• #Pakistan: Girls Deprived of Education. Barriers Include Underinvestment, Fees, Discrimination

    The Pakistan government is failing to educate a huge proportion of the country’s girls, Human Rights Watch said in a report released today.

    The 111-page report, “‘Shall I Feed My Daughter, or Educate Her?’: Barriers to Girls’ Education in Pakistan,” concludes that many girls simply have no access to education, including because of a shortage of government schools – especially for girls. Nearly 22.5 million of Pakistan’s children – in a country with a population of just over 200 million – are out of school, the majority of them girls. Thirty-two percent of primary school age girls are out of school in Pakistan, compared with 21 percent of boys. By ninth grade, only 13 percent of girls are still in school.

    https://www.hrw.org/news/2018/11/12/pakistan-girls-deprived-education
    #éducation #genre #filles #femmes #discriminations #inégalités #rapport #école


  • « Exclure les personnes handicapées, c’est construire une société de privilèges et d’inégalités »
    https://www.bastamag.net/Exclure-les-personnes-handicapees-c-est-construire-une-societe-de-privileg

    L’accessibilité des logements, à l’école, dans les transports, dans la rue, au travail ne concernent pas uniquement les personnes handicapées, contrairement à ce que certains discours politiques tentent de faire croire, mais la société dans son ensemble. « L’accessibilité universelle signifie l’accès de tous à tout », défend Elena Chamorro, enseignante à l’université d’Aix-Marseille et membre du Collectif lutte et handicap pour l’égalité et l’émancipation (Clhee). Qu’est-ce que le « validisme » et en quoi (...)

    #Résister

    / #Luttes_sociales, #Atteintes_aux_libertés, #Inégalités, #Droits_fondamentaux, #Logement, A la une, (...)

    #Discriminations


  • La collapsologie : un discours réactionnaire ? (Jean-Baptiste Fressoz, Libération)
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/07/la-collapsologie-un-discours-reactionnaire_1690596

    Très en vogue, les théories de l’#effondrement trouvent leur origine chez les élites industrielles et colonisatrices du XIXe siècle. Elles risquent aujourd’hui de négliger la dimension politique des #enjeux_écologiques.
    […]
    Premièrement, le terme d’effondrement est beaucoup trop #anthropocentrique. […] En se focalisant sur l’effondrement à venir de la #civilisation_industrielle, le risque est de se rendre aveugle à tous les effondrements de la #nature qui sont en cours et même déjà très avancés.
    […]
    Deuxièmement, le discours de l’effondrement est très « #occidentalocentré ». Dit plus simplement : c’est une #écologie de riches. Ce que nous vivons est infiniment plus pervers : le #changement_climatique accentue les autres formes de #violence et d’#inégalités. Suprême injustice, il est causé par les riches et persécute surtout les pauvres des pays pauvres. Et c’est d’ailleurs cette caractéristique qui explique l’apathie générale. […] Il faut reconnaître au #capitalisme sa #résilience extraordinaire face aux #désastres de tout ordre.
    […]
    Troisièmement, le #discours actuel de l’effondrement mélange deux choses : la #perturbation du système Terre et la #sixième_extinction, qui sont avérées, et l’#épuisement_des_ressources_fossiles qui est sans cesse repoussé à plus tard. […] Dit autrement, le capitalisme fossile se porte à merveille, il est dans la force de l’âge, son effondrement est peu probable, et c’est bien là le tragique de la situation.
    […]
    Quatrièmement, le discours de l’effondrement dépolitise la question écologique.
    […]
    Tous ces problèmes, l’effondrement les doit à ses origines intellectuelles et politiques.
    […]
    Si en France on connaît surtout la « #collapsologie » de gauche, celle d’Yves Cochet, de Pablo Servigne et de Raphaël Stevens qui tentent de construire une politique post-apocalyptique #émancipatrice, il ne faut pas oublier que l’effondrement a, au cours de sa longue histoire, nourri les passions politiques les plus nauséabondes.
    […]
    L’effondrement disparaît et réapparaît, recule ou revient en force en s’ajustant aux futurs successifs. En attendant, les #catastrophes se multiplient partout, et surtout en dehors d’une #civilisation_occidentale qui depuis deux siècles n’a cessé d’admirer sa #puissance au prisme de son effondrement.


  • In Superstar Cities, the Rich Get Richer, and They Get Amazon - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/11/07/upshot/in-superstar-cities-the-rich-get-richer-and-they-get-amazon.html

    In that sense, we look naïve in even raising the question that this could have gone to a different kind of Midwestern, heartland place,” Mr. Muro said. “There wasn’t really an alternative.”

    By choosing to go where high-skilled workers and other prosperous companies already are, Amazon will effectively ensure that more companies follow it in turn. Opportunity will concentrate further. The differences between, say, New York and Scranton, Pa., will widen. This divergence, underway for about 30 years, has accelerated since the Great Recession.

    (…) “The divide between prosperous and distressed regions is growing wider. And it’s because of things like this.”

    #concentration #technologie #inégalités #territoires


  • UK facing longest fall in living standards for over 60 years, finds think tank | The Independent
    https://www.independent.co.uk/news/uk/politics/uk-living-standards-fall-longest-60-years-records-began-economy-house

    It went on to say that despite the Chancellor’s small changes to improve universal credit, tax and benefit policies announced since 2015 will push living standards down and increase inequality.
    Read more

    It added that the poorest third of households are set for an average loss of £715 a year by the end of the parliament, while the richest third gain an average of £185.

    Mr Bell added: "Faced with a grim economic backdrop the Chancellor will see this Budget as a political success. But that would be cold comfort for Britain’s families given the bleak outlook it paints for their living standards.

    #austérité #récession #inégalités


  • Explosion des inégalités (Épisode 42)

    La fortune des milliardaires dans le monde a explosé en 2017 (Wladimir Garcin, Le Figaro Économie, 02/11/2018)
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/11/02/20002-20181102ARTFIG00105-la-fortune-des-milliardaires-dans-le-monde-a-expl

    Le dernier rapport UBS sur les #milliardaires dans le monde souligne la forte croissance des #fortunes des plus #riches, en particulier en Chine. Les 40 milliardaires français réunissent, quant à eux, 320 milliards de dollars.

    « La France est le pays d’Europe qui compte la plus forte progression de millionnaires en 2018 » (Philippe Escande, Le Monde, 19/10/2018)
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/10/19/la-france-est-le-pays-d-europe-qui-compte-la-plus-forte-progression-de-milli

    Le classement de la banque Crédit Suisse consacre l’enrichissement spectaculaire des Etats-Unis et de la Chine. Sur le Vieux Continent, l’Hexagone reste l’un des pays les moins #inégalitaires, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

    Pourquoi le nombre de millionnaires augmente-t-il en France  ? (Thibaut Chéreau, Ouest France, 23/10/2018)
    https://www.ouest-france.fr/economie/pourquoi-le-nombre-de-millionnaires-augmente-t-il-en-france-6033015

    Selon le rapport annuel du Crédit Suisse, plus de deux millions de Français possèdent un #patrimoine supérieur à un million de dollars. Un résultat qui pose la question des #inégalités de #revenus dans la société française.

    Les inégalités de richesse explosent aux États-Unis, alimentant le populisme (Pierre Haski, France Inter, 01/11/2018)
    https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-01-novembre-2018

    Selon un rapport, la #fortune des trois familles les plus riches des États-Unis a augmenté de 6 000% en trente-cinq ans, tandis que le #revenu_médian américain diminuait de 3% dans la même période. Un fossé croissant aux conséquences politiques évidentes.

    Toujours plus de richesse et plus de milliardaires dans le monde (Jérôme Porier, Le Monde, 30.10.2018)
    https://www.lemonde.fr/argent/article/2018/10/30/toujours-plus-de-richesse-et-plus-de-milliardaires-dans-le-monde_5376353_165

    Deux études, publiées respectivement par Credit Suisse et UBS, montrent un accroissement de la #richesse dans le monde.

    Les milliardaires sont de plus en plus riches (Sarah Ugolini, Capital, 27/10/2018)
    https://www.capital.fr/economie-politique/les-milliardaires-sont-de-plus-en-plus-riches-1313185

    Selon une étude publiée ce vendredi 26 octobre par la banque suisse UBS, la fortune globale des 2.158 milliardaires de la planète a augmenté de 19% en 2017. Une #croissance sans précédent.

    Un point technique sur ces études

    Comment mesurer les inégalités de revenus au niveau mondial ? (Anne Brunner, L’Observatoire des inégalités, 25/10/2018)
    https://www.inegalites.fr/Comment-mesurer-les-inegalites-de-revenus-au-niveau-mondial

    Il n’est pas simple de mesurer les inégalités de revenus au niveau mondial. Doit-on comparer les pays entre eux ? Les inégalités au sein de chaque pays ? Les inégalités entre l’ensemble des habitants de la planète sans tenir compte du pays où ils vivent ?

