• Une machine à fabriquer de l’impuissance - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Fabriquer-de-l-impuissance

    Retour sur la tournée #Égologie et les discussions intéressantes à ce sujet. cc @touti et @rastapopoulos et @sandburg même si les trucs les plus intéressants se sont passés dans des montagnes peuplées de chevelu·es.

    Dans une montagne un peu plus loin, une autre nous raconte son activité de conseillère conjugale de culture féministe. Nous sommes dans les Cévennes de l’illustre Pierre Rabhi et l’influence est palpable. Les femmes engagées dans des démarches écolo-spirituelles n’y sont pas plus qu’ailleurs, et pas plus que les autres, à l’abri de la violence masculine dans le couple. Sauf que celles-ci sont spécialement vulnérables, incapables de se dresser contre un compagnon qui les tient sous emprise ou exerce sur elles une violence économique ou matérielle. On leur a dit, répété, que chacun·e pouvait se prendre en main (1) et qu’il fallait arrêter de « toujours blâmer les autres ». Elles sont battues ? Ce n’est pas sa faute à lui, ce sont elles qui ont dû louper quelque chose. Et de stage d’une quelconque thérapie alternative en lecture d’un bouquin de Pierre Rabhi, elles sont incapables de reconnaître qu’elles ne sont pas responsables de la relation violente et incapables de s’enfuir, tout bêtement. Ça tombe bien, les autorités lorgnent sur les démarches de reconstruction du couple dans les cas de violence conjugale, ça coûte moins cher que de s’assurer qu’un foyer attend toutes les femmes battues, sans revenu ou sans tissu social solide (souvent conséquences de la maltraitance) quand elles arrivent à sortir des griffes de leur mec (2).

    Ainsi, un angle d’attaque qui promettait d’éviter l’impuissance (car nous ne savons pas encore comment éradiquer le patriarcat ni lutter contre cet envahissement par les substances toxiques que l’industrie et la recherche ne semblent pas vouloir arrêter d’inventer), finit en puissant outil d’acceptation de la saleté qui nous entoure. Les personnes en colère, les chieuses et les énervés ont offert plus de bataillons pour se battre contre l’abjection dans ce monde que les adeptes du développement personnel. Leur « négativité » est au fond plus prometteuse.

    Edit : finalement, je garde pour moi (et pour vous) cette histoire d’affiche inspirée par le bouquin.

    • Oui, ça a un peu dévié, cette histoire !

      Je ne peux pas acheter le Diplo ici et les Tumbler renvoient automatiquement vers un site « Internet positiv » (j’ai découvert ça hier en cherchant à visiter un Tumbler women and guns). Mais j’ai confiance en J-B Malet, dont j’ai lu l’excellent bouquin sur la tomate. (Peut-être que je ne suis pas d’accord avec tout mais c’est une idée, d’aller fouiner dans ce coin.)

      Pierre RABHI
      https://www.plumedecarotte.com/pierre-rabhi

      Paysan, essayiste et penseur, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agroécologie en France. Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous, et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers.

      Il est l’auteur d’une vingtaine de livres à succès, dont Vers la sobriété heureuse (Actes Sud), ou encore La puissance de la modération (Hozhoni) et La convergence des consciences (Le Passeur).

    • Sur toute la Terre, Amma usine son câlin standard avec une rigueur dans l’exécution des tâches que n’aurait pas reniée Frederick W. Taylor : ouverture des bras ; enveloppement de l’inconnu ; bercement de dix secondes ; remise à chaque être câliné d’un pétale de rose, d’une pomme ou d’un bonbon. Ces séances d’étreintes de masse se prolongent plusieurs heures durant.

      Au sein de l’immense espace de spectacle consacré au rituel, où chacun déambule pieds nus après l’étreinte, il est aisé d’observer que certains sont soudainement pris d’une forte émotion, sanglotent et parfois s’effondrent en larmes.

      Tu m’étonnes, après avoir attendu des heures au milieu de chants hypnotiques...

      « Beaucoup d’individus de nos sociétés modernes, profondément narcissiques, sont en quête permanente d’eux-mêmes. À l’approche d’Amma, un véritable processus d’idéalisation se met en place, observe, à quelques mètres de la gourou, la psychologue Élodie Bonetto. Amma, le “leader”, peut alors incarner l’idéal de l’individu, dont la dévotion s’explique le plus souvent par son désir d’être reconnu comme exceptionnel. Trois profils types se dégagent : l’adepte socioaffectif, en quête de réconfort et de sociabilité ; l’adepte utilitariste, en quête de réalisation de soi ; et l’adepte flexible, qui se situe entre les deux. »

      La meuf a l’air super fort !

      Selon la prolixe littérature d’ETW, Mme Amritanandamayi aurait eu la peau bleue à sa naissance, comme celle du dieu Krishna. Lors de sa mise au monde, Amma n’aurait ni pleuré ni crié, et se serait contentée d’un sourire. Capable de parler à l’âge de 6 mois, elle aurait également accompli plusieurs miracles, notamment en embrassant un cobra qui terrorisait son village natal. Face à des incrédules rationalistes, Amma aurait transformé de l’eau en lait. En léchant les plaies d’un lépreux, elle l’aurait guéri.

      guides de médecine ayurvédique proposant de soigner le cancer

      Aïe.

      Ces centaines de dévots de toutes nationalités suivent, à leurs frais, celle qu’ils nomment « la déesse » afin de pouvoir travailler bénévolement aux multiples tâches qu’implique une tournée internationale digne des plus grandes vedettes de l’industrie culturelle. Parmi eux, une surreprésentation de femmes célibataires sans emploi, prêtes à dormir à même le sol si leurs économies ou leurs minima sociaux ne leur permettent pas de s’offrir un hébergement.

      Justement, je ne savais pas quoi faire de ma vie.

      Rejoindre la tournée européenne coûte près de 1 500 euros aux volontaires qui souhaitent emprunter les autocars de l’organisation ; certains s’endettent pour pouvoir les payer. Ils sont alors vêtus intégralement de blanc, identifiés par un badge et considérés comme des membres à part entière d’ETW. Les repas végétariens et l’hébergement restent à leur charge. Les bénévoles les plus pauvres mangent avec parcimonie. « Beaucoup s’épuisent et s’appauvrissent, témoigne Mme Amah Ozou-Mathis, ancienne adepte qui a participé aux tournées européennes durant cinq ans. Les journées débutent très tôt par des mantras et la récitation des cent huit noms d’Amma. Elles continuent par un travail considérable et s’achèvent par des cérémonies rituelles où beaucoup entrent en transe, qui finissent très tard. Le plus souvent, on ne dort que trois ou quatre heures par nuit. »

      Finalement, on est bien chez soi.

      Ces éléments de langage sont ensuite relayés sans discernement par des centaines de supports d’information du monde entier, dont les reportages évoquent, depuis plus de trente ans, l’ambiance des tournées d’Amma ainsi que les « émotions » ressenties par le journaliste ayant reçu le darshan — un classique du genre.

      « Non, l’empire d’Amma n’a rien d’une ONG caritative, affirme M. Sanal Edamaruku, qui vit en exil en Finlande, où il préside l’Association des rationalistes indiens. Amma, c’est une entreprise, un “business” sale. On peut ajouter Amma à la longue liste des charlatans qui sévissent en Inde. La plus parfaite opacité règne quant à la destination exacte des fonds collectés lors de ses tournées. » Nous avons pu consulter des documents officiels émanant du ministère de l’intérieur indien, ainsi que des déclarations fiscales d’une branche américaine de l’organisation d’Amma. Le recoupement des déclarations officielles des deux entités juridiques, rassemblées sur plusieurs années, montre qu’elles ne coïncident absolument pas : les sommes que la maison mère déclare avoir reçues s’avèrent très largement inférieures aux sommes que la filiale américaine déclare lui avoir versées. Où est passée la différence ?

