#insalubrité

  • Le boom des logements vacants continue – Centre d’observation de la société
    http://www.observationsociete.fr/modes-de-vie/logement-modevie/le-boom-des-logements-vacants.html

    L’information ne va pas faire plaisir à tous ceux qui n’arrivent pas à trouver où se loger : le nombre de logements vacants a progressé de 1,9 à 3 millions entre 2006 et 2019 – une hausse de 55 % – selon les données du recensement de l’Insee. Leur part dans l’ensemble du parc de logements est passée de 6 à 8,4 %.

    #logement #propriété_privée

    • J’ai quitté y’a trois ans un 40m2 en me fâchant vivement avec le couple de propriétaires qui n’ont pas respecté le contrat ni les promesses qu’ils m’avaient faites. Bon, faut dire que si le plafond m’était tombé dessus c’est parce que je faisais cuire des patates sans couvercle, les chiottes qui fuyaient c’était aussi parce que je tirais trop fort au lieu de pousser, les parpaings sans isolant, bon on fera bientôt les travaux, la terrasse de 3m2 bétonnée sur la moitié de sa surface pour mieux la partager, la porte ballante sur la rue pour mieux permettre le carnage de notre appart par les cambrioleurs, un simple retard de quelques années. Et on touchait le plafond des chambres en levant la main, bref, on a réussi à partir.
      Est curieusement apparu ensuite sur la façade un grand tag « marchands de sommeil » qui a refusé d’être effacé pendant quelques mois. On n’était pas les seuls à leur en vouloir ceci dit.
      C’est sur que maintenant qu’il n’y a plus de locataires depuis trois ans (j’ai une copine qui vit à côté) ils ne peuvent plus raconter qu’ils n’ont pas de sous, ni le compte des charges, ni dénoncer quiconque à la CAF qui leur remboursait pourtant avec mon aide une part conséquente du crédit de leur maison principale type « Mon Oncle de Tati ».
      Bon, ok, je les déteste ces enflures de petits capitalistes de merde qui spéculent sur des taudis, mais pire que tout c’est bien la politique du #logement en france qui est pourrie.

    • @touti Il nous a fallu un recommandé AR pour que le nôtre se résigne à faire venir le plombier pour «  expertise  »  : l’eau giclait du mur depuis une semaine, on avait les pieds dans l’eau. Le plombier a pété le mur et révélé qu’une ancienne soudure avait lâché à l’intérieur du mur. Le proprio, les yeux exorbités  : «  c’est parce qu’ils ferment le robinet trop fort  !  ».

      Le plombier l’a envoyé chercher un truc dehors, puis nous a dit qu’il était choqué par la situation, qu’il n’avait jamais vu quelqu’un se permettre d’aussi mal se comporter et qu’il était de notre côté.

      C’était un pote au proprio, lequel a la réputation d’être gentil et serviable. Sauf que la relation proprio-locataire est une relation de domination et que le type défoule sur nous tout ce qui lui est refusé par la socialisation normale (où il est majoritairement considéré comme gentil, mais un peu limité, donc plutôt très dominé, d’où ses excès de flagornerie et serviabilité).

  • Covid-19 en Seine-Saint-Denis (1/2) : quand l’#épidémie aggrave les #inégalités sociales de #santé - Métropolitiques
    https://www.metropolitiques.eu/Covid-19-en-Seine-Saint-Denis-1-2-quand-l-epidemie-aggrave-les-inega

    Cette morphologie sociale peut éclairer la prévalence du Covid-19 dans le département et la #surmortalité qui en a découlé (Brun et Simon 2020), car les personnes racisées sont surreprésentées dans les emplois de service précaires (chauffeurs, livreurs, caissières, femmes de ménage, aides-soignantes) et nombre d’entre elles sont exposées à des contacts répétés tout au long de la journée, vecteurs possibles de contamination. 52,7 % des salarié·es prennent les transports en commun pour aller travailler, la Seine-Saint-Denis se classant en la matière au deuxième rang des départements, derrière Paris (68,6 %) et devant le Val-de-Marne (48,9 %). En période de confinement, l’impossibilité de télétravailler pour une grande partie des professions manuelles signifie en outre que les salarié·es du département ont davantage qu’ailleurs pris les #transports en commun, facteur qui, avec la pollution, joue dans la diffusion du virus. Dans ce contexte, ces salarié·es figurent au rang des premiers de corvée, aux côtés des soignant·es.

    Ces conditions de #travail s’articulent avec des conditions de vie plus dégradées qu’ailleurs, en matière alimentaire et de #logement. La Seine-Saint-Denis est le département le plus pauvre de France hexagonale : 27,9 % de personnes y vivaient en dessous de seuil de #pauvreté en 2017, contre 15,2 % à Paris. La faiblesse des ressources économiques de la population a des effets sur l’alimentation, et par conséquent sur la santé (diabète, maladies cardiovasculaires). Cette question fait l’objet de campagnes de prévention et d’expérimentations depuis plusieurs années dans les villes du département qui développent une politique de santé publique, telles que Rouvil. En matière de logement, outre les foyers de travailleurs – habitat collectif avec une forte densité – plus nombreux en Seine-Saint-Denis qu’ailleurs, une partie importante des habitant·es du département vit dans des logements en #suroccupation. En 2016, plus d’un quart des logements du département était suroccupé (26,5 %), le plaçant au deuxième rang des départements de France hexagonale en la matière, derrière Paris (32,3 %). Or, le logement a des effets sur l’état de santé : avant l’épidémie déjà, notre enquête à Rouvil a notamment montré les effets sanitaires de l’#insalubrité des logements, en particulier sur les pathologies respiratoires. Suroccupation et insalubrité participent à intensifier la progression de l’épidémie en Seine-Saint-Denis (Gilbert 2020), provoquant ce que des journalistes ont qualifié de « clusters familiaux », en reprenant cette catégorie épidémiologique désignant un foyer de contamination.

    #coronavirus

  • Des foyers de travailleurs migrants abandonnés à leur triste sort pendant le confinement - Basta !
    #Covid-19#migrant#migration#France#foyer#insalubrite
    https://www.bastamag.net/Foyers-travailleurs-migrants-Covid19-insalubrite-Adoma

    Parqués dans des chambrettes insalubres et en sur-occupation, les résidents de plusieurs foyers de travailleurs migrants dénoncent l’indifférence des gestionnaires malgré l’épidémie.

  • Saisine du ministre de l’intérieur sur la situation sanitaire dans les centres de rétention administrative | Site du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté
    #Covid-19#migrant#migration#France#centrederetention#insalubrité

    https://www.cglpl.fr/2020/saisine-du-ministre-de-linterieur-sur-la-situation-sanitaire-dans-les-centres-

    Suite aux contrôles réalisés par le CGLPL dans les centres de rétention administrative de Paris-Vincennes (15 avril) et du Mesnil-Amelot (17 avril), Adeline Hazan a saisi de nouveau le ministre de l’intérieur afin de lui faire état des constats opérés : le risque sanitaire qui pèse sur les personnes retenues et sur les fonctionnaires qui assurent leur prise en charge est significatif ; le fondement légal des mesures de rétention a disparu, en particulier car les perspectives d’éloignement sont compromises à court et moyen termes ; les garanties entourant les droits de la défense ne sont plus apportées.

  • Enfants entre exil et asile

    En Suisse, la lutte continue pour assurer des conditions dignes et humaines aux mineurs non accompagnés (#MNA), qu’ils soient requérants (#RMNA) ou non. Malheureusement, selon #Mohammad_Jadallah, ce combat pour la #dignité est loin d’être terminé. L’activiste pointe dans ce dossier les dysfonctionnements du système suisse et les manquements de l’État, notamment à #Genève.

    Le mercredi 11 mars 2019, j’ai ancré mon navire à la Maison Vaudagne à Meyrin. Dans le cadre des projections scolaires du FIFDH autour de la migration et malgré le début de l’épidémie du Covid-19, j’ai eu le plaisir de rencontrer des élèves (de 11 à 14 ans environ) et leur professeur et d’échanger sur le sujet. Nous avons regardé un film sur le parcours des enfants réfugiés (Afghanistan : enfant de l’exil : https://www.arte.tv/fr/videos/081145-000-A/afghanistan-enfant-de-l-exil) puis Jasmine Caye et moi-même avons partagé notre expertise et notre expérience sur la question de la migration sous la modération de Charlotte Frossard, membre du comité de Jet d’Encre.

    J’essaie de porter un regard analytique et critique sur la question de l’immigration, de la résistance et des réussites des mouvements ainsi que sur les chemins migratoires individuels. Je pense qu’il est fondamental de rendre visibles et de mettre l’accent à la fois sur les mineurs non accompagnés, car ces jeunes mineurs n’ont rien si ce n’est leur motivation d’avoir une vie digne à Genève et, bien sûr, les soutiens de collectifs genevois qui sensibilisent les politiciens.

    En lien avec la thématique du film Afghanistan : Enfant de l’exil, nous avons abordé la question des requérants d’asile, mais surtout celle des mineurs non accompagnés (MNA), qu’ils demandent l’asile ou non. Notre discussion nous a menés à rappeler à quel point il est important à Genève de ne pas oublier ces #jeunes qui se retrouvent démunis : pas de papiers, pas d’hébergement, pas d’aide financière, etc. Et, après l’obtention de leur majorité, ils sont généralement renvoyés dans leur pays d’origine.

