• #Mégabassines, #data_centers : « La guerre contre l’#eau s’est intensifiée »

    Dans le livre-enquête « Les Assoiffeurs », les journalistes Nicolas Celnik et Fabien Benoit montrent comment certains acteurs privés accaparent, avec la bénédiction de l’État, une ressource de plus en plus rare et de plus en plus polluée.

    DepuisDepuis dix ans, un tiers du territoire français subit des restrictions d’eau et le pays vit désormais au rythme d’épisodes de sécheresse toujours plus longs et plus intenses. Qui demain aura accès à l’eau ? De quelle qualité ? Depuis les années 1980, près de 14 000 captages d’eau potable ont dû fermer en raison de taux de pollution aux pesticides trop importants. Et le scandale de la contamination massive aux PFAS ne fait que commencer…

    À Sainte-Soline, les militants en lutte contre l’accaparement de l’eau par le modèle agricole productiviste ont reçu pour toute réponse du gouvernement un déluge de grenades.

    Dans une enquête fouillée, les journalistes Fabien Benoit et Nicolas Celnik montrent comment certains acteurs privés, des producteurs de maïs aux promoteurs de data centers, font main basse sur l’eau, avec la bénédiction de l’État.

    Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau (Les Liens qui libèrent, 2026) pointe comment certains comptent aussi capitaliser sur la raréfaction de la ressource et sur les inquiétudes concernant la santé. Entretien.

    « Mediapart » : La loi d’urgence agricole qui arrive à l’Assemblée nationale le 19 mai comporte un important volet sur l’eau. Une fois de plus, le gouvernement veut « sécuriser » l’accès à l’eau pour les agriculteurs et agricultrices irrigant·es, au détriment des autres usagers et usagères, en favorisant notamment la construction de mégabassines.

    Fabien Benoit : On a beaucoup parlé de guerre de l’eau, notamment autour des bassines. Pour nous, il y a surtout une guerre contre l’eau, c’est-à-dire contre cette ressource, pour l’accaparer, pour l’abîmer. Cette loi d’urgence agricole en est un nouvel épisode. Si on met d’ailleurs bout à bout la loi d’orientation agricole qui consacre l’intérêt majeur de l’agriculture, les arrêtés sécheresse qui exonèrent régulièrement les plus gros accapareurs de l’eau, et la révision de la directive-cadre eau européenne qui est sur la table…, on se rend compte que cette guerre contre l’eau s’est intensifiée, au détriment de sa qualité, de sa disponibilité.

    Nicolas Celnik : Il y a dans ce projet de loi deux articles qui entrent en résonance avec notre enquête : l’article 6, qui prévoit que le préfet puisse déroger aux schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) pour des projets d’ouvrage de stockage de l’eau, et l’article 5, qui rend facultative la consultation publique pour construire une bassine. Cela correspond à ce que le chercheur Sylvain Baron appelle la « préfectorialisation de la politique de l’eau ». C’est la volonté de donner aux préfets des moyens de contourner cette démocratie locale de l’eau, qui est certes imparfaite, mais qui reste une expérimentation démocratique vraiment intéressante. Là, on assiste à une « reverticalisation » des politiques de l’eau au nom des intérêts économiques.

    Vous montrez bien dans votre livre comment ceux que vous appelez les « assoiffeurs » parviennent à s’affranchir du droit commun pour faire main basse sur la ressource.

    N. C. : Nous avons cherché à comprendre les stratégies des grands acteurs économiques (agriculture, data centers, embouteilleurs…) qui s’assurent qu’ils bénéficieront de réserves d’eau, même dans des situations de tension sur la ressource. Leur travail de lobbying a été, effectivement, de normaliser des situations d’exception. Alors qu’il existe en France une hiérarchie des usages de l’eau qui priorise la santé humaine, puis les écosystèmes et enfin les enjeux économiques, être parvenu à imposer l’agriculture comme « d’intérêt général majeur » dans la loi inverse cette hiérarchie. On normalise le fait qu’en cas de sécheresse, l’activité économique vaut autant que la préservation de l’environnement. Une mégabassine est présumée dans la loi Duplomb d’intérêt général majeur.

    F. B. : Et quand on parle de « l’agriculture qui a besoin d’eau », il faut rappeler quelques ordres de grandeur. L’agriculture représente 60 % de la consommation d’eau douce en France, 92 % de cette eau-là va à l’agriculture irriguée. Et les surfaces irriguées en France, c’est 7 à 8 % des surfaces. Donc, 93 % du monde agricole n’a pas besoin de beaucoup d’eau. Ce n’est pas « l’agriculture » qui a besoin d’énormément d’eau mais un certain modèle agro-industriel qui produit de la céréale, dont en bout de chaîne 7 % environ sert finalement à l’alimentation humaine.

    Vous dites que c’est la répression des manifestant·es de Sainte-Soline contre les mégabassines qui vous a donné l’envie de faire ce livre. Pourquoi ?

    F. B. : L’usage extrême de la violence pour réprimer des militants qui défendaient l’eau comme un patrimoine commun, ce qui est inscrit dans la loi, nous a effectivement frappés. L’idée d’accaparement de l’eau était au cœur de cette mobilisation et cela nous a conduits à nous interroger sur les acteurs qui aujourd’hui accaparent cette ressource avec le soutien de l’État.

    N. C. : Concernant l’agriculture, c’était intéressant d’essayer d’enquêter sur le fonctionnement de ce petit monde du lobbying de la FNSEA. Le principal syndicat agricole a un groupe dédié spécialement au lobbying sur la production du maïs, et ce lobby a son propre lobby interne spécialement dédié à l’irrigation du maïs. Pourquoi ? Parce qu’on a besoin de beaucoup d’eau pour le maïs, et en particulier au pic de chaleur, parce que c’est une plante tropicale.

    Ils ont travaillé à diffuser l’idée, notamment dans les médias, qu’il fallait absolument stocker l’eau d’hiver pour l’été parce que sinon l’eau « partirait à la mer ». En fait, d’après les compréhensions du cycle de l’eau, il est au contraire important de laisser l’eau s’infiltrer dans la terre, être stockée dans des zones humides, comme l’expliquent les hydrogéologues. Le lobbying de la FNSEA a aussi consisté à faire travailler le concept de « souveraineté alimentaire », qui signifiait initialement la capacité de manger ce qu’on produit, et qui désigne à présent la capacité de choisir vers qui l’on exporte notre production. Au nom de la « souveraineté alimentaire », on soutient les producteurs de maïs qui exportent pour nourrir le bétail.

    Et vous montrez aussi comment désormais la transition écologique – avec le besoin d’électrifier les usages – sert aussi de prétexte à sécuriser l’accès à l’eau pour les industriels des semi-conducteurs ou des data centers.

    F. B. : Oui, parce qu’on a une transition écologique qui est carbo-réductionniste, c’est-à-dire qui s’intéresse uniquement aux émissions de CO2, en occultant tout le reste. Et, effectivement, l’électrification, comme le numérique, implique une course aux métaux, ce qui veut dire des besoins colossaux en eau.
    C’était important pour nous de déconstruire certaines idées reçues, notamment celle d’une « transition écologique et numérique ».

    Comme si, en soi, le numérique était synonyme de mieux-disant écologique. C’est absolument faux et c’est le fruit d’un récit, forgé depuis des décennies, pour nous faire croire que le numérique s’affranchirait de la matière et de la pression sur les écosystèmes.

    En réalité, depuis les mines, en passant par la production de semi-conducteurs, le fonctionnement des data centers, jusqu’à tous les appareils numériques qu’on a entre nos mains, on a un continuum qui demande beaucoup, beaucoup de matières premières et, à chacune des étapes, énormément d’eau. À un moment, ce n’est plus soutenable.

    Face à ce secteur-là qui est dans une croissance exponentielle, notamment en raison du développement de l’intelligence artificielle (IA), il y a une forme de gouffre hydrique qui se présente devant nous. Il faut se rappeler que le secteur des data centers, c’est 30 % de croissance par an. Aux États-Unis, on construit plus de data centers que de bureaux. Là, le côté systémique est intéressant, car qui pointe le bout de son nez dans cette équation-là ? Ce sont les acteurs industriels de l’eau, qui disent : « Vous n’y arrivez pas, mais on peut vous construire une usine de désalinisation, on peut produire de l’eau pour vous. »

    Effectivement, vous le montrez bien, plus la ressource en eau est dégradée, plus il y a un marché.

    N. C. : Oui, ce sont des sortes d’intérêts bien compris où le secteur des technologies de dépollution de l’eau devient l’acteur qui permet aux autres leur forme d’accaparement. Sans ces « solutions » de traitement de l’eau de plus en plus complexes et chères, on serait obligés de se demander justement comment on utilise l’eau, comment on se la partage. En somme, de questionner les usages de l’eau.

    Là-dessus, nous racontons comment des géants de l’eau comme Veolia, Suez et d’autres, qui faisaient leur business en distribuant l’eau dans les villes, ont été obligés de revoir leur modèle, prenant acte d’un mouvement de remunicipalisation (à la suite de nombreux scandales financiers notamment). Ils se présentent depuis une dizaine d’années comme des champions de la « transition écologique » et de la dépollution. D’après leurs déclarations aux investisseurs, leurs clients ne sont pourtant pas les usagers individuels, vous et moi, qui avons besoin d’eau pure au robinet : leurs principales cibles commerciales sont les infrastructures industrielles, comme les data centers ou les usines de semi-conducteurs, qui ont besoin d’eau très pure pour ne pas corroder leurs équipements, etc.

    Ces procédés sont aussi extrêmement énergivores et ont des effets délétères sur les écosystèmes. L’eau relève d’enjeux éminemment locaux. Ce qui est prélevé ici ne peut pas être compensé en remplissant une nappe à l’autre bout du pays. Et puis derrière, quid de tous les autres effets de l’extraction minière, sur la biodiversité, sur la destruction des terres arables qu’on utilise pour alimenter cette machine ?

    F. B. : Ce solutionnisme technologique est un autre nom pour le business as usual et la destruction du vivant. La réutilisation des eaux grises, qui semble être du bon sens, c’est une façon de ne pas questionner les usages, de les pérenniser, et c’est de l’eau qui n’est pas rendue aux milieux. Donc, cela portera atteinte à la bonne santé des écosystèmes.

    Et puis, on peut dérouler le même raisonnement sur la désalinisation, qui répond à la même logique, avec toujours des conséquences très lourdes d’un point de vue écologique. L’impensé, c’est celui des interdépendances. On ne peut pas traiter le sujet de l’eau isolément, sans traiter celui de la biodiversité, de la santé des milieux, de la santé humaine. Alors que dans le débat public, dans les discours politiques, le sujet a tendance à être traité de manière uniquement technique, comme une question de flux, de stocks. Les industriels de l’eau parlent de « produire de l’eau », comme si on pouvait en fabriquer de toutes pièces, ce qui est complètement inepte.

    L’eau en bouteille a historiquement construit son modèle économique sur celui de la santé. Les industriels ne voient pas d’un mauvais œil l’inquiétude grandir sur la qualité de l’eau.

    F. B. : Le risque avec l’eau en bouteille, deux mille fois plus énergivore que l’eau du robinet, c’est que cela devienne effectivement une réponse de marché à un problème public, qui est celui de la qualité de l’eau. Et en même temps, l’industrie de l’embouteillage a subi quand même des revers, des polémiques qui font que la pureté supposée des eaux en bouteille en a pris un coup. Un doute est en train de se diffuser autour des eaux en bouteille, avec, évidemment, le cas emblématique de Nestlé, mais pas uniquement.

    Et il y a tout ce qu’on ne veut pas voir quand on parle de qualité de l’eau au sens large, qu’il s’agisse de l’eau en bouteille ou du robinet. Il y a plein de choses qu’on ne tente pas de détecter. Sur la question des PFAS, c’est particulièrement interpellant. On se rend compte qu’on contrôle 20 PFAS depuis janvier 2026, alors que l’EPA américaine parle de 14 000 variétés de PFAS ou qu’une autre agence américaine évoque plutôt 2 millions. Il y aurait sans doute une panique morale totale si on commençait à essayer de détecter tout ça.

    N. C. : Face aux pollutions au PFAS, aux pesticides, on se dit : soit on boit de l’eau en bouteille, soit on « maxifiltre » l’eau qui va arriver au robinet. Et c’est ce qu’on voit en Île-de-France avec le projet du Syndicat des eaux de la région, qui est un projet à 1 milliard pour avoir de l’eau potable pour une partie des communes d’Île-de-France, dont Paris ne fait pas partie. Ce projet mise très majoritairement sur le traitement, alors qu’il serait entre cinq et dix fois moins cher de prévenir plutôt que guérir, d’après certaines études. La régie publique Eau de Paris, par exemple, a essayé de passer des pactes avec les agriculteurs pour avoir moins d’épandage de pesticides, donc ils peuvent se permettre de mettre en place des solutions de traitement moins coûteuses.

    Mais certains y trouvent leur compte. L’entreprise DuPont, qui est une grande émettrice de PFAS, est la même qui vend des membranes de filtration des PFAS pour potabiliser l’eau. Water Europe, qui est le lobby européen des entreprises de traitement de l’eau, dont Suez-Veolia et autres, demande à la Commission européenne 255 milliards sur cinq ans, juste pour investir dans ces technologies de traitement. Il y a un risque de système à deux vitesses, entre les grandes métropoles qui pourront investir dans ces systèmes très coûteux de dépollution de l’eau et des communautés de communes rurales pour lesquelles ce sera beaucoup trop cher.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/080526/megabassines-data-centers-la-guerre-contre-l-eau-s-est-intensifiee
    #centres_de_données #guerre_de_l'eau #privatisation #rareté #pollution #sécheresse #eau_potable #pesticides #PFAS #Sainte-Soline #accaparement #guerre_contre_l’eau #agriculture #préfectorialisation #démocratie #démocratie_locale #reverticalisation #économie #intérêts_économiques #lobbying #santé #écosystèmes #intérêt_général_majeur #loi_Duplomb #irrigation #industrie_agro-alimentaire #répression #résistance #violence #FNSEA #maïs #cycle_de_l’eau #souveraineté_alimentaire #élevage #bétail #transition #numérique #matières_premières #IA #AI #intelligence_artificielle #data_centers #centres_de_données #dépollution #Veolia #Suez #business #remunicipalisation #municipalisation #semi-conducteurs #énergie #techno-solutionnisme #eaux_grises #désalinisation #interdépendances #biodiversité #eau_en_bouteille #Nestlé #qualité #qualité_de_l'eau #pesticides #business #DuPont #filtration #Water_Europe

    • Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau

      Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, un déluge de grenades s’abat sur les manifestants. Plusieurs personnes restent à terre. Deux tombent dans le coma. Marqués par cet épisode, Fabien Benoit et Nicolas Celnik se lancent dans une vaste investigation et découvrent que les mégabassines ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

      Ils livrent ici les résultats de leur enquête, menée sur plus de deux ans, sur ces entreprises qui ont fait main basse sur l’eau, ces « assoiffeurs » qui ont privatisé ce bien commun et prévoient désormais de tirer profit de la pénurie qui s’annonce, avec le soutien de l’État.

      Cet ouvrage entend mettre à jour les stratégies et plans pensés par ces entreprises pour accroître encore leur emprise en faisant appel au solutionnisme technologique, qui nous enserre collectivement et nous empêche d’enclencher une véritable discussion politique et démocratique sur le partage de l’eau.

      Du lobbying en faveur des mégabassines aux efforts des grands acteurs du numérique pour masquer leur consommation d’eau, en passant par les manœuvres des producteurs de PFAS pour vendre des solutions dépolluantes à des prix exorbitants, ce livre-enquête révèle l’ampleur du dévoiement de la « démocratie de l’eau à la française », court-circuitée par des collusions politiques et jeux de pouvoir.

      https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Les_Assoiffeurs-9791020923691-1-1-0-1.html
      #livre

    • et Veolia c’est qui ? c’est Bolloré.
      Et quels sont les députés qui ont refusé de laisser les premiers m3 d’eau gratuits aux pauvres ? c’est les députés fachos, oups les nazis, oups les députés du parti fondé par des nazis.
      A Toulouse ils te collent du Eau-Toulouse-Metropole mais en fait derrière c’est Véolia Bolloré. Du Moudenc tout craché. Et l’eau est devenue plus cher l’été, tour de passe passe.

  • Nei campi della #Piana_del_Sele si continua a morire di sfruttamento e indifferenza

    A metà aprile un uomo di 36 anni di nazionalità indiana sarebbe stato abbandonato davanti all’ospedale Ruggi di Salerno con le gambe in cancrena e l’infezione agli organi interni. Un orrore che ricorda i fatti di #Satnam_Singh, il giovane lavoratore morto nell’Agro Pontino nell’estate 2024. La risposta della istituzioni è ancora oggi stentata, l’#omertà domina, in una delle aree agricole più produttive del Paese, regno della cosiddetta “#quarta_gamma

    Venerdì 17 aprile alcuni articoli della stampa locale diffondono la notizia che un uomo di 36 anni di nazionalità indiana sarebbe stato abbandonato davanti al Pronto soccorso dell’ospedale #Ruggi_di_Salerno con le gambe in avanzato stato di cancrena e l’infezione che avrebbe toccato gli organi interni. L’ennesima tragedia dello sfruttamento nei campi d’Italia.

    Sembra un fulmine a ciel sereno che scatena un piccolo terremoto, portando ad un’interrogazione parlamentare ai ministri del Lavoro e dell’Agricoltura da parte del deputato di Avs Franco Mari, a un appello della responsabile Lavoro nella segreteria nazionale del Partito democratico Maria Cecilia Guerra che richiede un solido programma di contrasto che parta dall’abolizione della Bossi-Fini e promuova controlli sistematici sul lavoro irregolare, e a uno della Cgil. Risposte ai quesiti posti non ne sono ancora arrivate.

    Le indagini della Squadra mobile di #Salerno sono in corso e secondo fonti della questura l’uomo sarebbe stato accompagnato al Ps nella notte tra il 10 e l’11 aprile da persone che lo conoscevano. Sarebbe in possesso di documenti ma non è possibile conoscere né l’identità della persona né chi l’abbia accompagnato. Secondo le notizie più recenti, che filtrano a fatica, le condizioni di questa persona sarebbero in leggero miglioramento. Ogni ipotesi è ancora sul tavolo degli inquirenti, compresa quella di un incidente sul lavoro non denunciato, e di un trasporto in ospedale tardivo dopo qualche tentativo di curare le ferite.

    A provocare un quadro clinico di tale gravità potrebbe essere stato il contatto non protetto e prolungato con diserbanti o altre sostanze chimiche utilizzate in agricoltura o in zootecnia.

    “Dobbiamo avere risposte da istituzioni e organismi inquirenti. Non possiamo abbandonare e dimenticare questa persona e i motivi per cui si trova in questo stato. Sfruttamento, caporalato, povertà? Non sappiamo, ma dobbiamo sapere e con certezza”, spiega il sociologo Gennaro Avallone, docente dell’Università di Salerno da anni impegnato a studiare le condizioni di vita e di lavoro dei lavoratori migranti della piana.

    “Voci e ipotesi aiutano all’inizio ma, poi, se non si trasformano in certezza, possono diventare un motivo per abbassare l’attenzione pubblica e politica. Abbiamo bisogno di sapere, ne abbiamo bisogno tutti, a partire dalla popolazione immigrata e da chi vive di lavoro. Mi aspetto, pertanto, risposte istituzionali a breve, a partire dagli esiti delle indagini di polizia”.

    Sono parole forti che spiegano anche come mai quello che sembrava un terremoto non sembra aver scosso più di tanto l’ambiente istituzionale. Aleggia un’ombra di omertà, un muro di gomma che attutisce ogni episodio riguardante i lavoratori migranti della zona rendendolo un piccolo sommovimento. E facendo cadere nel dimenticatoio questa terra in cui i fratelli di Satnam Singh muoiono da anni nel silenzio, lontano dai riflettori, ed insieme a loro tanti altri lavoratori migranti.

    La Piana del Sele, così poco conosciuta, con i suoi circa 450 chilometri di estensione, è una delle aree agricole più produttive d’Italia. Non è l’oceano di plastica che sommerge Almeria, in Spagna, ma un mare relativamente più piccolo di estensione, oltre seimila ettari di serre a costellare lo spazio che va da #Pontecagnano a #Capaccio dall’altra lungo il mare, spingendosi all’interno fino a #Montecorvino e #Battipaglia. Regno della cosiddetta “quarta gamma” italiana, rappresenta un avamposto dell’agro-industria nazionale che per quote di esportazione primeggia sui mercati europei, oltre ad essere uno dei centri della zootecnia di qualità.

    Un mare che dietro a onde apparentemente più tranquille sommerge tra sfruttamento ed indifferenza centinaia di lavoratori migranti.
    Quanti? È difficile da capire, con una comunità indiana di oltre tremila persone e quasi duemila lavoratori migranti di altre nazionalità che vivono nel solo territorio di #Eboli. Tanti vivono all’interno delle aziende, in catapecchie disseminate nel territorio tra le strade strette che portano da una serra all’altra e quelle che si inerpicano tra campagna, allevamenti e caseifici. O in luoghi come #Campolongo, nella periferia di Eboli, dove i lavoratori migranti trovano un alloggio, per quanto precario, tra case abusive e baracche. Tanti sono morti nei campi o per cause non ancora accertate ma strettamente legate alle condizioni di vita. Almeno sei solo in questo anno e mezzo ma le organizzazioni del territorio ne segnalano un numero maggiore, anche se difficilmente verificabile senza l’aiuto delle autorità locali.

    Tra questi #Manjinder_Singh_Rimpa, lavoratore indiano morto schiacciato da un trattore l’8 novembre 2024 in un’azienda della zona. Era originario del villaggio di Tashpur, nel Punjab e da tempo viveva in Italia insieme alla sua famiglia. Le reali circostanze della morte sono ancora oggi da chiarire. Come quelle se possibile ancora più inquietanti che riguardano un altro lavoratore indiano, il cui corpo è stato ritrovato all’interno di una vasca di raccolta del letame l’8 luglio scorso, in un’azienda bufalina in località Borgo San Lazzaro a Serre, poco distante da Eboli. Secondo le ricostruzioni, il corpo ormai in avanzato stato di decomposizione è stato ritrovato quando alcuni lavoratori hanno attivato un macchinario per svuotare la vasca allagata dall’abbondante acqua piovana caduta nelle ore precedenti.

    Tra questi due episodi, almeno altre due morti, una il 13 maggio 2025 a Positano che ha riguardato un lavoratore di origine indiana di 54 anni, e quella del venticinquenne #Sandhu_Gurmeet_Singh, lavoratore sempre indiano che abitava e lavorava in un’azienda agricola ad #Altavilla_Silentina, paese confinante con Serre, ritrovato senza vita lungo le rive del fiume Calore, nascosto tra i rami. Attivisti e realtà del territorio sono impegnate da tempo alla ricerca di risposte ma fino ad ora non hanno ricevuto nulla, mentre la piana del Sele sta diventando un buco nero che inghiotte al suo interno vite, diritti e verità.

    E non bisogna neanche andare così indietro nel tempo per rendersi conto della drammaticità della situazione. Il 14 aprile, mentre il lavoratore indiano portato al Ruggi stava lottando tra la vita e la morte, in una catapecchia nei pressi di Campolongo veniva infatti ritrovato il corpo di un giovane cittadino straniero, in avanzato stato di decomposizione. Quando sono arrivate le forze dell’ordine hanno potuto constatare come il corpo si trovasse lì da almeno un paio di settimane ma al momento le autorità non hanno ancora reso note le generalità ufficiali del giovane. Secondo fonti locali si tratterebbe di #Adama_Coulibaly, un ragazzo di origine maliana, costretto a nascondersi perché privo di regolare titolo di soggiorno e a lavorare accontentandosi di qualche impiego in nero nelle aziende della zona. Mary Coulibaly, cugino del ragazzo, lui sì fortunato possessore di titolo di soggiorno, racconta che negli ultimi tempi non si vedeva molto in giro, aveva detto che sarebbe partito altrove in cerca di qualche altro lavoro. Lo shock è stato forte, e forse appellandosi a questo motivo si rifiuta di riconoscere quel corpo come quello di Adama.

    Resta il dramma e la sensazione che si poteva fare qualcosa per aiutarlo, come sicuramente si poteva fare qualcosa per aiutare #Badhan_Sameer, un ragazzo indiano che viveva per strada, trovato morto in piazza della Repubblica ad Eboli il 2 marzo scorso. Aveva da poco compiuto 40 anni, le prime valutazioni del medico legale e degli inquirenti parlano di cause naturali, aggravate dalle precarie condizioni di vita all’aperto e dal freddo del periodo. Anche in questo caso, ci vorrà tempo per chiarire le cause materiali di queste morti, non è difficile però legarle alla disumana realtà con cui i lavoratori migranti sono costretti a confrontarsi in Italia. Ma tutte, sono storie che ci parlano di condizioni di lavoro precarie, emarginazione, sofferenza, sfruttamento, mancate risposte da parte delle istituzioni.