      Dénonçant des « malversations » et des violences, parmi lesquelles des viols, au sein de l’organisation, elle souligne les liens étroits existant entre Amma et le pouvoir politique nationaliste hindou. La multinationale du câlin est parvenue à obtenir l’interdiction pour « blasphème » de ce livre dans l’État du Kerala. Dès 1985, l’ouvrage de l’ex-policier Sreeni Pattathanam, qui évoquait des morts suspectes survenues dans l’ashram d’Amma, avait été lui aussi censuré pour « blasphème » — son auteur est aujourd’hui le secrétaire régional pour le Kerala de l’Association des rationalistes indiens.

      « Attention ! Si Amma construit bel et bien en Inde des infrastructures — hôpitaux, écoles, universités — dont on retrouve des photographies dans sa propagande, il ne faut pas se leurrer, avertit M. Edamaruku. Le plus souvent, ce sont des établissements privés, destinés à générer du profit, qui permettent à son organisation de s’institutionnaliser et d’asseoir un peu plus son pouvoir. » Vantée lors des tournées comme l’initiatrice de grandes réalisations caritatives, ETW est aujourd’hui à la tête d’un réseau d’universités et d’un hôpital universitaire, regroupés sous le label « Amrita », qui comptent plus de 18 000 élèves. Le clip de présentation de ce réseau s’enorgueillit de ses 23 centres de recherche scientifique, à l’origine de 51 brevets.

      #secte #exotisme #Inde #raclure

      Et les imbéciles qui la louent : #Hulot etc.

    • 2011 dans Le Monde. #journalisme

      Amma, la multinationale du câlin
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/26/amma-la-multinationale-du-calin_1593754_3224.html

      Ces millions d’étreintes – à raison d’un million par an – financent indirectement une ONG, véritable multinationale du caritatif. Embracing the World (« étreindre le monde ») intervient dans des domaines aussi variés que la protection de la planète, la promotion du droit des femmes ou encore l’éducation des plus jeunes, et ce sur tous les continents.

      L’essentiel est financé par les dons des participants, le reste des recettes provient de la vente de produits dérivés. Saris (en solde, à Pontoise !), étoles, livres de prière traduits dans toutes les langues, CD et DVD. Mais aussi tee-shirts, sacs à main, porte-clés, statues, peluches, cartes postales, encens, pierres, bijoux et même des montres à l’effigie d’Amma sont vendus toute la journée dans un coin de la salle par des dames – toujours vêtues de blanc.

      Dans ses livres, ses conférences données à l’ONU ou dans de prestigieuses universités, Amma tient un discours qu’il est difficile de critiquer. Qui oserait dire qu’il ne souhaite pas plus d’amour et de bonheur sur terre ? « Attention à l’ethnocentrisme, met en garde Nadine Weibel, Amma est dans la pure traditon hindoue et c’est une véritable figure en Inde. Ce qui peut nous paraître étrange ou simpliste est en fait le fruit d’une tradition millénaire. »

    • Ahaha je te suis @aude_v !
      Billetterie : Journée avec Pierre Rabhi au Centre Amma
      https://www.weezevent.com/journee-avec-pierre-rabhi-au-centre-amma

      Une journée de rencontres et d’échanges avec Pierre Rabhi dans le beau cadre du Centre Amma - Ferme du Plessis.

      raaa zut, c’est passé, on ne connaitra pas le prix, un aperçu du programme cependant

      http://www.etw-france.org/venue-de-pierre-rabhi-au-centre-amma

      PROGRAMME PREVISIONNEL DE LA JOURNEE

      9h : ouverture des portes et visites guidées possibles du lieu

      10h30-11h30 : Conférence de Pierre Rabhi : « en route vers un nouveau paradigme ».

      12h : méditation guidée par Bri. Dipamrita dans le parc du Centre Amma – Ferme du Plessis

      12h30 : déjeuner / buffet
      13h30 : possibilité de visite guidée de la Ferme du Plessis

      15h-16h30 : « il n’y a pas de changement de société sans changement humain ».
      Table ronde animée par Divyanand / Mathieu Labonne (coordinateur général de la Ferme du Plessis et directeur de Colibris) avec :
      – Pierre Rabhi
      – Bri. Dipamrita (présidente d’ETW-France et envoyée d’Amma en France)
      – Christophe Massin (médecin psychiatre, écrivain, prix psychologies-Fnac 2014)

      Le Sommet des consciences les 20-21 juillet 2015 à l’Elysée – ETW France – Amma
      http://www.etw-france.org/le-sommet-des-consciences-le-20-juillet-a-lelysee

      Rassemblement de hautes figures spirituelles, religieuses et morales, le Sommet des consciences est une initiative conjointe de #Nicolas_Hulot, envoyé spécial du Président de la République française, de l’association Alliance of religions and conservation (ARC), de Bayard (propriétaire de La Croix), du R20 (réseau associant collectivités locales et entreprises) et du Conseil Économique, Social et Environnemental.

      Plus de quarante personnalités morales et religieuses du monde entier seront réunies le 20 juillet à l’Élysée, puis le lendemain au Conseil économique et social, à Paris. Elles vont, à cette occasion, lancer un « appel des consciences » destiné aux négociateurs de l’accord de Paris sur le climat.
      Amma, invitée à l’Elysée, sera représentée par Swami Amritaswarupananda, accompagné de Br. Shubamrita et Bri. Dipamrita.

      Quelques-unes des personnalités présentes :
      François Hollande, Président de la République ; Kofi Annan ; Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO ; Mohammad Yunus, Prix Nobel de la paix ; Pierre Rabhi ; Cheikh Khaled Bentounes ; Sœur Chan Khong, représentant la Communauté de Thich Nhat Hanh ; Sa Sainteté Bartholomée 1er ; Son Eminence Le Cardinal Turkson, Président du Conseil Pontifical pour la Justice et la Paix…

      une phrase exceptionnellement plate (mais à méditer longuement)

      « Je réfléchis souvent en profondeur à l’avenir de la terre, à la préservation de la nature et à la disparition de l’harmonie entre l’humanité et la nature… L’humanité est à la croisée des chemins. » – Amma

      moi aussi a dit Rosa Luxembourg

      En illustration de tout ceci la photo de la page d’accueil de la ferme du Plessis, un régal !
      http://fermeduplessis.com

      #spiritualité #individualisme #sectes_institutionnelles #croyances

    • Super Amma

      Face à des incrédules rationalistes, Amma aurait transformé de l’eau en lait. En léchant les plaies d’un lépreux, elle l’aurait guéri.

      Mais Jésus était encore plus fort :

      Jésus changeait l’eau en vin, et tu t’étonnes que 12 mecs le suivaient partout !

      Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant… S’il vous répond, vous êtes schizophrène.

      Pierre Desproges

    • https://seenthis.net/messages/714664

      La ville de San Francisco est régulièrement promue dans les médias de masse comme un modèle de gestion écologique des déchets pour son taux de recyclage de 80%. En France, le film documentaire #Demain, réalisé par #Mélanie_Laurent et #Cyril_Dion, a beaucoup participé à la diffusion de cette idée. [Il a dirigé jusqu’en 2013 le mouvement Colibris ; et il est fondateur de Kaizen, revue partenaire du mouvement.] Partout où il passe, Cyril Dion brandit le cas de San Francisco comme une preuve de ce qu’il est possible de rendre une ville écolo-durable (« L’exemple le plus impressionnant, que nous présentons dans le film, est celui de la ville de San Francisco qui recycle 80 % de ses déchets »). Si seulement...

