• Bernard Friot ou la stratégie de l’incantation Par Michel Husson

    À propos de : Vaincre Macron de Bernard Friot, Paris, La Dispute, 2017.
    https://alencontre.org/societe/debat-bernard-friot-ou-la-strategie-de-lincantation.html

    Le projet de « salaire à vie » de Bernard Friot peut aujourd’hui apparaître à certains comme le nec plus ultra du radicalisme. En réalité, il ne saurait dépasser le stade de l’incantation, non seulement parce que ce projet est incomplet, mais surtout parce qu’il est intrinsèquement dépourvu de toute stratégie de transformation sociale.

    Une histoire de déjà-là
    Près de la moitié du dernier livre de Bernard Friot, Vaincre Macron[1] , est consacrée à un récit qui lui permet d’inscrire son projet dans la continuité de la « révolution communiste du travail » opérée par les fondateurs de la Sécurité sociale[2]. Il faut s’appuyer sur cet existant, ce « déjà-là » anticapitaliste, qui a été en partie vidé de son contenu par les contre-réformes successives. Le salaire à vie existerait déjà pour les fonctionnaires, pour les retraités et même pour un certain nombre de salariés qualifiés de l’industrie. Il suffirait d’étendre cette logique et de renouer ainsi avec la dynamique initiale.

    Mais cette lecture, où l’œuvre des ministres communistes est longuement soulignée, est difficilement généralisable à d’autres pays voisins qui disposent eux aussi d’un État social, par ailleurs grignoté par les « réformes » comme en France. C’est souvent à l’initiative des sociaux-démocrates que les systèmes de protection sociale ont été mis en place et, horreur, certains sont financés par l’impôt plutôt que par la cotisation vertueuse. Il est difficile d’en faire des implants anti-capitalistes plutôt que les produits d’un compromis entre capital et travail, sous la pression des luttes sociales, dans une conjoncture historique sans doute révolue. Mais cette lecture a une fonction : elle sert à fonder l’idée que le passage au modèle de société que promeut Friot pourrait se faire par simple extension du « déjà là », moyennant une prise de conscience des travailleurs. La mise en avant des spécificités de l’histoire sociale de la France conduit à une absence de toute réflexion sur la situation dans les autres pays européens : le projet de Friot reste contenu dans les frontières nationales.

    La fable des retraités créateurs de richesse
    Dans son livre L’enjeu des retraites, publié en 2010, Friot explique que le doublement du PIB d’ici à 2040 permettra de financer facilement les pensions, malgré l’augmentation prévisible du nombre de retraités. Il reprend le même argumentaire trois ans plus tard :

    « On oublie toujours, quand on raisonne sur l’avenir des retraites, que le PIB progresse d’environ 1,6 % par an en volume, et donc qu’il double, à monnaie constante, en 40 ans. C’est pourquoi nous avons pu multiplier par 4,5 les dépenses de pensions depuis 1960 tout en doublant presque le revenu disponible pour les actifs ou l’investissement. Nous pourrons évidemment plus que tripler les dépenses de pensions d’ici 2040 sans que cela empêche le reste du PIB d’être multiplié par 1,8[3] ».

    Quelques années plus tard, dans sa réponse à une chronique où Jean Gadrey lui reprochait de tout attendre de la croissance[4], Friot proteste en affirmant que cette critique repose sur une « totale méprise ». Il se serait borné à prendre au mot les projections du COR (Conseil d’orientation des retraites)
    « pour dire qu’il sera plus facile de consacrer aux retraites 18 % d’un PIB de 4000 milliards d’euros qu’il ne l’est aujourd’hui d’y consacrer 13 % d’un PIB de 2000 ».

    La réalité est que Friot est passé d’une position à une autre. La première consistait à rappeler une évidence :
    « Nous finançons les pensions par un partage immédiat de la valeur ajoutée (une fraction de celle-ci, à hauteur de 25% du salaire brut, va à une cotisation sociale immédiatement transformée en pensions) ».

    La seconde constitue la découverte théorique de Friot :

    « Ce sont les retraités qui produisent les biens et services correspondant à la valeur attribuée à leur travail à travers leur salaire continué : leur pension n’est pas prise sur la valeur attribuée au travail des actifs ».

    Il devrait être clair que ces deux assertions sont contradictoires : la première dit que les pensions sont une fraction du PIB qui est immédiatement transmise aux retraités ; la seconde affirme que les pensions ne sont pas « prises » sur la valeur créée par les actifs. Et pourtant ces deux propositions figurent dans un même entretien[5] où Friot exposait les principales thèses de son livre.

    Friot a ainsi poussé jusqu’à l’absurde[6] son programme de recherche sur la cotisation parce qu’il en avait besoin pour construire son concept de salaire à vie. Cette dérive « théoriciste » le conduit finalement à abjurer son analyse initiale pour se rabattre sur la théorie de la pension comme rémunération de l’activité du retraité :

    « la monnaie distribuée aux retraités correspond non pas à une part de la richesse créée par les actifs, mais à la richesse créée par les retraités eux-mêmes[7] ».

    Même Jean-Marie Harribey qui insiste par ailleurs sur la création de valeur par les fonctionnaires ne peut suivre Friot sur ce terrain[8].

    Un modèle de socialisme inachevé
    Bernard Friot renoue avec le débat sur les « modèles de socialisme » dont il faut bien reconnaître qu’il a perdu de son actualité et qu’il est au point mort depuis au moins deux décennies. C’est assurément à mettre à son crédit mais Friot ne fait aucune référence aux débats passés sur ce sujet[9] et présente un projet incomplet, voire incohérent.

    Friot se borne souvent à construire un lexique spécifique pour désigner des notions déjà largement travaillées. Il parle par exemple de propriété « lucrative » au lieu de propriété privée des moyens de production. De telles élégances de langage ne changent rien au concept mais permettent de poser Friot en innovateur théorique. Friot utilise une notion de « valeur économique » censée prolonger l’appareil théorique marxiste sans rien lui apporter sinon un certain obscurcissement[10]. Il parle de « convention capitaliste du travail » plutôt que de rapports capitalistes de production. La « cotisation investissement » ne fait que recycler la vieille idée de « fonds d’accumulation » qui est un enjeu important des débats ignorés par Friot.

    Cette dernière remarque conduit à une deuxième critique qui va plus au fond : le modèle de Friot ne dit rien de l’articulation entre plan et marché ou plutôt entre la socialisation de l’investissement et les décisions individuelles des entreprises. Friot se borne à couper la poire en deux :

    « on peut envisager que les entreprises conservent 15 % de leur valeur ajoutée pour de l’autofinancement et qu’une cotisation progressivement portée à 15 % aille à des caisses d’investissement[11] ».

    Friot pense-t-il réellement que cette règle – qui évoque irrésistiblement Saint-Martin coupant son manteau en deux pour le partager – répond à la question-clé de la socialisation de l’investissement ? Quel est le moyen de rendre compatible les choix de la société avec la moitié du profit qui reste à la disposition des entreprises ? Comment éviter l’« égoïsme d’entreprise ? Et quid de l’autogestion ?

    Dans les débats sur les modèles de socialisme, une autre question-clé porte sur le calcul économique et en particulier sur la formation des prix. Dans une économie planifiée, il peut s’agir de « quasi-prix », de « pseudo-prix », de « prix administrés », ou encore d’« évaluations objectivement déterminées », pour reprendre le terme de Kantorovitch. Quel que soit le nom qu’on leur donne, leur fonction est de permettre un calcul économique qui prenne en compte les priorités de la société qui sont déterminées autrement que selon des mécanismes de marché. Du coup la distorsion par rapport aux prix de marché est l’instrument
    des choix politiques.
    Sur ce point, la proposition de Friot est pour le moins déroutante :

    « on pourrait décider que tout prix soit la multiplication par 1,25 du prix des consommations intermédiaires[12] ».

    Ce « on pourrait décider » souligne les imprécisions du modèle. Pourquoi 25 % ? Mais surtout comment sont fixés les prix des consommations intermédiaires, autrement dit le prix des marchandises achetées par une entreprise à d’autres ? Cette bourde montre que Friot n’a pas travaillé des questions qui ont pourtant occupé les théoriciens du socialisme depuis Marx et Engels. Plus grave, peut-être, elle révèle en creux l’absolue indifférence de Friot à la question écologique.

    Beaucoup d’autres questions restent sans réponse dans la construction de Friot, et notamment l’insertion dans l’économie mondiale. Sur ce point pourtant crucial et actuel pour tout projet de transformation sociale, Friot botte en touche :

    « Bien des questions demeurent, dont celle de l’exportation d’une telle organisation économique dans d’autres pays, ainsi que de sa compatibilité avec le libre-échange et les contraintes européennes[13] ».

    Le document du réseau salariat est encore plus évasif :

    « Concernant les échanges purement marchands, ils continueraient à se faire comme aujourd’hui au « prix du marché », avec les mêmes conséquences ou risques en termes de balance commerciale[14] ».

    Enfin le droit à l’emploi n’est pas affirmé, et Friot, même s’il récuse un tel rapprochement, se heurte aux mêmes objections que les projets de revenu universel : et si un grand nombre de personnes décide de ne rien faire du tout ? A cette question qui lui est posée dans un entretien excellemment mené[15], Friot répond :

    « les personnes qui décident de ne rien faire, moi je n’y crois pas. Parce que notre humanisation dépend de notre contribution à la production de valeur économique ».

    Mais c’est vrai aussi dans la société d’aujourd’hui, avec ses 10% de chômeurs, et cette réponse est contradictoire avec l’idée que le salaire à vie rémunère une activité autovalidée (comme celle des retraités).

    L’interrogation doit donc aller plus loin : y aura-t-il des emplois pour tout le monde et comment se réalisera la correspondance entre postes de travail et candidats à l’emploi ? Il y a là un des éléments les plus problématiques de tous les projets de société post-capitaliste. Friot répond ainsi :

    « Soit vous voulez monter une boîte et on vous dit « eh bien écoutez non, cela existe déjà, on ne subventionne pas », soit vous entrez dans une entreprise et là ça n’est pas vous qui allez décider tout seul de ce que vous allez faire, vous entrez dans un collectif qui va partager les tâches avec vous. Donc vous allez toujours vous inscrire dans des besoins exprimés par la société. Et s’il y avait pénurie sur des tâches de nuit par exemple, qui seraient indispensables dans des industries de process ou dans les hôpitaux, on pourvoirait ces postes en assurant une promotion plus rapide de ceux qui les accepteraient pour un temps limité ».

    Cette réponse est insatisfaisante parce qu’on ne sait pas qui décide aux différentes étapes décrites par Friot. Qui par exemple jouerait le rôle d’une sorte de « marché du travail » permettant d’attirer des salariés par la perspective d’une promotion plus rapide, par ailleurs contradictoire avec le principe d’un salaire uniquement lié à la qualification ?

    L’incantation comme stratégie
    Comment articuler les luttes sociales actuelles avec le projet fondé sur le « salaire à vie » ? C’est là que Friot dérape en raison de ce que l’on pourrait appeler la compacité de son projet qui le conduit à des formules provocatrices comme celle-ci :

    « Se battre pour l’emploi, c’est se tirer une balle dans le pied[16] ».

