• affordance.info : Universités : l’autonomie et l’épidémie.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2020/09/universites-autonomie-epidemie.html

    Universités : l’autonomie et l’épidémie.

    Alors que le gros de troupes étudiants arrive la semaine prochaine dans les universités françaises (près de 3 millions ...) beaucoup de sites universitaires et de formations en accueillent déjà depuis 2 ou 3 semaines. C’est notamment le cas des IUT qui ont fait leur rentrée en même temps que le primaire et le secondaire, et ont même, dès la dernière semaine d’Août accueilli des étudiants dans le cadre de leur soutenances de fin d’étude.

    Je travaille de mon côté à l’IUT de La Roche sur Yon, site délocalisé de l’université de Nantes. Et je suis en effet en présence d’étudiants depuis le 24 août.

    La doctrine universitaire de gestion de gestion sanitaire est un habit d’Harlequin, bariolé de bonnes intentions et rapiécé de précautions élémentaires mais à peu près totalement hors-sol pour une gestion concrète de l’épidémie à court terme et tout à fait délétère dans une perspective de moyen ou de long terme.

    On aimerait bien lire d’autres analyses concernant les autres établissements de l’éducnat : lycées, collèges, et surtout écoles primaires où les enfants ne portent pas de masques.

    #universités #enseignements #impéritie #incurie

  • Yep, Masks And Protective Gear Are Still Hard To Get — Especially For Small Buyers : NPR
    https://www.npr.org/2020/08/19/903612006/yep-masks-and-protective-gear-are-still-hard-get-especially-for-small-buyers

    The administration insists that continued complaints about shortages are exaggerated. White House senior adviser Jared Kushner, in an interview with CNBC this week, called reports about doctors on the front lines not being able to get masks “hysterical.”

    #crétin_abyssal #états-unis #sans_vergogne #incurie #criminelle #criminels #criminel #santé #covid-19 #sars_cov2

  • affordance.info : Rentrée à l’université : irrespirable et sans filtre.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2020/08/rentree-universite.html
    https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0263e95d81fe200b-600wi

    Comment se fait-il qu’à une semaine des rentrées scolaires et universitaires, en plein regain de l’épidémie, aucune étude publique sur ces questions n’ait été commanditée, aucune réflexion menée, aucune solution proposée ? Comment se fait-il qu’en France, à une semaine des rentrées scolaires et universitaires qui vont se dérouler dans des environnements humains saturés et plus ou moins bien « masqués », et alors même qu’aucun poste supplémentaire ne sera accordé, qu’aucun équipement dédié ne sera financé autrement qu’à la charge des établissements eux-mêmes**, comment se fait-il que cette question absolument centrale de l’aération, de la ventilation et de la filtration ne soit inscrite dans aucun agenda alors même qu’en plus de répondre à une des questions centrales que pose cette épidémie planétaire, elle répondrait aussi aux normes environnementales qui restent à inventer à l’heure d’une asphyxie globale de la planète ?

  • Why U.S. hospitals don’t have enough ventilators - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/health/2020/03/18/ventilator-shortage-hospital-icu-coronavirus

    Other governments have rushed to stock up on ventilators. The United Kingdom has asked Rolls-Royce Holdings, which makes jet engines, and other heavy manufacturers to make ventilators. Germany ordered 10,000 ventilators with Dragerwerk AG, which Dow Jones said was the company’s largest order ever.

    In the United States, Trump told state officials on a conference call that states and local governments should procure their own equipment. “Respirators, ventilators, all of the equipment — try getting it yourselves,” Trump told the governors, according to the New York Times, which first reported the call.

    #incurie #etats-unis #santé_publique #respirateurs

  • #Violences sexuelles faites aux #enfants : « Les commissions permettent de détourner le regard », déplore l’avocate de l’association Innocence en danger
    https://www.francetvinfo.fr/politique/jean-castex/gouvernement-de-jean-castex/violences-sexuelles-faites-aux-enfants-les-commissions-permettent-de-de

    Me Marie Grimaud a regretté que « sur le terrain, les enfants vivent toujours la même difficulté ». Elle a expliqué que « les violences sexuelles faites aux enfants ne sont pas un tabou en tant que tel, aujourd’hui il ne s’agit pas d’en parler davantage, mais d’en parler auprès des bons professionnels ». « La justice, les médecins, la police se retrouvent en difficulté non pas dans l’appréhension de cette thématique des violences sexuelles, mais sur comment on la traite, comment on mène une enquête, comment on prend la parole d’un enfant, comment on signale », a-t-elle indiqué.

    Pour l’avocate, « le problème, c’est que tous ces professionnels existent mais n’ont pas été formés »."

  • « Un virus qui festoie », Christian Lehmann - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/07/17/un-virus-qui-festoie_1794511

    J’attendais avec une certaine inquiétude, au vu de ce qui se passait ailleurs, aux Etats-Unis, en Floride, ce que j’ai surnommé « le Covid balnéaire », l’arrivée d’estivants urbains décidés à se donner du bon temps, à décompresser du confinement, sur leurs lieux de vacances. Ces villes où, les discothèques étant fermées, les estivants se retrouvaient dans des bars bondés, ou dans des fêtes privées, parfaits vecteurs de contamination par aérosolisation. Ça a été l’un des éléments qui nous ont amenés, quelques collègues et moi, à lancer la tribune demandant au gouvernement de prendre ses responsabilités, et de rendre obligatoire le port de masques en lieu clos, mal ventilé. Cela fait plus de trois mois que ce risque est discuté dans les milieux médicaux, que sont décryptées les modalités de transmission. Des mois que l’on comprend peu à peu que les contaminations indirectes, par manipulation d’objets, sont exceptionnelles voire inexistantes, mais que par contre, des personnes infectées, même asymptomatiques, parlant, chantant, respirant fort dans un lieu non ventilé peuvent infecter beaucoup de monde en créant un nuage de particules virales qui reste en suspension si aucun mouvement d’air ne le disperse. Ces contaminations se déroulent dans un premier temps à bas bruit car touchant des sujets jeunes en bonne santé. Mais elles peuvent ensuite brutalement poser problème si plusieurs infectés, même peu symptomatiques, se retrouvent dans le même espace clos. Pour parler clairement, en référence au rassemblement œcuménique de Mulhouse, il s’agit moins de patients supercontaminateurs que de lieux supercontaminants.

    • Quelques hyperliens plus tard, je tombe sur ça :

      Crise sanitaire.

      La situation sanitaire en Bretagne n’est « pas alarmante », a souligné Santé publique France ce vendredi. Malgré une augmentation du taux de reproduction due à la découverte de plusieurs foyers épidémiques, la circulation du coronavirus y reste « faible ».

      « En Bretagne, le taux de reproduction est de 2,62 », en hausse par rapport aux dernières semaines, précise l’Agence sanitaire dans un courriel à l’AFP.

      (Euh ...)

      Et plus loin :

      Mais ce taux, s’il est « un des paramètres importants pour évaluer la dynamique de transmission du virus », peut aussi « être influencé artificiellement à la hausse », souligne l’Agence. « Par exemple, la survenue d’un cluster dans une entreprise peut conduire à des actions de dépistage et un afflux de patients dans un service d’urgence ou dans un laboratoire, faisant augmenter ponctuellement » le taux, « sans pour autant qu’il y ait une réelle intensification de la circulation du virus », ajoute SPF (Santé Publique eFfondrée).

      Ah ! Voilà, pour ne plus parler de fièvre, supprimons les thermomètres. Donc ce serait les tests qui font augmenter « artificiellement » le facteur R... Intéressant.

    • Et nous n’avons pas suffisamment de possibilités de tests, le délai pour être testé et recevoir une réponse s’est allongé, les centres Covid ont pour la plupart été fermés en absence de financement des ARS.

      Je suppose qu’on aura beaucoup d’enquêtes sur ces indignes individus qui ne portent pas assez le masque et quasiment aucune sur ce sujet-là.

    • Les gens qui devaient assurer le covid tracking ont été démobilisés, parce qu’il ne se passait rien et que les vacances commençaient. Donc, il n’y a plus personne à la barre dans les ARS. Les Bretons font le traçage du virus comme ils peuvent, puisque plus rien n’est fonctionnel à ce niveau.
      Comme ce sont les vacances, beaucoup de lits ont fermé sur le territoire, faute de personnel.

      En Bretagne un médecin a vu arriver un couple de touristes parisiens qui voulaient se faire tester leur symptômes. Ils lui ont expliqué qu’ils sont venus exprès dans le 29 parce qu’il n’y avait pas de virus et que du coup, « ils pouvaient se détendre sans les gestes barrières ». Apprenant que les centres de test étaient débordés, ils ont décidé de faire l’aller-retour dans la journée à Paris « pour être pris en charge correctement ».

      Sinon, hier, les 2 premiers cas confirmés de cette phase à Palavas   : des touristes à l’école de voile…

    • Quelques (mauvaises) nouvelles du Finistère :

      On me demande ce que je pense de la situation ici en Finistère, puisque des gens disent y’aura pas de seconde vague, car on a des masques, car on teste en masse, etc. Mais je rappelle quelques détails qui appellent à une certaine humilité. D’abord les centres de ... 1/
      ... prélèvement sont débordés depuis 48h. Ils envoient leurs analyses sur Paris, ce qui retarde de 48 à 72h les résultats, sans compter ceux qui viennent que 4 ou 5 jours après, ou qui abandonnent tout simplement le dépistage car trop long, trop chiant ... 2/
      ... car ils ont pas de voiture pour aller au drive, et que leurs symptômes sont faibles. Oui c’est vrai que le R0 ne signifie rien sur des petites variations, sauf que quand on a 50 nouveaux cas, c’est plus facile de gérer 25 personnes sur 2 clusters ... 3/
      ... que 5 personnes sur 25 clusters. Et tous les collègues me disent que ça pop de partout dans le nord du département.
      Il est a prévoir que la stratégie de dépistage en masse va se voir débordé et que de nombreux asymptomatiques vont passer à la trappe et continuer ... /4
      ... de contaminer, et contaminer. Je rappelle à toute fin utile comme me le disait (@)dr_piem y’a 20 minutes autour d’un café que le 5 mars en France tout allait bien, Sibeth rassurait et même Macron le 7 allait au théâtre pour montrer que tout va bien. 5/
      Et en moins de 10 jours, oui, 10 jours, on prennait la décision de tout confiner. Alors bien mal avisé sera celui qui dira blanc ou noir, 2eme ou pas. D’autant qu’ici, c’est comme le Texas : on a pas eu de première vague. Comme disait Piem, le seul malade qu’il a croisé ... 6/
      ... c’est un marin du Charles de Gaulle. On a pas eu de morts. On a même fait importer des malades pour remplir nos réanimations vides. En fait, ne pas oublier ce détail : le Finistère est en train de connaître sa première vague ! Il n’y a pas aucune immunité faite en mars ! 7/
      Tout ça pour vous dire que je ne planifie plus rien à 10 jours. Surtout quand j’entends Castex qui dit qu’il n’est pas impossible qu’il puisse y avoir des reconfinements ciblés. Surtout quand je vois l’ARS aux abonnés absents, à faire des jeux de mots foireux sur Twitter ... 8/
      ... comme quoi ils sont sur le pont quand on les accuse d’avoir fait le pont. Au fait, l’ARS Bretagne, vous devriez embaucher un community manager pour gérer contre com numérique. Et surtout quand je vois que le CDOM admet à demi-mot en off qu’il y a un block out d’infos ... 9/
      ... sur ordre des autorités centrales. Comprendre le ministère. Du coups les gens ne prennent pas la mesure de ce qui se passe. On vient de monter un groupe de plus de 700 soignants finistériens sur Facebook, dédié au covid. Les signaux sont catastrophiques. Personne n’est... 10/
      ... serein. On sait pas, on est peu informé, mais tout le monde apporte sa pierre, et en regroupant les informations, je ne comprends pas la sérénité de certains ici. Y’a un truc qui colle pas. Ou alors les autorités ont des infos qu’on a pas, nous, la base, alors ... 11/
      ... SVP diffusez les ! Bref, ce je sais pas où on sera dans 15 jours, mais tout baser sur le port du masque obligatoire et la responsabilité individuelles des gens malades me semble un peu léger. On verra. Je n’ai aucune boule de cristal. Je suis juste pas serein.

