• Occupation Odéon

    L’Occupation Odéon au 09 avril 2021, c’est 102 lieux occupés

    Un bref rappel des revendications :
    – La prolongation de l’année blanche, et son extension à tous les intermittent·e·s de l’emploi.
    – L’abandon définitif de la réforme de l’assurance chômage qui prétend faire 1,3 milliard d’économie sur le dos des plus précaires.
    – Le maintien et la sauvegarde de nos droits sociaux, dont notamment :
    1/ le droit à Allocation Journalière en cas de grossesse ou de maladie pour tous les salarié·e·s à emploi discontinu ;
    2/ un soutien financier pour les caisses sociales spécifiques du spectacle, fragilisées par la baisse de leurs recettes, basées sur l’activité (Afdas, CMB, Audiens Prévoyance, Congés Spectacle).
    – Des mesures d’urgence d’aide à l’emploi immédiat pour les salariée·s du spectacle vivant et enregistré.
    – Un véritable plan de relance ambitieux dans nos secteurs, assujetti à des mesures en faveur de l’emploi des artistes interprètes.
    – Une réelle visibilité sur les conditions de l’ouverture des lieux culturels dans le respect des mesures sanitaires... https://www.philippepillavoine.com/leblog/2021/04/11/occupation-odeon

    #Année_blanche #cagnotte #chômage #assurance_chômage #intermittence #Intermittents_du_spectacle #occupation #Occupation_Odéon #Occupation_Partout #Odéon #Paris #Réforme #revue_de_presse #théâtre #widget #Pearltrees

  • Entretien avec le sociologue Olivier Alexandre, chercheur au Centre Internet et Société/CNRS, auteur notamment de La Règle de l’exception – Écologie du cinéma français (Éditions de l’EHESS, 2015) : « La #culture est le secteur le plus touché après l’aéronautique » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/160221/la-culture-est-le-secteur-le-plus-touche-apres-l-aeronautique

    (…) Que peut la puissance publique aujourd’hui dans ce contexte ?

    Le modèle français repose sur trois piliers : la mutualisation, le droit d’auteur et le régime de l’intermittence. Moderniser ce système signifie intégrer les plateformes aux systèmes de mutualisation, refonder le droit d’auteur et remettre à plat le régime de l’#intermittence.

    Eric Schmidt, l’ancien CEO Google, aimait à dire que la France, c’est la Silicon Valley de la culture. La question est : comment le rester dans une start-up nation ? Dans une Europe en bataille avec les GAFAM ? Dans une économie post-Covid ? Dans un contexte plus que jamais soumis à la loi du « winner takes all », avec 0,1 % des entreprises qui captent 50 % du chiffre d’affaires ?

    Comment expliquer une telle situation ?

    Il faut revenir aux deux promesses de la Silicon Valley. Dans les années 1990, le nord de la Californie était le porte-voix et le modèle de l’économie en réseau, avec une atomicité des agents et peu d’acteurs dominants. Aujourd’hui, le paradigme est inversé : les entreprises y sont appelées à dominer le marché, à concentrer les richesses en jouant notamment de l’effet d’attraction de l’économie de la création.

    Amazon a mis à genoux les grandes chaînes de librairie ; Napster, avant Spotify, a durablement affaibli l’industrie musicale ; les algorithmes de Twitter et de Facebook ont transformé les métiers de la presse ; Apple et Amazon ont mis un pied à Hollywood, après que #Netflix y a bousculé les rapports de force, en plaçant le petit écran au sommet des échelles de valeur de l’audiovisuel au détriment du cinéma. L’économie des réseaux a défait les anciens maîtres, mais en a enfanté de nouveaux.

    L’ambivalence est là. Puisqu’on peut considérer que la seconde promesse de la Silicon Valley – celle de libérer l’accès aux œuvres de l’esprit et d’émanciper la création – n’a pas été trahie. Plus besoin du filtre journalistique et de la critique pour relayer sa production, Twitter et Facebook s’en chargent ; les arènes de spectacle sont désormais ouvertes avec Youtube ; Google a constitué la plus grande bibliothèque du monde et Amazon propose une offre de biens et de services culturels sans point de comparaison historique.

    Mais le constat n’a pas changé concernant la hiérarchie des visibilités. Au contraire, elles se renforcent : peu d’objets à haute visibilité, une multitude de créations très peu vues, et un purgatoire étiré d’œuvres à basse visibilité.

    C’est l’image de la longue traîne de la mariée, qui n’en finit plus de s’étendre : de plus en plus d’œuvres existent, « sans trouver leur public ». La grande majorité des revenus engendrés sont captés par quelques acteurs et se redistribuent plus ou moins équitablement selon les secteurs.

    Doit-on déplorer alors un phénomène de privatisation de la culture ?

    Historiquement, l’art et la création se sont développés en sortant des académies et du giron de l’aristocratie. Les révolutions esthétiques furent portées par le développement de la bourgeoisie : celle des petits collectionneurs, des marchands, des négociants, des critiques notamment dans le Paris de la moitié du XIXe siècle.

    Si l’on retient cette échelle de temps, la privatisation, au sens du développement d’une économie privée de production et de consommation, a été le ressort historique de la diffusion des œuvres, de leur financement et de l’entrée de celles-ci dans la vie de plus en plus de personnes. C’était l’une des interrogations d’Augustin Girard (1926-2009), figure du ministère de la culture au bureau d’études des pratiques culturelles : les politiques de démocratisation n’ont cessé de buter sur un plafond de verre, celui des classes et des catégories sociales, au sens où les dispositifs d’incitation à entrer dans les musées, les théâtres et les bibliothèques pour s’imprégner des « œuvres capitales de l’humanité », suivant le vœux d’A. Malraux, n’ont pas enrayé les inégalités d’accès.

    Dans le même temps, des entreprises, à la manière de la FNAC, MK2, Skyrock ou Canal+, sont parvenues à toucher des populations qui restaient jusque-là en marge des pratiques et activités dites culturelles. Cette réflexion vaut d’autant plus avec Internet, dont l’économie est dominée par de grandes entreprises.

    En France, la culture reste identifiée à l’État qui joue un rôle de soutien, de régulation et de démocratisation, déployé sur trois axes : le patrimoine, la création et la défense des œuvres nationales.

    Mais la force d’action de l’État est limitée ; il opère des choix, en essayant d’ouvrir progressivement son parapluie d’intervention à d’autres formes de création. De plus, le credo français n’est pas un credo universel. D’autres pays privilégient la création via le marché, comme en Grande-Bretagne ou aux États-Unis. D’autres encore ouvrent leurs frontières, à l’instar de la Suède, où les séries et les films américains ne sont pas doublés quand ils passent à la télévision.

    L’État français se trouve aujourd’hui victime d’une double ironie de l’histoire. Ses missions publiques sont en partie assurées par des acteurs privés. De plus, il continue d’incarner l’exception culturelle dans un contexte de dépendance à la commission européenne en matière de régulation des GAFAM. L’exception culturelle des années 1990 reposait sur deux principes : les œuvres de culture ne sont pas des marchandises comme les autres ; les États doivent rester souverains en matière culturelle. Aujourd’hui, l’instance politique pertinente face aux grandes entreprises du numérique n’est pas l’État mais l’Union européenne, voire très directement le commissaire en charge de la politique industrielle et du numérique… Thierry Breton, un Français.