    De plus, qu’ils soient RMNA ou MNA, ce sont avant tout des enfants qui ont le droit d’être protégés – ce qui n’est pas le cas à Genève ! Ces enfants sont traumatisés car ils n’ont pas d’accès au permis, ni renouvelable ni provisoire, pour leur permettre de bien s’intégrer sur le long terme. Et bien que ce ne soit pas son devoir officiel, il faut relever que la communauté d’origine en exil de ces enfants n’est pas toujours présente pour leur apporter un soutien moral et culturel, et leur permettre d’aspirer à un avenir meilleur.

    Avant d’aller plus loin, je tiens à soulever que personne n’est plus apte à revendiquer ses besoins de base et exprimer son ressenti que les personnes directement concernées. Les #mineurs s’organisent pour sortir de l’#invisibilité et être entendus. Individuellement ou collectivement, leur voix est puissante. Bereket Gebrihwet disait dans le premier épisode du reportage de Nouvo, Les enfants de l’exil (https://www.youtube.com/watch?v=5tChg_zX4iA

    ) : « J’en ai marre. Pourquoi on m’a dit de retourner dans mon pays [Érythrée]. Je ne veux pas et je ne peux pas. » Il n’a rien de plus clair que cette phrase ! Très fort, on le voit plein d’enthousiasme, le regard porté vers l’avenir.

    Les MNA ne manifestent pas pour manifester, mais pour rappeler et sonner l’alarme. Ils cherchent à mettre fin à leur situation précaire indéterminée et inacceptable. Dans le film Bunkers (http://www.bunkersfilm.com/fr/accueil), je disais « C’est la prison. En prison, au moins, on sait qu’on sortira un jour… mais dans le bunker, … on ne sait pas quand on sortira ».

    Les #bunkers : une lutte sans fin pour des conditions dignes

    Il y a un peu plus de deux mois, face à cette situation préoccupante, Solidarité, le Collectif de soutien aux mineurs non-accompagnés a occupé le Grütli pendant plus d’une semaine, lors du Festival Black Movie avec pour but de revendiquer la mise en place de mesures de protection pour les mineurs non accompagnés et la prise en charge de ces jeunes par l’État de Genève. La question de l’occupation du Grütli n’est pas nouvelle. Cette fameuse maison des arts genevoise a également été occupée, en 2015 pendant la Fête de la musique, sous la forme d’un squattage par le Collectif de l’occupation du Grütli. L’#occupation a toujours eu pour but de sortir la question de l’asile des griffes de la « Ville de paix » qu’est prétendument Genève.

    La politique migratoire genevoise est une partie de la politique d’immigration suisse. Et malgré son statut international de Capitale de la paix, lieu où la Convention relative au statut des réfugiés a été signée et où le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme est situé, il semblerait que les sous-sols de Genève ne fassent pas partie du monde et que les personnes qui les habitent soient gravement discriminées et invisibles. La Commission nationale de prévention de la torture (CNPT) a clairement indiqué en 2013 dans un rapport que les « installations militaires [que sont les abris PC ou bunkers] ne sont adaptées qu’à des séjours de courte durée, de trois semaines au maximum », et ce, pour des raisons de santé physique et mentale.

    En 2014-2015, le collectif #Stop_Bunkers, dont j’ai fait partie, s’est extirpé des sous-sols (les abris de la protection civile, ou #abris_PC) de Genève pour atterrir au sommet de la Vieille-Ville où le Grand Conseil genevois est situé. Ce mouvement de requérants d’asile luttait contre des conditions de vie qui leur étaient imposées. C’est la première fois en Suisse qu’un tel mouvement s’exprimait en son propre nom et qu’il a manifesté et clamé ses revendications dans la motion 2259-A, basée sur les droits humains : une vie humaine et digne, « On veut de l’air pas du vent ». Durant l’audition de la motion, un commissaire UDC disait : « En venant en Suisse, ils ont fait une erreur de parcours, car la Suisse est le pays des bunkers et des montagnes ». Et malheureusement, il semblerait que la xénophobie ne soit pas qu’une caractéristique exclusive de l’UDC, mais bien celle d’autres partis politiques qui œuvrent également dans ce sens.

    Suite à la lutte sans précédent de ce collectif, les bunkers à Genève ont fermé depuis deux ans, mais ce n’est pas le cas dans les autres cantons suisses. Il y a quelques semaines, j’ai appris que la Suisse continuait sa tradition contradictoire d’accueillir de nouveaux arrivants au #Tessin dans deux bunkers à #Stabio. En effet, un jeune homme « habitant » d’un de ces bunkers m’a confirmé que celui dans lequel il vivait était composé de trois dortoirs, 40 personnes, 4 toilettes, 2 salles de bain, des hommes de sécurité qui fouillaient les requérants. Selon ce jeune homme, les collaborateurs sont sympas mais « c’est pour couvrir le fait qu’on est mis sous terre (14 jours-4 mois) ». Aujourd’hui, les deux bunkers du Tessin ont été fermés et tous les habitants ont été déplacés dans un nouveau centre à Balerna dans lequel est apparu un cas de coronavirus parmi les requérants. Autre canton mais situation identique : « À #Urdorf par exemple, 40 personnes vivent dans un bunker de protection civile, jusqu’à dix partagent un dortoir souterrain », selon Autonome Schüle Zürich.

    Tant pour les mineurs non accompagnés que pour les requérants d’asile vivant dans des bunkers, la question de la #visibilité est fondamentale pour amener aux yeux de tous leurs revendications. L’occupation d’un lieu est ainsi un moyen non négligeable (et qui a fait ses preuves à Genève) de sensibiliser la population aux conditions de vie inhumaines qu’ils endurent mais également de confronter les politiciens à une réalité à laquelle ils contribuent : la violation des #droits_humains.

    État des lieux : où en est-on aujourd’hui ?

    En ce qui concerne la lutte contre les autorités, il faut savoir que les revendications des MNA n’ont toujours pas abouti. Bien au contraire, le Grand Conseil tente de les éloigner les uns des autres afin d’amoindrir leur force et d’empêcher leur mouvement de #résistance. En effet, les autorités suisses ont modifié la loi sur l’asile en 2019 en créant des centres de détention administrative pré-renvoi afin d’éviter que des personnes déboutées s’installent avec de faux papiers (papier blanc)1. Est-ce que le Grand Conseil va prendre ces mesures pour casser leur capacité de résistance jusqu’à ce qu’ils atteignent 18 ans et ensuite les renvoyer ?

    La fermeture, ou plutôt le « contrôle », des frontières suisses décrétée par le Conseil fédéral en date du 13 mars 2020 sur la base de mesures de santé contre le Covid-19 affecte directement les demandeurs d’asile qui eux sont interdits d’entrer en Suisse en ces temps de pandémie mondiale. Le 1er avril 2020, le Conseil fédéral a prononcé une ordonnance COVID-192 sur les mesures prises en matière d’asile : en raison de la mesure d’exception, toutes les procédures administratives et judiciaires ainsi que les audiences ont été interrompues partout en Suisse, à l’exception du domaine de l’asile. Les auditions sont maintenues, malgré une distanciation sociale pas toujours respectée ou un représentant juridique absent. Les décisions de renvoi sont maintenues, et les délais pour faire recours raccourcis3. Néanmoins, on peut noter un certain paradoxe quand nous voyons que les frontières restent ouvertes pour les travailleur-ses essentiel-les pour la Suisse, et que les vols de renvoi sont maintenus en dépit de la suspension de la majorité des vols internationaux.

    Aujourd’hui, malgré la lutte contre les processus fastidieux de l’État dans l’étude des revendications et leur mise en place, les bunkers sont toujours ouverts en Suisse. Il y a là une contradiction entre la fermeture des bunkers pour les personnes vulnérables en mettant en avant l’argumentaire de l’#insalubrité et l’ouverture de ces mêmes bunkers pour les réfugiés en mettant en avant la crise du logement.

    Et si la Suisse, qui se dit engagée pour la promotion et le respect des droits humains et la protection des enfants, procède ainsi, que fera le reste du monde ?

    https://www.jetdencre.ch/enfants-entre-exil-et-asile

    #enfants #enfance #Suisse #asile #migrations #réfugiés #Momo #in/visibilité #invisibilité #visibilité

  • #Etudiants_confinés : « Certains confient ne pas avoir mangé depuis deux ou trois jours »

    Depuis le début du confinement, un collectif bordelais a distribué plus de 700 colis à des étudiants précaires coincés sur le campus et affamés par la fermeture des restos U.

