• « La vie à Charlie n’a jamais été un fleuve tranquille »
    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/05/18/la-vie-a-charlie-n-a-jamais-ete-un-fleuve-tranquille_4634998_3236.html

    Le symbole le plus récent de la crise à Charlie Hebdo est la lettre de convocation à un entretien préalable de licenciement envoyée à la journaliste Zineb El Rhazoui. « Elle n’assure pas les obligations de son contrat de travail de façon satisfaisante. Cela pose des problèmes concrets au fonctionnement de la rédaction, justifie Riss. Des remarques lui ont été faites. J’en ai eu marre. J’ai demandé à notre avocat quoi faire. J’espère que le courrier envoyé remettra les choses sur les rails. »

    Après la parution d’un article du Monde.fr le 14 mai, la direction de Charlie Hebdo a toutefois annulé la convocation et adressé à la journaliste franco-marocaine un « courrier de rappel de ses obligations ». Il s’agit notamment de « sa présence aux conférences de rédaction ou des délais de rendu de ses articles », décrit Riss.
    La direction ne s’est-elle pas montrée trop dure face à une journaliste menacée de mort en février par des islamistes ? « Avant le 7 janvier, c’était pareil : elle écoutait peu les remarques, répond Riss. C’est vrai que la solennité du courrier confère une gravité. Mais on n’a pas envie de virer des gens. Si on en arrive à ce genre de procédure, à _Charlie – journal peu répressif –, c’est qu’il y a quelque chose. » C’est le paradoxe qu’a aussi souligné Zineb El Rhazoui, tout en reconnaissant être « _une grande gueule ».

    L’annulation du courrier de convocation signifie qu’il est désormais impossible d’utiliser quoi que ce soit antérieur à la date du courrier comme élément de faute grave puisque ça s’est réglé par un "rappel de ses obligations" qui n’est même pas une sanction. Et comme il n’est pas possible de sanctionner deux fois une même faute…
    http://travail-emploi.gouv.fr/informations-pratiques,89/fiches-pratiques,91/sanctions-et-pouvoir-disciplinaire,111/la-sanction-disciplinaire,1011.html

    Je commence (!?) à me poser des questions sur la direction ou sur l’avocat.

    • Agressé par une arabe, le propriétaire de 40% de Charlie rattraperait bien le retard du journal sur l’insécurité culturelle :

      Riss aimerait un Charlie qui ait plus souvent « une longueur d’avance sur les sujets et l’actualité ». Il a pu envier des sujets parus ailleurs. Sur « l’#insécurité_culturelle », de Laurent Bouvet, par exemple. Certains n’ont-ils pas vu dans ce concept une tentative d’importer à gauche des idées liées au Front national ? « Cela est un sujet en soi, répond Riss. Comment parler de thèmes viciés par l’extrême droite ? C’est comme la laïcité. Il faut aborder des thèmes inconfortables. »

  • Face à la montée du FN, la dérive des « #néocons »_de_gauche, Philippe Corcuff - Libération
    http://www.liberation.fr/politiques/2015/03/30/face-a-la-montee-du-fn-la-derive-des-neocons-de-gauche_1231682

    La notion d’« #insécurité_culturelle », empruntée à l’essayiste Christophe #Guilluy, est caractérisée de manière vague par Bouvet : « L’insécurité culturelle est donc l’expression d’une inquiétude culturelle, d’une crainte, voire d’une peur, vis-à-vis de ce que l’on vit, voit et perçoit et ressent, ici et maintenant, "chez soi", des bouleversements de l’ordre du monde, des changements dans la société, de ce qui peut nous être à la fois proche ou lointain, familier ou étranger. » On a affaire à une notion attrape-tout indûment élevée au rang de « variable explicative ». Elle est susceptible d’amalgamer des facteurs, contextes, tensions, angoisses et stéréotypes hétéroclites, en donnant l’impression qu’il s’agit du « même » problème. Elle se situe à rebours de la démarche des sciences sociales invitant à dégonfler les baudruches des généralisations hâtives sans perdre de vue des repères globalisants. (...)

    Malheureusement, les polarisations engagées par les néocons de gauche, d’une part, et certains secteurs de « la gauche de la gauche », d’autre part, s’éloignent de ces chemins pragmatiquement radicaux. Le débat public à gauche pourrait ainsi être prochainement pollué par l’opposition entre, d’un côté, la figure du « vrai peuple blanc de la France périphérique, culturellement menacé par l’islam et luttant en priorité contre l’antisémitisme », dans des intersections avec la droite sarkozyste et le FN, et, de l’autre, celle du « vrai peuple musulman des banlieues postcolonisé et discriminé, combattant d’abord l’islamophobie », dans des intersections avec les fondamentalismes islamistes. L’horizon de la convergence des opprimés, propre aux idéaux historiques de la #gauche, en serait brouillé pour longtemps.

