• Les ossements retrouvés au cimetière de Rivesaltes « cohérents » avec les corps de réfugiés harkis disparus dans les années 1960
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/10/28/les-ossements-retrouves-a-rivesaltes-coherents-avec-les-corps-de-refugies-ha


    Les responsables des recherches archéologiques de l’#Inrap (Institut national de #recherches_archéologiques préventives) présentent aux familles de harkis les derniers résultats des recherches concernant les tombes identifiées sur un site proche du Mémorial du #camp de #Rivesaltes, dans le sud-ouest de la France, le 28 avril 2025. VALENTINE CHAPUIS / AFP

    Près de 22 000 harkis, le nom donné aux auxiliaires algériens de l’armée française, et membres de leurs familles sont passés par le camp Joffre, à Rivesaltes, après l’indépendance de l’Algérie, entre 1962 et 1965. Au moins 146, dont 101 enfants, sont morts et les corps de 60 d’entre eux, dont 52 bébés, n’ont jamais été retrouvés.

    A l’automne 2024, des tombes ont été découvertes sur le périmètre du camp, mais une fois ouvertes, les sépultures se sont révélées vides. Puis les familles ont appris avec stupéfaction, le 21 février lors d’une visite de l’ex-ministre déléguée à la mémoire, Patricia Miralles, que les dépouilles avaient en fait été déplacées en septembre 1986. Quatre caisses contenant des milliers d’ossements avaient ensuite été retrouvées dans le cimetière communal de Rivesaltes.

    Lundi, le professeur Adalian a dû rappeler aux 14 représentants de familles présents en personne ou en visioconférence « les limites de l’exercice », à savoir que ses conclusions, si elles établissent que 52 dépouilles se trouvaient dans les ossuaires, n’excluent pas qu’il puisse s’en trouver plus. « Il a pu aller au maximum de ce que la science lui permet », a expliqué Bruno Berthet. Des échanges ont ensuite eu lieu avec les familles, le tout pendant environ deux heures.
    « Il y a des ossements d’une même personne qui ont été retrouvés dans deux caisses différentes, ça montre la sauvagerie avec laquelle ils ont extrait ces corps (…) Mon frère jumeau est dans ce magma d’ossements mélangés », a confié à une correspondante de l’AFP après la réunion l’un des descendants de #harkis, Ali Amrane, à la recherche du corps de son frère.

    #Arabes #France #profanation_tranquille

  • Une carte interactive inédite permet de connaître les polluants présents dans l’eau potable distribuée à chaque adresse
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/10/16/une-carte-interactive-inedite-permet-de-connaitre-les-polluants-presents-dan

    Les associations Générations futures et Data for Good ont intégré dans une même carte interactive les données sur la présence de pesticides, nitrates, PFAS, ou CVM dans l’eau distribuée en France métropolitaine. Elle révèle des inégalités territoriales et des défauts d’information des populations.

    Je vis à côté de la grosse zone rouge, là, à Lyon. On a des mesures régulières parce qu’on a la chance d’avoir une grosse usine Arkema qui a défrayée la chronique ces dernières années. Et notre député (macroniste) qui est aussi médecin et voisin, a marqué contre son camp (des grosses entreprises), en dirigeant une étude pour faire le point sur ce qu’il se passe avec les PFAS, étude efficace, la preuve, c’est tout rouge... :-/ :-))

  • #Loi_Duplomb : des « #solutions_alternatives efficaces et opérationnelles » à l’acétamipride existent depuis des années, selon l’Anses
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/07/22/loi-duplomb-des-solutions-alternatives-efficaces-et-operationnelles-a-l-acet

    En réponse au succès de la pétition appelant à abroger la loi Duplomb, qui a dépassé 1,5 million de signatures, Gabriel Attal, le chef de file des députés macronistes, qui a voté en faveur du texte, et Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la transition écologique et de la biodiversité, ont indiqué vouloir saisir l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour solliciter « son avis sur les dérogations que la loi prévoit afin que les décisions soient prises avec la meilleure connaissance des données scientifiques disponibles ».

    Au cœur de la polémique, l’acétamipride, un pesticide tueur d’insectes pollinisateurs et suspecté d’être toxique pour le développement du cerveau, dont l’usage est interdit en France depuis 2020. Malgré l’opposition des sociétés savantes médicales (cancérologie, pédiatrie, endocrinologie, hématologie, neurologie…) ou du conseil scientifique du CNRS, le texte prévoit de réautoriser cette molécule, appartenant à la famille des néonicotinoïdes, réclamée par les producteurs de betteraves sucrières qui affirment n’avoir aucune solution pour protéger leurs cultures des pucerons.

    Ingénieur agronome, entomologiste et directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (#Inrae), Hervé Jactel rappelle que la question a déjà été tranchée. « Faire appel à l’Anses me paraît ridicule, déclare-t-il au Monde. L’Anses a déjà été saisie deux fois et par deux fois elle a rendu les mêmes conclusions de l’existence de solutions alternatives efficaces et opérationnelles. »

    Hervé Jactel en sait quelque chose. C’est lui qui a présidé les deux groupes de travail de l’#Anses sur les alternatives à l’usage des néonicotinoïdes : « Je veux bien refaire un troisième groupe de travail mais on ne fera que confirmer encore plus clairement qu’il existe des solutions alternatives à l’usage des néonicotinoïdes pour la lutte contre les pucerons de la betterave à sucre, tout aussi – si ce n’est plus – efficaces que l’acétamipride et à l’évidence moins dangereuses pour la biodiversité. »

    « Lutte curative »
    Riche de 546 pages, le premier rapport de l’Anses sur l’évaluation comparative des risques et des bénéfices des néonicotinoïdes et des autres méthodes chimiques ou non chimiques a été remis en mai 2018. Il répondait à une saisine du ministère de l’agriculture après l’adoption de la loi de 2016 « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » qui introduisait l’interdiction de l’usage des néonicotinoïdes à partir de septembre 2018 avec des dérogations jusqu’en juillet 2020. L’expertise a duré deux ans et passé au crible près de 500 usages.

    Sur le cas particulier des pucerons de la betterave à sucre, le rapport identifiait déjà au moins une méthode alternative aussi efficace que la famille des néonicotinoïdes : associer deux insecticides autorisés, le lambda-cyhalothrine et le pyrimicarbe. « Ces insecticides de synthèse ne sont certes pas sans danger pour la biodiversité mais, à l’inverse des néonicotinoïdes qui sont appliqués de façon préventive et systématique, ces produits peuvent n’être appliqués qu’en cas de besoin en lutte curative, et de façon précise, ne ciblant que les champs effectivement menacés par une pullulation de pucerons, limitant d’autant leur impact sur les insectes pollinisateurs », précise Hervé Jactel.

    Le deuxième avis de l’Anses a été rendu en mai 2021, à la suite d’une dérogation introduite par le législateur en décembre 2020, autorisant l’usage de néonicotinoïdes (à base d’imidaclopride ou de thiaméthoxame) pour traiter les pucerons de la betterave. Exclusivement consacré à « l’efficacité des traitements disponibles pour lutter contre les pucerons de la betterave », le rapport identifie deux autres insecticides (le flonicamide et le spirotétramate) aux « impacts limités sur l’environnement et rapidement substituables aux néonicotinoïdes ».

