheureusement impossible d’afficher les images de linkedin sur seenthis, c’est ultra propriétaire...]

    Le financement de l’augmentation des coûts sociaux du vieillissement a été possible, et c’est une performance loin d’être évidente, grâce à deux leviers complémentaires :
    – le recul de l’âge de la retraite et l’augmentation du taux d’activité des seniors qui est passé de 15 % en 2004 à 38 % en 2021 pour les 60-64 ans (et de 3 à 9 % pour les 65-69 ans) ;
    – le recours à l’immigration, les emplois assurés par des immigrés passant de 1,6 million en 1999 à 2,9 millions en 2021.

    Cela signifie donc que les immigrés ont pris en charge 25 % des 6,5 millions d’emplois créés en France depuis un quart de siècle. Sans eux, le financement de l’accompagnement social du vieillissement par l’augmentation du nombre de cotisants n’aurait pas été possible. Si la France avait appliqué les restrictions à l’immigration prônées depuis les années 1980 par le FN, il aurait fallu allonger encore la durée de cotisation et réduire le montant des pensions, provoquant une dégradation inédite des conditions de vie, en particulier pour les personnes âgées.

    #RN #étrangers #immigrés #retraite #travail #cotisations

  • « Détestable en soi, la xénophobie est aussi critiquable d’un point de vue économique », Jean-Baptiste Fressoz
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/07/03/detestable-en-soi-la-xenophobie-est-aussi-critiquable-d-un-point-de-vue-econ

    Dans tous les pays, le #logement constitue la part la plus importante du capital des ménages. La France n’échappe pas à cette règle : les maisons et appartements représentent quatre années de produit national brut, le double ou presque de tous les autres capitaux : actions, bâtiments professionnels et terres agricoles. Ce #capital est récent. En France, presque les trois quarts des logements ont été construits après 1945. Ce capital est composé de béton, de briques, de parpaings, de verre, d’acier et de bois. Et s’il s’est accumulé grâce à des techniques simples (bétonnières, brouettes, truelles, pelles, Placoplatre), reposant essentiellement sur la force musculaire.
    Contrairement aux clichés sur la modernisation et la fin du travail manuel, entre 1950 et 1980, le nombre d’employés dans le #BTP a doublé en France, pour atteindre 1,7 million de personnes. Avec des fluctuations, les effectifs sont restés à des niveaux importants, si l’on inclut les intérimaires.

    Cette force musculaire, la France l’a tirée pour une part non négligeable de l’étranger. Au milieu des années 1960, les entrepreneurs du BTP peinent à fixer la main-d’œuvre française et font face à l’augmentation des salaires. La substitution des nationaux par les étrangers s’intensifie. A la fin des années 1960, 30 % des #ouvriers du BTP sont #immigrés. En 1965, dans la région parisienne, le BTP emploie 78 % de Portugais, des hommes jeunes, certains fuyant le service militaire et les guerres coloniales. A cette époque, on retrouve énormément d’immigrés, algériens, marocains et portugais, sur les chantiers du périphérique, du RER et du quartier d’affaires de la Défense. « La main-d’œuvre portugaise est une main-d’œuvre banale, explique un rapport de la préfecture de la Seine, l’ouvrier portugais concurrence rarement l’Espagnol et encore moins l’Italien, il se trouverait plutôt au niveau du Marocain ou de l’Algérien. »

    Angle mort de la préférence nationale

    Quarante ans plus tard, dans sa remarquable enquête en immersion Chantier interdit au public. Enquête parmi les travailleurs du bâtiment (La Découverte, 2009), le sociologue Nicolas Jounin a retrouvé le même type de #hiérarchie_ethno-raciale, reposant aussi sur la date d’arrivée en France. Aux manœuvres sans qualifications, souvent noirs et parfois clandestins, reviennent les tâches les plus éreintantes : porter les échafaudages, charger les brouettes de ciment, ou encore faire de la démolition à la masse et au marteau-piqueur.
    Selon Jounin, le racisme dans les chantiers ne vient pas de préjugés archaïques, mais sert à y maintenir la hiérarchie et l’obéissance. Par exemple, un maçon noir qualifié ne sera jamais traité de « Mamadou », à l’inverse d’un manœuvre intérimaire. Le #racisme est une manière de justifier la position subalterne de certains travailleurs. La présence d’un Blanc surprend parfois les camarades de travail cités par Jounin : « Normalement les Français, ils ne sont pas ferrailleurs… Les Français disent que les Arabes prennent leur travail, mais tout ce qu’on prend c’est la merde. »

    Détestable en soi, la xénophobie est aussi critiquable d’un point de vue économique. Actuellement, les travailleurs immigrés représentent 27 % des ouvriers du BTP en France. A titre de comparaison, les immigrés représentent 10 % de la population active. Notons encore que la moitié des travailleurs immigrés en France travaillent dans la région parisienne, qui est de loin la plus dynamique économiquement : la main-d’œuvre immigrée représente même 60 % des ouvriers non qualifiés du BTP en Ile-de-France ! Le capital des Franciliens, leurs appartements à plusieurs centaines de milliers d’euros, repose donc majoritairement sur du muscle importé.

