• BRGM | Visualisation des zones exposées à l’élévation du niveau de la mer à marée haute
    https://sealevelrise.brgm.fr/slr/#lng=-3.51288;lat=48.82779;zoom=13;level=1.0;layer=0

    Sur l’échelle à gauche tu peux choisir l’augmentation du niveau de la mer de 0 à 4 mètres .

    Méthodologie

    Ce site s’appuie sur une analyse pré-calculée de la topographie pour identifier, à très haute résolution, les zones qui pourraient être soumises à la submersion marine sous l’effet de l’élévation du niveau de la mer.
    Principe de l’analyse

    Le site permet de visualiser l’identification pré-calculée des zones exposées à la submersion marine pour un niveau marin donné.

    Niveau marin considéré

    Par rapport à la plus haute mer astronomique (PHMA) :
    Les calculs ont été réalisés en considérant par défaut la plus haute mer astronomique (PHMA, pleine mer de coefficient de marée 120), elle-même déterminée par une interpolation entre les ports où les caractéristiques de la marée sont connues (Références Altimétriques Maritimes du SHOM, édition 2016).
    A ce niveau de marée peut alors être ajouté par l’utilisateur une élévation du niveau de la mer sous l’effet du changement climatique + surcote (pouvant aller jusqu’à 4 m). Il convient de noter qu’à grande échelle, la valeur de surcote choisie par l’utilisateur peut ne pas avoir de réalité physique (effets locaux pouvant générer une importante hétérogénéité spatiale de la surcote dans la réalité).

    Topographie considérée

    La topographie utilisée par le site correspond aux données à très haute résolution acquises par LiDAR (laser aéroporté) sur les zones basses et côtières (RGE-ALTI ©IGN). Ces données, qui correspondent à la partie terrestre du programme Litto3D (réalisé conjointement par le SHOM et l’IGN) n’intègrent donc pas la bathymétrie, qui n’est à ce jour pas disponible pour l’ensemble du littoral. Ceci n’a cependant pas de conséquences car le site n’effectue pas de simulations hydrodynamiques.

    La réalisation de simulations hydrodynamiques, telles qu’elles sont réalisées par exemple pour la réalisation de PPRL, pour des études de caractérisation de l’aléa Submersion marine ou pour l’étude de la propagation des vagues, nécessiterait par contre la prise en compte de la bathymétrie et des effets hydrauliques induits.
    Principe du calcul

    A partir du niveau marin défini par l’utilisateur (pleine-mer de coefficient de marée 120 + élévation du niveau de la mer + surcote), le site effectue une simple projection statique du niveau marin sur la topographie. La méthode est donc similaire à celle utilisée pour établir les cartes informatives basées sur la méthode de superposition topographie/niveau marin de référence dans le cadre des PPR Submersion marine.

    Dans l’analyse réalisée par le site, les protections côtières (naturelles et artificielles) sont considérées comme transparentes à l’écoulement : ces zones, situées sous le niveau marin considéré, ne peuvent en effet pas être considérées comme à l’abri des submersions marines, suivant les processus considérés (franchissements par paquets de mer, défaillance des protections…).

    PHMA

  • 13 millions de victimes et plus de 3 000 morts en 2025 : l’Afrique paie un lourd tribut aux événements climatiques extrêmes

    L’agence onusienne, qui fait autorité pour les questions relatives à l’atmosphère terrestre, au climat et à l’eau, recommande aux pays africains de renforcer leurs systèmes d’alerte précoce, et d’investir davantage dans l’adaptation au changement climatique et la préparation aux catastrophes.

    Les #phénomènes_extrêmes liés au #climat ont sinistré au moins 13 millions de personnes et entraîné plus de 3 000 décès recensés en #Afrique en 2025, avec des répercussions sur l’ensemble des secteurs de l’économie et les moyens de subsistance des populations, selon un rapport publié le jeudi 18 juin par l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Intitulé « State of the Climate in Africa 2025 », le rapport révèle que les #inondations et #sécheresses ont constitué les #catastrophes_météorologiques les plus importantes sur le continent durant l’année écoulée, les inondations représentant plus de la moitié de tous les événements extrêmes signalés.

    L’#Afrique_de_l’Est a été particulièrement touchée, avec plus de 8,5 millions de personnes affectées par la sécheresse, alors que des conditions de sécheresse prolongées ont aggravé l’#insécurité_alimentaire et les pénuries d’#eau dans la #Corne_de_l’Afrique et les régions voisines. En #Afrique_de_l’Ouest, le #Nigeria a connu en mai des inondations dévastatrices qui ont fait plus de 200 #morts, tandis que les inondations en #République_démocratique_du_Congo (#RDC) ont coûté la vie à plus de 160 personnes en avril, soulignant l’intensité croissante des #précipitations saisonnières extrêmes.

    Le #Sahel a enregistré des précipitations supérieures à la moyenne, prolongeant une tendance observée ces dernières années, tandis qu’une grande partie de l’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique est restée plus sèche que d’habitude. En Afrique australe, les précipitations ont été marquées par une forte #variabilité, avec des épisodes intenses qui ont provoqué des inondations. En #Afrique_de_Nord, les #vagues_de_chaleur et les sécheresses prolongées ont causé des dégâts considérables à la #production_agricole, menaçant la #sécurité_alimentaire et les #moyens_de_subsistance.

    Le rapport précise également que l’Afrique se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale. La #température moyenne annuelle de l’air en surface enregistrée à l’échelle continentale s’est classée entre le troisième et le septième rang des valeurs les plus élevées jamais enregistrées en fonction des données utilisées, avec une anomalie positive de 0,51 °C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020.

    C’est l’Afrique du Nord qui a connu la plus forte anomalie de #températures en 2025 comparativement aux autres sous-régions africaines, soit +0,76 °C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020. À l’inverse, l’Afrique australe a enregistré l’anomalie de températures la plus faible, soit +0,21 °C par rapport à la même période de référence.

    40 % des pays africains disposent de systèmes d’alerte précoce multi-dangers

    Au-delà des inondations et des sécheresses, le rapport met en évidence des changements climatiques à long terme qui sont déjà en train de remodeler le continent.

    Les #glaciers africains ont perdu plus de 90 % de leur superficie depuis la fin du XIXe siècle. La couverture glaciaire du #mont_Kilimandjaro est passée de 11,4 km2 en 1900 à 0,98 km2 ces dernières années. La superficie des glaces du #mont_Kenya et des #montagnes du #Ruwenzori (une chaîne de montagnes d’Afrique centrale, située à la frontière entre l’#Ouganda et la RDC) a aussi diminué, passant respectivement de 1,64 km² à 0,07 km², et de 6,51 km² à seulement 0,38 km².

    D’autre part, l’élévation du niveau de la mer le long des côtes africaines entre 1999 et 2025 dépasse la moyenne mondiale (estimée à environ 3,6 mm par an) dans plusieurs régions, atteignant environ 4,2 mm par an le long de la côte atlantique, 5,2 mm par an le long de la côte de l’océan Indien, et 5,6 mm par an en mer Rouge. Parallèlement, le réchauffement et l’#acidification croissante des océans endommagent les écosystèmes marins et menacent les moyens de subsistance des communautés qui dépendent de la #pêche. La température de la mer en surface (SST) a augmenté de 0,14 °C en moyenne en Afrique par décennie depuis la fin du 19e siècle, tandis que le PH de surface de l’océan a diminué de 0,017 unité par décennie.

    Malgré la fréquence et la gravité croissantes de ces changements qui favorisent des phénomènes météorologiques extrêmes plus destructeurs et exercent une pression croissante sur des communautés déjà vulnérables, seulement 40 % des pays africains disposent de systèmes d’alerte précoce multi-dangers, privant ainsi des millions de personnes d’#alertes en temps utile qui pourraient contribuer à sauver des vies et à réduire les dégâts, surtout dans les zones rurales particulièrement affectées.

    Alors que les coûts associés aux changements climatiques dans les pays africains peuvent atteindre jusqu’à 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) et représenter ainsi un obstacle considérable à leur développement ainsi qu’à leur capacité à réduire la #pauvreté, l’OMM les appelle eux et leurs partenaires au développement, à renforcer les #mesures_d'adaptation au changement climatique, à améliorer la préparation aux catastrophes et à accroître les #investissements dans les infrastructures d’alerte précoce, afin de protéger les communautés contre des événements climatiques de plus en plus fréquents et intenses.

    https://www.agenceecofin.com/actualites/2306-139549-13-millions-de-victimes-et-plus-de-3-000-morts-en-2025-laf
    #changement_climatique #Sud_global

    • State of the Climate in Africa 2025

      Key messages

      Extreme weather wreaks heavy economic and human cost
      – Floods are most common reported hazard
      - African glaciers – including iconic Mt #Kilimanjaro - are vanishing
      - Sea level rise along some African coasts outpaced the global average since 1999
      - Africa faces critical gap in early warning systems but is making progress

      –-

      he African continent is warming faster than the global average, and the rate of warming across the continent since 1991 is substantially higher than in any of the previous 30-year periods. The annual mean surface air temperature averaged over land areas in 2025 ranked between the third and seventh warmest on record, depending on the dataset used, according to the report.

      Extreme weather is hitting the continent hard. Floods accounted for more than half of reported events – for instance severe flooding in Nigeria in May led to over 200 deaths, and flooding in the Democratic Republic of the Congo in April led to over 160 deaths. The 2024/2025 tropical cyclone season was particularly active in the South Indian Ocean. Drought affected more than 8.5 million people in East Africa.

      https://www.youtube.com/watch?v=MMwJ4-LQz5I

      https://wmo.int/resources/publication-series/state-of-climate-africa/state-of-climate-africa-2025
      #climat #rapport

  • How Beavers Are Bringing America’s Dead Deserts Back to Life

    Every day, scientists, engineers, communities, and ordinary people are quietly fixing the planet. Forests are being replanted. Rivers are running clean again. Species we thought were gone are coming back. Whole technologies are pulling carbon out of the sky.This channel tells stories of the people, the projects, and the breakthroughs that are actually making Earth better.

    https://www.youtube.com/watch?v=exsCSUdjQX8

    #castors #écologie #désert #USA #Etats-Unis #eau #rivière #renaturation #histoire #chasse #végétation #Oregon #Hudson's_bay_company #George_Simpson #fur_desert #Peter_Skene_Ogden #élevage #bovins #sécheresse #restauration #inondations #beaver_dam_analogue (#BDA) #poissons #faune #coût #Bridge_Creek #John_Day_River

    John Day (rivière)


    https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Day_(rivi%C3%A8re)

    • Beaver Dam Analogs (BDA)

      Revitalisation method

      The Beaver Dam Analog revitalisation method uses simple, nature-inspired techniques to initiate the beneficial long-term effects caused by natural beaver dams in streams. The BDAs are built cost-effectively using simple tools – usually an axe, shovel, chainsaw and pile driver. No heavy construction machinery is needed. The building materials are sourced from the immediate surroundings.

      BDAs are among the most sustainable measures in stream revitalisation. Their construction and maintenance initiates ecological restoration processes leading to the recovery of small and medium-sized streams to a near-natural state.

      https://www.beaverdamanalogs.ch

    • Ecosystem experiment reveals benefits of natural and simulated beaver dams to a threatened population of steelhead (Oncorhynchus mykiss)

      Beaver have been referred to as ecosystem engineers because of the large impacts their dam building activities have on the landscape; however, the benefits they may provide to fluvial fish species has been debated. We conducted a watershed-scale experiment to test how increasing beaver dam and colony persistence in a highly degraded incised stream affects the freshwater production of steelhead (Oncorhynchus mykiss). Following the installation of beaver dam analogs (BDAs), we observed significant increases in the density, survival and production of juvenile steelhead without impacting upstream and downstream migrations. The steelhead response occurred as the quantity and complexity of their habitat increased. This study is the first large-scale experiment to quantify the benefits of beavers and BDAs to a fish population and its habitat. Beaver mediated restoration may be a viable and efficient strategy to recover ecosystem function of previously incised streams and to increase the production of imperiled fish populations.

      https://www.nature.com/articles/srep28581

  • As floods get worse, Britain tries a new solution: beavers

    Until two years ago, West London’s Greenford Tube station used to flood whenever it rained heavily. The train tracks are aboveground, but the ticket office would often get inundated. Sandbags still line the corridor.

    But in October 2023, a new family moved in nearby, determined to halt the water. The family members built their house from scratch with local wood and kept odd hours, sleeping all day and working only at dawn and dusk. They even put their young children to work.

    The new neighbors were beavers.

    The beavers are part of an unlikely effort to bring back a vanished species and help Britain adapt to a very modern problem: climate change.

    Britain is famous for drizzle, but climate change is making rainfall heavier and more erratic. Places that didn’t used to flood are now waterlogged. So scientists have enlisted some of the animal kingdom’s best flood engineers — beavers — to help.

    In West London, conservationists got a government license to resettle a family of five beavers in a 20-acre urban park near the Greenford Tube station. It used to be a golf course, with a creek running through it. Within weeks, the beavers dammed up the creek, creating a pond that holds water and stops it from spilling into the city. They also diverted the creek’s flow into smaller tributaries, creating a wetland that better absorbs heavy rainfall — mitigating the risk of flooding downstream.

    “They effectively turned this site into a giant sponge that can take heavy rainfall and slowly release water back into the landscape, creating a lot more resilience for flooding,” explains Sean McCormack, a local veterinarian who started the Ealing Beaver Project, named for the London borough of Ealing, where it’s located.

    Not only has the local Tube station stopped flooding, but the beavers have also coaxed back other species.

    “By felling trees, they’ve also opened up the canopy, and we’ve seen an abundance of biodiversity,” McCormack says.

    Freshwater shrimp have appeared in the creek, he says, plus eight new species of birds, two types of bats and rare brown hairstreak butterflies, which lay their eggs on blackthorn branches nibbled by beavers.

    The beavers have also allowed the city to scrap expensive plans to dig a reservoir and levee.

    “We said the beavers can do it for a fraction of the cost, certainly more sustainably,” McCormack says.

    Now, joggers and teenagers stop to gawk at the beavers in action. There are guided walks and beaver safaris.

    On a recent spring evening, a reddish-brown adult scampered in and out of the water, chomping on a felled willow tree. Eurasian beavers can weigh up to 65 pounds; this one was the size of a fat golden retriever.

    The Ealing Beaver Project is one of dozens of sites across Britain where land managers are using beavers to restore wetlands and tame flooding.

    But first, they had to bring them back from extinction.

