• #Australie : les #aborigènes spoliés pourront être indemnisés

    La Haute Cour d’Australie a jugé mercredi que les aborigènes spoliés de leurs terres devaient être indemnisés en particulier pour la « #perte_culturelle » et la « #souffrance_spirituelle » endurées, une décision qui pourrait déclencher une série de procès dans le pays. La Haute Cour a jugé que les peuples #ngaliwurru et #nungali, du #Territoire_du_Nord, avaient le droit d’être indemnisés après avoir été privés de leurs #terres par le gouvernement régional qui y a bâti, notamment, des infrastructures. Elle a également rejeté un appel du gouvernement contre un précédent jugement, qui avait déterminé que les aborigènes devaient être indemnisés non seulement pour la valeur des terres perdues, mais également pour « la perte culturelle ».

    https://www.ledevoir.com/monde/549792/australie-les-aborigenes-spolies-pourront-etre-indemnises
    #indemnisation #justice #spoliation #peuples_autochtones


  • Contrats courts : l’hôtellerie-restauration planche sur un nouveau type de CDI
    https://www.lesechos.fr/economie-france/social/0600640966948-contrats-courts-lhotellerie-restauration-planche-sur-un-nouve

    L’Umih, le principal syndicat de la branche cafés hôtels-restaurants, propose de créer un « contrat de mobilités » à durée indéterminée ultra-flexible, sans toucher aux droits d’#indemnisation_chômage des #salariés entre deux #missions. L’employeur aurait une surcotisation à payer.

    Les négociations dans les branches professionnelles sur les contrats courts n’ont pas eu le succès escompté par les partenaires sociaux. On cite volontiers le cas de l’#hôtellerie-restauration qui figure pourtant parmi les secteurs où le recours aux #CDD de très courte durée est massif. Selon les chiffres de la profession elle-même, les contrats de moins d’un mois sont passés de 1,5 million à 3,8 millions en dix ans.

    Pourtant, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) qui regroupe 740.000 salariés n’est pas restée les bras croisés ces derniers mois. Et le syndicat professionnel a décidé, au vu de la tournure prise par la négociation sur la réforme de l’assurance-chômage, de dévoiler plus tôt qu’il ne l’avait initialement prévu sa proposition, qui vise à sécuriser les parcours professionnels des salariés en contrats de courte durée.

    Flexibilité de la demande

    L’Umih, comme la plupart des branches professionnelles, refuse le #bonus-malus que l’exécutif menace de mettre en oeuvre si la négociation sur l’assurance-chômage échoue. Pour le syndicat, le recours aux contrats courts est intrinsèquement lié aux besoins de flexibilité du secteur, eux-mêmes découlant des exigences des clients de plus en plus habitués à commander ou réserver au dernier moment.

    Pour l’Umih, « face à un marché du travail contraint par les comportements de consommation, on a mis en place un système totalement inadapté, sans garde-fou ». Les effets pervers et les surcoûts entraînés par la « permittence » ne sont donc pas éludés par le syndicat. Et c’est justement pour les supprimer qu’il propose de créer un nouveau contrat de travail.

    Un contrat « ombrelle »

    Baptisé « #contrat_de_mobilités », il s’agirait d’un contrat « ombrelle » à durée indéterminée, porté par une #plate-forme agréée par la branche et qui regrouperait les différentes missions d’un salarié pour différents établissements. Une durée maximum de recours serait imposée pour un même employeur.

    Le coût social de cette flexibilité serait assumé par l’employeur via un double abondement : une cotisation à l’assurance-chômage au taux classique de 4 % du salaire brut, à laquelle s’ajouterait une contribution « sécurisation » sur un compte en euros dont le travailleur pourrait disposer librement lorsqu’il est en inter-missions. Il faudrait encore ajouter des frais de fonctionnement pour la plate-forme en question et un abondement du compte personnel de formation qui représenterait un pourcentage de la rémunération brute du salarié. Ce pourcentage, de même que celui de la contribution « sécurisation », n’a pas été encore fixé (...).

    Sécurité juridique

    Pour le salarié, l’indemnisation entre deux missions serait au même niveau que celle qu’il perçoit aujourd’hui entre deux CDD. La grande différence, c’est que Pôle emploi ne verserait qu’une partie de l’indemnisation due au salarié. Le complément étant assuré par la contribution « sécurisation » de l’employeur.

    L’intérêt du dispositif, qui est une sorte de croisement entre le #groupement_d'employeur et le #CDI_intérimaire, est de transférer une partie du coût de la flexibilité de l’Unedic vers l’employeur (à moindres frais qu’avec l’#intérim). En d’autres termes, l’Umih accepte de renchérir le coût du travail avec une #surcotisation, si cette dernière permet d’assurer la #flexibilité de la main-d’oeuvre, la simplicité administrative et la sécurité juridique des contrats en question.

    La mise en place de ce nouveau contrat suppose une négociation de branche qui démarre à peine. Le Medef pourrait aussi inclure cette proposition dans la liste des solutions qu’il s’est engagé à produire lors de la prochaine séance de négociation sur l’assurance-chômage le 14 février. Avec une difficulté : la mise en place d’un tel contrat déborde largement le cadre des discussions en cours sur la seule assurance-chômage.

    #travail #emploi#droit_au_chômage #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit


  • In Sri Lanka, old land issues and a new prime minister highlight post-war traumas

    Sri Lanka’s civil war ended nearly a decade ago, but Maithili Thamil Chilwen’s barren plot of land still resembles a battlefield.

    There is only a mound of dirt where her home once stood in Keppapilavu village in the country’s northeast; the rest is just dirt, gravel, and broken shards of doors and windows from her demolished home.

    Sri Lanka’s military occupied thousands of hectares of land during and after the country’s bitter 26-year civil war, which came to a brutal end in 2009 when the military crushed remaining Tamil fighters here in the north. Almost a decade later, rights groups say reconciliation between the country’s majority Sinhalese community and its Tamil minority is at a standstill, and occupied land is one glaring example.

    Thamil Chilwen, an ethnic Tamil, said the military seized her property at the end of the war. It took almost nine years, until earlier this year, for the military to give it back. But by then, her home and fields were destroyed.

    “We were happy when the military told us we could go back to our land. But when I saw the state of the land, I had to cry,” she said.

    The military has been slow to return land to civilians, or to even acknowledge just how much territory it still occupies. It’s symptomatic of wider post-conflict fissures across the country: rights groups say Sri Lanka’s government hasn’t taken significant steps to address rampant war-era abuses – including enforced disappearances and thousands of civilian deaths in the conflict’s final months.

    Hopes for national reconciliation took another blow last week when the country’s president, Maithripala Sirisena, abruptly appointed the controversial former leader who oversaw the 2009 military offensive, Mahinda Rajapaksa, as prime minister. The surprise move has locked Sri Lanka in a political crisis: the ousted prime minister, Ranil Wickremesinghe, has vowed to stay in office; government ministers who support him have denounced his dismissal as “an anti-democratic coup”.

    Human Rights Watch said any return to office for Rajapaksa raises “chilling concerns” for rights in the country. Rajapaksa is accused of widespread rights abuses, particularly in his role overseeing the military offensive that crushed the Tamil insurgency.

    “The current government’s failure to bring justice to victims of war crimes under the Rajapaksa government reopens the door for past abusers to return to their terrible practices,” said the group’s Asia director, Brad Adams.

    For most Tamils, a return to their ancestral land is one key part of finding justice, says Ruki Fernando, a Colombo-based rights activist who has documented war-time disappearances.

    More than 40,000 people remain displaced since the end of the war, mostly concentrated in the Tamil heartlands of northern and northeastern Sri Lanka.

    “It’s about culture and religious life. It’s where they buried their ancestors,” Fernando said. “It’s their identity.”

    Alan Keenan, a Sri Lanka analyst with the International Crisis Group, says land is among a range of issues that have largely gone unresolved over the last decade.

