• Macron roi

    Alors que le #Parlement est en ce jour transformé en une chambre d’enregistrement des désirs du Roi, il importe de revenir sur le bilan d’une année de gouvernement-covid. Est-ce la pandémie qui est hors de contrôle, ou bien notre président ? Les deux certainement.

    « Le président a acquis une vraie #expertise sur les sujets sanitaires. Ce n’est pas un sujet inaccessible pour une intelligence comme la sienne. » #Jean-Michel_Blanquer, Le Monde, le 30 mars 2021

    « Ce n’est pas Macron qui manque d’#humilité, c’est l’humilité qui n’est pas à la hauteur », #EmmanuelMacronFacts

    « Père Ubu – Allons, messieurs, prenons nos dispositions pour la bataille. Nous allons rester sur la colline et ne commettrons point la sottise de descendre en bas. Je me tiendrai au milieu comme une citadelle vivante et vous autres graviterez autour de moi » Alfred Jarry, Ubu roi, Acte IV, scène 3

    Je serai bref. On écrit bien trop sur Macron. Les trois épigraphes ci-dessus disent à peu près tout. Il faudrait juste ajouter que dans certaines versions de la mythologie grecque Hybris est l’un des enfants de la Nuit et d’Érèbe, une divinité des Enfers. L’#hybris désigne la #démesure, l’#excès_de_pouvoir et le vertige auquel il conduit. La Vème République est une détestable machine à produire de l’hybris. Des présidents hors de contrôle.

    En ce 31 mars 2021, Macron roi préside un #Conseil_de_défense_sanitaire où ne siège autour de lui qu’une petite grappe de ministres choisis par ses soins. Conseil opaque, soumis au secret et échappant à tout #contrôle_législatif . Le soir du même jour, il annonce ses décisions à ses sujets, au nom d’un « nous », dont on ne saura jamais s’il est de majesté ou s’il renvoie aux choix collectifs et débattus d’un #exécutif. Ce « je-nous » annonce donc le #reconfinement de toute la métropole, avec la fermeture des écoles. Je propose de déduire de ces décisions les trois #échecs de Macron, qui correspondent à trois #fautes, lesquelles sont directement en rapport avec la démesure qui caractérise le personnage, #démesure encouragée par la fonction et notre #constitution épuisée. Quand faire le #bilan d’une politique se résume, de facto, à la caractérologie de son Auteur, on se dit qu’il est grand temps de changer de République et d’en finir avec le #présidentialisme.

    Le premier échec de Macron roi, c’est le reconfinement de toute la métropole avec ses conséquences en termes de #santé_mentale, de #précarisation accrue pour les plus pauvres et les classes moyennes, et d’aggravation de la #crise_économique. L’engagement pris à de multiples reprises de ne pas reconfiner nationalement n’a jamais été accompagné de la politique qu’un tel choix exigeait. Macron a mis tout le pays dans une #impasse. Le reconfinement est la conséquence directe de ce choix. La décision de laisser filer l’#épidémie fin janvier, - dans un contexte de diffusion des variants, avec l’exemple anglais sous les yeux, et contre l’avis de toute la #communauté_scientifique -, a été, littéralement, criminelle. Macron était parfaitement informé de la flambée qui aurait lieu mi-mars. Nous y sommes.

    Le second échec de Macron roi, distrait et appuyé par son fou préféré dans son obstination à ne #rien_faire pour sécuriser sérieusement l’#Éducation_nationale, aura été la #fermeture contrainte des #écoles et le prolongement du semi-confinement des étudiant.es, qu’il convient de ne pas oublier : les dégâts sont pour elle et eux sans fin, que certain.es aident à réparer : https://blogs.mediapart.fr/parrainer-un-e-etudiant-e/blog/260221/parrainer-un-e-etudiant-e-pour-entrer-dans-le-monde-dapres-appel-ten. En plus des scandales des #masques, des #tests et des #vaccins, Macron et son gouvernement sont en effet directement comptables d’une #inaction incompréhensible. Monté sur son « cheval à phynances », Macron roi a certes arrosé les entreprises de centaines de milliards, mais n’en a dépensé aucun pour l’#Hôpital, l’École, l’#Université, la #Recherche et plus généralement la #sécurisation_sanitaire des #lieux_publics, parmi lesquels tous les lieux de #culture.

    Or, depuis bientôt un an, des chercheurs font la démonstration que des solutions existent (voir ici : https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/120121/rendre-l-universite-aux-etudiants-sans-attendre-les-decideurs ) et que la stratégie « #Zéro_Covid » est certainement la plus efficace et la plus propre à protéger des vies : voir par exemple les propositions concrètes de Rogue-ESR (https://rogueesr.fr/zero-covid). Pourquoi donc « une intelligence comme la sienne » ne parvient-elle pas à s’élever jusqu’à la compréhension que la #détection de la saturation en #CO2 d’un lieu fermé et l’utilisation de #filtres_Hepa sont des dispositifs techniques simples, efficaces et susceptibles de limiter la propagation du #virus ? Même des esprits infiniment plus bornés que le sien – Wauquiez par exemple (https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/covid-l-efficacite-des-purificateurs-d-air-contre-le-sa), qui dégage 10 millions pour des #purificateurs_d’air dans les écoles et lycées - ont parfaitement saisi au bout de 6 mois ce que Macron-Roi mettra deux ans à reconnaitre.

    Le troisième échec de Macron roi, le plus terrible, est le nombre de #morts, de vies brisées, de souffrances psychiques et physiques que des années de soins peineront à soulager. Bientôt 100 000 morts. Des légions de "covid longs", des enfants, des adolescents et des étudiants habités par l’angoisse de contaminer leur parents … Question : combien de milliers de vies auraient pu être épargnées, non pas seulement par des décisions énergiques fin janvier 2021, mais par un véritable #plan_d’action visant à apporter une sécurité sanitaire digne de ce nom, à toute la population ? Pourquoi 3000 #lits de #réanimation supplémentaires seulement maintenant et pas à l’été 2020, avant la seconde vague ? Pourquoi Zéro mesure technique et financière pour les #universités quand des étudiants se suicident ? Pourquoi Zéro vaccin pour protéger les enseignants ? Pourquoi faire si peu de cas de « La valeur d’une vie » (https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/260121/la-valeur-d-une-vie) ?

    L’analyse des causes de ces #échecs montre que ce ne sont pas des #erreurs, mais des #fautes politiques. Tout d’abord une gestion présidentialiste et autocratique de la #crise_sanitaire, couplée avec un virage idéologique vers l’extrême droite. Ensuite le refus de toute #politique_d’anticipation, qui est à concevoir comme une conséquence du « #en-même-temps » : le #laisser_faire néolibéral du macronisme se conjugue avec un retrait massif de l’#Etat et un affaiblissement de la #Fonction_publique. Enfin la #gestion_sanitaire de Macron roi a pris lors de cette épidémie la forme d’un #pari : s’accoutumer au virus, #vivre_avec, le laisser filer permettra peut-être d’éviter un #confinement. Le pari au lieu de la #raison et de la #délibération, le jeu avec la science, le rêve de devenir un savant, l’adulation de Raoult, Macron roi devenu « l’expert », l’épidémiologiste en chambre. La limite de cette folie est éthique : un #pouvoir, quel qu’il soit, ne peut pas parier des vies comme dans une partie de poker.

    A ces trois fautes correspondent trois marqueurs de l’identité politique de Macron roi : l’#opportunisme, le #jeu et le #cynisme. Macron est certainement le président le plus dangereux que nous ayons eu depuis Pétain. Il est le président qui aura consenti à la mort de dizaines de milliers de citoyen.ne.s, qui aura fait le lit de l’#extrême_droite et aura remplacé la politique par un jeu de roulette russe. Président hors de contrôle, il est devenu à lui seul le haut comité médical qu’il a institué. Il est devenu à lui seul tout le Parlement. Il est devenu sa propre caricature. Le Roi et le fou du Roi. Seul en son Palais, "divertissant son incurable ennui en faisant des paris avec la vie de ses sujets"*.

    Pascal Maillard

    Père Ubu s’interrogeait ainsi : « Le mauvais droit ne vaut-il pas le bon ? ». Il parait que sous la plume de Jarry cette question rhétorique renvoyait au cynisme politique de Bismarck.

    * L’expression est de l’écrivain Yves Charnet, dans un livre à paraître.

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/010421/macron-roi

    #macronisme #Macron #France #covid #coronavirus #Blanquer

  • « Notre pain est politique » | Du poil sous les bras
    http://www.radiosaintfe.com/emissions/societe/335-du-poil-sous-les-bras#pain

    A propos de paysannes-boulangères… Où l’on apprend que dans le pain, tout est politique, que les blés Hérisson ou Gentile rosso font de la résistance, et que notre ennemi c’est pas le gluten, c’est l’industrie ! Autour du livre « Notre Pain est politique, les blés paysans face à l’industrie boulangère » (La Dernière lettre/ARDEAR - 2019). Durée : 55 min. Source : Radio Saint Féréol

    http://www.radiosaintfe.com/media/com_podcastmanager/ACTU/PAD_ACTU_POILSOUSBRAS/PAD_POILSOUSBRAS_2021_02_01_Notrepainest.mp3

  • Correspondance avec une insurgée chilienne

    https://lavoiedujaguar.net/Correspondance-avec-une-insurgee-chilienne

    Lettre du Chili

    (...) À propos du Chili ces jours-ci, il me semble que le terrorisme sanitaire et la farce électorale ont fini par écraser la force insurrectionnelle créatrice qui nous avait tous réveillés ici de la main des jeunes générations. Toutes les raisons qui ont motivé ce soulèvement sont toujours là, et il semble même que les conditions existentielles de tous se soient dégradées, mais ce grand rejet collectif d’il y a quelques mois (Non à l’appauvrissement enduré jusqu’à l’insupportable ! Non à la compétition impitoyable entre frères et sœurs, non à une existence où nous ne sommes que de simples machines à consommer et à travailler, etc.) n’a pas réussi à avancer dans la création de nouvelles formes de vie. Au contraire, cette lutte qui faisait revivre l’essence humaine en chacun de nous a été figée dans une sorte de simulation.

    Il y a encore des manifestations sur la plaza de la Dignidad (et dans d’autres places et territoires du Chili), mais elles n’ont plus le monde ou la fraîcheur d’avant. Je vois qu’une grande partie du peuple gaspille son énergie vitale, d’une part, dans une absurde confrontation avec la police et, d’autre, à rentrer dans un dialogue de sourds avec le pouvoir. Les premiers offrent leur corps comme matière première à la machine répressive et nourrissent ainsi le rituel qui permet aux policiers de s’affirmer dans leur rôle de subjugueur invincible. (...)

    #Chili #correspondance #farce_électorale #impasse #normalité

  • Régularisons les sans-papiers
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=69&v=snfN9V7zyFE&feature=emb_logo

    « La question est simple : ces gens partiront-ils ? Evidemment non. D’abord parce que, même clandestins, ils sont mille fois mieux ici, étant donné que dans leur pays, ils n’ont rien.(…) Le gouvernement doit donc trancher autrement. Je comprends qu’il ait peur de le faire pour des raisons politiques. Je ne fais pas preuve d’angélisme mais de pragmatisme. (…) On ne peut en sortir qu’en régularisant la totalité des personnes qui en ont fait la demande. »

    Ces propos sont tirés d’une interview parue dans le journal Le Monde, le 17 juillet 1998. Ces propos sont de Charles Pasqua. (1) 5 ans avant, Il était ministre de l’intérieur, à l’origine d’une loi sur l’immigration particulièrement restrictive et rétablissant le régime d’expulsion. 5 ans après, devant la problématique des personnes « ni régularisables - ni expulsables », qu’il avait en grande partie lui-même aggravée, il déclare : « Nous nous trouvons donc devant un problème que nous devons traiter avec pragmatisme et responsabilité, en fonction de l’intérêt national, en essayant de surmonter nos débats idéologiques ou politiques. (…) Si on explique les choses aux Français, ils sont capables de les comprendre. »

    Dans les mêmes colonnes du Monde, en mai 2020, on peut lire que le gouvernement aurait du mal à assumer une régularisation collective. Un préfet déclare même que ce serait un « suicide politique ». (2)

    Plus de 30 ans se sont écoulés entre ces 2 paroles. La « crise migratoire », qui a plutôt été une « crise de l’accueil », a fortement marqué l’actualité, instrumentalisée par certains partis politiques qui ont vu là un levier d’opinion opportuniste. Nous appelons aujourd’hui le gouvernement à ne pas céder au piège de cette politique d’opinion. Une fois n’est pas coutume, nous allons reprendre à notre compte les propos de M. Pasqua : « Si on explique les choses aux Français, ils sont capables de les comprendre ».
    Qui sont les sans-papiers ?

