• Intéressant :

      Support for colorspaces and profiles

      Parce qu’à ma connaissance, c’est toujours pas possible de gérer les profils de couleur avec GD. Ce qui fait que si tu installes une photo en AdobeRGB dans SPIP, la version redimensionnées se retrouve toute terne (passage en sRGB sans conversion).

  • L’#Europe et la fabrique de l’étranger

    Les discours sur l’ « #européanité » illustrent la prégnance d’une conception identitaire de la construction de l’Union, de ses #frontières, et de ceux qu’elle entend assimiler ou, au contraire, exclure au nom de la protection de ses #valeurs particulières.

    Longtemps absente de la vie démocratique de l’#Union_européenne (#UE), la question identitaire s’y est durablement installée depuis les années 2000. Si la volonté d’affirmer officiellement ce que « nous, Européens » sommes authentiquement n’est pas nouvelle, elle concernait jusqu’alors surtout – à l’instar de la Déclaration sur l’identité européenne de 1973 – les relations extérieures et la place de la « Communauté européenne » au sein du système international. À présent, elle renvoie à une quête d’« Européanité » (« Europeanness »), c’est-à-dire la recherche et la manifestation des #trait_identitaires (héritages, valeurs, mœurs, etc.) tenus, à tort ou à raison, pour caractéristiques de ce que signifie être « Européens ». Cette quête est largement tournée vers l’intérieur : elle concerne le rapport de « nous, Européens » à « nous-mêmes » ainsi que le rapport de « nous » aux « autres », ces étrangers et étrangères qui viennent et s’installent « chez nous ».

    C’est sous cet aspect identitaire qu’est le plus fréquemment et vivement discuté ce que l’on nomme la « #crise_des_réfugiés » et la « #crise_migratoire »

    L’enjeu qui ferait de l’#accueil des exilés et de l’#intégration des migrants une « #crise » concerne, en effet, l’attitude que les Européens devraient adopter à l’égard de celles et ceux qui leur sont « #étrangers » à double titre : en tant qu’individus ne disposant pas de la #citoyenneté de l’Union, mais également en tant que personnes vues comme les dépositaires d’une #altérité_identitaire les situant à l’extérieur du « #nous » – au moins à leur arrivée.

    D’un point de vue politique, le traitement que l’Union européenne réserve aux étrangères et étrangers se donne à voir dans le vaste ensemble de #discours, #décisions et #dispositifs régissant l’#accès_au_territoire, l’accueil et le #séjour de ces derniers, en particulier les accords communautaires et agences européennes dévolus à « une gestion efficace des flux migratoires » ainsi que les #politiques_publiques en matière d’immigration, d’intégration et de #naturalisation qui restent du ressort de ses États membres.

    Fortement guidées par des considérations identitaires dont la logique est de différencier entre « nous » et « eux », de telles politiques soulèvent une interrogation sur leurs dynamiques d’exclusion des « #autres » ; cependant, elles sont aussi à examiner au regard de l’#homogénéisation induite, en retour, sur le « nous ». C’est ce double questionnement que je propose de mener ici.

    En quête d’« Européanité » : affirmer la frontière entre « nous » et « eux »

    La question de savoir s’il est souhaitable et nécessaire que les contours de l’UE en tant que #communauté_politique soient tracés suivant des #lignes_identitaires donne lieu à une opposition philosophique très tranchée entre les partisans d’une défense sans faille de « l’#identité_européenne » et ceux qui plaident, à l’inverse, pour une « #indéfinition » résolue de l’Europe. Loin d’être purement théorique, cette opposition se rejoue sur le plan politique, sous une forme tout aussi dichotomique, dans le débat sur le traitement des étrangers.

    Les enjeux pratiques soulevés par la volonté de définir et sécuriser « notre » commune « Européanité » ont été au cœur de la controverse publique qu’a suscitée, en septembre 2019, l’annonce faite par #Ursula_von_der_Leyen de la nomination d’un commissaire à la « #Protection_du_mode_de_vie_européen », mission requalifiée – face aux critiques – en « #Promotion_de_notre_mode_de_vie_européen ». Dans ce portefeuille, on trouve plusieurs finalités d’action publique dont l’association même n’a pas manqué de soulever de vives inquiétudes, en dépit de la requalification opérée : à l’affirmation publique d’un « #mode_de_vie » spécifiquement « nôtre », lui-même corrélé à la défense de « l’#État_de_droit », « de l’#égalité, de la #tolérance et de la #justice_sociale », se trouvent conjoints la gestion de « #frontières_solides », de l’asile et la migration ainsi que la #sécurité, le tout placé sous l’objectif explicite de « protéger nos citoyens et nos valeurs ».

    Politiquement, cette « priorité » pour la période 2019-2024 s’inscrit dans la droite ligne des appels déjà anciens à doter l’Union d’un « supplément d’âme
     » ou à lui « donner sa chair » pour qu’elle advienne enfin en tant que « #communauté_de_valeurs ». De tels appels à un surcroît de substance spirituelle et morale à l’appui d’un projet européen qui se devrait d’être à la fois « politique et culturel » visaient et visent encore à répondre à certains problèmes pendants de la construction européenne, depuis le déficit de #légitimité_démocratique de l’UE, si discuté lors de la séquence constitutionnelle de 2005, jusqu’au défaut de stabilité culminant dans la crainte d’une désintégration européenne, rendue tangible en 2020 par le Brexit.

    Précisément, c’est de la #crise_existentielle de l’Europe que s’autorisent les positions intellectuelles qui, poussant la quête d’« Européanité » bien au-delà des objectifs politiques évoqués ci-dessus, la déclinent dans un registre résolument civilisationnel et défensif. Le geste philosophique consiste, en l’espèce, à appliquer à l’UE une approche « communautarienne », c’est-à-dire à faire entièrement reposer l’UE, comme ensemble de règles, de normes et d’institutions juridiques et politiques, sur une « #communauté_morale » façonnée par des visions du bien et du monde spécifiques à un groupe culturel. Une fois complétée par une rhétorique de « l’#enracinement » desdites « #valeurs_européennes » dans un patrimoine historique (et religieux) particulier, la promotion de « notre mode de vie européen » peut dès lors être orientée vers l’éloge de ce qui « nous » singularise à l’égard d’« autres », de « ces mérites qui nous distinguent » et que nous devons être fiers d’avoir diffusés au monde entier.

    À travers l’affirmation de « notre » commune « Européanité », ce n’est pas seulement la reconnaissance de « l’#exception_européenne » qui est recherchée ; à suivre celles et ceux qui portent cette entreprise, le but n’est autre que la survie. Selon #Chantal_Delsol, « il en va de l’existence même de l’Europe qui, si elle n’ose pas s’identifier ni nommer ses caractères, finit par se diluer dans le rien. » Par cette #identification européenne, des frontières sont tracées. Superposant Europe historique et Europe politique, Alain Besançon les énonce ainsi : « l’Europe s’arrête là où elle s’arrêtait au XVIIe siècle, c’est-à-dire quand elle rencontre une autre civilisation, un régime d’une autre nature et une religion qui ne veut pas d’elle. »

    Cette façon de délimiter un « #nous_européen » est à l’exact opposé de la conception de la frontière présente chez les partisans d’une « indéfinition » et d’une « désappropriation » de l’Europe. De ce côté-ci de l’échiquier philosophique, l’enjeu est au contraire de penser « un au-delà de l’identité ou de l’identification de l’Europe », étant entendu que le seul « crédit » que l’on puisse « encore accorder » à l’Europe serait « celui de désigner un espace de circulation symbolique excédant l’ordre de l’identification subjective et, plus encore, celui de la #crispation_identitaire ». Au lieu de chercher à « circonscri[re] l’identité en traçant une frontière stricte entre “ce qui est européen” et “ce qui ne l’est pas, ne peut pas l’être ou ne doit pas l’être” », il s’agit, comme le propose #Marc_Crépon, de valoriser la « #composition » avec les « #altérités » internes et externes. Animé par cette « #multiplicité_d’Europes », le principe, thématisé par #Etienne_Balibar, d’une « Europe comme #Borderland », où les frontières se superposent et se déplacent sans cesse, est d’aller vers ce qui est au-delà d’elle-même, vers ce qui l’excède toujours.

    Tout autre est néanmoins la dynamique impulsée, depuis une vingtaine d’années, par les politiques européennes d’#asile et d’immigration.

