• La ménopause : une construction sociale ?
    https://www.gazettedesfemmes.ca/15384/la-menopause-une-construction-sociale

    En fait, la médicalisation de la ménopause est le prolongement de celle de la puberté, des grossesses, etc. Le corps féminin est contraint par des instances médicales et des injonctions sociales, beaucoup plus que celui des hommes. Il paraîtrait complètement incongru pour un médecin de demander à un jeune homme de parler de la qualité et de la quantité de son sperme, alors que l’investigation sur tous ces aspects biologiques très intimes semble normale chez les #femmes dès la puberté.

    #médecine #contrôle

  • Et si on parlait de la charge mentale de Noël ?
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/12/23/et-si-on-parlait-de-la-charge-mentale-de-noel

    Selon une enquête réalisée en 2017 sur un échantillon représentatif de 1009 personnes, 80% des femmes en couple préparent le dîner chaque jour en semaine, 92% ont le sentiment d’être responsables du foyer et 95% se sentent plus responsables des enfants que les hommes.

    Sans surprise, la période des fêtes ne fait qu’amplifier la charge mentale que les femmes subissent déjà quotidiennement. Qu’il s’agisse d’établir la liste des courses, d’acheter les cadeaux de toute la famille, de piétiner pendant des heures au rayon jouets, de décorer la maison pour en faire un havre de paix qui sent le pain d’épices, d’organiser jeux et activités pour occuper les enfants, de préparer les valises en cas de départ en vacances, de dresser la table, de cuisiner pendant des heures (liste hélas non exhaustive), la somme des choses à faire semble s’étirer jusqu’à l’infini. Un labeur évidemment non rémunéré, qui profite à toute la famille et notamment aux hommes.

    Qui n’a jamais observé les femmes de sa famille s’affairer en cuisine – le saumon fumé ! la dinde aux marrons ! la bûche au chocolat ! – pendant que les hommes conversent nonchalamment autour d’un verre est non seulement chanceux.euse, mais a également raté une expérience sociologique essentielle.

    La période de Noël n’est pas le seul moment lors duquel la force de travail et la charge émotionnelle des femmes sont réquisitionnées. Mariage, anniversaire, célébrations diverses : tous les événements qui rythment la vie sont généralement pensés, élaborés et organisés par les femmes, qui y voient l’occasion de mettre en œuvre les compétences relationnelles, d’organisation et de soin à autrui qu’elles ont spécifiquement acquises (note pour les néophytes : non, ce n’est pas inné).

    Mais ce n’est pas la seule raison.

    En réalité, ce n’est pas tant que les femmes se plient de bonne grâce à ces marathons organisationnels – il y a plus fun que d’organiser une cérémonie de mariage de A à Z ou de préparer un repas de réveillon pour 20 personnes, par exemple.

    C’est aussi et surtout une affaire de traditions genrées et d’attentes sociales, si solidement établies qu’il peut être difficile d’y échapper.

    Les femmes sont en effet jugées sur leurs capacités (et leur motivation) à être une bonne « maîtresse de maison » – même si plus personne ne se risquerait à employer une expression aussi désuète, pour ne pas dire sexiste. Plus globalement, la société les déclare responsables des événements familiaux, de l’atmosphère du foyer et du bien-être de ses membres – et qu’importe si elles doivent sacrifier le leur au passage.

    Il est donc attendu qu’elles endossent sans mot dire le rôle qui leur a été assigné, celui d’une G.O (gentille organisatrice) enthousiaste et infatigable. C’est à elles qu’il revient de rendre les membres du foyer heureux, de désamorcer les potentiels conflits, de s’assurer de la bonne ambiance générale, et de combler les besoins gustatifs, esthétiques et récréationnels de leurs convives. C’est sur elles que pèse le devoir d’occuper les fonctions de cheffe cuisinière, décoratrice, organisatrice d’événement, médiatrice et lubrifiant social. Le tout gratuitement et sans se départir de leur bonne humeur, bien sûr.

    Ces normes sociales sont particulièrement difficiles à combattre car elles sont implicites, sous-jacentes, et profondément ancrées. Leur invisibilité est un piège, puisque ce qui n’est pas nommé n’existe pas.

    #sexisme #charge_mentale #maitresses_de_maison #domesticité #dominant

    • En écoutant l’émission de conseils de radio binge sur la survie à Noël
      https://seenthis.net/messages/816699
      j’ai été assez gêné de les entendre suggéré de se réfugié en cuisine ou l’ambiance serait meilleur et moins oppressante. Perso j’y aurais plutot envoyé les oncles et cousins afin qu’ils me démontrent par l’exemple leur prétendu égalitarisme ou humanisme. Je ne conteste pas que 80% du temps ce sont les femmes et les filles qui sont en cuisine et sont moins oppressives que 80% des hommes qui picolent le cul sur leur chaise en se faisant servir tout en t’expliquant que l’égalité est déjà là, mais en même temps ca renforce le problème et ca désempouvoire les femmes qui sont renvoyé avec bienveillance aux fourneaux. Classique #catch22 ou effet des #injonctions_paradoxales qui fait que pile tu perd et face tu ne gagne pas.

      Mais surtout ce qui me chiffonne autour des fetes de famille et ici Noel, c’est la permanance du tabou sur les violences interfamilliales.
      l’article que je met ici demande

      Et si on parlait de la charge mentale de Noël ?

      mais je demande
      https://www.youtube.com/watch?v=6rfWuHK0uEQ&feature=emb_title


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      «Et si on parlait des violences intrafamiliales de Noël ?»

      Car si on écoute les conseils les seuls problèmes qu’on rencontrent à Noël ce sont des remarques irritantes sur nos choix politique, mais Noël c’est le moment ou la famille est réunie et la famille c’est le premier lieu d’oppression. C’est le moment ou un agresseur va être accueilli et avoir l’occasion d’agresser à nouveau, avec souvent l’excuse de l’alcool et profitant de la charge de travail qui tiens les femmes en cuisine. C’est le moment ou les victimes de violences sont revictimisées, confrontées au déni des agresseurs et de la famille - car il y a la charge mentale et émotionnelle de ne pas gacher cette bonne ambiance festive. Une fête qui est elle même fondatrice du concept de famille.

      C’est une période ou tu apprend aussi ta place et ta valeur dans le groupe. Une de mes grand mère détaillait à chacun·es des membre de la famille le prix du présent qu’elle offrait en fonction d’un rang qu’elle attribuait. Il y avait le rang d’ainesse modulé par le sexe, ainsi elle m’expliquait chaque années que mon petit frère avait un cadeau plus cher que moi parce que c’était un garçon, mais que ma petite soeur en avait un moins cher que moi car elle etait plus jeune. Je recommande cette technique pour faire des féministes radicales ;)
      Elle faisait ca aussi avec les adultes, les épouses de ses fils qui recevaient un bijoux en fonction de l’ainesse de leurs époux, c’etait un peu comme aux JO, or, argent, bronze... C’est assez particulier je veux bien le reconnaitre, surtout dans le coté explicite, mais je pense que noel c’est ce moment qui installe et favorise la répétition transgénérationnelle des violences intrafamiliales.

      #violences_intrafamiliales #inceste #famille #sexisme #agisme #discrimination #valeur #hiérarchie

    • L’article de départ parle aussi de mariage, et de la charge d’organisation qui incombe là aussi aux femmes. Le mariage est ritualisé avec des « enterrements de vie de garçon et maintenant jeunes filles ». Comme si les garçons se privaient vraiment d’avoir des maitresses et de prostituer une fois marié et comme ci c’etait eux qui allaient etre en deuil de leur liberté, de leur salaire, de leur nom, de leurs points de retraites... Et même si aujourd’hui on réprime moins vigoureusement l’adultère des femmes, la situation est loin d’être symétrique dans le mariage.

      C’est un peu comme si les femmes devaient redoublé les preuves de soumission dans les moments clé de leur asservissement.
      Ce sont les rituels de domestication des femmes, des étapes clés dans l’édifice des discriminations qui leur sont infligées.
      C’est en plus l’objet de toutes les cristalisations pour les femmes.
      Le plus beau jour de leur vie.
      Le jour ou elles peuvent mettre une robe de princesse et etre la reine de la soirée
      Noel c’est aussi le plus beau jour de l’année,
      L’accouchement c’est aussi le plus beau jour de la vie d’une femme
      Les enfants c’est ce qu’elles ont de plus précieux...
      – les hommes qui tirent les plus de bénéfices matériels et symboliques de ces rituels, affichent souvent leur mépris pour ces « trucs de bonnes femmes ».
      De mon coté la réponse à tout ceci c’est le boycott et je réfléchit à de nouveaux rituels (mais ca marche pas trop).

  • ‘Self-partnered’ Emma Watson is right : we need more ways to be single | Brigid Delaney | Film | The Guardian
    https://www.theguardian.com/film/2019/nov/06/self-partnered-emma-watson-is-right-we-need-more-ways-to-be-single
    https://i.guim.co.uk/img/media/3d913711364a7515f23e80e39b000896a88c6f98/0_72_3070_1842/master/3070.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    When Emma Watson described herself as “self-partnered” in an interview with British Vogue this week, the term was met with a mixture of ridicule and praise. Predictable masturbation jokes were made.

    Like Gwyneth Paltrow’s use of the phrase “conscious uncoupling” to describe her separation from her husband Chris Martin, or Mark Ronson’s recent (albeit accidental) announcement that he was “sapiosexual” (attracted to intelligence before appearance), any deviations from the limited language we have around relationships is met with mockery.

    And then there is what Emma Watson described. “If you have not built a home, if you do not have a husband, if you do not have a baby, and you are turning 30, and you’re not in some incredibly secure, stable place in your career, or you’re still figuring things out ... There’s just this incredible amount of anxiety,” said the Ivy League-educated UN ambassador and Bafta winner, in what some have pointed out is a telling sign of the times. “It took me a long time, but I’m very happy [being single]. I call it being self-partnered.”