    Pour mémoire

    – Les 1% les plus fortunés ont accaparé 82% des richesses créées l’an dernier (Delphine Cuny, LaTribune, 22/01/2018)
    https://seenthis.net/messages/687546
    – Inégalités : les 1 % les plus riches du monde possèdent plus que le reste de la planète (Les Échos, 18/01/16)
    https://www.lesechos.fr/18/01/2016/lesechos.fr/021627401171_inegalites---les-1---les-plus-riches-du-monde-possedent-plus-q
    – La fortune des 500 Français les plus riches multipliée par sept en 20 ans (Aubin Laratte, Le Parisien, 27/06/2017)
    http://www.leparisien.fr/economie/la-fortune-des-500-francais-les-plus-riches-multipliee-par-sept-en-20-ans
    – Les 500 Français les plus riches sont encore plus riches (Olivier Bénis, France Inter, 27/06/2017)
    https://www.franceinter.fr/economie/les-500-francais-les-plus-riches-sont-encore-plus-riches
    – Inégalités : les 1 % les plus riches du monde possèdent plus que le reste de la planète (Claude Fouquet, Les Échos, 18/01/16)
    https://www.lesechos.fr/18/01/2016/lesechos.fr/021627401171_inegalites---les-1---les-plus-riches-du-monde-possedent-plus-q
    – Etats-Unis : en trois ans, les 1% les plus riches ont capté 95% des hausses de revenus (Caroline Piquet, Slate, 11/09/2013)
    http://www.slate.fr/monde/77574/reprise-revenus-menages-riches-etats-unis


  • 5 Reasons We Need Gender Conscious Responses to Climate Change

    Not all climate change victims are created equal. There are communities of society that experience climate change more intensely and destructively than the rest, and it’s not based solely on location.

    People of color, poor people, and women are most adversely affected by climate change. They are more likely to be negatively impacted by climate change than men, especially women in developing countries and the global south.

    Why? Well, in short, because of the same gender inequality that already persists in our societies. like education and employment discrimination. Climate change only worsens what is already happening.

    The burdens of climate change (like displacement, agricultural, and economic loss) disproportionately impact women from low-income communities, particularly in the Global South and Indigenous communities, more than in than in wealthy communities and the western world.

    Women from these regions often deal with lacking infrastructure and are more dependent on natural resources in everyday life. And, though studies show that women are most impacted, we are often not involved in the policy and decision making processes for climate change initiatives and solutions.

    One of the big takeaways from this year’s UN Climate Summit was the importance of promoting gender equality and women’s leadership in climate policy. One woman in attendance summed it up: “There cannot be climate justice without gender justice.”

    Women are as much a part of the solution for climate change impacts as they are the primary victims, but this fact is not being recognized enough. The reality that women are more intensely impacted also means they deserve to be leaders in the climate change movement.

    To be sure, our current responses to climate change do not just fail women; they also do not do enough to include the full spectrum of people and genders impacted by the inequalities and impacts of climate change.

    Women, more so than their male counterparts, know how dire these environmental changes are firsthand and deserve to be equal stakeholders at every level of our climate movement from grassroots to policy and politics.

    Here are 5 reasons we need gender conscious responses to climate change:
    1. First of all, not everyone identifies as a man or a woman.

    Gender is fluid and goes far beyond your sex. The same inequalities that exist in our greater society — such as those placed on non-binary folks who do not identify as man or woman — also exist in the climate change movements.

    Entire communities’ climate experiences, issues, and potential solutions are being routinely ignored.

    Relief efforts during natural disasters, which are becoming more frequent and intense due to climate change, regularly exclude or fall short of adequately assessing, informing, and aiding queer and trans communities.

    Discrimination and stigma leave LGBTQ/GNC peoples especially vulnerable to climate-related displacement and homelessness because emergency shelters are not always equipped to aid their needs. Even worse, this stigma often plays out in how our media rarely covers the experiences and stories of LGBTQ disaster victims.

    A more expansive, gender-conscious perspective of climate change would urge organizations — from grassroots to regulatory — to take into account the importance of including all identities when approaching the extent of climate changes impacts and possible resolutions.

    “The [climate policy and regulatory] spaces are historically spaces for men,” said Laura Cooper Hall, a former gender and finance Fellow at Women’s Environment & Development Organization (WEDO).

    “I think in terms of a real transformative future there really needs for all perspectives and identities need to be included explicitly.”
    2. Being the most impacted, women have firsthand experiences that can lead to creative and practical solutions.

    Globally, women make up 80% of the world’s climate refugees. They’re 45-80% of the agricultural workforce in rural areas and are responsible (along with girls) for collecting nearly two-thirds of the household water in developing countries.

    When natural disasters like hurricanes, cyclones, or droughts hit, women around the world experience the loss in a very real way. For that same reason, they, better than anyone else, will know which solutions will work best.

    Better yet, their ideas are directly connected to real-life situations and remedies.

    “The thing that really inspires me is so many of the women we work with on the frontlines, they always say we don’t want to be seen as victims,” said Osprey Orielle Lake, Founder and Executive Director of WECAN. “Because we’re also the solutions.”
    3. Right now, we don’t have consistent leadership that reflects people of all genders.

    Only recently have women increasingly become a part of the mainstream discussion about how best to tackle these climate change. But even in cases when a ciswomen/man gender balance is accomplished, it is rarely consistently maintained, and for trans and gender non-conforming peoples it’s nearly non-existent.

    Between 2013 and 2016, six ciswomen delegates were elected as chairs (or co-chairs) at the United Nations Framework Convention on Climate Change, but this year only three ciswomen filled those positions, according to a report by the on their annual conference.

    You’d be hard-pressed to find any formal LGBTQ/GNC organizations or representation at conferences like the Framework Convention or the UN Climate Talks.

    Diverse and varied perspectives and experiences must be a critical and necessary part of any and all climate talks — not just when the world (or Twitter) is watching, but always.
    4. Climate change magnifies existing inequalities — including gender inequality.

    “Reinforced gender inequality really reduces women’s physical and economic mobility, their voice, their opportunity in many places,” said Lake. “That makes them a lot more vulnerable to environmental stress.”

    All those same systems of inequality that function in greater society are at work in the climate change movement.

    No, climate cannot be racist or sexist but people can and people — whether in our federal and local government, climate organizations, or world regulatory organizations — decide our climate policy, responses, and solutions.

    “Climate change and gender justice, because of its personal effect on people and because people have personal identities, you can’t disconnect them,” said Cooper Hall.

    When we solve gender inequality and have achieved true gender justice, then we can will have more well-rounded and genuinely equitable responses to climate change — starting with diverse representation at Climate Change conferences and talks and leading to more specific bottom-up initiatives that put community first and corporations last (Think: The Tiny House Warriors in Canada or low-cost reflective paint by Mahila Housing Trust used to combat heat waves in India)
    5. Considering gender as a climate change factor benefits everything!

    Keeping gender equality in mind when planning for and implementing our climate future is valuable to everyone, so why wouldn’t we want that?

    “It’s a win-win for everyone,” said Atti Worku, founder of Seeds of Africa, a New York-based nonprofit working toward equality in education for children and communities in Ethiopia (hit particularly hard by climate change related droughts) and Africa. “It’s not only because it’s a good thing to include women or whatever, it’s also just beneficial to have women involved.”

    More diverse leadership means more diverse ideas and creative solutions. It also means more minds working together to solve our climate challenges.

    “Environmental sustainability and gender equality are interdependent,” said Worku. “If you educate girls, for example, then we’re addressing a future where women and girls will be scientists. They will be in government. They will be making decisions that are for the needs of everyone.”

    I didn’t always see my gender as being connected to the impacts of our climate. I’ve not felt any more connected to nature than the next person.

    I don’t live in a flood zone and though I am a Black woman — and, as such, more likely to be disproportionately impacted — I have been lucky enough to not have had a physical experience with a hurricane, wildfire, or other climate change-related disaster.

    I initially drew the connection quite randomly on the subway. I saw an ad with a poem about the Christian Bible’s Eve having named all the animals in nature.

    “If Eve were here now, she’d probably be a badass environmental activist or climate change policy-maker,” I thought to myself. “But she’d be terribly overqualified and definitely underpaid.”

    I immediately Googled “women in climate change” like the complete nerd that I am and found myself in a wormhole of women fighting for a seat at the table in an uncharted climate future.

    They aren’t asking for anything grand. Only that all people — of every gender and identity — be included in how we respond to climate change, how we go about making our future.

    I don’t think that’s too much to ask, do you?

    https://goodmenproject.com/featured-content/5-reasons-we-need-gender-conscious-responses-to-climate-change
    #genre #changement_climatique #climat #pauvres #pauvreté #inégalités



  • Crainte et vanité ? La soumission des universitaires à la gestion néolibérale

    En 2014, Yves Dupont, socioanthropologue spécialiste du monde rural, a publié un essai qui mérite à nos yeux d’être présenté sous forme de tribune. Son questionnement essentiel est le suivant : comment se fait-il que les universitaires, disposant pourtant des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister aux sirènes néolibérales, acceptent presque silencieusement de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’Université française, c’est-à-dire à une logique basée sur la #productivité et la #rentabilité contrôlées par des procédures normées et des indicateurs chiffrés de #performance.