    Quand on est un grand gaillard de 1,87 mètre enfermé depuis trois semaines dans un logement du #Crous de 9m2, la notion de #confinement prend une tout autre dimension. Pour se brosser les dents, attraper un sachet de pâtes ou travailler à son bureau, Abdessamad, 25 ans, a seulement deux options : pivoter sur lui-même ou tendre le bras. L’étudiant en ingénierie des risques économiques et financiers à l’université de Bordeaux ne se plaint pas. Il a l’habitude. D’origine marocaine, il vit depuis deux ans sur le campus. Ce qui le stresse, surtout, c’est d’attraper le #Covid-19. Alors, tous les jours, il désinfecte à l’eau de Javel le sol, son bureau, les poignées… Mais plus encore que le virus, Abdessamad a peur de ne pas pouvoir manger à sa faim. « J’avais un petit job étudiant. J’ai dû tout arrêter. Là, je suis à découvert depuis une dizaine de jours. Je ne sais pas trop comment je vais faire », soupire-t-il. Il explique « ne pas chercher à manger équilibré », mais plutôt à se « remplir le bide pour pas cher ».
    « Solidarité »

    Comme lui, environ 3 500 étudiants sont restés confinés dans le campus de Bordeaux. Dans cette zone périurbaine désormais quasi déserte, on repère aisément leurs silhouettes. De temps à autre, au milieu du silence, ils passent une tête à travers les seules fenêtres restées ouvertes. La plupart sont des étrangers ou des ultramarins qui n’ont pas pu rentrer chez eux. Les plus fragiles s’enfoncent dans la précarité car ils ont perdu leur job d’appoint ou parce que leurs parents, eux-mêmes en difficulté, ne peuvent plus les soutenir. Il y a ceux aussi qui sont rupture familiale. Tous subissent de plein fouet la fermeture des restaurants universitaires, cafétérias et associations étudiantes.

    C’est le cas d’Imarou, un Nigérian de 22 ans d’allure fluette qui étudie l’électronique : « Jusque-là, je m’en sortais plutôt bien. Les repas sont copieux et pas chers dans les restos U. Mais depuis que tout a fermé, je suis sur le fil. Je me rationne pour tenir sur la durée. » Ce « régime forcé » lui a déjà valu de perdre deux kilos depuis la mi-mars.

    Marqués par « leur #détresse », une quinzaine de doctorants, d’étudiants et d’enseignants - un noyau dur de militants contre la réforme des retraites - ont monté un collectif citoyen baptisé « Solidarité : #continuité_alimentaire Bordeaux ». Depuis le 18 mars, ces bénévoles se relaient chaque jour pour préparer des « colis de survie » dans un local prêté par l’université. « Dès le début, on a diffusé un formulaire de contact sur les réseaux sociaux. On a aussi posé des affiches pour connaître leurs besoins. Certains étudiants nous ont carrément confié ne pas avoir mangé depuis deux ou trois jours », soupire Jean (1), doctorant en philosophie.
    A l’intérieur des sacs distribués gratuitement, des féculents, des conserves, des produits d’hygiène… De quoi tenir au moins une bonne semaine. « On respecte un protocole sanitaire ultrastrict », indique Natacha, étudiante en philo. En vingt jours, plus de 900 requêtes ont été recensées sur le campus et 700 paquets livrés. « Par contre, on ne peut pas mettre de produits frais, c’est trop compliqué à gérer », poursuit la jeune femme.

    « Folie »

    Le collectif, qui réclame le gel des #loyers pour ce public fragile, enregistre environ 40 à 50 demandes par jour. « C’est la folie ! Et la preuve qu’il faut agir sans tarder », alerte Jean. Il précise que « l’initiative a aussi séduit des collectifs lyonnais et parisiens désireux de mettre en place le même système ». A Bordeaux, pour tout financer, une #cagnotte en ligne a été lancée. Elle comptabilise à ce jour environ 45 000 euros de dons. « Le problème, c’est que les fonds sont bloqués le temps que la plateforme vérifie les justificatifs. On a dû avancer 20 000 euros de notre poche et on arrive à court de marchandises », se désolent les bénévoles, qui craignent de ne plus pouvoir assurer leurs livraisons quotidiennes.

    « Ce qu’on aurait aimé, c’est plus de réactivité. De la part du Crous notamment », raille l’une des membres du collectif. « Nous assurons la continuité de nos services, répond Anie Bellance, responsable du service social du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires à Bordeaux. Il a fallu toutefois les renforcer durant cette période, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain. La temporalité n’est pas la même entre un collectif et une administration… Nous avons dû attendre les directives de l’Etat. » Des distributions alimentaires ont désormais lieu deux fois par semaine, sur présentation de la carte étudiante, grâce au soutien de la Banque alimentaire, de la chambre d’agriculture, de la mairie et de l’université de Bordeaux. Des points de vente sont également prévus. Pour l’heure, 500 étudiants ont été identifiés et bénéficient de cette aide. « Ce chiffre devrait croître. La principale difficulté est de les capter et de les informer. Jusque-là, beaucoup étaient inconnus de nos services », souligne Anie Bellance.

    https://www.liberation.fr/amphtml/france/2020/04/07/etudiants-confines-certains-confient-ne-pas-avoir-mange-depuis-deux-ou-tr
    #confinement #faim #étudiants #France #précarité #précarité_étudiante #étudiants_étrangers #coronavirus

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    Appel du Collectif « Solidarité : Continuité Alimentaire Bordeaux »
    http://www.club-presse-bordeaux.fr/communiques/appel-collectif-solidarite-continuite-alimentaire-bordeaux

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    En lien avec la maudite #continuité_pédagogique :
    https://seenthis.net/messages/831759

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    Ajouté sur la métaliste coronavirus et faim :
    https://seenthis.net/messages/838565

    ping @_kg_ @karine4

    • « Etre confiné avec des #cafards, c’est terrible » : à #Villeneuve-d’Ascq, les étudiants à l’abandon

      Les étudiants les plus précaires du campus scientifique de l’#université_de_Lille sont logés dans des bâtiments insalubres. Sans ressources financières, ils sont dépendants de l’aide alimentaire fournie par des associations.

      Résidence universitaire Evariste-Galois, à Villeneuve-d’Ascq (Nord), troisième étage, bâtiment B. Vendredi 17 avril, l’heure du déjeuner s’annonce. Mohammed Hassan, 25 ans, étudiant en master de sciences de la santé, prépare son repas. Pas de quoi décourager le cafard en train de courir sur son plan de travail. Partager ses jours, ses nuits, son sommeil avec des blattes et des punaises de lit, c’est, depuis plus d’un mois, le quotidien de centaines d’étudiants logés dans des bâtiments insalubres du campus scientifique de l’université de Lille.

      Au sein de la métropole lilloise, ils sont 5 700 étudiants à passer la période de confinement dans un logement social étudiant. Ceux qui peuvent débourser 330 euros habitent les confortables studios de 18 m2 avec douche et coin cuisine dans l’une des élégantes résidences récemment sorties de terre ou tout juste rénovées. Ceux qui ont dû faire le choix d’un loyer plus modeste (162 euros) doivent supporter de vivre 24 heures sur 24 dans les chambres de 9 m2 des vieux bâtiments des résidences Bachelard, Camus et Galois.


      https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/04/21/a-villeneuve-d-ascq-les-etudiants-a-l-abandon_6037293_3224.html
      #Lille #insalubrité
      #logement

    • Le Covid tue, la #précarité_étudiante affame

      Étudiant-es et membres du personnel de l’université Paris 8 Saint-Denis, militant-es à Solidaires étudiantes ou à RUSF pour certain-es, nous avons réalisé avec l’antenne Paris 8 du Secours Populaire une distribution de 100 colis alimentaires ce vendredi 17 avril à destination des étudiant-es de notre université. Nous allons continuer : en moins de 5 jours, nous avons reçu plus de 700 mails d’étudiant-es, ayant tou-tes des difficultés pour s’acheter de quoi manger et des demandes continuent d’affluer chaque jour depuis.

      Le confinement est un miroir grossissant de la précarité. Nous sommes mobilisé-es depuis novembre pour dénoncer les conséquences de la précarité étudiante. Aujourd’hui, nous sommes tou-tes dans une situation où il est impossible de fermer les yeux sur la gravité de la situation, en général et spécifiquement pour les étudiant-es de notre université. En effet, nous avons un très grand nombre d’étudiant-es étranger-es, sans-papiers, salarié-es, parents.

      Ne nous y trompons pas, nous le faisons car cela est nécessaire et non pas car nous trouvons cela normal. Il faut maintenant que les universités, les CROUS et les différentes institutions qui ne l’ont pas fait se saisissent réellement de cette urgence. Comment est-il envisageable qu’en 2020 des étudiant-es se rationnent pendant des semaines ou ne puissent plus manger ? Comment est-il possible que des personnes, en ces temps de confinement, craignent plus que tout les expulsions pour causes d’impayés alors qu’ils et elles habitent dans des logements insalubres ?

      Qu’en est-il de la continuité pédagogique quand près d’un-e étudiant-e sur 20 n’a même pas de quoi manger ? Au détour de cette aide alimentaire, les étudiant-es nous glissent quelques mots sur leurs situations. Nombreux et nombreuses sont celles et ceux qui n’ont pas d’accès à un ordinateur, à une connexion internet, à un lieu calme pour travailler. Nombreux également sont les témoignages de détresse psychologique face à la situation exceptionnellement angoissante dans laquelle ils et elles se trouvent. Face à cela, nous l’affirmons, les rendus de devoirs et examens en ligne sont loin d’être une priorité voire même une possibilité pour elles et eux : comment travailler quand on a extrêmement faim ? La validation de cette année reste pourtant un enjeu vital pour les plus précaires, afin de garder leurs bourses et visas. Nous attendons des enseignant-es de notre université plus qu’un don ponctuel : il s’agit de prendre des mesures responsables et courageuses de validation, pour ne pas pénaliser encore plus celles et ceux qui vivent actuellement un enfer.