    Je ne suis pas très fan de la survalorisation revendicative (j’édite, je ne sais pas comment dire) de modes de vie marginaux (anarchisme du mode de vie) mais pourquoi s’empêcher de nommer des attitudes qui existent ? Et surtout je découvre la position d’Emma Watson, cette manière féministe de revendiquer d’être une femme #célibataire, #seule, libre et ça lui va très bien ! @mona dans Sorcières a montré comment cette indépendance était perçue comme menaçante, ça expliquerait la haine et le sarcasmes déchaînés contre Watson sur les réseaux.

  • Isère : la collégienne visée par une procédure disciplinaire pour un débardeur jugé provocant ne sera pas sanctionnée (France 3 Auvergne-Rhône-Alpes)
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/isere-collegienne-visee-procedure-disciplinaire-debarde

    Une collégienne iséroise de 14 ans faisait l’objet d’une procédure de discipline pour avoir porté des tenues jugées inappropriées par son établissement.

    Que le règlement intérieur intègre des éléments sur la tenue vestimentaire cela paraît raisonnable. Mais la lourdeur de la sanction envisagée intrigue. Et on découvre avec stupéfaction l’argumentaire de l’établissement tel que rapporté par la mère de la collégienne :

    "Les principaux arguments sont : « ça excite les garçons, ils sont en pleine crise d’adolescence, il faut cacher le corps car vous comprenez, il peut arriver des accidents »", déclarait Marion, ​​la mère de cette jeune fille de 14 ans […].

    Donc :
    #culture_du_viol : la tenue vestimentaire justifie les « accidents ».
    #regard_masculin : ce n’est pas tant l’adéquation de la tenue vestimentaire au règlement intérieur qui pose problème que le regard masculin sexualisant qui est porté sur la collégienne.
    NB : le regard masculin est attribué aux collégiens adolescents mais comme les propos sont tenus par l’institution et non par ses camarades, on peut penser qu’il s’agit d’abord d’un regard d’adulte, la réaction putative des collégiens servant de prétexte oratoire.

    Notons que dans le collège d’à-côté d’autres jeunes filles seront exclues pour une robe trop longue ou aux couleurs trop ternes.
    cf. https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2015/04/28/une-jupe-trop-longue-peut-elle-etre-consideree-comme-une-atteinte-a-la-laici

    #éducation #collège #sexisme #contrôle_des_corps #patriarcat

  • [Dans tes oreilles !]
    Résistance ? Violence ? Pacifisme ? Collaboration ?

    Alors que le #G7 pérore et que le contre G7 s’endort, je viens d’enchainer 2 écoutes que je trouve plutôt complémentaires :

    Damasio, Dufresne, Lordon : Résistance, résistances
    https://ecrits-aout.fr/articles/damasio-dufresne-lordon

    G7 de Biarritz : le contre-sommet peine à déborder
    https://radioparleur.net/2019/08/25/g7-de-biarritz-le-contre-sommet-peine-a-deborder

    pitch du premier :

    C’est le Dictionnaire amoureux de la Résistance, de #Gilles_Perrault, qui sert de point de départ à cette rencontre. L’esprit de la Résistance peut-il encore nous être utile aujourd’hui ? Peut-on le voir à l’œuvre dans les #mouvements des peuples actuels ?
    Cette question qui leur est proposée, #Alain_Damasio, #David_Dufresne [@davduf] et #Frédéric_Lordon la débordent bien vite. Peut-on échapper à la #société-de-contrôle ou doit-on la renverser ? Est-il possible de construire un archipel de #dissidences qui résiste à la #répression ? Le Grand soir n’est-il qu’un fossile d’une pensée politique ensevelie ?

    pitch du second :

    Samedi 24 août, deux manifestations, l’une pacifique, l’autre plus radicale ont illustré les dissensions du contre-sommet du G7. Entre volonté de respecter un #consensus d’action non-violentes, #critiques #stratégiques réciproques et présence policière permanente, la journée a été mouvementée…
    [ lire aussi l’article qui retranscrit les journées]

    Je termine ces écoutes comme je le souhaitais, avec bien plus de questions que de réponses et c’est tant mieux. Mon expérience m’a appris que c’est lorsqu’on ne montre qu’une seule voie pour atteindre un but, pis encore, quand elle ressemble à une autoroute de la mi-août, qu’on va le plus souvent droit dans le mur. Je ne crois pas en une « masse critique » unie qui ferait basculer les choses et surtout les pouvoirs, fédérée par UNE parole, encore moins UNE personne.

    Et puis, objectivement, force est de reconnaître que l’injonction au #pacifisme, comme toute #injonction, est une #violence. Même combat, d’ailleurs, concernant l’injonction à la non-violence !
    Elle l’est d’autant plus que dans 90% des cas elle est un non-sens dû une méconnaissance historique (voire un #déni, une #dissonance_cognitive). Le pacifisme c’est croire en la #Paix, la rechercher et tout faire pour y parvenir. Qui peut actuellement dire que nous vivons en paix sauf à s’extraire de toutes les crasses et casses sociales locales, sauf à s’extraire de nos responsabilités internationales et ne pas reconnaitre les multiples chemins (#kyriarchie) de la domination ? Le pacifisme c’est résister pour la paix, et la #résistance, ne serait-ce que par l’auto-défense, implique parfois de se battre. Sinon nous basculerions dans un dogme du #sacrifice.

    C’est dans la reconnaissance de ces voie multiples des multitudes de luttes à mener que se situe, selon moi, ce #résistances avec un petit « r » et beaucoup de « s » auquel il est fait référence dans le premier enregistrement.

    Quand à la #non-violence, une fois encore je renverrai vers la tribune de #Juliette_Rousseau, qui a été la porte-parole de la Coalition climat 21, collectif de la société civile créé en 2014 pour préparer les mobilisations pendant la #COP21, et qui en a tiré cette leçon : La non-violence doit accepter la pluralité des formes de lutte
    https://archive.org/details/20170419_La_Non-Violence


    (https://seenthis.net/messages/591248)

    Et pour un peu de légèreté, ce mini clip du compte Illuminati Reptilien sera parfait en clap final : https://twitter.com/IllumiReptilien/status/1165255537652568064

  • Pour réformer, Emmanuel Macron apprend les concessions
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/07/22/pour-reformer-emmanuel-macron-apprend-les-concessions_5491949_823448.html

    Jusqu’ici, la #repentance du président de la République était restée uniquement verbale. Mais des premiers signes de passage à l’acte sont apparus ces dernières semaines.

    Chat échaudé craint l’eau froide, dit le proverbe. Après avoir réformé au pas de charge et souvent dans la confrontation lors des deux premières années de son mandat, Emmanuel Macron a promis d’avancer plus prudemment pour la seconde partie du quinquennat. « Nous sommes entrés dans une phase où il faut sans doute bien davantage de temps de délibérations », a reconnu le chef de l’Etat lors de sa conférence de presse de sortie du grand débat national, le 25 avril. « Le sentiment que j’ai donné, c’était une sorte d’injonction permanente d’être dur, parfois injuste et je le regrette », avait-il ajouté.

    Jusqu’ici, la repentance était restée uniquement verbale, faisant craindre à certains qu’il ne s’agissait là que de tactique. Mais des premiers signes de passage à l’acte sont apparus ces dernières semaines, donnant corps à la nouvelle approche présidentielle. Mi-juillet, l’exécutif a ainsi fait savoir qu’il renonçait à prendre de nouvelles mesures d’économies pour financer les retraites à court terme. Bercy réclamait, au nom de l’équilibre des comptes, d’allonger dès cet automne la durée de cotisation pour bénéficier d’une pension à taux plein. Trop explosif, alors qu’une réforme systémique est sur la table, ont estimé les deux têtes de l’exécutif. « Matignon s’est très vite rendu compte que cela empêcherait d’avoir tout le monde sur la ligne de départ », explique un ministre qui a suivi les discussions.

  • Je suis blasée que dans de nombreux post instagram de comptes feministes qui abordent la question des poils, le choix individuel soit autant mis en avant. On a le choix de porter du rouge ou du vert, mais on ne peut pas réellement parler de « choix » sur les poils féminins tant que l’épilation est la norme
    #épilation #injonction #beauté #poils

  • Hôpital public : la cote d’alerte
    https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/12/25/hopital-public-la-cote-d-alerte_5402017_1651302.html

    Analyse. Non-remplacement de départs à la retraite, redéploiement de personnels… La recette des hôpitaux publics pour juguler leurs déficits et récupérer des marges de manœuvre financières est connue de longue date. Mais après des années de mise en œuvre, la potion est devenue trop amère pour les soignants. « Nous sommes arrivés à un point insupportable, écrit la neurologue Sophie Crozier dans une tribune à Libération, le 19 décembre. Nous abîmons nos hôpitaux, nous abîmons les gens, et je ne peux me résigner à voir l’hôpital couler ainsi… »

    Et la situation pourrait se tendre davantage ces prochaines années. Pour répondre à des déficits qui devraient atteindre cette année entre 1,1 et 1,3 milliard d’euros, les plans de suppressions de postes se multiplient. Dans les hôpitaux de Marseille, Nancy et Tours, des centaines d’emplois sont sur la sellette. A Cherbourg, l’hôpital pourrait devoir économiser 190 équivalents temps plein d’ici à 2022, soit 10 % du total de ses effectifs.

    Après avoir réduit 405 postes équivalents temps plein cette année, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé, fin novembre, que 779 postes non médicaux (dont 240 dans les services de soins) allaient être supprimés en 2019 au sein de ses 39 établissements. « Une diminution des effectifs de nature à compromettre la bonne exécution des missions de service public hospitalier », a estimé le conseil de surveillance de l’AP-HP le 17 décembre. « On ne peut pas baisser les effectifs de soignants » car « ces équipes sont sous une énorme tension, et on ne peut pas leur imposer un rythme d’activité encore plus élevé », avait pourtant assuré la ministre de la santé Agnès Buzyn il y a un an.