    Depuis, deux études scientifiques publiées en 2023 et 2024 dans la revue Crop Protection sur la base d’une centaine d’essais menés en champ ont montré qu’ils étaient même beaucoup plus efficaces que l’acétamipride contre la jaunisse virale. Jusqu’à 87 % d’efficacité lorsque le traitement est associé à la plantation d’orge entre les rangs de betteraves contre seulement 55 % pour l’acétamipride.

    Certes plus compliquées à mettre en œuvre, des solutions sans pesticides existent également, rappelle Hervé Jactel. Elles font appel aux principes de l’agroécologie et consistent à intercaler des cultures aux propriétés naturellement répulsives pour les pucerons comme l’orge. Une expertise scientifique collective publiée en 2022 par l’Inrae montre qu’en augmentant la « diversité végétale », on peut protéger les cultures des nuisibles sans recourir aux pesticides.

    « Tentative de manœuvre dilatoire »
    La loi Duplomb précise que la réautorisation de l’acétamipride est prévue « pour faire face à une menace grave compromettant la production agricole » et « en cas d’alternative insuffisante ». Hervé Jactel rappelle qu’au pic des attaques de pucerons sur les betteraves en 2020, les pertes de rendement n’étaient que de 15 % à 20 %, « pas la catastrophe absolue ». « Le sucre blanc raffiné n’est pas une ressource vitale, commente l’ingénieur agronome. La betterave à sucre est une culture de rente. Les betteraviers ne veulent surtout pas rogner sur leurs rentes. »

    Fervent défenseur de la loi Duplomb, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, est lui-même issu d’une famille de betteraviers. La France étant le seul pays à avoir interdit l’acétamipride, il dénonce la « concurrence déloyale » des producteurs européens et agite le chiffon rouge des importations de sucre.

    De son côté, Agnès Pannier-Runacher répète qu’à titre personnel, elle reste « contre la réintroduction de l’acétamipride ». La députée Génération écologie des Deux-Sèvres, Delphine Batho, voit dans la nouvelle saisine de l’Anses proposée par la ministre une « tentative de manœuvre dilatoire ». Elle dénonce une autre « entourloupe » : le décret, publié deux jours après l’adoption de la loi Duplomb, obligeant l’Anses à étudier les demandes d’autorisation de pesticides selon une liste d’usages jugés « prioritaires » par le ministère de l’agriculture.

    Cette disposition, qui figurait initialement dans le projet de loi, avait été écartée par les parlementaires. « Ce décret porte atteinte à l’évaluation des risques des pesticides par l’Anses et fait prévaloir les intérêts économiques sur la préservation de la santé publique et de l’environnement », déplore l’ancienne ministre de l’environnement de François Hollande. Corinne Lepage, qui a occupé la même fonction ministérielle sous Jacques Chirac, dénonce une « pure violation de l’indépendance de l’Anses ». L’avocate vient de saisir le Conseil d’Etat au nom de l’association Agir pour l’environnement afin d’obtenir l’annulation de ce décret. Contacté, le ministère de la transition écologique n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • « Nous appelons à l’organisation d’une convention nationale de l’éthique environnementale de la recherche »
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/01/28/nous-appelons-a-l-organisation-d-une-convention-nationale-de-l-ethique-envir

    « Nous appelons à l’organisation d’une #convention_nationale_de_l’éthique_environnementale_de_la_recherche »
    #Tribune

    Tamara Ben Ari
    Chercheuse à l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement

    Aude Valade
    Chercheuse au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement

    Tamara Ben Ari et Aude Valade, chercheuses en écologie et agronomie, estiment que les initiatives existantes ne suffisent pas pour dessiner une recherche éthique, alignée avec les impératifs écologiques et sociaux.

    Partout dans le monde, la violence des conséquences du changement climatique s’intensifie. Le constat est connu et répété : tous les secteurs de la société doivent massivement se transformer, sans délai. La recherche publique n’y fait pas exception. C’est dans ce contexte que nous appelons à l’organisation d’une convention nationale de l’éthique environnementale de la recherche. Notre objectif : mettre en lumière et dépasser les dilemmes entre la production de connaissances, et le coût écologique et climatique de celle-ci.
    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés « La recherche bas carbone met en tension le fonctionnement académique ordinaire »

    La recherche, comme d’autres secteurs de la société, repose sur une utilisation de ressources non renouvelables qui s’est amplifiée simultanément à la croissance de la production scientifique. Chaque étape du processus scientifique, de la conception des protocoles expérimentaux à la diffusion des résultats, engendre un impact, qu’il s’agisse de l’empreinte carbone ou d’autres pressions environnementales, souvent moins bien renseignées.

    En France, la recherche produit chaque année entre 8 et 10 tonnes de CO₂ par personnel dans les laboratoires, ce qui correspond aux émissions annuelles moyennes par habitant dans le pays. Par ailleurs, les investissements dans des infrastructures de pointe – accélérateurs de particules, navires océanographiques, centres de calcul intensif – enferment la recherche dans un rythme d’émissions élevé pour les prochaines décennies.

    Un dilemme
    Ce secteur occupe néanmoins une position particulière, car il est l’un des principaux lieux de création et de circulation des connaissances sur les causes et les conséquences physiques, sociales et politiques des crises climatiques et écologiques. Face à l’inaction des gouvernements, le personnel de la recherche dans son ensemble a développé une compréhension approfondie des risques que le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité et les diverses formes de pollution font peser sur les sociétés et les écosystèmes. Dans ce contexte, de plus en plus de scientifiques expriment un sentiment de préoccupation et de responsabilité.

    La recherche se trouve ainsi face à un dilemme : comment répondre aux impératifs écologiques et sociaux, tout en réduisant son empreinte, mais sans compromettre son autonomie ni la liberté académique ? En théorie, autonomie et liberté permettent aux scientifiques de définir leurs objets de recherche, de choisir leurs pratiques et de diffuser leurs résultats à l’abri de pressions économiques ou politiques.

    Cependant, leurs choix sont fortement contraints par une mise en compétition croissante entre les scientifiques, les équipes, les laboratoires, les instituts et les universités. Ainsi, les scientifiques sont quotidiennement confrontés à des arbitrages, conscients ou inconscients, entre des exigences de productivité ou d’« excellence » et leur conscience écologique. Ce malaise s’exprime de façon encore plus aiguë chez les jeunes scientifiques dont les aspirations au changement sont parfois immenses, malgré des conditions de travail précaires.

    Depuis près de six ans, sous l’impulsion de Labos 1point5, le personnel de la recherche française se distingue à l’échelle internationale par le développement d’outils, de données et d’analyses pionnières, visant à engager la transformation écologique de celle-ci. Plus d’un tiers des unités de recherche en France sont devenues des laboratoires de la transition. Cette dynamique a été accompagnée par les comités d’éthique d’instituts nationaux comme l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, l’Institut de recherche pour le développement, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement ou le CNRS, qui se sont saisis de cette problématique. Par ailleurs, dans plusieurs institutions et universités, des actions de sensibilisation, de dialogue et d’analyse – à l’image du projet montpelliérain Respires – ont émergé, par la mobilisation d’individus et collectifs notamment.
    Démocratie participative

    Cette profusion d’initiatives a permis de mettre le sujet à l’agenda et d’engager des transitions locales, mais elle comporte également des risques. D’abord, en raison du manque de cohérence et de coordination entre les actions, les mêmes réflexions sont souvent répétées dans chaque dispositif. Ensuite, par la restriction au champ d’action propre à chaque institut, la transition se limite trop fréquemment à une simple réduction comptable de l’empreinte carbone, en en écartant les mécanismes sous-jacents. Pire, ces initiatives peuvent être utilisées pour justifier des compressions budgétaires.