    Reintroducing beavers to Britain for the first time in centuries

    In Britain, humans hunted beavers to extinction more than 400 years ago. By the early 20th century, only about 1,200 native beavers were left in Europe and northern Asia, surviving in parts of Norway, France, Germany, Belarus, Ukraine, Russia, Mongolia and China. Sweden reintroduced them in the 1920s, and other countries followed — part of a broader effort to restore native species.

    By studying fossils, scientists determined that today’s Norwegian beavers are genetically most similar to the beavers that lived in Britain centuries ago. So in 2009, wildlife officials relocated two Norwegian beavers to Knapdale Forest, a temperate rainforest in western Scotland. That pair, named Millie and Bjornar, became the Adam and Eve of the modern-day British beaver population. The Scottish forestry department calls them the “original beaver power couple.”

    “We became kind of attached to Millie and Bjornar,” says Pete Creech, a forest ranger who remembers when they arrived, scrambling out of crates and splashing into a loch. He recalls their enthusiasm: “Lots of squeaking!”

    Creech set up hidden cameras to capture their crepuscular (dawn and dusk) movements. Within weeks, the beavers dammed up a tiny river, creating an enormous lagoon where swans now nest.

    While the United Kingdom overall is getting wetter, some areas — including parts of Scotland — are getting drier, even seeing a growing threat of wildfires. Beavers ensure this rainforest stays wet and, thus, abundant. That’s especially important at a time when wetlands are disappearing, with many drained for development.

    “Wetlands are one of the most biodiverse habitats in the world,” Creech notes. “The U.K. has lost over 95% of its wetlands, and now we’re frantically trying to put them back.”

    Not everyone thinks rodents are the best way to do that, though.

    Conflict with farmers

    Unlike in London, where they’re enclosed in urban parks, beavers in Scotland went forth and multiplied, spreading onto private land. Their numbers have been boosted by beaver bombers — renegade wildlife enthusiasts who’ve released unlicensed beavers into areas where they might not be welcome.

    “As the beaver population has expanded, we’ve seen more [farmers] getting concerned,” says Kate Maitland, a regional representative for Scotland’s National Farmers Union.

    Beavers can dam up irrigation channels, flooding crops.

    “It’s quite devastating to see acres and acres of your land sitting underwater,” Maitland says.

    They can also fell centuries-old trees and collapse riverbanks, exacerbating erosion. Maitland, a farmer’s daughter, says she once got the full length of her leg stuck in a beaver burrow while walking along the banks of a stream on her family’s land.

    The Scottish government has set up a fund to rebuild riverbanks and other beaver damage, if repairs are in the public interest. That doesn’t typically cover damage to private land.

    Some farmers shoot beavers, though they need a license to do so, since beavers are a protected species. It’s also illegal to disassemble beaver dams or lodges that are more than two weeks old. Instead, farmers are encouraged to call wildlife officials, who trap and relocate beavers. That’s where London’s beavers came from.

    Other farmers have learned to like the new neighbors — and even celebrate them.

    Learning to live with beavers

    Tom Bowser is a fifth-generation farmer in central Scotland. He has empathy for his fellow farmers: “When you’re trying to grow food, the presence of a fat semiaquatic rodent who wants to raise water levels is understandably going to be unpopular!”

    Bowser’s farm is strewn with trees felled by beavers. Many of the tree trunks have been whittled into hourglass shapes by beavers’ sharp teeth. Some of them teeter, about to fall.

    He finds it fascinating.

    Bowser wraps young trees in chicken wire if he wants to protect them. (In London, officials painted trunks with sand, which gets stuck in beavers’ teeth.) But he has found that the benefits outweigh the costs.

    A beaver dam has diverted floodwaters from his driveway, creating a pond lined with benches that’s frequented by tourists. He runs spring and summer beaver-watching tours that are especially popular with children, who previously knew beavers only from fairy tales.

    “We get people from all around the world coming here now!” Bowser says. “Growing up here, you didn’t see any car you didn’t recognize.”

    Beaver fever is spreading

    The beaver buzz is catching. The animals have made comebacks in Italy, Portugal and the Ukrainian part of the Danube River delta. In the United States, the Methow Beaver Project releases them into fire-damaged areas of Washington state. In Idaho, NASA is helping track beavers’ work.

    In Britain, beavers are especially popular with land managers who are short-staffed.

    South Norwood Country Park is a 125-acre nature reserve with only one employee. Volunteers do some of the ground maintenance. They even don waders to dredge streams once a year.

    “That’s exactly the sort of work the beavers would do naturally,” says countryside warden Ian Glover. He has applied for a license and hopes to welcome beavers in 2028 or 2029.

    Like Ealing, South Norwood is on London’s urban periphery. It’s famous for birds, with boxes for kestrels to nest in perched atop poplars. The park’s peak bird count — 177 species — goes back to 1935. But birds have been in decline across Europe.

    Glover hopes beavers might help reverse that locally, by damming up streams and creating wetlands that attract more birds.

    Beavers build dams and raise water levels in part to hide from predators, Glover notes. But most of their predators — including wolves and bears — have been extinct in Britain for centuries.

    “Obviously they haven’t gotten the memo,” Glover laughs.

    And these beavers have been so useful, nobody’s telling them.

    https://www.npr.org/2026/05/21/nx-s1-5738979/beavers-britain-climate-change-flooding
    #castors #inondations #UK #Angleterre #solution

  • Faire barrage aux travaux du Drac

    Youpi youpla, cette année toutes les institutions fêtent le centenaire de « l’exposition internationale de la #houille_blanche », qui a eu lieu à Grenoble en 1925. L’occasion de célébrer encore et encore cette fameuse « houille blanche », surnom donné à l’#hydroélectricité, qu’on présente encore aujourd’hui comme de « l’#énergie_verte ».
    Bien entendu, les hourras de la communication ne s’intéressent jamais aux #dégâts considérables créés sur les #rivières par cette hydroélectricité. Pourtant les exemples ne manquent pas. Ainsi, dans la métropole grenobloise, le Drac s’apprête à subir cinq années de travaux afin de « réduire les #risques_d’inondation », entraînant notamment la #destruction de quantité d’#espaces_naturels sauvages tout le long de la rivière. C’est en tout cas ce que prévoit l’avant-projet, qui programme 86 millions d’euros de travaux à partir de 2027. Il reste un an et demi pour empêcher ce désastre.

    Connaissez-vous le #Drakistan ? C’est le nom – non officiel – donné à toutes ces bandes de terre, presqu’îles ou îlots le long du Drac, du côté de #Fontaine et #Seyssinet-Pariset. Des endroits situés dans le lit de la rivière et donc susceptibles d’être submergés en cas de #montée_des_eaux, par exemple suite à un lâcher d’un des nombreux barrages présents en amont.

    Ces lieux ont le charme des endroits non aménagés. Juste au-dessus, il y a la #digue, avec sa bande d’#asphalte bien droite, lieu de passage ou de promenade fonctionnel mais dénué d’enchantement. La digue est dédiée aux « modes doux » mais trace tout droit comme l’autoroute, on ne s’y perd pas, on reste bien sagement sur le chemin. Il faut emprunter une des nombreuses sentes pour descendre quelques mètres afin d’arriver au Drakistan. Ici aucun urbaniste ou paysagiste n’a planifié quoi que ce soit. Ici, la seule créatrice, c’est la rivière, qui façonne ces espaces au fil de ses #crues et de ses #retraits. Et a priori, elle se débrouille plutôt pas mal. En tous cas, malgré l’interdiction, ces lieux attirent – et pas seulement des animaux sauvages (voir Le Postillon n°75). Des chiens et leurs maîtres, des familles et leur barbecue, des solitaires, des en-couples ou des en‑groupes. Il y a l’impressionnante « Platane cabane » pour les enfants et puis des restes d’habitations utilisées par des sans-toits. Le Drakistan de Fontaine n’est pas loin du local du Postillon, on y vient souvent manger un sandwich ou faire une pause, regarder dévaler l’eau pour se laver le cerveau des heures passées devant l’ordinateur.

    En fonction des jours et même des heures, ces lieux ne sont jamais vraiment identiques. Un passage à sec peut se retrouver sous un demi-mètre d’eau une heure plus tard, des rives aperçues un jour peuvent avoir été « mangées » par la rivière la semaine d’après, un nouvel espace pour se poser peut émerger en quelques mois. Mais ce qui est sûr, c’est que globalement, les bandes de terre, presqu’îles ou îles grossissent d’année en année, à cause de tous ces cailloux que la rivière charrie et qui sont empêchés d’aller plus bas par le barrage de #Saint-Égrève. Comme on le racontait dans Le Postillon n°73, quand le #barrage a été construit à la fin des années 1980, les cailloux du Drac étaient « dragués », sortis de la rivière pour alimenter les besoins nombreux en construction. Mais dans les années 1990, différentes lois sur l’eau interdisent d’exploiter les rivières dans leur « #lit_mineur » – pour d’évidentes raisons écologiques et sécuritaires (plus la rivière se creuse, plus ça peut fragiliser des ponts). Alors depuis une trentaine d’années, les cailloux du Drac s’accumulent dans les kilomètres avant le barrage de Saint-Égrève, et font grossir peu à peu le Drakistan.

    Pour nous, simples flâneurs inconscients, c’est plutôt charmant, mais pour les autorités c’est un sacré problème. Pas tant parce que de plus en plus de monde fréquente ces zones, mais parce qu’en toute logique, ça augmente considérablement le #risque_d’inondation : vu qu’il y a plus de matériaux solides dans le lit de la rivière, l’eau a moins de place pour circuler et en cas de crue exceptionnelle (on redoute surtout la « crue bicentennale »), risque de passer par‑dessus les digues et d’inonder les milliers d’habitations présentes de part et d’autre, voire de faire céder une digue (« 31 000 habitants et 25 000 emplois concernés » en cas de rupture de digue).

    Alors ça fait un moment que ça turbine sévère afin de préparer les « travaux de protection contre les #inondations du Drac » aussi connus sous le nom de « #programmes_d’actions_de_préventions_des_inondations » (#Papi du Drac), portés par le #Symbhi (#Syndicat_mixte_des_bassins_hydrauliques_de_l’Isère). La déclaration d’intention de juin 2025, disponible sur le site de la préfecture, nous apprend par exemple que depuis 2018, ce ne sont pas moins de 181 réunions qui se sont tenues entre les différents « acteurs » du projet (Métropole, différents services de l’État, #EDF, acteurs environnementaux, etc.). On vous passe les détails de la « gouvernance » (comités techniques restreints et élargis, comité de pilotage, comité consultatif, etc.) et de la « stratégie de concertation et de communication ambitieuse » mise en place les sept dernières années. Tous ces comités, ces réunions publiques, ces « balades pédagogiques » ont donc abouti à la #planification de #travaux_d’aménagements prévus sur cinq années, entre 2027 et 2031, validés notamment par le vote en faveur de l’avant-projet par la #Métropole en avril dernier.

    Pour saisir leur importance, un chiffre suffit : 86 millions d’euros d’argent public sont pour l’instant budgétés (selon le site du Symbhi). Concrètement, ça veut dire que pendant cinq ans, un paquet de machines, de moteurs, de camions vont venir triturer le lit du Drac. Et anéantir – ou radicalement bouleverser – les charmants espaces du Drakistan.

    Dans le langage technocratique, on parle de « rajeunissement des bancs et îlots sur le linéaire de la traversée urbaine du Drac ». « #Rajeunissement » (détaillé en « enlèvement de la végétation et abaissement du banc ou îlot »), c’est un joli mot pour désigner la #dévastation de beaucoup de ces bancs ou îlots. Concrètement, la #déclaration_d’intention nous apprend que si certains #bancs, très minoritaires, restent « sans modification à l’étude », la plupart vont être « arasés » (soit « mis à ras, aplanis ») de façon plus ou moins importante : certains pour être en « immersion 80 % du temps », d’autres « 50 % du temps » (sachant que pour l’instant la plupart de ces bancs ne sont presque jamais immergés).

    Il n’y a pas que dans sa « traversée urbaine » que le Drac va subir les assauts des pelleteuses et des pompes de dragage. Les travaux envisagés concernent la vingtaine de kilomètres entre le barrage de #Notre-Dame-de-Commiers et la confluence avec l’Isère, les machines devant autant s’activer au niveau de #Comboire ou des champs captants de #Rochefort pour extraire des cailloux et aménager des « espaces de bon fonctionnement » de cette rivière autrefois sauvage et aujourd’hui corsetée et maltraitée tout du long.

    Mais qu’est-ce qu’on va faire de tous les matériaux enlevés ? Un peu plus haut, la réserve naturelle des #Isles_du_Drac (voir dernier numéro) est « déficitaire en sédiments grossiers du fait de la présence de la chaîne hydroélectrique en amont ». En clair : comme les quatre grands barrages du Drac empêchent les #cailloux de passer (la majorité des sédiments arrivant en ville proviennent en fait de la Romanche, affluent du Drac), il n’y a pas assez de sédiments dans cette zone, ce qui fait que « tous les milieux et espèces associés sont menacés sans action de réinjection de sédiments ».

    Alors le Symbhi prévoit des « #recharges_sédimentaires » dans cette zone, c’est-à-dire de transporter en camion des cailloux qui étaient auparavant transportés par la rivière. Et forcément, ça signifie pas mal de va-et-vient. Il est question d’une première recharge de « 37 000 m3 », suivie d’apports de « 4 000 m3 par an ». Sachant qu’un camion-benne peut transporter « environ 10 à 16 m3 », la première recharge nécessitera environ 2 800 aller-retours en camion. Merci « l’énergie verte » !
    Face aux grands dégâts annoncés, pas de panique ! Le Symbhi prétend bien entendu faire au moins pire. Toujours selon sa novlangue, si le « processus de rajeunissement » va entraîner un « éclaircissement de la végétation », il est quand même prévu de « replanter des arbres une fois les travaux terminés », ceci « afin de limiter l’impact sur le #paysage, la #végétation d’ambiance et le maintien d’#îlots_de_fraîcheur dans l’agglomération ». Par contre, il n’est pas précisé comment compenser la perte des « boisements développés dans l’espace intra-digues » qui « représentent également un enjeu écologique non négligeable », notamment parce qu’ils « hébergent une #biodiversité remarquable : de nombreux #oiseaux, le Castor d’Europe, l’Inule de Suisse, ainsi que des milieux variés tels que pelouses sableuses, bras secondaires ou zones humides phréatiques ». Ça va prendre un paquet d’années « une fois les travaux terminés » pour que toutes ces espèces repointent le bout de leur nez… On pourra toujours se consoler en posant des questions à ChatGPT et en se disant que les supercalculateurs nécessaires au développement de l’IA, comme celui en construction à Eybens, sont peut-être alimentés par « l’énergie verte » des barrages.