    Las. Sous le couvert de l’anonymat, un directeur de groupe hospitalier explique que le non-remplacement de quasiment tous les départs en retraite de personnel soignant est sa « seule marge de manœuvre ». « Je redéploie mes effectifs avec deux exigences : la guérison du patient et le respect des contraintes de la Haute Autorité de santé, dit-il. Charge aux équipes de choisir ensuite elles-mêmes ce qu’elles vont faire différemment ou ne plus faire. » Et de confesser : « Depuis dix ans, je fais du cost killing. Partout où je passe, les emplois ont baissé. »

    Ces redéploiements se font généralement très vite ressentir. La disparition du poste d’infirmière-référente chargée de la formation, l’allégement ou la suppression du « pool » de remplacement, le non-remplacement de la secrétaire du service pendant ses vacances fragmentent et alourdissent le travail de ceux qui restent. « On a des tâches saccadées, on n’arrive pas à faire des trucs jusqu’au bout, c’est terrible, témoigne une infirmière de l’AP-HP. On se retrouve à faire plein de choses qui ne sont pas du soin. Ces tâches annexes nous parasitent, nous empêchent d’être au lit du patient. On travaille à flux tendu tout le temps. On est obligé de prioriser nos soins, par manque de temps… »

    #paywall

    • [...] Les syndicats ne cessent de dénoncer cette situation. En mai, ils l’ont fait en s’appuyant sur un document interne du ministère de la #santé où se trouvait détaillée la façon dont devait être menée une économie de 1,2 milliard d’euros sur la masse salariale des établissements publics de santé sur la période 2018-2022. « Ce sont 30 000 postes qui seraient supprimés sur cinq ans », en avait déduit FO-Santé. Dans les faits, ce sont aussi des #emplois qui ne sont pas créés.

      Emplois transversaux
      De plan de restructuration en plan de #restructuration, l’#hôpital serait aujourd’hui « à l’os ». « Il y a un moment où on ne peut plus améliorer la productivité. On est en train d’arriver à cette limite », souligne un bon connaisseur du monde hospitalier. Un constat formulé sans détour par Jérémie Sécher, le président du Syndicat des manageurs publics de santé (SMPS), une structure qui représente des directeurs d’hôpitaux : « A la suite des plans d’économies qui se succèdent depuis dix ans, il y a pas mal de services où on n’a plus de marges de manœuvre pour réguler la masse salariale sans mettre en question la qualité et la sécurité des soins. »

      Face à ces accusations, Mme #Buzyn, comme Marisol Touraine avant elle, oppose des chiffres de la fonction publique hospitalière en hausse régulière. « Contrairement à ce que l’on ressent dans les hôpitaux, le nombre de fonctionnaires de la fonction publique hospitalière augmente tous les ans de 1,5 % pour atteindre 1,2 million de fonctionnaires aujourd’hui car en réalité, il y a des établissements qui se créent », a fait valoir Mme Buzyn le 17 octobre au Quotidien du médecin. En réalité, cette hausse du nombre de fonctionnaires hospitaliers est plus modérée : elle a été de 0,7 % entre 2016 et 2017 (contre 0,4 % l’année précédente), selon des chiffres publiés par l’Insee le 13 décembre. Beaucoup des emplois créés sont transversaux (équipe mobile d’antibiothérapie, équipe d’hygiène, codage des actes, etc.) et ne le sont pas « #au_lit_du_malade », ce qui renforce la perception de ceux qui s’y trouvent de travailler de plus en plus à flux tendu.

      « L’augmentation de l’activité a été décorrélée de l’augmentation des effectifs » , souligne Anne Gervais, hépatologue à l’hôpital Bichat, à Paris, et membre du comité de défense de l’hôpital public. Selon la base Statistique annuelle des établissements de santé (SAE), le nombre de personnels non médicaux (infirmières, aides-soignantes) à l’hôpital a augmenté de 0,7 % entre 2013 et 2017, passant de 765 078 à 770 939 équivalents temps plein. Parallèlement, selon les calculs de Mme Gervais, le nombre de patients suivis pour cancer a augmenté de 10,6 %, le nombre de ceux suivis pour Alzheimer de 9,4 % et de ceux hospitalisés de plus de 80 ans de 17,4 %. Un décalage qui raconte à lui seul l’ampleur de la crise.
      François Béguin

      « L’hôpital public est à l’agonie » , Rémy Nizard , 4 avril 2018 (cité par le papier ci-dessus)

      Le professeur Rémy Nizard constate, dans une tribune au « Monde », que l’hôpital public est à bout de souffle. Il identifie six pistes à suivre afin de sortir de la situation actuelle, parmi lesquelles la remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations.

      « La #tarification_à_l’activité, qui a permis un gain de productivité nécessaire à l’époque où elle a été initiée, mène à l’épuisement des soignants et au désengagement qui s’y associe » (Hôpital de la Pitié-Salpétrière).

      Tribune. L’hôpital public est une cocotte-minute prête à exploser. Après trente-quatre ans d’observation de tous les changements, parfois voulus mais le plus souvent subis, il convient de dresser un bilan très préoccupant.
      Je dois constater que le système est à l’agonie, il s’est épuisé, s’est échoué maintenant, sur la tarification à l’activité qui a constitué l’estocade. Ce mode de financement a eu la vertu de remettre un sens économiquement pertinent à l’activité hospitalière, il a permis un #gain_de_productivité nécessaire à l’époque où il a été initié. Mais aujourd’hui à force de pression et d’injonctions paradoxales, il mène à l’épuisement des soignants et au désengagement qui s’y associe.

      Les tragiques événements dans différents hôpitaux en France, même s’ils ne peuvent être analysés à la seule aune du #travail hospitalier intense, sont des signaux d’alarme à prendre en compte. Comme responsable élu d’une communauté médicale, je vois tous les jours les conséquences de cette course sans fin vers un idéal inaccessible : faire parfait pour tout avec des moyens qui, par la force de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), diminuent.

      Le royaume de l’#injonction_paradoxale
      La catastrophe de l’application des 35 heures a désorganisé un équilibre fragile en limitant les nécessaires temps d’échanges et de lien social. L’hôpital est devenu le royaume de l’injonction paradoxale. Ceci s’exprime à tous les niveaux dans tous les métiers. Les cadres, tout d’abord, pris entre le marteau d’une direction exigeante et l’enclume d’#infirmiers coincés par un travail lourd physiquement et émotionnellement qui leur font remonter leurs difficultés.

      Les infirmiers et infirmières, eux aussi pris entre des patients dont l’exigence est légitimement montée, des cadences accélérées liées aux progrès médicaux qui diminuent le temps passé par les patients à l’hôpital au profit d’une rotation plus rapide, des moyens humains rationnés au plus près. Ces difficultés sont payées au prix fort, l’#absentéisme augmente (au-delà de 8 %), aggravant encore davantage les problèmes financiers, la retombée de cela est une pression accrue sur la rentabilité de ceux en place, le mécanisme infernal est ici enclenché.

      Les directeurs, patrons de l’hôpital, comme l’a voulu la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) [de 2009], réalisent aujourd’hui leur impossibilité d’agir sur le réel sans la collaboration active des #médecins qui ont le pouvoir d’appuyer sur l’accélérateur ou le frein de l’activité. Certaines spécialités ont même le pouvoir de prendre en otage un hôpital entier de par leur activité transversale.
      Les directeurs sont pris entre une administration supérieure, l’Agence régionale de santé (ARS), bras armé du ministère, qui exige une rationalisation, et ces médecins maîtres de leur recrutement et/ou de leur temps de travail. La tentation du contrôle absolu en comptant les heures des médecins a été parfois appliquée, mais là encore c’est une spirale infernale : quand les médecins appliquent avec exactitude la réglementation horaire, cela conduit à diminuer encore davantage les capacités opérationnelles des hôpitaux, car spontanément, dans la majorité des cas, ils ne comptaient pas trop leurs heures.

      Certaines structures doivent fermer
      Les médecins, enfin, ne trouvent plus le sens de leur travail, tout a changé en quelques années : un statut social en berne, une productivité devenue mètre étalon, des patients devenus parfois #clients. Même les hospitalo-universitaires, « les mandarins », sont pressés de toutes parts pour trouver la solution à une équation impossible : la quadruple mission de soin, de recherche, d’enseignement et de conduite des équipes.

      Toutes ces activités sont, une à une, évaluées, décortiquées à coup de nombre de patients vus en consultation ou opérés, de nombre de publications transformées en points SIGAPS (système d’interrogation, de gestion et d’analyse des publications scientifiques), de rendus de notes données par les étudiants ou encore de mesures de bien-être de l’équipe que vous dirigez. Normal direz-vous, c’est le lot des postes « à responsabilité ».

      Mais là, trop c’est trop, le nombre de « blues du professeur » augmente de façon alarmante, conduisant certains à la démission, d’autres au désengagement ou, au pire, au #burn-out.
      Il existe des remèdes à cet état. Il faut les mener de front, accepter d’être politiquement courageux et intellectuellement audacieux. La médecine moderne, de pointe, ne peut se faire partout, elle nécessite compétence, moyens matériels et humains au-delà d’une norme bonne pour tous. Ceci signifie que certaines structures doivent fermer, le nombre d’hôpitaux, universitaires ou non, est trop important et leur rôle trop large.

      Des statuts inadaptés
      Les équipes qui composent ces hôpitaux universitaires, en particulier, sont souvent trop petites et ne permettent pas à ceux qui en ont la responsabilité de remplir les quatre missions de soins, de recherche, d’enseignement et d’animation. Il est certain qu’à l’image de la suppression de la taxe d’habitation les élus locaux se lèveront d’un bond, comme ils l’ont déjà fait, si leur hôpital est menacé de transformation ou de fermeture.

      Le premier employeur du territoire qu’il est souvent s’élèvera sans tenir compte de la qualité de ce qui est fait, de l’isolement de médecins prenant des gardes en nombre indécent, sans égard pour la dépense publique, en engageant des mercenaires à prix d’or. Comme à la SNCF les statuts ne sont plus adaptés à notre nouveau monde, il existe une absolue nécessité d’évoluer ; il va falloir du courage, de l’imagination, de l’audace.