    Les sans-papiers, ce sont ces mères d’un enfant né en France, parfois d’un père français, mais pour lesquelles l’administration met plusieurs années avant d’accorder un titre de séjour.

    Les sans-papiers, ce sont aussi ces familles présentes en France depuis des années avec un titre de séjour pour raison de santé. Ces familles ont parfois des enfants nés et scolarisés en France, parfaitement intégrés. Les parents travaillent, cotisent, payent leurs impôts, jusqu’au jour où leur titre de séjour n’est plus renouvelé. Ils basculent alors, perdent leur travail et se retrouvent du jour au lendemain en « situation irrégulière ». Il leur est alors demandé de repartir dans un pays qu’ils ont quitté pour des raisons objectives, un pays que les enfants ne connaissent pas.

    Les sans-papiers, ce sont aussi des demandeurs d’asile qui se sont vu refuser une protection. Cela ne veut pas dire qu’ils ne méritaient pas d’être protégés mais juste qu’ils n’ont pas pu prouver les menaces dont ils étaient victimes.

    Les sans-papiers, ce sont aussi les « dublinés », ces demandeurs d’asile qu’un réglement européen empêche de choisir le pays à qui ils veulent demander une protection. Ils n’ont alors d’autre choix que la clandestinité pendant de longs mois, avant de pouvoir enfin déposer leur demande là où ils ont de la famille, des proches, où ils parlent la langue et où les possibilités d’intégration sont les meilleures.

    Les sans-papiers, ce sont aussi ces adolescents étrangers isolés dont l’administration ne reconnaît pas la minorité, sur des bases subjectives, et qui se retrouvent à la rue le temps de déposer un recours. Certains d’entre eux, heureusement et logiquement, sont reconnus mineurs et sont pris en charge, mais ça n’est parfois qu’un sursis : arrivés à la majorité ils doivent demander un titre de séjour, souvent refusés pour des motifs contestables.

    Bref, les sans-papiers sont avant tout des hommes, des femmes et des enfants dans une palette de situations différentes ayant pour conséquences de les maintenir dans une situation d’exclusion sociale et de vulnérabilité psychologique inacceptable.
    Pourquoi régulariser les sans-papiers ?

    Ne pas régulariser les sans-papiers, c’est faire le pari inhumain qu’une partie d’entre eux finiront par se décourager et repartiront vers leur pays d’origine ou un autre qui semblera moins inhospitalier. Soyons objectif, cette politique du découragement fonctionne, mais dans de très rares cas. Pouvons-nous accepter que des dizaines de milliers de personnes soient maintenues dans la précarité, l’incertitude, la détresse psychologique, dans le seul objectif que quelques dizaines repartent, fragilisées par des mois voire des années d’enfer administratif ?

    Il va nous être objecté que ce serait prendre le risque d’inciter d’autres personnes étrangères à venir s’installer en France. C’est le classique « risque d’appel d’air », expression déshumanisante qu’il faut impérativement déconstruire. D’abord, aucune étude ne vient apporter de preuves concrètes d’une augmentation significative des demandes de titres de séjour ou demande d’asile à la suite des précédentes régularisation effectuées en France. Pour autant il ne faut pas être angélique, oui il y aurait probablement un effet incitatif, oui il y aurait sans doute dans les mois qui viennent des étrangers qui viendraient en France dans l’espoir d’obtenir un titre de séjour. Au vu des restrictions de passage aux frontières, liées à la crise sanitaire, combien seraient-ils ? Quelques centaines ? Quelques milliers ?

    Il y aurait, selon les diverses estimations, entre 300 000 et 400 000 sans-papiers en France actuellement. Ces centaines de milliers d’hommes, femmes et enfants vivent aujourd’hui dans notre pays dans une impasse administrative qui les maintient dans l’insécurité. Comment pouvons-nous accepter cela, par peur que quelques milliers d’autres personnes se retrouvent dans la même situation ? Est-ce un calcul humainement acceptable ?

    Nous ne venons donner de leçons à personne. Nous sommes juste des citoyens engagés sur le terrain, auprès des sans-papiers. Nous sommes conscients que le monde vit une crise sanitaire mondiale inédite, que les gouvernements ont à affronter des situations complexes avec une multiplicité de paramètres parfois difficilement conciliables. Demain est incertain. Mais il est certain que demain, encore plus qu’aujourd’hui, une société qui ne luttera pas contre la précarité n’aura pas tiré les leçons de la crise sanitaire dont nous sommes victimes.

    Pour toutes ces raisons, nous souhaitons que la France prenne des mesures claires afin de délivrer un titre de séjour à tous ces hommes, femmes et enfants actuellement sans-papiers. Nous appelons à ne pas répéter les erreurs du passé : les régularisations par circulaires ont démontré leurs limites. N’ayant pas de valeur juridique contraignante, elle laisse aux autorités préfectorales la possibilité, ou non, de les prendre en compte. Il en découlerait une application disparate selon les territoires, en totale contradiction avec les valeurs d’égalité de notre république. (3)

    Nous ne souhaitons pas une régularisation politicienne, un faux-semblant de mesure sociale. La régularisation doit se faire de manière claire et sans équivoque, en élargissant les critères légaux, qui devront pouvoir être appliqués sans laisser de place à l’arbitraire.

    Des milliers d’hommes, femmes et enfants étrangers ont fait le choix de vivre en France, de contribuer à la construction de notre société. Faisons le choix de les accueillir dignement. Nous appelons à un vrai courage politique, à une vraie mesure de justice sociale : Régularisons les sans-papiers.

    http://www.sans-papiers.org
    #régularisation #sans-papiers #Charles_Pasqua #migrations #pragmatisme #angélisme #intérêt_national #responsabilité #régularisation_collective #titre_de_séjour #ressources_pédagogiques #déboutés #dublinés #Dublin #règlement_dublin #clandestinité #migrations #asile #réfugiés #mineurs #âge #exclusion_sociale #vulnérabilité #précarité #incertitude #appel_d'air #impasse_administrative #insécurité #justice_sociale
    #film #vidéo

    ping @karine4 @isskein

    • voir aussi :
      [CONVERGENCE DES APPELS] Pour la régularisation définitive des sans-papiers

      De nombreux appels à la régularisation des sans-papiers ont été lancés ces dernières semaines. Avec des tons, des arguments, des modalités divers mais tous convergents vers le même objectif : la régularisation immédiate, inconditionnelle et pérenne des sans-papiers et la sécurisation administrative de toutes les personnes à statut administratif précaire.

      https://blogs.mediapart.fr/pour-la-regularisation-definitive-des-sans-papiers/blog/290420/convergence-des-appels-pour-la-regularisation-definitive-des

    • France : de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer la régularisation des sans-papiers

      La crise sanitaire a mis en lumière la précarité des sans-papiers, qui pour beaucoup travaillent dans des secteurs essentiels, comme les services de livraison, le tri des déchets ou encore l’agriculture. Plusieurs associations, syndicats et représentants politiques demandent à l’État de régulariser les sans-papiers vivant en France.

      La société civile, des associations, des syndicats et même une centaine de parlementaires sont montés au créneau ces dernières semaines pour demander à l’État de régulariser les sans-papiers qui vivent en France, à l’instar des mesures prises au Portugal ou en Italie. Plusieurs tribunes ont été publiées dans la presse et des lettres ont été envoyées au gouvernement. Sur internet, des appels à manifester samedi 20 juin aux côtés des sans-papiers ont été relayés sur tout le territoire.
      https://twitter.com/lacgtcommunique/status/1272595733020016640?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Pourquoi un tel mouvement de solidarité aujourd’hui ? « La crise sanitaire a bousculé beaucoup de choses », croit Lise Faron, responsable des questions du droit au séjour à la Cimade. « Le coronavirus a été un élément déclencheur », abonde Marilyne Poulain, membre de la Commission exécutive de la CGT. La crise a en fait rendu visibles ceux qui étaient jusque-là invisibles.
      Des sans-papiers en première ligne pendant la crise sanitaire

      Alors que la majorité de la population française était confinée dès le 17 mars pour limiter la propagation de la pandémie de coronavirus, des milliers de travailleurs sans-papiers ont continué le travail. « Beaucoup d’entre eux étaient en première ligne car la majorité travaillent dans des emplois dits d’utilité sociale essentielle comme le nettoyage des locaux, les services de livraison, le tri des déchets ou encore le domaine de l’agriculture », précise Marilyne Poulain.

      Les livreurs de la plateforme française Frichti en sont un exemple criant. Des centaines de sans-papiers qui travaillaient pour cette société depuis plusieurs années se sont vus remerciés dès la sortie du confinement. Épaulés par des collectifs et la CGT, ils demandent désormais leur régularisation.

      D’un autre côté, des travailleurs sans-papiers employés dans l’hôtellerie ou la restauration ont perdu leur emploi et n’ont pas pu bénéficier des aides de l’État, comme le chômage partiel.

      Or, l’ensemble de cette population, bien qu’en situation irrégulière dans l’Hexagone, « participe à produire de la richesse sur le sol français », signale la syndicaliste. On estime à environ 350 000 le nombre de sans-papiers qui vivent en France.
      Enjeu de lutte contre les discriminations et les inégalités

      « Ils sont utilisés comme variable d’ajustement avec des contrats précaires », assure Marilyne Poulain. « Ils sont exploités au mépris de leurs droits », renchérit Lise Faron de la Cimade. L’enjeu de la régularisation porte également sur l’égalité de traitement dans les entreprises. En effet, les sans-papiers sont souvent moins payés que des travailleurs « en règle » occupant le même emploi. Ils ne peuvent prétendre à aucune aide autre que l’Aide médicale d’ État (AME) et payent pourtant des impôts en France. « La régularisation est un enjeu de lutte contre les discriminations et les inégalités au travail. Tout le monde doit avoir les mêmes droits », continue la représentante de la CGT.

      https://twitter.com/lacimade/status/1272803224538492928?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      « Il est urgent de changer de cap », martèle Lise Faron, qui souhaite une refonte complète du droit au séjour avec des procédures moins complexes. « Ces gens ont construit leur vie ici, se sont installé ici, certains ont eu des enfants en France mais ils n’arrivent pas à obtenir un titre de séjour ou alors au prix de longues années de procédure », poursuit la militante qui dénonce une « machine administrative bloquée ».

      Reste que pour mettre en place une campagne massive de régularisation des sans-papiers, il faut faire preuve de « courage politique » selon la CGT. « Tous les gouvernements sont tétanisés par les conséquences que pourraient avoir une telle mesure sur l’opinion française mais quand on se dit être un rempart contre l’extrême droite, on agit dans ce sens », estime Marilyne Poulain.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/25425/france-de-plus-en-plus-de-voix-s-elevent-pour-reclamer-la-regularisati

  • La #précarité, un problème global dans une #Europe postcoloniale

    La recherche en sciences sociales établit que la #précarisation de la #vie_académique – et je dis bien de la vie, pas seulement du travail – se répand de manière accablante à l’échelle mondiale. Dans une étude publiée en 2016, Ava Höhle et Ulrich Teichler[1] montrent que les #contrats_temporaires deviennent le modus operandi d’emploi à l’université dans plusieurs pays, tels que le Canada (82%), la Finlande (34%), le Japon (39%) et le Royaume-Uni (28%). Quant à la France, les chiffres sont toujours peu clairs : un rapport publié par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation informe que parmi les 86 096 enseignants-chercheurs rattachés à des institutions sous-tutelle dudit ministère, 66% de ce personnel sont classés titularisés[2], alors que les autres 34% sont classés non-titularisés[3]. Néanmoins, les vacataires n’y sont pas comptabilisés. Les seules données officielles disponibles à ce sujet figurent dans un document publié en 2018 qui présente un chiffre de 105 596 vacataires chargés de cours pour l’année 2016-17 au sein de seulement 79% des universités françaises incluses dans le rapport.