      De nombreuses autres initiatives de ce type fleurissent un peu partout à destination des étudiant-es (à Bordeaux, Paris, Lyon par exemple) et nous encourageons les personnes qui le peuvent à le mettre en place. Plus que jamais, la solidarité est nécessaire en cette période de confinement et le restera par la suite.

      Le Collectif Solidarité Etudiante Paris 8

      Communiqué reçu via la mailing-list Facs et labos en lutte, le 21.04.2020

    • « En résidence CROUS ou dans les palais de la République, les priorités ne sont pas les mêmes »

      Aujourd’hui, la Confinée Libérée donne à la parole à S., syndiquée à Solidaires Etudiant·es, assistante d’éducation (AED) dans un collège et étudiante en M2 de sciences politiques à l’Université Paris 8. Elle revient sur la précarité étudiante, en s’appuyant sur le récit et les analyses des mobilisations du mois de novembre suite à l’immolation d’un étudiant de Lyon II, jusqu’aux dernières initiatives qui ont émergé depuis le début de la crise sanitaire et du confinement, pour assurer la distribution de colis alimentaires aux étudiant·es.

      Je suis étudiante, mobilisée depuis longtemps et syndiquée depuis bientôt deux ans à Solidaires Etudiant·es. Je suis inscrite à l’Université Paris 8 depuis le début de mes études en sciences politiques, et c’est une fac que j’aime profondément. Les gens et les enseignements m’ont séduite, je n’ai pas voulu en changer pour la poursuite en master.

      Le militantisme politique puis syndical m’ont fait, bon gré mal gré, prendre conscience de l’importance dramatique de la précarité étudiante au fur et à mesure des mois. Il faut dire que Paris 8, comme le département dans lequel elle se situe, est une fac hors-norme. Ici, encore plus qu’ailleurs, nous avons des étudiant·es étrangèr·es, sans-papiers, salarié·es, parents, en reprise d’études et pour beaucoup précaires.

      Au mois de septembre je commence mon M2, la fin théorique de mes études tout en me questionnant sur l’éventualité de faire une thèse. Nous avons plein de projets pour le syndicat en local et en national. Je reprends le travail au collège du 18ème où je suis surveillante et je prévois d’aller voir ma meilleure amie qui fait un échange universitaire au Québec.

      Et là, le 8 novembre. Un étudiant tente de s’immoler devant le CROUS et c’est un camarade de Solidaires Etudiant-es. C’était un vendredi, une journée particulièrement chargée pour moi et je ne l’apprends qu’à 23h dans le métro à 23h, en lisant un article à gerber du Figaro qui questionne sa nationalité. Je me prends une sacré claque. Je le connais un peu, il m’a formé l’année passée et son image me revient en tête. On le savait qu’il y a des situations dramatiques, on en est conscient-e, mais on ne l’a jamais autant été.

      Le lendemain, nous avons notre premier week-end fédéral de formation non mixte. Je suis censée animer la première, à 9h, sur la prise de parole en public. Même si tout ça me paraît bien inutile, nous décidons quand même de maintenir et de voir avec des camarades de Lyon qui seront là. Le lendemain la fébrilité est palpable, nous sommes partagé·es entre la tristesse et la colère, l’inquiétude, le stress, l’envie de bien faire. On fait cette formation. Les mots qui sortent de ma bouche me paraissent prononcés par une autre. Je suis épuisée comme les autres, je n’ai presque pas dormi, j’ai réfléchi sans trouver de sens. Je donne des conseils qui me paraissent futiles, j’essaie de rester debout.

      Après cette formation, nous décidons un peu spontanément de devenir une cellule de gestion de crise. Le téléphone fédéral vibre sans arrêt, la presse cherche à nous contacter, d’autres syndicats aussi. Nous établissons dans l’urgence un plan d’action et nous tentons d’être efficaces tout en prenant soin les un-es des autres. Pendant deux jours, nous cherchons des chiffres, construisons notre argumentaire pour dénoncer la précarité qui l’a touché lui comme tant d’autres, le menant à commettre cet acte d’une insoutenable violence. Le mardi 12 nous décidons collectivement d’appeler tou·tes les étudiant·es, à se rassembler devant tous les CROUS de France, pour ne pas laisser ce drame devenir un fait divers. L’acte de notre camarade EST politique, il l’a exprimé, un des enjeux est de ne pas laisser des médias et des politiques personnaliser la chose par des explications psychologisantes et individuelles. Beaucoup d’étudiant-es crèvent de suicide avant de crever de faim. Nous voulons qu’on arrête de balayer cela d’un revers de la main, nous voulons plus de bourses, de logements, un meilleur accès à la santé, que tout-es puissent manger à leur faim. Nos exigences sont nombreuses mais la situation l’exige. Nous voulons qu’on nous entende, qu’on nous écoute et qu’on nous considère. Nous voulons qu’il ne soit plus possible de fermer les yeux sur les situations de précarité.

      Une fois cette mobilisation devenue nationale, quelles réponses avez-vous reçu des institutions comme le CROUS et le Ministère et des universités ?

      D’abord, un long silence des institutions. Nous apprenons que la ministre Frédérique Vidal est allée à Lyon II, la fac de notre camarade, voir la Présidence, en catimini, sans en informer quiconque, surtout pas les camarades sur place. De notre côté, après l’appel du directeur de cabinet du ministère le 9 novembre, plus aucune nouvelle.

      La première communication officielle arrive après le rassemblement national du 12, deux heures après que les grilles du ministère aient cédées face à la colère des étudiant·es. Le ministère reproche aux manifestant·es de Paris, mais aussi de Lyon et de Lille leur violence, les réactions disproportionnées, le manque de rationalité. Pour nous, la violence est dans l’ignorance des institutions, la violence c’est d’attendre tout ce temps pour une réaction publique. Nos camarades de Lille ne respectent pas la République à cause de quelques pages arrachées, à Paris nous entachons la politique pour une porte (grande soit) sortie de ses gonds. Et toujours rien qui est dit, les journaux font des reportages, même depuis l’étranger. Pendant ce temps, le ministère et le CROUS nous accablent d’un silence complice. L’Université de Lyon II rétorque ne pas avoir eu connaissance des problèmes financiers de notre camarade. C’est la foire aux excuses bidons, les officiels se cachent derrière des procédures administratives et un manque d’information, la ministre va rendre visite aux pingouins pour soutenir la recherche à l’autre bout du monde. Et nous nous efforçons de continuer à faire raisonner notre colère, la rendre entendable, qu’elle soit politique.

      Le 18 novembre, le ministère se décide à accueillir les syndicats étudiants représentatifs sur le sujet, et donc pas Solidaire Etudiant-es. Nous n’avons pas de sièges au CNESER donc nous ne méritons pas d’être entendu-es. Encore une fois, le mépris est crasse, l’ignorance blesse. Des militant·es d’autres organisations poussent en notre faveur et finalement, nous sommes reçu·es.

      Tout ça pour quoi ? Nous pensions que ce serait difficile et pourtant le ministère se surpasse, les annonces sont presque pires que le silence. Trois mesures d’urgence. Un numéro vert, qui mettra un mois et demi à être mis en place, pour finalement avoir au téléphone des opérateurs et opératrices (sans doute pas formé·es) qui nous renvoient vers les assistant·es social·es du CROUS. On nous propose également d’appliquer la trêve hivernale aux logements CROUS. Combien de tentatives de suicides le ministère attendra-t-il avant de transformer les baux locatifs du CROUS en baux de droit commun ? Le suspens est complet. Enfin, et là l’indécence prime, on nous propose un « renforcement du statut d’étudiant·es engagé·es ». On veut donc nous acheter. Les tenants de la démocratie représentative libérale pense qu’on fait ça pour nos carrières peut-être ? La colère exprimée dans nos rassemblements et prises de parole serait une tentative d’obtenir des aménagements de validation ? Au cas où le doute plannerait encore, nous ne sommes de toute évidence pas programmé·es de la même manière. L’agrément « solidarité » manque à leur algorithme. Pendant ce temps, les universités votent de banales motions en Conseil d’Administration, dénoncent avec des textes, nous offrent des mots et s’affranchissent des actions courageuses qui auraient du sens.

      Pour vous donc cette mobilisation contre la précarité s’enchaîne avec le mouvement social contre la réforme des retraites, puis vient ensuite s’articuler au mouvement contre la LPPR, plutôt porté par les enseignant·es-chercheur·es titulaires et précaires. Comment cette question de la précarité t’est-elle apparue comme transversale dans ces mobilisations ?

      Prendre en compte la question de la précarité, en partant d’un point de vue situé qu’on essaie d’élargir, c’est un tremplin pour remettre en cause le système dans son ensemble. Avec les témoignages qu’on a pu lire en amont et pendant le mouvement des retraites, la société se précarise. Les vieux et vieilles ont faim et sont obligées de distribuer des pubs dans les boîtes aux lettres avec leurs dos courbés, des travailleur·euses sont contraintes de dormir dans leur voiture et de multiplier les boulots, des étudiant·es squattent des canaps et se contentent d’un repas par jour. Bien sûr que la précarité est transversale, la concentration des richesses s’accroît au niveau international. Comme souvent, je vais te répondre que le problème est le système qui nous fait miroiter l’accumulation des richesses comme une fin en soi et donne à l’argent une valeur en propre. Quand on a un Président qui souhait que les jeunes projettent de devenir millionnaires comme objectif de vie, qui cela étonne encore qu’on laisse les délaissé·es du broyeur capitaliste de côté ?

