• Indispensable front antifasciste - Le Courrier
    https://lecourrier.ch/2026/03/16/indispensable-front-antifasciste

    Une « magnifique percée », saluait Jean-Luc #Mélenchon dimanche soir. Au premier tour des #élections #municipales françaises, La France Insoumise (#LFI) a réalisé des scores impressionnants. Le #parti de #gauche #illibérale se maintient au second tour dans 60 #communes, dont plusieurs grandes villes – contre neuf en 2020. Cerise sur le gâteau, son candidat Bally Bagayoko rafle Saint-Denis (150’000 habitant·es) au premier essai.

    Et cela, contre vents et marées. Car depuis des mois, LFI subit une campagne de #diabolisation. Après la mort d’un militant d’#extrême_droite à #Lyon le 14 février, au sortir d’un affrontement avec des #antifascistes, les attaques ont monté de plusieurs crans. Elles ont même été reprises par des caciques du #Parti_socialiste. Dans un tel contexte, le score de LFI est porteur d’espoir. Il démontre à nouveau que, face à la profonde #crise #capitaliste, un programme combinant #réformes #sociales, #défense des #services_publics, lutte #antiraciste et #internationalisme – marqué notamment par une solidarité sans failles avec #Gaza – peut rencontrer un réel écho populaire.

    Apparemment, nos milliardaires AOP n’ont pas encore remis de l’ordre dans la presse francophone suisse.

    • Aaaah ce terme illibéral c’est vraiment tout et son contraire, je suis pour sa suppression !

      Mais oui, il y a quelque chose de réjouissant à voir que beaucoup de personnes ne se sont pas laissées embobiner par le discours grossier et constant des médias mainstream pour diaboliser LFI.

  • Iran : l’impérialisme nous mène à la guerre généralisée
    https://www.lutte-ouvriere.org/portail/editoriaux/iran-menent-guerre-generalisee-192170.html

    Les États-Unis et Israël ont déclenché une nouvelle guerre aux conséquences incalculables. Il y a déjà plusieurs centaines de morts en Iran, dont une centaine de petites filles tuées par l’explosion de leur école. Et combien d’Israéliens tomberont, victimes de cette politique ?

    On a vu les gouvernements israélien et américain à l’œuvre dans la bande de Gaza. L’armée israélienne s’est acharnée à détruire et à massacrer pendant presque deux ans, tuant 70 000 hommes, femmes et enfants. Ce sont des incendiaires et des assassins !

    De nombreux Iraniens se sont réjouis de la mort de leurs bourreaux, à commencer par celle d’Ali Khamenei, tué dans les premières heures de la guerre. On les comprend, mais ceux qui présentent cette guerre comme le moyen de libérer la population d’un régime haï sont des menteurs.

    Ceux qui bombardent les peuples ne sont jamais des libérateurs. Les États-Unis ne l’ont été ni en Irak, ni en Afghanistan, ni en Syrie. L’armée française ne l’a été ni en Libye ni au Mali. Leur but n’a jamais été de défendre les peuples mais de les soumettre à leurs intérêts par les armes.

    Les États-Unis veulent avoir un régime à leur botte en Iran. De même qu’ils le veulent pour Cuba, le Venezuela, l’Amérique latine, le Groenland. De même qu’ils le voulaient en Ukraine, ce qui a entraîné la guerre avec la Russie.

    Cette guerre n’a rien de préventif. Elle est une étape de plus dans le cheminement vers la guerre mondiale. Et, à leur échelle, nos propres dirigeants apportent leur contribution à l’engrenage guerrier, puisqu’avec Merz et Starmer, Macron a proposé ses services à Trump et Netanyahou pour « des actions défensives » contre l’Iran. Comme si le régime iranien était à l’origine de cette guerre !

    Pour l’heure, la Chine se tient à distance des combats que l’impérialisme américain mène pour rester le maître du monde, mais elle est dans son collimateur. Et elle finira bien par être impliquée.

    Tant que l’humanité sera gouvernée par des bandes de voleurs et de criminels, prêts à tout pour servir les plus riches, la guerre sera notre seul et unique horizon. C’est de la folie et un gâchis humain monstrueux.

    L’humanité court à sa destruction au moment même où elle atteint un degré de développement extraordinaire. Nous sommes en 2026. Nous n’avons jamais disposé d’autant de richesses à partager. Nous n’avons jamais eu autant de moyens techniques et de possibilités pour répondre à nos besoins. Les savoirs et les progrès accumulés permettent aux peuples de communiquer, d’échanger et de coopérer par-delà les frontières, les mers et les océans. Mais c’est guerres sur guerres, destructions sur destructions, cadavres sur cadavres !

    On nous précipite vers la guerre généralisée parce que partout, dans tous les pays, ceux qui dirigent sont aveuglés par l’accumulation insensée de richesses et la course aux profits. Il s’agit toujours de défendre les intérêts particuliers de vautours qui n’ont jamais fait qu’exploiter et piétiner les travailleurs !

    Nous voyons arriver la guerre depuis des mois, sinon des années. Tous les pays se réarment à marche forcée. L’arsenal qui s’accumule atteint une puissance et un degré inédits dans la sophistication et l’art de tuer. La propagande guerrière, le nationalisme et la militarisation de la société avancent partout à grands pas. Et nous savons que les travailleurs seront les premiers à payer cette guerre, parce que ce sont toujours leurs enfants qui sont envoyés en première ligne.

    Nous nous sentons incapables de l’empêcher. C’est un drame car le monde du travail est justement la seule force qui aurait les moyens d’y faire obstacle. Le temps qu’il se relève, prenne conscience de son poids dans la société et mette la classe des exploiteurs et des va-t-en-guerre hors d’état de nuire, combien de morts seront encore à déplorer ?

    Il est donc urgent de travailler à l’organisation des travailleurs contre une classe capitaliste qui met en péril l’humanité tout entière et qui ne mérite plus de diriger. Il faut que les travailleurs décident de prendre leur sort en main et de gérer eux-mêmes la société. Le plus tôt sera le mieux !

    Nathalie ARTHAUD

    • Porte-avions au Moyen-Orient Un pas de plus dans la guerre
      https://www.lutte-ouvriere.org/portail/breves/porte-avions-moyen-orient-guerre-192239.html

      Macron a annoncé l’envoi du porte-avions Charles De Gaulle au Moyen-Orient. La veille, dans une mise en scène devant un sous-marin nucléaire, il s’est posé en chef européen de la guerre nucléaire.

      Le chef du petit impérialisme français cherche une petite place derrière Trump pour défendre les intérêts des capitalistes français au Moyen-Orient.

      Cela n’a rien à voir avec la protection de la population en France mais signifie des sacrifices pour les travailleurs, économiques d’abord, en vies humaines ensuite. Les fauteurs de guerre sont les capitalistes qui se disputent les marchés. Ce sont eux nos ennemis.

    • Eh oui, malheureusement !

      Terrible position de Jean-Luc Mélenchon sur l’agression de l’Iran par les États-Unis et Israël, appuyée par l’impérialisme français.

      Comme si l’envoi d’une frégate à Chypre et du porte-avion Charles de Gaulle en Méditerranée, pour protéger les bases françaises dans le Golfe et les alliés de l’Etat français pouvait servir à une « politique de paix ». Comme si c’était normal que la France dispose de bases militaires au Moyen-Orient. Pourquoi Melenchon ne dit rien la dessus ? Pourquoi n’ose t-il jamais dire que la France doit dégager des territoires souverains !

      Il n’y a qu’une seule position qui vaille face au bellicisme impérialiste : exiger que les États-Unis et la France dégagent du Moyen-Orient. Dénoncer la guerre en cours, y compris les opérations de notre impérialisme, en se plaçant inconditionnellement du côté du pays opprimé, en toute indépendance du régime iranien.

      Répéter la paix, comme dans le monde des bisounours, sans exiger immédiatement l’arrêt de l’agression impérialiste, c’est du charabia. Mais c’est surtout un embellissement de la guerre et une défense hypocrite des intérêts de l’impérialisme français.

      La position pro-impérialiste français de Melenchon n’est pas juste une « limite » ou un petit désaccord, cette position doit être combattue car elle nous prépare à accepter toutes les justifications « défensives » de notre impérialisme et à se ranger derrière lui dans les moments chauds.
      Anasse Kazib
      https://x.com/AnasseKazib/status/2029162113357210069

      Idem pour Mathilde Pannot :

      Vous êtes sûrement passés à côté, mais quand Mathilde Panot dit que « la France a raison d’honorer ses engagements », elle répond au journaliste qui parle de l’envoie de rafales au dessus des Émirats Arabes Unis, du Charles de Gaulle en Méditerranée et de la volonté de Coalition de Macron pour agir dans le détroit d’Ormuz.

      Dire juste après que « la France ne doit pas mettre un doigt dans cette guerre » n’a aucun sens, elle y a déjà les deux pieds.

      À la fin, ce discours va dans le même sens que les discours quant aux actions soi-disant « défensives » , qui visent à justifier la présence de l’impérialisme français qui va faire respecter ses intérêts dans la région.

      En réalité, la France, comme les USA, doit dégager du Moyen-Orient, avec ses rafales, ses bases militaires et son porte-avions ! Gaëtan Gracia
      https://x.com/GaetanGracia/status/2029166825594839504

      Car non, LFI n’est pas d’extrême gauche !

      Et donc les partis communistes révolutionnaires sont indispensables, même si à faible surface, même si souvent immobilisés dans une orientation, et surtout une langue, ouvriéristes (dixit Lordon) ... (Sic !).

      Ceux-ci ont toutefois une pensée claire, internationaliste ! Et un langage accessible à tous !

    • Ce que la France défend vraiment dans le Golfe persique

      L’image de l’engrenage s’impose : l’offensive menée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran est en train d’embarquer la France dans son sillage, à l’insu de son plein gré pourrait-on dire, puisqu’Emmanuel Macron a appelé dès son début à un cessez-le-feu et à un retour à la négociation. Mais un processus insidieux s’est mis en place, une sorte d’entrée dans le conflit à reculons depuis que la riposte de l’Iran a frappé la plupart des pays du Golfe persique.

      La base aéronavale française d’Abou Dhabi, située en face du célèbre « Louvre Abu Dhabi », a été attaquée par des drones. Il n’y a heureusement pas eu de morts, mais des dégâts matériels suffisants pour bloquer le fonctionnement de l’installation portuaire.

      De fait, les militaires français aident les Emirats à contrer l’attaque iranienne. Il pourrait en être de même sur une bonne partie de la rive sud du Golfe, puisqu’Emmanuel Macron affirme vouloir « être aux côtés de nos alliés, de nos amis, de la région, pour leur sécurité et leur intégrité territoriale ». Les « amis » ont pour noms Qatar, Koweït et donc les Emirats arabes unis (EAU).

      ... on peut s’interroger sur ce pour quoi et pour qui nous mettons en jeu la vie de nos soldats. L’histoire de la base française d’Abou Dhabi mérite d’être rappelée : elle se veut la vitrine de l’excellence des armes tricolores dans le Moyen-Orient...

      ... Voilà pour la vitrine, derrière laquelle se cache l’arrière-cuisine de ventes très lucratives d’armes (environ 25 milliards d’euros) comme le Rafale, les canons Caesar ou les chars Leclerc. Elle est moins ragoûtante : en 2018, la France fut accusée par Amnesty International de complicité de crimes de guerre au Yemen en raison de l’utilisation de ces armes made in France contre les populations civiles...