    Autrement dit, comment se fait-il que les chercheurs consacrent de moins en moins de temps à des questions proprement scientifiques et de plus en plus à la rédaction de « #projets » dont beaucoup n’aboutissent jamais ? Comment se fait-il que les assemblées générales de laboratoire s’éternisent souvent en brainstormings d’agence de communication à la recherche de la meilleure rhétorique pour s’inscrire dans des réseaux, des structures, des axes, des appels ? Comment se fait-il que ceux qui hier étaient voués à critiquer, au sens noble, les innovations rutilantes de la modernité se présentent aujourd’hui comme de simples accompagnateurs du changement social ?

    On l’aura compris, L’Université en miettes est un essai qui prend pour point de départ le constat négatif de la #libéralisation et de la gestionnarisation du modèle universitaire français : diminution des fonds fixes et développement du #financement_par_projets, multiplication des instances de décision et d’#évaluation, dissociation et opposition de l’enseignement et de la recherche, soumission à des impératifs chiffrables d’inscription pour les uns et de publications pour les autres… Ces restructurations sont en effet peu compatibles avec la poursuite des manières d’enseigner et de « faire de la science » telles qu’elles pouvaient exister jusqu’ici. Le recul critique ou les temporalités longues nécessaires à l’#éducation ou à la #recherche fondamentale sont, par exemple, directement opposés aux impératifs de rentabilité et d’#utilité immédiates.

    Si tout ceci est bien connu et documenté, l’originalité de l’ouvrage d’Yves Dupont repose plus particulièrement sur le parallèle entre ce processus de disparition d’une « #université_humaniste » au profit d’une « #université_néolibérale » et la destruction de la paysannerie par le modèle productiviste et l’économie capitaliste.

    De cette comparaison que nous allons développer émerge une réflexion qui ne serait qu’une boutade si elle n’avait pas, dans le quotidien de l’université, une puissance explicative troublante : c’est la peur de la mort qui pousse les universitaires à une #servitude volontaire face à l’idéologie néolibérale. Nous parlons bien sûr ici d’une peur de la #mort_symbolique, d’une #insécurité névrotique qui se transforme en pulsion de puissance : désir de reconnaissance, désir de jouissance, narcissisme, admiration immature de figures mythiques (grandes revues, pontes, et aujourd’hui critères d’évaluation des publications ou labels d’excellence), et tous les avatars de l’hubris, cette ambition démesurée par laquelle les humains cherchent vainement à s’éloigner de leur propre finitude.

    https://sms.hypotheses.org/8471
    #université #fac #néolibéralisme #gestion_néolibérale #restructuration #science

    • Sciences humaines : les jeunes chercheurs à l’épreuve du néolibéralisme académique

      La recherche en #sciences_sociales n’échappe pas à la logique de marché, où la compétition accroît les #inégalités et encourage le #conformisme. Un danger pour les doctorants, de plus en plus précaires, et pour l’université elle-même, en tant qu’institution.

      Les sciences humaines et sociales sont essentielles à une société. Elles permettent de trouver des réponses aux questions qui surviennent sans cesse, de régénérer les savoirs, d’assurer leur transmission, d’en garder la mémoire. Cependant, nous assistons à une dévalorisation progressive de ce champ du savoir, avec des conséquences néfastes à long terme. L’effectif des #doctorants est en baisse continue depuis dix ans, avec -21% de doctorants en sciences de la société et -13% en sciences humaines et humanités. Il se trouve que ce sont également les disciplines les moins financées. Une majorité écrasante de doctorants (70%) ne bénéficie pas d’un contrat doctoral les reliant à l’institution à laquelle ils appartiennent.

      Ces jeunes chercheurs doivent acheter le temps consacré à leurs thèses par le biais d’un autre travail. Ils ne travaillent plus pour s’assurer une existence, mais pour pouvoir travailler. Ils sont, en dehors des laboratoires, des amphithéâtres et des colloques, serveurs, surveillants de lycée, bibliothécaires, baby-sitters, enseignants à domicile, guides touristiques. Plus tragique encore, 10% des doctorants, toute disciplines confondues, n’ont aucune activité rémunérée. Il s’agit de presque 7 500 jeunes chercheurs en France.

      Les doctorants et le #travail_gratuit

      Ce que les statistiques ignorent c’est l’immensité de chaque monde individuel. Ce type de travail « à côté » empêche toute projection vers le futur, car il est sans lien avec la recherche. Les études sociologiques lui opposent le #travail_d’anticipation. Mais les jeunes chercheurs s’inscrivant dans cette dernière catégorie n’ont pas un meilleur sort. A titre d’exemple, ceux qui assurent une charge de cours à l’université en tant que #vacataires sont payés à l’heure, pour un salaire annuel qui équivaut, dans le meilleur des cas, à deux ou trois mois de smic. Même dans ce dernier cas, il arrive trop souvent qu’on ne leur fasse pas signer de contrat. Ils se voient ainsi dans l’impossibilité de fournir une preuve formelle quant à la réalité de leur travail. Ils ne peuvent enseigner qu’à titre secondaire et sont obligés d’avoir un emploi « principal ». Ils cumulent ainsi trois activités professionnelles : le travail de recherche (gratuit), l’enseignement (deux ou trois mois de smic par an) et un emploi principal (précaire).

      Cette situation est permise par le flou dans les textes de loi concernant le #doctorat. D’un côté, les jeunes chercheurs sont considérés comme des étudiants, de l’autre le doctorat est reconnu comme étant une expérience professionnelle. C’est le détail qui ouvre la voie royale vers la précarité. Ce qui est particulier à la situation des doctorants c’est que l’écart entre l’âge social et l’âge biologique est très important. Non seulement ils ne bénéficient plus d’aucun avantage « jeune » (bourses sur critères sociaux, logements, réductions), mais ce statut les exclut également de la plupart des #droits_sociaux. Si les #contractuels sont considérés comme des salariés, par rapport à un même type de travail de recherche les non-contractuels sont des étudiants. Autrement dit, leur travail est gratuit et bénévole.

      Le travail d’un doctorant n’est pas uniquement un investissement de forces et ressources personnelles dans une activité par le biais de laquelle il ou elle se réalise individuellement, il est également une réalisation collective. C’est l’université elle-même, en tant qu’institution, qui se réalise à travers son travail. Un exemple concret concerne ce que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation appelle la « #production_scientifique ». Quand on évalue la #performance d’une université, on regarde le nombre de #publications. Combien d’articles ont été écrits par des jeunes chercheurs-étudiants et combien le seront encore ?

      La reproduction des inégalités

      La recherche est aujourd’hui évaluée en termes de production et de #performance. Dans cette logique de #capitalisme_académique, le doctorant doit terminer sa thèse le plus rapidement possible et être productif. Plus il s’attarde sur son doctorat, moins il publie, plus il se dirige vers les marges du système. Mais sa production et sa performance sont conditionnées par les ressources disponibles, ce qui trace un premier cercle vicieux. Indifféremment du contenu de la thèse, des arguments défendus dans le travail de recherche ou de la qualité de ce travail, dans ce type de système il n’y a « pas de vérité sans argent », comme le notait déjà Lyotard dans la Condition postmoderne. Ceux qui ont eu des ressources auront raison de leur vérité car elle pèsera plus sur le marché du travail et sur le marché des biens symboliques, tandis que le précariat verra ses vérités diminuées par ce même marché.

      De nombreuses études indiquent que l’accès aux ressources dépend des éléments comme l’origine sociale, la nationalité ou le sexe. En France, presque la moitié des doctorants (41%) est de nationalité étrangère. Une diversité qui pourrait entraîner une immense effervescence intellectuelle. Mais ils sont encore plus touchés par la précarité et ont bien moins de chances de se voir attribuer un contrat. Les raisons sont multiples : absence de capital social, manque de familiarité au régime des concours, rareté des ressources. En ce qui concerne la parité dans la recherche, en 2015, les femmes représentaient 27% des chercheurs. Quand les ressources sont rares, on favorise les acteurs qui savent se plier au mieux au savoir et à l’ordre dominant. Dans une logique de marché, la compétition accroît les inégalités et encourage le conformisme. L’université, au lieu de se régénérer en permanence en permettant l’invention, le renouveau et les divergences critiques, se pétrifie.

