• Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71389/etudiants-etrangers-en-france--des-manifestations-dans-plusieurs-ville

    Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription
    Par La rédaction Publié le : 14/05/2026
    Bien que le ministre de l’Enseignement supérieur ait décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription à l’université des étudiants non ressortissants de l’Union européenne, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, mardi, contre cette mesure, à Paris et dans plusieurs villes de France.
    Le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription des étudiants non ressortissants de l’Union européenne (UE), en relevant le plafond d’exonération accordé aux universités, a annoncé mardi 12 mai le ministère.Malgré cette annonce, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, le même jour, à Paris et dans plusieurs villes de France, contre l’augmentation qu’ils jugent injuste des frais d’inscription à l’université pour la majorité des étudiants étrangers extracommunautaires.
    À Paris, environ 500 étudiants, enseignants, personnels administratifs des universités et représentants syndicaux (Snesup-FSU, Unsa Sup-Recherhe, Unef, Fage, Union étudiante...) ont défilé, sans incident, dans le quartier Latin contre la mesure qui concernerait 100 000 étudiants. Parmi les pancartes, on pouvait lire « non au tri social », « xénophobie c’est non » ou encore « même fac, même droits »."La France va perdre beaucoup d’étudiants, elle ne sera plus attractive", prédit Boussad, 26 ans, étudiant algérien en master 1 en physiopathologie à Paris, interrogé par l’AFP, qui envisage de trouver un apprentissage dans une école privée à la rentrée, pour ne pas avoir à payer.
    Kanouté, étudiant malien de 19 ans, raconte, lui, être arrivé en France en septembre en licence 1 de droit avec 5 000 euros, et travailler 15 heures par semaine dans une grande surface. « On est venu pour étudier, pas pour profiter du système », souligne-t-il, critiquant une « politique discriminatoire ».
    Dans le cadre d’un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education », le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste avait annoncé le 20 avril vouloir faire appliquer strictement les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises, instaurés en 2019 mais jusqu’ici peu effectifs.Le gouvernement défend une logique de rééquilibrage financier, et soutient que l’augmentation des frais renforcerait la valeur perçue des diplômes français et attirerait des profils jugés à fort potentiel ou disposant de ressources suffisantes, dans une logique proche de certains pays anglo-saxons.Dans sa nouvelle version, examinée mardi par un organe consultatif présidé par le ministre et réunissant des représentants des personnels, des étudiants et des établissements, ce projet de décret autorise désormais les universités à exonérer jusqu’à 20 % de leurs étudiants extracommunautaires des droits d’inscription.
    Concrètement, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne seront donc appelés à la rentrée à s’acquitter de droits d’inscription fixés à 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd’hui, et 3 941 euros en master, contre 254 euros. « Ces droits (...) correspondent à moins d’un tiers du coût réel de la formation, ce qui veut dire que derrière, il reste 8 000 euros qui sont aujourd’hui payés par la communauté nationale », a redit mardi devant les députés Philippe Baptiste.
    Un premier projet de décret examiné la semaine dernière par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) prévoyait d’autoriser les universités à exonérer seulement 10 % de leurs étudiants extracommunautaires de ces frais d’inscription différenciés. La séance avait été boycottée par une large partie de ses membres.
    Une nouvelle mouture présentée mardi relève donc ce plafond à 20 % des effectifs d’étudiants hors Union européenne. Cette évolution passera par deux paliers transitoires : un plafond à 30 % dès la prochaine rentrée, puis 25 % en 2027. Une intersyndicale appelle à manifester à nouveau le mardi 26 mai partout en France pour obtenir le retrait du texte

    #covid-19#migrant#migration#france#etudiant#choosefrance#cneser#droit#sante#immigration#politiquemigratoire

  • "Pas de #Suisse à 10 millions" (d’habitant·es). Initiative ’#pour_la_durabilité'

    commentaire de Jérémie Savioz sur LinkedIn :

    Et si on s’arrêtait quelques minutes sur cette image, qui en dit long sur l’initiative « pour la durabilité » lancée par l’UDC ?

    On peut y voir à droite un « #écureuil terrestre à manteau doré », un rongeur d’Amérique du Nord. J’imagine que les auteurs du montage voulaient faire figurer une #marmotte « bien de chez nous ». Cette confusion peut faire sourire, mais elle est surtout révélatrice du manque d’intérêt sincère que porte l’UDC à la protection de la nature.

    Si l’UDC se souciait sincèrement de cette nature (et de la durabilité, puisqu’il s’agit du titre de son initiative), elle n’aurait sans doute pas torpillé l’initiative Biodiversité en 2024. Ni la Loi cantonale sur le climat. Ni celle pour des multinationales responsables. Ni, ni, ni… En clair, elle ne mettrait pas tant d’effort à saborder systématiquement, avec une rare ténacité, toute proposition allant dans le sens d’une meilleure protection de l’environnement.

    Fait amusant, l’UDC valaisanne s’est d’ailleurs battue il y a quelques mois pour supprimer le concept de « durabilité » de la nouvelle loi cantonale sur la culture. Concept qu’elle érige aujourd’hui en vertu cardinale pour porter son initiative.

    https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7460691454676393984

    #UDC #Suisse #démocratie_directe #nature #démographie #migrations #initiative #votation #propagande #image #affiche #durabilité #animaux

    –-

    ajouté à la métaliste sur comment l’#UDC instrumentalise la #nature et les #animaux pour ces campagnes, sa #propagande, ses initiatives #anti-immigrants racistes et xénophobes

  • RN, nostalgie coloniale et réseaux d’extrême droite : enquête sur les racines idéologiques et financières de la réaction en France
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4881

    Comment la nostalgie coloniale continue-t-elle d’alimenter l’extrême droite française ? Enquête sur les liens entre mémoire de l’Algérie française, réseaux idéologiques internationaux, empire médiatique et affaires judiciaires qui entourent le RN. Un décryptage des forces politiques, économiques et culturelles qui participent à la normalisation de la réaction identitaire en France. Politique, France, francophonie, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique, monde arabe, vie politique, nation, nationale,

    / #France_justice_politique_scandale_PS_PCF, #beurs,_discrimination,_racisme,_intégration, Maghreb, Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Africa, population, société , #immigration,_High-Tech,_recrutement,_Web,_Internet

    #Politique,France,_francophonie,_Algérie,_Maroc,_Tunisie,_Afrique,_monde_arabe,_vie_politique,_nation,_nationale, #Maghreb,_Algérie,_Tunisie,_Maroc,_Libye,_Africa,_population,_société

  • « L’immigration renforce l’incitation à la formation et l’arrêt de l’immigration réduit cette incitation »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/13/l-immigration-renforce-l-incitation-a-la-formation-et-l-arret-de-l-immigrati

    « L’immigration renforce l’incitation à la formation et l’arrêt de l’immigration réduit cette incitation »
    Chronique de Pierre-Cyrille Hautcœur
    Directeur d’études à l’EHESS (Ecole d’économie de Paris)
    Les récents propos de François Ruffin qui s’est déclaré « hostile à l’immigration pour le travail » provoquent des débats justifiés sur un terrain trop souvent réservé à l’idéologie. Choisir des politiques appropriées demande, de fait, de prendre en compte un grand nombre d’effets indirects, et de penser à long terme. Quoi de mieux que d’observer le cas de la restriction de l’immigration la plus importante de l’histoire : celle des Etats-Unis dans les années 1920 ? Après des afflux importants d’immigrés à partir des années 1880, le pays a établi des barrières à l’encontre des Asiatiques, juste avant la première guerre mondiale, et en 1920, a imposé des quotas sévères aux Européens.
    Une étude américaine d’octobre 2025, « Immigration Restrictions and Natives’ Intergenerational Mobility : Evidence from the 1920s US Quotas » (« restrictions en matière d’immigration et mobilité intergénérationnelle des autochtones : les enseignements tirés des quotas des années 1920 »), apporte une analyse quantitative détaillée de cet épisode. James Feigenbaum, Yi-Ju Hung, Marco Tabellini et Monia Tomasella y exploitent la numérisation complète des recensements états-uniens. Ils analysent l’impact à long terme de ces quotas sur le devenir des différentes catégories sociales et professions. Grâce à ces données, ils peuvent distinguer les zones géographiques directement affectées par l’immigration et éviter de confondre l’effet des quotas avec d’autres évolutions. Ils montrent ainsi que l’impact varie considérablement selon les groupes sociaux et professionnels.
    Globalement, les Noirs pauvres, qui sont les plus directement concurrencés par les immigrés peu qualifiés, ne bénéficient pas significativement de la baisse de cette concurrence. En ce qui concerne les autres catégories sociales, elles voient leur situation se détériorer : une partie se retrouve à remplir des emplois peu qualifiés qui étaient occupés par les migrants, alors qu’auparavant elles bénéficiaient d’une complémentarité de leurs qualifications avec cette population récemment arrivée. C’est particulièrement observable pour tous ceux qui n’ont pas pu ou voulu se déplacer vers les régions les plus dynamiques : leurs salaires en 1940 ont pris un retard important par rapport aux plus mobiles.
    Cette complémentarité entre immigrés et natifs peut se comprendre de la manière suivante : il est d’autant plus intéressant de se spécialiser dans des tâches plus complexes, dès lors qu’il y a des gens – par exemple ceux qui ne parlent pas anglais – qui ne peuvent pas y prétendre, mais qui peuvent occuper des tâches plus simples. L’immigration renforce l’incitation à la formation, et a contrario l’arrêt de l’immigration réduit cette incitation.
    Les auteurs montrent ainsi que les travailleurs natifs des régions les plus affectées par les quotas se forment plutôt moins après les années 1920. Et cela explique près de la moitié de la réduction de leurs perspectives de carrière et de salaire. Pourtant, parmi les natifs, tous ne sont pas logés à la même enseigne : les personnes issues des catégories sociales supérieures échappent à cette détérioration : plus mobiles, mieux protégées par des réseaux de sociabilité permettant des reconversions, elles augmentent leur avantage par rapport aux classes moyennes.
    Ce cas doit nous faire réfléchir sur les mécanismes qui rendent l’immigration profitable pour les Français d’aujourd’hui : il n’est pas nécessaire de faire venir des gens plus qualifiés, mais plutôt ceux qui sont indispensables pour accomplir les tâches qui demandent beaucoup de travail, par exemple dans le soin et la santé. Cela serait même utile de les intégrer pleinement au marché du travail en les régularisant, comme en Espagne. En même temps, il faut encourager l’investissement, la recherche et la formation pour créer de nouveaux emplois qualifiés et faciliter la mobilité sociale et professionnelle. C’est l’absence de telles perspectives qui crée la frustration des catégories sociales qui se croient menacées par l’immigration. Et le repli sur soi n’améliorera pas leur situation.