      ... Si on veut faire simple : les troupes françaises sont stationnées dans le Golfe pour assurer les clients de Dassault Aviation et les investisseurs dans le CAC 40, et protéger nos exportations. C’est moins chevaleresque que le « respect de la parole de la France » invoquée autrefois pour justifier l’emploi des troupes coloniales, mais plus réaliste.

      Sens des priorités

      Pour ne pas apparaître comme participant à l’agression israélo-américaine en cours, Emmanuel Macron et la ministre des Armées, Catherine Vautrin, présentent le dispositif français comme exclusivement « défensif ». Les généraux à la retraite qui se multiplient sur les plateaux des chaînes de commentaires en continu expliquent ainsi qu’abattre des drones ou des missiles en vol, c’est de la défense, et bombarder ceux qui les pilotent depuis le sol iranien, c’est de l’attaque. Mais ils ajoutent que, pour se défendre, on est parfois bien obligé d’attaquer…

      Les accords de défense – surtout celui avec les EAU – sont en fait très engageants et obligent la France à une action militaire sur simple demande du gouvernement de Doha ou d’Abou Dhabi, même si ces principautés abritent aussi d’importantes bases militaires américaines actives dans le conflit.
      Ces accords expliquent le déploiement de forces considérables en avions, frégates, blindés, et soldats, que le gouvernement français a jusqu’à aujourd’hui refusé à l’Ukraine pour contrer l’agression russe, pourtant déclaré danger majeur pour notre liberté en Europe et en France. A croire qu’à Paris, on préférerait mourir pour Doha que pour Kiev…

      Doigt dans l’engrenage

      La France a donc bien plus qu’un petit doigt dans l’engrenage de la cobelligérance, et elle pourrait y mettre toute la main, voire le bras si elle tentait d’envoyer sa marine ouvrir de force le détroit d’Ormuz par lequel passe 20 % du pétrole mondial et le gaz qatari. Pour ce faire, Macron annonçait le 3 mars vouloir être « à l’initiative d’une coalition, afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic maritime ». La France aurait ainsi à jouer un rôle autonome sur le terrain des opérations, celui d’assurer la liberté de navigation, et donc la fluidité des marchés de l’énergie.

      Mais dès le lendemain, Donald Trump disait vouloir constituer des convois maritimes escortés par sa marine pour forcer le blocus imposé par le régime iranien. Vu le rapport des forces entre l’US Navy et la « Royale », le projet macronien pourrait se conclure par la simple intégration de notre porte-avions Charles-de-Gaulle à un dispositif sous commandement américain.

      Sortir de l’étau formé par le sanguinaire régime des mollahs et le duo américano-israélien, dont les buts sont (intentionnellement ?) nébuleux n’est de fait pas un problème militaire mais politique. Sous les injures de Trump, le gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez montre qu’une autre voie est possible, réellement autonome, en dénonçant la guerre et en refusant toute coopération.

      Au-delà de la pétition de principes, et quitte à garantir l’intégrité territoriale d’un pays réellement menacé et en position de faiblesse manifeste de cette région, la France pourrait davantage affirmer son soutien à la souveraineté du Liban, pour contrer la volonté d’Israël à occuper encore une fois un morceau de ce pays. Elle y dispose de soldats, intégrés dans la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), avec un mandat des Nations unies jusqu’à la fin de l’année. Ils pourraient être épaulés par les Rafales du Charles-de-Gaulle, qui sera « sur zone » la semaine prochaine. Une action conforme au droit international que l’exécutif prétend soutenir.

      Une autre politique est possible au Moyen-Orient, mais elle nécessiterait de la résolution pour assumer une confrontation avec Donald Trump et Benyamin Netanyahou. En attendant, les soldats français comptent les coups...

      https://www.alternatives-economiques.fr/herve-nathan/ce-que-la-france-defend-vraiment-dans-le-golfe-persique/00118008

    • Derrière les appels à la « paix », Mélenchon s’aligne avec l’orientation impérialiste de Macron

      Tout en appelant au « cessez-le-feu », Mélenchon et LFI apportent leur soutien aux opérations de l’impérialisme français visant à protéger ses bases mais aussi ses alliés, telles que les pétromonarchies du Golfe. Une position qui conduit à s’aligner sur le déploiement de l’impérialisme français au large de Chypre et en Méditerranée orientale.

      https://www.revolutionpermanente.fr/Derriere-les-appels-a-la-paix-Melenchon-s-aligne-avec-l-orienta

  • Communistes, socialistes, anarchistes… Comment nous définir ?
    https://frustrationmagazine.fr/communiste-anarchiste-socialiste

    C’est une question que l’on nous pose régulièrement, que cela soit par mail, sur les réseaux sociaux ou durant nos événements publics. “Êtes-vous anarchistes ?” “pourquoi n’assumez-vous pas d’être communistes ?”, “Comment doit-on se définir ?”. Dans un premier temps, ce genre de questions déclenche chez nous une certaine réserve : pourquoi devoir forcément se […]

    #Édito #Lexique

    • Un petit peu de matière à réflexions sue ce que devrait être le #socialime :

      https://www.gaucherevolutionnaire.fr/quest-ce-que-le-socialisme-2

      Le socialisme ne peut fonctionner de manière durable que s’il est international, comme l’est le capitalisme. C’est pour cela qu’il doit se construire à l’échelle mondiale pour l’émancipation de l’humanité toute entière. C’est ce combat que mène la Gauche révolutionnaire avec notre internationale, le Comité pour une Internationale Ouvrière.

      #internationalisme

      (Vaste programme)

    • Et aussi sur le communisme révolutionnaire...

      L’Union Communiste Internationaliste (#UCI) est un courant qui se revendique de la filiation d’idées incarnée successivement par Marx et Engels, Rosa Luxembourg, Lénine et Trotsky. Elle considère que l’organisation capitaliste représente le passé de la société humaine, pas son avenir, et que la société capitaliste basée sur la propriété privée, le marché, la concurrence et le profit devra être remplacée, à l’échelle de la planète, par une société basée sur la propriété collective des ressources de la terre et des instruments de production, ainsi que sur une économie démocratiquement planifiée assurant à chacun de ses membres un accès égal à tous les biens matériels et culturels.
      Elle se revendique de la révolution russe de 1917 qu’elle considère comme la première et jusqu’à présent unique révolution où le prolétariat a pris durablement le pouvoir étatique pour tenter de transformer la société dans un sens collectiviste, avant d’être écarté du pouvoir politique par la dictature d’une bureaucratie usurpatrice.
      Les organisations qui se revendiquent de l’UCI considèrent que les idées communistes doivent être réintroduites dans la classe ouvrière qui, seule, peut en faire une force de transformation sociale.
      Tout en participant aux luttes quotidiennes des travailleurs dans la mesure de leurs possibilités, les militants des organisations de l’UCI défendent parmi ceux-ci les intérêts politiques généraux de la classe ouvrière. Ils sont convaincus que les travailleurs sont seuls capables de remplacer le capitalisme par une société libre, fraternelle et humaine car ils constituent la majorité de la population, et n’ont aucun intérêt au maintien de l’actuelle société. Ils sont aussi les seuls, par leur nombre et leur concentration, à avoir les moyens de contrôler le pouvoir politique issu de leur intervention.
      Ils considèrent que les travailleurs constituent à l’échelle du monde une seule et même classe sociale et que leur présence à toutes les étapes de la production et de la distribution des biens produits leur permet de contrôler démocratiquement tous les rouages de l’économie afin qu’elle fonctionne pour satisfaire les besoins de tous.
      Le magazine Lutte de classe, présenté sur Internet, est l’expression collective, en langue française, de l’UCI. Chacune des organisations qui s’en revendique a, par ailleurs, ses propres publications sous la forme d’une presse politique, ainsi que, pour la plupart d’entre elles, d’une presse ouvrière sous la forme de bulletins d’entreprise réguliers.
      Font partie de #l'UCI :
      L’Union Communiste (Trotskyste) en France , connue sous le nom de son hebdomadaire, Lutte Ouvrière ;
      Combat Ouvrier en Martinique et en Guadeloupe ;
      L’Union Africaine des Travailleurs Communistes Internationalistes (UATCI), militant en Côte-d’Ivoire, ainsi que dans l’immigration africaine en France ;
      L’Organisation des Travailleurs Révolutionnaires (Union Communiste Internationaliste) (OTR-UCI) en Haïti ;
      Les militants britanniques de Workers’ Fight en Grande-Bretagne ;
      Les militants trotskystes regroupés autour de la publication Sınıf Mücadelesi en Turquie ;
      En Espagne, le groupe trotskiste Voz obrera qui, outre son mensuel, publie également la revue Lucha de Clase ;
      Le Cercle Ouvrier Communiste « L’Internazionale », en Italie ;
      Le Bund Revolutionärer Arbeiter (Union des travailleurs révolutionnaires) d’Allemagne ;
      En Belgique, le groupe trotskiste Lutte ouvrière - Arbeidersstrijd, qui édite le journal La voix des Travailleurs - De Stem van de Arbeiders ;
      Par ailleurs, l’UCI entretient des relations fraternelles avec les militants du groupe Spark aux Etats-Unis.
      Outre les publications de ces différentes organisations ou groupes de militants, on trouvera ici des traductions de textes de l’UCI dans les différentes langues du site : français, anglais, espagnol, italien, allemand, russe, turc, arabe, grec, chinois et persan.

      https://www.union-communiste.org/fr

  • Le Sud global aux prises avec l’internationale « gen Z »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/11/09/le-sud-global-aux-prises-avec-l-internationale-gen-z_6652762_3210.html?lmd_m

    Cet article est très intéressant, avec de nouvelles figures émergentes et la contradiction entre les capacités de mobilisation et les difficultés d’organisation qui sont le propre des mobilisation internet. Ce point a été largement documenté et souligné par Zeynep Tufekci dans son livre "Twitter & les gaz lacrymogènes" (C&F éditions - https://cfeditions.com/lacrymo)

    Je trouve une autre chose très fun :

    Au-delà de leur jeunesse, ils brandissent les mêmes mots d’ordre contre la corruption, le népotisme, les inégalités, le chômage, la dégradation des services publics.

    Euh si je ne m’abuse, ce sont aussi les questions et les mots d’ordre des mobilisations, en France, des questions mondiales qui sont le sous-produit du néolibéralisme (et de la défaite de la gauche face à lui).

    Du Népal au Pérou en passant par Madagascar, la révolte de la jeunesse portée par des revendications socio-économiques a désarçonné les Etats. Mais son mode de mobilisation horizontal, issu de la culture numérique, handicape aujourd’hui ses débouchés politiques.

    La jeunesse n’a pas attendu la génération Z pour descendre dans la rue. De Mai 68 aux « printemps arabes » de 2011, elle n’a pas cessé de fournir le gros des bataillons des soulèvements populaires et des révoltes.

    Alors pourquoi la récente focalisation sur cette fameuse « gen Z » – née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 –, dont les mobilisations en cascade secouent ou ébranlent les pouvoirs depuis 2024, avec un effet accélérateur ces derniers mois ? Du Bangladesh à Madagascar, en passant par le Maroc, le Népal, l’Indonésie, le Kenya ou le Pérou, une sorte d’internationale juvénile est entrée dans l’arène contestataire. Ce surgissement a pris de vitesse les Etats et laissé à l’écart des classes politiques souvent discréditées.