    Quelle politique publique en matière culturelle serait alors possible ?

    Au cours des dernières années, un front progressiste s’est structuré autour de la place et de la condition des femmes, celles des minorités, des extrémités démographiques que sont le début et le terme de la carrière. Ces questions sont devenues brûlantes.

    Mais si l’on reprend les trois piliers du modèle français que sont la mutualisation, les droits d’auteur et l’intermittence, la priorité est sans doute de déterminer comment adapter le statut des travailleurs dans une économie de création ouverte.

    Plusieurs réflexions existent autour de l’intermittence : responsabiliser les employeurs, ajuster le nombre d’heures, faire jouer la solidarité entre gros et petits contractants, etc. Une des réponses possibles est de s’en remettre à la pente naturelle du modèle français : proroger le système de mutualisation.

    Prenons l’exemple de la bande dessinée : il s’agirait à la fois d’attribuer un statut juridique aux travailleurs de la bande dessinée, de faire jouer des mécanismes de solidarité intra-professionnelle dans un secteur qui se porte bien – c’était le sens de la mobilisation des dessinateurs au dernier festival d’Angoulême ; puis de déterminer comment décliner des droits d’auteur dans un univers de libre circulation des contenus.

    Concernant l’économie numérique, la commission européenne vient de poser deux jalons avec le Digital Service Act et le Digital Market Act, destinés à encadrer la régulation des contenus et la fiscalisation des grandes entreprises technologiques.

    Pour les secteurs culturels, l’enjeu est de réussir à mettre en place des transferts depuis l’économie du numérique vers l’économie de la culture en proportion de ce que la première tire de la seconde.

    La notion de « droit voisin », qui est inscrite dans les textes de lois européens, prévoit des remontées d’argent aux créateurs dans le cas d’exploitation commerciale annexe, comme les passages de titres musicaux en boîte de nuit par exemple.

    Cela représente un espoir pour alimenter l’économie de la culture si une telle disposition est appliquée pour chaque passage d’une œuvre générant des revenus sur une plateforme, dans un contexte où Google et Facebook captent en France les trois quarts du marché de la publicité en ligne.

    Les producteurs de contenus, type Amazon ou Netflix, devraient être justiciables des mêmes droits et devoirs en France que tout autre opérateur. Or, ces entreprises sont domiciliées fiscalement à Dublin et Amsterdam, afin d’alléger la pression fiscale et d’échapper aux obligations de production. Pourtant, plusieurs grands succès de Netflix, comme Narcos, El Chapo ou Lupin, ont été produits, à la manière d’un sous-traitant, par Gaumont.

    Pour les GAFAM qui tentent de défendre leur statut de plateforme, en déniant toute activité de production, à la manière de Facebook et de Google, d’autres dispositifs sont envisageables, et l’ont été depuis une dizaine d’années avec le projet d’une « taxe Google » régulièrement abrogée. Il manque sans doute un commissaire européen de la culture pour peser de tout son poids dans les négociations. (…)

    #audiovisuel #streaming etc.

  • Le vilain coup fait aux intermittents du spectacle, Yann Gaudin
    https://blogs.mediapart.fr/yann-gaudin/blog/190321/le-vilain-coup-fait-aux-intermittents-du-spectacle

    L’esprit du règlement d’assurance chômage c’est évidemment de faciliter la reprise d’activité en encourageant notamment les allocataires à rechercher et accepter de nouveaux contrats de travail.

    Un intermittent du spectacle a besoin des annexes XIII & X pour sa survie financière, c’est bien pour ça que le principe d’un régime spécifique a été consacré dans le Code du travail.

    Donc pour encourager les intermittents du spectacle à accepter ponctuellement, dans leur parcours, des contrats dans d’autres secteurs mais sans craindre de « basculer » au régime général qui ne leur est pas adapté, le législateur avait institué un principe de choix par le paragraphe 7 de l’article 65 qui disait en substance ceci : si au moment d’un réexamen de ses droits, l’intermittent·e cumule à la fois les conditions pour des droits au régime général et les conditions pour des droits au régime intermittent, il a le choix entre les deux régimes. Peu importe que le dernier contrat était au régime général et peu importe que les heures cumulées au régime général dépassent les heures travaillées dans le spectacle.

    C’est par exemple important pour les techniciens du spectacle qui sont parfois amenés à travailler dans l’évènementiel d’entreprise (congrès, séminaires, salons...) et donc au régime général. Bien évidemment, depuis que la crise sanitaire oblige bon nombre de professionnels du spectacle à attendre patiemment la reprise du secteur, des contrats dans n’importe quel autre secteur que le spectacle permettent de se maintenir actif et d’améliorer ses revenus mensuels. Et puis il y a les artistes et les techniciens qui enseignent leur discipline en CDD et au régime général, en école de musique par exemple.

    La disposition du paragraphe 7 était d’ailleurs en vigueur depuis longtemps dans l’accord d’application n°1 des conventions d’assurance chômage avant 2019.

    Le vilain coup

    Mais voilà que le Gouvernement, dans son décret du 28 décembre 2020, a donc eu la bonne idée... d’abroger purement et simplement le paragraphe 7 !

    Désormais, à compter du 30 décembre 2020, si un·e intermittent·e travaille au moins 1 mois dans un autre secteur, en continu ou sur une période de maximum 3 mois, et qu’au moment du réexamen de ses droits il n’y a pas eu de contrat dans le spectacle depuis, Pôle emploi appliquera les règles du régime général et ce même si la personne a bien cumulé au moins 507 heures d’intermittence depuis sa dernière admission !

    #précarisation #droits_sociaux #chômage #intermittence_du_spectacle

  • Petit guide de survie - Fiches pratiques pour entreprendre des projets musicaux
    https://www.culture.gouv.fr/Regions/Drac-Grand-Est/Actualites/Actualites-Creation/Petit-guide-de-survie-Fiches-pratiques-pour-entreprendre-des-projets-mu

    Parution le 15.02.2020

    Réalisé sous forme de fiches pratiques, présentées par thématiques, ce guide, disponible gratuitement en version pdf ou papier, a pour ambition de clarifier les informations essentielles à connaitre pour les porteurs de projet musical, afin de leur permettre de développer leur projet en toute sérénité.

    Bah ce guide récent est bien fait et relativement complet !
    #musiciens #spectacle #intermittence #guso #conventions_collectives #concerts ...

  • La manifestation de la CGT : une comédie-ballet avec la police

    Samedi 6 juin, un mois après la déclaration d’Emmanuel Macron au monde de la culture, la CGT appelait à une manifestation Place Royale qui a rassemblé peu de militants, mais beaucoup de policiers. Une manifestation qui tourne à la flashmob express, avec la participation exceptionnelle des performeurs des BRAV-M (Brigades de répression de l’action violente motorisées). La culture est réellement en train de se réinventer !... https://sceneweb.fr/actu-la-manifestation-de-la-cgt-une-comedie-ballet-avec-la-police

    La pièce tourne à la comédie-ballet

    Ils demandent aux policiers d’utiliser leur cerveau

    #flashmob #culture #manifestation #intermittence #emmanuel_macron #macron #paris #place_royale #brav #cgt #CGT_Spectacle

    Archive : https://archive.vn/Xrw23

  • « Si on ne peut pas produire de spectacles à la rentrée, le pire s’annonce » : le coronavirus, crash test pour le secteur de la culture, Michel Guerrin, Brigitte Salino
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/04/21/le-coronavirus-crash-test-pour-le-secteur-de-la-culture_6037247_3246.html

    ENQUÊTE La crise sanitaire a provoqué un violent coup d’arrêt dans le monde des arts et des spectacles, qui ne compte plus les événements annulés ou repoussés. Cinémas, librairies, théâtres et musées ne savent pas s’ils vont pouvoir tenir ainsi au-delà de l’été.

