• Malouines : Milei, le pantin de Trump ?
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/malouines-milei-le-pantin-de-trump-s3lRH19uSTuFuNO3EdEmmw

    C’est un conflit quasi bicentenaire que Javier Milei est peut-être en train de rouvrir. Le président argentin a en effet, le 4 septembre dernier, remis le couvert sur la question des Malouines.

    #International

  • L’AfD : c’est quoi ce parti de gros nazis dégénérés qui raffle tout en Allemagne ?
    https://frustrationmagazine.fr/afd

    Coup de tonnerre en Allemagne : un parti néonazi, l’AfD, vient de remporter un succès historique dans un land de l’est (l’Allemagne est un pays fédéral qui agrège 16 petits Etats) qui pourrait en annoncer d’autres. Après des décennies de politiques néolibérales menées conjointement par la gauche et la droite, les mêmes causes ont donc produit les mêmes effets… Mais qu’est-ce que l’AfD, ce parti allemand fondé en 2013, et y a-t-il lieu de s’inquiéter ? (oui) Une obsession anti-musulmans et [...]

    #Antiracisme #Écologie #Économie #International #Politique_politicienne

  • À l’aube d’une nouvelle ère ? L’enquête commence...

    L’Intelligence Artificielle promet de changer notre monde... Une enquête indispensable pour y voir plus clair.

    L’intelligence artificielle est partout. Dans nos téléphones, nos outils de travail, nos recherches, nos images, nos conversations, nos décisions parfois. Elle promet de nous faire gagner du temps, d’accélérer la science, de transformer l’économie, peut-être même de nous aider à résoudre certains grands problèmes de notre époque.

    Mais plus elle avance, plus une impression étrange s’installe : on en parle sans cesse, et pourtant on ne sait pas toujours très bien de quoi on parle. Gadget ou rupture historique ? Outil ou infrastructure ? Progrès technique ou accélération d’un monde déjà sous tension ? Promesse d’émancipation ou nouvelle concentration de pouvoir ?

    C’est le point de départ de cette série : une enquête en neuf épisodes pour essayer d’y voir plus clair. Comprendre ce que l’IA est vraiment, ce qu’elle change déjà, ce qu’elle exige matériellement, les intérêts qui la poussent, les imaginaires qui l’habitent, les risques qu’elle ouvre, et les choix qu’il nous reste peut-être à faire.

    Une enquête sans verdict préétabli, mais avec une conviction : l’IA n’est pas seulement une technologie de plus. Elle agit comme un révélateur de notre époque, de nos rêves de puissance, de nos fragilités, de notre rapport au vrai, au travail, au vivant, et à l’idée même d’intelligence.

    Premier épisode : la machine qui parle. Le moment où l’IA est sortie des coulisses pour entrer dans notre langue, dans nos usages, et dans notre intimité.

    Au programme dans cette série :

    1. La machine qui parle, comment cette technologie a basculé dans nos vies.

    2. Qu’appelle-t-on IA ? Ce que c’est, et ce que ce n’est pas.

    3. AGI, le #rêve et la #peur, cette #super-intelligence qu’on nous promet.

    4. La course et ses bâtisseurs, l’#argent, le #récit, ceux qui tiennent la barre.

    5. La #mégamachine, le corps physique de l’IA, ce qu’elle consomme, ce qu’elle rejette.

    6. L’humain sous assistance, ce que ça nous fait, à nous, individuellement.

    7. Le monde commun, ce que l’IA fait à la vérité partagée et au lien entre nous.

    8. La société sous influence, le #pouvoir, la #surveillance, et ceux qui l’assument.

    9. Qu’est-ce que l’#intelligence ? le pas de côté philosophique.

    10. Que peut-on encore choisir ? ce qui reste possible.

    Une série pour les curieux, les inquiets, les enthousiastes lucides, et tous ceux qui sentent que cette histoire les concerne, sans toujours savoir par où la prendre.

    https://www.sismique.fr/episodes/serie-ia-1-a-laube-dune-nouvelle-ere
    #podcast #audio #IA #AI #intelligence_artificielle #à_lire #ressources_pédagogiques #série #choix #infrastructure

  • Parlez-moi d’IA – S’initier et comprendre l’intelligence artificielle

    Ils s’appellent #ChatGPT, #Gemini, #Llama, #Midjourney, #Dall-E, #Sora, #Runway, #Claude, #Mistral

    Tous ces services d’intelligences artificielles génératives, faciles d’accès pour le grand public, ont mis la #data, les #algorithmes, la #data_science sur le devant de la scène. Mais ils ne sont peut-être que les faces émergées et grand public de l’iceberg.

    « Parlez-moi d’IA » est une émission de vulgarisation de la data et de l’IA. Les échanges sont le moins technique possible. Nous cherchons à comprendre et expliquons ce qui change dans nos vies, dans nos métiers, dans notre société avec cette #évolution_technologique. Avec les acteurs au cœur de l’éruption de l’ Intelligence Artificielle dans nos vies, nous tentons de comprendre les enjeux, de décortiquer les #conséquences et d’imaginer une voie des possibles pour une IA d’intérêt général.

    Chaque semaine, pendant 30 minutes, Jean-Philippe Clément, Alexia Toulmet ou Serge Abiteboul reçoit et s’entretient avec une actrice ou un acteur de ce domaine qui partage son actualité, sa vision et ses réflexions. Ils interrogent leurs invités pour mieux décrypter cette évolution technologique majeure, ce nouvel aboutissement d’un monde numérisé !

    Vous voulez comprendre comment la donnée et l’Intelligence artificielle (IA) impactent nos vies ? Vous voulez agir avec ces nouveaux outils et ne pas les subir ? « Parlez-moi d’IA » est une série d’entretiens progressifs et accessibles sur l’usage des #données et de l’intelligence artificielle.

    https://cause-commune.fm/emissions/parlez-moi-d-ia
    #IA #AI #intelligence_artificielle #podcast #audio
    #à_lire #ressources_pédagogiques

  • Écosystème 1/7 : Ce que la tech fait à la planète

    La disparition dramatique des insectes volants, en baisse de 80 à 90 % en Europe depuis les années 1990 ; les incendies violents, comme en Californie, en début d’année ; même la pandémie de Covid nous le rappellent : nous faisons face à de profonds bouleversements environnementaux.

    Entre l’introduction excessive de nouvelles substances chimiques et synthétiques, l’altération du cycle naturel de l’#eau, la #bétonisation des #sols ou encore la dégradation de la #biodiversité, nous avons dépassé six des neuf limites planétaires, selon les estimations du Stockholm Resilience Center.

    Mais quel est le rôle du #numérique dans tout cela ? Quels sont les effets de l’#industrie_technologique sur les #sols, l’#air et les #écosystèmes_naturels au sens large ? Dans quelle mesure est-il possible de les maîtriser ? En France, un collectif explore ces questions depuis plus de vingt ans : #GreenIT. Dans le premier épisode d’Écosystème, Next rencontre son fondateur, #Frédéric_Bordage, pour détailler la variété des #enjeux_environnementaux que pose le numérique et les variations qu’y impulse l’explosion récente de l’#intelligence_artificielle.

    https://next.ink/podcast/ecosysteme-1-7-ce-que-la-tech-fait-a-la-planete
    #environnement #technologie #podcast #audio

    • Retranscrit ici :
      Ce que la tech fait à la planète - Écosystème [1/7]

      Quel est le rôle du numérique dans les bouleversements environnementaux en cours ?

      Mathilde Saliou : Nous faisons face à de multiples crises environnementales. Celle que nous connaissons le mieux concerne le réchauffement de l’atmosphère et toutes les évolutions que cela entraîne en termes climatiques. C’est cette crise-là qui nous fait si régulièrement évoquer le problème de nos émissions carbone. Cette crise-là, toujours, qui a suscité, en 2015, la signature de l’accord de Paris sur le climat. Les pays signataires s’y engageaient à œuvrer pour maintenir le réchauffement de la température moyenne de la planète sous les 2 degrés Celsius de plus qu’à l’époque préindustrielle. Ils devaient travailler à atteindre une cible de seulement 1,5 degré Celsius d’augmentation de la température. Cela dit, dix ans après l’accord ces objectifs semblent de plus en plus difficiles à respecter. Les efforts de vulgarisation des scientifiques, de même que diverses crises comme celle de la Covid 19, nous ont permis de comprendre que l’enjeu – protéger la planète sur laquelle nous vivons toutes et tous – ne concernait pas seulement nos émissions de CO2. La planète est un écosystème fini. Or, comme le résument les travaux du Stockholm Resilience Centre, nous avons dépassé au moins six de ces neuf limites en introduisant à l’excès de nouvelles substances chimiques et synthétiques, en altérant le cycle naturel de l’eau, en bétonnant les sols ou encore en dégradant la biodiversité. La situation est critique et le numérique, en tant que partie de la société, en tant qu’industrie présentée comme solution à la transformation écologique, y joue un rôle.
      Dans Écosystème, une nouvelle série audio produite par Next, je vous propose de l’explorer.
      Épisode 1. Ce que la tech fait à la planète

      Diverses voix off : S’envoient chaque jour dans le monde 288 milliards de mails.
      Vous êtes des accros. Bienvenue à la réunion du numérique anonyme. Si on nous prend notre smartphone, on ne peut plus fonctionner à titre individuel.

      Mathilde Saliou : Je suis Mathilde Saliou, journaliste chez Next et, dans cette première saison d’Écosystème, je voudrais analyser les effets de chaque étape de la chaîne de production des outils numériques sur la planète et, pour ce faire, quoi de mieux que commencer avec Green IT [1] ?
      L’association Green IT existe depuis 22 ans. Ça paraît jeune, mais, à l’échelle du numérique, ça vaut un siècle ! Green IT a été leader, en France et dans le monde, dans l’appréhension des sujets que nous allons traiter dans Écosystème. J’ai donc contacté son fondateur, Frédéric Bordage, pour qu’il nous aide à planter le décor.
      Au moment d’évoquer les considérations techniques de notre conversation, celui-ci m’a expliqué utiliser un téléphone trop ancien pour faire un enregistrement de qualité. Je vais donc commencer par là : qu’est-ce que c’est que ce smartphone préhistorique qu’il utilise ?

      Frédéric Bordage : Pour mes usages courants, de tous les jours, j’ai un BlackBerry Bold qui a plus de dix ans. Comme c’est un téléphone qui n’intéresse pas les hackers, puisqu’on ne peut que téléphoner et envoyer des SMS, il y a peu de risques de piratage, donc je peux le conserver longtemps malgré les failles de sécurité qui existent probablement dessus – à priori tout le monde se fiche de mes conversations et de mes SMS, je ne suis pas un homme politique ! C’est un équipement de grande qualité, compatible 2G, 3G, donc, jusqu’à présent je pouvais utiliser mon BlackBerry sans aucune difficulté.

      Mathilde Saliou : C’est terminé depuis ce week-end ?

      Frédéric Bordage : Depuis un certain nombre de semaines, ça devient vraiment très compliqué de l’utiliser parce que je n’ai plus de roaming, donc, si je veux téléphoner dans ma voiture, je ne peux plus téléphoner sans qu’à chaque fois que je saute d’une antenne-relais à une autre antenne-relais la conversation se coupe toute seule, il faut que je relance. On capte de moins en moins souvent et de moins en moins bien en 2G et en 3G parce que les opérateurs libèrent des bouts d’antennes-relais pour mettre à la place de la 4G et de la 5G, ça devient donc vraiment compliqué.

      Mathilde Saliou : Pourquoi avez-vous décidé de garder ce téléphone le plus longtemps possible ?