    “Most Tamils don’t feel that they have gotten as much they were promised in terms of dealing with the legacy of war, having their land returned, discovering the fate of their tens of thousands of missing relatives, having crimes committed by the military addressed judicially,” Keenan said. “For a whole range of things, they think they didn’t get what they were promised.”
    Reparations

    Estimates for the amount of land occupied by the military vary wildly. The military last year said it had returned roughly 20,000 hectares of private and state land in the north. In a report released this month, Human Rights Watch said the government claimed the military was occupying about 48,000 hectares of private and state land in the north and east.

    Rights groups say the military has converted some of the occupied land into for-profit businesses. They have set up plantation farms, restaurants, and even resorts catering to tourists, in addition to large military bases.

    An army spokesman did not respond to IRIN’s requests for comment. But in an interview with the Indian newspaper The Hindu this year, Mahesh Senanayake, the Sri Lankan army chief, said 80 percent of occupied land has been returned. He claimed the military had been the only organisation capable of running key services in the north after decades of war.

    “The government machinery was not functioning for decades,” he said. “There was a big gap and our services are needed to address it.”

    Early this month, President Sirisena ordered the release of all civilian land by the end of the year. However, rights groups say such promises have gone unfulfilled for years.

    Sirisena was elected in 2015 on the back of a reformist agenda to boost reconciliation between the divided Sinhalese and Tamil communities. When he came to office, Sirisena broke from his predecessor and promised to set up a national truth commission, an office to investigate missing persons, and provide reparations for war-era abuses.

    The government has held public consultations to solicit feedback on reconciliation, and legislated the creation of an office for reparations. But rights groups say progress has been achingly slow, even before last week’s political crisis. The UN’s special rapporteur on human rights and counter-terrorism last year said government actions on transitional justice have “ground to a virtual halt”.

    Analysts say Sirisena has been reluctant to push a reform agenda too forcefully in the face of resurgent Sinhalese nationalism. Rajapaksa, the former president, is popular among Sinhalese nationalists; the political party he leads nearly swept local elections held in February, seen as a bellwether for the current political mood in the country.

    “The government is afraid the Sinhala constituency will be unhappy that they are giving back the land, that they are shrinking the footprint of the military,” Keenan said.

    In a country that has held an uneasy peace since the civil war’s remarkably violent end in 2009, there are signs of discontent. A Tamil nationalist party, the Tamil National People’s Front, also made significant gains during the February elections here in Sri Lanka’s north, where it took control of the two largest councils in populous Jaffna district.

    In Keppapilavu village, an army tank sits outside an imposing military base surrounded by tall cement walls. A few metres away, a group of men and women have held a protest for the last year, under tents made of tin and tarpaulin.

    Arumuham Weluthapillayi, a Hindu priest, started the protest last year with other displaced families. He says half of his land is still occupied by the army – in addition to homes, places of worship, schools, a cemetery, and numerous shops around the village.

    This area was once a stronghold of the rebel Liberation Tigers of Tamil Eelam, commonly known as the Tamil Tigers. But nine years after the insurgency was routed, Weluthapillayi says he can’t understand why the army hasn’t left.

    “The war is over,” he said. “There are no security issues. Why are they still here?”

    https://www.irinnews.org/news/2018/10/30/sri-lanka-old-land-issues-and-new-appointment-threaten-reconciliation
    #Sri_Lanka #COI #terres #tamouls #déplacés_internes #IDPs #dédommagement #indemnisations #Keppapilavu


  • Assurance chômage : une réforme en toute discrétion
    http://www.liberation.fr/france/2018/03/02/assurance-chomage-une-reforme-en-toute-discretion_1633385

    Assurance-chômage : le gouvernement choisit la conciliation
    http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/03/02/assurance-chomage-le-gouvernement-choisit-la-conciliation_5264541_823448.htm

    Le ministère du travail a conservé une partie des dispositions prévues par les partenaires sociaux pour ce qui est de l’indemnisation des démissionnaires, des indépendants et de la réduction des contrats courts.

    « Nous sommes en phase avec le texte de l’accord », a déclaré la ministre du travail Muriel Pénicaud.
    Emmanuel Macron aurait-il entendu la menace à peine voilée de Laurent Berger ? D’une rare véhémence, l’entretien donné lundi 26 février par le secrétaire général de la CFDT aux Echos contenait un message on ne peut plus clair pour le gouvernement : « Si on nous piétine, il ne faudra pas ensuite venir nous chercher pour éteindre l’incendie », affirmait le leader syndical.

    Comprendre : s’ils sont consultés et qu’ils donnent leur avis, les partenaires sociaux doivent être écoutés pour préserver la paix sociale. Un message entendu par le gouvernement qui a révélé, vendredi 2 mars, des choix bien proches de ceux sur lesquels s’étaient entendus, le 23 février, patronat et syndicats à propos de la réforme de l’assurance-chômage.
    Dans un contexte social incertain – où l’étincelle allumée avec l’annonce de la réforme de la SNCF risque à tout moment de se transformer en incendie agrégeant tous les mécontentements du pays –, l’exécutif semble donc avoir choisi la voie de la conciliation. Poussé en cela par des partenaires sociaux qui avaient conditionné la signature de l’accord à sa reprise in extenso par le ministère du travail.

    Assurance-chômage : Muriel Pénicaud veut aller « plus loin »
    http://www.lemonde.fr/gouvernement-philippe/article/2018/03/02/assurance-chomage-muriel-penicaud-veut-aller-plus-loin_5264467_5129180.html#

    La ministre du travail promet dans une interview au « Parisien » que l’assurance-chômage sera réformée sans légiférer par ordonnance, contrairement au code du travail.

    Assurance chômage : les promesses enterrées d’Emmanuel Macron
    https://www.challenges.fr/politique/assurance-chomage-indemnisation-des-demissionnaires-bonus-malus-sur-les-c

    Allocations aux salariés démissionnaires, réduction des contrats précaires, gouvernance de l’Unedic… Les annonces de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sont en net recul par rapport aux promesses du candidat Macron.

    L’assurance-chômage va réduire fortement son déficit sur les deux prochaines années
    https://www.usinenouvelle.com/editorial/l-assurance-chomage-prevoit-une-forte-reduction-de-son-deficit.N65989

    L’Unedic devrait réduire son déficit de 1,5 milliard d’euros par an sur les deux prochaines années, grâce au regain de croissance de l’économie et aux nouvelles règles d’indemnisation en vigueur depuis avril 2017. Des prévisions qui s’établissent à périmètre constant, avant une réforme d’envergure qui permettrait aux démissionnaires et aux indépendants d’être indemnisés.

    Assurance-chômage : les branches sauront-elles s’autoréguler sur les contrats courts ? Sarah Belouezzane, LE MONDE | 02.03.2018

    Le ministère du travail a d’ores et déjà réfléchi à une modulation des cotisations en fonction du nombre d’inscriptions à Pôle emploi.

    Pour certains, le problème est insoluble et relève de la structure du marché du travail français. D’autres, au contraire, estiment que la situation n’a que trop duré et qu’il est temps d’y remédier par tous les moyens. Voilà des mois, voire des années, que la question du recours excessif aux contrats très courts cristallise les débats entre patronat et syndicats tricolores.
    En 2016, c’est justement sur la manière de juguler ce problème que la négociation de la nouvelle convention d’assurance-chômage avait échoué. Deux ans plus tard, et alors que les partenaires sociaux étaient appelés par le gouvernement à plancher sur une vaste réforme de l’assurance-chômage, c’est encore sur ce point-là que les discussions ont failli échouer. Déjouant les pronostics, les partenaires sociaux ont finalement trouvé, vendredi 2 mars, une solution qui convienne, semble-t-il, aux syndicats, mais aussi à un patronat réticent à voir le coût du travail augmenter.

    Ils ont donc décidé de laisser à la totalité des branches le soin de négocier un système qui régule leurs recours aux contrats très courts. Celles-ci ont jusqu’au 31 décembre 2018 pour trouver une solution, faute de quoi le gouvernement leur appliquera un système de bonus-malus sur les cotisations. Soucieux de donner des gages aux partenaires sociaux sur l’assurance-chômage, avant un plus grand séisme sur la refonte de la formation professionnelle, le gouvernement a avalisé, vendredi, ce principe lors de la présentation des points-clés de sa réforme.