    #xénophobie_d'état #socialisme #Laurent_Bouvet

  • Guilluy : La collectivité territoriale la plus visible pour les invisibles, c’est le département. Et on veut le faire disparaître !
    http://www.wk-rh.fr/actualites/detail/83158/une-nouvelle-societe-emerge-ou-le-vivre-ensemble-se-vit-separe.html

    Toujours intéressant de lire Guilluy, car même si il y a beaucoup à préciser voire critiquer, il donne l’impression de faire avance un peu le schmilblick.

    On va tranquillement mais sûrement vers une accentuation des clivages, avec une abstention élevée et un FN fort, et des partis traditionnels incapables de parler aux classes populaires.

    Dans la France périphérique, les difficultés tiennent non seulement au faible dynamisme économique, mais aussi au problème de la mobilité. Bouger d’un territoire à l’autre pour chercher du travail coûte cher. ­Parcourir 20 kilomètres par jour en voiture re­présente environ 250 euros par mois, soit un quart de Smic ! Une sédentarisation subie se développe. Depuis vingt ans, cette réalité a été ignorée des politiques publiques. Aujourd’hui, des conseils généraux innovent –avec du covoiturage ou des subventions à l’achat de vélos– mais timidement.

    #géographie #ségrégations_sociospatiale

    • Je vis à la campagne depuis assez longtemps pour voir que les très exclus de notre société sont maintenant rejetés dans les zones rurales et c’est un phénomène pratiquement pas documenté, pas plus le fait que dans la grande ruralité, ces 15 dernières années, les services publics sont systématiquement fermés et les populations abandonnées à elles-mêmes, qu’effectivement, se développent des zones de bas salaires endémiques, y compris pour les postes qualifiés et que dans le même temps, la disparition des transports en commun assignent les gens à résidence tout en les forçant à entretenir des budgets démesurés de bagnoles, sachant que l’essence nous est vendue systématiquement plus chère que dans les villes, tout cela parce que nous sommes une #population_captive.

      Les politiques de métropolisation ont pour objectif de nous rendre démocratiquement inaudibles et de nous transformer en sorte de colonies agricoles et touristiques (ainsi qu’en maisons de retraite à ciel ouvert) entièrement dédiée aux besoins des classes supérieures urbaines.

      Les hôpitaux et les écoles ferment dans la cambrousse (on n’a donc pas besoin d’avoir accès à la santé et à l’éducation) et nous payons collectivement des équipements uniquement destinés à l’accueil des touristes l’été. Lequel #tourisme génère très naturellement surtout des emplois très précaires et très sous-payés pour la plupart des gens.

      Donc, la question n’est pas de dire que le géographe qui parle de ces phénomènes est de la gauche identitaire, mais pourquoi les autres géographes n’intègrent pas ces nouvelles données, comme le business paysan de la #misère importée des villes : location de gourbis pour les #cassos ; compléments de revenus fermiers comme familles d’accueil de gosses placés des villes, de vieux, d’handicapés ; exploitation de la main d’œuvre des cassos dans des conditions indignes sur les exploitations (les bien nommées).

      Je vis dans cette cambrousse traditionnellement socialiste depuis des générations et ces dernières années, surtout depuis l’élection de Sarko, j’assiste à un complet délitement des solidarités locales, à la montée de discours ouvertement racistes et une énorme poussée du FN, porté par la peur et la colère de toute une classe populaire qui se voit sombrer inexorablement dans la pauvreté et l’exclusion sociale.

    • En rapport à la dépêche de Rezo @moderne je dirai que la thèse de Guilluy n’est pas que les membres des classes populaires sont concentrés dans les périphéries (et absents des zones urbaines), mais plutôt qu’ils y sont de plus en plus importants proportionnellement.

      Il y a eu quand même depuis 15-20 ans un renouvellement des populations rurales avec de nouveaux profils sociologiques, ouvriers déclassés, précaires qui sont arrivés là, non plus par choix politique comme dans les décennies précédentes, mais par calcul économique voire nécessité. D’où la question évoquée de la voiture, avec des familles qui s’installent en zone rurale en-dehors des dessertes de transports, alors que les parents n’ont pas le permis de conduire ni les moyens de l’obtenir. Des personnes qui ne sont pas préparées non plus aux exigences de la vie à la campagne (je pourrai donner des exemples mais cela reste des anecdotes qui n’ont pas de valeur scientifique).

      De plus, les représentations qu’il analyse (exclusion des périphéries, absence de reconnaissance) ne peuvent pas vraiment être contredites par des statistiques, ce n’est pas le même terrain.

      Après, ce qu’il en fait au niveau politique, ou ce que l’on lui attribue comme intentions, pour moi c’est autre chose. Géographiquement, il propose une interprétation intéressante, qui s’articule avec la gentryfication.

    • Je ne sais pas où tu vis, @nicolas2, mais j’observe exactement la même chose que toi en Gascogne, avec surtout l’#isolement total des nouveaux arrivants, effectivement démunis dans un environnement sans transports en commun. Souvent, les nouveaux arrivants qui débarquent des fameuses banlieues n’ont même pas le permis de conduire... À la cambrousse, c’est quasiment un arrêt de mort sociale.
      Disons que quand tu ramasses au bord de la route un jeune fraîchement débarqué qui doit aller au taff en pouce, c’est un anecdote. Quand tu en ramasses de plus en plus et qu’ils te racontent tous la même histoire, tu commences à avoir des doutes. Mais au bout d’un moment, tu te rend bien compte qu’il y a là un phénomène émergent.

