• Ascètes et truands
    http://www.laviedesidees.fr/Dhirendra-K-JHA-Ascetic-Games.html

    À propos de : Dhirendra K. JHA, Ascetic Games. Sadhus, Akharas and the Making of Hindu Vote, Chennai, Westland Publications. L’univers des ascètes hindous est structuré par la #violence, la vénalité et les jeux de pouvoir. Si ces pratiques ne sont pas nouvelles, elles se sont intensifiées depuis que les organisations politiques défendant l’idéologie du suprématisme hindou ont infiltré le monde des renonçants.

    #International #religion #Inde #superstition
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200219_ascetes.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200219_ascetes.pdf

  • #Affiches qui circulent en #Allemagne sur le monde académique...

    Intéressant : Certaines affiches ont été traduites et adaptées d’affiches qui circulent en France en ce moment...

    Notamment celles en lien avec la #novlangue de #Vidal, qui a inventé le mot #coopétition :
    https://seenthis.net/messages/820393#message825279

    Et celles qui ont plus de lien avec la #précarité :
    https://seenthis.net/messages/820393#message824187

    #internationalisation_de_la_lutte

    #résistance #université #universités #précarisation

    –—

    Ajouté à la métaliste sur les résistances dans le monde universitaire en Europe :
    https://seenthis.net/messages/824281

    ping @_kg_ @aslitelli

  • Les privatisations de l’éducation

    Les processus de privatisation « en » éducation et « de » l’éducation concernent désormais la plupart des pays du monde.
    Dans un contexte de #mondialisation et d’#internationalisation accrues des systèmes éducatifs, la mise en œuvre, ces dernières décennies, de mesures spécifiques de privatisation, le développement d’un #secteur_marchand de l’éducation, mais aussi des évolutions sociétales de fond concernant les notions d’#individualisme et d’individu interrogent d’une nouvelle manière les enjeux liés aux privatisations.
    La promotion des #intérêts_privés est-elle compatible avec un processus d’éducation ? Induit-elle irrémédiablement, par exemple, une conception utilitariste de l’éducation ? Quel est son impact sur les nouvelles générations et leur capacité à faire société ? Finalement, les privatisations en cours de l’éducation en changent-elles la nature ou ne s’agit-il que d’une différence de modalité d’organisation ou de gouvernance ?
    Pour répondre à ces questions, ce dossier rassemble les contributions de treize chercheurs en éducation, spécialistes mondiaux réputés ou auteurs d’enquêtes pionnières dans leur domaine, dont les travaux permettent d’envisager une grande diversité de cas (#Angleterre, #Chili, #Côte_d’Ivoire, #États-Unis, #France, #Inde, #Suède). Il met également en évidence des problématiques transversales à de nombreux pays, comme le développement du #soutien_scolaire_privé en Asie ou les stratégies mises en œuvre par des entreprises privées pour influencer les #politiques_éducatives.
    Quelle que soit la définition retenue, tous les auteurs soulignent la croissance sans précédent de la privatisation ces dernières années. Illustrer cette diversité est l’un des objectifs majeurs de ce dossier qui donne à voir trois principales formes de privatisation, non exclusives et clairement liées les unes aux autres : une privatisation par le biais de politiques publiques spécifiques, une privatisation par le marché et une privatisation par une prise en compte croissante d’aspirations et d’intérêts individuels privés.

    https://journals.openedition.org/ries/8837
    #privatisation #revue #éducation #utilitarisme #USA #Etats-Unis

    • L’Ecole peut-elle échapper à sa privatisation ?

      « C’est une lame de fond qui est à l’oeuvre ». La formule de Xavier Pons (UPEC), dans le nouveau numéro (82) de la Revue internationale d’éducation, montre la puissance d’un phénomène mondial. La privatisation de l’enseignement peut prendre des formes variées, endogène ou exogène, avouée ou masquée, systématique ou très localisée, elle est à l’oeuvre partout. Elle pose plusieurs défis. Celui de la qualité de l’enseignement, car dans de nombreux pays elle entraine son déclin. Et un fort enjeu politique et social : comment des systèmes éducatifs privés peuvent ils transmettre des valeurs communes et encourager le commun ? Ce numéro, dirigé par Xavier Pons et Thierry Chevaillier, particulièrement réussi, visite 8 pays : le Chili, les Etats-Unis, la Suède, la Côte d’ivoire, l’Inde, la Chine, l’Angleterre, sans oublier la France. Tous sont touchés. La privatisation c’est l’avenir de l’Ecole ?

      Une privatisation exogène

      Si la privatisation est à l’oeuvre dans les systèmes scolaires du monde entier, force est de constater qu’elle prend des formes bien différentes. Peut-être est en Suède ou en Angleterre qu’elle s’affiche de la façon la plus visible. En Suède le système éducatif a été totalement dérégulé dans les années 1990. L’Etat a autorisé les écoles privées, y compris lucratives, et les a financées grâce à un système de chèque éducation, les familles ayant la possibilité de choisir leur école. Aujourd’hui un jeune sur quatre est dans une école privée. Le fort développement de ce secteur a attiré des grands groupes privés et du capital risque. 68% des établissements privés sont des sociétés par action. Tous ces changements se sont faits petit pas après petit pas, au nom de la liberté des familles, par choix politique.

      En Angleterre, selon Anne West, l’Etat a autorisé des « academies », c’est à dire des écoles publiques gérées par des organismes privés, d’abord pour relever le niveau d’établissements publics populaires. Aujourd’hui une école primaire sur trois et 3 établissements secondaires sur 4 sont des academies ou des free schools, un autre type d’école privée. Dans des comtés entiers l’éducation a pu être confiée à des sociétés privées comme Atkins Education dans le comté de Southwark. On a là des privatisations exogènes, le secteur privé entrant dans le secteur public et y réalisant des profits.