    « Le gouvernement prendra ses responsabilités »
    « Elles devront se fixer des objectifs quantitatifs et qualitatifs. Si les branches ne sont pas parvenues à des résultats satisfaisants, le gouvernement prendra ses responsabilités », a ainsi expliqué Muriel Pénicaud, la ministre du travail, dans un entretien au Parisien paru vendredi 2 mars. « Il faut une incitation financière pour qu’elles négocient, mais ce sont elles qui savent le mieux comment contrôler les contrats courts », avance Véronique Descacq, numéro deux de la CFDT.
    Seulement voilà, au gouvernement, personne ne croit en la capacité des branches, notamment à celles qui ont notoirement le plus recours à ce type de contrats, à s’autoréguler. Beaucoup sont donc persuadés qu’un système de bonus-malus devra obligatoirement être appliqué. Et ce, quand bien même certains secteurs peu consommateurs en CDD très courts auraient trouvé une solution. « Il est très peu probable que les branches les plus consommatrices s’imposent à elles-mêmes de lourdes pénalités, explique un proche du dossier. Il faudra donc mettre en place le système qui a été conçu. » Le gouvernement a d’ailleurs prévu d’inscrire dans la loi la menace de recours à son dispositif de bonus-malus, en cas d’échec des négociations.
    Selon nos informations, le système pensé par le ministère du travail consisterait en une modulation des cotisations en fonction du nombre d’inscriptions à Pôle emploi. Ainsi, si une personne s’inscrit plusieurs fois chez l’opérateur public après avoir travaillé, à chaque fois, pour le même employeur, ce dernier se verra infliger une augmentation de cotisations. Une hausse qui devrait se faire selon un taux pivot déterminé en fonction d’une moyenne nationale ou sectorielle. Reste à savoir si la mesure, promise par Emmanuel Macron, sera efficace.

    Combien de chômeurs indemnisés ? Un taux de couverture au plus bas occulté par un changement de définition, Mathieu Grégoire et Claire Vivés, Les notes de l’IES – n°42 – mars 2018
    http://www.ies-salariat.org/combien-de-chomeurs-indemnises-un-taux-de-couverture-au-plus-bas

    L’analyse inédite de l’évolution du taux de couverture de l’indemnisation chômage de 1985 à nos jours menée dans cette Note montre que la part des chômeurs qui bénéficient d’une indemnisation est aujourd’hui à son point le plus bas. Loin de rendre compte de cette situation sans précédent, les statistiques officielles ont récemment opté pour l’affichage d’une nouvelle définition du « taux de couverture » qui certes prend en compte, comme auparavant, les chômeurs indemnisés, mais aussi les « indemnisables » qui ne perçoivent aucune indemnité. Mathieu Grégoire et Claire Vivés montrent qu’en mettant la focale sur ce nouvel indicateur, qui augmente légèrement depuis 2014, on passe sous silence l’augmentation massive sur la même période de la part des chômeurs non-indemnisés. Dans un contexte où les chômeurs n’ont jamais été aussi nombreux, on semble ainsi faire de moins en moins cas de la fonction première de l’assurance chômage : indemniser.
    Télécharger la note n°42
    http://www.ies-salariat.org/wp-content/uploads/2018/02/Notes_IES_42.pdf

    #chômage #chômeurs #réforme #indemnisation #entreprise_France #droits_sociaux #droit_au_chômage


  • Chômage : le patronat, seul responsable, doit payer
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2017/11/01/chomage-le-patronat-seul-responsable-doit-payer_98138.html

    La convention d’assurance chômage conclue le 17 avril 2017 entre le précédent gouvernement et les syndicats, à l’exception de la CGT, entre en application à partir du 1er novembre .

    Les nouvelles règles d’indemnisation du chômage vont avoir des conséquences catastrophiques pour les chômeurs, en particulier pour les salariés de plus de 50 ans et ceux qui sont en contrats précaires.

    À partir du 1er novembre, les salariés licenciés de plus de 50 ans ne seront plus indemnisés que durant 24 mois, 30 mois à partir de 53 ans. Auparavant, tous les chômeurs de plus de 50 ans l’étaient durant 36 mois. Seuls les chômeurs de plus de 55 ans pourront désormais prétendre à une indemnisation d’une durée de 36 mois. Ce sont les plus de 50 ans qui sont les plus touchés par le chômage, car les patrons se débarrassent d’eux en priorité et il leur est encore plus difficile de retrouver un travail. Ce sont eux qui constituent la majeure partie des chômeurs de longue durée. Ces travailleurs se retrouveront donc ainsi plus vite en fin de droits, avec le seul RSA pour vivre.

    Les travailleurs en contrat précaire pâtiront également d’une de ces nouvelles règles. Jusque-là, un travailleur payé par exemple 6 000 euros pour un CDD de 18 semaines touchait 31 euros d’indemnité journalière, alors que pour une même paie celui qui enchaînait 18 CDD de cinq jours touchait 38,69 euros. Désormais, l’un comme l’autre toucheront l’indemnité la plus basse, à savoir 31 euros. Selon l’Unedic, l’équivalent de 810 000 personnes par an, toutes celles qui ont des contrats très courts, pourraient subir une baisse de leur revenu allant jusqu’à 31 %.

    Et les attaques contre les chômeurs ne sont pas finies. Macron prévoit encore des changements concernant l’assurance chômage pour l’été 2018, dont on sait par avance dans quel sens ils iront. N’avait-il pas déclaré, durant sa campagne présidentielle, qu’il fallait sortir « réellement d’un système assurantiel où chacun se dit : j’ai cotisé, j’ai droit à être indemnisé ».

    L’argument essentiel destiné à justifier toutes ces attaques n’est pas nouveau : il faut combler le déficit des comptes de l’Unedic. Les mesures entrées en vigueur le 1er novembre permettraient de faire 550 millions d’euros d’économies en 2018, puis 920 millions d’euros par an. Et de nous annoncer un déficit d’un montant de 3,8 milliards d’euros qui ne cesserait de se creuser. Cette justification est maintes fois répétée, pour faire tenter de nous faire oublier que les seuls responsables du chômage sont les patrons et qu’il serait par conséquent normal de prendre sur leurs profits pour maintenir emplois et salaires.

    #chômage #unedic #assurance_chomage #précarité #indemnisation_chômage #rsa #


  • Toucher le chômage après une démission : une promesse à 14 milliards d’euros ? - L’Express L’Expansion
    http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/toucher-le-chomage-apres-une-demission-une-promesse-a-14-milliar

    Toute promesse a un coût. En l’occurrence celle d’Emmanuel Macron d’ouvrir le droit au chômage à tous les salariés démissionnaires -une fois tous les cinq ans- pourrait coûter très cher, rapporte ce mardi le quotidien Les Echos. Entre 8 et 14 milliards d’euros la première année de mise en application de la mesure -3 à 5 les années suivantes- assurent nos confrères, qui s’appuient sur des estimations du ministère du Travail.

    On vous l’avait bien dit que le chômage, c’est un truc de feignasse qui coûte trop cher pour notre société exsangue ! D’ailleurs, si le système est tombé en déficit, c’est tout de la faute des glandeurs, et pas de celui qui a changé les règles.

