• Canada : Les infirmières resteront au travail Annabelle Caillou - 6 Avril 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/sante/551573/infirmieres-le-tribunal-du-travail-met-un-frein-a-la-greve-des-heures-supp

    Les infirmières ne pourront finalement faire une « journée normale de travail » lundi prochain. Le Tribunal administratif du travail leur ordonne d’accepter sans condition toute demande d’heures supplémentaires obligatoires et d’ainsi tirer un trait sur la grève prévue le 8 avril.

    « L’action concertée de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), prévue le 8 avril 2019, risque de porter préjudice ou est susceptible de porter préjudice à un service auquel le public a droit », a statué le tribunal dans une décision rendue vendredi après-midi.

    La FIQ — qui représente quelque 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnels en soins — doit ainsi indiquer à ses membres d’accepter de faire des heures supplémentaires sans condition « lors de situations urgentes et exceptionnelles, comme en temps normal, sous réserve de leurs obligations déontologiques » lundi prochain.

    Dans sa décision, le Tribunal administratif du travail précise aussi prendre acte du fait que les établissements de santé auront, quant à eux, « pris tous les moyens et mesures nécessaires » pour éviter de recourir aux heures supplémentaires.

    La FIQ avait appelé à une journée nationale le 8 avril sans heures supplémentaires obligatoires, une pratique devenue un quotidien plutôt qu’une situation d’urgence, selon le syndicat. Cette action se voulait ainsi un « électrochoc pour tous les gestionnaires du réseau ».

    Mais deux jours plus tard, le Tribunal administratif du travail a convoqué de sa propre initiative — en vertu d’un article du Code du travail — la FIQ et la partie patronale pour une séance de conciliation.

    Puisque les deux parties ne sont pas parvenues à une entente, le Tribunal a tranché la question.
    . . . . . . . .

     #travail #femmes #hôpital #sexisme #infirmières #grève #sexisme #féminisme #misogynie #violence #patriarcat #luttes_sociales #capitalisme


  • En Suède, l’hôpital au bord de la crise de « nurses » _ AFP - 3 Septembre 2018 - Romandie.com
    https://www.romandie.com/news/ZOOM-En-Su-de-l-h-pital-au-bord-de-la-crise-de-nurses/950353.rom

    Riche pays d’Europe du nord qui s’enorgueillit de décerner chaque année le prix Nobel de médecine, la Suède jouit de l’un des systèmes de santé les plus performants au monde. Mais il faut parfois attendre des mois, voire des années pour un rendez-vous avec un spécialiste.

    Les 10 millions de Suédois sont parmi les mieux soignés du monde, font des centenaires à ne plus savoir qu’en faire et le taux de survie des patients atteints de cancer est l’un des plus élevés d’Europe, selon l’OCDE.

    Et pourtant, l’exaspération est telle que la dégradation du réseau de soins primaires et de l’hôpital, avant tout dû à une pénurie criante d’infirmières, est la principale préoccupation des Suédois à l’approche des législatives du 9 septembre.

    Alors qu’ils acquittent un impôt sur le revenu de 50% en moyenne, « le risque est réel qu’ils perdent peu à peu leur confiance dans l’Etat-providence », s’alarme Lisa Pelling du cabinet d’études Arena Idé.

    Certaines enquêtes d’opinion mettent en avant l’immigration comme priorité numéro un des Suédois, mais les deux thématiques sont liées.


    Un panneau de la route non officiel montrant une femme en train d’accoucher pour dénoncer la fermeture d’une maternité près de Solleftea dans le nord de la Suède le 9 août 2017 / © TT News Agency/AFP / Izabelle NODFJELL

    Pour certains, l’arrivée de 400.000 demandeurs d’asile depuis 2012 aggrave les problèmes de l’hôpital liés à la pénurie d’infirmières et de spécialistes. Pour d’autres, elle répond au défi démographique d’un pays vieillissant qui aura de plus en plus besoin de petites mains pour s’occuper de ses aînés.

    « Dans cinq ans seulement, la population des plus de 75 ans augmentera de 70.000 personnes (...), ce qui veut dire aussi plus de maladies », prévient le Premier ministre sortant, le social-démocrate Stefan Löfven.

    En Suède, la loi prévoit un délai maximum de 90 jours pour une opération ou une consultation avec un spécialiste. Malgré cela, un tiers des patients attend plus longtemps.

    Asia Nader est de ceux-là. Diagnostiquée avec une malformation du coeur, elle a dû attendre un an pour se faire opérer.