      Si vous allez à San Francisco, vous y verrez des seringues et de la merde (par Nicolas Casaux)


  • #Concurrence ou entraide ?

    Si l’on invoque souvent à tort #Hobbes ou #Darwin pour faire de la loi du plus fort une prétendue loi naturelle, l’ingénieur agronome #Pablo_Servigne, spécialiste de la transition écologique, souligne que la coopération et l’entraide sont elles aussi au cœur de l’évolution. Face à lui, l’économiste #Christian_Cordes souligne l’importance de la #compétitivité et de ses règles dans un monde globalisé.

    https://www.arte.tv/fr/videos/058227-057-A/square-idee
    #vidéo #ressources_pédagogiques #entraide #darwinisme #sélection_naturelle #altruisme #égoïsme #coopération #individualisme #groupes #compétition #Thomas_Hobbes

    Pablo Servigne :

    « La culture de l’individualisme on l’a développée depuis des décennies, celle qui nous fait dire ’si il n’y a plus rien dans les magasins, je vais vite aller stocker de la nourriture pour survivre’. C’est la culture de l’égoïsme qui nous fait faire cela. A court terme, ça marche, mais à très court terme, après il faut coopérer, il faut apprendre à s’entraider avec ses voisins si on veut survivre, sinon on est mort quand les stockent finissent. La clé c’est de comprendre que ce ne sont pas les #pénuries le plus dangereux. L’être humain sait gérer les pénuries depuis des centaines de milliers d’années. Ce qui est dangereux c’est d’arriver dans les pénuries avec une culture de l’égoïsme. C’est pour cela qu’on a besoin de mettre les lunettes de la coopération et de l’entraide pour désamorcer cette bombe sociale, pour arriver dans les pénuries ou dans les catastrophes mieux armés humainement ».

    • L’Entraide. L’autre loi de la jungle

      Dans cette arène impitoyable qu’est la vie, nous sommes tous soumis à la « loi du plus fort », la loi de la jungle. Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète.

      Aujourd’hui, les lignes bougent. Un nombre croissant de nouveaux mouvements, auteurs ou modes d’organisation battent en brèche cette vision biaisée du monde et font revivre des mots jugés désuets comme « altruisme », « coopération », « solidarité » ou « bonté ». Notre époque redécouvre avec émerveillement que dans cette fameuse jungle il flotte aussi un entêtant parfum d’entraide…

      Un examen attentif de l’éventail du vivant révèle que, de tout temps, les humains, les animaux, les plantes, les champignons et les micro-organismes – et même les économistes ! – ont pratiqué l’entraide. Qui plus est, ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s’entraident le plus.

      Pourquoi avons-nous du mal à y croire ? Qu’en est-il de notre ten­dance spontanée à l’entraide ? Comment cela se passe-t-il chez les autres espèces ? Par quels mécanismes les personnes d’un groupe peuvent-elles se mettre à collaborer ? Est-il possible de coopérer à l’échelle internatio­nale pour ralentir le réchauffement climatique ?

      À travers un état des lieux transdisciplinaire, de l’éthologie à l’anthro­pologie en passant par l’économie, la psychologie et les neurosciences, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle nous proposent d’explorer un im­mense continent oublié, à la découverte des mécanismes de cette « autre loi de la jungle ».


      http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-L_Entraide-9791020904409-1-1-0-1.html
      #livre

    • Lire ou relire « L’entraide facteur d’évolution » de Pierre Kropotkine. Un grand siècle de distance mais peu de rides. Lire ou relire aussi « l’évolution, la révolution et l’idéal anarchique » de Reclus. Peut-être qu’un jour on arrêtera de tourner en rond !


  • ‘I Feel Pretty’ and the Rise of Beauty-Standard Denialism - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/04/23/movies/i-feel-pretty-amy-schumer-beauty.html

    Comment les normes de beauté se maintiennent à travers l’impératif du bien-être, et comment l’insistance sur la « confiance en soi » permet de faire peser la responsabilité de leur non-conformité sur les femmes elles-mêmes

    The movie suggests that the only thing holding back regular-looking women is their belief that looking regular holds them back at all. That attitude puts the onus on individual women to improve their self-esteem instead of criticizing societal beauty standards writ large. The reality is that expectations for female appearances have never been higher. It’s just become taboo to admit that.

    This new beauty-standard denialism is all around us. It courses through cosmetics ads, fitness instructor monologues, Instagram captions and, increasingly, pop feminist principles. In the forthcoming book “Perfect Me,” Heather Widdows, a philosophy professor at the University of Birmingham, England, convincingly argues that the pressures on women to appear thinner, younger and firmer are stronger than ever. Keeping up appearances is no longer simply a superficial pursuit; it’s an ethical one, too. A woman who fails to conform to the ideal is regarded as a failure as a person.

    #beauté #poids


  • #Aude_Vidal m’a donné un exemplaire de son essai Égologie. Écologie, individualisme et course au bonheur, paru au Monde à l’envers en 2017, et m’a dit de le faire circuler via seenthis à la fort belle manière que @philippe_de_jonckheere a imaginé pour ses livres : je l’envoie à la première personne qui répond à ce billet, qui l’enverra à la seconde, etc..

    Une présentation du bouquin, à la lecture très instructive
    http://www.lemondealenvers.lautre.net/livres/egologie.html

    #Développement_personnel, #habitats groupés, #jardins_partagés... : face au désastre capitaliste, l’#écologie se présente comme une réponse globale et positive, un changement de rapport au monde appuyé par des gestes au quotidien. Comme dans la fable du colibri, « chacun fait sa part ».
    Mais en considérant la société comme un agrégat d’individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l’écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l’#individualisme ?


  • La start-up éthique et l’individualisation du militantisme : nouvelle forme d’anti-communisme - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/la-start-up-ethique-et-l-9653

    Derrière l’idée, jolie à première vue, que « nous sommes tous des humains, donc ne nous opposons pas les uns aux autres » on retrouve souvent la négation des mécanismes de domination intrinsèques au capitalisme.
    De même, cette position est très souvent une posture morale, consistant finalement à dire que le problème ne réside pas dans les schémas de production de valeur mais dans certains individus qui abuseraient de leur position.
    Ainsi, le problème ne serait pas l’inégalité découlant de la possession ou non d’un capital mais le caractère « gentil » ou « méchant » d’un patron ou d’un salarié, tous deux mis sur le même plan.
    On retrouve une analyse comparable au sein des mouvements d’extrême droite pour lesquels le problème du capitalisme n’est pas l’existence d’une classe sociale dominante et d’une classe sociale dominée mais bien l’antagonisme entre les petites entreprises locales et les multinationales étrangères ou encore l’antagonisme entre le peuple et l’oligarchie.

    #individualisme #colibris #capitalisme


  • Égologie. Rencontre à La Gryffe
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Egologie-La-Gryffe

    Super échange avec les lyonnais pour Égologie

    La Gryffe est une librairie associative qui propose des analyses et critiques anticapitalistes et anti-autoritaires ou qui rend compte des luttes sociales. Je suis donc très heureuse d’y avoir été invitée le samedi 20 janvier pour présenter Égologie et discuter avec les libraires et le public.

    https://archive.org/details/2018.01.20EgologieLaGryffe

    #Aude_Vidal #écologie_politique #écologie #égologie #libéralisme #individualisme #Lyon



    • @raspa C’est en effet super intéressant :

      Etre déconstruit devient donc une façon de se démarquer de la masse « construite », et d’effectuer un travail personnel pour minimiser les coercitions que l’on peut exercer sur autrui. Comme pour le mouvement Colibri, il s’agit d’adopter des gestes, des habitudes, des comportements moins coercitifs et plus respectueux des dominés. Le « safe », langage inclusif, la bienveillance, le respect du ressenti, la non-contradiction de la parole d’un premier concerné etc. Bref, une multitude de codes que chacun doit respecter. L’antiracisme ne devient ainsi plus une lutte politique, mais un changement personnel, un style de vie. Il y a des gens qui mangent bio pour « sauver la planète », et d’autres qui « check leurs privilèges » pour lutter contre le racisme.