    Pour ne pas nommer « #désastre_environnemental » ce qui est un désastre environnemental, le Symbhi agite quelques mesurettes : « Afin de limiter les émissions de CO2 et de micro-particules liées au transport », le syndicat promet de « favoriser les circuits courts », « d’utiliser des véhicules à faibles émissions », d’arroser les pistes au niveau des zones de chargement/déchargement pour « limiter les émissions de poussière » et même – ultime audace – de « former les conducteurs à l’écoconduite ». C’est quelle part du budget sur les 86 millions d’euros ?

    Pour une telle somme d’#argent_public, il est quand même prévu quelques travaux pour le bien-être des simples habitants. Ainsi entre Champagnier et Fontaine, une vingtaine de « haltes paysagères » devraient être aménagées, notamment afin de « renforcer les îlots de fraîcheur le long de la rivière »… Pour être plus précis, il s’agit d’abord de raser la plupart des « îlots de fraicheur » et ensuite de les « renforcer ».

    La seule bonne nouvelle dans cette affaire, c’est que ce programme n’est pour l’instant qu’un « avant-projet ». Même s’il a déjà été voté par la Métropole, il reste encore un an et demi avant le début annoncé des travaux, autant de temps pour essayer de mettre la pression sur le Symbhi pour qu’il revoie à la baisse ses projets destructeurs ou qu’il les abandonne. À ce propos, une réunion publique sur les travaux est annoncée le 8 octobre à 18h30 à la mairie de Fontaine.

    Comment croire qu’il n’y ait pas d’autre solution, face au risque d’inondation, que l’ « #arasement » de ce qui constitue aujourd’hui les seuls endroits encore sauvages dans notre cuvette en béton ? Allons-nous vraiment supporter la vue, pendant cinq ans, des bulldozers du Symbhi écrasant à l’ancienne les îles du Drac, ses forêts, ses bras morts, et toutes les bestioles qui y font leur vie ?
    Si la raison principale du projet est la protection de l’agglo face au risque de « #crue_bicentennale », n’y a-t-il vraiment pas d’autre option à envisager que ce désastre écologique à 86 millions d’euros ?

    Le débit du Drac, faut-il le rappeler, est entièrement asservi par EDF et ses quatre grands lacs de barrages en amont de Grenoble : le #Sautet (1 077 millions de m3), #Saint-Pierre-Cognet (28 millions de m3), #Monteynard (275 millions de m3) et #Notre-Dame-de-Commiers (34 millions de m3). Sur les affluents du Drac, il y a aussi les grands lacs de barrage présents sur la #Romanche (le #Chambon) ou l’#Eau_d’Olle (#Grand’Maison). Serait-il délirant d’imaginer fermer les bonnes vannes au bon moment (en cas d’épisode hydro­logique faisant redouter une « crue bicentennale »), pour faire monter de quelques mètres le niveau des retenues afin de « lisser » la crue, comme ils disent ? Et si cela implique, une fois par siècle, une production d’#électricité dégradée pendant quelques jours, des pertes d’argent sur le « marché de l’énergie », voire des coupures d’électricité ciblées, on pourrait arriver à s’en remettre, non ?

    Dans la « déclaration d’intention », on apprend qu’un autre scénario « reposait sur une intervention minimale visant à préserver l’état actuel du lit du Drac, notamment en conservant les bancs végétalisés. Il comprenait le confortement et la sécurisation des ouvrages de protection contre les inondations ainsi que des solutions de gestion des excédents sédimentaires. » Si ce scénario n’a pas été retenu, c’est parce qu’il ne « permettait pas l’abaissement des lignes d’eau en crue de contribuer au déficit sédimentaire au sein de la réserve naturelle des Isles du Drac et il n’apportait qu’une faible contribution à la biodiversité, impliquant des compensations hors site ». Ce charabia difficilement compréhensible affirme néanmoins que pour le risque d’inondation, on peut ne pas raser le Drakistan même si les technocrates écrivent que laisser ces espaces naturels n’apporterait « qu’une faible contribution à la biodiversité » (!). Si ce scénario n’a pas été choisi, c’est uniquement pour résoudre les problèmes de « déficit sédimentaire » causés par les barrages. Encore et toujours, la rivière est considérée pour les seuls intérêts de la « houille blanche ».

    Ce nouvel épisode à venir du saccage du Drac devrait donc d’abord inciter à réfléchir sur le véritable bilan de la « houille blanche » et d’un siècle d’électrification [1]. Avec le centenaire de « l’exposition internationale de la houille blanche », la mairie de Grenoble, comme toutes les institutions locales, préfère célébrer sans retenue cette pseudo « énergie verte » qui a en réalité contribué à saccager l’environnement.

    **

    Le « #collectif_des_gens_qui_ont_chaud » prié d’aller se rhabiller (pour l’instant)

    86 millions d’euros de travaux, mais rien de prévu pour permettre la #baignade dans ces millions de mètres cubes d’eau dévalant depuis les montagnes. Cet été, le « collectif des gens qui ont chaud » a organisé deux #baignades_sauvages dans le Drac (voir photo page 28) afin de « montrer que la baignade dans les lieux naturels est possible et mettre le débat sur la place publique ». Une initiative qui a entraîné des arrêtés municipaux de la part des maires de Fontaine et Seyssinet-Pariset pour « interdire la baignade » et même un tweet de la préfète de l’Isère afin d’inciter à « privilégier les zones réglementées pour vous baigner en toute sécurité » et de déconseiller la baignade « dans ce cours d’eau particulièrement instable dont la variation de débit peut fluctuer très vite ». Pour les autorités, même après plusieurs étés caniculaires, il n’est toujours pas envisageable que les 400 000 habitants de la cuvette puissent profiter de la fraîcheur des cours d’eau qui la traversent... Si 181 réunions et 86 millions d’euros ne prévoient rien pour la baignade, c’est que sur cette rivière comme sur les autres, c’est la fameuse « houille blanche » qui dicte sa loi. On reviendra sur la baignade dans un prochain numéro.

    https://lepostillon.org/Faire-barrage-aux-travaux-du-Drac.html

    #rivière #Drac #Grenoble #Isère #castors #budget #coût

  • La coabitazione forzata tra greci e richiedenti asilo nel campo di #Koutsochero

    Nella struttura per rifugiati nella zona centrale del Paese sono stati trasferiti due anni e mezzo fa circa 300 cittadini greci in seguito a un’alluvione. A oggi ne sono rimasti una trentina insieme a 1.500 richiedenti asilo, per lo più sudanesi. Quello che viene rivendicato come un “esperimento mondiale” mette in luce in realtà “il governo degli sfollati”, che tratta le persone con disprezzo, riproduce precarietà e lede l’accesso ai diritti

    Nel campo di rifugiati di Koutsochero, situato a venti chilometri circa dalla città di Larissa, nella Grecia centrale, è stato tracciato uno stretto sentiero cementato. Da un lato vivono oggi ventotto cittadini greci, sfollati a causa della violenta inondazione che nel settembre del 2023 ha distrutto le loro abitazioni. Dall’altro circa 1.500 richiedenti asilo, in maggioranza cittadini sudanesi arrivati a Creta dalla Libia prima di essere trasferiti a Koutsochero.

    Rispetto a due anni fa la composizione della popolazione del campo è cambiata considerevolmente: nell’inverno del 2024 si trovavano circa 300 cittadini greci, insieme a richiedenti asilo, prevalentemente famiglie siriane e afghane. Mentre attraversiamo la struttura un’anziana signora greca ha appena superato il sottile vialetto per sedersi all’ombra di una tettoia dal “lato dei rifugiati”. Di fatto, la linea di demarcazione tra l’area riservata a coloro che sono stati definiti i primi rifugiati climatici europei, e quella in cui risiedono i richiedenti asilo è ormai del tutto fittizia.

    Questa insolita coabitazione forzata tra cittadini e rifugiati persiste da oltre due anni e mezzo: nel settembre 2023 la tempesta Daniel ha battuto il record giornaliero di precipitazioni nel Paese, devastando abitazioni, allevamenti e coltivazioni agricole in una Regione -la Tessaglia- tra le più povere della Grecia e in via di spopolamento. Tra i villaggi colpiti, nella cittadina di Farkadona, sono state danneggiate cinquecento abitazioni, mentre nella vicina Keramidi è stato evacuato quasi l’intero paese. La struttura di accoglienza per richiedenti asilo di Koutsochero, un complesso recintato di container costruito nel 2016 con i fondi della Commissione europea, è parso come una soluzione meno precaria delle tende installate dall’esercito pochi giorni dopo l’alluvione nel villaggio di Gryzano.

    Per “fare spazio” ai profughi greci, sono stati allontanati da Koutsochero e trasferiti in altri campi in Grecia ben 900 richiedenti asilo. “Li hanno cacciati di notte, senza dire loro né dove sarebbero andati né per quanto tempo -ricostruisce un’attivista solidale della zona-: molti avevano acquistato televisori e frigoriferi ma hanno perso tutto: avevano lasciato i loro averi pensando si trattasse di una soluzione temporanea”. Subito dopo la fuoriuscita dei rifugiati, circa trecento greci sono stati trasferiti nei container del campo. “All’inizio c’era una grande reticenza a causa degli stereotipi razzisti e della xenofobia -racconta un abitante del luogo- per molti però era l’unica opzione possibile”.

    Nel momento in cui nuovi richiedenti asilo sono stati trasferiti nel campo, nell’inverno 2024, alcuni residenti greci hanno preferito andarsene, altri hanno chiesto filo spinato per dividere l’area in due, altri invece sono rimasti. Nel corso dei mesi la convivenza si è pian piano stabilizzata: quando è stato interrotto per un periodo il servizio di ristorazione per gli sfollati, sono stati i rifugiati a condividere parte del loro cibo. Infatti, nonostante il campo sia gestito dal ministero delle Migrazioni e dell’asilo, la distribuzione dei pasti per i cittadini greci è stata assegnata al ministero dell’Interno, e nei primi mesi di coabitazione alcuni residenti avevano lamentato la scarsa quantità di cibo, sottolineando la differenza con quello fornito invece ai richiedenti asilo.

    Nel frattempo venticinque container che erano stati collocati nella cittadina di Farkadona nel marzo 2024 per ospitare le vittime dell’alluvione, sono rimasti vuoti senza allacciamento all’elettricità e alla rete fognaria, accanto a container invece ancora abitati dagli sfollati del terremoto avvenuto nella stessa Regione nel 2021. A questi due blocchi si sono aggiunti quelli in cui ancora oggi vivono circa 400 greci del Ponto, arrivati tra la fine degli anni Ottanta e i primi anni Novanta da vari Paesi dell’ex Unione Sovietica, dove si erano rifugiati nei primi due decenni del Novecento per sfuggire alle persecuzioni e ai massacri perpetuati dall’Impero Ottomano sulle sponde del Mar Nero. Inoltre, sempre a Farkadona, 93 case costruite nei primi anni Duemila per i greci del Ponto -per un costo totale di oltre quattro milioni di euro- sono rimaste disabitate e sono state saccheggiate da alcuni cittadini.

    Le ragioni fornite dagli abitanti della zona sono controverse: alcuni sostengono che le abitazioni non siano mai state allacciate alla rete fognaria; altri fanno notare che i rimpatriati, come le vittime dell’alluvione, non pagano l’elettricità nei container e quindi hanno pochi incentivi a trasferirsi. Complessivamente i tre gruppi di container racchiudono una stratificazione di sfollamenti diversi tra loro, avvenuti in momenti differenti, e tuttavia caratterizzati da questa temporaneità protratta nel tempo che si materializza nelle stesse abitazioni.

    L’“esperimento mondiale” di coabitazione forzata a Koutsochero, come lo ha definito il precedente direttore del campo, in realtà mette in luce che “il governo degli sfollati” -siano essi migranti o cittadini greci- o meglio delle displaced persons, secondo le categorie delle organizzazioni internazionali come l’Alto commissariato della Nazioni Unite per i rifugiati (Unhcr)- consiste in una gestione e riproduzione della povertà. Se ci si sofferma infatti su chi tra gli sfollati dell’alluvione è stato trasferito nel campo e, soprattutto, chi vi è rimasto dopo due anni e mezzo, emerge che si tratta di persone considerate improduttive o a carico dello Stato: disoccupati, anziani, con problemi di salute o privi di reti di supporto familiare. Escluse le resistenze iniziali da parte di alcuni, a cui abbiamo fatto riferimento, per chi abita ancora oggi nel campo Koutsochero è diventata una soluzione abitativa sul medio periodo: all’interno del campo, come sottolineano alcuni abitanti, i cittadini non devono pagare l’elettricità, cibo e affitto. Né i familiari, né lo Stato devono quindi farsi carico degli sfollati ancora residenti nel campo, il quale viene finanziato con i fondi della Commissione europea.

    La moralizzazione e il disprezzo manifestato da parte di alcuni concittadini e autorità locali nei confronti degli sfollati a Koutsochero si concentra proprio sulla loro volontà di restare dipendenti e di “vivere a scrocco”, come ha rimarcato il sindaco di Farkadona. L’abbandono attivo da parte delle istituzioni, nei confronti della componente improduttiva della popolazione è stato quindi rivolto contro gli stessi sfollati: la divisione tra rifugiati e cittadini si è progressivamente dissolta a favore di un discorso che vede sia i primi sia i secondi come dipendenti cronici dalle istituzioni, in opposizione ai cittadini operosi. Il vocabolario di dipendenza dall’assistenza sociale che parla dei poveri non-meritevoli che devono “andarsene per non diventare compiacenti”, come ci ha riferito un funzionario dell’Autorità regionale, rispecchia in fondo il discorso che è stato applicato negli ultimi anni ai rifugiati. Ma nessuno nella pianura della Tessaglia è più interessato a parlare dei rifugiati: la loro presenza è invisibilizzata nei discorsi pubblici attraverso una sorta di indifferenza organizzata.