    #Covid-19#migration#migrant#france#immigration#economie#sante#integration#naturalisation

  • Sans Frontières 359
    https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4696

    • Une chaîne humaine de solidarité avec les migrant·es à Bayonne • Autre bilan du 14 mars • Le pacte européen asile-immigration progresse • Hausse en trompe-l’œil des interpellations d’étrangers sans papiers • Mais une pression beaucoup plus forte donnée par les préfets • Premier bilan 2026 en Méditerranée • Grève d’employées sans-papiers d’un salon de coiffure parisien • L’Allemagne réduit l’accueil au strict minimum • Des nouvelles du littoral nordiste Une chaîne humaine de solidarité (…) 359 Avril 2026

    / Sans Frontière , Immigration , luttes de femmes

    #359_Avril_2026
    #Sans_Frontière
    #Immigration
    #luttes_de_femmes

  • La Suède durcit de façon rétroactive les conditions pour obtenir la naturalisation
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/01/la-suede-durcit-de-facon-retroactive-les-conditions-pour-obtenir-la-naturali

    La Suède durcit de façon rétroactive les conditions pour obtenir la naturalisation
    Par Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)
    HENRIK MONTGOMERY/AFP
    Depuis 2005, le 6 juin, « jour du drapeau » en Suède, est férié. Dans toutes les communes du royaume, des cérémonies sont organisées pour célébrer les nouveaux citoyens suédois. A Stockholm, des membres de la famille royale participent parfois aux célébrations. De tous les jours de l’année, c’est celui-là que le gouvernement libéral-conservateur et l’extrême droite a choisi pour introduire les nouvelles règles d’octroi de la nationalité suédoise, adoptées mercredi 29 avril par le Parlement.
    En attente d’une décision, plus de 100 000 personnes vont être affectées. Du jour au lendemain, leur demande de naturalisation pourrait être jugée invalide. Peu importe que ces ressortissants d’origine étrangère aient rempli toutes les conditions exigées au moment du dépôt de leur dossier. Les nouvelles règles vont s’appliquer rétroactivement. Faisant de la Suède une exception en Europe, le gouvernement a refusé d’assortir la loi d’une période de transition, pourtant réclamée par le Conseil sur la législation, qui examine les projets de loi avant qu’ils soient présentés au Parlement.
    Originaire de Manchester (Royaume-Uni), Becky Waterton, 32 ans, mariée à un Suédois et mère d’une enfant ayant la nationalité suédoise, est très remontée. Arrivée dans le royaume scandinave en 2019, elle a déposé sa demande de naturalisation en avril 2024, dès qu’elle a obtenu un permis de séjour permanent. Depuis, elle attend. Officiellement, les dossiers doivent pourtant être traités dans les six mois. En réalité, il faut compter autour de cinquante-six mois pour obtenir une décision, selon les statistiques des services de l’immigration.Or, le temps presse pour Becky Waterton, comme pour des dizaines de milliers de personnes. Car si sa demande n’est pas acceptée avant le 6 juin, elle ne répondra plus à certains des critères désormais exigés. Avoir vécu sept ans en Suède, contre trois actuellement, pour les personnes mariées à des ressortissants suédois, par exemple : « Ce ne sera le cas qu’en novembre pour moi. Donc, si une décision est prise avant, je serai déboutée. »
    Il faudra, par ailleurs, qu’elle passe deux tests, visant à évaluer sa connaissance de la société suédoise et ses compétences linguistiques. Or, le premier examen ne sera prêt qu’en août et disponible uniquement pour un millier de candidats, tandis que le second ne devrait pas être finalisé avant l’automne 2027. En attendant, les candidats à la naturalisation devront se débrouiller pour obtenir divers certificats attestant de leurs compétences.
    Diplômée de l’Institut européen d’administration des affaires à Fontainebleau (Seine-et-Marne), Anna Bärlund, 40 ans, née en Russie, dont le mari et la fille sont suédois, assure qu’elle ne considère pas la naturalisation « comme un droit » et elle trouve « légitime » qu’un pays modifie les règles conditionnant son accès. Mais elle ne supporte plus le manque de prévisibilité dans la procédure et l’incertitude qui en découle. Arrivée à Stockholm en 2019, cette spécialiste de l’intelligence artificielle, ancienne employée du cabinet de conseil McKinsey, a déposé son dossier en 2023.
    Depuis avril 2025, les services de l’immigration détiennent son passeport. « Si je veux le récupérer pour voyager, je dois faire une demande quinze jours à l’avance, avec le risque de me retrouver à la fin de la queue. » Craignant de retarder la procédure, elle a dû refuser des contrats à l’étranger. « J’ai l’impression d’être en prison, cela a un énorme impact sur ma vie personnelle et professionnelle », dit-elle, rappelant qu’elle n’est pas venue s’installer en Suède « pour la météo », mais « pour la stabilité » que le pays offrait et dont elle a le sentiment qu’elle a disparu. Anna Bärlund et son mari envisagent désormais de quitter le royaume scandinave. Ils ne sont pas les seuls, assure Patrick Gallen, porte-parole du mouvement Fair Transition, qui se mobilise depuis le début de l’année pour réclamer une période d’adaptation. Les députés de l’opposition ont présenté un amendement en ce sens le 29 avril. Il a été rejeté à 147 voix contre 146 par les députés. « Le gouvernement a privilégié une politique des symboles au détriment d’une mise en œuvre concrète d’un aspect extrêmement important de la politique d’immigration et d’intégration dans ce pays », dénonce Patrick Gallen, qui estime que l’ensemble de la séquence « va nuire gravement à la réputation de la Suède en tant que destination de choix pour les talents internationaux ». Becky Waterton est amère : « J’ai choisi de vivre ici, je me sens suédoise. Mais on me fait sentir que je ne suis pas la bienvenue dans ce pays. »

    #Covid-19#migrant#migration#suede#politiquemigratoire#naturalisation#droit#sante#immigration

  • Regroupement familial : cinquante ans après sa création, un titre de séjour en forte baisse - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71136/regroupement-familial--cinquante-ans-apres-sa-creation-un-titre-de-sej

    Regroupement familial : cinquante ans après sa création, un titre de séjour en forte baisse
    Par Maïa Courtois Publié le : 29/04/2026
    Le regroupement familial ne concerne plus qu’une très faible partie des premiers titres de séjour délivrés chaque année pour motif familial : 5 %. Une étude inédite de l’Institut national d’études démographiques décrit une baisse depuis cinquante ans, qui s’explique par les restrictions d’accès mais aussi par l’évolution des profils des demandeurs, plus jeunes et plus éduqués, qui fondent en majorité leur famille après l’arrivée en France. Le regroupement familial ne représente plus que 5 % des premiers titres de séjour délivrés chaque année en France pour motif familial. En moyenne, 11 000 titres pour regroupement familial sont délivrés par an entre 2020 et 2023, révèle une note de l’Institut national d’études démographiques (INED) parue mercredi 29 avril. En 2023, l’année la plus récente comptabilisée : 12 885 titres pour regroupement familial ont été délivrés, sur les plus de 80 000 accordés pour motif familial (5 %, donc). Ce type d’admission au séjour « ne cesse de décroître », expose l’étude. En 2000, on comptait encore 11 % de regroupement familial parmi les premiers titres de séjour délivrés pour motif familial. Pour rappel, les autres situations ouvrant droit à un titre de séjour « vie privée et familiale » consacrées par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile peuvent être : être marié-e à un-e conjoint-e français-e, être parent d’un enfant né sur le territoire français, être l’enfant étranger d’un parent français, etc.
    Si la moyenne s’établit à 11 000 titres délivrés en moyenne entre 2000 et 2023, elle était bien plus élevée vingt ans en arrière. On comptait 20 000 à 32 000 titres pour regroupement familial délivrés chaque année, entre la fin des années 1980 et le début des années 90. Deux à trois fois plus qu’actuellement. Les personnes qui sollicitent aujourd’hui le regroupement familial sont principalement originaires du Maghreb (51 %) et d’Afrique subsaharienne (28 %), note l’INED - une tendance qui bouge peu, bien que les nationalités se diversifient et qu’on ne compte pas moins de 115 nationalités l’ayant sollicité en 2023. Le regroupement familial a été mis en place il y a cinquante ans. Le décret du 29 avril 1976 intervient deux ans après la suspension de l’immigration de travail, rappelle l’INED : il s’agissait d’une mesure politique pensée, à l’époque, pour améliorer l’intégration des travailleurs déjà en France.
    Son périmètre concerne les ressortissants de pays tiers (hors UE) bénéficiant d’un titre de séjour, hors asile. D’autres conditions sont posées, comme la stabilité des revenus (au minimum le SMIC, prestations familiales exclues) ou encore la conformité du logement pour accueillir la famille (un critère de superficie a été introduit en 1999). En 2023, 81 % des demandeurs sont des hommes. Les bénéficiaires sont en majorité des femmes, suivies des enfants. Le regroupement familial est ainsi « la voie d’admission au séjour la plus féminisée de tous les titres familiaux », décrit l’étude. Il est plus rare de voir, à l’inverse, des femmes y recourir pour faire venir leur mari et enfant-s ; et quasi exceptionnel que cela concerne des couples homosexuels : moins de 1 % des demandes, bien que la possibilité soit ouverte depuis 2013 avec la légalisation du mariage homosexuel en France. Même si le taux d’acceptation est encore fort, avec 82% des demandes de titres pour regroupement familial validées, « les politiques migratoires ont durci les conditions économiques et résidentielles du regroupement familial », cite l’étude comme premier facteur explicatif de la forte baisse depuis vingt ans. Entre autres : la durée de résidence régulière requise pour solliciter la venue en France de sa famille s’est allongée. Auparavant, le bénéficiaire recevait un titre de séjour de même durée que le demandeur ; depuis 2003, le titre est limité à un an, renouvelable. Depuis 2006 enfin, le titre peut être retiré en cas de séparation des conjoints ou de rupture familiale, dans les trois années suivant le regroupement.
    En outre, les délais de traitement s’allongent. En 2023, la durée moyenne entre l’enregistrement d’une demande et la décision administrative était de dix mois. C’est plus que le délai légal normalement imposé aux préfectures, qui est de six mois. En Île-de-France, le délai moyen dépasse même les douze mois, constate l’INED, alors même que le nombre de dossiers à traiter stagne, voire baisse, ces dernières années dans la région francilienne.
    Des demandeurs « plus jeunes, plus éduqués » qui se marient et fondent une famille après leur arrivée en France
    Second facteur explicatif : « le modèle familial sur lequel il repose est peu ajusté au profil des nouveaux migrants », estime l’INED. Initialement, le regroupement familial a été pensé pour un profil type : un travailleur ayant déjà une famille dans son pays d’origine, et qui souhaite la faire venir après son arrivée en France. Or, en 2023, 60 % des demandeurs du regroupement familial sont des immigrés entrés en France à l’âge adulte sans être ni mariés ni parents, éclaire l’INED. « Cette tendance correspond aux transformations globales des profils des nouveaux migrants qui sont plus souvent célibataires et sans enfant à leur arrivée, entrés en France avec des titres étudiants », insiste l’étude. Ces profils sont « plus jeunes, plus éduqués ».
    Le regroupement familial est ainsi « surtout sollicité par des hommes originaires du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne, ayant formé une famille à l’étranger après leur arrivée en France ». Certains se marient à distance depuis la France, avant d’entamer la procédure de regroupement. D’autres construisent toute leur vie de couple et familiale sur place. Quoi qu’il en soit, « ces transformations font du regroupement familial un dispositif moins adapté aux réalités migratoires et familiales contemporaines qu’il ne l’était à sa création », explique l’étude. Face à ces restrictions et inadéquations, « il est possible que les familles aient renoncé à déposer une demande et se soient reportées vers d’autres motifs d’admission au séjour, familiaux ou non », explique l’étude. Au global, « les titres délivrés à des membres de famille d’étrangers hors regroupement familial ont augmenté entre 2000 et 2023 ». Quelles sont ces autres voies ? Par exemple, le « passeport talent » en 2016 a facilité la venue de familles de travailleurs très qualifiés. Pour les plus précaires déjà arrivés en France mais sans-papiers, les circulaires « Sarkozy » du 13 juin 2006 et « Valls » du 28 novembre 2012 ont créé un cadre pour la régularisation y compris de parents d’un enfant scolarisé en France ou de conjoints d’un étranger régulier. En outre, les autres types de régularisations, comme « les titres étudiants ou les motifs économiques et humanitaires » sont en hausse, rappelle l’INED.