    « J’ai complètement sombré quand je l’ai appris », se souvient la jeune femme atteinte de cardiopathie congénitale, après l’opération qui a finalement eu lieu en juin, un mois avant son 23ème anniversaire.

    Accoucher dans la voiture
    La loi garantit aussi de pouvoir consulter un généraliste dans les... sept jours, le délai légal le plus long en Europe après le Portugal (15 jours), indique un rapport du cabinet d’études Health Consumer Powerhouse.

    Dans la région à faible densité démographique du Jämtland (nord-ouest), plus de la moitié des patients doivent attendre plus de 90 jours pour se faire opérer, contre 17% à Stockholm.

    Si l’accès à un médecin généraliste est assuré à peu près partout, difficile en revanche de voir toujours le même. Car pour faire monter les enchères, praticiens et infirmières préfèrent recourir à des cabinets d’intérim qui monnayent leur service.

    « Chaque fois que vous en avez besoin, vous consultez un nouveau médecin. Cela nous fait perdre beaucoup de temps en matière de diagnostic et de suivi », déplore Heidi Stenmyren, présidente de l’Association des médecins suédois.

    Pour pallier les pénuries, les services de consultation à distance, sur internet, font florès.

    Pas moins de 80% des structures de santé en Suède manquent d’infirmières, selon l’Institut suédois des statistiques.


    En Suède, la loi prévoit un délai maximum de 90 jours pour une opération ou une consultation avec un spécialiste. Malgré cela, un tiers des patients attend plus longtemps.

    Lassées de faire des heures supplémentaires pour des salaires médiocres, des dizaines de milliers d’infirmières ont rendu leur blouse depuis le début de l’année, selon Sineva Ribeiro, cheffe de l’Association suédoise des professionnels de santé.

    Et comme ailleurs en Europe, la Suède voit naître sur son territoire de véritables déserts médicaux, pour des raisons budgétaires.

    A Solleftea, la ville d’origine du Premier ministre, l’unique maternité a fermé ses portes en 2017.

    La maternité la plus proche est désormais à 200 kilomètres et les sage-femmes ont dû lancer des formations à l’intention des futures mères pour leur apprendre à accoucher... dans la voiture, ce que certaines d’entre elles ont dû faire depuis.

    Le débat porte pourtant moins sur le manque de ressources financières que sur leur - mauvaise - utilisation.

    Ainsi à Stockholm, le chantier du New Karolinska University Hospital a-t-il fait scandale : alors que le contribuable a déboursé 61,4 milliards de couronnes (5,8 milliards d’euros) pour l’hôpital le plus cher du monde, des patients ont dû être transférés vers d’autres structures, certains services étant incapables de les accueillir.

    Imparfait, certes. Mais la Suède bénéficie du « 4e meilleur système de santé au monde », s’agace le Premier ministre.

    #Suède #État-providence #démocratie #nationalisme #élections #suède #réfugiés #société #santé #hôpital #hopital #médecine #fric #austérité #infirmières #médecine #soins #chirurgie #déglingue


  • Ehpad : le système de soins en accusation / Les maisons de retraite, " machines à broyer " Le Monde (mel transmis)

    Sept syndicats appellent à la grève mardi 30 janvier dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (#Ehpad)

    Ce mouvement de protestation est soutenu par l’association des directeurs d’établissement, qui réclament eux aussi davantage de moyens

    Aides-soignants, infirmiers, cadres de santé : les personnels déplorent une dégradation de leurs conditions de travail dans le privé et dans le public

    " Je ne souhaite à personne d’être brusqué comme on brusque les résidents ", témoigne une ex-salariée d’une maison de retraite de l’Ardèche

    " Nous devons effectuer douze à quinze toilettes par matinée ", raconte une aide-soignante, dénonçant des cadences intenables

    Les maisons de retraite, " machines à broyer "

    Confrontés à des conditions de travail éprouvantes, les salariés des Ehpad sont appelés à la grève, mardi

    LES CHIFFRES
    728 000
    C’était le nombre de résidents accueillis dans des -établis-sements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) fin 2016.

    85 ans
    La moyenne d’âge à l’entrée en établissement.

    6 pour 10
    C’est le taux moyen d’encadrement. Les directeurs d’Ehpad en réclament 8 pour 10, les syndicats de salariés 10 pour 10. Les mieux dotés sont les établissements -publics rattachés à un hôpital.