    En fin de compte, le questionnement du coût environnemental de la production de savoir reste largement privé de la dimension éthique. Si les situations climatique et écologique exigent des transformations dans tous les secteurs, celles-ci devraient être différenciées en fonction de l’intérêt général.

    Comment décider des recherches à poursuivre ou à abandonner ? Sur quels critères évaluer les bénéfices de certaines recherches pourtant énergivores ? Comment tenir compte des différences d’empreinte entre les personnes, disciplines ou instituts, et répartir les efforts de réduction ?

    Ces questions appellent des changements profonds dans les modes de financement, d’organisation, d’évaluation, et des liens entre la recherche et la société. Cette réflexion stratégique doit se faire en définissant collectivement ce qu’est l’éthique environnementale de la recherche et ce qu’elle implique dans la pratique scientifique, c’est pourquoi nous voulons engager les acteurs de la recherche dans une logique de démocratie participative. Réunir cette convention nationale, associant des citoyens extérieurs au monde académique ainsi que les corps intermédiaires, serait une démarche exigeante, juste et solidaire, capable de redonner du sens aux métiers de la recherche et de faire face aux crises actuelles et à venir.
    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Comment les chercheurs réduisent leur empreinte carbone

    Tamara Ben Ari, chercheuse à l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, cofondatrice de Labos 1point5 ; Aude Valade, chercheuse au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, cofondatrice du projet Respire.

    #Tamara_Ben_Ari (Chercheuse à l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et #Aude_Valade (Chercheuse au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) #INRAE #CIRAD

  • L’histoire enfouie du #remembrement

    Après-guerre, en #Bretagne surtout, et dans une moindre mesure dans les zones moins bocagères, les #haies ont été arrachées à coups de bulldozer, les talus arasés, et les vergers réduits à néant. C’est ce qu’on a appelé le remembrement et voici son #histoire oubliée racontée dans une #BD.

    En mai 1978, #Gildas_Le_Coënt, emprisonné neuf mois en hôpital psychiatrique, est libéré. Cette affaire marque un nouvel épisode de la bataille bretonne contre le remembrement. Elle reflète une réalité vécue par des milliers de #paysans à travers la France pendant les décennies de #modernisation_agricole. #Inès_Léraud est journaliste, et lanceuse d’alerte en 2019 face à l’omerta des algues vertes. Elle publie aujourd’hui « Champs de bataille, l’histoire enfouie du remembrement », sa deuxième BD, une enquête avec Pierre van Hove, publiée chez La Revue Dessinée et les Éditions Delcourt.
    Des blessures toujours vives dans la mémoire collective

    Les témoignages recueillis révèlent des traumatismes profonds. Comme le rapporte Jacqueline Goff née en 1953 : "Je revois l’apparition des bulldozers, ce #saccage qui détruit tout, les arbres, les talus. Ce n’était pas un remembrement, un #démembrement, c’était le #chaos." sur France Culture. Cette #mémoire douloureuse se transmet encore dans les villages, où certaines familles ne se parlent plus depuis cette époque.

    Une modernisation imposée qui a divisé les campagnes

    Le remembrement, lancé après la Seconde Guerre mondiale, visait à adapter l’#agriculture française aux enjeux de #productivité et de concurrence internationale. "C’était une #société_paysanne qui n’était pas dans une logique de l’argent" explique Inès Léraud, "il s’agissait de regrouper les #parcelles, d’arracher les #arbres, les #talus, pour avoir des champs facilement cultivables par des machines". Cette politique crée alors des tensions durables, opposant les "gagnants", appelés "profiteurs" et les "lésés" du remembrement.

    Ce qui frappe Inès Léraud et Léandre Mandard en travaillant sur le sujet du remembrement, c’est l’ampleur des #résistances et des #conflits liés à cette question. Un #mouvement_contestataire qu’on aurait difficilement imaginé vu le peu de cas qu’en ont fait les sociologues ruraux et les historiens jusque-là. "Or, dans les archives départementales, les cartons de réclamation, de recours, de lettres, de mécontentement. Il y en avait partout, dans toutes les archives départementales où je suis allée sur le territoire français. Les bulldozers du remembrement ont dû être accompagnés des forces de l’ordre pour intervenir" explique Inès Léraud.

    Un impact environnemental majeur qui persiste

    Les conséquences de cette transformation radicale des #paysages se font encore sentir aujourd’hui. "Il y a 23 000 kilomètres de haies qui disparaissent chaque année, il y en a 3 000 qui sont replantées, donc on perd 20 000 kilomètres de haies chaque année", souligne Inès Léraud. Cette destruction massive du #bocage, associée à la diminution drastique du nombre d’agriculteurs (passé de 7 millions en 1946 à 400 000 aujourd’hui), illustre l’ampleur des changements opérés. "Certains chercheurs parlent même d’#éthnocide, on a perdu 90% des paysans." explique Inès Léraud.

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-20-novembre-2024-8473983
    #bande-dessinée #résistance #paysage

  • À l’#Inrae, des chercheurs refusent de se mettre « au service du modèle agricole d’avant »

    https://reporterre.net/A-l-Inrae-des-chercheurs-refusent-de-se-mettre-au-service-du-modele-agri

    Le chercheur Simon Fellous et 26 de ses collègues de l’Inrae ont déposé une candidature collective à la présidence de cet institut de recherche agricole. Ils défendent, explique-t-il, un organisme au service de la science et pas de l’agro-industrie.

    Mise à jour le 18 juillet à 14 h 45 avec les réponses de l’Inrae.

    L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’#environnement (#Inrae), principal institut français de recherche agricole, est-il irrémédiablement voué à l’agriculture productiviste ? C’est ce que craint un collectif de 27 #personnels de l’#institut — techniciens, chercheurs, femmes et hommes, travaillant tant du côté des sciences sociales que de la biologie. Fait rare, ils ont décidé de contester la politique de leur institut, qui « échoue visiblement à transformer le système agricole en bout de course ».