    La gouvernance européenne des étrangers : l’intégration conditionnée par les « valeurs communes »

    La question du traitement public des étrangers connaît, sur le plan des politiques publiques mises en œuvre par les États membres de l’UE, une forme d’européanisation. Celle-ci est discutée dans les recherches en sciences sociales sous le nom de « #tournant_civique ». Le terme de « tournant » renvoie au fait qu’à partir des années 2000, plusieurs pays européens, dont certains étaient considérés comme observant jusque-là une approche plus ou moins multiculturaliste (tels que le Royaume-Uni ou les Pays-Bas), ont développé des politiques de plus en plus « robustes » en ce qui concerne la sélection des personnes autorisées à séjourner durablement sur leur territoire et à intégrer la communauté nationale, notamment par voie de naturalisation. Quant au qualificatif de « civique », il marque le fait que soient ajoutés aux #conditions_matérielles (ressources, logement, etc.) des critères de sélection des « désirables » – et, donc, de détection des « indésirables » – qui étendent les exigences relatives à une « #bonne_citoyenneté » aux conduites et valeurs personnelles. Moyennant son #intervention_morale, voire disciplinaire, l’État se borne à inculquer à l’étranger les traits de caractère propices à la réussite de son intégration, charge à lui de démontrer qu’il conforme ses convictions et comportements, y compris dans sa vie privée, aux « valeurs » de la société d’accueil. Cette approche, centrée sur un critère de #compatibilité_identitaire, fait peser la responsabilité de l’#inclusion (ou de l’#exclusion) sur les personnes étrangères, et non sur les institutions publiques : si elles échouent à leur assimilation « éthique » au terme de leur « #parcours_d’intégration », et a fortiori si elles s’y refusent, alors elles sont considérées comme se plaçant elles-mêmes en situation d’être exclues.

    Les termes de « tournant » comme de « civique » sont à complexifier : le premier car, pour certains pays comme la France, les dispositifs en question manifestent peu de nouveauté, et certainement pas une rupture, par rapport aux politiques antérieures, et le second parce que le caractère « civique » de ces mesures et dispositifs d’intégration est nettement moins évident que leur orientation morale et culturelle, en un mot, identitaire.

    En l’occurrence, c’est bien plutôt la notion d’intégration « éthique », telle que la définit #Jürgen_Habermas, qui s’avère ici pertinente pour qualifier ces politiques : « éthique » est, selon lui, une conception de l’intégration fondée sur la stabilisation d’un consensus d’arrière-plan sur des « valeurs » morales et culturelles ainsi que sur le maintien, sinon la sécurisation, de l’identité et du mode de vie majoritaires qui en sont issus. Cette conception se distingue de l’intégration « politique » qui est fondée sur l’observance par toutes et tous des normes juridico-politiques et des principes constitutionnels de l’État de droit démocratique. Tandis que l’intégration « éthique » requiert des étrangers qu’ils adhèrent aux « valeurs » particulières du groupe majoritaire, l’intégration « politique » leur demande de se conformer aux lois et d’observer les règles de la participation et de la délibération démocratiques.

    Or, les politiques d’immigration, d’intégration et de naturalisation actuellement développées en Europe sont bel et bien sous-tendues par cette conception « éthique » de l’intégration. Elles conditionnent l’accès au « nous » à l’adhésion à un socle de « valeurs » officiellement déclarées comme étant déjà « communes ». Pour reprendre un exemple français, cette approche ressort de la manière dont sont conçus et mis en œuvre les « #contrats_d’intégration » (depuis le #Contrat_d’accueil_et_d’intégration rendu obligatoire en 2006 jusqu’à l’actuel #Contrat_d’intégration_républicaine) qui scellent l’engagement de l’étranger souhaitant s’installer durablement en France à faire siennes les « #valeurs_de_la_République » et à les « respecter » à travers ses agissements. On retrouve la même approche s’agissant de la naturalisation, la « #condition_d’assimilation » propre à cette politique donnant lieu à des pratiques administratives d’enquête et de vérification quant à la profondeur et la sincérité de l’adhésion des étrangers auxdites « valeurs communes », la #laïcité et l’#égalité_femmes-hommes étant les deux « valeurs » systématiquement mises en avant. L’étude de ces pratiques, notamment les « #entretiens_d’assimilation », et de la jurisprudence en la matière montre qu’elles ciblent tout particulièrement les personnes de religion et/ou de culture musulmanes – ou perçues comme telles – en tant qu’elles sont d’emblée associées à des « valeurs » non seulement différentes, mais opposées aux « nôtres ».

    Portées par un discours d’affrontement entre « systèmes de valeurs » qui n’est pas sans rappeler le « #choc_des_civilisations » thématisé par #Samuel_Huntington, ces politiques, censées « intégrer », concourent pourtant à radicaliser l’altérité « éthique » de l’étranger ou de l’étrangère : elles construisent la figure d’un « autre » appartenant – ou suspecté d’appartenir – à un système de « valeurs » qui s’écarterait à tel point du « nôtre » que son inclusion dans le « nous » réclamerait, de notre part, une vigilance spéciale pour préserver notre #identité_collective et, de sa part, une mise en conformité de son #identité_personnelle avec « nos valeurs », telles qu’elles s’incarneraient dans « notre mode de vie ».

    Exclusion des « autres » et homogénéisation du « nous » : les risques d’une « #Europe_des_valeurs »

    Le recours aux « valeurs communes », pour définir les « autres » et les conditions de leur entrée dans le « nous », n’est pas spécifique aux politiques migratoires des États nationaux. L’UE, dont on a vu qu’elle tenait à s’affirmer en tant que « communauté morale », a substitué en 2009 au terme de « #principes » celui de « valeurs ». Dès lors, le respect de la dignité humaine et des droits de l’homme, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’État de droit sont érigés en « valeurs » sur lesquelles « l’Union est fondée » (art. 2 du Traité sur l’Union européenne) et revêtent un caractère obligatoire pour tout État souhaitant devenir et rester membre de l’UE (art. 49 sur les conditions d’adhésion et art. 7 sur les sanctions).

    Reste-t-on ici dans le périmètre d’une « intégration politique », au sens où la définit Habermas, ou franchit-on le cap d’une « intégration éthique » qui donnerait au projet de l’UE – celui d’une intégration toujours plus étroite entre les États, les peuples et les citoyens européens, selon la formule des traités – une portée résolument identitaire, en en faisant un instrument pour sauvegarder la « #civilisation_européenne » face à d’« autres » qui la menaceraient ? La seconde hypothèse n’a certes rien de problématique aux yeux des partisans de la quête d’« Européanité », pour qui le projet européen n’a de sens que s’il est tout entier tourné vers la défense de la « substance » identitaire de la « civilisation européenne ».

    En revanche, le passage à une « intégration éthique », tel que le suggère l’exhortation à s’en remettre à une « Europe des valeurs » plutôt que des droits ou de la citoyenneté, comporte des risques importants pour celles et ceux qui souhaitent maintenir l’Union dans le giron d’une « intégration politique », fondée sur le respect prioritaire des principes démocratiques, de l’État de droit et des libertés fondamentales. D’où également les craintes que concourt à attiser l’association explicite des « valeurs de l’Union » à un « mode de vie » à préserver de ses « autres éthiques ». Deux risques principaux semblent, à cet égard, devoir être mentionnés.

    En premier lieu, le risque d’exclusion des « autres » est intensifié par la généralisation de politiques imposant un critère de #compatibilité_identitaire à celles et ceux que leur altérité « éthique », réelle ou supposée, concourt à placer à l’extérieur d’une « communauté de valeurs » enracinée dans des traditions particulières, notamment religieuses. Fondé sur ces bases identitaires, le traitement des étrangers en Europe manifesterait, selon #Etienne_Tassin, l’autocontradiction d’une Union se prévalant « de la raison philosophique, de l’esprit d’universalité, de la culture humaniste, du règne des droits de l’homme, du souci pour le monde dans l’ouverture aux autres », mais échouant lamentablement à son « test cosmopolitique et démocratique ». Loin de représenter un simple « dommage collatéral » des politiques migratoires de l’UE, les processus d’exclusion touchant les étrangers constitueraient, d’après lui, « leur centre ». Même position de la part d’Étienne Balibar qui n’hésite pas à dénoncer le « statut d’#apartheid » affectant « l’immigration “extracommunautaire” », signifiant par là l’« isolement postcolonial des populations “autochtones” et des populations “allogènes” » ainsi que la construction d’une catégorie d’« étrangers plus qu’étrangers » traités comme « radicalement “autres”, dissemblables et inassimilables ».