    Fino ad ora, malgrado alcuni progetti siano in fase di definizione, non ci sono strutture in grado di fornire soluzioni a chi vive queste condizioni di marginalità estrema. Fonti del’amministrazione comunale ebolitana indicano come almeno il progetto legato ai fondi Pnrr della misura dedicata alla fuoriuscita dagli insediamenti abusivi si stia avviando verso la sua definizione, ma anche su questo ci sono poche certezze. L’unica cosa certa è che i fondi sono stati autorizzati dalla struttura commissariale ma che il Comune non ha mai ritenuto necessario rispondere alle richieste di accesso civico generalizzaato presentategli nel corso dell’ultimo anno.

    https://altreconomia.it/nei-campi-della-piana-del-sele-si-continua-a-morire-di-sfruttamento-e-i

    #exploitation #agriculture #Italie #décès #industrie_agro-alimentaire #travailleurs_immigrés #conditions_de_travail #conditions_de_vie

  • The Green Revolution is a warning, not a blueprint for feeding a hungry planet

    Feeding a growing world population has been a serious concern for decades, but today there are new causes for alarm. Floods, heat waves and other weather extremes are making agriculture increasingly precarious, especially in the Global South.

    The war in Ukraine is also a factor. Russia is blockading Ukrainian grain exports, and fertilizer prices have surged because of trade sanctions on Russia, the world’s leading fertilizer exporter.

    Amid these challenges, some organizations are renewing calls for a second Green Revolution, echoing the introduction in the 1960s and 1970s of supposedly high-yielding varieties of wheat and rice into developing countries, along with synthetic fertilizers and pesticides. Those efforts centered on India and other Asian countries; today, advocates focus on sub-Saharan Africa, where the original Green Revolution regime never took hold.

    But anyone concerned with food production should be careful what they wish for. In recent years, a wave of new analysis has spurred a critical rethinking of what Green Revolution-style farming really means for food supplies and self-sufficiency.

    As I explain in my book, “The Agricultural Dilemma: How Not to Feed the World,” the Green Revolution does hold lessons for food production today – but not the ones that are commonly heard. Events in India show why.
    A triumphal narrative

    There was a consensus in the 1960s among development officials and the public that an overpopulated Earth was heading toward catastrophe. Paul Ehrlich’s 1968 bestseller, “The Population Bomb,” famously predicted that nothing could stop “hundreds of millions” from starving in the 1970s.

    India was the global poster child for this looming Malthusian disaster: Its population was booming, drought was ravaging its countryside and its imports of American wheat were climbing to levels that alarmed government officials in India and the U.S.

    Then, in 1967, India began distributing new wheat varieties bred by Rockefeller Foundation plant biologist Norman Borlaug, along with high doses of chemical fertilizer. After famine failed to materialize, observers credited the new farming strategy with enabling India to feed itself.

    Borlaug received the 1970 Nobel Peace Prize and is still widely credited with “saving a billion lives.” Indian agricultural scientist M.S. Swaminathan, who worked with Borlaug to promote the Green Revolution, received the inaugural World Food Prize in 1987. Tributes to Swaminathan, who died on Sept. 28, 2023, at age 98, have reiterated the claim that his efforts brought India “self-sufficiency in food production” and independence from Western powers.

    Debunking the legend

    The standard legend of India’s Green Revolution centers on two propositions. First, India faced a food crisis, with farms mired in tradition and unable to feed an exploding population; and second, Borlaug’s wheat seeds led to record harvests from 1968 on, replacing import dependence with food self-sufficiency.

    Recent research shows that both claims are false.

    India was importing wheat in the 1960s because of policy decisions, not overpopulation. After the nation achieved independence in 1947, Prime Minister Jawaharlal Nehru prioritized developing heavy industry. U.S. advisers encouraged this strategy and offered to provide India with surplus grain, which India accepted as cheap food for urban workers.

    Meanwhile, the government urged Indian farmers to grow nonfood export crops to earn foreign currency. They switched millions of acres from rice to jute production, and by the mid-1960s India was exporting agricultural products.

    Borlaug’s miracle seeds were not inherently more productive than many Indian wheat varieties. Rather, they just responded more effectively to high doses of chemical fertilizer. But while India had abundant manure from its cows, it produced almost no chemical fertilizer. It had to start spending heavily to import and subsidize fertilizer.

    India did see a wheat boom after 1967, but there is evidence that this expensive new input-intensive approach was not the main cause. Rather, the Indian government established a new policy of paying higher prices for wheat. Unsurprisingly, Indian farmers planted more wheat and less of other crops.

    Once India’s 1965-67 drought ended and the Green Revolution began, wheat production sped up, while production trends in other crops like rice, maize and pulses slowed down. Net food grain production, which was much more crucial than wheat production alone, actually resumed at the same growth rate as before.

    But grain production became more erratic, forcing India to resume importing food by the mid-1970s. India also became dramatically more dependent on chemical fertilizer.

    According to data from Indian economic and agricultural organizations, on the eve of the Green Revolution in 1965, Indian farmers needed 17 pounds (8 kilograms) of fertilizer to grow an average ton of food. By 1980, it took 96 pounds (44 kilograms). So, India replaced imports of wheat, which were virtually free food aid, with imports of fossil fuel-based fertilizer, paid for with precious international currency.

    Today, India remains the world’s second-highest fertilizer importer, spending US$17.3 billion in 2022. Perversely, Green Revolution boosters call this extreme and expensive dependence “self-sufficiency.”
    The toll of ‘green’ pollution

    Recent research shows that the environmental costs of the Green Revolution are as severe as its economic impacts. One reason is that fertilizer use is astonishingly wasteful. Globally, only 17% of what is applied is taken up by plants and ultimately consumed as food. Most of the rest washes into waterways, where it creates algae blooms and dead zones that smother aquatic life. Producing and using fertilizer also generates copious greenhouse gases that contribute to climate change.

    In Punjab, India’s top Green Revolution state, heavy use of fertilizers and pesticides has contaminated water, soil and food and endangered human health.

    In my view, African countries where the Green Revolution has not made inroads should consider themselves lucky. Ethiopia offers a cautionary case. In recent years, the Ethiopian government has forced farmers to plant increasing amounts of fertilizer-intensive wheat, claiming this will achieve “self-sufficiency” and even allow it to export wheat worth $105 million this year. Some African officials hail this strategy as an example for the continent.

    But Ethiopia has no fertilizer factories, so it has to import it – at a cost of $1 billion just in the past year. Even so, many farmers face severe fertilizer shortages.

    The Green Revolution still has many boosters today, especially among biotech companies that are eager to draw parallels between genetically engineered crops and Borlaug’s seeds. I agree that it offers important lessons about how to move forward with food production, but actual data tells a distinctly different story from the standard narrative. In my view, there are many ways to pursue less input-intensive agriculture that will be more sustainable in a world with an increasingly erratic climate.

    https://theconversation.com/the-green-revolution-is-a-warning-not-a-blueprint-for-feeding-a-hun
    #Green_Revolution #agriculture #pesticide #fertilisants #Inde #histoire #blé #Norman_Borlaug #Rockefeller_Foundation #Swaminathan #récit #démographie #riz #exportation #jute #industrie_agro-alimentaire #fumier #vaches #environnement #algues #eau #pollution #Punjab #Ethiopie #semences

    • The Agricultural Dilemma. How Not to Feed the World

      The Agricultural Dilemma questions everything we think we know about the current state of agriculture and how to, or perhaps more importantly how not to, feed a world with a growing population.

      This book is about the three fundamental forms of agriculture: Malthusian (expansion), industrialization (external-input-dependent), and intensification (labor-based). The best way to understand the three agricultures, and how we tend to get it wrong, is to consider what drives their growth. The book provides a thoughtful, critical analysis that upends entrenched misconceptions such as that we are running out of land for food production and that our only hope is the development of new agricultural technologies. The book contains engaging and enlightening vignettes and short histories, with case studies drawn from across the globe to bring to life this important debate and dilemma. The book concludes by arguing there is a viable alternative to industrial agriculture which will allow us to meet the world’s needs and it ponders why such alternatives have been downplayed, obscured, or hidden from view.

      This important book is essential reading for all studying and researching food production and agriculture, and more broadly for all interested in ensuring we are able to feed our growing population.

      https://www.routledge.com/The-Agricultural-Dilemma-How-Not-to-Feed-the-World/Stone/p/book/9781032260457
      #livre

  • Lactalis : l’ogre du lait continue de polluer en toute impunité
    https://disclose.ngo/fr/article/lactalis-continue-de-polluer-en-toute-impunite

    Cinq ans après nos révélations sur les rejets toxiques, et illégaux, des usines de Lactalis dans les cours d’eau français, treize laiteries dépassent toujours les limites de pollution autorisées par la loi, en dépit des condamnations, révèle Disclose. Lire l’article

  • #Algues_vertes, l’histoire interdite

    Pas moins de 3 hommes et 40 animaux ont été retrouvés morts sur les plages bretonnes. L’identité du tueur est un secret de polichinelle : les algues vertes. Un demi-siècle de fabrique du silence raconté dans une enquête fleuve.Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d’être autopsiés, des jeux d’influence, des pressions et un silence de plomb. L’intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d’années. Inès Léraud et Pierre Van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.

    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-algues-vertes-l-histoire-interdite/album-algues-vertes-l-histoire-interdite
    #BD #livre #bande-dessinée
    #Bretagne #algues #plages #hydrogène_sulfuré (#H25) #Côtes_d'Armor #intoxication #santé_publique #Halte_aux_marées_vertes #omerta #Thierry_Morfoisse #justice #Nicol_Environnement #Screg-Colas #Bouygues #Sauvegarde_du_Trégor #silence #déni #agriculture #modernisation #remembrement #industrialisation #élevage_hors-sol #industrice_porcine #agriculture_intensive #pollution #eau_potable #Marc_Le_Fur #porcherie #nitrates #modernisation_agricole #engrais #Institut_scientifique_et_technique_de_l'environnement (#ISTE) #Christian_Bursan #industrie_agro-alimentaire #stratégie_de_l'incertitude #plan_algues_vertes (#PAV) #subventions #lisier #CRESEB #CSEB #conseil_régional_de_bretagne #France #comité_de_convergence_des_intérêts_bretons (#CCIB) #Produit_de_Bretagne #Institut_de_Locarn #Club_des_Trente #Breizh_Europe #Les_dîners_celtiques #Les_amis_du_cochon #tourisme #dépendance #terreur #suicides #banques #grande_distribution #argent_public #élevage #sodiaal #Triskalia #Synutra #Laïta #Jean-René_Auffray #vasières_du_Guessant

    • Les marées vertes

      Qu’y a-t-il de commun entre les plages de Bretagne, la lagune de Venise, et le littoral chinois de Qingdao ?

      Tous les trois ont fait la « une » des journaux en raison d’impressionnantes « marées vertes », causées par l’accumulation estivale de macroalgues du genre Ulva.

      Ces marées vertes sont la forme la plus visible d’un enrichissement excessif des eaux marines. Cela ne doit pas faire oublier la forme planctonique, bien plus étendue vers le large, qu’on appelle « eaux colorées ». Ces phénomènes peuvent s’avérer dangereux tant pour la faune marine, que pour le promeneur du littoral ou le consommateur de coquillages. Alors quelle est la cause de ce soudain dérèglement ? Peut-on y remédier ?

      Depuis quand y a-t-il des marées vertes ? Est-ce un phénomène permanent ou saisonnier ? Que fait-on pour se débarrasser d’une marée verte déjà formée ? Quels sont les impacts sur l’écosystème marin ? Quelles sont les nuisances pour la société humaine ? Peut-on tirer de l’énergie des algues vertes ? Quelle est l’attitude du monde agricole ? Que fait l’administration pour diminuer la nuisance ? Eaux « rouges » contre marées « vertes » : quelles différences pour l’environnement ?

      Autant de questions auxquelles ce petit livre répond sans complaisance ni catastrophisme, au plus près de la connaissance scientifique actuelle, loin des polémiques qui masquent trop souvent la réalité ! Il intéressera les personnes soucieuses de la qualité de leur environnement côtier.

      https://www.quae.com/produit/1402/9782759225552/les-marees-vertes

  • #Cancer : une étude alarmante révèle pourquoi la #France est le pays le plus touché (environ 400 cas pour 100 000 habitants)

    Une récente publication du Lancet place la France en tête des pays les plus touchés par le cancer, avec près de 390 cas pour 100 000 habitants. Ce constat alarmant soulève de nombreuses questions sur les facteurs spécifiques qui exposent davantage les Français à cette maladie.

    La France affronte aujourd’hui un paradoxe sanitaire préoccupant. Notre système de santé démontre une efficacité remarquable dans le traitement du cancer, avec un taux de mortalité parmi les plus bas d’Europe. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 136,8 décès pour 100 000 habitants en 2023 contre 184,7 en 1990. Cette diminution témoigne des avancées médicales considérables réalisées ces dernières décennies. Les traitements innovants, les protocoles perfectionnés et l’expertise des professionnels français sauvent de nombreuses vies. Pourtant, cette réussite thérapeutique masque une réalité bien plus sombre : l’explosion du nombre de nouveaux cas de cancer diagnostiqués chaque année sur notre territoire.

    L’étude publiée en septembre dans la revue The Lancet a provoqué une onde de choc dans la communauté médicale. Elle place la France au premier rang mondial pour l’incidence du cancer, avec 389,4 cas pour 100 000 habitants. Cette position alarmante suscite d’autant plus d’inquiétude qu’elle demeure largement inexpliquée. D’autres études nuancent ce classement, notamment celle d’une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) basée à Lyon. Elle classe l’Hexagone au neuvième rang mondial. Ces divergences s’expliquent par des différences méthodologiques. Néanmoins, même avec ces nuances, la position défavorable de la France reste préoccupante et nécessite des investigations approfondies.
    Des facteurs de risque du cancer en France bien identifiés mais insuffisamment maîtrisés

    Plusieurs éléments expliquent cette surexposition française au cancer, selon Le Monde. Le tabagisme figure en tête des facteurs de risque, particulièrement chez les femmes françaises. Leur taux de tabagisme (23 %) représente le plus élevé d’Europe. Cette statistique alarmante explique en grande partie l’augmentation des cancers féminins observée ces dernières années. La consommation d’alcool constitue également un facteur déterminant. Les Français consomment davantage d’alcool que la moyenne européenne, malgré les campagnes de sensibilisation régulières. Cette habitude culturelle ancrée dans notre société augmente la prévalence des cancers du foie, de la bouche, de la gorge et du système digestif.

    La sédentarité représente un autre facteur préoccupant. Le manque d’activité physique, particulièrement en milieu urbain, favorise le développement de certains cancers. L’exposition aux hormones, notamment via la pilule contraceptive, pourrait constituer une spécificité française méritant des études plus approfondies. Le système de collecte de données français présente également des lacunes significatives. Il s’appuie sur des registres locaux partiels et exclut étrangement les zones urbaines denses et les sites Seveso. Ces zones pourraient pourtant présenter des taux d’incidence particuliers. Une loi promulguée en juin prévoit la création d’un registre national, mais l’instabilité gouvernementale retarde son application

    L’exposition environnementale en France, une piste de cancer insuffisamment explorée

    L’exposition aux polluants environnementaux constitue une explication majeure qui mérite davantage d’investigation. Les Français présentent une imprégnation particulière au cadmium, substance cancérogène présente dans de nombreux engrais agricoles. Cette contamination spécifique pourrait jouer un rôle significatif dans la surexposition nationale au cancer. La France figure également parmi les plus grands utilisateurs mondiaux de pesticides, dont certains provoquent des effets cancérogènes. Le lien direct entre cette utilisation massive et l’incidence élevée du cancer reste à établir formellement. Cependant, les corrélations observées justifient des recherches approfondies.

    L’alimentation française, malgré sa réputation d’excellence, pourrait également contribuer à cette situation préoccupante. La consommation importante de viandes transformées, de produits riches en nitrites et d’aliments ultra-transformés mérite une analyse épidémiologique approfondie. Face à ce constat alarmant, nous devons mobiliser toutes nos ressources. Comme le souligne l’éditorial du Monde, « toutes les instances scientifiques concernées, notamment l’Institut national du cancer, doivent être mobilisées pour une vaste étude épidémiologique englobant l’intégralité des facteurs susceptibles d’être reliés à cette maladie ». Cette première place française, même contestable, doit servir de signal d’alarme et conduire à une prise de conscience collective. Le cancer demeure la première cause de mortalité en France et préoccupe l’ensemble de la population.

    https://www.aufeminin.com/societe/sante-femme-societe/cancer-6/cancer-france-pays-plus-touche-etude-lancet-2666038.html
    #statistiques #chiffres
    #santé #incidence #traitements #facteurs_de_risque #tabagisme #alcool #activité_physique #hormones #contraception #Seveso #données #registre_national #cadmium #engrais #industrie_agricole #polluants_environnementaux #contamination #pesticides #alimentation #viande #nitrites #produits_ultra-transformées #industrie_agro-alimentaire #épidémiologie #mortalité

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    voir aussi cet article publié dans Le Monde, signalé par @touti :
    https://seenthis.net/messages/1139908

    • L’étude:
      The global, regional, and national burden of cancer, 1990–2023, with forecasts to 2050: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2023

      Cancer is a leading cause of death globally. Accurate cancer burden information is crucial for policy planning, but many countries do not have up-to-date cancer surveillance data. To inform global cancer-control efforts, we used the Global Burden of Diseases, Injuries, and Risk Factors Study (GBD) 2023 framework to generate and analyse estimates of cancer burden for 47 cancer types or groupings by age, sex, and 204 countries and territories from 1990 to 2023, cancer burden attributable to selected risk factors from 1990 to 2023, and forecasted cancer burden up to 2050.

      https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)01635-6/abstract

    • « Le travail est un facteur de risque avéré du cancer »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/03/le-travail-est-un-facteur-de-risque-avere-du-cancer_6651318_3232.html

      Dans une tribune au « Monde », un collectif d’associations regroupant des victimes de #cancers_professionnels alerte sur la corrélation, encore trop peu médiatisée, entre travail et cancer, notamment par l’exposition prolongée à des substances toxiques.

      Une récente publication du Lancet place la France en tête des pays les plus touchés par le cancer, avec plus de 433 000 personnes malades chaque année, un nombre qui a doublé en vingt ans. Cette situation très inquiétante est le plus souvent rapportée aux seuls comportements individuels à risque – tabac, alcool, activité physique –, mais est-ce la bonne approche ?

      Cette jeune fleuriste, dont l’enfant est morte à 11 ans d’un cancer du sang après sept ans de lourds traitements, avait-elle « choisi » d’être contaminée par les pesticides dont étaient imprégnées ses fleurs, #pesticides cancérogènes non seulement pour elle-même mais aussi pour l’enfant à naître ? Les ouvrières du laboratoire Tetra Medical ont-elles « choisi » le procédé de stérilisation à l’#oxyde_d’éthylène, cancérogène, mutagène, toxique pour la reproduction qui les a empoisonnés durablement, elles et leurs enfants ? Les ouvriers des usines chimiques ont-ils « choisi » les PFAS, au redoutable pouvoir toxique ? Sans parler des employées du nettoyage, contaminées par les cancérogènes des produits d’entretien.

      Les risques du travail, facteurs de dangers avérés du cancer, n’apparaissent pas dans l’article du Lancet, qui reprend le discours dominant et culpabilisant qui fait reposer la responsabilité de la survenue des cancers sur les victimes elles-mêmes.
      Le #travail_de_nuit ou posté, par exemple, est l’une des causes du #cancer_du_sein, reconnue officiellement comme telle en 2007 par le Centre international de recherche sur le cancer. Chez les femmes, ce type d’organisation temporelle du travail a néanmoins augmenté de 150 % entre 1982 et 2015, en progression dans de multiples secteurs où il n’est nullement indispensable – industrie, commerce, nettoyage.

      Scandales sanitaires

      Nous, signataires de cette tribune, nous voulons rappeler le travail inlassable et les mobilisations de tous ceux et celles – militants associatifs et syndicalistes, chercheurs, médecins, avocats – qui, depuis plus de quarante ans, alertent sur ces risques évitables que sont les multiples situations de #mise_en_danger_de_la_vie_d’autrui dans le travail exposé aux cancérogènes.

      Les enquêtes « Conditions de travail » et « Surveillance médicale des risques » du ministère du travail alertent, depuis les années 1970, sur les graves expositions aux risques chimiques, aux poussières, aux rayonnements. Pourtant, ces avertissements n’entraînent pas de mesures de prévention visant à réduire ces expositions.

      Durant les années 1970 puis au cours de la décennie 1990-2000, de fortes mobilisations sociales ont fait éclater le scandale sanitaire des dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs exposés sans protection aux fibres d’amiante. Dans l’intervalle, les industriels avaient pu imposer le mythe mensonger de « l’usage contrôlé de l’amiante ».

      Il a fallu la mobilisation de multiples collectifs, la démonstration faite en 1994 par Henri Pézerat – spécialiste de la cancérogenèse de l’amiante – de l’extrême dangerosité de cette fibre mortelle, pour qu’enfin l’amiante soit interdit en France en 1997. Mais des 80 kilos d’amiante par habitant présents partout en France, bien peu ont été enlevés, et cela, souvent, dans des conditions de mise en danger des personnes exposées, tant dans le travail que l’environnement. Au mépris des règles du code du travail.

      D’autres produits toxiques, toujours en usage, sont régulièrement au cœur de scandales sanitaires : les pesticides, les PFAS, l’oxyde d’éthylène, l’arsenic et bien d’autres. Au rang des affaires polémiques, Notre-Dame de Paris : non seulement l’incendie de la cathédrale a pollué durablement au #plomb les abords du monument, mais la reconstruction « à l’identique » sur injonction gouvernementale – avec 400 tonnes de plomb posées sur la toiture et la flèche – a contaminé durablement les ouvriers exposés, ainsi que les riverains et riveraines, par cette substance neurotoxique.

      Maladie de classe

      Le recours à la #sous-traitance et à l’#intérim par les grandes entreprises invisibilise le #travail dangereux et ses conséquences. Cancérogène connu, la radioactivité est omniprésente dans une industrie autoproclamée propre et sans danger, l’industrie #nucléaire. L’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants y est supportée à 90 % par les travailleurs et travailleuses dits « extérieurs », intervenant en sous-traitance et intérim dans la maintenance et le démantèlement des installations. Ils circulent de site en site, ne bénéficient pas du statut protecteur d’EDF ou du CEA, puis disparaissent sans laisser de trace. Les atteintes cancéreuses de la radioactivité sont dissoutes dans cet immense continent des victimes de cancer dont l’activité professionnelle n’est jamais examinée.

      La sous-déclaration et la sous-reconnaissance des cancers professionnels ne sont plus à démontrer. Cours d’appel et Cour de cassation, saisies par de trop rares victimes, reconnaissent l’impact certain de la multi-exposition professionnelle aux cancérogènes dans la survenue de ces cancers et soulignent le fait que les comités régionaux de reconnaissance en #maladie_professionnelle opposent aux victimes des refus de prise en charge, injustifiés au regard des connaissances scientifiques.

      En dépit de celles-ci et des mobilisations sociales, il n’est tenu aucun compte, ni dans la production des chiffres du cancer, ni dans les décisions de politiques publiques, de ce rôle avéré des risques professionnels dans l’épidémie de cancer. Pourtant, qui peut nier que les cancers trouvent le plus souvent leur origine dans la production industrielle, et donc le travail ? Ceux qui en sont victimes sont d’abord les ouvriers et les ouvrières. Maladie de classe, trop souvent. Le dire, l’écrire, c’est aider à la prévention. Le taire, c’est faire le contraire.

      Serge Allègre, secrétaire général de la CGT-Fédération nationale des industries chimiques ; Fleur Breteau, porte-parole du collectif Cancer Colère ; Julie Ferrua, déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires ; Cathy Guironnet, porte-parole du Collectif des ex-salariés Tetra médical – Annonay ; Laurent Indrusiak, secrétaire général de l’union départementale CGT de l’Allier ; Benoît Martin, secrétaire général de l’union départementale CGT de Paris ; Christian Micaud, président de l’Association des malades de la chimie ; Franck Refouvelet, président de l’association Entraide et défense des acteurs des télécoms exposés aux toxiques ; Josette Roudaire, présidente du Comité Amiante Prévenir et Réparer (Auvergne) ; Francis Talec, porte-parole du collectif des Irradiés des armes nucléaires de l’Ile-Longue, à Brest ; Annie Thébaud-Mony, présidente de l’Association Henri-Pézerat, Santé, Travail, Environnement ; Marie Thibaud, fondatrice du collectif Stop aux cancers de nos enfants.

  • Ce que l’empire #Nestlé vous cache

    Yasmine Motarjemi a occupé pendant dix ans le poste éminemment stratégique de « directrice Monde de la sécurité des aliments » chez Nestlé. Très vite, elle s’aperçoit qu’il existe des #négligences, des processus de fabrication non respectés, des #dysfonctionnements graves qui finiront par provoquer des drames parmi les consommateurs.

    Au-delà des scandales des pizzas Buitoni et des suspicions de #fraudes concernant des eaux minérales, elle dévoile dans ce livre d’autres affaires méconnues du grand public : des biscuits qui bloquent la gorge des bébés, des pâtes à cookies qui mènent aux soins intensifs, des aliments pour animaux qui causent la mort de centaines de chiens et chats, du lait infantile contaminé...

    Les #errements menant à ces #incidents, Yasmine Motarjemi les a dénoncés sans relâche auprès de sa direction, jusqu’à subir un harcèlement puis un licenciement pour « divergence de vues ». Après treize ans de #procès, qu’elle a gagnés en appel en janvier 2023, elle peut, enfin, vous livrer la vérité sur cet empire. Au nom de notre santé à tous.

    https://www.lisez.com/livres/ce-que-lempire-nestle-vous-cache/9782221279250
    #livre #multinationales #justice

    • Ce que l’empire de Nestlé nous cache : la parole d’une lanceuse d’alerte

      Pour ce huitième numéro de la « Boîte noire », rencontre avec une lanceuse d’alerte sur le scandale Nestlé et un journaliste qui a travaillé avec elle. L’occasion de les interroger à la fois sur le fond du dossier (#Yasmine_Motarjemi a occupé pendant dix ans le poste éminemment stratégique de « directrice Monde de la sécurité des aliments » chez le géant suisse de l’agroalimentaire), mais également sur la manière dont un #scandale_sanitaire de ce type peut être révélé au grand public, et par le journalisme.

