• Chaos climatique, impuissance #Politique
    https://lvsl.fr/chaos-climatique-impuissance-politique

    Incendies géants, canicules sans fin, #sécheresse généralisée… La France ne sortira pas indemne de l’été 2026. L’impréparation totale du pays aura coûté cher et inquiète, alors que ces catastrophes vont s’amplifier à l’avenir. Mais quelles leçons politiques en ont été tirées ? Si le marché a démontré son incapacité à répondre aux enjeux environnementaux et accentue le « chacun pour soi », le centre continue d’en faire le cœur de ses propositions. L’extrême droite considère elle l’écologie comme peu payante électoralement et combat la transition écologique par tous les moyens. Bien plus engagée sur le sujet, la gauche fourmille de propositions, mais devra les rendre désirables et crédibles et renoncer à certaines lubies.

    #Écologie #agriculture #canicule #clim #climat #climatisation #écologie #environnement #feux #Gironde #incendie

  • Désastre, cendres et profit
    https://lundi.am/Desastre-cendres-et-profit

    À la date du 10 août 2026, près 90 000 hectares de forêts et plantations ont brûlé sur toute la France depuis le début de l’année ; pire que 2022 et ses 65 546 hectares détruits. Le département de la Gironde, dans le Sud-Ouest du pays, aura été à ce jour le plus sinistré, avec 16 feux qui ont détruit environ 40 000 hectares. Près de 200 000 personnes habitant la région ont dû quitter leur domicile pour plusieurs jours, fuyant l’avancée des flammes dans l’exode le plus important que la France ait connu depuis juin 1940... Mais si la #sécheresse extrême de cet été explique la multiplication des départs de feu, elle n’explique pas que ceux-ci aient pris une telle ampleur pour aboutir à une véritable catastrophe.

    C’est bien une économie politique à l’origine des mégas feux de forêt qui frappent de plus en plus fréquemment les zones boisées dans le sud de l’Europe, de la Grèce au Portugal. Du reste, en France les feux ne frappent plus seulement les régions méditerranéennes mais des régions jusqu’alors épargnées, comme la Bretagne.

    L’#incendie qui vient de ravager la pinède landaise, dans la Gironde, est emblématique à tous points de vue. L’on estime à environ dix-sept millions d’hectares le couvert forestier en France, qui a tendance à gagner du terrain par suite de la déprise agricole, mais sept millions ne sont que des monocultures, dont une grande partie est constituée de pins maritimes ou de sapins douglas. Ces résineux sont déjà hautement inflammables lorsqu’ils se développent de façon spontanée, comme nous le savons depuis longtemps dans les collines provençales, languedociennes et catalanes, mais le système de plantation dont la pinède dite des Landes de Gascogne est l’exemple type démultiplie le risque de façon délirante.
    « La forêt des Landes a été pensée et construite comme une usine »* a pu dire à juste titre un biologiste de l’Inrae après le grand incendie de 2022. Il est donc abusif de parler de #forêt en ce cas. Comme le dit Jean-Baptiste Vidalou, la forêt est « une réalité sensible, moins un "espace recouvert d’arbres", comme sa définition courante le laisse à penser, qu’une façon singulière d’agencer le monde, de l’imaginer, de s’y attacher » : « un certain alliage, une certaine composition tout à fait singulière de liens, d’êtres vivants, de magie ». Ce sont des #plantations qui ont brûlé durant cet été 2026 entre Bordeaux et le littoral atlantique. L’étendue et l’intensité de ce désastre ne peut se comparer qu’aux incendies ayant ravagé les plantations d’eucalyptus et de pins au Portugal ces dernières années.

    #monoculture #agropastoralisme #zones_humides #industrie_forestière #coupe_rase #écocide

    • Cette région était jadis couverte de landes, marais et marécages, mais aussi d’îlots boisés où le pin maritime côtoyait diverses espèces de chênes, ainsi que des aulnes, des bouleaux et des saules dans les endroits plus humides. La loi forestière de 1857 sur l’assainissement et la mise en culture des Landes de Gascogne imposa le #drainage de ces zones humides et leur transformation en #plantations de pins maritimes - l’argument aujourd’hui invoqué par les exploitants forestiers, selon lequel rien d’autre ne pousse sur ces terrains sableux est assez spécieux, puisque le drainage systématique a modifié la composition du sol, dans le but d’en réserver l’usage à la seule culture de résineux... Une superficie d’environ un million d’hectares se trouva ainsi vouée à la monoculture du pin maritime. Et l’humus fourni par les résineux étant notoirement plus pauvre en calcium que celui des feuillus, ces sols siliceux et acides n’ont cessé de s’appauvrir depuis un siècle et demi. Mais la défense des intérêts privés autorisant tous les mensonges, le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest peut ainsi affirmer que « la seule chose qui pousse correctement sur ces sols, c’est le pin maritime », crédité d’avoir sorti « de la misère cette région malsaine où subsistait un agropastoralisme pauvre et archaïque ».

      Les Landes de Gascogne n’ignoraient donc pas le pin maritime auparavant, qui fixait spontanément les cordons des dunes. Les Landais avaient à partir de là développé des procédés d’ensemencement efficaces, que les techniciens venus de Paris après 1857 se contentèrent de reproduire. Les pignadars formaient ainsi 70 000 hectares à la fin du XVIII° siècle, exploités en sylviculture douce pour leur résine (70% de colophane et 30% d’essence de térébenthine). Mais les indigènes savaient aussi creuser des fossés d’écoulement et réguler le couvert forestier pour l’empêcher de s’étendre au détriment des zones de #pâturage - les fameuses landes... N’en déplaise aux colonisateurs méprisants, les Landais n’étaient donc pas un peuple souffreteux, mais d’abord besogneux, comme le rapporte le comte Jacques-Antoine de Guibert en 1775 : « Le commerce des bestiaux, qui trouvent dans ces landes un pâturage excellent, la vente de la résine et des bois, y sont deux grandes sources de richesse. Presque toutes les maisons qu’on voit dans ces Landes sont bien bâties, ou en pierre ou en bois, avec des entre-cloisonnements en briques ou en terre, bien blanchies par-dessus ; elles sont toutes couvertes de tuiles. »

      Jusqu’à la loi de 1857, les Landais avaient toujours été à la fois bergers et agriculteurs, la fumure du bétail permettant d’enrichir des sols sableux, pauvres en nutriments.

      L’éradication des zones humides a toujours été un objectif de gouvernance étatique, les exemples ne manquent pas y compris dans l’histoire récente, l’écocide signifiant tout aussi bien l’ethnocide. (...)

  • Changement climatique : « Les menaces à venir renforcent la peur du déclassement et les stratégies d’ascension sociale individuelles »

    Les chocs climatiques comme les incendies ne changent pas nécessairement les modes de vie, rappelle l’historienne Béatrice Cherrier dans sa chronique au « Monde » : la lutte contre le réchauffement ne se joue pas seulement dans la prise de conscience de celui-ci.

    Plus de 115 000 hectares ont déjà brûlé en 2026. L’année restera comme la pire de l’histoire récente des #incendies en France. Au Porge (Gironde), 175 maisons ont été détruites ; à Correns (Var), le feu est entré dans le village. Beaucoup espèrent que ce choc produira ce que près de quarante ans de rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du #climat n’ont pas obtenu : une prise de conscience collective, un changement de comportement et l’inscription des questions environnementales à l’agenda de l’élection présidentielle. La thèse d’anthropologie politique qu’Elise Boutié a soutenue en 2024 à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, « La maison brûle. Cultiver le déni du changement climatique après un mégafeu en Californie du Nord », invite à en douter.

    Que se passe-t-il après le feu ? Pour répondre à cette question, Elise Boutié a partagé sept mois de la vie des habitants du comté de Butte, en Californie, entre 2019 et 2021. Ceux-ci avaient subi en novembre 2018 le « Camp Fire », l’incendie le plus meurtrier jusqu’alors de l’histoire de cet Etat : il détruisit six communes, fit 85 morts, provoqua l’évacuation de plus de 50 000 personnes, et 62 000 hectares et 19 000 bâtiments partirent en fumée. L’anthropologue a suivi la reconstruction, les réunions de quartier et les commémorations, des assemblées de propriétaires jusqu’aux services forestiers.

    Elle en tire une conclusion contre-intuitive : deux ans plus tard, ces habitants de la classe moyenne vivent un « nouveau normal où rien ne change ». Loin de souder un collectif, démontre-t-elle, la catastrophe peut conduire chacun à consolider sa position sociale et matérielle. Ceux qui avaient une assurance solide ont reconstruit leur pavillon, mais plus grand, et selon des choix qui disent le statut plutôt que la sécurité : la large baie vitrée ouverte sur les arbres, l’étage ajouté qui domine les parcelles voisines, la surface habitable comme mesure de la réussite. Autrement dit, les menaces à venir renforcent la peur du déclassement et les stratégies d’ascension sociale individuelles.

    Mécanique du déni

    L’anthropologue démonte la mécanique du #déni : dès le premier anniversaire, les commémorations sont organisées de manière à nier le caractère systémique de la catastrophe. Si la #sécheresse est attribuée au réchauffement climatique, l’incendie, lui, est expliqué soit par la rupture d’une ligne à haute tension et par la responsabilité de l’électricien, soit par la négligence des voisins ; par un concours de circonstances, ou par la volonté de Dieu.

    Les séquelles physiques et psychologiques de l’incendie font le reste : les troubles de la mémoire et du sommeil sont si répandus qu’un terme local les désigne, le fire brain (« cerveau du feu »). Le comté de Butte vote républicain, mais cet effacement est transpartisan. Il tient à un attachement de classe que le pavillon incarne et au rapport à la nature qu’il trahit : une forêt que l’on contemple de son salon et que l’on tient à distance.

    Bien sûr, le contexte français est différent : une religion moins prégnante, une violence de classe moins frontale, une classe politique moins climatosceptique. Le processus, pourtant, reste le même. On ne peut compter sur l’émotion des sinistrés, car la catastrophe est absorbée par les structures mêmes qui ont fabriqué la vulnérabilité. Quelques semaines après le feu, les protagonistes des incendies en Gironde sont déjà engagés dans une guerre des récits : quelle part de responsabilité revient aux inégalités territoriales, aux services publics, à la gestion des forêts ?

    Plutôt qu’une source de pessimisme, cette enquête invite donc à s’interroger sur les liens entre changements écologique, culturel, politique et économique, et à prêter l’oreille aux dimensions vite effacées par les récits en cours de formation. Si le déni n’est pas simplement affaire de politique ou d’information mais d’attachements économiques, alors la lutte contre le réchauffement ne se joue pas tant dans la « prise de conscience » que dans la transformation de structures économiques : crédit immobilier, assurance, économie forestière, inégalités.

    ¶Béatrice Cherrier est historienne de l’économie, directrice de recherche au Centre de recherche en économie et statistique (CREST-CNRS) et à l’Ecole polytechnique.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/02/changement-climatique-les-menaces-a-venir-renforcent-la-peur-du-declassement

  • Tout ce qui est solide s’oxyde. À propos de la pyroconvection du capital fossile. Marius Bickhardt
    https://us16.forward-to-friend.com/forward/preview?u=84965d21d1ed50ffea9d4c6c9&id=6c751936a3

    "CO₂ : Ils appellent ça de la pollution, on appelle ça la vie”.

    L’été 2026 est passé de Charybde en Scylla, entre vagues de chaleur extrême et incendies dévastateurs. La célèbre métaphore accélérationniste du Manifeste du parti communiste d’après lequel, à l’ère capitaliste, “tout ce qui est solide se volatilise” prend désormais une acception littérale.

    À l’ère du Pyrocène, terme par lequel l’historien environnemental étatsunien Stephen Pyne désigne l’époque de la généralisation des méga-feux due au changement climatique d’origine anthropique, la métaphore chimique de la volatilisation cède le pas à celle de l’oxydation. Désormais, tout ce qui est solide - les arbres, les tourbières, les espèces vivantes - part en fumée, la crise climatique multipliant les risques de sécheresses et d’incendies. La dynamique de pyro-convection, par laquelle la chaleur dégagée par les feux monte vers le ciel en créant ainsi le vent même qui projette les incendies toujours plus loin, devient alors le chiffre même du capital fossile. Le procès d’accumulation, que Marx décrivait jadis non pas comme un cercle mais comme une “spirale”, rejette toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en transformant ainsi le climat et le système météorologique. Ce faisant, il favorise des feux toujours plus fréquents et intenses. Avec l’alternance des extrêmes météorologiques due à la catastrophe climatique, l’air plus chaud de l’été transporte plus d’eau en créant des hivers plus humides qui favorisent la croissance de la biomasse. Celle-ci subira à son tour de fortes chaleurs au cours de l’été en devenant alors un potentiel combustible. Par conséquent, la combustion de la biomasse libère le carbone stocké en renforçant ainsi l’effet de chauffe tout en détruisant les puits écologiques. De la sorte, la frontière du feu va inéluctablement remonter vers le centre, le nord et l’Ouest de l’Europe centrale qui pourraient devenir une pyrorégion classée fire-prone.

    Pour l’heure, le mode de gestion dominant de la catastrophe repose sur l’interpellation et la responsabilisation des individus, incités à adopter des écogestes aussi nécessaires qu’insuffisants. De même qu’à l’époque de la pandémie de Covid 19, l’appel à la vaccination et à l’hygiène personnelle permettait de se passer subrepticement de solutions plus structurelles comme l’installation de filtres à air et la mise à l’arrêt de la déforestation favorisant les zoonoses pandémiques, les gouvernements se contentent d’interdire la vente de barbecue ou exhortent leurs citoyens à ne pas jeter leur mégots pour ne pas avoir à discipliner le capital fossile qui continue à émettre librement ou le capital immobilier qui construit à sa guise dans des zones à risque.

    Or un ”urbanisme soutenable” nécessiterait des habitations adaptées aux chaleurs extrêmes et éloignées des zones d’incendies, autant qu’une socialisation des forêts en tant que bien commun écologique. Comme le rappelle la géographe Pauline Vilain-Carlotti, il faudrait revenir à la structure concentrique de pare-feux naturels qui entouraient jadis les villages méditerranéens : qui entouraient jadis les villages méditerranéens : “Une première, qui abritait des jardins et des potagers,(...),une deuxième, où pâturaient les animaux d’élevage.(...) En troisième périphérie, il y avait l’espace de la silva, donc du sauvage. On avait donc une succession de différentes strates végétales, de hauteurs différentes, sans continuité de combustible”.

    L’absence de ces mesures constitue une façon nouvelle de nier la profondeur du problème. Comment la conjoncture actuelle s’inscrit-elle dans la longue histoire du déni climatique qui prend son essor aux États-Unis avant de s’exporter vers l’Europe ?

    #agnotologie #production_de_l'ignorance #production_de_la_confusion #pyrocène #méga-feux #climat #changement_climatique #crise_climatique #sécheresses #incendies #capital_fossile #capital_immobilier #économie #libre_entreprise #fondamentalisme_de_marché #scepticisme_climatique #déni_climatique #think_tanks #extrême_droite #économie_libertarienne #scientisme #réchauffement_climatique #forêts #urbanisme #écogestes #nationalisme_vert #éco-fascisme #politique_identitaire #écologie #Marius_Bickhardt

    • Au début du XXIᵉ siècle, ce modèle américain du déni climatique est exporté vers l’Europe, où il est approprié par les mouvements nationalistes et d’extrême droite. Des partis tels qu’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, Forum voor Democratie (FvD) aux Pays-Bas, le United Kingdom Independence Party (UKIP) ou Vox en Espagne intègrent le déni climatique dans des récits plus larges de ressentiment culturel et politique. Toutefois, le centre de gravité idéologique se déplace. Alors que le déni américain repose sur le libertarianisme du marché libre, ses variantes européennes se mélangent au nationalisme ethnique et à l’hostilité à l’égard de l’immigration. Cette convergence donne naissance à ce que les chercheurs décrivent comme le « nationalisme vert » ou l’"éco-fascisme", où la rhétorique écologique est instrumentalisée afin de justifier des politiques d’exclusion et défendre les populations « natives » contre des menaces supposées que représenteraient à la fois les migrants et la régulation environnementale.