    • Marrant nous avons répondu la même chose en même temps @monolecte. Moi, je l’ai observé dans la Lorraine agricole, où j’ai passé vingt ans, avant de débarquer dans le 93. D’ailleurs les nouvelles familles du village ressemblent à celles qui étaient envoyées à La Courneuve par l’office HLM de Paris dans les années 80 : beaucoup d’enfants, du chômage, des « problèmes » avec la justice, on n’en veut plus. Les petits villages veulent sauver leur école, rachètent des maisons abandonnées, en font des appartements qui sont loués à ces familles.
      C’est le phénomène de relégation qui sort des banlieues pour aller à la campagne...
      Ah j’oubliais, le FN fait des scores en béton armé depuis vingt ans et il n’y a que deux immigrés dans le village, un maçon italien à la retraite, présent depuis trente ans, comme le harki du bas du village. Le canton est rural, le chef-lieu fait 1500 habitants, la ville est à 25 kilomètres, vous comprendrez que Guilluy je le trouve assez juste dans sa description.

    • Mais non, les campagnes ne sont pas reléguées, ce n’est qu’un #sentiment : http://www.lefigaro.fr/politique/2015/03/13/01002-20150313ARTFIG00002-ruralite-valls-et-onze-ministres-a-laon-pour-en-f

      Oui, @nicolas2, on voit exactement les mêmes choses.
      Je pense que l’invisibilité de ce phénomène vient du fait que les universitaires et journalistes qui pourraient s’en emparer, vivent pratiquement tous dans les très grandes villes et plus particulièrement les quartiers inclus de la capitale...

    • La question n’est pas la pauvreté des campagnes ou de la France "périurbaine", mais celle de la qualité de ses résultats et de l’interprétation politique qu’il en fait et que d’autres en font. Ça fait plusieurs années que ses thèses sont en discussion, si vous trouvez pertinent de dire que les autres géographes ou sociologues qui le critiquent seraient des sortes de "bobos urbains", c’est tout aussi pertinent alors de signaler qu’il est chevènementiste... Je manque un peu de courage pour une une discussion de géographie sociale et électorale, il y a de bons textes signalés sur seenthis ds mon comment + haut (par exple celui mesuré d’Eric Charmes) ; Pour dévpper la critique de Violaine Girard, dès 2012 : Les votes à droite en périurbain : « frustrations sociales » des ménages modestes ou recompositions des classes populaires ?
      http://www.metropolitiques.eu/Les-votes-a-droite-en-periurbain.html.

    • @moderne je ne suis pas dans le périurbain, mais dans la grande ruralité. Quand je cherche des références sur les transports, c’est concentré sur les problématiques urbaines, sur la prostitution, c’est n’est documenté que sur les villes. Les publications sur les fractures sociales et les territoires ne voient que la dichotomie centre-ville/banlieues.

      Le fait que le périurbain s’étende intellectuellement jusque chez moi (à une heure de toute ville, 2 heures de toute métropole) est précisément un problème politique et un signal fort des impensés de la fin de l’aménagement du territoire, cette notion oubliée qui voulait que dans notre république, tout le monde devait être traité de la même manière, avoir accès aux mêmes services publics, où qu’il vive.

      Ceci a été remplacé depuis longtemps par des ratio de population/rentabilité qui nous exclu de facto du corps républicain.

      Autrement dit, les Allemands on créé leur Tiers-Monde intérieur via les politiques de discrimination sociale de Hartz 4 pendant que les Français le font assez bordéliquement par l’abandon puis la colonisation des espaces ruraux, leur assujettissement absolu aux besoins des métropoles.

      D’où le succès des fermes usines, polluantes, destructrices d’emplois, de paysages et de terres arables et productrices de merde à grande échelle pour le compte exclusif des métropoles dont l’emprise territoriale et les besoins ne cessent de s’étendre.

      Pour tout raconter, j’ai interviewé le patron d’une usine locale, une des rares du coin. Je lui demande pourquoi il ne s’est pas installé à la périphérie d’une métropole, comme tout le monde.
      Il m’a répondu que ce n’était pas tant le prix du foncier que le fait d’avoir à sa disposition une main d’œuvre totalement captive et qu’il peut donc payer nettement moins cher que s’il était dans un secteur où il y a plus d’offres...

      Ça avait le mérite d’être clair.

    • http://www.monde-diplomatique.fr/2015/03/BREVILLE/52741

      En définitive, la ligne de démarcation tracée par Guilluy au sein des classes populaires n’est pas tant économique que culturelle. Le géographe associe presque toujours ces deux dimensions : la société française serait « mondialisée et multiculturelle », les électeurs du FN et les abstentionnistes rejetteraient « la mondialisation et la société multiculturelle », etc. Mais si certains habitants choisissent de s’installer dans le périurbain pour « fuir les flux migratoires », comme le répète Guilluy, d’autres le font pour devenir propriétaire, habiter un logement plus grand dans un meilleur cadre de vie ou trouver un meilleur établissement scolaire. L’auteur ne s’attarde pas sur ces raisons sociales, préférant évoquer « l’ insécurité culturelle ». Un thème décidément à la mode.