      Frédéric Bordage : D’une part c’est très simple, très efficace, ça fait le job et j’ai juste besoin d’un téléphone qui téléphone et qui envoie des SMS, première raison.
      La deuxième raison c’est que, compte-tenu de mon parcours et de ce que je fais, c’est-à-dire conseiller des entreprises pour qu’elles réduisent les impacts environnementaux de leur système d’information, donc réduire les impacts du numérique, c’était essentiel de montrer l’exemple et de ne pas être dans la surenchère du smartphone dernière génération. L’ambition que j’ai, en conservant et en utilisant tous les jours ce BlackBerry, c’est de démontrer que c’est tout à fait possible d’avoir une vie normale avec un téléphone qui téléphone et qui envoie des SMS.
      Une autre raison me pousse, ces derniers jours, à abandonner mon BlackBerry, contre mon gré, c’est la mise en place par les banques d’une double authentification qui repose exclusivement sur un smartphone. Aujourd’hui, c’est obligatoire d’avoir un compte en banque et on accède à sa banque en ligne. Avec cette double authentification sur smartphone, il n’est plus possible d’avoir un compte en banque en ligne si on n’a pas de smartphone.

      Mathilde Saliou : En 2004, vous avez lancé Green IT. Qu’est-ce que c’est et pourquoi, à ce moment-là, lancer cette association ?

      Frédéric Bordage : En 2004, j’ai lancé le collectif Green IT [2], un collectif d’experts indépendants à l’origine des démarches de sobriété numérique, numérique responsable, écoconception de services numériques et, plus récemment, de la slow tech. Pierre Rabhi [3] s’était présenté à l’élection présidentielle de 2002. Toutes les personnes qui se sont intéressées sérieusement à cette élection ont découvert qu’il existait une autre voie, celle la sobriété heureuse. Cela m’a fait prendre conscience des impacts environnementaux du numérique dont on parlait très peu à l’époque, de la notion de développement durable dont on parlait aussi très peu en 2002. Ayant un profil technique d’informaticien, je me suis demandé comment je pouvais faire ma part, tout simplement. Je me suis posé la question : ne peut-on pas avoir une vie numérique plus sobre, mais tout aussi heureuse et satisfaisante ? C’est comme cela qu’est né le collectif Green IT, qui est devenu une association reconnue d’intérêt général, qui fournit des outils concrets pour aider au quotidien les entreprises et les particuliers à mettre en œuvre cette démarche de sobriété numérique.

      Mathilde Saliou : À l’époque, avez-vous trouvé des personnes avec qui discuter de ces sujets, que ce soit en France ou à l’international ?

      Frédéric Bordage : En 2004, nous étions tout seuls dans le monde, vraiment, c’était Sancho Panza sur son âne, avec sa lance, qui se battait contre des moulins à vent d’une certaine façon. D’ailleurs, j’ai choisi à l’époque le nom de Green IT qui était un nom propre puisqu’on parlait uniquement de green computing. Il se trouve que quelques années après le terme Green IT s’est imposé comme un nom commun.
      En 2006, est né à Grenoble le GDS EcoInfo [4], un groupement de rechercher et de service au sein du CNRS, qui a été le deuxième acteur historique important sur ce sujet-là. Et après, à partir de 2008, on a commencé à s’intéresser un peu plus sérieusement au sujet, quand je dis « on » c’est la société française, puisque, entre-temps, Al Gore et le GIEC avaient obtenu le prix Nobel de la paix, entre-temps, il y avait eu un engouement sur ces problématiques climatiques, mais, au début nous étions vraiment tout seuls et, dans le reste du monde, il n’y avait rien du tout.

      Mathilde Saliou : Quand vous vous mettez à travailler sur le sujet, comment définissez-vous le sujet ? Aujourd’hui, quand on se promène sur le site de Green IT, on tombe sur plein de termes qui sont utilisés dans les cercles de réflexion qui sont désormais plus nombreux : sobriété numérique, low-tech, vous venez de parler de slow tech aussi ; il y a même un glossaire. Pourquoi autant de termes et comment résumer tous les sujets qui vous intéressent ?

      Frédéric Bordage : Pour faire simple, on s’intéresse à la rencontre entre le développement durable et le numérique. On essaye d’appliquer la démarche de développement durable au numérique, c’est-à-dire avoir un numérique qui soit le plus respectueux possible du vivant, voire qu’il contribue à réparer le vivant, tout en sachant que dès lors qu’on fabrique un équipement numérique on a des impacts environnementaux directs négatifs. On s’intéresse aux trois dimensions du développement durable : environnementale, sociale et sociétale, même sanitaire, et économique [Ajouté par l’intervenant].
      On s’est rendu compte que pour pouvoir appliquer cette démarche de développement durable au numérique, on allait avoir différents interlocuteurs – des entreprises, des particuliers –, qui n’allaient pas suivre exactement la même démarche : une entreprise applique une démarche de Green IT ; un particulier adopte une posture et une démarche de sobriété numérique. Ce sont des démarches tout à fait complémentaires mais un petit peu différentes. La notion de slow.tech [5] a émergé depuis. On trouve la low-tech [6] géniale. Mais on sait que pour glisser vers un monde 100 % low-tech demain, il va falloir, à court terme, proposer un chemin intermédiaire, une voie médiane, c’est ce qu’on appelle la slow.tech. Cette démarche vise à créer des services numériques qui s’appuient uniquement sur les composants high-tech indispensables et elle remplace les composants numériques non indispensables par des composants low-tech. C’est ce qu’on désigne par l’appellation slow.tech.
      Il y a effectivement pas mal de vocabulaire autour de ce sujet-là. Ce que j’aime retenir que le numérique le plus responsable, le plus durable, c’est celui qui respecte le vivant.

      Mathilde Saliou : Pour définir un numérique qui respecte le vivant, je suppose qu’il est utile de parler d’analyse du cycle de vie des produits. C’est un concept qui est fréquemment utilisé quand on s’intéresse aux impacts environnementaux du numérique et il permet de s’intéresser à toute la chaîne de production. Pourriez-vous expliquer ce que c’est et montrer un peu les différents impacts que la tech a selon les étapes de sa fabrication et de sa consommation ?

      Frédéric Bordage : La clé, pour quantifier les impacts environnementaux du numérique, c’est d’utiliser la méthodologie, qui est d’ailleurs la seule méthodologie internationalement reconnue, qui s’appelle l’analyse du cycle de vie et le standard nous indique quatre étapes :

      – la fabrication de nos engins numériques, nos smartphones nos ordinateurs, etc.
      – la distribution : il va sortir d’usine et il va arriver jusque chez nous
      - la phase d’utilisation
      - et puis évidemment, la quatrième étape qui est la phase de fin de vie.

      C’est essentiel de penser les impacts environnementaux du numérique au travers de ce cycle de vie complet. Il y a à peu près 16 crises environnementales et sanitaires majeures. Le numérique, en France, contribue principalement à quatre d’entre elles. Il ne contribue pas de la même façon selon l’étape du cycle de vie où on se situe. Par exemple, en France, l’empreinte du numérique est constituée à 52 % par l’épuisement de ressources abiotiques, c’est-à-dire des ressources naturelles non renouvelables comme les métaux, les minéraux, et les ressources fossiles. Ces impacts sont essentiellement liés à la fabrication de nos équipements.
      Le deuxième impact est constitué par les radiations ionisantes, principalement associées à la production de l’électricité dans une centrale nucléaire. Cela a potentiellement un impact sur la santé des êtres humains et des écosystèmes. Ces impacts ont lieu au cours de la phase d’utilisation de nos équipements numériques.
      En troisième position, on a à peu près 11 % des impacts du numérique en France qui sont des émissions de gaz à effet de serre. Ces émissions de gaz à effet de serre contribuent au réchauffement global qui, lui-même, a un impact sur le changement des climats locaux.
      Pour pouvoir quantifier ces impacts avec autant de détails, il faut faire une analyse du cycle de vie, résumée par le sigle ACV, cela nous permet ensuite d’agir efficacement.

      Quand on regarde la structure des impacts environnementaux du numérique, en France ou ailleurs, on a globalement 2/3 à 3/4 des impacts qui sont liés à la fabrication des équipements, étape qui a lieu essentiellement en dehors de la France, et 1/3 ou 1/4 est lié à l’utilisation des équipements. Quand on connaît cette répartition, il est évident que les clés fondamentales pour réduire notre empreinte numérique sont :

      - fabriquer moins d’équipements,
      – faire en sorte que ceux qui existent durent le plus longtemps possible
      – et enfin être plus sobres dans nos usages, c’est-à-dire arbitrer ce qu’on fait avec le numérique qui reste sur terre.

      On doit comprendre un point clé : le numérique est une ressource non renouvelable, qui s’épuise à très grande vitesse, ce n’est pas en siècles qu’on compte le moment où on aura épuisé le numérique, c’est en décennies. Dès lors, en tant que société humaine, que souhaitons-nous faire, avec nos dernières réserves de numérique ? Est-ce qu’on souhaite permettre à nos enfants de passer des IRM, de se soigner grâce au numérique, de modéliser le climat grâce au numérique ? Ou est-ce qu’on souhaite augmenter indéfiniment la taille de l’écran qui trône au milieu de notre salon, changer nos smartphones tous les deux ans ? C’est un choix de société à faire, qui est critique aujourd’hui, parce que nous sommes tous totalement dépendants du numérique. Vous êtes des accros, je suis un junkie, bienvenue à la réunion du numérique anonyme ! Si on nous prend notre smartphone et notre ordinateur, qu’on ne nous les rend plus jamais, on ne peut plus fonctionner à titre individuel et professionnel. L’État, la nation française ne fonctionnent plus, l’Europe ne fonctionne plus. En fait, notre société occidentale ultra connectée s’écroule si on n’a plus de numérique. Or, les études montrent qu’au rythme actuel de consommation des ressources non renouvelables, dans quelques décennies nous n’aurons plus de quoi fabriquer de haute technologie, de high-tech. Il y a donc un enjeu, une urgence [Ajouté par l’intervenant] à adopter cette posture de sobriété numérique.

      Mathilde Saliou : Est-ce que vous pouvez expliquer cette idée selon laquelle il n’y aurait plus de numérique d’ici une dizaine d’années ? Concrètement, que va-t-il manquer exactement ?

      Frédéric Bordage : Quand on cherche à comprendre à quel rythme les ressources, notamment les métaux et les minéraux avec lesquels on fabrique le numérique, mais aussi toute la haute technologie, les éoliennes, les panneaux photovoltaïques, etc., auront disparu, on fait des calculs entre ce qu’on appelle les réserves rentables et le rythme auquel on consomme ces réserves rentables. Les réserves rentables sont les réserves qu’on connaît et qu’on peut exploiter à un coût humain, technologique, économique, acceptable. Cela nous permet de calculer qu’il nous reste des décennies et pas des siècles. D’ailleurs, la ressource qui aura disparu en premier c’est l’antimoine, au rythme actuel en tout cas. C’est pour cela que quand on fait des analyses du cycle de vie standards on compte en kilo équivalent antimoine, parce que c’est la ressource qui aura disparu le plus tôt, c’est pour cela qu’on ne compte pas en kilo équivalent en fer ou en kilo équivalent un autre métal.
      Aujourd’hui, on sait même à peu près dans quel ordre chaque ressource va disparaître.
      L’épuisement des ressources de type métaux et minéraux est directement lié à l’épuisement des ressources fossiles. On extrait l’or, l’argent, le zinc et les autres métaux avec du gasoil qui alimente les excavatrices. Donc, si on n’a plus d’énergie fossile, on n’a plus de métaux.
      Les aciéries fonctionnent au charbon, si on n’a plus de charbon, on n’a plus de métaux.
      Par ailleurs, dans la haute technologie comme le numérique, on utilise aussi des sous-produits d’autres boucles industrielles, qui n’existent pas l’état naturel. Qui sont par exemple des sous-produits de la métallurgie. Le recyclage est une vue de l’esprit dans le domaine du numérique puisque, si on veut fabriquer toujours plus de smartphones, il faut fabriquer toujours plus d’autres trucs à côté. On comprend donc que la notion d’économie circulaire, de recyclage, etc., est une notion complètement fumeuse au niveau du numérique.

      Mathilde Saliou : Dans ce que vous dites, on entend qu’il y a beaucoup de questions de priorisation, des choix complexes, des choix politiques à priori. Dans les 20 dernières années, dans quelle mesure avez-vous vu l’intérêt pour ces sujets évoluer ? Y a-t-il des forces politiques qui sont déjà en train de travailler à la manière de faire ces choix ?