    Ils l’écrivent dans une lettre commun, où ils présentent leur candidature collective à la présidence de l’Inrae. Celui-ci doit renouveler le mandat de son PDG, qui arrive à échéance en octobre prochain. Leur initiative est soutenue par le mouvement #Scientifiques_en_rébellion et l’association #Sciences_citoyennes.

    https://reporterre.net/IMG/pdf/declaration_intention_-_candidature_collective_pdg_240718_200212.pdf

  • ALERTE FS-SSCT du CSA MESR – Lettre ouverte FERC CGT à la ministre
    https://academia.hypotheses.org/56915

    Les représentant·es des personnels CGT en FSSSCT MESR À : Mme la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche S/C de M. Boris Melmoux-Eude, directeur général des Ressources Humaines M. Guillaume Aujaleu, chef du service des personnels ingénieurs, administratifs, techniques, … Continuer la lecture →

    #Démocratie_universitaire #En_partage #Gouvernance_de_l'ESR #Santé_au_travail #EHESS #INP_Toulouse #INRAE

  • Actualité | Mobilier gaulois de Trémuson : de la fouille à l... | Inrap
    https://www.inrap.fr/mobilier-gaulois-de-tremuson-de-la-fouille-l-exposition-celtique-16389


    Les sculptures n°1, 2, 3 et 4 après leur nettoyage au laboratoire AntePostQuem de Tours ; on observe des zones noircies, indiquant que ces sculptures ont subi l’action du feu.
    © laboratoire AntePostQuem

    À l’occasion de l’exposition « Celtique ? » au Musée de Bretagne-les Champs libres (Rennes), quatre bustes sculptés et un seau en bois ouvragé de l’âge du Fer, découverts à Trémuson en septembre 2019, sont pour la première fois présentés au public. Cinq chercheurs de l’institut racontent l’itinéraire de ces objets exceptionnels de la fouille au musée en passant par le laboratoire.

    merveilles de l’#INRAP


    Quatre vues du buste d’un aristocrate gaulois avec un torque, retrouvé enfoui dans une fosse, Ier siècle avant notre ère
    Emmanuelle Collado, Inrap


    Le seau de banquet après son prélèvement.
    © E. Collado, Inrap

  • Sciences participatives : DRYrivERS, une application smartphone pour surveiller l’assèchement des rivières | INRAE INSTIT

    COMMUNIQUE DE PRESSE - Les réseaux hydrographiques sont essentiels à notre bien-être et comptent parmi les zones de haute diversité biologique les plus menacées de la Terre. Le changement climatique et l’augmentation des besoins en #eau notamment assèchent de plus en plus les rivières. Toutefois, l’assèchement des réseaux hydrographiques reste peu étudié, compris et cartographié. Dans le cadre du projet DRYvER* piloté par #INRAE, une équipe internationale de scientifiques collecte, analyse et modélise des données provenant de #réseaux_hydrographiques sujets aux assèchements à travers deux continents, l’Europe et l’Amérique du Sud. Pour aider les scientifiques à #cartographier les asséchements des rivières, les citoyens ont désormais une application à leur disposition : DRYrivERS.

    https://www.inrae.fr/actualites/sciences-participatives-dryrivers-application-smartphone-surveiller-lassecheme

    #app #rivieres #eau

  • Ce que les #ruines disent de nous | CNRS Le journal
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/ce-que-les-ruines-disent-de-nous

    Oui, en mettant le doigt sur l’importance de notre #patrimoine et la nécessité qu’il y a à le protéger de la pression démographique et de l’économie du court terme. En France, on sait depuis des siècles préserver notre #patrimoine_imprimé. Pour l’#archéologie, il a fallu attendre la création de l’Institut national de la recherche archéologique préventive (#Inrap), en 2001, pour s’intéresser enfin à notre patrimoine national. Qu’est-ce qui justifie cette prévalence de la mémoire écrite sur le patrimoine matériel ? En vingt ans, cela a déjà permis de multiplier par cinquante, voire par cent, les données sur notre patrimoine archéologique. Encore faudrait-il les publier ! Mais avec le nombre de chercheurs qui ne cesse de diminuer, on ne se donne pas les moyens d’exploiter toutes ces données et de les rendre accessibles au public.

    L’engouement pour la restauration de Notre-Dame ne doit pas faire oublier qu’en amont, la sécurité du monument le plus riche et le plus emblématique de notre patrimoine n’était pas considérée comme une priorité. Cet épisode révèle à quel point nos élites dirigeantes s’inquiètent peu de la protection du patrimoine historique et archéologique. La protection des vestiges enfouis est un combat permanent.

  • SDHI, ces #Pesticides épandus massivement qui s’attaquent à tous les êtres vivants
    https://www.bastamag.net/SDHI-pesticides-fongicides-Anses-Rustin-Nicolino

    Connaissez-vous les SDHI ? Ces nouveaux fongicides, censés s’attaquer seulement aux champignons qui menacent les récoltes, s’en prennent en fait à tous les êtres vivants. Un « danger immense » selon des scientifiques. Le journaliste Fabrice Nicolino leur consacre son dernier ouvrage, Le crime est presque parfait. Entretien. Basta ! : Épandus massivement depuis 2013 en France, les pesticides SDHI « inquiètent au plus haut point », dites-vous, car ils s’attaquent à la fonction respiratoire de tous les (...) #Résister

    / Santé , #Agriculture, Pesticides, Quelle agriculture pour demain ?, #Alimentation, A la (...)

    #Santé_ #Quelle_agriculture_pour_demain_ ?

    • C’est un système extrêmement solide, avec une structuration du déni qui dure depuis l’après-guerre. On sait que des liens étroits sont noués dès les années 1950 entre le ministère de l’Agriculture, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), la FNSEA et les vendeurs de pesticides. Il y a une grande proximité entre les responsables de ces divers organismes. Les personnes qui y travaillent se croisent à longueur de temps dans leurs quotidiens, par exemple dans des colloques généralement payés par l’industrie. Si l’on en revient aux SDHI : l’Anses, l’Inra et l’institut du végétal Arvalis (financé par des professionnels notamment du secteur agricole, ndlr) ont rédigé des notes communes sur les résistances aux SDHI. Autrement dit : l’Anses s’est accordée avec des représentants de l’industrie pour donner son aval à ces produits. Comment peut-on imaginer que, ensuite, ils disent « non, en fait, il ne faut pas les utiliser » ? On voudrait que l’Anses se déjuge. C’est impossible.

      La tribune publiée en 2018 par le collectif de chercheurs : https://www.liberation.fr/debats/2018/04/15/une-revolution-urgente-semble-necessaire-dans-l-usage-des-antifongiques_1

      #ANSES #FNSEA #INRA #pesticide #SDHI

  • Creutzfeldt-Jakob : l’inquiétante mort d’une laborantine de l’INRA
    https://www.mediapart.fr/journal/france/210619/creutzfeldt-jakob-l-inquietante-mort-d-une-laborantine-de-l-inra

    Une plainte a été déposée contre l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui » après le décès d’une ancienne salariée, Émilie, 32 ans, contaminée au cours d’une manipulation dans un laboratoire. De nombreux manquements en matière de sécurité ont été commis par l’Inra. Le ministère lance une #Enquête à l’échelle nationale.

    #INRA,_maladie_de_Creutzfeldt-Jakob,_vache_folle,_A_la_Une

  • Des gravures d’animaux datant de 12.000 ans découvertes à Angoulême -

    (...) Une surprise pour les archéologues car cette pièce est datée d’environ 12.000 ans avant notre ère, ce qui correspond à la période dite de l’Azilien. Or « l’art azilien est souvent considéré comme une rupture, il marque un abandon du figuratif au profit de l’abstraction », explique l’Inrap.

    « Trouver des chevaux et d’autres animaux dessinés à cette période de l’Azilien récent, c’est exceptionnel », estime Valérie Feruglio, préhistorienne spécialiste de l’art préhistorique. (...)