    Les chambres étaient neuves, les murs peints de couleurs vives. On avait mis des tablettes numériques et même un aquarium dans le " lieu de vie " de cette maison de retraite de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Stéphanie Crouzet, aide-soignante de 40 ans, espérait avoir trouvé enfin " un lieu où on me laisserait le temps de faire convenablement mon travail ". Un mois plus tard, les poissons étaient morts. On les avait laissés au fond du bocal, faute d’entretien.Un soir, au moment du coucher, une résidente avait confié avoir vécu " un grand luxe, parce qu’elle avait eu le droit à une douche ". C’était sa sixième en six mois.

    " L’ascenseur parlait plus souvent aux résidents que le personnel de soin ", résume l’aide-soignante,qui a préféré arrêter les remplacements dans cet établissement privé, où la chambre coûte au moins 3 000 euros par mois à un résident. Une situation extrême, de l’aveu de Stéphanie Crouzet, mais qui reflète la malaise grandissant du personnel soignant des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

    Aide-soignants, infirmiers, cadres de santé : ils sont nombreux à déplorer la dégradation de leurs conditions de travail en maison de retraite, dans le privé comme dans le public. A partager ce sentiment que " tout est fait pour inciter à la maltraitance ", constate Stéphanie Crouzet, du haut de ses onze ans d’expérience.

    " Tête, mains, cul "
    Mardi 30 janvier, tous sont appelés à une grève nationale intersyndicale inédite pour dénoncer " l’insuffisance des effectifs et des moyens ", dans ce secteur où les taux d’accidents du travail et d’absentéisme sont trois fois supérieurs à la moyenne.Un appel à la mobilisation maintenu malgré l’annonce par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, du déblocage de 50 millions d’euros, en plus des 100 millions d’euros déjà accordés fin décembre. Un " pansement pour une jambe de bois ", selon les syndicats.

    Dans un appel à témoignages publié sur LeMonde.fr, nombre d’entre eux, particulièrement éreintés et en colère, nous ont fait remonter leurs conditions de travail, comme ils le font depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux sous le hashtag #BalanceTonEhpad. Certains ont préféré l’anonymat, d’autres ont choisi de publier leur nom, pour ne plus cacher leur malaise.

    Car travailler dans un Ehpad, c’est pratiquer une gymnastique comptable de tous les instants. Jessica Colson, 34 ans, a fait et refait ses calculs. Soixante-trois résidents dans son établissement privé de Moselle. Quatre aides-soignantes le matin, deux l’après-midi. Ce qui laisse quatre minutes par patient pour lever, faire sa toilette matinale, changer et habiller ; trois minutes et vingt secondes pour déshabiller, changer, soigner, et coucher.

    Pour tenir le rythme, " on expédie en priant pour qu’il y ait le moins d’imprévus, de demandes des patients qu’on devra faire semblant de ne pas entendre ", dit Olga C., 36 ans, qui travaille dans un établissement en Bretagne. Pour la toilette, c’est la " méthode #TMC ", pour " tête, mains, cul ". Une situation qui ne fait qu’empirer avec le départ de deux de ses collègues, embauchées en contrats aidés. Depuis, Olga C. dit attendre le jour où " on mettra tous les résidents sous la même douche avec un jet pour aller plus vite ".

    Sans cesse, on tire, on saisit sans précautions, parce qu’on n’a pas le temps. Les bleus apparaissent parfois sur les bras de ces résidents à la peau qui marque si facilement. " On dit qu’ils sont tombés ", raconte Olga C.

    A table, le rythme n’est pas moins intense. Justine L., 29 ans, dont dix ans comme aide-soignante, raconte ces repas avec " quinze personnes à faire manger en une heure – ça fait quatre minutes par tête ". Alors parfois, certaines abdiquent. C’est une assiette où l’entrée, le plat chaud et le fromage sont mélangés pour réduire la durée des repas. Une " bouillie qu’on ne servirait pas à un chien ", regrette Justine L., qui désespère de " voir certains résidents se laisser mourir de faim ". " A un moment, la société s’est dit : “Ce n’est plus l’humain qui est important” ", analyse l’aide-soignante, dont la mère faisait le même métier, " mais pas dans les mêmes conditions ".

    Les traitements médicaux n’échappent pas à cette course effrénée. " Je bâcle et agis comme un robot ", raconte Mathilde Basset, infirmière de 25 ans, seule en poste pour 99 résidents répartis sur les trois étages de son Ehpad de l’Ardèche, sis au sein même de l’hôpital. " Je ne souhaite à personne d’être brusqué comme on brusque les résidents ", dit celle qui a préféré quitter fin 2017 cette " usine d’abattage qui broie l’humanité des vies qu’elle abrite, en pyjama ou en blouse blanche ", comme elle l’a expliqué dans un post Facebook partagé plus de 20 000 fois.