    • On ne se comprend pas @monolecte : il ne s’agit pas de nier les problèmes d’une France rurale, mais de dire que tu ne te choisis pas le bon porte-parole avec Guilluy (plutôt le genre faux-ami) ; les extraits du texte du Diplo signalé par @baroug (que je n’avais pas encore lu) :

      Ironie du sort, les acteurs de cette controverse n’exerceront guère d’influence sur la campagne de M. François Hollande. Ils auront néanmoins joué un rôle-clé dans le cadrage du débat public, notamment à travers les travaux du géographe Christophe Guilluy, contributeur au Plaidoyer pour une gauche populaire et promoteur d’une grille de lecture puissante : l’effacement du clivage politique droite contre gauche au profit d’une opposition spatiale métropoles contre périurbain.

      « Dieu vivant » du polémiste Eric Zemmour (7), loué par l’essayiste Jacques Julliard car il a « retrouvé la trace du peuple », salué par l’éditorialiste Laurent Joffrin comme l’auteur du « livre que toute la gauche doit lire », Guilluy s’est installé dans le paysage médiatique avec la parution de Fractures françaises en 2010 (Bourin Editeur), puis de La France périphérique en 2014 (Flammarion, vingt et un mille exemplaires vendus). Chacun de ces ouvrages fut accueilli dans un concert de louanges par Marianne, Valeurs actuelles, L’Express, Le Figaro, Le Journal du dimanche, mais aussi France Culture, Paris Première, LCI ou BFM-TV. Le géographe « iconoclaste » a également l’oreille des hommes politiques. Reçu successivement par les présidents Sarkozy et Hollande, il inspire à la fois M. Bruno Gollnisch, enthousiasmé par ses travaux qui « valident le discours du FN », et M. Manuel Valls, qui a exigé qu’on lui fasse « parvenir d’urgence deux exemplaires [de son dernier ouvrage] en pleine rédaction de son discours de politique générale » (Marianne.fr, 17 septembre 2014).
      L’espace des nouvelles radicalités ?

      A première vue, le propos de Guilluy manque d’originalité : « La véritable fracture n’oppose pas les urbains aux ruraux, mais les territoires les plus dynamiques à la France des fragilités sociales. » Depuis Paris et le désert français publié par Jean-François Gravier en 1947 jusqu’à La Crise qui vient. La nouvelle fracture territoriale de Laurent Davezies (Seuil, 2012), en passant par la théorie de la diagonale du vide (des Ardennes aux Pyrénées), enseignée dans les écoles pendant des décennies, les déséquilibres territoriaux ont fait couler beaucoup d’encre.

      Mais la force de l’hypothèse de Guilluy tient à sa mise en cohérence à la fois spatiale, sociale et politique. Le pays se diviserait entre une « France métropolitaine » — les vingt-cinq plus grandes villes et leurs banlieues, soit 10 % des communes, 40 % de la population et deux tiers du produit intérieur brut français — et une « France périphérique » regroupant le reste du territoire : villages ruraux, communes périurbaines, petites et moyennes villes.

      Traversée par les flux matériels, financiers et humains du capitalisme, la France métropolitaine s’intègre à l’économie-monde. Le marché de l’emploi, polarisé entre des postes très et pas qualifiés, engendrerait une sociologie caractéristique des grandes agglomérations. Y coexistent les catégories supérieures (cadres, professions libérales et intellectuelles), surreprésentées mais divisées entre bourgeoisies « bobo-sociétale » et « traditionnelle catholique », et les immigrés pauvres de banlieue, souvent peu qualifiés. Toutefois, ces derniers ne resteraient pas pauvres bien longtemps, explique Guilluy, car la situation métropolitaine permet « une intégration économique et sociale, y compris des classes populaires précaires et immigrées ». Ainsi, les habitants des grandes métropoles sont indistinctement considérés par lui comme des « gagnants de la mondialisation ».

      La France périphérique, celle des « oubliés », se situerait en revanche à l’écart des lieux de création de richesse et des bassins d’emploi. Y résident surtout des Français « natifs » ou « issus des vagues d’immigration ancienne », pour l’essentiel des employés, des ouvriers, des artisans, des commerçants, des fonctionnaires. Négligés par les médias, rejetés des métropoles par les prix de l’immobilier, ils fuient les banlieues, où ils se sentent « minoritaires ». Fragilisées par la crise économique, ces « nouvelles classes populaires » seraient les véritables perdantes de la mondialisation.

