La sobriété - Jean-Marc #jancovici alerte
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#sobriété #efficacité #pauvreté #intention #énergie #ressources #prospective #scénarios #économie #écologie #consommation #décroissance #imagination #culture
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The Daily Motivator - Fortify your intentions
▻https://greatday.com/motivate/260307.html
It’s easy to formulate good intentions in a moment of passion. Yet for those intentions to have any value, they must be integrated into your life.
« Les #herbicides sont une arme » : #Israël bombarde le #Liban et la #Syrie avec du #glyphosate
L’#armée israélienne a procédé à des épandages d’#herbicide début février sur ses frontières avec le Liban et la Syrie. Ces tactiques suscitent l’indignation et interrogent : jusqu’où ira Tsahal dans son « #écocide » ?
Cinquante ans après la guerre du Vietnam, l’agent orange a trouvé un successeur : le glyphosate. L’#armée_israélienne a répandu ce puissant herbicide, interdit dans plusieurs pays pour ses effets cancérigènes, le long de ses #frontières avec le Liban et la Syrie dimanche 1er février. Les casques bleus de l’ONU au Liban-Sud ont dû se mettre à couvert pendant neuf heures après avoir reçu un avertissement d’Israël : des avions israéliens ont répandu des « #substances_toxiques » sur des terrains boisés, #oliveraies et #vergers libanais pendant une journée entière.
Dès les premières heures, le Liban — régulièrement en proie aux bombardements israéliens malgré le cessez-le-feu signé en novembre 2024 — a été pris d’effroi. Le président Aoun a dénoncé cette #pulvérisation comme étant « une violation flagrante de la souveraineté libanaise et un crime contre l’environnement et la santé ». L’ONU dénonçait elle aussi cet #épandage, en attendant les résultats de laboratoire. L’armée israélienne, contactée par Reporterre, n’a pas donné suite. Après des tests, la substance suspecte a été clairement identifiée.
« Il s’agit à 100 % de glyphosate, qui dépasse de 30 à 50 fois les doses habituelles utilisées dans l’agriculture », dénonce le ministre libanais de l’Agriculture, Nizar Hani, dans un appel avec Reporterre. Cet herbicide chimique aurait affecté une zone de 18 km de long et 300 m de large, soit au moins 540 hectares, autour de #Aïta_al-Chaab et #Marwahin, villages frontaliers que Reporterre a visités à plusieurs reprises.
Tactiques nouvelles au Liban et en Syrie
« Cette attaque peut créer des dommages importants, surtout à des concentrations aussi élevées : nos oliviers, vergers, et chênes peuvent s’assécher et mourir en quarante-huit heures », s’indigne le ministre. Plus tard, il nous transmet des vidéos d’agriculteurs filmant leurs oliviers et champs jaunis. « Il est difficile pour nous d’accéder à ces zones, elles sont restreintes militairement, et seuls quelques habitants y restent : c’est l’armée libanaise et l’Unifil (Force intérimaire des Nations unies au Liban) qui ont collecté les échantillons », explique-t-il.
Pour le ministre, la tactique israélienne est claire. « Israël utilise maintenant le glyphosate, comme le phosphore blanc et les démolitions, pour détruire le couvert qu’offrent les arbres aux combattants du Hezbollah », commente-t-il. Une étape de plus dans cet « écocide » que dénonce la société civile libanaise au Liban-Sud, après trente mois de guerre.
Fin janvier, puis début février, ce sont les zones agricoles de #Qouneitra, dans le sud de la Syrie, qui ont vu des avions israéliens épandre des « substances toxiques » à trois reprises au moins. Tsahal occupe illégalement non seulement le Golan, mais aussi des zones frontalières depuis la chute du régime Assad en décembre 2023 et y augmente sans cesse son rayon d’action, harcelant les agriculteurs. Vol de bétail, tirs, démolitions de fermes, champs rasés : l’épandage de glyphosate n’y représente qu’une étape de plus dans l’#intimidation.
Cet usage d’herbicides « correspond à une #militarisation accrue des frontières et à des efforts visant à consolider le #contrôle_territorial », explique Lucia Rebolino, de Forensic Architecture, à Reporterre. En 2019, l’institution avait publié une étude dénonçant la « #guerre_herbicidaire » d’Israël à Gaza, désherbant les zones tampons autour de l’enclave — et préparant le terrain pour la situation actuelle.
« Il s’agit d’une première étape dans un long processus de #destruction_environnementale, à une échelle systématique. L’#intention_écocidaire est intrinsèque à cette pratique », ajoute la chercheuse. Mais l’utilisation du glyphosate, substance classée comme cancérigène par l’OMS, n’interroge pas seulement en temps de guerre. « Les débats publics [en Europe] devraient traiter les herbicides puissants comme des substances à double usage, comme une “arme”, pour renforcer les débats actuels sur la réglementation et les risques », conclut Rebolino. Un rappel utile en plein débat autour de la loi Duplomb et du Mercosur ?
▻https://reporterre.net/Les-herbicides-sont-une-arme-Israel-bombarde-le-Liban-et-la-Syrie-avec-d
#armes #arme_chimique
Herbicidal warfare in Gaza
Over three decades, in tandem with the Madrid and Oslo negotiation processes, the occupied Gaza Strip has been slowly isolated from the rest of Palestine and the outside world, and subjected to repeated Israeli military incursions. These incursions intensified from September 2003 to the fall of 2014, during which Israel launched at least 24 separate military operations targeting Gaza, giving shape to its surrounding borders today.
The borders around Gaza—one of the most densely-populated areas on Earth—continue to be hardened and heightened into a sophisticated system of under- and overground fences, forts, and surveillance technologies. Part of this system has been the production of an enforced and expanding military no-go area—or ‘buffer zone’—on the Palestinian side of the border.
Since 2014, the clearing and bulldozing of agricultural and residential lands by the Israel military close to the eastern border of Gaza has been complemented by the unannounced aerial spraying of crop-killing herbicides.
This ongoing practice has not only destroyed entire swaths of formerly arable land along the border fence, but also crops and farmlands hundreds of metres deep into Palestinian territory, resulting in the loss of livelihoods for Gazan farmers.
►https://forensic-architecture.org/investigation/herbicidal-warfare-in-gaza
Comment les #cartes sont devenues des #contre-pouvoirs pour redessiner le monde
Luttes écologistes, défense des libertés, mouvements féministes… Longtemps réservée aux puissants, la cartographie se réinvente sous l’impulsion de collectifs citoyens, de chercheurs, de journalistes et d’artistes. Un mouvement critique ancré dans une riche histoire théorique.
Des îlots de forêt sillonnés par des camions de rondins et cernés par des usines de papier et de pellets, d’où surgit un impressionnant crapaud sonneur à ventre jaune, une espèce protégée. C’est ainsi que des habitants de la Montagne limousine ont représenté « leur » massif forestier, à la croisée de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne.
Coéditée par IPNS, le journal d’information et de débat du plateau de Millevaches, et la maison d’édition associative A la criée, située à Nantes, la carte au format papier n’est pas destinée aux randonneurs ou aux touristes de passage. En mêlant #dessins et #récits, elle « vise à questionner les dynamiques forestières », explique #Frédéric_Barbe, géographe, artiste et membre de l’association, et donne à voir ce que les cartes institutionnelles ne montrent pas : l’industrialisation d’un territoire, la tristesse des riverains face aux coupes rases et leur volonté d’un autre avenir pour la #forêt.
La publication fait partie de la douzaine de « #cartes_de_résistance » produites en dix ans par l’éditeur, vendues à prix bas ou libre avec un certain succès. La conception est toujours collective, menée à l’initiative ou au plus près des habitants, avec le soutien d’un géographe et d’un graphiste. La première, celle de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), en février 2016, est épuisée après cinq tirages et plus de 20 000 exemplaires diffusés. Celle des Jeux olympiques de Paris, en partenariat avec le collectif local Saccage 2024, raconte le revers de la médaille des JO, les expulsions d’habitants à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et les morts d’ouvriers sur les chantiers du Grand Paris.
Ces productions rompent délibérément avec les conventions graphiques de la cartographie institutionnelle. « La carte n’est pas le #territoire, mais invite à le penser, affirme l’éditeur. C’est un outil d’#éducation_populaire, simple et pas cher, que l’on peut afficher au mur ou poser sur une table pour réfléchir ensemble à la façon dont on veut vivre sur cet espace. »
Un vent de rébellion souffle sur la cartographie, une discipline pourtant perçue comme technique et très codifiée. Un foisonnement d’initiatives et de réflexions a émergé depuis une quinzaine d’années, dont il est difficile de cerner les contours, tant il exprime une variété d’intentions, de méthodes et de productions. « Je travaille dans ce domaine depuis trente-cinq ans, et je n’arrive pas à suivre le rythme de toutes les initiatives », s’exclame #Philippe_Rekacewicz, chercheur associé au département des sciences sociales de l’université de Wageningue (Pays-Bas) et l’une des figures françaises de ce courant.
Pour la « #justice_spatiale »
Cet ex-journaliste au Monde diplomatique se réclame d’une pratique « radicale » de la discipline, d’autres préfèrent se dire « critiques », d’autres encore ont adopté le terme de « #contre-cartographie ». Ces démarches, à la croisée des sciences, des arts, de la politique et de militantisme social, partagent un socle commun, celui de vouloir renverser le #pouvoir_des_cartes et les mettre au service d’une forme de « justice spatiale ». Luttes écologistes et urbaines, défense des libertés et des droits humains, mouvements féministes… Associations et collectifs contestent les représentations institutionnelles, se réapproprient l’espace ou montrent des réalités jusque-là invisibilisées. Elles sont souvent soutenues par des cartographes reconnus, et s’inscrivent dans une riche réflexion théorique et un « dialogue ancien entre le champ académique et les pratiques sociales », constate #Irène_Hirt, professeure au département de géographie et environnement de l’université de Genève (Suisse).
De fait, ces pratiques contestataires trouvent leurs racines dans l’histoire même de la discipline. La géographe #Françoise_Bahoken, coautrice avec Nicolas Lambert de Cartographia. Comment les géographes (re)dessinent le monde (éditions Armand Colin, 2025), en date les prémices dès la fin du XIXe siècle, alors que la cartographie occidentale s’est imposée comme un modèle de scientificité, d’abord avec la précision des mesures, puis avec l’essor de la géographie quantitative liée à l’utilisation de données statistiques.
Dès les années 1880, le géographe allemand #Ernest_George_Ravenstein s’empare du recensement de la population britannique pour infirmer l’idée selon laquelle les populations migrantes se déplaceraient de façon anarchique. Un peu plus tard, le sociologue afro-américain W. E. B. #Du_Bois visualise, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1900, les « lignes de couleur » qui divisent la société américaine, démontrant, cartes et graphiques à l’appui, comment le racisme empêche toute égalité sociale.
Il faut cependant attendre les années 1960 pour que ces travaux commencent à se diffuser, grâce à deux figures respectées de la profession, les géographes #David_Harvey et #William_Bunge (1928-2013). Le premier crée un courant d’inspiration marxiste, désigné sous le nom de « #géographie_radicale », qui s’attache à analyser la façon dont le capitalisme modèle les #inégalités_spatiales. Le second décide, en 1968, de rompre avec l’approche quantitative lorsqu’il prend conscience de son rôle dans les politiques urbaines ségrégationnistes aux Etats-Unis.
Avec #Gwendolyn_Warren, leader militantiste des droits civiques de la communauté noire de Detroit (Michigan), William Bunge développe, dans cette ville ouvrière du nord des Etats-Unis, un projet de recherche géographique fondé sur l’enquête de terrain, embarquant dans l’aventure plusieurs centaines de jeunes habitants, femmes et hommes, du quartier noir de Fitzgerald. Pour Warren et Bunge, former les résidents à documenter les #logiques_spatiales, c’est démocratiser l’exercice du pouvoir. Ces « #expéditions_géographiques » conduiront à la publication d’un livre (Fitzgerald : Geography of a Revolution, Cambridge, 1971) sur les processus de paupérisation et d’exclusion du quartier.
Ce sont toutefois les travaux d’un historien, #John_Brian_Harley (1932-1991), qui, à la fin des années 1980, opèrent un tournant théorique majeur. Dans son article fondateur, « Deconstructing the Map » (Cartographica, 1989), il invite à lire les cartes non comme de simples reflets du réel, mais comme des constructions sociales, traversées par des #rapports_de_pouvoir. La carte est une construction située dans le temps et dans l’espace, affirme-t-il, dont « une grande part du pouvoir (…) est qu’elle opère sous le masque d’une science en apparence neutre. Elle cache et nie sa dimension sociale en même temps qu’elle la légitime ».
L’historien identifie un double pouvoir derrière l’outil : celui du cartographe ou de son commanditaire, qui décide de ce qui est représenté par le biais de choix multiples (projection, échelle, toponymes…), mais aussi un pouvoir interne, propre à la carte elle-même. Non seulement elle n’est pas neutre, mais elle est performative : elle agit sur nos #imaginaires et induit des #représentations. « Pour Harley, il faut absolument analyser d’un côté les intentions et les choix politiques de l’auteur, et de l’autre les usages, la façon dont la carte peut être instrumentalisée pour penser un territoire », souligne le géographe et chercheur au CNRS #Matthieu_Noucher.
Ces réflexions, ainsi que l’ambitieuse History of Cartography que John Brian Harley dirige avec David Woodward (Presse de l’université de Chicago) à la même époque – le premier volume est publié en 1987 –, provoquent un choc méthodologique durable. La mise en lumière des formats multiples des cartes non occidentales contribue à décentrer le regard et à éclairer la dimension partielle et politique de toute représentation spatiale.
Mythe de la #terre_vierge
Cette prise de conscience va inspirer de nombreuses études en sciences sociales, notamment sur le rôle central de la cartographie dans l’#histoire_coloniale. « Elles montrent que, du XVIIe au XIXe siècle, la carte a servi à créer le mythe de la #terra_nullius, la terre vierge inhabitée, pour justifier les #conquêtes_coloniales en accréditant l’idée de territoires vides d’hommes et de femmes », explique Matthieu Noucher. Le chercheur s’est attaché à analyser le « #blanc_des_cartes », voire leur « #blanchiment » lorsqu’il s’agit d’effacer les rares mentions de populations autochtones. Ainsi, en Guyane, une première carte française notifie, en 1732, la présence de « nations indiennes » sur le territoire, une formule remplacée trois décennies plus tard par la mention de « belles et très fertiles plaines que doit habiter la nouvelle colonie française ». Entre-temps, la France a perdu ses possessions canadiennes et a décidé de fonder une colonie de peuplement en Guyane.
L’approche critique ne se limite pas à questionner la carte comme représentation dominante. A partir des années 1970, l’outil lui-même est réinvesti par les communautés autochtones pour défendre leurs droits territoriaux face aux projets extractivistes. Pour les communautés locales d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, produire des cartes devient une stratégie de #résistance à l’industrialisation des terres, comme en Colombie-Britannique (Canada) contre la construction de pipelines de gaz et de pétrole. En 1995, la sociologue américaine #Nancy_Lee_Peluso forge le terme de « #contre-cartographie » pour désigner cette production destinée à contester les structures de pouvoir.
Ces « contre-cartes » interrogent aussi la dimension culturelle des #méthodes utilisées, et du même coup les frontières de la science occidentale. « La contre-cartographie invite en effet à une #décolonisation des savoirs géographiques qui ne se matérialisent pas tous sous forme d’images. Ils peuvent se transmettre par la parole, le chant, la danse, la sculpture ou les rêves, intimement liés aux pratiques et aux territoires de la chasse ou de la pêche, souligne Irène Hirt, qui a accompagné des communautés mapuche au Chili et innu au Québec dans la reconstitution de leur milieu de vie. Loin d’être vides comme le disent les cartes, ces terres sont pleines de toponymes, de lieux de rassemblement ou de sépultures, de sentiers de portage et de routes de migration humaine et non humaine. »
A l’aube des années 2000, la généralisation des outils numériques ouvre un nouveau chapitre. L’essor des techniques de la géomatique (systèmes d’information géographique – SIG –, GPS, télédétection, etc.) et l’accès à de larges bases de données transforment profondément la cartographie conventionnelle. La géovisualisation devient en quelques années l’alliée indispensable de l’organisation des territoires. « Avec l’arrivée de l’application cartographique Google Maps en 2005, on a vu ressurgir une forme de croyance aveugle dans l’objectivité des données, et dans leur capacité à livrer en temps réel une image exacte du territoire », constate Matthieu Noucher.
Les algorithmes et leur vision du monde
Cette rupture renouvelle radicalement les enjeux de pouvoir. « Pour prendre au sérieux la proposition de John Brian Harley, il faut désormais s’intéresser aux fonctionnements des #algorithmes, des #bases_de_données et des applications », prévient le géographe. Et comprendre comment ces programmes, loin d’être neutres, imposent eux aussi une vision du monde. L’auteur de Blancs des cartes et boîtes noires algorithmiques (CNRS Editions, 2023) analyse les choix et les silences de modèles économiques fondés sur la publicité, qui « conduisent à privilégier, par exemple, l’affichage des commerces et à ignorer les milieux vivants ».
Le « blanc des cartes », affirme Matthieu Noucher, prend un tout autre sens avec la personnalisation algorithmique et les bulles de filtre qui imposent désormais des réalités différentes selon le profil des utilisateurs, leur pays et leurs usages. Ainsi, Google Maps adapte son affichage en fonction du contexte politique et géographique du pays. « Depuis la décision de Donald Trump de remplacer l’appellation “golfe du Mexique” par “golfe d’Amérique”, un écolier américain ne voit plus la même carte qu’un élève mexicain », regrette le géographe.
Cette personnalisation enferme les individus dans des visions fragmentées de l’espace, où commerces, infrastructures et frontières symboliques sont hiérarchisés différemment pour chacun. Ce basculement marque une rupture : « En se substituant aux organismes nationaux et internationaux chargés de réguler les noms et les représentations des lieux, les grandes plateformes numériques imposent progressivement leurs propres logiques, souvent guidées par des intérêts économiques ou géopolitiques », alerte le chercheur. Alors que la carte constituait jusque-là un #bien_commun et un support partagé indispensable au débat démocratique, « elle tend désormais à devenir un objet individualisé, soumis à une postsouveraineté cartographique dominée par les géants du numérique, au risque d’éroder toute représentation collective de l’espace ».
Confrontées à ces évolutions, les approches critiques se sont, elles aussi, renouvelées. La démocratisation d’outils de plus en plus accessibles et participatifs a renforcé les pratiques alternatives. Lancé en 2004, le projet collaboratif de cartographie en ligne #OpenStreetMap, créé et mis à jour par des bénévoles du monde entier, et dont les données géographiques sont ouvertes à tous, reste « l’exemple le plus abouti de la contestation de la mainmise d’une multinationale comme #Google sur les représentations géographiques du monde », estime #Nicolas_Lambert, ingénieur en sciences de l’information géographique au CNRS. Ce spécialiste de la #géovisualisation a rejoint Migreurop en 2009, un réseau d’experts et d’une cinquantaine d’associations de défense des droits humains, qui « documente » et « dénonce » les effets des politiques migratoires européennes à travers la publication d’atlas « engagés ».
Les initiatives de cartographie critique se développent aujourd’hui dans une grande diversité de contextes, d’échelles et de formes. Elles peuvent être individuelles ou collectives, concerner un quartier, un pays ou avoir une portée internationale, s’inscrire dans le cadre de travaux académiques, de luttes politiques ou d’enquêtes journalistiques, ou encore entremêler tout cela à la fois.
De nombreuses productions s’appuient sur des données statistiques, tandis que d’autres ont recours à des approches dites « sensibles », qui visent à réinscrire les #expériences_vécues au cœur des #représentations_spatiales. Cette cartographie fondée sur les #sens et les #émotions s’est développée à travers les marches exploratoires de femmes, créées dans les années 1990 au Canada, à Toronto et à Montréal, puis organisées en France depuis une dizaine d’années. Angoisse, peur, sentiment de sécurité ou de confort deviennent autant d’éléments traduits en symboles graphiques. En rendant visibles les expériences de l’#espace_public différenciées selon le #genre, ces marches ont fait de la carte un outil pour repenser l’aménagement urbain et lutter contre les violences, mais aussi un levier d’émancipation. « S’inscrire dans l’espace symbolique de la carte revient à se réapproprier l’espace, à forcer la reconnaissance de soi et à exister aux yeux des autres », se réjouit l’historienne Nepthys Zwer, autrice de Pour un spatio-féminisme. De l’espace à la carte (La Découverte, 2024).
« #Cartes_mentales » des émotions
Dans ce contexte, le recours à des modes d’expression créatifs (collage, dessin, broderie) facilite la participation de publics peu familiers des codes classiques. A Grenoble, des « rencontres cartographiques » entre migrants, chercheurs en sciences sociales et artistes, organisées dans les locaux de l’association Accueil Demandeurs d’asile, ont permis de collecter les récits de parcours migratoires par le dessin, la broderie et même la sculpture de l’argile à travers des « cartes mentales » des émotions, comme l’ont montré les travaux des géographes #Sarah_Mekdjian et #Anne-Laure_Amilhat-Szary.
Dans cette perspective, la #subjectivité de la démarche est clairement revendiquée. Mais ces approches soulèvent aussi des questions : que peuvent apporter ces représentations à des pratiques plus conventionnelles ? Quelle place leur accorder dans une discipline formalisée ?
« Parce qu’elle légitime et réhabilite les attachements et l’expérience empirique qu’ont les individus d’un territoire, la contre-cartographie est forcément subjective, comme toute carte d’ailleurs », souligne Nepthys Zwer. Elle se réclame d’un double héritage : celui de John Brian Harley, pour qui la carte n’est jamais neutre, et celui de la philosophe féministe américaine #Donna_Haraway, pour qui « toute #objectivité est toujours produite à partir d’un “#savoir_situé” ». Pour autant, « ces pratiques ne peuvent se réduire à un outil de lutte politique, prévient l’historienne. Elles font partie intégrante de la discipline qu’elles complètent et enrichissent, et doivent à ce titre être évaluées comme les autres ».
C’est aussi l’avis de Philippe Rekacewicz, qui a choisi de son côté d’abandonner le terme de « contre-cartographie », parce qu’il « peut être interprété comme s’opposant à la cartographie conventionnelle ». « Or, nous utilisons les mêmes règles, nos méthodes d’enquête et d’entretien sont celles de la géographie qualitative et des sciences humaines en général. Ce qui change, c’est l’#intention, la volonté de déconstruire le discours du pouvoir et de rendre visible ce qu’il ne souhaite pas montrer », explique-t-il.
Néanmoins, pour Françoise Bahoken, il faut différencier les cartes des « images et autres représentations de territoire ». « Certes, aucune représentation n’est objective par définition, mais la cartographie en tant que discipline scientifique s’appuie sur des théories et des méthodes, des dispositifs et des principes, et tend vers l’objectivité. Certaines approches ne sont pas scientifiques, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas importantes, puisqu’elles permettent à des non-spécialistes de s’emparer des questions d’inégalité spatiale. »
Planisphères et contre-cartes
Longtemps marginal, le mouvement commence à se faire une place à l’université. « La cartographie critique fait l’objet de travaux académiques aujourd’hui largement reconnus et qui suscitent des vocations », affirme Nicolas Lambert. A l’université de Tours, un cursus de cartographie expérimentale a vu le jour au sein du département de géographie où des étudiants s’initient à des ateliers de #cartographie_sensible, tandis que d’autres universités comme Bordeaux et Grenoble proposent, elles aussi, des ateliers.