      Ancienne responsable de la sécurité alimentaire chez Nestlé, Yasmine Motarjemi a vécu de l’intérieur ce que peu de salariés osent raconter : l’aveuglement volontaire d’un géant de l’#agroalimentaire face à ses propres dysfonctionnements. Harcelée, isolée, puis reconnue victime par la justice suisse après treize années de combat, elle a coécrit avec le journaliste Bernard Nicolas un livre-révélation. Ensemble, ils décryptent les rouages d’un système verrouillé, où l’#éthique est sacrifiée au nom du #profit, où les lanceurs d’alerte deviennent des cibles. Ce long entretien sonne comme une mise en garde : la #sécurité_alimentaire n’est pas un slogan, c’est un champ de bataille.

      « Ce que Nestlé a fait, ce n’était pas de la négligence. C’était de la #négligence_délibérée. »

      La voix est calme, mais chaque mot pèse. Yasmine Motarjemi ne s’emporte jamais. Elle expose, patiemment, méthodiquement, les étapes de sa descente aux enfers. Elle, qui pensait rejoindre une entreprise soucieuse de la #santé_publique, découvre peu à peu un système où la logique économique l’emporte systématiquement sur les impératifs sanitaires. « J’étais naïve. J’ai cru que nos objectifs étaient les mêmes. »

      L’illusion d’une convergence entre santé publique et industrie

      L’histoire commence pourtant sur une promesse. Scientifique senior à l’OMS, Motarjemi est approchée par Nestlé en 1998. En 2000, elle accepte. Le défi est immense : harmoniser la politique de sécurité alimentaire à l’échelle mondiale. « Au début, je croyais encore que mes valeurs étaient compatibles avec celles du groupe. » Une anecdote lui revient. Lors d’un entretien, un dirigeant lui demande comment elle compte concilier son idéal de santé publique avec les objectifs d’un #business. « J’ai répondu que la sécurité alimentaire servait les deux. Je me trompais. »

      « Nestlé n’a pas compris qu’elle n’est pas une entreprise comme les autres. »
      Yasmine Motarjemi

      L’entreprise qui broie ceux qui alertent

      Très vite, elle est confrontée à des cas concrets : produits pour bébés contaminés, absence de protocoles adaptés, incidents industriels minimisés. Elle rédige des alertes, des rapports, interpelle la hiérarchie. En vain. Pire : ses supérieurs l’isolent. Son poste est vidé de sa substance. Son équipe, démantelée. On ne lui confie plus rien. « Ils m’ont mise dans une pièce, sans ordinateur, sans téléphone. » Elle tient bon. Mais à quel prix ? Treize ans de harcèlement, de souffrance psychologique, de procédures. Jusqu’au jugement de 2023 : Nestlé est condamné.

      « Ce n’est pas un accident, c’est une #culture_d’entreprise qui neutralise toute forme de contradiction. »
      Bernard Nicolas

      L’enquête comme acte de justice

      Bernard Nicolas, journaliste d’investigation, découvre le dossier en 2018. Loin des discours convenus sur la responsabilité sociétale des entreprises, il rencontre une femme debout, mais meurtrie. « Ce qui m’a frappé, c’est la rigueur de son raisonnement. Elle ne parle jamais pour elle seule. Elle parle pour tous. » Ensemble, ils décident de tout documenter. Le livre sera une somme, fondée sur les faits, les dates, les preuves pas un brûlot, une #contre-enquête.

      #Double_langage et #culture_du_silence

      À l’intérieur de Nestlé, la communication officielle évoque transparence, éthique, protection des #lanceurs_d’alerte. Mais dans les faits ? « Quand j’ai alerté, on m’a traitée comme une ennemie de l’intérieur. » Yasmine détaille les contradictions : campagnes internes de sensibilisation, chartes de bonne conduite et en parallèle, un #management vertical, autoritaire, étouffant toute critique. « La vérité, c’est que personne ne voulait regarder les problèmes. »

      Une solitude insoutenable, une parole essentielle

      Ce qui traverse l’entretien, c’est la #solitude. « À certains moments, je me suis demandée si je devenais folle », confie-t-elle. Sans appui médiatique, sans relais institutionnel, elle s’accroche. « Ce qui m’a sauvée, c’est ma conscience professionnelle. Et ma foi dans la vérité. » Le livre devient alors un espace de réhabilitation. Pas seulement d’un parcours individuel, mais d’une fonction essentielle dans l’entreprise : celle de protéger les consommateurs.

      « Si une responsable sécurité ne peut plus alerter, alors à quoi bon ce poste ? »
      Yasmine Motarjemi

      Un tchat révolté, admiratif et solidaire

      Les réactions du tchat trahissent l’émotion. @JulienDubois s’indigne : « Ce n’est plus une entreprise, c’est une machine à broyer. » @Claire.S évoque sa propre expérience : « Moi aussi j’ai été poussée dehors pour avoir parlé. Merci Yasmine. » Ce soir-là, le tchat devient lui aussi un espace de réparation. Un endroit où d’autres langues se délient. Et où la parole de Yasmine agit comme un catalyseur.

      Une affaire plus large que Nestlé

      L’enjeu dépasse l’entreprise. Ce que Motarjemi et Nicolas révèlent, c’est une culture généralisée de l’#impunité dans certaines grandes #multinationales. « On préfère maquiller un problème que le résoudre. » Leur livre est un appel à l’action. À la vigilance, à une réforme de fond sur la place des lanceurs d’alerte. « Si j’ai parlé, conclut-elle, c’est pour que plus personne n’ait à vivre ce que j’ai vécu. »

      Pourquoi Yasmine Motarjemi a-t-elle été harcelée par Nestlé ?

      Parce qu’elle a dénoncé des pratiques contraires à la sécurité alimentaire. Son rôle de lanceuse d’alerte a été perçu comme une menace pour l’image et les intérêts du groupe.

      Que dit la justice suisse sur le dossier Nestlé ?

      En 2023, elle reconnaît Nestlé coupable de harcèlement moral. Cette décision valide les alertes de Motarjemi et met fin à une longue bataille judiciaire.

      Quel rôle joue Bernard Nicolas dans le récit Nestlé ?

      Journaliste et coauteur du livre, il apporte un regard d’enquêteur indépendant. Il relie les éléments, donne un cadre aux accusations, et crédibilise un témoignage souvent ignoré.
      Que révèle l’affaire Nestlé sur le monde de l’agroalimentaire ?

      Qu’il existe une dissonance majeure entre les discours de responsabilité et la réalité interne des grandes firmes. Et que sans vigilance, les consommateurs en paient le prix.

      https://www.auposte.fr/une-lanceuse-dalerte-contre-nestle
      #industrie_agro-alimentaire

  • Pascoli di carta

    L’ingente quantità di risorse messa in campo dalla Comunità europea nel comparto agricolo, ha generato una speculazione che inquina il settore montano dove spesso si intrecciano azioni scorrette, false dichiarazioni, animali “figuranti”, pratiche di compravendita di alpeggi al limite della legalità, che vanno a discapito della conservazione dell’ambiente montano.
    Un meccanismo che fa salire il prezzo degli affitti dei pascoli e che, fra mancanza di controlli, creazione di società fittizie e truffe reiterate, danneggia la montagna.

    https://www.kellermanneditore.it/it/categories/umano-troppo-umano/products/pascoli-di-carta
    #montagne #élevage #Italie #spéculation #industrie_agro-alimentaire #alpage

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    en #Grèce, mêmes mécanismes :
    #Grèce : un scandale de #détournement des #aides de la #PAC éclabousse le gouvernement
    https://seenthis.net/messages/1145555

    • I pascoli di carta

      Ad #Alzapietra, un paese dell’entroterra siciliano arrampicato sui monti #Nebrodi, una ditta sta curando la manutenzione di alcune pareti rocciose che rischiano di franare sull’abitato. Ad una richiesta estorsiva in stile mafioso segue un duplice omicidio: tra i cadaveri, il direttore dei lavori che non si era sottomesso al ricatto, sfregiato da un colpo di lupara in faccia. Tutto appare una logica concatenazione di eventi, come tante altre volte è già tragicamente accaduto in Sicilia nel campo dell’edilizia e del commercio. Ben presto emergerà invece, dietro la facciata delle cose, l’interesse bramoso per i terreni comunali da pascolo: appezzamenti da prendere in affitto e trasformare in miniere d’oro, grazie ai fondi comunitari erogati senza alcun controllo. A dirigere le indagini il sostituto procuratore di Pasicò, Salvatori, alla sua prima esperienza giudiziaria, da soli quattro mesi sull’Isola. Una storia dalla meccanica investigativa serrata e complessa, che arriva a svelare la misteriosa essenza della nebroidea “#mafia_dei_pascoli”: le infiltrazioni nella borghesia regionale, i collegamenti con #Cosa_Nostra, gli attentati agli uomini dello Stato. Una storia che, al contempo, rivela chi siano oggi i veri “padrini” siciliani, accantonate la lupara e la coppola, la violenza e le stragi.

      https://www.store.rubbettinoeditore.it/catalogo/i-pascoli-di-carta
      #Sicile #mafia

    • Le frodi dei pascoli ad alta quota

      Le truffe per ottenere i fondi destinati ai pascoli sono diffuse in tutta Italia. Imprenditori e aziende agricole affittano terre per avere aiuti o evitare sanzioni. A farne le spese, le casse pubbliche, la montagna e chi la vive davvero.

      Per ottenere i fondi europei a sostegno di agricoltura e allevamento, quelli per incentivare le attività che valorizzano i pascoli montani, a volte non serve spaccarsi la schiena col lavoro. Bastano alcune firme e alcuni timbri piazzati sul documento giusto e consegnati entro le scadenze. Non è neanche necessario appartenere a famiglie mafiose, come avviene nel Parco dei Nebrodi, nella Sicilia nord-orientale, dove molti imprenditori agricoli legati ai clan locali hanno truffato per anni l’Agenzia per le erogazioni in agricoltura (Agea), nonostante le battaglie dell’ex presidente dell’ente, Giuseppe Antoci, obiettivo poi di un agguato. Speculazioni, frodi e azioni al confine del lecito, per ottenere quei fondi, sono diffuse in moltissime altre zone d’Italia, da est a ovest, da nord a sud, centro e isole incluse. Negli ultimi anni l’Italia ha segnalato l’Ufficio europeo di lotta antifrode (Olaf) centinaia di casi sospetti per alcune decine di milioni di euro di contributi.

      Il meccanismo delle frodi

      L’origine di questi sistemi di frodi va ricercata nella riforma del 2003 della Politica agricola comune (Pac) dell’Unione europea, un ambito a cui Bruxelles destina una grossissima parte del suo bilancio, circa 58 miliardi di euro su 160 nel 2019. Prima di quell’anno, il sostegno veniva assegnato in base alla produzione, agli ettari coltivati o al numero di capi di bestiame posseduti. Questa modalità di pagamento, definito “accoppiato”, è stata sostituita dal pagamento dei premi in modo “disaccoppiato”, ovvero gli aiuti sono erogati indipendentemente dalla produzione. L’obiettivo della riforma era quello di premiare la salvaguardia dell’ambiente, della salute pubblica e del benessere degli animali. Per farlo l’Ue ha stabilito di riconoscere alle aziende la proprietà dei cosiddetti “titoli” (gli ettari di terreno) come base per ottenere i contributi. In questo modo, gli agricoltori possono produrre o non produrre, ma ricevono comunque l’aiuto in forma di pagamento unico se rispettano alcune condizioni. Pertanto, per rispettare i nuovi parametri molte aziende sono corse a cercare pascoli liberi e disponibili in tutto il Paese e soprattutto in montagna.

      È stato proprio da quel momento che si è notata una domanda “drogata” di superfici montane affittate a canoni elevati rispetto al passato. C’è chi ha continuato le attività, ha investito sul territorio e sul lavoro, sulla qualità e le tradizioni; e c’è chi invece ha speculato creando società fittizie, sfruttando l’abilità nel muoversi tra carte e piattaforme digitali e contando sull’assenza di controlli. Dal 2006 ad oggi si sono riscontrati diversi casi, senza distinzione geografica o territoriale, di aziende agricole fittizie che ricevevano finanziamenti per il comparto zootecnico in modo illegale. Secondo i dati del Comitato per la lotta contro le frodi nei confronti dell’Unione europea, nel 2017 l’Italia ha trasmesso all’Olaf 339 casi sospetti di pagamenti disaccoppiati nel settore agricolo per un valore di 17,2 milioni di euro, 272 nel 2018 (17,8 milioni) e 299 nel 2019 (quasi 19 milioni di euro).

      Nel Nord Est, ad esempio, la corsa all’accaparramento dei pascoli è stata evidente. In Trentino, alcune grandi imprese con allevamenti intensivi in pianura hanno iniziato a procacciare terreni in zone montane innescando un forte incremento dei costi dell’affitto dei pascoli a scapito degli allevatori e malgari locali. Altre aziende, invece, raggiravano la legge facendo passare costoni di roccia, dirupi, sentieri di montagna come terreni di pascolo con cui ottenere i finanziamenti comunitari. C’era poi chi nel 2013, nel Bellunese, ha truffato l’Europa ricevendo contributi per la conduzione e lo sfalcio di prati montani, azioni in realtà mai eseguite. Francesca Dal Zilio, pastora del Monte Grappa, quest’estate mi ha raccontato di diversi ettari di pascoli abbandonati nel versante vicentino di questo massiccio: un allevatore aveva ottenuto la loro gestione e pagava regolarmente l’affitto, ma non ci portava gli animali. «Qui c’è un problema di mancata gestione del pascolo – constatava amaramente –. Gli animali non si vedono, ma i proprietari ricevono comunque i contributi e nessuno controlla». A giugno alcuni pastori della val Rendena (Trento) hanno deciso di non partecipare alla tradizionale manifestazione “Giovenche di razza rendena 2021” per protestare contro l’accentramento di un considerevole numero di malghe nelle mani di pochi soggetti col conseguente aumento spropositato dei canoni di affitto. Per questi storici allevatori montani, la normativa in vigore sta trasformando la montagna «in una sorta di paradiso fiscale per investitori senza scrupoli, fenomeno che, per questioni di concorrenza sleale, sta mettendo in croce le aziende tipiche e caratteristiche, che fino ad oggi con grande sacrificio sono rimaste attive sul territorio», sostengono in un comunicato.
      Pascoli di carta

      A Nord Ovest si parla diffusamente di truffe negli alpeggi. Nel 2017 in val Camonica (tra Bergamo e Brescia), i carabinieri forestali hanno scoperto un “cartello del malaffare” dove la truffa era basata sulla fittizia conduzione degli alpeggi che non avevano mai visto animali, ma che avevano reso più di 500mila euro di contributi dell’Unione europea nei soli anni 2016-2017. Nel 2019, la guardia di finanza aveva scoperto nei territori dell’Alto lago di Como e della Bassa Valtellina, sempre in Lombardia, delle società fittizie che – falsificando diversi documenti – avevano fornito a ben 91 aziende agricole un pacchetto completo di atti utili a richiedere più contributi aumentando virtualmente, quindi solo sulla carta, le superfici agricole in uso. Legambiente e Greenpeace denunciano un’altra pratica molto diffusa. In Lombardia si concentrano le più grandi aziende di allevamento intensivo. Qui vengono cresciuti circa la metà dei suini e un quarto dei bovini dell’Italia. Questo significa che c’è un carico di liquami da smaltire sui terreni eccessivo in rapporto ai territori che ospitano queste attività e c’è il rischio di sforare i parametri ambientali sull’inquinamento da nitrati. Per non pagare sanzioni elevate, bisogna dimostrare di avere a disposizione superfici agricole adeguate al numero di capi di bestiame. Per tale ragione queste imprese affittano i terreni ad alta quota.

      Vanno anche segnalati casi di “pascoli fantasma” a Bardonecchia, in Piemonte, e a Etroubles, in Valle d’Aosta: in questa località nel giugno 2020 i carabinieri forestali hanno scoperto un imprenditore agricolo bresciano che aveva preso in affitto ettari di alpeggio portando alcuni animali “figuranti”, bestie malate al pascolo, per eludere i controlli e ottenere i fondi europei destinati alla transumanza.

      Centro Italia incluso

      Questi fenomeni speculativi sono diffusi anche in Centro Italia, nelle Marche, in Umbria e in Abruzzo. Qui è ancora più evidente la “coltivazione dei titoli” con vasti ettari di terreno affittati da grandi aziende non per i pascoli, ma per far fruttare i titoli di coltura in loro possesso. L’ultimo caso emerso in questo senso è quello di Calascio, paesino di montagna nella provincia dell’Aquila dove c’è stata una corsa all’acquisto di pascoli sui quali, però, non si vedono animali. Queste speculazioni mettono in crisi le aziende locali e, di conseguenza, le stesse comunità montane provocando risvolti pericolosi sia dal punto di vista sociale (spopolamento), sia ambientale (perdita di biodiversità e processi di forestificazione).

      Lo conferma sconsolato il pastore abruzzese Nunzio Marcelli, che gestisce un’azienda agrituristica ad Anversa degli Abruzzi. Nunzio pratica ancora la tradizionale transumanza: ogni anno si muove con le sue bestie nell’Appennino centrale e la sua esperienza è stata addirittura raccontata nel 2020 dall’edizione statunitense di National Geographic. Sulla questione dei titoli Nunzio è chiaro: «Sono truffe immorali, ma legittime, purtroppo, a causa dell’applicazione italiana della politica europea – spiega –. Vi sono dei margini per l’applicazione, a livello nazionale e regionale, che consentirebbero maggiore controllo e il rispetto dello spirito, cioè favorire l’estensivizzazione, le colture e i pascoli condotti in modo tradizionale, ma in Italia non vengono applicate in questo modo e spesso si è scelto di favorire le speculazioni». Nel 2023 entrerà in vigore la nuova Pac e l’Italia potrebbe, in presenza di una chiara volontà politica, recepirla rivedendo il sistema dei “titoli” che così tante speculazioni e truffe ha creato e continua a creare nelle nostre montagne.

      https://lavialibera.it/it-schede-703-truffe_pascoli_mencini

    • The Money Farmers: How Oligarchs and Populists Milk the E.U. for Millions

      The European Union spends $65 billion a year subsidizing agriculture. But a chunk of that money emboldens strongmen, enriches politicians and finances corrupt dealing.

      Under Communism, farmers labored in the fields that stretch for miles around this town west of Budapest, reaping wheat and corn for a government that had stolen their land.
      Today, their children toil for new overlords, a group of oligarchs and political patrons who have annexed the land through opaque deals with the Hungarian government. They have created a modern twist on a feudal system, giving jobs and aid to the compliant, and punishing the mutinous.
      These land barons, as it turns out, are financed and emboldened by the European Union.
      Every year, the 28-country bloc pays out $65 billion in farm subsidies intended to support farmers around the Continent and keep rural communities alive. But across Hungary and much of Central and Eastern Europe, the bulk goes to a connected and powerful few. The prime minister of the Czech Republic collected tens of millions of dollars in subsidies just last year. Subsidies have underwritten Mafia-style land grabs in Slovakia and Bulgaria.
      Europe’s farm program, a system that was instrumental in forming the European Union, is now being exploited by the same antidemocratic forces that threaten the bloc from within. This is because governments in Central and Eastern Europe, several led by populists, have wide latitude in how the subsidies, funded by taxpayers across Europe, are distributed — even as the entire system is shrouded in secrecy.
      A New York Times investigation, conducted in nine countries for much of 2019, uncovered a subsidy system that is deliberately opaque, grossly undermines the European Union’s environmental goals and is warped by corruption and self-dealing.

      Europe’s machinery in Brussels enables this rough-hewed corruption because confronting it would mean changing a program that helps hold a precarious union together. European leaders disagree about many things, but they all count on generous subsidies and wide discretion in spending them. Bucking that system to rein in abuses in newer member states would disrupt political and economic fortunes across the Continent.
      This is why, with the farm bill up for renewal this year, the focus in Brussels isn’t on rooting out corruption or tightening controls. Instead, lawmakers are moving to give national leaders more authority on how they spend money — over the objections of internal auditors.
      The program is the biggest item in the European Union’s central budget, accounting for 40 percent of expenditures. It’s one of the largest subsidy programs in the world.
      Yet some lawmakers in Brussels who write and vote on farm policy admit they often have no idea where the money goes.
      One place it goes is here in Fejer County, home to Hungary’s populist prime minister, Viktor Orban. An icon to Europe’s far right and a harsh critic of Brussels and European elites, Mr. Orban is happy to accept European Union money. The Times investigation found that he uses European subsidies as a patronage system that enriches his friends and family, protects his political interests and punishes his rivals.

      Mr. Orban’s government has auctioned off thousands of acres of state land to his family members and close associates, including one childhood friend who has become one of the richest men in the country, the Times investigation found. Those who control the land, in turn, qualify for millions in subsidies from the European Union.
      “It’s an absolutely corrupt system,” said Jozsef Angyan, who once served as Mr. Orban’s under secretary for rural development.
      The brazen patronage in Fejer County was not supposed to happen. Since the earliest days of the European Union, farm policy has had outsized importance as an immutable system of public welfare. In the United States, Social Security or Medicare are perhaps the closest equivalents, but neither of them is a sacrosanct provision written into the nation’s founding documents.
      The European Union spends three times as much as the United States on farm subsidies each year, but as the system has expanded, accountability has not kept up. National governments publish some information on recipients, but the largest beneficiaries hide behind complex ownership structures. And although farmers are paid, in part, based on their acreage, property data is kept secret, making it harder to track land grabs and corruption. The European Union maintains a master database but, citing the difficulty of downloading the requested information, refused to provide The Times a copy.
      In response, the Times compiled its own database that, while incomplete, supplemented publicly available information on subsidy payments. This included corporate and government records; data on land sales and leases; and leaked documents and nonpublic land records received from whistle-blowers and researchers.
      The Times confirmed land deals that benefited a select group of political insiders, visited farms in several countries, and used government records to determine subsidy payments received by some of the largest of these beneficiaries. The Times investigation also built on the work done by Hungarian journalists and others who have investigated land abuses despite a media crackdown by Mr. Orban’s government.

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      How oligarchs, Mafia figures and populists get rich off the European Union

      – Farm subsidies helped form the basis for the modern European Union. Today, they help underwrite a sort of modern feudalism in which small farmers are beholden to politically connected land barons.
      - The European Union provides $65 billion to farmers each year. It’s the largest line item in the E.U. budget and one of the biggest subsidy programs in the world.
      - The centerpiece of the program is that people get paid based on how much land they farm. The system is supposed to help hard-working farmers and stabilize Europe’s food supply.
      - But in former Soviet bloc countries, where the government owned lots of farmland, leaders like Hungary’s prime minister, Viktor Orban, have auctioned off land to political allies and family members. And the subsidies follow the land.
      – A company formed by the Czech prime minister, Andrej Babis, collected at least $42 million in subsidies last year.

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      Even as the European Union champions the subsidy program as an essential safety net for hardworking farmers, studies have repeatedly shown that 80 percent of the money goes to the biggest 20 percent of recipients. And some of those at the top have used that money to amass political power.

      In the Czech Republic, the highest-profile subsidy recipient is Andrej Babis, the billionaire agriculturalist who is also the prime minister. The Times analysis found his companies in the Czech Republic collected at least $42 million in agricultural subsidies last year. Mr. Babis, who denied any wrongdoing, is the subject of two conflict-of-interest audits this year. The Czech government has, in recent years, ushered in rules that make it easier for big companies — his is the biggest — to receive more subsidies.
      “The European Union is paying so much money to an oligarch who’s also a politician,” said Lukas Wagenknecht, a Czech senator and economist who used to work for Mr. Babis. “And what’s the result? You have the most powerful politician in the Czech Republic, and he’s completely supported by the European Union.”

      In Bulgaria, the subsidies have become welfare for the farming elite. The Bulgarian Academy of Science has found that 75 percent of the main type of European agricultural subsidy in the country ends up in the hands of about 100 entities. This spring, the authorities carried out raids across the country that exposed corrupt ties between government officials and agricultural businessmen. One of the largest flour producers in the country was charged with fraud in connection with the subsidies and is awaiting trial.
      In Slovakia, the top prosecutor has acknowledged the existence of an “agricultural Mafia.” Small farmers have reported being beaten and extorted for land that is valuable for the subsidies it receives. A journalist, Jan Kuciak, was murdered last year while investigating Italian mobsters who had infiltrated the farm industry, profited from subsidies and built relationships with powerful politicians.

      Despite this, proposed reforms are often watered down or brushed aside in Brussels and many other European capitals.

      European Union officials dismissed a 2015 report that recommended tightening farm-subsidy rules as a safeguard against Central and Eastern European land grabbing. The European Parliament rejected a bill that would have banned politicians from benefiting from the subsidies they administer. And top officials swat away suggestions of fraud.
      “We have an almost watertight system,” Rudolf Mögele, one of Europe’s top agricultural officials, said in an interview earlier this year.
      Unstated is that, while audits can catch incidents of outright fraud, rooting out self-dealing and legalized corruption is far more difficult. The European Union seldom interferes with national affairs, giving deference to elected leaders.
      Few leaders have attempted such widespread, brazen exploitation of the subsidy system as Mr. Orban in Hungary. At rallies, he deploys a false narrative that Brussels wants to strip away farm aid and use it to bring in migrants, and that he alone can stop it.
      Farmers who criticize the government or the patronage system say they have been denied grants or faced surprise audits and unusual environmental inspections, in what amounts to a sophisticated intimidation campaign that harkens to the Communist era.