      Ma question c’est : comment on articule les deux, càd combat politique collectif et pratiques individuelles ? Comment on fait prendre conscience aux colibristes de l’importance de la lutte politique ? Ok, c’est incohérent de lutter pour sauver la planète ou abolir le racisme en continuant de rouler en 4x4 en ville ou en faisant des blagues racistes. Mais dans mon esprit, ces actions doivent être l’application à l’échelle individuelle d’un engagement politique et militant (« je milite dans une organisation anti-raciste, ça me paraît cohérent de réfléchir à mon humour et de faire évoluer celui-ci »), participant d’une recherche de cohérence. Et je parle bien d’une recherche, et pas de cohérence totale, qui serait invivable socialement.

      Malheureusement, comme le décrit très bien l’article, les comportements individuels deviennent les seuls actes d’engagement en faveur d’une cause. Ce qui est d’autant plus dommage que l’aller-retour entre les deux est super intéressant pour nourrir la lutte politique : si d’un côté tu milites contre le changement climatique, par exemple en soutenant des campagnes de désinvestissement des énergies fossiles, que de l’autre tu te dis « ah tiens ça serait bien que ma propre épargne ne finance pas non plus ces projets », et que tu te rends compte que c’est galère de trouver un compte d’épargne fossilfree, dans l’idéal ça devient aussi une revendication politique. Demander aux banques qu’elles n’investissent plus dans les fossiles, mais aussi qu’elles garantissent à leurs clients des produits d’épargne (quel affreux mot !) qui n’y investissent pas non plus. Je crois aussi que les actes individuels peuvent être un bon point de départ à l’élaboration d’une pensée (puis, on l’espère, d’une action) politique. C’est la méthode de conscientisation de Paolo Freire : je suis un paysan pauvre analphabète du Chili ; je me rends compte que mes voisins sont aussi des paysans pauvres analphabètes (prise de conscience qu’on n’est pas seul) ; on se pose ensemble la question de pourquoi on est tous des paysans pauvres analphabètes ; et on finit par devenir de dangereux gauchistes révolutionnaires qui savent lire :-D (ok, c’est une description extrêmement caricaturale de Freire, qui doit se retourner dans sa tombe, le pauvre. En même temps, si ses écrits étaient plus accessibles, je le lirai pour de vrai...).

      Car le vrai problème de la déconstruction c’est qu’elle est tout aussi impossible à réaliser totalement (sur soi) qu’inefficace (contre le pouvoir blanc). Elle exige des individus une chose inconcevable : lutter contre sa socialisation, se dépouiller de toutes les normes incorporées jusqu’ici, se défaire de tout ce qui a fait son identité, et intégrer de nouvelles valeurs, qui sont à contre-courant des institutions. Autrement dit, on demande à l’individu d’être plus fort que les institutions, que la société, d’être au dessus de tous les déterminismes sociaux. Un tel surhumain n’existe pas.

      Autant de questions auxquelles il n’est pas possible de répondre car ce concept de « déconstruction » n’est qu’une idéologie et non un outil théorique, un concept scientifique. Mais plus que cela, c’est une idéologie inopérante.

      Ces passages sont fabuleux, et super justes. On retrouve vraiment la question de la si désastreuse pureté militante (cf « cohérence » versus « recherche de cohérence »). Il m’évoque les plus belles heures de « Fais ton autocritique camarade » (c’est la punchline d’un des résistants communistes d’Un village français, le plus borné).

      Je note d’autres passages pour les garder sous le coude :

      Je rajouterais, dans notre cas, qu’il ne faut pas attendre d’eux qu’ils aient la capacité sur-humaine de se dépouiller de la totalité de leurs déterminismes sociaux, qu’ils soient déjà tous libérés de l’idéologie de la Modernité occidentale, car personne ne l’est. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, il ne faut pas attendre les résultats de nos combats, avant même de les mener et de les gagner.

      Le racisme est une question de pouvoir, de rapport de force, pas de bonne volonté, ni de position morale. C’est ce que soulignait Kwamé Turé (Stokely Carmichael), lorsqu’il disait « Si un homme blanc veut me lyncher c’est son problème. S’il a le pouvoir de me lyncher, c’est mon problème. Le racisme n’est pas une question d’attitude, c’est une question de pouvoir ».

      Ce passage-là rejoint parfaitement la vidéo qu’on a diffusé l’autre jour sur l’action non-violente. Il y a dans mon souvenir un passage sur la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, avec un boycott de magasins blancs. Le mouvement a obtenu ce qu’il voulait, à savoir rallier les commerçants à l’opposition au gouvernement pro-apartheid pour demander une évolution de la loi. Il n’exige pas que ces commerçants deviennent anti-racistes magiquement, du jour au lendemain. Il y a un côté pragmatique à garder en tête je trouve.

    • @raspa (et je t’avais envoyé ça par mail il y a quelques mois aussi : https://pr0z3.wordpress.com/2017/06/07/a-propos-de-la-deconstruction
      Le texte parle pas mal de pureté militante et de l’usage du « bon vocabulaire » :

      Je remarque aussi que la déconstruction est souvent bien plus une affaire de « bon vocabulaire » que de « bonnes idées ». On ne réfléchit plus aux usages des termes, aux contextes dans lesquels on les utilise, à l’histoire des luttes ou à l’évolution des idées.

      Pour citer quelques exemples, qui me frappent par leur absurdité : il ne faut plus dire « couple de même sexe » mais « couple de même genre », parce que le sexe ce serait « les organes génitaux ». [...]. Si tu es trans et que tu utilises le terme « transsexuel-le », tu es obligatoirement dans l’erreur, voire tu es transphobe toi-même, et ceci indépendamment du fait que le terme était en vigueur dans les milieux LGBT jusqu’à il n’y a pas si longtemps. Il y aurait en soi des mots « oppressifs » et des mots « inclusifs ». [...] On pose convention après convention, sans les interroger, et on ignore sciemment la polysémie de nombre de termes qu’on emploie. [...] On ne laisse pas le bénéfice du doute. Dès lors qu’un « mauvais mot » est utilisé, on ne cherchera pas à savoir quelles sont les idées qui sont placées derrière.

      )


  • « Pourquoi les individus innovants sont-ils aussi détestables ? Elon Musk, Mark Zuckerberg, Steve Jobs… Tous ces grands innovateurs sont aussi réputés pour leur génie que pour leur (mauvais) caractère. Et cela n’a rien d’un hasard. »

    https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2017/09/16887-individus-innovants-detestables

    Résumé : je vais arrêter d’essayer d’être gentil.

