• La #France sous les flammes : la faillite criminelle du #néolibéralisme

    La France brûle, et nos dirigeants ne font qu’aggraver une situation qu’ils connaissent pourtant parfaitement. Sont-ils totalement irrationnels ? Non, répond cet éditorial, ils appliquent juste le #dogme_néolibéral qui nous entraîne dans l’abîme.

    Nos dirigeants sont-ils devenus totalement irrationnels ? Sinon, comment expliquer qu’ils s’acharnent à faire l’inverse de tout ce que les scientifiques recommandent ? Pourquoi, alors que les rapports sur les catastrophes climatiques à venir s’empilent sur leurs bureaux depuis des décennies, font-ils tout pour ne pas nous protéger de ces cataclysmes ?

    Si on leur fait crédit d’une certaine capacité de raisonnement, une autre hypothèse serait celle de l’#aveuglement_dogmatique. Ce que viennent souligner les #canicules et #incendies catastrophiques de l’été 2026, c’est l’#échec patent du néolibéralisme que nos élites pratiquent assidûment.

    Commençons par le constat. Les meilleurs climatologues du monde préviennent, via le Giec notamment, de la forte hausse des risques d’incendies, partout en Europe, liée au #changement_climatique. On sait que l’augmentation des canicules et sécheresses accroît fortement les risques de feux.

    Une politique d’#anti-adaptation

    Pourtant, on ne cesse de planter et replanter des #monocultures de #résineux, plus rentables que de vraies #forêts mais que l’on sait être ultra-inflammables.

    Pourtant, l’#Office_national_des_forêts, chargé d’entretenir et protéger nos forêts, notamment contre les incendies, a perdu 40 % de ses effectifs entre 2000 et 2022, et le gouvernement ne cesse de menacer de nouvelles coupes dans les effectifs.

    Pourtant, en 2024, le Premier ministre Gabriel Attal supprimait le #budget qui aurait permis d’acheter deux #Canadair supplémentaires.

    Pourtant, sur les 16 nouveaux Canadair promis par Emmanuel Macron après les incendies dévastateurs de 2022, seuls 4 ont été commandés, et seront livrés avec beaucoup de retard.

    Les Services départementaux d’incendie et de secours sont au bord de la rupture et les départements alertent en vain depuis des années sur le manque de #moyens.

    Le bilan est tout aussi accablant concernant les canicules. La France a déjà subi quatre vagues de chaleur extrême en 2026 ; les scientifiques alertent depuis des années sur la multiplication de ces évènements, mais nous ne nous y sommes pas préparés.

    En juin, le Haut Conseil pour le climat taclait sévèrement le retard de la France, par exemple dans l’isolation des bâtiments, et des budgets pour les politiques écologiques qui sont coupés drastiquement alors même qu’il faudrait les augmenter rapidement.

    Encore plus surréaliste : le gouvernement agit pour aggraver notre vulnérabilité. En pleine canicule du mois de juin, nos dirigeants ont décidé de remettre sur le marché locatif les pires #passoires_thermiques, où étouffent les locataires les plus précaires. En pleine sécheresse extrême, la loi d’urgence agricole, surnommée « nouvelle #loi_Duplomb », prévoit d’augmenter l’#accaparement_de_l’eau par l’#agro-industrie.

    La fuite en avant du #néolibéralisme_zombie

    Pourquoi cet acharnement à foncer dans le mur ? « Parce que nos dirigeants sont prisonniers d’un modèle », répond l’économiste Cédric Durand, coauteur de Comment bifurquer. Les principes de la planification écologique (ed. Zones, 2024).

    « La France est coincée dans ce que l’on appelle le néolibéralisme zombie. La croyance qu’il faut toujours baisser le coût du capital, baisser le coût du travail, taxer moins, et que c’est ça qui va produire de la #croissance et du PIB. On fait toujours ce pari alors que la période où cela pouvait fonctionner est révolue — si ça a fonctionné un jour », dit-il.

    Le terrible bilan politique énuméré ci-dessus répond à deux logiques propres au néolibéralisme : un affaiblissement massif des #services_publics et une foi inébranlable placée dans les vertus du #marché, qu’il convient de déréguler autant que possible. Via ces politiques, la finalité de l’État est de permettre au capital d’accumuler toujours plus de richesse.

    Au nom de l’#austérité_budgétaire, et du refus catégorique de taxer davantage le capital ou les plus hauts revenus, le gouvernement coupe les budgets publics partout où cela n’est pas jugé favorable au marché. Or, le changement climatique ne répond précisément pas aux logiques de marché.

    « En Gironde, je suis sûr que les entreprises auraient aimé que l’État dépense plus pour l’achat de Canadair. C’est le paradoxe du capitalisme qui veut payer toujours moins de taxes mais réclame ensuite que l’État le protège », dit Cédric Durand.

    Nous touchons là à ce que l’économiste marxiste James O’Connor appelait « la seconde contradiction du capitalisme ». Celui-ci, pour se développer, doit exploiter toujours plus les ressources naturelles et les écosystèmes, mais il détruit, ce faisant, ses propres conditions d’existence. Il en vient donc, autre contradiction, à appeler l’État à l’aide, ce dernier s’étant pourtant volontairement affaibli et ayant détruit ses services publics, au nom du soutien au capital.

    Derrière la stratégie néolibérale, c’est le moteur fondamental du capitalisme qui est en jeu : il lui faut accumuler toujours plus de capital dans une course infernale et complètement irrationnelle.

    « Cette tendance à élargir sans cesse les domaines d’#accumulation_du_capital, et les sources de profit, par exemple à de nouvelles dimensions de la nature comme les gènes et les microorganismes, est vitale pour le capitalisme. Il meurt s’il arrête », souligne l’économiste Hélène Tordjman, autrice notamment de La croissance verte contre la nature (éd. La Découverte, 2021).

    « Je m’interroge sur la vision de nos élites qui persévèrent dans cette voie. C’est une #rationalité de très #court_terme, qui vise à accumuler très vite jusqu’à la catastrophe, et après moi, le déluge », dit-elle.

    Pour la chercheuse, l’hypothèse d’un aveuglement dogmatique de nos dirigeants n’est pas suffisant. L’accumulation des catastrophes ces dernières années est telle qu’elle aurait dû faire éclater n’importe quelles œillères idéologiques. Si l’on continue de foncer dans le mur, ce serait donc en toute connaissance de cause.

    « On est dans une logique d’intérêt de classe bien comprise, d’une classe dominante qui s’est autonomisée, et qui assume que seuls les plus puissants et les plus forts pourront survivre et vivre dignement », dit Hélène Tordjman.

    Le milliardaire étasunien Warren Buffet le disait déjà en 2006, dans une célèbre formule : «  Il y a une #guerre_des_classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner . »

    De guerre des classes à guerre contre l’ensemble du vivant

    Rien de nouveau sous le soleil ? Sauf que la séculaire guerre des classes est devenue, dans l’Anthropocène, une guerre contre l’ensemble du vivant, qui ne menace plus seulement l’essentiel de la population d’#exploitation mais de #destruction. En toute connaissance de cause.

    « Si nous persistons dans cette voie, l’avenir de notre espèce est sombre », alertaient déjà plus de 1 000 scientifiques français dans une tribune en 2020, qui dénonçait « l’inconséquence et l’#hypocrisie de politiques […] promouvant un #consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur ».

    Six ans plus tard, le pays est à sec tandis que l’on prévoit de multiplier les #mégabassines pour l’agro-industrie, les forêts brûlent tandis que les #pompiers épuisés sont en manque d’effectifs et les budgets des politiques environnementales fondent comme neige au soleil.

    « Nous avons besoin de transformations structurelles, capables de penser au temps long que les mécanismes de marché sont incapables de prendre en compte », dit Cédric Durand. Pour y parvenir, l’économiste propose de nombreux outils de planification dans son ouvrage, à l’instar de nombreux penseurs des mondes postcapitalistes.

    Reste à trouver le moyen d’opérer la bascule. Un prérequis semble être de savoir nommer les responsables. Lorsque nos dirigeants néolibéraux apportent sous un cynisme à peine voilé leur solidarité aux victimes des incendies, ils méritent plus que jamais leur étiquette de #pompiers_pyromanes.

    https://reporterre.net/La-France-sous-les-flammes-la-faillite-criminelle-du-neoliberalisme
    #incendie #incendies #feu #feux #rationalité #irrationalité

  • 200 000 personnes évacuées à cause des #incendies : un #exode_climatique, premier du genre en France

    Sous nos yeux se dessine brutalement, en cet été 2026, une préfiguration effrayante de notre avenir. Le #changement_climatique est passé des concepts des rapports du Giec à la réalité du quotidien.

    L’air au souffle infernal les jours interminables de #canicule, l’interruption du vol familier des insectes et des oiseaux, la #sécheresse qui rend arides les paysages et les inondations qui lui succèdent au gré de pluies et grêles diluviennes. Et, désormais, les #feux sans cesse plus monstrueux, dévastateurs, grands comme dix fois Paris cette année, et dont la fumée s’est répandue ce week-end du Var, des Landes et de la Gironde à plus de 500 kilomètres, jusqu’en Auvergne et dans le Val de Loire.

    Lueur d’espoir au milieu du désastre, le dévouement sans limite des pompiers et des gendarmes a permis l’évacuation de plus de 200 000 personnes en dépit des conditions dantesques. Ce mouvement de population, jamais vu en France depuis la défaite de 1940, a un nom : il s’agit d’un exode climatique, le premier du genre dans cette ampleur, avec ses colonnes de réfugiés sur les routes abandonnant tout derrière eux.

    Tout cela serait déjà grave et inquiétant si notre pays était prêt à affronter ces nouveaux périls. C’est peu de dire qu’il ne l’est pas. À part les masques FFP2, héritage de la dernière crise sanitaire, la France manque de tout, à commencer par les avions bombardiers d’eau et les effectifs de soldats du feu professionnels.

    Au-delà, où que les yeux se tournent, l’#inadaptation est globale, conséquence d’un #sous-investissement endémique. On ferme des lits d’hôpitaux ; les passoires thermiques restent le lot commun des logements, des écoles comme des Ehpad ; la climatisation des lieux publics est l’exception ; les villes étouffent, faute de moyens pour revoir l’#urbanisme ; le réseau ferré est hors d’âge ; l’électrification du parc automobile est repoussée.

    Si gouverner c’est prévoir, la #faute des gouvernants est inexcusable. N’importe quel travailleur convaincu d’une telle négligence serait renvoyé sur-le-champ. En 2027, le chantier sera titanesque et le besoin de changement immense. La gauche a neuf mois pour convaincre qu’elle est à la hauteur.

    https://www.humanite.fr/environnement/austerite/200-000-personnes-evacuees-a-cause-des-incendies-un-exode-climatique-premie
    #déplacés_internes #évacuation #incendie #feu #France #réfugiés #réfugiés_climatiques

  • Incendies : quand les futurs ministre délégué à la transition écologique et maire de Bordeaux votaient contre une hausse des moyens pour les pompiers
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/29/incendies-quand-les-futurs-ministre-delegue-a-la-transition-ecologique-et-ma

    Lors des discussions en commission sur le projet de loi de finances pour 2023, Mathieu Lefèvre et Thomas Cazenave, alors députés Renaissance, avaient rejeté les amendements du rapporteur spécial sur la sécurité civile, qui demandait une augmentation budgétaire après les feux de l’été 2022.

    #macronistes #ministres_incapables #pompiers_en_souffrance #incendies #écocides

  • #Incendies : “Il n’y a pas de #conscience #écologique qui se réveille au cœur des #flammes
    https://www.nouvelobs.com/ecologie/20260725.OBS116943/incendies-il-n-y-a-pas-de-conscience-ecologique-qui-se-reveille-au-c-ur-d

    Entretien L’anthropologue Elise Boutié a passé sept mois en #Californie, à enquêter sur la mémoire d’une communauté touchée par « #Camp_Fire », l’un des plus meurtriers feux de forêt américains. Dans sa thèse, elle montre avec finesse que l’incendie ne remet pas en cause les modes de vie qui réchauffent la planète. Au contraire, il les accentue.

    • le titre de la thèse d’Élise Boutié
      La maison brûle : cultiver le déni du changement climatique après un mégafeu en Californie du nord
      https://theses.fr/2024EHES0039
      fournirait un bon titre au Figaro Magazine :-D

      Résumé
      Basée sur une ethnographie de sept mois, cette thèse d’anthropologie politique de l’environnement s’intéresse aux récits, perceptions et manières d’habiter la forêt et la maison après que l’incendie le plus destructeur de l’histoire de Californie ait détruit plus de 19 000 structures humaines, 62 000 hectares de forêt et tué 85 personnes, bouleversant la vie matérielle et symbolique de sept villes et villages d’un haut plateau boisé situé dans les contreforts de la Sierra Nevada. Si l’incendie est débord vécu comme un événement historique de grande ampleur qui a non seulement surpris les habitant.es et les autorités, mais surtout qui mis leur monde sens dessus dessous, dès novembre 2019 date qui marque le premier anniversaire, un certain nombre de dispositifs sont mis en place pour orchestrer l’oubli du 8 novembre 2018 et ainsi relativiser son impact. À partir de cette tension qui oscille entre volonté d’orienter l’écriture de l’histoire et reconnaissance du caractère exceptionnel et de l’urgence à réagir face au phénomène des méga-feux, la thèse se demande comment se fait-il que les habitant.es cultivent le déni de la réalité des changements climatiques et de la réalité de la menace de disparition qu’ils font planer sur leurs lieux de vie alors même qu’iels expriment un profond attachement à ce territoire en particulier et à la forêt en général ? La thèse répond à cette question en trois temps et en suivant trois fils d’analyse : la maison, la forêt et l’église évangélique car ces trois figures constituent selon nous la colonne vertébrale du modèle socio-politique états-unien, modèle dont l’hégémonie et la promotion sont en partie responsables du nouvel ordre climatique qui est le nôtre. D’une part, nous pensons que le désir d’appartenir ou d’être perçu.e comme appartenant à la classe moyenne est plus fort que le principe de réalité qui met en danger et en jeu les conditions d’habitabilité du territoire. D’autre part, les valeurs présentées et perçues comme fondamentales au sein de la société états-unienne, notamment celle de puissance de l’individu auto-construit (« self made man »), font écran aux relations d’interpénétration et d’interdépendance qui lient positivement les humains à leurs environnements, anéantissant toute possibilité d’en prendre soin et d’être transformé.e par eux. Enfin, la puissance des schémas narratifs portés et véhiculés par la religion évangélique, dont le pouvoir sur le ridge est indéniable, prolonge et perpétue la pensée selon laquelle l’humain qui croit et qui entretient son lien avec Dieu serait un être protégé des cataclysmes terrestres, reléguant ces derniers à de pures anecdotes sans conséquence pour et dans la vie terrestre. Construite en quatre parties (« Habiter », « Incendier », « Effacer », « The New Normal ? ») et neuf chapitres, la thèse traite la catastrophe comme un événement autant révélateur que catalyseur d’enjeux socio-politiques tels que la violence sociale, l’alliance de classes au-delà de l’alliance politique, l’attachement à l’image de la classe moyenne, la mémoire encadrée, le traumatisme climatique, la relation naturaliste à la forêt et la migration d’agrément.

  • Feux de forêt : « Tout miser sur la lutte n’est plus suffisant, il faut s’atteler à la prévention », Arthur Guérin-Turcq
    https://www.liberation.fr/environnement/climat/feux-de-foret-tout-miser-sur-la-lutte-nest-plus-suffisant-il-faut-sattele
    https://www.liberation.fr/resizer/v2/IKHUYFDUMNBKXJS4Y6NDJSUWWY.jpg?auth=45f3a7cefd6b12a3a7cb5f77b523fb1c047c7

    Dans la forêt landaise, ravagée en 2022 [les incendies en Gironde ont détruit au total 30 000 hectares de végétation], les moyens de lutte ont évolué. Par exemple, les pompiers sont désormais formés à la technique du contre-feu, qui n’était pas utilisée auparavant. L’idée, c’est de déclencher un incendie volontairement pour en stopper un autre : lorsqu’ils se rencontrent, ils se dévorent mutuellement, ils « s’annulent ». C’est une pratique ancestrale, très connue et assez efficace. Le problème, c’est que cela suppose de sacrifier des zones qui ne sont pas encore touchées. Et en 2022, des propriétaires forestiers n’ont pas voulu qu’on le fasse sur leur parcelle.