      “It’s not like when a car comes for you at night and takes you away,” said Istvan Teichel, who farms a small plot in Mr. Orban’s home county. “This is deeper.”

      One man who did speak up was Mr. Angyan, the former under secretary for rural development. A jowly, gray-haired rural economist with a mischievous smile, Mr. Angyan became an unlikely crusader for small farmers. He served under Mr. Orban, initially thinking him a reformer, only to leave angry and disillusioned. He canvassed the countryside, documenting the government’s dubious land deals and mistreatment of small farmers.
      And then he disappeared from public life.
      A Thief Economy
      To understand how leaders like Viktor Orban exploit Europe’s largest subsidy program requires going back 15 years, to when Hungary was spinning with optimism and change.
      In a moment that symbolized Western triumph in the Cold War, the European Union officially absorbed much of the breadbasket of Central and Eastern Europe on May 1, 2004. Hungary, the Czech Republic, Poland and Slovakia — all former Soviet satellites — were among 10 nations that joined the bloc that day (Romania and Bulgaria joined three years later).
      Amid the celebrations, Mr. Orban was in political purgatory. He had been the prime minister who helped guide Hungary into the union — only to see voters turn him and his party, Fidesz, out of office in 2002. Now he noticed one of the first protest groups to emerge in the new Hungary: farmers.
      Hungarian farmers clogged Budapest’s narrow streets in 2005 for a mass demonstration. They did not oppose European Union membership. Far from it. As new European citizens, they wanted the subsidies they were eligible for under the bloc’s Common Agricultural Policy, or C.A.P., but the payments hadn’t arrived. Hungary’s left-leaning government was too disorganized and unprepared.

      From the outset, the European subsidies represented a pot of money scarcely fathomable to farmers accustomed to Communist austerity. The program was designed after the Second World War to boost farming salaries and ramp up food production in countries laid waste by conflict. Over time, it became a critical foundation in creating the borderless economy that would grow into the modern European Union.

      European leaders understood that absorbing former Soviet satellites would bring challenges, but never fully grasped the potential for corruption in the subsidy program.
      At its heart, the program is defined by a simple proposition: Farmers are mostly paid based on how many acres they harvest. Whoever controls the most land gets the most money.
      And Central and Eastern Europe had lots of land, much of it still state-owned, a legacy of the Communist era. European officials worked closely with incoming governments on issues such as meeting food testing standards, or controlling borders, yet only limited attention was paid to the subsidies.
      “They thought they would change us,” said Jana Polakova, a Czech agricultural scientist. “They were not prepared for us.”
      Mr. Orban showed hints of what was to come even before Hungary joined the bloc. Before he left office in 2002, Mr. Orban sold 12 state-owned farming companies, which became known as the “Dirty Dozen,” to a group of politically connected buyers. Buyers got cut-rate deals and exclusive rights to the land for 50 years, making them eligible for subsidies when Hungary became part of the system two years later.
      “This is a crony economy, where friends and political allies get special treatment,” said Gyorgy Rasko, a former Hungarian agriculture minister. “Orban didn’t invent the system. He’s just running it more efficiently.”
      Out of office, Mr. Orban watched the farmers’ protests in Budapest and saw the potential political and economic power of subsidies in the countryside. He also was intrigued by the man who negotiated successfully on behalf of the protesters: Jozsef Angyan.

      After the fall of Communism, Mr. Angyan made the case that small landholders could keep villages alive through sustainable practices. He founded an environmental program at one of the nation’s most prestigious universities and helped build an organic farm called Kishantos with 1,100 acres of wheat, corn and flowers.
      “He wanted to help the local farmers,” said Mr. Teichel, the farmer from Fejer County, who said Mr. Angyan was a rare champion of the small farmer in a countryside where corrupt politicians ran a “thief economy.”

      Eight years after losing office, Mr. Orban again ran for prime minister in 2010 and wanted to court the rural vote. Mr. Angyan was now a member of Parliament, and his ties to the farmers gave him political clout in the countryside. Mr. Orban summoned him to his modest home west of Budapest.
      It was a chilly February morning and Mr. Angyan had a cold. So Mr. Orban fixed tea over a wood-burning stove and, for two hours, the two men spoke about the future of Hungarian farms.
      Mr. Angyan envisioned a government that gave small farmers more political and economic clout. Mr. Orban made it clear that he wanted to implement Mr. Angyan’s ideas and offered to make him under secretary of rural development.
      “When Orban speaks, he speaks with such conviction,” Mr. Angyan said. “You believe him. I believed him.”
      After a landslide victory, Mr. Orban moved quickly, just not as Mr. Angyan had anticipated.
      Mr. Angyan’s proposal called on the government to carve up its massive plots and lease them to small and midsize farmers. But Mr. Orban instead wanted to lease whole swaths of land to a coterie of his allies, a move that Mr. Angyan predicted would make the countryside beholden to Mr. Orban’s party, Fidesz, and its allies.
      He also knew that European subsidies would follow the land, widening the gap between rich and poor and making it easier for those at the top to wield power.
      “I had absolutely no chance to carry out what I wanted to do,” Mr. Angyan said.

      In 2011, Mr. Orban’s new government began leasing out public land. At first, officials said that only local, small-scale farmers would be eligible for leases. But the plots ultimately went to politically connected individuals who, in some cases, had been the sole bidders present at auctions. By 2015, hundreds of thousands of acres of public land were leased out and much of it went to people close to Fidesz, according to records obtained from the government and Mr. Angyan.
      New leaseholders paid low rates to the government, even as they became eligible for European subsidies. The deals drew sharp criticism in the local media, yet ordinary farmers stayed quiet, despite being left out.

      In one example, a powerful Fidesz lawmaker, Roland Mengyi, inserted himself into the leasing process in Borsod-Abauj Zemplen County, where one of his associates won leases for more than 1,200 acres. Mr. Mengyi is an outsized character, who referred to himself as “Lord Voldemort.” He was later convicted and sentenced to prison in a separate case for corruption related to European subsidies.
      Mr. Orban’s sudden change in policy left Mr. Angyan disillusioned, and feeling betrayed. He quit the government in 2012 but remained in Parliament, where he tried to push his vision, even as the government moved in the opposite direction.
      At a closed-door meeting in early 2013, Mr. Angyan confronted Mr. Orban in front of the prime minister’s most trusted allies in Parliament.
      “You’re going to destroy the countryside!” Mr. Angyan recalled saying.
      “You are a well-poisoner,” Mr. Orban shot back, according to Mr. Angyan, startling the crowd with a blunt rebuke of a former member of his cabinet. “You have abandoned me.”
      As a shocked silence fell over the party faithful, Mr. Orban launched into a soliloquy comparing politics to a battlefield. Those who are loyal, he said, could count on their brothers in arms for protection.
      “But those who aren’t?” the prime minister asked. “We will also fire at them.”
      A Modern Feudalism
      In 2015, Mr. Orban started moving even faster. His government sold hundreds of thousands of acres of state farmland, much of it to politically connected allies. Technically, it was an auction. But many local farmers say they were told not to bother bidding because winners had been predetermined. Few could afford the large plots, anyway, and many more did not even know about the sales.
      One pensioner, Ferenc Horvath, 63, lives in a shack in Fejer County, and belatedly discovered that the government had sold all the state-owned land surrounding his tiny plot.
      “It happened so fast,” Mr. Horvath said. “We had no idea you could buy land here.”
      On nearly all sides, Mr. Horvath had a new neighbor, Lorinc Meszaros, a childhood friend of Mr. Orban and former pipe-fitter who is now a billionaire. Fences sprung up overnight, and the stench of pig manure fell over the area.

      Mr. Meszaros, along with his relatives, has bought more than 3,800 acres in Fejer County alone, according to a Times analysis of land data compiled by Mr. Angyan and other sources, and confirmed by visits to the farm. Mr. Orban’s son-in-law and another friend of the prime minister’s have also bought large estates a short drive away, The Times found.

      The prediction made by Mr. Angyan — that Mr. Orban’s policies would make the countryside beholden to Fidesz and his allies — was being realized.
      It is a type of modern feudalism, where small farmers live in the shadows of huge, politically powerful interests — and European Union subsidies help finance it. In recent years, according to a Times analysis of Hungarian payment data, the largest private recipients of farm subsidies were companies controlled by Mr. Meszaros and Sandor Csanyi, an influential businessman in Budapest.
      Last year alone, companies controlled by the two men received a total of $28 million in subsidies.
      The two men have radically different relationships with Mr. Orban and his party.
      Mr. Csanyi is seen as someone Mr. Orban cannot afford to antagonize. He is chairman of OTP Bank, one of the nation’s most important financial institutions, and has a reputation for outlasting mercurial leaders. He has hired out-of-work politicians from all parties, and his farming conglomerate, led by his son, now controls two of the “Dirty Dozen” companies privatized by Mr. Orban.

      Mr. Meszaros’s fortune, by contrast, is tightly bound to the prime minister. He has built an empire by winning government contracts for projects largely financed by the European Union and has recently snapped up companies that once belonged to a business tycoon who had fallen out of favor with Mr. Orban.

      They are eligible for a range of subsidies under the Common Agricultural Policy, whether direct payments based on acreage, subsidies directed at livestock and dairy farming or rural development programs — all of which is distributed at the national level by the Fidesz government.
      “I’m always accused, and I am very angry about it, that I got the biggest subsidies,” Mr. Csanyi said in an interview. The reason, he said, is not politics. It is pigs. “I produce about one-sixth of the Hungarian pig production.”
      On paper, landowners should face restrictions. The Hungarian government has capped subsidy payments to the biggest farms, a seemingly progressive policy advocated by reformers. But farmers say it is easy to skirt the rule by dividing plots and registering the land to different owners.
      Rajmund Fekete, a spokesman for Mr. Orban, said that Hungarian subsidy procedures “fully satisfy” European regulations but declined to answer specific questions about Mr. Angyan, or about land sales that benefited Mr. Orban’s relatives and allies.
      “Hungary is also fully compliant in the sale of state land, which is regulated by law,” he said.
      In Brussels, European officials were specifically warned about problems in Hungary even before the auctions. A May 2015 report, commissioned by the European Parliament, investigated land grabbing and cited “dubious land deals” in Hungary. The report even cited Mr. Orban’s home of Fejer County.
      More broadly, the investigators found that wealthy, politically connected landowners had the power to annex land across Central and Eastern Europe. “This is particularly so when they conspire with government authorities,” the report said.
      In Bulgaria, for example, land brokers had pushed for laws allowing them to effectively annex small farms.
      Investigators pointed to the farm subsidy program as a major factor, saying it encouraged companies to acquire more and more land.
      “The C.A.P. in this sense has clearly failed to live up to its declared objectives,” said the report, which was prepared by the Amsterdam-based Transnational Institute.
      In a written response, European agricultural officials denounced the findings as unreliable, and in bold letters declared that it was up to the countries’ leaders to set and enforce national land use policies.
      That deference to national governments is a hallmark of the European Union. But it has left the bloc unable or unwilling to confront leaders who try to undermine its efforts, said Tomás García Azcárate, a longtime European agriculture official who now trains the Continent’s policymakers.
      “The European Union has very limited instruments for dealing with gangster member states,” he said. “It’s true on policy, on agriculture, on immigration. It’s a real problem.”

      As Mr. Orban’s government began auctioning off thousands of acres to his allies, Mr. Angyan began his own project. Out of government, he meticulously studied the land sales, compiling a record that officials could not easily purge. He interviewed farmers who had been abandoned by the government and mapped political connections among the buyers — findings now supported by the Times analysis.
      Beyond the biggest oligarchs like Mr. Meszaros, other supporters and sympathizers of Mr. Orban got blocks of public land.
      In Csongrad County, for example, family members and associates of Janos Lazar, a Fidesz lawmaker, were among the biggest buyers, obtaining about 1,300 acres. In Bacs-Kiskun County, associates and family members of a former business partner of Mr. Meszaros bought big chunks of land. And in Jasz-Nagykun-Szolnok County, associates and relatives of current and former Orban government officials were among the biggest winners in the land auctions. Many have since leased the plots, with a markup, to big agricultural firms that receive European subsidies.

      “This is what the European Union resources do, and the revenues from the land do,” said Mihaly Borbiro, a former mayor of Obarok, a tiny village in Fejer County, a short drive from Mr. Orban’s hometown.
      While political patrons get rich, many small farmers count on the subsidies to survive. That discourages them from criticizing the system too loudly, many of the farmers said, especially in the face of retribution.
      Ferenc Gal, who raises cows, alfalfa and a few pigs on his family farm, said he applied to lease about 320 acres because the European subsidies alone would have made it profitable before he even planted anything. Local farmers were supposed to get preference, but the land went to wealthy out-of-town investors.
      When he complained, he quickly found himself a pariah. He said government inspectors showed up at his farm, suddenly concerned about environmental and water quality. He said local officials told him not to bother applying for future rural grants.
      “Once you’re on a black list,” Mr. Gal said, “that’s it.”
      A Policy of Fear
      Retribution also found Jozsef Angyan.
      Months after he quit the cabinet, government officials retracted the lease on Kishantos, the organic farm he had helped operate for 20 years. They gave the land to political loyalists, who plowed over the fields and sprayed the cropland with chemicals.
      Then school officials shuttered Mr. Angyan’s department at Szent Istvan University, destroying his legacy.
      “Orban understands when to keep people in fear,” Mr. Angyan said.
      In interviews in Hungary, some agricultural scientists and economists refused to discuss land ownership or asked to not be identified when discussing their research. Farmers, too, saw what happened to the man who spoke up for them.

      “If Angyan can’t do anything, what can I do?” said Mr. Teichel, the family farmer near Mr. Orban’s hometown.

      Mr. Orban’s control of the European subsidies helps prevent another rural uprising, Mr. Angyan said. As long as the government administers the grants, nobody can afford to speak up. “If you’re critical of the system,” he said, “you get nothing.”
      Besides, he added, there is no real opposition in the countryside. Mr. Angyan’s small farmers’ association forged an alliance with Mr. Orban’s far-right party to get the prime minister re-elected. That relationship has outlasted Mr. Angyan, and those in charge of the farming group now hold powerful government positions.
      Mr. Angyan has receded from public life. This year, he met twice with The Times, providing the data he had been compiling.
      After the second meeting, Mr. Angyan stopped returning phone calls.
      When Mr. Teichel saw him recently at a funeral, he looked defeated. “He’s given up the fight,” Mr. Teichel said. As usual, Mr. Angyan asked how the farmer and his family were doing.
      “I don’t matter,” Mr. Teichel replied. “I’m just a soldier. How are you doing? You are the general.”
      Mr. Angyan replied: “How should I continue when nobody is behind me?”

      https://www.nytimes.com/2019/11/03/world/europe/eu-farm-subsidy-hungary.html
      #Europe_de_l'est

    • Verso la nuova Pac, tra vecchie polemiche e l’ombra delle truffe

      L’Europa sta definendo la Politica agricola comune che entrerà in vigore nel 2028, ma dalle prime discussioni emergono fragilità del vecchio modello che non sembrano essere state risolte

      Nel 2028 entrerà in vigore la nuova Politica agricola comune (Pac) 2028-2034, il sistema di finanziamento promosso dall’Unione europea per sostenere l’agricoltura, ma le discussioni che porteranno alla definizione del nuovo modello sono già in corso. Da quanto emerge, l’agricoltura europea dovrà ripartire i fondi con le politiche di coesione, sociali e migratorie, ma non solo.

      Tira e molla sulla Pac

      Cambieranno i criteri di distribuzione dei fondi, che saranno erogati in base alle superfici e non più ai titoli, con maggiore autonomia decisionale per i singoli Stati membri. Il processo in corso è delicato, perché anche l’aggiunta di una sola parola all’interno del testo finale può avere pesanti conseguenze su intere sottocategorie che operano in particolari attività o aree. Si pensi, ad esempio, alla definizione di “agricoltore virtuoso” o “bisognoso” che, se troppo ampie, potrebbero togliere risorse fondamentali a chi davvero necessita di sostegno.
      Come potrebbe cambiare la Pac

      Quella in discussione è la proposta presentata dalla Commissione europea, che andrà votata da tutti i governi europei e dal Parlamento Ue, fermo restando la possibilità di successiva modifica, anche radicale, del documento. Ciò che salta agli occhi sono i contributi destinati al settore agricolo, che passano dai 386 miliardi di euro dell’attuale programmazione ai 295 della prossima.

      Nel rapporto Ecomafia, anche la nostra l’indagine sulla mafia nei pascoli

      Ogni Stato avrà, inoltre, un margine di flessibilità e potrà decidere di allocare più risorse a una politica piuttosto che a un’altra, all’interno di un “Piano di partenariato nazionale e regionale”. In questo fondo unico nel quale convergono anche altre priorità europee, come la coesione e la gestione delle frontiere, la cifra per l’agricoltura indicata da Bruxelles va intesa come contributo minimo. Di conseguenza, ogni governo nazionale può evitare il taglio dei fondi tanto temuto dalle lobby.

      Un altro passaggio importante riguarda la distribuzione dei contributi, non più basata sui titoli ma sulle superfici, nel tentativo di eliminare disuguaglianze ingiustificate tra gli agricoltori e assegnare più equamente le risorse. Nella stessa direzione va anche la spinta a minimizzare le differenze tra importi minimi e massimi erogati e a uniformare i pagamenti sulla base delle superfici tra gli Stati membri. Una mossa, quest’ultima, particolarmente controversa se rapportata alla generale tendenza alla ri-nazionalizzazione che la futura Pac sembra voler percorrere.

      Eliminando, infatti, la struttura biforcata della distribuzione di fondi tra diretti e indiretti, la Commissione europea responsabilizza ogni paese membro nel definire le proprie misure per raggiungere i target stabiliti a livello comunitario. Da Bruxelles le parole d’ordine sono semplificazione ed efficienza, ma ogni paese poi le tradurrà come meglio crede. Qualche obbligo comune permane, ad esempio quello di avere una strategia per il ricambio generazionale e una per l’ambiente. La prima si basa su quote fisse dedicate e su regimi facilitanti, la seconda su regole anche in questo caso stabilite da ciascun paese, senza alcun ecoschema di riferimento.
      Luci e ombre viste dagli esperti

      Scorrendo da cima a fondo la proposta in valutazione, il docente di economia e politica agroalimentare all’Università di Perugia Angelo Frascarelli non vede alcun segno di arretramento da parte dell’Europa. “È ancora troppo presto per fare i conti, ma si tratta solo di un adeguamento alle nuove priorità” spiega. Frascarelli apprezza il tentativo di minimizzare le disuguaglianze tra grandi e piccoli, ma allo stesso tempo si interroga sugli effetti della ri-nazionalizzazione di molti aspetti cruciali nelle politiche agricole comunitarie.

      Mafia dei pascoli, ingiustizia ad alta quota

      Il vicepresidente del Consiglio europeo dei giovani agricoltori Matteo Pagliarani si sofferma, invece, sulla mancanza di chiarezza attorno alla definizione di agricoltori bisognosi, “un aspetto da non trascurare, che può avere conseguenze impattanti”. Un concetto che Pagliarani ha messo anche nero su bianco su un position paper appena pubblicato, in cui denuncia come “la definizione di agricoltore attivo sia applicata in modo non uniforme, permettendo a beneficiari non legittimi (ad esempio. supermercati, fondi di investimento, pensionati) di ricevere sussidi, a scapito degli agricoltori veri”.

      Chi continua a pensare che la Pac sia profondamente iniqua è Greenpeace. Marco Contiero, che per la ong ricopre il ruolo di direttore delle politiche agricole Ue, spiega: “Consentendo a ogni Stato membro di decidere come, a chi e quanto denaro elargire all’interno di un’ampia forchetta tra 130 e 240 euro all’ettaro – spiega – si rischia si creino gravi differenze tra est e ovest Europa. Ci saranno agricoltori di un certo paese che verranno pagati un terzo o ancora meno rispetto ad agricoltori di un altro paese, pur essendo uguali identici e facendo lo stesso lavoro”.

      Secondo Contiero “specialmente in questo momento storico, mi sembra una tendenza assolutamente deleteria”. In effetti, oltre alla libertà di decidere chi sono i “bisognosi” da aiutare, ogni Stato avrebbe la possibilità di definire quali tra le tante, discusse pratiche a protezione del suolo e dell’acqua siano da premiare come virtuose.
      Mafie dei pascoli, minaccia reale

      In assenza di ecoschemi ci sarà forse maggiore spazio per l’innovazione, ma probabilmente anche per le attività criminali, sempre pronte ad appropriarsi del denaro stanziato dall’Europa. Giannandrea Mencini, giornalista e autore del libro Pascoli di carta, intravede alcune ambiguità della nuova Pac, a cominciare dai finanziamenti destinati a chi porta al pascolo i maiali in montagna. “Alcuni allevatori mi hanno confermato che un tempo era una pratica diffusa – racconta – ma non vorrei che dietro a questo recupero delle tradizioni si nascondesse una nuova speculazione”.

      Come pecore in mezzo ai lupi

      Un campanello d’allarme giustificato, vista l’esperienza con la mafia dei pascoli – un sistema di truffe organizzate per ottenere illegalmente i fondi Pac, fingendo attività di allevamento su pascoli inesistenti o non utilizzati – e, più in generale, con l’appetito che la criminalità organizzata nutre verso i fondi comunitari.

      “Sono rimasto fortemente basito dall’esclusione dagli ecoschemi degli allevatori di ovini e caprini – aggiunge Mencini –. È assurdo che questi pagamenti aggiuntivi della Pac destinati a coloro che adottano volontariamente pratiche agricole sostenibili per clima, non possano andare agli allevatori, i più danneggiati dalla mafia dei pascoli”.

      Altra scelta controversa è quella di non fare alcuna differenza tra gli allevamenti di bovini intensivi e quelli che selezionano con fatica razze pregiate e locali, a volte anche rare, garantendone la sopravvivenza. "Sembra che prendano gli stessi fondi, nonostante la forte differenza di costi e valori ecosistemici – commenta Mencini –, speriamo solo non si arrivi a una nuova speculazione, con l’aggravante del rischio di perdere varietà di vacche autoctone preziose”.

      Nei pascoli abbandonati i deserti d’Europa

      Conclude Mencini: “La nuova proposta affronta diversi aspetti che riguardano la mafia dei pascoli, ad esempio vincolando l’ottenimento di fondi europei al possesso di capi di bestiame produttivi e non più anche ad asini e cavalli. Costando di meno, erano gli animali più comodi per ricevere fondi Pac illecitamente, fingendo di avere terreni per il pascolo. L’Abruzzo si era improvvisamente riempito di questi animali, non succederà nuovamente ma potrebbero emergere altre distorsioni”.

      https://lavialibera.it/it-schede-2438-la_pac_che_verra_tra_vecchie_polemiche_e_l_ombra_delle_tr

  • [Podcast] La Cooperl ficelle ses éleveurs, au nom du productivisme
    https://splann.org/podcast-goliaths-cooperl

    Madrange, Paul Prédault, c’est elle. Les jambons vendus chez Carrefour et Lidl aussi. La Cooperl est la première coopérative porcine de France. Quatre mille élevages y sont rattachés en Bretagne. Dans le premier épisode de la saison deux de Goliaths, les journalistes Ivan Logvenoff et Kristen Falc’hon reviennent sur l’enquête consacrée à cette grande muette de l’industrie agroalimentaire parue en 2023 chez « Splann ! ». L’article [Podcast] La Cooperl ficelle ses éleveurs, au nom du productivisme est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire

  • #Glyphosate : une nouvelle étude confirme le risque de #cancer

    Une étude scientifique menée sous l’égide de l’institut Ramazzini à Bologne, en Italie, et publiée jeudi dans la revue « Environmental Health », apporte de nouvelles preuves du caractère cancérogène de l’#herbicide le plus utilisé au monde (https://ehjournal.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12940-025-01187-2).

    En novembre 2023, il était réautorisé dans l’Union européenne pour dix ans. Le glyphosate, herbicide le plus utilisé au monde, n’était pas considéré comme cancérogène par l’Efsa, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, et le gouvernement français ne s’était pas opposé à son maintien sur le marché.

    Une nouvelle étude, publiée jeudi 12 juin dans la revue scientifique Environmental Health, vient cependant d’apporter des preuves supplémentaires du caractère cancérogène de la molécule. Menée par l’institut Ramazzini à Bologne en Italie, en collaboration avec d’autres centres de recherche, notamment britannique et états-unien, elle montre un risque démultiplié de leucémie, mais aussi d’autres types de cancers, sur des rats exposés à différentes doses de glyphosate considérées jusqu’ici comme sans effet sur la #santé humaine ou celle des rongeurs.

    Considérée par l’ONG de lutte contre les pesticides PAN Europe comme « l’étude indépendante la plus complète jamais conduite sur le glyphosate à partir d’animaux de laboratoire », la publication vient compléter de nombreuses recherches scientifiques déjà effectuées sur le sujet.

    Car le glyphosate est reconnu comme « cancérogène probable » depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Pointé dans une expertise de l’Inserm, en 2021, qui faisait le lien entre exposition des agriculteurs et agricultrices et apparition du lymphome non hodgkinien – un cancer du sang –, il était aussi au centre, en 2019, d’une méta-analyse qui établissait, pour la population agricole exposée au glyphosate, un risque augmenté de 40 % de développer cette maladie.