    L’inusuale convivenza tra rifugiati e cittadini nel campo di Koutsochero mostra così un elemento che spesso passa inosservato nelle analisi sulle politiche migratorie: la divisione tra migranti e cittadini è lungi dall’essere netta e irreversibile, se la osserviamo dal punto di vista della precarizzazione socioeconomica che colpisce un’ampia fetta della popolazione nazionale e che moltiplica disuguaglianze di fatto, tra i cittadini stessi, nell’accesso ai diritti. Pertanto la coabitazione forzata tra rifugiati e cittadini nel campo di Koutsochero fa spostare l’attenzione dallo stupore di tale esperimento politico verso una riflessione su come articolare una critica alla (ri)produzione di precarietà.

    https://altreconomia.it/la-coabitazione-forzata-tra-greci-e-richiedenti-asilo-nel-campo-di-kout

    #cohabitation #asile #migrations #réfugiés #déplacés_internes #IDPs #Grèce #camps_de_réfugiés #cohabitation_forcée #réfugiés_environnemantaux #réfugiés_climatiques #Farkadona #Keramidi #containers #Gryzano #inondations #catégorisation

  • Quand la Charente a débordé.

    https://lhistgeobox.blogspot.com/2026/02/quand-la-charente-deborde.html

    « Les crues de la Charente interviennent au cours de la période hivernale en raison des fortes précipitations océaniques qui s’abattent alors sur la région. A la différences des inondations brutales et soudaines que connaît le quart sud-est de la France, il s’agit ici de crues provoquées par une pluviosité longue (crues à cinétique longue). L’eau monte lentement et l’onde de crue s’y étale dans le temps (48 heures pour arriver de Cognac à Saintes, seulement distantes de 28 km). En se propageant vers l’aval, elle est aggravée à la fois par la persistance des pluies et par les crues des affluents aval. Au niveau de Saintes, la présence d’un large lit majeur entraîne des débordements du fleuve sur de vastes surfaces, d’autant plus que la faiblesse de la pente empêche l’évacuation rapide des eaux. Dans ces conditions, les durées de submersion se caractérisent par leur longueur (un mois en 1982 !). Rappelons en outre l’existence d’autres facteurs favorisant l’apparition des crues : remontée de la marée dans la partie aval, l’encombrement du lit mineur en raison d’un entretien insuffisant et par la présence d’ouvrages vétustes ou mal dimensionnés, enfin l’occupation abusive du lit par certains aménagements. »

  • #Réfugiés_climatiques... britanniques...

    Les maisons que vous voyez au premier plan sont celles des premiers « #déplacés_climatiques » britanniques. Seize maisons rachetées pour 3 millions d’euros dans une rue devenue inhabitable.

    Dans ces maisons on trouve une quarantaine de personnes, toutes ou presque traumatisées par la #tempête_Dennis en 2020, certains racontent avoir frôlé la mort, bloqués dans leur maison. #Partir est un #traumatisme évidemment mais personne ne se fait prier.

    Pendant 5 ans l’autorité de régulation des #inondations du #Pays_de_Galle a étudié différents scénarios pour ces maisons : élargir le lit de la rivière, construire une mur plus haut. A la fin aucune de ces options n’a été jugé pertinente sur le plan économique, les habitants de la rue étaient à la fois soulagés de voir les experts arriver à une conclusion et se sont dit « tout ça pour ça ».

    Donc on va racheter les maisons et ils pourront refaire leur vie ailleurs. Trois millions d’euros en tout, un peu moins de 200 000 euros par maison. Est-ce que c’est beaucoup ? C’est une histoire d’échelle.

    L’affaire a été gérée au niveau du « bourough » qui compte 230 000 habitants, c’est à peu près l’équivalent de la Mayenne ou de l’Aube en France. Donc ils peuvent trouver 3 millions d’euros, d’ailleurs ils rappellent que les dégâts de la tempête Dennis ont couté environ 150 millions d’euros de réparations sur les infrastructures donc c’est somme toute finançable 3 millions.

    Mais on parle seulement de 16 maisons, des 40 premiers déplacés climatiques du pays, un peu comme on a eu Blendecques en France. L’histoire nous apprend qu’ensuite est venu Treffiagat et puis Miquelon, cette fois-ci à l’échelle d’un village.

    Au fait il s’appelle comment ce village du Pays de Galles ? C’est là que les choses se corsent, on dirait un mot compte triple au Scrabble : #Ynysybwl

    Alors on va retenir le nom de la rue : Clydach Terrace. C’est ici que début 2026 on a dit à une quarantaine de personnes qu’ils allaient devoir partir. Que la rivière était trop dangereuse dans un climat déréglé et que plus personne ne pourrait habiter là.

    https://www.linkedin.com/posts/antoinepoincare_les-maisons-que-vous-voyez-au-premier-plan-activity-742701
    #migrations #déplacés_internes #IDPs #UK #Angleterre #inhabitabilité

  • De la Californie à la Chine, les 10 plus grosses catastrophes climatiques ont couté plus de 120 milliards de dollars en #2025

    #Incendies, #inondations, #tempêtes… En 2025, les catastrophes climatiques ont infligé au monde une facture d’au moins 120 milliards de dollars (103 millions d’euros), selon l’ONG Christian Aid. Un chiffre sous-estimé, calculé à partir des seules pertes assurées, qui souligne l’ampleur croissante des #dégâts liés au réchauffement climatique.

    Ce chiffre rappelle que la lutte contre le réchauffement climatique est aussi un impératif économique. En 2025, les dix plus grosses catastrophes liées au climat ont engendré environ 122 milliards de dollars (103 millions d’euros) de pertes à l’échelle mondiale, selon un rapport de l’ONG britannique Christian Aid, publié ce samedi. Un montant colossal, bien que moins élevé que celui de 2024, qui s’élevait à 200 milliards de dollars (169 milliards d’euros).

    Vagues de chaleur, incendies de forêt, sécheresses, tempêtes… Ces catastrophes et leur ampleur ont témoigné, cette année encore, de « la réalité actuelle de l’effondrement climatique », a réagi le climatologue Davide Faranda, alors même que le seuil de +1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle est sur le point d’être franchi.

    Ce chiffre de 122 milliards a été calculé à la baisse : pour parvenir à ces estimations – encore partielles, certains dégâts n’ayant pas pu être pleinement chiffrés – l’ONG s’est appuyée sur les seules pertes assurées. « Cela signifie que les coûts financiers réels sont probablement bien plus élevés », souligne le rapport.

    Des incendies particulièrement ravageurs aux Etats-Unis

    En tête des catastrophes les plus couteuses figurent les incendies de janvier en Californie, qui ont à eux seuls représenté plus de 60 milliards de dollars (50 milliards d’euros) de pertes. En seconde place arrivent les typhons et les inondations qui ont frappé l’Asie du Sud-Est en novembre, causant 25 milliards de dollars de dégâts et la mort de plus de 1 750 personnes en Thaïlande, en Indonésie, au Sri Lanka, au Viêt Nam et en Malaisie.

    Viennent ensuite les inondations dévastatrices en Chine, qui ont contraint des milliers de personnes à se déplacer, causé 11,7 milliards de dollars (10 milliards d’euros) de dégâts et fait au moins 30 morts au mois de juillet. Puis l’Ouragan Melissa, qui a touché les Caraïbes fin octobre, provoquant des pertes d’une valeur estimée à 8 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) en Jamaïque, à Cuba, et dans les Bahamas.

    Cette année, « aucune région du monde n’a été épargnée par les catastrophes climatiques paralysantes », conclut le rapport, qui pointe également les désastres causés par l’épisode de sécheresse sévère qui a touché le Brésil au premier semestre, les incendies de cet été en Espagne et au Portugal, ou encore les cyclones de février en Australie et sur l’île de La Réunion.
    Les pays pauvres particulièrement touchés

    Si le top 10 s’est concentré essentiellement sur les coûts financiers – qui sont généralement plus élevés dans les pays riches en raison de la valeur plus élevée des biens et de l’accès à l’assurance –, certains des événements météorologiques extrêmes les plus dévastateurs de 2025 ont frappé des pays plus pauvres, insiste Christian Aid. Des pays qui « ont peu contribué à la crise climatique et disposent de moins de ressources pour y faire face », souligne l’ONG.

    Il pointe notamment les inondations au Nigeria en mai et en République démocratique du Congo en avril, qui ont touché des milliers de personnes et causé potentiellement jusqu’à 700 morts au Nigeria seulement. Ainsi que la sécheresse sévère en Iran et en Asie occidentale, qui a menacé, fin novembre, les 10 millions d’habitant·es de Téhéran d’une possible évacuation en raison d’une crise de l’eau.

    Dans ce contexte, Christian Aid appelle à une « action urgente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre mondiales » et renforcer le soutien aux communautés vulnérables. « Les impacts de ces catastrophes peuvent être atténués si des mesures appropriées sont prises », martèle l’association.

    La professeure émérite Joanna Haigh, de l’Imperial College London, abonde : « Ces catastrophes ne sont pas “naturelles”. Elles sont le résultat prévisible de l’expansion continue des combustibles fossiles et des retards politiques ». Et de conclure : « À moins que les gouvernements n’agissent dès maintenant pour réduire les émissions et financer des mesures d’adaptation, cette souffrance ne fera que se poursuivre. »

    https://vert.eco/articles/de-la-californie-a-la-chine-les-10-plus-grosses-catastrophes-climatiques-ont-c
    #coût #changement_climatique #climat #catastrophes #catastrophes_climatiques #chiffres #statistiques

  • ‘Migrants in their own land’: climate displacement at Europe’s external borders
    https://wearesolomon.com/mag/focus-area/migration/migrants-in-their-own-land-climate-displacement-at-europes-external-bo

    When record-breaking floods hit central Greece in 2023, entire villages were uprooted. Some of those left houseless remain in the refugee camp where they were relocated — a stark glimpse of Europe’s new reality, where climate disasters are displacing citizens alongside migrants.

  • « La classe politique déserte l’écologie au moment même où celle-ci s’installe dans le quotidien des Français »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/07/28/la-classe-politique-deserte-l-ecologie-au-moment-meme-ou-celle-ci-s-installe

    Pour ralentir sans le dire, les gouvernements Attal et Barnier avaient déjà trafiqué les indicateurs gouvernementaux censés suivre la réduction des pesticides et des passoires thermiques. Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, la classe politique recomposée se laisse entraîner dans une spirale assumée d’autodestruction qui consiste à supprimer tour à tour les objectifs et dispositifs écologiques portés ces dernières années.

    En quelques mois, la lutte contre la pollution de l’air a disparu avec la suppression des zones à faibles émissions, le combat contre la bétonisation des campagnes [par le dispositif zéro artificialisation nette] a été abandonné par le gouvernement malgré son efficacité contre les inondations et les canicules, et la réduction des pesticides dangereux pour la santé balayée par la réautorisation, votée dans la loi Duplomb [adoptée par l’Assemblée nationale le 8 juillet] par une grande majorité des députés macronistes, d’un néonicotinoïde interdit depuis 2018 [l’acétamipride].

    (...) la classe politique française assume aujourd’hui de dire, en matière de protection de l’environnement, « n’attendez plus rien de l’Etat » et « on ne veut plus essayer ». Cette démarche se trompe, et la classe politique française déserte l’écologie au moment même où le réchauffement climatique s’installe concrètement dans le quotidien des Français.

    L’économie pénalisée

    Les canicules de juin ont battu le record de la journée et de la nuit les plus chaudes jamais enregistrées sur ce mois. La Méditerranée n’a jamais été aussi chaude pour un début d’été, et les ostréiculteurs craignent de voir leur production d’huîtres et de moules mourir de chaud. Des villages entiers, comme La Bérarde [Isère], sont engloutis par des pluies diluviennes ou l’effondrement de glaciers, et 6 millions de Français en précarité énergétique se retrouvent piégés dans des logements mal isolés, qui deviennent des bouilloires en période de canicule.

    Ce mépris d’un quotidien déjà bouleversé par le dérèglement climatique pourrait bientôt pénaliser, dans les urnes, des élites anti-écologiques de plus en plus déconnectées de ces réalités. D’autant que l’économie sera pénalisée par une politique anticlimatique : l’arrêt des renouvelables priverait la France d’une industrie de 80 000 emplois, dont la production doit réduire la facture énergétique de 40 milliards d’euros par an, dans un contexte où la multiplication des conflits promet de faire payer à la France le prix fort pour l’énergie qu’elle importe.

    Alors que 2025 marque les dix ans de l’accord de Paris sur le climat, la France joue aussi sa crédibilité diplomatique : la désertion écologique à l’œuvre à Paris agira probablement comme une épine dans le pied de la diplomatie française lors de la COP30 qui se tiendra cet automne au Brésil.

    edit

    #écologie #pesticides #passoires_thermiques #précarité_énergétique #logment #énergie #Air #artificialisation_des_sols #réchauffment_climatique #sécheresses #inondations #canicules

  • Intempéries dans le Var : « Ce ne sont pas des images de guerre, mais de bêtises urbanistiques »

    Alors que des #pluies_torrentielles ont causé mardi 20 mai la mort de trois personnes dans le Var, l’urbaniste Amandine Richaud-Crambes estime que ces #événements_extrêmes dévoilent les lacunes en matière d’#adaptation du pays ainsi qu’une perte de mémoire du risque naturel.

    Près de 250 millimètres (mm) d’#eau tombés en une heure. Le 20 mai, #Le_Lavandou, station balnéaire varoise, a été frappé par des pluies torrentielles à la suite d’un violent épisode orageux. Les #précipitations dans le département ont provoqué des #inondations puissantes qui ont conduit à la destruction d’#infrastructures publiques – station d’épuration, ponts, routes – ainsi qu’à la mort de trois octogénaires, dont les corps ont été retrouvés au Lavandou et à Vidauban.

    Le pourtour méditerranéen est devenu une des régions mondiales les plus touchées par le réchauffement planétaire, comme l’a précisé le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Les scientifiques estiment que ce bassin océanique se réchauffe 20 % plus vite que le reste du globe.

    Urbaniste et ingénieure en environnement, Amandine Richaud-Crambes, experte des #risques_naturels en région méditerranéenne, revient sur cet événement extrême qui a frappé le Var. Elle rappelle les dangers de l’#artificialisation_des_sols à tous crins, la nécessaire adaptation au réchauffement planétaire et les besoins d’inculquer une culture de la #prévention_des_risques à l’heure du #chaos_climatique.

    Mediapart : L’épisode orageux violent qui a frappé le 20 mai Le Lavandou est-il un phénomène exceptionnel ?

    Amandine Richaud-Crambes : Ce n’est pas un événement rare. Le problème est qu’il n’est pas normal que ce type de phénomène se déroule au printemps. Les épisodes méditerranéens sont très fréquents, surtout sur cette partie du Var. Et, malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’il y a des morts à la suite d’intempéries aussi violentes.