      Après l’enjeu pour nous était de se joindre aux revendications interprofessionnelles tout en n’étouffant pas nos revendications spécifiques. Qu’on ne s’y méprenne pas, ce n’est pas un enjeu d’égo ou autre, mais une malheureuse habitude de voir vite balayer les demandes étudiant·es avec un effet d’annonce. Et puis, pour une fois qu’on parle de nous aussi comme des personnes entières, qui ont une vie hors de la fac, dont l’avenir n’est pas uniquement dicté par « l’insertion professionnelle à l’issue du diplôme » mais également par « comment je vais payer mon loyer ET mes courses alimentaires ce mois-ci ». Car on nous vante les aides sociales aux étudiant·es, mais on oublie de dire que l’augmentation des bourses n’est pas non plus indexée sur l’inflation, que l’échelon max des bourses n’est même pas 80e supérieur à la moyenne des loyers payés par les étudiant·es. On parle de mérite pour ne pas parler de reproduction. J’ai rien inventé, ça fait des années que les sociologues le disent, et c’est pas les « procédures spécifiques d’entrée à Science Po » pour les élèves de REP+ qui les feront mentir.

      L’enjeu aussi était de mettre en évidence une situation particulièrement inquiétante chez les étudiant·es précaires, pour lesquel·les on peut parler de réelle pauvreté. Car le terme de précaire a été repris à toutes les sauces et perdait à certains moments de son sens. Pendant les luttes contre la LPPR, on a vu des profs titulaires en poste depuis trente ans, nous faire des leçons sur ce qu’est la précarité. Je veux bien entendre que l’état de l’enseignement supérieur dans son ensemble est critique, mais faut pas exagérer non plus. On avait aussi un peu envie de leur répondre : « Qui êtes-vous pour donner des cours de fin de mois difficiles aux étudiant·es qui multiplient les taffs et comptent à l’euro près pendant leur courses et aux enseignant·es vacataires qui signent leur contrat 8 mois après la prise de poste et sont payé-es en dessous du SMIC avec autant de retard ? ». Le système est merdique mais le souci de précision est important pour ne pas tomber directement dans l’indécence.

      L’annonce du confinement intervient la semaine suivant la grande manifestation du 5 mars de l’enseignement supérieur et de la recherche. Où, quand et comment le confinement est venu vous cueillir, si on peut dire ?

      Cette période de mobilisation était pour nous assez chargée, on menait de front ces luttes interprofessionnelles, les luttes spécifiques à l’ESR et la préparation du congrès annuel de Solidaire Etudiant-es, qui est un temps fort de la fédération, où on discute de comment on va continuer à lutter et de nos priorités. Et en fait, c’est exactement là que l’annonce du confinement est venue nous cueillir. Nous hésitions à le maintenir, parce que ça faisait plusieurs semaines qu’on parlait des mesures d’hygiènes spécifiques, de l’achat de masques, de gants, de gel hydroalcoolique. On arrive le jeudi sur place, à Clermont-Ferrand et les débats se déroulent le vendredi, le samedi, le dimanche, entrecoupés des annonces gouvernementales. La crise prend de l’ampleur, on commence toutes et tous à s’inquiéter. On était censé s’arrêter le lundi après-midi. Finalement, dimanche nous mettons un terme au Congrès, en urgence après les annonces de la ministre des transports. L’idée était d’éviter que nous soyons bloqué·es pendant des semaines de confinement à Clermont-Ferrand.

      Pendant qu’on organisait nos changements de billets de train dans l’urgence, des nouvelles inquiétantes tombent pour les étudiant·es hébergé·es en résidences CROUS. Apparemment, ils et elles sont appelé·es à partir sous 72h, et sinon ? Rien n’est clair, tout le monde navigue à vue. Encore une cellule de crise qui se répartit en plusieurs pôles, on réagit aux annonces qu’on a, tout en étant comme beaucoup dans la crainte de la suite. On commence à sentir que le gros du boulot n’est pas passé. Cette situation exceptionnelle risque d’être également exceptionnellement dangereuses pour les étudiant·es déjà précaires. L’inquiétude grandit. Dans le train de retour à Paris, chacun·e y va de ses inquiétudes, les fous rires nerveux tentent péniblement de masquer la fatigue.

      Comment vous y réagissez en tant que syndicat ? Quelles sont les urgences que vous identifiez et comment vous arrivez à travailler en confinement ?

      Le lendemain, on se met au boulot avec l’objectif d’identifier au plus tôt les risques encourus par les étudiant·es. En terme de précarité en premier lieu : risques d’expulsion, perte de revenus (petits jobs, travail non déclaré, interim non renouvelé), risque en terme d’accès à la santé notamment. Et puis ensuite tout ce qui concerne la fameuse « continuité pédagogique » et les modalités de contrôle des connaissances, les fameuses annonces qui garantissent la valeur des diplômes vous voyez de quoi je parle ? Pendant que tout autour de nous à un arrière goût de fin du monde.

      Après deux grosses journées de boulot, on sort une longue lettre ouverte qui liste tous les problèmes urgents que l’on a identifié. On essaie de la publier un peu partout, de l’envoyer aux institutions concernées au niveau national avec la fédération. Ensuite arrive le moment du relai en local, on l’envoie sur nos listes : l’intersyndicale de l’université, les services centraux, les différents départements et UFR mais aussi bien entendu le CROUS (pour toutes les questions d’hébergement). Le boulot est énorme, la fatigue et le stress aussi. Encore une fois, c’est le fait d’être un collectif nous porte et nous aide à supporter tout le reste, tout en gardant les pieds sur terre quand le sol semble se dérober sous nos pieds. Le collectif permet aussi de s’appuyer sur les forces de chacun·es. Qui est meilleur·e en recherche de contact, en rédaction, en analyse de texte de loi ou en communication avec les instances.

      En local, on se dit que vu notre fac et la précarité déjà plus importante des étudiant·es qu’elle accueille qui est plus importante que la moyenne, les risques sont accrus. On tente de mettre en place des permanences téléphoniques, d’être en contact avec des profs qui nous font remonter des cas effarants. Les étudiant·es ont perdu leur taff du jour au lendemain, s’inquiètent pour elleux et leur famille. Tout semble exacerbé, comme passé sous une énorme loupe de la galère.

      Et puis cet appel qui marque un tournant. On fait le point avec une prof membre du Réseau Université Sans Frontière sur la fac, on discute des cas auxquels on se retrouve confronté lors de nos permanences téléphoniques ou par mail. Et là, cet étudiant étranger qui n’ose plus sortir à cause des problèmes de papiers et qui s’est mis en mode rationnement. C’est insoutenable encore une fois. On décide de faire quelque chose. En trois jours on lance une réunion, nous sommes cinq derrières nos ordinateurs et identifions les problèmes : la TUNE d’abord, enfin l’absence de tune plutôt, le manque de nourriture, les problèmes de santé (physique et mentale), les problèmes de loyer. On se sent à la fois impuissantes et dans l’incapacité de rester sans rien faire. Donc on trouve une idée : contacter l’antenne du Secours Pop sur la fac, avec qui on a déjà travaillé. D’abord, s’assurer qu’ils et elles puissent manger. Mettre en place une boîte mail, faire tourner l’appel auprès des étudiant·es et des profs qui servent de relais. En trois jours, c’est publié sur les réseaux sociaux et ça tourne dans les différents UFR. Lancement de l’appel un lundi à 19h, le mardi à 10h30 je me connecte et j’ai déjà 180 messages. Le sentiment d’urgence encore, je mets entre parenthèses le télétravail et j’y passe ma journée. Les mails continuent d’arriver. On met en place une première liste : cette première distribution, ce sera 100 colis permettant de tenir deux semaines qui seront distribués aux étudiant·es de l’université. On gère d’un côté les demandes et de l’autre on s’organise pour avoir des bénévoles : gérer les mails, aider sur place pour les distributions, aller livrer les personnes dans une totale impossibilité de se déplacer.

      Et puis, les problèmes de continuité pédagogique bien sûr. Mon énervement contre ces profs qui sont attaché·es à leurs ethos comme des moules à leur rocher. On présume que le confinement libère du temps, certain·es donnent plus de boulot du coup avec des « Profitez en pour avancer sur vos recherches ». Face à cela, des étudiant·es nous confient leur épuisement mental, leurs problèmes de réseaux, l’absence d’ordinateur. Des personnes qui composent des dossiers de dix pages sur leur portable et nous demande si nous pouvons les aider à recharger leur forfait 4G, de crainte de ne pouvoir valider leur année et donc de perdre leur bourse ou encore de ne pouvoir renouveler leur titre de séjour.