      Quand les idées du privé pénètrent l’Ecole

      Il y a aussi des formes endogènes où ce sont les idées , les pratiques du privé qui s’imposent dans le public. C’ets ce qu’on voit avec le New Public Management. Il a déjà pénétré la plupart des pays développés. Nous vivons en ce moment en France une ultime tentative pour le faire accepter à travers le « nouveau métier enseignant » et les nouvelles formes de gestion passées dans la loi de transformation de la fonction publique. Le nouveau plan pour l’éducation adopté en Wallonie (Belgique) préfigure ce qui attend la France : il rend les écoles responsables des résultats des élèves et prévoit des sanctions si les objectifs évalués ne sont pas atteints.

      La privatisation des esprits

      Il y a aussi des formes plus masquées de la privatisation. C’est le cas du développement du soutien scolaire privé ou encore du développement d’une offre parallèle à l’école d’Etat justifiée par des raisons idéologiques ou la recherche d’une autre pédagogie. C’est aussi le développement de l’école à la maison. Là aussi ce développement s’appuie sur une tendance de fond de la société : l’individualisation.

      La privatisation peut aussi progresser en passant par l’expérimentation ou le soutien social, rappelle X Pons. Il donne en exemple Teach for France, devenu Le choix de l’école. Ce programme américain, soutenu en France par l’Institut Montaigne et l’Education nationale, utilise des élèves des grandes écoles pour les envoyer dans les classes de quartiers populaires comme contractuels. « Au nom de cela on promeut une autre vision de la carrière des enseignants et de leur gestion. C’est une stratégie des acteurs privés de passer par là pour avoir un effet d’entrainement sur le système éducatif ».

      Quelles conséquences ?

      Quelles conséquences peut avoir cette privatisation ? La Revue de Sèvres cite la baisse des résultats scolaires en Suède. Mais une récente livraison de l’OCDE montre que c’est aussi le cas au Chili, autre pays phare, ou encore en Finlande, en Australie, aux Pays Bas et Belgique, tous pays marqués par le New Public Management. La recherche du profit amène les entreprises scolaires a faire travailler des proportions croissantes de maitres peu formés et moins onéreux. Là où le privé est très installé les effets peuvent être plus graves sur les élèves pauvres. Par exemple en Angleterre des écoles non rentables sont fermées par leurs exploitants privés les laissant sans solution de scolarisation.

      Les enseignants sont aussi dans les premières victimes. Pour assurer la rentabilité de la privatisation, on va exiger davantage d’eux pour des rémunérations plus faibles. Les plus expérimentés sont remplacés par des contractuels.

      Mais la privatisation menace aussi les communs. Elle encourage la fragmentation de la société. Les groupes privés, associatifs ou marchands, colportent des valeurs qui peuvent s’opposer aux valeurs collectives. La Revue en donne des exemples saisissants en Inde, par exemple. La privatisation devient ainsi un enjeu politique majeur.

      Mais comment la controler ou l’éradiquer ? La Revue montre que la privatisation s’accompagne du passage dans l’ombre de la gestion de l’école ce qui rend les politiques de controle plus difficiles. « Je crois à la vertu de l’exemple », estime cependant Xavier Pons. « Dans les études d’opinion les Français sont pour le libre choix de l’Ecole à 72% et même 85% dans les quartiers défavorisés. Mais une fois mis devant le choix ils se posent des questions ». Le meilleur barrage à la privatisation serait -il éthique ?

      http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/02/06022020Article637165711505818185.aspx?actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkN

  • Tout commence ici et maintenant

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Tout-commence-ici-et-maintenant

    À celles et ceux de Commercy,

    Jusqu’à présent le capitalisme n’a vacillé qu’en raison de ses crises de développement interne, de ses flux de croissance et de décroissance. Il a progressé de faillite en faillite. Jamais nous n’avons réussi à le faire tomber, si ce n’est en de très brèves occasions où le peuple a pris en main sa propre destinée.

    Ce n’est pas jouer les prophètes que de l’affirmer : nous sommes entrés dans une ère où la conjoncture historique est favorable à l’essor du devenir humain, à la renaissance d’une vie ivre de liberté.

    C’en est assez des murs de lamentations ! Trop d’hymnes funèbres minent en sourdine le discours anticapitaliste et lui donnent un arrière-fond de défaite.

    Je ne nie pas l’intérêt d’observatoires du désastre. Le répertoire des luttes s’inscrit dans la volonté de briser la mondialisation financière et d’instaurer une internationale du genre humain. Je souhaite seulement que viennent s’y ajouter les avancées expérimentales, les projets de vie, les apports scientifiques dont la poésie individuelle et collective jalonne trop discrètement ses territoires. (...)

    #Vaneigem #Commercy #Commune #capitalisme #devenir_humain #internationale #poésie #subjectivité #insurrection #terre #finance #État #autodéfense #auto-organisation #zapatistes #EZLN #Rojava #autoconstruction #permaculture #école #Gilets_jaunes

  • Migrants en Libye, les oubliés de l’exil

    Venus le plus souvent d’Érythrée, les migrants sont détenus dans des conditions lamentables, et souvent les victimes de milices qui les torturent et les rançonnent. Les Nations unies et l’Union européenne préfèrent détourner le regard. Témoignages.

    L’odeur d’excréments s’accentue à mesure que nous approchons de l’entrepôt qui constitue le bâtiment principal du centre de détention de #Dhar-El-Djebel, dans les montagnes du #djebel_Nefoussa. Un problème de plomberie, précise le directeur, confus.

    Il ouvre le portail métallique du hangar en béton, qui abrite environ 500 détenus, presque tous érythréens. Les demandeurs d’asile reposent sur des matelas gris à même le sol. Au bout d’une allée ouverte entre les matelas, des hommes font la queue pour uriner dans l’un des onze seaux prévus à cet effet.

    Personne dans cette pièce, m’avait expliqué un détenu lors de ma première visite en mai 2019, n’a vu la lumière du jour depuis septembre 2018, quand un millier de migrants détenus à Tripoli ont été évacués ici. #Zintan, la ville la plus proche, est éloignée des combats de la capitale libyenne, mais aussi des yeux des agences internationales. Les migrants disent avoir été oubliés.