      Des pistes existent.
      Ce sont : l’acceptation qu’un seul individu ne peut pas mener de front les quatre missions ; une nécessaire remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations adaptées ; une modification de la gouvernance hospitalière dans le sens d’une simplification de la prise de décision et une diminution des tâches non liées à l’activité de soin ; une délégation de tâches pour des soignants ayant eu une formation complémentaire avec une rémunération adaptée ; une valorisation du travail collaboratif avec la médecine de ville en ouvrant largement les portes de l’hôpital pour une utilisation optimale des si coûteux plateaux de blocs opératoires ou d’imagerie ; le développement des outils numériques, qui seront, personne n’en doute, source de sécurité et de productivité.

      Sans tout cela, les risques sont que nos soignants soient moins engagés, que notre population soit moins bien soignée, et peut-être, le pire, que notre recherche biomédicale ne soit plus en mesure d’être présente dans la compétition mondiale.
      Rémy Nizard (Chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologie, hôpital Lariboisière)

      Les urgences hospitalières confrontées à une surchauffe inhabituelle sur l’ensemble du territoire

      https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/03/17/les-urgences-confrontees-a-une-surchauffe-inhabituelle-sur-l-ensemble-du-ter
      Un dispositif exceptionnel a été activé dans 97 hôpitaux sur 650 pour répondre à un afflux de patients depuis début mars. Faute de lits, beaucoup passent la nuit sur des brancards.

  • Des universités japonaises pénalisaient les filles trop douées - Les Echos Start
    https://start.lesechos.fr/continuer-etudes/etudier-a-letranger/des-universites-japonaises-penalisaient-les-filles-trop-douees-13667.

    Le ministère de l’Education avait lancé, à l’automne dernier, un grand #audit des #concours_d'entrée de tous les établissements, publics comme privés, après la mise à jour de pratiques discriminatoires au sein de l’#Université_médicale_de_Tokyo. La prestigieuse fac avait admis en août que son comité de sélection s’arrangeait pour que les #filles ne représentent jamais plus de 30 % du nombre d’élèves reçus au sein de chaque promotion. Certains candidats garçons recevaient ainsi des points bonus sur la seule justification de leur #genre.
    Des efforts de justification

    Cette stratégie de discrimination avait, selon la direction de l’université, été mise en place pour contenir les pénuries de médecins dans les hôpitaux du pays. L’établissement expliquant que les femmes devenues médecins peinaient souvent à accepter les lourdes conditions de travail exigées pour ces postes et étaient même tentées de démissionner pour se consacrer à leurs familles après le mariage.

    Après avoir été, à leur tour, dénoncé publiquement par le ministère de l’éducation, d’autres universités ont tenté de justifier, à leur tour, les pénalités appliquées à toutes les candidates. Un effort qui a été souvent moqué par les réseaux sociaux.

    #sexisme #discrimination #médecine #Japon

  • Violences à l’école : « Les élèves ont intégré l’idée qu’on ne peut rien faire contre eux », estime Luc Ferry (Europe1)
    http://www.europe1.fr/societe/violences-a-lecole-les-eleves-ont-integre-lidee-quon-ne-peut-rien-faire-cont

    Certes.
    Mais on peut aussi penser que les élèves ont intégré l’idée qu’on ne peut rien faire pour eux.

    Vu du terrain, la question de se doter de sanctions efficaces est essentielle parce que nous, enseignant·e·s, n’y arrivons plus :
    – au quotidien, les outils de recadrage ne fonctionnent plus et nous nous épuisons à une gestion de classe qui finit par devenir notre objectif principal de la journée au détriment des apprentissages ;
    – nous sommes confronté·e·s, souvent sans recours, à une violence, que nous percevons comme grandissante, de la part des élèves, de la part des familles ;
    – nous ne sommes pas suffisamment soutenu·e·s par notre hiérarchie, à cause de #PasDeVagues, à cause des indicateurs statistiques qu’il faut préserver, mais aussi parce qu’en définitive la hiérarchie non plus ne saurait comment faire : la question de la sanction est un impensé du ministère. Ainsi la réponse gouvernementale, après avoir été retardée faute de solutions disponibles, accouche d’un mélange de procédures bureaucratiques et de punitions déjà reconnues inefficaces au siècle dernier.

    Par contre, la phrase de Luc Ferry révèle la violence des « réacpublicains » seulement capables de penser contre, la violence de leur idéologie réduite au "eux" contre "nous", la violence, en définitive, de leur vision de l’éducation.
    Car non, on ne peut éduquer contre, on ne peut enseigner contre, on ne peut pas même sanctionner contre. Car pour que la sanction soit comprise et ait un effet, il faut sanctionner pour. Pour poser une limite qui fait sens, pour tenir un cadre qui permet de (se) construire, pour permettre une socialisation de chacun·e qui ne soit pas juste un rapport de force, bref pour, au-delà des mots et des principes, une mise en actes de nos valeurs.

    Le retournement de la phrase de Luc Ferry révèle, elle, la violence de notre système scolaire qui, en dépit des efforts professionnels d’une partie des enseignant·e·s, trie, hiérarchise, sélectionne, crée de l’échec. La violence d’un système scolaire qui, d’après les études internationales, est un des plus inégalitaires du monde.
    La violence de la duplicité des politiques éducatives et de la parole qui les porte, auxquelles Luc Ferry a grandement participé, dont J.-M. Blanquer est l’aboutissement. Une parole qui dit « École de la bienveillance » quand l’ensemble du système, depuis les comités d’expert·e·s jusqu’aux enseignant·e·s de terrain, est en voie de caporalisation. Une parole qui martèle depuis des décennies son objectif de « réussite de tous » quand notre système scolaire est le champion de la reproduction sociale, orientant peu à peu les élèves vers l’idée que tout cela n’est pas pour elles·eux. Une parole qui ne tient pas ses promesses lorsqu’elle psalmodie « bienveillance, coopération, respect » alors que la société, et notamment le monde-du-Travail qui semble en être devenu la finalité première, fonctionne exactement à l’inverse : concurrence, individualisme, exclusion.
    Qui pense encore que les établissements scolaires pourraient être des lieux hors-la-société où les élèves pourraient, sous l’autorité bienveillante de leurs enseignant·e·s, s’approprier et faire vivre les valeurs inversées de celles qui ont, passé le portail, construit ces mêmes élèves ? Qui ça étonne encore ? La violence d’un système scolaire qui sous le masque de l’égalitarisme républicain n’est que le sas d’entrée d’une société individualiste, néolibérale et discriminatoire.

    Oui, la question de sanctions efficaces doit être repensée et réactivée dans nos établissements car la violence des élèves envers les enseignant·e·s ou envers leurs camarades est injustifiable, inacceptable, insupportable.
    Et nous, enseignant·e·s, en première ligne, bien souvent, du délitement social, n’en pouvons plus.
    Mais rien ne sera efficace, ni dans nos classes ni dans la société, si nous faisons semblant d’oublier que la violence politique et sociale est première.

    #éducation #violence #injonction_paradoxale

    • Les profs de ma fille soulignaient que les classes étaient plus ou moins « faciles » en fonction de la motivation des élèves.
      Elle est dans une classe contingentée, ce qui signifie que l’accès à cette classe s’est fait sur dossier, en prenant les meilleurs élèves. Les profs adorent cette classe : 35 élèves bien tassés, mais 0 problème. La plupart des jeunes viennent de loin, sont pensionnaires et se lèvent à des heures impossibles le lundi matin pour venir en classe.
      Ils ont parlé des inévitables « classes à problèmes » : en gros, les classes par défaut où l’on met les élèves qui n’ont pas de bons résultats, mais qu’on ne peut pas encore mettre dehors. Bizarrement, les élèves de ces classes foutent la merde, sont en guerre ouverte contre l’institution et tous ses représentants.

      Normal, non : tout le monde leur a bien fait comprendre qu’ils étaient des boulets et qu’ils étaient là, sur une voie de garage qui va nulle part, en tout pas vers des choses intéressantes, en attendant de pouvoir les pousser vers la porte.

      Et il y a des gens qui s’étonnent de la violence de ces jeunes. Ce qui m’étonnent, moi, c’est qu’ils ne soient pas plus en colère.

      Dans le collège de ma fille, une grande partie des élèves de troisième vivotaient en attendant d’avoir l’âge d’entrer en apprentissage. En gros, ils savaient (et on leur avait bien fait comprendre, une fois de plus) que les enseignements qu’ils subissaient n’allaient leur servir rigoureusement à rien.
      Le cours le plus bordélique était celui d’anglais : la majorité des gosses savaient qu’ils ne partiraient jamais du bled, que leur horizon, c’est les vignes ou les canards. Seuls les plus chanceux et les plus motivés pourront peut-être être ouvriers sur les machines à commandes numériques qui sous-traitent pour l’aéronautique régionale, avec le SMIC + panier repas comme perspective de carrière.

      Alors l’anglais…

  • Ce qu’il coûte à une mère de laisser son enfant seul 5 minutes dans une voiture
    https://www.nouvelobs.com/rue89/notre-epoque/20180808.OBS0681/ce-qu-il-coute-a-une-mere-de-laisser-son-enfant-seul-5-minutes-dans-une-v

    Le raisonnement est simple : pour se prémunir de toutes ces horreurs, nous sommes capables de tout. Kim Brooks ne peut qu’en attester. Elle ne voit plus d’enfants « aller à l’école à pied, jouer tout seuls dans un parc, faire du vélo ou construire des cabanes ». Pas à cause du risque, mais parce que c’est immoral.

    Parmi les témoignages recueillis par Kim Brooks, il y a celui de Debra Harell qui, en 2014, a « laissé sa fille de 9 ans dans un parc alors qu’elle travaillait dans un McDonald’s ». Accusée de négligence, elle a vu sa fille placée en famille d’accueil pendant deux semaines.

    La sentence semble lourde pour « un pays qui n’offre pas de services de garde subventionnés, ni d’assurance ou de flexibilité horaire au travail pour les parents », rappelle l’auteure de l’article. En réalité, qu’elle soit issue d’un milieu défavorisé ou aisé, toute mère américaine peut être visée par « ce type de surveillance et écoper d’une sanction ».