      Une année de la colère, qui n’est pas finie. Et cette interview de Frédérique Vidal dans le journal 20 minutes, qui romantise tout ça. Elle affirme que le confinement permet de développer un tout nouveau lien entre étudiant·es et professeur·es et que dans l’ensemble les problèmes d’accès aux outils de travail concernent une minorité. J’aimerais bien l’inviter dans notre boîte mail, lui montrer la réalité. Heureusement qu’elle préserve la valeur des diplômes. Pendant que certain·es essaient juste de survivre et de préserver leur santé physique et mentale. De toute évidence, en résidence CROUS ou dans les palais de la République, les priorités ne sont pas les mêmes.

      https://universiteouverte.org/2020/04/29/en-residence-crous-ou-dans-les-palais-de-la-republique-les-priori

    • Étudiant·es confiné·es dans 9m² : précarité au carré

      À l’annonce du confinement, les étudiant·es résidant dans les quelque 700 résidences CROUS de France ont été invité·es à quitter leurs logements exigus pour rejoindre le domicile familial : 25 à 40% d’entre elles et eux sont alors resté·es, par choix (crainte de contaminer leur famille) ou par obligation (cherté des billets de transport, précarité administrative interdisant tout déplacement international, etc.). Si les résident·es des CROUS figurent déjà parmi les étudiant·es les moins privilégié·es – le statut de boursièr·e est un prérequis à la demande – celles et ceux qui furent contraint·es de rester dans leur chambre à la mi-mars l’étaient donc encore moins. Cela a été confirmé dès les premiers jours du confinement lorsque le collectif Solidarité : Continuité Alimentaire a reçu plusieurs centaines de demandes de colis de produits d’alimentation et d’hygiène fondamentaux de la part des étudiant·es confiné·es dans les CROUS de Bordeaux. En causes : la perte de leurs salaires, la cessation de l’activité des restaurants universitaires et la fermeture quasi-totale des épiceries solidaires, par manque de bénévoles et d’approvisionnements. En d’autres termes, le confinement a été l’accélérateur d’une problématique connue depuis déjà bien longtemps : celle de la précarité étudiante.

      Pour réagir face à cette situation de crise, nous, étudiant·es et jeunes chercheur·ses de l’ESR, avons décidé de créer le 2 avril dernier, dans la continuité de l’initiative bordelaise et de son homologue lyonnaise, Solidarité étudiante, le collectif Solidarité alimentaire (Paris). Chaque semaine, nous proposons aux étudiant·es d’une cinquantaine de CROUS parisiens de remplir un formulaire en ligne indiquant leurs besoins. Les distributions sont effectuées tous les week-ends devant les CROUS, en respectant les règles sanitaires : désinfection de tous les produits des colis, port de masques et respect des distances de sécurité. Nous avons jusqu’à présent distribué plusieurs centaines de colis et les demandes ne cessent d’augmenter chaque semaine, preuve que le gouvernement se contente d’effets d’annonce pour se défausser de la responsabilité d’une précarité aux conséquences trop souvent dramatiques.

      À une semaine de la fin du confinement, alors que certaines universités sont davantage occupées à l’organisation à distance des évaluations de fin de semestre, et ce dans l’inconsidération des situations d’inégalité dans lesquelles elles placent les étudiant·es, il est temps que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et de l’Innovation regarde la réalité en face et cesse de botter en touche : certes, des fonds d’urgence ont été débloqués il y a plusieurs semaines, mais il est scandaleux qu’en France des milliers d’étudiant·es ne puissent, en plein confinement, répondre à leurs besoins élémentaires. Il est scandaleux que seul·es les étudiant·es ayant réussi à quitter leurs résidences soient défrayé·es de leur loyer quand celles et ceux qui ont été contraint·es d’y rester, souvent les plus précaires, doivent continuer à le payer, et ce alors même qu’ils et elles n’ont plus de sources de revenus. Et il est tout aussi scandaleux que ces mêmes étudiant·es continuent d’être évalué·es dans de telles conditions au prétexte d’une prétendue continuité pédagogique. Au-delà des actions d’urgence mises en place pendant le confinement, il est absolument nécessaire que l’État, sans se satisfaire de solutions d’appoint, encore moins d’effets d’annonce, trouve des solutions pérennes capables d’endiguer la précarité étudiante, comme celle du salaire étudiant, sans lesquelles jamais les mauvais jours ne finiront.

      https://universiteouverte.org/2020/05/05/etudiant%c2%b7es-confine%c2%b7es-dans-9m%c2%b2-precarite-au-carre

      –-> Collectif solidarité alimentaire :
      https://www.facebook.com/collectifsolidaritealimentaire

  • La « #catastrophe » du #confinement pour les mal-logés
    https://reporterre.net/La-catastrophe-du-confinement-pour-les-mal-loges

    Logements surpeuplés ou insalubres, familles fragiles et dépendantes des associations et services sociaux désormais fermés... Le confinement démultiplie les difficultés pour les mal-logés. Les associations tentent de s’organiser.

    #mal-logement #inégalités #habitat #insalubrité #santé #pandémie

    « On n’a nulle part où aller » : face au #coronavirus, les #SDF galèrent
    https://reporterre.net/On-n-a-nulle-part-ou-aller-face-au-coronavirus-les-SDF-galerent

    « Que va-t-il se passer pour nous, les gens de la rue ? » À Strasbourg, les personnes sans-abri s’inquiètent : la plupart des centres d’accueil de jour sont fermés et certaines maraudes n’ont pas pu être assurées. Si certaines associations continuent leurs actions solidaires, entre 3.000 et 4.000 personnes seraient en situation d’urgence.

    #maraudes_sociales #associations

  • Haro libéral sur le #Logement #Social
    https://lemediapresse.fr/social/haro-liberal-sur-le-logement-social

    1,7 milliards d’euros de budget en moins en 2018, 4 milliards d’euros d’économies sur les APL à partir de 2020 : le logement est l’un des grands perdants du quinquennat et les bailleurs sociaux sont dans le viseur du gouvernement. Premières victimes : les 1500 quartiers dits « politique de la ville », qui concentrent un tiers du parc #HLM français.

    #Bailleur #Habitat #Insalubrité #Noailles #Public

  • "Ils s’intéressent pas à vous, ils s’intéressent aux murs"
    Le drame du logement à Marseille : une aubaine pour qui ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/le-drame-du-logement-a-marseille-une-aubaine-pour-qui

    Enquête : depuis l’effondrement de deux immeubles à #Marseille en novembre dernier, plus de 1 500 personnes ont été évacuées dans des hôtels. En parallèle, des experts particuliers profitent de cette situation pour faire expertiser les logements vétustes, en vue d’un éventuel rachat.

    Certains habitants choisissent de rester dans leur appartement. Ils sont tiraillés entre la peur des risques qu’ils encourent dans leur #logement et la peur d’être à l’hôtel.

    Vous voyez le trou au plafond ? Au-dessus, c’est ma baignoire.

    Lors de notre enquête, en micro caché, nous avons également découvert que des experts particuliers profitent de cette situation pour expertiser les logements. Leur objectif n’est pas de signaler des dangers imminents en cas d’#insalubrité mais de réaliser des estimations financières en vue d’éventuels rachats :
    Il ne manquerait plus qu’on achète cher.

    #audio #radio #FranceCulture #LesPiedsSurTerre #PascalePascariello #Gaudin #Euroméditerranée #marchandsdesommeil #effondrement

  • Belgique Plusieurs Lidl en grève ce jeudi : « Les travailleurs sont déterminés, ils en ont marre » RTBF - 26 Avril 2018

    Le mouvement de #grève se poursuit chez #Lidl : une quarantaine de magasins situés dans les régions de Liège, Charleroi et Mons sont fermés ce jeudi matin. D’autres pourraient suivre en cours de journée. Une assemblée générale du personnel doit se tenir dans la matinée pour décider de la suite à donner au mouvement. Au total, 85 magasins ont déjà été fermés ce mercredi.

    Le personnel dénonce notamment la surcharge de travail. Selon Françoise Malherbe, déléguée SETCa,  "on nous demande d’effectuer toujours plus de travail avec moins de moyens et moins de personnel"

    Myriam Delmée, la vice-présidente du SETCa, dénonce ce jeudi matin la pression de la direction. « Le management passe auprès des gens en disant qu’il y avait des propositions et que ceux qui font grève risquent d’être licenciés, affirme-t-elle au micro de la RTBF. Ce n’est pas une habitude de faire grève chez Lidl donc impressionner les gens ça rapporte quelques fois. »

    La vice-présidente du SETCa ajoute : « Ça va devenir intenable comme climat. Les travailleurs sont déterminés, ils en ont marre. Ça fait trop longtemps qu’on prévient la direction que la charge de travail est insoutenable. Ils ne veulent pas le comprendre. » 

    La direction de Lidl affirme pour sa part qu’elle veut maintenir le #dialogue_social.

    #esclavage #harcèlement

    • https://www.rtbf.be/info/regions/liege/detail_liege-3-magasins-lidl-restent-fermes-ce-mercredi?id=9901489

      Les salariés des Lidl de Ans, d’un des magasins de Herstal et de Seraing sont en grève depuis ce mercredi matin. Un mouvement qui est parti du Lidl de Ans qui avait déjà fermé ses portes hier, et qui s’étend désormais à toute la Belgique : les magasins de Lanaken et de Turnhout seront également fermés en raison des actions. Hasselt, Genk, Bruges, la Campine, le Limbourg et toute la région côtière seraient aussi concernés, ainsi que Mouscron et Dottignies, selon L’Avenir.

      D’après la FGTB, tous les magasins de Wallonie picarde et de la région liégeoise sont touchés par le mouvement, ainsi qu’au moins cinq de la région de Charleroi.