    Chaque mobilisation s’inscrit dans un contexte national singulier. Pourtant, bien des similitudes rassemblent ces indignés du Sud global. Au-delà de leur jeunesse, ils brandissent les mêmes mots d’ordre contre la corruption, le népotisme, les inégalités, le chômage, la dégradation des services publics, etc. Leurs doléances sont surtout socio-économiques, ce qui les distingue de leurs aînés dont les aspirations étaient plus expressément politiques (nationalisme, socialisme, démocratie…). Par cette orientation pragmatique, ils ont suscité une sympathie dans la population, allant très au-delà de leur tranche d’âge, les élevant à leur insu au rang de gardiens de l’intérêt général – voire de vigies morales – dans des pays ravagés par le cynisme et la trahison des élites.

    Un autre trait commun s’observe dans leur mode de mobilisation. Ces primo-manifestants sont d’ores et déjà des vétérans des réseaux sociaux. Ils sont nés et ont grandi avec la culture digitale, dont ils partagent les codes, le langage, l’esthétique – jusqu’au drapeau du manga One Piece (un crâne hilare coiffé d’un chapeau de paille), devenu l’emblème de cette « gen Z ». Cette praxis du numérique a favorisé la contagion par-delà les frontières, dans une sorte d’émulation universelle du défi à l’ordre injuste. Elle a aussi, et surtout, permis un anonymat dans les anfractuosités de plateformes comme Discord, où les mots d’ordre ont mûri au nez et à la barbe des services de renseignement.

    #Gen-Z #Mobilisation #Internationalisme

    • (un signifiant vide du peuple qui manque)

      Jean-François Bayart, sociologue : « Les idéaux politiques de la génération Z sont très ambivalents, et facilement récupérables »
      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/11/09/jean-francois-bayart-sociologue-les-ideaux-politiques-de-la-generation-z-son

      Le sociologue français explique, dans un entretien au « Monde », en quoi la vague récente de mobilisation de la jeunesse est une réaction à la révolution conservatrice, mélange d’autoritarisme et de prédation économique, à laquelle cèdent de nombreux Etats. Il relève qu’elle n’est pas exempte pour autant d’ambiguïtés idéologiques.
      Propos recueillis par Frédéric Bobin

      Spécialiste de sociologie historique et comparée du politique, ancien directeur du Centre de recherches internationales, Jean-François Bayart est professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève, où il est titulaire de la chaire Yves Oltramare Religion et politique dans le monde contemporain. Il est notamment l’auteur de L’Energie de l’Etat (La Découverte, 2022).

      La mobilisation de la génération Z (née entre 1997 et 2010) dans le Sud global représente-t-elle une nouvelle forme de contestation ?

      Depuis l’échec des « printemps arabes » de 2011, nous sommes entrés dans un âge de révolution conservatrice à l’échelle mondiale : Donald Trump aux Etats-Unis, Vladimir Poutine en Russie, Recep Tayyip Erdogan en Turquie, Narendra Modi en Inde… Il s’agit de phénomènes de restauration – ou d’instauration – de l’autoritarisme, à l’interface de l’exaltation de valeurs dites « traditionnelles » et de la célébration de la technologie. Les vieilles démocraties européennes n’en sont pas à l’abri. Les coups d’Etat au Sahel ou l’élection présidentielle au Sénégal en portent aussi la marque.

      Cette révolution conservatrice repose sur deux dynamiques. D’une part, un discrédit de la démocratie, menant souvent à sa remise en cause. D’autre part, la pérennisation de régimes de prédation économique, refaçonnés par le néolibéralisme depuis les années 1980. Ces systèmes concentrent les richesses entre les mains du pouvoir, privatisant les services publics et transformant l’Etat en un outil d’accumulation au profit d’une élite.

      C’est contre cet ordre établi, et les inégalités et les injustices sociales qu’il génère, que se dresse aujourd’hui la « gen Z ». Ces jeunes, souvent diplômés, mieux connectés, ne trouvent pas leur place au soleil et sont frappés de plein fouet par les effets de cette mutation. Beaucoup sont pris en étau entre un marché de l’emploi « ubérisé », dominé par la précarité, et la fermeture des frontières des pays occidentaux. Pour les sociétés du Sud, cette restriction des migrations se traduit aussi par un effondrement des mandats, source essentielle de revenus face au déclin de l’aide internationale. L’humiliation dans les consulats, les morts du désert et de la mer ravivent le ressentiment anticolonial et antiesclavagiste.
      De même qu’il existe une interconnexion entre les révolutions conservatrices – les retrouvailles de la Russie de Poutine avec l’Afrique, les affinités entre le trumpisme et les extrêmes droites européennes, etc. –, il y a propagation, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, des mobilisations de la génération Z.

      La génération Z est-elle capable de produire un contre-discours idéologique ?

      Elle ne l’est pas ! Les réseaux sociaux favorisent la visibilité et la mobilisation, mais pas l’élaboration d’un projet politique. La révolution tunisienne de 2011 l’a bien montré : derrière les jeunes manifestants, le rôle décisif a été joué par les militants syndicaux et par une élite qui avait compris que, pour sauver ce qui pouvait l’être, il fallait que Ben Ali « dégage ». Ce dernier n’a pas été renversé, il a été accompagné à l’aéroport… Sans organisation ni relais politique, une révolte, si courageuse et spectaculaire soit-elle, n’assure pas de débouché politique, et ouvre la porte à un rapide retour de bâton. C’est sans doute la limite du mouvement Femme, vie, liberté en Iran, l’une des premières manifestations de la « gen Z », qui a réussi à déplacer les lignes de la répression vestimentaire mais n’incarne pas une relève politique.

      Au Maroc, les revendications des contestataires étaient extrêmement raisonnables, focalisées sur des inégalités et des injustices criantes. Mais le système des partis, chétif et discrédité, n’a pas su se saisir de cette dynamique. La monarchie, avec son habileté habituelle et grâce à une légitimité toujours forte, a su, comme en 2011, désamorcer le mouvement en lâchant un peu de lest.

      Cela dit, la génération Z n’est pas homogène, ni forcément « sympathique ». Elle peut porter des valeurs de justice et de liberté, mais aussi des valeurs réactionnaires et violentes. En Afrique de l’Ouest, elle est séduite par des discours nationalistes datés et par le puritanisme religieux. Elle soutient souvent les coups d’Etat militaires (Mali, Burkina Faso, Niger…), car elle s’identifie aux jeunes soldats, et, au Sénégal, elle a contribué à la victoire électorale de dirigeants souverainistes aux prises de position antiféministes et homophobes. En Afrique, on assiste à une forme de révolte des « cadets sociaux » contre l’establishment de leurs aînés au pouvoir depuis les indépendances.

      Cette « gen Z » et la révolution conservatrice ne sont-elles donc pas antinomiques ?

      Elle peut même avoir avec elle de vraies affinités : on le voit en France, où le Rassemblement national mobilise davantage la jeunesse que la plupart des partis de gauche. Cette génération peut entrer en résonance avec la révolution conservatrice, voire contribuer à la radicaliser, à l’image des jeunes qui, entre les deux guerres mondiales, avaient misé sur le fascisme et le national-socialisme dans leur rejet des élites.
      En Russie, on ne sait pas trop ce qu’il reste de la génération Z libérale. Elle a été réduite au silence, réprimée par Poutine depuis son retour au Kremlin, en 2012, et une large partie a sans doute fichu le camp au moment de l’invasion de l’Ukraine [en 2022]. A l’intérieur du pays, la génération Z est souvent ultranationaliste, nostalgique de l’URSS, séduite par la spiritualité orthodoxe, et elle soutient globalement l’« opération spéciale » contre les « nazis » et autres « homosexuels » de Kiev.
      Et ce sont des courants de la diaspora iranienne très proches de la sphère Make America Great Again qui relaient Femme, vie, liberté à l’étranger, en flattant paradoxalement le nationalisme d’une partie de ses activistes de l’intérieur – un nationalisme qui est la chose la mieux partagée en Iran et qui permet une certaine porosité entre le régime et ses contestataires.

      Au-delà du phénomène générationnel, le mouvement actuel s’identifiant « gen Z », notamment par le Jolly Roger, le pavillon noir du héros du manga « One Piece », porte surtout des revendications de justice, de liberté, de démocratie participative. Il n’a pas grand-chose à voir avec la jeunesse réactionnaire que vous avez mentionnée…

      Les mêmes mots d’ordre peuvent nourrir des projets politiques différents. Prenons la justice : des jeunes l’invoquent pour dénoncer l’establishment ; d’autres, plus progressistes, pour combattre les inégalités. Même chose pour la liberté, qui peut être comprise comme émancipation individuelle, ou bien comme souveraineté nationale. En Afrique de l’Ouest, par exemple, cette dernière se nourrit du ressentiment anticolonial et antiesclavagiste sur lequel surfent des acteurs politiques et militaires.
      Les idéaux politiques de la génération Z sont très ambivalents, et facilement récupérables. Son rapport à la religion joue aussi un rôle : aux Etats-Unis avec les militants nationalistes chrétiens de MAGA, en Amérique latine avec le pentecôtisme, ou encore au Sénégal, avec l’essor d’un islam réformiste opposé aux confréries, accusées de compromission avec l’establishment.
      On peut dire qu’il y a un temps mondial de la génération Z, en miroir de celui des révolutions conservatrices, mais que ces mouvements ne s’opposent pas pour autant. Il peut y avoir des glissements de l’un à l’autre. J’insisterais surtout sur l’historicité propre de chaque société. Les mouvements nationalistes de la décolonisation étaient déjà des mouvements de jeunes. La jeunesse est un dénominateur commun, mais elle n’est pas la même d’un continent à l’autre.
      N’oublions pas, enfin, que cette génération Z est celle du Covid-19. Les confinements, imposés de manière autoritaire, voire violente, par l’Etat, à un âge où l’on se construit affectivement et socialement, ont laissé des séquelles psychologiques, y compris dans les sociétés prospères.

      Le label générationnel que revendiquent les jeunes manifestants d’aujourd’hui ne traduit-il pas l’effacement des repères partisans traditionnels et leur remplacement par des affinités fondées sur l’âge ?

      Je nuancerais la nouveauté du phénomène. Au XIXe siècle déjà, des mouvements comme ceux de 1848, ou les Wandervogel [les « oiseaux migrateurs », qui prônaient le retour à la nature et la liberté, en réaction à l’industrialisation] en Allemagne, revendiquaient une identité de jeunesse, même s’ils étaient liés à des idéologies ou à des projets de réforme politique. Les Wandervogel, d’abord politiquement indéterminés, ont d’ailleurs fini par basculer vers le nationalisme après le traumatisme de la première guerre mondiale.
      Il est vrai que les grandes idéologies ont implosé : le communisme est mort ; le libéralisme et la démocratie ont perdu à leur tour de leur crédit. Même l’islam politique ne joue plus le même rôle structurant. Au Sahel, par exemple, le djihadisme se dissout désormais dans le virilisme armé, et dans des logiques plus locales, notamment agraires, que religieuses.
      Ce vide laisse la place à un signifiant plus flou : la jeunesse. Mais cette bannière très large a une portée limitée. Si tous les jeunes sont jeunes, ils diffèrent en matière de classe sociale, de genre et de territoire. Il faudrait analyser la génération Z sur le plan sociologique. N’est-elle pas surtout urbaine, c’est-à-dire issue de la classe moyenne frustrée face au durcissement autoritaire et au blocage des horizons économiques ?