      Frédéric Bordage : Sur la notion de matériaux nécessaires pour que le monde high-tech d’aujourd’hui continue d’exister, on peut dire que la prise de conscience a été assez tardive par exemple par rapport à celle du climat et que, jusqu’à il n’y a pas si longtemps, c’était une question réservée aux ferrailleurs, quelque part.
      La reprise économique a été très rapide après le Covid et a créé des pénuries. On s’est alors rendu compte qu’un certain nombre de ressources n’étaient pas accessibles en quantité infinie, tout de suite, de façon instantanée.
      Depuis la reprise du Covid, les pays occidentaux se sont rendus compte que nos industries, celles qu’on a conservé, sont totalement dépendantes d’autres pays, notamment des pays émergents. Cela fait une vingtaine d’années qu’il y a une guerre économique entre certains pays dans le monde, par exemple sur les terres rares, notamment avec la Chine. On a donc pris conscience très progressivement de notre dépendance à ces matériaux. Assez récemment, en Europe comme en France, les pouvoirs politiques ont décidé de faire de ces ressources des ressources stratégiques et de ré-internaliser, en Europe et en France, les mines. On veut rouvrir des mines en Europe et en France ! C’est complètement anachronique, il faut le dire. C’est très compliqué et très long d’ouvrir des mines, il faut entre 10 et 20 ans avant que ce soit réellement en exploitation et cela engendre beaucoup de pollution et d’émission de GES . Or, le GIEC nous dit qu’on a moins d’un an, d’ici fin 2025, pour avoir atteint l’asymptote de nos émissions de gaz à effet de serre et que d’ici 2030 on doit les avoir divisés par deux. C’est complètement contradictoire de vouloir protéger le climat et rouvrir des mines dans les pays occidentaux. On ne devrait pas en ouvrir plus. On devrait faire des choix : que fait-on avec les mines qui sont déjà ouvertes ? Qu’est-ce qu’on fabrique ? Toutes ces problématiques sont liées : si on veut extraire plus de métaux, on va émettre plus de gaz à effet de serre et, si on émet plus de gaz à effet de serre, on n’atteint pas nos objectifs climatiques.
      Les pouvoirs publics ont conscience, aujourd’hui, de la problématique stratégique des matériaux permettant de fabriquer le numérique, mais leur réponse est inadaptée puisqu’elle se résume par « ouvrir toujours plus de mines », ce qui ne résoudra pas le problème de fond.
      En plus, on a un certain nombre de matériaux qui sont très mal répartis sur Terre et qui ne sont pas disponibles en France ou en Europe.
      En plus, il y a un coût économique et un coût environnemental pour extraire ces ressources. Prenons l’exemple de l’extraction des terres rares. Malgré leur nom, ce sont des métaux qui dopent les propriétés physico-chimiques d’autres métaux. Si on a externalisé l’extraction de ces terres rares en Chine, c’est parce que, d’un point de vue humain, d’un point de vue sanitaire, d’un point de vue du coût économique et du coût environnemental, cette extraction est catastrophique. C’est pour cela qu’on ne les extrait plus chez nous.
      Entre la non-disponibilité de certains métaux, le coût environnemental et sanitaire [Ajout de l’intervenant] de l’extraction de ces métaux, on voit qu’on est face à une barrière minéralogie qu’il va falloir commencer à accepter.

      Mathilde Saliou : Si on commençait à l’accepter, il faudrait encore travailler sur les parties suivantes du cycle de vie. À priori, la question des usages numériques et celle du recyclage sont des domaines sur lesquels on peut travailler en France et en Europe. Y a-t-il eu des évolutions notables sur ces questions ?

      Frédéric Bordage : Si on veut économiser le numérique, ce n’est pas tant sur les usages qu’il faut travailler mais plutôt sur les durées de vie et les taux d’équipement. C’est vraiment là-dessus parce que 3/4 des impacts sont liés à la fabrication des équipements. Une fois qu’ils sont fabriqués, ce qu’on fait avec ne change plus grand-chose.
      Il faut donc vraiment se focaliser sur la durée de vie. Pour augmenter la durée de vie, on devrait avoir des durées de garantie légale qui soient proches de la durée d’usage réelle, c’est-à-dire qu’un smartphone, si on l’utilise correctement, devrait être garanti cinq ans et pas deux ans.
      En termes de taux d’équipement, c’est un peu plus compliqué. Il faut faire prendre conscience qu’on n’a pas loupé sa vie à 40 ans si on n’a pas une connectée et que se suréquiper avec des équipements numériques c’est réduire les chances de nos enfants de se soigner demain avec du numérique. Tôt ou tard, il faudra légiférer.
      On peut travailler sur les usages, mais cela n’aura que peu d’effets. Si tout le monde arrête d’utiliser le réseau internet en France, c’est-à-dire plus du tout d’usages numériques connectés, on fait baisser sa consommation électrique de seulement 30 % [Note de l’intervenant]. L’effet est relativement faible en termes de réduction de coûts environnementaux par rapport au coût global du numérique.
      Le numérique, avec ses usages actuels, c’est 40 % du budget annuel soutenable d’un Européen. Un Européen a un budget soutenable, par exemple pour les gaz à effet de serre, de 985 kilos équivalent CO2 par an qu’il peut émettre pour ne pas dépasser les limites planétaires. Ces émissions dues aux usages du numérique représentent environ 400 kilos de gaz à effet de serre, soit 40 % de son budget annuel soutenable. C’est monstrueux ! C’est dix fois trop !
      [Partie supprimée par l’intervenant, NdT.

      Mathilde Saliou : Cela commence à entrer relativement dans le débat public ces dernières années, notamment quand il y a eu des grosses canicules, avec la question de l’eau. On a vu, par exemple à Amsterdam et à Londres, je crois, coup sur coup la même année, aux Pays-Bas Microsoft qui consomme beaucoup trop d’eau alors qu’on est déjà en période de stress hydrique et à Londres une autre entreprise dont les datacenters sont en shutdown, pour le coup, parce qu’ils ont trop chaud.
      Ces datacenters sont des équipements qu’on voit peu en tant que grand public, mais qui sont essentiels pour le fonctionnement de nos outils numériques. Cela dit, il en va même de l’intérêt économique de ceux qui les fabriquent de les rendre plutôt efficaces en termes environnementaux. Les avez-vous vus évoluer d’une manière ou d’une autre ?

      Frédéric Bordage : Oui. On a beaucoup parlé des terminaux depuis le début de l’interview, mais on a deux autres composants qui sont les réseaux et les centres informatiques, les fameux datacenters.
      En ce qui concerne les datacenters, des progrès considérables ont été faits par les acteurs des datacenters, parce qu’ils ont un intérêt économique à consommer moins d’électricité, à la fois au niveau des serveurs mais aussi pour refroidir les serveurs. Ils ont aussi un intérêt économique à consommer moins d’eau.
      Entre les terminaux utilisateurs, le réseau et les datacenters, le composant qui a beaucoup évolué de façon positive ces dernières années, ce sont les datacenters. On a divisé par trois leur consommation électrique en 20 ans pour le même nombre de traitements réalisés [et des quantité de données stockées qui ont été multipliées par un facteur supérieur à un million [Ajout de l’intervenant]. Mais comme on a besoin de toujours plus de traitements informatiques et de stocker toujours plus de données, on augmente le nombre de datacenters, donc en valeur absolue, même s’ils sont plus performants et plus efficients, l’impact des datacenters continue d’augmenter dans le monde. C’est ce qu’on appelle un effet rebond.
      Pour progresser en termes de performance environnementale, les datacenters appliquent aujourd’hui des démarches de bon sens, mais qui étaient encore révolutionnaires il y a 15 ans. Par exemple le free cooling qui consiste à utiliser le froid de l’extérieur - l’air froid ou l’eau froide - pour ne pas avoir à produire artificiellement du froid. Ça permet de réduire considérablement la consommation électrique du datacenter. Pour pouvoir faire cela, on utilise des équipements qui répondent aux exigences techniques ASHRAE [American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning Engineers] classe A3 à A4. C’est un « gros mot » qui indique simplement qu’ils fonctionnent à des températures plus élevées, avec des variations hygrométriques qui peuvent être plus importantes. Donc, en gros, on n’a plus besoin de datacenters où il fait 18 degrés en permanence, avec un niveau d’hygrométrie hyper stable. On peut avoir beaucoup plus de fluctuations. On va évidemment confiner les serveurs pour avoir moins d’air froid à produire ou à apporter. On peut mettre en œuvre tout un tas de bonnes pratiques, qui sont généralisés aujourd’hui dans les datacenters, pour réduire notamment leur consommation électrique.
      Il n’empêche que nous, les consommateurs du numérique, nous sommes à l’origine de la prolifération des datacenters. Si on consomme moins de services numériques et uniquement les services numériques les plus essentiels, alors on aura besoin de moins de datacenters. Il y a donc quand même un lien entre les consommateurs des services numériques et la croissance des datacenters, même si on n’est pas totalement responsable puisque les GAFAM et autres cloud providers et fournisseurs de services numériques poussent de nouveaux services qu’on n’a pas demandés, par exemple l’essor des IA génératives ces dernières années, alors qu’on s’en passait très bien [jusqu’à ce que les GAFAM nous les proposent [Ajout de l’intervenant].
      Il faut à la fois que nous prenions nos responsabilités en tant qu’utilisateurs du numérique, mais aussi qu’on encadre, qu’on légifère sur ce qu’on fait avec les dernières réserves de minerais qui sont à notre disposition.

      Mathilde Saliou : Quand vous dites que les datacenters se sont améliorés au fil des dernières années parce qu’ils avaient un intérêt économique à le faire, si ça n’évolue pas côté terminaux, c’est aussi qu’à priori ce n’est pas dans l’intérêt économique des fabricants des terminaux. Il y a, derrière, un problème de modèle économique qui n’est pas cohérent.

      Frédéric Bordage : Oui. On a beaucoup progressé ces dernières années au niveau des datacenters parce qu’il y avait un intérêt économique de la part des opérateurs de datacenters à être plus efficients d’un point de vue énergétique.
      Si on progresse moins vite du côté des terminaux utilisateurs, c’est clairement qu’on est toujours dans le modèle du jetable et qu’il n’y a pas de modèle économique pour des smartphones qui durent très longtemps. En tout cas, ces modèles économiques ne sont pas encore généralisés.
      Cependant, on peut quand même noter un point important. Un certain nombre d’acteurs, dans le monde des smartphones par exemple, commencent à proposer des durées de mise à jour longues, je pense par exemple, et je ne fais pas de publicité, à Google qui propose des mises à jour jusqu’à huit ans pour ses smartphones Pixel haut de gamme. On a évidemment les acteurs du Fairphone [7], qui proposent des durées de mises à jour encore plus longues qui permettent de conserver très longtemps son smartphone.
      Certains acteurs font le « job », entre guillemets, concernant la durée de mise à disposition des mises à jour, mais Samsung, par exemple, ne propose que deux ans de mises à jour. Encore une fois, il faut que les pouvoirs publics légifèrent pour contraindre ces acteurs à proposer des mises à jour pendant au minimum cinq ans et une durée de garantie légale de cinq ans pour que nous puissions conserver plus longtemps nos smartphones. C’est d’ailleurs ce que vient de faire la Commission Européenne [Ajout de l’intervenant].

      Mathilde Saliou : Si je reprends l’exemple de votre BlackBerry qui vous pose aujourd’hui problème pour des raisons de sécurité numérique, selon vous quelle serait la bonne manière de procéder pour la société, en gros ? Faut-il choisir, par exemple, entre plus de sécurité numérique ou plus de durabilité des outils ? Y a-t-il une troisième voie ?