      Selon la direction, 80 d’entre eux sont désormais en grève. Du côté du syndicat flamand LBC, on évoquait “environ la moitié des quelque 300 magasins” Lidl en grève. Selon le porte-parole de Lidl Julien Wathieu, aucun magasin bruxellois n’est concerné par ce mouvement à l’heure actuelle.

      Au départ la grogne est partie d’un problème de cantine que les salariés du magasin de Ans disent insalubre. Et depuis la frustration a grandi.
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      #insalubrité

    • Ce vendredi à 14h chez Lidl, encore 147 magasins en grève

      Le mouvement de grève se poursuit chez Lidl, à quelques heures d’une réunion de conciliation qui s’annonce compliquée tant l’écart entre les propositions de la direction et les revendications des syndicats demeure important. Selon le décompte de l’enseigne, 147 des 302 magasins garderont portes closes vendredi, mais ce chiffre pourrait encore évoluer, indique le front commun.
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      https://www.rtbf.be/info/economie/detail_reunion-de-conciliation-prevue-ce-vendredi-a-14h-chez-lidl-encore-147-ma

    • Belgique, ce Samedi 28 Avril 2018 :

      . . . . . Tout comme vendredi, environ une centaine de magasins ont fermé leurs portes ce samedi, selon la direction de Lidl.
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      On ne sait pas encore déterminer combien de magasins Lidl resteront fermés samedi. Il s’agit du quatrième jour de grève en vue de protester contre la surcharge de travail.
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      https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_lidl-les-syndicats-informent-le-personnel-sur-la-proposition-de-la-direc

    • Lidl : quatre centres de distribution sur cinq bloqués, de fortes perturbations attendues lundi RTBF - 29 Avril 2018

      Alors que les dirigeants de Lidl sont parvenus à un accord avec les syndicats chrétien et libéral, le syndicat socialiste continue le mouvement de grève, et a bloqué un nouveau centre de distribution des supermarchés Lidl : celui de Wevelgem, en Flandre occidentale, selon nos collègues de la VRT. Quatre des cinq centres de distribution du pays sont donc bloqués. Ceux de Genk, Marche-en-Famenne et Courcelles étaient déjà bloqués depuis ce samedi.

      Un dernier centre de distribution du groupe, situé à Sint-Niklaas, était encore libre dimanche en fin de journée, mais pourrait être bloqué dans les heures à venir, a indiqué dimanche Myriam Delmée, vice-présidente du Setca.
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      Depuis la dernière rencontre de vendredi soir, la direction de Lidl n’a envoyé aucune invitation aux organisations syndicales pour reprendre les discussions. « La journée de lundi sera donc marquée par des perturbations importantes »,
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      Le mouvement de grogne envers Lidl ne se limite désormais plus à la Belgique. Les travailleurs du groupe au Portugal ont en effet entamé dimanche deux jours de grève pour dénoncer leurs « salaires de #misère », ainsi que le manque de personnel et la charge horaire de travail.

      #Portugal

  • Faute de logement, un couple et ses deux enfants vivent dans une cave insalubre à Bobigny | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201802140925/faute-de-logement-un-couple-et-ses-deux-enfants-vivent-dans-une-cave-insal

    En attente de logement depuis plus de trois ans, Émilie* et son mari n’ont eu d’autre choix que d’accepter de vivre dans une cave, à Bobigny. Avec très peu de lumière naturelle, beaucoup d’humidité, des moisissures, de la rouille et des remontées d’odeurs d’égouts, la situation affecte la santé de leurs deux enfants en bas âge.

    Je sais pas comment c’est censé fonctionner le droit opposable au logement mais de toute évidence ça marche pas.
    #logement #insalubrité #DALO #HLM

  • Enquête sur le 3eme arrondissement de Marseille (1/2) : l’arrondissement le plus pauvre de France
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/enquete-sur-le-3eme-arrondissement-de-marseille-12-larrondissement-le-


    En plein centre de la ville, à dix minutes de la gare et du Vieux-Port, l’arrondissement jouxte Euroméditerranée, l’une des opérations de rénovation urbaine les plus ambitieuses d’Europe. En marge des grands axes rénovés à coup de millions d’euros, les marchands de sommeil continuent à prospérer dans ce quartier aux allures de faubourg, surnommé “la zone des oubliés”, par ses habitants. Samia, 21 ans, et Sherazade, 16 ans, racontent comment elles vivent dans des logements insalubres.

    Le passage sur la teigne m’a vraiment choquée, et la réaction de l’école de la gamine qui menace de refuser l’enfant au cas où il n’y aurait pas de certificat médical. Par contre aider la famille dans ses problèmes de logement, apparemment c’était pas 1 option. Dans wikipedia on explique que « l’éviction scolaire n’est plus indispensable chez l’enfant correctement pris en charge ». Correctement pris en charge, voilà vraisemblablement le problème.
    Faudrait en parler au haut personnel de l’Assemblée Nationale logé gratuitement dans le luxe et un environnement spacieux, ils ont peut-être des bons plans à Marseille.
    Nous vivons clairement dans une oligarchie sociale et raciale et le pays n’a rien à envier aux pays les plus discriminants.
    #logement #insalubrité #marseille #gentrification #quartiers_populaires #logement_social #discriminations #lutte_des_classes #racisme

  • Bernard Ravet ou la fable marseillaise | La plume d’un enfant du siècle
    https://marwen-belkaid.com/2017/09/21/bernard-ravet-ou-la-fable-marseillaise

    Comme dans beaucoup d’établissements des quartiers populaires, les collèges du 3ème arrondissement sont confrontés à des problèmes de #violence ou de trafic de drogue par exemple mais également, et c’est le problème le plus important à mes yeux, au creusement d’un fossé chaque jour plus grand entre ces collèges et ceux des quartiers huppés. J’ai déjà longuement disserté sur ce blog à propos du drame qu’a constitué la création du label #ZEP et de toutes ses conséquences mais Marseille demeure sur cette question un exemple à l’envers tant les #inégalités scolaires sont criantes selon le quartier où vous vous trouvez. Il est certes plus commode et aisé de rejeter les causes de ces problèmes structurels sur une supposée montée de l’islamisme mais cela relève au mieux d’une méconnaissance accrue du système au pire d’un #cynisme immonde. Bernard Ravet étant un ancien principal avec de l’expérience j’opte bien plus pour la deuxième option. Parler d’Islam permet donc d’éviter d’aborder des questions très fâcheuses pour les décideurs politiques comme, par exemple, l’état d’#insalubrité de certaines écoles des quartiers nord.

    Nous le voyons donc, si Bernard Ravet et sa fable bénéficient d’une aussi large exposition c’est précisément parce qu’ils permettent de ne pas poser les bonnes questions sur notre système éducatif qui va pourtant si mal. Ce faisant, Bernard Ravet participe largement du mouvement qui tente de substituer aux questions sociales les questions identitaires.

    #éducation #racisme

  • A Paris, près de 1 200 migrants vivent autour du centre humanitaire de porte de la Chapelle
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/06/29/a-paris-pres-de-1-200-migrants-vivent-autour-du-centre-humanitaire-de-porte-

    « Plus on attend, plus la situation est dégradée », a mis en garde l’association France Terre d’asile (FTDA). Mandatée pour mener des maraudes autour du centre humanitaire pour migrants ouvert dans le nord de Paris, porte de la Chapelle, l’association a annoncé, jeudi 29 juin, que près de 1 200 personnes vivent dans la rue aux alentours du centre.

    Pour Pierre Henry, directeur général de FTDA, l’évacuation est « obligatoire », alors que l’association a dénombré « 200 personnes supplémentaires par semaine ». La FTDA plaide notamment pour l’ouverture d’autres centres humanitaires, ailleurs qu’à Paris. « Si rien n’est fait d’ampleur, on va continuer à gérer le bazar », a-t-il estimé.

    « Environ 80 personnes arrivent chaque jour », a de son côté estimé Médecins du monde dans un communiqué. « Ces conditions de vie déplorables touchent des personnes déjà fragilisées », venant « dégrader davantage leur état de santé physique et mentale », note l’ONG.

    « Notre détermination est totale à interpeller le gouvernement sur ses responsabilités. (…) Nous attendons une réponse radicalement différente : de l’inflexibilité ou du renfort sécuritaire. »

    Le 9 mai, un peu plus de 1 600 migrants avaient déjà été évacués de campements insalubres installés autour de la porte de La Chapelle, dans ce qui constituait la plus grosse opération de mise à l’abri en six mois. Les migrants, dont beaucoup d’Afghans, d’Erythréens et de Soudanais, campent autour du centre humanitaire de porte de la Chapelle, qui avait justement été ouvert en novembre pour mettre fin au cycle des installations et évacuations de campements en pleine crise migratoire.

    Mais compte tenu de l’accélération des arrivées sur Paris, le dispositif sature malgré les orientations vers des centres d’hébergement ailleurs en France, qui s’avèrent insuffisantes.