    En Libye, quelque 5 000 migrants sont toujours détenus pour une durée indéterminée dans une dizaine de #centres_de_détention principaux, officiellement gérés par la #Direction_pour_combattre_la_migration_illégale (#Directorate_for_Combatting_Illegal_Migration, #DCIM) du gouvernement d’entente nationale (#GEN) reconnu internationalement. En réalité, depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye ne dispose pas d’un gouvernement stable, et ces centres sont souvent contrôlés par des #milices. En l’absence d’un gouvernement fonctionnel, les migrants en Libye sont régulièrement kidnappés, réduits en esclavage et torturés contre rançon.

    L’Europe finance les garde-côtes

    Depuis 2017, l’Union européenne (UE) finance les #garde-côtes_libyens pour empêcher les migrants d’atteindre les côtes européennes. Des forces libyennes, certaines équipées et entraînées par l’UE, capturent et enferment ainsi des migrants dans des centres de détention, dont certains se trouvent dans des zones de guerre, ou sont gardés par des milices connues pour vendre les migrants à des trafiquants.

    Contrairement à d’autres centres de détention que j’ai visités en Libye, celui de Dhar-El-Djebel ne ressemble pas à une prison. Avant 2011, cet ensemble de bâtiments en pleine campagne était, selon les termes officiels, un centre d’entraînement pour « les bourgeons, les lionceaux et les avant-bras du Grand Libérateur » — les enfants à qui l’on enseignait le Livre vert de Kadhafi. Quand le GEN, basé à Tripoli, a été formé en 2016, le centre a été placé sous l’autorité du DCIM.

    En avril, Médecins sans frontières (MSF) pour lequel je travaillais a commencé à faire des consultations à Dhar-El-Djebel. Le centre retenait alors 700 migrants. La plupart étaient enregistrés comme demandeurs d’asile par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), mais selon la loi libyenne, ce sont des migrants « illégaux » et ils peuvent être détenus pour une durée indéterminée.

    N’ayant que peu d’espoir de sortir, plusieurs ont tenté de se suicider au contact de fils électriques. D’autres avaient placé leur foi en Dieu, mais aussi dans les réseaux sociaux et leurs talents de bricoleurs. La plupart des détenus érythréens sont chrétiens : sur le mur face à la porte, ils ont construit une église orthodoxe abyssine au moyen de cartons colorés de nourriture et de matelas verts du HCR, avec des croix en cire de bougie. Sur d’autres matelas, ils ont écrit, avec du concentré de tomates et du piment rouge, des slogans tels que « Nous sommes victimes du HCR en Libye ». Avec leurs smartphones, ils ont posté des photos sur les réseaux sociaux, posant avec les bras croisés pour montrer qu’ils étaient prisonniers.

    Leurs efforts avaient attiré l’attention. Le 3 juin, le HCR évacuait 96 demandeurs d’asile à Tripoli. Une semaine plus tard, l’entrepôt bondé dans lequel j’avais d’abord rencontré les migrants était enfin vidé. Mais 450 Érythréens restaient enfermés dans le centre, entassés dans d’autres bâtiments, à plus de vingt dans une vingtaine de cellules, bien que de nombreux détenus préfèrent dormir dans les cours, sous des tentes de fortune faites de couvertures.

    « Ils nous appellent Dollars et Euros »

    La plupart des Érythréens de Dhar-El-Djebel racontent une histoire proche : avant d’être piégés dans le système de détention libyen, ils ont fui la dictature érythréenne, où le service militaire est obligatoire et tout aussi arbitraire. En 2017, Gebray, âgé d’un peu plus de 30 ans, a laissé sa femme et son fils dans un camp de réfugiés en Éthiopie et payé des passeurs 1 600 dollars (1 443 euros) pour traverser le désert soudanais vers la Libye avec des dizaines d’autres migrants. Mais les passeurs les ont vendus à des trafiquants libyens qui les ont détenus et torturés à l’électricité jusqu’à ce qu’ils téléphonent à leurs proches pour leur demander une #rançon. Après 10 mois en prison, la famille de Gebray avait envoyé près de 10 000 dollars (9 000 euros) pour sa libération : « Ma mère et mes sœurs ont dû vendre leurs bijoux. Je dois maintenant les rembourser. C’est très dur de parler de ça ».

    Les migrants érythréens sont particulièrement ciblés, car beaucoup de trafiquants libyens croient qu’ils peuvent compter sur l’aide d’une riche diaspora en Europe et en Amérique du Nord. « Nous sommes les plus pauvres, mais les Libyens pensent que nous sommes riches. Ils nous appellent Dollars et Euros », me raconte un autre migrant.

    Après avoir survécu à la #torture, beaucoup comme Gebray ont de nouveau payé pour traverser la mer, mais ont été interceptés par les garde-côtes libyens et enfermés en centre de détention. Certains compagnons de cellule de Gebray ont été détenus depuis plus de deux ans dans cinq centres successifs. Alors que la traversée de la Méditerranée devenait plus risquée, certains se sont rendus d’eux-mêmes dans des centres de détention dans l’espoir d’y être enregistrés par le HCR.

    Les ravages de la tuberculose

    Dans l’entrepôt de Dhar-El-Djebel, Gebray a retrouvé un ancien camarade d’école, Habtom, qui est devenu dentiste. Grâce à ses connaissances médicales, Habtom s’est rendu compte qu’il avait la tuberculose. Après quatre mois à tousser, il a été transféré de l’entrepôt dans un plus petit bâtiment pour les Érythréens les plus malades. Gebray, qui explique qu’à ce moment-là, il ne pouvait « plus marcher, même pour aller aux toilettes », l’y a rapidement suivi. Quand j’ai visité la « maison des malades », quelque 90 Érythréens, la plupart suspectés d’avoir la tuberculose, y étaient confinés et ne recevaient aucun traitement adapté.

    Autrefois peu répandue en Libye, la tuberculose s’est rapidement propagée parmi les migrants dans les prisons bondées. Tandis que je parlais à Gebray, il m’a conseillé de mettre un masque : « J’ai dormi et mangé avec des tuberculeux, y compris Habtom ».