      La « gen Z » n’est-elle pas piégée par son horizontalisme qui, faute de débouché politique, contribue parfois à renforcer les logiques verticales qu’elle conteste ?

      Oui, exactement. Faute d’une idéologie claire et de structures organisées, ces mouvements sont condamnés à s’étioler ou à faire appel à des personnes ou à des institutions se présentant comme providentielles, portes ouvertes à la restauration de régimes autoritaires. On le voit au Bangladesh, où une personnalité consensuelle [Muhammad Yunus, Prix Nobel de la paix en 2006] a été portée au pouvoir sans véritable capacité politique, ou à Madagascar et dans le Sahel, où l’armée a repris la main.
      Le Sénégal fait un peu figure d’exception – même si, à mon avis, il s’agit là d’une révolution conservatrice typique –, car le parti désormais au pouvoir [Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef)] a résisté à la répression et remporté les élections de manière incontestable.

      Au Niger, au Burkina Faso et au Mali, les régimes militaires s’essoufflent. La jeunesse qui les avait acclamés se détourne. Dans ces pays, la génération Z est souvent en armes : djihadistes, milices d’autodéfense, confréries de chasseurs qui, dans les campagnes, gèrent les conflits agraires par la violence. Derrière tout cela plane encore l’ombre de l’esclavage, le grand non-dit de ces sociétés, notamment au Mali, où environ la moitié de la population serait d’origine servile.

  • Rencontre Terrestres : Face au chaos du monde, le pari d’un nouvel #Internationalisme
    https://www.terrestres.org/2025/06/10/rencontre-terrestres-face-au-chaos-du-monde-le-pari-dun-nouvel-internati

    Plutôt que d’assister impuissant⸱e à la désolante fascisation du monde, venez nous retrouver le mercredi 18 juin à l’Académie du climat à Paris ! Le philosophe Pierre Dardot et le sociologue Christian Laval viendront dialoguer avec Terrestres à propos de leur dernier livre « Instituer les mondes. Pour une cosmopolitique des #Communs ». L’article Rencontre Terrestres : Face au chaos du monde, le pari d’un nouvel internationalisme est apparu en premier sur Terrestres.

    #Capitalisme #Politique

  • Marche pour #Gaza. Samedi 21 juin 15H place Mangin #Nantes
    https://nantes.indymedia.org/events/148358/marche-pour-gaza-samedi-21-juin-15h-place-mangin-nantes

    La marche citoyenne vers Bruxelles, soutenue par plusieurs organisations afin de peser enfin sur les gouvernements et l’UE pour imposer la fin du massacre, se décline localement à Nantes ce samedi. Etape de Nantes samedi 21 juin Départ : 15 h place Victor Mangin 44 Nantes, rejoignez nous ! Arrivée : 18h place…

    #Antisionisme #complicité_de_génocide #Europe #Free_Palestine #Internationalisme #Musique

  • Chiapas : Rencontres internationales de Résistances et Rébellion
    https://lundi.am/Chiapas-Rencontres-internationales-de-Resistances-et-Rebellion

    Alors que le Mexique et les familles de disparu·es font face à une nouvelle vague d’horreur et de mensonges dépassant les pires scénarios avec la découverte d’un centre d’extermination et plusieurs fosses communes clandestines liées au narcotrafic et impliquant vraisemblablement l’appareil d’État à tous les niveaux, les collectifs poursuivent l’organisation de leurs résistances et leur volonté de lutter, corps et âmes, pour un autre monde. Il y a quelques mois, à l’appel de l’EZLN, se tenait au Chiapas, la première session des « Rencontres internationales de Résistances et Rébellions – la Tempête et le jour d’Après ». Retour sur cet événement qui a pris la forme d’un partage d’analyses puis d’un festival culturel et qui s’est annoncé comme étant la première étape d’une série de rencontres auxquelles les communautés zapatistes nous invitent afin de faire face ensemble à la tempête, de préparer le jour d’après et de développer le Commun.

    #EZLN #zapatistes #tempête #communs #anticapitalisme #Mexique #Chiapas #internationalisme

  • Tariq Ali, an Anti-Imperialist Life - An interview with Tariq Ali
    https://jacobin.com/2024/12/tariq-ali-anti-imperialism-interview


    Tariq Ali at his home in London on July 15, 2003. Cambridge Jones

    24.12.2024 Interview by Stathis Kouvelakis

    Tariq Ali’s new book, You Can’t Please All, is a follow-up to his “autobiography of the ’60s,” Street-Fighting Years. These new memoirs covering the period from 1980 to 2024 reflect the author’s prolific activity and span a uniquely broad range of topics. They take in everything from Latin America to Pakistan, Perestroika, Britain under Margaret Thatcher and after, the author’s family background, cultural interventions on TV and on stage, cricket in the postcolonial era, a political reading of Don Quixote, and much more.

    Ali’s account testifies to the deep change the world has seen since the global post-1968 retreat. Reflecting on his own trajectory, it explores the ways in which revolutionaries, mass movements, and intellectuals responded to a new situation.

    Interviewed by Stathis Kouvelakis for Jacobin, Ali focuses on the running thread of his political life: anti-imperialism, and its meaning in the post–Cold War period of globalized neoliberal capitalism.
    Anti-Imperialism and the Left, From the 1960s to Today

    Stathis Kouvelakis

    Anti-imperialism dominated your entire life, from your first political action — a demo in the streets of Lahore after the killing of Patrice Lumumba in 1961 — up to the 2000s, when, after a long period dedicated mostly to cultural work, you returned to active politics around antiwar and anti-imperialist politics. You have always been a staunch internationalist, but your internationalism has a definite anti-imperialist edge, right?

    Tariq Ali

    I think that’s true. Living in Pakistan, I was completely obsessed from a very young age with reading all the magazines that came into the house. They were mainly communist magazines from the United States — Masses and Mainstream, Monthly Review — and then from Britain, the New Statesman, Labour Monthly, and only very late on the New Left Review. I read them because I was interested in the postcolonial situation. In Pakistan, we were going through a postcolonial phase, which seemed no different from what it was under the last days of British imperialism. Everything was run by the British, who then handed it over to the Americans.

    When I read about Lumumba’s death, I was really enraged. We called a meeting at the college, and I said, “We can’t not go out into the streets.” But, according to an old British imperial law, it was punishable by heavy imprisonment to demonstrate as more than five people together. But we decided we’d do it and about two hundred showed up. We explained who Lumumba was and they said, “We’re marching to the US consulate because these are the people who had him killed.” One guy asked, “Is there any proof?” The whole place burst out laughing. No one doubted it was the Americans. We came back from the embassy, and we felt so strong and gutsy that we started chanting slogans against the military dictatorship in Pakistan. We did that and the country was bemused: Who are these crazy kids?

    That was a memorable demonstration, because it took everyone by surprise. There had not been a single demonstration about Lumumba in the West or in India, in countries where it would be legal, with big communist parties. I still run into people who say, “I remember the Lumumba demonstration in Lahore.” I say, “Were you on it?” They say, “Yes, yes, of course. . .” So, it seems by now that the size of the demo has increased to 50,000 people! [laughs]

    Then, the Chinese Revolution was taking place. The entire left-progressive movement — trade unions and peasant movements in the forefront — were constantly talking about China. When I was very young, my parents took me to the May Day meeting and the only talk was China: the slogan chanted was: “We will take the Chinese road, comrades.”

    So, the whole notion of struggle and revolution came very early to me, and it wouldn’t have happened had I grown up in a different part of my own family. It was my parents being communist and people from that milieu coming regularly to our house — poets, radicals — that propelled me on that path. I remember when the French were defeated at Điện Biên Phủ, apolitical people were celebrating. A cousin of my mother’s, who was a film producer, rang her up to celebrate and said, “My son was born today, I’ve named him Ho Chi Minh.” My mother said, “If even these people are celebrating Điện Biên Phủ, we may not be so unlucky in this country.” It was a semi-nationalist but staunchly anti-European and anti-American anti-imperialist feeling among the people generally.

    Stathis Kouvelakis

    What’s remarkable in your case, coming from the Global South, is not that you became an anti-imperialist in the 1960s and ’70s, but that you remained so. Since you restarted political activity in the world that followed the fall of the Soviet Union, you’ve been campaigning against the new imperialist wars, acting and connecting with various experiments, particularly in Latin America, resisting American imperialism. Many on the Left remained opposed to neoliberalism but abandoned anti-imperialism.

    Tariq Ali

    There’s an interesting contradiction here. I joined the Fourth International [FI, what was then known as the “United Secretariat”] because it was anti-imperialist and internationalist, and these were its most attractive features. I was quite shocked when they began to move away from that.

    I remember meeting with Daniel Bensaïd in Paris in some café, and he said, “There’s the fortieth anniversary of 1968 coming up, what should we do? You always have good ideas on how to have big celebrations.” I said, “Daniel, internationalism, as we once understood it, is just creeping out of your own ranks. Back in 1968, you were renaming streets in the Latin Quarter ‘Heroic Vietnam Street.’” He said, “Okay, what are you suggesting?”

    I said, “A huge celebration of the changes in South America. Let’s call the Zapatistas; it’s not impossible that Hugo Chávez will come. We will have Evo [Morales] from Bolivia. We will get the progressive left in this country: there are a few people still keeping on. They’re not revolutionaries like we were, but they are left social democrats. They’ve been propelled to power by mass movements.” Daniel said, “It’s a very interesting idea, but I don’t think anyone among the anti-capitalists will support it. It’s not because they are hostile as such, but it doesn’t interest them.” I said, “This is deeply shocking.” He said, “I can imagine that for someone like you, it’s even more shocking.”

    He knew what was going on, as some other comrades from the old days were in denial.

    At the time of the Iraq War, I had a big discussion with Catherine Samary of the Ligue Communiste Révolutionnaire. Of course, she was against the war. But I asked her, “How do you explain the fact that in all the big countries in Europe, you had gigantic antiwar demos [on February 15, 2003]; millions in London, Rome, and Madrid, even the Germans managed 100,000. You, in France, managed nothing.”

    Stathis Kouvelakis

    There were demos though: in Paris, the numbers were similar to the ones in Germany.

    Tariq Ali

    They were comparatively small. Catherine’s argument was that [then president] Jacques Chirac opposed the war, and that’s why people felt they were represented. I said, “But hang on. Charles de Gaulle opposed the Vietnam War. That didn’t stop you. It’s a deep, fundamental structural problem in what’s happened to the French intelligentsia and the French left.” A bit later, when the French edition of my book on the Iraq War [Bush à Babylone: La Recolonisation de l’Iraq] came out with La Fabrique, I was going with Éric Hazan to bookshops in Paris and a couple of other places to give talks. At one event, I said, “I get the feeling that a section of the French intelligentsia, particularly around the Parti Socialiste and liberals, really would have liked to have been part of this war.” Éric interrupted me and said, “He is completely right on that.”

    The evolution in France was very disappointing. We had enormous faith in that group [the Ligue Communiste, later the Ligue Communiste Révolutionnaire] and its élan, in the 1960s and 1970s. It is slightly ironic that the “state capitalist” wing of the Trotskyist movement [the British Socialist Workers Party (SWP) and its international network, the International Socialist Tendency (IST)] turned out to be much sharper and much better, on Yugoslavia, on Iraq, and now on Ukraine. They opposed very strongly NATO and the US. One reason we used to criticize the IST group was because of its lack of internationalism.