De son côté, l’approche critique numérique fait l’objet d’un intérêt croissant, avec la prise de conscience de la puissance et de l’opacité des boîtes noires algorithmiques et du besoin de méthodes pour analyser leur fonctionnement. L’Agence nationale de la recherche finance désormais des projets dans ce domaine. « Un vrai progrès », se réjouit Matthieu Noucher, qui anime un groupe de travail autour des approches critiques au sein du réseau Magis, principalement composé de géomaticiens, ces spécialistes des données et des systèmes d’information géographique, et premiers concepteurs de cartes. « Jusque-là, les acteurs de la cartographie critique et ceux de la production de cartes officielles ne se parlaient pas beaucoup. Le principal enjeu aujourd’hui est de faire dialoguer les points de vue pour enrichir les modes de représentation », souligne le géographe.
Le chercheur prépare, pour juin, à Bordeaux, une exposition à la croisée des arts et des sciences, qui fera dialoguer différentes représentations spatiales de la planète : des planisphères et des contre-cartes des Attikamek du Québec, des globes terrestres numériques à la manière de Google Earth et des sculptures de communautés autochtones kali’na de Guyane. Une autre façon de construire des ponts entre différentes visions du monde.
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/02/comment-les-cartes-sont-devenues-des-contre-pouvoirs-pour-redessiner-le-mond
#cartographie #visualisation #cartographie_radicale #cartographie_critique #pouvoir #performativité
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#climat : comment se propage la #désinformation ? | France Culture
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-information/climat-comment-se-propage-la-desinformation-4290055
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#mésinformation #écologie #science #interprétation #intention #information #journalisme #doute #agnotologie #arcom #régulation #opinion #idéologie #propagande #politique #éthique
Le #talent, c’est juste l’envie de Répéter - Le Fil Mental - Fabien Olicard
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L’autocomplétion de nos intentions
▻https://ploum.net/2025-12-10-autocompletion-intention.html
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#autocomplétion #intention #attention #automatisation #cognition #chatbot #intelligenceartificielle
Decoding the duality of GAI #anthropomorphism and its joint effects—a sequential mixed-methods approach
▻https://www.frontiersin.org/journals/psychology/articles/10.3389/fpsyg.2025.1615342/full
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#generativeai #function #interaction #expectations #projection #cognition #emotions #experience #intentions
Des marchands d’attention aux architectes de l’intention
▻https://danslesalgorithmes.net/2025/11/27/des-marchands-dattention-aux-architectes-de-lintention
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#attention #intention #curiosité #désir #économie #influence #cognition #automatisation #intelligenceartificielle
The #compassion illusion: Can artificial #empathy ever be emotionally authentic?
▻https://www.frontiersin.org/journals/psychology/articles/10.3389/fpsyg.2025.1723149/full
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#artificialintelligence #affects #psychology #ethics #emotions #imitation #experience #intentionality #embodiment #moral #resonance #trust #loneliness #optimization #accountability #authenticity #care #bestof
The spiritual core of the hard problem: #consciousness as foundational, not emergent
▻https://www.frontiersin.org/journals/psychology/articles/10.3389/fpsyg.2025.1659944/full
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#subjectivity #intentionality #qualia #emergence #spirituality #foundation
Amira Arora
Independent Researcher, Trenton, NJ, United States
This paper proposes a transpersonal reframing of the Hard Problem of Consciousness by positing that consciousness is ontologically primary—not an emergent property of neural processes, but the foundational reality from which mind and matter arise. Integrating insights from non-dual spiritual traditions such as Advaita Vedanta and Tibetan Buddhism, contemplative science, and the work of transpersonal theorists including Jorge Ferrer, Ken Wilber, and Stanislav Grof, the study argues that a consciousness-centered metaphysics offers a more coherent model for explaining subjectivity, intentionality, and qualia. In critiquing materialist reductionism, it highlights the limitations of third-person methodologies and emphasizes the legitimacy of first-person and participatory ways of knowing. The paper also explores the broader epistemological, ethical, cultural, and ecological implications of adopting a transpersonal cosmology—one that bridges science and spirituality without collapsing their distinctions. By shifting the ontological center from matter to consciousness, this framework invites a pluralistic, integrative paradigm for understanding reality, advancing both human flourishing and scientific inquiry.
Introduction
The so-called “hard problem of consciousness,” famously articulated by philosopher David Chalmers (1995), asks why and how physical processes in the brain give rise to subjective experience. Why does neural activity in the visual cortex generate the qualia of red, or neurochemical shifts involving oxytocin result in the felt sense of love? Despite significant advances in cognitive neuroscience, this explanatory gap remains unresolved (Koch et al., 2016; Seth and Bayne, 2022). Consciousness, the very medium through which experience arises, continues to resist capture within strictly reductive or materialist paradigms (Kelly et al., 2015; Marshall, 2021). Transpersonal psychology, rooted in an expanded ontology that embraces the spiritual dimension of human life, offers a compelling framework for reimagining consciousness beyond mechanistic assumptions. This paper proposes that consciousness is not a byproduct of brain activity but rather ontologically fundamental. In this view, the brain acts as a filter or interface for a more pervasive, nonlocal consciousness: a model echoed in contemplative traditions, spiritual phenomenology, Indigenous epistemologies, and postmaterialist research (Tart, 2009; Greyson, 2022; Beauregard, 2014; Metzinger and Windt, 2016). Far from dismissing scientific inquiry, this perspective seeks to enrich it through integration with millennia of contemplative practice, cross-cultural wisdom, and first-person methodologies (Walach et al., 2021; Vieten et al., 2020).
The materialist paradigm and its limits
The dominant scientific framework for understanding consciousness remains grounded in materialism, or physicalism, which holds that consciousness emerges from complex neurobiological interactions. According to this paradigm, the brain is the sole generator of subjective experience. However, despite decades of research in cognitive neuroscience, no empirical mechanism has been identified that explains how neuronal processes give rise to qualia—the ineffable textures of experience such as the redness of red or the warmth of compassion (Chalmers, 2020; Seth, 2021). While neuroimaging studies have established correlations between brain states and subjective reports, correlation is not causation. As many philosophers of mind have argued, these correlations fail to bridge the explanatory gap: one cannot deduce the qualitative content of experience from neural data alone (Nagel, 1974; Levine, 1983; Koch and Hepp, 2006).
Materialist accounts also struggle to assimilate insights from physics, particularly quantum mechanics and systems theory, which increasingly suggest a participatory universe. The observer effect in quantum experiments, whereby the outcome appears dependent on the act of measurement, raises profound questions about the role of consciousness in shaping reality (Rosenblum and Kuttner, 2011; Stapp, 2017). While such claims are often overstated in popular science, careful interpretations indicate that consciousness may not be an epiphenomenon of matter, but rather a fundamental component of it: an idea congruent with panpsychism, dual-aspect monism, and idealism (Goff, 2019; Kastrup, 2021). Systems theory and non-linear dynamics also point to emergent phenomena and self-organizing systems that challenge reductionist assumptions, opening space for more integrative models of mind and matter (Capra and Luisi, 2014).
In addition, materialist models struggle to accommodate empirical reports of transpersonal experiences—such as near-death experiences (NDEs), shared death experiences, veridical out-of-body experiences, and spontaneous mystical states—which often occur under conditions of significantly diminished or absent brain function (Greyson, 2022; Lommel, 2010; Charbonier, 2014). Neuroimaging studies of psychedelics have also shown that reduced activity in certain brain regions (especially the default mode network) corresponds to heightened subjective richness and spiritual unity, contrary to expectations of materialist predictions (Carhart-Harris et al., 2014; Nour et al., 2016). These findings suggest that the brain may act more as a filter or receiver of consciousness, rather than its producer, reviving older models like the transmission or filter theory proposed by thinkers such as William James and Henri Bergson (Kelly et al., 2015).
Additionally, materialism provides little explanatory power for why certain ordinary or spontaneous states, such as awe in nature, meditative absorption, or sudden feelings of bliss and sacredness, carry an ineffable, often transformative quality. These experiences are increasingly recognized not as fringe anomalies, but as integral to psychological resilience and human flourishing (Garcia-Romeu et al., 2015; Yaden et al., 2017). William James (1902/2002), in his seminal work The Varieties of Religious Experience, argued that mystical and spiritual experiences reveal a more expansive layer of consciousness that is foundational to human identity and meaning-making. This dimension, long neglected by materialist models, is being reintroduced into mainstream psychology through the growing fields of transpersonal and contemplative science (Vieten et al., 2020; Taylor, 2017).
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#Eyal_Weizman : Israël déploie à #Gaza une « #architecture_de_la_mort »
Comment établir la #matérialité du #génocide ? Depuis le 7 octobre 2023, Forensic Architecture travaille à dévoiler par la #cartographie la #destruction_systématique, par #Israël, des #infrastructures de la société palestinienne, qui s’en trouve « déracinée ». Entretien avec son fondateur.
Regroupant des architectes, des journalistes, des universitaires comme des artistes, le laboratoire pluridisciplinaire #Forensic_Architecture s’est illustré ces dernières années en enquêtant sur différents crimes de guerre, en Syrie ou en Ukraine, ou encore sur des violences policières. En septembre 2022, Forensic Architecture avait notamment montré comment l’armée israélienne a sciemment exécuté la journaliste Shireen Abu Akleh (Al Jazeera) au cours d’un reportage à Jénine (Cisjordanie).
Au lendemain du 7-Octobre, l’équipe a commencé à travailler sur l’offensive israélienne contre Gaza, convaincue que s’y déroulait une entreprise de #destruction d’une ampleur inédite.
Ce travail a abouti à la publication de plusieurs rapports visant à mener une « #cartographie_du_génocide ». L’un de ces rapports a montré en juillet l’organisation de la #famine par Israël, notamment à travers les attaques contre l’#agriculture.
Le fondateur de Forensic Architecture, l’architecte israélien Eyal Weizman, explique à Mediapart pourquoi son organisation, basée à l’université Goldsmiths à Londres (Royaume-Uni), et qui compte désormais une douzaine de bureaux dans le monde, a choisi d’accompagner la plainte pour génocide déposée contre Israël devant la Cour internationale de justice à La Haye (Pays-Bas). Il revient sur la notion de « #génocide_colonial » au cœur de son prochain livre. Entretien.
Mediapart : Forensic Architecture a commencé à documenter le génocide perpétré à Gaza juste après le 7-Octobre. De quelle manière travaillez-vous sur ce terrain ? Est-ce un travail de même nature que les enquêtes que vous avez menées jusque-là ?
Eyal Weizman : Non, c’est complètement différent. Normalement, Forensic Architecture peut passer un an à travailler sur une séquence d’une seconde. Dans un cas de violence policière, par exemple, comme on l’a fait en France avec notre partenaire #Index, c’est dans cette temporalité que nous travaillons.
Concernant le génocide en cours à Gaza, on ne peut évidemment pas fonctionner comme ça. Nous avons donc commencé par collecter des informations sur des dizaines de milliers d’événements, puis nous avons essayé de comprendre quels liens existaient entre toutes ces situations.
Face à des #crimes_de_guerre, nous essayons d’établir si ce sont des civils ou des combattants qui ont été tués, si c’était proportionné, etc. Dans le cas d’un génocide, c’est la relation entre une énorme multiplicité de cas qui est déterminante. Est-ce qu’il y a un #système, un #dessein, un #plan ?
L’#intentionnalité est au cœur de la notion de génocide, selon la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Elle peut être établie par des #schémas_d’action qui donnent un sens à des cas a priori isolés. Au-delà de toutes les déclarations génocidaires du gouvernement israélien depuis le 7-Octobre, notre travail a consisté à faire apparaître ces schémas sur nos cartes.
De quelle manière ? Quels sont vos outils ?
Concrètement, dans chaque cas que nous investiguons, le bombardement de tel centre alimentaire, la destruction de tel terrain agricole, nous sauvegardons les vidéos, les images que nous recevons, nous les authentifions et nous analysons « l’#incident » : cela s’est passé là à telle heure, tel jour, etc.
Ensuite, nous avons différents #modèles_mathématiques pour regarder les relations entre ces différents événements. Quel est le système derrière ? Pouvons-nous établir qu’il y a un plan visant à détruire le peuple palestinien en tout ou en partie, ce qui est la définition du génocide ?
Si nous voyons qu’Israël détruit systématiquement les #terres_agricoles, qu’ensuite il empêche l’#aide_alimentaire d’entrer dans Gaza et cible les centres de #distribution_alimentaire, le #dessein qui apparaît alors est celui d’affamer la population. La famine à Gaza est créée par cette multiplicité d’actions.
L’article II, c) de la convention des Nations unies mentionne la « #soumission_intentionnelle » de la population à « à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ». Vous ne tuez pas les gens directement, mais vous les tuez en détruisant l’#infrastructure qui rend leur vie possible.
Si vous détruisez l’accès à la #nourriture, si vous détruisez les #hôpitaux, si vous détruisez les #écoles, si vous détruisez les #maisons, ce que j’appelle une « #violence_architecturale », alors les conditions de vie sont anéanties et la mort arrive lentement, parfois indirectement.
La famine ravage aujourd’hui Gaza. Or vous montrez, notamment dans le dernier rapport de Forensic Architecture, qui couvre la période du 18 mars au 1er août, comment cela correspond à un objectif d’#anéantissement méthodiquement poursuivi.
Gaza est une bande de terre longue et fine qui a deux types de sols. Des #sols sablonneux, du côté ouest, et des sols argileux à l’est. Quasiment toute l’agriculture à Gaza se situe à l’est de la route Salah al-Din, artère principale de la bande de Gaza. Et c’est cette partie qui a justement été la plus ciblée pour pousser la population vers les terres les plus difficiles à cultiver.
Ce que nous avons vu depuis le début du génocide, c’est une campagne systématique pour détruire la #souveraineté_alimentaire palestinienne, par la destruction des #champs, des #vergers, la destruction des moyens de pêcher – tous les bateaux ont été détruits…
Les Palestiniens n’ont plus les moyens de se nourrir. Ils dépendent entièrement de l’#aide_humanitaire qui passe par les checkpoints contrôlés par Israël. Israël a un contrôle total, peut ouvrir ou fermer le robinet. Parfois, il a dû l’ouvrir un peu sous la pression internationale, mais jamais assez.
Toute la matrice de la société palestinienne, tous les lieux de distribution de la nourriture, les familles, les associations caritatives, les mosquées, les boulangeries, tout ce qui permet la #résilience de la population, a été systématiquement ciblé. C’est une tentative de détruire la société palestinienne, en attaquant les #liens_invisibles qui la constitue.
À la place, Israël a construit des espaces nouveaux pour la distribution de nourriture qui sont en réalité des trappes de la mort.
C’est-à-dire ?
Vous devez penser Gaza à la fois comme une zone de #démolition et comme une zone de #construction. Parce que les #bulldozers israéliens détruisent les bâtiments palestiniens, mais avec les décombres, ils construisent une #architecture complètement nouvelle.
Par exemple, ils ont construit des centres de distribution alimentaire à partir des gravats des maisons détruites, selon ce que j’appelle une architecture de la mort. Ils le font dans une petite enceinte qui devient un genre de « #trappe_de_mort » où les gens peuvent se faire facilement tirer dessus par les forces israéliennes. Tout est fait pour qu’il soit très compliqué et très dangereux d’essayer d’y obtenir de la nourriture.
Les #gravats des maisons servent aussi à construire des jetées dans la mer, des petites #collines qui permettent à l’armée de surveiller Gaza, un territoire globalement plat.
L’architecture, en tant qu’#organisation_de_l’espace, est un très bon cadre pour analyser le génocide car elle est basée, elle aussi, sur une intention.
C’est ce qui forme la base de votre contribution à la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël, devant la Cour internationale de justice, pour génocide.
Oui, c’est tout ce travail qui a permis de produire un rapport de 825 pages pour l’équipe juridique de l’Afrique du Sud, qui sert de base factuelle dans cette procédure.
Nous amenons des éléments de #preuve concernant la destruction des hôpitaux, de l’agriculture, de l’#éducation, l’organisation de la famine, et nous montrons comment tout cela marche ensemble.
Nous considérons le procès intenté par l’Afrique du Sud contre Israël comme une chance pour les droits humains et le droit international. Ce qui s’y joue est, selon nous, très important. Qu’un pays qui a souffert de l’apartheid, qui a expérimenté le colonialisme de peuplement, un pays du Sud, attaque Israël, défendu par les pays occidentaux dans leur ensemble…, c’est un événement historique. C’est pourquoi nous sommes très engagés dans cette plainte.
Nous n’avons pas l’illusion que la Cour puisse avoir un impact sur les événements en cours, mais il existe une puissance historique, symbolique dans cette affaire.
Dans l’enquête que vous avez menée sur l’assassinat de la photojournaliste #Fatma_Hassona, vous dites que les forces israéliennes ont pixelisé l’image satellitaire de la toiture de sa maison pour brouiller les preuves. Est-ce de plus en plus compliqué pour vous de travailler avec les #images ? Les témoins qui vous envoient des photos, des vidéos, prennent aussi des risques énormes.
Oui, c’est un enjeu. C’est très difficile de télécharger des vidéos à Gaza. Les connexions sont systématiquement coupées, trouver du réseau est difficile. Mais malgré les difficultés, malgré le fait que les personnes risquent leur vie pour tourner des images, les gens continuent à nous envoyer des #vidéos de Gaza comme des bouteilles à la mer.
Vous ouvrez la bouteille, vous lisez ce message avec un soin infini pour honorer le risque qu’ils ont pris. Nous avons donc des protocoles très précis pour ne pas exposer nos sources sur le terrain. Nous faisons très attention à retirer toutes les indications qui pourraient permettre d’identifier ou de localiser nos sources.
Nous ne sollicitons jamais de vidéos, de photos. Les gens nous les envoient parce qu’ils nous connaissent et qu’ils nous font confiance. Mais nous préférons encore les prendre lorsqu’elles sont déjà en ligne, parce que cela assure mieux la sécurité des personnes.
Le climat dans lequel vous travaillez sur Gaza est particulièrement difficile. Votre bureau allemand a dû récemment fermer.
L’État allemand a retiré les financements et, effectivement, cela a conduit à fermer ce bureau en janvier. De façon générale, après le 7-Octobre, j’ai été accusé d’être antisémite dans plusieurs pays où nous travaillons, en Israël bien sûr mais particulièrement en Allemagne. Pour moi qui viens d’une famille juive rescapée d’Auschwitz, entendre cela dans ce pays est particulièrement douloureux.
Cela dit, nous avons encore une très petite équipe dans ce pays, qui vient juste de dévoiler un très important cas de violence policière lié aux manifestations de soutien à Gaza. La police avait accusé des manifestants d’avoir violemment molesté un policier à Berlin. Le gouvernement en avait profité pour interdire les manifestations de soutien à la Palestine. Nous avons pu établir que les faits étaient à l’opposé de la version officielle. En réalité, le policier a frappé un manifestant tellement fort qu’il s’est cassé la main. Donc, ils pensaient se débarrasser de nous mais ils n’ont pas complètement réussi…
Concernant le climat, mon université à Londres est actuellement sous enquête pour antisémitisme et je sais que c’est en partie à cause de l’activité de Forensic Architecture.
Je veux être très sérieux sur ce sujet, parce qu’il y a vraiment de l’antisémitisme, notamment en France, et il est meurtrier. La sécurité des juifs là où ils vivent doit être garantie.
Mais Israël, à force de faire passer la défense des droits humains, le droit international pour de l’antisémitisme, crée encore plus d’#antisémitisme. Ce qui me donne de l’espoir, ce sont ces jeunes juifs dans différents pays qui rejettent l’État génocidaire. Ils sont le futur.
Vous travaillez à un livre qui sortira dans quelques mois. Vous y parlez de ce que vous appelez « le génocide colonial ». Pouvez-vous nous en dire plus sur ce concept ?
Quand on pense au génocide, nous avons en tête l’Holocauste. Un crime perpétré sur un temps et un espace resserré. Mais un génocide peut prendre différentes formes.
Le génocide des Palestiniens n’a pas commencé le 7-Octobre. Pour le comprendre, il faut regarder l’#histoire_longue et la transformation de l’environnement, des lieux de vie palestiniens.
Je voudrais, à travers un travail sur les cartes, sur les sols, revenir sur l’histoire de la création de la bande de Gaza, de l’expulsion des Palestiniens du sud de la Palestine et la façon dont les villages palestiniens ont été littéralement rayés de la carte. Il faut comprendre comment les #colonies_israéliennes ont été localisées sur ce territoire, en particulier les #kibboutz, construits sur les ruines des #villages_palestiniens.
Ce sera, à travers l’#histoire_de_l’environnement et l’histoire des sols, une longue histoire de Gaza. Une grande partie des habitants de Gaza étaient auparavant des #bédouins. Pas des nomades, mais des #agriculteurs qui habitaient autour du fleuve #Waadi_Gaza. Ils y avaient élaboré des #techniques_agricoles très sophistiquées. Je travaille en particulier sur le village d’#Al-Ma’in, d’où viennent l’historien Salman Abu Sitta et le célèbre médecin palestinien Ghassan Abu Sitta.
Nous essayons de reconstruire précisément la manière dont la colonisation a transformé le #paysage, l’#environnement. C’est ce qui permet d’inscrire le génocide post 7-Octobre dans un bien plus long processus de #colonialisme_de_peuplement, qui est une forme de génocide.
Après le 7-Octobre, Israël a transformé Gaza en #désert. Mais là encore, c’est une histoire bien plus longue. On connaît le slogan revendiqué en Israël d’avoir fait « #fleurir_le_désert ». Mais Gaza n’a jamais été un désert. La région a toujours été habitée par des bédouins palestiniens qui cultivaient notamment de l’#orge à destination des Britanniques, qui s’en servaient pour la #bière. Jusqu’en 1948, c’était un territoire luxuriant.
Vous travaillez sur l’#effacement de ces #traces. Voire, sur l’#effacement_des_traces_de_l’effacement, qui est aussi une caractéristique des entreprises génocidaires.
Quand les Israéliens détruisaient un village palestinien, ils ne détruisaient pas seulement les bâtiments. Ils labouraient la terre, et même les #cimetières et les #routes.
Et, s’il y avait un champ qui était labouré dans un sens, ils le labouraient dans l’autre sens. Pour effacer toute trace, effectivement, des formes de vie qui existaient jusque-là. Aujourd’hui, j’observe les mêmes phénomènes, à la différence que le labour est fait par des bulldozers.
La destruction, c’est une chose. Par mon activité au sein de Forensic Architecture, j’ai vu beaucoup de destructions de bâtiments. Mais ce que je vois à Gaza, ce n’est pas simplement des bâtiments détruits, je vois la destruction des sols eux-mêmes, de la terre, ce que j’appelle « déraciner » Gaza.