    Le biologiste Daniele Mandrioli travaille depuis des années sur les #causes_environnementales des cancers. C’est lui qui a dirigé cette nouvelle recherche. Entretien.

    Mediapart : Comment avez-vous travaillé pour cette étude ?

    Daniele Mandrioli : C’est la plus large étude jamais réalisée en toxicologie sur le glyphosate. Les expériences ont été menées dans notre laboratoire à Bologne sur plus de 5 000 animaux, et nous avons travaillé en collaboration avec une dizaine d’instituts scientifiques dans le monde. Nous avons commencé en 2019 et avons donc mis six ans pour aboutir à ces résultats reconnus par les pairs pour le volet #cancérogénicité.

    Pourquoi avoir choisi d’étudier les effets du glyphosate ?

    Notre laboratoire est le plus grand laboratoire de toxicologie en Europe, et le deuxième au monde, en termes de nombre de produits étudiés pour leur cancérogénicité – plus de deux cents. Nous avons donc travaillé sur de nombreuses substances, et nous savions que concernant le glyphosate, il y avait un manque de connaissance à combler sur son possible caractère cancérogène, mais aussi neurotoxique, ou encore sur ses effets sur le microbiote intestinal.

    Nous pensions aussi qu’il fallait davantage étudier l’exposition prénatale à la molécule. C’est souvent ce qui s’avère le plus déterminant. Dans le cas du chlorure de vinyle, par exemple, une molécule utilisée pour produire le PVC, on s’est ainsi aperçu au cours des années 1970 et 1980 qu’une exposition pendant la #grossesse pouvait être extrêmement toxique pour le fœtus, alors qu’une exposition aux mêmes doses à l’âge adulte n’avait pas du tout les mêmes effets [il est classé cancérogène certain par le CIRC depuis 1987 – ndlr].

    À quels résultats avez-vous abouti ?

    Nous avons exposé les rats à différentes doses de glyphosate, et cette expérience a montré que près de la moitié d’entre eux – 40 % pour être précis – ont été atteints de #leucémie et en sont morts, et ce, avant d’avoir atteint l’âge de 1 an – ce qui correspond à l’âge de 35-40 ans chez les humains.

    Cependant, aucun cas de leucémie n’a été détecté au cours de la première année de vie chez les animaux témoins qui n’ont pas été exposés au glyphosate dans le cadre de notre expérience. De même, aucun cas de leucémie n’a été observé au cours de la première année de vie chez plus de 1 600 animaux de contrôle dans le cadre des études de cancérogénicité menées par notre institut et le Programme fédéral de toxicologie états-unien.

    C’est donc un résultat inquiétant et révélateur sur la mortalité précoce de ce cancer.

    Autre résultat remarquable de notre étude : la variété des organes touchés par cette exposition au glyphosate. La leucémie n’est pas la seule maladie que l’on a observée. Le foie, la peau, les reins, la vessie, l’utérus, la rate, les glandes mammaires… Le spectre des organes affectés est très large.

    Nos résultats viennent donc confirmer l’évaluation du CIRC publiée il y a dix ans, à savoir qu’il existe des « preuves suffisantes » que le glyphosate est cancérogène pour les animaux de laboratoire et qu’il est un cancérogène probable pour les humains, mais aussi d’autres études scientifiques qui avaient déjà démontré la cancérogénicité de la molécule.

    Qu’apporte votre étude de nouveau par rapport aux précédentes ?

    Ce qui est nouveau, au-delà d’avoir testé l’exposition in utero, c’est le niveau de l’exposition : nous avons donné aux rats des doses plus faibles que nos prédécesseurs, et qui sont considérées comme sans danger pour les humains. Et nous ne les avons pas seulement exposés au glyphosate pur, mais aussi aux produits commercialisés qui le contiennent : le #Roundup_Bioflow [utilisé dans l’Union européenne – ndlr] et le #Ranger_Pro [utilisé aux États-Unis – ndlr].

    Le caractère dévastateur de l’#exposition_prénatale et le large spectre des organes touchés auxquels nous avons abouti n’avaient pas été démontrés dans les études précédentes.

    Vous avez travaillé sur les rats. Que cela signifie-t-il pour les humains ?

    La #toxicologie repose depuis une cinquantaine d’années sur le principe que les expérimentations sur les rats sont ce qu’il y a de plus prédictible pour les humains. Il faut savoir que la leucémie est une maladie avec une latence d’au moins dix ans et les tumeurs solides ont des latences encore plus longues. Les études épidémiologiques menées sur les cohortes humaines sont donc très longues à réaliser, et cela demande de suivre énormément de gens avant de pouvoir tirer des conclusions. Les études toxicologiques nous permettent d’avoir d’autres types de résultats, et de façon plus rapide.

    Pas assez rapide, cependant, pour pouvoir interdire le glyphosate sur le sol européen, réautorisé fin 2023 pour dix ans…

    Nous espérons que nos résultats éclaireront les décideurs, pas seulement en Europe, mais dans le monde entier. Notre étude apporte des #preuves, mais ce n’est pas à nous de prendre les décisions, ce n’est pas notre rôle. Nous sommes des scientifiques indépendants.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/130625/glyphosate-une-nouvelle-etude-confirme-le-risque-de-cancer
    #agriculture #industrie_agro-alimentaire

  • #Maladies_neurologiques : quand les #pesticides s’attaquent au #cerveau

    Des agriculteurs retraités se retrouvent atteints de graves maladies neurologiques causées par l’exposition aux pesticides. Commence alors un #parcours_du_combattant pour leurs familles, qui espèrent faire reconnaître la maladie comme professionnelle.

    Michel, ancien agriculteur âgé de 77 ans, est imprévisible. Sa fille Valérie, qui est aussi sa tutrice, cherche sur son téléphone des vidéos qui montrent ses changements d’humeurs et de comportements, si désarmants. Elle finit par en trouver et l’on voit Michel, tranquillement assis dans son fauteuil, rire doucement avec son épouse. Et soudain, il se met à crier, battre des bras et des mains, puis il se dirige vers la table pour y donner quelques coups de poing.

    Avant de se rasseoir, un peu plus loin. « Au départ, les médecins croyaient qu’il était atteint de la maladie de Creutzfeldt-Jakob [version humaine de la maladie de la vache folle, ndlr] », décrit Valérie. Très investie dans le soutien qu’elle apporte à son père, elle a multiplié les rendez-vous médicaux, tests en tout genre et allers-retours épuisants entre les hôpitaux de Rennes, le domicile de ses parents et son travail salarié.

    Comment payer un Ehpad avec 1000 euros ?

    Le diagnostic, terrible, est tombé dans les premiers jours de l’année 2021 : démence fronto-temporale. « Au départ, maman a pu s’en occuper, et je venais l’aider. Mais c’est devenu trop dur. Il se roulait par terre et ne voulait pas qu’on l’aide. Nous avons dû le placer en Ehpad, dans une unité d’hébergement renforcée », poursuit Valérie, très affectée par ce qu’elle vit comme « un abandon ». Ce placement en Ehpad est d’autant plus difficile que la petite retraite de Michel – 1100 euros par mois – ne couvre que la moitié du coût mensuel total, qui s’élève à 2200 euros. « Je prends dans ses économies, mais j’arrive au bout. La retraite de maman est très faible aussi. On va être obligées de vendre sa maison pour faire face. Mais je ne trouve pas de nouveau logement pour elle. »

    La reconnaissance du caractère professionnel de la maladie de Michel et le versement d’une #rente en reconnaissance du #préjudice subi pourraient leur apporter un peu d’air… Valérie a entamé les démarches à l’automne 2022, avec l’aide du Collectif de soutien aux victimes des pesticides, que sa mère a découvert via la presse locale. « Papa, il a utilisé beaucoup de pesticides. Il a fait beaucoup de mélanges, et il n’avait pas de cabine sur le tracteur, aucune protection. » Comme de nombreux enfants à cette époque, Valérie a souvent aidé son père dans les travaux des champs, y compris quand il faisait des traitements : « On ne savait pas que c’était dangereux, personne ne parlait de ça autour de nous. »

    Toute la sphère neurologique affectée

    La démence fronto-temporale ne figure dans aucun des tableaux qui listent les #pathologies_professionnelles dues à l’exposition aux pesticides, mais ceux-ci évoluent au fil des luttes et recherches scientifiques. « Historiquement, on a commencé le combat judiciaire avec la maladie de Parkinson puis le lymphome, situe l’avocat François Lafforgue, dont le cabinet accompagne de nombreuses #victimes des pesticides. Ensuite, nous avons travaillé sur les hémopathies et on a obtenu la création ou l’extension des tableaux pour toutes ces pathologies. »

    Ces victoires ne sont pas anecdotiques. Elles permettent de mettre en place ce que l’on appelle la « #présomption_d’imputabilité », qui évite aux victimes de documenter elles-mêmes les liens entre leur maladie et leur exposition. Aujourd’hui, par exemple, toute personne atteinte de la #maladie_de_Parkinson et exposée pendant au moins dix ans aux pesticides dans le cadre de son travail peut obtenir la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie.

    « Au fil des années et des prises de contacts avec des malades, on s’est rendu compte que toute la sphère neurologique était affectée, poursuit François Lafforgue. Nous avons aussi découvert qu’il existe de la littérature scientifique sur les liens entre plusieurs des maladies de cette sphère neurologique et les pesticides. Nous avons donc décidé de défendre la reconnaissance de ce lien devant les tribunaux. » C’est ainsi qu’en juin 2024, la #démence_à_corps_de_Lewy (type de démence partageant des caractéristiques avec la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson) de Joseph Lendormy, ancien agriculteur, a officiellement été reconnue comme étant liée à son exposition aux pesticides. C’est une première qui donne bon espoir au collectif pour le dossier de Michel.

    « Mon père a été exposé pendant plus de trente ans aux pesticides, retrace son fils Philippe Lendormy. Il avait une petite ferme d’élevage bovin-lait et polycultures (maïs, blé, colza...), mais c’est surtout comme chauffeur de la #Cuma [coopérative d’utilisation du matériel agricole, ndlr] qu’il a été exposé. » Joseph a occupé ce poste de 1961 jusqu’à son départ à la retraite en 1999.

    « Il s’agissait d’une grosse Cuma, avec douze fermes, et mon père faisait tous les traitements : #herbicides, #fongicides, #insecticides. Je me souviens qu’au printemps, il avait les mains et les bras orange, car il brassait les mélanges à la main. Il stockait les produits à la maison, y faisait ses mélanges et y rinçait ses cuves, le liquide dévalait la cour. » Sur la liste que Philippe Lendormy a reconstituée pour le dossier de son père, figurent de nombreux produits aujourd’hui interdits, dont plusieurs susceptibles de porter atteinte à la sphère neurologique.

    Des malades toujours plus nombreux

    « Mon père est mort en 2022, mais il est tombé malade huit ans avant, à 72 ans », reprend Philippe Lendormy. Joseph a commencé par oublier où il posait ses affaires, puis à ne plus savoir pourquoi il se trouvait à tel endroit à tel moment. Au fil des mois et des années, son état s’est aggravé. « Il faisait n’importe quoi : un jour, il a mis le feu à un balai et s’est promené avec dans la maison. Rien n’allait plus. Ma mère s’est occupée de lui pendant six ans, elle a été au bout de ses forces. Et il a finalement intégré un Ehpad. » Aucun médecin n’a établi de liens avec les pesticides. C’est Philippe qui a fini par y penser, un peu par hasard, suite à des discussions avec des amis, qui avaient entendu parler du sujet par la presse.

    « C’est un peu toujours la même histoire, commente Michel Besnard du Collectif de soutien aux pesticides de l’Ouest. À chaque fois que l’on médiatise un cas, de nouvelles personnes se manifestent. Si les maladies qu’ils ont ne sont pas dans les tableaux, on les accompagne quand même. » Les démarches sont plus longues, mais elles aboutissent cependant assez souvent, encourageant de nouveaux malades à les entreprendre. « On rencontre de plus en plus de gens avec des démences à corps de Lewy, précise Michel Besnard. Souvent, les neurologues disent d’abord que c’est la maladie de Parkinson (40 % des victimes accompagnées par le collectif en sont atteintes). Puis le diagnostic s’affine et on arrive à cette démence. C’est important de faire circuler ces informations pour que d’autres personnes puissent se manifester. »

    Un soutien inégal de la part des médecins

    « Ce n’est pas parce que l’on n’a pas beaucoup de cas qu’il ne faut pas les prendre en compte, ajoute François Lafforgue. La maladie à corps de Lewy, seconde cause de #démence_neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer, est une affection dont les mécanismes sont très proches de ceux de la maladie de Parkinson. Or, les études scientifiques établissent un lien clair entre la maladie de Parkinson et une exposition aux pesticides. »

    Le lien entre la maladie de Joseph Lendormy et son travail a aussi été reconnu comme possible par l’experte du Centre régional de pathologies professionnelles et environnementales de Bretagne, où Philippe avait emmené son père, sur les conseils de l’avocat. « Le rapport d’expertise de l’Inserm de 2021 sur les pesticides rapporte un niveau de présomption fort entre l’exposition aux pesticides et les troubles cognitifs chez les agriculteurs », cite-t-elle dans son courrier bilan, considérant qu’une déclaration de reconnaissance peut être proposée à Joseph.

    Un avis encourageant qui tranche avec la frilosité du médecin de la Mutualité sociale agricole (MSA) qui avait commenté, après avoir écouté le CV de Joseph Lendormy : « L’ensemble des informations recueillies laissent supposer que Mr Lendormy a probablement été exposé à des pesticides au cours de sa vie professionnelle. » Cette prudence dans les propos avait ulcéré Philippe Lendormy. « Ce médecin est venu chez mes parents. On lui avait donné la liste des produits que mon père avait utilisés, car les vendeurs de la coop, c’étaient des amis de mes parents. Il a été exposé toute sa vie, c’est évident, et non "probable". »

    Une vie de travail et pas de retraite

    Récemment, le cabinet de François Lafforgue a obtenu la reconnaissance en maladie professionnelle pour un agriculteur atteint d’Alzheimer. « Mon père a travaillé des années 1960 aux années 2000, explique son fils, Benoît Laurent. Ils étaient six associés et lui était préposé à l’épandage des pesticides. C’était leur organisation. Il travaillait sans protection, je me souviens qu’il versait les produits et qu’il les mélangeait avec un bâton, à mains nues. Souvent, il avait des maux de tête et il saignait du nez. Il est tombé malade en fin de carrière et a été diagnostiqué en 2008, à 68 ans, cinq ans après avoir pris sa retraite. » La reconnaissance obtenue par Martial Laurent est due à un vice de procédure : la MSA n’a pas respecté certains délais, ce qui a entraîné une reconnaissance « implicite ». Il est donc difficile d’affirmer que les institutions valident le lien entre exposition aux pesticides et maladie d’Alzheimer.

    Selon François Lafforgue, « une action engagée a abouti favorablement, ce n’est pas comme s’il ne s’était rien passé ». L’expertise Inserm de 2021, qui s’est intéressée à des centaines d’études à propos des effets sanitaires des pesticides, considère que la présomption de lien entre pesticides et Alzheimer est « moyenne ». Elle cite une analyse réunissant sept études qui « estime à 34 % l’élévation du risque – significative – de maladie d’Alzheimer chez les personnes exposées aux pesticides ».

    « Cette reconnaissance, et la rente qui a été versée, nous permettent de financer l’Ehpad où mon père vit depuis 2020, intervient Benoît Laurent. Son petit pécule de retraite fondait comme neige au soleil. Ils n’avaient pas beaucoup d’argent, mes parents, même s’ils avaient travaillé toute leur vie. » « La rente ne va pas ramener mon père, ajoute Philippe Lendormy, mais cela va soulager un peu ma mère, qui s’est épuisée à l’accompagner. Elle va pouvoir se faire aider pour les travaux quotidiens. Pour moi, c’est aussi important symboliquement cette reconnaissance. Mon père a été un bon soldat, il a nourri la France comme on le lui a demandé. Il a bossé très dur. Et en est tombé malade. C’est bien de le rappeler. »

    Pour Valérie Vivien, « c’est douloureux de savoir qu’ils n’ont pas été prévenus qu’il allait y avoir des conséquences s’ils utilisaient des pesticides. Personne ne leur a jamais dit. C’est injuste. Ils ont travaillé toute leur vie et n’ont pas profité de leur retraite ensemble. » Elle espère que les démarches qu’elle a entamées « faciliteront les choses pour les suivants ». Et en attendant que son père touche, enfin, l’argent nécessaire à sa prise en charge, elle a dû lancer une cagnotte en ligne (https://www.leetchi.com/fr/c/cout-d-un-ehpad-2200mois-et-comptes-bientot-a-0-7503176.

    https://basta.media/maladies-neurologiques-quand-les-pesticides-s-attaquent-au-cerveau
    #santé #maladie #industrie_agro-alimentaire #agriculteurs #agriculture #conditions_de_travail #travail #maladies_professionnelles

  • #altho-Brets en Centre-Bretagne : le vrai coût des #chips made in France
    https://splann.org/altho-brets-vrai-cout-chips-made-in-france

    La consommation de chips ne cesse d’augmenter, à tel point que l’usine bretonne de la société Altho – qui détient la marque Brets – est en train de construire une nouvelle unité, avec un important soutien public. L’article Altho-Brets en Centre-Bretagne : le vrai coût des chips made in France est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #glon

  • La Ligue contre le #cancer demande l’#interdiction de l’#aspartame

    On le trouve dans le Coca-Cola « zéro », dans des yaourts Yoplait allégés, dans des boissons « pour sportifs » Powerade ou des chewing-gums Mentos. Substitut du sucre, l’aspartame — alias #E951 — est présent dans plus de 2 500 aliments et boissons en Europe. Face aux #risques_sanitaires qu’il présente, Yuka, la Ligue contre le cancer et Foodwatch ont lancé, mardi 4 février, une #pétition pour son interdiction.

    Depuis juillet 2023, l’#édulcorant est en effet classé comme « cancérigène possible pour l’être humain » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). « Ce classement s’ajoute à plus de trente ans d’études soulignant ses effets nocifs sur la #santé », rappelle Foodwatch dans un communiqué. L’aspartame serait ainsi lié à un risque accru de #diabète de type 2, de #maladies_cardiovasculaires, et pourrait, contrairement à ce que l’on croit, favoriser le #surpoids à long terme.

    En ce 4 février, journée mondiale de lutte contre le cancer, les trois organisations demandent donc à la Commission européenne et aux États membres de « prendre des mesures concrètes pour interdire cet #additif en se basant sur le #principe_de_précaution » — qui exige de retirer du marché tout produit jugé potentiellement dangereux pour la #santé_publique.

    Pour Camille Dorioz, de Foodwatch France, « un additif qui n’apporte rien à part des #risques pour la santé ne devrait pas être présent dans notre alimentation  : c’est la base du principe de #précaution ».

    https://reporterre.net/La-Ligue-contre-le-cancer-demande-l-interdiction-de-l-aspartame
    #sucre #alimentation #boissons #industrie_agro-alimentaire

  • « C’est en lisant Splann ! que nous avons appris le projet d’extension de la porcherie »
    https://splann.org/cest-en-lisant-splann-que-nous-avons-appris-le-projet-dextension-de-la-porch

    Grâce à vos dons, Splann ! va pouvoir déployer en 2025 de nouveaux projets de vidéos, podcasts, et livrets pour que chacun et chacune puisse lire, écouter et regarder l’investigation bretonne. L’article « C’est en lisant Splann ! que nous avons appris le projet d’extension de la porcherie » est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #Campagne_de_dons_Splann !

  • ‘Italian’ purees in UK supermarkets likely to contain Chinese forced-labour tomatoes

    “Italian” tomato purees sold by several UK supermarkets appear to contain tomatoes grown and picked in China using forced labour, the BBC has found.

    Some have “Italian” in their name such as Tesco’s “Italian Tomato Purée”. Others have “Italian” in their description, such as Asda’s double concentrate which says it contains “Puréed Italian grown tomatoes” - and Waitrose’s “Essential Tomato Purée”, describing itself as “Italian tomato puree”.

    A total of 17 products, most of them own-brands sold in UK and German retailers, are likely to contain Chinese tomatoes - testing commissioned by the BBC World Service shows.

    Most Chinese tomatoes come from the Xinjiang region, where their production is linked to forced labour by Uyghur and other largely Muslim minorities. The UN accuses the Chinese state - which views these minorities as a security risk - of torture and abuse. China denies it forces people to work in the tomato industry and says workers’ rights are protected by law. It says the UN report is based on “disinformation and lies”.

    All the supermarkets whose products we tested dispute our findings.

    China grows about a third of the world’s tomatoes. The north-western region of Xinjiang has the perfect climate for growing the fruit.

    It is also where China began a programme of mass detentions in 2017. Human rights groups allege more than a million Uyghurs have been detained in hundreds of facilities, which China has termed “re-education camps”.

    The BBC has spoken to 14 people who say they endured or witnessed forced labour in Xinjiang’s tomato fields over the past 16 years. “[The prison authorities] told us the tomatoes would be exported overseas,” Ahmed (not his real name) said, adding that if the workers did not meet the quotas - as much as 650kg a day - they would be shocked with electric prods.

    Mamutjan, a Uyghur teacher who was imprisoned in 2015 for an irregularity in his travel documentation, says he was beaten for failing to meet the high tomato quotas expected of him.

    “In a dark prison cell, there were chains hanging from the ceiling. They hung me up there and said ‘Why can’t you finish the job?’ They beat my buttocks really hard, hit me in the ribs. I still have marks.”

    It is hard to verify these accounts, but they are consistent, and echo evidence in a 2022 UN report which reported torture and forced labour in detention centres in Xinjiang.

    By piecing together shipping data from around the world, the BBC discovered how most Xinjiang tomatoes are transported into Europe - by train through Kazakhstan, Azerbaijan and into Georgia, from where they are shipped onwards to Italy.

    One company name repeatedly appeared as a recipient in the data. This was Antonio Petti, part of a group of major tomato-processing firms in Italy. It received more than 36 million kg of tomato paste from the company Xinjiang Guannong and its subsidiaries between 2020 and 2023, the data showed.

    The Petti group produces tomato goods under its own name, but also supplies others to supermarkets across Europe who sell them as their own branded products.

    Our investigation tested 64 different tomato purees sold in the UK, Germany and the US - comparing them in a lab to samples from China and Italy. They included top Italian brands and supermarket own-brands, and many were produced by Petti.

    We asked Source Certain, a world-renowned origin verification firm based in Australia, to investigate whether the origin claims on the purees’ labels were accurate. The company began by building what its CEO Cameron Scadding calls a “fingerprint” which is unique to a country of origin - analysing the trace elements which the tomatoes absorb from local water and rocks.

    “The first objective for us was to establish what the underlying trace element profile would look like for China, and [what] a likely profile would look like for Italy. We found they were very distinct,” he said.

    Source Certain then compared those country profiles with the 64 tomato purees we wanted to test - the majority of which claimed to contain Italian tomatoes or gave the impression they did - and a few which did not make any origin claim.

    The lab results suggested many of these products did indeed contain Italian tomatoes - including all those sold in the US, top Italian brands including Mutti and Napolina, and some German and UK supermarket own-brands, including those sold by Sainsbury’s and Marks & Spencer.

    But 17 appeared to contain Chinese tomatoes, 10 of which are made by Petti - the Italian company we found listed repeatedly in international shipping records.

    Of those 10 made by Petti, these were for sale in UK supermarkets at the time of testing from April-August 2024:

    These were for sale in German supermarkets, during our testing period:

    In response, all the supermarkets said they took these allegations very seriously and have carried out internal investigations which found no evidence of Chinese tomatoes. Many have also disputed the testing methodology used by our experts. Tesco suspended supply and Rewe immediately withdrew the products. Waitrose, Morrisons, Edeka and Rewe said they had run their own tests, and that the results contradicted ours and did not show the presence of Chinese tomatoes in the products.

    But one major retailer has admitted to using Chinese tomatoes. Lidl told us they were in another version of its Baresa Tomatenmark - made by the Italian supplier Giaguaro - sold in Germany last year “for a short time” because of supply problems and that they are investigating this. Giaguaro said all its suppliers respected workers’ rights and it is currently not using Chinese tomatoes in Lidl products. The BBC understands the tomatoes were supplied by the Xinjiang company Cofco Tunhe, which the US sanctioned in December last year for forced labour.

    In 2021, one of the Petti group’s factories was raided by the Italian military police on suspicion of fraud - it was reported by the Italian press that Chinese and other foreign tomatoes were passed off as Italian.

    But a year after the raid, the case was settled out of court. Petti denied the allegations about Chinese tomatoes and the issue was dropped.

    As part of our investigation into Petti, a BBC undercover reporter posed as a businessman wanting to place a large order with the firm. Invited to tour a company factory in Tuscany by Pasquale Petti, the General Manager of Italian Food, part of the Petti group, our reporter asked him if Petti used Chinese tomatoes.

    “Yes… In Europe no-one wants Chinese tomatoes. But if for you it’s OK, we will find a way to produce the best price possible, even using Chinese tomatoes,” he said.

    The reporter’s undercover camera also captured a crucial detail - a dozen blue barrels of tomato paste lined up inside the factory. A label visible on one of them read: “Xinjiang Guannong Tomato Products Co Ltd, prod date 2023-08-20.”