      Les sciences humaines et sociales ont un rôle primordial dans une société démocratique. Elles pensent le progrès et empêchent les dérives. Elles sont les garants d’un équilibre sain entre des forces critiques contraires. Elles sont l’expression même de la démocratie et le révélateur de l’état de santé d’une société. La précarité dans les sciences humaines et sociales atteint gravement à cet équilibre présent et futur. La contractualisation à terme de tous les jeunes chercheurs est l’unique mesure capable de diminuer les inégalités causées et perpétuées par le sous-financement dans ces disciplines. Quand l’université repose sur un travail gratuit, invisible, aliéné, ce sont ses propres forces qu’elle s’aliène.

      https://www.liberation.fr/debats/2018/11/02/sciences-humaines-les-jeunes-chercheurs-a-l-epreuve-du-neoliberalisme-aca

      #précarité #précarisation


  • Inégalités sociales et territoriales et éducation prioritaire (Revue de presse)

    Le CNESCO (Conseil National d’Évaluation du Système Scolaire) a publié une étude détaillée intitulée “Panorama des inégalités scolaires d’origine territoriale en France” dont les principaux enseignements ont été repris dans les médias :

    - La composition sociale des collèges reflète globalement celle des territoires sur lesquels ils sont localisés.
    – Les ressources humaines de l’Éducation nationale sont inégalement réparties en Île-de-France.
    – Les résultats aux épreuves écrites du diplôme national du brevet (DNB) révèlent des inégalités territoriales de réussite importantes.
    – Les territoires défavorisés concentrent les taux les plus élevés d’enseignants de moins de 30 ans et de non-titulaires.
    – Les ressources scolaires sont inégalement réparties sur le territoire français : le cas des langues vivantes.
    – Des inégalités dans la réussite aux examens.
    Source : http://www.cnesco.fr/fr/panorama-des-inegalites-scolaires-dorigine-territoriale-en-france

    Quelques reprises dans les médias :
    – L’Education nationale donne t-elle vraiment plus aux élèves défavorisés ? (Marie Piquemal, Libération)
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/24/l-education-nationale-donne-t-elle-vraiment-plus-aux-eleves-defavorises_1
    – En Ile-de-France, une école pauvre pour les quartiers pauvres (Mattea Battaglia, Le Monde)
    https://www.lemonde.fr/education/article/2018/10/24/en-ile-de-france-une-ecole-pauvre-pour-les-quartiers-pauvres_5373799_1473685

    Ô surprise, il s’agissait du dernier rapport de cette institution indépendante, que le Ministre, J.-M. Blanquer a décidé de supprimer :
    – Education : le ministre Blanquer n’aime pas les instances indépendantes (Faïza Zerouala, Médiapart)
    https://www.mediapart.fr/journal/france/221018/education-le-ministre-blanquer-n-aime-pas-les-instances-independantes
    – Le putsch de Blanquer : quand le ministre évaluateur se soustrait aux évaluations (Gurvan Le Guellec, L’Obs)
    https://www.nouvelobs.com/education/20181012.OBS3883/le-putsch-de-blanquer-quand-le-ministre-evaluateur-se-soustrait-aux-evalu

    Pendant ce temps-là (et en même temps), la Cour des Comptes a publié un rapport éponyme sur “L’éducation prioritaire”. Elle y fait 17 recommandations réparties en 6 grandes orientations :

    Orientation n°1 : fortifier l’autonomie, la responsabilité et l’évaluation des réseaux de l’éducation prioritaire renforcée
    1. Renforcer le pilotage académique en intégrant au projet stratégique un volet « éducation prioritaire », en exigeant des bilans annuels de sa mise en œuvre et l’élaboration d’un référentiel académique de l’éducation prioritaire ;
    2. Expérimenter la constitution d’établissements publics de réseau ; établir des contrats permettant de leur allouer des moyens conditionnés à la mise en œuvre d’actions et attribuer au chef d’établissement, responsable du réseau, les marges de manœuvre nécessaires à la bonne utilisation de ces moyens.
    Orientation n°2 : doter l’éducation prioritaire d’outils d’évaluation plus performants
    3. Systématiser les évaluations des élèves du socle commun de connaissance, de compétences et de culture (au début et à la fin des trois cycles, puis à l’entrée et à la sortie de chaque année) par des tests standardisés dématérialisés ;
    4. Alimenter des bases de données exhaustives sur les élèves, les écoles et les établissements et produire des indicateurs de valeur ajoutée des collèges et des réseaux ;
    5. Utiliser ces données pour conduire de manière systématique des analyses de la performance des dispositifs mis en œuvre en éducation prioritaire.
    Orientation n°3 : concentrer l’action publique sur le premier degré en mobilisant les leviers à fort rendement
    6. Cibler les moyens enseignants sur le premier degré ;
    7. Étendre le dédoublement des classes à l’ensemble du cycle des apprentissages fondamentaux (grande section de l’école maternelle et deux premières années de l’école élémentaire) ou à l’ensemble des classes du cycle 2 dans les écoles qui concentrent de manière aiguë les difficultés sociales et scolaires (équivalent REP+) ; mettre en œuvre une réduction de moindre intensité dans les autres classes (équivalent REP).
    Orientation n°4 : ajuster la gestion des enseignants aux besoins de l’éducation prioritaire
    8. N’affecter en éducation prioritaire que les enseignants disposant d’au moins deux ans d’ancienneté ;
    9. Élargir la capacité des chefs d’établissement à recruter sur profils pour les postes d’enseignant situés en éducation prioritaire ;
    10. Ouvrir la possibilité d’une affectation temporaire d’une durée de trois à cinq ans sur les postes en éducation prioritaire assortie de la garantie de retour à l’affectation d’origine ;
    11. Améliorer le régime indemnitaire des enseignants en éducation prioritaire en introduisant des éléments variables d’une part liés à l’investissement individuel et à l’implication au sein des équipes pédagogiques, d’autre part modulés en fonction de l’attractivité de l’académie ;
    12. Renforcer la place de l’éducation prioritaire dans la formation initiale des enseignants et accentuer l’effort de formation continue des enseignants affectés en éducation prioritaire ;
    13. Faciliter le remplacement dans les établissements et les écoles qui
    concentrent les difficultés en leur donnant une priorité et en privilégiant le recours aux titulaires remplaçants.
    Orientation n°5 : revoir le processus d’identification des bénéficiaires et réviser les mécanismes d’allocation des ressources
    14. Répartir l’ensemble des établissements (et des écoles lorsque les données le permettront) en plusieurs catégories homogènes, définies en fonction d’un indice synthétique de difficulté tenant compte de leurs caractéristiques propres ;
    15. Utiliser ces catégories pour allouer les moyens spécifiques de l’éducation prioritaire et distribuer les moyens non spécifiques à l’ensemble des écoles et des établissements en tenant compte du profil des élèves scolarisés, afin d’introduire un continuum dans le dispositif d’allocation et réduire les effets de seuil des mécanismes actuels.
    Orientation n°6 : favoriser la mixité scolaire en renouvelant
    les mécanismes d’affectation des élèves

    16. En partenariat avec les collectivités territoriales, faire évoluer la carte scolaire et les modalités d’affectation des élèves afin de favoriser la mixité et créer un observatoire de la mixité auprès du recteur chargé de rédiger un rapport sur la mixité dans l’académie tous les deux ans ;
    17. Associer les établissements privés sous contrat concernés aux processus d’évolution de la carte scolaire et inciter à scolariser des élèves qui reflètent mieux les caractéristiques sociales et scolaires de la population de la zone de recrutement.
    Source : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/leducation-prioritaire

    De fait la plupart de ces recommandations valident les premières décisions de "l’ère Blanquer” ou prépare la réforme annoncée (pour dans quelques mois) de l’éducation prioritaire, pour le reste ces orientations collent comme d’habitude à l’agenda néolibéral sur l’éducation.

    Ce rapport a eu aussi quelques échos médiatiques :
    – Education prioritaire : la Cour des comptes propose d’en finir avec l’étiquette REP ou REP+ (Marie Piquemal, Libération)
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/17/education-prioritaire-la-cour-des-comptes-propose-d-en-finir-avec-l-etiqu
    – La Cour des comptes signe l’aveu d’échec des politiques d’éducation prioritaire (Violaine Morin, Le Monde)
    – La Cour des Comptes pointe l’échec criant de l’éducation prioritaire (Alice Mérieux, Challenges)
    https://www.challenges.fr/politique/la-cour-des-comptes-tacle-l-education-prioritaire_619935

    La remise à plat de l’éducation prioritaire par le ministère Banquer pourra donc s’appuyer sur deux faits répétés à l’envi dans les médias :
    – Les politiques d’éducation prioritaire sont un échec
    – Les élèves défavorisés sont majoritairement hors dispositif éducation prioritaire (cf. https://seenthis.net/messages/637255)
    Ces deux faits sont exacts, reste qu’ils serviront sans doute à justifier le démantèlement de dispositifs imparfaits au profit de l’idéologie portée par le libéralisme : la responsabilité individuelle dans les parcours de chacun. Il y a fort à parier que la prochaine réforme enterrera les analyses sociologiques pour allouer quelques moyens aux "individus qui s’en donnent la peine".