      Ce clivage social recoupe enfin une division politique. A en croire les sondages exposés par Guilluy, bourgeois des centres-villes et immigrés de banlieue partageraient certaines valeurs fondamentales, comme l’adhésion au libre-échange, à la mondialisation, au « multiculturalisme ». Ils plébisciteraient les partis de gouvernement (le PS, l’UMP et leurs alliés), qui adhèrent à ces principes. La France périphérique représenterait au contraire l’espace des « nouvelles radicalités » : ses habitants rejettent majoritairement le système dominant et ses valeurs. En proie à une forme d’« insécurité culturelle », ils privilégient l’abstention et, de plus en plus, le vote FN. « Le clivage gauche/droite laisse peu à peu la place à une opposition frontale entre ceux qui bénéficient et/ou sont protégés du modèle économique et sociétal et ceux qui le subissent », écrit Guilluy. La recomposition autour du clivage spatial, en revanche, « permettra l’émergence de deux forces politiques et idéologiques susceptibles de réactiver un véritable débat démocratique. Les libéraux, partisans de la société du libre-échange, de la mobilité sans fin, renforceront leur socle électoral, sur les bases du PS et de la droite modérée. Inversement, les tenants d’un modèle économique alternatif, basé sur le protectionnisme, la relocalisation et le maintien d’un Etat fort, s’appuieront sur les territoires de la France périphérique ».
      Improbables gagnants de la mondialisation

      Ce coup de force géographico-idéologique s’appuie sur une série d’observations pertinentes quant aux dynamiques socio-territoriales et sur des perceptions largement répandues dans la population. Il intervient sur un terrain déjà fertile. Dès les années 1990, le géographe Jacques Lévy élabore sa théorie du « gradient d’urbanité », selon laquelle le vote FN varie en raison inverse de la densité urbaine. Depuis, des chercheurs comme Emmanuel Todd, Hervé Le Bras ou Davezies ont creusé le sillon de l’interprétation territoriale des problèmes sociaux. Le succès de cette approche réside pour une part dans la grande intelligibilité de travaux immédiatement mobilisables non seulement par les médias mais aussi par les dirigeants politiques, lors des élections. Guilluy se définit d’ailleurs comme consultant en socio-géographie pour les collectivités locales.

      Sans nier la nécessité de relier les problèmes des habitants à leur lieu de vie, nombre d’universitaires ont discuté les thèses de Guilluy, leur reprochant un biais culturaliste, des simplifications hasardeuses ou encore une propension à négliger la variété des motivations du vote d’extrême droite (8). Mais ces critiques peinent à discuter de front la dimension politique de ces ouvrages : diviser la France entre métropoles dynamiques et espaces périurbains revient à produire géographiquement une opposition irréductible entre deux composantes des classes populaires, les travailleurs établis de longue date et les nouveaux entrants.

      Au prétexte qu’une politique publique (celle de la ville) leur est spécialement consacrée, le géographe soutient que l’Etat n’a pas, comme on le dit souvent, « abandonné les banlieues ». Les problèmes des cités seraient « d’abord liés à l’émergence d’une société multiculturelle et à la gestion des flux migratoires, mais en aucun cas aux retombées d’une économie mondialisée. Mieux, les banlieues sont des parties prenantes de cette économie », écrit Guilluy. Cette affirmation s’appuie sur le taux de mobilité résidentielle dans les zones urbaines sensibles (ZUS), indicateur des chances de réussite sociale si l’on considère qu’un ménage devenu prospère s’installe rapidement ailleurs. Entre 1990 et 1999, ce taux était de 61 % dans les ZUS, « ce qui en faisait les territoires les plus mobiles de France ». En d’autres termes, les immigrés réussiraient mieux que les « petits Blancs » partis s’établir dans le périurbain précisément pour fuir ce voisinage ; partageant une communauté de destin avec la bourgeoisie métropolitaine, ils ne seraient pas « du peuple » mais contre lui. Extraire les immigrés des classes populaires requiert une certaine hardiesse méthodologique quand on sait que 62 % d’entre eux étaient ouvriers ou employés en 2007 (contre 51 % des actifs en moyenne).

      Pour peu que l’on porte sur les mêmes données un regard moins obsédé par les clivages ethnico-géographiques, c’est l’ensemble des conclusions du géographe qui s’affaissent. Ainsi de la politique de la ville, qualifiée de « performante » par Guilluy : ses moyens s’investissent pour l’essentiel dans des opérations de rénovation urbaine qui n’influent guère sur les trajectoires professionnelles des habitants. En 2014, son budget s’établissait à 500 millions d’euros, soit à peine plus de 100 euros pour chacune des quatre millions quatre cent mille personnes concernées. Une somme dérisoire comparée aux multiples aides d’Etat en faveur de l’accession à la propriété privée (prêt à taux zéro, Pass foncier, dispositifs de Robien, Scellier, Borloo, Pinel, etc.) et qui profitent davantage aux habitants de la France périphérique qu’à ceux des cités.