    #Covid-19#migration#migrant#france#politiquemigratoire#regroupementfamilial#immigration#sante#droit

  • Médecins à diplôme extracommunautaire : le gouvernement annonce qu’il va « simplifier » la procédure de titularisation
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/29/medecins-a-diplome-extracommunautaire-le-gouvernement-annonce-qu-il-va-simpl

    Médecins à diplôme extracommunautaire : le gouvernement annonce qu’il va « simplifier » la procédure de titularisation
    Emmanuel Macron s’est emporté lundi sur le sort de ces praticiens contraints de repasser des concours pour être titularisés et pouvoir travailler dans les mêmes conditions que leurs confrères européens, après parfois des années d’exercice à l’hôpital.
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement va « simplifier » la procédure visant à titulariser les médecins diplômés hors de l’Union européenne (UE) qui exercent en France de manière précaire, « dès qu’un vecteur législatif » le permettra, et une concertation s’ouvrira rapidement, a annoncé, mercredi 29 avril, le ministère de la santé.Emmanuel Macron s’est emporté lundi sur le sort de ces praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue), notamment algériens, contraints de repasser des concours pour être titularisés et pouvoir travailler dans les mêmes conditions que leurs confrères européens, après parfois des années d’exercice à l’hôpital.« Nous sommes engagés pour simplifier » ces procédures et le gouvernement « va bientôt lancer des concertations », avec notamment les ordres professionnels (médecins, sages-femmes, dentistes), les représentants des Padhue, des médecins et établissements de santé, a fait savoir le cabinet de la ministre de la santé, Stéphanie Rist. L’objectif est de « reconnaître » leur exercice tout en garantissant la « sécurité des soins ».
    Pour être titularisés, les Padhue doivent passer un concours baptisé EVC (épreuves de vérification des connaissances) puis entamer un parcours de consolidation des compétences (PCC), sorte de stage de deux ans (pouvant depuis peu être raccourci, sous conditions), avant d’être autorisés ou non à exercer par une commission spéciale.
    Le ministère veut modifier ces EVC pour « mettre fin à cette logique de concours », qui consiste à « ouvrir des postes » sur la base des besoins territoriaux et à attribuer chaque poste aux Padhue en fonction de leur rang au classement. Cela pouvait conduire un Padhue exerçant dans le sud de la France à partir dans le Nord, « cassant la dynamique » de son insertion, a expliqué le cabinet. Le gouvernement souhaite « aller vers une logique d’examen », « en lien » avec l’établissement où il travaille déjà. Une loi est nécessaire et l’exécutif utilisera « tout vecteur législatif qui permettra de le faire ».Le ministère veut aussi donner « plus de poids aux chefs de service qui les encadrent » pour la validation finale du parcours et mieux fixer « les attendus » en amont des PCC. Il veut encore régler le problème des médecins exerçant dans une spécialité sans qu’elle ne soit mentionnée par leur diplôme initial et ne pouvant donc pas s’inscrire au concours. Ces médecins sont « précieux pour nous, en termes d’accès aux soins », a-t-on précisé. Le ministère assure avoir déjà « simplifié » leurs parcours : de 2019 à 2023, la « loi santé » a « contribué à régulariser » une partie du « stock » des Padhue avec « des situations administratives bloquées depuis des années ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#santeoublique#PADHUE#politiquemigratoire#

  • Lutte des mémoires dans la vallée de l’automobile
    https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4691

    Elle, est soixante-huitarde, ouvrière féministe et révolutionnaire à l’usine Renault de Flins. Lui est braqueur puis détenu, devenu militant anti-carcéral ainsi que des luttes de l’immigration et des banlieues. Tous deux partagent l’expérience de la lutte sociale et l’envie de transmettre cette mémoire. Rencontre 359 Avril 2026

    / Immigration , Développement, Urbanisme , Leur Histoire, Notre Mémoire , Luttes Sociales , Notre Histoire , Lutte de classes

    #359_Avril_2026
    #Immigration
    #Développement,_Urbanisme
    #Leur_Histoire,_Notre_Mémoire
    #Luttes_Sociales
    #Notre_Histoire
    #Lutte_de_classes

  • CNews : le mirage de l’audience s’effondre, panique dans les rangs de la chaîne TV
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4862

    La chute est aussi brutale qu’inattendue : les audiences de CNews s’effondrent. En s’enfermant dans un tunnel idéologique où les discriminations servent de fonds de commerce, la chaîne a fini par transformer son antenne en un repoussoir médiatique. Analyse d’un naufrage annoncé où l’obsession identitaire se heurte enfin au plafond de verre de la lassitude des téléspectateurs. #nationale,_fait_politique,_une_et_première_page,_médias,_actualité,_pays,_france,_afrique,_maghreb

    / #Immigration_-_émigrants_-_réfugiés_-_déplacés, #actus, #arts,_culture,_littérature,_cinéma,_critique,_performances,_styles, #Data_-_Données, #France_justice_politique_scandale_PS_PCF, #immigration,_High-Tech,_recrutement,_Web,_Internet

  • En Allemagne, l’immigration ne compense plus le déclin démographique
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/15/en-allemagne-l-immigration-ne-compense-plus-le-declin-demographique_6680317_

    En Allemagne, l’immigration ne compense plus le déclin démographique
    Par Elsa Conesa (Berlin, correspondante)
    Près de trente-six ans après la réunification, l’Allemagne est à nouveau confrontée à l’un de ses fantômes : le déclin démographique. En 2025, le pays a perdu près de 100 000 habitants, l’immigration ne suffisant plus à compenser le recul des naissances. Et les projections montrent qu’il ne s’agit pas d’un accident, cette tendance est là pour durer. L’institut pour l’économie allemande de Cologne (DIW), réputé proche du patronat, a publié lundi 13 avril un scénario d’évolution estimant la population à 81 millions d’habitants en 2045, contre 83,5 millions à fin 2025. Dans ses prévisions précédentes, il tablait encore sur une croissance modérée de la population allemande jusqu’en 2040.
    Le recul de la population en Allemagne n’est pas inédit. Mais les derniers épisodes de baisse démographique prolongée remontent au début des années 2000, dans la période qui a suivi la réunification, alors que l’économie du pays souffrait. L’année de la pandémie de Covid-19, en 2020, a aussi été marquée par une baisse ponctuelle des chiffres du fait de la fermeture des frontières. Mais, hormis cette année particulière, la population en Allemagne avait augmenté de façon continue depuis 2011, principalement du fait de l’immigration.
    Le retournement est cette fois perçu comme durable parce qu’il est lié non pas à la baisse de la natalité, mais à la diminution des flux migratoires, qui résulte à la fois de tendances de fond et de choix de politique publique.
    La chute de la natalité en Allemagne remonte aux années 1970. « Le baby-boom a été plus tardif en Allemagne qu’ailleurs en Europe, explique Philipp Deschermeier, économiste au DIW. Depuis 1972, il y a chaque année plus de décès que de naissances. » Cet écart n’a cessé de se creuser depuis la réunification et, depuis 2022, il manque chaque année plus de 300 000 naissances pour compenser le nombre de décès. En 2025, cet écart a atteint 350 000 naissances.
    L’immigration avait largement compensé ce phénomène, notamment au cours des dix dernières années, avec l’arrivée de deux millions à trois millions de personnes dans le sillage des « printemps arabes » puis de la guerre en Ukraine. En 2025, toutefois, le solde migratoire n’a pas suffi à effacer le recul des naissances. Selon les statistiques officielles publiées par Destatis, celui-ci a reculé de 40 % en 2025, même s’il est resté positif, à la fois du fait du tour de vis mené par le gouvernement à Berlin et parce que l’Europe est devenue moins attractive. En 2025, le solde migratoire a avoisiné 250 000 personnes, contre plus de 430 000 en 2024. Il était, en moyenne, de 356 000 personnes chaque année entre 1990 et 2024.
    « La démographie est une force très sous-estimée, poursuit Philipp Deschermeier. Nous continuons à considérer que le changement va se produire dans le futur sans tirer les conclusions qui s’imposent. Or, nous subissons déjà les conséquences de ce changement de paradigme sur le marché du travail et la prospérité en Allemagne. Nous devons reconnaître que notre population est désormais en déclin. »Les répercussions économiques d’un recul démographique sont de fait considérables. Dans le scénario central de l’institut de Cologne, la population active diminuera de plus de 8 % dans les vingt prochaines années, amputant la capacité du pays à générer de la croissance et créer de la richesse, tandis que la population âgée de plus de 67 ans passera de 17 millions à plus de 20 millions de personnes.
    L’Allemagne compte aujourd’hui 33 retraités pour 100 personnes en âge de travailler, selon les statistiques officielles parues fin 2025. D’après l’Institut de recherche sur le marché du travail et la formation professionnelle (IAB), le pays perd chaque année environ 460 000 travailleurs du seul fait de l’évolution démographique. Cette évolution menace la viabilité du système de financement de la protection sociale allemand, lequel repose, comme en France, largement sur le travail. « Le marché du travail et la sécurité sociale pourraient être soumis à une pression beaucoup plus forte et beaucoup plus tôt que ce que l’on craignait jusqu’à présent, résume Philipp Deschermeier. Les responsables politiques doivent faciliter l’immigration de main-d’œuvre qualifiée, par exemple en accélérant les procédures de visa et en simplifiant la reconnaissance des diplômes étrangers. »
    Le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz, sous pression du fait de la progression du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), a promis, pendant la campagne pour les élections législatives de 2025, de restreindre fortement l’immigration. Cherchant à rompre avec la politique d’accueil incarnée par Angela Merkel à partir de 2015, accusée d’avoir alimenté la popularité de l’AfD, il espère même inciter les réfugiés syriens et ukrainiens installés en Allemagne à rentrer dans leur pays d’origine, y compris ceux qui sont bien intégrés.
    Mardi 14 avril, alors que le chancelier recevait le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à Berlin, son ministre de l’intérieur, Alexander Dobrindt, inaugurait ainsi dans la capitale un centre destiné aux Ukrainiens vivant en Allemagne, et dont l’un des objectifs est « de discuter avec eux des perspectives d’un éventuel retour », a expliqué le ministre allemand.« L’immigration est essentiellement liée au développement économique, indique Philipp Deschermeier. Mais le contexte politique joue aussi un rôle dissuasif sur les personnes qui envisagent de venir en Allemagne et dont nous avons peut-être un besoin urgent. » L’exécutif est, par ailleurs, déjà confronté à la nécessité d’une réforme des retraites et du système de santé, percutés par le vieillissement de la population, et qui s’annonce très impopulaire. Ce vieillissement démographique a longtemps été plus marqué à l’Est qu’à l’Ouest. Alors qu’en 1990, les Allemands de l’Ouest étaient quatre fois plus nombreux que les Allemands de l’Est, ils étaient en 2024 plus de cinq fois plus nombreux, selon Destatis, l’Est ayant notamment subi un exode de jeunes femmes qui se répercute encore aujourd’hui sur les indicateurs de fécondité. Désormais, « l’Allemagne dans son ensemble se dépeuple », résume Philipp Deschermeier.