    Pour faire fonctionner un système éducatif moins inégalitaire, ce sont d’autres analyses et d’autres orientations qu’il faudrait convoquer.
    Outre les pistes ouvertes par les analyses du CNESCO mettant en lumière des mécanismes institutionnels inégalitaires dans l’allocation des moyens allant à l’encontre de la discrimination positive censée profiter aux quartiers prioritaires, un point, par exemple, soulevé dans le rapport de cette même cour des comptes en 2012, aurait mérité d’être mentionné et commenté : le fait que les "crédits spécifiques" viennent se substituer aux "crédits de droit commun" au lieu de s’y ajouter :

    Dans ces conclusions, la Cours des comptes rejoint les avis de nombreux experts ou d’associations : alors que les crédits spécifiques sont censés venir en renfort des crédits de droit commun pour jouer un effet de levier, il apparait dans certains cas, et particulièrement dans les domaines prioritaires de l’emploi et l’éducation, qu’ils se substituent à ces derniers, sans être alors suffisants pour financer des actions qui relèvent normalement des politiques de chaque ministère concerné.
    Source : http://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/education-prioritaire/actualites-de-leducation-prioritaire-1/cour-des-comptes-urgence-coordonination

    Ici comme ailleurs, faute de s’être réellement donné les moyens des ambitions affichées, on décide d’y renoncer…

    #éducation #éducation_prioritaire #inégalités


  • « Parce que nous ne sommes pas le troupeau de ces vingt seigneurs »

    Incarcéré depuis 4 mois suite au #G20 de #Hambourg, Fabio 19 ans, tient tête à la justice

    Arrêté lors des journées d’émeutes qui ont secoué le G20 de Hambourg les 7 et 8 juillet 2017, Fabio est accusé de jet de projectile et de rébellion. Il est incarcéré depuis 4 mois à la prison de #Billwerder et comparaissait le 7 novembre dernier devant le #tribunal pour mineur d’Altona à Hambourg. Nous reproduisons ici la déclaration qu’il a faite ce jour-là devant ses juges et qui contient plus de vérité, de sincérité et de justesse que tous les solipsismes inconséquents de procureurs.

    Les prochaines audiences de son procès auront lieu les 27 novembre et 7 décembre prochain.

    Madame la juge, messieurs les jurés, madame le procureur, monsieur l’assistant du tribunal pour mineurs.

    Vous, aujourd’hui, vous êtes appelés à juger un homme. Vous l’avez appelé un « criminel agressif » et « irrespectueux de la dignité humaine ». Personnellement je ne prête aucune attention aux appellations que vous m’attribuez. Moi, je suis seulement un garçon de bonne volonté.

    Avant tout je voudrais dire que probablement ces messieurs les politiciens, ces messieurs les commissaires de police et ces messieurs les magistrats pensent qu’en incarcérant et arrêtant quelques jeunes cela puisse arrêter la contestation dans les rues. Probablement ces messieurs pensent que les prisons suffisent à éteindre les voix rebelles qui s’élèvent de partout. Probablement ces messieurs pensent que la répression arrêtera notre soif de liberté, notre volonté de construire un monde meilleur.

    Et bien ces messieurs se trompent. Et c’est l’Histoire qui leur donne tort.

    Parce qu’un nombre incalculable de garçons et de filles sont passés, comme moi, devant un tribunal comme celui-ci.

    En effet aujourd’hui c’est à Hambourg, hier à Gênes et encore avant à Seattle.

    Vous, vous essayez d’empêcher la propagation des voix de la révolte qui s’élèvent partout par n’importe quel moyen « légal », par n’importe quel moyen « procédurier ».

    Quoiqu’il arrive, peu importe la décision qui sera prise par ce tribunal, elle n’aura aucune influence sur notre protestation. Il y aura encore tout autant de garçons et de filles qui, portés par les mêmes idéaux descendront dans les rues d’Europe. Se préoccupant guère de ces prisons que dans un essoufflement, vous vous efforcez de remplir de prisonniers politiques.

    Mais venons-en donc à l’essentiel, madame la juge, messieurs les jurés, madame le procureur, monsieur l’assistant du tribunal pour mineur.

    Venons-en donc à l’essentiel.

    Comme vous pouvez l’imaginer, je veux user de mon droit de ne pas faire de déclarations en rapport avec le fait spécifique pour lequel vous me poursuivez. Toutefois je voudrais porter l’attention sur les motivations qui poussent un jeune ouvrier d’une petite ville reculée des Pré-alpes orientales à venir à Hambourg.

    Pour manifester son propre désaccord avec le sommet du G20.

    G20. Rien que le nom a déjà en soi, quelque chose de pervers.

    Vingt hommes et femmes représentants des vingt pays les plus riches et les plus industrialisés du globe, s’asseyent autour d’une table. Ils s’asseyent tous ensemble pour décider de notre futur. Oui, j’ai bien dit ceci : le notre. Le mien, ainsi que celui de toutes les personnes assises aujourd’hui dans cette salle, tout comme celui des sept milliards de personnes qui habitent cette belle planète Terre.

    Vingt hommes décident de notre vie et de notre mort.

    Évidemment, la population n’est pas invitée à ce joli banquet. Nous, nous ne sommes que le stupide troupeau des puissants de la Terre. Spectateurs totalement soumis de ce théâtre où une poignée de personnes tiennent entre leurs mains l’humanité toute entière.

    Moi, madame la juge, j’ai beaucoup pensé avant de venir à Hambourg.

    J’ai pensé à monsieur Trump et à ses États-Unis d’Amérique qui sous le drapeau de la démocratie et de la liberté s’érigent comme les gendarmes du monde entier. J’ai pensé aux nombreux conflits déclenchés par le géant américain aux quatre coins de la planète. Du Moyen-Orient à l’Afrique. Tout ceci pour s’accaparer du contrôle de telle ou telle ressource énergétique. Peu importe si ceux qui meurent, ce sont toujours les mêmes : civils, femmes et enfants.

    J’ai pensé aussi à monsieur Poutine. Nouveau tsar de Russie, qui dans son pays viole systématiquement les droits de l’Homme et se moque de toute opposition.

    J’ai pensé aux Saoudiens et à leurs régimes fondés sur la terreur avec qui nous, les occidentaux nous faisons des affaires en or.

    J’ai pensé à Erdogan qui torture, tue et emprisonne ses opposants.

    J’ai pensé aussi à mon pays, où à coup de lois-décret chaque gouvernement supprime sans trêve les droits des étudiants et des travailleurs.

    En bref, les voici les protagonistes du somptueux banquet qui s’est tenu à Hambourg en juillet dernier. Les plus grands va-t’en-guerre et assassins que le monde contemporain connaisse.

    Avant de venir à Hambourg j’ai pensé aussi à l’inégalité qui frappe, aujourd’hui, de plein fouet notre planète. Cela me semble presque évident de répéter qu’en effet 1% de la population la plus riche du monde possède la même richesse que les 99% le plus pauvre. Cela me semble presque évident de répéter que les quatre-vingt cinq hommes les plus riches du monde possède la même richesse que 50% de la population la plus pauvre. Quatre-vingt cinq hommes contre trois milliards et demi. Ces quelques chiffres suffisent à donner une idée.

    Ensuite, madame la juge, messieurs les jurés, madame le procureur, monsieur l’assistant du tribunal pour mineurs, avant de venir à Hambourg j’ai pensé à ma terre : à #Feltre. Le lieu où je suis né, où j’ai grandi et où je veux vivre. La citadelle médiévale qui est sertie comme une gemme dans les Pré-alpes orientales. J’ai pensé aux montagnes qui, au crépuscule, se teignent de rose. Aux magnifiques paysages que j’ai la chance de voir depuis ma fenêtre. A la beauté qui traverse ce lieu.

    Puis, j’ai pensé aux fleuves de ma belle vallée, violés par les entrepreneurs qui veulent les concessions pour y construire des centrales électriques, sans se préoccuper des dommages pour la population et pour l’écosystème.

    J’ai pensé aux #montagnes, frappées par le #tourisme_de_masse ou devenues lieu d’entraînements militaires.

    J’ai pensé à ce magnifique endroit où je vis, qui est en passe d’être bradé à des hommes d’affaires sans scrupules, exactement comme d’autres vallées à chaque coin de la planète, où la beauté est détruite au nom du #progrès.

    Dans la lignée de toutes ces pensées, j’ai donc décidé de venir manifester à Hambourg. Pour moi, venir ici était un devoir avant d’être un droit.

    J’ai trouvé cela juste de m’opposer à ces politiques scélérates qui sont en train de pousser le monde vers le gouffre.

    J’ai trouvé cela juste de me battre pour que quelque chose soit au moins un peu plus humain, digne et équitable.

    J’ai trouvé cela juste d’aller dans la rue pour répéter que la population n’est pas un troupeau et qu’elle doit être consultée dans les choix.