    Le second risque que fait courir la valorisation d’un « nous » européen désireux de préserver son intégrité « éthique », touche au respect du #pluralisme. Si l’exclusion des « autres » entre assez clairement en tension avec les « valeurs » proclamées par l’Union, les tendances à l’homogénéisation résultant de l’affirmation d’un consensus fort sur des valeurs déclarées comme étant « toujours déjà » communes aux Européens ne sont pas moins susceptibles de contredire le sens – à la fois la signification et l’orientation – du projet européen. Pris au sérieux, le respect du pluralisme implique que soit tolérée et même reconnue une diversité légitime de « valeurs », de visions du bien et du monde, dans les limites fixées par l’égale liberté et les droits fondamentaux. Ce « fait du pluralisme raisonnable », avec les désaccords « éthiques » incontournables qui l’animent, est le « résultat normal » d’un exercice du pouvoir respectant les libertés individuelles. Avec son insistance sur le partage de convictions morales s’incarnant dans un mode de vie culturel, « l’Europe des valeurs » risque de produire une « substantialisation rampante » du « nous » européen, et d’entériner « la prédominance d’une culture majoritaire qui abuse d’un pouvoir de définition historiquement acquis pour définir à elle seule, selon ses propres critères, ce qui doit être considéré comme la culture politique obligatoire de la société pluraliste ».

    Soumis aux attentes de reproduction d’une identité aux frontières « éthiques », le projet européen est, en fin de compte, dévié de sa trajectoire, en ce qui concerne aussi bien l’inclusion des « autres » que la possibilité d’un « nous » qui puisse s’unir « dans la diversité ».

    https://laviedesidees.fr/L-Europe-et-la-fabrique-de-l-etranger
    #identité #altérité #intégration_éthique #intégration_politique #religion #islam

    • Politique de l’exclusion

      Notion aussi usitée que contestée, souvent réduite à sa dimension socio-économique, l’exclusion occupe pourtant une place centrale dans l’histoire de la politique moderne. Les universitaires réunis autour de cette question abordent la dimension constituante de l’exclusion en faisant dialoguer leurs disciplines (droit, histoire, science politique, sociologie). Remontant à la naissance de la citoyenneté moderne, leurs analyses retracent l’invention de l’espace civique, avec ses frontières, ses marges et ses zones d’exclusion, jusqu’à l’élaboration actuelle d’un corpus de valeurs européennes, et l’émergence de nouvelles mobilisations contre les injustices redessinant les frontières du politique.

      Tout en discutant des usages du concept d’exclusion en tenant compte des apports critiques, ce livre explore la manière dont la notion éclaire les dilemmes et les complexités contemporaines du rapport à l’autre. Il entend ainsi dévoiler l’envers de l’ordre civique, en révélant la permanence d’une gouvernementalité par l’exclusion.

      https://www.puf.com/politique-de-lexclusion

      #livre

  • Humaniser la #guerre ?
    https://laviedesidees.fr/Humaniser-la-guerre.html

    À propos de : Samuel Moyn, Humane. How the United States Abandoned Peace and Reinvented War, Verso. Les guerres entreprises contre le #terrorisme ne font guère que renforcer l’instabilité internationale. Mais si ce scandale n’éclate pas aux yeux, c’est qu’elles se parent d’une prétention à l’humanisation, qui conduit dans les faits à abandonner toute perspective de #paix.

    #International #humanité #intervention
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20230116_moyn.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20230116_moyn.pdf

  • Sahel, de Serval à Barkhane, dix ans d’intervention militaire | Le Club
    https://blogs.mediapart.fr/association-survie/blog/120123/sahel-de-serval-barkhane-dix-ans-dintervention-militaire

    Il y a 10 ans, le 11 janvier 2013, la France lançait l’opération #Serval au #Mali, au motif de contrer une avancée terroriste sur la capitale. Survie publiait alors une analyse qui alertait sur les zones d’ombres et les enjeux de cette opération, pointait l’illégitimité de la France à intervenir et l’échec programmé de cette intervention.

    La France faisait partie, de façon évidente du problème et non pas de la solution : ancien colonisateur empêchant le développement souverain et la vie démocratique, faiseuse de rois ou fauteuse de troubles, coupable de dizaines d’#interventions_militaires visant à soutenir des régimes ou ses propres intérêts contre la volonté des peuples, en incapacité manifeste à prendre en compte les risques d’une intervention militaire étrangère pour les Maliens et la région, surtout après la catastrophique opération de 2011 en Libye.

    Malheureusement, nous ne nous étions pas trompés [1]

    La réalité dépasse, et de loin, les évolutions anticipées à l’époque. A l’opération Serval a succédé l’opération #Barkhane et Survie, depuis, n’a cessé d’observer les évolutions de cet interventionnisme militaire, et l’ingérence française qui l’a accompagné. Son corollaire est connu : l’aggravation de la situation au Mali et plus largement dans la région, en particulier au #Burkina_Faso et au #Niger, que ce soit au niveau de la sécurité, de la vie démocratique et sociale ou du développement de ces pays.

  • Et si tout le monde héritait de Simone de Beauvoir ?
    https://joellepalmieri.org/2022/11/23/et-si-tout-le-monde-heritait-de-simone-de-beauvoir

    Je suis ravie de retrouver le samedi 3 décembre 2022 à 18h le cycle de conférences du Cercle des savoirs organisé au Moulin à huile par la médiathèque de La Roquebrussanne dans le Var. Après le genre en 2019, les dominations en 2021, j’interviens cette année sur le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir. On reviendra … Continuer de lire Et si tout le monde héritait de Simone de Beauvoir ?

    #Interventions_publiques #Féminisme #France #Pensée


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  • Sel’Issole : échanger sur la #Fibromyalgie
    https://joellepalmieri.org/2022/06/16/selissole-echanger-sur-la-fibromyalgie

    Le vendredi 24 juin 2022 à 18h, Sel’Issole m’invite à partager des savoirs avec des habitant·es du canton du Val d’Issole (Var) au Moulin à huiles à La Roquebrussanne. Je suis ravie d’échanger quelques palabres sur les maladies chroniques et leurs maux, une occasion de plus d’évoquer la fibromyalgie et mon dernier livre, « La douleur … Continuer de lire Sel’Issole : échanger sur la fibromyalgie

    #Interventions_publiques #Pensée #Santé


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  • Sel’Issole : échanger sur les maladies chroniques
    https://joellepalmieri.org/2022/01/20/selissole-echanger-sur-les-maladies-chroniques

    Le 29 janvier 2022 à 16h, Sel’Issole m’invite à partager des savoirs avec des habitant·es du canton du Val d’Issole (Var) au Moulin à huiles à La Roquebrussanne. Je suis ravie d’échanger quelques palabres sur les maladies chroniques et leurs maux, une occasion de plus d’évoquer la fibromyalgie et mon dernier livre, « La douleur … Continuer de lire Sel’Issole : échanger sur les maladies chroniques

    #Interventions_publiques #Pensée #Santé


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  • Covid Will Become Endemic. The World Must Decide What That Means

    The task of 2022 will be figuring out how much action we’re willing to take and how much disease and death we’ll tolerate.
    https://www.wired.com/story/covid-will-become-endemic-the-world-must-decide-what-that-means

    This is not the year-end we wanted, but it’s the year-end we’ve got. Inside it, like a gift basket accidentally left under the tree too long, lurks a rancid truth: The vaccines, which looked like the salvation of 2021, worked but weren’t enough to rescue us. If we’re going to save 2022, we’ll also have to embrace masking, testing, and maybe staying home sometimes, what epidemiologists broadly call nonpharmaceutical interventions, or NPIs.

    (...)

    “The key question—which the world hasn’t had to deal with at this scale in living memory—is how do we move on, rationally and emotionally, from a state of acute [emergency] to a state of transition to endemicity?” says Jeremy Farrar, an infectious disease physician who is director of the global health philanthropy the Wellcome Trust. “That transition period is going to be very bumpy, and will look very, very different around the world.” (...)

    To start, let’s be clear about what endemicity is, and isn’t. Endemicity doesn’t mean that there will be no more infections, let alone illnesses and deaths. It also doesn’t mean that future infections will cause milder illness than they do now. Simply put, it indicates that immunity and infections will have reached a steady state. Not enough people will be immune to deny the virus a host. Not enough people will be vulnerable to spark widespread outbreaks.

    Colds are endemic—and since some types of colds are caused by other coronaviruses, there’s been speculation this coronavirus might eventually moderate too. (The coronavirus OC43, introduced to humans in the late 1800s, took a century to do that.) But flu is also endemic, and in the years before we all started masking, it killed anywhere from 20,000 to 50,000 Americans each year. Endemicity, in other words, isn’t a promise of safety. Instead, as epidemiologist Ellie Murray has argued, it’s a guarantee of having to be on guard all the time. (...)

    *Researchers argue that we are late in explaining to people what endemicity actually represents. “We should have been trying, from a very early stage, to teach people how to do risk calculation and harm reduction,” says Amesh Adalja, a physician and senior scholar at the Johns Hopkins University Center for Health Security. “We still should be trying, because people have gone back to their lives. They have difficulty understanding that no activity is going to have zero Covid risk—even though we’ve got great tools, and more of them coming in the new year, that are going to allow us to make Covid a much more manageable illness.”*

    (...)

    But endemicity will be a daily grind, whenever we get there: a painstaking repetition of frequent testing, sometimes masking, and never quite being free of the need to think about the virus, like an annoying neighbor whom you wish would move away.