À l’époque de la création d’Israël, une forme de #torture vis-à-vis des Palestiniens était de les amener sur les lieux où leur village avait été rasé et dont il ne restait rien. Pas même une trace.
C’est pour cela que vous avez voulu vous focaliser sur les sols, la #terre ?
Oui, parce que organiser la #désertification à Gaza est politique. Construire des #barrages pour détourner l’#eau au profit d’Israël, c’est utiliser l’environnement pour expulser les Palestiniens de leurs #terres.
#Créer_le_désert est une caractéristique continuelle du génocide. C’est la destruction des formes d’#habitabilité. D’abord Israël crée un désert, puis y envoie les Palestiniens. Si l’on pense au génocide arménien et au génocide en #Namibie par les Allemands, dans ces deux cas le désert a été un « outil » de destruction.
Je travaille aussi sur les dommages causés en profondeur aux sols. Depuis le 7-Octobre, Israël a lancé des bombes qui explosent à 30 mètres sous terre, officiellement pour détruire les tunnels du Hamas.
Ces bombes contiennent énormément de #produits_chimiques qui contaminent en profondeur les sols, et ce, pour des décennies. De l’eau salée a aussi été injectée dans la terre, ce qui a endommagé l’aquifère. La poussière de tous les bâtiments détruits à Gaza s’est infiltrée en profondeur et, là encore, va créer une pollution pour de très nombreuses années. C’est aussi politique. Contaminer les #sous-sols, c’est aussi détruire les capacités d’habiter des générations à venir.
Je pense que le colonialisme de peuplement, comme l’a dit l’anthropologue Patrick Wolfe, a une logique d’#élimination. La plupart des gens qui meurent dans le génocide colonial ne meurent pas de façon violente. Bien sûr, il y a des #massacres. Mais les gens meurent de #causes_secondaires. C’est comme un génocide sur la durée.
►https://www.mediapart.fr/journal/international/010925/eyal-weizman-israel-deploie-gaza-une-architecture-de-la-mort
#architecture_Forensique #ressources_pédagogiques #contamination #pollution #bombes #verticalité
voir aussi :
DIAGRAMMES - INTENTION GÉNOCIDAIRE
►https://seenthis.net/messages/1118337
signalé par @reka
ping @isskein
“Sono uno studioso di genocidio. Lo riconosco a prima vista”: il prof. Omer Bartov parla del crescente consenso ad applicare questa definizione a Gaza
▻https://www.assopacepalestina.org/2025/07/20/sono-uno-studioso-di-genocidio-lo-riconosco-a-prima-vista-il-prof
di Omer Bartov, Democracy Now, 17 luglio 2025. Omer Bartov è uno studioso israeliano-americano, professore di studi sull’Olocausto e il genocidio alla Brown University. Trascrizione dell’intervista fatta dal programma Democracy Now! a Omer Bartov. NERMEEN SHAIKH (co-conduttrice di Democracy Now): L’esercito israeliano continua ad attaccare i civili in tutta la Striscia di Gaza, con almeno ... Leggi tutto
Traduction de :
▻https://www.democracynow.org/2025/7/17/omer_bartov
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I’m a Genocide Scholar. I Know It When I See It.
A month after the Hamas attack on Israel on Oct. 7, 2023, I believed there was evidence that the Israeli military had committed war crimes and potentially crimes against humanity in its counterattack on Gaza. But contrary to the cries of Israel’s fiercest critics, the evidence did not seem to me to rise to the crime of genocide.
By May 2024, the Israel Defense Forces had ordered about one million Palestinians sheltering in Rafah — the southernmost and last remaining relatively undamaged city of the Gaza Strip — to move to the beach area of the Mawasi, where there was little to no shelter. The army then proceeded to destroy much of Rafah, a feat mostly accomplished by August.
At that point it appeared no longer possible to deny that the pattern of I.D.F. operations was consistent with the statements denoting genocidal intent made by Israeli leaders in the days after the Hamas attack. Prime Minister Benjamin Netanyahu had promised that the enemy would pay a “huge price” for the attack and that the I.D.F. would turn parts of Gaza, where Hamas was operating, “into rubble,” and he called on “the residents of Gaza” to “leave now because we will operate forcefully everywhere.”
Mr. Netanyahu had urged his citizens to remember “what Amalek did to you,” a quote many interpreted as a reference to the demand in a biblical passage calling for the Israelites to “kill alike men and women, infants and sucklings” of their ancient enemy. Government and military officials said they were fighting “human animals” and, later, called for “total annihilation.” Nissim Vaturi, the deputy speaker of Parliament, said on X that Israel’s task must be “erasing the Gaza Strip from the face of the earth.” Israel’s actions could be understood only as the implementation of the expressed intent to make the Gaza Strip uninhabitable for its Palestinian population. I believe the goal was — and remains today — to force the population to leave the Strip altogether or, considering that it has nowhere to go, to debilitate the enclave through bombings and severe deprivation of food, clean water, sanitation and medical aid to such an extent that it is impossible for Palestinians in Gaza to maintain or reconstitute their existence as a group.
My inescapable conclusion has become that Israel is committing genocide against the Palestinian people. Having grown up in a Zionist home, lived the first half of my life in Israel, served in the I.D.F. as a soldier and officer and spent most of my career researching and writing on war crimes and the Holocaust, this was a painful conclusion to reach, and one that I resisted as long as I could. But I have been teaching classes on genocide for a quarter of a century. I can recognize one when I see one.
This is not just my conclusion. A growing number of experts in genocide studies and international law have concluded that Israel’s actions in Gaza can only be defined as genocide. So has Francesca Albanese, the U.N. special rapporteur for the West Bank and Gaza, and Amnesty International. South Africa has brought a genocide case against Israel at the International Court of Justice.
The continued denial of this designation by states, international organizations and legal and scholarly experts will cause unmitigated damage not just to the people of Gaza and Israel but also to the system of international law established in the wake of the horrors of the Holocaust, designed to prevent such atrocities from happening ever again. It is a threat to the very foundations of the moral order on which we all depend.
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The crime of genocide was defined in 1948 by the United Nations as the “intent to destroy, in whole or in part, a national, ethnical, racial or religious group, as such.” In determining what constitutes genocide, therefore, we must both establish intent and show that it is being carried out. In Israel’s case, that intent has been publicly expressed by numerous officials and leaders. But intent can also be derived from a pattern of operations on the ground, and this pattern became clear by May 2024 — and has since become ever clearer — as the I.D.F. has systematically destroyed the Gaza Strip.
Most genocide scholars are cautious about applying this term to contemporary events, precisely because of the tendency, since it was coined by the Jewish-Polish lawyer Raphael Lemkin in 1944, to attribute it to any case of massacre or inhumanity. Indeed, some argue that the categorization should be entirely discarded, because it often serves more to express outrage than to identify a particular crime.
Yet as Mr. Lemkin recognized, and as the United Nations later agreed, it is crucial to be able to distinguish the attempt to destroy a particular group of people from other crimes under international law, such as war crimes and crimes against humanity. This is because, while other crimes entail indiscriminate or deliberate killing of civilians as individuals, genocide denotes the killing of people as members of a group, geared at irreparably destroying the group itself so that it will never be able to reconstitute itself as a political, social or cultural entity. And, as the international community signaled by adopting the convention, it is incumbent upon all signatory states to prevent such an attempt, to do all they can to stop it while it is occurring and to subsequently punish those who were engaged in this crime of crimes — even if it occurred within the borders of a sovereign state.
The designation has major political, legal and moral ramifications. Nations, politicians and military personnel suspected of, indicted on a charge of or found guilty of genocide are seen as beyond the pale of humanity and may compromise or lose their right to remain members of the international community. A finding by the International Court of Justice that a particular state is engaged in genocide, especially if enforced by the U.N. Security Council, can lead to severe sanctions.
Politicians or generals indicted on a charge of or found guilty of genocide or other breaches of international humanitarian law by the International Criminal Court can face arrest outside of their country. And a society that condones and is complicit in genocide, whatever the stand of its individual citizens may be, will carry this mark of Cain long after the fires of hatred and violence are put out.
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Israel has denied all allegations of war crimes, crimes against humanity and genocide. The I.D.F. says it investigates reports of crimes, although it has rarely made its findings public, and when breaches of discipline or protocol are acknowledged, it has generally meted out light reprimands to its personnel. Israeli military and political leaders repeatedly describe the I.D.F. as acting lawfully, say they issue warnings to civilian populations to evacuate sites about to be attacked and blame Hamas for using civilians as human shields.
In fact, the systematic destruction in Gaza not only of housing but also of other infrastructure — government buildings, hospitals, universities, schools, mosques, cultural heritage sites, water treatment plants, agriculture areas, and parks — reflects a policy aimed at making the revival of Palestinian life in the territory highly unlikely.
According to a recent investigation by Haaretz, an estimated 174,000 buildings have been destroyed or damaged, accounting for up to 70 percent of all structures in the Strip. So far, more than 58,000 people have been killed, according to Gazan health authorities, including more than 17,000 children, who make up nearly a third of the total fatality count. More than 870 of those children were less than a year old.
More than 2,000 families have been wiped out, the health authorities said. In addition, 5,600 families now count only one survivor. At least 10,000 people are believed to still be buried under the ruins of their homes. More than 138,000 have been wounded and maimed.
Gaza now has the grim distinction of having the highest number of amputee children per capita in the world. An entire generation of children subjected to ongoing military attacks, loss of parents and long-term malnutrition will suffer severe physical and mental repercussions for the rest of their lives. Untold additional thousands of chronically ill persons have had little access to hospital care.
The horror of what has been happening in Gaza is still described by most observers as war. But this is a misnomer. For the last year, the I.D.F. has not been fighting an organized military body. The version of Hamas that planned and carried out the attacks on Oct. 7 has been destroyed, though the weakened group continues to fight Israeli forces and retains control over the population in areas not held by the Israeli Army.
Today the I.D.F. is primarily engaged in an operation of demolition and ethnic cleansing. That’s how Mr. Netanyahu’s own former chief of staff and minister of defense, the hard-liner Moshe Yaalon, in November described on Israel’s Democrat TV and in subsequent articles and interviews the attempt to clear northern Gaza of its population.
On Jan. 19, under pressure from Donald Trump, who was a day away from resuming the presidency, a cease-fire went into effect, facilitating the exchange of hostages in Gaza for Palestinian prisoners in Israel. But after Israel’s breaking of the cease-fire on March 18, the I.D.F. has been executing a well-publicized plan to concentrate the entire Gazan population in a quarter of the territory in three zones: Gaza City, the central refugee camps and the Mawasi coastline in the Strip’s southwestern edge.
Using large numbers of bulldozers and huge aerial bombs supplied by the United States, the military appears to be trying to demolish every remaining structure and establish control over the other three-quarters of the territory.
This is also being facilitated by a plan that provides — intermittently — limited aid supplies at a few distribution points guarded by the Israeli military, drawing people to the south. Many Gazans are killed in a desperate attempt to obtain food, and the starvation crisis deepens. On July 7, Defense Minister Israel Katz said the I.D.F. would build a “humanitarian city” over the ruins of Rafah to initially accommodate 600,000 Palestinians from the Mawasi area, who would be provisioned by international bodies and not allowed to leave.
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Some might describe this campaign as ethnic cleansing, not genocide. But there is a link between the crimes. When an ethnic group has nowhere to go and is constantly displaced from one so-called safe zone to another, relentlessly bombed and starved, ethnic cleansing can morph into genocide.
This was the case in several well-known genocides of the 20th century, such as that of the Herero and Nama in German South West Africa, now Namibia, that began in 1904; the Armenians in World War I; and, indeed, even in the Holocaust, which began with the German attempt to expel the Jews and ended up with their murder.
To this day, only a few scholars of the Holocaust — and no institutions dedicated to researching and commemorating it — have issued warnings that Israel could be accused of carrying out war crimes, crimes against humanity, ethnic cleansing or genocide. This silence has made a mockery of the slogan “Never again,” transforming its meaning from an assertion of resistance to inhumanity wherever it is perpetrated to an excuse, an apology, indeed, even a carte blanche for destroying others by invoking one’s own past victimhood.
This is another of the many incalculable costs of the current catastrophe. As Israel is literally trying to wipe out Palestinian existence in Gaza and is exercising increasing violence against Palestinians in the West Bank, the moral and historical credit that the Jewish state has drawn on until now is running out.
Israel, created in the wake of the Holocaust as the answer to the Nazi genocide of the Jews, has always insisted that any threat to its security must be seen as potentially leading to another Auschwitz. This provides Israel with license to portray those it perceives as its enemies as Nazis — a term used repeatedly by Israeli media figures to depict Hamas and, by extension, all Gazans, based on the popular assertion that none of them are “uninvolved,” not even the infants, who would grow up to be militants.
This is not a new phenomenon. As early as Israel’s invasion of Lebanon in 1982, Prime Minister Menachem Begin compared Yasir Arafat, then hunkered down in Beirut, to Adolf Hitler in his Berlin bunker. This time, the analogy is being used in connection with a policy aimed at uprooting and removing the entire population of Gaza.
The daily scenes of horror in Gaza, from which the Israeli public is shielded by its own media’s self-censorship, expose the lies of Israeli propaganda that this is a war of defense against a Nazi-like enemy. One shudders when Israeli spokespeople shamelessly utter the hollow slogan of the I.D.F. being the “most moral army in the world.”
Some European nations, such as France, Britain and Germany, as well as Canada, have feebly protested Israeli actions, especially since Israel breached the cease-fire in March. But they have neither suspended arms shipments nor taken many concrete and meaningful economic or political steps that might deter Mr. Netanyahu’s government.
For a while, the United States government seemed to have lost interest in Gaza, with President Trump initially announcing in February that the United States would take over Gaza, promising to turn it into “the Riviera of the Middle East,” and then letting Israel get on with the Strip’s destruction and turning his attention to Iran. At the moment, one can only hope that Mr. Trump will again pressure a reluctant Mr. Netanyahu to at least reach a new cease-fire and put an end to the relentless killing.
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How will Israel’s future be affected by the inevitable demolition of its incontestable morality, derived from its birth in the ashes of the Holocaust?
Israel’s political leadership and its citizenry will have to decide. There seems to be little domestic pressure for the urgently needed change of paradigm: the recognition that there is no solution to this conflict other than an Israeli-Palestinian agreement to share the land under whatever parameters the two sides agree on, be it two states, one state or a confederation. Robust external pressure from the country’s allies also appears unlikely. I am deeply worried that Israel will persist on its disastrous course, remaking itself, perhaps irreversibly, into a full-blown authoritarian apartheid state. Such states, as history has taught us, do not last.
Another question arises: What consequences will Israel’s moral reversal have for the culture of Holocaust commemoration, and the politics of memory, education and scholarship, when so many of its intellectual and administrative leaders have up to now refused to face up to their responsibility to denounce inhumanity and genocide wherever they occur?
Those engaged in the worldwide culture of commemoration and remembrance built around the Holocaust will have to confront a moral reckoning. The wider community of genocide scholars — those engaged in the study of comparative genocide or of any one of the many other genocides that have marred human history — is now edging ever closer toward a consensus over describing events in Gaza as a genocide.
In November, a little more than a year into the war, the Israeli genocide scholar Shmuel Lederman joined the growing chorus of opinion that Israel was engaged in genocidal actions. The Canadian international lawyer William Schabas came to the same conclusion last year and has recently described Israel’s military campaign in Gaza as “absolutely” a genocide.
Other genocide experts, such as Melanie O’Brien, president of the International Association of Genocide Scholars, and the British specialist Martin Shaw (who has also said that the Hamas attack was genocidal), have reached the same conclusion, while the Australian scholar A. Dirk Moses of the City University of New York described these events in the Dutch publication NRC as a “mix of genocidal and military logic.” In the same article, Uğur Ümit Üngör, a professor at the Amsterdam-based NIOD Institute for War, Holocaust and Genocide Studies, said there are probably scholars who still do not think it’s genocide, but “I don’t know them.”
Most Holocaust scholars I know don’t hold, or at least publicly express, this view. With a few notable exceptions, such as the Israeli Raz Segal, program director of Holocaust and genocide studies at Stockton University in New Jersey, and the Hebrew University of Jerusalem historians Amos Goldberg and Daniel Blatman, the majority of academics engaged with the history of the Nazi genocide of the Jews have stayed remarkably silent, while some have openly denied Israel’s crimes in Gaza, or accused their more critical colleagues of incendiary speech, wild exaggeration, well-poisoning and antisemitism.
In December the Holocaust scholar Norman J.W. Goda opined that “genocide charges like this have long been used as a fig leaf for broader challenges to Israel’s legitimacy,” expressing his worry that “they have cheapened the gravity of the word genocide itself.” This “genocide libel,” as Dr. Goda referred to it in an essay, “deploys a range of antisemitic tropes,” including “the coupling of the genocide charge with the deliberate killing of children, images of whom are ubiquitous on NGO, social media, and other platforms that charge Israel with genocide.”
In other words, showing images of Palestinian children ripped apart by U.S.-made bombs launched by Israeli pilots is, in this view, an antisemitic act.
Most recently, Dr. Goda and a respected historian of Europe, Jeffrey Herf, wrote in The Washington Post that “the genocide accusation hurled against Israel draws on deep wells of fear and hatred” found in “radical interpretations of both Christianity and Islam.” It “has shifted opprobrium from Jews as a religious/ethnic group to the state of Israel, which it depicts as inherently evil.”
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What are the ramifications of this rift between genocide scholars and Holocaust historians? This is not merely a squabble within academe. The memory culture created in recent decades around the Holocaust encompasses much more than the genocide of the Jews. It has come to play a crucial role in politics, education and identity.
Museums dedicated to the Holocaust have served as models for representations of other genocides around the world. Insistence that the lessons of the Holocaust demand the promotion of tolerance, diversity, antiracism and support for migrants and refugees, not to mention human rights and international humanitarian law, is rooted in an understanding of the universal implications of this crime in the heart of Western civilization at the peak of modernity.
Discrediting genocide scholars who call out Israel’s genocide in Gaza as antisemitic threatens to erode the foundation of genocide studies: the ongoing need to define, prevent, punish and reconstruct the history of genocide. Suggesting that this endeavor is motivated instead by malign interests and sentiments — that it is driven by the very hatred and prejudice that was at the root of the Holocaust — is not only morally scandalous, it provides an opening for a politics of denialism and impunity as well.
By the same token, when those who have dedicated their careers to teaching and commemorating the Holocaust insist on ignoring or denying Israel’s genocidal actions in Gaza, they threaten to undermine everything that Holocaust scholarship and commemoration have stood for in the past several decades. That is, the dignity of every human being, respect for the rule of law and the urgent need never to let inhumanity take over the hearts of people and steer the actions of nations in the name of security, national interest and sheer vengeance.
What I fear is that in the aftermath of the Gaza genocide, it will no longer be possible to continue teaching and researching the Holocaust in the same manner as we did before. Because the Holocaust has been so relentlessly invoked by the state of Israel and its defenders as a cover-up for the crimes of the I.D.F., the study and remembrance of the Holocaust could lose its claim to be concerned with universal justice and retreat into the same ethnic ghetto in which it began its life at the end of World War II — as a marginalized preoccupation by the remnants of a marginalized people, an ethnically specific event, before it succeeded, decades later, in finding its rightful place as a lesson and a warning for humanity as a whole.
Just as worrisome is the prospect that the study of genocide as a whole will not survive the accusations of antisemitism, leaving us without the crucial community of scholars and international jurists to stand in the breach at a time when the rise of intolerance, racial hatred, populism and authoritarianism is threatening the values that were at the core of these scholarly, cultural and political endeavors of the 20th century.
Perhaps the only light at the end of this very dark tunnel is the possibility that a new generation of Israelis will face their future without sheltering in the shadow of the Holocaust, even as they will have to bear the stain of the genocide in Gaza perpetrated in their name. Israel will have to learn to live without falling back on the Holocaust as justification for inhumanity. That, despite all the horrific suffering we are currently watching, is a valuable thing, and may, in the long run, help Israel face the future in a healthier, more rational and less fearful and violent manner.
This will do nothing to compensate for the staggering amount of death and suffering of Palestinians. But an Israel liberated from the overwhelming burden of the Holocaust may finally come to terms with the inescapable need for its seven million Jewish citizens to share the land with the seven million Palestinians living in Israel, Gaza and the West Bank in peace, equality and dignity. That will be the only just reckoning.
►https://www.nytimes.com/2025/07/15/opinion/israel-gaza-holocaust-genocide-palestinians.html
#Omer_Bartov #génocide #Gaza #définition #intention #intentionnalité
“Un jour sans fin” depuis 30 ans : pourquoi avons-nous l’impression de toujours revivre la même journée ? | France Culture
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/sans-oser-le-demander/un-jour-sans-fin-depuis-30-ans-pourquoi-avons-nous-l-impression-de-toujo
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#attention #cognition #mémoire #conscience #répétition #nouveauté #interprétation #fiction #identification #familiarité #distraction #continuité #contiguïté #subjectivité #déjàvu #agentivité #intention #discrétion #expérience #marmotte #naccache #bestof
L’#IA va-t-elle nous rendre crétins ?
Les effets du recours à l’#intelligence_artificielle sur les individus suscitent l’inquiétude d’un grand nombre de scientifiques. Ils expriment la crainte qu’elle affaiblisse la capacité de chacun à #penser par soi-même.
En nous connectant à des contenus de piètre qualité ou en les générant à notre place, l’IA affaiblit notre #esprit_critique.
Baisse des résultats des tests Pisa, évaluations alarmantes des #capacités_cognitives et effondrement de la #lecture. Ces jours-ci encore, ce constat du déclin de l’#intelligence des jeunes et des adultes alarme le Financial Times. L’état de tutelle des consciences par les écrans où président des IA n’est pas étranger à l’épidémie de #solitude grandissante, affectant aussi nos facultés émotionnelles et sociales. Quel est le rôle de l’IA dans tout cela ?
L’#IA_prédictive, d’abord, optimise sans cesse nos interfaces numériques afin de nous rendre #accros. L’#économie_de_l’attention repose sur cette absorption du #temps conscient pour extraire des données et influencer les #comportements. L’ingénieur Andrej Karpathy, acteur de la Vallée du silicium, le dit sans détour : « Tiktok, c’est du crack digital qui a attaqué mon cerveau ! » L’#addiction est un fait générationnel. La moitié des adolescents aux États-Unis sont presque constamment connectés. Connectés à quoi ? La « #pourriture_cérébrale » ! Soit des contenus de piètre qualité qui détériorent les #capacités_mentales.
D’ailleurs, l’expression a été élue mot de l’année par le dictionnaire d’Oxford. Gageons qu’elle rejoigne celle de « #crétin_digital » forgée par Michel Desmurget pour caractériser la surexposition aux écrans. L’IA générative, ensuite, crée du contenu sans #effort. Dans les années 1980, le philosophe Ellul écrivait que si « vous mettez un appareil entre les mains d’un imbécile, il ne deviendra pas intelligent pour cela ». L’actualité continue de lui donner raison. Même les consultants de McKinsey sont trompés par des résultats erronés de ChatGPT. Plus ils y recourent et moins ils sont moins performants et créatifs. Allant dans le même sens, une étude de Microsoft et de l’université Carnegie démontre que l’usage des IA génératives au travail diminue l’esprit critique.