    #individualisme #entreprise #collectivisme #équipe #innovation


  • https://offensivesonore.blogspot.fr/2018/01/egologie-ecologie-individualisme-et.html

    [O-S] Egologie : Écologie, individualisme et course au bonheur

    Emission du 5 janvier 2018, deuxième partie de l’entretien avec Aude Vidal cette fois pour son livre ’Egologie’. "Développement personnel, habitats groupés, jardins partagés... : face au désastre capitaliste, l’écologie se présente comme une réponse globale et positive, un changement de rapport au monde appuyé par des gestes au quotidien. Comme dans la fable du colibri, « chacun fait sa part ». Mais en considérant la société comme un agrégat d’individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l’écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l’individualisme ? "

    #écologie #ego #individualisme #aude_vidal #bio #audio #radio #offensive_sonore #écologie #bonheur #bien-être #colibri #bobos #petite_bourgeoisie #libéralisme #greenwashing #militants


  • « Nos vies se déploient au-delà de notre peau » - La méridienne
    http://www.la-meridienne.info/Nos-vies-se-deploient-au-dela-de-notre-peau

    En supposant que toutes nos pulsions soient égo-générées, les thérapeutes ont tendance à considérer les sentiments de désespoir à l’égard de notre planète comme des manifestations de quelque névrose privée. Une fois, alors que j’avais confié à une psychothérapeute mon indignation concernant la destruction de forêts anciennes, elle m’expliqua que les bulldozers représentaient ma libido et que ma détresse jaillissait de la peur de ma propre sexualité. Un professeur m’a écrit ceci : “Même dans mon groupe de thérapie, j’ai arrêté de mentionner mes craintes de contamination par la décharge toxique située près de notre ville. Les autres ne cessaient de me dire : “Que cherchez-vous à fuir dans votre vie en vous créant ces soucis ?”” (...)

    #écologie #individualisme #écoféminisme


  • Le « privilège blanc » : une notion contre-productive pour combattre le #racisme ? - Etat d’Exception
    http://www.etatdexception.net/privilege-blanc-notion-contre-productive-combattre-racisme


    Je pense quand même que ce concept de privilège blanc est important : de prendre conscience que même en étant antiraciste, on fait quand même partie du problème, qu’il n’est pas extérieur à nous et limité « aux brebis galeuses ».
    En fait c’est la même chose pour le « privilège masculin ». Être proféministe n’empêche pas de savoir qu’on a accès tout de même à de meilleures conditions de vie (job, salaire et femme conditionnée à servir en dernier ressort) qu’une femme, par défaut. Et que l’on fait aprtie de la #culture_du_viol, parce que toutes ses #discriminations font #système !

    En réalité, comme le souligne Newton, aucune personne noire ne peut bénéficier de privilèges dans une société qui ne la considère pas comme humaine. Par conséquent, au lieu de se focaliser sur la mesure des privilèges de chacun-e, il faudrait se concentrer sur la manière dont s’articule l’oppression sur les personnes racisé-es. Ainsi, si aux Etats-Unis les femmes noires ont quatre fois plus de probabilités de mourir sous les coups de leur conjoint que les autres femmes, ce n’est pas parce que les hommes noirs ont un privilège masculin, mais parce que l’oppression des femmes noires est si absolue que même les hommes noirs considèrent qu’il est acceptable de les tuer.

    Se défaire d’un privilège est insuffisant pour démanteler l’oppression. Dire que le privilège n’est pas réel signifie que si l’ordre social permet à certain-es racisé-es et à toutes les personnes blanches de tirer des avantages de sa structure, ce confort relatif est simplement le résultat de la violence socio-économique institutionnalisée. C’est cette violence qui doit finalement et avant tout être combattue. En ce sens, personne ne peut renoncer à son privilège social tant que le système perdure. C’est pourquoi Newton conclut que la seule issue possible est de se concentrer sur la lutte contre le système d’oppression.

    • En second lieu, axer le discours sur le terrain des privilèges peut renforcer la tension et la violence entre Blancs pauvres et personnes racisées. Le vocable privilège peut s’entendre comme synonyme de « vie privilégiée » ou « vie de luxe » que des millions d’Etats-Unien-nes pauvres n’ont pas. Et a contrario, certains membres de la communauté noire ont connu un processus d’ascension sociale ce qui, depuis cette perspective, les fait apparaître comme des privilégié-es.

      L’activiste antiraciste et éditrice Arielle Iniko Newton partage le point de vue de Curzer. Elle soutient dans un article paru le 12 septembre 2017 sur la plateforme The Black Youth Project que la notion de « privilège » est contre-productive dans le combat antiraciste[8]. D’abord parce que, comme l’avait déjà noté Friedersdorf, le concept se focalise sur un comportement individuel. Il en résulte une sorte de compartimentage des existences et des identités « sous la forme de privilège masculin, privilège cis, privilège validiste, privilège des peaux claires », etc.

      L’individualisme exacerbé peut conduire à la division au sein du mouvement, renforcée par le fait qu’on se focalise sur celui ou celle qui est le/la plus « privilégié-e ».

      #individualisme des luttes


  • Militer : une activité safe ? Pour une critique politique de la notion d’espace safe - Contre-attaque(s)
    http://contre-attaques.org/magazine/article/militer-une

    Penser l’espace safe est une part importante de la légitimation des groupes luttant contre des oppressions, quelles qu’elles soient d’ailleurs. En plus des attentes en termes de luttes contre les violences systémiques et institutionnelles, la question du safe dans la construction de ces espaces revient souvent, répondant aux besoins de membres qui sont - pour la plupart - passés par d’autres organisations et qui ont dû faire face à la reproduction de mécanismes de domination en interne. La détermination dont font preuve certaines organisations militantes dans leur refus de confronter politiquement les violences racistes, hétéro-patriarcales ou classistes internes ; les injonctions aux “don’t ask, don’t tell” qu’il faut comprendre ainsi “on veut bien de vos forces pour travailler à la mobilisation, faire les petites mains mais en cas de problème, débrouillez-vous”, en plus de refuser la politisation de certaines questions considérées comme minoritaires, ne font que renforcer l’individualisation des questions de violence et poussent littéralement certain-e-s militant-e-s vers la sortie. Comment des collectifs qui sont censés engager un combat qui demande le recrutement, des débats internes et aussi externes, peuvent s’engager à être de tout temps, en tout lieu, un espace safe ? Les mots de bell hooks permettent un rappel salutaire quant à l’objectif d’un mouvement politique.

    • L’exemple le plus parlant et le plus répandu est celui des groupes dits informels affinitaires basés sur la politisation, légions sur internet. Ces groupes n’ont d’“informels” que l’intention de départ, car en réalité des règles implicites très fortes régissent ces groupes : le vocabulaire à utiliser, les personnes qui y sont le plus influentes, les antécédents que certaines personnes peuvent avoir avec d’autres, etc. Les interactions avec des individus partageant une même analyse peut laisser croire à une pratique radicale alors qu’il n’y en réalité aucune action de transformation de l’ordre social.

      […]

      bell hooks :

      Souvent, l’approche liée à l’identité et au style de vie est séduisante car elle crée l’impression d’être engagée dans une pratique. Cependant, au sein de n’importe quel mouvement politique qui vise à transformer radicalement la société, la pratique ne peut pas uniquement se résumer à créer des espaces au sein desquels des personnes supposées radicales expérimenteraient la sécurité et le soutien. Le mouvement féministe pour mettre fin à l’oppression sexiste engage activement ses participantEs dans un combat révolutionnaire. Et un combat, c’est rarement safe et agréable.

    • La mise en pratique du concept du safe dans son acception libérale n’est pas gage de défense politique des personnes les plus marginalisées mais de performance de comportement. Ces performances passent par l’utilisation de lexiques qui sont en conformité avec les critères du safe définis par chaque groupe. On assiste ainsi à la constitution d’espaces extrêmement individualisants dont toute l’énergie passe dans le maintien de cette “sécurité” et où quelques chanceux parviennent à créer des liens mais sans forcément produire d’effet sur les luttes. Dans ces espaces, chacun est renvoyé à sa propre démarche d’être safe pour les autres : le discours militant prônant le changement de système est substitué par un discours sur la construction d’îlots d’individualités qui interagissent. On passe du collectif à l’individuel, du macro au micro. Dans le système de l’espace safe, la personne contrevenante est d’ailleurs renvoyée à l’extérieur, “le non safe”.