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#immigration#demographie#vieillissement#sante#economie

  • UE vs USA : deux modèles migratoires sous tension – analyse des flux, des origines et des politiques (2024‑2025)
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4852

    Les migrations mondiales explosent et les réponses politiques divergent. L’UE mise sur la coopération et la lutte contre les réseaux criminels avec le règlement (UE) 2025/2611, tandis que les États‑Unis renforcent leurs dispositifs frontaliers et restreignent l’accès à l’asile. Une analyse complète des flux migratoires, des origines régionales et des dynamiques asiatiques. Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

    / économie , #Internet,_Web,_cyber-démocratie,_communication,_société,_médias, #Immigration_-_émigrants_-_réfugiés_-_déplacés, #UE_-_Union_Européenne, #USA,_Maison_Blanche,_CIA, Chine, réforme, développement, environnement, Asie, , #immigration,_High-Tech,_recrutement,_Web,_Internet, #beurs,_discrimination,_racisme,_intégration, #Japon,_Chine,_Inde_ASIE

    #Grands_événements_:Gigantisme_de_l’inattendu. #économie_ #Chine,_réforme,_développement,_environnement,_Asie,

  • « Esclavage des temps modernes »- Procès en appel
    https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4676

    En septembre 2023, 70 personnes issues d’Afrique et logeant en région parisienne viennent faire les vendanges en Champagne. Nombre d’entre elles sont sans-papiers. Le lendemain, une dizaine demande à repartir, idem le jour suivant : le motif, les conditions d’hébergement et l’absence de nourriture. 359 Avril 2026

    / Social , Immigration , Syndicalisme , Exploitation

    #359_Avril_2026
    #Social
    #Immigration
    #Syndicalisme
    #Exploitation

  • Les carences de l’administration numérique des étrangers face à la justice
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/10/les-carences-de-l-administration-numerique-des-etrangers-face-a-la-justice_6

    Lescarences de l’administration numérique des étrangers face à la justice
    Par Julia Pascual
    Le service public des étrangers est une plaie pour ceux qui l’utilisent. Inaccessible, embolisé, sous-doté, dysfonctionnel… Cet état de fait est connu et dénoncé depuis des années. Avec la numérisation croissante des procédures de demandes de titres de séjour, cette plaie s’est déplacée sur la Toile. Mais elle est tout aussi béante. Vendredi 10 avril, elle a peut-être commencé à cautériser, sous les dorures du Conseil d’Etat, réuni en assemblée du contentieux, une formation solennelle, et pour la dernière séance de son président, Didier-Roland Tabuteau.
    La plus haute juridiction administrative devait se pencher sur un recours déposé il y a plus d’un an, en mars 2025, par une dizaine d’organisations, dont la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), la Cimade ou encore Coallia, la CGT et la CFDT. Ces dernières dénonçaient les carences de l’administration numérique des étrangers, un téléservice mis en place à partir de 2020 et responsable de nombreuses ruptures de droits : faute de pouvoir renouveler leurs documents, à cause de blocages techniques ou d’attentes interminables, des étrangers se retrouvent en situation irrégulière ou perdent le droit de travailler, d’obtenir un logement, des prestations sociales…
    Fait notable : conscient des insuffisances qui sont celles de ses services, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a diffusé une instruction aux préfets, le 5 avril. Il leur demande de prendre une série de mesures pour réduire les délais de traitement des demandes de titre de séjour et lutter contre ces ruptures de droits.
    En dépit de cela, vendredi, le rapporteur public du Conseil d’Etat, Frédéric Puigserver, a jugé que le « caractère très récent de ces mesures » ne lui permettait pas d’en appréhender les effets. Il a donc constaté de nombreuses situations d’illégalité et souligné la « gravité » de leurs conséquences sur un public « particulièrement vulnérable ».
    Si la décision du Conseil d’Etat doit être rendue d’ici à trois semaines environ, les conclusions du rapporteur public plaident pour l’édiction de plusieurs injonctions à agir afin que l’Etat remédie à de nombreux vices techniques et de conception de l’administration numérique des étrangers. Ainsi, sur ce portail, un étranger ne peut déposer une demande de titre de séjour que sur un seul fondement et, si cette demande est refusée, il s’expose à une obligation de quitter le territoire et à l’impossibilité de demander un titre sur un autre motif. Une situation illégale, aux yeux du rapporteur. De même, ce dernier a épinglé l’impossibilité de renouveler un titre « au motif erroné » que l’étranger n’a pas retiré son précédent titre, ou encore l’impossibilité de modifier son adresse postale ou d’actualiser ses justificatifs de revenus, une fois une demande déposée en ligne.
    Autres anomalies relevées : les délais trop longs de délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction qui, lorsque la décision de la préfecture tarde, permet à l’étranger de justifier de la régularité de son séjour. Par ailleurs, ces attestations ne sont pas prises en compte, à tort, dans l’attribution des prestations sociales et comportent toujours la mention « ne permet pas d’exercer une activité professionnelle » alors même que, sur les titres de séjour non salariés, cette information est erronée. Dans son instruction du 5 avril, consultée par Le Monde, Laurent Nuñez a annoncé l’automatisation du renouvellement des attestations de prolongation d’instruction. En défense, il fait valoir l’activité croissante et de plus en plus complexe à laquelle les préfectures font face. « En dix ans, écrit-il, le nombre de titres et documents provisoires de séjour valides a augmenté de 57 %, tandis que les effectifs des services chargés du séjour ont crû de 35 %. » M. Nuñez relève un doublement du délai de traitement des demandes de renouvellement entre 2018 et 2025, qui atteint désormais quatre mois, en moyenne.
    Le ministre annonce aussi le recrutement de 500 vacataires, postés en priorité sur l’instruction des renouvellements, en particulier ceux relevant de l’immigration professionnelle. D’autres mesures sont listées, comme la systématisation de la délivrance de cartes longue durée « lorsque les conditions de fond sont remplies », la simplification et l’uniformisation des listes de pièces justificatives ou encore la suppression de l’obligation faite aux détenteurs de titre de longue durée de déclarer leur changement d’adresse. « Ce ne sont que des annonces, et bien tardives, et rien ne nous garantit qu’elles seront mises en œuvre, a déclaré au Conseil d’Etat l’avocate des requérants, Alice Meier-Bourdeau. L’Etat de droit ne se proclame pas, il se garantit. »
    A l’issue de l’audience, la directrice générale de la FAS, Nathalie Latour, se disait « très satisfaite » des conclusions du rapporteur public. « C’est la reconnaissance qu’il y a un vrai dysfonctionnement », a-t-elle commenté. Responsable des questions de droits au séjour à la Cimade, Riwanon Quéré regrette cependant que le rapporteur public n’ait pas reconnu l’insuffisance des moyens en faveur de l’accueil et de l’accompagnement des publics en difficulté avec le numérique. Lors d’une réunion des préfets, le 2 avril, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, s’est attardé sur le sujet de la régularisation des travailleurs sans papiers. Il a souligné la faiblesse du dispositif expérimental issu de la loi sur l’immigration de janvier 2024, censé simplifier l’accès au séjour des travailleurs dans les métiers en tension mais qui n’a produit que peu d’effet, alors qu’il prendra fin en décembre 2026. Seules 1 700 personnes ont ainsi été régularisées dans les métiers en tension en 2025 alors que Bruno Retailleau, ministre de l’intérieur de septembre 2024 à octobre 2025, avait diffusé des instructions de dureté au corps préfectoral. « Le ministre a dit qu’il fallait appliquer les textes », rapporte une personne présente à cette réunion. Selon nos informations, des réflexions seraient en cours avec le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, en vue d’un assouplissement.

    #Covid-19#migration#migrant#france#numerique#titredesejour#sante#droit#immigration#metierentension#prefecture

  • Dans la Hongrie d’Orban, farouchement anti-immigration mais dépendante des travailleurs étrangers - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70793/dans-la-hongrie-dorban-farouchement-antiimmigration-mais-dependante-de

