Cancers : les vaccins à ARN contre le Covid-19 doperaient l’efficacité des immunothérapies
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Les vaccins contre le Covid-19 à base d’ARN messager pourraient booster les défenses anticancer et améliorer la survie de patients atteints d’une tumeur pulmonaire ou d’un mélanome, selon une étude rétrospective publiée dans « Nature ». Mais la méthodologie de ce travail est contestée.
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Pour autant, l’équipe texane apporte quelques arguments expérimentaux « très convaincants », selon Olivier Lantz, immunologiste à l’Institut Curie, à Paris, sous réserve que ces constats chez la souris soient extrapolables à notre espèce. Les auteurs ont reconstitué, chez ce rongeur, le déroulé des processus d’activation de l’immunité anticancer induite par de tels vaccins à ARN, ne ciblant pas directement les cellules tumorales.
Et voici ce qu’ils ont observé. Ces vaccins à ARN, chez la souris, activent d’abord des cellules de l’immunité innée qui circulent dans le sang : elles se mettent alors à produire une flambée de messagers moléculaires, nommées « #cytokines_antivirales ». Parmi elles, l’interféron alpha (IFNα) joue un rôle crucial. Ce flot de cytokines va ensuite stimuler des cellules de l’immunité innée qui résident dans la tumeur, les cellules présentatrices de l’antigène. Celles-ci, à leur tour, activent des cellules de l’immunité adaptative, les lymphocytes T, éduqués à reconnaître spécifiquement les antigènes des cellules cancéreuses. Ces cellules « tueuses de cancer » vont alors accomplir leur mission.
Retorses, les cellules cancéreuses tentent de déjouer cette attaque : elles exposent à leur surface une profusion de protéines PD-L1, censées enrayer les défenses immunitaires. Mais l’immunothérapie monte au front, épaulant le vaccin pour contrecarrer cette ruse. Au bout du compte, les deux stratégies combinées, le vaccin à ARN non spécifique des antigènes tumoraux et l’immunothérapie, provoquent une régression tumorale et une amélioration de la survie.
Certains des processus d’activation de l’immunité anticancer, toujours chez la souris, semblent indépendants de la protéine codée par l’ARN messager. Ainsi, « d’autres constructions d’ARN produisent une immunité antitumorale similaire », rapporte Adam Grippin, premier auteur de ce travail. C’est le cas, par exemple, d’un ARN qui cible l’antigène pp65 du cytomégalovirus.
Finalement, « les vaccins à base de nanoparticules lipidiques contenant de l’ARN messager sont de puissants activateurs du système immunitaire, résume Adam Grippin. Ces boules d’ARN étroitement compactées ressemblent beaucoup à des virus. Et elles sont très efficaces pour stimuler les multiples voies de signalisation dans la cellule, conçues pour détecter l’ARN. » Un peu comme lors d’un processus d’infection, relève Caroline Robert.
En parallèle, chez une poignée de volontaires humains en bonne santé, les chercheurs ont confirmé que les vaccins à ARN anti-Covid-19 induisent aussi une puissante sécrétion d’IFNα – jusqu’à 280 fois son niveau de base. Ce pourrait être le pivot d’une réponse antitumorale…
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