    #patriarcat #injonction_paradoxale

  • De l’idéologie romantique au travail conjugal – prendre soin du conjoint au détriment de soi ? | Une sociologue chez le coiffeur
    https://systemececilia.wordpress.com/2018/04/08/de-lideologie-romantique-au-travail-conjugal-prendre-soin-

    Dans plusieurs articles, j’ai réfléchi à l’idéologie romantique et j’ai parlé un peu de mes expériences et celles de mes proches concernant les relations amoureuses hétérosexuelles. En les relisant, et en lisant l’article de My Sage Diary sur le mythe de l’amour romantique comme un événement transcendant, magique, qui va illuminer notre vie et qui va nous permettre de devenir une meilleure version de nous-mêmes ; je me suis dit qu’ils s’inscrivaient dans la même logique, et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à creuser pour la mettre au jour.

    #couple #féminisme #amour #romantisme #travail_conjugal #célibat

    • #hétérosexualité #sexisme #injonction #travail_sexuel (Elle connait pas Paola Tabet mais c’est elle qu’il faut lire sur le travail sexuel)
      #domination_masculine

      Ca me rappel le slogan féministe : les femmes ont besoin des hommes comme les poissons de bicyclettes.

      Sinon pour la fin « les femmes qui renoncent à la vie en couple » ca donne un coté regret. Choisir le célibat n’est pas un renoncement. C’est plutot le couple hétéro que je verrait comme un renoncement, puisqu’une femme en couple renonce souvent à sa carrière, son corps, son nom, s

      Par rapport à l’éducation c’est un peu comme si on apprenait aux femmes à aimer l’amour et aux hommes à le haïr. Dans les blagues misogynes sur le mariage, les hommes sont sensé entré dans une sorte de prison monogame ; « ils se font passé la corde au cou » et ils célèbrent des « enterrement de vie de garçon » tandis que les femmes sont sensé vivre « le plus beau jour de leur vie » alors que c’est elles qui signent pour leur asservissement.

  • Pourquoi les hommes pleurent-ils pour la Coupe du monde ? | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/164777/sport-coupe-du-monde-2018-football-hommes-pleurer-larmes-emotion

    Article assortie de son sous-titre misogyne et homophobe :

    Et pourquoi cela n’en fait pas moins des hommes.

    Les sanglots ne seraient pas les mêmes entre les hommes et les femmes, selon notre expert. « Ce ne sont pas les mêmes déclencheurs. Et les larmes ont été pendant longtemps –selon moi de Napoléon au 11-Septembre– un signe de féminité, voire d’enfantillages. Du coup, elles ont été complètement censurées. »

    Il tente de différencier deux façons de pleurer : « Chez les femmes, les larmes sont déclenchées pour les maladies, les morts, les enfants. Pour les hommes, ce sont en principe les cérémonies officielles : le 14-Juillet, des victoires dans le sport, un enterrement officiel, où les hommes ont le droit de pleurer en chœur et en public ». « Nous jouons avec nos émotions, nous faisons comme si le sort de la patrie était en jeu », rappelle l’historien du sport Paul Dietschy dans Libération.

    #sexisme #misogynie #larmes #homophobie #virilité #mâle-alphisme

    • non je l’ai pas oublié, je l’utilise pas car c’est une posture dépolitisante et individualiste. C’est pas une question de « crétinerie » ou de « bêtise » de tel ou tel homme ou femme. C’est l’expression d’un systheme d’oppression avec sa méchanique de dévalorisation de ce qui est associé aux femmes et de valorisation de ce qui est masculin. Ici on explique que les hommes pleurs comme des hommes pas comme des femmes. Et on rassure les hommes qui pleurent en leur disant qu’ils n’ont rien de feminin en eux, même si ils pleurent, ils pleurent avec virilité pour l’honneur de la patrie. Ca montre a quel point la domination masculine sait s’adapté pour que les hommes conservent leurs privileges.

    • D’autant que l’article indique que les femmes qui pleurent font des enfantillages (avec le mépris toujours actuel pour les émotions des enfants). Il ne suffit donc pas que les femmes soit un peu plus responsables quand elles souffrent et qu’elles cessent de pleurer pour un rien, il faudrait aussi qu’elles aient le statut de personne adulte (donc de mâle non pleureur), pas gagné.
      #injonctions_paradoxales

    • C’est en cela que je trouves le tag #crétins_abyssaux (oui, je complète) pertinent. Mais je comprends tes préventions @mad_meg, on est bien sur la même longueur d’onde, ce texte recycle tous les poncifs sexistes insupportables.

      Je précise : les argumentaires de cet « historien » sont d’un simplisme consternant. On est au XXIème siècle, et le monsieur te dit que les femmes sont fragiles et qu’elles pleurent pour cela et que les hommes sont patriotes et qu’ils pleurent pour cela. Et lui, il est historien à la façon de Lorànt Deutsch c’est à dire qu’il faut que ça lui donne l’impression d’émettre des choses super intelligentes mais qui ne sont que des sophismes éculés et... crétins. Quand il ne s’agit pas juste de propagande grotesque.

    • Hier soir ils rediffusaient le match de finale... j’étais éberlué en constatant que c’était bien vrai, qu’ils rediffusaient en effet le match... Il n’y aura pas eu un seul soir depuis dimanche dernier sans qu’on crétinise/monopolise le paysage audiovisuel avec ce non-sujet de la coupe du monde de foot. Et forcément, comme à chaque fois qu’on brode à l’infini sur un non-sujet, on tombe sur le pire, ... et sur le pire. Libération n’y échappe pas. Un historien à la « Redeker » peut déblatérer sans limite... Redeker, d’ailleurs, qui lui aussi, en tant que (professeur de) philosoph(i)e, bon client des journalistes milliardaires, a pu déblatérer à la télé à cette occasion, j’ai eu la malchance de zapper et de voir sa sinistre tronche et entendre ses borborygmes ineptes mais si recherchés et consensuels (parmi les patriotes qui pleurent mais n’écoutent pas forcément, à quoi bon tant qu’on est dans le même camp ?).

  • Ces #femmes dites « difficiles » parce qu’elles n’ont pas voulu se conformer aux #stéréotypes | National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/photographie/ces-femmes-dites-difficiles-parce-quelles-nont-pas-voulu-se-confo
    https://www.nationalgeographic.fr/sites/france/files/styles/desktop/public/Jack_Klugman_Bobby_Riggs_Billie_Jean_King_Odd_Couple.jpg?itok=FZm

    Le titre du livre ne mentionne pas les sous-entendus qui entourent le terme « difficile ». Les femmes fortes, passionnées et déterminées ne se pavanent pas en disant « Regardez, je suis difficile ». Elles ne font que vivre leur vie. Ce terme « difficile » est utilisé par les autres pour décrire ces femmes. Si vous vous moquez de ce que les gens pensent, vous serez considérée comme une femme difficile parce que vous ne faites pas ce que l’on attend de vous. Une femme difficile est donc une femme qui ne fait pas ce qu’elle devrait faire, une femme qui dérange ou une femme qui estime que ses propres besoins, objectifs et désirs sont aussi importants que ceux des autres. L’une des premières critiques du livre m’a dit que la barre était bien basse. Je l’ai remercié d’avoir souligné ce point pour moi. Il ne faut pas grand chose pour être perçue comme une femme difficile. C’est pour cela que nous sommes si nombreuses [rires].

    #sexisme

    • Héhé @aude_v merci du signalement, en plus d’être une femme difficile, j’ai aussi entendu « une femme à qui on ne peut rien dire ». Ainsi mon père se dédouanait de mes reproches de m’avoir laissé travailler à 16 ans juste après la réussite de mon bac dans des conditions d’exploitation indignes : « Ah oui mais toi, on ne pouvait rien te dire. » C’est également sous ce prétexte qu’il cachait qu’il favorisait mes frères.
      Je ne sais pas si vous avez le même retour sur « toi, on ne peut rien te dire » mais je trouve que c’est fort de café de se retrouver avec un pouvoir de castration si fort qu’il vous retombe sur la gueule. D’autant que dès 13 ans mes parents ne se sont plus préoccupés de ce que je faisais. Mon père était juste gentiment misogyne, mine de rien sourd aux femmes, et j’ai mis longtemps à m’en rendre compte.
      Pour ma part je suis fière maintenant de m’être sortie d’une si mauvaise #estime_de_soi ayant commencé à parler à 25 ans, pas que j’étais muette, mais l’effacement était de mise.

    • @aude_v je vois bien ce que tu évoques, trouver sa place quand il n’y en a pas.
      Et c’est effectivement basée sur le principe des #injonctions_paradoxales. La phrase « on ne peut rien te dire » clôt la discussion en renvoyant à l’impossibilité de l’échange, elle fait taire ou se soumettre. Le continuum de ce conflit qui ne peut se résoudre est le reproche même de faire langage avec le sous entendu « parce que tu réponds ». Il me semble que cela recoupe ce dont tu parles où l’interlocuteur impose un point de vue qui vise à ostraciser avec son « tu gueules contre tout le monde ».

      Je suis très sensible au reproche de #déranger, tant pis, parce qu’au final c’est parfois la seule manière d’avancer et qu’il n’existe pas de changement qui puisse être confortable. Pas toujours facile à vivre cependant, mais je m’en revendique, d’ailleurs je monte une asso féministe de ce pas nommée #les_dérangées :)

    • J’avais aussi pensé à dérangeantes mais ça fait un peu penser à ménage ou déménagement, bref à ranger. Les dérangées me semble plus proches des enragées ou même des salopes, ou des folles hystériques ! et je trouve assez drôle de jouer de cette violence induite.

  • Violences gynéco : des étriers à l’épisio, un rapport douloureux - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/06/28/violences-gyneco-des-etriers-a-l-episio-un-rapport-douloureux_1662694

    Une enquête du Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes, publiée ce vendredi, met en lumière le sexisme dans le suivi gynécologique et obstétrical. Des cabinets d’examen aux plus hautes instances, les dysfonctionnements persistent.