      Ainsi, la mondialisation du déni marque la transformation d’un contre-mouvement corporatif en projet politique populiste. Né comme réaction de défense du capital fossile face à la régulation environnementale, le modèle négationniste américain fournit les outils institutionnels et rhétoriques qui seront ensuite mobilisés par l’extrême droite européenne. L’exportation du déni climatique à travers l’Atlantique montre comment la défense de la modernité fossile évolue d’un credo néolibéral de liberté de marché vers une politique identitaire de l’appartenance. Dans les deux contextes, toutefois, sa fonction demeure la même : préserver la légitimité sociale de l’accumulation carbone en déplaçant le consensus scientifique sur le terrain de la lutte idéologique.

    • Le marxisme écologique, Marius Bickhardt, Gauthier Delozière, Cannelle Gignoux, La Découverte, avril 2026

      Issu des marges du mouvement ouvrier et de l’#écologie_politique, le #marxisme_écologique est devenu l’un des foyers de la revitalisation du marxisme après la chute du bloc de l’Est. S’affirmant comme courant à la fin des années 1980, cette vaste entreprise exégétique, analytique et politique constitue désormais une ressource précieuse pour appréhender les catastrophes écosociales de l’Anthropocène. Cet ouvrage se donne pour objectif d’en présenter les principes fondamentaux.
      Il revient d’abord sur son émergence avant d’aborder les différentes relectures de l’écologisme de Karl Marx. Il s’attache ensuite à ses développements contemporains, depuis l’analyse des causes historiques du dérèglement planétaire en cours (#Capitalocène contre Anthropocène, capitalisme fossile, impérialisme écologique) jusqu’aux débats théoriques et stratégiques qui accompagnent l’aggiornamento environnemental de la théorie marxienne de l’émancipation (#État, #planification_écologique, #sujet_révolutionnaire).

      Intro et table des matières :
      https://www.calameo.com/read/0002150221e0cadad5f4f

      #livre

  • Pompiers en colère « Le sentiment d’être de la chair à canon »
    https://www.off-investigation.fr/pompiers-en-colere-le-sentiment-detre-de-la-chair-a-canon

    UN POMPIER SURVEILLE UN INCENDIE #A CLAOUEY, AU NORD DU BASSIN D’ARCACHON, LE 29 JUILLET 2026. | PHOTOGRAPHIE ROMAIN PERROCHEAU / AFP Copieusement hué ce 17 août au Porge, commune de Gironde ravagée par un incendie en juillet, le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de blanchir la responsabilité de son gouvernement dans la gestion des feux qui dévastent le pays. Pas de quoi faire retomber l’immense colère des soldats du feu, comme en témoigne Xavier Boy, porte-parole d’une alliance de neuf syndicats de sapeurs-pompiers, et président du FA/SPP-PATS*. Entretien. Off Investigation : A ce jour, quel bilan tirez-vous de la gestion […]Lire la suite : Pompiers en colère « Le sentiment d’être de la chair à canon »

    #Politique #Société

    • Introduction par Marius Bickhardt (Newsletter Diagramme)

      En France, la succession des vagues de chaleur, des épisodes caniculaires et des mégafeux a déjà transformé l’été 2026 en enfer climatique. Cette séquence expose une fois de plus la faillite des zélateurs d’une modernisation écologique du capitalisme : le Fonds vert est sous-financé, le plan de rénovation thermique des bâtiments a été assoupli et les moyens de lutte contre les incendies ont été affaiblis.

      Alors qu’en 2020 le signifiant flottant de cet échec politique était le manque de masques FFP2 face à la « guerre contre le virus », il s’incarne à présent dans une flotte de Canadair vétustes et inopérationnels, au cœur de la « guerre contre le feu ».

      Dans le même temps, l’extrême droite cherche à tirer son épingle du jeu en accusant l’« idéologie des extrémistes verts » (Valérie Déloge) ainsi que l’« écologie de la décroissance et de l’âge de pierre » (Jordan Bardella) d’être responsables des catastrophes en cours. Elle appelle à un grand plan de climatisation du pays, au renforcement du nucléaire ainsi qu’à une baisse des émissions obtenue par le rapatriement des industries, afin de « produire davantage en France, selon nos normes environnementales » (Bardella, 25 juin 2026).

      Ce faisant, elle transforme la structure idéologique du déni climatique. « Le défi climatique est réel et il est face à nous », affirme-t-elle désormais. Si le référentiel écologique est à présent pleinement intégré à la rhétorique du nationalisme vert portée par l’extrême droite française, le négationnisme climatique ne fait que changer de forme.

      Car climatiser sans remettre en cause la mobilité privée fossile, qui constitue l’un des facteurs majeurs des îlots de chaleur urbains ; augmenter la production d’énergie nucléaire sans tarir les sources d’émissions de carbone ; ou défendre les mégabassines sans s’attaquer aux causes structurelles de la raréfaction de l’eau revient à métamorphoser le déni plutôt qu’à le dépasser.

      C’est l’histoire longue du déni que nous avons explorée avec Naomi Oreskes. L’historienne états-unienne des sciences nous dresse le portrait de ceux qu’elle appelle les « marchands de doute ». Dans l’ouvrage phare qu’elle a coécrit avec Erik Conway en 2010, elle montrait comment, dès les années 1980, un petit groupe de scientifiques, étroitement liés par des intérêts idéologiques et économiques, s’était efforcé de minimiser les risques associés au tabagisme, aux pluies acides ou encore à l’hiver nucléaire. Sous l’administration Reagan, l’objectif était clair : il s’agissait de décrédibiliser la science et d’instiller le doute afin de justifier l’inaction politique. C’est ce qu’un sous-champ de l’histoire des sciences désigne désormais sous le nom d’« agnotologie », c’est-à-dire l’étude de la production socioculturelle de l’ignorance et du doute.

      L’agnotologie est l’étude de la production culturelle de l’ignorance. Elle s’impose comme un domaine essentiel de l’histoire et de la philosophie des sciences au début des années 2000. Inventé par l’historien des sciences Robert N. Proctor, le terme désigne la production systématique du doute, de la confusion et de la désinformation, en particulier dans les domaines où les connaissances scientifiques menacent des intérêts économiques ou politiques puissants. Dans Agnotology : The Making and Unmaking of Ignorance (2008), édité par Londa Schiebinger and Proctor, le concept est développé dans un cadre analytique qui remet en question l’hypothèse conventionnelle selon laquelle l’ignorance résulte simplement d’une absence de savoir. L’ignorance est alors comprise comme quelque chose d’intentionnellement produit, entretenu et diffusé : un artefact épistémique doté de fonctions politiques et sociales spécifiques.

      En partant de cette perspective, l’ignorance n’est plus l’antithèse de la connaissance, mais l’une de ses histoires compagnes. Elle est façonnée, distribuée, et exploitée par des dispositifs institutionnels, médiatiques, étatiques, et entrepreneuriaux. L’étude de cas de Proctor, la campagne menée par l’industrie du tabac pour “semer le doute” sur les risques sanitaires liés au tabagisme, illustre bien cette dynamique. Les entreprises ont stratégiquement exploité l’incertitude inhérente à la #recherche_scientifique, en présentant des débats provisoires comme s’ils révélaient un désaccord fondamental. En transformant la prudence scientifique en controverse apparente, ces campagnes de dénégation sont parvenues à paralyser l’action réglementaire et à retarder durablement les mesures de #santé_publique.

      Cette logique devient le modèle des formes ultérieures de déni climatique. L’industrie des combustibles fossiles, les think tanks conservateurs et les médias qui leur sont affiliés adoptent des techniques agnotologiques similaires pour entretenir le scepticisme à l’égard du #changement_climatique anthropique. Le déni, en ce sens, n’est pas un simple mensonge : il repose sur l’exploitation de l’incertitude épistémique, cette condition même qui rend la science ouverte, révisable et autocorrectrice. La production d’ignorance fonctionne alors comme une forme de contre-science : elle en imite les signes extérieurs — la rationalité, la rigueur, le débat — tout en en inversant la finalité, transformant l’incertitude d’un espace d’enquête en une arme politique.

      L’agnotologie invite les historiens et les philosophes à considérer l’#ignorance comme un phénomène historiquement situé et politiquement construit. Elle met en évidence la manière dont les pratiques épistémiques s’articulent aux structures de pouvoir et montre que le contrôle du savoir, y compris l’orchestration stratégique du doute, constitue désormais une dimension centrale de la gouvernance moderne.

    • Tout ce qui est solide s’oxyde. À propos de la pyroconvection du capital fossile. Marius Bickhardt (Newsletter 22, 20 août 2026, Diagrammes)

      L’été 2026 est passé de Charybde en Scylla, entre vagues de chaleur extrême et incendies dévastateurs. La célèbre métaphore accélérationniste du Manifeste du parti communiste d’après lequel, à l’ère capitaliste, “tout ce qui est solide se volatilise” prend désormais une acception littérale.

      À l’ère du Pyrocène, terme par lequel l’historien environnemental étatsunien Stephen Pyne désigne l’époque de la généralisation des méga-feux due au changement climatique d’origine anthropique, la métaphore chimique de la volatilisation cède le pas à celle de l’oxydation. Désormais, tout ce qui est solide - les arbres, les tourbières, les espèces vivantes - part en fumée, la crise climatique multipliant les risques de sécheresses et d’incendies. La dynamique de pyro-convection, par laquelle la chaleur dégagée par les feux monte vers le ciel en créant ainsi le vent même qui projette les incendies toujours plus loin, devient alors le chiffre même du capital fossile. Le procès d’accumulation, que Marx décrivait jadis non pas comme un cercle mais comme une “spirale”, rejette toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en transformant ainsi le climat et le système météorologique. Ce faisant, il favorise des feux toujours plus fréquents et intenses. Avec l’alternance des extrêmes météorologiques due à la catastrophe climatique, l’air plus chaud de l’été transporte plus d’eau en créant des hivers plus humides qui favorisent la croissance de la biomasse. Celle-ci subira à son tour de fortes chaleurs au cours de l’été en devenant alors un potentiel combustible. Par conséquent, la combustion de la biomasse libère le carbone stocké en renforçant ainsi l’effet de chauffe tout en détruisant les puits écologiques. De la sorte, la frontière du feu va inéluctablement remonter vers le centre, le nord et l’Ouest de l’Europe centrale qui pourraient devenir une pyrorégion classée fire-prone.

      Pour l’heure, le mode de gestion dominant de la catastrophe repose sur l’interpellation et la responsabilisation des individus, incités à adopter des #écogestes aussi nécessaires qu’insuffisants. De même qu’à l’époque de la pandémie de Covid 19, l’appel à la vaccination et à l’hygiène personnelle permettait de se passer subrepticement de solutions plus structurelles comme l’installation de filtres à air et la mise à l’arrêt de la déforestation favorisant les zoonoses pandémiques, les gouvernements se contentent d’interdire la vente de barbecue ou exhortent leurs citoyens à ne pas jeter leur mégots pour ne pas avoir à discipliner le capital fossile qui continue à émettre librement ou le capital immobilier qui construit à sa guise dans des zones à risque.

      Or un ”urbanisme soutenable” nécessiterait des habitations adaptées aux chaleurs extrêmes et éloignées des zones d’incendies, autant qu’une socialisation des forêts en tant que bien commun écologique. Comme le rappelle la géographe Pauline Vilain-Carlotti, il faudrait revenir à la structure concentrique de pare-feux naturels qui entouraient jadis les villages méditerranéens : qui entouraient jadis les villages méditerranéens : “Une première, qui abritait des jardins et des potagers,(...),une deuxième, où pâturaient les animaux d’élevage.(...) En troisième périphérie, il y avait l’espace de la silva, donc du sauvage. On avait donc une succession de différentes strates végétales, de hauteurs différentes, sans continuité de combustible”.

      L’absence de ces mesures constitue une façon nouvelle de nier la profondeur du problème. Comment la conjoncture actuelle s’inscrit-elle dans la longue histoire du déni climatique qui prend son essor aux États-Unis avant de s’exporter vers l’Europe ? Telle est la question examinée dans notre entretien avec l’historienne des sciences Naomi Oreskes.

      L’histoire transnationale du déni climatique commence aux États-Unis, où l’industrie des énergies fossiles et les réseaux intellectuels conservateurs convergent pour contester le consensus scientifique sur le réchauffement climatique d’origine anthropique. Il apparaît à la fin des années 1980, précisément au moment où la coopération internationale sur le climat s’institutionnalise à travers le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Cette infrastructure négationniste combine lobbying industriel, actions de think tanks et mobilisation idéologique. Elle devient ensuite un modèle pour des campagnes similaires en Europe, où elle s’intègre aux nouvelles formes de politique d’extrême droite.

      Le George C. Marshall Institute, fondé en 1984 par les physiciens de la Guerre froide Robert Jastrow, William Nierenberg et Frederick Seitz, illustre les origines scientistes et autoritaires de ce mouvement. Initialement créé pour défendre l’Initiative de défense stratégique ("Guerre des étoiles") contre des critiques tels que Carl Sagan, l’institut réoriente rapidement son expertise de la Guerre froide vers la politique climatique. En 1989, il publie Global Warming : What Does the Science Tell Us ?, l’une des premières attaques organisées contre la science du climat. Ses fondateurs présentent l’environnementalisme comme une menace pour la sécurité nationale et la libre entreprise. Sous eux, la dissidence scientifique devient un réalisme patriotique. En mobilisant leur prestige scientifique, ils inaugurent ce que Naomi Oreskes et Erik Conway décriront plus tard comme la stratégie des "marchands de doute", transformant l’incertitude en inaction politique.

      Le Cato Institute, fondé en 1977 par Charles Koch et Ed Crane, prolonge ce projet en inscrivant le déni climatique dans la grammaire de l’économie libertarienne. À partir des années 1990, ses économistes et analystes soutiennent que la régulation climatique est incompatible avec la liberté économique. Le Center for the Study of Science de Cato, dirigé par Patrick Michaels, se spécialise dans la minimisation des relevés de température et les attaques contre les modèles climatiques. Cette approche insère le scepticisme climatique dans une critique néolibérale de l’intervention gouvernementale, transformant le débat scientifique en proxy de la défense du fondamentalisme de marché.

      Le Competitive Enterprise Institute (CEI), créé en 1984, constitue l’avant-garde militante de cette offensive idéologique. Soutenu par ExxonMobil, Koch Industries et d’autres acteurs du capital fossile, le CEI lance des campagnes médiatiques agressives contre les politiques climatiques et le Protocole de Kyoto. Son spot télévisé le plus célèbre, "CO₂ : Ils appellent ça de la pollution, on appelle ça la vie”, présente les gaz à effet de serre comme des symboles de prospérité et de liberté. Le CEI traduit ainsi les principes libertariens en rhétorique populiste, présentant les climatologues et les régulateurs environnementaux comme des élites cherchant à restreindre l’autonomie individuelle.

      Le Heartland Institute, également fondé en 1984, consolide le réseau négationniste durant les années 2000. D’abord centré sur la promotion des idées du marché libre, il devient le principal carrefour du scepticisme climatique organisé grâce à ses International Conferences on Climate Change, qui réunissent scientifiques contrariens, lobbyistes et responsables politiques. Heartland diffuse des rapports pseudo-scientifiques imitant les publications du GIEC et les envoie à des journalistes et décideurs, normalisant ainsi le langage du "débat" autour d’une science pourtant établie. Dans les années 2010, il permet à de vastes liens transatlantiques de se former avec des partis et think tanks européens de droite radicale, facilitant la circulation de récits négationnistes à travers l’Atlantique.