    #la_chapelle #migrants #insalubrité #urgence

  • De l’autre côté

    Cette bande dessinée de reportage réunit des témoignages de Maghrébins venus s’installer en France, plus précisément à Grenoble.
    A travers leur voix se racontent et se dessinent plusieurs époques : les Trente Glorieuses marquées par les luttes sociales et politiques, et la période actuelle avec des récits de personnes arrivées en France dans la dernière décennie. Ces histoires de Tunisiens, Marocains et Algériens ont en commun l’amertume de l’exil et le rêve d’une vie meilleure.


    http://www.lemondealenvers.lautre.net/catalogue.html#12

    Dans cette BD #Coline_Picaud parle de Grenoble, elle fait un portrait d’un #quartier de #Grenoble, #Très-Cloîtres.
    C’est une récolte des récits de vie des habitants du quartier, en majorité des étrangers (italiens et maghrébins), mais c’est l’auteure fait aussi l’histoire urbaine : l’#insalubrité, les projets de rénovation et de #gentrification.
    Picaud utilise des sources d’archive et les paroles des habitants.
    Très intéressant.

    #urban_matter #urbanisme #ville #rénovation_urbaine #migrations #hébergement #logement #BD #livre #bande_dessinée #témoignage #migrants_algériens #récit_de_vie #résistance #xénophobie #racisme #histoire #mobilisation #genre #analphabétisme

  • #Le_Pérou

    Nos métropoles occidentales débordent de corps en trop, de rebuts humains épars : #expulsés d’ici comme d’ailleurs flanqués à même le bitume ; #réfugiés dans les #délaissés, déprises, et autres innommables zones ; logés dans l’#insalubrité, le surpeuplement ou la #solitude, tout au bord de la rue. Simultanément – conséquence et cause tout à la fois –, nos métropoles se dépeuplent de ce qui fait d’une ville une #ville : des formes et pratiques de l’#accueil et de la #solidarité, des espaces et des gestes qui font l’#hospitalité. Une analyse des processus urbains à l’œuvre – techniques comme imaginaires – convainct de l’inéluctable aggravation de cette situation : un savoir-faire l’accueil disparaît en même temps qu’explose le nombre de réfugiés économiques parmi nous. Loin de promettre la résorption de l’#exclusion urbaine et du péril qu’elle engendre, le développement contemporain de nos métropoles la laisse s’accroître, voire la nourrit.

    Association loi 1901 fondée en septembre 2012, le PEROU est un #laboratoire de #recherche-action sur la #ville_hostile conçu pour faire s’articuler action sociale et action architecturale en réponse au péril alentour, et renouveler ainsi savoirs et savoir- faire sur la question. S’en référant aux #droits_fondamentaux européens de la personne et au « #droit_à_la ville » qui en découle, le PEROU se veut un outil au service de la multitude d’#indésirables, communément comptabilisés comme cas sociaux voire ethniques, mais jamais considérés comme habitants à part entière.
    Avec ceux-ci, le PEROU souhaite expérimenter de nouvelles tactiques urbaines – nécessitant le renouvellement des techniques comme des imaginaires – afin de fabriquer l’hospitalité tout contre la ville hostile. Alors que se généralise une politique aussi violente qu’absurde, action publique aux allures de déroute n’ouvrant que sur des impasses humaines – expulsions, destructions, plans d’urgence sans issues, placements et déplacements aveugles, etc – , le PEROU veut faire se multiplier des ripostes constructives, attentives aux hommes, respectueuses de leurs fragiles mais cruciales relations au territoire, modestes mais durables.

    http://www.perou-paris.org/index.html
    #architecture #urbanisme #Calais #urban_matter
    cc @reka : tu connais ?

  • Miroir Social - Dérive de Paris-Habitat : le silence inquiétant des élus parisiens
    http://www.miroirsocial.com/actualite/13350/derive-de-paris-habitat-le-silence-inquietant-des-elus-parisiens

    « Nous risquons d’avoir un problème de plan de charge au niveau de Paris sur la construction de logements (...) Nous risquons d’avoir un creux dans notre activité de #construction ».

    Chacun mesurera la gravité de cette annonce pour les 150 000 demandeurs de #logement officiellement recensés dans la capitale. Un « creux » dans l’activité de construction, à un moment où cette dernière ne répond déjà pas aux besoins, signifie l’aggravation du #mal-logement pour les prochaines années, l’impossibilité de trouver des solutions pour les centaines de milliers de Parisiens, condamnés aux #expulsions, à l’#insalubrité, à la #sur-occupation, aux loyers exorbitants du privé et aux années passées dans des #hébergements précaires.

  • L’Etat devra améliorer les conditions de vie dans les campements de fortune
    http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2015/11/23/l-etat-devra-ameliorer-les-conditions-de-vie-dans-les-campements-de-fortune_

    Fini l’#insalubrité dans tous les camps de fortune ? L’Etat, qui a été condamné lundi 23 novembre par le Conseil d’Etat à rendre les #conditions_de_vie plus dignes dans la « jungle » de Calais (Pas-de-Calais), devra aussi rendre salubres tous les #campements que compte le pays. « En tout cas si les conditions de vie y sont telles que les personnes peuvent être soumises à des traitements inhumains ou dégradants », rappelle Me Patrice Spinosi, avocat des associations et des migrants requérants.

    En décidant que la « jungle » de Calais doit avoir plus de points d’#eau et de #toilettes, qu’un dispositif de collectes d’ordures doit être mis en place et que des voies carrossables doivent être aménagées, permettant l’accès des services d’urgence, le juge des référés du Conseil d’Etat améliorera certes la vie des 4 500 à 6 000 migrants qui campent là.

    Mais sa décision changera aussi le quotidien de gens du voyage ou de Roms qui sont soumis à la même incurie que les réfugiés calaisiens. Le 23 novembre, les magistrats du Conseil d’Etat ont rendu définitive la condamnation de l’Etat prononcée par le tribunal administratif de Lille le 2 novembre. L’Etat, qui avait fait appel de cette décision, se voit donc définitivement condamné, et obligé de commencer les travaux dans les huit jours.

    #et_toc #justice #bidonville #vie

  • #Calais jour après jour : chronique d’un désastre

    La « #new_jungle » de Calais, où vivent 6 000 exilés dans un état d’#insalubrité extrême, est une honte nationale. Alors qu’un conseil des ministres européens se tient ce lundi à Bruxelles sur les migrations, à deux jours d’un sommet UE-Afrique à La Valette, Mediapart se propose de chroniquer au jour le jour l’évolution de la situation sur place : de la vie des migrants aux alertes des bénévoles en passant par les tours de passe-passe des pouvoirs publics.

    http://www.mediapart.fr/journal/france/091115/calais-jour-apres-jour-chronique-dun-desastre?onglet=full
    #jungle #asile #migrations #réfugiés #France #campement

  • « Diffusion de tracts contre la transformation actuelle des #quartiers du Bas Montreuil - Bas Bagnolet » - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/diffusion-de-tracts-et-table-de-2799

    Du vin chaud contre la chasse aux #biffins ! Rendez vous samedi 14 mars à 15h au métro Robespierre, au niveau de la grande entrée du métro (celle proche de la rue Robespierre).

    On ne fera pas qu’y boire, on aura des banderoles, une petite table de presse, et on y distribuera entre autres le tract ci-dessous (et en pièce jointe)

    Du vin chaud contre la chasse aux biffins !

    Du café en solidarité avec les personnes menacées d’#expulsion rue de l’Avenir !

    Du thé en soutien au collectif #Baras qui lutte pour des papiers et des logements !

    Et du jus d’orange... devinez pourquoi !

    RV samedi 14 mars à 15h au métro Robespierre, au niveau de la grande entrée du métro (celle proche de la rue Robespierre).

    On ne fera pas qu’y boire, on aura des banderoles, une petite table de presse, et on y distribuera entre autres le tract ci-dessous (et en pièce jointe) :

    Mimi Cracra et Monsieur Propre sont dans un bateau ; qui tombe à l’eau ?

    Très souvent, les pouvoirs publics parlent de « propreté ». Ils disent vouloir « une ville propre », « lutter contre l’insalubrité », « l’amélioration du cadre de vie »… Dernièrement, la mairie de Montreuil a déclenché, selon ses propres mots, « la bataille de la #propreté », un « grand nettoyage », une opération « coup de balai »… Mais que se cache-t-il derrière ce genre d’expressions ?

    Alors, bien sûr qu’on n’aime pas retrouver un rat mort sous notre évier, ou voir des cafards courir sur le plan de travail de chez nos copains. Et bien sûr aussi que l’accès à l’eau nous semble nécessaire. Mais quand les pouvoirs publics disent « propreté », ce n’est pas de cela qu’ils parlent, ou très rarement.

    Par exemple, en mai 2013, lors de l’expulsion des personnes habitant la friche Barda (parcelle avec une grande structure en fer à côté du métro Robespierre), le campement a été entièrement aspergé de produits chimiques. Au nom d’une soi-disant lutte contre les microbes, les pouvoirs publics, en plus de priver ces personnes de leur toit, ont
    détruit toutes leurs affaires.

    Cet été, la mairie de Bagnolet, en accord avec la préfecture, a déposé un arrêt « d’#insalubrité » concernant le campement place de la mairie, où vivaient des personnes du collectif Bara qui venaient d’être expulsées de leur maison. Cet « arrêt d’insalubrité » avait pour seul but de les expulser de cette place et de les repousser plus loin. Et
    ainsi au passage, d’arrêter des centaines de personnes...

    La « lutte contre l’insalubrité » contribue la plupart du temps à mettre des personnes dans des conditions de vie encore plus #précaires.