    Le choix de venir à Hambourg a été celui d’une prise de parti. Le choix d’être du côté de ceux qui demandent des droits et contre ceux qui veulent leurs en enlever. Le choix d’être du côté de tous les oppressés du monde et contre les oppresseurs. Le choix de combattre les puissants, grands et petits, qui utilisent le monde comme si c’était leur jouet et qui ne se soucient pas du fait que c’est toujours la population qui en fait les frais.

    J’ai fait mon choix et je n’ai pas peur s’il doit y avoir un prix à payer injustement.

    Néanmoins il y a autre chose que je voudrais vous dire, que vous me croyiez ou non : je n’aime pas la violence. Mais j’ai des idéaux et pour ceux-ci j’ai décidé de me battre.

    Je n’ai pas fini.

    Dans une époque historique où partout dans le monde s’érigent de nouvelles frontières, se déroule du nouveau fil barbelé, se dressent de nouveaux murs des Alpes à la Méditerranée, je trouve cela merveilleux que des milliers de jeunes, de chaque coin de l’Europe, soient disposés à descendre ensemble dans les rues d’une seule et même ville pour leur propre futur. Contre chaque frontière. Avec comme seule intention commune, le fait de rendre le monde meilleur par rapport à comment nous l’avons trouvé.

    Parce que madame la juge, messieurs les jurés, madame le procureur, monsieur l’assistant du tribunal pour mineurs, parce que nous ne sommes pas le troupeau de ces vingt seigneurs. Nous sommes des femmes et des hommes qui voulons avoir le droit de disposer de notre propre vie.

    Et pour cela nous combattons et nous combattrons.

    https://lundi.am/fabio-hambourg
    #résistance #justice #injustice #frontières #destruction #richesse #pauvreté #inégalités #centrales_hydroélectriques #violence

    #beau

    ping @_kg_

    • Zurück auf Los

      Der Prozess gegen den G20-Gegner Fabio V. muss wohl von vorn beginnen. Das ist ärgerlich, aber nicht zu ändern.

      Elf Prozesstage sind abgehandelt, rund ein Dutzend Zeugen gehört, unzählige Beweise gesichtet worden – und kurz vor Schluss stellt sich heraus: Es war wohl alles umsonst. Der Prozess gegen den jungen Italiener Fabio V., der sich bei einer Anti-G20-Aktion des schweren Landfriedensbruchs schuldig gemacht haben soll, droht zu platzen. Die Vorsitzende Richterin ist hochschwanger. Nun hat sie sich krankgemeldet, weitere Termine können vorerst nicht angesetzt werden. Bald wird die Frau in den Mutterschutz verabschiedet, wie es dann weitergeht, war bis Redaktionsschluss offen. Womöglich muss der Prozess unter einem anderen Richter komplett neu aufgerollt werden.

      Zurück auf Los. Hätte man das nicht verhindern können?

      Kritik gab es an der Verteidigung: Sie habe den Prozess mit immer neuen Anträgen unnötig in die Länge gezogen, um sich über die Ziellinie des Mutterschutzes zu retten. Denn die Richterin schien zu einer Verurteilung zu tendieren. Zwar nur zu einfachem, nicht zu schwerem Landfriedensbruch, aber eben nicht zu einem Freispruch. Ist also die Verteidigung schuld an diesem unbefriedigenden Ende und dem Mehraufwand, der nun droht? Mitnichten. Es ist ihr gutes Recht, Anträge zu stellen. Nicht wenigen von ihnen wurde stattgegeben.

      Aber war es nicht zu vermeiden, eine schwangere Richterin einzusetzen? Das System lässt bei der Richterauswahl wenig Spielraum. Strafprozesse ausländischer Jugendlicher werden nach Tatort vergeben. Fabio V.s Richterin ist für jenen Altonaer Ortsteil zuständig, in dem V. festgenommen wurde. Dass Richter nicht willkürlich benannt werden, schützt vor Einflussnahme.

      Und warum kann sich nicht ein neuer Richter auf Basis der bereits erhobenen Beweise einarbeiten und dann urteilen? In Strafprozessen gilt die Prämisse: Alle Beweise müssen unmittelbar gewürdigt werden, damit nichts verfälscht wird.

      Das alles ist aufwendig. Es macht das abrupte Ende dieses Prozesses zum Ärgernis. Aber es ist notwendig und richtig.

      https://www.zeit.de/2018/10/g-20-prozess-gegner-fabio-v-neubeginn

      G-20-Prozess gegen Fabio V. geplatzt

      Hamburg. Der Prozess gegen den italienischen G-20-Gegner Fabio V. vor dem Amtsgericht Hamburg-Altona ist geplatzt. Am 3. ­April hat das Gericht die Aussetzung des Verfahrens beschlossen, teilten die Verteidiger von Fabio V., Gabriele Heinecke und Arne Timmermann, am Dienstag gegenüber junge Welt mit. Damit sei »endgültig, dass das Verfahren neu aufgerollt werden muss«. Ende Februar war der Prozess wegen Schwangerschaft der Richterin unterbrochen worden. Fabio V. war am 7. Juli 2017 bei einer Demonstration im Industriegebiet Rondenbarg festgenommen worden, saß viereinhalb Monate in Untersuchungshaft. Ihm wird keine konkrete Tat vorgeworfen, sondern nur die Anwesenheit bei der Demo. Fabio V. ist nach Italien zurückgekehrt. Einen Hinweis des Gerichts, ob und wann das Verfahren neu beginnen kann, gebe es nicht, teilten seine Anwälte mit.

      https://www.jungewelt.de/artikel/330548.g-20-prozess-gegen-fabio-v-geplatzt.html


  • What the Numbers Really Tell Us About Living Longer in Retirement
    https://www.medscape.com/viewarticle/903969

    [...] overall, the study [1] found that Americans are faring worse in a wide range of measures, including infant mortality and low birth weight, injuries and homicides, drug-related deaths, obesity and diabetes, heart disease and chronic lung disease. Many of the conditions sharply reduce the odds of reaching age 50 - and for those who do, the conditions contribute to poorer health and greater illness later in life, the report found.

    “If health were an Olympic event, we have been getting beat by lots of other nations,” said Stephen Bezruchka, a professor at the School of Public Health of the University of Washington in Seattle.

    The poor performance does not stem only from problems with access to healthcare, he notes. “We tend to confuse health and healthcare,” he said, adding that research shows that medical care accounts for no more than 15 percent of the mortality gap between the United States and other rich countries.

    Epidemiologists have documented that societies with less economic equality have worse than average health. Some of this stems from the inability of lower-income households to meet basic needs such as adequate nutrition and shelter. But at the high end of wealth, Bezruchka notes, there is a diminishing-return effect - money can purchase only so much health.

    “Those with more income do have lower mortality, but you get a greater return on average health by taking a little from the rich and giving it to the poorer person.

    #santé #inégalités #états-unis

    [1] rapport annuel de la Society of Actuaries (SOA): "mortality improvement scale”


  • L’école est plus inégalitaire en France que dans la plupart des pays développés (FranceInter)
    https://www.franceinter.fr/education/l-ecole-est-plus-inegalitaire-en-france-que-dans-la-plupart-des-pays-dev

    La France peut mieux faire pour assurer une réussite égale aux élèves issus de milieux défavorisés, montre une étude publiée lundi par l’OCDE sur la base des données Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

    #éducation #inégalités #PISA


  • Recherche percepteurs désespérément
    https://www.cetri.be/Recherche-percepteurs

    De droite comme de gauche, les gouvernements latino-américains acceptent depuis longtemps de conditionner leurs politiques sociales au maintien d’un verrou fiscal. Lorsque l’économie est florissante, des marges de manœuvre apparaissent néanmoins. Lorsque la récession menace, et que la pauvreté repart à la hausse, les caisses sont vides. Et si l’audace débutait par l’impôt ? > Article complet tel que paru dans #Le_Monde_diplomatique, 4/2018. Ce 4 mai 2017, à Managua, une délégation de haut niveau du Fonds (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_regard_du_CETRI, #Le_Sud_en_mouvement, Amérique latine & Caraïbes, Le Monde diplomatique, #Analyses, #Inégalités, (...)

    #Amérique_latine_&_Caraïbes #Fiscalité


  • « Les raisins de la misère » : comment les grands crus du Bordelais prospèrent sur une pauvreté extrême
    https://www.bastamag.net/Les-raisins-de-la-misere-comment-les-grands-crus-du-Bordelais-prosperent-s

    A l’ombre des luxueux châteaux du Bordelais se cache une pauvreté et une injustice saisissantes. C’est ce que révèle une enquête de la journaliste Ixchel Delaporte. Les saisonniers qui s’échinent dans la vigne, indispensables à la bonne tenue d’un grand cru, sont sans cesse plus précarisés. Les habitants les plus pauvres – chômeurs, mères célibataires, malades des pesticides... – ne voient pas les retombées économiques du négoce et du tourisme. Pire : ils doivent se rendre invisibles. Les raisins de la (...)