    Mais ce nouveau régime d’incendie met surtout en lumière les limites des moyens de lutte actuels, comme le fait de larguer de l’eau par voie aérienne. On parle beaucoup de l’achat de nouveaux Canadair et de Dash [des avions bombardiers d’eau], mais lorsqu’il fait très chaud, l’eau s’évapore avant même de toucher le sol. Il y a aussi les obligations légales de #débroussaillement mises en place par une loi votée en 2023, un an après les incendies de Gironde. Elle impose aux habitants de zones à risque incendie de débroussailler 50 mètres autour de leur maison. Outre le coût que cela représente, il y a des personnes âgées en milieu rural qui ne peuvent pas forcément le faire, il y a des maisons secondaires, d’autres qui sont abandonnées… Et surtout, cela fait reposer toute la responsabilité sur les individus. Ça prouve que tout miser sur la lutte n’est plus suffisant, qu’il faut désormais s’atteler à la prévention. Et ça, c’est à l’Etat de le mettre en œuvre.

    Que voulez-vous dire par là ?

    C’est, pour moi, notre principale lacune face aux feux de forêt : l’absence d’une véritable politique de prévention. Prévenir, c’est réfléchir à un meilleur aménagement des territoires. Car on sait que les incendies vont se multiplier et que leur vitesse ne fait qu’augmenter. Pour limiter leur propagation, il faut tout simplement ne pas donner à manger au feu, donc ne pas lui donner de combustible. D’abord, il faut créer autour de chaque village une interface habitat-forêt, c’est-à-dire une zone tampon débroussaillée à l’échelle d’une commune plutôt que d’une maison, ce qui se fait déjà dans quelques villages du massif des Corbières. Ensuite, il faudrait créer et entretenir des coupures spatiales de plusieurs kilomètres dans les massifs. J’appelle ça la trame rouge : contrairement à la trame verte et bleue qui mise sur la continuité écologique, l’idée ici est de casser la continuité du combustible pour empêcher les feux de se propager rapidement sur tout un massif.

    Est-ce envisageable dans l’Aude et en Gironde ?

    Les Corbières, c’est un territoire en déprise avec de nombreuses friches, qui sont autant de combustible. Il faudrait inventer de nouvelles activités pour réinvestir ces lieux, comme le #pastoralisme, qui semble tout indiqué pour cette région de moyenne montagne.

    En forêt landaise, il est aussi très compliqué de faire passer cette idée parce que c’est un massif de production et de rente, entièrement organisé autour d’une monoculture forestière. Il faudrait donc couper pas mal de pins, et la filière bois le voit d’un très mauvais œil. Sauf que sans cet aménagement, toutes leurs parcelles risquent d’y passer. Potentiellement, cela pourrait surtout causer des morts dans les villages.

    Finalement, ce sont des choix politiques ?

    Totalement. Comme la canicule, le feu est aussi très politique. Les #incendies ne sont pas des événements naturels, extérieurs, qui viendraient percuter la tranquillité de nos sociétés : le feu est un produit de nos sociétés. Il n’intervient pas n’importe où, il ne se propage pas n’importe comment. Nos territoires sont complètement façonnés par nos choix politiques. Ce qui est, en soi, un petit peu rassurant, car cela signifie qu’on a la main pour les adapter et faire au mieux pour éviter le pire. Il faut donc mettre en œuvre une véritable planification écologique dès aujourd’hui avant que des drames ne surviennent.

    #débroussaillage

  • Burning landscapes in Calabria

    A recent short film written by Luca Calvetta, E siamo i vostri figli (And we are your children), depicts the carbonised landscape of Calabria during this (past) summer of wildfires. It begins with an excerpt from a letter written in 1878 by a Calabrian migrant in South America: “Each departure is a fire. Each fire is the end of a world”. The passage hints of apocalyptic time. This summer, the landscape of Southern Italy – and Southern Europe, more generally – was marked by fires. Perhaps the only reason much of the world learned about this, however, was because the fires brushed against and consumed tourist destinations in Sicily and Greece, UNESCO world heritage sites among them. Yet, they were, and remain, terrifying realities for many. From Petrizzi, a town in Calabria where I was based for my research on the relations between people and land in Southern Italy since 1783, we anxiously watched fires carve through agricultural and forested terrain. We watched as helicopters and Canadair airplanes flew above, dropping sea water in attempts to extinguish the flames. At other moments, farmers gathered on their lands’ perimeters hoping to prevent damage as fires approached their crops. Sometimes, at night, the fires burned freely across once cultivated and now partially abandoned mountains, leaving mountainsides naked in the morning.

    Petrizzi provides a lens to explore how landscapes materialise the ‘events’ that abbreviate historiography, forming coherent periods out of complex processes. Over the 20th century, officials connected the damage wrought by plant diseases (phylloxera in 1907), earthquakes (1947), floods and landslides (1935, 1951, 1973), and fires to a lack of maintenance due to the absence of farmers and workers. Reports in 1911 and 1912 tied uncontrollable wildfires to the “emigration [of labourers] to the Americas”. Stone walls fell into disrepair, grasses grew too long, and trees dropped their fruit to the ground. In 1935, floods destroyed roads and collapsed parts of the mountain adjacent to the town. In 1951, winter rains ravaged agricultural land, destroying over 200 houses and compelling the municipal administration to deliberate over relocating the entire town to the nearby ‘hamlet’ on formerly communal lands. Farmers and homeowners wrote countless letters to the local administration detailing damages. The letters convey the importance of land in the lives of those who remained, or who tried to do so. In 1959 legislation was passed which would aid families who had suffered material damages in floods caused by storms elsewhere on the Adriatic coast. This law enabled the release of assistance funds in Calabria, long after the departure of those who needed them was already visible in the town’s landscape. More destructive rains fell in 1973. From that moment until the present, the population declined by an average of around 12% annually; at present Petrizzi has around 1,000 registered inhabitants. But 1973 also saw the entry of a new structure of power in local politics, one that has attempted to erase itself from the records of this past (a point to which I will return).

    The town’s history has long been shaped by the material conditions of its landscape. After the earthquake that rattled Calabria in 1783, people and land became entangled in a confrontation that refutes common narratives of modernisation. Power structures that had been under reform since the mid-18th century became unhinged. The slow dissolution of baronial estates and latifondi during the 19th century fed a land-purchasing ‘mania’, creating a new class of elite and disrupting traditional power relations. In 1818, Petrizzi’s municipal council noted that the privatisation of land and the increase in interest rates on repayment had driven many away from the town. This is far earlier than most accounts of ‘emigration’ begin. Later, attempting to maintain control over trade and commerce, landowners barred infrastructural projects such as plans to pave roads conjoining the town to the countryside and to surrounding towns. After national unification in 1861 they even claimed that roads would be used to foster political upheaval throughout the South. Peasants petitioned and occupied public lands (as well as other communal lands that had been privatised) to no avail. By the late 19th century, migrant departures established transnational networks that linked Petrizzi to Buenos Aires and Philadelphia. These networks would continue to expand.

    Few historical studies locate their subjects in the places from which emigrants departed and when they do it is often only in relation to migrants residing elsewhere. The fires, in other words, have always burned in the background. Until the 1950s, most of Petrizzi’s landscape was cultivated. Over the course of the 20th century, these lands have seen a steady decrease in their usage by humans. Now, figs, olives, fichi d’India (prickly pear cactus), and grapevines grow wild amongst the oak brush and pines. Along with the decultivation of land, many surrounding towns have been depopulated, echoing a trend throughout Southern Europe. The stories that circulate in popular media – for example, about houses selling at heavily reduced rates in Spain, Italy and Greece – frame similar ’emptied’ towns as ghost towns, potential tourist havens or as locations that expose the dramatic material consequences of environmental transformation. Since the pandemic, new schemes for investment and ‘smart working’ from remote towns and villages have filled Italian news (even proposed as ‘south working’ by the Associazione per lo sviluppo dell’industria nel Mezzogiorno, SVIMEZ, 2020 report). Many of these schemes replicate urban-based labour markets and emphasise the aesthetic value of resettling in less-inhabited spaces without questioning the political-economic realities underpinning contemporary histories of ’emptied’ towns. In academic scholarship, on the other hand, the emptying of these towns is often described as an inevitable outcome of trajectories that trace back to early-modern urbanisation or to the 19th-century globalisation of mobility (see Jurgen Osterhammel’s seminal The Transformation of the World). In the historiography of migration, for example, emptied towns and villages appear as peripheries, attesting to an (almost hegemonic) approach which follows migrants and the impacts of migration out of and away from ‘hometowns’.

    To write of ’emptied’ or depopulated towns and villages, however, is to focus teleologically on their pasts and to ignore the various trajectories of the present and of presents past. Furthermore, it is to obscure possible futures. Such depopulated – or, less populated – towns embody dense knots of historical time. They have not burnt into nonexistence. While they encompass those who have departed from them, they are not exclusively ‘emptied’ places in relation to departees. In exploring these trajectories, my own research focuses on connections between people and land in Southern Italy, on how seemingly ‘natural’ events such as fires, floods, earthquakes, and landslides punctuate regimes of migration, land ownership, bureaucratisation, and political alliance or membership. Such events did, in the past, propel historical time and intervene in unfolding processes. They continue to do so in the present. At the same time, they were part of protracted historical processes. This approach aims to embrace the multiplicity of time inscribed in landscapes, seeing their ‘emptiness’ as but one iteration of these material and discursive layers.

    In the humanities and social sciences, scholars have begun to examine more critically the nexus of human and natural entanglements. While environmental history has a long genealogy, in rural contexts it tends to concentrate on agrarian political economy or large-scale industrialisation. Epistemological underpinnings in these bodies of scholarship gravitate towards strict divisions between ‘social’ (or humanistic) and ‘natural’ histories (this is less true in anthropology than it is in other disciplines). Emergent research on climate challenges such a divide and invites us to reassess historical time itself. The charred mountains of Southern Italy offer a suggestive landscape to interrogate this conceptual dichotomy. We might shift in the direction of a microhistorical analysis of relations (in the more expansive sense described in Marilyn Strathern’s Relations: An Anthropological Account) among individuals, communities, and the material landscapes they inhabit. These problematics raise crucial methodological questions: Through which archives and material landscapes might we access histories of depopulation? Which political and cultural practices are rendered visible or concealed by ‘natural’ events (such as fires)? How do such events function as vehicles for social and political transformation? How are emptying towns part of urban expansion, bureaucratisation, and other transregional movements? In what ways do the material histories that connect individuals, communities, and land challenge understandings of centres and peripheries?

    My concern with the ‘material’ is based on the possibility that abandoned archives and physical landscapes provide unique typologies of historical data. But what if these landscapes are razed by flames (both literal and metaphorical ones)? What if the departures – if indeed every departure is a fire – bring the destruction of archives of paper, dirt, and stone? What is left in and at emptied sites? What fills ‘emptied’ space? Ongoing research in Calabria suggests that the neglect of local archives, centres of documentation, repositories of shared knowledge, and other forms of material evidence has frequently been imposed or has arrived as a decision taken explicitly to disregard norms of an increasingly bureaucratic state. In some cases, neglect has come as a means to veil networks of power that aim to profit from the emptying of land (as in the case of post-1973 Petrizzi). There are instances throughout Calabria, for example, of illicit transfers of archival materials or archaeological artefacts (and some archaeologists have spent their careers fighting against these practices). At this conjuncture we can comprehend how individuals, communities, and the land are mutually constituted.

    Returning to the fires. In recent years, a cooperative called ‘a Menzalora (a reference to the 19th-century granite measuring tool in the town’s piazza), has begun to cultivate abandoned land around Petrizzi. Their activities represent a desire to remain, to inscribe the landscape with meaning and value, and to make Petrizzi an inhabitable place. In some ways this connects with a wider movement to reinhabit rural spaces in Italy. The cooperative is locked, however, in a struggle for power against a relentless administration intent on progressing its own interests (‘cash and concrete’) over others. Today, when fires burn through the mountains, rumours spread about their origins and the interests of those who may have sparked them. Like the wind farms that have sprouted throughout Calabria in the past 15 years, the fires – for many – intimate political corruption and competing interests in control over land. Indeed, depopulation may have a carefully measured value underwriting it like those who relocate and disperse paper trails or others who assess stability and property value in the aftermath of earthquakes and floods.

    In the corner of Petrizzi’s territory is a convent, commonly known as la Pietà because it once held one of Gagini’s statues. The convent was sold in 1814 (during the privatisation and land purchasing ‘mania’ mentioned above). In some way, it represents an embodiment of the changing social, political and environmental dynamics around Petrizzi. While it had been privatised – likely in the aftermath of the 1783 earthquake in which it too suffered damages – it was turned into a farm, with two peasant families residing on its premises with the owners. The convent’s territory included many acres of cultivable land, planted with trees and vines, and within its walls it once had its own stone mill. Until the 1950s, it functioned in this way. The family who owned it studied, trained, worked, and lived elsewhere; but the lands were worked by many others from the town. Eventually, a descendant of the original owner ‘returned’ with her husband, both trained architects, to restore the convent. It became a site at which children camped and families gathered for weddings, even as Petrizzi emptied into the 1980s, 1990s, and after the turn of the century. In some way, la Pietà is as much collective as it is private; it manifests the complex interconnection between individuals, communities, and the land that do not reduce to simple dichotomies or prefigured historical periodisation.

    At the convent, another generation has ‘returned’ with the ambition to make the convent a space for individuals and communities to imagine and shape new futures on the land. In August 2021, fire struck the convent’s forested land, close to the municipality-owned forest and other cultivated lands. Some suspect that those fires were set intentionally: each year they burn through the same plots. Others speculate that the fires are part of a wider administration-led desire to clear space for investment projects which would profit from the land’s emptying. Fires are not mere consequences of environmental change, even if they are exacerbated by the climate crisis. They have been burning for a long time. The current residents of the convent intend to replant the forest, to remain. The cooperative, too, continues to chart paths through the abandoned overgrowth. Each fire might indeed be the end of a world. Yet, anthropologist Ernesto de Martino writes, “the end of ‘a world’ shouldn’t signify the end of ‘the world’ but rather the end of the world of tomorrow”. If each departure is a fire, what is the choice to remain or ‘return’? A reminder, perhaps, that these towns and villages are not empty?

    https://emptiness.eu/field-reports/burning-landscapes-in-calabria
    #Calabre #incendies #vide #géographie_du_vide

    • E siamo i vostri figli

      Due minuti.

      Questo video è un grido di dolore lungo due minuti. Che si ripetono però da secoli. Perché ogni partenza è un incendio e ogni incendio è la fine di un mondo. È un incendio la Calabria che brucia, e tutta l’Italia, ma è un incendio anche Kabul. È un incendio il terremoto ad Haiti e ogni vita che affonda nel Mediterraneo. È un incendio ogni dolore inflitto agli umani, ovunque in questa terra. Ogni memoria cancellata. Ogni pianta, sorgente, montagna ferita è un incendio. Che non smette di ripetersi.

      «E siamo i vostri figli» è dedicato a tutti coloro che sono costretti ad abbandonare la propria casa e a tutti quelli che sono condannati a restarci. A chi lotta ogni giorno per renderla un posto migliore. Come una lettera che non arriva a destinazione, è per tutte le voci, di umani, boschi e fantasmi, che invocano la nostra cura. In ogni tempo.

      Il testo è tratto dalla lettera di un immigrato italiano in Argentina, del marzo 1878. Le immagini sono state girate in Calabria, nel presente. Un presente che non finisce.

      Gridate con noi.

      https://vimeo.com/590538873#_=_

  • De la Californie à la Chine, les 10 plus grosses catastrophes climatiques ont couté plus de 120 milliards de dollars en #2025

    #Incendies, #inondations, #tempêtes… En 2025, les catastrophes climatiques ont infligé au monde une facture d’au moins 120 milliards de dollars (103 millions d’euros), selon l’ONG Christian Aid. Un chiffre sous-estimé, calculé à partir des seules pertes assurées, qui souligne l’ampleur croissante des #dégâts liés au réchauffement climatique.