      L’Atlas Network, fondé en 1981 sous le nom Atlas Economic Research Foundation par l’entrepreneur britannique Antony Fisher, devient un vecteur transnational crucial qui relie toutes ces organisations. Basé à Arlington, en Virginie, Atlas se présente comme une organisation à but non lucratif promouvant la "liberté et un gouvernement limité", mais fonctionne comme une plateforme mondiale de coordination regroupant plus de 500 think tanks de marché libre dans plus de 100 pays. Par des programmes de formation, des conférences et des subventions ciblées, Atlas fournit une infrastructure idéologique et logistique aux groupes qui militent pour la déréglementation et qui s’opposent aux politiques environnementales et climatiques. Dans les années 1990 et 2000, il reçoit des financements d’ExxonMobil et du réseau Koch, et collabore étroitement avec le Heartland Institute, le CEI et Cato. Ces connexions contribuent à exporter les stratégies américaines de "doute fabriqué" — transformant l’incertitude scientifique en controverse politique — vers d’autres contextes nationaux. Des think tanks affiliés en Europe, tels que l’Institute of Economic Affairs au Royaume-Uni, le Hayek Institut en Autriche ou Timbro en Suède, adoptent des narratifs similaires, présentant les politiques climatiques comme des attaques contre la liberté économique et individuelle. Ainsi, Atlas agit comme une infrastructure transnationale du déni climatique, promouvant une politique culturelle contre toutes formes de régulations qui résonne autant avec les mouvements néolibéraux qu’avec l’extrême droite.

      La campagne institutionnelle contre la science du climat s’intensifie après la création du GIEC en 1988. Dès 1989, Exxon cherche à "semer le doute sur les conclusions scientifiques concernant sa contribution présumée à l’effet de serre", tandis qu’un consortium multinational d’entreprises d’énergies fossiles, la Global Climate Coalition, conteste ouvertement la nécessité de réduire les émissions. La même année, le rapport du Marshall Institute marque le début d’une stratégie coordonnée de fabrication du doute. Le collectif suédois Zetkin théorise cet ensemble d’organisations comme un "appareil idéologique d’État du déni climatique", empruntant le concept d’appareil idéologique d’État (AIE) à Louis Althusser. Ce concept décrit un système d’institutions et de pratiques qui reproduit l’idéologie dominante. Dans ce cadre, le déni climatique opère comme le complément idéologique du concept de capital fossile d’Andreas Malm, et constitute le mécanisme discursif par lequel le capitalisme fossile se légitime.

      D’un point de vue marxien, cet appareil fonctionne selon les trois niveaux de l’idéologie décrits par Marx : comme un ensemble d’idées dominantes au sein d’une formation sociale ; comme des idées de la classe dominante définissant ce qui relève du sens commun ; et comme des idées à travers lesquelles s’exerce la domination. L’originalité de l’interprétation du Zetkin Collective réside dans l’accent qu’il porte sur la dimension performative de l’idéologie négationniste. Plutôt que de simplement justifier le capitalisme fossile, elle produit délibérément l’ignorance et la confusion à propos des risques environnementaux, permettant la poursuite de l’expansion des infrastructures extractives dans un contexte de controverse publique.

      Au début du XXIᵉ siècle, ce modèle américain du déni climatique est exporté vers l’Europe, où il est approprié par les mouvements nationalistes et d’extrême droite. Des partis tels qu’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, Forum voor Democratie (FvD) aux Pays-Bas, le United Kingdom Independence Party (UKIP) ou Vox en Espagne intègrent le déni climatique dans des récits plus larges de ressentiment culturel et politique. Toutefois, le centre de gravité idéologique se déplace. Alors que le déni américain repose sur le libertarianisme du marché libre, ses variantes européennes se mélangent au nationalisme ethnique et à l’hostilité à l’égard de l’immigration. Cette convergence donne naissance à ce que les chercheurs décrivent comme le "nationalisme vert" ou l’"éco-fascisme", où la rhétorique écologique est instrumentalisée afin de justifier des politiques d’exclusion et défendre les populations "natives" contre des menaces supposées que représenteraient à la fois les migrants et la régulation environnementale.

      Ainsi, la mondialisation du déni marque la transformation d’un contre-mouvement corporatif en projet politique populiste. Né comme réaction de défense du capital fossile face à la régulation environnementale, le modèle négationniste américain fournit les outils institutionnels et rhétoriques qui seront ensuite mobilisés par l’extrême droite européenne. L’exportation du déni climatique à travers l’Atlantique montre comment la défense de la modernité fossile évolue d’un credo néolibéral de liberté de marché vers une politique identitaire de l’appartenance. Dans les deux contextes, toutefois, sa fonction demeure la même : préserver la légitimité sociale de l’accumulation carbone en déplaçant le consensus scientifique sur le terrain de la lutte idéologique.

      https://shop.entremonde.net/rupture/68-tout-ce-qui-est-solide-se-volatilise-marshall-berman.html

      https://www.ucpress.edu/books/the-pyrocene/paper

      https://www.newstatesman.com/international-politics/climate-international-politics/2026/08/welcome-to-the-pyrocene

      https://theconversation.com/incendies-2022-comprendre-la-dynamique-des-feux-en-europe-grace-aux

      https://www.versobooks.com/products/1959-planet-of-slums

      https://www.nouvelobs.com/ecologie/20260713.OBS116633/pourquoi-la-france-est-aussi-vulnerable-aux-incendies-nous-sommes-prisonn

      (ce texte nécessiterait un seen spécifique mais il n’est pas possible de ne citer qu’un extrait car il n’est pas disponible en ligne)

      edit j’ai finalement touvé la version en ligne :-)
      https://us16.forward-to-friend.com/forward/preview?u=84965d21d1ed50ffea9d4c6c9&id=6c751936a3

      #production_de_l'ignorance #production_de_la_confusion #pyrocène #méga-feux #climat #changement_climatique #crise_climatique #sécheresses #incendies #capital_fossile #capital_immobilier #économie #libre_entreprise #fondamentalisme_de_marché #scepticisme_climatique #déni_climatique #think_tanks #extrême_droite #économie_libertarienne #scientisme #réchauffement_climatique #forêts #urbanisme #nationalisme_vert #éco-fascisme #politique_identitaire #Marius_Bickhardt

  • Europe’s free satellite service just made it easier to track wildfires

    Copernicus Browser adds wildfire visualization amid record wildfire season.

    The wildfires afflicting communities across the world can now be tracked more easily by anyone using Europe’s free and open satellite imagery service—all thanks to a wildfire visualization script originating from nearly a decade ago.

    The #Copernicus_Browser provides free access to the latest satellite imagery taken by the European Space Agency’s Sentinel satellites for the European Union’s Earth observation program. The three satellites of the Sentinel-2 mission have proven especially useful for wildfire monitoring by providing multi-spectral imaging at resolutions as granular as 10 meters in visible light and near-infrared bands—and the Copernicus Browser previously offered 10 default visualization layers using different combinations of spectral bands.

    Now Copernicus Browser has also added a straightforward “wildfires” visualization layer for Sentinel-2 imagery that went live on August 4. Anyone clicking on this layer while looking at a wildfire location can see active fires in white or yellow, burning vegetation in red, and burned landscapes in dark brown or black.

    That helpful wildfire visualization enhancement comes from a script written in JavaScript by remote sensing expert Pierre Markuse. As explained by Geovisualization, Markuse’s script combines the red visible light band, the narrow near-infrared band to highlight the differences between healthy and burned vegetation, and the short-wave infrared 2 band to reveal burned landscape by revealing moisture levels in the soil.

    Users could previously add this script manually to Copernicus Browser sessions by copying and pasting it using the custom visualization option under the default layers.

    But Simon Proud, mission scientist for Sentinel-2 at the European Space Agency, pushed to get the script integrated into Copernicus Browser as a default option. He announced that the integration had finally happened in a Discord channel on a server run by the investigative journalism group Bellingcat.

    There are other existing and emerging satellite constellations capable of detecting and monitoring wildfires and wildfire smoke. NASA’s FIRMS tool provides free access to a global map of fires detected by NASA satellite sensors and is rapidly updated within several hours—although such NASA satellite imagery is only available in coarser resolutions down to 250 meters.

    By comparison, the Sentinel 2 satellite imagery is updated every few days but provides much higher resolution imagery in certain bands down to a 10-meter spatial resolution. That makes it arguably the best free and publicly available tool for delivering higher-resolution satellite imagery of everything from wildfires to war zones.

    Unfortunately, there is no shortage of wildfires to keep an eye on across the world as climate change exacerbates traditional wildfire seasons. Much of Washington and Oregon is experiencing wildfires and smoke, Canada’s wildfire season is on track to be one of the country’s worst, and firefighters continue to battle blazes in France and Spain, where hundreds of thousands of people have evacuated during a record-breaking wildfire season.

    https://arstechnica.com/gadgets/2026/08/europes-free-satellite-service-just-made-it-easier-to-track-wildfires

    #monitoring #feux #incendies #feu #satellites #images_satellites #image_satellite #cartographie #visualisation

  • La #France sous les flammes : la faillite criminelle du #néolibéralisme

    La France brûle, et nos dirigeants ne font qu’aggraver une situation qu’ils connaissent pourtant parfaitement. Sont-ils totalement irrationnels ? Non, répond cet éditorial, ils appliquent juste le #dogme_néolibéral qui nous entraîne dans l’abîme.

    Nos dirigeants sont-ils devenus totalement irrationnels ? Sinon, comment expliquer qu’ils s’acharnent à faire l’inverse de tout ce que les scientifiques recommandent ? Pourquoi, alors que les rapports sur les catastrophes climatiques à venir s’empilent sur leurs bureaux depuis des décennies, font-ils tout pour ne pas nous protéger de ces cataclysmes ?

    Si on leur fait crédit d’une certaine capacité de raisonnement, une autre hypothèse serait celle de l’#aveuglement_dogmatique. Ce que viennent souligner les #canicules et #incendies catastrophiques de l’été 2026, c’est l’#échec patent du néolibéralisme que nos élites pratiquent assidûment.

    Commençons par le constat. Les meilleurs climatologues du monde préviennent, via le Giec notamment, de la forte hausse des risques d’incendies, partout en Europe, liée au #changement_climatique. On sait que l’augmentation des canicules et sécheresses accroît fortement les risques de feux.

    Une politique d’#anti-adaptation

    Pourtant, on ne cesse de planter et replanter des #monocultures de #résineux, plus rentables que de vraies #forêts mais que l’on sait être ultra-inflammables.

    Pourtant, l’#Office_national_des_forêts, chargé d’entretenir et protéger nos forêts, notamment contre les incendies, a perdu 40 % de ses effectifs entre 2000 et 2022, et le gouvernement ne cesse de menacer de nouvelles coupes dans les effectifs.

    Pourtant, en 2024, le Premier ministre Gabriel Attal supprimait le #budget qui aurait permis d’acheter deux #Canadair supplémentaires.

    Pourtant, sur les 16 nouveaux Canadair promis par Emmanuel Macron après les incendies dévastateurs de 2022, seuls 4 ont été commandés, et seront livrés avec beaucoup de retard.

    Les Services départementaux d’incendie et de secours sont au bord de la rupture et les départements alertent en vain depuis des années sur le manque de #moyens.

    Le bilan est tout aussi accablant concernant les canicules. La France a déjà subi quatre vagues de chaleur extrême en 2026 ; les scientifiques alertent depuis des années sur la multiplication de ces évènements, mais nous ne nous y sommes pas préparés.

    En juin, le Haut Conseil pour le climat taclait sévèrement le retard de la France, par exemple dans l’isolation des bâtiments, et des budgets pour les politiques écologiques qui sont coupés drastiquement alors même qu’il faudrait les augmenter rapidement.

    Encore plus surréaliste : le gouvernement agit pour aggraver notre vulnérabilité. En pleine canicule du mois de juin, nos dirigeants ont décidé de remettre sur le marché locatif les pires #passoires_thermiques, où étouffent les locataires les plus précaires. En pleine sécheresse extrême, la loi d’urgence agricole, surnommée « nouvelle #loi_Duplomb », prévoit d’augmenter l’#accaparement_de_l’eau par l’#agro-industrie.

    La fuite en avant du #néolibéralisme_zombie

    Pourquoi cet acharnement à foncer dans le mur ? « Parce que nos dirigeants sont prisonniers d’un modèle », répond l’économiste Cédric Durand, coauteur de Comment bifurquer. Les principes de la planification écologique (ed. Zones, 2024).

    « La France est coincée dans ce que l’on appelle le néolibéralisme zombie. La croyance qu’il faut toujours baisser le coût du capital, baisser le coût du travail, taxer moins, et que c’est ça qui va produire de la #croissance et du PIB. On fait toujours ce pari alors que la période où cela pouvait fonctionner est révolue — si ça a fonctionné un jour », dit-il.

    Le terrible bilan politique énuméré ci-dessus répond à deux logiques propres au néolibéralisme : un affaiblissement massif des #services_publics et une foi inébranlable placée dans les vertus du #marché, qu’il convient de déréguler autant que possible. Via ces politiques, la finalité de l’État est de permettre au capital d’accumuler toujours plus de richesse.

    Au nom de l’#austérité_budgétaire, et du refus catégorique de taxer davantage le capital ou les plus hauts revenus, le gouvernement coupe les budgets publics partout où cela n’est pas jugé favorable au marché. Or, le changement climatique ne répond précisément pas aux logiques de marché.

    « En Gironde, je suis sûr que les entreprises auraient aimé que l’État dépense plus pour l’achat de Canadair. C’est le paradoxe du capitalisme qui veut payer toujours moins de taxes mais réclame ensuite que l’État le protège », dit Cédric Durand.

    Nous touchons là à ce que l’économiste marxiste James O’Connor appelait « la seconde contradiction du capitalisme ». Celui-ci, pour se développer, doit exploiter toujours plus les ressources naturelles et les écosystèmes, mais il détruit, ce faisant, ses propres conditions d’existence. Il en vient donc, autre contradiction, à appeler l’État à l’aide, ce dernier s’étant pourtant volontairement affaibli et ayant détruit ses services publics, au nom du soutien au capital.

    Derrière la stratégie néolibérale, c’est le moteur fondamental du capitalisme qui est en jeu : il lui faut accumuler toujours plus de capital dans une course infernale et complètement irrationnelle.

    « Cette tendance à élargir sans cesse les domaines d’#accumulation_du_capital, et les sources de profit, par exemple à de nouvelles dimensions de la nature comme les gènes et les microorganismes, est vitale pour le capitalisme. Il meurt s’il arrête », souligne l’économiste Hélène Tordjman, autrice notamment de La croissance verte contre la nature (éd. La Découverte, 2021).

    « Je m’interroge sur la vision de nos élites qui persévèrent dans cette voie. C’est une #rationalité de très #court_terme, qui vise à accumuler très vite jusqu’à la catastrophe, et après moi, le déluge », dit-elle.

    Pour la chercheuse, l’hypothèse d’un aveuglement dogmatique de nos dirigeants n’est pas suffisant. L’accumulation des catastrophes ces dernières années est telle qu’elle aurait dû faire éclater n’importe quelles œillères idéologiques. Si l’on continue de foncer dans le mur, ce serait donc en toute connaissance de cause.

    « On est dans une logique d’intérêt de classe bien comprise, d’une classe dominante qui s’est autonomisée, et qui assume que seuls les plus puissants et les plus forts pourront survivre et vivre dignement », dit Hélène Tordjman.

    Le milliardaire étasunien Warren Buffet le disait déjà en 2006, dans une célèbre formule : «  Il y a une #guerre_des_classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner . »

    De guerre des classes à guerre contre l’ensemble du vivant

    Rien de nouveau sous le soleil ? Sauf que la séculaire guerre des classes est devenue, dans l’Anthropocène, une guerre contre l’ensemble du vivant, qui ne menace plus seulement l’essentiel de la population d’#exploitation mais de #destruction. En toute connaissance de cause.

    « Si nous persistons dans cette voie, l’avenir de notre espèce est sombre », alertaient déjà plus de 1 000 scientifiques français dans une tribune en 2020, qui dénonçait « l’inconséquence et l’#hypocrisie de politiques […] promouvant un #consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur ».

    Six ans plus tard, le pays est à sec tandis que l’on prévoit de multiplier les #mégabassines pour l’agro-industrie, les forêts brûlent tandis que les #pompiers épuisés sont en manque d’effectifs et les budgets des politiques environnementales fondent comme neige au soleil.

    « Nous avons besoin de transformations structurelles, capables de penser au temps long que les mécanismes de marché sont incapables de prendre en compte », dit Cédric Durand. Pour y parvenir, l’économiste propose de nombreux outils de planification dans son ouvrage, à l’instar de nombreux penseurs des mondes postcapitalistes.

