• Le Tribunal administratif fédéral conteste la #présomption_d'innocence en cas d’exclusion de l’asile

    Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) peut refuser l’asile à une personne qui ne se distancie pas de manière reconnaissable et crédible de l’#idéologie, des objectifs et des moyens des #groupements_radicaux.

    C’est la conclusion à laquelle parvient le Tribunal administratif fédéral (#TAF) dans son #arrêt de principe (E-2412-2014) du 25 septembre 2018. Celui-ci fait référence à la situation d’un ressortissant kurde de #Turquie qui a déposé une demande d’asile en Suisse en 2012. Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) avait alors reconnu le statut de réfugié à l’intéressé, qui affirmait être victime de persécutions politiques. Il lui avait toutefois refusé l’asile du fait de son appartenance présumée à l’organisation secrète « #Komalen_Ciwan », ainsi que sa participation à une réunion du groupement affilié au Parti des travailleurs-euses du Kurdistan (PKK). Selon les juges du TAF, l’homme aurait dû se distancer clairement de cette organisation afin d’écarter la présomption quant à l’exercice d’une #activité_illicite de nature à compromettre la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse. C’est parce qu’il n’y est pas parvenu que le SEM avait refusé de lui octroyer l’asile pour cause d’indignité. L’appréciation du SEM se fonde sur les informations du Service de renseignement de la Confédération (SRC), indiquant l’appartenance présumée de l’intéressé au groupement « Komalen Ciwan », auteur ou partisan d’actes terroristes et violents.
    Une présomption réelle suffit à entraîner l’exclusion de l’asile pour indignité

    L’intéressé a fait recours auprès du TAF contre la décision du SEM, arguant que le SEM ne disposait d’aucune preuve concrète d’activités pour le « Komalen Ciwan ». Par ailleurs, il n’aurait participé qu’à des manifestations pacifiques et culturelles. Bien que sympathisant des idéaux du PKK, il ne pouvait pas s’imaginer participer à des actions armées ou violentes du PKK ou des groupements affiliés.

    Le TAF a rejeté le recours du plaignant. Il a toutefois confirmé que l’homme ne pouvait pas être accusé d’une infraction pénale. D’après les informations du SRC, il aurait été établi que l’intéressé avait participé à un événement organisé par le « Komalen Ciwan » et qu’il entretenait des contacts concrets avec des membres du PKK. Combiné au refus de l’homme de se distancer de manière suffisante et crédible de l’organisation, cela permettait de poser une présomption de fait quant à l’exercice d’une activité au sein de l’organisation de nature à ce que sa présence en Suisse compromette la sûreté intérieure ou extérieure du pays.

    Dans son arrêt, le TAF a confirmé le refus d’octroi du droit d’asile pour cause d’indignité. L’expulsion n’étant pas autorisée sur la base de l’exigence de non-refoulement, l’intéressé a été admis à titre provisoire.

    Indignité en matière d’asile

    Selon la Convention relative au statut des réfugiés (Convention de Genève), la qualité de réfugié-e s’applique à toute personne exposée à de sérieux préjudices ou craignant à juste titre de l’être en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques.

    Généralement, la reconnaissance du statut de réfugié-e conduit à l’octroi de l’asile. La législation suisse en la matière prévoit toutefois deux raisons principales pour lesquelles une personne se verra refuser l’asile, même si elle est reconnue comme réfugiée.
    Refus de l’asile après avoir commis un délit

    Le premier motif d’exclusion est la commission d’actes répréhensibles en Suisse ou à l’étranger (art. 53 al. a LAsi) passibles d’une peine privative de liberté de plus de trois ans. Cela inclue notamment les homicides, les lésions corporelles graves, les infractions contre le patrimoine comme le vol, la rapine ou la fraude, mais aussi les atteintes à la liberté sexuelle et à l’honneur, ou le trafic de stupéfiants. L’affiliation au PKK ne constitue pas un acte répréhensible et ne peut donc pas entraîner le refus d’une demande d’asile en vertu de l’article 53 al. a LAsi.
    Refus de l’asile pour atteinte à la sûreté

    L’affiliation présumée ou avérée au PKK ou à des groupements semblables est cependant pertinente au regard du second motif d’exclusion de l’asile. En sont en effet exclues les personnes réfugiées qui compromettent la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse (art. 53, al. b LAsi). Dans ce contexte, le terme de sûreté de l’Etat doit être compris dans un sens large. Cela concerne par exemple l’espionnage, le terrorisme ou, comme le déclare le TAF dans sa récente décision, l’appartenance présumée à des groupements considérés extrémistes. Or lorsque le SEM détermine si, en raison de son activité politique, une personne met en danger la sûreté de l’Etat, il lui revient également de prendre en compte le fait que les citoyen-ne-s étrangers-ères jouissent de droits fondamentaux, notamment les libertés d’expression et de réunion et que ceux-ci doivent être mis en pondération au cas par cas.