    #je_creuse_le_trou_que_je_prétends_boucher #shadoks


  • Assurance-chômage. Les zones d’ombre de la réforme de Macron | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/assurance-chomage-les-zones-dombre-de-la-reforme-de-macron-640283

    «  Nous pourrions aller vers un régime forfaitaire, avec le versement d’une allocation qui est la même pour tout le monde comme en Angleterre. Ou copier le modèle libéral de l’Allemagne, la boussole de Macron  »

    #chômage #indemnisation #précarisation #indépendants #démission #Unedic


  • #Australie. Île de Manus : plus de 60 millions d’euros versés à des migrants maltraités

    Le gouvernement australien a accepté de dédommager des réfugiés retenus dans le centre de rétention de Manus au titre de sa politique migratoire restrictive. Une manière d’éviter un procès gênant durant lequel les exactions commises auraient été exposées.


    http://www.courrierinternational.com/article/australie-ile-de-manus-plus-de-60-millions-deuros-verses-des-
    #manus_island #indemnisation #justice #asile #migrations #réfugiés #externalisation #dédommagement #île_de_manus
    cc @reka


  • « Les réformes envisagées sont dangereuses pour les chômeurs » - L’Express L’Entreprise
    http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/les-reformes-envisagees-sont-dangereuses-pour-les-chomeurs_1888

    « L’attaque la plus dangereuse, explique Marc Moreau, c’est la conversion des jours travaillés en droits. Seuls les jours travaillés seraient pris en compte. Alors qu’aujourd’hui un contrat de travail de quatre mois garantit une indemnisation de 4 mois, il faudrait travailler six mois pour avoir droit à ces mêmes quatre mois ! C’est remettre en cause la “mensualisation” gagnée dans les années 70 ! La baisse du nombre de jours d’indemnisation, la hausse des sanctions et le sort des plus de 50 ans (qui auraient des indemnités pendant à peine deux ans au lieu de trois, ndlr), ne sont également pas acceptables. »

    #chômeurs #Unedic


  • La question du #nucléaire en Polynésie n’est plus « négligeable »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/090217/la-question-du-nucleaire-en-polynesie-nest-plus-negligeable

    Explosion nucléaire à Mururoa, en 1966 © Mémorial de Mururoa - murururoa.org L’Assemblée nationale a voté ce jeudi 9 février la suppression du facteur « risque négligeable » dans le calcul des indemnisations des victimes des #Essais militaires français. Pour les élus polynésiens et les associations, c’est une étape importante vers des réparations financières et la reconnaissance « du fait nucléaire » dans le Pacifique.

    #France #indemnisation #Polynésie_Française


  • SNCF : Paris versera 60 millions de dollars aux victimes américaines de la Shoah | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/lcp/politique/sncf-paris-versera-60-millions-dollars-aux-victimes-americaines-shoah-74

    Paris va verser 60 millions de dollars aux Américains transportés par les trains de la SNCF vers les camps de la mort durant la Seconde Guerre mondiale, selon les termes d’un accord conclu avec Washington, ont annoncé vendredi les négociateurs. Cet accord, qui sera signé lundi, porte sur la création d’un fonds d’#indemnisation doté par la France de 60 millions de dollars versés aux autorités américaines en faveur de « quelques milliers » de #déportés non français ou de leurs familles, a précisé l’ambassadrice française aux Droits de l’homme, Patrizianna Sparacino-Thiellay, lors d’une visio-conférence de presse. Chaque déporté survivant, aujourd’hui de nationalité américaine, devrait ainsi recevoir environ 100.000 dollars, selon la diplomate.
    Affaire sensible

    En contrepartie, les Etats-Unis se sont engagés à défendre l’immunité de juridiction dont bénéficient les entreprises étrangères sur leur sol, qui les protège de toute poursuite judiciaire ou de toutes autres formes d’action. Un sénateur avait demandé en 2013 au Congrès de réformer cette loi pour pouvoir traduire la SNCF devant les tribunaux américains. Réquisitionnée par le régime de Vichy, la SNCF a déporté 76.000 juifs dans des wagons de marchandises à travers le pays et vers les camps d’extermination entre 1942 et 1944. Environ 3.000 d’entre eux ont survécu, affirme le groupe.

    Cette affaire sensible a failli priver le groupe ferroviaire français #SNCF de contrats aux #Etats-Unis. L’Etat du #Maryland (est) voulait demander, avant de renoncer, au groupe ferroviaire français d’indemniser les #victimes de la #Shoah avant de postuler à un contrat.

    #business si je comprends bien les familles des victimes non américaines peuvent courir


  • Le dernier défi de Barack Obama
    http://fr.myeurop.info/2016/12/05/le-dernier-d-fi-de-barack-obama-14899

    Daniel Vigneron

    Il ne reste que quelques jours à l’administration Obama pour modifier la loi #JASTA qui met en danger les relations internationales. Selon le texte, les victimes d’attentats ont la possibilité de traduire devant la justice américaine tout Etat étranger dont les ressortissants ont été impliqués dans un acte terroriste, bafouant ainsi le principe séculaire de l’immunité souveraine.

    Il reste très peu de temps au Président Obama pour faire en sorte que le droit international et l’équilibre des relations inter-étatiques soient préserv&eac lire la (...)

    #Parti_pris #Amérique_du_Nord #Union_européenne #attentats_du_11_septembre #attentats_du_13_novembre #immunité_souveraine #indemnisation_des_victimes #Jihadi_John #Terrorisme


  • A #Chypre, Turcs et Grecs parlent enfin de réunification
    http://geopolis.francetvinfo.fr/a-chypre-turcs-et-grecs-parlent-enfin-de-reunification-124523

    L’élection, en mai 2015, de Mustafa Akinci à la tête de la partie turque, a ouvert la porte à la réconciliation nationale. Depuis, les négociations se poursuivent avec son homologue de la partie Sud, Nicos Anastasiades.

    Les bases du futur État ont déjà été élaborées. Il s’agira d’une #fédération, composée de deux entités, l’une au Nord et l’autre au Sud. Désormais, les discussions portent sur l’épineux chapitre des échanges de territoires, et la restitution de zones du Nord aux Chypriotes grecs.

    [...] En 1974, 15% de la population a été déplacé. 100.000 Grecs pour la moitié de Turcs. Aujourd’hui, chacun voudrait retrouver son dû, ou pour le moins être indemnisé pour cette spoliation. Ceci pose bien évidemment problème, en particulier pour l’#indemnisation des victimes


  • La justice espagnole ouvre la voie à l’indemnisation de milliers de travailleurs précaires
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/06/la-justice-espagnole-ouvre-la-voie-a-l-indemnisation-de-milliers-de-travaill

    La justice espagnole a ouvert la voie à l’indemnisation de milliers de travailleurs intérimaires, après une décision de justice européenne fustigeant la législation en vigueur en Espagne, où la précarité atteint le double de la moyenne européenne.

    La Cour d’appel de Madrid a donné raison mercredi 5 octobre à une femme qui réclamait des indemnités après avoir été employée pendant neuf ans comme intérimaire au ministère de la défense. Le ministère devra lui verser 6 141 euros en dédommagement de la fin de son contrat, dit la décision consultée.

    La cour a décidé de réviser en partie le jugement de première instance, en tenant compte d’une décision de la Cour européenne de justice datant du 14 septembre.

    La justice européenne a estimé que l’Espagne bafouait les règles communautaires, car sa législation ne prévoit aucune indemnisation à la fin du contrat des travailleurs intérimaires, alors que certains peuvent accomplir pendant des années les mêmes tâches qu’un employé en contrat fixe. Seuls les employés en CDI ou CDD y ont droit, avec des durées variables.

    Lire aussi : En Espagne, moins de chômage, plus de CDD

    Une décision qui fait jurisprudence

    Près de 26% des travailleurs espagnols sont en contrat temporaire (intérim ou CDD), soit le double de la moyenne de l’UE.

    La #jurisprudence créée par cette décision européenne pourrait avoir d’énormes conséquences pour les entreprises espagnoles mais aussi pour les administrations publiques, friandes de contrats d’#intérim.

    Dans la santé publique par exemple, seulement 50 % des médecins disposent d’un contrat de travail fixe, et un infirmier sur trois est en contrat précaire, selon les syndicats du secteur.

    #indemnisation #chômage #travailleurs_précaires


  • Indemnités critiquées

    Le titre du communiqué délivré fin juin par l’Office fédéral de la santé publique est plutôt rassurant : « Les personnes touchées par l’amiante devraient recevoir rapidement un soutien psychologique et financier. » Malgré cela, les représentants des victimes ne cachent pas leurs inquiétudes face aux travaux de la table ronde instituée par le Conseil fédéral (voir ci-dessous). Entretien avec François Iselin, participant aux discussions et membre du Comité d’aide et d’orientation aux victimes de l’amiante (www.caova.ch).

    http://www.lecourrier.ch/141252/indemnites_critiquees
    #amiante #victimes #indemnisation


  • Un geste pour les victimes polynésiennes du #nucléaire
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100716/un-geste-pour-les-victimes-polynesiennes-du-nucleaire

    Il y a cinquante ans exactement, le premier tir nucléaire français du Pacifique embrasait l’océan. La ministre de la santé #Marisol_Touraine a proposé mercredi une nouvelle version du décret d’indemnisation des victimes des essais. Sans satisfaire les associations de défense des Polynésiens.