    Reste à trouver le moyen d’opérer la bascule. Un prérequis semble être de savoir nommer les responsables. Lorsque nos dirigeants néolibéraux apportent sous un cynisme à peine voilé leur solidarité aux victimes des incendies, ils méritent plus que jamais leur étiquette de #pompiers_pyromanes.

    https://reporterre.net/La-France-sous-les-flammes-la-faillite-criminelle-du-neoliberalisme
    #incendie #incendies #feu #feux #rationalité #irrationalité

  • Face aux feux en #Amazonie, les autochtones deviennent sapeurs-pompiers

    Au #Brésil, un réseau de brigades de sapeurs-pompiers s’est créé pour agir contre les feux, brûlant de millions d’hectares de #forêt chaque année. Beaucoup sont issus de communautés autochtones.

    6 h 15 du matin, le Janderson Felipe démarre et commence à remonter la rivière Tapajós. Les hamacs et leurs occupants encore endormis se balancent. À l’étage du dessous, les locataires du dortoir, tout près du moteur, se mettent à vibrer.

    La mission dans laquelle s’est engagée la vingtaine de Brésiliens à bord est organisée par le Réseau de brigades du Bas-Tapajós, comprenant des « brigadistas » (sapeurs-pompiers) volontaires, autochtones, communautaires et institutionnels. Ensemble, ils font le tour des communautés de la réserve extractiviste Resex Tapajós-Arapiuns [1], gérée par l’Institut Chico Mendes de conservation de la biodiversité (ICMBio). Objectif : faire de la prévention sur les incendies pendant la saison la plus à risque de l’année.

    Au deuxième jour de leur tournée d’une semaine, l’embarcation s’arrête dans la communauté de Cabeceiro do Amorim. À l’ombre des manguiers et des hévéas, la réunion démarre. Maria-Alice Bizam, agente de l’ICMBio, demande aux habitants leurs souvenirs des incendies qui ont touché le territoire. 1998 a été le premier feu marquant. En 2010, un autre est entré dans le village. « Vous vous souvenez de celui de 2015 ? » demande Maria-Alice. Un quart de la Resex, soit plus de 45 000 hectares, avait été réduit en cendres.

    Vivre avec le feu

    Aussi destructeur soit-il, le feu est un élément essentiel du quotidien des habitants de la réserve, qui cuisinent avec tous les jours et l’emploient pour faire leurs cultures sur brûlis. C’est l’un des facteurs des incendies, derrière les feux liés à l’accaparement des terres, la spéculation foncière et les incendies d’origine agricole.

    « On n’est pas là pour vous l’interdire, insiste Tainan Kumaruara [2], brigadière autochtone, mais pour vous rappeler les bonnes pratiques et éviter de perdre le contrôle. »

    Parmi les pratiques rappelées : créer une zone coupe-feu de 3 mètres de large minimum autour de ses cultures, réaliser le brûlis en groupe et en fin d’après-midi quand les températures baissent, faire des départs de feu à contrevent, qui laissent une porte de sortie aux espèces animales… La réunion permet aussi de constater l’évolution des pratiques due au changement climatique : les anciens démarraient le brûlis autour de midi, aujourd’hui, il faut attendre 17 heures quand le soleil est moins fort.

    Le travail du Réseau de brigades du Bas-Tapajós s’appuie sur la gestion intégrée du feu, qui combine les pratiques traditionnelles et modernes pour réduire les risques. « Une partie essentielle de notre travail n’est pas le combat, mais la prévention », insiste Tainan Kumaruara.

    Selon le Panel scientifique pour l’Amazonie (SPA), la gestion intégrée du feu, en impliquant les populations locales, les mieux placées pour connaître le territoire, réduit grandement le risque d’incendies incontrôlables. Sur les 13 sapeurs-pompiers institutionnels de l’ICMBio, 10 ont été recrutés dans la Resex. Dans les autres brigades, tous sont des locaux.

    « L’affaire de tous »

    La majorité des pompiers présents ce jour sont volontaires. Ce qui les anime : « L’amour pour le territoire », répondent-ils chacun à leur manière. « C’est notre maison et nous n’en avons qu’une seule, dit José Martins Da Silva, en battant la terre sous sa botte, la main sur le cœur. Si on la perd, où ira-t-on ? »

    Lui a perdu son grand-père dans les flammes lors d’un brûlis incontrôlé. Tainan Kumaruara, brigadière autochtone, s’engage pour ses enfants, « pour qu’ils puissent grandir sur un territoire préservé ». Ses yeux sont soulignés par un trait noir horizontal et un trait vertical sous la bouche.

    Les habitants prennent la parole pour exprimer leurs besoins et leurs questionnements. Parmi les problèmes relevés, les conflits de voisinage qui débouchent parfois sur des incendies criminels. Le brûlage des ordures (aucun système de collecte n’est mis en place par la préfecture de Santarém dont ils dépendent) peut aussi provoquer un incendie et génère des tensions.

    « Dans ma communauté, c’était comme ça aussi, confie Marlisson Castro. Avant, si mon voisin n’arrivait pas à contrôler son brûlis, c’était son problème. Mais c’est faux, si un incendie démarre, c’est l’affaire de tous. » En filigrane, l’équipe de sapeurs-pompiers tente de motiver les communautés à créer leur propre brigade. L’ICMBio propose des formations gratuites chaque année.

    Dans l’après-midi, trois « brigadistas » partent enregistrer les coordonnées GPS des parcelles qui seront brûlées après la période d’interdiction (le mois d’octobre étant trop sec). Ces données serviront ensuite à l’ICMBio, qui surveille quotidiennement par satellite les points de chaleur apparaissant dans la Resex. « Si cela provient d’un brûlis autorisé, on est plus tranquille », explique Maria-Alice Bizam, agente du ICMBio et responsable de la logistique de cette mission.
    Une réponse mieux coordonnée

    Contrairement aux idées reçues, le sol amazonien, constamment lavé par les pluies, est pauvre en nutriments. Le brûlis produit des cendres qui fertilisent ainsi naturellement une parcelle. Celle-ci est ensuite cultivée 1 ou 2 ans puis laissée au repos huit ans en moyenne, le temps qu’une végétation assez dense repousse.

    De retour sur le bateau, Maria-Alice Bizam regarde son téléphone en se rongeant les ongles. Un point rouge apparaît sur son application de surveillance satellitaire, symbolisant un point de chaleur détecté, mais qui ne correspond pas à un brûlis déclaré. Sa camarade Soeli Nobre Da Costa, qui appartient à la brigade la plus proche de la zone concernée, sollicite ses contacts et trouve un riverain pour aller voir ce qu’il en est. La vidéo qu’il envoie montre un incendie en bord de rivière. Avec le vent sec et chaud de cette saison, le risque est grand que le feu se dirige vers la forêt. Un escadron de sept sapeurs-pompiers est envoyé sur place. Temps de trajet estimé : deux heures en petit moteur.

    Quand ils reviennent de nuit, leur mine fatiguée, mais souriante, indique que l’opération a réussi. « On a créé une ligne coupe-feu préventive à même le sol et abattu un arbre qui avait pris feu », relate Francisca Eloide Lima, de la brigade d’Alter-do-Chão, qui a dirigé l’opération.

    Les deux dernières années ont été mortifères pour l’Amazonie, notamment en raison du phénomène El Niño qui a entraîné une sécheresse intense. En 2023, 10,7 millions d’hectares ont été réduits en cendres dans la seule partie brésilienne, puis 15,6 millions en 2024. C’est plus du double de la moyenne historique enregistrée par MapBiomas, une structure collaborative cartographiant le pays.

    Au niveau local, 2023 a été désastreux. Les pompiers se sont mobilisés lors d’une mission interminable de 49 jours. L’incendie survenu dans la Resex a même nécessité l’envoi d’un hélicoptère. En 2024, bien que le risque était accru, les feux ont été mieux maîtrisés.

    Pour Daniel Gutiérrez Govino, l’un des fondateurs de la brigade d’Alter-do-Chão, cela est dû à la meilleure organisation des différentes brigades locales et à l’implication plus grande des habitants, nécessitant moins de dépenses publiques : « On est passé de 3,3 millions de réais de dépenses publiques en 2023 dans la lutte incendie à 50 000 réais en 2024 », soit de 517 000 à 8 000 euros environ.

    Au troisième jour de leur mission, les « brigadistas » rendent visite à la communauté Cabeceira do Quena. Ici, les habitants se rappellent avec effroi comment un incendie a traversé leur village en 2010. « Une grande dévastation », se désole une habitante racontant comment, avec d’autres villageois, elle a tenté de protéger les maisons et les voisins.

    « Les arbres dont les fruits nourrissaient les poissons ont brûlé, on s’est retrouvés sans rien, se souvient un pêcheur. Si la nature est ravagée, tout est fini. On ne va pas manger de la cendre. »

    Après une matinée de discussions, les sapeurs-pompiers volontaires repartent souriants et plus unis. L’espoir est grand que ces villageois mettent en place une brigade. Une nouvelle équipe qui renforcerait les rangs de ces pompiers, véritables gardiens de leur territoire.

    https://reporterre.net/Face-aux-feux-en-Amazonie-les-autochtones-deviennent-sapeurs-pompiers

    #feu #incendie #peuples_autochtones #auto-gestion #Resex_Tapajós-Arapiuns #prévention #Cabeceiro_do_Amorim #éducation #formation #brûlis #gestion_intégrée_du_feu #réduction_des_risques #ICMBio #volontariat #volontaires #brigades #brigades_locales #Cabeceira_do_Quena

  • 200 000 personnes évacuées à cause des #incendies : un #exode_climatique, premier du genre en France

    Sous nos yeux se dessine brutalement, en cet été 2026, une préfiguration effrayante de notre avenir. Le #changement_climatique est passé des concepts des rapports du Giec à la réalité du quotidien.

    L’air au souffle infernal les jours interminables de #canicule, l’interruption du vol familier des insectes et des oiseaux, la #sécheresse qui rend arides les paysages et les inondations qui lui succèdent au gré de pluies et grêles diluviennes. Et, désormais, les #feux sans cesse plus monstrueux, dévastateurs, grands comme dix fois Paris cette année, et dont la fumée s’est répandue ce week-end du Var, des Landes et de la Gironde à plus de 500 kilomètres, jusqu’en Auvergne et dans le Val de Loire.

    Lueur d’espoir au milieu du désastre, le dévouement sans limite des pompiers et des gendarmes a permis l’évacuation de plus de 200 000 personnes en dépit des conditions dantesques. Ce mouvement de population, jamais vu en France depuis la défaite de 1940, a un nom : il s’agit d’un exode climatique, le premier du genre dans cette ampleur, avec ses colonnes de réfugiés sur les routes abandonnant tout derrière eux.

    Tout cela serait déjà grave et inquiétant si notre pays était prêt à affronter ces nouveaux périls. C’est peu de dire qu’il ne l’est pas. À part les masques FFP2, héritage de la dernière crise sanitaire, la France manque de tout, à commencer par les avions bombardiers d’eau et les effectifs de soldats du feu professionnels.

    Au-delà, où que les yeux se tournent, l’#inadaptation est globale, conséquence d’un #sous-investissement endémique. On ferme des lits d’hôpitaux ; les passoires thermiques restent le lot commun des logements, des écoles comme des Ehpad ; la climatisation des lieux publics est l’exception ; les villes étouffent, faute de moyens pour revoir l’#urbanisme ; le réseau ferré est hors d’âge ; l’électrification du parc automobile est repoussée.

    Si gouverner c’est prévoir, la #faute des gouvernants est inexcusable. N’importe quel travailleur convaincu d’une telle négligence serait renvoyé sur-le-champ. En 2027, le chantier sera titanesque et le besoin de changement immense. La gauche a neuf mois pour convaincre qu’elle est à la hauteur.

    https://www.humanite.fr/environnement/austerite/200-000-personnes-evacuees-a-cause-des-incendies-un-exode-climatique-premie
    #déplacés_internes #évacuation #incendie #feu #France #réfugiés #réfugiés_climatiques

  • Incendies et lutte des classes - La Grappe
    https://lagrappe.info/?Incendies-et-lutte-des-classes-2198
    https://contre-attaque.net/2026/07/29/incendies-et-lutte-des-classes

    Alors que les feux sont fixés et que tout le monde rentre chez lui, place à l’amnésie organisée. Les autorités ont intérêt à faire oublier à tout le monde le désastre de leur préparation face aux incendies prévisibles et annoncés au pays de la monoculture de pins. Mais aussi à faire oublier l’appel aux dons et au bénévolat alors que l’état nous vole déjà tous les moyens de notre auto-organisation. Et enfin à faire oublier l’étrange hasard qui a fait que la commune du Porge est entièrement calcinée, alors que les maisons secondaires et villas du Cap Ferret sont intacte...

    Deux classes sociales et un brasier qui les sépare. Des cendres pour les uns, les villas avec piscines intactes pour les autres.

    Le feu et le capital | Cairn.info
    https://shs.cairn.info/revue-etudes-rurales-2024-2-page-90

    Cet article montre comment les controverses liées aux incendies ont modifié le modèle landais, un système forestier marqué par l’extractivisme, dans le sens où il ignore autant l’épuisement des ressources que les conséquences environnementales de son activité. Nous proposons d’étudier les grands incendies de 2022 comme des phénomènes révélateurs du Capitalocène [1] dans un massif forestier dominé par une sphère économique régie avant tout par des enjeux financiers. En effet, si la forêt landaise est l’image même d’une nature façonnée par le capital, elle est aussi le reflet de ses excès.

    #incendie #Gironde #lutte_des_classes #inégalité #feu #sécheresse #réchauffement_climatique

  • Un commentaire fâché d’un camarade sur la séquence brûlante de cette fin juillet.

    Cher(s) amis (ou pas d’ailleurs), ceux qui ne sont pas de Bordeaux, j’aurais tellement de choses à vous dire sur ce qu’il se passe ici, sur ce qu’on vit, mais je n’ai pas la force de vous écrire tout ce que j’aurais à dire. Je vais quand même essayer de vous traduire ici ce que, moi, je vois et lit, pris dans la bulle informationnelle des algorithmes qui fout le vertige tellement on voit passer de choses sur cet incendie monstrueux. Noté que tout ce que je dit est peu etre parfois exagérer, que ça n’est que mon point de vue a l’instant T, que je ne sait pas tout, ni n’est tout les éléments en ma conaissance, et que j’ai observé tout ceci a travers la lorgnette des réseaux sociaux pour l’essentiel. Je laisse volontier ceux qui vivent comme moi, plus ou moins de pres de cet incendie, apporté de la contradiction/rectification. Enfin le texte est long, pessimiste en grande partie et a charge, et chargé emotionellement, j’en est conscience. J’avais besoin d’exprimé tout cela, meme si personne ou presque ne lira, car ça me trottine dans la tete nuit et jour.

    Voici :

    Je pourrais parler des pompiers qui, pour certaines sections, sont composées d’une écrasante majorité de pompiers volontaires non professionnels, car, comprenez-vous, les pompiers professionnels bénéficient d’un code du travail, avec une rémunération horaire qui coûte plus cher que la masse des volontaires... (Ouais ouais, en pleine crise on fait des économies ! À tel point qu’un syndicat de pompiers s’en est plaint, ne comprenant pas pourquoi, pour de bêtes questions de planning, les pompiers pros ne sont pas ou peu envoyés sur les incendies... Voilà qui laisse songeur.) Ces pauvres types, volontaires donc, ne sont même pas équipés de masques, simplement de cagoules en Nomex qui ne filtrent rien du tout. Peut-être en disposent-ils mais ne les mettent pas ? Dans l’urgence, lorsqu’on bouge beaucoup, il est difficile de respirer avec un masque, même un simple FFP2 sous une cagoule, je le sais en toute connaissance de cause. On envoie donc des gens sacrifier leur santé parce qu’ils sont, euh bah... gentils, pendant qu’on fait des économies de l’autre ! Trop bon, trop con, comme on dit.

    Au fil des premiers jours, voyant que le gouvernement était complètement nul dans sa planification, on a vu sur les réseaux une quantité de bonne volonté et d’initiatives, de leur propre chef, sans demander la permission à personne, d’agriculteurs, de citoyens travaillant dans le BTP et disposant de matériel utile, venir prêter main-forte aux pompiers qui sont complètement dépassés par l’ampleur de la catastrophe. Et ça marche ! Ceux-là ne comptent pas leurs heures, ils sont venus dans un sentiment de solidarité qui fait un bien fou au moral, soudain c’est toute la société civile qui fait front, sans attendre rien d’un gouvernement dont personne, eh bien, n’attend plus rien justement !