    Manuel Asile et retour. Article D9 Indignité
    Secrétariat d’Etat aux migrations (pdf, 16 p.)

    Octroi de l’asile vs admission provisoire

    Les personnes reconnues comme réfugiées auxquelles l’asile a été accordé obtiendront une autorisation de séjour (livret pour étrangers-ères B). Une autorisation d’établissement (livret C) pourra être demandée au terme d’un séjour ininterrompu de dix ans. En cas d’intégration « réussie », cela est déjà possible après cinq ans. Il en est tout autrement pour les personnes admises à titre provisoire uniquement. Elles obtiendront un livret F délivré pour une durée maximale de 12 mois renouvelables et leur statut sera marqué par une grande précarité. (Voir notre article : Toute une vie dans le provisoire : un rapport dénonce les effets pervers du permis F)
    Décision critiquée

    L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) dénonce un arrêt qui « ébranle les fondements du droit d’asile ». Le TAF placerait des « considérations sécuritaires qui relèvent de l’hypothèse » au-dessus du droit à la protection contre les persécutions et la violence.

    L’hebdomadaire Wochenzeitung (WOZ) dénonce quant à lui cet arrêt qui conduit à une « inversion de la présomption d’innocence », étant donné que la demande d’asile avait été rejetée sur la base d’une présomption de fait sans qu’aucun comportement criminel n’ait pu être prouvé. De surcroît, il pourrait devenir plus difficile pour les kurdes qui ont fui la région en conflit entre la Turquie et la Syrie d’obtenir l’asile en Suisse.

    https://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-suisse/interieure/asile/jurisprudence/tribunal-federal-asile-presomption-innocence
    #asile #migrations #réfugiés #Suisse #droit_d'asile #PKK #indignité #justice #Kurdes
    ping @isskein

    • L’arrêt sur les Kurdes ébranle les fondements du droit d’asile

      Le Tribunal administratif fédéral (TAF) a rendu un arrêt de principe, concernant un Kurde requérant d’asile de Turquie, qui crée de la méfiance envers chaque réfugié-e persécuté-e en raison de ses #convictions_politiques. Un simple contact présumé avec un sous-groupe du PKK ne devrait pas être déterminant pour soupçonner un innocent de risque pour la #sécurité_intérieure de la Suisse et l’exclure ainsi de l’asile. Le droit à la protection contre les persécutions et la violence doit rester prépondérant face aux considérations sécuritaires qui relèvent de l’hypothèse.

      https://www.osar.ch/medias/communiques-de-presse/2018/larret-sur-les-kurdes-ebranle-les-fondements-du-droit-dasile.html

    • Die Umkehr der Unschuldsvermutung

      Aufgrund einer Vermutung bekommt ein politisch Verfolgter kein Asyl. In einem Grundsatzurteil hat das Bundesverwaltungsgericht in St. Gallen am vergangenen Freitag einen Entscheid des Staatssekretariats für Migration (SEM) bestätigt. Dieses hatte vor vier Jahren das Asylgesuch eines Kurden abgelehnt, dem vorgeworfen wird, Mitglied einer verbotenen Untergrundorganisation der PKK zu sein.

      Die Begründung des Gerichts steht auf wackligen Beinen. Das SEM stützte sich auf Informationen des Nachrichtendienstes des Bundes, laut denen der Asylsuchende 2012 an einem Treffen der Geheimorganisation Komalen Ciwan in den Niederlanden teilgenommen habe. Nur: Konkrete strafrechtlich relevante Handlungen konnte ihm der Nachrichtendienst bis heute nicht nachweisen. Übrig blieb eine «tatsächliche Vermutung», der Beschuldigte gefährde durch Kontakte zur Organisation die «innere oder äussere Sicherheit der Schweiz».