    If we resolve to do this better in the next round, we nevertheless are left with how we play out this one. “If we keep going as we are doing, it will be protracted and painful and prolonged,” Farrar says. “We need to commit to making sure everybody in the world has access to their two doses of vaccines by the end of March 2022. A level playing field isn’t just sort of a nice thing to do. It’s the only way to reduce the chance of other new variants coming.”

  • Congrès du SPS : être fibromyalgique et patiente-experte
    https://joellepalmieri.org/2021/12/08/congres-du-sps-etre-fibromyalgique-et-patiente-experte

    Dans le cadre du congrès du Syndicat des professionnels du shiatsu, j’intervenais samedi 4 décembre 2021, en visioconférence, sur le rôle de patientes-expertes des personnes atteintes de fibromyalgie. Lors de cette édition, l’occasion m’a été donnée de présenter mon livre « La douleur impensée – Autopsie féministe de la fibromyalgie, une “maladie de femmes” » et en … Continuer de lire Congrès du SPS : être fibromyalgique et patiente-experte

    #Interventions_publiques #Pensée #Santé
    https://joellepalmieri.files.wordpress.com/2021/11/congressps041221.m4a
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  • « Ignorance scientifique, ignorance de genre ? La construction genrée des problèmes de santé publique »
    https://joellepalmieri.org/2021/11/29/ignorance-scientifique-ignorance-de-genre-la-construction-genree-des

    Ce colloque, organisé par Béatrice Damian-Gaillard, Bleuwenn Lechaux, Eugénie Saitta du laboratoire de recherche Arènes, a lieu les 9 et 10 décembre à l’École des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes. J’interviens le jeudi 9 décembre sur l’agnotologie qui disqualifie, en France, la prise en charge médicale de la douleur et plus particulièrement … Continuer de lire « Ignorance scientifique, ignorance de genre ? La construction genrée des problèmes de santé publique »

    #Interventions_publiques #Domination #Féminisme #Pensée #Santé #Violences


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  • #Domination pour tout le monde !
    https://joellepalmieri.org/2021/11/24/domination-pour-tout-le-monde

    Je suis ravie de retrouver le vendredi 3 décembre 2021 à 19h le cycle de conférences du Cercle des savoirs organisé au Moulin à huiles par la médiathèque de La Roquebrussanne dans le Var. Après le genre en 2019, j’interviens cette année sur la domination. On causera violence, pouvoir, force, puissance, obéissance, appropriation, colonialité…. et on … Lire la suite →

    #Interventions_publiques #Colonialité #Féminisme #Pensée #Racisme #Violences


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  • Congrès du SPS : les savoirs des patientes
    https://joellepalmieri.org/2021/11/24/congres-du-sps-les-savoirs-des-patientes

    Le Syndicat des professionnels du shiatsu consacre son congrès annuel du 4 décembre 2021 à la relation praticien/patient. J’ai le plaisir d’intervenir en ligne à 15h20 sur l’importance de la prise en compte des savoirs des patientes dans le soin, une expertise acquise dans l’expérience de la maladie, et sur les moyens pour y parvenir. … Lire la suite →

    #Interventions_publiques #France #Pensée #Santé


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  • La douleur impensée à Paris
    https://joellepalmieri.org/2021/11/20/la-douleur-impensee-a-paris-2

    Le lancement de la « La douleur impensée : autopsie féministe de la fibromyalgie, une “maladie de femmes” », publié chez M Éditeur, à la librairie du Québec à Paris, à été très participatif. L’accueil chaleureux a permis aux présentes d’échanger autour du thème de la maladie, des systèmes médical et institutionnel qui l’entourent, et … Lire la suite →

    #Humeurs #Interventions_publiques #Féminisme #France #Pensée #Santé
    https://joellepalmieri.files.wordpress.com/2021/11/librairiequebec181121.m4a
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  • 10daysforideas : politiser la maladie
    https://joellepalmieri.org/2021/11/17/10daysforideas-politiser-la-maladie

    © Aurélie Villemain Lors de l’événement 10days4ideas, je participais, le 1er septembre 2021 à Bruxelles, à un atelier intitulé « #Covid-19, pour en finir avec la sidération ». L’échange très riche avec les autres invité·es a permis de faire émerger des communs dont l’importance d’établir des stratégies de transformation par la maladie, de révéler l’expertise … Lire la suite →

    #Interventions_publiques #Belgique #Féminisme #Pensée #Santé


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    • #construction_de_l'ignorance = #agnotologie ?

      En lien, cette fin de semaine, à Rennes et à distance, feat. @demeter (j’avais oublié que j’étais arrivé par elle, cf. https://seenthis.net/messages/938490) :

      [Colloque] Ignorance scientifique, ignorance de genre ? La construction genrée des problèmes de santé publique
      https://arenes.eu/events/event/ignorance-scientifique-de-genre
      Jeudi 9 décembre 2021 > Vendredi 10 décembre 2021
      [Rennes] MSH-B - Amphi Robert Castel (site EHESP)
      Orateur(s)
      Sezin Topçu, Ilana Löwy et les intervenant.e.s du colloque

      Le colloque a pour dessein de déployer une réflexion sur la façon dont sont produits et diffusés des savoirs et des ignorances, qu’il s’agit de saisir dans une perspective de genre, au sein des différents espaces sociaux où se trouve livrée une parole sur la santé : espaces scientifique, médiatique et politique.

      Il vise à explorer comment le genre structure les scènes d’énonciation des problèmes de santé, les rhétoriques de légitimation et de délégitimation des problèmes, ainsi que les actions déployées par des acteurs et actrices appartenant à ces différents espaces sociaux, mais aussi les coûts et les ressources qui accompagnent ces actions.

      La participation au colloque est libre et gratuite, avec inscription obligatoire pour les membres en présentiel ou en distanciel [par contre, pas plus d’infos sur comment visionner].

      Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 7 décembre sur https://isigenre.sciencesconf.org

      Le colloque se déroulera en respectant les gestes barrières avec le port du masque ; le pass sanitaire sera exigé à l’ouverture du colloque.

      Coordinatrices du projet : Béatrice Damian-Gaillard, Bleuwenn Lechaux, Eugénie Saitta, Comité d’organisation : Marylène Bercegeay, Gildas Brégain, Annabelle Demy, Sandy Montañola, Brice Noël, Suzanne Quintin.

      PROGRAMME

      Jeudi 9 décembre 2021

      A partir de 9h00 : Accueil des participant.e.s

      9h30-10h : Introduction / Jean-Pierre Le Bourhis, Béatrice Damian-Gaillard, Bleuwenn Lechaux, Eugénie Saitta

      10h00-11h : Conférence : Sezin Topçu : Des incertitudes sur les risques aux ignorances genrées ? Innovation technique, progrès biomédical et santé reproductive

      11h-12h30 : Opérer des tris dans les identités de genre : savoirs et dispositifs « gender blind »
      Président : Gildas Bregain , Discutant : Renaud Crespin

      Sarah Demart et Charlotte Pezeril : La production de l’ignorance des femmes racisées dans le champ du VIH/sida en Belgique
      Sylvain Besle, Emilie Charton et Estelle Vallier : Genre et recherche clinique : une participation inégalitaire aux essais précoces en cancérologie
      Mélanie Lallet et Marion Coville : Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grandes autistes femmes ?

      Pause déjeuner : 12h30-14h30

      14h30-15h30 : Conférence : Ilana Löwy : Corps genres et la production de l’ignorance : anatomie, physiologie, pathologie

      Pause : 15h30-16h00

      16h – 17h30 : Ignorance et genre des producteur·rice·s de savoirs en santé
      Président : Benoit Giry, Discutant : Jean-Noël Jouzel

      Cécile Lavier : « Les femmes, c’est la moitié de la population, mais c’est un sujet de niche ! » La prise en compte du genre comme stratégie au sein des organisations de santé.
      Maureen Sampic : Construction genrée et éducation autour des cancers
      Joëlle Palmieri : Fibromyalgie : une prise en charge médicale empreinte d’une histoire essentialiste de la douleur

      Vendredi 10 décembre 2021

      9h-10h45 : Opérer des tris dans les identités de genre : savoirs et dispositifs essentialisants
      Président : Renaud Hourcade Discutante : Lucile Ruault

      Sarah Perrin : Occultation et stigmatisation du genre féminin dans les recherches et politiques de santé publique liées aux drogues. Enjeux méthodologiques autour de la construction d’un savoir et de la recherche ethnographique sur une population invisibilisée
      Margaux Nève : Ignorances autour des causes de l’endométriose
      Eléonore Crunchant : Production d’ignorance dans l’anticipation de l’infertilité
      Lucile Hervouet : Les violences conjugales sont-elles un problème de femmes ? Construction et angles morts de l’action publique contre les violences intrafamiliales en Polynésie française.