    Et qu’apprend-on de notre préfète elle-même ? Que les agriculteurs, le BTP, les associations et les refuges d’animaux ne sont pas les bienvenus ! Oui oui... ce gouvernement, aigri de se voir dépassé par toute cette solidarité dont il est lui-même atrophié jusqu’à la moelle, se trouve très gêné par ce « débordement » de générosité humaine... Comprenez-vous, il ne voit pas d’un très bon œil de perdre le contrôle. Perdre le contrôle d’un incendie ne semble pas l’inquiéter autant que perdre le contrôle sur les masses... masses pourtant bien inoffensives, ça en dit long sur leur « projet ». L’argument de notre préfète, en chefaillon tout chafouin, est que ça poserait des problèmes d’organisation ! PARDON !!! (Oui, là on s’étouffe devant un culot pareil.) Ceux qui aident sont donc sommés de s’inscrire sur des listes, de demander des autorisations d’accès... Certes, un incendie c’est dangereux pour qui n’est pas formé, certes, un Canadair qui largue des tonnes d’eau sur ceux qui seraient en bas, par manque de coordination, eh bien ça tue. Seulement voilà, le pékin moyen et le gueux de base n’étant pas complètement cons, ils dialoguent avec les pompiers, tout aussi issus du même milieu, et tout ceci fonctionne à peu près, fort d’une bien plus grande flexibilité, d’une adaptation en temps réel, deux choses dont le grand État planificateur et mégalo semble complètement dépourvu. Pensez-y, zéro mort chez les bénévoles... comme quoi.

    Il faut donc bien comprendre que le pouvoir a peur d’une chose : perdre le contrôle, que les masses se parlent sans sa médiation, car les gens pourraient se rendre compte que, tout compte fait, ils s’en sortent sans gouvernement, ils s’en sortent même mieux ! Vous imaginez ? Tout ce pognon de dingue a payé des ministres grands ordonnateurs de la connerie et du tout pour le fric (mais le leur !) Pour rien ! On voit donc un gouvernement aigri, qui ne supporte aucune critique (à les écouter, ils ont tout bien fait, et ne se trompent jamais... C’est bien là la marque, le signe de l’incompétent démasqué qui pousse des cris outrés pour cacher son inutilité et son parasitisme).

    Bref, fort de ces beaux élans de solidarité citoyenne, et cela fait très longtemps que l’on n’en a pas vu de tels ! Je voulais participer à tout cela. Je me dis que, avec mes compétences propres, je pourrais venir prêter la main en me rendant au parc des expositions de Bordeaux où sont pris en charge les milliers de réfugiés des incendies, ceux qui ont dû quitter leurs logements car en zone évacuée (on parle de 220 000 personnes sur le département !). Je me dis que des tas de gens sont capables de faire à manger, collecter les dons, stocker, héberger, faire le taxi, etc., mais que moi, je sais faire des choses moins vitales pour les gens, mais aussi, peut-être, plus rares, à savoir les divertir, amuser les enfants, leur apprendre des trucs avec trois fois rien. Juste un petit moment à offrir pour les sortir de leurs préoccupations. Je voulais venir proposer des petits ateliers de jonglerie pour les enfants, pourquoi pas une petite démo, un petit spectacle à la fin. Histoire de faire ma part.

    Je veux donc m’y rendre, à l’improviste, car en un sens c’est le plus beau témoignage de l’attention portée aux autres : venir en aide sans prévenir, sans rien attendre en retour d’autre qu’un moment de partage dans cette période où nos corps sont en alerte non-stop, épuisés et angoissés par un avenir... eh bien sans avenir justement ! Seulement, les autorités nous enjoignent à ne pas nous rendre sur place, mais à remplir un formulaire en ligne pour le bénévolat. Soit, je ne suis pas là pour faire chier le monde, je me plie à l’exercice et me dis que c’est légitime, après tout il faut organiser un minimum ce bordel. Sauf que voilà, et là déjà ça me fait drôlement tiquer. On nous propose des plages horaires de disponibilité façon 3/8, déjà la spontanéité en prend un coup dans la gueule, voilà qu’il faut pointer comme à l’usine même si t’es bénévole ! Drôle de conception... mais je passe outre de cette sensation désagréable, qu’il y a déjà comme une couille dans le potage.

    Je remplis donc ce formulaire et l’envoie, puis, plus rien, pas de réponse, nada, peau de zob. Je me dis que c’est OK, ils sont débordés, il n’y a pas de souci, puis bon, ce n’est pas mon petit ego, syndrome du sauveur, qui doit primer sur l’intérêt général. (Déjà, quand tu dois t’excuser de vouloir aider autrui, en ton fort intérieur, pendant que les enc* d’en face ont littéralement arnaqué l’UNEDIC, vont se porter garants du financement de la campagne de Fafland, c’est qu’il y a un truc qui déconne et ce n’est pas toi le problème).
    Et puis le temps passe, on voit notre bien-aimé maire macroniste de la 1ère heure parader dans les allées du parc des expos, il joue tellement bien son rôle qu’il y paraît affairé parmi les bénévoles, sur le front, solidaire avec tous et toutes, il se veut rassurant, aimable et de bon cœur, on y voit un homme qui se bouge, nom de Dieu ! Bon, c’est aussi celui-là même qui a cosigné avec Attal, par décret, la suppression d’environ 50 à 53 millions d’euros de crédits dans le budget de la sécurité civile.

    OK, OK, on sait que le fabricant (Canadien) des avions Canadair a stoppé sa ligne de production et qu’il faudra du temps à redémarrer le schmilblick, et qu’il y a d’autres options sur la table... Bon, mais dites, hein, entre nous, même s’ils trouvent toujours les bonnes excuses qui vont bien, est-ce qu’ils ne seraient pas en train de nous prendre grave pour des c... les types ?

    Parce que c’est fou ça, les gars, si on les écoute, ils sont irréprochables, tout empire dans ce pays, ça fait des lustres qu’ils sont au pouvoir, mais ce n’est pas de leur faute, les pauvres bougres, pardi, qu’on leur baise les pieds à ces saints hommes ! (Et femmes, parce qu’il y a des c*nasses aussi, pas de sexisme ici.)

    Bref bref, je reçois finalement un mail qui me dit patati patata « merci pour votre engagement » patati patata « trop de bénévoles, merci bien mais non merci, on vous appellera si on a besoin de vous »... Et vous serez mobilisé pour la sainte nation de la mère patrie de sa mère, spiritum sancti, amène le pèze et nique ta mère (bon ça va, je rigole). Donc donc donc, OK OK, on n’a pas besoin de moi, je ne vais pas en chier un pendule.

    Et puis voila que nous parviennent d’étranges temoignages. Des refugiés se plaignent que la solidarité chaleureuse des début fait place petit a petit a une sinistre petite musique militaire, celle de l’organisation stricte, ont commence a mal leurs parlé, on refuse des bénevoles frais a l’entrée par ce que "le putain de formulaire" alors que d’autres sont en full time job a l’interieur, épuisé. Qu’il manquerait de benevoles (alors qu’on nous dit officiellement que non), que commence a se mettre en place un QR code aux entrées, que ça soule les benevoles et qu’ils se barrent en masse (qui auait pu predire !).

    Tout ces temoignages sur les reseaux, c’est surement un coup des russes ! C’est pratique les russes, ça fait toujours le mechant ideal ! Et notre bienveillent gouvernement grand planificateur stratège nous a prouvé sa valeurs dans le passé, ça ne se peut ! Foutaise, calomnie ! Il est au dessus de tout soupsons. Bon, pas que j’ai la moindre sympathie pour Poutine, mais c’est a dire qu’on a de plus en plus de mal a faire la difference entre lui, dicateur de son etat, et notre suzerain a nous apprenti dicateur qui prend du galon. C’est a dire que si un jour on nous envoyait se foutre sur la geuleu avec les russes, a force de se torcher avec la democratie, on aurait quand meme vachement de mal a voir ou c’est qu’il est le camp du bien.

    Revenons a nos moutons, tu la voit la douille ? C’est le gouvernement qui suinte a travers les portes et qui viens chié sur le paillasson, il a pas digéré que les gens s’auto organise sans lui, il etait pas invité a la fete alors qu’il a mis les lieux a dispositions et gratuitement en plus ! Bon la bouffe, les vetements et les croquettes pour chats (enfin tout le reste quoi) c’est pas l’etat qui fourni, ce sont les gens, a qui il reste de l’empathie (et un peu de reste a vivre en fin de mois) pour leurs prochain malchanceux. Bon sauf pour les pauvres qui vivent dans le bidon ville de bordeaux lac a meme pas 300m de l’autre coté de la rive... eux c’est differents, ils sont basané, drogué et ils puent, et de toute façon personne ne les vois, cacher par les arbres, le long de la rocade. Ouais hein... ça serait dommage de leurs fournir a eux aussi toute cette bouffe et un toit, faut pas tout melanger, l’ultra pauvre doit garder sa place, loin des regards. A chacun son camp de refugié.

    On pourrait aussi parler des risques de catastrophe industrielle si l’incendie parvenait à atteindre les sites de l’industrie militaire et spatiale (tu as aimé les vents de fumée option odeur de bois cendré ? T’es pas prêt pour la version upgradée : vents radiotoxiques et chimiques). Visiblement, personne n’a semblé bon de prévenir un minimum la population, hormis quelques Cassandre anonymes comme moi. C’est seulement plus tard que ça a fait tilt dans quelques articles à la marge. Et nous pouvons faire confiance à la grande muette pour balayer sous le tapis et fermer sa gueule si elle a fait une connerie. Pas pour rien qu’on l’appelle la grande muette. On en est rendu à prier pour que le génie militaire ait bien fait son job, et c’est pas gagné. Qu’on se rassure, la super star médiatique, l’A400M, est sur le coup. Bon, il s’agit d’un unique prototype et il lui faut 3-4 h pour faire un aller-retour depuis Istres et balancer son retardant, mais ça va, nous sommes rassurés !

    Il y a aussi les gogos, tout contents, qui réclamaient les Centaures à grands cris (pas les hommes-poneys, les hommes-cognes turbo-gendarmes dans leurs fabuleux destriers blindés que même les ruskofs du FSB vont nous envier). Macron a exaucé leurs vœux le plus cher, les 10 Centaures sont arrivés.

    Bon, ils ne serviront presque à rien contre l’incendie, par contre ils sont encore bien frais, tout beaux, tout neufs pour casser la gueule des pompiers et agriculteurs déjà bien épuisés par la lutte contre le feu, si jamais ces derniers mouftaient un peu trop fort sur le manque de moyens. C’est tout de même beau, les super Robocop arrivent toujours en retard quand ça chie dans la colle, mais ils sont toujours à l’heure pour distribuer les baffes ! Une vocation !
    Je pourrais dire aussi que, désormais, en plus de se taper des canicules de l’enfer dans nos passoires thermiques, annihilant toute volonté des jours durant, nous ne pouvons même plus sortir de chez nous. Les fumées envahissent les rues, nous obligent à fermer nos fenêtres la nuit, en pleine canicule, on a réussi ce miracle de pourrir jusqu’à l’air qu’on respire.
    Aussi, si vous voulez savoir si la macronie va mettre des choses en place pour qu’un tel incendie n’arrive plus, il vous suffira d’écouter attentivement la réunion en salle de crise du CODIS lors de la visite de Macron premier (et dernier, c’est le fameux « en même temps »). Vous en aurez pour votre argent !

    Les gogos applaudissent le maire de Biganos pour avoir fait fermer sa gueule au père Macron ; il l’a insulté, en sous-texte, de « Parisien » ! Vous vous rendez compte ? Mais quel incroyable acte subversif !

    Bon, les gogos n’ont pas compris que rien ne va changer, c’est entendu : la sylviculture du pin maritime, bien en rang, n’est pas remise en cause. On va simplement sacrifier 2 000 hectares de plantations pour faire des routes pare-feu plus larges le long des parcelles, finalement comme en 2022 ! Eeet c’est la chenille qui redémareuuu lalalala.. C’est à se tordre de rire.

    Les sylviculteurs, les communes concernées et l’État sont tous d’accord ! On fait tout comme avant, mais en y mettant du sparadrap ! On parie sur la redite : "c’est pas un échec [...] c’est que ça n’a pas marché" ?

    Et tout ça devant les yeux de tous : les gogos applaudissent le caractère hautement subversif d’un maire bien de chez nous, alors que lui-même ne remet rien en cause. Ils n’ont rien capté, les cons ! Alors que tout a été dit, là, devant leurs yeux.

    Je finirai par ceci, conscient que ma petite diatribe est bien inoffensive et que c’est du pain béni pour les sinistres des renseignements généraux (plus besoin de chercher dans le maquis les opposants politiques, ils se sabordent eux-mêmes en pleine place publique !)

    Je leur dis, à eux, la flicaille zélée et carriériste dans l’âme, et surtout à leurs imbéciles de maîtres, je dis avec joie et rire, même s’ils ne me liront pas : vous avez peut-être gagné, oui. Les productivistes, capitalistes, et ceux qui les protègent, êtes en train de gagner, vous allez saloper, détruire toute la planète et tout ce qu’elle avait de plus beau. Vous avez déjà exterminé la plupart des oiseaux et insectes que l’on n’entend plus ni ne voit plus, le climat est hors de contrôle pour des siècles, le rapport Meadows prédit 100 millions de morts par an en moyenne, en 2100 (certains tablent dès 2050), c’est-à-dire plus que le bilan de la Deuxième Guerre mondiale en 6 ans de conflit, et cela tous les ans. De quoi faire passer Mao, Staline et Hitler pour des petits joueurs.

    On sait qu’à un certain seuil de réchauffement climatique, l’agriculture ne produira plus rien et même émettra elle-même son propre CO₂, mécanisation agricole ou pas. Transformant nos beaux paysages (qui ont déjà pris un sacré coup dans la tronche) en déserts arides, juste pour du fric, du pouvoir et des gadgets technologiques plus débiles les uns que les autres !

    Preuve de votre culpabilité et de votre panique face à vos créations mortifères que vous seuls avez activement voulues, il vous faut moult drogues dures pour tenir le coup dans les ministères et dans les casernes (oui, on sait, faut arrêter de nous prendre pour des cons), tel un alcoolique qui boit pour ne plus voir son propre naufrage.

    Bravo, vous avez un don inégalé à détruire absolument tout ce que vous touchez et c’est une sacrée performance en soi : gagner pour tout perdre, voilà un concept qui a de l’avenir, vers l’infini et l’au-delà, surtout l’au-delà.
    Mais nous aurons, nous les pauvres crétins pas assez bons à vous servir sans broncher un peu, tout de même notre petit plaisir, de savoir que nous mourrons avant vous, vous laissant le plaisir de voir le pire arriver pour votre fin à vous.

    Soit, enfermés entre quatre murs dans vos bunkers de luxe ou pas luxe, ça reste une prison, prison qui, si vous aviez un peu de culture scientifique, vous sauriez vouée à l’échec, car le système isolé du monde et fonctionnant en circuit fermé ad vitam æternam ne fonctionne pas, ce sont les lois de la thermodynamique qui nous le disent. Cela revient a vouloir crée un genre de mouvement perpetuel. Mais comme vous êtes d’énormes brêles, vous ne pigez rien à ce que c’est, mais savez très bien faire semblant d’avoir tout compris avec force de vocabulaire technique, que l’homme de science peut démystifier en quelques minutes, et que vous aurez mis au placard depuis un bail pour avoir osé vous faire passer pour les cons que vous êtes.

    Remplacé par un autre homme de science plus consensuel et servile, mais aussi souvent plus incompétent que le précédent, vous voilà pris à votre propre piège de votre si brillant management.

    D’autant plus qu’il faudra aussi cohabiter avec vos brutes qui aiment tâter de la matraque ; de là à imaginer qu’elles ne se retourneront pas contre vous et deviendront vos tortionnaires, ça serait bien optimiste. Vous aurez donc la joie de vous entretuer entre congénères, puisque, en définitive, c’est bien la seule chose que vous ayez jamais su faire avec talent.