      Frédéric Bordage : L’exemple du BlackBerry est intéressant. Avec un BlackBerry, on ne peut plus avoir de compte en banque aujourd’hui puisqu’il faut un smartphone de dernière génération pour s’authentifier avec une authentification double facteur. Il y a deux solutions pour pallier cette problématique et conserver le plus longtemps possible nos équipements.
      La première, c’est de limiter les usages du numérique au niveau bancaire. Il n’y a jamais eu autant de vols d’argent dans les banques depuis que les banques sont toutes connectées et numériques. Il y en avait moins avant parce qu’il fallait se déplacer physiquement pour vider concrètement le coffre. On peut imaginer des solutions low-tech un peu radicales.
      Il y a aussi des alternatives. Il existe des petites cartes à puce ou clés numériques physiques qui génèrent aléatoirement, en permanence, la clé de cryptage de l’authentification double facteur. On peut donc très bien imaginer avoir ce petit ustensile pour la banques et pour nos usages critiques – santé, etc. – [Ajout de l’intervenant] qui permettent de conserver un téléphone standard ou un BlackBerry qui a dix ans. [Partie supprimée par l’intervenant].

      Mathilde Saliou : Encore de l’innovation à faire dans le domaine de la sécurité avec l’angle environnemental en tête du coup.

      Frédéric Bordage : Oui. Ce que je trouve formidable c’est qu’on nous impose une double authentification avec un smartphone. Mais, le smartphone, c’est une exposition supplémentaire à des risques de piratage. Quand j’étais jeune, si on voulait voler de l’argent, il fallait braquer la banque avec un flingue. Aujourd’hui, il suffit de pirater un smartphone [Note de l’intervenant].

      Mathilde Saliou : Salut. Rapide message pour vous dire que si vous aimez les podcasts de Next, nous laisser cinq étoiles sur la plateforme avec laquelle vous nous écoutez nous aide beaucoup. Vous pouvez aussi nous laisser en commentaire le nom d’experts ou d’expertes du numérique que vous aimeriez nous entendre interviewer. Allez, je vous laisse. Bonne écoute !

      Depuis deux ans, il y a beaucoup de bruit autour de l’intelligence artificielle qui, en soi, a derrière plein de techniques qui ne sont pas neuves, etc. Pour vous, qu’est-ce que ça soulève comme questions, puisque pour ce qu’on en sait aujourd’hui, les modèles qui font le plus de bruit sont quand même très consommateurs ? Qu’est-ce que ça provoque chez Green IT de voir de l’IA partout ?

      Frédéric Bordage : L’intelligence artificielle, c’est clairement le sujet hype, à la mode. Nous ne savons pas en calculer les impacts environnementaux. Nous savons très bien le faire techniquement, mais nous ne pouvons pas le faire tant que OpenAI, MistralAI, tous les acteurs de l’intelligence artificielle refuseront de nous donner leurs données d’inventaire, c’est-à-dire de nous dire sur quels types de serveur, sur combien de serveurs, etc., leurs modèles sont entraînés et combien il y en a derrière quand on prompte, c’est-à-dire qu’on fait une demande à une intelligence artificielle pour générer quelque chose. Tant que nous n’avons pas ces données-là, nous ne pouvons pas faire de calculs. Énormément de chiffres circulent sur les impacts environnementaux de l’IA, nous n’en voyons aucun qui soit fiable. Aujourd’hui on ne sait pas.
      On a quand même des indices. On a les rapports de Microsoft et de Google qui disent que, finalement, ils ne seront pas « net zéro » en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Ils disent que c’est à cause de l’IA, mais c’est aussi à cause du cloud qui se développe de plus en plus et ils ne disent pas précisément quelle est la part du cloud et la part de l’IA. On a effectivement des indices qui nous disent que l’IA risque d’avoir un impact important d’un point de vue environnemental. Encore une fois, ça va dépendre de ce qu’on fait avec cette technologie qui est formidable : grâce à l’IA on peut détecter des choses qu’on ne détecterait pas, on peut modéliser le climat, c’est quand même une formidable technologie. La question c’est : qu’est-ce qu’on veut en faire ?
      Les impacts environnementaux de l’IA seront importants, énormes, colossaux, si on fait n’importe quoi avec. C’est toujours la même mécanique. Entre passer trois jours à faire des recherches sur Internet pour synthétiser tout ce qu’on trouve sur le Web ou faire un prompt sur ChatGPT et obtenir, en trois secondes, des chiffres qu’on aurait mis trois jours à trouver avec des moteurs de recherche classiques, l’IA peut nous faire gagner du temps et peut-être économiser des impacts environnementaux, si elle est bien utilisée, dans certaines conditions, etc.
      C’est compliqué de savoir si l’IA aura un bilan positif ou négatif sur l’environnement.
      Son bilan direct est forcément négatif : dès lors qu’on rajoute un ordinateur on a plus d’impacts. Par contre, comme pour toute technologie, son bilan indirect peut être potentiellement positif, tout dépend de ce qu’on fait avec l’IA.

      Mathilde Saliou : Du coup, faudrait-il légiférer ?

      Frédéric Bordage : C’est clair, c’est une évidence qu’il faut légiférer sur l’IA, comme on aurait dû le faire sur plein d’autres technologies numériques, puisque on n’a plus assez de numérique à notre disposition. On sait que d’ici quelques générations le monde sera inéluctablement plus low-tech, que ça nous plaise ou pas. On devrait donc éviter, aujourd’hui, que cette technologie qu’est l’IA soit dévoyée pour tout un tas d’usages anecdotiques et qu’on consomme les dernières réserves de ressources à notre disposition pour fabriquer de la haute technologie. On devrait légiférer en urgence sur l’IA, mais aussi sur un certain nombre d’autres technologies numériques, pour essayer de freiner cette consommation effrénée de ressources à partir desquelles on fabrique le numérique.

      Mathilde Saliou : Si on va jusqu’au bout du cycle de vie d’un outil, il y a quand même la question de la fin de vie et du recyclage. Plus je creuse, plus j’ai l’impression que le recyclage ne fonctionne pas très bien. Tout à l’heure, vous disiez que le recyclage du numérique est une vue de l’esprit. Pourriez-vous expliquer un peu pourquoi ?

      Frédéric Bordage : Parce que plus on avance dans le temps et plus les équipements numériques – nos smartphones, nos ordinateurs –, sont petits, légers, ce qui veut dire que plus les composants qu’on a à l’intérieur sont petits. Dans un smartphone, par exemple, on a 40 métaux qui sont intriqués moléculairement les uns dans les autres. Quand vous voulez désintriquer ces molécules pour récupérer les molécules de cuivre, d’argent et toute autre molécule, vous devez avoir des procédés physico-chimiques qui sont extrêmement coûteux d’un point de vue environnemental, pour la plupart d’entre eux. Si ce n’est pas réalisé dans des conditions absolument contrôlées, optimum, ce qui est rare, recycler rajoute des impacts environnementaux. Les données officielles de la Commission européenne montrent que sur les 40 métaux qu’il y a dans un smartphone, on en recycle peut-être deux ou trois à un taux élevé. On n’en recycle pas plus soit parce que, techniquement, on ne sait pas faire, soit parce que ce n’est pas rentable.
      Même les rares procédés rentables sont potentiellement dangereux pour l’environnement [Ajout de l’intervenant]. Par exemple, quand on récupère l’or d’un microprocesseur, on le trempe dans un bain d’acide chlorhydrique. Ensuite on le passe dans un haut-fourneau. Une fois qu’il a été passé dans un haut-fourneau, on fait une électrolyse extrêmement consommatrice en électricité. On récupère l’argent, puis le cuivre, avec la troisième électrolyse on récupère l’or qui reste et on précipite les petites paillettes d’or qui restent en plongeant la plaque d’électrolyse dans un bain de cyanure. Ensuite, on passe à nouveau tout ça dans un haut-fourneau. Au final, le matériau passera dans trois ou quatre fourneaux et in fine, si tout cela est réalisé dans des conditions optimales, on finira par obtenir de l’or recyclé en qualité suffisante pour faire des implants dentaires, mais pas pour fabriquer de nouveaux équipements numériques [Note de l’intervenant]. [Partie supprimée par l’intervenant].

      Mathilde Saliou : Quelles pistes recommanderiez-vous dans ce cas-là ?

      Frédéric Bordage : Il y a deux pistes fondamentales très efficaces à court terme.
      Il faut allonger la durée de vie des équipements et éviter de se suréquiper.
      Comme on recycle très mal et très peu, réemployer donne plus de temps à la filière du recyclage pour essayer de trouver des procédés plus efficaces. Dans le cadre de l’allongement de la durée de vie des équipements, le réemploi est une des pistes absolument critique pour réduire notre empreinte numérique globalement. Mais elle ne fonctionne qu’à court terme : pour réemployer, il faut avoir des équipements à réemployer. Ce n’est donc qu’une piste à court terme mais très efficace qu’on devrait déjà avoir largement développée, ce qui n’est pas encore le cas.
      La deuxième piste, plus difficile à mettre en oeuvre, est celle de l’écoconception. L’écoconception consiste à faire en sorte que, pour accéder au service x ou y – trouver l’horaire d’un train, prendre rendez-vous chez le médecin, etc. –, il y ait moins de serveurs dans les datacenters, qu’on consomme moins de bande passante et qu’on puisse utiliser ces services sur des smartphones ou des ordinateurs vieillissants, par exemple sur mon BlackBerry. L’idée de l’écoconception est aussi simple que ça. C’est techniquement assez facile à mettre en œuvre, mais, pour des raisons psychologiques, on a encore du mal à activer les pistes d’écoconception les plus radicales et efficaces : elles sont souvent perçues comme un retour à l’âge des cavernes, alors même que nous avons des retours d’expériences très positifs, qui montrent que quand on est un peu radical dans l’écoconception, cela satisfait beaucoup les utilisateurs. Mais on a une strate de décideurs marketing, certains product owners qui pensent que l’innovation rime forcément avec toujours plus de technologie de dernière génération, alors même qu’on peut, créer des services numériques un peu moins technologiques, qui répondent encore mieux aux utilisateurs.
      L’écoconception est clairement une des deux pistes fondamentales avec le réemploi.

      Mathilde Saliou : Est-ce que vous pouvez donner un exemple concret de cas où des utilisateurs étaient très satisfaits d’un service en écoconception ?

      Frédéric Bordage : Je peux vous donner un exemple d’écoconception, ce que nous appelons aujourd’hui la slow tech, qui est le quatrième niveau d’écoconception sur quatre. C’est un service de prévision pluviométrique pour des agriculteurs. Il reposait sur une application smartphone 4G avec un supercalculateur à Toulouse pour les calculs de prévisions pluviométriques. Pour diviser par plus de 4 les impacts environnementaux, nous avons remplacé l’application 4G par de simples SMS qui alertent l’agriculteur lorsqu’il va pleuvoir en lui donnant quelques données techniques essentielles. Dans certains pays émergents, cibles de ce service, le taux d’illettrisme est parfois encore important. Nous avons donc remplacé le SMS par le tableau noir et la craie de l’instituteur de l’école du village ou le feutre et le tableau blanc Velleda du comptable de la coopérative agricole qui dessinent les prévisions pluviométriques ou les transmettent oralement aux personnes qui sont illettrées. Grâce à cette approche d’écoconception radicale – on est passé d’une application 4G à un simple SMS, voire un tableau noir et une craie – on a pu diviser par 4 les impacts environnementaux, tout en permettant à cette entreprise de conquérir le monde entier, c’est-à-dire tous les pays émergents où des agriculteurs n’ont pas forcément les moyens de s’équiper d’un smartphone 4G. Et, de toutes façons, en zone rurale il n’y a pas la 4G !
      Autre exemple : quand vous sautez « à l’arrache » dans un tram dans un certain nombre de villes en France, vous pouvez prendre un billet directement dans le tram pour ne pas être en infraction, mais il faut un smartphone dernière génération permettant de flasher un QR Code. Quand je saute dans le tram à Grenoble, j’ai juste à envoyer un SMS. Vous voyez que dans un cas on conserve son BlackBerry, dans l’autre il faut un smartphone dernier cri.
      On sait écoconcevoir des services numériques sans aucune difficulté. Cela évite en plus de créer de l’exclusion et de la fracture numérique, encore faut-il le faire.

      Mathilde Saliou : Du coup, ce qui est intéressant dans ce que vous dites, c’est que la friction la plus importante c’est plus une friction d’ordre psychologique, de réflexion, de vision du monde.