      Pause : 10h45-11h

      11h-12h30 : Reconduire l’ignorance genrée des problèmes de santé
      Président : Marcel Calvez, Discutant : Emmanuel Henry

      Baptiste Schummer : « Le rose fait le poison ». De la pertinence du genre dans l’analyse des controverses relatives au glyphosate : entre rationalité(s), risque et danger.
      Raphaël Perrin : Quand des médecins produisent et reproduisent l’ignorance médicale : le cas de l’avortement et de ses risques
      Laura Verquere : Production de savoirs et reconduction d’ignorance dans le problème public du post-partum

      Pause Déjeuner : 12h30-14h

      14h-15h30 : Combattre l’ignorance genrée des problèmes de santé : savoirs concurrents
      Présidente : Sandy Montañola Discutante : Alice Romerio

      Sarah Roussel : “1er rdv gygy … comment ça se passe ???” : Approche socioreprésentationnelle de la construction des savoirs liés à l’examen gynécologique à partir des médias digitaux
      Carla Robison : De l’ignorance sexuelle au savoir “sans rapport avec les planches anatomiques” : le roman gynécologique ou la connaissance par corps
      Crystale Aounit : L’acné après la pilule. Controverses et expertise profane sur les effets des associations oestroprogestatives.

      cf. également l’ appel à communications :
      https://www.sfsic.org/aac-evenement/ignorance-scientifique-ignorance-de-genre-la-construction-genree-des-probleme
      Lien en pdf : https://www.sfsic.org/wp-inside/uploads/skp-membership/demande_adh/aac_ignorance-scientifique-ignorance-de-genre-la-construction-genree-des-prob

      Début :

      Alors que l’étymologie grecque du terme « ignorance » – ἀγνῶσις / agnôsis – se traduit en français par l’expression « ne pas savoir », les nombreuses études rattachées au domaine scientifique qu’est l’agnotologie étendent les significations couvertes par ce que ce vocable renfermait au préalable en s’attelant, par exemple, à comprendre comment on peut « ignorer ce que l’on sait » (Dedieu & Jouzel, 2015), soit « des situations dans lesquelles des savoirs potentiellement disponibles pour l’action ne sont pas utilisés » (Dedieu & Jouzel 2015 : 106).

  • Néoules : à La Passerelle on dissèque la fibromyalgie
    https://joellepalmieri.org/2021/11/12/neoules-a-la-passerelle-on-disseque-la-fibromyalgie

    Le 24 novembre 2021 à 14h30, j’ai le plaisir d’aller à la rencontre des habitant·es du canton du Val d’Issole (Var) lors d’un échange organisé par la Passerelle, au 7 avenue de Provence à Néoules. Cet échange permettra de présenter mon dernier livre, « La douleur impensée : autopsie féministe de la fibromyalgie, une “maladie … Lire la suite →

    #Interventions_publiques #Féminisme #France #Pensée #Santé


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  • « La douleur impensée » à Paris !
    https://joellepalmieri.org/2021/11/10/la-douleur-impensee-a-paris

    La librairie du Québec, distributeur de M Éditeur en Europe, vous invite à une rencontre et à une signature en ma présence autour de mon ouvrage « La douleur impensée – Autopsie féministe de la fibromyalgie, une “maladie de femmes” », le jeudi 18 novembre à 19h (ouverture des portes à 18h30) au 30 rue Gay Lussac, … Lire la suite →

    #Humeurs #Interventions_publiques #Féminisme #France #Pensée #Santé


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  • Shiatsu : une piste de traitement de la fibromyalgie
    https://joellepalmieri.org/2021/11/03/shiatsu-une-piste-de-traitement-de-la-fibromyalgie

    J’intervenais jeudi 28 octobre 2021, en visioconférence, sur le shiatsu comme piste de traitement de la fibromyalgie dans le cadre des Jeudis du SPS organisée par le Syndicat des professionnels du shiatsu. Lors de cette édition, l’occasion m’a été donnée de présenter mon livre « La douleur impensée – Autopsie féministe de la fibromyalgie, une “maladie de … Lire la suite →

    #Interventions_publiques #Pensée #Santé


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  • Jeudis du SPS : fibromyalgie et shiatsu
    https://joellepalmieri.org/2021/10/21/jeudis-du-sps-fibromyalgie-et-shiatsu

    Le Syndicat des professionnels du shiatsu consacre le 28 octobre à 18h30 un de ses rendez-vous mensuels en ligne sur la santé à mon expérience du shiatsu dans la gestion de la fibromyalgie. L’occasion m’est ainsi donnée de présenter mon livre « La douleur impensée – Autopsie féministe de la fibromyalgie, une “maladie de femmes” » sortie … Lire la suite →

    #Humeurs #Interventions_publiques #Pensée #Santé


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  • Sur le trottoir, l’État. La police face à la prostitution

    La prostitution n’est pas aisée à définir. Dans le tri entre échanges économico-sexuels légaux et illégaux, la police joue un rôle déterminant. Qu’est-ce qui déclenche l’#intervention_policière ? Qui, au contraire, passe à travers les mailles du filet ? Ces opérations de qualification s’inscrivent dans une institution et son histoire, celle d’une #police_des_mœurs historiquement chargée de la #surveillance de tous les « #déviants_sexuels » : prostitués, homosexuels, pornographes, exhibitionnistes, « libertins » ou conjoints adultères. Faisant suite à une immersion de plusieurs mois dans les brigades de police, ouvrant les dossiers et archives de la « Mondaine », cet ouvrage embarque le lecteur dans l’univers policier aux prises avec les #déviances_sexuelles.

    #Gwénaëlle_Mainsant suit les policiers en civil dans leurs enquêtes entre filatures, planques, interrogatoires, entrevues avec les indic’, interpellations, contrôles d’identité, mais aussi pendant les temps morts de l’enquête. Elle constate les bouleversements à l’œuvre (explosion de la prostitution étrangère, usage accru d’Internet, recrudescence de la prostitution masculine et transgenre) qui obligent les policiers à rompre avec leurs routines. Elle note aussi que l’indétermination de la prostitution comme celle des délits de #racolage et de #proxénétisme laisse libre cours aux interprétations pratiques des agents : une même personne peut être envisagée à la fois comme une victime de proxénétisme ou de traite et comme coupable de racolage et de franchissement illégal des frontières. Face à ces dilemmes pratiques, chargés de donner réalité à l’abolitionnisme qui guide la politique pénale, les policiers font des arbitrages, entre compassion et répression. Représentants de l’État et dépositaires d’un #pouvoir_juridique, ils sont aussi, dès lors, des agents de l’#ordre_social et sexuel.

    https://www.seuil.com/ouvrage/sur-le-trottoir-l-etat-gwenaelle-mainsant/9782021397895
    #police #livre #prostitution #Etat #ordre_sexuel

    ping @isskein @davduf

    • Le raccolage est encore un délit en France ? Je croyait que la loi abolitionniste changeait la charge de la culpabilité entre prostitueurs et prostitué·es. Est-ce que c’est une étude sur les pratiques avant cette loi ?

  • Les origines néolibérales de l’antiglobalisme

    « Globalistes » contre « Nationalistes », cette nouvelle ligne de fracture politique masque la vérité : les nationalistes populistes cherchent moins à défendre un modèle social qu’à s’affranchir des contraintes internationales imposés par les règles du #libre-échange. Leur but est en réalité d’aller vers plus de #capitalisme, et de contester le droit des nations non-blanches à intégrer équitablement le jeu du libre-échange mondial.

    Depuis que Trump a installé le conflit entre les « nationalistes » et les « globalistes » comme l’antagonisme politique central, il a été repris en chœur par tous les « populistes » sans exception, de Farage à Orban en passant par Salvini et Bolsonaro. Marine Le Pen a ainsi déclaré dans un récent entretien accordé à Breitbart (le média auparavant dirigé par Bannon) : « Le globalisme est un esprit post-national […] Il porte en lui l’idée que les #frontières doivent disparaître, y compris les protections que ces frontières apportent habituellement à une #nation. Elle repose sur l’idée que ce sont les #marchés tout puissants qui décident de tout. Ce concept de globalisme est poussé par des technocrates qui ne sont jamais élus et qui sont les personnes typiques qui dirigent les choses à Bruxelles dans l’Union européenne. Les gens qui croient aux nations – les nationalistes – c’est exactement le contraire. Ils croient que les nations sont le moyen le plus efficace de protéger la #sécurité, la #prospérité et l’#identité nationales pour s’assurer que les gens prospéreront dans ces nations. »

    À l’intérieur de cette opposition, le « nationalisme » est implicitement compris comme la défense des populations attaquées par la #globalisation_économique, le retour de la #souveraineté de l’#Etat-nation et le « #protectionnisme ». Dans un entretien accordé l’an passé au Figaro, #Emmanuel_Todd estimait qu’un renversement était en train de se produire, aux États-Unis avec le protectionnisme de #Trump : « Une génération avait mis à bas, avec le néolibéralisme de Reagan, la société qu’avait instaurée l’#Etat-providence rooseveltien ; une nouvelle génération d’Américains est en train de balayer aujourd’hui le modèle des années 1980 » ; et au #Royaume-Uni, avec le #Brexit où, alors que « Thatcher était une figure du néolibéralisme aussi importante que Reagan, […] notre plus grande surprise a été de voir la #droite conservatrice assumer le Brexit et discuter à présent ses modalités, et même s’engager à tâtons dans un #conservatisme de “gauche” ».