    Bien sûr, la situation n’est pas aussi dégradée dans tous les Ehpad de France. Nombre de soignants rappellent combien " les choix de la direction peuvent limiter la casse " ou que " des manageurs parviennent à rendre l’environnement de travail respirable ". Tous pourtant déplorent un rythme de travail devenu infernal au fil des ans.

    Car la pression n’est pas seulement sur les cadences. Chaque dépense est scrutée. Pascal N. a travaillé pendant trois ans comme cadre de santé dans un établissement public du Vaucluse. " Il fallait toujours faire avec, ou plutôt sans ", résume-t-il. Economies sur les pansements, sur les séances de kiné, les activités.

    Dans certains établissements, une règle tacite est imposée : trois " protections " par jour par résident, pas plus – souvent, les stocks sont mis sous clé. Les culottes que les résidents peuvent baisser eux-mêmes sont dix centimes plus chères ? " Qu’ils fassent dans leur couche, on viendra les changer ", donne-t-on pour consigne à Pascal N. Tant pis si cela les rend incontinents, et plus dépendants encore d’une équipe en sous-effectif chronique. " Le fric, c’était la seule logique ", dit celui qui est reparti travailler en psychiatrie, " où il n’y a pas de pression de rendement ".

    " Burn-out "
    Quelle place dans ce contre-la-montre quotidien pour les discussions, les suivis personnalisés ? Stéphanie Crouzet continue de se battre pour grapiller ces instants. Comme avec cette résidente atteinte de Parkinson qu’elle a tenté de faire marcher quelques minutes chaque jour. Jusqu’à ce que sa direction lui rétorque que " cette dame est entrée sous conditions que son état ne s’améliore pas ". " Il ne fallait pas qu’elle repose le pied par terre ", raconte l’aide-soignante. Sa collègue, elle, reçoit pour consigne d’arrêter de sourire : " Vous respirez le bonheur, ça vous rend pas crédible auprès des résidents. "

    " C’est à celle qui s’en fout le plus, et quand on s’en fout pas, on devient fou ", résume Mélanie L., aide-soignante dans le Nord de la France. Elle s’attriste de voir des personnels arrivés là seulement parce que ça embauchait, sans " vocation ni envie de prendre soin ". Les difficultés de recrutement sont immenses pour les directions : même les écoles d’aide-soignants ne font plus le plein.

    A l’inverse, Mélanie L. dit avoir toujours eu " le goût des vieux ". De leurs cheveux fins et de leurs rides qui font " comme des cartes d’un pays étranger ". Toucher leur peau, la laver, en prendre soin, " c’est un peu comme si je partais en voyage ", dit-elle souvent à ses proches. Depuis deux mois pourtant, cette femme de 46 ans, dont vingt-six dans des maisons de retraite, a pris de la distance. " Burn-out ", a répondu son médecin, quand elle lui a raconté ses insomnies, ses tendinites à répétition, ses douleurs de dos, sa " boule de nerfs au ventre ", ses infections urinaires sans fin. " Le corps qui sort le drapeau blanc ", dit-elle pudiquement pour résumer une bataille qui durait pourtant depuis plusieurs années déjà.

    Pour Jessica Colson, la " machine à broyer " est en place. L’aide-soignante dit avoir " souvent envie de tout lâcher ". Quand elle en parle, elle ne dit plus " si je craque ", mais " quand je craquerai ".

    Charlotte Chabas

    Personnels et directeurs unis pour une mobilisation inédite

    L’octroi, jeudi 25 janvier, d’une nouvelle enveloppe de 50 millions d’euros par le gouvernement n’a pas convaincu

    C’est une première. Mardi 30 janvier, les personnels des maisons de retraite sont appelés à la grève par sept syndicats (CGT, CFDT, FO, UNSA, CFTC, CFE-CGC et SUD) avec le soutien de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). Des débrayages dans les établissements et des rassemblements sont prévus dans toute la France, dont un devant le ministère de la santé, à Paris. Il n’est pas prévu que les représentants syndicaux y soient reçus.

    " Il est inadmissible de ne pas prendre en compte la souffrance au quotidien que subissent professionnel, et par là même personnes âgées et familles ", commentent les organisations syndicales dans un communiqué publié dimanche 28 janvier.

    Voici plusieurs mois qu’elles sonnent l’alarme sur la détérioration des conditions de travail dans les Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), et par conséquent la dégradation de l’accompagnement des résidents. Ces derniers arrivent en établissement de plus en plus âgés, atteints de handicaps physiques et de troubles psychiques de plus en plus importants. Le personnel n’est pas assez nombreux ni assez préparé.