    Sauf que ces événements catastrophiques sont accentués par deux facteurs. Tout d’abord, le changement climatique : habituellement, les épisodes méditerranéens se déroulent en automne et jusqu’à décembre. Mais à cause de chaleurs printanières anormales, la mer Méditerranée se réchauffe déjà, ce qui conduit à des dépressions météorologiques et donc à des précipitations importantes. À cela s’ajoutent des températures au sol très chaudes sur le littoral du Var, intensifiant la violence de l’épisode orageux.

    Le Lavandou a enregistré près de 250 mm de précipitations en une heure.

    C’est ce qui se passe normalement pour un épisode méditerranéen. Ce sont d’énormes volumes d’eau qui peuvent tomber entre une heure et vingt-quatre heures. Dans la région, on a observé encore cet hiver des épisodes méditerranéens de cette envergure-là.

    Concernant Le Lavandou, on se retrouve donc sur un territoire où il a fait très chaud mais aussi avec une commune qui a dans son dos le massif des Maures, qui va bloquer les nuages – un peu comme durant ce qu’on appelle les #épisodes_cévenols. C’est pour cela que les #orages et les pluies intenses se sont concentrés à un endroit très précis.

    Et ce qui s’est passé, c’est qu’un des #cours_d’eau locaux qui va jusqu’au Lavandou, la #Môle, est très urbanisé, très canalisé, comme presque toutes les #rivières en France. Particulièrement artificialisées, elles représentent ce qu’on appelle des #lits_secondaires qui originellement jouaient le rôle de #bassins_de_débordement des eaux.

    En conséquence, non seulement l’#urbanisation de ces rivières empêche l’#infiltration des pluies dans les sols, mais accélère aussi les flux d’eau. Associé à la #topographie du Lavandou, un événement pluvieux important devient alors très violent. Ces mêmes éléments – des précipitations fortes et stationnaires, une topographie particulière, l’artificialisation des rivières – ont été à l’origine des inondations meurtrières à Valence, en Espagne, à l’automne dernier.

    Les messages d’urgence type #FR-Alert qui ont été envoyés sur les téléphones portables de la population pour rappeler les consignes de sécurité sont-ils selon vous suffisants ?

    Les #systèmes_d’alerte qui existent actuellement sont multiples et déjà très efficaces. Il faut savoir les respecter. Une #alerte orange avait été émise pour le Var, ce qui appelle déjà à de nombreuses mesures de prévention. Et les services de l’État, la sécurité civile, les pompiers étaient prêts à intervenir.

    Mais il faut avoir en tête que, dès que l’alerte est orange, on ne va pas chercher sa voiture, on ne sort pas, on évite les zones à risque. C’est là que nous avons un souci, parce que malheureusement un couple est mort au Lavandou parce qu’ils sont sortis de leur appartement inondé, non loin du bassin de crue. Le troisième décès est celui d’une femme à Vidauban qui était dans son véhicule durant les pluies. 90 % des morts durant ces catastrophes sont dues à des #erreurs_humaines de non-prise en compte du #risque. Nos systèmes d’alerte sont bons, ce qu’il manque aujourd’hui c’est travailler toujours plus sur la #prévention.

    Le Var, un département où les habitants sont habitués aux grosses inondations, attire par ailleurs des personnes pas forcément originaires de la région qui ont moins cette histoire et cette mémoire du risque. Les élus locaux ont tout de suite qualifié les dégâts provoqués par les orages d’« images de guerre », mais ce sont des images de bêtises urbanistiques, de changement climatique.

    Le réchauffement planétaire nous rappelle ici qu’il faut désormais privilégier l’#habitation et l’#adaptation, plutôt que le #tourisme et l’#économie à tout-va.

    L’#adaptation_urbanistique pourra-t-elle répondre aux impacts du changement climatique, qui ne cesse de s’intensifier ?

    L’urbanisme ne peut pas tout régler face au #climat, mais rappelons qu’aujourd’hui, nous ne faisons quasiment pas d’adaptation. Les quelques nouveaux #aménagements_urbains réalisés avec des systèmes d’infiltration des eaux ne vont pas du jour au lendemain changer trois décennies de #bétonisation des sols.

    Aujourd’hui, 80 % du territoire français est artificialisé. Alors l’urbanisme ne peut pas tout, mais l’urbanisme peut encore beaucoup. Et malheureusement, avec le changement climatique, dans les endroits peu bétonnés, on se retrouve par exemple dans le sud de la France avec des #sols déjà très secs qui absorbent mal les eaux.

    À l’échelle d’une mairie ou même d’une communauté de communes, pour s’adapter aux événements climatiques extrêmes, faut-il réviser chaque #plan_local_d’urbanisme (#PLU) ?

    Il faut certainement les réviser à l’aune du changement climatique, parce que nombre de PLU datent déjà de plusieurs années. Très peu de ces plans d’aménagement urbain intègrent l’adaptation, notamment dans le sud.

    Le maire de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes) m’a assuré encore l’hiver dernier qu’on ne peut pas à la fois demander à construire des logements sociaux, de faire du « zéro artificialisation nette » tout en réduisant les risques naturels. C’est faux. Il faut que certaines zones soient plus constructibles. Mais aussi déplacer, et c’est très dur, les populations qui habitent dans des zones à risque. Ou encore, désendiguer les bassins de rivière, c’est-à-dire relaisser de la place à la nature. Toutes ces mesures difficiles sont possibles à déployer avec le PLU.

    En attendant, nombre d’élus bataillent pour détricoter voire supprimer la loi « #zéro_artificialisation_nette ». Mais en tant qu’experte des #risques_naturels en Méditerranée, et venant du Sud, où j’ai grandi avec ces risques inondation, je vois l’artificialisation s’aggraver et surtout, une perte de #mémoire du risque.

    Nous oublions les grandes crues qui se sont déroulées il y a vingt voire cinquante ans, et nous pensons que ça ne va plus revenir. Mais le changement climatique nous rappelle aujourd’hui à la réalité naturelle de nos territoires.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/220525/intemperies-dans-le-var-ce-ne-sont-pas-des-images-de-guerre-mais-de-betise
    #urbanisme #aménagement_du_territoire #intempéries #changement_climatique #pluie #oubli #ressources_pédagogiques

  • Un #TGV au-dessus du vide, symbole d’un réseau ferré vulnérable aux #intempéries

    De violentes intempéries ont causé l’affaissement d’un talus sur lequel circulait un TGV dans le Sud-Ouest, sans conséquence pour ses passagers. L’épisode illustre l’exposition du réseau ferré aux effets du changement climatique.

    Un train au-dessus du vide sur plusieurs mètres : les images de l’incident ferroviaire survenu lundi 19 mai dans le Lot-et-Garonne sont impressionnantes. Vers 20 h 30, les 508 passagers du TGV Paris-Toulouse ont ressenti « une légère secousse » avant l’arrêt du train. Et pour cause, les #pluies diluviennes qui ont causé d’importantes #inondations dans le Sud-Ouest avaient fait déborder un petit cours d’eau proche des rails, aux abords de la commune de #Tonneins (Lot-et-Garonne), emportant le ballast — amas de pierres soutenant les rails — sur une dizaine de mètres.

    Le train, qui roulait au ralenti, selon SNCF Réseau, s’est arrêté alors que les #rails ne touchaient plus le sol. « On a frôlé la catastrophe, les voies étaient à nu et le TGV en suspension », a témoigné auprès de l’Agence France-Presse le maire de la commune, Dante Rinaudo. Aucun blessé n’a heureusement été à déplorer.

    « Il n’y a pas eu de déraillement formel. Le train est resté dans l’axe, même si les roues ne touchaient plus le rail à certains endroits », précise SNCF Réseau à Reporterre. La circulation des trains restera coupée entre Agen et Marmande pendant « au moins plusieurs jours » et perturbée mardi 20 mai sur l’axe Bordeaux-Toulouse. « Il va falloir attendre que le TGV soit dégagé pour finaliser le diagnostic », déclare le représentant de SNCF Réseau.

    Des #dégâts « à des endroits où on ne s’y attend pas »

    À l’image de celle-ci, la SNCF comptabilise 7 000 km de voies en #zone_inondable, par ruissellement ou débordement. Et le #réseau_ferré est, de manière générale, particulièrement vulnérable aux effets du dérèglement climatique, qui cause une hausse des températures tout en multipliant les épisodes météorologiques extrêmes. Pour la SNCF, le défi technique est colossal : voies inondées, vents violents déstabilisant les trains, chutes d’arbres, éboulements, surchauffe de rails, incendies, fragilisation des ponts, défaillance de l’alimentation électrique en cas de canicule ou de tempête...

    « Les #aléas_climatiques sont énormes. Ils détruisent régulièrement le réseau à des endroits où on ne s’y attend pas. Cela ne fait que commencer », alertait Franck Dhersin, sénateur Horizons du Nord et ex-Monsieur transports de la région Hauts-de-France, lors d’une conférence de l’Association française du rail, le 8 octobre 2024.

    Les retards dus aux intempéries ont augmenté de 35 % entre 2011 et 2023 et le nombre de trains supprimés pour cette cause a été multiplié par cinq, selon une étude de la SNCF. Cela représente 1 500 trains par an, soit une journée d’exploitation, selon les chiffres de SNCF Réseau, qui dépense 30 à 40 millions d’euros par an pour réparer les dégâts causés par les aléas climatiques.

    Le dérèglement climatique implique aussi une explosion des #coûts de #maintenance. « Notre premier problème, c’est l’effet insidieux du changement climatique sur la végétation. La #forêt se dégrade rapidement, les insectes ravageurs sont plus résilients, ils attaquent la forêt et les arbres tombent sur les voies », a souligné Alain Quinet, directeur général exécutif de SNCF Réseau, le 20 mai devant un parterre d’experts des #transports, réunis au Conseil économique social et environnemental à l’occasion de la conférence de financement des transports.

    Des moyens colossaux nécessaires

    L’entreprise qui a dû renoncer au #glyphosate pour désherber, a vu ses frais de traitement de la végétation passer de 90 millions à 230 millions d’euros par an en dix ans. « Les perturbations du #cycle_de_l’eau » sont la seconde grande menace, dit Alain Quinet.

    Dans une note sur le sujet, SNCF Réseau estime que l’infrastructure est « à priori résiliente à l’horizon 2040-2050 », mais pour la suite, « l’ensemble du catalogue technique actuel doit être réexaminé et mis à jour ». Des moyens colossaux seront nécessaires à long terme, notamment pour déplacer les voies qui se situent dans les zones touchées par la montée des eaux, comme c’est déjà le cas de celle reliant Montpellier à Perpignan.

    Face à ce constat largement documenté, la charge revient désormais à l’État de lancer et financer un plan d’adaptation du réseau, notamment dans le cadre du contrat de performance État-SNCF Réseau, justement en cours de négociation. « Il faut qu’on se prépare, malheureusement, à ce que ce genre de problème climatique se renouvelle », alerte le ministre des Transports, Philippe Tabarot, auprès de Reporterre. « On a besoin de financements », dit-il, reconnaissant que « les arbitrages budgétaires n’ont pas été en faveur des transports ces dernières années, c’est le moins qu’on puisse dire »

    Déjà menacé d’« effondrement » en raison de sa vétusté, le réseau ferré français nécessite donc, plus que jamais, un sursaut politique. C’est en tout cas le consensus qui semble animer les observateurs de tous bords.

    https://reporterre.net/Un-TGV-au-dessus-du-vide-symbole-d-un-reseau-ferre-vulnerable-aux-intemp
    #train #réseau_ferroviaire #changement_climatique #infrastructure #vulnérabilité

  • Espagne : 25 000 étrangers affectés par les inondations dans la région de Valence seront régularisés - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/62763/espagne--25-000-etrangers-affectes-par-les-inondations-dans-la-region-

    Espagne : 25 000 étrangers affectés par les inondations dans la région de Valence seront régularisés
    Par RFI Publié le : 11/02/2025
    Mardi 11 février, le Conseil des ministres espagnol va approuver une mesure fortement symbolique : la régularisation de 25 000 étrangers non communautaires affectés par la « goutte froide » qui s’était abattue dans la région de Valence, le 29 octobre. De terribles inondations firent 224 morts. Ces personnes se trouvent dans une situation d’extrême précarité.
    C’est un grand soulagement pour des milliers d’étrangers qui ont subi les affres des inondations gigantesques de la fin du mois d’octobre et qui ont tout perdu dans le sud-est de l’Espagne. Ils vont bénéficier d’un permis de résidence et d’un permis de travail d’un an.
    C’est la décision du gouvernement espagnol socialiste qui, par ailleurs, a lancé un vaste plan de sauvetage économique pour les dizaines de milliers de Valenciens qui ont tout perdu avec la « goutte froide » dévastatrice et meurtrière. Les terribles inondations avaient fait 224 morts.
    La seule condition imposée aux migrants ayant été affectés est qu’ils doivent être recensés dans une des municipalités ayant souffert des inondations. Une spécificité qui, d’après l’organisation non gouvernementale Oxfam, va faire que des centaines de migrants ne pourront pas en bénéficier.
    Les associations humanitaires rappellent qu’être migrant et avoir été touché par cette « goutte froide » est une double peine : avoir tout perdu, et en plus avoir peur de demander de l’aide, étant donné l’importance des déploiements policiers dans la région.
    Quant au responsable régional de la reconstruction, l’ancien militaire Gan Pampols, l’idéal serait, pour lui, de faire de ces mêmes immigrés en passe d’être régularisés, de la main-d’œuvre supplémentaire dans l’immense chantier consistant à nettoyer et déblayer.

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#valence#regularisation#immigration#inondation#economie#sante

  • Marc-André Selosse, biologiste : « Face aux inondations et aux sécheresses, nos sols sont une solution »

    Inondations dans l’Ouest, en Haute-Loire, dans les Hauts-de-France, à Cannes ou à Valence [Espagne] : que d’eau, de désarroi et de pertes économiques… Nos océans, plus chauds, évaporent plus d’eau dans une atmosphère dont le réchauffement augmente la capacité en eau. Le changement climatique nous promet des précipitations annuelles semblables ou accrues, mais davantage automnales ou hivernales, avec plus de précipitations extrêmes – et à l’inverse, des sécheresses en été (− 10% de précipitations estivales en 2050). La misère humaine sous les pluies violentes ne fait que poindre. Comment éponger cette eau ? Nos #sols sont une solution !

    En effet, sous une surface d’un mètre carré, le sol peut retenir de 40 à 500 litres d’#eau ! Les plus gros pores des sols laissent pénétrer l’eau, tandis que les plus petits la retiennent par capillarité. Entre deux pluies, les premiers se ressuient lentement dans les rivières et les nappes, tandis que les seconds nourrissent les plantes. Plus nos sols boiront d’eau, mieux nous écrêterons les #inondations et, du même coup, mieux nous mettrons en réserve pour les étés secs. Notre gestion des sols est-elle à la hauteur de ces enjeux ? Non.