    Tous les deux jours, Richard Patry va au cinéma. Le sien, à Elbeuf (Seine-Maritime), où il est né et habite, là où tout a commencé. Il l’a acheté à 24 ans avec l’argent des banques. A 55 ans, il possède 74 écrans, surtout en Normandie. Il a une tendresse pour son Grand Mercure. Il n’y a plus d’affiches dans le hall. Personne à la caisse. Il descend dans la grande salle, s’assoit au milieu. « Et là, parfois, je suis en larmes. » Pas un spectateur depuis le 14 mars. Quand il fait ses courses, il passe devant le bâtiment et croise son public, dans la rue, à distance.

    Jean-Marc Pailhole pleure, lui aussi, quand il se rend dans son Cargo de nuit, une salle de concert de 350 places à Arles (Bouches-du-Rhône). « Dans le silence, j’entends la musique des concerts passés, j’entends les gens heureux, et je repars avec mon blues. » Jean-François Chougnet, lui, dirige le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), à Marseille : « C’est horrible, les œuvres sont comme abandonnées. » Parfois, il les prend en photo. Pour se donner du moral, il jette un œil sur le jardin qui surplombe la mer, « magnifique en cette saison » . Olivier Haber pilote la Seine musicale, salle de 6 500 places à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Il lâche : « Tous les jours, je fais le deuil des spectacles que j’annule. »

    Il y a 2 000 cinémas en France, 2 500 salles de musique, 3 000 librairies, 1 200 musées, 16 000 bibliothèques, 1 000 théâtres. Un maillage du territoire unique au monde. Des lieux en dur, comme on dit, où se retrouve le public toute l’année. Des lieux qui donnent le tempo de la France culturelle et tissent du lien social. « On se rend compte maintenant qu’ils sont précieux pour notre santé mentale » , confie Jean-Marc Pailhole.

    Ces lieux sont petits ou gros, privés ou publics, appellent le silence ou la clameur, mais leurs patrons se retrouvent dans cette phrase de Shakespeare, relayée par le metteur en scène Peter Brook et Olivier Mantei, directeur du Théâtre des Bouffes du Nord et de l’Opéra-Comique, à Paris : « The readiness is all [“il faut être prêt à tout”]. »

    « De la sidération à la dépression »

    Nous avons écouté une trentaine de ces directeurs. Pour comprendre ce qu’ils ressentent et ce qu’ils font. « Je suis passé de la sidération à la dépression » , résume Richard Patry. Ils ont dû accepter des fermetures bien plus longues que prévu. Oublier les spectacles passés, qui marchaient fort, dit Olivier Mantei. Ecouter du chant grégorien, comme le fait Chris Dercon, président du Grand Palais, à Paris. Hervé Chandès, directeur de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, relit Paul Virilio, qui a théorisé la notion d’accident planétaire, ou médite un bout de papier griffonné par l’artiste Raymond Hains : « Aujourd’hui, c’est quand même formidable parce que c’est aujourd’hui. »

    Des directeurs touchés par le virus se soignent. Certains gagnent leurs lieux pour soutenir les rares agents sur place, qui multiplient les rondes pour prévenir les cambriolages ou les inondations, alors que d’autres veillent à ce que les œuvres ne soient pas infectées par des insectes. Les patrons de cinéma font tourner le projecteur numérique pour le maintenir en état. Les couturières de la Comédie-Française fabriquent des masques à la maison avec leurs machines à coudre, tandis que les soixante comédiens, « des lions en cage » , qui perdent 40 % de revenus depuis qu’ils ne sont plus sur scène, jouent pour le site en ligne. Les danseurs et musiciens de l’Opéra de Paris, qui sont des sportifs de haut niveau, s’entraînent tant bien que mal chez eux ou ailleurs. Dans les jardins du château de Versailles, les plantations printanières vont bon train. A la Bibliothèque nationale de France, les 3 000 places de lecture sont désertes, mais la climatisation tourne pour protéger les 40 millions de documents. Beaucoup s’évertuent à rassurer les personnels, payés sans pouvoir travailler et qui imaginent « un scénario de fin du monde » .

    Drôle de vie que d’attendre des jours meilleurs sans les voir venir. Depuis qu’Emmanuel Macron a parlé, le 13 avril, c’est la douche froide pour ceux qui pensaient rouvrir en avril, mai, juin ou juillet. Les patrons de grosses salles de concert disent déjà que l’automne sera périlleux. D’autres affirment que tant qu’il n’y aura pas de vaccin, donc pas avant 2021, les lieux culturels seront fragiles. Dix-huit mois de fermeture, c’est ce que recommande l’une des Académies régionales des sciences d’Allemagne pour les grandes salles de spectacle. Une éternité.

    Septembre, le juge de paix

    Aussi certains ont pris les devants avant même que M. Macron ne parle. Laurent Bayle, le patron de la Philharmonie, à Paris, a annulé tous les concerts dans sa salle de 2 400 places jusqu’à la fin août. Cyrille Bonin a fait de même pour Le Transbordeur (1 800 places), à Villeurbanne (Rhône). Olivier Haber ne voit pas comment accueillir la chanteuse Björk à la Seine musicale, fin juillet. « Il faut oublier et avancer. »

    Les librairies surtout, les cinémas aussi, aux jauges plus modestes, s’accrochent aux branches et espèrent pouvoir ouvrir avant l’été. Et si c’était septembre ? « Ne parlez pas de malheur ! » , répond Richard Patry. L’expression « small is beautiful » est néanmoins une valeur en hausse. Les libraires font leur inventaire, rangent, rafraîchissent leur vitrine. Plusieurs en France déposent déjà un livre ou un petit paquet à leurs clients. « On est prêt à ouvrir du jour au lendemain » , dit Rémy Ehlinger, qui tient la librairie Coiffard, à Nantes, et prépare aussi la rentrée littéraire. Comme les livres n’arrivent pas, il les lit sur ordinateur. « Pas sur tablette, je déteste. »

    Le juge de paix des théâtres, après la trêve estivale qui a fauché Avignon, c’est septembre. « Si on ne peut pas produire de spectacles à la rentrée, le pire s’annonce » , lâche Bertrand Thamin, président du Syndicat national du théâtre privé. « Oui, mais nous sommes sur un fil » , confie Pierre-Yves Lenoir, codirecteur du Théâtre des Célestins, à Lyon.