    En Inde également, les ad hoc teachers constituent une masse d’employés précaires présente dans toutes les universités du pays. Selon la Delhi University Teachers Association, cette catégorie représentait, en 2016, 50% des 9 000 enseignants à l’Université de Delhi (DU), dont la rémunération s’élevait à 57 000 roupies par mois[4] sous un régime de contrats à durée de 6 mois. De même que leurs équivalents français, malgré une mobilisation politique croissante de leur part, ces travailleurs de l’enseignement supérieur ne jouissent d’aucune stabilité professionnelle. À l’instar de nombre de pays européens, le processus de précarisation de l’université indienne s’est amorcé dans les années 1990, dans un moment où l’économie politique du pays, jusqu’alors encadrée par un modèle nommé soft-socialism, s’orientait vers une dite libéralisation économique. Cherchant à faire intégrer la région sud-asiatique – y compris ses universités – dans un marché global, les forces politiques nouvellement arrivées au pouvoir font basculer, en un court espace de temps, dans un néolibéralisme outrancier, des pays habitués aux valeurs plus ou moins socialistes.

    La précarisation du travail académique en Europe et en Inde est plus organiquement liée qu’il n’y paraît : il est question ici des rapports entre deux acteurs majeurs d’un marché universitaire et scientifique global. Je dirais même que la précarité académique en Europe s’articule à la circulation internationale de chercheurs du Sud global – parmi lesquels les chercheurs d’origine indienne[5].

    Je soutiens que l’ainsi-dite « globalisation des sciences sociales »[6] récupère un imaginaire et un passif postcoloniaux dans la mise en place de politiques scientifiques internationales qui précarisent la formation des élites dites « cosmopolites », bien que de manières distinctes selon les contextes nationaux et la position que certains sujets occupent dans un espace social mondial complexe. En effet, cet espace global de circulations scientifiques offre un grand nombre de spécificités selon les pays, les disciplines, voire même les institutions concernées. Chacun s’accorde à dire que même les expériences coloniales et postcoloniales qui sont à l’origine de la distinction Sud Global / Nord Global ont toujours été protéiformes. Toujours est-il que, comme le soutient Walter Mignolo, le concept de « Sud Global » permet de regarder ce paysage hétérogène par le biais des relations historiques, et également changeantes, de « la dépendance économique, politique et épistémique, ainsi que les relations inégales dans l’ordre global »[7].

    Peut-on être contre la mobilité ? Faire contre mauvaise fortune bon cœur

    Lorsque j’ai initié mon enquête ethnographique sur la circulation des chercheurs sud-asiatiques bâtissant une carrière en Europe, surtout en Allemagne et au Royaume-Uni, j’avais à l’esprit l’idée de rencontrer des chercheurs confirmés qui avaient réussi à s’établir à l’étranger. Étant moi-même un chercheur du Sud Global, brésilien, j’étais alors intéressé par une série de débats d’ordre épistémologique autour de la notion de légitimité de la parole de ces chercheurs en tant que représentants de la critique postcoloniale en Europe[8]. Or, outre les trajectoires de réussite professionnelle, j’ai fini par rencontrer un nombre massif de chercheurs indiens – pour ne pas mentionner les autres – en situation précaire et pour qui la circulation devenait l’impératif d’une carrière de plus en plus précarisée. Autrement dit, on circulait car on partait à la recherche d’une nouvelle « opportunité ». Alors que j’entendais des directeurs de départements des universités dites « globales » dire que « les chercheurs indiens sont très mobiles, et nous valorisons énormément cela », une partie importante de mes interlocuteurs précaires, qui enchaînaient des contrats temporaires dans différents pays, s’accordaient, de leur côté, à juger que la mobilité devenait une forme de précarisation de la vie universitaire. L’un de mes interlocuteurs, homme d’une trentaine d’années postdoctorant en Allemagne, me disait : « mobilité, mobilité, mobilité… c’est la mobilité pour la précarité. Il faut qu’on soit cette espèce de main-d’œuvre détachée, sans aucun avenir, n’est-ce pas ? »[9].

    En pointant l’aspect sombre de la mobilité, notamment le fait qu’elle conforte parfaitement les principes de la précarisation, le discours d’une partie de mes interlocuteurs nous conduit à une position pour le moins complexe. D’une part, très peu d’entre nous sauraient s’opposer à la mobilité comme pilier fondamental d’une formation intellectuelle cosmopolite et d’échanges scientifiques riches et novateurs. D’autre part, un champ d’études croissant montre que les institutions les plus « internationalisées » sont aussi celles qui entretiennent le plus la précarité. À titre d’exemple, Peacock[10] a montré que les très prestigieux Max Planck Institutes fonctionnent essentiellement sur la base d’une main-d’œuvre hyper-qualifiée de chercheurs internationaux qui ne seront jamais parmi des 10% de chercheurs permanents de l’institution et qui occupent, en principe, les postes de directeur. Ce constat était d’ailleurs dressé par mes interlocuteurs eux-mêmes. Une interlocutrice postdoctorante dans une petite ville universitaire allemande m’explique : « Lors d’une réunion avec l’équipe, le directeur nous a très clairement dit qu’il vaut mieux chercher un poste ailleurs. Nous ne sommes pas censés rester : pour nous, l’Allemagne n’est qu’un lieu de passage ». Dans cette perspective, la mobilité n’est pas une opportunité, mais plutôt une nécessité.

    Certes, la précarité peut s’avérer une forme de déclassement social vécu par nombre de chercheurs de tous les pays, mais je voudrais suggérer ici qu’un regard sensible à la question postcoloniale peut nous permettre de saisir une facette peu explorée de la précarisation. Voyons comment.

    La mobilité précaire : la rencontre de la postcolonialité et du néolibéralisme

    L’immense majorité de mes interlocuteurs est issue des classes moyennes indiennes historiquement privilégiées d’un point de vue économique et social. Au-delà de la stabilité professionnelle propre aux métiers les plus répandus dans ces familles (médecin, professeur, diplomate, fonctionnaire et cadre d’entreprise), être de la classe moyenne en Inde signifie historiquement appartenir à des réseaux familiaux bien connectés à tous les niveaux de l’État et de la sphère privée – y compris au sein des institutions scientifiques indiennes et étrangères. Il s’agit ainsi d’une génération de personnes nées dans les années 1990 n’ayant jamais douté de l’apparente garantie d’un avenir professionnel stable. Cependant, ladite décennie a été marquée par une « libéralisation économique », quand l’Inde a connu une série de transformations à la fois inattendues et décevantes pour cette génération : tandis que les universités européennes s’ouvraient au recrutement de chercheurs non-européens, et que les universités indiennes s’« intégraient » au marché universitaire « global », les politiques néo-libérales se faisaient sentir au travers de la précarisation du travail universitaire sur les deux continents. Voici comment une histoire postcoloniale est réactualisée dans sa version néo-libérale : alors que les circulations estudiantines entre l’Inde et l’Europe (surtout l’Angleterre) datent, au moins, du début du 20e siècle, avec la fondation de la School of Oriental Studies en 1916, l’ouverture au recrutement de chercheurs venus des anciennes colonies s’avère un fait nouveau, puisque jusqu’au début des années 2000, les institutions européennes pratiquaient une politique scientifique très claire : accueillir des étudiants, renvoyer des chercheurs. En atteste l’expérience de l’un de mes interlocuteurs, professeur retraité de l’Université de Calcutta, et qui a fait ses études en Angleterre dans les années 1980 :

    À l’époque que j’habitais là-bas, on s’approchait de la fin des années 1970. Dans les années 1960, il était plus difficile, mon père a dû faire face… il avait été formé au MIT [Massachusetts Institute of Technology] et dans son cas, à l’université où il travaillait [en Angleterre], ils ont dit de façon très simple : “nous pouvons seulement vous garder sous contrat temporaire, car les emplois permanents sont réservés aux citoyens anglais. Par ailleurs, nous nous engageons à envoyer autant d’Indiens de retour au pays d’origine.” Il y avait un engagement du gouvernement, alors c’était très difficile de justifier là… Mais c’était déjà moins le cas au moment où j’étais en Angleterre.

    Ainsi, la génération de chercheurs indiens partis en Europe pour leurs études doctorales à partir des années 2000 a été confrontée à une double transformation : tandis que faire carrière en Europe devenait progressivement un projet envisageable pour les chercheurs du Sud Global, les postes permanents devenaient de plus en plus disputés pour tous. Face à cette situation, les jeunes chercheurs qui voulaient rester en Europe ont dû accepter des postes temporaires (post-doctorat, visiting scholar, etc.) qui impliquent, entre autres choses, un statut juridique fragile auprès des services migratoires. Évidemment, rentrer en Inde est toujours une option pour ces universitaires, et beaucoup le font volontiers avec succès. Comme je l’ai constaté lors de mon terrain en Inde, la valeur que peut avoir un diplôme européen sur le marché universitaire indien leur assure des postes à haut revenus dans le pays, surtout auprès des nouvelles institutions privées qui forment les élites locales.

    Néanmoins, c’est ici que prend toute son importance le rôle de ce que certains chercheurs ont nommé le postcolonial predicament [l’impasse postcoloniale][11], à savoir le fait que la colonisation a su forger des institutions, des désirs, des formes de savoir et des subjectivités profondément liées à certains imaginaires eurocentrés dont il est extrêmement difficile de se débarrasser quand il s’agit de la vie intellectuelle. La majorité de mes interlocuteurs était issue de familles anglophiles, formées dans des institutions universitaires conçues à partir de modèles européens, pour qui partir en Europe ou aux États-Unis était une étape « naturelle » de leur formation : dans le cadre d’un imaginaire postcolonial, qui a été produit à travers plus de deux siècles d’échanges intellectuels, partir en Europe c’était, pour paraphraser Stuart Hall[12], comme rentrer à la maison.

    Par ailleurs, le désir de bâtir une carrière en Europe n’est pas restreint à une classe de familles privilégiées par les liens qu’elles ont pu entretenir historiquement avec le projet colonial. Plus récemment, les étudiants et jeunes chercheurs issus de familles plus modestes ont aussi été influencés par un imaginaire certes plus contemporain, mais qui ne s’affranchit pas de celui que je viens de décrire : le 21e siècle devient, selon le discours officiel des institutions transnationales, l’âge du cosmopolitisme, de la circulation, de la diversité culturelle ainsi que de l’ample accès à l’enseignement supérieur. Et c’est précisément à travers ce double prisme – postcolonial et transnational – qu’il faut comprendre le processus par lequel les universités européennes s’ouvrent au recrutement de chercheurs du Sud Global et, par conséquent, la spécificité de la précarité qui y est associée. L’essor des politiques culturelles à l’université[13] a fait que la diversité devient un atout, voire une véritable valeur ajoutée, sur lequel capitalisent des universités accaparées par les pratiques managériales. Cela a trait, par exemple, aux stratégies de celles-ci pour attirer des étudiants étrangers qui payent des frais très importants – comme pour les étudiants de la diaspora indienne en Angleterre et qui veulent avoir cours avec des enseignants indiens[14] –, mais aussi à l’idée de cosmopolitisme culturel qui est de plus en plus associée à celle d’excellence des institutions dites « globales ». Une dimension importante de l’économie globale de la connaissance[15], même si on en parle beaucoup moins, réside dans le fait qu’avec ces chercheurs de la périphérie circulent un ensemble de capitaux symboliques[16] et financiers auxquels s’intéressent les universités européennes. Concrètement, plusieurs centres de recherche sur l’Inde ont été fondés dans les quinze dernières années en Europe, plusieurs étant financés ou cofinancés par le gouvernement et les entreprises indiennes[17]. Ces centres consacrés aux études indianistes, où circule un grand nombre de chercheurs précaires, sont certes des lieux de rencontres et d’échanges, mais aussi d’actualisation d’enjeux géopolitiques de grande importance entre ces pays. Pour en donner un exemple, lors de mon travail de terrain au Royaume-Uni en 2015, j’ai pu accompagner les manifestations contre la visite officielle de Narendra Modi, le premier-ministre indien, représentant de la droite nationaliste hindoue (BJP). L’un des fronts de ces mobilisations a été organisé par une partie des étudiants et chercheurs indiens et indianistes basés à l’Université de Cambridge et qui s’opposaient à l’invitation officielle que cette dernière avait adressé à Modi. L’université a fini par revenir sur sa décision et n’a pas accueilli le Premier ministre.