    Habtom est mort en décembre 2018. « Si j’ai la chance d’arriver en Europe, j’aiderai sa famille, c’est mon devoir », promet Gebray. De septembre 2018 à mai 2019, au moins 22 détenus de Dhar-El-Djebel sont morts, principalement de la tuberculose. Des médecins étaient pourtant présents dans le centre de détention, certains de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et d’autres d’#International_Medical_Corps (#IMC), une ONG américaine financée par le HCR et l’UE. Selon un responsable libyen, « nous les avons suppliés d’envoyer des détenus à l’hôpital, mais ils ont dit qu’ils n’avaient pas de budget pour ça ». Les transferts à l’hôpital ont été rares. En revanche, une quarantaine des détenus les plus malades, la plupart chrétiens, ont été transférés dans un autre centre de détention à Gharyan, plus proche d’un cimetière chrétien. « Ils ont été envoyés à Gharyan pour mourir », explique Gebray. Huit d’entre eux sont morts entre janvier et mai.

    Contrairement à Dhar-El-Djebel, #Gharyan ressemble à un centre de détention : une série de containers entourés de hauts grillages métalliques. Yemane a été transféré ici en janvier : « Le directeur de Dhar-El-Djebel et le personnel d’IMC nous ont dit qu’ils allaient nous conduire à l’hôpital à Tripoli. Ils n’ont pas parlé de Gharyan... Quand on est arrivés, on a été immédiatement enfermés dans un container ».
    Des migrants vendus et torturés

    Selon Yemane, une femme a tenté de se pendre quand elle a compris qu’elle était à Gharyan, et non dans un hôpital, comme le leur avaient promis les médecins d’IMC. Beaucoup gardaient de mauvais souvenirs de Gharyan : en 2018, des hommes armés masqués y ont kidnappé quelque 150 migrants détenus dans le centre et les ont vendus à des centres de torture. Le centre a alors brièvement fermé, puis rouvert, avec à sa tête un nouveau directeur, qui m’a expliqué que des trafiquants l’appelaient régulièrement pour tenter de lui acheter des migrants détenus.

    En avril 2019, des forces de Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est de la Libye, ont lancé une offensive contre les forces pro-GEN à Tripoli et se sont emparées de Gharyan. Les troupes d’Haftar se sont installées à proximité du centre de détention et les avions du GEN ont régulièrement bombardé la zone. Effrayés par les frappes aériennes autant que par les migrants tuberculeux, les gardes ont déserté. Chaque fois que je me suis rendu sur place, nous sommes allés chercher le directeur dans sa maison en ville, puis l’avons conduit jusqu’au portail du centre, où il appelait un migrant pour qu’il lui ouvre. Les détenus lui avaient demandé un cadenas pour pouvoir s’enfermer et se protéger des incursions. De fait, des forces pro-Haftar venaient demander aux migrants de travailler pour eux. Yemane indique qu’un jour, ils ont enlevé quinze hommes, dont on est sans nouvelles.

    MSF a demandé au HCR d’évacuer les détenus de Gharyan. L’agence de l’ONU a d’abord nié que Gharyan était en zone de guerre, avant de l’admettre et de suggérer le transfert des détenus au centre de détention #Al-Nasr, à #Zawiya, à l’ouest de Tripoli. Pourtant, le Conseil de sécurité de l’ONU a accusé les forces qui contrôlent ce centre de trafic de migrants, et placé deux de leurs dirigeants sous sanctions.

    « Si vous êtes malades, vous devez mourir ! »

    Les détenus étaient toujours à Gharyan quand, le 26 juin, les forces du GEN ont repris la zone. Le jour suivant, ils ont forcé le portail du centre de détention avec une voiture et demandé aux migrants de se battre à leurs côtés. Les détenus effrayés ont montré leurs médicaments contre la tuberculose en répétant des mots d’arabe que des employés du HCR leur avaient appris − kaha (#toux) et darn (#tuberculose). Les miliciens sont repartis, l’un d’eux lançant aux migrants : « Si vous êtes malades, on reviendra vous tuer. Vous devez mourir ! ».

    Le 4 juillet, le HCR a enfin évacué les détenus restants vers Tripoli. L’agence a donné à chacun d’eux 450 dinars (100 euros) pour qu’ils subvenir à leurs besoins dans une ville qu’ils ne connaissaient pas. L’abri où ils étaient censés loger s’avérant trop coûteux, ils ont déménagé vers un endroit moins cher, jadis une bergerie. « Le HCR dit qu’on sera en sécurité dans cette ville, mais pour nous, la Libye n’offre ni liberté ni sécurité », explique Yemane.

    La plupart des 29 migrants évacués de Gharyan sont maintenant bloqués, et en danger, dans les rues de Tripoli, mais espèrent toujours obtenir l’asile en dehors de Libye. Les combats se poursuivant à Tripoli, des miliciens ont proposé à Yemane de s’enrôler pour 1 000 dollars (901 euros) par mois. « J’ai vu beaucoup de migrants qui ont été recrutés ainsi, puis blessés », m’a-t-il raconté récemment sur WhatsApp. Deux de ses colocataires ont été à nouveau emprisonnés par des milices, qui leur ont demandé 200 dollars (180 euros) chacun.

    Les migrants de Gharyan ont si peur dans les rues de Tripoli qu’ils ont demandé à retourner en détention ; l’un d’entre eux est même parvenu à entrer dans le centre de détention d’Abou Salim. Nombre d’entre eux ont la tuberculose. Fin octobre, Yemane lui-même a découvert qu’il en était porteur, mais n’a pas encore de traitement.
    « Ils nous ont donné de faux espoirs »

    Contrairement à Gharyan, Dhar-El-Djebel est loin des combats. Mais depuis avril, des migrants détenus à Tripoli refusent d’y être transférés car ils craignent d’être oubliés dans le djebel Nefoussa. Selon un responsable de la zone, « notre seul problème ici, c’est que le HCR ne fait pas son travail. Cela fait deux ans qu’ils font de fausses promesses à ces gens ». La plupart des détenus de Dhar-El-Djebel ont été enregistrés comme demandeurs d’asile par le HCR, et espèrent donc être relocalisés dans des pays d’accueil sûr. Gebray a été enregistré en octobre 2018 à Dhar-El-Djebel : « Depuis, je n’ai pas vu le HCR. Ils nous ont donné de faux espoirs en nous disant qu’ils allaient revenir bientôt pour nous interviewer et nous évacuer de Libye ».