    Entendez : c’est bien beau d’ouvrir, mais dans quelles conditions pour le public, le personnel, les artistes, quand on sait que le virus raffole des lieux clos ? Le public se frôle, se touche, se parle, s’embrasse. Sur scène, les musiciens soufflent, les chanteurs hurlent, les choristes sont soudés, les comédiens s’enlacent, se battent, crient, postillonnent. « On représente tout ce qu’il ne faut pas faire » , dit Stéphane Lissner, en pensant aux 2 700 places et au plateau immense et souvent foisonnant de l’Opéra Bastille. « La culture incarne le partage physique et émotionnel », ajoute Christian Thorel, de la librairie Ombres blanches, à Toulouse.

    Le public reviendra-t-il ?

    Il faudra faire avec des mesures barrières, variables selon l’art et la jauge, selon que le public bouge ou est assis. Ne pas oublier les personnels. Le groupe de protection sociale Audiens a confié au professeur François Bricaire une étude visant à édicter des règles sanitaires dans la culture. En fait, tous les lieux planchent déjà sur la question. Au Prodiss, syndicat qui réunit la filière musicale, les idées fusent, dont certaines finiront dans un plan pour l’automne : certificats de santé, prise de température, distribution de masques et de gel, sas de sécurité avant la salle, heures d’arrivée imposées, jauge réduite… « Et pourquoi pas une prise de sang, tant qu’on y est, ou une interdiction aux plus de 60 ans ? » , raille un directeur de salle.

    Car la question divise. Certains sont prêts à toutes les contraintes pour rouvrir, tel Jean-Marc Pailhole : « Sinon on va devenir fous… » D’autres s’interrogent. Il n’est pas évident, avec un masque, de communier avec une rock star. « Comment imaginer un spectateur masqué tous les trois sièges alors que les comédiens ne le seront pas ? » , renchérit Eric Ruf, administrateur de la Comédie-Française. Comment imaginer des files d’attente de 300 mètres ? « D’accord pour réduire la jauge des cinémas de 50 %, mais au-delà, ça n’a plus de sens » , dit Richard Patry, qui préside aussi la Fédération nationale des cinémas français.

    C’est le public qui décidera, en venant ou pas. Les millions de Français qui, pendant des mois, auront dévoré des films à la télévision ou à travers des plates-formes, en toute sécurité depuis leur salon et pour pas cher, prendront-ils le risque de la salle ? « C’est ma plus grande angoisse » , répond Richard Patry. Un sondage répond oui, un autre non. Trop tôt pour savoir.

    Cela dépendra aussi du porte-monnaie des Français, alors que la récession et le chômage pointent. Mais aussi de l’offre des lieux culturels. Au début du confinement, on a cru que les fermetures du printemps provoqueraient un engorgement à l’été et à l’automne. Aujourd’hui, c’est le contraire qui se profile. Une grande partie du secteur culturel est portée par des stars souvent étrangères, dépendant d’une chaîne mondialisée, lourde, coûteuse et risquée. Leur pénurie se profile jusqu’à décembre. Si, en plus des avions qui ne volent pas, le déconfinement varie d’un pays à l’autre…

    « On n’aura pas les blockbusters cet été »

    Prenons l’exemple du cinéma. « Pour une vraie reprise, il faudra des films forts. Pas sûr que nous les aurons » , s’inquiète François Aymé, président de l’Association française des cinémas d’art et essai. « On n’aura pas les blockbusters cet été » , ajoute Richard Patry, citant uniquement Mulan, de Niki Caro, produit par Disney, dont la sortie a été repoussée de mars à juillet, et Tenet, de Christopher Nolan, programmé pour le 22 juillet. Un autre film Disney, Raya et le dernier dragon, est même reporté à 2021. Et puis, plusieurs films qui devaient être tournés au printemps ne seront pas prêts pour l’automne. Et même s’il y aura le 25e James Bond, qui ne sortira finalement qu’en novembre, « le succès des salles reposera surtout sur des films français de qualité » , veut croire François Aymé.

    C’est encore plus problématique pour les salles de musiques populaires. Les très grosses ont fait une croix sur les pointures mondiales et les tournées maousses, comme celles de Madonna ou Elton John. Les moyennes sont également en mal de stars. « L’automne sera très dur car tout est à l’arrêt, plus personne ne prend le risque de programmer » , dit Olivier Haber, patron de la Seine musicale. Même constat pour Cyrille Bonin, celui du Transbordeur. « Comme toutes les salles de mon rang, je ne vois pas comment programmer mes 70 dates de septembre à décembre, qui sont pourtant des mois cruciaux. Je peux prendre un jeune groupe lyonnais, mais le public viendra-t-il ? »

    Et puis, de gros spectacles ne seront pas prêts à la rentrée, faute d’avoir pu répéter pendant l’été. C’est le cas de Starmania, prévu à la Seine musicale du 22 septembre au 31 décembre. 100 000 billets déjà vendus. Mais Olivier Haber juge « irréaliste » de pouvoir ouvrir à cette date. Dans un autre genre, La Walkyrie, de Wagner, doit être donnée fin novembre à l’Opéra de Paris. C’est loin, novembre, mais des répétitions étaient prévues cet été. « On va avoir un gros problème » , commente Stéphane Lissner.

    La rentrée littéraire sera elle aussi allégée. Quant au paysage des expositions temporaires, il s’appauvrit de semaine en semaine. Le coup est rude quand on sait qu’elles tirent la fréquentation des musées. L’été pourri a déjà eu raison de « Pharaons superstars », prévue au MuCEM de Marseille jusqu’au 17 août, et aussi du sulfureux artiste anglais Damien Hirst, qui devait exposer à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris.

    Le match des milliardaires repoussé

    L’automne suit la même spirale négative. On s’attendait à un match de haut vol entre les frères ennemis de l’art contemporain, les milliardaires François Pinault et Bernard Arnault. Mais l’inauguration de la Collection François Pinault, logée dans la Bourse du commerce, au cœur de Paris, qui devait d’abord avoir lieu en juin avant d’être reportée à la mi-septembre, vient d’être décalée à nouveau, au printemps 2021. Les finitions du bâtiment, « gelées » par le confinement, les incertitudes et un accueil du public à repenser expliquent le report d’un site que son directeur, Martin Bethenod, qualifie joliment de « Belle au bois dormant » .

    En octobre, Bernard Arnault prévoit toujours dans sa Fondation Louis-Vuitton, au Bois de Boulogne, et pour cinq mois, l’exposition de toutes les promesses et de tous les dangers, soit la collection Morozov (Picasso, Renoir, Matisse, Monet…), conservée dans trois musées russes. Un gros pari : dépenser des millions d’euros en espérant les retrouver avec la billetterie. Bref, il s’agit de rééditer « le coup » magistral de la collection Chtchoukine, 1,2 million d’entrées en 2016 et 2017. Mais les conditions ne seront plus les mêmes. « Il faut s’adapter pour exister, explique Jean-Paul Claverie, qui conseille Bernard Arnault. On retravaille la scénographie pour fluidifier les foules, il y aura des réservations obligatoires, on ouvrira tôt le matin et on fermera tard le soir. On y croit ! Il faut retrouver de l’optimisme ! » On peut néanmoins se demander si la date sera maintenue, d’autant qu’une quinzaine de convois sont prévus entre la Russie et la France pour faire venir les œuvres.