      Vraiment super article

      #libéralisme #individualisme #performance



  • Le libéral Macron à « l’Emission politique » de France 2
    http://www.humanite.fr/le-liberal-macron-lemission-politique-de-france-2-634454

    Chaque fois que le candidat d’En Marche a été poussé dans ses retranchements sur des sujets qui font le quotidien et les difficultés des Français, Emmanuel Macron s’est systématiquement rangé du côté des exploiteurs et contre le monde du travail. Cela s’est surtout vérifié face à François Ruffin à propos de Whirlpool et de Sayah Baaroun concernant « l’ubérisation » comme nouvelle méthode d’exploitation.

    Deux confrontations ont permis hier soir de mesurer le cynisme souriant du candidat Macron et son indifférence vis-à-vis des difficultés que la politique à laquelle l’ancien ministre de l’Economie a contribué à imposer au monde du travail. C’était au cours de « l’Emission politique » de France 2. Le réalisateur picard François Ruffin a interpellé le natif de Picardie qu’est aussi Emmanuel Macron sur son silence concernant la situation des salariés de Whirlpool. On sait que le fabriquant américain de sèche-linge a annoncé qu’il fermera dans un an son usine d’Amiens après avoir transféré la production en Pologne où les salaires sont trois fois plus bas.
    Brandissant un chèque sur lequel apparaissaient les milliards d’euros versés chaque année au titre du CICE que Macron veut pérenniser s’il est élu président de la République, François Ruffin lui a demandé ce qu’il comptait faire contre cette injustice doublée d’un gâchis industriel. Macron a répondu que « la vie économique est faite de restructurations » avant d’ajouter que s’il est élu, il tentera de retrouver un « repreneur » pour le site d’Amiens.
    Une telle réponse appelle plusieurs remarques. Macron ne trouve rien à redire sur la délocalisation elle-même. Elle a été décidée par l’industriel américain afin de bénéficier d’un très bas coût de la main d’œuvre dans un Europe où « le coût du travail varie de 1 à 10 », comme l’indique le Figaro de ce vendredi en citant une étude d’Eurostat publiée hier.
    Or une telle délocalisation prive des centaines de personnes qualifiées et compétentes de leur travail en France. La firme américaine produira les mêmes objets ménagers pour les mêmes marchés dans un autre pays d’Europe. Cela suppose de bétonner une zone industrielle sur des terres agricoles en Pologne. Or le coulage d’une tonne de béton libère 900 kilos de CO2. Parallèlement les 17 hectares du site d’Amiens deviendront probablement une friche industrielle. Comme la production électrique polonaise est essentiellement produite à partir du charbon, chaque kwh qui alimentera la nouvelle usine de Whirlpool en Pologne émettra plus que la moyenne européenne de 300 grammes de CO2 alors que la moyenne française est de 15 grammes pour un kwh grâce aux volumes produits par les centrales nucléaires et les énergies renouvelables. Alors qu’il est urgent de freiner le réchauffement climatique, toutes ces données échappent au cerveau obtus d’Emmanuel Macron, dont la vision de l’économie fait exploser les pollutions tout en privant les salariés d’Amiens de leur travail. Car 30% de ces sèche-linge seraient ensuite réimportés en France et autant dans les pays du Benelux par camions depuis la Pologne.
    Macron a certes dit qu’il tenterait de trouver « un repreneur » pour le site. Mais pour produire quoi dans une usine désaffectée sans autre nécessité économique que l’augmentation du taux de profit dans une Europe qui pratique le dumping social ? François Ruffin lui a démontré que les milliards versés au titre du CICE faisait monter le prix de revient de chaque emploi créé à 200.000€ par an pour les finances publiques et que cela profitait d’abord aux grandes enseignes de distribution qui se gavent de profits en pillant leurs fournisseurs. Macron a piteusement répondu que ces enseignes aussi créent des emplois. Sauf qu’elles seraient aussi amenées à les créer sans bénéficier du CICE pour pouvoir fonctionner et qu’elles ont les moyens de le faire. Alors, un grand économiste Emmanuel Macron ?
    Un peut plus tard, face un Sayah Baaroun, secrétaire du syndicats des chauffeurs qui se sont révoltés contre l’exploitation qu’il subissent via l’ubérisation, le candidat Macron a été suffisamment flou pour ne pas condamner la surexploitation de ces nouveaux travailleurs dit indépendants qui cumulent les heures de travail pour un maigre revenu au point de devenir dangereux sur la route en raison de la fatigue accumulée.
    La encore, le candidat Macron est apparu pour ce qu’il est vraiment : Un libéral dont l’unique ambition est de se mettre au service exclusif des exploiteurs.

    #libéralisme #dumping_social #surexploitation_des_travailleurs
    #Individualisme #casse_sociale #ubérisation_de_l’_économie.


  • TLAXCALA : C’est la faute de la fleur
    http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20143

    (J’ai préféré mettre en citation la fin du texte de peur que vous soyez tenté-e-s d’abandonner sa lecture avant la fin)

    Notes du carnet du Chat-Chien :
    Défense zapatiste, l’art et la science

    On n’a pas pu éclaircir vraiment la raison. Certains disent que c’était un pari. D’autres disent que le Pedrito a dépassé les bornes et voilà. Certains signalent que c’était seulement un exercice. Les moins nombreux parlent d’un match de foot dans toute sa splendeur, se mettant d’accord sur les dernières secondes, quand l’arbitre, SupMoisés, a décrété le penalty.

    Toujours est-il que la petite fille Défense Zapatiste est à quelques mètres de la zone de penalty, où un ballon effiloché attend.

    Dans les cages, le Pedrito balance ses bras comme le goal qui appartenait à ce qu’était anciennement la sélection de football de ce qu’était anciennement l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques : Lev Yashin, “l’araignée noire”. Pedrito a un sourire narquois, puisque selon lui, il est capable de prédire où la fille dirigera son tir : “Défense Zapatiste est parfaitement prévisible. Comme elle rentre juste de la discussion des messagères, c’est sûr qu’elle tirera en bas à gauche”.

    De son côté, la petite fille, qui s’élève à à peine un peu plus d’un mètre du sol, se retourne pour regarder vers un côté du terrain (en réalité c’est un enclos dans lequel débarquent, impertinentes, des vaches avec des veaux, en plus d’un cheval borgne).

    Dans ce coin, on peut voir un étrange être, moitié chien, moitié chat, remuant joyeusement la queue ; et deux individus desquels, si on n’était pas en terres zapatistes, on pourrait dire qu’ils dénotaient totalement avec le paysage. Le premier, de constitution moyenne, les cheveux grisonnants et courts, portant une espèce de gabardine. L’autre, maigre, grand et gauche, avec un élégant caban et un chapeau ridicule sur la tête.

    La petite fille se dirige vers le groupe étrange. Le cheval borgne s’approche aussi. Quand ils sont tous réunis, l’homme maigre dessine des figures étranges sur le sol, alors que la petite fille regarde avec attention et acquiesce de temps en temps avec la tête.

    La petite Défense Zapatiste retourne sur le terrain et reprend sa position. Elle commence quelques foulées vers le ballon, mais le suit de loin, sans même toucher la sphère, et reste à quelques centimètres du côté droit des cages défendues par le Pedrito, qui regarde la fille avec méfiance. Défense Zapatiste s’est arrêtée et, accroupie, elle commence à gratter un peu le sol, de sorte à pouvoir déterrer une fleur avec sa racine. Avec précaution, la fille prend la fleur entre ses mains, et la plante de nouveau loin du but et retourne sur le terrain.

    Le public est en haleine, pressentant qu’il est en train de se passer un de ces événements qui ne se répétera jamais dans l’histoire du monde mondial.