      12/12.

      https://threadreaderapp.com/thread/1284514793873956864.html

    • Je suppose qu’on aura beaucoup d’enquêtes sur ces indignes individus qui ne portent pas assez le masque et quasiment aucune sur ce sujet-là.

      Je réserve la même haine pour les personnes qui refusent le port du masque et pour les « connards » qui nous gouvernent. Mais comme les seconds sont trop loin, j’avoue que c’est tentant de me contenter des premiers. Et pourtant la bêtise des premiers a été organisée par les seconds.

      @sandburg nous a montré dès la fin du confinement une prise de fonction de #Darmanin à Tourcoing démunie de masques. Il y a eu toutes les apparitions de responsables publics sans masque, y compris dans des lieux confinés. É. Philippe à la télé devant un public qui occupe chaque chaise sans port du masque (!) et tout à l’avenant. Ça a été organisé parce qu’il ne fallait pas déprimer les Français·es avant la grande consommation de tourisme de l’été, comme si on avait retenu aucune leçon. Pendant ce temps, des imbéciles comme vous et moi se prenaient la condescendance de leur entourage : les ami·es « on peut pas s’empêcher de vivre » et les boss « une journée de télétravail par semaine, maintenant que l’épidémie est finie ». Punaise, que j’en ai marre d’avoir un peu de jugeote dans ce pays où la denrée manque si cruellement, y compris de la part des têtes bien pleines qui nous gouvernent !

    • J’ai vu les mêmes dans la supérette du coin  : jeunes Parigots sans aucune précaution avec un air supérieur qui se foutaient à voix haute de la gueule des ploucs qui faisaient la queue avec des masques.
      Personne n’a pris la peine de les calculer, mais j’ai bien compris l’ambiance « qu’ils crèvent en réa, ces blaireaux ».

      Clairement, les Parisiens vont en province en mode colonisateurs.

    • @monolecte qui dit que :

      Clairement, les Parisiens vont en province en mode colonisateurs.

      Clairement, il fallait s’y attendre quand le premier ministre (gaulliste social) évoque les lieux de villégiature en tant que « territoires » ... à conquérir ? à piller ? à exploiter ? où l’on peut en toute impunité « culbuter » quelques « bonnes filles » un peu naïves et qui rêvent de monter à la « capitale » ?
      C’est vrai qu’avant on parlait de « régions » de « provinces » où étaient relégués des bouseux ou culs-terreux, quelques gens de basse extraction « qui ne sont rien » et obligés de lier leurs sorts à quelque hobereau entrepreneurial ou de noble lignage propriétaire de la terre.
      Clairement, l’avenir en modes totalitaire et croissance exponentielle est à la « capitale » ou dans les « grandes métropoles », non ?

      (Désolé, ma colère reste intacte et ... heureusement).

    • C’est vrai qu’avant on parlait de « régions » de « provinces » où étaient relégués des bouseux ou culs-terreux

      @sombre c’était avant ça, aujourd’hui le nouveau terme est « la périphérie », et le changement n’est pas anodin...

    • Périphérie, marge, territoires, tout ce vocabulaire pour y reléguer tous·tes les éjecté·es de leur système mortifère. Que mille kilomètres de barbelés électrifiés fleurissent autour des métropoles pour y confiner tous ces connards cojona-centrés sur leurs verrues mentales et qu’ils y crèvent de faim, de soif ou du cojones-virus !
      (Mais on s’égare et, de là à penser que « c’était mieux avant » ...)

  • #COVID-19 : au #Royaume-Uni, l’Imperial College tente de se préserver de la politisation du débat scientifique
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/27/covid-19-au-royaume-uni-l-imperial-college-tente-de-se-preserver-de-la-polit

    Ce scoop du Financial Times, samedi 23 mai, est resté presque confidentiel au Royaume-Uni, secoué par le scandale « Cummings », du nom du proche conseiller de Boris Johnson ayant enfreint les règles du confinement. Mais il en dit long sur les rapports, de plus en plus compliqués entre les scientifiques et les politiques dans le pays. Les équipes de modélisateurs de l’Imperial College, à en croire le quotidien des affaires, ont préféré retarder la publication d’une étude portant sur les conséquences épidémiologiques du #déconfinement.

    A la fin avril, raconte le Financial Times, le MRC Center for Global Infectious Disease Analysis avait fait savoir qu’un rapport très attendu, simulant les décès à craindre en fonction des différentes mesures de levée du #confinement, devait paraître la semaine suivante. Fin mai, il n’avait toujours pas été rendu public.

    La décision a été prise de privilégier la parution de l’enquête dans une revue scientifique, après une revue par les pairs, suite à des critiques répétées contre la pertinence des modèles mathématiques de l’Imperial College. « Les résultats [de la recherche] ont été partagés avec le gouvernement [britannique], et nous préparons désormais sa soumission à une revue scientifique » a confirmé au Monde une porte-parole du MRC Center for Global Infectious Disease Analysis, mardi 26 mai.

    #modélisation #censure #incurie #paywall

    • Une « erreur de jugement »

      Au moins huit chercheurs de l’Imperial College sont membres du SAGE (Scientific Advisory Group for Emergencies), le comité scientifique conseillant le gouvernement Johnson, ou de sous-comités officiels. Leurs modélisations ont servi de support au gouvernement pour décider l’entrée en confinement – tardive au Royaume-Uni, le 23 mars. Notamment celle du 16 mars 2020 conduite par Neil Ferguson, vice-doyen de la faculté de médecine de l’Imperial College, qui prédisait, en l’absence de confinement de la population, « environ 510 000 morts au Royaume-Uni [du Covid-19] et 2,2 millions de morts aux Etats-Unis » .

      Le confinement a été très peu contesté en avril, au plus fort de l’épidémie – ni les travaux des scientifiques. Mais il y a eu la démission de Neil Ferguson, le 5 mai. L’épidémiologiste de 51 ans, très présent dans les médias depuis mi-mars, a dû quitter précipitamment le SAGE à la suite de révélations du Daily Telegraph. Le quotidien conservateur a raconté qu’il avait rencontré chez lui, à « au moins deux reprises » en avril, une femme de 38 ans, qui avait traversé Londres pour « passer du temps » avec lui, en dehors des règles du confinement. « Je reconnais avoir commis une erreur de jugement » , a déclaré M. Ferguson au Telegraph.

      Ces excuses n’ont pas suffi : les médias conservateurs ont multiplié les articles négatifs contre « M. Confinement ». Quelques députés à la droite du parti conservateur, tels Steve Baker ou David Davis, ont aussi commencé à s’impatienter, réclamant une levée rapide du confinement, s’en prenant directement aux modèles de l’Imperial College. Dans un article cosigné avec le journaliste Matt Ridley, paru le 10 mai dans le Daily Telegraph, M. Davis regrette ainsi que « le modèle [sur lequel s’est basé M. Ferguson et son équipe pour produire l’étude du 16 mars] n’ait pas été rendu public dans la communauté scientifique » .

      L’ex-ministre du Brexit de Theresa May enchaîne, faisant allusion à l’épidémie de fièvre aphteuse de 2001 : « Ce n’est pas comme si les performances antérieures de M. Ferguson étaient bonnes. En 2001, les modélisations de l’équipe de l’Imperial College ont conduit à l’abattage de 6 millions de têtes de bétail et ont été critiquées par les experts en épidémiologie comme défectueuses. »

      Protéger sa réputation

      Le fait que le SAGE ait attendu le 7 mai pour mettre en ligne la liste de ses membres, et ne publie qu’au compte-gouttes ses synthèses de recherche n’a pas aidé. Début mai, un « SAGE bis » a même été constitué, sous l’autorité de Sir David King, ex-conseiller scientifique des gouvernements Blair et Brown, qui a tenu des réunions en ligne ouvertes au public.

      L’Imperial College cherche maintenant à protéger sa réputation – enviable –, face à une politisation accélérée du débat dans un pays où beaucoup cherchent désormais des boucs émissaires, alors que le bilan des morts du Covid-19 est le plus élevé d’Europe (plus de 37 000 décès). « Il y a une perception erronée selon laquelle l’Imperial dirige le pays, ce n’est pas le cas » , insiste John Edmunds, modélisateur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, dans le Financial Times.

      #prédiction

      Les modèles déboussolés pour prédire l’évolution de l’épidémie due au coronavirus
      https://seenthis.net/messages/856477

  • Deux-Sèvres. La colère des bénévoles fabricants de visières de protection
    https://www.ouest-france.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/deux-sevres-la-colere-des-benevoles-fabricants-de-visieres-de-protectio
    https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/MjAyMDA1ZDA0ZDc1OGVjZjc2YjRhZDQ0ZGQ3MWY3ZjBlYmZiZDU?width=1260&he

    "C’est avec tristesse que je vous annonce la fin de mes impressions de visières. Depuis le 23 avril dernier, la direction générale du travail (DGT) et la direction générale des entreprises (DGE) ont précisé les conditions d’évaluation de la conformité requises pour les visières de protection destinées à la lutte contre le Covid-19" », indique Alexandre Henic, sur sa page Facebook.

    « "Pour résumer, le don ou la vente à prix coûtant d’une visière peuvent être requalifiés en concurrence déloyale. La réalisation d’une visière gratuitement, même par un bénévole, peut être requalifiée en travail déguisé. Les visières doivent désormais répondre à une norme technique que je ne suis pas en mesure de suivre" », ont ainsi posté Alexandre Henic, de Pompaire, et le Bressuirais Grégory Mabilais.

    #visières #makers

    • Médailles, makers et écoeurement.
      https://affordance.typepad.com
      Il y a eu le coup des médailles. Il a fallu se pincer pour y croire. Des médailles aux soignants. Et des primes. Mais pas à tous. Et surtout, surtout, pas de revalorisation.

      Et puis il y a eu, depuis le début de cette épidémie, la mouvement des « makers ». Couturières, ingénieurs, bénévoles, amateurs éclairés, professionnels à fibre associative, ou simples citoyens n’ayant à offrir rien d’autre qu’un peu de leur temps. Tous et toutes ont, pendant deux mois, inventé, assuré, fabriqué, développé, imprimé, empaqueté, livré, offert, donné des visières, des masques en tissu et tant d’autres choses aussi. Pendant deux mois, ces visières, ces masques ont atteint des proportions parfois quasi-industrielles et toujours industrieuses. Pendant deux mois ces visières, ces masques en tissu ont sauvé des vies. Pendant deux mois ils et elles ont été distribués gratuitement bien sûr. Pour sauver des vies. Des vies de malades, de soignants, de professionnels en première, deuxième, troisième ligne ou même au-delà des lignes. Pendant plus de deux mois d’incurie de l’état, pendant que l’on brûlait ici des masques, pendant que les usines étaient fermées, pendant que les rares ouvertes ne suffisaient pas, loin s’en faut, à garantir un nombre d’équipements suffisants pour les soignants, pendant deux mois ces bénévoles, ces makers, ces vous et moi, ces autres que l’on ne connaît pas ou que l’on croise parfois, pendant deux mois ces gens-là ont cousu, imprimé, livré, assemblé des des centaines de milliers d’équipements vitaux, vitaux, dans toute la France. Gratuitement. Sans rien attendre. Sans rien demander. L’économie du don.

    • Moi, je dis bravo. Quand y’avait pas de masque, ils ne servaient à rien. Les gens se démerdent (comme souvent), en fabriquent, échangent, font de l’économie de survie et de la solidarité et pof l’industrie rattrape le retard, alors les masques servent en fait à quelque chose et on ne peut plus se débrouiller par soi même parce que c’est de la concurrence déloyale. Et tout ça sous vos applaudissements de 20h. 👏👏👏👏👏

  • La loi d’état d’urgence sanitaire pas promulguée à temps pour le déconfinement - France - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/la-loi-d-etat-d-urgence-sanitaire-pas-promulguee-a-temps-pour-le-deconf


    L’Élysée et Matignon en appellent « au sens des responsabilités des Français ».
    EPA/MAXPPP

    Alors que la loi sur la prolongation de l’état d’urgence sanitaire devait être promulguée dimanche soir, le conseil constitutionnel n’a pas rendu son avis à temps. Ce qui repousse d’une journée l’entrée en vigueur des mesures phare du déconfinement.