    Ce chiffre rappelle que la lutte contre le réchauffement climatique est aussi un impératif économique. En 2025, les dix plus grosses catastrophes liées au climat ont engendré environ 122 milliards de dollars (103 millions d’euros) de pertes à l’échelle mondiale, selon un rapport de l’ONG britannique Christian Aid, publié ce samedi. Un montant colossal, bien que moins élevé que celui de 2024, qui s’élevait à 200 milliards de dollars (169 milliards d’euros).

    Vagues de chaleur, incendies de forêt, sécheresses, tempêtes… Ces catastrophes et leur ampleur ont témoigné, cette année encore, de « la réalité actuelle de l’effondrement climatique », a réagi le climatologue Davide Faranda, alors même que le seuil de +1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle est sur le point d’être franchi.

    Ce chiffre de 122 milliards a été calculé à la baisse : pour parvenir à ces estimations – encore partielles, certains dégâts n’ayant pas pu être pleinement chiffrés – l’ONG s’est appuyée sur les seules pertes assurées. « Cela signifie que les coûts financiers réels sont probablement bien plus élevés », souligne le rapport.

    Des incendies particulièrement ravageurs aux Etats-Unis

    En tête des catastrophes les plus couteuses figurent les incendies de janvier en Californie, qui ont à eux seuls représenté plus de 60 milliards de dollars (50 milliards d’euros) de pertes. En seconde place arrivent les typhons et les inondations qui ont frappé l’Asie du Sud-Est en novembre, causant 25 milliards de dollars de dégâts et la mort de plus de 1 750 personnes en Thaïlande, en Indonésie, au Sri Lanka, au Viêt Nam et en Malaisie.

    Viennent ensuite les inondations dévastatrices en Chine, qui ont contraint des milliers de personnes à se déplacer, causé 11,7 milliards de dollars (10 milliards d’euros) de dégâts et fait au moins 30 morts au mois de juillet. Puis l’Ouragan Melissa, qui a touché les Caraïbes fin octobre, provoquant des pertes d’une valeur estimée à 8 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) en Jamaïque, à Cuba, et dans les Bahamas.

    Cette année, « aucune région du monde n’a été épargnée par les catastrophes climatiques paralysantes », conclut le rapport, qui pointe également les désastres causés par l’épisode de sécheresse sévère qui a touché le Brésil au premier semestre, les incendies de cet été en Espagne et au Portugal, ou encore les cyclones de février en Australie et sur l’île de La Réunion.
    Les pays pauvres particulièrement touchés

    Si le top 10 s’est concentré essentiellement sur les coûts financiers – qui sont généralement plus élevés dans les pays riches en raison de la valeur plus élevée des biens et de l’accès à l’assurance –, certains des événements météorologiques extrêmes les plus dévastateurs de 2025 ont frappé des pays plus pauvres, insiste Christian Aid. Des pays qui « ont peu contribué à la crise climatique et disposent de moins de ressources pour y faire face », souligne l’ONG.

    Il pointe notamment les inondations au Nigeria en mai et en République démocratique du Congo en avril, qui ont touché des milliers de personnes et causé potentiellement jusqu’à 700 morts au Nigeria seulement. Ainsi que la sécheresse sévère en Iran et en Asie occidentale, qui a menacé, fin novembre, les 10 millions d’habitant·es de Téhéran d’une possible évacuation en raison d’une crise de l’eau.

    Dans ce contexte, Christian Aid appelle à une « action urgente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre mondiales » et renforcer le soutien aux communautés vulnérables. « Les impacts de ces catastrophes peuvent être atténués si des mesures appropriées sont prises », martèle l’association.

    La professeure émérite Joanna Haigh, de l’Imperial College London, abonde : « Ces catastrophes ne sont pas “naturelles”. Elles sont le résultat prévisible de l’expansion continue des combustibles fossiles et des retards politiques ». Et de conclure : « À moins que les gouvernements n’agissent dès maintenant pour réduire les émissions et financer des mesures d’adaptation, cette souffrance ne fera que se poursuivre. »

    https://vert.eco/articles/de-la-californie-a-la-chine-les-10-plus-grosses-catastrophes-climatiques-ont-c
    #coût #changement_climatique #climat #catastrophes #catastrophes_climatiques #chiffres #statistiques

  • Reggio di Calabria, une province qui tente d’améliorer le sort des travailleurs migrants agricoles (1/4)

    Chaque année des centaines de migrants s’établissent dans la province de Reggio di Calabria (dans le Sud de l’Italie) pour travailler dans les champs d’agrumes le temps de la saison des récoltes. Autrefois largement exploités, ces travailleurs migrants saisonniers voient leurs conditions de travail s’améliorer sensiblement ces dernières années grâce à des initiatives associatives et un engagement politique renouvelé. Malgré tout, l’extrême précarité, le mal logement et l’exploitation de ces populations persistent.

    Depuis le début du mois de novembre, des cyclistes peu communs ont fait leur apparition sur les routes de Rosarno et San Ferdinando, deux communes de Calabre (à l’extrême sud de l’Italie). Chaussés de bottes maculées de boue, sac au dos ou petit baluchon accroché au guidon, chasuble réfléchissant sur les épaules, ces hommes sur leur bicyclette sont des travailleurs migrants agricoles saisonniers, venus en Calabre pour travailler dans les champs d’agrumes pour la haute saison des récoltes. Chaque matin, à l’aube, ils rejoignent sur leur deux roues les champs dans lesquels ils travaillent avant d’en repartir en fin de journée une fois leurs heures terminées.

    Certains de ces travailleurs saisonniers viennent tenter leur chance pour la première fois comme Abdoulaziz, Sénégalais de 22 ans. "Je travaillais dans un hôtel à Milan qui est fermé actuellement. On m’a dit qu’il y avait du travail ici et qu’on pouvait gagner plus d’argent" , raconte-t-il au lendemain de son arrivée à San Ferdinando, plein d’espoir. D’autres sont des habitués revenant tous les ans pour la saison, le plus souvent avant de repartir pour la récolte de différents fruits ou légumes dans d’autres régions du pays. "Avant de venir j’ai récolté les tomates pendant cinq mois dans les Pouilles", explique Youri, Malien de 31 ans, de retour en Calabre pour la deuxième année consécutive.

    Terre agricole, la Calabre fournit un quart de la production nationale d’agrumes. Clémentines, mandarines, oranges et bergamotes sont cultivées dans les nombreux champs de la région et nécessitent une importante main-d’œuvre. Dans la province de Reggio di Calabria, la récolte des agrumes a employé plus de 3 000 immigrés non-européens en 2022 selon les chiffres de l’Observatoire sur l’agromafia sur un total de près de 10 000 travailleurs migrants agricoles pour toute la région de Calabre. La majorité sont originaires d’Afrique de l’Ouest (Mali, Gambie, Guinée, Sénégal, Nigéria, Burkina Faso).

    Si la présence de ces travailleurs est essentielle dans l’agriculture, ces migrants ont longtemps été les victimes d’une chaîne d’exploitation dont ils constituent le dernier maillon. Les émeutes des travailleurs - après des attaques racistes - qui ont éclaté à Rosarno en 2010 ont permis de braquer les projecteurs sur cette forme d’esclavage moderne : recrutement informel, salaires impayés, conditions de travail éreintantes. Quinze ans plus tard, grâce aux volontés d’acteurs locaux et associatifs, ainsi qu’aux tentatives des pouvoirs publics pour lutter contre le travail informel et mettre en place des projets communaux destinés aux migrants, la situation a évolué sensiblement.

    "Il n’y a presque plus de sans-papiers"

    "Il n’y a presque plus de sans-papiers parmi les travailleurs migrants saisonniers", assure Gianluca Gaetano, maire de San Ferdinando. "Avec les changements de politiques, ces personnes ont pu obtenir des permis de séjour".

    En effet, la quasi-totalité des migrants rencontrés pendant le reportage détenaient un "permisso di seggiorno" (titre de séjour). Ces permis, d’une durée de six mois à deux ans, sont faciles à obtenir, assurent les travailleurs, il suffit de présenter un contrat de travail pour en bénéficier. Mais ils restent précaires et leur durée constitue un obstacle pour une intégration sur le long terme dans le pays.

    Cette ouverture sur le marché de l’emploi s’inscrit dans une vision plus globale en Italie : la cheffe du gouvernement d’extrême droite, Giorgia Meloni, a annoncé en juillet la délivrance d’environ 500 000 visas de travail aux ressortissants de pays hors Union européenne entre 2026 et 2028 dont plus de 260 000 pour le travail saisonnier dans l’agriculture et le tourisme.

    En 2016, une autre loi appelée anti-caporalato, du nom du système de recrutement illicite de main-d’œuvre à travers des recruteurs informels (les caporali), avait également joué un rôle important dans la lutte contre l’exploitation des travailleurs et la protection des migrants. Elle ainsi renforçait les sanctions contre les employeurs malhonnêtes. La loi a aussi permis la délivrance d’un permis de séjour spécial pour les travailleurs dénonçant un cas d’exploitation.

    "Ces avancées législatives ont été appuyées depuis cinq ans environ par l’augmentation des contrôles de l’inspection du travail auprès des entreprises et producteurs agricoles notamment", assure aussi Gianluca Gaetano.

    Reste que le travail dans les champs est particulièrement pénible. "C’est difficile : les cagettes remplies sont lourdes à porter. Certains agriculteurs ont des tracteurs mais pas mon patron actuel. C’est très dur pour le dos mais on n’a pas le choix" indique Bamba, Sénégalais en Italie depuis 23 ans, sans cesser de couper les clémentines avec son sécateur. La saison de la récolte se fait durant l’hiver, les travailleurs doivent donc composer avec le froid et l’humidité. Les accidents d’échelle et autres blessures ne sont pas rares.

    "Il y a toujours autant besoin de main-d’œuvre chez les agriculteurs mais moins de travailleurs migrants à cause de la dureté du travail", détaille Giuseppe Pugliese, le cofondateur de la coopérative Mani & Terra, une initiative née suite aux émeutes de Rosarno qui regroupe une centaine de producteurs et qui offre des conditions justes et dignes de travail aux migrants employés.

    Il faut dire aussi que les salaires en Calabre sont moins élevés que dans d’autres régions italiennes : dans le nord de l’Italie, la journée de récolte peut être rémunérée 80 euros, contre environ 47 euros en Calabre.
    "Les gens ne veulent pas loger des Noirs"

    Malgré ces améliorations juridiques et sociales, des problématiques majeurs persistent dans la région, comme le mal logement des travailleurs migrants saisonniers. L’immense majorité vit dans un campement insalubre, aux portes de San Ferdinando : le tendopoli, littéralement "le village de tentes". "C’est très difficile de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches, de rats à cause de la saleté. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller", rapporte Bakary, Gambien de 36 ans qui revient faire la saison pour la quatrième fois en Calabre.

    Érigé en 2019 par le ministère de l’Intérieur comme solution temporaire, ce "village de tentes" est devenu au fil des ans un camp durable informel, laissé totalement à l’abandon. Selon l’ONG Caritas qui intervient dans ce bidonville isolé, environ 500 migrants y survivent actuellement dans des conditions insalubres et très précaires. Un chiffre qui peut atteindre jusqu’à 1 000 personnes au pic de la haute saison. Les tentes sont depuis longtemps devenues des cabanes de fortune, recouvertes de bâches en plastique pour tenter de faire barrage à la pluie. Les incendies, souvent dus à des courts-circuits, y sont fréquents et responsables de plusieurs décès chaque année.

    Impossible pour les travailleurs des champs de trouver des alternatives décentes. Depuis le décret-loi Salvini de 2018, ils ne peuvent plus bénéficier de places en centre d’accueil, désormais réservés aux réfugiés statutaires, ni bénéficier d’aide au logement.

    Plusieurs migrants interrogés rapportent avoir tenté de louer des appartements, sans succès. "Les gens ne veulent pas de Noirs comme locataires.. Je ne peux pas comprendre” se désole Abdoul, Sénégalais, qui n’a eu d’autre choix que de se rabattre sur le Tendopoli. Le refus de louer illustre la tension persistante entre les populations et les migrants. Un rejet qui s’exprime aussi par des violences et attaques racistes à l’encontre de ceux-ci. "Des jeunes ont déjà frappé des travailleurs circulant à vélo ou bien ont fait exprès d’ouvrir leur portière de voiture pour les faire tomber sur la route", relate Ibrahim Diabate, cofondateur du foyer social Dambe So (maison de la dignité en bambara) qui accueille des travailleurs migrants durant la saison des récoltes.
    "La migration est une richesse"

    Cette crise du logement préoccupent les édiles des mairies de la région. "Nous tentons d’améliorer les choses", assure le maire de Rosarno, Pasquale Cutri, qui dit avoir besoin de ces travailleurs dans sa commune. “La migration est une richesse. Ces personnes travaillent dans les champs : sans eux, les terres seraient abandonnées". Il souligne aussi l’intérêt démographique pour sa commune, qui subit un important exode de sa jeunesse.

    Plusieurs projets, portés par les pouvoirs politiques locaux sont en effet sortis de terre récemment à l’image du "village de la solidarité", à Rosarno. Ce village financé à hauteur de près de trois millions d’euros par le ministère de l’Intérieur italien, et sorti de terre en 2024, peut accueillir jusqu’à 100 travailleurs disposant d’un titre de séjour en échange d’un loyer mensuel de 80 euros. “Nous essayons de trouver des solutions pour proposer un logement digne à ces personnes” argumente le maire de Rosarno qui reconnaît que les émeutes de 2010 ont agit comme une alerte pour mettre en lumière la question du logement.

    Du côté de San Ferdinando aussi les initiatives fleurissent. Le maire Gianluca Gaetano travaille sur un projet combinant ferme, marché solidaire et logements. Le tout sur une superficie de trois hectares, des terrains confisqués à la mafia. "Il s’agit de donner une maison et un travail à ces migrants, qu’ils puissent passer de la condition de ’simples bras’ à celle de ’personne à part entière’. Un lieu pour sortir de la charité et qui soit rentable économiquement", détaille l’édile qui veut valoriser l’intégration pour éviter qu’un nouveau ghetto ne se créé. "L’intégration se fait par le partage du quotidien et des ressources publiques. La distance entretient l’exclusion", appuie-t-il.

    À Taurianova, au sud de Rosarno, un village de containers a été ouvert depuis mai 2024 pour répondre à l’urgence de l’accueil des travailleurs migrants. Les baraquements colorés et nommés d’après les capitales internationales peuvent accueillir jusqu’à 100 personnes en situation régulière. "J’ai pris la place d’un ami parti au Mali pour quelques mois. Lorsque j’ai vécu dans le tendopoli deux mois en 2015, j’ai beaucoup souffert, j’étais fatigué. Ici c’est mieux" raconte Seydou, un Ivorien de 46 ans, sur le territoire italien depuis 2014.