    But if you look now, it’s the Mandelite currents that have been found wanting and have sort of disappeared. Whereas without the handful of SWP Trotskyists like Lindsey German and John Rees, we couldn’t have built the antiwar campaign. Britain is the only country in the world where the Stop the War Coalition, even in bad times, survived. We didn’t let it go under.

    Stathis Kouvelakis

    There is obviously a relation between this persistence and the size of the movement in support of Palestine in Britain.

    Tariq Ali

    Without any doubt. On Palestine, we’d had at least one demonstration every year, so the British progressive movement was ready when it came. These are the people who organize the Palestine demos, then the Palestine Solidarity Campaign. They came and it was fantastic, it got larger and larger. I warned them that sooner or later this will go down: we have to think of other actions. And then other actions began quite spontaneously by a new generation, fresh to politics, that we’d never expected. They are not attracted to small groups — the old way of doing things.

    Here we come to the problem, which is that whereas in French politics you have Jean-Luc Mélenchon, here [in Britain] there’s no one else but Jeremy Corbyn. His weaknesses as a left-wing leader come to the fore. He’s hooked on Labourism even when he’s expelled from it.

    Stathis Kouvelakis

    Could you comment on the following statement made by another Trotskyist leader, Michel Raptis, also known as Pablo. Toward the end of his life, he said to the Mexican revolutionary and theorist Adolfo Gilly, “The deepest meaning of the twentieth century was this immense movement for the liberation of the colonies, oppressed peoples and women, not the revolution of the proletariat, which was our myth and our God.” Would you agree?

    Tariq Ali

    Partly. That is what Ernest Mandel used to sometimes call — in relation to what he called “centrists” — the worshipping of faits accomplis.

    Stathis Kouvelakis

    But, as you say in your book, he was accusing the New Left Review of doing that. . .

    Tariq Ali

    Yes, and he was right. However, in Portugal, we came very close to a revolutionary dénouement, in my opinion, much closer than in France in May and June 1968, because there the French Communist Party was a huge bulwark, whereas in Portugal the Communist Party, whether we like it or not, was on the side of the far left. But they were totally outmaneuvered. I remember huge workers’, soldiers’, peasants’ demonstrations in Portugal where the chant was “Revolution, revolution, socialism.”

    Then Mario Soares, the social democratic leader, came and said, “Yes, we will have socialism. But do we want the socialism of Eastern Europe? No. Do we want the socialism of the Russians? No. Then why does our dear comrade Álvaro Cunhal [secretary-general of the Portuguese Communist Party] constantly go on about the dictatorship of the proletariat? We’ve got rid of one dictatorship, and they want to bring another one on that model.” Cunhal could never answer that. Ideologically, we were defeated in Portugal.

    Ernest [Mandel] was shaken because he was very excited, though the FI underestimated Portugal because [Mandel] was convinced that the revolution would break first in Spain. A number of us who knew Spain better, said to him, “There’s going to be a huge compromise in Spain.” He said, “You’re wrong. The traditions of the POUM [Workers’ Party of Marxist Unification], of anarchism etc. . . .” The Basque comrades [of ETA-VI], who were very sharp, said the post– [Francisco] Franco succession will be good because we’ll be legal, but nothing much will change. Portugal took the FI completely by surprise.

    Stathis Kouvelakis

    So, for you, the twentieth century was still the century of missed revolutionary opportunities, even in Europe or in the advanced capitalist countries.

    Tariq Ali

    Yes, I think that was the case until 1975, the defeat of the Portuguese Revolution was the decisive factor.

    Stathis Kouvelakis

    More than the coup in Chile?

    Tariq Ali

    The coup in Chile had, of course, a big impact. But there was huge sympathy for Chile, even among bourgeois circles, there was not a sense that the revolution had been defeated. I remember Hortensia Allende being welcomed by the then British prime minister and leader of the Labour Party, Jim Callaghan, who embraced her in public. She addressed the Labour Party conference saying, “Comrade Allende has been murdered,” and the whole conference stood in silence. Fidel Castro felt very strongly that we’d now been defeated for generations to come, but that was not the sense we had in Europe. In Europe, the crucial test was Portugal, and the Americans knew that. NATO money was poured into Soares and his [reformist] party.
    Imperialism Today: One Global American Empire?

    Stathis Kouvelakis

    Let’s come now to the post-1990 world. Your position is that there is only one global empire, the US empire. How would you then characterize China and Russia? Are they imperialist powers; do they have to be put on the same plane as the US? This is the position of a whole part of the radical left today, which makes a parallel between the current situation and the interimperialist configuration of the pre–World War I period. The same people add that, by thinking that one imperialism is by far the dominant one, and so more dangerous for any progressive government, you commit the sin of “campism.”

    Tariq Ali

    I was quite clear on this question in The Clash of Fundamentalisms. Who was the big winner of the collapse of the Soviet Union and the Chinese turn to the capitalist road? It was the United States. American capitalism remained the strongest capitalism, not just militarily, but economically and technologically. It’s no accident that the Internet emerged on the west coast of the US, not the west coast of China. US ideological domination was virtually unchallengeable. We had to challenge it, of course, but we wouldn’t be able to do so if we stopped saying that America was an imperial power.

    It doesn’t make sense to say that because the Soviet Union imploded and China went capitalist that there is no longer an imperial power. I was very strongly against that view, but people were very reluctant to counter it. At academic conferences, when I talked about “US imperialism,” there was a slight shudder, meaning we thought we’d lost all that world. No, you didn’t lose that world, you lost another one. When I was in the Soviet Union in the late 1980s and early 1990s talking to senior party intellectuals, what was driving them mad was that Mikhail Gorbachev couldn’t see that they were going to be crushed by these bastards unless we had something. Yevgeny Primakov in particular feared that Gorbachev was preparing a capitulation.

    My view about China and Russia is that they are essentially nationalist, that they will defend their nationalism, or national sovereignty if you want to call it that. The Russians said this includes not having NATO surrounding us, or NATO trying to break us up into little bits. And the Chinese say similar things. Leave us alone, don’t provoke us with Taiwan. The Americans could have done this, it was there for them to grab, but they did exactly the contrary.

    Perry [Anderson] and I had this discussion in private and my view was that the debate between Karl Kautsky and [Vladimir] Lenin on ultraimperialism versus interimperialist contradictions seems to have been solved in favor of Kautsky. For most of the twentieth century, Lenin was more or less correct, but now after the fall of the Soviet Union, it looks as if we’re going to get an ultraimperialism in some form in which all the European powers would more or less capitulate. There’s no question of them fighting back. I felt that even more strongly now, during the assault on Palestine.

    In the 1990s, the Russians and the Chinese were prepared to go along with US ultraimperialism and the Europeans, but they were too huge to be swallowed up like Europe has been, especially China. There was a big debate within Chinese economic circles on whether they should just cave in to the neoliberal way of going to capitalism. Then there came a big backlash from inside the Communist Party of China saying, “No, we can’t go like that, we can’t make the Gorbachev mistake.” Deng Xiaoping had advised Gorbachev that perestroika [restructuring] is fine, but you can’t do perestroika properly unless you forget about glasnost [openness and transparency]. From a purely cynical standpoint, he was not so wrong.

    The whole strategy of the US and of the thinkers and military specialists who run that country is that the only way to maintain its hegemony is by breaking everything up into little bits, so that no country emerges that can ever challenge it, till the end of humanity. That’s what the US has been doing wherever you look. That’s what they did in Yugoslavia, albeit unthinkingly. [Bill] Clinton told an audience in some American town that the war in Yugoslavia was in the interest of the US. And they’ve done the same in the Middle East: to break it up, divide the three countries that had huge armies that threatened Israel and the American hegemony in the region.

    Stathis Kouvelakis

    So you don’t see China’s economic rise and expansion at a global scale turning into a new imperialism.

    Tariq Ali

    It could, if the United States provokes them. I don’t deny that possibility. The Americans had two big plans for destabilizing China: Tibet and Taiwan. Tibet is now integrated by a mega-influx of Han Chinese migrants. They’ve done this also by modernizing Tibet and making lots of jobs available for Tibetans. The result is quite astonishing: it’s a classic, imperial-style operation, but not like what the Brits did when they took a place like India. They are building infrastructure, not just trains and things for supply routes.

    Concerning Taiwan, any attempt by the West to encourage any provocations by the government in Taipei is unlikely to work since trade between the two regions is intense and any armed adventures would be totally counterproductive for Taiwan and its citizens. So how is this going to shake out? It is difficult to predict. But if the Americans try and break China into tiny parts, the Chinese could do anything. They will not take it lying down.

    Stathis Kouvelakis

    Let’s come now to Ukraine, another crucial development of recent years. There is no question of supporting the [Vladimir] Putin regime or thinking it is somehow friendly to the Left. I assume that you agree with Susan Watkins’s analysis of the Ukraine war, which sees it as a combination of three kinds of wars. Inspired by Mandel’s analysis of World War II, she sees it as an interimperialist war, a national war against a foreign invasion, and a civil war particularly affecting the Donbas. The most controversial element here is probably the interimperialist dimension, which means US imperialism’s responsibility in provoking this war by constantly expanding NATO eastward.

    Tariq Ali

    That brings us back to what these Soviet comrades were telling me: that Gorbachev is giving all this away without even a written treaty, that previous semi-capitulations or whatever have always had a treaty, and the Germans were prepared even to offer one. The Americans weren’t. They gave verbal assurances: “not one inch eastward” as explained in Mary E. Sarotte’s book. She’s a right-wing liberal but her book gives a solid account of how the Americans operated and what they did from the beginning when Gorbachev asked mildly, “What do we get in return for handing over East Germany to you?” He was given an assurance by the Americans, not one step eastward with NATO. And Gorbachev believed it. This should have been enshrined in a treaty — which could have been disregarded, of course, but still, it would have been there and given some legal basis.

    So then they started moving NATO regularly [eastward] till they landed in Ukraine. William J. Burns, who’s now head of the CIA [Central Intelligence Agency], was ambassador to Russia between 2005 and 2008. When he got back to the United States, he wrote a paper to Condoleezza Rice, [then secretary of state], saying very clearly the one thing we shouldn’t provoke them on, which they regard as a red line, is incorporating Ukraine into NATO. He now, of course, says: “I warned them in private and I was proved right.”

    Personally, I didn’t think Putin would invade. He took everyone by surprise. Of course, we have strongly criticized him and he should get out. But the only way now is to come out [of the war] via negotiations. One of his senior advisers told a friend of mine: “Putin kept this as a total secret. But, when I later asked about the mounting casualties, etc., he said, ‘Don’t be too critical of me. We are the last generation who could take on the Americans. If I hadn’t done this, the next generation would never have done it. They sort of half live in that world themselves.’”

    Stathis Kouvelakis

    How do you respond to a moral argument that has some purchase, even on the Left: if Ukrainians want to join NATO and be part of the West, why should we deny them the right to do so? Wouldn’t that go against the notion that they have agency and reproduce a kind of colonial attitude toward Ukrainians? Some suggest that this is the sin of the Western radical left, which disregards Eastern European people and doesn’t take seriously their desire to get rid of Russian domination.