    Présentez un spéculum vaginal à un homme. Demandez-lui de le toucher, puis de dire ce qu’il ressent. « C’est primitif, effrayant, froid », s’exclame l’air médusé l’un d’entre eux dans le documentaire Paye (pas) ton gynéco, réalisé par Nina Faure (1). L’objectif du court-métrage : mieux faire entendre la voix des femmes victimes de violences gynécologiques et demander des explications aux représentants de la profession. Et là, on n’est pas déçu, quand un ponte affirme que « non, un toucher vaginal n’est pas invasif » ou lorsqu’un gynéco après une auscultation prend la tension (plutôt basse) de la patiente en s’exclamant : « Hé ben, je vous excite pas des masses. » Tellement délicat. Tellement vrai ? Ce docu, disponible depuis le 27 juin, tombe à pic alors que le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (#HCE) saisi par la secrétaire d’Etat à l’Egalité publie ce vendredi un rapport intitulé : « Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical. Des remarques aux violences, la nécessité de reconnaître, prévenir et condamner le sexisme ». Compilant des remarques faites à des parturientes - c’est-à-dire des femmes en train d’accoucher - ou patientes (du style « Vous avez mal pendant les rapports ? Mettez-y un peu du vôtre »), les 170 pages de cet état des lieux assorti de préconisations sont le fruit de neuf mois d’une enquête très attendue après la polémique qui monte depuis près de cinq ans.

    Lancé sur Twitter en 2014, le hashtag #PayeTonUtérus a fait affleurer plus de 7 000 témoignages de femmes en vingt-quatre heures. Dans la foulée, en 2015, le blog « Je n’ai pas consenti » recense une centaine de témoignages de patientes ayant subi des actes non consentis dans un cadre médical.

    Scandale, toujours cette année-là : des documents de la faculté de médecine de l’université Lyon-Sud révèlent qu’il est attendu, dans le cadre de leur formation, que les étudiants pratiquent des touchers vaginaux sur des patientes « endormies », sans leur consentement donc. Depuis, les témoignages n’ont cessé de se multiplier sur ces violences qui méritent d’être reconnues pour mieux être combattues. L’an passé, le Tumblr et la page Facebook « Paye ton gynéco » se sont créés simultanément, recensant des « témoignages de sexisme et/ou de violences gynécologiques/obstétricales ». Un pic est atteint l’été dernier lorsque la secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène #Schiappa, s’insurge contre le taux exorbitant (et en fait surévalué par la secrétaire d’Etat) d’#épisiotomies pratiquées lors des accouchements : tempête sur les réseaux sociaux.

    C’est dire s’il était temps qu’une enquête au-dessus de tout soupçon fasse le point. Mette au jour toutes ces fois « où les femmes ne sont pas considérées comme des êtres pensants et vivants mais seulement comme des corps » par le monde médical, comme l’explique Margaux Collet, corapporteure de ce travail qui recommande au gouvernement de réaliser la première enquête de santé publique dédiée au suivi gynécologique. Il souligne aussi la nécessité de renforcer la formation initiale et continue des professions médicales et paramédicales en matière de bientraitrance, de respect du consentement et de dépistage des violences sexistes et sexuelles ou encore de faciliter et améliorer les procédures de signalements lorsque violence il y a eu.

    En attendant, zoom sur quelques points de ce rapport.

    Accouchement : episio, c’est toujours trop

    Le chiffre évoqué l’été dernier par Marlène Schiappa avait fait l’effet d’une bombe : 75% de taux d’épisiotomies en France ? « Foutaises ! » avaient scandé les organisations représentatives des gynécologues-obstétriciens. Selon le dernier rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médiale (Inserm), cette intervention clinique - une incision du périnée sur quelques centimètres effectuée pour agrandir la taille de l’orifice vulvaire et faciliter l’expulsion du bébé - concerne 20% des accouchements par voie basse. Ce taux atteint 34,9% pour les primipares (premier accouchement) et descend à 9,8% pour les multipares. Oui mais problème : c’est encore beaucoup trop. Car cette « routine » dite « préventive » ne diminuerait en rien les possibilités de déchirures graves et entraîne des complications non négligeables (pertes importantes de sang, infection). En 2005, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français avait même confirmé l’absence de bénéfices de cette pratique. Certaines maternités ont réduit drastiquement la pratique. C’est le cas du centre hospitalier de Besançon et son fameux 0,3% de taux d’épisiotomies, malgré sa spécialisation dans « l’accueil de grossesses pathologiques et à grands risques ». D’autres en revanche frôlent encore les 45%. Et surtout, sans prévenir en amont les premières concernées. Selon le HCE, une femme sur deux « déplore un manque (16%) ou l’absence totale d’explication (31%) sur le motif de l’épisiotomie ».

    Absence de consentement : violences ordinaires

    Refuser de poser un stérilet à une nullipare (qui n’a jamais eu d’enfant) en bonne santé. Introduire un spéculum sans informer la patiente en amont. Palper les seins sans demander l’autorisation. Imposer la position du décubitus dorsal (allongée sur le dos, les pieds dans les étriers) pour un examen gynécologique sans même proposer la position latérale (qui existe). Réaliser un frottis sur des femmes jeunes, au premier rendez-vous, sans nécessité médicale. Pratiquer une épisiotomie sans l’accord explicite de la femme qui accouche. Puis la recoudre légèrement plus serrée, de manière à rendre plus étroit le canal vaginal (le fameux « point du mari »)…

    Les témoignages recueillis par le Haut Conseil à l’égalité recouvrent une multitude de pratiques mais soulèvent une unique problématique : celle des violences ordinaires. Celle du mépris pour le consentement, aussi. Il y a bien la fameuse loi Kouchner de 2002, qui formule « qu’aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé » du patient. Mais dans les faits, la parole des femmes est trop souvent bafouée par les professionnels de santé. Mais comment leur apprendre à entendre une patiente dire « non, je ne veux pas » ? La question se pose quand on sait que, en moyenne, une femme va avoir 50 consultations gynécologiques et obstétricales au cours de sa vie (#frottis réguliers, renouvellement de #contraception, #IVG…).

    Instances : que d’hommes, que d’hommes

    Bien sûr, si les témoignages de #femmes mal traitées, mal respectées ou mal informées affluent, nul ne songerait à jeter l’opprobre sur celles et ceux qui accompagnent les patientes et parturientes. Un monde d’ailleurs largement féminin.

    Les hommes ne représentent que 2,6% des sages-femmes. Les femmes sont majoritaires (94%) au sein de la gynécologie médicale. Et depuis peu, la #gynécologie-obstétrique est exercée à 51% par des femmes. La parité est donc enfin atteinte.

    Mais c’est au-dessus, là où les impulsions doivent être données ou les sanctions prononcées (lire ci-dessous) que cela se gâte. Près de 90% des membres du Conseil national de l’Ordre des médecins sont des hommes ; ils représentent également 89% des doyens des facultés de médecine ; 74% des membres du bureau du Collège national des #gynécologues et #obstétriciens français et 100% des membres du bureau, du conseil d’administration, des présidents de comité, des présidents et secrétaires des commissions de l’Académie nationale de médecine.

    Autre fait préoccupant, en dépit de l’augmentation importante de la part des femmes dans le secteur médical, les relations entre les deux sexes demeurent empreintes de sexisme : 86% des internes de médecine (95% des femmes et 68% des hommes) déclarent avoir été exposés à du sexisme et près d’un interne sur dix déclare avoir été victime de harcèlement sexuel.

    Avertissements, suspensions, radiations : des plaintes qui se perdent

    C’est peut-être le constat le plus fâcheux relevé par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes : les violences sexistes (remarques sexistes et/ou à connotation sexuelle, harcèlements, agressions, viols) dans le suivi gynécologique et obstétrical font encore trop peu l’objet de signalements et aboutissent rarement à des sanctions ou condamnations. Qui peut s’en étonner ? L’institution a étudié les 104 plaintes portées devant la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins de 2007 à 2016. Sur l’ensemble des poursuites, seules 29% ont conduit à une radiation du professionnel de santé. Pour le reste, on parle d’avertissement, d’interdiction temporaire d’exercer (d’un mois à trois ans), voire d’absence totale de condamnation (22 %). Des chiffres qui concernent uniquement les femmes qui ont osé porter plainte.

    Et toutes les autres ? Celles qui se sont murées dans le silence ? Qui méconnaissent leur droit ? Qui redoutent l’expertise judiciaire car elle comprend un examen gynécologique ?

    Difficile d’évaluer leur nombre. Mais le HCE est clair sur un point : tant que l’Ordre des médecins et des sages-femmes organisera des réunions de conciliation entre les victimes et leur agresseur, « un nombre conséquent de plaintes ne verront jamais le jour ». Pour rappel : ce mode de médiation est formellement interdit par la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Que la France a ratifiée en 2014.

    Le petit documentaire :
    https://www.youtube.com/watch?v=fsRZ59Urc2I


    Et au détour des commentaires on apprend que Nisand donne des conférences sur la sexualité dans les collèges !!!! À l’aide !

    #santé_publique #sexisme #violences_obstétricales #violences_médicales

  • RDC : « Porter ses cheveux naturels c’est être une artiste, une dingue ou une droguée » – JeuneAfrique.com
    http://www.jeuneafrique.com/559702/societe/rdc-porter-ses-cheveux-naturels-cest-etre-une-artiste-une-dingue-ou-un

    « nappy », une femme heureuse avec ses cheveux naturels – le terme est né de la contraction des deux mots anglais « natural » et « happy »

    http://www.jeuneafrique.com/139479/societe/mode-cr-pues-et-alors

    Les 5 commandements de la nappy

    1 Le big chop tu pratiqueras. Parce qu’un cheveu défrisé pousse mal et que mieux vaut tout couper pour « passer au naturel »

    2 D’hydratation tu rêveras. Parce que, contrairement aux tresses et aux rajouts, des cheveux naturels se chouchoutent à grand renfort de shampoings et de masques

    3 Inventive tu seras. Parce que la texture du cheveu crépu lui permet d’être natté, « vanillé » (tresse à deux branches), et s’accommode même des dreadlocks

    4 D’accessoires tu t’équiperas. Parce que peignes afros et pinces sont indispensables pour donner du volume

    5 Patiente tu te montreras. Parce que l’on ne devient pas un membre des Jackson Five en quelques mois. Le cheveu afro pousse en moyenne de 0,7 cm par mois, contre 2 cm pour le cheveu asiatique

    #cheveu #nappy #afro @beautefatale

  • Calcul et lecture : le ministre de l’Éducation fait la leçon aux instituteurs (Le Parisien)
    http://www.leparisien.fr/societe/calcul-et-lecture-le-ministre-de-l-education-fait-la-lecon-aux-instituteu

    [À l’intention des enseignant·e·s], le ministre de l’Éducation nationale publie au « Bulletin officiel » quatre circulaires, qui détaillent avec une minutie rare, sinon inédite, des « recommandations » sur la meilleure manière d’inculquer aux écoliers les bases du calcul, de la résolution de problèmes mathématiques, de la lecture et de la grammaire. Des milliers de livrets sur « l’apprentissage de la lecture au CP », de 130 pages chacun, sont aussi partis du ministère. Destination de ce petit livre orange : le casier des maîtres et maîtresses, dans toutes les écoles de France.