    Les 96 Érythréens et Somaliens transférés en juin de Dhar-El-Djebel au « centre de rassemblement et de départ » du HCR à Tripoli étaient convaincus qu’ils feraient partie des chanceux prioritaires pour une évacuation vers l’Europe ou l’Amérique du Nord. Mais en octobre, le HCR aurait rejeté une soixantaine d’entre eux, dont 23 femmes et 6 enfants. Ils n’ont plus d’autre choix que de tenter de survivre dans les rues de Tripoli ou d’accepter un « retour volontaire » vers les pays dont ils ont fui la violence.

    Le rapport de la visite de l’ONU à Dhar-El-Djebel en juin, durant ce même transfert, avait prévenu que « le nombre de personnes que le HCR sera en mesure d’évacuer sera très faible par rapport à la population restante [à Dhar-El-Djebel] en raison du nombre de places limité offert la communauté internationale ».

    De fait, le HCR a enregistré près de 60 000 demandeurs d’asile en Libye, mais n’a pu en évacuer qu’environ 2 000 par an. La capacité de l’agence à évacuer des demandeurs d’asile de Libye dépend des offres des pays d’accueil, principalement européens. Les plus ouverts n’accueillent chaque année que quelques centaines des réfugiés bloqués en Libye. Les détenus de Dhar-El-Djebel le savent. Lors d’une de leurs manifestations, leurs slogans écrits à la sauce tomate visaient directement l’Europe : « Nous condamnons la politique de l’UE envers les réfugiés innocents détenus en Libye ».

    « L’Europe dit qu’elle nous renvoie en Libye pour notre propre sécurité, explique Gebray. Pourquoi ne nous laissent-ils pas mourir en mer, sans souffrance ? Cela vaut mieux que de nous laisser dépérir ici ».

    https://orientxxi.info/magazine/migrants-en-libye-les-oublies-de-l-exil,3460
    #Libye #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_érythréens #santé #maladie #externalisation

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    Et pour la liste de @sinehebdo, deux nouveaux #mots : #Dollars et #Euros

    Les migrants érythréens sont particulièrement ciblés, car beaucoup de trafiquants libyens croient qu’ils peuvent compter sur l’aide d’une riche diaspora en Europe et en Amérique du Nord. « Nous sommes les plus pauvres, mais les Libyens pensent que nous sommes riches. Ils nous appellent Dollars et Euros », me raconte un autre migrant.

    #terminologie #vocabulaire

  • #Colombie : l’automne social brûlant d’un pays « en plein réveil »
    https://lemediapresse.fr/international/colombie-lautomne-social-brulant-dun-pays-en-plein-reveil

    Sans organisation centralisée, armés de casseroles et de détermination, des milliers de manifestants ont écrit une nouvelle histoire des mobilisations populaires. Depuis plus d’un mois, des cortèges s’improvisent dans les principales villes du pays et fragilisent les fondations du gouvernement d’Iván Duque. À l’occasion du troisième appel national à mobilisation, Le Média a battu le […]

    #International #Amérique_Latine #En_lutte_ !

  • Sahel : partir, tant qu’il est encore temps
    https://lemediapresse.fr/international/sahel-partir-tant-quil-est-encore-temps

    « Ces 13 malheureux ont rejoint l’immense cortège des braves tombés dans des guerres inutiles ». L’écrivain Thomas Dietrich revient sur le drame de la mort des 13 soldats français au Mali et les errements de la présence française au Sahel.

    #International #Politique #Afrique #anticolonialisme #Françafrique

  • #Hong_Kong, cinq ans après : parapluies, indigènes et balles réelles
    https://lemediapresse.fr/international/hong-kong-cinq-ans-apres-parapluies-indigenes-et-balles-reelles

    Cinq ans après le mouvement des parapluies, notre journaliste Filippo Ortona retourne à Hong Kong. Le récit d’une lutte de rue, d’un mouvement sans tête et d’un bouleversement militant.

    #International #Chine #En_lutte_ ! #Violence_non-violence

  • Le coup d’État contre Evo Morales plonge la Bolivie dans le chaos
    https://lemediapresse.fr/international/le-coup-detat-contre-evo-morales-plonge-la-bolivie-dans-le-chaos

    Poussé à la démission par l’armée et une opposition radicalisée, Evo Morales a finalement rejoint le Mexique, qui lui a accordé l’asile politique. Le président déchu laisse dernière lui des rues quadrillées par les soldats dans un contexte d’affrontements toujours plus violents entre ses partisans et ses détracteurs. 

    #International #Amérique_du_Sud #extrême_droite #populisme

  • En #Colombie, l’oligarchie spolie les terres paysannes depuis des siècles
    https://lemediapresse.fr/international/en-colombie-loligarchie-spolie-les-terres-paysannes-depuis-des-siecles

    Deux siècles après l’indépendance, aucune réforme agraire n’est venue combler les brèches dans les campagnes, où quelques puissants possèdent toujours la majorité des terres. 

    #International #Agriculture #Amérique_du_Sud #FARC

  • International Community Against the Militarization of Chile Please sign and circulate // texte disponbile en français, allemand, mapuche, espagnol ➥ suivre le lien //

    We, the undersigned individuals and organizations from various cities around the world, demand the immediate demilitarization of Chile, and the resignation of Sebastian Piñera’s government in light of its total disinterest in offering a democratic, dignified and just solution to the demands of the Chilean people. The International Community declares that the government’s abandonment of its political and democratic responsibilities, and its initiation of a military campaign which threatens the human rights of an entire population, is unacceptable. The people of Chile have had enough of the violent oppression exerted by the neoliberal model that has dismantled their social rights.