L’IA interactive, enfin, crée une relation avec l’utilisateur. L’université de Cambridge alerte sur l’essor de ces compagnons IA ouvrant la voie à la capture et la #manipulation de nos intentions. Ce n’est plus seulement l’#attention, mais l’#intention qui est l’objet de la machinerie algorithmique. Même les choix les plus ordinaires (quel film regarder ? quel cadeau offrir ?) sont délégués et toute faculté que l’on n’exerce plus finit par s’atrophier. Ces études ne sont pas anecdotiques, puisque le MIT a recensé pas moins de 777 #risques documentés scientifiquement de l’IA répartis en 23 catégories, dont la #dépendance_affective et la #perte_d’autonomie.
Le « #capitalisme_numérique colonise tous les lieux que nous dés-habitons », écrit la philosophe Rouvroy. Il en est de même de nos esprits. Le temps d’écran est la continuation du temps de travail. La destruction de nos intelligences est le corollaire de la production au sein de ce #capitalisme. Pour nous maintenir dans un défilement morbide de pourriture cérébrale devant un écran, il faut d’abord nous transformer. La fainéantise d’Oblomov a remplacé le puissant Stakhanov.
Alerte ! Après la télévision, les jeux vidéo, le rap, les réseaux sociaux numériques, voici la nouvelle innovation qui menace l’intelligence de l’humanité tout entière : l’IA. Les prophéties alarmistes réitérées à chaque nouveauté technologique, fleurissent sur la #crétinisation annoncée des masses, et encore plus sur celle d’une jeunesse déjà régulièrement qualifiée de crétine (digitale).
Selon plusieurs études récentes, l’IA séduirait la population, fascinée par les #performances de l’outil. Beaucoup de bruit pour une banale évidence : l’absence ou la fragile #éducation – ici, au numérique – nuit gravement à l’exercice d’un esprit critique. Immense boîte noire, nourrie par d’innombrables corpus de textes et d’images, bien souvent sans le consentement de leurs auteurs, l’usage de l’IA générative nous pousse à interroger notre rapport aux #sources, à l’#information, à la #propriété_intellectuelle. Elle nous rappelle combien l’éducation est la clé d’un regard distancié et critique, d’un pouvoir d’agir informé sur le monde. Mais l’IA ne porte aucune responsabilité. Aucune.
Ont une #responsabilité les professionnels de l’information qui jouent aux apprentis sorciers, se pâmant devant une IA « trop forte », s’émerveillant de ses #performances comme s’ils assistaient à une démonstration de magie. Ont une responsabilité ceux qui s’évertuent à pointer les « erreurs » commises par une IA, surpris qu’un programme conçu pour générer du contenu à partir de #modèles_statistiques « se trompe », et lui reprochant de nous attirer dans les limbes des approximations, méprises et autres faussetés. Dans les deux cas est alimenté le fantasme d’une IA autonome, quasi divine, que nous utilisons, impuissants.
Prenons le temps. Ne nous jetons pas à corps et esprits perdus dans les multiples potentialités et/ou affres de l’IA. Le procès en crétinisme évite le vrai procès, citoyen celui-ci : de quelle IA voulons-nous ? De celle qui récupère des données que nous cédons sur le Web à des industries sans éthique ? De celle qui, à l’empreinte écologique colossale, condamne un peu plus (vite) l’avenir de notre planète ? De celle à laquelle nous déléguons jusqu’à notre créativité singulière au profit de l’hégémonie d’un savoir standardisé, aseptisé et parfois, pour ne pas dire bien souvent, biaisé ? De celle que l’on utilise pour contribuer à cette accélération dénoncée par Hartmut Rosa qui nous asservit chaque jour davantage aux dogmes les plus avilissants qui soient ?
Prenons le temps. Celui de mesurer des choix, vertigineux mais aussi passionnants, qui nous reviennent. Celui de prendre nos responsabilités, individuelles et collectives, en décidant de la place que nous souhaitons accorder à une #innovation qui n’est en aucun cas toute-puissante. Celui de faire société, en exerçant notre capacité à « penser d’après nous-mêmes » selon l’intemporelle pensée de Condorcet. L’IA n’a ni cerveau ni valeurs. Nous si. À nous de jouer. Sérieusement.
►https://www.humanite.fr/en-debat/citoyennete/lia-va-t-elle-nous-rendre-cretins
via @freakonometrics
#algorithms are breaking how we think
Ce podcast explore le concept de la "complaisance algorithmique", défini par l’orateur comme une tendance croissante à laisser les algorithmes des plateformes numériques, en particulier les réseaux sociaux et les moteurs de recherche, déterminer ce que les utilisateurs voient et consomment en ligne, au détriment de leur propre curiosité, de leur pensée critique et de leur capacité à rechercher activement l’information. L’orateur introduit le sujet en démontrant la facilité avec laquelle on peut trouver des informations détaillées sur un objet ancien (une radio vintage) en utilisant des techniques de recherche en ligne basiques et l’observation attentive. Il utilise cet exemple pour contraster avec ce qu’il perçoit comme une perte de cette capacité et de cette volonté chez de nombreux (...)
#decisionmaking #choice #attention #focus #intention #cognition #algorithmiccomplacency #automation #agency #delegation #rant #control #recommendation #curation #curiosity #imagination #relationship #socialmedia #contextcollapse #context #conversation #respect #polarization #introspection #thinking #criticalthinking #ACS #influence #artificialintelligence #bestof
Les enjeux de la délégation aux machines
▻https://cursus.edu/fr/32909/les-enjeux-de-la-delegation-aux-machines
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#technologie #automatisation #stiegler #simondon #latour #milieu #intention #action #rationalitéinstrumentale #efficacité #anthropologie #bestof
There’s No Auschwitz in #Gaza. But It’s Still #Genocide - Israel News - Haaretz.com
▻https://archive.ph/2025.02.01-234101/https://www.haaretz.com/israel-news/2025-01-30/ty-article-magazine/.highlight/theres-no-auschwitz-in-gaza-but-its-still-genocide/00000194-b8af-dee1-a5dc-fcff384b0000
Par Amos Goldberg et Daniel Blatman
[…] the main difficulty in legally defining acts of mass murder as genocide is the need to prove intent. The UN Genocide Convention of 1948 requires demonstrating the existence of an “intent to destroy, in whole or in part,” the group that is the victim of destruction, which can be a national, religious, ethnic, or racial community. The issue of intent was included in the convention partly due to a mutual interest of the U.S. and the USSR, which, during the Cold War, feared they might find themselves in the dock at the International Court of Justice for violent actions they had committed in the past or might commit in the future.
[…]
Can intent be proven in the case of Gaza? Aside from the idea of using atomic weapons, Israeli politicians – among them Prime Minister Benjamin Netanyahu, President Isaac Herzog and former Defense Minister Yoav Gallant – and senior military officials have made numerous statements indicating genocidal intent, all of which have been documented: “There are no innocents in Gaza”; “We will carry out a second Nakba”; “We must destroy Amalek,” and more.
Still, the concept of intent, in general, is very problematic. William Schabas, one of the leading legal scholars on genocide, explains this in his important book “Genocide in International Law: The Crime of Crimes” (2000), in which he analyzes the decisions of the special international tribunals that judged the perpetrators of genocide in Rwanda and Yugoslavia.
The proof of intent required to convict either a person or state of genocide, Schabas argues, is much more demanding and complex than that needed in a regular criminal murder trial. Particularly when it comes to a state – what can be considered an expression of the state’s intent? If perpetrators carry out their actions while making statements, orders, speeches, etc., that are genocidal, it is easier to establish that intent. In the absence of such statements, the prosecution must rely on evidence from the crime itself and the determination with which the killers executed the murders, which must reflect a clear desire to destroy the victim group. The court that dealt with the genocide in Rwanda ruled that genocidal intent could be inferred from the actions themselves, “from their mass and/or systematic nature or their atrocities.”
In the context of Gaza, Schabas believes that the case against Israel for genocide – which was filed in the International Court of Justice by South Africa, with 14 other countries in the process of joining – is robust, due to both the countless genocidal statements made by Israeli decision-makers, and the nature of the actions themselves. These include the systematic starvation of the Gaza population, the massive destruction of infrastructure, the ethnic cleansing of the northern Strip, the bombing of areas designated as “safe,” and more.
[…]
Une interview de William Schabas en novembre 2023
Human Rights Expert [William Schabas]: “A Strong Case that Israel’s Response Constitutes the Crime of Genocide” - DER SPIEGEL
▻https://www.spiegel.de/international/world/interview-with-human-rights-expert-william-schabas-a-strong-case-that-israel
Pourquoi il est important que les étudiant(e)s apprennent à se passer de #Chat-GPT ?
Dans un article intéressant intitulé « ChatGPT : le #mythe de la #productivité » Hubert Guillaud nous explique qu’avec les applications de ce type, le but de l’#écriture est de remplir une page, pas de réaliser le #processus_de_réflexion qui l’accompagne. Or écrit-il. C’est justement tout l’inverse dont nous avons besoin ! À l’heure où l’intelligence artificielle (IA) s’immisce de plus en plus dans notre quotidien, il est utile de s’interroger sur son impact sur la formation, en particulier sur l’apprentissage des étudiants. Alors que des outils comme #ChatGPT promettent de faciliter de nombreuses tâches, il s’agit de comprendre pourquoi il est important que les apprenants puissent se passer de ces technologies, notamment dans le cadre de leurs études.
L’IA et le développement des #compétences_cognitives
L’un des arguments les plus convaincants en faveur d’un apprentissage sans IA porte sur le développement des compétences cognitives. Comme le souligne Emily M. Bender, linguiste citée par Hubert Guillaud, l’objectif de la rédaction d’un écrit d’étudiant (un mémoire ou d’un rapport de situation sociale) n’est pas de produire plus de connaissances, mais de renforcer les capacités de réflexion critique des élèves.
Une analogie avec l’entraînement sportif peut vous aider à comprendre pourquoi : de même que s’entrainer à soulever des poids développe la force musculaire nécessaire à diverses disciplines sportives, l’écriture régulière cultive des compétences essentielles pour les futurs professionnels. Or, nous avons besoin de travailleurs sociaux qui pensent par eux-mêmes et s’entrainent sans chercher leurs idées dans des réponses formatées par des chabots.
L’utilisation d’outils d’IA comme ChatGPT pour réaliser des devoirs équivaut à « amener un chariot élévateur dans une salle de musculation pour entrainer les athlètes ». En d’autres termes, cela prive les étudiants de l’opportunité de développer leur « forme cognitive ». Cette métaphore illustre parfaitement le risque d’atrophie intellectuelle lié à une dépendance excessive à l’IA. Il s’agit d’apprendre à penser par soi-même et d’être capable d’intégrer la pensée nécessaire à la pratique professionnelle. Sinon à quoi bon se former ?
L’#effort_intellectuel doit être valorisé
Un autre aspect à ne pas négliger de l’apprentissage sans IA concerne la valeur intrinsèque de l’effort intellectuel fourni par l’étudiant. Bien que certains types d’écriture puissent sembler superflus ou purement académiques, le processus de création de texte, même lorsqu’il n’est pas particulièrement créatif ou évident, a une valeur en soi. Il permet de développer des #compétences, d’approfondir la compréhension d’un sujet et de structurer la pensée. D’où l’intérêt de continuer à demander aux élèves de formaliser leurs pensées en synthétisant et en analysant des textes.
Le risque d’une utilisation excessive de l’IA est de créer un #cercle_vicieux où la production de textes de qualité médiocre devient la norme. Nous pourrions entrer dans une ère où les documents sont générés à partir de listes à puces par une IA, puis réutilisé par une autre IA pour produire un devoir ou une communication académique. Cette perspective soulève des questions sur la valeur ajoutée réelle de tels processus et sur l’#appauvrissement potentiel de la #réflexion humaines.
Un risque de #déshumanisation de l’apprentissage
Distinguons d’abord deux aspects importants qui entrent dans le champ de la formation : la #compétence et l’#intelligence. La compétence correspond à la façon dont vous accomplissez une tâche, tandis que l’intelligence correspond à l’efficacité avec laquelle vous allez acquérir de nouvelles compétences. Cette différenciation nous conduit à comprendre une limitation fondamentale de l’IA : bien qu’elle puisse être extrêmement compétente dans l’exécution de tâches spécifiques (par exemple, résumer un texte), elle manque de la #flexibilité et de l’#adaptabilité qui caractérisent l’#intelligence_humaine. Elle ne dispose pas d’intelligence à proprement parler. Il nous est dit que les étudiants pour obtenir leurs diplômes doivent acquérir des domaines de compétence. Pour autant la pratique du travail social demande surtout de savoir agir avec intelligence. Or ce n’est pas la même chose. James Stacey Taylor, professeur de Sciences humaines au collège de New Jersey, explique bien pourquoi il interdit désormais à ses élèves d’utiliser l’IA.
Cette technologie risque de nous traiter comme des êtres inférieurs à ce que nous sommes réellement : des créateurs et des interprètes de sens. Un autre argument en faveur de l’abandon de l’IA dans le travail des étudiants concerne son potentiel de « déshumanisation ». L’#IA_générative a tendance à réduire nos attentes, à la fois envers ce que nous lisons et envers nous-mêmes lorsque nous écrivons quelque chose pour que les autres le lisent. Nous banalisons du texte aux kilomètres généré par les #modèles_de_langage et oublions les efforts à fournir qui paraissent alors pour les étudiants de plus en plus démesurés.
L’acte d’écrire ou de communiquer, même lorsqu’il n’est pas particulièrement original, porte une #signification_profonde pour l’auteur et son audience. Cela concerne aussi bien la #création_artistique que la #communication quotidienne. L’#intention et le contexte humains sont essentiels. L’IA, en se substituant à ces processus, risque de réduire la quantité d’intention dans le monde et d’appauvrir nos interactions qui nous conduisent à forger nos propres opinions.
L’IA et la promotion de l’#incuriosité
Rob Horning, philosophe du net, nous met en garde contre le fait que les modèles de langage de grande taille (#LLM) « marchandisent l’incuriosité ». Ces systèmes peuvent fournir des informations, mais ils sont incapables d’expliquer pourquoi ces informations ont été produites ou organisées d’une certaine manière. Cette limitation est particulièrement problématique dans un contexte éducatif, où la compréhension du processus de création et d’organisation des connaissances est aussi importante que les connaissances elles-mêmes.
L’utilisation de l’IA dans l’#éducation risque de promouvoir une approche assez superficielle de l’apprentissage. L’accent sera mis sur l’obtention rapide de résultats plutôt que sur le processus de réflexion et de #compréhension. Cette tendance va à l’encontre des objectifs fondamentaux de la formation des travailleurs sociaux, qui visent à développer la #pensée_critique et la capacité d’analyse des étudiants.
Or aujourd’hui que souhaitons-nous pour les futurs travailleurs sociaux ? De nombreux employeurs vous diront qu’ils recherchent des professionnels qui font ce qu’on leur demande de faire sans véritablement se poser des questions. Le résultat importe plus que le processus qui a permis de l’obtenir. Or l’aide et l’accompagnement en #travail_social est justement structuré dans le processus fait d’avancées et de reculs, un parcours qui permettra à la personne aidée de pouvoir à terme prendre son avenir en main. Elle nous oblige à penser l’action au fil du contexte et des évolutions de la situation. Cette réflexion est menée avec la personne accompagnée. Or l’IA vous proposera des réponses qui ne sont pas coconstruites avec elle.
Le mythe de la productivité
Un autre aspect problématique de l’utilisation de l’IA dans la formation est la promotion du « mythe de la productivité ». Cette idéologie présuppose que l’économie de temps et d’efforts est toujours préférable à l’engagement dans une activité pour elle-même. Dans le contexte éducatif, cela peut se traduire par une focalisation excessive sur la production d’actions et de contenus au détriment du processus d’apprentissage et de réflexion pour la mise en œuvre de l’action.
Ce mythe de la productivité risque de réduire l’écriture et d’autres activités éducatives à de simples tâches à accomplir. Il néglige dans le processus d’écriture leur dans le développement intellectuel et personnel des étudiants. Comme le souligne Rob Horning, cette approche correspond à celle de l’idéologie libérale qui privilégie l’efficacité sur le sens et l’expérience.
Une utilisation excessive de l’IA dans la formation risque également de priver les étudiants de la maîtrise de leur propre apprentissage au nom de la productivité. En automatisant des processus qui devraient normalement impliquer une réflexion et un effort personnels, l’IA peut réduire la capacité des étudiants à développer une compréhension profonde et une expertise dans leurs domaines d’étude.
Cette perte de maîtrise s’apparente à ce que Rob Horning décrit comme le travail aliéné dans le contexte capitaliste. Au temps du Fordisme, les travailleurs étaient soumis à des processus de travail cadencés par la machine. Ils travaillaient à la chaine. Cela les privait de toute autonomie et surtout de leur créativité. Aujourd’hui, des robots les ont remplacés. L’IA utilisée de la sorte n’en ferait pas autrement. Cela pourrait se traduire par une autre forme de travail à la chaine, où le salarié (et l’étudiant) ne travaillent plus directement leurs textes, mais suivent plutôt ce que l’IA leur a fourni. Cela pourrait provoquer une forme d’aliénation aux outils d’IA, au détriment du développement de la capacité à penser de manière indépendante.
L’impact sur l’apprentissage
Les effets potentiellement néfastes de l’utilisation excessive de l’IA nous conduit dans des process un peu absurdes. Comme le souligne Ian Bogost, nous assistons déjà à des scénarios dans lesquels des étudiants génèrent des devoirs avec l’IA, que les enseignants font ensuite corriger par l’IA. On en arriverait vite à marcher sur la tête. Cette situation, qui peut exister, soulève des questions importantes sur la valeur et l’intégrité du processus éducatif.
Le risque majeur est que cette technologie rende caduc certains des meilleurs outils d’apprentissage, notamment l’écriture elle-même. L’écriture n’est pas seulement un moyen de communiquer des idées, c’est aussi un processus qui permet de clarifier la pensée, d’approfondir la compréhension et de développer des compétences critiques. En remplaçant ce processus par une génération automatisée de contenu, nous risquons de priver les étudiants d’opportunités essentielles pour leur développement intellectuel.
Il existe une grande différence entre l’apprentissage automatique et la « pensée machine » explique Ron Carucci dans le magazine Forbes. Dès l’instant où nous commençons à considérer l’IA comme une machine pensante, nous sommes dans le pétrin. En effet, cela signifie que nous avons essayé d’externaliser notre propre pensée critique et nos compétences de résolution de problèmes à une machine qui ne fait que répliquer et régurgiter les informations qu’elle a recueillies. Les grands modèles linguistiques recherchent des modèles d’information existants, peut-être même les synthétisent. Mais ils ne peuvent pas exercer d’appréciation, quelle que soit la nuance ou la rapidité de leurs résultats.
Plus les étudiants utilisent les machines pour réfléchir à leur place, plus ils deviennent dépendants de ces machines, ce qui perturbe les processus cognitifs clés. Utiliser l’IA pour trouver une réponse par raccourci au lieu de la trouver par soi-même diminue leur réserve cognitive, ou si vous préférez les connexions entre les cellules cérébrales. L’hypothèse de la réserve cognitive reflète l’agilité de notre cerveau à résoudre des problèmes et à faire face à des situations inattendues explique Ron Carucci.
En conclusion
En conclusion, bien que l’IA offre des possibilités assez vertigineuses dans de nombreux domaines, son utilisation dans la formation, en particulier pour des tâches fondamentales comme l’écriture et la recherche, soulève de sérieuses préoccupations. Il est esentiel que les étudiants apprennent à se passer de ces outils, non pas par rejet de la technologie, mais pour préserver et développer des compétences essentielles qui ne peuvent être acquises que par l’effort et la pratique.
L’éducation ne consiste pas seulement à acquérir des connaissances, mais aussi à développer la capacité de penser de manière critique, de résoudre des problèmes et de s’adapter à de nouvelles situations. Ces compétences sont primordiales pour le succès futur des étudiants, tant dans leur vie professionnelle que personnelle. Elles sont essentielles pour les étudiants en travail social. Il leur faut continuer à penser par eux-mêmes et non déléguer une quelconque décision à des IA qui n’auront pas dans leur mémoire tous les aspects particuliers d’une situation singulière.
Alors que beaucoup utilisent l’IA sans le dire, il reste essentiel de trouver un équilibre entre l’utilisation de ces technologies comme outils d’assistance et la préservation des processus d’apprentissage. C’est bien le fait de ne pas utiliser l’IA qui favorise une véritable croissance intellectuelle. Les formateurs, les responsables de filières et les étudiants eux-mêmes doivent être conscients des limites et des risques associés à une dépendance excessive à l’IA dans la formation.
En fin de compte, l’objectif de la formation devrait être de former des futurs professionnels capables de penser par eux-mêmes, de remettre en question les idées reçues et de contribuer de manière significative à la société. Ces compétences ne peuvent être pleinement développées que par un engagement actif dans le processus d’apprentissage, sans raccourcis artificiels. C’est en préservant ces aspects essentiels que nous pourrons préparer au mieux les étudiants dans un monde où l’IA jouera sans aucun doute un rôle de plus en plus important.
La quasi-totalité des sources est en anglais, n’hésitez pas à utiliser un traducteur automatique :
– ChatGPT : le mythe de la productivité | Dans les algorithmes : ►https://danslesalgorithmes.net/2024/09/17/chatgpt-le-mythe-de-la-productivite
- Revue Spirale – Esprit critique et pouvoir d’agir. Vers le développement d’une « attitude critique » ? | Cairn.info : ▻https://shs.cairn.info/revue-spirale-revue-de-recherches-en-education-2020-3-page-51?lang=fr
- AI Reduces Critical Thinking | WVNexus : ▻https://wvnexus.org/opinions/ai-reduces-critical-thinking
- Why I Ban AI Use in Writing Assignments | Times Higher Education : ▻https://www.timeshighereducation.com/campus/why-i-ban-ai-use-writing-assignments
- Importance of Critical Thinking for Students | EssayPro : ▻https://essaypro.com/blog/importance-of-critical-thinking-for-students
- In the Age of AI, Critical Thinking Is More Needed Than Ever | Forbes : ▻https://www.forbes.com/sites/roncarucci/2024/02/06/in-the-age-of-ai-critical-thinking-is-more-needed-than-ever
- Why Should Students Not Use AI Tools to Write Assignments ? | Academic Assignments : ▻https://www.academicassignments.com/blog/why-should-students-not-use-ai-tools-to-write-assignments
▻https://dubasque.org/pourquoi-il-est-important-que-les-etudiantes-apprennent-a-se-passer-de-cha
#ChatGPT #apprentissage #ESR #étudiants #AI #intelligence_artificielle #IA #université
voir aussi :
Guide sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le réseau de l’éducation
▻https://seenthis.net/messages/1082156
A Student’s Guide to Not Writing with ChatGPT
OpenAI has published “A Student’s Guide to Writing with ChatGPT”. In this article, I review their advice and offer counterpoints, as a university researcher and teacher. After addressing each of OpenAI’s 12 suggestions, I conclude by mentioning the ethical, cognitive and environmental issues that all students should be aware of before deciding to use or not use ChatGPT.