    #Décrypter

    / Quelle agriculture pour demain ?, #Inégalités, #Classes_populaires, #Conditions_de_travail, #Fractures_sociales, A la une, (...)

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ? #Entretiens


  • Here’s what the stark gender disparity among top orchestra musicians looks like

    This fall, the world’s great symphony orchestras will open their 2018-19 seasons. And just as they have for decades, many of them will be sharply segregated by gender.

    Men will again make up the majority of brass, woodwinds, and percussion players, and most harpists will again be women.

    Quartz at Work examined the instruments played by the musicians of the world’s 20 greatest orchestras, as ranked by the UK’s Gramophone magazine, to understand how gender shapes their composition. Where we could, we looked at the individual musician pages to determine each musician’s gender, and excluded one orchestra that didn’t list individual musicians: The Saito Kinen Orchestra in Japan. When musicians didn’t have their own pages, we searched for their images. If only had their name, we determined if the name was more likely male of female. (We weren’t able to account for non-binary gendered people.)


    https://qz.com/work/1393078/orchestras

    #musique #musique_classique #genre #inégalités #discriminations #femmes #hommes
    signalé par @reka sur twitter


  • Le retour de la 3e classe ? - La Vie des idées
    https://laviedesidees.fr/Le-retour-de-la-3eme-classe.html

    Hôpital, soins dentaires, pompes funèbres, universités, TGV : partout le service public réinstaure sans le dire une « troisième classe », réservée aux plus pauvres. Qu’est-ce que cette segmentation nous dit des évolutions de l’État-providence ?

    Passionnant.

    Deux idéaux de l’État providence français semblent par ailleurs être entrés en contradiction. D’un côté le principe de l’accès de tous aux biens jugés importants ou devant rester « communs » : l’idée que certains pourraient en être totalement exclus paraît aujourd’hui difficilement compatibles avec l’idéal démocratique. De l’autre, le principe de l’universalisme, c’est à dire celui de l’égalité de tous dans cet accès à la prestation. Au premier idéal semble aujourd’hui devoir être sacrifié le second. Pourquoi ce grignotage de l’État-providence par un bout ? Deux évolutions socioéconomiques massives semblent ici à l’œuvre : la progression du chômage, produisant de fait nombre d’exclus ; l’autre évolution est constituée par l’accroissement du différentiel de ressources entre le haut et le bas de la hiérarchie sociale. Or le premier phénomène, touche – de manière certes inégale et inégalement dramatique – à peu près toutes les couches sociales. Le second n’est sensible que pour ceux qui fréquentent les extrêmes sociaux et sont amenés à naviguer entre les deux. La question de l’exclusion sociale – qui menace potentiellement tout le monde – est donc logiquement plus sensible et représente une question politiquement plus délicate que la segmentation croissante du monde social. Stratifier… pour éviter l’exclusion apparaît alors à beaucoup, en effet, comme un moindre mal.

    La privatisation – qui « sépare » par l’argent – n’en serait alors qu’un visible épiphénomène. Car elle s’accompagne souvent de la même « bonne volonté sociale » : avec cette différence que c’est la mise en concurrence de tous – et non plus la stratification – qui est censée ici favoriser la démocratisation. La privatisation du funéraire, le soutien au développement des multiplexes au côté des salles subventionnées par les collectivités locales, par exemple, ont chaque fois été accompagnées de la croyance (ou de la justification) chaque fois déçue, que les prix allaient baisser. Chaque fois les socialistes ont pu se faire par conséquent les plus ardents soutiens de ces privatisations : preuve que ce regard, expulsant désormais toute contradiction entre stratification et démocratisation, pourrait bien une sécrétion discrète d’une évolution idéologique de nos sociétés où marché, concurrence, compétition – donc hiérarchisation sociale – ne sont plus considérés non plus comme contradictoires avec le bien commun.

    Reste que cette segmentation ne se fait pas sans coût. En haut de l’espace social, l’aisance matérielle et culturelle protège sans doute de la disqualification potentielle attachée à la consommation de ces signes extérieurs de modestie sociale. D’autres parties de la population hésitent en revanche aujourd’hui à prendre Ouigo parce que le service est considéré comme au rabais (voire « déclassant ») [24] ou, pire, hésitent à choisir le service public hospitalier, en raison de la conviction d’y être plus mal servis – voire soignés – qu’ailleurs. Mais comment réagissent ceux qui n’ont d’autre possibilité aujourd’hui que d’accepter leur déclassement et de répondre positivement aux multiples et discrètes exhortations à retourner à leur place ? Dans quelle mesure en sont-ils conscients ? Et si oui, en sont-ils révoltés ? Si oui encore, rusent-ils ? C’est poser rien moins que la question de la lucidité et de la docilité à la toute-puissance des assignations sociales… quand elle s’exacerbe en toute discrétion.

    #Service_public #Inégalités #Nouvelles_exclusions


  • En plein coeur du Paris chic, le personnel d’un palace en route pour une grève dure
    https://www.bastamag.net/En-plein-coeur-du-Paris-chic-le-personnel-d-un-palace-en-route-pour-une-gr

    A deux pas de la place Vendôme et de ses boutiques cossues, le personnel de ménage d’un hôtel de luxe est en grève depuis maintenant trois semaines, réclamant notamment son intégration directe au sein des effectifs de l’hôtel. Mais le conflit, qui s’est tendu ces derniers jours avec l’intervention de la police, est aussi le fruit des ordonnances Macron de 2017 : ces dernières menacent l’existence de représentants du personnel des sous-traitants dans l’hôtel, et par conséquent l’avenir de leurs conditions (...)

    #Résister

    / A la une, #Luttes_sociales, #Transformer_le_travail, #Classes_populaires, #Inégalités, #Revenus, (...)

    #Syndicalisme


  • « L’autre Rio », portrait d’un territoire hors cadre
    https://www.bastamag.net/L-autre-Rio-portrait-d-un-territoire-hors-cadre

    Rio, août 2016. Les JO battent leur plein. Alors que les médias et les discours politiques vantent inlassablement la modernisation du Brésil, c’est un visage bien différent de la ville que nous révèle Émilie B. Guérette avec son film documentaire L’Autre Rio, actuellement dans les salles. La réalisatrice y prend le parti de rendre visibles celles et ceux qu’on a voulu cacher aux yeux du monde et des projecteurs internationaux. Des vies dont le récit dissipe les illusions. De l’autre côté d’une voie (...)

    #Chroniques

    / #Luttes_sociales, #Amériques, #Garantir_l'accès_au_logement, #Classes_populaires, #Inégalités


  • Pourquoi la nouvelle réforme des retraites pourrait encore aggraver les #Inégalités femmes-hommes
    https://www.bastamag.net/Pourquoi-la-nouvelle-reforme-des-retraites-pourrait-aggraver-les-inegalite

    La réforme des retraites annoncée par le gouvernement pour 2019 pourrait bien exacerber les fortes inégalités qui persistent dans le montant des pensions entre hommes et femmes. En cause : une possible généralisation du système par points au lieu du système par répartition, qui assurait jusqu’ici une solidarité entre carrières complètes et incomplètes, mais aussi entre hauts #Revenus et bas salaires. Les femmes seront les premières touchées, de même que les travailleurs intérimaires ou à temps partiels, (...)

    #Décrypter

    / #Syndicalisme, Inégalités, Revenus, #Protections_sociales, A la une, Quel avenir pour nos protections sociales (...)

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?


  • Essonne : « A la mairie, ils disent qu’on n’a pas le droit d’aller à l’école » (Libération)
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/04/essonne-a-la-mairie-ils-disent-qu-on-n-a-pas-le-droit-d-aller-a-l-ecole_1

    A Chilly-Mazarin, dans l’Essonne, des enfants hébergés par le Samu social se sont vu refuser une inscription dans les établissements de la ville. Depuis la rentrée, les familles se battent pour leur scolarisation.
    […]
    Comme la cantine, facturée au tarif extérieur, parce que « résident à l’hôtel » ne veut pas dire « domicilié » à Chilly-Mazarin. Pour ces familles, sans le sou par définition, le repas du midi est facturé 7 euros par enfant (c’est 5,80 euros fourchette haute pour les Chiroquois).
    […]
    Encouragés par l’association et ragaillardis, Joseph et Makanda tentent un coup. C’était il y a quinze jours. Un matin, ils déposent leurs enfants devant les grilles de l’école Pasteur à Chilly-Mazarin, près de leur hôtel. « Ils étaient là, avec leurs cartables, prêts à apprendre. Ils ont bien parlé à la directrice », raconte Joseph, esquissant un sourire de fierté. La directrice : « J’ai fait ce que je devais faire. J’ai procédé à l’admission provisoire, je les ai répartis dans les classes. Puis j’ai prévenu la hiérarchie, ainsi que la mairie. » La suite de l’histoire est à peine croyable. L’inspectrice a déboulé dans l’école « demandant de lui montrer les enfants du doigt. J’ai évidemment refusé, ils n’ont pas à être mêlés à ces histoires d’adultes », confiait-elle un peu sonnée au lendemain de l’affaire, et insistant pour que l’on précise qu’elle a de très bons rapports avec la direction académique de l’Essonne. « Elle m’a demandé de faire une information préoccupante [procédure pour les enfants en danger, ndlr] et d’appeler le commissariat afin que la police vienne sortir les enfants de l’école. J’ai refusé. »

    #éducation #école #pauvreté #inégalités #France2018 #délation #LR


  • Pour chaque personne à la rue, la France compte trois logements vacants
    https://www.bastamag.net/Pour-chaque-personne-a-la-rue-la-France-compte-trois-logements-vacants

    En France métropolitaine, 2,9 millions de logements restent vacants, dont 346 000 à Paris, selon l’institut national des statistiques (Insee), qui a publié ce 2 octobre les chiffres du parc de logements. Presque un #Logement sur dix – 8 % – sont donc vides (les résidences secondaires, même inoccupées une large partie de l’année, ne sont pas considérées comme des logements vacants). C’est un million de logement vacants en plus qu’en 1998, où leur nombre s’élevait déjà à 1,8 million. « Depuis 2006, le (...)