    La loi d’état d’urgence sanitaire n’a pas été promulguée à temps pour le déconfinement ce lundi et l’exécutif fait dès lors appel « au sens de la responsabilité des Français » pour respecter certaines de ses dispositions, ont annoncé l’Élysée et Matignon dans un communiqué commun.

    Selon ce communiqué diffusé dans la nuit, le conseil constitutionnel, saisi par Emmanuel Macron notamment, ne rendra finalement son avis que lundi sur cette loi d’urgence adoptée samedi par le Parlement. Ce qui repousse à ce lundi soir, sous réserve de cet aval, l’entrée en vigueur de deux dispositions phare : la limitation des déplacements à 100 km et l’attestation obligatoire dans les transports en commun.

    Un décret temporaire
    En attendant, il est donc « fait appel au sens de la responsabilité des Français » pour que ces dispositions « soient respectées », explique le communiqué, ajoutant qu’il était « en tout état de cause prévu qu’elles devaient faire l’objet d’une période de tolérance ».Le défaut de pouvoir présenter l’attestation d’employeur demandée pour emprunter les transports en commun d’Ile-de-France entre 6 h 30 et 9 h 30 et entre 16 h et 19 h ne sera verbalisé qu’à partir de mercredi, avait annoncé dimanche la présidente de la région Valérie Pécresse.

    Pour ce qui est des autres mesures du déconfinement, elles vont entrer en vigueur dès lundi matin puisque, « compte tenu de ces circonstances exceptionnelles », un décret temporaire a été publié au Journal Officiel de ce lundi pour les faire appliquer à effet immédiat. Il s’agit de la fin des limitations des sorties du domicile, obligation du port du masque dans les transports en commun, réouverture des commerces à condition du respect des gestes barrières et de la distanciation et limitation à 10 personnes des rassemblements dans les lieux publics.

    Compromis sur le suivi des malades
    Un autre décret enfin sera, après avis de la CNIL « pris avant la fin de la semaine » pour autoriser, toujours sous réserve de la décision du Conseil constitutionnel, les systèmes d’information nécessaires aux enquêtes épidémiologiques.

    Initialement l’exécutif espérait pouvoir promulguer cette loi dès dimanche soir, après le feu vert du Conseil, saisi samedi par Emmanuel Macron, le président du Sénat Gérard Larcher et dimanche par 63 députés de gauche. Le Parlement avait définitivement adopté samedi soir cette loi qui prolonge l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet.

    Députés et sénateurs avaient notamment trouvé un compromis sur la mise en place d’un suivi des malades du coronavirus et des cas contacts, grâce à un fichier en lien avec l’Assurance maladie, dont les données ne seront conservées que trois mois.

  • Trump administration buries detailed CDC advice on reopening
    https://apnews.com/7a00d5fba3249e573d2ead4bd323a4d4

    Une fuite révèle qu’après les avoir commanditées, Trump a décidé de ne pas suivre les recommandations préconisées par les experts de la CDC quant à la manière de procéder à des réouvertures,

    It was supposed to be published last Friday, but agency scientists were told the guidance “would never see the light of day,” according to a CDC official. The official was not authorized to talk to reporters and spoke to The Associated Press on the condition of anonymity.

    L’administration Trump rejette les directives du CDC sur la réouverture des #États-Unis | FR24 News France
    https://www.fr24news.com/fr/a/2020/05/ladministration-trump-rejette-les-directives-du-cdc-sur-la-reouverture-des

    Un haut responsable du CDC a confirmé à CNN mercredi soir qu’il était clair que la Maison Blanche n’allait pas appliquer son projet de recommandation de 17 pages pour la réouverture de l’Amérique – après l’avoir demandé.

    La décision de la Maison Blanche de ne pas utiliser les directives a été signalée d’abord par l’Associated Press.

    « Nous sommes habitués à traiter avec une Maison Blanche qui demande des choses, puis le #chaos s’ensuit. [...].

    #incurie #criminel #covid-19 #coronavirus

    • Mais dans certains crânes a germé l’idée que l’expression de cette inquiétude infondée des maires et des élus locaux permettrait de réaliser l’opération d’auto-blanchiment dont ils rêvent. La démagogie électoraliste d’un certain nombre de sénateurs dans la perspective des prochaines élections sénatoriales affirmant la main sur le cœur leur volonté de protéger leurs futurs électeurs en a fourni l’occasion.

      « Profitons de la discussion et du vote de la loi de prolongation de l’état d’urgence, pour faire passer un texte salvateur sous forme d’amendement ». Dans la confusion actuelle, avec un Parlement godillot une modification des textes en forme d’amnistie préventive pourrait être adoptée subrepticement et mettre à l’abri tous ceux qui craignent que leur impéritie, leur négligence, leur désinvolture, leur amateurisme et l’ampleur de la catastrophe qu’ils ont tant aggravée les emmènent dans le box des accusés.

      Premier leurre envoyé par le sénateur Hervé Maurey annonçant à grand son de trompe le dépôt d’une proposition de loi destinée prétendait-il à protéger les maires. Ce texte est à la fois inconstitutionnel et juridiquement inepte :

      « La responsabilité, civile ou pénale, d’un maire ou d’un élu municipal le suppléant ou ayant reçu une délégation, appelé à mettre en œuvre une décision prise, durant l’état d’urgence sanitaire, et en lien avec celui-ci, par l’État ou d’autres collectivités territoriales que la commune, ne peut être engagée que s’il est établi qu’il disposait des moyens de la mettre en œuvre entièrement et qu’il a commis de façon manifestement délibérée une faute caractérisée. »

      Tout d’abord, faire un régime spécial pour un élu afin de l’exonérer de l’application d’une infraction à caractère général concernant tous les citoyens, n’est pas possible. Ensuite la simple lecture de cette proposition démontre qu’elle n’est qu’une paraphrase du texte déjà existant. Pour un acte en lien avec l’état d’urgence sanitaire, l’élu ne pourra pour être condamné que « s’il disposait des moyens de la mettre en œuvre entièrement ». Formidable innovation ! C’est précisément la définition des diligences normales déjà prévues à l’article 121-3 du code pénal (voir plus haut). Et la proposition de poursuivre : « l’élu ne pourra être condamné que s’il a commis une faute caractérisée » !

      Alors pourquoi cette énormité juridique inutile ? La suite nous l’apprend lorsque la presse publie une tribune de 138 députés de la majorité annonçant, la main sur le cœur leur soudaine sollicitude pour les élus locaux et leur volonté de déposer une proposition de loi destinée à les protéger.

      Mais là patatras, Aurore Bergé mange le morceau. Et confirme dans son intervention calamiteuse que bien sûr il s’agit de protéger les maires (dont on sait qu’ils sont déjà juridiquement couverts) mais c’est pour ajouter : « mais aussi toutes les personnes dépositaires d’une mission de service public ». Mais quelle surprise ! Parce que qu’est-ce qu’une personne dépositaire d’une mission de service public ? On va en citer quelques-unes, comme ça au hasard : Édouard Philippe, Christophe Castaner, Laurent Nuñez Sibeth Ndiaye, Olivier Véran, Agnès Buzyn, Jérôme Salomon, les directeurs des ARS, etc. etc.

      #incurie #important

  • « Au Brésil, l’impossible comptabilité des morts du Covid-19 » Le Monde, Bruno Meyerfeld, 02.05.2020
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/02/au-bresil-l-impossible-comptabilite-des-morts-du-covid-19_6038436_3210.html

    Selon plusieurs spécialistes, les chiffres sont nettement sous-estimés, alors que plusieurs municipalités augmentent les places dans les cimetières.

    #coronavirus #bresil #incurie #gouvernement #urgence

  • Virginie Martin : « On n’a jamais senti autant d’amateurisme dans la gestion de l’État » - France - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/virginie-martin-on-n-a-jamais-senti-autant-d-amateurisme-dans-la-gestio

    Il y a un mois, la confiance n’était pas mauvaise. Comme souvent en cas de crise, une forme de légitimité s’était mise en place. Et puis, patatras, le fait que l’État ne disait pas la vérité a peu à peu été révélé, notamment sur la question des masques. Dans le même temps, les chiffres de mortalité apparaissent élevés, avec cette question : comment en est-on arrivé là ? Face à cela, la métaphore de la guerre, employée par Macron, n’a pas fonctionné. Il n’y a pas eu de concorde nationale. Quant au bon sens, que veut incarner Édouard Philippe, on ne le voit pas non plus.

    Il y a des discours, des effets de manche, mais cette crise place le gouvernement à la limite de ses capacités. À vrai dire, on n’a jamais senti autant d’amateurisme dans la gestion de l’État. C’est inquiétant au moment où les Français, qui sont tous touchés dans leur quotidien, attendent de vraies réponses.

    Contrairement à l’État, les élus locaux n’ont pas failli et ont su prendre le taureau par les cornes. À mon sens, avoir exercé un mandat local devrait d’ailleurs être l’un des critères pour pouvoir se présenter à la présidence de la République !

    Pour quelle raison ?
    Parce que quand vous êtes élu local, vous passez votre temps à gérer des crises. Même à Neuilly, il y a des pauvres, il faut s’occuper des écoles… Macron, il a géré quoi avant d’entrer à l’Élysée ?

    Est-ce le seul problème ?
    Non, il y a aussi le fait qu’on ne sente pas chez lui un projet politique avec un grand P. Il y a un casting et beaucoup de marketing. Or, quand on joue le ni gauche, ni droite, on prend ceux qui veulent bien trahir leur famille d’origine. Et ce sont souvent les derniers de la classe ! Résultat, on se retrouve à gouverner avec les quinzièmes couteaux. C’est aussi cela qui explique le défaut de légitimité.

    Interview express dans la PQR, un peu décevant. Sur les collectivités territoriales, je ne sais pas, j’ai surtout entendu parler des services déconcentrés qui ont fait n’importe quoi : interdire l’alcool puis le réautoriser, monter une milice de chasseurs puis l’interdire, etc. Comme sur l’histoire des vélos, l’#incurie, l’#improvisation, l’#arbitraire sont au programme depuis le début et ça ne tient pas qu’à Macron mais à tout l’appareil, jusqu’au moindre flic qui jouit de son pouvoir sans respect du droit, la lettre ou l’esprit.

  • Confinement : n’écoutez pas Beauvau, sortez à vélo ! - Par Thibault Prévost | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/confinement-necoutez-pas-beauvau-sortez-a-velo

    Contrairement aux déclarations des ministères, reprises par les médias, le vélo en tant qu’activité de loisir est parfaitement légal durant le confinement. Les verbalisations n’ont aucune base légale.

    • Interdit pour le sport, le vélo est autorisé pour les déplacements justifiés pendant le confinement
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/25/interdit-pour-le-loisir-ou-le-sport-le-velo-est-autorise-pour-les-deplacemen

      Face à ce flou, les forces de l’ordre pratiquent une verbalisation à géométrie variable. Confiné dans la bourgade de Jullouville (Manche), Eric se déplace seul, à vélo, pour faire les courses et porter les poubelles, soit 2 kilomètres au total. Samedi 21 mars, il a été interpellé par les gendarmes qui lui ont indiqué que, quel qu’en soit le motif, la pratique du vélo était interdite. « Les déplacements dérogatoires doivent se faire à pied ou en voiture », lui ont assuré les gendarmes. A Carquefou (Loire-Atlantique), au bord de l’Erdre, la gendarmerie a verbalisé un homme qui utilisait un vélo pour se rendre chez son médecin, à l’occasion d’une visite trimestrielle, rapporte le quotidien Ouest-France. « C’est considéré comme du sport », argumentent les forces de l’ordre. A Brest, les pouvoirs publics estiment qu’il faut encourager les déplacements en voiture, car le vélo « donnerait de mauvaises idées à ceux qui ne travaillent pas », rapporte un témoin.

    • L’article semble avoir été libéré de son paywall.

      Pourquoi en est-on si sûr ? Tout simplement parce que le décret n° 2020-293 du 23 mars 2020, qui remplace le décret n° 2020-260 du 16 mars 2020 et fixe plus précisément les règles du confinement, ne fait nulle part mention d’une interdiction - ce qui n’est pas interdit explicitement est donc, par définition, autorisé. Sont autorisés les « déplacements brefs, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile, liés soit à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d’autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie », dit le texte. Aucune restriction sur le mode de déplacement - rollers, trottinette, char à voile, vélo, licorne... tout est permis.