    In its response to our investigation, the Petti group told us it had not bought from Xinjiang Guannong since that company was sanctioned by the US for using forced labour in 2020, but did say that it had regularly purchased tomato paste from a Chinese company called Bazhou Red Fruit.

    This firm “did not engage in forced labour”, Petti told us. However our investigation has found that Bazhou Red Fruit shares a phone number with Xinjiang Guannong, and other evidence, including shipping data analysis, suggests that Bazhou is its shell company.

    Petti added that: “In future we will not import tomato products from China and will enhance our monitoring of suppliers to ensure compliance with human and workers’ rights.”

    While the US has introduced strict legislation to ban all Xinjiang exports, Europe and the UK take a softer approach, allowing companies simply to self-regulate to ensure forced labour is not used in supply chains.

    This is now set to change in the EU, which has committed to stronger laws, says Chloe Cranston, from the NGO Anti-Slavery International. But she warns this will make it even more likely that the UK will become “a dumping ground” for forced labour products.

    Outside the UK, watch the Eye Investigations documentary Blood on the Shelves on YouTube

    “The UK Modern Slavery Act, sadly, is utterly not fit for purpose,” she says.

    A spokesperson for the UK Department for Business and Trade told us: “We are clear that no company in the UK should have forced labour in its supply chain… We keep our approach to how the UK can best tackle forced labour and environmental harms in supply chains under continual review and work internationally to enhance global labour standards.”

    The issue was brought up in the UK Parliament on Monday, where the Parliamentary Under-Secretary of State for Environment, Food and Rural Affairs (Defra) said it was “extremely concerning”.

    Baroness Hayman of Ullock told the House of Lords that the department was “looking at labelling as a way to better inform consumers”.

    Dario Dongo, journalist and food lawyer, says the findings expose a wider problem - “the true cost of food".

    “So when we see [a] low price we have to question ourselves. What is behind that? What is the true cost of this product? Who is paying for that?”

    https://www.bbc.com/news/articles/crezlw4y152o.amp

    #tomates #Chine #Ouïghour #Italie #escroquerie #industrie_agro-alimentaire #Petti #purée_de_tomates #Xinjiang #Antonio_Petti #Giaguaro #Cofco_Tunhe #Pasquale_Petti #Xinjiang_Guannong_Tomato_Products #Bazhou_Red_Fruit #Xinjiang_Guannong

    –—

    La marque de tomates italienne Petti :


    https://www.ilpomodoropetti.com/fr/presentation

    • Derrière des sauces tomates étiquetées en Italie, des produits chinois et le travail forcé des Ouïghours

      Comment des sauces et des concentrés de tomates se retrouvent-ils dans des supermarchés, en Europe, sous une étiquette italienne alors que les tomates ont été cueillies en Chine, qui plus est, par des Ouïghours ? Enquête d’un autre aspect de la mondialisation, en partant d’un documentaire de la BBC.

      Des champs de tomates rouges vifs à perte de vue dans le Xinjiang : C’est un autre aspect de la mondialisation que je vous propose d’explorer ce matin, en partant d’un documentaire remarquable de BBC Eye Investigation. Dans son enquête d’une heure, la radio télévision britannique nous emmène dans le Xinjiang, une vaste région du nord-ouest de la Chine, près du Kazakhstan, notamment. « Le Xinjiang bénéficie d’un climat idéal pour cultiver des tomates », explique BBC Eye, qui nous montre des champs de tomates à perte de vue. Leur rouge vif spectaculaire est même capté par satellite, mais c’est un univers bien plus sombre, que dévoile le média publique britannique. Bien loin des publicités du groupe Xinjiang Guannong, comme celle-ci où la société chinoise propose de rafraîchir ses connaissances sur les conserves de tomates, en montrant ses lignes de production de coulis, de concentrés, conditionnés dans des barils bleus. « Nos sites de production sont à pleine capacité, se targue un cadre : 260 000 tonnes de tomates fraîches ont été collectées et 35 000 tonnes de concentré de tomates ont été produites », montre cette publicité relayée par BBC Eye Investigation. La chaîne télévisée chinoise internationale CGTN et une journaliste de China Media Group expliquent que nombre de plats européens comme les Fish and chips, saucisses Bratwurst ne peuvent se passer ketchup et donc de tomates chinoises.

      L’enfer des Ouïghours forcés de travailler, notamment dans les champs de tomates : C’est aussi dans le Xinjiang, souligne BBC Eye Investigation que la Chine a lancé, depuis 2017, un programme de détentions massives des Ouïghours, la minorité musulmane. Ils seraient un million à être détenus, forcés de travailler dans les champs de tomates ou dans les usines agro-alimentaires. Si Pékin parle de « camps de rééducation », c’est une toute autre réalité, un enfer que décrit, à la BBC, Mamutjan, un professeur ouïghour arrêté plusieurs fois dans le Xinjiang. « J’ai été forcé à récolter des tomates pendant plus d’un mois. On devait se lever à 4h du matin. Le premier jour, on nous a demandé de ramasser 450kg de tomates et on nous a menacé si nous n’arrivions pas à atteindre cet objectif. Je n’ai pas réussi et on m’a alors roué de coups. On m’a attaché à des chaînes, suspendues au plafond d’une cellule sombre, et on me demandait ’alors, pourquoi tu n’arrives pas à finir ton travail ?’ Pendant deux heures, les coups ont plu. Je ne pouvais plus m’asseoir, plus dormir. J’étais frappé si souvent, si durement que j’en porte encore les traces ». Mamutjan vit en exil, aujourd’hui, précise BBC Eye Investigation. Ce père de famille ouïghour ignore ce qu’est devenue sa famille mais il sait que son frère est mort. Mamutjan espère, lui, pouvoir monter en haut de la Tour Eiffel : c’était le rêve de son frère, il veut le réaliser en sa mémoire. Difficile de vérifier son témoignages, précise la BBC qui a interrogé une douzaine d’anciens détenus ouïghours mais leurs récits font écho à un rapport des Nations unies de 2022 sur la torture et le travail forcé dans le Xinjiang. En Allemagne, le quotidien Bild et BR24 soulignent que la Chine est le plus grand producteur de tomates au monde. Près de 70 millions de tonnes y ont été récoltées l’an dernier. Selon le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore, l’Europe a presque doublé ses importations de concentré de tomate chinois l’an dernier.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-mardi-03-decembre-2024-444

      #podcast #audio

  • Carte "pesticides" - Adonis - Solagro
    https://solagro.org/nos-domaines-d-intervention/agroecologie/carte-pesticides-adonis


    Où je vois bien qu’en vivant « dans la nature », j’étais exposée à un max de polluants (merci les JA et FNSEA) et que maintenant en ville (et dans le reste du département, aussi, je vis dans une zone « propre ».
    Je vis surtout en amont de mon ancien chez moi.

    L’indice se rapporte aux seules surfaces agricoles de la commune, quelle que soit la part de la surface agricole du territoire communal. L’Indicateur de Fréquence de Traitement (IFT) correspond au nombre de doses de produits phytosanitaires appliquées par hectare pendant une campagne culturale. L’IFT communal correspond à la moyenne des IFT par culture. L’IFT total (hors biocontrôle) concerne tous les types de produits de synthèse (herbicides, insecticides, fongicides, traitements de semences, autres).

  • Qui pollue notre #eau_du_robinet ?

    #Hugo_Clément a enquêté sur la pollution et la #dépollution de l’eau du robinet en #France. Ainsi, que fait-on quand une #eau_potable dépasse les #seuils_de_pollution ? Elle est tout simplement mélangée avec une autre source, plus pure, et renvoyée dans le réseau. L’enquête révèle également que l’eau est de plus en plus contaminée par des résidus de #pesticides, des polluants de l’industrie ou même des restes des guerres. La conséquence directe en est que le #traitement_de_l'eau coûte plus cher. Certains citoyens se battent pour réduire les sources de pollution en amont plutôt que de financer des usines toujours plus perfectionnées et hors de prix.

    https://www.france.tv/france-5/sur-le-front/6668603-qui-pollue-notre-eau-du-robinet.html

    voir aussi :
    https://mamot.fr/@n1k0/113545804575956333

    #pollution #contamination #seuils #vidéo #chlorothalonil_dégradé #eau_en_bouteille #taux_de_pollution #conformité #santé_publique #supermarchés #Fiée_des_lois #puits #cancers

    • Alerte : #Déclassement d’un #métabolite du chlorothalonil par l’#Anses, un #pesticide très présent dans l’eau potable !

      Générations Futures s’inquiète des conséquences d’un tel déclassement et d’un déni de l’application du #principe_de_précaution.

      D’après un avis de l’Anses publié hier (https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2024/05/eaux2023sa0142.pdf), mercredi 22 mai, le métabolite du #fongicide interdit chlorothalonil #R471811, considéré pertinent jusqu’alors, est maintenant jugé par l’agence comme non pertinent. Une fois de plus, la façon dont l’Anses gère les incertitudes et la non application du principe de précaution dans cette évaluation interroge.

      Quelles sont les conséquences d’un tel déclassement ?

      Suite à ce nouveau classement, la norme de qualité, la #concentration_maximale tolérée pour juger l’eau “conforme”, est relevée de près de 10 fois : elle passe de 0,1 µg/L à 0,9 µg/L. Conséquence directe, toutes les situations pour lesquelles le R471811 se trouvait dans l’eau potable à des concentrations comprises entre 0,1 µg/L à 0,9 µg/L redeviennent “conformes”. D’après le dernier bilan de la qualité de l’eau potable vis à vis des pesticides publié par le ministère de la Santé, ces situations concernaient seulement 0,3% des unités de distribution. Toutefois, en 2022, les recherches de ce métabolite dans le cadre du contrôle de l’eau potable étaient encore très limitées. Dans le cadre d’une campagne de mesures menée par l’Anses en 2020/2022, le R471811 était le métabolite le plus souvent quantifié (dans plus d’un échantillon sur 2) avec la plus grande fréquence de dépassement de 0,1 µg/L (34% des échantillons). Dans tous les cas, ce nouveau classement permettra d’avoir de meilleures statistiques sur les taux de conformité de l’eau potable, tout comme le permettra également le déclassement des métabolites du #S-métolachlore.

      Outre ce relèvement de la norme de qualité, cette classification en tant que non pertinent a pour conséquence que le R471811 ne sera plus retenu dans le calcul du total pesticides, censé prendre en compte l’effet cocktail dû à la présence simultanée de plusieurs substances actives et métabolites. La norme de qualité pour la somme des pesticides (substances actives et métabolites) est fixée à 0,5 µg/L mais ne sont pris en compte dans ce total uniquement les métabolites jugés pertinents. Le métabolite R471811 ne sera donc plus intégré dans le calcul du total pesticide même s’il est présent dans l’eau.

      Enfin, ce passage en non pertinent entraînera une perte d’information pour les citoyens qui ne seront plus informés qu’un métabolite de pesticide classé #cancérigène probable se retrouve dans l’eau potable dès lors que sa concentration reste inférieure à 0,9 µg/L.

      Une évaluation très incertaine

      En 2022, l’Anses avait jugé le métabolite R471811 comme pertinent (https://www.anses.fr/fr/system/files/EAUX2021SA0020-b.pdf) en considérant le classement du chlorothalonil en tant que cancérigène probable (catégorie 1B) proposé par l’EFSA et “le manque de données pour démontrer que le métabolite R471811 ne partage pas le mode d’action de la SA parente aboutissant à des #tumeurs_rénales

      Cette nouvelle évaluation de l’Anses publiée hier s’est basée sur de nouveaux éléments fournis par Syngenta, le principal fabricant de chlorothalonil.

      Cependant, beaucoup de zones d’ombres persistent :

      Concernant la cancérogénicité :

      D’après la méthodologie (https://www.anses.fr/fr/system/files/EAUX2015SA0252.pdf) utilisée par l’Anses pour évaluer la pertinence des métabolites, “si la substance active (SA) mère est classée cat 1A ou 1B au titre du règlement 1272/2008 et ses ATP pour les effets cancérogènes, le métabolite est classé en « pertinent dans les EDCH » sauf à démontrer le contraire, essais à l’appui, en particulier sur les « endpoints » critiques de la SA”.

      L’EFSA ayant proposé de classer le chlorothalonil en cancérogène de catégorie 1B, des essais sur le métabolite sont donc nécessaires pour le classer non pertinent. Est-ce que des essais de cancérogénicité ont été réalisés sur le R471811 ? Pas du tout ! A la place de toute étude, Syngenta a fourni à l’Anses un argumentaire visant à montrer que le métabolite ne possède pas les mêmes propriétés que la substance mère. Cet argumentaire se base essentiellement sur une analyse de la structure chimique du R471811 et sur des études mécanistiques réalisées in vitro par Syngenta selon un protocole inconnu, non détaillé dans l’avis de l’Anses. Nous ne pouvons donc juger de la fiabilité de ces études in vitro. Aucune étude de toxicité chronique réalisée in vivo avec le R471811 n’a été réalisée.

      Concernant le caractère perturbateur endocrinien :

      Là encore, aucune donnée sur le métabolite n’est disponible. Selon la méthodologie de l’Anses, il est donc nécessaire de se baser sur les données disponibles sur la substance active. L’EFSA ainsi que l’Anses considèrent qu’il est “peu probable que le chlorothalonil présente des propriétés susceptibles de perturber le système endocrinien”. Cependant, cette évaluation n’a pas été réalisée selon la méthodologie la plus récente adoptée en 2018. De plus, comme indiqué par Le Monde (https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/05/22/eau-potable-les-risques-lies-a-un-metabolite-de-pesticides-revus-a-la-baisse), des chercheurs chinois estiment dans une revue de la littérature (https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S0045653524011342) que le chlorothalonil peut avoir une action toxique perturbant le système endocrinien chez plusieurs espèces.

      Concernant la transformation du R471811 par les traitements de l’eau potable.

      Un autre aspect pouvant conduire à classer un métabolite pertinent est l’impact des traitements de l’eau si les éléments mettent en évidence la possible transformation du métabolite en un produit dangereux pour la santé humaine dans les filières de traitement EDCH, le métabolite est classé pertinent”. Selon l’Anses, “ il est très probable que la chloration d’eau contenant du métabolite R471811 conduise à la formation lente de N-chloroamides et de N,N dichloroamides” mais comme il reste des incertitudes et que les données sont insuffisantes, le classement comme pertinent n’a pas été retenu.

      Une approche pas suivie par l’agence de sécurité sanitaire #Suisse

      Ironie du calendrier, nos voisins Suisses, également concernés par des contaminations de leurs eaux par les métabolites du chlorothalonil ont, au contraire de l’Anses, confirmé le fait que la norme de 0,1 µg/L doit s’appliquer à ces métabolites, y compris au R471811.

      L’approche Suisse contraste nettement avec celle française. En effet, l’agence de sécurité sanitaire Suisse OSAV (https://www.blv.admin.ch/blv/fr/home/lebensmittel-und-ernaehrung/lebensmittelsicherheit/stoffe-im-fokus/pflanzenschutzmittel/chlorothalonil.html), estime qu’ “en cas de classification dans la catégorie 1B, tous les métabolites du chlorothalonil sont automatiquement considérés comme pertinents, comme le prévoit le guide européen sur l’évaluation de la pertinence des métabolites” En conséquence, l’#OSAV recommande de “respecter la valeur maximale de 0,1 µg/l afin de garantir, à titre préventif, la protection de la santé en limitant de manière générale la présence, dans l’eau potable, de métabolites de substances actives aux propriétés toxicologiques préoccupantes”.

      « Ce nouvel exemple de déclassement d’un métabolite en non pertinent illustre une fois de plus la façon dont l’Anses gère les incertitudes liées aux évaluations : même si les données sont clairement insuffisantes pour affirmer qu’un métabolite “n’engendre pas (lui-même ou ses produits de transformation) un risque sanitaire inacceptable pour le consommateur” selon, l’Anses passe outre ces incertitudes et fait le choix de ne pas appliquer le principe de précaution dans ces situations, » déclare Pauline Cervan, toxicologue chez Générations Futures. « En attendant cette façon de faire « simplifie » la tâche du gestionnaire qui aura de moins en moins de cas de non-conformité de l’eau à traiter. Peut-on s’en réjouir ? Nous pensons que non… » conclut-elle.
      Avis de l’ANSES chlorothalonil : https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2024/05/eaux2023sa0142.pdf

      https://www.generations-futures.fr/actualites/alerte-metabolite-chlorothalonil

      #industrie_agro-alimentaire

    • #Strasbourg : l’UFC Que Choisir fait analyser l’eau du robinet et retrouve huit #polluants_éternels

      L’UFC Que Choisir du Bas-Rhin a fait analyser l’eau du robinet de Strasbourg par un laboratoire indépendant. Huit polluants éternels, les #PFAS, ont été retrouvés, dont certains interdits d’utilisation depuis plusieurs années, sans que les normes ne soient dépassées.

      C’est une étude qui vient confirmer ce que Ici Alsace (à l’époque, France Bleu Alsace), vous révélait en septembre dernier. L’eau du robinet de Strasbourg contient bien plusieurs PFAS problématiques. Il y a quelques mois, Ici Alsace avait fait analyser l’eau et avait retrouvé 8 de ces polluants éternels interdits ou cancérogènes dans l’eau strasbourgeoise.

      L’UFC Que Choisir vient de faire exactement la même chose. Et la fédération d’association a aussi retrouvé 8 PFAS dont plusieurs interdits à l’utilisation depuis 6 ans. Parmi eux, des TFA, à raison de 80 nano-grammes par litre. Ce TFA à chaîne ultra-courte fait pourtant partie des molécules de dégradation de la quasi-totalité des pFAS de plus grande taille et, en particulier, des pesticides fluorés comme le Flufenacet.

      Or, l’ANSES vient de déclarer le Flufenacet comme reprotoxique en septembre dernier. Voici les relevés exacts de l’UFC Que Choisir :

      PFOS : 1,5 ng/l (PFAS interdit à la production et l’utilisation depuis 2019 en Europe

      PFHxS : 1,9 ng/l

      PFBA : 1,8 ng/l

      PFBs : 4,5 ng/l

      PFHxA : 2,1 ng/l

      PFPeA : 3,2 ng/l

      PFPrA : 6 ng/l

      TFA : 80 ng/l

      Si l’on prend en compte la norme applicable à partir de 2026, les prélèvements ne dépassent jamais les normes autorisées. Mais si ’l’on prend en compte les normes utilisées dès 2026 par le Danemark, qui sont beaucoup plus strictes, alors l’eau du robinet strasbourgeoise ne serait plus dans les normes.

      Globalement l’UFC Que Choisir estime que les citoyens ne sont pas assez informés du danger potentiel des PFAS dans l’eau. Elle demande des normes plus sévères et d’interdire la fabrication et les rejets de PFAS. « A Strasbourg même, sur les 33 PFAS recherchés, on en a retrouvé 7 qui font partie de la liste des 20 PFAS qui seront officiellement recherchés par l’ARS dès 2026, plus un qui s’appelle le TFA qui est un PFAS à chaîne ultra courte, qui est problématique dans la mesure où c’est un métabolite du Flufenacet qui est un pesticide reconnu comme étant dangereux pour la santé humaine » explique Pierre-Jean Dessez, administrateur à l’UFC Que Choisir du Bas-Rhin.

      « Cela nous inquiète dans la mesure où nous n’en savons pas assez. Nous demandons de mener des études pour améliorer la connaissance que nous avons des PFAS, sur leur éventuelle toxicité. Un projet de loi a été adopté en première lecture à l’assemblée nationale et au Sénat avant la dissolution. Depuis nous attendons que cette loi passe en seconde lecture pour être adoptée. Elle aurait l’avantage de réguler beaucoup plus qu’aujourd’hui l’usage de ces PFAS, pour nous c’est très important » poursuit le responsable. L’UFC enjoint donc les parlementaires alsaciens d’adopter sans délai la proposition de loi.

      https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/strasbourg-l-ufc-que-choisir-fait-analyser-l-eau-du-robinet-et-retrouve-h

    • #Tritium dans l’eau potable : synthèse du dossier

      Depuis 2005, le contrôle du tritium dans les eaux potables est obligatoire.

      Les résultats des analyses réglementaires des eaux potables sont bien mis à disposition du public, mais soit sur le site Orobnat très fastidieux à consulter, soit, sur data.gouv.fr, sous forme de bases de données brutes ne pouvant être consultées telles quelles.

      La CRIIRAD a extrait de ces bases et compilé l’ensemble des données relatives aux mesures de tritium effectuées entre janvier 2016 et février 2023. Elle les met à la disposition du public, sous forme de fichiers globaux et de cartes interactives.

      https://www.criirad.org/tritium-dans-leau-potable-la-criirad-publie-les-donnees
      #cartographie

    • Paris, Lille, Rouen… Ce que l’on sait sur le polluant éternel qui contamine l’eau du robinet de nombreuses villes

      Un polluant éternel très compliqué à éliminer de l’eau, l’#acide_trifluoroacétique (#TFA), pouvant avoir des effets sur la fertilité ou favoriser certains cancers, a été retrouvé dans l’eau du robinet d’une large majorité des villes où il a été recherché. Les deux études distinctes à l’origine de ces découvertes, publiées jeudi 23 janvier, ont été menées d’une part par le laboratoire Eurofins et d’autre part par les associations UFC-Que Choisir et Générations futures.

      L’Europe devrait débourser 2 000 milliards d’euros sur vingt ans pour supprimer les « polluants éternels » (PFAS, pour substances per- et polyfluoroalkylées) des eaux et des sols. Et l’un d’eux, très compliqué à éliminer, l’acide trifluoroacétique (TFA), est présent dans l’eau du robinet de nombreuses communes de France, et dans la grande majorité des cas à des taux excédant le seuil théorique de qualité.

      C’est ce que révèlent deux campagnes de mesures, rendues publiques ce jeudi 23 janvier par le journal Le Monde, et conduites séparément par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir et l’ONG environnementale Générations futures d’une part, et par le laboratoire d’analyse Eurofins d’autre part. La substance a été retrouvée dans l’eau de 24 communes sur 30 par la première campagne, et dans 61 des 63 échantillons lors de la seconde.

      (#paywall)

      https://www.humanite.fr/societe/cancer/paris-lille-rouen-ce-que-lon-sait-sur-le-polluant-eternel-qui-contamine-lea

  • #Plastique, l’#escroquerie du #recyclage

    La fin de l’âge du fer ? Au début des années 1960, scientifiques et plasturgistes prédisent que les progrès fulgurants dans la fabrication des #polymères permettront aux plastiques de détrôner métaux, verres et bois sur le podium des matériaux dominants. Chacun s’extasie. Le sémiologue Roland Barthes qualifie en 1957 le produit de la distillation du pétrole de « substance alchimique », de « matière miraculeuse ». Un an plus tard, le poète Raymond Queneau succombe au chant du styrène et à l’esthétique des « innombrables objets au but utilitaire » appelés à surgir du naphta, ce liquide provenant du raffinage à partir duquel se fabriquent l’essentiel des plastiques (1). Au XXIe siècle, les plastiques écrasent effectivement la concurrence. Entre 1950 et 2015, le secteur pétrochimique en a produit plus de 8 milliards de tonnes, surtout au cours des vingt dernières années, et l’accélération se poursuit (2).

    Après l’extase, l’effroi : soixante-dix ans plus tard, 350 millions de tonnes de déchets plastiques se déversent chaque année sur le monde. La pollution qu’ils engendrent fait peser sur les vivants et non-vivants une menace aussi lourde que documentée (3). On boit, on mange, on respire du plastique. Pour faire face à ce cataclysme synthétique, les industries pétrochimiques promeuvent sans relâche une solution selon elles miraculeuse : le recyclage, avec son ruban de Möbius - une flèche circulaire conçue par les lobbies à la fin des années 1980 -, symbole d’une économie où rien ne se perd et tout se transforme. Une économie qui continue donc à produire ce poison environnemental, mais sous une forme partiellement réutilisable.

    Célébré comme plus intelligent et respectueux de la nature que l’incinération ou la mise en décharge, ce procédé a fini par s’imposer au nombre des priorités politiques mondiales. Le résultat laisse perplexe : après quatre décennies de propagande, moins de 10 % des 6,3 milliards de tonnes de plastique produit et jeté entre 1950 et 2017 a fait l’objet d’un recyclage (4). Pourtant, l’Europe et, singulièrement, la France ont adopté ce mot d’ordre avec un enthousiasme déconcertant.

    En 2019, Matignon fixe un objectif stratosphérique : 100 % des déchets plastiques nationaux recyclés en 2025. La méthode ? Rendre les industriels responsables du destin des objets polymères qu’ils produisent. L’approche française s’inscrit dans la droite ligne de celle impulsée par la Commission européenne : obligation faite aux États membres depuis 2021 d’interdire les plastiques à #usage_unique et d’utiliser au moins 30 % de matériaux recyclés dans les #bouteilles plastifiées ; recyclage en 2030 de 55 % des déchets d’#emballages plastiques (5).

    Alléchés, les industriels européens ne tardent pas à communiquer sur des #technologies « novatrices » ajustées à la nouvelle législation européenne. En 2022, les chimistes #BASF et #Borealis, l’emballeur #Südpack et le laitier bavarois #Zott claironnaient la mise au point d’un prototype d’emballage multicouche de mozzarella entièrement réalisé en nylon et polyéthylène recyclés. Mais ces « projets-pilotes » largement médiatisés représentent une goutte d’eau dans l’océan des ambitions politiques. D’autant qu’en période d’#austérité les #investissements d’infrastructure nécessaires à la collecte et au #tri des #déchets plastiques se trouvent rarement en tête des priorités, tant en Europe qu’aux États-Unis. D’où ces révélations aussi spectaculaires que banales, comme celle qui épouvanta l’été dernier Mme #Brandy_Deason, habitante de Houston, au Texas : quelques jours après avoir placé un traceur dans ses déchets plastiques destinés au conteneur recyclage, elle les géolocalisa non pas dans un centre de traitement dernier cri, mais dans une décharge géante à ciel ouvert (6).