“1. Delegate citation grunt work to ChatGPT. AI excels at automating tedious, time-consuming tasks like formatting citations. Just remember to cross-check all source details against original materials for accuracy.”
That last sentence is probably there for legal reasons, because they know they can’t say ChatGPT will produce accurate results. Formatting citations and bibliographies means presenting metadata according to formal style instructions. This is not natural language. ChatGPT will make errors, which will take time to track and correct. Instead, use a reference manager, such as Zotero. It will format things reliably, exactly as expected. Just clean up the references’ metadata as you collect them, and then your bibliographies will never contain mistakes.
“2. Quickly get up to speed on a new topic. ChatGPT can jumpstart your research by providing a foundational understanding of a subject.”
ChatGPT is a human conversation simulator, not an information system or a knowledge base. It has no understanding of anything: it only outputs plausible responses. Do not ask an intermediary who has no capacity to understand information to explain it to you. Instead, go to your university library and look it up yourself, with the help of your local librarians. Actual information is contained in brains, documents and databases.
“3. Get a roadmap of relevant sources. ChatGPT can guide your research by suggesting relevant scholars, sources, and search terms. But remember: while it can point you in the right direction, ChatGPT isn’t a substitute for reading primary sources and peer-reviewed articles. And since language models can generate inaccurate information, always double-check your facts.”
(This is even more contentious than point 1, so we get two full sentences that are probably there for plausible deniability.) Because Chat GPT has no understanding of anything, it does not know what things like “a source” or “a true statement” are. Do not trust its directions. You will waste time and make mistakes. Again, ask a human or search for documents and data in a proper information system.
“4. Complete your understanding by asking specific questions.”
Because Chat GPT has no understanding of anything, it does not know actual answers to your questions, only plausible answers. It will generate true and false answers indiscriminately. This will set your learning back. Again, seek humans, documents and data directly instead of asking ChatGPT.
“5. Improve your flow by getting feedback on structure.”
Because Chat GPT has no understanding of anything, it does not understand what an “expected” or “improved” text structure is, even if you describe it. It can only upgrade your writing to middling quality, or downgrade it to that same level. Both will result in mediocre grades. To actually improve, ask a teacher, or join a group of students who give each other feedback; if such a group does not exist, get some people together and create it—this will be a useful experience by itself.
“6. Test your logic with reverse outlining.”
As an Australian study recently showed, ChatGPT does not know how to summarize, only shorten. So far, summarizing remains something only humans do well. So you should learn it: take a summarizing course from an information skills program. (Also, if you can’t summarize your own writing, something is wrong. Do not reverse outline your writing: outline first, then write.)
“7. Develop your ideas through Socratic dialogue.”
This is one suggestion that is related to ChatGPT’s actual function: simulating human communication. However, Socratic dialogue implies that you are conversing with someone who has a superior understanding of the topic and who slowly brings you to their level. And, unfortunately, ChatGPT is not Socrates. Using ChatGPT as a “sparring partner” will constrain you to its level: a machine which produces plausible human sentences. Instead, suggest this exercise to your teachers and fellow students, and do it with someone more knowledgeable than you.
“8. Pressure-test your thesis by asking for counterarguments.”
To improve your thinking, you must be able to come up with counterarguments, not just answer them. Using ChatGPT to do half the work will stunt your progress. Instead, come up with counterarguments yourself. And if you must ask for help, do not ask ChatGPT: it can only produce weak reasoning, so it will make you plateau into mediocrity. Ask someone who can create strong arguments to make you think harder.
“9. Compare your ideas against history’s greatest thinkers.”
ChatGPT can entertain you but it has no ability to design such a complex exercise so that you may learn from it. Suggest this idea to a teacher instead. This is what they are trained to do.
“10. Elevate your writing through iterative feedback.”
This is a variant of point 5 about feedback. Again, using ChatGPT will constrain your work to a machine’s idea of the human average. Instead, go for feedback sessions with teachers and fellow students, and make those iterative if needed.
“11. Use Advanced Voice Mode as a reading companion.”
(“Avanced Voice Mode” means ChatGPT listens to you reading something out loud and tries to answer your questions about it.) This is a variant of points 2-4 about information. ChatGPT has no understanding of anything. It will not provide reliable interpretations of what you’re reading. Instead, look up the definitions of words you don’t know; find scholarly work that analyzes the text; ask another student working on the same text if you’re unsure of what you’ve read.
“12. Don’t just go through the motions—hone your skills. […] Try asking ChatGPT to suggest ways to develop your ability to think critically and write clearly.”
Again, ChatGPT has no understanding of anything. This includes “critical thinking” and “writing techniques”. Look these things up in your university library catalogue; read what you find; ask your teacher about it; and then practice, practice, practice.
Final words
ChatGPT is designed to simulate human conversation. Using a probabilistic model of language, it communicates for communication’s sake, to fool you into thinking it’s human. It’s a bullshit machine. It works as a novelty thing, for entertainment. But it’s not a reliable tool for learning, so I believe students should be wary of it.
Whenever students ask me about ChatGPT, I mention the following three issues:
- ethics: most of the models were built on stolen data;
- cognition: using it makes you more dependent and less smart, as studies have started to show (here’s a link to a French one) ;
- environment: the energy costs of generative AI are an order of magnitude greater than pre-existing technology (and it’s not even profitable, so we’re burning fuel for nothing).
It’s usually enough to give most of my students some pause. They’re creative young people, so they empathize with robbed creators. They want tools that help them, not hinder them. And a lot of them are (rightly) concerned about the environment, so they’re shocked to learn that ChatGPT takes ten times the amount of energy Google does to answer the same question, usually worse (but Google is catching up, or down I should say).
The good news is that, as Jared White puts it:
“You can literally just not use it. […] you can be a fulfilled, modern, very online, technical expert & creator and completely sit out this hype cycle.”
If you need more information, I strongly recommend out that you check out Baldur Bjarnason’s Need To Know. It’s a website that provides an accessible summary of his deep literature review of the risks behind using generative AI. It’s a great starting point.
▻https://www.arthurperret.fr/blog/2024-11-14-student-guide-not-writing-with-chatgpt.html
Bonjour Colère : #Mazan, la (enfin) en #procès
Les #bons_pères_de_famille d’un côté et les #monstres de l’autre, ça n’existe pas. Pendant dix ans, Dominique Pélicot a drogué, violé et fait violer sa femme, Gisèle, par des dizaines d’hommes. Conviées Au Poste pour Bonjour Colère ce mardi 09 octobre, #Marine_Turchi, enquêtrice à Mediapart, #Valérie_Rey-Robert, autrice de Une culture du viol à la française et Marlène Thomas, qui couvre le procès pour Libé, décryptent pour nous les tenants et les aboutissants d’une affaire qui nous concerne tous.
À la cour criminelle du Vaucluse, 51 hommes sont sur le banc des accusés. Un procès hors normes, source de réactions dans l’espace public. Gisèle Pélicot a refusé le huis clos. Son souhait : que la honte change de camp. Les témoignages des accusés, les déclarations effarantes de leurs avocat.es, la mise en accusation de Gisèle Pélicot rappellent le traitement infligé aux victimes de violences sexuelles.
Dans le tchat, une personne interroge les trois spécialistes : « Combien ont plaidé coupable ? ». À l’ouverture de l’audience, « 35 accusés niaient les faits reprochés. Certains ont reconnu la matérialité des faits, mais la plupart nient l’intention de violer », répond Marlène Thomas. Le “#scénario_libertin” est un argument qui revient beaucoup dans leur défense.
▻https://www.youtube.com/watch?time_continue=294&v=4LtR-_gQnx0&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fw
Le procès Mazan est-il le procès de la culture du viol ?
Selon un sondage IFOP, 59% des Français considèrent que les accusés de l’affaire Pelicot sont des cas particuliers qu’il ne faut pas confondre avec la majorité des hommes. Les comportements qu’ils ont eu à l’égard de Gisèle Pelicot relèvent-ils du "viol d’opportunité", ou d’une "culture du viol" ?
Le procès de Mazan nous pousse à reconsidérer l’ancrage des violences sexistes et sexuelles. L’affaire Pélicot est-elle un événement extraordinaire, qui met en lumière des faits isolés commis par des hommes qui ont “saisi l’opportunité” ? Ou sagit-il d’ un procès qui souligne l’ancrage des violences sexistes et sexuelles, perpétrés par des hommes ordinaires imprégnés d’une culture qui les déculpabilisent ?
Dans le contexte du procès de Mazan ou des révélations de l’Abbé Pierre, des dizaines de manifestations ont eu lieu samedi dernier pour dénoncer la "culture du viol”. Selon les défenseuses et défenseurs de cette théorie de la “culture du viol”, l’affaire Pelicot serait la preuve que la société est imprégnée d’idées reçues qui invisibilisent les violences sexuelles, culpabilisent les victimes et déculpabilisent les coupables, ce qui entraîne une atmosphère d’impunité pour les violeurs. D’autres sont plus réticents face à ce concept, et défendent plutôt l’idée du “viol d’opportunité”, qui survient parce que “l’occasion s’est présentée”.
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-le-debat/le-proces-mazan-est-il-le-proces-de-la-culture-du-viol-7210186
#viol_d'opportunité #préméditation #impunité #égocentrisme_légitime
Au #procès des folles
« Les violences sont déplacées dans le champs du #fantasme »
Victimes de violences physiques et psychologiques de la part de leurs ex conjoints, Anouk et Marie doivent être expertisées par des psychologues et psychiatres suite aux #démarches_juridiques qu’elles entament, au pénal et au civil. Elles racontent leurs expériences traumatisantes face à des expertes qui minimisent les faits, remettent en doute leurs paroles, symétrisent les comportements ou encore les accusent d’être hystériques et masochistes. Ces psys considèrent qu’Anouk et Marie « y sont sans doute pour quelque chose », compte tenu de leurs profils psychologiques.
De très nombreuses femmes vivent les mêmes expériences, source de nouveaux traumatismes, devant la justice, mais aussi dans les cabinets libéraux. Cet épisode décrypte le processus de #psychologisation de la violence (des victimes, mais aussi des agresseurs) qui permet de mieux l’occulter. Avec les analyses de psychologues et d’avocates qui tentent de faire changer ces pratiques.
▻https://www.arteradio.com/son/61684896/au_proces_des_folles
#justice #violence #procès_pénal #procès #traumatisme #masochisme #hystérie #occultation #invisibilisation #psychologie #anxiété #VSS #violences_sexuelles #expertise #peur #honte #répétition #larmes #humiliation #culturalisation #religion #histoire_familiale #hystérie #suspicion #intimité #expertise_psychologique #enquête_de_crédibilité #crédibilité #toute_puissance #traumatisme #post-traumatisme #consentement #colère #tristesse #témoignage #anxiété_généralisée #traumatisme_de_trahison #troubles_du_stress_post-traumatique (#TSPT) #subjectivité #psychanalyse #névrose #masochisme #analyses_paradoxales #présomption_de_masochisme #présomption #concepts #mise_en_scène #jeu #mensonge #manipulation #exagération #répétition #co-responsabilité #dépsychologisation #féminisme #violences_politiques #vulnérabilité #expertises_abusives #maltraitance_théorique #théorie #rite_de_domination #violences_conjugales #analyse_sociale #psychologisation_de_la_violence #patriarcat #domination #violence_systémique #féminicide #sorcière #pouvoir #relation_de_pouvoir #victimisation #violences_conjugales #crime_passionnel #circonstances_atténuantes #injustice #haine #haine_contre_les_femmes #amour #viol #immaturité #homme-système #empathie #désempathie #masculinité #masculinité_violente #violence_psychologique #humiliations #dérapage #déraillement #emprise_réciproque #reproduction_de_la_violence #émotions #récidive #intention #contexte #figure_paternelle #figure_maternelle #imaginaire #violence_maternelle #materophobie #mère_incenstueuse #parentalité_maternelle #parentalité_paternelle #dénigrement
ping @_kg_
Merci
Cette émission a fait un écho tremblant aux accusations et dénigrements de psychologues dont j’avais requis les compétences pour m’aider (croyais-je) alors que j’étais en soin pour un cancer du sein métastasé. La première, je n’ai pas ouvert la bouche que déjà elle me dit que je me suis assise de façon présomptueuse et un autre moment elle rit en me disant qu’elle voudrait bien voir mon enfant pour savoir comment il s’en sort d’avoir une mère comme moi. Une autre, à qui j’ai demandé d’agir en relais le temps des soins pour mon enfant qui débute ses études, et qui présente des phases dépressives suite à des maltraitances de son père, lui conseille d’aller vivre chez lui devenu SDF à 600km de là et me donne un rdv où j’apprends qu’il sera présent, refusant de m’entendre alors que c’est moi qui l’ai toujours payé. Tellement choquée que je pars en voir une autre pour lui demander si il est normal d’agir ainsi. Cette fois, en sortant, j’étais responsable du cancer qui m’avait fait perdre mon sein dû à des problèmes psys de maternité non résolu, j’allais détruire mon entourage, mon enfant également et j’avais juste envie de me suicider.
J’ai quand même repris trois mois plus tard un suivi par une psychologue de la clinique qui m’a cette fois réellement écoutée et aidée. Jamais eu le courage cependant de retourner voir les 3 autres pour dénoncer leur incompétence et leurs humiliations.
#psychologues #violences_psychologiques #maternophobie #courage_des_femmes
@vraiment merci du partage, en espérant que ça puisse aider, même si de manière infime.
Je me demandais : leur écrire, au moins ?
Blinne Ní Ghrálaigh: Lawyer’s closing statement in ICJ case against Israel praised
This was the powerful closing statement in South Africa’s genocide case against Israel.
Senior advocate #Blinne_Ní_Ghrálaigh addressed the International Court of Justice on day one of the hearing.
ICJ: Blinne Ní Ghrálaigh’s powerful closing statement in South Africa case against Israel
▻https://www.youtube.com/watch?v=ttrJd2aWF-Y&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fwww.thenational.sco
▻https://www.thenational.scot/news/24042943.blinne-ni-ghralaigh-lawyers-closing-statement-icj-case-israel
#Cour_internationale_de_justice (#CIJ) #Israël #Palestine #Afrique_du_Sud #justice #génocide
Israël commet-il un génocide à #Gaza ? Le compte rendu d’une #audience historique
Alors que les massacres israéliens à Gaza se poursuivent, l’Afrique du Sud a tenté de démontrer, jeudi 11 et vendredi 12 janvier devant la justice onusienne, qu’un génocide est en train d’être commis par Israël à Gaza.
« Une #calomnie », selon l’État hébreu.
Devant le palais de la Paix de #La_Haye (Pays-Bas), la bataille des #mots a commencé avant même l’audience. Jeudi 11 janvier au matin, devant la #Cour_de_justice_internationale_des_Nations_unies, des manifestants propalestiniens ont exigé un « cessez-le-feu immédiat » et dénoncé « l’#apartheid » en cours au Proche-Orient. Face à eux, des familles d’otages israélien·nes ont montré les photos de leurs proches kidnappés le 7 octobre par le Hamas.
Pendant deux jours, devant 17 juges internationaux, alors que les massacres israéliens à Gaza continuent de tuer, de déplacer et de mutiler des civils palestiniens (à 70 % des femmes et des enfants, selon les agences onusiennes), le principal organe judiciaire des Nations unies a examiné la requête, précise et argumentée, de l’Afrique du Sud, destinée à imposer au gouvernement israélien des « #mesures
_conservatoires » pour prévenir un génocide de la population palestinienne de Gaza.
La première et plus urgente de ces demandes est l’arrêt immédiat des #opérations_militaires israéliennes à Gaza. Les autres exigent des mesures urgentes pour cesser les tueries, les déplacements de population, faciliter l’accès à l’eau et à la nourriture, et prévenir tout génocide.
La cour a aussi entendu les arguments d’Israël, qui nie toute #intention_génocidaire et a martelé son « #droit_à_se_défendre, reconnu par le droit international ».
L’affaire ne sera pas jugée sur le fond avant longtemps. La décision sur les « mesures conservatoires », elle, sera rendue « dès que possible », a indiqué la présidente de la cour, l’États-Unienne #Joan_Donoghue.
Rien ne dit que les 17 juges (dont un Sud-Africain et un Israélien, Aharon Barak, ancien juge de la Cour suprême israélienne, de réputation progressiste mais qui n’a jamais critiqué la colonisation israélienne) donneront raison aux arguments de l’Afrique du Sud, soutenue dans sa requête par de nombreux États du Sud global. Et tout indique qu’une décision sanctionnant Israël serait rejetée par un ou plusieurs #vétos au sein du #Conseil_de_sécurité des Nations unies.
Cette #audience solennelle, retransmise sur le site de l’ONU (revoir les débats du jeudi 11 et ceux du vendredi 12), et relayée par de nombreux médias internationaux, a pourtant revêtu un caractère extrêmement symbolique, où se sont affrontées deux lectures radicalement opposées de la tragédie en cours à Gaza.
« Israël a franchi une limite »
Premier à prendre la parole, l’ambassadeur sud-africain aux Pays-Bas, #Vusi_Madonsela, a d’emblée replacé « les actes et omissions génocidaires commis par l’État d’Israël » dans une « suite continue d’#actes_illicites perpétrés contre le peuple palestinien depuis 1948 ».
Face aux juges internationaux, il a rappelé « la Nakba du peuple palestinien, conséquence de la #colonisation_israélienne qui a [...] entraîné la #dépossession, le #déplacement et la #fragmentation systématique et forcée du peuple palestinien ». Mais aussi une « #occupation qui perdure depuis cinquante-six ans, et le siège de seize ans imposé [par Israël] à la bande de Gaza ».
Il a décrit un « régime institutionnalisé de lois, de politiques et de pratiques discriminatoires, mises en place [par Israël – ndlr] pour établir sa #domination et soumettre le peuple palestinien à un apartheid », dénonçant des « décennies de violations généralisées et systématiques des #droits_humains ».
« En tendant la main aux Palestiniens, nous faisons partie d’une seule humanité », a renchéri le ministre de la justice sud-africain, #Ronald_Ozzy_Lamola, citant l’ancien président Nelson Mandela, figure de la lutte contre l’apartheid dans son pays.
D’emblée, il a tenté de déminer le principal argument du gouvernement israélien, selon lequel la procédure devant la Cour internationale de justice est nulle et non avenue, car Israël mènerait une #guerre_défensive contre le #Hamas, au nom du #droit_à_la_légitime_défense garanti par l’article 51 de la charte des Nations unies – un droit qui, selon la Cour internationale de justice, ne s’applique pas aux #Territoires_occupés. « Gaza est occupée. Israël a gardé le contrôle de Gaza. [...] Ses actions renforcent son occupation : la légitime défense ne s’applique pas », insistera un peu plus tard l’avocat Vaughan Lowe.
« L’Afrique du Sud, affirme le ministre sud-africain, condamne de manière catégorique la prise pour cibles de civils par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens le 7 octobre 2023. Cela étant dit, aucune attaque armée contre le territoire d’un État, aussi grave soit-elle, même marquée par la commission des #crimes atroces, ne saurait constituer la moindre justification ni le moindre prétexte, pour se rendre coupable d’une violation, ni sur le plan juridique ni sur le plan moral », de la #convention_des_Nations_unies_pour_la_prévention_et_la_répression_du_crime_de_génocide, dont est accusé l’État hébreu.
« La réponse d’Israël à l’attaque du 7 octobre, a-t-il insisté, a franchi cette limite. »
Un « génocide » au caractère « systématique »
#Adila_Hassim, principale avocate de l’Afrique du Sud, s’est évertuée à démontrer méthodiquement comment Israël a « commis des actes relevant de la définition d’#actes_de_génocide », dont elle a martelé le caractère « systématique ».
« Les Palestiniens sont tués, risquent la #famine, la #déshydratation, la #maladie, et ainsi la #mort, du fait du siège qu’Israël a organisé, de la #destruction des villes, d’une aide insuffisante autorisée à atteindre la population, et de l’impossibilité à distribuer cette maigre aide sous les #bombardements incessants, a-t-elle énuméré. Tout ceci rend impossible d’avoir accès aux éléments essentiels de la vie. »
Adila Hassim s’est attelée à démontrer en quoi la #guerre israélienne cochait les cases du génocide, tel qu’il est défini à l’article 2 de la convention onusienne : « Des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. »
Le « meurtre des membres du groupe », premier élément du génocide ? Adila Hassim évoque le « meurtre de masse des Palestiniens », les « 23 000 victimes dont 70 % sont des femmes ou des enfants », et « les 7 000 disparus, présumés ensevelis sous les décombres ». « Il n’y a pas de lieu sûr à Gaza », dit-elle, une phrase empruntée aux responsables de l’ONU, répétée de nombreuses fois par la partie sud-africaine.
Hasssim dénonce « une des campagnes de bombardement les plus lourdes dans l’histoire de la guerre moderne » : « 6 000 bombes par semaine dans les trois premières semaines », avec des « #bombes de 900 kilos, les plus lourdes et les plus destructrices », campagne qui vise habitations, abris, écoles, mosquées et églises, dans le nord et le sud de la bande de Gaza, camps de réfugié·es inclus.
« Les Palestiniens sont tués quand ils cherchent à évacuer, quand ils n’ont pas évacué, quand ils ont pris la #fuite, même quand ils prennent les itinéraires présentés par Israël comme sécurisés. (...) Des centaines de familles plurigénérationelles ont été décimées, personne n’ayant survécu (...) Personne n’est épargné, pas même les nouveau-nés (...) Ces massacres ne sont rien de moins que la #destruction_de_la_vie_palestinienne, infligée de manière délibérée. » Selon l’avocate, il existe bien une #intention_de_tuer. « Israël, dit-elle, sait fort bien combien de civils perdent leur vie avec chacune de ces bombes. »
L’« atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe », et la « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle », autres éléments constitutifs du génocide ? Adila Hassim évoque « la mort et la #mutilation de 60 000 Palestiniens », les « civils palestiniens arrêtés et emmenés dans une destination inconnue », et détaille le « #déplacement_forcé de 85 % des Palestiniens de Gaza » depuis le 13 octobre, sans retour possible pour la plupart, et qui « répète une longue #histoire de #déplacements_forcés de masse ».
Elle accuse Israël de « vise[r] délibérément à provoquer la faim, la déshydratation et l’inanition à grande échelle » (93 % de la population souffrent d’un niveau critique de faim, selon l’Organisation mondiale de la santé), l’aide empêchée par les bombardements et qui « ne suffit tout simplement pas », l’absence « d’eau propre », le « taux d’épidémies et de maladies infectieuses qui s’envole », mais aussi « les attaques de l’armée israélienne prenant pour cible le système de santé », « déjà paralysé par des années de blocus, impuissant face au nombre de blessures ».
Elle évoque de nombreuses « naissances entravées », un autre élément constitutif du génocide.