    We express our solidarity towards the peoples’ enlightened rebellion, who have risen against the political and economic regime that harms the country’s working class in myriad ways: the privatized APF social security system, the rising cost of public services including water and electricity, a harsh immigration law, the approval of TPP11, the sustained predation by extractivism, and the intensification of violence against women and indigenous peoples.

    This is a message of concern for human lives. At this very this moment, Chile’s Police Force and Armed Forces are torturing, applying political and sexual violence and killing people at a nation-wide level. Official mass media are not broadcasting these events, and only alternative and international media, combined with widespread documentation by average citizens, are shouldering the responsibility of breaking the media siege to inform people of what is really going on.

    We vigorously reject the application of the State’s Homeland Security Act and the declaration of a State of Emergency, both of which consider protesting Chilean citizens as terrorists. We urgently call upon all international media and international human rights organizations to immediately make themselves present in Chile.

    ¡Neither social nor political dialogue is possible while the military remains in the streets!

    PIÑERA RESIGN NOW!
    CONSTITUENT ASSEMBLY!!

    https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSd1jN5Okod7LL1jmYQHHQBvR5WmD7Rh_Z8uHWJlWl-bhaefNQ/viewform

    #chile #chili #pétition #pinera #signatures #international #information #étatdurgance #couvrefeu

  • La Poderosa, le cri de l’Argentine d’en-bas
    https://lemediapresse.fr/international/la-poderosa-le-cri-de-largentine-den-bas

    Leader charismatique de La Poderosa, mouvement populaire qui porte la voix des plus démunis en #Argentine et dans le reste de l’Amérique latine, Ignacio Levy, 39 ans, est devenu malgré lui une figure politique dans son pays. A l’heure de la fin du mandat néolibéral de Mauricio #Macri, il dénonce jusqu’au siège de l’ONU l’inaction de l’État et les violences policières dans les bidonvilles argentins.

    #International #Elections #Néolibéralisme

  • Au #Canada, Justin #Trudeau affaibli par ses contradictions
    https://lemediapresse.fr/international/au-canada-justin-trudeau-affaibli-par-ses-contradictions

    Il est beau, sympathique, décontracté, incarne le triomphe de la #Politique-spectacle. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a charmé la terre entière après son élection, en octobre 2015. Derrière le masque de gendre idéal se cache pourtant un néo-libéral convaincu, maladroit sur les dossiers diplomatiques, écologiste de façade.

    #International #Ecologie #libéralisme #Québec

  • La vague et la feu : après les condamnations, le nouveau souffle de la rue catalane
    https://lemediapresse.fr/international/la-vague-et-la-feu-apres-les-condamnations-le-nouveau-souffle-de-la-ru

    Après la lourde condamnation des leaders indépendantistes - de 9 à 13 ans de prison pour 9 d’entre eux -, la #Catalogne a vécu une chaude semaine, rythmée par d’importantes émeutes et des formes de luttes inédites. Notre reportage.

    #International #Espagne #indépendantisme #Mouvements_sociaux

  • Le #gorafi encore plagié : Brexit, Bruxelles : “Ce n’est pas fini !”, crient les partisans du maintien dans l’UE au rond-point Schuman 17 octobre 2019 - 17 Octobre 2019 - Belga - BX1
    https://bx1.be/bruxelles-ville/ce-nest-pas-fini-crient-les-partisans-du-maintien-dans-lue-au-rond-point-schuman/?theme=classic

    Quelques dizaines de partisans du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne se sont rassemblés jeudi en début d’après-midi au rond-point Schuman à Bruxelles, au pied de la Commission européenne, pour affirmer leur conviction que l’accord engrangé ce midi entre l’exécutif européen et le gouvernement britannique ne signifiait pas la fin de leurs espoirs.

    “Ce n’est pas fini, continuons à nous battre“, haranguait un orateur sur un podium aux couleurs du “Stop Brexit”. D’aucuns rappelaient que la situation n’était pas si différente d’il y a quelques mois, lorsque la Première ministre Theresa May avait engrangé un accord de retrait avec le reste de l’UE, mais n’avait pu lui faire passer l’obstacle de la Chambre des Communes. C’est l’heure maintenant de “mobiliser le Parlement”, soulignaient les “remainers” présents.

    #brexit #europe #royaume-uni #international #union_européenne #ue #grande-bretagne #angleterre #uk #référendum

  • Calais : « Le Brexit dur ne serait pas synonyme de chaos » Annick Capelle - 16 Octobre 2019 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_calais-le-brexit-dur-ne-serait-pas-synonyme-de-chaos?id=10339170

    Entre 4 et 6000 : c’est le nombre de poids lourds qui, chaque jour, transitent par Calais. Dans une fluidité impressionnante, les ferries embarquent ou débarquent ces véhicules chargés de marchandises destinées au Royaume-Uni ou au continent européen. En cas de Brexit dur, les formalités douanières seront rétablies… Du jour au lendemain. Faut-il donc craindre la paralysie ? Non, si l’on en croit les douaniers et les exploitants du port de Calais, qui depuis des mois, se préparent au rétablissement du poste-frontière. Il y a quelques jours, ils organisaient une répétition générale. Objectif : tester leur « frontière intelligente », un dispositif censé éviter les bouchons en cas de sortie brutale du Royaume-Uni.

    Anticipation
    La clé de voûte de ce dispositif, c’est l’anticipation, souligne Eric Meunier, directeur interrégional des douanes et droits indirects des Hauts de France. « L’entreprise qui importe ou exporte de la marchandise devra effectuer préalablement une déclaration de douane sur internet, et recevra un code-barres. Muni de ce code-barres, le chauffeur de poids lourd se présentera ensuite à la frontière, où notre nouveau système informatique établira automatiquement un lien entre le code-barres, la plaque d’immatriculation et la marchandise transportée. C’est ce qu’on appelle l’appairage. »

    Le temps d’attente sera réduit au minimum, puisque, une fois son code-barres scanné, le chauffeur de poids lourd montera directement sur le ferry : « C’est pendant la traversée de la Manche que le système traitera la déclaration de douane ».