    Les documents sont téléchargeables sur le site du Ministère :
    “4 priorités pour renforcer la maîtrise des fondamentaux”
    http://www.education.gouv.fr/cid129644/4-priorites-pour-renforcer-la-maitrise-des-fondamentaux.html

    De nouvelles recommandations pédagogiques viennent en appui des programmes scolaires pour faciliter l’apprentissage des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, respecter autrui. Quatre recommandations pédagogiques et un guide « Pour enseigner la lecture et l’écriture au CP » ont été transmis, le 26 avril 2018, aux professeurs des écoles et des collèges afin d’amener tous les élèves à la réussite scolaire.

    Cette démarche interroge :
    – Le contenu de ces documents est plus idéologique que pédagogique, sa médiatisation a été orchestrée autour du concept fantasmé du #retour (de la dictée, du calcul mental, de la grammaire). Le fondement scientifique de ces documents est adossé au nouveau Conseil scientifique de l’éducation nationale, créé à sa main par le Ministre, très orienté "#neurosciences" et dont les partis pris idéologiques et scientifiques sont contestés [1].
    – La démarche est maltraitante pour les enseignant·e·s qui semblent rappelé·e·s à l’ordre, être incompétent·e·s et ignorant·e·s sur leur cœur de métier. Une fois encore le Ministère semble considérer que rien ne se fait dans les classes et que tout est à remettre en ordre de marche : enseignant·e·s, pratiques, méthodes. C’est une spécificité récurrente du Ministère de l’Éducation.
    – La démarche est profondément macronnienne : démagogique, idéologique, verticale. Démagogique car il s’agit de jouer les usagers contre les enseignant·e·s en laissant croire que la méthode globale a encore cours, ou que la dictée ou la calcul mental ont disparu, ce qui est faux. Idéologique car ces textes participent d’une standardisation des méthodes sur le modèle anglo-saxon : taylorisation des apprentissages dans les écoles publiques, innovation dans les écoles (alternatives ou différentes) privées. Verticale : le retour de Jean-Michel Blanquer au Ministère a sonné le retour des années Darcos, de la caporalisation, de la verticalité du management et de l’extrême personnalisation puisque fait rarissime le ministre signe lui-même ces textes, circulaires et livre.
    – Cette agitation fait l’impasse sur l’essentiel. Tous les rapports de ces dernières années, issus du ministère (y compris ceux commandés récemment par ce ministre) ou d’une expertise internationale, pointent la faiblesse de la formation, initiale et continue, des enseignant·e·s français·e·s. Or la divulgation de la Vérité Révélée du Grand Timonier de l’éducation via son petit livre orange semble être la seule ambition gouvernementale en terme de formation des enseignant·e·s, là où un plan ambitieux de formation en lien avec la recherche, appuyé sur l’échange de pratiques et nourri d’expérimentations et d’innovations serait l’urgence.

    Les réactions n’ont donc pas tardé :

    Les circulaires Blanquer, « une négation totale de l’expertise des professeurs » (Francette Popineau - SNUipp/FSU, Libération)
    http://www.liberation.fr/france/2018/04/26/les-circulaires-blanquer-une-negation-totale-de-l-expertise-des-professeu

    Ce qui nous inquiète aussi est que, depuis le début, ce ministre laisse croire que la question de la réussite scolaire est attachée à une méthode. Ce discours extrêmement simpliste ne dit rien de toute la complexité du métier. […] Il y a surtout une négation totale de l’expertise des professeurs. On recrute des gens à bac + 5 et on leur donne une notice de montage. […] M. Blanquer sert à l’opinion publique des discours extrêmement simplistes, des leurres, qui mettent en difficulté les enseignants et les familles. […] Il fait l’inverse de ce que font les pays qui réussissent, qui mettent beaucoup de confiance dans le travail enseignant.

    De la « liberté pédagogique » à la sauce Blanquer… (Alain Refalo, blog)
    https://alainrefalo.blog/2018/04/27/de-la-liberte-pedagogique-a-la-sauce-blanquer

    J’ajoute que sans confiance et sans preuve de confiance vis-à-vis des enseignants du primaire, le ministre ne peut que susciter à nouveau découragement et désarroi. Las de tous ces changements au gré des ministres qui passent, épuisés par des conditions de travail de plus en plus stressantes, les enseignants du primaire n’accepteront pas que la nation continue à les mépriser et les déconsidérer éternellement. Ils ne le méritent pas. Ils demandent aujourd’hui tout simplement le respect et la considération, ce qui passe aussi par la revalorisation de leur métier, de leur formation comme de leur salaire.

    L’école est en danger d’implosion. Alors on attend du ministre, non pas des phrases démagogiques et assassines, mais de l’écoute et des décisions qui donnent du sens et des perspectives novatrices et positives pour construire une école plus juste, plus coopérative et si possible plus efficace.

    Jean-Michel Blanquer : plus que jamais, populiste et autoritariste (Paul Devin, Le Club de Mediapart)
    https://blogs.mediapart.fr/paul-devin/blog/260418/jean-michel-blanquer-plus-que-jamais-populiste-et-autoritariste

    L’idéologie simplificatrice, le discours populiste, l’autoritarisme … tous les ingrédients d’une politique qui tente désespérément de cacher son incapacité à faire preuve de la détermination budgétaire nécessaire pour améliorer l’école et lui permettre d’atteindre ses objectifs de démocratisation de la réussite scolaire.

    Orange is the new populisme Monsieur le Ministre (800 000 Feignasses)
    https://800000feignasses.com/orange-is-the-new-populisme-monsieur-le-ministre

    Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des incompétents, ne sachant même pas quelle réglure choisir pour l’apprentissage de l’écriture, par exemple. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des paresseux qui en font le minimum, refusant de se remettre en question. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des idiots pratiquant, sans même s’en rendre compte, une méthode de travail menant inéluctablement leurs élèves à l’échec. […] Ce petit livre orange (et surtout toute la communication qui l’entoure) n’est pas destinée aux enseignants. Elle n’est pas destinée à faire avancer les choses ou à apporter de l’aide. Elle est destinée aux parents inquiets et à tous ceux qui pensent que l’école n’est plus ce qu’elle était. Elle est destinée à apporter une solution simpliste à un problème complexe. Un problème sociétal mêlant, bien entendu, des problèmes scolaires, mais également la grande pauvreté, l’urbanisme et la ghettoïsation, l’accès à la culture, les problèmes d’éducation, les nouvelles technologies, l’individualisme forcené… Et qu’importe si pour cela il vous faut discréditer l’éducation nationale, participant ainsi à la destruction du lien entre cette institution et le public.

    Un témoignage assez représentatif d’une enseignante (Charivari, Facebook)
    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2062803910711349&id=1610357745955970

    Les profs en ont assez de ces changements de cap, de ces ministres tonitruants qui ferment nos classes, alourdissent les programmes, suppriment les RASED, diminuent les heures/jours de classe tout en réclamant de meilleurs résultats. […]
    Or les programmes 2008, ils ont été appliqués de 2008 à 2015. Des bons programmes de droite, avec beaucoup de calcul, beaucoup de lecture, et la même aversion pour la vilaine méthode globale-beurk.
    À l’époque, comme aujourd’hui, on nous avait promis que grâce à ces bonnes vieilles recettes qui avaient fait leurs preuves, le niveau allait monter.
    Cela n’a pas été le cas du tout. Au contraire, tout le monde s’affole aujourd’hui à cause d’une dégringolade jamais vue jusque-là dans les classements internationaux.
    […]
    En attendant, les profs ne seront pas mieux formés, pas mieux encadrés… et une classe ferme dans mon école rurale alors que les effectifs n’y baissent pas.

    Enfin pour une lecture critique des conceptions du ministre sur la lecture et l’étude de la langue, on pourra jeter un œil sur :
    La liberté pédagogique n’est plus ? (Catherine Chabrun, blog)
    http://www.catchabrun.com/2018/04/la-liberte-pedagogique-n-est-plus.html

    #éducation #école #primaire #apprentissages_fondamentaux #MEN #injonctions #agitation_médiatique #polémiques_stériles

    [1] cf. http://seenthis.net/messages/658626, http://seenthis.net/messages/659075, http://seenthis.net/messages/670344

  • La tyrannie de la commodité | InternetActu
    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2018/03/24/la-tyrannie-de-la-commodite

    Or, quand « nous laissons la commodité décider de tout, nous nous abandonnons trop ». Pour Tim Wu, la commodité est née avec les appareils ménagers et les aliments préparés. « La commodité était la version domestique d’une autre idée de la fin du XIXe siècle, l’efficacité industrielle et la « gestion scientifique » qui l’accompagnait. Elle représentait l’adaptation de l’éthique de l’usine à la vie domestique. »

    Cet article est très typique de ce que dit Paola Tabet sur les outils et les armes. Comment le patriarcat interdit l’efficacité aux femmes.

    La commodité c’est la version domestique de l’efficacité industrielle. Une efficacité qui est décrite comme positive, nécessaire... et masculine car opposé à la version domestique. L’efficacité domestique, c’est à dire l’efficacité des tâches non rémunérées dévolues aux femmes, c’est de la tyrannie, c’est de l’abandon, de l’asservissement.