    " Nous devons effectuer douze à quinze toilettes par matinée, a témoigné Sandrine Ossart, aide-soignante dans un Ehpad de Nantes et militante CGT, le premier syndicat du secteur, jeudi, lors d’une conférence de presse. Pour le lever, l’habillage et la mise au fauteuil, nous avons dix minutes. A l’école, il nous en fallait quarante. On sert les aliments mixés parce que ça va plus vite. Les résidents ne sortent plus. Ils font leurs besoins dans leurs protections parce qu’on n’a pas le temps de les accompagner aux toilettes. "

    " On arrive au bout "
    " Cela fait des années que cette mobilisation sociale couve. Le système ne tient plus que sur les bonnes volontés des salariés, on arrive au bout, commente Claude Jarry, de la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées. Je me réjouis que les salariés lancent ces revendications et j’espère que les familles vont aussi faire les mêmes demandes. "

    La première réclamation du mouvement est l’augmentation du taux d’encadrement en Ehpad. Variable selon les établissements, il est aujourd’hui en moyenne de 6 soignants pour 10 résidents. Les syndicats réclament le " un pour un " (ou 10 soignants pour 10 résidents). Aujourd’hui, un tiers des établissements n’ont pas de médecin coordinateur. " C’est tout simplement illégal ! ", relève Jean-Paul Zerbib, au nom de la CFE-CGC.

    La réforme du financement des établissements, votée sous le précédent quinquennat et mise en œuvre par le gouvernement, est en outre dans le viseur. " Cela consiste à prendre aux moins pauvres, qui ont un ratio d’encadrement de 7 pour 10, pour donner aux plus pauvres, qui sont à 5,5 ", s’insurge Pascal Champvert, président de l’AD-PA. Les syndicats demandent également un renforcement de l’attractivité des métiers du secteur, qui peine à recruter.

    La ministre de la santé, #Agnès_Buzyn, tente depuis plusieurs jours d’éteindre l’incendie. Elle s’est élevée, vendredi, lors d’une visite dans un établissement relativement bien doté de Chevreuse (Yvelines), contre un " “Ehpad bashing” qui pointe des dysfonctionnements ". " Je ne veux pas les nier, mais ce ne sont pas des généralités ", a-t-elle affirmé, annonçant le lancement d’une enquête de satisfaction en Ehpad, comme il en existe à l’hôpital.

    Mme Buzyn s’est en outre engagée à ce que la réforme de la tarification n’aboutisse à " aucune réduction de postes ". Un médiateur sera nommé afin de suivre sa mise œuvre. La ministre a rappelé que les moyens alloués aux Ehpad ont été augmentés de 100 millions d’euros dans le budget 2018 de la Sécurité sociale, dont 72 millions d’euros pour créer des postes de soignants, et 28 millions pour les établissements en difficulté. Une enveloppe supplémentaire de 50 millions d’euros a été annoncée pour ces derniers, jeudi. En vain, l’appel à la mobilisation a été maintenu.

    Ces mesures sont qualifiées par les syndicats de " broutilles " et de " provocation " au regard des besoins. " Il ne s’agit pas d’un problème qui concerne seulement quelques établissements en difficulté, mais du sort que veut réserver la nation à ses aînés ", affirme Jean-Claude Stutz, secrétaire national adjoint de l’UNSA Santé-sociaux. Une réforme globale du financement du secteur, réclamée par les syndicats, a été annoncée par plusieurs gouvernements, mais n’a jamais été réalisée.

    Ch. C. et Gaëlle Dupont

    #santé #retraités #cadences #Burn-out #aides_soignantes #infirmières #vieux #broutilles #gouvernement


  • A Day in the Life of an NHS Nurse - How Our Government Is Failing Both Patients and Nurses | naked capitalism
    https://www.nakedcapitalism.com/2018/01/day-life-nhs-nurse-government-failing-patients-nurses.html

    How the ‘Market’ Intensifies Nurses Workloads

    The effects of years of austerity on hospital budgets, combined with the market mechanisms which allocate NHS funding, are also driving the workload up for nurses. Hospitals receive a payment (a tariff) per patient admission. Hospitals facing #budget restrictions and reductions in bed numbers are utilising medical and surgical advancements to improve patient care, but also to minimise time as inpatients. This is done to maximise through flow of patients so they can receive as many tariff payments and maximise their income at times of budget restrictions. They do this so they can afford to pay staff and continue to maintain services, but it drives up nurses workload to an unprecedented level. Whereas 15-20 years ago patients would stay on wards for weeks at a time till they were full recovered, now it’s common for patients to be discharged home as soon as they are stable and not acutely unwell, the remainder of their care being carried out in the community.