    Des panneaux verts et orange
    Dans le port de Calais, une nouvelle signalétique verte et orange a été mise en place pour aiguiller les poids lourds qui débarquent des ferries en provenance du Royaume-Uni. « Avant même de quitter le ferry, le chauffeur saura quelle voie il doit emprunter à son arrivée », explique Benoît Rochet, directeur général délégué de la SEPD, la société d’exploitation des ports du Détroit. « Si la sortie est autorisée par la douane, le poids lourd prend la ligne verte – une sortie aussi fluide qu’aujourd’hui. En moins de deux minutes, le camion est sur l’autoroute. Si le poids lourd doit emprunter la file orange, cela veut dire qu’il doit se soumettre à un contrôle. »

    Plus de 150 places de parking
    Les panneaux orange mènent, un peu plus loin, vers des parkings de délestage pouvant accueillir plus de 150 poids lourds en attente de régularisation douanière. Deux nouvelles plateformes y ont été construites. Elles disposent ensemble de dix quais de déchargement. C’est là que les contrôles seront effectués.

    Un des poids lourds participant au test, rejoint la première plateforme. Il transporte du ciment. Deux agents de douane vérifient aussitôt la conformité de la marchandise avec la déclaration de douane. Quelques minutes plus tard, le chauffeur peut repartir. Le dispositif semble bien rodé.

    La deuxième plateforme sera réservée aux contrôles vétérinaires et phytosanitaires. « Aujourd’hui, il existe déjà des contrôles vétérinaires et phytosanitaires, mais ils sont réalisés dans les Etats membres. En cas de Brexit, il faudra appliquer ces formalités ici, lors du passage à la frontière », explique Jean Michel Thillier, directeur général adjoint des douanes et droits indirects.

    Fins prêts
    Les douanes et les autorités portuaires sont convaincues que l’on peut éviter l’engorgement du terminal. Tout dépendra de la façon dont les entreprises jouent le jeu de l’anticipation. Eric Meunier : « Il existe une marge d’incertitude : c’est la proportion d’entreprises qui n’auraient pas réalisé les formalités préalables. Pour nous, il est très important que ces entreprises soient le moins nombreuses possible, parce qu’elles vont générer des retards pour elles-mêmes, mais également entraîner une charge de travail qui, sur le port, pourrait entraîner des retards pour l’ensemble des transporteurs. »

    Pourtant, Eric Meunier ne croit pas que le Brexit dur sera synonyme de chaos. Depuis plusieurs mois, les douanes françaises mènent une large campagne d’information auprès des entreprises, notamment via les réseaux sociaux. Cette campagne vise bien sûr les compagnies françaises, mais pas seulement : « Sur le franchissement à Calais, 80% des poids lourds ne sont pas français, mais viennent de l’Europe entière. C’est pourquoi, les douanes de tous les pays européens ont informé – et informent encore aujourd’hui – leurs opérateurs de la nécessité d’anticipation. Pour un opérateur, où qu’il soit, dans n’importe quel pays de l’Union, il sera tout à fait possible, de manière dématérialisée, via internet, de déclarer la marchandise préalablement, et une fois à Calais, de franchir la frontière de manière fluide. »

    La véritable inconnue, conclut Eric Meunier, concernera les petits opérateurs qui, à l’heure actuelle, ne travaillent qu’au sein de l’Union européenne, et qui ne sont pas habitués aux formalités douanières. Ce sont ces entreprises-là – françaises ou pas – qu’il faut impérativement toucher.

    #brexit #france #douane #europe #royaume-uni #international #union_européenne #ue #grande-bretagne #angleterre #uk #référendum #actualités_internationales #politique #frontières

  • #Bruxelles : La gare du Midi se met à l’heure du Brexit Barbara Boulet - 15 Octobre 2019 RTBF
    https://www.rtbf.be/info/regions/detail_la-gare-du-midi-se-met-a-l-heure-du-brexit?id=10341246

    Un divorce à l’amiable entre l’Union européenne et le Royaume-Uni est-il encore possible ? La Belgique en tout cas se prépare à un départ possible de la Grande-Bretagne à la fin du mois. La gare du Midi à Bruxelles en est un exemple. Les services de douane s’apprêtent à devoir gérer à tout moment l’accueil des voyageurs en provenance du Royaume-Uni et à aider ceux qui s’y rendent à remplir leurs formalités.

    Une équipe de 28 douaniers a été recrutée, elle est actuellement en formation. Deux locaux sont aussi en train d’être aménagés dans le terminal Eurostar. L’un, à l’arrivée, est déjà là ; il permet le contrôle des marchandises (drogues et armes, mais aussi les marchandises soumises à des taxes comme l’alcool ou le tabac). L’autre, un conteneur qui doit arriver d’ici la fin octobre dans la salle d’attente des départs, permettra le cas échéant de remplir les formalités. Par exemple pour le remboursement de la TVA.

    « On se prépare pour éventuellement au 1er novembre pouvoir accueillir des passagers en provenance du Royaume-Uni ou qui partent vers le Royaume-Uni, déclare Florence Angelici, porte-parole du SPF Finance (en charge de l’administration des douanes). Il faut pouvoir s’occuper de toutes les démarches et assurer les contrôles douaniers » 

    Qu’est ce qui changerait ? 
    Car, en cas de Brexit sans deal, il y aurait du changement pour les voyageurs. Pas en ce qui les concerne directement en tant que personne, donc leur droit à eux de circuler (puisque le Royaume-Uni ne fait déjà pas partie aujourd’hui de l’espace Schengen), mais une sortie sans accord de la Grande Bretagne impliquerait de facto une sortie de l’union douanière. Les marchandises ne pourraient alors plus circuler librement, explique Marianne Dony, professeure de droit européen à l’ULB. "Toute marchandise pour entrer dans l’Union européenne doit disposer d’un papier attestant qu’elle répond bien à la réglementation européenne. La douane doit vérifier ces attestations. Par ailleurs, en ce qui concerne les contrôles fiscaux, il faut bien se dire qu’une fois qu’on sort de l’Union, il peut y avoir des remboursements de TVA. On ne peut pas non plus exporter nécessairement la même quantité de marchandises qui ne soient pas taxées. Et il faut aussi vérifier que les marchandises en provenance du Royaume-Uni ont bien payé leur droit de douane".