      Frédéric Bordage : Oui. Aujourd’hui, l’innovation se résume au progrès technique. Or les leviers qui sont à notre disposition pour atteindre un monde plus durable, sont d’abord des leviers sociaux, d’organisation, de changement de modèle économique, etc. Il y a vraiment un problème psychologique, dans les sociétés occidentales, qui pensent que si c’est plus technologique c’est mieux. Ce qui n’est pas forcément le cas. Les gens ne se rendent pas compte d’à quel point on est en train de consommer les dernières réserves rentables de métaux et de minéraux à partir desquels on fabrique le monde moderne, hyper technologique. Je pense que notre incapacité à bouger plus vite et plus profondément est directement liée à notre incompréhension d’où en sont les ressources physiques à partir desquelles on fabrique le numérique. Si on avait profondément conscience de l’état de ces ressources, je pense que tout le monde se mettrait dès aujourd’hui à les économiser.

      Mathilde Saliou : Qu’est-ce qui bloque, selon vous, cette prise de conscience ?

      Frédéric Bordage : Ce qui bloque, aujourd’hui, c’est que tout le monde est focalisé sur le climat. Aujourd’hui, quand on parle de développement durable, on nous dit « environnement » et ensuite on nous dit « environnement = climat ». L’humanité est monomaniaque. Il y a 16 crises environnementales et sanitaires majeures auxquelles on doit faire face. On a 16 trous au fond de notre barque et l’humanité ne regarde qu’un seul trou, celui du climat, en tout cas dans les pays occidentaux. Avec une telle approche, nous sommes certains de couler !
      Dans les pays occidentaux, les intérêts économiques et politiques détournent les dirigeant des autres problématiques environnementales. Il y a des enjeux politiques économiques qui font qu’on ne sensibilise pas suffisamment les peuples à ces problématiques.

      Mathilde Saliou : Comment allez-vous, au bout de 20 ans, à travailler sur ces sujets ?

      Frédéric Bordage : Il y a 20 ans, quand on a lancé Green IT, on pensait qu’il était encore temps d’agir sur les grandes crises environnementales et sanitaires majeures et surtout qu’on pouvait les infléchir suffisamment pour revenir au monde d’avant. Aujourd’hui, 20 ans plus tard, on se rend compte qu’il y a une inertie complètement folle au niveau de l’humanité et on sait que tout ce qu’on fait aujourd’hui, toutes les études qu’on publie, tous les travaux de sensibilisation qu’on fait, vont nous aider à s’adapter un peu plus vite à l’effondrement en cours. Le terme « effondrement » ne doit pas nous faire peur [Note de l’intervenant]. C’est intéressant de s’adapter. On n’a pas le choix alors on va le faire dans la joie et la bonne humeur. Par contre on a loupé l’opportunité de stabiliser la situation et de rester dans un monde qu’on maîtrisait. Le monde de demain va être très « rock’n roll » : ça va brasser et, probablement, ça va être assez violent. Il va falloir qu’on redevienne des MacGyver, qu’on soit ingénieux. Ca sera très intéressant en termes intellectuels, en termes d’adaptation. Mais, plus on attend, plus le monde de demain sera violent sur un certain nombre d’aspect.
      L’objectif de 1,5°C, c’est fini. La tendance est plutôt à 4 degrés ou plus. Même l’État français, pas forcément en avance sur ces sujets [Note de l’intervenant], commence à préparer le peuple français à cette perspective.
      Même si la situation peut paraître un peu catastrophique, c’est un constat qui est neutre, au quotidien on s’éclate à essayer de trouver les solutions qui ont le plus gros effet de levier en termes de réduction des impacts, à essayer de changer la façon de faire du numérique. C’est hyper intéressant et joyeux.

      Mathilde Saliou : Cette dépendance [au numérique] s’est faite quand même très rapidement. Moi-même je suis assez vieille pour me souvenir de l’arrivée de certains des nouveaux outils, je me souviens de l’iPod, je me souviens de l’arrivée des premiers BlackBerry. On a créé cette dépendance extrêmement rapidement.

      Frédéric Bordage : En moins de 50 ans, nous sommes devenus totalement dépendants de ces technologies. C’est intéressant. À l’échelle de la civilisation humaine, on se rend compte que 50 ans ce n’est rien. Nous sommes tout à fait capables d’aller vers un monde où il y a moins de numérique, moins critique. Nous sommes tout à fait capables de construire un avenir différent. Pour cela, il faut que cet avenir soit enviable. Or, aujourd’hui, dans la tête des gens, si ce n’est pas une solution sur un smartphone ou si ce n’est pas de la haute technologie, ce n’est pas enviable. Il faut déconstruire ce mythe de la technologie et proposer une alternative.
      Quand on pratique au quotidien la sobriété ou la frugalité, quand on pratique les moments de déconnexion numérique, on se rend compte à quel point c’est jouissif de ne plus être dépendant de ces outils, d’avoir du temps libre pour faire autre chose. Il faudrait pratiquement forcer les gens à redécouvrir le bonheur de ne pas être connecté.

      Mathilde Saliou : Qui l’eût cru !
      Après cette discussion renversante, un peu flippante par endroits, mais aussi joyeuse, en tout cas j’ai le sentiment que Frédéric Bordage nous transmet bien, en fin d’entretien, sa passion de la recherche de solutions pour s’adapter au monde qui change, au monde qui vient.
      Cet épisode va se terminer sur ces quelques mots qui, donc, invitent à la déconnexion.
      J’ai bien conscience du paradoxe étant donné que je l’ai fabriqué en passant des heures derrière mon ordinateur, que je vous parle à l’instant en enregistrant à mon micro, lui-même relié à un enregistreur acheté il y a un an. Néanmoins, j’espère que cet épisode vous aura autant passionnés que moi. Je vous donne rendez-vous dans deux semaines pour un deuxième épisode dans lequel on entamera une sorte d’analyse du cycle de vie de l’industrie du numérique dans son entier.
      Si cet épisode d’Écosystème vous a plu, faites-le savoir autour de vous, mettez-nous des étoiles, laissez-nous des commentaires, partagez-le, tout cela nous aide toujours à toucher de nouvelles personnes. Ça nous aide aussi à ouvrir la discussion, à créer des liens et, peut-être que ça donnera lieu à de nouvelles solutions, sait-on jamais !
      Si vous avez des idées, des pistes que vous voulez nous partager, n’hésitez surtout pas, venez nous retrouver sur Next, next.ink, on vous lit toujours avec grande attention.
      Écosystème est un podcast écrit et tourné par moi, Mathilde Saliou. Il a été réalisé par Clarice Horn et produit par Next.
      Pour nous retrouver, direction Bluesky, Linkedin, Mastodon ou bien Next, évidemment.
      À très vite.

      https://www.librealire.org/ce-que-la-tech-fait-a-la-planete

    • #Green_IT

      Le site GreenIT.fr

      Le site www.GreenIT.fr publie des actualités et des informations sur tous les sujets du green IT, de la sobriété numérique, de l’écoconception de service numérique, sur la slow.tech, etc. Il présente aussi les différents dispositifs de formation et d’accompagnement tels que le Benchmark Green IT. Enfin, il présente aussi les études publiées par l’association Green IT. C’est plus généralement un espace de réflexion sur la rencontre entre numérique et développement durable, ce que l’on appelle couramment le numérique responsable (définition).

      GreenIT.fr est édité bénévolement par Frédéric Bordage, avec le soutien de nombreux contributeurs et contributrices. Découvrez l’équipe GreenIT.fr.
      Le collectif Green IT

      Créée en 2004, le collectif Green IT fédère les experts à l’origine des démarches de sobriété numérique, numérique responsable, écoconception de service numérique, et slow.tech.

      Les membres du collectif se réunissent au sein de collèges spécifiques, notamment :

      – collectif conception numérique responsable (#CNumR) pour concevoir les outils et référentiels liés à l’écoconception et la conception responsable des services numériques ;
      - Club Green IT pour regrouper les « champions » du Green IT, de la sobriété numérique et du #numérique_responsable parmi les entreprises et collectivités.

      Depuis 20 ans, les expert.e.s du collectif Green IT ont produit des dizaines de livres, d’études exclusives, de méthodes, de référentiels, d’outils opérationnels, de guides, de lexiques, et de livres blancs, etc. pour aider les individus, les organisations, et les pouvoirs publics à passer à l’acte. Tous ces outils font référence. Ils sont disponibles gratuitement, sous licence ouverte (CC-By-NC-ND) et licences open source.

      Les membres du collectif coaniment aussi des opérations collectives telles que le Sprint REEN et le Benchmark Green IT.

      https://www.greenit.fr

  • Khrys’presso du lundi 14 septembre 2026
    https://framablog.org/2026/09/14/khryspresso-du-lundi-14-septembre-2026

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer … Lire la suite­­

    #Veille #Claviers_invités #GAFAM #Internet #Revue_de_web #Revue_hebdo #Surveillance #veille #webrevue

  • Sortir du capitalisme - Éléments pour une critique de l’intelligence artificielle
    https://sortirducapitalisme.fr/emissions/elements-pour-une-critique-de-lintelligence-artificielle
    https://spectremedia.org/podcast/elements-pour-une-critique-de-lintelligence-artificielle/?episode=2819

    L’épisode contient :
    – des définitions et exemples des différents types d’intelligence artificielle (à partir de 7min36)
    – une discussion du lien entre IA et automatisation (à partir de 15min11)
    – une brève histoire politique et économique de l’IA (avant les années 2000) (à partir de 17min58)
    – une présentation des acteurs politiques et économiques actuels de l’IA (après les années 2000) et de leurs stratégies (à partir de 25min14)

    Une discussion sur l’impact de l’IA sur le travail avec
    – une description du procès de travail dans le secteur de l’IA et son automatisation (à partir de 34min02)
    – l’impact/l’intérêt de l’IA dans un capitalisme en stagnation (à partir de 44min32)
    – la défense du principe que tout travail est automatisable (à partir de 57min34)
    – des témoignages sur l’impact de l’IA au travail (à partir de 1h5min40)
    – des précisions sur la notion de déqualification et la perspective d’un travail misérable pour nourrir des secteurs très automatisés (à partir de 1h8min24)
    – pêle-mêle, quelques dernières remarques sur l’IA et le travail : la division spatiale du travail ; l’automatisation d’un travail déjà dominé par le capital ; et l’hypothèse d’une prolétarisation des machines (à partir de 1h1min37)

    Enfin,
    – Un survol d’autres critiques de l’IA, notamment sur l’impact écologique et sur les utilisation ou biais discriminatoires de certaines IA (à partir de 1h16min30)
    – Un survol des luttes actuelles contre l’IA et son infrastructure (à partir de 1h20min37)

    https://spectremedia.org/podcast-download/2819/elements-pour-une-critique-de-lintelligence-artificielle.mp3

    #économie #capitalisme #intelligence_artificielle #IA #critique_techno

  • Le scandale qui pourrait coûter cher à l’extrême droite latinoaméricaine
    https://lvsl.fr/le-scandale-qui-pourrait-couter-cher-a-lextreme-droite-latinoamericaine

    Fernando #Cerimedo, architecte d’une vaste machine de désinformation qui a contribué aux percées électorales de l’extrême droite de l’Argentine à la Bolivie en passant par le Honduras, se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux en Bolivie. Il avait bénéficié de la technologie et des fonds fournis par les proches collaborateurs de Trump dans ses activités politiques. Accusée d’avoir commandité une tentative d’assassinat visant son ex-compagne, il a vu sa carrière brisée par une procédure judiciaire - qui pourrait avoir un retentissement bien au-delà du cas Cerimedo. Par Kurt Hackbarth, traduction Alexandra Knez.

    #International #L'Amérique_latine_en_question #Amérique_latine #Doctrine_Monroe #Donroe #Milei

  • La Caraïbe n’appartient à aucun imperator de pacotille : elle appartient à ses peuples

    Communiqué du front international de décolonisation

    Donald Trump, le Caligula de Washington, vient de publier une carte pour le moins délirante sur laquelle le drapeau des États-Unis recouvre le Canada, le Mexique, le Groenland, l’Amérique centrale et une grande partie de la Caraïbe, dont la Martinique et la Guadeloupe.