    Car les trous du sol sont ceux de la vie : terriers de vers de terre ou d’insectes, creusement par le déplacement de petits organismes unicellulaires, racines ou filaments de champignon qui meurent en laissant un vide… Or, la vie s’effondre dans beaucoup de sols agricoles. D’abord, le labour tue les animaux, les champignons et les racines : autant de porosité perdue. Certes, labourer crée des trous, mais, grossiers et non moulés comme ceux des êtres vivants, ils s’effondrent, se « tassent » : on doit relabourer l’année suivante.

    Ensuite, nos sols manquent de matière organique, ces restes de végétaux morts : les engrais sont à présent en grande majorité minéraux ; nul engrais organique (fumier ou compost…) ne vient plus compenser la matière des plantes qu’on récolte. Paradoxalement, les bactéries survivent au #labour et, momentanément oxygénées par celui-ci, elles détruisent plus vite la matière organique du sol.

    Résultat : depuis l’après-guerre, les sols labourés de France ont perdu une grande partie de leur matière organique. Or, c’est elle qui relie les particules des sols, empêche l’érosion et stabilise les pores… Sans elle, la porosité devient instable et l’eau est moins retenue. Enfin, la charrue tasse le sol profond et crée des « semelles de labour » : ces zones empêchent l’eau de pénétrer plus en profondeur. Elles réduisent la portion de sol retenant l’eau et les réserves accessibles en été.

    Quand il pleut beaucoup, certains sols agricoles devenus moins capables de laisser entrer l’eau débordent, voire, s’ils ont perdu leur cohérence, se transforment en coulées de boue. Bien des inondations, comme à Valence ou dans les Hauts-de-France, sont faites de sols incohérents, qui s’écoulent : et c’est de la boue qu’on nettoie…

    Les vertus de l’élevage extensif

    En filigrane apparaissent les remèdes favorisant des sols plus gourmands en eau. Il faut réduire ou supprimer le labour et développer le semis direct, sur sol non labouré : cette agriculture dite « de conservation » occupe 33 % des surfaces cultivées en Amérique du Nord, contre seulement… 4 % chez nous. Il faut apporter de la matière organique au sol, comme le fait l’agriculture biologique, qui remplace les #engrais_minéraux par du fumier. Les déchets humains (nous produisons chacun un quintal de déchets organiques par an !) et les déchets de l’agroalimentaire doivent retourner massivement aux sols.

    De fait, la concurrence de la #méthanisation qui utilise la matière organique à des fins énergétiques ne fait l’objet d’aucune réflexion sur la balance entre les utilisations bioénergétiques et le retour aux sols. Notons que les pâtures non labourées ont, elles, des sols riches en vie souterraine et en matière organique (celle des racines mortes des plantes broutées) : elles stockent bien l’eau et soulignent les vertus de l’élevage extensif.

    La matière organique peut aussi provenir de cultures d’hiver, dites « intermédiaires » : elles remplacent les sols hivernaux bruns et nus, favorisent la vie souterraine et freinent l’érosion, puis livrent au sol de la matière organique à leur destruction au printemps. L’apport au sol de telles cultures intermédiaires représente 0,1 à 10 tonnes de carbone par hectare, soustraites au CO2 atmosphérique : enrichir les sols en matière organique lutte donc contre le réchauffement climatique.

    Enfin, la plantation d’arbres, dont les racines cassent les semelles de labour et fracturent le sol profond, aide l’eau à pénétrer plus loin. C’est l’un des intérêts des haies ou de l’agroforesterie (qui plante des arbres au-dessus des cultures ou des pâtures). D’ailleurs, les troncs et les racines des arbres stockent du carbone (environ 100 tonnes par kilomètre de haie) et luttent également contre le réchauffement climatique.

    Berlin, ville-éponge

    Notre incapacité à entretenir la soif en eau des sols n’est pas seulement agricole : l’#artificialisation_des_sols par les infrastructures de transports et les zones pavillonnaires, commerciales ou industrielles annihile plus encore leur rôle de stockage. Depuis 1970, 10 % de notre surface agricole, au voisinage des villes surtout, a été artificialisée. Le rythme (26 m2 par seconde !) est 3,7 fois plus rapide que notre croissance démographique ! Nos villes deviennent d’autant plus vulnérables aux pluies violentes.

    La loi « zéro artificialisation nette » (ZAN), qui veut enrayer l’artificialisation des sols en 2050, a donc un lien étroit avec le bien-être des habitants. Hélas, les difficultés à concilier le ZAN avec nos modes de développement local ont conduit le Sénat à détricoter ce texte… On comprend aussi la nécessité de restaurer des sols végétalisés dans nos rues et nos espaces urbains. La ville de Berlin fait ici figure de pionnière, restaurant ses sols pour devenir une ville-éponge et lutter contre les inondations et la sécheresse. Demain, notre #urbanisme doit gérer des sols urbains et périurbains salutaires.

    On le voit, toute notre société méconnaît et mutile la capacité des sols à stocker l’eau. Bien sûr, adapter nos sols ne suffira pas à éviter toutes les inondations. Face à une inondation domestique, vous n’épongez pas avant d’avoir bouché la fuite : de même, préparer nos sols à éponger sans agir sur le changement climatique serait ridicule et inefficace. Mais l’adaptation par des sols plus gourmands en eau sauvera des vies et des biens : on la doit aux victimes potentielles des inondations de demain… d’autant plus que ces sols, en meilleure santé, seront plus nourriciers.

    Marc-André Selosse est professeur du Muséum national d’histoire naturelle et à l’Institut universitaire de France. Spécialiste de la microbiologie des sols, il intervient dans des formations d’agriculteurs et plusieurs écoles d’#agronomie.
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/05/marc-andre-selosse-biologiste-face-aux-inondations-et-aux-secheresses-nos-so

    #agriculture

  • Ce n’est que le début
    https://carfree.fr/index.php/2024/11/13/ce-nest-que-le-debut

    Souvent, une simple photographie vaut mieux qu’un long discours. C’est le cas avec cette photo prise à Catarroja (Espagne), dans la province de Valence, le 12 novembre 2024, illustrant un Lire la suite...

    #Destruction_de_la_planète #Fin_de_l'automobile #Réchauffement_climatique #changement_climatique #climat #destruction #espagne #inondations #mort

  • [Officiel] Inondations en Espagne : « Si le réchauffement se poursuit au rythme actuel, de nombreux territoires en Méditerranée seront inhabitables »


    [edit pour l’icono, carouf’ c’est chacun]

    Les inondations meurtrières qui ont frappé l’Espagne viennent s’ajouter à la longue liste des événements dévastateurs qui ont endeuillé l’Europe et la France depuis plus de trente ans, au moment même où l’ONU publie un nouveau rapport sur l’insuffisance des politiques climatiques, qui entraîne la planète vers un #réchauffement de + 3,1 ºC à la fin de ce siècle, et que le troisième plan national d’adaptation au changement climatique vient d’être dévoilé. Pour qui travaille sur les catastrophes depuis deux décennies, la seule chose étonnante est que l’on trouve encore le moyen de s’étonner.

    En soi, de tels orages n’ont rien d’exceptionnel. Survenant chaque année à l’automne, ils caractérisent le climat méditerranéen. Ils sont responsables d’une élévation brutale du débit des cours d’eau, qui sortent de leur lit et submergent les plaines littorales. Leur violence est d’autant plus difficile à imaginer que la plupart du temps les torrents méditerranéens ont un débit faible. Il suffit pourtant de regarder la largeur des vallées à l’aval pour se convaincre des volumes d’eau qui peuvent s’écouler en quelques heures, rendant illusoire toute possibilité de résister ou même d’évacuer.

    Ce phénomène de crue torrentielle était bien connu des anciens. Localement, on leur a même donné des noms : les « aiguats » du Roussillon, les « vidourlades » à Sommières (Gard). Au fil des siècles, les sociétés méditerranéennes se sont adaptées. L’occupation humaine privilégiait les hauteurs ; les maisons étaient surélevées ; les arches et piles des ponts calibrées pour ne pas être emportées ou ne pas créer d’embâcles destructeurs.

    Milieu artificialisé

    Au cours du XXe siècle, le progrès des sciences et des techniques a conduit à mieux prévoir les événements météorologiques, à améliorer l’alerte, à renforcer les digues. Pourtant, chaque année, des catastrophes surviennent. Le coût des dommages augmente régulièrement, et le nombre de victimes reste élevé.
    Ce paradoxe s’explique de deux manières. D’une part, le nombre de personnes exposées à ces risques a fortement augmenté. Beaucoup de communes ont parié sur le tourisme et l’économie résidentielle, avec l’arrivée continue de nouveaux habitants, jeunes ménages ou retraités, résidents permanents ou temporaires (habitations secondaires). La croissance démographique s’est opérée par étalement urbain dans les vallées fluviales et les plaines littorales. Les terres agricoles ont notamment été loties avec des maisons individuelles de plain-pied, qui n’offrent aucun refuge en cas de montée brutale des eaux.

    D’autre part, le milieu a été profondément artificialisé, avec pour effet de modifier le potentiel d’infiltration et les conditions d’écoulement en surface. Routes, parkings et bâtiments ont imperméabilisé les sols. Les drains naturels (appelés « vallons » ou « cadereaux », selon les régions) ont été busés ou bétonnés. Dans les huertas [zones d’agriculture intensive irriguée], les vergers ont été remplacés par des serres. En cas de gros orages, l’eau précipitée ne parvient plus à s’infiltrer : elle ruisselle vers les cours d’eau, alimentant leur débit. Ces derniers ont en outre été endigués, creusés, leur cours « rectifié » ou détourné. Certains ont été recouverts de dalles, et des chenaux ont été obstrués.

    En France, depuis plus de quarante ans, les scientifiques et les experts alertent sur les risques liés à l’imperméabilisation des surfaces et l’artificialisation des sols. En 1995, à la suite des catastrophes de Nîmes (1988) et de Vaison-la-Romaine (1992), Michel Barnier, alors ministre de l’environnement, faisait voter une loi portant son nom et instaurant les plans de prévention des risques (PPR) pour contrôler l’occupation des zones inondables.

    Des études récentes ont montré que lorsqu’ils étaient correctement appliqués, les PPR faisaient baisser la sinistralité. Mais combien de territoires ont vu ces plans contestés, suspendus ou repoussés ? Chaque faille réglementaire a été exploitée pour contourner, en toute légalité, l’esprit de la loi. Depuis trente ans, des crèches, des écoles, des maisons de retraite, des stades, des campings, des établissements accueillant du public ont été construits en zone à risque.

    Certes, les moyens de prévision, d’alerte et de prévention ont progressé. Malgré les polémiques, combien de vies ont été sauvées par les alertes de Météo-France ? Les coûts pour la collectivité restent néanmoins exorbitants : morts, traumatismes, dommages qui se comptent en centaines de millions d’euros, fermetures d’entreprises, etc.

    Trente ans d’inaction climatique

    Elus locaux et habitants paient aujourd’hui les héritages de décennies d’incurie. Mais ils paient aussi trente ans d’inaction climatique. Car le réchauffement global dope ces épisodes orageux. En perturbant le cycle de l’eau, le changement climatique augmente la probabilité d’épisodes orageux intenses. Et plus d’eau précipitée, c’est plus de ruissellements, notamment dans les villes, où les réseaux d’évacuation des eaux pluviales débordent à leur tour. Même sans cours d’eau, chaussées et sous-sols sont submergés par des montées des eaux aussi brusques qu’imprévisibles qui détruisent tout sur leur passage. Ce ruissellement urbain est un risque majeur, encore très sous-estimé.

    Chaque dixième de degré supplémentaire à l’échelle du globe augmente de façon exponentielle les extrêmes hydroclimatiques. C’est un fait démontré. Pourtant, les climatosceptiques, qui sont souvent les mêmes que ceux qui dénonçaient les PPR comme d’épouvantables contraintes et qui se battent aujourd’hui contre les mesures de réduction de l’artificialisation des sols, expliquent que le réchauffement n’y est pour rien et que c’est la faute de l’imperméabilisation. Les climato-rassuristes clament de leur côté que nous allons nous adapter. Nous n’étions cependant pas prêts à faire face aux risques dans un climat réchauffé à moins de 1 ºC. Pourquoi le serions-nous davantage dans un monde réchauffé à 2 ºC, voire 3 ºC ?

    La vérité est que si le réchauffement se poursuit au rythme actuel, de nombreux territoires en #Méditerranée seront inhabitables, car trop coûteux à protéger. Seule l’atténuation, avec l’atteinte du zéro émission nette de CO2 qui stabilise le réchauffement, rend possible l’adaptation. Adaptation et atténuation doivent être menées de pair. Une fois de plus, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

    Magali Reghezza-Zitt est géographe, ancienne membre du Haut Conseil pour le climat.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/11/01/inondations-en-espagne-si-le-rechauffement-se-poursuit-au-rythme-actuel-de-n

    • Inondations en Espagne : sortir du cycle de la sidération à l’oubli

      En France, de nombreuses personnalités politiques s’émeuvent de la catastrophe ayant endeuillé la région de Valence, tout en revenant sur des engagements en faveur de la transition climatique et en rognant le fonds vert.

      Des torrents de boue, des voitures entassées les unes sur les autres, des maisons détruites, des vies anéanties… Les terribles #inondations qui ont ravagé la région de Valence, faisant plus de 200 morts, ont laissé place à un spectacle de désolation. A la peur a succédé la consternation. Comment expliquer un phénomène aussi brutal et soudain ? Comment un pays riche comme l’Espagne peut-il être tant meurtri ?

      Il est pourtant surprenant d’être surpris. Certes, ces inondations sont les pires en plus de trois décennies. Mais ce genre d’événement est attendu : depuis trois décennies également, les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) alertent sur le dérèglement climatique qui aggrave les phénomènes météorologiques extrêmes. Si le réchauffement augmente les vagues de chaleur et les sécheresses, il intensifie dans le même temps les pluies diluviennes auxquelles sont habituées les régions méditerranéennes. Les explications relèvent de la physique : une atmosphère plus chaude peut contenir plus d’humidité. Les océans en surchauffe fournissent en outre plus d’énergie aux phénomènes de « gouttes froides », aux tempêtes et aux ouragans.