    Autant de contrôles douaniers qu’on ne connaissait plus entre nos voisins du Nord et nous. Et qui devraient revoir le jour en cas de Brexit sans accord préalable. 

    #brexit #référendum #démocratie #europe #royaume-uni #international #union_européenne #ue #grande-bretagne #angleterre #uk #référendum #actualités_internationales #politique #frontières #Belgique #boris_johnson

  • L’Équateur s’embrase contre le #FMI et son gouvernement
    https://lemediapresse.fr/international/lequateur-sembrase-contre-le-fmi-et-son-gouvernement

    Le prix de l’essence flambe, et l’Équateur s’embrase. Alors que le gouvernement de Lenín #Moreno accuse des intérêts étrangers, les manifestants réclament désormais le départ du président, qui a pactisé avec le FMI. Les explications de Tristan Ustyanowski.

    #International #Amérique_du_Sud #Amérique_Latine #Correa #Equateur

  • Les crimes cachés de Jacques #Chirac
    https://lemediapresse.fr/international/les-crimes-caches-de-jacques-chirac

    Qui se souvient de Jean-Louis Coulibaly Kouassi, mort à Abidjan, décapité par l’armée française sous les ordres de Jacques Chirac ? Pour Théophile Kouamouo, les hommages unanimes occultent une dangereuse impunité.

    #International #Politique #Afrique #anticolonialisme #Côté_d'Ivoire #Colonialisme

  • Travailleurs exploités : à #Doha, le faux départ des mondiaux d’athlétisme
    https://lemediapresse.fr/international/travailleurs-exploites-a-doha-le-faux-depart-des-mondiaux-dathletisme

    Le #Qatar, qui accueille du 27 septembre au 6 octobre ses premiers championnats du monde d’athlétisme, mise sur la réception d’événements sportifs majeurs pour asseoir sa stature internationale et rompre avec son isolement diplomatique. Une stratégie aux nombreuses zones d’ombre, sur laquelle plane le spectre de milliers de prolétaires exploités pour servir les ambitions de la diplomatie sportive qatarie.

    #International #Sport #Athlétisme #Coupe_du_Monde #Football #Migrants #Travail

  • Au Sahel, le calvaire des enfants dits «djihadistes»
    https://www.mediapart.fr/journal/international/220919/au-sahel-le-calvaire-des-enfants-dits-djihadistes

    De nombreux mineurs font indirectement les frais de la lutte antiterroriste menée par les États de la zone sahélienne avec le soutien des pays occidentaux. Au Nigeria, notamment, l’armée détient, selon HRW, des milliers d’enfants dans des conditions inhumaines en raison de leur appartenance présumée à Boko Haram. Au Tchad, au Mali et au Niger, ils ne seraient pas violentés, mais sont traités comme des adultes.

    #International #mineurs,_Sahel,_Tchad,_Mali,_Nigeria,_Boko_Haram,_Djihad

  • En #Colombie, des dissidents des #FARC se lancent dans une guerre hasardeuse
    https://lemediapresse.fr/international/en-colombie-des-dissidents-des-farc-se-lancent-dans-une-guerre-hasarde

    Des figures de l’ex-guérilla ont déserté le processus de paix, invoquant la violation des accords de paix par l’État et la nécessité de fédérer les luttes clandestines contre l’« oligarchie corrompue ». Ce nouveau groupe, minoritaire dans le paysage du conflit armé, peine à trouver ses alliés, mais est à la source de nouvelles tensions entre le gouvernement et le Venezuela voisin.

    #International #Amérique_du_Sud #Gauche #Guérilla #Lutte_armée

  • A Shadowy Industry Group Shapes Food Policy Around the World - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/09/16/health/ilsi-food-policy-india-brazil-china.html

    [T]he #International_Life_Sciences_Institute, an American nonprofit with an innocuous sounding name [...] has been quietly infiltrating government health and #nutrition bodies around the world.

    Created four decades ago by a top #Coca-Cola executive, the institute now has branches in 17 countries. It is almost entirely funded by Goliaths of the agribusiness, food and pharmaceutical industries.

    The organization, which championed tobacco interests during the 1980s and 1990s in Europe and the United States, has more recently expanded its activities in Asia and Latin America, regions that provide a growing share of food company profits. It has been especially active in China, India and Brazil, the world’s first, second and sixth most populous nations.

    In China, the institute shares both staff and office space with the agency responsible for combating the country’s epidemic of obesity-related illness. In Brazil, #ILSI representatives occupy seats on a number of food and nutrition panels that were previously reserved for university researchers.

    And in India, Dr. Sesikeran’s #leadership role on the food labeling committee has raised questions about whether regulators will ultimately be swayed by processed food manufacturers who say the red warning #labels would hurt sales.

    “What could possibly go wrong?” Amit Srivastava, the coordinator of the advocacy group India Resource Center, asked sarcastically. “To have a covert food lobby group deciding public health policy is wrong and a blatant conflict of interest.”

    #états-unis #santé #sucres #agro-business #irresponsables #politiques

  • Lobbying : le cas Oettinger met au défi les nouvelles règles en vigueur à Bruxelles
    https://www.mediapart.fr/journal/international/170919/lobbying-le-cas-oettinger-met-au-defi-les-nouvelles-regles-en-vigueur-brux

    Alors qu’il ne quittera la commission européenne qu’en novembre, l’Allemand Günther Oettinger, en charge du budget dans l’exécutif européen, a déjà déposé les statuts de sa future société de lobbying. Jean-Claude Juncker a sollicité l’avis d’un comité d’éthique interne.

    #International #Commission_européenne,_UE,_Conflit_d’intérêts,_Günther_Oettinger,_Allemagne,_lobbying