      Die Schweizerische Flüchtlingshilfe (SFH) kritisiert den Entscheid. Das Urteil rüttle am «Fundament des Asylrechts», indem die Behörden «hypothetische Sicherheitsüberlegungen» höher gewichten würden als den Schutz vor Verfolgung und Gewalt, sagt Peter Meier, Leiter Asylpolitik der SFH. Das Urteil sei zudem ein Präzedenzfall: «Es stellt Flüchtlinge, die aufgrund ihrer politischen Überzeugungen verfolgt werden, unter Generalverdacht.» Gerade für KurdInnen aus der Konfliktregion zwischen Syrien und der Türkei dürfte es schwieriger werden, in der Schweiz Asyl zu erhalten. Hinzu komme, dass der Beschuldigte vor Gericht den Beweis erbringen musste, dass er keine terroristischen Absichten verfolge, wodurch die Unschuldsvermutung verletzt worden sei.

      Für Asylsuchende bedeutet das Urteil neue Hürden: Um Asyl zu erhalten, muss man glaubhaft machen, sich politisch gegen ein Regime engagiert zu haben. In der Schweiz wiederum muss man den Beweis erbringen, dass man zu diesen Widerstandsgruppen keinen Kontakt mehr hat, und sich glaubhaft von ihnen distanzieren.

      Das Urteil kann nicht ans Bundesgericht weitergezogen werden, weil in Asylfällen das Bundesverwaltungsgericht letztinstanzlich entscheidet. Aufgrund des Non-Refoulement-Prinzips wird der Kurde jedoch nicht in die Türkei ausgeschafft, da ihm dort Verfolgung droht. Er lebt damit als vorläufig Aufgenommener weiterhin in der Schweiz, verfügt mit diesem Status jedoch über weniger Rechte als ein anerkannter Asylsuchender.

      https://www.woz.ch/-9159


  • Campagne Tam-Tam | “On n’a pas de politique d’asile en Europe”
    https://asile.ch/2018/05/04/campagne-tam-tam-on-na-pas-de-politique-dasile-en-europe

    François Tulkens, ancienne juge à la Cour européenne des droits de l’homme pendant 14 ans, dénonce un accueil des personnes migrantes indigne en Europe. À travers l’écriture de lois spécifiques, Françoise Tulkens observe un démantèlement progressif de l’état de droit et une remise en cause de la justice. “Un État de sécurité est un État […]


  • #8 / Les centres de #rétention administrative : La programmation ordinaire de l’#indignité

    La production de la ville indigne relèverait de logiques différenciées. Au titre des premières prennent place le laisser-faire mais aussi l’inadaptation de réponses apportées à un problème – tel fut celui de « la jungle de Calais ». Au titre des secondes, figure la production d’un #urbanisme de déqualification que justifie la construction de la paix sociale à partir d’une gestion discriminante des #corps dans l’#espace dans un contexte socio-politique déterminé – tel fut le cas de l’urbanisme colonial en Afrique du Nord séparant colons et indigènes ou encore celui du réaménagement de l’opération alors inachevée de Drancy-la-Muette pour y séquestrer les juifs en attente de déportation (Baudouï, 1992). La production de l’inégalité de traitement des individus dans l’espace revêt de multiples formes relevant autant de la méconnaissance d’une situation que de l’intégration au plan institutionnel de représentations comportementales, raciales et xénophobes élevées au rang de normes sociétales. Bien que l’indignité soit de l’ordre du vécu et du ressenti, elle ne saurait recouvrir toutes les formes contemporaines de la marginalité. À la fois nid et cage, le #ghetto peut, par son #confinement, fonctionner comme lieu de protection des plus faibles. La construction de l’entre-soi protège aussi du regard de l’autre. Dans d’autres circonstances, l’#isolement dans une configuration spatiale et sociale de #pauvreté, la #relégation dans une #marginalité urbaine avancée, doublée du maintien d’une ouverture sur le monde extérieur qui, par effet retour, stigmatise le quartier où l’on vit, sont à même de susciter un sentiment d’#exclusion et d’indignité (Kokoreff, 2009).
    ...
    Dès l’arrivée de François Mitterrand à la Présidence de la République les conditions d’accès au titre de séjour et à l’asile politique sont assouplies. La loi du 29 octobre 1981 relative aux conditions d’entrée et de séjour des #étrangers en #France offre de nouvelles garanties de procédure pour les étrangers en situation d’#expulsion. Dans les faits, la procédure de rétention administrative est réaffirmée. Par décision du Premier ministre du 5 avril 1984 sont créés les centres et locaux de rétention administrative (CRA et LRA), placés sous la responsabilité de la direction générale de la police nationale et de la direction générale de la gendarmerie nationale. La loi du 17 juillet 1984 renforce le contrôle aux frontières pour lutter contre l’immigration clandestine et maintient le placement des étrangers à expulser en CRA et #LRA. Sous la présidence de François Mitterrand, les CRA passent de 1 en 1981 à 6 en 1995 ; sous Jacques Chirac de 7 en 1996 à 16 en 2007 ; sous Nicolas Sarkozy de 17 en 2007 à 21 en 2012. Ils sont aujourd’hui 26.