    Enfin, l’ONG Mediterranean Hope a fondé le foyer "Dambe So" qui accueille plus de 60 migrants lors de la saison des récoltes. En plus des appartements qui sont gérés par les migrants, la structure propose des consultations médicales, un soutien juridique ou encore des cours d’italien. Pour les résidents, ce cadre de vie représente une chance, dans un parcours vers l’intégration semé d’embûches.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68469/reggio-di-calabria-une-province-qui-tente-dameliorer-le-sort-des-trava
    #Rosarno #San_Ferdinando #Reggio_di_Calabria #agriculture #travail #conditions_de_travail #précarité #mal_logement #logement #exploitation #saisonniers #travailleurs_étrangers #agrumes #oranges #Gianluca_Gaetano #sans-papiers #permis_de_séjour #caporalato #loi #mani_e_terra #tendopoli #campement #attaques_racistes #Dambe_So #Pasquale_Cutri #Taurianova #Italie #Calabre

    • DAMBE SO : UNA CASA DELLA DIGNITÀ PER I BRACCIANTI

      Dambe So è l’ostello sociale aperto nella Piana di #Gioia_Tauro per ospitare i braccianti. Un progetto di Mediterranean Hope (FCEI) che può finalmente smontare i ghetti. E che è replicabile

      Dambe So significa casa della dignità, in lingua Bambarà, una delle più diffuse in Africa occidentale. È il nome, carico di significati, che è stato scelto per l’ostello sociale che, nel febbraio del 2022, ha aperto nella Piana di Gioia Tauro per ospitare i braccianti durante il periodo della raccolta agrumicola. Si tratta di un’idea potenzialmente rivoluzionaria che punta a cambiare finalmente le condizioni di vita dei braccianti, e che può essere un modello da replicare. L’ostello sociale Dambe So è parte dei progetti di Mediterranean Hope, il programma rifugiati e migranti della Federazione delle chiese evangeliche in Italia (FCEI). Ne abbiamo parlato con Francesco Piobbichi, operatore di Mediterranean Hope, noto anche per la sua attività di disegnatore, che per lui è un tutt’uno con quella di operatore. Non si definisce un’artista, ma un “disegnatore sociale” che racconta la sofferenza dei migranti, avendola condivisa in prima persona, nella vita prima che nei disegni. È lui l’autore di quelle immagini con il “mare spinato”, un mare che uccide, degrada e che, anche una volta superato, rimane addosso come una maledizione a chi lo ha attraversato. L’inizio della sua attività di disegnatore è molto toccante, e ve la racconteremo presto. Intanto abbiamo chiesto a #Francesco_Piobbichi, che è stato tra i protagonisti della Settimana del Rifugiato a Rieti con uno spettacolo teatrale, di raccontarci la storia dell’ostello sociale.

      La chiave di tutto è il tempo

      Quella di Dambe So è un’idea che arriva da lontano. È nata una decina di anni fa, a Nardò, nel Salento. «Conobbi un’associazione di base, di mutualità, Brigate di Solidarietà Attiva, con cui abbiamo fatto uno sciopero» ricorda Francesco Piobbichi. «Lì ho capito che uno dei punti principali per queste persone è il tempo. Il problema del lavoratore bracciante è che non ha potere, perché ci sono leggi sulle frontiere che gli impediscono di avere una stabilità. E perché il sistema della fabbrica verde concentra la forza lavoro in condizioni in cui il salario indiretto non c’è, cioè non ci sono politiche d’accoglienza degne, ma solo il campo, che affronta sempre l’accoglienza in una dinamica di tipo poliziesco». Così non è mai possibile che si stabilizzino le condizioni per cui questi lavoratori possano avere una dignità di salario e di vita. Un bracciante, infatti, è sempre costretto a rincorrere. «Pensiamo alla sua vita» riflette Piobbichi. «Lavora da mattina a sera, torna a casa e magari piove. Arriva alla tendopoli, dove non c’è l’acqua. Deve cucinare. Deve andare a letto, mentre c’è gente che urla. Come fai a organizzarti in termini di assemblea collettiva?». E così è nata la riflessione sulla chiave di tutto, il tempo. E partire da un luogo dove potersi fermare, riposare, vivere una vita dignitosa, era il punto di partenza.

      Dambe So non è uno spazio gratuito: i lavoratori contribuiscono alle spese

      È nato così l’ostello sociale, un’alternativa alla logica dei campi d’accoglienza. Non è uno spazio gratuito: i lavoratori contribuiscono alle spese con una piccola quota. Un’altra parte dei costi è sostenuta dalla quota sociale proveniente dalla vendita delle arance della filiera di Etika. «Il lavoratore contribuisce per 90 euro al mese alla spesa del mantenimento della struttura» ci spiega Piobbichi. «Non è che paghi l’affitto, ma non è neanche la carità. Si chiama casa della dignità: io sono un lavoratore, io posso pagare, e pago per quello che posso». «Dall’altra parte abbiamo aperto un ragionamento con Mani e terra, abbiamo costruito Etika, e con le chiese italiane e tedesche abbiamo venduto centinaia di migliaia di arance, riflettendo sull’utilizzo sociale della terra».

      La quota sociale è un’idea politica

      La riflessione sull’utilizzo sociale della terra è uno dei temi legati a questo progetto. «Vuol dire che la solidarietà non va fatta solo sul tema del biologico e del rispetto del lavoro, questo non basta più» ci spiega Piobbichi. «L’altro tema è costruire reti che, attraverso gruppi d’acquisto, contribuiscano a questa quota sociale». Ma a questo proposito si apre una grande discussione. «Se le piccole cooperative riescono a dare una quota consistente del proprio guadagno per sostenere Dambe So, perché la grande distribuzione non lo fa?» si chiede l’operatore di Mediterranean Hope. «E perché continuiamo sempre a far pagare allo Stato, cioè alla fiscalità generale, le politiche dell’accoglienza, quando in realtà chi dovrebbe pagare le politiche dell’accoglienza dei lavoratori braccianti dovrebbe essere la grande distribuzione? L’idea della quota sociale è un’idea politica che dice che serve il prezzo equo dei prodotti, che bisogna riflettere seriamente sul rapporto tra la terra e l’umanità, che apre tantissimi scenari. E che dice anche che non si può andare avanti su una politica in cui si continua a finanziare con risorse pubbliche i produttori e poi la grande distribuzione fa dei prezzi che li fanno saltare per aria. Nel giro di venti, trent’anni hanno chiuso tantissime aziende».

      La Calabria, un luogo dove si parla di riscatto

      L’ostello non sarà solo a disposizione dei braccianti. L’idea è che, nei mesi estivi, in cui gli appartamenti dovrebbero essere più vuoti, le associazioni non profit del territorio possano usare la struttura per il turismo solidale. «Ci stiamo lavorando» ci racconta Piobbichi. «Tutti gli appartamenti che avevamo sono pieni adesso. Ne stiamo aprendo dei nuovi per accogliere dei turisti solidali, e uno lo lasceremo per chi vuole venire qui a fare la filiera partecipata». Il discorso, infatti, è molto più ampio. Questo progetto non riguarda solo la dimensione del rapporto con i migranti, ma il rapporto con la società. «Per questo abbiamo costruito il Giardino della Memoria, gli interventi di rigenerazione eco-sociale, il Rosarno Film Festival, stiamo aprendo un gruppo d’acquisto che vuole aiutare i produttori locali ad avere uno sbocco alternativo» ci spiega Piobbichi. «Stiamo cercando di costruire un ragionamento sul riscatto. Non solo sul tema dei migranti, ma anche del riscatto della terra, di una popolazione e dei luoghi che per tanti anni sono stati incasellati da una forma di comunicazione che li ha sempre messi dentro un meccanismo. In realtà la Calabria è un luogo dove si parla di riscatto. È un territorio che vive le migrazioni dei giovani, un luogo di contraddizione. Ma io ho trovato molta facilità ad aprire un luogo come questo: non ho trovato gente che faceva la manifestazione davanti come in altre parti d’Italia, ma tranquillità. Lo dico sapendo che a Rosarno è successo quello che è successo. Ma se uno la gestisce in una certa maniera, lavorando sul tema dei diritti del territorio, la terra, la produzione, l’accoglienza, di un welfare senza la mediazione dello stato, si può fare». Dambe So è un progetto che è nato con il sostegno delle chiese evangeliche, ma l’idea è che si possa anche andare verso un meccanismo di sostenibilità economica. «Se riusciamo a fare un ragionamento sul tema di chi paga l’accoglienza, già ammontando a valle di un centesimo tutte le arance, mandarini e kiwi prodotti nella Piana, avremmo qualche milione d’euro» ragiona Piobbichi. «Che passerebbe alla filiera. E si potrebbe passare a una contrattazione di filiera. Ma chi dovrebbe farla? Una chiesa o qualcun altro?»

      Dall’ospitalità al subaffitto e all’affitto autonomo

      Dambe So nasce per ospitare i braccianti in modo temporaneo, ma la Federazione si occuperà anche di quei braccianti che decideranno di risiedere in modo stabile nella piana, aiutandoli con progetti personalizzati a trovare case in affitto. «I piani sono tutti occupati, perché ci sono braccianti che rimangono qua» ci racconta Piobbichi. «Alcuni vanno via un mese o due e poi tornano. Stiamo cercando di aprire una fase due, di passare dall’ospitalità al subaffitto, e poi all’affitto autonomo. Quattro persone, a 100 euro l’una, ce la possono fare. Il problema è che qui la maggior parte delle case non hanno l’agibilità, e quindi loro non possono rinnovare il permesso di soggiorno». Oggi l’ostello ospita circa 20 persone, ma in vista della prossima stagione si sta ampliando (grazie a un FAMI, con la Prefettura di Reggio Calabria e con finanziamenti di Fondazione Sud e di chiese estere) in modo da arrivare fino a circa 40 posti totali.

      Questo modello è replicabile

      A quasi un anno dall’apertura dell’ostello, chiediamo a Francesco Piobbichi di fare un primo bilancio. «È andata bene» ci risponde. «Quando abbiamo aperto lo abbiamo fatto quasi come una scommessa. Le cose semplici sono le più difficili da fare. Ma al tempo stesso, una volta che si parte, riesci a far capire che questo modello è replicabile. Noi non possiamo fare venti ostelli, ma se nei luoghi dove ci sono forze lavoro di questo tipo si sviluppano interventi di questo tipo, noi siamo a disposizione per far vedere come si fa. È importante l’esempio. Abbiamo avuto la fortuna di aver finanziamenti, ma questa cosa non l’abbiamo fatta per far vedere quanto siamo bravi, quanto piuttosto per far capire che si può fare, che possiamo smontare i ghetti». «La cosa che si dovrebbe fare», conclude, «è capire e paragonare quanto spende lo Stato per i ghetti, i campi container, e quante persone, invece, si potrebbero accogliere in dignità con un progetto come il nostro ».

      https://www.retisolidali.it/piobbichi-dambe-so-una-casa-della-dignita-per-i-braccianti

    • "Avant, les patrons ne faisaient pas de contrat" : une coopérative calabraise s’engage contre l’exploitation des travailleurs agricoles saisonniers (2/4)

      L’association SOS Rosarno, à travers un réseau de coopératives agricoles situées dans la province de #Reggio_di_Calabria (sud de l’Italie), milite depuis une dizaine d’années pour un modèle d’économie solidaire et plus juste. En fournissant des contrats réguliers, des salaires équitables et des conditions de travail dignes à ses employés, elle entend lutter contre l’exploitation des travailleurs migrants saisonniers.

      Perdus au milieu des champs d’agrumes de la province de Reggio di Calabria, au cœur de la Calabre (sud de l’Italie), les locaux de l’association SOS Rosarno se nichent entre deux virages d’une route sinueuse. Dans la cour, au milieu des serres et parcelles d’arbres fruitiers, des colonnes de cagettes vides sont empilées telles des Lego. Dans le hangar, une dizaine d’employés s’activent autour d’imposantes machines afin de trier et emballer les fruits récoltés récemment. Le rythme ne faiblit pas et les cagettes s’accumulent par centaines, débordantes d’agrumes attendant d’être livrées. Dans son bureau surplombant l’espace, #Giuseppe_Pugliese, alias « Peppe », l’un des cofondateurs de SOS Rosarno, enchaîne les appels téléphoniques.

      Entre deux sonneries, il répond à nos questions. « Ici, on rémunère correctement les ouvriers agricoles avec un contrat dans les règles ». Si Peppe le précise, c’est que pendant longtemps, et encore aujourd’hui, les migrants ont été exploités par des employeurs malhonnêtes profitant de leur extrême précarité. « Avant, les patrons ne faisaient pas de contrat, le salaire était petit et même parfois on était carrément pas payé lorsque l’on n’avait pas de papier » rapporte Sedou, un migrant originaire du Mali, qui travaille avec SOS Rosarno aujourd’hui.

      C’est suite aux émeutes qui ont secoué la plaine calabraise de Gioia Tauro en 2010 - après des #attaques_racistes contre des travailleurs migrants agricoles - que le projet SOS Rosarno est né. Les engagements défendus par les activistes et les petits producteurs agricoles qui y ont adhéré sont clairs : respecter les droits des travailleurs tout en respectant la terre et en produisant bio.

      Depuis 2015, SOS Rosarno chapeaute ainsi la coopérative agricole Mani e Terra qui rassemble une centaine de producteurs biologiques, 70 employés étrangers - principalement originaires d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb ou encore d’Europe de l’Est - et quelques 200 hectares de champs où sont cultivés des agrumes (clémentines, oranges, mandarines) mais aussi des kiwi, des olives ou depuis peu des avocats.

      C’est sur ces terres que travaille Aboubacar, un Guinéen de 25 ans. « C’est un ami qui m’a parlé de SOS Rosarno. Ici, on débute à 7h30 et on fini vers 15h30/16h avec une heure de pause », détaille le jeune homme sans s’arrêter de travailler. « On a un contrat de travail et un jour de repos par semaine ».

      « Pour le respect des droits des travailleurs »

      Tous les travailleurs de SOS Rosarno - et de la coopérative - ont signé un contrat de travail en règle, des CDD d’une durée d’an, ce qui aide à obtenir ou renouveler leur titre de séjour. Les journées de travail s’étalent sur 6h40, le minimum syndical en Italie - avec une heure de pause - et la rémunération dépasse légèrement les 47 euros net, le tarif minimum en vigueur. Les salaires en Calabre sont en effet moins élevés que dans d’autres régions italiennes : dans le nord de l’Italie, la journée de récolte peut ainsi être rémunérée 80 euros.

      Les avis ne sont pas toujours dithyrambiques. « Avant la Calabre, j’étais à Trente (nord-est de l’Italie) pour récolter les pommes. J’étais payé 80 euros environ la journée, j’étais aussi logé et nourri. Ici, je dois payer un loyer de 90 euros [le producteur a loué pour ses employés des appartement, nldr] et gérer la nourriture », expose Bamba, un Sénégalais de 55 ans dont c’est la première année avec la coopérative. En gagnant entre 1 100 et 1 200 euros par mois, il confie qu’il ne lui reste pas grand chose pour vivre après avoir envoyé « entre 500 et 600 euros à sa femme et ses trois enfants au Sénégal » et payé près de 200 euros pour ses loyers de Calabre et Sicile où il réside le reste de l’année.

      « Parfois il est difficile de faire comprendre et accepter des obligations légales. Certains ne voudraient pas faire de pause, ou bien être payés à l’heure ou au poids car ils pensent pouvoir gagner plus. Les travailleurs saisonniers n’ont pas toujours une bonne compréhension de leurs droits et des répercussions sur le long terme », note #Peppe_Pugliese, qui déplore notamment le #travail_au_gris - déclaration d’une partie seulement des journées travaillées -, pratique courante de nombreux employeurs.

      Lutter contre l’#exploitation

      Si SOS Rosarno se bat au quotidien contre le travail au noir, l’exploitation des travailleurs saisonniers persiste toujours. Selon une étude du syndicat Cgil-Flai, quelque 200 000 à 300 000 #travailleurs_agricoles sont exposés en Italie à un risque de travail irrégulier et d’exploitation, particulièrement les plus précaires. « On peut parler d’#esclavage » dénonce Jean-René Bilongo, directeur de l’Observatoire Placido Rissotto, qui étudie les abus et l’exploitation dans la filière agroalimentaire.

      Sur le terrain, cela s’opère notamment via le « #caporalato », un système de recrutement illicite de main-d’œuvre très fréquent dans l’agriculture, même s’il ne se limite pas à ce secteur. « Les caporali, des intermédiaires informels, recrutent des travailleurs en situation de vulnérabilité [titres de séjour expirés ou sans-papiers, ndlr], pour des entreprises agricoles qui les emploient », argumente de son côté Massimo Ferraro, directeur de l’Observatoire de l’Agromafia.

      Autre réalité calabraise, l’"#agromafia", qui désigne l’infiltration du #crime_organisé dans la chaîne agroalimentaire - aussi bien par la mafia locale, la ’Ndranhgheta, que par d’autres réseaux criminels ou corrompus - contribue également à cette traite des travailleurs migrants agricoles.