    La lutte pour un meilleur partage de la valeur équivaut pour lui à « éviter la lutte de classes » alors qu’il faudrait « changer la valeur ». Bref, Friot dénonce tous les axes actuels de mobilisation sociale comme autant de « conduites d’évitement » parce qu’ils ont le tort de ne pas reprendre son projet. C’est ce que montre ce passage assez hallucinant qui mérite d’être cité in extenso :

    « Parmi les conduites d’évitement, je viens d’évoquer la revendication d’un meilleur partage de la valeur, mais il y en a bien d’autres qui vont faire l’objet de cet entretien. Si on n’assume pas le conflit sur la valeur, on se bat non pas pour la suppression du marché du travail, mais pour le plein-emploi. Non pas pour la fonction publique, mais pour le service public. Non pas pour le salaire à vie et la copropriété d’usage des entreprises, mais pour le revenu de base, la sécurité emploi-formation ou l’allocation d’autonomie pour la jeunesse. Non pas pour une autre mesure de la valeur que le temps de travail et le refus de la productivité capitaliste, mais pour la réduction du temps de travail. Non pas pour la suppression du crédit par cotisation économique subventionnant l’investissement, mais pour un pôle public bancaire, pour un financement des emprunts publics par la Banque centrale. Non pas pour une généralisation de la cotisation à tout le PIB, mais pour une révolution fiscale. Non pas pour une pratique salariale de la valeur, mais pour la suppression du travail et de la monnaie dans une illusoire société de l’activité vouée à la seule valeur d’usage. Non pas pour la révolution tout court, mais pour la révolution informationnelle. Non pas pour l’émancipation du travail de la folie capitaliste, mais pour un développement durable. Face à la détermination offensive de la classe dirigeante depuis quarante ans, toutes ces conduites d’évitement sont autant d’erreurs stratégiques qui mènent le mouvement populaire à la défaite[17] ».

    Dans Vaincre Macron, Friot enfonce le clou en décrétant que

    « travailler moins pour travailler tous est un mot d’ordre réactionnaire qui naturalise la pratique capitaliste du travail et sa réduction aux seules activités valorisant le capital ».

    Et il va encore plus loin quand il écrit que ce serait

    « admettre que le travail est par nature en quantité limitée, et qu’il ne faut pas trop d’étrangers pour le partager ».

    Il reprend ainsi à son compte l’amalgame (injurieux et ignorant) du prix « Nobel » Jean Tirole :

    « paradoxalement, l’hypothèse sous-jacente à la fixité de l’emploi et donc à la politique de réduction du temps de travail afin de permettre un partage de l’emploi est la même que celle qui sous-tend le discours des partis d’extrême droite quand ils soutiennent que les immigrants « prendraient » le travail des résidents nationaux au motif que cet emploi serait en quantité fixe[18] ».

    Bref, militer pour la réduction du temps de travail, défendre les services publics, etc. sont autant d’« erreurs stratégiques ». Au-delà des règlements de compte avec les économistes du PCF (sécurité emploi formation, révolution informationnelle) ces insultes adressées aux revendications et aux luttes réellement existantes fonctionnent comme une injonction : soit vous basculez intégralement et immédiatement dans mon système, soit vous êtes condamnés à la défaite.

    Plus récemment, Friot s’est prêté pour l’Humanité à un exercice programmatique a priori plus immédiat. Voilà ce qu’il propose et qui mérite aussi d’être cité longuement :

    « J’évoque à la suite de la CGT le maintien du salaire entre deux emplois jusqu’à ce qu’on retrouve un emploi à salaire au moins égal ou la titularisation de tous les agents contractuels des services publics. J’évoque aussi l’abaissement de l’âge de la retraite à 50 ans à 100 % du salaire net des six meilleurs mois, et cela indépendamment de la durée de cotisation (ces travailleurs ainsi payés par la caisse de retraite pouvant mettre leur savoir-faire au service d’entreprises marchandes, propriété de leurs salariés), le paiement par l’Unedic pendant trois ans des salaires des salariés reprenant leur entreprise en Scop, l’attribution aux 10 cohortes suivant la majorité (les 18-27 ans) du premier niveau de qualification et donc de salaire à vie (par exemple, 1500 euros par mois). Amorcer ainsi la pompe de la généralisation du salaire suppose que les entreprises versent à la caisse des salaires (l’Unedic, transformée et gérée par les seuls travailleurs) une cotisation nouvelle de l’ordre de 15 % de leur valeur ajoutée, étant entendu qu’elles n’auraient plus à payer, elles, les travailleurs payés par la caisse. Cette cotisation nouvelle serait compensée en totalité par le non-versement de dividendes et le non-remboursement de dettes contractées pour investir dans l’outil de travail : les dettes privées pour financer l’investissement sont aussi illégitimes que la dette publique, et les dividendes doivent disparaître[19] ». _

    Évidemment, ça décoiffe ! Friot pense pourtant qu’il ne fait que prolonger les implications du « déjà-là » hérité de l’action des ministres communistes dans l’immédiat après-guerre. Mais un tel programme équivaut à socialiser une grande partie de l’économie : le système financier d’abord puisqu’on annule toutes les actions (plus de dividendes) et une bonne partie de l’actif des banques (plus de dettes), les entreprises ensuite, avec 15 % de leur valeur ajoutée qui passent à l’Unedic, sans parler de l’augmentation de cotisation pour financer la retraite à 50 ans à 100 % du salaire net. Cette surenchère ne peut convaincre qu’une frange de disciples et elle ne dessine pas une trajectoire crédible de transformation sociale.

    La démarche de Friot est en réalité un obstacle à l’élaboration d’un projet alternatif doté d’une logique de transition ou de bifurcation vers un autre modèle. Une bonne partie de son activité (ainsi que celle de ses disciples du Réseau salariat) consiste d’ailleurs à déconsidérer – voire insulter comme on l’a vu – tout projet qui n’a pas le salaire à vie comme objectif.

    En appelant à se projeter dans un futur indistinct, Friot ignore toute mesure d’urgence comme l’augmentation du salaire minimum et des minima sociaux. Il s’oppose violemment à la réduction de la durée de travail comme instrument de lutte contre le chômage au profit d’une « autre mesure de la valeur que le temps de travail et le refus de la productivité capitaliste » ce qui n’a rien à voir, à moins d’assimiler de manière malhonnête le projet de travailler tou(te)s pour travailler moins avec l’intensification capitaliste du travail.

    En faisant miroiter un salaire à vie le projet de Friot contourne toute élaboration d’une version radicale de la sécurité sociale professionnelle[20]. La renonciation ou en tout cas l’absence de priorité accordée au plein-emploi empêche d’envisager une logique d’Etat « employeur en dernier ressort ». Quant à la nécessité de faire face au défi climatique, elle est totalement absente du modèle.

    L’unique chemin
    Dans le dernier chapitre de Vaincre Macron, Bernard Friot propose de « poursuivre le geste de création du régime général en 1946 » et rappelle sans rien y ajouter les grandes lignes de son programme. Le livre se termine par cette interrogation légitime : « Que répondre au lecteur qui trouve le projet enthousiasmant et le chemin impossible ? ». La réponse de Friot est que « le projet est le chemin » et que c’est le seul :
    « l’alternative communiste ne viendra que par l’alternative communiste, et l’affermissement des prémices de cette alternative est l’unique chemin ».

    Cette idée d’un chemin unique en dit long sur la fermeture du système-Friot. Le salariat est confronté à un choix binaire : soit se rallier à son programme, par exemple en refusant « le remboursement des dettes d’investissement et le versement des dividendes », en organisant « la hausse des cotisations et [la création] des caisses d’investissement », soit, encore une fois, se condamner à de nouvelles défaites. Bref, c’est tout ou rien :

    « tout atermoiement dans la poursuite du déjà-là laisse du champ à la bourgeoisie et désarme le salariat ».

    Cette stupéfiante prétention à tracer « l’unique chemin » dans un vide stratégique abyssal conduit à reprendre en conclusion ce commentaire sévère de Mateo Alaluf :

     « En ce qui concerne l’engagement politique, un tel système théorique désincarné se traduit par des pratiques sectaires. Le droit politique au salaire, revendiqué par ses disciples, ne revêt en conséquence qu’une portée incantatoire[21] ». (17 janvier 2018)

    Notes
    [1] Bernard Friot, Vaincre Macron, La Dispute, 2017.
    [2] Pour une critique de ce récit, voir Jean-Claude Mamet, « Autour du dernier livre de Bernard Friot : Vaincre Macron », Entre les lignes entre les mots, 24 décembre 2017,
    [3] Bernard Friot, « Financement des retraites : l’enjeu des cotisations patronales », Autisme-economie.org, 16 mai 2003.
    [4] Jean Gadrey, « Retraites : les curieuses thèses de Bernard Friot » (1), 28 août 2013 ; Bernard Friot, « Premier commentaire », 30 août 2013.
    [5] Bernard Friot, « La retraite ? un salaire continué », Alternative libertaire, mai 2010.
    [6] L’auteur de ces lignes (un retraité) crée assurément une richesse considérable en écrivant cet article, mais en serait-il de même s’il se consacrait à l’audition de l’intégrale des Chaussettes noires ?
    [7] Bernard Friot, L’enjeu des retraites, La Dispute, 2010.
    [8] Jean-Marie Harribey, « Les retraités créent-ils la valeur monétaire qu’ils perçoivent ? », Revue française de socio-économie, n° 6, 2010. Voir aussi Henri Sterdyniak, « A propos de Bernard Friot, quelques remarques », blog Mediapart, 3 juin 2016 ; Pierre Khalfa, « Des théorisations fragiles aux implications politiques hasardeuses », Les Possibles n° 11, automne 2016.
    [9] Voir par exemple : Thomas Coutrot, « Socialisme, marchés, autogestion : un état du débat », séminaire Matisse « Hétérodoxies », 18 octobre 2002, et les textes réunis sur le site du défunt « Groupe d’études un socialisme pour demain ».
    [10] Alain Bihr, « Universaliser le salaire ou supprimer le salariat ? », A l’encontre, 13 juin 2013.
    [11] Bernard Friot, « La cotisation, levier d’émancipation », Monde diplomatique, février 2012.
    [12] Bernard Friot, Emanciper le travail, La dispute, 2014.
    [13] Bernard Friot, « En finir avec les luttes défensives », Le Monde diplomatique, novembre 2017.
    [14] Réseau salariat, Caisses d’investissement et monnaie, août 2016.
    [15] Bernard Friot, « Nous pouvons organiser nous-mêmes le travail, sans employeurs, ni prêteurs », Le Comptoir, 6 octobre 2017. Propos recueillis par Luc Toupense.
    [16] Bernard Friot, Emanciper le travail, La dispute, 2014, pp.105-106.
    [17] Bernard Friot, idem, pp.100-101.
    [18] Jean Tirole, Economie du bien commun, 2016. Pour une critique, voir Michel Husson, « Les anti-RTT : arrogance et gros sabots », Alternatives économiques, 25 mai 2016.
    [19] Bernard Friot, « Le salaire universel, droit politique », L’Humanité, 20 Juin 2016.
    [20] Laurent Garrouste, Michel Husson, Claude Jacquin, Henri Wilno, Supprimer les licenciements, Syllepse, 2006.
    [21] Mateo Alaluf, « La solidarité est-elle contre révolutionnaire ? », Ensemble ! n° 88, septembre 2015.