    Dans la Hongrie d’Orban, farouchement anti-immigration mais dépendante des travailleurs étrangers
    Par RFI Publié le : 08/04/2026
    Hostile à l’immigration, la Hongrie de Viktor Orban fait pourtant de plus en plus appel à des travailleurs étrangers pour faire tourner son économie. Une présence de plus en plus visible et un équilibre politique délicat qui ont relégué le sujet au second plan dans la campagne des élections législatives du 12 avril 2026.
    Sac isotherme fluo aux couleurs de Wolt ou Foodora sur le dos, les livreurs à vélo ont envahi les rues de Budapest. À l’image des autres grandes villes hongroises, beaucoup sont étrangers, comme ce jeune Bangladais, qui travaille deux ou trois jours par semaine à côté de ses études d’économie. « Franchement, je suis très content », assure-t-il, montrant la batterie de son vélo pour nuancer l’image d’un boulot pénible. « Je me sens en sécurité », ajoute-t-il, en évoquant son expérience en Italie, avant de filer le long du Danube. Si cette présence surprend davantage ici qu’ailleurs, c’est qu’elle contraste avec l’image d’un pays qui a fait de sa ligne anti-immigration l’un des piliers du pouvoir de Viktor Orban.
    Depuis la crise migratoire de 2015, le gouvernement hongrois a construit une politique parmi les plus restrictives d’Europe : barrière à la frontière sud, refus des quotas européens et droit d’asile quasiment réduit à néant, ce qui lui vaut une condamnation par la justice européenne depuis juin 2024 à payer une somme forfaitaire de 200 millions d’euros et à une astreinte d’un million d’euros par jour de retard pour non application de la politique commune de l’Union en matière de protection internationale. Entre-temps, la Commission européenne a activé une procédure permettant de déduire directement l’amende des fonds européens destinés à la Hongrie, faute de paiement. Une fermeté érigée en marqueur par le pouvoir politique, revendiquée, et qui a contribué à la popularité de Viktor Orban dans les urnes.
    Pourtant cette question est aujourd’hui beaucoup moins visible dans le débat politique. À l’approche des élections législatives du 12 avril, la campagne du Premier ministre s’est recentrée sur la guerre en Ukraine et les attaques contre l’opposition. La migration, longtemps au cœur de son discours, est reléguée à l’arrière-plan, comme si le sujet était devenu plus délicat à manier au moment même où le pays dépend davantage de travailleurs étrangers. Car depuis 2022, le gouvernement a été contraint d’ouvrir les portes du pays à une immigration de travail. En effet, avec l’ouverture du marché européen, les professionnels hongrois ont massivement émigré, principalement vers l’Allemagne et l’Autriche, créant une pénurie de main-d’œuvre durable. Et dans un pays proche du plein emploi, avec un taux de chômage autour de 5 %, les entreprises peinent à recruter.
    Sans compter que l’exécutif a voulu faire de l’industrie des batteries pour véhicules électriques la locomotive de son développement économique. Sous la pression du patronat, le recours à des travailleurs étrangers s’est imposé. En quelques années, leur nombre, historiquement faible, a presque doublé. Les permis délivrés à des ressortissants hors Union européenne ont eux été multipliés par près de cinq. Aujourd’hui, ils seraient plus de 100 000, selon les données de l’Office central des statistiques hongrois. Même si leur part reste limitée en comparaison des voisins européens, certains dénoncent le double discours des autorités. « Ils prêchent de l’eau et boivent du vin », résume Tamas Székely, président du syndicat VDSZ, la Fédération des syndicats des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des industries diverses.
    Pour répondre à ces besoins, le gouvernement a créé un statut spécifique : celui de « travailleur invité ». Le séjour de ces travailleurs venus pour l’essentiel d’Asie (Philippines, Vietnam en tête), est strictement encadré : accès limité à certains métiers, impossibilité de faire venir leur famille, permis valables deux ans – prolongeables d’un an – et délivrés uniquement par des entreprises partenaires stratégiques du gouvernement ou des agences spécifiquement agréées. Un système qui exclut toute possibilité d’installation et d’intégration. « Chez Samsung, plus de la moitié des salariés sont des travailleurs invités », affirme le syndicaliste Tamas Székely. Une estimation impossible à vérifier de manière indépendante, les entreprises ne publiant pas de données détaillées. À Debrecen, à l’est de la Hongrie, où le groupe chinois CATL construit une gigantesque usine, plusieurs sources évoquent déjà un recours important à des travailleurs étrangers. « Les travailleurs étrangers acceptent tout, y compris de travailler douze heures par jour, et de faire des heures supplémentaires, ce qui en fait aussi un point de comparaison dans les entreprises », explique le syndicaliste.
    L’afflux de ces salariés venus d’ailleurs dans un pays qui n’avait connu qu’une immigration européenne ne s’est pas faite sans frictions. « Certaines entreprises ont résolu la question en séparant les travailleurs hongrois et non hongrois, jusque dans les équipes et les horaires, de sorte qu’ils se rencontraient à peine », indique Tamas Székely, qui évoque des différences culturelles. À Budapest, l’arrivée de nombreux livreurs étrangers a aussi généré des tensions. Pour faciliter la cohabitation, l’association Menedék a ainsi créé une brochure en plusieurs langues, dont l’ourdou ou le bengali, pour expliquer les règles de circulation à vélo. Pour apaiser les tensions et faciliter la cohabitation, l’association Menedek a réalisé une brochure sur les règles de circulation à vélo dans la capitale hongroise.
    Dans les faits, cette main-d’œuvre est souvent tenue à l’écart de la population locale, logée dans des dortoirs ou des foyers à proximité des usines et transportés en bus. « Il y a un aspect très pratique : on regroupe les travailleurs pour réduire les coûts. Mais aussi une volonté de limiter les contacts, les conflits et la visibilité. Parce que dès que les étrangers deviennent visibles, cela devient immédiatement un sujet politique », décrypte Andras Kovacs, président de l’association Menedék, qui vient en aide aux migrants.
    Sara Sos, travailleuse sociale au sein de l’ONG, décrit des salariés « très difficiles d’accès, extrêmement isolés » et qui ne les sollicitent qu’en dernier recours. Certains travailleurs doivent également payer des frais importants aux agences de recrutement pour obtenir ces emplois, frais dont ils s’acquittent une fois le salaire touché. Ils sont aussi une variable d’ajustement quand les commandes ralentissent. Aucune des agences spécialisées sollicitées n’a accepté de répondre à nos questions. « C’est un système très toxique, où tout le monde dépend des autres. L’employeur dépend des agences pour avoir des travailleurs. Le travailleur dépend de l’agence pour avoir un emploi. Et l’agence dépend du travailleur pour gagner de l’argent. Tout le monde a peur de l’autre », constate Andras Kovacs. Le discours politique, lui, n’a pas changé. Si la campagne cible désormais surtout le président ukrainien Volodymyr Zelensky et agite le risque de guerre, le slogan du Fidesz d’Orban continue de clamer : « Stop migration », dans un pays où la présence de travailleurs étrangers n’a jamais été aussi visible. « L’ennemi migratoire vise surtout ceux qui arrivent à la frontière sans papiers, les demandeurs d’asile. Là, il n’y a aucun changement : le système reste très strict », confirme le président de Menedék. Une contradiction assumée, qui repose sur une distinction clairement revendiquée par le gouvernement, comme l’analyse l’économiste Zoltán Pogátsa : d’un côté, les « bons migrants », ceux qui travaillent et répondent aux besoins de l’économie ; de l’autre, les « mauvais », perçus comme un poids pour l’État. Face aux critiques, la ligne est difficile à tenir entre nécessité économique et rejet politique. Depuis 2025, les quotas ont été abaissés et les conditions durcies. Seuls certains pays peuvent désormais envoyer des travailleurs en Hongrie. « Il y a deux ans, le gouvernement a créé ce statut sous la pression économique. Mais en quelques mois, avec les critiques politiques - notamment de l’extrême droite - il a reculé et durci les règles », explique Zoltán Pogátsa.
    Un équilibre politique périlleux, qui confine parfois à l’absurde, relève le syndicaliste VDSZ. Il rappelle cette affaire d’une travailleuse invitée philippine tombée amoureuse qui a eu un enfant avec un Hongrois mais à qui l’administration avait demandé de quitter le pays, selon la réglementation en vigueur. « Pendant ce temps, le gouvernement répète à l’envi que la Hongrie serait le pays le plus favorable aux familles du monde entier ! », ironise le syndicaliste.
    Du côté de l’opposition aussi, le thème de l’immigration reste sensible : si le pro-européen et conservateur Peter Magyar critique l’hypocrisie et l’opacité du système actuel, il se garde bien de toute inflexion sur le sujet. Dans son programme, Peter Magyar réaffirme le maintien d’une politique migratoire stricte. Il assure même vouloir se passer des travailleurs étrangers, en faisant revenir les Hongrois partis trouver des conditions meilleures à l’étranger. « Ce type de propagande permet toujours de gagner des élections et de garder le pouvoir, analyse Tamas Székely. En 2018, ils ont gagné avec la migration. On ne sait jamais exactement qui sera l’ennemi, mais il en faut toujours un. »

    #Covid-19#migrant#migration#hongrie#politiquemigratoire#economie#travailleurinvite#immigration#sante#philippines#vietnam#travailleurmigrant

  • En France, Rima Hassan subit le Lawfare parce que militante de gauche
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4838

    Rima Hassan : Anatomie d’un acharnement judiciaire LE CHIFFRE | 13/16. C’est le nombre de procédures visant l’eurodéputée déjà classées sans suite. Un bilan qui interroge sur la pertinence des accusations d’« apologie du terrorisme » multipliées contre elle. L’ENQUÊTE | Alors qu’elle doit comparaître le 7 juillet prochain, Populi-Scoop revient sur la mécanique du lawfare à la française. Qui sont les organisations derrière ces plaintes ? Comment le pouvoir exécutif et des lobbies liés à des intérêts étrangers coordonnent-ils cette stratégie de l’épuisement ? PORTRAIT | De la boue du camp de réfugiés d’Alep aux bancs du Parlement européen, récit d’une trajectoire hors-norme que ni l’isolement dans les prisons israéliennes, ni les gardes à vue à Paris ne semblent pouvoir dévier. [Lire la (…)

    #Politique,France,_francophonie,_Algérie,_Maroc,_Tunisie,_Afrique,_monde_arabe,_vie_politique,_nation,_nationale, #fait_divers,_société,_fléau,_délinquance,_religion #facebook,twitter,_google+ #France_justice_politique_scandale_PS_PCF #Netanyahou,_Israël #censure,_presse,_journaux,_dictature,_expressions,_liberté #immigration,_High-Tech,_recrutement,_Web,_Internet

  • Au Chili, le président Kast suspend la régularisation de 182 000 migrants prévue par l’administration de son prédécesseur
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/30/au-chili-le-president-kast-suspend-la-regularisation-de-182-000-migrants-pre

    Au Chili, le président Kast suspend la régularisation de 182 000 migrants prévue par l’administration de son prédécesseur
    José Antonio Kast a pris ses fonctions à la tête du pays andin le 11 mars, avec la promesse d’imposer une « main de fer » à l’immigration irrégulière.
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement du président chilien, José Antonio Kast (extrême droite), a annoncé, lundi 30 mars, la suspension de la régularisation de près de 182 000 migrants prévue par l’administration de son prédécesseur, Gabriel Boric. José Antonio Kast a pris ses fonctions à la tête du pays andin le 11 mars, avec la promesse d’imposer une « main de fer » à l’immigration irrégulière. Le chef de l’Etat le plus à droite du Chili depuis la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) associe l’augmentation de la criminalité à l’arrivée de migrants en situation irrégulière ces dernières années. Selon un communiqué du service des migrations transmis à l’Agence France-Presse (AFP), le gouvernement de Gabriel Boric (gauche) avait adopté un décret prévoyant la régularisation de 182 000 personnes ayant participé à un processus de recensement de migrants entrés illégalement dans le pays. Le texte n’était pas encore entré en vigueur. « Nous n’allons pas procéder à une régularisation massive, comme l’avait proposé le gouvernement Boric », a affirmé le directeur du service des migrations, Frank Sauerbaum. « Heureusement [le décret] n’a pas été mis en œuvre, car nous avons appris aujourd’hui que 6 000 personnes sur les 182 000 avaient déjà commis un délit », a ajouté l’autorité.
    Cinq jours après sa prise de fonctions, le président Kast s’était rendu dans la région d’Arica, à la frontière avec le Pérou, pour superviser la construction de barrières destinées à empêcher l’entrée de migrants dans les trois régions du nord du pays. Il avait fixé un délai de quatre-vingt-dix jours pour leur achèvement.Le gouvernement a également annoncé une augmentation du nombre de militaires déployés aux frontières, ainsi qu’un renforcement de leurs moyens de surveillance, incluant des drones, des caméras et des équipements spécialisés.
    Le gouvernement prévoit d’adresser au Parlement deux projets de loi destinés à freiner la migration, dont l’un sanctionnerait les personnes aidant les migrants à entrer irrégulièrement au Chili et l’autre érigerait en délit l’entrée illégale sur le territoire. « [Ces dernières années], le Chili a été fragilisé par l’immigration illégale, le narcotrafic et le crime organisé », a affirmé à la presse M. Kast, lundi. Selon des données officielles, près de 337 000 migrants en situation irrégulière vivent au Chili, principalement des Vénézuéliens. M. Kast a promis de promouvoir leur expulsion. Il a toutefois écarté l’idée d’interpellations en masse. « Nous ne voulons pas mener une traque lieu par lieu. Mais chacun sait qu’il devra, à un moment donné, se confronter à l’Etat », avait-il assuré en mars à la presse locale.