      Dans sa lutte contre le secteur informel, « Peppe » n’hésite pas à égratigner un autre responsable de la crise agricole du moment : la #grande_distribution. Il fustige les prix d’achats minimisés qui sont imposés aux petits producteurs et « finissent par les étrangler ». En 2024, au lieu des 0,30 centimes d’euro le kilo de clémentines proposés par la grande distribution, Mani e Terra fixait un prix de 0,90 centimes/kilo avec la prise en charge du transport, en plus d’équiper en matériel les ouvriers agricoles.

      https://www.youtube.com/watch?v=lDuzNGK2OAs

      « Une goutte d’eau face aux injustices »

      En plus d’un modèle économique alternatif et éthique, SOS Rosarno se bat aussi pour l’inclusion de ses travailleurs, en soutenant le projet d’hébergement social Dambe So.

      Autrefois résidence de tourisme, cette « maison de la dignité » (en bambara) sur deux niveaux, a été rénovée et financée au départ par SOS Rosarno. Depuis fin 2020, les appartements accueillent jusqu’ à 70 travailleurs migrants durant la haute saison, dont un certain nombre travaillent avec Mani e Terra, contre le paiement d’un petit loyer. Mani e Terra contribue annuellement à hauteur de 10 000 euros pour le fonctionnement du foyer.

      « C’est une petite dynamique, on aide 70 personnes à être dignes mais il en reste plus de 2 000 qui vivent de façon indigne », soulève Peppe Pugliese. Chaque année, les demandes pour obtenir une place sont en effet très nombreuses. Le cofondateur espère pouvoir agrandir bientôt la coopérative pour embaucher plus.

      Cette goutte d’eau face aux injustices offre cependant une alternative à l’absence de solution pour se loger. Les travailleurs migrants saisonniers se retrouvent souvent contraints de vivre dans le « tendopoli » (village de tentes) de San Ferdinando, un bidonville isolé où règne l’insalubrité et qui contribue un peu plus à les invisibiliser.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/68488/avant-les-patrons-ne-faisaient-pas-de-contrat--une-cooperative-calabra

    • Calabre : le bidonville de #San_Ferdinando, symbole du mal logement des travailleurs migrants agricoles (3/4)

      Par manque de solutions d’#hébergement et à cause du refus fréquent des locaux de leur louer des appartements, les travailleurs migrants agricoles saisonniers se retrouvent majoritairement contraints à vivre dans le “tendopoli” (village de tentes) de San Ferdinando, en Calabre, dans le sud de l’Italie. Ce #bidonville insalubre, solution d’urgence proposée par l’Etat devenue permanente, illustre la problématique persistante du #mal_logement de ces populations.

      En arrivant dans une des zones industrielles de San Ferdinando, une petite ville de Calabre du sud de l’Italie, le regard est happé par un grand campement de bric et de broc, implanté à quelques mètres de l’autoroute. De plus près, c’est une véritable ville qui apparaît : de la musique aux sonorités africaines s’échappe, une tente laisse entrevoir un homme cuisinant sur une plaque de cuisson bricolée. Un peu plus loin, une mosquée a été bâtie avec des planches de tôles, tandis qu’au détour d’une allée, un petit stand bricolé propose à la vente des vêtements et chaussures... Le quotidien s’organise dans ce "tendopoli", littéralement village de tentes, un bidonville d’une centaines de #baraquements et #tentes.

      C’est ici que vivent la majorité des travailleurs migrants agricoles venus en Calabre pour la saison des récoltes des agrumes, entre novembre et mars. Selon l’ONG Caritas qui y intervient, ils sont environ 500 - tous Africains - à y survivre actuellement dans l’extrême #précarité. Un chiffre qui peut grimper jusqu’à 1 000 personnes au pic de la haute saison.

      "Je suis ici car je n’ai nulle part où aller"

      "C’est très dur de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches et de rats à cause de la saleté et des ordures. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller", rapporte Bakary, Gambien de 36 ans, qui revient pour la quatrième fois faire la saison en Calabre. Les chats et les chiens errants sont nombreux dans le lieu, attirés par les ordures délaissées à proximité des baraquements.

      Érigé en 2019 par le ministère de l’Intérieur comme solution temporaire après le démantèlement d’un camp de fortune, ce "village de tentes" prévu comme solution d’#urgence est depuis "devenu un #camp_informel permanent" abandonné des pouvoirs publics, reconnaît le maire de San Ferdinando, Gianluca Gaetano, interrogé par InfoMigrants. Le logo du ministère de l’intérieur floqué sur les tentes a depuis disparu sous les bâches en plastique et avec l’usure du temps.

      "Les tentes sont toutes abîmées, on les a recouvertes pour se protéger de la pluie. Mais l’eau rentre quand même", explique Joseph, un migrant Sud-Soudanais, en montrant les trous dans la toile. Malgré les couvertures achetées, il indique "souffrir du froid durant la nuit".

      L’#insalubrité règne et les installations pour assurer l’hygiène de base sont dans un état déplorable. "Je ne peux pas vivre ici, c’est le bordel ! Les douches sont tellement sales, je préfère aller dans la forêt que de les utiliser !", se plaint Abdoulaziz, Sénégalais de 22 ans, débarqué de Milan la veille de notre échange. Alors qu’il espérait pouvoir gagner rapidement de l’argent et trouver facilement un logement, le jeune homme déchante déjà face à la dure réalité du terrain.

      Les manquements génèrent des petits business de la débrouille. Plus d’eau chaude pour se doucher ? Des migrants vendent pour 0.50 centimes d’euros des seaux d’eau chauffée. En recherche d’une place pour s’installer ? "Les anciens louent des lits aux nouveaux venus. J’ai payé le mien 150 euros pour la saison", explique Abdoul, Sénégalais de 47 ans venu faire la récolte en Calabre pour la première année.

      Dans le bidonville, les #incendies sont fréquents, à cause des courts-circuits ou des bonbonnes de gaz utilisées pour cuisiner. Alors qu’autrefois les pompiers, et la police, étaient présents à l’entrée du camp, ils ont déserté les lieux après le Covid. "Avec l’étroitesse des allées, les camions de pompiers ne peuvent pas passer à l’intérieur", remarque Ferdinando, qui intervient pour Caritas dans le "tendopoli". Deux incendies ont causé le décès de deux migrants la semaine précédant notre venue.

      L’hébergement, une problématique persistante

      L’absence d’alternatives décentes pour héberger ces populations dans cette province calabraise contraints les migrants à échouer dans ce lieu insalubre. Plusieurs d’entre eux rapportent avoir tenté de louer des appartements, sans succès. "Les gens ne veulent pas de Noirs comme locataires...Je ne peux pas comprendre”, se désole Abdoul, qui n’a eu d’autre choix que de se rabattre sur le Tendopoli comme de nombreux autres travailleurs.

      Une situation particulièrement aberrante pour Mauro Destefano, coordinateur du projet Calabre pour l’ONG Emergency. "Il est d’autant plus paradoxal que les conditions minimales de dignité humaine ne soient pas garanties alors que ces populations sont en règle", s’indigne-t-il. Selon Caritas, 80% des habitants ont des permis de séjour.

      Le décret-loi Salvini de 2018, qui réserve désormais les places en centre d’accueil aux seuls réfugiés statutaires, a encore accentué la problématique du mal logement de ces populations précaires. Selon une enquête menée par le ministère du Travail et des Politiques sociales et l’Association nationale des municipalités italiennes, ils étaient au moins 10 000 employés migrants travaillant dans l’agriculture à vivre dans des bidonvilles sur le territoire italien en 2022.

      Pour tenter de juguler cette crise du logement, plusieurs projets menés par les mairies de la province sont déjà sortis de terre, d’autres sont en prévision. La ville de Rosarno, à quelques kilomètres de San Ferdinando a bâti un "village de la solidarité". Une centaine de places sont disponibles - toutes occupées pendant la haute saison des récoltes. #Taurianova, plus au sud, a installé un "village de #containers" de 100 places également - toutes pourvues. Le maire de San Ferdinando, de son côté, mise beaucoup sur une "#ferme_solidaire", qui devrait voir le jour en 2027 pour 150 à 200 travailleurs africains.

      Trop peu, selon les associations. Pour Mauro Destefano, de l’ONG Emergency, il est étrange de ne pas pouvoir faire plus "dans l’une des régions où le taux d’émigration des jeunes est parmi le plus élevé avec un pourcentage important de logements inhabités".

      Rôle essentiel des associations

      A l’entrée du "tendopoli", plusieurs Algeco servent de bureaux pour les structures associatives et syndicales intervenant dans le lieu. Leur appui est crucial pour les migrants. "Il n’y a aucune implication de la mairie pour améliorer les lieux", met en cause Ferdinando. Avec Caritas, le Calabrais s’implique au quotidien dans le soutien aux migrants du bidonville. Il les renseigne notamment dans les démarches administratives mais aussi les conseille et leur apporte de l’attention.

      Depuis un an, une blanchisserie gérée par l’ONG a été installée dans un de ces containers. Les migrants viennent déposer leur sac de vêtements à un bénévole qui se charge ensuite de lancer les programmes. Ouverte tous les jours, les machines et séchoirs fonctionnent à plein régime.

      Deux fois par semaine, l’ONG distribue aussi environ 400 repas, cuisinés par des volontaires des paroisses voisines, aux habitants du "village de tentes". Au menu lors de notre venue, pâtes au thon. Les migrants font la queue, certains en peignoir et claquettes, pour venir récupérer leur repas. Pour certains cette aide est vitale. "A cause d’un problème d’orthographe dans mes papiers, je ne peux plus travailler actuellement. C’est difficile car je n’ai plus que 25 euros et rien à manger", confesse Ismaël, Burkinabé de 23 ans.

      Un médecin vient également une fois par semaine pour des consultations médicales. Durant la haute saison, les coupures, chutes et membres cassés sont récurrents. Dans la région, l’#accès_aux_soins est compliqué. Et plus encore pour les migrants du fait de la barrière de la langue, des distances pour accéder aux structures de santé, de la méconnaissance et de la peur du rejet.

      "Il y a aussi un nombre croissant de migrants souffrant de détresse psychologique, tels que la #dépression, la #dépendance ou le #stress_post-traumatique. Ils souffrent de l’#isolement_social et du labyrinthe administratif qui les rendent fous" détaille le coordinateur. Dans ces conditions, une minorité tombe dans la #dépendance (#alcool, #drogue et 3médicaments). "Il est important de résoudre le problème de ce #ghetto, sinon il sera difficile de traiter ces pathologies efficacement et cela deviendra ingérable" alerte-t-il.

      #Ghettoïsation et #invisibilisation

      Dans le bidonville excentré du centre-ville de San Ferdinando, les nombreux #vélos déposés le long des tentes illustrent l’isolement dont sont victimes les migrants. Les lacunes dans le système de transport public dans la province de Reggio di Calabria obligent de nombreux travailleurs à se déplacer à vélo, parfois à pied, sur des routes mal éclairées et cabossées. Ils sont ainsi souvent victimes d’accidents de la route, parfois résultats d’attaques racistes délibérées.

      "Des jeunes ont déjà frappé des travailleurs circulant à vélo ou bien ont fait exprès d’ouvrir leur portière de voiture pour les faire tomber sur la route", relate Ibrahim Diabate, cofondateur du foyer social Dambe So (maison de la dignité en bambara) qui accueille des travailleurs migrants durant la saison des récoltes. D’autres témoignages rapportent des migrants percutés, laissés sans assistance en bord de route.

      L’abandon des pouvoirs publics et l’#isolement général contribuent à la ghettoïsation du "tendopoli", ce qui accroit un peu plus encore l’invisibilisation dont les migrants sont victimes.

      En janvier, une dizaine d’associations et d’ONG -dont Caritas et Emergency- ont dans une lettre adressée au préfet de Reggio Calabria réclamé des solutions rapides face à l’aggravation des conditions de vie à l’intérieur du "village de tentes" déplorant un " climat de #tension_sociale qui atteint un niveau de plus en plus critique".

      https://www.infomigrants.net/fr/post/68516/calabre--le-bidonville-de-san-ferdinando-symbole-du-mal-logement-des-t

  • « Maintenant l’eau, c’est peau de chagrin » : l’#Aude aux avant-postes du dérèglement climatique en France
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/11/02/maintenant-l-eau-c-est-peau-de-chagrin-l-aude-aux-avant-postes-du-dereglemen

    Le Sou ressemble à un chemin abandonné. On pourrait continuer à rouler sans apercevoir, de part et d’autre de la route, le tracé sinueux de cette rivière asséchée. Des racines pendent au-dessus de son lit vide. Matthieu Vaslin, jumelles en bandoulière sur son sweat-shirt gris, s’arrête devant un saule cendré. En cette fin septembre, le petit arbre au feuillage clairsemé « devrait avoir les pieds dans la flotte, soupire l’éleveur. Le Sou ne se tarissait jamais ici, avant ».

    Arrivé il y a quinze ans dans cette vallée boisée de l’est de l’Aude, cet ancien salarié de la Ligue de protection des oiseaux a vu l’eau se raréfier dans le massif que son troupeau parcourt chaque jour. La végétation est devenue si sèche que les chèvres cessent de donner du lait un mois plus tôt qu’auparavant. Certains arbres périssent, d’autres rougissent avant l’automne. Le Sou est devenu depuis trois ans un tapis de feuilles mortes. Il a coulé un peu en mars, grâce à des ondées printanières, mais pour quelques semaines seulement.

    C’est autant d’eau qui ne rejoint plus, une dizaine de kilomètres plus bas, la principale rivière du massif des Corbières : l’Orbieu. Au total, le cours d’eau et ses affluents parcourent une soixantaine de communes, depuis les vastes reliefs boisés d’altitude jusqu’à la plaine viticole et la confluence avec le fleuve Aude, avant de rejoindre la mer.

    Baisse importante des précipitations

    Le syndicat de rivières qui scrute ces écoulements couvre quelque 45 000 habitants, parmi les 378 000 que compte le département. Dans cette frange de l’Est audois, ils sont aux premières loges du changement climatique en France.

    Le bassin de l’Orbieu s’est en effet réchauffé de près de 1,5 °C en un demi-siècle (en moyenne sur dix ans). Une augmentation des températures qui a pour corollaire une forte hausse de l’évapotranspiration, c’est-à-dire de l’humidité renvoyée par la végétation et les sols vers l’atmosphère. Conséquence : « Il y a de moins en moins d’eau disponible », résume Yves Tramblay, directeur de recherche en hydrologie à l’Institut de recherche pour le développement et coauteur du chapitre sur la Méditerranée dans le 6e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). D’autant que le secteur est touché par « une baisse significative des précipitations », − 37 % entre 1959 et 2024.

    Il fait partie, à l’instar des #Pyrénées-Orientales voisines, des territoires français où l’état de la ressource en eau est le plus préoccupant. Faute de recharge suffisante, des aquifères souterrains se vident, et les ruisseaux cessent de couler de plus en plus tôt et de plus en plus longtemps. En ce début d’automne, l’Orbieu lui-même est en situation d’assec sur une portion de son tracé, près de sa source. Des camions-citernes ont dû, à de nombreuses reprises déjà, emprunter les routes sinueuses qui enlacent les collines calcaires des #Corbières, pour ravitailler des municipalités aux sources taries.


    Le promontoire rocheux du Gourg Goutonnier, duquel les gens plongeaient, à Talairan (Aude), le 30 septembre 2025.


    SOURCE : NATIONAL OCEANIC AND ATMOSPHERIC ADMINISTRATION

    https://archive.ph/b1tAV

    #climat #eau #sécheresse #désertification #incendies #viticulture #pastoralisme

  • Dopo i roghi ai terreni tolti ai boss, l’Antimafia ascolta le coop impegnate nel riutilizzo sociale
    https://lavialibera.it/it-schede-2439-incendi_ai_terreni_confiscati_ai_boss_la_commissione_anti

    Dopo aver subìto, nel corso dell’estate appena conclusa, intimidazioni, incendi e danni che hanno messo in difficoltà le imprese economiche e il recupero di beni confiscati alle mafie, i rappresentanti di tre cooperative sono stati ascoltati il 24 settembre dal secondo comitato della commissione antimafia. Domenico Fazzari della cooperativa Valle del Marro di Polistena (Reggio Calabria), Alfio Curcio della cooperativa Beppe Montana di Lentini (Siracusa) e Francesco Pascale, direttore di Terra Felix a Succivo (Caserta) hanno potuto spiegare ad alcuni parlamentari le difficoltà di chi quotidianamente si impegna per gestire i terreni tolti alla criminalità organizzata cercando di creare lavoro e benessere per aree disagiate. Nuovi attentati alle cooperative che coltivano i terreni tolti (...)