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  • A contre-courant du féminisme carcéral

    Le #système_judiciaire protège-t-il les #femmes ? Si, pour la plupart des féministes, la lutte contre les #violences_sexistes et sexuelles passe par l’#incarcération des agresseurs, la chercheuse et militante #Gwenola_Ricordeau plaide au contraire dans son essai "Pour elles toutes : femmes contre la prison" pour un combat féministe émancipé du #système_pénal.

    Le jour où la prison a cessé d’être une abstraction pour moi, j’ai été convaincue qu’il fallait l’abolir. Ce n’est donc pas par un cheminement théorique, mais par les tripes, que s’est imposée à moi l’idée de l’abolition de la prison : je ne savais pas bien comment on pouvait s’y prendre – ni même si d’autres y avaient songé avant moi. J’avais une vingtaine d’années et je savais que j’allais y consacrer une partie de ma vie.

    Dans les années qui ont suivi, j’ai découvert, émerveillée, les idées que désigne généralement l’expression « abolitionnisme pénal » et rencontré d’autres abolitionnistes, notamment grâce à mon engagement dans des luttes anticarcérales. Mon abolitionnisme n’a pourtant pas été totalement étranger à mon parcours féministe dont la construction doit beaucoup à mon expérience d’avoir eu des proches en prison. J’ai pris conscience très tôt de vivre là une expérience de femme. Car si les prisons sont surtout remplies d’hommes, il y a, devant leurs portes, presque seulement des femmes. Et j’ai su très rapidement que ce sont elles qui, pour l’essentiel, assurent dehors les tâches de solidarité matérielle et émotionnelle qui sont nécessaires à la survie des hommes dedans.

    Mon parcours féministe a aussi été façonné par la réflexion que m’ont obligée de mener plusieurs événements plus ou moins dramatiques de ma vie. Cette réflexion découlait d’une question : quelles formes de réparation, de reconnaissance et de protection pouvais-je attendre du système judiciaire ? J’ai été amenée à y répondre de diverses manières, à trois occasions au moins, puisque j’ai dû recourir au système judiciaire dans deux situations d’urgence et que j’ai pu choisir de refuser de le faire dans une autre. Pourtant, ces diverses expériences m’ont toutes laissée insatisfaite. En raison du caractère structurel des violences auxquelles j’ai été confrontée, qu’elles aient été interpersonnelles ou d’Etat, je savais pertinemment que rien n’avait été vraiment résolu – même si se défendre d’un homme et se défendre de l’Etat ont des implications fort différentes. J’ai donc été bien moins intéressée par l’idée d’user, sur le terrain judiciaire, de mon bon droit que de contribuer, sur le terrain politique, à la résolution collective des conditions qui avaient rendu possibles ces violences.
    Combattre la « justice patriarcale »

    Je suis convaincue depuis maintenant une quinzaine d’années de la nécessité d’abolir la prison. Je connais donc bien l’étonnement que suscite fréquemment une telle position. Je sais aussi qu’une question ne tarde jamais à être posée : « Et les violeurs ? » J’aime répondre, en particulier aux femmes, par une autre question : « Que pensez-vous de la manière dont ont été traités les cas de violences sexuelles dont vous avez eu personnellement connaissance ? »

    Je n’ai jamais obtenu une réponse simple. J’ai écouté des souvenirs et parfois des confidences. J’ai entendu de la rancœur, de la honte, des inquiétudes, de la tristesse. Chaque femme, à sa manière, esquissait le portrait d’un système judiciaire pas toujours juste et d’une justice des hommes à laquelle on n’est pas toujours sûres de pouvoir faire confiance. Parce que ces discussions confrontaient chacune à ses doutes, ses peurs, ses colères ou ses espoirs, il était difficile d’y mettre fin.

    Les femmes servent, de plus en plus souvent, de prétexte pour justifier le durcissement des politiques pénales, quand celui-ci n’est pas directement imputable aux mobilisations féministes, en particulier parce que les auteurs d’infractions à caractère sexuel sont, avec les auteurs d’attaques terroristes, la principale figure du danger que brandissent les défenseurs de ces politiques pénales. Or l’échec des politiques mises en place jusqu’ici pour résoudre le problème des violences sexuelles est flagrant : l’ampleur du nombre de femmes qui ne portent pas plainte indique la faiblesse de la proposition politique des courants féministes qui promeut des réponses pénales aux violences sexuelles. Mais le système pénal n’a-t-il jamais protégé les femmes ? Quelle sorte de femme faut-il être pour avoir encore confiance dans le système judiciaire ?

    Des femmes sont en prison, certes en plus petit nombre que les hommes. Néanmoins, les conséquences sociales (en particulier sur les enfants) de leur incarcération sont plus importantes que dans le cas des hommes. Des femmes sont aussi très nombreuses – je l’ai évoqué plus haut – devant les portes des prisons. Preuve d’amour, d’amitié, ou de sympathie, mais aussi de l’obligation de solidarité qui est faite aux femmes. Alors, combien faudrait-il de femmes en plus derrière les barreaux et dans les parloirs des prisons pour que la prison soit incontestablement une question féministe ?

    Voilà quelques pistes de réflexion qui suggèrent qu’on peut puiser dans le féminisme des critiques radicales du système pénal. N’a-t-on pas au moins autant de raisons de combattre la « justice patriarcale » que la « justice bourgeoise » ou la « justice raciste » ? Et si l’on considère ce que fait la « justice » aux personnes LGBTQ, ces critiques radicales ne peuvent-elles pas au moins s’appuyer sur la pensée queer ?

    Parce qu’il a été façonné par mon abolitionnisme et par mes expériences du système judiciaire, mon féminisme est allergique à ce qu’on associe généralement au « féminisme », c’est-à-dire des appels, au nom des femmes, à la criminalisation de plus de types d’actes et au prononcé de peines plus sévères. Ce même féminisme qui s’indigne de la condamnation en France de Catherine Sauvage 1, qui dénonce facilement le fait que d’autres Catherine Sauvage soient en prison, mais qui ne considérera jamais la prison comme un problème pour les femmes.

    Alors, peut-on laisser à ce courant du féminisme le monopole des victimes ? Les abolitionnistes comme les féministes ne peuvent se tenir à l’écart des discussions que soulèvent à la fois les besoins de justice des femmes et le sort de celles qui sont confrontées à la prison. De qui et de quoi le système pénal protège-t-il les femmes ? Qui entend la voix des femmes incarcérées ? De celles qui ont des proches en prison ? Toutes ces questions suggèrent une discussion entre féminisme et ­abolitionnisme pénal.
    Analyses féministes et abolitionnistes

    Engager cet échange n’est pas simple, car les luttes féministes et les luttes abolitionnistes sont souvent présentées, notamment en France, comme antagonistes. Les premières sont réputées plaider, dans leur ensemble, pour plus de répression, tout particulièrement à l’encontre des auteurs de violences faites aux femmes. Dans le même temps, les luttes abolitionnistes sont généralement soupçonnées de se désintéresser des victimes et singulièrement, parmi elles, des femmes. Pour rendre la discussion plus épineuse encore, le terme « abolitionnisme » sème la confusion quand on parle de féminisme, car il peut servir à désigner la position de certains de ses courants à l’égard de la prostitution – position du reste assez éloignée de celles de l’abolitionnisme pénal.

    Un peu de bonne volonté et un vocabulaire mieux défini ne suffiront pas pour venir à bout de cette discussion. En effet, l’abolitionnisme pénal se trouve, avec certains courants du féminisme (comme avec certaines luttes antiracistes ou LGBTQ), devant une vraie contradiction : les politiques de la reconnaissance menées sur le terrain du droit et des droits s’accompagnent assez naturellement d’appels à la création de nouvelles infractions (par exemple, liées aux discriminations). Or la criminalisation de certains actes, et donc de certaines personnes, va à l’encontre du projet abolitionniste.

    Pour elles toutes vise à délier ce nœud, en répondant essentiellement à trois questions. Le système pénal protège-t-il les femmes ? Qu’est-ce que le système pénal fait aux femmes qui y sont confrontées ? Faut-il inscrire les luttes féministes sur le terrain du droit ? L’exploration systématique des formes de protection que les femmes peuvent (ou non) attendre du système pénal et des manières dont elles sont affectées par son existence, et en particulier par celle de la prison (qu’elles soient incarcérées ou qu’elles aient des proches en prison), suggère, sur les plans théorique et stratégique, deux autres questions. Comment penser l’articulation des analyses féministes et abolitionnistes ? Quelles stratégies adopter pour s’émanciper du système pénal ?

    J’écris à la lumière de mon expérience personnelle et militante, mais aussi des recherches que je mène depuis une dizaine d’années, en particulier sur les solidarités familiales des personnes détenues. S’il me revient l’entière responsabilité des réflexions que j’expose dans ce livre, je sais aussi ce qu’elles doivent aux échanges auxquels j’ai participé grâce à mon engagement dans des luttes anticarcérales et dans l’abolitionnisme pénal, principalement en France et, depuis quelques années, aux Etats-Unis où je vis désormais. Elles doivent aussi beaucoup à mes nombreuses rencontres avec des féministes, des proches de personnes détenues et des militant.es à travers le monde. Je ne prétends donc pas, avec ce livre, faire trembler les théories politiques, ni, à vrai dire, écrire des choses qui n’ont pas déjà été dites, pensées ou discutées par d’autres ou collectivement – et aussi écrites, surtout en anglais.

    Comprendre comment s’est tissée notre dépendance au système pénal est un travail long et minutieux. Il faut détricoter de ce côté-là pour pouvoir, de l’autre, tisser ensemble féminisme et abolitionnisme pénal. Ce livre s’y emploie, avec pour fil conducteur celui-là même avec lequel j’ai cousu la trame de mes engagements politiques. Car je suis féministe, donc pour l’abolition du système pénal, et je suis pour l’abolition du système pénal, donc féministe. Parce que féministe tant qu’il le faudra et abolitionniste tant qu’il y aura des prisons, j’espère contribuer à faire résonner, dans les luttes féministes comme dans les luttes abolitionnistes, le slogan : « #Femmes_contre_la_prison ! »

    https://lecourrier.ch/2021/06/06/a-contre-courant-du-feminisme-carceral
    #féminisme #prisons #emprisonnement #justice #violences_sexuelles #abolitionnisme #abolitionnisme_pénal #solidarité_matérielle #solidarité_émotionnelle #réparation #reconnaissance #protection #violence #justice_patriarcale #patriarcat #viols #échec #criminalisation #répression #droit #droits #solidarités_familiales

    • Pour elles toutes. Femmes contre la prison

      « Comprendre comment s’est tissée notre dépendance au système pénal est un travail long et minutieux. Il faut détricoter de ce côté-là pour pouvoir, de l’autre, tisser ensemble féminisme et abolitionnisme pénal. Parce que féministe tant qu’il le faudra et abolitionniste tant qu’il y aura des prisons. »

      Les luttes féministes et les luttes pour l’abolition du système pénal et de la prison sont souvent présentées comme antagonistes. Le présent ouvrage vise à délier ce nœud en explorant les formes de protection que les femmes peuvent (ou non) attendre du système pénal et en mettant en lumière les manières dont celui-ci affecte leur existence, qu’elles soient incarcérées ou qu’elles aient des proches en prison.