      Dès le 18 mars, au lendemain de la mise en confinement du pays, CheckNews se fend d’un article limpide sur la question, assorti d’un coup de téléphone au ministère de l’Intérieur qui confirme que le vélo est bel et bien autorisé... lorsqu’il est « nécessaire pour le bon équilibre personnel ». Une précision qui n’a, rappelons-le, aucune valeur juridique. Et pourtant, ce 24 avril 2020, sur le site du gouvernement dédié au coronavirus, il est encore écrit noir sur blanc -section « Sports »- qu’il est « interdit de pratiquer le vélo pour les loisirs (...) sauf pour les enfants : ils peuvent faire du vélo s’ils sont accompagnés par un adulte qui les accompagne à pied », mais - section « Sorties et déplacements » - que la pratique « est autorisée uniquement pour les cas prévus dans l’attestation dérogatoire : aller au travail, faire des achats de première nécessité ». Qu’a-t-il bien pu se passer pour engendrer une telle confusion ? Réponse : les ministères de l’Intérieur et des Sports ont diffusé de fausses informations, la Fédération français de cyclisme a relayé et plusieurs médias ont suivi. Et le ministère des Transports a regardé ailleurs.

      #incurie

      Et quand tu penses qu’ensuite le vélo va être le moyen de transport privilégié (svp faites du vélo) car les transports en commun sont un bouillon de culture et que les voitures particulières sont impraticables comme solution collective (embouteillages)...

    • Dont acte : le lendemain, Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, glisse un conseil aux Français sur Twitter (et face caméra) : « Si vous souhaitez faire de l’exercice, préférez la course à pied ! »

      Le troufion qui part patrouiller sans avoir lu le texte de loi préalablement, c’est déjà mauvais signe. Mais la ministre-Véolia...

      Le 24 avril, épilogue. Olivier Schneider publie (sur Twitter, évidemment) le « mémoire-défense » (la réponse) du ministère de l’Intérieur, qui confirme tout ce que défend la FUB : rien n’interdit le vélo, peu importe le motif, et des tweets « ne sauraient tenir lieu de Journal officiel », car « destinés au public et non à des juristes ». Pour décrire ces six semaines de confusion orchestrées par ses communicants, le ministère parle d’une « brève incertitude ». Rien, en revanche, sur la marche à suivre pour les centaines de cyclistes verbalisés par erreur de 135 euros d’amende. La suite se réglera au Conseil d’Etat, dans une quinzaine de jours. En attendant, le message n’est toujours pas passé dans les Hauts-de-Seine, et le visuel de Beauvau continue à faire la loi sur Twitter...

  • Johann Chapoutot : « Merkel parle à des adultes, Macron à des enfants » - Page 1 | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/international/240420/johann-chapoutot-merkel-parle-des-adultes-macron-des-enfants?onglet=full

    On le sait depuis longtemps mais c’est bien de le rappeler.

    Johann Chapoutot : « Merkel parle à des adultes, Macron à des enfants »
    24 avril 2020 Par Ludovic Lamant

    L’historien Johann Chapoutot éclaire, à la lumière de l’exemple allemand, les failles de la gestion française de la pandémie. Alors qu’Angela Merkel s’adresse à la raison des citoyens, « en France, on nous ment ».

    • Professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne, grand spécialiste du nazisme (lire ici et là), Johann Chapoutot éclaire les failles de la gestion française de l’épidémie au regard de l’expérience allemande depuis janvier. Dans un entretien à Mediapart, l’universitaire décrit un pouvoir politique allemand « disponible », s’adressant à la « raison » de ses citoyens, quand l’exécutif français, « très contesté de toutes parts » avant l’épidémie, semble « préoccupé uniquement de lui-même et du raffermissement de son pouvoir ».

      Comment expliquer la meilleure gestion de l’épidémie du Covid-19 en Allemagne, à ce stade, par rapport à la France ?

      Johann Chapoutot : D’abord, les Allemands, c’est-à-dire le gouvernement fédéral mais aussi les exécutifs régionaux des Länder, ont fait de la médecine. Ils ont fait ce que la médecine prescrit en cas de pandémie. Non pas un confinement de masse, qui n’a pas eu lieu en tant que tel en Allemagne, mais du dépistage : des tests systématiques ont été pratiqués en cas de symptômes légers ou graves, et les personnes malades ont été isolées et traitées.

      Pourquoi l’Allemagne l’a fait, et pas la France ? Parce que l’Allemagne a les capacités industrielles de produire des tests. Les tests les plus rapides ont été élaborés par des scientifiques et industriels allemands, dès la fin du mois de janvier. Et la production a été possible grâce aux capacités de production dans le pays : alors que la France a connu une désindustrialisation de masse, il persiste en Allemagne un tissu industriel de PME, qui a été sacrifié en France.

      L’Allemagne a donc fait, dès fin janvier, ce que l’on nous promet de faire en France après le 11 mai : dépister, isoler et traiter. Sachant que l’on n’est même pas sûr, en France, de pouvoir le faire.

      Les capacités d’accueil des hôpitaux allemands ont semble-t-il joué également, ce qui peut paraître contradictoire avec la vision d’une Allemagne arc-boutée sur le remboursement de la dette... Qu’en dites-vous ?

      Les chiffres des lits d’hôpitaux sont sidérants : 28 000 lits en réanimation opérationnels fin janvier en Allemagne, contre 5 000 à peine en France. À quoi est-ce dû ? L’Allemagne a économisé sur presque tout, et c’est un vrai problème qu’une partie des représentants du patronat dénonce également : manque d’investissements dans les routes, les ponts, les écoles... Mais elle n’a pas économisé sur le système de santé.

      Pourquoi ? Pour les mêmes raisons qu’elle a économisé sur le reste. Elle a appliqué son mantra ordo-libéral du zéro déficit, le « Schwarze Null ». C’est ce que demandait l’électorat de la droite allemande, fait de retraités, qui détient des pensions par capitalisation privée, et qui vote donc pour une politique d’économies et de désinflation.

      En raison de la volonté de cet électorat également, il n’y a pas eu d’économies sur les hôpitaux, car c’est un électorat âgé, qui veut faire des économies, mais pas au détriment de sa santé.

      Y a-t-il une autre explication aux différences manifestes dans la gestion de l’épidémie ?

      Oui. Les pouvoirs politiques allemands étaient disponibles, au moment du surgissement du Covid-19. Ils avaient une capacité de diagnostic politique et social, une capacité d’attention dont était privé le pouvoir politique français.

      Il faut se reporter quelques semaines en arrière : l’exécutif français était focalisé sur l’enjeu de la réforme des retraites. Le 29 février 2020, un conseil des ministres exceptionnel, consacré censément à la crise du coronavirus, décidait de l’application de l’article 49-3 de la Constitution sur la réforme des retraites. Deuxièmement, ce pouvoir politique français était déjà très faible, très contesté de toutes parts. Il était préoccupé uniquement de lui-même et du raffermissement de son pouvoir.

      Souvenons-nous que la ministre de la santé démissionne le 16 février pour aller sauver une candidature à la mairie de Paris – ce serait totalement impensable en Allemagne ! Autocentré, le pouvoir français est également violent, comme le montre le traitement des médecins, infirmières et aides-soignants matraqués et gazés par la police au cours de leurs nombreuses manifestations ces derniers mois. Le résultat est que le gouvernement français, qui n’était pas à l’écoute, n’était plus écouté non plus.

      En même temps, Angela Merkel semblait, à la fin de l’année 2019, très affaiblie elle aussi.

      C’est certain, et depuis plus d’un an même. Depuis qu’Angela Merkel a renoncé à la présidence de la CDU [en octobre 2018 – ndlr], ce qui était alors une première pour un chancelier en exercice de renoncer à la présidence du parti majoritaire. Mais c’est sa successeure à la tête de la CDU qui a échoué. Merkel, elle, n’était pas contestée en tant que chancelière. Son pouvoir n’était pas contesté. Certainement pas dans la rue, comme l’était le pouvoir en France.

      Diriez-vous que le fédéralisme allemand est plus efficace que l’hypercentralisme français, face à la pandémie ?

      J’aborderai cette question du fédéralisme dans une perspective plus large, celui du dialogue rationnel, de la conception que l’on a, en Allemagne, de la citoyenneté et de la décision politique. Tout le monde a relevé les différences de registre entre les interventions d’Angela Merkel, le 19 mars, et de Frank-Walter Steinmeier, le président fédéral allemand, le 11 avril, d’un côté [les deux interventions sont à voir en intégralité ci-dessous – ndlr], et celles d’Emmanuel Macron de l’autre.

      Merkel, comme Steinmeier, parle à la raison de leurs auditeurs. Je cite Merkel : « La situation est dynamique, nous allons apprendre d’elle au fur et à mesure. [...] Je vous le demande, ne vous fiez pas aux rumeurs [...] Nous sommes une démocratie, nous ne vivons pas de la contrainte, mais d’un savoir partagé. » Quant à Steinmeier : « Nous sommes une démocratie vivante, avec des citoyens conscients de leur responsabilité, nous écoutons les faits et les arguments, nous nous faisons confiance. »

      Merkel comme Steinmeier parlent à des adultes, à des citoyens rationnels. Le contraste est net avec la France, où l’on nous parle comme à des enfants. Comme l’avait dit Sibeth Ndiaye, on assume de mentir pour « protéger le président ». Je me demande d’ailleurs comment il a été possible de nommer porte-parole du gouvernement une femme qui avait fait cette déclaration quelques mois plus tôt.

      En France, on nous ment. On nous félicite, on nous enguirlande, on nous gronde, on nous récompense, à l’instar de Macron dans ses interventions ; ou l’on nous tance ou nous insulte, comme le déplorable préfet de police de Paris, Didier Lallement. En France, on masque l’impuissance concrète, réelle, du gouvernement par des rodomontades ridicules. « Nous sommes en guerre », avait dit Macron, auquel répond Steinmeier, calmement et fermement : « Non, ceci n’est pas une guerre. »

      C’est dans ce cadre plus large que je conçois la question du fédéralisme : l’importance donnée en Allemagne au dialogue, à la concertation et à la raison. La structure fédérale fait qu’Angela Merkel ne peut prendre de décision sans consulter les 16 ministres-présidents des 16 Länder. En France, les mesures annoncées lors de la dernière allocution du 13 avril ont été communiquées aux ministres quinze minutes avant le discours du monarque républicain qui, verticalement et de manière transcendante, surprend jusqu’à son propre gouvernement. C’est stupéfiant d’archaïsme.
      « En Allemagne, il n’y a pas eu d’état d’urgence »

      La Cour constitutionnelle de Karlsruhe est-elle intervenue dans le débat sur la gestion du Covid-19, et les stratégies de déconfinement ?

      À ce stade, non. Mais il est certain que le pouvoir exécutif allemand parle et agit sous le contrôle de deux instances fondamentales, d’une part le Parlement, le Bundestag, et d’autre part la Cour constitutionnelle. Cette cour est d’ailleurs une véritable entité juridique, composée de juristes.

      Rien à voir avec le Conseil constitutionnel en France, où l’on recase des hommes et femmes politiques en fin de carrière. En Allemagne, c’est quelque chose de sérieux. La République fédérale allemande est par ailleurs une véritable République parlementaire. C’est le Bundestag qui gouverne par le truchement du gouvernement. À tout instant, il peut lui retirer sa confiance.

      Dans le cadre de l’état d’urgence en France, des pouvoirs exceptionnels ont été conférés à l’administration. En Allemagne, aucune disposition de ce type n’a été prise. Pour une raison simple : en raison de précédents historiques fâcheux, l’attachement aux libertés individuelles est fort, tout comme la vigilance citoyenne, y compris des médias, sur ces questions.

      En France, les droits et les libertés fondamentaux sont totalement négligés et piétinés par le pouvoir exécutif. Depuis l’état d’urgence antiterroriste, dont une partie est devenue du droit commun depuis 2017, puis l’état d’urgence sanitaire, dont on sait, là aussi, que de nombreuses dispositions, par un effet de cliquet, vont rester dans le droit commun. À chaque fois qu’un état d’urgence est voté, on perd en liberté. Ce n’est pas le cas en Allemagne.

      N’y a-t-il pas eu, comme on l’a vu en Espagne, des tensions entre Berlin et certaines régions, dans la gestion de l’épidémie ?