    http://www.revue-urbanites.fr/8-les-centres-de-retention-administrative-la-programmation-ordinaire
    #détention_administrative #asile #migrations #réfugiés #CRA #Vincennes


  • Après les attentats de Nice, l’oligarchie politicienne de tout bord se vautre dans l’abjection. Mais que Pierrick Tillet se rassure : il faudra plus que quelques sifflets et invectives pour faire rentrer ces sinistres personnages dans la niche d’où ils n’auraient jamais dû sortir.

    Le début de la fin : Valls hué à Nice pendant la cérémonie d’hommage aux victimes du 14 juillet - Chroniques du Yéti
    http://yetiblog.org/index.php?post/1916
    http://www.liberation.fr/france/2016/07/18/attentat-valls-conspue-a-nice-l-executif-contre-attaque-face-a-la-droite_ (pitoyable)

    #indignité_nationale #bouffons #abjection(s) #déchéance_de_nationalité (c’est celui qui le dit qui y est)


  • Le chômage et l’espérance de vie - lesirritantsdepoleemploi.net
    http://www.lesirritantsdepoleemploi.net/article-le-chomage-et-l-esperance-de-vie-125457663.html

    Le chômage tue : « Après un an d’inactivité, l’#espérance_de_vie diminue »

    INTERVIEW – Le nombre de #chômeurs sans activité a progressé de 5,7% sur l’année 2014. Un pourcentage inquiétant selon le psychiatre Michel Debout, qui alerte sur le risque de #traumatisme engendré par le chômage.

    En 2014, le chômage a fortement augmenté. Le nombre de chômeurs sans activité a progressé de 5,7% sur l’année. Le chômage de longue durée s’est lui aussi amplifié : le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi depuis plus d’un an a bondi de 9,3% en un an. Concernant les chômeurs inscrits depuis trois ans ou plus, la hausse atteint 19,1% sur un an. Pour le professeur Michel Debout, auteur avec Gérard Clavairoly de l’ouvrage "le traumatisme du chômage - Alerte sur la santé de 5 millions de personnes (Éditions de l’Atelier, janvier 2015), le chômage est un problème de #santé publique.

    Qui dit chômage, dit forcément problème de santé ?
    Non, il ne s’agit pas de dire que tous les chômeurs sont malades. En revanche, on peut parler de risque sur la santé. La perte d’emploi peut constituer – ce n’est pas automatique – un psycho-traumatisme et engendrer un état de stress. Celui-ci se traduit par une perte d’appétit, de sommeil, d’irritabilité et autres signes d’anxiété et ainsi aboutit à une perte d’estime de soi. À tel point que l’augmentation du chômage est corrélée à l’augmentation du nombre de suicides.

    L’absence d’emploi peut-elle entraîner des pathologies autres que psychiques ?
    Oui, cet état anxieux peut aussi causer des maladies circulatoires (hypertension, infarctus), une chute des défenses immunitaires et des rechutes de maladies comme le cancer. Quand on est fragilisé par ce genre de situation, on est plus exposé au développement de pathologies. Résultat : après un an de chômage, les personnes sans emploi voient leur espérance de vie diminuer d’une année par rapport aux travailleurs.