      Le système pénal protège-t-il les femmes ? Que fait-il aux femmes qui y sont confrontées ? Faut-il inscrire les luttes féministes sur le terrain du droit ? En répondant à ces questions, Gwenola Ricordeau dénonce la faiblesse de la proposition politique des courants féministes qui promeuvent des réponses pénales aux violences contre les femmes. Critique du « féminisme carcéral », elle plaide pour des formes d’autonomisation du système pénal.

      https://luxediteur.com/catalogue/pour-elles-toutes
      #livre

  • L’Espagne légalise l’euthanasie, devenant le sixième pays au monde le faire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/18/l-espagne-devient-le-quatrieme-pays-europeen-a-legaliser-l-euthanasie_607359

    La nouvelle législation espagnole, qui doit entrer en vigueur en juin, autorise aussi bien l’#euthanasie – c’est-à-dire lorsque le soignant provoque la #mort du patient – que le #suicide_médicalement_assisté – lorsque le patient prend lui-même la dose prescrite. Ils seront réservés aux personnes ayant « une maladie grave et incurable » ou des douleurs « chroniques [les] plaçant dans une situation d’#incapacité ». Les patients seront en droit de demander l’aide du corps médical pour mourir et s’éviter ainsi « une #souffrance_intolérable ».

  • #InCasa : 250 épisodes de l’émission culte Strip-tease visibles gratuitement en replay (Franceinfo)
    https://www.crashdebug.fr/diversifion/17107-incasa-250-episodes-de-l-emission-culte-strip-tease-visibles-gratui

    Une Bonne nouvelle pour terminer la journée, ça date de quelques jours, mais la RTBF à mis en ligne gratuitement (il suffit de créer un compte sur leur site) 250 épisodes de l’émission « strip-tease », c’est une émission incroyable, qui comme elle le dit « déshabille la société », c’est même une des meilleures émissions que j’ai vue de ma vie. Du reste je vous recommande chaudement « Au pays des merveilles » (ci-dessous), et ce n’est qu’UN épisode... Hélas elle passait assez tard le soir, donc ce n’était pas évident.

    Bref…. A ne pas louper ! (Merci beaucoup à nos amis belges pour ces perles télévisuelles)

    Bonne soirée, ; )

    Amitiés,

    L’Amourfou

    La soucoupe et le perroquet est un des plus célèbres épisodes de Strip-tease. Ils sont désormais presque tous

    visibles en replay. / (c) Strip-tease / Youtube (...)

    #En_vedette #Divers

  • Coronavirus : pourquoi le taux de mortalité est-il aussi bas en #Allemagne  ?
    https://www.sudouest.fr/2020/03/19/coronavirus-pourquoi-le-taux-de-mortalite-est-il-aussi-bas-en-allemagne-734

    « Nous avons reconnu très tôt ici la maladie dans notre pays : nous sommes en avance en matière de diagnostic, de détection », affirme Christian Drosten, directeur de l’Institut de virologie à l’hôpital de la Charité à Berlin. Ce critère, associé à l’important maillage territorial de laboratoires indépendants en Allemagne qui dès janvier – alors que le nombre de cas positifs était encore très faible – ont commencé à tester les gens, aurait permis aux docteurs du pays de mieux diagnostiquer la maladie et d’écarter en quarantaine les cas les plus à risque.

    Ces nombreux laboratoires augmentent la capacité de dépistage, estimé à quelque 12 000 par jour par l’Institut Robert Koch (IRK), qui pilote la lutte contre l’épidémie. Se faire tester en Allemagne reste compliqué mais, aux dires des experts, plus simple que dans d’autres pays : l’apparition de symptômes couplée au contact avec un cas confirmé ou une personne revenant d’une zone à risque suffisent.

    • des tests immunologiques seraient aussi intéressants, car, si j’ai développé des anticorps, cela veut dire que, dans certains cas, notamment les relations d’aide et de soin, je pourrais à nouveau travailler sans risquer d’être infectée.

    • Deux causes principales pour expliquer la faible mortalité allemande :
      L’Allemagne est dans le peloton de tête en nombre de lits de soins intensifs (https://seenthis.net/messages/832342) et de lits de réanimation (https://seenthis.net/messages/832636) ; les tests sont beaucoup plus systématiques (ce que facilite grandement leur gratuité) d’où une prise en charge beaucoup plus précoce.

      J’y ajoute, après lecture des deux articles ci-dessous, un suivi médical soigneux des sujets contacts et des malades isolés à domicile, et le nombre plus élevé de sujets jeunes PCR positifs du fait que les tests ne se cantonnent pas aux cas les plus sévères.

      Par ailleurs grâce aux tests et l’isolement qui s’en suit, on diminue le nombre de contaminations et on évite ainsi que les capacités hospitalières soient dépassées.

    • La question demeure à ce jour,

      A German Exception ? Why the Country’s Coronavirus Death Rate Is Low - The New York Times
      https://www.nytimes.com/2020/04/04/world/europe/germany-coronavirus-death-rate.html

      Paywall pour moi, mais trouvé ici :
      A German exception ? Why the country’s coronavirus death rate is low - The Economic Times
      https://m.economictimes.com/news/international/world-news/a-german-exception-why-the-countrys-coronavirus-death-rate-is-low/articleshow/74989886.cms

      They call them corona taxis: Medics outfitted in protective gear, driving around the empty streets of Heidelberg, Germany, to check on patients who are at home, five or six days into being sick with the coronavirus.

      They take a blood test, looking for signs that a patient is about to go into a steep decline. They might suggest hospitalization even to a patient who has only mild symptoms; the chances of surviving that decline are vastly improved by being in a hospital when it begins.

      “There is this tipping point at the end of the first week,” said professor Hans-Georg Kräusslich, head of virology at University Hospital in Heidelberg, one of the country’s leading research hospitals. “If you are a person whose lungs might fail, that’s when you will start deteriorating.”

      Heidelberg’s corona taxis are only one initiative in one city. But they illustrate a level of engagement and a commitment of public resources in fighting the epidemic that help explain one of the most intriguing puzzles of the pandemic: Why is Germany’s death rate so low?

      The virus and the resulting disease, COVID-19, have hit Germany with force: According to Johns Hopkins University, the country had more than 92,000 laboratory-confirmed infections as of midday Saturday, more than any other country except the United States, Italy and Spain.

      But with 1,295 deaths, Germany’s fatality rate stood at 1.4% compared with 12% in Italy; around 10% in Spain, France and Britain; 4% in China; and 2.5% in the United States. Even South Korea, a model of flattening the curve, has a higher fatality rate: 1.7%.

      “There has been talk of a German anomaly,” said Hendrik Streeck, director of the Institute of Virology at the University Hospital Bonn. Streeck has been getting calls from colleagues in the United States and elsewhere.

      “‘What are you doing differently?’ they ask me,” he said. “‘Why is your death rate so low?’”

      There are several answers to this question, experts say — a mix of statistical distortions and very real differences in how the country has taken on the epidemic.

      The average age of those infected is lower in Germany than in many other countries. Many of the early patients caught the virus in Austrian and Italian ski resorts and were relatively young and healthy, Kräusslich said.

      “It started as an epidemic of skiers,” he said.

      As infections have spread, more older people have been hit, and the death rate — only 0.2% two weeks ago — has risen, too. But the average age of contracting the disease remains relatively low, at 49. In France, it is 62.5, and in Italy 62, according to their latest national reports.

      Another explanation for the low fatality rate is that Germany has been testing far more people than most nations. That means it catches more people with few or no symptoms, increasing the number of known cases but not the number of fatalities.

      “That automatically lowers the death rate on paper,” said Kräusslich.

      But there are also significant medical factors that have kept the number of deaths in Germany relatively low, epidemiologists and virologists say, chief among them early and widespread testing and treatment, plenty of intensive care beds and a trusted government whose social distancing guidelines are widely observed.

      Testing
      In mid-January, long before most Germans had given the virus much thought, Charité hospital in Berlin had already developed a test and posted the formula online.

      By the time Germany recorded its first case of COVID-19 in February, laboratories across the country had built up a stock of test kits.

      “The reason why we in Germany have so few deaths at the moment compared to the number of infected can be largely explained by the fact that we are doing an extremely large number of lab diagnoses,” said Dr. Christian Drosten, chief virologist at Charité, whose team developed the first test.

      By now, Germany is conducting around 350,000 coronavirus tests a week, far more than any other European country. Early and widespread testing has allowed authorities to slow the spread of the pandemic by isolating known cases while they are infectious. It has also enabled lifesaving treatment to be administered in a more timely way.

      “When I have an early diagnosis and can treat patients early — for example, put them on a ventilator before they deteriorate — the chance of survival is much higher,” Kräusslich said.

      Medical staff, at particular risk of contracting and spreading the virus, are regularly tested. To streamline the procedure, some hospitals have started doing block tests, using the swabs of 10 employees, and following up with individual tests only if there is a positive result.

      At the end of April, health authorities also plan to roll out a large-scale antibody study, testing random samples of 100,000 people across Germany every week to gauge where immunity is building up.

      One key to ensuring broad-based testing is that patients pay nothing for it, said Streeck. This, he said, was one notable difference with the United States in the first several weeks of the outbreak. The coronavirus relief bill passed by Congress last month does provide for free testing.

      “A young person with no health insurance and an itchy throat is unlikely to go to the doctor and therefore risks infecting more people,” he said.

      Tracking
      On a Friday in late February, Streeck received news that for the first time, a patient at his hospital in Bonn had tested positive for the coronavirus: A 22-year-old man who had no symptoms but whose employer — a school — had asked him to take a test after learning that he had taken part in a carnival event where someone else had tested positive.

      In most countries, including the United States, testing is largely limited to the sickest patients, so the man probably would have been refused a test.

      Not in Germany. As soon as the test results were in, the school was shut, and all children and staff were ordered to stay at home with their families for two weeks. Some 235 people were tested.

      “Testing and tracking is the strategy that was successful in South Korea, and we have tried to learn from that,” Streeck said.

      Germany also learned from getting it wrong early on: The strategy of contact tracing should have been used even more aggressively, he said.

      All those who had returned to Germany from Ischgl, an Austrian ski resort that had an outbreak, for example, should have been tracked down and tested, Streeck said.

      A Robust Public Health Care System
      Before the coronavirus pandemic swept across Germany, University Hospital in Giessen had 173 intensive care beds equipped with ventilators. In recent weeks, the hospital scrambled to create an additional 40 beds and increased the staff that was on standby to work in intensive care by as much as 50%.

      “We have so much capacity now, we are accepting patients from Italy, Spain and France,” said Susanne Herold, a specialist in lung infections at the hospital who has overseen the restructuring. “We are very strong in the intensive care area.”

      All across Germany, hospitals have expanded their intensive care capacities. And they started from a high level. In January, Germany had some 28,000 intensive care beds equipped with ventilators, or 34 per 100,000 people. By comparison, that rate is 12 in Italy and 7 in the Netherlands.

      By now, there are 40,000 intensive care beds available in Germany.

      Some experts are cautiously optimistic that social distancing measures might be flattening the curve enough for Germany’s health care system to weather the pandemic without producing a scarcity of lifesaving equipment like ventilators.

      “It is important that we have guidelines for doctors on how to practice triage between patients if they have to,” Streeck said. “But I hope we will never need to use them.”