    Ce monde-là, plus dystopique que jamais, on vous le laisse, à votre bon plaisir !

    Car nous ne serons plus de ce monde pour sauver votre cul de vos propres contradictions, cette fois-ci. Car oui, c’est de la conscience professionnelle, de la gentillesse et du sacrifice désintéressé de vos semblables, bien plus vertueux que vous, et pourtant que vous méprisez, que vous devez votre survie à chaque crise.

    Il est à espérer que nous ayons tous la flemme cette fois-ci. Plutôt crever que de vous servir, ça aurait de la gueule comme fin. Santé ! Et crevez bien dans le futur les champions de la terre.

    En attendant, moi, je vais aller applaudir à 20 h à mon balcon, cette immense bouffonnerie.

    https://www.facebook.com/bruno.dujura/posts/pfbid02ikn8W6Xqk83NdMtMenb5HucMs2T2eZVji4vGz6sgiKrCdHA55k1TNATgh3sfHyzsl

    #feux_de_forêt #France #Gironde #incendie #écologie #démocratie #solidarité

  • Incendies : quand les futurs ministre délégué à la transition écologique et maire de Bordeaux votaient contre une hausse des moyens pour les pompiers
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/29/incendies-quand-les-futurs-ministre-delegue-a-la-transition-ecologique-et-ma

    Lors des discussions en commission sur le projet de loi de finances pour 2023, Mathieu Lefèvre et Thomas Cazenave, alors députés Renaissance, avaient rejeté les amendements du rapporteur spécial sur la sécurité civile, qui demandait une augmentation budgétaire après les feux de l’été 2022.

    #macronistes #ministres_incapables #pompiers_en_souffrance #incendies #écocides

  • #Incendies : “Il n’y a pas de #conscience #écologique qui se réveille au cœur des #flammes
    https://www.nouvelobs.com/ecologie/20260725.OBS116943/incendies-il-n-y-a-pas-de-conscience-ecologique-qui-se-reveille-au-c-ur-d

    Entretien L’anthropologue Elise Boutié a passé sept mois en #Californie, à enquêter sur la mémoire d’une communauté touchée par « #Camp_Fire », l’un des plus meurtriers feux de forêt américains. Dans sa thèse, elle montre avec finesse que l’incendie ne remet pas en cause les modes de vie qui réchauffent la planète. Au contraire, il les accentue.

    • le titre de la thèse d’Élise Boutié
      La maison brûle : cultiver le déni du changement climatique après un mégafeu en Californie du nord
      https://theses.fr/2024EHES0039
      fournirait un bon titre au Figaro Magazine :-D

      Résumé
      Basée sur une ethnographie de sept mois, cette thèse d’anthropologie politique de l’environnement s’intéresse aux récits, perceptions et manières d’habiter la forêt et la maison après que l’incendie le plus destructeur de l’histoire de Californie ait détruit plus de 19 000 structures humaines, 62 000 hectares de forêt et tué 85 personnes, bouleversant la vie matérielle et symbolique de sept villes et villages d’un haut plateau boisé situé dans les contreforts de la Sierra Nevada. Si l’incendie est débord vécu comme un événement historique de grande ampleur qui a non seulement surpris les habitant.es et les autorités, mais surtout qui mis leur monde sens dessus dessous, dès novembre 2019 date qui marque le premier anniversaire, un certain nombre de dispositifs sont mis en place pour orchestrer l’oubli du 8 novembre 2018 et ainsi relativiser son impact. À partir de cette tension qui oscille entre volonté d’orienter l’écriture de l’histoire et reconnaissance du caractère exceptionnel et de l’urgence à réagir face au phénomène des méga-feux, la thèse se demande comment se fait-il que les habitant.es cultivent le déni de la réalité des changements climatiques et de la réalité de la menace de disparition qu’ils font planer sur leurs lieux de vie alors même qu’iels expriment un profond attachement à ce territoire en particulier et à la forêt en général ? La thèse répond à cette question en trois temps et en suivant trois fils d’analyse : la maison, la forêt et l’église évangélique car ces trois figures constituent selon nous la colonne vertébrale du modèle socio-politique états-unien, modèle dont l’hégémonie et la promotion sont en partie responsables du nouvel ordre climatique qui est le nôtre. D’une part, nous pensons que le désir d’appartenir ou d’être perçu.e comme appartenant à la classe moyenne est plus fort que le principe de réalité qui met en danger et en jeu les conditions d’habitabilité du territoire. D’autre part, les valeurs présentées et perçues comme fondamentales au sein de la société états-unienne, notamment celle de puissance de l’individu auto-construit (« self made man »), font écran aux relations d’interpénétration et d’interdépendance qui lient positivement les humains à leurs environnements, anéantissant toute possibilité d’en prendre soin et d’être transformé.e par eux. Enfin, la puissance des schémas narratifs portés et véhiculés par la religion évangélique, dont le pouvoir sur le ridge est indéniable, prolonge et perpétue la pensée selon laquelle l’humain qui croit et qui entretient son lien avec Dieu serait un être protégé des cataclysmes terrestres, reléguant ces derniers à de pures anecdotes sans conséquence pour et dans la vie terrestre. Construite en quatre parties (« Habiter », « Incendier », « Effacer », « The New Normal ? ») et neuf chapitres, la thèse traite la catastrophe comme un événement autant révélateur que catalyseur d’enjeux socio-politiques tels que la violence sociale, l’alliance de classes au-delà de l’alliance politique, l’attachement à l’image de la classe moyenne, la mémoire encadrée, le traumatisme climatique, la relation naturaliste à la forêt et la migration d’agrément.

  • Feux de forêt : « Tout miser sur la lutte n’est plus suffisant, il faut s’atteler à la prévention », Arthur Guérin-Turcq
    https://www.liberation.fr/environnement/climat/feux-de-foret-tout-miser-sur-la-lutte-nest-plus-suffisant-il-faut-sattele
    https://www.liberation.fr/resizer/v2/IKHUYFDUMNBKXJS4Y6NDJSUWWY.jpg?auth=45f3a7cefd6b12a3a7cb5f77b523fb1c047c7

    Dans la forêt landaise, ravagée en 2022 [les incendies en Gironde ont détruit au total 30 000 hectares de végétation], les moyens de lutte ont évolué. Par exemple, les pompiers sont désormais formés à la technique du contre-feu, qui n’était pas utilisée auparavant. L’idée, c’est de déclencher un incendie volontairement pour en stopper un autre : lorsqu’ils se rencontrent, ils se dévorent mutuellement, ils « s’annulent ». C’est une pratique ancestrale, très connue et assez efficace. Le problème, c’est que cela suppose de sacrifier des zones qui ne sont pas encore touchées. Et en 2022, des propriétaires forestiers n’ont pas voulu qu’on le fasse sur leur parcelle.

    Mais ce nouveau régime d’incendie met surtout en lumière les limites des moyens de lutte actuels, comme le fait de larguer de l’eau par voie aérienne. On parle beaucoup de l’achat de nouveaux Canadair et de Dash [des avions bombardiers d’eau], mais lorsqu’il fait très chaud, l’eau s’évapore avant même de toucher le sol. Il y a aussi les obligations légales de #débroussaillement mises en place par une loi votée en 2023, un an après les incendies de Gironde. Elle impose aux habitants de zones à risque incendie de débroussailler 50 mètres autour de leur maison. Outre le coût que cela représente, il y a des personnes âgées en milieu rural qui ne peuvent pas forcément le faire, il y a des maisons secondaires, d’autres qui sont abandonnées… Et surtout, cela fait reposer toute la responsabilité sur les individus. Ça prouve que tout miser sur la lutte n’est plus suffisant, qu’il faut désormais s’atteler à la prévention. Et ça, c’est à l’Etat de le mettre en œuvre.

    Que voulez-vous dire par là ?

    C’est, pour moi, notre principale lacune face aux feux de forêt : l’absence d’une véritable politique de prévention. Prévenir, c’est réfléchir à un meilleur aménagement des territoires. Car on sait que les incendies vont se multiplier et que leur vitesse ne fait qu’augmenter. Pour limiter leur propagation, il faut tout simplement ne pas donner à manger au feu, donc ne pas lui donner de combustible. D’abord, il faut créer autour de chaque village une interface habitat-forêt, c’est-à-dire une zone tampon débroussaillée à l’échelle d’une commune plutôt que d’une maison, ce qui se fait déjà dans quelques villages du massif des Corbières. Ensuite, il faudrait créer et entretenir des coupures spatiales de plusieurs kilomètres dans les massifs. J’appelle ça la trame rouge : contrairement à la trame verte et bleue qui mise sur la continuité écologique, l’idée ici est de casser la continuité du combustible pour empêcher les feux de se propager rapidement sur tout un massif.

    Est-ce envisageable dans l’Aude et en Gironde ?

    Les Corbières, c’est un territoire en déprise avec de nombreuses friches, qui sont autant de combustible. Il faudrait inventer de nouvelles activités pour réinvestir ces lieux, comme le #pastoralisme, qui semble tout indiqué pour cette région de moyenne montagne.

    En forêt landaise, il est aussi très compliqué de faire passer cette idée parce que c’est un massif de production et de rente, entièrement organisé autour d’une monoculture forestière. Il faudrait donc couper pas mal de pins, et la filière bois le voit d’un très mauvais œil. Sauf que sans cet aménagement, toutes leurs parcelles risquent d’y passer. Potentiellement, cela pourrait surtout causer des morts dans les villages.

    Finalement, ce sont des choix politiques ?

    Totalement. Comme la canicule, le feu est aussi très politique. Les #incendies ne sont pas des événements naturels, extérieurs, qui viendraient percuter la tranquillité de nos sociétés : le feu est un produit de nos sociétés. Il n’intervient pas n’importe où, il ne se propage pas n’importe comment. Nos territoires sont complètement façonnés par nos choix politiques. Ce qui est, en soi, un petit peu rassurant, car cela signifie qu’on a la main pour les adapter et faire au mieux pour éviter le pire. Il faut donc mettre en œuvre une véritable planification écologique dès aujourd’hui avant que des drames ne surviennent.

    #débroussaillage

  • Schock im Maison de France : Wütender Besucher löst fast ein Inferno aus
    https://www.berliner-kurier.de/berlin/angriff-auf-buecher-im-maison-de-france-li.10151051

    Il n’est pas d’accord avec ce qu’il lit dans livre, il met le feu à la bibliothèque française de Berlin. Les dégats ne sont pas importants mais l’événement rappelle quand même l’attentat dcontre la Maison de France de 1983.

    30.6.2026 von Tanja Tal - Im Maison de France löste ein 35-Jähriger ein schweres Feuer aus. Mit Benzin attackierte er eine Bibliothek. Ein mutiger Besucher verhinderte eine Katastrophe.

    Schrecksekunden im Kulturzentrum Maison de France: Statt in der Bibliothek zu lesen, ging ein Besucher wütend mit Benzin gegen Bücher vor.

    Besucher verhindert mit einem Feuerlöscher Schlimmeres

    Was trieb Abdoul R. (35), den Feuerteufel, an? Neun Monate später begann der Prozess gegen einen Mann, der beinahe einen Großbrand verursacht hätte. Der Ankläger: „Bücher und Holzregale – alles hätte wie Zunder brennen können. Zum Glück hat ein Besucher geistesgegenwärtig zum Feuerlöscher gegriffen, die Flammen gelöscht.“

    Angeklagter liebt das Lesen und die Kultur

    R. kleinlaut vor der Richterin. Ein Oberleitungsmonteur aus Weißenfels (Sachsen-Anhalt). Er war am 20. September 2025 als Besucher in Berlin: „Ich wollte Urlaub machen.“ Mit viel Kultur. „Ich bin ein Mensch, der gerne liest und Bücher liebt.“

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    Der Gesamtschaden im Maison de France wird mit 6530 Euro angegeben.imago/Jürgen Ritter

    Es zog ihn in die Abteilung Geschichte. R.: „Ich las in drei Büchern.“ Ein spezielles Thema interessierte den Mann, der aus Burkina Faso (Westafrika) stammt: „Ich habe über Sklavenzeit gelesen und was mit den Menschen passiert ist.“
    Geschichte wühlt den Angeklagten auf

    Es habe ihn wütend gemacht: „Ich fand, die Geschichte war in den Büchern schlecht oder sogar falsch erzählt.“ Das habe ihm keine Ruhe gelassen: „Am nächsten Tag bin ich wieder hin, wollte etwas machen.“

    Es war ein großer Fehler. Dafür habe ich zu bezahlen. Stück für Stück werde ich alles abzahlen. Abdoul R., Angeklagter

    Die Richterin: „Es sollen etwa 25 Besucher in der Bibliothek gewesen sein. Haben Sie daran gedacht, dass Leute in Gefahr waren?“ Abdoul R. nickte: „Ich wollte den Menschen nichts tun und sagte noch, dass sie besser rausgehen sollten.“
    Sachschaden beläuft sich auf 6530 Euro

    Er hatte Benzin gekauft und außerdem Bremsenreiniger in der Tasche. Die Anklage: „Er verschüttete die Mittel über Bücher in zwei Regalen, zündete dann mit dem Feuerzeug an.“ An drei Stellen brannte es.

    Eine Mitarbeiterin der Bibliothek im Institut français am Kurfürstendamm: „200 Bücher haben wir verloren.“ Zerstört durch Flammen oder durch Löschwasser. Sachschaden insgesamt: 6.530 Euro.
    Polizei fasst den Täter vor Ort

    Die Polizei fasste R. noch vor Ort. Mit schwerem Gepäck durfte er zurück nach Weißenfels reisen: Anzeige wegen versuchter schwerer Brandstiftung und Sachbeschädigung.

    Das Kulturzentrum Maison de France war im April 1950 als deutsch-französische Begegnungsstätte eröffnet worden. Die Richterin zum Angeklagten: „Alle, die im Haus waren, hatten unfassbares Glück! So ein Feuer kann sich rasant ausbreiten.“
    Täter will für seine Tat geradestehen

    Planvoll sei R. vorgegangen. Auch der Verteidiger: „Wenn man Bücher nicht lesen möchte, dann muss man es nicht tun. Aber andere davon abzuhalten, das geht nicht.“ R. einsichtig: „Es war ein großer Fehler. Dafür habe ich zu bezahlen. Stück für Stück werde ich alles abzahlen.“ Urteil: Ein Jahr Haft auf Bewährung.

    Bombenanschlag 1983
    https://de.wikipedia.org/wiki/Maison_de_France

    Am 25. August 1983 wurde ein Bombenanschlag auf das Haus verübt, bei dem der Radsportler Michael Haritz starb, der gerade mit seiner Friedensgruppe „Fasten für das Leben“ im französischen Generalkonsulat eine Petition übergeben wollte. Weitere 23 Personen wurden verletzt. Die Bombe wurde von dem Libanesen Mustafa Ahmed el-Sibai gelegt, der im Auftrag der armenischen Terrorgruppe „Asala“ handelte.[12] Geplant wurde der Anschlag von dem Attentäter Johannes Weinrich, der dafür im Jahr 2000 in Berlin zu einer lebenslangen Haftstrafe verurteilt wurde.[13] Weinrich galt als die rechte Hand des Terroristen Carlos, der mit dem Attentat auch seine Freundin Magdalena Kopp freipressen wollte.[14] Wie sich später herausstellte, wurde das Attentat mit Unterstützung des Ministeriums für Staatssicherheit (MfS) durchgeführt. Der ehemalige Oberstleutnant des MfS Helmut Voigt wurde hierfür 1994 in einem Prozess vor dem Landgericht Berlin[15] zu vier Jahren Freiheitsstrafe wegen Beihilfe zum Mord verurteilt.