    #MAFIE_●_RESISTENZE

    • Mercoledì 24 settembre il comitato II della commissione parlamentare ha ascoltato i rappresentanti di tre società cooperative attive in Calabria, Campania e Sicilia e obiettivo di gravi intimidazioni. Allo studio soluzioni per migliorare la gestione dei terreni confiscati alle mafie

      Dopo aver subìto, nel corso dell’estate appena conclusa, intimidazioni, incendi e danni che hanno messo in difficoltà le imprese economiche e il recupero di beni confiscati alle mafie, i rappresentanti di tre cooperative sono stati ascoltati il 24 settembre dal secondo comitato della commissione antimafia. Domenico Fazzari della cooperativa Valle del Marro di Polistena (Reggio Calabria), Alfio Curcio della cooperativa Beppe Montana di Lentini (Siracusa) e Francesco Pascale, direttore di Terra Felix a Succivo (Caserta) hanno potuto spiegare ad alcuni parlamentari le difficoltà di chi quotidianamente si impegna per gestire i terreni tolti alla criminalità organizzata cercando di creare lavoro e benessere per aree disagiate.

      Nuovi attentati alle cooperative che coltivano i terreni tolti alle mafie
      L’audizione al comitato II della commissione antimafia

      “Abbiamo potuto approfondire i fatti che hanno riguardato queste società. Le persone che scelgono di fare questo percorso di vita coraggioso nella gestione dei beni confiscati meritano l’attenzione e il sostegno delle istituzioni”, ha spiegato a lavialibera il coordinatore, Erik Pretto (Lega), ricordando che l’audizione è stata richiesta dalla senatrice Enza Rando (Pd), “a dimostrazione del percorso condiviso tra maggioranza e opposizione”, ha sottolineato lui. «Dopo gli eventi di questa estate, che non sono i primi, ho ritenuto opportuno avvisare la commissione antimafia e in particolare il comitato che si occupa di beni confiscati – spiega la senatrice Rando –. Il presidente del comitato si è dimostrato sensibile e abbiamo organizzato un’audizione, così che resti agli atti il loro racconto».

      “Trovo positivo che abbiano dato voce alle nostre realtà. Ci dà forza il fatto che una storia come la nostra sia stata ascoltata da dei parlamentari”, afferma Fazzari, direttore della cooperativa della Piana di Gioia Tauro, obiettivo di quattro intimidazioni nel corso di un mese, tra cui il grave incendio a oltre ottocento olivi biologici. “L’ascolto è stato importante e momenti di incontro con le istituzioni dovrebbero aumentare – dice Pascale di Terra Felix –. Abbiamo raccontato quanto fatto negli anni e le difficoltà provocate dagli atti che subiamo”, come l’incendio doloso che il 6 luglio scorso ha distrutto per il terzo anno consecutivo i terreni coltivati confiscati al boss della camorra, Francesco “Sandokan” Schiavone. “In un territorio come quello della provincia di Caserta, dove la disoccupazione avanza e aumentano i neet (i giovani che non studiano e non lavorano, ndr), il riutilizzo dei beni confiscati e i posti di lavoro che creano sono importanti”, sottolinea Pascale.
      I boss scarcerati tornano sui terreni

      La presenza del clan in questi territori è ancora forte: “Due settimane dopo l’incendio, il figlio del boss, Ivanhoe Schiavone, è stato arrestato perché riscuoteva gli utili dei terreni del padre intestati a prestanome”, aggiunge il direttore di Terra Felix. Come dice Alfio Curcio della società cooperativa Beppe Montana, impegnata sui campi agricoli tolti a Cosa nostra, “più facciamo bene il nostro lavoro, più siamo sotto attacco. Le nostre cooperative, e non solo loro, sono viste male”.

      Durante l’audizione è emerso un problema comune legato all’uscita dal carcere dei boss, o di molti ex proprietari condannati e incarcerati, e al loro ritorno sul territorio. Ad esempio, proprio il giorno prima dell’appuntamento con i parlamentari, l’operazione Res Tauro aveva riportato in cella il boss della ‘ndrangheta, Pino Piromalli, che – tornato in libertà dopo oltre 22 anni di detenzione – aveva ripreso il controllo dell’area di Gioia Tauro e delle attività. “Bisogna continuare a sostenere il nostro lavoro – riprende Fazzari – perché dobbiamo essere pronti a occupare gli altri spazi liberati dagli arresti e dai sequestri”, e quindi evitare che beni e terreni tornino nella mani sbagliate e non generino economie pulite. “I beni devono essere riutilizzati nel più breve tempo possibile, prima che deperiscano”, aggiunge.

      Trent’anni di Libera: beni confiscati, territori rigenerati
      I nodi della gestione dei terreni agricoli confiscati alle mafie

      Tante sono le difficoltà, spesso burocratiche, su cui la commissione antimafia può intervenire con proposte. Pretto sta pensando a una soluzione che potrebbe migliorare la gestione dei terreni agricoli confiscati. “Quando un comune o un ente locale che ha in gestione un bene così lo affida alle organizzazioni, fa dei bandi di concessione della durata di cinque anni, che sono troppo pochi per chi opera nel settore agricolo – spiega il deputato –. Un terreno è diverso da un immobile a uso abitativo, commerciale o direzionale. Quindi va ripensato questo aspetto prevedendo delle durate maggiori per le concessioni, anche perché nell’agricoltura ci sono dei costi da anticipare e investimenti e inoltre gli alberi da frutto hanno bisogno di anni per rendere”. Per questo “se a livello istituzionale riuscissimo a dare questa linea guida, forniremmo dei riferimenti ai funzionari che scrivono i bandi”. Conferma Curcio, secondo cui “c’è bisogno che gli enti locali abbiano delle linee guida, perché la durata deve essere legata alla tipologia di bene”. Un esempio sono gli agrumeti e gli oliveti, che danno frutto molti anni dopo la messa a dimora: “Non sono come i terreni seminativi, i cui risultati arrivano di stagione in stagione”, spiega.

      “Negli ultimi dieci anni, amministrazioni comunali e l’Agenzia nazionale dei beni sequestrati e confiscati hanno pubblicato bandi per concessioni brevi, di cinque o dieci anni – aggiunge Fazzari – e questo non è di aiuto. Un impianto arboreo ha bisogno di almeno cinque anni dalla messa a dimora degli alberi per ottenere i primi frutti di qualità”. In certi casi, le società hanno ottenuto condizioni più favorevoli: “Per i nostri contratti, negli anni noi abbiamo avuto concessioni con tempi lunghi, ma sono in scadenza e servirebbe un meccanismo per un rinnovo rapido”.

      Guida ai beni confiscati alle mafie

      Il problema della scadenza dei comodati d’uso e del loro rinnovo è stato sottolineato da molti. Con tempi burocratici lunghi e incerti, i terreni e gli alberi rischiano di rovinarsi, rendendo più complesso il riavvio. C’è poi il nodo legato alle spese anticipate, spesso dai singoli soci delle cooperative che faticano a ottenere prestiti e garanzie dalle banche: “Noi facciamo investimenti privati su dei beni pubblici. Bisogna ‘ricaricare’ le aziende che hanno svolto un buon lavoro”, afferma Curcio.

      Il rischio, quindi, è che dopo anni di spese, non ci sia modo di godere dei risultati o, peggio, di veder tutto perduto. Capita inoltre che gli enti locali non vogliano partecipare a bandi per l’utilizzo di fondi pubblici fondamentali per le attività.Tutti temi su cui il comitato II dell’Antimafia continuerà ad approfondire per arrivare ad alcune proposte normative. «Credo sia stata un’audizione importante – conclude Rando – anche per vedere se ci sono strumenti che si possono migliorare e attivare, anche sul risarcimento dei danni subiti, dei veri atti intimidatori ambientali».

      https://lavialibera.it/it-schede-2439-incendi_ai_terreni_confiscati_ai_boss_la_commissione_anti

      #Calabre #Campanie #Sicile #Italie #intimidations #incendies #feu #beni_confiscati #biens_confisqués #mafia #Terra_Felix #Caserta #neet #chômage #Ivanhoe_Schiavone #Pino_Piromalli #Gioia_Tauro #agriculture

  • U.S. faces rising death toll from wildfire smoke, study finds

    Wildfire smoke increasingly threatens lives across the country. A new study shows smoke exposure in the coming decades will cause tens of thousands of excess deaths and predicts where exposure will occur so communities and policymakers can prepare for the health burden.

    In brief:

    Stanford researchers estimate wildfire smoke emissions caused 41,380 excess deaths per year during 2011 to 2020.
    – Rising temperatures could increase U.S. deaths from wildfire smoke more than 70% by 2050.
    - Aggressively cutting greenhouse gas emissions could prevent tens of thousands of deaths from climate-related smoke waves.
    – The economic cost of deaths from wildfire smoke with roughly 2 C of warming may exceed costs from all other climate-driven damages in the U.S. combined.

    Wildfires burning across Canada and the Western United States are spewing smoke over millions of Americans – the latest examples of ashy haze becoming a regular experience, with health impacts far greater than scientists previously estimated.

    Although wildfires have long been part of life in the Western U.S., warmer, drier conditions are fueling bigger blazes that occur more often and for longer. Smoke from these blazes is spreading farther and lingering longer than in the past. In a Sept. 18 study in Nature, Stanford University researchers estimate that continued global warming could lead to about 30,000 additional deaths each year nationwide by 2050, as climate-driven increases in fire activity generate more smoke pollution across North America.

    “There’s a broad understanding that wildfire activity and wildfire smoke exposure are changing quickly. This is a lived experience, unfortunately, for folks on the West Coast over the last decade and folks on the East Coast in the last few years,” said senior study author Marshall Burke, a professor of environmental social sciences in the Stanford Doerr School of Sustainability. “Our paper puts some numbers on what that change in exposure means for health outcomes, both now and in the future as the climate warms.”

    The researchers found no U.S. community is safe from smoke exposure. When monetized, deaths related to wildfire smoke could reach $608 billion in annual damages by 2050 under a business-as-usual emissions scenario where global temperatures rise about 2 degrees Celsius above pre-industrial levels. That estimated toll surpasses current estimates of economic costs from all other climate-driven damages in the U.S. combined, including temperature-related deaths, agricultural losses, and storm damage.

    “What we see, and this is consistent with what others find, is a nationwide increase in wildfire smoke,” said lead study author Minghao Qiu, an assistant professor at Stony Brook University who worked on the study as a postdoctoral researcher in Burke’s lab. “There are larger increases on the West Coast, but there’s also long-range transport of wildfire smoke across the country, including massive recent smoke events in the Eastern and Midwestern U.S. from Canadian fires.”
    Uniquely dangerous pollution

    Deaths from wildfire smoke result from inhaling a complex mix of chemicals. Wildfires can expose large numbers of people to these toxic pollutants for days or weeks at a time, contributing to deaths up to three years after the initial exposure, according to the new study.

    Within wildfire smoke pollution, researchers often focus on fine particulate matter, known as PM2.5, which penetrates the lungs and enters the bloodstream. While the health effects of PM2.5 from other sources are well studied, less is known about the specific dangers of PM2.5 from wildfire smoke. Some recent research shows that wildfire smoke can contain a range of toxic chemicals harmful to human health. Qiu, Burke, and colleagues used U.S. death records to assess these additional risks from smoke.

    The researchers combined county-level data on all recorded U.S. deaths from 2006 to 2019 with measurements of ground-level smoke emissions, wind variation, and the movement of airborne particulate matter, using machine learning to predict how wildfire emissions changes in one area affected smoke concentrations in another. They linked changes in smoke concentrations to variation in historical mortality and used global climate models to project future fire activity, smoke levels, and health impacts under different warming scenarios through 2050.

    The results show that excess deaths from smoke PM2.5 exposure under a business-as-usual emissions scenario could increase more than 70% to 70,000 per year from roughly 40,000 annual deaths attributed to smoke from 2011 to 2020. The largest projected increases in annual smoke exposure deaths occur in California (5,060 additional deaths), New York (1,810), Washington (1,730), Texas (1,700), and Pennsylvania (1,600).
    Understanding climate impacts

    By quantifying economic damage from smoke-related deaths, the findings uncover a hidden tax on families and businesses. The researchers found that even if the world cuts emissions rapidly enough to stabilize global temperatures below 2 C by the end of the century, deaths from climate-driven smoke exposure in the U.S. alone would likely still exceed 60,000 per year by 2050.

    “If you look at the leading climate impact assessment tools that are used to inform policy, none of them incorporate how changes in climate could influence wildfire smoke and related human mortality,” Qiu said. “Our study shows climate models are missing a huge part of the climate impacts in the U.S. – it’s like leaving the main character out of a movie.”
    A shared burden

    Actions by public health officials and communities can mitigate this growing threat. For example, investing in better indoor air filtration can help reduce exposure for vulnerable individuals or communities. Prescribed burns or other fuels management approaches can help to reduce the severity of wildfires and resulting smoke waves.

    “Our understanding of who is vulnerable to this exposure is much broader than we thought,” Burke said. “It’s pregnant people, it’s kids in schools, it’s anyone with asthma, it’s people with cancer. We look at one specific health outcome in this study – mortality – and unfortunately find a shared burden of exposure for individuals across the U.S.”

    https://sustainability.stanford.edu/news/us-faces-rising-death-toll-wildfire-smoke-study-finds
    #fumée #incendies #mortalité #feu #santé #santé_publique #USA #Etats-Unis #feux_de_forêt #pollution

    • Wildfire smoke exposure and mortality burden in the US under climate change

      Wildfire activity has increased in the US and is projected to accelerate under future climate change 1–3. However, our understanding of the impacts of climate change on wildfire activity, smoke, and health outcomes remains highly uncertain, due to the difficulty of modeling the causal chain from climate to wildfire to air pollution and health. Here we quantify the mortality burden in the US due to wildfire smoke fine particulate matter (PM2.5) under climate change. We construct an ensemble of statistical and machine learning models that link climate to wildfire smoke PM2.5, and empirically estimate smoke PM2.5-mortality relationships using data on all recorded deaths in the US. We project that smoke PM2.5 could result in 71,420 excess deaths (95% CI: 34,930 - 98,430) per year by 2050 under a high warming scenario (SSP3-7.0) – a 73% increase relative to estimated 2011-2020 average annual excess deaths from smoke. Cumulative excess deaths from smoke PM2.5 could reach 1.9 million between 2026-2055. We find evidence for mortality impacts of smoke PM2.5 that last up to three years after exposure. When monetized, climate-driven smoke deaths result in economic damages that exceed existing estimates of climate-driven damages from all other causes combined in the US 4,5. Our research suggests that the health impacts of climate-driven wildfire smoke could be among the most important and costly consequences of a warming climate in the US.

      https://www.nature.com/articles/s41586-025-09611-w

  • 16000 hectares ravagés par le feu entre autres parce que les politiques récentes ont fait disparaitre les vignes au profit de zones de chasse et lire qu’on doit faire pousser à la place de quoi nourrir la population. Euh madame la ministre de l’agriculture de balcon, vous pensez vraiment faire pousser du blé dans la garrigue et l’arroser avec vos 9 canadairs ?

  • Incendi, l’emergenza in Calabria nelle foto della Nasa e la ’ndrangheta sullo sfondo: «Roghi per coprire rifiuti tossici»

    L’osservatorio satellitare mostra la mappa del fuoco nell’ultima settimana. È allarme anche in Sicilia e Puglia. Nel Vibonese i danni maggiori negli ultimi giorni, la crisi in Aspromonte vista da Gioacchino Criaco: «Invece di prevenire speriamo nel fato e nei droni»

    La foto di Firms (Fire information for resource management system) della Nasa mostra una Calabria che brucia in un Sud flagellato dagli incendi, puntellato di rosso dai roghi che, nell’ultima settimana, hanno divorato decine di ettari del territorio. In Sicilia e Puglia la situazione appare, stando alle immagini satellitari, altrettanto drammatica (nel Salento forse ancora di più).