    Sciences et Avenir
    https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/des-gravures-d-animaux-datant-de-12-000-ans-decouvertes-a-angouleme


    #Préhistoire #Paléolithique #Art_rupestre #Azilien #Europe #France #Inrap

  • Arbres et champignons. Détail people amusant, Francis Martin est un ancien bon copain de classe de mon père quand ils faisaient leurs études de bio, qu’il a redécouvert le mois dernier justement en l’entendant à la radio, puis en allant le voir à une rencontre sur son livre. :D

    Sous la forêt, de Francis Martin
    https://www.franceinter.fr/emissions/les-savanturiers/les-savanturiers-09-fevrier-2019

    Les alliances entre les arbres et les champignons
    https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-17-janvier-2019
    http://rf.proxycast.org/1526373672191795200/10212-17.01.2019-ITEMA_21953954-2.mp3

    Sous la forêt : pour survivre il faut des alliés
    https://www.mollat.com/livres/2282007/francis-martin-sous-la-foret-pour-survivre-il-faut-des-allies

    #arbres #forêt #champignons #biologie #microbiologie #sol #agronomie #INRA #radio #France_Inter #audio
    @odilon

  • « #Gilets_jaunes » : une #enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/11/gilets-jaunes-une-enquete-pionniere-sur-la-revolte-des-revenus-modestes_5395

    Une équipe de 70 #universitaires mobilisée
    Collectif d’universitaires, nous avons lancé, dès la fin du mois de novembre, une enquête de terrain pour comprendre le mouvement des « gilets jaunes ». Nous sommes allés les rencontrer dans différentes régions de France, dans les manifestations et sur les ronds-points. Nous livrons ici les premiers résultats sur les profils et les motivations qui apparaissent derrière les « gilets jaunes ».

    Le 21 octobre, Priscillia Ludosky crée une pétition en ligne « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! ». Rapidement et massivement diffusée sur les réseaux sociaux, relayée par les médias, la pétition atteint 200 000 signataires en quelques jours, et plus de 1 million aujourd’hui.

    Une journée d’action est prévue le 17 novembre, avec pour mots d’ordre la baisse des taxes et du prix des carburants. Cette mobilisation est préparée de manière décentralisée et autonome par des groupes locaux et nationaux, qui s’organisent notamment sur la plate-forme Facebook. Le 17 novembre, ce sont plus de 280 000 personnes, vêtues d’un gilet jaune, qui participent à cette mobilisation dans la France entière, principalement à travers des actions de blocage des routes, au niveau des ronds-points ou péages. A Paris, une manifestation a lieu sur les Champs-Elysées et certains manifestants tentent de se rendre au palais de l’Elysée, avant d’être bloqués par la police. Dans les jours qui suivent cette journée de mobilisation, les blocages continuent et d’autres journées de manifestations sont lancées pour les samedis suivants.

    Au lendemain du 17 novembre, des chercheuses du Centre Emile-Durkheim (Bordeaux) lancent un appel à participation auprès de la communauté des chercheurs et chercheuses en science politique pour comprendre le mouvement. Le collectif compte aujourd’hui près de 70 personnes, qui sont des enseignants-chercheurs, des chercheurs au #CNRS et à l’#INRA, des docteurs sans poste, des étudiantes et étudiants. #Sociologues, #politistes et #géographes travaillent ensemble sur la base du volontariat.

    L’ampleur du mouvement et la rapidité avec laquelle il s’est constitué, en dehors des organisations syndicales et des partis, tout comme ses modes d’action et ses mots d’ordre interpellent. Qui sont les « gilets jaunes » ? Que souhaitent-ils ? Assiste-t-on à un renouvellement profond des modalités de la protestation et de la politique ? Faut-il y voir un retour de formes traditionnelles de révoltes populaires ? Comment un tel mouvement est-il susceptible d’évoluer dans le temps et comment comprendre sa portée ?

    166 #questionnaires analysés
    L’objectif de l’enquête « gilets jaunes » est de récolter des données pour saisir sociologiquement ce mouvement. Il s’agit de comprendre sa complexité, sa composition et son évolution, de recueillir les revendications de ses participants et participantes et de mesurer la variété de ses modalités d’organisation et de mobilisation. Des groupes de travail se sont mis en place à partir de différentes méthodes : observation sur le terrain, analyse lexicométrique des réseaux sociaux, questionnaires, entretiens, cartographie. Parallèlement à ce questionnaire, une équipe de géographes mène une enquête complémentaire en Normandie. Les données sont toujours en cours de décryptage. Les premiers résultats présentés ici sont basés spécifiquement sur l’analyse des questionnaires administrés dans les manifestations, sur les ronds-points et aux péages.

    • Nous partons du terrain pour établir nos résultats. La parole des personnes et leurs attentes sont au cœur de l’enquête, notre objectif a été de les récolter et de les restituer le plus fidèlement possible. Les données sont traitées selon des méthodologies croisées qui rendent compte du mouvement d’une manière plus approfondie et complexe qu’un seul point de vue ne permet de le faire.

      L’équipe « questionnaires » se compose de 13 personnes basées à Bordeaux et sa région, Marseille, Caen et sa région, Rennes, Montpellier, Grenoble et sa région. Pour cette enquête, nous avons décidé de nous concentrer sur les personnes actives dans le mouvement, ayant participé au moins à une manifestation ou un blocage, et avons pu analyser jusqu’ici 166 questionnaires diffusés les 24 novembre et 1er décembre. L’enquête est toujours en cours et se poursuivra dans les semaines qui viennent. Nous avons choisi de mener des entretiens en face à face, démarche qui permet de recueillir des témoignages plus riches, plus précis et plus longs que la passation de questionnaires indirecte ou en ligne. Le questionnaire compte en tout 28 questions, 5 d’entre elles sont ouvertes, et nous avons en outre pris soin de noter les commentaires sur l’ensemble des questions posées. Concernant les sujets abordés, 15 questions portent sur les motivations des participants, les réformes souhaitées, les modes d’action privilégiés et leur rapport au politique ; les 13 dernières portent sur le profil sociodémographique des personnes mobilisées.

      Les questionnaires ont été majoritairement administrés par les enquêteurs. Le temps requis à recueillir les réponses varie d’une dizaine de minutes à quarante minutes. L’administration de questionnaires en manifestation est un exercice délicat en raison de la mobilité et, dans ce contexte particulier, de l’incertitude sur le parcours du cortège et des dispositifs de maintien de l’ordre. Cette recherche est réalisée sans fonds spécifiques et n’a été rendue possible que par le travail de nombreuses et nombreux collègues, étudiantes et étudiants volontaires.

    • S’il n’y a pas de portrait type des manifestants, puisqu’une des caractéristiques du mouvement est sa diversité, les « gilets jaunes « sont d’abord des personnes, hommes et femmes, qui travaillent (ou, étant retraités, ont travaillé), âgées de 45 ans en moyenne, appartenant aux classes populaires ou à la « petite » classe moyenne.
      Les résultats, encore très provisoires, présentés ici s’appuient sur l’analyse de 166 questionnaires distribués auprès des participants aux actions sur les ronds-points et aux péages, ou lors des manifestations ayant eu lieu les 24 et 1er décembre, par une équipe d’une dizaine de chercheurs et d’étudiants. Le questionnaire a été élaboré de manière à recueillir des informations détaillées et précises sur les participants.