    #hopitaux #infirmières #capitalisme #santé


  • CHU de Tours : « Nous réclamons le droit d’être fier d’être des soignants »
    https://larotative.info/chu-de-tours-nous-reclamons-le-2474.html

    Lettre ouverte d’une infirmière du CHU de Tours concernant le plan de restructuration de l’hôpital, la dégradation des conditions de travail et la dégradation de la qualité de prise en charge des patients.

    Aujourd’hui nous avons bien compris que l’hôpital, outre sa fonction de service public, doit aussi se comporter comme une entreprise générant des profits, et qu’afin de recueillir ces dits profits, il faut rentabiliser la prise en charge non plus des patients et patientes, mais des clients et clientes. Et nous comprenons bien que pour des gestionnaires, écouter, tenir une main, rassurer, parfois essuyer des larmes et même accompagner les derniers souffles ne rapportent rien d’un point de vue financier. Mais pour nous, tout cela c’est notre quotidien.

    Comment assurer une éducation thérapeutique de qualité à nos patients en courant d’une chambre à l’autre ? Comment encadrer les personnels de demain, quand nous-mêmes, vous nous obligez par manque de temps, manque de moyens, manque d’effectifs à ne plus respecter scrupuleusement les protocoles de soins et d’hygiène ?

    Toutes ces interrogations sont pour nous source de stress, de malaise, de mal-être, d’insécurité au sein de notre travail. Nous nous soucions de la qualité de prise en charge de nos patients, nous demandons de respecter notre droit à travailler dans de bonnes conditions et en sécurité. Et pour cela, nous demandons des moyens humains pour le faire.

    #pénibilité #care #maltraitance #hôpital


  • Les étudiants infirmiers vont mal
    http://www.lejdd.fr/societe/sante/les-eleves-infirmiers-vont-mal-3437915

    EXCLUSIF - Une étude menée auprès de 14.000 étudiants en soins infirmiers alarme sur leur état de stress et leurs santé psychique. Des indicateurs affolants.

    Le bilan de santé des étudiants en soins infirmiers est alarmant. Une enquête inédite, réalisée par la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI), et dont le JDD publie les résultats en exclusivité, révèle que la moitié des 14.000 étudiants interrogés estiment que leur état de santé s’est dégradé depuis leur entrée en formation ; les trois quarts (75,4%) sont épuisés physiquement ; un tiers sont sujets à des crises d’angoisse ; un quart (26,2%) estiment être en mauvaise, voire en très mauvaise santé psychique.

    • peu de chose en ligne sur le site du JDD

      L’état de santé des étudiants en soins infirmiers est « préoccupant »
      http://www.europe1.fr/sante/letat-de-sante-des-etudiants-en-soins-infirmiers-est-preoccupant-3438185

      Leur santé dégradée depuis le début de leur formation. Cette enquête « menée auprès de 14.055 étudiants en soins infirmiers » par la Fnesi du 23 février au 9 avril, via les réseaux sociaux, mails et par voie de presse, « révèle que la moitié des étudiants estiment que leur état de santé s’est dégradé depuis leur entrée en formation », écrit le JDD. Une précédente enquête en 2015, toujours de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers, avait révélé que la formation était vécue comme « violente dans la relation avec les équipes encadrantes » pour 44,61 % d’entre eux.

      Harcèlement. Dans cette nouvelle enquête, « plus d’un tiers des étudiants infirmiers déclarent avoir été harcelés par un soignant au cours de formation ». « On a voulu en savoir plus sur cette souffrance et on a voulu obtenir des données concrètes pour pouvoir dresser un état des lieux. Même si nous étions conscients des problèmes, l’enquête est stupéfiante et certains résultats vraiment préoccupants, » explique au journal Antoine Jourdan, vice-président de la Fnsei chargé de l’innovation sociale.

      aucune mention du sexe des « harcelés », sachant qu’en 2004, presque 90% des étudiants étaient des femmes.


  • Le malaise des infirmiers touche toute l’Europe
    http://fr.myeurop.info/2016/11/24/le-malaise-des-infirmiers-touche-toute-l-europe-14878

    Daniel Vigneron

    Les infirmiers français supportent de plus en plus mal la dégradation continue de leurs conditions de travail et sont descendus dans la rue il y a quinze jours. Dans la plupart des pays européens, les pénuries sont fortes et les infirmiers n’en peuvent plus.

    Le 8 novembre dernier, 10.000 manifestants infirmiers appelés à faire grève par leurs syndicats ont battu le pavé des principales villes françaises. lire la (...)