    On pourrait être tenté de ranger cette énième provocation parmi les innombrables extravagances agressives auxquelles Donald Trump et ses sbires nous ont habitués.

    Ce serait une erreur fatale.

    Car, derrière l’outrance du personnage, se dessine depuis plusieurs années une conception fascisante des relations internationales. En effet, prétendre rebaptiser le golfe du Mexique « golfe d’Amérique », menacer ouvertement de prendre le contrôle du Groenland, évoquer le Canada comme un possible 51e État des États-Unis, exiger le contrôle du canal de Panama, menacer d’envahir Cuba pour y installer des polichinels de son cercle intime et, désormais, diffuser une carte sur laquelle une grande partie du continent américain et de la Caraïbe disparaît sous le drapeau de l’oncle Sam, toutes ces élucubrations relèvent autant d’une folle prétention que d’une idéologie suprémaciste pestilentielle qui n’a même plus la décence de se cacher.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/09/12/la-caraibe-nappartient-a-aucun-imperator-de-pa

    #international

  • Quitter #Gmail, ils l’ont fait : les #conseils pour le grand saut

    De nombreux internautes ne veulent plus confier leurs mails, leur agenda ou leurs photos à Google. Migrer vers un service indépendant et respectueux des données personnelles est une véritable #transition. Voici notre tuto.

    Cette fois, c’est parti. Au mois d’août, Emmanuel a commencé à migrer sa boîte Gmail vers un autre service de messagerie. Cet ingénieur de 62 ans, domicilié en Gironde, l’envisageait depuis plusieurs années : « Les outils de Google sont géniaux, hyperperformants mais pas vraiment respectueux de la vie privée. » Le boom de l’intelligence artificielle générative l’a décidé à franchir le pas. « On connaît le mode de fonctionnement des entreprises capitalistes comme Google. Je ne veux pas qu’un jour son intelligence artificielle puisse venir chercher des informations dans mes messages. »

    Divorcer de Google… La démarche suscite un intérêt croissant si l’on en croit la quarantaine de réponses reçues à l’appel à témoignages de Reporterre. Sur le web, un collectif d’hébergeurs alternatifs a même lancé la campagne d’information #DéMAILnagement pour accompagner les candidats au départ.

    Il est vrai que les arguments sont légion : l’exploitation des données des utilisateurs, revendues à des fins publicitaires ; l’analyse du contenu de vos messages pour affiner les services fournis ; le poids environnemental de l’entreprise engagée dans la course à l’intelligence artificielle ; et la soumission au droit étasunien qui place ses utilisateurs à la merci de décisions prises à Washington — a fortiori par le pouvoir trumpiste.

    Des offres payantes ou à prix libre

    Mais à qui confier sa messagerie ? Les autres géants du web (#Microsoft, #Apple) du même acabit que Google n’étant pas une option, c’est parmi les alternatives respectueuses des #données_personnelles et « made in Europe » qu’il faut faire son choix. Les plus utilisées sont #Proton et #Infomaniak, deux entreprises suisses proposant une offre assez complète. Les services du français #Mailo et de l’allemand #Tuta font aussi figure de challengers. Et c’est sans compter les petits acteurs indépendants, sous statut associatif ou coopératif, moins connus du grand public.

    Au total, DéMAILnagement a retenu 39 solutions différentes : pour accéder à une sélection plus restreinte, adaptée à ses besoins, il propose de remplir un formulaire en ligne.

    Avec l’abandon de Gmail, la question du #coût se présente rapidement. Même si payer pour sa nouvelle messagerie n’est pas incontournable. Sur ce point, Google nous a très mal habitués. La plupart des internautes utilisent son écosystème, très riche, gratuitement. « En réalité, on le paye avec nos données, souligne Pauline, de l’hébergeur associatif #Paheko, qui participe à la campagne DéMAILnagement. Une adresse Gmail rapporte 50 dollars par an [43 euros] à Google en revenus publicitaires exploitant le profil de l’utilisateur. »

    Les principaux acteurs alternatifs disposent d’une version basique gratuite. Ces versions présentent des limitations, plus ou moins gênantes : présence de publicité chez Mailo, absence de service de cloud/drive chez Tuta, espace de stockage un peu juste pour la boîte mail (1 Go chez Proton, Mailo et Tuta)…

    De nombreux utilisateurs acceptent de payer pour une offre plus complète, y voyant le prix d’un service respectueux de la vie privée. Comptez 1 à 5 euros par mois pour les formules les plus courantes. « Certains acteurs associatifs proposent aussi des offres à prix libre, souligne Marie, de l’hébergeur #Libretic, partie prenante à la campagne DéMAILnagement. Derrière un service qui vous est utile, il y a un coût énergétique et des personnes qui le font fonctionner. »

    Google est omniprésent dans tous les pans de notre vie en ligne

    En pratique, la plupart des services alternatifs permettent d’importer facilement l’historique de sa boîte Gmail (dossiers et messages) et de réaliser la #redirection automatique des e-mails arrivant encore à l’ancienne adresse. Selon le service choisi, l’utilisation d’un logiciel de messagerie, comme #Thunderbird, peut faciliter la période transitoire : il permet la gestion simultanée des deux boîtes (voir le tutoriel de DéMAILnagement).

    Bien sûr, l’opération se fait rarement sans tâtonnements. « Je n’arrive pas à synchroniser le #carnet_d’adresses avec mon téléphone. Et sur l’#agenda, il y a certaines choses que je ne sais plus faire », témoigne Emmanuel, le Girondin parti chez Tuta.

    Apprivoiser l’#interface de ses nouveaux outils n’est pas la seule difficulté. « Le chantier est moins la boîte mail que tous les services qui y sont accrochés. Google n’est pas seulement une boîte mail, c’est une carte d’identité dans le monde numérique », analyse Damien Van Achter, consultant et formateur en journalisme qui a raconté son « #Googlexit » sur son site personnel.

    Il a dénombré pas moins de 120 services pour lesquels il utilisait son adresse Gmail comme #identifiant, comme adresse de récupération et/ou comme support de double authentification. Changer son adresse mail sur ces multiples services en ligne est fastidieux et peut virer au casse-tête : certains imposent de contacter le support, quelques-uns ne le permettent pas du tout.

    La clé : la #patience

    L’opération de transfert peut tout de même avoir une vertu : faire du ménage. Damien Van Achter a abandonné un tiers de ses 120 comptes utilisant son adresse Gmail qui, à l’inventaire, se sont avérés inutiles : « Le désencombrement n’était pas l’objectif. C’est devenu le premier bénéfice mesurable », écrit le consultant.

    Pour parer à tout oubli, la prudence conduit à conserver l’adresse Gmail active, même inutilisée, au moins pendant un temps. « J’ai bien fait de la laisser ouverte : j’avais oublié de changer l’adresse mail liée à mon abonnement annuel de train », témoigne Marcelline, une Jurassienne de 39 ans qui a ouvert une adresse Proton l’an dernier. Du côté de la campagne DéMAILnagement, on met toutefois en garde contre la tentation de conserver Gmail « comme adresse “poubelle”, par exemple pour les mails des sites marchands » : ces messages commerciaux « en disent encore long sur qui vous êtes ». Autrement dit, un tel usage perpétue l’exploitation de vos habitudes et centres d’intérêt par Google.

    Pour réussir son divorce, une des clés est la patience, quitte à réfréner son enthousiasme initial. « J’ai voulu tout faire parfaitement tout de suite. Je me suis fait des nœuds au cerveau, c’est décourageant. Mieux vaut y aller petit à petit », témoigne Gri, 25 ans, qui, un an après avoir ouvert son adresse mail chez Proton, n’a pas encore fini de détricoter les liens de dix ans d’activité numérique avec son ancienne adresse Gmail.

    « L’opération est à envisager comme une #transition_numérique progressive plutôt que comme une rupture du jour au lendemain », abonde Booteille, référent communication chez Framasoft. Cette association d’éducation populaire consacrée au logiciel libre milite pour « dégoogliser internet » et propose depuis plus de dix ans une série d’outils gratuits (mais pas de boîte mail).

    Principal obstacle : notre #smartphone

    Se faire accompagner peut aussi aider. Le site DéMAILnagement liste déjà des conférences ou ateliers organisés dans certaines villes autour du changement d’adresse mail. Et il prépare un « tour de France » sur le sujet fin 2026 et au premier semestre 2027, avec des acteurs de l’éducation populaire. « Il y a forcément un acteur près de chez vous qui peut vous aider », assure Marie, de l’hébergeur Libretic.

    Malgré tout, au final, couper totalement le cordon avec Google reste difficile, tant l’usage de ces outils est répandu : l’effet de réseau joue à plein. « Certaines associations dont je fais partie ne voient pas le problème à me demander de travailler sur des fichiers partagés hébergés sur Google », s’agace Marc, 67 ans, qui se sent « obligé » de conserver son compte Gmail actif.

    De son côté, Damien Van Achter conserve son calendrier familial partagé (mais pas son calendrier professionnel) chez Google : « Je n’allais pas forcer mes enfants et ma compagne à changer », explique-t-il.

    Le principal fil à la patte tient dans notre poche : le smartphone, du moins s’il fonctionne sous Android, comme plus de deux tiers des appareils du marché. Dans sa version standard, #Android nécessite un compte Google. Des solutions pour s’en passer existent : certains modèles (Fairphone Murena, PinePhone, Librem...) sont ainsi vendus avec un système d’exploitation n’appartenant pas à Google préinstallé. Pour plusieurs témoins ayant écrit à Reporterre, c’est le prochain chantier, après le changement de boîte mail.

    Trois conseils pour réussir son divorce avec Gmail

    1 — Choisir une nouvelle messagerie respectueuse de la vie privée
    Il y a le choix : Proton, Infomaniak, Mailo, Tuta…

    2 — Prendre son temps pour modifier tous ses services en ligne liés à son adresse Gmail
    Pour ne rien oublier, ça peut prendre des mois.

    3 — Se faire aider, en ligne (tuto…) ou dans la vie réelle
    Un point de départ : www.demailnagement.net lancé par un collectif d’hébergeurs alternatifs.

    https://reporterre.net/Quitter-Gmail-ils-l-ont-fait-les-conseils-pour-le-grand-saut
    #alternative #messagerie #email

  • L’indifférence russe qui tue les peuples : de la Tchétchénie à l’Ukraine

    La mort de Ratko Mladić remet au centre des débats la relation jamais résolue de la Serbie avec les guerres des années 90. Belgrade a organisé des funérailles nationales, tandis que le président serbe Vučić s’en prend à la justice internationale en transformant le bourreau condamné en une énième victime. La Serbie est un pays candidat à l’adhésion à l’UE, mais une partie de ses institutions continue de célébrer des personnalités condamnées pour génocide. Plus de trente ans après la fin de la guerre, le passé n’est toujours pas relégué au passé.

    https://www.valigiablu.it/cecenia-ucraina-guerre-imperialismo-russia

    #international

  • Repenser l’internationalisme : tisser des alliances et construire la confiance face aux contradictions du capitalisme

    I. L’internationalisme comme problème politique
    Depuis quelques années, une même question traverse les espaces militants les plus divers : comment agir ensemble au-delà des frontières. On l’entend dans les débats des organisations syndicales, au sein des réseaux féministes transnationaux, dans les collectifs écologistes ou lors des mobilisations pour les droits des personnes migrantes. Elle surgit souvent de manière très concrète, presque pragmatique : avec qui s’allier, comment s’organiser, sur quelles bases construire une action commune.