    La crise du logement est, dit-on, un des motifs du vote RN. Pourtant, la politique migratoire d’#extrême_droite renforcera probablement les difficultés des Français à se loger. La #préférence_nationale en matière de logement oublie que les logements sont en partie construits grâce à des étrangers. Si l’extrême droite surfe sur le sentiment de déclin national, ses politiques migratoires pourraient bien transformer ce fantasme en réalité.

  • Immigrants Contribute Billions to Federal and State Taxes Each Year

    Without fail, each Tax Day a prevalent myth resurfaces that conceals the truth about immigrants’ contributions to federal, state, and local taxes. Bolstered by social media and other outlets, it misleadingly asserts that immigrants, particularly those who are undocumented, evade taxes. The facts don’t back up these claims.

    Immigrants, including undocumented immigrants, pay taxes. Our analysis of the 2022 American Community Survey (ACS) found that immigrants in the United States have a combined household income of $2.1 trillion and contribute $382.9 billion to federal taxes and $196.3 billion in state and local taxes, leaving them with $1.6 trillion in spending power.

    Our findings underscore the fact that immigrants have significant economic influence, helping to support local communities not only as consumers but also as taxpayers. Like all U.S. residents, immigrants do use public services, such as education, healthcare, and public safety.

    But the economic contributions of immigrants far exceed the costs of those additional public services. A 2023 CATO study found that first-generation immigrants contributed an average of $16,207 per capita to the economy in 2018 yet cost an average of just $11,361. This resulted in a net fiscal benefit of $4,846 per immigrant in 2012 dollars.

    Undocumented immigrants in the U.S. contribute to the tax system through sales, income, and property taxes, often using Individual Tax Identification Numbers (ITINs) to file income tax returns. In 2022, undocumented immigrants had a combined household income of $290.0 billion and paid $21.5 billion in federal taxes and $13.6 billion in state and local taxes. Their combined spending power was $254.8 billion. Despite their substantial contributions, many do not qualify for the benefits their taxes support, such as social security and Medicare benefits or the Earned Income Tax Credit.

    Taxes paid by undocumented immigrants also help pay for public higher education, yet undocumented immigrants are also often unable to reap the benefits through in-state tuition options. An analysis of the Higher Education Immigration Portal developed by the Presidents’ Alliance on Higher Education and Immigration, revealed that 26 states do not provide in-state tuition to undocumented residents.

    As we move through another tax season, addressing and dispelling the widespread misconceptions about immigrants and their tax contributions is crucial. The facts are undeniable: immigrants, including those who are undocumented, not only meet their tax obligations but also significantly enhance our economy through their contributions. Their collective household income leads to considerable federal and state tax payments, making a profound economic impact. Moreover, their spending power, running into trillions, highlights their indispensable role as consumers, and effective taxpayers, in our communities.

    Yet despite their notable contributions many immigrants, especially those who are undocumented, face a challenging contradiction. They contribute to services through their taxes yet remain ineligible to access several services. This situation lays the groundwork for a deeper conversation on fairness and community support. In addressing key immigration issues, our discussions and decisions must be founded on fact. This approach ensures that every member of our society is appropriately recognized for their contributions.

    https://immigrationimpact.com/2024/04/15/immigrants-contribute-billions-federal-state-taxes

    #taxes #impôts #migrations #immigrés #immigration #coût #bénéfice #welfare_state #USA #Etats-Unis #statistiques #chiffres
    –—

    ajouté à la métaliste sur le lien entre #économie (et surtout l’#Etat_providence) et la #migration :
    https://seenthis.net/messages/971875

  • Corps en grève

    Le bidonville de Feyzin est menacé de fermeture.
    Vingt-sept travailleurs tunisiens entament une grève de la faim afin d’obtenir la régularisation de leurs papiers.
    Durant les vingt jours que durera la grève, immigrés et Français lutteront ensemble, jusqu’au bout.