    #France #Civen #indemnisation #Mururoa_et_Fangataufa_atolls #Polynésie


  • Comment l’Etat indemnise les #victimes des #attentats
    http://www.politique.net/2016050201-terrorisme-comment-etat-indemnise-victimes-attentats.htm

    Récemment, plusieurs victimes des attentats ont dénoncé le fonctionnement du fonds. Maryse Wolinski, la femme du dessinateur de Charlie Hebdo, a même saisi la justice. Au-delà du manque de communication, c’est l’opacité des critères d’#indemnisation retenus qui suscite la colère de familles de victimes. Maryse Wolinski, 72 ans, s’est vu proposer 45 000 euros au titre du préjudice d’affection et 17 000 euros de plus liés à la circonstance du terrorisme. Chloé Verlhac, 37 ans, deux enfants, s’est vu proposer la même somme. Est-ce normal ? De même, le journaliste de Charlie Hebdo, Laurent Léger, n’a pas touché la même somme qu’une autre personne alors que leur situation est identique.

    #inégalités, #arbitraire


  • Pôle emploi va tester une plateforme web pour les #chômeurs en « activité réduite » - L’Express L’Entreprise
    http://lentreprise.lexpress.fr/actualites/1/actualites/pole-emploi-va-tester-une-plateforme-web-pour-les-chomeurs-en-a

    #Pôle emploi va expérimenter à partir de juin une plateforme en ligne pour aider les demandeurs d’emploi en « #activité_réduite_subie » à travailler davantage, selon un document dont l’AFP a obtenu copie mercredi. L’expérimentation, prévue de juin 2016 à la fin janvier 2017, concernera, sur la base du volontariat, les « demandeurs d’emploi travaillant moins de 78 heures par mois et recherchant un emploi à temps plein », selon la présentation transmise aux syndicats de l’opérateur. "Environ 21.000 demandeurs d’emploi (seront) potentiellement concernés" dans « 31 agences » (3 à 4 agents volontaires par agence) de « six régions » tests : Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Bretagne, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Auvergne-Rhône-Alpes, Martinique. 
    Une « offre de service adaptée » leur sera proposée via une plateforme baptisée « pole-talents.fr », pour « simplifier leur accès à un ou des compléments d’activité » et « augmenter (leur) nombre d’heures de travail ». Le site donnera accès à un moteur de recherche d’emploi, à un « réseau collaboratif » pour faciliter la mise en relation de demandeurs aux profils similaires, à un « annuaire de services spécialisés » pour les demandeurs d’emploi en activité réduite, et à un « simulateur » permettant d’estimer l’impact de la reprise d’activité sur son indemnisation. [ça alors ! ndc]

    Toute entrée dans le dispositif sera précédée par un « diagnostic » réalisé par un conseiller pour « vérifier » l’autonomie des demandeurs d’emploi « dans l’usage des services numériques ». Le cas échéant, les « demandeurs d’emploi non autonomes » bénéficieront d’une formation « en agence » à l’utilisation de la plateforme. Un rapport d’évaluation de l’expérimentation est prévu pour « fin avril 2017 ». 

    Fin février, 1,87 million d’inscrits à Pôle emploi exerçaient une activité réduite, soit un tiers des 5,46 millions de demandeurs d’emploi de métropole. Parmi eux, 706.400 avaient travaillé moins de 78 heures au cours du mois, dont 62% de femmes .

    #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit #indemnisation


  • #allocations_chômage : la #France cherche des idées en Europe
    http://fr.myeurop.info/2016/02/09/allocations-ch-mage-la-france-cherche-des-id-es-en-europe-14478

    Daniel Vigneron

    Le gouvernement entend peser sur la négociation de la nouvelle convention Unedic. Et réformer un régime d’indemnisation généreux qui s’endette de plus en plus. Plusieurs pays européens l’ont fait en mettant l’accent sur la #formation.

    A défaut d’inverser la courbe du chômage, le gouvernement compte bien enrayer la montée inexorable du déficit de l’assurance chômage qui atteint d&eacut lire la suite

    #EUROFOCUS #Allemagne #Belgique #Espagne #Italie #Royaume-Uni #Suisse #chomage #chômeurs #dégressivité #indemnisation_du_chomâge #ouverture_des_droits #partenaires_sociaux #RFI #taux_de_remplacement #Unédic


  • Le gouvernement demande un « effort » à « court terme » pour pérenniser l’assurance chômage - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2016/02/02/le-gouvernement-demande-un-effort-a-court-terme-pour-perenniser-l-assuran

    Dans un rapport, le gouvernement envisage des économies en actionnant trois leviers : le taux de contribution des salariés et des employeurs, la durée d’indemnisation et le niveau des allocations.

    Un « effort raisonnable » est indispensable « à court terme » pour assurer la pérennité de l’#assurance_chômage, estime le #gouvernement dans un rapport dont l’AFP a obtenu copie mardi, qui chiffre plusieurs pistes d’économies, à l’approche d’une renégociation des règles d’indemnisation par les partenaires sociaux. « En l’absence d’efforts raisonnables à court terme, la pérennité du régime d’assurance chômage pourrait être remise en cause » [ assurée par un décret et non par la négociation des partenaires "sociaux", ndc] , écrit le gouvernement dans le rapport transmis le 20 janvier à la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale. (...)

    Le ministre du Budget Christian Eckert tablait en octobre, devant l’Assemblée nationale, sur « 800 millions de nouvelles économies dans le champ de l’assurance chômage », admettant toutefois que ce chiffre restait « à confirmer en fonction de l’évolution de la négociation ». Dans son rapport, le gouvernement met en avant plusieurs « mesures susceptibles de contribuer à atteindre l’équilibre financier à moyen terme ».

    Jusqu’à 2 600 euros de perte par an pour 406 000 allocataires

    Il chiffre - « dans une seule visée illustrative », assure-t-il - les économies envisageables en actionnant trois leviers : le taux de contribution des salariés et des employeurs, la durée d’indemnisation et le niveau des allocations.

    Par exemple, diminuer de 100 jours la durée maximale d’indemnisation pour tous les allocataires permettrait d’économiser 1,1 milliard d’euros. L’effort pèserait sur 406 000 allocataires, qui perdraient chacun 2 600 euros par an.

    Autre exemple, passer à un ratio de 0,9 jour indemnisé pour un jour cotisé, au lieu de 1=1 , ferait économiser 900 millions d’euros, répartis entre 947 000 allocataires (900 euros/personne).

    Concernant le niveau de l’allocation, abaisser le plancher d’indemnisation de 57% à 49% de l’ancien salaire brut rapporterait un milliard d’euros au régime, en affectant 1,28 million d’allocataires (800 euros/personne).

    Autres coup de ciseaux possibles, la dégressivité, au bout de 6 mois, d’un an ? voir
    http://seenthis.net/messages/451542

    #Unedic #dette #austérité #précarisation


  • La Cour des comptes préconise de réduire l’indemnisation des chômeurs, Derek Perrotte
    http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021628923787-chomage-la-cour-des-comptes-suggere-de-baisser-les-allocations

    François Hollande a souligné dans son discours ce lundi que la durée d’indemnisation «  est la plus longue d’Europe  ». (...)
    La Cour recommande dès lors de rogner sur les #allocations : alors qu’un #chômeur célibataire sans enfant touche en moyenne 70% de son ancien #salaire net, «  une diminution d’un point  » de ce taux «  représenterait une #économie de 422 millions d’euros  ». Elle souligne que de fortes économies sont aussi possibles en revenant sur le principe «  un jour cotisé/un jour indemnisé  » en place depuis 2009 : passer à un ratio de 0,9 rapporterait 1,2 milliard d’euros par an. Autre recommandation : passer de 50 à 55 ans l’âge à partir duquel un chômeur peut prétendre à 36 mois d’indemnisation (contre 24 mois pour les plus jeunes), une mesure qui économiserait 450 millions d’euros.
    Côté recettes, le rapport pointe que le taux de cotisation est «  inchangé depuis 2007  » et que 0,1 point supplémentaire rapporterait 500 millions par an. Dans sa ligne de mire, on retrouve aussi le mécanisme d’activité réduite (chômeurs travaillant en partie dans le mois), au «  coût élevé  » et qui peut «  installer les salariés de certains secteurs dans la #précarité . »
    Interrogé sur une éventuelle baisse de l’#indemnisation, le ministère du Travail répond que «  l’#Unédic est du ressort des partenaires sociaux ; le gouvernement n’intervient pas dans la négociation  ». Sauf l’Elysée apparemment.

    http://www.unedic.org/sites/default/files/cour_des_comptes_observations_definitives_gestion_ac2008-2014.pdf

    Les membres de la cour des comptes reçoivent des salaires de 8000 à 12 000 € par mois.