« Les génocides ne sont jamais annoncés à l’avance, conclut-elle. Mais cette cour a devant elle 13 semaines de #preuves accumulées qui démontrent de manière irréfutable l’existence d’une #ligne_de_conduite, et d’#intentions qui s’y rapportent, justifiant une allégation plausible d’actes génocidaires. »
Une « #déshumanisation_systématique » par les dirigeants israéliens
Un autre avocat s’avance à la barre. Après avoir rappelé que « 1 % de la population palestinienne de Gaza a été systématiquement décimée, et qu’un Gazaoui sur 40 a été blessé depuis le 7 octobre », #Tembeka_Ngcukaitobi décortique les propos des autorités israéliennes.
« Les dirigeants politiques, les commandants militaires et les représentants de l’État d’Israël ont systématiquement et explicitement exprimé cette intention génocidaire, accuse-t-il. Ces déclarations sont ensuite reprises par des soldats, sur place à Gaza, au moment où ils anéantissent la population palestinienne et l’infrastructure de Gaza. »
« L’intention génocidaire spécifique d’Israël, résume-t-il, repose sur la conviction que l’ennemi n’est pas simplement le Hamas, mais qu’il est à rechercher au cœur même de la société palestinienne de Gaza. »
L’avocat multiplie les exemples, encore plus détaillés dans les 84 pages de la requête sud-africaine, d’une « intention de détruire Gaza aux plus hauts rangs de l’État » : celle du premier ministre, #Benyamin_Nétanyahou, qui, à deux reprises, a fait une référence à #Amalek, ce peuple que, dans la Bible (I Samuel XV, 3), Dieu ordonne d’exterminer ; celle du ministre de la défense, qui a comparé les Palestiniens à des « #animaux_humains » ; le président israélien #Isaac_Herzog, qui a jugé « l’entièreté de la nation » palestinienne responsable ; celle du vice-président de la Knesset, qui a appelé à « l’anéantissement de la bande de Gaza » (des propos condamnés par #Nétanyahou) ; ou encore les propos de nombreux élus et députés de la Knesset appelant à la destruction de Gaza.
Une « déshumanisation systématique », dans laquelle les « civils sont condamnés au même titre que le Hamas », selon Tembeka Ngcukaitobi.
« L’intention génocidaire qui anime ces déclarations n’est nullement ambiguë pour les soldats israéliens sur le terrain : elle guide leurs actes et leurs objectifs », poursuit l’avocat, qui diffuse devant les juges des vidéos où des soldats font eux aussi référence à Amalek, « se filment en train de commettre des atrocités contre les civils à Gaza à la manière des snuff movies », ou écoutent un réserviste de 95 ans les exhorter à « tirer une balle » sur leur « voisin arabe » et les encourager à une « destruction totale ».
L’avocat dénonce le « manquement délibéré de la part du gouvernement à son obligation de condamner, de prévenir et de réprimer une telle incitation au génocide ».
Après une plaidoirie technique sur la capacité à agir de l’Afrique du Sud, #John_Dugard insiste : « Gaza est devenu un #camp_de_concentration où un génocide est en cours. »
L’avocat sud-africain #Max_du_Plessis exhorte la cour à agir face à Israël, qui « depuis des années (...) s’estime au-delà et au-dessus de la loi », une négligence du droit rendue possible par l’#indifférence de la communauté internationale, qui a su, dans d’autres conflits (Gambie, Bosnie, Ukraine) décider qu’il était urgent d’agir.
« Gaza est devenu inhabitable », poursuit l’avocate irlandaise #Blinne_Ni_Ghralaigh. Elle énumère d’autres chiffres : « Au rythme actuel », égrène-t-elle, « 247 Palestiniens tués en moyenne chaque jour », dont « 48 mères » et « plus de 117 enfants », et « 629 blessés ». Elle évoque ces enfants dont toute la famille a été décimée, les secouristes, les enseignants, les universitaires et les journalistes tués dans des proportions historiques.
« Il s’agit, dit-elle, du premier génocide de l’Histoire dont les victimes diffusent leur propre destruction en temps réel, dans l’espoir vain que le monde fasse quelque chose. » L’avocate dévoile à l’écran les derniers mots du docteur #Mahmoud_Abu_Najela (Médecins sans frontières), tué le 23 novembre à l’hôpital Al-Awda, écrits au feutre sur un tableau blanc : « À ceux qui survivront. Nous avons fait ce que nous pouvons. Souvenez-vous de nous. »
« Le monde, conclut Blinne Ni Ghralaigh, devrait avoir #honte. »
La réponse d’Israël : une « calomnie »
Vendredi 12 janvier, les représentants d’Israël se sont avancés à la barre. Leur argumentation a reposé sur deux éléments principaux : un, la Cour internationale de justice n’a pas à exiger de « mesures conservatoires » car son armée ne commet aucun génocide ; deux, si génocide il y a, il a été commis par le Hamas le 7 octobre 2023.
Premier à prendre la parole, #Tal_Becker, conseiller juridique du ministère des affaires étrangères israélien, invoque l’Histoire, et le génocide infligé aux juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, « le meurtre systématique de 6 millions de juifs dans le cadre d’une destruction totale ».
« Israël, dit-il, a été un des premiers États à ratifier la convention contre le génocide. » « Pour Israël, insiste-t-il, “#jamais_plus” n’est pas un slogan, c’est une #obligation_morale suprême. »
Dans « une époque où on fait bon marché des mots, à l’heure des politiques identitaires et des réseaux sociaux », il dénonce une « #instrumentalisation » de la notion de génocide contre Israël.
Il attaque une présentation sud-africaine « totalement dénaturée des faits et du droit », « délibérément manipulée et décontextualisée du conflit actuel », qualifiée de « calomnie ».
Alors que les avocats sud-africains avaient expliqué ne pas intégrer les massacres du Hamas dans leur requête devant la justice onusienne, car « le Hamas n’est pas un État », Tal Becker estime que l’Afrique du Sud « a pris le parti d’effacer l’histoire juive et tout acte ou responsabilité palestiniens », et que les arguments avancés « ne se distinguent guère de ceux opposés par le Hamas dans son rejet d’Israël ». « L’Afrique du Sud entretient des rapports étroits avec le Hamas » et le « soutient », accuse-t-il.
« C’est une guerre qu’Israël n’a pas commencée », dit-il en revenant longuement, images et enregistrements à l’appui, sur les atrocités commises par le Hamas et d’autres groupes palestiniens le 7 octobre, « le plus important massacre de juifs en un jour depuis la #Shoah ».
« S’il y a eu des actes que l’on pourrait qualifier de génocidaires, [ils ont été commis] contre Israël », dit-il, évoquant le « #programme_d’annihilation » des juifs par le Hamas. « Israël ne veut pas détruire un peuple, poursuit-il. Mais protéger un peuple : le sien. »
Becker salue les familles d’otages israéliens présentes dans la salle d’audience, et montre certains visages des 130 personnes kidnappées dont le pays est toujours sans nouvelle. « Y a-t-il une raison de penser que les personnes que vous voyez à l’écran ne méritent pas d’être protégées ? », interroge-t-il.
Pour ce représentant de l’État israélien, la demande sud-africaine de mesures conservatoires revient à priver le pays de son droit à se défendre.
« Israël, poursuit-il, se défend contre le Hamas, le Djihad palestinien et d’autres organisations terroristes dont la brutalité est sans limite. Les souffrances sont tragiques, sont déchirantes. Les conséquences sont parfaitement atroces pour les civils du fait du comportement du Hamas, qui cherche à maximiser les pertes de civils alors qu’Israël cherche à les minorer. »
Becker s’attarde sur la « #stratégie_méprisable » du Hamas, une « méthode de guerre intégrée, planifiée, de grande ampleur et odieuse ». Le Hamas, accuse-t-il, « a, de manière systématique, fondu ses opérations militaires au sein de zones civiles densément peuplées », citant écoles, mosquées et hôpitaux, des « milliers de bâtiments piégés » et « utilisés à des fins militaires ».
Le Hamas « a fait entrer une quantité innombrable d’armes, a détourné l’aide humanitaire ». Remettant en cause le chiffre « non vérifié » de 23 000 victimes (pourtant confirmé par les Nations unies), Tal Becker estime que de nombreuses victimes palestiniennes sont des « militants » qui ont pu prendre « une part directe aux hostilités ». « Israël respecte le droit », martèle-t-il. « Si le Hamas abandonne cette stratégie, libère les otages, hostilités et violences prendront fin. »
Ponte britannique du droit, spécialiste des questions juridiques liées aux génocides, #Malcom_Shaw embraie, toujours en défense d’Israël. Son discours, technique, est parfois interrompu. Il se perd une première fois dans ses notes, puis soupçonne un membre de son équipe d’avoir « pris [sa] #plaidoirie pour un jeu de cartes ».
Shaw insiste : « Un conflit armé coûte des vies. » Mais Israël, dit-il, « a le droit de se défendre dans le respect du #droit_humanitaire », citant à l’audience les propos de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 19 octobre 2023. Il poursuit : « L’#usage_de_la_force ne peut constituer en soi un acte génocidaire. » « Israël, jure-t-il, ne cible que les cibles militaires, et ceci de manière proportionnée dans chacun des cas. »
« Peu d’éléments démontrent qu’Israël a eu, ou a, l’intention de détruire tout ou partie du peuple palestinien », plaide-t-il. Shaw estime que nombre de propos tenus par des politiciens israéliens ne doivent pas être pris en compte, car ils sont « pris au hasard et sont sortis de leur contexte », parce qu’ils témoignent d’une « #détresse » face aux massacres du 7 octobre, et que ceux qui les ont prononcés n’appartiennent pas aux « autorités pertinentes » qui prennent les décisions militaires, à savoir le « comité ministériel chargé de la sécurité nationale » et le « cabinet de guerre ».
Pour étayer son argumentation, Shaw cite des directives (non publiques) de Benyamin Nétanyahou destinées, selon lui, à « éviter un désastre humanitaire », à proposer des « solutions pour l’approvisionnement en eau », « promouvoir la construction d’hôpitaux de campagne au sud de la bande de Gaza » ; les déclarations publiques de Benyamin Nétanyahou à la veille de l’audience (« Israël n’a pas l’intention d’occuper de façon permanente la bande de Gaza ou de déplacer sa population civile ») ; d’autres citations du ministre de la défense qui assure ne pas s’attaquer au peuple palestinien dans son ensemble.
« La requête de l’Afrique du Sud brosse un tableau affreux, mais incomplet et profondément biaisé », renchérit #Galit_Rajuan, conseillère au ministère de la justice israélien, qui revient longuement sur les #responsabilités du Hamas, sa stratégie militaire au cœur de la population palestinienne. « Dans chacun des hôpitaux que les forces armées israéliennes ont fouillés à Gaza, elles ont trouvé des preuves d’utilisation militaire par le Hamas », avance-t-elle, des allégations contestées.
« Certes, des dommages et dégâts ont été causés par les hostilités dans les hôpitaux, parfois par les forces armées israéliennes, parfois par le Hamas, reconnaît-elle, mais il s’agit des conséquences de l’utilisation odieuse de ces hôpitaux par le Hamas. »
Rajuan martèle enfin qu’Israël cherche à « atténuer les dommages causés aux civils » et à « faciliter l’aide humanitaire ». Des arguments connus, que de très nombreuses ONG, agences des Nations unies et journalistes gazaouis présents sur place réfutent régulièrement, et que les journalistes étrangers ne peuvent pas vérifier, faute d’accès à la bande de Gaza.
▻https://www.mediapart.fr/journal/international/120124/israel-commet-il-un-genocide-gaza-le-compte-rendu-d-une-audience-historiqu
Gaza, l’accusa di genocidio a Israele e la credibilità del diritto internazionale
Il Sudafrica ha chiesto l’intervento della Corte internazionale di giustizia dell’Aja per presunte violazioni di Israele della Convenzione sul genocidio del 1948. Triestino Mariniello, docente di Diritto penale internazionale alla John Moores University di Liverpool, presente alla storica udienza, aiuta a comprendere il merito e le prospettive
“Quello che sta succedendo all’Aja ha un significato che va oltre gli eventi in corso nella Striscia di Gaza. Viviamo un momento storico in cui la Corte internazionale di giustizia (Icj) ha anche la responsabilità di confermare se il diritto internazionale esiste ancora e se vale alla stessa maniera per tutti i Paesi, del Nord e del Sud del mondo”. A parlare è Triestino Mariniello, docente di Diritto penale internazionale alla John Moores University di Liverpool, già nel team legale delle vittime di Gaza di fronte alla Corte penale internazionale (Icc), che ha sede sempre all’Aja.
Non vanno confuse: l’aula di tribunale ripresa dalle tv di tutto il mondo l’11 e il 12 gennaio scorsi, infatti, con il team legale sudafricano schierato contro quello israeliano, è quella della Corte internazionale di giustizia, il massimo organo giudiziario delle Nazioni Unite, che si esprime sulle controversie tra Stati. L’Icc, invece, è indipendente e legifera sulle responsabilità penali individuali.
Il 29 dicembre scorso il Sudafrica ha chiesto l’intervento della prima per presunte violazioni da parte di Israele della Convenzione sul genocidio del 1948, nei confronti dei palestinesi della Striscia di Gaza. Un’udienza storica a cui Mariniello era presente.
Professore, qual era innanzi tutto l’atmosfera?
TM A mia memoria mai uno strumento del diritto internazionale ha avuto tanto sostegno e popolarità. C’erano centinaia, probabilmente migliaia di persone all’esterno della Corte, emittenti di tutto il mondo e apparati di sicurezza, inclusi droni ed elicotteri. Sentire anche le tv più conservatrici, come quelle statunitensi, parlare di Palestina e genocidio faceva comprendere ancora di più l’importanza storica dell’evento.
In estrema sintesi, quali sono gli elementi più importanti della tesi sudafricana?
TM Il Sudafrica sostiene che Israele abbia commesso atti di genocidio contro la popolazione di Gaza, ciò significa una serie di azioni previste dall’articolo 2 della Convenzione sul genocidio, effettuate con l’intento di distruggere del tutto o in parte un gruppo protetto, in questo caso i palestinesi di Gaza. Questi atti, per il Sudafrica, sono omicidi di massa, gravi lesioni fisiche o mentali e l’imposizione di condizioni di vita volte a distruggere i palestinesi, come l’evacuazione forzata di circa due milioni di loro, la distruzione di quasi tutto il sistema sanitario della Striscia, l’assedio totale all’inizio della guerra e la privazione di beni essenziali per la sopravvivenza. Ciò che caratterizza un genocidio rispetto ad altri crimini internazionali è il cosiddetto “intento speciale”, la volontà cioè di voler distruggere del tutto o in parte un gruppo protetto. È l’elemento più difficile da provare, ma credo che il Sudafrica in questo sia riuscito in maniera solida e convincente. Sia in aula sia all’interno della memoria di 84 pagine presentata, vi sono, infatti, una serie di dichiarazioni dei leader politici e militari israeliani, che proverebbero tale intento. Come quella del premier Benjamin Netanyahu che, a inizio guerra, ha invocato la citazione biblica di Amalek, che sostanzialmente significa: “Uccidete tutti gli uomini, le donne, i bambini e gli animali”. O una dichiarazione del ministro della Difesa, Yoav Gallant, che ha detto che a Gaza sono tutti “animali umani”. Queste sono classiche dichiarazioni deumanizzanti e la deumanizzazione è un passaggio caratterizzante tutti i genocidi che abbiamo visto nella storia dell’umanità.
Qual è stata invece la linea difensiva israeliana?
TM Diciamo che l’impianto difensivo di Israele è basato su tre pilastri: il fatto che quello di cui lo si accusa è stato eseguito da Hamas il 7 ottobre; il concetto di autodifesa, cioè che quanto fatto a Gaza è avvenuto in risposta a tale attacco e, infine, che sono state adottate una serie di precauzioni per limitare l’impatto delle ostilità sulla popolazione civile. Israele, inoltre, ha sollevato il tema della giurisdizione della Corte, mettendola in discussione, in quanto non vi sarebbe una disputa in corso col Sudafrica. Su questo la Corte si dovrà pronunciare, ma a tal proposito è stato ricordato come Israele sia stato contattato dal Sudafrica in merito all’accusa di genocidio e non abbia risposto. Questo, per l’accusa, varrebbe come disputa in corso.
Che cosa chiede il Sudafrica?
TM In questo momento l’accusa non deve dimostrare che sia stato commesso un genocidio, ma che sia plausibile. Questa non è un’udienza nel merito, siamo in una fase d’urgenza, ma di richiesta di misure cautelari. Innanzitutto chiede il cessate fuoco, poi la rescissione di tutti gli ordini che possono costituire atti di genocidio. Si domanda alla Corte di imporre un ordine a Israele per preservare tutte le prove che potrebbero essere utili per indagini future e di porre fine a tutti gli atti di cui il Sudafrica lo ritiene responsabile.
Come valuta le due memorie?
TM La deposizione del Sudafrica è molto solida e convincente, sia in merito agli atti genocidi sia all’intento genocidiario. E credo che anche alla luce dei precedenti della Corte lasci veramente poco spazio di manovra. Uno dei punti di forza è che fornisce anche una serie di prove in merito a quello che è successo e che sta accadendo a Gaza: le dichiarazioni dei politici israeliani, cioè, hanno ricevuto un’implementazione sul campo. Sono stati mostrati dei video di militari, ad esempio, che invocavano Amalek, la citazione di Netanyahu.
In realtà il Sudafrica non si limita allo scontro in atto, ma parla di una sorta Nakba (l’esodo forzato dei palestinesi) ininterrotto.
TM Ogni giurista dovrebbe sempre analizzare qualsiasi ostilità all’interno di un contesto e per questo il Sudafrica fa riferimento a 75 anni di Nakba, a 56 di occupazione militare israeliana e a 16 anni di assedio della Striscia.
Come valuta la difesa israeliana?
TM Come detto, tutto viene ricondotto all’attacco di Hamas del 7 ottobre e a una risposta di autodifesa rispetto a tale attacco. Ma esiste sempre un contesto per il diritto penale internazionale e l’autodifesa -che per uno Stato occupante non può essere invocata- non può comunque giustificare un genocidio. L’altro elemento sottolineato dal team israeliano, delle misure messe in atto per ridurre l’impatto sui civili, è sembrato più retorico che altro: quanto avvenuto negli ultimi tre mesi smentisce tali dichiarazioni. Basti pensare alla privazione di beni essenziali e a tutte le informazioni raccolte dalle organizzazioni internazionali e dagli organismi delle Nazioni Unite. A Gaza non esistono zone sicure, ci sono stati casi in cui la popolazione evacuata, rifugiatasi nelle zone indicate da Israele, è stata comunque bombardata.
Ora che cosa pensa succederà?
TM La mia previsione è che la Corte si pronuncerà sulle misure cautelari entro la fine di gennaio e l’inizio di febbraio, quando alcuni giudici decadranno e saranno sostituiti. In alcuni casi ha impiegato anche solo otto giorni per pronunciarsi. Ora ci sono delle questioni procedurali, altri Stati stanno decidendo di costituirsi a sostegno di Israele o del Sudafrica.
Che cosa implica tale sostegno?
TM La possibilità di presentare delle memorie. La Germania sosterrà Israele, il Brasile, i Paesi della Lega Araba, molti Stati sudamericani, ma non solo, si stanno schierando con il Sudafrica.
Il ministro degli Esteri italiano, Antonio Tajani, ha dichiarato che non si tratta di genocidio.
TM L’Italia non appoggerà formalmente Israele dinnanzi all’Icj. La Francia sarà neutrale. I Paesi del Global South stanno costringendo quelli del Nord a verificare la credibilità del diritto internazionale: vale per tutti o è un diritto à la carte?
Se la Corte decidesse per il cessate il fuoco, quali sarebbero le conseguenze, visto che non ha potere politico?
TM Il parere della Corte è giuridicamente vincolante. Il problema è effettivamente di esecuzione: nel caso di un cessate il fuoco, se non fosse Israele ad attuarlo, dovrebbe intervenire il Consiglio di sicurezza.
Con il rischio del veto statunitense.
TM Siamo sul terreno delle speculazioni, ma se la Corte dovesse giungere alla conclusione che Israele è responsabile di un genocidio a Gaza, onestamente riterrei molto difficile un altro veto degli Stati Uniti. È difficile al momento prevedere gli effetti dirompenti di un’eventuale decisione positiva della Corte. Certo è che, quando si parla di Israele, la comunità internazionale, nel senso dei Paesi occidentali, ha creato uno stato di eccezione, che ha sempre posto Israele al di sopra del diritto internazionale, senza rendersi conto che le situazioni violente che viviamo in quel contesto sono il frutto di questo eccezionalismo anche a livello giuridico. Fino a quando si andrà avanti con questo contesto di impunità non finiranno le spirali di violenza.
▻https://altreconomia.it/gaza-laccusa-di-genocidio-a-israele-e-la-credibilita-del-diritto-intern
La Cour internationale de justice ordonne à Israël d’empêcher un génocide à Gaza
Selon la plus haute instance judiciaire internationale, « il existe un #risque réel et imminent qu’un préjudice irréparable soit causé » aux Palestiniens de Gaza. La Cour demande à Israël de « prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission […] de tout acte » de génocide. Mais n’appelle pas au cessez-le-feu.
Même si elle n’a aucune chance d’être appliquée sur le terrain, la #décision prise vendredi 26 janvier par la plus haute instance judiciaire des Nations unies marque incontestablement un tournant dans la guerre au Proche-Orient. Elle intervient après quatre mois de conflit déclenché par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait plus de 1 200 morts et des milliers de blessés, conduit à la prise en otage de 240 personnes, et entraîné l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, dont le dernier bilan s’élève à plus de 25 000 morts.
La Cour internationale de justice (CIJ), basée à La Haye (Pays-Bas), a expliqué, par la voix de sa présidente, la juge Joan Donoghue, « être pleinement consciente de l’ampleur de la #tragédie_humaine qui se joue dans la région et nourri[r] de fortes #inquiétudes quant aux victimes et aux #souffrances_humaines que l’on continue d’y déplorer ». Elle a ordonné à Israël de « prendre toutes les #mesures en son pouvoir pour prévenir la commission à l’encontre des Palestiniens de Gaza de tout acte » de génocide.
« Israël doit veiller avec effet immédiat à ce que son armée ne commette aucun des actes » de génocide, affirme l’#ordonnance. Elle « considère également qu’Israël doit prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir et punir l’incitation directe et publique à commettre le génocide à l’encontre des membres du groupe des Palestiniens de la bande de Gaza ».
La cour de La Haye, saisie à la suite d’une plainte de l’Afrique du Sud, demande « en outre » à l’État hébreu de « prendre sans délai des #mesures_effectives pour permettre la fourniture des services de base et de l’#aide_humanitaire requis de toute urgence afin de remédier aux difficiles conditions d’existence auxquelles sont soumis les Palestiniens de la bande de Gaza ».
Enfin, l’ordonnance de la CIJ ordonne aux autorités israéliennes de « prendre des mesures effectives pour prévenir la destruction et assurer la conservation des #éléments_de_preuve relatifs aux allégations d’actes » de génocide.
La juge #Joan_Donoghue, qui a donné lecture de la décision, a insisté sur son caractère provisoire, qui ne préjuge en rien de son futur jugement sur le fond des accusations d’actes de génocide. Celles-ci ne seront tranchées que dans plusieurs années, après instruction.