      • Une surreprésentation des employés et une sous-représentation des cadres
      Certaines catégories apparaissent comme particulièrement surreprésentées au sein des « gilets jaunes » qui nous ont répondu. C’est le cas des employés, qui constituent 33 % des participants (soit 45 % des actifs présents, contre 27 % de la population active française). Ils sont plus de deux fois plus nombreux que les ouvriers, qui représentent 14 % des participants. Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont également particulièrement nombreux : 10,5 % des participants (14 % des actifs présents, contre 6,5 % de la population active française).
      A l’inverse, les professions intermédiaires et les cadres sont peu représentés : les premiers comptent pour 10 % des participants (13 % des actifs présents, contre 26 % de la population active française) ; les seconds sont à peine 5 % des participants (7 % des actifs présents, contre 18 % de la population active française) dans les cortèges et blocages qui ont eu lieu entre le 24 novembre et le 1er décembre. Un quart des participants au mouvement des « gilets jaunes « appartiennent à la catégorie « inactifs » ; pour la majeure partie, il s’agit de retraités.

    • • Des manifestants « d’âge moyen »
      Les « gilets jaunes » participant à l’enquête ont en moyenne 45 ans, un peu plus que l’âge moyen de la population française, qui s’élève à 41,4 ans. Les classes d’âge les plus mobilisées sont les 35-49 ans (27,2 %), puis les 50-64 ans (26,6 %) et les 25-34 ans. Les 18-24 ans représentent 6,2 % des participants ; les plus de 65 ans, 17,3 %.
      • Un mouvement mixte
      Les hommes (54 %) sont un peu plus nombreux que les femmes (45 %). Cependant, la forte proportion de femmes, appartenant souvent aux classes populaires, une catégorie sociale traditionnellement peu mobilisée politiquement, est un fait notable. On y lit une propension de femmes à manifester identique à celle que nous avons observée dans les cortèges des 24 novembre et 1er décembre. Un écart comparable (55 % d’hommes, 44 % de femmes parmi les répondants) était observé dans le questionnaire administré dans la Manif pour tous du 16 octobre 2016.
      Les femmes ont toujours manifesté, comme le montrent de nombreux travaux historiques. Elles sont en revanche ici plus visibles. A cela plusieurs raisons : sans porte-parole officiel, représentants syndicaux et politiques, qui sont habituellement des hommes, et en absence de structures, les médias sont contraints de tourner le regard vers les participantes et participants « ordinaires ». La forte dimension sociale du conflit et la centralité des revendications sur les conditions matérielles d’existence dans le mouvement social participent à la visibilité des femmes.
      • Une surreprésentation des bacheliers et des titulaires de CAP et BEP
      Quelque 20 % des personnes interrogées sont diplômées du supérieur (contre 27 % de la population générale, données Insee 2014) ; 5 % des participants ont un bac + 4 et au-delà, tandis que les deux niveaux de diplôme les plus représentés sont les détenteurs de BEP et CAP, qui sont 35 % (contre 24 % dans la population générale), et les bacheliers (29,3 % des répondants, contre 16,5 % de la population générale). Seuls 15,4 % des participants ont un diplôme inférieur au brevet (31,4 % de la population générale). Toutefois, le 8 décembre, nous avons reçu davantage de réponses de la part de personnes ayant un diplôme de master ou équivalent. Se dessine ainsi une population de participants ayant des niveaux de qualification intermédiaires.
      • Des mobilisés aux revenus modestes
      Quelque 55 % des répondants nous déclarent être imposables (une proportion presque identique à la population générale) et 85 % indiquent posséder une voiture. Le revenu médian du foyer déclaré représente 1 700 euros par mois, soit environ 30 % de moins que le revenu médian moyen déclaré de l’ensemble des ménages (enquête « Revenus fiscaux et sociaux » 2015 de l’Insee). Les participants aux actions des « gilets jaunes » sont donc pour la majorité d’entre eux des individus aux revenus modestes. Ils n’appartiennent pas aux catégories les plus précarisées économiquement : 10 % d’entre eux déclarent avoir un revenu inférieur à 800 euros par mois (contre 519 euros pour les 10 % des ménages français les plus pauvres).
      • Des primo-manifestants en nombre et des modes d’action variés
      Pour presque la moitié des répondants (47 %), le mouvement des « gilets jaunes » constitue leur première mobilisation. Seuls 44 % ont déjà participé à une grève. Il s’agit donc de participants peu rompus à l’action collective. Aux questions posées sur les formes d’action collective que la personne serait prête à accomplir ou à laquelle elle a déjà participé, la manifestation est le mode d’action le plus plébiscité (81 %), suivi par la pétition (69,4 % d’entre eux déclarent en avoir déjà signé une). Presque 9 participants sur 10 rejettent les modes d’action impliquant des violences aux biens, mais 58,8 % d’entre eux se déclarent par exemple prêts à occuper un bâtiment administratif. La moitié exclut également l’idée d’aller manifester à Paris, les répondants évoquant des raisons économiques, la violence et la nécessité de rester visible en province pour justifier ce choix. Sur le consentement à l’impôt, seuls 5 % des participants déclarent avoir déjà refusé de payer l’impôt, tandis que 58,4 % l’excluent complètement comme moyen d’action. Des analyses séparées ont d’ailleurs relevé très peu de différences entre les réponses des hommes et des femmes.
      • Un rejet des organisations représentatives traditionnelles et des orientations politiques atypiques
      Notre enquête confirme également le large rejet des organisations représentatives traditionnelles : 64 % considèrent que les syndicats n’ont pas leur place dans le mouvement, 81 % pensent de même pour tous les partis politiques.
      Ce rapport de distance ou de méfiance à l’égard du système de représentation institué se retrouve lorsque les répondants sont invités à se situer sur l’échelle gauche-droite. La réponse dominante consiste à se déclarer comme apolitique, ou « ni de droite ni de gauche » (33 %). En revanche, parmi ceux qui se positionnent, 15 % se situent à l’extrême gauche, contre 5,4 % à l’extrême droite ; 42,6 % se situent à gauche, 12,7 % à droite et, surtout, seulement 6 % au centre. En comparaison, un sondage conduit par Ipsos en avril montrait que 22 % des Français rejettent le clivage gauche-droite, quand 32 % se situent à gauche et 39 % à droite. Cette grande diversité du rapport au politique est un élément majeur de la singularité du mouvement.

    • • Les motivations : pour le pouvoir d’achat et contre une politique favorable aux riches
      Pour les répondants, il s’agit moins d’une révolte contre une taxe en particulier, ou pour la défense de l’usage de la voiture, qu’une révolte contre un système fiscal et de redistribution jugé inique. Une révolte contre les inégalités, mais aussi contre une parole politique qui les méprise et les infériorise symboliquement. Il s’agit à la fois de défendre leur pouvoir d’achat et leur accès à un standard de vie (notamment les loisirs, de plus en plus inaccessibles) et d’une exigence de respect à leur égard et de reconnaissance de leur dignité de la part du personnel politique (gouvernement et président de la République).