    L’automne est bien la saison de tous les dangers. Etre fermé sera dramatique. Mais être ouvert peut l’être aussi. Le scénario catastrophe ? Faire venir à la Philharmonie des chefs et orchestres à des coûts importants qui se produisent devant une salle pleine à 70 % ou 80 %, le public étant rebuté par les mesures barrières ou une deuxième vague de contagion. « On se retrouve vite avec 2 ou 3 millions d’euros dans la vue » , dit Laurent Bayle.

    D’autant que le public du théâtre, du classique ou de l’opéra est en bonne partie constitué des aînés qui, comme le pense Stanislas Nordey, pourraient faire défection. « Ils vont nous manquer et on va leur manquer » , ajoute le directeur du Théâtre national de Strasbourg. Même crainte pour les théâtres privés où, en plus, les acteurs sont souvent des séniors, affirme Bertrand Thamin : « Auront-ils le droit de jouer ? »

    Un boulot « déprimant »

    Avec un printemps rayé de la carte culture, un été meurtri et un automne périlleux, tous les patrons de musées et de salles de spectacle revoient les agendas. « Un boulot dingue et déprimant » , entend-on partout. Annuler ou reporter ? C’est le dilemme. Annuler est plus facile, mais douloureux et coûteux. Reporter l’est moins, mais c’est épuisant et incertain. Parfois, il n’y a pas le choix, tant les calendriers des lieux et des artistes sont chargés.

    Les musées reportent souvent. La Réunion des musées nationaux, à Paris, travaille sur 25 expositions en même temps. Compliqué. Compliqué aussi, cafardeux surtout, pour les nombreux musées qui ont travaillé trois ans sur une exposition accrochée au mur à la mi-mars et fauchée par le virus. C’est le cas de « Picasso, baigneuses et baigneurs », au Musée des beaux-arts de Lyon, qui a coûté 1 million d’euros sur les 1,7 million dont le musée dispose pour sa programmation annuelle. « J’y vais tous les jours, c’est affreux » , dit la directrice, Sylvie Ramond, qui envoie régulièrement au personnel, de son ordinateur, une image commentée parmi les 150 œuvres au mur.

    Sylvie Ramond a surtout obtenu du principal prêteur, le Musée Picasso de Paris, de pouvoir garder les œuvres jusqu’au 24 août. Elle voudrait plus longtemps, tant elle sait l’été menacé. La Philharmonie a également prévu pour l’été une exposition du maître espagnol et voudrait la prolonger. Pas simple pour le Musée Picasso de dire oui à tout le monde, alors qu’il avait 1 200 œuvres hors les murs à l’heure du confinement. « On a fait tourner les ordinateurs et joué au chamboule-tout, ça épuise » , dit son président, Laurent Le Bon.

    Et puis, tous les lieux culturels voient l’argent s’évaporer à mesure que les jours passent. « La période est un crash test » pour la culture, ajoute Laurent Le Bon. D’autant que personne n’était assuré pour une imprévisible pandémie. Le ministère de la culture leur a demandé de chiffrer les dégâts en plusieurs scénarios. Chacun brandit des millions, qui sont plus des pertes d’activité que des pertes d’argent, oubliant aussi les économies faites. Reste que l’ardoise globale des lieux culturels sera lourde, dépassant le milliard. Sans parler d’autres acteurs culturels, souvent plus touchés, artistes et auteurs en premier, techniciens, associations de proximité et une ribambelle de métiers.

    Souffrances comparées

    La vraie question, pour ces lieux en dur, c’est de savoir qui va souffrir le plus et qui est vraiment menacé. Olivier Mantei, qui dirige à la fois un lieu public bien subventionné, l’Opéra-Comique, et un privé qui l’est très peu, le Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, cerne trois cas de figure : « Les établissements subventionnés à 70 % et plus vont bien tenir, car ils ont de quoi payer leurs frais fixes. Ceux qui sont autour de 50 % de subventions résisteront tant bien que mal. Ceux dont la subvention est très largement sous les 50 % vont souffrir. »

    Dans le premier cas, on trouve la Comédie-Française, le Théâtre national de Strasbourg, ou la Bibliothèque nationale de France, qui vivent en très grande partie de l’argent de l’Etat. On trouve aussi des milliers de lieux (musées, opéras, théâtres, bibliothèques, certains cinémas) financés, eux, par des villes. « Ce modèle de service public, où la billetterie n’est pas centrale, restera solide » , parie Sylvain Amic, directeur de plusieurs musées à Rouen et en Normandie. Leur seul risque, à tous, est de voir leur subvention rognée, tant l’Etat et les villes seront submergés par les urgences à cause du virus. « A nous de nous débrouiller avec nos riches collections si on perd des crédits » , répond Sylvain Amic.

    Deuxième cas, les nombreux lieux « mixtes » – à peu près autant de subventions que de ressources propres (billetterie, location d’espaces, mécénat). Les marques les plus connues, souvent à Paris, en font partie : Opéra de Paris, Louvre, Centre Pompidou, Philharmonie… L’arrêt de la billetterie va les fragiliser. Avec circonstances aggravantes pour l’Opéra de Paris, qui a de grosses charges fixes, perd beaucoup d’argent quand il est à l’arrêt et a déjà vu s’envoler 18 millions d’euros lors des grèves contre la réforme des retraites. Ces établissements publics n’ont pas droit au chômage partiel et doivent payer leurs salariés – un coût sévère si ça dure jusqu’à Noël. Ils devront sans doute serrer leurs frais, abandonner des projets, privilégier les plus rentables. Mais certains ont un fonds de roulement pour tenir. Et ils sont trop prestigieux pour chanceler, d’autant plus pour disparaître.

    Le troisième cas est le plus inquiétant. Dans le public, il y a le Grand Palais, autofinancé à 85 %, ou le château de Versailles, à 70 %. Versailles, qui vend jusqu’à 30 000 tickets par jour en août, et dont 80 % du public est étranger – on ne le reverra pas de sitôt –, prévoit 80 millions de pertes d’activité d’ici à décembre. Mais les salaires sont payés par l’Etat, qui ne le lâchera pas. Ni le Grand Palais.

    Non, l’inquiétude vise d’abord le secteur privé – librairies, cinémas, théâtres, galeries d’art, musées, salles rock ou clubs de jazz. Leur personnel est souvent en chômage partiel, mais sans vente de billets ou de livres, ces lieux peuvent rarement payer les charges. Et leur trésorerie est souvent exsangue.

    Grands travaux mis en sommeil

    Le Prodiss estime à 590 millions d’euros les pertes de chiffre d’affaires des musiques populaires de mars à mai. La suite sera pire. « La déflagration sera massive tant des salles sont fragiles » , dit Malika Seguineau, directrice du Prodiss. « Le Transbordeur tiendra jusqu’à début septembre, après je ne sais pas » , affirme Cyrille Bonin, inquiet pour les salles plus petites que la sienne. Et que feront les actionnaires des très grosses ? « Le producteur à gros cigare qui s’en met plein les poches, c’est fini depuis longtemps » , dit Olivier Haber.