    La question traverse les décennies. Elle revient aujourd’hui chargée d’une mémoire différente : moins d’enthousiasme spontané, davantage de lucidité sur les obstacles, un sens plus aigu du coût des erreurs passées. Les mobilisations climatiques de 2018-2019, les solidarités transnationales face aux violences policières et au racisme, les coordinations féministes des grèves du 8 mars ou les résistances aux politiques migratoires en Europe et en Amérique du Nord ont toutes, à leur manière, remis ce problème sur la table. Sans toujours employer le mot, elles ont rouvert la question de l’internationalisme.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/09/11/repenser-linternationalisme-tisser-des-allianc

    #international

  • L’Arabie Saoudite, la Turquie et le #Pakistan ont-ils créé leur propre #OTAN ?
    https://lvsl.fr/larabie-saoudite-la-turquie-et-le-pakistan-ont-ils-cree-leur-propre-otan

    Le 7 août, Riyad, Ankara et Islamabad ont scellé, dans la ville la plus sainte de l’islam, un pacte de défense mutuelle. Derrière la rhétorique martiale de l’« OTAN islamique » se joue une redistribution plus profonde : celle d’un ordre moyen-oriental fondé, depuis trois quarts de siècle, sur l’illusion que la puissance américaine garantissait la stabilité, quand elle a surtout produit autoritarisme, dépendance budgétaire et guerre. Reste à savoir si ce Moyen-Orient sans tuteur saura éviter que le déclin d’un empire ne s’accompagne de l’émergence d’un autre, sous une forme régionale.

    #International #Arabie_Saoudite

  • [Info « Splann ! »] Ils « mangeaient de la poussière », d’anciens ouvriers d’Imerys #Glomel brisent le silence autour des silices cristallines cancérogènes
    https://splann.org/imerys-glomel-poussieres-cancerogenes

    Des intérimaires qui « mangent » littéralement la poussière. Des salariés qui quittent l’usine comme on arrête « un #poison ». Avec cette nouvelle alerte concernant la mine #Imerys de Glomel, on vous révèle, vidéos, photos et témoignages à l’appui, ces conditions de travail qui ont poussé un ancien #ouvrier à déposer une plainte contre la #multinationale. L’article [Info « Splann ! »] Ils « mangeaient de la poussière », d’anciens ouvriers d’Imerys Glomel brisent le silence autour des silices cristallines cancérogènes est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Santé_publique #accident_du_travail #cancérogène #cédric_gouagout #centre-bretagne #Climate_Whistleblowers #Côtes_d'Armor #intérim #lanceur_d'alerte #poussières #santé_au_travail #silice_cristalline #toxicité #travailleurs

  • Un nouveau cycle de soulèvements populaires ?

    Editorial de l’ouvrage collectif « Gen Z. Nouveau cycle des soulèvements populaires ? »

    Entre discrédit des classes dirigeantes, inégalités croissantes et horizons sociaux bloqués, une nouvelle vague de révoltes traverse le Sud. Sous l’étiquette Gen Z, elle exprime moins une identité générationnelle homogène que la politisation d’une jeunesse précaire face à des États défaillants, corrompus et répressifs. Reste à voir si cette puissance insurrectionnelle peut se transformer en changements durables.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/09/10/un-nouveau-cycle-de-soulevements-populaires

    #international

  • La gauche doit-elle céder au chant de l’IA générative ? Non !
    https://danslesalgorithmes.net/stream/la-gauche-doit-elle-ceder-au-chant-de-lia-generative-non

    « Depuis que le camp de l’émancipation a renoncé à combattre l’aliénation et a adopté les « innovations » du capital en les saluant comme des progrès, il ne cesse de multiplier les défaites. Parce que, précisément, ces innovations garantissent une passivité face à la réalité capitaliste qui sape les bases de toute tentative sérieuse […]

  • #Sit-in, #cocktail_Molotov, #intrusions... La fronde anti-IA en pleine expansion

    Des #blocages pacifiques aux #menaces_physiques, le rejet des algorithmes s’intensifie aux Etats-Unis et ailleurs. Face à la #colère, les géants de la Silicon Valley revoient leur copie en matière de sécurité.

    C’est un logo, simple, que l’on croise de plus en plus souvent. Deux lettres à l’intérieur d’un cercle barré : « IA ». En Australie, des milliers d’employés de l’université de Sydney se sont mis en #grève fin août pour exiger une protection de leur emploi face à cette technologie. En Angleterre, des centaines de manifestants ont défilé à Londres en mars en demandant à être « débranchés ». En France, un piquet d’activistes a même brandi cet été slogans et pancartes au pied de la société parisienne #Mistral. Contre les algorithmes, la #fronde s’intensifie. Mais nulle part elle ne culmine autant qu’aux Etats-Unis.

    Inquiétudes pour l’emploi, bafouement des droits d’auteur, crainte d’une « perte de contrôle »… 52 % des Américains se disent plus inquiets qu’enthousiastes face à la place croissante de l’IA dans leur vie, estime une étude du Pew Research Center. De fait, les actions se diversifient outre-Atlantique, entre résistances écologiques aux #centres_de_données, campagnes de neutralisation des caméras algorithmiques et grèves syndicales historiques de secteurs bouleversés, à l’image de Hollywood. Mais ces derniers mois, ce sont les bureaux des géants de la Silicon Valley qui sont régulièrement ciblés.

    Habillés en agents IA « hors de contrôle », des militants ont semé en août une joyeuse zizanie dans des locaux d’OpenAI près de Seattle. Une opération symbolique, à base de ballons gonflables, de danse du robot et de saute-mouton dans l’entrée. Au siège de San Francisco, un petit groupe d’#activistes équipé de chaises de camping occupe depuis un mois le trottoir devant le bâtiment. Symbole de son ampleur, la #contestation connaît aussi ses premières fois. Cet été, #Wynd_Kaufmyn, une enseignante de Berkeley âgée de 69 ans, est devenue la première militante anti-IA à être condamnée à une peine de prison (14 jours). Elle avait, l’année précédente, enchaîné les portes de la maison-mère de ChatGPT.

    Fascination

    A l’origine de la plupart de ces actions, deux groupes : #Pause_AI et #Stop_AI. Apparus respectivement aux Pays-Bas en 2023 et en Californie en 2024, tous deux réclament une pause dans le développement des modèles les plus puissants. Au cœur de leurs inquiétudes ? Les « risques existentiels », l’idée que l’IA pourrait amener une catastrophe mondiale voire l’extinction de l’humanité en favorisant l’apparition d’armes autonomes ou d’attaques informatiques surpuissantes. Une théorie controversée au sein de la communauté scientifique. Et, ironiquement, un discours alarmiste que les grands patrons de l’IA cultivent également, avec un objectif marketing en tête : entretenir la fascination autour de leurs produits.

    Outre les actions pacifiques, ce climat anxiogène enregistre déjà quelques dérives. Au printemps, un vingtenaire, persuadé de l’imminence d’une techno-apocalypse, a été arrêté après avoir lancé un cocktail Molotov sur la maison du créateur de ChatGPT, Sam Altman. Dans ses affaires, un manifeste prônant la mort des grands patrons de l’IA avait été retrouvé. Inculpé pour tentative de meurtre, le Texan a plaidé non coupable, affirmant souffrir d’une psychose aiguë au moment des faits.

    « Menace terroriste »

    Concurrent direct d’OpenAI, Anthropic aussi a été pris pour cible. Un homme, qui avait postulé sous un faux nom à un emploi au sein de la société de Claude, menaçait en ligne d’écorcher vifs les enfants de ses employés. Une « punition » pour avoir volé son travail, rapportait en juillet le Wall Street Journal. L’incident, qualifié de « menace terroriste » par les autorités, n’a donné suite à aucune arrestation.

    Pour calmer le jeu, certains dirigeants de l’IA chercheraient donc à tempérer leurs discours, affirme le quotidien économique. D’autres auraient opté pour une garde renforcée et armée. En outre, le budget sécurité des grandes boîtes tech se serait envolé. En 2025, Palantir Technologies a déboursé 3 millions de dollars (+ 150 % en un an) pour assurer la protection de ses dirigeants, Salesforce 4 millions (un million de plus qu’en 2024) et Oracle près de 6 millions (+ 85,5 %).

    Quant aux employés ? A la fin de la journée, OpenAI leur conseille désormais de retirer leur badge et tout vêtement à l’effigie de la boîte, rapporte Wired. Une bascule historique pour la Silicon Valley, qui laissait jusqu’ici ses milliardaires circuler sans escorte et ses ingénieurs arborer leurs logos comme des médailles.

    https://www.liberation.fr/economie/economie-numerique/sit-in-cocktail-molotov-intrusions-la-fronde-anti-ia-en-pleine-expansion-
    #AI #IA #intelligence_artificielle #action_directe #résistance #anti-IA

    • #Pause_IA

      Pour garder l’IA sous contrôle,
      agissons maintenant

      Chaque mois, de nouveaux systèmes franchissent des seuils que l’on pensait lointains. Les experts alertent : sans garde-fous, cette course fait peser un risque catastrophique à court terme.

      La fenêtre se referme, agissons maintenant.

      https://pauseia.fr/fr

    • Young adults in the U.S. are increasingly wary of AI, concerned it will take jobs

      Americans have become increasingly worried about artificial intelligence over the years, and young adults’ concern has continued to climb. Worry over job loss, too, is on the rise.

      Today, 52% of Americans say they are more concerned than excited about the increased use of AI in daily life – up from 37% in 2021. Another 9% are more excited than concerned and 37% say they’re equally excited and concerned, according to a Pew Research Center survey conducted June 22-28, 2026.

      Concern about AI is up among younger and older Americans alike since we first asked this question in 2021. But while the rise was mainly in the first two years for Americans ages 30 and older, concern continues to climb for adults under 30 – whose skepticism of AI has made headlines in recent months.
      For the first time, a majority of adults under 30 (55%) now say they’re more concerned than excited about AI. About one-in-ten say they’re more excited than concerned, and roughly a third feel both equally. Their concern is now on par with those in their 30s and 40s, and those 65 and up.

      Across age groups, about half or more say they’re more concerned than excited about AI. Excitement, in turn, has dropped off since 2021 among all age groups.

      AI and jobs

      Even in 2021, job loss was one of the top reasons behind Americans’ concern about AI. Today, Americans largely – and increasingly – think AI-related job loss is on the horizon.

      In our new survey, 71% of adults think AI will lead to fewer jobs in the United States over the next two decades, up from 64% in 2024. Few (5%) say AI will lead to more jobs. One-in-ten say it won’t make much difference, and a slightly larger share are unsure.

      Across most age groups, it’s become more common for Americans to foresee job loss from AI. For example, 73% of adults under 30 now say AI will lead to fewer jobs, up from 61% two years ago.

      The youngest adults are now just as likely as those ages 30 to 64 to hold this view. Americans 65 and older are a bit less likely to think AI will lead to fewer jobs, though this is still the majority view among this age group.

      Worry over job loss has shown up throughout our research about AI, including among workers and even teenagers. And there’s no shortage of expert debate – many warn AI is a threat to jobs, while others have argued it creates them.

      Young adults aren’t the only ones concerned about AI’s increasing use in daily life, or about job loss. Still, our past work shows they stand out in other ways.

      Adults under 30 are most likely to think AI will be bad for society – and for them. They largely think it will make connection and creativity harder to come by. And though most say they use chatbots, they’re just as likely to say these tools hurt their own creativity as help it.

      https://www.pewresearch.org/short-reads/2026/08/18/young-adults-in-the-us-are-increasingly-wary-of-ai-concerned-it-will-ta
      #travail #sondage

  • LA FINE DI #autistici/INVENTATI E GLI INTERESSI IN CAMPO – TECNOMILIARDARI REAZIONARI – AI E POLITICA – APP PER GENOCIDARI IN VACANZA@0
    https://radioblackout.org/podcast/la-fine-di-autistici-inventati-e-gli-interessi-in-campo-tecnomiliarda

    Estratti della puntata del 7 settembre 2026 di #bello_come_una_prigione_che_brucia LA FINE DI AUTISTICI/INVENTATI Con un comunicato rilasciato il 6 settembre 2026 si annuncia la fine del progetto Autistici/Inventati. La chiusura di A/I non è “l’ennesima disgrazia”, ma un evento che incarna diverse traiettorie da analizzare e con le quali è […]

    #antifa #chatbot #GENOCIDIO_GAZA #guerra #intelligenza_artificiale #Israele #killer_robots #tecno_miliardari
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/09/BCUPCB_autistici-analisi_start.mp3

  • Banca Etica Shuts Down a/I Funds · Keep the Internet free
    https://keepitfree.ai/announcements/banca-etica-shuts-down-a/i-funds

    Voici la menace qui plane par dessus toute structure de communication indépendante. Je me demande quand on apprendra que Signal et d’autres services « libres » auront été compromis. Dans le contexte des préparatifs de guerre par l’impérialisme #OTAN la fermeture de ses services a été la seule issue possible pour Autistici/Inventati. Dommage pour les camarades dans le besoin d’une plateforme.