    L’intérêt qui portait Cambridge à cette alliance était précisément celui affiché par d’autres universités britanniques. Le but est de favoriser une diplomatie scientifique basée sur l’attraction des étudiants et des investissements publics et privés indiens. Ce constat s’appuie sur les documents publiés par le Consulat général de l’Inde où se trouvent des chiffres concernant les partenariats indo-britanniques avec Cambridge, Oxford et le King’s College. On constate ainsi que bien au-delà de la sphère du symbolique et de la subjectivité, la condition postcoloniale propre au monde contemporain façonne surtout les conditions économiques et les rapports de pouvoir qui définissent des principes et des conditions de la production et de la circulation des chercheurs, de leur reconnaissance académique, ainsi que des possibilités concrètes de financement de la recherche, autant en Europe qu’ailleurs. Ce qui est en jeu ici est l’hégémonie dans un espace de luttes concurrentielles autour de la formation d’étudiants qui constituent l’élite qui fera le lien entre le Nord et le Sud Global – en l’occurrence, entre le Royaume Uni et l’Inde. Il n’en demeure pas moins que cette « opportunité » peut coûter l’amère prix de la précarité : une précarité propre au monde postcolonial.

    Précariser la formation des élites globales

    Ce détour par les politiques scientifiques contemporaines dans leurs relations avec les politiques culturelles et économiques permet de mieux comprendre les liens, qui peuvent sembler distants, entre la précarité des chercheurs français (ou européens) et celle des chercheurs indiens (ou du Sud Global).

    Autant les institutions européennes que les indiennes sont bien conscientes d’une chose : en Europe, on forme les élites indiennes (ainsi que d’autres, bien entendu), et l’enjeu porte sur les types de formations qu’on accordera à ces jeunes. Dans un monde postcolonial qui se néolibéralise, une puissance émergente comme l’Inde, et qui dispose d’une diaspora de 80 millions de personnes disséminées à travers tous les continents, cherche à faire valoir les valeurs qui sont les siennes dans son projet de devenir une puissance globale. Cela impliquerait une stratégie agressive de façonnement des institutions de formation de leurs élites. De son côté l’Europe cherche aussi à garder son hégémonie dans le domaine de la formation universitaire tout en s’adaptant à ces évolutions géopolitiques où l’université joue un rôle stratégique. En effet, le processus de précarisation ne peut être localement compris qu’à travers le prisme de dynamiques globales de formation à la fois des masses et des élites selon certaines visions du monde qui refondent l’université du 21e siècle. Celle-ci devient un espace de formation de gestionnaires du futur, de ressources certes économiques, mais surtout symboliques qui sont de plus en plus valorisées sur le marché global, telles que la diversité, la culture, la connaissance, les droits et l’idée même de futur.

    La France suit également un long processus de précarisation et d’essor des politiques néolibérales à l’université tout au long de la dernière décennie. Néanmoins, bien que la France n’ait pas été à l’abri d’un certain nombre de transformations (les pratiques de reddition de comptes, le souci de la productivité, le financement privé de la recherche, la baisse du nombre de postes permanents, etc.), ce n’est que très récemment que des institutions françaises en sont venues à offrir une formation entièrement anglophone afin d’attirer des étudiants étrangers non-francophones. Cette nouvelle modalité de formation, plus ouvertement tournée vers la logique marchande, marque un tournant dans la manière dont la France comprend le rôle et le modus operandi de l’enseignement supérieur dans un système global de la connaissance.

    À Sciences Po Reims, par exemple, les cours sont donnés en anglais à des jeunes venus des quatre coins du monde, prêts à payer des milliers d’euros de frais d’inscription afin de bénéficier d’une formation « d’excellence ». Ce n’est pas un hasard si les doctorants qui y enseignent sont également en grande partie des étrangers désireux de faire leurs études et, peut-être, une carrière en Europe. Il est important de noter que, d’après le témoignage de plusieurs collègues qui y enseignent (faute de données précises publiées par les instances compétentes), les taux de précarité à Sciences Po Reims sont notoirement très élevés. Et ces jeunes étrangers qui y enseignent sont eux–mêmes pris dans la logique de l’ « excellence » internationale qui valorise les départements « cosmopolites ». Par ailleurs, dans les meilleurs des cas – c’est-à-dire quand ils enseignent une matière proche de leur sujet de recherche –, ces jeunes chercheurs font usage d’un capital symbolique, notamment académique et linguistique, accumulé au cours d’une formation entre leurs pays d’origine et la France : le fait d’avoir des jeunes chercheurs russes qui y enseignent l’histoire russe représente, à l’heure actuelle, un atout aux yeux de l’université globale. Leur précarité est un corolaire nécessaire dans la conception d’une université globale et managériale. Des précaires qui enseignent à de présumées élites, elles-mêmes aux prises avec les risques de précarité et dès lors prêtes à accepter, dans le futur, le même genre de postes mal payés mais « prestigieux » – voilà les ressorts merveilleux qui alimentent une mobilité universitaire internationale qui, pour être valorisée, permet aussi et surtout de donner accès à une main d’œuvre hautement qualifiée à coût réduit.

    Faire face à une Europe postcoloniale

    Lors du début du mouvement Carré Rouge contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants non-européens en France, Éric Fassin a bien exprimé la stratégie qui était au cœur de la mesure entreprise par le gouvernement : « la xénophobie, aujourd’hui, sert à faire avaler la pilule du néolibéralisme »[18]. Sociologue sensible à la question postcoloniale en France, Fassin nous rappelle que le néolibéralisme ne peut pas être compris si l’on omet d’interroger sa dimension postcoloniale. Que le mot néolibéralisme fasse fortune dans un milieu académique critique des transformations en cours, notamment de la précarisation, mérite réflexion : plutôt que de prendre son sens et son fonctionnement pour argent comptant, il vaudrait mieux profiter de cette occasion pour l’interroger ethnographiquement. Ce qui est en question ici, ce n’est pas de contester la validité de la dénomination de « néolibéralisme » – ce qui me semblerait à la fois scientifiquement erroné et politiquement démobilisateur –, mais plutôt d’interroger ce que nous y mettons. C’est pourquoi je rejoins un certain nombre de chercheurs qui estiment nécessaire d’analyser les évolutions actuelles du capitalisme au prisme des dynamiques postcoloniales qui en sont constitutives[19].

    Il en va de même pour ce qui relève de la précarité à l’université. La précarisation galopante du travail académique que vit l’Europe n’est pas seulement le résultat de politiques économiques conçues dans le continent et qui seraient appliquées à l’échelle globale avec des résultats plus ou moins similaires urbi et orbi. Les dynamiques qui y sont associées sont en réalité plus complexes, et ceci d’autant plus qu’elles ont trait à la reconfiguration des rapports de pouvoir entre le Nord et le Sud global. C’est pourquoi dire que l’Europe, y compris la France, fait face à son histoire postcoloniale ne devrait pas susciter de grande surprise : en réalité, elle est aujourd’hui confrontée aux effets moins évidents d’une globalisation fondée sur son passé colonial. Et la précarité, dans ses formes multiples selon la positionalité des sujets, autant du Sud que du Nord global, en est un autre élément.

    https://blogterrain.hypotheses.org/15728
    #post-colonialisme #post-colonialité #ESR #facs #enseignement_supérieur #recherche #Nord #Sud #monde #université #recherche #travail #vacataires #vacations #élites #formation #élites_cosmopolites #Sud_global #mobilité #mobilité_précaire #postcolonialité #Inde #néolibéralisme #impasse_postcoloniale #postcolonial_predicament #UK #Angleterre #élites_globales

    ping @karine4 (en lien avec la question de la #violence_épistémique ?)
    @cede

  • Retraites amères pour les #classes_populaires

    Le projet de réforme ne permet pas de garantir une réduction des #inégalités. Il existe au contraire de bonnes raisons de penser que celles-ci risquent de s’accroître.

    Bien sûr, il existe encore de nombreuses inconnues sur le fonctionnement du futur système de retraite liées à l’#âge_pivot à 64 ans, aux règles sur l’évolution de la #valeur_du_point, aux conditions concrètes de prise en compte de la #pénibilité, aux conditions de #revalorisation des #salaires des #enseignants et des autres #fonctionnaires, à l’avenir des #pensions_de_réversion ou encore au devenir des 24 milliards d’euros de recettes annuelles de la #Cades [Caisse d’amortissement de la dette sociale] à partir de 2024… Tous ces sujets sont encore sur la table après deux ans de concertation dont on peut se demander à quoi elle a servi pour en arriver à un tel gâchis : mis à part le Medef, plus aucun partenaire social n’a confiance en la parole du gouvernement. Mais pour celles et ceux qui sont attachés au système par #répartition tout en considérant qu’il doit être unifié et amélioré, le cœur du sujet, c’est qu’un #système_universel par points n’est pas forcément juste, ni même plus juste que l’actuel.

    L’#universalité est un moyen, pas un but. Les points ou les trimestres sont des outils, pas des formules magiques. Or, en l’espèce, le mantra « un euro cotisé donne les mêmes droits à tous » pour séduisant qu’il puisse paraître dans sa simplicité conduit à des #injustices difficilement justifiables. Tout d’abord parce qu’il ne tient aucun compte des différences d’espérances de vie suivant la #trajectoire_sociale, et en particulier des espérances de vie en bonne santé. Dans notre société où l’#héritage_social est celui qui est le mieux partagé, cette #fausse_égalité conduirait à ce que les #classes_moyennes et populaires continuent plus que jamais de payer massivement pour les retraites bien plus longues des plus aisés. La mise en place d’un âge pivot à 64 ans, comme le veut le gouvernement, aggraverait encore ce défaut.

    On nous explique que ce serait un progrès de passer du système actuel qui prévoit la prise en compte des 25 meilleures années dans le privé ou des 6 derniers mois dans public pour le calcul de la retraite, à un calcul sur la totalité de la carrière grâce au système par points. C’en serait indéniablement un pour celles et ceux qui ont travaillé longtemps moins de 150 heures par trimestre dont les cotisations ne leur donnent aucun droit aujourd’hui. Mais fallait-il absolument changer de système pour y parvenir ? Non, il suffirait de modifier cette règle.

    Qu’en sera-t-il pour les autres ? Si, pour les « carrières plates » en termes de rémunération, il n’y aura pas de pertes et que, au contraire, les grandes fulgurances de fin de carrière seront moins profitables, aucune simulation ne permet aujourd’hui de garantir une réduction des inégalités si on prend en compte l’ensemble des situations. Il existe au contraire de bonnes raisons de penser que celles-ci risquent de s’accroître. Les #cadres sortis à 23 ou 24 ans d’une grande école, avec tout de suite un CDI bien payé en poche, n’auront plus à travailler jusqu’à 67 ans pour percevoir une retraite à taux plein et seront à coup sûr gagnants. Ainsi que les #hauts_fonctionnaires, de Bercy et d’ailleurs, qui reçoivent des #primes conséquentes. Ils n’ont par nature jamais de trous dans leur carrière et pourront eux aussi s’arrêter de travailler plus tôt.

    Ce ne sera pas le cas pour les plus nombreux. Bien entendu pour les enseignants et toutes les autres catégories de fonctionnaires qui reçoivent peu de primes, sauf revalorisation improbable massive de leurs rémunérations. Mais aussi pour les ouvrier·e·s, les employé·e·s, les technicien·ne·s qui ont commencé à travailler à 20 ans en étant mal payés, qui ont connu le chômage à plusieurs reprises, avant de décrocher un CDI vers 30 ans et commencer alors une carrière un peu plus rémunératrice. Ce ne sera pas le cas non plus pour les employé·e·s sous statut privé pendant des années dans les services publics avant d’être titularisé·e·s. Ni pour les #mères_célibataires obligées de travailler moins pour éduquer plus. Tous verront leur retraite amputée du fait que la règle des meilleures années ne permettra plus d’effacer les années de galère pour le calcul du niveau de leurs pensions.