    Quels sont les signes qui doivent alerter ?
    Le « syndrome de la robe de chambre » est un signe d’alerte. Quand les chômeurs ne prennent plus la peine de s’inscrire dans le quotidien, n’organisent plus leur journée, ne mangent plus à des horaires réguliers, ne sortent plus et se replient sur eux-mêmes, c’est qu’ils entrent dans une spirale qui les tire vers l’isolement et peut être mortifère. Idem quand on constate une augmentation du tabac ou de la boisson.

    Quelles solutions proposez-vous ?
    Aux chômeurs, je dis que ce n’est pas de leur faute, qu’il ne faut pas culpabiliser et qu’ils ne doivent pas s’isoler. Gardez du lien humain et social, en pratiquant par exemple une petite activité sportive, culturelle ou associative. Aux politiques, je suggère de rendre obligatoire un rendez-vous médical dans les deux-trois mois qui suivent la perte d’emploi. Ce serait l’équivalent du médecin du travail pour les chômeurs. Ils ne sont pas tous malades mais puisqu’il y a un risque il faut qu’il y ait prévention. On leur signifierait que leur santé intéresse la société entière et qu’on ne les abandonne pas .

    #médicalisation et #abandon

    • Le chômage n’est pas l’envers du travail mais l’un de ses moments.

      Le chômage tue 14 000 Français par an. Le Point
      http://www.lepoint.fr/emploi/le-chomage-tue-14-000-francais-par-an-04-02-2015-1902276_30.php

      Privé d’emploi, on boit, on fume et on mange plus. Les chômeurs sont ainsi confrontés à une #surmortalité qu’une très sérieuse étude met en lumière.

      Selon une étude, la mortalité des chômeurs est en effet trois fois supérieure à celle des travailleurs [car, c’est bien connu, les chômeurs ne sont pas des travailleurs, et que le travail, c’est la santé, ndc]

      L’étude est passée presque inaperçue. Il est vrai qu’elle est tombée au moment de la vague d’attentats sur Paris. Publiée dans la grande revue d’épidémiologie, International Archives of Occupational and Environmental Health (1), elle révèle que le chômage tue chaque année en France 14 000 personnes. Soit presque deux fois plus que les accidents de la route. Un chiffre #effrayant et totalement inédit.

      Pendant douze ans, les chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont suivi 6 000 Français âgés de 35 à 64 ans dans huit régions. Après avoir écarté tous les facteurs de risque et autres biais possibles, leurs conclusions sont sans appel : perdre son emploi fait chuter l’#espérance_de_vie ! La mortalité des chômeurs est en effet trois fois supérieure à celle des travailleurs. Non seulement les scientifiques ont découvert que les personnes sans emploi affichaient un taux de mortalité par suicide plus élevé que les actifs, mais aussi que la perte de travail favorisait l’apparition de pathologies cardiovasculaires. Les chômeurs ont ainsi un risque d’AVC et d’infarctus augmenté de 80 % par rapport aux actifs. Ils sont aussi plus nombreux à mourir de cancer. Le constat est identique chez les femmes ou les hommes.

      « La condition de chômeur induit des #conduites à #risque »

      Une hécatombe qui touche également de plein fouet les personnes socialement privilégiées, dont le profil socio-économique et le niveau d’études sont supérieurs à la moyenne, et ce, alors qu’elles prêtent naturellement plus attention à leur santé. « La condition de chômeur induit des conduites à risque, on fume plus, on boit plus, on mange plus déséquilibré, on voit donc apparaître hypertension, diabète et obésité, qui impactent la santé ; mais il existe un effet spécifique associé au chômage indépendant des autres facteurs de risque, souligne Pierre Meneton, chercheur en santé publique à l’Inserm. Une surmortalité que l’on n’explique pas bien, sans doute liée à la dimension psychologique du chômage, avec des phénomènes tels que la #dépression ou le manque de sommeil. » Comme l’écrivent les épidémiologistes, en conclusion de leur étude, « tuer des emplois [ sic , ndc] signifie tuer des gens, au sens figuré comme au sens propre ».

      (1) « Unenmployment is associated with high cardiovascular event rate and increased all-cause mortality inmiddle-aged socially privileged individuals », Pierre Meneton, Serge Hercberg, Joël Ménard, Int Arch Occup Environ Health, janvier 2014.