      Non. Le dialogue s’est fait en bonne intelligence. Les compétences entre fédéral et régional sont partagées pour le financement des structures hospitalières. Mais ce qui relève de l’ordre public – et donc du confinement – comme de la police est une compétence régionale.

      On a d’ailleurs observé des disparités entre des régions comme la Bavière et la Sarre [à la frontière avec le Luxembourg – ndlr] qui ont rapidement voté et mis en place le confinement, et d’autres Länder. Cela recoupe, il me semble, un facteur culturel, que l’on retrouve aussi à l’échelle européenne, voire mondiale.

      D’un côté, des pays, comme la France, l’Espagne ou l’Italie, marqués par un catholicisme culturel, avec une forte présence de l’État, lui-même hérité de l’Église. Et de l’autre, des États et des zones géographiques marqués par le protestantisme et la primauté de l’individu, où domine le laisser-faire, parfois même au détriment de la santé des individus, comme au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Cette division se retrouve en Allemagne, entre des régions catholiques comme la Bavière, où le confinement a même été réalisé de manière assez autoritaire, sous les injonctions du président CSU Markus Söder, et d’autres Länder, où les libertés fondamentales sont plus importantes.

      À Bruxelles, Berlin continue de s’opposer, comme en 2008 vis-à-vis de la Grèce, à davantage de solidarité envers des pays plus fortement touchés par l’épidémie, par exemple en mutualisant une partie des dettes générées par la gestion de l’épidémie. Cette position d’Angela Merkel est-elle encore tenable ?

      Le débat est vif sur ces questions en Allemagne, et depuis 2008. Très tôt, Die Linke – allié de La France insoumise – s’est prononcé pour la mutualisation des dettes, et la solidarité européenne envers Athènes. Les Verts et une partie du SPD [sociaux-démocrates – ndlr] ont ensuite suivi.

      Cela fait plusieurs années que la droite patronale met en garde sur la politique d’austérité et du zéro déficit : attention, prévient-elle, c’est une catastrophe, nous allons mourir riches, faute d’investissements structurels qui minent notre compétitivité. En ce qui concerne une émission de dettes en commun au sein de la zone euro, là encore, certains à droite expliquent désormais que cette solidarité ne représenterait pas qu’un coût pour Berlin, mais un gain, étant donné que les produits manufacturés allemands sont avant tout exportés, non pas en Chine, mais chez les voisins européens.

      Le débat est en cours. Et Angela Merkel joue, sur ce sujet comme d’autres, une politique d’intérêts bien calculés. Parmi les éléments qui joueront dans sa décision, il faut citer la stratégie de l’AfD [parti d’extrême droite – ndlr], qui s’était créé pendant la crise de l’euro, justement contre l’aide à la Grèce, et qui vient de réenfourcher son cheval de bataille originel. Il faudra aussi voir comment les lignes bougent au sein du SPD.

      #industrie #désindustrialisation #austérité_sélective #gouvernance #concertation #incurie

      Liens vers
      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/301214/la-carte-mentale-du-nazisme
      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/170120/les-nazis-pionniers-du-management
      https://www.mediapart.fr/journal/international/100220/allemagne-la-cdu-en-crise-avec-le-depart-surprise-de-sa-presidente

  • Dans l’espèce de bazar sans nom du pouvoir français : des « fuites » disent que Jupiter va renforcer le confinement, peut-être jusqu’à fin mai, le lendemain Jupiter annonce le déconfinement et pas de durcissement, et charge le Premier ministre de mettre au point un plan « d’ici deux semaines ». Ensuite les ministres contredisent les uns après les autres les déclarations présidentielles. Puis le Premier ministre fait savoir dans un Le Monde toujours plus complaisant qu’il turbine comme c’est pas possible, qu’il est « sous pression », et que le plan tu vas voir comment je vais te me l’annoncer ce sera une « cathédrale ». Dans le même temps, un autre article vaguement complaisant (mais y a-t-il autre chose en ce moment dans les journaux ?) décrit l’« agacement » de l’Élysée. Et deux jours plus tard, c’est Jupiter qui t’explique comment il a décidé comment ça va se passer (pas de déconfinement par régions, retour à l’école sur la base de volontariat…). Tout ça en quoi, une semaine et demi ?

    Pendant ce temps, on est enfermés chez nous avec les gamins, on n’a pas le droit de sortir, si on sort c’est avec un papier contrôlé par les flics, et ces abrutis soignent leur #plan_de_carrière

  • On est pas sortis de notre salon :
    Un nouveau lot de masques commandés par le Fédéral non-conformes - https://www.lalibre.be/belgique/societe/un-nouveau-lot-de-masques-commandes-par-le-federal-non-conformes-5ea094297b5

    Dans la saga des masques, rien ne nous sera épargné. Ce mercredi, l’Aviq, l’agence wallonne pour une vie de qualité, a été informée par le SPF Economie que des tests avaient été effectués, le 10 avril dernier, sur un des lots de masques KN 95 reçus dans le cadre de commandes du gouvernement fédéral à un fournisseur chinois, après des remontées négatives du terrain.
    Ces tests ont conclu à leur non-conformité, a appris mercredi soir l’agence Belga.
    La Wallonie ayant acquis des masques KN 95 auprès du même fournisseur, elle a immédiatement prévenu les gouverneurs de province ainsi que les établissements de soins où ils ont été distribués afin que ces masques ne soient plus utilisés dans l’attente des résultats d’une triple analyse commandée par la Région. Ses résultats sont attendus ce week-end."

    #belgique

  • « On ne sait pas » : après Washington et Londres, Macron émet des doutes sur la gestion chinoise du coronavirus
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/04/16/on-ne-sait-pas-apres-washington-et-londres-macron-emet-des-doutes-sur-la-ges


    Emmanuel Macron lors d’une vidéoconférence à l’Elysée, le 8 avril.
    POOL / REUTERS

    (note : ASSEZ ! je n’en peux plus de voir les images du chef de guerre martial et déterminé)

    Tandis que les Etats-Unis ont annoncé avoir lancé une « enquête exhaustive sur la façon dont le virus s’est propagé », le Royaume-Uni a averti la Chine qu’elle devrait répondre à des « questions difficiles ».

    « Il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas. » Emmanuel Macron a estimé jeudi 16 avril auprès du Financial Times qu’il existait des zones d’ombre dans la gestion de l’épidémie de Covid-19 par la Chine. Interrogé sur les difficultés des pays occidentaux à gérer la crise sanitaire au cours d’un entretien filmé et mis en ligne sur le site du quotidien britannique, le président français a répondu :
    « Vous ne pouvez pas comparer la situation de la France, de l’Allemagne ou de l’Italie avec celle de la Chine ou de la Russie. La transparence, l’immédiateté de l’info n’a rien à voir, les réseaux ne sont pas libres dans ces pays, vous ne savez pas ce qui s’y passe vraiment. Compte tenu de ces différences, n’ayons pas une espèce de naïveté qui consiste à dire que [la gestion de l’épidémie par la Chine] c’est beaucoup plus fort. On ne sait pas. Et même, il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas. »

    Les réserves du chef de l’Etat sur la gestion de la crise par Pékin rejoignent les doutes exprimés par Londres et Washington. Le Royaume-Uni a averti ce même jour la Chine qu’elle devrait répondre à des « questions difficiles ». « Nous devons regarder tous les aspects, et d’une manière équilibrée, mais il ne fait aucun doute que tout ne peut pas continuer comme si de rien n’était et nous devrons poser les questions difficiles concernant l’apparition du virus et pourquoi il n’a pas pu être stoppé plus tôt », a déclaré le ministre britannique des affaires étrangères, Dominic Raab.

    Les Etats-Unis évoquent une enquête
    L’administration Trump a de son côté accusé Pékin d’avoir « dissimulé » la gravité de l’épidémie à son début en Chine, et a gelé mardi la contribution financière américaine au fonctionnement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lui reprochant de s’être alignée sur les positions chinoises. « Nous menons une enquête exhaustive sur tout ce que nous pouvons apprendre sur la façon dont ce virus s’est propagé, a contaminé le monde et a provoqué une telle tragédie », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, sur la chaîne Fox News.

    • Mais des informations publiées dans la presse américaine ouvrent une autre piste. Selon le Washington Post, l’ambassade des Etats-Unis à Pékin, à la suite de plusieurs visites à l’Institut de virologie de Wuhan, avait alerté à deux reprises, il y a deux ans, le département d’Etat américain sur les mesures de sécurité insuffisantes dans ce laboratoire qui étudiait notamment les coronavirus chez les chauves-souris.

      La Russie est à son tour intervenue dans la soirée, mais pour prendre la défense des autorités chinoises. Au cours d’une conversation avec son homologue chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine a qualifié de « contre-productives » les « tentatives d’accuser la Chine de ne pas avoir informé le monde assez tôt de l’apparition d’une nouvelle infection dangereuse ». M. Poutine a tenu à saluer au cours de cet appel téléphonique les « actions cohérentes et efficaces des Chinois, qui ont permis de stabiliser la situation épidémiologique dans le pays », précise enfin le Kremlin dans un communiqué.

    • C’est vrai que Macron n’a rien à faire en ce moment à part essayer de comprendre la gestion chinoise du covid... et se trouver un #bouc_émissaire ! C’est bien, ça protège bien les communautés asiatiques présentes en France et ça fait oublier les détails de la mauvaise gestion française, ce caractère très politique du virus qui le fait proliférer sur des terrains sociaux fragiles (Espagne, Italie, France), histoire qu’on n’en tire pas de leçon.
      #incurie #OnOubliePas

  • La facture | Emma
    https://emmaclit.com/2020/04/13/la-facture

    Salut à toutes et tous, j’espère que vous vous en sortez !
    J’ai le sentiment que ces dernières semaines ont été un peu hors du temps, rapides et suspendues en même temps. On voit passer des tas d’informations sur les réseaux sociaux, et on a du mal à avoir une idée précise de ce qu’il se passe.
    Du coup j’ai essayé de rassembler des informations en une BD, avec, vous vous en doutez, « un peu » de mon regard dedans.
    Les statistiques changent, malheureusement, très vite, donc elles valent ce qu’elle valent, une image de ce qui se passe aujourd’hui, 13 Avril.



    #masques #incurie #coronavirus #Agnès_Buzyn #pandémie #travailleurs_exposés #premiers_de_corvée #stratégie_du_choc
    Mais garanti sans Didier R. !

  • Aujourd’hui j’ai intubé mon premier patient Covid-19 et je ne le souhaite à personne | Le Huffington Post
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/aujourdhui-jai-intube-mon-premier-patient-covid-19-et-je-ne-le-souhai

    Aujourd’hui j’ai honte.

    Honte d’avoir râlé sur ce confinement qui m’oblige à supporter quelques semaines de plus mon vieux canapé que je rêvais de changer.

    Honte d’avoir hésité à filer sur le chantier de ma maison avant le début du confinement en me disant que les confrères étaient assez nombreux pour se débrouiller sans moi.

    Honte de m’être plus inquiété des répercussions du confinement sur mon activité Airbnb que des conséquences du virus.

    • J’hallucine de voir les réanimateurs débordés, obligés de refuser des patients ayant en temps normal les critères pour être admis en réanimation.

      J’hallucine de voir ces patients qui se dégradent à une vitesse impressionnante, que tu intubes en speed avec une saturation dans les chaussettes.

      J’hallucine de voir ces patients à qui on demande de préciser leur directives anticipées (en haletant) pendant qu’on prépare le matériel d’intubation.

      Dans le Grand Est et en région parisienne :
      #réanimation #tri #directives_anticipées

    • Oui, @mad_meg, mais pas seulement puisque cela comporte aussi un aspect essentiel lorsqu’on passe par la case médecine avant le décès, les soins en fin de vie, dont le refus de l’acharnement thérapeutique

      Directives anticipées : dernières volontés sur les soins en fin de vie
      https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32010

      Toute personne majeure peut, si elle le souhaite, faire une déclaration écrite appelée directives anticipées pour préciser ses souhaits concernant sa fin de vie. Ce document aidera les médecins, le moment venu, à prendre leurs décisions sur les soins à donner, si la personne ne peut plus exprimer ses volontés.