    Tariq Ali

    My response is that the last elections in Ukraine before the “Euromaidan revolution” returned an overtly pro-Russian candidate, Viktor Yanukovych. That president was removed by an American “color revolution,” i.e., a regime change that they organized. Who believes that they would ever support anything like genuine democracy? Putin destroyed his own chances, because even people who were very pro-Russian can’t have anything to do with him now.

    So, it’s a mess. I’m in favor in general of having referendums, but let’s have them openly. Let’s have no military presence in that country at all and let the fascist wing of the [Ukrainian military] be completely disarmed. Otherwise, how can you have the proper conditions for a referendum? The Ukrainians may then vote for [NATO], which I doubt since lots of reports and articles that Volodymyr Ishchenko is writing indicate a growing dissatisfaction.

    Stathis Kouvelakis

    There is a lot of talk about the rise of the Global South as an independent actor on the global scene. This has been confirmed by the North-South divide we’ve seen both on the issue of Ukraine and on Palestine. This isn’t homogeneous — Narendra Modi’s India, for instance, refused to apply sanctions against Russia but is very pro-Israel. All in all, do you think that we are moving toward a multipolar world? If so, is there something positive in this change, despite the fact that all these emerging powers in the Global South are just capitalist countries?

    Tariq Ali

    I would say that it’s an attempt to move to a multipolar world that would never have happened without the Chinese. It is a sign that the Chinese are serious in at least pushing back on American plans. But I don’t think that of the Global South as such. They can obviously resist on Palestine, as it’s so blatant what the Americans and the West are up to. But the notion that they would do it on everything . . . that I doubt very much. Most of the bourgeois forces in these countries can be bought off. It’s really not so much about ideology as of who pays out more cash. It’s the same with Pakistan. India is obviously different, but even in Brazil some pressure has been exercised on [Luiz Inácio Lula da Silva] to pull back from his initial position, which was very strongly against the United States and in support of the Palestinians.

    Lula used to say, “They’ve taken me for a fool.” Once he was tricked by Barack Obama, who flattered him and he fell for it, he said, “This will never happen again.” It’s not a personal thing. It’s American interest, US support for Jair Bolsonaro and involvement in the parliamentary coup against Dilma Rousseff. So, he hasn’t gone back, but he has been playing with them. He’s also nervous that the military is still infected with Bolsonaro.

    I think that each country is playing things according to its own interests. There’s no overriding theme of opposing the United States. We had a better version of it in the 1960s with the Bandung Conference.

    Stathis Kouvelakis

    Yes, but there was a different social project there.

    Tariq Ali

    I agree, there’s no social project now at all, which is why it’s so easy to dismantle if the Americans wanted to do it.

    The Palestinian Cause: A New Vietnam?

    Stathis Kouvelakis

    The movement in support of Palestine, has been, I think, the most hopeful development in the West in the recent period. Can we establish a parallel between this and the movement against the Vietnam War in the 1960s, of which you were a protagonist? Do you think that Western governments’ near-unanimous support for the genocide in Gaza will somehow backfire, provoking a moral and political crisis and a crisis of legitimacy in the imperial center like the movement in support of Vietnam did?

    Tariq Ali

    There are several things to be said on this. First, it is not like the Vietnamese movement and the solidarity movement with Vietnam because that movement for most of us who participated in it had a very clear social content. It was not just for national liberation. However faulty, it was led by a communist party whose central leader was a Comintern guy, Ho Chi Minh. That had a big impact all over, especially where there were mass communist parties. It created tensions within these parties, with the leaderships who were saying, “We support the Vietnamese, but don’t say it too loudly.” It was [a conflict of] “peace in Vietnam” versus “victory to the Vietnamese.” That enabled us to divide these parties, in particular their youth wings, all over Europe.

    Here, in Britain, the far left combined was larger than the Communist Party’s youth wing. The far left and its periphery hegemonized the youth very quickly. That’s why we organized university occupations. The SWP [at the time, called International Socialists] and the young International Marxist Group played a big role in that, even if numbers were small. It varied from country to country, but it happened at the height of the twentieth century.

    Then, the way the Vietnamese struggle was carried out, the way the Vietnamese called for internationalism, was absolutely crucial. I recall once in North Vietnam, when I was with the North Vietnamese prime minister, Pham Van Dong, I said, in front of lots of people, “Comrade, time for International Brigades.” He took me aside and said, “Look, I’ll tell you what the problem is. This isn’t Spain, which is part of Europe. This is a country far away. So, just transporting you guys over for political propaganda would cost us a lot of money, and we don’t have that much. Then, we have to make sure that you guys are protected. Because this isn’t a war fought with rifles, the Americans are bombing us all the time, they will kill some of you.”

    I said “So what? Your people are dying.” He said, using these words, “No, it’s not a good idea. A better idea is to go back and build mass movements in solidarity with us. Much more useful than a tiny show.” I said, “The British consul general in Hanoi, who fought in World War II, told me over tea three days ago that when he heard the bombers coming, he felt like grabbing a gun and going out onto the ceiling and firing at them.” Pham Van Dong said, “Well, why doesn’t he? We won’t stop him.” He meant: you guys are sweet and nice and we appreciate it. He hugged me very warmly and said it would not be useful because times have changed.

    The other reason Pham Van Dong gave me for not having volunteers was that they were on a very tricky path between the Russians and the Chinese: “If we make a big appeal, we know thousands of people will come from Europe and elsewhere, but we’ll be summoned by Chairman Mao and the Russian leadership, saying, ‘What do you want? Why let these crazy people in? Are you saying we’re not giving you enough arms?’ So, we don’t get into that. It’s just easier.” So, the FI decided that building the solidarity movement with Vietnam was a central priority — one of the best things they ever did.

    The other big difference was that unlike the Palestinians, the Vietnamese had a state in the North and huge material support from the Soviets and the Chinese. They scored more and more victories on the ground. I attended a talk in Hanoi by their top military commanders, where some of us were allowed in. A high-ranked officer explained how they were going to crush the Americans.

    I was skeptical. I said, “Crush the Americans? Look what’s going on.” The colonel said, “We have a plan, a combination of guerrilla attacks and sudden mass attacks on them to take them.” He basically described the Tet Offensive. So, they were very convinced, and we said, “We might actually win this one. That would be a huge blow against the Americans.” And they did. That was the atmosphere.

    Palestine is also different in the sense that for the younger generation — not for the previous ones — the war in Gaza came as a huge shock. At the beginning, the good elements reacted to it like they would react to Black Lives Matter: occupy the parks and all that. But gradually it deepened, and something happened that didn’t happen with all these Black Lives Matter–style movements: they began to read and to ask questions. A very important element in the United States was the entry of young Jewish people into the movement. I couldn’t believe my eyes when I saw that the anti-Zionist young Jews had occupied Grand Central Station and said to the rest of the movement, “This is our business, just let us do it alone.” In Britain, too, they had their own banners, but they never did independent things like young American Jews did.

    That shook the Israelis and the AIPAC [American Israel Public Affairs Committee], but it didn’t touch the politicians, of course. My own feeling is that this created a new consciousness. If we can’t describe it as totally anti-imperialist, it’s not that far from it. People realize that is what the Israelis are doing with our money, with our bombs, in some cases with our soldiers, and it’s unacceptable.

    I’m optimistic that something will come out of it. There is admiration for the Palestinians who do fight back and total disgust for the soldiers they see muttering Nazi-style obscenities against the Palestinians like “Our children need protection because they’re not like Arab children.” These sort of “Kill the Arabs” chants are repeated by their supporters here. This has created a strong feeling that all institutions created by the United States after World War II are useless unless the Americans support them, starting with the great so-called United Nations, and all the international courts that they’ve tried to sabotage.

    The effect on the new generations is very positive. Ironically, the American state will soon realize this. Any other country can now say: “Who are you to tell us anything? We can go and do our own atrocities like the Israelis did. Why should we listen to you?” Actually, the whole structure of international relations has been dented by this particular war. The Israelis, backed by the West, have waged a genocide against the Palestinian people and its consequences will be with us for a long time. This is a memory that will not go — and wherever else the US does it now, people will react saying, “Go away! Don’t do it. We don’t believe you.” And I think it also has had an effect, whether people like it or not, on perceptions of Ukraine: “You say Ukraine is sacred, you defend them. We can’t do this, we can’t do that, because it might offend them. And in Palestine, you just watch freely.”

    Imperialist Interventions in the Middle East

    Stathis Kouvelakis

    One last question on the latest developments in the Middle East. What is your attitude when dictators are toppled in Iraq, Libya, and now Syria?

    Tariq Ali

    There is no cause for celebration when these acts are carried out by Western imperialisms under the leadership of the United States. When they are toppled by their own people, I celebrate. The West removes the people it doesn’t like at a particular moment. Saddam [Hussein] of Iraq was a hero when he acted for the US and started a war with Iran. He became a “Hitler” only when he invaded Kuwait, imagining he had a green light from the US. Then after 9/11, they finished off him and a million other Iraqis. Five million orphans. Then they lynched Saddam. Cause for celebration? I wrote against him and produced a documentary mocking him when he was alive.

    In Libya, NATO killed over 30,000 Libyans to push through regime change and lynch Muammar Gaddafi. “We came, we saw, he died” was Hillary Clinton’s celebration. French and British politicians took money from Gaddafi. The [London School of Economics begged for a big donation and its professors wrote young Gaddafi’s PhD for him. Lord Anthony Giddens [the theorist of Tony Blair’s “Third Way”] compared Libya to a “Norway of North Africa.”

    The same people supported NATO’s assault. I criticized him severely for many years. I did not celebrate his death. What is there to celebrate in the antics of Western imperialism? The same for Syria. Iraq has not yet recovered. Libya is a wreck, ruled by rival jihadists. Syria has already been divided. The huge triumph of the West is still playing itself out.

    They are no longer ashamed of displaying their double standards as we observe with the Israeli genocide in Palestine, but NATO’s useful idiots in London, Paris, Rome, Berlin, adornments of the bourgeois media and their supporters in the barely existent left, still pretend that advances are being made. In one of his remarks on theater, Bertolt Brecht stressed that he was interested in the “new bad days, not the old good ones.” There are no longer any good ones left. Centuries before him, Baruch Spinoza — who has just had his sentence of expulsion rescinded by the Synagogue in Amsterdam — offered his own advice: “Neither to laugh nor to cry but to understand.” NATO liberals should reflect on it.

    #internationalisme #anti-impérialisme #gauche

  • Avis de tempête

    Adresses n°7 : internationalisme et démocr@tie

    Nul n’osait le prévoir, Trump est élu président des États-Unis. Les Républicains MAGA (Make America Great Again) sont majoritaires au Sénat et à la Chambre des représentants, sans oublier la Cour suprême.

    Il ne s’agit pas d’un simple événement électoral mais d’un bouleversement qui a déjà des impacts dans le monde entier, comme pour la majorité des populations civiles.

    Nous proposons quelques éclairages sur l’élection étasunienne et sur les possibilités de résistance. Les élections américaines ne sont pas, hélas, exceptionnelles dans ce monde en profondes mutations

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/12/12/avis-de-tempete

    #internationalisme

  • Appel à dons pour le fonds de solidarité Asie 2025 d’ESSF – Faire front ensemble

    Nous lançons notre appel annuel pour abonder notre Fonds permanent de solidarité Asie de l’année 2025. Nous sommes engagés dans une spirale mortifère d’aggravation des multiples crises dont nous subissons les effets – depuis « l’accélération réactionnaire » internationale symbolisée par l’élection de Donald Trump, jusqu’à un réchauffement climatique hors contrôle. Maintenir les solidarités, sous toutes leurs formes, est une urgence qui ne se dément pas. L’engagement de notre association est d’assurer la continuité de cette solidarité, y compris financière, envers des mouvements dont nous soutenons l’action, dans quatre pays asiatiques, pour l’appui qu’elles assurent à des populations profondément affectées par des catastrophes d’origine humaine ou naturelle.