      The time it takes for the number of infections to double has slowed to about eight days. If it slows a little more, to between 12 and 14 days, Herold said, the models suggest that triage could be avoided.

      “The curve is beginning to flatten,” she said.

      Trust in Government
      Beyond mass testing and the preparedness of the health care system, many also see Chancellor Angela Merkel’s leadership as one reason the fatality rate has been kept low.

      Merkel has communicated clearly, calmly and regularly throughout the crisis as she imposed ever-stricter social distancing measures on the country. The restrictions, which have been crucial to slowing the spread of the pandemic, met with little political opposition and are broadly followed.

      The chancellor’s approval ratings have soared.

      “Maybe our biggest strength in Germany,” said Kräusslich, “is the rational decision-making at the highest level of government combined with the trust the government enjoys in the population.”

    • Covid-19 : le faible taux de mortalité en Allemagne - Sciences et Avenir
      https://www.sciencesetavenir.fr/sante/pourquoi-y-a-t-il-si-peu-de-cas-mortels-de-covid-19-en-allemagne_14

      [...] Mais comme l’explique la Süddeutsche Zeitung, ce chiffre ne signifie pas que le virus est moins mortel en Allemagne qu’ailleurs. Il s’agit en réalité d’une « déformation #statistique », car il faut tenir compte de différents critères comme le nombre de cas non recensés, qui serait plutôt faible, mais aussi la gravité des symptômes. Sont ainsi prises en compte dans les statistiques allemandes de nombreuses personnes ne présentant que des formes légères de la maladie, tandis qu’en Italie c’est le contraire qui se produit, induisant un fort taux de mortalité, qui indiquerait plutôt qu’un grand nombre de personnes jeunes infectées sont passées à travers les mailles du filet.

      [...]

      La Süddeutsche Zeitung dénombre cinq critères pouvant influencer le taux de mortalité : l’âge des personnes [testées] infectées (en Allemagne 80% ont moins de 60 ans, en Italie 56% ont plus de 60 ans), la santé pulmonaire, la pollution atmosphérique, la résistance aux antibiotiques, et enfin la qualité et les capacités du système de santé.

      La question des tests qui permet de limiter les contaminations et une prise en charge plus précoce est aussi abordée plus loin.

    • merci @kassem Quand tu te dis que c’est un des acteurs majeurs de l’#Europe, tu peux te demander elle est où là l’#Europe tant vanté par macron avec le retard criminel qu’à pris la France ?
      Comme si la bande d’#incapables_LREM ne parlait pas allemand, n’avait pas d’ambassadeur, pas de surveillance ni d’espionnage des pays voisins.
      Y’a pas besoin de chercher très loin, dès le début du mois de janvier les allemands se sont préparés pendant qu’en france ils détruisaient les retraites et lançaient des LBD.
      #on_viendra_vous_chercher

      Le 24 février 2020, le Ministre de la Santé Jens Spahn déclarait en effet : « L’épidémie de coronavirus est arrivée en Europe. Nous devons donc nous attendre à ce qu’elle se propage aussi en Allemagne. L’Allemagne s’y est au mieux préparée. » Cette préparation a commencé dès le début du mois de janvier, avant même que le premier patient infecté soit identifié le 27 janvier en Bavière. Une seule procédure a dès lors été appliquée à tous les cas identifiés, aux personnes contact et aux personnes en provenance de zones à risque : mise en quarantaine immédiate, puis tests en fin de quarantaine. Ces mesures ont permis de circonscrire les trois clusters allemands (en Bavière, Rhénanie-du-Nord-Westphalie et dans le Bade-Wurtemberg) dès la fin février, dans le but d’interrompre le plus vite possible les chaînes d’infection.

  • « On nous appelait les #prisonniers politiques » : des #gilets_jaunes #incarcérés racontent - Basta !
    https://www.bastamag.net/gilets-jaunes-prisonniers-politique-colere-sociale-detention-justice

    Plus de 400 gilets jaunes, condamnés à de la #prison_ferme, purgent ou ont purgé leurs peines. Certains ont accepté de raconter à Basta ! leur découverte de l’#univers_carcéral, une expérience qui marque les personnes et souvent déstabilise les familles. Tout en laissant une trace profonde sur le mouvement.

    En plus d’un an près de 440 gilets jaunes ont été incarcérés pour des peines de un mois à trois ans. Cette répression, menée sur le plan judiciaire et carcéral, a bouleversé leurs vies et celles de leurs proches, et affecté l’ensemble du mouvement. À #Montpellier, Perpignan, #Narbonne, #Le_Mans et d’autres villes, Bastamag a rencontré plusieurs prisonniers et leurs soutiens, qui nous ont raconté leur expérience.

    [...]

    Malgré ces conditions très difficiles, de nombreux gilets jaunes interrogés témoignent du respect exprimé par les autres détenus. « Mon nom c’était le "gilet jaune du B2 rez-de-chaussée", se souvient Victor. Pendant les promenades, certains prisonniers me posaient des questions sur le mouvement. Certains disaient "Quand on sort, si ça continue on sera avec vous !" »

    L’ambiance est similaire à #Perpignan. « On nous appelait les "#prisonniers_politiques". La majorité des détenus soutenaient les gilets jaunes. Ils savaient qu’on avait manifesté pour la justice et la dignité, témoigne Abdelaziz. Les prisonniers, majoritairement issus des quartiers populaires, y aspirent aussi. Ils sont souvent incarcérés parce qu’ils ont fait des actions illicites pour obtenir de l’argent et améliorer leur quotidien. »

    Parfois, les #manifestations de #soutien sont allées jusqu’au personnel de la #prison. « Une des surveillantes m’appelait "#camarade" », se souvient Victor. Abdelaziz est encore plus affirmatif : « Les trois-quarts des gardiens nous soutenaient, et le reste ce sont des fachos. L’un d’entre eux participait même au mouvement au début. » Sourire aux lèvres, Victor évoque même des encouragements, à mots couverts, de la psychologue chargée de son suivi. « Elle a fini par me dire que j’avais raison d’aller aux manifestations. »

  • L’utilisation massive de #gaz_lacrymogènes inquiète les #scientifiques du monde entier
    https://m.reporterre.net/L-utilisation-massive-de-gaz-lacrymogenes-inquiete-les-scientifiques-d

    L’utilisation massive des #gaz #lacrymogènes pour #réprimer les #foules est alarmante : aspergés en grande quantité, de manière répétée, ou dans des milieux confinés, ils se révèlent dangereux comme le montrent plusieurs #études_scientifiques.

    [...]

    « De nombreux rapports indiquent que l’utilisation et le mauvais usage de ces produits chimiques peuvent causer des blessures graves », indiquent les auteurs. Sur plus de 5.000 cas, ils relèvent notamment deux #morts (un pour des problèmes pulmonaires et un dû à l’impact de la grenade). 58 cas « d’#incapacité_permanente » sont aussi signalés, dont 14 personnes avec des #symptômes_psychiatriques_persistants, et 23 avec des problèmes respiratoires chroniques. 8 % des problèmes de santé documentés « étaient sévères et ont nécessité une intervention médicale professionnelle », indiquent-ils encore. « Nos recherches démontrent qu’il y a un sévère risque de mauvais usage » des #armes_chimiques en #manifestation, concluent-ils. « Elles peuvent potentiellement porter atteinte aux libertés en causant des blessures, en intimidant les communautés et en menant à une escalade de la violence. »

  • Au Pérou, une étudiante entre dans l’histoire avec sa thèse en langue inca
    27/10/2019 | Le Huffington Post
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/un-etudiant-peruvien-entre-dans-lhistoire-avec-sa-these-en-langue-inc

    C’est la première fois en près de 500 ans qu’une thèse universitaire est écrite et défendue entièrement en quechua.

    PÉROU - Une étudiante en doctorat au Pérou a marqué l’histoire en devenant le premier auteur et défenseur d’une thèse en quechua, la langue des Incas, encore parlée par des millions de personnes dans les Andes.

    Roxana Quispe Collantes a reçu les meilleures notes de l’université San Marcos de Lima pour son étude sur la littérature péruvienne et latino-américaine, consacrée à la poésie en quechua. (...)

    #Pérou #Inca #quechua

  • « Gilets jaunes » : 800  peines de prison ferme prononcées depuis le 17 novembre
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/04/03/01016-20190403ARTFIG00124-gilets-jaunes-800peines-de-prison-ferme-prononcee

    Selon les chiffres très officiels de la Chancellerie, les autorités policières ont procédé, depuis le 17 novembre dernier, à 8645 gardes à vue. Elles ont notamment donné lieu à 1665 comparutions immédiates. Ces dernières ne se sont pas toutes traduites par des peines d’incarcération. Seules 800 condamnations à de la prison ferme ont été prononcées sur toute la période. Les politiques de la majorité n’ont pas manqué de jouer sur les mots en affirmant, sans ciller, que 40% des comparutions immédiates ont donné lieu à des peines de prison ferme. Certes, mais cela ne signifie pas effectuées. Car, compte tenu des quantums de peines infligées, beaucoup ont fait l’objet d’aménagement ab initio, indépendamment du prononcé lui-même lors des audiences de jugement.

    En réalité, il y a seulement eu 388 mandats de dépôt - qui certifient en quelque sorte le passage par la case prison (...).

    #gilets_jaunes #répression #prison

  • Notes contre la prison
    Antonin Bernanos

    ... la prison, mise à distance au cours des dernières décennies, revient dans les parcours de lutte des différents acteurs du mouvement social (militants révolutionnaires, anti-autoritaires, antifascistes, syndicalistes, zadistes, ou encore au sein des luttes aux côtés des migrants ou contre les lois antisquat) ; la prison est en passe de devenir une méthode normalisée pour mater la contestation sociale.

    Pourtant si les peines de prison semblent se banaliser pour les militants des différents champs de lutte, la question de sa légitimité, de son existence et du combat qui doit lui être opposé ne semble pas s’imposer comme une évidence.

    ... d’un côté, la précarisation et l’enfermement des populations non blanches ; d’un autre côté, la nécessité d’écraser toute contestation non domestiquée aux « réformes » néolibérales. (...) il faut commencer à (...) démystifier la prison, en commençant par reconnaître qu’elle est parmi nous et qu’elle pèse sur nos luttes, directement.

    http://revueperiode.net/notes-contre-la-prison

    #prison #prolétariat #incarcération #luttes #précarisation #enfermement #répression #loi_travail #bernanos #zad #gilets_jaunes #Urgence_Notre_Police_Assassine #justice #police

  • "La justice des « gilets jaunes » en chiffres" [encore un titre délirant où on écrit "des gilets" au lieu de "contre les gilets"]
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/21/01016-20190321ARTFIG00061-la-justice-des-gilets-jaunes-en-chiffres.php

    Les mandats de dépôt représentent près d’un quart des comparutions immédiates et 5% des gardes à vue.

    Comment la justice traite-t-elle les dérives violentes de certains « #gilets_jaunes » ? Nous dévoilons les chiffres de la Chancellerie :
    Depuis le 17 novembre dernier, les autorités policières ont procédé à 8645 #gardes_à_vues. Certes, toutes ne se sont pas traduites par des #comparutions_immédiates. Ces dernières se sont élevées, sur la France entière, à 1665. Elles ont débouché sur 388 mandats de dépôt exactement, c’est-à-dire à de l’emprisonnement immédiat après l’annonce du jugement. Cela représente très exactement 23,3% des condamnations, soit près d’un quart.