    #Covid-19#migration#migrant#chili#immigration#politiquemigratoire#regularisation#migrationirreguliere#venezuela#sante#droit

  • Des lesbiennes en devenir - Coming-out, loyauté filiale et hétéronormativité chez des descendantes d’immigrant·e·s maghrébin·e·s | Salima Amari dans les Cahiers du Genre 2012/2
    https://shs.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2012-2-page-55

    [...] cette rupture [par rapport au groupe d’origine] due à la migration détermine les particularités de ces #familles en matière de relations filiales. C’est dans ce sens qu’Abdelmalek Sayad (ré)invente la généalogie familiale sociale en soulignant le rôle des enfants dans l’existence des parents #immigrés en France dans une filiation renversée pour « les ‘faire naître’ à la vie plus largement publique, […] les confirmer dans leur qualité de résidents au sens plein du terme, […] les réhabiliter dans leur identité totale, sociale et politique » (Sayad 1994). En effet, pendant longtemps les parents n’ont eu aucune existence sociale. Le regard porté sur l’#immigration était limité aux pères immigrés-travailleurs appelés à quitter un jour le paysage français puis aux mères enfermées dans l’espace privé. C’est la présence des enfants en situation postmigratoire qui amène enfin la prise de conscience de « la réalité de l’immigration en tant que présence appelée à devenir définitive (et pas seulement durable) » (id.). Pour Sayad, c’est cette génération qu’on convient d’appeler « deuxième génération » qui fait exister la « première ». Même s’il rappelle que pour qu’on puisse parler d’une génération nouvelle, il faut qu’il y ait rupture et qu’on puisse faire comme si cette « génération nouvelle n’avait pas grandi immergée dans les comportements, dans les sentiments, dans les attitudes hérités » (id., p. 174). Il s’agit donc bien d’héritiers et héritières, de descendant·e·s faisant exister leurs ascendant·e·s. En continuité avec cette filiation renversée, les lesbiennes interrogées ne comptent, par exemple, pas prendre part aux revendications du mouvement lgbt en France. En devenant des #lesbiennes visibles, elles prendraient le risque d’une rupture avec leurs parents.

    [...] La #réputation est une des raisons invoquées par les enquêtées pour expliquer leur refus de la visibilité de leur lesbianisme. La bonne réputation familiale se joue au lycée, dans le quartier et même dans la ville d’origine des parents.

    [...] Ce choix [de taire leur lesbianisme à leurs parents] est souvent motivé par la peur d’une rupture familiale. Certaines des interviewées ont déjà vécu une expérience de rupture momentanée avec la famille pour d’autres raisons. Peu après leur majorité, certaines filles ont décohabité. Cette expérience s’est révélée souvent très douloureuse pour elles qui ont fait l’expérience de leur vulnérabilité au sexisme, au mépris de classe et au racisme.

    [...] Pour pouvoir vivre leurs vies affectives et de couple tout en maintenant des relations avec leurs familles, les lesbiennes descendantes de parents maghrébins en France semblent réclamer « le droit de ne pas dire » (Decena 2008, p. 350). Elles deviennent ainsi des sujets tacites.

    [...] La prise de risque qui passe par une prise de parole ne s’applique à aucune des #femmes que j’ai interrogées. Parmi toutes les enquêtées, Amina apparaît comme celle qui a reçu l’éducation la plus stricte. Ses parents ont veillé à donner à leurs enfants une éducation traditionnelle fondée sur le partage strict entre les espaces féminins et masculins et perpétuent ce modèle familial. Interrogée sur la possibilité d’un #coming-out, elle est catégorique quant à son refus d’une action qui pourrait déstabiliser la cohésion familiale.

    [...] La plupart des lesbiennes que j’ai rencontrées adoptent des stratégies visant à ne pas rendre leur #homosexualité trop visible. Elles ont le souci permanent de protéger leurs parents, et particulièrement leur mère qui risque de se voir reprocher un échec éducatif et de provoquer un conflit au sein du couple parental. Là encore c’est Amina qui le relate clairement :
    Bah, mon père parce que c’est un homme et tout et c’est plus ma mère que je vais toucher. Parce que si je dis ça, moi je ne vais rien prendre de mon père, c’est sûr et certain. Mais tous les jours, il va dire à ma mère quelle mauvaise éducation elle a donnée à ses enfants.

    [...] Les enquêtées disent clairement que, par rapport aux autres frères mariés ou célibataires et sœurs mariées, elles sont les plus sollicitées, souvent par la mère, pour régler des conflits de famille ou pour donner des conseils au quotidien. Elles sont ‘célibataires’ et sans enfants et, par conséquent, apparaissent comme les plus disponibles.

    [...] Cette disponibilité permanente des lesbiennes pour leurs familles apparaît comme une stratégie pour desserrer l’étau du mariage et de la maternité.

    [...] Malgré le doute et parfois la certitude sur l’homosexualité de leurs filles, les parents, et surtout les mères, ne relâchent pas la pression pour qu’elles se marient et aient des enfants. Elles espèrent sans doute que ce n’est qu’un moment ‘d’égarement’. L’injonction au mariage et à la maternité est souvent rappelée aux filles lorsqu’elles atteignent la trentaine. Un tel ‘célibat’ prolongé doit être justifié. Les réponses aux mères insistantes sont souvent des réponses stratégiques pour ‘gagner du temps’ et continuer à vivre sa vie de manière autonome comme lesbienne.

  • El Mouhoub Mouhoud, économiste : « On rend l’immigration responsable de problèmes liés au rejet de la mondialisation »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/27/el-mouhoub-mouhoud-economiste-on-rend-l-immigration-responsable-de-problemes