    In Calabria il Vibonese e l’Aspromonte sembrano le aree più colpite negli ultimi giorni: in provincia di Vibo, in particolare, il numero degli incendi è cresciuto in maniera esponenziale nei giorni del caldo record, trainato da afa e vento. Il bilancio dice duecentoventi incendi in meno di un mese e il quadro tracciato dal comandante provinciale dei Vigili del Fuoco di Vibo Valentia, Ambrogio Ponterio individua le aree più colpite: Mileto, Pizzo, Nicotera, Joppolo. Entra nel novero anche Drapia, dove 48 ore di fuoco hanno messo a dura prova soccorsi e cittadini: «Quasi il 40% del nostro territorio è oramai cenere», ha raccontato al Vibonese il sindaco Alessandro Porcelli. Il resort evacuato a Cirò Marina e l’altro lambito dalle fiamme a Sibari la scorsa notte danno la misura di quanto le fiamme mettano a rischio anche il turismo nel clou della stagione estiva.

    L’accusa di Savino: «Incendi per nascondere lo smaltimento di sostanze tossiche»

    Le foto del disastro fanno il giro dei social e la polemica sconfina nel campo della politica, tra accuse dell’opposizione per mancati interventi di prevenzione e la maggioranza che accusa i rivali di procurato allarme. Che le aree montane siano spopolate e sguarnite è un fatto. Ma da più parti arriva una lettura dell’emergenza che la riconduce a fenomeni criminale. La denuncia del vescovo di Cassano allo Ionio è stato chiara e indirizzata a un business illegale specifico: «Dietro la coltre di fumo si cela la figura vile e arrogante della criminalità organizzata, in combutta con operatori economici senza scrupoli. Questi roghi non sono incidenti fortuiti, ma tattiche di una guerra occulta e spregevole contro la natura e gli abitanti. Il loro scopo è occultare lo smaltimento illecito di sostanze tossiche, scorie industriali e scarti speciali che stanno contaminando il suolo, l’atmosfera e le riserve idriche. Si tratta di un’economia letale, fondata sul profitto sfrenato e su un sistema di illegalità diffusa, che opera nell’ombra ma possiede volti, nomi e interessi ben definiti».

    Criaco: «Si poteva fare qualcosa invece si punta sul fato e sui droni»

    Anche lo scrittore Gioacchino Criaco, nei giorni scorsi, ha fatto sentire la propria voce dopo gli incendi nel Reggino mettendo nel mirino, però, la mancata programmazione: «Nulla di serio è stato programmato per annientare, limitare, gli incendi – ha scritto sul proprio profilo social –. Tutti o quasi hanno tradito, tutti o quasi abbiamo tradito, chi per tanto, chi per poco chi per nulla, chi per interesse e chi per viltà, chi per arroganza e chi per servilismo. E a voglia a rifiutarla, l’unica parola appropriata è tradimento».

    L’autore avanza anche qualche proposta: «Avrei provato, leggi permettendo, a costituire un assessorato alla prevenzione degli incendi in Regione, con competenza esclusiva su Calabria Verde e sul Consorzio Unico. Avrei provato a costituire in ogni Comune un assessorato dedicato. Avrei assunto, anche in forma stagionale, personale per la prevenzione e l’intervento. Avrei diviso il territorio in microaree, delineando responsabilità specifiche. Avrei integrato guide e pastori. Avrei costituito comitati permanenti con dentro camminatori, guide, pastori, studiosi, chiunque potesse anche lontanamente essere utile. Avrei costruito piccoli invasi nelle microaree e dotato il personale degli strumenti necessari. Tutto comunque meno costoso degli interventi ex post. Avrei fatto il giro delle scuole a dire ai ragazzi cos’è il tradimento e chi sono i traditori... avrei tentato di tutto, non sarei rimasto a sperare nel fato e nella pioggia o nei droni che il mondo ci invidia».

    https://www.lacnews24.it/cronaca/incendi-lemergenza-in-calabria-nelle-foto-della-nasa-e-la-ndrangheta-sullo
    #feux #incendies #Calabre #déchets #mafia #ndrangheta #Italie

    • SOS INCENDI. In Italia nei primi sette mesi 2025 bruciati 30.988 ettari di territorio

      I dati del nuovo dossier “Italia in fumo” (https://www.legambiente.it/wp-content/uploads/2021/11/2025-Report-Incendi-1.pdf) di Legambiente. Nei primi sette mesi 2025 bruciati 30.988 ettari di territorio pari a 43.400 campi da calcio. Il Meridione il più colpito dall’emergenza incendi con sei regioni in cima alla classifica per ettari percorsi dalle fiamme: Sicilia, Calabria, Puglia, Basilicata, Campania e Sardegna. Incendiari, ecomafiosi e crisi climatica tra le cause degli incendi boschivi. Sotto attacco le aree naturali protette: andati persi da inizio anno 6.261 ettari di aree Natura 2000. Preoccupano i ritardi nell’attuazione dei Piani Antincendio Boschivo (AIB): 5 parchi nazionali hanno il piano scaduto e ancora in fase di rielaborazione

      In Italia è SOS incendi. Dal 1° gennaio al 18 luglio 2025 nella Penisola si sono verificati 653 incendi che hanno mandato in fumo 30.988 ettari di territorio pari a 43.400 campi da calcio. Parliamo di una media di 3,3 incendi al giorno con una superficie media bruciata di 47,5 ettari. A scattare questa fotografia è Legambiente che oggi diffonde i dati del suo nuovo report “L’Italia in fumo” insieme a un pacchetto di 12 proposte e 5 buone pratiche da replicare a livello nazionale, affinché il Paese recuperi i ritardi in fatto di prevenzione e controlli e colmi la frammentazione delle competenze tra Stato, Regioni ed enti locali attraverso una strategia e una governance integrata che ad oggi manca all’appello. Stando al report di Legambiente, che ha analizzato e rielaborato i dati EFFIS (European Forest Fire Information System), dei ben 30.988 ettari di territorio bruciati nei primi sette mesi del 2025, 18.115 hanno riguardato ettari naturali (ossia aree boscate); 12.733 ha hanno interessato aree agricole, 120 ettari aree artificiali, 7 ettari aree di altro tipo.

      Sud e Isole sotto scacco delle fiamme: Il Meridione si conferma l’area più colpita dagli incendi con sei regioni in cima alla classifica per ettari bruciati. Maglia nera alla Sicilia, con 16.938 ettari bruciati in 248 roghi. Seguita da Calabria, con 3.633 ettari in 178 eventi incendiari, Puglia con 3.622 ettari in 69 eventi, Basilicata con 2.121 ettari in soli 13 roghi (con la media ettari per incendio più alta: 163,15), Campania con 1.826 ettari in 77 eventi e la Sardegna con 1.465 ettari in 19 roghi. Tra le regioni del Centro e Nord Italia: ci sono il Lazio (settimo in classifica) con 696 ettari andati in fumo in 28 roghi e la Provincia di Bolzano (ottava in classifica) con 216 ettari in 3 roghi e la Lombardia.

      Per l’associazione ambientalista ad oggi il Paese paga non solo lo scotto dei troppi ritardi, ma anche l’acuirsi della crisi climatica che amplifica il rischio di incendi boschivi e l’assalto delle ecomafie e degli incendiari. Secondo l’ultimo Rapporto Ecomafia diffuso il 10 luglio scorso, nel 2024 sono stati 3.239 i reati (incendi boschivi e di vegetazione, dolosi, colposi e generici in Italia) contestati dalle forze dell’ordine, Carabinieri forestali e Corpi forestali regionali, un dato però in calo del 12,2% rispetto al 2023. Sono 459 le persone denunciate (-2,1% rispetto al 2023), 14 invece quelle arrestate (+16,7% rispetto al 2023). L’analisi di questi fenomeni criminali è arricchita dalle attività, anche di carattere preventivo raccontate sempre nel Rapporto Ecomafia grazie al contributo elaborato dal Nucleo informativo antincendio boschivo del Comando Carabinieri per la Tutela forestale e dei Parchi. Il dettaglio delle notizie di reato conferma la prevalenza degli incendi di natura dolosa (1.197 su 2.612, pari al 45,8%), purtroppo per il 95% contro ignoti. Sempre di origine prevalentemente dolosa sono le notizie di reato relative a incendi di vegetazione non boschiva, 294 su 423, pari a circa il 70%, anche in questo caso quasi sempre contro ignoti.

      “Per contrastare gli incendi boschivi – dichiara Stefano Ciafani, presidente nazionale di Legambiente – non basta concentrarsi sull’emergenza estiva o su singole cause, ma è fondamentale adottare un approccio integrato che integri prevenzione, rilevamento, monitoraggio e lotta attiva. Bisogna puntare sulla prevenzione attraverso una gestione territoriale efficace, che includa l’uso ecologicamente sostenibile delle risorse agro-silvo-pastorali. Ma è anche fondamentale promuovere e remunerare i servizi ecosistemici, sostenendo e rivitalizzando le comunità rurali nelle aree interne e montane affinché possano riappropriarsi di una funzione di presidio territoriale. Allo stesso tempo è importante applicare la normativa vigente per arginare qualsiasi ipotesi di speculazione futura sulle aree percorse dal fuoco, ed estendere le pene previste per il reato di incendio boschivo a qualsiasi rogo. È cruciale rafforzare le attività investigative per individuare i diversi interessi che spingono ad appiccare il fuoco, anche in modo reiterato. L’analisi approfondita dei luoghi colpiti e dei punti d’innesco accertati può costruire una mappa investigativa essenziale per risalire ai responsabili”.
      Classifica regionale per roghi più distruttivi

      Nel report Legambiente stila anche la classifica degli eventi maggiormente distruttivi che hanno coinvolto una superficie superiore ai 100 ettari vede ancora al primo posto la Sicilia con 49 incendi su un totale nazionale di 81, seguita da Puglia con 10 incendi e 1957 ettari andati in fumo, Basilicata, Sardegna, Campania con rispettivamente 5 roghi e 1880, 1089, e 824 ettari bruciati.
      Aree naturali sotto attacco e ritardi Piani AIB

      Preoccupano anche gli incendi scoppiati in aree naturali. Su 30.988 ettari di territorio bruciati, ben 6.260,99 hanno riguardo aree Natura 2000 in 198 eventi incendiari. Quella interessata dal rogo più grave è stata a Dualchi (Nu), che ha visto andare distrutti 439 ettari, tutti in area Natura 2000. A livello regionale, Puglia e Sicilia risultano le regioni più colpite da incendi in aree Natura 2000. La Puglia con 2.169 ettari andati in fumo per colpa di 43 incendi, la seconda, la Sicilia, con 1.547 ettari andati distrutti per causa di un numero maggiore di incendi, ben 62. Seguono in classifica la Sardegna (740 ettari in 6 incendi), la Campania (738 ettari in 27 incendi) e la Calabria (590 ettari in 40 incendi).

      Un dato preoccupante a cui va aggiunto quello sui ritardi d’attuazione dei Piani Antincendio Boschivo (AIB) che per legge (art.8 l 353/2000) deve essere approntata per le aree naturali protette, nazionali e regionali. Secondo gli ultimi dati disponibili sul portale del MASE, aggiornati al 31/12/2024, su un totale di 24 Parchi nazionali sono 8 quelli che dispongono di un Piano AIB vigente, avendo completato l’intero iter di adozione, con l’inserimento nei Piani AIB regionali e l’emanazione del Decreto Ministeriale di adozione. 11 quelli con un Piano AIB approvato dall’Ente gestore, ma l’iter di adozione non è ancora concluso: in alcuni casi, i piani non sono conformi e sono in fase di rielaborazione; in altri, sono in attesa del parere del CUFA (Comando Unità Forestali, Ambientali e Agroalimentari Carabinieri) e/o del CNVVF (Corpo Nazionale dei Vigili del Fuoco) e dell’intesa regionale. 5 Parchi Nazionali (Val Grande, Stelvio, Dolomiti Bellunesi, Appennino Tosco Emiliano, Aspromonte) avevano un Piano AIB adottato ma recentemente scaduto, e il nuovo piano è attualmente ancora in fase di elaborazione. Inoltre, delle 67 Riserve Naturali Statali e al di fuori dei Parchi Nazionali (e quindi legalmente obbligate a dotarsi di un Piano AIB), solo 8 hanno completato l’iter di approvazione. Le rimanenti 59 Riserve hanno la procedura per il Piano AIB ancora in corso.

      “Gli incendi – aggiunge Antonio Nicoletti, responsabile nazionale aree protette di Legambiente – sono un problema complesso che richiede un cambio di approccio radicale. Se da un lato l’Italia ha compiuto passi significativi nell’aggiornamento della legislazione, con norme che mirano a rafforzare le pene per i responsabili e a promuovere la prevenzione attraverso la pianificazione territoriale e la gestione del paesaggio, persistono criticità che ne limitano l’efficacia come la frammentazione delle competenze tra Stato, Regioni ed enti locali, spesso sovrapposte e non sempre coordinate. Ciò rappresenta un punto debole intrinseco, rallentando l’attuazione di strategie integrate e a lungo termine e su cui occorre al più presto lavorare. Non vanno dimenticate poi le buone pratiche in atto, che meritano di essere replicate, e il supporto che la tecnologia più dare nella partita della prevenzione come dimostra anche il progetto avviato in Abruzzo la scorsa estate con INWIT, e con cui stiamo collaborando, incentrato sull’utilizzo di servizi innovativi basati su IoT per contrastare gli incendi boschivi”.
      12 proposte e 5 buone pratiche

      Di fronte a questo quadro Legambiente oggi ha lanciato anche un pacchetto di 12 proposte chiedendo di: 1) Migliorare il coordinamento istituzionale per il governo integrato degli incendi boschivi e coinvolgere le istituzioni competenti per la gestione forestale. 2) Integrare le strategie di adattamento con la pianificazione forestale e quella antincendio boschivo. 3) Garantire la gestione sostenibile delle zone rurali per ridurre il rischio di incendio. 4) Adottare il pascolo prescritto per la prevenzione degli incendi. 5) Coinvolgere i cittadini e le comunità locali: Fire smart community e Fire smart territory. 6) Garantire dati e statistiche aggiornate e l’attuazione e aggiornamento del catasto delle aree percorse al fuoco. 7) Favorire il ripristino ecologico e funzionale delle aree percorse dal fuoco. 8) Integrare la pianificazione urbanistica con la prevenzione degli incendi boschivi. 9) Potenziare i presidi dello Stato nella lotta agli incendi boschivi. 10) Estendere le pene previste per il reato di incendio boschivo a qualunque tipologia di incendio. 11) Migliorare l’applicazione delle norme contro gli incendi boschivi; 12) Rafforzare i divieti previsti dalle norme nazionali e regionali.

      Sul fronte buone pratiche, Legambiente nel report cita il “Fire smart community e fire smart territory”, il progettista del fuoco prescritto, la pianificazione integrata in Piemonte, i Piani specifici di prevenzione (PSP) della Regione Toscana per arrivare al progetto di INWIT con servizi innovativi basati su IoT per contrastare gli incendi boschivi. Azioni che meritano di essere replicate sul territorio nazionale.

      https://www.legambiente.it/comunicati-stampa/sos-incendi-in-italia-nei-primi-sette-mesi-2025-bruciati-30-988-ettari-d

  • Au Brésil, le peuple indigène qui replante sa forêt : « Bientôt, les arbres vont pousser, et avec leur ombre, les animaux reviendront aussi ! »
    https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2025/06/21/au-bresil-la-tribu-qui-replante-sa-foret-bientot-les-arbres-vont-pousser-et-

    Une fois la terre versée dans les sacs, les Maxakali tapotent doucement ces derniers contre le sol pour bien la tasser. Les pousses sont ensuite placées dans un espace ombragé de la pépinière, protégé par un filet noir. « Au fur et à mesure qu’elles grandissent, nous les déplaçons vers des zones plus ensoleillées », explique Jovelina Maxakali, coordinatrice de la pépinière d’Agua Boa, qui ne connaît pas son âge. Chaque jour, cette femme discrète retrouve trois collègues pour arroser et désherber les jeunes plants de cocotiers, d’ébènes, de palmiers, d’anacardiers, d’ingas (pois doux) ou de jaborandis qui peuplent les rangées méticuleusement entretenues.