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    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/12/07/appel-a-dons-pour-le-fonds-de-solidarite-asie-

    #internationalisme

  • Le pacifisme et le campisme risquent de submerger la gauche à jamais

    Je crois que l’invitation à la discussion proposée par « Refrattario » est incontournable et, dans une certaine mesure, dépasse le simple débat sur la fourniture d’armes à l’Ukraine. Toutefois, je vais essayer d’être aussi concis que possible (j’y parviens rarement) pour expliquer ma position sur la question spécifique des armes, que je crois en tout cas largement partagée par le groupe auquel j’appartiens – Sinistra per l’Ucraina (Gauche pour l’Ukraine) – et sur la nécessité d’une discussion et d’une confrontation plus larges.
    J’essaierai de me concentrer brièvement sur des questions plus générales qui, en fin de compte, m’ont amené à défendre ma position.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/10/18/le-pacifisme-et-le-campisme-risquent-de-submer

    #international #internationalisme

  • « Être de gauche, c’est être du côté des opprimés » Une interview de Carola Rackete

    « Être de gauche, c’est être du côté des opprimés partout, que ce soit en Palestine, au Kurdistan ou en Ukraine : raison pour laquelle il faut que l’UE continue à livrer des armes à Kiev et autorise des attaques visant des cibles sur le territoire russe ». C’est ainsi que Carole Rackete, l’ancienne capitaine du Sea Watch, élue sans-parti sur la liste de DIE LINKE au Parlement européen, résume les raisons pour lesquelles elle a voté pour la dernière résolution du Parlement concernant le soutien militaire à l’Ukraine.
    Cette interview, menée par Marco Bresolini, a été publiée dans le quotidien italien La Stampa le 28 septembre 2024. Nous remercions Carola Rackete d’en avoir autorisé la publication en allemand. Christian Zeller rappelle brièvement en annexe les points essentiels de la résolution et donne quelques éléments d’explication sur les votes émis par les membres de la fraction GUE-NGL.
    Carole Rackete a le mérite d’une position cohérente qui doit être soutenue sans réserve.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/10/12/etre-de-gauche-cest-etre-du-cote-des-opprimes-

    #internationalisme

  • Perdre le Sud. Décoloniser la #solidarité_internationale

    Travailleuse d’usine mexicaine, cultivateur de riz indien, ménagère ougandaise, fermière aymara : ces personnes ont en commun d’être nées dans des nations exploitées ou opprimées. C’est le résultat de l’#ordre_mondial institutionnalisé : la prospérité de l’Occident vient en grande partie de l’appauvrissement du reste du globe. Pourtant, les positions antimondialisation actuelles sont trop souvent synonymes de #fermeture_des_frontières et de #repli sur soi. Pour faire contrepoids, #Maïka_Sondarjee développe une position internationale pour la #gauche qui est réellement solidaire avec les nations du Sud : l’#internationalisme_radical. Avec cette vision anticapitaliste, décoloniale et féministe de la coopération internationale, elle souhaite intégrer l’Autre au cœur de nos préoccupations. Une invitation à décoloniser la solidarité internationale et à envisager une transition globale juste, seule façon de ne pas perdre le Sud.

    https://ecosociete.org/livres/perdre-le-sud
    #exploitation #oppression #Sud_global #anti-capitalisme #décolonial #féminisme #coopération_internationale #transition_globale #ressources_pédagogiques
    #livre

    ping @karine4 @_kg_

  • Ukraine-Palestine : cause commune ? (+ Internationalistes toujours et partout)

    La mobilisation aux côtés de la résistance ukrainienne est la raison d’être de l’association Ukraine CombArt que nous avons créée en réponse à l’invasion à grande échelle de février 2022.

    Pourquoi soutenons-nous l’Ukraine ? Parce que nous défendons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ici contre l’impérialisme poutinien, ses bombardements permanents d’objectifs civils et ses nettoyages ethniques dans les territoires temporairement occupés, ses crimes de guerre et ses crimes contre l’humanité. Par internationalisme, en somme, et par convictions radicalement démocratiques. Ces valeurs ne sont pas à géométrie variable, valables ici mais pas là-bas.

    Dans le monde tel qu’il va, d’autres solidarités nous requièrent mais la guerre entre Israël et la Palestine est, pour moi, la plus directement imbriquée avec la cause de l’Ukraine combattante : dans le contexte géopolitique de ces derniers mois, la question palestinienne impacte directement la question ukrainienne. Se taire à son sujet va pour moi à l’encontre de ce qui fonde notre engagement pour l’Ukraine et affaiblit la solidarité dont son peuple a un besoin vital.

    Lire les textes en entier :
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/07/01/ukraine-palestine-cause-commune

    #internationalisme #ukraine #palestine

  • Hélène Tordjman, « La croissance verte contre la nature »
    https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2024/05/31/helene-tordjman-la-croissance-verte-contre-la-nature

    Version imprimable de La croissance verte contre la nature Hélène Tordjman La croissance verte contre la natureCritique de l’écologie marchande Introduction «  C’est une triste chose de songer que la nature parleet que le genre humain n’écoute pas  ».Victor Hugo, Carnets, 1870 Envoyer des nanoparticules de soufre dans l’atmosphère pour atténuer le rayonnement solaire ; «  fertiliser  » les océans […]

    #Articles_d'intérêt_et_liens_divers #[VF] #Agroécologie #Internationalisme #Marchés_du_carbone #Technosolutionnisme #Transhumanisme


    https://2.gravatar.com/avatar/2e86edb6869ad618f52242644383e9665082817a44ce419d4c36880090934335?s=96&d=

  • Alain Gresh revive/ravive Maxime Rodinson, un peu trop oublié.

    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/israel-fait-colonial-maxime-rodinson-met-ko-bernard-henri-levy,7337

    Les dirigeants sionistes surent, comme l’a démontré l’historien israélien Zeev Sternhell
    1
    , manipuler ces « vieilles passions communistes » pour créer des kibboutz très militarisés – « une main sur la charrue, l’autre sur le glaive » – dont l’objectif réel était le maillage du territoire palestinien, premier pas vers sa conquête.

    Marx écrivait qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il se fait de lui-même. On ne peut évaluer non plus un mouvement sur l’idée qu’il se fait de lui-même. Il ne s’agit pas de nier la sincérité de cette « passion communiste » qui animait (certains) émigrants juifs, mais d’analyser leur pratique politique réelle, nombre de massacres et de crimes se sont fait au nom du Bien et de « la civilisation ». Rodinson a bien mis en lumière le point aveugle de ces colons :

    La suprématie européenne avait implanté, jusque dans la conscience des plus défavorisés de ceux qui y participaient [à l’émigration en Palestine], l’idée que, en dehors de l’Europe, tout territoire était susceptible d’être occupé par un élément européen. Le cas de l’utopie sioniste n’était pas, de ce point de vue, différent de celui des utopies socialistes du type de l’Icarie de Cabet
    2
    . Il s’agit de trouver un territoire vide, vide non pas forcément par l’absence réelle d’habitants, mais une sorte de vide culturel. En dehors des frontières de la civilisation (…), on pouvait librement insérer, au milieu de populations plus ou moins arriérées et non contre elles, des « colonies » européennes qui ne pouvaient être, pour employer anachroniquement un terme récent, que des pôles de développement.

    Ce sentiment de supériorité n’était pas propre au seul mouvement sioniste, on le retrouve dans le mouvement ouvrier à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe siècle. Ainsi, les communards en Algérie qui se réclamaient de la Commune de Paris de 1871, saluaient la répression de l’insurrection des indigènes, qui embrasait alors le pays
    3
    . Les fédérations algériennes de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) votèrent massivement l’adhésion à l’Internationale communiste au congrès de Tours en 1920, tout en dénonçant le nationalisme indigène « rétrograde » et en prônant l’assimilation. Tous ces socialistes chantaient pourtant « L’Internationale », se réclamaient de « la dictature du prolétariat », appelaient au soulèvement des « damnés de la Terre » réduits aux seuls ouvriers européens. Il fallut la création de l’Internationale communiste pour que s’impose, non sans obstacles, le mot d’ordre « prolétaires de tous les pays et peuples opprimés unissez-vous », et pour rompre en paroles et parfois en actes avec les vieilles tendances coloniales de la social-démocratie.

  • Naomi Klein : « Nous avons besoin d’un exode du sionisme » - UJFP Analyses, opinions & débats
    https://ujfp.org/naomi-klein-nous-avons-besoin-dun-exode-du-sionisme

    C’est un peu ancien déjà mais je viens de me rendre compte que ce texte important de Naomi Klein n’était pas présent sur Seen This.

    En cette Pâque, nous n’avons pas besoin ni ne voulons de la fausse idole du sionisme. Nous voulons nous libérer du projet qui commet un génocide en notre nom.

    J’ai pensé à Moïse et à sa colère lorsqu’il descendit de la montagne pour trouver les Israélites adorant un veau d’or.

    L’écoféministe en moi a toujours été inquiète face à cette histoire : quel genre de Dieu est jaloux des animaux ? Quel genre de Dieu veut s’approprier tout le caractère sacré de la Terre ?

    « Pas comme les autres Pâques » : des centaines de manifestants juifs arrêtés après le Seder de protestation à New York

    Mais il existe une manière moins littérale de comprendre cette histoire. Il s’agit de fausses idoles. De la tendance humaine à vénérer ce qui est profane et brillant, à regarder vers le petit et le matériel plutôt que vers le grand et le transcendant.

    Ce que je veux vous dire ce soir, lors de ce Seder révolutionnaire et historique dans les rues, c’est qu’un trop grand nombre de notre peuple adore une fois de plus une fausse idole. Ils en sont ravis. Ivre de ça. Profané par cela.

    Cette fausse idole s’appelle le sionisme.

    Le sionisme est une fausse idole qui a pris l’idée de la terre promise et l’a transformée en acte de vente pour un ethno-État militariste.

    C’est une fausse idole qui prend nos histoires bibliques les plus profondes de justice et d’émancipation de l’esclavage – l’histoire de la Pâque elle-même – et les transforme en armes brutales de vol de terres coloniales, en feuilles de route pour le nettoyage ethnique et le génocide.

    C’est une fausse idole qui a pris l’idée transcendante de la terre promise – une métaphore de la libération humaine qui a traversé de multiples confessions aux quatre coins du monde – et a osé en faire un acte de vente pour un ethno-État militariste.

    La version de libération du sionisme politique est elle-même profane. Dès le début, cela a nécessité l’expulsion massive des Palestiniens de leurs foyers et de leurs terres ancestrales dans la Nakba.

    Depuis le début, elle est en guerre contre les rêves de libération. Lors d’un Seder, il convient de rappeler que cela inclut les rêves de libération et d’autodétermination du peuple égyptien. Cette fausse idole du sionisme assimile la sécurité israélienne à la dictature égyptienne et aux États clients.

    Dès le début, cela a produit une vilaine forme de liberté qui considérait les enfants palestiniens non pas comme des êtres humains mais comme des menaces démographiques – tout comme le pharaon du Livre de l’Exode craignait la population croissante des Israélites et ordonnait donc la mort de leurs fils.