    Le Pedrito, de son côté, est plus que confiant. Au cas où il avait encore quelques doutes, Défense Zapatiste a commis une grave erreur : en retirant la fleur de l’endroit où elle se trouvait, la petite fille a dévoilé la direction que prendra son tir : en bas à gauche de Pedrito. Bien sûr, s’est dit Pedrito, cela parce que les filles prennent soin des fleurs, alors Défense Zapatiste ne voudrait pas que le ballon arrache la fleur.

    Comme s’il manquait encore du suspens, la fille s’est mise non pas à distance du ballon et en face du but, mais juste à côté du ballon, tournant le dos à unPedrito qui sourit déjà en imaginant les moqueries qu’il fera subir à Défense Zapatiste pour le penalty raté.

    Défense Zapatiste tourne le visage vers l’endroit où se trouve l’étrange être appelé Chat-chien, qui commence à faire des bonds, tournant sur lui-même, comme une marionnette. La fille sourit et commence un mouvement qui divisera les opinions durant les prochaines décennies :

    Certaines participantes du CompArte disent qu’elle a commencé avec la première position de ballet, qu’elle a levé et attrapé son pied droit, et a commencé à tourner sur elle-même, faisant le mouvement appellé “pirouette en dehors”, avec des “relevés” et “passés” retournés. “C’était impeccable”, ont-ellesajouté.

    Le défunt SupMarcos dit que ce qu’avait exécuté Défense Zapatiste n’était rien d’autre que la Ushiro Mawashi Geri Ashi Mawatte, le mouvement d’art martial qui se réussit en se mettant dos à l’objectif et en donnant un tour de quasi 360 degrés s’achevant par un coup de pied au visage asséné avec le talon du pied.

    Pour leur part, les insurgées réunies dans la cellule “En tant que femmes que nous sommes”, dirent que la fleur qu’a ramassé Défense Zapatiste était la liane connue sous le nom de “Chenek Caribe”, dont les fleurs ressemblent à des poussins ou des petits oiseaux et avec quoi jouaient les plus petites filles dans les communautés indigènes de la Selva Lacandona. Le “Chenek Caribe” a l’habitude de pousser dans les prés et les pâturages et est un indicateur que la terre est prête pour les semailles de maïs et de haricot.

    Le SupGaleano qui, comme toujours, s’infiltre dans ces textes, dit que c’était clair que le Pedrito allait être déconcerté par ce qui est évident ; que, en effet,Défense Zapatiste allait tirer en bas à gauche, mais que Pedrito a pensé à “SON” en bas et à gauche, et le tir était bel et bien en bas et à gauche, mais depuis la perspective de la petite fille.

    Le Docteur Watson a dit que ce qu’a fait Défense Zapatiste était une brève imitation de la danse-méditation Sema des Derviches de l’ordre Soufi, comme il l’a vu durant son voyage en Turquie, et pendant laquelle les danseurs tournent sur eux-mêmes et se déplacent en imitant le mouvement des planètes dans le cosmos.

    Le détective expert Sherlock Holmes explique que ce n’est ni l’un ni l’autre, que ce qu’a fait la fille a été d’appliquer l’explication scientifique qu’on lui a donné sur l’inertie rotationnelle d’un corps et l’application de la force centrifuge sur la sphère. “Elémentaire, mon cher Watson” a dit le détective perdu dans les montagnes du Sud-Est mexicain, “c’était clair que, dû au poids et à la stature de Défense Zapatiste, il fallait augmenter le plus possible la force avec laquelle elle se connecterait à la sphère, de façon à donner au ballon la vitesse et l’accélération nécessaires pour parcourir les 11 mètres. Bien sûr, les probabilités que le coup réussisse étaient de 50/50. C’est-à-dire que le gardien de but pouvait tout aussi bien se déplacer sur le côté opposé, ou bouger du côté où irait le ballon, l’arrêtant sans difficulté”.

    “Et la fleur ?” demanda le Docteur Watson. “Ah”, épondit Sherlock, “ça, mon cher Watson, c’est une contribution de la petite fille et je n’ai pas d’explication.Bien plus : ça m’a surpris autant que ça a l’air d’avoir surpris le garçon qui protégeait le but. Avec ce qu’elle a fait, elle a augmenté les probabilités que le gardien bougerait dans la direction où se trouvait la fleur. C’était quelque chose qui, c’est clair, n’avait rien à voir avec la science, ni avec l’art. Si vous me permettez, Docteur Watson, c’était comme si elle avait réussi à synthétiser les deux. Très intéressant, mon cher Watson, très intéressant.”

    Après le vacarme, les Tercio Compas interviewèrent Pedrito. L’interrogeant sur la cause du but réussi, le Pedrito répondit laconiquement :
    “C’est la faute de la fleur”.

    #Sciences (en tant que savoir-faire) vs #impostures (en tant que faire savoir) #transmission #zapatisme vs #narcissisme et #individualisme #libre-arbitre


  • Marcel #Gauchet  : « Trump, c’est l’outrecuidance individuelle hyperbolique »
    http://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2017/01/25/marcel-gauchet-trump-c-est-l-outrecuidance-individuelle-hyperbolique

    Tandis que les inégalités sont au centre des critiques actuelles du capitalisme, Marcel Gauchet focalise décidément l’attention ailleurs : sur les périls jugés catastrophiques de la montée du #droit et de l’#individualisme qu’il faudrait corriger par une réinventions de la démocratie représentative et, surtout, par une réaffirmation de l’Etat-nation



  • Philippe Meirieu : Modestes remarques sur le rôle des « pédagogues prétentieux »
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/11/25112016Article636156526083470927.aspx

    Disons-le tout net : alors que de « vrais politiques », réalistes et « en prise avec la grande majorité des Français », ont parfaitement compris que le choix de l’établissement et de son uniforme, les examens d’entrée égrenés à tous les niveaux de l’institution, les sanctions contre les « mauvais parents » et la mise en place d’une #orientation précoce, correspondent parfaitement à la montée d’un #individualisme, que nul, désormais, ne prend le risque de critiquer, les « pédagogues » sont tout simplement aujourd’hui des adeptes du « rapt d’enfants ». Ils sont là, tapis en embuscade, pour tenter d’assigner à l’#École une mission sociale… autant dire pour voler ostensiblement aux parents leur progéniture, pour former, autant que possible, des #citoyens capables de prendre en charge ensemble leur avenir quand, un peu partout, on voudrait simplement les voir « réussir », faire la fierté de leurs parents ébahis, se positionner dans la #hiérarchie sociale pour mettre en échec cette crainte du #déclassement qui tenaille tant de nos concitoyens.
     