    #EUROFOCUS #Allemagne #Espagne #France #Pologne #Royaume-Uni #Suisse #hôpital #infirmières #personnel_hospitalier #RFI #soignants #surmenage #tarification_à_l'activité


  • #infirmières_bulgares : le régime #kadhafi aurait inoculé le VIH aux enfants de Benghazi
    https://www.mediapart.fr/journal/international/041116/infirmieres-bulgares-le-regime-kadhafi-aurait-inocule-le-vih-aux-enfants-d

    Presque dix ans après la libération des infirmières bulgares, l’affaire de la contamination par le virus du VIH de centaines d’enfants de Benghazi prend les allures d’un crime d’État unique en son genre. Dans des notes obtenues par Mediapart, l’ancien premier ministre #Choukri_Ghanem relate que ce sont deux hauts responsables du renseignement libyen qui se sont procuré des « fioles » du virus et l’ont inoculé aux enfants.

    #International #Koussa #libye #Sarkozy #Senoussi


  • #infirmières_bulgares : le régime #kadhafi aurait inoculé le virus du VIH aux enfants de Benghazi
    https://www.mediapart.fr/journal/international/041116/infirmieres-bulgares-le-regime-kadhafi-aurait-inocule-le-virus-du-vih-aux-

    Presque dix ans après la libération des infirmières bulgares, l’affaire de la contamination par le virus du VIH de centaines d’enfants de Benghazi prend les allures d’un crime d’Etat unique en son genre. Dans des notes obtenues par Mediapart, l’ancien premier ministre #Choukri_Ghanem relate que ce sont deux hauts responsables du renseignement libyen qui s’étant procuré des « fioles » du virus, l’ont inoculé aux enfants.

    #International #Koussa #libye #Sarkozy #Senoussi


  • Des modalités d’apprentissage brutes et brutales en chirurgie — Travail et Emploi 141, janvier-mars 2015, La fabrication du soignant au travail
    https://travailemploi.revues.org/6553

    Abstract
    Rigueur morale de l’apprentissage et apprentissage de la rigueur technique sont indissociables en chirurgie, contribuant à centrer les débuts de formation des internes sur la seule dimension techniciste du métier. Ce n’est que dans un second temps que les chirurgiens apprennent à devenir soignants, notamment auprès d’autres soignants, infirmiers notamment. Mais, dans un premier temps, être socialisé à l’univers chirurgical, c’est inévitablement être socialisé aux rapports hiérarchiques et à la « sacro-sainte » rigueur professionnelle. La rigueur de l’apprentissage, qui passe à la fois par une exigence technique et une pression morale de chaque instant, est telle que l’on peut parler d’apprentissage « par claques » ou d’enseignement « à la dure » que les internes en formation ne manquent pas de ressentir violemment. Il s’agit dans cet article de rendre compte du processus de socialisation que les internes connaissent au cours des stages hospitalo-universitaires, socialisation qui est à la fois brute – s’exprimant avec peu d’euphémisation et de façon peu policée – et brutale – comprenant une part de violence psychologique et/ou verbale ressentie comme telle. À travers l’observation d’interactions in situ, nous verrons les modalités de l’apprentissage chirurgical dans des services hospitalo-universitaires.

    Author’s notes
    Cet article reprend des éléments développés dans un autre article publié dans La revue française de pédagogie, intitulé « La socialisation chirurgicale, un apprentissage “par claques” » (2013, no 184, pp. 95-104) et qui décrivait, dans une perspective comparatiste, les proximités qui existent entre l’apprentissage chirurgical et les autres univers de formation rigoristes que sont le « dressage » de la caserne ou celui des classes préparatoires. Il s’agit davantage dans le présent article d’exposer les spécificités de l’apprentissage brut et brutal de la chirurgie en précisant le rôle prégnant des chefs de service dans cette formation « à la dure » et en comparant, cette fois, cet ethos chirurgical analysé dans le cadre de la chirurgie digestive hospitalo-universitaire avec d’autres spécialités médicales, notamment médico-chirurgicales.