    Avec l’aide de Leiliane Leal, membre de l’Institut Opaoka, les pépiniéristes ont appris à espacer correctement les plants et à éviter qu’ils ne s’enracinent trop tôt. « Il faut les déplacer régulièrement », précise Jovelina Maxakali. Les femmes espèrent qu’à force de soins et de patience, plusieurs espèces seront prêtes à être replantées dès le mois d’octobre, au début de la saison des pluies. « D’ici quelques années, nous aurons enfin des fibres pour fabriquer des sacs et des filets de pêche ! », s’enthousiasme Nielina Maxakali, en robe turquoise, venue travailler avec son jeune fils.

    Mais tous ces efforts se heurtent à une menace : les incendies. Sous l’effet du réchauffement climatique, l’Etat de Minas Gerais, comme le reste du #Brésil, connaît une forte hausse des températures. Dépourvue de sa forêt, qui procure de l’ombre et humidifie les sols, la terre des Maxakali est vulnérable aux flammes. « La suppression de végétations plus denses au profit de zones de pâturage favorise une augmentation de la température et une réduction de la capacité du sol à retenir l’eau », explique Ana Paula Cunha, chercheuse au Centre national de surveillance et d’alerte des catastrophes naturelles. La moindre étincelle, emportée par le vent, suffit à embraser les hautes herbes. En 2024, l’Etat de Minas Gerais a enregistré 11 787 foyers actifs, soit presque le double des 6 498 recensés en 2023, selon les statistiques de l’Institut national de recherches spatiales.

    [...]

    Pour protéger la biodiversité des flammes, les Maxakali ont creusé un pare-feu le long d’un fragment de végétation originelle sur le sommet d’une colline naturelle et à côté de laquelle ils ont aussi planté de nouvelles pousses. « Quand les Maxakali veulent quelque chose, ils vont jusqu’au bout, avec force et résistance ! », affirme avec fierté Raoni Kriegel, 44 ans, spécialiste en agroécologie de l’Institut Opaoka, qui a formé les agents agroforestiers. En octobre 2024, 23 indigènes maxakali ont aussi suivi une formation de l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables, pour former une brigade de bénévoles contre les #incendies.

    Une telle résilience et une telle détermination ne passent pas inaperçues. Alors que les peuples amazoniens concentrent généralement l’attention, les Maxakali, autrefois invisibilisés, inspirent aujourd’hui d’autres peuples. C’est sur leur terre, dans le village Nova Vila, que la Teia dos Povos, une alliance de peuples autochtones, de paysans sans terre et de communautés afrodescendantes appelées « quilombos », a choisi d’organiser sa rencontre du 10 au 13 juin, en vue de préparer son grand rassemblement annuel.

    https://archive.ph/b2n2Q

    #forêt #subsistance

  • Avec 22 nouvelles commandes, l’Europe assure le sauvetage du Canadair


    Faute de contrats, les chaînes d’assemblage de l’avionneur canadien étaient à l’arrêt. « Cela fait presque dix ans sans qu’aucun Canadair n’ait été vendu ou livré », ...
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/17/avec-22-nouvelles-commandes-l-europe-assure-le-sauvetage-du-canadair_6613942

    https://archive.ph/B1OjW

    [France] Les inquiétudes persistent sur l’état des Canadair, entre vieillissement des appareils et tension sur la maintenance (2024)
    https://archive.ph/y9th0

    #sécheresse #incendies #retard_à_l'allumage

  • Météo : pourquoi un voile blanchâtre cache-t-il le bleu du ciel dans les Alpes ?
    https://www.francebleu.fr/infos/meteo/pourquoi-un-voile-blanchatre-cache-le-bleu-du-ciel-dans-les-alpes-3954019

    En fait, « ces poussières blanches proviennent des #incendies du #Canada, qui datent déjà de fin mai » explique Angèle Mésny de Météo France à Chamonix.

    A Lyon aussi, c’est très blanc depuis 48 heures.

  • A quoi ressemblerait une France à + 4 °C : plus de canicules, de « nuits tropicales » et de pluies intenses

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/03/20/secheresses-canicules-et-pluies-diluviennes-le-grand-bouleversement-d-une-fr


    Lit de rivière asséché à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, en décembre 2023. ED JONES / AFP

    Du côté des températures, les cartes de l’Hexagone affichent une palette de rouge, du clair au cramoisi. A la fin du XXIe siècle, une année aussi chaude que 2022, le record en France, serait une année exceptionnellement fraîche et des étés plus chauds de + 2 °C à + 3 °C sont attendus. La France connaîtrait en moyenne chaque année huit jours de fortes chaleurs – c’est-à-dire avec une température supérieure à 35 °C –, contre un jour tous les deux ans lors de la période de référence 1976-2005. Les régions méditerranéennes, elles, risqueraient de suffoquer jusqu’à 30 à 40 jours par an. Des variations « beaucoup plus fortes » peuvent être enregistrées certaines années en raison de la variabilité annuelle du climat, précise Météo-France.

    Canicules de mi-mai à fin septembre

    Ainsi, des records de chaleur jusqu’à 50 °C sont possibles localement dès l’horizon 2050 et deviennent « probables » lors des canicules en 2100. Ces valeurs extrêmes pourront être atteintes dans le sud de la France, mais aussi dans le centre, l’est et la région parisienne. A cet horizon, les canicules ne laisseront pas de répit : elles se produiront de mi-mai à fin septembre et pourront durer jusqu’à deux mois en continu. Les extrêmes chauds ont des impacts sur la surmortalité humaine. Plus de 3 700 personnes sont mortes de la chaleur durant l’été 2024, classé comme le 8e plus chaud depuis 1900.

    La fournaise se poursuivra même après le coucher du soleil. Le nombre de « nuits tropicales », caractérisées par une température minimale supérieure à 20 °C, va augmenter progressivement : le pays en connaîtra 12 en moyenne à + 2,7 °C et 24 à + 4 °C, contre deux en 1976-2005. A l’horizon 2100, la région parisienne enregistrera de 30 à 40 nuits chaudes par an – l’équivalent de ce que connaissait le littoral méditerranéen sur la période de référence –, tandis que les régions de la Méditerranée en subiront jusqu’à 100 à 120 (88 à Marseille), empêchant les organismes d’accéder à un repos réparateur.

    https://archive.ph/4nkBg

    #réchauffement_climatique #sécheresse #incendies #innondations #eau

  • Incendies meurtriers en Californie : « Les pauvres sont ceux qui souffrent le plus »

    https://reporterre.net/Incendies-meurtriers-en-Californie-Les-pauvres-sont-ceux-qui-souffrent-l

    Derrière les villas carbonisées des stars, des quartiers pauvres subissent aussi les incendies en Californie. Leurs résidents sont bien plus durement touchés, pendant et après les feux, explique la chercheuse Sayanti Mukherjee.

    Vingt-quatre morts et plus de 140 000 personnes évacuées. Aux États-Unis, le bilan des incendies meurtriers qui font rage en Californie du Sud s’alourdit. Après trois jours d’accalmie, les multiples foyers, galvanisés par des rafales de vent chaud et une végétation asséchée, ont atteint des zones jusque-là épargnées. Ce weekend, les sapeurs-pompiers ne sont toujours pas parvenus à contenir les murs de flammes.

    #États-Unis
    #incendies
    #Californie

  • Joan Didion and Mike Davis understood LA through its fires. Even they couldn’t predict this week | Adrian Daub | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2025/jan/11/joan-didion-mike-davis-los-angeles-fires
    https://i.guim.co.uk/img/media/32e458c2ab5567492f2cb10058e919aff93468cc/0_310_5422_3254/master/5422.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Adrian Daub sur les incendies de Los Angeles au travers de la relecture de deux livres importants sur la régularité des incendies lors des épisodes Santa Anna.

    Fire is an inextricable part of the region’s identity, as the writers knew. But the way this divided city burns has been transformed
    Sat 11 Jan 2025 19.00 CET

    Talking about fire and Los Angeles is an exercise in repetition. Southern California does have seasons, Joan Didion once noted in Blue Nights, among them “the season when the fire comes”.

    Fire in Los Angeles has a singular ability to shock, with its destruction that takes “grimly familiar pathways” down the canyons and into the subdivisions. The phrase comes from the writer and activist Mike Davis’s 1995 essay The Case for Letting Malibu Burn, and it is as true for the fires as for our talk of the fires. Even our reflections take on that grim familiarity: we cite Didion citing Nathanael West. We fall in with the great writers of this great city who are always so ready to judge it.

    LA’s fires are usually interpreted as a verdict on LA. Eve Babitz tells the story of the silent film star Alla Nazimova, who had to save her possessions from a fire and decided to rescue none of them: “It’s a morality tale,” Babitz says, “of the unimportance of material things, though there are those who will say it’s about how awful LA is.” Davis was different: in books such as City of Quartz, Ecology of Fear and Dead Cities: And Other Tales, he defended the city and its people, reserving his indictments for the forces of untrammeled capitalism and white supremacy that had molded it into near-uninhabitability. He read the city as a sign of what was to come, leery of a world that had assigned this complex, maddening, beguiling place “the double role of utopia and dystopia for advanced capitalism”.

    Davis wrote The Case for Letting Malibu Burn under the impression of the conflagrations of the late fall of 1993 – including one in Topanga Canyon that dived down the hillsides towards Malibu, and one in Eaton Canyon that ripped through Altadena. Two places, that is, that are aflame this week again.
    Didion smokes on porch overlooking beach next to man and girl
    Joan Didion, right, with her husband, John Gregory Dunne, and daughter Quintana Roo Dunne in Malibu in 1976. Photograph: John Bryson/Getty Images

    And yet, without much changing, much has changed.

    #Adrian_Daub #Los_angeles #Joan_Didion #Mike_Davis

  • Let Malibu Burn: A political history of the Fire Coast, Mike Davis, 1996.
    https://la.indymedia.org/js/?v=cont&url=/news/2007/10/208946.json

    Fire in Malibu has a relentless, staccato rhythm. The rugged coastline is scourged by a large fire, on average, every two and a half years, and at least once a decade a blaze in the chaparral grows into a terrifying firestorm consuming hundreds of homes in an inexorable march across the mountains to the sea. In one week last month, 10 homes and 14,000 acres of brush went up in smoke.

    And it will only get worse. Such periodic disasters are inevitable as long as private residential development is tolerated in the fire ecology of the Santa Monicas.

    Make your home in Malibu, in other words, and you eventually will face the flames.

    Shangri-la

    From the very beginning, fire has defined Malibu in the American imagination. Sailing northward from San Pedro to Santa Barbara in 1835, Richard Henry Dana described (in Two Years Before the Mast) a vast blaze along the coast of Jose Tapia’s Rancho Topanga Malibu Sequit. Despite (or, perhaps, because of) Spanish prohibition of the Chumash and Gabrielino Indians’ practice of annual burning, mountain infernos repeatedly menaced the Malibu area throughout the 19th century. During the boom of the late 1880s, the entire ex-Tapia latifundium was sold at $10 per acre to the Boston Brahmin millionaire Frederick Rindge. In his memoirs, Rindge described his unceasing battles against squatters, rustlers and, above all, recurrent wildfire. The great fire of 1903, which raced from Calabasas to the sea in a few hours, incinerated Rindge’s dream ranch in Malibu Canyon and forced him to move to Los Angeles, where he died in 1905.

    #Santa_Ana #Santana #urbanisation #Californie #incendies #feu #histoire #Los_Angeles #Mike_Davis #histoire

  • Bosnia Erzegovina, il dramma degli incendi
    https://www.balcanicaucaso.org/aree/Bosnia-Erzegovina/Bosnia-Erzegovina-il-dramma-degli-incendi-234835

    Con scarsi mezzi e poco personale, i vigili del fuoco della Republika Srpska, entità della Bosnia Erzegovina, devono affrontare ogni estate il dramma degli incendi, molti di origine dolosa. Secondo loro serve più prevenzione, e un’associazione locale ci sta provando

  • #Analyse : a-t-on observé un effondrement des #puits_de_carbone_terrestres en #2023 ?

    https://bonpote.com/analyse-a-t-on-observe-un-effondrement-des-puits-de-carbone-terrestres-en-2

    “Un #effondrement des puits de carbone terrestres en 2023”.

    "Je ne dis pas cela méchamment, mais j’espère vraiment que ce document est tout simplement erroné. Une détérioration rapide du puits de carbone terrestre dans un avenir proche pourrait avoir des conséquences vraiment terribles." Voici ce qu’a déclaré Robert Rohde, directeur scientifique au Berkeley Earth, le jour de la sortie de l’étude.

    En effet, il y a de quoi être inquiet. Si cela se confirmait, ce serait de très loin la pire nouvelle climatique depuis plusieurs années. C’est l’été, il y existe semble-t-il une “trêve politique” pendant les Jeux Olympiques 2024, mais s’il y a une chose qui ne prend pas de vacances, c’est bien le #changement_climatique.

    #Incendies, #sécheresses… et un possible emballement du climat si un tel déclin persistait. Rien que ça. Dans cet article, nous reviendrons sur ce que sont les puits de carbone, ce que nous dit l’étude et les conséquences que cela pourrait avoir.

    #Trees and #land absorbed almost no CO2 last year. Is nature’s carbon sink failing? | Oceans | #The_Guardian

    https://www.theguardian.com/environment/2024/oct/14/nature-carbon-sink-collapse-global-heating-models-emissions-targets-evi

    Only one major tropical rainforest – the #Congo_basin – remains a strong #carbon_sink that removes more than it releases into the atmosphere. Exacerbated by #El_Niño #weather patterns, deforestation and global heating, the Amazon basin is experiencing a record-breaking drought, with rivers at an all-time low. Expansion of #agriculture has turned #tropical_rainforests in south-east Asia into a net source of #emissions in recent years.

    Emissions from soil – which is the second-largest active carbon store after the oceans – are expected to increase by as much as 40% by the end of the century if they continue at the current rate, as soils become drier and microbes break them down faster.

    Tim Lenton, professor of #climate_change and #Earth_system_science at Exeter University, says: “We are seeing in the biosphere some surprising responses that are not what got predicted, just as we are in the #climate.

    “You have to question: to what degree can we rely on them as carbon sinks or carbon stores?” he says.

    A paper published in July found that while the total amount of carbon absorbed by forests between 1990 and 2019 was steady, it varied substantially by region. The boreal forests – home to about a third of all carbon found on land, which stretch across Russia, Scandinavia, Canada and Alaska – have seen a sharp fall in the amount of carbon they absorb, down more than a third due to climate crisis-related beetle outbreaks, fire and clearing for timber.

  • La SNCF se dit victime d’"une attaque massive pour paralyser le réseau" des TGV
    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/les-tgv-au-depart-et-a-l-arrivee-de-la-gare-montparnasse-a-paris-sont-r

    La SNCF a « été victime cette nuit de plusieurs actes de malveillance concomitants touchant les LGV Atlantique, Nord et Est. Des incendies volontaires ont été déclenchés pour endommager nos installations », fait-elle savoir dans un communiqué, vendredi 26 juillet, à quelques heures de la cérémonie d’ouverture des #JO de Paris 2024.

    édit la réputation mondiale de l’entreprise France est en cause !

    « Ce sont les grands départs qui sont attaqués, à travers la SNCF, c’est un bout de la France qu’on attaque et c’est les Français qu’on attaque », a déclaré Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou.

    https://www.lemonde.fr/societe/live/2024/07/26/en-direct-une-operation-de-sabotage-perturbe-fortement-le-trafic-des-tgv-sur

    #blocage #blocage_logistique #tourisme #massiv_attack

  • Les feux de forêt extrêmes ont doublé depuis vingt ans dans le monde en raison du réchauffement climatique
    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/crise-climatique/les-feux-de-foret-extremes-ont-double-depuis-vingt-ans-dans-le-monde-en

    Selon une étude publiée lundi dans le journal « Nature Ecology & Evolution », leur fréquence a été multipliée par 2,2 entre 2003 et 2023.

    Ce sont les #forêts tempérées de conifères, notamment dans l’ouest des Etats-Unis, et les forêts boréales, qui couvrent l’Alaska, le nord du Canada et de la Russie, qui sont les plus touchées, avec une fréquence de tels #incendies multipliée respectivement par 11 et 7.

    #climat