    Chômage : les défis de Hollande en cinq graphiques
    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/01/18/le-chomage-et-hollande-en-cinq-graphiques_4849358_4355770.html

    François Hollande est dos au mur. Le président de la République a conditionné une nouvelle candidature en 2017 à l’« inversion de la courbe du chômage ».

    Emploi : le plan de la dernière chance pour Hollande
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/18/emploi-le-plan-de-la-derniere-chance_4849035_3234.html

    500  000 #formations "supplémentaires", relance de l’apprentissage
    Soutenir l’#emploi dans les PME
    «  Toute #entreprise de moins de deux cent cinquante salariés qui recrutera un salarié payé entre 1 et 1,3 smic en CDI ou en CDD de six mois et plus se verra compenser l’ensemble de ses cotisations sociales, assure le chef de l’Etat. Concrètement, cela signifie que l’Etat prendra à son compte la totalité des prélèvements sociaux, ce qui représente une somme de 2  000  euros pour assurer effectivement zéro charge.  » Cette aide, accordée pour deux ans, sera mise en place tout de suite.

    Simplifier la rupture du contrat de travail
    (...) réforme des #prud’hommes, engagée par la loi «  croissance, activité et égalité des chances économiques   » d’août  2015, sera parachevée «  avec l’instauration d’un plafond pour les indemnités prononcées   ». (...) jusqu’au bout, on cherchera à réformer, même si cela ne plaît pas à tout le monde.

    #précarisation #guerre-aux_pauvres #assistance_aux_entreprises

    • Assurance chômage : « S’il n’y a pas d’accord entre partenaires sociaux, nous prendrons un décret » prévient El Khomri
      http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/assurance-chomage-s-il-n-y-pas-d-accord-entre-partenaires-sociaux-nous-p

      « C’est aux partenaires sociaux de mettre les voies et les moyens » pour « assurer la pérennité financières » de l’Unedic, en #déficit de 4 milliards d’euros..

      #sauver_le_régime #austérité

    • 35 heures, assurance chômage... les propos subliminaux de François Hollande
      http://www.latribune.fr/economie/france/35-heures-assurance-chomage-les-propos-subliminaux-de-francois-hollande-54

      ...la situation financière de l’Unedic. L’Institution perd environ quatre milliards d’euros supplémentaires chaque année. Et, à ce rythme, la #dette cumulée atteindrait 29,4 milliards d’euros fin 2016 et 35 milliards fin 2018, soit l’équivalent d’une année de #cotisation... Alors que les réserves de l’Unedic s’élèvent à environ 50 milliards d’euros.
      Or, les pouvoirs publics sont très préoccupés par la situation financière de l’Unedic. Et pour cause, son déficit est pris en compte pour apprécier le respect par la France des critères de Maastricht qui limite à 3% du PIB le #déficit_public d’un pays. Or, la France s’est engagée à être dans les clous fin 2017.

      (...)l’#Etat, qui apporte sa garantie financière à l’Unedic, a, in fine, le dernier mot puisque c’est le ministère du Travail qui doit agréer la convention. Il peut donc refuser cet #agrément si les règles arrêtées ne lui conviennent pas.

    • Pourquoi l’Assurance chômage intéresse tant le monde politique ? Jean-Christophe Chanut via @cie813
      http://www.latribune.fr/economie/france/pourquoi-l-assurance-chomage-interesse-tant-le-monde-politique-544708.html

      Depuis plusieurs semaines les déclarations se sont multipliées sur l’indemnisation des chômeurs. A commencer par François Hollande qui, lors de ses vœux aux « acteurs de l’entreprise et de l’emploi » a rappelé que la France avait les #durées d’indemnisation les plus longues en Europe... Le sous-entendu était très clair.
      Ce sont aussi le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, et le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen qui y sont allés de leurs petites phrases sur un régime qui devrait davantage inciter à la reprise de l’emploi.

      Assurance chômage : vers une baisse des allocations ?
      http://www.latribune.fr/economie/france/assurance-chomage-vers-une-baisses-des-allocations-542490.html

      A droite, Nicolas Sarkozy a aussi enjoint les partenaires sociaux à réduire le déficit de l’assurance chômage. Et s’ils n’y parviennent pas, l’ancien chef de l’Etat propose alors de confier à l’Etat, pour un temps du moins, la gestion de l’assurance chômage. Nicolas Sarkozy : "le FN, c’est le symptôme, la fièvre, pas le virus"
      http://www.latribune.fr/economie/france/nicolas-sarkozy-le-fn-c-est-le-symptome-la-fievre-pas-le-virus-536712.html

      La préparation des esprits joue donc à fond afin de mettre la pression sur les gestionnaires de l’Unedic. Mais, dans la réalité, qu’en est-il de l’état du régime. Tour d’horizon. (...)

      Un système trop généreux ?

      Beaucoup de fantasmes circulent sur l’indemnisation des demandeurs d’emploi. D’abord, il est important de préciser que seule une minorité de demandeurs d’emploi sont indemnisés. Selon les dernières données connues de la Dares (service statistiques du ministère du Travail), qui portent sur le mois de septembre 2015, 39,9% des demandeurs d’emploi en catégories « A,B,C,D,E » sont indemnisés par l’assurance chômage (hors allocation de formation) et 8% le sont au titre du régime de solidarité nationale (par exemple, les titulaires de l’allocation de solidarité spécifique, l’ASS), après avoir épuisé tous leurs droits à l’assurance chômage... Une minorité donc.

      Quant au #montant moyen de l’allocation perçue, il atteint 1.057 euros net par mois à la fin 2014 (dernières données connues). Dans le détail, 99% des demandeurs d’emploi indemnisés perçoivent moins de 3.872 euros brut par mois, 95% moins de 2.079 euros et 50% moins de 1.031 euros. Quant à la fameuse allocation maximale de 7.183 euros brut par mois, elle est perçue par... 1.440 allocataires, soit 0,04% des bénéficiaires. Les allocataires concernés sont des personnes qui percevaient un salaire d’au moins 12.516 euros bruts par mois en 2014. Et ils ont droit à une allocation égale à 57% de leur ancien salaire (dans la limite de ces 12.516 euros). (...) La question du #plafond de l’allocation, [et les #cotisations ?]

      Les effets pervers des droits rechargeables

      Toute période travaillée par un demandeur d’emploi avant l’épuisement de ses allocations allonge la durée de ses droits à l’Assurance chômage, si la perte de ce nouvel emploi n’est pas volontaire. C’est ce que l’on appelle "les #droits_rechargeables". Il faut cependant avoir au moins travaillé 150 heures sur l’ensemble de la période d’indemnisation. Si cette condition est remplie, une fois tous les droits initiaux du demandeur d’emploi utilisés, et seulement à ce moment-là, il va être effectué un « rechargement » des droits qu’il a acquis en travaillant pendant la période d’indemnisation. Ce « rechargement » lui ouvre de nouveaux droits, c’est-à-dire une allocation d’un nouveau montant pour une nouvelle durée qui sera calculée sur la base des activités reprises.