    « Le culte de la commodité d’aujourd’hui ne reconnaît pas que la difficulté est une caractéristique constitutive de l’expérience humaine. La commodité est une destination sans aucun voyage. Mais monter une montagne est bien différent de prendre la télécabine jusqu’au sommet, même si vous vous retrouvez au même endroit. Nous devenons des gens qui se soucient principalement ou seulement des résultats. Au risque de faire de notre vie une série de promenades en tram. »

    La commodité doit servir quelque chose de plus grand qu’elle-même, de peur que cela ne mène seulement à plus de commodité. Dans son livre classique de 1963, La femme mystifiée, la journaliste féminine Betty Friedan a examiné ce que les technologies ménagères avaient fait pour les femmes et en concluait qu’elles avaient surtout créé plus de demandes. « Même avec tous les nouveaux appareils ménagers, écrivait-elle, la ménagère Américaine moderne consacre probablement plus de temps aux tâches ménagères que sa grand-mère. Quand les choses deviennent plus faciles, nous pouvons chercher à remplir notre temps avec des tâches plus faciles. Tant et si bien qu’à un certain moment, la lutte pour la vie devient la tyrannie des corvées minuscules et des décisions mesquines.

    Une conséquence fâcheuse de vivre dans un monde où tout est « facile » est que la seule compétence qui compte est la capacité de faire plusieurs choses à la fois. À l’extrême, nous ne faisons rien en réalité ; nous ne faisons qu’arranger ce qui sera fait, ce qui est une base bien fragile pour remplir une existence. »

    Pour Tim Wu, nous devons nous ouvrir aux inconvénients. Si nous n’avons plus besoin de fabriquer notre beurre ou de chasser notre propre viande, nous ne serons personne si la commodité devient la valeur qui transcende toutes les autres. « Lutter n’est pas toujours un problème. Bien souvent, elle est une solution. Et notamment la solution à la question qui sommes-nous ? » Nos hobbies, nos occupations, nos passions, nos vocations sont des activités qui nous aident à nous définir. Ils impliquent une résistance significative avec le monde et nous aident à nous définir. Des activités qui prennent du temps, qui nous exposent au risque de l’échec et de la frustration, mais qui nous apprennent quelque chose du monde et de notre place dans le monde.

    Et Tim Wu de nous inviter résister à la tyrannie de la commodité. De ne pas oublier le plaisir et la satisfaction à faire quelque chose de lent et de difficile. Certes. C’est là certainement un conseil facilement moraliste. Reste que dans un monde qui optimise toujours plus la commodité, l’enjeu n’est-il pas d’en définir des limites au risque sinon qu’elle n’en ait jamais ?

    C’est « marrant » que le plaisir des choses lentes et difficile soit utilisé seulement pour le contexte domestique.

    #misogynie #domination_masculine #femmes #travail #outils #injonction #inversion_patriarcale

  • Boulots de merde : « On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité » (Julien Brygo et Olivier Cyran, BastaMag)
    https://www.bastamag.net/Intensification-du-travail-Le-patronat-et-ses-relais-politiques-sont-prets

    #Produire ou servir plus, avec moins : c’est l’#injonction faite à tous les #travailleurs, des chaînes de montage automobiles aux couloirs des hôpitaux, en passant par les salles de classe ou les bureaux de poste. A la souffrance de ces #boulots dégradés, s’ajoute la #précarité grandissante de travailleurs qui quittent le #salariat pour la « liberté » de l’#auto-entrepreunariat. [Julien Brygo et Olivier Cyran] y décrivent l’âpre quotidien de celles et ceux qui exercent des métiers difficiles et souvent utiles, à comparer avec certains boulots très bien payés et plutôt confortables, mais qu’ils jugent socialement nuisibles.
    […]
    « Ils veulent faire sauter les derniers verrous, ils veulent une société sans filets, où quelques privilégiés auront accès à des métiers survalorisés socialement et correspondant même à des compétences, tandis qu’en bas, ils poseront les jalons d’une société de logisticiens du dernier mètre payés à la tâche, esclaves des machines et de l’auto-exploitation auquel le #capitalisme les auront assignés presque naturellement. »

    #boulot_de_merde #rentabilité #lean_management #valeur_travail

  • Je note comment le site madmoizelle.com essaye de tirer #MeToo vers le bas. Je n’en connais pas les raisons. Je m’inquiète pour les gamines qui suivent ce site en croyant lire un discours féministe. Ben les mômes, j’ai pas fait d’enquête approfondie, mais un article qui s’emmêle les pinceaux à ce point et vous ordonne ensuite quoi faire, ben, j’me méfierai, faudrait surtout penser à affûter vos esprits critiques.

    #sortez_les_couteaux

    Et non les réseaux sociaux ne se substituent pas à la justice.
    Et madmoizelle la morale non plus qui use d’un nous vomitif.
    Et si il y a des hommes qui se sentent pendus par les couilles pour des accusations de viols (pour une fois on change de bord) surtout qu’ils ne se gênent pas pour attaquer en diffamation.

    Pourquoi « l’affaire Hulot » est en train d’envoyer le mouvement #MeToo dans l’impasse
    http://www.madmoizelle.com/ebdo-hulot-schiappa-886009

    Notre intérêt est de construire l’avenir : un avenir dans lequel les femmes n’auront plus peur pour leur sécurité dans les transports, les espaces publics, et leur propre foyer. Et pour cela, nous devons vite sortir de ce présent, dans lequel les hommes ont peur pour leur réputation, leur honneur, leur crédibilité.

    #patriarcat

  • Le problème avec Johnny – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/5322

    Le problème avec Johnny
    André Gunthert 9 décembre 2017 - 8 h 51 min

    Phénomène de saturation de l’ensemble des canaux médiatiques, la mort de Johnny présente la rare particularité d’avoir été anticipée par deux chansons (Eric la Blanche, La Mort à Johnny, 2006 ; les Fatals Picards, Le jour de la mort de Johnny, 2009), qui soulignent le caractère prévisible d’une exploitation opportuniste de l’émotion populaire, sous la forme d’un deuil collectif imposé à la nation toute entière.

    Peu après le mouvement de dénonciation des violences faites aux femmes, qui a magistralement incarné la puissance de mobilisation du débat public, imposant à chacun de prendre parti dans un espace fortement polarisé par l’exercice de la controverse, le deuil médiatique, construit lui aussi par la multiplication des témoignages et des signes de la participation, illustre la dynamique opposée d’un consensus qui éteint toute polémique, comparable à la gestion de l’émotion collective après les attentats terroristes de 2015.

    Dans le cas de Johnny, l’imposition d’une communion étendue à toute la nation pose pourtant problème. Car Johnny a été une vedette paradoxale, représentant précoce de l’adaptation française du vaste mouvement anglo-américain visant à incarner une culture alternative de la jeunesse par le biais des musiques populaires, qui culminera dans la contestation de la guerre du Vietnam en 1968-1969. Pays de forte tradition chansonnière, la France n’a jamais réussi à produire que de pâles copies de la légende pop-rock, et la carrière toute entière de Johnny, écartelée entre des références vestimentaires, musicales ou vocales made in USA et son insuccès dans l’univers anglophone, illustre jusqu’à la caricature le destin folklorique d’une imitation impulsée par le commerce.

    Celui qui n’était plus depuis longtemps l’idole des jeunes, et qui n’avait plus qu’un rapport de façade avec le rock, depuis son retour dans le giron de la variété française, a également la particularité d’être nettement marqué à droite. Entre ses déclarations, ses amitiés affichées avec Chirac ou Giscard, ou encore son soutien à Nicolas Sarkozy en 2007, la prise de parti de la star, qui tranche avec l’héritage contre-culturel de la pop, fait de Johnny une personnalité clivante, comme le confirme un sondage récent selon lequel, si le chanteur n’est apprécié que par 25% des sympathisants de gauche, il totalise en revanche 58% d’adhésion des sympathisants de droite.

    Un marquage que l’on retrouve dans l’éventail des hommages, et jusque dans la dénonciation par le journaliste conservateur Jean-Michel Aphatie du défaut de sensibilité du responsable de gauche Jean-Luc Mélenchon : « Sur Johnny Hallyday, Jean-Luc Mélenchon a dit : “Je n’ai rien à dire”. Comment un leader politique peut-il à ce point passer à côté d’une émotion collective, sincère d’un peuple que l’on prétend incarner ? Dans son cas, on peut parler d’une faute professionnelle ».

    La circonstance du décès du chanteur rend évidemment inaudible une réception moins enthousiaste de la caricature vocale, expressive et scénique à quoi se limitait l’art de Johnny Hallyday, réduit à une série de stéréotypes figés du mâle alpha, magnifié par la théâtralité narcissique du spectacle pop. Le deuil impose la communauté de l’hommage. Bien anticipée dans la chanson d’Eric la Blanche (« il n’y a que les mauvais Français qui n’aiment pas Johnny »), l’injonction républicaine en forme de chantage à l’émotion ressemble comme deux gouttes d’eau à la communion forcée de l’après-Charlie. Dans un pays qui penche tellement à droite qu’on a pu lui faire croire que Macron était de gauche, l’imposition médiatique d’un deuil faussement consensuel et la métamorphose de Johnny en symbole national n’est finalement qu’un signe de plus de la longue glissade de la France sur la pente du conservatisme et de la réaction.

    #Johnny_Hallyday

  • VIDEO. Contre « l’injonction à être sexy », l’actrice Sara Forestier refuse d’être maquillée et coiffée sur France 2
    http://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/video-contre-l-injonction-a-etre-sexy-l-actrice-sara-forestier-refuse-d

    L’actrice de 31 ans, récompensée par deux César en 2005 (L’Esquive) et 2011 (Le Nom des gens), révèle avoir « connu des choses ahurissantes » de la part d’hommes du monde du cinéma. « J’ai eu une fois un metteur en scène qui voulait coucher avec moi et qui me l’a dit très clairement, j’ai compris que si je ne couchais pas avec lui, je ne tournerais pas dans son film, raconte-t-elle. Je n’ai pas couché avec lui... et je n’ai pas tourné dans son film. »