    Que des « pédagogues » s’intéressent aux vertus de la mixité sociale, aux effets de l’entraide entre pairs et entre générations, à l’enrichissement que pourrait représenter, pour toutes et tous, des activités dites « manuelles »… que ces mêmes pédagogues veuillent, au-delà de l’indispensable #apprentissage des règles de la langue, donner à chacune et à chacun le goût de l’écrit et l’exigence d’une expression précise et rigoureuse, qu’ils veuillent faire de l’entrée dans la culture non un privilège mais un droit… voilà qui a de quoi inquiéter des politiques dont l’objectif premier reste, semble-t-il, de laisser entendre à chaque parent : « Vous allez enfin pouvoir choisir votre établissement pour vos enfants. Comme vous-mêmes, ils connaîtront les joies subtiles de « l’entre soi ». Votre fils ou votre fille ne risqueront pas de mauvaises fréquentations. Ils seront toujours triés sur le volet et n’auront pas à se préoccuper de ceux et celles qui, accidentés dans leur vie personnelle et sociale, pourraient avoir besoin d’eux. Soyez sereins : au royaume du » développement personnel », on ne leur demandera jamais de s’inscrire dans des collectifs pour faire l’expérience de la #solidarité. L’École de la République va devenir celle des familles, des ghettos et des clans. L’École de la culture pour tous celle de l’excellence pour quelques élus ». (1)


  • « Les " psychopathes " arrivent. Un adieu à " l’ère du narcissisme " », par Götz Eisenberg - Critique de la valeur-dissociation. Repenser une théorie critique du capitalisme
    http://www.palim-psao.fr/article-les-psychopathes-arrivent-un-adieu-a-l-ere-du-narcissisme-par-got

    La nouvelle édition vise à faire le ménage dans la rubrique des troubles de la personnalité. Sur les onze maladies reconnues actuellement, deux seulement sont diagnostiquées régulièrement : le « trouble de la personnalité borderline » et le « trouble de la personnalité antisociale ». Quelle humiliation pour les narcissiques. Bientôt ils n’auront plus d’existence, ou en tout cas pas dans leur forme pure !
    Le fait que le « trouble de la personnalité narcissique » soit retiré de la circulation peut être interprété comme le fait que les symptômes attribués à cette maladie sont devenus partie prenante de la #normalité. Ce trouble de base n’a plus valeur de maladie dans notre société, il reflète plutôt son caractère social. A chaque degré de développement social correspond un caractère social dominant. La structure identitaire de l’homme est synchrone avec celle de la #société environnante.

    • Les années que nous venons de traverser, marquées par le #néolibéralisme, ont rendu les gens indifférents, leur vie intérieure s’est transformée en un grand glacier de sentiments congelés. Les gens ne peuvent pas faire autrement que de transmettre cette #froideur à leur environnement. Il y a des différences non négligeables selon qu’on a grandi et que l’on vit dans une société qui valorise la solidarité avec les faibles et ceux qui sont moins compétitifs, ou bien qu’on vit dans une société où ces gens sont abandonnés dans la misère et stigmatisés en tant que loosers. Que l’expression « espèce de victime » soit devenue la pire insulte que des jeunes se lancent à la tête en dit long sur l’image pervertie qu’ils se font de l’humanité, marquée depuis quelques années par le culte du gagnant.

      #compétition

    • Le manque d’égard généralisé, l’#individualisme poussé jusqu’à la manie égocentrique, le #cynisme et l’indifférence caractérisent aujourd’hui les rapports entre les humains. C’est ainsi que « l’ère du #narcissisme » porte déjà en son sein le prochain niveau de développement psycho-historique. Le marché, l’économie et la pédagogie dictent une idée de la vie intérieure humaine qui doit être flexible et interchangeable, analogue à ce qu’on stigmatise encore aujourd’hui comme « psychopathe », et qu’on retrouve chez les détenus, en prison ou dans des institutions médico-légales. Le terme de psychopathe n’est pas utilisé ici dans son acception populaire, définissant une personnalité perturbée, imprévisible et violente, mais comme l’ont défini les psychiatres américain et canadien Cleckley et Hare pour qui les caractéristiques d’une personnalité « psychopathique » sont l’incapacité à ressentir de l’#empathie, le fait d’être beau parleur, charmeuse, sûre d’elle, à l’aise dans les situations sociales, froide quand elle est sous pression. C’est-à-dire précisément les attributs qui caractérisent les flambeurs et les gourous de la nouvelle économie et du monde de la finance qui continuent à nous pousser vers le précipice.


  • Parlons de droits plutôt que de choix
    https://cafaitgenre.org/2016/06/29/parlons-de-droits-plutot-que-de-choix

    Ce qui est en jeu, ce n’est pas que l’avis, soi-disant neutre et indépendant, d’un individu en particulier, mais la façon dont cet avis s’insère dans un système de pensée et de discriminations actives. Le problème est, au fond, exactement le même avec la rhétorique du choix. Tous les choix ne se valent pas, et faire un choix ne signifie pas automatiquement que ledit choix échappe à toute critique et à toute pensée politique. Ce n’est pas ainsi que nous parviendrons à aller de l’avant. — Permalink

    #feminisme #luttes


  • Une politique des #droits_de_l'homme
    http://www.laviedesidees.fr/Une-politique-des-droits-de-l-homme.html

    Les droits de l’homme ont fait l’objet de nombreuses critiques depuis leur déclaration en 1789. Aujourd’hui encore, ils sont accusés de desservir la #démocratie et de favoriser l’individualisme. Mais ce procès, expliquent J. Lacroix et J.-Y. Pranchère, n’est pas justifié.

    Livres & études

    / droits de l’homme, #individualisme, démocratie

    #Livres_&_études

    • Précisons que le terme anglais est d’ailleurs bien human right, et que j’ai déjà rencontrer le terme de « droit de la personne » par ex. au Québec.

      Je note aussi l’absence totale d’une simple évocation de Martha Nussbaum, qui a pourtant effectué une critique concrète et positive des droits humains en proposant de les améliorer par une liste de 10 capacités fondamentales qu’il faudrait assurer. Cette approche, bien que limité (sur les questions écologiques et politiques) à de nombreux avantages, dont la critique d’un insuffisance de simple « droits », en rappelant la nécessité de l’attention aux « moyens » pour précisément pouvoir utiliser ses droits.


  • USA : blessures de classe à peine cachées - Site de l’association France-Cuba
    http://www.francecuba.org/usa-blessures-de-classe-a-peine-cachees

    USA : blessures de classe à peine cachées – Une épidémie de suicides sévit actuellement aux États-Unis. Elle révèle des blessures de classe si évidentes qu’elles réfutent les prétentions du « Rêve Américain » et d’une société solidaire. (Progreso Semanal)

    MIAMI. Les Nord-américains vivent aujourd’hui à un rythme jamais vu en trois décennies. Il y a une épidémie de suicides en cours aux États-Unis et la grande question est pourquoi.

    Les nouvelles proviennent d’une nouvelle étude du gouvernement menée par le Centre National des Statistiques sur la Santé. Le rapport complet est disponible ici. Les données couvrent la période de 1999 à 2014.

    Le New York Times a publié un rapport étendu sur l’enquête, dans son édition du 22 avril 2016, qui informe sur les aspects les plus révélateurs de l’étude et cite les hypothèses de plusieurs experts qui ont analysé en profondeur les causes de l’augmentation des chiffres de suicide.

    #paupérisation #déclassement #solidarité vs #individualisme



    • Qualifier un usager de toxique par rapport à son entourage revient en quelque sorte à l’assimiler à une substance mortifère, comme un poison puissant ou un déchet nucléaire. Il s’agit là de dénier à cette personne toute perspective d’évolution, de transformation. Il est aussi évident que cette personne ne possède aucune potentialité, aucune qualité, aucune expérience sur lesquels s’appuyer pour mettre en place le travail pour lequel nous sommes formés.

      Qualifier une personne de toxique, c’est aussi lui enlever une part de son #humanité, voire la totalité. Notre rôle de travailleur social consiste au contraire à participer à la restauration de la #dignité d’être humain. Dignité bien souvent bafouée par une #société qui tend à ériger l’#individualisme, le chacun pour soi et la #compétition en valeurs absolues. De même que la peur de l’autre, de l’étranger, du « différent » constitue maintenant le fond de commerce de nombre de formations politiques constamment tirées vers le bas par le parti de toutes les peurs qui squatte impunément les médias. En tant que travailleurs sociaux, nous devons avant tout être les garants de valeurs humanistes comme la tolérance et le respect de l’humain. Et nous devons réagir face aux forces de l’obscurité car notre action est aussi politique (ensemble des affaires publiques).