    Le sionisme nous a amenés à notre moment actuel de cataclysme et il est temps que nous le disions clairement : il nous a toujours conduit là.

    C’est une fausse idole qui a conduit beaucoup trop de nos concitoyens sur une voie profondément immorale et qui les amène désormais à justifier la destruction des commandements fondamentaux : tu ne tueras pas. Tu ne voleras. Tu ne convoiteras pas.

    Nous, dans ces rues depuis des mois et des mois, sommes l’exode. L’exode du sionisme

    C’est une fausse idole qui assimile la liberté juive aux bombes à fragmentation qui tuent et mutilent les enfants palestiniens.

    Le sionisme est une fausse idole qui a trahi toutes les valeurs juives, y compris la valeur que nous accordons au questionnement – ​​une pratique ancrée dans le Seder avec ses quatre questions posées par le plus jeune enfant.

    Y compris l’amour que nous portons en tant que peuple aux textes et à l’éducation.

    Aujourd’hui, cette fausse idole justifie le bombardement de toutes les universités de Gaza ; la destruction d’innombrables écoles, d’archives, d’imprimeries ; le meurtre de centaines d’universitaires, de journalistes, de poètes – c’est ce que les Palestiniens appellent le scolasticide, la destruction des moyens d’éducation.

    Pendant ce temps, dans cette ville, les universités font appel à la police de New York et se barricadent contre la grave menace que représentent leurs propres étudiants qui osent leur poser des questions fondamentales, telles que : comment pouvez-vous prétendre croire en quoi que ce soit, et encore moins en nous, pendant que vous permettez, investissez et collaborez avec ce génocide ?

    La fausse idole du sionisme a pu se développer sans contrôle pendant bien trop longtemps.

    Alors ce soir on dit : ça s’arrête là.

    Notre judaïsme ne peut pas être contenu par un ethno-État, car notre judaïsme est internationaliste par nature.

    Notre judaïsme ne peut pas être protégé par l’armée déchaînée de cet État, car tout ce que fait l’armée, c’est semer le chagrin et récolter la haine – y compris contre nous en tant que Juifs.

    Notre judaïsme n’est pas menacé par des personnes qui élèvent la voix en solidarité avec la Palestine, sans distinction de race, d’origine ethnique, de capacité physique, d’identité de genre et de génération.

    Notre judaïsme est l’une de ces voix et sait que dans ce chœur résident à la fois notre sécurité et notre libération collective.

    Notre judaïsme est le judaïsme du Seder de Pâque : le rassemblement en cérémonie pour partager de la nourriture et du vin avec des êtres chers et des étrangers, le rituel qui est intrinsèquement portable, suffisamment léger pour être porté sur notre dos, n’ayant besoin que les uns des autres : non des murs, pas de temple, pas de rabbin, un rôle pour chacun, même – surtout – pour le plus petit des enfants. Le Seder est une technologie de la diaspora s’il en est, conçue pour le deuil collectif, la contemplation, le questionnement, la mémoire et la renaissance de l’esprit révolutionnaire.

    Alors regardez autour de vous. Voilà notre judaïsme. Alors que les eaux montent et que les forêts brûlent et que rien n’est sûr, nous prions sur l’autel de la solidarité et de l’entraide, quel qu’en soit le prix.

    Nous n’avons pas besoin ni ne voulons de la fausse idole du sionisme. Nous voulons nous libérer du projet qui commet un génocide en notre nom. Se libérer d’une idéologie qui n’a pas d’autre plan de paix que celui de s’occuper des pétro-États théocratiques meurtriers d’à côté, tout en vendant au monde les technologies des assassinats robotisés.

    Nous cherchons à libérer le judaïsme d’un ethno-État qui veut que les Juifs aient perpétuellement peur, qui veut que nos enfants aient peur, qui veut nous faire croire que le monde est contre nous afin que nous courions vers sa forteresse et sous son dôme de fer, ou à au moins maintenir les armes et les dons à flot.

    C’est la fausse idole.

    Et ce n’est pas seulement Netanyahu, c’est le monde qu’il a créé et qui l’a fait – c’est le sionisme.

    Que sommes-nous ? Nous, dans ces rues depuis des mois et des mois, sommes l’exode. L’exode du sionisme.

    Et aux Chuck Schumers1 de ce monde, nous ne disons pas : « Laissez partir notre peuple ».

    Nous disons : « Nous sommes déjà partis. Et vos enfants ? Ils sont avec nous maintenant. »

  • ★ Il n’est de juste guerre que la guerre de classe (OCL nov. 2022)

    « Lorsque deux impérialismes s’affrontent, grande est la tentation de choisir son camp.
    Il y a ceux qui le font clairement en fonction de leurs options idéologiques et de leur intérêt (ou de ce qu’ils croient être leur intérêt). Il y a ceux qui hésitent, qui pèsent le pour et le contre, qui essayent de mesurer ce qu’il y a à gagner dans la victoire de l’un ou la défaite de l’autre et qui se refusent à condamner de manière identique et claire les deux camps : il y aurait, au bout du compte, un agresseur et un agressé.
    Parmi celles et ceux qui se rangent en temps de paix dans le camp anticapitaliste, anarchistes ou marxistes, on entend souvent l’argument consistant à dire que les grands principes anti-impérialistes sont valables en général, mais que cette fois-ci la situation est particulière. Cet argument, on l’a lu et entendu en 1914, en 1939, au moment de la guerre en Yougoslavie, de la guerre du Golfe ou de la guerre en Ukraine aujourd’hui. Eh oui, c’est une évidence, chaque situation est différente d’une autre ! Mais chaque grève aussi est différente d’une autre par son contexte, ses enjeux, ses acteurs, et cela ne veut pas dire qu’il est possible de choisir le camp des patrons ! Ou, sans aller jusque-là, de trouver quelque vertu à des alliances (temporaires, juré craché !) avec l’ennemi de classe… et de même, pour ce qui nous occupe ici, avec l’un des impérialistes (...)
     »

    ▶ Lire la suite... https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article3401

    #guerres #impérialisme #campisme #anticapitalisme #antiétatisme #antimilitarisme #internationalisme #Anarchisme

  • ★ Libertaires contre toutes les guerres - Le Libertaire GLJD

    La guerre qui oppose au Moyen-Orient un gouvernement israélien d’extrême-droite et le Hamas qui aspire à créer une dictature théocratique, a déjà fait plus de 12 000 morts à ce jour. Les colons israéliens s’en donnent aujourd’hui à cœur joie en Cisjordanie et étendent leur colonisation en tuant au passage de nombreux Palestiniens. A Gaza, l’armée israélienne bombardent et tuent des milliers de civils en réponse aux agissements criminels et terroristes du Hamas le 7 octobre dernier. Si les anarchistes sont toujours du côté des opprimés, de toutes les victimes civiles, des résistants à toutes les guerres, ils ne peuvent éluder un problème récurrent, notamment celui de la Palestine depuis l’après Seconde Guerre mondiale. A ce titre, il nous paraît intéressant d’étudier une alternative à la situation actuelle en proposant à nos lecteurs un texte tiré du site « Kurdistan au féminin » (...)

    #Anarchisme #Paix #Liberté #Justice #anticléricalisme #antimilitarisme #émancipation #internationalisme
    #Palestine #Gaza #Cisjordanie #hamas #Israël #haine #massacre #bombardements #destruction #morts #nationalisme #colonialisme #racisme #antisémitisme...

    https://le-libertaire.net/libertaires-contre-toutes-les-guerres

    https://le-libertaire.net/anarchistes-pour-la-paix

    https://le-libertaire.net/palestine-israel-pour-un-reel-processus-de-paix

  • ★ Ⓐ Arrêtons le massacre à Gaza ! - Le Libertaire GLJD

    Les informations à grand spectacle véhiculées par les médias sentent souvent la manipulation. On entend à bas bruits des appels à la haine raciale et on ne peut que s’inquiéter des conséquences irrationnelles de ces appels. L’opinion de la rue indispose les gouvernements au point que ces derniers essaient de la marginaliser voire carrément de l’interdire sous couvert de désordres. Mais le désordre est déjà là avec l’horreur et le cynisme de la guerre. L’opinion ne peut cautionner l’absurde et les tragédies car c’est bien de souffrances et de morts dont il s’agit.
    L’intolérable de l’action du Hamas le 7 octobre 2023 ne peut faire oublier la responsabilité qui incombe au gouvernement israélien dans la relégation du peuple palestinien au sein d’une prison à ciel ouvert. Aujourd’hui, après le déclenchement du énième conflit à Gaza, nous ne pouvons que dénoncer une logique de guerre qui plonge ses racines dans l’après Seconde Guerre mondiale. Le système capitaliste a besoin de guerres pour se refaire une santé économique : les ventes d’armes décollent et les usines d’armement tournent à plein régime (...)

    #Gaza #guerre #massacre #bombardements #colonialisme #capitalisme #militarisme #nationalisme
    #anarchisme #antiguerre #anticapitalisme #antimilitarisme #internationalisme...

    https://le-libertaire.net/arretons-le-massacre-a-gaza

  • ★ Ⓐ [Communiqué FA] Communiqué et positions anarchistes sur la situation en Palestine | Graine d’Anar

    La Fédération anarchiste francophone dénonce et condamne les agressions militaires qui embrasent depuis le 6 octobre le Moyen-Orient ou Asie du Sud-ouest pour être plus juste, relançant une guerre qui n’a jamais réellement cessé depuis 75 ans sur les territoires de Palestine.
    La Fédération anarchiste francophone exprime sa solidarité avec les populations arabes et juives qui subissent la violence et la guerre car une fois de plus, ce sont les populations civiles, toujours aux premières loges, qui paient de leurs sangs, de leurs conditions de vie et de leurs libertés les affrontements aux logiques nationalistes, capitalistes, militaires, et religieuses (...)

    🟥 #Palestine #Gaza #guerre #massacre #internationalisme #anticolonialisme #anticléricalisme #Paix #Liberté #Justice #Paix #NonÀLaGuerre #StopBombingCivilians #DroitsHumains...

    https://grainedanar.org/2023/11/19/communique-fa-communique-et-positions-anarchistes-sur-la-situation-en-p

  • ★ Ⓐ [Communiqué Relation Internationale FA] LES ANARCHISTES CONTRE LA GUERRE | Graine d’Anar

    « De nombreuses guerres sont en cours, économiques et sociales, environnementales, de religion. Toutes traversent le génocide contre les femmes, et ce plus particulièrement dans les théocraties islamiques. Cependant les seules guerres largement médiatisées et suscitant des communiqués tous azimuts dans l’heure, sont celles qui intéressent le capitalisme et ses pouvoirs, des conflits militarisés qui mettent en jeu les nationalismes et les découpages de frontières, et donc le contrôle de richesses exploitables, les intérêts de la finance, les ventes d’armes et de logistique, les enjeux industriels de la reconstruction, etc., bref les guerres menées par les États, leurs armées et leurs milices (...) »

    🟥 #Palestine #Gaza #guerre #massacre #internationalisme #anticolonialisme #anticléricalisme #Paix #Liberté #Justice #Paix #NonÀLaGuerre #StopBombingCivilians #DroitsHumains...

    https://grainedanar.org/2023/11/19/communique-relation-internationale-fa-les-anarchistes-contre-la-guerre