      #indignité #violence_auto_administrée #pauvreté #misère_existentielle_socialement_contruite #travail


  • Pour exister, l’#UMP déterre un symbole : le crime d’#indignité_nationale
    http://www.liberation.fr/politiques/2015/01/15/pour-exister-l-ump-deterre-un-symbole-le-crime-d-indignite-nationale_1181

    Pour se singulariser et tenter d’exister, sans écorner l’unité nationale qu’elle assure vouloir préserver, l’opposition a également proposé l’instauration pour les terroristes français d’un « crime d’indignité nationale assortie d’une peine de dégradation nationale emportant la privation des #droits civiques, civils et politiques ». Pas sûr que le gouvernement accepte de faire une priorité de cette mesure, à portée exclusivement symbolique.

    [...]

    Le crime d’indignité nationale avait été instauré en août 1944 par une ordonnance du Général de Gaulle. Il s’agissait de sanctionner les Français ayant commis des faits de collaboration avec les nazis entre le 16 juin 1940 et la Libération. Il pouvait s’agir « d’atteintes à la liberté des Français », de propagande ou de commerce avec l’ennemi. La condamnation s’accompagnait d’une privation de tous les droits civiques, civils et politiques. L’ordonnance du 26 août 1944 a été abrogée par la loi d’amnistie du 5 janvier 1951.


  • Je suis Didier Borgeaud (lanceur d’alerte en 1995 à Moussaron)

    Lettre ouverte aux dirigeants de cette famille, propriétaires, actionnaires et salariés de l’IME Moussaron.

    Une photo ne peut donner la vérité d’une #institution. Pour rendre visible une institution, il faut absolument photographier toutes ses strates, dans sa complexité, les différentes parties ne s’opposent pas. Les photos ou la vidéo à charge de 99 et des 2013 n’effacent pas la réalité des moments de joie des enfants et même des personnels. Pas plus d’ailleurs que les photos des petits bonheurs quotidiens (qu’à ma connaissance personne ne nie) ne peuvent faire oublier les moments indignes dont nous avons tous été témoins à nos différentes époques.
    La sincérité du discours sur le désir de bien faire, ne rend pas inopérante l’impossibilité de le faire dans des conditions matérielles indignes et déplorables… Simplement il y’a ceux et celles qui préfèrent ne voir que le bon côté (qui existe évidemment) et qui sont dans le déni quant à la #maltraitance et aux violences et il y a les autres, toujours moins nombreux, qui, malgré les bons côtés, ne peuvent fermer les yeux sur l’#indignité du traitement infligé et qui décident que l’un n’efface ni n’excuse l’autre. Il y a eu durant des décennies des enfants maltraités dans cette institution, pas tous, pas tout le temps, mais beaucoup et quotidiennement. Dire le contraire c’est mentir, il faut qu’il y ait sanctions, il faut que la justice passe, il faut que les Doazan, comme directeurs, assument la responsabilité des dérapages lourds parce que le poste et la fonction impliquent des obligations. C’est comme après l’apartheid, c’est dur, mais pour qu’il y ait pardon, il faut qu’il y ait reconnaissance et aveux. Pour que les familles pardonnent, il faudrait avoir conscience d’avoir échoué et sentir l’impérieux besoin de le reconnaitre, pour que je vous pardonne de m’avoir trainé dans la boue, il faudrait que vous ayez conscience que ce que vous m’avez fait était totalement injuste et pareil pour l’ensemble des lanceurs d’alertes. Faire ce chemin vous prendra du temps, vous préfèrerez sans doute rester dans le déni, mais c’est le seul chemin qui vaille pour que vous puissiez de nouveau vous sentir un homme qui assume. Voilà Monsieur Doazan je n’ai pas de haine, aucune, même du temps ou je travaillais pour vous, je vous trouvais plutôt agréable et de bonne compagnie. Il se trouve juste que, par faiblesse, par #cupidité, par aveuglement ou je ne sais pourquoi, vous avez imperceptiblement glissé vers un sentiment de toute-puissance, vous pensez peut être encore un peu que vous avez toujours eu raison, vous justifiez peut être encore un peu l’injustifiable. Vous savez que vous vous mentez à vous même. Il ne vous reste qu’une poignée de laquais qui ont peur de perdre leurs émoluments, quelques hypocrites qui ne savent pas encore où la balance penchera et d’autres qui comme vous se mentent en se concentrant sur les seuls bons moments.