      Alors certes, le système est ingénieux car il incite les demandeurs d’emploi à reprendre une activité. Mais il a un effet pervers : il pousse les employeurs à multiplier les contrats courts. De fait, les entreprises, avec la complicité en général subie des salariés, ont très bien compris qu’elles pouvaient optimiser leur gestion du personnel peu qualifié en se défaussant sur l’assurance chômage. En d’autres termes, elles utilisent cette main d’œuvre sur des plages horaires les plus courtes possibles, via des CDD très courts puis s’en délestent... puis réembauchent en CDD court quand elles en ont de nouveau le besoin. Pour preuve, selon une note du Conseil d’analyse économique, 70% des embauches en contrat court... sont des réembauches chez un ancien employeur .

    • Engouement du gouvernement pour la réforme de l’assurance-chômage
      http://www.lejdd.fr/Politique/petits-calculs-Le-soudain-engouement-du-gouvernement-pour-la-reforme-de-l-assu

      Bercy a prévu, avant même de connaître l’issue de la négociation, que l’assurance-chômage (Unedic) devait économiser 800 millions d’euros cette année. Ou plus précisément sur les six derniers mois, puisque la nouvelle convention doit entrer en vigueur au 1er juillet. Cette somme - élevée pour une période si courte - est inscrite dans la programmation budgétaire du pays, transmise à Bruxelles. Elle doit contribuer à réduire le déficit public à 3,3% du PIB, après 3,8% (sans doute un peu moins) estimés pour 2015, objectifs à tenir sous peine de sanction de nos partenaires de l’UE. Autrement dit, la fameuse barre des 3% serait à portée de main avant la présidentielle, si tant est que les partenaires sociaux y mettaient un peu d’ardeur. Les pressions du gouvernement s’expliquent : il existe un risque que les négociateurs attendent le retour de la croissance ou un changement de majorité pour agir sur les comptes, voire se déchirent sans aboutir, reportant de facto l’atteinte des 3%.

      Or, faute d’inversion de la courbe du chômage, les économies à l’Unedic ne peuvent venir que d’un tour de vis.

    • Alexandre Saubot (Medef) élu président de l’Unédic
      http://www.boursorama.com/actualites/assurance-chomage-alexandre-saubot-medef-elu-president-de-l-unedic-96400

      Polytechnicien passé par les directions de l’Armement et du Trésor, par le ministère de la Culture et par le groupe bancaire Natexis Banques populaires (devenu Natixis), M. Saubot dirige depuis 2000 le groupe Haulotte, fabricant de nacelles élévatrices et de chariots télescopiques basé dans la Loire.

    • El Khomri n’exclut pas la possibilité d’une dégressivité des allocations chômage
      http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021662195308-el-khomri-nexclut-pas-la-possibilite-dune-degressivite-des-all

      Elle a par ailleurs précisé que le gouvernement « prendrait ses responsabilités » en l’absence d’accord entre partenaires sociaux. « Si les partenaires sociaux n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la nouvelle convention de l’assurance chômage , le gouvernement prendra ses responsabilités et évoquera toutes les pistes, nous prendrons un #décret », a déclaré la ministre, interrogée sur la possibilité de réintroduire la dégressivité des allocations chômage.
      « La dégressivité avait été mise en oeuvre de 1992 à 2001, elle n’a pas montré, d’après les études, que ça avait joué un rôle sur les personnes les plus en difficulté [?!!, #wtf, ndc] . Il faut regarder les choses de façon non passionnée et mettre en oeuvre cette nouvelle convention pour favoriser le retour à l’emploi », a-t-elle poursuivi.

      Leurs « négociations » débuteraient le 22 février.

    • Dégressivité de l’assurance chômage > « Une piste » étudiée par le gouvernement, selon Michel Sapin
      https://twitter.com/itele/status/694157330535985153

      Si je vous dit, je suis plus efficace, j’apporte plus d’éléments pour former le chômeur, que j’apporte plus de chances de retrouver plus vite un emploi, je pense que tout le monde est gagnant (...), si vous êtes dans la dégressivité d’un côté, vous devez être dans l’ augmentation des droits à la formation, des droits à la reprise de l’emploi (...) tout est possible [comme disait lUMP...], on peut très bien imaginer qu’entre un an et deux ans [d’indemnisation]..., en fonctions des situations, des personnes, des âges, bref, il y a plein d’éléments qui peuvent être discutés par les partenaires sociaux, et je souhaite que ce soient les partenaires sociaux qui trouvent un accord, ils l’ont toujours trouvé jusqu’à présent.

      En ital les carottes rhétoriques, en gras le nouveau droit de/à l’employabilité...
      Plus, plus vite, gagnant, des ficelles dignes de la harangue d’un camelot sur le marché.
      #crapule

    • La justification principale énoncée publiquement - car on ne dit pas que la France s’est engagé à réduire son déficit public dans lequel figure celui d’une Unedic aux comptes plombés par le chômage de masse, les dégrèvements de cotisations et, plus structurellement, par un financement exclusivement gagé sur le volume horaire d’emploi - c’est "pour mobiliser plus de moyens sur la formation des chômeurs" (13/1/16, Jean-Marie Le Guen).

      Après avoir contribué à payer le CICE pour assister les entreprises (TVA, pas de hausse du RSA, etc.), les chômeurs et précaires vont donc devoir payer des formations dont la principale vertu sera de les rendre invisibles (passage en catégorie D).

      Le plan de formation de 500 000 chômeurs
      http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/01/05/formation-de-500-000-chomeurs-le-plan-de-francois-hollande-suscite-des-inter

      Il y n’a actuellement que 280 000 chômeurs en catégorie D ( dispensés de recherche d’emploi, exclue des chiffres du chômage annoncés rituellement).

    • Dégressivité des allocations chômage : le gouvernement « lutte contre les chômeurs », Philippot, FN
      http://www.lepoint.fr/bourse/degressivite-des-allocations-chomage-le-gouvernement-lutte-contre-les-chomeu

      Florian Philippot, l’un des vice-présidents du FN, a estimé mardi que la dégressivité des allocations chômage envisagée par le gouvernement, d’après plusieurs ministres, prouvait que celui-ci « lutte contre les chômeurs » plutôt que contre le chômage.
      « Cette dégressivité a existé en France, entre 1992 et 2001, elle n’a eu aucun effet, ça a été prouvé par des études de l’Insee je crois, ça n’a eu aucun impact sur l’emploi », a jugé l’eurodéputé.
      Au Front national, « on ne pense pas qu’il faille taper sur les chômeurs (...) Oui, il y a des fraudeurs, il faut lutter de manière plus générale activement contre les fraudeurs. Mais moi, je sépare le bon grain de l’ivraie, je veux pas mettre tout le monde dans le même sac. L’immense majorité des chômeurs, s’ils n’ont pas de boulot, c’est qu’il n’y a pas de boulot et ils en cherchent »(...).


  • Royaume-Uni Le coût social du plein-emploi
    http://www.lesechos.fr/journal20151109/lec1_france/021456488439-royaume-uni-le-cout-social-du-plein-emploi-1173502.php#

    Le Royaume-Uni a presque retrouvé son bas niveau de #chômage d’avant la crise. Mais le nombre de #travailleurs_pauvres y explose.

    Le redressement est spectaculaire : très touché par la crise eu égard au rôle essentiel joué par les services financiers dans son économie, le Royaume-Uni a vu son taux de chômage bondir de 5,3 % en 2007 à 8,2 % en 2011… avant de retomber à 5,5 % cet été. Des résultats obtenus au forceps : l’arrivée en 2010 du gouvernement conservateur de David Cameron s’est accompagnée de lourdes réformes structurelles imposées malgré la forte opposition des syndicats, comme une refonte du droit du licenciement plafonnant à un an de salaire les indemnités pour renvoi abusif. Une forte pression a aussi été exercée sur les #chômeurs de longue durée : ils doivent suivre toute formation qui leur est prescrite par un Jobcentre ou encore effectuer des travaux d’intérêt général pour ne pas perdre leur #indemnisation. Le service public de l’emploi s’est en outre largement appuyé sur des prestataires extérieurs privés, payés en fonction du nombre de chômeurs à qui ils arrivent à trouver un emploi.