    Ceux-ci et celles-ci sont pour l’essentiel les enfants des classes populaires et moyennes. Ils vont, d’une génération à l’autre, devoir travailler au-delà de 64 ans pour glaner suffisamment de points afin de rendre leurs pensions tout juste acceptables. Il ne nous a pas échappé bien sûr que ce fonctionnement par points était déjà celui des régimes complémentaires actuels du secteur privé. Il n’en reste pas moins que sa généralisation dans le cadre du nouveau système universel renforcerait beaucoup les injustices qu’il engendre déjà. En prenant en compte de la même manière les rémunérations perçues à l’âge de 25 ans et à 60 ans, les systèmes par points dénaturent la fonction sociale fondamentale d’un système de retraite par répartition : offrir aux retraités une pension qui reflète leur niveau de vie en fin de carrière ou durant les meilleures années de celle-ci.

    Au lieu de promouvoir une telle injustice à travers la retraite par #capitalisation, la majorité actuelle réussit à le faire en prétendant défendre et améliorer la retraite par #répartition. Tout en parachevant l’étatisation de la #protection_sociale et en dotant le pays d’un mécanisme qui permettrait, en jouant sur la valeur du point, de réduire peu à peu les retraites futures sans avoir besoin de changer les règles du jeu. C’est un exploit qu’il convient de saluer, mais à force de détourner de leur sens les #valeurs de la République, cela conduit le pays dans une #impasse.

    https://www.liberation.fr/debats/2019/12/19/retraites-ameres-pour-les-classes-populaires_1770224

    –-> un ami économiste me signale que cette analyse de la réforme des #retraites est très intéressante...

  • Saint-Brieuc : les policiers en exercice de maintien de l’ordre (Ouest France)
    https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/reportage-saint-brieuc-les-policiers-en-exercice-de-maintien-de-l-ordre

    Avec eux, 18 adolescents, garçons et filles, dont la plupart arborent un sweat-shirt à capuche. Ce sont des élèves en bac pro métiers de la sécurité, au lycée Rosa-Parks de Rostrenen, qui vont jouer le rôle des manifestants. « Le mois dernier, nous avons fait la même chose en zone gendarmerie, note le professeur principal, Jean-Baptiste Le Picard. Nous sommes de plus en plus sollicités. » Pour ces jeunes qui, en majorité, veulent devenir policiers, gendarmes ou pompiers, c’est une aubaine de pouvoir vivre un tel événement de l’intérieur.
    […]
    Dans l’après-midi, cela se poursuivra avec les pompiers, sur la thématique des violences urbaines. Le scénario : des jeunes incendient un scooter puis agressent les pompiers venus éteindre le feu, sous protection des policiers.

    Je ne sais plus quoi mettre comme mot-clefs… #éducation ? #RosaParks ?

  • Nantes : des gilets jaunes dénoncent des violences policières dans une nasse, samedi 6 avril
    France 3 Pays de la Loire - Par Eleonore Duplay Publié le 09/04/2019 à 18:38
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/nantes-gilets-jaunes-denoncent-violences-policieres-nas

    Coups de matraque, grenades lancées sur des manifestants bloqués dans une impasse. Selon de nombreux témoignages concordants, la manifestation nantaise des gilets jaunes du samedi 06 avril s’est achevée par des violences policières.

    #violences_policières

  • L’Italie fermera ses #aéroports aux migrants

    Le ministre italien de l’Intérieur s’est opposé, dimanche, à tout renvoi de migrants de l’Allemagne vers son pays, sans accord préalable.

    L’Italie va fermer ses aéroports aux avions de ligne non autorisés transportant des migrants en provenance d’Allemagne, a annoncé dimanche le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini. Une décision qui accentue les tensions entre Rome et Berlin.

    L’Allemagne et l’Italie travaillent à un #accord aux termes duquel des migrants résidant en Allemagne pourraient être renvoyés en Italie, pays où ils ont déposé une demande d’asile. L’accord n’a pas été signé pour le moment.

    Le quotidien La Repubblica rapportait samedi que l’office allemand pour les réfugiés avait adressé « des dizaines de lettres » à des migrants les informant d’un possible transfert vers l’Italie via des #vols_charters. Le premier vol est prévu mardi prochain.

    « Pas d’aéroports disponibles »

    « Si des gens pensent, à Berlin ou à Bruxelles, qu’ils vont pouvoir balancer des dizaines de migrants en Italie par des vols charter non autorisés, ils doivent savoir qu’il n’y a pas et n’y aura pas d’aéroports disponibles », a dit M. Salvini dans un communiqué. « Nous fermerons les aéroports comme nous avons fermé les #ports », a-t-il dit.

    Le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer affirmait en septembre qu’un accord avait été trouvé avec l’Italie et qu’il devait être signé prochainement. Matteo Salvini avait démenti le lendemain, exigeant de nouvelles concessions de la part de l’Allemagne. Le ministre italien avait alors expliqué qu’il avait reçu des assurances de la part de l’Allemagne que pour chaque migrant renvoyé en Italie les autorités allemandes accepteraient un demandeur d’asile en Italie. Matteo Salvini exigeait deux autres concessions - une révision du traité de Dublin sur la gestion des demandes d’asile dans le pays d’arrivée et la fin de la mission navale européenne Sophia qui porte secours aux migrants en Méditerranée.

    Sortir de l’impasse

    Horst Seehofer a appelé la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil italien Giuseppe Conte à intervenir pour sortir de l’impasse. « L’accord a été négocié et suit les mêmes principes que celui avec la Grèce »« , a dit M. Seehofer au Welt am Sonntag. »Nous renvoyons des réfugiés en Italie mais nous acceptons un même nombre de personnes sauvées en mer« .

     »Mais Salvini dit maintenant : je ne signerai que si l’Allemagne soutient la position de l’Italie sur le droit d’asile dans l’Union européenne". Rome demande une réforme du traité de Dublin afin que soit organisée une répartition des nouveaux arrivants dans l’ensemble de l’UE et non plus l’obligation de rester dans le pays où ils sont arrivés en Europe.

    https://www.tdg.ch/monde/L-Italie-fermera-ses-aeroports-aux-migrants/story/27268662

    Commentaire sur twitter :

    Charter deportation from Germany to Italy planned for Tuesday, but Salvini now saying that Italy is going to “close the airports” to “non-authorised charters”

    https://twitter.com/twentyone_miles/status/1049015499219263489

    Et comme dit Philippe sur twitter, l’Italie devient une #île :


    #péninsule

    #Italie #Salvini #fermeture #fermeture_des_aéroports #Dublin #renvois_Dublin #asile #migrations #réfugiés #Allemagne

    cc @isskein @reka

    • Quelques questions, car ce n’est pas du tout clair pour moi les termes de ce fantomatique accord :

      On peut lire :

      « Le ministre italien avait alors expliqué qu’il avait reçu des assurances de la part de l’Allemagne que pour chaque migrant renvoyé en Italie les autorités allemandes accepteraient un demandeur d’asile en Italie. »

      « L’accord a été négocié et suit les mêmes principes que celui avec la Grèce »« , a dit M. Seehofer au Welt am Sonntag. »Nous renvoyons des réfugiés en Italie mais nous acceptons un même nombre de personnes sauvées en mer« .

      --> Mais qui sont ces « migrants renvoyés en Italie », si ce n’est des dublinés ? Et qui sont ces « réfugiés renvoyés en Italie » ? Si c’est des réfugiés, donc des personnes avec un statut reconnu, ils ne peuvent pas être renvoyés en Italie, j’imagine...
      --> Et les « personnes sauvées en mer » ? Il s’agit d’un nombre de personne déterminé, qui n’ont pas déjà été catégorisés en « migrants » ou « demandeurs d’asile » ?

      Et puis :

      « L’Allemagne et l’Italie travaillent à un #accord aux termes duquel des migrants résidant en Allemagne pourraient être renvoyés en Italie, pays où ils ont déposé une demande d’asile. L’accord n’a pas été signé pour le moment. »

      --> ce n’est pas déjà Dublin, ça ? C’est quoi si ce n’est pas Dublin ?

      #accord_UE-Turquie (bis)

      ping @i_s_

    • v. aussi le fil de discussion sur twitter de Matteo Villa :

      Sui voli #charter dalla Germania all’Italia non bisogna fare confusione, né cedere alla disinformazione.
      (1) Si tratta di “dublinati”, persone che hanno fatto primo ingresso in ?? dall’Italia, non migranti fermati alla frontiera tedesca e rispediti in Italia in modi spicci. Finché non cambiamo Dublino, gli accordi sono questi.
      2) Non è certo qualcosa di eccezionale. Tra 2014 e 2017, la Germania ha fatto più di 50.000 richieste di trasferimento verso l’Italia applicando le regole Dublino.
      (3) Non è neanche mistero che il sistema Dublino non funzioni. Sulle oltre 50.000 richieste da parte tedesca dal 2014, l’Italia ha effettuato solo circa 12.000 trasferimenti. Meno di 1 su 4 alla fine torna in ??.
      (4) una volta effettuato il trasferimento verso l’Italia, il richiedente asilo non è detenuto. Può quindi tentare di spostarsi di nuovo verso il Paese che lo ha riportato indietro.
      (5) Utilizzare voli charter rispetto a voli di linea è uno strappo diplomatico? Dipende. Tecnicamente, senza il consenso dell’Italia l’aereo non potrebbe neppure partire.
      (6) Vogliamo fare tutto questo casino per 40/100 persone? Davvero?

      https://twitter.com/emmevilla/status/1048951274677460993

    • Migranti, la Germania riporta 40 profughi a Roma con volo charter

      L’arrivo del primo #charter dalla Germania, con a bordo 40 migranti cosiddetti «secondari» respinti dal governo tedesco, è previsto all’aeroporto di Fiumicino giovedì prossimo, l’11 ottobre. Nonostante le smentite ufficiali del Viminale, un’intesa è stata dunque raggiunta. Adesso che la notizia è pubblica, però, bisognerà vedere cosa succederà nelle prossime ore. «Non farò favori elettorali alla Merkel», aveva detto il mese scorso Matteo Salvini all’ultimo vertice europeo sull’immigrazione.

      Così, anche se formalmente il ministero dell’Interno non può opporsi, potrebbe essere la polizia di frontiera italiana, per motivi legati al piano di volo, a non autorizzare l’atterraggio o lo sbarco dei passeggeri. È la prima volta, infatti, che la Germania si serve di un charter per riportare in Italia i «dublinanti», cioè quei migranti che sbarcano e chiedono asilo da noi, ma poi se ne vanno da uomini liberi nel resto d’Europa. In base al Trattato di Dublino, però, quando vengono rintracciati possono essere rimandati indietro, perché le norme dell’accordo prevedono appunto che sia il Paese di primo approdo a valutarne la domanda d’asilo e quindi a farsi carico dello straniero fino all’esito della procedura.

      Finora, però, il rientro dei «dublinanti» in Italia si svolgeva con viaggi di singoli migranti su aerei di linea. Dalla Francia, per esempio, ne arrivano così una ventina ogni mese. E dalla Germania, fino a oggi, una media di 25: tutti selezionati dopo una lunga istruttoria, quindi accompagnati a bordo dalla polizia tedesca fino all’atterraggio in Italia, qui infine presi in consegna dalle nostre forze dell’ordine e portati in un centro d’accoglienza.

      Ma il governo tedesco ora ha deciso di accelerare le operazioni: l’Ufficio federale per l’immigrazione e i rifugiati ha già inviato decine di lettere ai migranti arrivati in Germania passando per l’Italia, avvisandoli che saranno riportati presto nel primo Paese d’ingresso in Europa.