    Ce cas extrême met en évidence le poids des considérations économiques dans l’#échec du recyclage. Du fait d’une production surabondante d’#éthylène, produit à partir du #pétrole ou du gaz, le prix du plastique « vierge » s’effondre et mine la #rentabilité des recycleurs européens, dont l’activité consiste en grande partie à retraiter le #polyéthylène (polymère de l’éthylène). Dans un monde guidé par la boussole du calcul coût-avantage, pourquoi les industriels et les distributeurs européens privilégieraient-ils des produits recyclés plus chers que le neuf ? En Allemagne, l’usine #Veolia de Rostock recyclait annuellement environ 36 000 tonnes de #polyéthylène_téréphtalate usagé (#PET). Elle a fermé ses portes car, selon la direction, l’#industrie_agro-alimentaire rechignait à soutenir ce produit plus vert mais plus cher. Non loin de là, un tribunal néerlandais a déclaré en faillite l’usine de recyclage de plastique d’#Umincorp, à Amsterdam (7). À moins que l’Union européenne n’édicte de nouvelles #réglementations plus contraignantes, le recyclage occidental ne pourra concurrencer l’orgie d’éthylène. D’autant que de nouveaux sites de production de ce composé chimique s’apprêtent à sortir de terre en Chine, aux États-Unis et en Arabie saoudite, ce qui, à demande constante, orienterait les #prix à la baisse.

    Mais la grande escroquerie du recyclage réside ailleurs : le procédé n’a jamais été viable, ni techniquement ni économiquement ; les industriels le savent de longue date, mais jouent avec succès sur la corruptibilité des pouvoirs et la crédulité du public. Un rapport du Center for Climate Integrity (CCI) publié en février 2024 a détaillé un secret que nul au fond ne voulait exhumer (8). Pendant des décennies, les grandes compagnies pétrochimiques ont sciemment provoqué la crise des #déchets_plastiques. « Ils ont menti, affirme M. Richard Wiles, un responsable du CCI. Voici venu le temps de rendre des comptes pour les dégâts qu’ils ont commis. »

    Sur les milliers de variétés produites, seules deux présentent des propriétés qui rendent le recyclage viable à ce jour : les PET et les #polyéthylènes_à_haute_densité (#PEHD). Le procédé nécessite donc un tri méticuleux qui renchérit le coût et conduit à écarter les éléments composés d’alliages de plastiques ou de plusieurs matériaux que l’on trouve dans de nombreux objets jetables. Un flacon et un bocal tous deux en PET devront être séparés s’ils comportent des additifs ou des colorants différents, de même que les bouteilles en PET vertes et transparentes. Autre difficulté de taille : les plastiques se dégradent à chaque #réutilisation et ne peuvent donc être réemployés qu’une fois ou, plus rarement, deux fois. Faute de quoi non seulement leurs propriétés se dénaturent, mais leur #toxicité peut s’accroître.

    La filière pétrochimique n’a jamais rien ignoré de ces obstacles structurels. Pour désarmer la mobilisation qui enfle contre les décharges à ciel ouvert ou la mode du jetable, et éviter le risque d’une réglementation trop contraignante, elle adopte au milieu des années 1980 l’idée du recyclage. En 1984 naît une fondation réunissant la pétrochimie et les embouteilleurs axée sur un engagement en faveur de ce procédé. L’année suivante, le secteur lance en grande pompe un centre de recherche à l’université Rutgers, dans le New Jersey, puis un projet-pilote de recyclage à Saint Paul, dans le Minnesota, alors que le conseil municipal de la ville venait juste d’interdire le polystyrène. Derrière les portes closes, personne n’y croit. « Il se peut qu’un jour cela puisse devenir une réalité, observait en 1994 un représentant d’#Eastman_Chemical lors d’une conférence sur le sujet. Il est plus probable que nous nous réveillerons et comprendrons que nous n’allons pas nous sortir de la question du recyclage des déchets solides. » Peu importait au fond puisque, comme le déclarait un employé d’Exxon au personnel de l’American Plastics Council (APC) : « Nous sommes engagés dans les activités de recyclage des plastiques, mais nous ne sommes pas tenus à des résultats. »

    Depuis quarante ans, l’« #engagement » consiste en une série de #campagnes de #désinformation et d’#enfumage sur les #mirages du recyclage. Elles mobilisent tantôt les #multinationales de la #pétrochimie, leurs associations professionnelles, leurs fondations, tantôt leurs multiples groupes de façade. À la fin de la décennie 1990, l’interdiction du polystyrène et du #polychlorure_de_vinyle (#PVC) dans plusieurs États accélère le mouvement. « Nous devons agir à la base et mener une guerre de guérilla comme nos adversaires », note un participant lors d’une réunion de l’Association européenne des producteurs de plastiques (Plastics Europe) le 2 janvier 1994. Des millions de dollars gonflent les caisses des agences de communication pour vendre la « solution » et riveter dans les consciences les mots : « modernité », « #innovation_technologique », « #efficacité », « engagement », « approche intégrée pour la gestion des plastiques », « avantage économique », etc. L’industrie chante désormais les vertus du « #recyclage_avancé », un procédé d’#incinération ou de #dégradation_chimique, plus polluant que la méthode classique, et qui ne produit que 1 à 14 % de matière réutilisable.

    Les pétrochimistes ont gagné leur bataille : en 2021, les États-Unis ne recyclaient que 5 à 6 % de leurs déchets plastiques (9) ; et l’industrie produisait toujours plus de #polymères. En 2022, le procureur général de Californie a lancé, sur la base du rapport du CCI, une enquête ciblant les fabricants « pour leur rôle dans la crise globale de la #pollution_plastique ». Mais quel tribunal international mettra l’humanité à l’abri de leur conduite criminelle ?

    Note(s) :

    (1) Roland Barthes, Mythologies, Seuil, Paris, 2010 (1re éd. : 1957) ; Raymond Queneau dans Le Chant du styrène, 1958, film commandé à Alain Resnais par le groupe de pétrochimie Péchiney.

    (2) Roland Geyer, Jenna R. Jambeck et Kara Lavender Law, « Production, use, and fate of all plastics ever made », Science Advances, vol. 3, n° 7, 2017.

    (3) Lire Mickaël Correia, « Le plastique, c’est fantastique », Le Monde diplomatique, février 2022.

    (4) Atlas du plastique. Faits et chiffres sur le monde des polymères synthétiques, Fondation Heinrich Böll - La Fabrique écologique - Break Free From Plastic, 2020.

    (5) Alex Scott, « Europe hardens stance on plastic recycling », Chemical and Engineering News, vol. 97, n° 29, Washington, DC, 2019.

    (6) Rachel Dobkin, « Woman drops AirTag in recycling to see if plastics are actually recycled », Newsweek, New York, 2 septembre 2024.

    (7) Alex Scott, « Global plastics glut and weak regulations hurt European recyclers », Chemical and Engineering News, vol. 102, n° 4, 2024.

    (8) Davis Allen, Alyssa Johl, Chelsea Linsley et Naomi Spoelman, « The fraud of plastic recycling. How big oil and the plastics industry deceived the public for decades and caused the plastic waste crisis » (PDF), Center for Climate Integrity, février 2024, dont sont tirées les citations suivantes. Cf. également Dharma Noor, « "They lied" : Plastics producers deceived public about recycling report reveals », The Guardian, Londres, 15 février 2024.

    (9) « The real truth about US plastic recycling rate », Beyond plastics, mai 2022.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2024/11/LARBI_BOUGUERRA/67771
    #green-washing #coût #mensonge #dégradation #réemploi

  • Donner à entendre les voix des #ouvrières exploitées de #Douarnenez

    Cent ans après la grève des sardinières devenue une lutte symbole du mouvement ouvrier féminin, la journaliste #Tiphaine_Guéret publie un livre-enquête sur les #femmes précaires et racisées qui travaillent aujourd’hui dans les #conserveries_industrielles du port finistérien.

    C’est une grève victorieuse mythique du mouvement ouvrier féminin. Le 21 novembre 1924, à Douarnenez, deux mille travailleuses des conserveries de sardines du port finistérien débrayent pour demander la revalorisation de leurs salaires de misère et dénoncer leurs conditions de travail épouvantables.

    L’ouvrière #Joséphine_Pencalet, qui sera en 1925 l’une des premières femmes élues conseillères municipales en France, devient alors la figure de proue de cette lutte. Deux leaders syndicaux nationaux, Charles Tillon, futur héros de la Résistance, et Lucie Colliard, militante féministe, organisent la solidarité à l’échelle nationale pour appuyer ce mouvement initié par des femmes.

    Après quarante-six jours de mise à l’arrêt des vingt conserveries de Douarnenez, le patronat cède aux demandes de ces ouvrières rebaptisées les #Penn_Sardin – « tête de sardine », en breton.

    Cent ans plus tard, ce jalon de l’histoire des combats syndicaux est devenu un mythe, objet de films documentaires, de livres, de chansons... Mais que reste-t-il de cette mémoire des luttes en dehors de sa folklorisation ? Qui travaille désormais dans ces conserveries ?

    Journaliste indépendante, Tiphaine Guéret a mené l’enquête durant cinq mois auprès des ouvrières de #Chancerelle – qui produit les #boîtes_de_conserve de la marque #Connétable –, fleuron agro-industriel de Douarnenez fondé en 1853. Le groupe fabrique aujourd’hui 115 millions de boîtes par an et emploie 1 900 personnes, dont l’usine de Douarnenez représente un gros tiers des salarié·es.

    Dans Écoutez gronder leur colère. Les héritières des Penn sardin de Douarnenez (éditions Libertalia, octobre 2024), la journaliste a rassemblé les voix des travailleuses précaires de cette conserverie. Car, cent ans plus tard, le travail de la sardine demeure essentiellement féminin. Par ailleurs, depuis une vingtaine d’années, « des employées racisées, plus ou moins fraîchement exilées, sont venues grossir les rangs de la production – jusqu’à constituer l’écrasante majorité des travailleuses », raconte Tiphaine Guéret.

    En rang et debout, ces ouvrières turques, congolaises, ou vietnamiennes – on dénombre 26 nationalités dans l’entreprise – passent huit heures par jour à trimer devant un énorme tapis roulant, à l’étripage et l’emboîtage des sardines à la main. « Femmes, prolétaires et racisées, elles campent au carrefour des rapports de domination », rappelle la journaliste.
    Un sentiment d’appartenance à la classe ouvrière

    Au long des pages, la journaliste documente méticuleusement l’enfer des 2/8 – le fait de faire tourner sur le même poste de travail deux équipes par roulement de huit heures consécutives – et des nouvelles méthodes de management qui sapent le moral et ravagent les corps de ces travailleuses.

    Toutes sont en proie à des tendinites à répétition, à des phlébites dues à la station debout, à des malaises à cause de la chaleur voire ont eu un doigt emporté par les machines.

    Tiphaine Guéret décrit aussi l’atomisation du monde ouvrier. Les salariées permanentes et les intérimaires mangent à l’usine sur des tables séparées. Et les différentes communautés exilées échangent peu entre elles, les femmes étant souvent happées à la sortie de l’usine par le travail domestique qui les attend en rentrant.

    Malgré tout, « quelque chose d’un sentiment d’appartenance à la #classe_ouvrière » persiste dans les hangars bruyants et odorants de Chancerelle.

    Le 11 mars 2024, 250 travailleurs et travailleuses du site de Douarnenez se mettent en grève, las de l’inflation qui rognent des salaires qui ne dépassent pas les 1 600 euros mensuels. Pour nombre de ces ouvrières, ce débrayage signe leur première mobilisation. Dès le lendemain, un accord est signé prévoyant notamment une revalorisation du taux horaire de 2,3 %.

    Une petite victoire bien loin du Grand Soir, mais qui résonne avec celle des Penn Sardin de 1924. Comme le souligne dans le livre une des ouvrières : « Cent ans plus tard, on n’est toujours que des femmes, on n’a toujours pas de vie familiale : certaines avant-hier ont quitté l’usine à 22 heures et ont pris la route en sachant que leur enfant serait couché quand elles arriveraient chez elle. »

    Mais d’avertir : « Nous, on lui a bien dit à la direction : la prochaine fois, ce ne sera pas qu’une journée. »

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/211124/donner-entendre-les-voix-des-ouvrieres-exploitees-de-douarnenez
    #exploitation #travail #ouvrières #classe_ouvrière #travailleuses_étrangères #industrie_agro-alimentaire

    • Écoutez gronder leur colère

      La grève des sardinières de Douarnenez, en 1924, est restée dans les mémoires. Victorieuse, leur lutte est aujourd’hui un symbole des mobilisations ouvrières féminines.
      Cent ans après, on continue de travailler la sardinedans les zones industrielles de ce petit port finistérien. L’#étripage et l’#emboîtage sont encore largement réalisés à la main et ce sont toujours des femmes qui s’y collent. Des femmes du coin en fin de carrière, de jeunes intérimaires et, surtout, des « #petites_mains » exilées. Toutes soumises à une tâche ingrate et harassante, à l’injonction au #rendement. Face à la dureté du labeur, au manque de considération, à la menace de l’automatisation, des #solidarités se nouent et la lutte syndicale retrouve un peu de vigueur après plusieurs années d’apathie. Assez pour provoquer la révolte ?
      La #mémoire_des_luttes n’a de sens qu’à condition de servir les combats d’aujourd’hui.Voilà ce que ce livre voudrait rappeler, en donnant à entendre des voix que l’on écoute trop rarement.

      https://editionslibertalia.com/catalogue/poche/ecoutez-gronder-leur-colere

  • L’#eau_potable des Français menacée de non-conformité par un #polluant_éternel

    Les #ressources_hydriques sont massivement contaminées par une molécule issue de la dégradation du #flufénacet, un #pesticide récemment classé #perturbateur_endocrinien. Les associations demandent son interdiction en urgence.

    Les autorités françaises et les gestionnaires de l’eau sont à l’aube d’une situation sans précédent : une majorité de Français pourrait prochainement se retrouver avec une eau potable non conforme aux critères de qualité. La faute d’une molécule, l’#acide_trifluoroacétique (#TFA), un « polluant éternel » aujourd’hui non réglementé, et aux #effets_sanitaires mal documentés, qui contamine les ressources hydriques en France et en Europe.

    Le TFA que l’on retrouve dans l’eau est notamment issu de la dégradation d’un pesticide, le flufénacet. Utilisé principalement pour le traitement des cultures de #céréales (#blé et #orge en particulier), le flufénacet est l’un des #herbicides les plus vendus en France. Ses ventes ont quasiment doublé entre 2019 et 2022 (dernière année pour laquelle les données sont disponibles) pour atteindre plus 900 tonnes par an.

    Or, le 27 septembre, le flufénacet a été reconnu comme un perturbateur endocrinien par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Cette requalification devrait conduire automatiquement les autorités françaises à considérer désormais le TFA comme un métabolite « pertinent » pour l’eau potable – c’est-à-dire potentiellement dangereux. En effet, selon la procédure mise en place par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), dès lors qu’une substance active est un perturbateur endocrinien, ses métabolites doivent être considérés par défaut comme « pertinents », donc soumis à un seuil à ne pas dépasser.

    Cette limite est fixée à 0,1 microgramme par litre (µg/L). Au-delà de cette concentration, bien que sans risque sanitaire avéré, l’eau est déclarée « non conforme ». Selon le code de #santé_publique, les collectivités peuvent obtenir une #dérogation pour distribuer aux usagers une eau non conforme pendant trois ans. En l’état de la législation, cette dérogation est renouvelable une seule fois : au terme de six années, l’#eau doit être redevenue conforme pour pouvoir être distribuée.

    L’#eau_en_bouteille n’est pas épargnée

    Selon les modélisations effectuées par l’Anses pour le compte de l’EFSA dans le cadre du dossier d’évaluation du flufénacet, on sait depuis 2017 que la dégradation de l’herbicide mène à des concentrations en TFA jusqu’à 10 µg/L, soit jusqu’à cent fois supérieures à cette limite. Le réseau Pesticide Action Network (PAN) Europe a réalisé des prélèvements d’eau potable dans une dizaine de pays de l’Union européenne (UE) dont la France entre mai et juin : la limite de #conformité était dépassée dans 86 % des cas et dans trois échantillons d’eau testés dans l’Hexagone sur quatre. Un échantillon prélevé dans l’eau du robinet qui alimente un tiers de Paris a notamment mis en évidence un taux supérieur à 2 µg/L, soit vingt fois supérieur au seuil de qualité.

    Selon nos informations, si le TFA faisait aujourd’hui l’objet d’une surveillance réglementaire, plus de la moitié des Français seraient concernés par une eau non conforme. Interrogée, la direction générale de la santé explique avoir demandé à l’Anses de mener une campagne nationale exploratoire sur les ressources utilisées pour la production d’eau potable portant sur 34 substances per- et polyfluoroalkylées (#PFAS), dont le TFA. Les résultats sont attendus en 2026.

    Selon les mesures réalisées par le réseau PAN Europe, l’eau en bouteille n’est pas épargnée. Douze des dix-neuf échantillons d’eau en bouteille (63 %) testés en Europe contiennent également des traces de TFA, à des teneurs moyennes toutefois inférieures à celle de l’eau du robinet. La plus haute concentration relevée sur une eau minérale était de 3,2 µg/L.

    Face à une situation qu’elle juge « alarmante », l’association Générations futures demande « la suspension immédiate de l’utilisation des produits à base de flufénacet sur le territoire français ». Elle en a recensé pas moins de 80. Par le biais du cabinet d’avocats TTLA, spécialisé en environnement, l’ONG a envoyé des courriers en ce sens, le 5 novembre, aux ministres de l’agriculture, de la santé, de la transition écologique et de la consommation ainsi qu’à l’Anses.

    Pas de réponse du ministère de l’#agriculture

    Contacté par Le Monde, le ministère de la transition écologique mise sur une non-réapprobation du flufénacet par l’UE en juin 2025 en raison de son caractère perturbateur endocrinien. Il assure qu’il « sera vigilant à suivre les décisions de l’Anses en la matière », tout en indiquant que « le suivi de la politique des #produits_phytosanitaires relève du ministère de l’agriculture ». Ce dernier n’a pour sa part pas répondu aux sollicitations du Monde. De son côté, l’Anses indique ne « pas avoir été saisie à ce jour d’une demande d’évaluation de “pertinence” du TFA ».

    Au niveau européen, PAN Europe a écrit, le 7 novembre, à la Commission pour lui demander d’interdire au plus vite le flufénacet. Son autorisation a expiré depuis le 31 décembre 2013 mais elle a fait l’objet de neuf procédures de prolongation – la dernière jusqu’en juin 2025 – dans l’attente que son évaluation soit finalisée.

    « Suite à l’avis de l’EFSA de septembre dernier, le processus législatif pour ne pas réapprouver le flufenacet a débuté », déclare au Monde Stefan De Keersmaecker, le porte-parole chargé des questions de santé au sein de la Commission européenne. Ce processus pourrait aboutir à une interdiction au mieux à l’été 2025.

    Concernant le TFA, « la Commission ne dispose pas d’informations officielles sur [sa] présence dans l’eau potable car les Etats membres n’incluent pas la substance dans les paramètres “pesticides” dans l’eau potable », reconnaît le porte-parole de l’exécutif européen. « Néanmoins, au vu des informations les plus récentes sur la présence de TFA dans les sources de production d’eau potable, la Commission a mandaté l’Organisation mondiale de la santé pour analyser l’impact potentiel des TFA sur la santé, et le cas échéant, de proposer des nouvelles valeurs seuils », indique-t-on de même source. Preuve que Bruxelles est bien embarrassée par cette pollution massive, la Commission a lancé, en parallèle, une étude de faisabilité sur le traitement du TFA dans l’eau potable. Les systèmes de traitement actuel des stations d’épuration sont incapables de l’éliminer.

    L’Allemagne a pris les devants. L’Office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité sanitaire a écrit, le 11 octobre, à deux fabricants (Corteva et Adama) bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché pour des pesticides à base de flufénacet, pour les avertir de son intention de les retirer. Les autorités allemandes ont par ailleurs proposé à l’Agence européenne des produits chimiques de classer le TFA comme toxique pour la reproduction.

    Possibles répercussions sur le système immunitaire

    Aux Pays-Bas, l’Institut national de la santé publique et de l’environnement suspecte de possibles répercussions sur le système immunitaire. Relevant également des effets documentés sur le foie, il considère que le TFA est potentiellement aussi toxique que les autres PFAS. Faute d’étude épidémiologique spécifique, de nombreuses zones d’ombre demeurent sur la toxicité du TFA.

    « Nous manquons de données pour le TFA. Nous ne savons pas encore s’il a un effet toxique sur notre système immunitaire, note Jacob de Boer, toxicologue à la Vrije Universiteit (Amsterdam) et spécialiste des polluants éternels. Si ce n’est pas le cas, le problème est de moindre importance. Si c’est le cas, alors nous avons un sérieux problème. »

    Les Pays-Bas sont le seul pays à avoir fixé une valeur sanitaire indicative pour le TFA dans l’eau potable, à 2,2 µg/l. Ce seuil s’applique si et seulement si aucune autre PFAS n’est présente. D’après les analyses pratiquées sur les eaux potables en Europe par PAN Europe, cette valeur n’est dépassée que dans 3 % des cas. « Ceci nous pousse à dire qu’il est encore temps d’agir et d’éviter que le TFA, par son extrême persistance dans l’environnement, n’atteigne dans le futur des concentrations dans l’eau potable pouvant générer un risque pour la santé », commente Pauline Cervan, toxicologue à Générations futures.

    Pour les défenseurs de l’environnement comme pour les scientifiques, le flufénacet n’est que le sommet émergé de l’iceberg. D’autres pesticides tout aussi problématiques, comme le fluopyram, produisent également du TFA en se dégradant dans les sols.

    Aussi, ils demandent l’interdiction de tous les pesticides à base de PFAS (environ 12 % des substances actives des pesticides autorisées dans l’UE) susceptibles de se dégrader en TFA, mais également de limiter les autres sources d’émissions comme les gaz fluorés ou les rejets industriels des usines productrices de PFAS dans l’attente d’une restriction plus large de l’ensemble de la famille des polluants éternels, en discussion au niveau européen mais qui devrait prendre encore plusieurs années.

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/11/12/l-eau-potable-des-francais-menacee-de-non-conformite-par-un-polluant-eternel

    #pollution #France #industrie_agro-alimentaire #santé

    déjà signalé ici (@colporteur) :
    https://seenthis.net/messages/1081789

  • I fosfati, la polvere nera che inquina la Tunisia

    Il mercato dei fertilizzanti per l’agricoltura industriale inquina e prosciuga una valle del Sud della Tunisia. Le comunità di Gafsa denunciano l’impatto devastante sull’ambiente dell’unica attività che offre occupazione nella regione.

    L’inchiesta in breve

    - I fosfati costituiscono la base dei fertilizzanti fosfatici, tra i più comunemente utilizzati in agricoltura intensiva. L’estrazione di questo minerale considerato materia prima strategica dall’Ue ha un costo ambientale molto elevato
    – La Tunisia ospita la quarta riserva mondiale di fosfati nella regione di Gafsa, al confine con l’Algeria. Con la guerra in Ucraina, il prezzo dei fosfati è aumentato fino a 350 dollari a tonnellata. La Tunisia vuole rilanciare la sua produzione
    - La produzione di fosfati contribuisce al 4% del PIL, ma non ha ricadute economiche su una delle regioni con il tasso di povertà più elevato. Per questo, fin dal 2008, il bacino minerario di Gafsa è teatro di proteste e manifestazioni
    - I tagli dell’acqua corrente alla popolazione e agli agricoltori sono ricorrenti, ma i pozzi della Compagnia dei Fosfati di Gafsa pompano fino a 70 litri d’acqua al secondo che confluiscono nelle laveries, grandi bacini usati per purificare il minerale
    - I fanghi di scarto delle laveries sono altamente inquinanti e rilasciano sostanze tossiche che causano la morte della fauna e della flora delle oasi ai piedi del bacino minerario
    – Il fosfato raffinato si presenta come polvere nera. Spesso il vento la disperde nell’ambiente, causando malattie e problemi respiratori alle comunità locali

    https://irpimedia.irpi.eu/miniere-fosfato-inquinamento-tunisia
    #phosphate #pollution #Tunisie #fertilisants #agriculture #agriculture_industrielle #industrie_agro-alimentaire #Gafsa #extractivisme #eau #mines #poussière_noire #santé

  • Le #suicide des agriculteurs : un drame humain évitable

    Alors que l’#agriculture est au cœur d’un enjeu de pérennité alimentaire et de soutenabilité écologique, le #malaise est grandissant au sein des professionnels qui manquent cruellement de valorisation. Salaires au plus bas, cas de suicides en augmentation, soumission à la grande distribution et doutes quant à l’avenir du secteur : le monde agricole est en crise. Derrière le suicide des agriculteurs, un modèle à bout de souffle ?

    Comme dans la majorité des secteurs de l’économie, le modèle basé sur la croissance touche à ses limites, sociales, économiques et environnementales. La raréfaction des ressources et le changement climatique sont un des facteurs d’explication. Mais d’autres raisons peuvent être invoquées, notamment la compétitivité économique acharnée qui laisse les plus petites entreprises sur le carreau.