    Mais la rupture produite par les populistes va-t-elle effectivement dans le sens annoncé par Todd, d’une limitation du #libre-échange, d’un recul du néolibéralisme et d’un #conservatisme_social ? Rien n’est moins sûr dès que l’on s’intéresse à la provenance de ce #nationalisme_anti-globaliste.

    De Thatcher au Brexit : nations souveraines et #libre_entreprise

    Avant d’être soutenu par une partie des ouvriers britanniques déclassés, le Brexit trouve ses origines dans l’#euroscepticisme du Parti conservateur britannique dont la figure de proue a été… #Thatcher. C’est son célèbre discours devant le Collège de l’Europe à Bruges en septembre 1988 qui a fait émerger le think-tank du « Groupes de Bruges » réunissant des Tories eurosceptiques dont #Alan_Sked et #Nigel_Farage, et dont bientôt sortirait le #UKIP conduisant le Royaume-Uni au Brexit. Thatcher tançait dans son discours le « super-État européen exerçant une nouvelle domination depuis Bruxelles », elle opposait l’Europe existante de la #communauté_économique_européenne, celle de la #bureaucratie, du #centralisme et du #protectionnisme à l’#Europe de la #libre-entreprise, du #libre-échange et de la #déréglementation qu’elle appelait de ses vœux.

    Il fallait surtout en finir avec le protectionnisme à l’égard du monde extra-européen de façon à réconcilier les nations européennes avec les « marchés réellement globaux ». La critique de l’Europe ne portait cependant pas seulement sur les contraintes pesant sur la #libre_entreprise, la recherche d’une identité européenne transcendante faisait aussi courir le risque d’une disparition des #identités_nationales avec leurs coutumes et leurs traditions. Contre ce « méga-État artificiel », il fallait concevoir l’Europe comme une « famille de nations ».

    Le libre-échange d’une part et le nationalisme d’autre part que Thatcher opposait à la bureaucratie régulatrice de Bruxelles, n’étaient du reste pas séparés, mais bien d’un seul tenant : « Je n’eus d’autre choix, affirme-t-elle dans ses mémoires, que de brandir le drapeau de la #souveraineté_nationale, de la #liberté_du_commerce et de la #liberté_d’entreprise – et de combattre ». On se situe donc à mille lieux d’un nationalisme qui chercherait à s’établir en rempart contre la #mondialisation économique et le libre-échange : c’est au contraire la récupération de la #souveraineté_nationale qui, en s’affranchissant des contraintes supranationales européennes, doit permettre aux peuples de se réconcilier avec le libre-échange mondialisé.

    Or cette position nationale-néolibérale, qui veut faire de la nation britannique l’actrice directe de son inscription dans la #mondialisation_économique, est celle de tous les principaux brexiters, Farage en tête, mais aussi de tous les défenseurs d’un « hard brexit » parmi l’establishment Tory, de #Boris_Johnson à #Jacob_Ress-Mogg en passant par #Steven_Baker et #Dominic_Rabb. Au deuxième semestre 2018, une enquête de Greenpeace a révélé que #David_Davis, l’ancien secrétaire au Brexit de #Theresa_May, #Owen_Paterson, l’ancien secrétaire à l’agriculture et à l’environnement de David Cameron, et #Shanker_Singham, un expert commercial de l’Institute of Economic Affairs, s’étaient rendus en Oklahoma au cours d’un voyage financé par le lobby agro-industriel américain pour préparer avec des membres de l’administration Trump un accord commercial bilatéral post-Brexit, prévoyant notamment l’importation en Angleterre de #poulet lavé au chlore et de #bœuf aux hormones.

    Paterson, en déplorant qu’un tel accord soit impossible dans le cadre actuel des réglementations de l’Union européenne, a tweeté qu’il était essentiel que « le Royaume-Uni ait le contrôle de ses tarifs et de son cadre réglementaire ». C’est peu de dire qu’on est loin du « #conservatisme_de_gauche » … Au contraire, comme l’avait anticipé Thatcher, la récupération de la souveraineté nationale face à l’#Union_européenne est le moyen de plus de #déréglementation et de libre-échange.

    Anti-globalisme et libre-échangisme mondialisé chez #Rothbard

    Qu’en est-il aux États-Unis ? « La génération qui est en train de balayer le modèle des années 1980 » est-elle, à la différence du Royaume-Uni, en rupture avec le néolibéralisme de Reagan ? La droite radicale qui a contesté l’héritage de Reagan pour finalement aboutir à l’élection de Donald Trump s’est construite au tournant des années 1990 dans les marges du Parti républicain. Réunissant des « paléo-libertariens » autour de #Murray_Rothbard et #Lew_Rockwell et des « paléo-conservateurs » autour de Patrick Buchanan, ce mouvement s’appelait « paléo » parce qu’il revendiquait un retour à la #Droite_originaire (#Old_Right) du Parti républicain entre les années 1930 et 1950 qui défendait l’#isolationnisme et les intérêts de la nation américaine (#America_First) contre l’#interventionnisme_militaire, mais aussi la #liberté_individuelle, le gouvernement minimal et la propriété privée contre le #New_Deal et le #Welfare_state. Il s’était formé pour contester la prise du pouvoir sous #Reagan puis l’hégémonie sous Bush des néoconservateurs et leur imposition du #Nouvel_ordre_mondial. Leur critique s’est incarnée dans les campagnes des primaires républicaines de #Buchanan en 1992 et 1996.

    Ce que ciblaient les paléo dans le Nouvel ordre mondial, c’était un super-étatisme internationaliste, un système mondial de Welfare-warfare state, où l’importation de la « démocratie globale » partout dans le monde par l’interventionnisme américain sous l’égide de l’ONU se conjuguait à un gouvernement économique mondial de type keynésien. Les termes de « globalisme » et de globaloney étaient utilisés notamment par Rothbard au début des années 1990 pour décrier ce système et ils étaient empruntés au vocabulaire de la Old Right pour qui ils désignaient déjà ce complexe internationaliste de l’interventionnisme extérieur onusien et de la perspective d’un New Deal global que ses membres critiquaient dans les politiques de Franklin Roosevelt et Harry Truman.

    Rothbard puisait notamment son inspiration chez un historien révisionniste de la Seconde Guerre mondiale dont il avait été proche, Harry Elmer Barnes. De plus, dans les années 1970, alors que la Guerre du Vietnam était encore en cours, des anti-impérialistes avec qui il collaborait avaient déjà remis au goût du jour la critique du globalisme. Lorsque la globalisation économique se concrétisa dans la première moitié des années 1990 avec l’Alena puis la création de l’OMC, ces nouveaux éléments devinrent partie intégrante de sa critique et les nouvelles cibles de l’attaque contre le « globalisme ». Rothbard dénonçait l’Alena comme du « commerce bureaucratique réglementé » conçu par « un sinistre Establishment centriste dont le dévouement à la liberté et au libre-échange s’apparente à celui de Leonid Brejnev ». L’Alena entraînait en particulier une harmonisation des législations vers le haut qui allait contraindre les entreprises américaines à se soumettre aux normes environnementales et au droit du travail contraignants des législations canadiennes et mexicaines contrôlées par des syndicalistes et des socialistes.

    Tout ce « mercantilisme » ne signifiait rien d’autre selon lui que la spoliation que les élites politiques mondiales opéraient sur le libre-échange véritable au détriment de la masse des gens qui ne pouvaient en jouir directement. Il alertait sur la perte de souveraineté que représentait l’Alena qu’il comparait au « super-étatisme de la Communauté européenne » car cet accord imposait la mise sur pied d’« institutions d’un super-gouvernement internationaliste arrachant la prise de décision des mains des Américains ». Face à cette « politique globaliste » (globalist policy), une « nouvelle coalition populiste » et « un nouveau nationalisme américain » devaient être définis : il fallait abroger l’Alena, se retirer de toutes les agences gouvernementales supranationales (ONU, OIT, UNESCO, etc.), stopper l’aide au développement et durcir les conditions d’immigration qui provoquaient l’élargissement de l’État social, au nom d’authentiques marchés libres.