      Un giro di vite deciso a prescindere dal patto sui migranti fra Italia e Germania da tempo in discussione e che il nostro ministro dell’Interno, Matteo Salvini, continua ad escludere di aver mai firmato. Da Berlino, però, lo danno già per stipulato e a condizioni precise: la Germania può rimandare in Italia i migranti che attraversano il confine, garantendo in cambio la sua disponibilità a rivedere i termini dei ricollocamenti. Nei giorni scorsi, però, lo stesso Salvini era stato chiaro, parlando di «accordo a saldo zero»: in cambio cioè del ritorno in Italia dei «dublinanti» il nostro Paese invierà a Berlino un analogo numero di profughi da accogliere. «Firmerò l’accordo quando sarà chiaro che non ci sarà un solo immigrato in più a nostro carico», aveva detto. E dal Viminale, infatti, continuano a dire che la firma del ministro non c’è.

      Ma ora l’intesa apparentemente trovata sul charter in arrivo l’11 ottobre infittisce il giallo. E l’opposizione attacca: «Biglietti già fatti — ha twittato il deputato del Pd Filippo Sensi — nei prossimi giorni la Germania riporterà in Italia molti profughi, quanti? Matteo Salvini aveva tuonato che l’accordo con il suo amico Seehofer non c’era. Chi mente?». E Alessia Morani, Pd, commenta su Fb: «L’amico tedesco di Salvini, il sovranista Seehofer, vuole rimandare in Italia i profughi coi voli charter. Queste sono le conseguenze dell’accordo di giugno del premier Conte e della politica isolazionista di Salvini: si apparenta con chi alza i muri contro di noi, invece che fare accordi per la redistribuzione dei richiedenti asilo in Europa. La ricetta sovranista sta complicando la gestione dei migranti. Stanno creando il caos e questa incapacità la pagheranno gli italiani».

      https://roma.corriere.it/notizie/cronaca/18_ottobre_06/primo-volo-charter-profughi-dublino-merkel-salvini-6c4cd2a8-c9a4-11e8-

      Quelques explications de plus dans cet article :

      È la prima volta, infatti, che la Germania si serve di un charter per riportare in Italia i «dublinanti» (...) Finora, però, il rientro dei «dublinanti» in Italia si svolgeva con viaggi di singoli migranti su aerei di linea.

      –-> donc, ce qui est nouveau c’est le fait que l’Allemagne renvoie les « dublinés » via charter, alors qu’avant ces renvois étaient effectués sur des vols de ligne.

      Le fameux accord, qui ressemble à celui entre la Turquie et l’UE, devrait prévoir ceci :

      la Germania può rimandare in Italia i migranti che attraversano il confine, garantendo in cambio la sua disponibilità a rivedere i termini dei ricollocamenti.

      –-> l’Allemagne peut renvoyer en Italie les migrants qui traversent la frontière, en garantissant, en échange, sa disponibilité à revoir les termes des #relocalisation

      Salvini sur ce point :

      Salvini era stato chiaro, parlando di «accordo a saldo zero»: in cambio cioè del ritorno in Italia dei «dublinanti» il nostro Paese invierà a Berlino un analogo numero di profughi da accogliere

      –-> Salvini demande un « accord avec un solde zéro » : en échange du retour des dublinés en Italie, l’Italie enverra à Berlin un nombre analogue de réfugiés à accueillir.

      Le journal rapporte les mots de Salvini qui dit ne pas avoir signé d’accord avec l’Allemagne :

      dal Viminale, infatti, continuano a dire che la firma del ministro non c’è.

      ... mais vu qu’il y a un charter qui devrait arriver à Rome le 11 octobre... et donc on se demande si cet accord a été signé...
      Du coup, c’est la polémique : qui ment ? Seehofer ou Salvini ?

      –------------------

      Nouveau terme, @sinehebdo :

      40 migranti cosiddetti «secondari»

      –-> « #migrants_secondaires », ça doit faire référence aux #mouvements_secondaires... que l’UE cherche par tout les moyens de combattre, mais qui, en réalité, avec ses politiques, les créent... les associations et quelques chercheurs/ses utilisent plutôt le terme #Migrerrants (#migrerrance)
      #terminologie #vocabulaire #mots

    • Berlin dément avoir le projet de renvoyer des migrants en Italie

      Les autorités allemandes ont démenti dimanche avoir le projet de renvoyer en Italie des migrants résidant en Allemagne comme le rapportait un quotidien italien, information qui avait provoqué un regain de tension entre Berlin et Rome.

      Le quotidien La Repubblica rapportait samedi que l’office allemand pour les réfugiés avait adressé « des dizaines de lettres » à des migrants les informant d’un possible transfert vers l’Italie via des vols charters. Le premier vol est prévu mardi prochain.

      Cette information a provoqué une vive réaction de la part du ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini qui a menacé de fermer tous les aéroports de son pays aux avions de ligne non autorisés transportant des migrants en provenance d’Allemagne.

      « Aucun vol de transfert n’est prévu vers l’Italie dans les prochains jours », a déclaré un porte-parole du ministère allemand de l’Intérieur dans un courrier électronique.

      L’Allemagne et l’Italie travaillent à un accord aux termes duquel des migrants résidant en Allemagne pourraient être renvoyés en Italie, pays où ils ont déposé une demande d’asile. L’accord n’a pas été signé pour le moment.

      « Si des gens pensent, à Berlin ou à Bruxelles, qu’ils vont pouvoir balancer des dizaines de migrants en Italie par des vols charters non autorisés, ils doivent savoir qu’il n’y a pas et n’y aura pas d’aéroports disponibles », a dit Salvini dans un communiqué.

      « Nous fermerons les aéroports comme nous avons fermé les ports », a-t-il dit.

      Le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer affirmait en septembre qu’un accord avait été trouvé avec l’Italie et qu’il devait être signé prochainement. Salvini avait démenti le lendemain, exigeant de nouvelles concessions de la part de l’Allemagne.

      Le ministre italien avait alors expliqué qu’il avait reçu des assurances de la part de l’Allemagne que pour chaque migrant renvoyé en Italie les autorités allemandes accepteraient un demandeur d’asile en Italie.

      Matteo Salvini exigeait deux autres concessions - une révision du traité de Dublin sur la gestion des demandes d’asile dans le pays d’arrivée et la fin de la mission navale européenne #Sophia qui porte secours aux migrants en Méditerranée.

      Seehofer a appelé la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil italien Giuseppe Conte à intervenir pour sortir de l’#impasse.

      « L’accord a été négocié et suit les mêmes principes que celui avec la Grèce », a dit Seehofer au Welt am Sonntag. « Nous renvoyons des réfugiés en Italie mais nous acceptons un même nombre de personnes sauvées en mer ».

      « Mais Salvini dit maintenant : je ne signerai que si l’Allemagne soutient la position de l’Italie sur le droit d’asile dans l’Union européenne », poursuit Seehofer.

      Rome demande une réforme du traité de Dublin afin que soit organisée une répartition des nouveaux arrivants dans l’ensemble de l’UE et non plus l’obligation de rester dans le pays où ils sont arrivés en Europe

      https://www.mediapart.fr/journal/international/071018/berlin-dement-avoir-le-projet-de-renvoyer-des-migrants-en-italie
      #opération_Sophia

  • #IMPASSE

    Dire et filmer la #prostitution autrement. IMPASSE propose un regard sans fantasme ni concession sur une réalité brutale, celles de ces #femmes qui louent leur corps pour joindre les deux bouts ou qui sont prises dans des réseaux de #prostitution_forcée.

    Ce film est le fruit d’une année d’immersion, par tous les temps et à toute heure, sur une surface de 21 hectares, soit le périmètre de la prostitution du quartier de #Sévelin à #Lausanne. Dans le périmètre même de la #violence, de rencontres en rencontres, dans la rue ou dans les salons, la confiance se construit peu à peu et permet d’approcher l’endroit où une vérité cachée peut alors se murmurer.

    Le film prend le parti de considérer ce #quartier comme un véritable théâtre - ou la métaphore d’un théâtre, une mascarade sociale, mais dans laquelle se joue la vie d’êtres humains.

    A l’écart des clichés et des préjugés, des témoignages au plus proche de l’intime, racontent librement l’envers du décor : les impacts de la mise à disposition de son corps, la survie, le secret, la destruction et l’espoir.

    Un regard humain sur le froid visage de la prostitution.


    http://www.impasse-lefilm.ch
    #film #prostitution #asile #migrations #traite #traite_d'êtres_humains #documentaire #Nigeria #Suisse #Elise_Shubs

    • Extrait, témoignage d’une femme (à partir de la minute 25 environ) :

      « Quand je raconterai cette histoire, les enfants, je ne sais pas comment ils vont me regarder, ma petite est toujours en train de demander d’après son papa, mais comme toujours, puisque ma vie est déjà mensonge, j’invente des histoires. Mais au moins, elle, elle garde toujours cet espoir là. Elle dit toujours ’un jour mon papa va revenir’. Je sais que pour un enfant de son âge, lui dire qu’elle est née comme ça, ça va lui faire beaucoup de mal, et je ne veux pas. (...) Parfois je pense de retourner dans mon pays et puis je réfléchis, si on venait à découvrir mes soucis de santé, la vie que j’ai menée, je serai la honte de la famille. Je ne veux pas. Au moins ici, personne ne me connaît. Je préfère que ça reste comme cela. Je suis personne. On me voit passer, la dame qui habite là. C’est tout. Je préfère. »

      #invisibilité #anonymat

  • Francesco Maiani | Quelle réforme pour le système de Dublin ?

    La crise de 2015 n’y est pour rien. Dublin n’a jamais fonctionné correctement. La Commission le reconnaît elle-même : « Par sa conception ou sa mauvaise mise en œuvre » il « fait peser une responsabilité disproportionnée sur certains États membres et encourage des flux migratoires irréguliers et incontrôlés ». Avant 2015, « il existait déjà […] de graves défaillances dans [sa] mise en œuvre » [3].

    Un vaste déficit d’efficacité et d’effectivité. Entre 2008 et 2014, il y a eu 2’680’000 demandes d’asile, 402’800 requêtes Dublin, 275’000 transferts agréés et environ 94’000 transferts effectués. Un énorme gaspillage de ressources pour un résultat négligeable en termes de distribution effective. Cerise sur le gâteau : les « transferts nets » entre États membres ont été « proches de zéro » [4].

    À la lecture du projet Dublin IV, la priorité n° 1 semble être « empêcher que le fonctionnement du système ne soit perturbé par des mouvements secondaires de demandeurs d’asile […] vers l’État membre de leur choix »[6]. Le moyen choisi est la dissuasion : le demandeur ne demandant pas l’asile dans le premier Etat est soumis à une procédure accélérée ; le demandeur qui se déplace vers le « mauvais Etat » y est privé de tout support matériel ; le demandeur qui doit être « repris en charge » par l’Etat responsable est pénalisé au stade de la procédure d’asile. La procédure peut même être définitivement close en son absence. Pour durcir encore le système, la Commission propose de restreindre le champ d’application de la clause de souveraineté en la rendant applicable aux seuls motifs familiaux, et de limiter le droit de recours à deux seuls motifs : mauvaise application des critères fondés sur les liens familiaux et existence d’une « défaillance systémique » dans l’Etat responsable.

    Mais c’est le simplisme de l’approche de la Commission qui frappe. Trop de recours ralentissent Dublin ? Loin d’agir sur les causes, on coupe sur le droit de recours ! Les demandeurs ne coopèrent pas ? Il suffit de les menacer de sanctions draconiennes. Vingt ans d’expérience, culminés dans la boue du camp informel de Idomeni, en Grèce, n’a pas suffi à la Commission pour apprendre que les demandeurs sont prêts à payer le prix fort pour garder de facto leur liberté de choix. La tentative de les « dissuader » par un mix de sanctions – déjà expérimentées sans succès au niveau national – ne peut qu’approfondir le fossé entre demandeurs et système officiel d’accueil sans rien apporter en termes d’efficacité.

    Si on regarde les choses du point de vue des Etats, et notamment des Etats en première ligne, l’élimination du critère de l’entrée irrégulière représenterait aussi un pas en avant décisif vers plus de justice distributive. Elle éliminerait par ailleurs l’incitation, déjà évoquée, à ne pas identifier les arrivants.