    En bref

    / #Garantir_l'accès_au_logement, #Inégalités, Logement, #Droits_fondamentaux


    • Tiré de :
      Global Gender Gap Report 2017

      Gender parity is fundamental to whether and how economies and societies thrive. Ensuring the full development and appropriate deployment of half of the world’s total talent pool has a vast bearing on the growth, competitiveness and future-readiness of economies and businesses worldwide. This year’s edition of the report dives into the dynamics of gender gaps across industry talent pools and occupations. The Global Gender Gap Report benchmarks 144 countries on their progress towards gender parity across four thematic dimensions: Economic Participation and Opportunity, Educational Attainment, Health and Survival, and Political Empowerment.

      http://reports.weforum.org/global-gender-gap-report-2017

      #statistiques #2017 #chiffres #rapport #base_de_données


  • 70 % des Français sont favorables à une transparence sur les écarts de salaires par niveaux dans les grandes entreprises Oxfam -02/10/2018 - Communiqué de presse
    http://oxfamfrance.org/communique-presse/justice-fiscale/70-des-francais-sont-favorables-transparence-sur-ecarts-salaires

    Un sondage de l’institut Harris Interactive publié aujourd’hui [1] révèle que 70% des Français sont favorables à ce que les grandes entreprises internationales [2] publient les écarts de salaires par niveaux entre leurs salariés. Par ailleurs, les trois quarts des Français ont le sentiment que les écarts de salaires sont aujourd’hui trop importants dans les grandes entreprises.

    Cette mesure relative à la transparence sur les écarts de salaires par quartile sera débattue par les députés cette semaine dans le cadre de l’examen de la loi PACTE qui reprend aujourd’hui.

    Elle fait l’objet depuis plusieurs semaines d’un rapport de force entre le gouvernement et une coalition de députés appartenant à différents bancs politiques dont plusieurs de la majorité qui souhaitent aller plus loin que ce qui est mis sur la table actuellement.

    Alors que le gouvernement semble vouloir s’en tenir à la publication des salaires médian et moyen, 86 députés ont répondu à l’appel d’Oxfam [3] pour soutenir publiquement la transparence sur les écarts de rémunérations par quartiles et dans tous les pays, une mesure qui consiste à demander aux entreprises de plus de 1 000 salariés de publier dans leur rapport annuel les écarts de rémunération par seuil de 25% pour chaque pays dans lesquels elles sont présentes.

    Pour Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam : « Ce sondage montre bien qu’une grande majorité des Français est préoccupée par la question des inégalités de rémunérations considérées comme trop importantes aujourd’hui dans les grandes entreprises. Le deuxième enseignement, c’est l’adhésion très nette des citoyens – qu’ils s’agissent de salariés du privé comme du public d’ailleurs [4] - pour demander aux décideurs politiques d’adopter une mesure efficace qui permettre d’initier un véritable changement dans les grandes entreprises, et non une énième mesure cosmétique comme celle que propose le Gouvernement.

    Face à un tel plébiscite, le gouvernement ne peut plus ‘faire semblant’ en adoptant une mesure coquille-vide qui ne changera rien à la situation. Rappelons-le haut et fort, la transparence sur les salaires moyens et médians ne permettra pas de suivre l’évolution des écarts de salaires entre les salaires les plus hauts et plus bas. Sans compter qu’en publiant le niveau de salaire agrégé au niveau international, la mesure ne tiendra pas compte des différences de niveaux de vie par pays et faussera les comparaisons. Seule une transparence sur les écarts de salaires au moins par quartiles dans chaque pays permet d’avoir des données véritablement utiles et opérationnelles pour mesurer les écarts de rémunération et aurait un effet incitatif à les réduire. »

    Le 14 septembre lors de l’examen du projet de loi en Commission spéciale, les députés se sont contentés d’adopter l’obligation de publier la rémunération moyenne, une mesure qui s’avère être une vraie coquille vide par rapport aux ambitions affichées initialement. L’amendement présenté par une cinquantaine de députés de la majorité qui reprenait les principales recommandations d’Oxfam en matière de transparence sur les écarts de salaire a finalement été écarté de la discussion.

    Pour Manon Aubry : « La transparence par quartile est déjà appliquée au Royaume-Uni et aux Etats-Unis avec le soutien des organisations du patronat. Il est temps que cette mesure soit adoptée en France quand on sait qu’au sein des groupes du CAC 40, un patron du CAC 40 a gagné en moyenne 280 fois le SMIC annuel. Par ailleurs, Outre-Manche, l’étude d’impact de la mesure a démontré que le coût d’application était minime pour les entreprises. Alors le gouvernement ne peut reculer et doit adopter ce qui était une promesse du Président de la République ! »

    #sondage #France #cac40 #salaires #inégalités #fiscalité #justice_fiscale #travail #femmes #Hommes

    Le sondage : LA TRANSPARENCE DES SALAIRES DANS LES GRANDES ENTREPRISES
    Comment les Français perçoivent ils la proposition de rendre transparents les écarts de salaire par niveau dans les grandes entreprises ?
    https://www.oxfamfrance.org/sites/default/files/rapport_harris_-_la_transparence_sur_les_ecarts_de_salaires_dans_les_gr
    https://twitter.com/harrisint_fr

    Sur le principe, 70% des Français se déclarent favorables à ce que les grandes entreprises publient les écarts de salaires par niveaux entre leurs salariés
    Seriez-vous favorable ou opposé(e) à ce que les grandes entreprises publient les écarts de salaires par niveaux entre leurs salariés ?

    Plus précisément, les salariés du secteur privé s’y déclarent presque aussi favorables que les salariés du secteur public (68% contre 73%)
    Seriez-vous favorable ou opposé(e) à ce que les grandes entreprises publient les écarts de salaires par niveaux entre leurs salariés ?

    De même, 71% des Français soutiennent la transparence sur les écarts de salaires en ce qui concerne les grandes entreprises internationales
    Plus précisément, seriez-vous favorable ou opposé(e) à ce que les grandes entreprises internationales publient les écarts de salaires par niveaux entre leurs salariés ? (Les grandes entreprises internationales sont définies comme employant au moins 1 000 salariés en France, ou au moins 5 000 salariés en France et à l’étranger.)

    À nouveau, les salariés du secteur privé s’y déclarent à peine moins favorables que les salariés du secteur public (71% contre 74%)
    Plus précisément, seriez-vous favorable ou opposé(e) à ce que les grandes entreprises internationales publient les écarts de salaires par niveaux entre leurs salariés ? (Les grandes entreprises internationales sont définies comme employant au moins 1 000 salariés en France, ou au moins 5 000 salariés en France et à l’étranger.)

    Les trois-quarts des Français s’accordent pour juger que les écarts de salaires sont aujourd’hui trop importants dans les grandes entreprises
    Selon vous, les écarts de salaires dans les grandes entreprises sont-ils aujourd’hui... ?

    Les salariés du secteur public expriment encore davantage le sentiment que les écarts de salaires sont aujourd’hui trop importants dans les grandes entreprises
    Selon vous, les écarts de salaires dans les grandes entreprises sont-ils aujourd’hui... ?

    Enquête réalisée en ligne les 25 et 26 septembre 2018 par Harris Interactive.
    Échantillon de 1 862 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.
    Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes :
    sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).
    Aide à la lecture des résultats détaillés :
    ▪ Les chiffres présentés sont exprimés en pourcentage.
    ▪ Les chiffres en italique sont ceux qui apparaissent significativement au-dessus de la moyenne.
    ▪ Les chiffres suivis d’un astérisque (*) sont à interpréter avec prudence en raison de la faiblesse des effectifs.