    Les 1 200 cinémas privés sont dans la même galère, avec 300 millions de pertes d’activité à la fin mai. François Aymé ajoute que les deux premiers mois de 2020 ont été « effroyables » (moins 24 % de fréquentation). Les salles d’art et d’essai et celles situées au centre des villes reçoivent des aides spécifiques, mais pas de quoi éviter de voir les finances plonger dans le rouge si le confinement dure des mois. Sans recettes, le rouge arrivera en mai pour la plupart des théâtres privés, affirme Bertrand Thamin. Antoine Mory, qui travaille pour les six théâtres parisiens de Jean-Marc Dumontet, ajoute que la scène privée ne tient que lorsqu’elle joue longtemps la même pièce. « Des spectacles ont été stoppés net par le confinement. Nous sommes assez solides, mais d’autres théâtres pourraient disparaître. » Notamment, selon Bertrand Thamin, « ceux qui ont subi un ou deux bides avant le virus ».

    Pour les libraires, l’Association pour le développement de la librairie de création a dû dégager en urgence 5 millions d’euros. « On va avoir beaucoup de demandes » , prédit Didier Grevel, son directeur. Dans son enseigne nantaise, Rémy Ehlinger a perdu 140 000 euros de chiffre d’affaires sur le mois de mars. Il dit pouvoir tenir jusqu’à septembre. Mais les librairies, pilotées par des passionnés, souvent assises sur un stock solide, font de la résistance depuis si longtemps…

    Trois cas de figure donc, mais aussi un avantage pour les lieux publics sur les lieux privés. Sauf que les premiers, sur un point précis, pourraient souffrir fort : des travaux de construction et de rénovation pourraient être décalés par un Etat désargenté et des mécènes introuvables. Ce qui n’est pas sans poser problème. Le Grand Palais doit fermer en janvier 2021 pour une rénovation chiffrée à 466 millions d’euros. « Je n’imagine pas un abandon, car ces travaux sont indispensables » , dit Chris Dercon. D’autant que le bâtiment doit servir aux Jeux olympiques de 2024. La Bibliothèque nationale de France, dont les rayonnages seront saturés en 2023, attend un nouveau bâtiment, construit hors de Paris, pour 90 millions d’euros. Le Centre Pompidou pourrait fermer en 2023 pour trois ans, afin de bénéficier d’une cure de jouvence chiffrée à 200 millions. Versailles doit trouver 10 millions chaque année pour son entretien, et son corps central nord attend une rénovation estimée à 100 millions d’euros. Que vont devenir tous ces projets ?

    Personne n’imagine pourtant le modèle culturel français s’écrouler, à la différence des Etats-Unis, où 10 000 musées sont menacés de faillite et où la plupart des 50 000 employés des salles de cinéma sont au chômage sans indemnités. Certains disent même, à l’instar de l’économiste Jean-Michel Tobelem, que le virus est le signe que la chaîne culturelle doit aller vers plus de « sobriété » . Pourquoi pas une offre plus modeste, qui ne cherche plus les foules, et made in France ? Nos responsables y songent, mais ils pensent encore plus, au-delà de multiples aides sectorielles, au grand plan de relance annoncé par Emmanuel Macron. La culture en sera, mais à quel niveau ? « Elle n’est plus une priorité depuis longtemps, et elle doit le redevenir » , demandent Olivier Mantei et Stéphane Lissner. Ce n’est pas gagné.

    #crise_sanitaire #culture #économie #emploi #intermittence

  • Un intermittent du spectacle fait condamner Pôle emploi et obtient 47.000 euros - Capital.fr
    https://www.capital.fr/votre-carriere/un-intermittent-du-spectacle-fait-condamner-pole-emploi-et-obtient-47-000-eu

    Dans un jugement rendu courant avril, le tribunal de grande instance de Montpellier a condamné Pôle emploi à verser trois ans et demi d’indemnités que l’organisme devait à un intermittent du spectacle, révèle le site d’investigation Le D’Oc ce mardi.

    La somme peut paraître spectaculaire. Dans un jugement rendu courant avril par le tribunal de grande instance de Montpellier, Pôle emploi a été condamné à verser une importante somme à un intermittent du spectacle : 47.000 euros révèle le site d’investigation locale Le D’Oc ce mardi 20 août. Cet intermittent avait été privé de ses allocations-chômage pendant trois ans et demi. Les 47.000 euros - qu’il a finalement touchés en juillet - représentent donc l’intégralité des indemnités chômage que Pôle emploi lui devait. Ce à quoi s’ajoutent 5.000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral, ainsi que 3.600 euros de frais d’avocat.

    Pour bien comprendre, un retour sur les faits s’impose Eric, intermittent du spectacle, est réalisateur de films. Dans le courant de l’année 2015, il intervient auprès de détenus de la prison de Béziers pour leur apprendre à réaliser des documentaires et des courts-métrages. Du fait de son statut d’intermittent, il a normalement la possibilité de toucher des indemnités en complément des cachets versés par la prison. Mais Pôle emploi s’y oppose. Raison invoquée ? Le métier exercé au sein de la prison - “animateur de formation” selon l’organisme et non pas réalisateur - n’entre pas dans les conditions requises pour bénéficier des allocations lorsque l’on est intermittent.

    “J’ai fourni toutes les preuves (...). Le centre pénitentiaire a également transmis tous les documents nécessaires. Mais l’agent [de Pôle emploi] n’a rien voulu savoir. Pire, il a inventé une série de prétextes pour me refuser des droits aux chômage”, témoigne Éric au site d’investigation. Et ce n’est pas tout : Pôle emploi se serait ensuite mis à douter de la véracité du lien de subordination entre Éric et l’association qui l’emploie. L’intermittent étant gérant d’une Société anonyme à responsabilité limité (SARL), Pôle l’emploi doutait du statut sous lequel il était rémunéré. Être payé en tant que patron l’aurait privé d’indemnisation.

    Pôle emploi condamné par un intermittent, pas une première cette année

    C’est grâce au tribunal de grande instance de Montpellier que le réalisateur va enfin trouver une issue à son affaire qui traîne en longueur. Dans son jugement de mi-juillet, le tribunal estime que son travail exercé au sein de la prison de Béziers “relevait essentiellement de son activité de réalisateur et non d’une activité d’animateur ou de formateur”, lui permettant ainsi de toucher les indemnités. Et s’agissant du lien de subordination avec l’association pour laquelle il a travaillé, il est indiqué que “Pôle emploi échoue à renverser la présomption légale de l’existence d’un contrat de travail”. Et qu’il devait donc être indemnisé au titre d’intermittent.

    À l’avenir, cette affaire pourrait certainement inspirer les avocats qui défendent les chômeurs face à Pôle emploi dans des cas similaires. Ce n’est en tout cas pas la première fois, cette année, qu’un intermittent du spectacle réussit à faire condamner l’établissement public. En avril dernier, toujours, la cour d’appel de Nîmes a fait annuler une dette de près de 15.000 euros que réclamait l’organisme à un intermittent, au motif qu’il n’avait pas fait du spectacle mais de la formation, ce qui n’entrait pas dans les critères d’indemnisation. La juridiction nîmoise a démenti, donnant raison au chômeur.

    #droits_sociaux #spectacle #intermittence #jurisprudence

  • Faux chômeurs, faux problème, Jean-Francis Pécresse
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301128970262-faux-chomeurs-faux-probleme-2143840.php

    La pratique de l’intermittence permanente se fait sur le dos de l’assurance chômage.