      L’exposition et les vulnérabilités des populations sont également exacerbées par les choix urbanistiques. Depuis les années 1960, les villes construisent massivement dans des zones inondables, au plus près de la mer ou des rivières, bétonnent tous azimuts, imperméabilisant les sols, détruisent les zones humides qui pourraient retenir les crues… Alors les pluies, dopées par le réchauffement, déferlent et emportent tout sur leur passage.

      Les dernières années regorgent d’exemples de tels cataclysmes. Rien qu’en septembre et octobre, l’Ardèche a été sous l’eau après l’épisode cévenol le plus intense sur deux jours jamais enregistré, le nord de la France a été inondé par la tempête Kirk, tandis que Boris faisait 22 morts en Europe centrale. Dans le sud-est des Etats-Unis, les ouragans Helene et Milton ont provoqué plus de 250 morts. Auparavant, le Pas-de-Calais a passé l’hiver les pieds dans l’eau en 2023, l’Allemagne et la Belgique ont enterré près de 230 habitants dans des inondations dantesques en 2021.

      Rejet de l’écologie politique

      Les pays occidentaux, qui se sentaient jusqu’à récemment protégés, s’avèrent durement touchés par la crise climatique. Mais quelques mois après une catastrophe, nous l’oublions… jusqu’à la suivante. La sidération laisse place à l’amnésie, qui permet de reprendre le cours de sa vie et de continuer à faire fonctionner l’économie.
      Au lieu de tirer les leçons des catastrophes, une partie de la population se tourne vers le bouc émissaire le plus pratique : les écologistes. Sur les réseaux sociaux, les comptes d’extrême droite les désignent comme responsables du lourd bilan espagnol, avec les socialistes de la coalition qui gouvernait la communauté autonome de Valence de 2015 à 2023. Leur tort : avoir détruit des barrages érigés à l’époque de Franco afin de « laisser couler les rivières ». De la même façon, les inondations du Pas-de-Calais avaient été attribuées à un manque de curage des cours d’eau « pour sauver les grenouilles » : des accusations infondées, selon un récent rapport sénatorial.

      L’écologie est devenue un champ de bataille. En réaction à une transition écologique amenée à s’accélérer, le climatoscepticisme gagne du terrain, surtout à droite et à l’extrême droite, rendant inopérant tout consensus sur le sujet. Les ressorts de ce doute sont à rechercher dans un rejet de l’écologie politique, vue comme punitive et radicale, et la défense de modes de vie et de valeurs, selon une enquête de l’ONG Parlons climat, publiée jeudi. Un phénomène attisé par la désinformation.

      Sans stratégie globale et sans moyens

      Dans cette convergence des risques, aux côtés du réchauffement climatique et de l’urbanisation irraisonnée, c’est cette troisième menace, celle de la polarisation, qui est sans doute la plus délétère. Elle se concrétise dans une sorte de « en même temps » écologique, débouchant sur des politiques incohérentes et insuffisantes. En Espagne, l’actuel exécutif valencien – dominé par la droite et le parti d’extrême droite Vox, ouvertement climatosceptique – est critiqué pour avoir alerté très tardivement la population dans un souci de préserver l’activité économique et pour avoir supprimé l’Unité valencienne des urgences.

      En France, nombre de responsables politiques s’émeuvent des inondations, tout en souhaitant assouplir l’objectif de zéro artificialisation nette des sols. Dans un contexte de disette budgétaire, le gouvernement rogne de nouveau sur le fonds vert, qui aide pourtant les communes à s’adapter au réchauffement, sur l’électrification des véhicules et sur MaPrimeRénov’, essentielles à la décarbonation. Et il présente un nouveau plan national d’adaptation au changement climatique, sans stratégie globale et surtout sans grands moyens.

      En réalité, ce n’est pas l’écologie qui est punitive, mais les atermoiements et les reculs incessants des politiques écologiques. Si une telle succession de catastrophes se produit alors que la planète s’est « seulement » réchauffée de 1,3 ᵒC, il s’avère douloureux d’imaginer ce qu’il adviendra à + 3 ºC au niveau mondial à la fin du siècle – la trajectoire vers laquelle nous mènent les politiques actuelles –, soit + 4 ᵒC en France. L’adaptation ne sera alors plus entièrement possible et, prévient le climatologue Christophe Cassou, il faudra « définir qui on sacrifie ».

      Que faut-il pour briser le cercle de la sidération et de l’oubli ? L’étude de Parlons climat appelait à mettre en valeur « les solutions » et à « trouver d’autres messages et d’autres émetteurs » que les écologistes. L’idée pourrait être également de montrer les bénéfices pour la santé, la souveraineté et la sécurité de la lutte contre le changement climatique. Un discours que l’ensemble de l’échiquier politique est toutefois loin d’endosser avec conviction.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/11/01/inondations-en-espagne-sortir-du-cycle-de-la-sideration-a-l-oubli_6370756_32

      #écologie_punitive

    • Inondations : nous payons les héritages de décennies d’#incurie

      Les inondations de Valence ont déchaîné les #climatosceptiques. Les mêmes qui s’opposaient aux restrictions d’urbanisation en zone inondable et au zéro artificialisation nette s’improvisent anti-« béton » pour nier l’impact du #changement_climatique au nom du « bon sens ». Mais depuis 40 ans, l’exposition et la vulnérabilité ont augmenté et les catastrophes se succèdent. Nous le résultat de 30 ans d’inaction climatique.

      La catastrophe résulte toujours de la conjugaison de 3 éléments :

      - Un phénomène physique, l’#aléa (ici #submersion)
      – Des personnes et des biens exposés
      - Des facteurs individuels ou collectifs, conjoncturels ou structurels, qui rendent vulnérable au choc avant et pendant la crise.

      La submersion (inondation) résulte elle-même d’une combinaison de mécanismes : l’#eau peut venir du ciel (#précipitations), des #nappes_phréatiques, de la #mer, d’un #cours_d’eau lui-même alimenté par la pluie, la fonte des neiges ou de la rupture d’un barrage.

      Hors submersion marine, une inondation est étroitement liée au #ruissellement. En effet, lorsqu’il pleut, l’eau s’infiltre dans le sol. La partie qui n’est pas absorbée ruisselle et va rejoindre les cours d’eau qui vont l’évacuer vers la mer.

      Plusieurs facteurs peuvent naturellement limiter l’infiltration :

      - Le #gel
      – Un sol très sec ou au contraire détrempé
      – Un sol sans végétation (rôle des racines)
      - Un sol naturellement imperméable (argileux par exemple)

      voir : https://theconversation.com/en-france-les-pluies-de-mai-permettront-elles-de-mieux-affronter-la

      L’homme peut aussi imperméabiliser artificiellement les sols :

      - #bitumes, #béton, #toitures (y compris les #serres), etc.
      - manière de travailler le #sol agricole
      - #déboisement des versants
      - #busage des #drains_d’évacuation
      - modification de la #pente des versants

      Le ruissellement crée des #écoulements_de_surface qui sont aussi modifiés par les #aménagements (remblais pour des routes ou voies ferrées, etc). De plus, les #cours_d’eaux sont endigués, creusés, rectifiés, détournés, etc. avec un impact sur la vitesse et la hauteur d’eau.

      Dans les espaces urbanisés, l’eau de pluie est récupérée par des réseaux d’eaux pluviale pour éviter l’inondation des chaussées. En cas de forte pluie ou d’inondation des chaussées, ce réseau est insuffisant. Et devient lui-même un facteur d’inondation.

      En ville, d’autres #réseaux_souterrains (eau potable, tunnels, etc.) forment un #réseau_hydrographique_artificiel. En cas d’inondation à la surface, ils se remplissent d’eau, débordent à leur tour et inondent la ville.

      L’interruption de ces réseaux dits "critiques" paralyse en outre la gestion de crise. Ils peuvent être un facteur de #crise dans la crise. On a alors des aléas en cascade, avec des #effets_dominos, qui sont très redoutés par les gestionnaires.

      Par définition, l’urbanisation concentre les Hommes, les activités, les infrastructures. Elle accroît donc AUSSI l’exposition. La manière dont on construit la ville peut limiter l’#imperméabilisation (impact sur le ruissellement), pas l’exposition.

      L’exposition n’est pas un problème en soi si l’on agit sur la vulnérabilité : système de prévision et d’alerte, adaptation du bâti, utilisation de matériaux résistants, forme des bâtiments et morphologie de la ville, gestion de crise performante, évacuation, etc.

      Dans le cas d’épisodes méditerranéens, la #vitesse et la part d’#incertitude font que l’évacuation des populations est impossible et que la prévision a des limites. Il faut donc réduire l’exposition là où la vitesse et la hauteur d’eau sont fortes.

      Depuis des décennies, l’occupation des sols dans le bassin méditerranéen s’est concentrée dans des #zones_inondables. Depuis des décennies, les scientifiques alertent sur sur l’impact des activités humaines sur le ruissellement.

      En France, depuis des décennies, certains « responsables » politiques ont tout fait pour assouplir les #zonages des plans de prévention des risques. Cela a même été fait en toute légalité, malgré les combats des associations « écolo ».

      Alors oui, les épisodes méditerranéens ont toujours existé et oui, les sociétés du passé avaient su s’y adapter en construisant en hauteur notamment, au prix de lourdes pertes.

      Depuis 40 ans, l’exposition et la vulnérabilité ont augmenté et depuis 40 ans, les catastrophes se succèdent. Nous payons les héritages de décennies d’incurie. Et nous payons aussi le résultat de 30 ans d’inaction climatique.

      Car le changement climatique dope ces épisodes orageux. Et plus d’eau précipitée, c’est plus d’eau à évacuer. Quels que soient les plans d’adaptation, tant que la Terre se réchauffe, nous sommes condamnés à subir de plus en plus de #catastrophes.

      Malgré les progrès techniques, au-delà d’un certain niveau de réchauffement, ces territoires seront inhabitables.

      Seule l’atténuation, avec l’atteinte du net zéro émissions de CO2 stabilisera le réchauffement et permettra l’adaptation.

      https://blogs.mediapart.fr/magali-reghezza/blog/311024/inondations-nous-payons-les-heritages-de-decennies-d-incurie?at_acco

  • Innondations géantes en Espagne, plus de 100 morts, qui aurait pu prédire ?
    https://ricochets.cc/Innondations-geantes-en-Espagne-plus-de-100-morts-qui-aurait-pu-predire-79

    Après la France en octobre et l’Europe centrale en septembre, c’est l’Espagne qui est ravagée par des inondations dévastatrices et meurtrières. Quelques infos et réflexions sur ce nouvel épisode dramatique du capitalisme punitif. Ca fait plus de 40 ans que des scientifiques, écologistes et autres alertent sur le réchauffement climatique ainsi que sur la destruction des sols et des écoystèmes, et sur leurs conséquences désastreuses, Ca fait plus de 40 ans que la plupart des élus, les (...) #Les_Articles

    / #Catastrophes_climatiques_et_destructions_écologiques, #La_civilisation,_la_civilisation_industrielle

    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/crise-climatique/qui-aurait-pu-predire-la-crise-climatique-la-petite-phrase-d-emmanuel-m
    https://reporterre.net/Inondations-en-Espagne-les-habitants-sous-le-choc
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/10/30/autour-de-valence-pres-de-cent-morts-dans-les-inondations-du-siecle-l-eau-es
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/10/18/pluies-exceptionnelles-en-france-le-rechauffement-climatique-genere-des-epis
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/10/31/inondations-a-valence-le-rechauffement-de-la-mediterranee-est-de-la-dynamite

  • Sécheresses et pluies extrêmes, les deux faces du changement climatique
    https://theconversation.com/secheresses-et-pluies-extremes-les-deux-faces-du-changement-climati

    Tout semble opposer les épisodes de sécheresse et ceux de pluie intense, comme les inondations dramatiques survenues en Espagne les 29 et 30 octobre 2024. Pourtant, du fait du changement climatique, ces deux extrêmes marchent désormais main dans la main.

    Avec le changement climatique, l’eau pose problème, que cela soit par son manque ou par son excès. Les inondations dramatiques survenues en Espagne les 29 et 30 octobre 2024, qui ont causé près de 100 décès, en livrent une nouvelle illustration.

    La situation en France du printemps 2024 illustrait bien le contraste : Sécheresse extrême dans les Pyrénées-Orientales, crues rapides dans le Gard ou encore inondations dans le Pas-de-Calais.

    Ces deux types de catastrophes climatiques sont en réalité les deux faces d’une même pièce, rendus plus fréquents et/ou plus intenses à l’échelle de la France, et parfois tout à la fois, avec une alternance de sécheresse et d’inondations sur les mêmes territoires. C’est un nouveau cycle de l’eau, parfois contrarié, auquel les territoires doivent s’adapter.

    L’occasion pour le paléoclimatologue et ancien vice-président du groupe 1 du GIEC (groupe chargé de l’évaluation des aspects scientifiques du système climatique et de l’évolution du climat) Jean Jouzel de rappeler quelques enjeux clés liés à l’eau dans le contexte du changement climatique.

    Cette « inéluctabilité » de l’#adaptation (de qui ou de quoi, pour qui et pourquoi ?) face aux #changements_climatiques ... Fatigue ...

  • A Radical Approach to Flooding in England: Give Land Back to the Sea
    https://www.nytimes.com/2024/10/22/world/europe/uk-steart-marshes-carbon-climate-change-flooding.html

    In a project costing 20 million pounds (around $26 million), tidal waters were allowed to flood the Steart Peninsula in 2014 for the first time in centuries.

    Rather than attempting to resist the sea, the land was given back to it. It was, in the words of Alys Laver, the conservationist who oversees the site, a “giant science experiment.

    A decade on, its results might offer a blueprint for how some parts of Britain — and the rest of the world — might adapt to the reality of climate change.

    [...]

    Steart is often described as a “rewilding” project, but Ms. Laver prefers not to use that term. The terrain has been returned to nature but it has been engineered by human ingenuity and curated by human hands.

    Looking after the site requires a lot of intervention,” Ms. Laver said, sheltering from a brief, furious rain squall in a bird blind. Through a window, we surveyed a landscape that was still, but ever-changing; natural, but human-made; new, but as it once was.

    #pré-salé #zone_humide #inondation #agriculture #climat

  • Le 29 octobre 2024, la région de Valencia (Espagne) subit une catastrophe liée à un « orage en V très peu mobile ».