    Comme chez Thatcher, on est à l’opposé d’une critique du libre-échange ; le nationalisme est au contraire là aussi un moyen de sauver le libre-échange mondialisé qui est confisqué par les institutions supranationales bureaucratiques et socialisantes – en un mot « globalistes ».

    Lorsque les populistes s’attaquent au « globalisme », ils emboîtent le pas d’une critique qui ne visait pas à l’origine la mondialisation des échanges de biens et de services, mais au contraire le super-étatisme des élites politiques mondiales qui parasitent le fonctionnement du libre-échange mondialisé. Une distinction conceptuelle s’impose donc entre le « globalisme » et le « mondialisme », puisque dans les cas des héritages de Thatcher ou de Rothbard, l’anti-globalisme va de pair avec un mondialisme libre-échangiste absolument revendiqué.
    Anti-globalisme et hiérarchie des nations de Buchanan à Trump

    Aux États-Unis, après la seconde campagne de Buchanan pour les primaires républicaines de 1996, les premiers doutes des libertariens ont cependant laissé place à la rupture avec les paléo-conservateurs autour de la question du protectionnisme et des barrières tarifaires. La rupture fut définitivement consommée en 1998 avec la publication du livre de Buchanan The Great Betrayal. How American Sovereignty and Social Justice Are Being Sacrified to the Gods of the Global Economy. C’est dans ce livre que Buchanan affirme son attachement au « nationalisme économique » et qu’il fait du « conflit » entre les « nationalistes » et les « globalistes » le « nouveau conflit de l’époque qui succède à la Guerre froide »[1], définissant la ligne que reprendront littéralement Bannon et Trump. Soutenant le protectionnisme industriel, il déplace le contenu de l’anti-globalisme dans le sens de la défense des intérêts économiques nationaux contre la mondialisation du libre-échange.

    Cependant, l’opposition simple entre le nationalisme économique à base de protectionnisme industriel et le libre-échange illimité mérite d’être approfondie. D’abord, Buchanan est toujours resté un adversaire résolu de l’État-providence et The Great Betrayal est surtout une défense de l’économie américaine pré-New Deal où l’existence de barrières tarifaires aux importations a coïncidé avec une période de croissance. Pour autant, cette période a été marquée par de fortes inégalités économiques et sociales.

    Ensuite, dans le cas de Trump, l’usage qu’il fait du protectionnisme est pour le moins pragmatique et ne relève pas d’une position de principe. Lorsqu’il a baissé drastiquement fin 2017 l’impôt sur les sociétés, il a montré que sa défense de l’emploi américain ne convergeait pas nécessairement avec la « justice sociale ». Ciblant certaines industries correspondant à son électorat comme l’automobile, il se sert surtout des barrières tarifaires aux importations comme d’une arme parfois purement psychologique et virtuelle, parfois effective mais temporaire, dans une guerre commerciale qui peut aboutir à davantage de libre-échange.

    Dans l’USMCA (United States-Mexico-Canada Agreement), l’accord de l’Alena renégocié, si 75% des composants d’une automobile devront être fabriqués aux États-Unis pour qu’elle soit exemptée de barrières douanières (contre 62, 5% avec l’Alena), en revanche le marché laitier canadien sera davantage ouvert aux fermiers américains, tandis que Trump a récemment supprimé les barrières aux importations d’acier et d’aluminium venant du Mexique et du Canada, pour inciter ces pays à ratifier l’USMCA. S’il continue de se servir des droits de douane punitifs dans la guerre commerciale avec la Chine, il a recherché davantage de libre-échange avec l’Union européenne.

    Enfin, lorsque des journalistes demandèrent à Buchanan de quel économiste il s’inspirait, il répondit qu’il s’agissait de Wilhelm Röpke[2], l’un des principaux fondateurs de l’ordo-libéralisme, la forme prise par le néolibéralisme en Allemagne qui inspira la politique économique de Ludwig Erhardt sous Adenauer. Or Röpke n’était pas un thuriféraire, mais bien au contraire un opposant farouche au « nationalisme économique » et au « protectionnisme » qui représentait des fléaux pour l’ordre économique international qu’il cherchait à construire[3]. Cependant, il estimait que le libre-échange mondial ne pouvait intégrer les nations postcoloniales, car il n’avait été possible avant la première guerre mondiale que parmi le cercle des nations occidentales partageant un même ordre de valeurs culturelles et religieuses.

    Cette insistance sur des conditions extra-économiques morales et spirituelles au développement économique fait qu’il revendique une « troisième voie » appelée « économie humaine » entre le libre-échange purement fondé sur la concurrence et la social-démocratie. En cohérence avec cette « économie humaine », il s’engagea publiquement en faveur du maintien de l’apartheid en Afrique du Sud parce que les Noirs sud-africains se situaient « à un niveau de développement qui excluaient la véritable intégration spirituelle et politique avec les Blancs hautement civilisés »[4].

    Son nationalisme n’était finalement pas dirigé contre le libre-échange, mais pour un ordre hiérarchique international fondé sur des conditions de développement économiques différenciées, ne laissant pas aux nations non blanches les moyens d’intégrer le libre-échange mondial. Lorsque Buchanan tempête contre l’immigration et la reconquista économique mexicaine menaçant la culture américaine, il se situe effectivement dans le sillage de la position nationale-néolibérale de Röpke. Dans un débat télévisé en vue des élections européennes de 2019, Marine Le Pen promettait elle aussi, du reste, d’opposer au « capitalisme sauvage » une « économie humaine ».

    Lorsque des universitaires ou des commentateurs, y compris à gauche, insistent sur les aspects économiques positifs pour les populations, du nationalisme anti-globaliste, ils se méprennent absolument sur les origines comme sur les politiques menées par les populistes nationalistes. Ceux-ci revendiquent la récupération de la souveraineté nationale et critiquent les règles transnationales de la globalisation économique, non pour protéger leur modèle social et le droit du travail de leur population, mais pour s’affranchir de ce qui resterait en elles de contraintes environnementales ou sociales, et s’en servir comme tremplin vers plus de capitalisme et de libre-échange, ou pour contester le droit des nations non-blanches à intégrer équitablement le jeu du libre-échange mondial. Dans cette bataille, ce sont les national-néolibéraux qui affrontent les globalistes néolibéraux, dans une course qui pousse le monde dans une direction toujours plus mortifère, et ne comporte pas le moindre aspect positif.

    https://aoc.media/analyse/2019/10/28/les-origines-neoliberales-de-lantiglobalisme

    #nationalisme #globalisme #anti-globalisme #néolibéralisme #néo-libéralisme #populisme #discours_de_Bruges #industrie_agro-alimentaire #boeuf

    ping @karine4

  • Connaître les dominations
    https://joellepalmieri.org/2020/11/05/connaitre-les-dominations

    Pour la troisième fois, la commune de La Roquebrussanne dans le Var ouvrait de septembre 2020 à juin 2021 son université du temps disponible. Entrée dans la ronde en décembre 2019, j’étais ravie de la retrouver et d’intégrer ce nouveau cycle de conférences qui ont lieu les vendredis soirs à 19 heures au lieudit le … Lire la suite →

    #Interventions_publiques #Domination #Féminisme #Racisme
    https://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa

  • Observatoire des #non-recours aux droits et services

    Objectifs

    Dans les domaines des #prestations_sociales, de la #santé, de l’insertion sociale et professionnelle, de l’#autonomie, de la #médiation_sociale, des déplacements, de la lutte contre les #discriminations

    - Observer des situations de non-recours, mesurer leur importance, caractériser les populations concernées, enquêter sur les causes.
    – Analyser les limites de l’#intégration_sociale par les politiques publiques au regard des phénomènes de non-recours.
    – Diffuser les connaissances, les données et les méthodes d’identification et d’évaluation du non-recours.
    – Accueillir la réalisation de stages, de mémoires de Master et de recherches doctorales ; servir de support à des séjours scientifiques dans le cadre de collaborations internationales.

    Une observation productrice d’#outils utiles pour la #recherche et l’#action

    – Requêtes #statistiques sur des bases de données constituées.
    - Dispositifs ad hoc de suivi/évaluation au sein de structures administratives ou associatives.
    - Enquêtes qualitatives suivant plusieurs techniques : entretien individuel ou collectif, focus group, groupe de qualification mutuelle.
    – Ateliers de #témoignages.

    Une #observation articulée à des recherches pour de nombreux organismes

    le CNRS, l’ANR, la CNAMTS, la CNSA, la DGCS, la DREES-MIRe/ONPES, le PUCA, l’INPES, le PREDIT, l’INCA, …

    Axes de questionnement

    Pourquoi des individus ou des populations ne recourent pas, volontairement ou non, à l’#offre_publique.
    Que ce soit dans des rapports directs aux services prestataires (services publics, associations, entreprises), à des acteurs intermédiaires (organisés ou non organisés) ou dans la participation à des actions collectives soutenant l’accès aux droits.