      De même, la mobilité résidentielle élevée observée dans les ZUS s’explique par d’autres facteurs que la seule ascension sociale des résidents : surreprésentation des jeunes et des locataires, déménagements d’un « quartier sensible » à un autre (environ un tiers des cas), opérations de rénovation urbaine, etc. Bien sûr, une partie des ménages immigrés réussissent et quittent les « quartiers sensibles » — souvent d’ailleurs pour s’installer dans le périurbain. Mais 24 % des habitants des ZUS étaient au chômage en 2013, et 44,3 % d’entre eux (soit deux fois plus que la moyenne nationale) n’avaient aucun diplôme, ce qui limite drastiquement leurs chances de réussite professionnelle. Comment considérer sérieusement cette population assignée à résidence comme « gagnante de la mondialisation » ? D’ailleurs, l’idée qu’elle connaîtrait un sort meilleur que celle vivant loin des centres ne résiste pas aux faits : en 2011, 64 % des personnes pauvres (percevant moins de 60 % du revenu médian) vivaient au cœur des grands pôles urbains, dont plus de la moitié en banlieue, contre 17 % dans des communes périurbaines, 13,4 % dans les petites et moyennes agglomérations et 5,4 % dans le rural isolé (9).

      La représentation enjolivée des cités s’accompagne chez Guilluy d’un tableau monochrome et sombre de la France périphérique. Or cette dernière, comme les grandes villes, s’affiche non pas en gris, mais en noir et blanc. D’abyssales inégalités séparent gros propriétaires terriens et petits agriculteurs, dirigeants d’entreprise et salariés, notables des villes moyennes et plèbe des bas quartiers. Riches et pauvres, enfin : la petite ville périurbaine de Croix (Nord) occupe une meilleure place dans le palmarès des « vingt villes où l’on paye le plus d’impôt de solidarité sur la fortune » que le septième arrondissement de Paris (Latribune.fr, 6 janvier 2014).

      Ces espaces affrontent certes des difficultés spécifiques : un plan social à Châteaulin, dans le Finistère, n’a pas le même impact qu’une fermeture d’usine en Seine-Saint-Denis. Les possibilités d’y retrouver un emploi sont plus rares, et le chômeur devra prospecter dans une zone toujours plus vaste, au risque d’augmenter ses dépenses de transport. Etre propriétaire de son logement, souvent au prix d’importants sacrifices, devient alors une contrainte.

      Mais faut-il pour autant parler de territoires « exclus de la mondialisation » ? Les grands noms du luxe (Louis Vuitton à Beaulieu-sur-Layon et Chemillé), de l’agroalimentaire (Danone à Villecomtal-sur-Arros, Le Mollay-Littry, Bailleul…), de la pharmacie (Sanofi à Lisieux, Ploërmel, Mourenx…) ou du commerce en ligne (Amazon à Lauwin-Planque, Saran…) ont élu domicile dans la « France périphérique ». Industrialisée à partir des années 1960 à la faveur de la déconcentration industrielle et d’une stratégie patronale de contournement des forteresses ouvrières, celle-ci se caractérise par des unités de production de taille réduite, des taux de syndicalisation faibles, un recours massif à la sous-traitance et aux contrats précaires (10). Bref, la mondialisation néolibérale s’y trouve comme un poisson dans l’eau, et ses crises s’y font sentir de manière redoublée.

      En définitive, la ligne de démarcation tracée par Guilluy au sein des classes populaires n’est pas tant économique que culturelle. Le géographe associe presque toujours ces deux dimensions : la société française serait « mondialisée et multiculturelle », les électeurs du FN et les abstentionnistes rejetteraient « la mondialisation et la société multiculturelle », etc. Mais si certains habitants choisissent de s’installer dans le périurbain pour « fuir les flux migratoires », comme le répète Guilluy, d’autres le font pour devenir propriétaire, habiter un logement plus grand dans un meilleur cadre de vie ou trouver un meilleur établissement scolaire. L’auteur ne s’attarde pas sur ces raisons sociales, préférant évoquer « l’ insécurité culturelle ». Un thème décidément à la mode.

      Apparue en France en 2010 dans son ouvrage Fractures françaises, la notion rencontre alors un contexte intellectuel porteur. La même année, dans Le Déni des cultures, le sociologue Hugues Lagrange a fait la part belle aux facteurs culturels dans son interprétation de l’échec scolaire et de la délinquance des migrants africains. Simultanément, la démographe Michèle Tribalat dénonce « l’ idéologie progressiste transnationale » et la sous-estimation du nombre d’immigrés en France dans son livre Les Yeux grands fermés. Cinq ans plus tard, la controverse ne porte plus tant sur l’existence de l’insécurité culturelle que sur sa définition. Le géographe Guilluy y voit « le ressenti des catégories populaires confrontées à l’intensification des flux migratoires dans le contexte nouveau de l’émergence d’une société multiculturelle », tandis que le politologue Bouvet fait de ce sentiment d’angoisse le dénominateur commun des classes populaires confrontées à l’hégémonie de la pensée libérale-libertaire : à la « préoccupation identitaire suscitée par les minorités » chez les « petits Blancs » s’ajouterait l’« insécurité sociétale » des immigrés autour de questions comme le mariage homosexuel ou le prétendu enseignement de la « théorie du genre » à l’école (11). Dit autrement, l’un considère les valeurs populaires incompatibles avec la culture des migrants, ce qui favoriserait le « séparatisme », tandis que l’autre impute aux immigrés et aux « petits Blancs » une commune répulsion vis-à-vis de la liberté des mœurs.