    El Mouhoub Mouhoud, économiste : « On rend l’immigration responsable de problèmes liés au rejet de la mondialisation »
    Régularisations massives dans le sud de l’Europe, immigration encadrée selon le marché de l’emploi dans le Nord, ou fermeture japonaise. L’économiste décrypte, dans un entretien au « Monde », les modèles migratoires mondiaux et leurs paradoxes économiques.
    Propos recueillis par Julia Pascual
    El Mouhoub Mouhoud est économiste et président de l’université Paris Sciences et Lettres (PSL). Spécialiste de la mondialisation et des migrations internationales, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Le Prénom. Esquisse pour une auto-histoire de l’immigration algérienne (Seuil, 2025) et L’Immigration en France. Mythes et réalités (Fayard, 2017).
    –L’Espagne a annoncé, fin janvier, une régularisation massive d’étrangers sans papiers. Est-ce une décision rare en Europe ?
    Non, ce n’est pas si rare. Sur le continent, plusieurs régimes d’immigration coexistent, définis en fonction d’un ensemble de caractéristiques structurelles telles que les besoins du marché du travail, la démographie, la spécialisation internationale, le poids des services dans l’économie… L’Europe du Sud suit un régime d’immigration de masse : comme le Portugal, l’Espagne a accompagné sa croissance rapide des années 2000 en allant chercher de la main-d’œuvre, en particulier en Europe de l’Est, rapidement régularisée. L’Italie relève, elle aussi, de ce modèle, et cela n’a pas changé avec l’arrivée au pouvoir [en 2022] de Giorgia Meloni [issue du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia].
    A l’opposé, l’Allemagne ou les pays scandinaves misent sur une immigration régulière, bien encadrée en fonction des besoins, avec des investissements massifs sur l’accueil : 0,5 % du PIB pour l’Allemagne, et près de 0,6 % pour la Suède, par exemple, selon les données de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques], contre seulement 0,07 % du PIB pour la France.
    Entre ces deux modèles, la France compte au moins 500 000 immigrés en situation irrégulière permanente, selon les estimations. Pour des motifs politiques liés aux pressions exercées par les partis d’extrême droite, l’immigration régulière de travail est réduite au minimum. Résultat : les employeurs ont des besoins tellement forts dans certains secteurs qu’ils se tournent vers l’immigration irrégulière. On peut qualifier ce régime de contre-productif, car il tourne le dos aux intérêts de la France. Une distribution accrue de visas de travail réduirait significativement le recours à l’immigration irrégulière.Sur 380 000 nouveaux arrivants en 2025, à peine 14 % relèvent de l’immigration de travail. La première catégorie d’immigrés entrants est constituée d’étudiants, 33 %, la deuxième relève de l’immigration humanitaire, 24 %, suivie par l’immigration familiale, 23,7 %.
    Compte tenu des besoins du marché du travail, 14 % de main-d’œuvre régulière est insuffisant. On voit bien que cela produit des tensions qui se traduisent par des difficultés de recrutement localisées. Environ 300 000 offres d’emploi ne trouvent pas preneur. A court terme, le recours à l’immigration s’impose.
    Dans le prolongement d’une vaste grève des travailleurs sans-papiers en Île-de-France, certains d’entre eux ont occupé le Palais de la Porte-Dorée (Cité nationale de l’histoire de l’immigration) entre le 7 octobre 2010 et janvier 2011. Cette urne, destinée à collecter les dons de soutien à leur mouvement, a été réalisée à partir d’une affiche éditée par la CGT et collée avec du scotch transparent.
    Appuyés par des organisations syndicales et associatives, les grévistes ont voulu donner, dans ce lieu symbolique appartenant à l’Etat, de la visibilité à leurs revendications. Pendant trois mois, sans papiers, agents et visiteurs s’y sont côtoyés, engageant un dialogue inédit.
    Quel modèle les Etats-Unis suivent-ils ?
    Jusqu’à l’arrivée de la nouvelle administration de Donald Trump [en janvier 2025], les Etats-Unis avaient un modèle d’immigration un peu plus efficace. Les étudiants constituent le cœur de leurs avantages technologiques : ce pays puise dans le stock mondial des connaissances grâce à l’immigration. Les Etats-Unis autorisent l’arrivée de personnes qualifiées et moins qualifiées via un système régulé, avec des régularisations fréquentes et des loteries. Mais, aujourd’hui, avec l’administration Trump, on ne sait pas bien comment cela va évoluer. Nous ne disposons pas encore du recul nécessaire, mais on observe déjà que nombre d’étudiants internationaux se détournent des universités américaines. Certains disent : « Je n’ai pas envie d’aller dans un pays où l’on chasse les gens. » Pourtant, de 70 % à 75 % des diplômés étrangers ayant obtenu un master restent aux Etats-Unis, contre 60 % en Allemagne et autour de 30 % en France. Le discours agressif sur l’immigration va forcément peser sur les choix des très qualifiés.
    Pourquoi certains pays adoptent-ils des positions que vous qualifiez de « non-sens économique » ?
    Le paradoxe remonte à l’hypermondialisation, entre 1990 et 2010, quand les chaînes de valeur mondiales se sont étirées vers les pays d’Asie à bas coûts salariaux. Cela a provoqué une désindustrialisation massive de certains Etats de l’OCDE. Et les inégalités entre le personnel qualifié et moins qualifié ont explosé. L’écart entre les revenus se creuse aux extrêmes : les emplois très qualifiés ainsi que certains emplois peu qualifiés, dans les services, progressent, tandis que les emplois intermédiaires, plutôt occupés par des classes moyennes, reculent. C’est ce que l’on appelle « la polarisation ».
    Ce sont donc les classes moyennes qui ont le plus perdu dans l’hypermondialisation. La frustration liée à leur déclassement a provoqué partout la montée des partis populistes d’extrême droite. Il existe certes des spécificités nationales, mais la base commune de ces mouvements est le déclassement des classes moyennes blanches. Aujourd’hui, on rend l’immigration responsable de choses qui sont, en réalité, liées au rejet de la mondialisation.
    Le Brexit en est une bonne illustration. La droite conservatrice a exploité la figure de l’immigré d’Europe centrale et orientale, accusé de concurrencer les autochtones sur le marché du travail, dans un contexte de désindustrialisation. Je pense notamment aux Polonais [ils représentaient la première nationalité étrangère du pays avant le Brexit]. En réalité, ces immigrés étaient complémentaires des travailleurs britanniques. Ils étaient employés dans des secteurs en tension, comme l’hôtellerie-restauration, le nettoyage, les travaux publics ou l’agroalimentaire. Et ils occupaient souvent des tâches d’exécution, permettant aux Britanniques de se tourner vers des activités plus qualifiées ou plus interactives.
    Les indicateurs de 2025 montrent que les migrations économiques ont diminué dans les pays de l’OCDE. Faut-il y voir l’amorce d’un tournant ?
    Non. Certains secteurs dépendent structurellement de l’immigration de travail : nettoyage, gardiennage, services à la personne, bâtiment… L’élasticité y est faible, c’est-à-dire que si vous augmentez les salaires de 15 % ou 20 % peu d’autochtones viendront occuper ces emplois à la place des immigrés. En d’autres termes, ces emplois ne sont pas substituables, parce qu’ils sont pénibles : horaires de nuit, risques sécuritaires, etc.
    Ce n’est pas que l’immigré soit masochiste. Il compare son salaire à celui qu’il avait dans son pays d’origine. Il investit en migrant. Il accepte des emplois pénibles moins bien rémunérés, mais il épargne, fait vivre sa famille, investit dans l’éducation de ses enfants… Et il aspire à une vie meilleure, pas par rapport à ses voisins dans son pays d’immigration, mais par rapport à celle qu’il avait dans son pays d’origine.
    C’est pourquoi l’idée d’une concurrence avec l’autochtone est fausse. Un accroissement de 1 % de la main-d’œuvre dû à l’immigration se traduirait, selon les études empiriques reprises par France Stratégie, par une variation de l’emploi des non-immigrés comprise entre – 0,3 % et + 0,3 %, et des salaires entre – 0,8 % et + 0,5 %. Autant dire que l’effet est quasi nul. D’autres études, comme celles des économistes Javier Ortega et Grégory Verdugo, montrent même qu’une hausse de 10 points de la proportion d’immigrés fait grimper de 3,3 % le salaire des natifs, qui se déportent vers des postes mieux payés.
    A long terme, le recours à l’immigration est-il une réponse au vieillissement démographique ?
    Pour les enjeux démographiques et le marché du travail, les réformes structurelles agissant sur la formation, l’employabilité des jeunes, des seniors ou des femmes sont la solution la plus efficace à long terme. Investir dans les crèches peut aussi relever les taux de fécondité. L’immigration n’est qu’une solution parmi d’autres.
    Certains pays optent pour la fermeture des frontières…
    C’est extrêmement rare, mais c’est en effet le cas du Japon, aujourd’hui pays le plus fermé de la planète – aux hommes comme aux capitaux. Le taux d’immigration y est de l’ordre de 2 %, contre 12 % en moyenne pour l’OCDE, avec un niveau d’investissements directs étrangers le plus bas du monde. Ce pays préfère le vieillissement et la réduction nette de la taille de sa population. La conséquence est que le Japon est resté sur un sentier de croissance faible et qu’il présente une moindre capacité d’innovation.
    Selon des travaux d’économie historique, les sociétés très homogènes sont plus productives à court terme, mais moins innovantes et moins aptes à passer d’un paradigme technologique à l’autre. Les sociétés plus diversifiées, comme la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, sont plus innovantes à long terme. Une étude des économistes Alberto Alesina, Johann Harnoss et Hillel Rapoport, parue en 2016 dans le Journal of Economic Growth, montre que l’homogénéité favorise la cohésion et les prises de décision plus rapides, tandis que la diversité génère davantage de frictions… mais aussi plus d’innovations et une meilleure adaptation. L’économiste américain Giovanni Peri, lui, avait confirmé dans une étude de 2009 que les immigrés font à la fois augmenter le nombre de brevets, l’innovation et la productivité. La diversité réduit l’aversion au risque ; l’homogénéité pousse au mimétisme codifié et à l’anxiété.

    #Covid-19#migration#migrant#france#immigration#economie#politiquemigration#sante

  • La Suède présente un projet de loi qui prévoit d’expulser les migrants qui ne mènent pas une « vie honnête »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/24/la-suede-presente-un-projet-de-loi-qui-prevoit-d-expulser-les-migrants-qui-n

    La Suède présente un projet de loi qui prévoit d’expulser les migrants qui ne mènent pas une « vie honnête »
    Si elles sont adoptées par le Parlement, l’ensemble des mesures – critiquées pour leur manque de clarté – proposées par le gouvernement entreront en vigueur le 13 juillet.
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement suédois, arrivé au pouvoir en 2022 en promettant de durcir sa politique d’immigration, a présenté, mardi 24 mars, son projet de loi imposant aux migrants de mener une « vie honnête », sous peine d’expulsion. Cette nouvelle obligation faciliterait le retrait des titres de séjour des migrants. « Le respect des lois et des règles va de soi, mais il doit également aller de soi que nous fassions de notre mieux pour vivre de manière responsable et ne pas nuire à notre pays », a affirmé le ministre de la migration, Johan Forssell, lors d’une conférence de presse.
    « Si, par exemple, vous ne payez pas vos dettes, si vous ne vous conformez pas aux décisions des autorités suédoises, si vous abusez du système d’allocations, si vous obtenez un permis de séjour suédois par des moyens frauduleux… alors vous n’avez pas le droit d’être ici », a poursuivi M. Forssell. Parmi les autres exemples cités par le gouvernement figurent le fait de travailler sans payer d’impôts ou de ne pas payer ses amendes.
    Le gouvernement propose également que les titres de séjour puissent être révoqués dans d’autres situations, par exemple lorsque des migrants sont considérés comme une menace ou s’il s’avère qu’ils ont menti dans leur demande. Si elles sont adoptées par le Parlement, ces modifications entreront en vigueur le 13 juillet.
    « Les déclarations – c’est-à-dire ce qu’une personne dit ou exprime – ne doivent pas en elles-mêmes être considérées comme une preuve d’un manque d’honnêteté, mais elles peuvent être un indice, par exemple, de liens avec l’extrémisme violent, ce qui peut alors être un signe de défaut de moralité », a expliqué Ludvig Aspling, porte-parole en matière de politique migratoire du parti anti-immigration Démocrates de Suède, qui soutient le gouvernement.
    Selon l’ONG de défense des droits humains, Civil Rights Defenders, cette mesure risque de mettre à mal le principe d’égalité de traitement entre les personnes et reste trop floue dans sa définition. « Un tel dispositif pourrait avoir un effet dissuasif sur la liberté d’expression et mener à encore plus d’autocensure », estime John Stauffer, juriste en chef, dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse (AFP). « Certains actes ou propos qui n’ont aucune conséquence juridique pour des citoyens suédois pourraient au contraire soudainement entraîner l’expulsion de personnes qui ne possèdent pas la nationalité suédoise (…) Cela crée en pratique des règles différentes selon qui vous êtes », ajoute-t-il.