    L’idée du #choix est en soi révolutionnaire dans le débat Dublin, mais on peut présumer que les options seront limitées à des alternatives peu attractives.

    Reste que tant la Proposition Dublin IV et le rapport Wikström partagent une même erreur de perspective. Celle de prétendre que la solidarité entre États membres pourra se faire en se « partageant » les demandeurs d’asile. Ceci impliquerait un nombre massif de transferts. Or, l’expérience démontre à souhait combien ceci est infaisable et indésirable. Un Système européen commun d’asile doit indéniablement reposer sur un meilleur partage des responsabilités et de l’accueil. Augmenter les coûts globaux et multiplier les occasions de coercition nous conduirait toutefois droit dans le mur.

    https://asile.ch/2018/06/14/francesco-maiani-quelle-reforme-pour-le-systeme-de-dublin

    #pays_sûr #Dublin #règlement_dublin #asile #migrations #réfugiés #UE #EU #Europe #Dublin_IV #Rapport_Wikström
    cc @isskein

    • L’asile politique et l’Union européenne. Propositions pour sortir de l’#impasse : Le volontariat avant la contrainte, et l’internationalisation si celle-ci est envisagée.

      Aujourd’hui la régulation de l’asile politique dans l’Union européenne parait gérée par deux mécanismes qui provoquent la colère des uns puis celle des autres. Le risque aujourd’hui existe que sur l’asile, l’une de ses valeurs les plus fondamentales l’Union européenne se divise, se « démoralise » et éclate. Comment sortir de l’impasse ? Les auteurs esquissent des pistes de sortie de la crise actuelle.

      https://journals.openedition.org/revdh/4657

  • Join Civil

    https://joincivil.com/2018/02/19/hello-world

    Civil’s mission is journalism: supporting it, distributing it and protecting its ideals.

    The ad-driven revenue model that traditionally funded quality journalism has not translated to the digital economy. Journalism is a fundamental pillar of free, democratic societies, and newsrooms around the world are facing an existential threat like never before. We’re committed to introducing a new funding model that enables journalists to focus on journalism, not satisfying clicks-over-quality mandates from third parties like advertisers and publishers.

    #journalisme_alternatif ? (pas encore regardé en détail, mais je regroupe les initiatives)

    • C’est une #impasse tragique.

      1. Illusion

      newsroom platform using blockchain technology and cryptoeconomics to create an open marketplace for journalists and citizens.

      2. Dictatorship

      We’ve developed an ethics guideline that outlines basic journalistic standards to which all members of the Civil community must adhere.

      3. Greed

      Civil has raised $5M in capital from and works closely with ConsenSys, the world’s leading Ethereum venture studio. We’ve also established deep partnerships with media advisory, cryptoeconomic and legal firms to ensure that we’re built for the long haul.

      Il y a encore pire : ce projet a pris en hotage les idées de liberté, d’indépendance et d’humanisme pour envahir l’espace où jusqu’à présent des militants sans intérêts commerciaux oeuvraient pour créer de nouvelles formes d’expression accessibles pour tous.

      #wtf

  • « La course à la productivité et la sape de la production de valeur », par Norbert Trenkle
    http://www.palim-psao.fr/2017/05/la-course-a-la-productivite-et-la-sape-de-la-production-de-valeur-par-nor

    Encore et toujours, quelques rappels de ce qu’est le capitalisme, le travail, la valeur.

    Pour le dire autrement : la valeur d’une marchandise n’est pas définie par le temps de travail individuel qu’un individu ou une certaine entreprise emploie pour sa fabrication, mais par le temps de travail socialement nécessaire , c’est-à-dire par le temps de travail qui correspond au niveau actuel de productivité de la société. Un travail n’est socialement valide que dans la mesure où il est dépensé à ce niveau.

    #critique_de_la_valeur #wertkritik #travail #capitalisme #Norbert_Trenkle

    • Il est ainsi démontré que le capitalisme, poussé par sa propre dynamique interne, doit, tôt ou tard, buter sur sa limite historique absolue. [...] Cependant, la nature de l’autocontradiction capitaliste veut également que les limites de la valorisation du capital ne soient pas figées, mais soient repoussées au cours de son déploiement historique, aussi longtemps que l’autocontradiction capitaliste parvient à compenser au total, à travers une expansion accélérée de la production de marchandises...

      Traduction : Nous allons droit dans le mur... mais le mur recule !

      Bah, toujours la même rengaine de la part de gens qui n’ont toujours pas compris que la consommation est un travail à part entière...

      #impasse

  • HRW | France/Royaume-Uni : Les enfants isolés de Calais laissés dans l’incertitude
    http://asile.ch/2016/12/27/hrw-franceroyaume-uni-enfants-isoles-de-calais-laisses-lincertitude

    Le gouvernement du Royaume-Uni devrait faire pleinement usage de toutes les lois et régulations existantes pour accepter le transfert d’enfants migrants non accompagnés se trouvant actuellement en France, a déclaré Human Rights Watch a déclaré aujourd’hui. Le gouvernement français devrait veiller à ce que les enfants migrants non accompagnés se trouvant sur le territoire français […]

  • Une fausse entreprise où les demandeurs d’emploi travaillent pour de vrai - 20minutes.fr
    http://www.20minutes.fr/societe/1554091-20150304-fausse-entreprise-o-demandeurs-emploi-travaillent-vrai

    Ce matin, Mélissa s’active derrière son bureau. Elle s’attelle au classement des dossiers des clients de son entreprise. Rien de plus classique pour une assistante, sauf que Mélissa n’est pas #salariée et que l’entreprise pour laquelle elle travaille, Bio Délices est fictive, tout comme les produits d’épicerie fine qu’elle commercialise. La jeune femme, en recherche d’#emploi depuis quatre ans, est en formation dans une entreprise d’entraînement pédagogique (EEP), qui permet aux demandeurs d’emploi de s’immerger dans le monde du travail afin de retrouver des réflexes professionnels. « L’entreprise est fictive, mais les tâches sont bien réelles » , souligne Sandrine Tigori, à la fois formatrice et directrice de l’EEP de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne).

    #entreprise_fictive #Pôle_emploi #chômeurs

  • #Impasse

    12 kilometres east of #Beirut, on a hill overlooking the Beirut-Tripoli highway, the #Dbayeh refugee camp hosts mainly Christian Palestinian refugees, some descended from the original group displaced from Galilee in 1948. Four generations, all stateless to this day. More recently, the camp has been welcoming refugees from Syria.

    Due to its strategic location, the camp suffered a great deal of violence during the Lebanese civil war. In 1990 alone, a quarter of its shelters were destroyed or severely damaged, and several families found themselves displaced once again. Today’s residents live in economic hardship and many are unemployed. A few men find work as casual labourers, and some youngsters serve in shops or as cleaners.

    Impasse, a photodocumentary by #Johanna_Mifsud, offers a glimpse at the life of ordinary people inside the Dbayeh camp. Taken in the summer of 2008, the collection and commentary are available in the form of a photobook.

    http://mondepasrond.net/2014/12/27/impasse
    #camp_de_réfugiés #Liban #réfugiés #asile #migration #photographie #reportage_photo
    cc @albertocampiphoto

  • Un couple poursuivi pour avoir refusé de faire vacciner ses enfants
    http://www.franceinfo.fr/vie-quotidienne/sante/article/poursuivis-en-justice-pour-avoir-refuse-de-faire-vacciner-leurs-enfants-5

    Dans l’Yonne, un couple est poursuivi par la justice car il refuse de faire vacciner ses jeunes enfants. Les parents, accusés de maltraitance, comparaissent ce jeudi après-midi devant le tribunal de grande instance d’Auxerre. En France, entre 3% et 5% des enfants ne sont pas vaccinés contre le tétanos, la poliomyélite et la diphtérie, pourtant obligatoires.

    #vaccin #liberté_de_vaccination #justice #constitutionnalité

    • il est éminemment défendable pour des parents de permettre à leurs enfants d’avoir la liberté de choper la polio… espérons que la justice les aidera en ce sens

    • Très malin comme réponse, et pas du tout inattendue. Des doutes j’en ai eus, notamment sur le fameux Gardasil. Ce que j’ose suggérer, au risque du rebrousse-poil, c’est que, au moins sur le DTP, nos amis anti-vaccination sont un tout petit peu plus proches du déni que du doute. Si tu veux me dépeindre en scientiste arrogant, so be it. La question reste posée.

    • @fil

      il est éminemment défendable pour des parents de permettre à leurs enfants d’avoir la liberté de choper la polio…

      Ou encore mieux, de leur offrir la liberté de la refiler à leurs camarades de jeux...

      Parce que pour le moment, les 2-3 % de gosses non-vaccinés sont protégés par « l’immunité grégaire » offerte par le vaccin : http://en.wikipedia.org/wiki/Herd_immunity ... Si j’ai tout capté à l’histoire, un pourcentage assez élevé de personnes vaccinées dans une population protège celle qui ne le sont pas, d’abord en offrant un environnement défavorable aux virus (du coup le Tétanos ne bénéficie pas de cet effet), ensuite en limitant les chances de rencontre avec un porteur contagieux... Ce serait notamment grâce à ça que la variole où la poliomyélite ont quasiment disparu dans les pays à fort taux de vaccination.

      Par contre, si une grande partie de la population se met à croire dans les théories anti-vaccination, cette immunité peut disparaître. Et il me semble avoir lu quelque part récemment qu’on avait vu ré-augmenter les cas de varioles en Angleterre et aux États-Unis.

      Soyons mauvais esprit : c’est dans les pays anglophones que les thèses anti-vaccins sont apparues, peut-être que ça pourrait amener leur partisans à douter, au moins dans le cas de certains vaccins ?

    • Désolée mais je vais continuer à me documenter sur ce sujet apparemment tabou car je connais un peu trop de parents criminels clandestins ou de personnes atteintes de sclérose en plaques suite aux vaccinations obligatoires pour ne pas m’intéresser à la doxa des bienfaits des vaccins mais aussi aux politiques coercitives de santé.

    • Je connais autant de personnes atteintes de polyomélites que de personnes atteintes de sclérose en plaques. Les secondes sont jeunes, les premières le sont moins.
      Je ne pense pas qu’il y ait le moindre doute sur le fait que certains vaccins ont une efficacité douteuse. Et dans un monde normal, il devrait exister des systèmes pour éviter les bourrages de crânes incitant à la vaccination à tort et à travers. Mais il est important cependant de ne pas commettre l’abus inverse, de rejeter les vaccinations dans leur ensemble. Il y a des vaccinations indispensables et faire croire le contraire n’est pas raisonnable.

      Je suis cependant frustré que le débat sur les adjuvants n’est pas plus étoffé que ce qu’il est actuellement. Les fabricants de vaccins semblent tous puissants et la puissance publique semble ne pouvoir que suivre... et faire avec ce qui existe sur le marché...

    • Merci @biggrizzly d’avoir mis le lien.
      « Je ne peux pas » parce que @allergie m’a bloqué, pour tout dire il avait eu le même sort un jour où j’étais énervée, mais le voila de nouveau libre de venir se crêper sur mes posts :)

    • Je suis un peu étonnée de voir monter au créneau autant de défenseurs de la vaccination, prêts pour défendre la santé publique à faire taire ces parents irresponsables et criminels et ces journalistes inconscients. J’espère qu’ils seront aussi nombreux le jour où il faudra imposer aux voitures de ne rouler qu’un jour par semaine.

      Les moqueries sur la remise en cause individuelle de l’obligation vaccinale évitent de questionner frontalement notre rapport à la santé comme les décisions politiques de vaccination obligatoire. J’espère pouvoir m’intéresser à ceux qui ont des doutes ou sont contre les vaccins sans me faire houspiller. Pour ceux qui ne veulent pas du tout faire vacciner leurs enfants (il y a peu le BCG était obligatoire) en france, (parce que je ne vais pas aborder d’autres environnements beaucoup plus à risques) c’est l’amende ou la prison, ce qui les poussent à agir de façon clandestine, illégale et individuelle.
      Que cela dérange que des personnes choisissent de ne pas vacciner leurs enfants, obligation ou pas, soit, il n’empêche qu’il y a entre 3% et 5% d’enfants non vaccinés en france, ça fait vraiment beaucoup et cela devrait interroger un peu plus que de mettre un couvercle dessus en vitupérant que les vaccins c’est le bien.