      Voir le site de l’association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD)
      https://www.admd.net

      Et leur modèle de directives anticipées
      https://www.admd.net/qui-sommes-nous/une-association-votre-service/notre-fichier-des-directives-anticipees.html

      Ces directives peuvent comporter un ou des refus de traitement. Au vu de l’épidémie de Covid-19 pour laquelle on évoque davantage le tri en amont qui peut empêcher la réa, ayant tendance à penser que la morphine ou un de ses dérivés peut être préférable à des semaines d’intubation, je me demandais ce qu’il en était d’éventuels refus de réanimation. Il semble que ce soit possible.

      La haute autorité de santé écrit en effet
      https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2016-03/directives_anticipees_concernant_les_situations_de_fin_de_vie_v16.pdf

      Que vous soyez en bonne santé, atteint d’une maladie grave ou non, ou à la fin de votre vie, vous pouvez exprimer vos souhaits sur la mise en route ou l’arrêt de réanimation, d’autres traitements ou d’actes médicaux, sur le maintien artificiel de vos fonctions vitales et sur vos attentes. Vous pouvez en parler avec votre médecin pour qu’il vous aide dans votre démarche ; il pourra vous expliquer les options possibles, en particulier le souhait ou le refus d’un endormissement profond et permanent jusqu’à la mort.

      #soins_en_fin_de_vie #personne_de_confiance #refus_de_traitement #prise_en_charge_de_la_douleur #soins_palliatifs

    • Merci pour les précisions @colporteur
      Du coup ton choix c’est de souffrir ou pas avant de crever puisque

      J’hallucine de voir les réanimateurs débordés, obligés de refuser des patients ayant en temps normal les critères pour être admis en réanimation.

      Ce choix on l’aura pas très longtemps puisque on manque de curare, d’hypnotique et d’anesthésique…

      et tu peu choisir aussi comment on va racketter ta famille une fois qu’on t’aura mis à la morgue et peut être bientôt choisir la couleur du soylent que Macron va te faire devenir….

    • J’aime pas trop le caractère moralisateur de ce texte qui s’adresse presque uniquement à « les gens » qui sont de gros cons égoïstes, comme chacun·e sait. Pardon de ne pas pouvoir t’aider à intuber des patient·es, bonhomme, mais ce n’est pas mon boulot et j’aurais eu envie de me payer une belle carrière que le numerus clausus ne me l’aurait pas permis, sans papa-maman qui me payent les cours du soir. (Oui, je sais, pour les prols il reste aide-soignant·e et pour la classe moyenne infirmièr·e, mea culpa de ne pas avoir fait d’études médicales.)

      Alors qu’il y a bien des propos politiques à tenir sur ce sujet.

      Je réalise à quel point nous avons été arrogants d’imaginer être épargnés grâce à un système de santé meilleur que celui des Chinois ou des Italiens.

      (...)

      Je réalise que nous ne sommes toujours pas prêts à affronter la seconde vague qui s’annonce avec la fin du confinement.

      D’abord cette arrogance, c’est pas que la nôtre mais pas mal celle de #connards qui allaient au théâtre le 6 mars, désertaient leur poste de ministre de la santé ou de conseillère santé à l’Élysée, faisaient se tenir des élections le 15 mars et toute cette #incurie qu’on n’oubliera pas. À côté de ça, avec peu d’informations et beaucoup de réassurance pour pas ralentir la croissance économique, je n’ai pas l’impression de puer l’arrogance parce que je ne me rendais pas compte de la gravité du truc.

      Et un des problèmes, c’est peut-être parce que (sans le comparer à la Chine et à l’Italie mais en valeur absolue) notre système de santé n’est pas à la hauteur, sous-financé depuis des décennies. Et l’autre bourge de docteur qui sauve des vies ne s’en est pas encore aperçu.

    • Ben merdalors ! Les « braves-officiers » de l’économie de marché en mode exploitation capitaliste viendraient-ils de s’apercevoir que sans leurs subalternes, ils ne sont « rien », eux non plus ? Je les trouve bien mignons, tous ces grands « pontifieurs », accusateurs du « on » et du « nous » alors qu’ils se gardaient bien de ramasser la merde et d’éponger le vomis quand à la fin de leurs (longues) études financées par papa, ils ne pensaient qu’à leurs carrières. Mais une carrière en mode petit bourgeois urbains « gentrifiés », hein ? Pas question de faire le job dans les déserts médicaux parce que les bouseux ou les banlieusards, les relégué·es, et bien qu’ils se démerdent après tout ... Et voilà que désormais, « ils ont peur » et ils sont « en colère », rhôôô, les pauvres choux ... Voilà qui est plaisant, tiens !...
      C’est aussi pour ça que j’applaudis pas « les soignants » à 20h quotidiennement. J’aimerais pouvoir leur déverser des seaux de « bren » sur leurs sur-blouses, à tous ces paltoquets qui viennent chouiner dans le giron de la presse aux ordres. Parce finalement, « l’ordre républicain », ça leur allait si bien quand ils se scandalisaient que les « gueux » fracassent des vitrines et saccagent l’arc de triomphe, persuadés qu’ils étaient de vivre « en démocratie ». La démocratie vient de leur chier sur les chausses ? Qu’ils se démerdent ! Ils n’auront pas ma compassion ces petits branleurs biberonnés aux « valeurs » de la « start up nation »...

      [edit] j’avais pas encore lu l’article, seulement les commentaires (et mis quelques tags pour mémoire).

    • @antonin1 : oui,oui, t’inquiète. Je pourrais t’en raconter des bien trash, vu que Madame fut pendant de longues années l’humble et dévouée servante en tant que secrétaire médicale de ces « braves-soignants » dans un cabinet de quelque sept « praticien·nes »...
      Sinon une frangine aussi, qui bossait en tant qu’infirmière employée par un centre de « soin » géré par l’ADMR de son bled. Elle aussi bien cassée par des conditions de travail infernales et qui a fini sa carrière en invalidité à l’âge de 60 ans. (Prothèses sur chaque genou)
      Enfin, quand je mets en pétard, c’est surtout et uniquement contre celles et ceux qui tiennent le haut du parking. Quoique la hiérarchisation des tâches fait que tu as aussi des petit·es cheffaillon·nes qui peuvent bien te pourrir la vie quand tu es assigné·e au bas de l’échelle. Le « monde » du travail quoi, en mode exploitation capitaliste.

  • Coronavirus : la France sur la piste de son « patient zéro » [edit Publié le 08 avril 2020]
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/04/08/coronavirus-la-france-sur-la-piste-de-son-patient-zero_6036012_3224.html
    OLIVIER FABRE/ARMÉE DE L’AIR/DÉFENSE

    Qui est la première personne à avoir été infectée par le Covid-19 en France ? Un militaire, un agent secret, une hôtesse de l’air ? « Le Monde » a eu accès à l’enquête épidémiologique qui remonte la chaîne de contamination dans l’Oise, où les premiers cas sont apparus.
    Le 31 janvier, un Airbus A340 de l’armée de l’air française décolle de l’aéroport de Wuhan-Tianhe, en Chine. Objectif : rapatrier des ressortissants français de cette ville industrieuse et tentaculaire de 11 millions d’habitants, épicentre de l’épidémie de Covid-19. Un mois après les premières alertes de médecins chinois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de déclarer « l’urgence internationale » face au coronavirus. En ce dernier jour du mois, ce sont des militaires qui assurent le premier rapatriement, les suivants seront assurés par des avions civils.

    Dans l’appareil se trouvent 193 civils : des Français travaillant à Wuhan, mais aussi quelques fonctionnaires du centre de crise du Quai d’Orsay. Ils sont encadrés par dix-huit membres d’équipage – quatorze engagés de l’escadron Esterel, habitués aux missions sensibles, trois médecins du service de santé des armées, un mécanicien. D’ordinaire, ces militaires – en « surblouse transparente, gants, lunettes en Plexiglas et masque FFP2 », selon une jeune passagère – sont basés à Creil, dans l’Oise, au nord de Paris. Un lieu ultrasécurisé, cette « base aérienne 110 ». Située à quelques kilomètres de Senlis et de l’aéroport de Roissy, elle abrite également la direction du renseignement militaire, la très secrète DRM. Pas tout à fait Le Bureau des légendes, mais presque.

    L’individu qui a contribué, bien involontairement, à diffuser la maladie dans ce département d’environ 825 000 habitants se trouvait-il à bord de cet appareil, comme la rumeur locale l’assure, prospérant sur la communication erratique de l’armée et des autorités sanitaires ? Ou bien ce « patient zéro » avait-il été infecté auparavant, et ailleurs ? Le Monde a remonté le fil de cet épisode épidémique qui a emporté le premier patient français, le 25 février, alors que le pays ignorait encore ce qui l’attendait.

    Le vendredi 31 janvier, en milieu de journée, l’Airbus en provenance de Chine atterrit non pas à Creil, mais sur la base militaire d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône. La petite colonie d’expatriés en sort un peu groggy après douze heures de vol et l’attente à l’aéroport de Wuhan. Avant d’embarquer, les médecins militaires ont exigé qu’ils se lavent les mains et qu’ils portent un nouveau masque. Ils ont pris la température de chacun tout en traquant, par une série de questions, d’éventuels symptômes. « Deux des passagers dont le nez coulait et qui avaient une très légère fièvre ont d’ailleurs failli être laissés sur place, avant d’être finalement isolés dans la queue de l’appareil », raconte Agathe Serres, étudiante en éthologie à l’université de Wuhan, l’une des 193 rapatriés.

    Le vol a effectué un strict aller-retour sans escale jusqu’à Istres, dit-on avec insistance au ministère des armées. Une fois sur place, les passagers ont été placés en « quatorzaine » au club Vacanciel, un centre de vacances situé en lisière de la station balnéaire de Carry-le-Rouet. Tandis que les membres de l’escadron Esterel débarquent sur la base d’Istres de grandes cantines de matériel, les passagers rejoignent une tente où la ministre de la santé, Agnès Buzyn, entourée de ses conseillers, prononce un bref discours. L’heure n’est pas à la panique : trois jours plus tôt, Mme Buzyn n’avait pas prévu de parler de la menace du coronavirus lors de ses vœux à la presse.

    Le secret de la base de Creil

    Pour les rapatriés de Wuhan, les règles du ministère des armées sont strictes : il leur faut rester « cloîtrés » deux semaines avec un masque ; tous seront testés « deux fois, et parfois trois » (tous seront négatifs). En revanche, la procédure n’est pas du tout la même pour l’équipage. Il repart vers l’aéroport de Roissy, où les avions siglés « République française » ont l’habitude de se poser : la base de Creil, à 40 kilomètres de là, n’a plus d’« aérienne » que le nom, puisque sa plate-forme aéronautique a été fermée le 31 août 2016. De Roissy, chacun des dix-huit membres de l’équipage regagne son domicile sans « repasser par la base », affirme le ministère des armées.

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    Pour ces hommes et femmes, jeunes et sportifs, souvent pilotes eux-mêmes, qui savent aussi bien exfiltrer des militaires de zones de guerre qu’accompagner les voyages officiels, un « protocole de surveillance » a été prévu : confinement à domicile, distanciation sociale, prise de température. « Ils ont été testés », ajoute même la ministre des armées, Florence Parly, le 4 mars, sur France 2. En réalité, ils n’ont été ni testés ni strictement confinés, apprendra-t-on au cours de deux semaines de cafouillage.

    Même si le ministère des armées refuse de l’admettre, les dix-huit militaires n’ont « pas eu de tests biologiques ». La confidence vient d’une personne bien informée : le colonel Bruno Cunat, responsable de la base de Creil. Cet ancien pilote de chasse a travaillé un temps au service communication du ministère de la défense. Autant dire qu’il sait le poids des mots quand il s’exprime ainsi dans Le Parisien du 2 mars. « Il n’y avait pas de raison de les confiner » dans leurs maisons ou leurs appartements, ajoute-t-il, puisqu’« ils n’étaient pas classés à risque ». A l’époque, tout le monde écarte encore trop vite le cas des porteurs asymptomatiques.

    Une soixantaine de familles travaillant sur la base – civils et militaires – habitent Creil, une ville populaire de 35 000 habitants, mais la plupart des officiers sont installés dans des communes plus chics telles que Senlis ou Chantilly. Leurs conjoints travaillent dans les environs, leurs enfants fréquentent les établissements scolaires publics et privés de la région. « Les proches des agents ayant effectué cette mission n’ont pas été soumis aux mêmes suivis », fait savoir aujourd’hui le ministère au Monde. En clair : les conjoints et les enfants des membres d’équipage ont donc, selon toute vraisemblance, continué à fréquenter leur bureau, leurs amis, leurs écoles. Lesquels ? Secret-défense.