    Mais ce miracle anglais a un coût social. Portée aussi par le redressement de son économie et par la baisse de l’impôt sur la société, la nette reprise de l’emploi s’est faite au prix d’une précarité de plus en plus marquée, symbolisée par l’explosion des #contrats_« zéro_heure »

    Productivité en baisse

    En place bien avant la crise et initialement destiné à faciliter le #travail ponctuel d’#étudiants ou de #retraités, ce contrat offre une extrême flexibilité à l’employeur, qui peut mobiliser ces #salariés au gré de ses besoins sans avoir à leur garantir de durée minimale de travail. Le nombre de salariés sous ce contrat a triplé en trois ans, de 250.000 en 2012 à 750.000 aujourd’hui, surtout dans l’hôtellerie-restauration et les services à la personne. Ils travaillent en moyenne 25 heures par semaine.

    Au final, le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) souligne ainsi que « les bonnes performances du marché de l’emploi ont eu pour contrepartie une stagnation, voire une diminution de la productivité » et un « accroissement » du nombre de travailleurs pauvres (près de 5 millions) et du « sous-emploi subi ». Au risque, prévient-il, que le creusement des inégalités en résultant soit « accentué par la diminution annoncée des aides sociales, de nature à fragiliser à terme la pérennité du modèle social britannique ».

    D. P., Les Echos

    #plein-emploi_précaire #blairisme_continué

    • Pour mémoire : Plein emploi jospinien, le turbin sans les talbins, CARGO, 1999
      http://www.ac.eu.org/spip.php?article479

      Le plein emploi de papa, c’était, soit la version hard : les femmes à l’usine d’armement et les hommes au front, les camps de rééducation par le travail ou les porteurs de lunettes dans les rizières, histoire de leur apprendre ce qu’être productif voulait dire... soit la version soft, où les charmes de la production en série de bagnoles et autres merveilles interchangeables fabriquées en masse permettaient à un fordisme défunt d’assurer au plus grand nombre la garantie de perdre sa vie à la gagner... Mais, le règne dictatorial du « one best way » taylorien qui depuis l’entreprise organisait la société a vécu. Aux grèves sauvages, au turn over incontrôlable, à la fuite hors de l’usine, opposés par le travail à l’exploitation, le capital répond depuis 25 ans par l’imposition d’une discipline hors de l’usine. Cette discipline hors les murs touche directement toute la société pour retourner le contrôle de la mobilité au profit du capital. Le salaire n’est plus un investissement nécessaire à la massification de la consommation et à la croissance des profits mais un pur moyen de #contrôle.

      Le plein emploi d’aujourd’hui, celui que nous annonce Lionel Jospin pour dans dix ans, est donc tout différent de celui d’hier : c’est celui vers lequel tendent les Etats-Unis avec leur 4 % de chômage et leur 2 % de population active derrière les barreaux ; c’est celui du glissement progressif vers le workfare, c’est-à-dire l’obligation de travailler lorsqu’on dépend des superbes allocations généreusement versées par les social-démocraties européennes, en France en Allemagne, en Grande-Bretagne... c’est la société rêvée où des millions de salariés pauvres « working poors » misérablement payés à accomplir des tâches inutiles ou nuisibles, n’auraient plus l’outrecuidance d’alourdir les chiffres du chômage et, partant, le scintillant bilan gouvernement de la gauche plurielle.


  • Enzo Cormann met en scène le chômage et l’exclusion : lucide et efficace
    http://www.leprogres.fr/sortir/2015/10/13/enzo-cormann-met-en-scene-le-chomage-et-l-exclusion-lucide-et-efficace

    Ingénieur de 54 ans, radié du dispositif d’#indemnisation par décision du #manager de Job Store, Gérard Smec est mort. Comment ? La pièce nous le dira, dans un flash-back sombre, dans une descente aux enfers, qui fait écho à la situation des centaines de milliers de #chômeurs de longue durée.

    On découvre un marché ignoble où ce cadre échange sa compagne contre une arme, son irruption dans l’ex-ANPE et la prise d’otages qui se termine en fiasco par une balle dans la tête. Dans « Hors jeu », librement inspiré par un fait divers qui s’est déroulé en Allemagne, le dramaturge lyonnais Enzo Cormann ne prend pas de gants. Il brosse au fusain la solitude, l’exclusion et la violence nourrie par le désespoir.


  • Loi Rebsamen : Le régime des intermittents est-il vraiment « sanctuarisé » ?
    http://blogs.mediapart.fr/blog/mathieu-gregoire/130715/loi-rebsamen-le-regime-des-intermittents-est-il-vraiment-sanctuarise

    L’idée en était simple : il s’agissait de « cadrer le cadrage » en affirmant que les dépenses liées à l’#indemnisation des #intermittents devaient suivre la trajectoire des dépenses du régime général. Si des efforts étaient demandés à tous, les intermittents devaient y contribuer à même proportion. Autrement dit, cet amendement rééquilibrait un peu le projet de loi en y instillant une dose de #solidarité dans ce schéma général d’autonomisation du régime des intermittents du reste de l’assurance #chômage. Il visait à prévenir le danger d’un glissement de l’indemnisation des intermittents vers un régime spécial. Ce faisant, il évitait deux écueils symétriques. D’une part, il empêchait que les intermittents servent de variable d’ajustement des comptes de l’Unedic. Autrement dit, il visait à empêcher qu’on sacrifie les intermittents et qu’on les prenne comme boucs émissaires comme c’est trop souvent le cas lorsqu’on les stigmatise comme des privilégiés qui se nourrissent sur le dos des autres chômeurs. Mais, d’autre part, cet amendement empêchait aussi une désolidarisation inverse toujours possible : celle d’un achat de la paix sociale par la préservation de droits corporatistes en cas de réforme d’ampleur des droits des chômeurs. Ne rien toucher au « régime spécial » des intermittents permettrait en effet d’attaquer les droits des chômeurs du régime général ou ceux des intérimaires dans une relative sérénité politique et sociale dans la mesure où les intermittents constituent l’essentiel des forces de contestation possibles. Les régimes spéciaux pour les salariés turbulents – on le sait bien avec les retraites des cheminots – ont cet immense avantage politique qu’on peut tour à tour les stigmatiser comme des privilèges indus, et les préserver lorsqu’il s’agit de réformer le régime général sans faire de vagues.


  • « Le statut de demain, c’est celui d’intermittent du spectacle », Jacques Attali
    http://www.marianne.net/jacques-attali-statut-demain-c-est-celui-intermittent-du-spectacle-1002348

    l’économiste qui estime que l’on va vers une "uberisation" générale du #travail propose d’appliquer le régime des #intermittents du spectacle à tous les #travailleurs. (...) ’il s’agirait « de devenir #entrepreneur de [sa] propre vie. » Voilà qui est joliment dit, ça donne envie... Et qui colle à l’individualisme forcené, mâtiné de bouddhisme, qu’il prône désormais dans ses livres.

    Comment ça les uber-entrepreneurs de demain risquent d’être aussi #sous-payés qu’ils le sont aujourd’hui ? Travailleront pour des entreprises qui n’aiment guère l’impôt ? Seront au final peu couverts ? Pas d’inquiétude, encore une fois, puisque leur protection sera basée, selon Jacques Attali, sur le régime des intermittents du spectacle. « Le statut de demain, explique-t-il, c’est le statut d’intermittent du spectacle. » Rendez-vous compte : fini l’ennui, le burn-out, la crainte du licenciement et du #chômage, les plans de sauvegarde de l’emploi... La voie ouverte au choix, à « l’expérience », au travail à la carte ! Des lendemains qui chantent, qu’on vous dit !

    Quelqu’un peut-il informer Jacques Attali qu’obtenir un travail sous ce régime relève souvent aujourdh’ui de la gageure ? On le voit bien : sur les 254 000 personnes soumises au régime des intermittents du spectacle en 2011, seuls 108 000 (soit moins de la moitié) avaient réussi à toucher une #indemnisation, basée sur un temps de travail minimal de 507 heures. Des chiffres qui trahissent une grande #précarité bien moins alléchante que l’entreprenariat « de sa propre vie » vendu par Jacques Attali…