      Dommage, je ne retrouve pas la précédente conversation sur les vaccins que j’ai eu sur seenthis.
      Seulement http://seenthis.net/messages/41265 sur la possible implication du vaccin anti-polio (reins de singes, virus et un peu de formol) dans l’épidémie du sida.

    • http://www.liberation.fr/societe/2014/10/09/des-parents-devant-la-justice-pour-avoir-refuse-de-vacciner-leur-enfant_1

      …les seuls vaccins aujourd’hui disponibles combinent le DTP à d’autres comme la coqueluche, l’hépatite B ou la méningite, qui eux, ne sont pas obligatoires.

      Début septembre, le Haut conseil de la Santé publique, qui conseille le ministère, a estimé que le maintien ou non de « l’obligation vaccinale en population générale » relevait « d’un choix sociétal méritant un débat que les autorités de santé se doivent d’organiser », soulignant que parmi les pays industrialisés, seules la France et l’Italie imposent encore des vaccins.

    • Moi aussi ça m’intéresse de voir comment l’État essaie d’imposer des politiques de santé publique, y compris allant à l’encontre de libertés individuelles. Par exemple, les « chasses à l’homme » pour récupérer les malades (victimes et infectieux) de tuberculose ultra-résistante, qui s’évadent d’hôpitaux où ils sont retenus contre leur gré ou celui de leur famille (ou encore ce qu’on voit actuellement avec Ebola). Je t’encourage donc sincèrement et absolument à continuer de documenter ces faits. (Et ça n’oblige en rien d’être raccord sur le bien-fondé médical de ces politiques ou des idées réfractaires, ni sur leur mise en application.)

    • Je suis un peu étonnée de voir monter au créneau autant de défenseurs de la vaccination, prêts pour défendre la santé publique à faire taire ces parents irresponsables et criminels et ces journalistes inconscients.

      Mais qu’est-ce que c’est que cette façon d’envisager le débat ? Désolé mais ça me hérisse le poil ce genre de réactions. Qui, justement, est monté au créneau dernièrement sur la question de la vaccination ? Qui remet sur le tapis sans arrêt cette affirmation selon laquelle les vaccins ne servent à rien au lieu de nous foutre la paix et de se battre pour des combats UTILES ? Oui, les vaccins (au moins ceux qui sont obligatoires) sont efficaces et il y aura toujours des gens pour les défendre, sur la base d’arguments rationnels, à l’encontre de la sacro-sainte « liberté individuelle » mise en avant par ces croyants et qui n’est bien souvent qu’un égocentrisme grossier couplé à une culture scientifique proche de zéro. Ces gens là nous font perdre notre temps en vérité.

    • Ah c’est donc ça qui justifie que tu viennes déverser ta bile sur mon post, j’ai cru à un moment que tu n’arrivais pas à bien lire ce que j’écrivais ou que tes certitudes t’aveuglaient.

    • Je ne déverse pas ma bile, j’exprime mon opinion (d’une manière certes radicale), mais si tu ne veux pas être embêtée sur « tes » posts tu n’as qu’à bloquer les gens qui ne sont pas d’accord avec toi, apparemment c’est quelque chose que tu ne rechignes pas à pratiquer. C’est quand même pas compliqué de comprendre que sur cette question il n’y a pas d’avis « moyen », on ne peut pas dire « je ne suis ni pour ni contre, faites bien comme vous voulez, vaccinez vous ou non c’est votre liberté », soit on accepte que les gens fassent ce qu’ils veulent, ce qui interdit toute politique de santé digne de ce nom, soit on impose certaines choses et ceux qui ne veulent pas s’y soumettre sont sanctionnés (donc on ne pleurniche pas pour ces martyres de pauvres parents qui défendent leur liberté individuelle d’être inconséquent, SVP) ou vont voir ailleurs (ça s’appelle un contrat social ça). Bref, fin du débat pour ma part.

    • Ah ah ah, @rastapopoulos donc les questions posées sur la constitutionnalité de l’obligation vaccinale française et le discours « antivaccins rentrez dans votre pays »
      sont à mettre au même niveau ?
      #misère

      …soit on impose certaines choses et ceux qui ne veulent pas s’y soumettre sont sanctionnés (donc on ne pleurniche pas pour ces martyres de pauvres parents qui défendent leur liberté individuelle d’être inconséquent, SVP) ou vont voir ailleurs …

       ?

      Relis bien la logique sous-tendue, et face à quoi et à qui ? juste ma pomme qui se pose des questions, face à des interlocuteurs persuadés de détenir la seule et unique vérité et qui n’ont même pas, à part il me semble @fil, compris de quoi je parle. Et personne n’ose questionner les raisons de cette vindicte populaire ? et pourtant je me suis gardée d’émettre un jugement pour ou contre, le négationnisme ne serait pas pire que là où je suis acculée, représentante d’on ne sait quelle angoisse à faire taire.
      Je vais t’écrire la traduction de cette vérité si tu n’as pas bien lu : les antivaccins sont à punir, ou doivent être expulsés.
      Je sais pas pour toi, mais quand j’entends ça, j’ai aucune envie de discuter … pourtant c’est bien la suite normale de la logique gouvernementale mise en place.

      J’attends donc de voir quand le virus Ebola sera en france, quelle sera la gestion politique, et comment vont se gérer les arrestations et les obligations de santé publique, particulièrement sur ces 5% récalcitrants. Et bienvenue chez les progressistes de gauche.

    • Il y a 6 ans. #Up #question_en_cours #déni

      J’attends donc de voir quand le virus (…) sera en france, quelle sera la gestion politique, et comment vont se gérer les arrestations et les obligations de santé publique, particulièrement sur ces 5% récalcitrants. Et bienvenue chez les progressistes de gauche.

    • Et c’est pour qui/quoi le déni du coup ? J’ai vu des articles hautement ridicules dans la presse militante (notamment le monde Libertaire, https://monde-libertaire.net/index.php?articlen=4566) parlant de « propagande » et à demi mot de complot mondial concernant le fameux coronavirus, qui serait bien moins grave qu’une grippe d’après ces grands spécialistes. S’il faut parler de déni en tout cas je le place là.

    • @alexcorp merci de changer de ton, ton agressivité est déplacée.

      Le déni de démocratie qui n’a jamais voulu aborder avant le vivre ensemble en cas de pandémie et a même éludé totalement la question sociale de comment fait-t-on avec les récalcitrants. (A part envoyer l’armée où les renvoyer chez eux comme il fut suggéré)

    • Ah mais ce déni là il est partout, y compris chez les plus grands démocrates qui soient. On en a vu des milieux « autogérés » ou autonomes, bref tout ce qu’il y de bien en terme de gestion collective (je le dis sans ironie) jeter des « récalcitrants » hors du groupe, parce que c’était le dernier choix qui semblait le plus valable ou sinon c’était la mise en danger du groupe. Bien malin cependant qui trouvera une réponse nette à cette question. (et sinon je ne pensais pas mon ton si agressif que ça, désolé)

    • Ok @alexcorp c’est plus facile de débattre sans animosité :)
      Je ne vois pas trop où tu veux en venir.

      Pas certaine non plus que l’on parle du même type de démocratie, voire les écrits de Dupuis-Déri sur son dévoiement notamment par les « grands démocrates » et l’instauration du système actuel « d’aristocratie élective » essentiellement motivée à perpétuer ses pouvoirs.

      Que reste-t-il comme espace à la démocratie qui consiste à débattre et décider de ce que l’on fait ensemble, et de préférence en anticipant les problèmes ?

      Je ne vois pas bien le rapport entre un groupe autogéré qui exclut un de ses membres et un Etat qui a participé à faire sombrer le système de soins et dont l’incurie mène à une crise sanitaire majeure.

      Je n’arrive pas à accepter qu’il n’y ait eu aucune anticipation de pandémie (et ce fil remonte à 6 ans) pour protéger la population avant d’en arriver à ces extrémités militaires.
      La mise en danger du groupe comme extrémité pour gouverner.
      C’est cela qui m’interroge profondément.

      Et la question éludée de ceux qu’on a transformé en riens, des surnuméraires, des marginaux, des migrants, des emprisonné·es, et tout celleux qui refuseront de se plier à un système cœrcitif.

    • Que les choses soient claires, je ne considère pas notre système actuel comme étant très démocrate, il ne l’est très partiellement (ce qui est mieux que rien évidemment).
      Je ne suis pas sûr de bien comprendre ton point sur le « déni » (c’est d’où partait ma réaction). La solution du confinement généralisé est à mon avis la bonne et cela demande une discipline collective assez forte et sans doute d’inévitables moyens coercitifs pour la faire respecter. Est-ce que cela veut dire que ceux qui nous gouvernent sont à la hauteur ? Non évidemment, ne serait-ce parce qu’ils ont, par incompétence ou peur de troubler « le monde des affaires », beaucoup trop tardé à prendre les bonnes décisions (et encore avec des pincettes, Macron n’a pas été capable de prononcer le mot confinement). Il y a un bon dossier de la CNT-AIT sur l’incompétence de notre personnel politique qui semble être une constante : http://mondialisme.org/spip.php?article2860

    • Le déni, c’est une capacité psychologique de l’inconscient qui permet d’éviter de faire face à la réalité en refusant de la voir, c’est aussi ce qui est à l’œuvre quand on est capable d’énoncer dans une même phrase (ou dans une politique) tout son contraire.

      « pas démocrate mais mieux que rien » sérieux ? Ce que j’explique plus haut sur le déni de démocratie qui ne va pas s’arrêter en si bon chemin, est éludé au profit d’un soutien à ceux qui ne seraient pas forcément à la hauteur des moyens cœrcitifs qu’ils ont mis en place. Pas envie d’expliquer comment fonctionne un Etat sans démocratie ni d’approuver la nouvelle organisation militaire parce que c’est quand même la seule solution si on veut s’en sortir.

      J’essaye justement de voir comment échapper à ce déni et je ne vois pas l’intérêt de s’épuiser à ce genre de non conversation.

      J’ai rouvert ce post d’il y a 6 ans pour souligner que refuser de répondre en amont ensemble (démocratiquement) à la question politique d’une crise sanitaire majeure à tout lieu de mener à l’impasse actuelle.
      Pas de démocratie = pas de démocratie, c’est pas de saupoudrage démocratique dont je parle, c’est la possibilité d’anticiper un autre type de gouvernance. Mais je me répète.

      Et la question éludée de ceux qu’on a transformé en riens, des surnuméraires, des marginaux, des migrants, des emprisonné·es, et tout celleux qui refuseront de se plier à un système cœrcitif.

      #impasse

    • Je n’ai pas dit « pas démocrate mais mieux que rien », j’ai dit « un peu démocrate et c’est mieux que rien ». Je ne comprends toujours pas bien de quel déni tu veux parler. Evidemment que dans un système plus démocrate, tout ça aurait été discuté en amont et peut-être que de meilleures décisions auraient été prises, peut-être plus rapidement (ou pas). Et la question que tu poses, si je comprends bien, c’est : dans un système beaucoup plus démocrate, que fait-on des récalcitrants à des mesures coercitives de santé publique ?

  • L’impasse européenne ? | Olivier Toscer, Éric Coquerel, Jean Arthuis, Olivier Pastré, Benjamin Coriat | Public Sénat VOD
    http://www.publicsenat.fr/vod/le-debat/l-impasse-europeenne-/olivier-toscer,eric-coquerel,jean-arthuis,olivier-pastre,benjamin-coriat/139189

    L’impasse européenne ?
    Diffusée le 26/10/2013
    Durée : 44 minutes

    Face à la crise, l’Union Européenne a-t-elle su réagir ? La rigueur budgétaire était-elle la bonne solution ? Alors que le Front National n’a jamais été aussi haut dans les sondages, à huit mois des élections européennes, Benoit Duquesne et ses invités se penchent sur le fonctionnement de l’UE.

    #Crise
    #Impasse
    #Europe