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    Il faut dire que la base est un lieu particulier, où s’activent plusieurs centres spécialisés dans l’analyse des émissions électromagnétiques, l’interprétation de l’imagerie, le renseignement géospatial, l’analyse du cyberespace et le renseignement humain. On y pratique aussi bien « l’espionnage » en analysant les données satellites qu’en « débriefant » les agents ou les soldats de retour de mission. « Un Etat dans l’Etat, reconnaît le socialiste Jean-Claude Villemain, élu à Creil depuis trente-sept ans, dont douze comme maire. L’armée peut d’ailleurs construire n’importe quel bâtiment sur la base sans demander le moindre permis de construire. »

    Deux habitants tombent malades

    La « quatorzaine » théorique des militaires s’achève mi-février, sans que personne soit malade. « Ils n’étaient pas porteurs du virus », affirme Mme Parly, malgré l’absence de tests. « Aucun symptôme », assure plus prudemment le commandant de la base. Au même moment, deux habitants de l’Oise tombent malades. Mercredi 12 février, Dominique Varoteaux, professeur de technologie au collège Jean-de-La-Fontaine, à Crépy-en-Valois (15 000 habitants), a de la fièvre. Son généraliste diagnostique une grippe et le met aussitôt en congé de maladie, à trois jours des vacances scolaires.

    M. Varoteaux, qui enseigne dans quatre classes, garde d’abord le lit chez lui, à Vaumoise, un village situé à la « frontière » entre l’Oise et l’Aisne, à une demi-heure de voiture de Creil. Cet homme de 60 ans, proche de la retraite, est conseiller municipal. Même si sa santé est parfois fragile, personne ne s’inquiète outre mesure. Elèves et enseignants du collège s’apprêtent à s’éparpiller pour les vacances sans imaginer l’épidémie à venir.

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    Le lendemain, jeudi 13 février, Jean-Pierre G., habitant à La Croix-Saint-Ouen, en bordure de la forêt de Compiègne, est lui aussi terrassé par la grippe. Du moins le croit-il. Dans cette commune de 5 000 habitants, où il est né il y a cinquante-cinq ans, tout le monde sait qu’il travaille « à la base », à 30 kilomètres de là. Ce civil y est contrôleur de prestation. « Il s’occupait des marchés extérieurs, précise son fils au Monde. C’est lui qui passait les contrats avec les femmes de ménage ou les jardiniers. » C’est un grand sportif, entraîneur au club de plongée de Compiègne, membre du club de badminton de sa ville.

    Le dimanche 16 février, Jean-Pierre G. a pourtant beaucoup de mal à respirer. A 9 heures du matin, sa femme, Nathalie, appelle le SAMU, qui le conduit à l’hôpital de Compiègne. En fin d’après-midi, il est hospitalisé en endocrinologie, service où il partage une chambre double avec un autre patient. L’hôpital n’a pas de lit disponible en pneumologie. « Les infirmières n’avaient, là non plus, aucune protection », a confié l’épouse de Jean-Pierre G. au Parisien. La veille, la France a recensé son premier mort du Covid-19, un touriste chinois de 80 ans, hospitalisé à Bichat. Un cas « importé », en quelque sorte, qui n’inquiète personne.

    Le fils de Jean-Pierre G. est formel : sa mère a précisé tout de suite le lieu de travail de son mari à l’hôpital et au chef du service d’endocrinologie. « Il n’y a eu aucune pression de la base pour qu’il taise quelque chose », assure-t-il aujourd’hui au Monde. Malgré les soins, l’état du malade, négatif à la grippe, se dégrade encore. Le 18, il est transféré en réanimation, placé dans un coma artificiel et intubé. Le 22 février, contact est pris par l’hôpital de Compiègne avec l’infectiologue référent du CHU d’Amiens, dans la Somme, qui ne prescrit pas de test du Covid-19, car le patient ne revient pas de Chine ou d’une « zone à risque ».

    « Vous avez un Covid-19 chez vous »

    Dans la soirée du 23 au 24, Jean-Pierre G. est évacué en urgence vers le CHU d’Amiens. Son cas est complexe, et le centre hospitalier de Compiègne ne dispose pas d’ECMO, un matériel d’oxygénation offrant aux patients une assistance à la fois cardiaque et respiratoire. Le lendemain matin, le 25 février, deux chefs de service de l’établissement de Compiègne décident d’envoyer parallèlement ses « prélèvements primaires » – les tests sanguins – au centre national de référence, à Paris. Dans la soirée du 25 février, la sentence tombe par téléphone : « Vous avez un Covid-19 chez vous. »

    L’hôpital d’Amiens a lui aussi commandé un test. Les résultats arrivent en même temps et confirment le diagnostic. Aussitôt déclaré à Santé publique France, l’agence qui assure, depuis 2016, la surveillance épidémiologique du pays, Jean-Pierre G. devient le « cas 15 », le 15e malade atteint du Covid-19, en France, dans la comptabilité du ministère de la santé. A l’époque, on parvient encore à recenser les patients…

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    Quelques heures plus tard, dans la nuit du 25 au 26 février, M. Varoteaux, l’enseignant du collège de Crépy-en-Valois, meurt d’une embolie pulmonaire massive dans le service de réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Son décès est un électrochoc : jusqu’ici, il était cité comme le « cas 17 ». Le prof de techno de l’Oise devient ainsi le premier Français tué par le coronavirus.

    Comme le pays est insouciant, pourtant, ce 26 février ! A Lyon, les supporteurs de la Juventus Turin déferlent dans le centre-ville pour le match du soir contre l’Olympique lyonnais et se plaignent de la « psychose » que leur présence déclenche. Le même jour, malgré la mort du professeur de Crépy, le nouveau ministre de la santé, Olivier Véran, assure d’ailleurs, lors du « point de situation » quotidien à son ministère : « Il n’y a pas d’épidémie en France », mais seulement « des patients isolés, des cas que l’on sait expliquer, par un voyage ou un contact avec une personne contaminée ».

    Des cas « que l’on sait expliquer » ? En ce qui concerne M. Varoteaux, ce n’est pas exact : personne ne sait encore, à ce moment-là, comment il a été infecté. Six épidémiologistes et médecins de Santé publique France et de l’agence régionale de santé (ARS) sont d’ailleurs sur le pont depuis la veille pour remonter la piste des contacts des deux patients de l’Oise. Ils ont été informés en même temps de la mort du professeur de Crépy-en-Valois et du résultat positif du test de Jean-Pierre G. Depuis, ils passent de longues heures à interroger les épouses de ces derniers. « Je suis restée jusqu’à 3 heures du matin au téléphone avec l’ARS, qui commençait son enquête pour remonter la piste », a confirmé au Parisien Nathalie G.

    Pas de contacts avec la Chine

    Ces scientifiques traquent les épidémies comme des policiers pistent les tueurs en série. Infections alimentaires en France, virus Ebola en Afrique, coronavirus au Moyen-Orient… Ils savent décomposer les chaînes de transmission jusqu’à ces fameux « patients zéro », comme on appelle ces cas « index », les premières personnes à avoir été contaminées par un agent pathogène, lors d’une épidémie . « Nous avons commencé les interrogatoires immédiatement, questionnant les conjoints, les collègues, les voisins, les amis cités comme contacts par la famille proche du malade », explique Alexandra Mailles, une des épidémiologistes du groupe. La première étape ? Etablir la liste des personnes que Jean-Pierre G. et M. Varoteaux, « cas 15 » et « cas 17 », ont fréquentées.

    Les épidémiologistes s’inquiètent de ce qui ressort des entretiens. « Jusque-là, les cas de Covid-19 recensés en France étaient tous, sauf un, des cas importés, c’est-à-dire que tous avaient un lien, d’une façon ou d’une autre, avec la Chine, révèle Mme Mailles. Cette fois, nous étions en présence de deux cas autochtones, sans contact avec ce pays. »

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    Ces limiers des virus comprennent aussi que le professeur du collège de Crépy-en-Valois et le civil de la base de Creil « ont été diagnostiqués tardivement, ont côtoyé différentes communautés et ont été hospitalisés sans mesures de protection particulières ». A l’époque, on ne parle pas encore de gestes barrière, autant dire qu’ils ont pu disséminer le virus sans le savoir.

    Si, dans l’Oise et ailleurs, la mort de M. Varoteaux est un traumatisme, la nouvelle de la contamination d’un civil de la base allume deux moteurs puissants : la rumeur et la peur. Entre le 25 février, jour où M. G. est détecté positif, et le 4 mars, le virus se répand à une vitesse foudroyante : seize cas sont alors confirmés sur la base, plus un cas probable. Quatre de ces personnes sont alors hospitalisées à l’hôpital d’instruction des armées Bégin, à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne. Les deux cas les plus graves concernent deux « personnels civils de la défense », dont l’un est toujours aujourd’hui hospitalisé à Amiens, indique au Monde le ministère des armées.

    « Connaissez-vous Valérie M. ? »

    L’ARS poursuit ses investigations dans l’Oise. Le 27 février, elle convoque une réunion avec le préfet, le sous-préfet, ainsi que le maire de Crépy-en-Valois, Bruno Fortier. Il va falloir fermer et désinfecter le collège Jean-de-La-Fontaine, sans oublier de mettre en quarantaine tous les élèves et le personnel. A l’issue de la réunion, le maire reçoit un appel d’une enquêtrice du petit groupe d’épidémiologistes : « Connaissez-vous Valérie M. ? »

    La femme qui intéresse la scientifique est professeure au lycée Jean-Monnet, à 300 mètres du collège, et c’est une amie de l’épouse du professeur Varoteaux, enseignante elle aussi à Jean-Monnet. Un test vient de révéler Valérie M. positive au Covid-19. Gravement malade, elle a été emmenée à l’hôpital de Tourcoing, chargé, avec celui de Lille, de désengorger les hôpitaux picards. « Au moment même où je lui répondais, je me suis mis à tousser », se souvient M. Fortier.

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    Le 13 février, le maire se le rappelle, s’est en effet tenu le dernier conseil communautaire avant les vacances. Cent personnes, parmi lesquelles Gilles Petitbon, le maire de Vaumoise, qui comptait dans son conseil municipal M. Varoteaux, ainsi que Valérie M., elle-même membre de l’équipe municipale d’un village voisin. « On avait trinqué au champagne… Interrogée par les épidémiologistes, l’épouse du professeur Varoteaux a cité Valérie, qui m’a cité à son tour, raconte Bruno Fortier, et je me suis retrouvé à dresser moi aussi une liste de ceux que j’avais approchés. » Entre-temps, le maire de Crépy-en-Valois s’est fait dépister. Positif.

    Informés, une dizaine de chercheurs et de laborantins de l’Institut Pasteur arrivent à Crépy-en-Valois, afin de prélever des échantillons sanguins des enfants et des adultes du lycée Jean-Monnet. L’équipe de Pasteur n’est pas chargée de l’enquête, mais il faut essayer de comprendre comment, à partir de ce panel grandeur nature d’individus en contact avec le virus, les organismes réagissent et fabriquent des anticorps.

    Le 29 février, lors de son point presse, Jérôme Salomon, le numéro deux du ministère de la santé, révèle que l’Oise compte désormais trente-six cas de Covid-19, faisant de ce département le plus important foyer du moment. Au passage, il divulgue quelques détails sur les recherches des épidémiologistes. « L’enquête, toujours en cours, a découvert que deux personnes ont été malades assez précocement, début février, exposées sans doute à un malade antérieur qui reste à définir et qui serait le patient zéro. » « Patient zéro »… Pour la première fois, le terme est lâché.

    Scénario à la « Contagion »

    Ce jour-là, M. Salomon clôt « la piste d’un vol de retour de Wuhan et contaminant » : « Il n’avait aucun passager positif à son bord. » Il révèle en revanche un détail inédit : l’un des deux malades précoces dont il vient de parler « a des contacts réguliers avec une amie qui travaille sur la base aérienne de Creil ». Une nouvelle femme apparaît dans le scénario, et ce n’est plus Valérie M. « C’est l’hypothèse retenue pour la circulation du virus sur la base aérienne », ajoute M. Salomon. Un vrai polar.