    Il ne faudrait pas que la négociation qui s’ouvre sur l’assurance chômage se fourvoie sur la question d’un meilleur contrôle des demandeurs d’emploi. Ce serait un piège. Les profiteurs du « système » ne sont pas ces chômeurs de longue durée que l’on présume confortablement installés dans le filet de sécurité de Pôle emploi. Bien sûr, ce n’est pas trop exiger de ceux qui perçoivent une indemnité pour avoir perdu leur emploi qu’ils en cherchent activement un autre. C’est même une double exigence. A l’égard de ceux qui cotisent, employeurs et salariés, en droit d’attendre que cette fraction du salaire ne soit pas gaspillée sous forme de rente. A l’égard, aussi, des demandeurs d’emploi eux-mêmes car notre longue expérience de champions du chômage nous a au moins appris que plus tard un nouvel inscrit se met à chercher du travail, plus il s’éloigne durablement du marché de l’emploi. L’efficacité comme la justice commandent donc de s’assurer que les chômeurs cherchent vite et bien un emploi. Nul besoin, au demeurant, pour y parvenir, de faire de nouveaux moulinets politiques : il suffit d’appliquer une loi de 2008, laquelle permet de sanctionner le refus de deux offres raisonnables d’emploi. L’Etat n’a qu’à donner à Pôle emploi ce pouvoir qu’il a retiré, en pratique, aux préfets et qui n’est donc plus exercé par personne... Mais c’est se bercer d’illusions que de penser réaliser, grâce à cela, des économies dans les dépenses sociales. Menée entre 2015 et 2017, la seule grande étude de Pôle emploi sur ce sujet sensible confirme ce que les connaisseurs de l’assurance chômage pressentaient : il y aurait moins de 15 % de demandeurs d’emploi vraiment peu empressés de retravailler... C’est trop, bien sûr, mais la moitié d’entre eux ne touchent déjà plus - ou pas encore - d’allocation. Le chômeur en charentaises existe, mais il demeure un épiphénomène. Il peut affecter le consentement des actifs à la solidarité, pas les finances de l’assurance chômage. Bien plus dangereux, en revanche, est le phénomène de la « permittence », cette alternance de contrats courts et de courtes périodes de chômage. Encouragée par un avantageux système qui accorde quatre mois d’indemnités à tout salarié ayant travaillé quatre mois, cette pratique de l’intermittence permanente arrange souvent tout le monde, sur le dos de l’assurance chômage : les employeurs qui y trouvent de la souplesse, de trop nombreux employés qui peuvent y trouver de meilleurs salaires, des primes et... des vacances. Boulet financier, le régime d’indemnisation des intermittents du spectacle n’en est qu’une version extrême de ce travers français. Si gouvernement et partenaires sociaux veulent vraiment lutter contre ceux qui abusent du chômage, ce n’est pas tellement les chômeurs qu’il faut mieux contrôler. C’est le refus répété de passer de CDD en CDI qu’il faut sanctionner en cessant de l’indemniser.

    #intermittence_permanente #chômage #chômeurs

  • La #CIP-IdF n’a jamais donné de consigne, de conseil, de recommandation, d’avertissement, d’encouragement à quiconque ni pour personne concernant des #élections. Pour autant, nous avons une pensée politique, ancrée dans notre pratique et notre observation de l’#intermittence et de la #précarité. Il nous paraît donc utile de relayer deux points de vue concernant le scrutin de dimanche. L’un prône le vote contre le #Front_National, l’autre le #non-vote. Le point commun entre ces deux textes est qu’ils sont écrits par des auteurs ne vivant pas en France - ou pas en permanence - bref un point de vue du dehors. Les deux partent aussi du constat de la radicalisation du capitalisme dans son mode de gouvernement des plus précaires.
    Nous invitons à les lire pour nourrir la réflexion de chacun concernant la situation politique en France.

    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=8595

    #précariat #précariat_politique #néolibéralisme #fascisme #néofascisme #extrême_droite #Belgique #Grèce #France #CIP #chômeurs #abstention

  • Les intermittents remportent une manche, le Medef surenchérit
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/280416/les-intermittents-remportent-une-manche-le-medef-surencherit

    Les syndicats d’intermittents et les employeurs sont tombés d’accord jeudi matin sur de nouvelles règles d’indemnisation #chômage. Mais la négociation va continuer à l’Unedic, alors même que le Medef durcit le ton.

    #Economie #allocation_chômage #intermittence #occupation_théâtre

  • Les intermittents remportent une manche, le Medef surenchérit
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280416/les-intermittents-remportent-une-manche-le-medef-surencherit

    Les syndicats d’intermittents et les employeurs sont tombés d’accord jeudi matin sur de nouvelles règles d’indemnisation #chômage. Mais la négociation va continuer à l’Unedic, alors même que le Medef durcit le ton.

    #France #allocation_chômage #intermittence #occupation_théâtre

  • Les intermittents remportent une manche, le Medef surenchérit sur l’Unedic
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280416/les-intermittents-remportent-une-manche-le-medef-surencherit-sur-lunedic

    Les syndicats d’intermittents et les employeurs sont tombés d’accord jeudi matin sur de nouvelles règles d’indemnisation #chômage. Mais la négociation va continuer à l’Unedic, alors même que le Medef durcit le ton sur le régime général.

    #France #allocation_chômage #intermittence #occupation_théâtre

  • Appel aux étudiant.e.s en art et aux futurs et jeunes intermittent.e.s
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=8109

    Inquiet.e.s face à l’actuelle remise en question de l’assurance chômage, révolté.e.s par l’injustice de ces négociations, impliqué.e.s dans la mobilisation contre la Loi Travail, nous avons décidé de nous rencontrer et d’agir, étudiant.e.s concerné.e.s par l’intermittence.
    Nous nous sommes réuni.e.s à Paris le 11 et le 12 avril au Cnsad, puis le 13 à la Fémis, pour nous informer.

    Nous lançons aujourd’hui un appel à toutes les universités et écoles où étudient les intermittent.e.s de demain, afin de répondre aux attaques contre nos futurs métiers. 800 millions d’euros d’économies vont être imposés par le Medef aux chômeur.se.s, dont la moitié aux seul.e.s intermittent.e.s qui ne représentent que 4% des indemnisé.e.s.

    Au moment où le gouvernement facilite les licenciements et rend possible le travail gratuit, se négocie en coulisses le torpillage des annexes 8 et 10 de l’assurance chômage, pour les techniciens et artistes.Ces annexes ne sont pourtant pas des privilèges. Elles sont la réponse logique et historique à une discontinuité de nos emplois, basée sur un principe de solidarité interprofessionnelle à défendre pour tous.

    Nous vous invitons partout en France à lancer des initiatives (AG, manifestations, actions...) et à rejoindre le combat des intermittent.e.s et des précaires.Nos établissements doivent devenir le lieu d’une convergence entre ce combat et les actuelles mobilisations étudiantes.

    #éudiants #précarité #luttes_sociales #intermittence

  • Casting de voix de la RATP : bénévole, mais pour « rajouter de l’humanité »

    http://www.lepoint.fr/insolite/attention-a-la-marche-le-casting-des-voix-de-la-ratp-18-11-2014-1882347_48.p

    « Direction Gallieni, prochain train dans trois minutes ». Déclamer les horaires et instructions dans le métro et les bus parisiens n’est pas donné à tout le monde : seuls des employés de la RATP - bénévoles - peuvent participer au casting organisé cette semaine pour devenir les « voix de la RATP ».