    La liberté d’expression sera mieux défendue par des sites construits selon les principes du #web_indépendant de l’ère avant l’apparition des plateformes.
    Vive le Web 1.01 alpha !

    Banca etica shuts down A/I funds
    Sep 5, 2026
    Autistici/Inventati’s Press Release, 5 September 2026

    On Friday, September 4th, Banca Etica met the AI ODV association in a videocall and told us that they are going to shut down our bank account unilaterally, thus terminating our contract for good, and that the funds still on the account, which we raised through donations from thousands of people, organizations and collectives, will not be at the association’s disposal.

    Banca Etica has been spending many words to justify their actions and pretend they are on our side, but their actions counter all of their statements, clearly showing how they are just faithful servants of the US autocrat.

    And this has happened without us being notified or allowed to adequately use our funds or agree upon some kind of solution.

    Banca Etica’s decision has made it impossible for us to honour our administrative committments, to pay our service providers and to provide our users with the services they have chosen us for.

    The AI ODV association has no other option than to pursue all the legal tools available to counter this decision, which we deem illegitimate and unmotivated (at least as things stand at the present moment), so as to be able to access the funds people donated to us.

    Autistici/Inventati Collective

    #répression #internet #impérialisme #liberté_d_expression #Autistici_Inventati

  • Après l’euphorie du « vibe coding », voici donc la gueule de bois ...
    https://www.zdnet.fr/actualites/apres-leuphorie-du-vibe-coding-voici-donc-la-gueule-de-bois-du-debogage-502911

    Le développement avec l’IA semble magique lorsque les fonctionnalités apparaissent en quelques minutes. Puis, un bug tenace révèle la réalité cachée : la création d’un logiciel fiable nécessite toujours une architecture, des tests, de la patience, de l’expertise et d’innombrables décisions mûrement réfléchies.

    – Le « vibe coding » permet de créer rapidement des fonctionnalités, mais la fiabilité des applications demande du travail.
    – Les bugs tenaces nécessitent toujours une analyse patiente et minutieuse.
    – L’IA a besoin d’un accompagnement humain pour l’architecture, les tests et la conception.

    Oué mé tu comprends cé dé difficultés de jeunesse deux mains ça va tombé en marche.

  • Ceux qui observent les réseaux sociaux sans jamais publier ni commenter ne sont pas vraiment passifs : ils ont compris très tôt qu’être vu ne signifie pas être connu, révèle la psychologie
    https://sain-et-naturel.ouest-france.fr/reseaux-sociaux-sans-jamais-publier.html

    Par Sylvain Barrère , le dimanche, 6 septembre 2026, 5h48 , mis à jour le dimanche, 6 septembre 2026, 5h48 — relations
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    réseaux sociaux sans jamais publier

    Sur les réseaux sociaux, tout le monde ne ressent pas le besoin de se montrer. Certains préfèrent regarder, lire et comprendre ce qui se passe sans chercher à attirer l’attention. Consulter les réseaux sociaux sans jamais publier est d’ailleurs bien plus courant qu’on ne l’imagine. Les plateformes valorisent la visibilité, mais ceux qui restent en retrait semblent avoir compris quelque chose d’important, recevoir de l’attention et être authentique ne sont pas forcément la même chose.

    Beaucoup suivent régulièrement les publications des autres sans laisser de commentaire, sans partager et parfois même sans le moindre « j’aime ». Lorsqu’ils finissent par l’avouer, ils le font presque comme s’il s’agissait d’un comportement inhabituel.

    Pourtant, ces utilisateurs silencieux sont loin d’être des exceptions. On les qualifie parfois de « rôdeurs », un terme assez peu flatteur qui donne l’impression qu’ils font quelque chose de suspect. En réalité, observer les réseaux sociaux sans jamais publier fait simplement partie des nombreuses façons de les utiliser.
    La majorité silencieuse des réseaux sociaux est bien réelle
    réseaux sociaux sans jamais publierImages Pexels et Freepik

    Sur les réseaux sociaux, ceux qui publient beaucoup donnent facilement l’impression de représenter la majorité. Pourtant, une grande partie des utilisateurs préfère regarder, lire et suivre les échanges sans intervenir. Consulter les réseaux sociaux sans jamais publier est donc beaucoup plus courant qu’il n’y paraît.

    En 2006, Jakob Nielsen a popularisé ce phénomène avec ce qu’il appelait l’inégalité de participation. Selon sa règle empirique, environ 90 % des membres d’une communauté en ligne se contentent d’observer, 9 % participent occasionnellement et seulement 1 % produisent l’essentiel du contenu. Nielsen précisait qu’il s’agissait d’une estimation et non d’une règle universelle.

    Des données publiées plus tard par Pew Research ont illustré cette forte concentration de l’activité. Dans une étude portant sur 2 791 adultes américains ayant accepté l’analyse de leur compte Twitter, les 10 % d’utilisateurs les plus actifs produisaient 80 % des tweets. Parmi les 90 % restants, l’utilisateur médian ne publiait que deux fois par mois.

    Autrement dit, un fil d’actualité qui semble représenter l’opinion générale reflète surtout l’activité d’une minorité particulièrement visible. Une grande partie du public reste silencieuse.

    Cette discrétion se retrouve d’ailleurs chez les personnes qui ne publient jamais sur les réseaux sociaux et préfèrent rester en retrait.
    Pourquoi certaines personnes utilisent les réseaux sociaux sans jamais publier

    Les utilisateurs silencieux sont parfois considérés comme timides, désintéressés ou encore passifs. Les recherches suggèrent pourtant des motivations beaucoup plus diverses.

    Blair Nonnecke et Jenny Preece ont réalisé des entretiens approfondis auprès d’utilisateurs silencieux. Elles ont identifié 79 raisons différentes permettant d’expliquer cette absence de participation visible.

    Une enquête complémentaire réalisée dans des communautés du réseau Microsoft a montré que la raison la plus fréquemment citée était particulièrement simple. Certaines personnes trouvaient dans la lecture tout ce dont elles avaient besoin.

    Preece et ses collègues ont ensuite regroupé les principales motivations de ces utilisateurs. Certaines personnes ne ressentaient tout simplement aucune nécessité de publier. D’autres considéraient que garder le silence était parfois la contribution la plus appropriée.

    Observer n’est donc pas toujours synonyme de passivité. Cela peut correspondre à une manière différente d’utiliser les plateformes, comme le montre également cet article consacré à ceux qui utilisent les réseaux sociaux sans publier ni interagir.

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    Pourquoi certaines personnes utilisent les réseaux sociaux sans jamais publier car être visible ne signifie pas forcément être connu
    réseaux sociaux sans jamais publier

    Les réseaux sociaux favorisent la visibilité, mais la visibilité ne garantit pas la proximité.

    L’approche relationnelle de l’intimité, associée notamment aux travaux de Harry Reis et Phillip Shaver, décrit l’intimité comme un processus impliquant la révélation de soi, mais aussi une réponse de l’autre donnant le sentiment d’être compris, accepté et considéré.

    Publier quelque chose devant des centaines de personnes ne suffit donc pas à créer une relation profonde. Une publication peut être vue sans que son auteur se sente véritablement compris.
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    Cette distinction rejoint une idée importante, communiquer ne consiste pas seulement à parler davantage, mais aussi à se sentir réellement entendu.
    Sur les réseaux sociaux, plusieurs publics se mélangent

    Alice Marwick et danah boyd ont également étudié un phénomène appelé « effondrement des contextes ».

    Sur les réseaux sociaux, des personnes appartenant à des univers très différents peuvent recevoir exactement le même message, famille, collègues, amis proches, anciennes connaissances ou parfaits inconnus.

    Dans la vie quotidienne, le discours s’adapte à l’interlocuteur. Sur une plateforme publique, cela devient beaucoup plus difficile. Certains utilisateurs peuvent donc préférer ne rien publier plutôt que de s’adresser simultanément à des publics qui n’ont presque rien en commun.

    Cette préférence pour des relations plus ciblées rejoint aussi l’idée que l’intimité et la popularité ne fonctionnent pas toujours de la même manière.
    Regarder les réseaux sociaux sans publier est-il vraiment mauvais ?
    réseaux sociaux sans jamais publier

    L’utilisation passive des réseaux sociaux est régulièrement présentée comme néfaste pour le bien-être. La réalité scientifique apparaît cependant beaucoup plus nuancée.

    Patti Valkenburg et ses collègues ont examiné 40 études reposant sur des enquêtes. La majorité ne permettait pas de confirmer clairement l’idée selon laquelle l’utilisation passive serait systématiquement néfaste.

    Une autre analyse critique de la littérature scientifique a également souligné les résultats contradictoires des différentes méta-analyses disponibles.

    Les effets peuvent surtout varier considérablement d’une personne à l’autre. Dans une étude de trois semaines portant sur 353 adolescents, l’hypothèse d’un effet négatif de l’utilisation passive semblait correspondre à environ 20 % des participants, mais pas aux 80 % restants.

    Une seule étude, menée auprès d’adolescents, ne permet évidemment pas de généraliser ces proportions à toute la population. Elle rappelle néanmoins que les conséquences des réseaux sociaux dépendent fortement des individus et de la manière dont ils utilisent les plateformes.
    Comment rester discret sans subir les réseaux sociaux

    Pour ceux qui consultent les réseaux sociaux sans jamais publier, il n’existe pas de comportement à corriger. L’essentiel est plutôt d’observer les effets de cette utilisation sur soi.

    Le temps passé devant un écran n’est pas le seul indicateur pertinent. Quelques minutes de comparaison sociale peuvent être plus désagréables qu’une période plus longue consacrée à découvrir des contenus intéressants ou enrichissants.

    Lorsqu’une publication provoque une émotion forte, il peut aussi être plus satisfaisant de la partager directement avec une personne proche plutôt que de la diffuser publiquement. Une conversation privée offre souvent une certaine réciprocité qu’un simple compteur de « j’aime » ne peut pas reproduire.

    Il est également utile de conserver des espaces où l’on peut échanger sans se mettre en scène, comme avoir des conversations privées, de petits groupes, des relations amicales, des discussions en personne…

    Finalement, l’engagement numérique et l’affection ne devraient pas être confondus. Un « j’aime » mesure une interaction. Il ne mesure ni la proximité, ni l’attention réelle, ni la qualité d’une relation.

    Consulter les réseaux sociaux sans jamais publier n’est donc pas forcément un signe de retrait ou de passivité. Pour beaucoup, c’est juste une autre manière d’être présent. Observer davantage, s’exposer moins et réserver les échanges importants aux personnes avec lesquelles ils ont réellement envie de communiquer.

    #Médias_sociaux #Lurkers #Psuchologie #Chambre_écho #Interessant

  • Faisons sortir les elfes pour bâtir des récits vraiment universels

    Adresses – internationalisme et démocr@tie n°22

    « Les peuples veulent ». Publié en 2019, ce manifeste affirmait vouloir rebâtir une pensée et une action internationalistes.

    Cette petite musique est évidemment celle qu’Adresses aime entendre, tant elle est peu présente dans les grands concerts politiques qui dominent la « scène musicale » du moment.

    C’est cette symphonie du nouveau monde qu’il faut faire entendre dans tous les coins de la planète.

    Malheureusement, la musique de fond qui sature l’espace politique impose une vision géopolitique, souvent étroitement nationale. Les impérialismes et les sous-impérialismes imposent leur tempo, leurs solutions violentes et non démocratiques. Et, bien souvent, les gauches restent muettes, voire pis, elles choisissent de conforter leur propre impérialisme et/ou ont les yeux de Chimène pour certaines puissances attifées en puissance anti-impérialiste.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/09/07/faisons-sortir-les-elfes-pour-batir-des-recits

    #international