    En tout, 1800 affaires sont en attente de jugement. Un chiffre en constante évolution qui grossit samedi après samedi, au fil des exactions. Au nombre de ces dernières, les convocations ultérieures devant les chambres correctionnelles, au nombre de 1655, certains auteurs présumés étant sous #contrôle_judiciaire.

    Actuellement, on compte 111 informations judiciaires - des affaires dont la complexité exige l’enquête longue de juges d’#instruction -. C’est notamment le cas pour le saccage de l’Arc de Triomphe et les destructions du week-end dernier qui ont donné lieu à plusieurs interpellations. Mais l’on ignore le nombre de #détentions_provisoires.
    Sur ces près de 9000 gardes à vues, il faut retrancher le cas particulier des mineurs : pas moins de 349 d’entre eux ont été présentés à un juge pour enfants.

    Par ailleurs, la justice a classé sans suite, souvent faute de preuves suffisantes, 1725 dossiers. Elle a déjà infligé 1796 mesures alternatives aux poursuites, soit près de 20% des gardes à vues, et a déclenché 518 comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité, qui n’ont pas vocation à déboucher sur des incarcérations.

    On notera l’us et l’abus des "mesures alternatives aux poursuites soit des #rappel_à_la_loi, une reconnaissance de culpabilité extorquée sous la menace de procès voire d’emprisonnement (élision radicale du "contradictoire", supposé régir le droit)..

    #justice #prison #répression

    • Vol au Fouquet’s : les deux Gilets Jaunes tourangeaux en comparution immédiate samedi Info Tours.fr l’actualité de Info Tours.fr
      http://www.info-tours.fr/articles/tours/2019/03/23/10738/vol-au-fouquet-s-les-deux-gilets-jaunes-tourangeaux-en-comparution-immedi

      Après leur arrestation jeudi.

      Une semaine après les dégradations du célèbre restaurant parisien le Fouquet’s sur les Champs-Elysées, deux personnes se retrouvent devant la #justice ce samedi 23 mars : un couple de Gilets Jaunes tourangeau (Ambre et Franck). Ils sont accusés d’avoir volé des éléments de l’établissement. Arrêtés jeudi matin à leur domicile, ils ont été identifiés par la gendarmerie suite à la publication de photos sur #Facebook, la jeune femme posant avec un tabouret ramené de Paris après l’Acte XVIII du mouvement. Des proches avaient pourtant conseillé de retirer rapidement les clichés.

      Prévenus par la gendarmerie, les policiers parisiens sont venus interpeller la jeune femme avec son compagnon jeudi matin dès 8h aux portes de l’agglomération tourangelle, avant de ramener les deux jeunes gens dans la capitale pour des interrogatoires dans les locaux du commissariat du Ier arrondissement.

      La garde à vue a été prolongée pour la journée de vendredi, et on apprend ce samedi que les deux militants très impliqués depuis le 17 novembre (où on les décrit comme pacifistes et modérateurs) sont convoqués devant le tribunal dès ce week-end. Ils devront s’expliquer sur la présence du tabouret mais aussi de couverts à leur domicile. Selon leurs proches, ils n’auraient pas participé aux violences et ne se seraient pas non plus rendus coupables de vol, ils pourraient même avoir reçu un accord tacite d’un membre du personnel du Fouquet’s pour emporter les objets.

      Depuis la révélation de l’arrestation, de nombreux messages de soutien ont été publiés sur les réseaux sociaux. Notons que le couple a la possibilité de demander un délai pour affiner sa défense.

      On rappellera également que la jeune femme a été placée en garde à vue 10h mercredi pour une action [tentative de blocage du centre de stockage pétrolier de La Sotrapid] à La-Ville-aux-Dames, une interpellation qui avait déjà entraîné bon nombre de commentaires hostiles aux forces de l’ordre. Néanmoins, les deux affaires n’auraient pas de lien entre elles.

      #gilets-jaunes

    • « Gilets jaunes » : près de 2 000 condamnations depuis le début des manifestations
      Environ 40 % des jugements ont abouti à une peine de prison ferme
      https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/03/24/2-000-condamnations-en-justice-depuis-le-debut-du-mouvement-des-gilets-jaune

      (...) la garde des sceaux a précisé que « 390 mandats de dépôt [avaient été] prononcés », représentant le nombre de personnes à être effectivement allées en prison, soit dans le cadre d’une condamnation, soit dans le cadre d’une détention provisoire dans l’attente d’un procès.
      Lors d’une condamnation à de la prison ferme sans mandat de dépôt, la personne concernée est laissée libre avant d’être convoquée à une rencontre avec le juge des libertés et de la détention, qui est chargé d’examiner les modalités de la peine et de possibles aménagements (placement sous bracelet électronique par exemple).

      1 800 personnes en attente d’être jugées

      Les quantums de peine prononcés sont très variés et s’étalent entre un mois et trois ans de prison, parfois avec une partie assortie d’une mise à l’épreuve, selon les données de la chancellerie :
      « Il peut par ailleurs être observé que la peine d’#interdiction_de_séjour, notamment à Paris, est fréquemment prononcée à titre complémentaire, notamment dans le cadre des comparutions immédiates. »
      « Près de 1 800 » personnes interpellées lors des manifestations, qui se tiennent tous les samedis depuis plus de quatre mois en France, doivent encore être jugées, selon la ministre, (...)

      #incarcération #détenus #interdits_de_séjour

  • SUPER CONSTRUCTEURS DE L’ANCIEN MONDE

    Et si qu’on était pas la première civilisation avancée de la planète ? Patrice Gouillard et son équipe parcourent le monde à la recherche d’indices permettant de nous éclairer sur la vérité vraie, cachée depuis des siècles par les archéologues dogmatiques de la science officielle. Quel incroyable message vont-ils mettre au jour ? Que voulaient nous léguer les bâtisseurs de l’ancien monde ?

    Réponses ce soir à 17h30

    https://youtu.be/nzFKKeHFN6M

    Extraits :
    https://youtu.be/qFEyGB4zJck

    https://youtu.be/xCJdA1tP9nc

    Réveille-toi bordel !

    #SCAM #BAM

  • Les prisons « vides » des Pays-Bas ? Les dessous d’une success story médiatique
    https://mrmondialisation.org/les-prisons-vides-des-pays-bas-les-dessous-dune-success-story-medi

    Certaines ONG restent donc prudentes face à un phénomène qui selon elles est parfois trop rapidement associé à un succès. Ainsi pour l’Observatoire international des prisons, la décroissance carcérale aux Pays-Bas est trompeuse et ne s’explique pas en raison des prétendues vertus de la politique du pays. Les statistiques flatteuses masquent des réalités plus complexes et certains évènements déterminants : fin des années 2000, le pays décide de relâcher les étrangers en situation irrégulière avant de les expulser en application du droit européen. Par ailleurs, la chute du nombre de prisonniers s’explique aussi par des raisons budgétaires : les juges sont encouragés à prononcer des journées en probation, bien moins coûteuses que celle en prison et bon nombre de suspects ayant commis de petits délits sont envoyés devant le procureur plutôt que devant le juge, le premier pouvant prononcer des peines non-privatives de liberté. La baisse de la population carcérale n’est donc pas forcément synonyme de la baisse de la criminalité.

    #prison #incarcération #répression

  • People behind bars in Europe / Data news / News / Home - edjnet
    https://www.europeandatajournalism.eu/eng/News/Data-news/People-behind-bars-in-Europe

    Globally, since 2000, the prison population “has grown by 24 percent”, the document says.

    Also, the study highlights trends relative to macro-regions. Since the beginning of the century, the variation in absolute numbers are positive in all regions (Africa +29 percent, the Americas +41 percent, Asia +38 percent, Oceania +86 percent), except for Europe (-22 percent).[...]

    A closer look at Europe

    From the outset, it is important to state that in the report the European macro-region includes as well Russia. Crucially, it is stated that the positive trend that has characterised Europe compared to other parts of the globe is due to the performance of Russia over the past 20 years or so (-45 percent in the prison population).

    So what can be said relatively to the Member States of the EU only? We extracted data.


    #prison #incarcération #visualisation #cartographie

  • Il n’existe pas de prisons à visage humain ! - Non Fides - Base de données anarchistes
    http://www.non-fides.fr/?Il-n-existe-pas-de-prisons-a-visage-humain

    Humaniser pour prolonger la peine hors de la taule.

    C’est avec les mêmes accents humanistes et les mêmes voix chevrotantes que les institutions nous font la promotion des peines alternatives ou des nouveaux quartiers
    de préparation à la sortie (QPS).

    Le bracelet électronique et les peines alternatives à la prison ne sont pas un substitut à la détention, elles la prolongent seulement hors les murs. C’est juste la gueule du maton qui change puisque le condamné endosse lui-même l’uniforme.
    On vit avec ses potes, lorsque l’on est autorisé à les voir, mais sans vivre leur vie.
    La liberté à portée de main, au supplice de la détention vient s’ajouter celui de Tentale. La prison se prolonge au-delà des murs d’enceinte dans une vie mutilée qui prépare plus à la soumission qu’à une vie libre et autonome.

    L’insertion joue aussi un rôle majeur dans la prolongation de la détention hors les murs. Les QPS, sous couvert humaniste de préparer la sortie des détenu-e-s de courte peine, travaillent à former des travailleur-se-s dociles, acceptant n’importe quel taf de merde payé des miettes, et servent avant tout de carotte au sein même des taules : « Si tu te tiens tranquille, peut-être sortiras-tu plus tôt ».

    #prison #taule #incarcération #enfermement #justice_de_classe

  • Les deux gilets jaunes ont été incarcérés mercredi soir, avec pour peine 3 mois de prison ferme et 6 mois de sursis avec obligation de travailler, plus 150 euros d’amende chacun. Encore une fois, la comparution immédiate a entraîné une condamnation sévère et envoyé les condamné dormir en prison.
    Ce mercredi 2 janvier, le tribunal de Foix (09) faisait comparaître deux hommes de 25 et 30 ans, pour dégradation avec incendie au péage de Pamiers et « occupation non appropriée du domaine routier » dans la soirée du 31 décembre.

    Au vu du casier non vierge des deux prévenus, l’avocat de la défense Me Baby leur a conseillé d’accepter la comparution immédiate, estimant qu’il pouvait « faire appel à l’humanité du tribunal » pour leur éviter l’incarcération immédiate (mandat de dépôt).
    Les deux prévenus sont précaires, l’un travailleur pauvre sans logement et l’autre intérimaire, et le tribunal ne va pas se priver de s’appuyer lourdement sur ce qu’il appel le « profil des accusés ». Ils ont tous deux quelques condamnations à leur casier pour larcins ou conduite sans permis. Procureur comme juge insistent en chœur sur « le niveau ras-des-pâquerettes des prévenus ». Ce à quoi un des deux rétorquera en fin d’audience « nous ne sommes pas des bêtes, nous ne nous arrêtons pas de penser ».