    #Covid-19#migration#migrant#suede#immigration#droit#sante#expulsion#politiquemigratoire

  • « Nommer “diaspora” des enfants et petits-enfants de l’immigration revient à les maintenir dans un statut d’éternels passagers »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/17/nommer-diaspora-des-enfants-et-petits-enfants-de-l-immigration-revient-a-les

    « Nommer “diaspora” des enfants et petits-enfants de l’immigration revient à les maintenir dans un statut d’éternels passagers »
    Dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels et d’artistes s’inquiète du climat de suspicion à l’égard des descendants d’immigrés, et rappelle avec insistance que « les “Français de branche” ont été abreuvés à la même sève que les “Français de souche” ».
    Certains Français issus de la diversité choisissent de s’expatrier vers le pays de leurs ancêtres. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces départs. Le climat politique, marqué par une forme de normalisation des discours d’extrême droite, en fait partie. Mais d’autres facteurs entrent également en jeu, notamment un marché de l’emploi qui peine encore à leur ouvrir pleinement ses portes et les pousse à chercher ailleurs de nouvelles opportunités. Dans ce contexte, une rumeur, démentie depuis par le gouvernement, a couru sur la création d’un haut-commissariat à la diversité et aux diasporas.
    L’utilisation, ici, du terme « diaspora » n’a rien d’anodin et relève, comme l’écrivait le sociologue Pierre Bourdieu, de ces « mots qui n’ont l’air de rien, mais à travers lesquels passe toute une philosophie, toute une vision du monde » (Contre-feux, tome Ier, Raisons d’agir, 1998). Initialement, ce terme est lié à l’histoire des populations juives, arméniennes et libanaises et définit les peuples « dispersés, chassés de leur pays, qui maintiennent entre elles des liens affectifs, culturels, économiques ou politiques au-delà des frontières ». De nombreux Français issus de la diversité n’entretiennent pas nécessairement de relations économiques, religieuses, traditionnelles ou linguistiques avec le pays d’origine de leurs parents ou grands-parents, et l’on peut légitimement se demander s’il est pertinent de parler de « diaspora » à leur égard.
    Avec son concept d’« illusion du provisoire », le sociologue Abdelmalek Sayad souligne un point fondamental : en nommant « diaspora » des enfants et petits-enfants de l’immigration, on les maintient symboliquement dans un statut d’éternels passagers, comme si leur présence en France n’était encore, cinquante ans après, rien de plus qu’une escale technique. Le journal marocain Telquel, repris par Courrier international, lui donne raison dans l’un de ses titres : « Le “retour” des enfants d’immigrés, un phénomène croissant au Maroc ». Ce n’est pas un afflux massif comme semblerait le souligner le titre, mais une tendance.
    Certains de nos compatriotes quittent la France à cause des discriminations dont ils souffrent et des débouchés professionnels qui leur sont fermés. L’intensité du phénomène se renforce chez les sportifs dont le talent n’a pas toujours été reconnu ici et qui trouvent ailleurs l’occasion de s’accomplir. A l’instar de la gymnaste Kaylia Nemour, qui a remporté en France la médaille d’or aux Jeux olympiques de 2024, sous la bannière de l’Algérie. Dans le même temps, de ce côté-ci de la Méditerranée, certains discours agitent le spectre d’une prétendue menace. Un article de Valeurs actuelles titrait ainsi : « Insécurité, ingérence, poids de la diaspora… Algérie, la menace intérieure », alimentant des préjugés discriminants.
    Ne serait-il pas temps d’aller à contre-courant du climat actuel de division et de rassembler tous les Français ? Notre nation est riche de sa diversité et de son multiculturalisme, quoi qu’en pensent ceux qui préfèrent attiser les fractures. Nous, les « Français de branche », nous avons été abreuvés à la même sève que les « Français de souche ». Nous parlons la même langue, nous avons fréquenté les mêmes écoles, nous avons les mêmes droits civiques et les mêmes références culturelles. Dans cette période électorale, il serait bon de s’en souvenir et de garder ce chiffre en mémoire : plus de 90 % des descendants d’immigrés de la deuxième génération se sentent français (selon l’enquête Trajectoires et origines de l’Insee et de l’Institut national d’études démographiques, en 2022). (collectif).

    #Covid-19#migration#migration#diaspora#france#immigration#retour#

  • « Nommer “diaspora” des enfants et petits-enfants de l’immigration revient à les maintenir dans un statut d’éternels passagers »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/17/nommer-diaspora-des-enfants-et-petits-enfants-de-l-immigration-revient-a-les

    « Nommer “diaspora” des enfants et petits-enfants de l’immigration revient à les maintenir dans un statut d’éternels passagers »
    Dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels et d’artistes s’inquiète du climat de suspicion à l’égard des descendants d’immigrés, et rappelle avec insistance que « les “Français de branche” ont été abreuvés à la même sève que les “Français de souche” ».
    Certains Français issus de la diversité choisissent de s’expatrier vers le pays de leurs ancêtres. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces départs. Le climat politique, marqué par une forme de normalisation des discours d’extrême droite, en fait partie. Mais d’autres facteurs entrent également en jeu, notamment un marché de l’emploi qui peine encore à leur ouvrir pleinement ses portes et les pousse à chercher ailleurs de nouvelles opportunités. Dans ce contexte, une rumeur, démentie depuis par le gouvernement, a couru sur la création d’un haut-commissariat à la diversité et aux diasporas.
    L’utilisation, ici, du terme « diaspora » n’a rien d’anodin et relève, comme l’écrivait le sociologue Pierre Bourdieu, de ces « mots qui n’ont l’air de rien, mais à travers lesquels passe toute une philosophie, toute une vision du monde » (Contre-feux, tome Ier, Raisons d’agir, 1998). Initialement, ce terme est lié à l’histoire des populations juives, arméniennes et libanaises et définit les peuples « dispersés, chassés de leur pays, qui maintiennent entre elles des liens affectifs, culturels, économiques ou politiques au-delà des frontières ». De nombreux Français issus de la diversité n’entretiennent pas nécessairement de relations économiques, religieuses, traditionnelles ou linguistiques avec le pays d’origine de leurs parents ou grands-parents, et l’on peut légitimement se demander s’il est pertinent de parler de « diaspora » à leur égard.
    Avec son concept d’« illusion du provisoire », le sociologue Abdelmalek Sayad souligne un point fondamental : en nommant « diaspora » des enfants et petits-enfants de l’immigration, on les maintient symboliquement dans un statut d’éternels passagers, comme si leur présence en France n’était encore, cinquante ans après, rien de plus qu’une escale technique. Le journal marocain Telquel, repris par Courrier international, lui donne raison dans l’un de ses titres : « Le “retour” des enfants d’immigrés, un phénomène croissant au Maroc ». Ce n’est pas un afflux massif comme semblerait le souligner le titre, mais une tendance.
    Certains de nos compatriotes quittent la France à cause des discriminations dont ils souffrent et des débouchés professionnels qui leur sont fermés. L’intensité du phénomène se renforce chez les sportifs dont le talent n’a pas toujours été reconnu ici et qui trouvent ailleurs l’occasion de s’accomplir. A l’instar de la gymnaste Kaylia Nemour, qui a remporté en France la médaille d’or aux Jeux olympiques de 2024, sous la bannière de l’Algérie. Dans le même temps, de ce côté-ci de la Méditerranée, certains discours agitent le spectre d’une prétendue menace. Un article de Valeurs actuelles titrait ainsi : « Insécurité, ingérence, poids de la diaspora… Algérie, la menace intérieure », alimentant des préjugés discriminants.
    Ne serait-il pas temps d’aller à contre-courant du climat actuel de division et de rassembler tous les Français ? Notre nation est riche de sa diversité et de son multiculturalisme, quoi qu’en pensent ceux qui préfèrent attiser les fractures. Nous, les « Français de branche », nous avons été abreuvés à la même sève que les « Français de souche ». Nous parlons la même langue, nous avons fréquenté les mêmes écoles, nous avons les mêmes droits civiques et les mêmes références culturelles. Dans cette période électorale, il serait bon de s’en souvenir et de garder ce chiffre en mémoire : plus de 90 % des descendants d’immigrés de la deuxième génération se sentent français (selon l’enquête Trajectoires et origines de l’Insee et de l’Institut national d’études démographiques, en 2022). (collectif).

    #Covid-19#migration#migration#diaspora#france#immigration#retour#

  • « Nommer “diaspora” des enfants et petits-enfants de l’immigration revient à les maintenir dans un statut d’éternels passagers »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/17/nommer-diaspora-des-enfants-et-petits-enfants-de-l-immigration-revient-a-les

    « Nommer “diaspora” des enfants et petits-enfants de l’immigration revient à les maintenir dans un statut d’éternels passagers »
    Dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels et d’artistes s’inquiète du climat de suspicion à l’égard des descendants d’immigrés, et rappelle avec insistance que « les “Français de branche” ont été abreuvés à la même sève que les “Français de souche” ».
    Certains Français issus de la diversité choisissent de s’expatrier vers le pays de leurs ancêtres. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces départs. Le climat politique, marqué par une forme de normalisation des discours d’extrême droite, en fait partie. Mais d’autres facteurs entrent également en jeu, notamment un marché de l’emploi qui peine encore à leur ouvrir pleinement ses portes et les pousse à chercher ailleurs de nouvelles opportunités. Dans ce contexte, une rumeur, démentie depuis par le gouvernement, a couru sur la création d’un haut-commissariat à la diversité et aux diasporas.
    L’utilisation, ici, du terme « diaspora » n’a rien d’anodin et relève, comme l’écrivait le sociologue Pierre Bourdieu, de ces « mots qui n’ont l’air de rien, mais à travers lesquels passe toute une philosophie, toute une vision du monde » (Contre-feux, tome Ier, Raisons d’agir, 1998). Initialement, ce terme est lié à l’histoire des populations juives, arméniennes et libanaises et définit les peuples « dispersés, chassés de leur pays, qui maintiennent entre elles des liens affectifs, culturels, économiques ou politiques au-delà des frontières ». De nombreux Français issus de la diversité n’entretiennent pas nécessairement de relations économiques, religieuses, traditionnelles ou linguistiques avec le pays d’origine de leurs parents ou grands-parents, et l’on peut légitimement se demander s’il est pertinent de parler de « diaspora » à leur égard.
    Avec son concept d’« illusion du provisoire », le sociologue Abdelmalek Sayad souligne un point fondamental : en nommant « diaspora » des enfants et petits-enfants de l’immigration, on les maintient symboliquement dans un statut d’éternels passagers, comme si leur présence en France n’était encore, cinquante ans après, rien de plus qu’une escale technique. Le journal marocain Telquel, repris par Courrier international, lui donne raison dans l’un de ses titres : « Le “retour” des enfants d’immigrés, un phénomène croissant au Maroc ». Ce n’est pas un afflux massif comme semblerait le souligner le titre, mais une tendance.
    Certains de nos compatriotes quittent la France à cause des discriminations dont ils souffrent et des débouchés professionnels qui leur sont fermés. L’intensité du phénomène se renforce chez les sportifs dont le talent n’a pas toujours été reconnu ici et qui trouvent ailleurs l’occasion de s’accomplir. A l’instar de la gymnaste Kaylia Nemour, qui a remporté en France la médaille d’or aux Jeux olympiques de 2024, sous la bannière de l’Algérie. Dans le même temps, de ce côté-ci de la Méditerranée, certains discours agitent le spectre d’une prétendue menace. Un article de Valeurs actuelles titrait ainsi : « Insécurité, ingérence, poids de la diaspora… Algérie, la menace intérieure », alimentant des préjugés discriminants.
    Ne serait-il pas temps d’aller à contre-courant du climat actuel de division et de rassembler tous les Français ? Notre nation est riche de sa diversité et de son multiculturalisme, quoi qu’en pensent ceux qui préfèrent attiser les fractures. Nous, les « Français de branche », nous avons été abreuvés à la même sève que les « Français de souche ». Nous parlons la même langue, nous avons fréquenté les mêmes écoles, nous avons les mêmes droits civiques et les mêmes références culturelles. Dans cette période électorale, il serait bon de s’en souvenir et de garder ce chiffre en mémoire : plus de 90 % des descendants d’immigrés de la deuxième génération se sentent français (selon l’enquête Trajectoires et origines de l’Insee et de l’Institut national d’études démographiques, en 2022). (collectif).

    #Covid-19#migration#migration#diaspora#france#immigration#retour#