    The scale of the flooding currently unfolding in Valencia, Spain is unfathomable. This is footage from Chiva, where a jaw-dropping 343 mm of rain was recorded in just 4 hours earlier today, between 4:30 PM and 8:30 PM.

    https://video.twimg.com/amplify_video/1851374950826860544/vid/avc1/1080x1440/8vXiOd9nt1GEa9UX.mp4?tag=16

    (Source : https://x.com/WxNB_/status/1851375012688658443)

    Varios muertos y desaparecidos por la DANA. Zonas como Valencia y Albacete, especialmente afectadas #dana

    https://video.twimg.com/amplify_video/1851418883149750272/vid/avc1/1080x1632/wGzYweShNZ7KH-Ju.mp4?tag=16

    (https://x.com/JesusCintora/status/1851419147667701761)

    • Ce fut d’une extrême violence comme le montrent toutes les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Et on est dans un réchauffement global d’à peine 1,5 °C. Imaginez la suite ...

      Inondations en Espagne hier : au moins 54 morts.
      Pensez à cette image à chaque fois qu’un journaliste ou qu’un membre du gouvernement se plaint des activistes climat qui bloquent la route...


      (https://x.com/BonPote/status/1851576628280799282)

    • Un article de WP sur la Gran Riada de Valencia en 1957, où l’on nous parle du détournement du Rio Turia pour protéger la ville des conséquences d’un nouveau débordement (le Plan Sud).
      https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Grande_inondation_de_1957_de_Valence

      Évidemment, certains ont sauté sur l’occasion en venant te raconter que « ça s’est déjà vu » et que l’évènement du 29 octobre dernier, c’est pas si dramatique que ça. (Un an de pluie en huit heures de temps et on va dépasser les 100 décès sans compter les « disparus »).

      Quelques explication « après coup » d’un météorologue :
      https://threadreaderapp.com/thread/1851653746570235914.html

      Les pluies extrêmes sur #Valence sont associées à une goutte froide qui s’isole vers Gibraltar.
      Cette dynamique n’est pas créée par le changement climatique (même config pour les épisodes similaires du passé -ex : 1957) mais il en amplifie les conséquences (quantité de pluie)
      1/🧵
      Il est faux/réducteur d’attribuer cet événement a une méditerranée +chaude. C’est l’ensemble des océans +chauds en lien avec une atmosphère +chaude qui explique l’excès de vapeur d’eau dans l’atmosphère, véritable réservoir ++ pour les pluies.
      https://video.twimg.com/tweet_video/GbJfsgPW4AAbnl9.mp4


      2/
      C’est donc l’ensemble de l’environnement planétaire qui devient favorable aux pluies extrêmes, ce qui explique que l’ensemble des régions du monde peut être touché par ces coups météo dopés qui frappent ici ou là. Pas forcement d’augmentation en fréquence mais en intensité !

      3/
      La France n’est en aucun cas a l’abri d’un tel événement qui peut frapper sur tout le pourtour méditerranéen. Diminuer les risques impose de réduire immédiatement nos émissions de gaz a effet de serre et de s’adapter en diminuant autant que possible le ruissellement.

      (https://x.com/cassouman40/status/1851653746570235914)

    • Inondations en Espagne : un arbitrage controversé entre [sans] sécurité du public et [ni] intérêts économiques
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/10/31/en-espagne-un-arbitrage-controverse-entre-securite-du-public-et-interets-eco

      Alors que le bilan des terribles crues qui ont frappé le sud-est espagnol ne cesse de s’alourdir, et a atteint, jeudi 31 octobre, les 158 morts, la question de la responsabilité de l’administration mais aussi des entreprises valenciennes hante l’Espagne. Pourquoi la région n’a-t-elle envoyé l’alerte sur les téléphones portables des habitants qu’à 20 heures, mardi 29 octobre, quand beaucoup de gens se trouvaient déjà pris aux pièges dans leur véhicule ? L’Agence espagnole de météorologie (Aemet) avait pourtant décrété l’alerte maximale le matin, dès la première heure.
      Et pourquoi les entreprises n’ont-elles pas renvoyé les salariés chez eux ? « Je veux envoyer un appel à la responsabilité des entreprises. Elles ont l’obligation de protéger la vie des travailleurs », a rappelé la ministre espagnole du travail, Yolanda Diaz (Sumar, gauche), le 30 octobre, ajoutant en direction des salariés qu’ils « n’ont pas à courir de risques ».

      « Les pertes humaines sont les seules choses irréparables »
      Ceux que la région et les entreprises ont pris témoignent d’un manque de confiance dans les prédictions météorologiques et de sensibilité aux phénomènes atmosphériques extrêmes, ce qui n’est pas nouveau. En septembre 2023, la présidente de la région de Madrid, Isabel Diaz Ayuso (Parti populaire, PP, droite), avait utilisé pour la première fois le protocole ES-Alert, capable d’envoyer un message à tous les téléphones des personnes présentes sur une zone à risques grâce à un système de radiofréquence, à l’occasion d’une « goutte froide » qui devait déverser des pluies « exceptionnelles » sur Madrid, selon l’Aemet. Sa décision de demander aux Madrilènes de ne pas se déplacer, sauf nécessité absolue, fut très controversée.

      #changement_climatique #climat #inondations #catastrophes_climatiques

    • Illustration de l’#incurie des « autorités » de la région de Valencia (article du 30/10) :
      https://www.vilaweb.cat/noticies/people-trapped-in-a-deadly-trap-the-valencian-governments-negligence-has-si


      People trapped in a deadly trap: The Valencian Government’s Negligence Has Significantly Worsened the Consequences of the Floods

      The disappearance of the President of the Generalitat during the crucial hours of the floods highlights a lack of capacity to manage a catastrophe

      The storm that has ravaged the central regions of the Valencian Country, the most populated strip, is by far the most severe in contemporary times. What was initially announced as a “dana” (the new term for “cold drops” that Valencians are so familiar with) has resulted, thus far, in a provisional toll of 62 dead and dozens still missing. People who cannot locate their loved ones and places where rescue teams are unable to enter even twelve, fourteen, or sixteen hours later. And, for now, material damages are incalculable.

      This dana had been announced, publicized, commented upon, written about, drawn, and explained in a way that seemed almost excessive. Authorities had time to prepare, to activate every possible system to prevent harm to the population. Measures to protect people should have gone beyond school or university closures taken by some local councils.

      But something went wrong to produce such a terrifying provisional figure. Today, even though waters are starting to recede and reveal the landscape of devastation, it’s not yet the aftermath. Today is still “the day.” The “day after” will be when we clarify what happened, why it happened, who made which decisions, and who conveyed which messages.

      In this tragedy, which reeks of diesel mixed with mud, of tears and desperation, there is an implacable chronology. There is a series of political decisions that, read in sequence, give a picture of the lightness with which policies were executed, the lack of political weight of those who make and implement them. They reveal a desolate panorama: the irresponsibility and negligence of those managing public administrations—in this case, President Carlos Mazón (PP).

      The Consell, the Valencian government, took office in July of last year. In November, it abolished the Valencian Emergency Unit. This was part of its electoral program, and Vox, its allies, demanded it loudly. They called it a “chiringuito” (a derogatory term meaning “boondoggle”) of former socialist president Ximo Puig. They stated it this way and even tweeted it—a post that resurfaced when the Campanar building caught fire last February: “The Valencian Emergency Unit, the first agency of Ximo Puig dismantled by Carlos Mazón. The first step in the restructuring of the public business sector announced by the Valencian government.”

      The Consell decided it could do without a global emergency management body, thereby removing a layer of protection for the population.

      Eleven o’clock in the morning of Tuesday was a key moment to perceive the solitude of Valencians facing this catastrophe. At eleven, the spokesperson for the Consell, Ruth Merino, was supposed to hold a press conference to explain the Consell’s decisions. At eleven, the Spanish government’s delegate, Pilar Bernabé, was expected to report on the morning’s developments after a very tough night in Safor and Ribera. And at eleven, the President was scheduled to make statements after attending a sectoral event. The statements overlapped.

      Bernabé explained which roads were closed and a few incidents, but little more. Ruth Merino mentioned the number of schools closed and also listed closed roads, adding little more. President Mazón was more expansive in his statements. Expansive and oddly optimistic, despite media coverage that had already been broadcasting special programming on the human tragedies, stories of people unable to reach work, flooded basements, and the swelling Magre River, which originates in Utiel. Yet he said:

      “As for hydrological alerts, the reservoirs are well below capacity. They are absorbing the incoming water without any issues. There is no hydrological alert for any reservoir so far. So, I’d like to emphasize that the rains are particularly affecting the Magre River, but so far, we have no hydrological alert. This is good news at this hour.”

      And he added: “According to the forecast, the storm is moving towards the Serrania de Cuenca, and consequently, by around six in the evening, the intensity is expected to decrease across the rest of the Valencian Community.”

      After these statements, the president continued his agenda, meeting with various people and taking photos that were disseminated through the communication channels of the presidency. He made no further comments on the floods.

      It was half-past eleven when Mazón made these statements. At 11:45, the Emergency Coordination Center issued a special hydrological alert for the riverside towns along the Magre River. “Alert of increased flow in the Magre River with a record of 350 cubic meters per second. Riversides and towns along the Xúquer River up to the mouth in Cullera are warned.”

      If, when the president spoke, he knew that the Magre River was becoming a danger to the population and did not say so, he committed a highly reprehensible act. If he did not know, it was also serious, as it showed he did not know what he was talking about when he said the reservoirs could contain the water that was already spilling over the riverbed. He called for caution, of course, but conveyed a message of calm that bore no relation to what was actually happening.

      A few hours later, at five in the afternoon, the Xúquer Hydrographic Confederation began to release water from the Forata Reservoir in Yátova. Thus, it ceased its regulatory function, and the Magre River surged towards Algemesí, meeting the Xúquer. It devastated everything in its path. The images circulating on social networks left no doubt that this was a catastrophe of unknown dimensions.

      At the same time, the Poio ravine also filled rapidly, flowing towards the Albufera of Valencia. Disbelieving residents and workers in the metropolitan area of Valencia, where it had barely rained all day, found themselves trapped in a deadly trap. They were in cinemas, shopping for furniture, at work. And there they spent the night. Or they died. The president had spoken of calm at half-past ten in the morning, and he had not been seen since.

      He did not appear again until after half-past nine in the evening. And when he did, he communicated nothing—neither information, nor reassurance, nor encouragement, nor any sense that he had control over the situation. Rather, he admitted that they lacked significant information, that rescue teams couldn’t reach certain places, that communications were indeed down, and that they had no confirmation of fatalities. His statement left the population with an extraordinary sense of vulnerability. The President of the Generalitat appeared, in a corridor, before the microphone of public TV À Punt and the Presidency’s microphone, to say that À Punt was the official broadcaster. Thus, incidentally, he muzzled the press, who could only report what the Generalitat said.

      An Empty Statement

      The president’s silence became an unprecedented cry from people trapped, soaked, lost, and terrified. Testimonies began to emerge from people abandoned on highways, in shopping centers, in a funeral home… People calling 112 and getting no answer. People on rooftops watching firefighters pass by because they couldn’t help them.

      In the middle of this wild, dark, windy, and rainy night, President Mazón appeared again. It was past half-past twelve in the morning. He had donned the red vest of emergency services and spoke of fatalities without specifying a number. As he had done with the Campanar fire, he hid in the darkness to deliver bad news. This time he could not provide an estimated number of fatalities, nor could he give precise information on what was happening. Empty words to say that the Spanish government’s Military Emergency Unit was now working. Nothing more.

      Until this morning, when the count stands at 62 dead, for now. Sixty-two lives cut short in an episode of intense, fierce rain. Perhaps the most severe ever seen in the Valencian Country, yet announced, marked, and warned of.

  • Quelque chose de grave se passe dans le ciel, Wu Ming 1
    https://lundi.am/Quelque-chose-de-grave-se-passe-dans-le-ciel

    Dans les premiers jours de mai 2023, et de nouveau deux semaines plus tard, de violents orages se sont abattus sur l’est de l’Émilie Romagne. Précédées d’une longue période de sécheresse, les fortes pluies prennent la population de court. (...)

    Un hectare de terre libre peut absorber jusqu’à 3 750 tonnes d’eau. Une eau qui en s’infiltrant s’en va rejoindre les nappes souterraines. Sur une dalle en béton ou une route en asphalte, l’eau rebondit et accélère sa course. Mais le problème ne se limite pas à ça. Dans le sprawl
    émilien-romagnol, l’eau a fait sauter les canalisations d’eaux usées, débordé les égouts, renversé les bennes à ordures, traversé des décharges, détruit des maisons, des usines, des magasins, des distributeurs, des garages et des entrepôts, emportant avec elle des substances nocives telles que des détergents, des cosmétiques, des engrais, des pesticides, des tonnes de plastique et, en traversant des élevages intensifs, charrié des animaux noyés...

    L’amas de ces bombes chimiques et bactériologiques stagna pendant plusieurs jours. Conselice, dans la province de Ravenne, devint la ville symbole de la catastrophe : elle resta envahie par ces effluents pendant deux semaines et l’odeur nauséeuse qui en émanait était perceptible à des kilomètres à la ronde.

    Le soleil rayonnait sur cette pourriture, Comme afin de la cuire à point, Et de rendre au centuple à la grande NatureTout ce qu’ensemble elle avait joint.
    Une charogne, Baudelaire

    Une fois que la boue a pu être évacuée – dans l’Adriatique, pouvait-il en être autrement ?! – et que les rues furent à nouveau sèches, les éventuels effets sur l’environnement et la #santé ne furent plus discutés. Le sujet disparut du discours public.

    Les causes de ce genre de catastrophes sont connues. Le réchauffement climatique provoque une alternance de périodes de #sécheresse et de fortes pluies, le fameux climate whiplash – le coup de fouet climatique. Dans le même temps, les inondations et les destructions sont le résultat de politiques qui défigurent le territoire depuis plus d’un demi-siècle, à commencer par les cours d’eau, déviés, artificialisés, amputés de leurs courbes, privés de leurs possibilités d’expansion au profit du béton. Les images de la Ravone – cette rivière canalisée et enterrée et qui, gonflée par les fortes pluies, repris possession de la via Saffi, une des artères principales de Bologne – en sont une bonne illustration.

    [...]

    Le maire de Ravenne, Michele De Pascale, reporta la faute des inondations sur les ragondins, coupables de creuser leurs terriers dans les digues, et sur de prétendus écologistes qui auraient empêché qu’on les abatte et lui auraient envoyé des menaces de morts. (...)

    #climat #artificialisation_des_sols #étalement_urbain #inondations #écologie #politique #sciences #complot #complotisme #géo-ingénierie #asymbolie #technosolutionnisme #Naomi_Klein #pandémie