    La France « découvre » alors l’existence des bidonvilles, véritables #taudis dans lesquels vivent près de 800 000 travailleurs étrangers.
    Une histoire qui fait indéniablement échos à l’actualité : les bidonvilles, « jungles » et campements de fortune perdurent et les droits humains restent bafoués.

    https://steinkis.com/livres/corps-en-greve/corps-en-greve.html
    #BD #bande_dessinée #livre
    #France #travailleurs_immigrés #bidonville #logement #Lyon #Feyzin #sans-papiers #migrations #circulaire_Fontanet #régularisation #immigrés_tunisiens #bidonville_de_Feyzin #luttes #histoire #résistance #grève_de_la_faim #travail #exploitation

  • Emmanuel Blanchard : « La France a une histoire longue de racialisation de l’emprise policière »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/07/02/emmanuel-blanchard-la-france-a-une-histoire-longue-de-la-racialisation-de-l-

    Depuis 2017, les sociologues et les journalistes ont documenté une hausse importante des tirs mortels liés à des refus d’obtempérer. Cet assouplissement des conditions d’usage des armes n’a pas conduit à une augmentation aléatoire des tirs : ils se concentrent sur les populations les plus contrôlées, en particulier les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes. L’emploi de l’arme à feu s’inscrit alors dans un continuum de violences qui visent une petite partie de la population. Le législateur aurait dû anticiper les biais ethno-raciaux d’un tel durcissement sécuritaire : cela fait maintenant plus de quarante ans que les crimes racistes et les violences policières sont dénoncés comme générateur d’une citoyenneté de seconde zone par des descendants d’immigrés particulièrement mobilisés sur ces questions.

    […]

    La France a une histoire longue de racialisation de l’emprise policière. Si l’on ne prend pas en compte l’histoire coloniale, on ne comprend pas pourquoi le nombre de personnes trouvant la mort dans des interactions avec des policiers est, en France, beaucoup plus élevé – de deux à cinq fois – que dans des pays européens comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni. La France a été une capitale impériale dont les indigènes étaient aussi des nationaux qui venaient par centaines de milliers chercher de l’emploi en métropole, où ils étaient largement considérés comme indésirables, en particulier dans le cas de l’immigration algérienne.

  • Premier de corvée - Regarder le documentaire complet | https://www.arte.tv/fr/videos/107817-000-A/premier-de-corvee

    Premier de corvée

    Malgré deux emplois dans la restauration et la livraison, la vie hors des radars d’un travailleur clandestin malien. Un documentaire qui raconte par l’exemple les luttes des #sans-papiers en #France, estimés à près de 700 000, pour de meilleures conditions d’existence.

    Depuis son arrivée en France en 2018, Makan cumule deux boulots : plongeur dans une brasserie chic près des Champs-Élysées et livreur à vélo. Solitaire et sacrifiée, la vie de ce Malien de 35 ans est tout entière dédiée au travail, qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille restée au pays, une femme et des enfants qu’il n’a pas vus depuis bientôt quatre ans. « On n’est pas venu ici pour prendre des photos de la tour Eiffel. On est venu ici pour bosser. Ta famille est dans la merde, toi aussi t’es dans la merde », confie-t-il.

    Comme des centaines de milliers d’autres personnes en France, cantonnées aux marges de la société alors qu’ils font tourner des pans entiers de l’#économie, Makan est sans-papiers. Il espère sortir de la #clandestinité et, en attendant, « reste dans [son] coin », effectuant avec courage ces métiers ingrats que seule une main-d’oeuvre précaire accepte désormais. « Si les #immigrés ne se présentaient pas, je ne sais pas qui prendrait leur place », reconnaît sans ciller sa cheffe de cuisine.

    En attendant, Makan se demande pourquoi sa vie reste si difficile en France, « le pays des #droits »...

    Existences invisibles

    Entre spleen et courage, le documentaire suit le quotidien d’un travailleur sans-papiers dans sa quête de régularisation, précieux sésame qui lui permettrait de se rendre dans son pays natal pour revoir ses proches qui subsistent grâce à son sacrifice. Aidé notamment par des militants syndicaux de la CGT, Makan, qui tente de sortir de l’ornière administrative où il s’est enlisé, a rejoint la lutte de ceux qui se mettent en grève pour obtenir de meilleures conditions de travail. Mettant en lumière ces « premiers de corvées » condamnés à mener des existences invisibles (ils seraient près de 700 000 en France), ce film révèle sans misérabilisme le vécu intime de l’exil, de la clandestinité et de l’abnégation.