    « avant, on faisait appel à des comédiens professsionnels, ou à de la synthèse vocale, on a voulu faire participer les talents internes, rendre hommage à ceux qui travaillent au quotidien sur les réseaux et rajouter de l’humanité là-dedans »

    Rien à voir avec le bénévolat, hein. C’est juste pour rendre hommage.

    #réduction_de_budget #intermittence #comédien #casting_gratuit #ratp #voix #vous_faites_un_travail_formidable

  • CIP-IDF > Il fait moche, y’a plus de saison - CIP Avignon et Vaucluse
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7342

    Voici le texte que nous avions prévu de lire vendredi 5 septembre à la présentation de saison de la Scène Nationale de Cavaillon. Jugé « trop politique et radical », il a été censuré au dernier moment par le directeur, Didier Le Corre.

    #précarisation #intermittence #chômage #neutralisation

  • CIP-IDF > #Intermittent, #précaire à temps plein ? #DATAGUEULE 8 - Décryptage, 3 minutes pour tout comprendre
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7235

    Histoire de l’intermittence, précarité, assurance-chômage, réforme de 2003, accord du 22 mars 2014, retrouvez #DATAGUEULE 8, le programme qui vous explique tout en moins de 3 minutes !

    Pour mettre un terme aux idées reçues, diffusez, diffusez, diffusez !!!

  • CIP-IDF > Inventons un contre-modèle, Antonella Corsani
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7216

    En 2004, à l’initiative de la Coordination des intermittents et précaires et grâce aux financements accordés par quelques conseils régionaux de « gauche », une équipe de chercheurs a conduit une enquête quantitative mesurant l’impact économique et social de la réforme de 2003 des annexes 8 et 10 du régime général d’assurance-chômage. Les résultats de cette enquête ont révélé les profonds paradoxes de cette réforme [1].

    Alors qu’elle avait reçu l’agrément du gouvernement de droite de l’époque, elle ne permettait aucunement la réduction espérée du déficit de l’Unedic qui la justifiait pourtant publiquement [2]. Elle allait même au contraire engendrer un surcoût financier pour l’Unedic de l’ordre de 30 % car, en même temps qu’elle précarisait et appauvrissait bon nombre d’intermittents du spectacle, les mieux rémunérés d’entre eux bénéficiaient désormais d’allocations chômage bien plus généreuses. Un tel effet pervers révélait-il l’ignorance des signataires des accords ou bien une erreur de simulation de la part des réformateurs ?

    Une autre hypothèse est apparue bien vite plus pertinente : l’intermittence dans le secteur du spectacle constitue, pour les idéologues du Medef, l’un des laboratoires d’expérimentation grandeur nature des politiques néolibérales qui visent à ordonner la société selon l’ethos managérial, à conformer les relations interpersonnelles au modèle de la concurrence entre entreprises. Dans ce cadre, il s’agit de faire de tout un chacun un « entrepreneur de soi-même » assumant seul tous les risques économiques et sociaux de son activité, un individu en lutte contre tous les autres pour obtenir un emploi, investissant à des rythmes frénétiques l’intégralité du temps de sa vie quotidienne, le jour et la nuit, dans la « production de soi » afin de gagner la guerre pour un revenu (direct et indirect) « mérité » [3].

    #intermittence #chômage #travail #unedic #précarité #enquête #Antonella_Corsani #contre

  • CIP-IDF > Toulouse : occupation du conseil régional et annulation du lancement du guide de Midi-Pyrénées #festivals, musées et #tourisme
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7211

    Nous avons occupé ce lundi 23 juin le conseil régional et la présentation du guide des festivals de l’été qui devait s’y déroulée s’est transformée en forum. Nous avons tenté de faire sortir Malvy (président de conseil régional) de sa réserve. Sa langue de bois étant en chêne massif nous avons échoué pas plus que nous n’avons réussi a avoir une prise de parole claire des directeurs de lieux, festivals etc… recroquevillés autour des petits fours. Mais présentation annulée quand même. Non mais !

    #occupation #blocage #intermittence

  • Politique culturelle:Rencontre avec Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, auteurs de La violence des riches

    http://www.journalzibeline.fr/loligarchie-des-riches-des-medias-et-des-politiques

    Parce que j’aime bien les Pinçon-Charlot en général

    Le conflit des intermittents est révélateur de la soumission de l’État à la violence des riches : un rapport de la Cour des comptes a construit un déficit exorbitant, monté de toutes pièces afin d’attaquer la protection sociale de la précarité. Le commissaire à la Cour des comptes en charge de ce rapport sur les intermittents est Michel de Virville, dirigeant du Medef, mis en examen dans une escroquerie de plusieurs dizaines de millions d’euros…

    Dans La violence des riches Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon identifient cette violence et les conflits d’intérêt entre Hollande et les milieux d’affaire. Rencontre.

    #riches #super_riches

  • Pourquoi les intermittents nous excluent de leur combat
    http://blog.tcrouzet.com/2014/06/14/pourquoi-les-intermittents-nous-excluent-de-leur-combat
    Thierry Crouzet milite pour le #revenu_de_base et critique le combat « égoïste » des intermittents.

    Je donne toujours l’exemple de la femme de ménage. Quand on lui demandera de nettoyer les toilettes, elle exigera d’être mieux payée, parce qu’elle ne craindra plus d’être renvoyée. Tous les payeurs devront suivre ou nettoyer eux-mêmes leurs toilettes. Le revenu de base devrait logiquement valoriser les travaux que personne ne veut faire, et de fait mieux répartir la masse monétaire, donc peut-être réduire les inégalités. Et rien n’empêchera la femme de ménage de reprendre des études.

    • Ces supporteurs du revenu de base veulent notre bien, mais ils ne combattent pas, ils ne luttent pas, ils font comme si il suffisait d’être raisonnable (dire qu’on ne va pas dépenser plus) pour convaincre. C’est un baratin de gens qui se mettent en proposition de défendre un "intérêt général" qui est juste la fiction bourgeoise par excellence.

      Il faut vraiment ne lire que la presse de l’oligarchie pour faire comme si la ’femme de ménage’ démagoqiment citée par nos philanthropes était pas concernée (elle est aussi souvent une "chômeuse en activité à temps réduit"…). Ces gens là se foutent du concret, des rapports sociaux réels, des luttes existantes.
      De ce qui suit, ils ne tiennent aucun compte, ce sont des idéologues d’une impossible "harmonie sociale"...
      Pour les intérimaires et « intermittents hors spectacle » de l’annexe 4, la convention Unedic serait un désastre - Decryptage in situ
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7158

    • oui, la démocratie sociale au XXe siècle a avancé grâce aux mineurs et aux cheminots, et à leur capacité de blocage du système qui ont obligé à des concessions.
      Les intermittents usent de leur pouvoir de nuisance.
      Un certain nombre d’utopie sociale et politiques, notamment à la fin de la Première guerre, ont été torpillées par des rapports de force défavorables.
      Je souscris donc à cette critique sur le non-réalisme politique de la proposition du revenu pour tous. Comment construire des rapports de force pour imposer de telles idées ?
      N’empêche que construire, grâce à des mécanismes comme le revenu de base, des sphères soustraites à la domination du marché, constitue pour moi des voies à explorer et non pas à rejeter directement.