La cour « ne peut, à ce stade, conclure de façon définitive sur les faits » et sa décision sur les #mesures_conservatoires « laisse intact le droit de chacune des parties de faire valoir à cet égard ses moyens » en vue des audiences sur le fond, a-t-elle poursuivi.
Elle considère cependant que « les faits et circonstances » rapportés par les observateurs « suffisent pour conclure qu’au moins certains des droits » des Palestiniens sont mis en danger et qu’il existe « un risque réel et imminent qu’un préjudice irréparable soit causé ».
Environ 70 % de #victimes_civiles
La CIJ avait été saisie le 29 décembre 2023 par l’Afrique du Sud qui, dans sa requête, accuse notamment Israël d’avoir violé l’article 2 de la Convention de 1948 sur le génocide, laquelle interdit, outre le meurtre, « l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe » visé par le génocide, l’imposition de « conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle » ou encore les « mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ».
Le recours décrit longuement une opération militaire israélienne qualifiée d’« exceptionnellement brutale », « tuant des Palestiniens à Gaza, incluant une large proportion de femmes et d’enfants – pour un décompte estimé à environ 70 % des plus de 21 110 morts [au moment de la rédaction du recours par l’Afrique du Sud – ndlr] –, certains d’entre eux apparaissant avoir été exécutés sommairement ».
Il soulignait également les conséquences humanitaires du déplacement massif des populations et de la destruction massive de logements et d’équipements publics, dont des écoles et des hôpitaux.
Lors des deux demi-journées d’audience, jeudi 11 et vendredi 12 janvier, le conseiller juridique du ministère des affaires étrangères israélien, Tal Becker, avait dénoncé une « instrumentalisation » de la notion de génocide et qualifié l’accusation sud-africaine de « calomnie ».
« C’est une guerre qu’Israël n’a pas commencée », avait poursuivi le représentant israélien, affirmant que « s’il y a eu des actes que l’on pourrait qualifier de génocidaires, [ils ont été commis] contre Israël ». « Israël ne veut pas détruire un peuple mais protéger un peuple : le sien. »
Gaza, « lieu de mort et de désespoir »
La CIJ, de son côté, a fondé sa décision sur les différents rapports et constatations fournis par des organisations internationales. Elle cite notamment la lettre du 5 janvier 2024 du secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU, Martin Griffiths, décrivant la bande de Gaza comme un « lieu de mort et de désespoir ».
L’ordonnance rappelle qu’un communiqué de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du 21 décembre 2023 s’alarmait du fait que « 93 % de la population de Gaza, chiffre sans précédent, est confrontée à une situation de crise alimentaire ».
Le 12 janvier 2024, c’est l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui lançait un cri d’alerte. « Cela fait maintenant 100 jours que cette guerre dévastatrice a commencé, que la population de Gaza est décimée et déplacée, suite aux horribles attaques perpétrées par le Hamas et d’autres groupes contre la population en Israël », s’alarmait-il.
L’ordonnance souligne, en miroir, les multiples déclarations de responsables israéliens assumant une répression sans pitié dans la bande de Gaza, si nécessaire au prix de vies civiles. Elle souligne que des rapporteurs spéciaux des Nations unies ont même pu s’indigner de « la rhétorique manifestement génocidaire et déshumanisante de hauts responsables du gouvernement israélien ».
La CIJ pointe par exemple les propos du ministre de la défense Yoav Gallant du 9 octobre 2023 annonçant « un siège complet de la ville de Gaza », avant d’affirmer : « Nous combattons des animaux humains. »
Le 12 octobre, c’est le président israélien Isaac Herzog qui affirmait : « Tous ces beaux discours sur les civils qui ne savaient rien et qui n’étaient pas impliqués, ça n’existe pas. Ils auraient pu se soulever, ils auraient pu lutter contre ce régime maléfique qui a pris le contrôle de Gaza. »
Et, à la vue des intentions affichées par les autorités israéliennes, les opérations militaires dans la bande de Gaza ne sont pas près de s’arrêter. « La Cour considère que la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza risque fort de se détériorer encore avant qu’elle rende son arrêt définitif », affirme l’ordonnance.
« À la lumière de ce qui précède, poursuivent les juges, la Cour considère qu’il y a urgence en ce sens qu’il existe un risque réel et imminent qu’un préjudice irréparable soit causé aux droits qu’elle a jugés plausibles avant qu’elle ne rende sa décision définitive. »
Si la décision de la CIJ est juridiquement contraignante, la Cour n’a pas la capacité de la faire appliquer. Cependant, elle est incontestablement une défaite diplomatique pour Israël.
Présente à La Haye, la ministre des relations internationales et de la coopération d’Afrique du Sud, Naledi Pandor, a pris la parole à la sortie de l’audience. Si elle a regretté que les juges n’aient pas appelé à un cessez-le-feu, elle s’est dite « satisfaite que les mesures provisoires » réclamées par son pays aient « fait l’objet d’une prise en compte » par la Cour, et qu’Israël doive fournir un rapport d’ici un mois. Pour l’Afrique du Sud, lancer cette plainte, a-t-elle expliqué, « était une façon de s’assurer que les organismes internationaux exercent leur responsabilité de nous protéger tous, en tant que citoyens du monde global ».
Comme l’on pouvait s’y attendre, les autorités israéliennes ont vivement critiqué les ordonnances d’urgence réclamées par les juges de La Haye. Si le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, s’est réjoui de ce que ces derniers n’aient pas réclamé, comme le demandait l’Afrique du Sud, de cessez-le-feu – « Comme tout pays, Israël a le droit fondamental de se défendre. La CIJ de La Haye a rejeté à juste titre la demande scandaleuse visant à nous priver de ce droit », a-t-il dit –, il a eu des mots très durs envers l’instance : « La simple affirmation selon laquelle Israël commet un génocide contre les Palestiniens n’est pas seulement fausse, elle est scandaleuse, et la volonté de la Cour d’en discuter est une honte qui ne sera pas effacée pendant des générations. »
Il a affirmé vouloir continuer « à défendre [ses] citoyens dans le respect du droit international ». « Nous poursuivrons cette guerre jusqu’à la victoire absolue, jusqu’à ce que tous les otages soient rendus et que Gaza ne soit plus une menace pour Israël », a ajouté Nétanyahou.
Jeudi, à la veille de la décision de la CIJ, le New York Times avait révélé que les autorités israéliennes avaient fourni aux juges de La Haye une trentaine de documents déclassifiés, censés démonter l’accusation de génocide, parmi lesquels « des résumés de discussions ministérielles datant de la fin du mois d’octobre, au cours desquelles le premier ministre Benyamin Nétanyahou a ordonné l’envoi d’aide, de carburant et d’eau à Gaza ».
Cependant, souligne le quotidien états-unien, les documents « ne comprennent pas les ordres des dix premiers jours de la guerre, lorsqu’Israël a bloqué l’aide à Gaza et coupé l’accès à l’électricité et à l’eau qu’il fournit normalement au territoire ».
Nul doute que cette décision de la plus haute instance judiciaire des Nations unies va renforcer les appels en faveur d’un cessez-le-feu. Après plus de quatre mois de combats et un bilan lourd parmi la population civile gazaouie, Nétanyahou n’a pas atteint son objectif d’éradiquer le mouvement islamiste. Selon les Israéliens eux-mêmes, près de 70 % des forces militaires du Hamas sont intactes. De plus, les familles d’otages toujours aux mains du Hamas ou d’autres groupes islamistes de l’enclave maintiennent leurs pressions.
Le ministre palestinien des affaires étrangères Riyad al-Maliki s’est réjoui d’une décision de la CIJ « en faveur de l’humanité et du droit international », ajoutant que la communauté international avait désormais « l’obligation juridique claire de mettre fin à la guerre génocidaire d’Israël contre le peuple palestinien de Gaza et de s’assurer qu’elle n’en est pas complice ». Le ministre de la justice sud-africain Ronald Lamola, cité par l’agence Reuters, a salué, lui, « une victoire pour le droit international ». « Israël ne peut être exempté du respect de ses obligations internationales », a-t-il ajouté.
De son côté, la Commission européenne a appelé Israël et le Hamas à se conformer à la décision de la CIJ. L’Union européenne « attend leur mise en œuvre intégrale, immédiate et effective », a-t-elle souligné dans un communiqué.
La France avait fait entendre pourtant il y a quelques jours une voix discordante. Le ministre des affaires étrangères Stéphane Séjourné avait déclaré, à l’Assemblée nationale, qu’« accuser l’État juif de génocide, c’est franchir un seuil moral ». Dans un communiqué publié après la décision de la CIJ, le ministère a annoncé son intention de déposer des observations sur l’interprétation de la Convention de 1948, comme le lui permet la procédure. « [La France] indiquera notamment l’importance qu’elle attache à ce que la Cour tienne compte de la gravité exceptionnelle du crime de génocide, qui nécessite l’établissement d’une intention. Comme le ministre de l’Europe et des affaires étrangères a eu l’occasion de le noter, les mots doivent conserver leur sens », indique le texte.
Les États-Unis ont estimé que la décision était conforme à la position états-unienne, exprimée à plusieurs reprises par Joe Biden à son allié israélien, de réduire les souffrances des civils de Gaza et d’accroître l’aide humanitaire. Cependant, a expliqué un porte-parole du département d’État, les États-Unis continuent « de penser que les allégations de génocide sont infondées » et notent « que la Cour n’a pas fait de constat de génocide, ni appelé à un cessez-le-feu dans sa décision, et qu’elle a appelé à la libération inconditionnelle et immédiate de tous les otages détenus par le Hamas ».
C’est dans ce contexte que se déroulent des discussions pour obtenir une trêve prolongée, la deuxième après celle de novembre, qui avait duré une semaine et permis la libération de plusieurs dizaines d’otages.
Selon les médias états-uniens, Israël a proposé une trêve de 60 jours et la libération progressive des otages encore retenu·es. Selon ce projet, a affirmé CNN, les dirigeants du Hamas pourraient quitter l’enclave. Selon la chaîne d’informations américaine, « des responsables américains et internationaux au fait des négociations ont déclaré que l’engagement récent d’Israël et du Hamas dans des pourparlers était encourageant, mais qu’un accord n’était pas imminent ».
Le Washington Post a révélé jeudi que le président américain Joe Biden allait envoyer dans les prochains jours en Europe le directeur de la CIA, William Burns, pour tenter d’obtenir un accord. Il devrait rencontrer les chefs des services de renseignement israélien et égyptien, David Barnea et Abbas Kamel, et le premier ministre qatari Mohammed ben Abdulrahman al-Thani. Vendredi soir, l’Agence France-Presse (AFP) a affirmé qu’ils se retrouveraient « dans les tout prochains jours à Paris », citant « une source sécuritaire d’un État impliqué dans les négociations ».
▻https://www.mediapart.fr/journal/international/260124/la-cour-internationale-de-justice-ordonne-israel-d-empecher-un-genocide-ga
#Gaza Civilians, Under Israeli Barrage, Killed at Historic Pace - The New York Times
►https://www.nytimes.com/2023/11/25/world/middleeast/israel-gaza-death-toll.html
L’article est jonché de déclarations de terroristes criminels de l’armée sioniste qui expliquent encore et encore que c’est parce que le Hamas utilise les civils comme des boucliers humains, sans que jamais ne soit opposée la ultra-publique et multi-répétée (depuis 2008 !) #doctrine_dahiya.
Edit : sans même compter les déclarations génocidaires de Netanyahou, du président et autres ministres de l’état sioniste après le 7 octobre 2023.
Israeli officials have pointed not just to U.S. actions in Iraq and Syria, but also to the conduct of America and its allies during World War II.
In an address on Oct. 30, for example, Prime Minister Benjamin Netanyahu cited the accidental bombing of a children’s hospital by Britain’s Royal Air Force when it was targeting the Gestapo headquarters in Copenhagen in 1945. And during visits to Israel by Secretary of State Antony J. Blinken, Israeli officials privately invoked the 1945 U.S. atomic bombings of Hiroshima and Nagasaki, which together killed more than 100,000 people.
Modern international laws of war were developed largely in response to the atrocities of World War II.
In 1949, the Geneva Conventions codified protections for civilians during wartime. International law does not prohibit civilian casualties, but it does say that militaries must not target civilians directly or indiscriminately bomb civilian areas, and that incidental harm and the killing of civilians must not exceed the direct military advantage to be gained.
In the first two weeks of the war, roughly 90 percent of the munitions Israel dropped in Gaza were satellite-guided bombs weighing 1,000 to 2,000 pounds, according to a senior U.S. military official who was not authorized to discuss the matter publicly.
Those bombs are “really big,” said Mr. Garlasco, the adviser for the PAX organization. Israel, he said, also has thousands of smaller bombs from the United States that are designed to limit damage in dense urban areas, but weapons experts say they have seen little evidence that they are being used frequently.
In one documented case, Israel used at least two 2,000-pound bombs during an Oct. 31 airstrike on Jabaliya, a densely populated area just north of Gaza City, flattening buildings and creating impact craters 40 feet wide, according to an analysis of satellite images, photos and videos by The New York Times. Airwars independently confirmed that at least 126 civilians were killed, more than half of them children.
The Israeli military said it had been targeting a Hamas commander and fighters, but acknowledged that it knew civilians were present . Lt. Col. Richard Hecht, an Israeli military spokesman, said the casualties were a “tragedy of war.”
Every day, local journalists in Gaza report strikes that hit private homes, some of which kill a dozen or more people as families shelter together in tight quarters. On Oct. 19, Israel struck a Greek Orthodox church where hundreds of Gaza’s small Christian community were sheltering at dinnertime, killing 18 civilians, according to an investigation by Amnesty International.
Lieutenant Colonel Conricus, the Israeli military spokesman, said that Hamas and its deliberate strategy of embedding itself in — and underneath — the residents of Gaza are “the main reason why there are civilian casualties.”
[…]
#civils #victimes_civiles #génocide #intentionnalité #impunité #complicité #indécence
D’une violence génocidaire à l’autre, l’impossible destruction de la Palestine - CONTRETEMPS
►https://seenthis.net/messages/1028515
« Nous déploierons une puissance disproportionnée contre chaque village d’où des coups de feu sont tirés sur Israël, et nous causerons d’immenses dégâts et destructions », s’est vanté un général israélien de haut rang, Gadi #Eisenkot, en exposant la doctrine au journal Ha’aretz. « Il ne s’agit pas d’une suggestion, a-t-il ajouté, mais d’un plan qui a déjà été autorisé ».[22] Le plan est maintenant en cours de mise en œuvre : comme l’a dit un responsable militaire israélien en décrivant l’offensive actuelle, « l’accent est mis sur les dégâts et non sur la précision ». En d’autres termes, l’abandon total des principes de proportionnalité et de distinction qui sous-tendent le droit international humanitaire est désormais au cœur de la stratégie militaire israélienne.[23] Ce à quoi nous assistons à Gaza est une série de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité prémédités et assumés en direct à la télévision, sous les yeux du monde entier.
Et Eisenkot est toujours là aujourd’hui
Guerre Israël-Hamas : l’armée israélienne « change les règles » dans sa guerre contre le Hamas
►https://www.lemonde.fr/international/article/2023/10/14/guerre-israel-hamas-l-armee-israelienne-change-les-regles-pour-detruire-le-h
Ainsi, la doctrine Dahiya, élaborée en 2006 par Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne – et qui vient de rejoindre, en observateur, le « cabinet de guerre » israélien –, théorise l’usage d’une force disproportionnée afin d’atteindre ses objectifs, y compris viser une zone civile pour y éliminer des cibles militaires. Le nom de la doctrine fait référence à un quartier de la banlieue sud de Beyrouth où était basée la direction du Hezbollah lors de la guerre de l’été 2006 entre le Liban et Israël. Le rapport Goldstone demandé par les Nations unies après le premier conflit entre Israël et le Hamas en 2008-2009 avait conclu que la doctrine avait été « conçue pour punir, humilier et terroriser la population civile »
Déclarations génocidaires des officiels de l’état sioniste
▻https://seenthis.net/messages/1024597
Crimes sexuels de guerre : une histoire de la #violence
Israël a récemment annoncé l’ouverture d’une enquête sur de possibles #crimes_sexuels commis par le #Hamas. Le viol comme arme de guerre est aussi mis en avant dans le cadre de la guerre en Ukraine. L’invasion russe peut-elle servir de modèle pour comprendre les mécanismes de ces #violences ?
Avec
- #Sofi_Oksanen Écrivaine
- #Céline_Bardet Juriste et enquêtrice criminelle internationale, fondatrice et directrice de l’ONG « We are Not Weapons of War »
Israël a récemment ouvert une enquête sur d’éventuels crimes sexuels perpétrés par le Hamas. Parallèlement, l’utilisation du viol comme arme de guerre a été évoquée dans le contexte du conflit en Ukraine. Peut-on utiliser l’invasion russe comme un modèle pour comprendre les mécanismes de ces violences ?
Le viol, arme de guerre traditionnelle des Russes ?
Par son histoire familiale et ses origines estoniennes, l’écrivaine finlandaise Sofi Oksanen a vécu entre l’URSS et la Finlande et a grandi avec des récits de guerre lors de l’occupation soviétique des États baltes. Ces thèmes sont aujourd’hui centraux dans ses écrits. Selon elle, « dans la stratégie de guerre russe, il y a toujours eu des violences sexuelles. L’invasion en Ukraine est une sinistre répétition de la guerre telle que l’ont toujours menée des Russes. Et pourquoi n’ont-ils jamais cessé ? Car on ne leur a jamais demandé de le faire. »
Les crimes sexuels font partie intégrante de la manière dont les Russes font la guerre. Elle déclare même dans son dernier ouvrage La guerre de Poutine contre les femmes que des soldats russes demandent la permission à leur famille pour commettre des viols : « ils sont adoubés et encouragés à commettre des crimes sexuels et des pillages. » Céline Bardet, juriste et enquêtrice internationale, insiste-t-elle sur la nécessité de documenter et de punir ces féminicides pour ce qu’ils sont. Elle dresse un parallèle avec la guerre en Syrie : « les femmes se déplaçaient par peur d’être violées. Quand on viole des hommes, on veut aussi les féminiser et les réduire à néant. »
Comment mener une enquête sur les violences sexuelles en temps de guerre ?
« J’ai créé depuis longtemps un site qui publie des rapports sur la situation. J’ai voulu écrire ces livres, car je voulais rendre accessible, faire comme une sorte de guide pour permettre de comprendre les crimes de guerre et comment les documenter. Sur les sites, il est difficile de relier les point entre eux pour comprendre la manière dont la Russie mène ses guerres. Elle conquiert et s’étend de la même manière. Il faut reconnaître ce schéma pour mieux le combattre. », explique Sofi Oksanen.
Une opération hybride se déroule actuellement à la frontière entre la Finlande et la Russie : « la Russie nous envoie des réfugiés à la frontière. Cela s’était déjà produit en 2015, en Biélorussie également. Loukachenko a beaucoup recouru à ce moyen de pression. La Finlande a alors fermé sa frontière ». La Russie est également accusée de déportation d’enfants en Ukraine : « ces violences sont documentées. Concernant l’acte d’accusation émis par la CPI, beaucoup de gens en Ukraine y travaillent, mais avec des zones occupées, le travail de la justice prend plus de temps », déclare Céline Bardet.
Concernant les violences effectuées contre des femmes par le Hamas le 7 octobre, Céline Bardet émet néanmoins des réserves sur la potentielle qualification de « féminicide de masse » : « les éléments ne sont pas suffisants pour parler de féminicide de masse. Pour le considérer ainsi, il faut prouver une intention particulière de commettre des violences contre des femmes, car elles sont des femmes. Pour le moment, le féminicide n’est d’ailleurs pas une définition pour le droit international ».
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/france-culture-va-plus-loin-l-invite-e-des-matins/crimes-sexuels-de-guerre-une-histoire-de-la-violence-3840815
#crimes_sexuels #viols_comme_arme_de_guerre #viols #guerre #viol_de_guerre #Bosnie #Bosnie-Herzégovine #Rwanda #génocide #outil_génocidaire #Libye #hommes #Ukraine #humiliation #pouvoir #armée_russe #torture #impunité #patriarcat #déshumanisation #nettoyage_ethnique #violence_de_masse #violences_sexuelles_dans_la_guerre #systématisation #féminicide #féminicides_de_masse #intentionnalité
Citations :
Sofi Oksanen (min 30’54) : « Ce qui m’a poussée à écrire ce livre c’est que, vous savez, les #procès, ça coûte très cher, et ce qui m’inquiète c’est que certains crimes sexuels vont être marginalisés et ne sont pas jugés comme ils le devraient. Ils ne vont pas être jugés comme étant des crimes assez importants pour faire l’objet de poursuites particulières. Or, si on ne les juge pas, ces crimes, l’avenir des femmes et des enfants ne sera qu’assombri ».
Céline Bardet (min 32’08) : « La justice c’est quoi ? C’est la poursuite au pénal, mais c’est aussi de parler de ces crimes, c’est aussi de donner la parole à ces survivantes et ces survivants si ils et elles veulent la prendre. C’est documenter ça et c’est mémoriser tout cela. Il faut qu’on sache ce qui se passe, il faut qu’on parle pour qu’en tant que société on comprenne l’origine de ces violences et qu’on essaie de mieux les prévenir. Tout ça se sont des éléments qui font partie de la justice. La justice ce n’est pas que un tribunal pénal qui poursuit quelqu’un. C’est énormément d’autres choses. »
Sofi Oksanen (min 33’00) : « Je suis complètement d’accord avec Céline, il faut élargir la vision qu’on a de la justice. C’est bien d’en parler à la radio, d’en parler partout. Il faudrait peut-être organiser des journées de commémoration ou ériger un #monument même si certaines personnes trouveraient bizarre d’avoir un monument de #commémoration pour les victimes des violences sexuelles. »
ping @_kg_
Deux fois dans le même fleuve. La guerre de Poutine contre les femmes
de #Sofi_Oksanen
Le 22 mars 2023, l’Académie suédoise a organisé une conférence sur les facteurs menaçant la liberté d’expression et la démocratie. Les intervenants étaient entre autres Arundhati Roy, Timothy Snyder et Sofi Oksanen, dont le discours s’intitulait La guerre de Poutine contre les femmes.
Ce discours a suscité un si grand intérêt dans le public que Sofi Oksanen a décidé de publier un essai sur ce sujet, pour approfondir son analyse tout en abordant d’autres thèmes.
L’idée dévelopée par Sofi Oksanen est la suivante : la Russie ressort sa vieille feuille de route en Ukraine – comme l’impératrice Catherine la Grande en Crimée en 1783, et comme l’URSS et Staline par la suite, à plus grand échelle et en versant encore plus de sang. La Russie n’a jamais tourné le dos à son passé impérialiste. Au contraire, le Kremlin s’est efforcé de diaboliser ses adversaires, s’appuyant ensuite sur cette propagande pour utiliser la violence sexuelle dans le cadre de la guerre et pour déshumaniser les victimes de crimes contre les droits de l’homme. Dans la Russie de Poutine, l’égalité est en déclin. La Russie réduit les femmes au silence, utilise le viol comme une arme et humilie ses victimes dans les médias en les menaçant publiquement de représailles.