      Nous avons invité les participants à s’exprimer sur leurs motivations à travers une question ouverte en début du questionnaire (« Pourquoi manifestez-vous aujourd’hui ? »). Un pouvoir d’achat trop faible est le premier motif évoqué (plus de la moitié des répondants). Plusieurs personnes se plaignent de ne plus pouvoir s’offrir le moindre plaisir (« J’ai la vingtaine et j’ai pas une thune. Si je veux sortir, je dois me mettre à découvert »). Des mères de famille nous font part de leurs fins de mois difficiles (« J’aimerais bien que mes enfants puissent avoir à manger dans leurs assiettes, et pas que des patates les deux dernières semaines du mois »), qui entraînent parfois des difficultés de logement, dont ont témoigné aussi bien des jeunes étudiants (« Je n’ai pas les moyens de me loger, je vis dans la dépendance d’une amie ») que cette mère de famille (« Nous étions obligés de descendre dans le Sud pour vivre chez ma belle-mère »).
      Suit, dans la liste des motivations, le fardeau fiscal trop important (69 répondants, dont 18 qui pointent explicitement le prix élevé du carburant). Près d’un sur cinq déclare être là pour protester contre le gouvernement actuel et demande la démission d’Emmanuel Macron, évoquant l’« arrogance » de l’exécutif. Les termes de « monarchie », d’« oligarchie » ou de « dictature » reviennent pour souligner son caractère illégitime. On voit poindre le 24 novembre, puis se confirmer le 1er décembre, la demande de réformes institutionnelles. Un dixième des enquêtés demandent des réformes institutionnelles. Cette tendance semble accentuée chez les participantes et participants aux cortèges du 8 décembre.
      Une deuxième question ouverte portait sur les mesures que le gouvernement devrait prendre pour répondre aux revendications des « gilets jaunes ». La réponse la plus fréquente est sans surprise une baisse des taxes et impôts, évoquée spontanément par un tiers des répondants. Pour 48 enquêtés, des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat sont également nécessaires. Parmi eux, 28 personnes demandent une augmentation du smic, voire des salaires en général, 14 une augmentation générale du pouvoir d’achat, 8 une augmentation des retraites. Des demandes de reditsribution des richesses reviennent dans les réponses de 36 participants : 19 demandent spontanément la réintroduction de l’ISF, 5 une répartition plus juste des impôts.

      « Une des spécificités de ce mouvement est la présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales »

      Plus d’un cinquième des répondants demandent d’ailleurs tout simplement que le gouvernement écoute les citoyens, « qu’il se mette à [leur] place ». Il s’agit ainsi d’une des préoccupations principales des personnes rencontrées. Enfin, une des spécificités de ce mouvement est la présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales. Ainsi, 26 personnes ont déclaré que des réformes institutionnelles importantes seront nécessaires pour qu’elles puissent considérer que le mouvement est un succès : 18 en demandant des changements parfois fondamentaux (par exemple, en réclamant une « réforme totale de l’Etat », « un autre système politique »), 8 en demandant la fin des privilèges des parlementaires et 4 en se disant convaincus de la nécessité d’une VIe République.
      Il est à noter que seulement 2 des 166 personnes interrogées ont mentionné la gestion de l’immigration dans leurs réponses aux deux questions présentées. Cela invite à reconsidérer les analyses qui font du mouvement une émanation de l’extrême droite.

      « Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent comme étant une plus grande justice sociale et la demande d’écoute de la part du pouvoir »

      Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent donc comme étant une plus grande justice sociale (qu’il s’agisse d’un système fiscal faisant davantage participer les plus aisés, d’une meilleure redistribution des richesses ou encore du maintien des services publics) et la demande d’écoute de la part du pouvoir. Au contraire, les revendications nationalistes, liées notamment à l’identité ou à l’immigration, sont très marginales, démentant l’idée d’un mouvement qui serait noyauté par les électeurs ou les militants du Rassemblement national. Comme le souligne le sociologue Alexis Spire, auteur de Résistances à l’impôt, attachement à l’Etat (Seuil, 312 pages, 22 euros), c’est avant tout le sentiment d’injustice fiscale, plus prégnant chez les classes populaires, qui explique cette mobilisation.

      En résumé, cette révolte est bien celle du « peuple » – comme se revendiquent nombre de personnes interrogées – au sens des classes populaires et des « petites » classes moyennes, celle des revenus modestes. Dès lors, plusieurs éléments font des « gilets jaunes » une contestation singulière par rapport aux mouvements sociaux des dernières décennies. Outre son ampleur, la forte présence des employés, des personnes peu diplômées, des primo-manifestants et, surtout, la diversité des rapports au politique et des préférences partisanes déclarées font des ronds-points et des péages des lieux de rencontre d’une France peu habituée à prendre les places publiques et la parole, mais aussi des lieux d’échange et de construction de collectifs aux formes rarement vues dans les mobilisations.

      Camille Bedock, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS �Antoine Bernard de Raymond, Irisso, université Paris-Dauphine, INRA �Magali Della Sudda, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS �Théo Grémion, diplômé d’un master de géopolitique de l’université de Genève et d’une maîtrise d’urbanisme de l’université Paris-X �Emmanuelle Reungoat, Centre d’études politiques de l’Europe latine, université de Montpellier �Tinette Schnatterer, centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS

  • #Pesticides : pourquoi la #France en consomme de plus en plus
    https://www.lemonde.fr/planete/video/2018/08/18/pesticides-pourquoi-la-france-en-consomme-de-plus-en-plus_5343812_3244.html

    En France, l’utilisation de pesticides a augmenté de 12 % entre 2014 et 2016. Pourtant, depuis 2008 et le Grenelle de l’environnement, le gouvernement s’était fixé l’objectif de réduire de moitié l’utilisation de pesticides d’ici à 2018, puis à 2025. Sans succès. Pire : non seulement l’utilisation de pesticides ne diminue pas, mais elle continue d’augmenter constamment. Pourquoi ? La faute en grande partie au système des coopératives, mis en place au sortir de la seconde guerre mondiale. Explications en vidéo.

    https://www.youtube.com/watch?v=zQLrMB95bu4

  • Agriculture : travailler moins, gagner plus, en produisant mieux - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/agriculture-travailler-moins-gagner-plus-en-produisant-mieu

    Une très petite ferme, essentiellement cultivée à la main, permet à une personne en statut agricole de produire une profusion de fruits et de légumes, de vivre décemment, sans être écrasée de travail. C’est François Léger, enseignant-chercheur à l’Inra et à Agro Paris-Tech[1] qui l’écrit, dans un rapport consacré à l’expérience menée depuis 2006 au Bec Hellouin (Eure). Cette ferme de 20 hectares (dont 12 ha de bois, 4.000 à 7.000 m2 de cultures maraîchères, des pré-vergers et des forêts-jardins[2]) a été popularisée par le film « Demain », dans lequel ses concepteurs exposent notamment les principes de la #permaculture. Elle est surtout devenue un objet d’études, pour tenter de produire des données techniques et économiques sur une tendance encore marginale, mais qui se répand ces dernières années : l’installation en #maraîchage sur de très petites surfaces, avec des investissements limités.

    #agriculture #Inra

  • Géographies en mouvement - Des #tomates à faire rougir les agronomes - Libération.fr
    http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2016/08/16/des-tomates-faire-rougir-les-agronomes

    Comme si cela allait de soi pour les contribuables, Xavier Beulin, patron de la #FNSEA, réclamait le 10 août dernier pour les agriculteurs un énième plan d’aides alors que le marché peine à réguler l’#économie_agricole. L’occasion de regarder les solutions alternatives.