    • Vendredi 20 février, Gérard LARCHER s’est entretenu avec le géographe Christophe GUILLUY.

      http://blogs.senat.fr/engagement-republicain/2015/02/20/entretien-avec-m-christophe-guilluy-geographe

      On me fait passer pour un opposant à la métropolisation. Ce serait absurde : c’est grâce à ses métropoles dynamiques, où se concentrent les deux tiers du PIB, que la France résiste tant bien que mal à la crise.

      pour revenir sur l’absence de relais médiatique et politique sur les régions périphériques

      Quel modèle économique inventer pour ces territoires, modèle complémentaire de celui de la métropolisation ? C’est tout l’enjeu de la réflexion autour des « nouvelles ruralités ».
      Pour les avoir côtoyés, je sais que les élus de ces territoires sont très compétents, très impliqués, et qu’ils ont une connaissance fine du terrain. Mais ils n’ont pas voix au chapitre, car l’idéologie de la métropolisation s’est imposée aux grands partis.

      Bref, à lire pour trier ce que dit Guilluy de ce que l’on lui attribue bien vite.

  • Gare à ne pas attiser une fictive guerre des identités
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/02/06/gare-a-ne-pas-attiser-une-fictive-guerre-des-identites_4571607_3232.html

    Après l’ignoble attentat contre la rédaction de #Charlie_Hebdo, l’abominable tuerie de l’hypermarché casher et le lâche assassinat de policiers, et alors que l’#émotion des Français(es) est à son comble, des voix commencent à se faire entendre qui reprennent une litanie bien inquiétante : la presse de tous bords, y compris celle dont ce n’est pas l’habitude, annonce que nous sommes terrassés par un « malaise identitaire », voire par une supposée « névrose de l’islam » (sic), puisqu’un « choc culturel et religieux » créerait une « #insécurité_culturelle » au sein de la nation.

    Voilà qui donne du grain à moudre aux identitaires de tous poils et nous engage dans une voie dangereuse : l’« identité française », chrétienne, « blanche », « de souche », serait menacée dans son essence par l’islam, perçu comme un tout. Cette idéologie a été analysée de longue date par les spécialistes des sciences sociales : elle peut être nommée #essentialiste et différentialiste.

    On s’étonne que quiconque puisse encore y croire, tellement elle est erronée, historiquement et sociologiquement : la population française n’est ni cohésive ni porteuse d’un destin prédéfini, mais traversée de multiples fractures. Il n’existe pas une unique identité française, figée depuis la nuit des temps (une « essence »), qui serait menacée par une culture musulmane homogène et tout aussi figée.

    D’ailleurs, le discours sur l’identité est un fourre-tout qui change de contenu selon l’air du temps. Que la France ait une histoire longue et complexe, faite de nombreux apports étrangers, c’est l’évidence même. Il n’existe aucune tradition figée, aucune culture pure. L’islam ne fait évidemment pas exception : les pratiques et les analyses théologiques de cette religion de par le monde sont d’une grande diversité.

    Discours repris par des auteurs qui se réclament de la gauche

    Deux « identités pures » qui s’affrontent : malgré l’absurdité de cette thèse, nous avons ici « la » nouvelle idéologie « identitariste » française, soft ou hard, qui parcourt les médias et presque tout le spectre politique, du Front national à l’UMP, jusqu’à quelques experts étiquetés à gauche. Cette gangrène est surtout colportée par des journalistes, écrivains et personnages publics comme Eric Zemmour, #Renaud_Camus, sans compter les excès d’Alain Finkielkraut. Et c’est avec complaisance et avec une grande irresponsabilité qu’un nombre toujours plus important de médias, pour qui la peur fait vendre, diffuse cette idée.

    Or, le « #différentialisme » a été modernisé dans les années 1970, notamment par le Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece) et le Club de l’Horloge, deux clubs qui ont cherché à renouveler le discours de l’extrême droite : passant d’une logique raciale – désormais devenue inaudible depuis les abominations de la seconde guerre mondiale – à une logique culturelle, l’idée a germé que chaque peuple doit défendre la pureté de « sa culture » face aux autres – et en particulier l’islam, présenté comme le nouvel ennemi – dans un monde globalisé et traversé par des flux migratoires nombreux.

    Cette théorie d’un « choc des cultures » a été adoptée par le Front national. Elle a ensuite fait tache d’huile quand Nicolas Sarkozy a instauré un ministère de l’identité nationale, alors entouré d’éminences grises venant de l’extrême droite : discours de Dakar sur les Africains non entrés dans l’histoire, discours de Grenoble sur les Roms comme menace, inégalité des civilisations pour Claude Guéant.