    L’Oise peine à croire que les militaires de la base de Creil n’y soient pour rien. Suspendu à la lecture du Courrier picard, du Parisien et d’Oise Hebdo, tout le département mène l’enquête. Simples citoyens, médecins, élus, chacun y va de sa théorie. Les épidémies sont un terreau fertile pour l’imagination, et les rumeurs vont bon train. « On » dit que la base cache des choses, et s’abrite derrière le devoir de réserve. Un député assure que l’Airbus ayant fait Wuhan-Roissy n’aurait « pas été désinfecté », mais simplement nettoyé par le personnel de ménage de la base – celui que recrutait M. G. « Un protocole de décontamination scrupuleux de l’A340 de l’escadron Esterel ayant servi au rapatriement » a été suivi, fait savoir au Monde le ministère des armées.

    Un autre parlementaire en est persuadé : le vol comptait un passager clandestin, « un agent secret français », rapatrié en urgence de Chine en raison de l’épidémie. Exceptionnellement, « il aurait pu rendre compte de sa mission directement sur la base ». Et s’il avait rapporté le virus avec lui ? « Conformément à la loi du 24 juillet 2015 relative au renseignement, et afin de préserver les impératifs de sécurité opérationnelle, le ministère des armées ne communique pas sur la posture liée aux actions de renseignement », répond la délégation à l’information et à la communication du ministère de la défense.

    Chacun voudrait connaître le fin mot de l’histoire. Laurence Rossignol, sénatrice socialiste de l’Oise, adresse spontanément à l’Institut Pasteur une hôtesse d’Air France habitant dans le département. « Le 27 novembre précédent, cette navigante avait déclenché tous les symptômes du Covid-19 – extrême fatigue, fièvre, toux – au retour d’un vol Pékin-Paris », raconte Mme Rossignol. Deux mois et demi pour s’en remettre, a expliqué l’hôtesse, en assurant que son fils et sa fille avaient eux aussi attrapé la mystérieuse infection. Très, très tôt pour une infection au Covid-19, puisque le tout premier cas sur le territoire chinois aurait été enregistré le 17 novembre 2019… Une sérologie de l’hôtesse est néanmoins programmée.

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    L’engouement pour le film « Contagion », effet secondaire du coronavirus
    Le film Contagion, de Steven Soderbergh, vient nourrir ces nouveaux scénarios. Ce thriller réalisé en 2011, juste après l’épidémie de grippe A(H1N1), est devenu, en ce printemps 2020, le film le plus téléchargé sur Internet. L’histoire ? Un sale virus se propage à travers le monde. Gwyneth Paltrow, qui revient de Hongkong, meurt subitement à son retour aux Etats-Unis. Entre la Chine et son foyer, où l’attendent mari et enfant, elle a fait une escale pour retrouver un amant. Ils seront les « patients zéro » américains de cette histoire… Dans l’Oise, un maire le suggère aussitôt à voix basse : et si certains couples infectés avaient entretenu des liaisons cachées, rendant certains aveux inavouables, épaississant encore un peu plus ce mystère ?

    Qui est le « sédentaire de l’Oise » ?

    Montrée du doigt et touchée par l’épidémie, la base militaire de Creil se referme comme une huître et livre ses informations au compte-gouttes, contribuant à alimenter les rumeurs. Les six épidémiologistes chargés du tracing du patient zéro reconnaissent devant Le Monde que, s’ils ont questionné les civils, « les personnels militaires ont été interrogés par le service de santé des armées ». Ce n’est pas la seule difficulté. Le virus est ultracontagieux, mais, parfois, la maladie reste discrète, et il faut retrouver dans un simple rhume passé, une grippe oubliée, tout ce qui pourrait ressembler à un symptôme du Covid-19.

    Une centaine de personnes sont interrogées. A force d’établir des listes et des questionnaires, les épidémiologistes ont acquis la conviction que la contamination « était active depuis déjà plusieurs semaines ». « Entre le véritable début de l’épidémie et les cas de MM. Varoteaux et G., on compte au moins quatre à cinq générations de contamination, explique Mme Mailles. Un « cas de première génération », en langage d’épidémiologiste, désigne une personne ayant contracté le virus dans une zone endémique (la Chine pour le Covid-19). Les individus que ce « cas index » contamine forment la deuxième génération. Ceux-là peuvent alors contaminer d’autres personnes qui constituent la troisième génération, etc. « Les premiers cas à la base militaire ne sont pas des cas de première génération », ajoute l’épidémiologiste.

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    Coronavirus : l’aéroport de Roissy et le département de l’Oise au cœur des préoccupations
    Qui, alors, avant les deux premiers malades connus de l’Oise ? Un agent secret ? Une hôtesse de l’air ? Un touriste chinois ? Autour de la base de Creil, certains avaient montré du doigt le personnel de Roissy-Charles-de_Gaulle, deuxième « hub » d’Europe, comme on nomme ces grosses plates-formes de correspondance aéroportuaire. Plus de 72 millions de passagers par an, dans une région devenue, avec l’aéroport de Beauvais, une plaque tournante de la mondialisation. Un agent de sûreté au terminal 2F de Roissy étai d’ailleurs positif selon le test, mais, au vu de la date d’apparition des symptômes, l’ARS a coupé court à toute accusation. « Nous n’avons pas établi de lien de contamination entre la communauté de communes de Crépy ou de Creil et la zone aéroportuaire », affirme, de son côté, l’épidémiologiste de Santé publique France.

    Le 13 mars, les scientifiques interrompent leur enquête. Et le bilan est surprenant. « Nous sommes remontés jusqu’à un cas de Covid-19 la deuxième semaine de janvier », dit au Monde Mme Mailles. Soit avant les trois premiers malades chinois officiellement recensés en France, le 24 janvier. Avant aussi l’arrivée de Chinois venus fêter avec la famille et la diaspora européenne le Nouvel An lunaire, la semaine du 20 janvier. « Bien avant, également, le vol de rapatriement de Wuhan escorté par les militaires. Avant, enfin, la suspension des voyages avec la Chine », ajoute-t-elle.

    Pourquoi, dès lors, ne pas avoir jusqu’ici divulgué ces informations et fait taire les rumeurs ? La crainte de violer le secret-défense ? De commettre des indélicatesses ? « Parce que les habitants de l’Oise ont déjà beaucoup souffert et qu’il est très difficile pour ceux qui se retrouvent dans la chaîne de contamination de savoir qu’ils ont contribué à la dispersion du virus », assure Santé publique France. Mme Mailles accepte tout de même de livrer au Monde quelques indices sur le mystérieux patient zéro. « C’est quelqu’un qui était sédentaire dans l’Oise, avance-t-elle seulement. Ce n’est ni un navigant ni un bagagiste. Il n’a pas de lien avec l’aéroport, mais, quelque part, il y en a un avec la Chine. » L’épidémiologiste refuse de s’étendre davantage sur ce « sédentaire de l’Oise », qui, sans le savoir, aurait été le pyromane de la grande forêt virale de la région.

    Le gouvernement ne lit pas Science, et si ses agents ne lui ont rien transmis sur l’épidémie en Chine (?), ils ont peut-être ramené le virus avec eux, avant d’être innocentés par Le Monde et leur ministère.

    • Les « autorités » victimes du « biais de normalité » ? Dites-donc, il prennent de sacrés risques au « Monde » à révéler ainsi les coups tordus de la « Grande Muette ». Seraient-ils passibles de la cour martiale ? Parce que je sais pas si vous le savez : « nous » sommes en guerre" ...

      (Je me suis le texte intégral « en dur ». Je le décortique et éventuellement je le repartage).

    • Covid-19 : Florence Parly reconnait que les militaires de la base de Creil n’avaient pas été testés
      https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/covid-19-florence-parly-reconnait-que-les-militaires-de-la-base-de-creil

      ... la ministre des Armées, Florence Parly a reconnu s’être trompée ( sic ) ...

      Olivier Paccaud (...) n’a pas été convaincu par les arguments de la ministre. Le sénateur s’interroge toujours sur le lien entre les 21 cas de Covid-19 du lycée Jean Monnet et des matelots de la base qui avaient un partenariat citoyen avec une classe de l’établissement scolaire. 8 de ces matelots s’étaient rendus au lycée les 5 et 6 février. « Je suis navré de vous dire que ce rapport ne mentionne pas la présence de ces matelots (…) à partir de là, on peut, malheureusement suspecter beaucoup de choses (…) On ne peut pas balayer comme ça d’un revers de main la curiosité… Et ce mot me choque. Les habitants de l’Oise ne sont pas victimes d’une maladie de curiosité. Ils veulent la vérité » .

      « Si le terme curiosité a pu être pris comme ça dans un mauvais sens, je vous prie immédiatement de m’en excuser. Je n’y voyais aucune forme de mépris » a répondu Florence Parly.

  • Négligences, mensonges et désinvolture : les fautes du gouvernement dans la gestion de la crise
    https://www.bastamag.net/Faute-erreurs-gouvernement-Macron-gestion-de-l-epidemie-masques-tests-conf

    La gestion de la crise sanitaire par le gouvernement français est-elle à la hauteur ? Aux erreurs, lourdes de conséquences, commises jusqu’à mi-mars, s’ajoutent une inquiétante désinvolture face aux alertes de l’OMS et une communication incohérente. L’exécutif se révèle incapable de sortir de ses schémas de pensée. « Rendre des comptes ». L’expression tourne et s’amplifie de jour en jour. Dans le brouillard de la situation actuelle, face aux contradictions et revirements de l’exécutif, ça bouillonne, ça (...) #Décrypter

    / #Politique, Santé , A la une

    #Santé_

  • Le gouvernement face au coronavirus : la vérité des dates
    https://www.humanite.fr/story/le_gouvernement_face_au_coronavirus_la_verite_des_dates
    images/au_samu-coronavirus.jpg

    Echantillon d’une bonne frise chronologique réalisée sur le #covid-19 par l’humanité.

    Premiers cas en France

    Les trois premiers malades sont annoncés : deux à Paris et l’un à Bordeaux. Ces trois patients chinois avaient séjourné à Wuhan.
    24 janvier 2020
    « Risque pratiquement nul » en France

    Agnès Buzyn estime que le risque d’importation du virus depuis Wuhan est pratiquement nul" et que "le risque de propagation est très faible". Une équipe de l’INSERM, (institut dirigé par son mari) publie le même jour une étude estimant le risque d’importation du virus entre 5% et 13%. "Le risque d’épidémie en Europe et en France est extrêmement faible", dit le lendemain le professeur Yazdan Yazdanpanah chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris.

  • Coudekerque-Branche : 10 élus confinés, 5 testés positifs et 2 autres hospitalisés
    https://www.lepharedunkerquois.fr/38516/article/2020-03-26/coudekerque-branche-10-elus-confines-5-testes-positifs-et-2-autre

    La démocratie n’a pas de prix, mais elle a un coût… Et le coût est sanitaire. »

    Ce jeudi matin, David Bailleul, le maire de Coudekerque-Branche, a lâché une bombe sur les réseaux sociaux.

    Dans un message sur sa page Facebook, le premier magistrat a annoncé que 10 de ses élus sont désormais confinés, 5 testés positifs et 2 autres hospitalisés.

    Parmi les deux cas hospitalisés, l’un d’eux inquiète David Bailleul.

    Le maire de Coudekerque-Branche, qui prend régulièrement des nouvelles de son équipe municipale, a pointé mercredi soir un nombre important d’élus alertés ou déjà testés positifs : « On n’est plus dans les états grippaux ; aujourd’hui, ce sont des cas avérés de coronavirus et des cas lourds. »

    Près de deux semaines après les élections municipales, David Bailleul fait un lien direct avec la tenue des 17 bureaux de vote que compte la ville : « On a vu passer 400 à 500 personnes en fonction des bureaux, les premiers cas sont apparus lundi 23 et mardi 24 mars, et les hospitalisations le mercredi 25 mars ; il ne faut pas être roi des mathématiques pour savoir qu’on est en plein dedans. »

    « L’équipe municipale qui a tenu à mes côtés les bureaux de vote le 15 mars paie un lourd tribut », regrette David Bailleul.

    #municipales #covid-19 #élections