    #Berlin #Charlottenburg #Kurfürstendamm #fait_divers #bibliothèque #culture #incendie

  • L’Épreuve du #feu. Habiter autrement la Terre

    La planète s’embrase. C’est du moins le sentiment qui domine au vu de l’actualité, désormais permanente, des incendies qui inquiètent en Europe, en France comme en Grèce, des #mégafeux qui dévastent aussi bien l’Australie que l’Amazonie et la Californie. Identifié comme un #danger pour le vivant et singulièrement pour les humains aux prises avec une nature incontrôlable, le feu est devenu un ennemi à combattre.
    Prenant le contre-pied de cette conception sécuritaire, Pauline Vilain-Carlotti nous invite à repenser le phénomène dans toute sa complexité. À la fois domestiqué et sauvage, terrifiant et fascinant, le feu attise les passions. Et pourtant, il a toujours été et doit rester un outil et un allié. Comment apprendre à vivre avec ces #feux qui se multiplient à l’heure du réchauffement climatique ? Sommes-nous prêts à intégrer cette nouvelle réalité dans nos politiques et nos modes de vie ? Loin des logiques technocratiques, Pauline Vilain-Carlotti appelle à s’inspirer des savoirs et des pratiques des gens des lieux.
    En proposant un essai aussi informé et engagé que saisissant et personnel, elle nous invite à réinventer notre relation au feu pour mieux habiter le monde de demain.

    https://editions.flammarion.com/lepreuve-du-feu/9782080162731
    #livre #incendie

  • Épisode 1/4. Mécaniques de l’incendie

    L’incendie de #Ribaute qui a ravagé les #Corbières en août 2025 a surpris par son ampleur. Au même moment, en #Espagne, brûlaient dix #feux de même intensité. Pour mieux nous préparer à ce qui nous attend, ce premier épisode plonge dans les mécaniques de l’incendie.

    Les Corbières sont un territoire de feux, pourtant lorsqu’arrive le cinquième grand feu de l’été 2025, ses habitant.es comprennent qu’ils ont affaire à quelque chose d’exceptionnel.

    « Quand j’ai relevé la tête et que j’ai vu le panache, je me suis dit celui-là il n’est pas petit », « C’est allé très très vite » confient Ludovic Esparza et Mélanie Bringuier, habitants de Saint-Laurent de la #Cabrerisse, épicentre de l’incendie et camp de base des pompiers pendant les jours de lutte. La stupeur, l’odeur, les fumées, les dégâts matériels, humains et psychologiques ; pour les habitants dont le village a été traversé par l’incendie, c’était « l’apocalypse ». Christophe Magny, chef de corps du SDIS de l’Aude, redoutait ce scénario. Depuis la caserne, et sur le stade qui abrité renforts, hélicoptères et tout ce qui a permis aux pompiers de lutter contre ces flammes extrêmes, il se souvient avec émotion de l’urgence de ces jours-ci : « Tous les éléments sont rassemblés pour qu’on ait les feux catastrophes. (…) Et je sais que cet incendie dépasse nos prévisions quand j’entends la voix qui passe les messages radios. »

    Intensité, taille, puissance ; Christophe Magny et Jean-Baptiste Filippi, chercheur au CNRS et expert en simulation incendie, nous aident à comprendre le comportement erratique de cet incendie préfigurant les feux de demain.

    Mais une fois le feu éteint, que reste-t-il parmi les cendres ? Karine Mirouze, du tiers-lieu paysan Beauregard où s’est organisée une base arrière de la solidarité dans les jours immédiats, décrit une « terre de trauma » :"On a besoin de prendre soin de la terre, mais pour prendre soin de la terre on a aussi besoin de prendre soin des gens". Pour Olga, qui a perdu sa maison en pleine garrigue dans les flammes « C’est la nature qui s’est révoltée. »

    Mathieu Bourgeois de la LPO de l’Aude nous conduit dans ce paysage post-incendie. Avec lui, nous arpentons un plateau entièrement brûlé. « On n’entend plus un oiseau, le silence est assourdissant. Mais on voit déjà l’herbe qui repousse, dès le printemps prochain il y aura à nouveau des graminées, des graines, les espèces vont revenir.  » prédit-il. Car avec Éric Rigolot, écologue du feu, nous comprenons que ce n’est pas tant le feu qui menace les écosystèmes méditerranéens, mais sa fréquence. Le problème, c’est l’anthropocène.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/mecaniques-de-l-incendie-8294516
    #feu #incendie #podcast #audio

    • Épisode 2/4. Nous avons toujours brûlé

      Le feu n’a pas toujours été un ennemi. Longtemps il a même été l’allié des sociétés humaines. Comment alors expliquer que nous l’avons sorti de nos vies ? Et qu’est-ce que cette coupure a produit ?

      Sur une estive des Pyrénées Orientales, les pompiers, la sécurité civile et Carole Duperron de la société d’élevage du 66 s’affairent à la préparation d’un chantier-école brûlage dirigé : brûler dans des conditions strictement encadrées la végétation de surface afin de maintenir les milieux ouverts pour le pastoralisme et pour prévenir les incendies estivaux.

      Brûler ainsi n’est pas nouveau, c’est même l’héritage d’une pratique ancestrale. Élise Boutié, anthropologue, l’explique : « Nous avons eu plusieurs relations avec le feu en tant que société humaine, il a d’abord été utilisé par les populations autochtones, par les sociétés pastorales, c’était des feux avec qui on avait une relation. » Le foyer, c’est la maison. Et puis, au 19ᵉ siècle des politiques publiques ont construit le feu comme un ennemi intérieur, nous coupant de ces savoir-faire. Martine Chalvet, historienne, partagera avec nous ses recherches autour des acteurs industriels qui participèrent à la construction de l’incendie comme une menace.

      Pourtant avec Christopher Carcaillet, spécialiste des anciens régimes de feux, nous comprenons que le feu est un élément essentiel de certains écosystèmes. Comme celui du Pic St Loup où il nous amène un jour de grand vent. Avec lui nous lisons les cicatrices des arbres, témoins du passage de plusieurs incendies. « Un arbre est moins résilient à un feu au cours du 20ᵉ siècle qu’au 18ᵉ siècle. En un an il avait cicatrisé et pansé la blessure que lui avait infligée le feu. Aujourd’hui il faut 6 à 7 ans pour que l’arbre puisse retrouver son écorce. » explique l’écologue. Lire ainsi la nature, à rebours, c’est comprendre combien le dérèglement climatique modifie les cycles naturels.

      Carole Duperron est consciente de la délicatesse de l’exercice du brûlage dirigé dans un tel contexte. Mais cela permet aussi au pastoralisme de reprendre une place longtemps occupée en tant qu’outil de prévention incendie. Pour comprendre comment la déprise agricole est profondément liée au changement de régime de feu d’aujourd’hui, nous revenons dans les Corbières écouter Ludovic, Daniel Esparza et Karine Mirouze, vignerons, raconter comment la monoculture a façonné le paysage qui a brûlé l’été dernier. Ce qui brûle, c’est finalement le monde que nous avons fabriqué.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/nous-avons-toujours-brule-9973650

    • Épisode 3/4. #Marseille. Quand la ville flambe

      Que se passe-t-il quand l’incendie franchit les collines et entre dans la ville ? En juillet 2025, le quartier de l’#Estaque, aux portes de #Marseille, a brûlé. Dégâts matériels, intervention des pompiers contestée : le #risque a changé.

      « J’étais en train de travailler dans le jardin et j’ai vu d’un coup la lumière au sol devenir orangée, j’ai compris qu’il y avait le feu » se souvient Julien Daniel. Comme lui, le 8 juillet 2025, de nombreux Marseillais ont observé la couleur cramoisie du ciel, puis le panache énorme, et une pluie de cendres. Ce jour-là, 90 habitations ont été touchées.

      À l’Estaque, quartier à flan de collines, le feu s’est propagé par les vallons. Pour Jordan Szcrupak, paysagiste et spécialiste de l’urbanisme de l’inflammabilité, ces endroits sont « emblématiques de toutes les problématiques des lisières périurbaines. » Avec lui nous arpentons ces rues sinueuses, bordées par des vallons boisés pour comprendre comment, « ces espaces résiduels, mal définis du point de vue de l’usage et de la propriété privée » ont permis une rapide propagation du feu « qui n’a que faire du découpage cadastral ». Cet incendie a été particulièrement violent pour les habitants du quartier qui déplorent ce qu’ils ont vécu comme une intervention tardive des pompiers. En réponse, Vincent Pastor, du SDIS des bouches du Rhône, nous partage ses inquiétudes sur la nouvelle « erraticité des incendies. Leurs comportements sont de plus en plus difficiles, ces feux vont vite, avec de très grosses intensités. » Les effets du dérèglement climatiques sont une composante supplémentaire dans ces incendies qui naissent comme ici en bordure d’une autoroute de sortie de ville, traversent des collines asséchées par les canicules et atteignent des espaces densément urbanisés.

      Comme Lucile Oza, qui a laissé sa maison derrière elle, la plupart des habitants ne s’attendaient pas à de tels dégâts. Six mois plus tard, dans un quartier marqué par les carcasses de maisons brûlées, le sentiment d’abandon par les autorités est toujours vif. Relogement, déblaiement, soutien : Mathilde Favier, présidente de l’association des victimes de l’incendie du 8 juillet 2025, et Pierre Ciavarella, habitant de l’Estaque, racontent les heures du feu, les jours qui ont suivi et la solidarité intense qui s’est déployée dans ce quartier au passé ouvrier : « Si on n’avait pas pu compter sur la solidarité de tout un chacun ça aurait été encore plus dur. Il n’y a eu aucune prise en charge véritable, je pense que les pouvoirs publics n’ont pas pris la mesure de la gravité de l’évènement. Ils commencent à peine à le faire. » Tandis que certains sont encore aux prises avec leurs assurances d’autres, comme les résidents d’un immeuble qui a entièrement brûlé attendent toujours des solutions de relogement. Ils vivaient là depuis 5 générations mais n’étaient pas propriétaires. Le feu exacerbe les inégalités. « S’il faut distinguer feux et incendie, il faut aussi distinguer feux, incendies, et risques. Qu’est-ce qui est en risque ? Les intérêts économiques » juge pour sa part l’anthropologue Élise Boutié.

      Réellement traumatisés, les citadins qui ont rencontré ce feu essaient de comprendre l’impact de ce dernier sur leur vie. Dans un futur où l’on peut s’attendre à ce que d’autres villes brûlent « essayer de tisser une relation à cet élément » semble une piste nécessaire.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/marseille-quand-la-ville-flambe-9017249

  • Burning landscapes in Calabria

    A recent short film written by Luca Calvetta, E siamo i vostri figli (And we are your children), depicts the carbonised landscape of Calabria during this (past) summer of wildfires. It begins with an excerpt from a letter written in 1878 by a Calabrian migrant in South America: “Each departure is a fire. Each fire is the end of a world”. The passage hints of apocalyptic time. This summer, the landscape of Southern Italy – and Southern Europe, more generally – was marked by fires. Perhaps the only reason much of the world learned about this, however, was because the fires brushed against and consumed tourist destinations in Sicily and Greece, UNESCO world heritage sites among them. Yet, they were, and remain, terrifying realities for many. From Petrizzi, a town in Calabria where I was based for my research on the relations between people and land in Southern Italy since 1783, we anxiously watched fires carve through agricultural and forested terrain. We watched as helicopters and Canadair airplanes flew above, dropping sea water in attempts to extinguish the flames. At other moments, farmers gathered on their lands’ perimeters hoping to prevent damage as fires approached their crops. Sometimes, at night, the fires burned freely across once cultivated and now partially abandoned mountains, leaving mountainsides naked in the morning.

    Petrizzi provides a lens to explore how landscapes materialise the ‘events’ that abbreviate historiography, forming coherent periods out of complex processes. Over the 20th century, officials connected the damage wrought by plant diseases (phylloxera in 1907), earthquakes (1947), floods and landslides (1935, 1951, 1973), and fires to a lack of maintenance due to the absence of farmers and workers. Reports in 1911 and 1912 tied uncontrollable wildfires to the “emigration [of labourers] to the Americas”. Stone walls fell into disrepair, grasses grew too long, and trees dropped their fruit to the ground. In 1935, floods destroyed roads and collapsed parts of the mountain adjacent to the town. In 1951, winter rains ravaged agricultural land, destroying over 200 houses and compelling the municipal administration to deliberate over relocating the entire town to the nearby ‘hamlet’ on formerly communal lands. Farmers and homeowners wrote countless letters to the local administration detailing damages. The letters convey the importance of land in the lives of those who remained, or who tried to do so. In 1959 legislation was passed which would aid families who had suffered material damages in floods caused by storms elsewhere on the Adriatic coast. This law enabled the release of assistance funds in Calabria, long after the departure of those who needed them was already visible in the town’s landscape. More destructive rains fell in 1973. From that moment until the present, the population declined by an average of around 12% annually; at present Petrizzi has around 1,000 registered inhabitants. But 1973 also saw the entry of a new structure of power in local politics, one that has attempted to erase itself from the records of this past (a point to which I will return).

    The town’s history has long been shaped by the material conditions of its landscape. After the earthquake that rattled Calabria in 1783, people and land became entangled in a confrontation that refutes common narratives of modernisation. Power structures that had been under reform since the mid-18th century became unhinged. The slow dissolution of baronial estates and latifondi during the 19th century fed a land-purchasing ‘mania’, creating a new class of elite and disrupting traditional power relations. In 1818, Petrizzi’s municipal council noted that the privatisation of land and the increase in interest rates on repayment had driven many away from the town. This is far earlier than most accounts of ‘emigration’ begin. Later, attempting to maintain control over trade and commerce, landowners barred infrastructural projects such as plans to pave roads conjoining the town to the countryside and to surrounding towns. After national unification in 1861 they even claimed that roads would be used to foster political upheaval throughout the South. Peasants petitioned and occupied public lands (as well as other communal lands that had been privatised) to no avail. By the late 19th century, migrant departures established transnational networks that linked Petrizzi to Buenos Aires and Philadelphia. These networks would continue to expand.

    Few historical studies locate their subjects in the places from which emigrants departed and when they do it is often only in relation to migrants residing elsewhere. The fires, in other words, have always burned in the background. Until the 1950s, most of Petrizzi’s landscape was cultivated. Over the course of the 20th century, these lands have seen a steady decrease in their usage by humans. Now, figs, olives, fichi d’India (prickly pear cactus), and grapevines grow wild amongst the oak brush and pines. Along with the decultivation of land, many surrounding towns have been depopulated, echoing a trend throughout Southern Europe. The stories that circulate in popular media – for example, about houses selling at heavily reduced rates in Spain, Italy and Greece – frame similar ’emptied’ towns as ghost towns, potential tourist havens or as locations that expose the dramatic material consequences of environmental transformation. Since the pandemic, new schemes for investment and ‘smart working’ from remote towns and villages have filled Italian news (even proposed as ‘south working’ by the Associazione per lo sviluppo dell’industria nel Mezzogiorno, SVIMEZ, 2020 report). Many of these schemes replicate urban-based labour markets and emphasise the aesthetic value of resettling in less-inhabited spaces without questioning the political-economic realities underpinning contemporary histories of ’emptied’ towns. In academic scholarship, on the other hand, the emptying of these towns is often described as an inevitable outcome of trajectories that trace back to early-modern urbanisation or to the 19th-century globalisation of mobility (see Jurgen Osterhammel’s seminal The Transformation of the World). In the historiography of migration, for example, emptied towns and villages appear as peripheries, attesting to an (almost hegemonic) approach which follows migrants and the impacts of migration out of and away from ‘hometowns’.

    To write of ’emptied’ or depopulated towns and villages, however, is to focus teleologically on their pasts and to ignore the various trajectories of the present and of presents past. Furthermore, it is to obscure possible futures. Such depopulated – or, less populated – towns embody dense knots of historical time. They have not burnt into nonexistence. While they encompass those who have departed from them, they are not exclusively ‘emptied’ places in relation to departees. In exploring these trajectories, my own research focuses on connections between people and land in Southern Italy, on how seemingly ‘natural’ events such as fires, floods, earthquakes, and landslides punctuate regimes of migration, land ownership, bureaucratisation, and political alliance or membership. Such events did, in the past, propel historical time and intervene in unfolding processes. They continue to do so in the present. At the same time, they were part of protracted historical processes. This approach aims to embrace the multiplicity of time inscribed in landscapes, seeing their ‘emptiness’ as but one iteration of these material and discursive layers.