    Ces thèmes furent appuyés par l’aile droite de l’UMP, de la « Droite populaire » à Jean-François Copé et son célèbre pain au chocolat. Mais un tel discours, dont les présupposés sont ceux de l’extrême droite, a aussi été repris, certes édulcoré, par des auteurs qui se réclament de la gauche.

    Le géographe #Christophe_Guilluy, dans des publications sur la France périurbaine, et le politiste #Laurent_Bouvet, ancien animateur de la « Gauche populaire », dans un essai récent, truffé de biais sélectifs et partisans, promeuvent les notions de « crise identitaire » et d’« insécurité culturelle » qui frapperaient des autochtones touchés par le sentiment d’être minoritaires dans une société multiculturelle. Les méthodes de ces deux auteurs sont largement contestées au sein de leurs disciplines respectives. Leurs analyses accentuent un brouillage idéologique qui ne peut profiter qu’aux nationaux-populistes.

    Vrais malaises

    Crise identitaire ? Insécurité culturelle ? Mais comment arrivons-nous à de telles inepties ? Faut-il rappeler, a minima, que les Français musulmans ne sont ni plus ni moins français que les autres ? Pour commencer à tirer les leçons de l’attentat abject contre Charlie Hebdo et des prises d’otages subséquentes, la réflexion devrait d’abord porter sur deux thèmes, que le discours identitaire vise à occulter.

    En effet, on ne peut pas rendre compte du phénomène djihadiste sans tenir compte du rôle joué par les puissances occidentales dans la géopolitique du monde arabe, hier et aujourd’hui. On ne peut pas ignorer non plus que, en raison des politiques menées depuis une trentaine d’années, des pans entiers de la population française sont relégués économiquement et socialement, ce qui met structurellement des recrues à disposition pour le djihad – ce phénomène étant probablement accrû par la crise économique et sociale massive qui frappe le pays depuis plusieurs années.

    Les vrais malaises sont là, exacerbés par l’horreur des attentats, mais aussi attisés par ceux qui en appellent à l’affrontement entre des « communautés » illusoires : d’un côté des différentialistes opposant l’islam aux « vrais Français », de l’autre des antisémites, tels Dieudonné et Alain Soral, voyant « les juifs » à l’origine d’un complot mondial. Notons enfin que les trois assassins djihadistes sont allés à l’école en France : et si le gouvernement entendait les propositions des enseignants sur les projets d’une véritable formation dans laquelle la diversité des références culturelles, historiques et politiques pourrait se retrouver ?

    Dans le marasme actuel, il faut certes saluer les mobilisations toutes récentes, qui indiquent l’attachement d’un grand nombre de Français(es) à un combat séculaire sans cesse renouvelé pour la liberté depuis plus de deux siècles. Il reste toutefois urgent de tordre le cou au stéréotype du « malaise identitaire », encore bien trop présent dans les esprits.

    Signataires : Sylvain Bourmeau, journaliste et sociologue ; Martial Cavatz, historien ; Christophe Charle, historien ; Laurence de Cock, historienne ; Arlette Farge, historienne ; Laura-Maï Gaveriaux, philosophe ; Klaus-Gerd Giesen, politologue et philosophe ; Roland Gori, psychanalyste ; Régis Meyran, anthropologue ; Laurent Mucchielli, sociologue ; Gérard Noiriel, historien ; Nicolas Offenstadt, historien ; Alain Policar, sociologue ; Valéry Rasplus, sociologue ; Michèle Riot-Sarcey, historienne ; Nicolas Roméas, directeur de publication ; Frédéric Sawicki, politiste ; Dominique Kalifa, historien ; Frédéric Régent, historien ; Valérie de Saint-Do, journaliste ; Julien Théry, historien ; Louis-Georges Tin, maître de conférences en lettres.

  • Les trois âges de l’antiracisme, #Éric_Fassin
    http://blogs.mediapart.fr/blog/eric-fassin/210115/les-trois-ages-de-lantiracisme

    Mais pourquoi s’acharner à produire une différence prétendument culturelle qui attise le #racisme et les discriminations ? C’est l’envers des politiques économiques menées par les majorités successives : les #boucs-émissaires servent à en #distraire et à #diviser les #classes_populaires en faisant miroiter la valeur (illusoire) de la « blanchité » contre des « vauriens » racisés. Ces #politiques_néolibérales_de_racialisation légitiment les idéologies de partis racistes et les pratiques sociales discriminatoires : le troisième âge de l’antiracisme ne saurait donc faire l’économie de ce combat nouveau.

  • Dimanche très sombre pour la #Suisse

    Avec 50,34% de oui, le résultat du vote sur l’initiative de l’#UDC contre l’immigration de masse a été très serré dimanche. Les cantons romands ont majoritairement refusé le texte.

    Et mon canton, le #Tessin est celui qui a le plus massivement voté cette initiative... :-(

    http://www.rts.ch/2014/02/09/17/27/5597649.image?w=534&h=301

    http://www.rts.ch/info/suisse/5597512-les-suisses-acceptent-l-initiative-de-l-udc-contre-l-immigration-de-mass

    #immigration_de_masse #initiative #migration

    cc @reka