    Pourquoi et comment les institutions se saisissent des phénomènes de non recours à l’offre publique. Renouvellement du contenu de l’offre publique et organisation spatiale des pratiques sociales (autour de logiques de contrat, d’incitation et de responsabilisation, de proximité, d’accessibilité et de mobilité) ; développement d’outils de connaissance des phénomènes de non-recours ; mise en œuvre de dispositifs d’information, d’expression de la demande sociale, de (re)mise en capacité des individus, de lutte contre les discriminations, de construction d’intérêts collectifs.

    Une démarche scientifique fondée sur l’observation

    L’#invisibilité des phénomènes de non-recours demande d’articuler trois types de recherche dans une démarche scientifique interdisciplinaire.


    https://odenore.msh-alpes.fr
    #précarité #recherche-action #droits #accès_aux_droits

    • Collectif SOIF de connaissances

      Renforcer les liens entre la recherche, la formation des professionnels et les #pratiques de terrain dans le champ sanitaire et social

      Le secteur de l’#action_sociale connaît actuellement de profondes évolutions et remises en question, illustrées notamment par les débats menés dans le cadre des Etats Généraux du #Travail_Social. L’une des questions centrales concerne l’articulation, au niveau des territoires, entre les pratiques de terrain, la formation – continue ou initiale – des professionnels, et la recherche scientifique dans les différents domaines d’intervention. Le cloisonnement trop souvent observé des divers acteurs concernés mène en effet à une certaine incohérence entre les besoins identifiés, les réponses apportées par les structures, et les contenus de formation.

      Le Plan d’action en faveur du travail social et de l’#intervention_sociale présenté en conseil des ministres le 21 octobre 2015 prend en compte ces enjeux, en fixant notamment les objectifs suivants :

      – Inscrire progressivement le travail social dans un parcours conduisant à des grades universitaires.
      - Reconnaître l’intervention sociale comme un champ de recherche.
      - Garantir la qualité des formations et des diplômes d’Etat, via notamment un cahier des charges partagé Etat-Régions.

      http://www.collectif-soif.fr/le-collectif

  • Intervention devant notre conseil municipal du professeur #Jean_SIBILIA, Doyen de la Faculté de Médecine de #Strasbourg.

    Conclusion :

    « Il faut garder une forme de rigueur. Les mesures barrière : distance (il préconise 1m30), lavage de main et les masques, ça marche. Et on aura la peau de virus de cette façon-là »

    https://www.facebook.com/jeanphilippe.vetter/videos/10160017197734554

    #coronavirus #covid-19 #vidéo #recherche #explication #ce_que_l'on_sait #intervention #conférence #informations

    –-----

    –-> Commentaire d’une amie médecin :

    Qui parle ? Jean Sibila, doyen de fac médecine strasbourg.
    Dans quelle assemblée ? Je ne sais pas, vidéo relayée par un élu.
    Quand ? Je ne sais pas, fin de semaine dernière semble-t-il.
    1) l’image du masque sur le menton est catastrophique. On n’enlève pas son masque pour parler. On ne le met jamais sur son menton. (Ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre). Dommage pour une intervention par ailleurs de qualité.
    2) situation est nouvelle et anxiogène, ok.
    3) les scientifiques doivent faire des synthèses accessibles des connaissznces, ok.
    4) 2eme vague personne ne sait c’est vrai.
    Ajout Agnès : De ce qu’on en sait, c’est probable qu’il y ait une 2eme vague, donc méfiance.
    + le coronavirus semble éminemment nosocomial : gaffe gaffe à notre rôle de vecteur.
    5) sommes nous tous égaux ? Il fait une bonne mise au point.
    Ajout Agnès : Il ne parle pas des inégalités sociales de santé : les précaires sont particulièrement exposés
    6) les enfants ce qu’il dit est rassurant mais il faut voir les études. (Je n’ai pas eu le temps de les éplucher sur ce point).
    7) l’immunisation ? Ok on ne sait pas tout. « Passeport » immunitaire pas valide, c’est très bien de l’affirmer. + contagiosité longue ?
    8) donc distance physique + lavage des mains + masque en toute circonstance de vie sociale.
    + ne pas se toucher le visage, très bien de l’avoir dit.
    9) taux de survie dans les réa 13% en Alsace, il trouve que c’est très bien.
    10) il n’y a pas de traitement antiviral efficace aujourdhui, il l’affirme, c’est exact.
    11) je demande à voir les études sur l’"orage inflammatoire" et les pistes.
    12) vaccination c’est pas pour tout de suite.
    C’est bien une mise au point où on nous parle comme à des adultes...
    13) merci d’avoir pensé aux soignants hors hopital
    14) Annonce 6 mois à 18 mois de bazar

    Voilà, c’étaient des commentaires en vrac,
    Grosses bises à tout le monde !

    ping @simplicissimus @reka

  • #Coronavirus : « Il n’y a pas à s’inquiéter de la facture », selon la Nobel d’#économie

    L’économiste #Esther_Duflo, prix Nobel d’économie 2019, a appelé mardi à ouvrir grand les vannes de la #dépense_publique pour restreindre les ravages économiques de la pandémie de #coronavirus, estimant qu’il “n’y a absolument pas à s’inquiéter de la facture” face à la crise sanitaire.

    Elle a aussi plaidé pour un système d’#imposition “extrêmement progressif” , c’est-à-dire devenant plus lourd au fur et à mesure que les revenus s’élèvent, afin de financer les systèmes de santé, et de soutenir les ménages modestes. “Quand on a une grosse crise de demande comme aujourd’hui, il faut injecter des ressources dans l’économie”, ce qui suppose pour les gouvernements qui le peuvent “d’emprunter massivement et de #stimuler_l’économie autant que possible”, a insisté sur la radio France Inter Mme Duflo.

    La professeure au prestigieux MIT (États-Unis) a estimé que “c’est vraiment le #moment_keynésien par excellence”, en référence à l’économiste anglais John Maynard #Keynes qui avait prôné l’#interventionnisme de l’#État tous azimuts après la crise financière de 1929. “Il s’agit de savoir si on aura plutôt la crise de 2008 ou celle de 1929”, qui avait durablement plombé l’économie mondiale, et “la différence viendra de la volonté de dépenser beaucoup d’argent aujourd’hui, de manière juste”.

    « #Dépenser_plus » maintenant, « cela fait économiser de l’argent »

    Selon elle, “dépenser plus d’argent à la fois pour lutter contre le virus (…) et pour essayer de mitiger au maximum l’impact économique, cela fait économiser de l’argent en fait”. Faute de quoi, la crise risque de devenir “plus mortelle, et d’un point de vue strictement financier, plus grave”, avec un “#effet_boule_de_neige”, et dans ce cas “on passe d’une #récession à une #dépression, dont les #ravages_économiques sont beaucoup plus forts et plus longs”.

    L’économiste, spécialiste de la pauvreté, encourage les pays du G20 à soutenir les pays moins développés, moins armés face à l’#épidémie, et pointe les incertitudes sur la “#sortie_de_crise”, notamment sur la vigueur de la #reprise de la #consommation, facteur qui déterminera “l’ampleur finale du #désastre_économique”.

    Pour un #système_d’imposition « extrêmement progressif »

    Esther Duflo a par ailleurs balayé les craintes sur l’#endettement_public : pour l’heure, les gouvernements “peuvent emprunter à taux extrêmement faibles” et “si on a beaucoup d’argent à dépenser, on a aussi beaucoup de temps pour rembourser”. “Il n’y a absolument pas à s’inquiéter de la facture pour l’instant, c’est le dernier de nos soucis”, insiste-t-elle, mettant en garde contre un retour prématuré à “une #orthodoxie un peu frileuse” sur les déficits.

    Pour Mme Duflo, la crise serait l’occasion d’encourager un système d’imposition “extrêmement progressif” dans les pays développés : “Comment financer à la fois les transferts aux plus pauvres, qui leur permettront de soutenir leur consommation, et les #systèmes_de_santé qu’il va falloir reconstruire ? Le financer par l’#impôt sur les #hauts_revenus (…) semble le moyen le plus raisonnable et le plus réaliste”.

    https://www.lequotidien.lu/economie/coronavirus-il-ny-a-pas-a-sinquieter-de-la-facture-selon-la-nobel-decono

  • La #police par les #armes. De la #matraque au #LBD

    L’exception française dans le #maintien_de_l’ordre n’est pas d’origine récente. Cet article en fait la genèse en revenant sur les #interventions_policières des années 1968 et en comparant les politiques françaises et allemandes.


    https://laviedesidees.fr/La-police-par-les-armes.html

    #France #Allemagne #histoire #comparaison

    ping @albertocampiphoto @marty @davduf