    Le cas de Pascal Poot commence à être connu et commenté jusqu’aux journaux télévisés. Mais il faut encore le faire connaître si on veut sauver l’#agriculture du désastre environnemental et financier dans lequel la FNSEA l’a mise depuis plusieurs décennies . Et renvoyer dans leurs labos les « ingénieurs » de l’#INRA co-responsables de cet effondrement de notre agriculture. Imaginez une région caillouteuse comme peut l’être le Languedoc, sur les hauteurs de Lodève. Pas d’eau l’été, des trombes à l’automne, une région frisquette l’hiver. Pourtant, le #Conservatoire_de_la_tomate de #Pascal_Poot est un défi à la science agronomique. Un jardin de cocagne sans système d’arrosage, ni engrais ni pesticides, ni tuteur, ni entretien. Des milliers de plants donnant au bas mot 20 kg de tomates par pied ! Comment s’y prend-il ?

    #agronomie

  • Face aux alternatives, le #PSG pourrait perdre à #Grignon
    http://www.reporterre.net/Face-aux-alternatives-le-PSG-pourrait-perdre-a-Grignon

    En dehors du terrain, le club parisien nourrit toutefois un autre rêve de grandeur : s’offrir un centre d’entraînement dernier cri. Les propriétaires qatariens seraient prêts à investir au moins 300 millions d’euros pour construire une vingtaine de terrains de football et tous les auxiliaires — parkings, hôtels, restaurants, etc — que la folie commerciale extrasportive permet aujourd’hui d’envisager.

    C’est là une toute autre partie qui s’engage pour l’actuel champion de France. Car depuis plusieurs semaines, l’opposition grandit à l’endroit pressenti pour accueillir le projet, le site domanial de Grignon, dans les Yvelines, qui héberge actuellement les classes de l’#AgroParisTech et les laboratoires de l’#Inra. Aux côtés des personnels et étudiants des instituts agronomiques, plusieurs associations de défense de l’#environnement et des riverains s’organisent pour résister et faire entendre leur voix.

    #recherche_agronomique #sport

  • Dans les Yvelines : beau comme un stade de foot dans un jardin classé
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030416/dans-les-yvelines-beau-comme-un-stade-de-foot-dans-un-jardin-classe

    À Grignon, près du château de Versailles, l’État met en vente 300 hectares de parc et un château du XVIIe siècle dans le cadre de l’aménagement du plateau de #Saclay. Le site, aujourd’hui consacré à l’enseignement et à la recherche en #Agronomie, pourrait être acheté par le #PSG pour y construire un centre d’entraînement. Mais dans ce dossier sensible, les zones d’ombre sont nombreuses.

    #France #AgroParisTech #Climat #Ecologie #Grand_Paris #Île-de-France #INRA

  • Révolution française et instrumentalisation de l’Histoire

    En 2008, au Mans, des fosses communes étaient découvertes lors de travaux d’aménagement de la place des Jacobins.

    Elles témoignent des circonstances de la destruction de l’armée catholique et royale en décembre 1793.
    La Bataille du Mans (12-13 décembre 1793) mit fin à la première guerre de Vendée, guerre civile opposant l’armée républicaine à l’armée royaliste regroupant des ressortissants de la Vendée, du Maine-et-Loire, des Deux-Sèvres, de la Mayenne ou d’ Ille-et-Vilaine…

    159 corps inhumés ont fait l’objet d’une fouille archéologique et leur étude témoigne de la violence des affrontements. En juin 2010, dans un entretien au Figaro, l’anthropologue Élodie Cabot, responsable de l’examen des corps, fait part de ses difficultés à informer le public sur le résultat de ses recherches :

    Voir « Première fouille de chantiers de Vendéens »
    http://www.lefigaro.fr/sciences-technologies/2010/06/30/01030-20100630ARTFIG00729-premieres-fouilles-de-charniers-de-vendeens.php

    Cette découverte archéologique est l’occasion d’instrumentaliser l’histoire autour de la thèse du prétendu « génocide » vendéen et de rejouer les affrontements mémoriels autour des guerres de Vendée.

    En février 2007, à l’initiative d’un groupe de députés UMP, dont Lionnel Luca et Hervé de Charette, une proposition de loi est déposée, afin que « la République française reconnaisse le génocide vendéen de 1793-1794 ». La proposition est rejetée, mais, en janvier 2013, les intéressés reviennent à la charge, cette fois avec le soutien du FN, sans plus de résultat. (Paul Chopelin)

    Aujourd’hui, c’est à qui s’appropriera les ossements des 154 victimes exhumées dont on ne peut toujours distinguer les civils des soldats, les « blancs » des « bleus » :

    Comme l’indique le rapport du bureau de la Commission des arts du Mans rédigé en 1798, les autorités ne faisaient aucune distinction entre les corps, dont il fallait se débarrasser au plus vite pour éviter les risques d’épidémies. Aucun document ne signale de sépulture particulière pour les soldats de l’armée républicaine ou pour les habitants de la ville tombés au cours des combats. (Paul Chopelin)

    .
    >>> Une énième tentative d’instrumentalisation de l’Histoire.
    Déclaration des historien(ne)s à propos des ossements découverts au Mans
    http://etudesrobespierristes.com/une-enieme-tentative-d-instrumentalisation-de-l-histoire

    >>> Quel destin pour les ossements du Mans ?
    Paul Chopelin fait le point sur les débats, historiens, politiques et idéologiques, suscités depuis huit ans par la découverte au Mans de charniers datant de la Révolution.
    http://etudesrobespierristes.com/quel-destin-pour-les-ossements-du-mans

    >>> Le Mans : archéologie de la "Virée de Galerne" - #INRAP
    http://www.inrap.fr/le-mans-archeologie-de-la-viree-de-galerne-5040

    >>> Vendée : les soldats inconnus de Villiers , par Marcelo Wesfreid, http://www.lexpress.fr/region/vendee-les-soldats-inconnus-de-villiers_750914.html

    >>> Charniers vendéens découverts au Mans , le salon beige.
    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/04/charniers-vend%C3%A9ens-d%C3%A9couverts-au-mans.html

    >>> UMP - Proposition de loi relative à la reconnaissance du génocide vendéen de 1793-1794, Assemblée nationale le 21 février 2007
    http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion3754.asp

    >>> UMP-FN Proposition de loi relative à la reconnaissance du génocide vendéen de 1793-1794 , Assemblée nationale 16 janvier 2013
    http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0607.asp

    #Histoire #Contre-Révolution #Bataille_du_Mans #Armée_catholique_et_royale #Armée_républicaine # Virée_de_Galerne #Révolution_française #Convention #1793 #Archéologie_de_la_violence #violence_de_guerre #violence_de_masse #Guerre_de_Vendée #génocide #affrontement_mémoriel #Le_Mans #études_robespierristes #AHRF

  • Les coûts cachés exorbitants des #pesticides
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/03/19/et-si-les-pesticides-coutaient-plus-qu-ils-ne-rapportent_4886135_3244.html

    Hasard du calendrier, le lancement de la semaine mondiale des alternatives aux pesticides, organisée du 20 au 30 mars, coïncide cette année avec la publication d’une vaste étude sur les « coûts cachés » de l’utilisation de ces substances. Ce travail de longue haleine, entrepris par deux chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (#INRA) et publié dans la dernière édition de Sustainable Agriculture Reviews, est le premier à colliger l’ensemble des connaissances disponibles sur ce que les économistes appellent les « #externalités_négatives » liées à l’utilisation des produits phytosanitaires. Ce fardeau économique, estiment les chercheurs, peut dans certains cas excéder largement les bénéfices offerts par les herbicides, fongicides et autres insecticides.

    #agriculture #modèle_économique #pesticide