    Au profit d’une course à la #productivité, notre modèle de croissance prédateur met en danger les résiliences locales. Depuis quelques années, le monde agricole est touché de plein fouet par ces problématiques, avec des conséquences terribles sur les vies humaines. Une réalité à affronter si nous voulons transformer les normes du secteur en profondeur.

    Entre malaise agricole et défaillance de l’État

    En octobre 2016, le site allodocteur.fr sonnait déjà la sirène d’alarme sur francetvinfo.fr : le nombre de suicides parmi les agriculteurs était en nette augmentation – trois fois plus élevé que les années précédentes.

    En effet : « Selon un rapport datant d’octobre 2022, 529 agriculteurs affiliés se sont donné la mort en 2016 (https://statistiques.msa.fr/wp-content/uploads/2022/10/Etude-mortalite-par-suicide_ok.pdf). Ce sont les derniers chiffres publiés. Cela correspond à environ 1,5 suicide par jour » rappelle Radio France. En comparaison, entre 2010 et 2011, une étude conjointe de Santé publique France et de la MSA a recensé un total de 300 suicides en deux ans, soit environ un suicide tous les deux jours.

    Qui plus est, les agriculteurs et agricultrices sont touchées par la #surmortalité. Les forces de travail de 15 à 65 ans dans le secteur connaissent un risque de suicide de 30% supérieur aux autres catégories professionnelles (rapport 2024 sur les charges et les produits de la MSA). En outre, plus l’âge est avancé, plus le risque grandit et être propriétaire agricole décuple l’excès de risque qui grimpe à 77,3 %.

    Ces chiffres s’expliquent non seulement par le #manque_de_perspectives pour l’avenir mais aussi par l’incapacité des professionnels du secteur à vivre décemment des #revenus de leur métier. Ainsi, les chiffres indiquent qu’un tiers des agriculteurs a touché moins de 350 euros par mois en 2015. Qui pourrait vivre dans de telles conditions ? Ce malaise est de plus transversal, puisqu’il concerne la très grande majorité des métiers du secteur.

    « Endettés jusqu’au cou et soumis à un #travail harassant, la plupart de nos agriculteurs s’interrogent sur leur devenir : ne risquent-ils pas de tomber prochainement en faillite et de renoncer à leur métier avant même de partir à la retraite ? » se demandait l’agronome Marc Dufumier dans un plaidoyer consacré aux rendements et à la soutenabilité économique des pratiques agricoles alternatives (#agroécologie et #permaculture) publié par l’association Fermes d’avenir (https://fermesdavenir.org/plaidoyer).

    À l’heure où des solutions plus écologiques s’imposent, ne faut-il pas repenser l’agriculture dans son intégralité ? Comme le soulignent diverses analyses, le modèle productiviste touche à ses limites : au nom de la production de masse à bas prix, il empêche les agriculteur de vivre dignement, tout en étant à l’origine de pollutions importantes, toxiques pour la viabilité des sols donc la pérennité du #métier_agricole, et délétères pour toutes les vies sur terre, celles du #monde_paysan au premier rang.

    Le #modèle_agricole en cause

    Les maux sont bien connus : au cours du 20ème siècle, le secteur s’est tourné vers une logique industrielle, remettant en cause le fonctionnement traditionnel du secteur. Une transition alors séduisante et une promesse de voir la #pénibilité du travail diminuer tout en augmentant les #rendements.

    Soumis rapidement à une #concurrence impitoyable, les paysans n’ont d’autres choix que continuer à augmenter la vitesse d’exploitation pour réduire les #prix. Très vite, la logique productiviste s’impose. Ce modèle contemporain entraîne des aberrations : « nombre de producteurs français traversent une crise majeure face à la concurrence des autres pays européens en raison de la #surproduction, notamment dans les secteurs de la viande porcine, bovine et du lait », note Libération.

    De fait, les agriculteurs ne sont pas sortis gagnants de cette #reconversion, puisque comme le notait #datagueule 69, le #revenu net réel des entreprises agricoles a diminué de 56% entre 1960 et 2004, pendant que les rendements, eux, doublaient. Dans le même temps, l’#autonomie_alimentaire des populations au niveau mondiale reste précaire et une personne sur cinq est victime de la faim en 2023, soit un chiffre qui a doublé en 10 ans. Que de paradoxes.

    Pourtant, malgré toutes ces difficultés, l’État tarde à soutenir la transition vers un modèle durable. Ainsi, comme le rapporte Reporterre, l’État français multiplie les retards dans le versement des #aides qui sont dues aux agriculteurs bio. Légitimement, les personnes concernées « s’interrogent sur la volonté du gouvernement de les soutenir et de promouvoir leur mode de production ». De fait : « Ce traitement de défaveur n’est pas nouveau et ne peut plus durer », affirme la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) dans un communiqué.

    Mais les #alternatives existent. De nombreuses exploitations, comme celle du Bec-Hellouin, montrent le chemin d’un modèle plus durable et rentable pour les producteurs. Par ailleurs, malgré les doutes qui traversent le secteur, des personnes restent attirées par la profession, à l’image d’une jeunesse néorurale en quête de sens : par exemple dans les Côtes-d’Armor avec cette ancienne porcherie transformée en ferme par un collectif, ou dans la ferme reprise des Arondes, en Belgique.

    Enfin, bonne nouvelle : la surface totale des exploitations agricoles biologiques continue de progresser. Cependant, les incitations à l’évolution du secteur, offrant notamment un meilleur revenu aux « nouveaux agriculteurs », restent limitées et la transition écologique du secteur doit être clairement et généreusement soutenue par des aides revalorisantes d’un métier d’utilité publique, pour ne pas dire vital.

    https://mrmondialisation.org/le-suicide-des-agriculteurs-un-drame-humain-evitable
    #agriculture #endettement #industrialisation #industrie_agro-alimentaire

  • Des pesticides interdits retrouvés chez les enfants de la plaine d’Aunis, où se multiplient les cancers pédiatriques
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/10/12/des-pesticides-interdits-retrouves-chez-les-enfants-de-la-plaine-d-aunis-ou-

    ReportageDes familles de la campagne rochelaise ont fait analyser les cheveux et les urines de leurs enfants. Selon les informations du « Monde » et de Franceinfo, de nouveaux cas de cancers ont été identifiés dans cette zone de culture intensive. Plusieurs mineurs sont morts.

    • @monolecte et @valnum, voici le texte intégral :

      Des familles de la campagne rochelaise ont fait analyser les cheveux et les urines de leurs enfants. Selon les informations du « Monde » et de Franceinfo, de nouveaux cas de cancers ont été identifiés dans la plaine céréalière d’#Aunis. Plusieurs mineurs sont morts.

      Noé Gülbol, adolescent de 14 ans avec sweat à capuche et mèche devant les yeux se balade souvent dans les champs de blé ou d’orge pour promener son chien Punky ou faire un tour à vélo. Alors, quand il a appris la présence de pesticides dans ses cheveux et ses urines, il n’a pas vraiment été surpris : « Je savais qu’il y en aurait. A chaque fois qu’il y a des épandages, on le sent dans la maison. » Sa petite sœur, Lana, 11 ans, trouve « bizarre d’avoir ça dans [son] corps » : « Ça m’inquiète. »

      Noé et Lana habitent à Périgny (Charente-Maritime), une ville d’à peine 9 000 habitants entourée par les terres agricoles de la grande plaine céréalière d’Aunis, près de La Rochelle. Depuis une alerte du CHU de Poitiers en 2018 sur des cas de cancers pédiatriques dans la commune voisine de Saint-Rogatien (2 400 habitants) et la mort l’année suivante de Pauline, une Rogatienne de 15 ans, l’inquiétude ne fait que se renforcer sur le territoire à mesure que de nouveaux cas apparaissent.

      Aussi, à l’initiative de l’association Avenir Santé Environnement, créée en 2018 à la suite de la déclaration du cancer de Pauline, les familles de Noé, Lana et de soixante-dix autres enfants (âgés de 3 à 17 ans) de six communes de la plaine d’Aunis (Périgny, Saint-Rogatien, Montroy, Clavette, Bourgneuf et Dompierre-sur-Mer) ont fait analyser des prélèvements de cheveux et d’urine par le laboratoire de toxicologie et de pharmacovigilance d’un CHU. Les résultats seront restitués samedi 12 octobre lors d’une réunion publique après une marche organisée à La Rochelle appelant à « une véritable transition agricole » et à « un plan de sortie des pesticides de synthèse ».

      Pesticides interdits

      Le Monde et Franceinfo ont eu accès aux résultats. Quatorze molécules différentes ont été retrouvées dans les urines et quarante-cinq dans les cheveux, et jusqu’à six (dans les urines) et dix (dans les cheveux) par enfant. Tous présentent des traces de pesticides. Certains sont particulièrement préoccupants. Ainsi du phtalimide, détecté dans les urines de plus de 15 % des enfants : cette molécule est le produit de la dégradation du folpel, un fongicide classé cancérogène, mutagène, et reprotoxique possible par l’Agence européenne des produits chimiques. Ainsi, également de la pendiméthaline, présente dans 20 % des prélèvements capillaires. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) associe cet herbicide très utilisé pour les cultures céréalières à des risques de cancer (pancréas et colorectal).

      Parmi ces substances figurent aussi des pesticides interdits. Certains sont vraisemblablement liés à un usage domestique comme le fipronil, insecticide interdit en agriculture depuis 2013 mais autorisé en usage vétérinaire comme antiparasitaire (puces, tiques…). D’autres, en revanche, semblent en lien direct avec des pratiques agricoles passées ou actuelles. Ainsi de l’atrazine, herbicide interdit depuis 2004 en raison de son potentiel perturbateur endocrinien et neurotoxique ou du dieldrin, un insecticide interdit depuis les années 1970 en raison de son potentiel cancérogène mais très persistant dans l’environnement.

      L’interprétation toxicologique des résultats a été confiée à Laurence Huc, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. La toxicologue attire l’attention sur la présence de plusieurs insecticides néonicotinoïdes interdits et en particulier de l’acétamipride, dont les effets neurotoxiques pour le développement du cerveau sont signalés depuis 2013 par l’EFSA. « En retrouver dans des urines d’enfants, c’est très inquiétant », alerte Laurence Huc.

      L’acétamipride et son métabolite (issu de sa dégradation dans l’organisme) ont été détectés dans les urines de douze enfants (17 %). Les niveaux de concentration sont particulièrement élevés chez les plus jeunes et davantage s’ils habitent à proximité des champs. « C’est très rare de retrouver cette molécule dans les urines car elle s’élimine très vite, commente Laurence Huc, c’est le signe d’une exposition aiguë quelques jours avant les prélèvements, tous réalisés le même jour en avril. » La toxicologue écarte la piste d’une contamination alimentaire : « Les enfants concernés sont scolarisés dans sept écoles, il est peu probable qu’ils aient mangé les mêmes aliments. » Elle privilégie l’hypothèse d’un épandage. Chercheur au CNRS et grand spécialiste des néonicotinoïdes, Jean-Marc Bonmatin évoque de « probables usages illégaux » : l’acétamipride reste autorisé en Europe, mais il est interdit en France depuis 2018. Contactée, la chambre d’agriculture de Charente-Maritime n’a pas répondu à nos sollicitations.

      A l’instar de l’acétamipride, une dizaine de pesticides dont le folpel et la pendiméthaline ont également été retrouvés dans les analyses d’air réalisées par l’observatoire de la qualité de l’air de Nouvelle-Aquitaine à partir du capteur installé sur la commune de Montroy, au cœur de la plaine céréalière d’Aunis. Le président d’Avenir Santé Environnement, Franck Rinchet-Girollet, réclame « une enquête pour déterminer l’origine de ces pesticides dangereux dont certains sont interdits ». Contactée, l’agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine ne souhaite « pas commenter des études civiles non scientifiquement prouvées ». « Depuis 2018, il y a une alerte sanitaire sur des excès de cancers pédiatriques, c’est scandaleux que ce soit à une association de faire du biomonitoring, fulmine Laurence Huc. Et le problème s’aggrave avec de nouveaux cas chaque année. »

      La Ligue contre le cancer finance depuis 2018 une étude pilotée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et le registre des cancers de Poitou-Charentes sur les cancers à Saint-Rogatien et à Périgny. Selon nos informations, le nombre de cas est passé de six sur la première période étudiée (2008-2015) à dix entre 2008 et 2020 (dernière année pour laquelle les données sont disponibles). Chaque publication confirme un « excès de risque » de cancers pédiatriques à Saint-Rogatien. « Tous les ans on arrive à la même conclusion : le nombre de cas de cancers d’enfants à Saint-Rogatien est plus de quatre fois supérieur à la moyenne attendue. C’est énorme », réagit Jean-Marie Piot, président de la Ligue contre le cancer en Charente-Maritime.

      « On empoisonne nos enfants et rien ne change »

      Selon nos informations, au moins cinq autres cas ont été identifiés depuis la dernière actualisation de l’étude : deux à Périgny, deux en 2024 à Bourgneuf et un autre dans la commune de La Jarrie. A La Jarrie, un adolescent est mort en début d’année. Périgny a enterré en juin un garçon de 4 ans quelques mois après la déclaration de sa maladie. La commune avait déjà pleuré la disparition d’Antoine, mort à 13 ans en mars 2022.

      Antoine a été emporté en moins d’un an par un gliome du tronc cérébral, une tumeur du système nerveux central. « Que moi j’aie un cancer à 50 ans à cause de la cigarette, d’accord, mais qu’un enfant ait un cancer à 13 ans, ce n’est pas normal, c’est insupportable, témoigne pour la première fois sa mère, Joëlle, qui souhaite conserver l’anonymat. Je suis en colère car on sait mais on ne fait rien. On empoisonne nos enfants et rien ne change. L’agriculture doit servir à nourrir la population et non à tuer ses enfants. »

      Dès 2013, une expertise collective de l’Inserm a mis en évidence un lien entre l’exposition aux pesticides et plusieurs cancers pédiatriques dont celui d’Antoine. Les cancers pédiatriques à Saint-Rogatien, Joëlle et son époux en avaient « entendu parler de loin » : « On était passés à l’eau en bouteille et on cultivait un potager bio. Je pensais protéger mes enfants et maintenant je me demande si ce n’est pas moi qui ai empoisonné mon fils avec toute cette terre polluée. » Joëlle raconte avoir quitté la banlieue parisienne il y a vingt ans pour s’installer à Périgny en « pensant offrir une meilleure vie à ses enfants ». La famille s’est installée à La Rochelle après le décès d’Antoine. Aujourd’hui, Joëlle « regrette de ne pas avoir déménagé plus tôt ».

      « Tous les ans, il y a de nouvelles alertes »

      Franck Rinchet-Girollet, lui, a quitté Dompierre pour Vérines, dans la plaine d’Aunis. Son fils de 7 ans est en rémission d’un cancer depuis cinq ans. Le prochain examen médical est fixé le 15 octobre : « On vit toujours dans l’angoisse d’une rechute. » Longtemps chauffeur de bus pour la régie de La Rochelle, il laissera bientôt la présidence d’Avenir Santé Environnement : il a accepté en septembre de devenir attaché parlementaire du nouveau député écologiste de la circonscription, l’agriculteur Benoît Biteau. « Est-ce que les cancers pédiatriques ont un lien direct avec l’exposition aux pesticides ? C’est aux autorités sanitaires de répondre. Mais il n’y a pas de réaction alors même que, tous les ans, il y a de nouvelles alertes. »

      En 2021, un captage d’eau potable est fermé sur la commune de Clavette après la découverte de concentrations élevées de chlortoluron, herbicide très utilisé sur les céréales et cancérogène suspecté. En 2022, des niveaux jamais enregistrés en France de prosulfocarbe sont mesurés dans l’air de la plaine d’Aunis : l’agglomération de La Rochelle demande en vain au gouvernement un moratoire pour cet herbicide massivement utilisé pour traiter les céréales d’hiver.

      En 2023, l’agglomération est obligée de fermer quinze points de captage d’eau dans la plaine d’Aunis après la découverte de chlorothalonil, un produit de dégradation d’un fongicide interdit depuis 2020. En 2024, l’eau du robinet est de nouveau « non conforme » après un pic de pollution du fleuve Charente, principale ressource en eau potable de l’agglomération, au fosétyl, un traitement fongicide utilisé contre le mildiou, en particulier dans le vignoble du Cognaçais.

      Maire (sans étiquette) de Périgny, Marie Ligonnière a assisté aux obsèques du petit garçon de 4 ans en juin : « C’est tabou la mort d’un enfant », souffle-t-elle. Elle dit éprouver à la fois un sentiment de « révolte » et d’« impuissance ». Mardi 8 octobre, elle a transmis un nouveau signalement à l’ARS. Il concerne cette fois des adultes. Un administré lui a envoyé un mail mentionnant « quatre cancers, une tumeur cérébrale, deux Alzheimer, une sclérose en plaques » dans un rayon de 50 à 100 mètres, en bordure de champs, dont quatre décès. « De quels leviers je dispose en tant qu’élue ?, interroge Marie Ligonnière. On demande des moratoires sur les pesticides, mais on n’a aucun soutien au niveau national. Au contraire, le gouvernement détricote le plan Ecophyto. »

      Les demandes de la population s’affichent aussi, à la bombe, sur un entrepôt agricole à l’abandon : « Stop glyphosate ! Assassins de la terre ! » En 2023, la communauté d’agglomération de La Rochelle avait lancé une médiation inédite pour tenter de renouer le dialogue entre agriculteurs et riverains. Elle s’est achevée au bout de trois mois sur un échec et le saccage de la propriété d’un responsable de Nature Environnement 17 par des agriculteurs. Des comités de pilotage « pesticides et voisinage » se poursuivent malgré tout. Marie Ligonnière continue d’y participer : « Le problème, ce ne sont pas les agriculteurs, qui sont les premières victimes des pesticides et qu’il faut accompagner vers un nouveau modèle, mais leurs représentants qui martèlent toujours le même credo : pas de changement sans produit de substitution. »

      Parmi les très rares avancées arrachées, une application est censée permettre depuis avril aux agriculteurs de prévenir les riverains avant un épandage. Sur la vingtaine d’exploitants agricoles de cinq communes de la plaine d’Aunis concernées par ledit comité de pilotage, un seul l’a téléchargée : pour l’heure, il n’a déclaré aucune parcelle.

      #industrie_agro-alimentaire #céréales #agriculture #épandages #Périgny #Charente-Maritime #Saint-Rogatien #Avenir_Santé_Environnement #plaine_d’Aunis #phtalimide #folpel #pendiméthaline #herbicide #fipronil #insecticide #atrazine #dieldrin #acétamipride #toxicité #pollution #épandage #néonicotinoïdes #Montroy #biomonitoring #cancers_pédiatriques #La_Jarrie #santé #santé_publique #gliome #tumeur #chlortoluron #eau_potable #eau #contamination #prosulfocarbe #air #moratoire #Charente #fosétyl #Cognaçais #décès #mort #plan_Ecophyto #Ecophyto #glyphosate #résistance #impuissance

    • Glyphosate : la plus vaste étude animale conduite à ce jour met en évidence des risques accrus de diverses tumeurs
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/06/12/glyphosate-la-plus-vaste-etude-animale-conduite-a-ce-jour-met-en-evidence-de

      Une équipe internationale de chercheurs a testé les effets du célèbre herbicide sur plus d’un millier de rats de laboratoire à différents dosages. Dans tous les cas de figure, les scientifiques ont enregistré un surcroît de cancers.

      Les animaux ont été soumis à trois niveaux d’exposition. La plus faible est celle considérée par les autorités européennes comme le seuil acceptable pour les humains (0,5 mg/kilo/jour), l’intermédiaire est dix fois plus élevée (5 mg/kilo/jour), et la plus forte dose est considérée par les autorités de l’Union européenne comme sans effets pour les rongeurs de laboratoire (50 mg/kilo/jour). Les animaux ont été exposés in utero, par le biais de leur mère, dès le sixième jour de gestation, puis jusqu’à l’âge de 104 semaines – pour peu qu’ils ne soient pas morts avant le terme de l’expérience.

      A toutes les doses d’exposition, dans des proportions variables, des excès d’animaux atteints de différentes tumeurs ont été observés par les chercheurs, par rapport au groupe d’animaux n’ayant pas été exposés. « Ces tumeurs sont apparues dans les tissus hémo-lymphoréticulaires (leucémie), la peau, le foie, la thyroïde, le système nerveux, les ovaires, la glande mammaire, les glandes surrénales, les reins, la vessie, les os, le pancréas, l’utérus et la rate (hémangiosarcome) », poursuivent les auteurs. Ceux-ci expliquent que la plupart de ces tumeurs sont rares, leur fréquence étant naturellement inférieure à 1 % chez la souche de rat utilisée pour l’expérience, excluant ainsi l’éventualité que ces maladies surviennent en raison du vieillissement des rongeurs.

      Les maladies du sang sont les plus fréquemment observées, à toutes les doses d’exposition et pour les trois produits. « Environ la moitié des morts des suites de leucémies, observées chez les animaux traités, se sont produites sur des rats de moins de 1 an d’âge, ce qui correspond à 35-40 ans pour un humain », dit Daniele Mandrioli, directeur du centre de recherche sur le cancer de l’institut Ramazzini et coordinateur de ces travaux. Le toxicologue précise qu’en passant en revue plus de 1 600 rats de même souche utilisés comme témoins, c’est-à-dire non exposés à des toxiques, dans les précédentes études conduites par son institut, mais aussi le National Toxicology Program américain, « aucun cas de leucémie n’a été enregistré sur des animaux de moins de 1 an ».

      https://archive.ph/TMOS6

      #cancer

  • Chocolaté. Le goût amer de la culture du #cacao

    De la #plantation à notre tablette de chocolat, Samy Manga raconte avec brio tout un monde d’#exploitation, à la frontière de l’intime et du politique.

    À dix ans, Abéna travaille avec son grand-père dans les plantations de cacao, au #Cameroun. Ce vaillant petit général des forêts équatoriales va vite prendre la mesure des dégâts humains et environnementaux causés par la #monoculture de la précieuse fève à la base du chocolat. Alors que les pays d’Afrique fournissent environ les deux-tiers de la production mondiale de cacao, que se cache-t-il derrière le commerce de cette matière première parmi les plus prisées au monde ? Au Nord, petits et grands raffolent de desserts et friandises, mais sont-ils conscients de la misère que la « #cacaomania » inflige à l’Afrique ?

    À travers le parcours d’Abéna, Chocolaté nous révèle le côté obscur de la culture du cacao, emblématique des rapports économiques néocoloniaux qu’entretiennent les #multinationales de l’or vert avec les pays du Sud. #Pauvreté des producteurs, #travail_forcé des enfants, #empoisonnement aux #pesticides, contamination des eaux et des sols, #déforestation massive, perte de #biodiversité… Pour les pays producteurs africains qui ne touchent qu’une infime fraction des dizaines de milliards de dollars engrangés chaque année par l’industrie, la culture du cacao a un goût bien amer.

    Dans ce récit vivant où s’entrecroisent habilement l’élan poétique, la transmission de la mémoire ancestrale et l’indignation politique, #Samy_Manga nous emmène au pays de son enfance, sous le grand manguier où se tient la vente annuelle du cacao. Au cœur de la nuit retentit son cri de rage devant la #violence de l’exploitation des ressources et des humains du Continent Premier.

    https://ecosociete.org/livres/chocolate
    #chocolat #industrie_agro-alimentaire
    #livre #industrie_agro-alimentaire #ressources_pédagogiques

  • La #révolution agroécologique. Nourrir tous les humains sans détruire la planète

    Mûrs pour la révolution agroécologique ? Les échecs de la #révolution_verte des années 1960 et les dysfonctionnements du #système_alimentaire_mondial actuel ne sont plus à démontrer : épuisement des #sols, érosion de la #biodiversité, problèmes de #santé liés aux #pesticides, #carences_alimentaires chez des millions de personnes, sans compter l’#endettement des #paysans, la #privatisation du vivant et la domination des géants de l’#agrobusiness sur les #semences et les réseaux de #distribution_alimentaire… Il est temps de conjuguer #agriculture et #écologie !

    Fort de son parcours d’enseignant et de chercheur en agriculture, #Alain_Olivier nous guide dans cet ensemble de principes scientifiques et de #pratiques_agricoles qu’est l’agroécologie. Il est important de miser sur une gestion appropriée des sols, sur le recyclage de la #biomasse végétale et animale, sur la protection de l’#eau et des #écosystèmes. #Rotations, associations des cultures et #agroforesterie devraient être la norme, tout en intégrant l’#élevage de façon raisonnée. Puisque l’agroécologie valorise le #terroir, le savoir paysan et le rôle des #femmes, il est également crucial que ceux et celles qui nous nourrissent aient #accès_à_la_terre et aux semences.

    À l’ère des #changements_climatiques, les processus écologiques, la #justice_sociale et la #souveraineté_alimentaire doivent se trouver au cœur du fonctionnement des agroécosystèmes ainsi que du #système_alimentaire en général. Vaste #mouvement_social qui cherche à établir des pratiques plus soutenables et plus justes, l’agroécologie est la voie toute désignée pour métamorphoser les liens qu’entretient l’être humain avec sa #nourriture, son territoire et une #nature à bout de souffle.

    https://ecosociete.org/livres/la-revolution-agroecologique
    #agroécologie #alimentation #livre #industrie_agro-alimentaire