    La trentaine de soutiens dans la salle ne se montre pas révérencieuse face au tribunal et n’hésite pas à réagir. Une femme de l’assistance se fait sortir pour avoir répondu aux dires du procureur que l’usage du flashball était également une atteinte à la sécurité des personnes.
    Le procureur demande une peine de 8 à 9 mois de prison ferme pour les deux gilets jaunes.
    La défense n’était certes pas facile, les deux hommes ayant reconnu et raconté en détail les faits en garde à vue ; pour l’un d’entre eux après s’être fait mettre la pression par la police pour ne pas faire plonger son camarade seul.

    L’avocat opte pour une défense politique avec un discours sur la casse comme « moyen pour se faire entendre », n’hésitant pas à évoquer les faucheurs d’OGM ou même la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme exemple. Les derniers mots de l’avocat n’auront pas convaincu le tribunal : « donnez le message ferme qui convient, mais laissez la place à l’humanité » pour « laisser les condamnés retourner chez eux » . Raté !

    Solidarité avec les prisonniers et leurs proches et renforçons nos réflexes de défense avant, pendant et après les actions !

    http://lenvolee.net/a-foix-aussi-la-justice-envoie-des-gilets-jaunes-en-prison-pour-tuer-le-mo

    Les conseils de précautions de l’envolée :
    https://larotative.info/contre-la-repression-conseils-et-1631.html
    http://1libertaire.free.fr/GAVbrochure.pdf
    https://seenthis.net/messages/721535
    #lenvolée #prison #gilets_jaunes #comparution_immédiate #incarcération_immédiate #justice_de_classe #précarité #travail_obligatoire

  • On a visité une « prison ouverte » en Finlande
    https://usbeketrica.com/article/finlande-prison-ouverte-suomenlinna

    Cent hommes purgeant leur peine au milieu des visiteurs, des touristes et des oiseaux, en surplomb des eaux glaciales de la mer Baltique, à vingt minutes de bateau du centre d’Helsinki. Suomenlinna : une forteresse édifiée en 1748 sur un chapelet d’îlots rocailleux afin de protéger la capitale des invasions maritimes, devenue aujourd’hui l’adresse atypique du centre pénitentiaire ouvert le plus avant-gardiste du pays.

    Oui, ils se baladent à l’air libre, un boîtier GPS accroché à la cheville. Ils prennent le bateau quand bon leur semble, pour aller travailler, rendre visite à des proches ou faire quelques emplettes dans la capitale. Ils se mêlent au million de visiteurs parcourant chaque année cette île vedette du tourisme local, prisée aux beaux jours pour les pique-niques autant que pour les photos de mariage. Surtout, ce sont eux qui, revêtus de la doudoune jaune fluo des agents municipaux, ont pour mission de réparer les dégâts du temps passé sur les murailles de l’île – un monumental bastion classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

    #prison #incarcération #taule

  • Gilets jaunes : samedi à Paris, la police avait une arme secrète [du #liquide_incapacitant ? parole de flic et de journaliste, mais qui sait, ndc]
    https://www.marianne.net/societe/gilets-jaunes-paris-police-arme-secrete

    Selon nos informations, certains des blindés de la #gendarmerie disposés pour la première fois dans Paris ce samedi 8 décembre étaient secrètement équipés d’une réserve de liquide incapacitant. Un dispositif radical qui ne devait servir qu’en dernier recours.
    C’est dire si le pouvoir a eu peur. Samedi 8 décembre, certains des blindés de la gendarmerie disposés pour la première fois dans Paris étaient secrètement équipés d’un dispositif radical, qui n’aurait été utilisé « qu’en dernier recours » : une réserve de liquide incapacitant. Selon nos sources, la pulvérisation de ce liquide sur une foule de gilets jaunes aurait été capable de « les arrêter net, mettant les gens à terre, même avec des masques ». Chaque engin aurait pu « neutraliser » une surface de plusieurs terrains de football… « Heureusement, que l’on n’en est pas arrivé là », ajoute cette source haut placée dans le dispositif policier. « L’autorité politique », comme le disent les fonctionnaires, aurait approuvé l’éventuel emploi d’un tel produit, qui n’aurait été utilisé qu’en cas de « débordement ultime ». Une sorte de « dernier rempart », utilisable sur décision politique… Interrogée, la préfecture de police de Paris renvoie au #ministère_de_l'Intérieur.

    C’est le premier enseignement de la journée du 8 décembre : le préfet de police de Paris a perdu son leadership sur le maintien de l’ordre dans la capitale. La semaine dernière, le ministère de l’Intérieur, sous la double commande de Christophe Castaner et Laurent Nuñez, a pris les choses en main, largement épaulé en ce sens par les #syndicats_policiers. Cette mainmise du ministère de l’Intérieur ne s’est pas faite sans friction avec la préfecture de police de Paris, où le #préfet #Michel_Delpuech a grincé à plusieurs reprises devant la mise en place d’un dispositif mobile et décentralisé, contraire aux pratiques antérieures. Selon nos informations, le préfet a d’ailleurs réclamé en fin de semaine dernière « des instructions écrites », ce qui, en mœurs préfectoraux, consiste à « se couvrir » à l’approche d’une situation controversée. « D’un point de vue policier, le #maintien_de_l’ordre de samedi à Paris a finalement été un succès, ces frictions ne sont plus d’actualité », sourit une source à la préfecture de police. Bilan en six points.

    1 - Un nettoyage sans précédent. De mémoire de policier, aucune #manifestation parisienne contemporaine n’avait mobilisé autant de préparatifs en amont. Quasiment toute la rive droite avait tiré les stores, barricadé ses vitrines et rangé ses voitures. Le mobilier urbain avait été démonté et la plupart des chantiers de voirie vidés sur un large périmètre, pas seulement autour de la place de l’Etoile. Lors de la première manifestation sur les Champs-Elysées, celle du 24 novembre, un seul chantier sur l’avenue avait servi de combustible aux barricades. Lors de la deuxième manifestation, ce sont tous les chantiers autour de l’Etoile qui ont joué le même rôle… Samedi 8 décembre, pour ne pas fournir « armes et combustibles aux manifestants », la majeure partie de la rive droite ressemblait à une ville morte.

    2 - Des mesures d’exception aux abords. Autre initiative policière restée cachée jusqu’à samedi matin, les #fouilles_préventives. Vendredi, les #procureurs compétents, notamment aux péages de la région parisienne, avaient pris des réquisitions judiciaires autorisant les contrôles d’identité, invoquant les risques d’infractions liées à la manifestation sur Paris. Ces contrôles ont permis de saisir des objets potentiellement dangereux comme des boules de pétanque, des manches de pioche, ou d’autres signant la participation à un rassemblement, comme des masques de plongée. Résultat, samedi, Paris a battu son record de #gardes_à_vue. Le dispositif initial permettant d’en absorber 800 a même été dépassé. Il y en a finalement eu 974 en région parisienne. Mais « seulement » 278 ont donné lieu à un déferrement judiciaire. Dans la majorité des cas, les gardes à vue étaient levées ou se soldaient par un « #rappel_à_la_loi ». Autrement dit une admonestation [non, le rappel à la loi est la reconnaissance d’une infraction suite à laquelle les dispositions prévues pour la récidive légale sont applicables : aggravation de la peine encourue, ndc] , la simple possession d’un masque de plongée ou d’une bombe à peinture ne pouvant pas, en tant que tel, constituer un délit.

    Les interpellations de Julien Coupat, figure de l’ultragauche, ainsi que d’autres activistes d’extrême droite, dès samedi matin, participent du même « dispositif préventif » inédit et controversé. Henri Leclerc, ancien président de la Lige des droits de l’Homme, dénonce un potentiel usage « liberticide très grave ». En clair, une sorte d ’interdiction de manifester qui ne dirait pas son nom .

    « On assume, confie une source policière. Au moins, ces gens n’étaient pas dehors. Cela a fait dégonfler les effectifs de durs potentiels ». Autre dispositif en amont, la plupart des gilets jaunes, avant de rejoindre les principaux « spots » de manifestation (Champs-Elysées, Bastille, République), étaient systématiquement fouillés. La plupart y perdaient leurs masques de protection contre les lacrymogènes. Pour parvenir jusqu’au Champs-Elysées, avec toutes les stations de métro bloquées et les barrages de policiers disposés à certains endroits autour du périmètre interdit, la plupart des gilets jaunes ont dû marcher plusieurs heures… Résultat, une grosse partie des manifestants errait d’un point à un autre, sans parvenir à rejoindre aucun « point chaud ». De fait, durant la quasi-totalité de la journée, le rapport de force sur les lieux de friction est toujours resté à l’avantage des policiers [ en jouant sur la #mobilité et une certaine rapidité "on a évite la formation de #nébuleuses" disait un type du syndicat des commissaires, ndc] .

    3 - Un dispositif mobile et décentralisé. C’est la grande nouveauté de cette journée. Les policiers et gendarmes sur Paris étaient « mobiles » et leur commandement largement décentralisé, par secteur . « Bien sûr, il y avait toujours autant de galonnés autour du préfet, dans la salle de commandement de la préfecture de police, se désole un fonctionnaire, mais pour la première fois, c’est vraiment le commissaire de terrain qui menait sa troupe en fonction de ce qu’il voyait sur place » . Avec une efficacité spectaculaire, à l’œuvre sur les Grands Boulevards, où, avançant au milieu de deux canons à eau, des policiers et gendarmes « nettoyaient » au fur et à mesure les feux de poubelles moins de cinq minutes après leur déclenchement. « Comme à l’entraînement ! On avançait vite, sans leur laisser le temps de former une véritable barricade devenant vite un point de fixation », raconte un fonctionnaire. Ce dispositif a permis d’éviter la confrontation générale du 1er décembre, avec une place de l’Etoile occupée par les gilets jaunes et des forces de l’ordre assiégées des heures durant, en direct sous les yeux des caméras du monde entier. « Samedi, dans l’après-midi, il y a eu des moments de grande tension , notamment autour de l’Etoile, mais ils se sont moins vus », admet cette source.

    Jusque-là, le maintien de l’ordre parisien « habituel » privilégiait l’absence de contact avec la foule [ heu oui, toujours très variable ce principe, ndc] . « Pour ce genre de manifestation, la mobilité était souhaitable depuis longtemps, il y aura un avant et un après samedi 8 décembre », se réjouit un commissaire parisien, saluant pour sa part l’efficacité du dernier dispositif. « On nous rétorque depuis des années que le contact risque d’augmenter le nombre de blessés, cela n’a pas été le cas », ajoute-t-il. Le bilan de samedi est de 264 blessés dont 39 fonctionnaires. Un manifestant a eu une main arrachée à cause d’une grenade, une femme a perdu un œil sur les Champs-Elysées, vraisemblablement à cause d’un tir de flash-ball. Dès vendredi, après des premiers incidents liés à des #flash-ball lors de manifestations lycéennes, 200 personnalités, dont plusieurs députés de gauche, ont appelé à cesser immédiatement l’usage de ces armes.