    Accès payant sur cairn.info
    http://www.cairn.info/revue-travail-et-emploi-2015-1-page-25.htm

    #apprentissage_par_claques

    • Article précédent (2009) de la même auteure, Emmanuelle Zolesio, accessible sur cairn.info

      Des femmes dans un métier d’hommes : l’apprentissage de la chirurgie - Cairn.info
      https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2009-2-page-117.htm

      Alors que la médecine compte de plus en plus de femmes, la chirurgie résiste encore largement à l’ampleur de ce mouvement et demeure incontestablement un bastion « masculin ». Pour donner quelques ordres de grandeur de cette réalité, on peut noter que le taux de masculinisation de la chirurgie était de 83 % en 1994-1995, de 87 % en 1997-1998 contre 26 % et 21 % pour celui de la pédiatrie [Jaisson, 2002]. Le constat reste valable pour les jeunes générations puisqu’on compte seulement 29,5 % des effectifs s’orientant vers les spécialités chirurgicales à l’issue des ecn (Épreuves classantes nationales)... en 2004, alors mêmes que les femmes représentent 58 % des étudiants affectés (et encore faudrait-il déduire de ces effectifs les nombreuses étudiantes s’orientant vers des spécialités médico-chirurgicales telles que l’ophtalmologie ou l’orl pour avoir une juste mesure de la répartition sexuée des jeunes entrants dans les spécialités chirurgicales « pures » . La chirurgie est une spécialité masculine, par son recrutement mais aussi par ses caractéristiques techniques, organisationnelles et par sa culture professionnelle. Dans ce contexte, les femmes, véritables exceptions statistiques, se révèlent une bonne « entrée » pour révéler certaines dimensions de la socialisation professionnelle en chirurgie. Tel est notre parti pris théorique et méthodologique. La position atypique des femmes se révèle un excellent analyseur des dispositions (dites « masculines ») requises par le milieu professionnel chirurgical et de la façon dont la profession sélectionne ses candidats et les transforme. Il convient donc d’ouvrir la « boîte noire » de la socialisation professionnelle et d’éclairer le contenu (qu’est-ce qui est transmis dans le métier, au-delà des compétences opératoires ?) ainsi que les modalités concrètes de perpétuation de cette culture professionnelle (comment cela se transmet en pratique ?) au travers de la trajectoire de chirurgiennes. L’analyse sera centrée sur la période de l’internat, essentielle dans le processus de socialisation professionnelle.

      Noter que le taux de féminisation de 23% en 2006 descend, dans le tableau qui le présente, à 8,5% pour « les spécialités strictement chirurgicales ».


    • allAfrica.com : Afrique : Plus de 70 pays affectés par un nombre insuffisant de sages-femmes
      http://fr.allafrica.com/stories/201406040548.html?aa_source=sptlgt-grid

      Soixante-treize pays d’#Afrique, d’#Asie et d’#Amérique_latine disposent d’un nombre de sages-femmes extrêmement insuffisant, selon un rapport publié mardi par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et leurs partenaires.

      Selon ce rapport, qui est intitulé « L’État de la pratique de sage-femme dans le monde 2014 : Sur la voie de l’universalité - Le droit des #femmes à la santé », ces pays supportent 96% du fardeau mondial des décès maternels, 91% des cas de mortinatalité et 93% des #décès néonatals, mais ne disposent que de 42% des sages-femmes, #infirmières et #médecins du monde entier.

      Le rapport exhorte les pays à investir dans l’#éducation et la formation des sages-femmes afin de contribuer à fermer les écarts frappants qui existent actuellement. Des investissements dans l’éducation et la formation des sages-femmes conformément aux normes internationales convenues peuvent générer - comme le montre une étude menée au Bangladesh - un rendement de 1.600% sur l’investissement.


  • L’#Espagne, fabrique européenne d’infirmier(es)
    http://fr.myeurop.info/2013/10/14/l-espagne-fabrique-europ-enne-d-infirmieres-12401

    Ludovic Clerima

    Où sont les #infirmières ? D’après une récente enquête menée au #Royaume-Uni, le pays en manque cruellement. Cette crise touche toute l’#Europe. Toute ? Non : l’Espagne, dernier bastion où les personnels soignants sont légion, envoie ses garnisons à l’étranger.

    Les « nurses » britanniques en (...)

    #REVUE_DU_WEB #Société #Allemagne #France #immigration #pénurie #santé #Santé #travail


  • Les #infirmières belges au bord de la crise de nerfs
    http://fr.myeurop.info/2013/05/06/les-infirmieres-belges-au-bord-de-la-crise-de-nerfs-8355

    Marco Bertolini

    En #Belgique, les infirmières sont au bord de la crise de nerfs : la dégradation des conditions de travail s’ajoute à la pression suscitée par l’afflux de personnel des pays de l’Est, qui coûte moins cher aux hopitaux. Jeannine a quitté son job après un burn-out. Témoignage.

    Il y a quelques (...)

    #Entretien #Société #Social #hôpital #pénurie_de_main_d'oeuvre #santé #Santé