    In the humanities and social sciences, scholars have begun to examine more critically the nexus of human and natural entanglements. While environmental history has a long genealogy, in rural contexts it tends to concentrate on agrarian political economy or large-scale industrialisation. Epistemological underpinnings in these bodies of scholarship gravitate towards strict divisions between ‘social’ (or humanistic) and ‘natural’ histories (this is less true in anthropology than it is in other disciplines). Emergent research on climate challenges such a divide and invites us to reassess historical time itself. The charred mountains of Southern Italy offer a suggestive landscape to interrogate this conceptual dichotomy. We might shift in the direction of a microhistorical analysis of relations (in the more expansive sense described in Marilyn Strathern’s Relations: An Anthropological Account) among individuals, communities, and the material landscapes they inhabit. These problematics raise crucial methodological questions: Through which archives and material landscapes might we access histories of depopulation? Which political and cultural practices are rendered visible or concealed by ‘natural’ events (such as fires)? How do such events function as vehicles for social and political transformation? How are emptying towns part of urban expansion, bureaucratisation, and other transregional movements? In what ways do the material histories that connect individuals, communities, and land challenge understandings of centres and peripheries?

    My concern with the ‘material’ is based on the possibility that abandoned archives and physical landscapes provide unique typologies of historical data. But what if these landscapes are razed by flames (both literal and metaphorical ones)? What if the departures – if indeed every departure is a fire – bring the destruction of archives of paper, dirt, and stone? What is left in and at emptied sites? What fills ‘emptied’ space? Ongoing research in Calabria suggests that the neglect of local archives, centres of documentation, repositories of shared knowledge, and other forms of material evidence has frequently been imposed or has arrived as a decision taken explicitly to disregard norms of an increasingly bureaucratic state. In some cases, neglect has come as a means to veil networks of power that aim to profit from the emptying of land (as in the case of post-1973 Petrizzi). There are instances throughout Calabria, for example, of illicit transfers of archival materials or archaeological artefacts (and some archaeologists have spent their careers fighting against these practices). At this conjuncture we can comprehend how individuals, communities, and the land are mutually constituted.

    Returning to the fires. In recent years, a cooperative called ‘a Menzalora (a reference to the 19th-century granite measuring tool in the town’s piazza), has begun to cultivate abandoned land around Petrizzi. Their activities represent a desire to remain, to inscribe the landscape with meaning and value, and to make Petrizzi an inhabitable place. In some ways this connects with a wider movement to reinhabit rural spaces in Italy. The cooperative is locked, however, in a struggle for power against a relentless administration intent on progressing its own interests (‘cash and concrete’) over others. Today, when fires burn through the mountains, rumours spread about their origins and the interests of those who may have sparked them. Like the wind farms that have sprouted throughout Calabria in the past 15 years, the fires – for many – intimate political corruption and competing interests in control over land. Indeed, depopulation may have a carefully measured value underwriting it like those who relocate and disperse paper trails or others who assess stability and property value in the aftermath of earthquakes and floods.

    In the corner of Petrizzi’s territory is a convent, commonly known as la Pietà because it once held one of Gagini’s statues. The convent was sold in 1814 (during the privatisation and land purchasing ‘mania’ mentioned above). In some way, it represents an embodiment of the changing social, political and environmental dynamics around Petrizzi. While it had been privatised – likely in the aftermath of the 1783 earthquake in which it too suffered damages – it was turned into a farm, with two peasant families residing on its premises with the owners. The convent’s territory included many acres of cultivable land, planted with trees and vines, and within its walls it once had its own stone mill. Until the 1950s, it functioned in this way. The family who owned it studied, trained, worked, and lived elsewhere; but the lands were worked by many others from the town. Eventually, a descendant of the original owner ‘returned’ with her husband, both trained architects, to restore the convent. It became a site at which children camped and families gathered for weddings, even as Petrizzi emptied into the 1980s, 1990s, and after the turn of the century. In some way, la Pietà is as much collective as it is private; it manifests the complex interconnection between individuals, communities, and the land that do not reduce to simple dichotomies or prefigured historical periodisation.

    At the convent, another generation has ‘returned’ with the ambition to make the convent a space for individuals and communities to imagine and shape new futures on the land. In August 2021, fire struck the convent’s forested land, close to the municipality-owned forest and other cultivated lands. Some suspect that those fires were set intentionally: each year they burn through the same plots. Others speculate that the fires are part of a wider administration-led desire to clear space for investment projects which would profit from the land’s emptying. Fires are not mere consequences of environmental change, even if they are exacerbated by the climate crisis. They have been burning for a long time. The current residents of the convent intend to replant the forest, to remain. The cooperative, too, continues to chart paths through the abandoned overgrowth. Each fire might indeed be the end of a world. Yet, anthropologist Ernesto de Martino writes, “the end of ‘a world’ shouldn’t signify the end of ‘the world’ but rather the end of the world of tomorrow”. If each departure is a fire, what is the choice to remain or ‘return’? A reminder, perhaps, that these towns and villages are not empty?

    https://emptiness.eu/field-reports/burning-landscapes-in-calabria
    #Calabre #incendies #vide #géographie_du_vide

    • E siamo i vostri figli

      Due minuti.

      Questo video è un grido di dolore lungo due minuti. Che si ripetono però da secoli. Perché ogni partenza è un incendio e ogni incendio è la fine di un mondo. È un incendio la Calabria che brucia, e tutta l’Italia, ma è un incendio anche Kabul. È un incendio il terremoto ad Haiti e ogni vita che affonda nel Mediterraneo. È un incendio ogni dolore inflitto agli umani, ovunque in questa terra. Ogni memoria cancellata. Ogni pianta, sorgente, montagna ferita è un incendio. Che non smette di ripetersi.

      «E siamo i vostri figli» è dedicato a tutti coloro che sono costretti ad abbandonare la propria casa e a tutti quelli che sono condannati a restarci. A chi lotta ogni giorno per renderla un posto migliore. Come una lettera che non arriva a destinazione, è per tutte le voci, di umani, boschi e fantasmi, che invocano la nostra cura. In ogni tempo.

      Il testo è tratto dalla lettera di un immigrato italiano in Argentina, del marzo 1878. Le immagini sono state girate in Calabria, nel presente. Un presente che non finisce.

      Gridate con noi.

      https://vimeo.com/590538873#_=_

  • #on_a_pas_le_cul_sorti_des_ronces

    Emmanuel Macron va assister à un exercice militaire de haute intensité « Orion » dans l’est de la France
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/04/30/emmanuel-macron-va-assister-a-un-exercice-militaire-de-haute-intensite-orion

    Des tirs de troupes mobilisées dans le cadre de cet exercice militaire ont provoqué un incendie dans le camp de Suippes (Marne), où est attendu le président, a appris l’Agence France-Presse auprès de la préfecture et de l’armée de terre.

    Depuis mercredi, l’#incendie – qui n’était toujours pas maîtrisé jeudi matin selon l’armée en raison de vents forts – a brûlé #20_hectares du camp militaire de Suippes, l’un des plus grands de France avec 13 500 hectares. Mais l’incendie « progresse peu », a assuré la préfecture, et n’aura pas de conséquences sur la visite d’Emmanuel Macron.

  • Procès des inculpé·es du 15 juin 2021 à Limoges - La bogue
    https://labogue.info/spip.php?article2460

    #resistance #sabotage #incendie #enedis #orange #bouygues #linky #antitech #surveillance #antiterrorisme #harcèlement #affaire_de_limoges

    Les 19 et 20 mars 2026 à Limoges, deux personnes étaient convoquées devant la justice, à la suite d’une enquête de plusieurs mois menée « avec les moyens de l’antiterrorisme » et d’un contrôle judiciaire de près de cinq ans, pour répondre d’accusations de « dégradations de biens par des moyens dangereux pour les ersonnes » et d’« association de malfaiteurs ». Les faits incriminés étaient des sabotages par incendie véhicules et antennes-relais) réalisés en opposition au déploiement du compteur Linky et de la 5G, en février 2020 et janvier 2021. Les personnes convoquées risquaient 10 ans de prison et des centaines de milliers d’euros d’amendes. Le comité de soutien et les inculpé·es ont fait de ce procès une tribune contre le numérique, qui a réuni plusieurs centaines de personnes.

    (...)

    Le vendredi 3 avril 2026, le tribunal de Limoges a rendu son délibéré concernant l’affaire du 15 juin.
    Les deux prévenus sont condamnés : l’un à une peine de 3 ans d’emprisonnement avec sursis simple, l’autre à une peine de 2 ans d’emprisonnement avec sursis simple. Ils ont en outre l’interdiction de se fréquenter pendant 3 ans. Le jugement sur les les intérêts civils (dommages intérêts) a été renvoyé au 2 septembre.
    Le comité de soutien aux inculpés considère que ces condamnations expriment la prise en compte par la justice de deux éléments essentiels :
    – d’abord, une considération pour la dureté d’un contrôle judiciaire de presque cinq ans préalable au procès, qui a constitué pour les prévenu•es une véritable « peine avant la peine », qu’il semblait juste de ne pas lourdement aggraver.
    – ensuite, le signal de la percée ô combien nécessaire et urgente dans le débat public de la principale question que soulevait ce procès : celle de la remise en question du déferlement numérique imposé, à l’œuvre dans nos sociétés depuis plusieurs dizaines d’années, source de dégâts colossaux sur l’environnement et les sociétés humaines.

    Les parties ont 10 jours pour faire appel de cette décision.

    (...)

    Victor Cachard
    auteur d’une Histoire du sabotage en deux volumes (éditions Libre), a expliqué comment le sabotage était apparu historiquement comme remède à l’action violente contre les personnes et essayant d’être plus efficace que les « bras croisés ». Le sabotage est une pratique pivot entre violence et non-violence. Cette pratique a été utilisée dans le cadre des luttes syndicales à partir de la fin du XIXe siècle. Les avocat·es (Enedis, Bouygues et Orange) des parties civiles se sont élevé·es contre cette présentation, assimilant les destructions matérielles à de la violence.

    Célia Izoard
    philosophe et journaliste, est l’autrice de plusieurs ouvrages sur le numérique (dont le dernier s’intitule La ruée minière au XXIe siècle) et traductrice de la dernière version de 1984 de Georges Orwell. Elle a dénoncé dans son intervention les effets nocifs pour la planète du déploiement de la 5G, l’exploitation minière avec les crimes et les guerres qu’elle entraîne, le gaspillage de la mise en place des Linky, et les mensonges sur l’obligation de pose du compteur.

    Jean-Michel Hupé
    chercheur en neurosciences durant 25 ans, s’est tourné ensuite vers la sociologie et a cofondé l’Atelier d’écologie politique de Toulouse (ATECOPOL). Il a rappelé tous les effets nocifs de l’IA, de la 5G et des ondes. Il soutient la nécessité de la désobéissance civile, voire du sabotage. La présidente et la procureure se sont posé des questions sur la possibilité d’invoquer « l’état de nécessité » pour justifier les actions de sabotage. Son intervention a été très attaquée par les avocats d’Enedis et de Bouygues.

    Nicolas Bérard
    journaliste à L’Âge de faire et auteur d’ouvrages sur le Linky, la 5G et le numérique, a expliqué les effets délétères de ces objets numériques sur le sommeil, la sédentarité, l’isolement, la santé mentale des jeunes. La présidente confirmait avoir suivi avec attention une émission sur la santé mentale des jeunes filles. Nicolas Bérard a regretté l’absence de prise en compte des mobilisations citoyennes.

    Karima Mersad
    enseignante chercheuse à Paris I en neurobiologie et en psychologie cognitive, a témoigné de la façon dont elle s’est rendue compte de l’apparition de symptômes perturbants pour elle (maux de tête, troubles du sommeil…). Elle a expliqué comment, de façon scientifique, elle avait étudié son environnement et progressivement compris qu’elle était victime des ondes électro-magnétiques. Elle a témoigné des difficultés vécues par les personnes électro-hypersensibles.

    Matthieu Amiech
    éditeur (éditions la Lenteur), auteur (Peut-on s’opposer à l’informatisation de nos vies ?) et contributeur régulier à la revue en ligne Terrestres : il a cité Fairtiq, une application proposée en région Occitanie qui est la seule manière d’avoir accès aux réductions sur les transports, mais exige l’utilisation d’un smartphone et de la géolocalisation. Il précisait que l’enregistrement de la plupart des trajets des citoyens était une des critiques faites au régime soviétique, alors que lorsque c’est Carole Delga (présidente de la région Occitanie) qui la met en place, il n’y pas de souci... Puis il citait le « portefeuille d’identité numérique » qui est une promesse de réunir toutes les cartes dans la même application… permettant de fait la privation de droits de manière automatique, donc le délitement complet des libertés civiles. Il donnait enfin des exemples de privations de droits sur la base de communications numériques, de messages, de relevés par des objets connectés.

    Sandrine Larizza
    salariée de France Travail au sein des services d’indemnisation des demandeurs d’emploi, a témoigné de la déshumanisation des relations avec les usagers en raison de la numérisation des services et du développement de l’IA. Elle a rappelé que selon le Défenseur des droits, une personne sur deux est en difficulté par rapport à l’accès aux services numériques.

    Romain Couillet
    est un professeur des universités, spécialiste reconnu internationalement de mathématiques appliquées dans le traitement numérique des télécommunications. Depuis 10 ans, il a pris conscience de la nocivité du développement du numérique pour les humains et la planète. Il a choisi d’arrêter ses recherches pour se consacrer aux réflexions sur les différents niveaux de refus du numérique. Il milite aussi à Stop Micro à Grenoble. Romain Couillet assimile les industriels et les chercheurs qui justifient le développement de l’IA à ceux qui niaient les dangers du tabac ou de l’amiante. Il se situe dans la filiation d’Alexander Grothendieck qui a cessé ses travaux en raison de leur usage militaire.

    Romain Couillet terminera son propos, la voix tremblante d’émotion, par l’évocation des résistant·es d’hier traité·es de terroristes qui sont aujourd’hui au Panthéon, et fera le parallèle avec ces lanceurs d’alertes jugés pour avoir essayé d’empêcher la course folle vers la destruction générale, en espérant qu’il y aura un avenir pour que dans 50 ans on puisse les réhabiliter pour ce qu’ils sont : des héros !

    Émotion dans tout le tribunal, quelques mouchoirs sortent des poches. La présidente semblera ébranlée. La procureure, de son côté, se fendra d’un rappel à l’ordre à son encontre : nous sommes dans l’enceinte d’un tribunal, et les propos de ce dernier témoin, assimilables à la justification et la promotion du sabotage, sont passibles de poursuites.
    Le tribunal était très attentif lors de ces exposés, concerné, conscient peut-être de la véracité de ces propos. La présidente semblait bienveillante à l’égard des prévenu·es et du public nombreux qui se trouvait dans la salle mais encore plus nombreux à l’extérieur.

  • « Pas assez bien payé », il met le feu à son lieu de travail
    https://www.youtube.com/shorts/aiqKmSbXOUc

    « Voilà ce que j’en fais, de votre inventaire ». Un gigantesque entrepôt [Kimberly-Clark] d’Ontario, en Californie, a été ravagé par les flammes dans la nuit de lundi à mardi, mobilisant une centaine de pompiers. Des vidéos provenant du compte d’un employé de l’entrepôt en question circulent alors sur les réseaux sociaux. On le voit mettre le feu à des lots de papier toilette, en lançant : « Tout ce que vous aviez à faire, c’était nous payer assez pour vivre  ». Le suspect de 29 ans a été arrêté sans possibilité de libération sous caution. L’incendie n’a fait aucun blessé.

    #logistique #travail #sabotage

  • Trois ans après l’#incendie de tonnes de batteries de #Bolloré Logistics près de #Rouen, un taux record de #lithium dans la #nappe_phréatique
    https://vert.eco/articles/trois-apres-lincendie-de-tonnes-de-batteries-de-bollore-logistics-pres-de-roue

    Les nappes situations. L’embrasement d’un #entrepôt exploité par le groupe Bolloré, survenu il y a trois ans à #Grand-Couronne, a provoqué une #pollution massive de la nappe phréatique au lithium, qui perdure et s’amplifie. Les différents industriels impliqués dans le sinistre se rejettent la responsabilité. Une enquête judiciaire est toujours en cours.

    #eau