Un essai coup de poing par l’une des grandes autrices européennes contemporaines.
▻https://www.editions-stock.fr/livre/deux-fois-dans-le-meme-fleuve-9782234096455
#livre #Russie #femmes
We are NOT Weapons of War (#WWoW) est une organisation non-gouvernementale française, enregistrée sous le statut Loi 1901. Basée à Paris, elle se consacre à la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits au niveau mondial. Fondée en 2014 par la juriste internationale Céline Bardet, WWoW propose une réponse globale, holistique et efficace à l’usage endémique du viol dans les environnements fragiles via des approches juridiques innovantes et créatives. WWoW travaille depuis plus de 5 ans à un plaidoyer mondial autour des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes internationaux.
L’ONG française We are NOT Weapons of War développe depuis plusieurs années la web-application BackUp, à vocation mondiale. BackUp est un outil de signalement et d’identification des victimes et de collecte, sauvegarde et analyse d’informations concernant les violences sexuelles perpétrées dans le cadre des conflits armés. Il donne une voix aux victimes, et contribue au recueil d’informations pouvant constituer des éléments de preuves légales.
Henry Laurens : « On est sur la voie d’un processus de destruction de masse » à Gaza, entretien avec Rachida El Azzouzi (19 novembre 2023).
Pour l’historien, spécialiste de la Palestine, professeur au collège de France, « l’effondrement des conditions sanitaires et l’absence de ravitaillement à destination des populations concernées peuvent indiquer que l’on est sur la voie d’un processus de destruction de masse » dans la bande de Gaza.
L’historien et universitaire Henry Laurens est l’un des plus grands spécialistes du #Moyen-Orient. Professeur au Collège de France où il est titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du #monde_arabe, il a mis la question palestinienne au cœur de son travail. Il est l’auteur de très nombreux livres dont cinq tomes sans équivalent publiés entre 1999 et 2015, consacrés à La question de Palestine (Fayard).
Dans un entretien à Mediapart, il éclaire de sa connaissance l’exceptionnalité du conflit israélo-palestinien et le « corps à corps que même l’émotion n’arrive pas à séparer » dans lesquels les deux peuples sont pris depuis des décennies. Il dit son pessimisme quant à la résolution du conflit qui peut durer « des siècles » : « Vous ne pouvez espérer de sortie possible que par une décolonisation, mais à horizon immédiat, cette décolonisation n’est pas faisable. Dans les années 1990, elle l’était. Il y avait 30 000 colons. Aujourd’hui, ils sont 500 000 dont quelques dizaines de milliers qui sont des colons ultrareligieux et armés. »
Plus d’une vingtaine de rapporteurs de l’organisation des Nations unies (ONU) s’inquiètent d’« un génocide en cours » à Gaza. Est-ce que vous employez ce terme ?
Il y a deux sens au terme de « génocide ». Il y a le #génocide tel que défini par l’avocat polonais Raphael Lemkin en 1948, la seule définition juridique existante, aujourd’hui intégrée au protocole de Rome créant la #CPI [Cour pénale internationale – ndlr]. Lemkin a été obligé, pour que ce soit voté par les Soviétiques et par le bloc de l’Est, d’éliminer les causes politiques du génocide – massacrer des gens dans le but de détruire une classe sociale –, parce qu’il aurait fallu reconnaître le massacre des koulaks par les Soviétiques.
La définition de Lemkin implique que ceux qui commettent un génocide appartiennent à un autre peuple que celui des victimes. D’où le problème aussi qu’on a eu avec le #Cambodge, qu’on ne pouvait pas appeler un génocide parce que c’étaient des Cambodgiens qui avaient tué des Cambodgiens. Là, on est dans une définition étroite. C’était le prix à payer pour obtenir un accord entre les deux Blocs dans le contexte du début de la #guerre_froide.
Vous avez ensuite une définition plus large du terme, celui d’une destruction massive et intentionnelle de populations quelles qu’en soient les motivations.
Il existe donc deux choses distinctes : la première, ce sont les actes, et la seconde, c’est l’intention qui est derrière ces actes. Ainsi le tribunal international pour l’ex-Yougoslavie a posé la différence entre les nettoyages ethniques dont la motivation n’est pas génocidaire parce que l’#extermination n’était pas recherchée, même si le nombre de victimes était important, et les actes de génocide comme celui de Srebrenica, où l’intention était claire.
On voit ainsi que le nombre de victimes est secondaire. Pour Srebrenica, il est de l’ordre de 8 000 personnes.
L’inconvénient de cette #logique_judiciaire est de conduire à une casuistique de l’intentionnalité, ce qui ne change rien pour les victimes.
Au moment où nous parlons, le nombre de victimes dans la bande de #Gaza est supérieur à celui de Srebrenica. On a, semble-t-il, dépassé la proportion de 0,5 % de la population totale. Si on compare avec la France, cela donnerait 350 000 morts.
Le discours israélien évoque des victimes collatérales et des boucliers humains. Mais de nombreux responsables israéliens tiennent des discours qui peuvent être qualifiés de génocidaires. L’effondrement des conditions sanitaires et l’absence même de ravitaillement à destination des populations concernées peuvent indiquer que l’on est sur la voie d’un processus de destruction de masse avec des controverses à n’en plus finir sur les intentionnalités.
La solution à deux États n’est plus possible.
La crainte d’une seconde « #Nakba » (catastrophe), en référence à l’exil massif et forcé à l’issue de la guerre israélo-arabe de 1948, hante les #Palestiniens. Peut-on faire le parallèle avec cette période ?
La Nakba peut être considérée comme un #nettoyage_ethnique, en particulier dans les régions autour de l’actuelle bande de Gaza où l’#intentionnalité d’expulsion est certaine. Des responsables israéliens appellent aujourd’hui à une #expulsion de masse. C’est d’ailleurs pour cela que l’Égypte et la Jordanie ont fermé leurs frontières.
Dans l’affaire actuelle, les démons du passé hantent les acteurs. Les juifs voient dans le 7 octobre une réitération de la Shoah et les Palestiniens dans les événements suivants celle de la Nakba.
Faut-il craindre une annexion de la bande de Gaza par Israël avec des militaires mais aussi des colons ?
En fait, personne ne connaît la suite des événements. On ne voit personne de volontaire pour prendre la gestion de la bande de Gaza. Certains responsables israéliens parlent de « dénazification » et il y a une dimension de vengeance dans les actes israéliens actuels. Mais les vengeances n’engendrent que des cycles permanents de violence.
Quelle est votre analyse des atrocités commises le 7 octobre 2023 par le Hamas ?
Elles constituent un changement considérable, parce que la position de l’État d’Israël est profondément modifiée au moins sur deux plans : premièrement, le pays a subi une invasion pour quelques heures de son territoire, ce qui n’est pas arrivé depuis sa création ; deuxièmement, le 7 octobre marque l’échec du projet sioniste tel qu’il a été institué après la Seconde Guerre mondiale, un endroit dans le monde où les juifs seraient en position de sécurité. Aujourd’hui, non seulement l’État d’Israël est en danger, mais il met en danger les diasporas qui, dans le monde occidental, se trouvent menacées ou, en tout cas, éprouvent un sentiment de peur.
Le dernier tome de votre série consacrée à « La question de Palestine » (Fayard) était intitulé « La paix impossible » et courait sur la période 1982-2001. Vous étiez déjà très pessimiste quant à la résolution de ce conflit, mais aussi concernant l’avenir de la région, comme si elle était condamnée à demeurer cette poudrière. Est-ce que vous êtes encore plus pessimiste aujourd’hui ? Ou est-ce que le #conflit_israélo-palestinien vous apparaît soluble, et si oui, quelle issue apercevez-vous ?
La réelle solution théorique serait d’arriver à un système de gestion commune et équitable de l’ensemble du territoire. Mais un État unitaire est difficile à concevoir puisque les deux peuples ont maintenant plus d’un siècle d’affrontements.
Qu’en est-il de la solution à deux États, dont le principe a été adopté en 1947 par l’ONU, après la fin du mandat britannique ? Est-elle possible ?
La solution à deux États n’est plus possible dès lors que vous avez 500 000 colons, dont quelques dizaines de milliers qui sont des #colons ultrareligieux et armés. Vous avez une violence quotidienne en #Cisjordanie. La sécurité des colons ne peut se fonder que sur l’insécurité des Palestiniens. Et l’insécurité des Palestiniens provoque la violence qui engendre l’insécurité des colons.
C’est un cercle vicieux et vous ne pouvez espérer de sortie possible que par une décolonisation, mais à horizon immédiat, cette #décolonisation n’est pas faisable. Dans les années 1990, elle l’était. Il y avait 30 000 colons. On pouvait, sans trop de dégâts, faire une décolonisation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Aujourd’hui, nous sommes dans une position de domination, et cette solution peut prendre des siècles parce qu’il y a l’exceptionnalité juive qui crée une exceptionnalité israélienne qui elle-même crée une exceptionnalité palestinienne. C’est-à-dire que sans être péjoratif, les Palestiniens deviennent des juifs bis.
Qu’entendez-vous par là ?
Nous sommes depuis le 7 octobre devant un grand nombre de victimes. Mais ces dernières années, nous en avons eu bien plus en Irak, en Syrie, au Soudan et en Éthiopie. Cela n’a pas provoqué l’émoi mondial que nous connaissons aujourd’hui. L’émotion a été suscitée parce que les victimes étaient juives, puis elle s’est déplacée sur les victimes palestiniennes. Les deux peuples sont dans un corps à corps que même l’émotion n’arrive pas à séparer.
Les années 1990 ont été marquées par les accords d’Oslo en 1993. Relèvent-ils du mirage aujourd’hui ?
Non, on pouvait gérer une décolonisation. Mais déjà à la fin des accords d’Oslo, il n’y a pas eu décolonisation mais doublement de la #colonisation sous le gouvernement socialiste et ensuite sous le premier gouvernement Nétanyahou. Ce sont l’occupation, la colonisation, qui ont amené l’échec des processus. Il n’existe pas d’occupation, de colonisation pacifique et démocratique.
Aujourd’hui, c’est infiniment plus difficile à l’aune de la violence, des passions, des derniers événements, des chocs identitaires, de la #haine tout simplement. Qui plus est, depuis une trentaine d’années, vous avez une évolution commune vers une vision religieuse et extrémiste, aussi bien chez les juifs que chez les Palestiniens.
La Palestine fonctionne en jeu à somme nulle, le progrès de l’un se fait au détriment de l’autre.
Vous voulez dire que le conflit territorial est devenu un conflit religieux ?
Il a toujours été religieux. Dès l’origine, le mouvement sioniste ne pouvait fonctionner qu’en utilisant des références religieuses, même si ses patrons étaient laïcs. La blague de l’époque disait que les sionistes ne croyaient pas en Dieu mais croyaient que Dieu leur avait promis la Terre promise.
Le projet sioniste, même s’il se présentait comme un mouvement de sauvetage du peuple juif, ne pouvait fonctionner qu’en manipulant les affects. Il était de nature religieuse puisqu’il renvoyait à la Terre sainte. Vous avez une myriade d’endroits qui sont des #symboles_religieux, mais qui sont aussi des #symboles_nationaux, aussi bien pour les #juifs que pour les #musulmans : l’esplanade des Mosquées, le tombeau des Patriarches, le mur des Lamentations. Et puis il y a les gens qui se sentent mandatés par Dieu.
De même, les musulmans ont cherché des alliés en jouant sur la solidarité islamique. Dès les années 1930, la défense de la mosquée Al-Aqsa est devenue un thème fédérateur.
Pourquoi est-il devenu difficile d’invoquer une lecture coloniale du conflit depuis les massacres du Hamas du 7 octobre ?
Le sionisme est à l’origine un corps étranger dans la région. Pour arriver à ses fins, il a eu besoin d’un soutien européen avant 1914, puis britannique et finalement américain. Israël s’est posé comme citadelle de l’#Occident dans la région et conserve le #discours_colonial de la supériorité civilisatrice et démocratique. Cet anachronisme est douloureusement ressenti par les autres parties prenantes.
Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les responsables sionistes n’hésitaient pas à se comparer à la colonisation britannique en Afrique noire avec la nécessité de mater les protestations indigènes.
La Palestine fonctionne en jeu à somme nulle, le progrès de l’un se fait au détriment de l’autre. La constitution de l’État juif impliquait un « transfert » de la population arabe à l’extérieur, terme poli pour « expulsion ». La #confiscation des #terres détenues par les Arabes en est le corollaire. Les régions où ont eu lieu les atrocités du 7 octobre étaient peuplées d’Arabes qui ont été expulsés en 1948-1950.
Dire cela, c’est se faire accuser de trouver des excuses au terrorisme. Dès que vous essayez de donner des éléments de compréhension, vous vous confrontez à l’accusation : « Comprendre, c’est excuser. » Il faut bien admettre que le #Hamas dans la bande de Gaza recrute majoritairement chez les descendants des expulsés. Cela ne veut pas dire approuver ce qui s’est passé.
Le slogan « From the river to the sea, Palestine will be free » (« De la rivière à la mer, la Palestine sera libre ») utilisé par les soutiens de la Palestine fait polémique. Est-ce vouloir rayer de la carte Israël ou une revendication légitime d’un État palestinien ?
Il a été utilisé par les deux parties et dans le même sens. Les mouvements sionistes, en particulier la droite sioniste, ont toujours dit que cette terre devait être juive et israélienne au moins jusqu’au fleuve. Le parti de l’ancêtre du Likoud voulait même annexer l’ensemble de la Jordanie.
Chez certains Palestiniens, on a une vision soft qui consiste à dire que « si nous réclamons un État palestinien réunissant la bande de Gaza et la Cisjordanie, nous considérons l’ensemble de la terre comme la Palestine historique, comme partie de notre histoire, mais nous ne la revendiquons pas dans sa totalité ».
Israël depuis sa fondation n’a pas de #frontières définies internationalement. Il a toujours revendiqué la totalité de la Palestine mandataire, voire plus. Il a ainsi rejeté l’avis de la Cour internationale de justice qui faisait des lignes d’armistice de 1949 ses frontières permanentes.
Cette indétermination se retrouve de l’autre côté. La libération de la Palestine renvoie à la totalité du territoire. D’autres exigeaient la carte du plan de partage de 1947. Pour l’Organisation de libération de la Palestine (#OLP), faire l’#État_palestinien sur les territoires occupés en 1968 était la concession ultime.
Les Arabes en général ont reçu sans grand problème les réfugiés arméniens durant la Grande Guerre et les années suivantes. Ces Arméniens ont pu conserver l’essentiel de leur culture. Mais il n’y avait pas de question politique. Il n’était pas question de créer un État arménien au Levant.
Dès le départ, les Arabes de Palestine ont vu dans le projet sioniste une menace de dépossession et d’expulsion. On ne peut pas dire qu’ils ont eu tort…
Le mouvement islamiste palestinien, le Hamas, classé #terroriste par l’Union européenne et les États-Unis, est aujourd’hui le principal acteur de la guerre avec Israël…
Définir l’ennemi comme terroriste, c’est le placer hors la loi. Bien des épisodes de décolonisation ont vu des « terroristes » devenir du jour au lendemain des interlocuteurs valables.
Bien sûr, il existe des actes terroristes et les atrocités du 7 octobre le sont. Mais c’est plus une méthodologie qu’une idéologie. C’est une forme de guerre qui s’en prend aux civils selon les définitions les plus courantes. Jamais un terroriste ne s’est défini comme tel. Il se voit comme un combattant légitime et généralement son but est d’être considéré comme tel. Avec l’État islamique et le 7 octobre, on se trouve clairement devant un usage volontaire de la cruauté.
La rhétorique habituelle est de dire que l’on fait la guerre à un régime politique et non à un peuple. Mais si on n’offre pas une perspective politique à ce peuple, il a le sentiment que c’est lui que l’on a mis hors la loi. Il le voit bien quand on dit « les Israéliens ont le droit de se défendre », mais apparemment pas quand il s’agit de Palestiniens.
D’aucuns expliquent qu’Israël a favorisé l’ascension du Hamas pour qu’un vrai État palestinien indépendant ne voie jamais le jour au détriment de l’#autorité_palestinienne qui n’administre aujourd’hui plus que la Cisjordanie. Est-ce que le Hamas est le meilleur ennemi des Palestiniens ?
Incontestablement, les Israéliens ont favorisé les #Frères_musulmans de la bande de Gaza dans les années 1970 et 1980 pour contrer les activités du #Fatah. De même, après 2007, ils voulaient faire du Hamas un #sous-traitant chargé de la bande de Gaza, comme l’Autorité palestinienne l’est pour la Cisjordanie.
Le meilleur moyen de contrer le Hamas est d’offrir aux Palestiniens une vraie perspective politique et non de bonnes paroles et quelques aides économiques qui sont des emplâtres sur des jambes de bois.
Quel peut être l’avenir de l’Autorité palestinienne, aujourd’hui déconsidérée ? Et du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, pressé par la base de renouer avec la lutte armée et le Hamas ?
Le seul acquis de l’Autorité palestinienne, ou plus précisément de l’OLP, c’est sa légitimité diplomatique. Sur le terrain, elle est perçue comme un sous-traitant de l’occupation israélienne incapable de contrer un régime d’occupation de plus en plus dur. Elle est dans l’incapacité de protéger ses administrés. Le risque majeur pour elle est tout simplement de s’effondrer.
Le Hamas appelle les Palestiniens de Cisjordanie à se soulever. Un soulèvement généralisé des Palestiniens peut-il advenir ?
En Cisjordanie, on a surtout de petits groupes de jeunes armés totalement désorganisés. Mais la violence et la répression sont devenues quotidiennes et les violences permanentes. À l’extérieur, l’Occident apparaît complice de l’occupation et de la répression israéliennes. L’Iran, la Chine et la Russie en profitent.
Le premier tome de votre monumentale « Question de Palestine » s’ouvre sur 1799, lorsque l’armée de Napoléon Bonaparte entre en Palestine, il court jusqu’en 1922. Avec cette accroche : l’invention de la Terre sainte. En quoi cette année est-elle fondatrice ?
En 1799, l’armée de Bonaparte parcourt le littoral palestinien jusqu’à Tyr. En Europe, certains y voient la possibilité de créer un État juif en Palestine. Mais l’ouverture de la Terre sainte aux Occidentaux est aussi l’occasion d’une lutte d’influences entre puissances chrétiennes.
Dans le tome 4, « Le rameau d’olivier et le fusil du combattant » (1967-1982), vous revenez sur ce qui a été un conflit israélo-arabe, puis un conflit israélo-palestinien. Est-ce que cela peut le redevenir ?
Jusqu’en 1948, c’est un conflit israélo-palestinien avant tout. En 1948, cela devient un #conflit_israélo-arabe avec une dimension palestinienne. À partir de la fin des années 1970, la dimension palestinienne redevient essentielle.
Ben Gourion disait que la victoire du sionisme était d’avoir transformé la question juive en problème arabe. Les derniers événements semblent montrer que le #problème_arabe est en train de redevenir une #question_juive.
Le rôle des États-Unis a toujours été déterminant dans ce conflit. Que nous dit leur position aujourd’hui ?
La question de Palestine est en même temps une question intérieure pour les pays occidentaux du fait de l’histoire de la Shoah et de la colonisation. Il s’y ajoute aux États-Unis une dimension religieuse du fait du biblisme protestant et du « pionniérisme ». Les Palestiniens leur semblent être quelque part entre les Indiens et les Mexicains…
La « République impériale » vient encore de montrer son impressionnante capacité de projection militaire dans la région, mais aussi son incapacité à obtenir un règlement politique satisfaisant.
Pourquoi ce conflit déclenche-t-il autant de passions et clive-t-il autant dans le monde entier, où comme en France, le président appelle à « ne pas importer le conflit » ?
C’est un conflit gorgé d’histoire. La Terre sainte est celle des trois religions monothéistes. Le conflit lui-même porte avec lui la mémoire de la Shoah et de la colonisation, d’où l’extraordinaire position d’exceptionnalité des acteurs.
Vous avez écrit cinq tomes sur la question de Palestine. Après l’ultime « La Paix impossible », quel pourrait être le sixième ?
Peut-être le retour de la question juive, mais c’est loin d’être une perspective encourageante.
▻https://www.mediapart.fr/journal/international/191123/henry-laurens-est-sur-la-voie-d-un-processus-de-destruction-de-masse-gaza
#discours_génocidaire #religion (s) #sionisme
►https://www.youtube.com/watch?v=lMZAGlZcNo0
Conférence « Le conflit israélo-palestinien : question juive, problème arabe » par Henry Laurens à l’Inalco
Assez passionnant, merci @parpaing !
« le Quatar, des champions du en même temps » (base US et centre du Hamas)
#histoire #juifs #nation (comme communauté) ; (antériorité du) #sionisme_chrétien #émancipation
(antériorité de l’) #assimilation (des juifs avant qu’elle ne soit postulée pour les #colonisés)
#1880 #pogroms
#idéologies_authentitaires #races (pas encore phénotypiques) #antisémitisme (le juif comme étranger ; ici, non pas la race française, mais la sensibilité française...)
#nationalisme, trois conditions : langue, religion, se revendiquer d’un État antérieur
vu ce contexte :
• #exil #chemin_de_fer (yddishland -> Ellis Island)
• #révolution #Bund (hors yiddishland : bolchévisme)
• #austro_marxisme
• #sionisme (variantes, tendances) invention de l’#hébreu_moderne (Bible non pas comme texte religieux mais comme texte historique) donc #protection_consulaire, accord avec des puissances (les seules organisations juives légales sous le nazisme, jusqu’en 1933 sont sionistes : débarrasser l’Allemagne des juifs)
33’ les #arabes de #Palestine, une pluralité de peuplement, dont une partie, juive, devenant #diaspora économique + #conversions de juifs à l’islam. #Nabi_Moussa (Moïse) pour prophète
#agriculture #climat #démographie
#1908 #révolution_jeune_turque #1914 #âge_des_extrêmes (dans lequel la Palestine est toujours) #occupation_anglaise
...
....
#échec_du_sionisme
dissolution de la #guerre comme notion juridique (Carl Schmitt, 1950)
si vous en voulez encore y’en a des heures et des heures au Collège de France et retransmis aussi sur France Culture :
▻https://www.college-de-france.fr/fr/audiovisuel?key=henry%20laurens
16 épisodes, 16h : ▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-les-crises-d-orient-l-hegemonie-britannique-1926-1956-16-episodes
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/avant-l-etat-d-israel-le-sionisme-et-le-peuplement-de-la-palestine-68540
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-le-passe-impose
Henry Laurens invité de Hors-Champs
Lundi 17 mars 2014
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/hors-champs/henry-laurens-1160623
▻https://www.youtube.com/watch?v=N5ZX9q-DEso&feature=youtu.be
Jean-Pierre Filiu - Comment la Palestine fut perdue - Et pourquoi Israël n’a pas gagné
▻https://youtube.com/playlist?list=PL5b90dlv07HQP2uXObhQw_LW8paW--wWe&feature=shared
Histoire contemporaine du monde arabe - Henry Laurens
Histoire et archéologie - Collège de France
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