    4 - Une mobilisation en hausse. Autre constat, malgré les appels incitant à ne pas manifester à Paris, la mobilisation des gilets jaunes a grossi d’une semaine sur l’autre. Le message envoyé par l’Elysée, selon lequel certains « venaient pour tuer » [ et que on va légitimement se défendre avec nos joujoux ; menaces de mort contre les manifestants, ndc] , n’est pas parvenu à inverser la tendance. Aucune arme n’a pourtant été saisie lors des contrôles de police. « La dramatisation n’a pas empêché le monde, de l’ordre de 10.000 personnes » [ quelle rigolade, encore une fois : qui informe les journalistes ? ndc] , admet un fonctionnaire. Ce 8 décembre, les #gilets_jaunes étaient visibles par grappes de Bastille à l’Etoile en passant par République et les grands Boulevards, quand le week-end précédent, ils n’étaient concentrés que sur l’Etoile. « Raison de plus pour se féliciter de notre dispositif », glisse un syndicaliste qui espère, sans trop y croire, « que la tension va désormais retomber ». « Si ce samedi, on avait fait comme le week-end d’avant, on aurait eu une nouvelle journée de chaos, dit-il. Mais je ne sais pas combien de samedis consécutifs on tient encore comme cela ». Face aux 136.000 gilets jaunes recensés dans toute la France, ce 8 décembre, le ministère de l’Intérieur avait déployé 89.000 policiers. Sans parler des effectifs d’agents municipaux pour ranger et réinstaller le mobilier urbain, et des efforts des commerçants pour barricader et débarricader leurs vitrines.

    5 - Un déséquilibre Paris-Province. Autre constat, la province trinque. Saint-Etienne, Toulouse, Bordeaux notamment ont été le théâtre d’affrontements d’une rare violence. « Sur 150 unités, 50 étaient à Paris et cent en province », indique une source au ministère de l’Intérieur. Un tiers, deux tiers… Officiellement, pas question d’avouer que certaines zones avaient été dégarnies faute de troupes. Ce lundi matin, en déplacement à Bordeaux, Laurent Nuñez a estimé que les effectifs (4 unités) y avaient été suffisants. Une affirmation qui fait sourire certains syndicalistes. « Le ministre ne peut pas le dire, mais certains secteurs étaient très dégarnis. Samedi, on était à notre maximum. On ne peut pas plus… Au delà, c’est l’armée qu’il faut appeler », dit un policier. C’est d’ailleurs le paradoxe de ce mouvement. Etant durable, disséminé sur tout le territoire et violent, il met les forces de l’ordre au bord de la rupture. Samedi prochain, en cas d’acte V, Paris sera-t-il délaissé de certaines unités au profit de villes de province ? La décision politique, au ministère de l’Intérieur, ne sera pas facile à prendre.

    6 - Des pillages du soir en hausse. Le dernier constat concerne ce que certains policiers appellent la troisième mi-temps des manifestations de gilets jaunes : les #pillages. Samedi soir à Paris, ils ont été « deux fois plus nombreux encore que ceux du 1er décembre », selon un policier de terrain. « Ce sont des petits groupes, pour la plupart de #jeunes_de_banlieue, qui attendent la fin de la journée et la tombée de la nuit pour cibler des boutiques et se servir », se désole-t-il. De fait, les 90 mineurs arrêtés samedi à Paris l’ont tous été en flagrant délit de pillage, ainsi que bon nombre de « jeunes majeurs ». « Un gérant de bijouterie a tiré au flash-ball… Si ces pillages continuent, cela peut dégénérer », prévient ce policier, qui craint un « sérieux risque de bavure » de ce coté-là. « De toute façon, maintenant, on marche sur le bord d’un volcan », conclut-il. Jusqu’à quand ?

    Le message émis le 1er décembre à Paris, au Puy en Velay et ailleurs a été entendu et repris le 8 décembre dans de nombreuses grandes villes et villes moyennes. Ce que l’action de la police a parfois favorisé, comme dans le cas de ces bordelais qui avaient payé leur billet de train mais ont été empêchés de « monter à Paris » par la police.

    Avec sa tête de bon élève ce soir (la pitoyable scène de contrition est la seule que j’ai vue), et sa fausse hausse du SMIC, nul doute que nombreux seront ceux pour qui Jupiter fait à minima office de tête à claque.

    • Je vous rappelle qu’en Allemagne aussi la transformation de la Bundeswehr dans une armée de guerre civile est en cours. Le journal très conservateur Tagesspiegel y dédie un dossier entier sous son propre domaine internet.

      Afghanistan-Connection
      http://www.afghanistan-connection.de

      Sie waren zusammen im Afghanistan-Einsatz. Dem längsten und gefährlichsten seit Gründung der Bundeswehr.
      Jetzt sitzen sie auf entscheidenden Posten im Verteidigungsministerium, im Einsatzführungskommando, im Planungsamt.
      Ihr Wort hat Gewicht. Sie prägen das Bild, das sich die Ministerin macht.
      Sie bestimmen Ausrichtung, Struktur und Selbstverständnis der Truppe. Ihr Blick ist geprägt vom Erlebnis des Krieges.
      Vom Kampf gegen einen unsichtbaren Gegner. Vom Töten und Getötetwerden.
      Ein einseitiger Blick, der sich ausschließlich an Afghanistan orientiert. Mit gravierenden Folgen für die Sicherheit Deutschlands,
      wie Recherchen vom Tagesspiegel und dem ARD-Magazin FAKT zeigen.

      #Allemagne #armée #guerre_civile

    • Les précisions de la gendarmerie - Le 11.12.2018 à 17h30

      A la suite de la parution de notre article, la gendarmerie nationale a souhaité préciser que le dispositif dont nous vous rapportons l’existence n’est pas un liquide mais une « poudre »… Certains blindés déployés à Paris samedi étaient bien équipés d’un dispositif de « pulvérisation » d’un produit « incapacitant », de type « lacrymogène à dose forte », qui n’aurait été utilisé que sur « ordre d’une autorité ». Chacun des blindés équipés de ce dispositif de pulvérisation (visible en haut à droite face à l’engin) contient trois bouteilles de plongée dont deux sont chargées de la fameuse poudre sous pression. « Cela n’a jamais été utilisé en métropole », confie à Marianne le Sirpa gendarmerie, qui reconnaît qu’en « configuration normale », un blindé peut « pulvériser » sous forme d’épandage sur l’équivalent d’une surface de « un à deux terrains de football ». Marianne maintient que lors des réunions de crise au plus haut niveau, préparatoires à la manifestation du 8 décembre, il a bien été question de ce dispositif comme d’un « dernier rempart »… et qu’il aurait été capable « d’arrêter net une foule, mettant les gens à terre, même avec des masques ».

    • Capable de « neutraliser » une surface de plusieurs terrains de football…
      => Ce qui inclue les policiers en contact avec les manifestant.e.s. .
      Donc ne peut être utilisé facilement.

      – Réaction des policiers gazés envers leurs collègues et leur hiérarchie.

      – Si des policiers sont hors service, suite à l’utilisation de cette saloperie, les manifestants non touchés peuvent venir leur prendre leurs armes.

  • #Déesse grecque de la sagesse et de la stratégie militaire, #Athéna a été largement récupérée par l’imagerie officielle de la #France (monnaies, timbres, façades d’édifices publics, bustes de mairie…).

    https://sms.hypotheses.org/12161

    #athéna, #déesse, #antiquité, #antique, #grèce, #France, #politique, #pratique, #symbole, #imagerie, #monnaie, #timbre, #mairie, #sagesse, #stratégie, #militaire, #histoire, #politique, #manon_bril, #image, #incarnation

  • Les femmes derrière les barreaux - Lyon Bondy Blog
    http://lyonbondyblog.fr/LBB/les-femmes-derriere-les-barreaux

    En France métropolitaine et d’outre-mer, il y a 188 établissements pénitentiaires. Seulement deux prisons sont entièrement réservées aux femmes : le centre pénitentiaire de Rennes et la maison d’arrêt de Versailles. 56 prisons pour hommes disposent de « quartiers femmes ». Cela fait un total de 2 458 places, pour 2 265 détenues.

    Ces chiffres peuvent laisser croire que les femmes ne sont donc pas concernées par la surpopulation carcérale. Ce n’est pourtant pas le cas. À cause du faible nombre de places qui leur est réservé, les établissements sont fortement éloignés les uns des autres et donc souvent du domicile des détenues. Cette mal-répartition engendre une surpopulation malgré les places disponibles. C’est notamment le cas à Nîmes (10 détenues pour 5 places) et à Toulouse-Seysses (74 détenues pour 40 places), mais aussi à Bordeaux, Perpignan, ou encore Strasbourg.

    Au-delà de cette surpopulation, l’éclatement spatial des prisons accessibles aux femmes sur le territoire complexifie le maintien des liens familiaux et sociaux. Six prisons en France peuvent accueillir des femmes condamnées à de longues peines. Cinq sont dans la moitié nord du pays.

    #prison #incarcération #justice_patriarcale

  • Travail en prison : la servitude organisée | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/observatoire-international-des-prisons-section-francaise/blog/070218/travail-en-prison-la-servitude-organisee

    Travailler en tant que détenu, c’est faire un bond en arrière, avant même l’avènement du salariat. Tout a des « relents du XIXe siècle » (1). Sans contrat, les détenus sont privés de tous les droits afférents. Ou presque. Pas d’indemnité en cas de chômage technique, d’arrêt maladie ou d’accident du travail. Pas d’encadrement ferme de la durée du travail, pas de jour de repos garanti, ni de revenu minimum respecté. Pas de médecine du travail. Tout droit d’expression collective ou de représentation syndicale leur est aussi dénié. Être travailleur détenu, c’est se trouver dans une dissymétrie totale de la relation de travail, éprouver l’arbitraire, l’incertitude et le nondroit. Malgré tout, le travail reste très prisé chez les personnes détenues, d’autant plus que les postes se font rares. Pour le sociologue Fabrice Guilbaud, « si les détenus souhaitent tant travailler, quand bien même il s’agit de "sales boulots", dans des conditions de "surexploitation" (dont ils sont conscients), c’est qu’ils vivent un drame social, une expérience sociale extrême, à savoir l’enfermement » (2). Et, dans le travail, ils trouvent des ressources pour résister aux conditions de détention (lire l’encadré). Une situation qui donne la mesure des privations et de la pauvreté en détention.

    #prison #incarcération #taule #travail #exploitation

  • L’alternative à l’enfermement des enfants : un enjeu majeur - Syndicat de la magistrature
    http://www.syndicat-magistrature.org/L-alternative-a-l-enfermement-des.html

    Au 1er août 2017, le nombre d’adolescents emprisonnés atteignait le record de 885 dont 647 sous le régime de la détention provisoire. Au 1er janvier 2018, 772 adolescents étaient toujours incarcérés, représentant ainsi 1,1% de l’ensemble des personnes incarcérées en France, répartis dans 44 quartiers mineurs d’établissements pénitentiaires pour majeurs et 6 établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) .

    Si le recours important à l’incarcération des mineurs reste peu visible, dans une situation d’augmentation massive de l’emprisonnement et de surpopulation carcérale pour les majeurs, un certain nombre de quartiers pour mineurs des maisons d’arrêt et d’EPM sont saturés.

    La situation est d’autant plus préoccupante, qu’au nombre de mineurs incarcérés dans ces établissements, il faut ajouter le chiffre « gris » des jeunes majeurs incarcérés pour des faits commis pendant leur minorité. Sur ce point, l’absence de donnée statistique masque une réalité inquiétante : celle de l’incarcération de grands adolescents, dans des conditions de détention que l’on connaît pour les majeurs.

    #prison #incarcération #mineurs #EPM #justice